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BURKINA FASO

------------------------------------------
Unité - Progrès - Justice

MINISTERE DES ENSIGNEMENTS SECONDAIRE SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
(MESSRS)
----------------------------------------------------------------------------------------

UNIVERSITE POLYTECHNIQUE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE


DE BOBO-DIOULASSO SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE
(UPB) (CNRST)

INSTITUT DU DEVELOPPEMENT INSTITUT DE L'ENVIRONNEMENT


RURAL ET DE RECHERCHES AGRICOLES
(IDR) (INERA)

MEMOIRE DE FIN D'ETUDES


Présenté en vue de l'obtention du
DIPLOME D'INGENIEUR DU DEVELOPPEMENT RURAL
OPTION: AGRONOMIE

THEME:
LES DECHETS URBAINS SOLIDES (DUS) : QUANTITES, MODES
D'UTILISATION AGRICOLE ET EFFETS SUR LES CULTURES
MARAICHERES ET LES SOLS URBAINS DE LA VILLE DE
OUAGADOUGOU

DIRECTEUR DE MEMOIRE: Dr. SOME N. Antoine


MAITRE DE STAGE: Pr. SEDOGO P. Michel
CO-MAITRE DE STAGE: Dr. BONZI Moussa

Juin 2007 ZONGO NONGMA


DEDICACE

A mon Père ZONGO O. FRANCOIS et à ma Mère ZOMA OUANGO,

A mon Oncle ZONGO GREGOIRE et sa femme Mm. ZONGO/YAMEOGO

ROBERTE,

A ZONGO S. ZOURE,

A mon Frère RICHARD K. et toutes mes Sœurs,

je dédie ce mémoire.
TABLE DES MATIERES

Remerciements v

Liste des figures viii

Liste des tableaux ix

Résumé x

Introduction 1

Chapitre i : géstion des déchets urbains et agriculture urbaine 4

1. Déchets urbains 4
1.1. Notion de déchet urbain .4
1.2. Législation et Réglementation en matière de déchets au Burkina faso 5
1.3. Gestion des déchets urbains solides dans la ville de Ouagadougou 7
L'Etat. 7
La municipal ité 7
Les ONG 8
Le secteur privé et les associations 8
Les communautés de base 9
1.4. Caractéristiques et composition des déchets urbains solides 10

2. Impact des apports de DUS sur les propriétés du sol et sur la croissance des
végétaux 12
2.1. Impact des DUS sur les indicateurs chimiques de fertilité du sol.. 12
2.2. Impact des DUS sur la croissance et le développement des cultures 13
2.3. Enjeux et risques d'utilisation des DUS en agriculture 14

3. Agriculture intra et péri urbaine 15


3.1. Concept 15
3.2. Caractéristiques de l'agriculture urbaine à Ouagadougou 16

Chapitre ii : cadre et méthodologie de l'étude 19

1. Cadre d'étude 19
1.1. Situation géographique et organisation 19
1.2. Caractéristiques biophysiques 19
Pluviosité 19

2. Milieu humain et activités socio économiques 21


2.1. Caractéristiques socio-démographiques 22
2.2. Activités sociales et économiques 22

11
3. Méthodologie d'étude 24
3.1. Enquête sur les fermes d'élevage 24
3.2. Enquête sur le maraîchage 25
3.4. Suivi des parcelles 27
Les échantillons de sol 27
Les échantillons de déchets et d'engrais minéraux 28
3.5. Analyses de sols 28
Les mesures du pH 28
Le dosage du carbone total du sol. 28
Le dosage de l'azote 28
Le dosage du phosphore total 28
Le dosage du potassium total 29

1. Caractérisation des systèmes d'élevage de fermes 30


1.1. Les principales espèces élevées 30
1.2. Importance des types d'élevages 31
1.3. Alimentation des espèces animales élevées dans les fermes 33
1.5. Les estimations des quantités totales de fumier produit dans les fermes et des quantités totales
enlevées par les maraîchers 33

2. Caractéristiques du système de production maraîchère 35


2.1. Caractéristiques des populations enquêtées 35
Répartition par sexe 35
Répartition par âge 35
Organisations des producteurs 37
Niveaux d'instruction 37
Situation matrimoniale 38
2.2. Moyens de production 39
Le foncier 39
L'équipement agricole .40
La main d'œuvre 40
Les intrants .40
Les moyens financiers .40
2.3. Les superficies emblavées .41
Les superficies moyennes exploitées et superficie moyenne par planche .41
2.4. Les espèces cultivées 43
2.5. Systèmes de gestion de l'espace maraîcher urbain .44
Rotations culturales 44
Associations culturales 45
2.6. La destination des produits .46
Mode d'écoulement des productions .46

III
Les prix des produits .46

3. Fertilisation - Gestion de la fertilité des sols maraîchers de la ville de Ouagadougou


.~ 48
3.1. Les fumures minérales .48
Les principaux engrais apportés et les modes de combinaison .48
Les doses d'engrais chimiques .49
Les périodes d'apport 51
3.2. Les apports de déchets urbains solides (DUS) 52
Les types de DUS 52
Les modes d'acquisition 52
L'origine et la nature des différents types de DUS utilisés en maraîchage 52
Les prix d'achat des DUS 53
3.3. La typologie des pratiques de fertilisation 54

4. Approche quantitative sur l'utilisation des DUS en maraîcher culture 57


4.1. Les quantités moyennes annuelles de DUS utilisés par maraîcher 57
4.2. Les doses de DUS apportés 58
Les doses annuelles d'apport de déchets par producteur 58
Les doses d'apport par culture 59

5. Effets des pratiques de fertilisation sur les indicateurs chimiques de fertilité des sols
...~ 62
5.1. Effets par site étudié 62
5.2. Discussion 64
5.3. Effets sur l'ensemble des sites étudiés 67
5.4. Discussion 69

Conclusion générale 71

Bibliographie 73
Annexes 80

IV
REMERCIEMENTS

L'aboutissement du présent mémoire a nécessité le concours de nombreuses personnes


et institutions. Nous saisissons l'opportunité qui nous ai offerte ici pour leur traduire notre
reconnaissance et témoigner notre gratitude à tous ceux qui nous ont soutenu durant notre
formation et pendant ce travail.
Nous aimerions exprimer nos sincères remerciements:
- au Dr. Ouédraogo T Jérémy chef du Centre Régional de Recherche Environnementale et
Agricole et de Formation (CRREAF) pour nous avoir accepter au sein de la station de
recherche de l'INERAlKamboinsé;
- au Dr. Hien Victor chef du département GRN/SP du CREAFlKamboinsé pour avoir bien
voulu nous accepter dans son département;
- au Dr. Compaoré Emmanuel chercheur à l'INERA/Farako-bâ, coordonnateur du projet
FSP/Recyclage des déchets urbains solides en agriculture pour nous avoir reçu dans l'équipe
de travail dudit projet en nous accordant ce thème d'étude et en mettant les moyens à notre
disposition;
- au Pr. Sedogo P. Michel Directeur de Recherches au département GRN/SP notre Maître de
stage et co-coordonnateur du projet FSP/Recyclage des déchets urbains solides en agriculture
pour nous avoir reçu, guidé dans ce travail en acceptant de partager ses riches expériences et
ses réflexions scientifiques. Sa contribution multiforme à la réussite de notre étude mérite une
reconnaissance particulière;
- au Dr. Bonzi Moussa, chercheur à l'INERA/Saria notre co-maître de stage qui a
accompagné nos pas dans la recherche agronomique. Nous avons bénéficié de sa
disponibilité, de son appui scientifique et de ses conseils efficaces;
- au Dr. Somé N. Antoine, Maître-assistant à l'IDR qui nous a accordé ce thème de travail et
qui a bien voulu assurer la Direction de ce mémoire. Ses critiques et suggestions nous ont été
très utiles;
- à la Direction et tout le corps professoral de l'IDR, pour l'inestimable contribution à ma
formation durant ces trois dernières années académiques;
- au Dr. Somda Jacques, chercheur à l'VICN pour sa contribution à l'édification de la fiche
d'enquête maraîchère;
- au Dr. Bélèm Jérôme du programme Cultures Maraîchères, Fruitières et Plantes à
Tubercules à l'INERAlKamboinsé pour sa contribution à l'édification scientifique du présent
mémoire;

v
r
t \.-~rÏ' ?ri.
- aux Dr. Savadogo Paul r:ttactIé de Recherches, Segda Zacharie tous au département
GRN/SP, Nacro H. Bismarck, Maître-assistant à l'IDR membres du projet FSP/Recyc1age
des déchets urbains solides en agriculture pour leurs apports multiples dans ce travail;
- au Dr. Kambiré S. Hyacinthe au département GRN/SP pour avoir contribué par ses critiques

à l'amélioration de notre travail;


- à tous les chercheurs du département GRN/SP ;
- aux aînés: Kiba D. Innocent, Lompo Désiré, Sangaré Cheik pour leur apport scientifique au
travail, leurs conseils, leur soutien et leurs encouragements;
- aux techniciens du laboratoire Sol-Eau-Plante de l'INERAlKamboinsé : Mr. Ramdé Martin,
Mr. Moyenga Momouni, Mr. Bandaogo Adama décédé, Mr. Kaboré Jean Paul, Mr. Doamba
Gerard, Mr. Sakandé Ali, Mr. Ouédraogo Alain, Mm. Ouédraogo Antoinnette et à Mr.
Ouandaogo Noufou, responsable technique dudit laboratoire pour leur appui à nos travaux;
- à tout le personnel du CREAFIKamboinsé, pour sa franche coopération durant le stage;
- à mes camarades stagiaires de Kamboinsé : frère Zoungrana Apollinaire, Soma D. Mariam,
Sama Ouséni et Maoussi Alain avec qui nous avons travaillé dans un climat ambiant et
efficace;
- à mes amis particulièrement à Yaméogo Mathieu, Doamba Sabine W. M-F. et à mes
camarades de promotion;
- à tous les producteurs maraîchers de nos sites d'études et aux producteurs fermiers; tout
particulièrement à Mr. Nikiéma Aimé président des associations des éleveurs de porcs de la
ville de Ouagadougou pour leur disponibilité à notre écoute;
- à Mr. le Directeur Provincial de l'Agriculture et des Ressources Halieutiques du Kadiogo et
aux agents techniques d'agriculture dont la collaboration nous a été efficace pour la
réalisation de l'enquête maraîchère;
- à Mr. Toé Philippe, Directeur Provincial des Ressources Animales du Kadiogo et aux agents
techniques d'élevage dont leur apport nous a facilité l'enquête sur les fermes d'élevage;
- à mes oncles: Zongo Grégoire et sa femme pour l'hospitalité et le soutien familiaux reçus
durant mes trois années d'études à l'IDR, Zongo Mathias et sa femme, Zongo Jonas et sa
femme pour tout le soutien dont j'ai bénéficié durant ces trois dernières années académiques;
- à mes cousins et cousines: Zongo Clément et Zongo Natacha à Bobo, Kagambèga Y.
Léonard;
- à mes parents, mes frères et sœurs;
- à tous ceux dont les noms n'apparaissent pas ici; ce silence n'enlève rien de l'estime que je
porte en eux.

VI
SIGLES ET ABREVIATIONS
AU: Agriculture Urbaine.
BRAKINA: Brasserie du Burkina.
BUNASOLS : Bureau National des Sols.
CREPA : Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement.
DUS: déchets urbains solides.
FAO : organisation mondiale pour l'agriculture et l'alimentation.
IAGU : Institut Africain de Gestion Urbaine.
INADES : Institut Africain pour le Développement Economique et Social.
INERA : Institut l'Environnement et de Recherches Agricoles.
INSD: Institut National des Statistiques et de la Démographie.
IRD : Institut de Recherches pour le Développement.
MODECOM : Mode de Caractérisation des Ordures Ménagères.
OMS: Organisation Mondiale pour la Santé.
PDAV: Projet de Développement de l'Aviculture Villageoise.
RN : Route Nationale.
SDGD : Schéma Directeur de Gestion des Déchets.
SONABEL: Société Nationale de l'Electricité du Burkina.
TANALIZ: Tannerie Alizetha.
UNICEF: Organisation des Nations Unies pour

vu
LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Répartition des maraîchers par sexe 35


Figure 2 : Les niveaux d'instruction des maraîchers par site 37
Figure 3 : Situation matrimoniale des maraîchers 38
Figure 4: Statut d'occupation des terres sur les sites 39
Figure 5: Niveaux de l'équipement 40
Figure 6 : Pourcentages des maraîchers en rapport aux modes de combinaison des engrais dans chaque site 49
Figure 7 : Doses d'apport de l'urée et du NPK. 50
Figure 8 : Doses des apports combinés de l'urée et du NPK. 50
Figure 9 : Doses des apports combinés de l'urée et du TSP 50
Figure 10: Proportions relatives aux modes d'acquisition des déchets urbains solides utilisés en maraîchage. 52
Figure Il : Proportions relatives aux différents types de fertilisation des parcelles maraîchères sur l'ensemble
des sites 55
Figure 12: Types de fertilisation des parcelles maraîchères par site 55
Figure 13 : Doses annuelles des déchets apportés en fonction des types de fertilisation pratiqués 58
Figure 14 : Dose d'apport de déchets par culture 61

Vlll
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Classification des ordures ménagères de la ville de Ouagadougou et de la ville de Bobo-Dioulasso.


............................................................................................................................................................................... 10
Tableau 2 : Composition physique (pondérale et centésimale) des DUS 11
Tableau 3 : Répartition des élevages par arrondissement dans la ville de Ouagadougou 18
Tableau 4 : Les principaux types d'élevages et leurs effectifs (nombre de têtes) dans les fermes de la zone
urbaine et péri urbaine de Ouagadougou 30
Tableau 5: Pourcentages et nombres moyens de têtes des animaux par types d'élevages rencontrés 32
Tableau 6 : Quantités de fumier produit par an dans les fermes et quantités de fumier enlevé par les maraîchers.
...............................................................................................................................................................................34
Tableau 7: Répartition des exploitants selon leur âge 36
Tableau 8 : Répartition des producteurs en groupement ou en association de producteurs 37
Tableau 9 : Superficies moyennes par producteur et par planche .42
Tableau Il : Répartition des maraÎChers suivant la pratique de rotation des cultures 44
Tableau 12 : Prix de vente de quelques spéculations maraîchères 47
Tableau 13 : Modes de combinaison des engrais chimiques en maraîcher culture 48
Tableau 14 : Quantités moyennes de déchets (tonnes) utilisés par an et par maraÎcher 57
Tableau 15 : Quantités moyennes de fumier enlevé (tonnes) par an et par maraîcher chez les fermes d'élevage.
............................................................................................................................................................................... 57
Tableau 16: : Caractéristiques chimiques des sols témoins sans cultures et sols sous cultures maraîchères par
site 65
Tableau 17 : Propriétés chimiques des sols témoins sans culture et des sols sous culture maraîchère de la ville.
............................................................................................................................................................................... 68

IX
Résumé
L'origine et les quantités des Déchets Urbains Solides (DUS) utilisés en culture
maraîchère dans la ville de Ouagadougou ont fait l'objet d'une identification de même que
l'impact des apports des DUS sur les indicateurs chimiques de fertilité des sols maraîchers
urbains. Une enquête a permis de caractériser 82 sur 111 fermes d'élevage situées à 25 km de
rayon de la ville et d'identifier les quantités de déjections produites par an et celles enlevées
par les producteurs de légumes. Une seconde enquête réalisée sur le maraîchage avec une
fraction de sondage de 1/5 a couvert 130 maraîchers repartis sur quatre sites: Tanghin,
Boulmiougou, Hôpital/Paspanga et Wayalghin. Elle a permis de faire une analyse socio
économique, organisationnelle en premier lieu et en deuxième lieu une analyse des moyens de
production, des types de fertilisants utilisés et des pratiques de fertilisations. Enfin, un suivi
des indicateurs chimiques de fertilité des parcelles a été effectué.
Les résultats sur les fermes d'élevages identifiées révèlent que les bovins suivis des les
ovins, les caprins, la volaille, les porcs et les lapins sont les principales espèces animales
élevées. Ces animaux produisent environ 3161 tonnes de déjections chaque année dont
seulement 1077 tonnes soit 34 % sont prises par les maraîchers. Près de 85 % des quantités de
déjections animales prises dans les fermes par les maraîchers sont des fientes de volaille.
L'analyse des caractéristiques des systèmes de production maraîchère des quatre sites d'étude
montre une plus grande intensification de la production sur le site de Boulmiougou. Huit
pratiques de fertilisation ont été identifiées et découlent de l'emploi de quatre fertilisants: les
engrais chimiques et trois types de DUS (le fumier, les déchets ménagers et les déchets de
l'abattoir frigorifique). Les fermes, les ménages, l'abattoir frigorifique, les marchés à bétail et
les décharges publiques sont les lieux d'approvisionnement par achat et ou par gratuité des
déchets. Les principaux engrais sont l'urée utilisée à de très fortes doses, le NPK utilisé à
doses faibles et le super triple phosphate (TSP) utilisé par quelques producteurs. Les doses
d'apport des DUS sont au dessus des normes de fertilisation organique à base de fumier
vulgarisées et dépendent du type de fertilisation (Tf) et des cultures pratiquées. L'études des
caractéristiques des sols montre que les teneurs en matière organique sont basses à
Boulmiougou et à Wayalghin et moyennes à très élevées sur les autres sites. Les moyennes
des teneurs en éléments majeurs N, P et K totaux des sols des parcelles issues des pratiques de
fertilisation (Tf) sont au dessus de celles des parcelles témoins (TO). Les pH sont alcalins et
augmentent légèrement en profondeur (l5-30cm et 20-40cm). Les rapports C/N aussi
augmentent en profondeur. Le logiciel XLSTAT/ANOVA révèl~ des différences hautement
significatives entre les pratiques e e 1 IsatI e es teneurs en matière organique, en l'azote
et phosphore totaux et des rapports C/N des sols. \ ~ ~~y... ~ ~~ .

Mots clés: Déchets Urbains Solides, Ouagadougou, Maraîchage, Types de fertilisation.

x
INTRODUCTION

Dans l'optique d'une gestion rationnelle des ressources naturelles, la question de


maintenir ou d'améliorer la fertilité du sol s'impose. A cet effet, la gestion de la matière
organique des agro systèmes (surtout maraîchers) constitue un facteur incontournable pour le
maintien, voire l'amélioration du niveau de productivité des sols (Sedogo, 1981 ; Bonzi,
1989; Lompo, 1993) dans un contexte conjoncturel marqué par la très forte demande
alimentaire en produits frais des citadins.
Par ailleurs, les villes et les industries des pays en voie de développement s'accroissent
en nombre et en taille (FAO, 1976). Ce processus est accompagné d'une production massive
de déchets riches en nutriments (FAO, 1976; Dejoux, 1988). La municipalité de
Ouagadougou estime qu'environ 500000 tonnes de déchets sont produits chaque année dans
la ville. L'insuffisance de mécanismes efficaces d'élimination dans la majorité de ces villes se
traduit par d'énormes accumulations des déchets constituant aujourd'hui une menace pour
l'environnement et pour la santé humaine.
La découverte d'un moyen sûr, économique et efficace d'utiliser une partie ou la
totalité des ordures ménagères et des déchets agro industriels en agriculture est aujourd'hui
une nécessité et aurait à cet effet un triple avantage: l'assainissement de l'environnement
urbain, la réduction des risques pour la santé et l'accroissement de la production agricole par
le renouvellement des éléments nutritifs du sol (Mougeot, 2006).
Au Burkina Faso, les villes en général, et en particulier la ville de Ouagadougou
connaissent un essor remarquable d'activités de productions agricoles et pastorales. Face à la
pauvreté des sols en éléments nutritifs (Sedogo, 1981 ; Lompo, 1993 ; Bado, et al., 1997a et
2000), agriculteurs et jardiniers de la ville de Ouagadougou utilisent les déchets urbains
solides (DUS) comme fertilisants dans leurs systèmes agricoles. L'agriculture urbaine (AU),
constitue de ce fait, un marché de premier plan pour l'utilisation productive d'une grande
partie des matières organiques contenues dans ces produits. Des quantités énormes de DUS de
divers types sont ainsi recyclées en application directe dans les agro systèmes maraîchers,
dans l'optique d'augmenter les rendements des légumes et de maintenir la fertilité des sols.
Cela contribue sans doute à l'effort consenti par les municipalités pour résoudre le problème
de déchets dont la production augmente chaque année avec l'urbanisation galopante.
Or, les ordures ménagères contiennent des éléments indésirables comme les métaux
lourds, les polluants organiques et les micro organismes pathogènes (Farinet et Niang, 2005)
de sorte qu'une attention particulière doit être accordée aux propriétés physico-chimiques et
t
biologiques des sols de même qu'aux produits des récoltes. De plus, le maraîchage urbain
e:---
soumis à une très forte pression foncière se pratique généralement de manière très intensive
sur des superficies très limitées. Il peut donc entraîner une pollution rapide du sol; d'où la
nécessité de rechercher des techniques plus sécurisées d'utilisation des déchets en agriculture.
Plusieurs travaux ont porté sur le recyclage des DUS en agriculture. Les travaux
importants de Bilgo et al, (1997), Nouma (2002), Tezanou et al. (2003), Savadogo et al.
(2005) ont porté sur la caractérisation des déchets urbains. D'autres expériences ont porté sur
le traitement et la gestion de ces produits; en occurrence les travaux de bioconversion des
déchets cellulosiques en méthane et CO 2 par fermentation (Yaméogo et al., 1980) et ceux sur la
production de compost à base d'ordures ménagères (Gillet, 1977 ; Morez, 1987 ; Waas, 1996).
Les propriétés biologiques, physiques et chimiques des sols amendés par les ordures
ménagères sous cultures de céréales ont fait l'objet de plusieurs études ainsi que la
productivité des cultures céréalières amendées par les déchets bruts. Les plus récentes au
Burkina Faso sont celles de Traoré (2000), Barnier (2004) et Kaboré (2004). Elles ont révélé
une amélioration de la productivité des cultures amendées par les DUS et aussi l'importance
et l'intérêt majeurs de l'agriculture intra urbaine et péri urbaine de la ville de Ouagadougou.
Cependant, très peu d'études ont concerné l'impact des apports des déchets bruts sur les
légumes et les sols en culture maraîchère; l'un des secteurs les plus représentés par
l'agriculture urbaine en Afrique (Moustier et al. ; 2004). Les quantités de déchets produits
dans la ville de Ouagadougou et celles qui sont enlevées par les maraîchers ne sont pas
déterminées. Les types de DUS et les types de fertilisation en relation avec les cultures
maraîchères ainsi que les doses apportées pour chaque culture sont peu connus. De plus, le
niveau de risque alimentaire et environnemental encouru par l'Homme et les animaux avec
l'utilisation des DUS comme fertilisants en maraîchage est peu connu.
La présente étude est menée dans le cadre du projet Fonds de Solidarité Prioritaire
(FSP)/Recyclage des déchets urbains solides en agriculture dont l'Institut de l'Environnement
et de Recherches Agricoles (INERA) est le principal proposant en collaboration avec l'Institut
du Développement Rural (IDR). Elle s'inscrit donc dans les objectifs dudit projet dont les
travaux sont effectués par deux équipes dans chacune des deux plus grandes villes du
pays que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
L'objectif global de notre étude est d'identifier de façon exhaustive, l'origine et les
quantités des DUS produits à l'intérieur et à la périphérie de Ouagadougou et d'évaluer les
impacts des amendements des DUS sur la fertilité du sol. Les objectifs spécifiques se
résument à:

2
• identifier les principales espèces animales élevées dans les fermes urbaines et péri
urbaines de la ville de Ouagadougou;
• identifier les types, les quantités de DUS produits dans les fermes et celles enlevées
par les maraîchers ;
• déterminer les doses de DUS apportées pour chaque culture maraîchère en relation
avec les types de DUS utilisés;
• appréhender les niveaux de l'impact de ces apports sur les indicateurs chimiques de
fertilité des sols urbains maraîchers de la ville de Ouagadougou.
Nous partons des hypothèses suivantes:
• les modes de gestion de la fertilité des sols dans les périmètres maraîchers de la ville
de Ouagadougou ne sont pas conformes aux techniques recommandées et vulgarisées ;
• plusieurs types de DUS produits dans la ville sont utilisés dans les périmètres
maraîchers;
• les DUS améliorent la fertilité des sols;
• l'apport des DUS augmente la concentration du sol et des produits maraîchers en
métaux lourds au delà des seuils recommandés.
Le présent mémoire comprend trois chapitres en plus de l'introduction, de la conclusion
et des recommandations. Dans le premier, nous traitons de la revue de littérature relative à la
gestion des déchets et à l'agriculture urbaine. Le deuxième est consacré au cadre et à la
méthodologie de l'étude. Enfin, le troisième chapitre restitue les résultats suivis de leurs
discussions.

