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Lettres 1958

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Joël S.

Goldsmith

LETTRES
de
La V oie Infinie

1983
Joël S. Goldsmith

Lettres
de
La Voie Infinie
1983
Ces lettres sont la traduction de celles envoyées
par Joël Goldsmith à ses étudiants en 1958.
SOMMAIRE

N° 37 – Janvier
Se développer spirituellement
grâce à l’étude de la Voie Infinie ..............................5

N° 38 – Février
Les problèmes ne sont plus des problèmes............27

N° 39 – Mars
La pratique de la guérison spirituelle ...................47

N° 40 – Avril
Le message de Pâques :
« J’ai vaincu le monde » ...........................................67

N° 41 – Mai
Le but de notre quête..............................................87

N° 42 – Juin
La sécurité grâce à la réalisation de Dieu ...........101

N° 43 – Juillet
La peur n’a aucun pouvoir....................................121

N° 44 – Août
La Conscience-Père...............................................139

N° 45 – Septembre
Prier de la manière juste ......................................153

N° 46 – Octobre
Brisez les chaînes qui vous entravent !................169
N° 47 – Novembre
Les fruits de l’Esprit .............................................185

N° 48 – Décembre
L’unique grand miracle.........................................203
N° 37 – Janvier

SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT
GRÂCE À L’ÉTUDE DE LA VOIE INFINIE

À moins qu’un enseignement spirituel n’utilise la lettre de la


vérité comme base sur laquelle il s’appuie, il en résulte sou-
vent une foi aveugle en quelque espèce de pouvoir extérieur à
nous-mêmes, pouvoir dont nous attendons et espérons quelque
action en notre faveur. Une compréhension des principes spi-
rituels s’obtient d’abord par l’étude de la lettre de la vérité,
puis par son application aux problèmes quotidiens de l’exis-
tence humaine – à nos relations humaines et à nos maux de
tête, à nos cors aux pieds, oignons et simples rhumes. Ensuite,
nous apprendrons à appliquer ces principes aux grands pro-
blèmes de l’existence individuelle et finalement, nous par-
viendrons à réaliser que ces principes, s’ils étaient pleinement
acceptés, pourraient résoudre les problèmes à l’échelle natio-
nale et internationale.
Si elle ne consiste qu’en simples déclarations, la vérité n’est
d’aucune utilité, mais lorsque nous vivons avec la lettre de la
vérité et demeurons constamment en elle, un jour arrive où se
produit l’expérience de transition. Le mental cesse de répéter
des mots. Ce sont les mots qui se présentent à notre conscience,
en provenance de l’intérieur. La Bible, les écrits de la Voie Infi-
nie, les cassettes, les réunions d’auditions de cassettes et les
séminaires, s’ils sont correctement utilisés, servent à double
fin. D’abord, ils implantent dans notre esprit la lettre de la

5
LETTRES DE 1983

vérité et deviennent alors les instruments grâce auxquels la


vérité devient une perception consciente, un sentiment dans
notre cœur.
Au cours des premières étapes du développement spirituel
de la conscience, vous vous remplissez de vérité par la lecture,
par l’audition de cassettes et votre participation à des réunions
d’audition de cassettes, par l’étude individuelle sous la direc-
tion d’un instructeur qui a fait un pas de plus que vous et par
votre participation à des séminaires. Plus vous lisez de litté-
rature inspirée, plus vous assistez à des séminaires et plus
vous écoutez de cassettes, plus votre pensée se spiritualise et
plus vous devenez une claire transparence pour la vérité.
Quel que soit le chemin sur lequel vous pouvez être enga-
gés, vous découvrirez qu’il y a certaines disciplines à suivre : il
y a un travail à faire ; il se présente des périodes pendant les-
quelles il vous est nécessaire de vous élever dans l’atmosphère
de Dieu, de vous hisser jusqu’au niveau dont vous avez peut-
être glissé à cause de l’hypnotisme du monde. Parvenir à cela
peut exiger parfois une somme considérable d’efforts pour étu-
dier, méditer et fréquenter ceux qui sont sur le chemin. Vous
devez avoir une connaissance réelle de ce qu’est la vérité, au
point qu’elle fasse tellement partie de votre être qu’il vous
devienne impossible de l’oublier dans les moments de difficul-
tés. Laissez-moi vous en donner une démonstration par la cita-
tion suivante :

Notre conscience constitue la substance de notre monde…


Nous voyons dans l’Invisible Infini la loi, la cause et l’activité de
tout ce qui est et laissons tomber toute préoccupation concer-
nant la forme, qu’il s’agisse d’une personne, d’une chose ou
d’une condition.
Pratique de la Présence divine

Cent fois par jour, cette affirmation se trouve démentie.


Cent fois par jour, on vous rappelle que vous avez besoin d’ar-
gent, de vêtements, de nourriture ou que vous devez trouver

6
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

sécurité ou salut. Cent fois par jour, des arguments vous sont
présentés qui contredisent le fait fondamental que votre cons-
cience est le lieu secret du Très haut, que cette conscience est
votre sécurité et votre salut, et qu’il n’existe rien en dehors de
vous qui puisse entrer dans votre conscience pour y introduire
souillure ou mensonge. Votre conscience est votre forteresse et
votre rocher ; et c’est parce que vous demeurez en elle que rien
d’extérieur ne peut entrer dans cette conscience, ou votre vie,
pour vous blesser, vous induire en erreur ou vous priver de
quoi que ce soit. Mille fois les suggestions du monde vous
seront jetées à la face et chaque fois votre réponse doit être :
« Non, la sécurité et le salut ne se trouvent pas à l’extérieur.
La sécurité et le salut se trouvent uniquement dans le lieu
secret du Très haut, dans le temple de Dieu au-dedans de mon
propre être, au-dedans de ma propre conscience. »
Il semble très extravagant à l’esprit humain qu’on puisse
lui dire que cette conscience que vous êtes est une protection
contre les microbes et les bombes. Et pourtant, c’est la vérité
des Écritures. Dans l’épisode où Ezéchias encouragea son
peuple – qui se trouvait confronté à une immense armée – dans
les termes suivants : « Soyez forts et braves ! Ne craignez pas et ne
soyez pas effrayés devant le roi d’Assyrie et devant toute la multi-
tude qui est avec lui, car il y a plus avec nous qu’avec lui. Avec lui est
un bras de chair, mais avec nous est le Seigneur notre Dieu pour nous
aider », vous découvrez que « le peuple mit sa confiance dans les
paroles d’Ezéchias. » (Chronique 32 : 7, 8) C’est là une bien étrange
confiance, n’est-ce pas ? Vous auriez pu croire qu’ils avaient eu
confiance dans leur armée et dans leurs munitions ; mais non,
ils eurent foi dans les paroles d’Ezéchias. De même, nous som-
mes invités à avoir foi dans la lettre des Écritures.
Lorsque nous sommes confrontés à quelque forme d’erreur
que ce soit, il est souvent sage de méditer ce passage des Écri-
tures : « Je ne donnerai pas Ma gloire à un autre » (Isaïe 42 : 8). Dieu
n’accorde pas Son pouvoir, Sa substance, Sa loi ou Son activité
à une forme quelconque de péché, de maladie ou de limitation.
Pensez à la signification profonde de paroles telles que celles-

7
LETTRES DE 1983

ci : aucune forme de discorde n’a de pouvoir, d’activité ou de loi


qui la justifie. Aucun concept mortel, aucune croyance ou théo-
rie humaine ne sont spirituellement fondés. Il n’est donc pas
étonnant qu’Ezéchias ait dit que les ennemis ne disposaient
que d’un bras de chair et que son peuple ensuite eut foi en ses
paroles. Quelle foi et quelle confiance ! Quel pouvoir ! « Le peuple
mit sa confiance dans les paroles d’Ezéchias. » Ne pouvons-nous,
de la même façon, nous reposer sur la certitude que les armées
de l’ennemi – c’est-à-dire l’erreur sous toutes ses formes – n’ont
aucune base spirituelle ? Dieu ne leur a pas accordé Son pou-
voir : elles ne disposent que d’un bras de chair qui n’est que
néant.
Toutefois, même après avoir entendu ces paroles et même
après les avoir crues, quelques heures à peine s’écouleront
avant que vous soyez tentés de ne plus y croire ou d’en douter
– juste le temps d’entendre une information radiodiffusée, ou
de lire une manchette de journal. Alors, toute la vérité s’envo-
lera, à moins que vous ne soyez entraînés à la vigilance en vous
disciplinant par l’étude et la pratique, de manière à répondre
instantanément à toute suggestion et à toute apparence de mal
par une réfutation consciente.
Dans votre état actuel de développement, il est nécessaire
que vous reconnaissiez que la moindre parcelle de mal qui se
présente à vous dans le monde n’est que suggestion ou appa-
rence. Il est possible que, sous la pression des circonstances,
vous ne soyez pas capables de tenir bon en ne l’acceptant pas
dans votre conscience comme quelque chose de réel. En de
pareilles circonstances, vous serez avisés de vous tourner vers
le dedans de vous-mêmes et de vous rappeler quelques vérités:

Quelle est la nature de ce qui m’arrive ? Dois-je y croire ?


Pourquoi devrais-je croire quoi que ce soit en dehors de Dieu ?
Dieu a fait tout ce qui a été fait et tout ce que Dieu a fait est
bon. Toute chose que Dieu n’a point faite n’a pas été faite, de
sorte que ce qui m’arrive n’a jamais été créé. Ce n’est pas une
réalité puisque cela n’a ni substance, ni loi, ni cause ou effet

8
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

pour le justifier ; par conséquent, je ne suis pas tenu d’y croire ou


de l’accepter dans ma conscience.

Tel est le traitement. Tout ce que vous avez fait a consisté


à clarifier votre propre conscience de manière à ne pas accep-
ter l’apparence comme une réalité. Vous devez alors devenir
très silencieux : « Parle, Ô Éternel, ton serviteur écoute » (Samuel
3 : 9). Et dans cette attitude de réceptivité, vous opérez votre
contact conscient avec Dieu. C’est seulement lorsque la cons-
cience est ouverte à Dieu que Dieu devient disponible.
Tant que vous ne serez pas convaincus que le seul pouvoir
qui existe se trouve au-dedans de votre propre être, vous serez
soumis à la nécessité de vous discipliner mentalement chaque
fois que vous êtes confrontés à une apparence. C’est ainsi que
vous construirez votre conscience spirituelle. La Conscience
Spirituelle devient votre conscience lorsque vous avez une
confiance totale dans l’Invisible Infini.

La Bible

Il n’existe pas meilleur moyen que l’étude de la Bible pour


commencer à développer la conscience spirituelle. La Bible est
un grand document historique et, en tant qu’œuvre littéraire,
se place parmi les plus grandes par sa beauté d’expression.
Toutefois, ce n’est pas pour de telles raisons que nous l’étu-
dions car, pour nous, la bible contient un grand enseignement
spirituel ; c’est un guide qui peut nous conduire sans fin sur le
chemin. Il est possible que les aspects historique et littéraire de
la bible soient intéressants pour nous, mais notre véritable
objectif est de trouver dans la bible une manière de vivre.
Les étudiants de la Voie Infinie devraient emporter une
Bible partout où ils se rendent. Que ce soit une Bible très
mince, facile à glisser dans un portefeuille ou dans un sac à
main, mais qu’elle soit toujours à portée de la main, parce que
c’est à travers la bible que Dieu nous parle principalement.

9
LETTRES DE 1983

Vous serez étonnés de découvrir combien il est très réconfor-


tant de recevoir une impulsion du dedans et même une légère
pichenette dans le dos signifiant: « Ouvre cette Bible et observe
ce qui se passe. »
Vous pouvez vous tourner vers de nombreux passages des
Écritures hébraïques et trouver en eux de grandes vérités,
mais vous pouvez aussi prendre tous les passages de la révé-
lation du Maître et, en les acceptant dans leur vérité littérale,
partir en faire la démonstration. Achetez une édition du Nou-
veau Testament à lettres rouges et lisez les passages en rouge
qui correspondent aux paroles du Maître ; mais faites bien
attention de ne pas isoler une phrase de son contexte, ce qui
embrumerait sa signification.
La Bible en tant que livre ne vous révélera pas Dieu. Dieu
a été révélé à ceux qui ont reçu la Parole à partir de laquelle la
Bible a été élaborée, et si vous êtes assidus dans votre étude de
la Bible, il vous sera possible de recevoir suffisamment d’ins-
piration pour devenir, à votre tour, réceptif à Dieu. La Bible
est la source de la sagesse et de la puissance spirituelles, mais
les Écritures simplement lues, enregistrées dans la mémoire
ou répétées ne sont pas, par elles-mêmes, un pouvoir spirituel.
Les Écritures doivent être comprises et discernées spirituelle-
ment : c’est alors seulement qu’elles deviennent le pouvoir
capable d’apporter la paix sur la terre.

La Voie Infinie

À mesure que j’observais le développement de la Voie Infi-


nie, il me paraissait étrange que si peu d’études soient consa-
crées au livre La Voie Infinie*. Sans doute le lit-on et, de temps
à autre, les étudiants le reprennent en mains pour l’étudier un
peu plus à fond, mais je doute qu’il y ait un grand nombre
d’étudiants qui en réalisent toute la portée. La livre La Voie
Infinie, si petit soit-il, contient tout ce que nous connaissons à
l’heure actuelle en matière de développement spirituel, de vie

10
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

spirituelle et de guérison spirituelle. En fait, pratiquement


chaque paragraphe du livre est un texte métaphysique et spi-
rituel dont le thème pourrait donner lieu à la rédaction d’un
volume complet et sur lequel de nombreux livres ont déjà été
écrits. Pas un seul énoncé de la vérité ne se trouve dans mes
autres écrits qui n’ait pas figuré tout d’abord dans ce livre-là.
Des centaines de pages de commentaires ont été imprimées,
mais ces ouvrages de dix, vingt-cinq ou cinquante mille mots
peuvent n’être que le développement d’une seule phrase tirée
de La Voie Infinie.
Il y a dans La Voie Infinie une courte phrase énonçant que
« toute chose existant dans le domaine des effets ne peut être une
cause, qu’elle est sans puissance créatrice et donc n’a aucun pou-
voir sur nous » (La Voie Infinie, chap. Les ressources, 2ème par-
tie). Cette seule phrase exigerait trois années d’étude fervente.
Il n’est pas un seul problème présenté à votre pensée qui ne
soit fondé sur la croyance que vous êtes un effet et qu’il existe
quelque part une cause capable de faire quelque chose contre
vous ou en votre faveur.
Le chapitre consacré à la « Guérison Métaphysique » expose
le fait que « les guérisons sont toujours proportionnelles à notre
degré de compréhension de la vérité relativement à Dieu, à
l’homme, à l’idée, au corps ». Je ne vois pas comment un étu-
diant sérieux pourrait consacrer moins d’une année à méditer
cette seule phrase. Il devrait la transcrire, la coller sur une
glace, en porter une copie dans l’une de ses poches et, quelles
que soient ses lectures de l’année suivante, examiner quelle
est leur relation avec Dieu, l’homme, l’idée et le corps. Si vous
connaissiez la vérité au sujet de Dieu et de l’homme, la vérité
relative à l’idée et au corps ne tarderait pas à se révéler, car
nul homme ne trouvera jamais sa libération tant qu’il n’aura
pas compris qu’il n’est pas un être humain. Tant qu’existe en
vous la croyance consciente, inconsciente ou subconsciente que
vous êtes un être humain, vous chercherez un Dieu situé en
quelque endroit extérieur à vous et Dieu ne peut pas être
trouvé là. Méditez cette déclaration concernant Dieu, l’homme,

11
LETTRES DE 1983

l’idée et le corps jusqu’à ce que sa signification profonde vous


soit révélée.
Si l’on demeure dans la vérité de cette manière, en prenant
une seule sentence à la fois pour la méditer, sa signification
profonde est dégagée et toute la vérité à son sujet se révèle. De
nombreux passages de La Voie Infinie révéleront d’importants
principes qui régissent la vie et la guérison, à condition toute-
fois de les étudier, de les approfondir par la méditation, puis de
les mettre en pratique dans la vie quotidienne.
Dans pratiquement chaque livre de la Voie Infinie, vous
trouverez des chapitres sur Dieu, l’Âme, l’Esprit, ou tout autre
des synonymes de Dieu. Lisez tout ce que vous pouvez trouver
sur un sujet particulier. Par exemple, prenez le mot Dieu et
lisez tous les chapitres des Écrits qui traitent de ce thème par-
ticulier. Étudiez-les à fond et méditez sur ce que vous décou-
vrez. Laissez de côté tous les autres chapitres du livre pendant
cette étude. Vivez avec le mot Dieu durant des semaines ou des
mois consécutifs jusqu’à ce que son vrai sens vous soit dévoilé
intérieurement. Continuez alors votre étude en prenant de la
même manière tous les synonymes de Dieu. Après ces derniers,
vous pouvez continuer avec des sujets tels que « le Christ », « la
Prière », « la Méditation », « la Communion », « le Traitement »,
« l’Unité » ou « la nature de l’erreur ». L’ordre dans lequel ces
sujets sont abordés n’est pas très important. Ce qui importe,
c’est que vous vous appesantissiez sur quelque facette de Dieu
ou que vous travailliez avec un principe spécifique de la Voie
Infinie jusqu’à ce que vous puissiez recevoir un certain degré
d’illumination à son sujet et commenciez à en faire la démons-
tration dans votre vie quotidienne.

Les « Sagesses » de La Voie Infinie

Les « Sagesses » contenues dans La Voie Infinie m’ont été


communiquées sur une période de deux ans. Certains étu-
diants peuvent ne pas comprendre ces Vérités parce qu’elles

12
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

n’émanent pas de la sagesse humaine : Dieu me les a données


et, pour les comprendre, une sagesse spirituelle est nécessaire.
Avant de les rendre publiques, le les ai livrées à un petit
groupe d’étudiants pour qu’ils les méditent et les intègrent en
conscience.

La première « sagesse » est celle-ci :

Commencez votre vie spirituelle en comprenant que tous les


conflits doivent se régler dans votre propre conscience.
Il n’existe jamais de conflit avec une personne ou une condi-
tion…

Pourrait-il y avoir quelque chose qui contredise davantage


tout ce qui se passe sur la scène humaine ? L’expérience hu-
maine est faite de conflits perpétuels avec des gens ou des
situations. Spirituellement toutefois, cela ne peut jamais être
vrai car, chaque fois qu’un conflit s’élève au-dedans de vous, il
ne s’agit pas d’un conflit avec une personne, même si quelque
personne semble être impliquée. Il s’agit en fait d’un conflit
au-dedans de vous, concernant votre concept de cette personne,
ou votre concept de la relation existant entre cette personne et
vous. Par conséquent, il ne vous est pas demandé de corriger
une personne, de la changer ou de l’amender. Ce qui vous est
demandé, c’est de rentrer en vous-même et d’y rétablir la vérité
au sujet de la personne en question. Alors le conflit cesse et
vous êtes en harmonie avec elle.
De la même manière, il ne saurait y avoir de conflit avec
un péché, une bronchite, ou avec quelque maladie que ce soit.
Selon votre sens des choses, il peut y avoir conflit parce qu’il
vous semble que quelque chose ou quelqu’un, dans le monde
extérieur, devrait être éliminé de votre expérience. Quoi que
ce soit qui vous apparaisse comme étant une erreur n’est en
fait qu’un faux concept que vous entretenez et, en conséquence,
rien ne se trouvera définitivement réglé en combattant une
bronchite, un cancer ou la polio et, en ce qui concerne ce sujet,

13
LETTRES DE 1983

toute lutte contre le péché ou même des tyrans est également


vaine. Chaque conflit doit être réglé au-dedans de votre propre
conscience. Lorsque vous l’avez réglé là, vous devez encore
attendre que se produise ce déclic intérieur, cette respiration
profonde, ce soulagement qui vous donnent la certitude que
Dieu est sur le terrain. Alors, lorsque vous tournez votre atten-
tion vers ce qui a causé le conflit, vous découvrez que ce conflit
a disparu et que la paix a pris sa place. Vous n’êtes pas allé
vers Dieu pour Lui demander de faire quoique ce soit au sujet
d’une personne, d’un corps, d’une maladie, d’un péché ou d’une
pénurie. Tout ce que vous avez fait, c’est de vous établir dans
la lettre correcte de la vérité et d’attendre que la Présence de
Dieu vous soit révélée.

Par conséquent, effectuez la correction au-dedans de vous-


même, au lieu d’essayer de changer quiconque ou quoi que ce
soit dans le monde extérieur.

C’est là un point important dans l’œuvre de guérison. Vous


pouvez être appelés à l’aide une fois par jour ou cent fois, mais
jamais cette première fois, pas plus que la centième, vous ne
devez essayer de changer votre patient. Quelques systèmes de
métaphysique enseignent que certains traits de caractère cau-
sent la maladie mais, pour nous, un trait de caractère mal-
heureux est une erreur au même titre que la maladie qu’il est
supposé avoir causée – et c’est tout autant qu’elle est une illu-
sion. Tenter de se débarrasser de ce trait de caractère consis-
terait à travailler sur un niveau identique à celui de la tenta-
tive visant à se débarrasser de la maladie elle-même. Ce qu’il
vous faut faire, c’est vous détourner non seulement de la mala-
die, mais également des caractéristiques mentales qui sont
censées l’avoir causée et vous ancrer dans la réalisation que
Dieu est la cause unique.
Humainement, vous êtes sous la domination des pensées ;
humainement, vous êtes assujettis à la pensée. Si vous entrez
dans une pièce remplie de personnes aimables, généreuses et

14
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

aimantes, vous vous sentirez soulevés par leurs pensées et vice-


versa. Nous sommes tous influencés par la pensée, mais dans
la Voie Infinie, nous devons apprendre à ne pas réagir aux pen-
sées, et la méthode pour atteindre cet objectif est donnée dans
« Les Sagesses » :

Lorsque vous vivez tout à partir du centre de votre Être, vous


n’êtes pas touchés par les pensées, opinions, lois et théories de
ce monde. Rien n’agit sur vous puisque vous ne réagissez pas au
monde des apparences.

Cela n’est pas vrai, toutefois, tant que vous ne vous êtes
pas spécifiquement élevés au-dessus de la domination des lois,
opinions et théories humaines, tant que vous n’êtes pas encore
à l’unisson de l’Esprit. Notez que rien n’a d’action sur vous
lorsque vous ne réagissez pas au monde des apparences. Si
quelqu’un vous traitait de voleur, vous souririez probablement
d’une telle sottise et passeriez votre chemin, sans être touchés
ni blessés. Si vous vivez en harmonie avec Dieu, vous ne réagis-
sez pas à une accusation fausse et sans fondement de cette
nature : vous ne vous sentez pas insultés. Vous ne pourriez res-
sentir l’insulte que si l’accusation était fondée.
En revanche, si quelqu’un vous disait : « J’ai l’impression
que vous êtes en train de couver une grippe », il se peut que
votre réaction immédiate soit : « Je me demande ce que j’ai bien
pu faire pour attraper ça. Suis-je resté dans un courant d’air
hier ? » Mais si vous êtes branchés sur l’Esprit, votre réponse
sera d’une nature entièrement différente, du genre suivant :
« Sottise ! Vous pouvez être assujetti à une semblable croyance,
mais elle ne contient pas un grain de vérité. Je ne suis pas sou-
mis à la « grippe » mais à l’influence divine, à l’influence de
Dieu. »*

* Note : un terme ancien pour désigner la grippe est « influenza » issu de


la même racine que le mot influence !

15
LETTRES DE 1983

Le succès remporté sur les conditions adverses dépend de


notre réaction à leur égard. Un coup de fil peut vous apprendre
qu’un patient est en train de mourir. C’est le moment précis
de mettre en pratique la leçon sur la réaction. « Qui peut me
convaincre de mourir? Le Maître a dit: « Qui peut me convaincre
de péché ? » ( Jean 8 : 46) Et qui peut me convaincre de mourir ?
Qui est capable ici de me faire croire à une vie séparée de
Dieu ? » Vous êtes un étudiant de la sagesse spirituelle et l’on
fait appel à vous, non dans le but de changer une matière cor-
rompue en une matière saine, ou la pauvreté en richesse, ou
des personnes pécheresses en des personnes pures, mais dans
le but d’établir l’Identité Christique d’un individu.

Dans la vie spirituelle, vous ne posez pas d’étiquettes sur le


monde. Vous ne jugez pas en terme de bien et de mal, de maladie
ou de santé, de richesse ou de pauvreté. Bien que les apparences
puissent témoigner de l’harmonie ou de la discorde, en vous abs-
tenant de juger, vous connaissez seulement ce qui EST et vous
laissez ce qui EST réellement Se définir Lui-même.

En regardant quelqu’un, vous ne pouvez pas savoir s’il est


malade ou bien portant, car personne ne peut juger d’après
les apparences. La personne que vous voyez peut sembler en
bonne santé, mais cela ne prouve rien. En fait, vous ne pou-
vez même pas savoir si elle est bonne ou mauvaise, riche ou
pauvre, d’un niveau supérieur ou inférieur. Il n’y a qu’une
seule chose que vous sachiez à son sujet : vous savez qu’elle
existe ; vous savez qu’elle est et c’est tout ce que vous avez à
connaître. Dieu étant infini, il ne peut rien y avoir d’autre
que Dieu en cette personne puisqu’il ne saurait y avoir un
Dieu et un lui (ou elle).

Vivre spirituellement, c’est savoir que tout est – et par consé-


quent, ne pas nommer, étiqueter, définir ou juger ce qui est. Soyez
satisfaits de connaître ce qui EST et laissez ce qui EST vous révé-
ler Son être, Sa nature et Son caractère.

16
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

Quelqu’un peut se présenter à vous sous des apparences de


santé ou de maladie, de jeunesse ou de vieillesse, de vie ou de
mort, mais vous devez rester tranquillement assis jusqu’à ce
que vous parveniez à reconnaître cela qui EST ; puis vous
attendez. Vous devez non seulement connaître l’Être, mais qui
est, et quoi, et pourquoi, ainsi que ce qui est éternellement.
C’est alors que vous pouvez entendre ces mots : « Celui-ci est
mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu
3 : 17).
Ne cherchez jamais par votre prière à obtenir quelque chose
ou quelque condition. Laissez l’harmonie se définir et se révéler
elle-même. Que votre prière laisse apparaître ce qui EST.

C’est l’attitude diamétralement opposée à celle qui est com-


munément acceptée à l’égard de la prière. Si vous désirez prier
pour quelqu’un, laissez l’Esprit vous révéler que « Tu es mon
fils bien-aimé, l’élu de Dieu ».

Assurez-vous que votre prière n’est pas issue de votre désir


d’améliorer l’Univers de Dieu.

Si vous sélectionnez cette seule phrase dans l’ouvrage La


Voie Infinie et vivez avec elle durant un mois, de sorte que,
chaque fois que vous vous installez pour prier et que vous êtes
tentés de croire que votre patient ou votre étudiant est en chô-
mage, vous puissiez demeurer fermement dans votre intégrité
spirituelle en refusant de demander à Dieu de faire quoi que ce
soit à ce sujet. Si vous ne faites rien d’autre que cela jusqu’à ce
que vous vous sentiez de nouveau en paix et laissiez Dieu Se
manifester, vous aurez donné le traitement le plus parfait du
monde et vous découvrirez qu’il n’y a plus de chômage, ni de
situation discordante de quelque nature que ce soit.
Abandonnez l’espoir que vous allez rencontrer une grande
puissance qui va faire quelque chose en votre faveur. Dieu est
un état d’être, une ÊTREté qui ne peut être influencée en votre

17
LETTRES DE 1983

faveur. Dieu est bonté ; Dieu est amour ; Dieu est intelligence ;
Dieu est omniprésent et Dieu est omnipotent. Votre prière ne
changera rien à cela. Elle ne rendra pas ces qualités plus
grandes et elle ne les rendra pas plus efficaces à votre égard.
Dieu agit en permanence et tout ce que vous pouvez faire est de
vous mettre en harmonie avec Son action. Tout le secret con-
siste à apprendre la façon de s’harmoniser à Lui ; après quoi
vous découvrez que la plénitude divine est déjà au-dedans de
vous.
Étudiez les « Sagesses » très profondément. Vivez avec elles
jour et nuit. Méditez-les, afin qu’elles ouvrent un chemin
devant vous – le chemin de l’accomplissement.

Les enregistrements

Peu de temps après la diffusion publique du message de la


Voie Infinie au moyen des écrits, le besoin d’une instruction
personnelle se fit jour, et cela a entraîné ensuite l’utilisation
de bandes magnétiques. Par un procédé électronique, ces enre-
gistrements sur bandes captent non seulement les mots du
message, mais réellement la conscience de l’orateur. Elles
transmettent à l’auditeur beaucoup plus que les mots eux-
mêmes ; elles lui communiquent effectivement l’esprit du mes-
sage. Les écrits et les enregistrements sont notre moyen de
conserver la sagesse qui nous a été donnée. Grâce au magné-
tophone, il est possible de réécouter le même message un grand
nombre de fois jusqu’à ce que les points importants pour le
développement de la conscience individuelle aient été assimi-
lés. Le but de la lettre de vérité, que ce soit dans les écrits ou
sur bandes magnétiques, n’est pas de développer le mental,
mais d’agir réellement de manière à tranquilliser le mental
pour que l’Âme prenne la relève. L’audition de la Parole contri-
bue à construire dans la conscience une perception vivante de
l’unique Présence et de l’unique Pouvoir. Avec le rappel une,
deux ou trois fois par jour ou par semaine, que Dieu est la réa-

18
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

lité de l’être, vous finirez par vous éveiller à la réalisation de


Dieu et par faire l’expérience d’une plus grande harmonie.
Il existe plusieurs centaines d’endroits dans diverses par-
ties du monde où ce message est entendu sur bandes magné-
tiques par des groupes de deux, trois ou cinq ou même cin-
quante, soixante ou soixante-dix personnes. Des séminaires
qui ont lieu en Australie peuvent être entendus à Seattle, Chi-
cago ou Londres, tandis que les séminaires de Seattle, Chicago
et Londres peuvent être écoutés en Australie. Chaque fois
qu’un séminaire a lieu quelque part, les étudiants de la Voie
Infinie dans le monde entier ont la possibilité de suivre ce
même séminaire. Au lieu d’un groupe de cent, deux cents ou
cinq cents personnes qui écoutent le message, ce sont des mil-
liers d’étudiants de la Voie Infinie, ainsi que leurs familles,
invités ou amis, à qui il est donné de l’entendre. Les séminaires
qui se sont tenus dans le monde entier au cours des cinq der-
nières années sont disponibles sur bandes pour les étudiants.
L’assistance à des réunions de groupes durant lesquelles ces
enregistrements sont écoutés contribuera à créer l’ambiance
spirituelle favorable à l’élévation de la conscience, la rendant
ainsi réceptive à la parole de vérité. « Car là où deux ou trois sont
assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Matthieu 18 : 20)
Il existe entre nous un lien spirituel. Pendant les vingt-
quatre heures de chaque journée, des étudiants de la Voie Infi-
nie se réunissent quelque part pour méditer, prier et contem-
pler. Ils se réunissent pour écouter le message tel qu’il est
présenté dans les enregistrements et ils prient et méditent de
manière spécifique pour ceux d’entre nous qui seront en com-
munion avec eux. Ces enregistrements établissent un lien
entre nous, en nous maintenant dans l’unique conscience spi-
rituelle de la vérité. Nous ne sommes jamais séparés de l’ac-
tivité spirituelle de la prière ; jamais nous ne sommes privés
du bénéfice des prières de quelqu’un, quelque part – de la com-
munion et de la méditation qui sont faites en notre faveur,
tout comme en faveur du monde entier. Tel est le but de ce
travail.

19
LETTRES DE 1983

Travail en séminaire

L’une des expériences les plus sacrées qui puisse se pro-


duire dans notre vie, en dehors de la réalisation authentique de
Dieu, c’est notre expérience de participation à un séminaire.
C’est une expérience sacrée parce qu’elle est le chemin qui peut
nous conduire jusqu’à la porte des cieux. Le Royaume des cieux
lui-même, cependant, ne vient à nous que par la seule activité
de notre propre conscience.
La valeur d’un séminaire ne peut s’évaluer du point de vue
financier. Si un séminaire était apprécié à sa juste valeur, il
ne serait jamais payé assez cher. La contribution demandée
pour les séminaires est relativement peu élevée, non pas parce
que leur importance n’est pas reconnue, mais afin de les mettre
à la portée de ceux qui désirent sérieusement s’engager sur ce
chemin, et de leur en faciliter l’accès, non seulement une ou
deux fois, mais de nombreuses fois, aussi longtemps qu’il faut
pour que l’étudiant découvre qu’il a atteint le point où le con-
tact avec Dieu lui a été possible – où il est uni à Dieu cons-
ciemment.
Les séminaires de la Voie Infinie ne sont pas publics : l’étu-
diant qui s’inscrit à ces séminaires doit être suffisamment
familiarisé avec les écrits de la Voie Infinie pour avoir décidé
dans son propre esprit si ce message est bien celui qu’il désire
et souhaite recevoir avec ferveur. En outre, il doit avoir pris
ses dispositions pour être en mesure de consacrer six journées
ou soirées consécutives aux sessions d’un séminaire. Il arrive
souvent que des étudiants qui s’inscrivent à un séminaire de la
Voie Infinie proviennent de différents milieux métaphysiques
et ne sont pas a priori complètement unis dans leur compré-
hension de ce message. À la fin de la seconde ou de la troisième
session du séminaire, cependant, ils sont parvenus à une
meilleure compréhension de la Voie Infinie et se rapprochent
par conséquent de plus en plus d’un accord harmonieux. Une
unité de conscience s’établit qui s’ouvre aux suggestions de

20
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

l’Esprit Lui-même. Si je pouvais demeurer une heure ou deux


dans le Silence, le séminaire serait une réussite car nous
serions tellement à l’unisson de la Sagesse unique et infinie
que nous recevrions des intuitions divines. C’est alors que se
manifeste quelque chose de plus important que tout ce qui peut
être dit sur le podium et, quelles que soient les paroles pro-
noncées, elles sont immédiatement comprises, reçues et accep-
tées activement dans cette unité de conscience.
L’œuvre de ma vie est consacrée à amener ceux qui entrent
dans la Voie Infinie jusqu’à ce niveau de conscience où eux-
mêmes reçoivent des suggestions divines et ne dépendent plus
désormais de livres, d’instructeurs, ou même de séminaires.
J’ai l’espoir que notre travail suscitera des étudiants qui seront
capables d’élever leur conscience jusqu’au niveau de l’union
consciente avec Dieu. Tout étudiant fervent qui se tourne vers
moi pour recevoir de l’aide, ou vers quiconque dont la cons-
cience est suffisamment élevée, et qui le fait pendant une
période assez longue, peut se sentir tellement soulevé qu’il
atteigne le point où il est en mesure de recevoir lui-même le
message de l’Esprit. C’est là le but de la Voie Infinie.
Une classe « fermée » est une expérience, non un enseigne-
ment. Si une telle classe était quelque chose qui puisse être
donné de mémoire, ou en s’inspirant des expériences passées,
ou comme un programme soigneusement préparé et défini à
l’avance, on pourrait en avoir une chaque jour de la semaine.
Mais un séminaire n’a pas pour but de vous faire savoir ce que
j’ai appris au cours des quarante dernières années, ni de vous
donner un résumé et une répétition de quelques aspects de la
vérité intellectuellement perçus. Un séminaire est une occa-
sion, après des semaines et des mois de méditation et de com-
munion, d’obtenir assez de silence pour que Dieu puisse nous
donner un message qui soit nouveau et frais du jour.
Il n’y a pas grand-chose qui puisse être enseigné au sujet de
Dieu, mais Dieu peut Se révéler à l’infini et à chaque instant à
chacun d’entre nous. Lorsque je prends place pour un sémi-
naire, grâce à ma préparation poursuivie jour après jour, au

21
LETTRES DE 1983

cours de nombreuses heures de méditation, ma conscience s’est


ouverte à la révélation de Dieu en moi, et les étudiants qui par-
ticipent au séminaire, grâce à leur préparation et grâce au tra-
vail qui a été accompli par eux et pour eux, se présentent avec
leur conscience ouverte, non pas pour écouter un homme, mais
plutôt pour que Dieu puisse Se révéler dans leur conscience.
Il est assez surprenant que cela puisse passer à travers moi ou
à travers les paroles qui sont dites par mon intermédiaire, mais
il n’en est pas nécessairement ainsi. Parfois, cela peut venir
sous la forme d’une idée ou d’une pensée individuelle qui se
présente à la conscience de l’étudiant pendant qu’il est dans la
salle de réunion et qui n’a peut-être aucun rapport avec ce que
je suis en train de dire ; cela peut également se produire quand
l’étudiant rentre chez lui, après la réunion, ou au milieu de la
nuit. Il est même possible que cela n’arrive que deux semaines
ou deux mois après le séminaire, mais lorsque la chose se pro-
duit, c’est la révélation de Dieu au-dedans de vous. Une classe
« fermée » ou retraite est une expérience, et vous découvrirez
que c’est une expérience de Dieu en vous. En venant assister à
une telle classe, vous faites partie d’une conscience spirituelle
unifiée qui encercle le globe.

De la lettre à l’Esprit

Les nouveaux étudiants doivent apprendre la lettre de la


vérité et ceux qui ont déjà acquis la discipline de base devront
s’y maintenir. La lettre correcte de la vérité, dans la mesure
où nous la connaissons, conduit à de nouveaux développements
de la vérité. Il existe un petit nombre de vérités de base qui
constituent la lettre de la vérité et qui ne doivent jamais être
oubliées à cause de leur nature fondamentale et de leur impact
sur nos vies. Mais rappelez-vous toujours que la lumière sur
ces quelques vérités doit être individuelle et doit se répandre
continuellement, nouvelle et fraîche chaque jour.

22
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

Suivre des séminaires, étudier les écrits et écouter des enre-


gistrements qui traitent de la nature de Dieu, de la nature de
l’être individuel, de la nature du Christ et de la nature de l’er-
reur, tels sont les moyens de maintenir la pureté de votre
temple. Si vous ne vous maintenez pas plongés dans l’Esprit
en écoutant et en étudiant la Parole, vous risquez de vous
retrouver soumis au mesmérisme du monde. Ne vous décou-
ragez pas, toutefois, si vous ne comprenez pas immédiatement
la lettre de vérité dans son intégralité et sa totalité, d’une
manière qui vous permette d’en faire la démonstration dans
toutes les circonstances de la vie quotidienne. Il faut des
années pour développer la conscience spirituelle ; cela ne peut
se faire en quelques jours ou en quelques mois.
Si importante que soit la lettre de vérité, elle n’est d’aucune
utilité par elle-même. « C’est l’Esprit qui vivifie » ( Jean 6 : 63) et
l’Esprit vient à nous au cours de nos heures de méditation pen-
dant lesquelles la lettre s’illumine. C’est alors qu’elle devient la
nourriture, le vin et l’eau – la vie même. Elle n’habite plus
désormais le royaume du mental, mais a trouvé son lieu de
repos dans le cœur. Acceptez la responsabilité qui est placée
sur vos épaules.

Médite sur ces choses ; donne-toi entièrement à elles, afin que ta


démonstration soit évidente pour tous (I Timothée 4 : 15)… J’ai mis
devant toi une porte ouverte (Apocalypse 3 : 8).

NOTE BRÈVE

Regardez à ce jour !
Car il est la Vie, la vraie Vie de toute vie.
Dans sa course brève se trouvent toutes les
Vérités et réalités de votre Existence :
La Félicité de la Croissance,

23
LETTRES DE 1983

La Gloire de l’Action,
La Splendeur de la Beauté.
Car hier n’est qu’un Rêve
Et demain n’est qu’une Vision.
Mais Aujourd’hui, s’il est bien vécu,
Fait de chaque Hier un Rêve de Bonheur,
Et de chaque Lendemain une Vision d’Espoir.
Regardez donc bien à ce jour !
« La Salutation de l’Aube », tirée du Sanskrit.

En cette aube du Nouvel An, je vous salue avec mon amour


et mes vœux ! Elbert Hubbard nous a donné un concept élevé
d’une vie réussie lorsqu’il a écrit : « L’amour que vous faites cir-
culer dans vos œuvres est l’amour qui vous est acquis. » Je
m’émerveille qu’une aussi profonde sagesse puisse se trouver
dans un message aussi bref.
D’habitude, nous passons nos vies à faire des choses qui
nous sont imposées, sans considération du fait qu’il y a cer-
taines choses que nous aimerions faire ou qu’il nous tarde de
faire. Peut-être y a-t-il tant d’années que vous n’avez plus
pensé à ce que vous aimeriez faire que vous ne vous rappelez
plus ce que c’était ; ou bien vous avez le sentiment qu’il est
maintenant trop tard pour commencer.
Rejetez de telles pensées ! Tournez-vous vers le dedans et
demandez-vous ce que vous aimeriez faire plus que tout. Dans
quelle activité souhaiteriez-vous vous accomplir de tout votre
cœur et de toute votre âme ? À quelle réalisation consacreriez-
vous joyeusement votre temps, vos efforts et votre argent ? Que
pourriez-vous faire qui vous apporterait une satisfaction authen-
tique : y a-t-il quelque étude que vous avez toujours souhaité
entreprendre ? Les grandes librairies peuvent vous fournir tous
les livres nécessaires. Y a-t-il une collection que vous aimeriez
constituer – timbres, monnaies, manuscrits rares ou livres ? Y a-
t-il une cause valable que vous voudriez soutenir – Éclaireurs,
Scouts, Armée du Salut ou autre? Avez-vous rêvé de devenir un
bon nageur, ou joueur de golf, ou tireur à l’arc ? Existe-t-il un

24
SE DÉVELOPPER SPIRITUELLEMENT…

sujet que vous trouviez particulièrement intéressant à l’école


mais que vous n’avez jamais eu le temps d’étudier ?
Avant tout, cherchez en vous-même en cet instant précis
quelque chose qui mérite que vous lui consacriez votre amour,
votre énergie, et même votre argent. Sans tenir compte du
degré d’impossibilité apparente de réaliser ou d’accomplir votre
but, reconnaissez que cette chose existe dans laquelle vous
aimeriez vous jeter corps et âme. Cette étape doit être fran-
chie – la reconnaissance qu’il s’agit de la seule chose à laquelle
vous puissiez vous donner entièrement, de tout votre cœur,
avec votre moi tout entier.
Remplissez-vous aujourd’hui d’amour pour ce vieux rêve.
Laissez-vous transporter par l’amour que vous avez éprouvé
autrefois à l’égard de vos rêves. Laissez l’amour remplir tout
votre être d’émerveillement pour la résurrection de la vision
que vous aviez laissée s’enterrer pendant de si longues années.
L’étape suivante consiste à consacrer quelques minutes
chaque jour à demeurer seul avec votre rêve. Pouvez-vous per-
cevoir ce qui peut être accompli – la joie que vous pouvez don-
ner ou recevoir, les services que vous pourriez rendre et tout le
bien qui pourrait en résulter ? Pensez à la joie intérieure et à la
satisfaction que vous pourrez obtenir, grâce à cela que vous
aimez si profondément. Pensez aux nombreuses heures vacan-
tes qui seront remplies de bonheur et de paix grâce au niveau
de conscience élevé dans lequel vous vivrez lorsque la totalité
de votre nature sera transformée par l’amour que vous portez
à ce que vous souhaitez tellement réaliser.
Voici un secret que j’ai appris « de la manière la plus dure » :
nos problèmes ne peuvent être résolus de façon permanente
que par l’amour – non pas l’amour que les autres nous don-
nent, mais l’amour qui s’écoule de nous; et l’amour le plus puis-
sant qui existe, celui qui balaiera tous nos problèmes, c’est
l’amour que nous investissons dans l’accomplissement de notre
rêve.
Parcourez ces deux premières étapes et observez ensuite com-
ment se déroulera la troisième étape – à savoir, ce qui rendra

25
LETTRES DE 1983

possible votre rêve. Vous n’avez à vous préoccuper que des deux
premières phases de l’opération: la troisième se présentera d’elle-
même. Trouvez quelque chose à aimer – mais non quelqu’un.
Donnez alors tout votre être à cette chose-là.

26
N° 38 – Février

LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

C hacun de nous, dans la vie, a rencontré des problèmes


d’une sorte ou d’une autre. La plupart d’entre nous viennent à
l’étude de la sagesse spirituelle à cause de quelque problème,
d’ordre physique, mental, moral, financier, ou peut-être d’une
espèce qui ne relève d’aucune de ces catégories. L’un des pro-
blèmes les plus difficiles de tous, en raison de son caractère
intangible qui le rend si frustrant, c’est un sentiment d’imper-
fection ; mais c’est précisément ce sentiment d’imperfection et
d’inachèvement qui nous force à chercher la vérité et nous sti-
mule dans notre quête de Dieu. Pendant les premières phases
de notre développement, les problèmes sont réellement des pro-
blèmes, mais si nous suivons sérieusement le chemin spirituel,
nous finissons par atteindre un point où les problèmes ne sont
plus des problèmes.
Notre expérience des problèmes comporte trois phases. La
première période est celle où nous avons un problème qui nous
semble bien réel et où nous nous adressons à un praticien, un
instructeur ou un enseignement pour nous aider à résoudre ce
problème. Toutefois, le praticien vraiment doté de discerne-
ment spirituel sera en mesure de vous dire : « Oui, c’est vrai,
vous avez effectivement un problème, mais votre problème
n’est pas ce que vous pensez qu’il est. Votre réel problème est
un sentiment d’être séparé de Dieu ; votre problème, c’est de
n’avoir pas atteint la réalisation de Dieu – pas même à l’état

27
LETTRES DE 1983

d’ébauche ». Vous découvrirez que lorsque vous atteindrez un


certain degré de réalisation de Dieu, votre problème commen-
cera à s’estomper pour finir par disparaître. Cela ne veut pas
dire que la première fois que vous verrez poindre une lueur,
automatiquement tous vos problèmes seront résolus, mais cela
signifie que, dans la mesure où nous obtenons la conscience de
Dieu, nos problèmes commencent à se dissoudre et finalement
les problèmes changent de nature.
La seconde phase de notre développement est celle dans
laquelle un problème devient une occasion, mais c’est seule-
ment lorsque nous sommes entrés dans cette seconde phase
que nous pouvons considérer un problème sous ce nouveau
jour. Si nous utilisions pareil langage avec un débutant, il répli-
querait probablement : « Je serais heureux de laisser à quel-
qu’un d’autre cette glorieuse occasion. »
Très souvent, les étudiants se révoltent contre les pro-
blèmes ; et pourtant, aucun développement spirituel ne serait
possible si ce n’était grâce aux problèmes. Certes, nous conti-
nuerions probablement à lire ou à assister à des séminaires et
à des conférences, mais nous cesserions de progresser spiri-
tuellement parce que le développement spirituel nous vient
par la pratique de la sagesse spirituelle. Il vient tout à fait de
la même manière que le succès dans n’importe quelle branche
professionnelle. Par exemple, un comptable réussit parce ce
qu’il a appliqué ses connaissances en matière de comptabilité
aux nombreux registres avec lesquels il a dû travailler ; un
architecte réussit uniquement à cause des nombreux pro-
blèmes qu’il a rencontrés en établissant les plans des bâti-
ments à construire. Lorsque les gens sont occupés à surmonter
leurs problèmes, il est possible qu’ils ne se sentent pas en train
de réussir dans la vie à un quelconque degré. C’est seulement
après avoir résolu un nombre suffisant de problèmes que les
années de réussite arrivent et qu’alors la réponse adéquate à
n’importe quel problème susceptible de se poser est toujours
disponible.

28
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

Accueillez les problèmes comme des occasions

Ainsi en est-il de nous-mêmes. Nous croyons que nous som-


mes tellement intéressés par Dieu que rien ne pourra jamais
contrecarrer ou bloquer notre quête de Dieu ; mais il est sur-
prenant de constater que tant de choses peuvent nous arrêter.
Il est si facile de se reposer sur la sensation de confort que l’on
trouve dans la santé, la richesse ou la sagacité – mais en fait,
la bonne santé et l’abondance peuvent poser un plus grand pro-
blème que leur absence. Ainsi, nous parvenons à une seconde
phase de développement dans laquelle les problèmes ne sont
plus des problèmes, ils sont devenus désormais nos bonnes
occasions. Jacob avait atteint ce point lorsqu’il lutta avec l’ange
toute la nuit et ne voulut point le laisser partir. «Je ne te laisserai
point aller, que tu ne m’aies béni. » (Genèse 32 : 26) C’est lorsque
nous avons atteint ce point que, nous aussi, nous pouvons dire :
« Je ne veux pas laisser ce problème sans avoir vu la lumière
spirituelle qui le dissoudra et qui, en dissolvant ce problème,
dissoudra tous les problèmes susceptibles de se présenter
demain ou l’année prochaine. » Au cours de notre expérience
humaine, il est nécessaire que nous rencontrions quelque défi
qui nous stimule et nous éveille à nos occasions spirituelles,
jusqu’à ce que nous parvenions, par la constance dans la per-
sévérance, à la réalisation de Dieu.
Une harmonie temporaire peut être instaurée dans votre
vie et dans celle de votre famille et de vos associés grâce à l’in-
tervention d’un praticien ou d’un instructeur dont la conscience
est élevée, mais cette expérience d’harmonie temporaire ne
constitue pas votre démonstration de la vie. Toute guérison
dont vous pouvez bénéficier ou toute amélioration de votre
existence dont vous pouvez faire l’expérience grâce au travail
d’un praticien ou d’un instructeur, doit être acceptée avec
reconnaissance comme une preuve du principe mis en œuvre,
mais en dernière analyse, c’est vous, qui devez vous-mêmes,
par l’activité de votre propre conscience, rendre témoignage de

29
LETTRES DE 1983

la Présence du Christ dans votre vie et dans votre travail. Por-


tez témoignage que l’Invisible Infini est la source, la loi, la
cause et la totalité de tout ce qui est visible ; et portez témoi-
gnage que toutes les discordes terrestres représentent seule-
ment l’activité d’une croyance universelle dans un moi, une vie
et une loi séparés de Dieu. C’est alors que vous vivrez dans la
dépendance d’un principe et non d’une personne. Cela nous
conduit à un niveau de conscience pour lequel il n’y a plus ni
jugements, ni critiques, ni condamnation. C’est un état d’être
purement spirituel dans lequel nous ne nous adonnons plus à
la glorification ni à la condamnation de qui que ce soit. Nous
voyons à travers chaque apparence, reconnaissant en elle un
piège et une illusion se présentant sur notre chemin. Nous ne
reconnaissons dans notre prochain qu’un autre aspect du
Christ, qu’une autre individualisation de Dieu. Il n’y a pas de
place pour la condamnation ou pour la louange, mais pour la
constatation qu’il existe des états et des degrés de conscience
et que certains individus sont plus avancés que d’autres sur ce
chemin – certains ayant réalisé à un plus haut degré leur
condition christique. Personne n’est un état christique plus
élevé, mais chacun peut atteindre plus qu’un autre une meil-
leure réalisation de cet état, à un moment donné. Il n’y a pas
de limites à l’état de conscience christique qu’une personne
peut manifester, à l’exception des limites qu’elle impose elle-
même à sa propre démonstration – et ces limites viennent de
la croyance qu’une personne, en elle-même et par elle-même, a
une démonstration à faire et qu’elle peut la faire, ce qui natu-
rellement n’est pas vrai. Toute démonstration susceptible d’être
faite est toujours la démonstration de l’activité du Christ. Nous
utilisons encore souvent le mot « Je », en croyant que « Je » peut
faire quelque chose, alors que « Je » n’est qu’un instrument à
travers lequel opèrent l’Intelligence infinie et l’Amour divin.
En portant témoignage de Dieu comme réalité de l’être et
en témoignant de la nature impersonnelle de ce qui paraît être
le mal, nous atteignons un niveau de conscience qui ne juge
pas, ne tenant pas compte de la suggestion qui peut se pré-

30
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

senter à notre esprit sous la forme d’un problème. La sugges-


tion peut consister en une maladie ; elle peut se présenter sous
la forme d’un homme emprisonné dont l’esprit est séparé de
Dieu, un esprit capable de pécher ; ou bien elle peut prendre
l’aspect de conducteurs imprudents sur l’autoroute. La sug-
gestion peut apparaître sous n’importe quelle forme, mais
quelle que soit cette forme, elle n’est rien de plus qu’une sug-
gestion ou une croyance qui s’exprime dans la vie du croyant.
Tant qu’une personne entretient la croyance qu’il existe une
activité séparée de Dieu, une âme indépendante de Dieu, une
vie, un esprit ou une loi séparés de Dieu, les choses se passent
alors comme l’a dit le Maître: « Qu’il vous soit fait selon votre foi »
(Matthieu 9 : 29) – car selon ce que vous acceptez, votre vie se
déroule conformément à votre croyance.
La plupart d’entre nous n’ont pas suffisamment développé
leur confiance dans l’Invisible Infini en tant que principe de
vie qui opère dans notre propre expérience individuelle par
l’activité de notre conscience. Nous reconnaissons qu’il y a un
Dieu – que, sous un nom ou sous un autre, Dieu est – mais
nous ne sommes pas encore parvenus à une conviction pro-
fonde que ce Dieu, cet Invisible Infini, opère en nous et par
nous, étant la vie même de notre être. Une fois que nous avons
atteint à la réalisation consciente de Dieu, nous avons atteint
Sa présence pour l’éternité. Notre écueil réside dans notre
échec à reconnaître que nous ne pouvons obtenir aucun succès
tant que nous ne sommes pas parvenus à cette réalisation cons-
ciente.
Si nous pouvons nous hausser jusqu’au point où Dieu est
réalisé, en travaillant à résoudre l’un après l’autre nos pro-
blèmes, nous n’avons plus jamais besoin de craindre que Dieu
nous abandonne le jour suivant. Nous demeurerons dans le
lieu secret du Très-Haut, confiants dans la réalisation de l’In-
visible Infini, en sécurité dans notre union avec Dieu. Une fois
que cette réalisation est obtenue, nous avons la certitude per-
manente que «Je ne m’abandonnera ni ne me délaissera jamais.
De même que Je était avec Abraham, Isaac, Jacob, Jésus, Jean

31
LETTRES DE 1983

et Paul, de même Je sera avec moi. Même dans les épreuves


du désert, Je sera avec moi ».
Ne commettez pas l’erreur de croire qu’il est possible à Dieu
de vous abandonner ou d’être absent de votre vie. Vous pouvez
abandonner Dieu en devenant tellement absorbés par « ce
monde » que vous en oubliez de demeurer dans la Parole, mais
Dieu ne vous abandonne jamais. Si vous aviez été présents
lorsque Jésus a été crucifié sur la Croix, lorsque Jean fut exilé
sur l’île de Patmos, ou lorsque Paul fut emprisonné à Rome,
vous auriez pu penser que Dieu les avait certainement aban-
donnés. Si vous aviez vu Pierre chargé de chaînes, vous auriez
pu accepter cela comme une preuve de l’abandon de Dieu. Si
vous aviez été sur place quand les Chrétiens furent jetés en
pâture aux lions, vous vous seriez sans doute émerveillés
devant leur courage à endurer pareille persécution.
Tout martyr qui a subi l’emprisonnement ou la mort se
trouvait dans un état de conscience où il avait démasqué l’illu-
sion de la mort et réalisé que la mort n’existe pas. De sorte que,
lorsque les martyrs étaient jetés dans la fosse aux lions ou dans
un four brûlant, ils ne pensaient aucunement à leur mort : ils
étaient déjà parvenus à la réalisation du message chrétien de
l’immortalité de la vie. Ils avaient rejeté tout désir et s’étaient
élevés à la vision de l’immortalité, de la vie éternelle – à la réa-
lisation qu’il n’y a point de mort. Dans cette vision, la prison,
l’huile bouillante et la crucifixion n’étaient pas terrifiantes ;
elles ne constituaient pas des épreuves, mais des occasions de
prouver la non-existence de la mort, de la destruction et de
toutes les tentations de « ce monde ».
Et qu’en est-il de nous ? Supposons que nous ayons effecti-
vement un problème de maladie ? Supposons que nous soyons
confrontés à la pénurie et à la limitation ? Pourquoi nous en
soucier et pourquoi lutter, comme si nous devions nous débar-
rasser de ces problèmes, alors que notre fonction consiste à
prouver qu’ils ne sont rien du tout ? C’est en cela que réside le
secret. Si notre fonction est de prouver que toutes les appa-
rences que le monde nomme discordes ne sont que néant, pour-

32
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

quoi devrions-nous donc nous préoccuper quand une occasion


nouvelle se présente à nous de prouver leur néant, pour nous-
mêmes d’abord puis pour notre entourage ? Si nous pouvions
nous acquitter de notre tâche aujourd’hui avec une absolue
conviction que ni le péché, ni la maladie, ni la mort ne sont des
réalités, nous ne nous sentirions jamais concernés lorsque nous
sommes appelés à faire face aux apparences de cette espèce.
Notre réponse serait : « Comment pourrais-je être affecté, alors
que ma vie toute entière est consacrée à la démonstration que
tout ce qui apparaît sous forme de péché, de maladie, de mort,
de pénurie et de limitation n’est que néant ? Quelle que soit
l’apparence qui se présente à moi, à ma famille, à mes patients
ou à mes étudiants, même dans le cas où cette apparence serait
comparable à celles qu’ont affrontées Jésus sur la Croix, Jean
à Patmos, Paul en prison, ou Pierre enchaîné, je dirai : « Merci,
Père. Merci de m’avoir fait prendre conscience du néant de ces
choses, de sorte que je ne tente pas de m’en débarrasser ou de
les surmonter. Je suis reconnaissant d’avoir l’occasion de por-
ter témoignage de leur néant. »
Quand vous êtes en mesure, dans votre propre expérience
personnelle ou dans celle de vos amis, de votre famille, de vos
patients ou de vos étudiants, de prouver aux yeux du monde
que toutes les apparences qu’il a redoutées, y compris l’ultime
ennemi, ne sont pas des réalités, mais seulement des appa-
rences, ne comprenez-vous pas que c’est de cette manière, et
seulement de cette manière, qu’il est possible d’éveiller le
monde à la réalisation de la vérité spirituelle ?

