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Syllabus : Principes de l'économie 2023-2024

principe de l'économie

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2023 – 2024

Licence 2
Mathématiques

Cours

Principes de l’économie

Nom de l’enseignant : Edano NIAMIEN


Docteur en Sciences Économiques

avril 2024
SYLLABUS

2
1. Cours
Titre : Principe de l’économie
Année : 2023 – 2024
Niveau : Licence 2 Mathématiques
Volume horaire : 24 h

2. Enseignant
Nom et Prénoms : NIAMIEN Edano Cédric
Courriel : [email protected]
Téléphone : 07 59 54 36 78

3. Résumé
Le cours ≪ Principes de l’économie ≫, destiné à des étudiants en licence mathématique se veut
une introduction aux ≪Sciences Economiques ≫. Ce cours se focalise sur des notions essentielles
que l’apprenant rencontre au quotidien.
Cette introduction sera ciblée sur les deux approches dominantes en économie à savoir l’ap-
proche keynesienne et l’approche des néoclassiques connues aussi comme étant respectivement
l’approche macroéconomique et l’approche microéconomique.
Le cours retracera en comment on en est venu à ces deux approches entre la fin du 19e siècle
et la première moitié du 20e . On verra alors que c’est lors d’une tentative de donner un statut de
science exacte à la discipline que les économistes néoclassiques de la fin du 19e siècle parleront
désormais de ≪ Sciences Economiques ≫ et non plus ≪ d’Economie Politique ≫ comme leurs
prédécesseurs de l’école classique d’Adam Smith (1776) et de David Ricardo (1819) et autres.
L’utilisation de la formalisation mathématique par les néoclassiques jouera un rôle fon-
damentale dans la recherche de ce statut de ≪ Science ≫ auquel aspire les économistes jaloux
du prestige qu’avait la ≪ Physique ≫ au 19e siècle.
Après la présentation succinte des grands courants qui ont dominé dette discipline, nous
reviendrons dans un premier chapitre sur les bases et principes qui fondent la macroéconomie
et analyserons le système économique au niveau agrégé à travers les relations entre les grands
agrégats économiques que sont le revenu (PIB), l’investissement, la consommation. Nous verrons
par la suite la microéconomie qui étudie le comportement rationnel des agents économiques. Ces
agents sont des individus, ou des organisations qui prennent part à des relations économiques
qui sont la production, la consommation ou l’échange. Ce cours porte exclusivement sur la
théorie du consommateur.

4. Objectifs

5. Prérequis

6. Méthodologie
La méthode d’animation sera la pédagogie participative par objectif afin de permettre aux
étudiants de se familiariser à la théorie économique et au lexique économique :

3
− Cours magistraux
− Travaux dirigés

7. Contenu du cours

8. Modalités d’évaluation

9. Les logiciels/outils/matériels nécessaires


Support de cours

10. Références bibliographiques


[1] Hal Varian, 2014 ≪ Introduction à la microéconomie ≫ 8ème édition, Nouveaux Horizons.
[2] Aprahamian F., Bertrand A., Besancenot D., Ferrari J.-B., Huynh K., ≪ Microéconomie ≫,
Grand Amphi Économie, Bréal.

4
Introduction générale

Le mot économie vient du grec oı̈konomia qui est composé de ≪ oı̈kos ≫ qui signifie maison
et ≪ nomia ≫ qui veut dire loi ou norme. Ainsi, de son étymologie grec, l’économie signifiait
toutes les règles ou lois qui régissaient la gestion une maison.
D’abord, sa définition dite formelle de Robbins L. (1932) nous montre que l’économie est
la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens
rares à usages alternatifs. La notion ≪ usages alternatifs ≫ implique un choix : je peux acheter
soit un jeans, soit un livre d’économie, soit aller déjeuner dans un chic restaurant du coin,
avec la même somme d’argent. Cette définition formelle à la prétention de s’appliquer à toutes
les situations, c’est-à-dire quelles que soient les sociétés ou les cultures et quelle que soit la
nature de l’activité, dans lesquelles l’homme doit effectuer des choix. Ensuite, nous avons la
définition dite substantive ou matérielle qui se trouve être à l’opposé de la définition formelle.
Pour cette approche définitionnelle, l’économie est un processus institutionnalisé d’interaction
entre l’homme et son environnement naturel et social qui permet un approvisionnement en
moyens matériels de satisfaire les besoins (Polanyi, 1957).
De ces définitions, il ressort que la science économique (économie politique) est une science
sociale (humaine) dont le champ privilégié est l’étude des comportements des agents économiques
face à la rareté des ressources. De ce fait, elle cherche, de façon optimale, à répondre à trois
principales questions : que produire ? – pour qui produire ? – comment produire ?
Au fil des années, l’économie politique (sciences économiques) a évolué à travers des contro-
verses doctrinales. Il y a eu d’abord les contemporains à la révolution industrielle et à l’essor
du capitalisme (fin du XV III e – début XIX e siècles), ce sont les précurseurs de la science
économie en tant que discipline autonome. Il s’agit des anglais Adam Smith dont, par conven-
tion, l’ouvrage Recherche sur les causes et la nature de la richesse des nations (1776) fait de
lui le père de l’économie politique ; David Ricardo ; John Stuart Mill ; Thomas Robert Malthus
et le français Jean-Baptiste Say. Ensuite, il y a eu l’avènement de la révolution marginaliste
(fin XIX e – début XX e siècles) conduite par l’anglais Stanley Jevons, le français Léon Walras
et l’autrichien Carl Menger. Enfin, l’avènement du keynésianisme (XX e siècle) avec à sa tête
l’anglais John Maynard Keynes. Des deux dernières révolutions, la science économique s’est
faite deux principales branches à savoir la Microéconomie et la Macroéconomie.

5
Première partie

Macroéconomie

6
Introduction

La macroéconomie est une branche de la science économique qui étudie le système économique
au niveau agrégé à travers les relations entre les grands agrégats économiques que sont le
revenu, l’investissement, la consommation, etc. La macroéconomie constitue l’outil es-
sentiel d’analyse des politiques économiques des États ou des organisations internationales. Il
s’agit d’expliquer les mécanismes par lesquels sont produites les richesses à travers le cycle
de la production, de la consommation, et de la répartition des revenus au niveau national ou
international.
Elle repose sur une approche globale, quoiqu’elle puisse se fonder sur des comportements
microéconomiques. La macroéconomie est aussi une représentation hiérarchisée de l’économie,
articulée entre ses agents, via des flux. Elle cherche à expliciter ces relations et à prédire leur
évolution face à une modification de certaines variables. La macroéconomie permet par exemple
d’estimer la réaction d’un système économique possédant telles caractéristiques face à un choc
pétrolier, ou à une politique économique particulière.
Contrairement à la microéconomie, qui favorise les raisonnements en équilibre partiel, la
macroéconomie se place toujours dans une perspective d’équilibre général, ce qui l’amène à
accorder plus d’attention au bouclage des modèles et à la dynamique de création et de maintien
d’institutions essentielles, comme les marchés, la monnaie.
La macroéconomie a évolué à travers le temps pour devenir plus précise et plus sûre. Ses
origines se trouvent dans les premiers travaux économiques du 18e siècle, mais elle prend
véritablement forme grâce aux travaux de John Maynard Keynes. Sa théorie, le keynésianisme,
se fonde sur ce qui fut appelée la macroéconomie keynésienne, qui est l’interprétation keynésienne
de la macroéconomie. Elle crée des outils de base de la macroéconomie (le modèle IS/LM, la
courbe de Phillips, etc.).
La macroéconomie n’est aujourd’hui plus rattachée à une quelconque école de pensée. Elle
a évolué vers la construction de modèles économiques complexes, incluant à la fois des relations
supposées entre variables et des relations comptables servant à définir les agrégats. Très utilisés
pour analyser et prévoir les résultats des politiques économiques, ces vastes modèles qualifiés,
le plus souvent, d’économétriques (les plus frustes comportent une dizaine d’équations, les plus
complexes dépassent les 1 500) sont à l’heure actuelle employés par la plupart des gouver-
nements, institutions statistiques (comme l’INSEE), organisations internationales (OCDE) et
certains acteurs privés voulant disposer de leurs propres prévisions quant à la conjoncture.

7
Chapitre 1

Le fonctionnement de l’économie

1.1 Les acteurs


Il existe deux principaux types d’acteurs économiques d’une part selon la théorie économiques
et d’autre part selon la comptabilité nationale.

1.1.1 Selon la théorie économique


Selon la théorie économique, on parle d’agents économiques. Il s’agit de tout individu
et toute institution qui participent au fonctionnement de la vie économique par des opérations
économiques diverses. La désignation des acteurs économiques en ”agents économiques” est
une pratique traditionnelle de l’analyse économique qui, de ce fait, distingue habituellement an
moins quatre (4) grandes catégories d’agents économiques : les ménages, les entreprises,
l’État et l’extérieur.

1.1.2 Selon la comptabilité nationale


La Comptabilité Nationale regroupe les différents partenaires de la vie économique en cinq
secteurs institutionnels en fonction de deux critères : leur fonction principale (produire, consom-
mer, etc.) et leurs ressources principales (par exemple la vente de leur production). On y ajoute
le ≪reste du monde≫.

8
Table 1.1 : Les secteurs institutionnels
Secteurs Ressources
institutionnels Fonction principale principales
Sociétés non Produire des biens et services
financières (SNF) marchands non financiers Résultat de la vente
Fonds provenant des
Sociétés financières Financer en collectant, transformant engagements
(SF) [1] (Institution et répartissant des disponibilités financiers contractés,
de crédit / OPCVM) financières intérêts...
Sociétés financières
(SF) [2] (Compagnie Primes contractuelles
d’assurances / caisses Assurer en fournissant des services de ou cotisations sociales
de retraite) mutualisation des risques volontaires
Production de services non marchands Versements
Administrations destinés à la collectivité et effectuer obligatoires des
publiques (APU) des opérations de redistribution autres secteurs
Institutions sans but Contributions
lucratif au service des Production de services non marchands volontaires des
ménages (ISBLSM) destinés aux ménages particuliers ménages
Rémunérations des
Ménages [1] facteurs de
(Consommateurs) Consommer production
Ménages [2] Production de biens et services
(Producteurs) marchands Résultat de vente
Il regroupe l’ensemble des unités non
résidentes auxquelles on s’intéresse
uniquement dans la mesure où elles
Reste du monde sont entrées en rapport avec les unités
(RDM) résidentes

1.2 Les opérations économiques


L’activité économique des agents se traduit par des opérations économiques groupées en
fonction du critère économique principal. L’ensemble des opérations est décomposé en trois
catégories : les opérations sur biens et services, les opérations de répartition et les
opérations financières.

1.2.1 Les opérations sur biens et services


Les opérations sur biens et services révèlent l’origine (production intérieure ou importations)
et l’utilisation (consommation intermédiaire, consommation finale, investissement ou exporta-
tions) des biens et services.
La production (P ou PIB) est une activité économique qui consiste à créer des biens et

9
services s’échangeant habituellement sur le marché et obtenus à partir de la combinaison des
facteurs de production (matières premières, travail, capital, terre,...) s’échangeant sur le marché.
Il peut s’agir d’une production marchande ou d’une production non marchande. Dans
le premier cas, les biens et les services sont vendus sur un marché à un prix qui peut au
moins couvrir ses coûts de production. Dans le second cas, le service est rendu à titre gratuit
ou quasi gratuit (c’est à dire à un prix inférieur au coût moyen de production) ou si l’unité
institutionnelle fixe moins de 50% de ses ressources de la prestation ou de la vente du service.
Il existe deux types de consommation : la consommation intermédiaire et la consom-
mation finale . La consommation intermédiaire correspond à l’acquisition de biens et
services qui sont détruits ou transformés au cours du processus de production d’autres biens et
services. La consommation finale est constituée par l’ensemble des biens et services utilisés
pour la satisfaction des besoins individuels et collectifs.
L’investissement est constitué de la FBCF (formation brute du capital fixe) et des
variations de stocks ∆s. La FBCF (formation brute du capital fixe) est la valeur des
acquisitions, par les producteurs résidents, d’actifs fixes utilisés de façon répétée ou continue
dans le processus de production pendant au moins un an. Les stocks comprennent tous les biens,
autres que le capital fixe, détenus à un moment donné par les unités productrices résidentes.
En ce qui concerne les échanges, on distingue les exportations (X) et les importations
(M). Les exportations (X) sont constituées par l’ensemble de biens neufs ou d’occasion
quittant définitivement le territoire économique national (TEN) à destination du reste du monde
(RDM). Les importations concernent la valeur de tous les biens et services venant du RDM
et entrant définitivement sur le TEN.
L’équation d’équilibre fondamentale :

P + M = CI + CF + F BCF + ∆s + X

Dans cette équation, nous avons la demande intermédiaire qui correspond à la consom-
mation intermédiaire, la demande finale qui correspond à la somme de la consommation
finale, de la formation brute du capital fixe, de la variation des stocks et des exportations.
Nous avons aussi la demande intérieure qui correspond à la somme de la consommation
intermédiaire, de la consommation finale, de la formation brute du capital fixe, de la variation
des stocks. Les exportations correspondent à la demande extérieure.

1.2.2 Les opérations de répartition


Par opération de répartition, il faut entendre des opérations par lesquelles la valeur
ajoutée générée par la production est distribuée entre la main-d’oeuvre, le capital et les admi-
nistrations publiques et des opérations impliquant la redistribution du revenu et de la richesse.

10
1.2.3 Les opérations financières
Une opération financière entre unités institutionnelles implique soit la création ou la liqui-
dation simultanée d’un actif financier et de son passif de contrepartie, soit le changement de
propriété d’un actif financier, soit encore la souscription d’un engagement.

1.3 Les marchés


Le marché est fondamentalement le lieu de rencontre entre une offre et une demande qui
aboutit à la formation d’un prix. Le marché se caractérise par l’offre (la vente), la demande
(l’achat) et le prix (prix d’équilibre) qui provient de l’égalité entre l’offre et la demande.
Il existe plusieurs types de marché selon d’une part l’objet de l’échange et d’autre part
selon la structure.