3
CHAPITRE 1 : GESTION DES DECHETS URBAINS ET
AGRICULTURE URBAINE

1. DECHETS URBAINS

1.1. Notion de déchet urbain

La définition de la notion de déchets est très controversée. Pour Gouhier (1997), la


relativité de la notion de déchet est fondamentale car sa valeur est dépendante d'un système
de référence et d'évaluation défini dans un milieu déterminé. Il assimile le déchet à un bien
dont la valeur potentielle, certes réduite, n'est pas exprimée dans un système d'évaluation
déterminé, mais exprimable dans un autre système de qualification.
Selon Mustin (1987), le déchet est un résidu, généralement polluant, non valorisable,
mais susceptible de l'être dans l'état de la technique, du marché ou du mode de production.
On convient avec Haupt et al. (1996) que les déchets sont des ressources placées au mauvais
endroit. En effet, le déclassement et la mise en marge des déchets sont liés à un système
d'appréciation et de classement économique, technique, politique, sociétal dont les critères
modifiables et variables; les données conjoncturelles ou structurelles pouvant engendrer des
révisions et des bouleversements (Gouhier, 1997).
La directive du conseil N° 75/ 442 / CEE du 15 juillet 1975 définit le terme déchet
comme toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou
l'obligation de se défaire.
Au concept de déchets urbains, le code de l'environnement du Burkina Faso les définit
comme suit: ce sont des détritus solides, liquides ou gazeux en provenance des maisons
d'habitation ou assimilées, des immeubles, des salles de spectacles, de restauration ou de tout
autre établissement recevant du public (Ministère de l'Environnement et de l'Eau du Burkina
Faso, 1997). D'après le Schéma Directeur de Gestion des Déchets de Ouagadougou (SDGD)
(2000), les déchets regroupent les ordures ménagères, les déchets municipaux solides ou
liquides et les déchets industriels solides que sont:
• les déchets banals correspondant aux déchets assimilables aux ordures ménagères (les
papiers, les cartons, les débris végétaux et autres) ;
• les déchets inertes constitués de matériaux non biodégradables ou qui se dégradent
très lentement, ce sont les métaux, les plastiques, les os et cornes, les matériaux de déblais,
les fûts et autres;

4
• les déchets dangereux qui présentent des risques graves pour la santé, la sécurité
publique et l'environnement; leur nocivité étant liée à l'inflammabilité, à la corrosivité, à la
radioactivité et à la toxicité;
• les déchets biomédicaux ou déchets infectieux, produits après les soins donnés aux
patients.
La complexité de la définition de la notion de déchet pose un problème de classification.
Les déchets sont classés suivant leur origine ou suivant la nature du danger qu'ils font courir à
l'homme ou à son environnement (Gillet, 1986 ; Farinet et Niang, 2005).
En vue d'une valorisation agricole des déchets, Farinet et Niang, (2005) font la
classification suivante:
• les déchets urbains, dont l'élimination est prise en charge par les communes, soit
directement, soit par l'intermédiaire de contrats de fermage avec des sociétés spécialisées;
• les déchets industriels, produits par les entreprises industrielles, commerciales et
artisanales, dont l'élimination incombe généralement à ces établissements;
• les déchets agricoles, produits par les exploitations agricoles, les élevages ou les
industries agro-alimentaires artisanales.
Selon les mêmes auteurs, les déchets urbains représentent les déchets des ménages; les
déchets des activités économiques (papiers, cartons, plastiques et encombrants); les déchets de
nettoyage; les déchets d'assainissement. Les déchets industriels regroupent les déchets
banals, les déchets inertes et les déchets spéciaux (déchets dangereux et déchets toxiques).
Quant aux déchets agricoles, ils proviennent des exploitations (agriculture et élevage) et des
industries agro-alimentaires dites artisanales. Ils sont pour la plupart réutilisés directement sur
l'exploitation.
Pour nous, les déchets urbains solides (DUS) sont tout résidus solide produit et résultant
de l'influence de la ville sur les activités socio-économiques et culturelles, sur les systèmes de
production consommation existant. Nous convenons avec tous ces auteurs que les DUS sont
une ressource utilisable. Leur origine et leur nature peuvent servir pour la classification.

1.2. Législation et Réglementation en matière de déchets au Burkina Faso

En 1996, le gouvernement du Burkina Faso a adopté la Stratégie Nationale du Sous-


secteur de l'assainissement qui est un cadre d'orientation des actions en matière
d'assainissement et aussi un outil de concertation entre les différents partenaires (Ministère de
l'Environnement et du Cadre de Vie (MECV, 2001). Une des trois idées forces de la Stratégie

5
est de faire de la gestion des déchets une composante fondamentale des programmes de
développement.
Cependant, les compétences des communes relatives à la gestion des déchets urbains et
des déchets industriels sont définies par la Loi nO 044 / 98 / AN portant organisation de
l'administration du territoire au Burkina Faso et la Loi nO 005 / 97 / ADP du 30 janvier 1997
portant code de l'environnement au Burkina Faso (SDGD, 2000). Le décret conjoint nO 98 -
323 / PRES / MEE / MAT / MIHU / MS du 28 juillet 1998 portant réglementation de la
collecte, du stockage, du transport, du traitement et de l'élimination des déchets définit ces
compétences, les responsabilités et obligations spécifiques des communes en matière de
collecte et de traitement des déchets urbains:
• la Loi portant Organisation de l'Administration du Territoire au Burkina Faso confère
aux communes une compétence générale, uniquement en matière d'enlèvement et
d'élimination des déchets ménagers;
• le décret conjoint identifie les éléments composant les déchets urbains et les déchets
industriels ;
• le code de l'environnement définit les conditions générales applicables à l'ensemble
du pays et spécifie les compétences particulières des autorités locales, dont les communes.
Le code de l'environnement adopte le 28 juillet 1998, un décret définissant au niveau
national, les conditions générales pour la collecte, le stockage, le transport, le traitement et
l'élimination des déchets urbains; les communes peuvent adopter des dispositions spécifiques
respectant ces conditions générales. Il prévoit l'adoption d'un cahier de charges dit sectoriel
où sont contenues au plan national, les conditions matérielles et techniques de stockage, de
traitement, de recyclage, de transport et d'élimination des déchets industriels et assimilés. Il
ne prévoit pas de compétences pour les communes en cette matière. Enfin, le code de
l'environnement prévoit l'adoption d'un cahier de charges générales spécifiant les conditions
d'élimination des déchets industriels et les conditions d'hygiène et de sécurité afférentes, et
confère aux communes, la possibilité d'adopter des dispositifs les concernant.
Des améliorations qualitatives existent en matière de législation et de réglementation
portant sur la gestion des déchets au Burkina Faso. Cependant, la façon actuelle de gestion
intègre moins ces produits dans le processus de développement notamment leur valorisation
comme matière première en agriculture.

6
1.3. Gestion des déchets urbains solides dans la ville de Ouagadougou

1.3.1. Brève historique sur la gestion des déchets

L'évacuation des déchets urbains solides dans la ville a commencé depuis les années
1968 avec des tracteurs remorques.
De 1974 à 1978 l'entreprise Nacoulma prend en main le service à la suite de difficultés
de gestion publique des équipements.
En 1984, les Services d'Entretien, de Nettoyage et d'Embellissement (SENE) sont nés
puis remplacés en 1986 par l'ONASENE (Office National des Services d'Embellissement et
de Nettoyage). Désormais, sur le plan national, la gestion des ordures dans les villes incombe
à l'ONASENE. Il fit promouvoir le secteur privé avant de disparaître à son tour en 1996.
Depuis une quinzaine d'années, le secteur informel et des structures associatives et
privées se sont engagés pour l'évacuation des déchets urbains à Ouagadougou comme dans
les autres villes du pays (Kaboré, 2004).

1.3.2. Les acteurs

L'Etat.
L'Etat élabore des lois et décrets et veille ainsi à leur application. Il assure la mise en
œuvre des décisions et la réalisation des infrastructures d'assainissement, de collecte et de
traitement des déchets à travers les institutions suivantes :
• le ministère de l'environnement et du cadre de vie;
• le ministère de la santé;
• le ministère des infrastructures, de l'habitat et de l'urbanisme;
• le ministère de l'administration territoriale et de la décentralisation.
De façon générale, les actions de l'Etat sont: un rôle de promotion de la recherche et de
la diffusion des résultats; un rôle de réglementation et de contrôle; un rôle d'assistance
technique et de formation des acteurs; un rôle de financement des investissements.

La municipalité.
Les communes sont chargées de :
• l'élaboration du Schéma Directeur et de plan de gestion des déchets;
• l'organisation et le suivi des activités de pré collecte et de collecte des déchets;
• l'organisation et le suivi des activités de transport, de mise en centre d'enfouissement
technique et de valorisation;

7
• la réglementation et le contrôle à l'échelle de la commune.
Elles agissent en collaboration ou en concertation avec les entreprises privées et les
ONG exerçant leurs activités dans le domaine de l'assainissement.
A Ouagadougou, le service communal qui a en charge l'assainissement et la gestion des
déchets urbains est la Direction de la Propreté de la Commune de Ouagadougou. Elle a pour
missions essentielles, la gestion de la propreté urbaine et la gestion des pompes funèbres et
des cimetières. Dans sa mission de gestion de la propreté urbaine, les tâches qui lui sont
assignées sont:
• l'enlèvement et le transport des ordures ménagères, des déchets encombrants et des
déchets de démolition;
• le nettoyage des voies et places publiques;
• le curage des caniveaux, des égouts et dalots;
• l'évacuation des produits de curage;
• le traitement et la valorisation des déchets;
• la gestion des eaux usées et des excréta; la lutte contre l'insalubrité, les pollutions et
les graffitis et affichage sauvage.
La Direction des Services Techniques Municipaux (DSTM) intervient pour la réparation
et la mise en route du matériel roulant et autres.

Les ONG.
Les ONG ont un rôle:
• d'appui conseil (Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible
coût: CREPA) ;
• de conception d'outils de gestion, de ramassage et de valorisation des déchets;
• d'appui technique et financier (Institut Africain de Gestion Urbaine: IAGU , Cellule
d'Appui à la Petite Entreprise: CAPEO, CREPA , UNICEF) aux associations. On peut citer
aussi la Banque Mondiale, 1'ONG Eau, Agriculture et Santé en milieu Tropical (EAST), etc.

Le secteur privé et les associations.


Les privés et les associations interviennent dans la gestion des déchets urbains à
plusieurs niveaux:
• l'établissement d'ententes commerciales avec les abonnés pour le service de pré
collecte;
• le respect des termes du contrat et de réglementation;
• la collecte des déchets.

8
Le service de pré collecte est rendu à raison de cinq cents (500) à mille (l 000) Francs
CFA par mois et par concession. On compte plus de dix huit (18) entreprises privées actives et
une quinzaine d'associations dans la commune de Ouagadougou qui s'occupent de la gestion
des déchets.

Les communautés de base.


Elles sont impliquées dès le démarrage et à toutes les étapes des programmes d'appui
de gestion, de traitement et de valorisation des déchets qui incluent:
• des actions d'information et de sensibilisation des différents acteurs;
• une assistance auprès des associations formelles ou informelles de même que des
personnes ressources;
• toutes les mesures d'accompagnement nécessaires à l'éducation pour la santé de
l'environnement.
Dans la plupart des cas, les moyens d'interventions font défaut et les capacités
limitées réduisant ainsi l'efficacité des différents acteurs.

1.3.3. Les systèmes de collecte et d'évacuation des déchets urbains solides

Il existe trois catégories de système de collecte: le ramassage des tas au sol, le porte à
porte et la collecte par containers.
Le ramassage des tas au sol est réalisé par les engins de la commune au niveau des
quartiers périphériques ou les ordures sont déversées sur des dépôts intermédiaires.
Le porte à porte est assuré par les bennes tasseuses de la municipalité; le privé et les
abonnés. L'abonnement s'effectue suivant un contrat mensuel d'un montant de 500 à 1000 F
CFA pour les ménages et de 1000 à 3000 FCFA pour les services.
La collecte par containers est réservée aux secteurs centraux de la ville
(l'arrondissement de Baskuy).
Les déchets ainsi collectés sont acheminés vers le Centre d'Enfouissement Technique
de Ouagadougou (CETO) ; forme actuelle de la gestion par les communes. Aujourd'hui, on
assiste toujours aux dépôts désordonnés des déchets et leur accumulation dans les espaces
vides, sur les rues et dans les caniveaux.

9
1.4. Caractéristiques et composition des déchets urbains solides

Pour une bonne gestion des déchets, la connaissance de leur composition est un
préalable indispensable. La connaissance de la composition des déchets permet d'opérer des
choix techniques et d'organisation et, une meilleure maîtrise des coûts. Savadogo et al. (2005)
utilisant la méthode de caractérisation des ordures ménagères Mode De Caractérisation des
Ordures Ménagères (MODECOM) élaborée en 1993 par l'Agence pour la Défense de
l'Environnement et la Maîtrise de l'Energie (ADEME), sont parvenus aux résultats suivants à
Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso (figure 1).

Tableau 1: Classification des ordures ménagères de la ville de Ouagadougou et de la ville


de Bobo-Dioulasso.
Composantes Ouagadougou (%) Bobo-Dioulasso (%)
Fermentescibles 39 39
Textiles 5 5
Composites 3 4
Verres 3
Cartons 3 4
Textiles sanitaires 2
Combustibles non classés 10 5
Métaux 4 4
Papiers 5 5
Plastiques 9 10
Incombustibles non classés 19 17
Déchets spéciaux 1 4

Source: Savadogo et al., (2005}


Selon ces auteurs, la proportion de la matière fermentescible est la plus importante (39
%).
Sur près de neuf tonnes de déchets urbains étudiés, Traoré (2000) trouve une
composition physique pondérale et centésimale repartie en huit catégories d'éléments
découlant de leur hétérogénéité:

10
Tableau 2 : Composition physique (pondérale et centésimale) des DUS
Composantes Poids (kg) Pourcentage
Déchets bruts 8728,60 100,00
M.O. et terreaux 7582,60 86,87
Déchets domestiques 200,00 2,29
Métal et verre 240,60 2,76
Papier et carton 87,00 0,99
Piles et batteries 16,60 0,19
Déchets biomédicaux 8,00 0,09
Déchets plastiques 321,90 3,69
Autres (objets non classés) 271,90 3,12
Total 8728,60 100,00

Source: Traoré (2000)

Cette composition des DUS vane avec le temps suivant la complexité des activités
sociales et économiques. Selon IAGU (1992), la production spécifique, la densité et la
composition des déchets varient en fonction du niveau de vie.
Pour tous ces auteurs, les déchets des villes comportent d'importantes proportions de
matières biodégradables.
Quant à la composition chimique des DUS, Kaboré (2004) indique que dans la fraction
0-2 mm, celle-ci varie avec le temps de dépôt:
• le rapport C/N des déchets frais baisse de 40 % en espace de quatre mois, passant de
35 à 27 en deux mois et à 21 en quatre mois;
• les teneurs en azote passent de 3,54 g / kg de déchets frais à 2,79 g / kg de déchets de
quatre (04) mois;
• par contre, les DUS de deux mois sont riches en phosphore et, cette richesse serait
faiblement corrélée au temps de dépôt;
• enfin, les pH eau et pH KCl restent neutres pour tous ces DUS.
Bilgo et al. (1997) ont observé également que les déchets agro industriels sont riches en
matière organiques et en phosphore et, présentent un pH voisin de la neutralité.
La composition des DUS révèle ainsi leur intérêt pour l'agriculture.
Cependant, ils contiennent des éléments indésirables comme les métaux lourds, les
polluants organiques et les micro-organismes pathogènes (Farinet et Niang, 2005).

Il
Les métaux lourds sont contenus dans l'air, dans les eaux, dans les engrais et produits
phytosanitaires et dans les déchets. Ils sont classés selon Miquel et Poignant (1999), en trois
grandes catégories: les métaux lourds toxiques pour la santé qui sont le mercure, le cadmium,
le chrome et le plomb; les métaux lourds moyennement toxiques qui sont le cuivre, le nickel;
les métaux faiblement toxiques tels que le fer ou l'aluminium.
Les polluants organiques sont essentiellement des produits pétroliers, des solvants de
synthèse organique, des hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), des hydrocarbures
polycycliques aromatiques chlorés (HPCB) et des résidus de produits phytosanitaires à base
de chlore tels que les insecticides, les fongicides et les herbicides (Farinet et Niang, 2005).
Pour les micro-organismes pathogènes, il s'agit des salmonelles (bactéries), des œufs de
parasites comme les helminthes pathogènes et les entérovirus (Farinet et Niang, 2005).
Les déchets constituent une matière valorisable en agriculture en raison de leur richesse
en matières biodégradables et en éléments nutritifs. Les éléments indésirables qu'ils
renferment nécessitent des moyens efficaces pour valoriser au mieux leur potentiel agricole.

2. IMPACT DES APPORTS DE DUS SUR LES PROPRIETES DU SOL


ET SUR LA CROISSANCE DES VEGETAUX

2.1. Impact des DUS sur les indicateurs chimiques de fertilité du sol

Les déchets constituent un gisement de matière organique fraîche et transitoire,


précurseur de l'humus. Ils contiennent également des composés minéraux sous diverses
formes, qui peuvent contribuer à la fertilisation des sols (Farinet et Niang 2005).
Selon Gnankambary et al., (2000), l'utilisation des DUS en agriculture urbaine améliore
considérablement les caractéristiques chimiques du sol dans l'horizon de surface (0-20 cm).
En effet, il note une élévation des pH eau et pH KCl par rapport au témoin sans apport.
Kaboré (2004), trouve que le pHeau des sols passe des valeurs de 6,10 à 6,59 sur les témoins à
des valeurs de 6,90 à 7,51 sur les sols amendés.
Les teneurs en phosphore et en potassium du sol augmentent de plus de 12 et 6 fois
respectivement en phosphore total et assimilable (Gnankambary et al., 2000). Kaboré (2004)
détermine un taux d'accroissement de 43,65 % pour le phosphore total du sol.
Pour la matière organique du sol, son niveau augmente et est corrélé aux quantités de
déchets apportés. Kaboré (2004) mesure une augmentation de 91 %, 56 % et 24 %
comparativement aux témoins dans trois de ses sites d'études. Il évalue un accroissement des
taux d'azote à l'ordre de 73,1 % en moyenne avec cependant des variations inter sites.

