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Indice de Vulnérabilité Des Bâtiments en Maçonnerie de La Ville D'alger

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Indice de vulnérabilité des bâtiments en

maçonnerie de la ville d’Alger

Mehdi Boukri* — Mahmoud Bensaïbi**

* Attaché de Recherche, Centre National de Recherche Appliquée en Génie


Parasismique. Rue Kaddour Rahim BP : 252, Hussein Dey, Alger, Algérie.
m_boukri@[Link], boukri_mehdi@[Link]
** Maître de Conférences, Département de Génie Civil, Université Saad Dahleb,
Blida, Algérie. bensaibim@[Link]

RÉSUMÉ. A Alger, le parc immobilier est constitué en grande partie de constructions en


maçonnerie (pierre et/ou brique). Les expertises effectuées sur ce bâti ont montré la faible
résistance de ce type de construction vis-à-vis de l’action sismique. L’étude de la
vulnérabilité sismique de ces constructions est donc d’actualité et constitue une étape
primordiale pour la réduction des pertes dues aux séismes dans cette ville. Cette vulnérabilité
peut être réduite si des mesures préventives sont prises. Dans le présent travail, nous allons
présenter une estimation du degré de vulnérabilité des constructions en maçonnerie de la
ville d’Alger en nous basant sur la « Méthode de l’indice de vulnérabilité ». Cette dernière
nous permettra d’évaluer la vulnérabilité sismique de ces constructions puis d’effectuer leur
classification par rapport à leur qualité sismique.
ABSTRACT. In Algiers, the urban nuclei are made up mainly of masonry buildings (stone and/or
brick). The expertises carried out on this kind of structures showed the low resistance of this
type of construction towards seismic action. The study of the seismic vulnerability of masonry
buildings is thus of topicality and constitutes a fundamental stage for the reduction of the
losses due to earthquakes in this city. This vulnerability can be reduced if preventive
measures are taken. In this work, we will present an estimation of the vulnerability degree of
Algiers masonry buildings by using the “Vulnerability Index Method”. This one will allow us
to evaluate the seismic vulnerability of these buildings then to carry out their classification
according to their seismic quality.
MOTS-CLÉS : Séismes, Risque, Constructions en maçonnerie, Alger, Indice de vulnérabilité.
KEYWORDS : Earthquakes, Risk, Masonry buildings, Algiers, Vulnerability index.

7ème Colloque National AFPS 2007 – Ecole Centrale Paris


2 7ème Colloque National AFPS 2007 – Ecole Centrale Paris

1. Introduction

A Alger et plus particulièrement dans les communes les plus anciennes, le bâti
existant est constitué en majeur partie de constructions en maçonnerie (pierre et/ou
brique). Ce parc immobilier constitue un patrimoine de valeur socio-économique et
culturelle importante. Les expertises effectuées sur ce bâti ainsi que les enquêtes
post-sismique qui ont eu lieu sur ce territoire ont montré la faible résistance de ce
type de construction vis-à-vis du séisme. En conséquence, l’étude de la vulnérabilité
sismique de ces constructions s’avère nécessaire et constitue, donc, une étape
primordiale pour la réduction des pertes dues aux séismes dans cette ville. Cette
vulnérabilité peut être réduite si des mesures préventives sont prises.
La définition de la vulnérabilité sismique des constructions en maçonnerie varie
d’un auteur à un autre. On peut citer quelques une d’entre elles : Selon Benedetti,
Benzoni et Parisi (Benedetti et al., 1988) elle est généralement expliquée par le
degré de perte des éléments concernés par les résultats spécifiques causés par des
facteurs bien déterminés. Ambraseys (Akkas, 1997) l’a définit comme étant le degré
d’endommagement qu’infligerait un séisme de paramètre X (magnitude, intensité,
amplitude…) à une construction donnée ainsi qu’à l’assise. Autrement dit, c’est une
mesure des proportions perdues suite à un séisme donné.
Il existe plusieurs méthodes d’estimation de la vulnérabilité. Parmi les méthodes
les plus utilisées, il y a la Méthode IZIIS (Bozinovski et al., 1993) développée à
l’institut d’ingeneering et de sismologie (Macédoine). Il y a aussi la ‘Méthodologie
EPM’ (Règlement parasismique italien, 1981) élaborée à l’école polytechnique de
Milan (Italie). Nous avons aussi deux méthodes la ‘GNDT level I’ et la ‘GNDT
level II’ développées en Italie par le « National Group for Defense from Earthquakes
» (Giovinazzi et al., 2001). La méthode ‘GNDT level I’, identifie les différentes
typologies de bâtiments et définit des classes de vulnérabilité (A, B et C). La
méthode ‘GNDT level II’ est basée sur l’approche de « Benedetti et Petrini 1984,
GNDT 1994 ». Dans cette approche, on collecte un certain nombre d’informations
typologiques et constructives pour chaque bâtiment. Ces informations sont
combinées à des coefficients pour définir un indice de vulnérabilité ‘Iv’ qui
caractérise le taux de dommage que pourrait subir le bâtiment suite à un séisme
donné. En nous basant sur cette dernière méthode, nous avons développer un outil
nous permettant d’estimer la vulnérabilité sismique des constructions en maçonnerie
de la ville d’Alger.

