Probabilités Classiques
Probabilités Classiques
1. Expérience aléatoire : (E) C’est une expérience dont le résultat ∪ A i est dans T
i ∈I
ne peut pas être prévu avec certitude à priori.
2. L’univers Ω est l’ensemble des issues possibles d’une expérience stabilité par union dénombrable
aléatoire.
Une même expérience peut fournir plusieurs univers différents Exemples 1
suivant ce qu’on veut en tirer.
3. Un événement est un sous-ensemble de Ω. Lorsque Ω n’est pas 1. Tribu grossière A = {;, Ω}.
fini, on est parfois amené à se restreindre et à ne pas considérer 2. Tribu des parties (appelée aussi tribu discrète) A = P (Ω).
tous les éléments de P (Ω) comme des événements, ce que nous
formaliserons par la suite avec la notion de tribu. 3. Autres exemples de tribus
T = {A, A, ;, Ω}
4. Évenement élémentaire : un singleton {ω}, ω ∈ Ω. Ω = {a , b , c , d }, T = {;, {a }, {b , c , d }, Ω}.
5. Événement certain : l’événement Ω.
6. Événement impossible : l’événement ;. Remarque 1
7. Événement contraire de l’événement A : l’événement A = CΩA .
Choix d’une tribu : se fait en fonction de l’information qu’on a sur
8. L’événement A entraîne l’événement B si A ⊂ B . le problème. Lorsque l’univers est fini ou dénombrable, on travaille
9. L’événement " A et B " : A ∩ B . généralement avec la tribu discrète. Lorsque l’univers est infini
(Ω = R ou I ) on travaille avec la tribu borélienne qu’on définira dans
10. L’événement "A ou B " : A ∪ B .
ce paragraphe.
11. A et B sont dits incompatibles si A ∩ B = ;.
12. Une famille {A i , i ∈ I } est dite constituée d’événements deux à
Définition 2.2 — Espace probabilisable et événements
deux incompatibles si pour tout i 6= j , A i et A j sont incompatibles.
— Un espace probabilisable est un couple (Ω, T ), où Ω est un en-
semble quelconque, l’univers, et T une σ-algèbre d’événements
Exemple 1 sur Ω.
— Les éléments de T sont appelés événements (de l’espace proba-
Lors du lancé d’un dé, : bilisable (Ω, T )).
Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}
Proposition 2.1
L’événement ω = 2 est un événement élémentaire. Si T est une tribu d’événements sur Ω, alors :
L’événement "obtenir un nombre pair" se traduit par le sous en- 1. ; ∈ T
semble ω = {2, 4, 6} de Ω. 2. ∀(A, B ) ∈ P (Ω), (A, B ) ∈ T 2 =⇒ A ∪ B ∈ T (stabilité par union
Voici d’autres exemples qui sont parmis les plus usuels. finie) ;
3. Pour toute famille dénombrable (A n )n∈N d’éléments de T ,
∩ An ∈ T .
n ∈N
4. ∀(A, B ) ∈ P (Ω), (A, B ) ∈ T 2 =⇒ A ∩ B ∈ T (stabilité par intersec-
tion finie) ;
[email protected] 1
PROBABILITÉS
telle que :
Preuve
1. ∀A ∈ T , 0 ≤ P (A) ≤ 1 ;
— Ω ∈ Ti , ∀i ∈ I , donc Ω ∈ ∩ Ti . 2. P (Ω) = 1
i ∈I
— Si A ∈ ∩ Ti , alors ∀i ∈ I , A ∈ Ti , par suite Ā ∈ ∩ Ti , ∀i ∈ I et Ā ∈ ∩ Ti .
i ∈I i ∈I i ∈I 3. (propriété de σ-additivité) Pour toute famille dénombrable
— (A n )n∈N une famille d’éléments de ∩ Ti , donc ∀i ∈ I , ∪ A n ∈ Ti et
i ∈I n∈N (A i )i ∈N d’événements deux à deux incompatibles. La famille
∪ A n ∈ ∩ Ti
n ∈N i ∈I (P (A i ))i ∈N est sommable et on
+∞
X +∞
2.2
2 Tribu engendrée : tribu borélienne P (A n ) = P ( ∪ A i )
n=0
n=0
— ]x , +∞[= ] − ∞, x ]
— ] − ∞, x [= ∪ ∗ ] − ∞, x − n1 ] Définition 3.2
n ∈N
— [x , +∞[= ] − ∞, x [. Soit (Ω, T , P ) un espace probabilisé, et soit A ∈ T .
