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Concours Madagascar: Culture Générale

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L’ÉPREUVE

CULTURE GENERALE DE MADAGSCAR


AUX CONCOURS ***

Destiné aux épreuves écrites et orales de culture


Générale de tous concours de la fonction publique:
Concours administratifs, catégories A B C, adjoints administratif,
INFA, ENAM, ENMG, greffiers, Police
Nationale, IMPOTS, finances, Commissaires,
Gendarmerie, éducation nationale,
Fonction DE DOUANE...

Edition 2020_2021
Madagascar
République de Madagascar
Repoblikan'i Madagasikara

-Dissertation culture général

-Oral

-Sujets d’ordre général

-Question a choix multiple


Géographie

Capitale Tananarive

Plus grande ville Tananarive

Superficie 587 041 km2

Rang Classé 48e

Eau 0,95 %

Fuseau horaire UTC+3

Population

Population (2020) 27 000 000 habitants

Rang Classé 53e

Gentilé Malgache

Densité 46 habitants/km2

Langue(s) parlée(s) Malgache

Politique et fonctionnement

Formation Indépendance de la France

Date 1960

Président de la République Andry Rajoelina

Type de gouvernement République à régime semi-présidentiel


Premier ministre Christian Ntsay

Hymne Ry Tanindrazanay malala ô (Ô chère terre


de nos ancêtres)

Monnaie Ariary
Domaine Internet .mg

Indicatif téléphonique +261

Géographie

Madagascar est un pays situé dans la zone intertropicale au sud de l'équateur.


Le pays
s'étend sur 1600 kilomètres du nord au sud (entre les 26° et 12° parallèles
sud) et est
traversé par le tropique du Capricorne. Sa superficie totale est de 587 040 km²
(plus que la
superficie de la France). Le littoral malgache est long de 4 828 km. Le point
culminant du
pays est le volcan éteint de Maromokotoro, de 2 876 mètres d'altitude situé
dans le nord
du pays.

Le relief et les précipitations à Madagascar

L'île est le vestige d'un continent aujourd'hui disparu (le Gondwana, qui s'est
disloqué il y a
environ 240 millions d'années) aux roches très anciennes. Ce socle a été
soulevé, s'est
fracturé et a basculé en plongeant vers l'ouest.
La moitié est de l'île forme un ensemble de hauts plateaux étagés entre 1200
et 1400
mètres d'altitude. Ils sont surmontés par des massifs volcaniques, ceux de
l'Ambre, de
Tsaratanana (qui culmine à 2880 mètres) au nord et de l'Ankaratra au centre.
La région est
fortement ravinée et contient de nombreuses zones déprimées comme celle
de l'Imérina
au centre.
Ces hauts plateaux se terminent à l'est par un gigantesque escalier de failles
qui
surplombe une étroite plaine côtière donnant sur l'océan Indien. Vers l'ouest
les hautes
terres s'abaissent progressivement vers le canal de Mozambique, cependant
les fleuves
forment des rapides.
La moitié ouest de l'île est d'altitude beaucoup plus faible et est formée de
plaines
alluviales et de bas-plateaux.

Climats et milieux naturels de


Madagascar

Situé dans la zone intertropicale, Madagascar connait un climat tropical, qui


présente deux
saisons différenciées par la présence ou l'absence de pluie. Les pluies d'été
(en décembremars)
sont abondantes puisqu'elles atteignent 1700 à 1800 mm. Elles sont
orageuses et
violentes et se produisent surtout en fin de journée. Le climat tropical est
normalement
chaud toute l'année. Il existe cependant des nuances régionales, dues à la
grande taille et
aux différents reliefs de l'île.

Les hauts plateaux centraux


L'altitude des hauts plateaux centraux diminue la température (il arrive même
qu'en hiver,
c'est-à-dire en juillet, il fasse froid). Les pluies qui sont suffisamment
abondantes ont
tendance à diminuer vers le sud-ouest. Elles donnent de fortes averses d'été,
par contre en
hiver, les vents alizés n'apporte qu'un léger crachin. Ce climat favorise une
savane boisée,
la bozaka, qui doit être brûlée en début de saison humide pour favoriser la
repousse. Mais
les défrichements opérés par l'homme ont laissé la place à une steppe chétive
appelée
savoka. Les sols sont appauvris par les brûlis annuels et ne supportent qu'une
végétation
clairsemée. Ils sont de type latérite rouge. Ils sont très érodés par les pluies
qui tombent
sur des terrains en partie dénudés, on les appelle les "lavaka". Cependant les
régions
volcaniques, autour d'Antsirabe, disposent de sols noirs très fertiles
La savane sur les hauts plateaux.
Photographie prise pendant la
saison sèche
La forêt dense sur la côte est
de Madagascar
Des vihas, une plante semi-aquatique
dans le sud-est de Madagascar

La côte orientale
Le climat de la côte orientale est beaucoup plus humide, de caractère
équatorial. Cette
région est en effet exposée aux alizés venant du sud-est. Ce vent permanent
apporte de
l'air humide et chaud toute l'année. Malgré la différence de latitude les
températures sont
sensiblement les mêmes au nord et au sud, en moyenne autour de 24 °C. Les
pluies sont
très importantes avec près de 3000 mm à Toamasina (anciennement
Tamatave). Un tel
climat permet le développement de la forêt dense avec un sous-bois de
fougères et de
palmiers-nains, surtout sur les pentes abruptes que l'homme a du mal à
défricher. Dans
les parties plus basses, en particulier la grande plaine des Pangalanes, on
trouve surtout
des marais avec des roseaux.

Le nord-ouest
Dans le nord-ouest (sauf à Nosy Be et dans le Sambirano, qui ont un climat de
type
équatorial), la mousson d'hiver, qui est sèche et très chaude, ne permet que
l'existence
d'une forêt-claire à feuilles caduques. Dans de nombreux endroits elle a été
défrichée et
laisse la place à la savane avec certaines variétés de baobab et de palmiers.

Le désert du sud

Le sud de l'île connait un climat semi-aride car il est à l'écart du trajet des
vents alizés et
de la mousson d'été. La pluviosité est inférieure à 500 mm alors que les
températures
sont élevées avec 28 °C en février (été) et 20 °C en juillet (hiver). Une
végétation de steppe
à épineux (le bush) y pousse.

Histoire
Il existe des preuves de peuplement de Madagascar datant du 2ème
millénaire avant J.-C.
Le peuplement actuel trouve ses origines par l'arrivée sur l'île de peuples
venant de
l'actuelle Malaisie, à partir de -2000 par le biais de pirogues à balanciers. Des
marchands
arabes et perses ont ensuite installé des comptoirs sur l'île aux alentours du
VIIe siècle.
Plus tard, autour de l'an mille, des migrants africains ont débarqué sur les
côtes du pays.
L'unification des différents royaumes de Madagascar est le fait du royaume
Merina, qui a
perduré sur l'île entre le XVIe siècle et le XIXe siècle. L'île est ensuite devenue
une colonie
française à partir de 1895 mais les premiers contacts avec les européens
étaient plus
anciens. En effet, les européens sont entrés en contact avec Madagascar
dans les années
1500. L'indépendance du pays a eu lieu le 26 juin 1960. Depuis ce jour une
lutte pour la
démocratisation persiste et n'arrive pas réellement à se mettre en place.

Peuplement de l'île

Le peuplement actuel de Madagascar est le résultat de deux grandes vagues


d'immigration. La première aurait commencé vers 2000 av. J.-C.. Des
populations
originaires d'Indonésie ont franchi l'océan Indien, grâce à des pirogues à
balancier. Ces
premiers malgaches auraient apporté des cultures comme la noix de coco, la
banane, la
canne à sucre. Cette population se serait divisée en deux grands groupes :
ceux de la forêt
sur les hauts-plateaux et la côte est (les Vazimbas) et ceux de la côte à l'ouest
de l'île (les
Vezos) 2.
Le seconde vague d'immigration à partir du milieu du premier millénaire jusque
vers 1600
est composée de population venues de l'Afrique, d'Arabie, de Perse, d'Inde, et
de Malaisie.
C'est principalement le commerce arabe et perse dans l'Océan Indien qui
permet l'arrivée
de populations qui ne sont pas originaires de l'île. Une plus grande part de la
population
venant d'Afrique est présente dans le pays avant l'an 1000. Le commerce
d'esclaves venu
d'Afrique de l'Est en fut probablement la raison3.
Ces différents mélanges d'êtres humains d'origine différentes ont mené à une
population
composée de plusieurs ethnies. Ces apports culturels ont enrichi et
bouleversé la société
malgache, ce qui a probablement permis l'apparition de la civilisation Merina.

Le royaume Merina
Radama Ier, premier roi de
Madagascar unifié
Le royaume Merina trouve ses origines au XVIe siècle selon la tradition, avec
pour
première souveraine Rangita. C’est ce royaume qui a unifié les différentes
ethnies de l’île
pour fonder un seul pays. Le royaume a été fondé par l’ethnie merina,
originaire du nordouest
de l’île qui s’est peu à peu aventuré dans le centre de l’île.
Le petit fils de Rangita, Adrianjaka déplace la capitale de son royaume dans
un endroit
appelé la forêt bleue. Il y place une garnison de mille hommes. La ville qui est
fondée
s’appelle le village des mille ou Antananarivo en malgache : la capitale
actuelle est née.
Des digues sont construites pour créer des rizières au pied des collines. La
succession
d’Adrianjaka est difficile et le royaume est partagé entre ses héritiers, qui se
déchirent.
Un nouveau souverain est élu : Adrianampoinimerina. Durant son règne de
1787 à 1810, il
va conquérir pacifiquement des territoires et accroître l’influence de son
royaume sur le
reste de l’île. Il modernise également la société en créant des conseils de
villages chargés
de prendre des décisions, des travaux d’intérêt général, un système d’impôts
et en
développant les marchés.
Son fils Radama, qui règne de 1810 à 1828, accroît les possessions du
royaume vers l’est
et le sud. Des contacts sont établis avec les anglais qui sont déjà présents sur
l’île
Maurice, non loin de Madagascar. Les anglais vont évangéliser les plateaux
centraux. Cela
va créer des tensions avec les français qui sont installés sur les côtes et ne
voient pas
d’un bon oeil l’influence grandissante des anglais. Néanmoins, Radama saura
manoeuvrer
et affirmer l’indépendance de son royaume vis-à-vis des puissances
européennes.
La période durant laquelle sa femme Ranavalona règne, entre 1828 et 1867,
est souvent
considérée par les historiens chrétiens et coloniaux comme une période
sanglante de
l’histoire de Madagascar. Elle est hostile à la présence étrangère et fait
expulser les
religieux chrétiens étrangers et exécuter les chrétiens malgaches. Elle
continue
néanmoins l’expansion et l’affirmation de son royaume.
Son fils Radama II change de politique. Il abolit la peine de mort et fait cesser
les
persécutions des chrétiens. Il ouvre son pays aux étrangers, ce qui provoque
une
opposition des traditionalistes qui le font assassiner.

La période coloniale
Galliéni (assis) avec son étatmajor
à Madagascar, en 1897
La colonisation trouve ses racines dans la guerre entre la France et
Madagascar. Prenant
pour prétexte l'assassinat d'un français, les troupes françaises avancent vers
la capitale,
Antananarivo. L'avancée est difficile en raison des conditions climatiques
auxquelles ne
sont pas habitués les soldats français. Beaucoup meurent du paludisme.
L'armée
française doit également faire face à des résistants au sein de la population,
les fahavalo,
qui se battent contre les français et pour le maintien des traditions.
Madagascar, qui était un protectorat devient finalement une colonie en 1895,
lorsque la
reine Ranavalona III abdique. Une guérilla suit alors pendant 10 ans. Elle est
finalement
vaincue lorsque le général Galliéni crée un corps d'armée malgache qui
connait mieux le
terrain, les coutumes locales et la langue, que les soldats français. Le bilan de
la guérilla
n'est pas connu avec précision. Les pertes côté malgache se situent entre 100
000 et
700 000 morts.
Gallieni s'est ensuite appuyé sur des malgaches pour occuper des postes
dans
l'administration coloniale. La France mettra en valeur les richesses de l'île,
notamment
minières et agricoles, et réalisera des infrastructures routières, ferroviaires et
même
fluviales avec la réalisation du canal des Pangalanes. Ces avancées sont
néanmoins
accompagnées de souffrances pour la population locale avec une fiscalité et
une
répression importantes, ainsi qu'un accaparement des terres par les colons.
Après la Seconde Guerre mondiale, des élections voient la victoire du MDRM
(Mouvement
démocrate de la Rénovation de Madagascar) qui réclame l'indépendance de
manière
légale et pacifique. Ce mouvement est cependant infiltré par des éléments qui
mènent des
actions violentes en 1947. Des colons sont attaqués et exécutés dans les
plantations. La
répression par la France qui s'ensuit fera environ 89 000 morts. A la suite de
ces
événements, la France accorde plus de libertés à sa colonie et accepte la
mise en place du
suffrage universel.

Indépendance

Pour en savoir plus, lire l’article : Philibert Tsiranana.


Les premières élections libres mènent à la victoire de Philibert Tsiranana, qui
devient le
premier Président de la République de Madagascar, en 1959. Il mène une
politique proche
d'un socialisme "pragmatique" : les investissements étrangers sont
encouragés mais les
bénéfices sont taxés lourdement s'ils ne sont pas réinvestis sur place. A partir
de 1967, les
contestations augmentent car de nombreux malgaches se rendent compte que
si
l'indépendance politique est réelle, l'indépendance économique n'est pas
achevée : de
nombreux secteurs de l'économie restent aux mains des français. Tsiranana,
malade et
affaibli, penche vers l'autoritarisme. Une révolte plus profonde éclate en mai
1972.
Tsiranana confie alors les pleins pouvoirs au général Ramanantsoa. Les
militaires
gouvernent le pays.
Un référendum de 1975 fait ancrer dans la Constitution l'affirmation d'un
système
économique proche du communisme. En 1978, Didier Ratsiraka, le principal
artisan de la
nouvelle constitution est élu Président de la République. Il règne alors jusqu'en
1991 de
manière autoritaire sous un régime de parti unique, l'Avant-garde de la
Révolution
malgache (AREMA). Il mène une politique dite de malgachisation, les
entreprises sont
nationalisées, la langue française est de moins en moins enseignée et les
liens
économiques avec la France sont moins forts. La chute du Bloc communiste,
et donc la
disparition de ses soutiens, à partir de la fin des années 1980 pousse
Ratsiraka à
organiser des élections libres en 1991. Il perd ces élections. Il reviendra
cependant au
pouvoir en 1997 en se faisant élire avec un programme humaniste et
écologique.
Une forte instabilité politique

En 2001, Didier Ratsiraka perd les élections contre Marc Ravalomanana. Ce


dernier,
auparavant maire de Tananarive, a bâti son succès grâce à la laiterie qu'il a
créée. Les
résultats de l'élection sont cependant contestés. Marc Ravalomanana s'estime
vainqueur
dès le premier tour, ce que rejettent Ratsiraka et les autres candidats. Une
lutte militaire
mène à l'accession au pouvoir de Ravalomanana en juillet 2002.
Des espoirs de changement interviennent pour la population malgache, qui
pensent que le
succès en affaires du président peut leur profiter. Néanmoins, ce changement
tarde à se
concrétiser car la corruption du pouvoir reste forte. Le président choisit
également de se
tourner vers les États-Unis au détriment de la France, le partenaire historique.
Une révolte
débute en 2009, après que Ravalomanana a cédé des terres du pays à une
entreprise sudcoréenne
pour un prix dérisoire. La révolte est menée par Andry Rajoelina, jeune maire
de
Tananarive. En mars 2009, les pouvoirs sont transférés à ce dernier. Après un
long
processus de négociation, des élections libres sont organisés en 2013 sans
ces deux
protagonistes. Une "revanche" a lieu lors de l'élection présidentielle de
décembre 2018 qui
voit s'opposer au deuxième tour Marc Ravalomana et Andry Rajoelina. Ce
dernier est élu
Président de la République avec 55,7 % des voix.

Démographie
ne famille à Madagascar
En 2020, la population estimée de Madagascar est de 27 millions habitants
pour une
densité voisine de 46 hab./km². Cette population est en très forte
augmentation (en 1965
il y avait environ 6 millions d'habitants). L'augmentation de la population est
due à un taux
Population de Madagascar

de natalité très élevé à environ 30 pour mille en 2020 (Il est de 11,9 pour mille
en France).
Le taux de mortalité est lui aussi important, bien qu'en baisse ces dernières
années à
environ 7 pour mille. La différence entre ces deux valeurs donne un taux
d'accroissement
naturel de la population de 2,4 %. c'est un taux élevé car une telle
augmentation signifie
que la population double tous les 30 ans.
Le nombre d'enfants par femme est élevé avec un taux moyen de 3,78. La
population est
très jeune puisque 60 % d'entre elle est âgée de moins de 25 ans.
L'espérance de vie à la
naissance est de 67 ans en 2020. La population est encore majoritairement
rurale puisque
seule 38,7 % de la population vit en ville en 2020. Seuls 75 % des malgaches
de plus de 15
ans savent lire et écrire. Toutes ses indications sont des caractéristiques d'un
pays pauvre
avec une population jeune, rurale, en forte augmentation et très illettrée.

Ethnies

Les différentes ethnies à Madagascar


Les populations d'origine différentes arrivées entre -2000 et 1600 se sont
mélangées pour
former les Malgaches, qui sont aujourd'hui regroupés en 18 ethnies (Voir la
partie sur le
peuplement de l'île). Les différences physiques permettent de différencier
diverses
composantes de la population (voir la carte). Les populations des hauts-
plateaux, l'ethnie
Merina, ont des traits plus proches des malais et des indonésiens. Ils ont la
peau plus clair
que les habitants de la côte. Ces derniers ont la peau plus noire, car leurs
ancêtres étaient
originaires d'Afrique. C'est l’ethnie Merina qui domine la vie politique et
économique du
pays car la plupart des politiciens et des chefs d'entreprises sont issus de
cette ethnie.
L'ethnie Merina est également majoritaire en nombre de personnes. En plus
de ces 18
ethnies on compte des groupes de population arrivés lors de la période
coloniale : les
karanes, originaires d'Inde et du Pakistan et arrivés à partir du XVIIe siècle, les
sinoas,
originaires de Chine, et les vazahas, les blancs descendants des colons
européens.
Madagascar est un pays très pauvre. Il fait partie des pays les plus pauvre du
monde.
Selon les critères de classement des Nations-Unies, il fait partie des pays les
moins
avancés. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette pauvreté : de nombreuses
ressources
naturelles ne sont pas exploitées, la corruption est importante, le pays est
grand et les
infrastructures ne sont pas développées, ce qui isole les personnes entre
elles. Le coup
d'État de 2009 a aggravé la situation économique car de nombreux pays ont
réduit leurs
relations avec Madagascar.
L'agriculture représente un quart du PIB de Madagascar. Elle emploie
néanmoins 80 % de
la population. Une grande partie de cette population gagne moins de 2 dollars
par jour, ce
qui constitue le seuil international de pauvreté. Madagascar est le premier
producteur
mondial de vanille (80 % de la production mondiale).4
L'industrie est avant tout liée à la transformation des produits agroalimentaires.
L'extraction de ressources est faible. On compte quelques mines de charbon
dans le pays
et d'autres minéraux. Les services (secteur tertiaire) sont difficilement comptés
dans le
PIB car beaucoup de personnes travaillent "au noir", c'est à dire sans contrat
de travail.
L'esclavage moderne reste une réalité à Madagascar.5
Les deux principaux partenaires économiques de Madagascar sont la France,
vers laquelle
sont exportées 25 % du total des exportations, et la Chine depuis laquelle sont
importées
19 % du total des importations.

