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Financement des PME à Mbujimayi

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

UNIVERSITE OFFICIELLE DE MBUJIMAYI


«U.O.M »
Email: [email protected]
B.P.2105
MBUJIMAYI
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

PROBLEMATIQUE DU FINANCEMENT DES PEMS A MBUJIMAYI CAS DE LA


COMMUNE DE DIULU

Par TSHYNIAMA KATEMBUE GRACIA

Travail de fin de cycle Présenté et


Defendue en vue de l’obtention de grade
de gradué en Sciences Economiques et
de Gestion

ANNEE ACADEMIQUE 2020-2021


Page |I
P a g e | II

0. INTRODUCTION

0.1. Phénomène observé

Dans le cadre de sa politique de développement économique et social, le gouvernement a


mis l'accent sur la promotion de l'initiative privée et du développement participatif. A ce
titre, la Petite et Moyenne Entreprise(PME) a été identifiée comme l'un des leviers
essentiels au développement en ce sens que les effets d'entrainement sur le reste de
l'économie en termes de création d'emplois, de diversification de la production et
d'utilisation des ressources productives sont réels.

L'émergence des entreprises à laquelle on assiste est venue en réponse à un contexte


socioéconomique en pleine mutation : exode rural massif, échec des réformes
économiques, chômage et inégalités de revenus.

En parallèle, un courant de pensées s'est progressivement développé 1décrivant les micros


entreprises non seulement comme un moyen de lutte contre la pauvreté, mais aussi comme
une solution aux problèmes de croissance dans les pays en développement. C'est dans une
telle perspective que depuis ces deux(2) dernières décennies, les autorités avec l'appui des
partenaires s'adonnent à promouvoir cette catégorie d'entreprise.

Cependant, la proportion des PME en fonction des efforts consentis à leurs égards semble
toujours inquiétante. De ce fait, ces entreprises rencontrent beaucoup de difficultés qui
contraignent leur épanouissement. Parmi lesquelles, figure le problème de l'accessibilité
au financement.

C'est dans ce cadre que s'inscrit la présente étude dont le choix du thème « Problématique
du financement des PME à Mbujimayi : cas de la commune de DIULU » a été motivé par
des raisons tant d'ordre personnel, que scientifique.

La problématique du financement des PME est récurrente en République Démocratique


du Congo en général et particulièrement dans la ville de Mbujimayi. Elle est d'autant plus
préoccupante dans la commune de Diulu, surtout que les PME constituent pour l'essentiel,
des chances de sortir du sous-développement.

Une étude faite sur un secteur aussi important que celui de la finance est donc d'un apport
remarquable aussi bien pour les différents acteurs intervenant dans le processus du
financement que pour tous les agents économiques en général.

D'un point de vue personnel, amorcer cette étude est un fait fondamental du fait qu'elle
constitue un jalon de réflexion et d'étude de « ce qui se fait » et de « ce qui devrait se faire
» pour accéder au financement.

Les PMES font depuis quelques années l’objet d’une attention croissante de la part tant
des pouvoirs publics que des économistes. Elles sont identifiées comme l’un des leviers
1
Plan quinquennal de développement (1986-1990), Morrison et Ali(1996), Charte des PME du Burkina Faso(2010) entre
autres.
P a g e | III

essentiels au développement en ce sens que les effets d’entrainement sur le reste de


l’économie en termes de création d’emplois, de diversification de la production et
d’utilisation des ressources productives sont réels.
L’émergence des PMES à laquelle on assiste est venue en réponse à un contexte
socioéconomique en pleine mutation : exode rural massif, échec des réformes
économiques, chômages et inégalités de revenus.
Aujourd’hui les PMES sont considérées non seulement comme un moyen de lutte contre
la pauvreté, mais aussi comme une solution aux problèmes de croissance dans les pays en
voie de développement comme la République Démocratique du Congo. C’est dans cette
perspective que le gouvernement Congolais et les partenaires internationaux s’adonnent à
promouvoir cette catégorie d’entreprise.

0.2. Etat de la question

Dans le but d’éviter les redites, de prélever les failles ainsi que les conclusions auxquelles
les autres chercheurs ayans abordé le même thème ont abouti, cette phase de la recherche
scientifique nous a été d’une importance capitale.

Dans cette rubrique, nous retraçons certaines idées sur les travaux de nos prédécesseurs et
nous dirons en quoi le nôtre est original, ou en quoi consiste notre dépassement.

Cette partie nous a permis, par des lectures soutenues, de faire un inventaire ou un bilan
des connaissances antérieurement acquises, ainsi que de tous les différents documents
écrit (ouvrages, mémoires, articles, revue …) que nous avons consulté pour l’élaboration
de ce travail.

Ces divers documents consultés, nous ont servi de références et ont sans doute enrichi la
partie théorique de ce mémoire. En voici les résumés critiques :

0.3. Problématique

La spécification de la problématique nous permettra d’abord de justifier l’existence d’un


problème de financement et par la suite, de formuler les interrogations sur les raisons d’un
tel état des faits.
Les petites et moyennes entreprises en Afrique en général et en République Démocratique
du Congo en particulier souffrent d’un accès au financement limité qui contraint ainsi
l’émergence et leur développement. L’autofinancement et le crédit informel restent les
principales sources de financement de celles-ci. Ces mécanismes sont cependant, peu
prévisibles, limités et ne garantissent pas de ce fait, l’épanouissement de ces entreprises à
cause de la modicité des sommes prêtées et des échéances de remboursement très courtes.
La difficulté des PMES à accéder aux financements bancaires décriée partout en Afrique
et dans le monde n’a pas épargné celles de la RDC en général et celles de la ville de
Mbujimayi en particulier. C’est pourquoi, consciente du rôle majeure que joue les PMES
P a g e | IV

dans l’économie du pays et préoccupée par la difficulté d’accès au financement, la RDC a


favorisé l’accès des PMES au financement par la simplification des différentes procédures
et conditions de fond y relatives en accord avec les institutions bancaires.
Malgré l’existence des textes, il est important de signaler que les PMES dans notre pays
en général et en particulier dans notre ville de Mbujimayi éprouvent toujours d’énormes
difficultés pour évoluer et même pour survivre par manque de financement. Ainsi
l’activité financière est en train de devenir un véritable enjeu économique pour le
développement des petites et moyennes entreprises en RDC.
Il importe de s’interroger sur ce à quoi est due la difficulté des PMES à accéder au
financement? Autrement dit, nous nous posons la question de savoir pourquoi à
Mbujimayi, les PMES n’ont pas un accès facile au financement bancaire? 2
0.4. HYPOTHESE

Pour répondre à la question posée ci-haut, nos recherches partiront de l’hypothèse selon
laquelle la difficulté des petites et moyennes entreprises à accéder au financement serait
causée :
 Au manque d’informations nécessaire sur la capacité de remboursement des PMES
par les banques ;
 Aux conditions complexes que les banques imposent aux PMES pour accéder aux
crédits ;
 Au manque de confiance de la part des banques suite à l’insolvabilité des PMES.

0.5. OBJECTIFS
Ce présent travail poursuit comme objectif principal la redynamisation des activités des
PMES par la facilitation à l’accès au crédit. Ce qui aura justement une certaine
répercussion sur l’économie de la ville de Mbujimayi.
Les objectifs spécifiques que nous poursuivons au terme de notre travail sont :
 Identifier les problèmes qui font que les PMES ne trouvent pas facilement le
financement auprès des banques ;

 Formuler une appréciation globale du financement des activités des PMES par les
banques dans notre ville.

0.6. INTERET DU SUJET


Notre travail fournit l’essentiel d’informations aux entrepreneurs sur le financement de
leurs activités tout en mettant en évidence les obstacles auxquels ils doivent faire face
pour trouver le financement auprès des banques et formule quelques propositions tout en
ouvrant les pistes de solution pour l’amélioration de l’accès des PMES au financement.
0.7. CHOIX DU SUJET
Le choix de ce sujet a été motivé par des raisons personnelles et scientifiques en ce sens
que les PMES sont une véritable opportunité de sortir du sous-développement.
2
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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Du point de vue personnel, faire cette étude est très important pour moi du fait qu’elle
constitue un jalon de réflexion d’étude de « ce qui se fait » et de « ce qui devrait se faire »
et de « ce qui doit se faire » dans des institutions financières comme les banques en terme
de financement.
Du point de vue scientifique, cette étude nous permettra de concilier la théorie à la
pratique. Un acquis qui nous permettra de mener une analyse complémentaire aux travaux
antérieurs et de proposer des actions de soutien aux PMES en vue d’une véritable
promotion du financement bancaire à l’égard des celles-ci.
0.8. DELIMITATION

Notre travail se limite à l’identification des vraies causes de la non accessibilité des PMES
de la commune de Diulu (ville de Mbujimayi) au financement auprès des banques pendant
la période de temps couverte par notre enquête soit de mai à octobre 2021
0.9. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Outre l’introduction et la conclusion générale notre travail comporte quatre chapitres qui
traitent respectivement de :
Chap. I : Approche théorique des PMES et des financements
Chap. II : la méthodologie ;
Chap. III : l’analyse et l’interprétation des données.
Page |1

CHAPITRE I. APPROCHE CONCEPTUELLE

Ce chapitre a pour objectif la compréhension des quelques concepts relatifs au sujet


traité et se subdivise en trois sections dont la première portera sur la notion sur les
PME, la deuxième traitera de la notion sur les crédits bancaires et enfin la troisième se
focalisera sur la notion des banques commerciales.

Section 1. Notions sur les PME

1.1. Approche théorique des PME

Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) forment l'armature de la plupart des


économies et en sont une source essentielle de croissance économique, de dynamisme et
de flexibilité aussi bien dans les pays industrialisés, que dans les pays en développement.
Ces entreprises jouent un rôle essentiel dans la création d'emplois et mieux, constituent
aujourd'hui la forme dominante d'organisation de l'entreprise.

Des financements sont cependant nécessaires pour les aider à créer et développer leurs
activités. Les PME dont l'existence et l'importance sont une spécificité de l'économie ne
peuvent donc s'épanouir que si les formes variées de financements proposés par les
établissements financiers ne leur permettent de couvrir leurs besoins.

A cet effet, des courants de pensées ont tenté de définir le concept de « PME », de mettre
en évidence ses besoins pour parvenir au problème de financement en s'appuyant sur
diverses théories dont celle de « l'agence ».

Ainsi, proposons-nous à travers le présent chapitre, d'expliquer d'abord le concept de «


PME ~ et d'énoncer ses principaux besoins (financiers), d'analyser ensuite la notion de
financement et enfin d'aborder les fondements théoriques du financement de ces
entreprises.

1.2. Aspect Général des PME

Si l'entreprise en général est une unité économique qui combine des ressources limitées en
vue de créer des richesses profitables, qu'en est-il du cas spécifique des PME ?

1.2.1. Contexte historique

Le secteur de la micro entreprise est la manifestation visible des stratégies économiques


développées surtout par les populations défavorisées face aux différentes agressions de
toutes sortes qu'elles subissent notamment depuis la mise en oeuvre des politiques
d'ajustement structurel.

Un secteur considéré a l'origine comme un phénomène marginal, voir même préjudiciable


au bon fonctionnement de la nation à cause de son statut pour la plupart qualifié d' «
informel » échappant donc aux recettes fiscales et de sa concurrence qualifiée de «
déloyale » avec ses produits vendus à des prix disproportionnels avec le pouvoir d'achat
des populations. Il s'est progressivement imposé au point d'être reconnu aujourd'hui
comme un secteur à part entière avec lequel il faut désormais compter au même titre que
Page |2

le secteur moderne compte tenu de son poids important et sans cesse croissant; tout au
moins en tant que principal pourvoyeur d'emplois et élément pertinent de lutte contre la
pauvreté.

En RDC en particulier, cette tendance est l'aboutissement de plusieurs réformes


intervenues. En effet, la non maitrise de la croissance démographique depuis ces vingt(20)
dernières années s'est avérée conséquente sur les différents indicateurs économiques. Un
phénomène qui a augmenté l'offre d'emplois pour le secteur public; naguère principal
pourvoyeur d'emplois aux diplômés, avec pour corollaires le chômage des jeunes, l'exode
rurale massif des populations.

L'Etat a de ce fait pris conscience de ses limites à absorber tout seul, le nombre d'étudiants
sortis des grandes écoles et des centres de formation professionnels. Face à un tel
contexte, la politique économique à travers l'action sur la consommation, l'investissement
et les dépenses publiques se voulait plus adaptée pour accroître le revenu national. A ce
titre, les Petites et Moyennes Entreprises(PME) ont été identifiées comme l'un des pôles
majeur de croissance de l'économie.

C'est ainsi que au cours de ces deux(2) dernières décennies, l'Etat s'emploie activement
dans ce sens à promouvoir l'auto emploi. A ce jour, l'importance en nombre et en emplois
de ces entreprises n'est plus à démontrer. On assiste à un essaimage des micros entreprises
permettant aux populations rurales et urbaines de s'insérer dans la vie économique, au
point de regrouper aujourd'hui 30% des emplois, et de contribuer à environ 80% au tissu
économique (FEC, 2006).

