FR272
FR272
Enquête Démographique
et de Santé et à Indicateurs 2011-2012
Multiples
RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
ENQUÊTE DÉMOGRAPHIQUE ET DE
SANTÉ ET À INDICATEURS MULTIPLES
(EDS-MICS)
2011-2012
Ministère de la Santé et de la Lutte contre le Sida (MSLS)
Juin 2013
EQUIPE DE REDACTION DU RAPPORT FINAL
Ce rapport présente les résultats principaux de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSCI-III),
combinée à l’Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples (MICS). L’EDS-MICS 2011-2012 a été réalisée en Côte
d’Ivoire de décembre 2011 à mai 2012 par le Ministère de la Santé et de la Lutte Contre le Sida (MSLS) et l’Institut
National de la Statistique (INS). D’autres institutions ont également apporté leur expertise à la réalisation de cette
opération, en particulier le projet Retro-CI pour la réalisation des tests du VIH et l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire
(IPCI) pour la réalisation des tests du paludisme. L’EDS-MICS 2011-2012 a été réalisée avec l’appui financier de
l’Etat de la Côte d’Ivoire, de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), PEPFAR,
l’UNICEF, l’Union européenne, la Banque Mondiale, l’UNFPA, le Fonds Mondial et l’ONUSIDA. En outre, ICF
International a fourni l’assistance technique par le biais du programme MEASURE DHS, programme financé par
l’USAID et dont l’objectif est de fournir un support et une assistance technique à des pays du monde entier pour la
réalisation d’enquêtes sur la population et la santé.
Pour tous renseignements concernant l’EDS-MICS 2011-2012, contacter l’Institut National de la Statistique (INS),
BP V 55, Abidjan, Côte d’Ivoire. Téléphone : (225) 20-21-05 38 ; Fax : 20-21-63 27 ; Email: [email protected]
Pour obtenir des informations sur le programme MEASURE DHS, contactez ICF International, 11785 Beltsville
Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705, USA; Téléphone: 301-572-0200, Fax: 301-572-0999, E-mail:
[email protected], Internet: http://www.measuredhs.com .
Citation recommandée :
Institut National de la Statistique (INS) et ICF International. 2012. Enquête Démographique et de Santé et à
Indicateurs Multiples de Côte d’Ivoire 2011-2012. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International.
TABLE DES MATIÈRES
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CHAPITRE 4 NUPTIALITÉ
CHAPITRE 5 FÉCONDITÉ
9.2 PROBLEMES PERÇUS POUR L’ACCES AUX SOINS DE SANTÉ DE LA FEMME .................. 150
11.3 TYPE D’ALIMENTS CONSOMMÉS PAR LES JEUNES ENFANTS ............................................ 189
CHAPITRE 12 PALUDISME
12.3 FIÈVRE ET TRAITEMENT ANTIPALUDIQUE DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS .......... 220
13.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH ................................. 238
17.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES ......... 328
17.3 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES ........................ 333
19.5 COUVERTURE EN ASSURANCE MALADIE POUR LES MOINS DE 18 ANS .......................... 378
Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire ........................................................................... 15
Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages ...................................................................... 16
Tableau 2.3 Caractéristiques du logement ........................................................................................... 17
Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages ....................................................................................... 19
Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique .................................................................................. 20
Tableau 2.6 Lavage des mains ............................................................................................................. 22
Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence ........................ 23
Tableau 2.8 Composition des ménages................................................................................................ 24
Tableau 2.9.1 Niveau d'instruction de la population des ménages: Femme ........................................... 25
Tableau 2.9.2 Niveau d'instruction de la population des ménages: Homme .......................................... 26
Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire ......................................................................................... 28
Graphique 3.1 Proportion d’alphabétisés parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans ...................... 39
Graphique 3.2 Emploi des femmes au cours des 12 mois précédant l’enquête ....................................... 42
Graphique 4.1 Proportion de femmes et d'hommes célibataires par groupes d'âges ............................... 58
Graphique 4.2 Proportion de célibataires parmi les femmes de 15-29 ans par groupes d’âges et selon
l’EIF 1980-81, l’EDSCI-I 1994, l’EDSCI-II 1998-99 et l’EDS-MICS 2011-2012 ........ 59
Graphique 4.3 Proportion de femmes et d'hommes en union polygame selon l’EIF 1980-81,
l’EDSCI-I 1994, l’EDSCI-II 1998-99 et l’EDS-MICS 2011-2012 ................................. 62
Graphique 4.4 Âge médian à la première union des femmes de 25-49 ans ............................................. 64
Graphique 4.5 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels ........... 67
CHAPITRE 5 FÉCONDITÉ
Tableau 5.1 Fécondité actuelle ............................................................................................................ 73
Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques ....................................................................... 74
Tableau 5.3.1 Tendance des taux de fécondité par âge et de l’Indice Synthétique de Fécondité ........... 75
Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge ..................................................................................... 76
Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes ..................................................... 77
Tableau 5.5 Intervalle intergénésique .................................................................................................. 80
Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum ................................................. 81
Tableau 5.7 Durée médiane de l'aménorrhée, de l'abstinence post-partum et de l'insusceptibilité
post-partum...................................................................................................................... 82
Tableau 5.8 Ménopause ....................................................................................................................... 83
Tableau 5.9 Age à la première naissance ............................................................................................. 84
Tableau 5.10 Age médian à la première naissance ................................................................................ 84
Tableau 5.11 Fécondité des adolescentes .............................................................................................. 85
Tableau 8.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans............................................... 126
Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques
socio-économiques ........................................................................................................ 129
Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques ... 130
Tableau 8.4 Comportement procréateur à hauts risques .................................................................... 133
Graphique 9.1 Proportions de femmes ayant reçu des soins prénatals par un
prestataire formé selon les régions ................................................................................ 137
Graphique 9.2 Soins prénatals et condition d'accouchement, selon l’EDSCI-II 1998-1999
et l’EDS-MICS 2011-2012 ............................................................................................ 145
Graphique 10.1 Vaccination des enfants de 12-23 mois par type de vaccin selon
l'EDSCI-II 1998-1999 et l'EDS-MICS 2011-2012 ........................................................ 157
Graphique 10.2 Proportion d'enfants de 12-23 mois complètement vaccinés par région ........................ 159
Graphique 10.3 Prévalence de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins
de cinq ans ..................................................................................................................... 164
CHAPITRE 12 PALUDISME
Tableau 14.1 Couverture du test du VIH selon le milieu et la région de résidence ............................. 279
Tableau 14.2 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques ....... 280
Tableau 14.3 Prévalence du VIH selon l'âge ....................................................................................... 281
Tableau 14.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques ....................... 283
Tableau 14.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques
sociodémographiques .................................................................................................... 286
Tableau 14.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du
comportement sexuel ..................................................................................................... 289
Tableau 14.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques
sociodémographiques .................................................................................................... 291
Tableau 14.8 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines
caractéristiques du comportement sexuel ...................................................................... 293
Tableau 14.9 Prévalence du VIH selon d'autres caractéristiques......................................................... 294
Tableau 14.10 Test du VIH antérieur à l'enquête et prévalence du VIH ............................................... 294
Tableau 14.11 Prévalence du VIH et excision ....................................................................................... 295
Tableau 14.12 Prévalence du VIH parmi les couples ............................................................................ 297
Graphique 14.1 Algorithme séquentiel de dépistage du VIH par les tests ELISA .................................. 276
Graphique 14.2 Prévalence du VIH selon l'âge ....................................................................................... 282
Graphique 14.3 Évolution de la prévalence du VIH par ethnie ............................................................... 284
Graphique 14.4 Évolution de la prévalence du VIH par région .............................................................. 285
Graphique 14.5 Prévalence du VIH selon l'état matrimonial .................................................................. 287
Graphique 14.6 Prévalence du VIH selon le nombre de partenaires sur la durée de vie ......................... 290
Tableau 15.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement
en union ......................................................................................................................... 300
Tableau 15.2.1 Contrôle de l'utilisation de l'argent gagné par les femmes et importance de
l'argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint. ...................... 301
Tableau 15.2.2 Contrôle de l'utilisation de l'argent gagné par les hommes ............................................ 303
Tableau 15.3 Contrôle`par les femmes de l'utilisation de leurs propres gains et contrôle
de l'utilisation des gains du conjoint.............................................................................. 304
Tableau 15.4.1 Possession de biens par la femme .................................................................................. 306
Tableau 15.4.2 Possession de biens par les hommes .............................................................................. 307
Tableau 15.5 Participation dans la prise de décision ........................................................................... 308
Tableau 15.6.1 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques
sociodémographiques .................................................................................................... 310
Tableau 15.6.2 Participation des hommes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques
sociodémographiques .................................................................................................... 311
Tableau 15.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme ............................... 312
Tableau 15.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu'un mari batte sa femme .............................. 314
Tableau 15.8 Indicateurs du pouvoir d'action des femmes .................................................................. 315
Tableau 15.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir
d'action des femmes ...................................................................................................... 316
Tableau 15.10 Pouvoir d'action des femmes, nombre idéal d'enfant et besoins non
satisfaits en matière de planification familiale .............................................................. 317
Tableau 15.11 Soins de santé maternelle selon les indicateurs du pouvoir d'action
des femmes .................................................................................................................... 318
Tableau 15.12 Quotients de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de
la femme ........................................................................................................................ 319
Graphique 15.1 Répartition des femmes actuellement en union selon le nombre des
décisions auxquelles elles participent ............................................................................ 309
CHAPITRE 17 EXCISION
Tableau 19.1.1 Enregistrement des naissances d'enfants de moins de 18 ans a l'état civil ..................... 366
Tableau 19.1.2 Enregistrement des naissances d'enfants de moins de 0-4 ans a l'Ttat civil ................... 368
Tableau 19.2 Orphelins dans les ménages ........................................................................................... 369
Tableau 19.3 Enfants de moins de 18 ans et résidence avec les parents.............................................. 370
Tableau 19.4 Fréquentation scolaire par état de survie des parents ..................................................... 371
Tableau 19.5 Fréquentation préscolaire et en 1ère année du primaire................................................. 372
Tableau 19.6 Travail des enfants ......................................................................................................... 374
Tableau 19.7 Travail des enfants et fréquentation scolaire.................................................................. 377
Tableau 19.8 Couverture en assurance maladie pour les moins de 18 ans .......................................... 378
Tableau A.1 Répartition de DR par région statistique et selon le milieu de résidence ....................... 384
Tableau A.2 Répartition de population par région statistique et selon le milieu de résidence ........... 384
Tableau A.3 Répartition de l’échantillon grappe et de l’échantillon ménage par région statistique
et selon le milieu de résidence ....................................................................................... 385
Tableau A.4 Nombres attendus de femmes et d’hommes enquêtés avec succès par
région statistique et selon le milieu de résidence .......................................................... 386
Tableau A.5 Nombres attendus de femmes et d’hommes éligibles pour le test de VIH
par région statistique et selon le milieu de résidence .................................................... 386
Tableau A.6 Résultats de l'enquête ..................................................................................................... 389
Tableau A.7 Résultats de l'enquête: Hommes .................................................................................... 390
Tableau B.1 Liste des variables sélectionnées pour le calcul des erreurs de sondage,
EDS Côte d’Ivoire 2011-2012 ....................................................................................... 398
Tableau B.2 Erreurs de sondage: Échantillon Total, Côte d'Ivoire 2011-2012 .................................. 399
Tableau B.3 Erreurs de sondage: Échantillon Urbain, Côte d'Ivoire 2011-2012 ............................... 400
Tableau B.4 Erreurs de sondage: Échantillon Rural, Côte d'Ivoire 2011-2012.................................. 401
Tableau B.5 Erreurs de sondage: Échantillon Centre, Côte d'Ivoire 2011-2012 ................................ 402
Tableau B.6 Erreurs de sondage: Échantillon Centre-Est, Côte d'Ivoire 2011-2012 ......................... 403
Tableau B.7 Erreurs de sondage: Échantillon Centre-Nord, Côte d'Ivoire 2011-2012 ...................... 404
Tableau B.8 Erreurs de sondage: Échantillon Centre-Ouest, Côte d'Ivoire 2011-2012 ..................... 405
Tableau B.9 Erreurs de sondage: Échantillon Nord, Côte d'Ivoire 2011-2012 .................................. 406
Tableau B.10 Erreurs de sondage: Échantillon Nord-est, Côte d'Ivoire 2011-2012............................. 407
Tableau B.11 Erreurs de sondage: Échantillon Nord-Ouest, Côte d'Ivoire 2011-2012 ........................ 408
Tableau B.12 Erreurs de sondage: Échantillon Ouest, Côte d'Ivoire 2011-2012 ................................. 409
Tableau B.13 Erreurs de sondage: Échantillon Sud sans Abidjan, Côte d'Ivoire 2011-2012............... 410
Tableau B.14 Erreurs de sondage: Échantillon Sud-ouest, Côte d'Ivoire 2011-2012........................... 411
Tableau B.15 Erreurs de sondage: Échantillon Ville d'Abidjan, Côte d'Ivoire 2011-2012 .................. 412
Tableau B.16 Erreurs de sondage pour les taux de mortalité adulte et les taux de
mortalité maternelle, Côte d’Ivoire 2011-2012 ............................................................. 413
Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages ......................................................... 415
Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées .................................................. 416
Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés ................................................... 416
Tableau C.3 Complétude de l'enregistrement ..................................................................................... 417
Tableau C.4 Naissances par année de naissance ................................................................................ 418
Tableau C.5 Enregistrement de l'âge au décès en jours ...................................................................... 419
Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en mois ...................................................................... 420
Tableau C.7 État nutritionnel des enfants........................................................................................... 421
Tableau C.8 Complétude de l'information sur les frères et sœurs ...................................................... 423
Tableau C.9 Taille de la fratrie et rapport de masculinité des frères et sœurs .................................... 423
L
a Côte d’Ivoire, sortant d’une décennie de crise, avec ses conséquences multiformes, notamment sur le
système de santé, avait besoin d’informations fiables et à jour, pour orienter la politique
gouvernementale en matière de santé. C’est pourquoi je voudrais saluer la publication de cette 3ème
Enquête Démographique et de Santé (EDS), treize ans après la dernière du genre datant de 1998-1999.
Baptisée «EDS-MICS 2011-2012», cette enquête permettra non seulement d’actualiser les indicateurs
démographiques et de santé, mais également de constituer une base d’indicateurs pour l’évaluation des
principaux programmes de développement et plans stratégiques tels que le Plan National de Développement
(PND) 2012-2015, le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2012-2015, le Plan Stratégique
National de Lutte contre le sida (PSN) 2012-2015 et la Feuille de Route de la Réduction de la Mortalité
Maternelle et Néonatale.
Les résultats obtenus qui permettent de fournir des indicateurs pertinents pour nos programmes de
développement en général et particulièrement pour les programmes de santé sont encourageants et témoignent
des efforts du Gouvernement et de ses partenaires à améliorer significativement l’accès des populations à la
santé. En effet, les résultats de cette enquête indiquent une augmentation des accouchements assistés par du
personnel de santé qualifié, une baisse du taux de mortalité des enfants ainsi que de la séroprévalence du
VIH/sida par rapport à leurs niveaux antérieurs, une fécondité précoce et élevée corroborée par un faible taux
d’utilisation des moyens de contraception. De même, en dépit des progrès accomplis au fil des années, encore
44 % des ménages ne disposent toujours pas d’électricité, on note un taux net de scolarisation primaire
d’environ 64 % etc.
J’ai demandé que des analyses thématiques approfondies soient conduites pour mieux éclairer les
décisions et la mise en œuvre de programmes adaptés.
En attendant, je voudrais lancer un appel à l’ensemble des acteurs et partenaires pour une poursuite et
une intensification des efforts à engager afin de traduire en actions la politique de santé et les recommandations
pertinentes qu’inspirent ces résultats.
Je saisis cette occasion pour réitérer les remerciements du Gouvernement aux partenaires au
développement qui ont contribué de façon décisive à la réalisation de cette importante enquête. J’exprime en
particulier ma gratitude au Gouvernement américain à travers le PEPFAR au travers ses agences USAID et
CDC, l’Union Européenne, l’UNICEF, l’UNFPA, la Banque Mondiale, le Fonds Mondial et l’ONUSIDA.
Je félicite l’INS, l’ICF International, les experts nationaux et l’ensemble des enquêteurs dont le
dévouement et la compétence ont permis d’obtenir ces résultats.
Préface • xxi
J’associe à ces remerciements les responsables des structures décentralisées et déconcentrées, les
autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses, les organisations de la société civile et les
populations pour leur implication, leur franche collaboration et leur adhésion à cette enquête.
Enfin, je voudrais appeler à une mobilisation générale de tous les acteurs pour qu’ensemble nous
relevions les défis vers l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement, en cette année 2013 que
SEM Alassane Ouattara a bien voulu dédier à la santé.
xxii • Préface
REMERCIEMENTS
L’
Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS) réalisée en 2011-2012
par le Ministère de la Santé et de la Lutte contre le Sida, en collaboration avec l’Institut National de
la Statistique (INS) et avec l’appui technique de l’ICF International, intervient dans un contexte
post-crise où le besoin en informations actuelles et fiables est d’une nécessité indéniable pour une meilleure
planification des actions de relance du développement social, culturel et économique du pays. Cette opération
est à la fois la troisième EDS, la quatrième MICS et la deuxième Enquête sur les Indicateurs du Sida (EIS),
dont les résultats ont été largement utilisés. L’EDS-MICS 2011-2012 est donc une enquête qui renseigne sur
les indicateurs de population et des caractéristiques des ménages, de santé en général, de santé de la mère et de
l’enfant, de mortalité infantile et maternelle, sur le statut de la femme ainsi que sur les IST et le VIH/sida.
Elle permet ainsi à notre pays, non seulement d’évaluer les progrès accomplis vers l’atteinte des
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les objectifs du Sommet Mondial pour les Enfants
(SME), et les plans cadres de développement, mais aussi d’améliorer la planification des actions en faveur de
la population en général, et des enfants et des femmes, en particulier.
La présentation de ce rapport poursuit un double objectif : (i) mettre à la disposition des responsables
et administrateurs des programmes de population, de santé et de développement social en général, des
informations utiles pour la planification de leurs interventions et, (ii) fournir aux personnes ressources
impliquées dans l'élaboration des rapports nationaux sur le MDE+5 et sur les OMD, des informations
actualisées sur la situation des enfants, des jeunes et des femmes en Côte d'Ivoire.
L’enquête EDS-MICS a porté sur un échantillon national de 10 413 ménages sélectionnés de façon
aléatoire de sorte à fournir une représentativité adéquate du milieu urbain et du milieu rural, ainsi que des onze
domaines d’étude correspondant aux dix anciennes régions administratives et à la ville d’Abidjan. Tous les
indicateurs produits à partir de cette étude sont donc interprétables au niveau national, du milieu de résidence
et de chacun des onze domaines d’étude.
Les préparatifs de cette enquête ont débuté depuis 2009 et son exécution était prévue pour l’année
2010. C’est finalement en décembre 2011 que la collecte des données sur toute l’étendue du territoire national
a démarré pour s’achever en mai 2012, dans un environnement caractérisé par une certaine méfiance après la
crise post-électorale. Malgré les difficultés rencontrées, l’enquête s’est globalement bien déroulée, et les
résultats obtenus sont satisfaisants et décrivent bien la situation du pays.
C’est pourquoi, il nous paraît nécessaire d'adresser nos remerciements à toutes les personnes
physiques et morales qui ont apporté leur concours et l’assistance nécessaires pour mener à terme cette
opération. Nos remerciements s’adressent particulièrement aux autorités administratives et coutumières des
localités sélectionnées pour l’enquête (Préfets, Sous-Préfets, Maires et Chefs traditionnels), aux populations
des zones enquêtées, à l’Equipe technique, aux Superviseurs, aux Enquêteurs/Enquêtrices, aux Agents de
codification et aux Agents de saisie.
Nos remerciements s’adressent également à l’ICF International qui a apporté son appui technique en
mettant à disposition des outils standards de collecte et du personnel pour la formation, la collecte, le
traitement des données, l’analyse et la diffusion des résultats.
Remerciements • xxiii
Nous remercions en outre l’USAID, le Fonds Mondial, l’Union Européenne, l’UNICEF, le PEPFAR,
l’UNFPA, la Banque Mondiale et l’ONUSIDA qui ont apporté leur appui technique et financier à la réalisation
de l'enquête. Enfin, nous exprimons notre gratitude au Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement
et à la Ministre de la Santé et de la lutte contre le Sida pour la confiance et leur implication personnelle à
l’exécution du projet par la mise à disposition d’une contribution opérationnelle du Gouvernement.
xxiv • Remerciements
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
La Côte d’Ivoire est située en Afrique de l’Ouest entre les 4°30’ et 10°30’ de latitude Nord. Elle
s’étend sur une superficie de 322 462 km² et fait frontière avec le Golfe de Guinée au Sud, le Ghana à l’Est, le
Libéria et la Guinée à l’Ouest, le Mali et le Burkina Faso au Nord.
Le relief relativement peu accidenté est composé de plaines au Sud, de plateaux étagés au Centre et au
Nord et de montagnes à l’Ouest dont le point culminant est le Mont Nimba (1 753 mètres).
Deux masses d'air importantes traversent le pays : une masse d'air en provenance du Nord,
caractérisée par un vent sec et chaud et chargé de fines poussières de l’harmattan, de décembre à janvier et, une
masse d'air venant de l'Océan Atlantique au Sud, constituée d'air humide. Le contact de ces deux masses d'air
forme le Front Inter-Tropical (FIT) qui provoque des précipitations de type mousson. Les mouvements
saisonniers du FIT au-dessus du territoire national, permettent de distinguer quatre principales zones
climatiques à rythme et volume de précipitations variables. Ce sont :
• le Sud avec quatre saisons dont une grande saison des pluies d’avril à juillet, une petite saison
sèche de juillet à septembre, une petite saison des pluies de septembre à novembre, et une grande
saison sèche de décembre à mars ;
• le Centre, caractérisé par une saison sèche de novembre à mars et par une saison des pluies
marquée par deux pluviométries maxima : l'une au mois de juin et l'autre au mois de septembre;
• le Nord avec deux saisons très opposées : une saison sèche très longue et une saison des pluies
assez courte (juin - septembre);
• le Centre-Ouest, au relief montagneux, se distingue par une saison des pluies très longue et une
saison sèche de courte durée.
Les pluviométries annuelles moyennes de ces différentes zones climatiques varient de 900 mm (au
Nord) à 2 300 mm (au Sud).
Les changements climatiques qui affectent le monde entier n’ont pas épargné la Côte d’Ivoire. Il en
résulte une perturbation dans l’alternance des saisons. Ainsi, on peut retrouver maintenant de fortes pluies en
décembre et l’harmattan ne dure plus que quelque semaines.
La sécheresse qui a affecté le Sahel pendant plus d’une décennie a également touché la Côte d'Ivoire
aussi bien dans les zones les moins arrosées que dans celles qui bénéficient de précipitations les plus
En matière de température, les amplitudes diurnes les plus importantes se situent au mois de janvier.
Elles sont inférieures à 10°C dans le Sud forestier, avoisinent 15°C dans le Centre et atteignent parfois 20°C
dans le Nord. Les températures oscillent autour de 28°C en moyenne, avec des taux d’humidité atmosphérique
de 80 % à 90 % au Sud et de 60 % à 70 % au Nord.
La végétation du pays est déterminée par la diversité des zones climatiques et l'inégale répartition des
précipitations entre le Nord et le Sud. La forêt et la savane, séparées par une ligne qui suit approximativement
l'isohyète 1 300 mm, constituent les deux grandes zones de végétation. Située au Sud du pays et couvrant les
deux cinquièmes du territoire national, la zone de forêt dense est subdivisée en forêts hygrophiles et forêts
mésophiles. A l'opposé, le Nord du pays a une végétation de forêt clairsemée et de savanes arborées ou
boisées.
• le climat généralement chaud et humide, constitue une transition entre l'équatorial (le long des
côtes) et le tropical (semi-aride à l'extrême Nord) ;
• le climat subéquatorial, caractérisé par des températures de faibles amplitudes de (25°C à 30°C) et
des précipitations abondantes, qui atteignent à Abidjan 1 766 mm ;
• le climat tropical de savane humide, couvre le Nord de la zone forestière et le Sud de la région des
savanes ;
• le climat de savane sec, concerne principalement la zone des savanes qui est caractérisée par la
présence intermittente entre les mois de décembre et février d'un vent frais et sec, l'harmattan.
Quatre grands fleuves arrosent le pays. Ils coulent du Nord au Sud avant de se jeter dans l’Océan
Atlantique. Il s'agit du Cavally (700 km) à l’extrême-Ouest, du Sassandra (600 km) à l'Ouest, du Bandama
(1 050 km) au Centre et du Comoé (1 160 km) à l'Est.
Sur le plan administratif1, le pays est divisé en 14 districts dont deux autonomes (Abidjan et
Yamoussoukro), 31 régions, 108 départements, 510 sous-préfectures et 197 communes. Au niveau
déconcentré, la région est dirigée par un Préfet de région, le département par un Préfet de département et la
sous-préfecture par un Sous-préfet. Au niveau décentralisé, le District est dirigé par un Gouverneur, la région
par un Président de Conseil régional et la Commune par un Maire.
1.1.2 Économie
Dès son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire a opté pour une stratégie de développement
basée sur trois axes que sont : (i) le libéralisme économique comme projet de société et forme d’organisation
de l’activité économique ; (ii) la promotion de l’agriculture, en particulier les cultures de rente comme moteur
de la croissance et (iii) l’ouverture sur l’extérieur comme soutien à la croissance. Cette stratégie de
développement accordait une primauté à l’Etat comme promoteur et régulateur de l’activité économique.
Ensuite, dans l’optique de favoriser l’éclosion d’un secteur privé dynamique, l’Etat a adopté différents codes
d’investissement et mis en place des structures de soutien à l’entrepreneuriat et à la mobilisation de l’épargne
domestique à travers la création d’une série d’organismes de financement et d’épargne.
1
Selon le Décret n°2011-262 du 28 septembre 2011.
L’analyse des profils de revenus indique cependant une détérioration des conditions de vie des
ménages depuis les années 90. Le taux de pauvreté en 2008 atteint 49 % au niveau national, avec une forte
prédominance de la pauvreté rurale (62 %) contre 29 % en milieu urbain. En 1993, ces taux étaient de 32 % au
niveau national, 42 % en milieu rural et 19 % en milieu urbain.
Les crises sociopolitiques successives que le pays a connues, ont sapé les bases de l’économie et l’ont
replongé dans une phase de croissance négative. L’économie n’a renoué avec la croissance qu’à partir de 2004.
Cette reprise s’est consolidée d’une part avec la conclusion d’un programme d’Assistance d’Urgence Post-
Conflit (AUPC) du FMI et d’autre part, avec l’apurement des arriérés de paiement envers la Banque Mondiale
et le groupe de la BAD, après l’Accord Politique d’Ouagadougou (APO) de 2007. Cet environnement
favorable a permis la réalisation d’un taux de croissance de 1,6 % en 2007 et 2,3 % en 2008.
Malgré un début de diversification de son économie, la Côte d’Ivoire a continué à être fortement
tributaire des matières premières. Avec les crises successives et une certaine opacité dans la gestion des
ressources publiques, le pays n’a donc pas pu bénéficier de l’amélioration significative des termes de l’échange
depuis le début des années 2000 et ses indices de développement pour la plupart se sont retrouvés en dessous
de la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne. Ainsi, la Côte d’Ivoire se retrouve en 2011 au 169ème
rang sur 183 pays dans le classement de la Banque Mondiale en ce qui concerne le climat des affaires et dans
le groupe des 30 pays dans le monde qui se situent au bas de l’échelle en ce qui concerne la bonne
gouvernance et la lutte contre la corruption. La valeur ajoutée manufacturière par habitant a diminué au cours
des dernières décades d’après les indices de l’ONUDI. Enfin, le pays se retrouve 170ème sur 187 pays en ce
qui concerne l’Indice de Développement Humain du PNUD.
1.1.3 Population
La population de la Côte d’Ivoire est estimée à 22,6 millions d’habitants en 2011, d’après les
projections de l’Institut National de la Statistique (INS) sur la base des données du Recensement Général de la
Population et de l’Habitation (RGPH) de 1998. Le taux de croissance démographique annuel est estimé à
2,6 % en 2011. La population ivoirienne est constituée d’une soixantaine d’ethnies regroupées en cinq grands
groupes ethniques, à savoir : les Akan, les Krou, les Mandé du Sud, les Mandé du Nord et les Gur.
Année
Indicateurs 1998 2011
Population totale 15 366 672 22 594 234
Population urbaine (en %) 42,5 51,4
Population rurale (en %) 57,5 48,6
Femmes en âge de procréer 3 685 805 5 433 314
Taux d’accroissement annuel (en %) 3,3 2,6
Taux brut de natalité (pour 1000) 40,6 35,7
Indice synthétique de fécondité (enfant par femme) 5,4 4,8
Taux brut de mortalité (pour 1000) 14,2 12,9
Espérance de vie à la naissance (en année) 50,9 53,1
La Politique Nationale de Population (PNP), dont l’horizon est 2025, s’inscrit dans la vision selon
laquelle la population est la principale ressource du pays. Elle doit jouir d’une bonne santé, être compétente,
psychologiquement équilibrée, dotée d’un sens civique aigu, acteur de son propre développement, vivant dans
la cohésion et en harmonie avec son milieu, respectueuse des droits des hommes, des femmes, des enfants et
ceux des catégories sociales les plus vulnérables.
Le but poursuivi par la PNP est d’améliorer le niveau de vie des populations et de la qualité des
ressources humaines dans la perspective d’un développement humain durable. Il s’agit entre autres, de
maîtriser la croissance de la population, gérer les migrations pour en faire une opportunité, valoriser le capital
humain, assurer le cadre de vie des populations et la protection de l’environnement et promouvoir l’équité du
genre.
La mise en œuvre de la PNP traduite en programme d’actions pour la période 2002-2006 a été
contrariée par un environnement sociopolitique et économique très défavorable : crise politico-militaire,
insuffisance d’information sociodémographique, insuffisance de stratégies de suivi/évaluation et de
coordination des politiques de population.
En raison des nouvelles priorités, la PNP a été actualisée en 2012 en prenant en compte les différentes
politiques et programmes de développement national, entre autres la Stratégie Nationale de Développement
basée sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Plan National de
Développement (PND), le Plan National d’Action pour la Femme (PNAF), la Politique Nationale de Santé
(PNS) et la Politique Nationale de l’Aménagement du Territoire (PNAT).
Le PNDS 2012-2015 vise globalement à améliorer l’état de santé et le bien être des populations. De
façon spécifique, il vise à :
Suite aux crises successives, la situation sanitaire qui était préoccupante s’est aggravée avec une
morbidité et une mortalité élevées avec une recrudescence de maladies à potentiel épidémique, compromettant
ainsi l’atteinte des OMD.
La Côte d’Ivoire, en adhérant au Partenariat International pour la Santé (IHP+), a fait le choix
d'accélérer l'avancée vers les OMD liés à la santé et d'améliorer ainsi la santé des populations.
Dans ce contexte, le Gouvernement a adopté une PNS fondée sur des valeurs et des principes de base,
visant à influencer les décisions et les actions à long terme pour l’amélioration de la santé et le bien-être des
populations.
Pour sa mise en œuvre, un Comité de pilotage et un Comité technique ont été créés. Le Comité de
pilotage est composé des représentants des organismes nationaux et internationaux, intervenant dans les
domaines de la santé, de la population, du VIH/sida et des IST. Ce comité donne les grandes orientations et est
informé régulièrement de l’avancement du projet par le Comité technique.
• de l’Institut Pasteur qui a été responsable de l’analyse des échantillons sanguins pour le
paludisme.
1.2.2 Objectifs
• recueillir des données à l'échelle nationale qui permettent de calculer des indicateurs
démographiques essentiels, plus particulièrement les taux de fécondité, de mortalité maternelle et
de mortalité infantile et infanto-juvénile et d’analyser les facteurs directs et indirects qui
déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité infanto-juvénile ;
• mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive des femmes par méthode et les
préférences en matière de fécondité ;
• recueillir des données sur la santé familiale : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée,
des Infections des Voies Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre et/ou de convulsions chez les
enfants de moins de cinq ans, visites prénatales et assistance à l'accouchement ;
• réaliser des mesures anthropométriques pour évaluer l’état nutritionnel des femmes et des
enfants ;
• réaliser un test d’anémie auprès des enfants de moins de cinq ans, des femmes de 15-49 ans et des
hommes de 15-59 ans ;
• recueillir des données sur les connaissances, les attitudes et les pratiques des femmes et des
hommes relatives aux IST et au sida ;
• estimer la prévalence du VIH dans la population des femmes de 15-49 ans et des hommes de
15-59 ans ;
• estimer la prévalence du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes ;
1.3.1 Échantillonnage
L’EDS-MICS 2011-2012 vise la population des individus qui résident dans les ménages ordinaires de
l’ensemble du pays. Un échantillon national de 10 413 ménages a été sélectionné. L’échantillon était stratifié
de façon à fournir une représentation adéquate des milieux urbain et rural ainsi que des onze domaines d’étude,
correspondant aux dix anciennes régions administratives et à la ville d’Abidjan, pour lesquels on dispose d’une
estimation pour tous les indicateurs clés.