À cette fin je suis né

C’est le moment où il devient évident pour nous que notre


étude n’a pas eu pour but de surmonter péché, maladie, mort,
pénurie et limitation, mais que nous avons étudié, médité, et
approfondi ces grandes vérités spirituelles afin de pouvoir réa-
liser que le péché, la maladie, la mort, la pénurie et la limita-
tion n’existent qu’à l’état d’apparences et non de réalités. Nous

33
LETTRES DE 1983

ne les considérons plus comme des problèmes, mais comme de


nouvelles occasions. Aucun des premiers martyrs n’a estimé
que c’était un problème de mourir pour son enseignement :
pour eux, c’était une occasion de montrer au monde que la mort
n’existe pas. Nous devons également bien accueillir chaque
occasion qui se présente de montrer au monde que la mort est
une illusion et que la maladie n’a pas de réalité ; elles ne doi-
vent pas être un objet de crainte ou de haine.
Le péché, la maladie et la mort sont-ils réels ? Y a-t-il des
lois qui les établissent et les maintiennent ? Du point de vue
spirituel, la réponse est: « Non ! Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir
s’il ne t’avait été donné d’En-Haut » ( Jean 19 : 11). Ce sont là de
magnifiques paroles, des paroles d’encouragement, des paroles
inspirées ! Mais une heure plus tard, si l’estomac, la tête ou le
pied nous font mal, bien souvent notre réaction est la suivante :
« Pourquoi cela m’est-il arrivé ? Pourquoi dois-je endurer ce pro-
blème ? » Ne voyez-vous donc pas que c’est pour cela que nous
avons travaillé, que le moment est arrivé, ce moment auquel
précisément nous nous sommes préparés ? C’est notre occasion
– l’occasion d’affronter toute apparence de discorde en réali-
sant que sa véritable nature n’est rien d’autre qu’un pur néant
se faisant passer pour quelque chose.
Lorsque la suggestion se présente, qu’il s’agisse d’un appel
téléphonique, de l’appel de notre propre enfant ou de notre
propre corps, accueillons-la de la façon suivante : « Ceci n’est
pas un problème, ce n’est pas quelque chose de regrettable,
c’est la chose pour laquelle précisément j’ai vécu, c’est le but
même en vue duquel j’ai consacré tant d’heures d’étude et tant
d’argent – à savoir, l’occasion de prouver au monde que les
choses qu’il a redoutées et détestées n’ont pas le moindre pou-
voir et n’ont pas de présence, si ce n’est une présence illusoire
résultant de mon ignorance et de mon éducation erronée.
« De par mes années d’étude, suis-je parvenu à la convic-
tion que la maladie n’a pas de loi, que le péché n’a pas de loi,
pas plus que la pauvreté et la pénurie n’ont de loi? Suis-je par-
venu à la conclusion qu’en raison de l’omni-totalité de Dieu,

34
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

tout sentiment de discorde n’est rien d’autre que cela, un sen-


timent de discorde, et pas la discorde elle-même ? Ai-je obtenu
la réalisation du fait que l’omni-totalité de Dieu exclut la pos-
sibilité d’un moi indépendant de Dieu, d’une volonté étrangère
à Dieu, d’une loi séparée de Dieu ? »
Si nous pouvons répondre à ces questions par l’affirmative,
nous pouvons rester assis dans notre appartement ou dans
notre bureau, en laissant un millier de personnes venir à nous
pour chercher de l’aide, sachant qu’elles viennent toutes dans
un seul et unique but : gagner l’assurance grâce à notre convic-
tion, que telle apparence n’est pas ce qu’elle prétend être, n’a
pas de loi, de cause ou de réalité d’être. Même si nous sommes
nous-mêmes confrontés à ces tentations, que ce soit sous forme
de péché, de maladie ou de l’ennemi ultime lui-même, nous
serons en mesure d’évaluer la situation avec un détachement
complet : j’ai longuement étudié, prié et médité, tout cela à une
seule fin – me faire réaliser que les apparences ne peuvent pas
détruire, car les apparences n’ont pas de pouvoir. Que cette
apparence s’appelle Pilate ou qu’elle se nomme un lion avec
ses terribles mâchoires, qu’il s’agisse d’infection ou de conta-
gion, de dépression économique ou de surproduction, je me suis
entraîné pendant toutes ces années à faire face précisément à
de semblables situations avec cette prise de conscience: «Merci,
Père ; Tu es, et rien d’autre n’est. » En regardant à travers ces
apparences, nous maintenons en nous la même indifférence
divine qu’avaient les martyrs confrontés aux lions, à l’huile
bouillante, à la crucifixion, à l’emprisonnement ou au fouet :
« Ce sont là des ombres de la pensée mortelle ; ce ne sont pas
des réalités, mais des images reflétant les croyances humaines.
En elles il n’y a ni personne, ni lieu, ni chose, ni condition. »

Aucun pouvoir ne réside dans les problèmes

Seuls ceux qui ont obtenu une vision spirituelle semblable


à celle qu’avait le Maître, ou à celle que réalisèrent Paul, Jean,

35
LETTRES DE 1983

Pierre et Joseph, sont en mesure d’affronter les discordes de


l’existence humaine avec un sourire aux lèvres, en disant : « Ce
qui pour vous signifie un mal, est un bien pour Dieu.» Il n’existe
pas la moindre réalité dans les discordes de la vie humaine, et
il en est vraiment ainsi dès que nous cessons de les craindre
et de les haïr en commençant à en comprendre la nature ; c’est
alors que nous serons, nous aussi, disposés à subir le sort du
martyr, mais pour une seule raison : prouver que la mort
n’existe pas, prouver au monde que ni la maladie ni la mort
n’ont le pouvoir de mettre un terme à la conscience indivi-
duelle, à la vie et à l’être.
Abordons cette question des problèmes d’un point de vue
supérieur. Comprenons tout d’abord que nous avons consacré
des années – beaucoup, beaucoup d’années – à l’étude des
choses spirituelles – mais dans quel but ? Dans le but de nous
amener à l’ultime réalisation que ces choses que le monde
redoute et hait n’ont même pas de pouvoir. Tel est l’objet de
notre étude ; tel est le but auquel nous nous consacrons. Nous
ne recherchons pas une nouvelle religion : nous cherchons un
principe de vie, un principe selon lequel nous vivrons.
Pensez-vous que vous trouverez jamais le bonheur, le suc-
cès ou la joie tant que vous ne serez pas éveillés à la réalisation
que Dieu est l’unique Pouvoir ? Même si vous découvrez une
nouvelle et meilleure façon de guérir la maladie, de réformer
les pécheurs ou de susciter la prospérité, croyez-vous un seul
instant que cela vous aidera de façon permanente ? Non, les
moyens vont et viennent, mais tant que dure la croyance en
deux pouvoirs, vous ne saurez jamais ce que c’est que de trou-
ver votre paix éternelle. Tant que vous entretenez en vous la
moindre trace de croyance en quelque chose qui a le pouvoir
de détruire votre vie, celle de votre enfant, celle de votre
patient ou celle de votre étudiant, que ce soit aujourd’hui ou
dans vingt ans, jamais vous ne pourrez connaître le repos ou la
véritable paix. C’est seulement lorsque vous parvenez à l’ul-
time révélation et à la réalisation finale que Dieu est l’unique
pouvoir et qu’en dehors de Lui aucun pouvoir n’existe, c’est

36
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

alors seulement que vous vous détendez. C’est seulement à ce


moment-là que vous vous retrouvez installés dans un état de
détente et d’apaisement, sur l’oreiller que constitue ce nuage de
réalisation spirituelle : « Maintenant, je suis de retour en Toi.
Maintenant, je sais qu’il n’y a rien à craindre ; qu’il n’y a rien
contre quoi le pouvoir de Dieu puisse être utilisé ; qu’il n’existe
ni conditions, ni personnes contre lesquelles le pouvoir de Dieu
puisse être utilisé. » Tel est le secret ultime.
Toutefois, vous ne parviendrez pas à cet état de conscience
tant que vous n’aurez pas été confrontés à un nombre suffisant
de problèmes, qu’il s’agisse des vôtres ou de ceux des autres,
tant que vous n’aurez pas été assaillis par toutes sortes de ten-
tations – toutes sortes de maladies, toutes sortes de péchés,
toute espèce de pauvreté et toute espèce de richesse – sans
qu’aucune de ces tentations puisse vous ébranler. Vous ne les
considérez pas comme des problèmes. Comment pourraient-
elles être des problèmes s’il n’y a pas en elles de pouvoir ? Pou-
vez-vous comprendre, par conséquent, que vous ne redouterez
pas ce qui peut arriver à qui que ce soit ? Vous ne craindrez
même pas ce qui peut vous arriver à vous-même. Vous serez à
même, désormais, de réaliser un principe de vie.

Merci, Père. Tout ce que Dieu est, je le suis, tout ce qu’a le


Père est à moi. Là où je suis, Dieu est ; là où Dieu est, je suis.
Moi et le Père, nous sommes un. La totalité du royaume de Dieu
est en moi.

Après cela, avec ou sans bourse ou billets, vous pourrez


vous rendre dans n’importe quel lieu du monde, aller là où
Dieu vous conduit et vous sentir toujours dans la présence
même de Dieu. Et dans cette Présence, vous ferez l’expérience
du miracle – la présence de Dieu se traduira pour vous de
manière tangible par quelqu’un qui vous apportera de la nour-
riture dans le désert, ou par un sauvetage, la sécurité, une
bonne compagnie ou la paix.
Cependant, jusqu’à ce que vous vienne la réalisation qu’il
n’existe aucune séparation – qu’il n’y a pas de danger, pas de

37
LETTRES DE 1983

division – jusqu’à ce que cette réalisation s’accomplisse en vous,


vous aurez des problèmes. Ces problèmes ne seront pas réels
puisqu’aucune séparation ne peut exister en Dieu ou par rap-
port à Dieu. Puisque « Moi et mon Père sommes un » ( Jean 10 :
30), quelle importance peut avoir dans la vie de quiconque ce
que sont les apparences puisqu’il est inévitable que Dieu se
manifeste en tant que personne, lieux, choses, circonstances
et conditions, et toujours au moment précis où Il est néces-
saire ? Quelle importance pourraient avoir les apparences exté-
rieures pour un individu qui a la conviction que Dieu consti-
tue son être même ?
Les problèmes ne sont des problèmes que pour la personne
qui ne connaît pas le principe de la vie. La personne qui n’est
pas avertie qu’un principe de vie existe, ou qui ignore en quoi
consiste ce principe de vie, a toujours un problème, mais pour
celle qui a atteint la réalisation du message christique, il n’y a
plus de problèmes. Une telle personne peut se trouver devant
les mâchoires du lion, elle peut se trouver face à la Mer Rouge,
elle peut faire l’expérience du désert ; elle peut passer par la
vallée de l’ombre de la mort sans que cela soit pour elle un pro-
blème. Pourquoi ? Parce que « Tu es là ». Telle est la réponse qui
élève chaque problème au-dessus de la catégorie des pro-
blèmes.

Tu es là. J’ai étudié et pratiqué pendant toutes ces années


afin d’être capable de rire de ce qui m’arrive sous forme de pro-
blème en étant désormais capable de dire avec conviction : « Je
vous connais ; vous n’êtes pas ce que vous semblez être. Je ne
vous hais point, pas plus que je ne vous crains ou ne vous aime.
Je ne vous respecte même pas assez pour nier votre existence. »
Je suis parvenu désormais à la conviction intérieure que Dieu
est l’unique pouvoir, de sorte que le monde entier peut m’ap-
porter ses problèmes parce que pour moi, ce ne sont pas des pro-
blèmes. Je sais que la maladie ne recèle aucun pouvoir, aucune
activité ne peut se manifester sous forme de maladie, la mala-
die n’a pas de loi, et il n’y a pas de réalité dans la mort. Alors
qu’avant j’étais aveugle, maintenant je vois.

38
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

Ceci n’est pas un problème. C’est une occasion de montrer au


monde qu’il n’y a pas de problèmes et que ce qui nous apparaît
sous forme de péché, de maladie ou de mort n’est qu’un senti-
ment d’être séparé de Dieu. Je n’ai pas à combattre ces pro-
blèmes, je n’ai pas à les surmonter, je n’ai pas à m’élever au-des-
sus d’eux ou à les détruire. « J’ai vaincu le monde » ( Jean 16 : 33).
Désormais, le monde ne pourra jamais plus me présenter des
conditions, personnes ou circonstances que je sois tenté de com-
battre, de détruire ou de surmonter. Je peux maintenant regar-
der l’apparence et voir à travers elle.

Les problèmes représentent un sentiment


d’être séparé de Dieu

Les problèmes n’existent plus lorsque nous avons établi


notre contact avec Dieu. Les problèmes font partie de notre
expérience seulement dans la mesure où nous n’avons pas éta-
bli et maintenu un contact conscient – ou union – avec Dieu,
une unité consciente avec Dieu. Nous sommes tous nés avec le
sentiment d’être séparés de Dieu et c’est la raison pour laquelle
n’importe quoi peut nous arriver à n’importe quel moment
depuis le berceau jusqu’à la tombe – n’importe quoi d’agréable
ou de désagréable. Ce sentiment de séparation nous coupe de
la sollicitude de Dieu, du soutien de Dieu et de l’action perma-
nente de Dieu à maintenir Son Univers, c’est-à-dire de notre
légitime héritage en tant qu’enfants de Dieu.
Il peut nous arriver à certains moments de faire l’expérience
de contact avec Dieu, de ressentir le bonheur de l’union avec
Dieu ; nous pouvons même avoir de longues périodes pendant
lesquelles nous vivons dans le Présence même de Dieu ; et pour-
tant, de temps en temps, nous aurons des problèmes; ces pro-
blèmes, toutefois, représentent le sentiment d’être séparés de
Dieu, qui s’est faufilé en nous grâce au mesmérisme universel,
c’est-à-dire grâce aux croyances universelles du monde. Ayant
compris cela, il devient vital pour nous, en tant que chercheurs

39
LETTRES DE 1983

en quête de Dieu, de nous retirer aussi souvent que possible


dans le lieu secret du Très-Haut, ce sanctuaire intérieur de
notre propre être, et là, de ré-établir notre union consciente avec
Dieu, de façon que la Présence de Dieu puisse nous envelopper
au point qu’aucune autre présence ne demeure.
Toutes les expériences de l’existence humaine nous échoient
en raison de la croyance en deux pouvoirs, un pouvoir appelé
bien et un pouvoir appelé mal. Nous avons appris, toutefois,
qu’il n’y a pas de pouvoir réel dans le mal, à l’exception du pou-
voir que lui confère la croyance universelle, et nous ne faisons
l’expérience du mal qu’en raison de notre acceptation de cette
croyance universelle. Les problèmes disparaissent de notre vie,
par conséquent, dans la mesure où nous atteignons cet esprit
qui était aussi en Jésus-Christ – la réalisation de Dieu comme
pouvoir unique et loi unique. Cela signifie réellement que les
lois que nous avons redoutées – lois régissant le climat, la tem-
pérature, la nourriture, les microbes, l’infection, la contagion,
les accidents – ne sont pas du tout des lois, mais plutôt une
interprétation de la loi dénuée de pouvoir, si ce n’est celui que
lui confère la croyance universelle.
Dieu ne nous envoie pas de problèmes. Il n’existe pas de
circonstances, de conditions et de moments dans lesquels Dieu
nous inflige un problème quel qu’il soit. L’ayant compris, nous
accueillons volontiers les circonstances et les gens qui nous
apparaissent sous forme de problèmes, à cause de l’occasion
qu’ils nous fournissent de nous élever jusqu’à la réalisation
spirituelle et jusqu’au royaume spirituel dans lesquels nous ne
trouvons pas de problèmes, pas de loi négative, pas de pouvoir
destructif et point de présence nuisible.
Très souvent, des gens qui font l’expérience pendant de
longues années d’une bonne santé physique et de rentrées
pécuniaires satisfaisantes, s’imaginent qu’ils vivent de la grâce
de Dieu, alors qu’en fait, ils ne font que jouir de la santé et de
la richesse qui font partie des hauts et des bas de la vie hu-
maine. C’est la raison pour laquelle, même si nous jouissons à
un moment donné d’une bonne santé ou de ressources abon-

40
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

dantes, il nous faut nous retirer en nous-mêmes, à des inter-


valles réguliers au cours de la journée, pour nous assurer que
nous dépendons bien de l’activité de Dieu pour être en bonne
santé – de la présence, du pouvoir et de la lumière de Dieu.
Nous devons nous retirer dans ce sanctuaire intérieur, au fond
de notre propre être, et là, réaliser que notre approvisionne-
ment ne dépend ni de notre mari, ni de notre femme, ni de
notre situation sociale ou de nos placements financiers, mais
que nos ressources sont la grâce de Dieu et qu’elles nous accom-
pagnent sans tenir compte des apparences extérieures, des cir-
constances, des conditions ou des personnes.
Si, pour quelque raison, nous devions faire l’expérience
d’une période de maladie, de pénurie ou de limitation, réalisons
très promptement que ceci nous arrive uniquement afin de nous
permettre de nous élever au-dessus des circonstances adverses
aussi rapidement que possible, dans la réalisation de notre
unité consciente avec Dieu. Ne combattons pas ces erreurs d’in-
terprétation de nos sens, mais reposons-nous sur la compré-
hension que ces choses nous sont seulement arrivées parce que
nous avions entretenu un sentiment de séparation ; nous avons
cru à un moi séparé de Dieu ; nous avons cru à une loi distincte
de la loi spirituelle.

Il n’y a pas de problèmes

Les problèmes ne sont plus des problèmes à partir du


moment où l’on ne souhaite plus obtenir quoi que ce soit en ce
monde. Lorsqu’il n’y a plus de désirs, il n’y a plus de problèmes.
Qu’en est-il alors du désir d’être en bonne santé, d’avoir des
ressources, un compagnon ou une compagne ? Ne devons-nous
pas désirer ces choses ? La réponse à cela dépend de la lon-
gueur du chemin que nous avons parcouru dans notre déve-
loppement spirituel. Des dizaines de milliers d’exemplaires des
écrits de la Voie Infinie ont été achetés par des chercheurs,
mais seulement quelques milliers d’exemplaires des Lettres de

41
LETTRES DE 1983

la Voie Infinie de 1954, 1955, 1956 et 1957*, probablement


parce que ces quelques milliers d’acheteurs étaient les seuls
parmi nos lecteurs qui avaient atteint le point où, s’il ne reste
qu’un seul désir, c’est uniquement le désir de connaître Dieu
« car Le connaître de manière juste constitue la vie éternelle ».
Ces volumes des Lettres et les « Sagesses » de la Voie Infinie
que l’on trouve dans la dernière édition du livre La Voie Infinie
sont indubitablement les plus profonds de tous les écrits de la
Voie Infinie, et c’est la raison pour laquelle ils ne peuvent
jamais toucher un large public. Ils contiennent les principes
spécifiques qui, une fois étudiés, assimilés et mis en pratique,
produisent effectivement l’état de non-désir.
Ne vous imaginez pas un seul instant qu’un état de non-
désir vous enlève la joie de vivre, car je puis vous assurer,
d’après ma propre expérience, que chaque jour de la semaine
constitue pour moi une expérience passionnante, depuis le sen-
timent de joyeuse attente que j’éprouve dès mon réveil, jusqu’à
l’ultime moment de paix qui s’installe avant de m’endormir.
Vivre sans désir, c’est vivre d’une vie dynamique toujours en
éveil. C’est comme si l’on sortait dans le jardin ou dans le parc,
au printemps, pour constater que les bourgeons sont devenus
des fleurs ; ou bien, c’est comme se lever avant le soleil pour
attendre la première lueur de l’aube et observer ensuite le
soleil qui monte à l’horizon. Dans tous ces cas, il n’y a ni désir,
ni anxiété, car nous avons la tranquille conviction que toutes
ces choses vont se passer. Si nous étions convaincus que la
grâce de Dieu nous suffit, comment pourrions-nous avoir des
désirs, quels qu’ils soient ? Dans la certitude que le Seigneur
est mon berger, qu’Il me conduit vers les eaux paisibles et me
fait reposer dans de verts pâturages, quelle place reste-t-il pour
un désir ?
C’est là la troisième phase du développement spirituel, une
phase dans laquelle, en réalité, il n’y a pas de problèmes. Bien
que des situations puissent se présenter dans notre vie aux-

* En France : 1954 = 1991 ; 1955 = 1986 ; 1956 = 1988 ; 1957 = 1989.

42
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

quelles nous devons faire face, nous ne les considérons pas


comme des problèmes. Elles ne sont pas des problèmes parce
que nous en connaissons la solution, et connaissant la solution,
nous sommes en mesure d’observer ce qui s’était présenté
jusque-là comme un problème en train de se muer en l’au-
thentique harmonie préexistante. Lorsque nous abordons cette
phase, nous nous trouvons dans un état spirituel avancé. Ce
temps n’arrive jamais avant qu’il n’y ait plus un seul désir pour
quelque chose de terrestre. Peu importe la nature de ce désir,
ou sa légitimité. Souvent, les gens me disent: « Prétendez-vous
qu’il n’est pas légitime de désirer une bonne santé, ou d’abon-
dantes ressources, ou une belle maison ? » Du point de vue
humain, c’est tout à fait légitime ; mais d’un point de vue spi-
rituel, ça ne l’est jamais car désirer, c’est reconnaître un man-
que. Aucun étudiant qui est conscient d’un manque n’est très
avancé dans son développement spirituel.
En définitive, tout aspirant sur le chemin spirituel doit par-
venir au point où il réalise que « Mon Royaume n’est pas de ce
monde », le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde ; et cette
révélation entraîne une nouvelle prise de conscience : « Qu’y a-
t-il dans ce monde que je désire ou dont j’ai besoin ? Qu’y a-t-il
en ce monde que je voudrais ? De quoi suis-je privé ? Par mon
désir pour quelque chose de ce monde, ne suis-je pas en train
de perpétuer la croyance qu’une chose terrestre peut me satis-
faire, ou rendre ma vie plus pleine, ou faire quelque chose en
ma faveur ? » Ne voyez-vous pas que nos problèmes naissent
de notre désir pour un endroit, une position dans la vie, la
richesse – pour quelque chose qui n’est pas actuellement à
notre portée ?
Réfléchissez au sujet des problèmes; méditez sur ce thème
jusqu’à ce que chacun de ses aspects se soit clarifié dans votre
conscience. Alors, dans la mesure où cette conscience spirituelle
devient la partie intégrale de votre être, les harmonies et les
discordes de l’existence humaine disparaîtront de votre vie et
vous vous trouverez dans l’atmosphère de Dieu où les harmo-
nies spirituelles, et les harmonies spirituelles seulement, sont

43
LETTRES DE 1983

présentes. Vous vivez dès lors une vie spirituelle, découlant de


la Source spirituelle unique, maintenue et soutenue par la loi
spirituelle et partagée avec tous ceux qui sont sur le chemin
spirituel. Le monde constatera ses fruits, mais ne pourra jamais
saisir dans leur gloire, la joie et la paix qui résultent de la prise
de conscience que notre bien ne dépend d’aucune personne; que
notre bien se vit dans notre union consciente avec Dieu, indé-
pendamment de toutes personnes, circonstances, situations ou
conditions. Notre bien, c’est le déploiement du Divin en nous
en tant que notre propre conscience.
Il est inévitable que nous fassions l’expérience d’un mode
de vie spirituel plus élevé lorsque nous constatons que chaque
problème résolu constitue une base de départ pour approfondir
davantage notre vision spirituelle. Si nous considérons les
expériences de notre vie quotidienne de cette manière, chaque
jour sera un déploiement ininterrompu de la gloire de Dieu.
L’acuité de notre vision continuera à susciter la lumière, la
sagesse et les directives spirituelles sur une échelle de plus en
plus vaste, de sorte que chaque jour sera un jour de discerne-
ment plus poussé, un jour plus complètement consacré que le
précédent à vivre dans l’atmosphère de Dieu.

NOTE BRÈVE

Noël à Halekou a été une période vraiment joyeuse, dont


la méditation et la guérison spirituelle ont été la note domi-
nante. Plusieurs étudiants sont venus du continent, auxquels
ont pu se joindre quelques étudiants locaux, ce qui a permis
un plus grand nombre de périodes de méditation chaque jour,
avec la guérison et une profondeur de méditation accrue comme
thèmes de ces travaux. Il y a toutes raisons d’espérer un travail
de guérison plus affiné que jamais, car un plus grand nombre
d’entre nous se sont unis dans ce but. Il y a beaucoup moins

44
LES PROBLÈMES NE SONT PLUS DES PROBLÈMES

d’appels à l’aide de la part des étudiants qui ont suivi nos


classes et de leurs familles, et un plus grand nombre d’entre
eux sont prêts à en aider d’autres. Avant de quitter cette
période de Noël, je puis ajouter un « merci » sincère à vous tous
pour vos bons vœux à l’occasion des fêtes et vos messages d’ap-
préciation de la Voie Infinie.
Pour le Nouvel An, je demande à chaque étudiant, d’étu-
dier quotidiennement le chapitre intitulé « Aime ton prochain »,
dans La Pratique de la Présence Divine. Ceci ouvrira pour vous
un champ de vision sans limites, pourvu que vous continuiez de
méditer, contempler et assimiler l’essence de ce chapitre. Il est
plus profond que vous ne pensez. En outre, assurez-vous d’in-
clure dans votre étude quotidienne la « Protection » telle qu’elle
est définie dans les Lettres de La Voie Infinie de 1955.
Je pense que maintenant, la nature des problèmes devrait
être mieux comprise. Où que vous vous situiez dans la conscience
– que les problèmes soient encore pour vous des problèmes ou
qu’ils se présentent comme des occasions – rappelez-vous que
vous devez vous frayer un chemin, par la démonstration, jusqu’à
l’étape ultime de la réalisation spirituelle. Nos étudiants ne doi-
vent pas croire que se borner à «déclarer», «affirmer» ou «pen-
ser» que les problèmes sont irréels constitue la démonstration.
Tout d’abord, il faut apprendre la lettre correcte de la vérité ; puis
la pratiquer à tout moment du jour ou de la nuit; et finalement
atteindre la réalisation authentique qui constitue la démonstra-
tion. Le chemin est étroit et resserré si vous souhaitez faire par-
tie du petit nombre de ceux qui finissent par entrer dans le
Royaume – ou la réalisation – de Dieu.

45
N° 39 – Mars

LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

P our réussir dans la guérison spirituelle, il est nécessaire de


sortir de la masse, de s’en distinguer – et d’adopter un prin-
cipe net et précis, dont on ne dévie jamais. Pour vous libérer et
libérer les autres, vous devez connaître vous-même la nature
de la guérison spirituelle. La base correcte pour guérir, c’est
que Dieu constitue notre être individuel, l’individualité que
vous êtes et que je suis. Dieu constitue votre être et le mien ; et
il n’existe rien qui puisse souiller ce pur être spirituel. Il
n’existe rien en dehors de l’unique cause : « Écoute, Israël, l’É-
ternel notre Dieu est le seul Éternel » (Deutéronome 6 : 4).
La guérison spirituelle ne peut être fondée sur le fait qu’il
y aurait quelque chose à éliminer et que, pour ce faire, vous
devriez d’abord en trouver la cause, afin de vous débarrasser
ensuite des effets. Nulle part dans le Nouveau Testament, le
Maître n’indique qu’il existe une cause mentale à la maladie
physique ; nulle part, Il ne dit à quelqu’un : « Tu es malade à
cause de ceci, de cela ou d’autre chose » ; nulle part Il ne dit
que vous êtes tenus en esclavage de telle erreur à cause de telle
autre ; nulle part Il n’admet que la maladie ait une cause. Au
contraire, Il a démontré de manière irréfutable sa ferme convic-
tion que la maladie n’est pas un pouvoir. « Étends ta main »
(Matthieu 12 : 13)… « Femme, tu es délivrée de ton infirmité » (Luc
13 : 12)… « Lazare, sors ! » ( Jean 11 : 43). Ces paroles signifient-
elles que la maladie a une cause ou que la maladie a été créée
par Dieu ?

47
LETTRES DE 1983

La guérison spirituelle consiste à reconnaître Dieu comme


étant l’infinité de l’être, l’infinité de votre être et du mien. Tout
ce qui se présente à nous comme différent de Dieu n’est qu’un
simple état hypnotique, une suggestion qui nous affronte pour
être acceptée ou rejetée. Peu importe que cette suggestion se
présente sous la forme d’un péché ou d’une maladie, du chô-
mage ou d’un manque, le traitement est le même – reconnaître
que nous n’avons pas affaire à des conditions physiques, mais
que nous sommes confrontés simplement à un état hypnotique.
Quand nous réalisons cela, une grande mesure de notre tra-
vail de guérison est accomplie. Alors, qu’importe qu’il s’agisse
de la jambe droite ou de la gauche, d’un estomac ou d’un dos,
d’une tête ou d’un pied ?
La guérison spirituelle n’a rien à voir avec des corps ; elle
n’a rien à voir avec des chômeurs, des pauvres, des sans foyers
ou des esseulés. La guérison spirituelle dépend de la prière, de
la reconnaissance et de l’acceptation de notre nature infinie et
parfaite. La prière est notre capacité d’atteindre l’unité cons-
ciente, d’être réceptifs et sensibles à ce qu’on appelle le mur-
mure doux et léger, c’est-à-dire l’impulsion spirituelle au-
dedans de nous – le Christ.

La discorde est un état hypnotique

Aussi longtemps que notre pensée sera hypnotisée au point


de regarder un corps ou un portefeuille, nous ne briserons pas
cette hypnose pour obtenir notre liberté. Tant que nous essayons
de traiter le corps ou de trouver une cause au péché, à la mala-
die ou à la pénurie, nous demeurons dans ce rêve même où
nous avons toujours été et que nous essayons de briser. Ce
serait comme si nous rêvions que nous sommes en train de
nous noyer et que nous appelions alors à l’aide pour qu’on
assèche l’océan, afin que nous puissions marcher jusqu’au
rivage. Dans un pareil cas, il est seulement nécessaire que
quelqu’un nous éveille du rêve. À notre réveil, nous apprenons

48
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

que nous ne sommes pas dans l’eau et que nous n’avons jamais
été dans l’eau. Dans la guérison spirituelle, les choses sont très
semblables : il est seulement nécessaire que quelqu’un nous
éveille du rêve hypnotique de l’existence humaine pour que
nous obtenions notre liberté.
La guérison spirituelle est une réalisation de Dieu. C’est
une communion intérieure avec le Divin dans laquelle, ou au
moyen de laquelle l’assurance nous est donnée que Dieu est
entré en scène. Alors, ces images illusoires commencent à dis-
paraître. Si, lorsque quelqu’un nous appelle à l’aide, nous
devions lui répondre : « Vous souffrez parce que vous avez trop
peu d’amour, ou parce que vous êtes trop déraisonnable, ou
parce que vous n’avez pas assez de gratitude », cette personne
continuerait d’être prisonnière précisément de ce rêve qu’elle
aurait voulu voir se dissiper. Le Maître a vaincu le monde en
apprenant la nature de ce dont Il s’occupait. Il n’a pas cherché
à connaître la cause de la mort de Lazare. Il ne chercha pas à
trouver la cause de la maladie de la belle-mère de Pierre, pas
plus qu’Il ne l’attribuât à la vieillesse: Il l’éveilla de son rêve et
la ramena à la vie. Lorsque le cadavre du jeune homme qu’on
portait passa près de Lui, Il ne s’arrêta pas pour demander ce
qui avait causé sa mort, ou sa maladie : Il se borna à faire sor-
tir ce jeune homme de son cercueil.
Dans la pratique de la Voie Infinie, nous ne nous occupons
pas de personnes malades ou pécheresses, ou pauvres ; nous
n’essayons pas davantage de les améliorer. Notre tâche consiste
à réaliser la nature de toutes ces discordes et de les faire dis-
paraître par l’éveil. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de
comprendre, une fois pour toutes, que nous n’avons pas affaire
à une condition ou une personne : nous sommes confrontés à un
état hypnotique. En conséquence, si nous en restons là quant à
notre problème, nous découvrirons que soixante pour cent des
difficultés ont disparu sans être allé plus avant dans le traite-
ment. Vingt pour cent d’autres disparaîtront à leur tour lorsque
nous nous tournerons vers le dedans pour méditer sur la nature
de Dieu – en obtenant une réalisation claire de ce que Dieu est

49
LETTRES DE 1983

réellement – et sur la nature de l’erreur qui, dans son ensemble,


n’est qu’un rêve – l’hypnose universelle – et non pas une condi-
tion ou une personne. Une certaine dose de sens matériel de
l’existence persistera encore chez ceux qui s’entêtent à vivre de
façon matérielle. Nous n’avons pas à nous soucier de ces
quelques-uns, toutefois, car leur nombre est peu élevé.
Quand de l’aide est requise pour vous-mêmes ou pour
d’autres, rappelez-vous immédiatement que cet appel n’a rien
à voir avec une personne ou avec une condition. Il s’agit du
rêve adamique, ou de la chute de l’homme. C’est l’hypnotisme
du monde et rien d’autre. Arrêtez d’y souscrire; détournez-vous
du tableau ; cramponnez-vous à cette réalisation et ne per-
mettez pas à votre pensée de revenir vers la personne ou la
condition. Ensuite, si la guérison n’a pas eu lieu immédiate-
ment et si de l’aide est à nouveau nécessaire ou demandée, rap-
pelez-vous une fois de plus qu’il ne s’agit pas d’une personne,
qu’il ne s’agit pas d’une condition. C’est une tentative de vous
hypnotiser pour vous faire voir une erreur dans le monde créé
par Dieu – et vous devez refuser de reconnaître la moindre
erreur dans l’univers de Dieu.
Il n’est pas nécessaire de connaître le nom de la personne
qui demande de l’aide, ni le nom ou la nature de sa maladie, ni
s’il s’agit d’une apparence de maladie, de péché, de peur, de
pénurie ou de limitation, ou de chômage. Il est seulement
nécessaire de savoir qu’il y a eu un appel à l’aide. Lorsque l’ap-
pel arrive, la première chose à se rappeler est que cela n’a rien
à voir avec la personne qui demande de l’aide ; cela n’a rien à
voir avec une condition : il s’agit d’une tentation qui vous est
présentée d’accepter un monde séparé de Dieu, d’accepter une
création indépendante de Dieu, une vie ou une loi indépen-
dantes de Dieu ; et vous devez refuser d’être troublés par cela.
Entrez alors en méditation et, après avoir médité sur la
nature de Dieu et sur la nature du Christ, sur la nature de l’er-
reur et le néant de toutes les apparences, attendez. Attendez
que se produise cette seconde unique de respiration profonde,
ou de paix intérieure. Cela devrait apporter la guérison.

50
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

Comprendre la nature du travail spécifique

L’efficacité de cette façon de procéder repose sur l’hypothèse


qu’en raison de vos études et de votre mise en pratique cons-
tantes, vous connaissez effectivement la nature du travail spé-
cifique destiné à traiter des problèmes spécifiques. Par exemple,
au cours de votre étude des principes de la Voie Infinie, vous
avez appris que Dieu constitue tout être individuel ; que Dieu
est l’unique loi en opération dans la conscience individuelle ;
que l’Esprit est la seule cause et que la conscience est le seul
principe créateur. D’après cela, vous savez que la maladie est
revendiquée par la loi mentale ou matérielle et, par consé-
quent, vous reconnaissez son néant. Vous savez que la maladie
est une prétention à l’existence d’une création et d’un moi sépa-
rés et indépendants de la Conscience divine. Vous savez que la
maladie est une prétention à l’existence d’une vie séparée et
indépendante de la vie unique de Dieu, et pendant vos années
préparatoires d’étude, vous êtes devenus tellement convaincus
de cela que vous n’avez pas besoin de faire un traitement spé-
cifique chaque fois qu’un appel vous parvient, quoique lorsque
cela est nécessaire, vous procédiez ainsi. De même, toute sug-
gestion de pénurie ou de limitation se rattache à la croyance
universelle que l’abondance consiste à obtenir ; mais désormais
vous avez appris que vous ne pouvez démontrer l’abondance
que dans la mesure où vous donnez. Vous n’avez pas nécessai-
rement besoin de le faire chaque fois que se présente à vous
une apparence de pénurie, de limitation ou de chômage, mais
vous devriez être prêts à agir ainsi et vous devriez être prépa-
rés à l’expliquer à votre patient, si vous le jugez opportun.
Les appels à l’aide qui vous parviennent concernant des
relations humaines, soit dans les affaires, la famille, ou la vie
en communauté ont généralement pour thème des malenten-
dus, ou l’isolement, ou le manque d’amis. Ici aussi, la sugges-
tion consiste à croire que le bien doit venir d’une personne, au
lieu de comprendre que tout bien jaillit à partir de l’individu

51
LETTRES DE 1983

vers le monde extérieur. La guérison consiste à réaliser que,


puisque Dieu constitue l’être individuel, tout bien s’écoule à
partir de l’individu, et non vers lui. Il n’est pas nécessaire de
connaître cette vérité spécifique chaque fois que la même sug-
gestion vous est présentée, mais il est indispensable qu’en tant
que praticiens, vous ayez cette conscience et si nécessaire, réa-
lisiez cette vérité spécifique dans le traitement et, de plus, l’ex-
pliquiez au patient lorsque cela paraît opportun.
En fait, au cours de vos années d’études préparatoires, vous
devez apprendre les principes qui forment le message de la
Voie Infinie. Vous devez connaître la vérité spécifique relative
à chaque suggestion, de façon que cette vérité modèle votre
conscience. Alors, vous constaterez souvent que, lorsqu’on vous
appelle à l’aide, vous n’avez plus besoin de connaître certaines
vérités spécifiques à chaque occasion, quoique maintes fois il
restera nécessaire d’être très spécifiques.
Une présentation plus complète du sujet de la guérison spi-
rituelle se trouve dans l’édition britannique du livre Le Maître
parle où l’on peut lire : « Ce livre même… basé sur les ensei-
gnements du Maître, le Christ Jésus, répond parfaitement au
but de servir de livre de référence pour l’enseignement de la
vie spirituelle et de la guérison spirituelle – et il peut être uti-
lisé par n’importe quelle église, n’importe quelle université pra-
tiquant la guérison, ou par tout autre groupement qui s’inté-
resse à ces sujets ». Les chapitres intitulés « Réalité de l’Esprit »,
« Une forme élevée de traitement » et « Guérison et silence » se
révéleront précieux pour l’étudiant sérieux qui s’efforce de par-
venir à une compréhension plus claire des principes de la gué-
rison spirituelle et de leur application.

Instructions pratiques pour les praticiens

Il y a des cas où il est nécessaire de répéter maintes fois


nos traitements. Certains cas sont tellement rebelles que vous
devez les traiter une année durant avant de pouvoir briser ce

52
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

qui oppose une résistance. Que vous y réussissiez instantané-


ment, que cela vous prenne deux jours, ou qu’il vous soit néces-
saire d’y travailler une année entière, voici la manière de vous
y prendre :
Ne soyez jamais tentés de jeter le blâme sur vous-mêmes
ou sur votre patient à cause d’une absence de guérison. N’em-
ployez jamais les mots « vous », « lui » ou « elle ». Soyez au moins
aussi équitables envers votre patient humain que vous le seriez
envers votre chat, votre chien ou votre oiseau, s’ils étaient
malades. Si votre animal favori – chien, chat, oiseau – était
malade, comment feriez-vous pour le traiter ? Demanderiez-
vous à votre chien s’il a péché, ou s’il a été ingrat, sans amour
ou injuste ? Lui demanderiez-vous de lire douze pages de votre
ouvrage préféré, ou lui diriez-vous qu’il doit s’acquitter de la
dîme, ou se rendre à l’église ? Non, vous ne feriez rien de tout
cela. Vous vous installeriez pour prier et vous réaliseriez votre
communion intérieure avec Dieu ; c’est alors que votre chien,
votre chat ou votre oiseau bondira soudain sur ses pattes, en
parfaite santé. Il n’y a rien dans les animaux qui oppose de
résistance, c’est pourquoi ils répondent si rapidement au trai-
tement. En outre, vous avez la certitude qu’il n’y a rien dans le
plan de Dieu qui entraîne la maladie d’un animal ; c’est pour-
quoi vous vous asseyez pour communier avec Dieu, afin de sen-
tir la présence de Dieu, et au moment même où vous avez la
conscience de cette Présence, votre chien ou votre chat se
trouve guéri.
Soyez aussi équitables avec votre patient, votre étudiant,
ou les membres de votre famille. Ne laissez pas la responsabi-
lité peser sur leurs épaules. Cela ne veut pas dire que vous
pouvez sillonner le monde en guérissant toute personne que
vous aimeriez voir guérie. Chacun a le droit de choisir sa
propre méthode de guérison et il y a des personnes qui n’ont
pas un degré suffisant de réceptivité pour réagir à la guérison
spirituelle.
Lorsque quelqu’un vous demande de l’aide, asseyez-vous et
réalisez la présence de Dieu même si, à ce moment précis, la

53
LETTRES DE 1983

personne en question n’en paraît pas digne d’un point de vue


humain. Ce n’est pas à vous d’en juger et ce n’est pas à moi
non plus. Une seule chose importe : quelqu’un a demandé de
l’aide et vous avez l’obligation de faire de votre mieux pour la
lui donner. Cela ne signifie pas que vous deviez remplir votre
journée d’entrevues non nécessaires, parce que la guérison n’a
rien à voir avec les entrevues. La guérison peut s’accomplir de
la meilleure façon lorsqu’il n’y a pas d’entrevues, lorsque ceux
qui se consacrent au travail de guérison sont laissés seuls pour
méditer et prier en toute liberté. Le travail de guérison n’exige
pas la proximité physique du patient et du praticien. En fait,
la guérison s’accomplit généralement beaucoup plus facilement
sans cette proximité, bien qu’il y ait quelques exceptions à cette
règle et chaque praticien doit les découvrir en lui-même. Par-
fois, j’ai constaté que, lorsque le travail à distance demeurait
sans résultat, un traitement occasionnel en présence du patient
était efficace. Les entrevues sont seulement nécessaires soit
lors de la première visite pour aider le patient à trouver sa
voie, soit plus tard pour lui donner des directives.
Lorsque vient le temps de les instruire, n’oubliez jamais
que votre rôle est de révéler à vos patients ou à vos étudiants
la nécessité de «mourir chaque jour» à leurs qualités humaines
et de renaître dans la conscience spirituelle. Je pourrais illus-
trer la chose de la manière suivante : lorsqu’une personne vit
ainsi, pour une cause impersonnelle, qu’il s’agisse de servir
l’humanité de quelque manière ou de se consacrer à une église
ou à un enseignement spirituel, elle ne pourra jamais s’ap-
pauvrir, quel que soit le montant de ses revenus qu’elle y inves-
tit. En fait, nombreux sont ceux qui ont constaté qu’ils s’étaient
effectivement enrichis en donnant. Ceci paraissant se situer à
l’extrême opposé de ce qu’on appelle le bon sens, vous pouvez
comprendre quelle tâche ardue est la vôtre de vous amener
vous-mêmes à cette réalisation et à sa démonstration ; mais
tant que vous n’y serez pas parvenus, il est improbable que
vous aidiez les autres à sortir de leurs problèmes de pénurie
ou de limitation. Lorsque vous aurez prouvé ce principe pour

54
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

vous-mêmes, enseignez-le à vos patients et à vos étudiants.


Rappelez-vous que c’est seulement la démonstration de votre
propre état de conscience spirituelle qui peut aider quelqu’un
d’autre, et non pas les mots que vous apprenez dans un livre.
Lorsque les gens ont besoin d’être instruits sur la manière
d’étudier, de méditer, de vivre la vie spirituelle, c’est alors qu’il
est temps de commencer les entrevues. Ces entrevues doivent
être courtes au début, car personne n’est capable d’assimiler
plus d’une ou deux notions spirituelles à la fois. Ils doivent
avoir la possibilité de mettre en pratique ce qui leur a été com-
muniqué et ensuite revenir quelques jours plus tard pour en
savoir plus.
Veillez à ne pas vous établir en juges de ceux qui se tour-
nent vers vous pour avoir de l’aide. Ne les critiquez pas ; ne les
condamnez pas ; ne leur reprochez pas d’avoir fait ceci, cela, ou
autre chose. Le ministère de la Voie Infinie est un ministère
de prière ; ce n’est pas une psychanalyse. Cela n’a rien à voir
avec la découverte d’une erreur dans la pensée du patient ; cela
n’a rien à voir avec la personne ou la chose qui sont à l’origine
du mal. La Voie Infinie ne se soucie que de la prière qui, dans
sa phase ultime, consiste à sentir de façon réelle et concrète,
c’est-à-dire à réaliser, la présence de Dieu. Lorsque nous par-
venons à ce niveau, quels que soient le nom ou la nature du
prétendu mal, il doit commencer à se dissiper.

Le thème de la matière

Les étudiants en métaphysique ont souvent des difficultés


à résoudre leurs problèmes de santé à cause d’un défaut de
compréhension concernant la nature de leur corps, qui résulte
elle-même d’une méprise sur la nature de la matière.
Dans les premiers temps de la métaphysique moderne, il
était de pratique courante de nier la matière. On a beaucoup
écrit sur l’irréalité de la matière, ce qui a conduit à la négation
du corps, à la doctrine de l’irréalité du corps et, dans de nom-
breux cas, au désir de vaincre le corps ou de s’en débarrasser.

55
LETTRES DE 1983

Il faut comprendre que si nos concepts aveugles au sujet de


Dieu, de la vie, de l’homme et du corps forment les illusions de
nos sens, toutefois, c’est néanmoins Dieu qui a fait tout ce qui
a été fait et tout ce que Dieu a fait est bon ; par conséquent, de
ce point de vue, tout ce qui existe participe de la nature divine.
La science physique a démontré que la matière elle-même
est indestructible, que la matière n’a jamais eu de commence-
ment et qu’elle ne pourra jamais avoir de fin. La matière
change de forme mais, selon les savants d’aujourd’hui, la
matière n’a jamais commencé et ne pourra jamais finir. Natu-
rellement, cela révèle non seulement l’indestructibilité de la
matière, mais en fait son immortalité. Tant que nous n’avons
pas découvert la nature de la matière, son origine et ce qui
constitue sa substance, ainsi que le pouvoir qui la gouverne,
nous sommes laissés dans un aussi grand dilemme que lorsque
nous avons nié la matière, mais sans comprendre ce que nous
faisions ni pour quelles raisons.
La Voie Infinie révèle que le mental est la matière. Le men-
tal est la substance constituante de ce que le monde appelle
matière et c’est la raison pour laquelle le mental gouverne et
contrôle la matière. Notre esprit imprégné de vérité produit
une matière harmonieuse – forme ou corps. Notre esprit impré-
gné par l’erreur – ignorance et falsifications concernant Dieu,
la vie, l’homme, le corps et la matière – produit une matière
ou un corps sans harmonie ou discordants.
Alors que cette notion peut vous sembler révolutionnaire
puisqu’elle ne vous a pas été révélée sous cette forme aupara-
vant, nous en avons néanmoins constaté le bien-fondé au cours
des soixante-quinze dernières années de guérison métaphy-
sique dans des situations où une personne, agissant en tant que
praticien et connaissant la vérité, a pu rétablir l’harmonie dans
un corps où trouble et manque d’harmonie avaient existé jus-
qu’à la demande d’aide. Toute forme de maladie, à un moment
ou à un autre, a été résolue par un traitement métaphysique
efficace, c’est-à-dire par la connaissance de la vérité. La connais-
sance de la vérité a transformé des corps inactifs en corps actifs,

56
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

des organes malades en organes sains, des cerveaux malades


en cerveaux agissant harmonieusement ; elle a permis de faire
baisser des fièvres, disparaître des tumeurs, éliminer l’infec-
tion et, de toutes les manières possibles, elle a transformé des
corps malades en corps sains par ce processus consistant à con-
naître la vérité.
Parfois, cela a été interprété comme signifiant que le men-
tal gouverne la matière, ou que le mental gouverne le corps,
mais cela n’est que partiellement vrai car la vérité complète,
c’est que le mental est la matière et que le mental constitue la
substance dont le corps est formé. C’est pour cette raison que
l’esprit (ou mental) imprégné de vérité révèle l’harmonie de
l’esprit et du corps, alors que le même esprit, s’il est rempli
d’erreurs, de fausses théories et d’ignorance, produit les dis-
cordes de la vie humaine.
Gouverner le corps grâce à l’activité de la vérité consciem-
ment reconnue par l’esprit n’est toutefois qu’un premier pas
vers le développement, l’expression et la démonstration spiri-
tuels. Au-dessus du Royaume du mental qui pense consciem-
ment se trouve l’Esprit universel, où la Conscience Elle-même,
sans l’aide des paroles ou des pensées, gouverne la vie indivi-
duelle, y compris le corps, d’une manière harmonieuse, joyeuse
et créatrice de prospérité.
Il est difficile d’atteindre cet état de conscience plus élevé
dans lequel la vie est vécue spirituellement tant que l’on n’a
pas fait le premier pas consistant à comprendre que le mental
est la substance du corps physique et que le mental imprégné
de vérité aura pour résultat un corps complètement trans-
formé.