12
Par contre, partant des teneurs en carbone, Lompo et al., (2002) distinguent des sols très
pauvres, pauvres dans le site de Boulmiougou à riches dans le site de Paaspanga en matières
organiques d'ailleurs mal décomposées (12<CfN<25), des sols pauvres en azote, pauvres à
moyen en phosphore total mais par contre riches à très riches en phosphore assimilable. En
comparaison à des études de BUNASOLS (1998), selon ces même auteurs, l'ensemble des
sols étudiés restent pauvres en éléments fertilisants majeurs N, P et K.
Dans tous les cas, c'est la teneur en matière organique contenue dans les DUS apportés
qui apparaît comme le facteur essentiel pour le maintien de la fertilité des sols. En effet, la
matière organique intervient au niveau des propriétés chimiques, physiques et biologiques des
sols par le processus de la minéralisation, biodégradation et humification (Sédogo, 1977).
Pour certains auteurs, la richesse en humus des sols exprime leur fertilité (Sedogo,
1977 ; Feller et al., 1977 ; Feller, 1980 et Gillet, 1986).
L'humus se fixe généralement aux minéraux argileux et forme le complexe absorbant
ou complexe argilo humique. Le complexe argilo humique est l'élément régulateur des
réactions du sol et le stimulant de toutes les activités biologiques du sol (Gillet,1986).
Les DUS améliorent considérablement les indicateurs chimiques de fertilité du sol.
C'est ce qui explique les besoins exprimés par les producteurs.

2.2. Impact des DUS sur la croissance et le développement des cultures

Les ordures des villes d'Afrique Noire sont assez riches en matière organique fraîche.
Selon Tricaud (1996), elle est estimée à plus de 80 %.
L'impact de la matière organique sur la croissance, le développement et la production
des végétaux n'est plus à démontrer. Sanchez (1976) et Nicou (1991) cité par Kaboré (2004),
montrent que l'apport de matière organique est bénéfique sur les rendements des cultures et
permet d'améliorer la productivité de l'agriculture.
L'utilisation des déchets en agriculture céréalière entraîne une augmentation des
rendements proportionnellement aux quantités de déchets apportées (Gnankambary et al.,
2000). Kaboré (2004) indique une augmentation de la croissance en hauteur des cultures de
sorgho ayant reçues des apports de déchets urbains solides. Cette croissance par rapport aux
sols témoins sans apport de déchets est perceptible à partir d'une certaine période (entre le
ème
lOème et le 15 jour après semis); date à laquelle la croissance est accélérée. Sur la
production en matière sèche du sorgho, il indique une augmentation significative des
biomasses aériennes mais pas la biomasse racinaire.
Les études sur les cultures maraîchères sont cependant peu existantes.

13
2.3. Enjeux et risques d'utilisation des DUS en agriculture

La valorisation des DUS en agriculture urbaine et périurbaine contribue pour une large
part à l'assainissement des villes en même temps qu'elle augmente le niveau de la matière
organique du sol. Elle constitue une solution sérieuse pour lutter contre la dégradation des sols
en améliorant la stabilité structurale. Aussi, elle diminue les coûts de gestion des déchets des
villes par les municipalités.
Mais l'utilisation des DUS en agriculture est cependant limitée du fait des risques liés
aux pertes de nutriments par leur usage abusif. Leur emploi est aussi limité du fait de la
présence des métaux lourds, des polluants organiques et des micro-organismes pathogènes
susceptibles d'affecter directement les cultures, les animaux et les hommes, ou migrer vers les
eaux souterraines ou superficielles (Farinet et Niang, 2005).

2.3.1. Les excédents de nutriments

Lorsque les éléments nutritifs sont employés de façon abusive sur les parcelles, ils
peuvent laisser des résidus dans les cultures ou dans la nappe phréatique, et avoir ainsi des
effets négatifs sur la santé des agriculteurs et des citadins. Selon la Commission de l'OMS
pour la Santé et l'Environnement (1992), les risques de pollution des cultures ou de la nappe
phréatique liés à l'usage intensif des inputs agricoles sont plus élevés dans le domaine de
l'horticulture intensive à visée commerciale notamment la production de légumes que dans
l'agriculture traditionnelle et de subsistance du fait des utilisations différentes de ces produits.
Farinet et Niang (2005) affirment que les excès d'apport nutritif aux cultures entraînent
parfois des dysfonctionnements dus à l'accroissement des formes solubles d'azote et de
phosphore dans les milieux aquatiques.

2.3.2. Les métaux lourds

Les métaux lourds jouent un rôle important dans la transformation de la matière,


principalement dans les mécanismes enzymatiques. Une faible concentration de ces éléments
dans l'environnement a généralement un effet positif et stimulant sur l'activité des organismes
vivants. Au-delà du seuil maximum dans le sol, ils inhibent la croissance et le développement
des végétaux et peuvent même être assimilés par celles ci (Kozlowski et al., 2003). Par
conséquent, des quantités importantes de métaux lourds se retrouvent dans la chaîne
alimentaire par l'intermédiaire des plantes. Selon Henk et Karen (2000), l'application de
fumier de basse-cour diminue la teneur en métaux lourds tels que le nickel, le zinc et le cuivre

14
dans le sol mais peut en accroître la concentration en cadmium. Ces deux auteurs affirment
que les sols de la plupart des villes des pays en développement contiennent suffisamment de
métaux lourds pour causer des symptômes d'intoxication aiguë. Ils ajoutent que leur
concentration accrue et prolongée dans la chaîne alimentaire humaine peut avoir des effets
carcinogènes et mutagènes notables sur la santé. Les effets toxiques dépendent principalement
des quantités accumulées et des formes chimiques dans le sol. A cet effet, IRD Brésil (2005)
indique que l'existence de métaux lourds sous des formes solubles et échangeables, défini le
potentiel polluant et l'impact sur la qualité des sols et des eaux ainsi que sur la toxicité pour
les plantes et les autres organismes. Pour cet auteur, la présence de ces éléments toxiques avec
des biodisponibilités variables peut induire un gradient de pression qui va influencer la
biodiversité ou la capacité de développement normale des plantes naturelles ou cultivées.
L'absorption de ces éléments par les plantes est variable. Généralement, les plus
grandes quantités de métaux lourds s'accumulent dans les feuilles; et les quantités moindres
se retrouvent dans les semences (Henk et Karen, 2000). La consommation par 1'Homme ou
par les animaux de produits contaminés est à l'origine de troubles divers et de maladies graves
dus aux dysfonctionnements de cellules de l'organisme.

2.3.4. Les polluants organiques et les transmissions de pathogènes

Les composés organiques surtout les hydrocarbures, sont fortement nuisibles à la flore
et la faune des eaux et du sol à l'exception de quelques microorganismes (Haupt et al., 1996).
Selon les mêmes auteurs les aromates sont moins facilement décomposables que les composés
aliphatiques par la radiation solaire et les microorganismes.
Certains animaux vecteurs de nombreuses maladies transmissibles à l'Homme sont
attirés par les déchets et les activités agricoles. C'est le cas du paludisme dû aux moustiques,
de la peste due aux rats, de la dysenterie amibienne et bacillaire, etc. Le recyclage des eaux
usées et des déchets organiques solides d'origine urbaine peut engendrer aussi la
contamination des cultures par les helminthes.

3. AGRICULTURE INTRA ET PERI URBAINE

3.1. Concept

Selon Schilter (1991), l'agriculture urbaine (AU) diffère de l'agriculture rurale par sa
localisation en ville et par certains éléments des pratiques culturales ou modes de production.

15
Pourtant, la délimitation entre la ville et la campagne n'est pas toujours nette car, elle
dépend non seulement de la ville mais aussi de la discipline et du pays. Tricaud , (1996) fait
une distinction entre la ville et la campagne à travers des caractères distinctifs (la densité des
espaces bâtis et revêtus ; le caractère monétaire des productions, la pression foncière, ... ) qui
suivent un gradient croissant ou décroissant lorsque l'on s'éloigne du centre. Il ajoute que ce
gradient permet d'identifier des espaces urbain, rural ou péri urbain sans pour autant tracer
des limites précises. Moustier et Fall (2005) pensent que les liens entre la ville et l'agriculture
sont au cœur de l'identité de l'agriculture urbaine. L'agriculture urbaine ne s'arrête donc pas
aux limites administratives de la ville, mais elle s'arrête par l'influence de la ville sur le
système de production adapté aux besoins de la ville (demande en légumes, fruits et aliments
de base) ou à l'offre (foncier, infrastructure, main-d'œuvre, fertilisants, ... ) ou encore adapté
aux ressources (eau usée, déchets urbains, ... ) dont dispose la ville. Ainsi, l'AU situe
l'ensemble des cultures pratiquées dans les périphéries (agriculture péri urbaine) et celles
faites en pleine ville (agriculture intra urbaine). Elle comprend les produits provenant de
l'agriculture, de l'élevage, de la pêche, et de la sylviculture ainsi que leurs fonctions
écologiques (FAO, 1996).
De nos jours, l'agriculture urbaine est une pratique; une activité économique et sociale,
à la fois ancienne et presque universelle (Traoré, 2000; Doucouré et Fleury, 2005);
malheureusement mise en marge de la loi ou de la pratique ordinaire de l'urbanisme. Elle
serait apparue au même moment que les champs de case recyclant ainsi d'énormes quantités
de déchets produits dans les villes. Elle contribue alors à assainir les villes, à réduire le
chômage et à assurer la sécurité alimentaire.

3.2. Caractéristiques de l'agriculture urbaine à Ouagadougou

L'agriculture couramment pratiquée en milieux intra urbain et péri urbain dans les pays
sahéliens, emploie environ 200 millions d'habitants des villes de ces pays (Cissé et al., 2002).
On peut distinguer à Ouagadougou, l'élevage; les cultures pluviales, le maraîchage et
l'horticulture.

3.2.1. Les cultures pluviales

Les principales cultures pluviales développées à la périphérie et à l'intérieure de la ville


sont constituées essentiellement de céréales (maïs, sorgho, mil, ...) et de légumineuses
(arachide, niébé, voandzou). Les producteurs potentiels sont généralement d'origine rurale
utilisant des déchets urbains (compost, ordures ménagères brutes) pour assurer leur

16
production. On peut y compter également des fonctionnaires à la retraite ou proche de la
retraite mais aussi des membres de familles de certains fonctionnaires surtout dans les
casernes militaires et autres enceintes de services. Cette production occupe la période de juin
à octobre.

3.2.2. Le maraîchage et l'horticulture

Le maraîchage a été introduit au Burkina Faso dans les années 1920-1930 par les
missionnaires blancs et des fonctionnaires de l'administration coloniale pour leurs propres
besoins (Keïta, 1995). Les techniques de production se sont transmises par les serviteurs des
résidences coloniales, les catéchistes et anciens militaires; et l'activité s'est vite développée
après la sécheresse des années 1970. Par la suite, les fonctionnaires nationaux et leurs familles
dans les grandes villes vont devenir de véritables clients maraîchers; justifiant ainsi
l'augmentation des ceintures de jardins dans et autour des grands centres urbains du pays.
A Ouagadougou, les cultures maraîchères sont localisées le long des canaux pluviaux à
ciel ouvert, autour des barrages et des bas-fonds, dans des parcelles à usage d'habitation non
encore mise en valeur, dans les champs périphériques. Gillet (1977) distingue 640 maraîchers
disposant chacun 6,25 are et situés dans la ceinture verte de Ouagadougou et 80 autres
maraîchers du projet Bassako circonscrit à une distance moyenne de 10 km et qui dispose
chacun 0,25 hectare. Les superficies cultivées et le nombre de maraîchers sont en
accroissement continu. Morez (1987) évalue environ 600 ha de terre cultivée en maraîchage
pour la ville. Cissé (1997) compte 48 sites de maraîcher cultures parmi lesquels six (6)
représentent à eux seuls 55 % de la superficie. Ce sont: Boulmiougou , Tanghin , Canal
centrallhôpital , Tannerie, Abattoir et BRAKINA. L'activité se déroule toute l'année mais
occupe le moins de superficie en hivernage à cause de l'inondation des parcelles et des
difficultés de réussite de certaines spéculations. Ces superficies augmentent progressivement
au cours de la saison sèche au fur et à mesure que les parcelles se drainent et que les barrages
se vident et atteignent un maximum (équilibre entre besoin en eau et disponibilités en eau et
période propice de production maraîchère) avant de rechuter. En saison pluvieuse, la
céréaliculture occupe bons nombres de producteurs. Le pic de production est réalisé en janvier
février. Plusieurs espèces sont cultivées. Le maraîchage pratiqué autour des barrages à
Ouagadougou constitue une source importante de nourriture et de revenus pour de nombreux
ménages pauvres en milieu urbain (Cissé et al., 2002). Il procure au producteur un revenu
monétaire additionnel (Keïta, 1995). Il participe à l'approvisionnement de la ville en produits
frais et à la création d'emplois; facteurs de l'équilibre social. Le maraîchage améliore la

17
qualité du régime alimentaire ainsi que la qualité de l'air. De plus, l'activité contribue à
l'amélioration de l'équilibre de la balance commerciale du pays par l'exportation.
L'horticulture semble une activité de spécialistes menée spécifiquement en ville pour
satisfaire les besoins croissants des villes pour l'embellissement et l'amélioration du cadre de
vie aujourd'hui une préoccupation des maires et des citadins.

3.2.3. L'élevage

L'élevage se retrouve comme activité principale surtout chez les fonctionnaires et


opérateurs économiques car, ceux-ci visent des activités à production pluriannuelle. Il porte
sur les bovins, les ovins, les porcins et la volaille en intensif; à l'intérieur de la ville où
animaux et humains cohabitent dans la même concession quand la taille du troupeau n'est pas
important. Les animaux sont transférés en périphérie où ils bénéficient d'un aménagement
type quand le nombre de têtes atteint un certain niveau. Selon MARA (1996), les élevages se
repartissent dans la commune de Ouagadougou comme suit:

Tableau 3 : Répartition des élevages par arrondissement dans la ville de Ouagadougou.


Arrondissements Nombres d'élevage (%)
Bogodogo 36,09
Signoghin 24,56
Baskuy 22,68
Nongremasson 8,77
Boulmiougou 7,89

Source: MARA (1996)


La ville de Ouagadougou connaît un développement important d'activités de
productions agricoles dont les plus importantes sont le maraîchage et l'élevage. L'intégration
de ces deux activités peut être un puissant moyen de développement de la ville. L'efficacité et
la durabilité d'un système issu de l'intégration n'est possible que par l'identification des
atouts et aussi des faiblesses de chacun des deux secteurs au niveau de la ville.

18
CHAPITRE II : CADRE ET METHODOLOGIE DE L'ETUDE.
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1. CADRE D'ETUDE.

1.1. Situation géographique et organisation

Ouagadougou, capitale du Burkina Faso en plein cœur du pays est située entre 12°30 et
12°25 de latitude Nord et 1°27 et 1°35 de longitude Ouest. La ville est située sur un plateau à
une altitude d'environ 300 m. Elle est désenclavée par trois principales voies routières: la
route Nord-Sud qui conduit à la Côte d'Ivoire, la route Est-Ouest reliant le Niger au Mali et la
route Centre Sud la reliant avec le Ghana.
La commune couvre une superficie de 52 000 hectares dont près de 21750 hectares de
surface urbanisée et 30250 hectares de surface dite rurale (Commune de Ouagadougou, 2004).
La surface urbaine comprend:
• une zone occupée (57,8% en 1995) dans laquelle on retrouve les loties équipées, les
loties non équipées et la zone d'habitats spontanés;
• une zone non occupée (42,2% en 1995) qUI se distingue par les barrages, les
reboisements, les espaces constructibles, les espaces verts.
La ville est organisée depuis 1995 en cinq arrondissements communaux: Baskuy,
Bogodogo, Boulmiougou, Nongremason et Sig-Nonghin et en trente secteurs avec dix sept
(17) villages rattachés. L'arrondissement de Baskuy comprend douze secteurs centraux (1 à
12). Les quatre autres arrondissements comprennent les secteurs périphériques et les dix sept
villages rattachés.

1.2. Caractéristiques biophysiques

1.2.1. Climat

Pluviosité.
La ville est située dans la zone soudanienne septentrionale du Burkina Faso (Guinko,
1984) et est caractérisée par deux saisons. La saison sèche longue de sept mois, dure de
novembre à mai. La deuxième saison ou saison des pluies dure cinq mois et s'étale de juin à
octobre. Les pluies sont conditionnées par la montée du Front Inter Tropical (FIT). Elles
connaissent une mauvaise répartition dans l'espace et dans le temps. L'alimentation en eau
des barrages; tributaire de la pluviosité subit en conséquence cette mauvaise répartition se

19
traduisant par des mauvais remplissages des barrages d'une année à l'autre et au cours de la
même année.

1.2.2. Végétation et sols

Ouagadougou appartient au domaine phytogéographique soudanien (Guinko, 1984)


ème ème
dans le secteur soudanien nord situé entre les 12 et 13 parallèles (Fontès et Guinko,
1995).
On rencontre des formations ouvertes (savanes claires) avec un tapis herbacé plus ou
moins continu reparties par bandes orientées Ouest-Est.
Cependant, cette végétation naturelle est sujette à une dégradation permanente liée à
l'action anthropique. Selon Kaboré (2004), la dégradation est plus sensible au fur et à mesure
que l'on remonte au Nord. Elle est le fait de la forte pression démographique croissante
donnant lieu à des actions destructives du couvert végétal comme la coupe abusive du bois de
chauffe, les pâturages, le ramassage du sable et du gravier.
De plus en plus, la végétation naturelle fait place par endroit à des espèces reboisées.
Pour les sols de la province du Kadiogo, BUNASOLS (1998) distinguent quatre (04)
classes qui sont:
• les sols minéraux bruts;
• les sols peu évolués;
• les sols à sesquioxydes de fer et/ou de manganèse;
• les sols hydromorphes.
Ce sont des sols généralement bruns ou brun pâle à brun grisâtre très foncé, de structure
massive à peu évoluée et de texture limono sableuse ou argilo sableuse, sablo limoneuse ou
argileuse en surface. En profondeur, la texture est argilo limono sableuse ou limono argilo
sableuse (BUNASOLS, 1998).
Nombré et al. (1997) dans le cadre de la mIse en œuvre du schéma directeur
d'aménagement du« Grand Ouaga» (horizon 2010), distinguent quatre types de sols:
• les sols ferrugineux lessivés qui se sont développés sur des matériaux d'altération
kaolinitique de roches granitiques et qui présentent des qualités chimiques faibles (carence en
phosphore, en magnésium et en calcium) ;
• les sols minéraux bruts correspondant aux cuirasses en affleurement;
• les sols hydromorphes qui se localisent aux abords des barrages et des marigots et ont
une faible capacité de gonflement;

20
• les solnetz qui sont des sols halomorphes dont la genèse est liée à la présence du
chlorure de sodium géologique.

1.2.3. Hydrographie.

La ville de Ouagadougou appartient au bassin du Massili. Elle est traversée par un


réseau hydrographique important constitué de marigots et de canaux aménagés pour
l'évacuation des eaux pluviales, et de retenues d'eau importantes qui sont: les barrages n°l,
n02, n03 et la retenue d'eau de Boulmiougou dans l'arrondissement de Boulmiougou (Cissé
et al.,2002). Les marigots sont: le marigot Boulmiougou qui déverse ses eaux dans les
barrages, les marigots du Moro-Naba ou Kadiogo, de Paspanga, de Zogona, et de Wemtenga
lui sont associés sur la rive droite. Sur la rive gauche il y a les marigots de Tanghin, et de
Kossodo qui drainent la partie nord de la ville. Une partie des eaux des secteurs 28 ; 15 et 30
est drainée par deux autres marigots. Ces marigots sont de plus en plus aménagés en canaux
revêtis. Les eaux de barrages proviennent d'eaux de ruissellement qui charrient des déchets
divers dans un environnement mal assaini; posant du même coût des problèmes de qualité
d'eaux agricoles. Selon Cissé et al. (2002), les niveaux de pollution en coliformes fécaux sont
plus élevés en saison sèche mais aussi pendant les mois de juillet et septembre. Ils baissent en
janvier et en février. Les mêmes auteurs affirment que ces niveaux sont identiques pour les
eaux de barrages et les eaux de puits et dépassent les normes définies par l'OMS.

2. MILIEU HUMAIN ET ACTIVITES SOCIO ECONOMIQUES

Les caractéristiques humaine et démographique de la commune et les activités socio-


économiques et culturelles résultant de celles ci ne sont pas sans influence sur la production
des déchets urbains, sur le niveau d'assainissement du milieu urbain et surtout sur la demande
alimentaire. De plus, ces caractéristiques expliquent l'intérêt et l'importance du
développement de l'agriculture urbaine en général et en particulier le maraîchage urbain.
Aussi, la production, la quantité et la qualité des déchets dans les villes sont corrélées à la
diversité des activités socio économiques mais aussi à l'installation et à l'efficacité des
structures d'assainissement.

21
2.1. Caractéristiques socio-démographiques

2.1.1. Population et urbanisation

Selon INSO (2003), la population de Ouagadougou se compose en majorité des Mossi


(78,5 %), puis viennent les Bissa (4,6 %), les autres Mandings (3,9 %), les Gouroussi (3,6 %)
et enfin les Peuhl (2,6 %). La même étude indique que 51 % de la population totale de la ville
a moins de 20 ans contre seulement 3,7 % d'individus qui ont plus de 60 ans. Le taux
d'urbanisation en 1996 atteint 75,4 % dans la province du Kadiogo mais il reste faible pour
l'ensemble du Burkina Faso (15,5 %).
Sur les 1 601 168 urbains que compte le pays, l'agglomération de Ouagadougou
dénombre 70 9736 citadins dont 364674 hommes (51,36 %) et 345062 femmes soit un taux de
48,64 % (INSO, 2000). Ce chiffre représente plus du double de la population de Bobo-
Oioulasso ; deuxième ville du pays.