Au deuxième degré de tirage et selon le milieu de résidence, un nombre fixe de ménages a été tiré
dans chaque grappe dénombrée par un tirage systématique à probabilité égale. Le nombre moyen de ménages
tirés dans une grappe est de 27 en milieu urbain et de 32 en milieu rural.
Toutes les femmes âgées de 15-49 ans vivant habituellement dans les ménages sélectionnés, ou
présentes la nuit précédant l’enquête, étaient éligibles pour être enquêtées. De plus, dans un sous-échantillon
d’un ménage sur deux, tous les hommes de 15-59 ans ont également été enquêtés. Dans ce sous-échantillon,
toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test du
VIH. En outre, dans ce sous-échantillon de ménages, il était proposé à toutes les femmes et tous les hommes
éligibles pour l’enquête ainsi que pour tous les enfants de 6-59 mois, un test d’anémie. En plus, dans ce sous-
échantillon de ménages, toutes les femmes éligibles pour l’enquête ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans
étaient éligibles pour être mesurés et pesés afin de déterminer leur état nutritionnel. Enfin, dans les ménages du
même sous-échantillon, tous les enfants de moins de cinq ans et toutes les femmes enceintes étaient éligibles
pour le test de parasitémie.
Le tableau 1.2 récapitule les résultats de la collecte. Il apparaît que sur les 352 grappes sélectionnées
dans le cadre de l’EDS-MICS 2011-2012, 351 ont pu être enquêtées, un étant inaccessible. Au total, 10 413
ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 9 873 ménages occupés ont été identifiés au moment de l’enquête.
Parmi ces 9 873 ménages, 9 686 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 98 % (tableau 1).
Le taux de réponse des ménages est légèrement plus élevé en milieu rural (99 %) qu’en milieu urbain (97 %).
Dans les 9 686 ménages enquêtés, 10 848 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant
éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 10 060 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un
taux de réponse de 93 %. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur deux : 5 677 hommes étaient
éligibles et 5 135 ont été interviewés (taux de réponses de 91 %). Les taux de réponse observés en milieu rural
sont sensiblement plus élevés que ceux obtenus en milieu urbain tant chez les femmes (95 % contre 91 %) que
chez les hommes (94 % contre 86 %).
1
Ménages enquêtés/ménages identifiés.
2
Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles.
Cependant, quel que soit le milieu de résidence, les taux de réponse des ménages, des femmes et des
hommes sont nettement supérieurs à ceux de l’enquête sur les indicateurs du sida (EIS 2005), utilisés dans la
conception du plan de sondage, ce qui dénote la bonne qualité des opérations de collecte.
1.3.2 Questionnaires
Trois questionnaires ont été utilisés au cours de L’EDS-MICS 2011-2012: le questionnaire ménage, le
questionnaire femme et le questionnaire homme. Le contenu de ces documents est basé sur les questionnaires
modèles développés par le programme MEASURE DHS, auxquels ont été rajoutés certains modules
développés par l’UNICEF dans le cadre des Enquêtes par Grappes à Indicateurs Multiples (MICS).
Des réunions regroupant des experts du Gouvernement et des partenaires au développement ont été
organisées pour adapter les questionnaires de base en tenant compte des besoins des utilisateurs et des
problèmes pertinents en matière de population et de santé.
Le questionnaire ménage a été utilisé pour lister tous les membres habituels et les visiteurs des
ménages sélectionnés. Un des objectifs essentiels du Questionnaire Ménage était d’identifier les femmes et les
hommes éligibles pour des interviews individuelles. Des informations de base sur les caractéristiques de
chaque personne ont été collectées, y compris le lien avec le chef de ménage, l’âge, le sexe, la survie des
parents, l’éducation scolaire et préscolaire, le travail des enfants, la déclaration à l’état civil.
Le questionnaire ménage a également permis de collecter des informations sur les caractéristiques du
ménage, comme la principale source d’eau de boisson, le type de toilettes, le type de matériaux du sol et du toit
du logement, la possession de certains biens durables, la possession et l’utilisation de moustiquaires et le type
de sel utilisé dans le ménage. Ce questionnaire a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures
anthropométriques (poids et taille), les tests d’hémoglobine (Hb), du paludisme des personnes éligibles.
Dans un ménage sur deux, les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans étaient éligibles pour
le test du VIH et d’hémoglobine. Dans ce même sous-échantillon, les enfants de 6-59 mois étaient éligibles
pour le test d’hémoglobine et du paludisme. En outre, dans ce même sous-échantillon, les femmes enceintes de
15-49 ans étaient aussi éligibles pour le test du paludisme. Les protocoles pour les tests d’hémoglobine, du
VIH et du paludisme ont été approuvés par le Comité National d’Éthique des Sciences de la Vie et de la Santé
(CNESVS), par le Comité d’Éthique (Institutional Review Board) d’ICF International, et par le Comité
d’éthique de CDC à Atlanta.
Le test d’hémoglobine est la principale méthode utilisée pour diagnostiquer l’anémie. Ce test a été
effectué à la fois sur les enfants de 6-59 mois, les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans issus des
ménages sélectionnés, en utilisant le système HemoCue. Après lecture et obtention du consentement éclairé,
l’enquêteur piquait le bout du doigt avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang
était récupérée dans une micro-cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le
niveau d’hémoglobine. Ce résultat, enregistré dans le questionnaire ménage, était communiqué à la personne
testée, ou au parent/adulte responsable, en lui expliquant la signification du résultat. Si la personne présentait
Le paludisme est une maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, transmis lors de la
piqûre d’un moustique femelle du genre Anophèles. Pour savoir la prévalence de cette pandémie, des
prélèvements de sang ont été effectués auprès des femmes enceintes et des enfants de 6-59 mois des ménages
sélectionnés. Deux tests de parasitémie palustre ont été faits : le test de diagnostic rapide (TDR) et la goutte
épaisse (GE). Après lecture et obtention du consentement éclairé, l’enquêteur collectait une goutte de sang
(généralement de la même piqûre faite pour le test d’hémoglobine) sur la bandelette du TDR. Les résultats du
test de diagnostic rapide obtenu au bout de 15minutes environ étaient communiqués immédiatement aux
participants après avoir été enregistrés dans le questionnaire ménage. S’il s’agit d’un paludisme simple chez
l’enfant, il lui était offert sur le champ un traitement (Combinaison Thérapeutique d'Artémisinine, ou CTA, à
base d’Artésunate et d’Amodiaquine) tout en expliquant aux parents les contre-indications et les effets
secondaires potentiels du traitement.
Par ailleurs, un échantillon de gouttes de sang a été prélevé sur une lame porte-objet pour
confectionner la goutte épaisse qui a été analysée à l’unité de Paludologie du département de Parasitologie et
Mycologie de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI). La lame était étiquetée par un code qui était aussi collé
dans le questionnaire pour faciliter la correspondance.
Le test du VIH a été effectué dans le sous-échantillon des ménages sélectionné pour l’enquête homme.
Des prélèvements de sang ont été réalisés auprès de tous les hommes de 15-59 ans et de toutes les femmes de
15-49 ans qui acceptaient volontairement de se soumettre au test du VIH. Le protocole pour dépister le VIH est
basé sur le protocole anonyme-lié développé par le programme DHS. Selon ce protocole, aucun nom ou autre
caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon
de sang. Étant donné que les tests du VIH sont strictement anonymes, il n’est pas possible d’informer les
enquêtés des résultats de leur test. Par contre, au moment de la collecte, on a établi la liste des membres du
ménage désireux de connaître leur statut sérologique à VIH pour le transmettre à l’équipe mobile de VCT
(Conseil et Test Volontaire) qui leur offraient conseils, test gratuit et les résultats.
Après lecture et obtention du consentement éclairé, l’enquêteur prélevait des gouttes de sang capillaire
sur un papier filtre. Une étiquette contenant un code à barres était alors collée sur le papier filtre. On a ensuite
collé une deuxième étiquette avec le même code à barres sur le questionnaire ménage, sur la ligne
correspondant à la personne éligible. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées pendant 24 heures
dans une boîte de séchage contenant un dessicatif pour absorber l’humidité. Le lendemain, chaque échantillon
séché était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Les sacs en plastique
individuels ont été ainsi conservés jusqu’à leur acheminement à la coordination de l’enquête à l’INS à Abidjan
pour enregistrement, vérification et transfert au Projet Retro-CI. Le Projet Retro-CI enregistrait à son tour les
prélèvements avant de les stocker à basse température.
Lorsque la saisie des questionnaires a été terminée à l’INS, le fichier de données de l’enquête a été
vérifié, apuré, et les coefficients de pondération ont été appliqués. Après vérification que le fichier de données
était dans son format final, les résultats préliminaires ont été générés et tous les identifiants permettant de
retrouver un individu (plus précisément les numéros de ménage et de grappe) ont été brouillés et remplacés par
des numéros générés aléatoirement. Tous les identifiants originaux ont été détruits du fichier de données. Par
Toutes les procédures de collecte de L’EDS-MICS 2011-2012 ont été pré-testées. Une vingtaine
d’agents a été recrutée et formée pendant quatre semaines sur le remplissage des questionnaires et les
procédures de tests. La formation a comporté une phase théorique et une phase pratique en salle. Les activités
de terrain du pré-test se sont déroulées dans un quartier précaire, un quartier populaire, un quartier résidentiel
et un village à Abidjan et ses environs en dehors de l’échantillon. Le taux élevé d’acceptation des prélèvements
sanguins au cours du pré-test a montré que la réalisation des tests pendant l’enquête proprement dite était
possible. Les leçons tirées de cette enquête pilote ont été valorisées dans la finalisation des documents
techniques de l’enquête.
Pour l’enquête proprement dite, l’INS a recruté 144 candidats qui ont tous reçu une formation
complète sur tous les volets de l’enquête du 24 octobre au 10 novembre 2011. À l’issue d’un test pratique, les
111 meilleurs agents ont été retenus. Ceux-ci ont bénéficié d’une formation sur les prélèvements de sang et,
parmi eux, 54 femmes ont participé à une session pratique de prélèvements de sang du 16 au 18 novembre
2011 dans 10 structures de santé.
À l’issue de la formation, 3 superviseurs permanents, 18 agents chargés des prélèvements et des prises
des mesures anthropométriques, 18 contrôleuses, 18 chefs d’équipes hommes, 18 enquêteurs et 36 enquêtrices
ont été retenus. Ces agents de terrain étaient repartis en 18 équipes. Les enquêteurs menaient à la fois les
interviews ménages et des interviews individuelles hommes, tandis que les enquêtrices se chargeaient des
interviews auprès des femmes. Les contrôleuses vérifiaient la qualité du travail effectué par les enquêtrices et
les chefs d’équipe faisaient autant pour le travail des enquêteurs, en plus de leurs responsabilités de gestion des
équipes.
La collecte des données a démarré le 5 décembre 2011 dans les grappes de la ville d’Abidjan avant le
déploiement des équipes dans les autres régions. Cette approche a permis d’assurer un suivi rapproché des
équipes. Ensuite, les équipes ont été déployées dans leurs zones respectives de travail, à l’intérieur du pays, en
fonction de leurs connaissances linguistiques pour faciliter la communication. La collecte s’est complètement
achevée le 11 mai 2012.
Le traitement des données a consisté en la codification, la saisie, l’édition des données et l’apurement
du fichier. Ces tâches ont été effectuées, du 13 janvier au 13 juillet 2012, par 11 agents de codification et 32
agents de saisie. Ils ont été supervisés par un membre de l’équipe technique, un informaticien de l’INS et deux
informaticiens d’ICF International.
Après correction des erreurs issues de la double saisie, un rapport d’édition par grappe était produit.
Ce rapport était un condensé des incohérences entre les variables d’un même questionnaire ou à l’intérieur
d’un même ménage. L’apurement final du fichier, dernière étape de traitement, n’est intervenu qu’après la
correction de toutes les erreurs éditées.
C
e chapitre a pour objectif de présenter les conditions de vie des ménages à travers le type d’eau de
boisson utilisé, le type des toilettes, les caractéristiques des logements, les biens possédés, le niveau de
bien-être et le lavage des mains. Il présente également les caractéristiques sociodémographiques de la
population des ménages comme la structure par âge et sexe, la composition des ménages, le niveau
d’instruction et la fréquentation scolaire. En effet, les caractéristiques des populations et les conditions de vie
des ménages peuvent être des déterminants de l’état de santé de la population en général.
Les résultats présentés dans le tableau 2.1 montrent qu’au niveau national, 78 % de la population
s’approvisionnent en eau de boisson à une source améliorée. Cette proportion est nettement plus élevée en
milieu urbain (92 %) qu’en milieu rural (67 %). En milieu urbain, les principales sources améliorées
d’approvisionnement en eau de boisson des populations sont les robinets se trouvant dans leurs logements,
cours ou concessions (63 %), les puits creusés protégés (17 %) et les robinets publics ou fontaines (10 %). Par
contre, en milieu rural, les principales sources améliorées d’approvisionnement en eau des populations sont les
puits à pompe ou forage (21 %), les robinets publics ou fontaines (20 %) et les puits protégés (18 %). On
relève qu’en milieu rural, une proportion importante de la population s’approvisionne en eau à des puits non
protégés (19 %) ou à des eaux de surface (9 %).
Le temps mis pour s’approvisionner en eau de boisson est l’un des indicateurs de la proximité des
points d’eau des logements. Au niveau national, 44 % des ménages ont de l’eau sur place avec une forte
disparité entre le milieu urbain (74 %) et le milieu rural (19 %). Par ailleurs, en milieu urbain, 18 % des
ménages mettent moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau contre 55 % en milieu rural. En outre,
7 % des ménages urbains mettent plus de 30 minutes pour se ravitailler en eau tandis que cette proportion est
de 25 % en milieu rural.
Le traitement de l’eau de boisson par les ménages, quelle que soit la source de provenance, n’est pas
une pratique courante en Côte d’Ivoire aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. En effet, 90 % des
ménages ne traitent pas l’eau avant de la consommer (88 % en milieu urbain et 91 % en milieu rural). Il faut
relever néanmoins que 7 % des ménages utilisent une méthode appropriée pour traiter l’eau (8 % en milieu
urbain contre 6 % en milieu rural).
1
www.wssinfo.org/definitions-methods/watsan-categories/
1
Le total comprend 9 ménages qui n’ont pas fourni d’information sur leur source d'approvisionnement en eau de boisson.
2
Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %.
3
Les méthodes appropriées pour le traitement de l'eau comprennent l'ébullition, l'ajout de chlore, l'utilisation d'un linge pour passer l'eau, le
filtrage et la désinfection solaire.
Le tableau 2.2 présente la proportion de ménages et de la population des ménages ayant accès à des
installations d’assainissement améliorées. Comme pour l’eau de boisson, les types de lieux d’aisances utilisés
sont classés en « améliorés » ou non, selon la classification du Programme commun OMS/UNICEF de
surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement.
Au niveau national, moins d’un ménage sur cinq (18 %) utilise des toilettes améliorées et non
partagées, essentiellement des toilettes avec chasse d’eau (13 %) et des fosses d’aisance avec dalles (5 %). Par
ailleurs, 29 % des ménages utilisent des toilettes qui pourraient être considérées comme améliorées si elles
n’étaient pas partagées avec d’autres ménages. Enfin, 19 % des ménages utilisent des fosses d’aisances sans
dalle ou des trous ouverts et 33 % ne disposent d’aucun type de toilettes et font leurs besoins dans la nature.
Le tableau 2.3 présente certaines caractéristiques du logement, comme l’accès à l’électricité, les
matériaux de revêtement du sol, le nombre de pièces utilisées pour dormir, le type de combustible utilisé pour
la cuisine et la fréquence à laquelle on fume dans le logement.
Dans l’ensemble, on constate que 56 % des ménages enquêtés (sensiblement au même niveau qu’en
2005 : 59 % à l’EIS) disposent de l’électricité avec de fortes disparités selon le milieu de résidence (88 % en
milieu urbain contre 29 % en milieu rural). Au niveau des régions, c’est la ville d’Abidjan qui renferme le plus
de ménages (96 %) disposant d’électricité suivie de la région du Centre-Est (61 %) et du Sud (60 %). A
l’opposé, les régions du Nord et du Sud-Ouest sont les plus défavorisées pour ce qui est de l’accès à
l’électricité (respectivement 31 % et 33 %).
Concernant les matériaux de revêtement du sol, on constate que sept ménages sur dix (70 %) vivent
dans des logements dont le sol est recouvert de ciment. Bien que cette proportion soit élevée dans les deux
milieux, elle est plus importante en milieu urbain (77 %) qu’en milieu rural (64 %). Au niveau des régions,
cette proportion varie de 55 % dans la région de l’Ouest à 81 % dans la région du Sud. Par ailleurs, on note que
20 % des ménages ont des logements dont le sol est recouvert de terre, de sable ou de bouse ; on rencontre le
plus fréquemment de tels matériaux de recouvrement du sol dans les ménages du milieu rural (34 %) et des
régions de l’Ouest (42 %), du Nord-Ouest (41 %) et du Nord (37 %). En outre, la ville d’Abidjan est la seule
zone où 25 % des ménages vivent dans des logements dont le sol est revêtu de carreaux. Dans toutes les autres
régions, cette proportion ne dépasse pas 10 %.
Quant à l’endroit utilisé pour cuisiner, 47 % des ménages cuisinent à l’extérieur (48 % en milieu
urbain et 46 % en milieu rural), 35 % dans un bâtiment séparé du logement principal et 11 % des ménages
cuisinent dans la maison. La séparation de la cuisine du logement principal est observée plus fréquemment
dans les ménages du milieu rural (45 %) que dans ceux du milieu urbain (23 %) contrairement aux cuisines qui
se trouvent à l’intérieur de la maison (21 % en milieu urbain et 2 % en milieu rural). Dans la ville d’Abidjan,
quatre ménages sur dix (40 %) cuisinent à l’intérieur de la maison alors que dans toutes les autres régions, cette
proportion ne dépasse pas 6 %. Que ce soit en milieu urbain comme en milieu rural, 7 % des ménages ne
préparent pas de repas dans le ménage. Cette proportion atteint 12 % et 11 % respectivement dans les régions
du Nord-Est et du Sud-Ouest.
En ce qui concerne le type de combustible utilisé pour la cuisine, 78 % des ménages utilisent un
combustible solide, principalement le bois de chauffe (60 %) et cela s’observe plus fréquemment dans les
régions du Nord-Ouest (86 %) et de l’Ouest (84 %). Le gaz domestique et le charbon de bois sont plus
fréquemment utilisés en milieu urbain (respectivement 32 % et 33 %), alors qu’en milieu rural, c’est
majoritairement le bois de chauffe (87 %) qui est le plus fréquemment utilisé. Dans la ville d’Abidjan, 64 %
des ménages cuisinent leur repas principalement au gaz domestique et 30 % utilisent les combustibles solides
notamment le charbon de bois (25 %).
Quant à la fréquence d’exposition des membres du ménage à la fumée de la cigarette, les résultats
indiquent qu’on ne fume jamais dans environ trois quarts des ménages (74 %). Par contre, dans 22 % des
ménages, on fume tous les jours dans le logement, avec une proportion relativement un peu plus élevée en
milieu rural (24 %) qu’en milieu urbain (19 %). Selon les régions, la proportion des ménages dans lesquels on
fume tous les jours varie entre 15 % dans la région du Nord-Est et 31 % dans la région de l’Ouest.
L’enquête a permis d’apprécier le niveau de vie des ménages à travers la possession de certains biens
de consommation durables (téléphone, radio, télévision, etc.), de moyens de déplacement (bicyclette, voiture,
motocyclette, scooter), de terres agricoles et/ou d’animaux de ferme.
Il ressort des données du tableau 2.4 que le téléphone portable est le bien le plus possédé (81 %) suivi
de la radio (55 %) et de la télévision (43 %). Les ménages du milieu urbain possèdent davantage ces biens
(respectivement 93 % ; 60 % et 70 %) que ceux du milieu rural (respectivement 71 % ; 50 % et 21 %). Les
taux de possession en biens d’équipement des ménages sont généralement beaucoup plus élevés à Abidjan que
dans l’ensemble du pays. En effet, 7 % des ménages de la ville d’Abidjan possèdent un téléphone fixe, 29 %
un réfrigérateur, 47 % un réchaud et 13 % un ordinateur contre respectivement 2 %,11 %, 13 % et 4 % au
niveau national.
Concernant les moyens de transport, la bicyclette est le bien le plus possédé par les ménages (39 %) ;
suivi de la motocyclette ou scooter (19 %). Seulement 3 % des ménages ont une voiture ou un camion. La
bicyclette et la motocyclette ou scooter sont le moyen de locomotion les plus fréquents dans les ménages du
milieu rural (respectivement 57 % et 22 % contre 18% et 16 % des ménages du milieu urbain). À l’opposé, la
voiture ou camion est plus utilisée par les ménages du milieu urbain (6 % contre 1 % des ménages du milieu
1
Bétail, vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons, porcs ou volailles.
On observe enfin que 54 % des ménages possèdent des terres agricoles. Cette proportion est de 78 %
en milieu rural contre 25 % en milieu urbain. Les ménages de la ville d’Abidjan sont moins pourvus en terres
agricoles (14 %) par rapport aux autres régions où cette proportion varie de 49 % dans le Sud à 85 % dans le
Nord-Ouest. Par ailleurs, 28 % de l’ensemble des ménages possèdent des animaux de ferme. Cette proportion
est plus importante en milieu rural (43 %) qu’en milieu urbain (10 %) et, est de loin la plus faible à Abidjan
(5 %).
Les enquêtes EDS ne collectent pas de données sur les revenus et la consommation des ménages qui
sont généralement utilisées pour mesurer la situation économique des populations. Par contre, elles collectent
des informations sur le logement et ses caractéristiques et sur la possession ou l’accès des ménages à certains
biens et services qui sont utilisées comme une approximation du niveau de bien-être économique des ménages.
L'indice de bien-être économique est construit en utilisant les données sur les caractéristiques des
logements et les possessions des ménages, grâce à une analyse en composantes principales. L’indice est
construit en trois étapes :
• La troisième étape combine les scores communs et scores spécifiques à chaque milieu afin de
produire un indice de bien-être à l'échelle nationale en utilisant une régression sur les scores
factoriels communs. Les scores qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale
standard de moyenne 0 et d'écart type 1 (Gwatkin et al., 2000). On attribue à chaque ménage un
score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage.
Cette procédure en trois étapes permet une plus grande adaptabilité de l'indice de bien-être aux
milieux urbain et rural2. Le score d’un ménage est affecté à tous ses membres et la population est alors
subdivisée en quintile (cinq catégories d’effectif égal si l’on classe la population par ordre croissant de score).
On établit ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus pauvre) à 5 (quintile le plus riche).
Le tableau 2.5 présente la répartition de la population par quintile de bien-être économique selon le
milieu et la région de résidence. Alors que plus de trois quarts (77 %) de la population urbaine se classent dans
les deux quintiles de bien-être économique les plus hauts (riches et plus riches), seulement 10 % de celle du
milieu rural sont classées dans ces deux quintiles ; la plupart de la population rurale (71 %) étant classée dans
les deux quintiles les plus bas (plus pauvres et pauvres).
On constate une disparité importante entre la ville d’Abidjan et les autres régions d’enquête. Dans la
ville d’Abidjan, environ 91 % de la population est située dans les hauts quintiles de bien-être (riches et plus
riches). C’est dans les régions de l’Ouest et du Nord-Est que les proportions de population classée dans les
deux quintiles les plus pauvres sont les plus élevées (respectivement 67 % et 69 %).
2
Néanmoins les améliorations méthodologiques apportées à la construction de l’indice ne modifient pas considérablement
le classement des ménages par quintile par rapport à celui effectué lors des précédentes enquêtes (Rutstein, 2008).
Une bonne hygiène nécessite la prise en compte du lavage des mains à des moments précis, surtout
après les selles, avant de préparer à manger ou de donner à manger aux enfants. Lors de l’enquête EDS-MICS
2011-2012, l’enquêteur a demandé au répondant au questionnaire ménage de lui présenter le lieu où les
membres du ménage se lavent le plus souvent les mains. Si l’endroit lui est montré, il observe l’existence du
savon ou d’autres produits nettoyants et de l’eau. Le tableau 2.6 présente les résultats selon le milieu de
résidence, les régions et l’indice de bien-être économique.
Dans plus de la moitié des ménages (52 %), l’enquêteur a pu observer l’endroit où les membres du
ménage se lavent les mains. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (62 %) qu’en milieu rural (44 %).
Selon la région, elle est la plus élevée à Abidjan (69 %) et est la plus faible dans la région du Nord (17 %). Elle
augmente avec le quintile de bien-être économique, allant de 44 % parmi les ménages du quintile le plus
pauvre à 70 % parmi ceux du quintile le plus riche.
On note, par ailleurs, que parmi les ménages dans lesquels un endroit pour se laver les mains a été
observé, 48 % ne disposent pas de savon ni d’eau ; cette proportion est de 37 % en milieu urbain et 61 % en
milieu rural. Un quart des ménages (25 %) disposent d’eau et de savon à l’endroit indiqué pour se laver les
mains ; cette disponibilité de l’eau et du savon étant plus fréquente en milieu urbain (36 %) qu’en milieu rural
(12 %). La ville d’Abidjan (48 %) et la région Centre (45 %) ont les plus fortes proportions des ménages qui
disposent de l’eau et du savon à l’endroit pour se laver; tandis que la région de l’Ouest (4 %) et celle du Nord-
Est (12 %) ont les plus faibles proportions. Cette proportion augmente avec le bien-être des ménages, passant
de 10 % chez les ménages les plus pauvres à 57 % chez les ménages les plus riches.
1
Par "savon”, on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte. Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l'eau seulement ainsi
que ceux qui possèdent du savon et de l'eau et un autre détergent.
2
Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, la boue ou du sable.
3
Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d'autres produits nettoyants.
Le tableau 2.7 présente la répartition par âge et par sexe de la population de fait des ménages enquêtés
selon le milieu de résidence. Parmi les 48 084 personnes recensées dans les ménages enquêtés, 23 899 sont des
hommes et 24 185 des femmes, soit un rapport de masculinité de 99 hommes pour 100 femmes. En milieu
urbain, le rapport de masculinité est de 97 hommes pour 100 femmes alors qu’en milieu rural, la distribution
entre les hommes et les femmes est parfaitement égalitaire (100 hommes pour 100 femmes).
Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence
Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence, Côte
d’Ivoire 2011-2012
Urbain Rural Ensemble
Groupe
d'âges Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble
<5 13,4 13,1 13,3 18,1 18,4 18,2 16,0 16,0 16,0
5-9 12,4 12,6 12,5 17,6 16,7 17,1 15,3 14,8 15,1
10-14 12,6 13,9 13,3 13,6 12,3 12,9 13,2 13,0 13,1
15-19 11,5 12,0 11,7 6,8 6,6 6,7 8,9 9,1 9,0
20-24 10,5 10,5 10,5 6,7 7,2 7,0 8,4 8,7 8,5
25-29 8,9 9,9 9,4 6,3 7,5 6,9 7,5 8,6 8,0
30-34 7,4 7,3 7,3 6,5 6,7 6,6 6,9 7,0 6,9
35-39 5,6 5,3 5,5 5,0 4,9 5,0 5,3 5,1 5,2
40-44 4,8 3,5 4,1 4,5 4,1 4,3 4,6 3,8 4,2
45-49 3,6 2,8 3,2 3,1 2,9 3,0 3,3 2,9 3,1
50-54 2,7 3,2 3,0 3,0 4,1 3,5 2,9 3,7 3,3
55-59 2,0 1,9 2,0 2,0 2,6 2,3 2,0 2,3 2,2
60-64 2,2 1,4 1,8 2,4 2,2 2,3 2,3 1,8 2,1
65-69 1,0 0,9 1,0 1,5 1,4 1,5 1,3 1,2 1,3
70-74 0,6 0,8 0,7 1,4 1,1 1,3 1,0 1,0 1,0
75-79 0,4 0,3 0,3 0,6 0,6 0,6 0,5 0,4 0,5
80 + 0,3 0,4 0,4 0,8 0,8 0,8 0,6 0,6 0,6
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Effectif 10 584 10 901 21 485 13 315 13 284 26 599 23 899 24 185 48 084
La pyramide des âges présente une base élargie qui se rétrécit rapidement et régulièrement au fur et à
mesure que l’on avance vers les âges élevés (Graphique 2.1). Cette forme de la pyramide des âges est
caractéristique des populations jeunes, à forte fécondité et à mortalité élevée, avec 44 % de la population qui
ont moins de 15 ans et seulement 6 % âgés de 60 ans ou plus.
Le tableau 2.8 présente la répartition des ménages par le sexe du chef de ménage et la taille du ménage
et selon le milieu de résidence et la région. Dans l’ensemble, la grande majorité des ménages (82 %) ont un
homme à leur tête et seulement 18 % des ménages sont dirigés par une femme. La proportion des ménages
ayant une femme comme chef est plus importante en milieu urbain (21 %) qu’en milieu rural (15 %). Ce type
de ménages s’observe le plus fréquemment dans la région du Centre (28 %) et le moins fréquemment dans
celle du Nord-Ouest (6 %).
Dans le cadre de l’enquête ménage, des informations relatives au niveau d’instruction atteint et à la
dernière classe achevée à ce niveau ont été collectées pour les personnes âgées de 3 ans et plus. L’instruction
de la population est un élément important dans la formulation des campagnes de communication de masse. En
outre, le niveau d’instruction des adultes influe sur leur comportement procréateur, le recours à la
contraception moderne, le comportement en matière de santé, d’hygiène et de nutrition et la scolarisation des
enfants du ménage. Les résultats sur le niveau d’instruction sont contenus dans les tableaux 2.9.1 et 2.9.2 pour
les femmes et les hommes de 6 ans et plus.
Groupe d'âges3
6-9 34,6 65,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,3 100,0 2 834 0,1
10-14 29,7 52,8 6,4 10,8 0,0 0,0 0,3 100,0 3 153 2,5
15-19 40,0 20,8 8,7 29,5 0,8 0,1 0,1 100,0 2 192 3,2
20-24 48,3 17,5 7,2 16,7 5,4 4,5 0,4 100,0 2 109 1,4
25-29 55,3 15,3 10,6 10,5 3,4 4,7 0,1 100,0 2 071 0,0
30-34 59,8 15,4 8,8 9,9 1,9 3,8 0,3 100,0 1 683 0,0
35-39 59,5 12,7 11,6 10,6 2,7 2,4 0,5 100,0 1 223 0,0
40-44 59,8 11,9 13,8 10,4 2,2 1,8 0,1 100,0 921 0,0
45-49 67,0 9,5 11,4 10,2 0,5 1,2 0,2 100,0 694 0,0
50-59 78,4 7,9 5,9 6,1 0,5 0,5 0,8 100,0 1 441 0,0
60-69 89,5 3,5 2,4 1,9 0,4 0,0 2,3 100,0 735 0,0
70+ 95,7 1,0 0,5 0,6 0,3 0,1 1,8 100,0 493 0,0
Milieu de résidence
Urbain 40,3 25,3 8,7 19,0 2,8 3,4 0,5 100,0 9 174 2,1
Rural 60,5 29,5 5,5 3,7 0,4 0,1 0,4 100,0 10 384 0,0
Région
Centre 56,4 27,4 4,4 9,7 1,0 0,7 0,4 100,0 1 526 0,0
Centre-Est 48,5 27,9 8,7 11,5 1,8 1,2 0,4 100,0 484 0,0
Centre-Nord 58,8 23,9 5,5 9,6 1,3 0,9 0,0 100,0 1 622 0,0
Centre-Ouest 51,8 30,2 7,3 8,2 1,5 0,5 0,6 100,0 2 859 0,0
Nord 71,6 16,7 3,5 6,4 0,5 0,6 0,7 100,0 1 078 0,0
Nord-Est 60,3 27,1 4,3 7,3 0,5 0,2 0,3 100,0 875 0,0
Nord-Ouest 72,7 20,9 2,8 3,0 0,3 0,1 0,3 100,0 850 0,0
Ouest 51,9 34,9 6,1 6,7 0,2 0,1 0,1 100,0 2 177 0,0
Sud 44,1 32,4 9,4 11,0 1,7 1,1 0,3 100,0 2 730 0,8
Sud-Ouest 58,4 25,6 6,6 8,1 0,9 0,3 0,2 100,0 1 482 0,0
Ville d'Abidjan 34,4 24,8 9,7 20,8 3,6 5,9 0,9 100,0 3 875 3,3
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 66,5 27,2 3,8 2,0 0,0 0,0 0,6 100,0 3 669 0,0
Pauvre 55,5 32,1 6,9 4,8 0,4 0,2 0,1 100,0 3 874 0,0
Moyen 59,5 26,6 5,3 7,3 0,8 0,2 0,4 100,0 3 790 0,0
Riche 47,0 27,3 9,8 13,4 1,4 0,8 0,3 100,0 3 887 0,3
Le plus riche 30,2 24,8 8,8 24,6 4,6 6,3 0,7 100,0 4 338 4,1
Ensemble 51,0 27,5 7,0 10,9 1,5 1,6 0,4 100,0 19 559 0,0
1
A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire.
2
A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire.
3
Y compris 8 membres des ménages dont l’âge est indéterminé.
1
A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire.
2
A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire.
3
Y compris 11 membres des ménages dont l’âge est indéterminé.