Énergie
Le pourcentage de la population malgache qui a accès à l'électricité est de 23
%,
principalement dans les villes. L'électricité est produite pour environ 1/4 à
partir de
centrales hydroélectriques et pour 3/4 grâce à des centrales à charbon.6

Tourisme

Le tourisme contribue à environ 13 % de la richesse produite à Madagascar 7.


Néanmoins,

Économie
il reste sous-developpé. En effet, il existe peu d'hôtels et les conditions
sanitaires sont
parfois mauvaises. Le pays est pourtant reconnu pour la richesse de sa
biodiversité ou la
beauté de ses plages et de ses îles, comme Nosy Be. La majorité des
touristes sont des
français.

Transports

Dans la totalité du pays, on compte environ 41 000 km de routes, dont environ


2 000 sont
goudronnées, ce qui est peu en regard de la taille du pays. Onze aéroports
accueillent des
passagers. Le principal aéroport est l'aéroport international Ivato
d'Antananarivo. Il relie
quotidiennement Paris, Saint-Denis (La Réunion), Johannesburg, Nairobi,
Maurice, Moroni
ou Mamoudzou (Mayotte). Les biens qui sont importés arrivent par bateau au
port de
Toamasina (Tamatave). La principale voie navigable du pays est le canal des
Pangalanes.
Madagascar est un pays qui est souvent cité pour la richesse de sa flore et de
sa faune.
Entre 80 % et 90 % des espèces animales et végétales sont endémiques. Ces
espèces
sont néanmoins menacées par l’action de l’Homme sur son environnement.
La déforestation est due à la nécessité de récupérer le bois, qui est le premier
combustible
utilisé. Des parcelles sont également brûlées pour y cultiver de la nourriture :
on parle
d’agriculture sur brûlis. Cette pratique entraîne également la possibilité de feux
de
brousse, très dévastateurs pour l’environnement. La conséquence majeure de
la
déforestation est l’érosion et la dégradation des sols. La déforestation
représente aussi
une perte de la flore sauvage et une perte d’habitat pour la faune.
En ville, les rejets de matière organique et de déchets dans les rivières
constituent une
source importante de pollution et un danger pour la santé des habitants qui
peuvent
consommer ces eaux.

Faune
La faune de Madagascar a pour particularité de compter entre 80 % et 90 %
d'espèces
endémiques, ce qui en fait une faune très riche. La raison est liée à la
géologie. En effet,
Madagascar s'est retrouvée isolée dans l'océan Indien depuis 84 millions
d'années. De
plus, les grands prédateurs sont absents de l'île. Ceci a permis le
développement d'un
grand nombre d'espèces.

Environnement

Parmi les espèces emblématiques de Madagascar, on peut citer les lémuriens


qui ne
vivent naturellement que sur l’île. Ils sont néanmoins menacés par la
destruction de leur
habitat, la forêt primaire.
Flore

Tout comme la faune, la flore de Madagascar est très riche. L'emblème de


Madagascar
est l'Arbre du voyageur, ou Ravinala en malgache. Il doit son nom au fait que
sa sève est
potable et accessible facilement, ce qui permet de désaltérer le voyageur.
Les baobabs sont également des arbres emblématiques du pays. Sur les neuf
espèces
existant sur Terre, six sont endémiques de Madagascar.

Religion

La population malgache est très croyante et majoritairement chrétienne


(catholiques ou
protestants). Une minorité est également musulmane.
Même si la majeure partie de la population est chrétienne, les traditions
ancestrales sont
toujours suivies, et notamment le culte des ancêtres. Les anciennes coutumes
funéraires
malgaches considéraient que les âmes ne rejoignaient le paradis qu'au
moment où le
corps était entièrement décomposé. Les familles prennent donc soin des
morts au cours
d'une cérémonie unique au monde, le famadihana (retournement des morts).
Au cours de
cette cérémonie, qui est une fête, les corps des défunts sont sortis des
caveaux, les
défunts sont pleurés puis les linceuls sont changés. A la suite de la cérémonie,
un grand
repas est servi aux invités 8.

Les Fady
Les Fady sont très importants dans la culture malgache. Ce mot pourrait être
traduit par
tabou en français. Il désigne toutes les règles de société qu'il est interdit de
transgresser,
sous peine d'attirer des malédictions sur soi et ses proches. Par exemple, il ne
faut pas
montrer les tombes du doigt. Dans certains villages, il ne faut pas consommer
certains
aliments certains jours (par exemple des oignons le mardi). Dans la langue
malgache le
terme azafady, qui est l'équivalent de excusez-moi, pourrait se traduire par "en
espérant
que je ne commette pas un Fady"

Culture
Cuisine
La cuisine malgache présente plusieurs influences en raison de la diversité
des climats et
des différentes populations qui ont un jour habité l'île. L'aliment de base de la
population
est le riz. Il peut être consommé matin, midi et soir. Il constitue souvent
l'unique nourriture
des familles les plus pauvres. Les deux plats typiques de Madagascar sont le
romazava,
un bouillon de brèdes parfumé quelques fois par de la viande de zébu ou de
porc, et le
ravitoto, un ragoût de viande de porc cuisiné avec des feuilles de manioc
pilées. Des
influences réunionnaises existent avec la présence de cari ou des achards.
Certains
produits malgaches ont également été apportés par les français, comme les
spécialités à
base de canard, telles que le magret ou le foie gras. Les habitants des hautes
terres
consomment de la viande de zébu. Elle est plus rare sur les côtes ou les
poissons sont
péchés et consommés. Les habitants des côtes consomment également des
noix de
coco, qui y poussent en abondance.
Cinéma
Madagascar est un film créé par Dream Works : il met en scène des animaux
de l'île.
Mada, film documentaire

Culture de
Madagascar
Culture d'une zone géographique
La culture de Madagascar, vaste pays insulaire
situé dans
l'océan Indien et membre de l'Union africaine,
désigne
d'abord les pratiques culturelles observables de ses
25 millions d'habitants. Cette culture reflète les
différentes
vagues de populations à l'origine du peuplement de
l'Ile que
ce soit en provenance de l'Asie, de l'Afrique, de la
France lors
de la colonisation ou de la culture arabe.
Danse traditionnelle Antandroy.
Malgache
Langues à Madagascar
Langues de Madagascar
Groupes ethniques à Madagascar
Diaspora malgache en France[1],[2]
Le peuple malgache est issu d'un vaste mélange
tant
humain que culturel. Cela est dû aux différentes
origines du
peuplement de l'île de Madagascar depuis des
siècles déjà.
Ainsi en fonction des régions, on voit se manifester
différentes cultures. À Antananarivo, la capitale de
l'ile, on
ressent plus l'influence culturelle française et
asiatique,
tandis que dans certaines zones côtières on ressent
plus
l'influence africaine et arabe.
« Fady » peut se traduire par tabou. Ainsi l'autorité
de
« Razana » (l'ancêtre divinisé) est dictée à travers
des ordres
La cathédrale d'Antsirabe

Langue(s)
Influences culturelles
Traditions

qui s'accompagnent de « fady ». Enfreindre un fady


équivaut
à se rendre coupable envers les ancêtres. De ce
fait, une
complexité et une diversité importantes d'interdits se
créent
en fonction de chaque personne selon son sexe,
son
appartenance familiale ou communautaire. Mais
également
selon le lieu (espace) et la période (le temps). Par
exemple
une personne peut être soumise à un fady
communautaire
(ne pas manger de porc), un fady temporel (ne pas
travailler
un mardi), ainsi qu'à un fady géographique
(interdisant de
transporter telle matière sur une rivière ou parler
devant un
endroit précis).
Différentes traditions issues des différentes cultures
ont
influencé les modes de vie malgaches tels que la
circoncision des hommes[3] par exemple.

Religion(s)

Religion à Madagascar, Religions de Madagascar


Religion pré-chrétienne
Culte des ancêtres, Famadihana
Andriamanitra, Sampy (amulettes en religion
ethnique)
Catholicisme à Madagascar,

Église de Jésus-Christ à Madagascar,


Église luthérienne malgache, Église de la Province
de
l'océan Indien (anglicane), Église de Jésus-Christ
des
saints des derniers jours, à Madagascar ,
(en)

Association baptiste évangélique à Madagascar , (en)

Orthodoxie à Madagascar , (en)

Spiritualités minoritaires
Islam à Madagascar
Migrations juives à Madagascar, Plan Madagascar
(1940)
Hindouisme à Madagascar (en)

Foi Baha'ie à Madagascar (en)

Religions traditionnelles africaines, Animisme,


Fétichisme,
Esprit tutélaire, Mythologies africaines
Religion en Afrique, Christianisme en Afrique, Islam
en
Afrique
Anthropologie religieuse

Symboles

Drapeau de Madagascar, Sceau de Madagascar,


Hymne national (depuis 1958) :Ry Tanindrazanay
malala ô,
Devise nationale : Fitiavana, Tanindrazana,
Fandrosoana

(Amour, Patrie, Progrès),


Arbre national : Baobab,
Saint patron : Vincent de Paul.
Folklore et Mythologie
Andriamanitra le créateur[4],[5]
Fady, tabou
Hasina , concept malgache de sainteté,
(en)

Malagasy mythology
Douze collines sacrées d'Imerina

Pratiques

Andriamanitra
Fandroana, fête du bain sacré
Fangalana, collecte pour le mort
Fihavanana, lien social spécifique,
Fitampoha, cérémonie, bain des reliques
Tranomanara
Tangena ou Faux manguier ou Cerbera manghas,
arbre à
noix toxiques, utilisé(es) pour divers types de
jugement ou
ordalie

Famille

Jeunesse à Madagascar
Fihavanana (codes familiaux et sociaux)
Naissance dans la colonie de Madagascar et
dépendances
Noms
Nom personnel, Nom de famille, Prénom, Postnom,
Changement de nom, Anthroponymie
Liste de prénoms malgaches
Les noms malgaches sont réputés longs[6].

Mariage

Mariage, union, partenariat à Madagascar


Genre à Madagascar
Femmes à Madagascar (en)

LGBT à Madagascar, Droits LGBT à Madagascar


Sexualité à Madagascar
Adoption à Madagascar
Familles malgaches
Mandrorona, mésalliance
Décès


Vieillesse à Madagascar
Mort à Madagascar
Funérailles à Madagascar
Diaspora malgache, diaspora malgache en France
Immigrants à Madagascar
Expatriés à Madagascar
Malgaches par origine ethnique ou nationale
Listes de Malgaches
Fihavanana, lien social, par respect de soi et de
l'autre
Population française à Madagascar , Vazahas
(en)

Fêtes
Jours fériés à Madagascar (en)

Fêtes malgaches[7]

Société
Toucher pour
afficher l'image.
Des enfants d'aujourd'hui fascinés par les écrans.

Nouvel an malgache [8]


Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an
Taombaovao
Le premier jour de la nouvelle année est férié à Madagascar.
Lundi suivant le
Pâques
Lundi de Pâques
Alatsinain'ny
Paska
Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
29 mars
Commémoration
des martyrs de
l'insurrection de
1947.
Martioran'ny
tolona
tamin'ny
1947
Commémoration des martyrs de l'insurrection qui a débuté le 27 mars 1947 et
noyée dans le sang par l'armée coloniale française : 90 000 morts selon le
commandant des troupes françaises de l'époque (Général Garbay).
1er mai Fête du Travail Fetin'ny asa
Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques
à Madagascar
25 mai Jour de l'Afrique
Andron'i
Afrika
Anciennement Commémoration de la création de l'Organisation de l'unité
africaine (OUA) 25 mai 1963, qui est remplacée par l'Union Africaine (UA) depuis
le 9 juillet 2002.
Jeudi 40 jours
après Pâques
Ascension
Andro
niakarana
Jésus, ayant rassemblé ses disciples, rejoint son Père aux cieux.
Lundi suivant le
septième
dimanche après
Pâques
Lundi de Pentecôte
Alatsinain'ny
Pentekosta
Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.
26 juin Fête nationale
Fetimpirenena
Commémoration de la signature de l'acte d'Indépendance de l'île, de la
colonisation française, le 26 juin 1960.
15 août Assomption Asompsiona Transport au ciel de la Vierge Marie.
1er novembre Toussaint
Fetin'ny olomasina
Fête de tous les saints.
25 décembre Noël
Krismasy /
Noely
Naissance de Jésus-Christ.

Divers
Société malgache (rubriques)
Hova, gens du commun
Andevo, esclaves (mpanompo, serviteur)
Andriana, noblesse
Hasina (Madagascar), sacré
Fady, tabou

Droit
Criminalité à Madagascar
Corruption à Madagascar
Racisme à Madagascar[9],[10]
Droits de l'homme à Madagascar, Human rights in
Madagascar (en)

Human trafficking in Madagascar (en)

Droits LGBT à Madagascar


Women in Madagascar (en)

Prostitution à Madagascar (en)

Rapport Madagascar 2016-2017 dAmnesty


International
Illegal logging in Madagascar
En 2012, un rapport de l'ONU pointe des formes
d'esclavage
contemporain à Madagascar : servitude (en)

domestique et
travail forcé.
En 2019, la situation des droits humains à
Madagascar n'est
guère satisfaisante[11],[12],[13],[14],[15],[16].
Éducation

Éducation à Madagascar, Catégorie:Éducation à



Madagascar, Éducation à Madagascar


List of universities in Madagascar (en)

Science et technologie à Madagascar , (en)

Catégorie:Science à Madagascar
Liste des pays par taux d'alphabétisation, Liste des
pays
par IDH,

État

Classement international de Madagascar (en)

List of wars involving Madagascar (en)

Fatapera, réchaud à charbon de bois


Liste de chaînes de supermarchés à Madagascar
Food security in Madagascar
Cuisine(s)
Cuisine malgache, Catégorie:Cuisine malgache,
Catégorie:Gastronomie malgache
Romazava
Boisson(s)
Boissons malgaches

Arts de la table


Catégorie:Bière malgache
Three Horses Beer
Santé, Santé publique, Protection sociale
Liste des pays par taux de tabagisme, Liste des
pays par
taux de natalité, Liste des pays par taux de suicide
Santé à Madagascar (rubriques)
Système de santé à Madagascar (en)

Cannabis à Madagascar
Drogue à Madagascar
Alcool à Madagascar
Activités physiques
Zumba
Savika[17],[18], ou tolon’omby, combat de l'homme
contre le
zébu, sans mise à mort, chez les Betsileos[19],[20]
Santé

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Savika.

Jeux populaires

Divertissement à Madagascar
Jeux à Madagascar
Katro
Fanorona
Fanorona.
Tso-bato.
Kapsily.

Toucher pour
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l'image.
Touche
r pour
affiche
r
l'image
.
Touche
r pour
affiche
r
l'image
.
Katro.

Sports

Sport à Madagascar, Sport à Madagascar


(rubriques)
Sportifs malgaches, Sportives malgaches
Compétitions sportives à Madagascar
Madagascar aux Jeux olympiques
Madagascar aux Jeux paralympiques
Jeux de la francophonie
Handisport à Madagascar
Jeux africains ou Jeux panafricains, depuis 1965,
tous les
4 ans (...2011-2015-2019...)

Arts martiaux
Arts martiaux à Madagascar : Moringue ou
moraingy[21],[22]
Liste des luttes traditionnelles africaines par pays
Toucher pour
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l'image.

Artisanats

Arts appliqués, Arts décoratifs, Arts mineurs,


Artisanat
d'art, Artisan(s), Trésor humain vivant, Maître d'art
Artisanat malgache[23]
Arts graphiques
Calligraphie, Enluminure, Gravure, Origami
Textiles
Art textile, Arts textiles, Fibre, Fibre textile, Design
textile
Mode, Costume, Vêtement, Confection de
vêtement,
Stylisme
Technique de transformation textile, Tissage,
Broderie,
Couture, Tricot, Dentelle, Tapisserie,
Catégorie:Textile, Catégorie:Costume traditionnel
Malagasy weaving (tissage malgache)
Bertel, petit sac
Lamba (Madagascar), cette pièce de tissu est


Toucher pour
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Lambas.
incontestablement le produit artisanal malgache le
plus
original. Il est partie intégrante de la civilisation de
l'île. Le
lamba simple recouvre les épaules des femmes des
hauts
plateaux, il est en coton blanc ou tissé de soie
sauvage
d'andibe (une araignée qui confectionne des toiles
géantes et dont la soie rappelle celle de nos vers
européens). Le lamba plus large et bordé de
rayures de
couleurs sert de nappe de fête, dans la région des
hauts
plateaux. On le trouve décoré de broderies naïves.
Le
lambamena, c'est-à-dire linceul, en soie grège, est
le plus
solide pour résister à l'humidité des tombeaux. Mais
il
peut être aussi utilisé comme tentures ou
tapisseries.

