L'appareillage Des Amputations Des Membres en Traumatologie
L'appareillage Des Amputations Des Membres en Traumatologie
UNIVERSITE MOHAMMED V
THÈSE
JURY
M. [Link] Président
Professeur de traumatologie orthopédie
M. [Link] Rapporteur
Professeur de traumatologie orthopédie
M. MY .[Link]
Professeur de traumatologie orthopédie Juges
M [Link]
Professeur Agrégé en chirurgie réparatrice et plastique
1
JE DEDIE CETTE THESE …
2
A MA GRAND MERE
A TOUTE MA FAMILLE
A MA BELLE FAMILLE
A MES AMIS
3
A
4
REMERCIEMENTS
5
A NOTRE MAITRE ET PRESIDENT DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR HERMAS
MOHAMED
PROFESSEUR DE TRAUMATOLOGIE ORTHOPEDIE
CHU IBN SINA-RABAT
6
A NOTRE MAITRE ET RAPPORTEUR DE THESE
MONSIEUR LE PROFESSEUR KHERMAZ MOHAMED
PROFESSEUR DE TRAUMATOLOGIE ORTHOPEDIE
CHU IBN SINA-RABAT
7
A NOTRE MAITRE ET JUGE
8
A NOTRE MAITRE ET JUGE
MONSIEUR LE PROFESSEUR MOUSTAINE.
LE PROFESSEUR AGREGE EN TRAUMATOLOGIE
ORTHOPEDIE
CHU IBN SINA-RABAT
9
A NOTRE AMI ET COLLEGUE DR HOMRANI JALAL
RESIDANT EN TRAUMATOLOGIE ORTHOPEDIE
CHU IBN SINA-RABAT
10
Sommaire
INTRODUCTION ............................................................................................................................................ 14
I-OBSERVATIONS : ................................................................................................................................... 40
11
II-APPROCHE EPIDEMIOLOGIQUE DES AMPUTATIONS DES MEMBRES : ................................... 42
CHIRURGIE DE L’AMPUTATION................................................................................................................ 47
II- les differents techniques chirurgicales et les niveaux des amputations ................................................... 49
II Les principaux composants prothétiques pour l’amputation des membres superieur ................................. 84
III Les prothèses du membre supérieur par niveau d’amputation ............................................................... 102
12
III-3 - Prothèse de l’amputation de l'avant-bras ...................................................................................... 104
III-6- Prothèses pour désarticulation de l'épaule et les amputations interscapulothoraciques ................ 108
I-1 Les facteurs intervenants dans les manifestations psychiques de l'amputé : ..................................... 152
II-1 Systèmes internationaux de prise en charge sociale des amputés : .................................................. 155
II-2 Organisation nationale de prise en charge des amputés du membre ............................................ 156
III Texte de loi régissant la prise en charge des appareils de prothèse : ..................................................... 160
13
INTRODUCTION
14
Durant de nombreux siècles, les amputations ont été pratiquées dans un
contexte d’engagement du pronostic vital.
Le sacrifice du membre était le prix à payer pour conserver la vie.
Bienheureux étaient ceux qui survivaient au traumatisme ou à la maladie
causals.
La pauvreté des moyens techniques qui était disponible alors pour remplacer
le membre manquant limitait beaucoup les ambitions. Le statut d ’« invalide »
était la seul consolation ces amputés, pour la plupart blessés au combat.
De nos jours, le contexte est diffèrent. Les progrès réalisés en médecine et en
chirurgie ont permis de repousser de plus en plus les indications d’amputation.
La décision d’amputation s’inscrit désormais dans une démarche thérapeutique
éclairée par des évaluations raisonnables des avantages et des défauts des
différentes solutions envisagées.
Les techniques chirurgicales sont plus codifiées, la nature des séquelles liées à
chaque niveau d’amputation sont bien identifié permettent de proposer au
patient des interventions qui aideront à améliorer la fonction future du membre
résiduel.
L’information du patient et de sa famille, la prévention et la prise en charge
des conséquences physiques et psychiques font désormais partie intégrante du
traitement
L’appareillage des membres est devenu, plus léger, plus résistant par
l’utilisation de nouveaux matériaux, et plus fonctionnel avec l’apparition de
nouveaux composants et systèmes de contrôle.
Dans le processus qui mène de l’amputation à l’appareillage, le médecin garde
un rôle primordial, et une meilleure connaissance des progrès réalisés
récemment en matière d’appareillage, lui est indispensable tant pour la prise
de décision, que pour l’information du patient
15
RAPPEL
ANATOMIQUE
16
Pour une meilleure compréhension du sujet, il est nécessaire de commencer
par un petit rappel de l’anatomie des membres supérieurs et inférieurs.
a- les os de la carpe :
Ils sont au nombre de huit, articulés les uns aux autres. Ils présentent
grossièrement six faces
b- Métacarpe (paume) :
La paume de la main est composée de cinq métacarpiens disposés en éventail
à partir du poignet. Ce sont des os longs, pairs et symétriques. Le troisième
est le plus long et définit l’axe de la [Link] présente une tète, une base,
articulaire et un corps triangulaire
17
c- les phalanges :
Ce sont des os longs, pairs et symétriques qui prolongent les métacarpiens : au
nombre de deux pour le pouce et de trois pour les autres doigts (phalange
proximale ou P1, phalange moyenne ou P2 ou phalangine, phalange distale ou
P3 ou phalangette).
Elles sont formées d’un corps demi-cylindrique dont la face palmaire est plane
et dont la face dorsale est convexe.
18
Figure 1 Représentation du squelette et des articulations du membre supérieure
19
I-2 -LES MUSCLES DU MEMBRE SUPERIEUR :
a- L'épaule :
Les muscles de l’épaule sont divisent en quatre groupes :
20
Le plan profond est constitué par le muscle long fléchisseur propre du
pouce, le fléchisseur commun profond des doigts et le carré pronateur.
les muscles de la région postérieure de l’avant bras sont formés par :
Un plan superficiel contenant le cubital postérieur, l'extenseur propre du
5ème doigt, l'extenseur commun des doigts et le muscle anconé.
Un plan profond constitué par le long abducteur du pouce, le court
extenseur du pouce, le long extenseur du pouce et l'extenseur propre de
l'index.
d- Le poignet et la main :
La main est caractérisée par sa richesse tendineuse et musculaire
expliquant l'extrême finesse et la précision de ces mouvements ainsi on
distingue :
Le ligament annulaire du carpe, l'aponévrose palmaire superficielle,
l'aponévrose palmaire profonde, le tendon du muscle fléchisseur commun
superficiel des doigts, les muscles lombricaux, les muscles interosseux
palmaires, le court abducteur du pouce, le muscle opposant du pouce, le court
fléchisseur du pouce. L'adducteur du pouce, l'adducteur du petit doigt, le court
fléchisseur, l'opposant du petit doigt, les tendons extenseurs des doigts et
l'extenseur propre du 5ème doigt.
21
de la paroi thoracique et de la poitrine ; l’artère; l’artère sub-scapulaire
destinée a la scapula, à la partie dorsale de la paroi brachiale.
Les artères circonflexes antérieure et postérieure de l'humérus, qui s'enroulent
autour du col chirurgical de l'humérus et concourent à l'irrigation de
l'articulation de l'épaule et du muscle deltoïde.
A partir de l'aisselle, l'artère prend le nom d'artère brachiale.
L'artère ulnaire dessert la face interne de l'avant bras, les doigts III à V et la
face interne de l'index.
22
Dans sa partie proximale, l'artère ulnaire émet une courte branche, l'artère
interosseuse commune, qui chemine entre le radius et l'ulna pour irriguer les
fléchisseurs et les extenseurs profonds de l'avant bras.
23
b- Les veines du membre supérieur :
Les veines profondes des membres supérieurs suivent des artères qui portent
les mêmes noms qu'elles, à l'exception des plus grosses. Toute fois, la plupart
de ces veines sont paires et cheminent le long des artères correspondantes.
Le nerf médian est formé par l'anastomose du faisceau médial (C8 et Tl) et du
faisceau latérale (C5 à C7).
Le nerf médian parcourt le bras jusqu'à la partie antérieure de l'avant bras ou il
émet des ramifications dans la peau et dans la plupart des muscles fléchisseurs
au niveau de la main il innerve cinq muscles intrinsèques de la partie latérale
de la paume
24
Le nerf médian stimule les muscles responsables de la pronation de l’avant
bras, de la flexion du poignet et des doigts et de l'opposition du pouce.
Les lésions du nerf médian entravent l'opposition du pouce à l'index et, par
conséquent, la préhension des petits objets.
25
- Les lésions du nerf radial empêchent le mouvement de la main au niveau du
poignet : cette affection est appelée main tombante, ou main en col de cygne.