Relation entre la vie spirituelle


et la guérison spirituelle

La guérison spirituelle et la vie spirituelle sont insépa-


rables ; elles vont de pair. La source de la guérison est la cons-
cience de l’individu qui agit sur le moment comme praticien.

57
LETTRES DE 1983

Comprenons bien que, si l’effet doit être pur, la source doit être
également maintenue libre et pure. Naturellement, les meilleurs
résultats seront tirés de la conscience la plus pure et par consé-
quent, toute personne qui souhaite réaliser des guérisons doit
vivre selon certaines normes avant que cela puisse d’accom-
plir. Les étudiants doivent étudier très sérieusement le cha-
pitre intitulé « Le ministère de guérison » dans Le Maître parle.
Pour cette raison, chaque étudiant sur le sentier spirituel
doit passer par une période de préparation avant de se consa-
crer au travail de guérison. Cette préparation comporte deux
parties : d’abord, l’étude de la lettre de vérité correctement
comprise ; en second lieu, la discipline de soi qu’une telle voie
implique. Au cours de cette période de préparation, il vous est
nécessaire d’étudier le Sermon sur la Montagne et d’essayer,
aussi rapidement que possible, de vous libérer des comporte-
ments décrits dans les passages qui commencent par : « Vous
avez entendu qu’il a été dit aux anciens » (Matthieu 5 : 21) et d’ob-
server ensuite dans quelle mesure votre vie commence à se
conformer aux passages qui commencent par : « Mais moi, je
vous dis… » (Matthieu 5 : 22).
À mesure que votre conscience est purifiée de toute haine,
animosité, ressentiment, jalousie, envie, intérêt personnel, glo-
rification de soi-même, etc., elle devient un instrument adé-
quat pour la guérison spirituelle. C’est au cours de cette période
de préparation que vous devez vous mettre en conformité avec
l’idée que Dieu est l’unique pouvoir et, en même temps, vous
défaire de la croyance conventionnelle que Dieu est une grande
puissance qui peut être utilisée pour détruire des puissances
maléfiques.
Vous aurez la capacité de guérir avec succès seulement dans
la mesure où vous serez prêts à « mourir chaque jour » à tous les
traits de caractère qui constituent notre humaine condition et
à renaître en tant que conscience spirituelle, conscience qui ne
contient ni amour, ni haine, ni crainte du mal. Que personne ne
s’imagine pouvoir demeurer le même être humain qu’il a tou-
jours été et cependant réussir des guérisons spirituelles. La

58
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

cause du très petit nombre de guérisseurs spirituels, c’est jus-


tement le très petit nombre de personnes qui sont prêtes à
entreprendre cette préparation par l’étude et la pratique ; ils
sont en très petit nombre, ceux qui acceptent volontiers de se
soumettre à l’autodiscipline qui affranchit leurs vies de la loi
des Dix Commandements et les élève jusqu’au niveau de la
Grâce – dans cette atmosphère de la Grâce où il n’existe plus
que deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton
cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée… Tu aimeras ton pro-
chain comme toi-même » (Matthieu 22 : 37-39).
C’est seulement en renonçant au sens humain de la vie que
la totalité de notre héritage spirituel peut se manifester dans
notre expérience. La guérison spirituelle sans un certain degré
de vie spirituelle est presque impensable et presque impossible.
Le mode de vie spirituel est l’inverse du mode de vie humain.
Les êtres humains ont presque toujours besoin de quelque
chose. La vie humaine est largement basée sur l’acquisition :
acquisition de ressources, de la santé, d’un compagnon, réussir
à se marier ou à se « démarier », acquérir un home, réussir à
partir en vacances ou à en revenir – obtenir, obtenir, obtenir,
toujours obtenir quelque chose. L’essence de l’expérience
humaine peut se résumer à peu près de la manière suivante:
Que puis-je ajouter à moi-même ? De quelle manière puis-je
augmenter mon bien ? Comment puis-je acquérir davantage?

Vivre la vie spirituelle

La vie spirituelle est à l’opposé de tout cela. La vie spiri-


tuelle commence avec cette prémisse que moi et le Père som-
mes un et que tout ce qu’a le Père est à moi. La vie spirituelle,
par conséquent, commence avec la réalisation que nous som-
mes déjà infinis, que nous contenons déjà en nous-mêmes tout
le bien que Dieu est prêt à nous accorder. Une telle réalisation
annule immédiatement tout désir d’obtenir, d’accomplir ou de
réussir.

59
LETTRES DE 1983

Comment une personne peut-elle parvenir à faire l’expé-


rience vivante de son divin héritage ? En vérité, la réponse est
très simple. Il y a un moyen – le Maître l’a indiqué de manière
très claire – mais c’est la mise en pratique de ce moyen qui est
la pierre d’achoppement. Pourquoi ? Regardez autour de vous.
Regardez dans votre propre cœur. Voyez avec quelle ténacité
les êtres humains se cramponnent à leurs possessions. C’est
ce qui rend si difficile la pratique de l’enseignement du Christ.
Mais maintenant, faites volte-face – « Faites volte-face afin de
vivre ».
Commencez par libérer ce que vous avez déjà, en grande
abondance ; jetez votre pain à la surface des eaux. Au lieu de
rechercher l’amour, aimez ; soyez aimants ; trouvez quelque
manière ou quelque lieu pour exprimer l’amour. Au lieu de
chercher de l’aide, commencez à offrir la vôtre. Au lieu de
rechercher des bénédictions, cherchez à bénir. Au lieu de cher-
cher à obtenir, cherchez à donner. Peu importe que vous com-
menciez à donner des francs, des centimes ou des liards ; peu
importe que vous commenciez à donner seulement quinze
minutes de votre temps à quelqu’un qui a besoin de vos ser-
vices. Ce qui importe, c’est que vous reconnaissiez ce qui suit :

Tout ce qu’a le Père est à moi. En ce moment même, l’endroit


où je me tiens est une terre sainte. Rien ne doit m’être ajouté.
Je suis en cet instant dans l’une des nombreuses demeures que
le Père possède, même si les apparences ne semblent pas en
témoigner. « Moi et mon Père sommes un » ( Jean 10 : 30). Dans
mon être réel, dans ma véritable identité, « moi et mon Père som-
mes un ».
La nature de Dieu est accessible à tous ceux qui la cherchent.
La volonté de Dieu s’accomplit sur la terre comme aux cieux et
il n’existe pas d’autre volonté. La volonté de Dieu est la seule
volonté. La volonté de Dieu est la seule volonté qui soit faite sur
la terre comme elle l’est dans les cieux.
Ici et maintenant, la présence de Dieu m’accomplit ; la pré-
sence de Dieu est l’accomplissement de ma vie tout entière. Faire

60
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

l’expérience de réaliser la présence de Dieu, c’est avoir toute ma


vie comblée. La grâce de Dieu me suffit en toutes choses, étant
omniprésente là où je suis. Elle n’est pas absente de moi ; il n’est
pas besoin de l’atteindre ; la grâce de Dieu a simplement besoin
d’être réalisée ; c’est alors qu’elle me suffit en toutes choses.

Notre but, c’est de ne rien obtenir, de ne rien acquérir, de ne


rien recevoir à l’exception d’une réalisation continue de la pré-
sence de Dieu. Cela doit se faire trois, quatre ou cinq fois par
jour – aussi souvent qu’il nous est possible de trouver deux ou
trois minutes pour nous isoler dans le seul but de réaliser la pré-
sence de Dieu. Dans le contexte humain, nous attendons du
monde les choses dont nous avons besoin. Certaines personnes
croient dépendre de leurs situations, ou de leurs employeurs ;
certaines dépendent de leurs affaires, d’autres de leurs maris
ou de leurs femmes; certaines dépendent du climat et de la tem-
pérature ; tandis que d’autres encore dépendent du gouverne-
ment. Le contexte spirituel est aux antipodes de cela: «Ta Grâce,
la Grâce de Dieu me suffit. » Voilà qui brise toute attache hu-
maine et tout bien humain. Nous continuons de nous associer
aux autres et de partager avec eux, mais nous avons cessé d’en
dépendre. La vie spirituelle implique que tout service rendu en
qualité d’épouse, de mari, de mère ou de père est un acte d’amour
pur et non un acte accompli par devoir ou par nécessité. La seule
et unique chose qui soit nécessaire, c’est de recevoir la grâce de
Dieu.
Si vous vivez spirituellement, vous perdez votre dépen-
dance à l’égard de l’homme dont le souffle est dans les narines :
vous cessez de dépendre de la température et du climat ; et
vous ne dépendez plus de l’argent. Vous gagnez votre liberté
complète en réalisant que moi et le Père sommes un, que tout
ce qui appartient au Père est à moi et qu’à cause de cela, l’en-
droit où je me tiens est une terre sainte. Rappelez-vous que
cela ne deviendra pas vrai à cause de votre traitement. Le trai-
tement consiste seulement à mettre en lumière ce qui existe
déjà. Avant qu’Abraham fût, cette vérité existait et n’a pas

61
LETTRES DE 1983

cessé d’être vraie à votre sujet. Éveillez-vous hors du rêve ada-


mique – c’est-à-dire de la croyance qu’il existe soit le bien soit
le mal dans toute forme – et parvenez à la réalisation de votre
filiation spirituelle.
Si nous sommes les enfants de Dieu, nous en sommes les
héritiers ; et si nous en sommes les héritiers, nous sommes co-
héritiers du Christ en Dieu. De quoi pourrions-nous avoir
besoin, et de qui ? Nous n’avons besoin que de cette réalisation.
La réalisation de la présence de Dieu est ce qui brise le sens
hypnotique d’un moi distinct de Dieu, d’une personne séparée
de Dieu, ou d’une condition étrangère à Dieu. C’est cette réa-
lisation précise qui brise le rêve adamique dans la totalité.
Lorsque nous nous éveillons, nous découvrons que nous som-
mes enfants de Dieu et que nous sommes réellement dans le
ciel car, une fois libérés de nos attitudes de dépendance maté-
rielle, la terre devient le ciel.
Il n’y a pas d’autre ciel que celui-là ; il n’y a pas d’autre
corps que celui-ci. C’est le corps parfait que Dieu vous a donné
et la seule raison pour laquelle il vous pose des problèmes est
que vous avez permis à l’hypnotisme de ce monde de vous infli-
ger ses croyances. Dès que vous aurez brisé ce rêve, vous serez
satisfaits de ce corps-ci. Il pourra se mouvoir et faire tout ce
que vous lui direz de faire.
Lorsque vous enlevez tout pouvoir à la forme, vous décou-
vrez qu’il est littéralement exact que Dieu vous a donné auto-
rité sur ce corps et sur toutes les choses qui existent sur la
terre, dans les airs ou sous les eaux. Vous constaterez que c’est
vrai et vous serez alors satisfaits. Le corps sera un excellent
instrument pour votre usage et vous en serez satisfaits ; le
corps sera si bien disposé à faire ce que vous voulez lui faire
faire, quand cela vous convient, que vous serez remplis de gra-
titude d’avoir un tel corps.
Cette vie que vous vivez est la vie même que vous avez
recherchée. Vous vous êtes déplacés et vous avez fait bien des
choses afin de la trouver, alors que pendant tout ce temps-là,
satisfaction et accomplissement se trouvaient précisément en

62
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

vous. C’est vous seuls qui avez permis à la croyance hypno-


tique au bien et au mal de faire obstruction à cette vie et elle
n’est pas dans votre champ de vision. Éveillez-vous! «Éveille-toi,
toi qui dors… et Christ t’éclairera » (Ephésiens 5 : 14). Éveillez-
vous et réalisez ceci :

Voici la minute même que Dieu m’a donnée. Voici le corps


que Dieu m’a donné. Voici la conscience, la vie, l’Âme, l’Esprit
que Dieu m’a donnés. Voici l’abondance infinie des ressources
que Dieu m’a données – tout cela se trouvant ici, exactement à
l’endroit où je suis maintenant.

Tandis que vous demeurerez dans cette vérité et laissez


cette vérité demeurer en vous, le rêve s’évanouit, et vous vous
réveillez réellement en constatant que vous êtes au ciel. Par-
fois, votre réveil vous tire de l’environnement physique ou
matériel auquel vous aviez été assujettis par l’hypnotisme de
l’existence humaine. Vous vous trouvez alors dans les verts
pâturages, auprès des eaux tranquilles, alors qu’auparavant
vous vous trouviez peut-être sur un champ de bataille d’un
genre ou d’un autre.
Au cours de votre étude des écrits de la Voie Infinie, essayez
de comprendre en quoi le message consiste : il ne s’agit pas de
guérir des esprits, des corps ou des portefeuilles ; il ne s’agit
pas de guérison physique ou de guérison mentale ; il s’agit de
s’éveiller d’un rêve pour constater que nous sommes les fils de
Dieu en ce moment même. Telle est l’essence de ce message.

Compte-rendu de voyage

À la mi-janvier, nous avons quitté Hawaï pour l’Australie,


avec une escale pour faire le plein d’essence à l’Île de Canton,
un récif de corail d’environ quinze kilomètres de longueur, à
deux cent cinquante kilomètres de l’Équateur, puis à nouveau
à Nandi, aux Îles Fidji. Ce fut un beau vol, bien que nous ayons

63
LETTRES DE 1983

été un peu secoués. Nous avons été accueillis à l’aéroport de


Sydney et nous nous sommes rapidement retrouvés assis en
voiture sur une large autoroute longeant le littoral pour ins-
pecter cette chaîne très colorée de ports et de baies. C’était une
journée d’été tellement chaude – 40 degrés – que nous retour-
nâmes à l’hôtel à trois heures de l’après-midi. Moins de deux
heures plus tard, un cyclone imprévu qui soufflait à 150 kilo-
mètres à l’heure, frappa la ville et les plages que nous venions
juste de quitter. La tempête fut de courte durée, s’attardant
seulement quinze minutes avant de gagner la haute mer. Ce
fut l’une de ces expériences inattendues qui corsent un voyage
et nous offrent des occasions supplémentaires de pratiquer les
principes de la Voie Infinie.
Le séminaire débuta le lundi soir par une causerie devant
un groupe d’environ soixante-cinq étudiants de Sydney. Vous
serez heureux d’apprendre que tout le travail accompli en Aus-
tralie et en Nouvelle-Zélande a été enregistré ; de telle sorte
que vous pouvez avoir l’occasion d’entendre ce message, comme
les étudiants australiens. La première causerie était centrée
sur l’absurdité des craintes qui nous assaillent constamment :
peur de la Russie, peur des bombes ; peur de la maladie et
toutes ces autres formes de craintes hystériques. L’hystérie col-
lective a créé la peur du Kaiser et de ses sous-marins, ainsi
que la peur d’Hitler et de ses « raids ». Le nom de Staline a fait
trembler la terre entière ; et maintenant, il y a encore davan-
tage de peurs – nouveaux dictateurs, à travers le monde et
même en provenance de l’espace.
Dieu est-il un mythe ? Sommes-nous ou non ancrés en
Dieu ? Y a-t-il un pouvoir dans le « bras de chair » ? La créature
– qui n’est qu’effet et forme – serait-elle plus grande que le
Créateur, l’Esprit invisible ? Ne suis-Je pas plus que toutes ces
choses? Avons-nous cessé de croire que « je ne te délaisserai point,
et je ne t’abandonnerai point » (Hébreux 13 : 5), même en face des
bombes et des tyrans ? L’humanité doit-elle succomber une fois
de plus à la crainte désespérée de cet « homme dont le souffle
est dans ses narines : car d’où tire-t-il sa valeur ? » (Isaïe 2 : 22)
64
LA PRATIQUE DE LA GUÉRISON SPIRITUELLE

Étudiants, soyez une lumière dans «une nation perverse» et


tenez-vous en fermement à votre foi selon laquelle tout pou-
voir repose sur l’Invisible ; que votre confiance s’enracine dans
la ferme conviction que ce qui peut être vu, entendu, goûté,
touché ou senti n’est que bras de chair – ou néant. Les peurs de
ce monde ne sont pas insurmontables. La solution du problème
russe devrait être la démonstration la plus évidente de ce prin-
cipe sans cesse présenté à un monde accablé de crainte, car
l’alternative est ici nettement tranchée : d’un côté, il y a la pré-
tention matérialiste à considérer que la force matérielle est
pouvoir et, de l’autre côté, la révélation du Christ selon laquelle
«le Père en moi, c’est Lui qui fait les œuvres» ( Jean 14: 10). Laquelle
de ces deux propositions correspond-elle à la vérité ? Pourquoi
ne pas « rester en place et regarder la délivrance de l’Éternel » ?
(Exode 14 : 13). En tant qu’étudiants de la Voie Infinie, allez-
vous avoir peur de ce défi, ou lui ferez-vous face avec le cou-
rage né de la sagesse ?
La Voix m’a dit que le thème de notre travail à venir pour-
rait être de même nature que l’avertissement suivant ; n’es-
sayez pas de modeler la Volonté de Dieu sur vos désirs, mais
abandonnez plutôt avec foi votre personne – c’est-à-dire vos
espoirs, vos désirs et votre volonté – à Dieu ; ne priez pas Dieu
pour qu’il obéisse à vos ordres, ou qu’il serve vos intérêts, mais
priez pour il vous soit montré comment servir Dieu et les inté-
rêts de Dieu sur la terre.
La Voix m’a dit encore une autre chose qui pourrait faire
bientôt l’objet de mes écrits, mais en attendant que ce soit le
moment, étudiez l’histoire de Saphira. (Actes 5 : 1-10)

65
N° 40 – Avril

LE MESSAGE DE PÂQUES :
« J’AI VAINCU LE MONDE »

L a prophétie des sages et voyants hébreux concernant le


Messie – celui qui viendrait les délivrer de l’esclavage, de
l’ignorance, du péché, de la maladie et de toutes les conditions
discordantes – ne pouvait être saisie par la conscience maté-
rialiste de cette époque. Dans le peuple hébreu d’alors, seuls
les chefs spirituels qui étaient sortis de l’esclavage, de l’anal-
phabétisme et de l’ignorance spirituelle la plus grossière,
avaient été capables de s’accrocher la vision du Dieu unique.
Les centaines et les centaines d’années consacrées à cette foi
dans l’Invisible Infini, ainsi que la réalisation et la révélation
du Dieu unique dans lesquelles ils s’étaient ancrés, portèrent
finalement leur fruit en la personne du Messie, cette Présence
qui dissolvait tout péché, toute maladie et toute pénurie.
C’est précisément ce Messie – ou Christ – qui se manifesta
dans Jésus par la guérison des malades, la résurrection des
morts, la vue rendue aux aveugles et l’audition rendue aux
sourds. Ce que les intellectuels de cette époque avaient consi-
déré comme n’étant rien de plus qu’une croyance superstitieuse
de quelques chefs hébreux ignorants – du pur folklore – devint
subitement une réalité vivante qui parcourait la terre et recon-
naissable par tous ceux qui avaient un certain degré de vision
spirituelle.

67
LETTRES DE 1983

Les effets de l’apparition du Messie sur la terre furent si


ahurissants que bien des matérialistes furent incapables de
comprendre la portée de ce qu’ils voyaient ; et ils commencè-
rent instinctivement à combattre le Messie pour finalement
chercher à le crucifier. Oui, ils ont crucifié le Christ, mais ils
L’ont crucifié afin qu’Il ressuscite et fasse son ascension, et non
pas pour Le faire mourir. Maintenant, deux mille ans plus
tard, le secret de ce qui s’est passé sur la terre à cette époque
a été découvert – nous savons comment ce que les non-illumi-
nés avaient taxé de superstition folklorique a pu devenir une
vivante réalité et comment de nos jours, cette même Présence
peut effectivement devenir une expérience pratique pour ceux
qui ont leur vision fixée sur Elle. Mais, derechef, comme par
le passé, partout où l’évidence de Son activité et les fruits qui
en résultent sont présentés au sens matériel, le sens matériel
La rejette, La combat et cherche à La détruire.

L’opposition au Christ
vient du dedans de nous-mêmes

Aujourd’hui, cependant, nous avons fait un pas de plus que


ceux qui vivaient il y a deux mille ans ne pouvaient pas faire.
Ceux qui, pour la première fois, eurent la vision du Christ en
Terre Sainte, crurent que l’opposition au Christ venait des
chefs religieux hébreux et du gouvernement romain ; autre-
ment dit, que l’opposition avait une origine extérieure à eux-
mêmes – étant créée par d’autres qui ne les comprenaient pas.
Aujourd’hui, une révélation d’un niveau plus élevé nous a été
donnée. Aujourd’hui, nous reconnaissons que toute opposition
au Christ dont nous faisons l’expérience, se situe au-dedans de
notre propre conscience. Il peut sembler que cette opposition
soit le fait d’amis, de parents, de gouvernements ou d’églises,
mais c’est une erreur de jugement. La vérité, c’est que toute
opposition au complet développement et à la démonstration de
notre condition christique provient de l’aspect matérialiste de
notre propre nature au-dedans de notre propre être.

68
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

Il y a un Christ, et ce Christ est notre propre conscience


spirituelle – ce Lui au-dedans de nous qui accomplit ce qui
nous est donné à faire. Mais au moment même où nous savons
cela, où nous l’affirmons et essayons de le vivre, il y a des forces
intérieures à nous-mêmes qui voudraient crucifier le dévelop-
pement et la manifestation de cette condition christique. Ces
forces constituent le côté matérialiste de notre nature. Chacun
de nous possède un certain degré de sens matérialiste, que
nous soyons ou non assis aux pieds de Paul, de Jean ou de
Jésus, ou même que nous ayons vraiment atteint le sommet
qu’avait atteint Paul lorsqu’il se rendit compte que dans sa
véritable identité, il se trouvait lui-même au-delà de tout
péché, bien qu’un sens du péché fût à l’œuvre en lui. Même
lorsque nous savons que cette véritable identité qui constitue
notre propre être nous gouverne, nous nourrit et nous soutient,
il y a pourtant, au même moment, une partie de nous qui
trouve encore très bonnes certaines caractéristiques de la vie
humaine et c’est à cause de ces apparences bénéfiques que nous
cherchons précisément à accroître en nous ce sens matérialiste
que le Christ voulait détruire par Son action.
L’activité du Christ dans notre conscience détruit les erreurs
des sens – les discordes, les maladies, les faux besoins; mais si
vous étudiez avec soin les écrits de la Voie Infinie, vous remar-
querez quelque chose qui vous a peut-être échappé : ce même
Christ qui détruit les erreurs de votre vie détruit également
les harmonies, les joies, les bénéfices et la santé du sens maté-
rialiste. Il détruit à la fois le bon et le mauvais côté du sens
matérialiste et met en lumière ce que le Messie d’autrefois
avait pour but de révéler – non pas un agrandissement de « ce
royaume », non pas une amélioration de « ce monde », mais
« Mon Royaume » qui n’est pas de ce monde.

S’élever au-dessus du sens personnel

Le thème sous-jacent à toutes les paraboles et allégories


dont sont en partie constituées les religions et les philosophies,

69
LETTRES DE 1983

c’est qu’il existe un monde derrière ce monde, c’est qu’il y a une


vie derrière cette vie et un homme derrière l’homme que nous
connaissons. Derrière ce que vous voyez comme étant un Joël
visible, ou ce que je vois comme étant un Jean ou une Marie
visibles, derrière cet individu ou dans la conscience de cet indi-
vidu se trouve son Moi réel, la divinité de son être – ce Je qui est
la vérité, ce Je qui est l’enfant de Dieu, ce Je qui est le Messie
annoncé dans les temps anciens. Ce Je traverse indemne l’antre
des lions, car l’antre des lions ne voit pas le Je. Ce Je parcourt
la terre sans être touché par les événements matériels car l’en-
tendement matérialiste de l’homme ne voit pas ce Je.
Il existe une partie de notre être qui est encore matérielle
et qui est en conflit avec cette autre partie qui en nous est
divine. En surmontant en nous-mêmes le sens personnel, nous
finissons par être en mesure de dire, avec le Maître : «J’ai vaincu
le monde » ( Jean 16 : 33). Jésus n’a pas vaincu Rome ; il n’a pas
vaincu le Sanhédrin de l’église hébraïque : Il a vaincu le monde.
Quel monde ? « Ce monde », le monde du sens matériel au-
dedans de Lui-même. Il a vaincu le monde en Lui-même, pour
Son bien propre et le bénéfice de tous ceux qui se trouvaient
en résonance avec son état de conscience et étaient capables
de contempler cette vision que nous appelons le Christ, ou la
condition christique – la vision de notre Moi divin.
Dans la mesure où nous triomphons de l’aspect matériel de
notre propre être, où nous triomphons de cette partie de nous-
mêmes qui cherche encore à nous enrichir, à nous anoblir, ou à
glorifier de quelque manière notre identité humaine, dans cette
mesure même nous avons vaincu «ce monde ». Il ne sera tota-
lement vaincu, toutefois, que lorsque nous aurons entièrement
crucifié notre sens matériel de la vie et réalisé l’inexistence et
le non-pouvoir de tout sens matériel du moi. La première
preuve de ce nouvel état de conscience sera notre identité régé-
nérée. On dira de nous : « C’est un homme meilleur – ou une
femme meilleure – un homme en meilleure santé, plus aimable,
plus tolérant, plus patient, plus juste». Cependant, les cicatrices
de notre ancien moi seront encore visibles. Il restera, ici, et là,

70
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

des traces de notre vieil ego humain jusqu’à ce jour de l’ascen-


sion où nous nous élèverons si complètement au-dessus du sens
matériel qu’il n’y aura plus aucun témoignage ni d’un corps
physiquement sain, ni d’un corps physiquement délabré.
Le premier signe de notre développement spirituel est
révélé par la disparition des discordes et des conditions inhar-
monieuses de nos vies. L’étape suivante, plus élevée, est de
surmonter même le sens matériel du bien en réalisant ce que
signifient la santé, la richesse et l’immortalité dans la pers-
pective de « Mon Royaume », le royaume de Dieu qui est au-
dedans de la conscience individuelle. Au cours de vos médita-
tions, l’expérience du Christ ressuscité se produira de temps à
autre. Vous aurez un sentiment précis et distinct d’une Pré-
sence plus grande que vous-mêmes mais qui est en réalité votre
Moi – le Moi supérieur avec lequel vous n’avez pas encore bien
fait connaissance. Ce n’est pas qu’il y aura deux « vous », bien
qu’en apparence il semblera y en avoir deux. Le Moi réel ne
s’attardera pas trop longtemps : Il viendra puis Il s’en ira. Les
périodes pendant lesquelles Il sera absent seront la nuit obs-
cure de l’âme – ces moments de désolation à travers lesquels
nous passons lorsque nous réalisons que nous sommes seule-
ment des êtres humains et que nous avons perdu le contact
avec cet être spirituel authentique que nous savons être nous-
mêmes, et qu’il nous tarde de le sentir vivre et de le manifes-
ter pour le révéler au monde en tant que lumière. C’est en cela
que réside notre combat. Nous constatons combien nous som-
mes loin d’avoir atteint ce dont nous avons eu la vision fugi-
tive intellectuellement, et parfois même spirituellement. C’est
une guerre entre l’Esprit et la chair. C’est une guerre entre le
Christ, notre véritable identité, et ce sens matériel de l’exis-
tence qui s’est construit en nous au cours des âges.

S’élever au-dessus de la discorde


comme de l’harmonie

Chaque fois que le Christ sera réalisé en vous, même s’il


s’agit seulement d’un aperçu momentané sur un sommet de

71
LETTRES DE 1983

montagne, vous constaterez que ce Christ vous établira une


manifestation plus élevée et meilleure sur le plan humain, sous
forme de santé, beauté, richesse et relations, jusqu’à ce jour où
le sens matériel sera dissous et notre identité spirituelle révé-
lée comme constituant l’exclusive totalité de nous-mêmes.
À la première phase de notre ascension vers les hauteurs
spirituelles, au premier degré de notre état de disciples, ou de
notre initiation, correspond notre impatience à être débarras-
sés de tous les troubles d’ordre physique, mental et moral, ou
de toute pénurie ou limitation financière. Nous avons hâte
d’être libérés de tout sens de discorde matérielle, peu cons-
cients du fait que nous prions encore pour obtenir davantage de
matérialité, bien qu’elle soit d’une nature améliorée. Nous
avons déjà la jouissance d’un certain degré de bien-être dans
nos vies, mais nous voudrions l’augmenter en le quadruplant
ou le décuplant. Nous évaluons ce bien-être selon des normes
humaines : nous voulons un cœur qui batte normalement selon
les données médicales. Nous voulons un foie et des poumons
fonctionnant selon ce que nous appelons la normalité. Nous
voulons des revenus qui, à vues humaines, soient confortables.
Le fait que nous parvenions effectivement à un certain
degré de bonne santé, d’harmonie dans les relations humaines
ou d’abondance dans nos ressources, premiers fruits résultant
de notre quête de Dieu, est probablement ce qui nous main-
tient sur le sentier, mais pour beaucoup d’entre nous, c’est une
pierre d’achoppement car cela nous permet de nous attarder
dans la satisfaction de ce que nous avons obtenu.
Cela ne doit pas se produire pour l’étudiant sérieux de la
Voie Infinie. Si les discordes et les limitations de la vie, si les
péchés et les inégalités de la vie disparaissent dans une cer-
taine mesure de votre expérience, ne vous réjouissez pas trop
ouvertement de cette manifestation d’une plus grande harmo-
nie physique, mentale, morale et financière. Ce ne sont là que
les premiers pas des débutants qui les conduiront à surmonter
leur sens matériel, quand les harmonies matérielles elles-

72
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

mêmes disparaissent pour révéler « Mon Royaume», le royaume


spirituel.
Les gens demandent de nos jours, exactement comme à
l’époque du Maître : « Où se trouve ce royaume spirituel ? Com-
ment puis-je le reconnaître et comment l’atteindrai-je ? » La
réponse d’aujourd’hui doit être la même que celle faite par le
Maître aux chercheurs d’autrefois : « On ne dira point : Il est ici,
ou : Il est là. Car voici, le Royaume de Dieu est au-dedans de vous »
(Luc 17 : 21). Ce royaume ne peut être vu avec les yeux. Nul ne
peut le reconnaître au moyen de la vue matérielle. Le Messie
se présente seulement à la conscience de ceux qui reconnais-
sent et réalisent Sa possibilité et qui ont, en outre, la passion
requise pour L’atteindre. Soyez assurés d’une chose : une pas-
sion est requise de nos jours tout comme elle l’était à l’époque
où les premiers chrétiens devaient accepter de souffrir l’em-
prisonnement, d’être jetés dans les cages des lions, d’être cru-
cifiés sur des croix ou brûlés sur des bûchers.
Atteindre le Christ à l’époque actuelle n’est pas une entre-
prise plus facile qu’elle ne l’était lorsque le Maître disait que le
chemin est étroit et resserré et que peu nombreux sont ceux
qui y entrent. En définitive, chacun doit faire face en lui-même
à la crucifixion du sens matériel de l’existence, afin que puis-
sent avoir lieu une résurrection et une ascension. L’opposition
que nous rencontrons au début de notre ascension spirituelle,
c’est presque toujours aux autres que nous l’attribuons. Nous
croyons que les autres nous attaquent, mais ce n’est pas exact.
En chacun de nous s’attarde encore un certain degré de sens
matériel et c’est ce sens matériel, profondément enfoui dans
notre conscience, qui est cause du conflit.
Il existe une zone en chacun de nous où personne ne pénètre
jamais. C’est dans cette zone au-dedans de nous que se trouve
le lieu où nos batailles doivent être livrées et c’est là que la
domination doit prendre place. Nous n’avons pas à dominer
des personnes ; nous n’avons pas à triompher de gouverne-
ments ; nous n’avons pas à triompher d’idéologies. Nous avons
seulement à triompher du sens matériel qui existe encore en

73
LETTRES DE 1983

nous-mêmes, et l’intensité de la bataille et la nature du combat


sont déterminées par la ténacité de certains aspects du sens
matériel qui existent en nous.
Les épreuves et les tribulations nous forcent à abandonner
la paix humaine et les biens matériels au profit de l’éveil spi-
rituel. C’est seulement en traversant les problèmes les plus
graves que se produit la plus haute envolée dans l’Esprit.

PÂQUES

Dans le monde chrétien, la saison pascale est célébrée en


souvenir de la Crucifixion, de la Résurrection et de l’Ascension
de Jésus-Christ, il y a presque deux mille ans. Selon les ensei-
gnements chrétiens, le Maître se soumit à la Crucifixion afin de
prouver la justesse de son enseignement en démontrant son
Pouvoir, bien que son corps fût détruit, de le ressusciter en
trois jours. On enseigne qu’en se soumettant à la mort du
corps, il a pris sur lui les péchés du monde et, de ce fait, est
mort pour nous.
Pâques est donc une commémoration de ces événements –
pour honorer le souvenir de l’homme qui s’est volontairement
soumis à cette expérience pour le salut du monde. L’étudiant de
la vérité peut se joindre à la totalité du monde chrétien pour
chanter des hymnes de louange et rendre hommage à celui qui,
par la grandeur de son amour et la profondeur de sa compré-
hension de Dieu et de l’homme, a démontré au moyen de la
Crucifixion la capacité de sortir de la tombe et de s’élever au-
dessus de toute croyance humaine. L’étudiant de la vérité com-
prend de même que, dans l’expérience de la Crucifixion, le
Maître a littéralement démontré son pouvoir sur la méchan-
ceté de ses adversaires et sur les lois matérielles de la vie –
lois qui, en pratique, attribuent au corps le pouvoir de la vie
au lieu de reconnaître que c’est la Vie elle-même qui gouverne
le corps. Pour l’étudiant de la vérité, la Crucifixion symbolise
également la destruction des péchés de ce monde.

74
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

Plus nous étudions dans le Nouveau Testament les expo-


sés du message et de la mission du Christ Jésus, d’où s’ensuit
cette série d’événements de Pâques, plus s’accroît en profon-
deur notre amour pour le Maître, ainsi que pour son travail.
Avec cet amour se développe un grand désir de comprendre le
principe de sa vie, de sa mission, de son message et de sa
démonstration. Aucun homme ne saurait avoir un amour plus
grand que celui qui consiste à donner sa vie pour son ami. Quel
ne doit pas être, alors, notre élan intérieur lorsque nous contem-
plons la profondeur de l’amour que cette grande âme a porté au
monde et démontré sur le Calvaire, qui a culminé lors du repas
au bord de la mer de Galilée, puis dans l’Ascension.
Lorsque l’étudiant de la vérité a reçu une inspiration suffi-
sante par la lecture puis la réflexion et la méditation sur cette
glorieuse expérience vécue par la Maître pour notre salut, il
doit passer à l’étape suivante en se posant cette question : quel
est le principe qui sert de base à la crucifixion, à la Résurrec-
tion et à l’Ascension ? Quelle leçon le Maître avait-il l’intention
de nous faire comprendre ? Le Maître nous disait-il qu’il subis-
sait cette expérience afin de nous montrer que, nous aussi,
nous pouvions connaître crucifixion, résurrection et ascension ?
Le Maître nous disait-il qu’il s’agissait là de la démonstration
d’un principe que nous devons étudier, assimiler, faire vivre et
finalement démontrer ? Le Maître, dans ces expériences, nous
présentait-il le principe de l’immortalité et, dans ce cas, quel
est ce principe qui nous est démontré par ces expériences ?
Tous les voyants spirituels ont appris que chaque âme
incarnée sur la terre doit subir la même crucifixion, la même
résurrection et la même ascension dont le Christ a fait l’expé-
rience, et ils ont entrepris la tâche d’apprendre les principes
impliqués, de les vivre et de les démontrer ensuite au profit
d’autrui. Nul ne peut devenir à juste titre un praticien ou un
instructeur de la vérité spirituelle tant qu’il n’a pas subi, à
quelque degré que ce soit, l’expérience de la crucifixion et de
la résurrection et dirigé finalement ses pas dans la direction
d’une démonstration de l’ascension. Aucun étudiant de la vérité

75
LETTRES DE 1983

ne peut espérer faire l’expérience, sur le plan spirituel, de la


santé, de l’abondance, d’un foyer ou de l’harmonie dans les
affaires humaines tant qu’il n’a pas commencé lui aussi, dans
une certaine mesure, l’étude, la pratique et la démonstration
des principes cachés derrière les événements de la saison pas-
cale.
Notre crucifixion commence au moment où nous acceptons
l’enseignement du Christ selon lequel « de moi-même, je ne puis
rien faire ( Jean 5 : 30)… le Père qui demeure en moi, c’est Lui qui fait
les œuvres » ( Jean 14 : 10). C’est le moment précis où nous com-
mençons à relâcher tout effort personnel. C’est notre accepta-
tion du fait que l’homme ne vivra pas seulement de pain, c’est-
à-dire grâce aux forces physiques, ou même grâce à la sagesse
humaine, mais que la vie est soutenue par toute parole qui sort
de la bouche de Dieu. C’est ici que nous apprenons notre pre-
mière leçon de guérison spirituelle qui enseigne que la vie ne
dépend pas du fonctionnement du cœur ou d’autres organes du
corps physique, mais qu’au contraire, l’activité des fonctions
organiques du corps humain dépend de notre conscience de la
vérité spirituelle.
Il est capital que nous ne nous hâtions pas de poursuivre
plus avant notre développement tant que nous n’avons pas par-
faitement compris que notre santé, nos ressources et l’harmo-
nie de nos relations humaines ne dépendent pas du seul effort
humain, ou de la seule sagesse humaine, ou de la force phy-
sique, comme nous l’avons cru en raison de notre expérience
sur la scène humaine, mais qu’en fait – chaque parole de Dieu
conservée dans notre conscience se traduit finalement par
l’harmonie de notre vie quotidienne. Nous apprenons mainte-
nant la vraie signification des paroles de Jésus : « J’ai à manger
une nourriture que vous ne connaissez pas » ( Jean 4 : 32). Com-
prenant la Parole de Dieu, demeurant dans cette Parole et lais-
sant cette Parole demeurer en nous, nous avons une substance
intérieure, une source interne de bien, un guérisseur et un sau-
veur au-dedans de nous – c’est-à-dire la nourriture que le
monde ne connaît pas.

76
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

Nous crucifions les craintes et les doutes humains lorsque,


loin de nous précipiter bêtement dans tous les sens, avec
angoisse et souci, pour entreprendre nos tâches quotidiennes,
nous pouvons nous détendre en réalisant ceci : Je suis le pain,
le vin et l’eau. Toutes ces choses que le monde recherche fié-
vreusement, avec d’anxieuses pensées et beaucoup de labeur
physique, elles sont déjà miennes. Nous nous détendons dans
l’assurance que Dieu nous a donnée : « Mon enfant, tu es tou-
jours avec moi et tout ce que j’ai est à toi » (Luc 15 : 31). Là aussi,
c’est la crucifixion sous une autre forme : la crucifixion de l’agi-
tation, du doute et du travail fastidieux.
En méditant le message du Maître relatif au pardon, si sou-
vent répété dans les Évangiles – message nous exhortant à
pardonner « soixante-dix fois sept fois » tous ceux qui nous
trompent et à pardonner au point de prier pour ceux-là mêmes
qui nous persécutent et nous traitent injustement – nous
apprenons en outre que dans la mesure où nous mettons en
pratique ce message, nous crucifions notre haine, nos préju-
gés, notre bigoterie et nos craintes à l’égard de notre prochain.
En méditant profondément sur le message du Maître qui
révèle que sa mission, en tant que Christ, consistait à guérir les
malades, ressusciter les morts, ouvrir les yeux des aveugles et
déboucher les oreilles de sourds, nous réalisons que Celui qui
a dit : Je ne te délaisserai point et je ne t’abandonnerai point
(Hébreux 13 : 5)… Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du
monde (Matthieu 28 : 21), Celui-là est le Christ, toujours présent
parmi nous, accomplissant maintenant Sa même mission que
jadis, guérissant nos esprits et nos corps, purifiant nos âmes,
pardonnant nos péchés, nous nourrissant avec le pain de vie et
nous soutenant avec l’eau de la vie éternelle. Et de cette façon
une autre partie de nous-mêmes se trouve encore crucifiée.
Le point culminant de cette expérience de crucifixion s’at-
teint, pour vous comme pour moi, par l’étude et la pratique
constantes d’un message spirituel jusqu’à ce qu’un beau jour
la vérité se fasse jour dans notre conscience : « Ne savez-vous
pas que vous êtes les enfants du Dieu vivant? » Alors, tout sens

77
LETTRES DE 1983

personnel au-dedans de nous a été crucifié et est mort. Il faut


un court laps de temps, symboliquement représenté par les trois
jours au tombeau, pour que commence à poindre en nous la réa-
lisation que nous sommes nés de nouveau, et, cette fois, nés de
l’Esprit. Dans cette réalisation, nous sortons, nous aussi, du
tombeau – le tombeau des croyances humaines, le tombeau des
puissances physiques, le tombeau de la personnalité humaine.
En nous révélant au monde, nous manifestons de plus en plus
les qualités inhérentes à notre filiation divine ; mais dans les
premières phases de cette renaissance, de même que le Maître
a montré un corps qui portait encore les marques de la cruci-
fixion, nous manifestons aussi pendant un certain temps
quelques-uns de nos anciens travers humains, de nos échecs
humains et de nos tragédies humaines. Celles-ci ne sont que
les apparences extérieures qui restent avec nous pour un peu de
temps encore : intérieurement, nous avons réalisé la résurrec-
tion, la renaissance – la nouvelle naissance – la filiation divine.
Désormais, nous marchons sur la terre en tant qu’enfants
spirituels de Dieu, bien qu’extérieurement nous apparaissions
sous le même aspect humain avec, de temps à autre, certaines
marques apparentes de notre passé. Ces marques restent aussi
visibles en nous dans le seul but de symboliser ce qu’on pourrait
appeler « les quarante jours », mais même au cours de cette
période, nous cheminons sur terre pour nos disciples, nos amis et
nos parents, comme des preuves vivantes de la filiation spiri-
tuelle que nous avons réalisée et des fruits de cette réalisation.
C’est la période dans laquelle notre monde commence à
s’apercevoir que nous ne dépendons plus de « l’homme dont le
souffle est dans les narines », que nous ne craignons plus les
Pilates de ce monde, que nous ne sommes plus transportés par
les apparents succès de ce monde ; mais qu’au contraire nous
sommes parvenus à un état de grâce intérieure, de communion
intime avec notre Père. Comme le Maître, nous parcourons la
terre avec une humble confiance, en déclarant au monde : « Je
ne puis rien faire de moi-même, le Père qui demeure en moi,
c’est Lui qui fait les œuvres ».

78
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

Tandis que les étudiants de la Voie Infinie à travers le


monde réalisaient qu’ils pouvaient bénéficier de guérisons et
autres conditions harmonieuses grâce à l’expérience des pra-
ticiens et des instructeurs et, de ce fait, tirer profit de la cons-
cience élevée de ceux qui ont fait un pas de plus qu’eux, ils com-
prenaient également qu’il leur était nécessaire d’apprendre du
mieux possible le message et la mission du Christ Jésus, tels
qu’ils nous sont donnés dans les quatre Évangiles et dans cer-
tains écrits de Paul. Ils comprenaient la nécessité d’étudier à
fond ce message spirituel afin qu’eux aussi puissent à leur tour
entrer dans une conscience plus haute, grâce à la crucifixion
de leur dépendance relative à des modes et méthodes humains
– grâce à la crucifixion de leur dépendance relative à la puis-
sance humaine, à la sagesse humaine et aux forces humaines,
grâce enfin à la prise de conscience du pouvoir spirituel et à
sa démonstration, c’est-à-dire à l’entrée dans la conscience
d’une vie qui n’est plus seulement vécue à l’aide de pain, mais
à l’aide de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Les étudiants de la Voie Infinie s’unissent à tous les étu-
diants de la vérité dans l’amour et une appréciation profonde
de la vie et de la mission du Maître, le Christ Jésus, et leur
prière est que, dans cette unité de conscience, la grâce de Dieu,
le Saint-Esprit, puisse descendre sur nous, que son Esprit
puisse se déverser en nous de façon à ce que, nous aussi, nous
puissions aller réconforter le monde, guérir les malades, annon-
cer l’Évangile à ceux qui sont dans l’obscurité spirituelle, res-
susciter les morts hors des tombeaux de la foi matérialiste et,
de ce fait, mériter notre ascension au-dessus de toutes les
phases du sens matériel.

Compte-rendu de voyage

Pendant que j’écris ce compte-rendu de voyage que vous


lirez en avril, nous sommes en janvier, dans la belle ville de

79
LETTRES DE 1983

Melbourne, en Australie, une cité dotée de parcs, d’arbres


magnifiques et de fleurs aux couleurs vives qui sont à leur
maximum d’éclat à la mi-été. Nous avons une classe-retraite
avec des étudiants qui ont franchi pour venir des distances
considérables quand on les évalue sur une carte – Brisbane,
Sydney, Adélaïde et bien entendu Melbourne. Le thème de
notre travail est le suivant : toute forme de crainte revient à
encenser d’autres dieux – c’est de l’athéisme, de l’oubli de Dieu.
C’est seulement lorsque cette crainte est remplacée par la réa-
lisation consciente de la Puissance Unique que nous pouvons
faire l’expérience de Pâques.
Pâques – la saison consacrée à l’Ascension ! Y a-t-il pour
nous un secret à discerner dans la leçon de Pâques ? Assuré-
ment il en est un, puisque toute expérience relatée dans la
Bible possède un sens ésotérique, interne ou caché, discernable
uniquement par ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles
pour entendre. Pâques commémore le moment où Jésus fut
« enlevé aux cieux » (Luc 24 : 51). Mais est-il possible qu’un être
humain soit emporté sur un nuage – s’élevant ainsi en bravant
la loi de gravitation, alors qu’il transporte encore avec lui son
poids physique ? Il est certain que ce n’est pas possible tant
qu’il existe une croyance dans une force matérielle, ou une
croyance dans le pouvoir de la matière, et telle est la signifi-
cation de Pâques. C’est un symbole de l’élévation, ou de l’as-
cension au-dessus du sens humain de la vie, au-dessus de toute
puissance matérielle.
Croire en la puissance des forces matérielles est de l’athé-
isme. Dieu est Esprit ; Dieu est infini ; par conséquent, l’Esprit
est l’Unique Pouvoir. Accorder du pouvoir à la matière, à la
forme ou à l’effet, telle est la croyance athée qui refuse à Dieu
la totalité du pouvoir, qui refuse la nature infinie de l’Esprit. La
crainte de conditions matérielles, qu’il s’agisse du corps ou de
bombes, est un retour à l’athéisme, parce que c’est renier Dieu.
Un membre du gouvernement britannique, après une tour-
née des États-Unis, déclara à la presse anglaise que les États-
Unis sont un pays où règne la peur. A son retour des États-

80
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

Unis, un ministre a informé le peuple australien, au cours


d’une émission télévisée, que le degré de peur régnant en Amé-
rique est choquant. Des articles de journaux, ici en Australie,
font état du fait que le Président des États-Unis a commencé
une campagne religieuse sous forme de prières avant et après
les réunions ; que le Vice-Président commence ses discours à
travers le pays par des prières, et que les hommes politiques
prient – tout cela dans une Amérique aux prises avec la peur.
Ces prières dont on nous parle ne sont pas, pour la plupart,
la conséquence naturelle d’un profond amour de Dieu, ou d’une
confiance inébranlable en Dieu. Elles sont au contraire le résul-
tat d’une peur abjecte – la peur des bombes. Il est certain que
si ces prières représentaient l’amour de Dieu et la confiance
dans Sa puissance, il ne serait pas nécessaire d’effrayer les
citoyens pour leur faire dépenser davantage de milliards dans
l’équipement anti-nucléaire.
Étudiants, faites carrément face à toutes les craintes, ici et
maintenant, et résolvez-les. Ne vous laissez pas hypnotiser jus-
qu’à acceptez cette hystérie collective. Rappelez-vous la signi-
fication de Pâques : la démonstration de l’impuissance des
forces matérielles. Rappelez-vous que chaque guérison spiri-
tuelle dont vous avez pu être le témoin est une preuve de la
Présence de Dieu et de l’impuissance des forces matérielles.
Lorsque vous êtes tentés d’accepter la croyance athée de l’in-
vincibilité de la puissance matérielle, rappelez-vous que Dieu
seul est pouvoir ; que l’Esprit seul est substance et loi. Attri-
buer du pouvoir aux organes et aux fonctions du corps, ou aux
bombes, c’est adorer d’autres dieux, d’autres puissances : c’est
brûler de l’encens à d’autres dieux. Toute crainte est de l’athé-
isme, un reniement du Dieu Un, de la Puissance Unique, de
l’Être Un.
L’histoire du peuple hébreu, depuis le temps de son escla-
vage sous le Pharaon, suivi de ses luttes pendant sa marche
hors d’Égypte jusqu’à la Terre Sainte et en Terre Sainte pen-
dant les siècles qui ont précédé le passage du Maître, le Christ
Jésus, cette histoire est faite de luttes et de combats, avec plus

81
LETTRES DE 1983

de défaites que de victoires, avec un certain degré d’illumina-


tion obscurcie ensuite par davantage d’ignorance, de supersti-
tion et de crainte. À l’époque du Maître, la vie politique des
Hébreux est sous la domination de César et de ses représen-
tants; quant à leur vie religieuse, elle est sous la domination de
chefs hébreux avides de pouvoir personnel. Après des siècles
de pareilles luttes et discordes, il est assez naturel que la cru-
cifixion fasse normalement partie de l’existence.
La crucifixion, cependant, appartient à cette lointaine
époque hébraïque et pour nous, elle représente aujourd’hui
notre combat pour sortir du sens humain. Cette période inter-
médiaire de notre développement, pendant laquelle le Christ a
touché notre conscience et où nous nous sommes éveillés à la
possibilité de sortir de la tombe d’une vie physique discordante
et sans harmonie, cette période constitue notre résurrection.
Lorsque le Christ, l’Esprit de Dieu, vient jusqu’à nous ; lorsque
le Christ monte au zénith de notre conscience, nous approchons
de l’ascension ; c’est alors que nous entrons dans un état de
conscience dans lequel crucifixion et résurrection quittent
notre pensée et sont à jamais oubliées. Cette conscience nou-
velle et plus élevée, ce royaume de celui qui est né de nouveau,
c’est une vie vécue par la grâce.
S’il a été nécessaire, à vous ou à moi, de vivre cette époque
hébraïque d’épreuves et de tribulations, de péché, de maladie
et de mort, et s’il a été nécessaire, pour vous ou pour moi, d’être
crucifiés afin de ressusciter à une nouvelle vie, du moins som-
mes-nous capables de comprendre que ces expériences ne sont
que les signes précurseurs d’une ascension et d’une vie vécue
par la grâce, et nous pouvons rapidement rejeter le passé ainsi
que tout souvenir relatif à la fois à la crucifixion et à la résur-
rection.
En commençant tout de suite à enseigner à nos enfants com-
ment vivre par la grâce, nous pouvons leur épargner l’expé-
rience de la crucifixion et de la résurrection. Personnellement,
je suis convaincu que le Maître, le Christ Jésus, n’avait pas l’in-
tention de voir se perpétuer la crucifixion et la résurrection

82
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

dans nos vies, mais qu’Il s’est soumis à ces deux expériences
afin de nous prouver qu’il existe pour la conscience qui a réalisé
son ascension, une vie par la grâce qui, lorsqu’elle est comprise,
nous délivre, nous et tous ceux qui viendront après nous, de la
crucifixion et de la résurrection.
La grâce de Dieu n’est pas un événement à venir, pas plus
qu’elle n’est quelque chose qui doit être gagné ou mérité. La
grâce de Dieu est omniprésente. Notre travail ne consiste pas
à nous procurer la grâce de Dieu, mais à la réaliser par l’acti-
vité du Christ dans la conscience humaine.
En regardant un arbre revêtu de toute la gloire de son
feuillage, nous sommes frappés par la splendeur de sa vie.
Cette splendeur de vie n’a rien à voir avec l’avenir ou avec le
passé, ni avec quoi que ce soit que l’arbre ait pu faire. La vie
anime l’arbre – c’est un état d’être. Il en va de même pour nous.
Nous sommes en vie, intelligents, engagés dans une activité
spirituelle, au service de notre Père, mais cela n’est vrai qu’en
raison de la grâce de Dieu. Dès que nous reconnaissons ce fait,
nous sommes déjà sous la grâce de Dieu et la grâce de Dieu
devient pour nous une expérience de réalisation. Si nous espé-
rons bénéficier de la grâce de Dieu en quelque période future,
ou si nous espérons pouvoir faire quelque chose pour nous pro-
curer cette grâce, elle nous échappera toujours. La grâce de
Dieu fournit tout ce qui peut être nécessaire à la plénitude de
l’instant présent. Elle nous maintient et nous soutient, elle
nous prête appui et agit comme un ciment unificateur qui éta-
blit la paix entre nous et nos voisins. La grâce de Dieu est une
expérience toujours présente. Elle était présente avant que
nous entrions dans la voie spirituelle. C’est même elle qui nous
a placés sur le chemin spirituel. Le fait que nous nous trou-
vions maintenant sur ce chemin est une preuve que la grâce
de Dieu a été à l’œuvre dans notre vie pour nous amener à ce
degré de réalisation. La grâce de Dieu est une omniprésence
qui nous remplit et nous accomplit.
Le monde se prive lui-même de la grâce de Dieu en l’imagi-
nant comme un événement futur. Exactement ici et maintenant,

83
LETTRES DE 1983

c’est la grâce et la grâce seulement qui entretient le mouvement


de tous nos rouages. Les yeux physiques ne peuvent voir ni les
oreilles entendre, mais la grâce de Dieu nous permet à la fois
de voir et d’entendre. La grâce de Dieu ne rend jamais un
malade bien portant, ni un pauvre fortuné, mais elle provoque
l’affaiblissement du sens humain du moi à mesure que le Moi-
Christ est révélé. Il faut constamment reconnaître que la grâce
de Dieu est sans cesse à l’œuvre et alors vous vous rendez
compte qu’à cause de cette grâce de Dieu, vous ne pouvez pas
échouer. Vous ne pouvez pas obtenir la grâce de Dieu: vous pou-
vez seulement réaliser sa présence.
Dieu ne peut pas être influencé par l’homme afin qu’Il fasse
la volonté de l’homme. Dieu est déjà en train de faire ce qui
relève de Sa fonction divine. Dieu ne peut pas être influencé
en vue de vous bénir ou de me bénir, et pas davantage en vue
de bénir les vôtres ou les miens. La grâce de Dieu opère main-
tenant dans la vie de tout individu qui ouvre sa conscience à ce
fait. Dans un tel état de prise de conscience, quelle sottise que
de vouloir atteindre Dieu ou d’espérer que Dieu exauce vos
prières dans le sens qui vous paraît nécessaire pour combler
vos besoins ou ceux de quelqu’un d’autre. Puisque la grâce de
Dieu est plus proche de votre souffle, il n’y a pas à lutter pour
l’obtenir, mais simplement à la reconnaître ; de sorte que la
prière devient désormais un repos en Dieu, un lâcher-prise,
une communion.
Le lis est en pleine possession de la grâce de Dieu sans
effort ou tentative de préserver la gloire qui est sienne en vertu
de son être. Dieu est intelligence infinie, omnisciente. Dieu est
amour divin, soutenant et maintenant toutes choses. Par
conséquent, il convient de ne faire aucun effort pour influencer
Dieu, mais seulement de saisir toute occasion de s’installer pai-
siblement et dans le silence, afin que la divine Présence puisse
nous envelopper et nous étreindre.
Lorsque La Pratique de la Présence fut publiée en 1955, en
Angleterre, ce livre s’avéra bientôt des plus utiles pour ouvrir
la conscience à cette vie par la grâce. Il a montré que par une

84
LE MESSAGE DE PÂQUES : « J’AI VAINCU LE MONDE »

pratique consciente et constante de la présence de Dieu à


chaque moment de notre vie quotidienne, les luttes de l’exis-
tence s’éloignent de nous et l’harmonie s’établit dans toutes les
circonstances de notre vie. Ce livre et L’Art de la Méditation
ont inauguré une ère nouvelle dans le message de la Voie Infi-
nie puisqu’ils nous ont libéré en grande partie des luttes pour
atteindre notre but et nous ont révélé une harmonie spirituelle
plus intense qui relève de la grâce.
J’ai maintenant l’espoir qu’une bonne partie de la cruci-
fixion, et même de la résurrection, dont nous avons fait jus-
qu’ici l’expérience en vivant selon la métaphysique, sera éli-
minée et que, grâce à l’art de la méditation et à la pratique de
la présence de Dieu, nous serons capables de réaliser le pas-
sage de la vie humaine à la condition christique sans cruci-
fixion.
Vous découvrirez que le Christ est venu pour dissoudre
toute l’existence matérielle, et non pour l’améliorer, et que cette
dissolution de l’expérience humaine n’est pas une mort, ni une
crucifixion, mais l’expérience d’un passage résultant de l’illu-
mination, une illumination qui se produit seulement lorsque
nous avons constamment la vie, le mouvement et l’être enra-
cinés dans la conscience de Dieu.
Ces deux années écoulées m’ont prouvé que lorsque des étu-
diants n’ayant eu aucune base métaphysique préliminaire
trouvent la Pratique de la Présence et L’Art de la Méditation, ils
sont libérés de leurs discordes et conflits humains sans avoir à
lutter autant que bien des gens de l’ancienne métaphysique.
Je sais qu’une ère nouvelle est amorcée, et cette ère est celle
de la vie par la grâce, obtenue par une pratique constante et
consciencieuse de la présence de Dieu associée à la pratique
de la méditation quotidienne.