Cuir

Maroquinerie, Cordonnerie, Fourrure


Papier


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l'image.
Papier Antaimoro, Ambalavao
Papier, Imprimerie, Techniques papetières et
graphiques,
Enluminure, Graphisme, Arts graphiques, Design
Numérique

Bois

Travail du bois, Boiserie, Menuiserie, Ébénisterie,


Marqueterie, Gravure sur bois, Sculpture sur bois,
Ameublement, Lutherie
Encore aujourd'hui, le Malgache se singularise avec
talent
dans l'art du bois, qui s'enracine dans les traditions
des
peuples de la forêt. Ébène, bois de rose,
palissandre,
espèces connues et inconnues ont fourni le
matériau
principal à l'architecture jusqu'au XIXe siècle, aux
sculptures
ornant les tombeaux, dans le sud, au pays
mahafaly, au bois
de lit taillé aux ciseaux dans la région
d'Antananarivo ou à la
marqueterie d'Ambositra. Les masques sculptés
dans le
palissandre massif ou le bois de rose sont
introuvables
maintenant. Ils représentaient les différents types
morphologiques des clans et des tribus. Cet art a
disparu.
On trouve encore des masques mahafalys dans le
sud mais
ils se rapprochent plus de l'art africain (ils sont creux
et
peints). Les boîtes à miel en forme de zébu ou les
boîtes en
bois vieilli aux dessins géométriques ont également
presque
disparu. Les motifs géométriques employés dans
tout

l'artisanat malgache (bois ou orfèvrerie) se réfèrent


à un
langage de signes dont la signification est
malheureusement
perdue. Si on ne compte plus de sculptures de
masques, des
artisans exposent encore des personnages en bois
peint,
habillés de tissus colorés et qui représentent
différentes
activités de la vie quotidienne. De jolies boîtes en
bois de
rose sont décorées de marqueterie naïve.

Métal

Métal, Sept métaux, Ferronnerie, Armurerie,


Fonderie,
Dinanderie, Dorure, Chalcographie
Poterie, céramique, faïence
Mosaïque, Poterie, Céramique, Terre cuite
Poterie à Madagascar
Verrerie d'art
Art verrier, Verre, Vitrail, Miroiterie
Catégorie:Maître verrier
Joaillerie, bijouterie, orfèvrerie
Lapidaire, Bijouterie, Horlogerie, Joaillerie,
Orfèvrerie
Madagascar abonde en gemmes semi-précieuses
très



variées. On les trouve facilement au zoma (marché)


d'Antananarivo, polies en « oeufs » ou en « boules
». Les
pierres les plus belles sont le béryl, l'améthyste,
l'aiguemarine.
Ces pierres semi-précieuses sont utilisées pour la
fabrication de jeux de solitaire.

Espace

Architecture intérieure, Décoration, Éclairage,


Scénographie, Marbrerie, Mosaïque
Jardin, Paysagisme
Architectes d'intérieur à Madagascar

Artisanat d'Art
La broderie: Madagascar est célèbre pour ses
nappes
brodées
La marqueterie : Coffrets en bois marquetés
La reliure


Toucher pour
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La rabanne : Construction d'objet en raphia
La tabletterie : Le travail de la corne et de la nacre
appliqué
aux bijoux, couverts, cornets à dés, pions de jeux,
plumiers,
étuis à lunettes… Les cornes immenses du zébu -
animal
emblématique de Madagascar- offrent une matière
très fine
d’une grande variété de couleurs allant du noir à
l’ambre
clair. Sa mise en oeuvre par les tabletiers rappelle
celle d'une
autre matière, issue d'une espèce protégée par la
convention
de Washington, l’écaille de tortue, encore utilisées
mais
qu'elle doit remplacer totalement. La nacre se trouve
en
abondance sur les côtes dans diverses espèces de
coquillages parfois de grande dimensions.
La lapidairerie : le travail des pierres dures.

Du saphir au
marbre, en passant par les arbres fossilisés l’île
regorge de
merveilles géologiques. Les pierres semi-précieuses
(topaze,
améthyste, aigue-marine, grenat et tourmaline) et
les
«pierres fines » ou les tranches d’arbre fossile, les
ammonites, peuvent être intégrées ala joaillerie et à
certains
objets.
La liste de l'artisanat d'art malgache ne peut pas
être close
Animaux en raphia.
sans citer la bijouterie (notamment le travail de l'or
en
filigrane dans le nord et l'ouest, la fonte d’aluminium
qui
après moulage et brossage se prête aux usages du
bronze
en décoration (ville d'Ambatolampy), l'épais papier
Antaimoro qui inclut dans la pulpe naturelle fleurs et
tiges
disposées avec art, les tapis en mohait du grand
sud et enfin
les maquettes de bateaux (Antananarivo)).
Parce qu'il apporte des ressources indispensables
aux
artisans locaux, parce qu'il utilise des matières
issues de
l'exploitation de ressources durables, l'artisanat
malgache
est un atout pour ce pays. 15 % des exportations
malgaches
sont représentées par l'artisanat pour un total de 44
milliards
d'ariary (16 millions d'euros) en 2005. Le secteur est
à 85 %
informel, selon l'Institut national de la statistique.
Aussi il est
urgent de renouveler leurs débouchés. L'artisanat
malgache
est peu mis en avant par le commerce international
de la
décoration, qui exige des centaines de pièces
identiques.
Seuls 1,5 % des artisans exportent directement.
Télécommunications à Madagascar (en)

Journalistes malgaches

Médias

En 2016, le classement mondial sur la liberté de la


presse
établi chaque année par Reporters sans frontières
situe
Madagascar au 164e rang sur 180 pays[24]. Malgré
une
situation globalement calme, le débat démocratique
reste
limité. Les liens entre entreprises de presse privées
et
pouvoirs politiques sont clairement apparus lors des
élections de 2013[25].

Presse écrite

Presse écrite à Madagascar


Liste de journaux à Madagascar

Radio

De la Radio à Madagascar
Liste des stations de radio à Madagascar,
Catégorie:Station de radio à Madagascar

Télévision

De la Télévision à Madagascar

Internet
Internet à Madagascar (en)

Sites web malgaches d'information





Blogueurs malgaches[26],[27],[28]
Littérature malgache, De la Littérature malgache
OEuvres littéraires malgaches, Livres malgaches
Au-delà des rizières (2012)
Prix littéraires à Madagascar, Prix des
Mascareignes
Hain-teny
Genres littéraires Betsileo, principalement à l'oral
Ibonia, poème épique
Littérature malgache sur ile-en-ile.org
Indianocéanisme, Littérature de l'océan Indien
Postcolonialisme[29]
Francophonie, Institut français de Madagascar

Auteurs

Écrivains malgaches, Liste d'écrivains malgaches


Écrivains malgaches par genre
Jacques Rabemananjara, poète
Ramilison (dit Besigara, dit Dadamily (1933-2009),
poète,
mpikabary, auteur d'oeuvres d'opéra Hira Gasy
Jean Joseph Rabearivelo, écrivain poète

Littérature

Pierre Randrianarisoa, écrivain, poète, diplomate,


homme
politique
Jean-Luc Raharimanana, écrivain
Michèle Rakotoson, écrivain
Solofo Randrianja, écrivain, historien
Clarisse Ratsifandrihamanana, poétesse et écrivain
Emilson Daniel Andriamalala, écrivain poète
Elie Rajaonarison, écrivain poète
Jean verdi Salomon Razakandrainy, écrivain poète
Georges Andriamanantena, écrivain poète
Celestin Andriamanantena, écrivain poète
journaliste
David Jaomanoro, écrivain

Bande dessinée

Bande dessinée malgache[30],[31],[32]


Anselme Razafindrainibe
Richard Rabesandratana[33] (-2017)
Arts visuels, Arts plastiques
Art urbain
Art africain traditionnel, Art contemporain africain

Arts visuels
Artistes malgaches

Dessin

Bande dessinée malgache


Gravure par pays

Peinture

Peinture, Peinture par pays


Graffiti
Peinture murale, Peintures murales à Madagascar
Les grands peintres malgaches
James Rainimaharosoa[34] (1860-1926)
Henri Ratovo[35] (1881-1929)
Joseph Ramanakamonjy[36] (1898-1984)
Georges Razanamaniraka[37](1900-1944)
Roland Raparivo[38]
Prix Joseph Ramanakamonjy
Dox (1913-1978), poète
Andrianomearisoa Joel

Sculpture

Sculpture, Sculpture par pays




Louis Mollet, Sculpture malgache, 1958


Aloalo[39], totem
Jean Jacques Efiaimbelo
Salomon Rakotomanana[40]
Narcisse Ranarison (1963-)

Architecture

Architecture par pays


Architecture de Madagascar (en)

Architecture africaine traditionnelle

Photographie

Photographie à Madagascar
Photographes malgaches (Pierrot Men)
Maksim Seth[41]

Graphisme

Graphistes malgaches
Spectacle vivant, Performance, Art sonore
Arts de performance par pays
Arts de la performance à Madagascar


Arts du spectacle
Festivals artistiques à Madagascar
Musique

Musique par pays


Musique improvisée, Improvisation musicale
Musique malgache, Musique malgache (rubriques)
Instruments de la musique malgache
Musiciens malgaches, Compositeurs malgaches
Chanteurs malgaches, Chanteuses malgaches
Écoles de musique à Madagascar
Le jazz à Madagascar
Salegy, rythme
Variété malgache 2018[42]
Les Malagasy sont connus par leur créativité en
particulier la
musique, des plus flagrantes. Bien que
géographiquement
éloigné des circuits internationaux, en effet,
Madagascar
commence à bénéficier d'une audience
internationale pour la
qualité de sa musique et de ses musiciens, tant sur
le plan
traditionnel et traditionnel modernisé (musique du
monde ou
world music) que moderne (jazz, world jazz,
gospel,rock, hiphop).
De nombreux artistes sont reconnus
internationalement tels Rakoto Frah, Tony Rabeson,
Silo

Andrianandraina, Solorazaf, Hanitra, Nicolas


Vatomanga.
Le film documentaire Songs for Madagascar (2017)
du
brésilien Cesar Paes présente l'aventure du
Madagascar All
Stars en 2015 et 2016[43] : Dama Mahaleo[44],
Olombelona
Ricky , Erick Manana, Régis Gizavo (1959-2017),
(en)

Eusèbe
Jaojoby (1955-), Justin Vali.
Dans un domaine plus classique, Madagascar
possède un
riche patrimoine avec le spectacle chanté populaire,
opéra
ou opérette, Hira Gasy '"`UNIQ--nowiki-00000086-
QINU`"' 45 '"`UNIQ--nowiki-00000087-QINU`"' ou
Vakodrazana '"`UNIQ--nowiki-00000089-QINU`"' 46 '"`UNIQ--
nowiki-0000008A-QINU`"'
[45] ou Vakodrazana[46][45] ou Vakodrazana[46], qui
remonterait au XVIIIe siècle. Composées de paysans-
artistes
(dont les ancêtres furent les mpihiran'ny Andrianana
engagés par le roi Andrianampoinimerina à l'époque
de
l'édification des grandes rizières, les compagnies
rassemblent chaque année des centaines de
milliers de
spectateurs.[réf. nécessaire] Un art ancestral, un art
vivant, un
art sacré.

Danse
Danse à Madagascar, Danse à Madagascar
(rubriques)

Liste de danses traditionnelles à Madagascar,


Danse
populaire malgache , Bahoejy
(en)

Danseurs malgaches, Danseuses malgaches


Liste de chorégraphes contemporains,
Chorégraphes
malgaches
Liste de compagnies de danse et de ballet,
Compagnies
de danse contemporaine
Compagnies de danse à Madagascar
Tarika Ramilison Fenoarivo
Danse contemporaine,
Ariry Andriamoratsiresy, Danse contemporaine à
Madagascar[47], 2003
François Bensignor, Danser Madagascar[48], article
1994

Théâtre

Improvisation théâtrale, Jeu narratif


Théâtre par pays

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Spectacle en plein air dans la brousse.
Théâtre malgache, Théâtre malgache (rubriques)
Vakodrazana ou hira gasy[49], théâtre populaire
chanté,
opérette
Troupes et dramaturges malgaches :
Ramilison Besigara Dadamily[50] (1934-2009)
Tarika Ramilison Fenoarivo depuis 1986
Perline Razafiarisoa (1963-2007)
Autres : marionnettes, mime, pantomime,
prestidigitation
Formes mineures des arts de scène (de)

Art de rue (rubriques), Arts pluridisciplinaires


Marionnette, Cirque,Théâtre de rue, Spectacle de
rue,
Performance (art)…
Art de la marionnette à Madagascar[51],[52]
Cinéma



Toucher pour
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Salle de cinéma à Madagascar
Cartoon
Cinéma malgache, Aspects du cinéma malgache
Réalisateurs malgaches, Scénaristes malgaches
Acteurs malgaches, Actrices malgaches
Films malgaches, Films documentaires malgaches,
Films
d'animation malgaches
Angano... Angano... nouvelles de Madagascar
Réalisateurs
Alexander Abela[53]
Luc Bongrand (Dadalira mémoire des Antanala,
HIragasy,
Solo le décodeur de la brousse, Remandindry de la
brousse à la scène, Nomades du lagon, Savika,
POlyphonies paysannes Betsileo, Rouge Fanfare...
Laza
Lova Nantenaina (1977-) : Ady Gasy (2014)
Raberojo : La mort de Rasalama (1947)
Raymond Rajaonarivelo (1955-), réalisateur :
Tabataba
(1988)...
Abel Rakotozanany : Le prix de la paix (1987)
Benoît Ramampy[54]
Mamihasina Raminosoa

Sitraka Randriamahaly : Varavarankely (2010]
Gégé Rasamoely
Ignace-Solo Randrasana[55]: Very Remby (Le
retour)
(1973)[56]

Années 2010

L'arrivée du numérique a permis un redémarrage de


la
production de films. Madagascar n'a plus aucune
salle de
cinéma en activité, mais depuis 2006 un festival de
cinéma,
Les Rencontres du Film Court.
Le cinéma d'animation semble se développer[57].
Parmi les films récents diffusés dans l'hémisphère
nord : Je
veux ma part de terre, Ady Gasy.
Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle réalisent
en 2013
un film documentaire, Je veux ma part de terre (66
min) sur
l'accaparement des terres, dans trois pays de
l'Océan Indien,
Madagascar, Maurice et La Réunion.
En 2014, Lova Nantenaina (1977-) réalise Ady Gasy
(à la
malgache) (2014, 1h24), film documentaire, chant
d'amour à
la débrouillardise d'une bonne part du peuple
malgache, loin
du Madagascar d'en haut. Le film entrecroise une
dizaine de

métiers de l'économie informelle : Les Chinois


fabriquent les
objets, les Malgaches les réparent. Une troupe
culturelle et le
film visent à valoriser cette âme malgache :
débrouille,
ingéniosité, récupération, recyclage. Ces pauvres,
sans
misérabilisme, revendiquent traditions, dignité,
fierté,
fraternité, solidarité[58].

L'héritage audiovisuel et ses moyens de


conservation

Comme le souligne Africacom (voir lien Internet)


"Les
archives principales des XXe et XXIe siècles sont
enregistrées
dans des documents vidéos et audios. À cause de
la
méconnaissance de la valeur des archives et de
l’absence
d’une culture des archives, Madagascar a perdu
une grande
partie de ses archives audiovisuelles, délibérément,
par
défaut de stockage ou tout simplement par faute de
moyens
matériels et financiers".
Un plan de Sauvegarde, Conservation et
Valorisation des
Archives Audiovisuelles de Madagascar est en
oeuvre à
Madagascar. Il est né de la rencontre de Mme
Monique
Juliette Razafy (chef monteuse et cinéaste) avec M.
Didier
JC Mauro (chargé de mission de l’INA[http
www.ina.fr] à
Madagascar), lors d'une conférence sur Le Film de
Court
métrage prononcé le Dr Mauro, au centre Culturel
Albert

Camus d'Antananarivo, en mai 2006. Puis M.


Emmanuel
HOOG (alors PDG de l'INA puis Président Directeur
général
de l'Agence France) effectua une mission à
Madagascar et
signa un protocole de partenariat impliquant des
partenaires
malgaches et l'INA.
Depuis 2006, une association malgache chargée de
la
sauvegarde, la conservation et la valorisation du
patrimoine
audiovisuel de Madagascar a été mise en place.
Présidée
par Mme Monique Razafy, basée à Madagascar,
l'association
FL@H (qui compte parmi ses membres fondateurs
des
personnalités de la culture et de la communication,
tels que
MM. Tsilavina Ralaindimby et Samuelson
Rabenirainy) a
entrepris depuis lors un travail de protection de cet
héritage
cinématographique et télévisuel.
Selon Wikinoticia :"Près de 1400 rouleaux de film,
représentant 600 heures d'images en 16 et 35 mm,
les
formats sont en cours de restauration, unie et
numérisés. En
2007, Fl @ h a lancé un projet à long terme qui, en
2010, à
Dublin reçu le prix du meilleur projet vidéo Archives,
décerné
par la Fédération internationale des archives de
télévision.
Ce projet restauré Nouvelles de Madagascar, un
film
d'actualités qui était souvent présent dans les salles
de
cinéma avant, et couvrant la période allant des
années 1950
à la Déclaration d'Indépendance. Il est un trésor
inestimable,
ce qui rend Madagascar l'un des rares pays
africains à avoir
des images de leur indépendance..."
Un film sur la Déclaration d'Indépendance de
Madagascar a
été présenté par Tsilavina Ralaindimby à Paris, lors
de
commémorations de 1960 (proclamation de la
République,
14 octobre 1960).
"Comme le souligne Africacom" : Les archives
audiovisuelles
malgaches n’échappent pas à l’usure du temps.
Malgré les
efforts de l’association Fanajariana Lova @ Haino
aman-jery
(FL@H) dans leur restauration et dans leur
préservation, le
volume de travail reste immense.

Autres

Vidéo, Jeux vidéo, Art numérique, Art interactif


Culture alternative, Culture underground
Jeu vidéo à Madagascar : engouement[59],[60],
création[61]
Tourisme à Madagascar, Tourisme à Madagascar

Tourisme

(rubriques)
Wildlife of Madagascar
Faune de Madagascar, Liste des espèces d'oiseaux
de
Madagascar, List of mammals of Madagascar

Musées et autres institutions

Liste de musées à Madagascar


List of museums in Madagascar

Liste du Patrimoine mondial

Le programme Patrimoine mondial (UNESCO,


1971) a inscrit
dans sa liste du Patrimoine mondial (au 12/01/2016)
: Liste
du patrimoine mondial à Madagascar.

Liste représentative du patrimoine culturel


immatériel de l’humanité

Le programme Patrimoine culturel immatériel


(UNESCO,
2003) a inscrit dans sa liste représentative du
patrimoine
culturel immatériel de l’humanité (au 15/01/2016) :
2008 : Le savoir-faire du travail du bois de la
communauté

Patrimoine


des Zafimaniry[62].
Registre international Mémoire du monde
Le programme Mémoire du monde (UNESCO,
1992) a inscrit
dans son registre international Mémoire du monde
(au
15/01/2016) :
2009 : Archives royales (1824 – 1897)[63].