26
Figure 3 squelette du membre inferieur
27
II.2- LES MUSCLES DU MEMBRE INFERIEUR :
Ils se répartissent en quatre groupes :
Les muscles du bassin : Le psoas et les muscles de la région fessière
Les muscles de la cuisse, sont réparties en trois groupes distinct :un groupe
antérieure ou groupes des muscles extenseurs, un interne et un postérieur
formé par le demi-tendineux, le demi membraneux et le biceps.
Les muscles de la jambe (antérieurs, externes et postérieurs profonds et
superficiels
Les muscles du pied qui se répartissent en muscles de la région dorsale et
en muscles de la région plantaire.
II.3- LES VAISSEAUX, NERFS ET LYMPHATIQUES :
a- les artères :
La vascularisation artérielle du membre inférieur à deux sources principales.
a-l Les branche pariétales extrapelviennes de l'artère hypogastrique ou
de l’artère iliaque, ces dernières se distribuent à la région fessière, à la
hanche et à la racine du membre inférieur.
a-2 L'artère fémorale : qui représente l'artère principale du membre inférieur,
en descendant dans la partie antéro-interne de la cuisse, l'artère fémorale
donne des ramifications dans les muscles de la cuisse.
Sa plus grosse branche profonde est l'artère profonde de la cuisse, principale
artère desservant les muscles de la cuisse (muscles de la loge postérieure,
quadriceps et adducteurs).
Les branches proximales de l'artère profonde de la cuisse, les artères
circonflexes latérales et médiales de cuisse, entourent le col du fémur.
Au niveau de genou, l'artère fémorale passe dans un orifice appelé hiatus
tendineux de l'adducteur, poursuit sa course derrière le genou et entre dans le
creux poplité, où elle prend le nom d'artère poplité. L'artère poplitée chemine
sur la face postérieure du membre inférieur, elle contribue à une anastomose
artérielle qui irrigue la région du genou.
28
Elle donne ensuite les artères tibiales antérieure et postérieure. L'artère tibiale
antérieure descend dans la loge antérieure de la jambe, ou elle alimente les
muscles extérieurs, à la cheville, elle devient, l'artère dorsale du pied, qui émet
les artères métatarsiennes dorsale dans le métatarse. L'artère dorsale du pied se
termine en pénétrant dans la plante du pied où elle forme la partie médiale de
l'arcade plantaire.
b- Les veines :
Les veines du membre inférieur se répartissent en deux groupes :
29
La petite veine saphène court le long de la face externe du pied qu’elle pénètre
pour drainer les fascias profonds des muscles du mollet. Au genou, elle se jette
dans la veine poplitée.
c- les lymphatiques :
Les lymphatiques du membre inférieur comprennent des ganglions et des
vaisseaux lymphatiques qui se rendent à ces ganglions.
Sont satellites des vaisseaux sanguins profond du membre, ils drainent tous les
organes sous aponévrotique du membre ainsi que les muscles de la fesse.
d- les nerfs :
L'innervation du membre inférieur provient des branches collatérales et
terminales des plexus lombaire et sacré. Les branches collatérales se
distribuent au bassin et à la partie proximale du membre inferieur. Elles
30
assurent particulièrement l'innervation motrice et sensitive des régions
fessières et inguinales.
Les branches terminales innervent presque entièrement les régions
antérieures et postérieures du membre inférieur.
31
RAPPEL
ANATOMO-
PATHOLOGIQUE
32
L’indication d’une amputation d’un membre s’impose aux médecins devant
de nombreuses étiologies : traumatisme, ischémie, diabète ou cancer
Dans ce chapitre les caractères anatomo-pathologiques de chaque cause seront
brièvement discutés.
33
douloureux du fait d'une mauvaise section du nerf, entraînant un névrogliome
cicatriciel.
des brûlures : dans ce cas La peau d'un moignon brûlé est généralement de
mauvaise qualité : elle présente sur une surface plus ou moins grande un
aspect violacé, irrégulier, épaissi avec parfois la présence de cicatrices
chéloïdes apparaissant en raison des greffes ou même spontanément. Il
existe souvent une adhérence aux plans profonds provoquant l'apparition
de fissures, d'ulcérations, de rétractions musculaires. L'appareillage d'un tel
moignon est extrêmement délicat.
34
une bonne fonction secondaire avec prothèse, sans faire courir au malade le
risque d’une récidive de suppuration
35
La fréquence des grandes agénésies des membres semble se situer autour de
10 à 15 cas pour 100 000 naissances. Et on a estimé que dans chaque 1000
naissances [9],naissances, il y a un enfant qui a une déformation du membre
supérieur ou inférieur (63% déformation du membre supérieur, 15%
déformation du membre inférieur, 18% mixte).
Classification :
36
possibilités chirurgicales et des perspectives d'appareillage avec tous les
membres de l'équipe de réadaptation.
37
MATERIEL D’ETUDE
Nous ne pouvant entamer notre étude sur les prothèses des amputations des
membres sans avoir explorer au préalable les possibilités d’appareillages
38
disponibles dans les différents centres de rééducations et d’appareillage
orthopédiques :
– Le centre de rééducation et d’appareillage de l’hôpital El Ayachi, c’est
le centre d’appareillage du ministère de la santé à Rabat
Pour cela nous avons sélectionnés un certain nombre de patients dans un but
strictement représentatif en fonction du membre amputé, du niveau
d’amputation et de la solution prothétique
39
I-OBSERVATIONS :
I-1 LES AMPUTATIONS DES MEMBRES SUPERIEURS :
l’observation 1 2 3 4 5 6
Sexe M M F M F M
F .V : fermeture volontaire
40
I-2 LES AMPUTATIONS DES MEMBRES INFERIEURS :
l’observation 1 2 3 4 5
Sexe F M M M M
41
II-APPROCHE EPIDEMIOLOGIQUE DES AMPUTATIONS
DES MEMBRES :
Données générales :
Il est très difficile d’avoir des données épidémiologiques précises sur les
amputations des membres que se soit sur le plan mondial que sur le plan
national et cela pour plusieurs raisons :
Biais multiples
Sources hétérogènes : Hospitalières, Centres d’appareillage, Centres de
rééducation, Registres régionales, nationales
pauvreté des données : discordances importantes, pas de données des
fabricants
Les différents aspects épidémiologiques des amputations des membres ont été
étudiés depuis les années soixante par des groupes d’études américains,
anglais et européens. Selon le dernier rapport fait par le collège français des
enseignants universitaires de médecine physique et de réadaptation
européenne et qui fait une synthèse des différentes études jusqu’en 2006, il en
ressort que :
En ce qui concerne les amputations des membres sans distinction de
siège(10,11):
42
amputations: sexe amputations en fonction du
membre atteint
ratio
membre inferieure membre superiure
homme femme
31%
69%
94%
43
Niveaux d’amputation du membre amputation du membre
inférieur inferieure fonction de l'etiologie
trans-
femorale vasculaire
9% 4% 3%7%
trans-tibiale 6%
traumatique
10%
51% neoplasique
36% pied
infectueuse
74%
autre niveau autre
27%
30%
homme 73%
femme
70%
PLUS DE 55 ANS
MOINS DE 54 ANS
27%
30%
homme 73%
femme
70%
PLUS DE 55 ANS
MOINS DE 54 ANS
44
En ce qui concerne l’amputation du membre supérieure (10,11):
Ces amputations sont plus fréquentes chez les plus de 54 ans, surtout chez les
hommes (sexe ratio : 1.8) et que l’étiologie prédominante est la cause
traumatique suivie de l’atteinte vasculaire puis la cause néoplasique (surtout
les métastases)
Le siège d’amputation le plus fréquent se situe au niveau de doigt suivi par le
siège transhumeral et transradial.
Sur le plan national les mêmes conclusions sont rapportées par les études
faites sus citées, voire la prédominance de l’étiologie traumatique et du siège
digital de l'amputation, la fréquence élevée de cette amputation surtout chez le
sujet masculin de moins de 50 ans.
trans- vasculaire
humeral 12% 7%
28% 23% 5%
metacarpien traumatique
14% neoplasique
autre niveau
11% 23% infectueuse
62%
15% doigt autre
34%
36% homme
66%
femme
64%
45
Conclusion :
Au cours de notre exploration des différentes possibilitées d’appareillages
disponibles pour les amputés des membres on constaté que:
les données statistiques nationales sur les amputations des membres
et leurs appareillages sont pauvres et l’amputé du membre est englobé
parmi les handicapés moteurs
L’absence de programme destiné spécifiquement à la prise en charge
des amputés comme il existe dans certains pays comme le Canada, le
Vietnam, l’Inde
les différents centres de rééducation et d’appareillage nationaux ne
proposent pas de prothèses des membres supérieurs.