85
N° 41 – Mai

LE BUT DE NOTRE QUÊTE

D ieu n’intervient pas dans les affaires humaines, si ce n’est


par l’intermédiaire de la conscience individuelle. Lorsque nous
ouvrons notre conscience à l’activité de Dieu, le Christ endormi
au-dedans de nous S’éveille graduellement jusqu’à un point de
transition à partir duquel ce Christ prend complètement en
mains la situation. Dès lors, nous vivons dans l’atmosphère
divine : Dieu maintenant vit notre vie.
Cependant, tant que cette transition n’a pas eu lieu, la res-
ponsabilité est encore sur nos épaules. Même si la présence et
l’activité divines se sont manifestées dans notre vie au point
de provoquer des guérisons miraculeuses, cela ne signifie pas
toujours qu’il ne se produira plus de nouvelles discordes et que
nous jouirons à jamais d’une harmonie complète.
Dans les premières phases de notre vie d’étudiants, ou de
disciples, lorsque nous commençons à bénéficier des bénédic-
tions qui sont les fruits de l’Esprit, la tendance à revenir à
notre ancien mode de vie humain se fait souvent sentir. Nous
nous laissons prendre par des préoccupations et des angoisses
humaines, nous sommes emportés par des plaisirs humains et,
de ce fait, nous nous coupons de l’activité de Dieu jusqu’à ce
qu’un moment particulièrement critique nous oblige à nous en
sortir en rétablissant notre contact. Nous ne nous sommes pas
encore suffisamment stabilisés dans la conscience de Dieu pour

87
LETTRES DE 1983

y demeurer fermement établis ; c’est pourquoi nous retournons


encore et encore à nos façons humaines de vivre et de penser.
Ce va-et-vient du pendule d’avant en arrière continu jusqu’à
ce que, tôt ou tard, nous nous rendions compte que nous n’avons
jusqu’alors cessé d’osciller entre l’Esprit et « ce monde », faisant
l’expérience de guérisons suivies par la réapparition de cer-
taines formes de discordances, puis de nouvelles guérisons sui-
vies encore de nouvelles « notes discordantes ». Ceci nous
conduit finalement à reconnaître la nécessité de nous préoc-
cuper de façon plus cohérente des choses de Dieu, ainsi que
celle de recourir à la méditation quotidienne.
À mesure que nous poursuivons notre progression dans la
voie spirituelle, nous constatons qu’au lieu de consacrer trente
minutes par jour à la réalisation de Dieu, nous finissons par
demeurer en Dieu quatre, cinq ou six heures par jour en fai-
sant l’expérience des fruits de l’Esprit sous la forme d’une plus
grande harmonie liée à moins de discordes et de discordances.
Après des semaines et des mois de cette pratique de la Pré-
sence, Dieu – le Christ ou la Vérité spirituelle – commence à
devenir opératif en nous pendant sept, huit, neuf ou dix heures
sur vingt-quatre. À ce moment-là, nous nous trouvons au point
où la balance bascule de l’autre côté : un « Cela » prend alors
notre relève. Nous n’avons plus à penser à la manière d’entrer
en contact conscient avec Cela ; c’est Cela qui a pris contact
avec nous et Se maintient Lui-même en nous en tant que notre
propre conscience. Tout ce que nous faisons s’accomplit spon-
tanément, car il s’agit de Son activité s’exprimant en nous et à
travers nous.
Dans cet état de conscience, les maux de la terre – le piège
de l’oiseleur, la fosse, la chute – n’approchent point de notre
demeure. Elles s’en approchent, toutefois, tant que Dieu n’est
pas devenu l’activité de notre conscience individuelle, tant que
le Christ n’est pas devenu le principe qui anime notre être.
Nous découvrons alors que le ciel et la terre ne font qu’un :
l’harmonie du ciel est devenue l’harmonie de la terre.

88
LE BUT DE NOTRE QUÊTE

Interprétation spirituelle de la justice

On pose souvent la question suivante : « Pourquoi le Maître


a-t-il dit : Demandez et vous recevrez (Matthieu 7 : 7) ? Toute ma
vie, j’ai demandé et je n’ai toujours pas reçu de réponse. » Pour-
quoi les gens, pendant des milliers d’années, ont-ils demandé
à Dieu la sécurité, la sûreté, la santé, la paix et une protection,
sans jamais les recevoir ? Pour quelle raison des gens, d’hon-
nêtes gens, des gens qui vont à l’église une, deux ou trois fois
par semaine pour demander des voitures neuves, de nouvelles
maisons, de nouveaux mariages, de nouveaux divorces et
toutes autres choses de ce monde, ne les reçoivent-ils point ?
La réponse est : « Vous demandez mal » ( Jacques 4 : 3). Dieu est
Esprit et lorsque Jésus disait : « Demandez et vous recevrez »,
nous pouvons être assurés qu’il s’attendait à ce que sa décla-
ration soit interprétée à la lumière de son enseignement. Et
quel était son enseignement ? Dieu est Esprit. Que pouvons-
nous donc demander à un Dieu qui est Esprit sinon des choses
spirituelles ?
« La prière fervente du juste a une grande efficacité » ( Jacques
5 : 16). Qu’est-ce qu’un juste ? Beaucoup se représentent comme
étant quelqu’un qui satisfait aux concepts humains de la jus-
tice, mais est-ce bien l’interprétation que Dieu donne de la jus-
tice ? Non, un homme juste est celui qui vit conformément à la
vision spirituelle et qui dirige ses affaires selon la sagesse spi-
rituelle. Aller à l’église sept fois par semaine n’a rien à voir
avec l’état d’être spirituel. Une personne peut aller sept fois
par semaine à l’église, tout en gardant encore toute son atten-
tion centrée sur des choses matérielles et le désir d’accroître
et d’embellir toujours plus les formes de sa vie matérielle. En
d’autres termes, il est possible de se rendre à l’église soixante-
dix fois par semaine, tout en recherchant encore une pêche plus
abondante dans ses filets : de plus gros poissons, ou des pois-
sons de qualité meilleure, alors que la vie spirituelle consiste
à laisser là nos filets, c’est-à-dire quitter notre dépendance rela-
tive aux formes et modes d’activité ordinaires.

89
LETTRES DE 1983

La justice, au sens spirituel, consiste à placer notre confiance


dans l’Invisible Infini. L’homme juste ne combat pas, mais
demeure tranquille et voit s’opérer le salut du Seigneur. Pour
le monde, cette attitude équivaut à « ne rien faire », mais cela
n’a rien à voir avec l’absence d’action. Il s’agit en fait de faire
ce qui est presque impossible pour la plupart des êtres hu-
mains, à savoir demeurer dans l’attente du Seigneur, en nous
reposant dans Sa Parole.
L’homme juste, d’après les normes spirituelles, pourrait
donner à n’importe quelle personne, partager avec elle et même
recevoir d’elle sans toutefois attendre quoi que ce soit d’elle. Il
pourrait avoir des millions de dollars en actions et n’avoir pas
une seule fois la pensée que cet argent constitue ses ressources.
Il se rappellerait sans cesse que l’Esprit est sa source, sa subs-
tance et son soutien. L’homme spirituellement juste peut pos-
séder toutes les bonnes choses de la vie, en jouir, mais sans
toutefois être affecté demain si elles ne font plus alors partie de
son existence. C’est en vérité d’un tel homme dont Jacques a
parlé lorsqu’il a déclaré que « la prière du juste a une grande
efficacité ».
La prière spirituelle est un complet silence: c’est réfréner en
soi tout désir, toute recherche, toutes paroles et pensées. C’est
un état de réceptivité, une écoute tranquille. Rien n’est plus
recherché dans le monde des effets ; rien n’est plus désiré dans
le monde des effets. Un seul désir demeure – faire l’expérience
de l’union avec Dieu, afin de prendre conscience de l’unicité.
Désirer l’union avec Dieu en vue d’accomplir quelque chose
– avec quelque objectif en tête – c’est courir à l’échec. Une telle
attitude fait de Dieu un moyen pour parvenir à une fin. Il y a
une impossibilité à utiliser Dieu en tant que moyen pour
accomplir quelque chose : Dieu lui-même est l’objet de notre
désir, de notre prière, de notre méditation, de notre commu-
nion – non pas Dieu pour une quelconque raison, non pas Dieu
dans un certain but, mais seulement Dieu.
Atteindre Dieu, c’est atteindre tout ce que la vie comporte :
il n’existe rien au-delà de cette réalisation. Il ne peut y avoir de

90
LE BUT DE NOTRE QUÊTE

joie permanente en quoi que ce soit qui est de nature maté-


rielle, mais dès que Dieu a été réalisé, il y a plénitude à tous les
niveaux de conscience. En fait, en réalisant Dieu, ce que nous
appelons santé ou prospérité n’existent plus, car en Dieu seule
existe l’infinité de l’harmonie. Aucun sens d’une pénurie quel-
conque ne subsiste, aucun sens d’avoir à atteindre quoi que ce
soit ; c’est un état de plénitude en Soi.
Nulle part dans les Écritures il est dit que Dieu nous pro-
curera une forteresse. Les Écritures insistent sur le fait que
Dieu est :

L’Éternel est mon rocher, ma forteresse, mon libérateur.


C’est mon Dieu, je m’abrite en Lui, mon rocher ; mon bouclier et
ma corne de salut, ma citadelle et mon refuge, mon Sauveur… (II
Samuel 22 : 2, 3).
Seigneur, tu as été pour nous un refuge de génération en géné-
ration. (Psaume 90 : 1)
Car tu es pour moi un refuge, une tour forte en face de l’ennemi.
Je séjournerai éternellement dans ta tente*; je me réfugierai à
l’abri de tes ailes. (Psaume 61 : 3, 4)
L’Éternel est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ?
L’Éternel est le soutien de ma vie ; de qui aurais-je peur ? (Psaume
27 : 1)
Dieu est vie ; Dieu est une forteresse ; Dieu est une tour
haute ; Dieu est le rocher ; Dieu est la maison ; Dieu est le salut.
Dieu ne procure pas ces choses parce qu’il n’y a rien qui soit
au-delà de Dieu : il ne saurait y avoir Dieu et quelque chose
que Dieu puisse procurer. Dieu est Lui-même la totalité de
l’être et lorsque Dieu est atteint, il ne reste rien d’autre à
atteindre, pas même la santé ou la prospérité, la satisfaction ou
la paix, la sécurité ou la sûreté.

* Note de l’éditrice : la traduction des Bibles françaises apparaît ici très


pauvre, car il s’agit en fait du « tabernacle » ou tente en laquelle reposait,
chez les Hébreux, l’arche de l’alliance.

91
LETTRES DE 1983

La fin de la quête

Lorsque la conscience sera libérée de l’idée qu’en trouvant


Dieu des choses seront données de surcroît et quand les gens
en viendront à réaliser qu’en trouvant Dieu, ils trouveront
toutes choses incluses, c’est alors que viendra la fin de la quête
de Dieu. Lorsque se produit la prise de conscience que Dieu
Lui-même est l’objet de la quête – sans autre but – en cet ins-
tant se fait la réalisation suivante: «Je suis au milieu de toi; où
tu es, Je suis ; où Je suis, tu es, car nous sommes un ».
Il existe une paix qui défie l’entendement. Cette paix ne
sera jamais réalisée par la personne qui s’accroche à ses désirs.
La paix qui défie l’entendement vient seulement lorsqu’on a
réalisé qu’il n’y a rien à désirer ou à espérer. C’est un fait bien
connu que, plus nous entretenons notre appétit, plus celui-ci
grandit – qu’il s’agisse d’un appétit pour la nourriture, ou pour
l’argent ou les plaisirs – quel qu’il soit, plus nous nous y lais-
sons aller, plus notre désir augmente. Si vous pouviez obtenir
tout ce que vous désirez à l’instant même, c’est-à-dire la satis-
faction de tous vos désirs à l’exception du désir de Dieu, très
peu d’heures s’écouleraient avant qu’un autre désir ne se pré-
sente; et vous devriez alors vous mettre en route pour atteindre
cet objectif particulier. Il n’y a pas de limite au désir parce que
le désir engendre le désir.
Lorsque le désir est éliminé – et cela n’implique pas un
retour à la vie végétative – lorsque tout désir relatif aux objec-
tifs de la vie est abandonné en réalisant que Dieu est plénitude
d’accomplissement, nous sommes très proches du but. Notre
activité gagne en expansion, au lieu de se restreindre, mais cet
accroissement d’activité s’accompagne toujours de la paix qui
défie l’entendement. Très souvent, les gens confondent la vie
mystique avec une vie consistant à ne rien faire, ou à ne rien
accomplir, à être assis au sommet d’une montagne ou au bord
de la mer, à flâner. Au contraire, la vie sans désir dans la paix
qui défie l’entendement entraîne une telle somme d’activité

92
LE BUT DE NOTRE QUÊTE

qu’on en arrive à dire : « Je n’ai même pas assez de temps pour


tout faire ». Il ne reste pas de désirs non comblés ; il n’y a pas de
tension ; il n’y a pas d’efforts pour atteindre quelque chose. Tout
s’accomplit dans, avec et par une paix intérieure. La vie est
devenue une glorieuse aventure.
Si seulement, lorsque nous sommes seuls, nous pouvions
trouver un moment pour éliminer de notre pensée tous nos sou-
cis humains, d’une manière identique à celle-là : « Oui, je peux
sincèrement dire qu’en ce moment, je serai satisfait si je par-
viens à réaliser Dieu. Je suis parfaitement disposé à laisser
l’heure qui vient prendre soin d’elle-même si, en ce moment
même, je peux obtenir cette paix qui défie l’entendement – si je
puis atteindre la réalisation de Dieu, sans aucun motif, sans
aucun objectif, sans aucun désir, à part l’unique désir de rester
assis pendant les cinq minutes à venir, ou pendant l’heure qui
suit, installé au cœur même de Dieu ». Que l’expérience de Dieu
se produise ou non en cet instant précis, nous pourrons être
sûrs qu’elle finira par se produire. En outre, si nous persistions
dans cette attitude quelques minutes par jour, cette paix des-
cendrait sur nous et nous nous sentirions enveloppés par Dieu,
dans l’étreinte de Dieu, même si cela ne devait durer qu’un ins-
tant seulement, ou deux ou trois instants. La poursuite de cette
pratique cependant, conduirait à cette transition dans la cons-
cience qui permet au Christ de prendre en charge notre vie.
Ensuite, à partir de ce moment-là, chaque tâche, si petite soit-
elle qui nous sera donnée à faire, sera accomplie comme si Dieu
l’accomplissait. Elle ne pourrait plus jamais être accomplie par
désir, ambition, ou espoir de se faire remarquer. Elle s’accom-
plira simplement à travers nous agissant en tant qu’instru-
ments de Dieu.
Chacun de nous doit consacrer des périodes à la réalisation
du Christ, des périodes pendant lesquelles nous nous tournons
vers Dieu sans but, sans désir d’obtenir quoi que ce soit pour
nous-mêmes – pas même une guérison. Nous ne devons avoir
absolument aucun objectif autre que celui d’atteindre la réali-
sation de l’activité du Christ ; nous ne devons pas même prier

93
LETTRES DE 1983

pour nos amis ou nos proches, ou pour le monde. Si nous enten-


dions la voix, ressentions l’attouchement ou recevions quelque
avertissement que la présence et l’activité du Christ sont avec
nous, où pourrions-nous aller, de jour ou de nuit, où nous ne
serions pas une bénédiction pour chaque personne rencontrée,
du moins pour chaque personne un tant soit peu réceptive aux
choses spirituelles ? Si, l’esprit vide de tout objectif, nous nous
mettons en route pour atteindre la réalisation consciente de la
présence et du pouvoir du Christ, nous obtiendrons ce qui
constituera un accomplissement, non seulement dans notre
propre vie, mais dans celle de tous ceux qui toucheront l’ourlet
de la Robe, que nous sachions ou non qu’ils l’ont touchée.
Dieu Lui-même est l’objet de notre quête. Nous n’avons pas
besoin de l’activité du Christ pour L’inciter à faire quelque
chose pour nous : nous n’avons besoin que de l’activité du
Christ. Et le Christ Lui-même fera tout ce qui est à faire. Il
sera Lui-même une lumière pour nos pas ; Il sera Lui-même le
Salut de nos âmes ; Il multipliera Lui-même les pains et les
poissons. Mais désirer le Christ dans le but de multiplier les
pains et les poissons, c’est Le perdre et s’assurer la défaite dès
le départ. Trop de gens qui s’imaginent chercher Dieu ne cher-
chent pas Dieu du tout : ils recherchent la santé ou la richesse,
et c’est la raison pour laquelle ils ne peuvent trouver Dieu.
Nous trouvons généralement ce que nous cherchons. Si nous
recherchons la santé avec assez de persévérance, même sans
Dieu, il est probable que nous la trouverons ; du moins, nous
obtiendrons un sens matériel de la santé. Chercher Dieu doit
être la recherche de Dieu et de Dieu seul – non point la recher-
che de Dieu et de quelque chose d’autre, ni la recherche de Dieu
en vue de quelque chose d’autre.

Accomplissement spirituel

Essayez d’imaginer ce qui se passerait si vous pouviez, en


ce moment précis, sentir au-dedans de vous, ou à côté de vous,

94
LE BUT DE NOTRE QUÊTE

la présence même et le pouvoir du Christ, si en cet instant Son


Doigt vous touchait pour dire : « Je suis là », ou si vous pouviez
voir Son Sourire s’adresser à vous en vous disant: « Où croyez-
vous que J’étais pendant tout ce temps-là ? Je suis à côté de
vous. Je suis au-dedans de vous. Où que tu ailles, J’y vais. Je
ne te délaisserai point ni ne t’abandonnerai. Je suis la Pré-
sence qui te précède pour redresser les chemins tortueux. »
Il serait absolument impossible que vous fassiez l’expé-
rience de la présence de Dieu sans que quelqu’un dans le cou-
rant de la journée ne se sente réconforté par le seul fait d’être
en votre présence. Il ne peut en être autrement car « là où est
l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ». (II Corinthiens 3 : 17). Par-
tout où se trouve l’Esprit du Seigneur, partout où se trouve la
présence consciente de Dieu, il y a la liberté, une liberté spiri-
tuelle qui s’interprète elle-même, selon nous, comme une libé-
ration du péché, de la maladie, de la mort, de la pénurie et des
limitations.
Observez la quiétude qui vous vient, à la fois sur les plans
mental et physique, lorsque vous parvenez à réaliser la Pré-
sence : vous commencez à comprendre pourquoi le Maître a pu
dire : « J’ai vaincu le monde » ( Jean 16 : 33). Il n’y a rien qui puisse
s’approcher de cet état de conscience christique réalisée. Obser-
vez le miracle – le poids qui tombe de vos épaules, la tension
qui s’envole – à la minute précise où la présence de l’Esprit est
réalisée. Alors, vous saurez ce que veut dire : « Ne vous souciez
point » ; il n’y aura plus rien dont vous puissiez vous préoccu-
per. Vous aurez seulement à vous réjouir, avec une joie et un
plaisir intérieurs, sans qu’il y ait de cause particulière. Il s’agit
d’un sens de plénitude parfaite, d’un sens d’accomplissement.
Au moment où l’Esprit nous touche, où nous ressentons Sa pré-
sence, c’est alors que nos péchés s’évanouissent, nos désirs
pécheurs ou nos pensées pécheresses, nos pensées de crainte ou
nos doutes, nos pensées de maladie ou de douleur – tout cela
disparaît avec la réalisation de la Présence.
Réaliser le Christ est la fin de la démonstration, non son
début. Réaliser le Christ est la fin de la démonstration parce

95
LETTRES DE 1983

que c’est la plénitude même de cette démonstration. Il ne nous


reste plus rien à désirer car, dès lors, tout est accomplissement.

Compte-rendu de voyage

Vous savez déjà que ma vie est riche en aventures. Elle ne


comporte que peu de moments d’oisiveté sans jamais aucun
moment ennuyeux. Quelquefois se présentent des moments
pénibles qui peuvent durer un jour, une nuit ou même une
semaine, pendant lesquels une nouvelle idée christique est en
train de se concevoir ou se transmettre en moi. Toujours, cepen-
dant, partout où me portent mes voyages, je trouve la joie et la
beauté du compagnonnage et de l’amitié.
Mon voyage à travers l’Australie, la Nouvelle-Zélande et
les Îles Fidji déborda en expériences de ce genre. À Melbourne,
en Australie, notre classe de la Voie Infinie fut composée
presque exclusivement d’étudiants que j’avais rencontrés dix-
huit mois plus tôt, de sorte que l’ambiance était intime et fami-
liale. En fait, l’atmosphère de Melbourne en général est faite de
gentillesse et de beauté. Elle me rappelle Victoria, en Colombie
Britannique, avec son aspect d’une autre époque. Le monde
trépidant de « demain » n’a pas encore touché Melbourne.
De Melbourne, notre programme de travail nous conduisit
à Adélaïde, au sud de l’Australie, où vous découvrez, dans les
environs, des maisons simples entourées de magnifiques jar-
dins, de petites maisons installées au milieu de merveilleux
jardins aux couleurs vives. La ville elle-même laisse entrevoir
des immeubles du même style qu’à Détroit ou à Chicago : l’âge
des machines arrive à grands pas pour Adélaïde. À ma joyeuse
surprise, toutefois, le journal du matin de cette ville consacre
son éditorial du samedi à un article religieux de nature pro-
fonde et des plus avancées. Lorsque viendra l’époque où tous
les journaux publieront un éditorial de cette qualité, un chan-
gement se produira dans l’histoire du monde.

96
LE BUT DE NOTRE QUÊTE

À Adélaïde, ce qui nous a été révélé sur le thème de la gué-


rison est l’un des messages les plus clairs jamais présentés
concernant la manière de guérir et d’être guéri.
Nous avons ensuite traversé le continent par avion, d’Adé-
laïde à Perth, sur la rivière du Cygne, près de l’Océan Indien.
On appelle Perth la Ville Amicale. Elle est cela et plus encore
– une tranquille et charmante ville rappelant la vieille Angle-
terre, une ville toute de sérénité et de paix, mais exposée aux
coups de bec du monde extérieur qui s’efforce de briser sa
coquille. Ici, au Centre des Chercheurs, des conférences ont été
données, ainsi qu’une importante classe privée.
La Nouvelle Zélande était un pays nouveau pour moi, mais
à Christchurch, dans l’île du Sud, et à Aukland, dans l’île du
Nord, nous rencontrâmes de nombreux étudiants intéressés,
venus nous accueillir et écouter le message. En Australie
comme en Nouvelle Zélande, les libraires nous ont informés
que les écrits de la Voie Infinie trouvent un public réceptif.
Après notre conférence et la classe, nous nous rendîmes aux
Îles Fidji, pour y passer quatre jours de vacances et nous repo-
ser de notre mois de voyage éprouvant. Le Swami Rudrananda,
de la Mission Ramakrishna, m’invita à parler à ses assistants
et à trois cents élèves de son collège. Cela se révéla être une
de mes très grandes expériences. Imaginez-vous que j’ai pu
parler aux élèves d’un collège sur les thèmes de Dieu, de la
prière et du caractère pratique de la religion, en ressentant le
profond intérêt que mes paroles éveillaient chez ces adoles-
cents ! On servit le thé après ma causerie, puis le Swami et
deux de ses élèves nous invitèrent à dîner – un véritable repas
indien. À une heure du matin, nous reprîmes l’avion pour ren-
trer chez nous, à Hawaï. Pour tous ceux qui participèrent acti-
vement à l’organisation des réunions, dans chaque ville d’Aus-
tralie, de Nouvelle Zélande et des Îles Fidji, de simples mots de
remerciements seraient inadéquats, car une profonde grati-
tude est ressentie par nous pour ces expériences inoubliables.
Au cours des cinq dernières années, j’ai fait six voyages à
travers l’Europe, deux du nord au sud de l’Afrique, deux vers

97
LETTRES DE 1983

l’Australie, l’Inde, la Chine et le Japon. Dans la majorité des


endroits, j’ai fait des conférences et j’ai enseigné. J’ai toujours
eu des occasions d’entretiens privés avec des personnes appar-
tenant à tous les horizons religieux. En lisant les journaux,
nous sommes en mesure de déchiffrer les mentalités de « ce
monde », les préoccupations de ces gens qui n’ont pas de convic-
tions religieuses ou qui n’ont que la conception traditionnelle
de la religion, sans aucune compréhension de la présence et de
la puissance spirituelles. C’est parmi ces gens qu’on trouve
l’angoisse et la peur d’une guerre nucléaire, ainsi que la préci-
pitation menaçante de toute individualité dans une société
d’esclaves de type communiste, ou le poison mortel d’un socia-
lisme où tous sont égaux, mais de l’espèce d’égalité qui carac-
térise les robots. Les doutes et les craintes de « ce monde » pous-
sent les gens vers les plaisirs matérialistes et autres formes
d’évasion qui émoussent et sclérosent les sens.
Le monde que je rencontre au cours de mes voyages est tout
à fait différent. Ce n’est pas « ce monde ». Mon monde se situe
parmi ceux qui ont des convictions religieuses – les étudiants
en métaphysique, les occultistes et les mystiques. Quel que soit
l’aspect religieux particulier sous lequel ils poursuivent leur
quête d’une compréhension plus approfondie, ils ne suivent pas
aveuglément des cérémonies, des rites, rituels ou croyances ;
ce sont des individus qui cherchent individuellement, avec pro-
fondeur et sérieux, des principes spécifiques de vie capables de
leur révéler les harmonies éternelles, tout autant pour eux-
mêmes que pour la totalité du monde des hommes. Dans ces
cercles, des doutes peuvent s’élever ; des questions peuvent se
poser ; mais il n’y a jamais de crainte. C’est ici que nous trou-
vons la conviction qu’il existe une solution spirituelle aux pro-
blèmes du monde même si cette voie n’est pas encore assez
complètement démontrée pour dissoudre effectivement les
maux de l’humanité. Ici, la quête continue avec une vigueur
accrue ; l’espoir brille davantage ; la ferveur se fait plus pro-
fonde. Le fait que notre compréhension actuelle et notre niveau
de conscience soient suffisants pour combler les besoins immé-

98
LE BUT DE NOTRE QUÊTE

diats de ceux qui se trouvent dans la voie spirituelle est en


train d’être prouvé à travers le monde d’aujourd’hui. Une ques-
tion, cependant, demeure : sommes-nous prêts, nous les dis-
ciples spirituels des enseignements métaphysiques et mys-
tiques, comme l’étaient les prophètes hébreux d’autrefois, pour
repousser et dissoudre la puissance matérielle et le pouvoir
temporel, en révélant de ce fait le pouvoir de la Parole vivante?
Une pensée rigoureuse a prouvé à tous les chercheurs reli-
gieux authentiques que l’humanité est en butte à un seul et
unique problème : la puissance temporelle va-t-elle vaincre le
monde ? Tous ceux qui recherchent et trouvent la grâce de Dieu
savent, au fond de leurs cœurs, que la puissance spirituelle est
la réponse à tous les problèmes de santé, de ressources et de
paix. De sorte qu’une seule question demeure actuellement
sans réponse: puisque toute la puissance temporelle qui menace
le monde n’est que « le bras de chair » (II Chroniques 32 : 8)
n’existe-t-il point maintenant un principe ou un pouvoir qui
peut révéler, en le démontrant, le néant de la force, ou puis-
sance, matérielle ?
« Je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le
monde donne » ( Jean 14 : 27). Savez-vous qui a prononcé ces
paroles ? Croyez-vous que par la grâce de Dieu, Jésus de Naza-
reth a pu vous établir dans la paix de Dieu ? Croyez-vous cela
au temps passé – mais non au présent ? Vous rappelez-vous les
paroles : « Silence, calme-toi ! » (Marc 4 : 39). Peut-il exister une
tempête que cette Parole ne saurait calmer ? Vous souvenez-
vous de ce tendre appel : «Venez à moi! » (Matthieu 11: 28). Avez-
vous entendu Jésus dire à Pierre : « Remets ton épée à sa place ;
car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée » ? (Matthieu
26 : 52).
Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et
en qui je demeure porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne
pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté
dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments,
on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi et que mes
99
LETTRES DE 1983

paroles demeurent en vous, demande ce que vous voudrez, et cela


vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruits, c’est ainsi que
mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. ( Jean 15: 5-8).
Cela n’était-il vrai que dans le passé, ou bien le Christ est-
Il une vérité vivante, démontrable aujourd’hui et toujours
comme dans le passé ?
Comme à l’époque du Christ Jésus, le monde d’aujourd’hui
se trouve confronté à un choix : d’une part, tout le pouvoir tem-
porel et la force matérielle de César; d’autre part, le « murmure
doux et léger » (I Rois 19 : 12) qui nous appelle : « Venez à moi »
(Matthieu 11 : 28) et soyez sauvés ; d’un côté l’épée, et de l’autre,
l’armure de l’Esprit. Le « Choisissez ! » résonne dans tous les
pays. Ferez-vous confiance à la puissance matérielle ou à la
Présence spirituelle? Allons-nous aller à la rencontre de Goliath
avec un bélier de combat – ou avec un caillou ? Nous sommes à
l’heure de la décision : « Choisissez ! ». D’une part, c’est l’hysté-
rie des masses en proie à la peur ; d’autre part, c’est la tran-
quillité et la paix intérieures, dans la certitude que « Je ne
t’abandonnerai point (Hébreux 13 : 5)… Je suis avec vous tous les
jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28 : 20). Goliath lance
le défi. Y a-t-il un David ?

100
N° 42 – Juin

LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

L es étudiants de la Voie Infinie demandent souvent s’il


existe une prière, un traitement ou un travail de protection
spécifique qu’ils devraient s’engager à faire chaque jour. S’ils
veulent bien se rappeler que rien ne se produit hormis ce qui
découle de l’activité de la conscience, ils comprendront l’im-
portance d’une pratique spécifique quotidienne qu’on peut dési-
gner par : « connaître la vérité ». Tant que les étudiants ne
connaîtront pas consciemment la vérité, c’est-à-dire la lettre
de vérité correcte, ils ne pourront jamais parvenir à l’esprit,
ou conscience de vérité.
La Voie Infinie est un principe absolu ; mais la Voie Infinie
ne ferme pas les yeux sur les discordes et les erreurs de ce
monde. Elle regarde sans crainte l’erreur en face et réalise
qu’elle provient de son père le diable – l’hypnotisme, l’illusion,
le néant. L’un des points les plus importants de tout notre tra-
vail consiste à comprendre la nature de l’erreur – non pas cher-
cher à découvrir quelque cause physique, émotionnelle ou men-
tale à une maladie, mais à connaître la nature de l’erreur,
c’est-à-dire à comprendre ce qui se cache derrière l’erreur.
Ne croyez pas un seul instant que vous puissiez parvenir à
un état vous permettant d’ignorer l’erreur. Vous devez appren-
dre à faire face à la situation à laquelle vous êtes confrontés
et, ce faisant, réaliser la nature non seulement de l’erreur spé-
cifique dont vous vous occupez, mais de toute erreur, ce qui

101
LETTRES DE 1983

n’est ni plus ni moins que cette ancienne connaissance de


l’arbre du bien et du mal. Pour la personne douée de perception
spirituelle, le bien et le mal n’existent pas en tant que pouvoirs
dans le monde – que ce soit dans les hommes ou dans les condi-
tions. Commencez à vous asseoir tranquillement chaque jour,
jusqu’à ce que vous deveniez capables de réaliser qu’il n’y a
maintenant plus aucune condamnation relative à quoi que ce
soit en ce monde. Par cette méthode de méditation, de réflexion
et de contemplation, vous finirez par voir que Dieu est tout, et
cela ne sera plus une affirmation gratuite, ce sera une réali-
sation : « Vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous affranchira »
( Jean 8 : 32).
Que vous soyez aux prises avec le péché, la maladie, la pau-
vreté, la pénurie ou la limitation, ou qu’il s’agisse d’un ennemi
surpuissant, dans n’importe quel cas, vous devez apprendre
que la nature de l’erreur est néant : c’est « le bras de chair » (II
Chroniques 32 : 8), c’est une apparence ; c’est la tentation – ou
toute autre appellation qu’il vous plaît de lui donner – mais ce
n’est pas un pouvoir et cela n’est soutenu par aucune loi. Cela
est sans cause. Ce que les Écritures nomment mal, diable ou
Satan est l’esprit de l’homme non-éclairé apparaissant en tant
que mentalités, formes, concepts et opinions : tout cela consti-
tue le monde mental – le monde des créations humaines. De
l’esprit non-illuminé de l’homme proviennent les images chan-
geantes du monde – philosophies, traditions, religions, orga-
nisations sociales et théories gouvernementales.

Le mental est un instrument

Il n’y a rien de trop bon pour vous ou pour moi en ce monde


si nous nous tournons vers le Père au-dedans de nous en lui
laissant Sa libre expression. Vous n’avez pas à créer votre bien.
Vous avez seulement à en prendre conscience. Que votre men-
tal soit illuminé par la vérité et devienne ainsi l’instrument
qui prend conscience que l’infinité divine s’écoule à travers

102
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

votre propre conscience individuelle. N’essayez pas de mani-


puler la scène humaine. N’essayez pas de manipuler Dieu par
la prière pour Lui faire produire en votre faveur ce que vous
avez décidé et voulu vous-même, alors qu’en même temps vous
déclarez que l’esprit de Dieu est omniscient et que l’amour
divin connaît vos besoins. Si vous avez un Dieu d’amour,
demeurez dans cette réalisation et laissez s’écouler l’amour. Si
votre Dieu est intelligence infinie, faites-Lui confiance et accep-
tez en premier lieu qu’il connaît vos besoins et ensuite qu’Il a
le pouvoir de les satisfaire.
L’Esprit qui était en Jésus-Christ est le vôtre et le mien
dans la mesure où il est illuminé par une connaissance de la
vérité. Chacun de nous possède l’Esprit qui était en Jésus-
Christ, mais aucun de nous n’en a atteint jusqu’à présent une
profondeur de réalisation suffisante. Nous croyons avoir un
esprit personnel et nous sommes assujettis aux limitations qui
en résultent inévitablement puisque nous imaginons que notre
capacité est limitée par les circonstances de notre naissance.
Notre esprit, lorsqu’il est illuminé, est cet Esprit qui était en
Jésus-Christ, le même que celui de tous les sages et voyants, de
toutes les époques et jusque dans l’éternité. Reconnaissez que
l’esprit qui était en Jésus-Christ est le vôtre; et donc, au lieu de
penser à faire des plans personnellement, laissez la Sagesse
Divine devenir votre esprit et faire cela à votre place, en vous
faisant entendre Sa Voix, en S’exprimant Elle-même au-dedans
de vous et en vous parlant.
Le mental n’est pas une faculté créatrice : c’est la voie de la
prise de conscience; c’est un instrument qui nous est fourni pour
que nous puissions reconnaître ce qui est et en prendre connais-
sance. Le mental ne nous a pas été donné pour créer quelque
chose, mais comme un instrument grâce auquel nous pouvons
prendre conscience des merveilles et des gloires de cet univers.
Mon esprit ne peut créer une personne, mais par son intermé-
diaire je peux devenir conscient de sa présence. Grâce à mon
mental, je peux devenir conscient de la parole de Dieu lors-
qu’elle me traverse et vibre en moi ; je peux prendre conscience

103
LETTRES DE 1983

d’un message de Dieu et vous le transmettre, mais je ne peux


pas le créer. Mon esprit est ce même esprit qui était en Jésus-
Christ et qui ne pouvait rien faire de lui-même, mais était
capable de prendre conscience de ce que le Père intérieur lui
communiquait. Ceci vous aide-t-il à comprendre que la fonction
du mental est de faire prendre conscience de ce que Dieu a créé
au commencement – non pas demain, ni hier, non pas aujour-
d’hui, mais au commencement ? Au commencement, Dieu a créé
tout ce qui a jamais été fait et tout cela, depuis, attend que nous
en reconnaissions l’existence et que nous l’acceptions.

Réalisation quotidienne de la présence de Dieu

Notre travail quotidien, chaque matin, devrait certaine-


ment consister à réaliser la présence de Dieu, car rien de moins
qu’une réalisation consciente de la présence de Dieu ne sau-
rait constituer une préparation satisfaisante avant d’entre-
prendre les activités de la journée.
La réalisation de la Présence de Dieu est accomplissement :
Dieu réalisé est la loi d’harmonie qui régit notre être ; Dieu réa-
lisé est le succès de notre journée ; Dieu réalisé est le ciment
de nos relations humaines, l’amour qui nous unit lorsque nous
nous rencontrons sur la grand-route de la vie. Dieu réalisé –
c’est-à-dire la présence de Dieu effectivement ressentie – est
notre pain, notre nourriture, notre vin et notre eau :

« J’ai une nourriture que le monde ne connaît pas. » Cette nour-


riture, c’est une consciente réalisation de la présence de Dieu.
J’ai le pain de vie, la réalisation du Christ. « Je suis le vin » – la
source de l’inspiration.
Lorsque j’ouvre les yeux le matin, mon seul désir c’est bien Te
connaître, Toi dont la connaissance juste est vie éternelle. Je ne
recherche pas la vie éternelle ; je ne cherche que Toi, parce que
Tu es la vie éternelle. Par conséquent, j’ouvre les yeux pour te
connaître, pour faire l’expérience de Toi, pour me remplir de Toi

104
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

complètement – non pas pour me remplir de ressources, de com-


pagnons, d’un foyer ou d’une affaire prospère, mais pour me
remplir de Toi, seulement de Toi. Si je peux sentir Ta main dans
la mienne, que pourrais-je souhaiter d’autre pour m’accompa-
gner tout au long de la journée ?
Même si j’établis mon lit en enfer, c’est sans importance tant
que Dieu y est présent. Il n’existe qu’une seule chose qui serait
susceptible de me perturber – et elle me perturberait dans la
vallée de l’ombre de la mort ; elle me perturberait en enfer ou
au ciel ; elle me perturberait où que je sois – et ce serait que le
Père qui est au-dedans de moi disparaisse de ma connaissance
et perception conscientes. Je ne puis aller seul ; je ne peux rien
faire seul. C’est l’Esprit de Dieu en moi qui accomplit toute acti-
vité.

La nature de notre travail quotidien consiste à nous amener


en ce point où nous sommes consciemment éveillés à la pré-
sence de Dieu. Au commencement, ceux d’entre vous qui débu-
tent dans ce travail pourront s’apercevoir qu’ils ne peuvent
parvenir à cet état de conscience éveillée avant de se rendre à
leurs affaires ou d’entreprendre leurs tâches domestiques. En
conséquence, il leur faudra tirer parti de toutes les occasions
qui s’offriront, de jour et de nuit, pour revenir au silence et à
l’introspection, ou à ce que nous appelons la méditation contem-
plative jusqu’à ce que se produise ce fameux « déclic ». Lorsque
vous maîtrisez l’art de méditer et pouvez ressentir la présence
de Dieu, prenez alors la résolution de ne jamais quitter votre
maison le matin pour vaquer à vos affaires, ou vous consacrer
à vos tâches domestiques, ou à vos responsabilités familiales,
ou à quoi que ce soit d’autre avant d’avoir ressenti cet attou-
chement, avant d’avoir reçu consciemment cette assurance :
« Va de l’avant, Je suis avec toi ». Après cela, vous pouvez sor-
tir et faire tout ce que vous avez à faire et cela sera accompli
avec succès parce que le Je au-dedans de vous l’accomplira par
votre intermédiaire :

105
LETTRES DE 1983

Dieu est l’activité de toute ma journée : Dieu est l’activité de


mon travail ; par conséquent, c’est Dieu, la Sagesse Infinie, qui
définit le programme de ma journée… Tout mon bien s’écoule
du dedans vers le dehors. Le Royaume de Dieu, de la plénitude
ou de l’harmonie est au-dedans de moi ; et dans la mesure où
je le comprends, je peux multiplier les pains et les poissons pour
tous ceux qui ne sont pas encore conscients du fait qu’ils sont
en eux-mêmes aussi une loi de multiplication. Je réalise égale-
ment que, puisque Dieu est infini, mon être est infini, étant
donné que moi et le Père, nous sommes un. Par conséquent,
dans cette infinité de l’être, j’inclus tout le bien de Dieu, et en
raison même de cette infinité, il n’y a pas de place pour l’erreur,
le mal ou quoi que ce soit de négatif. Donc, il n’y a pas de lois
qui puissent agir sur moi.
Dieu est la loi qui régit mon être ; Dieu est le principe divin
de mon être ; par conséquent, cette loi est une loi qui s’applique
à tout mon univers. Rien en dehors de moi, que ce soit dans le
passé, le présent ou le futur, ne peut agir sur moi en tant que loi,
même pour le bien. Rien de ce qui existe dans le royaume des
effets ne peut agir sur moi ou sur mes affaires en tant que loi,
puisque Dieu est le seul législateur. Dieu, la Conscience divine
de mon être, l’Âme qui m’est propre, constitue la seule loi régis-
sant ma vie. Par conséquent, indifférent à ce que le monde
appelle la loi de cause à effet, la loi du Karma ; indifférent à ce
que le monde peut appeler la loi des étoiles et des planètes, je
ne considère rien de tout cela comme ayant force de loi sur mon
être, en bien comme en mal, car mon bien découle de l’infinité de
mon propre être, qui est Dieu…
Je sais que cette puissance d’amour qui est Dieu, est une loi
d’attraction ; par conséquent, elle peut seulement attirer à moi
ceux que je puis aimer et ceux qui peuvent m’aimer, ceux que je
puis servir et ceux qui peuvent me servir; puisqu’en Christ nous
sommes un. Parce que Dieu est une loi d’amour universelle, seul
l’amour s’exprime à travers chacun sur la terre. Par conséquent,
tous les hommes, tous les hommes à travers le monde, non seu-
lement à travers ce monde-ci, mais aussi à travers ce que nous

106
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

appelons l’autre monde, le monde de ceux qui ne sont pas encore


nés – tous ceux-là deviennent une loi d’amour et de vie pour
mon être.*

Si vous avez à vous présenter devant un juge, attendez


qu’on vous questionne et c’est Lui qui répondra à votre place.
Si vous avez un produit à vendre – quelle que soit la chose que
vous ayez à faire – vous ne vous ferez jamais de souci à son
sujet une fois que vous aurez ressenti la présence réelle et le
pouvoir véritable de Dieu. « Il accomplira la tâche qui m’est desti-
née » ( Job 23 : 14)… « L’Éternel rendra parfait ce qui me concerne »
(Psaumes 138 : 8)… n’utilisez pas ces citations en tant qu’affir-
mations à déclarer, car cela ne vous apportera rien.
Ne tombez pas dans l’habitude de répéter simplement des
paroles de vérité comme si, par elles-mêmes et en elles-mêmes,
elles pouvaient faire quelque chose pour vous. Elles n’accompli-
ront rien du tout vous concernant, excepté qu’elles vous hypno-
tiseront au point de vous faire croire que vous avez un Dieu-ser-
viteur à votre disposition avant d’avoir vraiment fait l’expérience
de Sa Présence. Si vous pouvez accepter les Écritures comme
vraies, toutefois, et si, durant les heures les plus matinales de
chaque journée, vous pouvez réaliser vraiment que la présence
de Dieu est avec vous et que tout est accompli par Dieu et par
Son intermédiaire, vous vous établirez dans une réalisation
consciente de la Présence de Dieu.
Il existe de nombreuses méthodes pour y parvenir. L’une
d’elles est d’utiliser des passages des Écritures ou d’ouvrages
métaphysiques ou spirituels. Choisissez quelque citation ins-
pirée et approfondissez-la au cours de votre méditation ; pen-
sez à sa signification interne, à son sens plus profond. Tandis
que vous contemplez la Réalité, graduellement votre esprit
s’apaise jusqu’à ce que toute pensée cesse presque ; alors, en un
clin d’œil, vous ressentez en vous cette activation de la vie, vous
avez cette respiration profonde. Vous sentez une Présence ou

* Extrait du livre de Joël S. Goldsmith : Le Maître parle.

107
LETTRES DE 1983

vous entendez la Parole vous dire : « Va de l’avant. Je suis avec


toi. Tout est bien. » C’est alors que votre journée sera sans
risques ; votre journée est sûre désormais, parce que n’importe
quoi qui vous sera demandé sera mené à bien par ce Lui – ou
Cela, par le Christ, la Présence et le Pouvoir au-dedans de vous.
Il n’existe pas de paroles au monde plus vraies que celles-
ci : « De moi-même, je ne puis rien faire ( Jean 5 : 30)… le Père en
moi, c’est Lui qui fait les œuvres » ( Jean 14 : 10)… ce n’est pas vous
qui combattrez… tenez-vous tranquille et vous verrez la délivrance
que l’Éternel vous accordera (II Chroniques 20 : 15-17). Si vous
deviez être appelés à déplacer des montagnes, ne vous souciez
pas de savoir si vous êtes capables ou non d’accomplir cet
exploit car, si vous avez établi en vous la réalisation du Christ,
si vous sentez la présence réelle et obtenez ce « déclic », vous
n’aurez pas à les déplacer. Vous vous rendrez sur place physi-
quement et observerez ce qui arrivera par votre intermédiaire
et en tant que vous.
Ceux qui ont le moindre degré de compréhension de la loi
spirituelle n’ont rien à craindre des armes humaines. « Toute
arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s’élèvera en
justice contre toi, tu la condamneras » (Isaïe 54 : 17), parce que Dieu
est votre vie et vous êtes chargés des affaires de votre Père
relatives à la vie éternelle. Aucune des armes de ce monde for-
gées contre vous ne pourra vous atteindre. Dieu ne vous quit-
tera jamais, pas plus qu’Il ne vous abandonnera.

Si tu traverses les eaux, je serai avec toi ; et les fleuves, ils ne te


submergeront point ; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas,
et la flamme ne t’embrasera pas.
Isaïe 43 : 2
Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards
inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je
te soutiens de ma droite triomphante.
Isaïe 41 : 10
Où tu iras, j’irai.
Ruth 1 : 16
108
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

En tant qu’étudiants de la Voie Infinie, nous répondons ins-


tantanément à tout appel qui nous est fait : si l’appel nous
invite à nous rendre au chevet d’un malade, nous ne deman-
dons pas quelle est la nature de sa maladie ; nous ne deman-
dons pas s’il s’agit d’une maladie infectieuse ou contagieuse,
s’il s’agit de quelque chose de grave ou seulement d’une affec-
tion bénigne. Nous y allons en plaçant toute notre confiance
dans l’Amour divin qui nous pousse à répondre à l’appel. Selon
le mode de vie spirituel, nous ne nous préoccupons plus de
notre protection personnelle, telle qu’on la comprend commu-
nément. Nous ne cherchons pas à préserver notre propre vie
parce que nous sommes parvenus à comprendre que nous
n’avons pas de vie qui nous soit propre : la seule vie que nous
ayons est la Vie universelle, unique, qui passe à travers nous
tous et nous imprègne.
Il n’y a jamais de séparation entre Dieu et la création de
Dieu. Dieu est la substance même, l’essence même, la vie et la
loi de toute création. Ce que nous appelons une création maté-
rielle n’est que notre sens matériel de la création – un produit
du mental. Dieu est le seul principe créateur de l’univers ; par
conséquent, ce que nous appelons matière et que, par le tru-
chement des cinq sens physiques, nous voyons, entendons, goû-
tons, touchons et sentons comme étant matière est, dans son
essence, esprit ; esprit au sujet duquel nous construisons un
concept matériel, ou une vision matérielle.

Êtes-vous dirigés par une Conscience de Vérité


ou par les croyances de ce monde ?