Capitale: Antananarivo (Tananarive)


Population: 21 millions (est. 2011)
Langues officielles: malagasy ou malgache (de jure) et français (de
jure)
Groupe majoritaire: malgache (92 %)
Groupes minoritaires: 18 variétés malgaches (merina, betsileo,
betsimisaraka, sakalava, etc.), français, comorien, ourdou, chinois
cantonnais, créole mauricien, etc.
Langue coloniale: français
Système politique: république démocratique
Articles constitutionnels (langue): art. 4 de la Constitution de 2010.
Lois linguistiques: Ordonnance n° 60-146 du 3 octobre 1960 relative
au régime foncier de l'immatriculation (1960); Code de procédure
civile (1962); Code de procédure pénale (1962); Arrêté n° 2963 du 26
décembre 1962 fixant les jours et heures d'audience des cours et des
tribunaux (1962); Décret n° 93-302 portant réorganisation de
l'Académie malgache et abrogeant le décret n° 69-024 du 16 janvier
1969 (1993); Arrêté no 08 AN/P portant règlement intérieur de
l'Assemblée nationale (1993); Décret n° 98-945 portant Code de
déontologie médicale (1998); Décret n° 99-716 du 8 septembre 1999
sur le registre du commerce et des société (1999); Arrêté n°
15823/2001-MINESEB portant organisation du Brevet d'études du
premier cycle de l'enseignement secondaire (BEPC) et du concours
d'entrée en classe de seconde des établissements publics
d'enseignement général (2002); Décret n° 2004-780 du 3 août 2004
portant Code de déontologie des infirmiers (2004); Loi n° 2004-004
portant orientation générale du système d'éducation, d'enseignement
et de formation à Madagascar (2004); Loi n° 2005-006 portant
politique culturelle nationale pour un développement socioéconomique
(2005); Décret n° 2005-851 portant création de l'Institut
de formation professionnelle des avocats de Madagascar (2005);
Décret n° 2006-015 du 17 janvier 2006 portant organisation générale
de l'administration pénitentiaire (2006); Loi n° 2007-026 portant statut
du notariat à Madagascar (2007); Arrêté n° 8482/2008 portant
habilitation de journaux à publier des annonces légales et fixant les
normes de publication (2008); Décret n° 2010-381 fixant les
attributions du ministre de la Culture et du Patrimoine ainsi que
l'organisation générale de son ministère (2010); Arrêté interministériel
n° 28540/2011 fixant les modalités d'application du décret n° 2010-
1008 du 14 décembre 2010 portant conditionnement et étiquetage des
produits du tabac en vente à Madagascar (2011); Arrêté n° 1075/2012
fixant les indications obligatoires pour l'étiquetage des produits et
denrées alimentaires préemballées (2012); Décret n° 2012-1008
portant politique malgache du livre (2012); Arrêté n° 14631 portant
charte du "kabary" et des "mpikabary" (2013).

1 Situation géographique

Madagascar est un État constitué par une grande île de l'océan


Indien que le canal de Mozambique sépare de l'Afrique (distant de
400 km environ). C’est la quatrième plus grande île du monde
après le Groenland, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Bornéo.
Longue de 1580 km et large de 580 km, Madagascar couvre une
superficie de 590 000 km² (voir la carte de la région). Le pays est
entouré par d'autres îles et archipels dont l'île Maurice, les
Seychelles, les Comores et l’île de La Réunion. La république de
Madagascar a été membre de la Francophonie entre mars 1970 et
décembre 1977, puis à nouveau membre depuis décembre 1989.
Le pays est divisé administrativement en six faritany
(«provinces»), qui s'articulent autour des villes qui portent le
même nom que la province: (1) Antananarivo ou Tananarive, (2)
Antsiranana ou Diégo-Suarez, (3) Fianarantsoa, (4) Mahajanga ou
Majunga, (5) Toamasina ou Tamatave et (6) Toliara ou Tuléar. Les
provinces autonomes sont des «collectivités publiques dotées de
la personnalité juridique ainsi que de l’autonomie administrative et
financière». Les provinces sont organisées en collectivités
territoriales décentralisées et comprennent des régions et des
communes dotées chacune d’une assemblée délibérante et d’un
organisme exécutif.
La ville d’Antananarivo est la capitale avec plus de 1,2 million
d'habitants (voir la carte détaillée du pays). Toamasina,
Mahajanga, Toliary, Antsiranana, Fianarantsoa forment les autres
«villes de province», avec moins de 200 000 habitants chacune. La
république de Madagascar porte le nom officiel de Repoblikan'i
Madagasikara.

2 Données démolinguistiques

Malgré la proximité géographique des côtes africaines à


400 km de
Madagascar, les habitants du pays ne se reconnaissent pas
comme
des Africains. Depuis vingt siècles, Madagascar a été
façonnée par
des peuples afro-asiatiques venant d'horizons divers:
Afrique, Sud-Est
asiatique (Indonésie), Proche-Orient, Inde, Europe, etc.,
pour créer la
société pluriculturelle malgache. Le peuplement de l’île s’est
donc
effectué à partir d’un brassage de populations par vagues
successives
d’immigrants indonésiens, malais, arabes et africains, ce qui
a donné
une langue unique avec plusieurs dialectes possédant une
morphosyntaxe originale et un lexique riche d’apports
étrangers. Ce
pays de 21 millions d’habitants (est. 2011) compte plusieurs
communautés ethniques:
1) la communauté malgache d’origine afro-asiatique
représentant 92
% de la population, comprenant elle-même 18 ethnies et parlant
des
langues austronésiennes;
2) la communauté comorienne (0,3 %) qui se fond totalement
dans la
société malgache;
3) la communauté européenne (1 %), à grande majorité française
(99
%), formée par des coopérants techniques et de plus en plus
d'hommes d'affaires et d'investisseurs, un total de 123 500
personnes;
4) la communauté indienne (0,2 %) d'origine pakistanaise,
immigrée à
la fin du siècle dernier;
5) la communauté chinoise (0,1 %) d'origine cantonaise qui est
surtout installée dans les villes et sur la côte où elle s'occupe du
commerce de détail.

2.1 La communauté malgache

La communauté malgache est composée «officiellement»


de 18
ethnies principales, chacune parlant sa variété linguistique
de
malgache: merina, betsileo, betsimisaraka, sakalava, etc.
On peut
visualiser la carte des groupes ethno-linguistiques:
1) Merina : «ceux des hauteurs»; d’origine asiatique (indonésienne)
assez marquée, ils résident au centre de l’île.
2) Betsileo : «ceux qui sont invincibles»; ils vivent dans la région de
Fianarantsoa (centre-est) et sont d’excellents riziculteurs et artisans
du bois.
3) Betsimisaraka : «ceux qui ne se séparent pas»; tribu la plus
importante vivant le long de la côte est, ils cultivent le café, la girofle
et la canne à sucre.
4) Sakalava : «ceux des longues vallées»; ils occupent un territoire
très vaste sur toute la côte ouest, du nord jusqu'à Tuléar (à l’ouest).
5) Antaisaka : «ceux qui viennent des Sakalava».
6) Antandroy : «ceux des épines», ils vivent à l’extrémité sud de
l’île.
7) Mahafaly : «ceux qui rendent heureux», voisins des Antodroys,
ce
sont des sculpteurs.
8) Vezo : ce sont des pêcheurs de l’Afrique de l’Est installés au sud
de
l’île.
9) Bara : d’origine bantoue, ils sont souvent éleveurs de zébus.
10) Antakarana : «ceux de l'ankara : la falaise»; ce sont des
pêcheurs
et des éleveurs (au nord).
11) Antemoro : «ceux du littoral», ce sont en grande partie des
cultivateurs.
12) Antaifasy : «ceux qui vivent dans les sables», sur la cote est.
13) Masikoro : agriculteurs du sud de l’île.
14) Antambahoaka : un groupe du Sud-Est d’origine arabe; ils se
disent descendants de Raminia, un personnage parti de la Mecque
vers le Xe ou le XIe siècle.
15) Tsimihety : «ceux qui ne se coupent pas les cheveux», vivant
dans
le Nord-Ouest, ils sont éleveurs et riziculteurs.
16) Tanala : «ceux qui vivent dans la forêt», vivent sur les falaises
de
la côte Est, dans la forêt; ils détiennent un grand savoir sur les
plantes médicinales.
17) Bezanozano : «ceux aux nombreuses petites tresses», ce sont
des
forestiers de la côte Est.
18) Sihanaka : «ceux qui errent dans les marais», ils habitent dans
la
région du lac Alaotra, agriculteurs (nord-est).
Dans l'île de Madagascar, les principales communautés des
plateaux
sont les Merina, qui représentent le quart de la population
(25 %), et
leurs cousins les Betsileo (12 %). Les membres de ces
deux groupes
descendent essentiellement d'immigrants venus de Malaisie
et
d'Indonésie, qui colonisèrent Madagascar il y a environ
2000 ans. Les
régions côtières sont habitées surtout par des populations
métissées
de Malais, d'Indonésiens, de Noirs africains et d'Arabes;
parmi ces
groupes, citons les Betsimisaraka (10,9 %), les Sakalava
(6 %), les
Antaisaka (5 %), les Antandoy, les Mahafaly et les Vezo.
La population malgache est concentrée dans la région
orientale, soit
sur les hautes terres centrales et dans les zones
d'aménagement qui
attirent les migrants venant des régions à forte pression
démographique (voir la carte détaillée du pays): régions
d’Antemoro,
d’Antefasy, d’Antaisaka (au sud-est), de Tsimihety, de
Merina, de
Betsileo et d’Antandroy (extrême sud). La répartition de la
population
se révèle quelque peu anarchique dans la mesure où les
meilleures
terres, essentiellement à l'ouest, sont faiblement peuplées,
tandis que
les terres épuisées des côtes orientales et des hautes terres
du centre
sont surpeuplées. Par sa dimension, la capitale
Antananarivo est de
loin la ville la plus importante du pays (env. deux millions
d’habitants).
Suivent Toamasina (env. 200 000 hab.), Fianarantsoa (env.
150 000
hab.), Mahajanga (env. 160 000 hab.), Antsirabe (env. 110
000 hab.),
Antsiranana (env. 80 000 hab.) et Toliara (env. 60 000
hab.).
Quelle que soit leur origine ethnique, les habitants de
Madagascar sont
répartis assez inégalement entre les six provinces du pays:
Antananarivo 29,4 %
Fianarantsoa 20,8 %
Toamasina 16,3 %
Toliary 14,4 %
Mahajanga 11,5 %
Antsiranana 7,8 %

Pour ce qui est de la religion, on compte 51 % de chrétiens


(dont 26 %
de catholiques et 23 % de protestants), 47 % d’animistes
(croyances
traditionnelles), 1,7 % de musulmans et 0,3 % se réclament
d'autres
religions. Les animistes pratiquent le famadihana, culte des
ancêtres
consistant à changer le linceul des défunts, à nettoyer leurs
ossements, et à appeler leur participation à une fête et un
banquet. Par
ailleurs, les membres de la minorité chinoise pratiquent le
bouddhisme
ou le taoïsme.

2.2 La langue malgache

Malgré la diversité du peuplement qui est à l'origine des


différents
parlers dans toute l'île, une langue commune s'est
constituée: le
malgache (officiellement: malagasy). Celui-ci est devenu
aujourd'hui la
langue officielle du pays: c'est le parler de l'Imerina (région
de
Tananarive et d'Ambohimanga) qui a été choisi comme
langue
officielle en raison d'une longue tradition d'écriture
remontant à la
première moitié du XIXe siècle. Linguistiquement, le
malgache se
rattache à la famille austronésienne. Le malgache
appartient donc au
groupe malayo-polynésien de type occidental.
À l’origine, le malgache aurait emprunté un certain nombre
de mots au
sanscrit (indo-européen) et à l’arabe, mais a reçu un apport
lexical
important des langues (swahili, makhwa, etc.) de la famille
bantoue,
puis plus tard des langues européennes, notamment
l’anglais et le
français. En ce qui a trait à l’écriture, le malgache a d'abord
été écrit en
caractères arabes, ce qui a donné une littérature écrite dite
«arabicomalgache
»; puis Radama Ier a imposé les caractères latins et fait
traduire la Bible en malgache.
Les premiers outils linguistiques ont été créés en 1828,
mais le
premier texte fut diffusé en 1835. Et la publication de la
Bible
malgache imposa rapidement le modèle d'une langue écrite
et d'un
style noble. Les manuscrits malgaches du XIXe siècle
(surtout des
discours royaux, des généalogies, des comptes rendus
d’événements
ou de voyages importants) sont relativement nombreux,
mais
beaucoup d’entre eux ont été détruits au moment de la
conquête
coloniale française. À la fin de la monarchie merina, il
existait une
dizaine de périodiques publiés à Antananarivo, puis la
colonisation de
1896 entraîna la suppression de la presse malgache.
Cependant, les
journaux de l’époque avaient pris l'habitude de publier en
malgache
des poèmes et des textes littéraires en prose (contes,
fables,
nouvelles, etc.). Aujourd’hui, la presse et la littérature
malgache
semblent bien vivantes. Toutefois, le marché de l’édition
malgache
demeure extrêmement limité en raison du prix élevé des
coûts de
fabrication du livre.
2.3 Les autres communautés

La communauté européenne reste la communauté non


malgache la
plus influente. Elle est formée surtout d’hommes d'affaires
ou de
coopérants, surtout des Français. Au nombre d’environ 123
5000, ils
forment la «dix-neuvième tribu», comme disent les
Malgaches, et sont
installés plutôt dans les villes. À l'instar de tous les non-
Malgaches, on
les appelle les Vazaha (Européens résidant de façon
temporaire) ou
Zanatany, «enfants du pays», s'ils sont nés sur l'île et y
résident en
permanence. Bien que le malgache soit la langue
maternelle de la
population d'origine malayo-polynésienne, il a le statut de
«langue coofficielle
» avec le français et, durant un bref intermède (de 2007 à
2010), l'anglais. Mais le français est demeuré la langue des
communications internationales, des médias (65 % des
programmes
télévisés) et de l'enseignement. On estime que près de 25
% de la
population autochtone «se débrouille» en français et
qu'environ 30 000
personnes le parlent presque couramment. En réalité, le
français
atteint peu les populations autochtones; l'anglais, encore
moins.
Viennent maintenant s'ajouter à cette population, au gré des
espoirs
économiques, plus de 100 000 immigrants, principalement
des
Comoriens (comorien), des Indo-Pakistanais (ourdou), des
Mauriciens
(créole) et des Chinois cantonnais qui, pour la plupart, ont
conservé
leur langue maternelle.

3 Données historiques

Le peuplement de Madagascar remonterait au premier


millénaire de
notre ère. Les ancêtres des Malgaches seraient à la fois
d’origine
malayo-indonésienne (des Malaysiens et des Indonésiens)
et d’Afrique
orientale (des Bantous originaires de la Tanzanie et du
Mozambique
actuels). Par vagues successives, s'établissant par petits
groupes en
des points différents de l'île, tout au cours d'une période qui
a pu durer
quelques siècles, les immigrants ne formèrent pas
immédiatement un
seul et même peuple, mais de nombreux petits royaumes
séparés
participant au commerce de l'océan Indien.
Les habitants de Madagascar firent du commerce avec les
Arabes
durant une bonne partie du Moyen Âge, fournissant
aromates, plantes
médicinales, épices et parfums. Dès le XIIe siècle, les
Antalaotra («les
gens de la mer»), des navigateurs islamisés parlant swahili
et venant
d'Afrique et des Comores, établirent, aux dépens des
Austronésiens de
Madagascar, leur contrôle sur les routes et le trafic de
l'océan Indien.
Toutefois, l'influence culturelle arabe se limita à quelques
comptoirs
secondaires. Aujourd’hui, les historiens croient que les
côtes du nord
et du nord-est de l'île ont été le creuset où la rencontre de
Malayo-
Indonésiens et de Bantous africains a forgé le peuple
malgache actuel.
Avant l’arrivée des Européens, la plupart des ethnies
malgaches
recensées aujourd'hui vivaient déjà dans les territoires où
elle sont
actuellement concentrées.

3.1 Les débuts de l’implantation européenne

En 1500, Diego Diaz, navigateur portugais en route vers les


Indes, fut le
premier Européen à approcher les côtes de Madagascar,
qui reçut
alors le nom d'île Saint-Laurent (le saint du jour de la
découverte: le 10
août 1500). Diego Diaz fit la connaissance des Merina sur
les hauts
plateaux, puis des Sakalava à l'ouest, des Betsimisaraka à
l'est et
ensuite des Bara au sud. Les Portugais établirent à leur tour
quelques
comptoirs qui périclitèrent rapidement et disparurent; ils
abandonnèrent l’île.
Pendant le XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, l'île Saint-
Laurent ne
servit que de rade de ravitaillement non seulement pour les
marins
portugais, mais aussi pour leurs rivaux, les Hollandais, les
Anglais et
les Français. Toutefois, les rapports entre les Européens et
les
Malgaches ne furent pas toujours pacifiques et, chassés par
les
autochtones, les Hollandais ne réussirent pas à créer des
établissements durables. Ils se contentèrent de faire du
commerce
entre l’Europe et les Indes, avant de préférer la colonie du
Cap où ils
s'implantèrent au XVIIe siècle. Les Anglais, venus plus tard
au milieu
XVIIe siècle, ne réussirent pas davantage à s'installer à
Saint-Augustin
et à Nosy-Be. Il fallut attendre le milieu du XVIIe siècle pour
voir les
Français s'établir à Fort-Dauphin au sud de l’île.