— ] − ∞, +∞[=] − ∞, 0] ∪ [0, +∞[
— ]x , y ] =] − ∞, y ]∩]x , +∞[. 1. On dit que A est négligeable, ou presque-impossible, si P (A) = 0.
— [x , y [= [x , +∞[.
— ]x , y [=] − ∞, y [∩]x , +∞[ 2. On dit que A est presque-certain si P (A) = 1.
— [x , y ] =] − ∞, y ] ∩ [x , +∞[.
Donc BR ⊂ σ(X 1 ). 3. Une propriété est vraie presque sûrement si l’événement « la
On procède de même pour X 2 . propriété est satisfaite » est presque- certain.
Proposition 3.1
3 Mesure de probabilité Soit P une mesure de probabilités sur (Ω, T ). Alors :
[email protected] 2
PROBABILITÉS
+∞
P (A ∪ B ) = P ( ∪ A n ) =
P
P (A n ) = P (A) + P (B ) Solution
n∈N n=0
1. a) E1 =" À partir du cinquième lancé on obtient que des as".
3. Les événements A et Ā sont incompatibles, donc 1 = P (Ω) = P (A) + P (Ā),
d’où P (Ā) = 1 − P (A). b) E2 ="l’as apparait pour la première fois au cinquième lancer et
4. Découle du fait que B = A ∪ B \A, avec une incompatibilité des événe- les lancers ultérieurs donnent que des as"
ments.
c) E3 ="L’as apparait au moins une fois à partir du cinquième
5. Découle de la propriété précédente.
lancer".
6. A ∪ B = A ∪ (B \A ∩ B ), une réunion qui est disjointe et donc P (A ∪ B ) =
P (A) + P (B \A ∩ B ) = P (A) + P (B ) − P (A ∩ B ). 2. Cn = ∪ A i .
i ≥n
Théorème 3.1 - Propriété de la limite monotone Si en plus tous les événements élémentaires ont la même chance d’être
1. Soit (A n )n ∈N est une suite croissante d’événement. Alors : réalisés, et du fait que P (Ω) = 1, alors pour tout événement A la proba-
+∞ bilité de réalisation de A, sera :
P ( ∪ A n ) = lim P (A n )
n=0 n→+∞
Card(A)
2. Soit (A n )n ∈N une suite décroissante d’événements. Alors : P (A) =
+∞
Card(Ω)
P ( ∩ A n ) = lim P (A n )
i =0 n→+∞
On dit dans ce cas que l’univers Ω est équiprobable ou que
La probabilité P est uniforme sur Ω
Preuve
Exemples 2
1. Soit (Bn ) la suite d’événements définis par
[email protected] 3
PROBABILITÉS
Donc p = 17 . Solution
4 1. Les étudiants étant numérotés de 1 à n, il y a n ! répartitions pos-
P (A) = p2 + p4 + p6 =
7 sibles des manteaux parmi les n étudiants.
n
2. A = ∩ A i
i =1
Exercice 2 3. D’après la formule de Poincarré.
n P
P (A) = 1− (−1)k +1 1≤i 1 <i 2 <...<i k ≤n P (A i 1 ∩ ... ∩ A i k ) .
P
Une urne contient 9 boules numérotées de 1 à 9. On tire deux boules
k =1
de cette urne. Calculer la probabilité d’obtenir 2 boules portant des Card(A i1 ∩ ... ∩ A ik ) = (n − k)!, et comme pour k fixé il y’a
n
p-listes
k
numéros de même parité dans les différents cas suivants : strictement croissantes, on déduit le résultat.
1. On tire les 2 boules simultanément, 4. On peut réecrire la probabilité précédente comme suit :
2. On tire une boule, on ne la remet pas, puis on tire la seconde, n n
X (−1)k +1 X (−1)k
3. On tire une boule, on la remet, puis on tire la seconde. P (A) = 1− = ÷ e −1 ÷ 0, 37
k =1
k! k =0
k!
