Les Techniques et Pratiques Bancaires
TECHNIQUES BANCAIRES
PLAN
INTRODUCTION
CHAPITRE 1 : BANQUE, PARTICULIERS ET PROFESSIONNELS
SECTION 1 : Les Parties à la relation bancaire
I- La Banque et Etablissements financiers
A- La Banque
B- Les Etablissements financiers
II- Les Personnes Physiques
A- Les Particuliers
B- Les Professionnels
SECTION 2 : Identification des besoins du client
I- Besoins liés à la sécurité et commodité
A- Service Caisse
B- Fonctionnement du Compte (Moyens de Paiement)
II- Besoins relatifs au budget
A- Budget excédentaire : Service Placement
B- Budget déficitaire : Service de Crédit
CHAPITRE 2 : BANQUE ET ENTREPRISE
SECTION 1 : Les solutions aux besoins nés de l’activité des entreprises
I- Étude des supports: les instruments de paiement
A- Les Instruments de paiement à vue
B-Les instruments de paiement à terme (mobilisation ou de crédit)
II. FI nancement du commerce intérieur
II.A. Financement du cycle d’exploitation
A- Crédits de trésorerie
B- Crédits par signature
II.B. Financement des investissements
A- CMLT et Crédit Bail
B- La Gestion des Risques liés au Financement
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SECTION 2 : Solutions aux besoins nés d’opérations avec l’étranger:
I- Documents liés au financement du commerce extérieur
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A-Documents liés à la marchandise
B- Documents liés à l’expédition
II- Mode de règlement des opérations internationales
A-Techniques de paiements commerciaux et documentaires
B- Les garanties
BIBLIOGRAPHIE
• La Loi bancaire (loi 90.06 du26/06/90)
• Voir Rapport de la Commission bancaire (Site BCEAO)
• Règlement N°15/2002/cm/ UEMOA du 19/09/2002
• Les règles et usances uniformes de la CCI relatives aux crédits et remises documentaires
• Consulter les sites de la BCEAO ([Link]) et de la BRVM ([Link])
• L’Analyse Bancaire de l’Entreprise d’Eric Manchon, 5ème édition
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INTRODUCTION
L’analyse des techniques de banque est un exercice de plus en plus pratiqué par
toutes parties intéressées à une bonne compréhension des procédures et
performances des banques.
Pour les étudiants ou auditeurs clients ou futurs clients de la banque ou aspirant à
des postes de banque cet intérêt est renforcé par le rôle fondamental que la banque
joue au sein de l’économie en tant que source privilégiée de financement des autres
acteurs économiques.
Pour mieux appréhender ces techniques de banque, il est important voire nécessaire
de maitriser les règles nécessaires à l’opération de banque : l’opération elle-même à
savoir le compte, les moyens de paiement, le crédit, les garanties..., et le statut de
celui avec lequel il contracte (capacité et régime matrimonial du particulier, structure
et statut des personnes morales).
La banque a pour fonction essentielle le rôle d’intermédiaire et d’intermédiation
financière. Elle collecte de l’argent, le place ou le distribue. De ce fait, elle assure trois
fonctions principales :
- La sécurité et la commodité pour éviter le vol, la perte..;
- La fructification du patrimoine, pour ceux qui ont un budget excédentaire
(placement) ;
- La redistribution des ressources aux clients dont le budget ou la source de
financement est déficitaire (crédit).
La banque met en place des techniques adaptées à chaque besoin, au travers des
techniques et pratiques bancaires. Les techniques bancaires sont définies comme des
procédures et instruments utilisés par la banque pour remplir sa mission à l’égard de
ses clients particuliers et entreprises.
Pour appréhender ces techniques, il faut passer en revue les relations qui existent
entre la banque et les personnes physiques avant de s’imprégner des techniques que
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la banque met sur pied pour satisfaire les besoins des entreprises.
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CHAPITRE 1 :
LA BANQUE ET PERSONNES PHYSIQYES
SECTION 1 : LES PARTIES A LA RELATION BANCAIRE
I- La Banque et Etablissements financiers
A- La Banque
Dans le but de soumettre la banque à un système de contrôle, le législateur a défini la
notion de banque (l’objet de l’activité).
C’est l’article 2 de la loi bancaire qui dispose que : «Sont considérées comme banques
les entreprises qui font comme profession habituelle de recevoir des fonds dont il
peut être disposé par chèques ou virements et qu'elles emploient, pour leur propre
compte ou pour le compte d'autrui, en opérations de crédit ou de placement».
La vocation d’une banque c’est la collecte de fonds internes et externes mais licites et
l’utilisation de ces fonds pour des opérations de crédit.
C’est l’article 5 qui précise avec exactitude la définition des opérations de crédit.
Ainsi, « Sont considérées comme opérations de crédit les opérations de prêt,
d'escompte, de prise en pension, d'acquisition de créances, de garantie, de
financement de ventes à crédit et de crédit-bail ».
B- Les Etablissements financiers
Comme pour la banque, le législateur a délimité l’objet de l’activité des
établissements financiers.
Il leur réserve des monopoles en contre partie de la règlementation à laquelle il les a
assujettis.
L’article 4 précise que : « Sont considérées comme établissements financiers les
personnes physiques ou morales, autres que les banques, qui font profession
habituelle d'effectuer pour leur propre compte des opérations de crédit, de vente à
crédit ou de change, ou qui reçoivent habituellement des fonds qu'elles emploient
pour leur propre compte en opérations de placement, ou qui servent habituellement
d'intermédiaires en tant que commissionnaires, courtiers ou autrement dans tout ou
4 partie de ces opérations ».
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II- Les Personnes Physiques
Une personne physique est un être humain vivant qui est, au sens du droit, une
personne humaine à qui on a attribué la capacité de jouissance de droits et la capacité
d’exercice d’une obligation.
Cependant dans le but de règlementer l’activité bancaire la loi n’autorise pas aux
établissements de crédit de contracter avec des mineurs et certaines personnes
majeures atteintes de démence et d’imbécilité.
On distingue deux catégories de personnes physiques : les particuliers et les
professionnels.
A- Les Particuliers
On appelle Particulier, les individus, hommes ou femmes considérés hors de leurs
activités professionnelles. Ils ont un point commun, ils disposent de ressources
versées de façon certaine et à intervalles régulières (salaires, traitements<)
Exemple : les clients particuliers, certains fournisseurs, certains prestataires... ;
B- Les Professionnels
Les professionnels: L’activité professionnelle est une activité exercée habituellement
dans un but lucratif. Son système d’organisation repose sur un cumul de fonctions
qui sont assurées en règle générale par une seule personne ou une équipe réduite. Ses
revenus proviennent principalement de la rentabilité de son activité.
Il est essentiel de séparer l’activité professionnelle de la gestion du patrimoine privé
(mobilier &immobilier) bien que la frontière soit parfois difficile à cerner
Exemple de professionnels : Les Commerçants (détail, distribution, prestation de
service), Les artisans (activité généralement manuelle et bien maîtrisée), Les
professions libérales (juridiquement non défini, activité intellectuelle exerçant une
science, un art, organisé souvent en ordre..), Les TPE (très petites entreprises):
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SECTION 2 : IDENTIFICATION DES BESOINS DES CLIENTS
I- Besoins liés à la sécurité et commodité
A- Service Caisse
Le banquier dispose du privilège de pouvoir utiliser les fonds confiés par la clientèle,
et cet avantage a pour corollaire l’obligation d’assurer à cette clientèle un service de
caisse.
Il faut entendre par service de caisse, l’ensemble des services matériels que doit offrir
la banque à son client pour lui permettre une utilisation la plus souple possible des
fonds déposés sur un compte en banque.
1- Le Compte bancaire
Le compte bancaire peut être défini comme étant un état comptable sur lequel est
inscrit l’ensemble des opérations effectuées entre la banque et son client.
Pour le client particulier, le compte de dépôt de fonds plus communément appelé
compte chèque sert essentiellement à déposer des disponibilités à l’abri de tout
risque et de les prélever au fur et à mesure des ses besoins, souvent avec des chèques
d’où leur seconde appellation.
Les remises, versements, sous toutes les formes, sont inscrites au crédit du compte
chèque (espèces, chèques et virements reçus<).
Les retraits par différents moyens également, sont inscrits au débit de ce même
compte (chèques émis, prélèvements espèces, frais divers dus, virements,
prélèvements automatiques<).
Les opérations sont enregistrées au moyen de pièces comptables et le client est
informé de certaines opérations par des avis de crédit ou de débit.
L’ensemble des opérations est repris sur un relevé ou extrait de compte envoyé
régulièrement au client pour le tenir informé de l’activité de son compte
conformément à l’obligation d’information dont est tenu le mandataire (banque)
envers le mandant (client).
6 a- Les conditions d’ouverture d’un compte
Certaines vérifications par le banquier doivent précéder l’ouverture d’un compte. Il
s’agit de l’identité du client, ainsi que de sa capacité juridique.
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a.1- Identité
L’identité est composée des noms et prénoms, de la date et du lieu de naissance, de
la nationalité et du domicile de la personne physique sollicitant l’ouverture du
compte.
Le particulier apportera la preuve de son identité au moyen d’un document officiel :
la carte nationale d’identité, passeport ou carte de résident. L’existence du domicile
sera justifiée par une quittance (loyer, facture d’électricité, de téléphone au nom du
client) ou un certificat de domicile ou de résidence.
