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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Mardi 07/05/2024

MP2I – Mathématiques
A. Troesch

Devoir Surveillé no 8 (4h)

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté, la précision et la concision des raison-
nements entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
L’usage de tout document et de tout matériel électronique est interdit. Notamment, les téléphones portables doivent
être éteints et rangés.

Problème – Dénombrement des représentations irréductibles d’un groupe fini

Le but de ce problème est l’étude des représentations de groupes finis, c’est-à-dire d’actions de groupe sur des espaces
d’automorphismes vectoriels. Ces représentations interviennent dans de nombreux contextes, et permettent notamment
de mieux comprendre la structure des groupes définissant ses actions. Nous nous intéresserons en particulier aux
représentations irréductibles, que ne peut pas décomposer à l’aide d’autres représentations. Nous nous intéresserons
notamment au dénombrement de ces représentations irréductibles, en montrant qu’il y en a autant que le nombre de
classes de conjugaison du groupe G. En raison de ce résultat, nous nous intéressons dans la dernière partie (relativement
indépendante du reste) aux classes de conjugaison du groupe symétrique Sn et du groupe alterné An . Pour terminer,
nous montrons dans la question subsidiaire que tout caractère de Sn est réel.

Définitions et rappel
‚ Dans tout le problème, étant donné un C-espace vectoriel V , GLpV q désigne l’ensemble des automorphismes
(vectoriels) de V , c’est-à-dire les applications linéaires bijectives de V dans lui-même. La composition munit
GLpV q d’une loi de groupe. Le signe opératoire sera la plupart du temps omis. Ainsi, si f et g sont deux éléments
de GLpV q, le produit gf désignera la composition g ˝ f .
‚ Soit G un groupe fini et V un espace vectoriel de dimension finie sur le corps C. Une représentation linéaire (ou
simplement représentation) de G dans V est un morphisme de groupes r : G Ñ GLpV q, de G dans le groupe des
automorphismes (linéaires) de V . Ainsi, pour tout s P G, rpsq est un automorphisme sur V , et rpsqpvq désigne
l’image par l’automorphisme rpsq du vecteur v P V : c’est donc également un élément de V .
‚ Le degré de la représentation r est par définition la dimension de V , et est noté degprq.
‚ On dit que deux représentations r1 et r2 sur V1 et V2 sont isomorphes s’il existe un isomorphisme ϕ P LpV1 , V2 q
tel que
@s P G, r2 psq “ ϕ ˝ r1 psq ˝ ϕ´1 .
‚ Étant donné un endomorphisme u P LpV q, et une base B “ pb1 , . . . , bn q, on note MatB puq la matrice de u
relativement à la base B. On rappelle que cette matrice de Mn pCq est constituée des colonnes coordonnées dans
la base B des images upbj q : la colonne j est rupbj qsB .
‚ On rappelle (ou on admet, suivant l’avancement du cours) que si C est une autre base, il existe une matrice
P P GLn pCq telle que
MatC puq “ P ´1 MatB puqP.
‚ On rappelle le lemme de décomposition des noyaux vu en exercice : si P et Q sont deux polynômes de CrXs
premiers entre eux, et u P LpV q, alors

KerppP Qqpuqq “ KerpP puqq ‘ KerpQpuqq.

Ce résultat se généralise facilement au cas d’un plus grand nombre de polynômes premiers entre eux 2 à 2.
‚ On rappelle qu’une application linéaire est entièrement déterminée par l’image d’une base ; en particulier, pour
montrer l’égalité entre deux applications linéaires, il suffit de les comparer sur une base. On rappelle qu’on sait
aussi caractériser grâce à l’image d’une base le fait que u soit un isomorphisme.
‚ Pour x et y deux éléments d’un même ensemble, δx,y désigne le symbole de Kronecker, égal à 1 si x “ y, et 0
sinon.
Dans tout le problème, G désigne un groupe fini, en notation multiplicative. Son neutre sera noté 1G .

Partie I – Exemples et généralités.