46
CHIRURGIE DE
L’AMPUTATION
47
L’amputation est une acte chirurgical lourd de conséquence qui fait partie
d’un processus thérapeutique qui engage plusieurs intervenants dont le
chirurgien, le kinésithérapeute, le prothésiste, l’ergothérapeute et dont le but
principale est le plus souvent la sauvegarde de la vie du patient et d'offrir à ce
dernier, le meilleur moignon possible : fonctionnel et appareillable lorsque les
circonstance cliniques le permettent .Ce qui n’est pas toujours le cas
49
-l’osteomyoplastie (24) :
Cette technique permet :
Le remodelage de tous les composants du moignon
De corrige un excès des parties molles, une cicatrice vicieuse, un défaut
osseux, un excès de longueur
D’obtenir un moignon idéal pour l’appareillage
La peau est incisée pour obtenir deux lambeaux semi-circulaires, l’os et les
muscles sont sectionnés au même niveau et le pédicule vasculo-nerveux est
coupé le plus haut possible.
L’extrémité osseuse est recouverte par le périoste afin d’éviter que de nouvelle
formations osseuses ne fusent dans les espaces musculaires.
- La technique de KRUKENBERG :
Dans cette technique opératoire, le cubitus et le radius sont séparés l'un de
l’autre. Le patient peut utiliser les deux parties de moignon ainsi obtenues avec
une peau intacte et sensible, comme pince pour la préhension. Le résultat est
certes peu esthétique, mais associé à des composants prothétiques, le résultat
fonctionnel est acceptable.
- La cinésiplastie de SAUERBRUCH :
Cette technique vise à introduire une broche dans un canal traversant un
muscle par exemple le muscle biceps dans un but d'appareillage électriques ou
les câbles d'actionnement de la prothèse de la main sont fixés sur la broche.
50
II-1 LES DIFFERENTS NIVEAUX D’AMPUTATIONS DES MEMBRES :
Le choix du niveau d’amputation dépend :
de l’étiologie
des possibilités de l’appareillage
de l’âge du patient
Il existe pour chaque membre, plusieurs niveaux d’amputations :
a) Les différents sites d’amputation du membre supérieur
Amputation partiel de la main.
Désarticulation du poignet
amputation transradiale ou transradio-ulnaire
désarticulation du coude ;
amputation transhumérale ;
désarticulation de l’épaule ;
désarticulation interscapulothoracique
b) Les différents sites d’amputation du membre inférieur
Amputation de Syme
amputation transtibiale
désarticulation du genou
amputation transfémorale
désarticulation de la hanche
amputation transpelvienne
Les différents niveaux amputations du pied.
– Désarticulation interphalangienne ;
– amputation transphalangienne
– désarticulation métatarsophalangienne
– amputation transmétatarsienne
– désarticulation de Lisfranc
– désarticulation de Chopart ;
– amputation de l’arrière-pied : double arthrodèse et arthrodèse
tibiocalcanéenne
51
Figure 6 les différents niveaux d'amputation de la main
52
Figure 8 schémas montrant les différents niveaux d'amputations des membres
53
III LES BASES GENERALES DE LA CHIRURGIE DE
L’AMPUTATION ET PRISE EN CHARGE
III-1- PRISE EN CHARGE DU PATIENT AVANT L’INTERVENTION
a) prise en charge psychologique (3, 8, 15, 23, 24)
L’environnement psychologique dans lequel se déroule le« sacrifice » d’un
membre revêt une grande importance pour le vécu de la situation nouvelle
qu’est l’amputation, tant pour son acceptation que pour la prévention du
syndrome douloureux.
Deux situations peuvent se rencontrer :
– soit c’est une amputation dans le cadre de l’urgence extrême avec, parfois,
un patient inconscient. Dans ce cas il faut informer le patient , ou à défaut un
membre de sa famille. L’indication d’amputation dans cette situation doit être
solidement argumenté cliniquement et radiologiquement voir des documents
photographiques.
– soit c’est une intervention programmée. Et la le praticien a alors le temps
d’informer le patient ; cette discussion doit intervenir le plus tôt possible dans
la prise en charge du futur opéré.
Une amputation imposée au patient sans lui laisser le temps de l’accepter est
probablement nocive et favorise la survenue de plusieurs symptômes dont le
membre fantôme.
La prise en charge psychologique des patients lors d’une amputation ne
requiert pas de connaissances élaborées en psychiatrie et en psychologie, mais
simplement du bon sens et du temps afin d’écouter et d’expliquer. Elle est le
reflet du respect que le chirurgien doit avoir vis-à-vis de son patient.
Parallèlement, un soutien psychiatrique ou psychologique peut être proposé au
patient s’il le souhaite.
b) anesthésie et antalgie (12, 13, 15)
La prise en charge par un anesthésiste d’un patient pour une amputation repose
sur les deux points suivants :
– la procédure anesthésique ;
54
– la prise en charge du retentissement neurologique et neuropsychologique de
l’acte chirurgical.
Si la procédure anesthésique ne diffère pas de celle utilisée pour tout autre
type de chirurgie, le problème qui domine est celui de l’apparition du membre
fantôme (hallucinose) et du cortège de douleurs qui peuvent l’accompagner.
Le membre fantôme douloureux ou « algohallucinose des amputés » réalise un
syndrome algique complexe du membre absent. La physiopathologie de ce
syndrome qui fait intervenir de très nombreuses structures nerveuses, de
l’étage supérieur corticale jusqu’aux éléments les plus distaux comme les nerfs
périphériques, rend le traitement d’autant plus complexe. Celui-ci est
multipolaire et associe des méthodes très variées, psychosomatiques et
pharmacologiques, adaptées à chaque situation.
La durée des différents traitements est très variable et peut conduire, pour
quelques rares patients, à un traitement à vie.
De type pneumatique, il est placé à la racine du membre. Son usage est parfois
facilité par l’utilisation d’un garrot stérile. En cancérologie, mais aussi en
présence d’une pathologie infectieuse, le garrot est gonflé après surélévation
du membre, sans utilisation de bande d’Esmarch.
Son utilisation est proscrite quand existe une souffrance tissulaire. Comme
dans le cas des causes vasculaires, mais aussi dans certaines situations
traumatiques.
c-2 l’installation
Il n’y a pas de standard défini. Elle est variable en fonction des gestes prévus
et vise à aider à la réalisation des différents. Le badigeonnage extensif est
55
débuté sur le site prévu de l’amputation, puis étendu au restant du membre, en
terminant par la zone la moins propre.
En contexte infectieux, la partie septique du membre est exclue, pour diminuer
le risque contaminant, en l’enfermant dans une chaussette plastifiée.
Les téguments
Sensibilité cutanée
Potentiel de cicatrisation
Il est lié au contexte vasculaire, apprécié par le bilan clinique et par les
investigations contributives à la décision, telles que le doppler ou la pression
transcutanée d’oxygène (TcPO2). L’état nutritionnel est également un élément
pronostic important, il est jugé sur le dosage de la protidémie, de
56
l’albuminémie, ainsi que sur le nombre de lymphocytes. Des chiffres
respectivement inférieurs à 60 g/L, 30 g/L, 1 500 lymphocytes sont des
données péjoratives.
L’équilibration de la glycémie chez le diabétique est indispensable
Les plus extrêmes précautions sont requises, d’autant que l’on se trouve en
contexte vasculaire. Les mêmes règles qu’en chirurgie plastique prévalent et
amènent à mobiliser les valves cutanées manuellement, en évitant l’utilisation
des pinces à griffe. Les valves peuvent aussi être maintenues par des fils
montés sur pinces repères.
Les qualités mécaniques et le degré de vascularisation des téguments sont
évalués.
Muscles
Exposition et examen
Muscles et moignon
57
moignon et en capitonnent la partie la plus distale. Ils sont ajustés par
excisions itératives. Cette excision conduit à raccourcir les muscles à la
longueur utile, mais aussi à les désépaissir, plutôt par leur face profonde, afin
de respecter les aponévroses superficielles et la vascularisation fasciocutanée.
58
Elles sont cependant contre-indiquées en présence d’une infection, d’une
atteinte musculaire ischémique ou de toute autre circonstance qui peut
éventuellement nuire à la cicatrisation.
Squelette
Longueur
La section osseuse est réalisée à l’aide d’une scie qui peut être simple, de Gigli
ou motorisée. L’extrémité osseuse est traitée afin d’être la moins agressive.
Elle est débarrassée des spicules menaçants ; elle est parfois poncée, arrondie,
afin de réaliser, en association avec l’ensemble des tissus, un complexe distal
fonctionnel.
59
L’attitude par rapport au périoste n’est pas univoque. Certains auteurs(13)
préfèrent le réséquer afin d’éviter la survenue d’ossifications, d’autres
recommandent d’en conserver des lambeaux pour les suturer en bout de
squelette. En cas de désarticulation, bien que les avis ne soient pas
convergents, la tendance actuelle est plutôt de garder le cartilage.
Les vaisseaux
Pédicules principaux
Pédicules nourriciers
En amont du site d’amputation, quelle que soit leur destinée, ils sont respectés
par une dissection minutieuse, économe et réduite à ce qui est indispensable.