— B est l’ensemble arrangements à deux éléments de {2, 4, 6, 8}. est sommbale de somme :
X
pω = 1
— C est l’ensemble des arrangements à deux éléments de ω∈Ω
{1, 3, 5, 7, 9}.
A2 + A2 4
P (A) = 4 2 5 =
A9 9 Preuve
On remarque qu’on trouve le même résultat que précédement. Distinguons les cas
3. Dans ce cas — Si Ω = {ω1 , ..., ωn }, avec les ωi qui sont distncts. Alors :
n n
9
— Ω est l’ensemble des couples de |[1, 9]|. Card(Ω) = 2 . pωi = P ( ∪ P ({ωi }) = P (Ω) = 1
P
i =1 i =1
— B est l’ensemble des couples de {2, 4, 6, 8}. — Si Ω = {ωn , n ∈ N} est dénombrable avec les ω qui sont distincts. Alors :
P
d’après la remarque 4, pωn converge et :
— C est l’ensemble des couples de {1, 3, 5, 7, 9}. +∞ +∞
pωn = P ( ∪ {ωn }) = P (Ω) = 1
P
Donc n=0 n=0
42 + 52 41
P (A) = =
92 81 Remarque 6
Exercice 3: Nombres de dérangements
On déduit de cette propriété que l’équiprobabilité sur l’univers N
Les 32 étudiants de MP3 font un repas de djaj un mardi pluvieux au est impossible.
restaurant de l’internat et laissent leur manteau au vestiaire en arri-
vant. Au moment de partir, une panne d’électricité fait que l’employé Théorème 4.1
rend à chacun l’un des manteaux au hasard. Le but de l’exercice est Si (pω )ω∈Ω est une famille de réels positifs, sommable et de somme
de déterminer la probabilité qu’aucun des étudiants ne récupère le égale à 1 alors il existe une unique probabilité P sur (Ω, T ) vérifiant
sien. Les étudiants sont numérotés de 1 à n=32. ∀ω ∈ Ω, P ({ω}) = pω
1. Combien y a-t-il de répartitions possibles des manteaux parmi
De plus, celle-ci est déterminée par
les 32 étudiants ? X
∀A ∈ Ω, P (A) = pω
2. L’événement A i signifie : “l’étudiant i a récupéré son manteau”.
ω∈A
Exprimer grâce aux A i l’événement : A : “aucun des étudiants
ne récupère son manteau”.
n
(−1)k −1 Preuve
3. Montrer que P (A) = 1−
P
k! .
k =1 Supposons qu’une telle probabilité existe, alors pour tout A ∈ T , si
4. En utilisant la série exponentielle, montrer qu’il y a environ A = ∪ω∈A {ω},alors X
37% de chances que ce soit le mardi gras absolu en fin de P (A) = pω
ω∈A
soirée.
D’où son unicité. Inversement
5. On appelle dérangement d’un ensemble à n éléments une Supposons P : P (Ω) → R+∗ définie par
permutation de cet ensemble qui ne laisse aucun point fixe. X
∀A ∈ Ω, P (A) = pω
Exprimer le nombre d n de dérangements d’un tel ensemble.
ω∈A
[email protected] 4
PROBABILITÉS
Exercice 5 X
P (C ) = g (i , j )
Soient a et b deux réels strictement compris entre 0 et 1 et g la (i , j )∈C
+∞ X
+∞
fonction à valeurs positives définies sur N2 par : X
= a b (1 − a )i (1 − b ) j
2 i j j =0 i = j +1
∀(i , j ) ∈ N , g (i , j ) = a b (1 − a ) (1 − b )
+∞
X (1 − a ) j +1
= ab (1 − b ) j
1. Vérifier que g permet de définir une probabilité notée P sur j =0
1 − (1 − b )
l’espace probabilisable (N2 , P (N2 )). Rappeler l’expression de a (1 − a )
P (A) pour tout A ∈ P (N2 ). =
1 − (1 − a )(1 − b )
2. Pour n ∈ N, pososns A n = {(i , j ) ∈ N2 , i + j = n }. Montrer a (1 − a )
=
que l’application f définie par, f (n) = P (A n ) pour tout n ∈ N, a +b −ab
caractérise une probabilité sur (N, P (N)) que l’on notera P1 .