3.2 La colonisation française

En 1642, Jacques de Pronis, commis de la Compagnie


française de
l'Orient fondée par le cardinal de Richelieu (ministre de
Louis XIII),
s'installa avec quelques Français au sud-est de l'île. De
Pronis était
officiellement chargé de «prendre possession de l'île, de
fonder des
habitations et de pratiquer la traite» (commerce). L’année
suivante, sur
l'ordre de Richelieu, il fonda en l'honneur du futur roi Louis
XIV Fort-
Dauphin qui devint ainsi une escale importante sur la route
des Indes.
En 1649, Étienne de Flacourt, envoyé par la Compagnie de
l'Orient à
Fort-Dauphin pour rétablir l'ordre à Madagascar, renvoya
Jacques de
Pronis en France. Ce dernier avait choqué les autochtones
en vendant
des esclaves aux Hollandais établis dans l'île Maurice.
Étienne de
Flacourt, qui avait reçu le titre de «commandant général de
l'île de
Madagascar», séjourna sur l’île jusqu’en 1655. Il publia en
1658 une
Histoire de la Grande Ile de Madagascar, comprenant aussi
un
dictionnaire de 3500 mots malgaches: cet ouvrage
demeurera pendant
deux siècles la source principale des connaissances sur
Madagascar
et ses habitants.
La colonie de Madagascar, dont l’île était appelée île
Dauphine,
périclita après le départ d’Étienne de Flacourt en 1655, car
ses
successeurs n’eurent pas sa valeur. La nouvelle
Compagnie des Indes
orientales fit moins de profit, les navires vinrent plus
rarement et les
colons se découragèrent; la Compagnie des Indes
orientales se tourna
alors vers l'Inde et se désintéressa de l'établissement de
Madagascar.
Des missionnaires furent envoyés afin de convertir au
catholicisme les
populations voisines de Fort-Dauphin; il rédigèrent un
catéchisme
bilingue et un dictionnaire de la langue malgache,
instituèrent un petit
séminaire et envoyèrent en France quelques jeunes
Malgaches pour
parachever leur éducation. Après le massacre de la
garnison de Fort-
Dauphin en 1674 par les populations locales, les 63
survivants français
s'embarquèrent pour l'île Bourbon (l’actuelle île de La
Réunion) alors
déserte. Par la suite, les gouverneurs de Bourbon utilisèrent
Madagascar comme réserve d’esclaves pour leur île. Pour
leur part, les
pirates, surtout des Français, des Anglais et des
Américains, utilisèrent
l'île comme base pour leurs expéditions et leurs prises dans
l'océan
Indien.
Avec l’abandon de Madagascar, l’effort français dans
l’océan Indien fut
reporté sur l’île Bourbon (La Réunion), qui avait reçu les
derniers colons
de Fort-Dauphin et des apports nouveaux, soit des Français
et des
esclaves malgaches. L’île Maurice, abandonnée par les
Hollandais en
1712, fut occupée par les colons de Bourbon en 1721; l’île
Rodrigues
fut peuplée plus tard. Par la suite, les Seychelles devinrent
aussi des
îles françaises. À partir de 1720, le café d’Arabie fut
introduit à
Bourbon et en fit bientôt la fortune. Pour se livrer à cette
culture, il
fallait un ravitaillement en vivres (riz, boeufs, etc.) et en
main-d’oeuvre
(esclaves). La Grande Île, toute proche, réapparut comme
le
fournisseur idéal. De là vint l’idée pour les Français d’y
refaire du
commerce.
La colonisation française ne reprit qu'après le traité de Paris
de 1763
(alors que les îles Maurice, Rodrigues ainsi que les
Seychelles étaient
devenues anglaises), sous la tutelle de Louis XV, puis de
Louis XVI, et
fut poursuivie, après la Révolution française, par Napoléon.
Des
comptoirs furent rétablis sur la côte est, et un gouverneur fut
nommé à
Tamatave (centre-nord). Celui-ci dut commencer par
combattre les
Hova (Merina) qui, alors dominés par les Sakalava et forts
de l'appui
des Anglais, prétendaient s'approprier l'île entière. Les
Sakalava furent
vaincus et se virent, en 1840, contraints de placer sous le
protectorat
français les deux seuls territoires qui leur appartenaient
encore: les îles
de Mayotte (Comores) et de Nosy-Be (nord-ouest de
Madagascar).
3.3 L’unification du royaume Merina et de Madagascar

Entre-temps, les autochtones s’étaient regroupés sur l'île


pour former
des royaumes, tant à l'est (Menabe, Boina) qu’à l'ouest
(Betsimisaraka:
«les nombreux inséparables») et au sud (Betsileo). Au
centre du
plateau, les Hova (Merina) fondèrent la ville fortifiée
d'Antananarivo
(Tananarive). Ils nommèrent le pays Imerina et donnèrent à
ses
habitants le nom de Merina. Durant tout le XVIIe siècle,
Madagascar fut
dominée par la multiplicité des petits royaumes malgaches.
Parmi les
tentatives de conquête, la plus remarquable est peut-être
celle des
Sakalava qui, au milieu du XVIIe siècle, dominèrent toute la
côte est et y
jetèrent les bases d'un véritable empire. Toutefois, la
puissance
sakalava fut minée par des querelles de succession et buta
à
l'opposition des Merina auxquels les Sakalava durent
finalement se
soumettre.
L'unification du pays fut réalisée au siècle suivant
par le souverain merina Andrianampoinimerina (vers
1787-1810) qui regroupa les petits royaumes des
hauts plateaux, établit une véritable législation et
instaura une administration locale. Son fils et
successeur, Radama Ier (1810-1828), céda aux
sollicitations des Britanniques installés sur l'île
Maurice et inquiets de voir la France prendre pied
sur Madagascar. Il signa en 1817 un traité d'amitié
avec les Britanniques qui dotèrent les Merina
d’armes modernes et entraînèrent les troupes
autochtones. Puis les missionnaires britanniques
fondèrent des écoles et introduisirent le
christianisme. Fort de l'appui des Britanniques,
Radama Ier poursuivit l'unification entreprise par son
père et étendit sa domination sur une grande partie
de l’île.
En matière linguistique, l’oeuvre de Radama Ier fut
importante. D’abord, il favorisa le développement de
l'enseignement qui connut un essor remarquable
dès 1820. La scolarisation se faisait dans la langue
maternelle des élèves et les maîtres malgaches
pouvaient avoir recours à l'anglais (la langue des
missionnaires) pour accéder aux manuels et aux
sources du savoir occidental. En 1825, le roi dota la
langue malgache d'une écriture en caractères latins
et fit traduire la Bible dans cette langue. En 1827,
près de 4000 Malgaches savaient lire et écrire, alors
que les écoles se multipliaient. Pour leur part, les
quelques écoles catholiques installées à Tananarive
dispensaient un enseignement en français.
Les manuscrits malgaches du XIXe siècle (surtout
des discours royaux, des généalogies, des comptes
rendus d'événements ou de voyages importants)
sont relativement nombreux, mais beaucoup d'entre
eux ont été détruits au moment de la conquête
coloniale française.
À la mort de Radama Ier, sa veuve, Ranavalona Ire, lui
succéda en 1828
et mit fin à la politique de réformes menées par son défunt
mari; elle
décida de fermer les écoles et de chasser les missionnaires
britanniques; elle finit par expulser tous les Européens au
moment
même où les Sakalava se plaçaient sous la protection de la
France, qui
occupait l’île Nosy-Be en 1841. Les Français en profitèrent
pour revenir
dans la Grande Île. La reine Ranavalona Ire aurait été
responsable de
l’exécution rituelle d’un million de ses sujets, notamment
des chrétiens
et des esclaves.
- Le règne de Rainilaiarivony
À la mort de Ranavalona Ire en 1861, son fils Radama II,
élevé par des
Européens, rouvrit le pays aux puissances coloniales. Il
attribua à
certains hommes d'affaires français des pouvoirs
économiques
exorbitants. L'oligarchie malgache, inquiète de
l'européanisation
forcée, fit étrangler le roi en 1863. L'année suivante, le chef
de l'armée,
Rainilaiarivony, un Merina, devint premier ministre, épousa
successivement les reines Rasoherina, Ranavalona II et
Ranavalona III,
et exerça le véritable pouvoir. Pour éviter la mainmise
européenne sur
son pays, il choisit de le moderniser et se convertit au
protestantisme
avec une grande partie du peuple en 1869. Il demeura à la
tête du pays
pendant plus de trente ans. Durant le règne du premier
ministre
Rainilaiarivony, les missionnaires catholiques revinrent et
les écoles se
multiplièrent.
Les jésuites s'installèrent à Tananarive et à Tamatave. Dès
1862, ils
publièrent une série de manuels scolaires et de livres
religieux à
l'usage des élèves et des catholiques malgaches. Tandis
que les
protestants (la London Missionnary Society, les anglicans,
les
luthériens et les quakers) enseignaient en malgache, les
catholiques,
surtout dans les écoles urbaines, enseignaient le français à
leurs
élèves. Cependant, en raison de la conversion au
protestantisme en
1869 de la reine et du premier ministre, les écoles
protestantes furent
beaucoup plus florissantes. Évidemment, l'école propagea
davantage
le français que l'anglais, compte tenu que dans les écoles
protestantes
on enseignait en malgache.

3.4 La tutelle française (1896)

En 1883, la France occupa Tamatave (côte est) et Majunga (côte


ouest). Deux ans plus tard, elle obtint la permission de s'installer à
Antseranana. Par le traité ambigu de 1885 (perçu comme un «traité
d’amitié» par les Merina), la France imposa à l'île un quasiprotectorat:
puis un général français (Joseph Gallieni) s'installa à
Tananarive avec une escorte militaire et représenta officiellement
Madagascar dans ses relations extérieures. Le protectorat français
fut reconnu, en 1890, par la Grande-Bretagne et l'Allemagne, mais il
fut refusé par le premier ministre malgache Rainilaiarivony.
En représailles, Paris envoya des troupes (15 000 hommes) à
Tananarive. Le général Joseph Gallieni, devenu gouverneur général,
entreprit la «pacification» et l’unification de l'île avec le concours du
colonel Lyautey. Le 30 septembre 1895, Tananarive fut militairement
occupée, le premier ministre Rainilaiarivony, exilé, et la reine
Ranavalona III, détrônée. L'île de Madagascar devient officiellement
une colonie française en 1896. Cette année-là, le Parlement français
vota l'annexion de Madagascar en tant que colonie.
La première préoccupation du général Gallieni fut de «ramener le
calme et la confiance au sein de la population». Doté des pleins
pouvoirs civils et militaires, Gallieni entreprit d'organiser le pays en
créant des cadres administratifs et une justice autochtones, en
instituant un enseignement laïque chargé de promouvoir la langue
française devenue obligatoire et en faisant lever de lourds impôts. La
ville de Diégo-Suarez, dans le Nord, devint la plus importante base
navale française de cette région de l’océan Indien et protégeait ainsi
la route de l'Indochine. L’île attira les planteurs et les compagnies
européennes, mais la dépossession des terres autochtones et
l’imposition du Code de l’indigénat ravivèrent le nationalisme
malgache.
- La langue française
En 1897, à Fianarantsoa, le général Joseph Gallieni déclara
devant 20
000 Betsileos (mot signifiant «les nombreux invincibles»),
les habitants
vivant dans la partie sud des terres centrales de l'île:
Je n'ai pas à savoir quelle est votre religion.
Catholiques,
musulmans, protestants ou adeptes seulement du culte
des ancêtres, vous pouvez tous vous asseoir sur les
bancs de nos écoles, apprendre notre langue, vous
habiller des étoffes françaises renommées dans le
monde entier. Vous apprendrez de nous à vous aimer, à
aimer surtout la France, votre nouvelle patrie, et à
devenir
d'habiles ouvriers et de bons cultivateurs.
La colonisation française donna à l'école une place centrale
dans le
dispositif de domination du pays. Joseph Gallieni décréta
qu’aucun
Malgache ne pourrait postuler un emploi public s'il ne parlait
et
n’écrivait le français. Les instructions décrétées dans la
circulaire du 5
octobre 1896 témoignent des intentions de la nouvelle
administration
à assurer la suprématie absolue de la langue et de la
culture
françaises:
Madagascar est devenue aujourd'hui une terre française. La langue française doit
donc devenir la base de l'enseignement dans toutes les écoles de l'île. [...] Vous
ne
devez jamais perdre de vue que la propagation de la langue française dans notre
nouvelle colonie, par tous les moyens possibles, est l'un des plus puissants
éléments d'assimilation que nous ayons à notre disposition et que tous nos efforts
doivent être dirigés dans ce but.
Plus tard, la circulaire de 1899 précisa que l'école devait
devenir «un
instrument de conquête pacifique des esprits». C’est par
l'éducation
que l’Administration française fit comprendre aux
Malgaches les
avantages de la civilisation et la nécessité du travail; elle
chercha
également à leur inculquer des sentiments de respect et
d'affection
pour la France.
En réalité, le système d'enseignement institué à Madagascar par la
colonisation française s'éloigna quelque peu de la politique d'assimilation
par l'école. Il faut souligner que les écoles officielles créées par Joseph
Gallieni, où le français était à la fois la matière principale et la langue
d'enseignement, ne purent dans les faits accueillir tous les élèves. Étant
donné que l'enseignement était obligatoire, l’administration coloniale
autorisa la création d’écoles privées et d’écoles d'«église», avec des maîtres
moins qualifiés, mais accorda au malgache une place importante. Des
écoles normales et professionnelles, ayant vocation de former les cadres
subalternes, complétèrent l'organisation d'un «enseignement malgache»
dont les principes pédagogiques et les programmes s'inspiraient du modèle
français.
Bien que fervent partisan de la politique de francisation par l'école, Gallieni
encouragea ses collaborateurs à apprendre le malgache et fonda dès 1902
l'Académie malgache, dans le but de favoriser la préservation du patrimoine
culturel malgache. En habile politicien, il utilisa les services des
fonctionnaires merina et des chefs locaux à qui il dicta cette directive:
«Faites que vos administrés tremblent à la pensée de votre départ.»
En huit ans de proconsulat (1896-1905), Gallieni a réussi à «pacifier» la
Grande Île, mais au prix d'une violente répression contre la résistance
malgache. Au total, son administration aurait causé la mort de 100 000 à
700 000 Malgaches pour une population de trois millions d'habitants.
Aujourd'hui, le général Gallieni serait condamné par la communauté
internationale.
À partir de 1908, des collèges secondaires, devenus
ensuite lycées,
dispensèrent le même enseignement qu'en Métropole.
Destinés aux
enfants des colons et des fonctionnaires français, ils
acceptèrent, à
partir de 1914, des enfants "indigènes" à la condition que
ceux-ci
fissent preuve d'une maîtrise suffisante de la langue
française.
Le gouvernement colonial maintint cette double filière de
l'enseignement malgache et de l'enseignement européen
jusqu'après
la fin de la Seconde Guerre mondiale. D’un côté,
l’enseignement public
malgache continua à instruire les jeunes Malgaches en les
condamnant à des carrières modestes; de l’autre, les
jeunes
autochtones provenant de familles généralement aisées qui
fréquentaient les lycées français se voyaient ouvrir les
postes donnant
accès au pouvoir, à l'administration, aux avantages
économiques, etc.
La connaissance et l’utilisation aisée de la langue française
devinrent
désormais des conditions de réussite et de promotion
sociale, et des
moyens d'accéder aux différentes sphères du pouvoir, sinon
de s'y
maintenir, surtout pour les anciennes couches dirigeantes.
La
présence physique d'une minorité européenne contrôlant le
pays a fait
jouer au français un rôle considérable dans la vie
quotidienne des
autochtones.
La défaite de la puissance coloniale face à l’Allemagne
hitlérienne
remit toutefois en question la prétendue supériorité de la
présence
française à Madagascar. En raison notamment des services
rendus à
la France lors de la dernière guerre mondiale, les
Malgaches
espéraient obtenir en échange le droit de s’administrer eux-
mêmes.
- Le territoire français d'outre-mer
En 1946, Madagascar obtint le statut de territoire français
d'outre-mer
(TOM) et fut dotée d'une assemblée provinciale élue mais
aux pouvoirs
limités. Cependant, la période d'après-guerre fut marquée
par la reprise
de l'agitation nationaliste. Les gouvernements successifs de
la IVe
République se révélèrent incapables de résoudre les
problèmes
coloniaux. En mars 1947, les nationalistes organisèrent un
soulèvement armé dans la zone orientale de l'île. La
rébellion fut suivie
d’une répression impitoyable et servit d’amorce aux
revendications
indépendantistes. Tenus pour responsables, les députés
malgaches à
l'Assemblée française furent condamnés à de très lourdes
peines,
après un procès inique. Tous les efforts entrepris ensuite
par le
gouvernement colonial pour améliorer l'économie, par
exemple en
développant le réseau routier et en exploitant plus
méthodiquement
les gisements miniers, se heurtèrent cependant aux intérêts
des
colons français qui voyaient des sommes d’argent
importantes leur
échapper au profit des autochtones.
Durant les années 1950, l'autonomie de l'île fut renforcée.
En 1958, la
Constitution de la Ve République française fut approuvée
par 78 % de
l'électorat malgache et Madagascar devint une république
semiautonome
dans le cadre de la Communauté française. Philibert
Tsiranana, chef du Parti social démocrate, en devint le
président. Par la
suite, le pays accéda à l'indépendance le 26 juin 1960, sous
la
présidence de Philibert Tsiranana, tout en conservant des
relations
privilégiées avec la France.