Dans l’ensemble, près d’une femme sur deux (51 %) et un peu plus d’un homme sur trois (36 %) n’ont
aucun niveau d’instruction. On note également que quel que soit le niveau atteint, les hommes sont plus
instruits que les femmes : 33 % des hommes ont au minimum le niveau primaire complet contre 21 % des
femmes. Par ailleurs des proportions beaucoup plus faibles sont enregistrées au niveau secondaire : 8 % des
hommes ont au minimum le niveau d’étude secondaire complet contre à peine 3 % des femmes.
L’analyse des résultats selon l’âge montre qu’il y a une amélioration du niveau d’instruction des
générations les plus anciennes aux plus récentes. En effet, la proportion d’hommes sans aucune instruction
passe de 86 % chez ceux âgés de 70 ans et plus, à 32 % chez ceux de 6-9 ans. Chez les femmes, ces
proportions sont respectivement de 96 % et de 35 %. La proportion élevée de non instruits parmi les jeunes de
6-9 ans s’explique en partie, par le fait qu’une grande partie d’entre eux n’a pas encore intégré le système
scolaire bien que l’âge officiel d’entrée à l’école soit déjà atteint (âge fixé à 6 ans). En outre, on constate que
dans les classes d’âge jeunes, l’écart entre la proportion des jeunes filles ayant atteint le niveau primaire et
celui des jeunes garçons est relativement moins important. Ainsi, 65 % des jeunes filles de 6-9 ans ont atteint
le niveau primaire contre 68 % chez les garçons. Chez les 10-14 ans, les proportions sont respectivement de
59 % et de 69 %. En s’intéressant au niveau secondaire, on note que l’écart est encore plus prononcé entre les
Les résultats selon le milieu de résidence montrent qu’il existe des disparités. En milieu rural, 61 %
des femmes et 44 % des hommes sont sans instruction alors qu’en milieu urbain les proportions sont
respectivement de 40 % et de 27 %.
En outre, les données indiquent qu’il n’y a pas d’écarts notables entre les proportions des femmes
ayant atteint un niveau primaire selon le milieu de résidence : 34 % en milieu urbain contre 35 % en milieu
rural. Par contre, chez les hommes, on constate des écarts importants selon le milieu : 43 % de ceux résidant en
milieu rural ont atteint le niveau primaire contre 32 % en milieu urbain. Par ailleurs, les hommes résidant en
milieu urbain sont proportionnellement plus nombreux que ceux du milieu rural à avoir atteint le niveau
secondaire ou plus (41 % contre 12 %). Il en est de même pour les femmes résidant en milieu urbain
comparativement à celle du milieu rural : en milieu urbain 25 % ont atteint le niveau secondaire ou plus contre
4 % en milieu rural.
Les tableaux 2.9.1 et 2.9.2 fournissent aussi les résultats selon les régions. La ville d’Abidjan et la
région du Sud apparaissent comme les régions où la proportion de la population non instruite est la moins
élevée. En effet, 34 % des femmes et 23 % des hommes à Abidjan sont sans instruction ; ces proportions sont
respectivement de 44 % et de 29 % dans la région du Sud. En revanche, les régions du Nord et Nord-Ouest
(respectivement 73 et 72 % des hommes et 61 et 57 % des femmes) présentent les proportions les plus élevées
des personnes sans aucune instruction.
En outre, plus le niveau de bien-être économique est élevé, plus les proportions de personnes sans
niveau d’instruction sont faibles. Chez les hommes, elles passent de 51 % dans le quintile le plus pauvre à
17 % dans le plus riche contre respectivement 67 % et 30 % chez les femmes.
Au cours de l’EDS-MICS 2011-2012, des questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées
pour toutes les personnes âgées de 3 à 24 ans, ce qui a permis de calculer les taux nets et bruts de fréquentation
scolaire, par sexe et niveau d’instruction, selon le milieu et la région de résidence et le quintile de bien-être
économique (Tableau 2.10).
Le taux net de scolarisation primaire est quant à lui de 68 % au niveau national. La différence entre le
taux brut et le taux net de scolarisation (27 points) s’expliquerait par le retard de scolarisation pris par les
enfants. En effet, bien que l’âge officiel d’entrée au primaire soit de 6 ans, les enfants s’y font inscrire à l’âge
de 7 ans, voire 8 ans. Le taux net de scolarisation primaire est plus élevé pour les garçons (72 %) que pour les
filles (64 %) et il est plus élevé en milieu urbain (73 %) qu’en milieu rural (65 %). Au niveau des régions,
c’est au Nord (50 %) et au Nord-Ouest (56 %) qu’il est le plus faible.
Au niveau secondaire, c’est-à-dire chez les enfants âgés de 12 à 18 ans, le taux brut de scolarisation
est de 47 % au niveau national, soit moins de la moitié du taux brut de scolarisation primaire. Il est de 56 %
chez les garçons et de 38 % chez les filles. Le taux brut de scolarisation secondaire atteint 76 % en milieu
urbain alors qu’il n’est que de 14 % en milieu rural. La grande différence entre milieu urbain et milieu rural
pourrait s’expliquer par le fait que la plupart des collèges et lycées sont construits dans les villes. Au niveau
des régions, c’est dans la région du Nord-Ouest (21 %) que le taux brut de scolarisation secondaire est le plus
faible.
Le taux net de scolarisation secondaire est de 29 % au niveau national. Il est de 33 % chez les garçons
et de 25 % chez les filles. On note une grande différence entre les milieux urbain (46 %) et rural (9 %). Par
ailleurs, le taux net de scolarisation secondaire augmente sensiblement avec le niveau de bien-être économique
du ménage : passant de 5 % chez les plus pauvres à 35 % chez les riches puis à 55 % chez les plus riches. Au
niveau des régions, la ville d’Abidjan se démarque nettement avec le taux le plus élevé (46 %) contrairement à
la région du Nord-Ouest (13 %) où il est le plus faible.
Le tableau 2.10 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux de
fréquentation scolaire des filles et celui des garçons. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart de
fréquentation scolaire entre les sexes est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totale. En Côte
d’Ivoire, au niveau primaire, l’indice est estimé à 0,90 pour le taux net et à 0,87 pour le taux brut ; au niveau
secondaire, il est respectivement de 0,74 et 0,67. Au niveau primaire, l’indice de parité de genre pour le taux
net est légèrement plus élevé en milieu rural (0,90) qu’en milieu urbain (0,89). Par contre au niveau
secondaire, il est nettement plus élevé en milieu urbain (0,73) qu’en milieu rural (0,49). Selon les régions, au
niveau primaire, cet indice est supérieur à 1 dans la région du Nord-Est (1,0). Au niveau secondaire, il est
inférieur à 1 dans toutes les régions.
Selon l’âge (graphique 2.2), le taux de fréquentation scolaire augmente avec l’âge jusqu’à 11 ans,
avant de décroitre jusqu’à son plus faible niveau l’âge de 24 ans. Cela est une caractéristique du système
éducatif ivoirien qui est marqué par une forte déperdition tout au long des différents cycles scolaires et des
retards de scolarisation. Selon le sexe, quel que soit l’âge, le taux de scolarisation des garçons est plus élevé
que celui des filles.
80
70
60
50
40
30
20
10
0
5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Âge (années)
EDSCI-MICS III 2011-2012
Homme Femme
C
e chapitre présente les caractéristiques sociodémographiques des femmes de 15-49 ans et des hommes
de 15-59 ans enquêtés. L’enquête a en effet permis de recueillir diverses informations telles que l’âge,
le milieu de résidence, l’état matrimonial, le niveau d’instruction et l’alphabétisation. D’autres
informations concernant l’accès aux médias, l’activité économique, l’assurance médicale et la consommation
de tabac ont été également collectées.
Âge
L’âge, variable fondamentale dans l’analyse des phénomènes démographiques, est l’une des
informations les plus difficiles à obtenir de façon précise. L’enregistrement écrit des événements (notamment
des faits d’état civil) n’est pas encore ancré dans les habitudes de certaines populations, comme c’est le cas en
Côte d’Ivoire. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l’enquête
individuelle. Le tableau 3.1 montre que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-49 ans
par groupe d’âges quinquennaux présentent une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d’âges
diminuant régulièrement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés. Chez les femmes, elles
passent de 20 % pour les 15-19 ans à 7 % pour la tranche d’âges 45-49 ans. Chez les hommes, les proportions
varient de 19 % pour les 15-19 ans à 8 % pour les 45-49 ans.
Religion
En ce qui concerne la religion, les résultats montrent que la majorité des enquêtés se sont déclarés de
religion musulmane (40 % des femmes et 42 % des hommes). Chez les femmes, les confessions catholiques et
évangéliques viennent en position (19 % dans les deux cas) et, en troisième position, viennent les animistes ou
sans religion (13 %). Chez les hommes, ce sont les animistes ou sans religion (19 %) qui viennent en deuxième
position, suivis de la religion catholique (18 %) et de la religion évangélique (11 %). Les autres religions ne
sont pratiquées que par 6 % ou moins des femmes ou des hommes.
Ethnie
Quant à la répartition de la population selon l’ethnie, on constate que les principaux groupes sont: les
Akan (32 % des femmes et 30 % des hommes), les voltaïque/Gür (15 % des femmes et 14 % des hommes) et
les Mandé du Nord (12 % des femmes et 14 % des hommes). Ensuite viennent les Krou (10 % des femmes et
11 % des hommes), puis les Mandé du Sud (9 % des femmes et 9 % des hommes). Les étrangers représentent
au moins le cinquième des enquêtés (21 % des femmes et 23 % des hommes).
État matrimonial
Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles
de l’échantillon. Dans le cadre de l’EDS-MICS 2011- 2012, ont été considérés comme étant en union toutes les
femmes et tous les hommes mariés officiellement ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union
consensuelle. Selon cette définition, trois femmes sur dix (30 %) étaient célibataires au moment de l’enquête,
environ deux femmes sur trois (63 %) étaient en union et 7 % étaient en rupture d’union (divorcées, séparées
ou veuves). Du fait d’une entrée en union beaucoup plus tardive, la répartition des hommes par état
matrimonial est très différente de celle des femmes. Au moment de l’enquête, environ un homme sur deux
(47 %) était célibataire, 49 % étaient en union et 5 % en rupture d’union.
Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la majorité des enquêtés (51 % des femmes et
52 % des hommes) résidaient en milieu urbain au moment de l’enquête. Environ un quart des personnes
interviewées vivaient dans la ville d’Abidjan. La répartition des enquêtés selon la région reflète bien le poids
démographique respectif de chaque région. Elle ne fait pas apparaitre d’écarts importants entre les hommes et
les femmes.
Niveau d’instruction
La distribution selon le niveau d’instruction montre que globalement les hommes sont plus instruits
que les femmes. En effet, 53 % des femmes de 15-49 ans contre 34 % des hommes du même groupe d’âge
n’ont aucun niveau d’instruction. Au niveau primaire, les proportions sont pratiquement les mêmes (25 % des
femmes et 27 % des hommes). Cependant la proportion des hommes ayant atteint le niveau secondaire (39 %)
est presque le double de celle des femmes (21 %).
Niveau de bien-être
Au moment de l’enquête, environ près de deux femmes (17 %) et deux hommes (19 %) sur dix
vivaient dans un ménage du quintile le plus pauvre. À l’opposé, un quart des femmes (25 %) et des hommes
(23 %) vivaient dans un ménage le plus riche.
Globalement, comme cela a été mentionné précédemment, les hommes ont un niveau d’instruction
plus élevé que les femmes. Les enquêtés n’ayant aucun niveau d’instruction sont proportionnellement plus
nombreux parmi les femmes (53 %) que parmi les hommes (34 %).
Quel que soit le sexe, le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux
générations les plus récentes. En effet, la proportion des femmes sans niveau d’instruction diminue avec l’âge,
passant de 71 % parmi celles de 45-49 ans à 39 % parmi celles de 15-19 ans. Inversement, la proportion de
celles ayant un niveau secondaire complet ou supérieur passe de 12 % parmi les femmes de 20-24 ans à 1 %
parmi celles de 45-49 ans. Cet effet de génération apparait aussi parmi les hommes. En effet, la proportion des
hommes qui sont sans instruction passe de 48 % parmi le groupe d’âge de 45-49 ans à 22 % parmi les jeunes
de 15-19 ans.
Le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. En effet, 41 % des
femmes vivant en milieu urbain n’ont pas de niveau d’instruction contre 66 % dans le milieu rural. Chez les
hommes, ces proportions sont respectivement de 25 % et 44 %. De même, 10 % des femmes et 23 % des
hommes vivant dans le milieu urbain ont atteint un niveau secondaire complet ou supérieur. Ces proportions
sont respectivement de 1 % et 5 % en milieu rural.
Les résultats selon la région de résidence mettent également en évidence de fortes disparités. La
proportion de femmes et d’hommes sans niveau d’instruction est la plus élevée dans les régions du Nord-Ouest
(respectivement 83 % et 58 %) et du Nord (respectivement 75 % et 62 %), et la plus basse dans la ville
d’Abidjan (respectivement 37 % et 22 %).
a = sans objet parce que moins de 50 % des hommes n’ont aucune éducation formelle.
1
A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire.
2
A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire.
En ce qui concerne la religion, les résultats montrent que, quel que soit le sexe, la proportion des
personnes sans niveau d’instruction est plus élevée chez les musulmans (70 % des femmes et 51 % des
hommes) suivis des animistes ou sans religion (65 % des femmes et 33 % des hommes). Les catholiques (31 %
des femmes et 16 % des hommes), les méthodistes (37 % des femmes et 13 % des hommes) et les
évangéliques (36 % des femmes et 11 % des hommes) ont les plus faibles proportions de personnes sans
niveau d’instruction. Les résultats montrent aussi que les proportions de femmes et d’hommes sans instruction
diminuent des ménages les plus pauvres aux ménages les plus riches : passant de 73 % chez les femmes des
ménages du quintile le plus pauvre à 30 % chez celles du quintile le plus riche et de 50 % chez les hommes du
quintile le plus pauvre à 15 % chez ceux du quintile le plus riche.
a = sans objet parce que moins de 50 % des hommes n’ont aucune éducation formelle.
1
A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire.
2
A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire.
3.3 ALPHABÉTISATION
Au cours de l’enquête, outre les questions posées sur la dernière classe achevée par les enquêtés, il a
été demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré n’avoir atteint que le
niveau primaire, de lire une phrase rédigée en français préparée à l’avance et détenue par les agents enquêteurs.
Trois modalités étaient retenues : « peut lire toute la phrase », « peut lire une partie de la phrase », ou, « ne
peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus, considérés d’office comme
étant alphabétisés n’étaient pas concernés par cette question. Les résultats sont présentés aux tableaux 3.3.1
pour les femmes et 3.3.2 pour les hommes, ainsi qu’au graphique 3.1.
Parmi les femmes, 21 % ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, 13 % ont pu lire une
phrase entière et 4 % une partie de phrase : au total, près de quatre femmes sur dix (38 %) sont considérées
comme alphabétisées. Parmi les hommes, 39 % ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, 16 % ont
pu lire une phrase entière et 6 % une partie de phrase : au total, 61 % des hommes sont considérés comme
alphabétisés. Il convient de relever que la proportion de femmes analphabètes est plus élevée que celle des
hommes (62 % contre 39 %). Par ailleurs, les proportions d’analphabètes diminuent au fil des générations et
restent plus élevées parmi les femmes que parmi les hommes : ainsi à 45-49 ans, 47 % des hommes contre
75 % des femmes sont considérés comme analphabètes ; à 15-19 ans, ces proportions sont respectivement de
32 % et 53 %.
En rapprochant les tableaux 3.2.2 et 3.3.2, on observe le même phénomène chez les hommes puisque
la proportion d’hommes qui ne savent pas du tout lire (39 %) est plus élevée que celle des hommes n’ayant
jamais fréquenté l’école (34 %).
On note enfin que la proportion de personnes alphabétisées augmente avec le niveau de bien-être du
ménage. Le taux d’alphabétisation passe de 14 % chez les femmes vivant dans les ménages classé dans le
quintile le plus pauvre à 66 % chez celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche. Cette
proportion varie de 35 % chez les hommes des ménages les plus pauvres à 86 % chez ceux des ménages les
plus riches.
Graphique 3.1
Proportion d’alphabétisés parmi les
femmes et les hommes de 15-49 ans
Côte d’Ivoire
Milieu de résidence
Rural
Urbain
Quintile de bien-être économique
Le plus pauvre
Pauvre
Moyen
Riche
Le plus riche
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Homme Femme
EDS-MICS 2011-2012
Les résultats selon l’âge montrent que les jeunes femmes sont plus exposées aux médias que les
femmes les plus âgées. En effet, les proportions de femmes qui ne sont exposées à aucun média varient de
38 % chez celles de 15-19 ans à 55 % chez les femmes de 45-49 ans. Chez les hommes, aucune tendance
générale ne se dégage.
En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus
nombreuses qu’en milieu urbain (67 % contre 25 %). Chez les hommes, on aussi observe des écarts
importantes d’exposition aux médias, la proportion de ceux qui n’ont accès à aucun média variant de 38 % en
rural à 13 % en urbain.
De même que pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien-être
du ménage et l’exposition aux médias. Les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches sont
les plus fréquemment exposés aux trois médias (14 % des femmes et 31 % des hommes, contre seulement
moins de 1 % des femmes et 3 % des hommes vivant dans les ménages les plus pauvres).
Dans l’ensemble, près de trois femmes sur dix (29 %) n’ont pas travaillé au cours des 12 derniers mois
ayant précédé l’enquête ; une faible proportion (4 %) ne travaillait pas au moment de l’enquête mais avait eu
une activité au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, deux tiers des femmes (67 %) exerçaient une activité au
moment de l’enquête (graphique 3.2).
Graphique 3.2
Emploi des femmes au cours des 12 mois précédant l’enquête
Ne travaille pas
actuellement
29%
Ne travaille pas
actuellement mais l'a
fait au cours de 12
mois ayant précédé
l'enquête Travaille actuellement
67%
4%
EDS-MICS 2011-2012
Les données selon le milieu de résidence montrent que la proportion de femmes qui travaillaient au
moment de l’enquête est la plus élevée en milieu rural (72 %) qu’en milieu urbain (62 %). Selon la région, la
proportion de femmes ayant une activité varie de 63 % dans le Sud-Ouest et la ville d’Abidjan à un maximum
de 76 % au Centre-Est. Selon le niveau d’instruction, les femmes sans niveau d’instruction (73 %) et celles
ayant un niveau primaire (71 %) sont proportionnellement plus nombreuses à exercer une activité que celles
ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (48 %). De même, les femmes des ménages pauvres (74 %) et
celles des plus pauvres (73 %) sont proportionnellement plus nombreuses à avoir une activité que celles des
ménages les plus riches (60 %).
Les tableaux 3.6.1 et 3.6.2 présentent les résultats selon le type d’occupation des femmes et des
hommes. Un peu moins de la moitié des femmes (47 %) parmi celles qui exerçaient une activité au moment de
l’enquête ou qui avaient exercé une activité au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête,
travaillait dans les ventes et commerce. Par ailleurs, un peu plus de trois femmes sur dix (31 %) travaillaient
dans l’agriculture, 8 % étaient dans les services, 7 % faisaient un travail manuel non agricole (réparties entre
6 % pour le travail manuel qualifié et 2 % pour celui non qualifié), 3 % étaient des domestiques, et seulement
4 % exerçaient un emploi de cadre ou une activité professionnelle technique ou administrative (2 % pour les
cadres et techniciens et 2 % pour les employés de bureau).
Selon le milieu de résidence, la proportion de femmes ayant déclaré une activité agricole est plus
élevée en milieu rural (55 %) qu’en milieu urbain (4 %). Selon les régions, en dehors de la ville d’Abidjan où
cette proportion est seulement de 1 %, le travail agricole est important dans toutes les régions et cette
proportion varie de 22 % au Sud à 60 % dans le Nord-Ouest. En ce qui concerne le niveau d’instruction, les
résultats montrent que la proportion des femmes travaillant dans l’agriculture diminue au fur et à mesure que le
niveau d’instruction augmente. En effet, cette proportion passe de 41 % pour celles qui n’ont aucun niveau
d’instruction à 6 % pour celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Les résultats concernant la
religion indiquent que les femmes musulmanes sont plus fréquentes dans les ventes et commerce (60 %) tandis
que les animistes ou les sans religion sont majoritairement dans l’agriculture (60 %).
Le tableau 3.7 présente la répartition des femmes ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant
précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans
l’ensemble, la majorité des femmes (54 %) a été payée en argent seulement, 22 % en argent et en nature, 4 %
en nature seulement et 20 % n’ont pas été payées. Les femmes travaillant ou ayant travaillé dans le secteur non
agricole ont été plus fréquemment payées en argent (69 %) que celles qui ont exercé une activité dans le
domaine agricole (21 %).
Note: L'ensemble comprend les femmes dont l'information sur le type d'emploi est manquante et qui ne sont
pas présentées séparément.
Il ressort du tableau 3.9.1 que la quasi-totalité (98 %) des femmes de 15-49 ans ont déclaré ne pas
consommer de tabac au moment de l’enquête. Cette proportion est très élevée quelles que soient les modalités
des caractéristiques sociodémographiques des femmes. La consommation de cigarettes est très faible (0,4 %) et
1 % des femmes ont déclaré fumer du tabac ou le consommer sous d’autres formes. Par rapport à la moyenne
nationale, c’est chez les femmes les plus âgées (7 % environ à 45-49 ans) et celles vivant dans la région du
Centre (5 %) que la consommation de tabac est la plus fréquente.
Le tableau 3.9.2 présente les résultats concernant les hommes. Trois quarts des hommes de 15-49 ans
(75 %) ne consommaient pas de tabac au moment de l’enquête. Un homme sur quatre (25 %) fumaient des
cigarettes et environ 1 % consommaient du tabac sous d’autres formes. On observe une variation de la
consommation de tabac selon l’âge. En effet, la consommation de tabac est la plus faible parmi les adolescents
(6 %), augmente progressivement jusqu’à atteindre 36 % parmi le groupe d’âge de 25-34 ans, puis diminue
pour atteindre 23 % parmi le groupe d’âge de 45-49 ans. La consommation de tabac est plus fréquente en
milieu rural (27 %) qu’en milieu urbain (23 %) et parmi les hommes de niveau d’instruction primaire (30 %),
vivant dans les ménages les plus pauvres (31 %), qui sont sans religion ou animistes (32 %) et qui vivent dans
la région de l’Ouest (34 %) que parmi les autres.
Aux hommes qui ont déclaré fumer des cigarettes, on a demandé le nombre de cigarettes qu’ils avaient
fumées au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’interview. Moins d’un fumeur sur dix (9 %) avait
consommé 1-2 cigarettes, près d’un fumeur sur trois (34 %) avait consommé 3-5 cigarettes, près d’un fumeur
sur cinq (21 %) entre 6 et 9 cigarettes, et un fumeur sur trois (33 %) en a consommé 10 ou plus. Cette
consommation élevée de cigarettes (10 ou plus) est plus fréquente parmi les hommes âgés de 45-49 ans (40 %),
ceux résidant en milieu urbain (38 %), ceux de la région du Nord-Ouest (41 %) et parmi ceux n’ayant aucun
niveau d’instruction (34 %). On note qu’un cinquième (20 %) des hommes de 50-59 ans fument la cigarette et
parmi eux, plus du tiers (37 %) en ont consommé au moins 10 au cours des vingt-quatre heures ayant précédé
l’enquête.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
L
e comportement procréateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches
de la fécondité. Ce chapitre porte sur ces facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle
déterminant sur l’exposition au risque de grossesse et donc sur le niveau de la fécondité. Il s’agit
essentiellement de la nuptialité et de l’activité sexuelle.
Les femmes en rupture d’union sont les veuves et celles qui sont séparées ou divorcées. Enfin les
femmes qui ne sont ni en union, ni en rupture d’union, comme défini ci-dessus, ont été considérées comme
célibataires. Les mêmes définitions ont été adoptées pour les hommes.
Les tableaux 4.1.1 et 4.1.2 présentent la répartition des femmes et des hommes par état matrimonial au
moment de l’enquête et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les proportions des célibataires
sont moins élevées chez les femmes que chez les hommes : 30 % des femmes contre 47 % des hommes étaient
célibataires. À l’opposé, les femmes étaient en proportion plus nombreuses à vivre en union que les hommes.
En effet, un peu plus de trois femmes sur cinq (63 %) étaient en union au moment de l’enquête alors que cette
proportion était de 49 % chez les hommes. Par ailleurs, 7 % des femmes étaient en rupture d’union : 5 %
étaient divorcées ou séparées et 2 % étaient veuves. Chez les hommes, la proportion de ceux qui étaient en
rupture d’union atteint 5 %.
Nuptialité • 55
Tableau 4.1.1 État matrimonial actuel des femmes
Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Côte
d’Ivoire 2011-2012
État matrimonial Pourcentage
d'enquêtés
Vivant actuellement Effectif
Groupe d'âges Célibataire Mariée ensemble Divorcée Séparée Veuve Total en union d'enquêtées
Groupe d'âges
15-19 78,4 10,4 10,3 0,2 0,7 0,0 100,0 20,7 2 023
20-24 40,3 31,1 24,9 0,5 2,9 0,3 100,0 56,0 1 953
25-29 21,3 42,5 29,6 1,1 4,9 0,6 100,0 72,1 1 922
30-34 9,6 49,9 30,4 1,4 6,2 2,5 100,0 80,3 1 508
35-39 5,4 57,3 27,4 0,9 4,9 4,1 100,0 84,7 1 129
40-44 3,8 60,5 23,0 1,8 5,5 5,3 100,0 83,5 852
45-49 2,8 60,3 18,8 1,9 4,9 11,2 100,0 79,2 672
Milieu de résidence
Urbain 41,1 30,2 20,6 1,1 4,8 2,3 100,0 50,8 5 170
Rural 18,7 49,0 26,4 0,8 3,0 2,1 100,0 75,3 4 890
Région
Centre 35,6 41,9 15,8 0,8 3,7 2,1 100,0 57,7 636
Centre-Est 32,6 36,5 24,0 0,6 3,9 2,4 100,0 60,5 250
Centre-Nord 33,9 39,2 22,3 0,8 1,3 2,4 100,0 61,6 751
Centre-Ouest 21,9 40,1 31,6 0,5 3,3 2,6 100,0 71,7 1 379
Nord 19,3 64,8 11,9 0,7 1,0 2,4 100,0 76,6 506
Nord-Est 29,9 49,1 15,6 1,0 2,5 1,9 100,0 64,7 392
Nord-Ouest 14,4 74,7 8,1 0,2 1,1 1,5 100,0 82,8 426
Ouest 17,6 52,7 21,4 1,6 3,5 3,2 100,0 74,2 1 069
Sud 33,2 31,6 28,2 0,3 4,4 2,2 100,0 59,9 1 392
Sud-Ouest 24,5 30,1 41,0 1,1 2,6 0,8 100,0 71,1 819
Ville d'Abidjan 42,9 27,1 19,5 1,6 6,7 2,2 100,0 46,6 2 440
Niveau d'instruction
Aucun 18,4 50,6 24,6 0,9 2,7 2,9 100,0 75,1 5 351
Primaire 31,6 33,7 26,6 1,5 5,1 1,6 100,0 60,3 2 552
Secondaire et plus 57,9 18,0 16,7 0,6 5,4 1,4 100,0 34,8 2 157
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 15,2 48,1 30,3 1,0 2,7 2,8 100,0 78,4 1 727
Pauvre 23,3 43,8 25,4 1,0 3,9 2,7 100,0 69,2 1 780
Moyen 29,4 40,9 23,6 0,6 3,1 2,4 100,0 64,5 1 910
Riche 30,1 40,4 20,6 1,5 5,1 2,3 100,0 60,9 2 123
Le plus riche 46,0 28,1 19,5 0,8 4,3 1,3 100,0 47,5 2 520
Ensemble 30,2 39,3 23,4 1,0 3,9 2,2 100,0 62,7 10 060
56 • Nuptialité
Tableau 4.1.2 État matrimonial actuel des hommes
Répartition (en %) des hommes par état matrimonial actuel, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Côte d’Ivoire 2011-2012
État matrimonial Pourcentage
d'enquêtés
Vivant actuellement Effectif
Groupe d'âges Célibataire Marié ensemble Divorcé Séparé Veuf Total en union d'enquêtés
Groupe d'âges
15-19 98,3 0,0 0,7 0,0 0,9 0,0 100,0 0,8 873
20-24 83,2 5,5 9,2 0,0 2,0 0,0 100,0 14,7 867
25-29 47,4 22,1 25,9 0,9 3,4 0,2 100,0 48,0 774
30-34 22,2 40,8 29,9 0,6 6,1 0,4 100,0 70,7 734
35-39 7,4 49,5 36,4 0,8 4,6 1,3 100,0 86,0 553
40-44 3,9 54,7 35,7 0,6 3,7 1,4 100,0 90,4 462
45-49 1,9 57,4 32,0 1,3 5,7 1,7 100,0 89,4 374
Milieu de résidence
Urbain 55,6 20,6 19,2 0,5 3,5 0,6 100,0 39,8 2 394
Rural 37,7 34,2 23,8 0,5 3,4 0,4 100,0 58,0 2 242
Région
Centre 47,2 34,6 14,0 1,3 2,3 0,5 100,0 48,6 251
Centre-Est 51,6 24,8 19,4 0,0 3,7 0,5 100,0 44,2 128
Centre-Nord 51,8 20,4 25,2 0,0 2,4 0,1 100,0 45,6 314
Centre-Ouest 39,3 21,1 35,6 0,2 3,2 0,6 100,0 56,7 650
Nord 38,9 55,5 4,0 0,9 0,7 0,0 100,0 59,5 202
Nord-Est 50,5 30,5 17,3 1,0 0,5 0,3 100,0 47,8 177
Nord-Ouest 44,8 47,5 4,8 0,5 2,1 0,3 100,0 52,4 176
Ouest 39,5 43,9 10,7 1,1 4,1 0,7 100,0 54,6 534
Sud 49,1 13,5 31,5 0,2 5,0 0,7 100,0 45,0 681
Sud-Ouest 40,3 32,0 24,7 0,4 2,5 0,0 100,0 56,7 355
Ville d'Abidjan 54,6 21,4 18,4 0,5 4,4 0,6 100,0 39,8 1 170
Niveau d'instruction
Aucun 34,1 39,8 22,4 0,8 2,6 0,3 100,0 62,2 1 591
Primaire 44,5 28,2 22,5 0,7 3,8 0,3 100,0 50,7 1 238
Secondaire et plus 59,9 15,3 19,8 0,2 4,0 0,8 100,0 35,1 1 808
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 36,2 33,7 24,3 0,8 4,4 0,5 100,0 58,0 886
Pauvre 38,9 31,7 25,3 0,4 3,1 0,6 100,0 57,0 794
Moyen 48,8 29,9 18,4 0,7 2,0 0,3 100,0 48,2 800
Riche 51,1 23,3 20,7 0,4 3,8 0,7 100,0 44,0 1 071
Le plus riche 56,1 20,3 19,2 0,4 3,7 0,4 100,0 39,5 1 086
Ensemble 15-49 46,9 27,2 21,4 0,5 3,5 0,5 100,0 48,6 4 636
50-59 0,3 62,5 28,3 2,4 2,2 4,3 100,0 90,8 499
Ensemble 15-59 42,4 30,6 22,1 0,7 3,3 0,9 100,0 52,7 5 135
Nuptialité • 57
L’analyse selon l’âge (Graphique 4.1) indique que les proportions de femmes célibataires diminuent
très rapidement avec l’âge, passant de 78 % à 15-19 ans à 21 % à 25-29 ans et à 5 % à 35-39 ans ; à 45-49 ans
la proportion de femmes célibataires n’est plus que de 3 %. Tout comme chez les femmes, la proportion
d’hommes célibataires diminue rapidement avec l’âge. À 15-19 ans, 98 % des hommes étaient célibataires et
un peu moins de la moitié (47 %) l’étaient encore à 25-29 ans. À partir de 35 ans, le célibat masculin devient
beaucoup moins fréquent : 7 % à 35-39 ans et 2 % à 45-49 ans.
Graphique 4.1
Proportion de femmes et d'hommes célibataires par groupes d'âges
98
83
78
47
40
21 22
10 7 5 4 4 3
2
Le Graphique 4.2 montre les proportions de célibataires parmi les femmes de 15-29 ans par groupes
d’âges, selon l’EIF (Enquête Ivoirienne sur la Fécondité) de 1980-1981, l’EDSCI-I de 1994, l’EDSCI-II de
1998-1999 et l’EDS-MICS de 2011-2012. On note que parmi les jeunes femmes de 15-29 ans, la proportion de
célibataires a augmenté de manière sensible au fil des années. En effet, en 1980-1981, moins de la moitié
(44 %) des femmes de 15-19 ans étaient célibataires. Cette proportion est passée à 72 % en 1994, puis à trois
femmes sur quatre (75 %) en 1998-1999 pour atteindre 78 % en 2011-2012. Dans le groupe d’âges de 20-24
ans, la proportion des femmes célibataires était de 15 % en 1980-1981, de 30 % en 1994, de 36 % en 1998-
1999 et de 40 % en 2011-2012. Parmi les femmes âgées de 25-29 ans, 10 % étaient encore célibataires en
1980-1981. Cette proportion a atteint 17% selon l’EDSCI-II de 1998-1999 et 21% selon l’EDS-MICS de 2011-
2012.