1.3.1 Les marchés selon l’objet de l’échange


• Le marché des biens et services
Sur ce marché, sont mises en relation l’offre globale (émanant des entreprises) et la demande
globale (faite par les ménages). Leur confrontation permet de déterminer le niveau général des
prix.
• Le marché des facteurs de production (marché du travail)
Ce marché met en relation l’offre et la demande de travail : la confrontation aboutit à la
formation d’un salaire et à la fixation d’un niveau d’emploi qui peut ne pas être le plein-emploi.
• Le marché des capitaux
Sur lequel les agent économiques peuvent placer des fonds ou s’en procurer. Le support prend
la forme de titres négociables (actions, obligations) sur le marché financier, de titres courts
négociables sur le marché monétaire (crédits bancaires). Sur ce marché des capitaux, identique-
ment aux autres marchés, la rencontre, d’une part de l’offre de fonds prêtables (des banques
commerciales, par exemple) et la demande de fonds prêtables (des entreprises, ménages), permet
de déterminer le niveau du taux d’intérêt.
− Le marché financier
C’est le compartiment du marché des capitaux à long terme, lieu d’émission et d’échange
des valeurs mobilières, principalement des actions et des obligations.
− Le marché monétaire
C’est ma partie du marché des capitaux à court terme : les institutions financières en
manque de monnaie, les trouvent sur ce marché tandis que les institutions ayant des excédents
les placent moyennant une rémunération (taux d’intérêt).
• Le marché des changes
Puisque les monnaies sont en principe nationales et s’arrêtent aux frontières des nations, le
marché des changes sert alors à convertir les monnaies des différents pays les unes par rapport

11
aux autres (taux de change ou parités monétaires) selon le principe de l’offre et de la demande
de chaque monnaie nationale.
De même que sur les marchés précédents, sur le marché du change, d’une part, la rencontre
de l’offre de monnaie nationale et, d’autre part, la demande monnaie étrangère, permet de
déterminer le taux de change entre les deux monnaies.

1.3.2 Les marchés selon la structure


Les différentes structures de marché correspondent aux caractéristiques de l’offre et de la
demande, pouvant être dégagées. L’analyse néo-classique définit ainsi la concurrence pure et
parfaite (CPP), modèle idéal de marché basé sur des hypothèses qui lorsqu’elles sont violées
nous donnent une autre structure de marché. Ainsi, on distingue le monopole, l’oligopole, le
l’oligopsone, du monopole bilatéral. En fait, les marchés peuvent être qualifiés de marchés
de concurrence monopolistique, de marchés administrés ou de marchés segmentés.

1.4 L’analyse en circuit économique


Le circuit économique met en évidence la représentation des mouvements de flux ou de
circulation de produits, de revenus, de signes monétaires et financiers dans l’économie. L’analyse
en termes de circuit, dans la théorie économique s’oppose aux analyses en termes de stocks et
en termes de prix (équilibre du marché). L’approche par le circuit économique montre un
phénomène tripolaire d’interdépendance (figure 1.1) : la production détermine les revenus qui
déterminent la dépense pour acquérir la production initiale. En effet, ce circuit nous montre que
la production est à l’origine de l’activité économique. Elle découle d’une part à al réalisation de
produits (des biens et services) et d’autre part à une distribution de revenus (les salaires et les
profits) dont la dépense doit permettre l’achat des produits. En ce qui concerne les produits, on
incorpore les importations qui accroissent les ressources en produits ; quant aux exportations,
elles sont un usage possible des produits disponibles (au même titre que la consommation ou
l’investissement) et donc un emploi dans le langage de la CN.

Figure 1.1 : Le circuit économique

Source : J. P. Piriou, La comptabilité nationale, 2008

12
En ce qui concerne les revenus, ceux-ci font l’objet d’un système de redistribution et permet
de financement de l’économie.
Une autre manière de représenter le circuit permet de mettre en évidence les relation qu’en-
tretiennent les agents (secteurs institutionnels). Dans une économie simplifiée composée (Figure
1.2) d’agents qui produisent (les entreprises) et d’agents qui consomment (les ménages), on peut
schématiser la circulation entre eux de la façon suivante :

Figure 1.2 : Le circuit économique simplifié

Les ménages fournissent aux entreprises des services et des biens productifs et ces dernières
leur livrent des biens et services : ce sont les flux réels ou flux matériels. La contrepartie
de ces flux réels est constituée par les flux monétaires ou financiers qui représentent les
échanges d’argent, revenus et dépenses des ménages. Les flux sont, en général, réciproques et à
un flux réel, le travail par exemple, correspond, en contrepartie, un flux monétaire, le salaire.
Cependant, certains flux sont unilatéraux et n’ont donc pas de contrepartie. Il peut s’agir,
par exemple, d’un flux réel qui n’a pas de contrepartie monétaire, comme le service gratuit
d’une administration publique ou le travail d’un bénévole pour une association. À l’inverse, un
flux monétaire, un flux monétaire peut ne pas donner lieu, en retour, à un flux réel ou un flux
monétaire.
Mais selon la réalité, l’économie est plus complexe. Cette complexité nous permet de tenir
compte des relations avec l’extérieur (reste du monde), de l’État et d’un secteur financier (Figure
1.3).

13
Figure 1.3 : Le circuit économique élaboré

1.5 Les agrégats


L’agrégat est une grandeur statistique, calculée par sommation, caractéristique de l’activité
économique. Il existe plusieurs agrégats pour mesurer l’activité économique d’un pays. Il s’agit
du Produit Intérieur Brut (PIB) ou la production ; le Produit National Brut (PNB) ;
le Revenu National Brut (RNB) ; l’Épargne Nationale ; la Valeur Ajoutée Brute ; la
Consommation Finale... Nous allons nous focaliser sur le Produit Intérieur Brut (PIB).

1.5.1 Produit Intérieur Brut (PIB)


Le PIB correspond à la valeur totale de tous les biens et services produits dans un pays
donné au cours d’une année donnée. C’est une mesure du revenu provenant de la production
économique annuelle. Afin d’éviter que la même production entre plus d’une fois dans le calcul,
ne font partir du PIB que les biens et services finaux, ceux qui servent à produire d’autres
biens étant exclus. Le PIB se présente sous trois (3) optiques. Rappelons les trois optiques de
décomposition du PIB :
Optique production : le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents
secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins
les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches
d’activité)
X
P IBoptique production = V AB + impôts − subventions;

Optique dépense : le PIB est égal à la somme des emplois finals intérieurs de biens et de
services (consommation finale, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les
exportations, moins les importations (solde de la balance des biens et services)

P IBoptique dépense = Conso.f inale + F BCF + ∆s + X − M ;

Optique revenu : le PIB est égal à la somme des emplois des comptes d’exploitation des

14
secteurs institutionnels ou des branches d’activités : rémunération des salariés, impôts sur la
production nets de subventions d’exploitation (IPI - SE), excédent brut d’exploitation et revenu
mixte (EBE) plus les impôts et taxes nets de subventions sur produits.

P IBoptique revenu = Rémun. Sal. + EBE + IPI - SE

1.5.2 Taux de croissance


On mesure la croissance par l’évolution du PIB déduction faite de l’évolution des prix.
Parce qu’il est difficile de mesurer directement l’évolution des quantités produites, la crois-
sance est calculée par différence entre l’évolution du PIB en valeur et l’évolution des prix (entre
deux trimestres ou d’une année sur l’autre). C’est ce que les économistes appellent l’évolution
du PIB en volume, exprimée en %.
Par exemple, si la production a augmenté de 4%, alors même que les prix ont augmenté de
3%, la croissance a été de 1% : 4% de production moins 3% de hausse des prix.
Le taux de croissance d’une grandeur (PIB, chiffre d’affaires, salaire, etc.) mesure son
évolution d’une période à l’autre (mois, trimestre, année). Il est très généralement exprimé
en pourcentage.
Ainsi, le taux de croissance du PIB entre l’année n−1 et l’année n est donné par la formule :

P IBn − P IBn−1
× 100
P IBn−1

1.5.3 Évolution d’indicateurs macroéconomiques


La figure ci-dessous nous montre, l’évolution pour la Côte d’Ivoire, le Togo et Ghana, d’une
part de l’évolution du PIB (à gauche et du PIB par habitant (à droite).
Pour l’évolution du PIB, nous remarquons une forte évolution de la Côte d’Ivoire et du
Ghana qui a atteint plus de 70 Milliards de US$ tandis qu’on observe une faible évolution du
PIB du Togo qui se situe en dessous de 10 Milliards US$. De plus, le PIB du Ghana est plus
élevé que celui de la Côte d’Ivoire. Par contre, en tenant compte du PIB par habitant (à droite),
depuis 2013, celui de la Côte d’Ivoire est plus élevé que celui du Ghana.
En ce qui concerne la croissance du PIB (figure ci-dessous), entre la Côte d’Ivoire et le
Nigeria, les deux premiers pays de la zone CEDEAO, le taux de croissance est en dessous des
deux chiffres en 2022. En dépit du fait que le Nigeria soit le leader de la zone, la Côte d’Ivoire
enregistre depuis 2012 un taux de croissance plus élevé que celui du Nigeria. On remarque
également qu’entre 1980 et 2022, la Côte d’Ivoire a atteint une seule fois un taux de croissance
à deux chiffres (entre 2010 et 2015) alors que le Nigeria l’a atteint à deux reprises.

15
Figure 1.4 : A gauche, Évolution du PIB ; à droite, Évolution du PIB par habitant

16
Chapitre 2

Les composantes de la demande

Les biens et services qui résultent de l’activité économique reçoivent deux affections. Les
uns sont destinés à la consommation et sont utilisés immédiatement afin de satisfaire les
besoins des ménages, sous la forme de biens et services marchands ou de services collectifs
fournis gratuitement ou subventionnés par les collectivités publiques. Les autres sont mis en
réserve (l’épargne) et assignés à l’investissement (public ou privé) afin de concourir à un
accroissement ultérieur de la production.
La consommation et l’investissement apparaissent ainsi comme les éléments moteurs du
circuit économique. Ils contribuent tous deux à déterminer le niveau de l’activité économique
à un moment donné, en tant que composantes fondamentales de la demande globale.
L’analyse macroéconomique débute donc traditionnellement par l’étude des variables économiques
pouvant contribuer à la formation des dépenses de consommation et d’investissement. À l’image
de la démarche suivie par Keynes dans la théorie générale, l’objectif est alors d’aboutir à la
construction de fonctions macroéconomiques. En s’appuyant à la fois sur un raisonnement
théorique et des faits empiriques, il s’agit ainsi de dégager au niveau global une relation simple
et suffisamment stable – d’où le terme de fonction – entre une (ou quelques) variable(s) expli-
cative(s) et la variable à expliquer, i.e. la consommation totale des ménages ou l’investissement
national.

2.1 La fonction de consommation et la fonction d’épargne


2.1.1 la fonction de consommation
L’analyse néo-classique construisait la fonction de demande d’un bien en privilégiant la re-
lation prix-quantité demandée. Keynes propose, après quelques hésitations, de relier la consom-
mation globale au revenu ; les caractéristiques de la fonction de consommation et la justification
de l’hypothèse retenue sont données dans les termes suivants : la loi psychologique fonda-
mentale sur laquelle nous pouvons nous appuyer en toute sécurité, à la fois a priori en raison de
notre connaissance de la nature humaine et a posteriori en raison des renseignements détaillés
de l’expérience c’est qu’en moyenne et la plupart du temps, les hommes tendent à

17
accroı̂tre leur consommation à mesure que le revenu croı̂t, mais non d’une quantité
aussi grande que l’accroissement du revenu. Trois formulations analytiques et graphiques
s’offrent à nous pour l’interpréter :

La relation entre consommation et revenu s’exprime par la propension à consommer, ou


plutôt par les propensions à consommer. Il faut en effet distinguer :

• la propension moyenne à consommer (P M C) ou rapport de la consommation totale au


revenu, soit C/Y ;

• la propension marginale à consommer (P mC) ou rapport de la variation de la consom-


mation (dC) à la variation correspondante de revenu (dY ), soit dC/dY = f (Y ).

Dans le premier cas de figure (a), la consommation C = cY . La propension moyenne à consom-


mer C/Y est constante et égale à la propension marginale.

C1 C2 Ci C dC
= = ··· = = cste = =c=
Y1 Y2 Yi Y dY

Dans le deuxième cas, la consommation incompressible Co est positive (cf. (b)), on a :


C = cY + Co . La propension moyenne à consommer varie et est fonction décroissante du niveau
de revenu :
C C0
=c+
Y Y
La propension marginale à consommer est constante ; elle est inférieure a la propension moyenne
qui est fonction décroissante du niveau de revenu.

18
Enfin, dans le dernier cas, la propension marginale et la propension moyenne varient suivant
le niveau de revenu ; compte tenu de l’hypothèse de concavité de la fonction de consommation,
la propension moyenne à consommer (C/Y ) diminue avec le niveau de revenu ; la propension
marginale à consommer (définie comme la dérivée de la fonction) a une valeur donnée par la
pente de la tangente aux différents points de la courbe ; on peut vérifier sans difficultés que la
propension marginale diminue avec l’augmentation du niveau de revenu, et de consommation.
C’est ce cas qui correspond aux indications de Keynes : La propension marginale à consommer
n’est pas la même quel que soit le niveau de l’emploi et il est probable qu’en règle générale elle
tend à diminuer quand l’emploi augmente ; autrement dit, lorsque le revenu réel augmente, la
communauté ne désire consommer qu’une proportion graduellement décroissante de son revenu.
Cependant il est commode de retenir comme hypothèse de travail la relation C = cY + Co
qui facilite la présentation graphique.