2. Méthode de l’indice de vulnérabilité

La méthode de l’indice de vulnérabilité consiste à identifier des paramètres


structuraux ou non structuraux ayant une influence sur la réponse sismique de la
structure. Une fois ces paramètres identifiés, on leur affecte un coefficient pour tenir
compte de leur prépondérance les uns par rapport aux autres. Cette prépondérance
Indice de vulnérabilité des bâtiments en maçonnerie d’Alger 3

est affectée aussi par le respect ou non des règlements parasismique lorsqu’ils
existent.
En nous basant sur les développements effectués par Benedetti et al. (Benedetti
et al., 1988) nous proposons le tableau suivant des paramètres que nous estimons
prépondérant dans l’estimation de la qualité sismique des constructions à Alger.

Classes Facteurs de
Paramètres
A B C D pondération
1. Résistance total au cisaillement 0 5 25 45 1.50
2. Régularité en plan 0 5 25 45 0.50
3. Régularité en élévation 0 5 25 45 0.50
4. Connexion de murs 0 5 25 45 1.00
5. Type de murs 0 5 25 45 0.25
6. Plancher 0 5 25 45 0.25
7. Toiture 0 15 25 45 0.25
8. Conditions du sol 0 5 25 45 0.75
9. Détails 0 0 25 45 0.25
10. Maintenance 0 5 25 45 1.00
11. Modifications 0 5 25 45 0.50

Tableau 1. Eléments de calcul de l’indice de vulnérabilité pour notre étude

Chaque paramètre de nature structural ou non structural considéré peut avoir une
influence sur la réponse sismique de la construction et ne peut prendre qu’une seule
vulnérabilité, celle-ci représente la classe à laquelle appartient cette construction.
Nous avons quatre classes : A, B, C et D. La classe A représente des constructions
réalisées selon le code parasismique en vigueur et donc présente une bonne
résistance au séisme, quant à la classe D, elle représente les constructions ayant une
mauvaise résistance au séisme. Les classes B et C sont des classes intermédiaires. A
chaque classe un coefficient de pondération est affecté.
L’indice de vulnérabilité d’un élément est donc le coefficient affecté à la classe
de la construction multiplié par un facteur de pondération. La somme des indices de
vulnérabilité ‘Iv’ de tous les éléments représente l’indice de vulnérabilité de la
construction.
Les principales différences avec la méthodologie développée par Benedetti sont :
- Ajout d’un nouveau paramètre appelé « Modifications ». C’est un paramètre qui a
été déduit à partir d’observations sur le terrain. En effet, il tient compte dans la
mesure du possible des anomalies au niveau des constructions que nous observons
dans notre société. Parmi ces anomalies, on peut citer les ajouts, les suppressions qui
ont pour effet d’engendrer une modification des forces appliquées à la structure, ce
qui provoque un changement dans le centre de masse qui se traduit par une
4 7ème Colloque National AFPS 2007 – Ecole Centrale Paris

altération dans la réponse de la structure. Ce paramètre aura pour coefficient de