58 • Nuptialité
Graphique 4.2
Proportion de célibataires parmi les femmes de 15-29 ans par groupes d’âges et
selon l’EIF 1980-81, l’EDSCI-I 1994, l’EDSCI-II 1998-99 et l’EDS-MICS 2011-2012
78
75
72
44
40
36
30
21
17
15
10 9
Si la proportion des célibataires diminue avec l’âge, à l’opposé, la proportion des hommes et des
femmes vivant en union augmente avec l’âge (Tableau 4.1.1 et Tableau 4.1.2). En effet, la proportion de
femmes qui étaient en union passe de 21 % à 15-19 ans à 85 % à 35-39 ans, puis décroît légèrement pour
atteindre 79 % à 45-49 ans. Cette même tendance est observée chez les hommes en union, mais à un rythme de
croissance plus rapide : la proportion d’hommes qui étaient en union est presque nulle (1 %) à 15-19 ans, elle
passe à 15 % à 20-24 ans, puis croît rapidement pour atteindre 48 % à 25-29 ans. À partir de 40 ans, environ
neuf hommes sur dix étaient en union.
Les résultats des tableaux 4.1.1 et 4.1.2 montrent également que l’état matrimonial des enquêtés varie
selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et l’indice de bien-être économique. D’une manière
générale, la proportion des personnes qui étaient en union est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain :
en milieu rural, trois femmes sur quatre (75 %) vivaient en union contre deux femmes sur quatre en milieu
urbain (51 %). Par ailleurs, la proportion d’hommes en union était de 58 % en milieu rural contre 40 % en
milieu urbain. Cependant, les proportions des hommes et des femmes du milieu urbain qui étaient en ruptures
d’union sont similaires à ceux du milieu rural.
Des différences sont observées au niveau régional. En effet, les proportions d’unions les plus élevées
sont constatées au Nord-Ouest (83 %) pour les femmes et au Nord (60 %) pour les hommes. Les plus faibles
proportions de personnes en union sont observées à Abidjan, avec 47 % des femmes concernées et 40 % des
hommes.
Par rapport au niveau d’instruction, les fréquences des unions des femmes et des hommes diminuent
au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente. En effet, celles-ci passent de 75 % chez les femmes et
de 62 % chez les hommes n’ayant aucun niveau d’instruction à 35 % pour ceux et celles ayant un niveau
d’études secondaire ou plus. De même, cette tendance est observée avec l’indice de bien-être économique du
ménage.
Nuptialité • 59
4.2 POLYGAMIE
En Côte d’Ivoire, le fait pour un homme de vivre avec plus d’une femme est une pratique culturelle
courante, non légalisée. Afin de mesurer l’ampleur de ce phénomène, il a été demandé aux femmes en union
d’indiquer le nombre de leurs coépouses et aux hommes le nombre de leurs épouses. Les résultats sont
consignés dans le tableau 4.2.1 pour les femmes et dans le tableau 4.2.2 pour les hommes.
Selon le tableau 4.2.1, un peu plus de sept femmes sur dix (71 %) vivaient en union monogame au
moment de l’enquête, 23 % partagent leur époux avec une autre femme et 5 % avaient deux coépouses ou plus.
Au total, 28 % des femmes vivaient en union polygame. Cette proportion varie suivant les caractéristiques
sociodémographiques. Elle augmente régulièrement avec l’âge, allant de 16 % pour les femmes de 15-19 ans à
42 % pour celles de 45-49 ans.
60 • Nuptialité
Suivant le milieu de résidence, le Tableau 4.2.2 Nombre d'épouses
tableau 4.2.1 indique également que les Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans actuellement en union par nombre
femmes du milieu rural (34 %) vivaient d'épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques Côte d’Ivoire 2011-2012
plus dans une union polygame que celles Caractéristique
Nombre d'épouses
Effectif
vivant en milieu urbain (20 %). De même, sociodémographique 1 2+ Total d'hommes
de fortes variations sont observées suivant Groupe d'âges
15-19 * * 100,0 7
la région : les taux de polygamie les plus 20-24 97,9 2,1 100,0 128
élevés sont constatés dans les régions du 25-29 91,1 8,9 100,0 371
30-34 87,3 12,7 100,0 519
Nord-Ouest (51 %) et du Nord (49 %). Par 35-39 87,8 12,2 100,0 475
40-44 79,1 20,9 100,0 418
contre, les faibles taux sont observés à 45-49 79,1 20,9 100,0 334
Abidjan (15 %). Concernant la religion, la Milieu de résidence
prédominance de la polygamie est constatée Urbain 90,1 9,9 100,0 952
Rural 82,9 17,1 100,0 1 299
chez les femmes musulmanes (35 %) et Région
chez les animistes ou sans religion (34 %). Centre 91,5 8,5 100,0 122
Centre-Est 86,4 13,6 100,0 57
Le faible taux (17 %) est observé chez les Centre-Nord 83,5 16,5 100,0 143
femmes méthodistes, catholiques et Centre-Ouest 88,9 11,1 100,0 368
Nord 61,6 38,4 100,0 120
évangéliques. La proportion des femmes en Nord-Est 83,2 16,8 100,0 85
Nord-Ouest 74,7 25,3 100,0 92
union polygame diminue avec le niveau Ouest 85,2 14,8 100,0 291
d’instruction ; allant de 33 % pour celles Sud 85,3 14,7 100,0 306
Sud-Ouest 86,5 13,5 100,0 202
sans aucun niveau d’instruction à 14 % Ville d'Abidjan 92,4 7,6 100,0 466
pour celles ayant le niveau secondaire ou Niveau d'instruction
plus. Aucun
Primaire
81,8
85,5
18,2
14,5
100,0
100,0
989
627
Secondaire et plus 92,8 7,2 100,0 635
Le tableau 4.2.2 indique que 86 % Quintile de bien-être
des hommes de 15-49 ans en union étaient économique
Le plus pauvre 86,8 13,2 100,0 514
monogames. Les polygames représentent Pauvre 88,9 11,1 100,0 452
Moyen 77,3 22,7 100,0 386
14 % des hommes de 15-49 ans en union. Riche 86,0 14,0 100,0 471
Tout comme chez les femmes, la proportion Le plus riche 89,4 10,6 100,0 428
des hommes de 15-49 ans polygames varie Ensemble 15-49 85,9 14,1 100,0 2 251
Comparativement aux enquêtes antérieures, il ressort d’une manière générale une diminution au fil des
années de la proportion de polygamie. La diminution est plus prononcée chez les femmes que chez les hommes
(graphique 4.3). En effet, lors de l’EDSCI 1994, 37 % des femmes vivaient en union polygame. Cette
proportion est passée à 35 % lors de l’EDSCI 1998-99, à 30 % lors de l’EIS (Enquête sur les Indicateurs du
Sida) de 2005, puis à 28 % lors de l’EDS-MICS 2011-2012. Par contre, la proportion des hommes polygames
n’a pas varié de façon importante depuis les enquêtes passées : de 18 % en 1994, cette proportion est restée
stagnante (autour de 17%) des années plus tard.
Nuptialité • 61
Graphique 4.3
Proportion de femmes et d'hommes en union polygame selon l’EIF 1980-81,
l’EDSCI-I 1994, l’EDSCI-II 1998-99 et l’EDS-MICS 2011-2012
37
35
30
18 17 17
En Côte d’Ivoire, l’âge d’entrée en première union des femmes est relativement précoce. Alors que la
loi prévoit qu’une femme peut se marier à partir de 18 ans, 12 % des femmes de 25-49 ans ont déclaré avoir eu
leur première union avant l’âge de 15 ans et 36 % étaient déjà en union avant 18 ans. Par ailleurs, plus de la
moitié des femmes de 25-49 ans (52 %) étaient en union avant d’atteindre 20 ans et plus de trois femmes sur
quatre (76 %) l’étaient avant 25 ans.
L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est de 19,7 ans. Cependant, on
relève un net recul de l’âge d’entrée en union des générations les plus anciennes aux plus récentes. En effet,
l’âge médian à la première union chez les femmes des générations les plus anciennes, âgées de 45-49 ans à
l’enquête, est de 18,8 ans, alors qu’il est de 20,5 ans pour celles des générations plus jeunes (25-29 ans). De
plus, la proportion de femmes qui entrent en union avant l’âge de 18 ans diminue des générations les plus
anciennes aux plus jeunes. Elle était de 44 % pour les femmes âgées de 45-49 ans et de 33 % pour celles de
20-24 ans.
Selon les différentes sources de données (EDSCI-I, EDSCI-II, EIS et EDS-MICS), l’âge médian à la
première union des femmes augmente au fil des années. En effet, de 18,1 ans en 1994, l’âge médian à la
première union des femmes est passé à 18,7 ans en 1998-1999, puis à 19,2 ans en 2005 avant d’atteindre 19,7
62 • Nuptialité
ans en 2011-2012. Cette tendance à retarder la première union s’expliquerait, d’une part, par l’accès à l’école
qui serait plus répandu chez les générations les plus jeunes que chez les plus âgées.
Note: L'âge à la première union est défini comme étant l'âge auquel l'enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/partenaire.
na = Non applicable pour cause de troncature.
a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire
avant d'atteindre le début du groupe d'âges.
Selon le milieu de résidence, on constate que les femmes de 25-49 ans du milieu rural (18,8 ans)
entrent plus tôt en union que celles du milieu urbain (21,1 ans). De même, l’âge médian d’entrée en première
union des femmes de 25-49 ans varie selon la région. Il est plus précoce dans les régions du Nord-Ouest (17,7
ans) et du Nord (17,8 ans), et plus tardif à Abidjan (22,0 ans) et dans la région du Sud (21,0 ans). Par ailleurs,
l’âge médian à la première union des femmes de 25-49 ans augmente régulièrement avec le niveau
d’instruction. En effet, il passe de 18,7 ans pour celles sans aucun niveau d’instruction à 24,3 ans pour celles
qui ont le niveau secondaire ou plus. En outre, les femmes des ménages du quintile le plus riche entrent en
union plus tard que les autres : 22,5 ans contre 19,1 ans pour les ménages du quintile le plus pauvre.
Nuptialité • 63
Tableau 4.4 Age médian à la première union selon certaines
caractéristiques sociodémographiques
Age médian à la première union des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans
et, des hommes de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques
sociodémographiques, Côte d’Ivoire 2011-2012
Age des
Age des femmes hommes
Caractéristique
sociodémographique 20-49 25-49 25-59
Milieu de résidence
Urbain a 21,1 a
Rural 18,7 18,8 a
Région
Centre a 20,2 a
Centre-Est a 19,7 a
Centre-Nord a 20,5 a
Centre-Ouest 19,1 19,2 24,8
Nord 17,6 17,8 a
Nord-Est 18,9 18,7 a
Nord-Ouest 17,6 17,7 24,6
Ouest 18,1 18,0 24,5
Sud a 21,0 a
Sud-Ouest 19,5 19,7 a
Ville d'Abidjan a 22,0 a
Niveau d'instruction
Aucun 18,6 18,7 a
Primaire a 20,6 a
Secondaire et plus a 24,3 a
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 18,8 19,1 a
Pauvre 19,0 18,9 24,7
Moyen 19,1 18,9 a
Riche 19,9 19,7 a
Le plus riche a 22,5 a
Ensemble 19,8 19,7 a
Note: L'âge à la première union est défini comme étant l'âge auquel
l'enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier conjoint(e)/partenaire.
a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont
commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire
avant d'atteindre le début du groupe d'âges.
Graphique 4.4
Âge médian à la première union des femmes de 25-49 ans
MILIEU DE RESIDENCE
Rural 18.8
Urbain 21.1
NIVEAU D'INSTRUCTION
Aucun 18.7
Primaire 20.6
Secondaire ou plus 24.3
QUNTILE DE BIEN-ETRE ECONOMIQUE
Le plus riche 22.5
Riche 19.7
Moyen 18.9
Oauvre 18.9
Le plus pauvre 19.1
EDS-MICS 2011-2012
64 • Nuptialité
Contrairement aux femmes, l’âge médian à la première union des hommes est tardif. D’une génération
à l’autre, il tourne autour de 26 ans. Les premiers mariages avant 15 ans sont pratiquement inexistants chez les
hommes. Toutefois, seulement 6 % des hommes de 25-49 ans sont rentrés en première union avant 18 ans,
13 % étaient en union avant l’âge de 20 ans, 24 % l’étaient avant 22 ans et 43 % l’étaient avant 25 ans.
Nuptialité • 65
En Côte d’Ivoire, les rapports sexuels sont précoces. En effet, 19 % des femmes de 25-49 ans et 12 %
des hommes de la même tranche d’âge ont déclaré avoir eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre
l’âge exact de 15 ans. Par ailleurs, près de deux femmes de 25-49 ans sur trois (63 %) et un peu plus de quatre
hommes de 25-49 ans sur dix (42 %) ont déclaré avoir eu leurs premiers rapports sexuels avant 18 ans. Avant
d’atteindre 20 ans, huit femmes de 25-49 ans sur dix (80 %) et 63 % des hommes de 25-49 ans avaient déjà eu
des rapports sexuels. Enfin, la quasi-totalité (90 %) des femmes et des hommes ont eu leurs premiers rapports
sexuels avant 25 ans.
Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que, comme pour l’entrée en première union, plus
les femmes ont un niveau d’instruction élevé, plus l’âge aux premiers rapports sexuels est tardif : de 16,8 ans
pour les femmes sans niveau instruction ou ayant le niveau primaire, cet âge médian passe à 17,8 ans pour
celles du secondaire et plus. Par ailleurs, l’âge médian augmente des ménages les plus pauvres (16,3 ans) aux
plus riches (17,9 ans) : en d’autres termes, les femmes des ménages les plus riches ont leurs premiers rapports
sexuels deux ans plus tard que celles des ménages les plus pauvres. Globalement, quelle que soit la catégorie,
66 • Nuptialité
les femmes ont leurs premiers rapports sexuels avant le début de l’union, mais l’écart entre les deux
évènements est d’autant plus important que l’âge à l’union est tardif (Graphique 4.5).
Graphique 4.5
Âges médians des femmes à la première union et
aux premiers rapports sexuels
COTE D'IVOIRE 19.7
17
MILIEU DE RESIDENCE
Rural 18.8
16.5
Urbain 21.1
17.5
NIVEAU D'INSTRUCTION
Aucun 18.7
16.8
Primaire 20.6
18.8
Secondaire ou plus 24.3
17.8
QUNTILE DE BIEN-ETRE ECONOMIQUE
Le plus riche 22.5
17.9
Riche 19.7
17.3
Moyen 18.9
16.8
Oauvre 18.9
16.5
Le plus pauvre 19.1
16.3
Âge médian a la première union Âge médian au premier rapport sexuel
EDS-MICS 2011-2012
Chez les hommes, les résultats ne font pas apparaître de différences importantes selon le milieu de
résidence. Pour les hommes de 25-59 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 18,7 ans en milieu
rural contre 18,8 ans en milieu urbain. Selon le niveau d’instruction, les hommes sans niveau instruction ont
leurs premiers rapports sexuels à 20,0 ans contre 17,9 ans pour ceux qui ont un niveau secondaire ou plus, soit
deux ans plus tard. Contrairement aux femmes, l’âge aux premiers rapports sexuels des hommes ne montre pas
de variation notable selon le niveau de vie des ménages.
La proportion des femmes sexuellement actives augmente régulièrement avec l’âge : de 33 % à 15-19
ans, elle atteint un plateau à 30-39 ans (63 %) avant de décroitre légèrement pour atteindre 53 % à 45-49 ans.
On note également que la fréquence des femmes ayant récemment eu des rapports sexuels est plus élevée chez
les femmes en union (68%) et moins élevée chez celles qui sont célibataires (33%) ou en rupture d’union
(28%). La majorité des femmes en rupture d’union (43 %) ont eu leurs derniers rapports sexuels il y a un an ou
plus, et plus d’un célibataire sur quatre (26 %) n’a jamais eu de rapports sexuels. Suivant la durée de l’union, il
ressort que les femmes ayant une vie de couple de 0-4 ans (69 %) et les remariées (70 %) sont, relativement,
sexuellement plus actives que celles qui ont 25 années ou plus de vie conjugale.
Nuptialité • 67
La fréquence des activités sexuelles récentes des femmes connaît une progression d’une période à
l’autre. La proportion des femmes qui ont une activité sexuelle récente n’a pas pratiquement variée entre
l’EDSCI-I de 1994 et l’EDSCI-II de 1998-1999 : cette proportion était respectivement de 49 % et 48 %. Lors
de l’EDS-MICS de 2011-2012, on note que plus de la moitié des femmes (54 %) ont eu des rapports sexuels
au cours des quatre semaines ayant précédé l’enquête.
Par ailleurs, le tableau 4.7.1 indique que la proportion des femmes sexuellement actives varie suivant
les autres caractéristiques sociodémographiques. En effet, la proportion de femmes qui ont eu une activité
sexuelle récente est plus élevée en milieu rural (57 %) qu’en milieu urbain (51 %). Selon la région, les femmes
de la région du Sud-Ouest (65 %) ont plus fréquemment déclaré avoir eu des rapports sexuels récents que les
femmes des autres régions, en particulier celles de la région du Nord-Est (47 %).
68 • Nuptialité
En outre, 57 % des femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont eu des rapports sexuels récents
contre 53 % de celles de niveau primaire et 48 % de celles de niveau secondaire ou plus. Enfin, la proportion
de femmes sexuellement actives décroit avec le niveau de bien-être économique : de 58 % chez les ménages
les plus pauvres, elle passe à 56 % chez les pauvres, puis à 55% chez les moyens pour atteindre 54 % chez les
riches et 51 % chez les plus riches.
Le tableau 4.7.2 présente la répartition des hommes en fonction du temps écoulé depuis leurs derniers
rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, 52 % des hommes de
15-49 ans ont eu une activité sexuelle récente, 25 % ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours de l’année
ayant précédé l’enquête (non compris les quatre dernières semaines) et, pour 9 %, les derniers rapports sexuels
ont eu lieu il y a un an ou plus. Par ailleurs, 14 % des hommes n’ont jamais eu de rapports sexuels.
La proportion des hommes de 15-49 ans sexuellement actifs augmente régulièrement avec l’âge. De
20 % à 15-19 ans, elle passe à 44 % à 20-24 ans avant d’atteindre 56 % à 25-29 ans. Elle continue de croître
jusqu’à 65 % à 30-34 ans avant de se stabiliser autour de 70 % à 35-49 ans (69 % à 35-39 ans, 70 % à 40-49
ans). Tout comme chez les femmes, l’activité sexuelle récente est plus importante parmi les hommes en union
(73 %) que parmi ceux en rupture d’union (45 %) et les célibataires (32 %). Selon la durée de l’union, il n’y a
pas de variations importantes de l’activité sexuelle récente chez les hommes.
Concernant le milieu de résidence, 56 % des hommes du milieu rural contre 49 % de ceux du milieu
urbain ont eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines. C’est au niveau des régions du Nord
et de l’Ouest (60 %) que la proportion d’hommes sexuellement actifs est la plus élevée et dans la région du
Centre qu’elle est la plus basse (46 %).
Pour ce qui est du niveau d’instruction, l’activité sexuelle récente est plus répandue chez les hommes
ayant le niveau primaire (56 %) que ceux n’ayant aucun niveau (53 %) et ceux ayant le niveau secondaire ou
plus (49 %). Au niveau du quintile de bien-être économique du ménage, on constate que la proportion des
hommes qui ont eu des activités sexuelles récentes est plus élevée dans le quintile pauvre (56 %) et plus basse
dans le quintile moyen (49 %).
Nuptialité • 69
Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes
Répartition (en %) des hommes en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon
certaines caractéristiques sociodémographiques, Côte d’Ivoire 2011-2012
Derniers rapports sexuels :
Au cours N'a jamais
des quatre Au cours de eu de
Caractéristique dernières la dernière Il y a un rapports Effectif
sociodémographique semaines année1 an ou plus sexuels Total d'hommes
Groupe d'âges
15-19 19,6 16,5 6,6 57,3 100,0 873
20-24 43,5 31,7 12,0 12,4 100,0 867
25-29 56,0 32,1 8,8 3,2 100,0 774
30-34 65,4 23,5 9,3 1,7 100,0 734
35-39 69,1 21,8 8,8 0,3 100,0 553
40-44 69,9 22,7 6,8 0,0 100,0 462
45-49 70,2 21,2 7,9 0,1 100,0 374
État matrimonial
Célibataire 32,0 26,3 11,9 29,7 100,0 2 176
En union 72,8 22,3 4,6 0,0 100,0 2 251
En rupture d'union 45,4 33,2 21,4 0,0 100,0 208
Durée de l'union2
0-4 ans 72,4 22,8 4,5 0,0 100,0 440
5-9 ans 68,1 25,4 5,8 0,0 100,0 375
10-14 ans 71,7 22,6 5,7 0,0 100,0 315
15-19 ans 70,7 22,1 7,1 0,0 100,0 133
20-24 ans 74,8 23,2 2,0 0,0 100,0 81
25 ans+ 75,7 16,3 8,0 0,0 100,0 41
Marié plus d'une fois 75,4 21,0 3,4 0,0 100,0 866
Milieu de résidence
Urbain 48,7 25,8 9,2 15,9 100,0 2 394
Rural 56,3 23,5 8,3 11,9 100,0 2 242
Région
Centre 45,9 21,1 15,0 17,7 100,0 251
Centre-Est 53,1 20,4 12,1 13,8 100,0 128
Centre-Nord 47,2 25,5 8,8 18,1 100,0 314
Centre-Ouest 55,6 26,1 5,8 12,5 100,0 650
Nord 60,2 18,7 3,6 17,5 100,0 202
Nord-Est 50,5 26,3 6,9 16,3 100,0 177
Nord-Ouest 48,1 26,2 8,4 17,0 100,0 176
Ouest 60,1 19,3 11,3 9,2 100,0 534
Sud 49,8 25,8 8,9 15,5 100,0 681
Sud-Ouest 58,2 23,6 4,2 13,8 100,0 355
Ville d'Abidjan 49,1 27,7 10,2 12,7 100,0 1 170
Niveau d'instruction
Aucun 53,4 23,2 11,5 11,8 100,0 1 591
Primaire 56,1 22,9 6,3 14,5 100,0 1 238
Secondaire et plus 49,0 27,2 8,1 15,5 100,0 1 808
Quintile de bien-être économique
Le plus pauvre 53,4 24,9 10,0 11,6 100,0 886
Pauvre 56,3 24,2 9,1 10,4 100,0 794
Moyen 48,6 23,7 9,0 18,6 100,0 800
Riche 52,0 24,8 8,3 14,7 100,0 1 071
Le plus riche 51,9 25,6 7,9 14,3 100,0 1 086
Ensemble 15-49 52,4 24,7 8,8 13,9 100,0 4 636
50-59 69,5 20,8 9,6 0,0 100,0 499
Ensemble 15-59 54,0 24,3 8,9 12,6 100,0 5 135
Note : le total inclus 7 personnes qui n’ont pas donnée une réponse numérique.
1
Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines.
2
Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union.
70 • Nuptialité
FÉCONDITÉ 5
Principaux résultats
• La fécondité demeure élevée en Côte d’Ivoire puisque l’Indice
Synthétique de Fécondité (ISF) y est estimé à 5,0 enfants par femme.
Les femmes sans aucun niveau d’instruction sont les plus fécondes
et ont, en moyenne, 3,2 enfants de plus que celles ayant atteint le
niveau secondaire ou plus. De même, le nombre d’enfants par femme
est de 6,7 dans les ménages les plus pauvres contre moins que la
moitié dans les ménages les plus riches (3,2).
• Le taux de fécondité des adolescents (15-19 ans) est de 129
naissances pour 1000 adolescentes ; traduisant ainsi une fécondité
précoce élevée.
• Le Taux Brut de Natalité (TBN) est estimé à 37 naissances pour
1 000 individus.
• Près de 15 % des naissances se sont produites après un court
intervalle intergénésique (moins de 24 mois).
• Trois adolescentes (15-19 ans) sur dix (30 %) ont déjà commencé
leur vie féconde : 23 % ont déjà eu au moins un enfant et 7 % sont
enceintes pour la première fois.
L
e présent chapitre est consacré à l’analyse des données sur la fécondité collectées au cours de l’EDS-
MICS 2011-2012. Les informations collectées ont permis d’estimer le niveau actuel de la fécondité, de
dégager ses tendances et de mettre en évidence les variations de la fécondité selon certaines
caractéristiques. Ce chapitre présente en outre les résultats sur l’âge à la première naissance,
l’intervalle intergénésique, la fécondité des adolescentes et la ménopause.
Au cours de l’enquête, il a été demandé à toutes les femmes de 15-49 ans des ménages sélectionnés, le
nombre total d'enfants nés vivants qu'elles avaient eus, en distinguant, selon le sexe des enfants, ceux vivant
avec elles de ceux vivant ailleurs, et ceux décédés. Ensuite, l'historique complet des naissances de l'enquêtée
était établi, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant pour chacune d'entre elles, le type de naissance
(simple ou multiple), le sexe et la date de naissance. Pour les enfants survivants, l’enquêtrice enregistrait l’âge
actuel tandis que pour les enfants déjà décédés, elle notait l’âge au décès. À la fin de l’interview, pour s’assurer
de la cohérence des données, l’enquêtrice, devait confronter le nombre total d’enfants déclarés avec le nombre
d’enfants obtenus à partir de l’historique des naissances.
Fécondité • 71
Les données collectées permettent d'estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période
actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant
l'enquête. L’enquête étant rétrospective, il convient de mentionner certaines limites inhérentes à ce type
d’enquête. Il s’agit:
• du biais sélectif de la survie, c'est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont
survivantes. Si l'on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l'enquête est différente
de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s'en trouveraient légèrement biaisés.
Par ailleurs, les informations peuvent aussi être affectées par le mauvais classement des dates de
naissance d'enfants nés depuis 2006, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d'année de
naissance, que l’on retrouve dans certaines enquêtes EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter
de poser les questions sur la santé des enfants ayant l’âge limite d’éligibilité (nés depuis 2006 dans le cas de
l’EDS-MICS 2011-2012). On constate que des transferts de naissances se sont produits1 de 2006 vers 2005.
Cependant, ces transferts ne peuvent affecter les niveaux actuels de fécondité qui sont calculés sur les trois
dernières années.
Le tableau 5.1 présente quatre indicateurs de mesure du niveau de la fécondité. Il s’agit des taux de
fécondité spécifique par âge, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé
l’enquête, ainsi que le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et le Taux Brut de Natalité (TBN). Ces
indicateurs sont présentés pour chaque milieu de residence.
1
À l'Annexe C, le tableau C4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances
annuelles (rapport des naissances de l'année x à la demi somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit
Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport semble indiquer un léger manque
de naissances en 2006 (rapport = 87 < 100) et un excédent en 2005 (rapport =121 > 100).
72 • Fécondité
Le tableau 5.1, illustré par le graphique 5.1, montre Tableau 5.1 Fécondité actuelle
que les taux de fécondité par âge suivent le schéma classique Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de
observé en général, dans les pays à forte fécondité: une Fécondité (ISF), Taux Global de Fécondité Générale
(TGFG) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période
fécondité précoce élevée (129 ‰ à 15-19 ans), qui augmente des trois années ayant précédée l'enquête selon le milieu
très rapidement pour atteindre son maximum à 25-29 ans de résidence, Côte d'Ivoire 2011- 2012
(222‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement pour tomber Milieu de résidence
à 24‰ à 45-49 ans. En Côte d’Ivoire, la fécondité demeure Groupe d'âges Urbain Rural Ensemble
encore élevée puisqu’une femme donne naissance en moyenne 15-19 82 197 129
20-24 158 289 219
à 5,0 enfants au cours de sa vie procréative. Le taux global de 25-29 180 265 222
30-34 141 214 180
fécondité générale (TGFG), c'est-à-dire le nombre annuel 35-39 109 164 139
moyen de naissances vivantes pour 1000 femmes en âge de 40-44 63 89 77
45-49 9 36 24
procréer, et le taux brut de natalité (TBN) qui correspond au
ISF (15-49) 3,7 6,3 5,0
nombre annuel moyen de naissances vivantes survenues au TGFG 129 221 174
TBN 31,9 40,3 36,8
sein de la population totale, sont respectivement estimés à
174‰ et 37‰. Notes: Les taux sont exprimés pour 1 000 femmes. Les
taux pour le groupe d'âges 45-49 ans peuvent être
légèrement biaisés pour cause de troncature. Les taux
Ce niveau global de fécondité cache des disparités correspondent à la période 1-36 mois avant l'interview.
ISF: Indice Synthétique de Fécondité exprimé pour une
importantes selon le milieu de résidence. Les femmes du femme.
milieu rural ont une fécondité beaucoup plus élevée que celles TGFG: Taux Global de Fécondité Générale exprimé pour
1 000 femmes âge 15-44 ans.
du milieu urbain. En fin de vie féconde, les femmes des zones TBN: Taux Brut de Natalité exprimé pour 1 000 individus.
rurales donneraient naissance en moyenne, à près de 3 enfants
de plus que celles du milieu urbain. En outre, en milieu rural, la fécondité est beaucoup plus précoce puisqu’à
15-19 ans, le taux y est estimé à 197 ‰ contre 82 ‰ en milieu urbain.
Graphique 5.1
Fécondité par âge selon le milieu de résidence
Fécondité • 73
Le taux global de fécondité générale et le taux brut de natalité indiquent évidemment la même
tendance. Dans la population totale, on compte 40 naissances pour 1000 individus en milieu rural contre 32
pour 1000 en milieu urbain. Au sein des femmes en âge de procréer, on dénombre 221 naissances pour 1000
femmes en milieu rural contre 129 pour 1000 en milieu urbain.
Le tableau 5.2 présente le nombre moyen Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques
d’enfants (ISF) par femme selon certaines Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé
caractéristiques socio-démographiques. Il présente l'enquête, pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et
nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon
également le pourcentage des femmes de 15-49 certaines caractéristiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
ans enceintes au moment de l’enquête. La Nombre
fécondité baisse avec l’augmentation du niveau Pourcentage moyen
de femmes d'enfants nés
d’instruction et le niveau de vie des ménages. Les Indice de 15-49 ans vivants des
synthétique actuellement femmes de 40-
femmes sans aucune instruction présente un Caractéristique de fécondité enceintes 49 ans
niveau de fécondité assez élevée de 5,8 enfants Milieu de résidence
contre 5,0 pour celles de niveau primaire et 2,6 Urbain 3,7 8,3 5,0
Rural 6,3 12,3 6,4
pour les femmes ayant atteint le niveau d’étude
Région
secondaire ou plus. De même, le nombre moyen Centre 6,1 10,6 6,9
d’enfants par femme diminue des ménages les Centre-Est
Centre-Nord
4,6
5,4
7,7
9,6
5,4
6,1
plus pauvres aux ménages les plus riches, passant Centre-Ouest 5,4 11,0 5,7
Nord 6,1 9,7 6,9
de 6,7 à 3,2 enfants : l’ISF est donc plus de deux Nord-Est 6,0 11,5 6,6
fois plus élevé dans les ménages les plus pauvres Nord-Ouest 6,8 12,4 7,1
Ouest 6,1 12,4 6,2
que dans les ménages les plus riches. En outre, les Sud 4,8 10,6 6,0
Sud-Ouest 5,0 15,5 5,9
variations de l’ISF selon les régions sont Ville d'Abidjan 3,1 6,9 4,2
également importantes. On peut distinguer trois Niveau d'instruction
groupes : Aucun 5,8 11,4 6,4
Primaire 5,0 10,1 5,4
Secondaire et plus 2,6 7,5 3,7
• La Ville d’Abidjan se démarque Quintile de bien-être
nettement des autres régions par une économique
Le plus pauvre 6,7 12,9 6,5
fécondité basse (3,1 enfants par Pauvre 6,0 12,5 6,4
Moyen 5,5 10,9 6,2
femme). Ce qui semble normal au Riche 4,3 9,5 5,5
regard du fait qu’elle dispose d’atouts Le plus riche 3,2 7,0 4,4
favorables à une faible fécondité, à Ensemble 5,0 10,3 5,8
savoir les infrastructures socio- Note: l'Indice Synthétique de Fécondité correspond à la période 1-36 mois
économiques et sanitaires, des avant l'interview.
Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
populations mieux éduquées et où la Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non
pondérés et qu’elle a été supprimée.
pauvreté est moins marquée
qu’ailleurs dans le pays.
• Des regions à fécondité moyenne (autour de la moyenne nationale) : Centre-Est (4,6), Sud (4,8),
Sud-Ouest (5,0), Centre-Nord et Centre-Ouest (5,4).
• Des regions à fecondite élévée : Nord-Est (6,0), Nord, Centre et Ouest (6,1) et un pic de 6,8
enfants au Nord-Ouest.
Par ailleurs, 10 % des femmes enquêtées se sont déclarées enceintes. Précisons que cette proportion
est probablement sous-estimée dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas
si elles sont enceintes n'ont pas déclaré leur état. Les variations des proportions de femmes enceintes suivent
globalement celles du niveau de la fécondité actuelle.
74 • Fécondité
Le tableau 5.2 présente aussi le nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans.
Ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l'ISF qui mesure la fécondité actuelle des
femmes de 15-49 ans, ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui ont
atteint la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à
se rapprocher de l'ISF. Par contre, quand l'ISF est inférieur au nombre moyen d'enfants par femme en fin de vie
féconde, cela pourrait indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. En Côte d’Ivoire, l’écart entre l’ISF
(5,0 enfants) et la descendance finale (5,8 enfants) est suffisamment important pour indiquer une tendance à la
baisse de la fécondité.