2.1.2 La fonction d’épargne


Le comportement d’épargne est décrit de la façon la plus simple, et avec un certain soula-
gement par Keynes qui note : ≪ Dans le flot d’acceptions divergentes des mots, il est agréable
de découvrir un point fixe. Autant que nous sachions, personne ne conteste que l’épargne soit
l’excès du revenu sur la dépense pour la consommation ≫.
L’épargne (notée S) apparaı̂t donc comme un résidu, c’est-à-dire la partie du revenu qui
n’est pas consommée
S =Y −C

On définit la propension moyenne à épargner, rapport de l’épargne totale au revenu ou taux


d’épargne, soit S/Y ; la propension marginale à épargner est définie comme le rapport de la
variation de l’épargne dS à la variation correspondante du revenu dY soit dS/dY .
On peut mettre en évidence des relations simples entre les propensions moyennes à consom-
mer et à épargner, et de même, entre les propensions marginales. En effet, compte tenu de la
définition de l’épargne, le revenu national Y apparaı̂t comme somme de la consommation C et
de l’épargne S, soit Y = C + S, d’où en divisant les deux membres de cette égalité par Y :

C S
+ = P MC + P MS = 1
Y Y

La somme des propensions moyennes à consommer et à épargner est égale à l’unité ; il en


va de même pour les propensions marginales ; en effet, si on raisonne sur des accroissements, il
est bien clair qu’un accroissement de revenu n’a que deux emplois possibles, la consommation
et l’épargne, soit dY = dC + dS et en divisant les deux membres par dY , il vient :

dC dS
1= + = P mC + P mS
dY dY

La fonction d’épargne se déduit par simple soustraction de la fonction de consommation ;


l’épargne est donc fonction du revenu S = Y − C = Y − f (Y ) = S(Y ). Dans le cas de

19
fonction de consommation affine C = cY + Co : S = Y − (cY + Co ) = (1 − c)Y − Co . Puisque
0 < c < 1,
dS
=1−c>0
dY
La formulation précédente montre que l’épargne est fonction croissante du niveau de revenu ; la
propension marginale à l’épargne dS/dY = (1 − c) = Cste et il sera commode de la représenter
par s (on a par conséquent : s + c = 1). La propension moyenne à épargner est évidemment
variable suivant le niveau de revenu et on remarque que pour un niveau de revenu nul, l’épargne
serait négative, égale à (−Co ) ; c’est la contrepartie de l’hypothèse faite de consommation
incompressible : si la consommation est positive pour un niveau de revenu nul, c’est qu’il y
a eu désépargne, épargne négative, prélèvement sur des avoirs antérieurs qui ont permis de
financer cette consommation incompressible.
L’épargne ne devient positive qu’au delà d’un certain niveau de revenu Y , dit ≪ seuil de
rupture ≫, seuil au-delà duquel la collectivité cesse de désépargner ; ce seuil de rupture est défini
par S = 0, avec S = (1 − c)Y − Co d’où (1 − c)Y − Co = 0 et le seuil de rupture Y est au niveau
Y = Yr = Co /(1–c).
Exercice d’application
Par une régression effectuée sur les valeurs des revenus disponibles annuels et de consommation
annuelle dans le pays Math-Info de 1965 à 1974 donne une valeur estimé de la propension
marginale à consommer de 0,82 et de C0 = 12, 58 milliards d’u.c. (unité de compte).
• Dresser un tableau de l’évolution de la consommation et de l’épargne en fonction du revenu.
• Représenter graphiquement.

2.2 La fonction d’investissement


La Formation Brute de Capital Fixe (FBCF, dénomination de l’investissement en Comp-
tabilité nationale) représente une fraction du PIB beaucoup moins importante que la dépense
de consommation finale des ménages. Mais autant la consommation est l’élément relativement
stable de la demande globale, autant l’investissement en est la composante la plus irrégulière.
Les théories de l’investissement ont toutes pour objectif d’expliciter cette extrême
instabilité des achats de biens de production au regard des variations de l’activité
économique nationale (l’impact de l’investissement sur le niveau de l’activité - le mécanisme
du multiplicateur). À cette fin, trois déterminants de la décision d’investir sont en général mis
en valeur :

• l’influence de la demande. Pour faire face à une augmentation des commandes de


ses clients, l’entreprise doit accroı̂tre ses capacités de production. L’investissement qui en
résulte sera caractérisé par un effet d’accélération ;

• la rentabilité relative. L’achat de capital technique est en concurrence avec la possibilité


d’opérer des placements financiers. Le détenteur d’avoirs monétaires évalue toujours les

20
rendements attendus d’un bien d’équipement (l’efficacité marginale du capital) au regard
du niveau des taux d’intérêt ;

• le rôle des anticipations. L’investissement en tant qu’achat de capital fixe, correspond


à une immobilisation de fonds. Dans un monde économique incertain, l’irréversibilité
partielle qui en découle constitue ainsi un pari sur l’avenir.

2.3 Doutes empiriques et reformulations de la fonction


de consommation
La vérification empirique, au lendemain de la Seconde Guerre, de la relation keynésienne
entre consommation et revenu a pu être affirmée à court terme mais infirmée à long terme
ce qui a poussé certains auteurs à critiquer la fonction keynésienne, puis à la dépasser par
d’autres approches dont certaines prennent appui sur des comportements microéconomiques et
réintroduisent le taux d’intérêt comme élément d’explication. Il s’agit de :

• La théorie du revenu permanent de Milton Friedman ;

• La théorie du cycle de vie de Franco Modigliani.

21
Chapitre 3

L’analyse des fluctuations économiques

Comment expliquer les fluctuations économiques ? En quoi consiste une politique budgétaire,
une politique fiscale ou une politique monétaire ? Qu’est-ce qu’un policy-mix ? Comment fonc-
tionnent les politiques économiques en économie fermée et en économie ouverte ? Comment
résorber le chômage ? Faut-il maı̂triser l’inflation ? Existe-t-il un arbitrage entre l’inflation et le
chômage ?
L’objectif de ce chapitre est de présenter le fonctionnement de l’économie dans un horizon
temporel de court terme. Il s’agit donc d’analyser et de comprendre les fluctuations économiques
de l’économie. Cette partie sera d’une très grande utilité pour étudier les différentes composantes
de la demande et de l’offre et leurs interactions. L’analyse des politiques économiques – en
économie fermée puis ouverte – permettra également d’appréhender la notion de multiplicateur
et d’efficacité des politiques économiques.

3.1 Le modèle revenu-dépense


3.1.1 Présentation générale du modèle
Le modèle revenu-dépense introduit plusieurs nouveaux concepts au premier rang des-
quels la différence entre l’équilibre comptable et l’équilibre macroéconomique. Dans l’analyse
keynésienne, il peut effectivement apparaı̂tre un déséquilibre macro économique, c’est-à-dire un
écart entre ce que les agents ≪ souhaitent ≫ et ce qu’ils observent. C’est la fameuse différence
entre l’équilibre ex ante et l’équilibre ex post.
L’équilibre comptable est réalisé lorsque, sur le marché des biens et services, l’ensemble
des échanges est effectué, i.e. lorsque, par construction, les biens et services fournis sont égaux à
la demande effective de biens et services. Il s’agit d’un équilibre ex post puisqu’il est observable
a posteriori, i.e. une fois que l’ensemble des échanges s’est produit.
L’équilibre macroéconomique ou équilibre ex ante, correspond à ce que les agents sou-
haitent avant que des contraintes éventuelles (sous-emploi, insuffisance de la demande effective)
ne les conduisent à réviser leurs plans. Il repose donc sur les anticipations et la coordination des
agents économiques. Or, rien ne garantit que les souhaits des agents se réalisent. Par exemple,

22
les entreprises peuvent produire plus que ce que souhaitent les agents ; à l’inverse, elles peuvent
produire moins. Pour résumer, l’équilibre comptable – celui qui constate les dépenses effectuées
– peut ne pas coı̈ncider avec l’équilibre macroéconomique – celui qui est souhaité initialement.
D’où l’apparition de déséquilibres qui ne permettent pas d’assurer le plein-emploi. On parle
alors d’un équilibre de sous-emploi.
Le modèle revenu-dépense (ou keynésien élémentaire) postule également que les prix et les
salaires sont rigides, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas s’ajuster de manière instantanée pour
résorber toute situation de déséquilibre. C’est donc par les volumes (de production et d’emploi),
et non par les prix (des biens et du travail), que l’ajustement va se produire.
Enfin, Keynes renverse la logique de détermination de l’équilibre macroéconomique puisqu’il
s’oppose vigoureusement à la loi de Say selon laquelle l’offre crée sa propre demande. Pour
Keynes, c’est la demande qui détermine l’offre.

3.1.2 L’équilibre de sous-emploi


L’équilibre de sous-emploi, également appelé l’équilibre keynésien, est ≪ une tentative de
modélisation de l’intuition keynésienne ≫ (Mankiw, 2010), selon laquelle la demande cause
l’offre et détermine le niveau d’emploi.
Le cadre keynésien correspond à un objectif d’analyse de court terme où les prix et les
salaires sont rigides et où l’aspect offre de l’économie est totalement négligé. Il s’agit ici de
l’analyse de l’équilibre du marché des biens et services où l’ajustement se fait non pas par les
prix mais par les quantités. L’équilibre global (différent de l’équilibre général)– que nous
définissons comme l’équilibre sur le marché des biens et services alors qu’un déséquilibre sur
le marché du travail peut exister – se produit par la variation des quantités et non par la
variation des prix comme dans le modèle classique (pour qui l’équilibre macroéconomique est
un équilibre général). L’équilibre de sous-emploi est une situation typiquement keynésienne où
un déséquilibre sur le marché du travail – une situation de sous-emploi, i.e. une offre de travail
excédentaire – peut cohabiter avec un équilibre sur le marché des biens et services. L’équilibre
de sous-emploi est ainsi une situation provoquée par une insuffisance de la demande effective.

3.1.2.1 Le principe de la demande effective

La vision keynésienne du fonctionnement de l’économie est totalement opposée à celle des


économistes classiques. À la loi de Say, Keynes oppose le principe de la demande effective. Pour
Keynes, la causalité entre l’offre et la demande est inversée puisque c’est, selon lui, la demande
qui cause l’offre. Keynes appelle demande effective ≪ le montant du produit attendu D au point
de la courbe de demande globale où elle est coupée par celle de l’offre globale ≫ (Keynes, 1936).
Cette définition fait apparaı̂tre deux nouveaux concepts : la demande globale et l’offre globale.
La demande globale – que nous notons D – est composée de la demande de biens de
consommation (C) et de la demande de biens d’investissement (I). Ainsi :

D =C +I

23
L’offre globale correspond au niveau de production (que nous notons Y ), i.e. la quantité de
biens et services produite par les entreprises. Pour produire, l’entreprise dispose de facteurs
de production : le facteur travail (i.e. la main-d’œuvre), que nous notons N , et le facteur
capital (i.e. les équipements), que nous notons K. L’utilisation de ces facteurs de production
est décrite au sein de ce que l’on appelle la fonction de production. La fonction de production de
l’entreprise relie le volume de production obtenu, que nous notons Y , à partir de la combinaison
des facteurs de production K et N . Le niveau de production s’obtient ainsi à partir de la fonction
de production suivante :
Y : F (K, N )

Comme nous sommes dans une analyse de court terme, nous considérons le stock de capital
comme donné. Ainsi : K = K . Dès lors, la fonction de production peut s’écrire :

Y = F (K, N ) ⇔ Y = F (N )

Lorsque les entreprises décident de produire, elles anticipent que cette production sera
écoulée. Les entreprises n’ont donc aucun intérêt à produire plus que ce qu’on leur demande. En
effet, une production supérieure à la demande ne serait pas vendue – les prix étant rigides, ils ne
peuvent pas diminuer pour rendre plus attractif le ≪ surplus ≫ d’offre – et viendrait alimenter
les stocks de l’entreprise. Cela n’est pas dans son intérêt. L’entreprise ne va par conséquent
produire que le montant strictement demandé. On peut donc dire que les entreprises sont
contraintes sur leurs débouchés.
Une fois ce niveau de production déterminé, et compte tenu de l’état de la technologie –
la fonction de production – les entreprises vont déterminer un niveau d’emploi. Il s’agit de
la demande de travail – également appelée offre d’emploi – des entreprises. Nous noterons
cette demande de travail N d . La demande de travail des entreprises découle de la fonction de
production :
N d = F −1 (Y )

où F −1 (Y ) est la fonction réciproque de la fonction de production pour un stock de capital


donné (K = K).
Le principe de la demande effective peut donc être résumé de la manière suivante. C’est la
demande qui détermine l’offre : la demande totale, composée de la consommation finale et de
l’investissement privé, détermine le volume de l’offre, c’est-à-dire le volume de production des
entreprises. Ce même volume d’offre détermine, via la fonction de production des entreprises,
le volume d’emploi nécessaire pour assurer la production. L’équilibre sur le marché des biens
et services est donc assuré lorsque :
Y =D

Cependant, cet équilibre sur le marché des biens ne signifie pas que l’économie soit dans une
situation de plein-emploi.

24
3.1.2.2 L’équilibre épargne-investissement

On a :
Y =D

Or, nous savons que la demande globale D s’écrit :

D =C +I

Nous savons également que la production, Y , donne lieu au versement de plusieurs revenus
que sont les salaires, les dividendes et intérêts, etc. De plus, nous savons que le revenu national
(somme des revenus distribués) se répartit entre d’un côté la consommation (C) et, de l’autre,
l’épargne (S ). Ainsi :
Y =C +S

Ainsi, on peut écrire :


C +S =C +I

d’où
S=I

Cette équation représente l’égalité entre l’épargne et l’investissement. Il s’agit d’un équilibre
macroéconomique. Elle n’est, au final, qu’une autre manière d’exprimer l’égalité entre offre et
demande globales. Nous pouvons mieux spécifier l’équation sachant que l’épargne est fonction
du revenu (Y) et que, pour le moment, l’investissement est exogène (I = I0 ). Dès lors, l’équation
s’écrit :
S(Y ) = I0

Cette équation nous indique que l’égalité entre l’épargne et l’investissement ne peut s’effectuer
qu’avec un ajustement du revenu Y . De cette égalité va émerger le revenu d’équilibre, i.e. celui
qui équilibre offre et demande globales.

3.1.3 Le diagramme à 45 degrés


Samuelson (1948) est le premier à proposer une représentation graphique des écrits de
Keynes au sujet de l’équilibre de sous-emploi et donc, par conséquent, une détermination gra-
phique du revenu d’équilibre. Cette représentation graphique est connue sous le nom de dia-
gramme à 45 degrés. Il permet, sur un seul et même graphique, une représentation de l’offre
globale et de la demande globale.

3.1.3.1 Détermination graphique du revenu d’équilibre

Avant l’analyse du diagramme en lui-même nous devons spécifier certains points.


Le diagramme est composé :

• d’un axe des abscisses sur lequel figure le revenu national (Y ) qui est, par définition, égal

25
à la production des entreprises, i.e l’offre globale ;

• d’un axe des ordonnées sur lequel figurent la fonction de consommation (C) et la fonction
d’investissement (I). Ces deux fonctions reflètent les dépenses en biens, respectivement,
de consommation et d’investissement et constituent la demande globale (D).

Conformément aux développements précédents, nous utilisons :

• une fonction de consommation affine : C = cY + C0 ;

• une fonction d’investissement exogène (ou autonome) : I = I0 .