3.5 L'indépendance et la République malgache


Au lendemain de l'indépendance, la République malgache
décida d'être
bilingue: le français et le malgache devinrent alors les deux
langues
officielles. Cette politique de bilinguisme engendra une
véritable
situation néocoloniale: les firmes françaises et les Français
conservèrent la plupart de leurs privilèges. En fait,
l’avènement de
l’indépendance de 1960 devait mettre fin à une instruction
au service
de l’impérialisme colonial, mais le Ire République perpétua
plutôt le
système d'éducation hérité de la colonisation en
encourageant une
oligarchie franco-malgache avec des programmes français
et des
enseignants formés à la française, une sélection élitiste des
élèves,
etc. Bref, toute la politique de l’éducation restait calquée sur
celle de
l’ancienne métropole.
La pratique scolaire d'assimilation, héritée de la
colonisation, faisait
encore de la langue malgache aux épreuves du
baccalauréat une
seconde langue étrangère. De plus, l'alignement des
programmes
d'enseignement sur ceux de la France entraîna des
tensions
insupportables dont la révolution de mai 1972 fut une
conséquence
directe. Cette année-là, la révolution estudiantine mit le
doigt sur la
prépondérance de la culture française dans la Grande-Île.
Dans la
plupart des écoles, les jeunes connaissaient sur le bout des
doigts les
départements français, mais ignoraient tout de la
géographie de leur
propre pays. Le mot d'ordre de malgachisation de
l'enseignement rallia
tous les mécontents qui s'exprimèrent lors des événements
qui se
sont déroulés au mois de mai 1972. C'est alors qu'on a
voulu enterrer
le français pour supprimer les effets du colonialisme.
- La malgachisation
En janvier 1976, Didier Ratsiraka fut élu président de la République démocratique
de Madagascar. Il instaura un régime d'orientation socialiste et entreprit de
s'aligner sur la position du bloc soviétique, tout en étant l'un des militants actifs
du non-alignement. Il fonda le parti politique «Avant-garde pour la Révolution
malgache» (Andrin' ny revolisiôna Malagasy).
Didier Ratsiraka publia son Livre rouge de la Révolution. En quelques mois, le
Soviétique Leonid Brejnev, le Cubain Fidel Castro, le Libyen Mouammar Kadhafi, le
Somalien Sïad Barre, etc., devinrent les meilleurs «amis» de Ratsiraka qui entretint
alors d'excellentes relations avec la Chine et avec la Corée du Nord. Puis le
gouvernement malgache expulsa l'armée française, ferma les ambassades et
consulats français, nationalisa les grandes compagnies françaises et malgachisa
l’enseignement.
Dans son Livre rouge, Ratsiraka justifie son entreprise de
malgachisation en voulant «harmoniser le contenu des
méthodes
d'enseignement avec les impératifs de la Révolution» tout
en
reconnaissant que la langue française pouvait être encore
utile :
Force est de reconnaître que pendant longtemps
encore,
nous aurons besoin de cette langue comme d'une
fenêtre
ouverte sur le monde de la civilisation technique. Cela
ne
veut pas dire qu'il faut reléguer le malgache au
deuxième
plan,. Non! Mille fois non! Bien au contraire, nous
donnons d'ores et déjà la primauté à notre langue
nationale et nous devons accélérer la codification, la
modernisation et l'enrichissement du malgache, avec
l'apport de tous les dialectes, pour en faire un instrument
efficace de développement de l'Homme malgache et de
maîtrise de toutes les disciplines techniques et
scientifiques.
La "loi n° 78-040 du 17 juillet 1978 portant cadre général du
système
d'éducation et de formation" mit en place des commissions
destinées
à élaborer et à codifier le «malgache commun», qui sera en
fait une
sorte de synthèse entre le malgache dit officiel largement
issu de la
langue merina et des divers dialectes régionaux. Cette
même loi édicta
que le français devait être désormais considéré comme
«une langue
étrangère».
Au plan idéologique, ce fut la période de la mise en oeuvre
de la trilogie
malgachisation + démocratisation + décentralisation de
l’enseignement. Au plan pratique, la nouvelle politique se
traduisit par
l'adoption immédiate du malgache comme langue
d'enseignement
dans tout le primaire, et un programme de substitution
progressive du
malgache au français dans l'enseignement secondaire, un
programme
qui devait déboucher finalement sur la malgachisation de
l'enseignement à l'université. Le gouvernement de Didier
Ratsiraka
imposa constitutionnellement le malgache comme seule
langue
officielle de la République. Néanmoins, jusqu'en 1990, un
certain
nombre d'écoles et de lycées ont continué à enseigner en
français,
alors que l’enseignement devait se faire en malgache. Des
enseignants, qui avaient du mal à dispenser en malgache,
recouraient
quand même au français. Mais les cours d’alphabétisation à
Madagascar furent toujours donnés en malgache.
Le gouvernement socialiste de Ratsiraka changeait donc la
donne avec
sa politique de malgachisation de la société. Le français a
vu son rôle
considérablement réduit dans la nouvelle école, mais le
rejet radical du
français devait entraîner des inconvénients majeurs. La
langue des
Merina servant de malgache officiel provoqua des
revendications
violentes de la part des populations côtières, qui
considéraient ce
malgache comme une tentative de merinisation.
La situation devint tellement explosive qu'il apparut plus
sage pour le
gouvernement de maintenir le français sur une base
provisoire, la
langue coloniale ayant l'avantage d'être plus acceptée par
les
populations côtières que le malgache officiel. Si les
réformes en
éducation ont eu pour effet de satisfaire les aspirations
anticoloniales,
elles déçurent la population en sacrifiant toute une
génération de
Malgaches. La révolution de mai 1972 échoua, faute de
préparation et
de moyens suffisants.
En réalité, les causes de l'échec sont multiples et elles ne
concernent
pas le seul processus de malgachisation. La plupart des
intervenants
en matière d'enseignement conclurent que la génération
d’élèves de
cette période de malgachisation maîtrisaient mal le
malgache écrit. De
plus, les études menées en 1986–1987 sur le système
d'éducation ont
révélé une situation alarmante :
- un taux de redoublement de 50 % dès la première année
du
primaire;
- un taux d’abandon de 11 % avant la fin du primaire;
- un taux de «survie scolaire» à la fin du primaire de 30%;
- un taux de réussite de 29,9 % au certificat d'études
primaires
(CEP);
- un taux de réussite de 30,2 % au Brevet d'études du
premier
cycle (secondaire).
Par ailleurs, dès 1983, lors de la première mouture de
«bacheliers
malgaches» entrés à l'université, la plupart des étudiants
étant
incapables de se trouver un emploi avec leur diplôme
malgache. De
plus, le gouvernement n’avait même pas pu doter les élèves
de
manuels dans les classes. Il a dû se limiter à la production
d’«ouvrages
didactiques» pour les maîtres, des documents qui
ressemblaient
davantage à des fiches pédagogiques qu'à des livres. Non
seulement
les manuels manquaient, mais lorsqu'il y en avait, ils
n’étaient pas de
bonne qualité, tandis que les maîtres étaient mal formés et
fortement
politisés, et que l’administration scolaire fonctionnait mal,
avec un
encadrement pédagogique médiocre doublé d'un effectif
nettement
insuffisant. Du côté des élèves, les jeunes diplômés de
cette époque
présentaient beaucoup de lacunes, notamment en
malgache et en
français, ce qui confirmait les parents qui se méfiaient de la
politique
de malgachisation parce que, selon eux, celle-ci
n’enseignait pas assez
le français à leurs enfants. Enfin, la malgachisation n’a pas
été menée
dans des conditions favorables, et ce, dans un pays en voie
de
développement. Bref, de façon générale, la réforme
entreprise n’avait
pas les moyens de son ambition.
Au plan économique, la voie socialiste choisie en 1972
demeure pour
beaucoup d'observateurs l'une des causes du retard pris
par
l'économie du pays en raison de la dégradation continue
des
infrastructures, de l'endettement excessif dû aux
nationalisations, des
blocages administratifs à l'égard du développement des
entreprises et
des investissements, de la dépréciation de la monnaie
locale, de la
détaxation des produits électroménagers, des voitures
utilitaires, des
machines industrielles, etc. La liste pourrait être longue.
- Le retour du balancier
Puis ce fut le «retour au français» vu par plusieurs comme
une «retour
en arrière». À partir de 1985, l'enseignement du français fut
même été
vigoureusement relancé. Dans tout le système d'éducation,
la pratique
la plus courante fut de donner «les explications en
malgache et les
résumés en français». Beaucoup d'enseignants avaient
perdu la
pratique du français ou ne le maîtrisaient pas assez ou pas
du tout. De
plus, les élèves ne comprenaient pas les discours en
français, faute
d’avoir suivi leur cursus dans cette langue. Après avoir
quitté la famille
de la Francophonie entre 1970 et 1977, Madagascar
sollicita de
nouveau son adhésion auprès de l'Organisation
internationale de la
Francophonie (OIF) en 1989.
En 1991, l'opposition au président Didier Ratsiraka
augmenta et des
manifestations populaires dégénérèrent en affrontements
armées.
Après une brève période transitoire, une nouvelle
constitution fut
adoptée en 1992. Albert Zafy, candidat de l'opposition, fut
élu à la
présidence. S'il fut généralement respecté pour la sagesse
dont il a fait
preuve lors de la transition démocratique de 1991-1993, il
fut critiqué
par son bilan présidentiel mitigé en raison de sa mauvaise
gestion
politique et des faibles résultats économiques.
Didier Ratsiraka fut réélu aux élections de 1996 et il
s'ensuivit une
période de stabilité économique jusqu'en 2001. Le président
Ratsiraka
pratiqua, lors de ce mandat, une politique très alignée sur la
France. En
2001, le candidat d'opposition, Marc Ravalomanana, se
proclama
vainqueur aux élections; il forma son propre gouvernement
à
Antananarivo (capitale), pendant que Didier Ratsiraka fit de
même à
Toamasina, la ville du plus grand port du pays. Ratsiraka
quitta le pays
en laissant le pouvoir à Marc Ravalomanana.
- Un président anglophile
Le 21 février 2002, sous la pression de la rue, Marc Ravalomanana
s'autoproclama président de la République, mais ce n'est que le 6 mai de la
même année qu'il devint formellement le président de Madagascar. Très
influencé par le contexte de la mondialisation et le désir de s’ouvrir au monde
anglo-saxon, de religion protestante, s'est révélé anglophile. Il s'est fait
connaître notamment par une boutade qui en dit long: «Oh! Yes, j’adore la
France.» Il parlait surtout le malgache et l'anglais; son français était parfois un
peu chaotique, mais néanmoins fort compréhensible.
Marc Ravalomanana fut réélu en décembre 2006. Pour son second mandat, il
décida de légiférer par ordonnance en anglais. Il invita ses compatriotes à un
référendum afin de modifier la Constitution à sa mesure. Celle-ci devait lui offrir
désormais la possibilité de promulguer, en situation d'urgence, des lois sans se
soucier de l'Assemblée nationale. Le président prévoyait également introduire
l'anglais comme langue officielle aux côtés du français et du malgache, qui
obtiendrait en plus le statut de langue nationale.
L'article 4 de la Loi constitutionnelle no 2007-001 du 27 avril
2007
portant révision de la Constitution
est le suivant:
Article 4
La république de Madagascar a pour
devise : "Tanindrazana - Fahafahana
Andininy 4
"Tanindrazana - Fahafahana - Fandrosoana" no filamatry ny Repoblikan'i
Madagasikara.
Ny fanevany dia saina telo soratra : fotsy, mena, maitso vita amin'ny tsivalana
telo mahitsizoro mitovy refy ka ny voalohany fotsy ary mitsangana manaraka ny
tahon-tsaina, ny roa hafa mandry ka ny mena ambony ary ny maitso ambany.
" Ry Tanindrazanay Malala ô ! " no hiram-pirenena.
Ny lalàna no mametra ny fitombokasem-panjakana sy ny mari-piandrianan'ny
Firenena.
Ny teny malagasy no tenim-pirenena.
Ny teny malagasy, frantsay ary anglisy no teny ofisialy.

- Fandrosoana".
Son emblème national est le
drapeau tricolore, blanc, rouge, vert,
composé de trois bandes
rectangulaires d'égales dimensions,
la première verticale de couleur
blanche du côté de la hampe, les
deux autres horizontales, la
supérieure rouge et l'inférieure verte.
L'hymne national est "Ry
Tanindrazanay malala ô !"
Les sceaux de l'État et les armoiries
de la République sont définis par la
loi.
Le malagasy est la langue
nationale.
Le malagasy, le français et l'anglais
sont les langues officielles. [Abrogé
depuis].
Il s'agissait là d'une nouvelle politique linguistique, mais qui
n'impliquerait pas un trilinguisme réel, les Malgaches dans
leur
ensemble ne sachant que fort mal le français. Ce n'était
donc pas une
politique planifiée et cohérente, mais plutôt un calcul
politique pour se
rapprocher de l'Afrique du Sud ou d'éventuels partenaires
commerciaux anglophones. En fait, les dirigeants
malgaches
espéraient attirer des investisseurs en publiant certaines
lois en
anglais pour que les anglophones s'intéressent au marché
de
Madagascar, l'un des pays réputés parmi les plus pauvres
du monde.
Il n'y eut qu'une seule école de langue anglaise à
Madagascar.
L'objectif n'était pas tant de remplacer le français par
l'anglais, mais de
se donner un outil de plus. Le président Ravalomanana,
contrairement
à ses prédécesseurs, pratiquait une politique commerciale
orientée
vers plusieurs pays, dont les États-Unis, l'Afrique du Sud,
l'Allemagne,
le Japon, le Maroc, la Chine, etc. Sous la présidence de
Marc
Ravalomanana, les réformes de toutes sortes ont été
nombreuses.
L'une des plus importantes concernait la transformation de
l'éducation
au primaire. Ravalomanana y introduisit l'apprentissage de
l'anglais et
envoya des jeunes étudier cette langue aux États-Unis. Dix
ans plus
tard, l'anglais est pratiquement absent du pays, et ce,
malgré la
décision du gouvernement de Ravalomanana de lui donner
un statut
de langue officielle comme le français.

- Situation politique chaotique

Quoi qu'il en soit, la situation politique malgache dégénéra


en 2008. En
effet, de nombreux politiciens, dont le maire de la capitale,
Andry
Rajoelina surnommé TGV, commencèrent à contester
l'autorité du
président Ravalomanana. En mars 2009, l'armée rejoignit le
mouvement de contestation et prit d'assaut le palais
présidentiel
d'Ambohitsorohitra. Sous la pression des militaires
favorables à Andry
Rajoelina, le président Ravalomanana fut forcé de
démissionner le 17
du même mois (2009).
Les fonctions de président de la République et de premier
ministre
furent confiées à un directoire militaire. Puis l'amiral
Ramaroson
transmit le pouvoir à Andry Rajoelina, mais les militaires
annoncèrent
que le directoire était démis de ses fonctions. Le 18 mars
2009, le
Conseil constitutionnel de l'île officialisa la prise de pouvoir
d'Andry
Rajoelina, bien que l'investiture officielle devait avoir lieu le
21 mars.
Andry Rajoelina s'engagea à rédiger une nouvelle
constitution en vue
de foncer la IVe République. Cependant, l'Union européenne
qualifia de
«coup d'État» le changement de régime à Madagascar. De
son côté,
Washington jugea le transfert du pouvoir comme «non
démocratique».
Depuis lors, le pays frôla la balkanisation, sinon la
«somalisation», une
allusion à l'effondrement de l'État et à l'éclatement de la
Somalie en
plusieurs factions rivales incontrôlables et incontrôlées,
attisant la
guerre civile.
Madagascar fut suspendu de l’Organisation internationale
de la
Francophonie (OIF) à la suite de la prise de pouvoir d’Andry
Rajoelina.
Celui-ci fit marche arrière avec l'anglais et demeura plus
proche de la
France en encourageant l’usage du français. La tenue du
XIIIe Sommet
de la Francophonie qui devait avoir lieu en 2010 dans la
Grande Île, fut
annulée et déplacée dans la ville suisse de Montreux. Dans
la Grande
Île, le véritable enjeu fut de sortir de ce cercle vicieux qui
poussait le
pays d'insurrection en insurrection. C'est une contrepartie
inévitable du
passage d'un despotisme à un autre.
- La IVe République
Le 17 novembre 2010, eut lieu un référendum
constitutionnel ordonné
par le nouveau président Andry Rajoelina. La Constitution
a été
adoptée par 74,19 % des suffrages selon les résultats
officiels
proclamés par la Haute Cour constitutionnelle. Le «non» a
obtenu
25,81 % des voix, et le taux de participation s'est élevé à
52,61 %. Le 11
décembre 2010, Andry Rajoelina a signé le décret de
promulgation de
la IVe République au palais présidentiel d'Iavoloha, en
périphérie de la
capitale, au cours d'une cérémonie retransmise en direct à
la radio et
la télévision nationales. Selon l'article 4 de la nouvelle
Constitution, le
malgache (malagasy) et le français sont dorénavant les
deux «langues
officielles», mais le malgache demeure la «langue
nationale» (par. 3):
Article 4
1) La république de Madagascar a pour devise : « Fitiavana – Tanindrazana –
Fandrosoana ».
2) Son emblème national est le drapeau tricolore, blanc, rouge, vert, composé de
trois
bandes rectangulaires d'égales dimensions, la première verticale de couleur blanche
du
côté de la hampe, les deux autres horizontales, la supérieure rouge et l'inférieure
verte.
La langue nationale est le malagasy.
L'hymne national est " Ry Tanindrazanay malala ô !
La capitale de la république de Madagascar est Antananarivo.
Les sceaux de l'État et les armoiries de la République sont définis par la loi.
Les langues officielles sont le malagasy et le français.
Bref, l'anglais a été exclu des langues officielles et
seuls demeurent le
malgache et le français. Ainsi, l'usage de l’anglais, qui est
toujours
demeuré faible, recula davantage. La langue ne fut plus
entendue ni à
la radio ni à la télévision, car la BBC n'était plus captée à
Madagascar.
On assista cependant à l'arrivée d'un certain nombre
d'écoles privées
dont l'objectif était d'enseigner à la fois en anglais et en
français.
Dans ce pays soumis continuellement aux soubresauts
politiques,
l'opposition, composée principalement des partisans de
l'ancien
président Ravalomanana, manifestent régulièrement contre
le régime
en lace, mais ces derniers font l'objet de répressions
systématiques.
Par ailleurs, des troubles secouent régulièrement la capitale
avec au
moins deux tentatives de coup d'État militaire pour
renverser le
président Rajoelina, officiellement «chef de l'État à titre
transitoire». La
conséquence directe de toutes ces valses-hésitations entre
l'anglais et
le français est le niveau médiocre de la maîtrise du français
à
Madagascar. Même les enseignants ne sont pas
suffisamment formés
pour transmettre correctement cette langue. Il n'existe
aucune
politique en vue destinée à améliorer la situation.
Celui qui a dirigé Madagascar de 2002 à 2009, Marc
Ravalomanana,
fut sous le coup de plusieurs condamnations par
contumace. Il a été
notamment condamné en août 2010 aux travaux forcés à
perpétuité
pour la mort de 36 manifestants abattus par sa garde en
2009.
Assigné à résidence à son retour d’exil en octobre 2014, il a
été libéré
en mai 2015. Malgré ces multiples condamnations, l'ex-
président
malgache n'a pas fait encore une croix sur ses ambitions
politiques.
- Un nouveau président élu en 2014
Depuis le 25 janvier 2014, c'est Hery
Rajaonarimampianina qui est
devenu le président de la République, élu au second tour le
20
décembre précédent avec 53,5% des voix. Il a beaucoup de
travail à
faire pour rétablir la confiance des Malgaches à l’endroit de
l’État,
rendre aux citoyens leur droit à vivre en sécurité et
combattre la
corruption généralisée. Si l'ex-président Ravalomanana
s'était
rapproché des États-Unis, le président de transition, Andry
Rajoelina,
s'était réconcilié avec la France, mais Rajaonarimampianina
dit se
rapprocher «de tout le monde». L’Union africaine, qui avait
suspendu
Madagascar en raison du renversement du président
Ravalomanana
en mars 2009, a annoncé qu’elle réintégrait la Grande Île à
la suite de
l’élection démocratique du président Hery
Rajaonarimampianina.
En novembre 2016,
Madagascar a été
l'hôte du XVIe
Sommet de la
Francophonie. Cet
événement devait
permettre de rendre
de nouveau visible
l'île de Madagascar
sur la scène
internationale, après
une longue mise à
l’écart. Ce Sommet
était très important
pour ce pays, car
c’est la première fois
que Madagascar
organisait un
événement de cette
importance. Bien que
l'OIF comptait alors
58 États et chefs de
gouvernements
membres, ainsi que
26 pays
observateurs, le XVIe
Sommet n'a accueilli
qu'une vingtaine de
chefs d'États. À cette
occasion, l'Argentine,
la Corée du Sud, la
Nouvelle-Calédonie
et l'Ontario (Canada)
ont intégré l'OIF.
Pour la
Francophonie,
Madagascar
demeure un pays
stratégique, puisqu'il
représente le plus
grand pays
francophone au
centre de trois
régions importantes,
c'est-dire l’océan
Indien, l’Afrique de
l’Est et l’Afrique
australe.
Toutefois, cette notion de «francophonie» demeure bien
aléatoire pour
la majorité des Malgaches: les francophones ne forment
que 5 % de la
population, soit environ 1,5 million de personnes, ainsi que
15 % de
francophones dits «partiels», selon les estimations de l’OIF.
Pourtant,
les étrangers qui arrivent dans la capitale ont vraiment
l’impression
d’être dans un pays «où l’on parle français»: les affiches,
les panneaux
de signalisation et le nom des grands hôtels sont tous en
français. En
général, le français parlé peut être parfois malgachisé, mais
il est
généralement impeccable.