129 ‰, une baisse de 22 points soit 15 %. À partir de 40 ISF 15-49 5,7 5,2 5,0
ans, les courbes des taux de fécondité de 1998-1999 et 2011- Note: Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000
2012 se confondent, traduisant ainsi un ralentissement de la femmes.
1
baisse de la fécondité chez les femmes de cette tranche 2
Taux pour la période de cinq ans avant l’enquête.
Taux pour la période de trois ans avant l’enquête.
d’âges par rapport à 1994.
La comparaison des taux de l’enquête actuelle avec ceux de l’enquête de 1994 montre une baisse de la
fécondité à tous les âges. Par contre la comparaison avec l’enquête de 1998 montre globalement une une
reprise de la fécondité chez les jeunes femmes de 15-19 ans, une baisse légère des niveaux de fécondité chez
les femmes de 20-29 ans et chez celles de 40-44 ans et une baisse marquée chez les femmes de 30-39 ans et
celles de 45-49 ans. Il en résulte que l’ISF de 5,0 enfants par femme à l’EDS-MICS 2011-2012 n’a
pratiquement pas baissé après l’EDSC-II de 1998-1999 où il était estimé à 5,2 enfants par femme.
Fécondité • 75
Graphique 5.2
Tendance de la fécondité par âge
régulièrement baissé des périodes les plus anciennes aux 15-19 125 136 141 139
20-24 216 220 250 237
plus récentes, sauf dans la période 10-14 ans avant l’enquête 25-29 221 236 250 261
pour ce qui concerne les deux premiers groupes d’âges. On 30-34
35-39
187
140
230
159
232
[208]
[241]
76 • Fécondité
Graphique 5.3
Taux de fécondité par âge par période de 5 ans ayant précedé l'EDS-MICS 2011
Groupe
d'âges
15-19 76,9 18,0 4,7 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 023 0,28 0,26
20-24 33,4 29,1 23,3 10,0 3,1 0,9 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 953 1,24 1,11
25-29 15,1 18,6 22,3 19,8 14,2 7,3 2,3 0,4 0,0 0,0 0,0 100,0 1 922 2,33 2,07
30-34 6,6 10,8 15,2 15,3 20,1 15,3 9,9 4,1 2,2 0,4 0,2 100,0 1 508 3,55 3,11
35-39 4,1 6,4 10,5 12,9 10,6 17,1 16,9 8,3 5,9 4,2 3,0 100,0 1 129 4,70 4,03
40-44 3,1 6,3 6,6 9,1 9,3 13,2 13,7 11,3 13,3 8,2 6,0 100,0 852 5,55 4,72
45-49 2,7 4,7 6,6 8,5 8,7 11,0 10,4 13,2 8,6 11,4 14,1 100,0 672 6,13 5,10
Ensemble 26,7 16,0 14,2 10,9 8,9 7,6 5,7 3,5 2,7 2,0 1,8 100,0 10 060 2,68 2,32
Groupe
d'âges
15-19 41,7 42,3 14,8 1,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 418 0,76 0,68
20-24 13,9 28,1 35,1 15,9 5,2 1,5 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 094 1,76 1,59
25-29 5,6 15,0 24,3 23,5 18,3 9,8 3,0 0,5 0,0 0,0 0,0 100,0 1 385 2,78 2,48
30-34 2,7 7,6 13,6 16,6 22,0 17,8 11,6 4,8 2,8 0,5 0,1 100,0 1 211 3,92 3,43
35-39 2,5 4,1 9,2 13,0 10,6 18,3 18,4 9,1 6,6 4,9 3,3 100,0 957 5,01 4,28
40-44 2,2 3,4 5,3 8,6 9,4 13,6 14,2 12,0 14,8 9,6 7,0 100,0 711 5,94 5,05
45-49 1,4 2,3 5,8 8,1 8,6 11,1 11,5 13,8 8,8 12,5 16,1 100,0 532 6,52 5,48
Ensemble 7,7 13,6 17,5 14,8 12,5 11,1 8,3 4,9 3,9 3,0 2,7 100,0 6 309 3,70 3,21
Fécondité • 77
En Côte d’Ivoire, les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête ont donné naissance, en moyenne,
à 2,7 enfants parmi lesquels 2,3 sont encore en vie, ce qui signifie qu’environ 15 % de leurs enfants sont
décédés. Le nombre moyen d’enfants nés vivants augmente rapidement avec l’âge : de 0,3 à 15-19 ans, il
atteint 1,2 à 20-24 ans et un maximum de 6,1 à 45-49 ans. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le
nombre de naissances vivantes met en évidence une fécondité précoce élevée ; un peu plus d’un cinquième des
jeunes femmes âgées de moins de 20 ans (23 %) ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ; près de deux
femmes de 20-24 ans sur cinq (38 %) a déjà donné naissance à, au moins, 2 enfants ; et 14 % des femmes de
45-49 ans ont donné naissance à, au moins, 10 enfants. Le nombre moyen d’enfants des femmes de 45-49 ans
qui correspond à la descendance finale des femmes a légèrement baissé par rapport au niveau estimé lors de
l’EDSCI-II de 1998-1999 (6,1 contre 6,6).
Par ailleurs, les résultats concernant les femmes actuellement en union ne sont guère différents de
ceux relatifs à l’ensemble des femmes, sauf aux jeunes âges. En effet, on constate que plus de la moitié des
femmes actuellement en union et âgées de 15-19 ans (58 %) ont déjà au moins un enfant contre 23 % pour
l’ensemble des femmes de ce même groupe d’âges. De même, à 20-24 ans, 86 % des femmes en union ont
déjà, au moins, un enfant contre 67 % pour l’ensemble des femmes. À partir de 25 ans, âge au-delà duquel la
majorité des femmes sont en union, les écarts se réduisent considérablement : ainsi, à 25-29 ans, la parité
moyenne des femmes en union est de 2,8 enfants contre 2,3 pour l’ensemble des femmes. En fin de vie
féconde (45-49 ans), la parité des femmes en union (6,5 enfants) n’est pas très différente de celle de l’ensemble
des femmes (6,1 enfants).
D'une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement peu
nombreuses. En effet, la propotion des femmes en union qui sont sans enfants passe de 42 % parmi les femmes
de 15-19 ans à 7 % parmi celles de 25-29 ans et 1 % parmi celles de 45-49 ans. Par conséquent, la parité zéro
des femmes actuellement en union et âgées de 40-49 ans, âges auxquels la probabilité d'avoir un premier
enfant devient très faible permet d'estimer le niveau de la stérilité primaire. Parmi ces femmes, 2 % n'ont
jamais eu d'enfants et peuvent être considérées comme stériles. Ce chiffre n’a pratiquement pas changé depuis
1998-1999, date à laquelle il était aussi de 2 %.
Les résultats concernant les femmes actuellement en union montrent qu’à tous les âges, la parité est
plus élevée que pour l’ensemble des femmes. Ceci traduit le rôle déterminant de la nuptialité dans la fécondité.
À partir de 30-34 ans, âges auxquels la proportion de femmes qui ne sont pas en union est déjà faible, les
différences de parités entre femmes en union et l’ensemble des femmes sont plus faibles. En fin de vie
féconde, (45-49 ans), la parité des femmes en union (6,1 enfants) est peu différente de celle de l'ensemble des
femmes (6,5).
78 • Fécondité
Globalement, l'intervalle médian se situe à 37 mois, c'est-à-dire que la moitié des naissances survient
un peu plus de 3 ans après la précédente. Le pourcentage des naissances survenues moins de 24 mois après la
naissance précédente est relativement encore élevé (15 %). En outre, 6 % des enfants sont nés moins de 18
mois après la naissance précédente. Néanmoins, la plupart des naissances (33 %) se produisent entre 24 et 35
mois après la naissance précédente et, plus de la moitié (52 %) des enfants sont nés trois ans ou plus après leur
aîné.
Fécondité • 79
Tableau 5.5 Intervalle intergénésique
Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédées l'enquête
par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente selon certaines
caractéristiques sociodémographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Effectifs de Nombre
naissances médian de
Mois depuis la naissance précédente autres que mois depuis
Caractéristique de premier la naissance
sociodémographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Total rang précédente
Groupe d'âges
15-19 7,3 9,2 68,9 9,6 4,9 0,0 100,0 106 29,0
20-29 6,7 11,0 36,1 22,1 11,5 12,6 100,0 2 701 34,5
30-39 5,6 7,3 29,4 22,7 14,0 21,1 100,0 2 378 38,9
40-49 4,1 6,1 25,4 19,6 14,2 30,7 100,0 608 44,8
Sexe de l'enfant
précédent
Masculin 6,7 9,6 32,3 22,1 12,1 17,2 100,0 3 029 36,5
Féminin 5,2 8,2 33,4 21,6 13,3 18,4 100,0 2 764 37,0
Survie de la naissance
précédente
Vivante 4,2 8,1 33,3 22,9 12,9 18,6 100,0 5 070 37,5
Décédée 18,5 14,7 29,3 14,8 11,1 11,6 100,0 722 31,2
Rang de naissance
2-3 5,0 8,8 32,2 21,3 12,9 19,9 100,0 2 732 37,7
4-6 6,9 8,8 32,8 22,6 13,0 15,9 100,0 2 199 36,5
7+ 6,5 9,9 34,8 21,9 10,8 16,0 100,0 862 35,6
Milieu de résidence
Urbain 4,9 8,2 29,2 19,6 13,9 24,2 100,0 1 989 39,5
Rural 6,5 9,3 34,7 23,0 12,0 14,4 100,0 3 803 35,8
Région
Centre 5,8 5,8 38,1 19,0 12,8 18,4 100,0 416 36,1
Centre-Est 5,0 5,9 32,1 22,0 13,4 21,6 100,0 131 39,0
Centre-Nord 3,8 10,4 32,9 22,3 13,5 17,1 100,0 441 37,4
Centre-Ouest 4,2 8,9 37,6 21,2 13,4 14,7 100,0 928 35,8
Nord 8,6 9,8 34,8 22,4 10,8 13,6 100,0 403 35,2
Nord-Est 6,2 5,7 30,5 29,5 13,4 14,7 100,0 280 38,3
Nord-Ouest 6,8 13,6 35,3 20,7 12,2 11,4 100,0 361 34,1
Ouest 7,5 10,8 36,4 21,2 9,4 14,7 100,0 820 34,6
Sud 3,4 8,3 32,6 22,1 13,5 20,0 100,0 742 37,8
Sud-Ouest 10,4 7,8 25,9 26,5 12,1 17,3 100,0 473 37,6
Ville d'Abidjan 5,7 8,3 23,9 19,0 15,0 28,1 100,0 796 43,4
Niveau d'instruction
Aucun 6,2 9,5 33,5 23,0 12,3 15,4 100,0 3 905 36,2
Primaire 6,2 8,4 32,7 20,0 13,3 19,4 100,0 1 466 37,1
Secondaire et plus 3,0 5,3 26,7 17,8 13,6 33,5 100,0 421 46,3
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 6,9 10,3 36,5 22,5 11,5 12,2 100,0 1 406 34,9
Pauvre 5,4 6,8 33,2 21,5 14,3 18,7 100,0 1 297 37,5
Moyen 6,2 10,6 34,9 23,2 12,1 13,0 100,0 1 234 35,4
Riche 6,0 8,6 29,6 21,8 12,4 21,5 100,0 1 082 37,9
Le plus riche 4,5 7,9 26,7 19,2 13,1 28,7 100,0 773 42,7
Ensemble 6,0 8,9 32,8 21,9 12,7 17,8 100,0 5 792 36,8
Note: Les naissances de rang 1 sont exclues. L'intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse
précédente qui a abouti à une naissance vivante.
La comparaison des résultats des différentes enquêtes réalisées depuis 1994 montre que la proportion
de naissances survenues dans un intervalle de moins de 24 mois n’a que très peu diminué, passant de 16 % en
1994 à 15 % en 2011-2012. Par contre, la proportion de naissances dont l’intervalle intergénésique est de 48
mois ou plus a nettement augmenté, passant de 26 % en 1994 à 31 % en 2011-2012. Corrélativement, la durée
médiane de l’intervalle intergénésique a légèrement augmenté entre 1994 et 2011-2012, passant de 35,5 mois à
36,8 mois.
80 • Fécondité
5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE
Après la naissance d'un enfant, l'exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du
retour de l'ovulation et de l'abstinence sexuelle ou de l’abstinence postpartum. Le temps écoulé entre
l'accouchement et le retour de l'ovulation qui constitue l'aménorrhée post-partum est estimé ici par la longueur
de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant et le retour des menstrues. La longueur de cet intervalle peut
être influencée par l'intensité, la fréquence et la durée de l'allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet
d'identifier les femmes non susceptibles d'être exposées au risque de grossesse et ainsi d'évaluer la durée de
non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d'être exposée au risque de grossesse
quand elle n'a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée
post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports
sexuels sans protection contraceptive. La période de non susceptibilité se définit donc comme celle pendant
laquelle une femme n'est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d'aménorrhée et/ou
d'abstinence post-partum.
Les données du tableau 5.6 se rapportent aux pourcentages des naissances des 3 dernières années dont
la mère est encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptible d'être exposée au
risque de grossesse. Le tableau indique également les durées médiane et moyenne de l'aménorrhée, de
l'abstinence et de la non-susceptibilité.
Fécondité • 81
De ce tableau, il ressort que la durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 9,7 mois et
sa valeur moyenne se situe à 10,8 mois. Cette longue durée d’aménorrhée post-partum est due, en grande
partie, à une durée d’allaitement au sein relativement longue. En effet, on verra au chapitre 10 (Allaitement et
Nutrition) que la moitié des enfants nés au cours des trois dernières années ont été allaités au sein pendant une
durée de près de 19 mois. Par ailleurs, la proportion de naissances pour lesquelles les mères sont en
aménorrhée post-partum passe de 97 % dans les deux mois qui suivent la naissance à 70 % dans les quatre à
cinq mois après l’accouchement ; 12-13 mois après la naissance, la mère est toujours en aménorrhée dans 35 %
des cas. Au-delà de 24 mois, la proportion des naissances pour lesquelles la mère n’a pas encore eu de retour
des règles est de 2 %.
L'abstinence post-partum est une pratique assez courante en Cote d’Ivoire : sa durée médiane s’établit
à 6,1 mois et sa valeur moyenne à 9,6 mois. On note egalement que 4-5 mois après la naissance d’un enfant,
dans 59 % des cas, la mère n’a pas encore repris ses rapports sexuels ; cette proportion est encore de 31 % à
12-13 mois après la dernière naissance.
82 • Fécondité
Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la durée d’aménorrhée est plus longue parmi
les femmes du milieu rural (10,8 mois) que parmi celles du milieu urbain (7,4 mois). C’est dans la ville
d’Abidjan que cette durée est la plus courte (7,3 mois) et dans la region du Nord qu’elle est la plus longue (12
mois). Concernant la durée de l’abstinence post-partum, les écarts entre milieux ne sont pas très importants.
La durée médiane de la période l’abstinence post-partum est plus de deux fois plus élevée dans la région du
Nord-Est (10,2 mois) que dans la region du Sud (4,0 mois). Pour la durée médiane d’insusceptibilité, elle est la
plus élevée dans la région du Nord-Est (15,7 mois) et la plus faible dans la ville d’Abidjan (9,9 mois).
Par ailleurs, on constate que la durée médiane d’aménorrhée post-partum et de l’insusceptibilité post-
partum diminue avec le niveau d’instruction des mères : de 10,6 et 13,2 mois respectivement chez les femmes
qui n’ont aucune instruction, cette durée est respectivement de 4,5 et 9,6 mois chez celles qui ont atteint le
niveau secondaire ou plus.
5.6 MÉNOPAUSE
Le tableau 5.8 présente la fin de l'exposition au
Tableau 5.8 Ménopause
risque de grossesse chez les femmes de 30-49 ans. La
sortie de la vie fertile est mesurée par la proportion de Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en
ménopause, selon l'âge, Côte d'Ivoire 2011-2012
femmes en ménopause, c’est-à-dire la proportion de
Pourcentage en Effectif de
femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post- Age ménopause1 femmes
partum, et qui n'ont pas eu de règles pendant au moins six Groupe d'âges
mois avant l'enquête ou alors qui se sont déclarées en 30-34
35-39
0,6
1,9
1 508
1 129
ménopause. Les résultats de l'enquête montrent que 8 % 40-41 7,3 388
42-43 6,9 322
des femmes de 30-49 ans étaient en ménopause au 44-45 15,4 285
moment de l’enquête. Comme on pouvait s’y attendre, la 46-47 34,4 290
48-49 47,5 240
proportion de femmes en ménopause augmente Ensemble 8,1 4 162
rapidement avec l'âge: elle passe de moins de 1 % à 30-34 1
Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont ni enceintes,
ans, à 7 % à 42-43 ans, pour atteindre 48 % à 48-49 ans. ni en aménorrhée postpartum et dont les dernières règles ont
eu lieu 6 mois ou plus avant l'enquête.
Fécondité • 83
Tableau 5.9 Age à la première naissance
Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance avant d'atteindre certains âges exacts, pourcentage qui n'ont jamais
eu d'enfant et âge médian à la première naissance selon l'âge actuel, Côte d'Ivoire 2011-2012
Pourcentage
Pourcentage ayant eu une naissance n'ayant Age médian
avant d'atteindre l'âge exact de : jamais à la
donné Effectif de première
Age actuel 15 18 20 22 25 naissance femmes naissance
Groupe d'âges
15-19 3,8 na na na na 76,9 2 023 a
20-24 5,8 31,1 50,2 na na 33,4 1 953 20,0
25-29 5,8 30,9 52,5 66,9 79,8 15,1 1 922 19,8
30-34 8,2 31,1 51,8 69,8 83,5 6,6 1 508 19,8
35-39 8,7 36,5 54,4 70,6 83,9 4,1 1 129 19,5
40-44 9,0 38,3 60,0 71,9 84,4 3,1 852 19,1
45-49 10,3 39,4 60,7 72,0 86,5 2,7 672 19,0
20-49 7,4 33,3 53,5 na na 14,1 8 037 19,6
25-49 7,9 34,0 54,6 69,6 82,9 7,9 6 084 19,6
na = Non applicable.
a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges.
84 • Fécondité
5.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES
Les adolescentes (15-19 ans) constituent un groupe a risque en matiere de fecondité. En effet, les
enfants nés de ces jeunes mères courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de
mères plus âgées. De même, les grossesses et les accouchements précoces augmentent le risque de décéder
chez les adolescentes.
Le tableau 5.11 donne les proportions d'adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants ainsi que
les proportions de celles qui sont enceintes pour la première fois. Les adolescentes qui constituent au moins le
cinquième de l'ensemble des femmes en âge de procréer, contribuent pour près de 13 % à la fécondité totale
des femmes (Cf. tableaux 3.1 et 5.1). En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la
proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde, on constate que 30 % des jeunes femmes de 15-19
ans ont déjà commencé leur vie féconde : 23 % ont déjà eu au moins un enfant et 7 % sont enceintes pour la
première fois. Par rapport aux deux précédentes enquêtes, la proportion d’adolescentes ayant commencé leur
vie féconde a nettement diminué entre 1994 et 1998-1999 mais a demeuré stationnaire entre 1998-1999 et
2011-2012. En effet, de 35 % en 1994, cette proportion est passée à 31 % en 1998-1999, et à 30 % en 2011-
2012. C’est surtout la proportion d’adolescentes qui ont déjà eu au moins un enfant qui a diminué, passant de
30 % à 21 % (graphique 5.4).
Fécondité • 85
La proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde augmente rapidement avec l’âge,
passant de 5 % à 15 ans à 50 % à 19 ans, âge auquel 42 % des jeunes filles ont déjà eu au moins un enfant. Elle
est nettement plus élevée en milieu rural (46 %) qu’en milieu urbain (19 %). Ce pourcentage est aussi très
élevé dans les régions de l’Ouest (45 %), du Centre-Ouest (42 %), du Centre et du Sud-Ouest (39 %). À
l’opposé, la ville d’Abidjan (15 %) et la region du Nord (21 %) enregistrent les plus faibles proportions
d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde.
Le pourcentage d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde diminue de manière très
importante lorsque le niveau d’instruction augmente, passant de 39 % parmi les adolescentes non instruites à
14 % parmi celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus. De même, cette proportion décroît
considérablement en fonction du niveau de bien-être économique des ménages, passant de 54 % chez les
adolescentes des ménages les plus pauvres à 15 % chez celles des ménages les plus riches.
Graphique 5.4
Adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde
Pourcentage 35
31
30
29
25
23
6 6 7
Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Ont déjà commencé leur vie féconde
86 • Fécondité
PRÉFERENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6
Principaux résultats
• Une femme en union sur cinq (21 %) ne désire plus avoir d’enfants et
deux femmes en union sur cinq (41 %) souhaitent espacer la prochaine
naissance d’au moins deux ans.
• Le nombre idéal moyen d’enfants par femme (5,2) est supérieur à l’Indice
Synthétique de Fécondité (5,0), ce qui traduit l’attachement à une
descendance nombreuse.
• L’écart entre le nombre idéal moyen d’enfants et la fécondité réelle est
plus prononcé dans la région Nord-Est où il va jusqu’à deux enfants
environ.
• Trois naissances sur quatre (75 %) se sont produites au moment voulu,
21 % plus tôt que souhaitées et environ 3 % étaient non désirées.
• Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF serait de 4,1
au lieu 5,0 enfants par femme.
L
es questions sur les préférences en matière de fécondité ont pour objectif d’évaluer les efforts
accomplis par les couples dans le contrôle de leur fécondité et de mesurer les besoins futurs en matière
de contraception, non seulement, pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. À l’EDS-MICS
2011-2012, ce sujet a été abordé par le biais de questions relatives au désir de la femme d'avoir ou non des
enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir le prochain enfant et enfin au nombre
total d'enfants désirés.
Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été
un sujet de controverse. En effet, il y a des limites quand on utilise les informations de ce type d'investigation
car, de telles informations sont recueillies à partir d'un échantillon de femmes qui sont à différents moments de
leur vie féconde. Pour les femmes en début de mariage, les réponses sont liées à des objectifs à long terme dont
la stabilité et la valeur prédictive sont inconnues. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont
influencées par leur passé. En outre, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les
préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de
conviction et qui ne tiennent pas compte de l'effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres
de la famille, particulièrement du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de
reproduction.
Malgré les problèmes d'interprétation concernant l'analyse des données sur les préférences en matière
de fécondité, les résultats de ce chapitre peuvent permettre de mieux comprendre les facteurs qui influencent
la fécondité dans un pays comme la Côte d'Ivoire où la prévalence contraceptive est encore faible et où la
fécondité demeure relativement élevée. L’analyse qui suit porte exclusivement sur les femmes et les hommes
en union au moment de l’enquête.
Pour obtenir des informations sur les attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au
désir d’avoir ou de ne plus avoir d’enfants, une série de questions a été posée aux femmes et aux hommes
actuellement en union. Les résultats sont présentés dans le tableau 6.1 et le graphique 6.1 selon le nombre
d’enfants vivants (y compris la grossesse actuelle) au moment de l’enquête. Un peu plus d'une femme sur cinq
(21 %) a répondu qu'elle ne désirait plus d'enfants alors que dans 71 % des cas, les femmes en souhaitaient
davantage : 41 % souhaitent espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans, 25 % voudraient un enfant
rapidement (avant deux ans), et 5 % voudraient un enfant, mais ne savent quand. Au total, en 2011-2012, deux
femmes en union sur trois (67 %) souhaitent donc soit limiter (21 %), soit espacer (46 %) leurs naissances.
Parmi ces femmes, celles qui n’utilisent pas actuellement une méthode contraceptive peuvent être considérées
comme candidates potentielles à la planification familiale. La proportion de femmes qui souhaitent soit limiter,
soit espacer leur naissances est en augmentation depuis l’EDSCI-II de 1998-1999 où elle était estimée à 63 %.
Par contre, le pourcentage de femmes ne désirant plus d’enfants est restée stationnaire au cours des deux
précédentes EDS, (21 %).
Veut un autre bientôt2 79,9 33,9 24,1 23,8 27,2 15,7 18,2 27,9 26,7
Veut un autre plus tard3 10,8 52,9 60,4 48,6 37,7 46,8 33,8 44,8 39,4
Veut un autre, NSP quand 5,5 8,3 7,1 5,8 5,0 2,1 4,5 5,7 5,8
Indécise 0,0 1,3 1,3 8,4 8,5 7,5 7,1 5,0 6,2
Ne veut plus d'enfant 0,4 1,6 5,8 12,0 20,1 26,8 34,4 14,9 19,6
Stérilisée4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,1
S'est déclarée stérile 0,4 0,1 0,4 0,3 0,6 0,0 1,1 0,5 1,1
manquant 3,0 1,9 1,0 1,0 0,9 0,9 0,9 1,2 1,1
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Effectif 149 358 447 357 319 226 396 2 251 2 704
na = Non applicable.
1
Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle.
2
Veut une autre naissance dans les deux ans.
3
Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus.
4
Y compris la stérilisation féminine et masculine.
5
Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêtée est enceinte (ou si une des épouses est
enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d'une épouse).
Graphique 6.1
Désir d'enfants supplémentaires des femmes en union,
selon le nombre d'enfants vivants
100%
80%
60%
Pourcentage
40%
20%
0%
0 1 2 3 4 5 6+
Nombre d'enfants vivants
Il est à noter que chez les hommes de 15-49 ans, le désir d’avoir des enfants supplémentaires est plus
élevé que chez les femmes (78 % contre 71 %) et la proportion des hommes qui ne veut plus avoir d’enfant est
de 15 %; soit 6 points de moins par rapport aux femmes. La majorité des hommes (45 %) souhaite espacer les
naissances de deux ans au moins. Le désir d’avoir des enfants supplémentaires chez les hommes diminue
lorsque le nombre d’enfants augmente : 95 % chez ceux ayant un enfant, 78 % chez ceux qui en ont 3 et 57 %
chez les hommes qui ont 6 enfants ou plus.
Le tableau 6.2.1 fournit les proportions de femmes en union qui ne veulent plus d’enfants (y compris
les femmes stérilisées) selon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques
sociodémographiques. Environ une femme sur cinq (21 %) estime qu’elle a atteint la taille désirée de sa
famille et ne désire donc plus avoir d’enfants. Les résultats selon le milieu de résidence ne font pas apparaître
une différence nette entre le milieu urbain (21 %) et le milieu rural (20 %). Par rapport aux régions, les
résultats montrent que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants varie d’un minimum de 16 % dans le
Centre-Est et le Nord-Est à un maximum de 29 % dans le Centre.
Note: Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d'enfant.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25
cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
1
Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle.
L’analyse du désir d’avoir des enfants selon le niveau d’instruction de la femme ne fait pas ressortir
des variations importantes. En effet, l’on observe peu d’écarts entre les proportions de femmes sans instruction
(21 %) et celles qui ont atteint un niveau primaire (21 %) ou celles ayant au moins le niveau secondaire
(19 %). Ces résultats peuvent laisser supposer que d'une manière générale, quel que soit leur niveau
d’instruction, les femmes ivoiriennes auraient sensiblement les mêmes comportements procréateurs. De
même, très peu d’écarts sont observés selon le niveau de bien-être économique des ménages : les proportions
de femmes qui désirent limiter les naissances varient de 19 % pour le quintile le plus pauvre à 22 % pour le
plus riche.
Le tableau 6.2.2 présente les résultats concernant les hommes de 15-49 ans. La proportion d’hommes
qui souhaitent limiter leurs naissances (15 %) est plus faible que celle observée chez les femmes (21 %). Mais,
comme chez les femmes, très peu de différences sont observées suivant le milieu de résidence des enquêtés : la
proportion d’hommes en zone urbaine qui ne veulent plus d’enfant est de 16 % contre 14 % en milieu rural.
De même, la proportion d’hommes âgés de 15-49 ans ne désirant plus avoir d’enfants augmente régulièrement
avec le nombre d'enfants survivants mais de façon plus prononcée en milieu urbain qu’en milieu rural. Selon la
région, on constate que les hommes résidant dans les régions Nord-Ouest et Centre-Ouest enregistrent les plus
faibles proportions d’hommes désirant limiter leurs naissances (respectivement 6 % et 9 %). Par contre, la
région du Sud (24 %) et celle du Centre-Nord (21 %), ont une plus grande proportion d’hommes désirant avoir
moins d’enfants.
Note: Les hommes stérilisés ou qui ont répondu, à la question sur le désir d'enfant, que leur épouse était stérilisée sont considérés comme ne
voulant plus d'enfant. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée
sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
1
Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêté est enceinte (ou si une des épouses est enceinte,
pour les hommes qui ont actuellement plus d'une épouse).
Contrairement aux femmes, le niveau d’instruction serait un facteur positivement lié au désir de
limiter les naissances chez les hommes. En effet, la proportion d’hommes qui ne veulent plus avoir d’enfants
passe de 10 % chez ceux qui sont sans niveau d’instruction à 16 % chez ceux ayant atteint le niveau primaire,
puis à 22 % chez ceux ayant le niveau secondaire ou plus.
En ce qui concerne le désir de limiter les naissances chez les hommes selon le niveau de vie des
ménages, des écarts relativement peu importants sont observés entre les différentes catégories, à l’exception de
celle des ménages les plus pauvres. En effet, les hommes de ces ménages ont, moins fréquemment que les
autres, exprimé le désir de limiter leur fécondité (11 %).
• aux femmes et aux hommes qui n'ont pas d'enfants, la question suivante a été posée : « Si vous
pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien en voudriez-
vous? »
• aux femmes et aux hommes qui ont des enfants, la question a été ainsi libellée : « Si vous pouviez
revenir à l’époque où vous n'aviez pas d'enfants et que vous pouviez choisir exactement le nombre
d'enfants à avoir dans toute votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? ».
Ces questions, simples en apparence, sont embarrassantes notamment pour les femmes et les hommes
qui ont déjà des enfants. En effet, l’on s'intéresse ici à l'information sur le nombre idéal d'enfants désirés,
indépendamment de la taille actuelle de sa famille. Cette information pourrait être difficile à obtenir, parce que
les enquêtés sont appelés à se prononcer sur, ce qui est pour eux, la taille idéale de la famille, indépendamment
du nombre d’enfants qu’ils ont actuellement. Dans ce cas, il peut être difficile pour eux de déclarer un nombre
idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de leur famille.
Les réponses à ces questions sont présentées au tableau 6.3. Il en ressort tout d’abord que 7 % des
femmes n’ont pas pu fournir de réponses numériques et ont donné, à la place, des réponses approximatives
telles que “Ce que Dieu me donne”, “Je ne sais pas” , ou “N’importe quel nombre”. La proportion de femmes
qui ont donné ce type de réponse croît avec le nombre d’enfants vivants : elle passe de 4 % pour les femmes
sans enfant vivant à 15 % pour les femmes ayant 6 enfants vivants ou plus.
Le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes ayant donné une réponse numérique
s’établit à 5,2 et à 5,7 pour les femmes en union. Ce nombre idéal est supérieur à l’ISF (5,0), ce qui montre
l'attachement des femmes à une descendance nombreuse. Toutefois, le nombre idéal moyen d’enfants a
légèrement diminué au cours du temps : de 6,0 en 1994, à 5,4 en 1998-1999 puis à 5,2 en 2011-2012. En
examinant la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour une femme sur trois (33 %), le
nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie de 17 % chez les femmes n’ayant pas d’enfants
vivants à 51 % chez les femmes ayant 4 enfants vivants, et atteint 61 % chez celles ayant au moins 6 enfants
vivants.
De façon générale, on constate une relation positive entre la taille actuelle de la famille et la taille
idéale qui passe de 4,4 enfants pour l’ensemble des femmes sans enfant à 7,2 enfants pour celles qui ont 6
enfants ou plus. Chez les femmes en union, la taille idéale de la famille varie, respectivement de 5,2 à 7,2
enfants.
Chez les hommes de 15-49 ans, le nombre idéal moyen d’enfants est de 5,7 enfants pour l’ensemble
des hommes et de 6,4 chez ceux en union. On note que le nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des
hommes et pour les hommes en union est supérieur à celui des femmes. Par ailleurs, on note que la taille idéale
chez les hommes passe de 5,1 enfants chez ceux qui n’en ont pas à 9,2 enfants parmi ceux qui ont 6 enfants ou
plus.
certaines caractéristiques sociodémographiques. Ce Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes de 15-49
ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Côte
nombre idéal d’enfants varie selon l’âge des d'Ivoire 2011-2012
femmes : les générations les plus jeunes déclarent Caractéristique Effectif de
un nombre idéal d'enfants moins élevé que les sociodémographique Nombre moyen femmes1
Graphique 6.2
Nombre idéal moyen d'enfants selon la région
Côte d’Ivoire 5.2
Milieu de résidence
Rural 5.8
Urbain 4.7
Niveau d'instruction
Aucun 5.9
Primaire 5
Secondaire et plus 4
Quintile de bien-être économique
Le plus pauvre 6.1
Pauvre 5.6
Moyen 5.5
Riche 5.1
Le plus riche 4.4
Nombre d'enfants
EDS-MICS 2011-2012
Il ressort du tableau 6.5 que plus de neuf naissances sur dix (96 %) étaient désirées. La plupart de ces
naissances (75 %) se sont produites au moment voulu et dans 21 % des cas, les femmes auraient préféré que
ces naissances se produisent plus tard. Par contre, 3 % des naissances survenues n'étaient pas désirées. Quel
que soit le rang de naissance, la grande majorité des naissances sont souhaitées et arrivent au moment voulu.