La demande globale, D, s’écrit alors :

D = cY + C0 + I0

La droite à 45 degrés (la bissectrice des axes) indique l’ensemble des points correspondant à
l’égalité entre offre et demande globales. Ainsi, le long de cette droite, nous avons l’égalité
suivante : Y = D. Soit, en remplaçant D par son expression D = C + I issue de :

Y =C +I

Cette équation est la condition d’équilibre entre offre (les quantités produites) et demande
globales (les quantités désirées). La courbe de demande globale est obtenue en additionnant
verticalement la droite liée à la fonction de consommation et celle liée à la fonction d’investis-
sement.
Enfin, sur cette même figure, nous pouvons faire apparaı̂tre la fonction d’épargne S puisque,
par définition :
S =Y −C

S = Y − cY − C0 = (1 − c)Y − C0

La condition d’équilibre entre offre et demande globales (Y = D) est vérifiée au point E. En


effet, à ce point, il y a égalité entre les quantités offertes et les quantités désirées. Il s’agit du

26
point assurant l’équilibre sur le marché des biens et services. L’abscisse du point E correspond
par conséquent au revenu d’équilibre, i.e. le revenu qui assure l’équilibre entre offre et demande
globale ou qui assure l’équilibre sur le marché des biens et services. On note ce revenu d’équilibre
Y ⋆.
Par ailleurs, on peut également faire apparaı̂tre l’égalité entre l’épargne et l’investissement.
′ ′
Cet équilibre macroéconomique est assuré au point E . L’abscisse du point E correspond au

revenu qui équilibre l’épargne et l’investissement. On remarque que les points E et E ont la

même abscisse : Y ⋆ . Il n’y a rien de choquant à cela. Au point E , l’équilibre entre l’épargne
et l’investissement est assuré. Or, on sait que l’équilibre sur le marché des biens et services
est assuré lorsque l’offre (Y) est égale à la demande (D), cette dernière étant composée de la
consommation (C) et de l’investissement (I). Donc : Y = C + I.
De plus, on sait que la production (Y) procure des revenus (salaires, etc.), elle est par
conséquent égale au revenu national. Ce dernier est partagé entre la consommation (C) et
l’épargne (S). Dès lors : Y = C + S. L’équilibre sur le marché des biens et services caractérise
également l’égalité entre l’épargne et l’investissement1

Enfin, si le point E (le point E ) assure l’équilibre sur le marché des biens et services (l’égalité
entre l’épargne et l’investissement), rien n’indique qu’il soit un équilibre de plein-emploi, c’est-à-
dire un équilibre qui permettrait d’embaucher toute la population active disponible. Si tel n’est
pas le cas, on se trouve dans une situation d’équilibre de sous-emploi, due à une insuffisance de
la demande. Le chômage qui résulte de cette situation de sous-emploi est qualifié de chômage
dit keynésien (car il est la conséquence d’une insuffisance de la demande).

3.1.3.2 Détermination analytique du revenu d’équilibre

On peut, à présent, déterminer analytiquement le revenu d’équilibre. Pour cela, repartons


de l’équation qui assure l’équilibre entre offre et demande globales :

Y =C +I

En remplaçant les fonctions de consommation (C) et d’investissement (I) par leurs expressions
respectives, on obtient :
Y = cY + C0 + I0

Dès lors, le revenu d’équilibre, noté Y ⋆ , s’écrit :

1
Y⋆ = (C0 + I0 )
1−c

Conformément à l’approche graphique, on peut également déterminer le revenu d’équilibre à


partir de l’égalité entre l’épargne et l’investissement. En effet,

S=I

27
et compte tenu des équations des fonctions, on :

(1 − c)Y − C0 = I0

D’où :
1
Y⋆ = (C0 + I0 )
1−c

3.1.4 Le multiplicateur keynésien élémentaire


3.1.4.1 Définition

Le multiplicateur ici étudié est appelé multiplicateur d’investissement car il repose sur le
lien qui existe, via la relation d’équilibre, entre le revenu et l’investissement. L’objectif de
ce multiplicateur va être d’étudier les effets d’une variation de l’investissement autonome sur
le revenu d’équilibre. Grâce au jeu du multiplicateur, on montre qu’une impulsion initiale
de l’investissement autonome entraı̂ne une variation plus que proportionnelle du revenu ; la
variation du revenu se faisant par vagues successives et décroissantes.

3.1.4.2 Approche graphique

Supposons que l’investissement augmente, passant de I0 à I0 + ∆I0 . ∆I0 correspondant


au supplément d’investissement. Quelle est la conséquence d’une telle augmentation dans le
diagramme à 45 degrés ?
Les équations des fonctions de consommation et d’épargne restent identiques ; seule l’équation
de la fonction d’investissement est modifiée puisqu’elle s’écrit désormais :

I = I0 + ∆I0

On a superposé le diagramme à 45 degrés avant l’augmentation de l’investissement avec

28
celui tenant compte de cette augmentation. Les droites en pointillés correspondent aux nouvelles
droites représentant les fonctions d’investissement et de demande globale suite à l’augmentation
de l’investissement autonome.
La droite horizontale représentant la fonction d’investissement se déplace vers le haut suite
à l’augmentation de l’investissement autonome (pour un montant de ∆I0 ). Par conséquent, la
demande globale, qui est la somme de la consommation et de l’investissement est également
rehaussée vers le haut pour un montant égal à ∆I0 . L’intersection de la droite de demande
globale avec la première bissectrice se produit au point E1 . L’abscisse de ce point est égal à
Y1⋆ . Il s’agit du nouveau revenu d’équilibre de l’économie. Par comparaison avec l’ancien point
d’équilibre, celui avant l’augmentation de l’investissement, représenté par Y ⋆ , on voit que le
nouveau revenu d’équilibre Y1⋆ est plus élevé que l’ancien puisqu’il se trouve sur sa droite.
L’étude de l’égalité entre l’épargne et l’investissement aboutit au même résultat. La fonction
d’épargne n’a subi aucune modification mais la fonction d’investissement s’est déplacée vers le
haut. Le nouveau point d’intersection entre la fonction d’épargne et la fonction d’investissement

se produit au point E1 . L’abscisse de ce point est le point Y1⋆ .

3.1.4.3 Approche analytique

Pour comprendre le raisonnement économique qui sous-tend le principe du multiplicateur,


on a recours à une vision dynamique de ce dernier. Pour comprendre cette dynamique et donc
les facteurs économiques, il est très important d’avoir en tête que la demande globale se compose
de la consommation et de l’investissement. Lorsque l’investissement augmente d’un montant de
∆I0 , il provoque une augmentation du revenu de ∆Y . Ainsi :

∆I0 = ∆Y

Or, cette augmentation de revenu provoque à son tour une augmentation de la consommation
de ∆C. Sachant que C = cY + C0 , l’accroissement de revenu provoque un accroissement de la
consommation :
∆C = c∆Y

On peut l’écrire
∆C = c∆I0

puisque ∆I0 = ∆Y .
Ce supplément de consommation provoque à son tour un supplément de production (l’offre
doit répondre au supplément de demande), donc de revenu (la production a augmenté donc les
revenus distribués ont augmenté). Ce supplément de revenu provoque à nouveau un supplément
de consommation égal à :
c(c∆Y ) = c2 ∆Y = c2 ∆I0

Comme 0 < c < 1, le supplément de revenu a tendance à décroı̂tre au fil du temps. On


voit parfaitement, par exemple, que c2 ∆I0 < c∆I0 . Le supplément de revenu que l’on obtient

29
à chaque fois décroı̂t donc au fil du temps pour atteindre 0 en fin de parcours. Lorsque ce
supplément de revenu est égal à 0, l’effet multiplicateur ne joue plus.
Au final, on peut écrire le supplément de revenu comme la somme successive de ses varia-
tions :
.
∆Y = ∆I0 + c∆I0 + c2 ∆I0 + c3 ∆I0 + .. + cn ∆I0

En multipliant par c de chaque côté, on obtient :

.
c∆Y = c∆I0 + c2 ∆I0 + c3 ∆I0 + c4 ∆I0 + .. + cn+1 ∆I0

Enfin, en faisant la différence des deux dernière équation, on aboutit à :

∆Y − c∆Y = ∆I0 − cn+1 ∆I0

Lorsque n → ∞, c → 0. Dès lors, on obtient :

∆Y − c∆Y = ∆I0

Soit
1
∆Y = ∆I0
1−c
∆Y = k∆I0
1
avec k = .
1−c
k est appelé le multiplicateur d’investissement. Il est également appelé le multiplicateur
keynésien élémentaire. L’équation montre qu’un accroissement de l’investissement autonome
provoque une augmentation plus que proportionnelle du revenu d’équilibre car 0 < c < 1.
L’effet multiplicateur sera d’autant plus élevé que la propension marginale à consommer (c) est
élevée. Enfin, point très important, le multiplicateur fonctionne aussi bien en récession qu’en
expansion.

3.1.5 L’État et le rôle de la politique budgétaire


3.1.5.1 L’équilibre macroéconomique avec l’État

Introduire l’État dans le modèle keynésien simplifié peut s’effectuer sans réelles difficultés
ni même modifications profondes des caractéristiques de l’équilibre sur le marché des biens et
services étudiés précédemment.
Pour déterminer le revenu d’équilibre, i.e. le revenu qui équilibre le marché des biens et
services, en introduisant l’État, on doit faire appel aux fonctions d’impositions et de dépenses
publiques.
Supposons que les impôts prélevés par l’État soient exogènes, i.e. T = T . Ainsi, le revenu
disponible des ménages pour consommer est égal à Y −T . Dès lors, la fonction de consommation

30
s’écrit :
C = c(Y − T ) + C0

Les dépenses publiques sont exogènes. Ce qui implique :

G=G

Supposons, comme depuis le début de l’ouvrage, que nous sommes dans une économie fermée
(absence d’importations et d’exportations). L’équilibre sur le marché des biens et services s’écrit
alors :
Y =C +I +G

Y = c(Y − T ) + C0 + I0 + G

À partir de cette équation, on peut définir le revenu d’équilibre, i.e. le revenu qui équilibre le
marché des biens et services, c’est-à-dire celui qui assure l’égalité entre l’épargne et l’investis-
sement, comme :
1
Y⋆ = (−cT + C0 + I0 + G)
1−c
Grâce à cette équation, on peut calculer trois multiplicateurs : le multiplicateur de dépenses
publiques, le multiplicateur fiscal, le multiplicateur de budget équilibré.
Le principe de ces différents multiplicateurs repose sur l’impulsion que transmet l’État, via
les impôts ou les dépenses publiques, à l’économie. Plus exactement, le principe du multipli-
cateur mesure l’effet d’une variation des dépenses publiques et/ou des impôts sur le revenu de
l’économie. Au final, cet effet multiplicateur est donc la conséquence que va avoir une modifi-
cation des impôts ou des dépenses publiques sur l’activité économique.
Le principe du multiplicateur répond ainsi à la question suivante : de combien varie le PIB
lorsque l’État fait varier ses dépenses publiques (ou ses impôts), les autres variables exogènes
restant constantes ?

• Le multiplicateur des dépenses publiques : ∆G ̸= 0 et ∆T = 0


Suite à l’augmentation de la demande globale, pour éviter un déséquilibre sur le marché
des biens et services, l’offre s’ajuste et augmente, à son tour, de ∆Y ⋆ . L’augmentation de
l’offre entraı̂ne ainsi une augmentation du revenu d’équilibre égale à ∆Y ⋆ . Dès lors, la
condition d’équilibre sur le marché des biens et services s’écrit :

1
Y ⋆ + ∆Y ⋆ = (−cT + C0 + I0 + G + ∆G)
1−c

En réarrangeant les termes, on obtient

1
Y⋆ = ∆G
1−c

Cela montre qu’une augmentation de ∆G des dépenses publiques provoque une augmen-

31
1
tation ∆Y ⋆ du revenu est égal à . On a :
1−c

∆Y ⋆ 1
=
∆G 1−c

Notons kG ce multiplicateur de dépenses publiques, on a :

1 ∆Y ⋆
kG = =
1−c ∆G
On voit que ce multiplicateur de dépenses publiques est identique au multiplicateur d’in-
vestissement élémentaire. La variation du revenu est du même signe que celle des dépenses
publiques. L’augmentation des dépenses publiques provoque ainsi une augmentation (plus
que proportionnelle) du revenu de l’économie.
On aurait également pu aboutir à un résultat identique en adoptant une approche pure-
ment mathématique. En effet, déterminer le multiplicateur budgétaire revient à calculer
la dérivée première de Y ⋆ par rapport à G . Partant de l’équation

1
Y⋆ = (−cT + C0 + I0 + G)
1−c

la dérivée première s’écrit :


dY ⋆ ∂Y ⋆ 1
= =
dG ∂G 1−c
On adoptera l’approche mathématique pour les autres multiplicateur.

• Le multiplicateur fiscal : ∆G = 0 et ∆T ̸= 0
L’État décide d’agir sur les impôts. Cette variation peut être positive (augmentation des
impôts : ∆T > 0) ou négative (diminution des impôts : ∆T < 0). Pour la suite, on
supposera que l’État décide de diminuer les impôts qu’il prélève : ∆T < 0. Il s’agit dans
ce cas d’une politique fiscale expansionniste.
Quel est l’impact d’une diminution des impôts, ∆T < 0, sur le revenu d’équilibre (Y ⋆ ) ?
Pour répondre à cette question, repartons de l’équation

1
Y⋆ = (−cT + C0 + I0 + G)
1−c

et calculons le multiplicateur fiscal, noté kT :

∆Y ⋆ −c
= kT = = −ckG
∆T 1−c

Comme 0 < c < 1, le multiplicateur fiscal est plus faible que le multiplicateur de dépenses

32
publiques. En effet, en valeur absolue, le multiplicateur fiscal s’écrit :

∆Y ⋆ c ∆Y ⋆ 1
= < =
∆T 1−c ∆G 1−c

La politique fiscale expansionniste (∆T < 0) est donc moins efficace que la politique
budgétaire expansionniste (∆G < 0). Pourquoi ? Une baisse des impôts, entraı̂ne tout
d’abord une augmentation du revenu disponible (égale à −∆T < 0). Si le revenu dispo-
nible augmente, la consommation va à son tour augmenter (dans une proportion égale
à −c∆T ) mais également l’épargne. Cette dernière n’alimente pas la demande, elle
représente donc une fuite du circuit économique. Puis, dans un second temps, l’augmenta-
tion de la consommation va, à son tour, augmenter la demande. La baisse des impôts, que
l’on peut appeler le ≪ cadeau ≫ fiscal que fait l’État, a donc deux effets : un effet direct et
un effet indirect. L’effet direct est le supplément de revenu disponible pour consommer.
L’effet indirect correspond au supplément de demande induit par l’augmentation de la
consommation. Dans le cas du multiplicateur de dépenses publiques l’effet direct concerne
la demande puisque la variation de cette dernière est égale à la variation des dépenses
publiques (soit ∆G). Avec le multiplicateur fiscal, l’effet direct concerne l’augmentation
du revenu donc de la consommation (et de l’épargne par définition !). L’effet indirect est
celui de l’augmentation de la consommation sur la demande. Comme une partie du re-
venu supplémentaire est épargnée, elle ne participe pas à l’accroissement de la demande.
L’épargne est donc une fuite en dehors du circuit qui vient amoindrir l’effet multiplicateur.