L’identification du client est d’autant plus importante que les dispositions légales
relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme,
obligent la banque à avoir une bonne connaissance de son client lors de l’entrée en
relation. Elle demandera des informations complémentaires utiles à la bonne
connaissance de la situation personnelle et professionnelle de son client pour pouvoir
contrôler que les opérations effectuées sont licites et n’ont aucun lien avec le
blanchiment.
Avant toute délivrance de chéquier, le banquier se doit de s’assurer au préalable que
le candidat n’est pas frappé d’une interdiction d’émettre des chèques.
a.2- Capacité
La banque doit s’assurer de sa capacité c’est-à-dire de son aptitude à passer des actes
juridiques. Celui qui ne peut pas passer ces actes est qualifié juridiquement
d’incapable : est incapable celui qui a des droits mais qui ne peut les exercer
librement.
La loi établit les divers degrés de l’incapacité, tout en définissant le rôle des
personnes chargées de représenter et d’assister les incapables lors des actes
engageant. Les incapables sont les mineurs non émancipés et les incapables majeurs
sous tutelle, curatelle ou protection de la justice.
La publicité de la tutelle et de la curatelle est assurée par une référence sur l’Etat
Civil du majeur protégé.
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a.2.1- Les incapables
a.2.1.1- Incapables mineurs
Toute personne de moins de 18 ans révolus est mineure et doit de ce fait être
remplacée dans la plupart de ses actes par son représentant légal : parents ou tuteur.
Si le mineur vit avec ses deux parents, ou si ces derniers sont séparés ou divorcés,
l’ouverture du compte pourra s’effectuer avec l’accord de celui qui détient la
puissance paternelle. Dans le cadre du mariage, la puissance paternelle revient au
père sauf déchéance. En cas de divorce, l’un des parents est choisi par le juge pour
exercer la puissance paternelle. Toutefois, pour emprunter, le mineur devra obtenir
en outre l’autorisation du juge des tutelles.
En cas de tutelle, en l’occurrence lorsque le père et la mère sont tous les deux
inconnus, décédés ou hors d’état de manifester leur volonté ou encore lorsqu’ils ont
été déchus de la puissance paternelle, l’ouverture du compte et les modalités de son
fonctionnement devront être autorisées par le tuteur. Toutefois pour emprunter, le
mineur devra obtenir en outre l’autorisation du Conseil de Famille.
Enfin, le mineur peut être émancipé soit par le mariage (à l’âge de 16 ans révolus
pour la femme et 18 ans pour l’homme), soit par décision judiciaire. Le mineur
émancipé dispose de la même capacité civile qu’une personne majeure. Par contre il
n’acquiert ni la capacité civique, ni la capacité commerciale. Les mineurs peuvent
ouvrir des comptes d’épargne avec l’autorisation de leur représentant légal.
a.2.1.2- Les incapables majeurs
Certaines personnes majeures doivent être protégées car leurs capacités physiques ou
mentales sont gravement altérées par l’effet de l’âge ou de la maladie. L’incapacité
peut être totale ou partielle ; elle peut nécessiter l’une ou l’autre des mesures
suivantes : la tutelle, la curatelle, et la protection de la justice.
b. La tutelle et la curatelle
b.1. la tutelle
8 Peuvent faire l’objet d’une mise sous tutelle, les personnes les personnes présentant
une altération grave et prolongée de leurs capacités mentales ou physiques,
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médicalement établie. Ces personnes doivent être incapables d’exercer les actes de la
vie civile. Il s’agit d’une incapacité totale.
Le majeur sous tutelle est représenté par son tuteur qui agit à sa place pour tous les
actes de vie civile (ex : malade mental) ; en ce qui nous concerne, l’ouverture du
compte sera alors demandée par le tuteur.
b.2- la curatelle
Peuvent être mises sous curatelle les personnes souffrant altération des capacités
physiques et mentales médicalement constatée. Toutefois elles ne doivent pas être
hors d’état d’agir par elles mêmes, mais elles doivent être surveillées et contrôlées
dans les actes de la vie civile. Sont concernées les malades mentaux, les personnes
âgées ou handicapées. Peuvent aussi être mise sous curatelle les personnes faisant
preuve de prodigalité, d’intempérance ou d’oisiveté.
Il s’agit d’une incapacité partielle ou réduite. Le majeur sous curatelle peut accomplir
seul certains actes simples, mais doit se faire assister de son curateur pour les
opérations importantes. Une personne majeure sous curatelle peut en principe ouvrir
seule un compte en banque et même disposer d’un chéquier pour utiliser ses
revenus ; par contre, elle ne peut emprunter sans l’autorisation du curateur.
2- Les différents types de Compte
a/ Le compte joint
Ouvert au nom de deux ou plusieurs personnes, qui peuvent ne pas être de la même
famille, le compte joint concerne la plupart du temps un couple marié ou non. Son
avantage réel ne doit pas masquer ses risques.
a.1/ Les règles communes à tous les comptes joints
Chacun des co-titulaires du compte peut effectuer seul (sauf si le compte a été ouvert
avec le libellé « M. et M. » entraînant l’accord des deux co-titulaires pour toutes les
opérations) toute opération sur les fonds ou les titres en dépôt et, notamment, à sa
9 seule initiative, effectuer des paiements ou des retraits importants, voire totaux. Les
titulaires sont responsables solidairement du débit en compte. En ouvrant un compte
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joint, les co-titulaires de ce compte sont créanciers à part entière du solde
bénéficiaire, mais ils sont également débiteurs de l’éventuel déficit.
Si un co-titulaire d’un compte joint émet un cheque sans provision, les co-titulaires
doivent désigner un responsable qui sera le seul frappé d’une interdiction d’émettre
des chèques jusqu’à régularisation : à défaut, les co-titulaires seront tous interdits
d’émettre des chèques.
En cas de saisie attribution prononcée à l’encontre d’un des co-titulaires, la totalité du
compte peut se trouver bloquée, faute de pouvoir déterminer la part qui revient à
chacun. En cas de décès de l’un des co-titulaires, le survivant peut faire fonctionner
seul le compte sauf opposition des héritiers.
La clôture du compte peut être demandée par les deux co-titulaires, mais si l’un
d’entre eux le souhaite, il peut demander à la banque sa désolidarisation en
prévenant son co-titulaire, le compte devient alors indivis sans solidarité active et
nécessite l’accord de l’ensemble des co-titulaires pour toute opération, notamment la
destination du solde. La résiliation de la convention prend effet immédiatement,
mais seulement pour les opérations à venir : les co-titulaires restent solidaires des
dettes contractées jusqu’à la date de la révocation, y compris des dettes qui
apparaîtraient plus tard mais qui seraient liées à des opérations antérieures à la
résiliation.
Peuvent être ouverts en compte joint, les comptes chèques, les comptes d’épargne, les
compte titres et les dépôts à terme. Ne peuvent pas par contre en faire l’objet les
comptes plan épargne logement, les livrets d’épargne<
a.2/ Le compte joint ouvert à un couple marié
Si le compte joint est ouvert par un couple marié, lors de la dissolution du mariage
pour décès ou divorce, l’époux à qui appartient le compte est toujours réputé avoir la
libre disposition des fonds y figurant et ils sont présumés lui appartenir. Cependant,
si ceux-ci n’appartiennent pas réellement au titulaire, le conjoint ou ses héritiers
10 peuvent contester, et s’ils fournissent des preuves, faire renverser cette présomption.
Ils pourront alors demander le blocage du compte.
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Il faut veiller à ce que le compte soit ouvert au nom de Monsieur ou Madame et non
Monsieur et Madame. C’est la condition pour qu’il ne soit pas bloqué au décès et
pour que la gestion puisse être faite par l’un ou l’autre. Sinon il y aura blocage du
compte au décès car les signatures des deux co-titulaires étaient nécessaires pour
toutes les opérations.
b/Les Autres types de compte
b.1- Les Comptes à vue
Dans le cadre des comptes à vue, l’argent est très rapidement disponible. Il s’agit
principalement des comptes courant ou compte chèque et des comptes épargnes (sur
livret).
- Le compte épargne :
Taux : 3,5% ;
Plafond : 6 Millions
Minimum à laisser dans le compte (le montant varie d’une banque à l’autre)
b.2- Les Comptes à terme
- CAT (compte à terme) ou DAT (dépôt à terme),
- Les bons de caisse est un titre (bon) de créance à l’égard de la banque. Il y a
des bons de caisse anonymes (fiscalisés à 20%) et les bons de caisse nominatifs
(16%).
- Les bons du trésor.
- Les certificats de dépôt, placement en valeur mobilière ;
- Le Plan épargne logement ;
B- Fonctionnement du Compte (Moyens de Paiement)
1/ Les Opérations en Espèces
11 Pour faire fonctionner son compte, le client peut effectuer toutes sortes d’opérations
et notamment des opérations en espèces.
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a/ Les opérations au crédit du compte : versements
Les versements peuvent être effectués par le titulaire du compte, mais aussi par toute
personne qui n’aura pas à justifier de son identité (toutefois, dans le cadre de la lutte
contre le blanchiment, les banques contrôlent de très près les versements espèces
effectués par les tiers et certaines les interdisent).
Sur le bordereau de versement espèces seront mentionnés le nom du titulaire du
compte, le numéro du compte et éventuellement le nom de la personne qui a effectué
le versement si elle est différente du titulaire du compte. Les versements peuvent être
effectués dans n’importe quelle agence de la banque.
Il y aussi les opérations de transfert (virement) rendant débiteur le compte.
b/ Les Opérations au débit
b.1- Les Retraits
Si les versements peuvent être effectués par quiconque, seul le titulaire du compte ou
son mandataire peut effectuer des retraits.