Mais que pourrait bien renfermer la notion de PME ?

1.1. Définition des PMES

Il serait ambiguë de donner ou de recenser toutes les définitions proposées par la


littérature économique pour donner une définition classique de la PMES, car il y autant de
définition qu’il y a des conceptions légales à travers le monde. Néanmoins, nous donnons
quelques définitions.
Selon l’organisation pour la coopération de développement économique l’O.C.D.E, on
appelle petite et moyenne entreprise, toute entreprise n’employant pas plus de 500
personnes.3
Selon la banque mondiale, les PMES sont des entreprises engagées dans les activités
comportant les difficultés d’accès sous la forme d’infrastructures et de ressources
humaines et qui n’ont pas d’accès aux crédits des institutions financières.

3
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa.
Page |3

Pour les USA, on appel petite et moyenne entreprise, celle dont le chiffre d’affaire annuel
ne dépasse pas un million de dollars.

En République Démocratique du Congo, on appelle petite et moyenne entreprise


conformément à l’ordonnance loi n°73-011 du 5 janvier 1973, toutes les entreprises
agricoles, individuelles et commerciales ou de services qui sont la propriété ou des
sociétés au capital détenue en majorité par des personnes physiques de nationalité
congolaise dans lesquelles toutes les fonctions de gestions, c’est-à-dire administration,
finance production, commercialisation, approvisionnement sont exercés par le chef
d’entreprise.
Il est souvent reproché à cette définition d’avoir un caractère inapproprié et sommaire.
Cette définition met surtout l’accent sur la nationalité des propriétaires qui ne doivent etre
que de nationalité congolaise, donc le législateur tend à réserver le secteur des PMES aux
seuls entrepreneurs nationaux. Et, elle insiste sur la concentration de la gestion au niveau
de chef d’entreprise.
La charte du PMES de mars 2006 définit la PMES comme toute unité économique dont la
propriété revient à une ou plusieurs personnes physiques ou morales et qui présentent des
caractéristiques suivantes :
Nombre d’emplois permanents 1 à 200 personnes ;
Chiffre d’affaires hors taxes compris entre 1 et 400 milles USD ;
Tenue de comptabilité selon le système comptable en vigueur en
RDC ;
Valeur des investissements mise en place pour les activités de
l’entreprise inférieure ou égale à 350 milles USD ;
Mode de gestion concentré ou ouvert à la décentralisation.

Malgré tous les détails et précisions que nous apporte cette dernière définition, il est
reproché une faiblesse à celle-ci : l’utilisation d’une monnaie étrangère (dollar américain)
dans le texte définissant les PMES en RDC.4

L’appellation PME recouvre une panoplie de définitions et ainsi, il n’existe pas une
définition unique de la PME, le choix des critères utilisés par un pays pour définir une
PME est souvent commandé par les raison qui motivent l’opération d’identification.

4
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Mbujimayi.
Page |4

Aussi ces critères sont retenus de manière différente selon les textes législatifs ou
réglementaires instituant des dispositifs d’aides à la direction des PME 5.
La plupart de définition rencontrées sont fondées les unes sur les chiffres d’affaires
et les autres sur les effectifs employés ou sur le capital investi. De même, ces définitions
différents d’un pays à l’autre à cause de non-conformité de la taille de l’économie à
l’échelle internationale. La catégorie des PME comme l’on peut remarquer, englobe à
la fois des petites entreprises et celle qui dépassent légèrement le niveau de petites
entreprises, c'est-à-dire, les moyennes entreprises.

C’est à partir de trois textes légaux contradictoires que nous dégageons la définition
de la PME en RDC.

La loi n°73-011 du 05 janvier 1973 qui porte sur création de l’office de promotion des
PME congolaises, OPEC en sigle, définit la PME par rapport aux deux critères : la
nationalité du promoteur et la concentration des fonctions de gestion par le chef
d’entreprise.

Décret-loi n°086 du 10 Juillet 1998, définit les PME en fonction du nombre d’employés,
ne dépassent pas 200 personnes et dont la valeur totale du bilan ne dépasse pas
448.000.000 Franc congolais. Cette définition est celle adoptée légalement par la
république Démocratique du Congo.

Par PME ou PMI, l’article 2 de la loi n°004/2002 portant code de l’investissement,


point y, entend « les entités économiques sont constituées soit sous forme
d’entreprises individuelle ou soit sous forme sociétaire. Dans le premier cas, la
propriété revient aux personnes physiques et le chef d’entreprise est tenu d’assurer lui-
même les fonctions de gestion financière est administrative, dans le second cas, il
s’agit des sociétés employant au moins cinq employés.

En République Démocratique du Congo, De même que dans notre ville de Mbujimayi, on


trouve un certain nombre de textes législatifs qui protègent et promeuvent la PME
mais malgré les textes, sur le plan pratique, de Mbujimayi traverse des situation qui ne
fournissent pas son éclosions d’une façon générale et quantitative, une PME est un
établissement dans lequel toutes les décisions importantes portant un l’administration,
la gestion, la production et les techniques à mettre en place, sont reprises par une
seule personne, le chef de l’Entreprise.

En effet, les petites et moyennes entreprises ont été mises dans la même catégorie
parce que partout, ces entreprises présentent les mêmes caractéristiques et elles
connaissent les mêmes difficultés en matières de gestion.

Nous donnons dans les lignes qui suivent les caractéristiques des petites et moyennes
entreprises, le rôle qu’elles joue actuellement dans les économies des pays et les
quelques difficultés qu’elles rencontrent plus précisément dans notre ville.

5
Charte des petites et moyennes entreprises
Page |5

1.2. Caractéristiques d’une PME

Inversement à la définition apportée à la PME qui diffère d’un pays à l’autre, les
PME présentent des caractéristiques communes à travers le monde, dont on
examinera successivement.

a. Du point de vue organisationnel

Diverses caractéristiques permettent de dresser un profil organisationnel type de la


PME, entrainant à penser qu’il existe une spécificité des PME de :

 Petite taille ;
 Centralisation et personnalisation de la gestion autour du propriétaire dirigeant ;
 Faible spécialisation du travail ;
 Stratégie intuitive ou peu formalisée, forte proximité des acteurs ;
 Système d’information interne simple et peu formalisé ;
 Système d’information externe simple basé sur les contacts directs ;

On peut également ajouter :

 La proximité entre patron et employés ;


 La faible formalisation ;
 Le recours à l’écrit n’est pas primordial, du fait de l’importance de l’ajustement
mutuel ;
 Quasi absence de niveaux hiérarchiques.

Il en résulte que les PME sont caractérisées par l’unicité de la direction d’une part. En
effet, celui qui possède le contrôle exerce lui-même la direction où la corrélation
entre la démarche de l’entreprise et la nature de son chef. D’autre part, les PME sont
caractérisées par l’utilisation des méthodes de gestion peu développées.

De ce fait, les PME possèdent une capacité d’adaptation rapide aux événements et
aux fluctuation de l’environnement économique et ce, grâce à la simplicité de leurs
structures et la faiblesse de leurs engagements.

b. Du point de vue juridique

La plupart des PME ont le statut juridique d’une société à responsabilité limitée
(SARL) ou bien d’une société anonyme (SA). Les SA sont en réalité des entreprises
familiales camouflées en fausses sociétés des capitaux. Le caractère familial de la
majorité des PME a pour conséquence une forte répercussion des établissements
familiaux sur la vie de l’entreprise et réciproquement.

c. Autres caractéristiques

Les PME présentent les caractéristiques communes suivantes :

 Le petit entrepreneur travaille et produit en général pour le marché local ;


Page |6

 Les petites entreprises, pour la plupart d’entre elles, sont exploitées uniquement
par la propriétaire lui-même et par des membres de sa famille, bien que dans
de nombreux cas des travailleurs à temps partiel soient également employés ;
 Les femmes représentent un pourcentage relativement élevé des propriétaires ou
des travailleurs dans le secteur des PME ;
 L’épargne personnelle ou l’argent familial constituent la source essentielle de
capitaux pour la création des petites entreprises;
 L’accès aux circuits officiels de crédit et à d’autres formes de soutien est minime ;
ou inexistant ;
 Les micro-entreprises et les petites entreprises, pour la plupart d’entre elles,
tiennent une comptabilité incomplète et inadéquate ;

Les petites entreprises ne sont en général pas officiellement enregistrées et paient


rarement des impôts réguliers.

1.3. Rôles de PME


1.3.1. Dans l’économie des pays du monde.

Que ce soit dans les pays en développement ou bien des pays développés, les PME
occupent une place importante. En effet « personne ne peut contester aujourd’hui, le
rôle primordial que peuvent jouer les PME constituent l’un des éléments les plus
dynamiques de la croissance économique et sociale dans la stratégie du
développement de chaque pays »6.

Voici ce que dit Laurent FABIUS à ce sujet : (Assemblée Nationale Française 1983)
« le rôle des PME est essentiel au moins sur quatre points : l’emploi ; l’aménagement
du territoire, l’innovation et l’exportation.

Tous ces éléments montrent que la micro-initiative et la création d’unité à taille


humaine correspondent à un besoin et permettent de relever les défis à l’avenir.

Selon Monsieur WELA, le rôle que jouent les PME en RDC, se regroupe à deux
niveaux7; dans le contexte particulier post-conflit de la RDC et dans la vision du
développement du secteur privé.

Par rapport au contexte particulier post-conflit de la RDC, la PME doit contribuer à


l’élargissement de la base productive, à la création de l’emploi et des richesses, et à la
large distribution des revenus notamment à l’intérieur du pays. Et par rapport au
second niveau, la PME a un double rôle à jouer :

 Contribuer efficacement à la réalisation d’un taux de croissance durable


minimum
 Contribuer à la réduction de la pauvreté, à la création de l’emploi et des richesses
et à la distribution équitable du revenu.

6
MUSTAFA FARES, « Nouvelles technologies des financements des PME », la presse de 14/01/2003.
7
WELA in quel type de PME pour la reconstruction de la RDC n°103/104 novembre 2004 p12
Page |7

Les PMES sont des acteurs importants à la performance économique et sociale des
plusieurs pays du monde, elles permettent la résolution des problèmes fondamentaux du
développement par l’intégration de la population au processus de développement
économique.

C’est depuis le milieu des années 70 que la PMES apparait comme un vecteur essentiel de
croissance économique et comme un relais indispensable de la grande unité. Sur base
d’une étude documentaire étendue, le rapport de l’observation intitulé : « les PMES en
Europe en 2003 » affirme que les PMES sont les moteurs de la croissance économique.
Ce rôle moteur peut être mieux compris au travers des impacts extérieurs qu’ont les
PMES sur l’économie dans son ensemble.

1.3.2. Rôle économique de PMES

1.3.2.1. Augmentation de la consommation des ressources locales


Les PMES sont aptes à utiliser les ressources locales suite à la faiblesse de leurs
investissements, elles éprouvent des difficultés pour importer les matières qui nécessitent
beaucoup de devise et formalités. Pour pallier à cela, elles se tournent vers de sources
intérieures d’approvisionnement contribuant ainsi à réduire la dépendance à l’égard des
importations et à accroitre le marché intérieur.
1.3.2.2. Création des foyers de richesses
L’existence et/ou la promotion des PMES constitue pour l’Etat une source importante de
mobilisation des recettes publiques par le biais de la fiscalité. Elle facilite également la
mobilisation de l’épargne privée.8
1.3.2.3. Intégration industrielles et innovations technologique
Les PMES dans leur version PMI contribuent à l’essor de l’industrie et de l’innovation
technologique. Elles sont des vecteurs de diffusion des connaissances, lesquelles
deviennent ainsi accessibles et peuvent etre commercialisées par la grande entreprise au
travers de transferts de technologie ou l’acquisition. Elles occupent aussi une place
prépondérante dans la fabrication des pièces et des composantes pour la grande entreprise
en raison de la spécialisation de leur compétence et de leur coût de production.
1.3.3.4. Augmentation de la concurrence et la diversité sur le marché
Les PMES par leurs innovations, amènent des nouveaux produits adaptés aux besoins des
consommateurs sur le marché. Ce qui crée une concurrence avec les anciens produits et
amène une diversité sur le marché. Cette situation amène les entreprises existantes à
améliorer la qualité de leur produit ainsi que leur productivité en fin de rester compétitives
sur le marché. Ce qui implique une augmentation du PIB.