Capillaires
Ils sont souvent bien visibles au niveau des tissus et attestent de la qualité de la
vascularisation. Il faut les mettre à l’abri d’une compression ultérieure, source
d’ischémie localisée, en évitant les suffusions hémorragiques et hématomes,
par une hémostase soigneuse et un drainage satisfaisant. Un pansement trop
serré, en particulier chez les patients vasculaires, est contre-indiqué.
Hémostase
60
postopératoire et le risque d’hématome, améliore indirectement la
microcirculation tissulaire et abaisse le taux de surinfection.
Les Nerfs
Indépendamment des gros troncs nerveux, que l’on identifie aisément, il faut
repérer les nerfs à visée sensitive, dont certains cheminent dans l’espace
cellulaire sous-cutané. Ces deux types de nerfs nécessitent un traitement
identique, car ils peuvent être à l’origine de névromes douloureux.
Un nerf sectionné évolue constamment vers un névrome, qui correspond au
mode de cicatrisation habituel. Celui-ci doit être situé en dehors des zones de
contrainte. Il faut éviter de placer la tranche de section nerveuse près de
l’extrémité osseuse, dans un site qui risque d’évoluer vers un tissu scléreux ou
cicatriciel, soumis aux sollicitations mécaniques.
Le nerf concerné est libéré sur quelques centimètres, attiré vers le bas, puis
coupé nettement, le plus haut possible, à l’aide d’une lame de bistouri froid.
Le tronc restant se rétracte à l’intérieur des tissus.
Pour les gros troncs nerveux, une hémostase fine ou une ligature de l’artère
centrale du nerf est utile, afin d’éviter un saignement préjudiciable.
Lors de la section d’un nerf, et quelle que soit la modalité d’anesthésie ou
d’analgésie, le cerveau recevrait une information nociceptive dont il
conserverait une trace. Pour éviter cet inconvénient, il est recommandé soit
d’infiltrer le périnèvre préalablement à sa section par un anesthésiant à base de
lidocaïne, soit d’intervenir sous bloc nerveux.
Cette modalité diminuerait l’usage des antalgiques en postopératoire et
abaisserait la fréquence de l’algohallucinose.
DRAINAGE ET FERMETURE
Drainage
61
Dans une ambiance propre, et pour peu que le saignement soit minime, le
drain de Redon est une bonne solution. À l’opposé, s’il existe un doute
infectieux ou si une hémostase défectueuse a laissé persister un saignement, il
faut mettre en place une lame de Delbet. Le moignon « laissé ouvert »
correspond au mode de drainage le plus avancé. Responsable de séquelles
dystrophiques tissulaires, il est réservé aux étiologies infectieuses et
vasculaires.
Fermeture cutanée
c-5 pansement
Il doit être confortable pour le patient, absorbant pour les exsudats, stable sur
le moignon, réalisé pour être le moins douloureux lors de son ablation. Après
l’antisepsie cutanée, selon le type de fermeture effectuée, on applique
directement sur la zone opératoire des compresses sèches ou vaselinées.
Des pansements absorbants sont ensuite apposés pour envelopper toute la
partie distale du moignon.
Lorsqu’une lame a été mise en place, les compresses circonscrivent ses
extrémités, qui sont ensuite enfouies dans les pansements absorbants. Des
tours de bandes de crêpe, serrés modérément, complètent le pansement.
Le pansement est terminé par l’application d’une contention tubulaire
élastique en filet. Le patient est installé dans son lit, le moignon en légère
surélévation.
62
d) prise en charge postopératoire
Débutée rapidement après l’intervention, elle s’évertue à prévenir l’apparition
des troubles orthopédiques et des complications liés au décubitus.
Un intérêt particulier est porté lors du renouvellement des pansements, à la
réalisation d’une contention par un bandage.
Le rôle de ce bandage est important et son utilisation quasiment constante
permet de :
diminuer l’œdème ;
limiter, voire faire disparaître les douleurs ;
faciliter la cicatrisation ;
préparer le moignon au future appareillage.
e) De l’intervention au premier lever
e-2 Récupération
63
e-3 Réadaptation
Elle regroupe les soins généraux qui ont pour but le réapprentissage des gestes
usuels, plus ou moins désappris par l’amputé, et la réautonomisation du
patient, en prévenant les complications du décubitus et en lui permettant
d’accomplir quelques gestes courants.
Après le premier lever et selon la raison de l’amputation et l’état médical du
patient, on débute la rééducation préprothetique qui va permettre de renforcer
l’autonomie de l’amputé, d’améliorer son entraînement à l’effort afin de le
préparer en vue de l’appareillage.
Age : Il peut seulement servir à donner une idée générale sur le niveau
d'activité du patient. Un patient plus jeune a besoin de plus d’activité et donc
nécessite habituellement une prothèse durable et utile pour plusieurs activités.
Un patient âgé ayant souvent un niveau d'activité inférieur, auquel peuvent
s'associer d'autres problèmes de santé concourants aura besoin généralement
d'une prothèse légère avec une interface protectrice.
Le sexe : il oriente surtout sur les attentes possibles de l’amputé, Une femme
avec une amputation peut choisira plus le coté l’esthétiques en premier de,
64
tandis qu'un mâle peut préférer l’aspect fonctionnel même aux dépens du
l'esthétiques.
65
Tissus sous-cutanés : Les membres résiduels avec les os en avant et les tissus
sous-cutanés minces exigeront probablement une protection supplémentaire
d'un revêtement mou dans l’emboiture.
Problèmes de peau : Les problèmes de peau tels que des boursouflures, des
ulcérations, des kystes, une hyperplasie, une verrue, et des abrasions se
produisent habituellement en raison de l’usage de la prothèse et peuvent
généralement être résolus par des modifications d'alignement ou par une
nouvelle prothèse. Des réactions cutanées allergiques provoquées par des
matériaux peuvent être évitées en choisissant un matériel alternatif.
66
Rééducation pré-
prothétique et
appareillage
67
Le processus d’appareillage est amorcé dès que l’état local le permet, au 21 ieme
jour post-opératoire habituellement. Au niveau du moignon, on va constater
un œdème, même lorsque le bandage a été correctement effectué, ainsi qu’un
début d’atrophie musculaire. Tandis que l’utilisation du moignon s’intensifie,
celui-ci est le siège de changements, qui concernent autant le volume que la
forme et rendent nécessaires les modifications itératives de l’emboîture
prothétique. Cette phase, dite « d’appareillage provisoire », va se poursuivre
jusqu’à ce que la stabilité de volume du moignon permette la réalisation de la
première prothèse définitive avec laquelle le patient peut habituellement
rejoindre son domicile.
L’amaigrissement du moignon se poursuit de façon moins rapide au
cours des mois suivants. La deuxième prothèse définitive est fournie lorsque la
première est devenue trop grande, en général au bout de 3 à 6 mois. L’amputé
est alors en possession des prothèses définitives pour une durée moyenne de 5
ans.
Dans l’intervalle, l’emboîture est changée autant de fois que les
circonstances liées à des modifications du moignon ou à des altérations de
l’appareillage l’exigent, en moyenne tous les 1 à 2 ans.
I-LES DIFFERENTES PHASES DE LA REEDUCATION DE
L’AMPUTE DU MEMBRE :
La rééducation de l’amputé des membres est différente selon le niveau
d’amputation, la cause de l’amputation, le type de moignon (ouvert ou fermé),
le type d’appareillage et les objectifs de la rééducation. Cependant, le but est
le même. Il s’agit de rendre l’autonomie du patient au meilleur coût
énergétique possible (26).
la préparation et l’accompagnement psychologique sont
indispensables. Ils consistent en une information réaliste et un soutien moral
attentif associant l’entourage. Cette aide psychologique participe également
au processus de deuil.
L’appareillage et la rééducation doivent suivre l’amputation le plus
rapidement possible, avec un objectif défini car la précocité de la
rééducation est un facteur important dont dépendent la réussite fonctionnelle
de l’appareillage et le succès de la réinsertion sociale (27). Il faut donc
68
mener de front la cicatrisation, l’appareillage, la rééducation et la
réadaptation. Cependant, pour plus de clarté, quatre phases (28) sont
distingués schématiquement:
- une phase préchirurgicale
- une phase de rééducation préprothetique
- une phase de prothétisation provisoire
- une phase de prothétisation définitive et de réadaptation
socioprofessionnelle.
I-1 Phase préchirurgicale :
Cette phase est souhaitée mais rarement appliquée. Elle existe lorsque le délai
entre l’accident causal et l’amputation permet de préparer la rééducation.
Lorsqu’elle est possible, elle devrait permettre d’une part un travail de
préparation physique (renforcement des membres, correction des attitudes
vicieuses éventuelles, rééducation respiratoire…), et d’autre part un travail de
préparation psychologique avec idéalement la rencontre d’un médecin
spécialiste de la prise en charge des amputés et la rencontre de patients
amputés.
