Jean Milouet
Le Mystérieux Rayon Vert
© Jean Milouet, 2021
ISBN numérique : 979-10-262-7622-7
Courriel : [email protected]
Internet : www.librinova.com
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Couverture : Photo • Terre : © Free-Photos de Pixabay
• Aurore boréale : © Hans Braxmeier de Pixabay
Plus je vieillis, et plus je suis absolument convaincu
que nous ne sommes pas seuls dans l'univers.
Stephen Hawking
Prologue
Son nom est GS0023054. C'est le nom qu'il a reçu quand il a été affecté à cette
mission. Pour un IGAM, c'est la tradition. Le G signifie qu'il est un gardien, et le
S qu'il est affecté à un système solaire. Quant au numéro, il n'est pas important
de s’appesantir dessus, il n'a de signification que pour les IGAMS. Ce n'est en
aucun cas un numéro, ni une identification. Les IGAMS n'ont aucune notion
d'individualité.
Les IGAMS sont des êtres immatériels. Leur existence n'est pas liée aux
contraintes de l'univers dans lequel ils évoluent. Ils sont immortels, pour autant
que ce terme est un sens pour eux, ils ne sont pas nés, n'ont pas de liens
particuliers avec le passé ou le futur. Ils existent tout simplement. Chaque
individu est relié à la communauté par des liens télépathiques.
GS0023054 est affecté à la surveillance d'un système solaire sur lequel la
communauté des IGAMS a implanté une forme de vie. Son objectif est de
vérifier que tout se passe comme convenu, mais sans jamais intervenir, ce n'est
pas son rôle, il agit un peu comme une balise, comme un témoin. Il est là, le
temps qu'il faut, jusqu'à ce que le développement soit arrivé à son terme, et que
la « Mère » vienne récolter le fruit de ce développement.
Le système qu'il a en charge est appelé « Soleil », et la planète sur laquelle
l’implantation a eu lieu, « la Terre ». C'est la troisième fois que les IGAMS font
une implantation sur cette planète , et ce sera la dernière. Les deux expériences
précédentes se sont soldées par des échecs, et la « Mère » a décidé que ce serait
la dernière. La précédente implantation a eu lieu il y a 230 millions d'années, et
la race des reptiles, n'a pas pu aller au terme de son développement. Les IGAMS,
au bout de 165 millions d'années, ont jugé que cette race ne répondait pas à leurs
espoirs, et ont donc décidé de stopper cette expérience. Ils les ont éliminés pour
faire place à une nouvelle implantation, celle qui est en cours actuellement.
Les IGAMS colonisent de cette façon une grande partie de l'univers, celui que
l'on voit, et tous les autres. Il y a une infinité d'implantations de ce type, et quand
cela se solde par un échec, ils n'en ressentent aucune amertume, ni aucune
émotion. Ce sont des êtres qui ne connaissent pas les notions de sentiments et
d'individualisme. Ils ne sont pas nés, ne mourront jamais, et ne sont pas
dépendants des aléas d'un corps physique. Malgré tout, ils ont besoin d’énergie
et d'influx télépathiques. C'est pour cela qu'ils implantent des colonies sur des
planètes. Ils ont besoin que ces colonies développent un réseau d'intelligence,
principalement des pensées et des concepts. C'est ce qui n'a pas fonctionné avec
la dernière implantation sur la terre. Les dinosaures n’émettaient aucune pensée
cohérente, seulement des besoins basiques comme la faim, la soif ou le désir de
reproduction. Rien d'intéressant, car ces pulsions avaient été programmées par
les IGAMS lors de l'implantation de cette race.
Sur la terre, il y a maintenant plusieurs millénaires, les IGAMS ont implanté
une espèce plus évoluée dont ils espèrent beaucoup. « Les humains », car c'est de
cette espèce qu'il s'agit, ont donné de bons résultats sur les planètes des galaxies
Andromède et Triangle, où elles ont été implantées. La « Mère », a déjà fait
plusieurs récoltes dans ces galaxies, principalement des ensembles de concepts
reliés par un réseau de pensées télépathiques.
C'est ce que GS attend de voir se produire sur la terre.