1
1. (a) Justifier que r : G ÞÑ GLpCq définie par rpsq “ idC pour tout s P G est une représentation du groupe G.
Quel est son degré ? Cette représentation est appelée représentation unité.
(b) Montrer que plus généralement, toute représentation r : G ÞÑ GLpV q de degré 1 est à valeurs dans tα¨idV , α P
Un u, où n “ |G|.
2. Soit n “ |G|, V un C-espace vectoriel de dimension n et B une base de V . On peut donc indexer les éléments
de B par les éléments de G. On notera donc B “ pbt qtPG .
(a) Justifier qu’il existe une unique représentation r de G sur V telle que pour tout ps, tq P G2 ,

rpsqpbt q “ bst .

(b) Soit W un (autre) C-espace vectoriel de dimension n, et C “ pct qtPG une base de W . On note r1 l’unique
représentation de G sur W définie par

@ps, tq P G2 , r1 psqpct q “ cst .

Montrer que r et r1 sont deux représentations isomorphes.


La représentation r est appelée représentation régulière de G. La question 2(a) montre qu’elle est bien définie
à isomorphisme près.
3. Montrer que deux représentations isomorphes ont même degré.

Partie II – Sous-espaces stables et représentations irréductibles


Soit r : G Ñ GLpV q une représentation de G sur V , et W un sous-espace vectoriel de V . On dit que W est stable par
r si et seulement s’il est stable par tous les automorphismes rpsq, s P G, c’est-à-dire :

@s P G, @w P W, rpsqpwq P W.

1. Montrer que si W est un sous-espace stable par r, il existe une unique représentation rW de G sur W telle que

@s P G, @w P W, rW psqpwq “ rpsqpwq.

2. Dans cette question, et uniquement dansˆcette question,


˙ r : G Ñ GLpV q est la représentation régulière, décrite
ř
avec la base pbt qtPG . On pose W “ Vect bt . Montrer que W est stable par r.
tPG
3. Le but de cette question est de montrer que si W est un sous-espace stable par r, il admet un supplémentaire
stable par r. Soit W1 un supplémentaire quelconque de W dans V , et p P LpV q le projecteur sur W parallèlement
à W1 . On définit
1 ÿ
p0 “ rpsq ˝ p ˝ rpsq´1 ,
n sPG
où n “ |G|.
(a) Montrer que pour tout t P G, rptqprptq´1 est un projecteur, d’image égale à W .
(b) En déduire que pour tout ps, tq P G2 , prpsq ˝ p ˝ rpsq´1 q ˝ prptq ˝ p ˝ rptq´1 q “ rptq ˝ p ˝ rptq´1
(c) En déduire que p0 est un projecteur d’image W .
(d) Soit W0 “ Kerpp0 q. En comparant rptq ˝ p0 ˝ rptq´1 et p0 , montrer que W0 est stable par r et conclure
Si V “ W1 ‘ W2 tels que W1 et W2 sont stables par r, on dit que r est la somme directe des représentations rW1 et
rW2 , et on note V “ W1 ‘ W2 . La question précédente montre que si W1 est stable par r, alors il existe W2 tel que
r
V “ W1 ‘ W2 .
r
4. On dit qu’une représentation r : G Ñ GLpV q est irréductible s’il n’existe pas de décomposition V “ W1 ‘ W2
r
tel que W1 et W2 soient non réduits à t0u.
(a) Montrer que r : G Ñ GLpV q est irréductible si et seulement si les seuls sous-espaces vectoriels de V stables
par r sont t0u et V .
(b) Montrer que toute représentation r : G Ñ GLpV q est somme directe d’un nombre fini (éventuellement nul)
de représentations irréductibles, i.e. :

V “ W1 ‘ W2 ‘ . . . ‘ Wℓ ,
r r r

où pour tout i P v1, rw, rWi est irréductible. On rappelle que V est par hypothèse de dimension finie.