I-2 Phase de rééducation préprothetique :
Cette phase débute par un bilan clinique médical. Des pathologies associées
seront recherchées, concernant en particulier les membres, le bassin et le
rachis. Elles devront être prises en compte pour la rééducation et
l’appareillage. Chez le patient artéritique, d’autres atteintes seront recherchées,
en particulier cardiaques et vasculaires (artères à visée encéphalique, artères
rénales…)
Les objectifs de la prise en charge rééducative à cette phase sont :
- la cicatrisation du moignon
- la prévention des déformations
- la lutte contre l’œdème
- l’obtention d’un moignon de « bonne qualité » c'est-à-dire un
moignon :
Stable avec volume constant
Mobile avec des articulations libres
Indolore (traitement des douleurs nociceptive ou neurogéne)
69
Tonique avec bonne contraction musculaire et globulisation des
muscles résiduels
Résistant avec une bonne tolérance cutanée
- l’acquisition d’une autonomie fonctionnelle (surtout pour les
amputations du membre inferieur).
- la lutte contre la douleur
a) Cicatrisation du moignon
La cicatrisation est de durée variable, selon qu’il s’agit d’un moignon
ouvert ou fermé. Par ailleurs, l’aspect du moignon varie selon le siège
d’amputation et sa longueur. Les soins du moignon sont primordiaux et il faut
veiller à ce que le pansement soit compressif et le plus reproductible possible
afin de permettre ultérieurement l’appareillage.
b) Prévention des déformations articulaires
Les amplitudes articulaires souhaitées varient selon l’objectif fixé. Nous
prendrons comme exemple l amputation de la cuisse ; dans ce cas il est plus
important de limiter le flexum de hanche si l’objectif est la marche appareillée
que si c’est l’obtention d’un simple appui pour les transferts.
L’installation au lit est particulièrement importante (cf. schémas). Du
fait de la modification de l’équilibre agonistes-antagonistes, le moignon de
cuisse a tendance à se placer d’autant plus en flexion et en abduction qu’il est
court. La hanche doit être au lit en position de référence c’est-à-dire avec une
extension à 0° et une abduction à 0°, et le genou doit être en extension
complète. Il faut éviter la station prolongée en décubitus latéral et supprimer
en décubitus dorsal le coussin sous le creux poplité qui favorise l’œdème du
moignon et le flexum du genou et de la hanche (29). Au fauteuil, il faut
prévoir un repose-moignon.
70
c) Lutte contre l’œdème
La lutte contre l’œdème sera réalisée par la contention du moignon
(bande élastique, bonnet élastocompressif standardisé d’efficacité inférieure
mais de surveillance plus facile). Si le moignon est oedématié, des massages
centripètes du moignon et des postures en déclivité pourront être réalisées .Les
contractions musculaires isométriques du moignon seront encouragées sauf
chez l’amputé vasculaire. Des exercices respiratoires seront réalisés pour
favoriser le retour veineux.
Toutes ces mesures seront à adapter à chaque patient en fonction de ses
antécédents vasculaires. Il faut notamment garder à l’esprit que la contention
reste une prescription médicale et a certaines limites chez le patient vasculaire.
Elle est contre-indiquée lorsqu’il existe un pontage vasculaire en matériel
veineux, surtout si celui-ci n’est pas en position anatomique et est superficiel.
d) Obtention d’un moignon de « bonne qualité »
On entend par moignon de « bonne qualité », l’obtention d’un moignon
stable dans son volume, mobile dans toute l’amplitude articulaire des
articulations sus-jacentes, indolore et tonique.
Une préparation cutanée aux appuis par tannage de la peau à l’éosine
peut être réalisée. La zone péricicatricielle peut être le siège d’adhérences. Les
techniques de massages et l’hydrothérapie peuvent alors être utilisées.
Le travail en kinésithérapie consistera en des mobilisations articulaires
précoces dans toute l’amplitude des articulations sus-jacentes, d’abord
passives puis actives-aidées pour avoir l’avantage trophique de la pompe
musculaire sus-jacente et les avantages corticaux concernant l’image du
mouvement et le schéma corporel (29) Si besoin des postures seront réalisées,
à moduler chez l’amputé vasculaire.
Le renforcement musculaire doit être bilatérale et symétrique (exercices
musculaires isométriques à moduler en cas d’artérite), adapté à l’âge et à l’état
cardiovasculaire en insistant sur les muscles de l’extension est un facteur
important du développement de la circulation collatérale chez l’amputé
vasculaire, et ceci quel que soit le niveau d’amputation ou le type de chirurgie
(30). Le renforcement musculaire intéressera également le tronc, la ceinture
71
scapulaire, les membres supérieurs, ainsi que le membre controlatéral à
l’amputation.
Des exercices de facilitation proprioceptive seront également réalisés.
Le travail du schéma corporel en psychomotricité peut débuter dès cette
phase.
e) Autonomie en fauteuil roulant
L’autonomie en fauteuil roulant sera importante pour les amputés du
membre inferieur à obtenir et concerne aussi bien la réalisation des transferts
en sécurité que le déplacement. Pour cela, il est important de maintenir les
amplitudes articulaires et prévenir les pathologies de sur-utilisation des
membres supérieurs, et de travailler les muscles du membre inférieur
controlatéral en veillant à éviter le surmenage risquant de provoquer une
ischémie dommageable pour les tissus.
L’indépendance pour la réalisation des activités de la vie quotidienne en
fauteuil roulant (toilette, habillage) sera travaillée en ergothérapie.
f) Lutte contre la douleur
La lutte contre la douleur nécessite fréquemment l’utilisation de moyens
pharmacologiques. Ceux-ci seront différents selon le type de douleur et il sera
important de distinguer en premier lieu les douleurs du moignon, les douleurs
de la partie amputée du membre et les douleurs à distance du membre amputé
(surutilisation des articulations sus-jacentes, lombalgies…). Parmi les douleurs
du moignon, il faut différencier les douleurs ostéoarticulaires, ischémiques, de
thrombose veineuse, d’algodystrophie, et les douleurs neurogénes. Les
douleurs ostéoarticulaires peuvent nécessiter l’emploi d’antalgiques de niveau
III pour une période plus ou moins longue. Certains auteurs utilisent
également des blocs anesthésiques prolongés pour une meilleure gestion de la
douleur post-opératoire. Conjointement aux médicaments, ces douleurs
pourront bénéficier de manœuvres de libération des adhérences ostéocutanées.
Les douleurs vasculaires nécessiteront des investigations complémentaires.
Enfin, les douleurs de désafférentation (31) seront traitées par les
antidépresseurs tricycliques (Laroxyl, Anafranil), le Rivotril, le Tégrétol (avec
les risques biologiques connus) ou le Neurontin. L’utilisation de l’un ou
72
l’autre de ces médicaments dépend des habitudes de prescription de chaque
médecin. En parallèle, une électrothérapie antalgique pourra être utilisée.
I-3 Phase de prothétisation provisoire :
L appareillage semble une suite logique, et il devra tenir compte des
modifications forme et d’épaisseur que subit le moignon pendant la phase
post-opératoire, la plupart des auteurs s'accordent a dire que, le moignon se
stabilise rapidement lorsqu'il est appareillé et si il est mis en charge, il est
conseiller d'appareiller provisoirement le plus précocement possible.
on distingue schématiquement trois types d'appareillages provisoires :
- l’appareillage plâtré immédiat : il permet d éviter les complications post
opératoires (œdème positions vicieuse)
- appareillage plâtré précoce : débute de 8 à10 j et permet d’éviter de
prolonger l immobilisation chez des patient dont les conditions
hémodynamiques sont déjà précaires et dont les efforts a l adaptations sont
réduits
- l appareillage d entrainement : cet appareillage est réalisé sur un moignons
stabilisé, les emboitures plâtrées sont ouvertes à l extrémités distal afin de
faciliter le chaussage de la prothèse
74
c) L’apprentissage du chaussage
L’éducation du patient par rapport à sa maladie, son moignon et sa
prothèse est particulièrement importante et des conseils sont donnés quant à :
- l’hygiène du moignon : inspection quotidienne du moignon, lavage
quotidien au savon doux
- l’hygiène de l’emboîture : lavage fréquent de l’intérieur de l’emboîture à
l’eau savonneuse tiède et nettoyage du manchon
- l’hygiène de vie : marche quotidienne conseillée chez l’artéritique,
correction des facteurs de risque vasculaires.
