REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
Paix-travail-patrie Peace-work-fatherland
UNIVERSITE DE NGAOUNDERE UNIVERSITY OF NGAOUNDERE
FACULTE DES SCIENCES FACULTY OF SCIENCES
DEPARTEMENT DES SCIENCES DEPARTMENT OF BIOMEDICALS
BIOMEDICALES SCIENCES
TRAVAIL PERSONNEL DE L’ETUDIANT
UE : MYCOLOGIE MEDICALE 2
THEME : PHAEHYPHOMYCOSES
NOM DE L’ETUDIANT : GILBERT WELDE
MATRICULE : 22B934FS
FILIERE : BM
Encadreur : Dr. IWEWE
Année académique 2023-2024
SOMMAIRE
INTRODUCTION.....................................................................................................................2
A- GENERALITES SUR LES CHAMPIGNONS...........................................................3
I- CLASSIFICATION DES CHAMPIGNONS..............................................................3
1- Classification des micromycètes...................................................................................3
2- Les facteurs favorisants.................................................................................................4
3- Contamination................................................................................................................4
B- LES PHAEOHYPHOMYCOSES................................................................................5
II- DESCRIPTION PHAEOHYPHOMYCOSES............................................................5
1- Définition........................................................................................................................5
2- Les formes des phaeohyphomycoses............................................................................5
III- FACTEURS FAVORISANTS ET PATHOGÉNICITÉ DES
PHAEOHYPHOMYCOSES....................................................................................................6
1- Facteurs favorisants.......................................................................................................6
IV- SYMPTÔMES ET MANIFESTATION......................................................................7
V- DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT DES PHAEOHYPHOMYCOSES...................9
1- Le diagnostic des Phaeohyphomycoses........................................................................9
2- Le traitement des Phaeohyphomycoses.....................................................................10
CONCLUSION.......................................................................................................................11
Bibliographie...........................................................................................................................12
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INTRODUCTION
La mycologie est la partie de la botanique qui étudie les champignons. La mycologie
médicale est l'étude des champignons susceptibles de provoquer des maladies chez l'humain
ou chez l'animal. Les champignons peuvent provoquer des affections chez l’homme. Ces
affections sont très répandues dans notre environnement. Connaître les champignons
faciliterait leur mise en évidence et leur prise en charge. C’est dans cette optique que ce TPE
fera objet d’étude sur les Phaeohyphomycoses car ils représentent un défi médical intrigant.
Ces affections fongiques causées par une multitude de champignons présentent des
manifestations cliniques variées et peuvent affecter des individus tant immunodéprimés
qu’immunocompétents
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A- GENERALITES SUR LES CHAMPIGNONS
I- CLASSIFICATION DES CHAMPIGNONS
Les champignons sont des organismes eucaryotes, hétérotrophes, immobiles, se nourrissant
par absorption. Les champignons sont classés en deux grands groupes : Champignons
macroscopiques et champignons microscopiques
1- Classification des micromycètes
Ils sont classés selon plusieurs critères :
- La taxonomie
- Morphologie de l’agent fongique
- Localisation dans l’organisation
- Production des spores
- Types de reproduction (Sexuée/Asexuée)
Classification selon la taxonomie
La taxonomie, taxinomie ou systématique est la science des lois de classification des règnes
vivant. Elle permet de designer les êtes vivant à partir de six taxons (Embranchement ou
division, Classe, Ordre, Famille, Genre, Espèce)
Le règne des Fungi
Comprend des divisions (-mycotina)
classes (-mycètes)
ordres (-ale)
familles (-aceae)
sous-familles (-adeae)
Famille: genres qui englobent les espèces
Formation de spore
Cette classification ressort deux types de champignons : les endospores (Champignons qui
produisent des spores internes) et les exospores (Champignons qui produisent des spores
externes)
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Localisation dans l’organisme
On a les champignons à mycoses profondes, les champignons à mycoses sous-cutanées et
les champignons à mycoses superficielles
Morphologie du micromycète
Selon la structure du thalle, qu’il soit uni- ou pluricellulaire, on distingue:
- Les champignons levuriformes (unicellulaires
- Les champignons filamenteux (pluricellulaires)
- Les champignons dimorphiques (unicellulaires ou pluricellulaires selon les conditions
du milieu)
Type de reproduction
La reproduction peut se faire selon un des deux modes suivants :
- Sexuée
- Asexuée
- Bipartition
2- Les facteurs favorisants
Ce sont des éléments prédisposant au développement des champignons microscopiques dans
l’organisme. Ils sont regroupés en deux grands groupes :
Les facteurs favorisants intrinsèques qui peuvent être physiologique (âge, sexe,
grossesse) ou pathologiques (toute pathologie pouvant entrainer une
immunodépression).
Les facteurs favorisants extrinsèques qui sont liés à la prise de médicaments, les
conditions de vie ou la chirurgie.