2.1.2. Migration

Selon INSO (2003), 43 % des habitants de Ouagadougou étaient des migrants. Près de
la moitié des migrants se sont installés il y a moins de 10 ans et un quart il y a moins de 20
ans. Ce phénomène concerne les nationaux. Environ 98,5 % des migrants viennent de
l'intérieur du pays. Les régions du Centre Est, du Centre Ouest, du Centre Sud, des Hauts
bassins, du Plateau central et du Nord sont touchées par ce phénomène national.
Les raisons sont variées: les uns pour rejoindre leur famille (56,7 %) et les autres soit
pour trouver un emploi (86,5 %), soit pour poursuivre des études (12 %).

2.2. Activités sociales et économiques

Le tissu économique de la ville de Ouagadougou est fortement dominé par le secteur


informel. Ces activités ont un impact sur le milieu de vie. Elles se distinguent par: les
activités administratives et les services (activités commerciales et sociales), les ,activités
industrielles et artisanales et les activités agricoles et pastorales.

2.2.1. Emploi et chômage

L'agglomération de Ouagadougou compte 368 000 actifs (U'J"SO, 2003). Les retraités
représentent 3 % des actifs parmi lesquels 6,7 % sont des invalides ou malades de longue
durée. La même source rapporte que le taux de chômage au sens du Bureau International du

22
Travail (BIT) s'élève à 15,4 %. Le secteur informel accueille 74,3 % des actifs occupés contre
seulement 13 % pour le secteur privé formel. Le secteur public fournit 12,7 % des emplois.

2.2.2. Les activités administratives et de services

Elles sont nombreuses et variées et se caractérisent par les équipements suivants:


• les bâtiments administratifs;
• les écoles et établissements d'enseignement et de formation secondaire, supérieur et
de recherche (à caractère public ou privé);
• les établissements sanitaires (hôpitaux, maternités, dispensaires) ;
• les camps militaires et prisons;
• les églises et mosquées ;
• les marchés ou yaars ;
• les bars restaurants, gares et salles de cinéma, hôtels et boites de nuits;
• les marchés de bétail.

2.2.3. L'industrie et l'artisanat

La structure industrielle relativement jeune compte mOlfiS de trente unités (SDGD,


2000). Les unités se composent entre autres: d'unités de l'agro alimentaire (boissons gazeuse
et alcoolisées, biscuiterie ... ), du plastique (Fasoplast), du textile (FASO COTON), des cuirs
et peaux (TANALIZ), de l'énergie (SONABEL), de l'imprimerie, de l'abattoir frigorifique.
Les industries sont installées soit dans la zone industrielle de Kossodo située au secteur
25 coté Nord Est de la ville, ou dans la zone industrielle de Gounghin au secteur 9 dans le
Centre Ouest de la ville. Les unités artisanales sont disséminées à travers la ville sur les
artères de commerce. Elles emploient 14 % des actifs de Ouagadougou. Ce sont des
entreprises de réusinage de pièces mécaniques, de manufacture de meubles, de construction et
fabrication et autres domaines.

2.2.4. Activités agricoles et pastorales

Elles se caractérisent par les cultures annuelles de subsistance, l'horticulture et le


maraîchage à visée commerciale, l'élevage de ruminants, de porcs et de la volaille.

23
3. METHODOLOGIE D'ETUDE.

3.1. Enquête sur les fermes d'élevage

3.1.1. Choix des zones d'enquête

Les rencontres et les échanges informels avec les agents d'élevage de l'Etat et des
présidents de certaines associations des éleveurs dans la ville de Ouagadougou ont porté sur la
répartition et la localisation des fermes d'élevage dans l'espace et sur l'organisation des
producteurs. Cela a permis le choix des six principaux axes routiers nationaux qUI
désenclavent la ville comme axes de repère et de localisation des fermes. Ce sont:
• la route nationale 1 qui est en fait, l'axe routier Ouaga - Bobo;
• la route nationale 2 reliant Ouagadougou à la ville de Ouahigouya;
• la route nationale 3 qui remonte vers Kaya ;
• la route nationale 4 ou axe Ouagadougou - Fada N'Gourma ;
• la route nationale 5 ou axe Ouaga - Pô ;
• la route nationale 6 qui relie Ouagadougou à la ville de Léo.

3.1.2. Elaboration du questionnaire

A l'issu des entretiens, une fiche d'enquête a été élaborée. Elle a porté essentiellement
sur les points suivants:
• la localisation de la ferme (secteur ou la zone) et l'identification de l'enquêté
(propriétaire de la ferme ou employé) ;
• l'âge d'exercice de son activité de fermage ou d'employé) ;
• les animaux élevés (espèces et leurs effectifs) ;
• le type d'alimentation;
• le type de production (viande, lait, œufs, ... ) et sa liaison avec les activités agricoles
(maraîchage, céréaliculture et floriculture) ;
• les déchets produits (quantités de déchets produits par période, quantités enlevées par
les maraîchers) ;
• la zone d'origine des maraîchers utilisant les déjections des animaux (secteur de la
ville, même région que la ferme) ainsi que leur nombre.
(Cf. annexe 1)

24
3.1.3. Echantillonnage des fermes

Nous avons procédé à une identification exhaustive des fermes sur un rayon de 25 Km
de la ville. Pour cela, nous avons adopté la méthode d'échantillonnage porte à porte avec
l'accord du propriétaire de la ferme. Cette précaution était nécessaire à cause de la méfiance
des fermiers vu la nature de leurs activités. Le nombre total de fermes enquêtées a été de 82
sur 111 identifiées vue la méfiance et la réticence de certains employés ou parfois des
propriétaires eux mêmes.

3.1.4. Calcul des quantités de déjections des animaux de fermes

Les quantités de fumier produit dans les fermes ont été exprimées en nombre de
chargement charrette à tombereau ou en nombre de chargement camion benne de 6 m 3 ou
encore en nombre de sacs en polyéthylène uniquement chez les éleveurs de pondeuses. Nous
avons ainsi déterminé les poids en kg des chargements en charrette et en benne en utilisant
deux facteurs de conversion. Il s'agit de celui de Zougmoré et al. (2000) chez les fermes
d'élevage de bovins et de celui de INADES-Formation Burkina (2003) chez les fermes
d'élevages mixtes. A partir des travaux de Zougmoré et al. (2000) et de la capacité d'une
brouette, nous avons fait une extrapolation pour déterminer le nombre de charretées contenu
dans une benne de 6 m 2, ce qui a rendu les calculs possibles (Cf. annexe 3). Chez les fermes
d'élevage de volaille nous avons déterminé les poids moyens de chaque type de sac rempli de
fiente par pesées. Les poids moyens ont été calculés à partir de trois pesées par type de sac par
ferme.

3.2. Enquête sur le maraîchage

3.2.1. Revue bibliographique

La revue bibliographique a consisté à la recherche de documents relatifs au maraîchage


urbain à Ouagadougou. Plusieurs Centres de documentation ont été visités à cet effet. Une
sortie exploratoire de terrain a été la deuxième activité afin de localiser et d'identifier des sites
de production maraîchère dans et autour de la ville de Ouagadougou. Au cours de cette sortie,
nous avons mené des enquêtes rapides, identifié des personnes ressources et des services
intervenant dans le maraîchage urbain pour comprendre l'organisation, constater des
associations et le fonctionnement de certains sites de production.

25
3.2.2. Sélection des sites

Le choix des sites a été guidé par la sortie exploratoire de terrain. Cette sortie a permis
d'identifier sur chaque site visité, l'existence des critères suivants:
• l'accessibilité à la zone;
• l'organisation des producteurs;
• la répartition des producteurs par genre (existence de femmes, de vieux et de jeunes) ;
l'utilisation de déchets bruts pour la production;
• les types de déchets utilisés.
Les échanges informels avec les maraîchers, des techniciens publics d'agricultures et
l'examen des critères de sélection identifiées lors de la sortie exploratoire ont soutenu le choix
sur quatre sites :
• le site de Tanghin au secteur 24 situé près du Projet de Développement de l'Aviculture
Villageoise (PDAV);
• le site de Boulmiougou situé à la périphérie de la ville dans les secteurs 17 et 18 est le
plus vieux et le plus grand de la ville où on rencontre les plus grands maraîchers;
• le site HôpitallPaspanga aussi situé au centre ville et près du projet PDAV où la
majorité des producteurs travaille pendant toute l'année;
• le site de Wayalghin situé au secteur 27 proche de l'abattoir frigorifique.

3.3.3. Elaboration de la fiche d'enquête

Les échanges informels avec les maraîchers, les techniciens d'agricultures et des
rencontres ont permis d'améliorer et d'élaborer une fiche d'enquête socio agronomique (Cf.
annexe 2).

3.3.4. Echantillonnage des maraîchers

L'échantillonnage s'est basé sur le principe du choix des producteurs suivant quatre
directions Est, Ouest, Nord et Sud. Nous avons utilisé une fraction de sondage de 1/5 (20 %).
Cependant, compte tenu de la période du déroulement de l'enquête et de la disponibilité des
maraîchers, il ne nous était possible d'enquêter que sur un nombre réduit de maraîchers.
Au total, 130 maraîchers ont été couverts par l'enquête; dont 29 pour chacun des deux
sites que sont Tanghin et HôpitallPaspanga ; 30 à Wayalgin et 42 autres maraîchers sur le site
de Boulmiougou.

26
3.4. Suivi des parcelles.

L'objectif de ce travail est d'appréhender l'impact de chaque type de fertilisation sur


les niveaux de fertilité et les teneurs en métaux lourds des sols.

3.4.1. Echantillonnage des parcelles.

Il a tenu compte des facteurs types de cultures et modes de fertilisation sur chacun des
quatre sites d'étude. Six cultures ont été retenues à partir de trois types de légumes.
Type 1 : légumes feuilles; la laitue directement consommée et le chou consommée après
cuisson, sur les quatre sites.
Type 2 : légume racine; la carotte sur les quatre sites.
Type 3 : légume fruit; le poivron sur le site de Tanghin, le concombre à Boulmiougou et
l'aubergine sur les sites de l'Hôpital/Paspanga et Wayalghin.
Pour constituer l'échantillon total, nous avons procédé à un tirage de cinq producteurs
par type de légume et par mode de fertilisation sur chacun des sites.

3.4.2. Prélèvements des échantillons

Les échantillons de sol


Les prélèvements ont été effectués dans chaque parcelle à la tarière et sur deux
horizons. Ils ont eu lieu à la récolte. La profondeur des horizons varie en fonction des types de
légumes. Pour les légumes feuilles et fruits dont la laitue, le chou, le poivron, le concombre et
l'aubergine, l'horizon de surface considéré est 0-15 cm et celui de profondeur est de 15-30
cm. Par contre, pour les légumes racines (carotte), les profondeurs des horizons prises en
compte sont de 0-20 cm et 20-40 cm. Des échantillons témoins correspondants à chacun des
profondeurs de prélèvements ont été pris. Sur chaque parcelle, les prélèvements sont effectués
en 16 points par horizon. Nous avons ainsi constitué des échantillons composites en
mélangeant de façon équitable le sol de 16 prélèvements par horizon. Les échantillons de sol
ont ensuite été séchés à l'air puis tamisés à 2 mm et à 0,5 mm de mailles et conservés dans des
sachets plastiques.
Le problème de manque d'eau a cependant entraîné la cessation de l'activité chez
certains producteurs. Ce qui a restreint le nombre de cultures à quatre à savoir la laitue, le
chou, la carotte et le poivron. Au total, 116 échantillons de sol ont été prélevés sur 50
parcelles maraîchères cultivées auxquelles on ajoute les quatre parcelles témoins sur chaque
site.

27
Les échantillons de déchets et d'engrais minéraux
Les déchets et ou les engrais chimiques ont été prélevés chez chaque maraîcher. Pour
les déchets, il s'agit des déchets ménagers, des déchets de l'abattoir ou des déjections des
animaux. Les déjections des animaux sont déposées en tas soit par type d'animal, soit de deux
ou plusieurs animaux. Conjointement aux prélèvements de sol, tout déchet ou tout engrais
dont dispose le maraîcher lors de ce travail, a été prélevé. Les analyses de ces échantillons ne
font pas partie du présent document.

3.5. Analyses de sols

Les mesures du pH
Les mesures du pH ont été faites par la méthode électrométrique utilisant un pH-mètre à
électrode en verre et à lecture directe. Le rapport 1/ 2,5 a été utilisé selon la norme de AFNOR
(1981) de préparation de la solution de lecture, pour le pH(eau) et le pH (KCl).

Le dosage du carbone total du sol


La détermination du carbone total du sol est réalisée par la méthode de Walkley-Black (1934).
La méthode consiste en une oxydation à froid du carbone du sol au bichromate de potassium
(K2Cr207) IN dans un milieu concentré d'acide sulfurique (H 2S04). La quantité du
bichromate de potassium réduite étant proportionnelle à la teneur en carbone du sol, l'excès
du bichromate est ensuite titré par le sel de Mohr (FeS04(NH 4)6) en présence du
diphénylamine comme catalyseur de la réaction. Les résultats exprimés tiennent compte d'un
facteur de correction de du faite de la minéralisation incomplète du carbone avec l'acide
sulfurique.

Le dosage de l'azote
Le dosage est fait par minéralisation selon la méthode de Kjeldahl. Une prise d'essai de
2 g de sol par échantillon prélevé est minéralisée en milieu acide sulfurique (H 2S04)
concentré additionné de l'acide salicylique. Le tout est porté à ébullition et en présence du
sélénium comme agent catalyseur. Ce qui converti l'azote organique en sulfate d'ammonium
(NH4)S04. Les ions ammoniums (NH 4+) formés après minéralisation sont alors déterminés
directement par auto-analyse c'est à dire par colorimétrie automatique sur le SKALAR.

Le dosage du phosphore total


La méthode utilisée est la minéralisation; identique à celle de l'azote total.

28
Le dosage du potassium total
La méthode de minéralisation est identique à celle de l'azote total. Le potassium est
dosé au spectrophotomètre à émission de flammes.

3.6. Analyses statistiques des données


L'analyse de données a requis l'utilisation des logiciels Excel et XLSTAT. Le tableur
Excel a été utilisé pour le dépouillement des données des enquêtes, leur codification en
variables qualitatives, la constitution d'une base de données, les constructions des graphes et
les calculs des paramètres statistiques tels que les moyennes arithmétiques.
Le macro XLSTAT a été utilisé pour réaliser l'Analyse des Variances (ANOVA).

29
CHAPITRE III : RESULTATS DISCUSSIONS.

1. CARACTERISATION DES SYSTEMES D'ELEVAGE DE FERMES

1.1. Les principales espèces élevées

1.1.1. Résultats

Le tableau 3 présente les pnnCIpaux types d'élevages rencontrés dans 82 fermes


retenues sur III au total.

Tableau 4 : Les principaux types d'élevages et leurs effectifs (nombre de têtes) dans les
fermes de la zone urbaine et péri urbaine de Ouagadougou.
Axes Bovins Ovins et Porcins Lapins Poules pondeuses et Nombre de
caprins races locales fermes
RN 1 277 187 76 0 3672 13
RN2 104 73 0 0 1200 5
RN3 698 216 87 132 14749 27
RN4 228 132 0 0 7476 8
RN5 166 111 107 21 23454 8
RN6 293 308 156 42 1734 21
Totaux 1766 1027 426 69 52285 82
RN= route nationale.
L'analyse du tableau 4 montre que les types d'élevages rencontrés dans les fermes sont
essentiellement les ruminants à savoir les bovins et les petits ruminants, la volaille, les porcins
et les lapins.
L'enquête révèle que les ovins, les caprins, les poules de race locale, les pondeuses et
les pintades sont les principales espèces élevées en plus des bovins, des porcs et des lapins.
Suivant les axes routiers nationaux, on note une densification importante des élevages
de fermes le long des routes nationales 3, 6, 5 et 1. Pour les bovins, la route nationale 3
enregistre l'effectif le plus élevé qui envoisine 700 têtes. Elle est suivie des routes nationales
6 et 1 qui comptent respectivement 293 et 277 têtes. L'axe numéro 6 vient en tête pour la
production des petits ruminants avec un effectif total de 308 têtes contre 216 et 187 têtes
respectivement pour les axes numéro 3 et 1. L'effectif le plus important pour la production de
volaille est enregistré sur la nationale 5 avec 23454 têtes. La nationale 3 se place en seconde

30
position avec 14749 têtes, suivie de la RN 4 et de la RN 1 avec des effectifs respectifs de
7476 et 3672 têtes de volaille. L'élevage des porcins fournit l'effectif le plus important sur la
RN 6 tandis que un effectif important de 132 têtes de lapins est emegistré sur l'axe numéro 3.

1.1.2. Discussion

Les résultats sur les principales espèces élevées dans les fermes s'apparentent à ceux de
l'enquête menée sur les élevages urbains à Ouagadougou par le MARA (1996). En effet, cette
enquête trouve que les bovins, les ovins, les caprins, les porcs et la volaille sont les principaux
animaux élevés dans la ville de Ouagadougou.
Selon nos résultats, l'intensification des activités d'élevage de fermes le long des axes 3,
5,6 et 1 se justifie par plusieurs raisons. L'atout majeur que bénéficient les fermes sur l'axe 3
est non seulement l'existence de la retenue d'eau importante (le barrage de Loumbila) mais
aussi l'existence de certains services. En outre, autour du Projet de Développement de
l'Aviculture Villageois (PDAV) et du Central des Nouvelles Productions Animales (CNPA)
se développe une importante activité d'élevage de pondeuse. L'existence de l'abattoir
frigorifique et de la BRAKINA le long de cet axe constitue un facteur essentiel du
développement de l'embouche bovine à Nioko II et dans les secteurs environnants. Le
système intensif d'élevage de bovins dans la ferme expérimentale de Loumbila a contribué
fortement aux effectifs de cet axe. Les axes 5 et 6 disposent d'un atout favorable en ressources
eau et fourrage. Cette zone appartient aux domaines Sud et Sud-Ouest de la ville caractérisés
par des retenues d'eau et des rivières importantes. La retenue d'eau de Boulmiougou et ses
rivières favorisent aussi le développement de la production animale.

1.2. Importance des types d'élevages

1.2.1. Résultats

Le tableau 5 montre la répartition des types d'élevages (en nombre et en pourcentage) et


les effectifs moyens de têtes par type d'élevage rencontré.

31
Tableau 5: Pourcentages et nombres moyens de têtes des animaux par types d'élevages
rencontrés.
Types d'élevages Nombres % par rapport au Nombres moyens
d'élevages nombre total des de têtes par type
de fermes élevages d'élevage
Bovins 56 40,58 31 ± 40
Ovins et caprins 43 31,16 24 ± 15
Volaille 21 15,22 2477 ± 5024
Porcins 12 8,69 49 ± 41
Lapins 6 4,35 33 ± 33
Totaux 138 100

Parmi les types d'élevages recensés dans les fermes, les bovins représentent un taux de
40,58 %. Les petits ruminants se placent en seconde position avec un effectif de 31,16 %.
L'élevage de la volaille occupe la troisième place avec un pourcentage de 15,22 %. Les
porcins et les lapins enregistrent respectivement 8,69 % et 4,35 % par rapport au nombre
d'élevages total identifiés dans les 82 fermes. Le nombre moyen de têtes des élevages de
volaille est 2477. Celui pour les bovins vaut 31 contre 49 pour les porcs, 33 pour les lapins et
24 têtes pour les petits ruminants.
Les écarts entre les effectifs et les nombres moyens de têtes pour chaque type d'élevage
sont cependant très élevés.

1.2.2. Discussion

Les fermiers accordent une importance aux élevages de bovins, de petits ruminants, de
la volaille et de porcs, corollaire de la forte élévation des effectifs et du nombre moyen de
têtes. Mais les effectifs totaux peuvent passer au double en espace de quelques mois car
l'activité est anéantie par l'arrêt du transport ferroviaire et la grippe aviaire. Pendant ce temps,
les nombres moyens de têtes par types d'élevage pourraient baisser, en témoigne les fortes
valeurs des écarts types.
L'importance de ces activités à certainement un impact sur l'environnement urbain. Elle
peut conduire à l'assainissement du milieu ou à sa dégradation due à la pression sur les
ressources surtout dans un espace limité. Ces activités entraînent aussi l'augmentation des

32
quantités de déchets produits dans la ville notamment par la libération des fèces. Cette
situation peut être mise à profit pour l'agriculture par l'intégration élevage de fermes-
agriculture; et répondre ainsi à la forte demande alimentaire des populations urbaines.

1.3. Alimentation des espèces animales élevées dans les fermes

1.3.1. Résultats

Selon l'enquête, les résidus agricoles, le fourrage les sous produits agroalimentaires et
industriels (drèches de la BRAKINA et de bière locale, tourteaux de coton, sons de céréales)
et parfois l'ensilage de maïs sont donnés aux ruminants. Les résidus de coton sont moins
utilisés.
Les poules pondeuses reçoivent des aliments complets qUI sont des concentrés de
farines de poisson, de maïs, ...
Les porcs et les lapins bénéficient des apports de nutriments provenant des sous produits
agroalimentaires de la BRAKINA, des sous produits de ménages (sons de céréales) et des
légumes maraîchers.

1.3.2. Discussion

Les sous produits agro alimentaires et agro industriels de la ville sont les principaux
nutriments utilisés dans l'alimentation des espèces animales élevées dans les fermes. Cela
contribue à l'assainissement du milieu urbain et aussi au développement de l'activité. Ces
aliments influencent probablement les quantités et la qualité de déjections émises par les
ammaux.

1.5. Les estimations des quantités totales de fumier produit dans les
fermes et des quantités totales enlevées par les maraîchers

1.5.1. Résultats

Au niveau des fermes d'élevage de pondeuses, l'équivalent en masse d'un sac en


polyéthylène remplis de fientes de volaille déterminé varie de 36,1 Kg pour le sac moyen à
52,03 Kg pour le gros.
Les quantités totales de fumier produit dans les fermes enquêtées sont présentées au
tableau 6.