La kinésithérapie insistera sur l’apprentissage de la mise en place de la
prothèse (chaussage et déchaussage) dont les techniques varient (utilisation
d’un jersey, de talc, d’une crème, de bonnets, de manchons, existence ou non
d’un accrochage distal).
d) Travail de l’équilibre
Le travail de l’équilibre statique debout avec et sans prothèse (travail
proprioceptif) et la mise en charge partielle entre les barres parallèles
précéderont le travail de la marche (33). A noter que le travail de la
proprioception est amélioré par l’utilisation d’une emboîture contact.
e) Travail de la marche (pour les amputés du membre inferieur) :
Dans un second temps, la marche sera travaillée par étapes et de façon
décomposée (34) :
- Travail des appuis
- Travail de l’acquisition du pas postérieur
- Travail de dissociation des ceintures
- Marche proprement dite
Le travail des appuis débute par la recherche d’une symétrie des appuis
(qui peut être contrôlée par des balances) puis s’intéresse au transfert des
appuis. Le travail du transfert des appuis doit se faire par transfert du poids du
corps d’un membre inférieur à l’autre sans mouvement compensatoire du
75
tronc. Un contrôle visuel par miroir ou un contrôle en posturographie peuvent
être réalisés. Des appuis alternés seront réalisés en déplaçant le centre de
gravité de droite à gauche puis d’avant en arrière. Le travail du transfert des
appuis se termine par l’apprentissage de la marche latérale et des exercices
d’appui unipodal sur la prothèse, avec puis sans maintien des barres parallèles.
Le travail de l’acquisition du pas postérieur se fait par des étirements et
un travail en fente.
Un travail de dissociation des ceintures est réalisé, associé à un travail
respiratoire et à un travail de l’ouverture des angles iliocostaux droit et gauche.
Le travail des différentes phases de la marche proprement dite est
ensuite abordé :
- La phase d’oscillation du membre inférieur appareillé est travaillée entre les
barres parallèles par la réalisation d’un pas en avant puis en arrière avec le
membre inférieur appareillé. Chez l’amputé fémoral, ces exercices sont
primordiaux : l’amputé apprend comment le genou artificiel fonctionne, se
familiarise avec le degré de flexion de hanche nécessaire au décollement du
pied et du talon et le degré d’extension de hanche nécessaire au verrouillage
du genou prothétique (la cuisse doit être repoussée en extension lors du
contact du talon au sol pour assurer l’extension du genou).
- La phase d’appui sur le membre inférieur appareillé est travaillée à
l’identique entre les barres parallèles : réalisation d’un pas en avant puis en
arrière avec le membre inférieur sain. Chez l’amputé fémoral, la stabilité du
genou prothétique pendant l’appui en l’absence de quadriceps dépend de
plusieurs facteurs (35) : le mécanisme du genou, la contraction du grand
fessier, la position de l’axe du genou par rapport à la ligne de charge et le
réglage du pied (ces deux derniers facteurs sont d’autant plus importants que
le grand fessier est faible et soulignent le rôle de l’alignement de la prothèse
dans la stabilité du genou).
- Puis la marche proprement dite sera travaillée dans les barres parallèles ou
avec deux cannes anglaises ou un déambulateur en évitant le flessum de
hanche et du genou, et en gardant le schéma moteur de la marche (avec des
pas simulés en cas d’amputation très distale). Les pas devront être de durée et
de longueurs égales. La distance et la durée de marche seront progressivement
augmentées.
76
- Enfin, selon l’objectif, les aides techniques seront diminuées et sera réalisé
un travail de la marche sur plan incliné ou terrain accidenté, ainsi qu’un
apprentissage de la marche rapide.
- Dans tous les cas, l’apprentissage des chutes suivi d’exercices de relèvement
sera réalisé (cf. schémas).
77
I-4 Phase de prothétisation définitive et de réadaptation socio-
professionnelle :
C’est au cours de cette phase que l’adaptation esthétique de la prothèse sera
achevée et que la réinsertion socioprofessionnelle sera réalisée.
La réalisation de la prothèse définitive est faite quand le volume du
moignon est stable (disparition de l’œdème et stabilisation de la fonte
musculaire).
La réinsertion socioprofessionnelle débute en fait dès l’amputation mais
se concrétise à cette dernière phase. En pratique, certains aménagements du
domicile peuvent être réalisés durant la rééducation et c’est là un des rôle de
l’ergothérapeute. Sur le plan professionnel, on essayera de privilégier la
reprise au poste de travail antérieur si possible, sinon on proposera un éventuel
poste adapté. Le sport pourra être repris (loisirs ou compétition) en évitant les
sports de contact.
Par la suite, un suivi en consultation est nécessaire afin d’envisager
l’évolution prothétique (en particulier au niveau du moignon et des
articulations sus jacente mais aussi des interfaces : manchons et emboîtures),
de vérifier l’adaptation de la prothèse et l’absence de complications dues à
l’appareillage ou à l’étiologie (étiologie vasculaire ou tumorale en particulier).
Une reprise de la rééducation pour corriger ces défauts est possible, Par
ailleurs, une chirurgie de reconstruction du moignon pourra être discutée si
besoin (exostose gênante ou douloureuse, angle de Faraboeuf proéminent,
névrome très douloureux…)
Conclusion :
Toutes les phases de la rééducation sont importantes et aucun élément ne doit
être négligé.la réalisation et les adaptations de la première prothèse nécessitent
une étroite collaboration entre médecins, kinésithérapeutes et
Orthoprothésistes. La réussite du premier appareillage est pour beaucoup dans
la réinsertion socioprofessionnelle du patient et l’acceptation de la déficience.
78
L’appareillage des
amputations des
membres
79
Avant de décrire les différents composants des prothèses des membres, deux
notions méritent d’être commentées : d’une part la notion de prothèse
provisoire (ou d’entraînement) et de prothèse définitive, et d’autre part les
concepts de prothèses endo-squelettiques et exo-squelettiques :
Les prothèses provisoires ou d’entraînement correspondent habituellement aux
premières prothèses réalisées au décours de l’amputation, le plus souvent en
centre de rééducation. Ces prothèses d’entraînement doivent se rapprocher le
plus possible des prothèses définitives et servent à mieux cerner le choix des
différents composants prothétiques, choix qui peut évoluer en fonction de
l’évolution fonctionnelle des patients au décours de leur rééducation. Ces
prothèses d’entraînement peuvent également se justifier chez des amputés
anciennement opérés et appareillés, pour qui l’évolution des matériaux est à
analyser avant leur prescription définitive.
Les prothèses définitives ; correspondent habituellement à des prothèses dont
les composants ne seront pas très rapidement modifiés chez des amputés à
l’état fonctionnel et au moignon relativement stabilisés.
Les prothèses endo-squelettiques comportent des pièces intermédiaires en tube
centraux, qui permettent des réglages multiples, l’esthétique du segment
manquant du membre étant réalisée à l’aide de mousses peintes (pour
s’adapter le plus possible aux différentes couleurs de peau), recouvrant ainsi
les pièces intermédiaires.
Les prothèses exo-squelettiques, à l’inverse des précédentes, leurs pièces
intermédiaires, qui ont la forme du membre absent, réalisant ainsi en même
temps le rôle d’esthétique, mais ne permettant quasiment plus de réglage une
fois la prothèse fabriquée.
A l’heure actuelle, on utilise de plus en plus le concept endosquelettique ce qui
procure pour les amputés : une esthétique acceptable, une solidité, une légèreté
et une utilisation plus large. Mais les prothèses exosquelettiques ont
l’avantage d’êtres plus économiques et facile à fabriquer et donc plus
accessible pour des pays en voie de développement
80
Les prothèses des
amputations des
membres
supérieurs
81
L'amputation du membre supérieur est vécue par le patient comme la perte
d'une partie de lui même, ceci d'autant plus que l'activité professionnelle est
systématiquement remise en cause; le premier choc passé, l'amputé est
demandeur d'une nouvelle main qu'il imagine aussi performante que la main
perdue.
C'est à l'équipe médical de faire la synthèse afin de réaliser l'appareillage le
mieux adapté et cela en tenant compte de plusieurs impératifs :
- réaliser une prothèse la plus esthétique et la plus fonctionnelle possible.
- réduire au minimum l'emboîture pour libérer toutes les articulations
restantes en conservant un accrochage stable.
- tenir compte des « désirs » du patient, de sa collaboration et de l'utilisation
qui pourra être faite de la prothèse.
Dans ce chapitre on va traiter les différents types, d'appareillage
I -DIFFERENTS TYPES D'APPAREILLAGE :(38,39,40,41,41)
La classification de l’appareillage prothétique du membre supérieure est basée
essentiellement sur le type d effecteurs terminale qui compose la prothèse
Et on distingue
L'APPAREILLAGE ESTHETIQUE OU PASSIF :
Il fait appel à des prothèses comportant une emboîture, une main inerte avec
parfois un gant esthétique de recouvrement, dont la forme, la couleur et la
structure superficiel correspondent à celles de la main naturelle et donne ainsi
à la prothèse un aspect humain.
Les principales caractéristiques de cette prothèse sont son poids faible et son
chaussage facile, et sa fonction passive et limitée.