1.3.2. Rôle social des PMES


8
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa.
Page |8

1.3.2.1. Créations d’emplois et lutte contre le chômage


Les PMES constituent la catégorie d’entreprises longtemps marginalisées pour tant
créatrices de richesses et d’emplois. D’ailleurs elles contribuent largement à la lutte
contre la pauvreté et constitue 80 % de l’économie formelle de la RDC.
En RDC, le secteur de PMES représente plus de 90 % du marché de l’emploi ; il est
relativement plus créateur d’emplois et réduit jusqu’à un certain pourcentage le chômage.
La lutte contre le chômage constitue la préoccupation de tous les pays surtout les pays en
voie de développement qui souffrent d’un taux de chômage élevé. La RDC a été victime
de pillage des années 90 et 91 et de retombée de la guerre, c’est ce qui a occasionné la
destruction des unités de production, un départ massif des entrepreneurs, la fermeture des
plusieurs entreprises locales. Ce désinvestissement a conduit au chômage ; c’est dans cet
environnement de dégradation du tissu économique que la population s’est lancée dans la
création des petites unités de production entre autre le PMES pour se prendre en charge.
1.3.3.2. Contribution à la lutte contre la pauvreté
La pauvreté constitue aujourd’hui l’un des facteurs incitatifs à la création des PMES,
lesquels s’avère dans une certaine mesure comme une stratégie de survie. Ainsi à ce sujet,
l’effort de PMES ne peut faire l’objet de contestation car, elle arrive tout de même à faire
vivre la population congolaise ne fut ce que satisfaire les besoins primaires (besoin
alimentaire, besoin vestimentaires, etc.).
1.3.3.3. Contributions à l’apprentissage et à la formation
Les PMES constituent en fait un terrain où se forment beaucoup d’entrepreneurs dans des
domaines variés tels que la gestion, la commercialisation et tant d’autres domaines (par de
séminaires). Elle s’avère un lieu propice au développement de l’esprit d’innovation. 9
1.4. Types de PME

Il y a deux types de PME qui sont :

Celles œuvrant dans l’économie structurée ou PME formelles, groupées dans la


plupart au sein de l’OPEC (office de promotion des PME congolais) ;

Celles œuvrant dans le secteur non structuré de l’économie ou PME informelles. Ce


sont des activités productrices hors les normes légales : par définition, les entreprises
du secteur informel ne sont pas déclarées et ne déclarent pas leur main d’œuvre.
Elles sont donc illégales parce qu’elles ne respectent pas les règles de leur
existence et de leur fonctionnement.

Le secteur informel en RDC occupe à l’heure actuelle 25% de la population active. Le


reste de cette population active, soit 75% se réfugient dans d’autres activités parmi
lesquelles, les activités agricoles d’autosuffisance.

Le secteur informel comprend donc les activités ci-après :


9
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa.
Page |9

Les petites ou très petites entreprises qui fonctionnent sur un modèle des activités
modernes : les activités de restauration, de réparation, de transformation,…

Les activités spécifiques commerciales petites boutiques, petits vendeurs, coiffeur,


porteurs, etc.

Les activités de menus services : laveur de voitures, cireurs, coiffeurs, porteurs,…

Les activités de type traditionnel, culturel, spirituel ou psychologique : guérisseurs,


féticheurs, marabouts, pasteurs, charlatans, …

Un grand nombre de demandeurs d’emploi transitent par ce secteur salarié. Ils ne


peuvent accepter de quitter le secteur pour l’emploi salarié que si les salaires proposés
dans le secteurs salariés sont nettement supérieurs aux revenus retirés dans les
activités informelles.

1.5. Les aspects d’évaluation des PMES

Il existe deux principaux aspects d’évaluation des PMES à savoir : aspect quantitatif et
aspect qualitatif.

1.5.1. Aspect quantitatif

L’un de critères pour arriver à catégoriser les entreprises reste celui de l’effectif des
employés dans une unité de production. En plus, le bilan comptable et le chiffre d’affaires
d’une entreprise sont encore autant des critères qui permettent de la catégoriser. C’est le
cas de plusieurs pays du monde notamment : la Belgique, la Grande Bretagne, etc.

1.5.2. Aspect qualitatif

En ce qui concerne l’aspect qualitatif, le degré de dépendance et de responsabilité, le


mode de gestion sont autant des critères qui permettent de catégoriser les PMES. C’est le
cas de la France.

1.6. Sources de financement des PME

Les caractéristiques des PME, qu’elle soient quantitatives ou qualitative s mettent en


évidence la différence existante entre la petite et la grande firme. Cette différence
nous laisse penser qu’il existe une logique financière propre à cette catégorie
d’entreprises, car comme le constate Monsieur Michel Marchesnay « La théorie
financière de la petite entreprise reste à élaborer».

En effet, les PME en Mbujimayi, selon, nos recherches ne disposent que de leurs
ressources propres (autofinancement, augmentation du capital) et des ressources
extérieures leasing, ressources bancaires, pour financer leur croissance à long et
moyen terme, et ne reçoivent aucun n’appui de l’Etat.

Cette pratique d’appui de l’Etat pour le financement de PME a existé de 1973 à 1990,
il existait une institution « Fonds de garantie » c'est-à-dire un fond que l’Etat
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congolais à mis à la disposition des banques pour garantir l’octroi de crédit pour le
PME.

En 1990, la fédération d’entreprise congolais, FEC, en sigle avait bénéficié des offres
de la coopération française non seulement pour financer mais pour aussi servir de
garantir pour les PME.

Et seule la Direction générale des impôts, DGI en sigle, applique un allégement du


point de vue fiscal et considère les PME comme toutes institutions ou entreprises
ayant un chiffre d’affaire de moins de 400.000 USD l’an.

Il est très important de signaler que les PME congolaise en général et plus
particulièrement celles de la ville de Mbujimayi ont vraiment de difficultés de
financement pour leur expansion mais aussi les conditions des banques sont assez
dures pour elles.

Enfin, outre, ces ressources, les PME peuvent obtenir des crédits à court terme afin de
financer leur exploitation (les crédits mobilisables, les crédits de trésorerie).

Difficultés rencontrées par les PME

Les PME rencontre plusieurs difficultés dans notre ville et ces dernières sont
constatées sur diverses plan entre autre :

Sur le plan managérial, elle tient au fait que les entrepreneurs qui sont les patrons des
PME sont les personnes moins averties en matière de gestion, le manque d’une main
d’œuvre spécialisée ou qualifiée, faute d’un enseignement intégré.

Sur le plan financier, les PME n’accèdent pas facilement au marché financier, ce
qui rend leur développement très difficiles.

Sur le plan psychosocial, il s’agit donc de l’influence de la famille étendue qui présente
une attitude de mépris à l’égard du travail manuel, effet de démonstration, oisiveté
liée au souci de bien vivre, préférence du présent, des avantages immédiats à
l’avenir, et l’état d’esprit orienté vers les activités spéculatives.

Sur le plan juridique, l’on enregistre une absence quasi-totale du cadre juridique, la
présence de la coutume en matière de succession qui entraîne la disposition de la firme
par la mort de son entrepreneur.

Sur le plan institutionnel, il sied de souligner la faiblesse du cadre institutionnel


chargé de la promotion des PME, le manque de coordination entre les différentes
organisations pouvant concourir à la promotion des PME et une carence d’assistance
pèse dans l’évolution de ces entreprises.

Bref les PME, sont dans notre environnement des entreprises sans soutient considérable
mais, nous essayerons de comprendre que dans cette auto-prise en charge les PME
peuvent-elles réellement aller de l’avant.
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1.7. La taille
En RDC, la taille de l’entreprise est déterminée par l’effectif des employés et le chiffre
d’affaires. Dans ce petit tableau ci-dessous, voyons la catégorisation.
Grande
Catégories Micro entreprise Petite entreprise Moyenne entreprise
entreprise
Nombre
1à5 6 à 50 51 à 200 201 à plus
d’employés
Chiffre
d’affaires en 1 à 10.000 10.001 à 60.000 60.001 à 400.000 400.001 à plus
USD
Tableau n°1 : Taille de la PMES
Source : tableau conçu à partir des données de la charte de PMES de mars 2006 (Freddy Katengu

Dans ce tableau, il ressort clairement que toute entreprise qui engage jusqu’à 200
travailleurs et dont le chiffre d’affaires ne peut pas dépasser 400.000 USD se trouve bel et
bien dans la catégorie de PMES.

SECTION 2. LES FONDEMENTS THEORIQUES DU FINANCEMENT DES PME

2.1. L'apport de l'économie de l'information

La relation « banque-entreprise » est une relation complexe basée le plus souvent


sur une information imparfaite et incomplète (Sylvie Cieply et Bernard
Parañaque, 1997). Les banques ne possèdent pas toutes les informations sur les
projets présentés par les entreprises. De même, les entreprises ne connaissent pas
les stratégies suivies par les banques par rapport à la décision d'accord des crédits,
et les méthodes d'évaluation du risque. Ce phénomène qualifié « d'asymétrie
d'information » a fait l'objet d'études de plusieurs auteurs à travers différentes
théories permettant de comprendre le comportement des banques dans le processus
de financement. Dans la relation de crédit entre les bailleurs de fonds et les PME,
l'asymétrie d'information est définie comme le fait pour les emprunteurs de
posséder plus d'informations que les bailleurs de fonds sur leur propre entreprise
(Fraser et al, 2001). Il est évident que les promoteurs d'entreprises connaissent
mieux leur situation financière et les opportunités d'affaires qui s'offrent à eux, que
les prêteurs.

Calomiris et Hubbard, (1990) pensent que les entreprises disposent d'une


information sur le degré de risque de leurs projets. De plus, elles sont les seules à
connaitre l'usage qu'elles font des sommes empruntées. Ce contexte informationnel
accroît le risque moral et le risque d'anti-sélection pour les banquiers. Il existe donc
sur le marché du crédit une imperfection de l'information qui génère des
phénomènes de sélection adverse, et d'aléa moral.

De l'avis de H.Varian (1998) la sélection adverse est due au fait qu'un coté du
marché ne puisse observer la qualité du produit que l'autre partie lui propose. En
effet, sur le marché du crédit, les emprunteurs donnent toujours une bonne image
P a g e | 12

de leurs projets aux prêteurs afin d'obtenir le crédit. Cela conduit les banques à
financer des projets risqués en lieu et place des projets à faibles niveaux de risque.

Quand a l'aléa moral, c'est une situation dans laquelle un coté du marché ne peut
observer le comportement de l'autre (comportement cachée). L'emprunteur peut
donc affecter le crédit à d'autres fins.

Bardhan et Udry (1999) pensent pour leur part qu'il est artificiel de traiter
séparément les questions de sélection adverse et d'aléa moral parce que plusieurs
environnements économiques sont caractérisés par un mixage des deux problèmes.

Pour Akerlof(1970), Diamand et Dybvig(1975), le phénomène d'asymétrie


d'information conduit à des comportements opportunistes de la part de
l'emprunteur. C'est dans ce contexte que Jaffée et Russel(1976) distinguent dans
leurs modèles les emprunteurs honnêtes et ceux malhonnêtes. Ils assimilent les
emprunteurs honnêtes aux entreprises qui, estimant les coûts d'une éventuelle
défaillance de leurs projets élevés, décident de rembourser. Quant aux emprunteurs
malhonnêtes, ils préfèrent faire faillite en proposant des taux d'intérêts plus élevés.

Le phénomène d'asymétrie d'information auquel la banque fait face est donc dû au


fait qu'il est difficile pour elle de distinguer les bons et les mauvais emprunteurs.

Pour éviter une telle situation, Stieglitz et Weiss(1978) proposent aux banques de «
rationner )) le crédit en limitant l'offre destinée aux entreprises. Dès lors, lorsque
les entreprises adoptent des comportements opportunistes pour bénéficier d'un
crédit, la banque peut préférer limiter son offre de crédit aux emprunteurs. Ce
modèle de rationnement rejoint l'idée de Hodgman(1980) qui, partant d'une
logique Keynésienne (l'offre faisant la demande), pense qu'il faut ajuster par la
quantité (volume) du crédit et non par le coût comme le préconise Swazi(1978).
Dans ces conditions, la demande excédant la quantité offerte sur le marché du
crédit, il subsistera une demande excédentaire émanant des entreprises, qui ne sera
pas satisfaite.

Toutefois, ce modèle ne nous semble pas applicable dans le contexte particulier du


secteur bancaire burkinabè où 75% des micros crédits est fait par les structures de
micro finances dont les caisses populaires contre seulement 25% par les banques
(Rapport de BCC, 2008). En effet, La proportion du crédit octroyé par les banques
étant minime, celles-ci ne peuvent jouer significativement sur l'offre de crédit.

Il est beaucoup plus question d'ajustement par les taux d'intérêt pour faire face a la
sélection adverse et d'exigence de garantie pour éviter l'aléa moral. C'est pourquoi
la théorie dite de « l'agence » basée essentiellement sur ces principes se justifie
beaucoup plus dans le cadre de notre étude permettant ainsi d'expliquer le
comportement des banques dans le financement des PME.

2.2. Approche de la théorie de l'agence


P a g e | 13

Les théories générales de la firme (Théories des contrats, des coûts de transactions
entre autres), qui considèrent l'entreprise comme le lieu où cohabitent des parties
contractantes a intérêts divergents, distinguent deux grandes fonctions dans
l'entreprise: Celle de la gestion confiée au manager et celle de contrôle dévolue aux
associés ou aux propriétaires.