Les retraits peuvent être effectués au moyen de chèques ordinaires, de chèques de
caisse ou de simples pièces comptables de caisse, si le client n’a pas son chéquier ou
n’en possède pas (il faut retenir par contre que le retrait par chèque est gratuit alors
que le chèque de caisse est facturé par la banque).
Avant d’autoriser le paiement, le guichetier doit s’assurer de l’identité de la personne
qui effectue le retrait (qu’il connait d’ailleurs en général), contrôler la régularité des
pièces (chèques, pièces de caisse) et vérifier que le compte est approvisionné.
Si le titulaire du compte est en déplacement, il peut en principe effectuer des retraits
dans n’importe quelle agence de la même banque. Par contre s’il possède une carte
de paiement bancaire, il peut retirer des billets dans les distributeurs de la banque
dans la limite des possibilités offertes par celle-ci.
b.2- La mise à disposition
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Lorsque le titulaire d’un compte est en déplacement et qu’il ne peut pas effectuer les
prélèvements de dépannage (chéquier retiré par exemple) ou ne veut pas de chèque
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de voyage, il peut se faire remettre les fonds ou en faire bénéficier un tiers en
utilisant la mise à disposition.
Sur demande du titulaire du compte, la banque adresse des fonds pour un montant
donné dans une autre agence ou chez un banquier correspondant. Cet envoi peut
bénéficier au donneur d’ordre ou à un tiers.
Le compte du client est aussitôt débité et l’agence concernée reçoit les éléments
permettant le retrait des fonds (identité, conditions de retrait, spécimen de
signature<).
Le bénéficiaire peut retirer les fonds en une ou plusieurs fois. En cas de non
utilisation ou d’utilisation partielle, le solde sera rapatrié passé le délai de validité à
l’agence d’origine.
2/ Les opérations par chèque
Si les opérations en espèces ont le mérite de la simplicité, elles ne sont pas très utiles
dès qu’il s’agit d’opérer des règlements à distance ou pour des moyens importants.
Le chèque offre pour cela infiniment plus d’avantages. Le chèque n’est pas un effet
de commerce mais un instrument de paiement à vue.
a/ Fonction et définition
Le chèque est un écrit par lequel une personne dénommée le tireur donne l’ordre à
une autre appelée le tiré de payer une certaine somme au titulaire ou à un tiers,
dénommé le bénéficiaire à concurrence des fonds déposés chez le tiré.
Le chèque fait donc intervenir trois personnes :
Le tireur : c’est lui qui établit et signe le chèque ; il doit être capable.
Le tiré : c’est lui qui détient les fonds et paye ; ce peut être une banque, un trésorier
payeur général, le caissier général de la caisse de dépôts et consignations<).
Le bénéficiaire : c’est lui qui reçoit le paiement. Le chèque peut être stipulé payable à
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une personne dénommée, ou au porteur (si le chèque est non barré). Il peut
également être mis en blanc ; dans ce cas il vaut chèque au porteur. Le chèque peut
être émis au profit du tireur lui-même.
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Emettre un chèque c’est donner ordre au tiré de remettre une certaine somme
d’argent (provision) au bénéficiaire soit directement soit par l’intermédiaire d’un
autre établissement.
La provision doit être constituée par le tireur. L’existence de fonds chez le banquier
constitue la provision du chèque. Celle-ci doit être préalable et disponible, c’est-à-
dire exister au moment de la création du chèque et être à la disposition immédiate de
celui qui sera le porteur légitime du titre.
a.1/ Aspects formels
a.1.1- Mentions obligatoires
Le chèque doit comprendre un certain nombre de mentions obligatoires : le mot
chèque, l’ordre pur et simple de payer une somme déterminée, le nom du tiré
(banque ou autre), le lieu de paiement, la date et le lieu de création du chèque, le
nom du tireur, son adresse complète et sa signature.
L’omission d’une des mentions énumérées ci-dessus hormis les lieux de création et
de paiement du chèque a pour conséquence la non validité de celui-ci. Le chèque
perd ainsi sa qualité et les prérogatives qui lui sont attachées.
a.1.2- Mentions facultatives
Le nom du bénéficiaire : cette mention est facultative car certains chèques peuvent
être émis au porteur dans la mesure où ils ne sont pas barrés. Le barrement s’effectue
au moyen de deux barres parallèles apposées au recto (le plus souvent en haut à
gauche). Il est général lorsqu’aucune banque ou établissement assimilé n’est désigné
pour effectuer le paiement ; dans ce cas le paiement peut se faire dans n’importe
quelle banque. Par contre, le barrement est spécial lorsqu’il est indiqué entre les deux
barres le nom de l’institution qui doit la faire. Le barrement spécial est très rare en
pratique et permet de limiter les risques d’escroquerie étant donné que le bénéficiaire
doit avoir un compte dans l’établissement désigné.
Le barrement général peut être transformé en barrement spécial mais l’inverse est
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impossible. Le barrement qu’il soit général ou spécial ne peut être annulé.
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a.2/ Types de chèques
Il existe trois types principaux de chèques : les chèques pré-barrés et non
endossables, les chèques pré-barrés et endossables et les chèques non barrés et
endossables.
Les chèques pré-barrés et non endossables
Ces chèques ne peuvent être établis au porteur ; ils ne sont pas transmissibles par
endos et ne sont pas encaissables en espèces au guichet. La seule option qui reste au
bénéficiaire d’un tel chèque est de le faire encaisser par une banque ou un
établissement assimilé au travers d’un compte.
Les chèques pré-barrés et endossables
Ces chèques peuvent être établis au porteur et sont transmissibles par endos. Ils ne
sont par contre pas encaissables au guichet et ne peuvent l’être que par
l’intermédiaire d’un établissement de crédit ou un établissement assimilé.
Les chèques non barrés et endossables
Ces chèques conservent toutes les caractéristiques des chèques ordinaires. Toutefois,
à leur délivrance, la banque perçoit un droit de timbre pour le Trésor. Par ailleurs, les
banques sont obligées de tenir à la disposition de l’administration des Impôts les
numéros des chèques ainsi délivrés et l’identité des personnes qui les ont demandés.
Le chèque visé
Le chèque visé est un chèque ordinaire dont le tiré garantit à la création l’existence de
la provision. Cette garantie est effectuée par l’apposition d’un visa. Mais cette
possibilité est tombée en désuétude.
Le chèque certifié
Le chèque certifié est un chèque ordinaire émis par le titulaire du compte dont la
banque atteste l’existence de la provision pendant un délai d’encaissement (8 jours)
en apposant la mention « certifié pour la somme de< ». Le bénéficiaire est assuré
dans ce dernier cas que, s’il fait diligence pour remettre le chèque à l’encaissement, ce
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dernier sera payé par la banque.
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La certification du chèque peut être demandée par le tireur ou le bénéficiaire : elle ne
peut être refusée par le tiré que pour insuffisance de provision.
Pour éviter les fraudes, les chèques certifiés ne sont très rarement utilisés de nos
jours ; on leur préfère les chèques de banque.
Le chèque de banque
Le chèque de banque est un chèque émis par une banque soit sur une de ses agences,
soit sur une autre banque.
Compte tenu de la qualité du tireur, le porteur du chèque est assuré pendant toute la
durée de validité du chèque (un an et 8 jours).
Le chèque de banque peut être demandé par un client de la banque qui lors de sa
délivrance débitera le compte du demandeur. Il peut être aussi établi pour le compte
d’un client de passage et, dans ce dernier cas, la banque exigera des espèces en
contrepartie.
Le bénéficiaire d’un chèque de banque doit être très vigilant car l’escroquerie aux
chèques de banque est très courante notamment lors de l’achat de véhicules
d’occasion.
Le chèque de voyage
Pour partir en voyage, il est facile d’emporter des espèces ou encore des devises
(monnaies étrangères) ; toutefois, cet argent liquide peut être égaré ou volé et
compromettre sérieusement le déplacement de son propriétaire.
Le chèque de voyage va éviter au touriste ou à l’homme d’affaires en déplacement ce
genre de désagrément, car il élimine les risques matériels de perte ou de vol et est
protégé contre le risque d’utilisation frauduleuse.
Pour cela, le voyageur achète à sa banque des chèques d’un montant défini émis en
CFA ou en devises ; il les présentera au paiement dans tous les guichets de
16 l’établissement émetteur et chez tous ses correspondants et obtiendra des devises en
contrepartie. Il pourra également les remettre à des tiers, hôteliers ou particuliers.
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b/ Encaissement du chèque
Le chèque peut être payé, sous certaines conditions, contre espèces (au titulaire du
compte ou à un tiers) ou par crédit en compte.
b.1- Encaissement contre espèces
Règlement au titulaire du compte
Lorsqu’il paye au titulaire du compte ou son mandataire, le guichetier doit s’assurer
de l’existence de la provision et demande à son client d’apposer sa signature
précédée de la mention « pour acquit » au verso du chèque. Cet acquit atteste de la
remise des fonds.
Règlement en faveur d’un tiers
Lorsqu’il paye à un tiers, le guichetier doit être plus prudent et prendre plusieurs
précautions avant de procéder au paiement :
Vérifier l’identité du bénéficiaire au moyen d’une pièce d’identité ;
S’assurer de la régularité du chèque (mentions obligatoires, délai de validité,
absence d’opposition, absence de barrement) ;
Contrôler l’existence de la provision.