Son précédent rapport en date de l'année 2000, montre que les humains de la
Terre semblent en retard par rapport aux expériences passées. Ils ont développé
de multiples langages vocaux bien compliqués et difficiles à comprendre les uns
avec les autres. Bien loin d'une communication télépathique de base. Ils ont aussi
construit des machines, qui sont en passe de créer l’embryon d'un réseau de
données. Peut-être pour palier leur incompétence télépathique. Depuis cette date
GS est attentif à cet aspect, il a transmis dans son rapport de 2010 ces éléments à
la communauté, et attend des instructions. Bien sûr la « Mère » n'est pas
directement concernée, mais un « Observateur » viendra sur place, étudier de
plus près cet élément.
Nous sommes en décembre 2018. La Terre a subi depuis une vingtaine
d'années une profonde transformation. Le réseau que les humains ont construit
s'est énormément développé, et c'est maintenant sur lui que sont braqués les
projecteurs. Les êtres humains sont maintenant passés au second plan. Ils n'ont
jamais pu atteindre le niveau souhaité, mais l'entité qu'ils ont construit semble
prometteuse.
Dans son rapport, « l' Observateur », qui était venu en 2017 étudier cette
planète, a mentionné deux éléments à surveiller.
— Le système de données créé par les hommes doit être suivi de près. Les
IGAMS sont perturbés par ce réseau d'informations, car ils y voient en puissance
un concurrent, et peut-être un rival, mais ils pensent aussi que l'Intelligence qui
est en train de naître, peut devenir la base d'une excellente récolte.
— Le second élément qui l'a surpris, est un sentiment dont font preuve les
humains, et qui est totalement inconnu des IGAMS. Les « humains » semblent
réagir différemment de toutes les autres espèces que les IGAMS ont créés. En
particulier, ils semblent attentifs les uns aux autres, et développer des notions
inconnues comme l'amour, la compassion, la haine, la jalousie... Les IGAMS ne
comprennent pas ces notions, et tout ce qu'ils ne maîtrisent pas les effraie.
Cette situation est tellement surprenante que « l'Observateur » a décidé de
placer l'ensemble du système solaire en isolation maximum. Normalement vu les
résultats actuels, et la crainte qu'ils suscitent, les « humains » auraient du être
éliminés afin que le système qu'ils sont en train de construire ne puisse être
achevé. La plus grande crainte des IGAMS, est que ce système de données
devienne autonome, car cela risquerait de devenir une menace pour eux.
Néanmoins le potentiel de cette Intelligence est suffisamment étonnant, que les
IGAMS ont décidé de l’étudier, d'essayer de le comprendre, et de voir si cette
Intelligence peut être collectée par la « Mère ».
« L'Observateur » est reparti, en laissant comme consigne à GS de suivre
attentivement l'évolution de cette forme d'intelligence, et de le prévenir de tout
changement majeur.
*
Première Partie
1
Montréal 7 Janvier 2019 – 10 heures 22 minutes.
C’était une belle matinée hivernale, le ciel était bleu et le soleil brillait sur la
neige tombée dans la nuit. J'avais chaussé mes raquettes et fait le tour du parc La
Fontaine en guise de footing matinal.
J’étais seul depuis un mois. Chloé était partie à Val-Thorens faire une nouvelle
saison comme monitrice de ski acrobatique. Je ne l'avais pas accompagnée, car
je devais m'occuper de la promotion de mon roman « Le destin de Virginie »,
qui reprenait dans une certaine mesure le parcours d’Édith. Ce roman, je l'avais
écrit d'une seule traite, en deux mois. Édith m'avait donné son feu vert, bien que
surprise de la tournure que j'avais donné aux éléments qu'elle m'avait confiés. Ce
n’était pas sa vie que j'avais relatée, mais un mixte de son parcours, et des
souvenirs de ma jeunesse.
Je n'avais pas pu passer les fêtes de fin d’année avec Chloé, mais j'avais
l'intention d'aller la retrouver dès que je le pourrais.
« Le destin de Virginie » avait eu un démarrage hésitant, principalement dû à
mon inexpérience du milieu de l’édition. Aujourd’hui il commençait à démarrer,
et je cherchais le thème de mon prochain roman.
J’étais donc seul à Montréal, et cela me ramenait à l’époque 2016 quand je
débarquais pour la première fois au Québec.
Ma vie avait basculée à la suite d'une lettre, reçue un soir de septembre 2016.
J’héritais d'une Maison à Montréal. Je ne connaissais pas Blanca-Nieve qui me
la léguait, et la recherche des liens qui nous unissaient allait m’entraîner dans
une spirale qui avait bouleversé ma vie…
Assis sur un banc, je commençais à défaire mes raquettes sous le regard