Etant donné que pour les micros entreprises (notamment les PME), il existe très peu
de cas de séparation entre la fonction de gestion et celle de contrôle, (puisque dans
presque la totalité des cas, les chefs d'unités de production sont propriétaires du
capital qu'ils utilisent), la théorie des contrats (agence) se justifie beaucoup plus en
ce qui concerne les relations entre l'entreprise et la banque. La valeur estimée de
l'entreprise et au delà, sa capacité d'endettement sera fonction du degré de
l'asymétrie d'information entre les deux partenaires.

Pour M. Jensen et W. Meckling (1985), la relation d'agence est « un contrat dans


lequel une ou plusieurs personnes ont recours aux services d'une autre personne
pour accomplir en leur nom une tâche quelconque, ce qui implique une délégation
de nature décisionnelle ». Le principal (la banque) peut limiter les conséquences
négatives des divergences d'intérêts avec l'agent (entreprise) par des incitations
appropriées et des dispositifs de contrôle.

Ainsi, d'après la théorie de l'agence, le créancier est confronté a deux types


d'incertitudes en matière de prêt: «l 'aléa moral » dû au fait que le débiteur peut
changer de comportement une fois en possession du prêt et la « sélection adverse »
liée à l'application par le créancier de conditions de prêts plus onéreuses( taux
d'intérêt et garantie ) obligeant les emprunteurs a « risque moins élevé ~ a renoncer
au prêt, car les taux de rendement qu'ils anticipent sont relativement faible.

Par ce procédé, la banque applique donc des conditions de prêts pour « contrecarrer
» le comportement opportuniste des entreprises ; toute chose qui contraint leurs
demandes de financements.

Les Petites et Moyennes Entreprises de part donc leur importance, revêtent


plusieurs formes en fonction de leurs niveaux d'investissement, de leurs chiffres
d'affaires réalisés et du nombre d'employés en leur sein. Elles éprouvent toutes au
quotidien des besoins qui font l'objet de demandes de financement auprès des
établissements financiers. Le choix de ces structures est le plus souvent motivé par
un comportement rationnel des entreprises, qui pour autant doivent remplir
certaines conditions pour l'obtention d'un financement. L'approche théorique a
permis essentiellement de se pencher sur les différents concepts, à travers des
réflexions menées par quelques auteurs sur la relation banqueentreprise. Une
relation qui nécessite aussi le respect des conditions bancaires par les entreprises.
Toute fois, le financement des PME passe avant tout par une analyse approfondie
des dossiers, selon qu'il s'agisse d'un crédit d'investissement, de fonctionnement ou
d'un engagement par signature, et le suivi d'une procédure établie à cet effet.
P a g e | 14

Les problèmes de financement dans une entreprise comportent des enjeux vitaux puisque
leur résolution est une condition nécessaire pour sa survie, ses perspectives d’avenir, ses
performances présentes et futures ainsi que pour l’autonomie de ses propriétaires et de ses
dirigeants.

Ainsi, pour financer ses besoins, l’entreprise dispose d’une diversité des ressources
provenant des différentes sources. Fondamentalement on distingue trois sources de
financement constituées de fonds propres, des dettes et d’autres modes alternatifs de
financement.

2.1. Le financement par ressources propres

Les fonds propres peuvent etre d’origine interne ou externe. Les ressources internes
proviennent des excédents que l’entreprise engendre durant l’exercice par l’ensemble de
son activité. Les ressources externes correspondent aux ressources qui ont été
effectivement apportées par les actionnaires ultérieurs, à l’occasion de l’augmentation du
capital.

2.1.1. Les ressources propres d’origine interne : l’autofinancement

L’autofinance est la part de la capacité d’autofinancement qui restera à la disposition de


l’entreprise pour etre réinvestie. Il constitue de façon générale le pivot du financement des
entreprises et, pour certaines d’entre elles, la source exclusive du financement dans les
phases décisives de leur développement.

Le caractère fondamental de cette ressource tient au fait qu’elle ne vient pas seulement
s’additionner à des ressources externes d’un montant déterminé mais constitue le pivot à
partir duquel le financement externe sera sollicité et attiré par l’entreprise. Ceci est justifié
pour deux raisons fondamentales.

Son montant fournit une indication relative aux performances de l’entreprise, un


autofinancement élevé rassure les apporteurs des capitaux externes sur les possibilités de
rémunération et de mise en valeur de ce qu’ils peuvent fournir ;

C’est l’autofinancement qui crée la capacité de remboursement de l’entreprise. Il


donne ainsi une mesure du risque de non recouvrement que les apporteurs des capitaux
supportent du fait de l’entreprise.10

2.1.2. L’importance de l’autofinancement

L’autofinancement constitue l’une des ressources de financement les plus utilisées par les
entreprises. Son importance réside dans le fait que :

Il traduit la capacité ou aptitude de l’entreprise à assurer la reproduction des


capitaux qui lui sont confiés. Il permet seul de constituer un financement indépendant,

10
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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stable et capable de secréter des fonds grâce auxquels seront remboursés les emprunts
souscrits.

A ce titre, il constitue la fondation sur laquelle pourra s’édifier une politique de


financement viable ;

Son niveau actuel et son évolution récente sont parmi les éléments essentiels que les
apporteurs des capitaux externes chercheront à prendre en compte avant d’accepter de
s’engager dans l’entreprise. Un niveau satisfaisant d’autofinancement apparait ainsi
comme la condition fondamentale pour l’obtention d’autres sources de financement.
Ainsi, le financement externe apparait comme un complément et non comme un substitut
des ressources procurées par l’autofinancement.

2.1.3. Les limite de l’autofinancement

Au de la de toutes ces considérations, il convient toutefois de faire remarquer les limites


de l’autofinancement :

Premièrement, l’autofinancement à lui seul ne peut pas etre suffisant pour les
besoins de développement de l’activité. Il faut alors envisager d’autres sources de
financement car en ne se fiant qu’aux possibilités de l’autofinancement, l’entreprise peut
ainsi passer à côté d’investissements rentables ;

Deuxièmement, c’est leurre que de croire que l’autofinancement n’a pas de coût. Le
coût explicite est en effet nul, mais il s'agit d’un coût d’opportunité qui est, par essence,
difficile à évaluer. Les fonds réinvestis dans l’entreprise auraient pu avoir usage
alternatif sur le marché financier. La distribution de la totalité ou d’une partie sous
forme de dividende est une autre alternative et peut répondre mieux aux exigences de
rentabilité de nouveaux actionnaires. L’autofinancement ne contribue à la richesse de
l’actionnaire que si la rentabilité des nouveaux investissements est supérieure à la
rentabilité exigée par les actionnaires. Ces derniers pouvant trouver ailleurs, sur le
marché financier, par exemple un meilleur usage de leur part des bénéfices,
l’autofinancement a un coût implicite, qui est l’exigence de rentabilité minimum des
actionnaires.

ANALYSE DES BESOINS FINANCIERS DES PME

« Il n'est question de financement que pour celui qui en exprime le besoin. »(Jules
Besançon, 1998). Le fondamental à une demande de financement est donc l'évaluation des
besoins financiers nécessaires a l'entreprise. Plusieurs besoins interviennent durant leur
cycle de vie courant.

I : Le besoin d'investissement

De l'avis de J-Y-SAUQUIN et C.H D'ARCIMOLE, (2001)) « L'investissement est un


accroissement des outillages et des énergies disponibles. Investir, c'est améliorer en
P a g e | 16

consentant un sacrifice. C'est aussi prélever un arbitrage entre le présent et l'avenir ».


Pour une entreprise, investir c'est mettre aujourd'hui en oeuvre des moyens financiers pour
a travers des activités de production et de ventes, générer des ressources financières sur
plusieurs périodes ultérieures. C'est la transformation de la monnaie en actif physique.
Indépendamment de la recherche de la rentabilité qui est l'objet même de son existence,
l'entreprise doit assurer et stimuler sa croissance a moyen et long terme. Ces impératifs ne
peuvent être atteints que dans la mesure où elle investit permanemment.

Plusieurs catégories d'investissements sont a distinguer. Ce sont essentiellement : les


investissements immatériels qui recouvrent toutes les dépenses à long terme (autres que
les achats d'actifs fixes), les investissements mobiliers qui pour leur part regroupent
l'ensemble des actifs physiques tels que les machines, le matériel de bureau, l'outillage, et
les investissements financiers ( épargne) qui se présentent sous la forme de prêts et dépôts
à long terme ou par l'achat de titres de participation.

L'entreprise est donc amenée a entreprendre des projets indispensables a sa croissance et à


sa survie. Pour cela, la rentabilité des investissements projetés et leur acceptabilité doit
être vérifiée. La prise d'une décision d'investissement par l'entreprise se fonde le plus
souvent sur un certain nombre de critères : Ce sont entre autres le principe de la valeur
actuelle, le principe de l'actualisation, et celui du taux interne de rentabilité.

Toutefois, ces investissements quand bien même leur nécessité ne suffisent pas à atteindre
les objectifs fixés. En effet, l'entreprise a aussi besoin de fonctionner.

II-Le Besoins en Fonds de Roulement(BFR)

La notion de besoin en fonds de roulement correspond au besoin engendré par le cycle


d'exploitation. Le cycle d'exploitation d'une entreprise est constitué par l'ensemble des
opérations exécutées depuis l'achat des matières premières jusqu'à la vente des produits
finis en passant éventuellement par la phase de production (cas d'une entreprise
industrielle). Les immobilisations à elles seules ne suffisent pas au fonctionnement de
l'entreprise.

En effet, celle ci achète des matières premières, vend des produits finis, règle ses
fournisseurs et recouvre ses créances clients. De même, elle entretient des relations avec
l'Etat a travers la douane et les services fiscaux. De fait, importer ou exporter représente
un coût pour les entreprises qui s'y donnent. Le coût de l'entrepôt en magasin, de
l'admission temporaire ou encore le coût de l'enlèvement des marchandises sont entre
autres les obligations auxquelles les PME doivent se soumettre pour une bonne fin de
leurs opérations. De même, la soumission aux « marchés )) publics de l'Etat, nécessite des
concours bancaires pour non seulement assurer la garantie des travaux à réaliser, mais
aussi pour le démarrage et la bonne exécution de ceux-ci.

L'analyse financière du cycle d'exploitation fait intervenir la notion de Besoin en Fonds de


Roulement (BFR). Le BFR s'intéresse aux éléments cycliques et varie en fonction du
niveau de l'activité(en rapport avec le chiffre d'affaires). Il a un caractère permanent et
correspond aussi a l'investissement nécessaire dans le cycle d'exploitation du fait du
décalage dans le temps entre les recettes et les dépenses d'exploitation; étant donné que
dans tout cycle, les dépenses précèdent les recettes.
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Techniquement, le BFR est la différence entre l'actif circulant (Stocks + créances de court
terme) et le passif circulant (dettes de court terme) : BFR=Actif circulant- passif circulant

Deux grandes catégories de besoins se présentent donc aux PME: le besoin


d'investissement et le besoin de fonctionnement communément appelé Besoin en Fonds de
Roulement. Ceuxci se traduisent respectivement par une demande de capitaux de long et
de court terme. Toutefois, pour que l'entreprise réalise ses investissements et assure son
fonctionnement quotidien, ces besoins devront nécessairement faire l'objet de
financement.

2.2. LE FINANCEMENT PAR CREDIT

Bien souvent, les fonds propres se révèlent insuffisant pour le besoin de financement des
entreprises, aussi bien au moment de la création que lors du développement de celle-ci.
Dans ce cas, il faut faire appel à des sources de financement externe, c’est-à-dire autres
que les associés, les actionnaires ou l’autofinancement. Plusieurs raisons expliquent cette
situation mais retenons en quelques-unes :

L’endettement permet avant tout de bénéficier de la déductibilité des intérêts au


niveau de l’entreprise. Cet avantage fiscal est loin d’être négligeable, l’effet de
levier qui en bénéficie permet d’améliorer la rentabilité des capitaux propres ;11

Par le truchement de l’endettement, l’entreprise peut transférer certains risques sur


les créanciers au profit des actionnaires ;

Le risque de perte de contrôle de l’entreprise est fortement réduit avec la dette.

Nous distinguons à ce niveau, les emprunts indivis et les emprunts obligatoires. Mais
avant de parler de ces deux types d’emprunts disons un mot sur le crédit.

II.2.1 Financement par crédit

II.2.1.1 Le crédit

L’acte de crédit est défini par trois éléments ou facteurs : un échange économique, un
intervalle de temps et la confiance, c’est-à-dire que tout crédit doit avoir un coût, une
opération passée au temps t, son échéance doit etre au temps t+1 et la confiance.

Le crédit implique une idée de confiance car la partie qui livre son bien présent a
confiance dans l’accomplissement de la prestation future à la date convenue. Il faut croire
sans voir pour que l’opération crédit soit effective. De ce fait, l’élément confiance est très
important dans la notion de crédit.
Signalons que si l’une des conditions ci-haut citées n’est pas remplie, on ne parle pas du
crédit.