33
Tableau 6: Quantités de fumier produit par an dans les fermes et quantités de fumier
enlevé par les maraîchers.
Routes nationales Quantité de fumier Quantité de fumier Pourcentage de
(RN) produit (tonnes) enlevé (tonnes) fumier pris
RN 1 1147 59 5,14
RN2 47 31 66
RN3 455 100 22
RN4 238 7 3
RN5 1040 860 82,7
RN6 235 21 9
Total 3161 1077 34,07

Les résultats montrent que les routes nationales (RN) 1 et 5 enregistrent les quantités
maximales de fumier produit par an. Le long de la RN 1, elles sont évaluées à environ 1147
tonnes et à 1040 tonnes sur l'axe 5. La RN 3 enregistre chaque année à peu près 455 tonnes de
fumier contre 238 tonnes sur la RN 4. Sur l'axe 6, les estimations rapportent une valeur de
235 tonnes. La plus faible quantité se rapporte à la RN 2 et vaut 47 tonnes. L'approche estime
au total, près de 3161 tonnes de fumier de toute nature produit chaque année par les fermes.
Les résultats du tableau 6 montre en plus que la plus grande quantité de déjections des
animaux prises par les maraîchers se rapporte à l'axe 5. Elle est estimée à environ 860 tonnes.
Sur la RN 3 et la RN 1, les quantités enlévées par les maraîchers sont respectivement de 100
et 59 tonnes. Les faibles quantités prises par les maraîchers se situent au niveau des axes 4 , 6
et 2 avec approximativement dans cet ordre respectif 7, 21 et 31 tonnes. Les forts
pourcentages des quantités se rapportent à la RN5 et de la RN2 respectivement de 82,7 % et
66 %. Les RN 3, 6, 1 et 4 enregistrent les faibles pourcentages.
Le total rapporté par le tableau fournit une quantité de 1077 tonnes de déjections
utilisées chaque année par les maraîchers. Sur ce total, l'enquête révèle que 913,4 tonnes de
déchets sont des fientes de volaille soit 85 % de la valeur totale de fumier utilisé chaque année
pour la production des légumes. Enfin, l'analyse des résultats du tableaux 6 en rapport aux
quantités totales produites et celles enlevées par les producteurs maraîchers montre
qu'environ 34,07 % des déjections produites sont utilisées en maraîchage.

34
1.6.2. Discussion

Les modes d'alimentation (Berger, 1996), de conduites des animaux (Delville, 1996)
seraient à l'origine de la non correspondance de l'ordre de grandeur des quantités de
déjections produites et de l'ordre de densification des élevages observé sur les axes.

2. CARACTERISTIQUES DU SYSTEME DE PRODUCTION


MARAICHERE

2.1. Caractéristiques des populations enquêtées

La contingence des maraîchers à un niveau technologique et d'information reçu et son


adaptation éventuelle à l'utilisation des moyens de production des systèmes de production
peuvent faire ressortir des différences sur la gestion de la fertilité du sol.

2.1.1. Résultats

Les résultats concernent les caractéristiques sociales et organisationnelles des


producteurs d'après l'enquête maraîchère. La figure 1 présente les résultats par site.

Répartition par sexe

150
100
50
o
Tanghin Boulmiougou Hôpital/ Wayalghin
Paspanga

Idl:l Hommes o Femmes

Figure 1 : Répartition des maraîchers par sexe

Les résultats de la figure 1 indiquent que les femmes sont minoritaires dans les sites de
Tanghin et de l'Hôpital/Paspanga. Par contre, à Wayalghin, les femmes sont en nombre très
élevé (60 %) par rapport aux hommes. Sur le site de Boulmiougou, l'enquête n'a pas mis en
évidence la présence de femmes.

Répartition par âge


Le tableau 7 donne la répartition des producteurs selon leur âge.

35
Tableau 7 : Répartition des exploitants selon leur âge.
Sites Intervalles d'âge Exploitants (%)
[23 - 37 [ 65,5
Tanghin [37-52[ 24,1
[ 52 et plus [ 10,3
[16-37[ 42,5
Boulmiougou [37-59[ 45
[ 59 et plus [ 12,5
[21-37[ 73,3
Hôpital! Paspanga [ 37 - 54 [ 10
[ 54 et plus [ 16,7
[ 19 - 37 [ 53,3
Wayalghin [37-55 [ 40
[ 55 et plus [ 6,7

Les résultats du tableau 7 révèlent des proportions élevées de maraîchers âgés de 19 à


37 ans sur tous les sites. Ces proportions sont au dessus de 50 % sur trois des quatre
périmètres à savoir le site de l'HôpitallPaspanga (73,3 %), ceux de Tanghin (65,5 %) et de
Wayalghin (53,3 %). Sur le périmètre maraîcher de Boulmiougou, seulement 42,5 % sont
âgés de 16 à 37 ans. Les populations de plus de 50 ans sont les moins nombreuses. Les vieux
de plus de 55 ans représentent 6,7 % des enquêtés à Wayalghin contre 16,7 % âgés de plus de
54 ans sur le site HôpitallPaspanga. Boulmiougou compte à la fois des mineurs (16 ans) et les
plus vieux (plus de 59 ans) qui ont un effectif de 12,5 %.

36
Organisations des producteurs
Le tableau 8 présente les statuts de regroupement des producteurs.

Tableau 8 : Répartition des producteurs en groupement ou en association de producteurs.


Sites Nom de l'organisation Nombre d'adhérents aux
groupements et associations (%)
Tanghin Groupement Taab-yinga 58,6
Boulmiougou Groupements Wend-panga et 78,57
Wend-manègda
HôpitallPaspanga Groupement Delwendé et 51,7
Association Raoul Follereau
Wayalghin Groupement Songui-manégré 20

Les résultats du tableau 8 montrent que sur tous les sites, les maraîchers sont organisés
en association ou en groupement. Les forts taux d'adhésion se rencontrent à Boulmiougou où
plus de la moitié des producteurs est affiliée à deux groupements. Ensuite, suivent les sites de
Tanghin et HôpitallPaspanga avec un taux approximatif à 50 %. Enfin, 80 % des maraîchers
installés à Wayalghin ne sont pas adhérés au groupement existant.

Niveaux d'instruction
L'accès à l'instruction augmente la capacité des agriculteurs à obtenir et à utiliser
l'information appropriée concernant les pratiques agricoles. La figure 2 donne une analyse
comparée des niveaux d'instruction des maraîchers sur l'ensemble des sites.

60
40
20
o -+-----,[Link]

Tanghin Boulmiougou Hôpital/ Wayalghin


Paspanga
ES! Non instruits lm Primaire 0 Secondaire

Figure 2 : Les niveaux d'instruction des maraîchers par site.

Les maraîchers qui n'ont pas reçu une instruction sont élevés à Tanghin (55,2 %), à
Boulmiougou (52,4 %) et à Wayalghin (50 %.). Sur le site de l'HôpitallPaspanga le taux des
non instruits est faible: 34,5 %. Celui des instruits au primaire correspond à 55,2 % au

37
pnmaire et reste élevé par rapport à ceux des autres sites. Les instruits qUl ont fait le
secondaire par contre, sont plus nombreux à Boulmiougou.

Situation matrimoniale
Les résultats sont présentés à la figure 3.

100
80
60
40
20
o
bin . gOU ~nga 1 \l1n
'Tang \r(110U . {-pasF~~ 'Naya g
"Bou 1:\ôFlta\
ËI Célibataires ~ Mariés 0 Divorcés

Figure 3 : Situation matrimoniale des maraîchers.

La figure 3 donne la situation des ménages. Ainsi, les mariés représentent 55,2 % à
Tanghin, 62,07 % sur le site de l'Hôpital/Paspanga, 69,05 % à Boulmiougou et à 90 % sur le
périmètre de Wayalghin. Par contre, les cas de divorces sont presque rares chez les
populations de maraîchers enquêtées. Seulement 3,4 % de maraîchers sur le site de Tanghin.
La proportion des maraîchers célibataires est aussi importante (30 à 42 %) à Tanghin, à
Boulmiougou et à Wayalghin.

2.1.2. Discussion

Les femmes sont bien représentées seulement sur le site de Wayalghin. Elles sont moins
bien intégrées dans la production par rapport aux forts taux de représentation des hommes sur
trois des quatre sites d'étude. Le maraîchage intéresse toutes les couches d'âges de la cité
mais beaucoup plus les jeunes de moins de 37 ans. En effet, le chômage et l'exode rurale
touchent en majorité la frange jeune des populations. Ce qui les contraint à retourner à la terre
pour satisfaire leurs besoins une fois installés en ville; d'autant plus que l'exercice de métier
en ville requiert un niveau d'instruction. Or, l'enquête a révélé que la plupart des maraîchers
ne sont pas instruits. Pour ce faire, le maraîchage leur permet de subvenir aux besoins de leur
famille. En effet, les maraîchers sont des mariés dans la majorité des cas. La présence de
groupements est une force qui devrait capitaliser les efforts fournis dans la production des
1

Ilégumes. Cela n'est possible que si ces groupements sont assez fonctionnels.
2.2. Moyens de production

Les moyens de production mettent en évidence l'utilisation individuelle des ressources


et la gestion à court terme et à long terme de la fertilité du sol.

2.2.1. Résultats

Lefoncier
La terre est le premier moyen de production. Certaines pratiques culturales ou modes de
production peuvent être liés au statut d'occupation de la terre. La figure 4 illustre le statut
d'occupation de la terre au niveau de chaque site.

50
40
30
20
10
o
Tanghm Boummougou Hôpital! Wayalghin
Paspanga
GJ Locataires Il Propriétaires
Iiii! Emprunts o Employés
Figure 4 : Statut d'occupation des terres sur les sites.

L'examen de la figure 4 montre divers modes d'occupation de la terre. Le mode


d'usufruit par emprunt est majoritairement représenté sur tous les sites sauf le cas de
Boulmiougou où un nombre important de maraîchers sont des locataires. Le pourcentage des
emprunts atteint 41 % contre environ 24 % à Boulmiougou. Les pourcentages des locataires
restent en dessous de 10 % sur les sites de l'HôpitallPaspanga (3,45 %) et Tanghin (6,9 %). Il
passe à 20 % à Wayalghin et à 33,33 % à Boulmiougou. Le second mode d'accès à la terre est
le droit d'usage de propriété par héritage. Le fort taux s'enregistre sur le site de Tanghin. Il
équivaut à 44,8 %. Ce taux est suivi de celui de HôpitallPaspanga 37,93 %. Il est moyen à
Wayalghin 26,67 % et à Boulmiougou 26,2 %. L'accès à la terre par les employés se repartit
comme suit: Boulmiougou et HôpitallPaspanga enregistrent les forts taux respectivement de
16,67 % et de 13,79 %. Les faibles taux se retrouvent à Wayalghin 6,67 % et à Tanghin 3,4
%.

3
L'équipement agricole
L'équipement agricole est un facteur qui permet de classer les producteurs en divers
niveaux. Il justifie certaines pratiques agricoles. Le petit équipement se compose de pioches,
de houes, de binettes, des arrosoirs, des puisettes ou de seaux. Le gros équipement représente
soit une motopompe, une brouette, une charrette ou un pulvérisateur.
Les résultats sont présentés par la figure 5.

ct
"-'
100
80
~
..... 60
U 40
~
u.:l 20
o

Figure 5: Niveaux de l'équipement.

La plupart des producteurs sont équipés en petit matériel. Les taux correspondant
dépassent 80 % sur trois sites: Wayalghin (83,33 %), Hôpital/Paspanga (86,2 %) et Tanghin
(89,65 %). Il est par contre en dessous de 80 % sur le seul site Boulmiougou.

La main d'œuvre
La main d'œuvre est familiale dans certains cas, mais les salariés temporaires sont
remontrés le plus souvent pour l'exécution de certains travaux: préparation du sol,
désherbage, arrosage et récolte.

Les intrants
Les semences et les produits phytosanitaires sont acquis dans des boutiques. Les
semences d'épinard, de la laitue, du gombo sont de autoproduction des maraîchers. Les
engrais minéraux et les déchets sont utilisés pour la fertilisation des cultures.

Les moyens financiers


Selon l'enquête, les sources de financement de la production des légumes sont des fonds
propres aux maraîchers.

40
2.2.2. Discussion

L'existence de plusieurs modes d'accès à la terre serait liée à l'évolution des systèmes
de production dans l'environnement urbain. Le mode d'accès par l'emprunt est le plus
dominant sur les sites de Tanghin, de l'HôpitaliPaspanga et de Wayalghin. Cette situation
pourrait expliquer l'adoption de certaines pratiques culturales au détriment d'autres. Les
productions seront alors affectées. Elle montre davantage l'encrage des relations sociales dans
la production des légumes au niveau de ces trois sites.
C'est sur le site de Boulmiougou qu'on rencontre le plus grand nombre de locataires de
terre. Les relations marchandes régissent en majorité l'accès à la terre sur ce site par les
formes de location de terre. L'introduction et la prise en compte de ces relations par les
propriétaires terriens expriment une plus grande liaison des systèmes de production à la ville.
Le corollaire qui résulte en est la forte intensification des systèmes maraîchers sur ce site par
rapport aux autres sites. En effet, selon Cissé (2000), les gros producteurs maraîchers de la
ville de Ouagadougou se retrouvent sur le site de Boulmiougou. Traoré (2000) affirme que
l'intensification de l'activité remonte des années 1977-1978 avec le bitumage de la route
Ouaga - Bobo qui a nécessité la construction de la retenue d'eau.
Les taux d'accès des employés à la terre ou métayers de même que les pourcentages
relatifs à l'utilisation de gros équipement illustrent le niveau d'intensification sur chaque site.
En effet, la monétarisation des échanges de travail, l'introduction du matériel agricole de
même que les transactions foncières favorisent le développement des cultures destinées à la
vente et affectent ainsi le système de fonctionnement des productions.
L'absence de financement extérieur (accès aux prêts bancaires et aux aides financiers et
de nature) explique en partie l'utilisation de matériels agricoles modestes et l'achat des
semences, des engrais et produits phytosanitaires dans les boutiques.

2.3. Les superficies emblavées

2.3.1. Résultats

Les résultats de l'enquête sur le maraîchage montrent une très grande diversité des
cultures réparties sur des planches de superficie variée selon le périmètre maraîcher.

Les superficies moyennes exploitées et superficie moyenne par planche


Le tableau 9 présente les résultats sur les superficies moyennes exploitées par
rCOducteur et la superficie moyenne d'une planche sur chaque site.

41
Tableau 9 : Superficies moyennes par producteur et par planche.
Caractéristiques sur les Tanghin Boulmiougou Hôpital/Paspanga Wayalghin
périmètres
Nombre total de
778 2197 1107 710
planches.
Nombre moyen de
27 52 38 24
planches par producteur.
Superficie totale
0,901 2,093 1,250 2,305
cultivée*(ha).
Superficie moyenne
3,10 5,00 4,30 7,70
cultivée(are).
Superficie moyenne
12 9 Il 33
d'une planche(m 2).
*Superficie totale cultivée ayant été couverte par l'enquête.

La superficie moyenne cultivée par producteur va de 7,7 ares à Wayalghin à 3,1 ares à
Tanghin. A Boulmiougou et HôpitallPaspanga, la superficie moyenne exploitée par
producteur est respectivement de 5,00 et 3,10 ares. La superficie moyenne d'une planche est
aussi élevées sur le site Wayalghin (33 m 2). Elle est évaluée à 9 m 2 à Boulmiougou, et à Il m 2
2
sur le site de l'HôpitallPaspanga. A Tanghin, la planche vaut 12 m .

2.3.2. Discussion

Sur les périmètres de Tanghin et de l'HôpitallPaspanga, l'espace cultivable par


producteur est assez réduit. C'est le cas aussi sur le périmètre de Boulmiougou. Par contre sur
le périmètre de Wayalghin, la superficie exploitée par producteur est assez élevée par rapport
aux autres sites. Dans l'ensemble ces résultats corroborent ceux des travaux de Keita (1995)
qui trouve que les jardins potagers individuels installés autour des villes s'étendent entre 0,10
et 0,30 hectare. Sur les sites de Boulmiougou et de Wayalghin, les superficies cultivées par
maraîcher sont comparables aux études faites par Gillet (1977) qui a identifié une superficie
moyenne de 6,25 ares de terre cultivée par maraîcher. Sur les autres sites, nos valeurs sont en
dessous de celles trouvées par cet auteur. Il s'opère une réduction de la superficie exploitée
Ipar producteur avec le temps. Cette réduction prépondérante est le fait de l'augmentation du
Inombre de maraîchers et de la pression de l'habitat sur l'espace propice au maraîchage.
2.4. Les espèces cultivées

2.4.1. Résultats

Les résultats de l'enquête font ressortir vingt six types de cultures maraîchères: les
légumes feuilles, les légumes fruits, les légumes à racines et tubercules et les légumes à
bulbes. Parmi les légumes feuilles, il y a les légumes feuilles à cycle court (une à deux
semaines de récolte) et les légumes feuilles à cycle long (deux à trois mois de récolte).
Les légumes feuilles à cycle court sont: Hibiscus sabdarifa (oseille), Spinacia oleracea
(épinard), Apium graveolens (céléri), Amaranthus spinosus (amarante épineuse), Corchorus
sp. (corète), Petroselium crispum (persil) et Cleome sp. Les légumes feuilles à cycle long
sont: Lactuca sativa L. variétés romaine battavia (laitue) et Brassica oleracea L. variété
capitata (chou pommé). Cucumis sativas (concombre), Phaseolus vulgaris (haricot vert),
Piscum sativum (petit pois), Fragaria sp. (fraisier), Lycopersicum esculeutum Mill (tomate),
Solanum melongena (aubergine), Capsicum frustescens (piment), Capsicum annum L.
(poivron), Hibiscus esculentus (gombo) sont les légumes fruits identifiés par l'enquête. Pour
les légumes à racines, il y a Daucus carota (carotte), Brassica napus (navet), Beta vulgaris
(betterave), Allium porrum (poireau) et Raphanus sativus (radis). Parmi les légumes à
tubercules, on compte Solanum tuberosum (pomme de terre). Allium cepa (oignon) est la
seule espèce de légumes à bulbe.
A Tanghin, les principales cultures sont: le chou, la laitue, la carotte, l'amarante et le
poivron. Sur le périmètre maraîcher de Boulmiougou, les spéculations sont variées. Les
principales sont: la laitue, le fraisier, le céleri, le chou, la carotte, la pomme de terre, l'oignon,
le petit pois, le navet, le haricot vert et la betterave. La laitue, le chou et les amaranthes ont été
identifiés sur le site de l'Hôpital/Paspanga. A Wayalghin, ce sont la carotte, la laitue, le chou,
les amaranthes, le persil et l'épinard.

2.4.2. Discussion

Nos résultats sont similaires à ceux des études de Lompo et al., (2000), Traoré (2000)
qui indiquèrent que le fraisier, la laitue, le chou et la carotte sur le site de Boulmiougou, d'une
part, la laitue et le chou sur le site de Paspanga d'autre part, sont les principales cultures. Les
spéculations n'ont pas varié depuis un certains temps. Si certaines pratiques culturales comme
les rotations ne sont pas prises en compte par les maraîchers, on pourrait assister à des
manifestations de pathologie à l'origine des chutes de rendement.

43
Cependant les ordres d'importance de ces cultures sur chaque site diffèrent de ceux
trouvés par ces deux auteurs. Les facteurs phytopathologiques et prix du produit influencent
considérablement les superficies emblavées pour chaque culture et, justifient ainsi l'instabilité
de l'importance qui leur est réservée.
Les légumes feuilles (laitue, chou, épinard et amaranthes surtout) et les légumes à
racines (carotte) et à tubercules (pomme de terre) qui présentent des risques élevés de
contamination à l'homme par les éléments contaminants (métaux lourds et nitrates) sont les
principales cultures. Selon Autissier (1994), la phytotoxicité se produit par contact direct des
éléments contaminants avec les racines ou les tubercules ou par leur absorption par les
végétaux suivie d'accumulation importante dans les feuilles. Il est donc nécessaire de
connaître la concentration de ces éléments dans les sols et dans les produits végétaux.

2.5. Systèmes de gestion de l'espace maraîcher urbain

2.5.1. Résultats

Rotations culturales
Le tableau Il donne le nombre des maraîchers qui pratiquent les rotations de cultures.

Tableau Il : Répartition des maraîchers suivant la pratique de rotation des cultures.


Sites Tanghin Boulmiougou Hôpital/Paspanga Wayalghin

Pourcentages de
maraîchers 70 64,3 31 83

Le tableau Il indique une répartition importante de producteurs sur les sites de Tanghin,
de Boulmiougou et de Wayalghin qui pratiquent la rotation. Ils atteignent 83 % sur le site de
Wayalghin, 70 % à Tanghin et 64,3 % à Boulmiougou.
L'enquête révèle que les proportions des spéculations en tête de rotation dépendent des
sites et de la disponibilité de l'eau d'irrigation. A Tanghin, 55,2 % des légumes feuilles à
cycle long viennent en tête de rotation contre 31,0 % pour les légumes à racines (carotte) et
seulement 13,8 % des légumes fruits. A Boulmiougou, 29,4 % des légumes feuilles à cycle
long, 27,9 % légumes à tubercules et à racines, 20,6 % des légumes fruits contre 14,7 % des
légumes feuilles à cycle court et 7,4 % des légumes bulbeux passent en tête de rotation. Sur le
site de l'Hôpital/Paspanga, 82 % des cultures en tête de rotation sont des légumes feuilles à
cycle long et 18 % sont des légumes fruits. Enfin, sur le site de Waya1ghin, 43 % des légumes

44
à racines (essentiellement la carotte), 31 % des légumes feuilles à cycle long et 17 % des
légumes feuilles à cycle court contre 7 % des légumes à bulbes et 2 % des légumes fruits
viennent en tête de rotation.
Après ces cultures, la reconduction de l'activité est plutôt orientée vers les légumes
feuilles à cycle court sur le site de Tanghin avec une proportion de celles ci équivalente à 48,3
% et à Wayalghin avec une proportion de 54 %. Sur le site de Boulmiougou, ce sont les
légumes feuilles à cycle long qui prennent place avec 45,5 % par rapport aux autres cultures.
Par contre à 1'HôpitallPaspanga, les légumes feuilles à cycle long précisément la laitue
reviennent avec une proportion de 27,3 %.