Calculer P1 ({n}) pour tout n ∈ N.
X
P (D ) = g (i , j )
3. Soient B = {(i , j ) ∈ N , i = j }, C = {(i , j ) ∈ N , i > j } et D =
2 2 (i , j )∈D
+∞ X
+∞
{(i , j ) ∈ N2 , i < j }. Calculer P (B ), P (C ) et P (D ). X
= a b (1 − a )i (1 − b ) j
4. Soit h l’application définie sur (N2 , P (N2 )) par i =0 j =i +1
+∞
X (1 − b )i +1
= ab (1 − a )i
1 si i et j sont pairs
1 − (1 − a )
i =0
h (i , j ) = −1 si i et j sont impairs
b (1 − b )
=
0 si i et j sont de parité différente
1 − (1 − a )(1 − b )
b (1 − b )
Soit h g la fonction produit. =
a +b −ab
Démontrer que la famille ((h g )(i , j ))(i , j )∈N2 est sommable, puis
calculer sa somme. 4. Posons :
I1 = {(i , j ) ∈ N2 , i et j sont pairs }
I2 = {(i , j ) ∈ N2 , i et j sont impairs }
Solution I3 = {(i , j ) ∈ N2 , i et j sont de parité différente } (Ii )i =1,2,3 . La som-
1. ∀(i , j ) ∈ N2 g (i , j ) ≥ 0, on montre ensuite que la famille mabilité de ((h g )(i , j ))(i , j )∈N2 revient à celle des ((h g )(i , j ))(i , j )∈Ii .
(g (i , j ))(i , j )∈N2 est sommable. La sommabilité de ((h g )(i , j ))(i , j )∈I3 est triviale.
série i g (i , j ) converge par convergence de la
P
Pour j fixé, on a la P Pour (i , j ) ∈ I1 , hg (i , j ) = g (i , j ). Par sommabilité de g (i , j )(i , j )∈N2 et
série géométrique i (1 − a )i et on a du fait que I1 ⊂ N2 , on aura aussi la sommabilité de ((h g )(i , j ))(i , j )∈Ii .
+∞
X 1
g (i , j ) = a b (1 − a ) j = b (1 − b ) j
i =0
1 − (1 − a )
P +∞
g (i , j ) converge par convergence de la série
P
Ensuite la série i
j =0
géométrique j (1 − b ) j . D’où la sommabilité et on a :
P
+∞X
+∞
X X 1
g (i , j ) = g (i , j ) = b =1
i,j j =0 i =0
1 − (1 − b )
[email protected] 5
PROBABILITÉS
De même pour ((h g )(i , j ))(i , j )∈I2 . mis les r boules rouges, donc p (A ∩ B ) = A 2r = r (r − 1), d’où :
X X X X
h g (i , j ) = hg (i , j ) + h g (i , j ) + hg (i , j ) r r −1
p (A ∩ B ) =
(i , j )∈N2 (i , j )∈I1
X X
(i , j )∈I2 (i , j )∈I3 r +v r +v −1
= g (i , j ) − g (i , j )
(i , j )∈I1 (i , j )∈I2
+∞X
+∞
2.5
2 Indépendance
X
= a b (1 − a )2p (1 − b )2q
p =0 q =0
+∞X
X +∞ Soient A et B deux événements de probabilité non nulle. Il peut arriver
− a b (1 − a )2p +1 (1 − b )2q +1 que la connaissance de la réalisation de A ne modifie pas notre infor-
p =0 q =0 mation sur celle de B, autrement dit que P (B /A) = P (B ). C’est le cas par
ab a b (1 − a )(1 − b ) exemple lorsque l’on fait un tirage avec remise et que la réalisation de A
= −
(1 − (1 − a )2 )(1 − (1 − b )2 ) (1 − (1 − a )2 )(1 − (1 − b )2 ) ne dépend que du résultat du premier tirage, celle de B que du deuxième.
a +b −ab Par symétrie on aura dans cet exemple P (A/B ) = P (A).