2
Partie III – Caractère d’une représentation

1. Soit A P Mn pCq. On appelle trace de A, et on note TrpAq, la somme des coefficients diagonaux de A. Ainsi, en
notant rAsi,j le coefficient en position pi, jq de A,
n
ÿ
TrpAq “ rAsi,i .
i“1

(a) Montrer que Tr est une application linéaire de Mn pCq dans C.


(b) Montrer que pour tout pA, Bq P Mn pCq2 , TrpABq “ TrpBAq.
(c) Soit V un C-espace vectoriel de dimension finie non réduit à t0u, et u P GLpV q. Soit B et C deux bases de
V . Montrer que TrpMatB puqq “ TrpMatC puqq.
Cette trace ne dépendant pas du choix de la base, on la notera simplement Trpuq (trace de u).
2. On suppose que A P Mn pCq admet X d ´ 1 comme polynôme annulateur. En construisant une base judicieuse
à l’aide du lemme de décomposition des noyaux, montrer que TrpA´1 q “ TrpAq (la barre désigne le conjugué
dans C).
Soit r : G Ñ GLpV q une représentation. Le caractère associé à r est l’application χr : G Ñ C définie par :

@s P G, χr psq “ Trprpsqq.

3. Montrer que :
(a) χr p1G q “ degprq,
(b) Pour tout s P G, χr ps´1 q “ χr psq
(c) Pour tout ps, tq P G2 , χr ptst´1 q “ χr psq.
4. Montrer que si r1 et r2 sont deux représentations isomorphes, χr1 “ χr2 .
5. Montrer que si V “ W1 ‘ W2 , alors χr “ χ1 ` χ2 , où χ1 et χ2 sont les caractères de rW1 et rW2 .
r
6. Soit r : G Ñ GLpV q la représentation régulière, définie en I-2. Montrer que pour tout s P G, χr psq “ n ¨ δs,1G ,
où n “ |G|.

Partie IV – Lemme de Schur et orthogonalité

1. (Lemme de Schur) Soit r1 : G Ñ GLpV1 q et r2 Ñ GLpV2 q deux représentations irréductibles et f P LpV1 , V2 q


telle que pour tout s P G, f ˝ r1 psq “ r2 psq ˝ f .
(a) Montrer que Kerpf q est stable par r1 et Impf q est stable par r2 .
(b) En déduire que si f ‰ 0, alors r1 et r2 sont deux représentations isomorphes (première partie du lemme de
Schur)
(c) On suppose que V1 “ V2 (qu’on notera simplement V ) r1 “ r2 (qu’on notera simplement r) et f ‰ 0.
Montrer qu’il existe λ P C tel que f ´ λidV ne soit pas un automorphisme (on pourra considérer une racine
du polynôme minimal de f ).
(d) Déduire alors des questions précédentes que f “ λidV (deuxième partie du lemme de Schur)
2. On garde les notations de la question précédente. Soit h P LpV1 , V2 q, et
1 ÿ
h0 “ r2 ptq´1 hr1 ptq,
n tPG

où n “ |G|. Montrer que si r1 et r2 ne sont pas isomorphes, h0 “ 0, et que si V1 “ V2 “ V , r1 “ r2 et h ‰ 0,


1
alors h0 est une homothétie de rapport λ “ dimpV q Trphq.

On définit, pour ϕ et ψ des applications de G dans C,


1 ÿ
xϕ, ψy “ ϕptqψptq
n tPG

3. En exprimant matriciellement les relations obtenues en IV-2, et en choisissant convenablement l’application h,


montrer que :
(i) si r1 et r2 sont deux représentations irréductibles non isomorphes, xχr1 , χr2 y “ 0

3
(ii) si r est une représentation irréductible sur V , xχr , χr y “ 1
(iii) si r1 et r2 sont deux représentations irréductibles isomorphes, xχr1 , χr2 y “ 1.
4. (a) Soit r : G Ñ GLpV q la représentation régulière définie dans la question I-2. Soit χs le caractère associé à une
représentation irréductible quelconque s. En considérant xχr , χs y, montrer que s est isomorphe à exactement
degpsq termes de toute décomposition de r en somme de représentations irréductibles.
(b) Soit psi qiPI un système de représentants de représentations irréductibles (i.e. les si sont irréductibles, et
toute représentation irréductible est isomorphe à une et une seule des représentations si ). Montrer que
ÿ
degpsi q2 “ |G|.
iPI