Associations culturales
L'oseille est semé à la volée et en association avec la carotte. Sa récolte est faite
quelques jours après la levée de la carotte. Il existe d'autres formes d'associations de
cultures: laitue et chou, laitue et poivron ou piment, laitue et concombre, laitue et betterave
ou poireau ou encore navet.

2.5.2. Discussion

Les rotations sont pratiquées par un nombre élevé de maraîchers. Cette pratique vise de
multiples avantages. Elle permet de produire tout au long de l'année en suivant les variations
de la nappe phréatique et les variations de la disponibilité de l'eau des barrages. Les résultats
montrent que les maraîchers pratiquent de bons choix sur les cultures en rotation. En effet, les
spéculations successives de cultures de la même famille botanique ou développant le même
type de fruits sont à éviter. Pour Autissier (1994), l'alternance légumes à racines ou à bulbes
avec un légume à feuilles ou à fruits est conseillée.
En agriculture, le bon choix des rotations permet de limiter ou d'éviter le
développement de parasites inféodés à une culture donnée et une meilleure utilisation des
éléments nutritifs. Selon Autissier (1994), la rotation évite une trop grande fatigue du sol,
l'accumulation de toxines et le développement des mauvaises herbes. Cet auteur souligne
aussi que la rotation améliore l'exploitation des horizons et la structure du sol.
Les associations de cultures entrent généralement dans les relations sociales par les
donations. Elles permettent aussi aux producteurs de gagner de l'argent sur place par la vente
aux consommateurs particuliers s'approvisionnant en parcelle. Cette vente concourt au
financement de l'activité et à la diversification de la clientèle. Les choix des associations de
cultures faites par les maraîchers sont meilleurs et devraient permettre d'obtenir de bons
rendements. En effet selon Autissier (1994), au plan agronomique, les intérêts dus à

45
l'influence des associations sont variés. Sur l'état sanitaire des plantes, l'influence se
manifeste par des effets protecteurs vis à vis des maladies et répulsifs à l'égard des insectes.
Sur les conditions de développement des plantes, les associations apportent l'azote (par
l'association avec des légumineuses), l'ombrage, maintiennent l'humidité et protègent contre
les vents desséchants. La combinaison de cultures à cycle court et à cycle long permet une
meilleure utilisation de l'espace et une meilleure valorisation du travail grâce au moindre
développement des adventices. Mais, elle assure aussi un développement de ravageurs et
parasites à un niveau élevé si elle est male choisie.

2.6. La destination des produits

2.6.1. Résultats

Mode d'écoulement des productions


Les clients sont essentiellement les vendeuses de légumes installées sur les marchés et
les abords des places et voies publiques pour la plupart des spéculations. Certains
consommateurs s'approvisionnent sur les lieux de production. Une partie de la production non
vendue entre dans l'alimentation des producteurs et dans les relations sociales par les
donations.
Les ventes se font généralement aux bords des parcelles. Les modalités différent en
fonction de la culture et des périodes de production. Le mode de vente au comptant revient
aux cultures de fraisier, de chou, de la pomme de terre et aux tubercules d'oignon. C'est le cas
aussi pour le navet et la betterave. Par contre, pour les autres cultures, l'argent est versé après
vente.

Les prix des produits


Les prix varient suivant les périodes de production, les dimensions des planches. Le
tableau 12 donne les prix de vente de quelques spéculations.

46
Tableau 12 : Prix de vente de quelques spéculations maraîchères.

Spéculations Unités de mesure Prix moyens ( FCFA)


Laitue Planche 2500 - 15000
Chou pied 75 - 150
Carotte Planche 4000 - 22500
Oignon Plat 3000 - 4500
Pomme de terre Kg 250 - 300
Fraisier Kg 1000 - 1250
Navet Bouquet 500 - 1500
Betterave Bouquet 500 - 1500
Céleris Seau 750 - 2500
Persil Seau 600 - 5000
Amarante Récolte/planche 750 - 4500
Epinard Récolte/planche 1000 - 5000

Le tableau 12 montre que la laitue et la carotte sont vendues par planche. Le chou se
vend par pied tandis que les légumes feuilles à cycle court se vendent par planche par récolte.
Les fraises s'achètent au kilogramme de même que les tubercules de la pomme de terre. Les
oignons s'achètent au plat (une bassine de capacité moyenne). Le céleri et le persil sont
récoltés et mis dans un seau de dix litres environ pour la vente. Le navet et la betterave sont
vendues en bouquet de 30 pieds. De plus, le tableau montre que les prix par planche pour la
carotte sont élevés par rapport à ceux de la laitue. Les prix des autres spéculations ne sont pas
comparables étant donné la diversité des unités de mesures pour la vente. Les écarts entre les
maxima et minima des prix de chaque spéculation sont trop élevés.

2.6.2. Discussion

L'Union des Coopératives Agricoles et Maraîchères du Burkina (UCOBAM)


constituait un fournisseur potentiel des semences et des intrants en même temps qu'elle
assurait l'achat des produits au niveau des producteurs qui lui sont affiliés par le biais des
associations (Traoré, 2000). L'inexistence de ces services de nos jours est un handicap à la
production. Les difficultés d'écoulement des produits dues à la saturation du marché sont
fréquentes. Parfois, les problèmes d'impayés dus aux méventes réalisées par les revendeurs
dans les cas de saturations du marché ou à leur mauvaise volonté de respecter les closes de
marchés sont nombreux et découragent les producteurs qui n'ont pas d'autres choix.

47
La variation des prix des produits dépend des dimensions des planches et de la période de
production. Les prix sont élevés en début de la production et en fin de production. Ils sont
faibles à très faibles quand les maximums de production sont réalisés (janvier, mi février).
Au sein des groupements et associations, il y a une nécessité de renforcer la cohésion
des membres et pour organiser la production et faire face à la surproduction. Des quota de
superficies par spéculation en fonction de celles pratiquées peuvent être reparties à chaque
membre du groupement.

3. FERTILISATION - GESTION DE LA FERTILITE DES SOLS


MARAICHERS DE LA VILLE DE OUAGADOUGOU

3.1. Les fumures minérales

Le maraîchage est un système de culture intensif. Il demande un apport obligatoire et


régulier d'engrais. Sur l'ensemble des sites d'étude, 100 % des maraîchers emploient les
engrais chimiques.

3.1.1. Résultats

Les résultats concernent les principaux engrais chimiques utilisés, leur mode de
combinaison, les doses et les moment d'apport.

Les principaux engrais apportés et les modes de combinaison


L'examen du questionnaire administré aux producteurs montre que l'urée, le NPK et le
super triple phosphate (TSP) sont les principaux engrais chimiques utilisés. Le tableau 13
donne les pourcentages des maraîchers pour chaque mode de combinaison des engrais sur
l'ensemble des sites. La figure 8 donne les pourcentages par site.

Tableau 13 : Modes de combinaison des engrais chimiques en maraîcher culture.


Modes de combinaison des engrais minéraux Pourcentages des maraîchers enquêtés
Urée 48,47
NPK 1,54
Urée + NPK 48,47
Urée + TSP 1,54

Le tableau 13 montre que l'urée et le NPK sont les principaux engrais les plus utilisés.
Près de 48,47 % de maraîchers utilisent soit l'urée uniquement, soit l'urée et le NPK. Par

48
contre, une très faible proportion de producteurs équivalant à 1,54 % a recours au NPK seul
ou à l'urée + TSP.

100%
80%
<.l!l
... 60%

~ 40%
w 20%
0%
Urée NPK Urée+ TSP+
NPK Urée
G Tanghin el Boulmiougou
o Hôpital / Paspanga m Wayalghin

Figure 6 : Pourcentages des maraîchers en rapport aux modes de combinaison des


engrais dans chaque site.

La figure 6 montre qu'au sein de chaque site, les modes d'emploi des engrais varient.
Plus de 65,5 % des maraîchers sur les sites HôpitallPaspanga et 86,7 % de ceux du site
Wayalghin appliquent l'urée seul contre 44,8 % sur le site de Tanghin et 12 % sur celui de
Boulmiougou. Le NPK appliqué seul se retrouve sur le site Tanghin uniquement avec un
pourcentage de 7 seulement. La combinaison urée + NPK est plus utilisé à Boulmiougou par
88,1 % des producteurs de ce site et à Tanghin par environ 44,8 % des maraîchers. Sur les
deux autres sites, cette forme de combinaison est moins utilisée: 34,5 % à HôpitallPaspanga et
10 % à Wayalghin. Selon l'enquête, les deux engrais sont apportés soit en même temps
suivant le plus souvent le rapport uréelNPK égal à 111 ou 2/3 ; soit en fraction dans le temps
suivant le cycle de développement de la culture.

Les doses d'engrais chimiques


Les résultats de l'enquête maraîchère sont présentés aux figures 7, 8 et 9. Ils concernent
les doses moyennes d'apport des engrais sur chaque site. La figure 7 concernent les doses
d'utilisation de l'urée seul et du NPK seul. La figure 8 présente les résultats des apports
combinés urée et NPK tan dis que la figure 9 présente ceux des apports combinés urée et TSP.
La figure 7 montre que les doses moyennes d'apport de l'urée seul varient entre 300 kg
à Tanghin et 320 kg à l'hectare sur le site Boulmiougou . Ces moyennes retombent à 211 kg et
à 184 kg respectivement sur les sites HôpitallPaspanga et Wayalghin.
La figure 7 révèle aussi que les apports du NPK seul se rencontre seulement sur le site
de Tanghin. La quantité épandue sur l'hectare envoisine 260 kg.

49
Pour les apports combinés des engrais urée et NPK, la figure 8 indique une équivalence
des doses des deux engrais sur les sites d'études Tanghin et Boulmiougou. Elles sont par
ailleurs les plus fortes doses. Elles varient autour de 350 kg à Tanghin et environ 260 kg sur le
site Boulmiougou pour chacun des deux engrais en apport combiné sur l'hectare. Par contre
l'équivalence entre la dose d'urée et la dose de NPK à l'hectare n'est pas observée sur les
sites de HôpitallPaspanga et Wayalghin. En moyenne, 148 kg d'urée et 164 kg de NPK en
combinaison sont appliqués à l'hectare sur le site de l'HôpitallPaspanga contre 200 kg d'urée
et 178 kg de NPK épandus sur l'hectare à Wayalghin.

450
";'
375 ";'

'" 300
...c; ...c
co
300
0I.l
-""
225 <>J:
-""
...'" 150 '"
ISO
'"0 75 ."
'"
Ci 0
0 Cl
0
Tanghin Boulmiougou Hôpital/ Wayalghin
Paspanga Tanghin Boulmiougou Hôpital! Wayalghin
Paspanga
Duœ œN'K
Clli'eSNK
Figure 7: Doses d'apport de l'urée et du
Figure 8 : Doses des apports combinés de l'urée
NPK.
et du NPK.

450

300

150

o -----,--_....,...--,__ ,I:!mllimk-rl! ,
Tanghin Boulmiougou Hôpitall Wayalghin
Paspanga
mUrée III TSP

Figure 9 : Doses des apports combinés de l'urée et du TSP.

La figure 9 montre que de très faibles doses d'apport combinés urée plus TSP se
retrouvent sur le site Wayalghin. Seulement 75 kg d'urée et environ 40 kg de TSP sont

50
appliqués à l'hectare. En revanche, ces doses atteignent respectivement 410 kg et 265 kg à
Tanghin.

Les périodes d'apport


Les moments des différents apports d'engrais sont variés. Ils dépendent de plusieurs
facteurs dont le type de culture, la disponibilité de l'engrais à un moment opportun jugé par le
maraîcher et aussi de la disponibilité en temps.

3.1.2. Discussion

Les cultures maraîchères sont très exigeantes en éléments fertilisants N, P, K, Ca, Mg et


autres oligoéléments. Ces éléments agissent différemment sur leur croissance et leur
développement. La qualité de ces éléments apportés est donc un facteur déterminant de la
productivité. Selon les normes de fertilisation définies par Bélem (1998) chez la plupart des
légumes, le mode de combinaison indiqué correspond à l'utilisation du phosphate super triple,
du sulfate de potassium et de l'urée en fumure de couverture. Les résultats montrent que les
engrais utilisés par les maraîchers de la ville de Ouagadougou sont pour la plupart des
formules d'engrais pour le coton. Ces formules sont trop riches en azote, pauvres en
phosphore et en potassium; elles ne sont pas bien adaptées pour les cultures maraîchères
(Autissier, 1994). Il Y a donc une inadéquation des types et des modes de combinaison des
engrais chimiques utilisés sur l'ensemble des sites étudiés.
La quantité des engrais appliqués aux cultures est aussi un facteur déterminant de la
qualité et de la productivité des légumes. Par rapport aux cultures pratiquées et en
comparaison aux normes des doses d'urée recommandées, celles utilisées seulement sur le site
de l'Hôpital/Paspanga sont acceptables car ces producteurs sont spécialisés pour la production
de la laitue et du chou. Selon Bélem (1998), les doses de 160 kg d'urée à l'hectare et de 200 à
250 kg sont recommandées respectivement pour la laitue et le chou. Dans les autres cas, les
doses de l'engrais urée qu'il soit en apport combiné avec d'autres engrais ou en apport unique
sont excessives. Selon Bélem (1998) les doses de l'urée se situent entre 100 kg et 250 kg à
l'hectare selon la culture. Le NPK en apport combiné à l'urée (tableau Il) est excessivement
utilisé sur le site de Tanghin. Sur les autres sites, les doses correspondantes sont en défaut par
rapport à la norme de 300 kg par hectare recommandée pour substituer aux doses de 300
kg/ha de phosphate super triple et 150 kg/ha de sulfate de potasse.
Les facteurs coûts relativement élevés et de disponibilité des principaux engrais
chimiques utilisés ainsi que le manque d'encadrement technique et de formation expliquent
l'inadéquation des types, des modes de combinaison, des doses utilisées et des moments

51
d'apport. Cela peut se traduire sur le sol par des pollutions en nitrates ou des carences induites
au sol avec pour corollaire, une prédisposition des végétaux cultivés aux maladies et des
baisses de rendements.

3.2. Les apports de déchets urbains solides (DUS)

3.2.1. Résultats

Les résultats concernent les types de DUS identifiés par l'enquête maraîchère, leurs
modes d'acquisition ainsi que leur nature et leur origine.

Les types de DUS


Les résultats du questionnaire administré distinguent 96 % de maraîchers par rapport à
l'ensemble des populations enquêtées qui ont recours aux déchets urbains solides pour
produire les légumes. On identifie trois types de déchets qui sont le fumier, les déchets de
l'abattoir frigorifique de Ouagadougou et les déchets ménagers.

Les modes d'acquisition


Plusieurs modes d'acquisition des déchets ont été observés. Il y a la collecte gratuite,
l'achat et l'acquisition mixte (achat et gratuité).
La figure 10 donne les proportions des différents modes d'acquisition.

5% 4%

91%

Il Acquisition gratuite Il Achat 0 Gratuit et achat

Figure la: Proportions relatives aux modes d'acquisition des déchets urbains solides utilisés
en maraîchage.

La figure 10 indique que 91 % de l'ensemble des maraîchers achètent les déchets contre
4 % qui font une collecte gratuite. L'acquisition mixte représente environ 5 % du nombre total
des maraîchers.

L'origine et la nature des différents types de DUS utilisés en maraîchage

52
Les résultats de l'enquête sur les périmètres maraîchers révèlent plusieurs lieux
d'acquisition des déchets. Selon l'enquête, la collecte gratuite des déchets se fait au niveau
des ménages, des entreprises (ateliers de menuiserie, vendeurs de poulets grillés et rôtis) et
dans les dépotoirs ou décharges publics. Elle distingue aussi des lieux mixtes de collecte où le
producteur acquiert les déchets.
Les résultats de l'enquête indiquent que les lieux d'achat des déchets sont divers. Les
lieux d'approvisionnement par achat les plus importants sont les ménages, les fermes et
l'abattoir frigorifique. Ils distinguent 14 et 17 maraîchers respectivement sur les sites de
Tanghin et de Boulmiougou qui ont recours uniquement aux ménages pour l'achat des
déchets. Par contre, 4 et 3 producteurs sont distingués respectivement sur le site de
l'Hôpital/Paspanga et sur celui de Wayalghin. Au niveau des fermes d'élevage, on dénombre
17 autres maraîchers parmi les 42 au total sur le site de Boulmiuogou et seulement 9 sur les
29 installés sur le site de 1'HôpitallPaspanga. Il y al' absence de maraîchers des deux autres
sites. Au niveau de l'abattoir frigorifique, l'enquête distingue 14 producteurs venant du seul
site de Wayalghin. Elle montre aussi un nombre important de maraîchers qui
s'approvisionnent en DUS sur des lieux mixtes. Les lieux mixtes les plus fréquentés sont
d'une part, les ménages et fermes d'élevages pour les producteurs de Tanghin, de
Boulmiougou et de l'HôpitallPaspanga et d'autre part, les ménages et l'abattoir pour les
maraîchers de Wayalghin.

Les prix d'achat des DUS


L'enquête sur le maraîchage montre que les prix d'achat des déchets varient. Pour le

------
fumier de ruminants et de porcs, la charretée coûte 1500 à 1750 FCFA. Les fientes de volaille
reviennent à 750 à 1000 FCFA pour le~c moye~ à 1500 FCFA pour le gros sac rempli.
-------
Les déchets de l'abattoir sont vendus à 2500 à 3500 FCFA la charretée.

3.2.2. Discussion

Le recours à l'achat malgré les coûts relativement élevés des déchets est lié à la
complexité des échanges marchands urbains mais aussi à la rentabilité de la production
maraîchère; justifiant ainsi leurs valeurs marchandes (fumier et déchets de l'abattoir). Par
ailleurs, l'approvisionnement par l'achat requiert le développement d'un secteur d'activité
commerciale intermédiaire: les livreurs et les fournisseurs. Ces intermédiaires disposent de
lIeur charrette pour le transport et ou l'achat des déchets depuis les lieux d'acquisition jusqu'à
ila revente auprès des producteurs. Les résultats montrent qu'un nombre important de
araîchers achètent les déchets chez les ménages. Ces produits sont assimilés aux déchets

53
ménagers. Ce sont des résidus de cuisine, des ordures de balayage accompagnés des
déjections des animaux élevés dans les ménages. L'épandage de ces produits sur les parcelles
peut induire des effets nocifs sur la vie microbienne du sol et par conséquent sur sa fertilité.
En effet, la fertilité d'une terre maraîchère dépend avant tout de sa richesse en humus issu de
la décomposition des matières organiques végétales et animales sous l'action des micro-
organismes du sol. Selon plusieurs auteurs (Sedogo, 1981 ; Pieri, 1989), la culture continue
sur une même parcelle de terre et sans apport de matière organique épuise rapidement le sol.
Aussi, la plupart de nos sols sont pauvres en éléments nutritifs et en matière organique
(Sedogo, 1981 ; Pieri, 1989); donc impropres à l'agriculture. En épandant le fumier, les
déchets de l'abattoir et les déchets ménagers, les maraîchers apportent la matière organique
contenue dans ces produits; ce qui permet le maintien du taux de la matière organique du sol.

3.3. La typologie des pratiques de fertilisation

Pour accroître leur rendement, les producteurs apportent non seulement des engrais
chimiques, mais aussi des déchets urbains solides (DUS) à savoir le fumier, les déchets
ménagers et les déchets d'abattoir. En fonction des quatre (04) types d'apport, l'analyse des
fiches de l'enquête sur le maraîchage identifie huit (08) pratiques de fertilisation sur
l'ensemble des sites étudiés.

3.3.1. Résultats

Les résultats sont présentés par les figures 13 et 14. La figure 13 fait une répartition de
l'ensemble des producteurs enquêtés par rapport aux types de fertilisation. La figure 14 donne
une répartition en nombre de ces producteurs sur chacun des sites d'études.

Tf7 Tf8 Tf1


Tf 5 Tf 6
2% 1% 5%
9%~%
Tf4 Tf2
28% 47%

Tf3
2%

ml Tf 1 mTf2 [2J Tf3 a Tf4

m Tf5 o Tf6 .Tf7 oTf8

54
Tf1 = Engrais, Tf2= Fumier + engrais, Tf3= Déchets ménagers + engrais, Tf4= Fumier +
déchets ménagers + engrais, Tf5= Déchets de l'abattoir + engrais, Tf6= Déchets de l'abattoir
+ fumier + engrais, Tt7= Déchets de l'abattoir + déchets ménagers + engrais, Tf8= Déchets de
l'abattoir + déchets ménagers + fumier + engrais.
Figure Il: Proportions relatives aux différents types de fertilisation des parcelles
maraîchères sur l'ensemble des sites.

