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d o c u m e n t at
U n m oye n d ’e n s e i g n e m e n t d e
« ous les êtres humains,
préférons la diversité à l’uniformité. Nous la recherchons même :
lorsque nous voyons des jumeaux, nous nous mettons immé
diatement en quête des différences les plus minimes. De même,
nous apportons de la diversité dans une situation monotone
en y introduisant si possible des éléments de contraste. »
Dr Wolfgang Haber
La connaissance et la protection de la biodiversité représentent les enjeux majeurs du XXIe siècle.
La biodiversité est à l’origine de pratiquement tout ce qui a permis le développement des sociétés humaines :
nourriture végétale et animale, bois comme source d’énergie et comme matériau de construction, médicaments,
fibres pour les vêtements, outils, sans parler des valeurs spirituelles qu’elle a inspirées aux hommes.
Comprendre les mécanismes impliqués dans les écosystèmes1, à di≈érentes échelles et dans leurs processus
adaptatifs face aux activités humaines, est une nécessité si l’on veut préserver les conditions de vie des généra-
tions futures.
P o u rq u oi e n se i gn e r l a b i odi versité à l’ école primaire (degrés 1 à 6) ?
Nos élèves représentent les générations à venir et les dirigeants de demain. Ils sont donc particulièrement bien
placés, en tant que futurs décideurs, citoyennes ou citoyens, pour influencer l’orientation des décisions actuelles
susceptibles d’avoir une incidence positive ou négative sur leur vie d’adulte. Ils portent déjà la responsabilité de
protéger leur propre avenir et de préserver la vie sur Terre, ils ne peuvent pas se permettre d’adopter une attitude
désintéressée.
La conscience de la biodiversité représente un ensemble de connaissances et de compétences mobilisables
en éducation interculturelle, éducation à la citoyenneté et ne relève donc pas uniquement de l’éducation à
l’environnement et de l’enseignement de la biologie.
Cette conscience ainsi que les apprentissages qui permettent de l’appréhender sont importants dès le plus jeune
âge si l’on veut progressivement voir émerger des changements de comportements permettant de mieux prendre
en compte la biodiversité dans nos actions.
L’objectif est donc de développer chez l’enfant une attitude d’observation, de responsabilité et d’action en pen-
sant à l’avenir. C’est ce que l’on peut mettre sous l’idée du développement durable.
Co mm e n t e n se i gn e r l a b i odi v ersité à l’ école primaire ?
Les méthodes d’approche de la diversité et de la biodiversité se sont renouvelées au fil des années comme celles de
l’éducation à l’environnement. Aujourd’hui, on parle de plus en plus d’éducation en vue du développement durable.
Il s’agit également de s’appuyer sur une conception contemporaine de la biodiversité et des enjeux actuels, en
utilisant les ressources scientifiques et instrumentales les plus récentes des sciences naturelles et des sciences
humaines et, bien sûr, de la pédagogie.
En bref, découvrons ou redécouvrons en quoi la biodiversité est un principe de vie et d’organisation aussi bien
pour les humains que pour l’environnement naturel. La biodiversité, pour l’instant, n’apparaît pas comme un objet
d’étude à part entière aux degrés primaires. Cela s’explique certainement par la complexité de la question et, par
conséquent, la di÷culté à l’enseigner et à la comprendre dans sa globalité. Le terme de biodiversité lui-même est
généralement mal compris.
Mais, il est possible d’approcher la complexité de la biodiversité, de percevoir ou du moins imaginer la globalité du
vivant et des systèmes qui le compose pour ne pas voir la biodiversité réduite à un comptage d’espèces en voie de
disparition ou à protéger ! Une partie des connaissances inscrites dans les plans d’études peut être utilisée pour
faire émerger les notions de base qui permettront de concevoir ce qu’est la biodiversité et ses enjeux.
Il n’y a donc aucun obstacle à l’introduire dans l’enseignement et il faut bien comprendre qu’elle n’est pas une
nouvelle matière à enseigner.
1 L’écosystème désigne l’unité écologique de base qui permet de subdiviser la biosphère. Elle représente un complexe dynamique formé de commu-
nautés de plantes, d’animaux, de micro-organismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle.