II.2.1.2 Les modalités du crédit


11
P a g e | 18

Sur certains points cette analyse est peut etre plus juridique qu’économique. Il y a quatre
façons de concevoir le crédit.

II.2.1.2.1 Selon les garanties

Le crédit est au départ personnel c’est-à-dire lié à la qualité de la personne qui fait la
promesse de payer à l’échéance. Mais pour limiter les risques, les dégâts de non-
paiement, la personne qui octroie le crédit, peut exiger une garantie de telle manière que si
au temps t+1, l’entreprise n’est pas à mesure de s’acquitter de ses obligations vis-à-vis de
son créancier, l’objet en gage pourra etre vendu pour récupérer le fonds.

Cette garantie peut etre mobilière ou immobilière. La différence réside dans le fait que la
première forme de garantie bouge c’est-à-dire peut etre déplacée d’un lieu à l’autre tandis
que la seconde forme ne bouge pas.12

II.2.1.2.2 Selon la destination

Ici nous distinguons le crédit à la consommation du crédit à la production. Crédit à la


consommation, est une forme de crédit que peut contracter un ménage pour une
consommation finale tandis que le crédit à la production est un crédit que peut contracter
une entreprise pour financer son cycle de production.

II.2.1.2.3 Selon la durée

Le crédit se différencie selon la durée de l’écart de temps qui entre en jeu. On distingue 3
sortes de crédit : le crédit à court terme, le crédit à moyen terme et crédit à long terme.
Tout crédit qui ne dépasse pas douze mois est un crédit à court terme. Le crédit qui va
jusqu’à moins de 5 ans est crédit à moyen terme et en fin tout crédit qui va à plus de cinq
ans est un crédit à long terme.

II.2.1.2.4 Selon la personne de l’emprunteur

Lorsque les opérations des crédits se font uniquement avec les individus, sans que l’Etat
s’en mêle, il y a un crédit privé. Au contraire, chaque fois que l’Etat, en tant que tel,
intervient pour accorder ou demander des crédits aux personnes qu’il est chargé de
protéger, on parlera du crédit public.

II.2.3 Les instruments de crédits

On entend par instrument de crédit, tous les documents et titres de crédit qui prouvent
l’existence du crédit. La diversification, les besoins grandissants des trésoreries et le
développement des formes sociétaires de production ont provoqué l’apparition
d’instruments de crédit varié que l’on peut regrouper en deux : public et privé.
12
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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Toutefois, il semble indiqué de grouper ses instruments suivant la durée. Ainsi, il existe des
titres à court terme, à moyen terme, et les titres à long terme.
Les titres à court terme et les titres à moyen terme : le titre à court terme est celui
dont la durée ne dépasse pas 12 mois tandis que ceux à moyen terme ne dépassent pas 60
mois. Ces titres servent aux opérations commerciales et sont liées à la vie d’une entreprise,
dans ses relations avec ses différents partenaires. Il s'agit notamment de : lettre de change, le
billet à ordre, bon de caisse, bon de trésor, etc.

Titre à long terme : dont la durée est au-delà de cinq ans, comprend deux grands
groupes de titres à savoir : les actions et les obligations.
Une action est un titre de propriété, transmissible, négociable et conférant au propriétaire le
droit aux bénéfices réalisés par la société au cours de l’année écoulée (dividendes) tandis
que l’obligation est un titre de créance c’est-à-dire qu’une entreprise emprunte des sommes
qu’elle s’engage dans un délai pouvant aller de quelques années à des dizaines d’années et
promet de payer chaque année un intérêt.13
II.2.3.1 Les emprunts indivis
Il s’agit des emprunts contractés auprès des banques et des établissements financiers
spécialisés. Ils sont dits indivis parce que la dette n’est pas divisible et qu’en outre, la
banque ou l’établissement financier est l’unique interlocuteur de l’entreprise.
En général, ce type d’emprunt est destiné à un projet particulier, et le financement accordé
est accompagné d’une prise de garantie. C’est pourquoi on parle à ce propos de crédit
objectif. C’est ce type de crédit que les banques accordent généralement aux petites et
moyennes entreprises en République Démocratique du Congo.
II.2.3.2 Les emprunts obligatoires
Contrairement à l’emprunt indivis, l’emprunt obligatoire suppose un nombre très élevé
d’interlocuteurs pour l’entreprise et donc par conséquent, un émiettement de la dette. Une
obligation est un titre représentatif d’une dette, la propriété d’une fraction d’un emprunt
émis par une société, une collectivité publique ou par l’Etat. Ces titres de créance sont
négociables et confèrent les mêmes droits de créance pour une même valeur nominale.

SECTION III : LE SYSTEME FINANCIER CONGOLAIS


Le système bancaire et financier congolais est assez diversifié ; il couvre, en principe, tous
les secteurs économiques et répond à la nature des différents financements nécessités par
l’activité économique.
Tout au long de cette section, nous allons tenter d’expliciter le système financier congolais
en donnant l’essentiel d’informations sur son organisation et son fonctionnement. Cette
section est divisée en trois points :
13
Freddy Katengu Menda, mémoire online université de Kinshasa 2009, problématique de financement de petites et
moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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Les principaux aspects de la législation en RDC ;


La fonction et l’utilité du système financier congolais ;
L’organisation et le fonctionnement du système financier congolais.
III.1 Les principaux aspects de la législation bancaire en RDC
La profession bancaire connait, ces dernières années, des profondes mutations dues
notamment à la mondialisation des activités financières, à l’interconnexion des marchés et à
l’informatisation de plus en plus poussée de la gestion.
Ces mutations amplifient les risques traditionnels de la profession autant qu’elles en font
naitre de nouveaux, rendant ainsi nécessaire la mise en place des dispositifs adéquats
d’encadrement. La mise en place de ces dispositifs passe par l’institution d’un cadre
juridique axé sur le contrôle, assurant ainsi la bonne santé du secteur financier en général et
du système bancaire en particulier en tant que vecteur principal de la politique monétaire du
pays.
III.1.1. La Régulation Bancaire
La régulation bancaire est un ensemble de règles, d’incitation et de pratiques des autorités
publiques qui vise à instaurer et à maintenir la stabilité financière. Un système bancaire
financière est stable s’il est capable d’absorber les chocs sans apparition de processus
cumulatifs de nature à empêcher l’allocation des fonds aux projets d’investissement, ou le
paiement des transactions dans l’économie.14
La régulation bancaire a trois composantes interdépendantes. Il s'agit notamment de :
La politique micro prudentielle : qui consiste en une règlementation qui tend à
maintenir en toutes circonstances des établissements de crédit sûrs, sains, solvables et
solides, tout en garantissant les acteurs du secteur financier ;

La politique macro prudentielle : qui s’efforce d’édifier une architecture cohérente et


efficace des institutions et des règlementations. L’action des autorités vise à assurer le bon
fonctionnement de l’industrie bancaire et à prévenir ou à résoudre les crises du système
bancaire et financier ;

La fonction de préteur en dernier ressort : qui est la jonction entre la politique macro
prudentielle et la politique monétaire et est exercée par la banque centrale.
III.1.2 Régulation bancaire en RDC
La régulation de l’activité bancaire en RDC a vu le jour dans les années 1957. Il fallait
attendre cette période de l’histoire pour voir venir le premier texte c’est-à-dire un premier
arrêté du roi de belges règlementant le secteur des banques.
L’histoire de la législation bancaire de notre pays peut etre subdivisée en trois périodes ou
âges. A chaque période correspond une conception et/ou une réglementation toute différente
de l’autre.
Ainsi, la première période commence avec l’arrêté royal du 26 mars 1957 portant
réglementation des banques de dépôts ou commerciales ou il était stipulé à l’article 3, que
14
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moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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seules les entreprises effectuant des activités de réception de fonds dans le court terme
étaient considérées comme des banques. Et ce mot était protégé et réservé uniquement à la
catégorie ci-haut citée.
L’ordonnance loi n° 72-004 du 14 janvier 1972 relative à la protection de l’épargne et au
contrôle des intermédiaires financiers viendra abroger les dispositions de l’arrêté de 1957 et
marquera le début de la deuxième période en élargissant le champ d’application qui
s’étendra à toutes les institutions financières. L’article 7 de cette loi continua à protéger le
mot banque aux seules banques de dépôts.
Actuellement, la régulation des institutions bancaires et non bancaires est régie par la loi
n°003/2002 du 02 février 2002 qui remplace l’ordonnance loi n° 72-004 précitée et marque
le début de la troisième période ou âge.
La présente loi bancaire couvre toutes les entreprises du secteur financier et les définit à
partir de leur fonction économique qui est la réalisation d’operations de banque à savoir :
La réception de fonds publics ;
Les opérations de crédit ;
Les opérations de paiement et la gestion des moyens de paiement. 15
Elle remplace le vocabulaire banque par établissements de crédit. Et sous ce nouveau
vocable, elle regroupe les entreprises ci-après :
Les banques ;
Les coopératives d’épargnes et de crédits ;
Les caisses d’épargnes ;
Les institutions financières spécialisées ;
Les sociétés financières.
Cet élargissement du champ d’application de la nouvelle loi est inspirée par le souci
d’universalité. Il n’affecte ni la diversité du système financier, ni les particularités de chaque
catégorie d’établissement de crédit, qui sont régis par des dispositions spécifiques. Le mot
banque continue a etre protégé.
Notons qu’il existe également une législation spéciale qui règlemente tous les intermédiaires
financiers à statuts spécifiques ainsi que des lois impératives qui s’appliquent à toutes les
catégories d’établissements du système financier sans exception.
III.2 Fonction et utilité du système financier
III.2.1 fonction du système financier
Le système financier permet de transférer des fonds depuis les agents économiques
(ménages, entreprises, pouvoirs publics, le reste du monde) qui épargnent car leur dépenses
sont inférieures à leurs revenus vers les agents économiques qui souhaitent emprunter. Il
joue de ce fait la fonction d’intermédiation entre les agents à capacité de financement et les
agents à besoin de financement.

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moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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Cette fonction d’intermédiation peut etre réalisée de deux manières principales : la première
est appelée finance directe et la seconde est appelée finance indirecte ou finance
intermédiée.
III.2.1.1 finance directe
Il y a finance directe lorsque les unités excédentaires en ressources transfèrent leur épargne
aux unités déficitaires en ressources en leur achetant des titres de créance sur eux-mêmes ou
des actifs réels, c’est-à-dire les emprunteurs obtiennent directement des capitaux de la part
des préteurs en leur vendant des titres sur le marché financier.
Ces titres sont des valeurs mobilières négociables qui représentent les droits de préteurs et
qui procurent un revenu à leurs possesseurs. Ainsi nous distinguons :
Les valeurs à revenu fixe : il s'agit des titres émis aussi bien par le secteur privé de
l’économie que les pouvoirs publics tels que des obligations, le bon de caisse, de bons de
trésor, etc. elles sont appelées à revenu fixe parce que le préteur touche un intérêt stable de
son placement ;

Les valeurs à revenu variable : elles représentent un droit de copropriété sur l’actif
sociétaire et non un droit de créance sur la société. Ce sont des actions et des parts de
fondateurs. Leur rémunération consiste en une dividende, fonction de bénéfice réalisé et
distribué.16
Sachant que les titres sont des droits de créance sur les revenus futurs de l’emprunteur ou
sur ses actifs, ils constituent de ce fait, des actifs pour ceux qui les achètent (les préteurs ou
investisseurs) ; mais de dettes ou engagements pour ceux qui les émettent (les emprunteurs
ou émetteurs).