Cependant, les naissances des rangs 2 et 3, ainsi que celles de rang 4 sont mieux planifiées que les naissances
de rang 1. En effet, 76 % et 78 %, de naissances des rangs 2 et 3, ainsi que 76 % des naissances de rang 4 et
plus étaient désirées au moment où elles se sont produites contre 69 % de celles de rang 1.
Note: Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
Par rapport à l'âge de la mère à la naissance de l’enfant, il ressort que les naissances les mieux
planifiées sont celles des femmes ayant eu leurs enfants entre 25 et 39 ans : plus de 77 % de ces naissances se
sont produites au moment voulu et moins de 10 % étaient non désirées. À l'inverse, c'est chez les femmes ayant
eu des enfants avant 20 ans et chez celles qui les ont eus à des âges avancés (40-49 ans) que les naissances
semblent être les moins bien planifiées. Parmi les femmes ayant eu une naissance avant 20 ans, près d’une
femme sur trois (31 %) aurait souhaité que cette naissance se produise plus tard. Par ailleurs, les naissances
non désirées sont surtout observées chez les femmes plus âgées (20 % à 40-44 ans).
6
Rural
5
4
Urbain
3
Niveau d'instruction
6
Aucun
5
5
Primaire
4
3
Secondaire et plus
3
7
Le plus pauvre
5
6
Pauvre
5
6
Moyen
5
4
Riche
4
3
Le plus riche
3
EDS-MICS 2011-2012
En comparaison avec les enquêtes précédentes, l’on note que l’écart entre l’ISFD et l’ISF était de un
enfant (5,7 enfants par femme contre 4,7 enfants désirés) lors de l’enquête de 1994, de 0,7 lors de l’enquête de
1998-1999 (5,2 enfants par femme contre 4,5 enfants désirés) contre, actuellement, un écart de 0,9 (l’EDS-
MICS de 2011-2012). Ainsi, il n’y aurait pas eu, au cours des deux dernières décennies, de modifications
sensibles entre la fécondité réelle et la fécondité désirée des femmes vivant en Côte d’Ivoire.
L
a planification familiale est une intervention à hauts impacts qui permet de maîtriser la croissance
rapide de la population, de réduire significativement les avortements et les décès maternels. Au regard
de son importance, et pour être en conformité avec les orientations de l’Union Africaine, la Côte
d’Ivoire a retenu cette intervention dans la Feuille de Route 2008-2015 pour accélérer la réduction de
la mortalité maternelle, néonatale et infantile (FDR-RMMNI) et dans le Cadre de l’Accélération de l’Objectif 5
du Millénaire pour le Développement : améliorer la santé maternelle de 2012-2015 (CAO5). Ces documents
stratégiques ambitionnent une large connaissance, accessibilité et utilisation des produits contraceptifs au sein
des populations.
Le changement pour l’adoption de la planification familiale passe par une bonne connaissance des
méthodes contraceptives, de leurs avantages et inconvénients et de leurs effets secondaires qui vont orienter le
comportement des individus et des couples en matière de santé de la reproduction.
Planification familiale • 99
Comme lors des précédentes enquêtes, l'EDS-MICS 2011-2012 a collecté des informations sur les
méthodes contraceptives pour connaître les niveaux actuels et les éventuelles modifications intervenues au
cours des dernières années dans l'utilisation de la contraception. Ainsi, les sujets suivants ont-ils été abordés
dans ce chapitre:
L’étude retient qu’une personne connait une méthode contraceptive si elle la cite spontanément, si elle
déclare la connaître après description ou si elle en a entendu parler.
• Les méthodes modernes prises en compte sont : le condom féminin, le condom masculin, le
diaphragme, le Dispositif Intra Utérin (DIU), les implants, les injectables, la méthode de
l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée (MAMA), la mousse/gelée, la pilule, la pilule du
lendemain, la stérilisation féminine et la stérilisation masculine. Le DIU, les implants, la
stérilisation féminine et la stérilisation masculine constituent les méthodes de longue durée
d’action. Les autres sont des méthodes de courte durée d’action.
Les résultats du tableau 7.1 montrent que la connaissance de la contraception est répandue en Côte
d’Ivoire. En effet, 94 % des femmes interrogées ont déclaré connaître au moins une méthode contraceptive
quelconque, 93 % ont indiqué connaître au moins une méthode contraceptive moderne et 61 % une méthode
traditionnelle. La connaissance des méthodes contraceptives parmi les hommes est plus importante : 97 % des
hommes qui ont déclaré connaître au moins une méthode quelconque, 97 % au moins une méthode moderne et
74 % une méthode traditionnelle.
Le tableau 7.1 montre en outre que le niveau de connaissance des méthodes contraceptives chez les
personnes en union, ne diffère quasiment pas de celui de l’ensemble des individus interrogés. En effet, chez les
femmes en union, le niveau de connaissance reste le même que celui de l’ensemble des femmes pour
n’importe quelle méthode contraceptive (94 %) et pour les méthodes modernes (93 %). S’agissant des
hommes, on note que le niveau de connaissance de ceux en union dépasse de 2 points de pourcentage celui de
l’ensemble des hommes pour n’importe quelle méthode et pour les méthodes modernes (99 %). Les méthodes
traditionnelles sont plus connues par les hommes en union (81 %) que par les femmes en union (59 %).
Chez les personnes non en union et qui ont eu leurs derniers rapports sexuels dans les 30 jours ayant
précédé l'enquête, la connaissance des méthodes contraceptives est très élevée : pratiquement tous les hommes
et toutes femmes ont cité au moins une méthode quelconque (respectivement 100 % et 99 %) et une méthode
moderne (respectivement 100 % et 98 %) ; on enregistre près de trois femmes sur quatre (74 %) et un peu
moins de neuf hommes sur dix (86 %) qui ont cité au moins une méthode traditionnelle.
Les méthodes contraceptives les plus connues par l’ensemble des femmes sont le condom masculin
(89 %), suivi de la pilule (86 %) et des injectables (67 %). Le condom masculin (97 %) et la pilule (74 %)
restent également en tête parmi les méthodes les plus connues par l’ensemble des hommes. La stérilisation
masculine (15 %), la mousse/gelée (9 %) et le diaphragme (8 %) sont les contraceptifs les moins connus par les
femmes en général. Le diaphragme reste la méthode la plus méconnue par toutes les catégories de personnes.
Le graphique 7.1 montre que dans l’ensemble, les hommes ont une connaissance plus élevée des
méthodes contraceptives que celle des femmes ; sauf pour la pilule, les injectables, le DIU, l’implant et la
MAMA où on observe l’inverse.
Condom masculin 97
89
Rythme 65
50
Condom féminin 64
54
Retrait 64
46
Stérilisation féminine 39
30
Pilule du lendemain 26
23
Stérilisation masculine 26
15
Mousse/gelée 18
9
Diaphragme 10
8
Pilule 74
86
Injectables 59
67
DIU 20
25
MAMA 19
29
Implants 12
19
Autre 6
10
Pourcentage
Hommes Femmes
EDS-MICS 2011-2012
Il est intéressant de comparer le niveau de connaissance des méthodes contraceptives observé au cours
de l’EDS-MICS 2011-2012 à celui des EDS précédentes ; cela permet d’apprécier l’impact des efforts faits
dans la promotion de la planification familiale en Côte d’Ivoire. Ainsi, on constate que le niveau de
connaissance des méthodes contraceptives s’est progressivement amélioré chez les femmes et les hommes en
union depuis 1994, quelle que soit la méthode. En effet, la proportion de femmes en union connaissant au
moins une méthode contraceptive est passée de 74 % en 1994, à 89 % en 1998-1999 pour atteindre 94 % en
2011-2012. Ces proportions sont respectivement de 87 % en 1994, 93 % en 1998-1999 et 99 % en 2011-2012
pour les hommes en union. Ce constat est aussi valable si on se limite aux seules méthodes modernes : la
proportion de femmes en union connaissant au moins une méthode contraceptive moderne est passée de 72 %
en 1994, à 87 % en 1998-1999 pour atteindre 93 % en 2011-2012. Pour les hommes en union, ces proportions
sont de 85 % en 1994, 93 % en 1998-1999 et 99 % en 2011-2012 Il faut souligner que l’amélioration du
niveau de connaissance des méthodes contraceptives parmi les femmes, bien que touchant toutes les méthodes,
est particulièrement importante pour les implants : en effet, ce niveau de connaissance est passé de 3 % en
1994, à 5 % en 1998-1999, et à 19 % en 2011-2012.
HOMMES
99
Méthode moderne 93
85
99
N'importe quelle méthode 93
87
FEMMES
93
Méthode moderne 87
72
94
N'importe quelle méthode 89
74
Pourcentage
EDS-MICS 2011-2012 EDSCI-II 1998-1999 EDSCI-I 1994
Le tableau 7.2 présente la répartition des femmes et des hommes en union selon certaines
caractéristiques sociodémographiques. On constate que le niveau de connaissance des femmes et des hommes
ne varie pratiquement pas par rapport à l’âge. Environ neuf femmes en union sur dix de chaque groupe d’âges
connaissent au moins une méthode quelconque et une méthode moderne. Les jeunes femmes de 15-19 ans se
distinguent des autres femmes avec un niveau relativement faible de connaissance des méthodes modernes
(84 %) aussi bien que de celui de l’ensemble des méthodes (85 %).
Concernant le milieu de résidence, on enregistre un écart entre le milieu urbain et le milieu rural. En
effet, 97 % des femmes du milieu urbain contre 92 % de celles du milieu rural connaissent au moins une
méthode de contraception quelconque et 96 % des femmes du milieu urbain contre 91 % de celles du milieu
rural connaissent au moins une méthode moderne. Chez les hommes en union, le niveau de connaissance des
méthodes contraceptives modernes est presque de 100 % en milieu urbain contre 98 % en milieu rural.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de
25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
na = Non applicable
1
Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injectables, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou
gelée, Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée (MAMA) et pilule du lendemain.
Le niveau de connaissance des méthodes contraceptives, et en particulier les méthodes modernes, reste
élevé quelles que soient les autres catégories sociodémographiques considérées. Toutefois, les femmes des
régions du Nord (84 %) et du Centre-Ouest (89 %), celles n’ayant aucun niveau d’instruction (91 %) et celles
des ménages les plus pauvres (90 %) se distinguent par un niveau de connaissance relativement plus faible.
Les résultats présentés dans le tableau 7.3 et le graphique 7.3, indiquent une faible utilisation des
méthodes contraceptives par les femmes en Côte d’Ivoire. En effet, une femme de 15-49 ans sur cinq (20 %) a
déclaré utiliser une méthode contraceptive quelconque au moment de l’enquête. Ce niveau est resté
relativement stable par rapport à celui de l’EDSCI-II de 1998-1999 qui était de 21 %. On retient par contre que
la prévalence contraceptive moderne, bien que faible, a connu une légère augmentation, passant de 10 % à
l’EDSCI-II de 1998-1999 à 14 % à l’EDS-MICS 2011-2012. Comme par le passé, les méthodes contraceptives
modernes les plus utilisées sont la pilule (6 %), le condom masculin (5 %) et les injectables (2 %). Le taux
d’utilisation des autres méthodes modernes est très faible (moins de 1 %). Par ailleurs, le rythme ou continence
périodique est la méthode traditionnelle la plus utilisée (4 %). Les résultats selon l’âge montrent que c’est
parmi les jeunes femmes de 20-29 ans que la prévalence contraceptive est la plus élevée (23 %) et la plus
faible parmi les femmes de 45-49 ans (9 %).
Groupe
d'âges
15-19 35,1 28,7 0,0 5,6 0,0 0,2 0,0 22,9 0,0 0,0 6,4 4,9 1,5 0,0 64,9 100,0 380
20-24 44,2 32,0 0,0 11,3 0,0 1,9 0,4 17,5 0,2 0,7 12,2 9,2 1,0 1,9 55,8 100,0 396
25-29 44,2 33,5 0,0 9,7 0,0 3,8 0,0 19,9 0,0 0,0 10,7 9,2 0,8 0,7 55,8 100,0 208
30-34 40,5 32,7 0,0 16,2 0,0 2,9 0,6 11,9 0,0 1,0 7,8 7,8 0,0 0,0 59,5 100,0 114
35-39 (34,0) (23,7) (0,0) (4,2) (0,0) (3,6) (0,0) (15,9) (0,0) (0,0) (10,4) (10,4) (0,0) (0,0) (66,0) 100,0 47
40-44 (4,9) (4,9) (0,0) (4,9) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (95,1) 100,0 25
45-49 * * * * * * * * * * * * * * * 100,0 16
Ensemble 39,4 30,2 0,0 9,2 0,0 1,8 0,2 18,5 0,1 0,3 9,2 7,4 1,0 0,8 60,6 100,0 1 185
Note: Si plus d'une méthode a été utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une
valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
na = Non applicable
MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée.
1
Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours des 30 jours ayant précédé l'enquête. .
Retrait 0.6
Rythme 4.2
Une méthode traditionnelle 5.8
Stérilisation féminine 0.1
Implants 0.1
DIU 0.1
MAMA 0.4
Injectables 1.9
Condom masculin 5
Pilule 6.1
Une méthode moderne 13.9
N'importe quelle méthode 19.7
Pourcentage
EDS-MICS 2011-2012
Chez les femmes en union, le niveau d’utilisation de la contraception reste également faible avec 18 %
pour l’ensemble des méthodes et 13 % pour les méthodes modernes. La comparaison avec les résultats des
enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a connu une
augmentation importante au cours des dernières années puisqu’elle est passée de 4 % en 1994 à 7 % en 1998-
1999 pour atteindre 13 % en 2011-2012. (Tableau 7.4.1). Les méthodes modernes les plus utilisées par les
femmes en union sont la pilule (7 %), le condom masculin (2 %) et les injectables (2 %). Le DIU et la
stérilisation ne sont pratiquement pas utilisées par les femmes en union. Parmi les méthodes traditionnelles,
c’est la continence périodique qui est la plus fréquemment utilisée (4 %).
Chez les femmes en union, les prévalences contraceptives varient également selon l’âge et trouvent
leur maximum dans le groupe d’âges 35-39 ans : 21 % utilisent une méthode contraceptive quelconque et 15 %
une méthode moderne. C’est dans les groupes d’âges de 45-49 ans (respectivement 1 % et 6 %) et de 15-19
ans (respectivement 11 % et 7 %) que l’on retrouve les plus faibles proportions d’utilisation des méthodes
contraceptives.
On note par ailleurs un niveau d’utilisation des méthodes contraceptives plus élevé parmi les femmes
non en union et sexuellement actives comparativement à celui des femmes en union. La prévalence
contraceptive dans cette sous population féminine est estimée à 39 % pour l’ensemble des méthodes et à 30 %
pour les méthodes modernes. Les méthodes contraceptives les plus utilisées par ces femmes sont le condom
masculin (19 %) et la pilule (9 %).
Les données du tableau 7.4.2 présentent la répartition des femmes de 15-49 ans en union par méthode
contraceptive utilisée selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au regard du nombre d’enfants
encore en vie, on constate que la prévalence contraceptive (méthode moderne ou méthode quelconque)
augmente avec le nombre d’enfants mais diminuent chez les personnes qui ont plus de quatre enfants. En effet,
pour l’ensemble des méthodes, la prévalence contraceptive passe de 7 % chez les femmes sans enfant à 21 %
chez les femmes ayant trois à quatre enfants. Ces proportions sont respectivement de 3 % et 15 % pour les
méthodes modernes. La prévalence contraceptive est plus élevée dans le milieu urbain que dans le milieu rural,
quelle que soit la méthode. En effet, la prévalence en milieu urbain est de 23 % contre 15 % en milieu rural.
Pour les méthodes modernes, ces prévalences sont de 16 % en milieu urbain contre 10 % en milieu rural.
Note: Si plus d'une méthode a été utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau.
MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée.
Le tableau 7.5 montre que seulement 26 % des utilisatrices actuelles de la contraception s’adressent au
secteur public pour se procurer leur méthode. Dans 14 % des cas, les femmes obtiennent leur méthode dans un
centre de santé du gouvernement et dans 9 % des cas auprès d’un hôpital public. En outre, 46 % des
utilisatrices se procurent leur méthode dans le secteur médical privé, essentiellement dans une pharmacie
(43 %). Les hôpitaux et cliniques privés ne couvrent que 1 % de l’approvisionnement.
Suivant le type de méthode et en prenant en considération les trois méthodes les plus utilisées dans le
pays, on note que la pilule (57 %) et le condom masculin (44 %) sont distribués majoritairement par les
pharmacies privées et que les injectables (49 %) sont, quant à eux, distribués majoritairement par les centres de
santé publics.
Tableau 7.6 Utilisation d'une marque de pilules et de condoms d'un programme de marketing social
Pourcentage d'utilisatrices de pilules et de condoms de 15-49 ans utilisant une marque d'un programme de
marketing social, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Parmi les Parmi les
utilisatrices de la pilule utilisatrices du condom
Effectif de Effectif de
Pourcentage femmes Pourcentage femmes
Caractéristiques utilisant utilisatrices utilisant utilisatrices
sociodémographiques Confiance de la pilule Prudence du condom
Groupe d'âges
15-19 (58,4) 38 83,7 93
20-24 69,3 116 53,7 84
25-29 70,2 124 66,2 70
30-34 72,4 138 (54,1) 28
35-39 66,8 90 * 17
40-44 (78,4) 47 * 6
45-49 * 14 * 3
Milieu de résidence
Urbain 70,9 350 58,5 234
Rural 68,7 226 93,5 66
Région
Centre (84,8) 34 * 7
Centre-Est 72,0 16 (50,0) 11
Centre-Nord 82,5 40 (58,8) 13
Centre-Ouest (79,0) 77 * 40
Nord (66,8) 26 * 10
Nord-Est (43,5) 24 * 8
Nord-Ouest (38,2) 11 * 4
Ouest (68,7) 46 (94,5) 32
Sud (71,5) 82 (71,9) 41
Sud-Ouest 80,3 45 * 21
Ville d'Abidjan 63,4 176 54,2 114
Niveau d'instruction
Aucun 65,5 250 (81,1) 44
Primaire 76,3 184 77,6 87
Secondaire et plus 69,8 142 56,5 169
Quintile de bien-être économique
Le plus pauvre 67,1 63 * 17
Pauvre 70,1 96 (85,7) 35
Moyen 66,9 95 (70,2) 47
Riche 77,1 156 79,2 68
Le plus riche 66,2 166 49,0 134
Ensemble 70,0 576 66,2 301
Note: Les utilisatrices de la pilule et du condom qui n'en connaissent pas la marque ne sont pas prises en
compte dans ce tableau. L'utilisation du condom est basée sur la déclaration de la femme.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une
valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
On constate que 70 % des utilisatrices de pilule utilisent la marque confiance et 66 % des utilisatrices
du condom masculin utilisent la marque prudence. Au niveau de la pilule, l’analyse selon les caractéristiques
sociodémographiques n’indique pas de grandes diversités. On note cependant que les femmes âgées de 30 à 34
ans (72 %), celles du milieu urbain (71 %), celles ayant le niveau primaire (76 %) et celles issues des ménages
riches (77 %) sont les plus grandes utilisatrices de la pilule « Confiance ». S’agissant du condom masculin, on
constate que ce sont les femmes du milieu rural (94 %) qui utilisent davantage le condom « Prudence » en
comparaison avec celles du milieu urbain (59 %).
Les résultats montrent que moins de la moitié des utilisatrices de méthodes de planification familiale
(43 %) ont déclaré avoir été informées sur les effets secondaires ou les problèmes de la méthode utilisée. En
outre, un peu plus d’une femme sur trois (34 %) a indiqué qu’elle a été informée sur ce qu’il fallait faire en cas
d’effets secondaires. L’injectable est la méthode pour laquelle les informations sur les effets secondaires
(61 %) et la conduite à tenir face à ceux-ci (50 %) ont été le plus fournies aux utilisatrices. L’analyse
comparative par type d’établissements sanitaires, indique que la qualité des prestations est meilleure dans le
secteur public. En effet, l’on y enregistre 58 % des femmes informées sur les effets secondaires contre 32 %
dans le secteur privé. De même, 47 % des utilisatrices des services du secteur public contre 24 % de celles du
secteur privé, ont été informées sur la conduite à tenir face aux effets secondaires
Par ailleurs, près d’une femme sur deux (48 %) a été informée sur les autres méthodes contraceptives
qui peuvent être utilisées. Ici aussi, le secteur public a fourni plus d’information sur les autres méthodes (63 %)
que le secteur privé (31 %).
Note : Le tableau n'inclut que les utilisatrices de méthodes figurant sur la liste.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est
basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
1
Source au moment où a commencé l'épisode d'utilisation de la méthode actuelle.
La continence périodique (ou méthode du rythme) est une des principales méthodes traditionnelles
utilisées par les femmes en Côte d’Ivoire (4 % de l’ensemble des femmes, voir tableau 7.3). Il est donc
important que ces femmes connaissent bien le moment du cycle menstruel pendant lequel elles sont le plus
fécondes car l'efficacité de cette méthode en dépend. Pour mesurer cette connaissance, on a demandé à toutes
les femmes si elles pensaient qu’au cours du cycle menstruel, il y avait une période pendant laquelle une
femme avait plus de chances de tomber enceinte. À celles qui répondaient par oui, on leur demandait à quel
moment du cycle se situait cette période. La question proposait explicitement quatre réponses : « juste avant
Dans l’ensemble, seulement 32 % des femmes ont indiqué « le milieu du cycle » comme la période
féconde (Tableau 7.8). Elles sont considérées comme ayant une bonne connaissance de la période féconde.
Cette proportion est plus élevée chez les utilisatrices de la méthode du rythme (50 %) que chez les non
utilisatrices de cette méthode (31 %). Par ailleurs, 25 % de femmes ont indiqué que la période féconde
probable se situe « juste après la fin des règles » et 3 % la situent « juste avant le début des règles ». Ces
réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes car les périodes « juste après la fin » et
« juste avant le début » peuvent ou non correspondre à la période féconde. Les femmes de ces deux catégories
(28 %) sont considérées comme ayant une connaissance douteuse de la période féconde. Enfin, les femmes
considérées comme ne connaissant pas du tout la période féconde probable sont celles ayant fourni des
réponses différentes de celles précédemment citées : globalement leur proportion est de 40 %.
Parmi les utilisatrices de la continence périodique qui sont supposées connaître la période féconde,
41 % en ont une connaissance douteuse et 9 % ne savent pas situer cette période ou ne savent pas du tout qu’il
existe une période au cours de laquelle une femme a le plus de chance de tomber enceinte. Ces résultats
permettent de constater que la moitié des utilisatrices de la continence périodique (50 %) ne savent pas quand
employer correctement la méthode car elles ne connaissent pas la période féconde ou n’en ont qu’une
connaissance approximative.
1
Le calcul exact des besoins non-satisfaits est expliqué en note du tableau 7.9.
Tableau 7.9.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union
Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de demande
totale en planification familiale, pourcentage de la demande satisfaite et pourcentage de la demande satisfaite par des méthodes modernes, selon certaines
caractéristiques sociodémographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Pourcent-
age de
Besoins satisfaits en matière demande
Besoins non satisfaits en de planification familiale Demande totale en satisfaite
matière de planification familiale (utilisation actuelle) planification familiale1 Pourcent- par des
age de méthodes
Caractéristique Pour Pour Pour Pour Pour Pour demande mo- Effectif de
sociodémographique espacer limiter Total espacer limiter Total espacer limiter Total satisfaite2 dernes3 femmes
Groupe d'âges
15-19 26,3 0,2 26,5 11,0 0,0 11,0 37,3 0,2 37,5 29,2 18,3 418
20-24 30,4 2,2 32,6 16,5 0,4 16,9 47,0 2,6 49,6 34,2 23,3 1 094
25-29 28,7 2,9 31,6 19,1 1,2 20,3 47,7 4,1 51,8 39,1 27,8 1 385
30-34 18,7 6,6 25,3 16,4 3,3 19,6 35,0 9,9 44,9 43,7 30,3 1 211
35-39 11,6 13,9 25,5 11,8 9,0 20,8 23,4 22,9 46,4 44,9 32,9 957
40-44 6,3 19,8 26,1 7,1 12,9 19,9 13,3 32,7 46,0 43,3 27,5 711
45-49 2,7 10,4 13,1 2,3 8,4 10,7 5,0 18,8 23,8 44,9 25,0 532
Milieu de résidence
Urbain 18,7 6,2 24,8 17,3 5,9 23,1 35,9 12,0 47,9 48,3 33,9 2 625
Rural 20,3 8,5 28,8 11,1 3,5 14,7 31,4 12,0 43,4 33,7 22,5 3 684
Région
Centre 26,1 9,5 35,7 6,3 4,2 10,5 32,4 13,8 46,2 22,7 19,2 367
Centre-Est 22,4 6,7 29,1 18,3 3,9 22,3 40,7 10,6 51,3 43,4 25,0 151
Centre-Nord 20,0 7,9 27,8 10,0 5,4 15,4 30,0 13,2 43,2 35,6 27,5 462
Centre-Ouest 21,8 6,8 28,6 15,4 3,9 19,3 37,1 10,7 47,9 40,2 23,5 988
Nord 15,4 5,6 21,0 11,7 6,0 17,8 27,1 11,7 38,8 45,8 30,1 388
Nord-Est 25,1 6,9 32,0 10,6 2,7 13,3 35,7 9,6 45,3 29,4 23,8 254
Nord-Ouest 13,6 9,5 23,1 5,7 2,9 8,6 19,4 12,3 31,7 27,2 20,2 353
Ouest 19,1 10,0 29,1 11,1 3,3 14,5 30,3 13,3 43,6 33,2 21,8 793
Sud 19,0 8,6 27,5 15,7 5,4 21,1 34,6 14,0 48,7 43,4 26,1 833
Sud-Ouest 21,1 6,7 27,8 7,1 2,9 10,0 28,2 9,7 37,9 26,5 22,7 582
Ville d'Abidjan 17,2 5,5 22,7 23,1 6,1 29,2 40,3 11,6 51,9 56,2 41,1 1 137
Niveau d'instruction
Aucun 19,8 8,3 28,0 9,8 3,2 13,0 29,5 11,5 41,0 31,7 22,6 4 020
Primaire 22,0 7,0 29,0 19,5 6,4 25,8 41,5 13,4 54,8 47,1 31,5 1 538
Secondaire et plus 13,9 4,6 18,5 22,8 7,5 30,3 36,7 12,1 48,8 62,1 40,8 750
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 21,6 8,9 30,5 10,3 1,4 11,7 31,9 10,3 42,1 27,7 17,5 1 354
Pauvre 21,7 8,7 30,4 12,2 3,8 16,0 33,9 12,5 46,4 34,5 23,4 1 232
Moyen 19,8 7,7 27,5 10,6 4,0 14,6 30,4 11,6 42,0 34,7 22,4 1 232
Riche 19,6 7,3 26,9 16,0 5,4 21,4 35,6 12,7 48,3 44,3 32,4 1 293
Le plus riche 15,0 4,8 19,9 19,9 8,1 28,0 34,9 13,0 47,8 58,5 40,9 1 198
Ensemble 19,6 7,5 27,1 13,7 4,5 18,2 33,3 12,0 45,3 40,1 27,5 6 309
Note: Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits décrite dans Bradley et al. 2012.
1
La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits.
2
Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale.
3
Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le
condom féminin et la Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée.
Les résultats du tableau 7.9.1 montrent que dans l’ensemble, 27 % des femmes de 15-49 ans en union
ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Les besoins non satisfaits ou satisfaits pour
espacer sont plus élevés que ceux pour limiter les naissances. En effet, une femme en union sur cinq (20 %) a
des besoins non satisfaits pour espacer leurs naissances contre 8 % qui veulent limiter leur descendance. Il en
est de même des femmes en union dont les besoins sont actuellement satisfaits pour espacer (33 %) et celles
dont les besoins sont satisfaits pour limiter leur descendance (12 %).
Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale chez les femmes en union varient selon
les caractéristiques sociodémographiques. Selon l’âge, les variations diffèrent suivant le type des besoins (pour
espacer les naissances ou pour limiter). En ce qui concerne l’espacement des naissances, les besoins non
satisfaits, plus élevés parmi les jeunes femmes de 15-29 ans (26 à 30 %), diminuent à 35-39 ans (12 %) pour
atteindre 3-6 % parmi les femmes de 40-49 ans. A l’oppose, les besoins pour la limitation des naissances
augmentent avec l’âge des femmes, de 2 % parmi les femmes de 15-24 ans, ces besoins atteignent 20 % parmi
les femmes de 40-44 ans. Ainsi, avant 35 ans, l’essentiel des besoins non satisfaits en matière de planification
familiale est orienté vers les besoins en espacement des naissances alors qu’à 35-39 ans les besoins sont
presque les mêmes pour l’espacement et la limitation. Mais à partir de 40 ans, les besoins non satisfaits sont
plus orientés vers la limitation des naissances. Les mêmes tendances sont observées tant pour les besoins
satisfaits que pour la demande totale en planification familiale.
Les résultats selon le milieu de résidence ne font pas apparaître de différences importantes (19 % de
besoins non satisfaits chez les femmes vivant en milieu urbain contre 20 % chez celle vivant en milieu rural).
Par contre, la demande totale en matière de planification familiale pour espacer est légèrement plus élevée en
milieu urbain (36 %) qu'en milieu rural (31 %). Au niveau des régions, on note que les proportions de femmes
ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale varient d’un minimum de 21 % au Nord à
un maximum de 36 % au Centre. Les besoins non satisfaits sont proportionnellement moins importants parmi
les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (19 %) que parmi les autres (28 % à 29 %) ; inversement, c’est
parmi les femmes les plus instruites que la proportion de demande satisfaite est la plus importante (62 %). Les
besoins non satisfaits diminuent progressivement avec l’amélioration du niveau des ménages. En effet, ces
besoins sont plus élevés parmi les femmes des ménages les pauvres (31 %) contre 20 % parmi celles des
ménages les plus riches.
La demande satisfaite en méthodes modernes de planification quant à elle est plus élevée en milieu
urbain (34 %) qu’en milieu rural (34 %). Elle varie d’un minimum de 19 % dans la région du Centre à un
maximum de 41 % dans la ville d’Abidjan. Selon le niveau d’instruction, on constate que cette demande
satisfaire est plus élevée parmi les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (41 %) que parmi celle n’ayant
aucun niveau d’instruction (23 %). Le niveau économique des ménages montre que cette proportion est plus
de deux fois plus importante parmi les femmes ménages les plus riches (41 %) comparée aux femmes des
ménages les plus pauvres (18 %).
Le tableau 7.9.2 montre que dans l’ensemble, 22 % des femmes de 15-49 ans ont des besoins non
satisfaits en matière de planification familiale, soit environ 17 % pour l’espacement des naissances et 5 % pour
la limitation. La demande potentielle en planification familiale de ces femmes est de 42 %, soit 34 % pour
l’espacement des naissances et 8 % pour la limitation. La proportion de femmes dont les besoins en
planification familiale sont actuellement satisfaits est de 33 %.
Groupe d'âges
15-19 16,3 0,1 16,3 15,4 0,1 15,5 31,7 0,1 31,8 48,7 37,4 2 023
20-24 25,9 1,2 27,2 22,9 0,4 23,3 48,8 1,6 50,4 46,1 32,5 1 953
25-29 23,9 2,4 26,3 21,8 1,1 23,0 45,8 3,5 49,3 46,6 32,2 1 922
30-34 16,9 5,4 22,3 18,0 3,1 21,1 34,9 8,4 43,4 48,6 34,6 1 508
35-39 11,3 11,8 23,0 12,0 8,6 20,6 23,3 20,3 43,6 47,2 34,3 1 129
40-44 5,7 17,5 23,2 7,6 11,7 19,3 13,3 29,2 42,5 45,3 28,1 852
45-49 2,1 8,4 10,5 1,9 7,6 9,4 4,0 15,9 19,9 47,3 28,4 672
Milieu de résidence
Urbain 16,0 3,3 19,2 20,7 3,3 24,0 36,6 6,6 43,2 55,5 40,3 5 170
Rural 18,7 6,6 25,3 12,2 3,1 15,2 30,9 9,6 40,5 37,6 25,2 4 890
Région
Centre 23,8 6,0 29,9 8,3 2,8 11,2 32,2 8,9 41,0 27,2 21,9 636
Centre-Est 16,5 4,2 20,7 20,9 3,0 23,9 37,4 7,2 44,6 53,5 35,3 250
Centre-Nord 19,3 4,9 24,2 9,4 3,4 12,7 28,7 8,3 37,0 34,5 27,6 751
Centre-Ouest 18,3 5,0 23,3 17,7 3,1 20,8 35,9 8,1 44,1 47,2 29,2 1 379
Nord 13,0 4,3 17,3 13,7 5,1 18,7 26,6 9,4 36,0 52,0 36,4 506
Nord-Est 19,2 4,5 23,7 15,6 1,9 17,4 34,8 6,4 41,1 42,4 32,0 392
Nord-Ouest 13,4 7,8 21,3 7,4 2,4 9,7 20,8 10,2 31,0 31,4 22,8 426
Ouest 16,5 7,7 24,2 15,7 3,4 19,1 32,2 11,1 43,3 44,1 31,1 1 069
Sud 15,7 5,1 20,9 19,3 3,9 23,2 35,1 9,1 44,1 52,7 33,6 1 392
Sud-Ouest 20,4 5,1 25,5 11,6 2,1 13,7 32,1 7,2 39,2 34,9 28,4 819
Ville d'Abidjan 16,0 2,7 18,7 22,5 3,3 25,8 38,5 6,0 44,5 57,9 42,3 2 440
Niveau d'instruction
Aucun 18,6 6,3 25,0 10,5 2,6 13,1 29,2 8,9 38,1 34,4 24,1 5 351
Primaire 18,5 4,4 22,9 19,9 4,6 24,5 38,4 9,0 47,4 51,8 36,3 2 552
Secondaire et plus 12,6 1,8 14,4 27,4 3,1 30,5 40,0 5,0 45,0 67,9 48,5 2 157
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 20,3 7,1 27,4 10,7 1,4 12,1 31,0 8,5 39,5 30,6 19,6 1 727
Pauvre 19,6 6,3 25,8 14,1 3,6 17,7 33,7 9,8 43,5 40,6 27,1 1 780
Moyen 18,5 5,0 23,5 14,3 2,7 17,0 32,7 7,7 40,5 42,0 29,3 1 910
Riche 16,7 4,6 21,3 18,2 3,8 22,0 34,9 8,4 43,3 50,8 37,1 2 123
Le plus riche 13,3 2,4 15,8 22,5 4,2 26,7 35,8 6,6 42,4 62,8 45,7 2 520
Ensemble 17,3 4,9 22,2 16,5 3,2 19,7 33,8 8,1 41,9 47,1 33,2 10 060
À suivre…
Note: Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits décrite dans Bradley et al. 2012. Les valeurs entre
parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été
supprimée.