4 La politique linguistique malgache

À l’heure actuelle, il n'existe qu’une disposition linguistique


dans la
Constitution de 2010, celle de l'article 4, qui proclame: «Le
malgache
est la langue nationale» et que le malgache et le français
sont les
langues officielles. Les seules autres dispositions juridiques
à
caractère linguistique n’apparaissent que dans les lois
scolaires
portant sur la langue de l'enseignement.
En 2005, le gouvernement a adopté une loi énonçant une
politique
linguistique ayant pour but de consolider le rôle de la langue
malgache,
langue maternelle de la quasi-totalité de la population et qui
est la
langue nationale de la république de Madagascar. C'est
surtout l'article
15 de la Loi n° 2005-006 portant politique culturelle
nationale pour un
développement socio-économique (2005) qui précise cette
politique
axée à la fois sur la langue malgache et les langues
étrangères:
Article 15
L'élaboration d'une politique linguistique a pour but de consolider le rôle de la langue
malgache, langue maternelle de la quasi-totalité de la population et qui est la langue
nationale de la République de Madagascar, conformément à l'alinéa 4 de l'article 4
de la
Constitution.
Parallèlement pour favoriser la diffusion internationale et le rayonnement à l'extérieur
de
la culture malgache, la maîtrise des langues étrangères s'avère nécessaire.
I - De la langue malgache:
- la langue malgache, élément primordial du patrimoine culturel et outil essentiel
dans la réalisation des objectifs de développement est la langue de
communication et de promotion sociale et d'éducation dans tout le territoire de
la république de Madagascar. Des mesures adéquates doivent être prises pour
son utilisation dans les différentes sphères de la vie nationale, notamment dans
les communications institutionnalisées et officielles;
- les échanges entre les divers parlers malgaches seront renforcés en vue
d'augmenter le potentiel unificateur de la langue et sa capacité d'exprimer tous
les concepts de la vie moderne. Les actions telles que la collecte des traditions
orales et leur fixation sur supports durables, l'utilisation de la langue dans les
domaines scientifique, pédagogique et artistique seront renforcées.
II - Des langues étrangères:
- l'accès à l'enseignement des langues étrangères ainsi que leur diffusion jusque
dans les coins les plus reculés doivent être facilités;
- les partenaires linguistiques doivent être multipliés;
- la traduction multilingue doit être renforcée pour pe rmettre la circulation des
connaissances, des idées et des produits culturels, .
Il est néanmoins curieux que la loi utilise l'expression
«langues
étrangères», sans faire référence au français qui est à la
fois une
langue étrangère et une langue officielle.
Le décret n° 2010-381 fixant les attributions du ministre de
la Culture
et du Patrimoine ainsi que l'organisation générale de son
ministère
(2010) fait également allusion à une «Politique nationale
culturelle en
matière de langues et des écrits». La Direction de la langue
et des
écrits est chargée de la mise en oeuvre de cette politique
nationale et
dispose de deux services, dont un appelé «service d'appui
linguistique»:
Article 3
L'organisation générale du ministère de la Culture et du Patrimoine est fixée comme
suit
:
[...]
3.2.4. LA DIRECTION DE LA LANGUE ET DES ÉCRITS
La Direction de la langue et des écrits est chargée de la mise en oeuvre de la
Politique
nationale culturelle en matière de langues et des écrits.
Elle assure, avec les structures nationales, l'élaboration et la mise en oeuvre d'une
politique nationale linguistique et encourage le développement des écrits.
Elle dispose de deux services :
Service d'appui linguistique
Service d'appui au développement des écrits
Cette même disposition est reprise dans le décret n° 2012-
473. Selon
la loi, les missions du ministère de la Culture et du
Patrimoine
s’inscrivent dans la reconnaissance du pluralisme culturel,
la
protection du patrimoine culturel matériel et immatériel, la
consolidation de la cohésion et de la solidarité nationales, la
valorisation et le développement de la diversité culturelle au
niveau
national et international, ainsi que la mise en place d’une
société
harmonieuse avec des Malgaches fiers tant de leur unité
que de leur
diversité. On peut dire qu'il s'agit souvent de voeux pieux
difficiles à
mettre en pratique.
Enfin, il existe à Madagascar une Académie malgache
placée sous la
haute protection du chef de l'État. Le décret n° 93-302
portant
réorganisation de l'Académie malgache et abrogeant le
décret n° 69-
024 du 16 janvier 1969 (1993) énonce que cette académie
a pour but
l'étude de toutes les questions linguistiques, littéraires,
artistiques,
historiques et scientifiques concernant Madagascar:
Article 1er
L'Académie malgache, placée sous la haute protection du chef de l'État, a pour but
l'étude de toutes les questions linguistiques, littéraires, artistiques, historiques et
scientifiques concernant Madagascar.
Elle a vocation à exercer les attributions d'une "Académie nationale des arts, des
lettres
et des sciences
Article 11
L'Académie malgache se compose de 80 membres titulaires et de 80 membres
associés,
résidant à Madagascar. Elle est divisée en quatre sections :
Sciences de l'art et du langage
Sciences morales et politiques
Sciences fondamentales
Sciences appliquées.
L'Académie malgache fut créée en 1902 par le général
Joseph Gallieni,
alors gouverneur général de Madagascar, par arrêté du 23
janvier
1902. Ses publications sont le Bulletin de l’Académie
malgache et les
Mémoires de l’Académie malgache. Quoi qu'il en soit, ce ne
sont pas là
des documents très explicites sur la politique linguistique de
l'État.

4.2 Les langues du Parlement

Le français bénéficie juridiquement du statut de langue


officielle avec
le malgache; il est utilisé dans les faits avec le malgache
dans les
débats du Parlement ainsi que dans les réunions du Conseil
des
ministres; les lois continuent d'être rédigées et promulguées
dans les
deux langues; qui plus est, en cas de conflit d'interprétation,
c'est la
version française qui prévaut. Voici l'article 4 de l'Arrêté no
08 AN/P
portant règlement intérieur de l'Assemblée nationale (1993)
:
Article 4
La langue malgache est la langue de l'Assemblée nationale.
Toutefois, la langue française peut être employée.
Les projets, propositions de loi, propositions de résolution, rapports de
Commission,
amendements, questions orales, questions écrites, interpellations, les pétitions,
l'audition en commission et tout acte relevant de la compétence de l'Assemblée
nationale peuvent être rédigées en malgache ou en français. Si le texte original
déposé n'est pas accompagné de sa traduction dans la langue qui n'est pas celle
de
l'original, les services de l'Assemblée nationale assureront cette traduction.
En cas de contestation sur le sens d'un texte, l'original en malgache ou en
français
fait foi.
L'original du procès-verbal comprendra les textes et interventions en malgache et
la
traduction des textes et interventions en français et vice versa.
Dans les faits, la plupart des débats se déroulent en
malgache, mais le
français est également utilisé.

4.3 Les langues du domaine judiciaire

Dans les tribunaux, le malgache et le français sont les deux


langues
autorisées, puisque ce sont les deux langues officielles.
Mais le
malgache demeure la langue la plus courante entre les les
témoins et
les accusés. Néanmoins, certains juges ont encore
tendance à rédiger
leurs sentences en français. Les hautes cours de justice
privilégient
nettement l'usage du français. Il n'existe que quelques
textes
juridiques réglementant l'emploi des langues en matière de
justice.
Ainsi, le Code de procédure civile (1962) énonce bien qu'il
faut une
traduction en français ou en malgache si c'est nécessaire:
Article 113
S'il est besoin d'effectuer une traduction de langue française en langue malgache
ou
vice versa, le juge désigne, pour ce faire, un greffier ou un agent en service
auprès de
la juridiction :
- L'interprète doit être âgé de 21 ans au moins ;
- Il prête serment de traduire fidèlement les écrits ou les discours à
transmettre entre ceux qui ne parlent pas les mêmes langues.
Les prohibitions et pénalités de l'article 108 lui sont applicables.
Article 459
1) Les parties sont libres de convenir de la langue ou des langues à utiliser dans
la
procédure arbitrale. Faute d'un tel accord, le tribunal arbitral décide de la langue
ou
des langues à utiliser dans la procédure. Cet accord ou cette décision, à moins
qu'il
n'en soit convenu ou décidé autrement, s'applique à toute déclaration écrite d.une
partie, à toute procédure orale et à toute sentence, décision ou autre
communication
du tribunal arbitral.
Selon l'article 71 du Code de procédure pénale (1962), il
faut s'assurer
que le «défenseur entend et parle la langue malgache ou la
langue
française» et que, à l'article 91, l'accusé ou le détenu
reçoive une
traduction soit en langue malgache, soit en langue
française:
Article 71
À titre exceptionnel, le président de la juridiction peut autoriser l'accusé ou le prévenu
à
prendre pour conseil un de ses parents ou amis ou un avocat d'une nation étrangère.
Il doit au préalable s'assurer que ce défenseur entend et parle la langue malgache ou
la
langue française, et il l'avertit qu'il ne doit rien dire contre sa conscience ou contre le
respect dû aux lois et qu'il doit s'exprimer avec décence et modération.
Article 91
L'huissier ou le greffier significateur doit remettre au destinataire détenu une
traduction
de la décision ou de l'acte signifié soit en langue malgache, soit en langue française
s'il
en est requis par l'intéressé.
La' rrêté n° 2963 du 26 décembre 1962 fixant les jours et
heures
d'audience des cours et des tribunaux (1962) prévoit que
qu'une
affiche en français et en malgache soit apposée à la porte
de chaque
salle d'audience :
Article 1er
[...] À la porte de chaque salle d'audience sera affiché en langue française et en
langue
malgache, un tableau indiquant dans quel bâtiment et quelle salle se tiennent les
différentes audiences.
Dans les prisons, l'article 97 du décret n° 2006-015 du 17
janvier 2006
portant organisation générale de l'administration
pénitentiaire (2006)
précise que les lettres écrites par les détenus dans une
langue
étrangère, donc autres qu'en français ou en malgache,
peuvent être
traduites aux fins de contrôle:
Article 97
Les lettres écrites en langue étrangère peuvent être
traduites aux fins de contrôle.
D'après le décret n° 2005-851 portant création de l'Institut
de formation
professionnelle des avocats de Madagascar (2005), la
connaissance
du malgache et d'une «langue vivante étrangère» est
obligatoire dans
la formation initiale d'avocat:
Article 30
Les programmes de formation initiale des élèves-avocats, de formation
complémentaire
des avocats stagiaires et de formation continue des avocats inscrits au tableau sont
proposés par le Conseil de l'Ordre et adoptés par le Conseil pédagogique.
Ils comprennent notamment :
- Une formation commune de base, en vue de 1a pratique du conseil et du
contentieux, portant notamment sur le statut et la déontologie professionnels, la
gestion comptable et administrative du cabinet, les techniques de recherche
documentaire, les techniques de communication et d'expression orale et écrite;
les techniques contractuelles et procédurales, la langue malgache et une langue
vivante étrangère ;
Enfin, tout acte notarié, selon l'article 71 de la Loi n° 2007-
026 portant
statut du notariat à Madagascar (2007), doit être rédigé soit
en langue
malagasy, soit en langue française, soit en langue anglaise:
Article 71
L'acte notarié doit être rédigé soit en langue malagasy, soit en langue française, soit
en
langue anglaise.
Toutes les fois qu'une personne ne comprenant pas la langue dans laquelle l'acte est
dressé y sera partie ou témoin, le notaire lui traduira oralement cet acte qui portera la
mention de cette traduction.
Lorsque les parties ou l'une d'elles ne comprennent ni la
langue
malagasy (malgache), ni la langue française ou anglaise,
elles doivent
être assistées d'un interprète assermenté qui devra signer
avec elles;
l'acte doit alors porter la mention de la traduction faite
oralement par
l'interprète.

4.4 Les langues de l'administration publique

L'administration publique s'est malgachisée au plan des


communications verbales avec les citoyens, mais la langue
de travail
reste le français et les communications écrites se font
généralement
dans cette langue. Tous les documents administratifs sont
rédigés en
français et seul le ministère des Finances envoie des
formulaires
bilingues aux citoyens. C'est la concession que les autorités
ont dû
faire pour calmer les populations côtières. En principe, le
malgache est
la première langue officielle qui est utilisée dans toutes les
administrations locales, notamment dans les municipalités
et les
collectivités décentralisées. À l'oral, le français demeure
peu employé,
mais à l'écrit il peut concurrencer le malgache au point de le
surpasser,
surtout dans les textes officiels.
Il n'existe que fort peu de textes juridiques concernant
l'emploi des
langues dans l'administration publique. L'ordonnance n° 60-
146 du 3
octobre 1960 relative au régime foncier de l'immatriculation
fait figure
d'exception en ce qui a trait à l'immatriculation d'une
propriété
foncière:
Article 85
Tout requérant de l'immatriculation doit déposer au conservateur de la propriété
foncière
qui lui en donne récépissé :
1. Une déclaration en langue française ou malgache, signée de lui ou d'un
mandataire spécial et contenant :
1° Ses nom, prénoms, qualité et domicile, filiation et date de naissance, situation
matrimoniale et s'il est marié, les nom et prénoms de l'époux et l'indication du
régime matrimoniale ;
[...]
Si le requérant ne peut ou ne sait signer, le conservateur certifie le fait au bas de
la déclaration, qu'il signe en ses lieu et place et fait apposer par le requérant ses
empreintes digitales.
1. Un plan croquis de l'immeuble à immatriculer, daté et signé. Ce plan doit être
établi dans les conditions applicables aux demandes d'acquisition de terrains
domaniaux.
2. Tous contrats et actes publics ou privés constitutifs des différents droits
énumérés dans ladite pièce. Ceux de ces actes qui seraient rédigés en langue
étrangère devront être traduits par un interprète assermenté.
Dans un domaine quelque peu différent de celui de
l'administration
publique, soit le monde de la santé, l'article 76 du décret n°
98-945
portant Code de déontologie médicale (1998) oblige les
médecins à
rédiger leurs ordonnances en malgache (malagasy) ou en
français:
Article 76
L'exercice de la médecine comporte normalement l'établissement par le médecin,
conformément aux constatations médicales qu'il est en mesure de faire, des
certificats,
attestations et documents dont la production est prescrite par les textes législatifs et
réglementaires.
Tout certificat, ordonnance, attestation ou document délivré par un médecin doit
comporter sa signature manuscrite.
Il doit être daté et rédigé lisiblement en langue malagasy ou française.
Il doit permettre l'identification du praticien dont il émane et être signé par lui. Le
médecin peut en faire une traduction dans la langue du parient ou dans une autre qui
est
comprise par celui-ci.
Dans le décret n° 2004-780 du 3 août 2004 portant Code de
déontologie des infirmiers (2004), l'article 75 oblige les
infirmiers et les
infirmières à prévoir une traduction de leurs certificats ou
attestation
dans la langue du patient ou dans une autre qui est
comprise par celuici.
Article 75
Conformément aux soins infirmiers prescrits qu'il est en
mesure de faire, l'exercice de la profession d'infirmier (e)
comporte normalement l'établissement par infirmier (e)
des certificats, attestations et documents dont la
production est prescrite par les textes législatifs et
réglementaires.
L'infirmier (e) doit faire une traduction dans la langue du
patient ou dans une autre qui est comprise par celui-ci.
C'est le seul texte qui prévoit qu'un document écrit soit
disponible dans
la langue du citoyen et au besoin traduit dans cette langue.
Il est vrai
qu'il ne s'agit pas de gros documents.

4.5 Les langues de l'éducation


Les lois scolaires réglementent l'emploi des langues en
matière
d'enseignement. Conformément à la Loi n° 2004-004
portant
orientation générale du système d'éducation,
d'enseignement et de
formation à Madagascar, l’État fait de l’éducation «une
priorité
nationale absolue» (art. 1er) et définit l’enseignement et la
formation
malgaches comme des processus censés «préparer
l’individu à une vie
active intégrée dans le développement social, économique
et culturel
du pays» (art. 4):
Article 4
L'éducation, l'enseignement et la formation malagasy doivent préparer l'individu à
une vie
active intégrée dans le développement social, économique et culturel du pays.
Pour la réalisation de cet objectif, ils doivent notamment:
- promouvoir et libérer l'initiative individuelle et des communautés de base;
- favoriser ta créativité;
- cultiver le goût de l'effort ;
- développer l'esprit d'entreprise et de compétition, te souci de l'efficacité, le
sens de la communication, la recherche de l'excellence dans le résultat et ;
- parvenir à produire des citoyens suffisamment instruits et aptes à assurer
l'exploitation rationnelle des richesses naturelles potentielles, afin de hisser
notre pays au rang des nations les plus développées, tout en conservant sa
sagesse légendaire.
Les articles 15 et 43 de la loi n° 2004-004 précisent ce qui
suit au sujet
de la langue d'enseignement et des langues secondes:
Article 15
- L’école et les établissements d’enseignement et de formation, veillent, dans le
cadre
de leur fonction d’instruction, à garantir à tous les apprenants, un enseignement
et
une éducation de qualité qui leur permettent d'acquérir une culture générale et
des
savoirs théoriques et pratiques, de développer leurs dons et leurs aptitudes à
apprendre par eux-mêmes et de s’insérer ainsi dans la société du savoir et du
savoir-faire.
L’école et les établissements d’enseignement et de formation sont appelés
essentiellement à donner aux apprenants les moyens :
- de maîtriser la langue malagasy, de par son statut de langue maternelle et
nationale ;
- de maîtriser deux langues étrangères au moins.
[...]
Article 43
- L’éducation fondamentale du deuxième cycle (EF2), dispensée dans les
collèges, a
pour objectifs de :
- renforcer chez l’élève les compétences utiles dans la vie courante :
lirecommuniquer
oralement et par écrit en langue nationale et à maîtriser deux
langues étrangères.
- faire acquérir les connaissances et les aptitudes requises dans les
domaines des mathématiques, des sciences, de la technologie, des sciences
humaines, des arts et des sports et ce, afin qu’il puisse poursuivre ses études
dans le cursus suivant ou qu’il intègre les filières de la formation
professionnelle ou s’insérer dans la société. La fin de cycle est sanctionnée
par un Brevet
L'arrêté n° 15823/2001-MINESEB portant organisation du
Brevet
d'études du premier cycle de l'enseignement secondaire
(BEPC) et du
concours d'entrée en classe de seconde des
établissements publics
d'enseignement général (2002) précise que les examens
sont libellés
en malagasy et en français:
Article 25
Les épreuves mentionnées à l'article 10, chapitre I du présent arrêté, seront libellées en malagasy et en français à l'exception des épreuves de
langue.