Partie V – Nombre de représentations irréductibles


Soit psi qiPI un système de représentants de représentations irréductibles de G. On note χi “ χsi . Soit C l’ensemble des
fonctions f : G Ñ C telles que pour tout ps, tq P G2 , f ptst´1 q “ f psq (une telle fonction est appelée fonction centrale).
1. Montrer que C est un espace vectoriel, et que pχi qiPI est une famille libre (on pourra appliquer xχi0 , ´y à une
relation).
ř
2. Soit f P C. Pour tout représentation r, on note rf “ f ptqrptq. Soit r : G Ñ GLpV q une représentation.
tPG
(a) Justifier que rf P LpV q, et que pour tout s P G, rps´1 qrf rpsq “ rf .
|G|
(b) En déduire que si r est irréductible, alors rf “ degprq xf, χr y ¨ idV .
I
(c) Soit α : C Ñ C définie par αpf q : i ÞÑ xf, χi y, et soit f P Kerpαq et r la représentation régulière définie dans
la question I-2. En décomposant r, montrer que rf “ 0.
(d) En considérant rf pb1G q, (où b1G est l’un des vecteurs de la base de I-2) en déduire que Kerpαq “ t0u.
(e) Montrer que pχi qiPI est une base de C.
3. Soit C1 , . . . , Ck les classes de conjugaison de G (i.e. les classes d’équivalence pour la relation de conjugaison
définie sur G par g ” h ðñ Dt P G, h “ tgt´1 ).
(a) Soit f P CG . Montrer que f P C si et seulement si f est constante sur chaque Ci .
(b) En déduire que k “ |I|.
Ainsi, le nombre de représentations irréductibles de G est égal au nombre de classes de conjugaison de G.

Partie VI – Classification des représentations irréductibles de Sn et de An


Soit n P N˚ . Une partition de n est une séquence croissante pi1 ď i2 ď . . . , ď ik q telle que i1 ` ¨ ¨ ¨ ` ik “ n. la
décomposition en cycles à supports disjoints d’une permutation σ sera simplement appelée décomposition en cycles de
σ, ou même décomposition de σ.
1. Justifier qu’il y a autant de représentations irréductibles de Sn que de partitions de l’entier n.
Pour dénombrer les représentations irréductibles de An (groupe alterné), on étudie les classes de conjugaison de An .
2. Soit C une classe de conjugaison de Sn . Monter que C Ă An ou C Ă Sn .
3. On suppose que C Ă An .
(a) Justifier que tout élément de C possède un nombre pair de cycles de longueur pair dans sa décomposition.
(b) Justifier que si les éléments de C possèdent des cycles de longueur paire dans leur décomposition, alors C
est aussi une classe de conjugaison de An .
Indication : si σ1 et σ2 sont deux éléments de C et π P Sn tel que πσ1 π ´1 “ σ2 , rectifier si nécessaire la
parité de π en composant par un cycle bien choisi.
(c) Justifier que si les éléments de C possèdent dans leur décomposition deux cycles de même longueur impaire,
alors C est aussi une classe de conjugaison de An .
(d) Justifier que si les éléments de C n’ont dans leur décomposition que des cycles de longueur impaire, de
longueurs deux à deux distinctes, alors C est l’union disjointe de deux classes de conjugaison de An .
Question subsidiaire
On dit qu’un groupe G est ambivalent si pour tout g P G, g et g ´1 sont conjugués.
Montrer que Sn est ambivalent, et en déduire que pour toute représentation r de Sn , χr est à valeurs dans R.
Sources :
‚ Jean-Pierre Serre : Représentations linéaires des groupes finis.
‚ Gordon James, Adalbert Kerber : The Representation Theory of the Symmetric Group.

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