=
(2 − a )(2 − b )
Théorème définition 5.1
Si A et B sont des événements de probabilité non nulle d’un espace pro-
5 Probabilité conditionnelle, indépendance
babilisé (Ω,T ,P), alors les trois égalités suivantes sont équivalentes :
1.5
1 1. P (B /A) = P (B ),
Probabilité conditionnelle
2. P (A/B ) = P (A),
On cherche maintenant à voir comment la connaissance et l’influence
3. P (A ∩ B ) = P (A)P (B ).
d’une information supplémentaire modifie les probabiltés. Pour cela,
on définit la probabilité conditionnelle d’un événement A sachant que A, B vérifiant l’une de ces propriétés sont dits indépendants.
l’événement B est réalisé.
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PROBABILITÉS
Du fait que A=B les événements ne sont clairement pas mutuelle- Exercice 6
ment indépendants .
Mais A ∩ B ∩ C ="Le premier tirage est pile et les deux autres sont On considère une urne qui contient deux boules vertes et une boule
faces". Donc p (A ∩ B ∩ C ) = 12 × 21 × 12 . rouge dans laquelle on effectue une infinité de tirages successifs et
p (A) = 21 . avec remise.
B="(f,f,f)" ou "(p,f,f )" ou "(f,p,f )" ou "(f,f,p)". On définit E l’événement : " on obtient au moins une boule rouge ".
Donc p (B ) = 243 = 12 . On souhaite calculer P (E ) par trois méthodes différentes. Pour cela,
Ainsi p (A ∩ B ∩ C ) = p (A)p (B )p (C ). on note pour tout n de N∗ les événements suivants :
— A n : "on obtient la première boule rouge au n-ième tirage ",
— Bn : " on obtient au moins une boule rouge au cours des n
Remarque 9 premiers tirages ",
— Cn : " on obtient n boules vertes au cours des n premiers tirages
Si les événement A 1 , ..., A n sont mutuellement indépendants, alors
".
ils sont bien évidement deux à deux indépendants, mais la réci-
proque est fausse comme le montre l’exemple suivant : 1. Calculer, pour tout n de N∗ , P (A n ), P (Cn ) et P (Bn ).
2. Exprimer E à l’aide des événements A n , pour n ∈ N∗ , et en
déduire P (E ).
Exemple 6
3. Exprimer E à l’aide des événements Bn , pour n ∈ N∗ , et retrou-
On modifie les événements de l’exemple 5. ver P (E ).
On procède à trois tirages à Pile ou Face. Notons : 4. Exprimer E¯ à l’aide des événements Cn , pour n ∈ N∗ , et en
A="Obtenir exactement 1 Pile lors des tirages 2 et 3". déduire P (E¯ ) puis P (E ).
B="Obtenir exactement 1 Pile lors des tirages 1 et 3 5. Que dire de l’événement E ? Interpréter ce résultat.
C="Obtenir exactement 1 Pile lors des tirages 1 et 2.
Les événements A, B et C sont 2 à 2 indépendants, mais pas mutuel-
lement. Solution
Compte tenu du fait qu’il y’a possibilité de répétition et que les Notons Rk (resp Vk ), l’événement "On obtient la boule rouge ( resp verte
questions posées posées interessent l’ordre l’univers Ω sera ) au kième tirage. Les événements Rk et Vk sont indépendants, nous
avons
Ω = {p , f }3 1 2
P (Rk ) = , P (Vk ) =
3 3
A = {(p , p , f ), (f , p , f ), (p , f , p ), (f , f , p },
B = {(p , p , f ), (p , f , f ), (f , p , p ), (f , f , p )}, 1. — A n = V1 ∩ V2 ... ∩ Vn−1 ∩ Rn , et par indépendance des événe-
C = {(p , p , f ), (p , f , f ), (f , p , p ), (f , f , p )}. ments :
A ∩ B = {(p , p , f ), (f , f , p )}, n−1
2 1
A ∩ C = {(p , p , f ), (f , f , p )}, P (A n ) = P (V1 )..P (Vn−1 )P (Rn ) =
3 3
B ∩ C = {(p , p , f ), (f , f , p }.
p (A∩B ) = 28 = p (A)p (B ), p (A∩C ) = p (A)p (C ), p (B ∩C ) = p (B )p (C ). — Cn = V1 ∩ V2 ... ∩ Vn , donc
A ∩ B ∩ C = {(p , p , f ), (f , f , p )}, p (A ∩ B ∩ C ) 6= p (A)p (B )p (C ).