1
La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits.
2
Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale.
3
Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le
condom féminin et la Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée.
Si on compare les données à celles de l’EDSCI-II de 1998-1999, on constate que l’intention d’utiliser
une méthode contraceptive dans le futur a augmenté et est passée de 31 % à 40 %. Par contre, l’intention de ne
pas utiliser une méthode contraceptive a régressé, passant de 62 % à 48 % entre les deux enquêtes.
Au cours de l’enquête, il a été demandé aux femmes et aux hommes de préciser s’ils avaient entendu
ou lu un message quelconque sur la planification familiale à la radio, à la télévision ou dans la presse écrite au
cours des derniers mois.
Les résultats du tableau 7.11 indiquent qu’au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, 73 %
des femmes et 67 % des hommes, n’ont ni entendu à la radio, ni vu à la télévision, ni lu dans les journaux, un
message sur la planification familiale. A l’EDSCI-II de 1998-1999, les niveaux d’exposition aux messages sur
la planification familiale étaient meilleurs, car les proportions de non exposition aux messages sur la
planification familiale s’élevaient à l’époque à 60 % chez les femmes et à 58 % chez les hommes. Chez les
femmes, les canaux de diffusion des messages sur la planification familiale sont par ordre d’importance la
télévision (23 %), la radio (16 %) et les journaux (6 %).
na = Non applicable
Dans l’ensemble, seulement 3 % de femmes non utilisatrices de la contraception ont reçu la visite d’un
agent de terrain pour discuter de planification familiale (Tableau 7.12). Par ailleurs, 8 % de non utilisatrices
sont allées dans un établissement de santé au cours des 12 derniers mois (pour elles-mêmes ou pour leurs
enfants) et ont parlé de planification familiale avec un prestataire de santé, alors que 38 % ont visité un
établissement de santé mais n’ont pas parlé de planification familiale. Globalement, il ressort que 90 % des
femmes non utilisatrices de méthodes contraceptives n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de
terrain, ni dans un établissement de santé.
Parmi les femmes de 15-49 ans qui n'utilisent pas de méthode contraceptive, pourcentage de celles qui, au cours des 12 derniers mois, ont
reçu la visite d'un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé et parlé de
planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé mais qui n'ont pas parlé de planification familiale et pourcentage
qui n'ont ni discuté de planification familiale avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé, selon certaines caractéristiques
sociodémographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Pourcentage de
femmes qui
Pourcentage de n'ont parlé de
femmes qui ont Pourcentage de femmes qui ont planification
reçu la visite d'un visité un établissement de santé au familiale ni avec
agent de terrain cours des 12 derniers mois et qui : un agent de
qui a parlé de Ont parlé de N'ont pas parlé de terrain, ni dans un
Caractéristiques planification planification planification établissement Effectif de
sociodémographiques familiale familiale familiale de santé femmes
Groupe d'âges
15-19 1,6 3,1 30,2 95,5 1 710
20-24 3,2 7,9 41,3 90,3 1 499
25-29 4,3 11,1 44,7 86,5 1 481
30-34 3,0 12,1 40,4 85,7 1 191
35-39 2,9 9,5 39,3 88,6 897
40-44 3,0 5,5 39,7 92,6 688
45-49 2,2 3,5 32,3 94,9 609
Milieu de résidence
Urbain 2,8 8,2 40,9 90,0 3 929
Rural 2,9 7,3 36,0 90,7 4 145
Région
Centre 7,2 13,0 40,4 84,1 565
Centre-Est 3,0 9,2 37,0 88,6 190
Centre-Nord 2,8 7,9 28,5 89,5 655
Centre-Ouest 2,1 7,7 42,1 91,0 1 092
Nord 2,2 5,2 46,0 93,6 411
Nord-Est 2,8 4,7 28,2 93,1 324
Nord-Ouest 1,2 1,4 33,7 97,8 384
Ouest 5,6 11,4 40,8 83,9 865
Sud 2,3 6,0 29,6 92,7 1 068
Sud-Ouest 1,0 3,7 32,2 95,5 707
Ville d'Abidjan 2,4 9,2 46,8 89,4 1 812
Niveau d'instruction
Aucun 2,3 7,0 37,4 91,4 4 650
Primaire 4,3 9,5 38,3 87,6 1 925
Secondaire et plus 2,9 7,7 41,7 90,7 1 498
Quintile de bien-être économique
Le plus pauvre 2,2 6,5 34,3 91,8 1 518
Pauvre 3,4 7,7 37,6 90,4 1 465
Moyen 2,4 6,6 36,2 91,4 1 586
Riche 4,2 9,2 40,1 87,8 1 656
Le plus riche 2,3 8,5 42,8 90,5 1 848
Ensemble 2,9 7,7 38,4 90,4 8 074
Il n’existe pas d’écart important entre les milieux de résidence. Par contre, il semble que les femmes
du Centre (7 %) et de l’Ouest (6 %) aient plus fréquemment discuté de planification familiale que les autres,
que ce soit à domicile ou dans un établissement de santé avec un prestataire de planification familiale.
C
e chapitre présente les indicateurs de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Les données collectées
au cours de l’EDS-MICS 2011-2012 ont permis d’estimer les niveaux, les tendances et les différentiels
de la mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile. Ces résultats seront
très utiles pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques de population et des programmes de
santé. Les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité infantile et de la mortalité infanto-juvénile
sont généralement influencés par les conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et
culturelles qui prévalent dans une population. Ils reflètent le niveau de pauvreté et les conditions de précarité
des populations. Pour toutes ces raisons, on considère que le taux de mortalité infantile est l’un des meilleurs
indicateurs du niveau de développement d’un pays.
La qualité des estimations de la mortalité basées sur l’historique des naissances dépend de la
complétude avec laquelle les naissances et les décès ont été déclarés et enregistrés. L’estimation de la mortalité
à partir de cette approche présente à la fois des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs
d’enregistrement.
Sur le plan méthodologique, la collecte des données se fait auprès de personnes vivantes (femmes de
15-49 ans) au moment de l’enquête ; ceci ne permet pas d’obtenir des informations sur la survie ou le décès
des enfants dont la mère est décédée avant l’enquête. Dans le cas où ces enfants « orphelins de mère » seraient
en nombre important, et/ou que leur mortalité serait différente de celle des enfants dont la mère est en vie, le
niveau de mortalité estimé s’en trouverait biaisé.
En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête,
les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives pour
certaines périodes passées : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, aucune information n’est
disponible sur les naissances issues des femmes âgées de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans
au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans à ce moment-là
ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Par conséquent, si une proportion importante des naissances de
cette époque étaient issues de femmes de 40-49 ans, et que le risque de décéder de leurs enfants était très
différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un important biais sur
l’estimation de la mortalité des enfants pour la période étudiée.
Selon les résultats de l’enquête, 0,8 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les
ménages (voir Tableau 19.2 du Chapitre 19) étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières
années, les femmes de 40 ans ou plus n’ont contribué que pour 10 % à la fécondité totale (voir Tableau 5.1 du
Chapitre 5). En conclusion, les biais évoqués précédemment devraient être négligeables.
En ce qui concerne la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants
peut être affectée par :
Finalement, les limites méthodologiques inhérentes à l'historique des naissances et, comme présentées
ci-dessus, les sous-déclarations de décès et les risques d'erreurs ou d'imprécisions de collecte semblent peu
importantes et ne devraient donc pas avoir affecté substantiellement les niveaux de mortalité des enfants, en
particulier, ceux estimés pour la période la plus récente, comme le montre les travaux de Sullivan et al. (1990).
Le graphique 8.1 permet de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des vingt
dernières années. Ces graphiques sont obtenus en juxtaposant les courbes des tendances de la mortalité pour
trois périodes quinquennales rétrospectives précédant l’EDS-MICS 2011-2012 et l’enquête EIS 2005 ; le
niveau de mortalité de chaque période avant l’enquête est rapportée à l’année centrale de cette période.
Pour la période la plus récente, on constate une légère baisse des niveaux de la mortalité infanto-
juvénile. En effet, par rapport aux résultats de l’EIS de 2005, le niveau de presque toutes les composantes de la
mortalité des enfants obtenus en 2012 sont en baisse : mortalité infantile de 68 ‰ à l’EDS-MICS 2011-2012
contre 84 ‰ pour les cinq dernières années avant 2005, mortalité juvénile de 43 ‰ pour les années 2007-2011
contre 44 ‰ pour les cinq années précédant l’EIS de 2005. De l’analyse des tendances depuis l’EDSCI-I de
1994, il ressort la situation suivante :
• Sur l’ensemble de la période à partir des années 90, la mortalité infantile s’est maintenue plus ou
moins au même niveau jusqu’au début des années 2000 à partir de quand elle a connu une baisse
assez régulière.
• La mortalité juvénile a connu une baisse moins prononcée que la mortalité infantile depuis les
années 90. Comme la mortalité infantile, elle s’est maintenue plus ou moins au même niveau
jusqu’au début des années 2000 où elle a entamé une baisse mais de façon beaucoup plus lente
que la mortalité infantile.
Mortalité infantile
120
100
80
60
40
20
100
80
60
40
20
Graphique 8.2
Mortalité infanto-juvénile avec intervalles de
confiance pour la période 0-4 ans avant
l'EDSCI-I 1994, l'EDSCI-II 1998-19999, l’EIS 2005 et l'EDS-MICS 2011-2012
210
Décès pour 1 000 naissances vivantes
180
162
150 151
137 141
125
119
109 108
97
Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques
Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant
précédée l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-économiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Mortalité Mortalité post- Mortalité Mortalité
Caractéristique néonatale néonatale infantile juvénile Mortalité infanto-
socio-économique (NN) (PNN)1 (1q0) (4q1) juvénile (5q0)
Milieu de résidence
Urbain 39 26 66 37 100
Rural 44 38 82 47 125
Région
Centre 52 35 87 54 137
Centre-Est 44 34 77 60 133
Centre-Nord 23 20 43 33 74
Centre-Ouest 26 22 48 34 80
Nord 86 51 137 84 209
Nord-Est 48 33 80 59 134
Nord-Ouest 67 52 120 74 185
Ouest 46 55 101 50 145
Sud 40 28 68 36 102
Sud-Ouest 18 33 51 25 75
Ville d'Abidjan 46 23 69 30 97
Niveau d'instruction de la
mère
Aucun 44 36 80 48 124
Primaire 42 33 74 38 109
Secondaire et plus 32 21 52 24 75
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 43 37 80 47 123
Pauvre 43 41 84 50 129
Moyen 46 37 83 45 124
Riche 39 29 68 44 108
Le plus riche 39 18 57 27 82
1
Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale.
Les risques de décéder avant l’âge de 5 ans présentent des écarts importants selon le milieu de
résidence. D’une manière générale, la mortalité infantile est beaucoup moins élevée en milieu urbain (66 ‰)
qu’en milieu rural (82 ‰). La même tendance est observée pour la mortalité post-néonatale des enfants qui est
de 26 ‰ en milieu urbain et 38 ‰ en milieu rural, et pour la mortalité infanto-juvénile (100 ‰ et 125 ‰ en
milieu urbain et milieu rural respectivement). En ce qui concerne la mortalité néonatale, on constate que les
différences sont moins importantes. De même, après le premier anniversaire, les résultats montrent qu’en
milieu urbain, sur 1 000 enfants survivants au premier anniversaire, 37 décèdent avant le cinquième
anniversaire contre 47 en milieu rural.
L’analyse par région met en évidence de fortes disparités. Le niveau de mortalité infantile varie du
simple au triple, d’un minimum de 43 ‰ dans le Centre-Nord à un maximum de 137 ‰ dans le Nord. La
même tendance est observée pour la mortalité juvénile, son niveau passe de 25 ‰ dans le Sud-Ouest à 84 ‰
dans le Nord. Quant à la mortalité infanto-juvénile, on peut noter que, globalement, c’est dans le Centre-Nord
(74 ‰) et dans le Sud-Ouest (75 ‰) qu’elle est la plus faible et au Nord (209 ‰) qu’elle est la plus élevée.
Les résultats montrent également que le niveau de vie des ménages influencerait fortement les risques
de décéder des enfants. Quelle que soit la composante de la mortalité des enfants, les niveaux de mortalité sont
plus élevés pour les enfants des ménages les plus pauvres (123 ‰ pour la mortalité infanto-juvénile) que pour
ceux des ménages les plus riches (82 ‰).
Le tableau 8.3 et le graphique 8.4 présentent les quotients de mortalité pour la période de dix années
précédant l’enquête selon certaines caractéristiques des enfants et certains comportements procréateurs des
mères.
Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques
Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant
précédée l'enquête, selon certaines caractéristiques démographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Mortalité Mortalité post- Mortalité Mortalité
Caractéristique néonatale néonatale infantile juvénile Mortalité infanto-
démographique (NN) (PNN)1 (1q0) (4q1) juvénile (5q0)
Sexe de l'enfant
Masculin 53 37 90 47 133
Féminin 30 30 61 40 98
Age de la mère à la naissance
de l'enfant
<20 46 35 81 50 127
20-29 36 30 66 41 104
30-39 52 36 88 41 125
40-49 43 * * * *
Rang de naissance
1 41 31 72 41 110
2-3 38 30 68 45 110
4-6 34 34 68 44 110
7+ 76 50 126 40 162
Intervalle avec la naissance
précédente2
<2 années 66 61 127 65 184
2 années 39 34 73 47 117
3 années 26 21 47 41 86
4 années+ 36 25 60 25 84
Taille à la naissance3
Petit/très petit 50 50 100 na na
Moyen ou gros 33 25 59 na na
NSP/Manquant (85) * * na na
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 250-499 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est
basée sur moins de 250 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
na = Non applicable.
1
Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale.
2
Non compris les naissances de rang 1.
3
Quotients pour la période des cinq années avant l'enquête.
Graphique 8.3
Mortalité infantile et caractéristiques des naissances
Sexe
90
Féminin 61
<20 81
66
30-39 88
105
Rang de naissance
72
2-3 68
68
7+ 126
0
<2 127
73
3 47
60
Taille à la naissance
100
Moyen ou gros 59
En ce qui concerne l’âge de la mère à la naissance, on constate que les risques de décéder avant le
premier et le cinquième anniversaires sont plus importants chez les enfants nés de mère de moins de 20 ans et
de mère âgée de 40 à 49 ans que chez les autres (Tableau 8.3 et Graphique 8.3). Selon le rang de naissance, on
note globalement que les naissances de rang supérieur à 6 ont des risques de mortalité plus élevés que celles de
rangs inférieurs. Par ailleurs, la durée de l’intervalle intergénésique apparaît également comme un facteur
influençant les risques de mortalité chez les enfants. En effet, les intervalles très courts (moins de deux ans)
sont associés à des niveaux de mortalité très élevés quelle qu’en soit la composante. Ces types d’intervalle
réduisent considérablement les possibilités de récupération des capacités physiologiques de la femme, exposant
ainsi les enfants à une surmortalité. Une nette réduction des risques de la mortalité des enfants est observée
lorsque la mère espace les naissances.
Le tableau 8.4 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories
à hauts risques auxquelles elles correspondent :
• les naissances de rang 1, qui présentent un risque plus élevé de mortalité, mais qui sont inévitables
sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans) ;
• les naissances issues des mères appartenant à une autre catégorie à haut risque unique : âge de
procréation précoce (moins de 18 ans), ou tardif (après 34 ans), intervalle intergénésique très
court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ;
Il ressort du tableau 8.4 qu’environ 30 % des naissances survenues au cours des 5 années ayant
précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 15 % sont dans la catégorie à
hauts risques inévitables parce qu’elles sont de rang 1 ; 38 % sont à haut risque unique et 18 % sont à hauts
risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants les
comportements procréateurs des mères, des « rapports de risque » ont été calculés en prenant comme référence
les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Le rapport de risque est donc le rapport de la
proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque à la proportion d’enfants décédés dans la
catégorie sans risque.
Les naissances de rang 1 présentent généralement un risque élevé de mortalité, mais sont inévitables
sauf lorsqu'elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans) ou de mères âgées (plus de 34 ans). On
a donc isolé ici les naissances de rang 1 qui sont inévitables, c’est-à-dire celles issues de mères de 18-34 ans.
Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de
rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque 1,10 fois supérieur qu’un enfant n’appartenant à aucune
catégorie à haut risque. Il apparaît qu’un intervalle intergénésique très court est un facteur de risque élevé
puisqu’un enfant né dans un intervalle inférieur à moins de 24 mois après l’enfant précédent court un risque de
décéder 1,56 fois plus important que celui de la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité
tardive : les enfants nés de mères âgées de plus de 34 ans courent un risque de décéder 1,55 fois plus important
que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques
multiples qui sont les plus exposés, puisque leur risque de décéder est de 1,65 fois plus élevé que ceux de la
catégorie de référence. Les enfants qui combinent un intervalle intergénésique très court et un rang de
naissance élevé (supérieur à trois enfants) sont particulièrement exposés : ils courent 2,44 fois plus de risque de
décéder que ceux de la catégorie de référence. Il en est de même des enfants nés dans un intervalle
intergénésique très court, de rang élevé (supérieur à 3) et de mère âgée (plus de 34 ans) : leur risque de décéder
est de 2,13 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Par ailleurs, les enfants nés des
mères âgées (plus de 34 ans), et de rang élevé (supérieur à 3) courent un risque 1,27 fois plus important que
ceux de la catégorie de référence. Ces résultats montrent donc qu’un meilleur espacement des naissances n’a
pas pour seul résultat la réduction du nombre de naissances chez la femme, mais aussi et surtout une
amélioration considérable des chances de survie des enfants.
Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d'enfants décédés, parmi les enfants appartenant à
chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d'enfants décédés parmi les enfants n'appartenant à aucune
catégorie à hauts risques. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 0,3-0,6 % des naissances pondérés.
Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 0,3 % des naissances non pondérés et qu’elle a
été supprimée.
na = Non applicable.
a
Y compris les femmes stérilisées.
1
Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu'elles auraient à la naissance
de l'enfant si l'enfant était conçu au moment de l'enquête: âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à
34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de
rang 3 ou plus.
2
Y compris la catégorie: âge < 18 ans et RG > 3.
À la dernière colonne du tableau 8.4, figurent les proportions de femmes qui sont susceptibles de
donner naissance à des enfants qui entreraient dans des catégories à hauts risques. Dans l’ensemble, 76 % des
femmes actuellement en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant qui appartiendrait à une
catégorie à hauts risques évitables, 32 % appartiendraient à une catégorie à haut risque unique et 44 % à une
catégorie à hauts risques multiples. Seulement 18 % des femmes en union seraient susceptibles de donner
naissance à un enfant n’entrant dans aucune catégorie à hauts risques. Cette analyse succincte démontre une
fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire
les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants en Côte d’Ivoire.
L
es soins de santé qu’une mère reçoit au cours de sa grossesse, au moment et immédiatement après
l’accouchement sont, non seulement, très importants pour sa survie et son bien-être mais aussi pour
ceux de l’enfant. Ce chapitre présente les résultats concernant les soins prénatals, les conditions
d’accouchement et les soins postnatals ainsi que ceux concernant les facteurs qui limitent l’accès des femmes
aux soins de santé. Ces résultats permettent d'identifier les principaux problèmes en matière de santé
maternelle et, d’une manière générale, de la santé de la reproduction.
Le suivi des femmes enceintes au cours des consultations prénatales permet non seulement de
détecter, traiter les problèmes et les complications liés à la grossesse, mais aussi de prévenir les maladies et les
complications obstétricales. Les consultations prénatales constituent également une opportunité pour
sensibiliser les femmes enceintes à accoucher avec l'assistance d'un prestataire de santé qualifié. Au cours de
l’EDS-MICS 2011-2012, pour la naissance vivante la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant
précédé l’enquête, on a demandé aux femmes si, durant la grossesse, elles avaient reçu des soins prénatals.
Les soins prénatals ont été dispensés, dans la majorité des cas, par des infirmières ou des sages-
femmes (79 %) et dans 10 % des cas par des médecins ; les infirmières/sages-femmes auxiliaires ainsi que les
autres prestataires non formés n’interviennent que dans 3 % des cas. Les accoucheuses traditionnelles
n’interviennent pratiquement pas (moins d’1%).
Note: Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau.
1
Sont considérés comme des prestataires formés, les médecins, les infirmières, les sages-femmes et les sages-femmes/infirmières auxiliaires.
Graphique 9.1
Proportions de femmes ayant reçu des soins
prénatals par un prestataire formé selon les régions
Ville d'Abidjan 97
Centre-Nord 96
Centre-Est 95
Sud 94
Ouest 93
Nord-Est 92
Centre-Ouest 92
Centre 91
Nord 82
Sud-Ouest 77
Nord-Ouest 75
Pourcentage
EDS-MICS 2011-2012
La proportion des femmes ayant reçu des soins prénatals auprès d’un prestataire de santé formé varie
aussi en fonction du niveau d’instruction de la femme et du niveau économique du ménage dans lequel la
femme vit. En effet, cette proportion passe de 88 % chez les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction à
95 % chez celles de niveau primaire et 97 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus. La proportion des
femmes ayant reçu des soins prénatals augmente aussi avec l’amélioration du niveau de bien-être économique
du ménage : de 83 % chez les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres, elle passe à 97 % chez celles
vivant dans les ménages les plus riches.
Note: Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non
pondérés et qu’elle a été supprimée.
S’agissant du stade de la grossesse au moment de la première visite, on constate que dans trois cas sur
dix (30 %), les femmes ont effectué la première visite avant le quatrième mois de grossesse. Dans 35 % des
cas, la première visite prénatale a eu lieu à 4-5 mois de grossesse et, dans 28 % des cas, elle a eu lieu assez
tard, c’est-à-dire à partir de 6 mois. Le nombre médian de mois de grossesse à la première visite s’établit à 5
mois. On note, par ailleurs, que les femmes du milieu rural se rendent plus tardivement en consultation
prénatale que celles du milieu urbain : le nombre médian de mois de grossesse à la première visite est estimé à
5,4 mois en milieu rural contre 4,2 mois en milieu urbain.
9.1.2 Composantes des soins prénatals
Le type d’examens effectués et les conseils que les femmes reçoivent pendant les visites prénatales
permettent de juger de la qualité des soins prénatals. Au cours de l’EDS-MICS 2011-2012, on a donc demandé
aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes de complications de la
grossesse, si la tension artérielle avait été vérifiée et si on avait procédé à des prélèvements d’urine et de sang.
En outre, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé
l’enquête si elles avaient reçu du fer et des médicaments contre les parasites intestinaux. Ces résultats sont
présentés au tableau 9.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes.
Dans l’ensemble, 77 % des femmes ont confirmé avoir pris des suppléments de fer sous forme de
comprimés ou sirop lors des visites prénatales. On observe quelques différences selon le milieu de résidence, la
région de résidence et le quintile de bien-être économique du ménage. En effet, la proportion de femmes qui
ont reçu des suppléments de fer est plus élevée en milieu urbain (83 %), dans la ville d’Abidjan (85 %), dans la
région du Centre-Nord (86 %) et chez les femmes vivant dans les ménages les plus riches (88 %). À l’opposé,
cette proportion est plus faible en milieu rural (73 %), dans les régions du Sud-Ouest (63 %) et du Nord-Ouest
(66 %) ainsi que chez les femmes issues des ménages les plus pauvres (66 %). En outre, on note que la
proportion de femmes qui ont reçu des suppléments de fer varie aussi en fonction du rang de naissance et le
niveau d’instruction de la femme. Cette proportion diminue avec l’augmentation du rang de naissance passant
de 81 % pour la naissance de rang 1 à 71 % pour celle de rang 6 et plus, et augmente avec l’augmentation du
niveau d’instruction passant de 72 % chez la femme sans instruction à 90% chez celle ayant un niveau
secondaire ou plus.
Les résultats montrent aussi que moins de deux femmes sur cinq (37 %) ont pris des médicaments
contre les parasites intestinaux. Cette proportion est plus importante chez les femmes du milieu urbain (46 %)
que chez celles du milieu rural (32 %). Quatre régions, à savoir l’Ouest, le Sud, le Centre-Nord et le Sud-Ouest
En outre, parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente,
seulement 37 % ont déclaré avoir été informées des signes de complications de la grossesse au cours des
visites prénatales. On note des écarts importants en fonction des caractéristiques sociodémographiques : les
femmes de la région du Centre-Nord (57 %), celles du milieu urbain (45 %), les plus instruites (53 %) et celles
des ménages les plus riches (48 %) ont reçu ce type d’informations plus fréquemment que les autres.
Concernant les examens médicaux, on relève que la tension artérielle a été vérifiée pour neuf femmes
sur dix (91 %). Les proportions augmentent avec l’âge des femmes (84 % des femmes de moins de 20 ans
contre 94 % de celles de 35 ans ou plus), le rang de naissance (respectivement 89 % et 93 % pour les
naissances de rang 1 et de rang 4 et plus), le niveau d’instruction (90 % des femmes sans aucun niveau contre
96 % des femmes de niveau secondaire ou plus). Concernant le quintile de bien-être économique, le
pourcentage de femmes pour lesquelles la tension artérielle a été vérifiée varie de 85 % chez les femmes issues
des ménages les plus pauvres à 96 % chez celles issues des ménages riches. Au niveau des régions, c’est la
région Ouest qui affiche la plus faible proportion (81 %).
Par ailleurs, un prélèvement d’urine a été effectué chez environ 85 % des femmes pendant les visites
prénatales. Cette proportion est plus importante chez les femmes du milieu urbain (94 %), chez les femmes
ayant un niveau d’instruction élevé (93 %) et chez celles issues des ménages les plus riches (95 %).
Enfin, le prélèvement de sang a concerné dans l’ensemble 72 % des femmes. Les proportions sont les
plus faibles chez les jeunes femmes de moins de 20 ans (67 %), chez les femmes ayant des naissances de rang
6 et au-delà (68 %), chez celles du milieu rural (65 %), chez celles sans aucun niveau d’instruction (69 %) et
chez celles issues des ménages les plus pauvres (62 %).
La vaccination antitétanique pendant la grossesse est recommandée par les programmes de santé
maternelle et infantile. Elle a pour but de protéger la mère et de réduire les risques de décès du nouveau-né. Un
enfant n’est complètement protégé contre le tétanos néonatal que si au moins une des cinq conditions suivantes
est remplie : (i) la mère a reçu deux injections de vaccin antitétanique au cours de la grossesse de sa dernière
naissance ; (ii) la mère a reçu au moins deux injections, la dernière ayant été effectuée au cours des trois
années précédant la dernière naissance ; (iii) la mère a reçu au moins trois injections, la dernière ayant été
effectuée au cours des cinq années précédant la dernière naissance ; (iv) la mère a reçu au moins quatre
injections, la dernière ayant été effectuée au cours des dix années précédant la dernière naissance ; (v) la mère
a reçu au moins cinq injections avant la dernière naissance. Le tableau 9.4 présente le pourcentage des mères
ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse et le pourcentage des mères dont la dernière
grossesse a été protégée contre le tétanos néonatal.
1
Y compris les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur
dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au
cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois
injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé
la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été
effectuée au cours des 10 années ayant précédé la dernière naissance), ou, au
moins, cinq injections à n'importe quel moment avant la dernière naissance.
Les données de l’EDS-MICS 2011-2012 révèlent en outre que pour deux tiers des femmes (67 %), la
dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal, soit du fait des vaccinations reçues au cours de
cette grossesse, soit du fait de vaccinations reçues avant cette grossesse. Les proportions les plus faibles sont
observées chez les plus jeunes mères (62 %), les femmes ayant des naissances de rang 6 et plus (63 %), les
mères vivant en milieu rural (62 %) et celles résidant les régions du Sud-Ouest (52 %) et du Centre (54 %). De
même, c’est parmi les femmes sans aucun niveau d’instruction (64 %) et celles des ménages les plus pauvres
(57 %) que ces proportions sont les plus faibles.
9.1.4 Accouchement
Lieu d’accouchement
Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, près de six
naissances sur dix (57 %) se sont déroulées dans un établissement de santé, principalement dans le secteur
public (53 % contre 4 % pour le secteur privé) (Tableau 9.5). À l’opposé, dans 41 % des cas, les femmes ont
accouché à domicile. On note une grande amélioration par rapport à l’enquête précédente : la proportion des
naissances qui se sont déroulées dans un établissement de santé était estimée à 47 % au cours de l’EDSCI-II de
1998-1999.
La proportion de naissances qui se déroulent à domicile varie peu selon l’âge de la mère à la
naissance. Par contre, cette proportion augmente avec le rang de naissance : passant de 31 % pour les femmes
ayant des naissances de rang 1 à 38 % pour celles ayant des naissances de rang 2 à 3, puis à 45 % pour celles
ayant des naissances de rang 4 à 5, pour atteindre 52 % pour celles ayant des naissances de rang 6 et plus. Les
naissances qui surviennent le plus fréquemment à la maison sont celles du milieu rural (55 %), celles de la
région du Nord-Ouest (72 %), celles des ménages les plus pauvres (65 %) et celles des femmes sans niveau
d’instruction (48 %). À l’opposé, pour trois quarts des naissances du milieu urbain, les femmes ont accouché
dans un établissement de santé du secteur public (75 %), et dans 7 % des cas dans un établissement privé. De
même, près de trois quarts des naissances des femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (72 % )
et huit dixième (79 %) des naissances des femmes vivant dans les ménages les plus riches se sont déroulées
dans un établissement de santé du secteur public.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
1
Concerne seulement la naissance la plus récente survenue au cours des cinq années ayant précédé l'enquête.
Selon le nombre de visites prénatales effectuées, on observe que les femmes qui ont effectué au moins
les quatre visites prénatales recommandées (79%) ont plus fréquemment accouché dans un établissement de
santé que celles qui en ont effectué moins (50%) et surtout que celles qui n’en ont effectué aucune (10 %).
Assistance à l’accouchement
Les données du tableau 9.6 indiquent que près de six naissances sur dix (59 %) se sont déroulées avec
l’assistance de personnel de santé formé (médecins, infirmiers, sages-femmes et sages-femmes auxiliaires). Par
ailleurs, 20 % des naissances sont assistées par une accoucheuse traditionnelle et 17 % par des parents ou
autres personnes. Enfin, 3 % des femmes (contre 5% selon l’EDSCI-II de 1998-1999) ont accouché sans
aucune assistance.
Note: Si l'enquêtée a déclaré que plus d'une personne avait assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau.
1
Sont considérés comme des prestataires formés, les médecins, les infirmières, les sages-femmes et les sages-femmes/infirmières auxiliaires. .
Les résultats montrent que l’assistance à l’accouchement diminue avec le rang de l’enfant passant de
68 % pour les primipares à 49 % pour la naissance de range 6 ou plus. On note par ailleurs des disparités
importantes selon le milieu de résidence et la région. Plus de huit femmes résidant en milieu urbain sur dix
(84%) ont été assistées par des professionnels de santé, contre 45 % de femmes résidant en milieu rural. En
outre, la ville d’Abidjan (92 %), la région du Sud (75 %) et celle du Centre-Est (70 %) se distinguent par les
proportions élevées de femmes qui ont été assistées par des professionnels de santé. Par contre cette proportion
est la moins élevée au Nord-Ouest (27 %).
Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq
années ayant précédé l’enquête, si elles avaient accouché par césarienne. Une césarienne a été pratiquée dans
seulement 3 % des cas. C’est dans le milieu urbain (5 %) et à Abidjan (7 %) que le recours à la césarienne est
le plus fréquent. On note également que le pourcentage d’accouchements par césarienne est plus élevé parmi
les naissances de rang 1 (5 %), les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (7 %) et parmi celles des
ménages les plus riches (7 %). Le recours à la césarienne est plus fréquent pour les femmes âgées de 35-49 ans
(4 %) que parmi celles âgées de moins de 20 ans (2 %).