Le mesmérisme du monde tendrait à nous séparer de notre


état de connaissance et perception conscientes de la présence
de Dieu. La radio, les manchettes de journaux et les craintes
exprimées par nos voisins, toutes ces choses exercent sur nous
comme une sorte d’influence hypnotique invisible et, si nous
ne sommes pas vigilants, elles auront tendance à créer un sens

109
LETTRES DE 1983

de séparation entre nous et Dieu. À intervalles réguliers, par


conséquent, nous devons renouveler consciemment ce contact
avec le Père au-dedans de nous. La fréquence nécessaire pour
ce renouvellement dépendra de nous et de la nature de nos
expériences. Si nous sommes souvent aux prises avec des expé-
riences frustrantes ou perturbantes, même s’il s’agit d’inci-
dents apparemment mineurs, tel que rater notre autobus ou
égarer des objets, nous pouvons être sûrs que nous avons
besoin de contacts plus fréquents et plus approfondis avec
notre Source. Lorsque nous réalisons ce contact, l’harmonie
s’ensuit normalement et naturellement, et au lieu que l’auto-
bus vienne juste de partir, il arrive à l’instant précis où nous
atteignons la station.
Les gens sont dirigés par l’une de ces deux choses : soit par
l’activité de la vérité dans leur conscience, soit par l’influence
hypnotique des croyances de ce monde. Par exemple, s’il y a
une période de prospérité économique qui les enrichit, cela est
généralement dû à la croyance mondiale en la prospérité ; s’il
se produit une panique ou une dépression et qu’ils en subis-
sent les conséquences, c’est parce qu’ils ont accepté la croyance
de ce monde dont ils sont les victimes. Dans l’Esprit, il n’y a
pas de dépressions. La personne qui a réalisé son union cons-
ciente avec Dieu ne sait rien des périodes d’expansion écono-
mique ou de dépression. Elle constate que la manne tombe en
abondance jour après jour ; ses vêtements ne s’usent point ; elle
est renouvelée de jour en jour mentalement, corporellement et
spirituellement. Où qu’elles se trouvent et quelles que soient
les circonstances, tant qu’elle demeure dans la conscience de
Dieu, la plénitude de l’accomplissement sera son expérience.
Vous ne vous soucierez point de ce que le monde appelle
périodes favorables ou périodes défavorables, si vous êtes diri-
gés par l’activité de la vérité dans votre conscience. Mais si
vous n’êtes pas dirigés par l’activité de la vérité, c’est-à-dire si
vous êtes paresseux, si vous remettez les choses à plus tard, si
vous refusez d’entretenir la vérité consciemment, jour après
jour – plusieurs fois par jour – vous êtes soumis aux influences

110
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

de la croyance du monde et vous deviendrez la proie de n’im-


porte laquelle des millions de croyances de ce monde concer-
nant le péché, la maladie et la mort qui peuvent s’approcher
de votre demeure. Vous risquez de faire partie des onze mille
qui tombent à droite et à gauche, à moins que vous ne demeu-
riez consciemment dans la vérité. Si vous négligez l’occasion
de maintenir l’activité de la vérité dans votre conscience, vous
êtes sous l’influence de tout ce qui peut se présenter : vous vous
permettez d’être soumis aux croyances universelles. C’est en
acceptant ou en rejetant ces croyances universelles que vous
déterminez ce qui dirige votre vie.
Toute expérience que vous faites devrait se produire non
par accident, non en raison de causes extérieures à vous-
mêmes, mais par votre prise de conscience tangible et vivante
de la vérité. Cela exige une action de votre part. Ce n’est pas le
travail d’un homme paresseux, ni celui d’un homme indiffé-
rent : c’est un travail qui convient seulement à une personne
persévérante et déterminée. Sur une telle personne, les croyan-
ces du monde n’auront pas de prise ; c’est au contraire l’autorité
que Dieu lui a conférée qui influencera le monde. Nul ne peut
réaliser cela pour vous ; vous devez le faire vous-mêmes.
Si lorsque vous vous levez le matin, vous vous remplissez
de pensées humaines et faites des plans pour la journée, en cen-
trant votre attention sur les préparatifs humains concernant
votre journée – s’habiller, arriver à l’heure au bureau, faire des
achats, aller au marché – ne rendez personne responsable de
ce qui peut vous arriver parce que c’est vous, vous-même, qui
l’avez permis en ne rejetant pas le mesmérisme du monde. Il
est possible, pourtant, de rejeter les croyances du monde: vous
pouvez être un avec Dieu si, lorsque vous vous réveillez le
matin, vous prenez la direction de vos pensées en réalisant cela :

Dans ma vie, Dieu est l’unique influence. Cette demeure


dans laquelle j’habite est une maisonnée dirigée par Dieu. Dieu
est la loi régissant ma maison, ma famille, mon corps, mes
affaires. Dieu est la source de mes revenus. Ma manne tombe

111
LETTRES DE 1983

jour après jour, par la grâce de Dieu – non par la force ou la


puissance, non à la sueur de mon front, mais par la grâce de
Dieu.
Les croyances de ce monde ne sont que des croyances et, par
conséquent, elles n’ont pas force de loi : elles ne sont pas des
causes et ne peuvent avoir d’effets. Dieu est mon esprit – le seul
et unique esprit – et rien ne pénètre dans mon esprit: tout s’écoule
à partir de lui ; rien n’agit sur lui, mais c’est lui qui agit sur le
monde. Je ne suis pas un poste récepteur pour les pensées
humaines : je suis un poste récepteur et émetteur des pensées de
Dieu, des idées de Dieu et de la puissance de Dieu. Rien ne
s’écoule vers moi ; toute pensée et tout pouvoir sortent de moi.

Vous êtes un avec Dieu lorsque vous vous unissez cons-


ciemment à Dieu. Vous avez toujours été un avec Dieu – tou-
jours, en tout temps – mais pour être manifestée, cette unicité
doit se produire en tant qu’activité de votre conscience. Par
conséquent, il est important de vous rappeler chaque jour que
c’est seulement ce qui émane de Dieu, seulement ce qui pro-
vient de la Conscience divine de votre être qui est la puissance ;
et Cela seulement gouverne vos affaires, votre esprit, votre
corps, votre Âme, votre entreprise, votre maisonnée, vos ri-
chesses et votre santé : ce qu’on nomme croyance mortelle uni-
verselle n’a pas force de loi, qu’il s’agisse de quelque croyance
théologique telle qu’une espérance de vie limitée à soixante-
dix ans, ou la croyance que l’homme doit être puni pour ses
péchés, ou toute autre sorte de superstition théologique, de
dogmatisme médical, ou de croyance dans le caractère inévi-
table des fluctuations de la structure économique.

L’Inertie opposée à l’Éveil Conscient


et à une Conviction positive

Vous ne pouvez rester assis en répétant nonchalamment :


« Si c’est une bonne chose, elle se produira ». Ce serait donner

112
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

libre cours à la force d’inertie. Vous devez connaître cette


vérité : tout ce qui est de Dieu est loi. Et si ce n’est pas de Dieu,
c’est hors la loi; cela n’a ni pouvoir, ni cause, ni effet. Il ne s’agit
donc pas de rester assis dans l’attitude fataliste qui consiste à
dire : « Eh bien, je suis sûr que si cette chose m’est destinée,
elle me sera donnée ». Le facteur déterminant dans votre vie
est l’activité de la vérité dans votre conscience. Lorsqu’aucune
activité de vérité n’est à l’œuvre dans votre conscience, c’est la
croyance charnelle qui prend force de loi. En d’autres termes,
si votre attitude est ponctuée de « si – si – si », alors que la
croyance universelle en la grippe prévaut, il n’y a rien qui
puisse vous empêcher de succomber à cette croyance du monde,
parce que c’est cette croyance qui est à l’œuvre dans votre cons-
cience. Soyez vigilants envers vous-mêmes, jour après jour, et
réalisez ceci :

Je suis régi par la loi de Dieu – la loi de vérité – par l’acti-


vité de la vérité dans ma conscience. Tout pouvoir s’écoule vers
l’extérieur à partir de moi. Par conséquent, aucune de ces
croyances du monde ne s’approchera de ma demeure – qu’il
s’agisse de dogmes théologiques, médicaux ou économiques.
Rien de tout cela ne s’approchera de ma demeure parce que j’ai
la vie, le mouvement et l’être en Dieu. Je suis un homme (ou
une femme) dont l’être est en Christ. Je suis nourri par le
Christ : j’ai une nourriture spirituelle, un vin spirituel, une eau
spirituelle, un pain spirituel, une résurrection en esprit, ainsi
qu’une vie, une vérité et un amour spirituels. Ce sont eux qui
me nourrissent, m’entretiennent et me soutiennent.

Si vous n’acceptez pas la vérité aussi positivement qu’elle


est acceptée dans la déclaration précédente, alors vous n’avez
mis en œuvre en ce qui vous concerne que vos propres convic-
tions vacillantes et fluctuantes. Il existe une loi de Dieu. Elle
n’a jamais été en défaut. Vous pouvez l’avoir ignorée, mais elle
ne vous a pas fait défaut quand vous vous y êtes fidèlement
conformés. Soyez certains de ceci : il n’y a aucun doute possible

113
LETTRES DE 1983

au sujet de la vérité spirituelle ; il n’y a pas d’hésitation à avoir


à son propos et il n’est nul besoin de connaître les incertitudes
de la pensée dubitative en ce qui la concerne. C’est une acti-
vité définie et positive de la conscience : toute expérience qui
émane de Dieu au milieu de nous est loi et est pouvoir. Toute
expérience qui relève de l’une des croyances du monde doit être
reconnue comme néant : elle n’a ni pouvoir, ni cause, ni effet, ni
loi, ni permanence.
Si vous vous entraînez jusqu’à obtenir une ferme convic-
tion de ces deux points, vous vous retrouverez dirigés par Dieu;
mais si vous ne le faites pas, vous risquez de devenir le jouet du
moindre vent qui souffle dans le monde extérieur : lorsqu’il y
aura des bruits de guerre, vous réagirez à ces bruits ; lorsque
sévira la peur des bombardements, vous réagirez à cette peur ;
ou lorsqu’il y aura une menace de dépression, vous réagirez à
cette menace. Mais si vous vous êtes identifiés au Christ, si
vous êtes cet homme qui a son être en Christ, qui reçoit tout
son bien en Christ, et non des conditions et circonstances exté-
rieures, alors, si le monde veut lui-même se faire exploser, vous
ne pourrez peut-être pas l’en empêcher, mais du moins serez-
vous parmi les survivants par lesquels une nouvelle ère sera
fondée. Il est probable que vous ne pouvez empêcher une
dépression dans le monde, mais cela ne signifie pas que votre
propre vie reflétera une économie du type dépressif.
Connaissez cette vérité : afin d’être gouvernés par Dieu,
Vous devez être gouvernés par l’activité de la vérité dans votre
conscience ; autrement, vous êtes sous l’emprise de n’importe
quel caprice, de n’importe quel vent qui souffle, et de n’importe
quelle théorie ou croyance. Maintenez la vérité de l’être et per-
mettez à l’activité de la vérité dans votre conscience d’être la
seule loi gouvernant votre esprit, votre corps, votre être, votre
foyer, votre entreprise et toutes vos affaires.
Au début, il se peut que plusieurs fois par jour, des événe-
ments se produisent qui vous perturberont. Vous serez facile-
ment déséquilibrés sur le plan spirituel, vous vous demanderez
ce que telle chose va pouvoir vous faire, quel effet cela va avoir

114
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

sur vous, ou comment vous allez venir à bout de telle autre


chose. C’est le moment d’interrompre votre activité quelle
qu’elle soit pour une seconde, quand ce ne serait que le temps
d’un clignement d’yeux, et de réaliser ceci :

Un instant ! Je ne vis pas seulement de pain ; je ne vis pas


selon le monde des effets ; par conséquent, le monde des effets
n’a pas d’action sur moi et ne peut rien me faire. La Cause qui
est en moi gouverne tous les effets. Je ne vis pas de l’activité
d’une personne, d’une chose ou d’une condition quelconque à
l’extérieur de moi. Je vis grâce au déploiement de la conscience
au-dedans de mon propre être.

Aussi souvent qu’il vous arrive, au cours d’une seule jour-


née, de vous trouver dans une situation embarrassante, reti-
rez-vous dans votre être intérieur et réalisez cette vérité qui
rétablira en vous la conscience de la vérité.
C’est vous-mêmes qui devez opérer votre transition de l’état
d’effet à celui de cause ; vous devez faire la transition de l’as-
sujettissement à toutes formes de croyances matérielles jus-
qu’au gouvernement divin. Tant que vous n’êtes pas prêts à
opérer consciemment cette transition, vous n’êtes pas encore
l’enfant de Dieu et vous ne pouvez plaire à Dieu ; vous n’êtes
pas régis par la loi de Dieu, la bienveillance de Dieu ou la pro-
tection de Ses bras éternels. Seul l’enfant de Dieu jouit de cette
protection. Et qui est l’enfant de Dieu ? Celui en qui l’Esprit de
Dieu demeure, celui en qui demeure la conscience de vérité.
N’oubliez jamais que ce passage des Écritures concernant celui
en qui « l’Esprit de Dieu demeure » (I Corinthiens 3 : 16) désigne
la personne en qui la conscience de vérité est active.
Vous vous rappelez l’expérience qu’ont fait les disciples en
mer, combien la tempête faisait rage et combien ils avaient
peur ; et comment Jésus leur dit : « C’est moi, n’ayez pas peur ! »
( Jean 6 : 20). Une autre fois, il se tint à l’avant de la barque et
dit : « Paix, sois tranquille. » Et qu’advint-il des vagues mena-
çantes ? Elles n’étaient plus là. Y a-t-il quoi que ce soit de

115
LETTRES DE 1983

menaçant en « Ma présence » ? De sorte que, lorsque les gens


demandent « comment Dieu peut-Il permettre des volcans des-
tructeurs, des inondations, des famines ou la sécheresse ? », la
réponse est que ces fléaux n’ont jamais été destructeurs en
« Ma présence. » Ils n’ont jamais été destructeurs pour qui-
conque était dans la présence du Christ.

Car il me protégera dans son tabernacle au jour du malheur, il


me cachera sous l’abri de sa tente ; il m’élèvera sur un rocher.
Psaume 27 : 5
Tu me feras connaître le sentier de la vie ; il y a d’abondantes joies
devant ta face ; des délices éternelles à ta droite.
Psaume 16 : 11

Compte-rendu de voyage

Après notre voyage en Australie, en Nouvelle Zélande et


aux Îles Fidji, nous avons passé trois semaines chez nous, à
Hawaï, avant de repartir pour le présent voyage qui nous
emmène à travers le continent américain, puis en Angleterre,
en Écosse et sur le continent européen. Notre première halte
au cours de ce demi-tour du monde a été San Diego, en Cali-
fornie, où j’ai eu la joyeuse surprise de parler pour une Église
de Science Religieuse. Oklahoma City a été l’étape suivante de
notre itinéraire. Dans cette ville, je me suis adressé à un
groupe d’étudiants de la Voie Infinie dans l’après-midi et, le
soir, à environ deux cents personnes, à l’occasion d’une réunion
publique. Il est, certes, satisfaisant de constater le développe-
ment de ces premières conférences de travail de la Voie Infi-
nie à Oklahoma. Le samedi après-midi qui a suivi, et au cours
de la soirée, des étudiants sont venus de certaines régions du
Michigan, de l’Ohio et de l’Illinois pour écouter deux causeries
à Tolède (Ohio) dans une Église d’Unité. Ceci s’est révélé une
autre expérience enrichissante pour l’âme.

116
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

Ensuite, ce fut Chicago, avec deux conférences publiques à


Curtis Hall, suivies d’une classe privée à l’Hôtel Congress,
ayant pour thème le mysticisme et la vie mystique. Dans la
semaine qui s’est écoulée entre la première classe privée de
1958, à Chicago, et la seconde classe, deux causeries ont été
faites à Indianapolis, sous les auspices de la librairie d’Unité et
deux autres à Louisville, dans l’Église d’Unité. Et maintenant,
ce 20 avril, nous sommes de retour à Chicago pour une seconde
classe, après laquelle nous irons à New York.
De plus en plus, les principes de guérison de la Voie Infinie
s’avèrent efficaces et, pendant mes voyages à travers le monde,
j’entends parler d’autres mouvements consacrés à l’idéal et à la
pratique de la guérison spirituelle qui font une application de
plus en plus fréquente des principes donnés dans nos écrits.
Considérant que ce sont des principes spirituels qui ont fait la
preuve de leur efficacité, ce n’est que justice qu’ils soient mis à
la disposition de personnes individuelles, de groupes et d’or-
ganisations consacrées à ce travail. S’il n’y avait par consé-
quent que cette seule raison, les activités de la Voie Infinie ne
sauraient donner lieu à une organisation ; elles ne pourront
jamais être mises à part des autres sous forme d’une institu-
tion particulière de quelque nature que ce soit. C’est seulement
dans une liberté parfaite et l’absence la plus complète d’orga-
nisation que les principes révélés dans nos écrits peuvent être
mis à la disposition de tous ceux qui souhaitent en faire usage
et, de cette manière, être reconnus comme des principes spiri-
tuels d’une nature tellement universelle qu’ils ne pourront
jamais être récupérés par un homme, un groupe, une corpora-
tion ou une institution, quels que soient son nom et sa nature.
Vous pouvez comprendre maintenant pourquoi et comment j’ai
été spirituellement guidé de façon juste depuis le commence-
ment pour protéger notre travail contre tout ce qui pourrait
donner l’impression que nous sommes une nouvelle confession,
secte ou organisation se prétendant habilitée à donner un mes-
sage personnel.

117
LETTRES DE 1983

Qu’il soit toujours bien entendu que le nom : la Voie Infinie,


n’est qu’un titre donné à un ensemble de principes de vie spi-
rituelle et d’enseignement spirituel, et que ces principes consti-
tuent une révélation directe de la Conscience Elle-même – pro-
venant du cœur de l’Éternel, ou de Dieu.
Le fait que la Voie Infinie est un enseignement concernant
le mode de vie mystique ou spirituel a été mis en lumière lors
de notre première classe de Chicago, en 1958, où le thème tout
entier de la première semaine de classe a été consacré à la vie
mystique. Les enregistrements de cette classe seront bientôt
écoutés dans chaque ville et dans chaque pays où des cassettes
de la Voie Infinie sont disponibles.
La signification des termes « mystique » (nom et adjectif) et
« mysticisme » n’est pas comprise, et c’est en raison de cette
incompréhension que le mysticisme est souvent considéré
comme quelque chose d’indésirable. L’une des principales
causes à cela est qu’un dictionnaire fort bien connu définit ces
mots en leur attribuant une nuance de mystère, d’obscurité et
parfois de maléfice. Le dictionnaire Webster, toutefois, donne
la définition que l’on peut estimer être correcte, d’après l’usage
communément fait de ces termes, aujourd’hui tout comme aux
siècles passés. Un enseignement mystique est n’importe quel
enseignement révélant la possibilité de recevoir des messages
directement de Dieu, ou encore de parvenir à l’union consciente
avec Dieu. Cette définition décrit de façon précise la Voie Infi-
nie qui enseigne que, par la méditation, il est possible d’at-
teindre le Royaume de Dieu au-dedans et là, de communier
avec Dieu et, finalement, d’entendre le murmure doux et léger.
En fait, tout l’objectif de l’enseignement de la Voie Infinie
revient à ramener les chercheurs de Dieu à l’enseignement ori-
ginal de Jésus-Christ et à celui des autres mystiques qui ont
toujours enseigné que, puisque le Royaume de Dieu est au-
dedans de vous et de moi, il est possible par la prière, la médi-
tation et la communion, de devenir consciemment éveillés à
cette Présence divine et de faire l’expérience de cette Présence
comme étant celle même du Christ ou Fils de Dieu au-dedans
de nous, vivant réellement notre vie pour nous.

118
LA SÉCURITÉ GRÂCE À LA RÉALISATION DE DIEU

Le but de la vie spirituelle ou mystique, c’est d’amener Dieu


dans notre expérience quotidienne et, de ce fait, de nous assu-
rer une existence vécue par la grâce de Dieu et non plus à la
sueur de notre front. C’est notre droit de naissance en tant
qu’enfants de Dieu de vivre comme des héritiers de Dieu, en
n’utilisant ni la force, ni la puissance, mais en recevant l’Esprit
de Dieu, et de comprendre que cette bataille pour la vie n’est
pas la nôtre, mais celle de Dieu, et que nous pouvons demeurer
tranquille et constater le salut – par l’expérience – de Dieu
dans nos affaires individuelles. À toutes les époques, cette
quête a été décrite comme celle du Saint-Graal, la quête de
Dieu, la quête de la Vérité, ou la quête de l’Ultime Réalité.

119
N° 43 – Juillet

LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

D ans la Voie Infinie, les étudiants apprennent à passer cons-


ciemment de la dépendance à l’égard du visible et du tangible
à une confiance totale et radicale envers l’Invisible, jusqu’à ce
qu’ils parviennent au point où ils vivent par et au moyen de
cet Invisible, grâce à ce dont les sens physiques ne peuvent
prendre connaissance. Si cette pratique est continue, cet Invi-
sible inconnu deviendra sans tarder tangible et évident sous
la forme d’une sensation, d’une prise de conscience, d’une pré-
sence, tout cela constituant l’apaisement du « Silence, tais-toi ! »
(Marc 4 : 39) à l’égard de toute crainte. C’est seulement en reti-
rant leur pouvoir aux choses visibles pour dépendre unique-
ment de l’Invisible Infini que la confiance peut supplanter la
peur.
La peur tient le monde dans ses griffes. La santé du monde
d’aujourd’hui semble reposer sur les fondements précaires de
la peur. La santé ne semble pas dépendre d’une compréhen-
sion de Dieu, mais de la peur. Le monde entier est assujetti à
la peur du cancer, des maladies cardiaques, des maladies infec-
tieuses et de la contagion. On nous conseille de faire examiner
notre cœur à intervalles réguliers, de faire radiographier nos
poumons périodiquement et de passer des tests pour déceler
la présence ou l’absence du cancer.
Vivre dans la peur est inévitable au sein d’un monde qui
s’efforce avant tout de préserver la santé, ou quelque forme

121
LETTRES DE 1983

particulière de richesse. Toute chose qui met en péril les moyens


d’existence d’une personne engendre la peur ; toute chose qui
met en danger le cœur, les poumons ou tout autre organe de
son corps fait naître la crainte ; toute chose qui contrecarre le
sens humain qu’une personne a de la vie éveille la peur. Cet
état de choses est inévitable aussi longtemps que ces formes
matérielles sont les dieux du monde humain. Si le but de la
vie est seulement de vivre dix ans de plus, ou de souffrit un
peu moins, ou si le but primordial de la vie est d’être assuré
d’un revenu hebdomadaire suffisant, alors tout ce qui est sus-
ceptible d’interférer avec la réalisation de ces buts, ou de la
rendre impossible, aura la peur pour résultat.
La peur est à la racine de la plupart des difficultés de ceux
qui recherchent de l’aide. Il y a très peu de gens qui se tour-
nent vers un enseignement spirituel dans le but de trouver
Dieu, seulement un très petit nombre. La grande majorité de
ceux qui abordent un travail comme le nôtre y viennent à cause
de leur désir d’avoir une meilleure santé, des ressources plus
abondantes, des relations humaines plus satisfaisantes ou
parce qu’ils recherchent la paix, la sécurité et la sûreté. Il est
aisé d’observer comment la peur se développe lorsque l’absence
de l’une de ces choses devient évidente dans la vie de quel-
qu’un.
Dans pratiquement chaque domaine de la vie, la peur est
l’influence prédominante. La plupart des gens du monde vivent
dans la peur : sûreté et sécurité semblent aujourd’hui appa-
remment fondées sur la capacité qu’a une nation de se faire
craindre par les autres et sur sa propre crainte à l’égard des
autres nations. La majorité des décisions qui ont été prises
dans le monde de la diplomatie ont été motivées par la peur.
Dans le domaine des relations entre capital et travailleurs, un
grand nombre des règlements qui ont été négociés sont fondés
plutôt sur la crainte que sur la justice et l’équité. Dans presque
tous les conflits graves, la solution a été dictée par la peur.
La peur est rampante. Ce monde est un monde rempli de
crainte. La réponse à cette peur qui saisit le monde réside-t-

122
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

elle dans la force matérielle ? La puissance matérielle est-elle


le remède aux craintes du monde ? La solution consiste-t-elle à
créer des bombes plus puissantes et plus destructrices, ou bien
les tensions mondiales peuvent-elles se résoudre autour d’une
table de conférence ? Une confiance et un espoir réels ont-ils
jamais résulté des nombreuses conférences qui ont eu lieu au
cours des vingt dernières années? Ont-elles proposé la moindre
solution aux problèmes du monde ? Un seul diplomate s’est-il
assis à une table de conférence avec un réel espoir de parve-
nir à un accord, même temporaire, sur les affaires du monde,
sans utiliser la crainte comme moyen de parvenir à ses fins? Le
climat de toutes les conférences n’est-il pas celui de la peur ?
Le remède ne consiste pas à faire usage de la force maté-
rielle. C’est seulement dans la mesure où cette force est retirée
au monde extérieur et reconnue comme une activité de notre
propre être intérieur que la peur sera dissipée et finalement
éliminée. Tant que les pensées de quelqu’un sont centrées sur
l’obtention de la santé, de ressources, de la sûreté ou de la sécu-
rité, ses chances de surmonter la crainte sont minces. La cause
de cette crainte doit être éliminée avant que la crainte elle-
même puisse être dissipée.
Si une personne redoute une affection cardiaque, on ne l’ai-
dera guère en lui disant de cesser de craindre pour son cœur,
ou pour sa vie, car le cœur est devenu pour elle le symbole de
la vie. Avant de pouvoir abandonner ses craintes concernant
son cœur, elle devra comprendre et être convaincue que le cœur
n’est pas la source de la vie. Parfois la peur est rapidement
surmontée par la réalisation que ce n’est pas le cœur qui donne
la vie, mais que c’est la vie qui anime le cœur ; c’est la vie qui
actionne le cœur.
De même, tant qu’une personne considère l’argent qu’elle
possède comme constituant ses ressources, il serait futile de
l’inviter à cesser de se faire du souci au sujet des dites res-
sources. Tout ce qu’elle peut faire, c’est regarder son compte
en banque dégarni et laisser sa crainte grandir de minute en
minute. Pour la libérer de sa peur, il faut lui expliquer claire-

123
LETTRES DE 1983

ment que l’argent ne constitue pas l’approvisionnement. La


peur est retirée de toute situation apparente de pénurie lors-
qu’on se rend compte que l’argent, comme le cœur, est un effet
et non une cause, et que les ressources réelles produisent en
suffisance tout l’argent qui peut être nécessaire en vue de n’im-
porte quel but.

Éliminer la peur

Les peurs de la race humaine doivent être surmontées en


parvenant à une certaine compréhension au-dedans de nous-
mêmes de ce qui constitue la vie. Par vie, entendons-nous sim-
plement la suppression du danger d’une bombe ? Par vie,
entendons-nous nous reposer sur le fait qu’à un certain âge,
nous bénéficierons de la sécurité sociale? Par vie, envisageons-
nous la marche normale de nos affaires, sans tenir compte de
ce qui se passe dans le monde ? Ou bien désignons-nous par vie
l’obtention d’un état de conscience dans lequel nous trouverons
notre libération des craintes qui constituent la plaie du monde?
La libération de la peur s’obtient en surmontant les condi-
tions qui l’ont produite. Dès qu’une personne cesse d’avoir peur
pour son cœur, elle commence à entrer dans une dimension
supérieure de la vie. Son attitude change complètement lors-
qu’elle prend conscience que sa vie ne dépend pas de son cœur.
Elle commence à vivre sans accorder une seule pensée à l’état
de son cœur, et c’est alors qu’elle découvre que le cœur est gou-
verné harmonieusement par la vie. De la même manière, qu’il
s’agisse d’une personne qui se trouve au plus bas niveau de
l’échelle des salaires, ou parmi les gens d’affaires les mieux nan-
tis, au moment où elle prend conscience que l’argent n’est pas
la source de la prospérité, mais qu’il existe quelque chose qui
garantit la prospérité, indépendamment des espèces sonnantes,
la vie commence à prendre une forme d’expression différente.
Il a été prouvé que le péché et la maladie pouvaient être
surmontés en retirant tout pouvoir à la forme extérieure pour

124
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

le placer dans l’Invisible Infini. Les œuvres de guérison témoi-


gnent d’elles-mêmes. Le respect de la méthode spirituelle pour
solutionner les problèmes de ce monde n’a fait que grandir à
travers le monde, à cause des guérisons qui ont été faites. Et
comment ces guérisons s’accomplissent-elles ? D’une seule et
unique manière: en retirant tout pouvoir au péché et à la mala-
die de ce monde. Ceci s’accomplit en acceptant de faire face au
péché ou à la maladie, en acceptant de les regarder, de les tou-
cher même, si c’est nécessaire, exactement comme le Maître
touchait les lépreux, et à prendre conscience que :

Tu n’as aucun pouvoir ; tu es un rien qui semble être quelque


chose, un rien qui prétend être quelque chose, mais en fait un
pur néant – un pur néant parce que le pouvoir vient de Dieu et
ne réside qu’en Lui : Dieu est le pouvoir et il n’y en a point
d’autre. Il n’existe pas deux pouvoirs : un pouvoir bénéfique et
un pouvoir maléfique ; des puissances favorables à la santé et
des puissances favorables à la maladie. Il n’y a qu’un seul et
unique pouvoir.

C’est pourquoi, lorsqu’une personne est confrontée à une


forme quelconque de maladie, elle peut s’asseoir tranquille-
ment et paisiblement, avec le sourire qui proclame plus effica-
cement que des mots :

Vous là-bas, qui prétendez être une puissance, vous qui êtes
tellement redoutés des hommes qu’ils cherchent partout les
armes les plus puissantes qu’on puisse trouver pour vous détruire,
vous n’êtes pas une puissance et je peux sourire de vous, parce
qu’il n’y a pas de « vous ». Il y a un effet d’une certaine espèce,
mais qui ne recèle en lui aucun pouvoir. Le pouvoir est « Je », le
pouvoir au-dedans de moi. La grâce de Dieu me suffit : je n’ai
pas besoin des armes du monde ; je n’ai besoin que de l’armure
spirituelle, non pas de l’armure matérielle. J’ai besoin de l’épée
de l’Esprit et non du bistouri du chirurgien. La prise de cons-
cience de Ta paix me suffit dans toutes les formes de tempête.

125
LETTRES DE 1983

J’avais eu l’occasion de travailler avec quatre organisations


différentes impliquées dans des dissensions entre capital et
main d’œuvre. Dans chaque cas, je fus appelé au moment où le
désaccord était à son comble, et depuis ce moment-là jusqu’à ce
jour, il n’y a jamais eu de nouvelles grèves dans ces organisa-
tions ni de règlements des conflits obtenus autrement que par
des moyens pacifiques. Aucune de ces quatre organisations n’a
utilisé des armes ou menaces humaines d’un genre quelconque.
Il leur a été insufflé uniquement un esprit d’amour et un esprit
de confiance – non pas de confiance mutuelle, mais de confiance
dans l’Omniprésence – c’est-à-dire une conviction qu’il n’existe
aucun pouvoir dans la haine, l’avidité ou l’ambition démesu-
rée, mais que toute puissance est en Dieu et qu’il est vain de
compter sur l’homme dont le souffle est dans ses narines pour
obtenir justice, équité ou compassion, car ces qualités ne se
trouvent pas dans l’homme terrestre. Par la réalisation de Dieu
au milieu de nous – de cette Présence, de ce Pouvoir – l’avidité
ou l’ambition humaines deviennent sans effet.
Notre travail dans ce domaine ne saurait consister à attri-
buer des vertus aux capitalistes et des vices à la main d’œuvre,
ou vice-versa. Il n’y a pas de prise de position dans ce travail,
pas de manipulation mentale ; ce travail consiste à reconnaître
que l’ambition, la haine, la jalousie, l’envie et le combat ne sont
pas des qualités personnelles : elles ne sont pas la propriété
exclusive des gens éduqués ou des illettrés, des riches ou des
pauvres. Ces qualités sont le produit de l’esprit charnel qui
peut se manifester à travers un homme ou une femme appar-
tenant à n’importe quelle condition sociale.
En comprenant que de telles activités de l’esprit humain
ne sont pas un pouvoir, leur absence de pouvoir a été prouvée
dans ce domaine particulier, de la même manière qu’elle l’a été
dans les chambres des malades. Au cours des guérisons spiri-
tuelles pour lesquelles n’ont été utilisés ni remèdes physiques,
ni remèdes mentaux, je n’ai jamais constaté jusqu’à ce jour
qu’un praticien ait souffert d’une infection, de contagion, ou
d’aucune des affections de ses patients. Lorsque, grâce à une

126
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

pratique suffisante, vous parvenez à prendre conscience que


dans tout cet univers existe une seule et unique puissance et
que cette puissance est au-dedans de vous, vous pouvez consi-
dérer n’importe quelle condition et en sourire. Si vous avez
affaire à une pensée réceptive à votre travail, vous obtiendrez
une guérison rapide ; si votre patient n’est pas trop réceptif, la
guérison sera lente ; et si sa pensée est enracinée dans sa maté-
rialité, il se peut que vous n’obteniez pas de guérison du tout.
À ma connaissance, personne n’a obtenu un succès à 100 %
dans le travail de guérison. La Maître en a donné la raison
dans la parabole du semeur : il y a des sols fertiles d’où pro-
viennent de riches récoltes ; il y a des sols stériles, d’où l’on ne
retire que des bénéfices temporaires ; et finalement, il y a des
sols pierreux dans lesquels rien ne peut pousser. Ce que nous
sommes à un moment donné est le résultat de ce que nous
avons été. Dès l’instant, toutefois, où nous sommes portés vers
une recherche spirituelle, l’occasion nous est offerte de changer
le sol pierreux en sol stérile et le sol stérile en sol fertile, en
demeurant dans la Parole et en laissant la Parole demeurer
en nous, en demeurant dans la méditation et en acceptant de
consacrer des heures, des jours, des semaines et des mois à
étudier, à prier et à faire de bonnes actions, par la mise en pra-
tique de tout ce que nous lisons. Trop de métaphysiciens lisent
des ouvrages de spiritualité et s’imaginent que cette seule lec-
ture leur permettra de faire des démonstrations. De temps à
autre, la foudre tombera : l’exception peut se produire, mais
seulement pour confirmer la règle. La lecture est la partie la
moins importante de ce travail: Sa partie essentielle est la mise
en pratique des leçons individuelles.
La maladie et ce que le monde appelle le péché ont été gué-
ris bien des fois grâce à la réalisation de l’Unique Pouvoir :
autrement dit, en ne craignant pas et en ne haïssant pas le
pouvoir du péché ou de la maladie. La même prise de cons-
cience de ce pouvoir unique a souvent apporté l’harmonie dans
les relations entre capital et travailleurs et conduit à des modi-
fications des relations humaines. Quelle que soit la nature de

127
LETTRES DE 1983

la crainte, ou de la haine, il n’y a plus de pouvoir en elle lorsque


nous communiquons au monde notre sens de l’amour spirituel.
Il ne s’agit pas de nier la présence de la haine dans le monde.
Il ne s’agit pas de nier celle de la peur. Nous ne nions aucune
de ces choses : nous reconnaissons qu’elles n’ont pas le pouvoir
d’être quoi que ce soit, de manifester quoi que ce soit, ou de
faire quoi que ce soit, lorsque la réalisation d’un seul pouvoir
est achevée.

Nature impersonnelle et universelle de la peur

La maladie en elle-même et par elle-même n’a aucun pou-


voir. Il n’y a aucune raison de la redouter. Certes, dans une
certaine mesure, la peur de la maladie nous gouverne, mais
cette peur n’est point la vôtre ou la mienne. C’est une peur uni-
verselle à laquelle nous avons été soumis. La peur est un condi-
tionnement universel, fondé sur la croyance que nous avons
une vie séparée qui peut être détruite. Cette peur universelle
que nous captons par nos antennes mentales, c’est cela qui
nous trouble, et non la maladie. Notre peur de la maladie, de
la mauvaise condition, ou de ce qu’elle va déclencher en nous,
voilà le facteur effrayant.
Le seul moyen de vaincre le mal est de réaliser sa nature,
de savoir qu’une peur universelle manipule le monde, et même
votre monde personnel. C’est une peur universelle, et non votre
peur. N’essayez pas de guérir votre propre peur ; n’essayez pas
de guérir la peur de votre patient. S’il a besoin d’avoir peur,
encouragez-le à avoir encore un peu plus peur. C’est le moyen
le plus rapide de lui prouver que ces craintes sont sans pou-
voir. Par conséquent, ne vous tracassez pas au sujet des craintes
de votre patient, mais rappelez-vous que la peur est une acti-
vité relevant des croyances universelles. Comprenez que la
peur n’est qu’une croyance universelle, puis prenez conscience
qu’il ne saurait y avoir deux pouvoirs : il ne peut y avoir un
pouvoir en Dieu et un pouvoir dans la peur. Avec cette certi-

128
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

tude, laissez la peur tenter de faire son œuvre ; n’essayez pas


de l’éliminer ; n’essayez pas de vous élever au-dessus d’elle ;
n’essayez pas de la vaincre. Pourquoi le feriez-vous puisque,
en elle-même et par elle-même, elle n’est rien ; puisque le seul
pouvoir qu’elle ait est celui que vous lui conférez en acceptant
la croyance du monde à son sujet.
Il n’existe aucune condition susceptible d’être rencontrée
par vous, dans votre propre vie, ou dans celle de vos patients, de
votre famille, de vos amis ou de vos étudiants – aucune situa-
tion dans la vie – qui ne s’améliorera à la compréhension que
c’est la peur qui est à la base de tout le problème et que cette
peur est sans pouvoir. La peur est universelle : la peur de l’an-
nihilation; la peur de la maladie parce qu’elle conduit à la mort,
c’est-à-dire à l’extinction de notre vie ; la peur de la pénurie qui
risque de nous faire mourir de froid ou de faim. La peur saisit
le monde en tant que tentation universelle, mais la peur n’est
pas un pouvoir. À l’instant où vous prenez conscience de cela,
vous enlevez à la peur son aiguillon et la rendez inefficace et
inopérante ; vous avez alors établi vous-même, votre patient ou
votre étudiant dans la liberté de son identité spirituelle.

Faites face à la peur


et reconnaissez son impuissance

Il nous faut perdre toute peur d’un pouvoir extérieur, que ce


pouvoir extérieur soit placé dans des microbes ou des bombes,
dans des grèves ou des fermetures d’usines, dans la pauvreté
ou la richesse. Nous devons enlever à la peur tout pouvoir.
Si quelqu’un vous dit : « Vous êtes saisi par la peur et vous
devez la surmonter », vous êtes encore enfoncé davantage dans
l’abîme de la peur. Mais si quelqu’un vous dit : « Vous êtes sous
l’emprise de la peur, mais ce n’est que sottise parce que la peur
n’a aucun pouvoir, la peur n’étant pas plus une chose qu’elle
n’est une condition », alors cette peur vous est enlevée et dis-
paraît de votre vie.

129
LETTRES DE 1983

Que cette peur ait pour objet la maladie, la vieillesse, le


chagrin ou la solitude, qu’elle soit peur du calendrier, de la
pénurie, de la guerre, d’une dépression, d’un changement d’ad-
ministration, d’un changement de situation sur le plan hu-
main, ou simplement peur de l’inconnu, vous devez vous-même
finir par prendre conscience que : « Oui, j’admets que je redoute
le changement ; je redoute un changement dans mes finances ;
je redoute un changement dans ma santé ; je redoute un chan-
gement d’existence ; je redoute l’extinction de mon sens de la
vie ; je redoute la mort de mon corps. Mais en dépit des craintes
qui habitent le fond de mon être, je sais que la peur est sans
pouvoir ».
La peur est éliminée, non pas en déclarant que Dieu est
tout ou que Dieu est amour, mais en réalisant que Dieu seul est
l’unique pouvoir et que la peur, qu’elle soit individuelle ou col-
lective, n’est pas un pouvoir. Ne dites jamais à quelqu’un qui a
peur qu’il doit cesser d’avoir peur ; ne lui dites jamais qu’il n’y
a rien à craindre, car s’il pouvait l’accepter, il n’aurait pas peur.
Au lieu de cela, dans le silence de votre être intérieur, souriez
en réalisant que la nature de la peur est non-pouvoir – pur
néant.
Les minorités craignent les majorités, les majorités redou-
tent les minorités ; et pourtant, il n’y a réellement aucune base
à de telles craintes parce que minorités et majorités peuvent
apprendre à vivre ensemble en coopération. Il est inutile, tou-
tefois, de dire cela à quelqu’un qui craint d’être en minorité et
place sa confiance dans les nombres. Une minorité a toujours
redoutée d’être gouvernée par la majorité; et la majorité à son
tour s’est toujours sentie mal à l’aise d’avoir à ses côtés sa mino-
rité. Les minorités ont été réduites en esclavage parce que les
majorités avaient peur de voir leurs minorités devenir libres.
Depuis l’aube des temps, ce monde a été gouverné par la
peur. La peur a régi les émotions des hommes et aussi long-
temps qu’on attribuera un pouvoir à la peur, cet état de choses
se perpétuera. Mais ce n’est pas une nécessité. Vous et moi pou-
vons changer cela. L’étudiant de la sagesse spirituelle peut

130
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

débuter sur une petite échelle, soit dans son foyer, soit parmi
ceux qui viennent lui demander de l’aide. D’une manière ou
d’une autre, les craintes du nouvel étudiant doivent être éli-
minées avant qu’il soit prêt à chercher Dieu ou à fournir les
efforts nécessaires pour vivre la vie spirituelle. Quand une per-
sonne a besoin d’aide, ce besoin vient du fait qu’elle est remplie
de craintes. Si elle ne redoutait rien, elle ne rechercherait pas
d’aide. Il est possible que sa peur soit inconsciente, mais c’est
quand même de la peur. La peur n’est pas personnelle : c’est
un phénomène universel. Maintenant, à la minute présente,
reconnaissez que la peur, en elle-même et par elle-même, n’est
pas un pouvoir. Retirez à la peur son pouvoir et la réalisation
de votre unicité avec Dieu, par laquelle est reconnue la vérité
du non-pouvoir de la peur, se révélera être une majorité.
La plupart des gens qui étudient la métaphysique le font
par peur. Ils ont peur de la maladie ; ils ont peur de la pénurie;
ils redoutent le changement ; ou bien, ils appréhendent la soli-
tude. Le leur dire ne les aidera probablement en rien, mais
vous les aiderez en prenant conscience que la peur qui les
pousse vers la vérité n’est pas un pouvoir. La peur n’est rien
d’autre qu’un phénomène universel. Réalisez que ni la peur
individuelle, ni la peur collective ne sont un pouvoir : « Je suis
pouvoir. Le pouvoir est en moi – au-dedans de ma conscience et
de la vôtre. Le Royaume de Dieu est au-dedans de moi». Lorsque
vous cessez d’attribuer un pouvoir à la peur, toute sa puissance
s’effondre et vous avez libéré votre patient ou vous-même.
Votre patient vous dira qu’il se sent heureux ou en paix, mais
ce dont il ne se rend pas compte, c’est que la peur lui a été enle-
vée, c’est-à-dire le pouvoir que la peur avait sur lui.
La santé n’enlève pas la peur, parce que la crainte de tom-
ber malade ou de vieillir, ou la crainte de mourir ou d’avoir un
accident, demeure présente. Acquérir la prospérité ne sup-
prime pas la peur, car la crainte de perdre ses possessions est
toujours là. Accéder aux grands honneurs ne chasse pas la
peur, parce que la crainte d’en être à l’avenir dépouillé rôde
toujours. Une démonstration de santé, de prospérité ou de

131
LETTRES DE 1983

renommée n’établira pas, en elle-même et par elle-même, une


harmonie permanente. Tant que la destruction du pouvoir de
la peur n’accompagne pas la guérison, il sera toujours possible
que votre patient se trouve impliqué dans des complications
qui attireront sur lui sept fois plus de maux. La guérison seule
est insuffisante si le patient demeure avec sa peur. Tel est l’un
des mystères de notre travail.
De nombreux étudiants ne bénéficient que d’intervalles de
bonne santé entre des maladies. On ne peut appeler cela la
santé ; il ne s’agit pas là d’harmonie. Notre travail de guérison
est la preuve de ce que peut apporter la vie spirituelle. Notre
travail ne consiste pas à guérir simplement des malades et à
les rendre bien portants afin qu’ils puissent repartir et retom-
ber malades, ou s’adonner davantage à leurs faiblesses. Nos
classes, livres et enregistrements fournissent des occasions
d’illumination spirituelle, et quelle que soit la lumière que vous
obtiendrez, elle sera le fruit de vos années de consécrations
aux ouvrages spirituels, à la prière et à la méditation.
Lorsque vous vous engagez dans l’œuvre de guérison spiri-
tuelle, il est nécessaire non seulement de guérir les malades,
mais de vous assurer que votre étudiant ou votre patient étu-
die, de façon à apprendre la vraie signification de ce travail.
L’étudiant néophyte n’a pas encore développé suffisamment sa
conscience spirituelle pour se guérir lui-même ; c’est pourquoi
il recherche quelqu’un qui a consacré sa vie à Dieu – au déve-
loppement spirituel, au Christ – et grâce à son contact avec
cette conscience illuminée, le nouvel étudiant est bénéficiaire.
Mais cet étudiant, à son tour, doit s’en aller et faire de même.
Nous avons tous droit à l’aide d’un autre tout au long du che-
min, mais faisons au moins quelque effort pour obtenir l’illu-
mination spirituelle.
Notre œuvre de guérison constitue les « signes qui s’ensui-
vent ». Qui suivent quoi ? La Conscience spirituelle – le déve-
loppement et la culture de la Conscience spirituelle. Le but de
notre travail est l’union consciente avec Dieu. Le but de notre
travail est la capacité d’avoir la vie, le mouvement et l’être

132
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

dans la Conscience divine. Les guérisons sont les signes qui en


résultent.

Ils vous seront donnés de surcroît si vous cherchez d’abord


le Royaume de Dieu et Sa Justice. Aucun signe ne sera donné
par avance.

Qu’il soit bien clair que nous n’avons pas affaire à la peur de
quoi que ce soit, ou de qui que ce soit. Nous ne nous soucions
que du mot « peur » lui-même. Cette peur est une peur univer-
selle qui, en dernière analyse, s’avère être la peur de l’extinction
de soi. Telle est la peur fondamentale. À partir du moment pré-
sent, toutefois, nous devons accepter de tout notre cœur la
vérité selon laquelle la peur, en elle-même et par elle-même,
n’est pas un pouvoir. La peur est à la base de tous nos maux et
de tous nos problèmes, mais il n’en est ainsi que parce que nous
avons accepté la peur comme un pouvoir, ou parce que nous
avons crée en nous la peur de quelque chose ou de quelqu’un, à
qui nous avons attribué un pouvoir. Retirez le pouvoir, de cette
peur d’une condition ou d’une personne, et vous avez triomphé
du problème. Non seulement vous avez solutionné ce problème
particulier, mais grâce à cet exercice, vous avez spiritualisé
votre conscience au point que jamais plus vous ne pourrez avoir
aussi profondément peur – jamais plus vous ne ressentirez
aussi profondément la peur du péché, de la maladie, de la pénu-
rie ou de la limitation. Graduellement, vous constaterez que la
peur joue un rôle de plus en plus mineur dans votre vie. La peur
est désormais remplacée par la compréhension, et c’est à ce
moment-là que la grâce prend le relais.

Ne pas donner prise à la peur


et vivre par la grâce

Nos vies doivent être vécues par la grâce. Quoi que nous fas-
sions, il y a un pouvoir divin, le pouvoir de la grâce qui travaille

133
LETTRES DE 1983

au-dedans de nous et à travers nous à l’heureuse conclusion de


cette promesse. Le gouvernement repose sur Ses épaules. Nous
travaillons – nous faisons ce qui nous est donné à faire sur le
plan humain – mais c’est le pouvoir de la grâce qui opère à tra-
vers nous. Le pouvoir de la grâce nous nourrit et nous soutient
et bien que nous continuions à travailler, nous ne le faisons
plus pour gagner notre vie car désormais la peur n’est plus la
force motivante qui nous pousse à travailler. Nous ne tra-
vaillons plus pour survivre : nous travaillons parce que le tra-
vail est une activité de notre être – normale, naturelle et juste.
Un musicien ne cesse pas d’être un musicien simplement
parce qu’il ne lui est pas nécessaire de gagner sa vie avec sa
musique ; un artiste ne cesse pas d’être un artiste parce qu’il
est financièrement indépendant et n’est pas obligé de gagner sa
vie en exerçant son art. De la même façon, nous accomplissons
la tâche qui nous est donnée, même si elle ne nous est plus
indispensable en tant que moyen d’existence. Nous accomplis-
sons notre tâche parce qu’elle fait partie de notre être, mais
nos moyens d’existence nous parviennent désormais par la
grâce.
La grâce, cependant, ne peut opérer en nous ou à travers
nous tant que nous permettons à la peur du petit « je », ce petit
moi, de nous diriger, ou lorsque nous laissons la peur de perdre
les possessions de ce petit « je » bloquer l’action de la grâce.
Lorsque nous prenons conscience qu’un pouvoir de grâce est à
l’œuvre dans ce monde pour nous apporter notre bien, nous
commençons à perdre nos craintes. La grâce de Dieu nous suf-
fit en toutes choses : elle nous nourrit, nous habille et nous gué-
rit, nous maintient et nous soutient, mais il existe une res-
ponsabilité que nous devons assumer, et cette responsabilité
est de nous libérer de la peur.
La chose la plus difficile à admettre pour la plupart des gens
de ce monde, c’est qu’il existe un pouvoir de grâce dans cet uni-
vers qui les empêcherait à jamais d’avoir craintes et soucis.
Nous ne pouvons nous libérer de la peur que dans la mesure
où nous prenons conscience qu’il n’existe aucun pouvoir dans

134
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

l’univers extérieur. Tout pouvoir est au-dedans de nous-mêmes,


agissant sur cet univers. Rien, de l’extérieur, ne peut nous
souiller ou nous tromper – rien de l’extérieur – parce qu’il n’y a
aucun pouvoir en quoi que ce soit d’extérieur. La réalisation de
cette vérité nous libère et permet au pouvoir de la grâce d’entrer
en action.
Il existe un pouvoir de grâce qui nous guérira ; il existe un
pouvoir de grâce qui nous approvisionnera ; il existe un pou-
voir de grâce que nous pourrons faire entrer dans nos relations
personnelles, industrielles, nationales et internationales. Ce
pouvoir de la grâce est à l’œuvre lorsque la peur a été reconnue
comme étant dépourvue de pouvoir, ne recelant aucun pouvoir
et ne régnant jamais nulle part. Surmontez la peur en com-
prenant que ce qui est extérieur n’a pas de pouvoir, qu’il
s’agisse d’une personne, d’un lieu, d’une chose ou d’une cir-
constance. La présence du Christ bienveillant est suffisante
pour calmer les tempêtes de la vie. Vivez par l’Esprit ; tournez-
vous vers l’Esprit en toutes circonstances ; ne réagissez qu’à
l’Esprit. Laissez l’Esprit être votre loi, votre vie, votre activité
et votre être.
On nous a enseigné que, dès que la pénurie est remplacée
par l’abondance, il n’y a plus de peur ; dès que la maladie cède
le pas à la santé, il n’y a plus rien à craindre ; dès que le péché
est remplacé par la vertu, il n’y a plus rien à redouter. Le fait
est, toutefois, que c’est l’inverse qui est vrai : enlevez à la peur
son aiguillon, et pénurie et maladie disparaîtront. Il ne sau-
rait y avoir de point final à la peur en écartant simplement
quelque objet redouté car, à peine est-il éliminé qu’un autre
objet, causant une crainte encore plus grande, fait son appari-
tion. La peur doit être écartée d’abord, et c’est ensuite que dis-
paraît l’objet de la peur. Lorsque nous n’aurons plus peur, il
n’y aura plus de dictateurs à redouter, il n’y aura plus de sys-
tèmes économiques qui nous menacent tel un monstre géant :
l’amour régnera dans le monde, un amour spirituel fondé sur
le fait qu’il n’existe pas d’autre pouvoir.