3- Contamination
Les infections fongiques se contractent principalement par 2 voies :
Voie endogène : lorsque l’immunocompétence est amoindrie
Voie exogène : inhalation de spores, épines souillées, contact direct ou indirect
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B- LES PHAEOHYPHOMYCOSES
II- DESCRIPTION PHAEOHYPHOMYCOSES
1- Définition
Les Phaeohyphomycoses correspondent à des infections provoquées par de nombreux types
de champignons dématiés sombres, pigmentés par la mélanine. Les phaeohyphomycoses sont
généralement causées par des champignons filamenteux, également appelés champignons
hyalohyphomycètes. Ces champignons se caractérisent par la présence d’hyphes foncés dans
les tissus infectés, ce qui donne à ces infections leur aspect distinctif.
Ces champignons filamenteux sont capables de provoquer des infections chez les humains, en
particulier chez les individus immunodéprimés.
2- Les formes des phaeohyphomycoses
Les phaeohyphomycoses peuvent présenter diverses formes, notamment superficielle, sous-
cutanée ou profonde, en fonction de la localisation et de la gravité de l’infection.
Forme superficielle : Dans sa forme superficielle, l’infection fongique peut affecter la
peau, provoquant des lésions cutanées visibles. Ces lésions peuvent varier en
apparence et en sévérité, mais elles affectent généralement les couches externes de la
peau.
Forme sous-cutanée : Lorsque l’infection atteint les couches plus profondes de la
peau, elle peut être classée comme une forme sous-cutanée. Cela peut se manifester
par des nodules sous la peau ou des lésions affectant les tissus sous-cutanés.
Forme profonde : Dans sa forme plus profonde, l’infection peut affecter des régions
internes du corps telles que les poumons, les sinus, le cerveau ou d’autres organes. Ces
formes profondes sont généralement plus graves et peuvent nécessiter une intervention
médicale plus poussée.
La localisation et la profondeur de l’infection influent sur la présentation clinique, le
diagnostic et les options de traitement. Il est important de souligner que le diagnostic et la
classification précise de la forme de l’infection nécessitent souvent une évaluation médicale
approfondie, y compris des tests de laboratoire et, parfois, des examens d’imagerie médicale.
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En général, une coopération étroite avec un professionnel de la santé est nécessaire pour
évaluer la forme de l’infection et élaborer un plan de traitement adapté en fonction de la
localisation et de la gravité de l’infection fongique.
III- FACTEURS FAVORISANTS ET PATHOGÉNICITÉ DES
PHAEOHYPHOMYCOSES
1- Facteurs favorisants
Les phæohyphomycoses superficielles
- Suite à un traumatisme ou à une blessure d’origine tellurique. L’inoculation
accidentelle du champignon peut passer totalement inaperçue. Les kératites, parfois
compliquées d’endophtalmies, compliquent ces blessures,
- Les jours suivant une intervention chirurgicale réalisée sur l’œil (greffe de cornée,
cataracte, etc.)
Les phæohyphomycoses profondes (plus rares)
- Introduction dans l’organisme de matériel étranger souillé (cathéters centraux, sondes
péritonéales, prothèses, liquide de perfusion, etc…)
- Suite d’intervention chirurgicales (cœur, rein, cerveau)
- Injection intra-articulaire
1- Quelques agents de la Phaeohyphomycoses
Bipolaris spp.
Agent de Phaeohyphomycose le plus répandu et le plus dangereux, elle provoque des troubles
suivants : sinusite, kératite, péritonite, endocardite, ostéomyélite, meningo-encephalique.
Exophialia spp.
Figure 1 Bipolaris spp. Au microscope optique
Il comporte plus de 40 espèces dont une dizaine sont pathogènes, dont voici quelques
exemples : E. dermatiditis , E. xenobiotica , E. oligosperma. Ces espèces sont impliqués
dans des Phaeohyphomycose en particulier chez les sujets immunodéprimés.
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- E. xenobiotica
Figure 3 E. xenobiotica Figure 2 nodule causé par E. xenobiotica
- E. dermatiditis
Figure 4- E. dermatiditis Figure 5 nodule causé par - E. dermatiditis
IV- SYMPTÔMES ET MANIFESTATION
Les manifestations cliniques des formes superficielle, sous-cutanée et profonde des
phaeohyphomycoses peuvent varier en fonction de la localisation de l’infection et de sa
gravité.
Forme superficielle :
- Lésions cutanées visibles : Des lésions cutanées apparaissent à la surface de la peau, pouvant
se présenter comme des taches, des nodules ou des zones de décoloration.
- Démangeaisons : La présence de lésions peut s’accompagner de démangeaisons et
d’inconfort localisé.
- Rougeurs : Les zones infectées peuvent être associées à des rougeurs et des irritations
cutanées.
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Forme sous-cutanée :
- Nodules sous-cutanés : Des nodules ou des lésions plus profondes peuvent être palpables
sous la peau, souvent accompagnés de sensibilité ou de douleur à la manipulation.
- Gonflement localisé : Une enflure ou un épaississement des tissus sous-cutanés peut être
observé dans la région infectée.