Au moment du paiement, il fera également procéder à l’acquit au dos du chèque.
b.2- Encaissement par la banque
Si le bénéficiaire le désire, ou si le chèque est barré, le chèque pourra être encaissé par
la banque. Le bénéficiaire endosse le chèque à l’ordre de sa banque. Endosser un
chèque, c’est signer au dos. On parle alors d’endos de procuration ou
d’encaissement. Si le nom de la banque est mentionné, on parle d’endos nominatif et
si la signature seule est apposée on parle d’endos en blanc.
La banque procède à certaines vérifications : régularité, validité du chèque, suite
17 régulière d’endos si le chèque est endossable.
La Télé compensation et l'Echange d'Images Scannées (EIS) dans l'UEMOA
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La télé compensation et l'Echange d'Images Scannées (EIS) résultent de
l'automatisation de la compensation qui est un des axes de la modernisation des
systèmes de paiement de l'UEMOA entreprise par la BCEAO. Fondés sur la
dématérialisation des valeurs, la télé compensation et l'EIS sont les principales
innovations du Système Interbancaire de Compensation Automatisé dans l'UEMOA
(SICA-UEMOA), opérationnel depuis le 17 novembre 2005 au Mali et le 19 janvier
2006 au
Sénégal.
II/ Besoins relatifs au budget
A- Budget excédentaire : Service Placement
• CAT (compte à terme) ou DAT (dépôt à terme),
• Les bons de caisse est un titre (bon) de créance à l’égard de la banque. Il y a
des bons de caisse anonymes (fiscalisés à 20%) et les bons de caisse nominatifs
(16%). Les intérêts sont précomptés. On vous restitue le montant non
précompté au terme du dépôt. Exemple : Capital : 100 Millions ; taux intérêt :
10% ; intérêts seront : 10 Millions (20% de ces intérêts seront versés à l’Etat soit
2 Millions). Le placement sera donc égal à 90 Millions. Mais à la fin du contrat
vous percevez 100 Millions.
• Les bons du trésor représentent un titre de créance à l’égard de l’Etat.
• Les certificats de dépôt, placement en valeur mobilière ;
• Le Plan épargne logement qui est un placement à terme suivi d’un crédit que
la banque vous accorde. Une phase épargne précède la phase crédit ; à
l’expiration de la phase épargne conclue avec la banque, le client a droit à un
prêt dans la limite du contrat passé à l’origine et sous réserve des conditions
de solvabilité exigées. Le montant est proportionnel à l’épargne constituée en
général c’est 3 fois l’épargne et le remboursement sur 10 ans en général. Les
garanties sont les même que dans le crédit à construction ;
18
• L’action : c’est un titre de copropriété dans une société anonyme ;
• L’obligation : c’est un titre de créance sur une société.
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B- Budget déficitaire : Service de Crédit
La banque, dans son rôle d’intermédiation financière octroie des crédits appelés PPO
(Prêts Particuliers Ordinaire) aux personnes physiques. Ces crédits sont destinés à la
consommation (crédits – consommation qui sont de courte durée) ou des découverts,
à l’équipement (crédits – équipement qui sont des CMT) et à l’acquisition ou à la
restructuration d’un immeuble (crédits immobiliers).
1/ Les solutions aux besoins personnels:
a- Les Autorisations de découvert
- Découvert et Dépassement : Le découvert est une autorisation permanente dont la
validité ne dépasse pas 1 an. Il complète un fonds de roulement insuffisant dans
le cadre de la couverture de besoin du particulier ou du professionnel. Quant au
dépassement, c’est une autorisation ponctuelle.
- avance sur salaires : c’est une avance qu’on accorde au client remboursable à
partir du salaire de l’employé. Le taux d’endettement global (TEG) ne doit pas
dépassé 33,33% représentant la quotité cessible et saisissable du salaire.
b- Les crédits Amortissables
Prêts Particuliers Ordinaire : ce sont des prêts ordinaires destinés aux particuliers. Ce
peut être des crédits court terme (durée maximale de 2 ans), des crédits moyen terme
(entre 24 mois et 120 mois). C’est généralement des crédits destinés à la
consommation (financement de baptême, mariage...) ou à l’équipement (acquisition
de meubles meublant, de véhicules...).
2/ Les solutions aux projets immobiliers:
Ce sont des crédits destinés à couvrir les investissements, l’acquisition, le
renouvellement, l’extension ou alors de restructuration d’un immeuble. Il s’agit de
crédit confirmé et accordé sur une durée de 10 ans.
19 Le projet immobilier peut nécessiter la participation ou l’apport du prêteur.
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CHAPITRE 2 :
BANQUE ET ENTREPRISE
Section 1 : Les solutions aux besoins nés de l’activité des entreprises
I- Étude des supports: les instruments de paiement
Dans le but de faciliter les transactions transparentes entre les acteurs de l’économie,
l’on a pensé à créer des instruments d’échange et de paiement. Ces instruments sont
la monnaie fiduciaire, la monnaie électronique, la monnaie scripturale et la monnaie
marchande.
La monnaie fiduciaire est composée de la monnaie métallique, c'est à dire des
pièces, et des billets de banque. Elle est généralement utilisée à l’occasion des
opérations dont le paiement s’effectue au comptant (cash) ;
Quant à la monnaie électronique elle est apparue un peu tard sur la scène
économique précisément le 10 janvier 2003 (J.O. 1° février, France) à L'article 1
de l'arrêté par lequel on l’a homologuée. On définit la monnaie électronique
comme étant composé d'unités de valeur dites unités de monnaie
électronique. C’est le cas de la carte électronique bancaire ;
En outre il ya la monnaie scripturale composée de la lettre de change, le biais à
ordre, le cheque voire le compte etc. ;
Et enfin, parlant de monnaie marchande, nous faisons référence à la monnaie
métallique c’est-à-dire l’or, le diamant etc.
A- Les Instruments de paiement à vue
1- Le Chèque, la carte électronique
Le chèque est un écrit par lequel une personne appelée tireur, donne à une autre
appelée tiré qui est nécessairement un établissement de crédit ou une personne
assimilée, l'ordre de payer à vue une somme d'argent à une troisième personne
appelée porteur ou bénéficiaire.
Si le tiré exécute cet ordre c'est parce que le tireur dispose à son encontre d'une
créance appelée provision disponible et d'un montant au moins égal à celui du
20
chèque.
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Les mentions obligatoires du chèque sont :
Dénomination de chèque
Ordre de payer : Cette mention est généralement exprimée sous la forme «
payez contre ce chèque ». La condition stipulée sur le chèque est réputée
non écrite
Somme déterminée
Désignation du tiré : c’est la banque dans laquelle le chèque sera payé
Lieu du paiement
Lieu de création
Signature du tireur
Le chèque est payable à vue ; toute mention contraire est réputée non écrite. Les
délais légaux de présentation d’un chèque payable au Sénégal sont, à partir de la
date d’émission, de :
8 jours si le chèque est émis au Sénégal ;
71 jours, s’il est émis à l’étranger ;
Après expiration de ces délais, le porteur perd certains recours (notamment contre
les endosseurs en cas de non paiement du chèque), mais le tiré doit payer si :
Le compte du tireur présente une provision suffisante ;
Le chèque n’est pas prescrit (délai 3 ans + délais légal de présentation)
Par ailleurs le tiré ne paiera pas si le chèque est prescrit même s’il y a provision au
compte du tireur. Notons que ni le décès du tireur, ni son incapacité survenant après
l’émission du chèque, ne touchent aux effets de celui-ci.
Le chèque étant un instrument de paiement à vue, son émission sans disponibilité de
provision préalable et suffisante entraine des sanctions graves allant d’une
déclaration d’interdit de chéquier (ou d’interdit bancaire en France) à une peine
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d’emprisonnement si le tireur ne régularise pas sa situation ou s’il ne paie pas le
bénéficiaire avec justification du règlement, dans les 30 jours qui suivent son
émission.
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En outre, il ne peut être fait opposition au paiement d’un chèque par le tireur qu’en
cas de perte ou de vol du chèque, de règlement judiciaire ou de liquidation des biens
du porteur.
Les différentes formes de chèque :
Chèque de banque : c’est un chèque dont la banque est le tireur. Il est tiré sur
l’une de ses agences ou correspondants.
Chèque certifié : tout chèque pour lequel la provision correspondante existe
doit être certifié par le tiré si le tireur ou le porteur l’exige. La provision du
chèque certifié reste sous la responsabilité du tiré, bloquée au profit du
porteur jusqu’au terme du délai de présentation.
Chèque visé : un chèque visé est pourvu d’un caché par la banque tirée,
indiquant que la provision existe au moment du visa ; mais cette provision
peut disparaître entre le moment où le chèque est remis au bénéficiaire et le
moment de sa présentation au paiement.
Chèque de guichet ou omnibus : il est tenu, aux guichets de la banque, à la
disposition des clients désirant prélever des fonds sur leur compte et ayant
omis de se munir de leur chéquier personnel. Son emploi est exceptionnel.
Chèque barré : le barrement a pour objet d’éviter l’encaissement par un
porteur de mauvaise foi dans l’hypothèse où le chèque aurait été perdu ou
volé. Le barrement consiste à apposer deux barres parallèles tracées
obliquement au recto du chèque ;
Le Chèque de voyage ou « travel chèque » : Thomas Cook...
Quant à la carte, c’est un moyen électronique de paiement. Les grandes sociétés la
délivrant sont : VISA, MASTERCARD etc.