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O bje cti f s de l’e n se i g n e m e n t de la biodiversité
Pour contribuer à promouvoir des attitudes citoyennes, favorables à la conservation et à la gestion de la biodiver-
sité, nous articulons notre approche autour de trois objectifs généraux :
Con s tat e r l a b i odi v e r s i t é e t s avoir l’orga nise r pa r l a c l a ssiFI c ation
La première étape est bien celle de voir la diversité dans l’environnement proche des élèves. Cette diversité
s’appréhende à di≈érents niveaux : de la diversité des espèces à la diversité des paysages en passant par
la diversité des milieux et des êtres humains. Cette première observation de la diversité se fait principale-
ment par les sens, sans appareillage technique.
Quand on parle de biodiversité, on touche aussi l’échelle du temps. La perspective historique permet de
voir comment la biodiversité a évolué dans le temps : de l’origine de la vie jusqu’à aujourd’hui.
Com p r e n dr e l e s i n t e r act i on s e n tre l’h omme e t l a b iod iv e rsité d ont il fa it pa rtie
L’homme et ses activités ont une influence sur la biodiversité. En étudiant des faits, notamment par
l’analyse historique, on peut expliquer l’état de la biodiversité à un moment donné. Mais cela ne su÷t
pas, si l’on se place dans une perspective de développement durable, il faut aussi penser à l’avenir et à la
manière dont l’homme utilise et gère la diversité de son environnement.
Con n a î t r e l e s e n j e ux
L’éducation à la biodiversité vise l’action. Il est donc primordial de comprendre les enjeux qu’il y a autour
de la biodiversité. Pourquoi la préserver ? Pour des raisons économiques, cela est sûr, mais il y a aussi
d’autres valeurs que les valeurs économiques.
L’ é du cati on e n v u e du dé v e lopp ement durable : exemple de la biodiversité
L’éducation au développement durable ne constitue pas une discipline. Elle demande son intégration dans les
processus pédagogiques existants, invite à des actions en partenariat, utilise des approches méthodologiques
variées et fait appel à de nombreuses compétences ainsi qu’à l’innovation pédagogique.
Agir en vue d’un développement durable c’est rechercher des équilibres dynamiques entre les dimensions
économique, sociale et environnementale de notre monde.
Comme n’importe quel thème, la biodiversité peut être analysée selon les cinq dimensions du développement
durable : société, environnement, économie, temps, espace.
➊ E n v i ro n n e m e nt : Qu’est-ce que la biodiversité, quelles sont ses formes ? Qu’est-ce que
l’évolution ? Quelles menaces pèsent sur la biodiversité ? Comment maintenir l’ensemble
des milieux naturels et assurer les conditions du développement de la vie (air, sol, eau…) ?
➋ é con o m i e : Quelles sont les utilisations de la biodiversité ? Quelle est sa valeur ? Com-
ment la gérer en tant que bien commun ? Peut-on rechercher l’e÷cacité économique dans
la production et la consommation de biens tout en respectant la biodiversité ?
➌ S oci é t é : Quelle est la relation entre l’homme et la diversité biologique ? Peut-on com-
parer diversité culturelle et diversité biologique ? La biodiversité est-elle garante de la
qualité de vie ? Comment prendre en compte les droits sociaux, économiques et culturels
dans la gestion de la biodiversité ?
Les réponses à ces di≈érentes questions demandent de prendre également en compte les perspectives tempo-
relle (les expériences passées et la satisfaction des besoins des générations futures en appliquant le principe de
précaution) et spatiale (répartir les ressources – naturelles, financières, humaines…) équitablement à l’échelle
locale, régionale et mondiale.
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L e s com pé te n ce s
Une compétence est l’aptitude à mettre en œuvre un système de savoirs, savoir-faire et savoir-être permettant
de maîtriser un certain nombre de situations connues et de s’adapter à de nouvelles, c’est en quelque sorte un
« savoir quoi faire ». Les activités proposées dans cette action éducative sur la biodiversité permettent d’exercer
les compétences suivantes :
dé v e loppe r l e s e n s de l’o b s e rvation : décrire ce que l’on voit à di≈érentes échelles et confronter ses obser-
vations à celles des autres. Prendre le temps de regarder est le fondement de toute recherche.
E x e rce r s on s e n s cr i t i q ue : prendre du recul sur les faits et les informations, tout autant que sur ses pro-
pres actions afin de développer un esprit critique.
Coop é r e r : développer l’esprit coopératif et les habiletés nécessaires pour réaliser des travaux en équipe
et mener des projets collectifs.
