Rochambeau 2011.
Enseignement spécifique
EXERCICE 4 (6 points) (commun à tous les candidats)
Partie A
On considère la fonction g définie sur [0, +∞[ par g(x) = ex − x − 1.
1) Étudier les variations de la fonction g.
2) Déterminer le signe de g(x) suivant les valeurs de x.
3) En déduire que pour tout x de [0, +∞[, ex − x > 0.
Partie B
ex − 1
On considère la fonction f définie sur [0, 1] par f(x) = .
ex − x
La courbe (C) représentative de la fonction f dans le plan muni d’un repère orthonormal est donnée en annexe.
Cette annexe sera complétée et remise avec la copie à la fin de l’épreuve.
On admet que f est strictement croissante sur [0, 1].
1) Montrer que pour tout x de [0, 1], f(x) ∈ [0, 1].
2) Soit (D) la droite d’équation y = x.
(1 − x)g(x)
a) Montrer que pour tout x de [0, 1], f(x) − x = .
ex − x
b) Étudier la position relative de la droite (D) et de la courbe (C) sur [0, 1].
3) a) Déterminer une primitive de f sur [0, 1].
b) Calculer l’aire, en unités d’aire, du domaine du plan délimité par la courbe (C), la droite (D) et les droites
d’équations x = 0 et x = 1.
Partie C
"
1
u0 =
On considère la suite (un ) définie par : 2 .
pour tout entier naturel n, un+1 = f(un )
1) Construire sur l’axe des abscisses les quatre premiers termes de la suite en laissant apparents les traits
de construction.
1
2) Montrer que pour tout entier naturel n, ! un ! un+1 ! 1.
2
3) En déduire que la suite (un ) est convergente et déterminer sa limite.
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ANNEXE
Cette page sera complétée et remise avec la copie à la fin de l’épreuve.
Exercice 4
(C)
O 1 x
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Rochambeau 2011. Enseignement spécifique
EXERCICE 4
Partie A
1) La fonction g est dérivable sur [0, +∞[ en tant que somme de fonctions dérivables sur [0, +∞[ et pour tout réel x
de [0, +∞[
g ′ (x) = ex − 1.
Par suite, g ′ (0) = e0 − 1 = 0 et si x > 0, g ′ (x) > 0 car ex > 1. En résumé, la fonction g est dérivable sur [0, +∞[ et
sa dérivée est strictement positive sur ]0, +∞[. On en déduit que la fonction g est strictement croissante sur [0, +∞[.
2) Puisque g(0) = e0 − 0 − 1 = 0 et puisque la fonction g est strictement croissante sur [0, +∞[, pour tout x > 0,
g(x) > g(0) = 0. Donc la fonction g s’annule en 0 et est strictement positive sur ]0, +∞[.
3) Pour tout x ! 0, g(x) ! 0 ou encore ex − x − 1 ! 0. Mais alors, pour tout x ! 0, ex − x ! 1 et en particulier,
pour tout x ! 0, ex − x > 0.
Partie B
e0 − 1 1−1 e1 − 1
1) f(0) = = = 0 et f(1) = = 1.
e0 − 0 1 e1 − 1
Soit x ∈ [0, 1]. Puisque la fonction f est croissante sur [0, 1], (résultat admis par l’énoncé), on a f(0) " f(x) " f(1) ou
encore 0 " f(x) " 1. On a montré que
pour tout x de [0, 1], f(x) ∈ [0, 1].
2) a) Soit x ∈ [0, 1].
ex − 1 ex − 1 − xex + x2 ex (1 − x) − (1 − x2 ) (1 − x)(ex − (1 + x))
f(x) − x = − x = = =
ex − x ex − x ex − x ex − x
(1 − x)g(x)
= .
ex − x
b) Pour tout x ∈]0, 1[, g(x) > 0 (d’après la partie A), 1 − x > 0 et ex − x > 0 (d’après la partie A). Donc, pour tout
x ∈]0, 1[, f(x) − x > 0. D’autre part f(0) = 0 et f(1) = 1. Donc la droite (D) est strictement au-dessous de la courbe
(C) sur ]0, 1[ et la droite (D) et la courbe (C) se coupent aux points de coordonnées (0, 0) et (1, 1).
3) a) La fonction f est continue sur [0, 1] en tant que quotient de fonctions continues sur [0, 1] dont le dénominateur
ne s’annule pas sur [0, 1]. Donc la fonction f admet des primitives sur [0, 1].
On remarque que (ex − x) ′ = ex − 1 et puisque pour tout x ∈ [0, 1], ex − x > 0,
une primitive de f sur [0, 1] est la fonction F : x "→ ln (ex − x).
b) On note A l’aire, exprimée en unités d’aire, du domaine considéré par l’énoncé. Puisque la courbe (C) est au-dessus
de la droite (D) sur [0, 1],
#1 "1
x2
! # &
% 1 1
ln e1 − 1 − − ln e0 − 0 − 0 = ln(e − 1) − .
$ $ $ % %
A = (f(x) − x) dx = F(x) − =
0 2 0 2 2
1
A = ln(e − 1) − .
2
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1
(D)
(C)
Partie C
1)
(D)
(C)
u0 u1 u2 u3
1
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1
2) Montrons par récurrence que pour tout n ∈ N, " un " 1.
2
1 1
• u0 = et donc " u0 " 1.
2 2
1
• Soit n ! 0. Supposons que " un " 1.
2 # &
1
Puisque la fonction f est croissante sur [0, 1] (résultat admis par l’énoncé), on en déduit que f " f(un ) " f(1) ou
2
e0,5 − 1
# & # &
1 1 1
encore que f " un+1 " 1. Maintenant, f = 0,5 = 0, 56 . . . ! 0, 5 et finalement " un+1 " 1.
2 2 e − 0, 5 2
1
On a montré par récurrence que pour tout n ∈ N, " un " 1.
2
Soit n ∈ N. La question 2.b) de la partie B permet d’affirmer que pour tout x ∈ [0, 1], on a f(x) ! x. Puisque
un ∈ [0, 1], on a donc un+1 = f(un ) ! un . Finalement,
1
pour tout entier naturel n, " un " un+1 " 1.
2
3) Ainsi,
! "la suite (un ) est une suite croissante et majorée par 1. On en déduit que la suite
! (u"n ) converge vers un réel
1 1 1
ℓ∈ , 1 (car pour tout n ∈ N, " un " 1). Puisque l’application f est continue sur , 1 et donc en ℓ, on a
2 2 2
# &
ℓ = lim un+1 = lim f(un ) = f lim un = f(ℓ).
n→+∞ n→+∞ n→+∞
! "
1
D’après la question 2.b) de la partie B, il existe un et un seul réel x ∈ , 1 tel que f(x) = x à savoir x = 1 et donc
2
ℓ = 1. On a montré que
lim un = 1.
n→+∞
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