n
2
P (Cn ) =
3
Proposition 5.2
— Bn = Cn , donc
Si A et B sont indépendants, alors A et B̄ le sont aussi. n
2
P (Bn ) = 1 −
3
+∞
Preuve 2. L’événement E s’écrit : E = ∪ A n . D’après le corollaire 4 et par
n=1
Nous avons A = (A ∩ B ) ∪ (A ∩ B̄ ), une réunion disjointe, donc P (A) = P (A ∩ B ) + indépendances des événements A n
P (A ∩ B̄ ), et donc P (A ∩ B̄ ) = P (A) − P (A ∩ B ) = P (A) − P (A)P (B ) = (1 − P (A))P (B ) =
P (Ā)P (B ). D’où l’independance des deux événements. +∞ +∞ n −1
X X 2 1
P (E ) = P (A n ) = =1
n=1 n =1
3 3
Proposition 5.3
Si les événements A 1 , ..., A n sont indépendants (mutuellement), alors +∞
les événements A 1 , ..., A n−1 , A¯n le sont aussi. 3. L’événement E s’écrit aussi : E = ∪ Bn . Les Bn forment une suite
n=1
croissante d’événements, donc d’après le théorème la limite mo-
Remarque 10 notone.
P (E ) = lim Bn = 1
n→+∞
En itérant cette propriété plusieurs fois, on peut complémenter
autant d’événements qu’on veut. +∞
4. L’événement E¯ s’écrit : E = ∩ Cn , la suite (Cn ) est décroissante,
n=1
3.5
3 donc P (E¯ ) = lim Cn = 0, et P (E ) = 1 − P (E¯ ) = 1
Épreuves répétées n→+∞
5. L’événement E est donc un événement presque sûr : on est
Considérons une suite (Ei )i ∈I (I une partie de N) d’épreuves réalisées
presque sûr d’obtenir, au moins une fois, une boule rouge.
dans les mêmes conditions expérimentales. Par exemple tirages avec
remise dans la même urne, lancers successifs d’un dé, ... Il est alors
raisonnable de supposer que les résultats de tout sous ensemble fini 6 Les théorèmes fondamentaux de probabilités
d’épreuves n’ont aucune influence sur ceux des autres épreuves.
On dit dans ce cas que les épreuves sont indépendantes et auquel
cas toute suite (A i )i ∈I avec A i un résultat de Ei est une suite d’évé-
1.6
1 Formule des probabilités totales
nements mutuellements indépendants.
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PROBABILITÉS
On considère deux urnes U1 et U2 . L’urne U1 contient r1 boules rouges C’est donc la formules de Bayes au système complet (V , V¯ ) qui
et v1 boules vertes. L’urne U2 contient contient r2 boules rouges et v2 s’applique :
boules vertes. On lance un dé. S’il indique le chiffre 1, on choisit l’urne
P (T /V )P (V )
U1 , sinon on choisit U2 . Dans chaque cas on effectue deux tirages P (V /T ) = ' 0.32
P (T /V )P (V ) + P (T /V¯ )P (V¯ )
avec remise dans l’urne choisie. Quelle est la probabilité d’obtenir
une rouge au premier tirage ? deux rouges en tout On conclue ainsi que contrairement à ce que l’on aurait pu croire
Notons les événements : le test n’est pas fiable : si la personne présente un test positif, la
A 1 =" Le dé donne le chiffre 1". probabilité qu’elle ne soit pas porteuse du virus est deux fois plus
A 2 =" Le dé donne le chiffre 2". élevée que celle qu’elle le soit.
A="On obtient rouge au premier tirage".
B="On obtient deux rouges en tout".
(A 1 , A 2 ) est un système complet d’événements. Donc
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PROBABILITÉS
2. En déduire que l’on obtient presque surement une boule 7 Applications : Démonstrations probabilistes
blanche.
de certains résultats mathématiques
3. Soit n ∈ N∗ , montrer que
1 1 1.7
1 Calcul de l'indicateur d'Euler
P (Fn ) = −
n! (n + 1)!