• Le multiplicateur du budget équilibré : ∆G = ∆T


Ici, l’État souhaite effectuer une politique de relance tout en gardant un budget équilibré.
L’État va donc financer l’augmentation des dépenses publiques par une augmentation
strictement proportionnelle de ses impôts. Si l’État raisonne à budget équilibré, alors
∆G = ∆T .
On peut écrire le multiplicateur à budget équilibré de la façon suivante :

∆Y ⋆ = kG ∆G + kT ∆T

En remplaçant kG ∆G et kT ∆T par leurs expressions respectives et sachant que ∆G = ∆T ,


on obtient :
1 −c
∆G + ∆G
1−c 1−c
∆Y ⋆ = ∆G
∆Y ⋆
= kG=T = 1
∆G
avec kG=T = 1
On voit que le multiplicateur est égal à 1. C’est ce qu’on appelle le théorème d’Haa-

33
velmo. Cela ne signifie pas que l’effet multiplicateur ne fonctionne pas. Au contraire
puisque si tel était le cas, le multiplicateur serait égal à 0. Le théorème d’Haavelmo in-
dique simplement que l’effet multiplicateur, i.e. l’effet de la relance à budget équilibré,
est relatif puisque le supplément de revenu obtenu est strictement égal au supplément de
dépenses publiques injecté dans l’économie.

3.1.6 Les freins de l’effet multiplicateur


Dans le modèle keynésien simplifié, l’effet multiplicateur peut être atténué pour deux rai-
sons (qui ne sont pas incompatibles par ailleurs) : une imposition endogène et l’ouverture de
l’économie.

3.1.6.1 Les multiplicateurs keynésiens avec imposition endogène

En réalité, les impôts sont fonction du revenu. Afin d’en tenir compte, on peut écrire la
fonction d’imposition comme : T = tY + T0 . La fonction de consommation s’écrit désormais
comme :
C = c(Y − tY − T0 ) + C0

Le nouveau revenu d’équilibre est :

1
Y⋆ = (−cT0 + C0 + I0 + G)
1 − c(1 − t)

Le multiplicateur d’investissement s’écrit :

∆Y ⋆ 1
= =k
∆I0 1 − c(1 − t)

On voit que ce multiplicateur est plus faible que celui déterminé précédemment – du fait de la
présence du terme ct au dénominateur. Dès lors que l’imposition est endogène, une partie de
l’effet de relance est ≪ captée ≫ par les impôts. Il s’agit donc en quelque sorte d’une fuite puisque
la part du supplément de revenu qui est taxée, i.e. t puisque ∆T = t∆Y , ne participe pas à
la dynamique de relance, à la dynamique du multiplicateur. Au contraire, il s’en échappe, d’où
le terme de fuite. Il en est de même pour les autres multiplicateurs. Une fonction d’imposition
vient réduire l’efficacité du multiplicateur.

3.1.6.2 L’ouverture de l’économie

Supposons à présent que l’économie étudiée s’ouvre au reste du monde, i.e. elle importe et
exporte des biens. Par souci de simplification, on considère les exportations, que nous notons
X, comme exogènes – X = X ou, de manière équivalente, X = X0 – et on suppose que les
importations, que nous notons M , sont fonctions du revenu domestique : M = mY . On suppose
également que les impôts sont exogènes : T = T .

34
Compte tenu de ces notations, l’équilibre sur le marché des biens et services s’écrit :

Y +M =C +I +G+X

soit
Y + mY = c(Y − T ) + C0 + I0 + G + X0

Le nouveau revenu d’équilibre s’écrit alors :

1
Y⋆ = (−cT + C0 + I0 + G + X0 )
1−c+m

Le multiplicateur d’investissement s’écrit alors :

Y⋆ 1
=
∆I0 1−c+m

L’effet multiplicateur est amoindri par rapport au multiplicateur d’investissement élémentaire


du fait de l’ouverture de l’économie. La présence de m au dénominateur du multiplicateur
affaiblit sa valeur. Les importations constituent une fuite vers l’extérieur puisqu’une part de la
relance, égale à m puisque ∆M = m∆Y , ne va pas alimenter la demande intérieure mais la
demande extérieure puisqu’elle ≪ part ≫ vers le reste du monde.
Si, pour être encore plus proche de la réalité, on suppose désormais que les impôts sont
endogènes, i.e. T = tY , on voit que le revenu d’équilibre s’écrit :

1
Y⋆ = (C0 + I0 + G + X0 )
1 − c(1 − t) + m

Le multiplicateur d’investissement s’écrit alors :

Y⋆ 1
=
∆I0 1 − c(1 − t) + m

Ce multiplicateur est d’autant plus faible par rapport au précédent qu’il y a une forte propension
marginale à importer (m élevé) et une propension marginale d’imposition (t) élevée. Ainsi,
une imposition endogène et l’ouverture de l’économie viennent diminuer l’effet multiplicateur
puisqu’ils constituent des fuites du circuit économique qui n’alimentent pas la demande.

35
Deuxième partie

Microéconomie

36
Introduction

La microéconomie est une conception de l’économie bâtie par les néoclassiques en 1870,
eux-mêmes inspirés par Adam Smith. Pour ce dernier, une ≪ main invisible ≫ conduit
l’économie : en recherchant leur intérêt propre, les individus œuvrent pour l’intérêt collec-
tif. En effet, c’est grâce à la volonté des individus de s’enrichir que la production et donc les
possibilités de consommation s’accroissent. Cette théorie est utilitariste car elle part de l’hy-
pothèse que des individus rationnels cherchent à maximiser leur utilité, c’est-à-dire à maximiser
leur satisfaction et à minimiser leurs coûts.
La microéconomie étudie le comportement des principaux agents économiques (essentiel-
lement les consommateurs et les producteurs) et postule que c’est l’agrégation de leurs compor-
tements qui forme l’économie. Ces agents économiques rationnels évoluent dans une économie
de marché régulée par la variation des prix. Pour que la régulation par les prix soit optimale
et donc pour que l’économie soit réellement et totalement une économie de marché, la science
économique moderne en général et la microéconomie en particulier a adopté en grande partie
la démarche hypothético-déductive. C’est à dire qu’on obtient des résultats en partant des
hypothèses particulières et ces hypothèses caractérisent complètement le domaine de validité
des résultats obtenus. Ainsi, chaque fois que l’on vous annoncera un résultat, il sera dépendant
des hypothèses qui lui sont sous-jacentes. Il n’existe pas de résultat absolu, valable en tout
temps et en tout lieu en économie. Par conséquent, l’exigence principale de l’enseignement de
l’analyse économique est un raisonnement clair et cohérent.
Dans cette démarche, les mathématiques sont un outil particulièrement efficace. En effet, les
mathématiques permettent de se libérer des contraintes et des ambiguı̈tés du langage courant
et elles nous fournissent un système de représentation objective, protégé des interprétations
subjectives diverses (ce qui n’empêche pas que les résultats obtenus soit parfois abusivement
interprétés dans d’autres sphères de la société, en occultant les conditions sous lesquelles ces
résultats ont été établis). Par conséquent le raisonnement déductif conduit à des résultats
clairs et quand le raisonnement est défectueux, ces défauts peuvent être facilement repérés.
Les mathématiques nous fournissent donc une assurance contre le manque de rigueur et l’in-
cohérence de notre raisonnement. Dans les sciences, la démarche hypothético-déductive est
complétée par la validation empirique des théories, que cela soit au niveau de la pertinence des
hypothèses initiales retenues, que celle des résultats obtenues.
Au centre de l’analyse microéconomique se trouve la question de l’allocation des ressources
rares entre des usages alternatifs dans les économies modernes et le rôle que jouent les prix

37
et les marchés dans ce processus. Cette question couvre une large partie des analyses, qu’elles
soient sur l’organisation des marchés, sur les stratégies des agents économique ou sur le rôle
des institutions. Une partie non-négligeable des travaux analyse néanmoins la manière dont
ces ressources sont créées et le rôle des phénomènes du type l’innovation des entreprises dans
cette création. La meilleure compréhension de ces phénomènes que cherche à atteindre l’analyse
microéconomique vise aussi à renforcer les capacités de prédiction et de contrôle : les concepts
et les causalités que les économistes ont développés dans leur tentative de mieux comprendre les
mécanismes économiques ont fourni les bases nécessaires à l’élaboration des politiques en vue
d’influencer les résultats de ce processus (comme les politiques industrielles, par exemple). Grâce
au développement des techniques de type recherche opérationnelle ou de gestion scientifique,
les concepts de la microéconomie ont été utilisés pour aider la prise de décision rationnelle dans
les affaires. Les concepts, relativement abstraits, de cette approche ont donc donné lieu à des
prolongements et à des applications qui influencent chaque jour le fonctionnement du processus
économique.

38
Chapitre 1

La fonction d’utilité

La théorie du consommateur vise à expliquer les fondements de la demande totale de chaque


bien. Pour cela, elle étudie la façon dont se forment les demandes individuelles en décrivant
le comportement d’un consommateur représentatif évoluant dans un univers de concurrence
pure et parfaite.
Dans ce contexte, le comportement du consommateur est fondé sur un postulat de rationa-
lité : on admet que le consommateur cherche à retirer la plus grande satisfaction possible de sa
consommation en prenant en compte à la fois son revenu et les prix des biens qu’il consomme.
On peut alors déterminer la demande du consommateur pour chaque bien. Pour que l’analyse
soit complète, la théorie du consommateur étudie les propriétés de demandes individuelles ainsi
que la façon dont elles se modifient lorsque les conditions de revenu et de prix changent. De
ces demandes individuelles, on peut alors déduire la demande totale des consommateurs et les
confronter à l’offre totale des entrepreneurs pour en dégager les équilibres de marchés pour
chaque bien.

1.1 Notions élémentaires


1.1.1 Le consommateur
Le consommateur est un agent économique dont la caractéristique dans l’économie est l’acqui-
sition et la consommation de biens à partir d’une richesse donnée.
Ce consommateur entretient des relations avec d’autres agents économiques par diverses
opérations. Il est relié aux entreprises par son travail et les rémunérations qui en découlent mais
aussi par l’achat de produits et le prix qu’il accepte de payer en échange. Le consommateur qui
dispose d’un revenu doit décider de son utilisation en définissant la structure de sa dépense.
Le consommateur peut être une personne seule, une ≪ personne physique ≫ dans des
termes juridiques, ou un ≪ foyer ≫ au sens de foyer fiscal. Un ménage, avec ou sans enfants,
ou encore une communauté, peuvent également être désignés, comme un consommateur. Dans
ces divers cas, on prendra en compte le revenu total et la dépense globale du ménage ou de la
communauté. Pour plus de simplicité, nous raisonnerons comme s’il s’agissait d’une personne

39
seule.
Le consommateur utilise son revenu pour acheter et consommer des biens en certaines
quantités et retire une satisfaction de cette consommation. Le problème qui se pose à lui est
de choisir quelles quantités acheter des différents biens proposés en fonction de ses goûts et
préférences et de son budget.

1.1.2 Les besoins économiques


Parmi les différents besoins que le consommateur peut éprouver, l’analyse micro-économique
ne s’intéresse qu’à ses besoins économiques. Le besoin économique est un besoin qui peut
être satisfait par une opération économique. Avoir envie de voyager dans le temps n’est pas un
besoin économique car il s’agit d’un désir qui ne peut être assouvi. En revanche, avoir envie
d’un jus d’orange est un besoin économique car il peut être assouvi par la consommation de ce
jus d’orange.
L’analyse microéconomique suppose que la satisfaction de tout besoin économique exprimé
par un consommateur se réalise par la consommation d’un bien dont le seul mode d’acquisition
est l’achat libre et volontaire sur un marché.
Il faut alors s’interroger sur la notion de bien et plus particulièrement de bien économique.

1.1.3 Les biens économiques


On peut définir la notion de bien économique de deux façons distinctes.
Première définition, un bien est un bien économique s’il peut faire l’objet d’une transac-
tion. Cette définition est contestable en ce qu’elle restreint l’ensemble des biens à l’ensemble
des biens échangeables.
Elle exclut de l’ensemble ce que l’on appelle les biens libres : biens disponibles en quantité
illimitée et à prix nul et dont la jouissance procure une satisfaction qui n’est pas négligeable.
L’air, l’eau de mer, le sable sur la plage sont des biens libres.
Pour pallier cette première difficulté, une seconde définition considère comme biens
économiques les biens qui peuvent faire l’objet d’une production en série.
Retenir cette définition revient à exclure de l’ensemble des biens économiques l’ensemble
des biens non reproductibles comme les œuvres d’art ou les vins millésimés. Ces biens qui
influencent pourtant la satisfaction des agents font alors l’objet d’analyses complémentaires.
L’ensemble des biens économiques fait l’objet d’un certain nombre de décompositions. Tout
d’abord, distinguons le bien de consommation, qui permet la satisfaction immédiate du besoin
d’un consommateur (comme un bien alimentaire ou un meuble), du bien de production qui sert
à la production des biens de consommation et ne satisfont le besoin du consommateur que de
façon indirecte. La consommation dont il est question dans ce chapitre est la consommation
finale, on ne s’intéressera donc qu’aux biens de consommation.
Distinguons également les biens durables des biens non durables. Un bien est dit ≪ non
durable ≫ lorsqu’il est détruit a la première utilisation. Il sera dit ≪ durable ≫ lorsqu’il sert

40
plusieurs fois à la satisfaction du besoin correspondant. Dans le cas des biens de consommation,
un bien alimentaire est un bien non durable, un meuble est un bien durable.
Enfin, distinguons les biens dits ≪ substituables ≫ des biens dits ≪ complémentaires
≫. Deux biens sont substituables s’ils peuvent satisfaire le même besoin, comme le beurre

et la margarine. Par conséquent, si le prix de l’un augmente, la quantité demandée de l’autre


augmente. Dans l’exemple, si le prix du beurre augmente fortement, le consommateur préférera
acheter de la margarine. Deux biens sont complémentaires si c’est la combinaison des deux
biens qui satisfait un besoin, comme le beurre et le pain. Dans ce cas, l’augmentation du prix
de l’un entraı̂ne la diminution de la quantité demandée de l’autre bien. Si le prix du beurre
augmente, le consommateur de tartines de beurre achètera moins de beurre et moins de pain.