O r g a n i s e r l’ i n f o r m at i o n : organiser, ordonner, classer les informations récoltées permet de mieux les com-
prendre et d’en extraire l’essentiel. Les faits bruts ne sont souvent pas exploitables.
Co m m un i q ue r : mobiliser des informations et des ressources permettant de s’exprimer à l’aide de divers
types de langages, en tenant compte du contexte.
E x e rce r s a p e n s é e cr é at r i ce : développer l’inventivité, la fantaisie et la flexibilité dans la manière d’aborder
toute situation.
L e s approche s m é thodologi q ues préconisées
L’a ppro ch e e x p é r i m e n ta l e
L’expérience est la base de tout apprentissage. Le point de départ est une étude de terrain ou d’un con-
texte proche des enfants. Il existe bien une biodiversité extraordinaire à l’autre bout du monde, mais celle
qui nous intéresse ici est celle qui peut s’observer au quotidien.
L’a ppro ch e i n t e r di s ci p l i n a i r e
Le cloisonnement des disciplines ne correspond pas à ce qui se passe dans la réalité. L’étude de la biodi-
versité mobilise de nombreuses disciplines qu’il faudra savoir faire interagir pour saisir l’ensemble de la
thématique. Le rapprochement des sciences humaines et des sciences naturelles permet de mieux com-
prendre les relations homme-nature.
L’a ppro ch e s ys t é m i q ue
La réalité n’est pas simple. L’approche systémique permet d’appréhender cette complexité en identifiant
d’abord les éléments d’un système et ensuite en mettant en lumière les relations existantes entre eux.
L’objectif est de bien comprendre comment tout est lié. Un écosystème n’existe que par les liens entre ses
éléments et les actions de l’homme sont liées à ses besoins. Ainsi pour bien comprendre la biodiversité
en lien avec les humains, il est absolument nécessaire de prendre en compte les aspects économiques,
sociaux et environnementaux.
L’a ppro ch e cr i t i q ue
Pour comprendre le point de vue des autres, il s’agit d’abord de clarifier ses valeurs et celles de la société
dans laquelle on vit. L’état actuel de la biodiversité est la résultante de contraintes naturelles mais aussi de
contraintes sociales, politiques et économiques. Aujourd’hui, l’humanité est appelée à revoir les critères
sur lesquels reposent ses décisions et ses comportements. Il est essentiel, de réfléchir à ces valeurs et
peut-être de trouver des valeurs mieux adaptées à la survie de l’humanité, car tout l’enjeu de la biodiver-
sité se trouve là.
C’est au fil des activités proposées et des questions abordées que ces approches et compétences seront
mises en pratique. La construction du savoir passe non pas par un enseignant transmetteur d’une vérité
toute faite et indiscutable, mais par des apprentissages au cours desquels l’élève fait face à des questions,
des situations-problèmes afin de ne plus croire pour obéir mais comprendre pour agir.
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« a complexité
offre de la nature et de la société une image nouvelle. À la vision
d’un univers conçu comme une mécanique d’horlogerie s’oppose
celle d’un système vivant, à la fois plus instable et imprévisible
mais aussi plus ouvert et créateur. »
Achille Weinberg
d i ffi cu lté s q u e pe u v e n t r e n contrer les élèves et parfois aussi les enseignants
>> Confondre di≈érence et diversité ;
>> Ne pas comprendre l’idée d’unité et de diversité du monde vivant ;
>> Ne pas comprendre les interactions (entre espèces, entre homme et nature) ;
>> Dissocier l’homme et la nature. Opposer l’homme à la nature, comme si l’homme n’appartenait pas à la
nature, comme s’il existait encore quelque part une nature intacte ;
>> Mettre l’homme au sommet de la hiérarchie des espèces ;
>> La di÷culté d’associer les questions économiques à la nature ;
>> La non prise en compte des espèces invisibles (micro-organismes…) et « pas belles » ;
>> Rester focalisé sur la notion d’environnement naturel et ne pas voir les aspects sociaux et économiques.
É d itr i ce R é dact i o n Gra ph isme
Pro Natura Monica Biondo Contreforme sàrl
Case postale Dolores Ferrari [Link]
4018 Bâle Myriam Bouverat
Pierre-André Varone
Pro Natura dispose d’une o≈re permanente en Éducation à l’environnement. Pour vous tenir au courant :
[Link] > Éducation ou : Centre Pro Natura de Champ-Pittet, Groupe École et Jeunesse, 1400 Yverdon-les-Bains
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