L'APPAREILLAGE FONCTIONNEL OU ACTIVE :
Cet appareillage comprend plusieurs types :
- les prothèses mécaniques qui permettent d’animer une main mécanique à
l'aide d'un harnais fixé sur la ceinture scapulaire et un câble qui permet
l'ouverture et la fermeture de la main prothétique. Ce type d'appareillage offre
82
plusieurs avantages : il permet l'exécution de diverses tâches, il offre une
dextérité comparable à une paire de pinces et peut être mis en contact avec des
substances telles que de la graisse, de l'eau et de la saleté. Il se caractérise par
un poids inférieur par rapport aux prothèses myoélectriques,
Les principaux inconvénients sont l'inconfort causé par le harnais sur l'épaule
(particulièrement lorsqu'il entre en contact avec la peau) et l'apparence peu
attrayante du crochet standard. Il existe cependant des mains mécaniques ayant
une apparence du membre humain.
Ce type de prothèse est principalement représenté par les prothèses à traction
ou body powered
- les prothèses myoélectriques :
Les avantages et les inconvénients de ces prothèses sont en fait contraires à
ceux des prothèses mécaniques. Leurs principales avantages est leurs conforts
et leur formes esthétiques. L'emboîture à contact totale permet de garder le
membre artificiel en place, ce qui élimine l'utilisation de harnais. La force de
préhension est cinq fois supérieure à celle de la prothèse mécanique et ne
demande pas plus d'effort de la part de la personne amputée. Cependant, ce
mouvement peut être plus long à effectuer que s'il était exécuté avec une main
mécanique. En ce qui a trait aux inconvénients, on ne peut utiliser la prothèse
électrique dans un environnement poussiéreux ou la mettre en contact avec des
substances telles que de la graisse, des solvants, de la saleté et de l'eau,
puisque cela risque de l'endommager
Ces prothèses ont une double emboiture, une interne, parfaitement moulée sur
le moignon, comporte des électrodes de contact, et une externe, solidaire de la
première, sur laquelle se fixe le poignet et ses connexions électriques, ainsi
que les instruments terminaux. Un emplacement est réservé pour la batterie de
6 volts qui alimente le moteur
- les prothèses hybrides :
Elles associent des composants mécaniques (harnais de suspension, emboîture)
et des composants électriques voir myoélectrique (effecteurs terminaux
myoélectrique ou mue par une force électrique ou pneumatique)
83
II LES PRINCIPAUX COMPOSANTS PROTHETIQUES
POUR L’AMPUTATION DES MEMBRES SUPERIEUR (41) :
Les prothèses du membre supérieur se composent de plusieurs parties :
Ce sont des éléments qui assurent ,la fixation entre des différents composants
et certaines fonctions substitutives des articulations perdues, ils sont de
plusieurs types :
– L’unité du poignet
– L’unité du coude
– L’unité de l’épaule
Les emboîtures.
Les composants intermédiaires : qui assurent la cohérence de
l’ensemble et l’esthétique
– Le système de suspension et
– le système d’harnais.
Dispositif terminal (A) (un crochet dans ce cas).///les effecteurs intermédiaires :(B) unité du poignet,
(E) charnière ou unité du coude///(C) l’emboiture///Les composants intermédiaires:(D) câble de
commande;(F) manchette ou brassard bicipital (G) harnais
84
II-1 LE DISPOSITIF TERMINAL(25,41) :
C’est le composant le plus distal d'une prothèse du membre supérieur il est
subdivisé en deux classes fonctionnelles : dispositif terminale passif et le
dispositif fonctionnel ou préhensile
La restauration prothétique chez les patients amputés du membre supérieur
exige un effecteur terminal pour leur prothèse ; ces dispositifs sont employés
dans des toutes les prothèses de membre supérieur pour des amputations allant
du niveau de poignet au niveau les plus haut
- ces dispositifs terminaux ont un feedback sensorielle, une mobilité et une
dextérité limitée
- les effecteurs terminaux fonctionnels se divisent en dispositif à traction
corporelle, et à énergie externe
a) Dispositifs terminaux passif
- ils sont légers et ne présentent aucun mécanisme fonctionnelle et ne
fournissent aucune prise et ils sont de deux type
Main passive : destiné à l'utilisation esthétique uniquement
Dispositif terminal flexible passif : ayant l apparence de main humaine,
ils sont flexibles et sont employés pour absorber les chocs et pour
stocker et libérer l'énergie pendant certaines activités
b) les Dispositifs terminaux fonctionnels ou préhensiles :
se sont des effecteurs qui sont actionnées par la force corporelle du patient,
grâce au moignon et au muscle du tronc et de l’épaule. Le mouvement est
déclenché via un câble de traction dit câble de commande.
Ils sont de deux types : les crochets et les mains artificielles
- Les mains prothétiques fournissent une prise tri digitale
- Les crochets fournissent l'équivalent de la pince latérale ou bidigitale qui met
en contact la partie pulpaire du pouce et celle d'un autre doigt comme la prise
d'une clé
85
Ces crochets ont une forme caractéristique semblable et ne diffèrent que par
leurs tailles et leurs matériaux de fabrications
Ces dispositifs terminaux offrent une prise active et peuvent être classifiée
selon leur mode de fonctionnement en :
Ils ont une fonction plus physiologique que le type précédant. Le dispositif est
maintenu en position d'ouverture et doit être fermé volontairement par traction
avec le câble de commande pour saisir un objet. Pour le libérer, le patient
relâche la traction sur le harnais.
La puissance de la force préhensile est déterminée par la force de l'individu
L’inconvénient est qu’une préhension prolongé exige une traction constante
sur le harnais, ce qui est plus fatiguant et plus exigeant que les unités à
ouverture volontaire.
86
Figure 11 Effecteurs terminaux à ouverture volontaire (à droite pince à gauche main articulé)
87
Figure 13 une gamme d’ustensiles qui peuvent s’interchanger à la main prothétique : pinces diverses,
crochets
88
.
Figure 14 emboiture myoélectrique avec électrode
89
• Deux types de poignets sont disponibles : les poignets à friction et le poignet
avec verrou
♦ Les poignets à friction : permettent une pronation et la supination de
l'effecteur terminal et son maintien dans la position choisie au moyen
de frottement dérivé d'une rondelle en caoutchouc comprimée ou grâce
à une tension appliqué sur l’axe du dispositif terminal
♦ Les poignets à verrou permettent la rotation manuelle et le verrouillage
du l’effecteur terminal dans position fixe
Le verrouillage empêche la rotation non voulue du dispositif dans l’unité de
poignet quand un objet lourd est saisi.
Pour assurer la flexion, il existe deux types d'unités de flexion du poignet :
soit en adjonction et soit en combinaison
- L'adjonction est portée entre le poignet et le terminal et permet le
positionnement manuel du terminal en position droite ou fléchie.
- Le type de combinaison combine un poignet de frottement et un composant
de flexion du poignet dans une même unité qui permet le contrôle et le
verrouillage de la position.
- Les unités électriques de rotation de poignet sont également disponibles et
sont généralement réservé aux amputés bilatéraux des extrémités supérieurs.
90
b) Charnières ou unité du coude
Les coudes conventionnels à friction ou mécaniques sont les modèles les plus
fréquemment utilisés. Ils sont fonctionnels et beaucoup plus légers que les
coudes électriques. Le poids est un facteur important à considérer
particulièrement dans le cas d'une amputation transhumérale ou au niveau de
l'épaule. Plus l'amputation est haute, plus il est difficile de porter une prothèse
constituée de composants lourds.
91
Les coudes réglables permettent à la personne amputée d'utiliser la main valide
pour lever ou abaisser le coude à la position désirée. Il existe différents
modèles pour les adultes et les enfants.
Les coudes mécaniques sont commandés par un système de câbles. Pour plier
le coude, la personne doit mouvoir son corps de façon à lever la partie
inférieure du membre artificiel pour en déclencher le mécanisme de blocage.
Si la personne désire lever le bras ou le laisser pendre le long de son corps, elle
doit tirer le câble en utilisant les muscles de son dos et de ses épaules afin de
déverrouiller le coude
Ces charnières sont de plusieurs types :
Les Charnière flexible du coude :
Principalement utilisé pour suspendre l’emboiture de l'avant-bras au bras,
elles permettent une prono-supination active.
Elles sont attaché en proximal à un brassard tricipital et en distale à l'avant-
bras prothétique, ces charnières permettent la transmission approximative de
50% de la rotation résiduelle d'avant-bras à l effecteurs terminal
Ces charnières sont indiquées dans les amputations transradiales longues et les
désarticulations du poignet et exigent l’existence d'une prono-supination
résiduelle volontaire.
Ils sont utilisés dans des amputations transradiales courtes quand la flexion
normale du coude est présente alors que toute pronation ou supination
volontaire est absente et quand plus de stabilité sont nécessaire
- ils sont de plusieurs types :
Les charnières rigides du coude à axe simple : sont conçues pour fournir
la stabilité axiale de la rotation entre l’emboiture prothétique et l'avant-bras
résiduel .