III.2.1.2. finance indirecte ou intermédiée


Nous parlons de finance indirecte lorsqu’il y a des institutions qui collectent l’épargne des
agents à capacité de financement qu’elles redistribuent aux agents à besoin de financement.
C’est-à-dire que les emprunteurs obtiennent des fonds en s’adressant à des intermédiaires
financiers (en particuliers les banques) qui leur consentent des prêts. Les préteurs quant à
eux prêtent leur argent non pas directement aux agents à besoin de financement mais aux
intermédiaires financiers, spécialement sous forme de dépôts. Ces institutions tiennent leur
importance du fait qu’ils parviennent à rendre compatibles les motivations divergentes des
agents excédentaires et celles des agents déficitaires en ressources.
A l’heure actuelle, il arrive souvent que les préteurs ne veulent pas des valeurs mobilières
que peuvent leur vendre les emprunteurs mais sont prêts à accepter d’autres formes de titres.
Donc les désirs des prêteurs et emprunteurs deviennent impossibles à concilier à travers la
finance directe.
III.2.1.3. utilité du système financier

16
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moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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La formation du système financier revêt une grande importance quelle que soit la manière
dont le transfert de fonds a eu lieu des prêteurs aux emprunteurs. Son utilité tient au fait
que :
Le système financier permet de réduire la part de l’épargne globale qui aurait été
thésaurisée sans son intervention et augmente l’offre de fonds prêtables ;

Pour l’investisseur, prêter ses disponibles lui permet d’obtenir un intérêt. L’existence
de cet acte intérêt peut même inciter à épargner davantage. L’emprunteur quant à lui pense
réaliser un investissement productif de l’argent qu’il emprunte en acceptant de payer en
intérêt une partie de ses profits supplémentaires. En l’absence du système financier, ces
deux agents ne pourraient pas réaliser une transaction mutuellement avantageuse : recevoir
des intérêts pour l’un, et réaliser un investissement rentable pour l’autre ;

L’existence du système financier est également bénéfique pour des emprunteurs qui
ne réalisent pas d’investissement productif. Dans certains pays où le système financier le
permet, la plupart d’acheteurs de logement souhaitent s’endetter pour pouvoir acheter leur
logement. Le système financier permet ainsi une amélioration de l’efficacité de l’allocation
des capitaux au sein de l’économie, ce qui améliore l’investissement et donc la croissance ;

L’importance relative de la finance directe et de la finance intermédiée est une


caractéristique des systèmes financiers contemporains. La profondeur financière d’une
économie peut mesurée par la valeur totale des actifs financiers dans le PIB.
III.3 Organisation et fonctionnement du système financier congolais
Le système financier congolais est organisé de la manière suivante :
La Banque centrale du Congo ;
Les Etablissements de Crédit ;
Les Intermédiaires Financiers à Statuts Spécifiques ;
Les Associations Professionnelles. 17

III.3.1 La Banque Centrale du Congo (BCC)


La banque centrale du Congo est l’unique institution chargée d’émission et de la gestion du
système financier en République Démocratique du Congo. La banque centrale exerce bon
nombre d’activités ou rôles en dehors de celui d’institut d’émission et de banque des
banques à savoir :
Contrôler la monnaie et le crédit dans l’économie ;
Assurer les relations financières avec l’étranger ;
Assurer le rôle du caissier de l’Etat ;
Conseiller le gouvernement en matière économique, financière et monétaire.
III.3.1.1 Institut d’émission

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La banque centrale jouit du privilège de l’émission des billets de banque (de la monnaie
fudiciaire). Elle en détient le monopole donc elle est l’unique institution chargée de
l’émission de billets de banque dans notre pays.
III.3.1.2 banque des banques
La banque centrale ne traite qu’avec les banques ou avec des institutions à caractère
bancaire. Elle n’accorde du crédit qu’aux institutions financières. C’est de la que vient son
appellation de banque des banques.
III.3.1.3 Contrôler la monnaie et le crédit
Etant responsable de l’ensemble de la gestion monétaire du pays, la banque centrale a aussi
pour mission de contrôler la masse monétaire en circulation par l’influence qu’elle peut
exercer sur le volume de crédit que les banques privées accordent à l’économie ainsi que sur
celui qu’elle-même accorde aux trésors.
III.3.1.4 Assurer les relations financières avec l’étranger
La banque centrale joue un rôle important dans les relations financières avec l’étranger. En
effet, c’est elle qui gère les réserves d’or et de devises du pays. Il lui revient de régulariser le
fonctionnement du marché de change et de veiller à la stabilité extérieure de la monnaie.
III.3.1.5 Caissier de l’Etat
C’est généralement la banque centrale qui effectue, pour compte de l’Etat, tous les
paiements et encaisse toutes les recettes de l’Etat en se conformant aux instructions
administratives émanent du gouvernement.
En vue d’assurer ce service, elle ouvre sur tout le territoire du pays, dans chaque siège,
chaque succursale, chaque agence un compte courant au nom de l’Etat, appelé compte
général du trésor. C’est à ce compte que sont finalement centralisées toutes les opérations
financières de l’Etat.
III.3.1.6 Conseiller financier du gouvernement
Ayant le contrôle sur le volume de la monnaie et du crédit, généralement caissier et
banquier de l’Etat, la banque centrale est l’institution qui est la mieux indiquée pour
conseiller le gouvernement sur la sauvegarde de l’intérêt public en matière financière et
monétaire voire matière économique de façon générale. 18
III.3.2 Les Etablissements de crédit
Sous le vocable établissements de crédit, nous retrouvons les entreprises ci-après :
Les banques ;
Les coopératives d’épargne et de crédit ;
Les caisses d’épargne ;
Les institutions financières spécialisées ;
Les sociétés financières.

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moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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Selon la loi bancaire en vigueur dans notre pays, les établissements de crédits sont tenus,
avant d’exercer leurs activités, d’obtenir l’agrément de la banque centrale. Cet agrément est
subordonné à certaines conditions de fond dont l’existence et la réunion sont contrôlées par
la banque centrale lors de l’instruction de la demande d’agrément. Ces conditions sont
d’ordre juridique et économique.
a. Les conditions juridiques
Pour obtenir l’autorisation de la banque centrale du Congo, les conditions juridiques à
remplir sont les suivantes :
1. Les banques doivent etre constituées sous la forme de société par action à responsabilité
limité (SARL) ;

2. Elles doivent justifier d’un capital minimum libère, déterminé par la banque centrale ;
3. Ses dirigeants ne doivent pas etre frappés par une interdiction professionnelle.

b. Les conditions d’ordre économiques


Ces conditions portent sur l’existence d’un besoin économique évident justifiant
l’implantation de l’établissement de crédit ainsi que l’adéquation des moyens techniques et
financiers au programme d’activité.
III.3.2.1 les Banques
Les banques commerciales sont les seuls établissements de crédit habitées à la fois et d’une
façon générale, à recevoir du public des fonds à vue, à terme fixe ou avec préavis et à
effectuer toutes les autres opérations de banque.
En RDC, elles constituent, les banques de dépôts, jusqu’à l’heure actuelle la source
principale interne de financement des activités économiques congolaises aussi bien en ce
qui concerne le crédit destiné au fond de roulement que celui de l’équipement.
III.3.2.2 Les institutions financières spécialisées et les sociétés financières
Les sociétés financières et les institutions financières spécialisées ne peuvent recevoir du
public des fonds à vue ou à moins d’un an que si elles y sont autorisées à titre accessoire
dans les conditions définies par la banque centrale. Elles sont des établissements de crédit
auxquels l’Etat a confié une mission d’intérêt public. Elles ne peuvent effectuer d’autres
opérations de banques que celles afférentes à leur mission.
Il s’agit notamment du fonds de promotion de l’industrie et de la société de financement du
Développement.
III.3.2.3 La société de financement du développement (SOFIDE)
Quoiqu’elle soit autorisée à recevoir des dépôts, la société de financement du
développement, depuis sa création, n’a pas recouru à cette nature de ressources. Elle a plutôt
privilégié la mobilisation de ressources provenant des emprunts en devises à l’extérieur pour
financer les différents projets d’investissements lui présentés. Cette société n’existe plus que
de non en République Démocratique du Congo. 19

19
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moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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III.3.2.4 Le fonds de promotion de l’industrie (FPI)


Cet organisme a été créé pour financer le développement industriel du pays et est alimenté
en ressources à partir de la parafiscalité. Il s’agit d’une taxe prélevé sur la vente au détail
des biens produits et/ou commercialisés sur toute l’étendue du pays d’une part et prélevé à
l’importation d’autre part.
III.3.2.5 Les caisses d’épargnes et coopératives d’épargnes et de crédit
Le financement du développement économique implique une mobilisation soutenue de
fonds prêtables pour pouvoir répondre aux besoins des agents à déficit de ressources. Ce
rôle a été joué durant de nombreuses années c’est en1950 qu’apparait la première caisse
d’épargne du Congo.
Autorisées à recevoir de l’épargne, ces entreprises ont connu une intense activité dans la
mobilisation de l’épargne durant la période allant de 1984 à 1990. Suite à la crise de pénurie
de liquidités en banques, elles sont aujourd’hui virtuellement en faillite, car la grande partie
de leurs emplois étaient fait sous forme de dépôts à terme dans les banques.
III.3.3 Les intermédiaires financiers à statuts spécifiques
Cette catégorie d’intermédiaires financiers regroupe toutes les entreprises financières qui ne
sont pas régis par la loi n°003-2002 du 02 février précitée. Il s’agit notamment de :
Les sociétés d’assurances ;
Les loteries ;
Les bureaux de change ;
Les messageries financières ;
Les institutions de micro-finance.

III.3.3.1 Les sociétés d’assurances

La société nationale d’assurance SONAS en sigle jouit d’un monopole du marché


d’assurance en RDC depuis sa création en novembre 1966. Elle récolte de fonds de façon
obligatoire auprès des contribuables. Fonds qu’elle place dans les banques afin de
contribuer de façon active dans l’économie du pays.

III.3.3.2 Les loteries

Les loteries sont les entreprises financières auxquelles les pouvoirs publics ont confié la
mission de financer les actions sociales et économiques sur fond de bienfaisance.

III.3.3.3 Les bureaux de change et les messageries financières

Ces deux types d’entreprises interviennent avec les moyens de paiement dans le système
financier congolais. Ils sont à un nombre relativement élevé dans notre pays.

III.3.3.4 Les institutions de micro-finance

Depuis les années quatre-vingt, la micro finance a pris dans le monde et plus
particulièrement dans les pays en développement une ampleur considérable. Ces institutions
P a g e | 27

dans leur grande majorité, favorisent l’accès des populations pauvres aux services
financiers. En RDC, ce sont ces entreprises qui octroient plus de crédit aux PMES. 20

II.3.3.5 Les associations professionnelles

La loi cadre n°003-2002 du 02 février 2002 qui représente aujourd’hui le secteur financier
en République Démocratique du Congo oblige les entreprises du secteur précisément les
Etablissements de crédits et les institutions de micro finance de pouvoir se regrouper et
former des associations professionnelle.

CHAPITRE 2. METHODOLOGIE ET PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE


Apres une théorie importante et approfondie consacrée aux différentes expressions telle
que petites et moyennes entreprises et secteur informel, nous voici au second chapitre
basé sur la méthodologie choisie et la présentation du milieu d’étude qui est notre champ
20
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moyennes entreprises par les institutions financières en RDC : cas de la ville de Kinshasa
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de recherche Le second chapitre abordera la question relative au secteur informel de la


ville de Mbujimayi et cela à travers diverses sections et points bien alignés, ainsi par
le chapitre, nous comprendrons comment différents auteurs aborde l’expression
secteur informel et plus particulièrement les aspects qui le caractérise, quel type
d’activité y exercées, et certaines règlementations tant économique que juridique se
trouvant dans ce secteur.

Section 1. Méthode et technique

Tout travail scientifique demande, pour son élaboration, une méthode et une
technique qui permettent au chercheur de rassembler les données dont il a besoin,
les analyser, de trouver l’explication au phénomène observé afin de saisir la vérité
qu’il recherche.

1.1. Méthode

Sachant que l’observation seule de faits ne conduit pas à une connaissance scientifique,
car il faut pouvoir en tirer hypothèse ou des lois permettant d’interpréter la réalité.
Ainsi, nous pouvons être conduit à vérifier une hypothèse en l’appliquant un cas
d’observation.

D’où, dans notre travail nous utilisons une « démarche inductive ou la méthode
inductive » qui part de l’hypothèse pour l’appliquer à un cas d’observation. Nous posons
a priori l’hypothèse d’une relation entre différentes variables, et l’applique ensuite à
l’étude d’un certain nombre d’observation.

Portant des différents hypothèses (principe ou supposition), nous allons descendre sur
terrain essayer des recensé sur certain nombre des faits (PME) en partant des règles
générales pour arriver à une conséquence (conclusion) tout en précisant qu’on provient
d’un certain nombre ou un ensemble axiomatique de départ.

Par cette méthode, nous arriverons à tirer des conclusions allant du général aux
particuliers enfin de répondre à nos différentes interrogations.

1.2. Technique

Dans le cadre de notre travail scientifique ici présent, nous avons pu utiliser une
seule technique plus ou moins efficace que nous appelons «technique documentaire»
technique qui nous permet d’élaborer ou de construire l’armature conceptuelle,
théorique et empirique de notre étude à travers la consultation de travaux déjà réalisés
tels que les travaux de fin d’étude (TFE ou mémoire), des travaux de fin de cycle
(TFC), des articles, des ouvrages et des publications sur internet.

1.2.1. L'observation

L'observation comme moyen de collecte de l’information a consisté à capter les


comportements des acteurs aussi bien des agents de la banque que
P a g e | 29

des promoteurs des PME au moment où ils se produisent. De cette technique, nous
avons été témoin des évènements, des tenants et des aboutissants des demandes de
financement ainsi que les contraintes qui y sont liées. Toute chose qui nous a permis de
définir sur cette base nos différentes variables.

1.2.2. L’interview suivie de l'enquête

L'interview est une situation de communication entre deux individus (un interviewer et un
intervieweur), dans l'intention de faire révéler par l'interviewer l'information que nous
recherchons. Il s'agit donc des différents échanges que nous avons eus avec certains
agents et responsables de la banque. La prise de contact avec ceux-ci, nous a permis
d'effectuer un passage à la direction de l’exploitation habilitée pour les études
de crédits aux entreprises et aux particuliers. Ainsi, par ce procédé, nous avons mené une
enquête, en collectant par échantillonnage, quelques dossiers de financement d'entreprises
rejetés pendant le 1er semestre de 2010.