1.1.4 Les paniers de consommation


Le consommateur qui doit définir les quantités de chaque bien qu’il veut acheter et consommer
va faire son choix dans l’ensemble des options qui lui sont ouvertes. Ces options correspondent
à toutes les combinaisons possibles de quantités de biens de consommation. Chacune des com-
binaisons est appelée un panier de consommation. Il existe une infinité de paniers à la
disposition des consommateurs.
Ainsi, en supposant qu’il existe n biens de consommation dans l’économie, les différents paniers
de consommations P i prendront la forme :

P i = (xi1 , xi2 , · · · , xin )

où xij , (avec j = 1, · · · , n) représente la quantité de bien j contenue dans le panier i.

1.1.5 L’ensemble de consommation


L’ensemble des paniers sur lesquels le consommateur émet des préférences est appelé ≪ en-
semble de consommation≫.

1.2 La relation de préférence du consommateur


Nous allons maintenant étudier la représentation des goûts du consommateur. Afin de déterminer
les quantités de biens qu’il va acheter et consommer, le consommateur doit classer tous les
paniers de biens de l’ensemble de consommation par ordre de préférence. Pour traduire formel-
lement ce classement ; on définit la relation de préférence et d’indifférence.
La relation de préférence stricte permet de comparer deux paniers de biens et de déterminer
le panier qui est préféré à l’autre. Ainsi, si l’on compare deux paniers de biens A et B, la relation :

A≻B

se lit ≪ le panier de biens A est préféré au panier de biens B ≫.

41
La relation d’indifférence établit que deux paniers de biens apportent exactement la même
satisfaction au consommateur qui est donc ≪ indifférent ≫ entre les deux paniers de biens. Ainsi,
lorsque le consommateur est indifférent entre le panier de biens A et le panier de biens B, on
écrit :
A∼B

Les deux relations peuvent être combinées en une seule indiquant qu’un panier de biens est
préféré ou indifférent ou au moins aussi désiré à un autre panier de biens. Ainsi, lorsque
le panier A est préféré ou indifférent au panier B, on écrit :

A≿B

Chaque agent possède une structure de préférences qui lui est propre, mais la relation de
préférence doit vérifier un certain nombre d’hypothèses pour que le consommateur puisse être
comme rationnel au sens strict.
L’analyse microéconomique impose des contraintes particulières à la relation de préférence ≿.
Elle suppose en particulier que cette relation satisfait les propriétés d’un préordre complet.
En pratique ces contraintes prennent la forme d’hypothèses invérifiables (ou infalsifiables) que
l’on ne pourra confirmer ou infirmer à partir de l’observation des comportement des agents.
C’est pourquoi ces contraintes sont posées sous forme d’axiomes.
Ces axiomes fonctionnent comme critères de jugement du comportement de chaque agent quant
à sa rationalité : tout consommateur qui à travers son comportement transgresse au moins une
fois au moins un de ces axiomes est déclaré ≪ non rationnel ≫. On précise parfois ≪ non rationnel
au sens de l’analyse microéconomique ≫. Tout consommateur qui a travers son comportement
respecte intégralement et sans défaillance tous les axiomes est reconnu ≪ rationnel ≫.
• Axiome de totalité
L’axiome de totalité énonce que le consommateur doit être capable de comparer tout panier
à tout autre panier de l’ensemble de consommation. Autrement dit, il n’y a pas de papier
inclassable par un consommateur. Si un tel panier existe, on admettra qu’il est en dehors de
l’ensemble de consommation.
Plus formellement, un consommateur qui considère deux paniers de biens A et B doit pouvoir
affirmer que l’une des deux situations suivantes est vérifiée :

A ≿ B ou B ≿ A

• Axiome de réflexivité
Tout panier étant indifférent à lui-même, on peut affirmer que tout panier est préféré ou in-
différent à lui-même :
A≿A

Cet axiome présente un intérêt purement mathématique.


• Axiome de transistivité

42
L’axiome de transitivité énonce que si un panier A est préféré ou indifférent à un panier B,
lui-même préféré ou indifférent à un panier C, alors le panier A est préféré ou indifférent au
panier C :
(A ≿ B et B ≿ C) ⇒ A ≿ C

Si la relation de préférence n’était pas transitive cela pourrait conduire à des situations de
préférences telles que : A ≿ B ≿ C ≿ A. Un consommateur serait alors incapable de dire quel
panier il préfère : il donne l’impression de ≪ tourner en rond ≫.

1.3 La notion d’utilité


La relation de préférence donne le classement, par l’individu, des différents paniers, du point
de vue de la satisfaction qu’ils lui procurent. Il serait assez commode si on pouvait attribuer
un indice de satisfaction à chaque panier, de manière à représenter parfaitement le classement
établi par le consommateur. La fonction d’utilité vise justement à apporter cette commodité
dans la représentation des préférences des consommateurs. Cette fonction doit donc attribuer
une valeur plus élevée à un panier qui est plus désirable qu’un autre :

U: (x1 , x2 ) −
7 → U (x1 , x2 )
∀X, Y, X ≿ Y ⇔ U (X) ≥ U (Y )
∀X, Y, X ∼ Y ⇔ U (X) = U (Y )

Dans cette approche ce qui compte c’est la valeur relative d’un panier par rapport à un
autre et non la valeur absolue de chaque panier (U (·)) . On demande uniquement à la fonction
d’utilité de représenter l’ordre des différents paniers et non la satisfaction tirée de chaque
panier individuel : on a une fonction d’utilité ordinale.
Exemple : Si l’on a A ≻ B ≻ C, les trois fonctions d’utilité U, V, W représentent ces mêmes
préférences :

La fonction d’utilité n’est donc pas unique. En fait, si U est une fonction d’utilité ordinale
qui représente les préférences d’un individu, toute transformation monotone croissante de U
représentera toute aussi bien ces préférences :

U , αU + b(α ≥ 0), eU , ln(U ), · · ·

La fonction d’utilité U associe à chaque paire de biens un ≪ indice d’utilité ≫ ou encore un


≪ degré d’utilité ≫ qui indique la satisfaction du consommateur. Formellement, cette fonction

43
dépend des quantités de biens intégrées dans le panier de consommation :

U = U (x1 , x2 , · · · , xn )

Cette fonction est censée refléter les préférences du consommateur qu’elle représente. Histori-
quement, deux interprétations de cette fonction ont été proposées.

1.3.1 Les deux approches de la notion d’utilité


Les premiers marginalistes (Jevons, Menger et Walras) avaient une vision cardinale de
l’utilité. Selon cette approche, l’utilité correspond à une mesure quantitative de la satisfaction
retirée de la consommation de biens. L’indice d’utilité indique de façon absolue la satisfaction du
consommateur. Le consommateur est donc capable de déterminer pour chaque panier de biens le
degré d’utilité correspondant. Il peut ainsi comparer la satisfaction associée à la consommation
de deux paniers distincts et en déduire le panier qu’il préfère. Si l’utilité du premier panier est
le double de celle du second, il peut en outre affirmer qu’il préfère deux fois plus le premier
panier au second.
Depuis les travaux de Pareto, Slutsky, Hicks et Samuelson, les auteurs modernes ont aban-
donné le concept d’utilité cardinale au profit de celui, moins restrictif, d’utilité ordinale, et
cela pour au moins deux raisons.
Tout d’abord, il paraı̂t improbable qu’un consommateur soit capable de mesurer avec
précision l’utilité que lui procure un panier de biens. On pourrait imaginer plusieurs façons
d’estimer cette utilité avec la précision requise par l’approche cardinaliste : par exemple, on
pourrait affirmer qu’un panier est deux fois préféré à un autre si le consommateur était prêt
à le payer deux fois plus cher ou à attendre deux fois plus longtemps ou encore à aller deux
fois plus loin pour l’obtenir ; l’argent, le temps ou la distance sont des grandeurs quantifiables
qui permettraient de donner une bonne estimation de l’utilité ressentie par le consommateur.
Ces critères n’ont pas paru convaincants aux yeux des économistes modernes parce qu’ils sont
associés chacun à une interprétation particulière du désir d’acquérir un panier de bien.
Ensuite, un tel effort d’estimation de l’utilité est sans objet dans la mesure où ce qui importe
pour décrire les choix du consommateur est de savoir quel panier de biens est préféré à tous les
autres et non de mesurer précisément les écarts d’utilité entre les paniers de biens.
La théorie ordinale de l’utilité constitue donc l’approche contemporaine de la théorie
du consommateur. La fonction d’utilité d’un consommateur est alors uniquement la traduc-
tion algébrique de sa relation de préférence. Comme la fonction d’utilité cardinale, la fonction
d’utilité ordinale affecte à chaque panier de biens un ≪ indice d’utilité ≫, et s’écrit de la même
façon : U = U (x1 , x2 ; · · · , xn ). Cependant, l’indice donné par cette fonction est ici relatif et
non absolu. Il n’a pas de sens en lui-même. Il n’a de sens que par sa valeur relative (inférieure
ou supérieure) par rapport aux indices correspondant à d’autres paniers de biens. Ainsi, en

44
raisonnant sur deux paniers de biens A et B, on aura :

A ≻ B si et seulement si U (A) > U (B)

A ∼ B si et seulement si U (A) = U (B)

En exprimant les quantités de biens, cela revient à :


(xA A A B B B A A A B B B
1 , x2 , · · · , xn ) ≻ (x1 , x2 , · · · , xn ) si et seulement si U (x1 , x2 , · · · , xn ) > U (x1 , x2 , · · · , xn )
(xA A A B B B A A A B B B
1 , x2 , · · · , xn ) ∼ (x1 , x2 , · · · , xn ) si et seulement si U (x1 , x2 , · · · , xn ) = U (x1 , x2 , · · · , xn )
où xji indique la quantité de bien i dans le panier j.
Dans ces conditions, plusieurs fonctions d’utilité différentes peuvent représenter le même
ordre de préférence. Il suffit que ces fonctions classent de la même façon les différents paniers
de biens. Par exemple, considérons la fonction d’utilité U (P ) associant respectivement aux
paniers A et B un indice d’utilité de 10 et 5. Le panier A est donc préféré au panier B ; la
fonction d’utilité V (P ) qui associe au panier P une utilité U (P ) + 1 conduit à l’indice d’utilité
de 11 pour A et 6 pour B. Elle indique la même relation de préférence entre le panier A et le
panier B. Les deux fonctions d’utilité U (P ) et V (P ) représentent le même ordre de préférence.
Formellement, un même ordre de préférence peut être représenté par une infinité de fonctions
d’utilité. Ainsi peut-on démontrer le principe suivant : ≪ Une fonction d’utilité est définie à une
transformation monotone croissante près. ≫

1.3.2 Utilité marginale et TMS


On appelle utilité marginale d’un bien le supplément d’utilité procuré par la consom-
mation d’une unité supplémentaire de ce bien, toutes choses étant égales par ailleurs (en parti-
culier les quantités consommées des autres biens). Formellement l’utilité marginale Uxi du bien
i s’écrit :

∆U (x1 , x2 , · · · , xn ) U (x1 , x2 , · · · , xi + ∆xi , · · · , xn ) − U (x1 , x2 , · · · , xn )


Uxi = =
∆xi ∆xi

En raisonnant sur des quantités infiniment petites, il est alors possible d’utiliser le calcul
différentiel :
∂U (x1 , x2 , · · · , xn )
U xi =
∂xi
De par sa définition, même, le concept d’utilité marginale est un concept cardinaliste : pour
l’utiliser, il faut pouvoir mesurer le supplément d’utilité engendré par la consommation d’une
unité supplémentaire de bien.
C’est l’Allemand Gossen qui énonce ce principe en 1854. Dans une approche cardina-
liste de l’utilité, il établit que l’utilité marginale procurée par la consommation d’une unité
supplémentaire d’un bien par un individu décroı̂t à mesure que l’individu augmente la consom-
mation de ce bien. L’exemple classique du verre d’eau illustre ce principe : un verre d’eau
procure une grande utilité à un voyageur perdu dans le désert, un deuxième verre d’eau lui pro-

45
cure une utilité supplémentaire moindre bien qu’encore importante, le centième verre d’eau ne
lui apporte plus qu’une utilité supplémentaire très faible, voire négative si le voyageur a dépassé
le seuil de satiété. L’utilité de l’eau est décroissante et, selon Gossen, ce principe s’applique à
tous les biens.
Cette propriété est intéressante en ce qu’elle permet, comme nous allons le voir, de simplifier
l’interprétation des conditions d’optimalité du consommateur. Dans une approche ordinale, en
revanche, l’hypothèse d’une utilité marginale décroissante n’a aucun sens.
Le taux marginal de substitution (TMS) est défini comme le taux auquel le consom-
mateur est disposé à échanger une quantité de bien contre une quantité d’un autre bien tout
en conservant la même satisfaction. En raisonnant sur deux biens, il mesure le nombre d’unités
supplémentaires de bien 2 qu’il faut donner au consommateur pour qu’il accepte de renoncer à
une unité de bien 1.
En considérant des variations infinitésimales, le calcul différentiel peut être utilisé. Pour
conserver une utilité constante, on doit vérifier dU (x1 , x2 ) = 0. Comme par différenciation on
a:
dU (x1 , x2 ) = Ux1 dx1 + Ux2 dx2 = 0,

on obtient la relation entre les variations dx1 et dx2 qui laissent inchangée la satisfaction du
consommateur. Dans le repère (x1 , x2 ) le TMS devient finalement :

∂U (x1 , x2 )
dx2 ∂x1 Ux1
T M S(x1 ,x2 ) = − = =
dx1 ∂U (x1 , x2 ) Ux2
∂x2

1.4 Les courbes d’indifférence


1.4.1 Définition des courbes d’indifférences
Pour représenter graphiquement la fonction d’utilité du consommateur, les économistes
ont recours aux courbes d’indifférence. Une courbe d’indifférence représente l’ensemble de
tous les points (x1 , x2 ) qui procurent un même niveau d’utilité. Un consommateur sera donc
indifférent entre tous les paniers de biens représentés sur une même courbe d’indifférence. Cette
représentation graphique est plus simple lorsque l’utilité ne dépend que des quantités de deux
biens. Parce que la fonction d’utilité est supposée continue, les courbes d’indifférence sont
continues. Leur représentation permet de donner une carte d’indifférence.