Les résultats de la figure Il indiquent qu'une faible proportion des maraîchers emploie
exclusivement les engrais minéraux (Tf1) pour produire; seulement 5 % des producteurs.
L'utilisation des déchets solides de la ville pour la production des légumes s'accompagne de
l'utilisation des engrais chimiques. La figure 13 montre une prédominance du nombre de
maraîchers correspondant à 47 % pour le type de fertilisation Fumier + engrais (Tf2). La
pratique Fumier + déchets ménagers + engrais (Tf4) concerne 28 % des producteurs enquêtés
contre 9 % et 6 % respectivement pour les pratiques Déchets de l'abattoir + engrais (Tf5) et
Déchets de l'abattoir + fumier + engrais (Tf6). Les types de fertilisation Déchets ménagers +
engrais (Tf3), Déchets de l'abattoir + déchets ménagers + engrais (Tt7) ne correspondent
chacune qu'à un pourcentage de 2 %. Celui du type de fertilisation Déchets de l'abattoir +
déchets ménagers + fumier + engrais (Tf8) vaut 1% seulement.

40 37
35
....
Vl
CI)
..c: 30
u
,- 21
~
25
....
~ 20
El 12
..D 15
Z 10 7
5
0
Tf1 Tf2 Tf3 Tf4 Tf5 Tf6 Tf7 Tf8

E;I Tanghin li!I Bouhniougou 0 Hôpital/ Paspanga mWayalghin

Tf1 = Engrais, Tf2= Fumier + engrais, Tf3= Déchets ménagers + engrais, Tf4= Fumier +
déchets ménagers + engrais, Tf5= Déchets de l'abattoir + engrais, Tf6= Déchets de l'abattoir
+ fumier + engrais, Tt7= Déchets de l'abattoir + déchets ménagers + engrais, Tf8= Déchets de
l'abattoir + déchets ménagers + fumier + engrais.
Figure 12: Types de fertilisation des parcelles maraîchères par site.

55
La figure 12 montre un nombre important de producteurs du site de Boulmiougou
correspondant à 37 pour la pratique Tf1. Les autres producteurs au nombre de 5 sur ce site
pratiquent le type Tf4. Les types de fertilisation Tf5, Tf6, TV et Tf8 se retrouvent presque
exclusivement sur le site de Wayalghin avec respectivement 12, 7, 3 et 1 maraîchers. Un
nombre faible de ces maraîchers ont adopté le type Tf1. Sur le site de l'HôpitallPaspanga,
trois pratiques sont distinguées par la figure. Il s'agit de Tf1 avec 14 producteurs sur 29
enquêtés, de Tf4 avec 10 producteurs au total et de Tf1 qui compte seulement 4 producteurs.
Sur le site de Tanghin la figure distingue trois types de fertilisation: Tf4, Tf1, Tf1 et Tf3
correspondant respectivement à 21,5,2 et 1 nombres de producteurs.

3.3.2. Discussion

Les coûts relativement élevés des engrais chimiques et la prise de conscience des effets
d'acidification des sols causés par ces fertilisants expliqueraient la faible proportion de
maraîchers utilisant exclusivement ces produits. Cependant, plusieurs raisons prévalent cette
pratiquent. Les uns pensent que les engrais chimiques conviennent à leurs cultures que sont la
laitue et le chou. Les autres, justifient cette pratique par le fait que leurs parcelles situées en
bas de pente sont exposées à l'entraînement par les eaux dès les premières pluies. Par
conséquent, ils ne bénéficieront pas de l'effet long terme de la matière organique des déchets
qu'ils auraient apportés. Les proportions moins élevées de producteurs pour la pratique de
déchets ménagers + engrais serait en hausse. Par contre, celles de la pratique fumier + engrais
plus élevées, serait en baisse. En effet, suivant l'origine de l'achat, un nombre important des
producteurs acquiert le fumier chez les ménages. L'épandage des déchets solides de la ville
pour la production des légumes s'accompagne de l'utilisation des engrais chimiques. Le
système de production des légumes à Ouagadougou se présente donc comme un bon exemple
de gestion intégrée de la fertilité des sols qui combine l'utilisation des déchets, les engrais
minéraux, les rotations et les associations de cultures. En effet, selon plusieurs auteurs,
l'utilisation combinée des engrais minéraux et de la matière organique assure le maintien du
niveau de fertilité des sols (Sedogo, 1991 ; Lompo 1993 ; Jansen, 1993). Elle est bénéfique
pour la croissance et l'augmentation des rendements des cultures (Sedogo, 1991 ; Jansen,
1993). Ce système permet d'optimiser les coûts de production et les rendements à l'échelle de
l'entreprise agricole individuelle.

56
4. APPROCHE QUANTITATIVE SUR L'UTILISATION DES DUS EN
MARAICHER CULTURE

4.1. Les quantités moyennes annuelles de DUS utilisés par maraîcher

4.1.1. Résultats

Les résultats sont présentés par les tableaux 14 et 15. ils proviennent des enquêtes
réalisées au niveau des périmètres maraîchers (tableau 14) et des fermes (tableau 15).

Tableau 14: Quantités moyennes de Tableau 15: Quantités moyennes de


déchets (tonnes) utilisés par an et par fumier enlevé (tonnes) par an et par
maraîcher. maraîcher chez les fermes d'élevage.
Sites Quantités * Zones Quantités *
Tanghin 0,863 Bassim-yam 0,469
Boulmiougou 2,147 Panooghin 4,375
Hôpital 1 Gampéla 0,781
Paspanga 2,100 Loumbila 0,893
Wayalghin 1,289 Boulmiougou 1,680
Source: Enquête maraîchère. Source: Enquête sur les fermes d'élevage.
·Une charretée de fumier pèse 156,25 Kg (INADES- ·Une charretée de fumier pèse 206 Kg pour les fermes
FORMATION BURKINA, 2003). bovines (Zougmoré et al., 2000); ou 156,25 Kg pour les
autres fermes d'élevage (INADES-FORMATION
BURKINA, 2003).

Le tableau 14 révèle que les quantités importantes de déchets utilisés par an et par
maraîcher sont enregistrées sur les sites de Boulmiougou et de l'HôpitallPaspanga. Les
valeurs moyennes utilisées sur chacun de ces deux sites sont sensiblement les mêmes et
équivalent 2,100 tonnes. Sur les sites de Tanghin et de Wayalghin, elles sont en baisse par
rapport à celles trouvées sur les deux premiers sites mais comparables entre elles.
Le tableau 15 révèle une quantité particulièrement importante à Panooghin qui
représente 4,375 tonnes de déchets enlevés par an et par maraîcher. Il montre en plus que les
quantités annuelles de déchets employés par maraîcher sont moins élevées dans les périmètres
maraîchers situés loin de la ville.
Les valeurs trouvées par les deux types d'enquête se rapportant à la situation du site de
Boulmiougou dans les deux tableaux sont presque équivalentes.

57
4.1.2. Discussion

Selon le tableau 14 les fortes quantités de déchets sont utilisées sur les sites de
Boulmiougou et de l'Hôpital/Paspanga. Cela est due d'une part, à l'intensification du
maraîchage à Boulmiougou et d'autre part, à la pérennité de l'activité pendant presque toute
l'année sur le site de l'Hôpital/Paspanga.
Les quantités moyennes annuelles de déchets employés par les maraîchers sont moins
élevées dans les périmètres maraîchers situés loin de la ville. En effet, lorsqu'on s'éloigne de
la ville, le degré d'intensification des activités agricoles diminuent se traduisant par la baisse
des niveaux des intrants utilisés (Tricaud, 1996).

4.2. Les doses de DUS apportés

4.2.1. Résultats

Les résultats présentés concernent les doses moyennes par an qu'un producteur utilise et
la dose d'apport de déchets pour quelques cultures. Les doses moyennes annuelles ont été
calculées à partir des quantités annuelles de déchets utilisés par les producteurs pour chacun
des types de fertilisation. La figure 13 présente les résultats se rapportant aux doses annuelles
et la figure 14, ceux qui se rapportent aux doses d'apport unique par culture.

Les doses annuelles d'apport de déchets par producteur


Les résultats sont présentés par la figure 13.

90

Tf2 Tf4 Tf5 Tf7 Tf6 Tf8


EJTanghin ICIBoulmiougou oHôpital/ Paspanga mWayalghin

Tf2= Fumier + engrais, Tf4= Fumier + déchets ménagés + engrais, Tf5= Déchets de l'abattoir
+ engrais, Tf6= Déchets de l'abattoir + fumier + engrais, Tf7= Déchets de l'abattoir + déchets
ménagés + engrais, Tf8= Déchets de l'abattoir + déchets ménagers + fumier + engrais.
Figure 13: Doses annuelles des déchets apportés en fonction des types de fertilisation
pratiqués.

58
\t

L'examen de la figure 13 montre dans un premier temps que les fortes doses situées au
delà de 25 tonnes par hectare sont appliquées par les producteurs qui pratiquent les types de
fertilisation utilisant le fumier. Ces types de fertilisation représentés sur la figure 13 sont Tf1,
Tf4 et Tf6. La figure 13 montre aussi que les doses apportées sont réduites lorsque les déchets
ménagés ou les déchets de l'abattoir sont inclus dans le mode de fertilisation.
Par rapport aux doses d'apport sur chaque site d'étude, la figure 13 révèle qu'elles sont
élevées sur les parcelles maraîchères du site de l'Hôpital/Paspanga. Elles avoisinent 80
tonnes, 73 tonnes et 36 tonnes à l'hectare respectivement pour les pratiques Tf1, Tf4 et Tf6.
Le site de Boulmiougou occupe la deuxième place avec des apports annuels de déchets allant
à 53 tonnes à l'hectare pour chacune des pratiques Tf1 et Tf4. Sur le site de Wayalghin, les
doses atteignent 24 et 46 tonnes par hectare respectivement pour les pratiques Tf6 et Tf 2. Les
doses les plus faibles sont appliquées sur ce site avec les pratiques Tf8, Tf5 et TV. Elles
correspondent respectivement à 6 tonnes, 13 tonnes et 15 tonnes par hectare. Sur le site de
Tanghin, on observe sur la figure 13 que 24 tonnes et 32 tonnes de déchets sont épandus sur
l'hectare. Ces doses correspondent aux types de fertilisation Tf4 et Tf1.
Sur l'ensemble des sites étudiés, on peut situer les doses dans trois niveaux intervalles:
6-15 tonnes de déchets appliqués par hectare avec les pratiques TV, Tf8 et Tf5 ;
24-36 tonnes par hectare avec les pratiques Tf1, Tf4 et Tf6 ;
46-80 tonnes par hectare pour les pratiques Tf1, Tf4 et Tf6.

Les doses d'apport par culture


La figure 14 montre que les doses de déchets appliqués ne sont pas uniformes pour
toutes les cultures. Les légumes feuilles et les légumes fruits reçoivent les doses les plus
élevées. Parmi les légumes feuilles, ceux à cycle de récolte court et à cycle de vie long
bénéficient des apports de doses élevées de DUS. C'est le cas du persil, de la céleri et de
l'amarante. La figure 14 montre en plus que les quantités de déchets amendés à l'hectare
dépendent du type de fertilisation. Ces quantités sont élevées avec les pratiques de fertilisation
Tf1, Tf4 et Tf6. Elles sont moins élevées avec les types de fertilisation Tf5, TV et Tf8.

59
70 --,
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'7ro 60
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~e y ~e ~'bo~ ~~
~o~
El Tf21) Tf4~ TfSO Tf6. Tf70 Tf8

Figure 14 : Dose d'apport de déchets par culture.

61
4.2.2. Discussion

Les doses d'apport des déchets aux cultures sont plus élevées pour les pratiques de
fertilisation incluant le fumier. Elles sont réduites lorsque les déchets ménagers ou les déchets
de l'abattoir sont utilisés en plus du fumier. Les déchets ménagers et les déchets de l'abattoir
seraient riches en éléments nutritifs pour les cultures; ce qui explique que leur utilisation
entraîne une réduction des quantités permettant aux producteurs de rester dans leur objectif de
rendement. De plus, un revenu faible des producteurs utilisant les déchets d'abattoir peut ne
pas leur permettre d'acquérir ces déchets pour atteindre les doses correspondantes au fumier.
La disponibilité du fumier et la facilité d'accès peuvent expliquer aussi ces états de fait. Les
variations inter sites des doses correspondantes à chaque type de fertilisation sont dues au
niveau de revenu des producteurs et au temps mis pendant l'année dans la production des
légumes. Sur le site de l'Hôpital/Paspanga, une partie des producteurs travaille toute l'année.
Par conséquent, les quantités de déchets apportés ainsi que les doses annuelles d'apport
correspondantes aux pratiques Tf1, Tf4 et Tf6 subissent une augmentation par rapport à celles
des autres sites.
Selon les résultats présentés par la figure 16, les doses d'apport de déchets pour chaque
culture dépendent de la culture et du type de fertilisation. Les producteurs ont une maîtrise de
l'activité; ce d'autant plus que les quantités de déchets épandus tiennent comptent de la durée
du cycle de vie ou du cycle de récolte de la culture.

s. EFFETS DES PRATIQUES DE FERTILISATION SUR LES


INDICATEURS CHIMIQUES DE FERTILITE DES SOLS

S.l. Effets par site étudié

Les résultats sont présentés au tableau 16.


Les résultats du tableau 16 montrent que les modes de fertilisation influencent la teneur
en matière organique, en éléments majeurs totaux, le rapport C/N des sols cultivés et leurs pH.
A Tanghin, les teneurs en matière organique et en azote total des parcelles cultivées sont
plus élevées comparativement à celles de la parcelle témoins. La teneur en matière organique
passe de 19 [Link]- I sur TO à 17 [Link]- I sur Tf1 et à 25 [Link]- I sur Tf1 et Tf4. Pour le phosphore
et l'azote totaux, on a ce classement: Tf4 > Tf1 > Tf1 > TO qui correspond à 601,1 [Link]- I ,
550,4 [Link]- I , 418,5 [Link]- 1 et 275,8 [Link]- I pour le phosphore.

62
Le potassium total des parcelles Tf4 et Tf2 sur l'horizon Hl (0-15 cm) est élevé par
rapport à TO. Sur l'horizon 15-30 cm, le témoins présente les fortes teneurs en K total (8273
ppm contre 2059,7 et 2210,8 ppm et 2920,4 ppm respectivement pour TO, Tf1, Tf2 et Tf4).
Les rapports C/N sont sensiblement les mêmes que le témoins (11 à 12 en surface et 13
à 14 en profondeur) . Le pHeau varie de 7,4 sur Tf1 à 8,4 pour les parcelles cultivées. Le
témoins enregistre une valeur de 8,2. Il est légèrement alcalin pour Tf1. Cependant, il varie
légèrement à la hausse. Le témoins a un pHKCl neutre (7). Celui de Tf1 est acide (6,4). Par
contre, il est légèrement alcalin pour Tf2 et Tf4 (7,8 et 7,5).
Sur le site de Boulmiougou, les teneurs en matière organique, en azote total et en K total
des sols des pratiques Tf2 et Tf4 sont inférieures au témoins sans cultures. Elles sont basses à
moyennes pour la matière organique et moyennes à élevées pour le P sur les deux horizons.
La teneur en P total des parcelles cultivées est supérieure au P total du témoins dans tous les
horizons. Le rapport C/N est bas par rapport au témoins. Les pHeau sont faiblement acides à
neutres pour Tf2 et moyennement alcalins pour Tf4 sur l'horizon 0-15 cm. Ils augmentent
légèrement avec la profondeur. Les mêmes tendances sont observées en profondeur et aussi
pour le pHKCl.
Sur le site de l' HôpitallPaspanga, les teneurs en matière orgamque, en azote et
potassium totaux des parcelles cultivées sont supérieures à celles du témoins. Elles sont très
élevées selon le BUNASOLS (1990). On a les classification suivantes sur les deux horizons:
M.a : Tf1 > Tf4 > Tf2 > TO
N total: Tf1 =Tf4 > Tf2 > TO
K total: Tf1 > Tf4 > Tf2 > TO
Les teneurs en P total sur le premier horizon pour Tf4 et Tf2 sont supérieures à celles de
TO supérieures à celles de Tf1. Sur l'horizon 15-30 cm, on a Tf4 > Tf2 > Tf21> TO. Le
rapport C/N de Tf2 est le moins élevé suivi de ceux de TO, Tf4 et Tf1. Les pHeau sur ce site
sont moyennement alcalins avec une faible valeur pour Tf1 sur Hl. L'horizon H2 présente les
mêmes tendances avec une augmentation des valeurs.
Le site de Wayalghin se caractérise par des teneurs en matière organique faible, en azote
et en potassium faibles des parcelles cultivées par rapport aux témoins. Pour le BUNASOLS
1990), les teneurs en matière organique sont basses, moyennes à élevées. Celles en P sont
moyennes à élevées. Pour le K total, les teneurs sont moyennes, élevées à très élevées. Le
rapport C/N est inférieur au témoins. Les pHeau sont légèrement alcalins pour TO et
moyennement alcalin pour les autres parcelles. Ils baissent avec la profondeur. Les pHKCl
présentent les mêmes tendances sur deux horizon.

63
En tenant compte des moyennes des teneurs en matière organiques et en N, P et K
totaux des parcelles cultivées nous remarquons cet ordre: HôpitallPaspanga > Tanghin >
Boulmiougou> Wayalghin. Les rapports C/N évoluent dans ce sens sur les sites: Wayalghin
> HôpitallPaspanga > Tanghin > Boulmiougou. Ils sont élevés en profondeur.

5.2. Discussion

Les apports des déchets améliorent considérablement la teneur en matière organique du


sol mais aussi en éléments fertilisants totaux pour les cultures. Les pratiques Tf4, Tf7 et Tf5
apparaissent jouer un rôle majeur dans l'amélioration des indicateurs chimiques de fertilité
des parcelles. Ce rôle est contenu dans les déchets ménagers, les déchets de l'abattoir et dans
les fumiers. Selon le BUNASOLS (1990), les teneurs en matière organique sont basses à
Boulmiougou et à Wayalghin, moyennes à élevées sur les autres sites. Les pHeau dans
l'ensemble sont identiques à ceux des parcelles cultivées. L'augmentation du pH en
profondeur est attribuable à la présence d'ions Ca2+, Mg2+ et K+ dans les déchets
(Gnankambary, 2000 ; Kaboré, 2004). Segda (2006), a constaté que l'inondation contribue à
augmenté le pH de même que les teneurs en Ca2+ du sol. Les rapports CIJ\J sont élevés en
profondeur. Segda (2006) a aussi observé que l'inondation entraîne une augmentation des
valeurs du rapport C/N. Dans notre cas, les élévations du rapport C/N en profondeur indiquent
une accumulation du carbone dans les horizons profonds non cultivés. Cette accumulation
provient non seulement des apports et des résidus des récoltes mais aussi des apports par les
eaux charriant les déchets. Il sera donc intéressant de pratiquer une travail profond du sol pour
ramener les ions Ca2+ , Mg2+ et K+ en surface. Ce travail doit précéder d'un épandage
d'engrais organiques bien décomposés.

64
(Suite du tableau 16)
Eléments totaux ([Link]- l )
Sites Types MO ([Link]- l ) N P K C/N pHeau pHKCl
de 0-20 20-40 0-20 20-40 0-20 20-40 0-20 20-40 0-20 20-40 0-20 20-40 0-20 20-40
fertilisa cm cm cm cm cm cm cm cm cm cm cm cm cm cm
tion
.__ .-----------------------------------------------------------------------------------------------_.---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Wayalghin TO 28 13 1120 5900 453,2 267,9 2816,4 8789,8 14 12 7,6 8,3 6,2 7,2
Tf5 14 6 700 400 490,9 307,6 1444 8118,6 12,4 9,7 8,5 8,8 7,6 7,5
Tf6 17 7 800 400 570,1 277,9 1559,2 9062,7 12,2 10,6 8,5 9,3 7,9 8,1
Tf7 26 15 1020 500 566,4 446 3130,5 10476,3 15 17 7,9 7,8 7,2 6,5
Tf8 12 7 620 550 342,9 225 1265,4 6569,2 Il 7 8,8 8,8 8 7,8
Hl: Horizon 0-15 . H2: horizon 15-30, TO = témoins, Tf1 = Engrais, Tf2= Fumier + engrais, Tf4= Fumier + déchets ménagers + engrais, Tf5= Déchets de {'abattoir + engrais, Tf6=
Déchets de {'abattoir + fumier + engrais, Tj7= Déchets de {'abattoir + déchets ménagers + engrais, Tj8= Déchets de {'abattoir + déchets ménagers + fumier + engra

66

,,-,._'
5.3. Effets sur l'ensemble des sites étudiés

Les moyennes des caractéristiques chimiques de fertilité sont présentées au tableau 17.
Les résultats du tableau 17 montrent une influence des modes de fertilisation sur la
teneur en matière organique, en éléments majeurs totaux, sur le pH eau et le rapport C/N des
sols cultivés. Dans les horizons supérieurs des sols cultivés, les pratiques de fertilisation Tf1,
Tf4 et Tf5 ont entraîné une amélioration du stock organique par rapport aux témoins non
cultivés. Les taux de matière organique sur l'horizon Hl des sols résultant de ces pratiques
correspondent respectivement 45,1%, 312 % et 21,2 % contre 20,9 % pour le témoin. Les
moyennes de 18,5 % et 16,7 % sont déterminées sur les parcelles Tf2 et Tf6. L'analyse
statistique au seuil de 5 % de probabilité montre que les pratiques ont une influence très
hautement significative sur le stock organique des parcelles maraîchères. Les mêmes
tendances sont observées sur les horizons inférieurs mais avec une différence hautement
significative.
Les teneurs en N et en P totaux des parcelles cultivées comparativement au témoins sont
plus élevées au niveau des horizons superficiel et profond pour les pratiques Tf1 et Tf4. Elles
s'élèvent respectivement à 1936 ppm et à 1482 ppm contre 931 ppm sur les parcelles témoins
pour l'azote sur l'horizon supercie1. En profondeur, les teneurs en N relevées sur Tf1 et Tf4
sont de 904 ppm et 667 ppm contre 360 ppm pour les témoins. Les teneurs en P
correspondantes à ces pratiques sur les horizons cultivés équivalent à 945 ppm et à 882 ppm
contre 577 ppm sur les témoins. Les pratiquesTf7, Tf2 et Tf6 présentent des teneurs en azote
total identique aux témoins. Sur les horizons profonds, les mêmes tendances sont observées. Il
y a une baisse des teneurs en N et en P des horizons de surface aux horizons profonds. Les
fortes teneurs en K total des parcelles correspondent aux pratiques Tf1, Tf4 et Tf5. Les
teneurs de cet élément sont élevées en profondeurs qu'en surface. L'analyse statistique révèle
en effet une différence très hautement significative sur les horizons H2. les valeurs restent
cependant inférieures aux valeurs trouvées sur les parcelles témoins sans amendement. Les
rapports C/N des parcelles ne présentent pas différence significative sur l'horizon Hl. Les
valeurs sont comprises entre Il et 13. En profondeur, les rapports C/N résultats des pratiques
présentent une différence très hautement significative. Ils sont élevés par rapports aux valeurs
observées sur l'horizon Hl. Ces valeurs se situent entre 10 et 17 en profondeur. Les pH eau
des sols sont fortement élevés et presque identiques en surface. Par contre, en profondeur, il y
a une légère élévation des valeurs. Les effets des pratiques de fertilisation sur le pH eau sont
significatifs.