2- le virement simple, par Télex ou SWIFT
Le virement est l’opération par laquelle un transfert de fonds ou de valeurs est
effectué sans déplacement matériel par la seule inscription d’une écriture au débit
d’un compte et de l’écriture corrélative au crédit d’un autre compte.
Le virement combine la technique du mandat (mandat de payer et mandat
d’encaisser) et un jeu d’écritures, écriture au débit et au crédit. Le virement est
l’exécution d’un ordre donné par le client à son banquier.
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Les virements se font par le réseau SWIFT qui est un moyen de communication et de
transfert électronique dédié uniquement aux banques qui en accepte la charte.
D’autres se font par TELEX.
Parlant de virement, il faut distinguer les rapatriements des transferts. Les
rapatriements sont des rentrées de trésoreries ou réceptions de règlements de
l’extérieur vers le Sénégal, alors que les transferts, quant à eux, sont des sorties de
fonds à destination de l’extérieur pour règlement des opérations internationales.
B- Les instruments de paiement à terme (mobilisation ou de crédit)
1- la lettre de change ou la traite
La lettre de change ou traite est un titre, par lequel une personne le tireur invite une
autre le tiré à payer une somme d'argent à une troisième à une date déterminée. Elle
est utilisée principalement comme instrument de paiement et plus encore de crédits.
C'est un acte de commerce dont le mécanisme est complexe puisqu'aux rapports
fondamentaux entre parties à la traite s'ajoutent des obligations cambiaires d'une
particulière rigueur
L'acceptation de la lettre de change est en principe facultative pour le tiré, même s'il a
reçu provision, car un débiteur n'est pas tenu d'aggraver sa situation en contractant
un engagement plus strict que celui qui résulte du droit commun.
23 Par ailleurs tant que la lettre de change n'a pas été acceptée, les droits du porteur sur
la provision sont fragiles. La provision, ne devant exister qu'à l'échéance, la créance
du tireur sur le tiré n'est pas frappée d'indisponibilité. Lorsque la traite n’est pas
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acceptée, le porteur doit faire constater ce refus d’acceptation par un huissier qui doit
dresser protêt.
En outre la jurisprudence permet cependant au porteur de consolider ses droits sur la
provision. Pour se faire, il peut pratiquer lui même une saisie attribution ou une
saisie conservatoire ou simplement adresser au tiré une défense de payer toute autre
personne
Le tiré qui n'accepte pas n'est pas tenu sur le plan cambiaire, mais peut cependant
être tenu de payer le porteur sur le fondement de la provision qui lui a été transmise.
Le porteur peut recourir immédiatement contre ses garants selon les règles résultant
du droit cambiaire (tous ceux qui tirent, acceptent, endossent et avalisent sont
solidairement tenus).
La lettre de change peut être avalisée et endossée. Les types d’endossement sont :
l’endossement translatif de propriété, l’endossement par procuration et
l’endossement pignoratif.
Les personnes actionnées en vertu de la lettre de change ne peuvent pas opposer au
porteur les exceptions fondées sur leurs rapports personnels avec le tireur ou avec les
porteurs antérieurs, à moins que le porteur, en acquérant la lettre, n'ait agi
sciemment au détriment du débiteur.
Traite avalisée à l’international les documents à réclamer sont :
Autorisation de change ;
DPI (Déclaration Préalable d’importation) délivrée par la COTECNA ;
Attestation d’importation ;
Facture.
2- le billet à ordre
C’est le titre par lequel une personne, le souscripteur, s’engage à payer, à échéance
déterminée, une certaine somme d’argent à une personne appelée bénéficiaire ou à
son ordre. Le billet à ordre se distingue de la lettre de change dans la mesure où dans
le billet à ordre, il y a deux personnes, le souscripteur et le bénéficiaire.
Le souscripteur promet de payer lui-même le bénéficiaire, tandis que dans la lettre de
change, le tireur incite une autre personne, le tiré à effectuer le paiement. Le
souscripteur cumule la qualité de tireur et de tiré. C’est lui qui émet le titre comme le
tireur, mais c’est aussi lui qui est le débiteur principal comme le tiré.
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II- FINANCEMENT DU COMMERCE INTERIEUR
II.A- FINANCEMENT DU CYCLE D’EXPLOITATION
Dans le cadre du financement du cycle d’exploitation, la banque propose aux
entreprises des crédits de fonctionnement que sont les crédits de trésorerie et les
crédits par signature.
A- Crédits de Trésorerie
Les crédits de trésorerie sont des crédits destinés à financer le cycle d’exploitation
d’une entreprise dans le but d’assurer son fonctionnement. Ce sont :
1- Escomptes effets
Il s’agit pour l’entreprise de mobiliser une créance commerciale exigible à un certain
délai pour retrouver dans l’immédiat une partie de sa trésorerie. La banque qui
escompte un effet devient propriétaire des garanties conférées par le droit cambiaire
(propriété de la provision, solidarité des débiteurs cambiaires que sont le tireur, le
tiré, l’avaliste et l’endosseur.
2- Crédits Spot
Il se matérialise par la souscription d’un billet à l’ordre de la banque pour une durée
déterminée. La banque escompte le billet et crédite le compte du client du montant
du billet déduction faite des intérêts. Il sert généralement à financer une opération
spécifique : grosse commande ou opération exceptionnelle (rapatriement des
dividendes en fin d’exercice). Lors de sa mise en place, les intérêts sont précomptés
(payés d’avance) et le capital se rembourse in fine. Il peut également être un crédit
revolving dans ce cas, il est généralement réservé aux entreprises de bonne signature
montant minimum FCFA 100 Millions.
Exemple : l’entreprise THIEP doit procéder à une grosse commande de riz venant de
Thaïlande. Pour se faire, elle sollicite un crédit spot de FCFA 100 Millions auprès de
sa banque KHEWEUL CREDIT dans laquelle vous travaillez. Le taux du crédit est de
11% HTOB, la durée est de 3 mois à compter de la date du 03/06/2010 (date de
valeur).
25
A quelle date le capital sera-t-il remboursé ?
Calculer le montant des intérêts à payer. A quelle période payera-t-elle les intérêts ?
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Solution :
Date de remboursement du capital : le 03/09/2010. A cette date, elle paie FCFA
100 Millions
Les intérêts :
Le nombre de jours (durée du crédit spot) :
Du 03/06/2010 au 30/06/10, 27 jours
01 juillet 31 juillet : 31 jours
01 août au 31 août : 31 jours
01 septembre au 03 septembre : 3 jours
Nombre de jours total : 92 jours
Calcul :
Intérêt htob : 100 000 000 * 92 * 11/36 000 = 2 811 111
Intérêts TTC : 2 811 111 * 1,17% = 3 289 000
Les intérêts, en vertu du précompte d’intérêts, sont payés à compter du
03/006/2010
3- avance sur marché ou avance/décompte
Il s’agit pour la banque d’accorder un crédit de caisse pour financer la réalisation des
travaux, sur présentation d’une attestation et/ou de la facture. Le montant à avancer
devra représenter une partie du montant du marché soit 80% HTOB du montant du
marché. Certes le capital est, à l’image du spot, remboursé à l’échéance (in fine),
quant aux intérêts ils sont amortis sous forme d’annuités.
Exemple : la même relation décide d’introduire une requête en vue de bénéficier
d’une avance pour le démarrage des travaux dont il est adjudicataire, dans le
département de fongolémi. Le montant du marché s’élève à FCFA 147,500 Millions
TTC. En outre, le DAF vous indique que le taux négocié lors de la signature du
26
protocole d’accord est de 11% HTOB.
Indiquez au DAF les intérêts mensuels à payer.
Solution :
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Montant HTOB de la facture : FCFA 125 Millions ; Montant de l’avance 125M*80% =
100M
Intérêts : 03/07/2010 : 100 000 000 * 11*30 / 36000 = 916 667 (TOB =155 833)
03/08/2010 : 100 000 000 * 11*31 / 36000 = 947 222 (TOB = 161 028)
03/09/2010 : 100 000 000 * 11 * 31 / 36000 = 947 222 (TOB = 161 028)
Intérêts TTC : 2 811 111 * 1,17% = 3 289 00
4- Crédits campagne
C’est un financement temporaire de stocks de produits dont la vente est différée mais
assurée, il s’adresse généralement aux entreprises du secteur agricole ou
agroalimentaire : café, cacao, coton, arachide, sucrier, pêche. Exemple la SUNEOR et
la SODEFITEX. L’intervention des banques se fait souvent en pool avec une tête de
pool qui s’avère être la CNCA. Ce type de crédit est souvent appelé crédit saisonnier
car le remboursement dépend du résultat de la culture saisonnière.
5- Autorisations de découvert, dépassement et facilité de caisse
Le découvert est une autorisation permanente dont la validité ne dépasse pas 1 an. Il
complète un fonds de roulement insuffisant dans le cadre de la couverture de besoin
d’exploitation. C’est un crédit particulièrement risqué car la banque ne pouvant
contrôler l’utilisation finale.
Quant au dépassement, c’est une autorisation ponctuelle. Elle est d’une courte durée
(maximum 3 mois).
La facilité de caisse est un financement à très court terme (souvent 15 jours). C’est
une autorisation de courte durée, facilement résorbée. Elle est destinée au
financement (difficultés passagères de trésorerie) du décalage entre les paiements à
effectuer et les règlements à recevoir.