135
LETTRES DE 1983

Compte-rendu de voyage

Un compte-rendu de voyage, dans la Voie Infinie, n’a pas


grand-chose à voir avec les paysages et les pays en tant que
tels, puisque le but de mes voyages est d’apporter le message
de la Voie Infinie à la conscience humaine, partout où il peut
trouver une pensée réceptive. C’est pourquoi le récit de nos
voyages concerne principalement des personnes – anciens et
nouveaux amis – et des expériences relatives au développe-
ment du message de la Voie Infinie ici, là, et partout. De ces
voyages et de ces expériences résultent des progrès spirituels
et ceux-ci appartiennent aussi à tous nos étudiants ; en consé-
quence, ils sont souvent relatés dans cette rubrique de la
Lettre.
Cependant, il arrive parfois que je ne puisse m’empêcher
de vous communiquer des expériences que j’ai faites avec des
gens ou à propos d’événements dans liens directs avec nos acti-
vités spirituelles : me trouvant en Hollande pendant deux
années de suite, j’ai éprouvé la joie et le contentement qu’ap-
porte la beauté de la saison des tulipes dans ce pays ; lors de
mon premier voyage à Johannesburg, en Afrique du Sud, où je
m’attendais presque à trouver la très sombre Afrique du
Dr Livingstone, j’ai fait la découverte d’une ville aussi moderne
qu’une cité de l’avenir, aussi colorée qu’Hawaï, et douée d’une
vitalité spirituelle inattendue ; il y a eu aussi ma première
vision des chutes de Victoria, alors que nous volions si bas au-
dessus d’elles au point qu’il semblait presque que nous allions
tomber dedans ! De tels paysages font s’exclamer : « Cela ne
peut être vrai, ce n’est pas réel ! » Mais vous vous rendez vite
compte que c’est réel et même plus grandiose que tout ce que
l’imagination pouvait concevoir.
En regardant d’avion la magnificence, la grandiose beauté
des Alpes, il est possible de mieux comprendre l’ampleur des
œuvres de Dieu. Assister à une audience du Pape dans la
Cathédrale Saint-Pierre de Rome, un spectacle fait de main

136
LA PEUR N’A AUCUN POUVOIR

d’homme comme seul un Cecil B. De Mille pourrait en conce-


voir, a constitué une autre expérience qui m’a ramené dans la
conscience, pour y puiser de nouvelles lumières sur les activi-
tés du mental humain.
Sur l’Île Maurice, dans l’Océan Indien, j’ai fait l’expérience
d’une solitude qu’il m’est quasi impossible de décrire – comme
si j’étais réellement la seule personne restée sur terre dans
cette île, loin des connaissances humaines. Par deux fois, me
tenant devant le grand château d’Édimbourg, en Écosse, j’ai
été témoin de la vision mystique de la transparence, à la fois
des bâtiments et de toute la nature.
Parmi les faits saillants de ces voyages, il y a mes visites à
d’autres personnes engagées sur le chemin spirituel. De sem-
blables expériences ne sont que l’expression extérieure de la
conscience et elles servent seulement à démontrer comment
elles peuvent être une joie pour tous ceux qui consacrent leur
cœur et leur âme, au moins dans une certaine mesure, à l’ob-
tention de la réalisation de Dieu. C’est seulement dans la
mesure où se développe le côté spirituel de notre nature que
nous sommes amenés en contact avec ceux qui se sont enga-
gés dans la même recherche spirituelle.
Lorsque je relis les nombreux comptes-rendus de voyages
des Lettres, je sens très nettement la vérité du thème des Notes
Métaphysiques : « Mon union consciente avec Dieu constitue
mon union avec tous les êtres et toutes les idées spirituels ». À
mesure que nous rencontrons des étudiants de la Voie Infinie,
d’abord dans une ville puis dans une autre, et souvent dans un
pays puis dans un autre, l’universalité de cette vérité se fait
jour.
Nous sommes maintenant à New York, après avoir achevé
notre travail à San Diego, Oklahoma City, Toledo, Indianapo-
lis et Chicago. Faisant suite à la classe sur le « mysticisme », à
Chicago, notre classe de New York a présenté un grand contraste:
ce fut une classe d’une nature entièrement différente, mais qui
a eu sur les étudiants un effet très profond. Pour compléter le
travail entrepris dans les récentes classes de Chicago et New

137
LETTRES DE 1983

York, une conférence et une classe auront lieu en octobre à


Seattle, dans l’état de Washington ; des conférences seront don-
nées à Victoria et Vancouver, au Canada ; et en novembre, six
conférences et une classe à New York.
Pendant la seconde semaine de la classe de Chicago, Myrtle
Dean Clark, président de la conférence des Présidents de Club
et Directeurs de Programme, m’a convié à être l’invité d’hon-
neur de la réunion de clôture de cette organisation au Fuller-
ton Hall de l’Institut d’Art, où j’ai eu le plaisir de parler à 400
représentantes des clubs de femmes de Chicago et des états
avoisinants. À New York, j’ai eu l’agréable privilège, qui est
sans précédent, de parler à ma propre Loge Maçonnique. Dieu
est la vie même de la Maçonnerie, de sorte que la Voie Infinie
et la Maçonnerie sont des sujets connexes. Une autre expé-
rience génératrice d’inspiration fut la causerie donnée au
Centre d’Unité, à New York, une soirée riche d’amitié et de
vérité. Et maintenant, nous allons nous envoler pour Londres
demain, 14 mai, pour d’autres classes et conférences.

138
N° 44 – Août

LA CONSCIENCE-PÈRE

T out manque d’harmonie dans notre existence humaine pro-


vient d’une incompréhension de notre véritable identité. Elle a
engendré un sens de séparation entre Dieu et nous, qui nous a
séparés ensuite de notre bien. C’est une situation comparable
à celle dans laquelle pourrait se trouver une personne qui pos-
séderait un compte en banque substantiel, mais en aurait
oublié l’existence et, de ce fait, se trouverait souffrir de pénu-
rie. Le simple souvenir de ce compte en banque éliminerait la
pénurie et restaurerait immédiatement la situation financière
de la personne en question.
D’une manière analogue, un enfant qui, pour une raison
quelconque, se trouve séparé de ses parents et laissé à lui-
même, sent la nécessité de se débrouiller seul et fournit en
conséquence des efforts plus ou moins grands pour se trouver
une place dans le monde, alors que la redécouverte de ses
parents et le retour dans son foyer le rétabliraient dans son
sens de la sécurité et de l’harmonie.
Telle est l’histoire de l’enfant prodigue. Le fils avait tout –
un père riche, un bon foyer et une situation bien établie dans
la vie. C’est alors que lui vint le désir d’être quelque chose par
lui-même, d’accomplir quelque chose de lui-même et par lui-
même. Très rapidement, il épuisa sa substance : les ressources
qui avaient été mises en réserve pour lui s’amenuisèrent parce
qu’elles n’étaient plus désormais renouvelées. Le fils n’avait

139
LETTRES DE 1983

plus de contact avec sa source – la maison de son père. Au bout


de sa route, il se rendit compte que même les serviteurs de son
père étaient beaucoup mieux lotis que lui et, lentement, il
reprit le chemin du retour vers la maison de son père. Mais
alors qu’il en était encore très loin, son père vint à sa rencontre
pour l’accueillir, le rétablir dans son foyer, dans sa condition
de fils et d’héritier. Et tout fut de nouveau en harmonie comme
auparavant.

La condition humaine est un état de séparation


d’avec le Père

C’est l’histoire de tous les êtres humains. Nous sommes


tous des prodigues. Qu’est-ce donc que la chute de l’homme,
sinon un sens de séparation d’avec Dieu ? C’est la descente hors
de la Conscience divine dans la croyance et l’acceptation qu’un
moi séparé de Dieu existe, tandis que le retour à la maison du
Père est le souvenir et la reconnaissance de notre moi comme
étant véritablement le Moi de Dieu. Il n’y a qu’un seul Moi et
ce Moi est Dieu, quoique vous-même, ou qui que ce soit d’autre,
puisse en penser et quelles que soient les fausses interpréta-
tions qu’on puisse en donner. Dieu est l’unique Moi. Et pour-
tant, dans notre condition humaine, nous entretenons un sens
du moi que nous désignons par de nombreux noms – Élisabeth,
Henri, Joël – et lorsque cela se produit, nous excluons Dieu ;
et dès lors, Élisabeth, Henri ou Joël commence à chercher par-
tout autour de lui ou d’elle quelque moyen de se perpétuer. La
crainte de l’extinction et la lutte pour survivre deviennent la
force motrice dans l’expérience humaine, avec pour thèmes
dominants et toujours renouvelés l’agressivité et la peur.
Et quel est l’effet de cette peur dans la vie humaine ? Il est
aisé d’en observer les effets dans le monde animal. Les ani-
maux, avec leur instinct très développé, ressentent la présence
ou l’absence de la peur. Lorsque vous vous approchez très près
d’un animal sans en avoir peur, l’animal instinctivement vous

140
LA CONSCIENCE-PÈRE

aime et se comporte en conséquence de manière amicale. Mais


si vous vous approchez de ce même animal en étant rempli de
terreur, l’animal peut non seulement rester sur la défensive,
mais devenir tellement agressif qu’il vous attaque. Pourquoi
cela ? Parce que votre sens du moi a fait lever chez l’animal un
autre sens du moi qui est de nature antagoniste. Par contre,
lorsqu’il y a absence de peur, l’unité et l’amour règnent; il s’éta-
blit un compagnonnage entre la personne et l’animal, et tout se
passe bien.
La même chose se produit généralement dans nos relations
les uns envers les autres. Lorsque nous arrivons dans un
groupe où n’existent pas de barrières mentales érigées pour
nous séparer les uns des autres, où personne dans cette rela-
tion ne cherche à tirer quoi que ce soit de qui que ce soit, où
personne ne cherche à gagner ou à obtenir quoi que ce soit, il
y a une unicité, une unité ; les egos en conflit n’existent plus ;
il n’y a plus qu’un Moi – un Moi qui partage et coopère, un Moi
joyeux. Mais laissez quelqu’un dans ce groupe entretenir l’idée
qu’il peut tirer parti de quelqu’un d’autre – obtenir, accomplir,
mendier, emprunter, voler – et presque imperceptiblement une
muraille défensive s’élèvera qui agira comme une barrière dont
résulteront des conflits.
C’est du sens de séparation que naît tout ce monde d’anta-
gonisme dans lequel chacun lutte pour protéger et perpétuer le
faux sens du moi qu’il a érigé en lui-même. Ne se rendant pas
compte que leur vraie nature est conscience – la conscience-
Dieu – les gens s’imaginent qu’ils ont besoin d’argent, de pro-
tection, de maisons ou de terres avec des clôtures tout autour.
Ils placent leur confiance dans les pièges de la vie matérielle et
construisent des clôtures pour protéger leurs possessions. Puis,
s’ils n’ont pas la quantité de biens que leur concept particulier
estime suffisante, ils s’efforcent de gagner cette quantité qu’ils
croient nécessaire à leur bonheur en essayant tout d’abord de
gagner suffisamment d’argent; mais s’ils s’aperçoivent que c’est
trop difficile, ils risquent de se laisser aller peu à peu à emprun-
ter, puis à mendier ; et quelques-uns finalement en arrivent à

141
LETTRES DE 1983

voler. Il serait impossible d’employer des moyens aussi peu


recommandables pour quelqu’un qui vit dans la réalisation que
Dieu, ou la conscience individuelle, incorpore et contient au-
dedans d’elle-même l’infinité de l’être. Aucun pouvoir ne serait
attribué aux choses – et il n’y aurait aucune recherche ni aucun
désir des choses – car, tandis que les choses apparaîtraient et
disparaîtraient, la réalisation demeurerait en permanence que
la Conscience Elle-même est le Père, le principe qui maintient
et soutient tout ce qui existe.
« Si du moins l’Esprit de Dieu habite en nous » (I Rom 8-9), il
s’ensuit alors que nous sommes les enfants de Dieu, que nous
sommes un avec le Père. Tout le message de la Voie Infinie tend
à élever l’individu jusqu’à un niveau de compréhension spiri-
tuelle dans lequel et par lequel son ancienne relation d’unité et
d’unicité avec la conscience-Père se trouve réétablie. C’est seu-
lement le Fils de Dieu, image et apparence spirituelles, qui est
maintenu dans le sein du Père. Pour que cette relation s’ac-
complisse et se manifeste, nous devons entreprendre le voyage
de retour du fils prodigue. Nous devons quitter la table du fes-
tin avec les porcs, laisser derrière nous toutes les pensées, les
personnes et les actions de ce monde des porcs et retourner au
Père en abandonnant mère, père, sœur et frère « par égard pour
Moi ». Il nous faut abandonner toutes nos anciennes concep-
tions de la vie – non seulement nos anciens concepts de péché,
mais aussi nos notions anciennes relatives à ce qui constitue le
bien.
Lorsque vous comprendrez correctement le sens ésotérique
de l’histoire du fils prodigue, vous posséderez le secret de la
vie. Au commencement, vous êtes la conscience-Père. Vous
n’êtes pas simplement un fils favorisé: au commencement, vous
ne faites qu’un avec le Père, avec la conscience-Père. Mais vous
vous êtes coupés de Lui pour faire de vous-même un fils séparé
et distinct du Père – non plus un fils dans le sens spirituel de
la filiation qui consiste à être une émanation ou un rejeton de
la conscience-Dieu, c’est-à-dire une individualisation de la cons-
cience-Dieu – mais cette sorte de fils qui est une entité séparée

142
LA CONSCIENCE-PÈRE

ayant oublié que Dieu, non seulement est le Père mais qu’Il
est également le Fils. Le fils dans son unicité avec le Père est
la conscience-Père, la Conscience infinie unique qui englobe
tout et incorpore tout.
Le fils n’a rien de moins que le tout, et il n’y a point de par-
tage de son héritage avec ses frères parce qu’il n’existe pas de
division en Dieu. Selon le sens spirituel de la vie, le fils ne peut
pas plus partager son divin héritage que je ne puis partager
ma compréhension avec vous. Quelle que soit la somme de
connaissance ou de compréhension que je vous communique,
il n’y a pas de diminution de cette compréhension ou de cette
connaissance en ce qui me concerne. En fait, tout enseignant,
quelle que soit sa discipline, vous dira que plus il enseigne plus
il apprend lui-même. C’est très souvent en enseignant un cer-
tain aspect particulier de son sujet qu’un instructeur s’aper-
çoit que des idées qui, jusque-là, n’avaient pas été entièrement
claires pour lui, se trouvent clarifiées alors qu’il enseigne.
L’acte même de communiquer la connaissance augmente sa
propre compréhension.

Retourner à la conscience-Père

Ainsi sommes-nous ramenés à notre prodigue. La croyance


en un partage de l’héritage avait suffi à le séparer du royaume.
Au commencement, ce fils qui devint ultérieurement le pro-
digue était originellement la conscience-Père ; mais descendit
de cette hauteur de conscience pour tomber dans la croyance
qu’il était un fils ne détenant qu’une part de la totalité de Dieu,
une part séparée. Partant d’une telle croyance, il était naturel
qu’il finisse avec rien du tout. Si dépenser ou donner consiste
à diviser, tout ce qu’il pouvait dépenser l’appauvrissait de plus
en plus, avec, pour point culminant, le festin composé d’éplu-
chures. Retourner à la maison du Père signifie retourner à la
conscience d’avoir et d’être en totale union avec le Père – d’être
cette conscience-Père. Il ne s’agit pas d’un fils séparé revenant

143
LETTRES DE 1983

vers un Père séparé et qui recevrait d’une autre source plus


élevée : il s’agit d’un retour à la réalisation de la conscience-
Père. Il s’agit d’un retour au niveau de conscience qui est celui
du Père, de la Totalité.
Nous élargissons notre concept du Tout en partageant avec
autrui, ce qui augmente notre avoir. Nous commençons à quit-
ter notre état humain de prodigue pour revenir à un certain
degré de réalisation de notre filiation spirituelle dès que nous
faisons les premiers pas de notre voyage sur le chemin spiri-
tuel. À mesure que nous progressons sur la Voie, nous nous
rapprochons de la maison du Père et nous finissons par l’at-
teindre, car elle n’est autre que la conscience-Père ou la cons-
cience de notre paternité. Dieu est la conscience de notre être
individuel et chacun d’entre nous est en possession pleine et
entière de la totalité de la conscience. Même, lorsque nous par-
tageons ce que nous avons, nous augmentons notre avoir.
Lorsque vous réalisez cela pour vous-même, vous le réalisez
aussi universellement, pour chaque individu, parce qu’il n’existe
qu’un seul Être. Par conséquent, lorsque des gens vous pré-
sentent des situations impliquant un manque – physique,
moral ou financier – vous entrez dans le sanctuaire intérieur
de votre propre être et prenez conscience que ces gens sont,
tout comme vous, un avec ce même Père. La conscience-Père
est un état d’être universel, et la reconnaissance vivante de
cette Conscience comme étant le Principe maintenant et sou-
tenant l’univers est vitale pour faire œuvre de guérison.
Par exemple, lorsque quelqu’un vous appelle pour l’aider à
trouver un emploi, votre réaction doit être que personne n’a
besoin d’emploi. Pourquoi ? Parce que Dieu seul est présent : il
n’y a personne d’autre. Dieu est l’unique Être ; et Dieu n’a pas
besoin d’emploi. Dieu est complet en Lui-même et, par consé-
quent, toute activité doit se manifester à partir du dedans.
Dieu, la conscience individuelle, contient incorporée au-dedans
de Lui-même la totalité de la Divinité manifestée. Il ne peut
avoir besoin d’emploi ; Il ne peut avoir un besoin quelconque, à
l’exception du besoin de réaliser Sa propre nature. Avec une

144
LA CONSCIENCE-PÈRE

telle compréhension, vous n’essaierez pas de recourir à quel-


que « travail mental » pour procurer un emploi à quelqu’un, ou
pour rendre la santé à un corps malade. Vous demeurerez au
centre de votre être, avec une pleine et complète réalisation de
la véritable identité de l’individu qui vous apparaît sous l’as-
pect d’un être humain.

Le Fils de Dieu est le Verbe fait chair

C’est seulement lorsque nous sommes victimes du sens de


séparation que nous avons peur pour nous-mêmes ou pour les
autres. Si je crois que Dieu constitue votre être, puis-je jamais
craindre pour votre être ? Si j’ai peur pour votre être, n’est-ce
pas parce que je ne crois pas que vous êtes un avec le Père ?
N’est-ce pas parce que j’ai oublié que vous êtes le Verbe fait
chair ? Si j’ai peur pour moi-même, n’est-ce pas parce que j’ai
accepté de croire que je suis moins que ce que Dieu crée, main-
tient et soutient? Il n’y a pas de honte à avoir pour ces moments
de crainte et de doute, mais chaque fois que nous sommes
assaillis par une crainte ou par un doute, reconnaissons qu’ils
ne peuvent nous atteindre qu’à cause de notre sens de sépara-
tion d’avec Dieu. C’est en cela que réside la cause de toute l’in-
sécurité du monde.
Mais lorsque vous acceptez le fait que Dieu constitue l’être
individuel, complet en Lui-même, maintenu et soutenu par
Lui-même, la peur peut-elle pénétrer dans votre conscience à
votre sujet ou à l’égard de ceux qui peuvent vous appeler à
l’aide ? Pourriez-vous jamais ressentir que vous n’avez pas
assez de compréhension ? Si vous savez que vous êtes le Verbe
de Dieu fait chair et que je suis le Verbe de Dieu fait chair, de
quelle autre compréhension pouvez-vous avoir besoin ? Nous
sommes créés en Nous-même, maintenus et soutenus en Nous-
même dans notre individualité infinie et la peur ne peut entrer
dans notre pensée en ce qui concerne notre personne ou notre
prochain. Réalisez que Dieu constitue l’être individuel ; vous

145
LETTRES DE 1983

êtes le Verbe fait chair ; votre patient est le Verbe fait chair –
qui Se maintient et Se soutient Lui-même.
Prenez conscience de cela pour toute identité individuelle –
humaine, animale, végétale ou minérale. Si vous êtes un pra-
ticien et craignez pour votre patient, c’est parce que vous avez
accepté un pouvoir séparé de l’Un, une loi en dehors de l’Un, et
dans ce cas précis une individualité séparée de l’Un. Si, toute-
fois, vous demeurez ferme dans votre foi et votre compréhen-
sion que Je suis le Verbe fait chair et qu’il n’existe rien en
dehors de cet unique Je, universellement et éternellement
manifesté en tant qu’être individuel, alors, vous n’aurez pas
peur. Désormais, lorsque quelqu’un se présente à vous en tant
que patient ou étudiant, il n’est pas plus un patient qu’un étu-
diant : Il est le Verbe fait chair, le bien-aimé du Père, « un » au
Père. Vous n’avez aucune responsabilité personnelle à son
endroit. Votre seule responsabilité est de réaliser ceci dans
votre conscience :

Je n’ai aucune crainte pour vous. Je contemple uniquement


le Père Se manifestant par la totalité de la vie – le Verbe fait
chair. Au commencement était le Verbe, la Conscience divine,
et tout ce qui existe émane et s’écoule de cette conscience-Père,
infinie et divine. Aucune forme créée ne possède de pouvoir : le
pouvoir demeure toujours dans la conscience qui l’a formée.
Dieu constitue l’être individuel – mon être est le vôtre. Ai-je
besoin de craindre pour vous, pour moi, ou pour quiconque ? Y
a-t-il une puissance quelconque au ciel ou sur la terre, ou en
enfer, qui puisse blesser le fils bien-aimé de Dieu ou lui faire
du tort ?
Non, Je suis un avec le Père ; Je suis le Verbe fait chair : Mon
corps est le Verbe fait chair ; mes affaires sont le Verbe de Dieu
fait chair ; mon activité spirituelle est le Verbe fait chair ; mes
amitiés sont le Verbe fait chair. Tout ce qui me concerne est le
Verbe fait chair ; et ce Verbe qui a rendu chair tout ceci le main-
tient et le soutient, de sorte que je n’ai aucune responsabilité
personnelle.

146
LA CONSCIENCE-PÈRE

Si vous adoptez cette attitude, dès que votre patient vient


à vous avec des histoires de péché, de maladie, de mort, de
pénurie, de limitation, de guerre ou de rumeurs de guerre, aus-
sitôt vous vient cette constatation : « Ah ! voici uniquement le
temple du Dieu vivant. Cette personne est le Verbe fait chair ».
C’est à partir de la Conscience divine infinie que vous êtes,
et qu’est aussi votre patient, que sont formés votre corps, votre
monde, votre soleil, votre lune et vos étoiles, les circonstances
et les chances et fruits de votre vie. Tout cela prend forme à
partir de la conscience que vous êtes. Renoncez maintenant à
l’état de prodigue, à la croyance en un moi individuel séparé,
qui gaspille sa substance ; revenez à l’instant même à la réali-
sation que Dieu constitue votre être et que cet être est une indi-
vidualité créée, maintenue et soutenue en-Soi, en tous temps,
de toute éternité et à l’infini. Alors, une voix se fera entendre
à votre oreille : « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce
que j’ai est à toi » (Luc 15 : 31).

DÉVOILEMENT DE LA CONSCIENCE
(Compte-rendu du livre de Joël S. Goldsmith
par Henry Th. Hamblin)

Il s’agit d’un ouvrage substantiel de 300 pages. Disons tout


de suite que ce n’est pas un livre pour débutants, mais qu’il
s’avérera être une nourriture solide pour ceux qui seront assez
forts pour l’accepter et suffisamment avancés pour le com-
prendre.
En bref, comme son titre l’indique, cet ouvrage traite du
dévoilement de notre conscience spirituelle. Le chapitre II est
consacré à la paix. C’est là un terrain familier pour nos lec-
teurs et étudiants, car nous avons soutenu pendant de nom-
breuses années que ce ne sont pas les traitements métaphy-
siques ou les affirmations mentales qui sont nécessaires, mais

147
LETTRES DE 1983

simplement de connaître la paix intérieure de Dieu. Les gens


écrivent pour demander quelque formule magique à utiliser
afin de guérir la maladie, résoudre le chômage, ou toute autre
forme d’inharmonie ; et certains d’entre eux sont, j’imagine,
déçus quand on leur dit qu’ils doivent se détendre, lâcher prise,
devenir parfaitement silencieux et trouver la paix intérieure
de Dieu, cette paix qui peut s’écouler à travers eux comme un
fleuve. Ils s’attendent parfois à quelque merveilleux « traite-
ment », ou à toute une argumentation verbale ; au lieu de cela,
je « prie simplement pour qu’ils puissent connaître la paix inté-
rieure de Dieu (cette paix dont jouit Dieu Lui-même), qu’ils
soient emportés par le fleuve de la paix divine et que la paix
divine s’écoule en eux comme un fleuve ». Je sais, naturelle-
ment, que rien d’autre n’est nécessaire hormis de connaître et
ressentir la paix de Dieu, car lorsque cela se produit, ces gens
prennent conscience qu’ils ont trouvé Dieu et que leur propre
aura a fusionné dans l’aura divine.
Chaque fois que Joël me rend visite, la première chose qu’il
demande est que nous fassions une méditation ensemble. Pas
une parole n’est prononcée par l’un ou l’autre ; nous devenons
simplement tranquilles et entrons dans la paix de Dieu, tandis
que cette paix de Dieu s’écoule à travers nous comme un fleuve.
Je ne laisse jamais la méditation durer longtemps, mais Joël
dit toujours qu’il se sent renouvelé. Bien entendu, ce n’est pas
quelque chose que nous faisons qui en est cause, mais simple-
ment la paix de Dieu qui descend sur nous et nous enveloppe.
Il y a de nombreuses années que la révélation m’a été don-
née que « traiter » en vue de certains résultats, ou prier pour
certaines choses était inutile – et constituait par conséquent
une perte de temps et d’énergie ; tout ce qui est nécessaire, en
fait, c’est de trouver la paix intérieure de Dieu. Dans le passé,
je m’étais battu avec le mal, heure après heure, et pendant des
nuits entières. Mais finalement j’ai remarqué que c’était uni-
quement lorsque j’entrais dans la paix de Dieu que le fardeau
était enlevé. Je pris alors conscience que je n’avais pas à lutter
avec l’ange toute la nuit comme le fit Jacob à Peniel, mais seu-

148
LA CONSCIENCE-PÈRE

lement à « actualiser » la paix de Dieu. Au lieu de lutter avec les


anges, ou les problèmes, je devins un spectateur. Je fus capable
de demeurer tranquille et de voir le salut du Seigneur.
C’est par conséquent avec un grand plaisir que j’ai lu ce qui
suit (Il est supposé ici que quelqu’un s’est présenté au lecteur
avec un problème.) :

« N’essayez pas d’améliorer une personne, ou sa santé. N’ac-


ceptez pas dans votre conscience la pensée qu’il existe ici une
personne en mauvaise santé. Asseyez-vous dans un état de
réceptivité, de détente, dans un état de silence, un état de paix.
Laissez cette paix imprégner tout votre être, et lorsque vous y
êtes parvenu, demeurez assis dans une attitude d’écoute et
observez la lumière dissiper les ténèbres ; observez l’intelligence
dissiper l’ignorance. Au lieu d’être vous-même le guérisseur, vous
êtes un témoin qui observe la guérison s’accomplir sous l’effet
de cet état de paix. Soyez un spectateur de l’activité du Christ,
ou de Dieu. Observez-Le à l’œuvre en nous et par notre intermé-
diaire. »

Parlant également de la paix, Joël dit, quelques pages plus


loin :

« Chacun de vous, à un moment ou à un autre, sera appelé à


venir en aide à quelqu’un. Certains d’entre vous seront appelés à
en secourir un grand nombre et nulle leçon ne saurait vous être
d’un plus grand profit que ce que je vais vous dire maintenant.
Commençant aujourd’hui, en ce moment précis, rappelez-vous
ceci : c’est votre conscience qui accomplit le travail en faveur de
votre famille, de vos affaires, de votre foyer et de votre corps. Ce
n’est pas quelque Dieu très éloigné. C’est votre propre cons-
cience individuelle lorsque celle-ci est imprégnée de silence et
de paix. Tout ce que vous avez à faire, et tout ce que vous serez
appelé à faire, c’est d’atteindre à ce sens de la paix.
« Ne vous demandez pas quelle grande vérité vous devriez
connaître. Il n’existe probablement pas de plus grandes vérités

149
LETTRES DE 1983

dans le monde que celles que vous connaissez déjà ; mais il existe
une chose que vous devez pratiquer et obtenir, et c’est cet état
de paix au-dedans de votre propre conscience, associé à la réa-
lisation que c’est votre propre conscience qui est le Christ gué-
risseur. Lorsque nous savons que nous avons « l’esprit qui était en
Jésus-Christ », nous savons alors que nous avons déjà cet esprit
qui constitue le Christ guérisseur ; nous avons déjà cet état de
paix qui provient de la prise de conscience que l’erreur n’est pas
un pouvoir – que l’erreur n’est pas une chose. En fait, l’erreur
n’est point. Vous n’avez pas à la combattre, à lutter avec elle ou
essayer de l’enchaîner ; vous n’avez pas à veillez toute la nuit pour
être sûr qu’elle ne triomphera pas de vous. Ce que vous devez
faire, c’est apprendre comment trouver votre paix. »

Les lecteurs ne doivent pas s’imaginer, parce qu’il s’agit


d’un gros ouvrage traitant d’un sujet très profond, qu’il exige
beaucoup d’efforts ou qu’il est d’une lecture difficile. En fait, il
est bien loin d’être ce genre d’ouvrage car il est fort agréable à
lire et en quelque endroit qu’on l’ouvre, il captive aussitôt l’at-
tention du lecteur.
L’auteur a reçu cette bénédiction qu’est le don extrêmement
rare de combiner la clarté avec la simplicité d’expression. Nous
favoriserons la vente et la diffusion de ce livre en le stockant
dans notre service librairie.
Au fil de nos voyages, les étudiants m’informent des diffé-
rentes manières dont s’est implantée la Voie Infinie en divers
lieux – pays, villes et villages, ici, là, un peu partout. Très sou-
vent, un voyageur apporte dans un groupe une brochure, un
livre, une Lettre mensuelle ou quelque autre message de la
Voie Infinie et par ce moyen sème la graine d’où naîtront les
activités de ce groupe particulier. Presque toujours, c’est le
voyageur qui est le pionnier et le semeur de graines.
Certains d’entre vous ignorent peut-être que les Îles Hawaï
furent à une certaine époque des volcans sous-marins qui sont
sortis de la mer pour former la plateforme qui, avec le temps,
est devenue les Îles Hawaï. À l’origine, aucune végétation ne

150
LA CONSCIENCE-PÈRE

poussait sur ces îles constituées de récifs de corail et de roches


volcaniques – ni arbres, ni fleurs, ni fruits. Il est probable que
des noix de coco flottant à la surface de l’océan ont dérivé
depuis les Mers du Sud jusqu’aux Îles Hawaï et que des graines
portées par le vent sur d’immenses distances ont été à l’origine
de la première végétation. Lorsque les Polynésiens sont venus
de Samoa, il y a de cela plusieurs siècles, ils ont très vraisem-
blablement apporté des fruits et des fleurs des îles situées
beaucoup plus au Sud. Une fois de plus, ce fut le voyageur qui
planta les graines. Ensuite vinrent les navires à voiles en pro-
venance d’Angleterre, d’Australie, de Nouvelle Zélande et, plus
tard, des Philippines, de Chine, du Japon et bien entendu
d’Amérique du Nord. Chaque voyageur a apporté avec lui son
don personnel sous la forme d’une espèce particulière de fleurs,
de noix, de fruits ou autre nourriture. Chaque voyageur a
planté ses semences particulières.
Là où le sol est fertile, la semence prend toujours racine,
qu’il s’agisse de celle d’une plante ou de celle d’une idée. Jésus
a semé la graine de Sa Parole en Terre Sainte et Paul l’a trans-
portée en Asie Mineure et dans le sud de l’Europe. D’autres
disciples l’ont portée dans d’autres directions. Chacun de ces
pionniers a planté des graines de vérité partout où il s’est
rendu, continuant ainsi la grande tradition qui a fait du voya-
geur un pionnier et un semeur de graines sur toute la surface
de la terre. Et pour ceux qui restent à la maison, il y a toujours
aussi de l’ouvrage afin de nourrir, entretenir et prendre soin
des graines ainsi plantées et de veiller à ce que ces graines ger-
ment en donnant des plantes solides et vigoureuses. Chacun
remplit sa mission telle qu’elle lui a été confiée.

Compte-rendu de voyage

Depuis notre arrivée en Angleterre, une série de confé-


rences et de classes ont eu lieu…

151
LETTRES DE 1983

Une demi-douzaine de mes Frères-Maçons de la Loge d’An-


gleterre de Leeds, dont je suis membre associé, se trouvaient à
Manchester pendant que nous y étions. La semaine suivante,
j’ai passé une soirée à Leeds avec la Loge, soirée au cours de
laquelle fut conduite une séance de passage de grades. C’est la
seule Loge connue autorisée à enseigner la Franc-Maçonnerie
ésotérique, qui est en quelque sorte assimilable à notre travail
d’interprétation spirituelle des Écritures dans la Voie Infinie.
Comprendre la Franc-Maçonnerie ésotérique, c’est comprendre
les principes qui sous-tendent les enseignements maçonniques
tout comme l’interprétation spirituelle des Écritures révèle les
principes d’un mode de vie spirituel.
Le travail de la Voie Infinie se diffuse si rapidement dans le
monde entier que partout où une classe-retraite a lieu, il y a en
général tellement de personnes nouvelles à cette approche qu’il
n’est pas possible d’obtenir les mêmes fruits que lorsque le
message est présenté à des étudiants bien enracinés dans la
Voie Infinie.
Cela me conduit à penser que notre travail pourrait être, à
l’avenir, divisé de façon à ce qu’il y ait une classe pour ceux qui
n’ont auparavant jamais pris part à une classe, et une autre
pour ceux qui non seulement ont déjà suivi de nombreuses
classes mais ont été aussi très sérieux et honnêtes dans leur
étude et leur consécration, relativement à ce message de la
Voie Infinie. De cette façon, je sens qu’un enseignement plus
approfondi de la Voie Infinie pourrait être dispensé plus aisé-
ment, pour ceux qui sont préparés à le recevoir.

152
N° 45 – Septembre

PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

L ’importance de la méditation ou de la prière commence à


être reconnue par les hommes et les femmes du monde entier.
Correctement comprise, la prière est le plus pratique des
modes de vie ; mais nous ne devons pas attendre de la prière
qu’elle nous apporte des choses ; nous ne devons pas compter
obtenir quelque chose, de ou par la prière – pas même le bon-
heur, la joie, la paix ou quoi que ce soit d’autre si recherché
par le monde.
La prière n’a qu’un seul but légitime, c’est celui d’atteindre
Dieu – de rencontrer Dieu face à face. En Sa présence est la
plénitude de la vie. Tant que nous ne prions pas pour obtenir
Sa présence, nous ne prions pas pour la plénitude de la vie :
nous prions seulement pour de menues parcelles de vie – pour
de petits morceaux de vie, des broutilles – mais lorsque nous
prions pour que la présence de Dieu nous remplisse, nous
imprègne, et pour qu’elle soit toujours avec nous, c’est alors
que nous prions pour être comblés sur tous les plans. La pre-
mière condition requise pour méditer ou pour prier est de
savoir pour quelle raison nous méditons et dans quel but nous
prions. Dieu Lui-même doit être le but et l’objet de notre exis-
tence ; après quoi, selon le Maître, toutes choses nous seront
données de surcroît.
Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous
boirez et ne soyez pas inquiets. Car toutes ces choses, ce sont les
153
LETTRES DE 1983

nations du monde qui les recherchent. Votre Père sait que vous en
avez besoin. Cherchez plutôt le royaume de Dieu et toutes ces choses
vous seront données de surcroît.
Ne crains point, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de
vous donner le royaume.
Luc 12 : 29-32
Comment le Père connaît-il nos besoins, si ce n’est en étant
Lui-même une intelligence infinie ? Comment Son bon plaisir
peut-il être de nous donner non seulement ce dont nous avons
besoin, mais aussi la totalité du royaume, si ce n’est parce qu’Il
est l’Amour Divin qui embrasse toutes choses ? Lorsque nous
connaissons Dieu en tant qu’amour et intelligence, nous ne
pouvons plus jamais Le prier en vue d’obtenir quoi que ce soit ;
jamais plus nous n’associerons Dieu à quelque chose dont nous
croyons avoir besoin; nous ne pourrons même jamais plus espé-
rer que Dieu fasse ceci, cela ou autre chose.
Le mot Dieu n’est pas facile à comprendre car, bien que ce
soit un mot très court, il semble qu’une éternité soit cependant
nécessaire pour le comprendre. Toutefois, l’importance de con-
naître Dieu est mise en lumière par le fait que l’Écriture nous
dit que Le bien connaître est vie éternelle. Rechercher des défi-
nitions de Dieu ou lire des livres à Son sujet ne nous ensei-
gnera pas à connaître Dieu. Ce sont là seulement les étapes
qui conduisent à l’expérience ; mais lorsque nous aurons fait
cette expérience, c’est alors que nous connaîtrons Dieu dans
une certaine mesure et bénéficierons de cette connaissance.
Une certaine connaissance de Dieu entraîne un concept
entièrement nouveau de la prière, bannissant pour toujours le
vieux type de prière qui repose sur la notion d’un Dieu avare de
ses biens, d’un Dieu insuffisamment sage pour pourvoir aux
besoins de son univers. Une compréhension correcte de Dieu
changerait de fond en comble notre attitude à l’égard de la vie.
Il n’y a rien à dire à l’Intelligence infinie ; il n’y a rien à deman-
der à l’amour divin dont le bon plaisir est de nous donner le
Royaume. Jamais plus nous ne voudrions demander, chercher,

154
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

frapper pour obtenir quoi que ce soit, mais, matin, midi et soir,
nous voudrions demander, chercher et frapper pour obtenir la
grâce de Dieu, la compréhension de Dieu, la conscience de la
présence divine, l’expérience de Dieu. En d’autres termes, tous
nos efforts tendraient à nous ouvrir nous-mêmes à l’Omnipré-
sence que Dieu est – à l’Omnipotence et à l’Omniscience. La
connaissance de la nature de Dieu révèle la nature de la vraie
prière. Nous ne cesserons point de prier, mais nos prières pren-
dront une autre forme. Nous éliminerons de nos prières tous
nos appels ; nous en éliminerons toutes tentatives d’informer
Dieu, de Le supplier, de L’implorer, de Le solliciter ou L’in-
fluencer. Désormais, il n’y aura plus aucune tentative d’at-
teindre Dieu dans un but quelconque.

La prière est une réceptivité silencieuse

Notre première réaction quant à ce nouveau mode de prière


est de nous sentir perdu : « Où en suis-je maintenant ? Si je ne
dois rien dire à Dieu, que dois-je faire ? Comment faut-il que
je prie ? » Et nous apprendrons bientôt que la véritable prière
ne consiste pas à parler à Dieu, mais à écouter Dieu, à entendre
Dieu. Cela renverse complètement le processus de la prière :
désormais, nous n’essayons plus de contacter Dieu par la pen-
sée ou par des paroles ; jamais plus nous n’envoyons une seule
pensée ou une seule parole en direction de Dieu. Notre atti-
tude est entièrement celle qui signifie : « Parle, Ô Éternel, ton ser-
viteur écoute » (I Samuel 3 : 9), « Révèle-toi » ; et c’est ainsi que
nous développons en nous un degré de réceptivité et l’attitude
d’écoute qui constitue la prière. Il ne s’écoule pas longtemps
avant que le flot venant de l’intérieur ne soit libéré. Même s’il
ne se manifeste pas dès le début sous forme de paroles ou de
visions, il nous touchera sous la forme d’un sentiment, le sen-
timent que nous avons réalisé le contact, ou encore le senti-
ment que Dieu a établi le contact avec nous, le sentiment que
Dieu a agi à travers nous, ou par une prise de conscience de la
présence et du pouvoir de Dieu.

155
LETTRES DE 1983

Il est de bonne pratique pour méditer de réfléchir sur quel-


que chose d’intangible, quelque chose qui ne se laisse pas défi-
nir par nous. Dans cette optique, le Christ est un thème excel-
lent, car personne ne peut Le décrire de façon précise. Nous
pouvons prendre le mot « Christ » et d’une manière très tendre,
très douce et paisible, méditer sur lui : « Le Christ – le Christ –
le Fils de Dieu en moi – le Fils de Dieu en moi est réellement
Moi ». Ou encore, nous pouvons méditer sur le mot « Je » jus-
qu’à ce que nous commencions à éprouver une tendresse et une
douceur.
Il est exact qu’il est bon également de choisir le mot Dieu
pour nous interroger lors de nos méditations. Personne ne peut
définir ce que le mot Dieu signifie; personne ne peut l’analyser;
personne ne peut en dresser un tableau; personne ne peut nous
donner une définition du dictionnaire qui nous fasse claire-
ment comprendre ce qu’est Dieu. Nul ne sait ce que Dieu est.
Nous ne pouvons jamais connaître Dieu avec le mental, mais
dans le sanctuaire de notre être, nous pouvons discerner la
nature de Dieu et la fonction de Dieu, ce qui est une tout autre
affaire. Toute contemplation ou méditation de la nature de
Dieu sera une prière, plus précisément la première phase de la
prière. Restez calmement sur certains des passages importants
des Écritures, qui vous aideront à saisir la nature de Dieu :

Comme un berger, il paîtra son troupeau. Il prendra les agneaux


dans ses bras et les portera dans son sein, et il conduira les brebis qui
allaitent. (Isaïe 40 : 11)
Dieu est amour. (I Jean 4 : 8)
… Et je deviens grand par ta bonté. (Psaume 18 : 36)
Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez,
ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez.
Considérez comment croissent les lis : ils ne travaillent, ni ne
filent; cependant, je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire,
n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
156
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui dans les champs et
qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison ne vous
vêtira-t-il pas, gens de peu de foi ?
… Votre Père sait que vous avez besoin de ces choses.
Luc 12, 22, 27, 28, 30
Quelle que soit la question qui nous préoccupe, Dieu en
connaît déjà la réponse. La divine Sagesse de cet univers
connaît tous les besoins. Le divin Amour de cet univers comble
tous les besoins et nous pouvons avoir connaissance de toute
réponse ou de tout message qui s’avère nécessaire.
Méditer de tels passages des Écritures constitue une contem-
plation de Dieu et des choses de Dieu ; c’est déjà prier, mais ce
n’est que la première phase de la prière. Lorsque nous avons
persévéré dans cet état de prière, en maintenant notre esprit
fixé sur Dieu, la sagesse nous dit alors : « Arrête-toi mainte-
nant et donne à Dieu une chance d’entrer en scène. » C’est le
moment pour l’esprit de devenir paisible et silencieux, dans
l’attente des paroles de Dieu – et de nous asseoir tranquille-
ment jusqu’à ce qu’un sentiment de paix descende sur nous,
jusqu’à ce que nous ressentions une libération intérieure, une
respiration profonde ou le message que nous attendions. Quelle
que soit la forme prise, nous reconnaîtrons le moment où nous
recevons une réponse et nous pourrons alors vaquer à nos
affaires. Nous avons prié – c’est cela la prière.
Graduellement, jour après jour, nous contractons l’habitude
de faire confiance à la sagesse de Dieu et à Ses directives :
« Merci, Père, je ne demande rien aujourd’hui. Je ne Vous dirai
rien. Je n’ai pas de conseil à Vous donner. » C’est comme si nous
disions : « Mon Dieu, je Vous donne entièrement carte blanche
aujourd’hui, parce que je crois réellement que Vous pouvez diri-
ger cet univers sans mon aide. » La persévérance dans cette
attitude conduit à ce moment de transition où, après avoir fait
un vide de nous-mêmes, nous sentons Dieu affluer en nous.
Nous avons créé un vide qui rend la chose possible – un vide de
nos désirs, un vide de nos directives adressées à Dieu, un vide

157
LETTRES DE 1983

de nos espoirs, de nos ambitions et de nos craintes ; et le flot


perpétuel de la grâce de Dieu remplit de Sa paix la totalité de
ce vide.
Nous devons connaître les principes auxquels nous nous
référons et nous les rappeler de façon consciente aussi souvent
que possible, afin qu’en leur temps ils deviennent l’esprit de
vérité, la conscience de vérité. Si nous acceptons ces principes,
même intellectuellement, et si nous sommes disposés à tra-
vailler dur en les utilisant pendant un certain temps, nous par-
viendrons à en avoir une prise de conscience spirituelle, à pou-
voir en faire la démonstration et, dans une certaine mesure, à
les vivre. Ils ne peuvent être démontrés que par vous et moi,
individuellement, lorsque nous les intégrons à nous-mêmes par
la prière et la méditation à un point tel qu’ils deviennent le
Consolateur et l’esprit de vérité, le Christ Lui-même.
Et qu’est-ce que le Christ sinon cela même qui nous advient
après avoir appris et démontré ces principes ? C’est la vie que
nous commençons à vivre lorsque nous n’avons plus de désirs
humains ou de craintes humaines, lorsque nous n’avons plus
un ego ayant besoin d’être glorifié, plus de moi qui recherche
une certaine compétence en se poussant en avant de manière
agressive, plus de moi constamment sur la défensive à cause
d’un profond sentiment d’infériorité. Au-dedans de nous fleu-
rira une conscience aiguë de notre véritable identité et de notre
héritage au titre de fils bien-aimé de Dieu. Tout ce dont nous
prenons connaissance de façon concrète et silencieuse au-
dedans de nous se révèle à l’extérieur, aux yeux du monde.
Quoi que nous entretenions secrètement en nous-même Dieu
nous le rendra au grand jour.
À mesure que nous réservons quotidiennement des périodes
consacrées à l’« écoute », nos affaires commencent à s’amélio-
rer peu à peu. Cette amélioration peut nous échapper dans
l’immédiat, mais lorsque nous regardons en arrière au bout
d’un an ou deux, nous sommes frappés par les changements
qui sont survenus dans notre vie et qui sont parfois de nature

158
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

radicale : « Comment toutes ces choses ont-elles pu m’arriver


cette année sans que j’en sois seulement conscient ? »

Une vie de communion intérieure


exige l’obéissance aux lois de la vie spirituelle

Beaucoup de gens s’imaginent que la grâce va venir à eux


si seulement ils restent assis suffisamment longtemps à l’at-
tendre et à l’espérer ; mais la grâce de Dieu fonctionne en per-
manence – vingt-quatre heures par jour – et si nous n’en fai-
sons pas l’expérience, ce n’est pas parce que Dieu nous refuse
Sa grâce : c’est parce que nous nous refusons à Elle. Si nous
étudions la bible, une bonne explication nous en est donnée en
termes clairs dans le premier Évangile :

Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te sou-


viennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton
offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ;
puis viens présenter ton offrande.
Matthieu 5 : 23, 24
Dieu ne nous refuse pas Sa grâce, mais si nous ne sommes
pas en paix avec notre frère, nous avons érigé une barrière au-
delà de laquelle la grâce ne peut pénétrer. Nous maintenons
une pensée de condamnation à l’égard de quelqu’un ou de quel-
que chose, et s’il ne s’agit pas d’une personne, c’est d’une race,
d’une nation ou d’une religion. La grâce de Dieu n’a pas cessé
de fonctionner. C’est nous qui ne lui permettons pas de s’exer-
cer, parce qu’il n’y a pas de place pour la grâce de Dieu dans
une conscience déjà remplie par des pensées de condamnation.
Tant que nous souhaitons voir une punition infligée à quel-
qu’un pour ses méfaits ; tant que nous pensons qu’il est juste
que quiconque soit puni ; tant que nous continuons à critiquer
ou à condamner qui que ce soit pour sa mauvaise conduite ;
tant que nous agissons ainsi, nous violons les lois de la vie spi-
rituelle que le Maître a enseignées.

159
LETTRES DE 1983

Je ne te condamne pas non plus. ( Jean 8 : 11)


Alors, Pierre s’approcha de lui et dit : Seigneur, combien de fois
pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce
jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais
jusqu’à soixante-dix fois sept fois. (Matthieu 18 : 21, 22)
Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricor-
dieux.
Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point
et vous ne serez point condamnés ; pardonnez et l’on vous pardon-
nera. (Luc 6 : 36, 37)
Dans la totalité du Nouveau Testament, il n’est rapporté
nulle part que le Maître ait dit à une personne malade : « Ce
sont vos péchés qui vous ont attiré cela, ou bien votre façon
erronée de penser, ou encore le fait de ne pas aller à l’église,
ou de ne pas appartenir à la bonne église, ou de fréquenter des
personnes qui appartiennent à cette église. » On ne trouve
aucune de ces choses dans les Évangiles. Dans les quatre Évan-
giles, nous apprenons que la bénédiction de Dieu tombe sur le
pécheur comme sur le saint. «Il fait lever son soleil sur les méchants
et sur les bons et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »
(Matthieu 5 : 45) Dieu fonctionne en tant qu’état d’être conti-
nuel. Si nous ne jouissons pas de la grâce de Dieu, cela n’a rien
à voir avec Lui ; c’est nous qui nous sommes coupés nous-
mêmes de cette grâce.
Dans la mesure où nous faisons des efforts pour nous puri-
fier de notre égocentrisme – égoïsme, critiques et condamna-
tion – dans cette mesure notre communion intérieure porte des
fruits. En outre, plus nous communions intérieurement, plus
nous sommes purifiés de nos traits de caractère négatifs, de
nos émotions et de nos sentiments humains.
La communion intérieure sert à nous purifier, mais un
léger effort conscient vers le contrôle de nos sentiments les plus
grossiers nous aide également à atteindre à cette communion
en profondeur.
Les résultats de la communion intérieure se manifestent
dans une activité extérieure d’harmonie et de paix, mais per-

160
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

sonne ne peut vivre dans cet état de communion intérieure s’il


viole les lois spirituelles telles qu’elles ont été révélées par le
Christ Jésus. Nul ne peut s’attendre à vivre une vie intérieure
de communion, avec les signes qui s’ensuivent si, en même
temps, il hait son prochain, entretient des préjugés ou des prin-
cipes de bigoterie, se complaît dans l’avarice, ou refuse d’ac-
corder son pardon, sa compréhension ou son aide. La commu-
nion dans de pareilles circonstances est une impossibilité.

Établir une perception vivante et consciente


de la Présence

Dès les premières heures de la matinée, avant que com-


mencent les activités de la journée, nous devons nous assurer
que nous sommes établis dans la grâce de Dieu et que nous
sommes dans le rythme de la Conscience divine. C’est pour-
quoi nous cherchons dans ce but un endroit calme et commen-
çons notre journée par la prière. Il est possible que la première
chose qui nous vienne à l’esprit soit la suivante :

Dieu est plus près de moi que mon souffle, plus proche que
mes pieds et mes mains, de sorte que je n’ai pas à amener Dieu
vers moi et que je n’ai pas à aller où que ce soit pour être dans
cette présence de Dieu. Ici, où je suis Dieu est et cela sera vrai
tout au long de la journée, partout où je me trouverai. Que je
sois ici, que je sois là ou que je sois n’importe où, Dieu y est, tou-
jours plus proche de moi que mon souffle, l’Omniprésence Elle-
même, « l’Ange de l’Éternel campe autour » de moi (Psaume 34 : 7).
Ma foi, ma confiance et mon espoir sont en Lui qui est autour de
moi « comme les montagnes entourent Jérusalem » (Psaume 125 :
2). Je sais donc maintenant que la grâce de Dieu est avec moi,
où que je sois.
En quoi cette grâce consiste-t-elle? C’est un pouvoir, une pré-
sence – la présence de tout bien. Dieu est pouvoir, tout pouvoir,
l’unique pouvoir. Rien, pas même des conducteurs ivres sur la

161
LETTRES DE 1983

route ne peuvent avoir de pouvoir ; pas même des bombes qui


tombent ne peuvent avoir de pouvoir ; Dieu seul a pouvoir – Dieu
uniquement. Même mes fautes sont sans pouvoir : Dieu seul a
pouvoir. J’ai tout le pouvoir de Dieu avec moi en chacune de
mes activités, dans chacune de mes expériences, dans chacune
de mes transactions, dans chacun de mes voyages. À chaque
pas sur mon chemin, j’ai l’Omniprésence – l’Omnipotence. J’ai
l’Intelligence qui connaît toutes choses et l’Amour divin qui est
prêt à me donner le Royaume et attend de le faire.

La première partie de notre prière est la reconnaissance


consciente de la présence de Dieu, mais la seconde partie
consiste à être assis tranquillement, avec la douce sensation
qu’une paix enveloppante descend sur nous; et nous entendons
alors ceci : « Chacune de tes paroles est vraie. Je ne te quitterai
jamais et Je ne t’abandonnerai point. » Nous pouvons ensuite
vaquer à nos affaires quotidiennes : nous avons prié – nous
avons prié de manière à pénétrer dans le royaume des cieux
lui-même ; nous avons prié de manière à entrer dans la grâce
de Dieu.
Il sera peut-être nécessaire à midi, dans l’après-midi ou
dans la soirée, au moment où les misères de la journée s’accu-
mulent, de rétablir ce contact. Nous nous tournerons de nou-
veau vers le dedans. Cette fois, quelque chose de nature très
différente pourra s’imposer à nous : « Qu’ai-je contre telle per-
sonne et qu’est-ce qu’une telle personne peut avoir contre
moi ? » Immédiatement, nous commençons à faire la paix inté-
rieurement.

Dieu est amour. Dieu aime à jamais; l’amour de Dieu s’écoule


à travers moi vers l’ensemble de ce monde. Le pardon de Dieu
touche tout un chacun – l’homme né aveugle, le voleur sur la
croix, la femme prise en flagrant délit d’adultère, le lépreux. La
grâce de Dieu est dans un état de pardon pour tous et l’amour
de Dieu, ainsi que le pardon de Dieu s’écoulent à travers moi
vers le monde tout entier.