Les critères de sélection des PME

Les dossiers concernés par notre enquête sont ceux relatifs aux entreprises de type PME,
c'est-à-dire dont le chiffre d'affaires n'excède pas 250 millions avec un personnel inférieur
à 200 personnes.

Justification de l'échantillon

L'échantillon considéré porte sur soixante-dix (70) entreprises que nous avons collectées
afin de mener à bien notre analyse. Ce choix représentatif se justifie du fait que notre
échantillon constitue environ 70/ 94, soit 74,47% de la population globale.

1.3.3. La recherche documentaire

La recherche documentaire consiste à examiner avec soin et de façon méthodologique


l'ensemble des documents disponibles et susceptibles de nous aider dans la réalisation de
notre mémoire. Il s'est agi à cet effet de l'appropriation de la CHARTE des PME.

En outre, la consultation d'ouvrages pédagogiques, l'utilisation des mémoires et rapports


de stages et le recours à internet, nous ont permis de mener à bien nos recherches.

La recherche documentaire étant indispensable pour toute recherche, elle nous a permis
d'avoir des éléments d' appréciation nécessaires à la rédaction, ainsi que des
éclaircissements sur certaines interrogations.

Néanmoins, en plus des entretiens effectués auprès des différentes PME, une collecte de
données a eu pour objectif de mener une analyse empirique sur la problématique du
financement. Les résultats de cette analyse devront à même, nous permettre de faire
ressortir les réelles difficultés des PME dans l’accessibilité au financement. Tel
est l'objet du prochain chapitre.

1.3.4. Organisation de l’enquête


P a g e | 30

1.3.4.1. La population d’étude

L’univers d’enquête autrement appelé population d’étude est une population sur laquelle
l’enquête porte. L’ensemble des humains, caractérisé, dont on cherche à connaitre les
origines, les besoins, les relations.

La population cible dont il est question ici, c’est l’ensemble des PME de la ville de
Mbujimayi.

1.3.4.2. Echantillon

En général, il est recommandé de constituer un échantillon si on veut étudier une


population numériquement importante. C’est suite à l’impossibilité de travailler et avec
toutes les populations d’enquêteur qu’on ramène l’univers d’enquête à un échantillon
proportionnellement représentatif.

Foulquie définit l’échantillon comme étant un ensemble de cas choisis dans une
population de manière à le représenter et pouvant servir l’échelle pour l’application de cas
du même genre21.

Compte tenu de notre univers d’enquête constitué d’une centaines de PME, nous avons au
prélèvement d’un échantillon occasionnel constitué de 50 PME dont les caractéristiques
sont présentées dans les points ci-dessous.

1.3.4.3. Instrument d’enquête et administration

Nous nous sommes servis d’un guide d’interview comme outil nous permettant de mener
à bon port nous enquêtes sur terrain. Le guide était constituer des questions ouvertes des
PME de la ville de Mbujimayi en rapport avec les sources de financement le crédit
bancaire.

A tous ceux qui pouvaient lire et écrire, nous avons remis le questionnaire, mais pour ceux
qui ne pouvaient pas remplir le questionnaire d’eux-mêmes pour des raisons soit
d’incapacité de lire d’écrire, soit d’indisponibilité ou manque de temps, nous remplissions
nous même au regard de leur réponses aux questions posées soit en français, soit en
Tshiluba.

Notre instrument d’enquête le guide d’interview n’avait que 3 parties essentielles. La


première était consacrée à l’identification de l’entrepreneur de la PME qui portait sur les
variables : Sexe, Age, Etat civil, Niveau d’étude et la deuxième partie était constitué des
questions destinées au dirigeant des PME. L’objet social, l’âge e l’entreprise et le capital
utilisé par ces derniers et enfin, nous avions la troisième partie constituée des questions
destinées aux dirigeants de PME.

SECTION 2. Historique sur la province du Kasaï-Oriental et la ville de Mbujimayi

21
Foulquie, Dictionnaire de la langue pédagogique, Paris, P.U.F, 1971, p125.
P a g e | 31

L’histoire de la ville de Mbujimayi remonte à la découverte de diamant à la confluence


des rivières Mbujimayi et Muya par le professeur anglais G. Young au service de la
Forminière.

En vue de l’exploitation du diamant, la Forminière s’installe sur le site qui faisait partie
intégrante du territoire des Bakwanga où elle construit de 1948 à 1958 une cité minière
pour ses travailleurs.

A côté de la cité minière se greffe la petite cité administrative du nom de Bakwanga,


chef-lieu du territoire portant le même nom. En 1960, les politiciens baluba proclamèrent,
le 09 août par la voie d’Albert KALONJI, la naissance de l’Etat minier du Sud Kasaï.
Celui-ci deviendra par la suite l’Etat autonome du sud Kasaï avec Bakwanga comme
chef-lieu.

La sécession fut combattue et anéantie par le pouvoir centrale et à la place de l’Etat


autonome du sud Kasaï naitra la jeune province du Kasaï-Oriental, qui devint l’une de
onze provinces composant la République démocratique du Congo par l’ordonnance loi
N°66/205 du 06 avril 1966. La province du Kasaï oriental maintient Bakwanga comme
chef-lieu. C’est l’ordonnance loi N° 66/221 du 03 mai 1967 qui reconnut Bakwanga
comme sous-région urbaine du nom de Mbujimayi. Le statut de la ville fut donc reconnu à
Mbujimayi en 1968.

C’est par l’ordonnance loi N°82-006 du 25 février 1982 portant organisation territoriale,
politique et administrative de la République, spécialement en soin article 52, modifiée et
remplacée par le décret-loi N°081 du 27 mars 1997 portant organisation territoriale et
administrative de la République démocratique du Congo spécialement en son article 54
qu’elle est devenue une entité administrative décentralisée dotée de la personnalité
juridique. L’article 53 du même décret-loi fait d’elle le chef –lieu de la province du Kasaï-
Oriental.22

I.2 Description de la province du Kasaï-Oriental et de la ville de Mbujimayi

Le Kasaï-Oriental est l’une des vingt-six provinces annoncées de la République


démocratique du Congo prévues par la Constitution de 2006.
Du point de vue de sa toponymie, cette province emprunte son nom au bassin
hydrographique du plus puissant affluent du fleuve Congo, situé sur la rive gauche : la
rivière Kasaï, nom qu’a porté la province du Kasaï sous la colonisation belge. Le
qualificatif oriental a été attribué à la partie orientale de cette ancienne province lors de sa
scission en deux, en 1966. Aujourd’hui, ce qualificatif se rapporte au seul district de
Tshilenge, un des trois districts qui formaient le Kasaï-Oriental de l’ère Mobutu. Ce
district, créé en 1977 et auquel se rattache la ville de Mbujimayi, correspond pratiquement
à l’espace occupé par « l’État autonome du Sud-Kasaï » entre 1960 et 1962 ou, encore, à
la province du Sud-Kasaï entre 1962 et 1966, sans les territoires de Ngandajika et Kamiji,
restés attachés au district de Kabinda.
Avec une superficie de 9699 km², le Kasaï-Oriental est la plus petite des nouvelles
provinces de la République démocratique du Congo prévues dans la Constitution du 18
février 2006.
22
BANZA NYEMBO, mémoire 2010-2011 UOM, les petites et moyennes entreprises et la croissance
économique de la République démocratique du Congo 2004-2008.
P a g e | 32

Il est au cœur de la République démocratique du Congo. La majeure partie de la province


est située à une altitude variant de 450 à 900 m suivant une direction Nord-Ouest et Sud-
Est. Le Kasaï-Oriental se trouve entre les parallèles 5° 26’ et 6° 46’ de latitude S et entre
les méridiens 22° 51’ et 24° 17’ de longitude E. Il se situe entièrement à l’Est du méridien
de Greenwich dans l’hémisphère Sud.
Le Kasaï-Oriental est habité essentiellement par le peuple luba Lubilanji. Son espace
correspond à l’ancien territoire de Bakwanga, fonctionnel jusqu’à l’indépendance du pays
en 1960. Le Kasaï-Oriental est composé par 5 territoires : Tshilenge, Miabi, Lupatapata,
Katanda et Kabeya Kamuanga.
La ville de Mbujimayi a une superficie de 145,19 km 2. Elle s’étend entre 6° 5’ et 6°10’ de
latitude S et 23° 27’ et 23° 40’ de longitude E. Elle est située à 930 km de Kinshasa, la
capitale du pays. Elle présente la forme d’un quadrilatère. Elle est limitée par le territoire
de Lupatapata au Nord, à l’Ouest et au Sud, et à l’Est par la rivière Mbuji-Mayi, qui
constitue sa frontière avec le territoire de Katanga.23

Carte du territoire du Kasaï-Oriental

Fig 1 : Carte du territoire du Kasaï-Oriental24

Dans son état des lieux de l’économie congolaise, la FEC, la Fédération des entreprises du
Congo, remarque la large prédominance de l’entreprenariat local dans le secteur
commercial et spéculatif en RDC : « L’activité économique se concentre principalement
dans le secteur du commerce général au détriment des activités de production. Ce
commerce, qui s’exerce au niveau de l’importation et de la distribution, manque de

23
Monographie du Kasaï-Oriental, musé royal de l’Afrique centrale 2014
24
Monographie du Kasaï-Oriental, musé royal de l’Afrique centrale 2014
P a g e | 33

professionnalisme » (FEC 2007 : 66). Le commerce est souvent exercé comme activité
complémentaire que ce soit par les salariés ou les paysans. À Mbujimayi le rôle du salaire
est moins important que celui du commerce.
Malgré la position stratégique du Kasaï-Oriental au centre du pays, son développement
économique est relativement limité. Un mauvais réseau de communication occasionné
par le délabrement général des routes fait de cette province un espace enclavé. Cette
région, quasiment dépourvue d’industries et déficitaire en produits agricoles survit grâce
au commerce, que ce soit par les frets ou le petit commerce.

Section 2. ETAT DES LIEUX DES ACTIVITES DES PME DANS LA VILLE DE
MBUJIMAYI
2.1. Caractéristiques des PME
Il est important de rappeler que les PME informelles relèvent du rendement du
secteur dont la définition reste toujours contextuelle car variant selon les auteurs et
les points de vue considérés suite au fonctionnement d’une base extralégale.
Pour Monsieur Verhaegen Guy, une PME informelle est toute activité individuel,
échappant en grande partie au contrôle de l’administration, évoluant en marge
souvent des obligations légales et non recensées par les statistiques officielles, ne
bénéficiant pas des avantages de l’Etat. Ainsi, ce secteur occupe-t-il à l’heure actuelle
25% de la population active, le reste de cette population active, soit 25% se réfugient
dans d’autres activités parmi lesquelles, les activités agricoles d’autosuffisance.
Les caractéristiques comprennent le dirigeant de la PME/I, la taille, l’organisation et
la gestion.
Plusieurs approches sont utilisées par différents auteurs pour caractériser les PME/Is,
Il s’agit donc de l’approche par rapport au dirigeant de la PME/I. a la taille de
celle-ci, à son organisation et à sa gestion.

2.1. Le dirigeant de la PME

A ce propos, Rolland OLEKALO (2011), pense qu’il est, certes, difficile pour un
dirigeant de posséder toutes les qualités qui définissent un bon dirigeant. Toutefois,
poursuit-il, le minimum de « package de qualités » s’avère nécessaire car les qualités
constituent la pièce maîtresse du management garantissant le succès des PME.
Ainsi, donc, nous constatons que la majeure partie des entrepreneurs utilise un style
de commandement autoritaire. Alors que d’après TSHIYOMBO Antoine ; NTUMBA
MUJANYI(4) et KALONJI (5) MONKOKO (6) l’entrepreneur doit développer les
caractéristiques ou agir de manière ci-après :

 Rompre avec la théorie x considérant les employés comme des personnes en


perceptuel besoin de contrôle et en leur donnant la latitude de prendre des
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initiatives et des décisions. La confiance est une composante essentielle au niveau


de l’entreprise comprise comme un système.
 Optimiser les atouts de chaque employés plutôt que de gérer simplement les
résultats ; Pour ce faire, il s’agit d’identifier les besoins en développement de
chaque personne et s’engager à ce qu’elle soit efficace performante. Quand
des travailleurs développent leur enthousiasme et leur efficacité s’intensifient,
ce qui améliore la productivité ;
 De mettre en avant l’effort et la reussite au lieu d’insister sur les échecs ou les
erreurs dans beaucoup d’entreprises, les encouragements sont plutôt rares ;
alors que les erreurs » sont difficilement oubliées. Au lieu de souligner les
erreurs, l’accent devra être mis sur les moyens qui assurent que la même
erreur ne se reproduise pas ;
 De créer un environnement où les gens veulent travailler sans crainte avec le
dirigeant et se sentent valorisés et respectés. Le dirigeant doit faire
comprendre à ses collaborateurs leur responsabilités et leur donner la latitude
de faire leur travail à leur façon. Bref, les traiter de la façon dont les
dirigeant souhaiterait être traité.