Exercice 9
4. En déduire que l’on obtient presuqe sûrement au moins une
• Pour un entier naturel n supérieur ou égal à 2, on notera respecti-
boule noire
vement :
Solution Notons, pour tout k de N∗ , Bk (resp. Nk ) l’événement : « on
Sn = {k ∈ |[1, n ]|, k ∧ n = 1}
obtient une boule blanche (resp. noire) au k-ième tirage ».
1. L’événement En s’écrit : En = N1 ∩ ..Nn −1 ∩ Bn . Par la formule des
probabilités composées : Dn = {d ∈ |[1, n]|, d /n} l’ensemble des diviseurs de n
P (En ) =P (N1 )P (N2 /N1 )P (N3 /N1 ∩N2 )...P (Nn−1 /N1 ∩N2 ∩...Nn−2 )P (Bn /N1 ∩..∩Nn−1 )
= 12 23 .. n−1 1 1 • ϕ(n ) désigne l’indicateur d’Euler de n. On rappelle que
n n +1 = n (n +1)
On lance, une seule fois, une pièce équilibrée, puis on effectue des On chosit de manière équiprobable un entier compris entre 1 et n .
tirages successifs dans une urne, contenant initialement une boule Soient d ∈ Dn et A d l’événement :
blanche et une boule noire, selon le protocole suivant : A d = "Le nombre choisi est divisible par d "
1. Calculer P (A d ).
— on tire une boule, on note sa couleur et on la remet dans l’urne, 2. Montrer que si p1 , ... , pr sont les diviseurs premiers de n , alors
— on rajoute une boule blanche si l’on a obtenu pile, et une boule les événements A p1 , ..., A pr sont mutuellements indépendants.
noire si l’on a obtenu face.
Ainsi, au moment du k -ième tirage, l’urne contient k + 1 boules. 3. Montrer que :
r
1
Y
1. Calculer la probabilité de tirer une boule blanche au k -ième ϕ(n ) = n 1−
i =1
pi
tirage.
2. Sachant que l’on a tiré une boule blanche au k -ième tirage, 4. Soit d un diviseur de n et a un entier naturel non nul ; montrer
calculer la probabilité pk d’avoir obtenu pile. que a ∧ n = d si, et seulement si, il existe un entier k premier
avec dn tel que a = k d . En déduire le nombre des entiers a tels
3. Calculer la probabilité d’obtenir k boules blanches lors des k
que 1 ≤ a ≤ n et a ∧ n = d .
premiers tirages.
5. Pour tout entier d diviseur de n, on note Cd l’événement
Solution Cd = "Le pgcd de n et du nombre choisi est égal à d".
Exprimer P (Cd ) à l’aide de n, d et de la fonction ϕ.
1. Notons les événements : A="On obtient pile". Bk ="Obtenir une
6. En déduire que d ∈Dn n1 ϕ( dn ) = 1
P
boule blanche ou k-ième tirage.
Nk ="Obtenir une boule noire au k-ième tirage.
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PROBABILITÉS
7. Montrer que l’application u qui, à tout diviseur d de n associe 7. Si d ∈ Dn , n/d est également un diviseur de n compris entre 1 et n :
u (d ) = dn , est une bijection de Dn dans lui-même. l’application u est donc à valeur dans Dn . Comme u est injective
8. En déduire l’identité d’Euler : et que Dn est fini, u est une bijection de Dn sur lui-même. Par
changement de variable, nous obtenons l’identité d’Euler :
X
ϕ(d ) = n X X X
φ(d ) = φ(u (d )) = φ(n /d ) = n .
d ∈Dn
d ∈Dn d ∈Dn d ∈Dn
a = kd. = a = P (A pk )
p
k =1 k k =1
Réciproquement, supposons qu’un tel entier existe. Comme d
divise n et a , il existe u tel que a ∧ n = ud . On en déduit que ud Les événements A p1 , ..., A pr sont donc mutuellement indépendants.
divise n et a , donc que u divise n /d et k : ceci impose u = 1 et 3. L’entier 1 n’est divisible par aucun nombre premier, donc :
a ∧n =d.
{1} = ∩ (Ω\A p )
Les entiers a compris entre 1 et n tels que a ∧ n = d sont donc les p ∈P