B- Crédits par signature
Entendus au sens le plus large, les engagements par signature (EPS) ou crédits par
27 signature sont des garanties données par une banque, sous forme de caution, d’aval
ou de garantie de paiement à première demande, par lesquelles elle s’engage à payer
pour le compte d’un débiteur (entreprise) si celui-ci se révélait défaillant. Il existe
différentes natures d’EPS :
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Les engagements fournis au titre des créances fiscales (cautions fiscales)
Les engagements fournis au titre des créances commerciales (aval de traite)
Les engagements fournis au titre de marchés publics et privés (cautions sur
marché)
1- Cautions de marchés
Il s’agit principalement des cautions de soumission, de bonne fin (ou définitive),
d’avance démarrage et de retenue de garantie.
a- Caution de soumission
La caution provisoire, dite aussi de soumission, est un engagement pris par la
banque pour permettre à une entreprise de répondre à un appel d’offre et de se
substituer à elle en cas de non respect de ses engagements.
Elle a donc pour objectif de permettre à l’entreprise de soumissionner à un appel
d’offres. Elle garantit la bonne foi du soumissionnaire et assure le sérieux de l’offre
présentée en permettant notamment à l’administration :
- d’écarter le dépôt de soumission non fondée ;
- d’éviter une rupture abusive du contrat par le soumissionnaire qui aura
été admis adjudicataire. Car celui-ci peut en effet refuser d’exécuter le marché
ou, ne peut pas fournir les garanties demandées par l’Etat pour les phases
postérieures du marché.
b- Caution définitive
Appelée communément garantie de bonne fin ou de bonne exécution, la caution
définitive remplace et relaie la caution provisoire accordée lors d’un appel d’offre.
28 Elle est exigée lorsque le client se retrouve attributaire du marché.
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Cette caution permet à l’Administration (maître d’ouvrage) de se prémunir d’une
défaillance éventuelle du titulaire du marché, soit en cours d’exécution soit après
l’achèvement des travaux entraînant des malfaçons sur des prestations déjà
effectuées.
C’est donc l’engagement, pris par la banque, de payer une somme forfaitaire en cas
de manquement de son client à ses obligations découlant du contrat commercial
conclu avec le bénéficiaire de la garantie.
c- Caution avance – démarrage ou de restitution d’acompte
Les marchés, surtout de BTP, sont caractérisés par un long cycle d’exploitation et des
travaux souvent complexes qui nécessitent la rencontre de beaucoup de facteurs de
production (machines, matières premières, hommes) pour leur réalisation. Pour donc
permettre la rencontre de ces facteurs, le contrat de marché prévoit une avance de
fonds que le maître d’ouvrage met à la disposition de l’entreprise adjudicataire,
avance qui sera imputée sur décomptes facturés par cette dernière suivant un
pourcentage établi dans le contrat de marché.
En d’autres termes c’est une anticipation, sur les règlements, qui est faite au client
avec respect des clauses définies dans le contrat de marché.
Pour avoir la certitude qu’elle pourrait récupérer ces acomptes si l’entreprise ne
respectait pas ses engagements vis-à-vis du maître d’ouvrage, ou si la somme
avancée était employée à d’autres fins, l’administration exige une garantie qui est la
caution d’avance de démarrage. C’est une caution qui permet à l’entrepreneur de
bénéficier d’une avance pour démarrer les travaux.
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Les Techniques et Pratiques Bancaires
d- Caution de retenue de garantie
Dans certains cas, afin d’être sûr de la prise en charge financière des réparations
justifiées par suite de malfaçon ou de mauvaise exécution dans la réalisation du
marché, l’Administration peut effectuer, lors de chacun de ses paiements, une
retenue qui ne sera reversée globalement qu’à la fin de la période de garantie prévue
contractuellement. L’administration exige donc une caution de retenue de garantie
qui n’est qu’un engagement pris par la banque afin de couvrir les éventuelles
défaillances de l’entrepreneur, réserves émises lors de la réception provisoire des
travaux, malfaçons<, constatées lors de la réception définitive des travaux. Cette
caution a donc pour finalité d’éviter le prélèvement, par l’Administration, de la
retenue de garantie sur les règlements effectués en cours d’exécution du marché.
2- Cautions commerciales et Cautions en douane
a- Aval de traite
Il s’agit des avals de traite. Dans la pratique, la banque se porte garante des
règlements d’effets de la banque à leurs échéances. En donnant au fournisseur la
certitude du paiement à l’échéance, la banque, avaliste d’un effet accepté par son
client, ouvre à celui-ci la possibilité d’obtenir un allongement des délais de paiement
b- Cautions en douane
C’est une caution qui est délivrée à l’entreprise en faveur des services de douane
pour lui permettre de retirer les marchandises au cas où il manque de documents
(certificat d’origine, facture<) ou en cas de complément de formalités douanières à
produire ultérieurement. La banque s’engage à acquitter les droits de taxes estimés
par les services des douanes. Cette caution demeure valable jusqu’à réception de la
30 main levée de la part de la douane.
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II.B- FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS
A- CMLT ET CREDIT BAIL
1- CMLT
Ce sont des crédits destinés à couvrir les investissements d’équipement, de
renouvellement, d’extension ou alors de restructuration. Il s’agit de crédit confirmé et
accordé sur une durée dépassant 2 ans et dont le remboursement doit être assuré par
les cash-flows dégagés par l’entreprise bénéficiaire. D’où la nécessité de procéder à
une analyse approfondie du risque au travers d’une étude exhaustive portant sur :
La situation économique et financière de l’entreprise : produits ou services
commercialisés
L’évolution prévisible de la société : visibilité, opportunités/menaces
La compétence et la moralité des managers de l’équipe
La connaissance de l’environnement économique dans lequel évolue
l’entreprise : les tendances du marché, le positionnement de l’entreprise, la
concurrence<
Et enfin des garanties à donner
A noter que les CMT ont une durée supérieure à 2 ans (24 mois) mais inférieure à 10
ans. Pour ce qui est des CLT, Leur durée dépasse 10 ans (120 mois).
2- CREDIT BAIL
Technique originale de financement de l’investissement qui connaît un grand
développement ce qui a amené bon nombre de banques commerciales à offrir ce type
de financement à leur clientèle.
Il s’agit d’une location d’un bien (machine, outillage, matériel de transport,
immeuble) à usage professionnel pendant une durée minimum avec possibilité pour
le locataire (entreprise) d’acquérir le bien loué moyennant un prix convenu (valeur
31 résiduelle) tenant compte des versements effectués à titre de loyers. Il met en rapport
le fournisseur du bien qui reçoit le règlement de la banque ou de la société de crédit
bail, la banque, propriétaire du bien et qui le loue et le preneur qui est l’entreprise.
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La banque est le nu-propriétaire (abusus), l’entreprise est l’usufruitier (il a l’usus :
droit d’user du bien et le fructus : le droit de fructifier le bien moyen versement de
loyers au nu-propriétaire).
B- LA GESTION DES RISQUES LIES AU FINANCEMENT
1- Analyse et prévention des risques
a- Classification du risque
Tant le risque est lié à l’environnement externe de l’entreprise tant il peut provenir
des facteurs propres à l’entreprise contractante. Et la banque, d’une manière ou d’une
autre, doit considérer ces trois éléments suivants : risque organisationnel, risque
technique et risque financier.
Risque organisationnel : il est lié à l’appréciation de la qualité des dirigeants
de l’entreprise. Il s’agit, dès lors, de bien analyser leur moralité (honnêteté,
attachement à l’entreprise) leur style de management, leur expérience en la
matière. L’analyse de ce facteur organisationnel est d’une importance capitale
car aucun banquier ne s’engagera à côté d’une entreprise non solvable et non
rentable.
Risque technique : La banque, avant de s’engager, apprécie le risque
technique qui peut en découler. L’appréciation de ce risque intervient lors de
l’exécution d’un marché public par une entreprise. En effet on ne peut
cautionner un entrepreneur qui ne dispose pas de ressources matérielles
suffisantes lui permettant d’exécuter le marché ou qui n’a aucune expérience
et expertise dans le domaine des travaux publics. Ainsi la banque qui s’engage
à cautionner son client s’assure toujours de la solidité technique du
soumissionnaire.
32
Risque financier : la santé financière de l’entreprise joue un rôle important
dans le cadre d’un financement d’entreprise. Elle détermine la solvabilité de
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l’entreprise ou sa capacité à faire face aux dettes exigibles. De ce fait, les
banques avant de s’engager solidairement évaluent la santé financière de
l’entreprise, gage de sécurité. D’où l’intérêt de mener une analyse minutieuse
en ce qui concerne ce risque financier.
b- Mesure de performance par les états financiers
L’analyse de la situation financière par les états financiers, permet une appréciation
globale de ladite situation du maître d’œuvre, pour aider à la prise de décision. La
banque les utilise comme outils de prise de décisions pour toutes prestations
financières et autres services rendus aux entreprises. Cette analyse tourne très
souvent autour de quatre (4) axes fondamentaux constituant le carré financier,
emprunté à Nicolas KALDOR. Il s’agit d’étudier l’activité (croissance), la rentabilité,
la liquidité et l'endettement de l’entrepreneur.
CROISSANCE
ENDETTEMENT ENTREPRISE RENTABILITE
33
LIQUIDITE
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ACTIVITE : Dans la pratique économique, la performance financière de l’entreprise
intègre des notions diverses dont les plus importants sont : la croissance de l’activité,
la sécurité, la rapidité, la profitabilité, l’efficacité, la productivité et la rentabilité.