- Possibilité d’ulcération : Dans certains cas, les lésions sous-cutanées peuvent évoluer vers
des ulcérations ou des plaies ouvertes.
Forme profonde :
- Symptômes respiratoires : Lorsque les phaeohyphomycoses affectent les poumons, les
symptômes peuvent inclure une toux persistante, un essoufflement et parfois de la douleur
thoracique.
- Symptômes neurologiques : En cas d’atteinte cérébrale, des symptômes neurologiques tels
que maux de tête sévères, altération de la conscience, convulsions ou déficits focaux peuvent
être observés.
- Autres symptômes systémiques : Selon la localisation, des symptômes systémiques tels que
fièvre, fatigue généralisée et perte de poids peuvent également être présents.
Il est important de souligner que ces manifestations cliniques sont des exemples généraux et
que les symptômes spécifiques peuvent varier en fonction de la localisation exacte de
l’infection et des caractéristiques individuelles de chaque cas.
V- DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT DES PHAEOHYPHOMYCOSES
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1- Le diagnostic des Phaeohyphomycoses
La démarche diagnostique des phaeohyphomycoses implique plusieurs étapes cruciales
visant à identifier précisément l’agent pathogène responsable de l’infection fongique. Cette
démarche peut comprendre les éléments suivants :
Examen clinique approfondi :
Un examen clinique attentif est essentiel pour évaluer les symptômes présentés par le patient,
identifier les lésions cutanées ou d’autres manifestations cliniques et recueillir des
informations sur les antécédents médicaux qui pourraient être liés à l’infection fongique.
Prélèvements microbiologiques :
- Cultures fongiques : Des échantillons prélevés sur les lésions cutanées, les tissus ou d’autres
sites infectés peuvent être cultivés pour identifier et caractériser le champignon responsable.
- Microscopie : L’examen microscopique des échantillons infectés permet d’observer la
morphologie des hyphes et des structures fongiques, facilitant ainsi l’identification du
champignon en cause.
Analyses histopathologiques :
Des analyses histopathologiques des tissus infectés peuvent être réalisées pour évaluer les
altérations tissulaires et confirmer la présence de structures fongiques caractéristiques, telles
que les hyphes foncés associés aux Phaeohyphomycoses.
Examens d’imagerie médicale :
Si l’infection est suspectée dans des régions internes du corps, tels que les poumons ou le
cerveau, des examens d’imagerie médicale comme la tomodensitométrie (TDM) ou l’imagerie
par résonance magnétique (IRM) peuvent être utilisés pour évaluer l’extension des lésions et
guider le diagnostic.
Tests de sensibilité aux antifongiques :
Dans certains cas, il peut être nécessaire de réaliser des tests de sensibilité pour déterminer la
réponse de l’agent pathogène aux antifongiques couramment utilisés, ce qui peut orienter le
choix du traitement.
2- Le traitement des Phaeohyphomycoses
Dans le cas de nodules sous-cutanés, la chirurgie à elle seule peut être curative.
L’itraconazole a une excellente activité et a été le plus utilisé cliniquement, bien que le
voriconazole et le posaconazole soient de plus en plus utilisés avec de bons résultats. La durée
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du traitement varie mais peut aller de 6 semaines à > 12 mois. L’amphotéricine B est souvent
inefficace.
Pour un abcès cérébral, le traitement doit comprendre une résection chirurgicale si
possible.
Pour les abcès cérébraux ou les infections disséminées, la thérapie combinée (2 ou 3
médicaments, dont au moins l’un est un azole) est souvent utilisée, bien que les résultats
cliniques soient généralement médiocres, quel que soit le traitement.
CONCLUSION
Au cours de ce TPE, nous avons exploré en détail les aspects essentiels de la
Phaeohyphomycoses, notamment sa pathogenèse, ses manifestations cliniques, son diagnostic
et ses options de traitement. Nous avons également identifié les principaux champignons
associés à cette infection, ainsi que leur niveau de pathogénicité potentiel. Au vu de notre
exploration, il est évident que la Phaeohyphomycoses nécessite une approche
multidisciplinaire, impliquant des spécialistes de divers domaines tels que la dermatologie, la
microbiologie médicale, la pathologie et les maladies infectieuses. Le diagnostic précis et le
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traitement efficace de cette affection exigent une collaboration étroite entre ces spécialités
pour assurer une prise en charge optimale des patients affectés.
Bibliographie
- Cours mycologie 1
- Article : Mycoses à champignons noirs : chromoblastomycoses et
phæohyphomycoses de Dominique Chabasse
[Link]
- Site web : « Phaeohyphomycose – Maladies infectieuses – Édition professionnelle du
Manuel MSD »
LES PHAEOHYPHOMYCOSES Page | 11
[Link]
phaeohyphomycose
- Site web : « Phaeohyphomycose cutanée à Cladophialophora bantiana –
ScienceDirect »
[Link]
LES PHAEOHYPHOMYCOSES Page | 12