67
Tableau J7 : Propriétés chimiques des sols témoins sans culture et des sols sous culture maraîchère de la ville.

Eléments totaux (mg kg-il


Modes de
fertilisation MO (g kg- l ) N P K C/N pH eau

Hl H2 Hl H2 Hl H2 Hl H2 Hl H2 Hl H2

Tf1 45,lc 26,8c 1936c 904c 945b 817c 1977 2231a 13 17d 8,1 8,2ab

Tt2 18,5a 10,4a 934a 446a 502a 376a 1328 1771a Il 13bc 7,8 8,lab

Tf4 31,2b 16,8b 1482b 667bc 882b 653bc 1969 2290a 12 14c 8,3 8,6a

Tf5 21,2ab 1O,6ab 942a 498ab 589ab 408ab 1920 8002c 13 12abc 8,2 8,7bc

Tf6 16,7a 6,5a 781a 401a 566ab 292a 1521 8348c 12 10a 8,6 9,3c

TO 20,9ab 7,2a 931a 360a 577ab 285a 2195 5369b 13 11ab 8,5 8,7bc

Probabilité < 0,0001 0,0003 < 0,0001 0,003 0,039 0,009 0,297 < 0,0001 0,292 0,0001 0,063 0,004

Signification THS HS THS HS S HS NS THS NS THS NS S

Les moyennes affectées d'une même lettre dans une même colonne ne sont pas significativement différent au seuil de 5 % selon la méthode Student-Newman-Keuls ;
THS: très hautement significatifHl: Horizon 0-15 ; H2 : horizon 15-30 .. NS: non significatIf; S: significatif. MO : matière organique

Tf1 = Engrais, Tf2= Fumier + engrais, Tf4= Fumier + déchets ménagés + engrais, Tf5= Déchets de l'abattoir + engrais, Tf6= Déchets de
l'abattoir + fumier + engrais
-,

~:l"'<.-
ri ~k ,
68
5.4. Discussion

L'amélioration du taux de matière organique du sol des parcelles des pratiques Tf1 par
rapport aux témoins sans apport de matière organique corroborent les résultats selon lesquels
l'utilisation des engrais minéraux pour la production végétale provoque une chute du taux de
matière organique initiale du sol par accélération de la biodégradabilité des matières
organiques (Feller, 1976; Sedogo 1993). C'est l'accumulation des matières organiques
d'origine alluviale des eaux d'inondation qui expliquerait cette situation. Les parcelles
maraîchères de la ville de Ouagadougou pour la plupart sont inondées. Les matières
organiques provenant des apports alluviaux s'incorporent et s'accumulent dans les parcelles.
Incorporées profondément dans le profil du sol, elles se transforment en matières organiques
très stables (Soltner, 1990). Les apports excessifs d'engrais minéraux (qui sont pour la plupart
azotés) qui favoriseraient les prélèvements directs des microorganismes du sol; réduisant leur
activité sur la matière organique apportées par les eaux et les racines des légumes seraient à
l'origine de cette observation. Par contre, sur les autres parcelles les apports de déchets et des
engrais minéraux en quantités moindres par les maraîchers permettraient de juguler ce
phénomène en activant la vie microbienne du sol. Les conditions d'inondation, la texture du
sol, sa température et son pH qui influent sur l'activité biologique expliqueraient ainsi cette
observation.
Selon les normes d'appréciation du BUNASOLS (1990), l'horizon supérieur des sols
de l'ensemble des sites étudiés est moyennement richesse, élevé à très élevé en matière
organique. Les horizons inférieurs ont des teneurs basses, moyennes à élevées en matière
organique. Contrairement à la gestion certains systèmes de culture qui appauvrissent
(Delville, 1996; Piéri 1986), la gestion du système de culture maraîchère de la ville de
Ouagadougou que maintient le niveau du stock organique du sol à des valeurs jugées
meilleures. Les teneurs en N et en P de l'horizon Hl cultivé passent respectivement de
moyen, élevé à très élevé et de élevé à très élevé selon BUNASOLS (1990) Sur le deuxième
horizon, les teneurs en N sont basses à moyenne contre des teneurs moyenne à très élevé pour
le P. Les teneurs en K total du sol sont classées moyennes à élevées. Elles sont hautement
significatives. Ce résultat confirme ceux des travaux de Segda (2006) sur les périmètres
rizicoles irriguées de Bagré. D'après les normes de classification des sols définies par
BUNASOLS (1990), les rapports C/N des sols sont bas, moyens à élevé en surface. En
profondeur, ils sont bas, moyen à très élevé (10 à 17). La matière organique apportée par les
eaux d'inondation et les maraîchers se repartie dans tout le profil du sol. De nombreux

69
\,

facteurs (texture du sol, nature de la matière organique, inondation en saison pluvieuse et


irrigation en saison sèche, modes d'exploitation du milieu) (Delville, 1996) expliquent cette
évolution de la matière organique suivant la profondeur. Les pH eau des sols sont basiques
profondeur. Selon BUNASOLS (1990), ils sont moyennement alcalins en surface et alcalins
en profondeur. Cette élévation des valeurs des pH eau sur les parcelles est attribuable aux ions
Ca2+, Mg 2+,K+ contenus dans les déchets (Gnankambary, 2000 ; Kaboré 2004) et apportés par
les maraîchers de façon directe ou par les eaux qui charrient les déchets de la ville. La légère
augmentation du pH en profondeur résulterait des effets de l'inondation (Segda, 2006).

70
CONCLUSION GENERALE

L'intensification de la production maraîchère pour la satisfaction des besoins


alimentaires des citadins de nos villes et pour la satisfaction des besoins socio économiques
des producteurs passe par le maintien des capacités de production. La maîtrise de l'utilisation
adéquate et durable des facteurs de production que sont les techniques culturales, les engrais
chimiques et les déchets des villes est aussi un impératif. L'étude a permis de caractériser le
système d'élevage des fermes urbain et péri urbain de la ville de Ouagadougou et sa liaison
avec la production maraîchère. Les bovins, les ovins, les caprins, les poules pondeuses et les
porcs et lapins sont les principales espèces animales élevées dans les fermes urbaines et péri
1- urbain~de la ville. La proximité à la ville d'un tel système est bénéfique pour l'alimentation
des animaux. Les déchets industriels, agroindustriels et agricoles entrent dans l'alimentation
des animaux. Cependant, l'élevage des fermes qui peut être un puisant moyen de la
production végétale et le maraîchage sont faiblement intégrés. Seulement 34 % des quantités
de déjections animales des fermes sont prises par les maraîchers. Environ 85 % des quantités
de déjections enlevées par les, producteurs de légumes sont des fientes de volaille. L'étude a
aussi permis de caractériser les systèmes de production maraîchère sur les périmètres de
Tanghin, Boulmiougou, de l'Hopital/Paspanga et de Wayalghin. L'analyse des
caractéristiques sociales et organisationnelles de la production et des moyens de production
montre que le site de Boulmiougou se différencie légèrement des trois autres sites en matière
d'intensification de l'activité. Quatre types de fertilisants utilisés en maraîchage ont été
distingués: les déchets ménagers, les déchets de l'abattoir, le fumier et les engrais minéraux.
Les engrais chimiques sont utilisés par 100 % des maraîchers. Ce sont l'urée majorit~ 1
utilisée,
.--,
le NPK utilisé par un nombre moyen de producteurs et le TSP utilisé par quelques )
maraîchers. Les doses d'urée sont élevées par rapport aux normes d'apport vulgarisées.
L'utilisation des autres formes de fertilisants dépend de leur disponibilité et du revenu des
producteurs à '-en acquérir. L'acquisition des déchets fumier et des déchets de l'abattoir se
~

fait en majorité par achat chez les ménages, les fermes, à l'abattoir et dans les marchés à
bétail. Les doses d'apport des déchets dépassent les normes de fertilisation organiques
vulgarisées et dépendent de chacun des huit pratiques de fertilisation identifiées et du type de
culture. Elles sont moins élevées pour les pratiques qui incluent les déchets de l'abattoir et ou
les déchets ménagers. Les doses annuelles d'apport des déchets varient des sites d'études et
dépendent des pratiques de fertilisation et de la pérennité de la production sur le site durant
l'année. Les pratiques de fertilisation influencent les facteurs chimiques de fertilité des

71
parcelles. Les teneurs en matière orgamque des parcelles cultivées sont dans l'ensemble
meilleures. Elles sont plus élevées sur les parcelles If4, ID et If5. Les teneurs en éléments
fertilisants majeurs totaux des sols cultivés augmentent par rapport aux sols des parcelles
témoins. Le pH reste moyennement alcalin à alcalin sur toutes les parcelles. Il augmente
légèrement en profondeur. Les rapports C/N des sols augmentent aussi en profondeur. Dans
l'ensemble, les systèmes de production maraîchère de la ville de Ouagadougou se présente
comme des meilleurs systèmes de gestion de la fertilité du sol par l'utilisation combinée des
engrais chimiques et de la matière organique contenue dans les déchets et apportée
indirectement par les eaux ou directement par les maraîchers. La comparaison des doses
d'engrais chimiques et des doses d'apport des déchets avec les normes de fertilisation
recommandées d'une part et d'autre part des types et la nature des déchets laisse penser que
de telles pratiques ont un effet négatif sur la qualité et la productivité à court terme et à long
terme des légumes. Cependant, nous préconisons : 1(l.- \M./"~ yl ~
\vX
• une évaluation des bio-éléments nutritifs des sols; W /
• une évaluation des rendements au niveau paysaJ;lW:::.:o~u~~==~~
pratiques de fertilisation sur la productivité des légumes;
• une étude pour appréhender les aspects biologiques et micro biologiques liés aux
processus d'évolution des matières organiques des déchets dans les périmètres
maraîchers pour comprendre et déterminer les facteurs de l'accumulation de la matière
organique des déchets et les processus qui en sont responsable;
• une étude pour appréhender les pollutions nitriques et en éléments lourds des sols et
dans les produits de récolte.
Pour sécuriser la production, nous recommandons :
• que l'urbanisation sur les périmètres maraîchers qui exproprie les parcelles doit être
anéantie par les décideurs politiques dans la mesure où le projet de développement de la ville
prend en compte le maraîchage;
• la collecte séparée des déchets à la base pour éviter tout risque majeur de pollution et
de contamination de certains déchets;
• la prise en compte du maraîchage urbain dans les programmes et projets de
développement agricole.

72
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79
ANNEXES

80
ANNEXE 1
Fiche d'enquête sur les fermes d'élevage

Fiche d'enquête N°
Date:
Identification de la zone
Zone: Secteur : Quartier:

Identification du producteur
Nom: Prénom: Age: Sexe:
Responsabilité: Niveau d'alphabétisation:
Autre activité :

Caractérisation de l'unité de production (UP)


Unité nO: Age: Type d'élevage:
Nom de l'UP : Type de production:
Système d'élevage : .
Principales espèces élevées : Nombre de têtes :
(1) .
(2) .
(3) .
(4) ~ .

Types d'aliments utilisés : .

Ou procurez vous des aliments? .


Faites vous des activités agricoles? Non: Oui: Lesquelles ? ..

Quels types de déchets résultent de vos activités? Quantités produites par période:
(a) .
(b) .

A
(c) .
(d) .
Que faites vous avec les déchets?
Les quantités :
Dons: Non: Oui: A qui ?.............................. .. .
Ventes: Non: Oui: A qui ?............................... .. .
Vous jetez: Non: Oui: Ou ?.................................. .. .
Pourquoi ? .

Les quantités produites :


Par jour : .
Par an : .
Estimer le nombre de personnes qui réutilisent les déchets produits: .

Observations

B
ANNEXE 2
Fiche d'enquête maraîchère

FICHE D'ENQUETE N°

Date:
Caractéristiques générales.
VII. Nom et prénom
V12. Age
V13. Sexe
VI4. Niveau d'éducation
V 15. Situation matrimoniale
VI6. Lieu de résidence du producteur
VI? Lieu de production
VI8. Statut d'occupation du lieu de production (locataire, propriétaire, employé, ... ) :
VI9. Taille de la famille du producteur
VIIO. Autres activités du producteur
VIII. Organisation des producteurs (coopérative, association)

Caractéristiques de l'exploitation.
V2I. Age l'exploitation
V22. Antécédent cultural (campagne maraîchère précédente)
V23. Superficie totale disponible (préciser l'unité de mesure)
V24. Superficie totale cultivée
Nombre de planches
Superficie d'une planche
V25 Superfi' l . , latlon
ICIe cu tlvee par specu . consi.d eree
'
Spéculations Nombre de Superficie par Superficie totale
planches (a) planches (b) (a*b)
Tomate
Laitue
Oignon
Chou
aubergine
Fraise
Autres (préciser
, l atlon
V26 0 rdre d" Importance et date d e semi par specu . :
Spéculations Ordre d'importance Date de semi
Tomate
Laitue
Oignon
Chou
Aubergine
Fraise
Autres à préciser
(b) préCIser 1 Unité de mesure et estimer la quantité en Kg

C
Utilisation des déchets
V31. Type de déchets utilisés :
1= déchets solides des ménages; 2 = déchets liquides des ménages;
4 = déchets solides industriels; 8 = déchets liquides industriels; 16 = fumier
de ferme; 32 = autres (préciser )
V32. Si fumier de ferme, préciser sa nature:
V33. Nombre d'années d'utilisation des déchets urbains:
V34. Mode d'acquisition des déchets:
1 = gratuit; 2 = achat
V35. Si achat, lieu d'achat:
V36. Si achat, type de fournisseur:
1 = entreprises industrielles; 2 = entreprise de nettoyage; 4 =ménages
V37. Si gratuit, lieu de collecte (entreprise, ménage, ... ) :
V38. Triez vous les DUS avant de les utiliser?
1 = Oui; 0 = Non
V39. Les motivations d'utilisation des déchets
Types de déchets Principales motivations (disponibilité, bon fertilisant, moins
chers, ....)
Déchets solides des ménages
Déchets liquides des ménages
Déchets solides industriels
Déchets liquides industriels
Fumier de ferme

IV. Compostage des DUS.


[Link] vous le compostage des DUS?
1 = Oui; 0 = Non
V42. Si oui, quelle technique de compostage?
1 = en fosse ; 2 = en tas
V43. Précisez le type de compostage:
1= aérobie (retournement) ; 2 = anaérobie (pas de retournement)
V44. Existe t-il des difficultés liées au compostage des DUS?
V441.
V442.
V443.
V45. Bénéficiez vous d'un encadrement technique dans l'utilisation des DUS?
1 = oui; 0 = non
V46. Si oui, de qui?
V47. Etes vous prêts à acheter du compost de déchets?
1 = oui; 0 = non;

V. Difficultés liées à l'utilisation des déchets.


V51 :
V52 :
V53 :

D
Solutions trouvées ou propositions de solutions aux problèmes rencontrés.
V6l :
V62 :
V63 :

Evaluation des connaissances des risques liés a l'utilisation des déchets.


V71. Connaissez-vous des risques sanitaires liés à l'utilisation des déchets? :
o= ne connaît aucun risque ; 1 = peut être source de maladie;
2 = ne peut se prononcer
V72. Si « peut être source de maladies », quels sont les moyens d'atténuer ces risques:
1 = moyens d'hygiène (laver les aliments avec eau de javel ou permanganate)
2 = moyens médicaux (prise de comprimés
4 = sensibilisation des producteurs aux bonnes pratiques d'utilisation des déchets
(traitement, protection, ...)

VIII. Evaluation de l'itinéraire technique.


V8l . 1ns taIl af IOn de 1a pepInIere :
Apports Moment d'apport Quantités par planche Types de cultures
(i)
NPK
Urée
P
Déchets solides
des ménages
Déchets liquides
des ménages
Déchets solides
industriels
Déchets liquides
industriels
Fumier de ferme
(1) détenmner la quantité en Kg

V82. Profondeur de préparation du sol avant l'installation de la culture:


1 = profondeur du sol inférieur à 20 cm;
2 = profondeur du sol comprise entre 20 et 30 cm.
V83. Système d'irrigation:
1= gravitaire ; 2 = aspersion (manuelle) ; 4 = goutte à goutte
V84. Matériel d'arrosage:
1 = seaux; 2 = arrosoirs; 4 = Motopompe
V85. Nombre d'arrosage par jour :
V86. Heures d'arrosage dans la journée:
1 = matin ; 2 = midi ; 4 = soir
V87. Pratique de rotation culturale:
1= oui; 0 = non
V88. Principales successions culturales sur la planche:
V89. Nombre de désherbage par culture:

E
V810. Moments d'apport des fertilisants, des déchets urbains et des pesticides (nombre de
, 1evee ou repIquage
JOur apres ')
Nature Nombre Quantité par Moment Types de
d'application application (i) d'apport cultures
Urée

NPK

Déchets solides
des ménages
Déchets liquides
des ménages
Déchets solides
industriels
Déchets liquides
industriels
Fumier de ferme
Herbicides
Insecticides
..
(1) détennmer la quantIte en Kg

IX. Evaluation de la production et commercialisation des produits maraîchers.


9.1 Main d'œuvre.
V91. Main d'œuvre familiale utilisée dans la production maraîchère
V92. Coût de la main d'œuvre familiale par campagne
V93. Main d'œuvre salariée temporaire utilisée
V94. Coût de la main d'œuvre salariée temporaire utilisée
V95. Main d'œuvre salariée permanente utilisée
V96. Coût de la main d' œuvre salariée permanente utilisée

9.2 Gros équipement (â amortir, durée> 2 ans) dans la production maraîchère.


Type Nombre Coût total Durée Coût Source de
moyenne d'entretien financement
d'utilisation annuel (fonds propres
(années) ou nom de la
source ,

extérieure)

Type SOIt motopompe, brouettes, charrette, charrue, pulvénsateur, ..

F
.
93 PetIt
. eqUlpemen
, td ans 1a pro d uc f Ion maralc Ah'ere.
Type Nombre Coût Durée Coût Source de
moyenne d' entretien financement
d'utilisation annuel (fonds propres
(années) ou nom de la
source
extérieure)

Type: daba, arrosoir, seau, pIoche, pelle, ...

. D'epenses d' exp 101·tafIon de 1a pro duc f IOn dans 1a campagne maralcAh'ere.
94
Intrants Quantité Coût d'achat Lieu d'achat Coût de Source de
achetée transport financement
(fonds propres
ou nom de la
source
extérieure)

..
Intrants : semences, engraIs mméraux, fumier, msectlClde, locatIOn de servIces, redevance de productIOn, carburant-Iubnfiant, locatIOn de
parcelle, déchets liquides, déchets solides.

x. Evaluation de la production et gestion de la production.


VIOl R ece ttes par specu
' 1a(IOn conSl'd"eree en FCFA - commerCla. rlsa(IOn
Spéculations Nombre de Prix moyen d'une Recette totale
planches (a) planche (b) (a*b) 1

Tomate
Laitue
Oignon
Chou
aubergine
Fraise
Autres (préciser)

G
VI02. Quantité et valeur de l'autoconsommation et des donations
Spéculations Autoconsommation Donation
Quantité Valeur Quantité Valeur
(évaluée en kg) monétaire (évaluée en monétaire
(FCFA) kg)
Tomate
Laitue
Oignon
Chou
aubergine
Fraise
Autres (préciser

XI. Evaluation de la commercialisation.


VIII. Lieu de vente
VII2 : Mode de vente (direct sur le marché, revendeur, autres)
VII3. Modalités de vente (comptant, crédit, autres)
VII4. Coût de transport des produits au lieu de vente (si vente direct au marché) :

XII. Problèmes rencontrés dans la production et commercialisation maraîchère.


VI2I:
VI22 :
VI23 :

XIII. Solutions trouvées ou propositions de solutions aux problèmes rencontrés.


VI31 :
VI32 :
VI33 :

XIV. Observations.
V14I:
VI42 :
VI43 :

H
ANNEXE 3

Calculs du nombre de charretées contenu dans une benne de 6 m3

D'après les résultats de Zougmoré et al. (2000), une charretée équivaut à quatre brouettées.
Or, une brouettée a une capacité de 50 L soit 0,05 m 3 (MCDF, 1994).
D'où une charretée aura une capacité de 0,2 m 3 •
Une benne de 6 m 3 contiendra donc 30 charretées.

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