46
A ce stade, il est usuel de poser certaines hypothèses complémentaires. Les hypothèses de
monotonicité et de convexité portent sur les préférences et définissent un comportement
normal au sens économique du terme. L’hypothèse de substituabilité porte sur les biens.

1.4.2 Hypothèses complémentaires sur les préférences


• Monotonicité
Cette hypothèse traduit une idée simple : le consommateur est supposé être insatiable. Ainsi,
aucune quantité d’aucun bien ne peut assouvir son besoin : toute quantité supplémentaire d’un
bien présente pour le consommateur une utilité supplémentaire positive. En conséquence, il ne
peut jamais parvenir à une situation de saturation. Il existe deux types de monotonocité : la
monotonicité forte et la monotonicité faible. La monotonicité forte implique le panier A est
préféré au panier B si au moins un bien est en quantité supérieure alors que la monotonicité faible
implique que le panier A est préféré ou indifférent au panier B si au moins un bien est en quantité
supérieure. Plusieurs conséquences découlent de cette hypothèse. Tout d’abord elle implique
que plus une courbe d’indifférence est éloignée de l’origine, plus le niveau d’utilité auquel elle
correspond est élevé. L’autre conséquence est que la pente de la courbe d’indifférence est
négative et enfin la monotonicité induit que deux courbes d’indifférence ne peuvent pas
se couper
• Convexité des préférences
La seconde hypothèse usuelle est celle de convexité des préférences. Cette hypothèse
établit que le consommateur aime la diversification : en considérant deux paniers, A et B,
appartenant à une même courbe d’indifférence, le consommateur préfère à ces paniers tous les
paniers ≪ intermédiaires ≫, c’est-à-dire les paniers composés à partir d’une moyenne pondérée
j
des deux paniers. Formellement, en considérant les paniers (xA A B B
1 , x2 ) et (x1 , x2 ), où xi indique
la quantité de bien i dans le panier j, cela revient à affirmer que le consommateur préfère toutes
les combinaisons linéaires formées à partir de ces deux paniers :

(txA B A B A A
1 + (1 − t)x1 , tx2 + (1 − t)x2 ) ≻ (x1 , x2 ) ∀t ∈]0, 1[

(txA B A B B B
1 + (1 − t)x1 , tx2 + (1 − t)x2 ) ≻ (x1 , x2 ) ∀t ∈]0, 1[

47
Graphiquement, cette hypothèse implique que les courbes d’indifférence soient convexes.
Comme le montre la figure ci-dessus, tous les paniers situés sur la droite reliant les deux paniers
A et B sont situés sur une courbe d’indifférence supérieure et sont donc préférés au panier A
ou au panier B.
Dans des cas extrêmes, l’hypothèse de convexité n’est pas vérifiée, dans ce cas, les courbes
d’indifférence sont concaves.
• Substituabilité des biens
Enfin, le raisonnement porte habituellement sur des biens substituables. Si les biens étaient
complémentaires, les courbes d’indifférence auraient l’allure suivante :

On reconnaı̂t en effet la complémentarité des deux biens : le panier A apporte une utilité
de U1 . Si la quantité d’un seul des deux biens est augmentée par rapport aux quantités du
panier A, comme dans le panier B, l’utilité ne s’accroı̂t pas. Pour que l’utilité augmente, il faut
accroı̂tre simultanément les quantités des deux biens, comme dans le panier C.

1.5 L’optimum du consommateur


1.5.1 La contrainte de revenu
Jusqu’ici le fait que le consommateur dispose d’un revenu limité n’a pas été pris en compte.
Or, il paraı̂t logique de supposer que notre consommateur ne pourra pas acquérir des biens à
l’infini : il est contraint par son revenu ou son budget. Notons R ce revenu. Nous admettrons que

48
cette valeur est une variable exogène, c’est-à-dire une variable qui s’impose au consommateur
indépendamment de son comportement. Par ailleurs, la dépense, D, du consommateur s’écrit
comme la valeur des biens consommés. Elle s’établit comme la somme des quantités de biens
multipliées par leur prix, soit dans le cas de n biens :

D = p 1 x1 + p 2 x2 + · · · + p n xn

Toujours pour simplifier, nous considérons deux biens 1 et 2, la dépense s’écrit :

D = p 1 x1 + p 2 x2

Dans la mesure où le consommateur ne peut dépenser plus que son revenu le lui permet,
l’inégalité suivante doit être vérifiée :

R ≥ D ⇔ R ≥ p 1 x1 + p 2 x2

Les paniers (x1 , x2 ) de l’ensemble de consommation qui respectent cette condition forment
l’ensemble des paniers accessibles au consommateur. Cependant, l’hypothèse de monotoni-
cité implique que le consommateur va chercher à obtenir la quantité maximale de biens ; il va
donc dépenser tout son revenu. On dit que le consommateur sature sa contrainte de revenu et
l’inégalité devient donc égalité
R = p 1 x1 + p 2 x2

Partant de cette égalité, il est simple d’en faire la représentation graphique dans le repère
(x1 , x2 ). En effet, il suffit d’exprimer x2 , en fonction de x1 , pour obtenir ce que l’on appelle
l’équation de la droite de budget ou droite de revenu.

p1 R
R = p 1 x1 + p 2 x2 ⇔ x2 = − x1 +
p2 p2

En dessous de cette droite de budget de pente (−p1 /p2 ), tous les paniers de biens sont
accessibles au consommateur (il a les moyens de les acheter). En revanche, tous ceux qui sont au-
dessus de la droite sont au-dessus de ses moyens. Compte tenu de cette contrainte, le problème

49
du consommateur consiste à choisir parmi l’ensemble des paniers accessibles celui qui maximise
sa satisfaction. Le problème est ainsi ramené à un problème de maximisation.
La représentation graphique de la droite de budget et celle de la fonction d’utilité vont
permettre de donner une première intuition du choix du consommateur à travers la résolution
graphique du problème.

1.5.2 Résolution
1.5.2.1 Résolution graphique

Pour résoudre le problème du consommateur de façon graphique, il suffit de représenter


dans un même repère (x1 , x2 ) les courbes d’indifférence et la droite de budget.

On sait que les paniers au-dessus de la droite de budget ne sont pas accessibles au consom-
mateur. Par ailleurs, on sait également que le consommateur sature sa contrainte de revenu (du
fait de l’hypothèse de monotonicité) : par conséquent, le panier de biens qu’il va choisir se situe
nécessairement sur la droite de budget. Les paniers A et B appartiennent à cette droite, mais
ils ne procurent pas le niveau d’utilité le plus élevé. Le panier qui procure le niveau d’utilité
le plus important, tout en respectant la contrainte de revenu, est le panier C. Il correspond au
point de tangence entre la courbe d’indifférence U2 , et la droite de budget. Ce point
caractérise le panier de bien qui maximise l’utilité du consommateur.

1.5.2.2 Résolution algébrique

Le consommateur (s’il est rationnel) veut maximiser son utilité sous la contrainte d’un
budget limité afin de déterminer les quantités x1 de bien 1 et x2 de bien 2 qu’il va demander.
Mathématiquement ce problème s’écrit :
(
maxx1 ,x2 U (x1 , x2 )
s.c. R = p1 x1 + p2 x2

Deux méthodes peuvent être utilisées pour résoudre ce programme, la méthode de substitution
et la méthode de Lagrange.

50
• Méthode de substitution
Cette méthode consiste à transformer le programme de maximisation d’une fonction à deux
variables sous contrainte en un programme de maximisation d’une fonction à une variable
sans contrainte. Il s’agit dans un premier temps d’exprimer une des variables en fonction de
l’autre (par exemple x1 en fonction de x2 ) à partir de la contrainte et ensuite reporter cette
expression dans la fonction d’utilité qui devient donc une fonction d’une seule variable (ici x2 ).
On optimise la nouvelle fonction obtenue.

R p2
R = p 1 x1 + p 2 x2 ⇔ x1 = − x2
p1 p1
!
R p2
U (x1 , x2 ) = U [x1 (x2 ), x2 ] = U − x2 , x2
p1 p1

dU
=0
dx2
Par différenciation, on obtient :

dU [x1 (x2 ), x2 ] = Ux1 dx1 + Ux2 dx2 ,

or,
R p2 p2
x1 = − x2 ⇔ dx1 = − dx2
p1 p1 p1
on peut donc écrire :

p2
dU [x1 (x2 ), x2 ] = Ux1 dx1 + Ux2 dx2 = −Ux1 dx2 + Ux2 dx2 = 0
p1

La condition d’optimalité prend alors la forme :

dU p2 Ux2 p2
= −Ux1 + Ux2 = 0 ⇔ =
dx2 p1 Ux1 p1

A l’optimum du consommateur le rapport des utilités marginales doit être égal au


rapport des prix. La condition d’optimalité permet alors de trouver la valeur optimale de x∗2
de x2 . La valeur optimale de x∗1 de x1 s’écrit alors :

R p2
x∗1 = − x∗2
p1 p1

La condition de second ordre permet enfin de vérifier que l’optimum trouvé correspond à un
maximum. On doit vérifier :
d2 U [x1 (x2 ), x2 ]
<0
dx22

51
• Méthode du Lagrangien
La méthode de Lagrange permet de résoudre directement le programme de maximisation
sous contrainte. La première étape consiste à écrire la fonction de Lagrange (ou Lagrangien) :

L(x1 , x2 , λ) = U (x1 , x2 ) + λ(R − p1 x1 − p2 x2 )

où λ représente le multiplicateur de Lagrange.


Par convention, on notera que la contrainte budgétaire est définie comme l’écart entre le
revenu et la dépense. Modifier cette écriture ne change pas le résultat algébrique mais nous
priverait d’une interprétation du multiplicateur de Lagrange.
Les conditions de premier ordre sont obtenues par annulation des dérivées partielles premières
de la fonction de Lagrange par rapport à ses trois variables :

 ∂L(x1 , x2 , λ)
= Ux1 − λp1 = 0





 ∂x1

∂L(x1 , x2 , λ)
= Ux2 − λp2 = 0


 ∂x2


 ∂L(x1 , x2 , λ)
= R − p 1 x1 − p 2 x2 = 0


∂λ
On obtient donc un système de trois équations à trois inconnues, x1 , x2 et λ.
Les deux premières conditions permettent de retrouver la condition d’optimalité obtenue
dans le cadre de la méthode de substitution :

Ux1 = λp1 Ux1 p1


⇔ =
Ux2 = λp2 Ux2 p2

La troisième condition assure que la contrainte est bien saturée. Cette condition permet de
confirmer la solution graphique précédente. En effet, à l’optimum, la pente de la courbe d’in-
différence −Ux1 /Ux2 doit être identique à celle de la contrainte de budget −p1 /p2 . La solution
optimale qui appartient à la droite de budget doit correspondre à un point de tangence entre
les deux courbes.
La condition de second ordre pour un maximum est vérifiée si le déterminant suivant est
positif :
L11 L12 L1λ
L21 L22 L2λ > 0
Lλ1 Lλ2 Lλλ

∂L(x1 , x2 , λ)
où Lij correspond à la dérivée partielle seconde : , avec i = x1 , x2 , λ et j = x1 , x2 , λ.
∂i∂j

52
Cette condition de second ordre peut se réécrire :

U11 U12 −p1


U21 U22 −p2 > 0 ⇔ −p22 U11 + p1 p2 U21 + p1 p2 U12 − p21 U22 > 0
−p1 −p2 0

53
Chapitre 2

La demande du consommateur

2.1 Fonction de la demande et élasticité


2.1.1 La fonction de demande
La demande du consommateur pour un bien est fonction du revenu nominal, du prix du
bien et des prix des biens liés. Si Dx1 (notée aussi x1 ) est la demande du consommateur en
bien x1 , R son revenu nominale, p1 le prix du bien x1 et p2 , p3 , · · · les prix des biens x2 , x3 · · ·
liés à x1 , on peut écrire :
x1 = f (R, p1 , p2 , p3 , · · · )

Une telle demande est plus précisément appelée demande marshallienne. On la distingue de
la demande hicksienne ou demande compensée dans laquelle le revenu est remplacée par
le niveau de satisfaction ou d’utilité du consommateur : x1 = f (R, p1 , p2 , p3 , · · · ). Lorsqu’on
traite les demands sans autre précision, il s’agit toujours de demandes marshalliennes.
La demande marshallienne exprime la quantité optimale à consommer, en fonction du revenu
et des prix données par le marché : x1 = f (R, p1 , p2 , p3 · · · ). Le consommateur marshallien ajuste
sa satisfaction maximale (U max) aux fluctuation de ces variables. Ainsi, il compense une hausse
de prix par une baisse de sa satisfaction. La fonction de demande hicksienne exprime la quantité
optimale à consommer, en fonction de la satisfaction et des prix, dans le but de minimiser le
revenu : x1 = f (U, p1 , p2 , p3 · · · ). Le consommateur hicksien ajuste son revenu minimal pour
chaque bien (R min) aux fluctuations de ces variables. Il compense une hausse de prix par une
hausse du revenu minimal qu’il alloue à l’obtention du niveau de satisfaction qu’il s’est choisi.
C’est le revenu qu’il consacre à cette satisfaction qui lui sert de compensation.
La détermination de la fonction de demande marshalllienne a été décrite dans la section 2.3
(l’optimum du consommateur). C’est le programme marshallien qui permet de déterminer
cette demande
maxx1 ,x2 U (x1 , x2 )
(2.1)
s.c. p1 x1 + p2 x2 = m

54
Par contre pour déterminer la demande hicksienne, on effectue le programme hicksien

minx1 ,x2 p1 x1 + p2 x2
(2.2)
s.c. U = f (x1 , x2 ) = U0

On peut aussi déterminer la demande hicksienne en exprimant la courbe d’indifférence à partir


de la fonction d’utilité : U = f (x1 , x2 ) → x1 = f (U, x2 ) puis on égalise sa pente à la droite

de budget, c’est à dire au rapport des prix : f (U, x2 ) = −p2 /p1 . On en tire directement
x2 = f (U, p1 , p2 ).