L’étude des performances financières d’une entreprise concerne en grande partie les
indicateurs portant sur le résultat de l’entreprise ou soldes intermédiaires. L’étude
des ces grandeurs se fait en cascade en partant du Chiffre d’Affaire jusqu’au Résultat
Net.
LA RENTABILITE : c’est la capacité de l’entreprise à dégager un profit. C’est l’un
des premiers indicateurs de performance d’une entreprise.
Elle est analysée en fonction du résultat permettant d’apprécier la politique
d’amortissements et de provisions de l’entreprise.
Le Résultat Net est l’indicateur le plus important que la BANQUE prend en compte.
Une entreprise peut réaliser des performances exceptionnelles de croissance et se
retrouver avec un résultat net en baisse pour ne pas avoir maîtrisé ses charges ou
pour d’autres raisons. Le RN renseigne sur la rentabilité de l’affaire (perte ou profit).
ENDETTEMENT : Il s’agit dans ce cas d’espèce d’apprécier le taux d’endettement du
client, pour voir s’il peut ou non faire face à ses futurs engagements.
LIQUIDITE : Cette analyse est fortement tributaire des objectifs fixés au préalable.
Toutefois, elle doit, au- delà des chiffres, ressortir la réalité économique de
l’entreprise. Dans le cas de la Banque, l’analyse va porter sur la situation financière
34 générale de l’entreprise par une étude de son équilibre financier à travers le Fonds de
Roulement (FR) et le Besoin en Fonds de Roulement le (BFR), sa solvabilité et
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rentabilité grâce à une batterie de ratios dont quatre de base qui ne sont rien d’autres
que ceux des accords de classement de la BCEAO1.
Matrice d’évaluation de la rentabilité/liquidité
RENTABILITE
SIGNES + -
+ A B
- C D
Tableau 3 : Analyse et Interprétation de la Matrice de rentabilité/liquidité
Lorsque l’analyse de la situation financière est à ce niveau (A),
A l’entreprise se porte bien car elle est à la fois rentable et liquide.
L’entreprise est liquide mais n’est pas rentable. A cet effet elle peut
B faire face aux dettes exigibles. Mais à long terme, elle tend vers la
cessation de paiement. Il faudra donc réorienter son activité, aller à
la recherche et conquête de nouveaux marchés, clients et surtout
revoir ses coûts et prix.
35
1
BCEAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
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L’entreprise est passagèrement malade. Sa santé financière est
C précaire. Elle est certes rentable, mais à l’instant, elle n’est pas
liquide. Ainsi faudrait-il procéder à l’augmentation des capitaux
propres ou au recours à des dettes. Cependant les dettes auxquelles
l’entreprise fera recours, doivent être des prêts courts termes, à
savoir les découverts, facilités de caisse, dépassements, escomptes
effets<. En général les entreprises s’exerçant dans les Bâtiments et
Travaux Publics se trouvent dans ce cas de figure. C’est pourquoi
lors de l’exécution d’un marché public, elles ont recours aux
avances sur marché pour pouvoir exécuter à bon échéant les
chantiers en attendant le versement des décomptes.
En l’espèce, l’entreprise n’est ni rentable ni liquide. C’est la faillite
D dans un bref délai.
c- Mesure de performance par la cotation
En sus de l’étude de la situation financière, l’analyse est prolongée par des
méthodes s’appuyant sur des systèmes de notation, plus connue sous le vocable
générique de cotation interne. Les notes ou cotes attribuées à un client, constituent,
pour la Banque, un moyen efficace d’évaluer le risque et le rendement du projet de
crédit. Elles permettent de surveiller la solvabilité globale du portefeuille de l’activité
et de déterminer si les normes découlant des accords de classement ont été
respectées.
Dès lors, toutes les banques, avant de consentir un quelconque crédit de trésorerie ou
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les crédits par signature, doivent se doter de ce système de cotation se fondant sur
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des critères d’évaluation objectifs, classant lesdits crédits. Chaque risque de crédit
doit se voir attribuer une cote au moment de l’octroi dudit crédit.
Ainsi le système de cotation permettra de classer les risques de crédits selon les
modalités suivantes :
Risque excellent ;
Bon Risque ;
Risque satisfaisant ;
Risque moyen ;
Risque peu satisfaisant ;
Risque pas du tout satisfaisant.
Le système de cotation adopté permet d’avoir une mesure graduelle du risque. Il
s’agit à ce niveau, pour la banque, d’apprécier le risque de défaillance de la
contrepartie en exploitant ainsi les informations privées qu’elle détient au sujet de
l’entreprise. En outre, il faut signaler que ce système de cotation permet de mettre en
place un tableau de bord pour un meilleur suivi du risque au cours de son évolution
afin de déceler les signes de solvabilité de son client. Mais avant de déterminer le
niveau du risque, une analyse préalable doit être faite :
1. Présentation l’entreprise : il s’agira de décliner son objet social, de
déterminer le capital social et la nature juridique de l’entreprise, la date
d’entrée en relation avec la banque< ;
2. Présentation des différents engagements de l’entreprise : il s’agit là de
parler des différents crédits de fonctionnement (crédits de trésorerie et
crédits par signature qui sont de courte durée) et d’investissement c’est-
37 à-dire les crédits moyen et long terme, dont il a eu à bénéficier en vue
de mesurer son endettement ;
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3. Garanties : il s’agit de lister les différentes sûretés que l’entrepreneur
propose à la banque en vue d’obtenir l’engagement par signature. C’est
souvent la caution solidaire et personnelle du dirigeant, le nantissement
du marché à exécuter, l’hypothèque que le maître d’œuvre propose ;
4. Ratios accords de classement : c’est une étude qui porte sur l’analyse de
l’autonomie financière, la capacité de remboursement, la rentabilité
globale et la liquidité générale ;
5. En ce qui concerne la tenue des comptes, on analyse les mouvements
enregistrés dans le compte : il faut se poser les questions suivantes :
existe-t-il des incidents de paiement dans le cadre de la tenue du
compte ? si oui, sont-ils fréquents ?
existent-t-il des dépassements sur autorisation ? si oui, sont-ils
fréquents ?
existe-il des positions débitrices ? si oui, sont-elles fréquentes ?
6. et enfin, on procède à la cotation du client de la manière suivante:
7.
2- Couverture des risques par les Garanties bancaires
La banque, avant de financer les investissements de l’entreprise, procède à la
couverture des risques éventuels par le biais de la prise des garanties de qualité
(hypothèque, nantissement du marché<) constituant, pour elle, un gage de sécurité.
Elles minimisent les risques et participent, dans une large mesure, au respect des
engagements. En effet les sûretés jouent un rôle essentiel dans la vie économique en
tant qu’auxiliaire du crédit. Aujourd’hui plus que jamais, la formule lapidaire « pas
de crédit sans sûretés » exprime la réalité. Le crédit repose sur la confiance. Telle est
même la signification étymologique du terme (credere = croire, avoir confiance).
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Cette confiance ne peut cependant être aveugle. Seules des garanties sérieuses
peuvent la susciter. Elles garantissent l’exécution des obligations quelle que soit la
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nature juridique de celles-ci et ont précisément pour but d’éliminer ou, du moins, de
réduire le risque de non paiement ou de non respect des engagements par l’octroi au
créancier d’une garantie supplémentaire, procurant à son bénéficiaire un avantage
par rapport aux autres.
a/ Les suretés personnelles
Selon l’article 2 alinéa 1 de l’Acte Uniforme portant sur les Sûretés, « la sûreté
personnelle consiste en l’engagement d’une personne, de répondre de l’obligation
principale du débiteur, en cas de défaillance de celui-ci ou à première demande du
bénéficiaire de la garantie ». A la lumière de cette définition nous pouvons retenir, et
sans risque de se tromper, que les sûretés personnelles se résument en un contrat de
cautionnement et en une garantie à première demande.
a.1/ Cautionnement solidaire et personnel
Le cautionnement est un contrat par lequel une personne physique ou morale, la
caution, s’engage à l’égard d’un créancier à payer la dette du débiteur, appelé
débiteur principal, au cas où celui-ci serait défaillant. C’est pourquoi on dit souvent
que celui qui se rend caution d’une obligation se soumet envers le créancier à
satisfaire à cette obligation, si le débiteur n’y satisfait pas lui-même. Il existe deux
types de contrats de cautionnement à savoir le contrat de cautionnement simple et le
cautionnement solidaire.
La banque réclame généralement le cautionnement solidaire puisqu’il est plus
contraignant que le cautionnement simple par lequel le débiteur a la latitude
d’invoquer le bénéfice de division ou de discussion. Par contre avec la caution
solidaire et personnelle, à l’échéance, lorsque le débiteur principal ne paie pas, le
créancier actionne en paiement la caution solidaire qui est tenu de s’exécuter dans les
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plus brefs délais.
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a.2/ La lettre de garantie
La lettre de garantie, encore appelée garantie à première demande, est « la
convention par laquelle, à la requête ou sur instructions du donneur d’ordre, le
garant s’engage à payer une somme déterminée au bénéficiaire, sur première
demande de la part de ce denier ». C’est cette définition qui sort de l’Acte Uniforme
sur les Sûretés.