162
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

Au cours d’une telle méditation, nous avons fait la paix avec


notre frère et dès lors notre prière portera des fruits. Je le
répète, c’est là seulement la première moitié de la prière : la
seconde moitié consistera à s’asseoir dans le silence, en adop-
tant une attitude de réceptivité active, dans l’attente que le
flot commence à s’écouler. Soudainement, nous nous sentons
élevés et nous savons que nous sommes dans le royaume de
Dieu ; rien ne peut s’approcher de notre demeure pour nous
blesser ou nous nuire. Toute notre prière est une prière de com-
munion intérieure. Pas une seule fois nous n’avons demandé
quelque chose à Dieu ; pas une seule fois nous n’avons dit à
Dieu quoi que ce soit ; pas une seule fois nous n’avons essayé
d’influencer Dieu.
Nous découvrirons bientôt que nous ne pouvons pas demeu-
rer très longtemps sans prier. Nous prierons trois, quatre, cinq
ou dix fois chaque jour. Finalement, nous ne pourrons même
plus dormir durant la nuit car le désir de cette communion
intérieure sera si fort que nous nous réveillerons deux ou trois
fois par nuit pour la renouveler et en jouir. La prière devient
une activité continue de la conscience. C’est ce que Paul voulait
signifier lorsqu’il a dit : « Priez sans cesse » (I Thessaloniciens 5 :
17) – vivez toujours dans la prière, en communion permanente
avec le Père. Nous ne saurons jamais ce que le Père désire pour
nous si nous ne vivons pas dans cet état de communion inté-
rieure, dans l’attente d’une révélation ou d’un développement.

Les fruits de la prière.

La vérité attire la vérité. Il existe un lieu invisible qui attire


à chacun ce qui lui est propre. Le secret de ce processus est
l’union consciente avec Dieu. Si – au-dedans de nous-mêmes –
nous obtenons par la méditation une communion intérieure
avec Dieu, nous sommes alors en contact avec quiconque dans
le monde, que nous pouvons bénir ou qui peut nous bénir. Nous
n’avons pas à connaître qui que ce soit, et personne n’a à nous
connaître, mais si nous nous asseyons dans notre sanctuaire

163
LETTRES DE 1983

intérieur, la porte bien fermée, et si là nous communions avec


le Père au-dedans de nous, nous découvrirons en rouvrant
notre porte que « les foules » sont venues pour chercher ce que
nous avons à donner.
Telle est la révélation du Sermon sur la Montagne. Nous
ne devons pas utiliser des voies ou des moyens humains ; nous
n’avons pas à nous demander quoi que ce soit les uns aux
autres. Tout ce que nous avons à faire est de vivre dans un état
de communion intérieure et d’obéir aux impulsions qui jaillis-
sent du fond de nous-mêmes. Nous n’avons pas à informer de
nos besoins l’homme dont le souffle est dans ses narines parce
que cet homme n’est ni désireux de nous donner ces choses, ni
disposé à nous les accorder. L’Esprit de Dieu, réalisé cons-
ciemment, a sa propre méthode pour rechercher avec précision
le bon endroit, la personne nécessaire, le bon chemin ou l’acti-
vité juste et de les amener dans notre expérience. Vivons donc
cet état de communion intérieure et permettons à nos besoins
d’être comblés de l’intérieur.
Pour savoir tout ce que Dieu peut faire pour ceux qui prient
de la juste manière, il suffit de rencontrer quelques-uns des
mystiques du monde et de voir la joie qui est la leur, d’être
témoins de leur paix intérieure – de leur bonheur glorieux et,
par-dessus tout, de voir l’amour qui les unit, qu’ils soient
blancs, noirs ou jaunes, qu’ils soient Juifs ou Chrétiens, Musul-
mans ou Hindous. Pour eux, de telles distinctions n’existent
pas. En communiant avec Dieu, ils ont communié avec leur
prochain, et ils s’aperçoivent que leur prochain n’a ni race, ni
religion, ni classe, ni croyance, ni autre distinction. Dans l’Es-
prit, ils sont tous unis dans l’unicité.
Lorsqu’une personne établit un contact quel qu’il soit, ou
une quelconque relation avec Dieu, elle entre immédiatement
en relation avec les autres, complètement, parfaitement et har-
monieusement. Dans ma propre expérience, j’ai constaté que,
dans la mesure où j’atteignais à une réalisation consciente de la
présence de Dieu, à une consciente unicité ou unité avec Dieu,
j’obtenais dans la même mesure un état d’union et d’unicité

164
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

avec l’homme – tous les hommes, femmes et enfants – avec les


animaux et, en fait, même avec le règne minéral. Chacun et
chaque chose me répondaient. L’unicité consciente avec Dieu
constitue l’unicité avec tout être spirituel. Lorsque nous parve-
nons à un certain degré d’unicité consciente avec notre Source,
nous atteignons la grâce divine qui résulte naturellement d’une
telle expérience et nous trouvons notre propre plénitude en Dieu.
Il est vrai, toutefois, que cette expérience d’unicité cons-
ciente avec Dieu, ne se produit que proportionnellement à
notre degré de consécration à cette tâche – par une grande
dévotion à Dieu, par la méditation et les services rendus à
notre prochain. En d’autres termes, nous ne pouvons étudier et
espérer démontrer ce principe si nous nous abstenons de le
vivre. Il est impossible d’utiliser ces magnifiques paroles dans
une prière alors que nos vies portent un témoignage opposé à
celui des paroles que nous prononçons. Rien ne peut nous don-
ner autant de satisfaction, autant de joie, autant de plaisir,
autant de paix, autant de santé et une telle abondance de biens
que le fait d’atteindre un certain degré d’union consciente avec
notre Source, avec cela que nous appelons Dieu.
Ceux qui ont la vie, le mouvement et l’être dans la cons-
cience de Dieu, ceux qui prient sans cesse, ce sont ceux-là qui
découvrent que l’Esprit du Seigneur descend sur eux et que
grâce à cet Esprit du Seigneur, ils sont capables de guérir : ils
sont en mesure de consoler l’affligé, ils sont en mesure de nour-
rir les affamés, ils sont capables d’apporter la joie à ceux qui
sont dans la peine. Et sur qui l’Esprit du Seigneur descendra-
t-Il, si ce n’est sur ceux qui ouvrent leur conscience à l’influx de
cet Esprit divin ?
« Là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté » (II Corinthiens 3 :
17), c’est-à-dire l’absence de toute espèce d’asservissement, que
ce soit l’asservissement à la pauvreté, à la guerre, au péché ou
à la maladie. Partout où Dieu est maintenu dans la conscience
se trouve l’Esprit du Seigneur. Mais lorsque nous laissons
s’écouler la journée, heure après heure, sans reconnaître de
manière consciente la présence et le pouvoir de Dieu, sans

165
LETTRES DE 1983

reconnaître en Dieu la source de notre vie, la source de notre


nourriture, la source de notre santé, de notre harmonie et de
notre être, nous vivons comme si nous étions complètement
coupés de Dieu.
Le but de la Voie Infinie est d’atteindre cette réalisation
consciente de la présence de Dieu – l’Esprit du Seigneur.
Lorsque cet Esprit du Seigneur descend sur nous, Il travaille,
à travers notre mental, notre cœur, notre âme, notre être et
notre corps pour bénir tous ceux avec lesquels nous entrons en
contact, c’est-à-dire tous ceux qui ont une certaine réceptivité
à un mode de vie spirituel.
Ouvrez votre conscience à l’influx de l’Esprit Divin qui est
déjà au-dedans de vous et qui attend que vous le reconnaissiez
et l’acceptiez. Patientez ensuite pendant quelques semaines ou
quelques mois jusqu’à ce que cet esprit commence à s’écouler en
un flot continu et vous constaterez alors que si votre entreprise
a fait faillite, elle sera renflouée ; si votre foyer a été brisé, il
sera reconstitué ; si votre santé a été détruite, elle sera de nou-
veau florissante ; si l’âge vous a accablé, il s’enfuira et vous
retrouverez votre jeunesse. Toutes ces choses se produisent
lorsque l’Esprit de Dieu descend sur vous.
Descendez en vous-même, devenez calme et silencieux jus-
qu’à ce que la paix qui défie l’entendement remplisse votre
cœur, votre mental et votre âme. Là où est l’Esprit du Sei-
gneur, nous sommes dans un lieu saint et tous ceux qui entrent
dans le champ d’influence d’une conscience imprégnée de cet
Esprit, Le ressentent. En présence de cet Esprit la liberté
règne : la libération de toutes les limitations, de toutes les dis-
cordes, de tous les désaccords s’accomplit.

Compte-rendu de voyage

Nous sommes aujourd’hui le 11 juillet et nous nous trou-


vons à Kyles de Localsh, dans le comté de Ross en Écosse, où
Emma et moi jouissons de deux délicieuses semaines de vacan-

166
PRIER DE LA MANIÈRE JUSTE

ces, parcourant en voiture une grande partie de l’Écosse, en


compagnie de deux étudiants qui ont participé au travail de la
Voie Infinie depuis mon premier voyage ici. Nous « faisons » les
lacs et les gorges, les montagnes et les vallées, buvant la
beauté sous ses formes nombreuses et variées. L’Écosse est un
pays idéal pour des vacances. Parmi ses nombreux attraits, on
peut citer le calme, l’absence de gros trafic et l’air pur et vif.
Même l’actuelle « vague de chaleur » n’a pas dépassé les dix-
huit degrés.
Le travail à Londres et à Manchester a été tellement suivi
que le 18 juillet, nous retournerons à Londres où je donnerai
une nouvelle série de causeries pour les étudiants et une autre
classe-retraite qui commencera le 26 juillet. Ensuite nous pas-
serons sur le Continent – Hollande, Allemagne et Suisse – et
nous reviendrons à la maison le 1er septembre, pour trois
semaines, avant de repartir pour Seattle, Washington, puis
Victoria et Vancouver en Colombie Britannique, puis New York
avec un nouveau retour à Hawaï pour les vacances. Quarante-
deux semaines de voyage sur les cinquante-deux de l’année
1958 – et vous êtes seuls juges de ce que cela représente !
Aujourd’hui, pendant ma méditation, la vision panora-
mique de toute cette année de voyage est passée devant mes
yeux, accompagnée de cette question : « Pourquoi ? » La réponse
m’est venue instantanément : Pour apporter « Mon Royaume »
à la conscience éveillée de ceux qui voudront bien entendre,
pour révéler l’Omniprésence, le domaine de l’Âme, le Royaume
où la paix, la joie et l’harmonie sont les résultats de ceux qui y
pénètrent. Je « vis » très clairement que la Voie Infinie parle
une fois de plus de ce Royaume que chacun peut découvrir au
centre de son être et des étapes nécessaires pour dévoiler cette
conscience spirituelle. « Ce monde » a été l’artisan de sa propre
défaite en essayant d’acquérir ou d’atteindre le Royaume, alors
qu’il ne peut être acquis ou atteint : Il doit être libéré des pro-
fondeurs de soi.
Au cours de mes voyages, je me surprends à répéter l’en-
seignement du Maître relatif à la nature de Dieu et de notre

167
LETTRES DE 1983

véritable identité : pardonner ; bénir ceux qui nous détestent ;


prier pour nos ennemis ; prier en secret ; faire l’aumône en
secret ; rechercher la réalisation de Dieu et non des démons-
trations matérielles ; aimer notre prochain en lui rendant ser-
vice, que ce service prenne des formes extérieures ou qu’il
consiste à prier intérieurement, puisque chacun doit servir à
son niveau de conscience actuel. La Voie Infinie nous donne le
secret de la nature des erreurs de «ce monde » et nous enseigne
comment voir en elles le « bras de chair ». C’est en cela que
réside tout le secret de la guérison spirituelle et de la vie spi-
rituelle. Sans cette prise de conscience, la vérité se ramène au
niveau d’une simple philosophie de plus, c’est-à-dire à des mots
dépourvus de pouvoir. Sans cette connaissance, comment pour-
rons-nous jamais apprendre la leçon de cette Lettre – comment
pourrons-nous jamais apprendre à prier de la manière juste ?
C’est par les fruits de notre travail que nos voyages auront
leur justification. « Vous voyez alors comment par ses œuvres
un homme est justifié, et pas seulement par sa foi… la foi sans
les œuvres est morte. » Manifestons-nous le royaume de Dieu –
« Mon Royaume » – d’une manière tangible dans nos vies ?
« Mourons-nous quotidiennement » aux voies de « ce monde » ?
Recevons-nous davantage de grâce spirituelle – c’est-à-dire la
vie vécue sans prendre appui sur le mental ? La source fraîche
et profonde du contentement apporte-t-elle les eaux de la vie
dans notre expérience ? Connaissez-vous par expérience les
verts pâturages et les eaux tranquilles de « Mon Royaume » ?

168
N° 46 – Octobre

BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

U n grand nombre des difficultés et combats de notre vie


sont dûs au fait que nous vivons sur différents plans de cons-
cience, tantôt sur un plan, tantôt sur un autre ; et souvent, ces
plans entrent en conflit. Sur un plan, nous sommes des entités
physiques, dotées d’un mental, le corps constituant le facteur
dominant ; sur un autre plan, nous sommes des entités men-
tales dotées d’un corps ; autrement dit, nous sommes un men-
tal et un corps, et le corps est gouverné par le mental. Il peut
être dirigé par une activité mentale consciente comme il peut
l’être par une activité mentale involontaire.
Ces derniers mois, on a pu lire dans les revues et journaux
de nombreux comptes-rendus d’expériences qui ont été conduites
pour étudier la zone de perception subliminale, au moyen de la
télévision et du cinéma. Lors des premières expériences qui
eurent lieu à l’intérieur d’un cinéma, le public reçut la sug-
gestion de se rendre dans le hall d’entrée pendant l’entracte,
afin d’y acheter des « pop corn » et du coca-cola. Bien qu’elles
fussent dans l’ignorance qu’une telle suggestion leur avait été
faite – car l’image avait été passée si rapidement sur l’écran
qu’elle était invisible à l’œil et ne pouvait, par conséquent, pas
être enregistrée par l’esprit conscient, la majorité des per-
sonnes qui se trouvaient dans le cinéma furent poussées à obéir
à la suggestion. Qu’elles aient vraiment eu envie ou non de pop
corn ou de coca-cola n’entra pas en ligne de compte. L’impulsion

169
LETTRES DE 1983

reçue fut si forte qu’elles se sentirent contraintes de sortir pour


acheter, donnant leur bon argent pour quelque chose dont elles
n’avaient peut-être pas envie du tout et qu’elles n’auraient
jamais achetées dans d’autres circonstances. Il ne fut pas
nécessaire pour elles de prendre conscience de la suggestion
émise, de la voir ou de l’entendre ; elles ne surent même pas
qu’une telle suggestion leur avait été faite.
Si une personne n’est pas vigilante, elle obéira à des ins-
tructions données de manière aussi subtile, parce qu’une telle
technique n’est pas dirigée vers l’esprit conscient, mais vers le
subconscient. Ces expériences montrent à quel point le corps
obéit aux injonctions du mental. Au niveau de conscience
humain, c’est précisément ce qui se produit. Le corps est sous
la dépendance du mental. Sur ce même niveau de conscience,
il existe certaines lois, mentales et physiques, qui entraînent
une sanction, lorsqu’elles sont violées. Telle est la loi de cause
à effet : « Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi »
(Galates 6 : 7) – et ce que vous ferez aux autres, on vous le fera
à vous. Tout ceci résulte de ce que nous vivons, en tant qu’êtres
humains, sur un plan mental ; et le corps lui-même est soumis
au contrôle mental.

Par son ignorance de la Vérité, notre mental


est une proie facile pour les croyances de ce monde.

Toute discorde résulte de la violation de quelque loi sur le


plan humain, soit au niveau mental, soit au niveau physique.
Si aucune loi n’était violée, aucun manque d’harmonie n’exis-
terait – aucune maladie, aucun péché. Une certaine loi se
trouve toujours violée : demeurer assis dans un courant d’air
ou rester les pieds mouillés a pour résultat un rhume ; s’expo-
ser à la contagion amène la maladie ; manger sans discerne-
ment engendre des désordres fonctionnels. Il s’agit là de lois
mentales qui ont été établies et, de même que le sujet soumis
aux expériences de perception subliminale n’est pas conscient

170
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

des suggestions qui lui sont lancées à la tête, il n’est pas néces-
saire non plus de connaître ces lois mentales et physiques pour
en être affecté et subir les pénalités qu’entraîne leur violation.
Il existe des milliers de lois dont les gens peuvent n’avoir
pas conscience et qui entraînent cependant une pénalité lors-
qu’elles sont violées : un enfant nouveau-né ne connaît rien des
effets nocifs des courants d’air ; mais s’il se trouve par hasard
dans un courant d’air, il est probable qu’il attrapera un rhume.
Il est évident qu’un tout petit enfant ne saurait connaître l’exis-
tence de ce genre de loi, mais il n’est pas nécessaire de savoir
qu’il existe une telle loi ou qu’on est en train de la violer pour
en subir les conséquences.
Toutes les erreurs de ce monde sont aussi universelles et
aussi invisibles que les images projetées sur l’écran à une
vitesse éclair dans les expériences de perception subliminale ;
et elles opèrent sur nous de la même manière – sans que nous
en prenions conscience. De sorte que nous sommes tous vic-
times de ces erreurs. En fait, tout individu né en ce monde est
une victime de toutes les lois inconnues de lui logées dans la
conscience humaine. Presque dès le moment de la conception,
la conscience d’un individu est remplie de croyances en quelque
pouvoir délégué à des gens et à des circonstances et l’accepta-
tion de ces croyances fait de cet individu leur victime.
Les Hawaïens savent que le travail des bons et des mau-
vais Kahunas* est efficace avant tout à cause de la peur indi-
viduelle qui fait croire à leur pouvoir. Les aborigènes d’Aus-
tralie se livrent à des pratiques tout à fait semblables sous le
nom de magie noire, et tandis que le Kahuna d’Hawaï peut
jeter son sort grâce à un morceau d’ongle ou de cheveu, le magi-
cien noir des aborigènes obtient les mêmes résultats en poin-
tant soit son doigt, soit un morceau de bois effilé, dans la direc-
tion de la victime ; et au moment où il accomplit ce geste, sa
victime tombe malade et meurt au bout de quelques jours.

* Kahunas : genre de bons et mauvais esprits dans la tradition


hawaïenne.

171
LETTRES DE 1983

Pourquoi ? Certainement pas parce qu’il y a le moindre pou-


voir dans le Kahunaïsme, et certainement pas parce qu’il y a le
moindre pouvoir dans la magie noire, mais seulement parce
que ces deux choses ont été acceptées et redoutées comme
ayant un pouvoir. Le péché et la maladie agissent dans le
monde de la même manière que le Kahunaïsme – par sugges-
tion. Nous n’avons pas besoin de savoir que la suggestion a été
faite ; il nous suffit de croire que les pensées et les choses de ce
monde sont un pouvoir.
À l’origine, la guérison métaphysique reposait sur le prin-
cipe d’après lequel la vérité dissipe l’erreur, ou triomphe de
l’erreur. L’idée de base était que, si les mauvaises pensées
entretenues dans notre esprit avaient un effet sur le corps, les
bonnes pensées auraient sur lui un effet encore plus grand. De
cette théorie naquit une religion – la religion de la pensée posi-
tive. Elle est fondée sur l’idée que, dans les circonstances ordi-
naires, la race humaine est victime des croyances de toute sorte
qui circulent dans la conscience. Par exemple, si une épidémie
s’est déclarée dans une partie du monde, elle se répand bientôt
à travers le monde entier puisque, selon les adhérents à cet
enseignement, partout où il y a des gens qui pensent, il y a des
gens qui acceptent le résultat de la pensée. L’argument des
métaphysiciens est que, si les gens à travers le monde sont une
proie facile pour les suggestions erronées, la vérité, ou pensée
juste, devrait avoir un effet également important sur le corps,
mais cette fois de nature bénéfique.
C’est de cet enseignement qui consistait pour l’individu à
remplir sa conscience de vérité, celle-ci étant l’agent théra-
peutique qui agit sur le corps – ce qui s’avéra très efficace –
qu’est née la médecine psychosomatique, reposant sur des prin-
cipes similaires. Elle a utilisé la guérison psychologique, consis-
tant à changer l’attitude du patient fondamentalement néga-
tive en une attitude fondamentalement positive, technique
visant à remplir la conscience de vérité au lieu de la laisser
telle, bourrée de croyances et théories erronées. Un esprit
imprégné d’erreur, de pensées fausses ou négatives, produit

172
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

aussi une condition négative du corps, des finances ou de la


vie familiale ; un esprit imprégné de vérité a pour résultat un
corps sain, des finances saines ou une vie de famille harmo-
nieuse. En d’autres termes, cela revient à décider maintenant
si l’on va se réveiller le matin en acceptant n’importe quelle
pensée qui se présente, ou si l’on va adopter une attitude posi-
tive et rejeter tout ce qui est négatif.
Ce genre de pratique a marqué un pas dans la bonne direc-
tion parce qu’elle a entraîné les gens à ne pas laisser leur esprit
vide, à la merci des agissements et pensées de ce monde. Si
une personne a un esprit qui accepte simplement tout ce qui lui
parvient oralement, visuellement, ou invisiblement, cet esprit
peut être influencé et obligé à suivre les impératifs d’une pen-
sée imposée – ou d’une suggestion. L’individu qui a pris la déci-
sion de penser par lui-même et d’être dirigé uniquement par
ce que lui-même accepte, s’est engagé sur une voie nouvelle.
Les effets des croyances du monde cessent dans une certaine
mesure d’être le facteur dominant dans la vie d’une telle per-
sonne. Les étudiants de la vérité, quel que soit l’enseignement
métaphysique qu’ils suivent, sont moins fréquemment victimes
de ce mesmérisme universel que le monde dans son ensemble
et, de plus, ils sont moins affectés par les conditions extérieures
du monde.

Refusez d’accepter que les croyances du monde


aient un pouvoir

Chacun doit apprendre à se réveiller le matin en s’empa-


rant de son propre esprit pensant grâce à la réalisation sui-
vante :

Rien ne peut entrer dans mon esprit de l’extérieur car mon


esprit est un instrument au moyen duquel Je fonctionne et non
pas un instrument au moyen duquel quelqu’un d’autre fonc-
tionne, ou par lequel fonctionnent les croyances du monde. Mon
esprit est un instrument qui m’est donné exactement comme

173
LETTRES DE 1983

mon corps m’est donné et, de même que je préserve mon corps de
toute violation, de même je préserve mon esprit de toute viola-
tion, dégagé des croyances du monde. Je ne permets pas que
mon esprit soit la proie de suggestions, d’influences extérieures
ou d’opinions ou théories qui lui sont étrangères. Je fais de mon
esprit un instrument de la Vérité divine. Mon esprit est un ins-
trument au moyen duquel Je fonctionne.

Cette réalisation ne peut s’obtenir par une foi aveugle selon


laquelle Dieu va prendre soin de nous. Il faut une action cons-
ciente. Si nous devons être sauvés de ces influences du monde,
de ces influences hypnotiques qu’on appelle maladie et mort, ce
n’est pas Dieu qui va nous en délivrer. Il faudra que nous refu-
sions de laisser notre esprit être influencé par les croyances
du monde et que nous le laissions s’ouvrir uniquement à Dieu.
Si nous demeurons – en y ayant la vie, le mouvement et
l’être – dans le lieu secret du Très-Haut, aucun des maux de
ce monde n’approchera de notre demeure. Ils ne nous advien-
dront pas si nous vivons dans l’obéissance à ce principe de
maintenir notre conscience remplie de la vérité, si nous refu-
sons d’accepter les croyances de ce monde en tant que pouvoirs
et si nous réalisons que le seul pouvoir à l’œuvre au-dedans de
nous est le pouvoir de la vérité. Que nous connaissions ou non
une vérité spécifique n’est pas la question. La question est :
savons-nous ou non que la vérité qui opère dans notre cons-
cience est un pouvoir et que rien d’autre n’est pouvoir ?
Chez de nombreux étudiants de la vérité, il y a trop de
superstition, trop de foi aveugle dans le fait qu’il existerait une
sorte de Dieu qui dispenserait aux étudiants en métaphysique
des grâces qu’Il n’accorderait pas aux autres personnes. C’est
là une croyance fatale. Dieu est Dieu et Dieu ne prend pas en
considération des personnes humaines. Il est accessible aux
blancs comme aux noirs, aux Juifs ou aux Chrétiens, aux
Musulmans et aux Hindous. Dieu est accessible à toute per-
sonne à la surface du globe, à toute personne qui s’unit cons-
ciemment à Lui. Cela n’a rien à voir avec Dieu. La question est

174
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

de savoir si un individu croit qu’il vit en tant qu’être humain


dans un monde où l’hypnotisme – qui est une sorte de percep-
tion subliminale – a régné pendant des générations, se perpé-
tuant à notre insu en tant qu’individus, tout en étant à l’œuvre
dans notre conscience, ou dans ce que les psychologues nom-
ment maintenant le subconscient ; ou bien s’il reconnaît que
son esprit n’est pas tributaire des suggestions et fantaisies des
croyances du monde, mais une «transparence» à travers laquelle
Dieu peut opérer.
Soixante-quinze à quatre-vingts ans de pratique métaphy-
sique ont prouvé que 90 % des erreurs du monde peuvent être
évitées dans la mesure où nous pouvons nous prendre en mains
et consciemment, consciemment reconnaître qu’il n’y a pas
d’autre pouvoir que l’unique pouvoir, un pouvoir qui n’est pas
extérieur à nous, qui ne s’exerce pas sur nous, mais est au-
dedans de nous, œuvrant du dedans vers le dehors. La salle
dans laquelle nous sommes assis en ce moment même peut être
remplie de toutes les erreurs qui existent partout dans le
monde. En ce moment même, elle peut être remplie par l’am-
biance propre à la mort, à la maladie, aux accidents, au péché
et aux faux appétits. Ces suggestions ne se déversent pas seu-
lement à partir des radios et télévisions, mais elles se déver-
sent à travers la conscience du monde. Si nous l’ignorons, nous
risquons de devenir leurs victimes, sous une forme ou sous une
autre ; mais le sachant, nous pouvons nous protéger contre
leurs effets.
Observez ce qui se produit dans votre propre vie lorsque
vous apprenez à vous réveiller chaque matin en bannissant
absolument de vous-même la possibilité que les pensées du
monde entrent dans votre conscience et soient opérantes dans
votre vie. « Vous connaître la Vérité et la vérité vous rendra libres »
( Jean 8 : 32). Mille tomberont à votre gauche et dix mille à votre
droite, mais le mal ne s’approchera point de ceux qui demeu-
rent dans la vérité. Il y a toujours eu des guerres et des rumeurs
de guerre ; il y a eu des épidémies, des sécheresses, des inon-
dations et des tempêtes ; et cependant, les Écritures disent

175
LETTRES DE 1983

qu’aucun de ces fléaux ne s’approchera de votre demeure. Qui-


conque voudra se donner la peine de consacrer suffisamment
de temps chaque jour pour reconnaître que, bien que des
croyances mondiales existent, elles n’existent pas en tant que
pouvoir, pourra faire l’expérience dans une certaine mesure de
l’immunité promise par les Écritures.

Les croyances du monde ne peuvent trouver aucune voie


d’entrée dans ma conscience, car ma conscience est la vérité
S’exprimant Elle-même. Ni théories, croyances ou lois humaines,
ni suggestions hypnotiques ne peuvent entrer dans ma cons-
cience pour la souiller ou la tromper. Tout le pouvoir – le pou-
voir du Bien, ou de Dieu – se déverse au-dedans de moi dans
ce monde.

L’hypnotisme n’est pas la vérité, et si nous apprenons à


demeurer dans la vérité spirituelle et à l’appliquer à toutes les
circonstances de la vie quotidienne, les pensées et les choses
négatives qui sont à l’œuvre dans le monde par l’effet du mes-
mérisme universel seront réduites à néant. Tant que notre
conscience sera remplie de vérité, on ne pourra pas nous faire
accepter un mensonge. Lorsque nous garderons notre esprit
comme un temple de Dieu et ne laisserons rien entrer dans cet
esprit, hormis ce qui vient de Dieu, nous constaterons que nous
vivons dans une paix intérieure.
Que notre expérience humaine soit harmonieuse ou dénuée
d’harmonie, qu’elle soit remplie de succès ou d’insuccès, qu’elle
soit bonne ou mauvaise, cela dépend de nous. Nous le déter-
minons par notre consentement à réserver un moment de
chaque heure pour nous rappeler que nous ne sommes pas les
victimes de tout ce qui peut flotter dans l’air autour de nous,
mais que nous sommes un canal pour la présence et le pouvoir
de Dieu. Notre esprit est le temple de Dieu, tout comme notre
corps, et nous en maintenons la sainteté.
Chacun sur le plan humain agit et réagit à l’égard de quel-
que suggestion de la croyance universelle. Humainement, nous

176
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

sommes des antennes et nous réagissons aux pensées, humeurs


et dispositions d’une autre personne ; nous réagissons aux sen-
timents des autres comme aux sentiments du monde dans son
ensemble et aux tensions mondiales. Lorsque d’autres gens
craignent quelque chose, collectivement ou individuellement,
nous redoutons la même chose ; mais après avoir reconnu cette
tendance, nous devenons de moins en moins sensibles aux
influences extérieures. Une personne qui ne comprend pas qu’il
existe des forces invisibles qui gouvernent son expérience
humaine serait évidemment peu disposée à perdre cinq minu-
tes de son temps pour faire l’effort de s’immuniser contre les
croyances du monde. Mais une fois que nous commençons à
nous rendre compte que nous faisons une foule de choses que
nous n’avions pas vraiment l’intention de faire, ou que nous ne
voulions pas faire, et que nous pensons de nombreuses pen-
sées qui sont contraires à notre nature et qui ont dû nous être
suggérées de l’extérieur, c’est alors que nous commençons à
voir qu’il existe un mesmérisme universel et que nous consen-
tons à faire l’effort nécessaire pour nous en libérer.

Le mesmérisme universel n’est pas un pouvoir qui peut


entrer dans ma conscience ; il semble être un pouvoir et agir
comme tel uniquement à cause de mon ignorance de sa nature.
Maintenant que je le reconnais pour ce qu’il est, je n’y suis plus
sensible, je n’accepte plus ses suggestions. Je ne réagis plus à
son action. Je suis le temple du Dieu vivant et tout ce que le
Père est se déverse à travers moi.

Atteindre à la dimension supérieure de la vie

Il existe un autre plan de conscience auquel se référait Jésus


comme étant « Mon Royaume ». C’est là le plan de conscience
sur lequel fonctionne dans votre vie la Voie Infinie, lorsque vous
avez assimilé et fait la preuve, dans une certaine mesure, de la
Lettre de vérité correcte, telle qu’elle est enseignée dans nos

177
LETTRES DE 1983

écrits et enregistrements. Sans atteindre à la connaissance de


la Lettre de vérité correcte et sans en faire la preuve dans votre
vie, il est presque impossible de parvenir à l’esprit de vérité, à
la véritable conscience de vérité qui constitue « Mon Royaume »,
– le royaume spirituel, ou conscience spirituelle. «Mon Royaume
n’est pas de ce monde » ( Jean 18 : 36) – c’est-à-dire n’est pas de ce
monde mental et physique. Dans ce royaume existe une paix
qui ne peut jamais être connue avec le mental ou avec le corps.
« Je vous donne ma paix : je ne vous donne pas comme le monde
donne » ( Jean 14 : 27). Il s’agit d’un royaume de conscience entiè-
rement différent. Dans cette conscience supérieure seul l’être
existe : il n’y a point de lois ; il n’y a ni cause, ni effet ; il n’y a ni
bien ni mal, ni haut ni bas. Il n’y a que l’être. Assez curieuse-
ment, lorsque « Mon Royaume » ou « ma paix » peuvent être
apportés jusque dans le mental même, ils annulent la loi
humaine et enlèvent les pénalités qui résultent de sa trans-
gression, car ils enlèvent la transgression elle-même. Obser-
vez la transformation qui se produit lorsque vous vous rendez
consciemment un avec Dieu, lorsque vous vous ouvrez pour
devenir un état de réceptivité à tout ce qui s’écoule du royaume
de Dieu au-dedans, vous coupant ainsi consciemment de l’in-
fluence hypnotique du monde.
La dimension supérieure de la vie que le maître désignait
par « Mon Royaume » n’est pas accessible à la personne sou-
mise à l’hypnotisme du monde. Lorsque, cet hypnotisme étant
rejeté, nous devenons aussi conscients de Dieu à l’œuvre en
nous que nous l’étions préalablement de nos craintes, doutes,
soupçons, haines, envies et jalousies, nous devenons sensibles
à l’activité du royaume de Dieu. Ceux qui comprennent com-
ment opère l’hypnotisme du monde, ou hypnotisme universel,
sont capables d’en annuler les effets dans leur vie.
C’est folie pour un être humain dont les yeux ne sont pas
ouverts et qui ne perçoit pas clairement la nature de ce sens
universel de s’imaginer qu’en se livrant aux formes de médita-
tion existantes, il va entendre le murmure doux et léger. C’est
folie pour une personne qui se laisse encore aller à nourrir le

178
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

sens personnel – haine, envie, jalousie, malveillance, préjugés


– de s’imaginer qu’elle peut s’asseoir, fermer les yeux, et qu’im-
médiatement Dieu sera sur place pour la protéger. Cela n’est
pas possible tant qu’elle ne s’est pas coupée précisément de ces
influences qui ont créé à l’origine un sens de séparation vis-à-
vis de Dieu. Nous sommes séparés de Dieu pour la seule raison
que notre esprit, au lieu d’être une claire transparence pour
l’Âme, s’est trouvé obscurci par les nuages du sens personnel, ou
hypnotisme de ce monde. Dans une telle condition d’hypnose,
Dieu ne peut être entendu.

Notre libération des croyances du monde


se mesure à notre absence de réaction

Nous pouvons nous aider mutuellement dans de nom-


breuses situations critiques, mais cela ne peut s’accomplir que
dans la mesure où nous ne sommes plus les victimes du sens
personnel, de l’hypnotisme universel qui remplit nos esprits,
nos pensées et même nos corps avec les croyances de ce monde.
Des mois sont nécessaires avant que nous devenions capables
de nous couper de ces croyances universelles, en devenant sen-
sibles et réceptifs au murmure doux et léger au-dedans de
nous ; mais après quelques semaines de pratique, nous com-
mençons déjà à être de moins en moins sensibilisés et vulné-
rables à certaines de ces pressions du monde. Il faut des mois
de travail, toutefois, avant d’atteindre un état de conscience
qui ne réagit plus aux choses que le monde redoute, qui demeure
indifférent à certaines situations qui auparavant auraient
déclenché la colère, le ressentiment, la révolte ou un esprit de
vengeance, ou qui ne réagit plus à l’avidité, à l’égoïsme ou à la
sensualité.
Apprenez bien cette leçon ! Le monde humain et ceux qui
l’habitent sont les victimes de l’hypnotisme universel – vic-
times de tout état de pensée négatif, malsain, pécheur et indi-
gent opérant dans la conscience humaine – et cet état nous

179
LETTRES DE 1983

frappe là où nous sommes le plus faibles. Si notre point faible


est la peur de la maladie, l’hypnotisme du monde prendra pour
nous la forme de quelque espèce de maladie ; si c’est la peur de
manquer, l’hypnotisme du monde prendra la forme de la pau-
vreté ou des limitations ; si c’est d’un faux appétit, l’hypnotisme
se présentera sous forme d’alcoolisme, d’assujettissement à la
drogue ou même de gloutonnerie ; l’hypnotisme du monde trou-
vera toujours son chemin jusqu’à notre point le pus vulnérable
– car le plus faible. S’il ne trouve rien d’autre, il nous fera
craindre un fantôme en quelque lieu.
Notre travail en tant qu’étudiants est d’obéir à l’injonction
du Maître de sortir des rangs et de demeurer séparés : « Je ne te
prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne
sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » ( Jean 17 :
15-16). Lorsque nous répondons de moins en moins aux impul-
sions du monde, aux craintes du monde, à ses doutes, à ses
péchés, pénuries et maladies ; lorsque nous sommes de plus en
plus immunisés, lorsque nous vivons notre vie en étant de
moins en moins conscients de ces choses qui arrivent autour
de nous – ou si, dans le cas où nous en avons conscience, elles
ne nous impressionnent pas – c’est alors que nous sommes en
train de nous libérer de l’hypnotisme du monde et que nous
sommes maintenant dans le monde, sans être du monde. Nous
appartenons désormais au royaume de Dieu : le murmure doux
et léger peut dorénavant prendre le commandement et nous
diriger afin de nous conduire vers les verts pâturages, auprès
des eaux tranquilles ; désormais, l’impulsion spirituelle inté-
rieure peut accomplir pour nous toutes les promesses des Écri-
tures.
Nul ne peut faire cela à notre place. Nous seuls pouvons
nous libérer de l’hypnotisme de ce monde. Lorsque nous solli-
citons l’aide d’un praticien, le praticien peut nous aider dans le
cas particulier qui nous pose problème en ce moment précis.
Toutefois, un praticien peut annuler en notre faveur une cer-
taine forme d’erreur, ou une certaine forme d’hypnotisme, mais
pour donner alors libre champ à bien d’autres formes. Pour-

180
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

quoi ? Parce que nous ne nous sommes pas libérés nous-mêmes


de l’influence invisible qui s’exerce en qualité d’hypnotisme
universel.

L’hypnotisme n’est pas un pouvoir

Ne commettez pas l’erreur, cependant, de craindre cette


influence invisible, car elle n’est pas un pouvoir sauf pour ceux
qui sont, soit dans l’ignorance de son existence ou disposés à lui
attribuer un pouvoir. Ce n’est plus un pouvoir lorsqu’on en a
réalisé la nature. À ce stade de notre expérience, nous devons
être capables de nous couper de l’influence de l’hypnotisme du
monde, de la même façon que nous pouvons tourner le bouton
de notre radio sur n’importe quelle station de notre choix ou
l’arrêter complètement. Il nous faudra peut-être quelques mois,
ou plus, pour atteindre ce niveau de conscience, mais cela
pourra se faire uniquement par une mise en pratique régulière
plusieurs fois par jour.
Lorsque quelque chose en nous dit : « J’ai mal à la tête »,
notre réponse immédiate doit être : « Non, ce n’est pas moi qui
ai mal à la tête. C’est le sens universel qui m’attaque. » Ou s’il
nous vient la suggestion suivante : « J’ai un déficit que je ne
puis combler », la réponse sera : « Non, ce n’est pas moi qui suis
déficitaire. J’accepte seulement un sens universel de pénurie».
Nous ne serons pas seulement dans le monde, mais également
du monde tant que nous ne briserons pas le sens hypnotique
qui fait de nous les victimes de cette chose silencieuse qui est
en action.
Durant des milliers d’années, la race humaine a cru des
choses qui ne sont pas vraies : que la terre était plate ; que le
soleil tournait autour de la terre ; que les guerres et les épidé-
mies étaient nécessaires pour endiguer l’accroissement démo-
graphique, afin que la population ne soit pas trop importante
pour les ressources alimentaires prévisibles. Puis, quelque per-
sonne ayant des lumières – quelqu’un qui voyait loin – fut

181
LETTRES DE 1983

capable de voir au-delà des apparences et de contrer l’une des


théories qui avaient été jusque-là acceptées comme des lois –
astronomiques, géographiques, économiques, médicales ou dié-
tétiques.
Nous n’avons pas à accepter les limitations sous quelque
forme que ce soit – limitations de santé, des finances, ou des
relations humaines. Nous ne devons accepter les limitations
sous aucune forme, parce que ces limitations ne sont que des
croyances créées par l’homme qui n’ont pas plus de fondement
que les nombreuses théories qui furent considérées comme
justes à une certaine époque, mais qui sont aujourd’hui rejetées
comme étant ridicules ou absurdes. Nous devons nous accro-
cher fermement à la vérité que moi et le Père, nous sommes
un, et que tout ce qu’a le Père est à nous. Nous devons réaliser
notre infinité et en faire la démonstration. Mais nous ne pou-
vons en faire la démonstration que lorsque nous réalisons que
nous avons été les victimes, non pas d’un manque, mais d’une
suggestion universelle que nous avons acceptée par ignorance.
Une grande partie de ce que nous venons de dire entre dans
la catégorie que nous nommons « travail de protection », mais
cette expression n’est pas adéquate parce que les termes « tra-
vail de protection » impliquent qu’il existe quelque pouvoir dont
il faut se protéger. Ce dont nous avons à nous protéger, c’est
de l’ignorance dans laquelle nous sommes de notre véritable
identité, de notre ignorance de la source de la vraie sagesse.
Parmi les choses auxquelles nous croyons, beaucoup ne sont
pas vraies du tout : un grand nombre des choses que nous
croyons au sujet de notre prochain, ou au sujet du monde, ne
sont pas du tout exactes. Comme l’a dit un écrivain, il y a
presque cent ans : « Ce qui ne va pas chez les gens, ce n’est pas
qu’ils soient ignorants, mais qu’ils sachent tant de choses
inexactes ». Pour se rendre compte du nombre de blasphèmes et
de faux témoignages portés contre notre prochain qui se per-
pétuent dans le monde, il suffit de voyager et de rencontrer des
gens. Ils ne sont pas du tout ce que le monde voudrait nous
faire croire qu’ils sont.

182
BRISEZ LES CHAÎNES QUI VOUS ENTRAVENT !

Nous devons cesser d’accepter l’hypnotisme du monde.


Nous devons nous rendre compte que nous avons accepté ce
que le monde a injecté en nous silencieusement et invisible-
ment comme un fait indéniable, au lieu de nous tourner vers
Dieu et de permettre à Dieu de nous révéler la vérité : « Père,
quelle est la vérité au sujet de cette personne ou de cette situa-
tion ? »
Généralement, lorsque nous faisons cela en toute humilité
et sincérité, la réponse nous parvient : « Ceci est Mon enfant,
Mon enfant bien-aimé en qui Je me complais. Ceci est Mon
temple ».
En règle générale, ce que nous pensons les uns des autres
n’est pas vrai. Ce qui est vrai, c’est ce qui nous est révélé du
dedans et qui s’affirme avec autorité, mais cela ne nous vien-
dra que lorsque nous seront suffisamment sortis de la masse
pour être séparés d’elle.

Rien ne peut pénétrer dans mon être pour le souiller ou le


tromper, car moi et le Père, nous sommes un. Je suis assujetti à
la seule loi et à la seule vie de Dieu, à la sagesse divine, au men-
tal divin, à l’Âme de Dieu. Je suis au milieu de moi-même et de
ce Je provient ma sagesse, mes directives, mon instruction, ma
protection, mon soutien. Je me tourne uniquement vers Lui et
par Lui je suis guidé et nourri.

Compte-rendu de voyage

Lorsque Darwin présenta pour la première fois sa théorie


de l’origine de la race humaine, on ne lui accorda que peu d’at-
tention, et celle-ci fut surtout négative. Des années plus tard,
la théorie fit explosion dans les esprits des savants et une nou-
velle ère débuta. Les quelques milliers de mots que vous venez
de lire dans cette Lettre incorporent l’un des principes les plus
importants de toute ma vie de travail. Ces mots, vous pouvez
les accueillir avec autant d’indifférence que furent reçus par

183
LETTRES DE 1983

la majorité des gens les résultats du travail de toute la vie de


Darwin. Ils peuvent ne produire guère plus d’impact sur vous
aujourd’hui que la théorie explosive de Darwin n’en produisit
sur ses contemporains il y a cent ans. Mais si vous lisez et étu-
diez ce message en ayant un aperçu de la vérité sous-jacente,
la substance de cette Lettre pourrait marquer un tournant dans
votre vie et devenir le moyen d’inaugurer une nouvelle ère dans
votre existence. Les années de ma vie passées à la recherche de
la vérité m’ont conduit à la découverte des principes de la Voie
Infinie, et tout le succès qu’a rencontré ce travail a été le résul-
tat de la pratique de ces principes.
Cette Lettre d’Octobre va entrer dans 5 000 foyers environ,
d’un bout à l’autre du monde, mais rappelez-vous que dans ces
foyers se trouvent des étudiants préparés à recevoir ce mes-
sage. La mesure dans laquelle vous accepterez et démontrerez
ces principes déterminera la rapidité selon laquelle 5 000 nou-
veaux foyers s’ouvriront à l’harmonie accessible en vivant la
Voie Infinie par la pratique de ces principes.

Levez les yeux et regardez les champs qui déjà blanchissent pour
la moisson. ( Jean 4 : 35)
La moisson est grande mais il y a peu d’ouvriers. (Luc 10 : 2)
Oui, même en vertu de toute cette expansion, (de la Voie
Infinie), les ouvriers sont en petit nombre. Pratiquons donc
fidèlement les principes de la Voie Infinie, afin de devenir des
ouvriers efficaces dans le vignoble du Père.

184
N° 47– Novembre

LES FRUITS DE L’ESPRIT

R éserver un jour spécial – ou plusieurs – afin de rendre


grâces pour les bénédictions reçues n’est pas une coutume en
usage aux États-Unis seulement*. De nombreuses années
avant que les Pèlerins n’arrivent dans ce pays, la vieille Angle-
terre célébrait la récolte de la moisson à l’automne de chaque
année. Même les Anciens pratiquaient ce rite. Tout au long de
l’histoire telle qu’elle nous est relatée, la coutume a voulu qu’on
célèbre une fête d’actions de grâces en remerciement de la
moisson qu’on avait récoltée.
Bien que les étudiants de la sagesse spirituelle ne se conten-
tent pas de rendre grâces un seul jour par an, mais font de
chaque jour un jour de gratitude, il n’est toutefois pas inop-
portun en cette saison de considérer quelle sorte de moisson
vous, en tant qu’étudiant du mode de vie spirituel, vous avez
engrangée dans votre grenier spirituel. Cela ne se mesurera
pas en termes de biens extérieurs, quoique ceux-ci puissent
constituer la preuve d’une récolte de fruits spirituels. Si votre
moisson a été peu abondante, livrez-vous à un petit travail d’in-
trospection dans votre âme, pour déceler en quoi vous vous êtes
fourvoyé ; mais si la moisson est abondante, réjouissez-vous
qu’un plus grand éveil à la Présence l’ait rendu possible. Éva-
luez toujours vos progrès en termes de fruits spirituels :

* Dans le calendrier officiel américain le « Thanksgiving Day » – ou Jour


d’Actions de Grâce – est le 4ème jeudi de novembre.

185
LETTRES DE 1983

Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience,


la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance : la loi
n’est pas contre ces choses.
Galates 5 : 22, 23
Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Comme le sarment
ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep,
ainsi vous ne le pouvez pas non plus, si vous ne demeurez en moi.
Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en
qui je demeure porte beaucoup de fruit… Si vous portez beaucoup
de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié.
Jean 15 : 4, 5, 8
Il n’y a pas de moyen autre de goûter les fruits de l’Esprit,
si ce n’est à travers la parole de Dieu ; et la parole de Dieu qui
est au milieu de vous est puissante. Si vous demeurez dans la
Parole et laissez la Parole demeurer en vous, vous porterez
beaucoup de fruit. Mais la parole de Dieu n’est pas quelque
chose que vous pouvez lire dans un livre ; la parole de Dieu
n’est pas quelque chose que vous pouvez emmagasiner dans
votre mémoire : la Parole Elle-même doit sortir de la bouche
de Dieu. Le murmure doux et léger doit s’exprimer au-dedans
de vous, et lorsque cette parole de Dieu vous parvient, elle
arrive avec son pouvoir et les signes qui s’ensuivent.

La Parole devient une expérience tangible

La Parole qui entre dans la conscience humaine se fait


chair et la vie dans le monde extérieur commence à se trans-
former en se coulant dans le moule de la démonstration spiri-
tuelle. Cette parole de Dieu que vous avez reçue dans votre
conscience devient la chair de votre corps, la substance de
votre portefeuille, l’activité de vos affaires et le ciment de vos
rapports humains. C’est votre pain quotidien, la manne qui
tombe jour après jour. Apprenez à ne jamais dépendre de la

186
LES FRUITS DE L’ESPRIT

manne d’hier. Apprenez à vous tourner vers Dieu et à prier


ainsi :

« Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » (Matthieu 6 :


11) – donne-nous aujourd’hui le soutien de la vie, la parole de
Dieu, vitale et vivante, le Verbe spirituel, la Présence spirituelle,
la Puissance de l’esprit. Chaque jour, Seigneur, donne-nous ce
qui procède de Ta parole ; abreuvons-nous à la fontaine de la
vie ; nourrissons-nous de cette nourriture intérieure dont le
monde n’a pas connaissance – cette substance de la vie qui est
la parole de Dieu. « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais
de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4 : 4)
La Parole, par conséquent, est le pain ; la Parole est la subs-
tance ; la Parole est le vin ; la Parole est le sang ; la Parole est
la nourriture ; la Parole est l’eau. Priez pour obtenir l’Esprit, la
Parole. Les fruits de l’Esprit pénètrent en vous, avant tout,
sous la forme de la parole de Dieu entrant dans votre cons-
cience. Cela peut se faire de manière audible ; cela peut être
une impression ou un sentiment ; ou il peut s’agir d’un soula-
gement, ou bien d’une respiration profonde. Quelle que soit la
manière dont elle se manifestera, vous reconnaîtrez que c’est
de la Présence même de Dieu que vous avez fait l’expérience.
Lorsque vous priez, par conséquent, priez seulement pour
recevoir la Parole, et les fruits de cette Parole spirituelle seront
la paix, la joie, la santé, l’harmonie, la plénitude, l’abondance
et l’infinité du bien. Priez seulement pour recevoir l’Esprit ;
priez pour que l’Esprit de Dieu demeure en vous, afin que vous
puissiez être l’enfant de Dieu ; et si vous l’êtes, vous êtes éga-
lement héritier, co-héritier de toutes les richesses célestes.
Priez pour que l’Esprit du Seigneur descende sur vous, afin de
vous ordonner pour guérir les malades et réconforter les affli-
gés. Priez pour que Sa Grâce se manifeste comme étant votre
suffisance. Telle est la prière spirituelle, dont les fruits sont la
joie, la paix, l’harmonie, l’abondance, la plénitude, l’intégrité,
la perfection et l’unité.

187
LETTRES DE 1983

« Dieu est glorifié par les fruits de nos vies, et Dieu n’est glo-
rifié d’aucune autre manière ». Dans la proportion où nous vivons
en cette Parole et la laissons vivre en nous, nous faisons l’expé-
rience d’une vie humaine harmonieuse, riche en fruits. Il est vrai
qu’il peut y avoir des problèmes, mais qu’est-ce à dire ? Il ne fut
promis à aucun être une immunité complète des discordes de la
vie pendant que cet être vit sur la terre une vie humaine. Il est
inévitable que des problèmes surgissent, mais ils ne peuvent être
qu’une bénédiction, parce que c’est par ces problèmes que nous
nous élevons plus haut dans notre conscience ; et par cette élé-
vation, l’harmonie est amenée dans notre vie quotidienne.
Les expériences que nous faisons quand nous vivons dans
l’obéissance à la voix intérieure sont des miracles de beauté et
de joie. N’ayons pas peur de suivre cette voix, même si au début
nous sommes si peu d’accord avec elle que nous ne l’entendons
pas correctement. Beaucoup de gens traversent la vie sans rien
accomplir, parce qu’ils ne sont pas disposés à faire quoi que ce
soit de peur de commettre une erreur. Il n’y a pas lieu de
craindre de faire des fautes ou même d’avoir des échecs. Les
fautes qui peuvent être faites par une personne obéissant à la
petite voix calme en nous seront peu nombreuses, et elles ne
seront pas assez sérieuses pour être irréparables ; la personne
peut se relever rapidement et bientôt être totalement immergée
dans l’Esprit. Les fautes ne sont pas fatales ; aucune n’est irré-
médiable. Le succès est pour toujours, mais l’échec n’est que
pour un jour.
Si nous entrons en contact avec le royaume de Dieu en nous,
nous vivons avec Dieu le reste de nos jours. Alors l’état spirituel
de Fils – Dieu S’exprimant Lui-même comme Être individuel – sera
révélé sur la terre. Dieu nous a formé pour Le manifester, Lui, sur
la terre, pour exposer sa Gloire, et c’est là notre destinée. Dieu a
placé Son abondance infinie au milieu de nous. Il n’est d’aucune
nécessité que les choses viennent à vous ou à moi, mais tout doit
jaillir de nous. Et par quels moyens ? Par cette Présence, cette
Présence qui guérit, supplée, multiplie et instruit. Cette Présence
accomplira toute fonction légitime de la vie, mais Elle n’est active

188
LES FRUITS DE L’ESPRIT

dans notre vie que si nous nous vouons et nous consacrons nous-
mêmes à des périodes de méditation. La dévotion et la consé-
cration sont nécessaires pour nous donner un but suffisant, de
façon que nous nous souvenions une douzaine de fois par jour de
ne pas nous déplacer sans avoir réalisé la Présence, ou au moins
sans avoir reconnu cette Présence ».
Pratique de la Présence Divine.