pondération WM = 0.5.
- Définition des éléments « Détails ». Auparavant ce paramètre n’était pas explicité.
Nous proposons de le définir comme étant l’état :
a) du remplissage, b) du bardage, c) des cloisons, d) des balcons, e) du garde-corps,
f) des corniches-acrotère, g) des cheminées, h) du vide sanitaire (murs porteurs), i)
du vide sanitaire (poteaux), j) du réseau électrique, k) du réseau gaz, l) du réseau
eau, m) du réseau d’assainissement, n) du réseau téléphonique.
Ainsi il faut regarder l’état de tous ces éléments secondaires. Pour ce qui est du
coefficient de pondération de cet élément, il sera égal à 0.25.
- Affectation des facteurs de pondération fixes aux éléments qui étaient assigné dans
la théorie de Benedetti par l’opérateur (l’expert), à savoir : Régularité en élévation,
Plancher et Toiture. En effet pour ces éléments l’expert devait introduire un
coefficient de pondération. Ce qui introduisait une part de subjectivité.
- Définition de trois plages de valeurs de l’indice de vulnérabilité permettant la
classification de nos constructions, à chaque plage nous avons associé une couleur
représentant l’état du bâti. Pour des valeurs de l’indice de vulnérabilité comprises
entre [0 - 35], les bâtiments sont classés vert et représente ceux qui ne nécessite
aucune intervention, entre [35 - 250], ils sont classés orange, donc, nécessite une
intervention pour les renforcer vis-à-vis d’un séisme futur, enfin pour les valeurs
comprises entre [250 - 450], ces bâtiments sont classés rouge, donc présentent une
faible qualité sismique, ce qui signifie que leur remplacement s’avère indispensable.
Des enquêtes pré-sismiques sont nécessaires pour une classification de l’état du
bâti. Pour cela, une fiche technique sera renseignée pour chaque bâtiment étudié.
Cette fiche est explicitée dans ce qui suit.

2.1. Elaboration de la fiche technique

L’élaboration de la fiche technique permettant l’estimation de l’indice de


vulnérabilité ‘Iv’ après enquêtes sur site, nécessite la connaissance des paramètres
de nature structurale ou non structurale, ayant une influence sur le comportement de
la structure et donc sur la réponse sismique.
La fiche d’enquête (Bensaibi et al., 2000) regroupe l’ensemble des paramètres
pouvant avoir une influence sur la réponse sismique des bâtiments et qui permet le
calcul de l’indice de vulnérabilité. Cette fiche comprend les éléments principaux
suivants :
a) Données générales (adresse, âge, etc…), b) Caractéristiques géométriques, c)
Système structural, d) Conditions du sol, e) Etat des éléments non structuraux, f)
Etat des réseaux divers, g) Maintenance.
Indice de vulnérabilité des bâtiments en maçonnerie d’Alger 5

Ces informations permettent d’évaluer qualitativement et quantitativement la


qualité sismique des constructions.

3. Application

Dans le présent travail, nous allons mettre en application le concept développé


précédemment. Cette application consiste à faire l’étude des bâtiments en
maçonnerie de l’îlot 135 (district 69) (voir figure 1), situé dans la commune de
Belouizdad. Ces bâtiments ont été numérisés dans une base de données qui
comporte leurs fiches d’enquêtes techniques par un Système d’Information
Géographique (SIG). Nous avons développé un programme de calcul nous
permettant de calculer la valeur de l’indice de vulnérabilité pour chacun des
bâtiments étudiés. Injecter dans le SIG, il nous permet de visualiser la classification
des constructions concernées.

Nous avons donc commencé par effectuer une enquête sur les bâtiments du site
faisant l’objet de notre étude. Cette enquête a eu lieu le 23 Avril 2003, quelques
jours avant le séisme destructeur du 21 Mai 2003 dont l’épicentre a été localisé à 7
km au nord de la ville de Zemmouri (wilaya de Boumerdes) de magnitude 6.8 sur
l’échelle de Richter, causant de sévères pertes aussi bien en vies humaines qu’en
infrastructures.