2.2. La taille d’une PME

De ce point de vue, il convient de spécifier l’effectif des salariés et le chiffre


d’affaire selon Marchesnay :
En général, une PME compte moins de 500 salariés, mais dans beaucoup de pays, le
seuil le plus bas est 100 à 300 salariés. Suite aux confusions des pays par rapport au
critère à retenir pour OLEKAKO, R (Janvier-Juin 2011) « analyse du profil de
dirigeants de PME à BRAZZAVILLE : cas des entreprises de services, in revue
congolaise de gestion

2.3. L’organisation
Se basant sur la représentation de l’organisation d’H. Minteberg, H Marché de
Boislande ils distinguent cinq formes de structuration ou d’organisation de la PME ;

 L’organisation simple par un sommet stratégique réduit, une ligne hiérarchique


courte, une technostructure quasi-inexistence et l’absence de soutien logistique
 L’organisation mécaniste ayant un sommet stratégique toujours réduit, une
ligne hiérarchique courte, en faible soutien, une ligne hiérarchique courte, un
faible soutien logistique et une formalisation progressive de centre
opérationnel ;
 L’organisation d’expertise fonction du mode de production du service
demandé. Par rapport à la précédente parmi, ces entreprises ont un soutien
logistique conséquent et un centre opérationnel très importants ;
 L’organisation par chantier se distingue des autres par un renforcement de la
ligne hiérarchique, d’une technostructure assez importante, d’un centre
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opérationnel mis en place en fonction des chantiers, d’un soutien logistique


centralisé et d’un sommet stratégique technico-commercial et enfin.
 L’organisation par projet qui suit les projets mis en place au niveau de
l’entreprise.

2.4. La Gestion

La création, la survie et la croissance des PME sont intimement liées à l’esprit au


familial, les PME posent beaucoup de problèmes concevant la gestion. Généralement,
la PME a peu d’employés, cela implique une gestion des ressources humaines très
centralisées, informelles est une fonction du personnel peu développé.

a. Gestion des ressources humaines

Généralement, la gestion des ressources humaines revient au dirigeant que doit garder
le contrôle. Mais étant par ailleurs très occupé, il la confie à des acteurs non-
spécialistes (comptable, secrétaire, responsable, gérant).
En ce qui concerne la gestion des effectifs, celle-ci est limitée ou minimum imposé
par les lois généralement le nombre des travailleurs dans une PME varie entre 0 et
deux cents personnes. Pour la rémunération ; les salariés des PME ont communément
moins d’avantages en rémunération que ceux des grandes entreprises.
Quant à la taille, sa réduction permet de simplifier donc la communication et accroître
la proximité.

b. Gestion des compétences

Elle représente dans les PME un élément essentiel de réussite et de compétitivité.


- Recrutement période de stage, recrutement temporaire) ; - Formation professionnelle
continue.

c. Gestion commerciale.

Elle concerne la gestion du marché de la PME, le dirigeant appuie ses relations avec
les fournisseurs et les clients. Avec les fournisseurs, il maintient la fidélité, la confiance,
la vigilance et la fiabilité. Avec les clients, il doit maintenir la stabilité de la clientèle.

d. Gestion financière

Les PME sont souvent confrontées aux problèmes de trésorerie qui du reste est
étroite à cause de fonds propres insuffisants, endettement excessif (qu’elle soit en
phase de démarrage, de croissance ou de simple fonctionnement) au manque de
compétence dans le domaine financier.
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e. Gestion des risques financiers

L’équilibre financier réalisé dans des conditions difficiles fait supporter divers risques
aux PME. A savoir :

 Le risque lié à l’insuffisance de la liquidité ;


 Le risque d’insolvabilité ;
 Les risques qui pèsent sur la rentabilité d’exploitation et financière.

2.5. Secteur informel Mbujimayi

2.5.1. Introduction

Il est toujours important de s’assurer de la compréhension des concepts que l’on


utilise afin de mieux orienter de discussion.
Le secteur informel se définit de façon formelle comme l’ensemble des activités
économiques légales qui échappent à toute législation en vigueur. Il regroupe les
petites activités et entreprises rémunératrices, souvent individuelles ou familiales, et
se caractérise par l’in obéissance ou cadre fiscal et juridique étatique comme nous
l’avons ci-haut indiquer l’absence d’une comptabilité légalement tenu, les salariés
non déclarés etc.

Le secteur informel, tel que défini, couvre ainsi dans la ville diamantifère tous les
secteurs l’économiques, primaires, secondaires et tertiaires. Il comprend les marchands
ambulants, les marchands sur étalages, les artisans tels que les réparateurs d’outils
ménagers, les menuisiers, les maçons, les mécaniciens, forgerons, soudeurs,
tisserands, cultivateurs, tartines, nettoyeurs, employés de maison, etc.
Concernant les définition classiques, nous retiendrons, avec charme dans son article
« Débat sur le secteur informel » que les économistes, monétaristes et Keynésiens,
considèrent que le secteur informel est constitué « des sables dans lesquels se
perdent des effets multiplicateurs du capitalisme ». Pour eux, il y a anormalité et
illégalité dans ce secteur.

Selon le BIT, sept critères ont été retenues pour caractériser le travail dans le secteur
informel.
 La facilité d’accès aux activités ;
 L’utilisation des ressources locales ;
 La propriété familiale des entreprises ;
 L’échelle restreinte des opérations ;
 L’utilisation des techniques simples et le nombre réduit de travailleurs ;
 Des qualifications qui s’acquièrent en dehors du système scolaire officiel ;
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 Des marchés ouverts à la concurrence.

Selon S.V Sethusaman25, les conditions d’appartenance au secteur informel sont :


 L’emploi de 10 personnes au plus par entreprises
 Le non application des règles légales et administratives ;
 L’emploi d’aides familiales ;
 L’absence d’horaire ou de jours fixes de travail
 L’absence de la formation scolaire et supérieure
 Dans certains cas l’absence d’énergie mécanique et électrique ;
 Le caractère ambulant ou semi-permanent de l’activité (Mobilité social).
La grande critique de ces définitions, c’est la méconnaissance des interactions qui
caractérisant un système économique. Il y a aussi la définition fonctionnelle,
d’obédience marxiste, qui appelle ce secteur, la : « petite production marchande ».
D’après cette école, le rôle de ce secteur est le maintien et le développement du
capitalisme.
Ainsi, le secteur informel prend l’aspect de la reproduction à moindres frais, de la
main d’œuvre ou de la force de travail. Le secteur est alors considéré comme le
réservoir. Ce qui offre la possibilité d’agir sur le taux de salaire du secteur formel,
dans le sens de la baisse.

2.5.1. Description du secteur informel de Mbujimayi

a. Caractéristiques du secteur informel

Si il n’y a pas de consensus sur ce définition du secteur informel, les chercheurs


semblent être d’accord sur la particularité de ce secteur généralement constitué de
petites entreprises familiales dans lesquelles le femmes offrent la main d’œuvre sans
percevoir un salaire et où les bénéfices sont contrôlés par le mari ou l’homme de la
maison.
Dans les activités informels, on utilise des ressources plus disponibles, c'est-à-dire le
s ressources locales, on y privilégie de même l’usage intensif de la main d’œuvre
plutôt que de recouvrir à des technologies plus coûteuses. Ces activités sont
relativement « invisibles », Elle ne sont pas comptabilisés dans l’économie nationale.
Il y a un consensus pour ne pas considérer les activités domestiques ou reproductives
comme propre au secteur informel. Il en est de même pour les activités délictueuses
ou criminelles qui ne sont pas considérés comme faisant partie de ce secteur.

b. Types d’activités du secteur informel

Selon plusieurs auteurs et comme, nous l’osons explicité cihaut, les activités
informelle existent en Mbujimayi depuis l’époque coloniale, Elles se sont développes
ces dernières années avec une rapidité étonnante.

25
Bit : Bureau international du travail qui est le secrétariat permanent de l’organisation internationale du travail
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En analysant les types d’activités réalisées dans le cadre du secteur informel, on peut
percevoir comment s’exprime ici la division des rôles : les femmes réalisent les
activités intensives en main. D’œuvre, mains rémunérées ou qui sont assimilées aux
activités reproductives donc participe plus dans cette activités.
En République Démocratique du Congo, les activités informelles sont régies par les
dispositions de l’ordonnance loi n°79,021 du 02 Août 1979 portant réglementation du
petit commerce. Selon cette loi.

 Tout colportage ;
 Toute vente de bien consommable ou de biens de consommation courante qui
s’effectue au domicile du vendeur, sur la voie publique ou sur les marchés
publics sont assimilés au petit commerce ;
 Tout transport en commun (TAXI MOTO) ;
 Tout transport des marchandises ;
 Ainsi que toute entreprise artisanale, etc.

Toutes les activités sont considérées comme faisant partie du secteur informel.
Plusieurs études établissent que les revenues des opérateurs économiques du secteur
informel sont supérieurs à ceux de salariés du secteur formel d’où les activités
économiques du secteur informel ne constituent pas nécessairement un point de passage
vers des activités du secteur formel comme l’affirme certaines littératures.
Plusieurs raisons militent pour le maintien voire l’émergence de ces activités ;

 Ne pouvant plus trouver d’emploi dans le secteur formel (administration publique


et secteur privé), porteuses d’un diplôme ou non, plusieurs personnes cherchent
à trouver un emploi dans le secteur informel.
 Etant incapables de payer certains liens et services fournis par le secteur
formel, certaines personnes se tournent du côté du secteur informel pour
avoir les mêmes biens et services qui coûtent meilleur marché !
 Les salaires payés par le secteur formel sont très faibles, d’où un grand
nombre de fonctionnaires de l’Etat et empilages du secteur privé essayant de
trouver d’autres revenus dans le secteur informel ;
 La situation politique n’étant toujours pas claire, plusieurs personnes ont
perdu l’espoir de ce côté et opté d’évoluer dans le secteur informel.

2.6. Aspects positifs et négatifs du secteur informel

a. Aspects positifs

Le secteur informel permet d’enrager la pauvreté comme elle constitue l’unique optique
de travail pour de nombreuses personnes. Les activités du secteur informel assurent
la survie et freinent les effets de la pauvreté engendrés par l’incapacité du secteur
formel à créer des emplois. Pour les femmes surtout, lorsqu’elles sont les chefs de
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famille, les activités du secteur informel assurent ainsi leur survie propre et celle de
leurs familles.

 Accès facile au secteur informel : N’importe qui peut entamer une activité
du secteur informel, entre autres parce qu’il s’agit d’activité qui ne requièrent
pas une formation élevée souvent refusée aux femmes par les parents qui
préfèrent éduquer les fils.

 Rôle social du secteur informel : Certains auteurs soulignent le rôle joué


par le secteur informel, d’une part, il assure un emploi et un revenu et,
d’autre part, il constitue un facteur d’intégration qui ne cesse d’être lié à sa
logique productive de survie.

 Comptabilité avec le travail reproductif : On l’a évoqué, le secteur informel


fournit des activités à horaires flexibles permettant d’assumer par ailleurs le
travail reproductif.

b. Aspects négatifs

 Barrières financières : Dans de nombreux cas, les personnes qui entament des
activités du secteur informel ne disposent pas des garanties que demandent les
banques pour octroyer un prêt, ce qui oblique à recourir au crédit informel qui
exige des intérêts plus élevés.
 Barrières non financières : Il peut s’agir des difficultés liées au manque
d’informations ou l’existence des règles déterminées qui entravent l’entré dans
un secteur d’activités comme par exemple, l’obtention d’un permis de
conduire, etc.
 Conditions de travail : Le secteur informel se caractérise par le non-respect
ou la non application des normes de travail relatives au salaire minimum, aux
horaires de travail, à la sécurité, et d’autres normes sociales le rapport avec le
système de sociale, etc.

2.7. Exercices des activités des PME

2.7.1. Réglementation d’exercices sur le plan juridique

L’exercice des activités de PME est régi par la charte des petites, moyennes entreprises
et de l’artisanat en république démocratique du Congo dont l’objet est de définir les PME
ainsi que les engagements auxquels souscrivant les prenantes (Etat, et organisations
patronales et professionnelles).

Ainsi, juridiquement parlant, nous avons l’article 10 de la charte octroi la qualité de


PME par l’institution désignée par le ministre ayant les MPE dans ses attributions, sur
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demande expresse de l’entreprise, moyennant l’identification préalable prévue relatif à


la classification.

L’article 11 octrois la qualité de PME pour une durée de 5 ans renouvelable et enfin
l’article 12 stipule que la décision relative à l’octroi de la qualité doit-être prise et
communiqué au requérant dans un délai qui ne peut excéder 30 jours ouvrable à
compter de la date de dépôt du dossier de demande de qualité, si au terme de ce
délai aucune réponse n’est donnée, la qualité est réputée accordée. Dans ce cas,
l’institution compétente est tenue de délivrée l’acte.

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