- Les écoles primaires et secondaires

L'enseignement primaire et le premier cycle du secondaire


sont
aujourd'hui entièrement malgachisés. Le français est
introduit comme
langue seconde dès la deuxième année du primaire et, par
la suite,
jusqu'au second cycle du secondaire où il devient une
langue
d'enseignement, alors que le malgache demeure une
matière
d'enseignement.
Le français est parfois toléré comme langue
d'enseignement au
premier cycle lorsque les professeurs étrangers ne
connaissent pas
suffisamment le malgache. De plus, une seconde langue
étrangère,
ordinairement l'anglais, est obligatoire à partir de la sixième
année du
primaire. À la fin des études secondaires, un enfant
malgache doit
normalement être bilingue (malgache-français) pour
accéder aux
études supérieures.

- L'enseignement supérieur

Le pays compte au moins six universités publiques:


Antananarivo,
Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toamasina et
Toliara. Il faut
ajouter aussi des instituts supérieurs de technologie:
Antananarivo,
Antsiranana et Ambositra. En 2011, la population étudiante
dépassait
les 52 000 élèves dans les universités et 1300 dans les
instituts. Les
études universitaires ou supérieures se font presque
exclusivement en
français. Pourtant, là aussi, la malgachisation paraît
irréversible à long
terme et les commissions terminologiques préparent la
relève.

- Les problèmes de l'éducation à Madagascar

Le système d'éducation malgache semble souffrir de


nombreux
problèmes. Bien que l'État puisse prôner une politique de
gratuité à
l'école primaire, il n'est est pas ainsi dans la pratique, car il
existe des
frais additionnels importants que doivent absorber les
familles. De
plus, les jeunes sont victimes de différences importantes
entre
l'éducation des filles et celle des garçons. Ainsi, 68,9 % des
personnes
de plus de 15 ans savent lire et écrire: c'est 75,5 % chez les
hommes et
62,5 % chez les femmes. La non-scolarisation ou la
déscolarisation
des filles constituent donc un frein à la scolarisation ouverte
à tous.
À l’échelle nationale, il existe des disparités de niveau
scolaire qui
favorisent nettement les populations des milieux urbains,
notamment
celles de la capitale. Par le fait même, les populations
rurales sont
défavorisées en raison de la fréquentation des
établissements
scolaires publics et de leur éloignement des centres urbains
où le
niveau scolaire est beaucoup plus élevé. De fait, il existe de
grands
écarts de niveau scolaire entre les établissements
d’enseignement
public (écoles primaires publiques, collèges et lycées
d’enseignement
général et technique publiques) et ceux de l’enseignement
privé
reconnus comme supérieurs et concentrés dans les
grandes villes.
Dans les zones rurales, le problème concernant les
manques
d’infrastructures scolaires semble permanent, que ce soit la
pénurie de
salles de classes, de tables, de bancs, de toilettes, de
tableaux noirs,
de livres, de matériels d’enseignement les plus
élémentaires, etc. Le
manque de ressources financières allouées à l’éducation
oblige les
écoles rurales à se contenter du peu qu'elles ont, c'est à-
dire du moins
que le minimum nécessaire, ce qui est loin de garantir une
éducation
de qualité.
Il faut noter aussi les problèmes relatifs au corps enseignant
des
établissements publics. Le manque de formation
pédagogique semble
être devenu une caractéristique des enseignants, surtout au
primaire,
l'enseignement de base. Les programmes de recyclage des
enseignants sont quasi inexistants, sans compter la
dévalorisation du
métier d’enseignant et le manque de matériels
pédagogiques.
Si le français continue de jouer, après le malgache, un rôle
officiel
important dans l'éducation à Madagascar, il n'est pas
encore pratiqué
par l'ensemble de la population. Rappelons que seulement
25 % de la
population malgache «se débrouille en français» et
qu'environ 30 000
personnes le parlent presque couramment. Entre 2008 et
2012, selon
l'UNICEF, le taux d'alphabétisation des jeunes de 15 à 24
ans étaient de
65,9 % pour les hommes et de 64,0 % pour les femmes.
Dans la
Grande-Île, le bilinguisme scolaire est un état de fait qui va
durer
encore longtemps.
4.6 Les langues de l'information et des médias

Dans le domaine de l'information, le résultat de la


malgachisation est
plus modeste: la presse écrite nationale ne paraît qu'en
malgache,
mais la presse privée peut être rédigée en français: Midi
Madagasikara,
Madagascar Tribune, L'Express, Maresaka, Basy-Vava,
Imongo Vaovao.
Les hebdomadaires (Dans les médias demain, Revue de
l'océan Indien,
Mada Eco, Lakroa, Feon'ny Merina, Marturia
Vavolombelona,
Telonohorefy, Jureco, Demokraty, Zoko) et les périodiques
paraissent
soit en français soit en malgache. En fait, parmi la douzaine
de
quotidiens épinglés au mur et que dévorent des yeux les
passants sur
la rue Rabehevitra, au centre d’Antananarivo, deux
seulement sont
publiés en français.
La radio nationale ne diffuse en français que
quelques heures par jour, le reste se fait en
malgache, mais de nombreuses stations
radiophoniques locales diffusent leurs
émissions en malgache, en français et
même en anglais. En revanche, la télévision
et le cinéma recourent massivement au
français parce que Madagascar n'a pas les
moyens de réaliser ses propres émissions et
ses films en langue malgache; on achète,
dans une proportion de 95 %, des
productions produits en France, en Belgique,
en Suisse ou au Canada (Québec). Seules
les élites du pays peuvent prétendre à la
culture française, soit en lisant la presse soit
en suivant les quatre ou six heures de
retransmission des émissions télévisées
parisiennes.
Dans l'affichage, tout est demeuré en
français dans les publicités et la
signalisation routière, avec un affichage
minoritaire en malgache. Les visiteurs
étrangers peuvent avoir l'impression que
Madagascar est un pays de langue
française.
Par ailleurs, le gouvernement s'est doté d'une politique du
livre. Par le
décret n° 2012-1008 portant politique malgache du livre
(2012), il
s'impose de promouvoir la publication et la traduction de
livres en
malgache:
Article 19
Promotion, information et sensibilisation
1. La création littéraire et la production d'ouvrages scientifiques et techniques seront
stimulées par l'organisation de foires du livre, de concours, de prix et distinctions et
par
l'attribution de bourses d'études aux auteurs, aux traducteurs et aux illustrateurs.
2. L'État veillera à créer les conditions de collecte et de valorisation de la tradition
orale
(contes, épopées, chroniques historiques, comptines, proverbes, chants, poèmes,
littérature liturgique) pour que le patrimoine intangible malgache puisse alimenter la
production nationale d'ouvrages.
3. Pour favoriser le marché des traducteurs et des auteurs et stimuler le dialogue
interculturel, l'État encouragera par des mesures appropriées une politique nationale
en
matière de traduction qui visera à rendre accessible en malgache les textes littéraires
et
scientifiques étrangers et à rendre disponible au-delà des frontières nationales, dans
d'autres langues, les oeuvres en langue malgache.

4.7 Le monde du travail

Le monde du travail s'est toujours fait en français à


Madagascar, du moins dans les villes et autour de la capitale.
Depuis l'indépendance (1960), la France a toujours été le
premier investisseur dan la Grande Île. Cependant, la France a
été détrônée en 2007 par le Canada. Cette année-là, les
investissements directs étrangers venant du secteur privé
canadien se sont accrus de 800 %, alors que ceux des Français
ont baissé de 10 %. On peut expliquer ces investissements en
provenance de l'Amérique du Nord par le partage en commun
de la langue française. Néanmoins, le nombre total de filiales
françaises à Madagascar est nettement supérieur au nombre
des filiales canadiennes ou québécoises. Quoi qu'il en soit, le
monde du travail se fait en français à Madagascar, rarement
en anglais.
Dans les denrées alimentaires et les produits manufacturés
préemballés, l'étiquetage doit comporter au moins l'une des
trois langues suivantes: le malgache, le français ou l'anglais.
En général, la législation en vigueur impose toujours le
malgache et le français, parfois le malgache ou le français. En
ce qui a trait à la publicité commerciale, les inscriptions sont
massivement en français, mais elles pourraient être en
malgache ou en anglais. La publicité écrite est rarement en
malgache, parce qu'elle paraîtrait moins prestigieuse. Quant à
la publicité en anglais, elle risquerait de n'être guère comprise
par la majorité des Malgaches.
Selon l'arrêté n° 1075/2012 fixant les indications
obligatoires pour
l'étiquetage des produits et denrées alimentaires
préemballées (2012),
il est interdit de mettre en vente, de vendre ou de distribuer
des
denrées alimentaires dont l’étiquetage ou la présentation ne
sont pas
conformes aux prescriptions définies dans ledit arrêté:
Article 1er
Il est interdit de détenir en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, de
mettre en
vente, de vendre ou de distribuer à titre gratuit, dans le territoire national, des
denrées
alimentaires dont l’étiquetage ou la présentation ne sont pas conformes aux
prescriptions définies en annexe du présent arrêté.
Les mentions obligatoires doivent être rédigées au moins
dans l'une
des trois langues autorisées:
Article 2
Toutes les étiquettes des produits et denrées alimentaires préemballés doivent
comporter au moins en une des trois langues suivantes: malagasy; française;
anglaise;
les mentions d’étiquetage obligatoires citées dans la même annexe du présent
arrêté.
Dans l'étiquetage des produits su tabac, l'arrêté
interministériel n°
28540/2011 fixant les modalités d'application du décret n°
2010-1008
du 14 décembre 2010 portant conditionnement et
étiquetage des
produits du tabac en vente à Madagascar (2011) prescrit
des
inscriptions en langue malagasy (malgache) pour les
cigarettes, le
tabac à chiquer et le tabac à priser:
Article 3
En application des dispositions du décret n° 2010-1008 du14 décembre 2010 portant
conditionnement et étiquetage des produits du tabac en vente à Madagascar, toutes
les
Unités de conditionnement des produits du tabac de fabrication locale et étrangère,
destinés à la consommation sur le territoire de la République de Madagascar doivent
obligatoirement porter les mentions et avertissements suivants :
1°- Pour les cigarettes :
a) En haut de la face postérieure de chaque paquet doivent figurer les messages
d'inscription d'avertissement sanitaires sur les méfaits du tabagisme en langue
malagasy et la surface conférée à l'inscription du message d'avertissement
sanitaire doit occuper les soixante cinq pour cent (65 %) de la face postérieure
de chaque paquet;
b) Sur la face antérieure de chaque paquet doit figurer une photo ou image en
couleur en correspondance du message d'inscription sanitaire prévu par l'article
4 ci-dessous et occuper les soixante cinq pour cent (65%) de sa superficie;
c) Sur la face latérale de chaque paquet doit figurer l'inscription: "Amidy eto
Madagasikara";
[...]
2°- Pour le tabac à chiquer:
a) En haut de la face postérieure de chaque unité de conditionnement doivent
figurer les messages d'inscription d'avertissement sanitaires sur les méfaits du
tabagisme en langue malagasy et doit occuper les soixante cinq pourcent (65%)
de sa superficie;
b) Sur la face antérieure de chaque unité de conditionnement doit figurer la
mention : "Amidy eto Madagasikara".
3°- Pour le tabac à priser :
a) En haut de la face postérieure de chaque paquet doivent figurer les messages
d'inscription d'avertissement sanitaires sur les méfaits du tabagisme en langue
malagasy et la surface conférée à l'inscription du message d'avertissement
sanitaire doit occuper les soixante cinq pourcent (65 %) de face postérieure de
chaque paquet;
b) Sur la face antérieure de chaque paquet doit figurer une photo ou image en
couleur en correspondance du message d'inscription d'avertissement sanitaire
prévu par l'article 4-a) ci-dessous et doit occuper les soixante cinq pourcent
(65%) de sa superficie;
c) Sur la face latérale de chaque paquet doit figurer l'inscription en malagasy
"Amidy eto Madagasikara " ;
[...]
L'article 3 du même arrêté interdit d'employer des termes
trompeurs
tels «légère», «ultralégère», «douce», «à faible teneur en
goudrons»,
«aromatisés», etc., que ce soit en malgache ou en d'autres
langues:
Article 9
Sont interdits :
d) l'utilisation d'autres messages d'inscription d'avertissement sanitaires et ou
photos ou images autres que les messages d'inscription d'avertissement
sanitaires, photos ou images approuvé par le ministère chargé de la Santé;
e) l'utilisation des termes trompeurs sur toutes les unités de conditionnement
des produits du tabac mais de manière non exclusive tels que: « légère », «
ultralégère », « douce », « à faible teneur en goudrons », « aromatisés »… en
malagasy ou en d'autres langues;
Dans le décret n° 99-716 du 8 septembre 1999 sur le
registre du
commerce et des société (1999), toute société commerciale
est tenue
de rédiger ses documents comptables en malgache ou en
français ou
traduits dans l'une de ces deux langues:
Article 62
Toute société commerciale dont le siège est situé à
l'étranger et qui ouvre à Madagascar un premier
établissement est tenue de déposer, au plus tard en
même temps que la demande d'immatriculation, au
greffe du tribunal de commerce dans le ressort duquel
est situé cet établissement, deux copies de ses statuts
en vigueur au jour du dépôt ; elle dépose en outre,
chaque
année, deux exemplaires des documents comptables
qu'elle a établis, fait contrôler et publier dans l'État où
elle
a son siège.
Le dépôt des documents comptables est effectué dans
le
délai prévu par la législation dont relève le siège de la
société.
Tous actes ultérieurs modifiant les statuts doivent être
déposés dans les conditions prévues à l'alinéa
précédent.
Les pièces déposées sont traduites, le cas échéant, en
langue malgache ou française et les copies sont
certifiées conformes par les déposants.
Article 64
Avant toute émission en territoire malgache par appel
public à l'épargne, d'actions, obligations ou autres titres
négociables par une société étrangère n'ayant en
territoire malgache ni succursale ni agence ou avant
toute inscription à la cote officielle des bourses de
valeurs de titres émis par une telle société, la société
émettrice est tenue de déposer au greffe du tribunal de
première instance d'Antananarivo deux copies de ses
statuts en vigueur au moment du dépôt.
Ces copies doivent être déposées par le représentant de
la société ou l'introducteur des titres à Madagascar. Les
statuts doivent être traduits en langue malgache ou
française, s'il y a lieu.
Ces copies sont certifiées conformes par le déposant.
Enfin, il existe un domaine typiquement malgache et
protégé par la
politique culturelle du gouvernement: le kabary. Il s'agit
d'une forme
oratoire, prononcée à haute voix, illustrée de contres, de
proverbes et
de maximes afin de charmer un auditoire. Dans sa forme
littéraire, le
kabary permet de garder et de sauvegarder la langue et les
termes
spécifiquement malgaches, surtout ceux inusités au
quotidien, tels que
les proverbes et les maximes. La personne qui récite un
kabary est un
Mpikabary. Or, l'arrêté n° 14631 portant charte du "kabary"
et des
"mpikabary" (2013) impose des obligations aux Mpikabary,
dont celle
de défendre la la langue malagasy.
Article 3
Devoirs et obligations des Mpikabary
•Utiliser le "kabary" comme outil permettant tout citoyen à devenir acteur
efficace du développement;
•Inculquer en chaque Malgache l’assurance que le "kabary" favorise des
comportements de réussite pour l’avenir;
•Inculquer à tous les citoyens malgaches la confiance en soi, l’esprit de
compétition, le sens de l’effort individuel et collectif et la créativité pour en faire
des acteurs efficaces du développement;
•Enraciner l’acquisition de réflexes culturels développés;
•Valoriser le "kabary" afin de développer le renouveau culturel nécessaire pour
des sociétés se basant sur l’entente mutuelle, respectueuses des droits humains
et soucieux de l’environnement dans un processus de communication efficace;
•Défendre la langue malagasy.
En somme, les quelques textes juridiques présentés ici
confirment le
caractère co-officiel des langues malgache et française.
Cependant, la
loi ne prévoit pas la prédominance d'une langue sur une
autre.
La république de Madagascar est aux prises avec un
nombre de
langues plus important que les deux langues officielles et
qu'on a
tendance à oublier: les langues autochtones autres que le
mérina. En
ce qui concerne les langues malayo-polynésiennes, le pays
se dirige
vers un unilinguisme malgache en assimilant les groupes
ethniques
qui ne parlent pas le merina.
Le français pourrait servir de «tampon» provisoire pour ne
pas nuire au
bon fonctionnement de l'État et pour apaiser les
nationalistes
malgaches (les «côtiers»), qui refusent de se faire imposer
le merina.
Le maintien du français contribue aussi à la formation de
l'élite du
pays, ce qui semble paradoxal pour les Merina, dont
l'endoctrinement
patriotique a conduit à la malgachisation et à l'élimination
partielle du
français. On constate, par exemple, que les dirigeants
merina envoient
leurs enfants dans les écoles privées françaises, eux qui ont
tout fait
pour éliminer la langue coloniale. On devine que cette
situation
entraîne des protestations chez les populations côtières qui
considèrent que leurs enfants seront défavorisés s'ils ne
savent pas le
français. À plus ou moins long terme, le français ne devrait
toutefois
plus servir qu'à assurer les échanges commerciaux et
scientifiques au
plan international.
Bien que le français soit bien placée pour remplir ce rôle, le
sentiment
anti-français est demeuré tenace et l'attraction de l'anglais
reste
relativement forte dans ce pays. Néanmoins, le problème de
l'aménagement linguistique ne semble plus intéresser
beaucoup les
autorités malgaches. Bien entendu, des déclarations
fracassantes se
font entendre parfois, mais elles n'aboutissent à rien de
concret. Il
semble même que le français soit en train d'effectuer un
retour en
force tout en ne soulevant plus aucune opposition, bien au
contraire.

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