Figure 1. Vue en plan des bâtiments de l’îlot 135

Par la suite nous avons calculer l’indice de vulnérabilité de ces constructions, ce


qui a permis de les classer comme suit : la moitié de ces bâtiments ont été classés
orange et les autres ont été classés rouge (voir figure 2).
Après le séisme de Zemmouri, nous avons effectué une deuxième enquête sur les
mêmes bâtiments étudiés lors de la première enquête pour vérifier et valider notre
6 7ème Colloque National AFPS 2007 – Ecole Centrale Paris

classification. Nous nous apercevons que la plupart des bâtiments classés en orange
avant ce séisme, sont désormais classés en rouge, vu leur état de dégradation (voir
figure 3). Les bâtiments qui étaient classés en rouge, se sont dangereusement
dégradé et risque la ruine à tout moment.
Ceci valide bien la méthode de l’indice de vulnérabilité comme outil
d’estimation de la qualité sismique des constructions.

Figures 2 et 3. Classification des bâtiments de l’îlot 135 avant et après le séisme de


Boumerdes

5. Conclusion

L’analyse de la vulnérabilité sismique des bâtiments en maçonnerie existants


signifie l’estimation de leur consistance en termes quantitatifs et qualitatifs, en
particulier l’estimation de leur degré d’endommagement vis-à-vis des évènements
sismiques. L’estimation de cette vulnérabilité sismique est menée dans ce travail par
une méthode de classification des bâtiments en maçonnerie appelée « Méthode de
l’indice de vulnérabilité ». Celle-ci consiste à attribuer une valeur numérique à
chaque bâtiment, cette valeur est dite Indice de vulnérabilité, Iv, qui est une
représentation de sa qualité sismique. Cette valeur numérique représente la somme
pondérée des valeurs numériques exprimant la qualité sismique des éléments
structuraux ou non structuraux qui joue un rôle significatif dans la réponse sismique
de la structure.
Indice de vulnérabilité des bâtiments en maçonnerie d’Alger 7

L’étude effectuée a permis de montrer que l’estimation de l’indice de


vulnérabilité des bâtiments étudiés permet de connaître leur qualité sismique. En
effet, la structure est d’autant plus vulnérable que son indice de vulnérabilité est
important.
Pour chaque bâtiment, un indice de vulnérabilité a été calculé permettant sa
classification. Pour des valeurs de l’indice de vulnérabilité comprises entre [0 - 35],
les bâtiments sont classés vert, entre [35 - 250], ils sont classés orange et celles entre
[250 - 450], les bâtiments sont classés rouge .
L’estimation de la vulnérabilité sismique de ces bâtiments nous permettra
d’intervenir avant qu’un séisme ne se produise. Cette intervention qui sera soit un
renforcement, soit le remplacement de l’habitation permettra de réduire les pertes en
vies humaines et en infrastructures.

6. Bibliographie

Akkas N., “Thoughts on the concepts of seismic hazards, vulnerability and seismic risk”, 9th
European Conference on Earthquake Engineering, vol. 10 A, 1997, Moscow, p. 77-86.

Benedetti D., Benzoni G., Parisi M. A., “Seismic vulnerability and risk evaluation for old
urban nuclei”, Earthquake Engineering and Structural Dynamics, vol.16, 1988, John
Wiley and Sons, Ltd, p. 183-201.

Bensaibi F., Bensaibi M., « Estimation de la qualité sismique des constructions en


maçonnerie », Deuxième Colloque National de Génie Parasismique, 2000, Alger, p. 343-
349.

Bozinovski Z., Gavrilovic P., Static, dynamic and ultimate state of masonry buildings
subjected to vertical and horizontal loads, SDUAMB, Institute of Earthquake
Engineering and Engineering Seismology, Skopje university, (Personal report),
1993, Republic of Macedonia.
Bozinovski Z., Gavrilovic. P., Dynamic response analysis of building structures, DRABS,
Institute of Earthquake Engineering and Engineering Seismology, Skopje
university, (personal report), 1993, Republic of Macedonia.
Cochrane S. W., Schaad W. H., “Assessment of earthquake vulnerability of buildings”,
proceedings of the 10th World Conference on Earthquake Engineering, 1992, Rotterdam,
p. 497-502.
Giovinazzi S., Lagomarsino S., A methodology for the vulnerability analysis of built-up
areas, Department of Structural and Geotechnical Engineering, 2001, University of
Genoa.
Recensement Général de la Population et de l’habitat 98, Office National des Statistiques,
1998, Alger.
Règlement Parasismique Italien, Art 38 L. R 1/7/81 N.34, 1981, Italie.

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