Le graphique 9.2 présente la comparaison des résultats concernant les soins prénatals et les conditions
d’accouchement entre l’EDSCI-II 1998-1999, l’EIS 2005 et l’EDS-MICS 2011-2012. La couverture en soins
prénatals s’est légèrement améliorée en 13 ans : la proportion de femmes ayant reçu, durant leur grossesse, des
soins prénatals par du personnel de santé formé qui était de 84 % en 1998-1999, est passée à 87 % en 2005 et
atteint 91 % en 2011-2012. Les mêmes tendances sont observées pour les conditions d’accouchement. En effet,
la proportion des naissances survenues dans une formation sanitaire est passée de 47 % en 1998-1999 à 55 %
en 2005 et 57 % en 2011-2012. De même, la proportion des naissances assistées par du personnel formé est
passée de 47 % en 1998-1999 à 56 % en 2005 et 59 % en 2011-2012. Pour les deux derniers indicateurs, on
constante que la plus grande augmentation s’est passée entre 1998-1999 et 2005.
Graphique 9.2
Soins prénatals et condition d'accouchement,
selon l’EDSCI-II 1998-1999 et l’EDS-MICS 2011-2012
Pourcentage
91
87
84
59
55 57 56
47 47
Les premiers soins postnatals sont recommandés chez toutes les femmes dans les deux jours qui
suivent l’accouchement pour réduire les risques de décès maternels et de nouveau-nés. Au cours de l’EDS-
MICS 2011-2012, on a demandé à toutes les femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des deux
dernières années si quelqu’un les avait examinées après l’accouchement, combien de temps après
l’accouchement cet examen avait eu lieu et enfin quel type de prestataire avait effectué l’examen. Les résultats
sont présentés aux tableaux 9.7 et 9.8.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
1
Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours.
2
Y compris 9 femmes pour qui on n’a pas d’information sur le lieu d’accouchement.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
Il en ressort que sept femmes sur dix (70 %) ont reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours
après l’accouchement. Les résultats montrent que ce sont les primipares (77 %) et les femmes ayant accouché
dans un établissement de santé (89 %) qui ont plus fréquemment reçu les soins postnatals dans le délai
recommandé que les autres. L’analyse selon le milieu de résidence et la région montre que cette proportion est
plus élevée en milieu urbain (82 %) qu’en milieu rural (63 %), et plus élevée dans la ville d’Abidjan (84 %) et
les régions du Sud (82 %), du Nord (79 %) et du Centre-Nord (78 %) et la plus basse dans le Nord-Ouest
(54 %) et l’Ouest (53 %). Par ailleurs, les femmes qui ont un niveau secondaire ou plus (82 %) et celles vivant
dans les ménages les plus riches (86 %) ont reçu plus fréquemment que les autres des soins postnatals dans les
délais recommandés.
Le tableau 9.8 présente les résultats selon le type de prestataire qui a dispensé les soins postnatals dans
les deux premiers jours suivant la naissance. Dans 56 % des cas, les femmes ont bénéficié de soins postnatals
dans les 48 heures suivant la naissance, dispensés par des médecins, infirmières ou sages-femmes et, dans
Le tableau 9.9 indique qu’environ un nouveau-né sur trois (34 %) a reçu des soins postnatals dans les
deux premiers jours ayant suivi sa naissance. En ce qui concerne le milieu de résidence, on remarque que 37 %
de nouveau-nés dont les mères vivent en milieu urbain et 32 % de ceux des mères du milieu rural ont reçu des
soins postnatals dans les deux premiers jours ayant suivi la naissance.
Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né
Répartition (en %) des dernières naissances ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l'enquête par durée écoulée entre l'accouchement et le moment où ont
été donnés les premiers soins postnatals au nouveau-né et pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon
certaines caractéristiques sociodémographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Pourcent-
age de
naissances
ayant reçu
des soins
postnatals
Durée écoulée entre l'accouchement et le moment dans les
où le nouveau-né a reçu ses premiers soins postnatals deux
Pas de premiers
Caractéristique Moins 1-3 4-23 1-2 3-6 Ne sait pas/ soins jours après Effectif de
sociodémographique d'une heure heures heures jours jours manquant postnatals1 Total la naissance naissances
Age de la mère à la naissance
<20 5,1 14,4 3,3 6,5 6,7 0,5 63,5 100,0 29,3 524
20-34 7,3 14,8 2,1 9,5 7,2 0,8 58,3 100,0 33,7 2 139
35-49 11,5 16,6 2,9 8,9 7,7 0,4 52,0 100,0 39,9 377
Rang de naissance
1 7,5 16,0 2,8 6,9 7,3 1,1 58,5 100,0 33,1 673
2-3 6,4 15,3 2,4 10,6 6,6 0,5 58,2 100,0 34,6 1 134
4-5 7,5 13,2 2,2 8,9 6,9 0,7 60,7 100,0 31,8 694
6+ 9,8 15,1 2,5 7,9 8,7 0,3 55,7 100,0 35,3 539
Lieu d'accouchement2
Établissement de santé 9,2 18,2 2,3 8,0 7,8 0,7 53,8 100,0 37,7 1 796
Ailleurs 4,9 10,3 2,6 10,3 6,4 0,6 64,9 100,0 28,1 1 238
Milieu de résidence
Urbain 6,7 17,6 3,3 9,4 7,7 0,6 54,7 100,0 37,0 1 177
Rural 7,9 13,3 1,9 8,6 6,9 0,7 60,7 100,0 31,7 1 862
Région
Centre 26,8 6,4 1,6 7,0 6,7 0,5 51,0 100,0 41,8 235
Centre-Est 14,2 12,8 2,2 6,1 3,7 0,5 60,5 100,0 35,3 77
Centre-Nord 1,8 35,7 0,5 11,8 9,4 0,4 40,3 100,0 49,8 229
Centre-Ouest 2,5 18,4 0,9 13,1 5,7 0,8 58,7 100,0 34,8 483
Nord 40,6 14,8 0,5 3,6 3,1 1,1 36,3 100,0 59,5 188
Nord-Est 5,0 4,5 1,7 5,9 6,9 1,9 74,1 100,0 17,1 127
Nord-Ouest 3,1 24,4 4,0 10,0 5,3 0,4 52,7 100,0 41,6 155
Ouest 2,4 13,0 7,1 9,0 12,3 0,8 55,4 100,0 31,5 415
Sud 1,9 9,0 0,3 7,4 8,4 0,9 72,1 100,0 18,6 402
Sud-Ouest 1,7 3,0 0,3 7,1 6,0 0,0 81,8 100,0 12,1 258
Ville d'Abidjan 5,7 19,1 4,8 9,3 5,9 0,4 54,8 100,0 38,9 471
Niveau d'instruction de la mère
Aucun 8,0 14,7 2,5 8,3 6,4 0,6 59,5 100,0 33,6 1 896
Primaire 5,4 15,3 2,3 9,7 8,3 1,0 58,0 100,0 32,7 804
Secondaire et plus 9,3 15,4 2,2 10,2 9,2 0,4 53,3 100,0 37,1 340
Quintile de bien-être économique
Le plus pauvre 4,4 9,2 2,4 9,5 6,8 0,8 67,0 100,0 25,5 740
Pauvre 9,3 14,7 2,1 7,5 8,0 0,4 58,1 100,0 33,5 621
Moyen 8,2 17,4 2,3 9,3 6,9 1,1 54,8 100,0 37,2 629
Riche 7,3 18,4 2,4 7,9 7,4 0,4 56,2 100,0 36,0 566
Le plus riche 8,9 16,7 3,3 10,5 7,0 0,6 52,9 100,0 39,4 484
Ensemble 7,5 14,9 2,4 8,9 7,2 0,7 58,4 100,0 33,7 3 039
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
1
Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours.
2
Y compris 9 femmes pour qui on n’a pas d’information sur le lieu d’accouchement.
Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né
Répartition (en %) des dernières naissances survenues au cours des deux années ayant précédé l'enquête par type de prestataire qui a dispensé les
premiers soins postnatals au nouveau-né dans les deux premiers jours après la dernière naissance vivante, selon certaines caractéristiques
sociodémographiques, Côte d'Ivoire 2011-2012
Type de prestataire de santé qui a dispensé les Pas de soins
premiers soins postnatals au nouveau-né postnatals dans
les deux
Médecin/ premiers jours
Caractéristique Infirmière/ Sage- Infirmière/ Sage- Agent de santé Accoucheuse après la Effectif de
sociodémographique femme femme auxiliaire communautaire traditionnelle naissance Total naissances
Age de la mère à la
naissance
<20 22,6 0,5 0,4 5,8 70,7 100,0 524
20-34 27,2 1,1 0,6 4,9 66,3 100,0 2 139
35-49 29,5 2,4 1,2 6,8 60,1 100,0 377
Rang de naissance
1 28,3 0,7 0,1 4,0 66,9 100,0 673
2-3 28,1 1,4 0,5 4,6 65,4 100,0 1 134
4-5 24,3 0,9 1,1 5,4 68,2 100,0 694
6+ 24,6 1,6 1,1 8,0 64,7 100,0 539
Lieu d'accouchement1
Établissement de santé 35,7 1,6 0,3 0,1 62,3 100,0 1 796
Ailleurs 13,7 0,6 1,2 12,7 71,9 100,0 1 238
Milieu de résidence
Urbain 34,3 1,3 0,2 1,3 63,0 100,0 1 177
Rural 21,8 1,1 1,0 7,8 68,3 100,0 1 862
Région
Centre 23,7 0,3 0,0 17,8 58,2 100,0 235
Centre-Est 32,5 2,4 0,3 0,1 64,7 100,0 77
Centre-Nord 38,5 1,6 1,3 8,4 50,2 100,0 229
Centre-Ouest 30,0 0,4 0,5 3,8 65,2 100,0 483
Nord 41,7 2,9 0,0 14,9 40,5 100,0 188
Nord-Est 12,4 0,8 1,8 2,1 82,9 100,0 127
Nord-Ouest 29,2 2,9 0,9 8,6 58,4 100,0 155
Ouest 27,7 0,7 0,6 2,5 68,5 100,0 415
Sud 14,2 0,6 0,0 3,8 81,4 100,0 402
Sud-Ouest 4,6 1,1 3,1 3,3 87,9 100,0 258
Ville d'Abidjan 36,8 1,7 0,0 0,4 61,1 100,0 471
Niveau d'instruction de la
mère
Aucun 25,1 1,5 0,6 6,3 66,4 100,0 1 896
Primaire 27,2 0,5 0,9 4,1 67,3 100,0 804
Secondaire et plus 34,0 1,2 0,0 1,9 62,9 100,0 340
Quintile de bien-être
économique
Le plus pauvre 16,4 0,6 0,6 7,9 74,5 100,0 740
Pauvre 23,7 1,7 1,3 6,8 66,5 100,0 621
Moyen 28,3 1,1 0,9 6,8 62,8 100,0 629
Riche 32,7 1,0 0,2 2,2 64,0 100,0 566
Le plus riche 36,9 1,7 0,0 0,8 60,6 100,0 484
Ensemble 26,7 1,2 0,6 5,3 66,3 100,0 3 039
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
1
Y compris 9 femmes pour qui on n’a pas d’information sur le lieu d’accouchement.
Le tableau 9.11 indique que 76 % des femmes interrogées ont rencontré au moins un de ces
problèmes d’accès aux soins de santé. Le manque de moyen financier apparait comme le principal obstacle. Il
a été cité par deux tiers des femmes (67 %), suivis de la distance à parcourir pour arriver au service de santé
(40 %) et de la permission pour s’y rendre (24 %).
Il faut souligner qu’en milieu rural, la distance pour atteindre un établissement de santé constitue un
problème pour plus de la moitié (52 %) des femmes contre seulement 28 % dans le milieu urbain. En ce qui
concerne les régions, ce sont beaucoup plus les femmes des régions du Nord-Ouest (59 %), du Nord (54 %) et
du Sud-Ouest (51 %) qui semblent être beaucoup plus éloignées des établissements de santé.
L’
EDS-MICS 2011-2012 a collecté des informations détaillées sur la santé des enfants nés au cours
des cinq dernières années. Ces informations concernent les caractéristiques des nouveau-nés, la
couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en
particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Les résultats présentés dans ce chapitre,
permettent d'identifier les problèmes les plus importants en matière de santé de l’enfant. Ils constituent ainsi
des outils de grande importance pour l'évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé.
Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
1
Basé sur, soit un enregistrement écrit, soit la déclaration de la mère.
2
Y compris 5 personnes pour qui on a pas d’information sur la consommation de tabac.
Pour obtenir une estimation de la grosseur de l'enfant à la naissance, on a posé la question suivante à
la mère : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la
moyenne ou très petit ?». À cette question très subjective, les mères ont répondu dans 81 % des cas que
l’enfant était moyen ou plus gros que la moyenne. Dans 10 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que
la moyenne et, enfin dans 5 % des cas, qu’il était très petit. Les variations selon les caractéristiques
sociodémographiques ne sont pas très importantes.
Le tableau 10.2 présente les résultats des données sur la vaccination collectées pour les enfants de 12-
23 mois à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l'enfant et les déclarations de la mère lorsque le
carnet n'était pas disponible ou n'existait pas. Ces résultats indiquent que près d’un enfant de 12-23 mois sur
deux (47 %) a été complètement vacciné d’après les informations tirées du carnet de vaccination et 3 % selon
la déclaration de la mère. Toutes sources de renseignements confondues, 51 % des enfants de 12-23 mois ont
reçu tous les vaccins. À l’opposé 5 % des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun vaccin. Par ailleurs, 39 %
des enfants ont été complètement vaccinés selon le calendrier vaccinal recommandé, c’est-à-dire avant 12
mois.
Les résultats selon les différents vaccins montrent que 83 % des enfants avaient reçu le BCG, dans la
majorité des cas avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de Pentavalent est
également élevée mais la couverture vaccinale diminue progressivement de la première à la troisième dose : de
78 % elle passe à 72 % puis à 64 %. Le taux de déperdition1 entre la première et la deuxième dose est de 8 %,
et entre la première et la troisième dose, il est de 18 %. Parmi les enfants vaccinés avant l’âge de 12 mois, les
taux de déperdition sont respectivement de 8 % et de 22 %. On observe la même tendance pour la polio, la
proportion d’enfants vaccinés passant de 91 % à 84 % et à 69 % soit un taux de déperdition entre la première
dose et la troisième de 24 %. Pour le vaccin administré avant l’âge de 12 mois, le taux de déperdition est
encore plus élevé (29 %). Ces résultats semblent montrer de l’existence de goulots d’étranglement qui
empêcheraient la continuité dans l’utilisation des services de vaccination.
1
Le taux de déperdition pour le Pentavalent, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du
vaccin, ne reçoivent pas la troisième. Toutefois, cet indicateur peut se calculer entre des doses successives.
1
Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance.
2
BCG, rougeole, les trois doses de Pentavalant et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance).
3
Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccins effectués au cours de la première année est la même que celle des enfants dont l'information provient d'un
carnet de vaccination.
Le graphique 10.1 présente l’évolution des pourcentages d’enfants ayant reçu les différentes doses de
vaccins selon les résultats de l’EDS-MICS 2011-2012 et l’EDSCI-II de 1998-1999. Globalement, les résultats
montrent que la couverture vaccinale complète des enfants de 12-23 mois n’a pratiquement connu aucun
changement. Cette absence d’amélioration trouve probablement son explication dans la crise post-électorale
qui semble avoir entrainé une stagnation de l’offre des services de santé concernant les activités de
vaccination. Cependant, il faut souligner une légère amélioration de la couverture du DTCoq entre 1998-1999
et 2011-2012, la proportion d’enfants ayant reçu la troisième dose étant passée de 61 % en 1998-1999 à 64 %
en 2011-2012. On constate également une légère amélioration de la couverture de la polio, la proportion
d’enfants ayant reçu la troisième dose étant passée de 61 % à 69 % au cours de la même période. Par contre on
constate qu’il n’y a pas d’amélioration du taux de vaccination contre le BCG et contre la rougeole. En effet, la
proportion d’enfants vaccinés contre le BCG est passée de 84 % en 1998-1999 à 83 % en 2011-2012.
Concernant la vaccination contre la rougeole, les résultats montrent que la proportion d’enfants vaccinés est
passée de 66 % en 1998-1999 à 65 % en 2011-2012.
Graphique 10.1
Vaccination des enfants de 12-23 mois
par type de vaccin selon l'EDSCI-II 1998-1999 et l'EDS-MICS 2011-2012
Rougeole 66
65
Polio 3 61
69
Polio 2 75
84
Polio 1 86
91
DTCoq3 61
64
DTCoq2 74
72
DTCoq1 83
78
BCG 84
83
Tous 51
51
Pourcentage
EDSCI-II 1998-1999 EDS-MICS 2011-2012
Le tableau 10.3 présente la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines
caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. Les commentaires se focaliseront sur la
vaccination complète, reflet de l’ensemble des vaccins reçus et de l’efficacité interne du système national de
vaccination. Les chiffres obtenus tiennent leur fiabilité statistique de la proportion relativement élevée de
mères (74 %) ayant présenté un carnet de vaccination à l’enquêtrice.
Le pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins est plus élevé en milieu urbain
(63 %) qu’en milieu rural (42 %). Par contre, il existe de fortes disparités entre les régions (Graphique 10.2).
Les régions du Sud-ouest (29 %), du Nord-Ouest (33 %) et du Nord (37 %) présentent les taux de vaccination
complète les plus faibles. À l’opposé, la région du Centre-Est (75 %) et la Ville d’Abidjan (74 %) enregistrent
les taux les plus élevés.
La couverture vaccinale des enfants augmente avec le niveau d’instruction de la mère. Elle varie de
44 % parmi les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction à 58 % parmi ceux dont la mère a le niveau
primaire et à 71 % parmi ceux dont la mère a le niveau secondaire ou plus. Par ailleurs, il importe de relever
que la situation économique du ménage fait apparaître des disparités importantes, en particulier entre les
enfants des ménages les plus pauvres et ceux des plus riches. En effet, le pourcentage d’enfants complètement
vaccinés est de 39 % chez les enfants des ménages les plus pauvres alors qu’il s’établit à 68 % chez les enfants
des ménages les plus riches, soit un écart de 29 points de pourcentage.
Les enfants de 12-23 mois n’ayant reçu aucun vaccin représentent 5 %. Cette proportion est plus
élevée en milieu rural (7 %) qu’en milieu urbain (2 %). C’est dans les régions Centre-Ouest (10 %) et Centre
(9 %) ainsi que parmi les enfants dont la mère n’a aucune instruction (7 %) que l’on enregistre les taux les plus
élevés d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin.
Graphique 10.2
Proportion d'enfants de 12-23 mois complètement vaccinés par région
Centre-Est 75
Ville d'Abidjan 74
Centre-Nord 60
Centre 56
Sud 54
Nord-Est 52
Centre-Ouest 41
Ouest 39
Nord 37
Nord-Ouest 33
Sud-Ouest 29
Pourcentage
EDS-MICS 2011-2012
Au cours de l’enquête, les données sur la vaccination ont été collectées pour les enfants de moins de
cinq ans. Il a été ainsi possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge
de douze mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête à partir des données concernant les enfants de
12-23, 24-35, 36-47 et 48-59 mois. Le tableau 10.4 présente les taux de couverture vaccinale d’après le carnet
de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents groupes d’âges. On y trouve
Globalement, 36 % des enfants de 12-59 mois ont été vaccinés contre toutes les maladies cibles du
PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 9 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucun de ces vaccins. Pour
l’ensemble des enfants de 12-59 mois, on constate que 81 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois,
58 % la troisième dose de Pentavalent et 60 % la troisième dose de polio. En outre, 50 % de ces enfants ont été
vaccinés contre la rougeole.
Au regard du tableau 10.4, on relève une amélioration de la couverture vaccinale des enfants dans le
temps. En effet, la proportion d’enfants complètement vaccinés passe de 33 % chez les enfants âgés de 48-59
mois au moment de l’enquête à 39 % chez ceux âgés de 12-23 mois. Cette tendance est aussi observée pour la
poliomyélite, le Pentavalent et, dans une moindre mesure, pour le BCG.
En outre, on remarque que pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, un carnet de vaccination a été
présenté à l’enquêtrice dans 63 % des cas. Les résultats par groupe d’âges montrent que la proportion d’enfants
pour lesquels un carnet de vaccination a été montré diminue avec l’âge de l’enfant passant de 74 % à 12-23
mois à 51 % à 48-59 mois. Cela peut refléter une certaine négligence dans la conservation du carnet de
vaccination au fur et à mesure que l’enfant grandit.
Note: L'information provient du carnet de vaccination ou, s'il n' y a pas de carnet, elle provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l'information
est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccinations reçues durant la première année est la même que celle observée pour
les enfants pour lesquels on dispose d'un carnet de vaccination.
1
Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance.
2
BCG, rougeole, les trois doses de Pentavalente et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance).
Les infections respiratoires aiguës (IRA) et, particulièrement la pneumonie, constituent l’une des
causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections
parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux
semaines ayant précédé l’interview et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une
respiration courte et rapide. En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA on a cherché à
connaître le pourcentage de ceux pour lesquels on avait recherché des soins ainsi que le pourcentage de ceux
qui avaient reçu un traitement. Les résultats sont présentés au tableau 10.5.
Parmi les enfants de moins de cinq ans, 4 % ont souffert de toux accompagnée de respiration courte et
rapide pendant les deux semaines ayant précédé l’interview. Cette prévalence des IRA est un peu plus élevée
que la moyenne nationale dans les régions Nord-Ouest et Centre-Ouest (6 %). Dans 38 % des cas, on a
recherché un traitement et/ou des conseils pour soigner les enfants ayant présenté des symptômes d’IRA et
environ trois enfants sur dix (29 %) ont été traités avec des antibiotiques.
Le tableau 10.6 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours
des deux semaines ayant précédé l’interview et le pourcentage de ceux pour lesquels on a recherché des
conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé. Il ressort de ce tableau que
24 % des enfants ont eu de la fièvre pendant cette période.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de
25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
1
Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels.
On a demandé aux mères dont les enfants avaient eu de la fièvre si des conseils ou un traitement
avaient été recherchés dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé. Au niveau national,
on constate que dans seulement 34 % des cas, une telle démarche a été effectuée. Les variations selon l’âge
sont assez irrégulières et ne font pas apparaître de tendance. On note que les enfants pour lesquels on a le plus
fréquemment effectué une recherche de traitement ou de conseils sont les enfants du milieu urbain (41 %
contre 29 % en milieu rural), les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus (44 % contre 31 % pour
ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction) et les enfants des ménages classés dans le quintile le plus
riche (42 % contre 22 % dans les ménages du quintile le plus pauvre). Selon les régions, il faut souligner que
pour seulement 17 % des enfants du Nord-Ouest on a recherché un traitement ou des conseils pour soigner les
enfants fiévreux. Cette proportion est de 41 % dans la ville d’Abidjan.
Parmi les enfants de moins de cinq qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé
l’interview, 18 % ont été traités avec des antipaludiques. D’un minimum de 7 % parmi les enfants de moins de
6 mois, cette proportion augmente pour atteindre son niveau le plus élevé chez ceux de 48-59 mois (21 %).
C’est en milieu urbain (23 %), dans le Sud (26 %), dans le Sud-Ouest (20 %) et dans la ville d’Abidjan (24 %),
parmi les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire (23 %) et parmi ceux vivant dans les ménages
les plus riches (25 %) que la proportion d’enfants traités avec les antipaludiques est la plus élevée.
En outre, parmi les enfants ayant eu de la fièvre, 28 % ont été traités avec des antibiotiques. Le
recours aux antibiotiques diminue avec l’âge de l’enfant, passant de 40 % parmi ceux de moins de 6 mois à
17 % parmi ceux de 48-59 mois. Les antibiotiques ont été plus fréquemment donnés aux enfants du milieu
urbain (39 %) qu’à ceux du milieu rural (20 %). De même, ceux de la région du Sud (43 %) et de la ville
d’Abidjan (39 %) ont été plus fréquemment traités avec des antibiotiques que ceux des autres régions, en
particulier ceux du Nord-Ouest (11 %).
Par ailleurs, parmi les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, 43 % ont été
traités avec des antibiotiques. Cette proportion n’est que de 25 % parmi les enfants dont la mère a un niveau
d’instruction primaire. Enfin, on note que c’est dans les ménages du quintile le plus pauvre que la proportion
d’enfants dont la fièvre a été traitée avec des antibiotiques est la plus faible (16 % contre 38 % dans le plus
riche).
Centre-Est 22
31
Nord-Ouest 22
28
Ville d'Abidjan 21
27
Ouest 24
27
Centre-Ouest 19
25
Sud-Ouest 12
25
Nord 18
23
Sud 13
20
Nord-Est 17
20
Centre 17
20
Centre-Nord 13
13
Pourcentage
Diarrhée Fièvre
EDS-MICS 2011-2012
Diarrhée
Les maladies diarrhéiques comptent parmi les principales causes de décès des jeunes enfants dans les
pays en développement. La plupart des décès d’enfants consécutifs à la diarrhée sont dus à la déshydratation
du fait de la perte de grandes quantités d’eau et d’électrolytes à travers l’émission de selles liquides. Pour lutter
contre les effets de la déshydratation, l'OMS recommande la généralisation du Traitement de Réhydratation par
voie Orale (TRO), en conseillant l'utilisation, soit d'une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels
de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d'une solution préparée à la maison avec de l'eau, du sucre et du
sel. La Côte d’Ivoire a récemment introduit le zinc dans ce protocole.
Au cours de l’EDS-MICS 2011-2012, on a demandé aux mères si leurs enfants de moins de 5 ans
avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, afin de mesurer la prévalence des
maladies diarrhéiques. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, il a été demandé aux mères si elles
connaissaient les SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient utilisé des sachets de SRO et/ou des
liquides préconditionnés et/ou une solution maison recommandée.
De l’examen des données du tableau 10.7, il ressort que près d’un enfant de moins de 5 ans sur cinq
(18 %) a eu, au moins, un épisode de diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et qu’en
outre, dans 3 % des cas, il y avait du sang dans les selles. Les résultats selon l’âge montrent que la prévalence
de la diarrhée est élevée parmi les enfants de 6-35 mois, en particulier, dans le groupe d’âges 12-23 mois, où
elle atteint un maximum de 29 %. Par ailleurs, on note que le type d’installation sanitaire utilisé par le ménage
semble influencer la prévalence diarrhéique, celle-ci étant plus faible dans les ménages qui utilisent des
toilettes améliorées et non partagées (16 %) que dans ceux qui utilisent les toilettes améliorées et partagées
(19 %).En outre, on constate des variations importantes selon les régions (Graphique 10.3). C’est dans les
régions du Sud-Ouest (12 %), du Sud (13 %) et Centre-Nord (13 %) que l’on enregistre la prévalence la plus
faible. Cette proportion est la plus élevée dans les régions de l’Ouest (24 %), du Nord-Ouest (22 %), du
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un
astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle
a été supprimée.
1
Se reporter au tableau 2.1 pour la définition des catégories.
2
Se reporter au tableau 2.2 pour la définition des catégories.
3
Types d'installations sanitaires qui seraient considérées comme « améliorées » si elles
n'étaient pas partagées par deux ménages ou plus.
Le tableau 10.9 présente, pour les enfants de moins de 5 ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux
semaines ayant précédé l’interview, le pourcentage de ceux pour lesquels on a recherché des conseils ou un
traitement auprès d’un établissement sanitaire ou d’un prestataire de santé et les pourcentages de ceux ayant
reçu différents traitements quand ils étaient malades. Pour 27 % des enfants malades, un traitement ou des
conseils ont été recherchés pour traiter la diarrhée. Cette proportion est de 25 % en cas de diarrhée simple et
37 % en cas de diarrhée avec sang. Ce sont les enfants de moins de 12-23 mois qui ont le plus fréquemment
bénéficié de recherche de conseils et de traitements quand ils avaient la diarrhée (35 %). Selon les régions, les
résultats montrent que c’est dans le Centre-Est (35 %), l’Ouest (33 %) et surtout dans le Sud (45 %) que la
proportion d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement est la plus élevée. Par contre,
dans le Nord-Ouest, seulement 16 % des enfants ont bénéficié d’une recherche de traitement ou de conseils.
Pour traiter la diarrhée, les résultats montrent que dans seulement 17 % des cas, on a donné aux
enfants malades des liquides de sachets SRO ou de liquides SRO préconditionnés. Dans 6 % des cas, les
enfants ont reçu une Solution Maison Recommandée et, globalement, 22 % ont reçu l’une et/ou l’autre forme
de TRO. Par ailleurs, dans 38 % des cas, les enfants malades ont reçu davantage de liquides. Globalement,
49 % des enfants ont bénéficié d’une TRO et/ou ont reçu davantage de liquides. En outre, d’autres traitements
ont été donnés pour guérir l’enfant : il s’agit, dans 13 % des cas, d’antibiotiques, dans 1 % des cas de
médicaments antimotilité et/ou de suppléments de zinc et dans 40 % des cas, des remèdes maison ou d’autres
médicaments. Il faut souligner que 27 % des enfants malades n’ont reçu aucun traitement. Dans le Nord-Est,
cette proportion atteint 47 %.
Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à
l’enfant. Le tableau 10.10 présente les résultats concernant les pratiques alimentaires suivies pendant la
diarrhée de l’enfant. Il ressort que 38 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu plus de liquides que
d’habitude, 31 % en ont reçu la même quantité et, en revanche, 20 % en ont reçu un peu moins et 8 %
beaucoup moins. En ce qui concerne la nourriture, on relève que dans seulement 8 % des cas, les rations
alimentaires ont été augmentées. Elles n’ont pas changé dans 34 % des cas et pour 37 % des enfants, elles ont
été un peu diminuées. Signalons par ailleurs que dans 9 % des cas, l’alimentation a été réduite, voire très
réduite (7 %) et même arrêtée dans près de 4 % des cas. Ces résultats montrent donc que la majorité des
femmes ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes
diarrhéiques.
Pendant la diarrhée, 36 % ont continué à être alimentés normalement et ont reçu davantage de liquides
et/ou ont bénéficié d’une TRO, conformément aux directives internationales. Parmi les très jeunes enfants de
moins de 6 mois, cette proportion n’est que de 15 %. Globalement, seulement 38 % d’enfants ont, à la fois,
reçu davantage de liquides et ont continué à être alimentés normalement (c’est-à-dire ont reçu plus d’aliments,
la même quantité ou juste un peu moins).
Note : La TRO comprend le liquide préparé à partir des sachets de Sels de Réhydratation Orale (SRO), le liquide et les Solutions Maison Recommandées (SMR).
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée.
1
Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels.
Note: Pendant la diarrhée, il est recommandé de donner davantage de liquides aux enfants et de ne pas réduire les quantités de nourriture.
1
« Continuer à s’alimenter »comprend les enfants dont les quantités de nourriture ont été augmentées, ceux pour qui elles sont restées identiques ou ceux qui en ont reçu un peu moins pendant les épisodes
diarrhéiques.
Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés.
1
On considère que les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique si l'enfant utilise des toilettes ou des latrines, si les matières fécales sont jetées/rincées
dans des toilettes ou des latrines ou si elles sont enterrées.
2
Se reporter au Tableau 2.2 pour la définition des catégories.
3
Type d'installations sanitaires qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n'étaient pas partagées par deux ménages ou plus.
L
a malnutrition constitue un problème de santé publique en Côte d’Ivoire. Comme c’est le cas dans les
pays en voie de développement, elle affecte surtout les groupes vulnérables que sont les enfants de
moins de 5 ans, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. De nombreuses études montrent que
la malnutrition pendant la grossesse et au début de l’enfance contribue de manière directe ou indirecte
à la mortalité infantile, infanto-juvénile et maternelle. Elle est la cause sous-jacente de plus de la moitié des
décès des enfants et des millions d’autres handicaps à vie en raison des effets sur le développement mental et le
potentiel d’apprentissage de l’enfant qui sont affaiblis. La malnutrition entraine également une augmentation
des dépenses de santé et une perte de la productivité nationale allant de 2-3 % du PIB (Lancet, 2008)1.
Les données collectées au cours de l’enquête ont permis, d’une part, d’évaluer l’état nutritionnel des
enfants et des femmes ainsi que les pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant et, d’autre part,
d’estimer la prévalence de l’anémie chez les enfants, les femmes et les hommes. Ces données sont essentielles
à l’élaboration, à la mise en place et au suivi de la politique d’amélioration de la situation nutritionnelle des
femmes et des enfants en Côte d’Ivoire dont l’un des objectifs les plus importants est de parvenir à une
prévalence cible de 10 % d’insuffisance pondérale en 2015 et réaliser ainsi l’un des Objectifs du Millénaire
pour le Développement qui consiste à : « Réduire de moitié, entre 1990 et 2015 la proportion de la population
qui souffre de la faim ».
1
The Lancet, 2008. Maternal and child undernutrition: an urgent opportunity. London, UK.
L’évaluation de l’état nutritionnel des enfants est basée sur le concept selon lequel, dans une
population bien nourrie, les répartitions des mensurations des enfants, pour un âge donné, se rapprochent d’une
distribution normale. Il est, en outre, généralement admis, que le potentiel génétique de croissance des enfants,
pour un âge donné, est le même dans la plupart des populations, indépendamment de leur origine.
Sur cette base, à la fin des années 1970, l’OMS a recommandé que l'état nutritionnel des enfants soit
mesuré à partir de la comparaison avec celui d'une population de référence intern