A la différence du cautionnement, elle crée des engagements autonomes, distincts
des actes et faits susceptibles d’en constituer la base. Le caractère autonome attaché à
cette garantie permet à son bénéficiaire de demander paiement au garant
indépendamment de la relation contractuelle ou commerciale de base sous la seule
condition de fournir les documents prévus dans la lettre de garantie.
b/ Les suretés réelles
b.1/ Les sûretés réelles mobilières
Parlant de sûretés réelles mobilières, il en existe deux, avec dépossessions
communément appelées gage de fonds bloqués et sans dépossession, encore appelées
nantissement de marché.
b.1.1- Gage de fonds bloqués
Le gage est un contrat par lequel un débiteur remet une chose mobilière à son
créancier pour sûreté de la dette. C’est, plus précisément, un contrat constitutif d’une
sûreté réelle mobilière, car il confère au créancier le droit de se faire payer sur la
chose, objet du gage.
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La banque qui cautionne son client dans le cadre de la réalisation d’un marché
public, pour se couvrir contre l’éventuelle défaillance de son client qui exécute ledit
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marché, demande à son client un gage de fonds bloqués, communément appelé, dans
le jargon bancaire, « déposit » C’est des sommes d’argent que la banque bloque dans
un compte, appelé compte « déposit », en attendant que l’entrepreneur réalise les
chantiers qui lui sont confiés.
b.1.2- Nantissement de marché
Le nantissement est un contrat de gage sans dépossession. Il intervient souvent lors
de l’exécution d’un marché public. A cette occasion, la banque réclame à l’entreprise
devant exécuter les travaux un nantissement du marché. Par ailleurs, la banque peut
réclamer d’autres types de nantissement, même si c’est rare de le voir en pratique, à
savoir les nantissements des titres sociaux, de fonds de commerce, de matériels
professionnel et de véhicules ou encore de stocks. Ces sûretés mobilières sans
dépossession (nantissement) permettent à la caution bancaire de se prémunir de la
défaillance de son client, entrepreneur.
b.2/ Sûretés réelles immobilières
L’hypothèque est une sûreté réelle immobilière conférée par le débiteur ou un tiers
pour garantir les obligations du débiteur. Elle permet d’affecter un immeuble en
garantie du paiement d’un engagement pris par le débiteur. L’hypothèque est donc
une sûreté réelle car elle porte directement sur l’immeuble hypothéqué qui ne peut se
déplacer.
Elle permet à la banque de saisir l’immeuble hypothéqué en quelques mains qu’il se
trouve, et de se faire payer en priorité sur le bien vendu. Elle confère donc à la
banque un droit de saisir l’immeuble hypothéqué, quel qu’en soit le détenteur (droit
de suite) et de se faire payer en priorité sur le prix d’adjudication (droit de
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préférence).
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Section 2 : Solutions aux besoins nés d’opérations avec l’étranger:
L’efficacité d’une banque dans le traitement des opérations sur l’étranger constitue
de nos jours un critère de choix déterminant pour une grande entreprise.
Cependant ces opérations supposent le respect d’une certaine réglementation et de
règles universelles en la matière. Les entreprises sollicitent les banques pour
effectuer des transferts de capitaux dans le cadre du règlement financier des
opérations commerciales à l’import et à l’export ou dans le cadre d’investissement à
l’étranger pour alimenter les comptes des filiales ou rapatrier des dividendes.
Mais le règlement d’une transaction peut dépendre d’une règlementation
contraignante (contrôle des changes, contrôle du commerce extérieur etc.).
Dans notre zone UEMOA les transferts doivent être justifiés par la présentation des
factures, documents douaniers, etc. ; ou contrat.
I- Documents liés au financement du commerce extérieur
Les opérations de commerce international nécessitent la présentation de divers
documents
Les principaux documents concernent les factures qui décrivent la marchandise, la
quantité, le prix et le poids.
A-Documents liés à la marchandise
1- Facture pro format
C’est le document qui énumère l’ensemble des produits commandés par
l’importateur. Sur ce document, on précise le prix unitaire, le prix total et les
désignations. Elle est généralement accompagnée d’un contrat. Dans les contrats
internationaux, on y trouve généralement des termes contractuels normalisés
(INCOTERMS) qui permettent aux parties de se référer à un jeu de règle préétablies,
2- Certificat d’origine et certificat sanitaire
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Ces documents servent à identifier l’origine des marchandises. Si le pays d’origine
est un pays à haut risque sur le plan sanitaire, le certificat sanitaire est exigé.
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3- Les documents d’Assurance
Les marchandises font face à de nombreux risquent lorsqu’elles quittent le pays de
l’exportateur en direction de l’importateur. Ces risquent doivent être couverts soit au
profit de l’acheteur, soit au profit du vendeur selon que c’est l’un au l’autre qui
supporte le risque. Ces documents sont de trois types
B- Documents liés à l’expédition
Le transport des marchandises est l’étape la plus importante dans les contrats
internationaux. Le vendeur remet un titre de transport des marchandises au
transporteur adressé à l’importateur pour qu’il puisse rentrer en possession de la
marchandise.
Ce document peut être une lettre de voiture, la lettre de transport aérien (LTA),
Connaissement.
Les lettres de voiture sont des documents qui sont émis dans le transport de route.
Quant à la lettre de transport aérien, LTA, représente le titre émis par les compagnies
aériennes ou bien par leurs agents.
Le connaissement maritime fait la preuve de l’existence d’un contrat de transport,
constitue un reçu de marchandise et représente le droit sur celle-ci. C’est en réalité un
document délivré par le commandant du bateau, certifiant ou reconnaissant la
réception d’une quantité requise de marchandises et s’engage à les restituer au
destinataire au bon port.
II- Mode de règlement des opérations internationales
A-Techniques de paiements commerciaux et documentaires
Tant les règlements des opérations liées à l’exportation comme à l’importation sont
réglés par virement, tant les paiements, dans la plupart des cas, s’effectuent par
CREDOC ou REMDOC
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1- Crédit documentaire (CREDOC)
a/ Le principe du CREDOC
Utilisé couramment dans les transactions internationales, le CREDOC obéit aux
règles et usances de la C.C.I et à pour objectif de répondre à deux difficultés du
commerce extérieur.
Maîtriser le risque commercial : un importateur qui passe un contrat veut avant
d’effectuer le règlement être sûr que les marchandises seront bien livrées
conformément au contrat commercial ;
L’exportateur veut avant de lancer la fabrication ou expédier sa marchandise être sûr
du paiement retour.
Maîtriser le risque politique : l’existence d’une réglementation restrictive au niveau
du pays de l’acheteur peut retarder ou empêcher un paiement, en acceptant d’ouvrir
un CREDOC la banque de l’importateur se porte garant du paiement.
b/ Définition
Le CREDOC est l’engagement irrévocable de la banque de l’importateur de payer, à
la date convenue, le montant d’une importation réalisée par son client, si les
documents attestant la réalisation de l’expédition de marchandises lui sont remis tels
qu’exigés dans la forme et les délais convenus au contrat commercial.
Les différentes formes de CREDOC :
Le CREDOC révocable peut être remis en cause à tout moment tant que la
marchandise n’est pas expédiée.
Le CREDOC irrévocable : engagement ferme de la banque émettrice, qui ne peut être
repris qu’avec l’accord de toutes les parties, la banque de l’exportateur confirme le
crédit ce qui est un engagement de sa part et donc une garantie supplémentaire pour
l’exportateur.
CREDOC payable à vue et CREDOC payable à terme.
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2- Remise document (REMDOC)
Un exportateur peut confier à sa banque un jeu de documents attestant de l’existence
d’une opération commerciale et lui donner un mandat d’encaisser la somme qui est
due à présentation des documents chez la banque de l’acheteur à l’étranger.
Les documents à présenter dans le cadre d’une telle opération sont standardisés par
les règles et usances de la chambre de commerce internationale et doivent
comporter :
les documents relatifs à la nature de la marchandise et ses conditions
d’expédition : facture commerciale, note de poids, liste de colisage, certificat
de qualité etc. ;
les documents d’expédition : connaissement maritime ou fluvial, lettre de
voiture ou de transport aérien etc.
les documents douaniers : facture douanière, certificat d’origine et de salubrité
etc.
les documents d’assurance.
Ces documents sont nécessaires à l’importateur pour prendre possession de ses
marchandises sous douanes, il les obtiendra contre paiement si la vente est stipulée
« documents contre paiement » ou contre acceptation d’une traite à échéance si c’est
prévu au contrat commercial.
Les coûts perçues par la banque de l’exportateur et aussi de l’importateur sont
relatifs aux commissions de traitement de la remise, vérification, envoi, acceptation
etc. Ils peuvent être négociés et généralement chacun supporte les frais prélevés par
sa banque.
B- Les garanties
1- Lettre de crédit standby
Dans certains pays », il est émis des lettres de crédit stand-by qui remplacent
certaines garanties bancaires, par exemple des garanties de restitution d’acompte ou
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de bonne exécution de marchés de travaux ou de ventes de bien d’équipement, ou
encore des garanties contre le défaut de paiement de biens de consommation. Cette
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pratique tend à se répandre en Europe et en France, compte tenu de ses avantages de
rapidité et de commodité.
Les lettres de crédit stand-by sont utilisées comme le crédit documentaire
traditionnel puisqu’elles sont en elles mêmes des garanties de paiement. A noter que
la stand-by crédit donne lieu à règlement à titre d’indemnité, dans l’éventualité de la
défaillance du donneur d’ordre vis-à-vis du bénéficiaire.
2- l’assurance à l’exportation
Elle est délivrée par des boites d’assurance spécialisées telles que la SONAC, et la
Coface. Les garanties d’assurance-crédit délivrées par ces boites d’assurance
couvrent les risques de non paiement des créances des exportateurs. Les risques
couverts sont des risques politiques, les risques commerciaux<
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