2.1.1.1 Variations sur la courbe de demande et variations de la courbe de demande

Il faut distinguer les variations sur la courbe de demande et les variations de la


courbe de demande. Cette distinction s’applique à toute courbe et notamment à la courbe
d’offre.
Il y a variation sur la courbe si la cause de la variation (de la demande) est due à l’augmen-
tation ou à la diminution de la variable libre (qui figure généralement en abscisses, parfois en
ordonnées). Ainsi on observe à la figure 2.1 une variation sur la demande au prix consécutive à
une variation du prix.

Figure 2.1 : Variation ou déplacement sur la courbe (de demande de prix)

Il y a variation de la courbe si la cause de la variation est un paramètre de la fonction de la


demande dont la valeur a été modifiée. Ainsi à la figure 2.2, la variation de la demande au prix
est consécutive à une variation de la fonction de satisfaction (consécutive à un changement de
goût du consommateur), une hausse de revenu du consommateur ou un changement de prix
d’un bien lié.

55
Figure 2.2 : Variation ou déplacement de la courbe (de demande de prix)

2.1.1.2 De la demande individuelle à la demande globale sur un marché

La demande qui concerne un bien pour un consommateur est appelée demande individuelle,
par opposition à la demande de tous les consommateurs présents sur le marché du bien, appelée
demande globale ou, plus rarement, demande collective.
Sur le marché d’un bien, pour passer des demandes individuelles des consommateurs à la
demande totale du marché, il suffit d’agréger les demandes individuelles, c’est à dire d’addi-
tionner, pour cahque niveau de prix, les quantités correspondantes demandées par tous les
P
consommateurs. On obtient : DG = Di .

2.1.1.3 Le surplus du consommateur

Un consommateur est toujours disposé à payer moins cher ; les intentions d’acheter à un prix
donné sont donc réalisées lorsque le prix du marché est inférieur ou égal au prix intentionnel ; S’il
est inférieur, la différence de prix entre le prix maximum intentionnel et le prix payé constitue
pour le consommateur un bonus que les économistes nomment surplus. Lorsque le prix baisse,
le surplus augmente, la variation du surplus est positive. Prix et surplus varient donc en sens
opposé.
Si par exemple une demande rigide de 4 unités d’un bien s’exprime à partir d’un prix
intentionnel de 10, on aura pour un prix effectif de 7 un surplus de 3 (10 − 7) par unité
et de 12(3 × 4) pour les 4 unités demandées. Si le prix remonte à 8 le surplus ne sera plus
respectivement que de 2 unité (10 − 8) et de 8 pour la demande (2 × 4). La variation du surplus
sera égale à −1 (= 2 − 3 ou 7 − 8) par unité et à −4(8 − 12) pour la demande.
Dans le cas d’une hausse de prix, la variation du surplus est négative et peut s’interpréter
comme le revenu supplémentaire qu’il faudrait donner au consommateur pour compenser la
hausse de prix afin de revenir à la satisfaction précédente. Ce montant de monnaie permettrait
en effet au consommateur de racheter le panier précédent. On retrouve ici la variation compen-
satoire du revenu sur le critère de Slutsky que nous verrons plus loin. Par agrégation, la somme
des surplus de chaque consommateur constitue le surplus des consommateur.

56
2.1.2 Les élasticités
Lorsque l’on veut mesurer l’effet d’une variation d’un phénomène sur un autre, on peut
calculer la ≪ sensibilité ≫ en faisant le rapport entre les deux variations. Mais cela a peu de
sens lorsque les ordres de grandeur des deux phénomènes sont très différents. Pour résoudre ce
problème, il suffit de comparer non pas les variations absolues comme le font les sensibilités mais
les variations relatives, ce qui neutralise les différences de grandeurs puisque chaque niveau de
variation est rapporté à son niveau de grandeur. On appelle de telles mesures les ≪ élasticités
≫.

Prenons un exemple : existe-t-il une relation de cause à effet entre la fluctuatin du prix p du
kilogramme de la viande de porc et la fluctuation de sa demande D et, si oui, cette incidence
est-elle forte et dans quel sens joue-t-elle ?

V. A. Effet ∂D (Kg de viande de porc)


V. R. Effet Effet D (Kg de viande de porc) ∂D p
= = = ·
V. R. Cause V. A. Cause ∂p (unité de compte) ∂p D
Cause p (unité de compte)

avec V.A. pour variation absolue et V.R. pour variation relative.


En faisant le rapport des extrêmes et des moyens, le rapport des variations relatives revient
à multiplier le rapport des variations absolues par l’inverse du rapport des grandeurs.

∂y
y (∂y)x ∂y x
= ou encore : ×
∂x (∂x)y ∂x y
x

Lorsqu’on ne dispose que des données empiriques, la mesure de l’élasticité se fait en me-
surant les variations et en les rapportant à leurs grandeurs :

variation de y
variation initiale de y
variation de x
variation initiale de x
ou
valeur finale moins valeur initiale de y
valeur finale plus valeur initiale de y
valeur finale moins valeur initiale de x
valeur finale plus valeur initiale de x
Cette élasticité mesure l’arc de la courbe compris entre les deux valeurs. D’où son nom d’élasticité
d’arc.
Lorsqu’on dispose d’une fonction algébrique, la variation de y rapportée à la variation de x

57
correspond à la dérivée de y par rapport à x. On calcule :

variation de y
variation initiale de y variation de y valeur de x ∂y x
= · devient ·
variation de x variation de x valeur de y ∂x y
variation initiale de x

Cette élasticité se calcule pour une valeur ponctuelle de x ; d’où son nom d’élasticité point.
Pour analyser les biens dont on soumet les demandes aux élasticités, il faut tirer de chaque
élasticité deux types de résultats : le signe et la valeur absolue de l’élasticité. Le signe de
l’élasticité indique si la demande varie dans le même sens que la variable étudiée :

• si elles sont toutes deux de même sens, l’élasticité sera toujours positive ;

• si elles sont de sens opposés, l’élasticité sera toujours négative.

La valeur absolue de l’élasticité indique si l’incidence est faible ou forte :

• si la demande et la variable étudiée évoluent au même taux ou d’un même pourcentage,


les deux variations relatives seront égales et l’élasticité vaudra 1 (l’unité est la valeur
pivot des élasticités) ;

• si la demande varie relativement plus que la variable, l’élasticité sera supérieure à 1 ;

• si la demande varie relativement moins que la variable, l’élasticité sera inférieure à 1.

2.2 Analyse des demandes et des biens correspondants


A travers les élasticités, nous allons successivement analyser les demandes marshalliennes
par rapport à chacune de leurs variables : revenu, prix du bien, prix des biens liés. Cela nous
conduira à dégager ce que l’analyse microéconomique considère être différents types de biens. En
réalité l’objet de ces analyses ne sont pas des biens mais les demandes relatives à ces biens. Et
ces demandes dépendent des préférences du ou des consommateurs, non de la nature intrinsèque
du bien. C’est pourquoi un même bien pourra apparaı̂tre de façon tout à fait différente selon
la fonction de préférence et par conséquent selon le consommateur chez lequel on l’analyse.

2.2.1 Analyse de la demande par rapport au revenu


2.2.1.1 Courbe d’Engel et chemin d’expansion

Lorsqu’on se pose le problème des relations entre une demande et le revenu qui correspond,
on parle de demande par rapport au revenu ou par abréviation de la ≪ demande-revenu ≫.
L’expression graphique de cette demande est appelée courbe d’Engel.
L’évolution du panier demandé en fonction du revenu est appelée courbe de consommation-
revenu, chemin d’expansion du revenu ou encore sentier d’expansion du revenu.

58
2.2.2 Élasticité de la demande au revenu
C’est la grandeur notée ex/R . L’élasticité de la demande au revenu, x de la demande du bien
X et R le revenu, on obtient :

∂x
∂x R Propension marginale à consommer X
ex/R = x = · (= )
∂R ∂R x Propension moyenne à consommer X
R

• Lorsque ex/R est comprise entre 0 et 1 alors la variation de la demande d’un bien augmente
moins vite que celle du revenu. Il s’agit de biens normaux comme les vêtements. La
demande est peu élastique au revenu.

• Lorsque ex/R est supérieure à 1 alors la demande de ce bien augmente plus rapide que le
revenu. Il s’agit de ≪ biens supérieurs ≫ ou de ≪ biens de luxe ≫ (exemple : les produits
électroniques) dont la demande est très élastique au revenu.

• Lorsque ex/R est inférieure à 0 alors la demande de ce bien diminue quand le revenu
augmente. Il s’agit de ≪ biens inférieurs ≫ auxquels on substitue des biens de meilleure
qualité, lorsque le revenu le permet (exemple : vin ordinaire contre vin de qualité).

2.2.3 Analyse de la demande par rapport au prix du bien


L’élasticité-prix de la demande d’un bien est une mesure de la sensibilité de la demande du
consommateur à la variation du prix de ce bien. L’élasticité-prix est normalement négative car
la demande ou consommation baisse lorsqu’un prix augmente.

ex/p = (∂x/x)/(∂p/p) = (∂x/∂p)/(p/x)

• Lorsque l’élasticité-prix est supérieure à 1, en valeur absolue (ex/p < −1) alors une faible
variation du prix d’un bien entraı̂ne une forte variation de sa demande. On dit que la
demande est très élastique. (C’est le cas des produits très substituables ou des biens
supérieurs ou de luxe)

• Lorsque l’élasticité-prix est comprise entre 0 et 1, en valeur absolue (−1 < ex/p < 0) alors
la demande ne varie pas ou peu quand le prix varie. Elle est inélastique au prix. Ce sont
des biens de consommation courante pour lesquels il existe peu de biens de substitution.

• Lorsque l’élasticité-prix est supérieure à 0 (ex/p > 0) alors la demande augmente avec
le prix. Ce cas est rare. Il s’agit des biens de Giffen (biens de première nécessité) et des
biens Veblen (biens de luxe comme le parfum), dont l’augmentation du prix accroı̂t la
consommation ostentatoire.

59
2.2.4 Analyse de la demande par rapport au prix des biens liés
On appelle la demande d’un bien X1 au prix d’un autre bien X2 une ≪ demande indirecte
≫ ou ≪ demande croisée ≫, plus précisément la ≪ demande croisée de X1 au prix X2 ≫.

Si on note ex1 /p2 pour l’élasticité croisée de la demande du bien X1 au prix du bien X2 , x1 pour
la demande du bien X1 et p2 pour le prix du bien X2 , on obtient :

∂x1
x1 ∂x1 p2
ex1 /p2 = = ·
∂p2 ∂p2 x1
p2

Lorsque l’élasticité croisée est positive, le bien est dit ≪ substituable ≫ ou concurrent ; lors-
qu’elle est négative, le bien est dit ≪ complémentaire ≫.

60
Table des matières

Introduction générale 5

I Macroéconomie 6

Introduction 7

1 Le fonctionnement de l’économie 8
1.1 Les acteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.1 Selon la théorie économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.2 Selon la comptabilité nationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Les opérations économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Les opérations sur biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Les opérations de répartition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3 Les opérations financières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Les marchés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.1 Les marchés selon l’objet de l’échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.2 Les marchés selon la structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 L’analyse en circuit économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5 Les agrégats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5.1 Produit Intérieur Brut (PIB) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5.2 Taux de croissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.3 Évolution d’indicateurs macroéconomiques . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

2 Les composantes de la demande 17


2.1 La fonction de consommation et la fonction d’épargne . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.1 la fonction de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.2 La fonction d’épargne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2 La fonction d’investissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3 Doutes empiriques et reformulations de la fonction de consommation . . . . . . 21

3 L’analyse des fluctuations économiques 22


3.1 Le modèle revenu-dépense . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1.1 Présentation générale du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

61
3.1.2 L’équilibre de sous-emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.1.2.1 Le principe de la demande effective . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.1.2.2 L’équilibre épargne-investissement . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.1.3 Le diagramme à 45 degrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.1.3.1 Détermination graphique du revenu d’équilibre . . . . . . . . . 25
3.1.3.2 Détermination analytique du revenu d’équilibre . . . . . . . . . 27
3.1.4 Le multiplicateur keynésien élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.1.4.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.1.4.2 Approche graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.1.4.3 Approche analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.1.5 L’État et le rôle de la politique budgétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.1.5.1 L’équilibre macroéconomique avec l’État . . . . . . . . . . . . . 30
3.1.6 Les freins de l’effet multiplicateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.1.6.1 Les multiplicateurs keynésiens avec imposition endogène . . . . 34
3.1.6.2 L’ouverture de l’économie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

II Microéconomie 36

Introduction 37

1 La fonction d’utilité 39
1.1 Notions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
1.1.1 Le consommateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
1.1.2 Les besoins économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.1.3 Les biens économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.1.4 Les paniers de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.1.5 L’ensemble de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.2 La relation de préférence du consommateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.3 La notion d’utilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
1.3.1 Les deux approches de la notion d’utilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
1.3.2 Utilité marginale et TMS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1.4 Les courbes d’indifférence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
1.4.1 Définition des courbes d’indifférences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
1.4.2 Hypothèses complémentaires sur les préférences . . . . . . . . . . . . . . 47
1.5 L’optimum du consommateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
1.5.1 La contrainte de revenu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
1.5.2 Résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
1.5.2.1 Résolution graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
1.5.2.2 Résolution algébrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

62
2 La demande du consommateur 54
2.1 Fonction de la demande et élasticité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.1.1 La fonction de demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.1.1.1 Variations sur la courbe de demande et variations de la courbe
de demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.1.1.2 De la demande individuelle à la demande globale sur un marché 56
2.1.1.3 Le surplus du consommateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2.1.2 Les élasticités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.2 Analyse des demandes et des biens correspondants . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
2.2.1 Analyse de la demande par rapport au revenu . . . . . . . . . . . . . . . 58
2.2.1.1 Courbe d’Engel et chemin d’expansion . . . . . . . . . . . . . . 58
2.2.2 Élasticité de la demande au revenu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.2.3 Analyse de la demande par rapport au prix du bien . . . . . . . . . . . . 59
2.2.4 Analyse de la demande par rapport au prix des biens liés . . . . . . . . . 60

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