À mesure que vous étudierez les principes de la Voie Infinie,


ils prendront racine et s’incorporeront au-dedans de vous –
chair de votre chair, sang de votre sang, os de vos os – et vous
constaterez bientôt que, lorsque vous vous installez pour
accomplir une œuvre de guérison, ou simplement pour com-
munier avec le Père, très rapidement une expression spontanée
de la vérité, ou manne du jour, commencera à vous être com-
muniquée du dedans de vous-même.
Lorsque vous apprenez à vivre de cette manière, vous
découvrez que vous pénétrez dans une nouvelle dimension de
la vie et qu’une expérience totalement nouvelle s’offre à vous.
Si vous vous mettez à adopter la méthode spécifique consis-
tant à aborder chaque heure de la journée avec un passage des
Écritures, vous finirez par atteindre un état de conscience dans
lequel, au lieu de vous remémorer quelque passage, un énoncé
soit nouveau, ou que vous connaissez déjà, s’imposera à vous
spontanément du dedans de vous-même. «Il fait entendre sa voix,
la terre se fond » (Psaume 46 : 6). Au moment où la voix de Dieu
se fait entendre au-dedans de vous, quelle que soit la « terre »
d’erreur ou de discorde dont il s’agisse, celle-ci peut fondre.
Si vous avez une journée difficile à affronter, peut-être
même un peu trop difficile pour vos possibilités, une journée
susceptible de vous éprouver, physiquement ou financièrement,
au-delà de ce que vous pouvez supporter, ou qui exige de votre
entendement plus que votre développement spirituel apparent
ne le permet, instantanément, si vous êtes resté dans la parole,
un passage des Écritures vous viendra à l’esprit :

189
LETTRES DE 1983

L’Éternel agira en ma faveur. (Psaume 138 : 8)


Il accomplira donc ses desseins à mon égard. ( Job 23 : 14)
Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le
monde. (I Jean 4 : 4)
Vous réalisez combien il est vrai que le « Père qui demeure en
moi, c’est lui qui fait les œuvres » ( Jean 5 : 30) – Je ne suis pas
censé faire quoi que ce soit de moi-même ; c’est le Père au-
dedans de moi qui vit ma vie pour moi, à travers moi, et en
tant que moi. Par cette réalisation il se produit un relâchement
de vos tensions, de vos soucis, de vos craintes, de vos préoccu-
pations ; c’est alors que le Père au-dedans de vous peut œuvrer
normalement à travers vous. La parole de Dieu vous remplit de
puissance spirituelle : la parole de Dieu vient à vous pour
accomplir vos activités quotidiennes. La parole de Dieu va
devant vous pour aplanir votre route. La parole de Dieu met les
mots justes dans votre bouche, si vous avez besoin de mots ; la
force nécessaire dans vos muscles, si c’est de muscles que vous
avez besoin ; et la somme d’argent qu’il vous faut dans votre
poche quand il s’agit d’un besoin d’argent. La parole de Dieu
accomplit cela lorsque vous avez appris à la recevoir au-dedans
de vous.
D’autres problèmes peuvent se poser le même jour, peut-
être un problème de santé; c’est alors qu’il vous est rappelé que :

Dieu est vie, vie infinie ; par conséquent, Dieu doit être la vie
de l’homme. Cette vie que Dieu est ne saurait être malade. Dieu,
la vie de l’homme, ne peut être faible ; Dieu, la vie de l’homme ne
peut être âgée ; Dieu, la vie de l’homme, est infinie, immortelle
et éternelle.
C’est là une vérité qui a été vraie depuis le commencement
du monde et bien avant, une vérité qui n’a rien à voir avec moi
ou avec mon aptitude de compréhension. Dieu est ma vie. Com-
ment pourrais-je être préoccupé ? Comment pourrais-je me faire
du souci au sujet de la vie de Dieu ? Au sujet de la vie de Dieu,

190
LES FRUITS DE L’ESPRIT

je ne pourrais certes pas ! – Mais c’est à ma propre vie que je


pensais… Y a-t-il la moindre différence ? Existe-t-il une vie de
Dieu et une vie à moi ? Existe-t-il une vie de Dieu et une vie à
vous ? Ou bien y a-t-il seulement une unique vie infinie, éter-
nelle, et cette vie n’est-elle pas la vie de Dieu ? N’est-elle pas votre
vie et n’est-elle pas ma vie ?

Au moment où tout ceci est réalisé dans la conscience, un


poids vous est enlevé, la peur vous quitte; et vous vaquez à vos
affaires, la parole de Dieu ayant fait fondre cette « terre » par-
ticulière. Mais peu après dans la journée, quelque chose d’autre
se présente qui semble, selon toutes apparences, avoir plus de
pouvoir que Dieu. Il peut s’agir d’un microbe, ou d’une infec-
tion. Cela peut être l’annonce d’une nouvelle bombe, encore
plus dévastatrice, ou d’une épidémie nouvelle ravageant le
pays ; ou bien cela peut être la furie déchaînée d’un ouragan
qui se précipite dans votre direction. Peu importe de quoi il
s’agit et quelle forme cela prend. C’est un défi prétendant que
quelque chose est plus puissant que Dieu ; mais immédiate-
ment, la Parole en laquelle vous demeurez vous rappelle à
l’ordre de façon énergique :

Dieu est un, un seul pouvoir. Par conséquent, cette chose qui
prétend avoir un pouvoir n’est pas un pouvoir : c’est le « bras de
chair », ou néant. Néant, néant ! Je sais que le monde a peur de
cette chose, mais dans la vie spirituelle, Dieu seul est pouvoir –
l’Invisible seul est pouvoir.

Et de nouveau l’Esprit de Dieu prend la relève et vous


apporte la paix.

Ne recherchez que les fruits spirituels.

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir » ( Josué 24 : 15).


Dans l’état de conscience matérielle du monde, la puissance

191
LETTRES DE 1983

d’inertie continue de régner dans la conscience individuelle jus-


qu’à ce que le doigt de Dieu pointe sur quelqu’un ; cette per-
sonne alors n’a désormais plus le choix de rester ou non assu-
jettie à un sens matériel de la vie : elle doit se tourner vers le
chemin spirituel.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi je vous ai choisis et
je vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit, et
que votre fruit demeure.
Jean 15 : 16

Dieu vous a déjà choisi. Vous avez déjà été touché par le
doigt de Dieu et placé sur le sentier spirituel. Mais bien que
Dieu vous ait placé sur le sentier et qu’il n’y ait maintenant
plus de retour en arrière possible, à ce stade de votre dévelop-
pement, il existe encore une possibilité de choix : vous pouvez
choisir de progresser lentement ou, au contraire, d’accélérer le
mouvement. Vous avez le choix de demeurer ou non dans la
Parole, et de vivre en Elle de telle sorte que vous gardiez votre
esprit fixé sur Dieu constamment tout au long du jour et de la
nuit, rendant sans cesse témoignage à Dieu : Dieu comme
source de votre nourriture, Dieu comme source de votre intel-
ligence, Dieu comme source de votre force spirituelle, Dieu
comme source infinie de votre abondance.
Plus vous pratiquez ainsi, plus vous ouvrez votre conscience
à l’influx de la Parole, à la voix de Dieu ; et lorsqu’Elle S’ex-
prime au-dedans de vous, la « terre » de l’erreur fond – la terre
des discordes matérielles, la terre du pouvoir matériel – et vous
vous trouvez établis dans la vie spirituelle. Cependant, si votre
esprit est divisé contre lui-même, vous échouerez. Si vous priez
dans l’Esprit, par l’Esprit et avec l’Esprit, mais en pensant en
termes de biens matériels ; si vous concevez les fruits de la
prière comme des choses que vous pouvez voir, entendre, goû-
ter, toucher ou sentir, vous retarderez le jour de votre régéné-
ration spirituelle. Lorsque vous priez, rappelez-vous que Dieu

192
LES FRUITS DE L’ESPRIT

est Esprit, et ne priez que pour obtenir la parole de Dieu et ses


fruits spirituels.
N’essayez pas de transformer les pierres en pain ; n’essayez
pas de changer la prière spirituelle en pain du boulanger ou
en viande de boucher ; ne priez pas pour tirer de votre com-
munion spirituelle avec Dieu une démonstration de puissance
matérielle. Cherchez le royaume de Dieu, la parole de Dieu et
les fruits résultant de cette Parole. Vous constaterez que cette
Parole se transforme Elle-même de son plein gré en ces choses
qui sont données de surcroît. Ne vous tournez pas vers le Père
pour en obtenir le pain du boulanger, la viande du boucher, les
légumes du maraîcher, des moyens de transport, ou des devises,
mais laissez ces choses vous êtres données de surcroît. Votre
désir doit toujours avoir pour objet Dieu, Son Royaume et Ses
anges – des fruits spirituels – et par-dessus tout, de devenir
sensibles et réceptifs à la parole de Dieu qui vient à vous au-
dedans de vous-même comme un murmure doux et léger.
De jour, comme de nuit, vous serez tentés puis re-tentés
encore, ainsi que l’a été Jésus dans le désert et, plus tard, à
Gethsemané. Vous serez tentés de redouter quelque puissance ;
autrement dit, vous serez tentés d’accepter deux pouvoirs.
Cette croyance en deux pouvoirs peut vous submerger tant que
vous ne vous êtes pas stabilisés dans votre adhésion au prin-
cipe du pouvoir unique grâce à une pratique continue, à chaque
heure de chaque jour, à l’égard de toutes les apparences sans
exception. Que ce soit dans le journal, à la radio ou à la télévi-
sion ; que ce soit dans la vie de votre famille, de vos amis ou de
vos relations – chaque fois que vous êtes confrontés à quelque
chose qui témoigne de deux puissances, vous devez réaliser
consciemment ceci :

Il n’y a aucun pouvoir à l’extérieur de mon être, que ce soit


pour un bien ou pour un mal. Le royaume de Dieu, le royaume
de la Toute-Puissance est au-dedans de moi ; et le pouvoir de
Dieu est le pouvoir spirituel. Il n’existe aucune puissance béné-
fique ou maléfique extérieure à moi. Il n’y a point de pouvoir

193
LETTRES DE 1983

dans les pensées ni dans les choses : tout le pouvoir qui existe
réside dans la parole de Dieu au-dedans de moi.

Vous aurez à affronter des dangers inconnus – pas néces-


sairement dans votre vie personnelle, mais certainement dans
celle des gens qui vous entourent – et vous devrez rester
debout, entièrement seul au milieu de ces dangers. Vous ne
pourrez parler à qui que ce soit de ce que vous avez appris car
personne ne comprendrait ce que vous voulez dire, personne
ne serait en mesure de l’accepter. Vous seul devrez, dans le
silence et le secret, vous cramponner à votre vision :

« Qui de vous me convaincra de péché ? » ( Jean 8 : 46). Qui me


convaincra qu’il existe une puissance étrangère à Dieu? Qui me
convaincra qu’il y a du danger où que ce soit, ou une pénurie ?
Dieu m’a donné l’autorité sur toutes choses dans l’air, dans le
ciel, sur la mer et sur la terre, au fond des mers et de la terre. Je
ne redouterai pas ce que l’homme peut me faire – physiquement
ou mentalement. Je ne redouterai pas ce que des choses mor-
telles peuvent me faire – qu’il s’agisse de petites choses comme
les microbes, ou de grosses choses comme des bombes – parce
que je ne reconnais qu’un seul pouvoir, la parole de Dieu.

Les fruits de cette Parole spirituelle sont l’harmonie – har-


monie sur les plans physique, mental, moral et financier. Les
fruits de la parole de Dieu sont la vie éternelle. La Parole de
Dieu doit être réalisée au-dedans de vous et les fruits de cette
Parole seront manifestés à l’extérieur, de façon visible.
Lorsqu’une personne parvient à ce degré de régénération
spirituelle qu’on nomme illumination – la descente du Saint-
Esprit ou le Baptême de l’Esprit – elle a perdu la capacité de
pécher. L’esprit humain, c’est-à-dire l’esprit qui n’est pas illu-
miné par la vérité spirituelle, cherche toujours son bénéfice
personnel. Il ne pense pas en termes de bien universel, mais ne
se soucie en général que de ce dont il peut tirer profit pour lui-
même. Ayant reconnu que l’Esprit du Seigneur est sur vous,

194
LES FRUITS DE L’ESPRIT

vous n’avez plus aucune raison d’agir en fonction de ce qui peut


vous être personnellement bénéfique. Lorsque l’Esprit du Sei-
gneur a été réalisé, il en résulte une complète libération de
tous les besoins – physiques, mentaux, moraux et financiers. Il
y a libération, libération dans l’Esprit, libération dans le
Christ, et tout assujettissement à la chair, au péché, à la mala-
die ou à la pauvreté cesse désormais d’exister.

La Parole ne peut être révélée


qu’à celui qui est altruiste

Nul ne peut connaître la véritable parole de Dieu tant qu’il


n’est pas parvenu, au cours de son développement spirituel, au
point où jamais, quelles que soient les circonstances, il ne vou-
drait tirer profit de son savoir spirituel en vue d’un gain per-
sonnel, ou pour en faire quelque mauvais usage. Quand on a
atteint ce degré de développement, ce pur état de conscience,
c’est alors que le véritable nom de Dieu est révélé. Lorsque ce
moment arrive, vous ne rendez plus de culte à un Dieu situé
dans les cieux ; vous ne vous tournez plus jamais vers un Dieu
qui récompense ou vers un Dieu dont vous redoutez le châti-
ment. Vous savez maintenant pourquoi Jésus nous a donné sa
plus haute révélation sous la forme suivante :

Je ne te délaisserai point et je ne t’abandonnerai point… (Hébreux


13 : 5) Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mat-
thieu 28 : 20)… Moi et le Père nous sommes un ( Jean 10 : 30), et ce
Père est au-dedans de moi. Je serai toujours avec vous, Je suis
puissant au centre de vous-même.

Lorsque le nom sacré et secret de Dieu – le Je – vous a été


révélé, vous avez la Parole. Le fruit de cette Parole est la grâce
de Dieu – la paix, la joie, l’harmonie et l’abondance. Avec cette
Parole sacrée et secrète derrière votre front, vous parcourez la
terre en tous sens : on vous voit comme un homme ou une

195
LETTRES DE 1983

femme ordinaire, mais votre présence est ressentie comme si


vous étiez un saint. Vous n’avez pas à recourir à la force ou à la
puissance pour vivre : vous vivez uniquement par l’Esprit de
Dieu qui est maintenant au-dedans de vous – par la parole de
Dieu, par cette Parole secrète, cette Parole sacrée, cette Parole
de puissance – non pas matérielle ou mentale, mais spirituelle.
La Parole n’a jamais à être prononcée parce qu’Elle s’annonce
Elle-même continuellement. Vous ne la prononcez pas ; vous
l’entendez et vous vous reposez sur la certitude qu’Elle vous
apporte.
Tandis que vous parcourez la terre, indemnes et en sécu-
rité dans cette Parole, les fruits apparaissent extérieurement,
selon la promesse des Écritures. Les fruits de cette Parole
constituent littéralement votre nourriture, votre breuvage,
votre logement et votre habillement. C’est votre haute tour.
Oui, Dieu est la santé de votre être entier. Vous n’obtenez pas
de Dieu la santé ; Dieu est votre santé. Dieu est votre sûreté
et votre sécurité ; Dieu est votre paix. Dieu ne vous donne
jamais rien : Dieu est toutes choses pour vous. Dieu, étant
infini, ne peut vous donner rien d’autre que Lui-même. Ceux
qui recherchent Dieu pour autre chose que le don qu’Il fait de
Lui-même cherchent mal et prient de manière erronée. Dieu
est celui qui se donne Lui-même en tant que votre vie, votre
Âme, votre esprit, votre être et même votre corps. Cherchez
Dieu ! En trouvant Dieu, vous trouverez le repos, la paix, l’har-
monie et la joie – tous les fruits de l’Esprit.
La vie de Dieu est la vie de l’homme. L’Âme de Dieu est
l’Âme de l’homme. L’Esprit de Dieu est l’Esprit de l’homme. Le
corps lui-même est le temple du Dieu vivant. Et c’est ainsi que
Dieu, le Dispensateur, apparaît sur la terre en tant que Dieu,
le Don – Dieu, le Père et Dieu, le Fils. Il n’y en a pas deux ; il
n’y en a qu’un – Dieu, le Père et Dieu, le Fils, toujours un,
jamais deux.
La parole de Dieu est au-dedans de vous et cette Parole,
vous la connaissez. Ne la prononcez pas, comme certains le

196
LES FRUITS DE L’ESPRIT

font, mais laissez-la s’exprimer en vous. Permettez-lui de vous


rassurer ainsi :

Je suis toujours avec vous. Je ne vous quitterai jamais. Si


vous traversez la vallée de l’ombre de la mort, Je serai avec
vous. Si vous établissez votre lit en enfer, J’y serai avec vous.
Où que tu ailles, J’irai. Je suis venu pour que vous ayez la vie
et que vous l’ayez en plus grande abondance.

Les fruits de l’Esprit sont ceux qui résultent de la parole


de Dieu lorsqu’elle est maintenue en vous de façon secrète,
sacrée et constante.

Compte-rendu de voyage

Notre périple, pour l’année 1958, a couvert environ 80 000


kilomètres, de Hawaï à Sydney, Melbourne et Adélaïde, dans le
Sud-Est de l’Australie et à travers le continent jusqu’à Perth,
sur le côté Ouest ; de Perth, nous sommes revenus par la Nou-
velle Zélande, puis retour à Hawaï par les Îles Fidji ; traversée
du Pacifique vers le continent américain, avec haltes pour
conférences et classes à San Diego, Oklahoma City, Toledo,
Indianapolis, Louisville, Chicago et New York ; de New York à
Londres et Manchester, en Angleterre, avec de brèves vacances
en Écosse; de Londres au continent européen – Munich, Genève,
Amsterdam et Zeist – et retour à la maison.
En Hollande, il existe un groupe de personnalités influentes
qui s’intéressent à la vie spirituelle, et tout particulièrement à
trouver des moyens d’introduire la puissance spirituelle dans
les affaires mondiales. Ces personnalités organisent une confé-
rence de trois jours, deux ou trois fois par an, avec des confé-
renciers sélectionnés dans le monde entier. La plus récente de
ces conférences s’est tenue à Zeist, en Hollande, les 29, 30 et
31 août, avec pour invités deux conférenciers d’Allemagne,

197
LETTRES DE 1983

deux d’Angleterre et moi-même ayant le privilège de repré-


senter les États-Unis.
Environ 250 personnes avaient été invitées à cette confé-
rence en raison de leur profond intérêt pour les choses de Dieu
qui sont « folie aux yeux des hommes ». Ces hommes et ces
femmes remarquables sont entièrement dévoués et consacrés
à Dieu et à l’établissement de Son règne sur la terre comme
au ciel. Mon association avec tous ceux qui assistaient à la
conférence a été l’une des expériences les plus stimulantes et
satisfaisantes pour mon âme au cours de tous mes voyages.
Tous les participants de la conférence étaient logés dans le
même hôtel et les réunions avaient lieu dans une salle de
théâtre de ce même hôtel. Pendant trois jours, nous avons vécu
dans une atmosphère de dévotion religieuse. Après chaque
réunion, un temps était consacré à la discussion et aux ques-
tions pendant lequel les invités avaient l’occasion de poser des
questions aux conférenciers et de discuter avec eux sur des
thèmes spirituels.
Nos étudiants sont naturellement conscients de ce qu’en-
gendre une atmosphère spirituellement aussi chargée chez les
personnes rassemblées et également dans le monde tout entier
qui doit ressentir son influence. Emma et moi-même n’avons
pas cessé un seul instant de ressentir cet état de conscience
élevé et c’est au cours de cette méditation en groupe que nous
avons reçu le message qui modifia toutes les dispositions que
nous avions prises pour l’automne en me renvoyant à la mai-
son pour m’y tenir tranquille pendant les quelques mois à
venir. Sous peu, une transcription de ma causerie à ce groupe
sera publiée dans la Lettre et par la suite, de temps à autre, je
partagerai avec vous davantage de ces travaux.
Immédiatement après la causerie de clôture du dimanche
matin, nous avons déjeuné à Zeist, pris ensuite l’avion pour
Londres où nous dînâmes à l’aéroport ; puis nous nous sommes
envolés sur la ligne polaire de la TWA à minuit, avec petit-
déjeuner à 20 000 pieds au-dessus du Labrador, une collation

198
LES FRUITS DE L’ESPRIT

à l’aéroport de Winnipeg, au Canada – c’est la seule escale – le


déjeuner à Los Angeles et le dîner à San Francisco.
Et maintenant, nous sommes rentrés, en raison des ins-
tructions reçues de demeurer tranquilles jusqu’à nouvel ordre;
nous sommes à la maison pour les fêtes : Jour d’Actions de
Grâces, Noël et Nouvel An.
Quelle raison le monde aura-t-il de rendre grâces cette
année ? Beaucoup de gens seront reconnaissants du fait que la
crise des affaires paraisse s’atténuer et que la menace de
guerre au Moyen-Orient semble s’estomper. Cependant, si nous
avions parmi nous l’un des prophètes de malheur des Hébreux,
il nous rappellerait probablement que l’économie mondiale ne
sera jamais normale ou satisfaisante tant que les problèmes
fondamentaux relatifs à la guerre et à sa préparation, ainsi
qu’à l’instabilité et au déséquilibre de l’économie mondiale
n’auront pas été réglés ; et que la paix ne sera jamais instaurée
sur la terre tant que des relations commerciales comparables
à celles qui existent entre les quarante-huit états de l’Union
ne seront pas établies entre toutes les nations du monde. Et
cela ne semble pas être pour demain.
Pour vous individuellement, il peut y avoir de nombreuses
raisons de vous réjouir et de rendre grâces tandis que l’année
tire à sa fin. Il pourrait être avisé de votre part de négliger les
raisons que d’autres peuvent avoir de rendre grâces et de pro-
fiter de l’occasion pour avoir une période de communion avec
Dieu, afin qu’une bonne et vraie raison d’être reconnaissant
vous soit révélée.
Pour ma part, j’éprouve beaucoup de satisfaction et de gra-
titude en cette saison des Actions de Grâce du fait que les prin-
cipes majeurs de la Voie Infinie font l’objet de démonstrations
plus importantes et plus largement répandues que par le
passé ; ils sont compris et mis à l’épreuve de manière plus
concluante que jamais par les étudiants du monde entier.
À travers les âges, le monde a recherché une puissance
supérieure grâce à laquelle il pourrait vaincre des puissances
moindres. On a toujours utilisé un pouvoir pour en évincer un

199
LETTRES DE 1983

autre, ou ses effets. La solution m’est apparue lorsqu’il m’a été


révélé que cette éternelle quête de pouvoirs de plus en plus
grands pour détruire des erreurs de plus en plus vastes n’au-
rait jamais de fin tant que le secret du non-pouvoir ne serait
pas connu. Telle est la Voie Infinie :

Ce n’est ni par la puissance, ni par la force, mais c’est par mon


esprit.
Zacharie 4 : 6
Ne craignez point et ne vous effrayez point devant cette multi-
tude nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu.
Vous n’aurez pas à combattre en cette affaire ; présentez-vous,
tenez-vous là, et vous verrez la délivrance que l’Éternel vous accor-
dera.
II Chroniques 20 : 15, 17
Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée
périront par l’épée.
Matthieu 26 : 52
C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut ; c’est
dans le calme et la confiance que sera votre force.
Isaïe 30 : 15
Fortifiez-vous et ayez du courage ! Ne craignez point et ne soyez
point effrayés devant le roi d’Assyrie et devant toute la multitude
qui est avec lui ; car avec nous il y a plus qu’avec lui. Avec lui est un
bras de chair, et avec nous l’Éternel notre Dieu, qui nous aidera.
II Chroniques 32 : 7-8
Je rends grâces à Dieu qui, par Sa grâce, m’a révélé que
« l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui
sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4 : 4).
Je rends grâces à Dieu de m’avoir révélé une manière de
vivre par la grâce et non pas soumise à la loi.

200
LES FRUITS DE L’ESPRIT

Je rends grâces de ce que la Grâce divine ait amené à la


Voie Infinie les nombreux étudiants qui sont en mesure de
prouver ses principes.
Je rends grâces de ce que la Grâce de Dieu ait révélé ces
principes à la conscience humaine et qu’ils soient en cours de
publication aux États-Unis, en Angleterre, en Hollande et en
Suisse, à l’intention de tous ceux qui, dans le monde, ont des
oreilles pour entendre et des yeux pour voir.

201
N° 48 – Décembre

L’UNIQUE GRAND MIRACLE

L es mots, prononcés ou écrits, ne peuvent jamais trans-


mettre de façon précise l’idée christique. Il n’existe aucune
manière de comprendre le Christ si ce n’est pas la capacité spi-
rituelle du discernement – c’est-à-dire par les facultés de l’Âme.
Les mots, eux, sont toujours inadéquats.
Dans les Écritures Hébraïques, le terme utilisé pour dési-
gner le Christ est Messie. Les Hébreux ont toujours attendu
la venue d’un Messie, mais nul ne sait si, au commencement,
ils attendaient un homme, ou bien s’ils comprenaient que le
terme Messie désignait une puissance, ou une présence. Mais
quel qu’ait pu être leur concept du Messie, ils connaissaient
Son rôle et ce qu’on pouvait attendre de Lui : le Messie devait
leur apporter la liberté. Cela peut être interprété comme signi-
fiant la liberté politique, puisqu’ils étaient des esclaves poli-
tiques, ou la liberté économique, puisqu’ils étaient victimes de
la pauvreté ; ou encore la liberté physique ou morale, puis-
qu’indubitablement ils étaient esclaves de leur sensualité et
des caractéristiques engendrées par les conditions dans les-
quelles ils se trouvaient. Il est possible qu’ils aient cru que le
Messie devait les libérer des influences extérieures, ou bien ils
ont pu comprendre le mot de façon plus correcte que nous ne
l’imaginons : il est possible qu’ils aient compris que le Messie
était ce qui devait les libérer d’eux-mêmes – de leur esclavage
relatif à leurs sens, leurs idées erronées et leur ignorance.

203
LETTRES DE 1983

Pour moi, le Messie est cela qui nous libère de nous-mêmes,


de notre sens limité du moi. Nous ne sommes jamais réduits en
esclavage par qui que ce soit, ou par une quelconque condition,
sauf par ce que nous avons construit ou accepté par nous-
mêmes. Nous créons nos propres conditions d’esclavage, ou
bien nous acceptons passivement ces conditions, sans réaliser
qu’il existe en nous cela qui pourrait nous libérer.
Les hébreux, cependant, en arrivèrent à attendre la venue
d’un homme. Isaïe parle de cet homme comme du prince de la
paix, du puissant Conseiller, de quelqu’un à qui on donnera le
nom de Magnifique. Chez un homme aussi éclairé qu’Isaïe, il
est possible, bien qu’il ait utilisé les termes « homme », ou « lui »,
qu’il ait fait référence, en réalité, à une Présence spirituelle, à
un Pouvoir, à Cela qui imprègne la totalité de l’être, à Cela qui
n’est jamais vu en Lui-même ni de Lui-même, mais qui est tou-
jours vu et entendu grâce à Son effet. Messie signifie Dieu avec
nous, la Présence de Dieu, l’Esprit de Dieu. Mais lorsqu’on
passe de l’hébreu au Grec, le Messie devient le Christ – le Mes-
sie étant un mot hébreu et araméen, le Christ étant le mot grec.

Le Message et le Messager deviennent Un

Pour introduire ce Christ, le Messie ou esprit de Dieu, dans


notre conscience, acceptons pour un instant le fait qu’il ne
s’agit pas d’un homme, mais qu’Il est une sorte d’impulsion spi-
rituelle, de présence, ou de pouvoir qui apparaît ou agit à tra-
vers l’homme, qui agit en tant que l’homme. C’est la raison
pour laquelle le Christ ne peut être séparé de l’homme, Jésus,
parce qu’ils sont devenus Un. On ne peut pas séparer un mes-
sage de son messager, parce qu’ils deviennent Un. Le message,
toutefois, est toujours plus grand que le messager. Avec le
temps, chaque messager disparaît de la scène visible, mais le
message demeure et est prolongé par d’autres. Si vous com-
prenez ce processus, vous ne vous trouverez jamais dans la
confusion ni dans l’erreur qui consiste à vouer un culte à un

204
L’UNIQUE GRAND MIRACLE

homme ou à une femme. Vous savez que le Christ ne pourra


jamais disparaître tant qu’il y aura un individu sur la terre à
travers lequel Il pourra se manifester ; et s’il n’y a ni hommes,
ni femmes, ni enfants sur la terre, ne soyez pas étonnés s’Il
doit alors se manifester par un rocher.
Pour certains, il est absolument indispensable que le Christ
apparaisse en empruntant le canal des mots ou des pensées ;
ainsi, il est nécessaire que le Christ Se traduise Lui-même en
tant que pensées, pour certaines personnes, alors que pour
d’autres, il doit se transmettre par l’intermédiaire de la parole.
Il y a un petit nombre, toutefois, qui n’a besoin d’aucun pro-
cessus – ni pensées, ni paroles. Ce petit nombre peut s’asseoir
en silence, dans un état de réceptivité, en ne pensant absolu-
ment à rien et recevoir alors un message. Le Christ nous unit
et crée un lien entre nous qui n’exige ni mots, ni pensées, et
cependant une compréhension s’établit entre nous – c’est une
lueur dans les yeux, le léger contact d’un doigt. C’est quelque
chose de très sacré et saint. Il y a des étudiants dans cette voie
qui l’ont expérimenté si souvent qu’ils comprennent parfaite-
ment de quoi il s’agit.
Nous devons tous parvenir finalement en ce lieu où nous
ne sommes plus ceux « qui s’appuient sur des chevaux et se fient à
la multitude des chars et à la force des cavaliers » (Isaïe 31 : 1), ceux
qui s’adressent à « l’homme dont le souffle est dans ses narines »
(Isaïe 2 : 22), ou encore à leurs propres pensées. Nous ne comp-
tons pas sur la force humaine – que ce soit la force physique ou
la puissance mentale ; nous ne comptons sur rien qui appar-
tienne au royaume de la créature (c’est-à-dire toutes choses
qui existent déjà) mais nous comptons seulement sur l’Unique
Saint d’Israël, l’Invisible Infini.
Pour les êtres humains, cela paraît très peu concret, éphé-
mère et vague, mais de moins en moins tel à mesure que cet
Invisible Lui-même devient visible et tangible. Le Christ, ou
Messie, est cette présence, cette puissance et cette influence qui
demeure au-dedans de nous tous, mais qui n’est pas à notre dis-
position avant que nous en ayons fait la démonstration : le

205
LETTRES DE 1983

Christ est dans le saint et dans le pécheur; le Christ est dans


l’homme malade et dans l’homme bien portant ; le Christ est
dans la conscience du pauvre comme dans celle du riche, qu’il
soit blanc ou noir, ou jaune, parce que le Christ est l’omnipré-
sence : elle est connue des Chinois sous le nom de Tao, des Hin-
dous sous le nom de Brahma, des Hébreux sous celui d’Emma-
nuel, des Chrétiens sous celui de Christ ; mais il s’agit toujours
d’une seule et même chose – la présence de Dieu en nous.

La guérison est le signe du miracle

Le Christ, quoi qu’Il soit toujours présent, n’est pas acces-


sible à l’homme de ce monde tant que cet homme ne s’est pas
élevé au-dessus d’un état de dépendance envers ce qui est
visible et tangible au sens humain et n’a pas appris ce que
signifie la transcendance, c’est-à-dire ce qui est invisible pour
les yeux, inaudible pour les oreilles et cependant réel, intense
et puissant. Notre travail consiste à ouvrir notre conscience au
Christ. Lorsque le Christ est réalisé, nous nous trouvons dans
une plus grande harmonie quant à notre esprit, notre corps,
nos affaires, nos ressources et notre foyer. De même, nous
découvrons que nous sommes capables, tout comme l’étaient
le Maître et les disciples, de conférer cette guérison dans une
certaine mesure à tous ceux qui sont réceptifs et prêts à répon-
dre – non pas à tout le monde, cependant, parce qu’il y a ceux
qui recherchent uniquement les pains et les poissons, unique-
ment une meilleure condition physique, et bien que certains
d’entre eux soient guéris, ce n’est pas avec ceux-là que nous
accomplissons notre meilleur travail.
La guérison est de la plus haute importance dans le travail
de la Voie Infinie car, bien que la guérison ne constitue pas le
but de notre travail, elle est le signe qui suit la réalisation et la
démonstration du Christ. Lorsqu’au moyen de l’étude, de la
lecture, de la prière, de la méditation et de la communion avec
Dieu, vous vous élevez jusqu’à un état de conscience dans

206
L’UNIQUE GRAND MIRACLE

lequel le Christ devient une réalité – devient tangible – vous


vous apercevez que le Christ prend votre vie en charge, se por-
tant littéralement au-devant de vous pour redresser les che-
mins tortueux, marchant littéralement à vos côtés, invisible et
pourtant si tangible que vous savez que cette Présence vous
accompagne et vous en ressentez les effets dans votre vie.
C’est cette Puissance, reconnue et réalisée, qui accomplit
l’œuvre de guérison : l’œuvre de guérison ne s’accomplit pas
grâce à la connaissance de la vérité, mais la connaissance de la
vérité est une préparation conduisant à la guérison ; elle
conduit à cet état de conscience dans lequel nous devenons
réceptifs au Christ. L’œuvre de guérison, toutefois, s’accomplit
uniquement dans la fraction de seconde où le Christ est mani-
festé, à l’instant où ce sentiment de certitude ou de soulage-
ment s’installe en nous.
La méthode de guérison de la Voie Infinie n’implique pas
d’inviter le patient à être autre que ce qu’il est ; autrement dit,
on ne l’invitera pas à être plus aimant ou plus équitable, ou
plus moral, ou quoi que ce soit d’autre. On le prend exactement
là où il se trouve, on l’accepte comme il est et l’on permet au
Christ de pénétrer dans sa conscience pour y opérer la trans-
formation, au lieu de faire dépendre la guérison des efforts du
patient pour devenir meilleur être humain. Il n’y a rien de mal
à fournir un effort sur le plan humain pour devenir meilleur, et
nous le faisons toujours dans une certaine mesure, mais aucune
somme d’efforts humains pour s’améliorer ne transformera la
vie de quelqu’un. Pour obtenir ce résultat, cette plus grande
Puissance qu’est le Christ doit trouver accès dans la conscience.
C’est dans ce cas seulement que la transformation prend place
effectivement.

La dévotion est requise

Saül de Tarse était un homme de grande valeur, un homme


qui consacrait ses jours et ses nuits à méditer sur Dieu, pro-
fondément religieux, croyant en Dieu, craignant si fort pour le

207
LETTRES DE 1983

royaume de Dieu qu’il était disposé à presque n’importe quoi


pour protéger son Dieu et les coutumes de sa religion. Sa pas-
sion pour Dieu était si intense qu’il ne voulait tolérer aucun
obstacle à sa réalisation de Dieu. Dans le feu de son zèle, la
réalisation se produisit : il fut frappé de cécité par une immense
force lumineuse, après quoi, lui qui avait persécuté les Chré-
tiens devint l’un des plus grands apôtres du christianisme.
Toutes les années qu’il avait consacrées à s’instruire au sujet
d’un Dieu inconnu, d’un Dieu « que vous révérez sans le con-
naître » (Actes 17 : 23), comme il l’a défini lui-même plus tard –
toutes ces années de dévotion zélée et presque fanatique à Dieu
lui furent profitables.
Il en est de même pour nous. Chaque affirmation que nous
ayons jamais faite (ou chaque dénégation), chaque pensée juste
que nous avons entretenue, chaque tentative de nous amélio-
rer, ont été une aide sur notre chemin. Si nous persévérons
dans cette voie, avec suffisamment de dévotion, nous parvien-
drons à ce niveau où nous serons frappés, nous aussi, par la
lumière de la Vérité et, dans cet éclair aveuglant, nous sau-
rons que le Christ existe en tant que réalité vivante. Le Christ
n’est pas la pensée juste ; le Christ n’est pas la connaissance
de la vérité ; le Christ n’est pas davantage un livre traitant de
la vérité : le Christ est une réalité vivante et concrète que per-
sonne n’a jamais été en mesure d’expliquer jusqu’ici, mais que
beaucoup de gens ont été capables d’entretenir en eux-mêmes
en en faisant l’expérience.
Lorsque nous n’avons plus confiance dans « les chevaux et
les cavaliers égyptiens », lorsque nous n’avons plus confiance
dans les épées ou dans les remèdes matériels ou dans les pen-
sées, ou dans quoi que ce soit appartenant au monde visible
ou tangible, il arrive un moment où nous n’avons plus rien à
quoi nous raccrocher. C’est à ce moment-là que, dans notre
désespoir, nous crions, à l’instar de Marie : « ils ont enlevé mon
Seigneur ! » ( Jean 20 : 13). Le jour est alors arrivé ! C’est le
moment glorieux, le moment où nous n’avons plus de Seigneur
– plus rien à quoi nous raccrocher, plus une pensée à mainte-

208
L’UNIQUE GRAND MIRACLE

nir ou entretenir, plus une croyance. Rien ne subsiste de ce en


quoi nous avions eu foi. C’est là le moment le plus glorieux de
toute notre carrière car, lorsque tous les «chevaux et cavaliers»
tangibles nous ont été enlevés, lorsque tous nos fusils et toutes
nos bombes ont disparu et que toutes nos « pensées positives »
ont échoué et qu’il ne nous reste plus rien, plus aucune chose,
c’est alors que nous avons le Christ. C’est l’heure où l’Esprit
prend la relève en disant : « M’avez-vous oublié ? Je suis encore
avec vous. Si vous tombez à l’eau, vous ne serez pas noyé ; si
vous traversez les flammes, elles ne vous brûleront pas. Je ne
vous délaisserai point, ni ne vous abandonnerai. Avant qu’Abra-
ham fût, Je suis. Je serai avec vous jusqu’à la fin du monde. »
Et nous répondons : « J’ai tout oublié au sujet du Je. J’étais
à la recherche d’une pensée ; je recherchais une affirmation de
vérité ; je recherchais un bon praticien ; j’étais en quête d’un
enseignement nouveau. » Mais – « Oui, Je sais que vous étiez là,
et Je me tenais derrière vous – Je, toujours Je. Je – au milieu
de vous – suis puissant. Je suis le Seigneur Dieu d’Israël, le
Christ Lui-même, ou encore le Fils de Dieu en vous. »
« Oui, le Je au milieu de moi est puissant. Paul vit « un
homme en Christ… si ce fut dans son corps… si ce fut hors de son
corps, je ne sais » (Corinthiens 12 : 2). Sous une forme physique
ou non, je ne saurais le dire, mais j’ai vu cette Créature. Je ne
sais même pas si elle était extériorisée : cela peut s’être pro-
duit à l’intérieur de mon propre être. »
« Et c’était ainsi parce que Je ne sors jamais de vous-même.
Je ne deviens jamais extérieur à vous. Je est la conscience
même de votre propre être. Je est votre Âme, Je est le pain, la
nourriture et le vin. Je au milieu de toi EST. J’ai une nourri-
ture que le monde ne connaît pas. Je peux vous donner de l’eau,
de l’eau vive. Je suis le pain de vie. »
Pensez-y uniquement : Je est cela – alors que nous l’avons
recherché dans un livre; nous l’avons recherché dans un homme ;
nous l’avons espéré de quelque enseignement. Les anciens
Hébreux commirent l’erreur de croire que le Messie serait un
homme au lieu de réaliser que le Messie viendrait sous la

209
LETTRES DE 1983

forme d’un homme, en tant que messager leur apportant la


connaissance consciente et vivante du Christ. Après la dispa-
rition de Jésus, trente années s’écoulèrent avant que la lumière
du Christ inonde Paul et ce fut quatre-vingt-dix ans après que
le Maître eut disparu de la terre que Jean de Patmos, le plus
grand interprète du Christ, le meilleur témoin vivant de Christ
à notre connaissance, eut sa vision du Christ. Ils ont fait cette
expérience uniquement parce que le Christ, le Je, est toujours
présent, omniprésent.
Je étais omniprésent en Paul ; Je étais omniprésent en
Jean ; et Je suis omniprésent dans chaque saint et chaque
pécheur sur la terre, attendant d’abord d’être reconnu, puis
accepté. Nous prenons conscience de la présence du Christ en
proportion des moments de réceptivité silencieuse dont nous
faisons l’expérience. Aucune personne qui ne se réservera pas
un temps suffisant, de jour comme de nuit, même si ce temps
peut être divisé en périodes de seulement deux ou trois minu-
tes chacune, ne pourra devenir réceptive et sensible à la pré-
sence du Christ – sauf en cas de terrible danger. J’espère qu’au-
cun de nous n’aura à attendre de se trouver en quelque prison,
ou aux portes de la mort, pour s’ouvrir au Christ.
Nous avons la même opportunité d’avoir sa révélation inté-
rieure que n’importe qui d’autre. Vous pouvez prétendre que
quelqu’un d’autre a davantage de loisirs. Vous pourriez même
prétendre que j’en ai plus le loisir que vous. Mais je n’ai pas
trouvé le Christ dans mes moments de loisir. Lorsque j’étais
dans le monde des affaires, soit sur la route à vendre des mar-
chandises, ou voyageant en Europe pour en acheter, je devais
trouver du temps pour la lecture et l’introspection. J’étais
occupé, aussi occupé que n’importe lequel d’entre vous, mais
j’ai dû apprendre à faire passer en premier ce qui est essentiel.
C’est une leçon que nous avons tous à apprendre. Nous trou-
vons toujours le temps de faire les choses que nous désirons
réellement faire. Si votre faim de Dieu est suffisante, vous trou-
verez vous aussi le temps nécessaire pour prier Dieu de vous
montrer le chemin, et une large route s’ouvrira devant vous.

210
L’UNIQUE GRAND MIRACLE

Vous découvrirez qu’avec ces périodes fréquentes de médi-


tation, avec une pratique suffisante, cela se produira finale-
ment : un éclair de quelques secondes jaillira, comme ce fut le
cas pour Paul, probablement à un moindre degré, mais peut-
être à un degré supérieur, parce qu’il n’existe pas de limites,
excepté celles de notre réceptivité. Cela se produira! Et lorsque
cela se produira, vous saurez ce que je veux dire en déclarant
que le Christ est notre salut, que le Christ est notre santé, notre
ressource, notre guide qui nous dirige et nous protège. Le Christ
est tout en tout pour nous lorsque nous avons réalisé le Christ.

Le Christ est le miracle

Ceux qui ont fait l’expérience du Christ savent déjà que


c’est une expérience miraculeuse et qu’il en résulte des miracles.
Beaucoup de personnes, même engagées dans ce travail, ne
croient pas aux miracles. Elles ne peuvent accepter que les
miracles soient une possibilité ou un fait. Nombreux parmi
vous sont ceux qui ont suivi un enseignement métaphysique
pendant les dix, quinze ou vingt dernières années et qui n’ont
jamais fait le décompte du nombre de jours, si minime, où ils
ont été malades, ou des nombreuses fois où ils ont été rapide-
ment guéris sans intervention chirurgicale, sans médecine et,
en outre, sans les charges financières qu’entraînent fréquem-
ment les soins médicaux…
Si ce n’est pas là un miracle en lui-même et par lui-même,
qu’est-ce donc ? Combien de vos enfants ont évité les maladies
infantiles ? Si vous vous rappelez le degré d’immunité dont
vous avez fait l’expérience dans ces domaines et en d’autres,
vous constaterez que des miracles se produisent pour vous tous
les jours. Si un simple mal de tête est guéri, c’est en soi un
miracle. Pourquoi ? Parce que cela a été accompli par quelque
chose que personne au monde n’a jamais été capable d’expli-
quer. Chaque fois que le plus petit bobo est guéri spirituelle-
ment, vous avez été témoin de la présence de Dieu, de l’acti-
vité du Christ. C’est cela, le miracle.

211
LETTRES DE 1983

La guérison n’est pas le miracle: c’est le fait que nous ayons


fait l’expérience de l’activité du Christ qui constitue le miracle.
Nous avons pensé que l’ouverture de la Mer Rouge était le
miracle ; nous avons pensé que la multiplication des pains et
des poissons était le miracle. Non, il ne s’agissait que de l’effet
du miracle : le miracle, c’était l’omniprésence du Christ ; le
miracle consistait à être témoin de l’activité du Christ dont le
résultat fut la multiplication des pains et des poissons ou la
guérison. Le miracle, c’est l’expérience du Christ. Ce qui se pro-
duit dans l’existence humaine n’est que le résultat du miracle.
Ne vous attendez pas à voir les résultats du miracle tant que
vous n’avez pas fait l’expérience du miracle lui-même – miracle
qui consiste à faire l’expérience du Christ !
C’est la raison pour laquelle tant de gens passent à côté du
miracle : ils croient qu’une guérison est un miracle. La guérison
spirituelle ne peut avoir lieu sans l’activité du Christ. Le Christ
est le miracle ; la guérison est du domaine de l’inévitable. Tout
ce qui arrive après l’expérience du Christ est inévitable – une
meilleure santé, des richesses plus abondantes, une plus
grande sécurité, une plus grande abondance de toutes choses.
Le miracle est la démonstration et l’expérience du Christ.
Lorsque vous en aurez fait l’expérience, vous serez témoin d’un
miracle tel que personne au monde ne voudra le croire excepté
ceux qui l’ont eux-mêmes expérimenté.
Ces premiers Chrétiens qui se trouvaient en prison et dont
les chaînes tombèrent firent l’expérience du Christ : ce fut le
Christ, un invisible Rien, qui brisa leurs chaînes. C’était cela,
le miracle – l’Invisible qui entra en action! Daniel dans la fosse
aux lions – était-ce un miracle ? Non, mais ce qui a fermé la
gueule des lions était le miracle. Une fois la gueule des lions
fermée, il n’y avait rien de miraculeux dans la présence de
Daniel en cet endroit. Vous et moi pourrions également nous
y trouver si nous possédions quelque chose qui puisse fermer la
gueule des lions. Qui a peur des lions, lorsque leurs gueules
sont fermées ?

212
L’UNIQUE GRAND MIRACLE

Comprenez-vous ce qu’est le miracle ? Le miracle est le


Christ. Tout le reste n’est que l’effet de ce grand et unique
miracle. Ne vous souciez jamais de faire une démonstration.
Ne vous attendez jamais à un signe. Ne recherchez aucun sym-
bole extérieur. Ne vous préoccupez que d’une seule chose –
faire l’expérience du Christ. Faites de la place dans votre cons-
cience pour y recevoir l’influx christique, car lorsqu’il viendra,
vous serez en mesure de dire avec Paul : « Et si je vis, ce n’est plus
moi qui vis, c’est Christ qui vit » (Galates 2 : 20) ma vie. Le Christ
est le chemin ; le Christ est la vérité ; le Christ est le remède ;
le Christ est le pain ; le Christ est le vin ; le Christ est l’eau.
Démontrons le Christ sur la terre et nous aurons la paix
sur terre. Mais n’essayez pas d’obtenir le miracle de la paix sur
la terre sans le Christ, parce que cela ne peut se produire. N’es-
comptez aucune espèce de paix entre des individus ; n’escomp-
tez même pas de trouver la paix en vous-même. Vous pourriez
être tout seul sur une île déserte et cependant endurer une tor-
ture. Mais si vous avez le Christ, vous vous trouverez en paix.
Tant que le Christ n’est pas né, il ne peut y avoir de paix.
Nous devons placer notre foi dans le Christ, non pas dans
un homme ou une femme, quels qu’ils soient, non pas dans
quelque chose d’extérieur à nous. Notre foi doit s’adresser à
l’Invisible. Notre foi peut, au début, s’adresser au Christ invi-
sible de Jésus, d’Isaïe, de Jean, ou de quiconque donnant à
l’évidence des preuves de la présence du Christ. Ces grandes
lumières spirituelles sont des guides, mais finalement nous
devons revenir au Christ de notre propre être : Je, Lui-même,
est le chemin : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » ( Jean 14 : 6).
C’est cela qu’est Je, le Je de vous et le Je de moi.

NOTES BRÈVES

Noël offre une occasion spéciale de faire des cadeaux pour


exprimer de façon manifeste un amour et une reconnaissance
intérieurement ressentis. Je m’en réjouis personnellement,

213
LETTRES DE 1983

mais ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est d’associer cette


période de l’année avec la vie, le message et la mission de
Jésus-Christ. Pendant cette période, je passe de nombreuses
heures de la journée et de la nuit en méditation ; et souvent,
je « ressens » la présence de l’instructeur de Nazareth.
Des miracles se produisent de nos jours dans le monde – et
le monde n’en sait rien. La grâce de Dieu a envoyé des hom-
mes et des femmes sur la terre à toutes les époques pour faire
connaître au monde le miracle de la grâce. Vous pouvez voya-
ger n’importe où dans le monde – aujourd’hui, la terre est rem-
plie de Sa gloire. Sa présence brille sur les visages des hom-
mes et des femmes de toute contrée, de sorte que l’avènement
tant attendu de la liberté spirituelle ne saurait être lointain.
Les journaux ne font état que des sombres nuages des sens
qui se meuvent devant les corps célestes. Le bien fait rarement
l’objet des nouvelles. Pour Le contempler – cheminant sur la
terre, arpentant les cieux, remplissant les esprits et les corps
des hommes, il est nécessaire d’ouvrir l’œil intérieur et l’oreille
intérieure, afin de voir ce qui se passe dans les coulisses.
Au cours de l’un de mes récents voyages, j’ai rencontré une
femme vers qui les gens venaient par milliers, à tel point
qu’elle ne pouvait accorder que deux minutes à chacun, et pour-
tant les bénédictions et les guérisons s’écoulaient d’elle comme
le sable dans un sablier. Le miracle n’est pas constitué seule-
ment par cette femme – bien qu’elle soit en elle-même un vrai
miracle – mais le miracle réside dans le fait que des milliers de
personnes dans le monde soient suffisamment branchées spi-
rituellement pour découvrir son existence. J’ai rencontré un
homme inspiré de Dieu à un tel degré que des milliers d’êtres
ont désobéi aux ordres de leur église pour se rassembler autour
de lui et recevoir la grâce de Dieu qui s’écoulait à travers lui ;
et des pasteurs ont désobéi à leurs supérieurs en ouvrant les
portes de l’église qui avaient été fermées, afin qu’il puisse assis-
ter les malades, les affamés et les démunis.
Jamais peut-être dans toute l’histoire humaine tant de doc-
teurs, de psychologues et de psychiatres ne sont venus dans

214
L’UNIQUE GRAND MIRACLE

les centres spirituels du monde à la recherche de ce pain qui


descend des cieux. Jamais peut-être autant de responsables de
gouvernements n’ont été disposés à écouter et à lire ce qui a
trait à la Puissance qui n’est pas un pouvoir s’exerçant sur
quelque chose ou quelqu’un, mais qui n’est rien d’autre que le
pouvoir de la grâce.
Le miracle lui-même est que tant de gens se détournent de
la lettre morte que sont les rites et les cérémonies pour recher-
cher les eaux vives qui jaillissent perpétuellement des Âmes
des illuminés. De même que les saints orientaux sont honorés,
respectés et vénérés, de même aujourd’hui je constate que le
miracle d’être reconnus est accordé aux illuminés d’Occident.
Nous avons tous besoin de perdre cet orgueil intellectuel
qui nie les miracles, pour devenir suffisamment pareils à des
enfants afin de contempler les miracles qui remplissent la terre
en ce moment même – non seulement les miracles de la tech-
nique, si miraculeux soient-ils, mais aussi le grand miracle, le
miracle de la grâce de Dieu régénérant les esprits et les corps
malades et suscitant des hommes nourris par la vision spiri-
tuelle du monde afin de créer un nouveau type de gouverne-
ment.
La guérison spirituelle ne résulte pas tant de ce que vous
savez que de ce que vous ressentez. C’est le lâcher-prise mental
qui rejette luttes et conflits pour laisser la grâce de Dieu se
révéler. Le plus grand miracle dans les cieux ou sur la terre,
c’est la grâce de Dieu. La guérison spirituelle ne se produit « ni
par la puissance, ni par la force » (Zacharie 4 : 6), mais par la grâce
de Dieu ; la sagesse spirituelle ne se développe pas « à force de
souci » (Matthieu 6 : 27), mais par la réalisation de Sa présence.
« Vous n’aurez point à combattre en cette affaire » (II Chroniques
20 : 17) car « là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté » (II Corin-
thiens 3 : 17). Dans la présence même de Dieu est la plénitude
de la vie.
Dans cette Lettre, vous avez eu connaissance du miracle de
ma vie – l’expérience du Christ Se révélant Lui-même comme
une Présence vivante. Vous apprenez ici comment la conscience

215
LETTRES DE 1983

de cette Présence devient la nouvelle dimension de la vie, le


Christ, et comment Elle se manifeste sous la forme de notre
bien quotidien. Ma grande joie dans tout cela, c’est que l’Ex-
périence me soit venue à une époque où je vivais l’existence
humaine normale d’un homme d’affaires, avec la plupart de
ses défauts humains et son peu de vertus, bien que la profon-
deur de mon désir de connaître Dieu n’ait sans doute pas été
étrangère à l’expérience.
Ma joie la plus intense se produisit plus tard lorsque je réa-
lisai que tous les hommes peuvent faire l’expérience de Dieu, si
toutefois ils Le cherchent vraiment, au lieu de rechercher ce
qui peut être obtenu par son intermédiaire. Tel est le secret.
Approfondissez tout cela pendant la saison des fêtes, alors que
Son esprit plane à proximité de ce monde, prêt à y pénétrer –
si seulement nous l’invitons à entrer.
Je ne puis laisser passer le mois de décembre sans vous
parler de la profondeur de mon amour et de mon cœur rempli
de gratitude pour tous ceux d’entre vous qui constituez ma mai-
sonnée. Mais je sais que vous me comprenez.

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