Les charnières rigides du coude polycentrique : utilisé dans les
amputations transradiales courtes pour augmenter la flexion du coude tout en
évitant la butée du rebord antero- proximal de l’emboiture sur le moignon
92
Les charnières rigides du coude surmultiplicatrice : ils sont utilisé avec la
prothèse, dans l'amputation transradiale très courte quand la flexion du coude
est limitée. Ces charnières utilisant un axe à double-pivot permettent
d'augmenter l’amplitude de flexion de la prothèse. L'inconvénient est qu'il
nécessite deux fois plus de force (énergie à doubles coût) pour fournir le même
niveau de flexion qu'un type de charnière normal
Ce sont des unités qui sont dotées d’un ressort circulaire d'horloge, qui peut
être ajoutée à n'importe quel coude mécanique. Sa fonction est de
contrebalancer le poids de l'avant-bras prothétique et de réduire la force
nécessaire pour la flexion de coude
93
Figure 19 Charnières rigides surmultiplicatrice
Les coudes électriques peuvent être levés ou abaissés à l'aide d'une grande
variété de commandes: myoélectrique, les interrupteurs, les touches à
effleurement ou les résistances sensibles aux pressions.
94
c) l’unité de l’épaule
II-3 L’EMBOITURE
L’emboiture doit fournir à une interface de contact totale confortable mais
surtout stable avec le membre résiduel (en évitant le mouvement non désiré et
en excluant des concentrations inconfortables de la pression), et assuré un
transfert d'énergie efficace du membre résiduel à la prothèse et une
suspension sure et un aspect acceptable.
Pour atteindre ces buts, la plupart des emboitures sont à double paroi avec
une paroi interne à contact total adapté à partir d’un moulage précis du
membre résiduel et qui constitue l'interface primaire entre l'utilisateur et la
prothèse et une paroi externe d’aspect, de forme et de longueur semblable au
membre controlatéral et qui offrira les fixations pour les composants additifs.
Ce type d’emboiture est durable et s’adapte facilement à la variation du
volume du membre résiduel par l’utilisation de chaussettes pour l'ajustement.
Le confort et la qualité fonctionnelle de la prothèse sont directement attachés à
la qualité de l'ajustement de la paroi intérieure
95
On distingue schématiquement deux types d'emboiture pour les amputés du
membre supérieur
a) l’emboiture fendue ou emboiture séparé
L’emboiture fendue se compose d'un segment à contact total qui englobe le
membre résiduel et qui est relié par des charnières à une coque séparée de
l'avant-bras .A cette coque sont attachés une unité de poignet et un dispositif
terminal. Elle est utilisé pour l’amputation de l’avant bras et les
désarticulations du poignet
Ce type d’emboiture nécessite un harnais avec un système de sangle pour la
suspension et la fixation de l’emboiture au moignon et pour la commande de la
prothèse
96
II-4 LES COMPOSANTS INTERMEDIAIRES (39, 41, 41, 42,43):
Elles comprennent :
le système de suspension ou d’accrochage
le système de contrôle de la prothèse
Système de suspension
97
La Figure en huit
La Figure en neuf
La Figure en neuf est le harnais le plus souvent utilisée avec une emboiture
transradiale qui exige un harnais pour le contrôler du dispositif terminal, il se
compose d'une boucle axillaire et d'une courroie de commande.
Ce type d’harnais est plus léger et fournit une plus grande liberté et confort par
l'élimination de la courroie de soutien, du brassard ou de la manchette
habituelle de triceps
Manchettes et brassard
98
Figure 23 Système d’harnais et de câble de commande avec épaulette et courroies
thoraciques
99
suspension Indications Avantages inconvénients
Figure en8 -Amp. Transradiale -Simple, -Pression axillaire
-Amp. Transhumérale durable, - Gène, inconfort.
harnais -activités légère à ajustable.
normal
Amp = amputation
100
b) Systèmes de commande
Le système de commande est intiment lié au système de suspension dans le
cas des prothèses à traction.
Ces derniers emploient des câbles pour lier des mouvements de l'épaule et de
l'humérus à l'activation du dispositif terminal et de l’unité du coude. Les
mouvements qui sont capturés pour la commande incluent l'abduction de
l’omoplate, la dépression et l'abduction d'épaule, et la flexion humérale.
Le système de contrôle typique pour la transmission de la puissance
musculaire à la prothèse se compose d'un câble flexible en acier inoxydable
avec des fixations terminales qui glisse à travers des tubes souples pour ce fixé
sur l’effecteur approprié grâce a des attaches terminales
Il y a deux types de système de câble de commande :
Système de câble de commande simple ou système de Bowden
système de câble à commande double
Des câbles de commande employés pour activer un composant prothétique tel
que l effecteur terminal sont dits câbles de commande simple ou câbles de
Bowden.
Les systèmes de câble de Double commande emploient le même câble pour
contrôler deux fonctions prothétiques, typiquement ouverture du dispositif
terminal et la flexion de coude dans une prothèse transhumérale par exemple.
101
Figure 25 Schémas montrant les mouvements pour commander les prothèses
102
Figure 27 Appareillage fonctionnelle pour amputation transmetacarpienne des doigts 2
à5
Figure 28 Pince prothétique avec harnais de commande pour une amputation totale
des doigts
103
Une ouverture distale de l'emboiture permet sa mise en place et son retrait.
L'unité du poignet spécialement mince est employée pour réduire au
minimum la longueur totale de la prothèse pour préserver l’égalité de longueur
des deux avant-bras vue que le membre résiduel est long
104
La prothèse esthétique est la plus légère, mais elle n'a qu'une fonction limitée,
passive.
Ces prothèses sont montées sur le moignon au moyen d'une emboiture de
contact renfermant le coude. La structure extérieure donne la forme apparente
et établit le raccord avec la "main."
105
Le maintien sûr de la prothèse est obtenu grâce à l’élargissement distal
moignon du condyle, par une emboîture de contact qui laisse l’épaule dégagée.
III-5- PROTHESES DES AMPUTATIONS TRANSHUMERALES :
106
Plusieurs types de prothèses sont possibles, aux différents niveaux
d'amputation du bras et dépendent de la longueur du moignon, de la fonction
musculaire etc., ainsi que la performance physique du patient et ses idées sur
les possibilités d'utilisation de la prothèse sont déterminantes pour le choix.
La prothèse esthétique est la plus légère, mais elle n'assure qu'une fonction
limitée.
Dans le cas de la prothèse à traction, le mouvement des éléments fonctionnels
exige un système d’harnais avec système à double commande.
L’emboiture est de type classique, à contact totale refermant l'épaule sangle
sur lequel se fixe l'avant-bras prothétique par l’intermédiaire de l'articulation
du coude .
Dans la prothèse hybride l’articulation du coude est actionnée par une sangle
d'épaule et la prothèse de la main est myoélectrique.
107
III-6- PROTHESES POUR LA DESARTICULATION DE L'EPAULE ET
LES AMPUTATIONS INTERSCAPULOTHORACIQUES :
Outre la désarticulation au niveau de l'épaule, il existe des amputations
encore plus radicales à ce niveau, dans le cas d'une amputation
interscapulothoracique. On ampute l'omoplate et la clavicule avec les muscles
correspondants.
Il est le plus difficile d’équiper des patients présentant ces niveaux
d'amputation d'une prothèse fonctionnel, cette difficulté est due au nombre
d'articulations à remplacer et les problèmes de suspension de la prothèse
Pour la désarticulation de l'épaule et l’amputation interscapulothoracique,
l’emboiture se prolonge sur le thorax pour mieux suspendre et stabiliser la
prothèse
Les composants prothétiques sont semblables à ceux de la prothèse
transhumérale, avec addition de l'unité de l'épaule, qui permet un
positionnement passif (les mécanismes actifs sont moins souvent utilisés) de
l'articulation de l'épaule dans la flexion-extension et l’adduction-abduction.
L'articulation peut être équipée de commandes en plus de celles requis pour le
coude, le poignet, et la main
L'utilisation prothétique fonctionnelle dans l’amputation
interscapulothoracique est moins réussie parce que suspension est difficile
maintenir.
Dans certains cas, une option meilleure est de fournir une prothèse esthétique
passive.
Une considération spéciale devrait être faite pour fournir une épaulette pour
permettre au patient de porter plus facilement les habits et d'améliorer
l’apparence externe.
L'utilisation de la prothèse passive ultralégère est habituellement bien reçue
par les patients
108
Figure 34 schémas d’une prothèse de l’épaule avec une unité du coude et système de commande double
109
PROTHESES DES
MEMBRES
INFERIEURS
110
I LES DIFFERENTS COMPOSANTS DES PROTHESES DU
MEMBRE INFERIEUR (25,39,41,48,47,48) :
Les prothèses pour les amputions des membres inférieurs ont un double rôle :
- restituer l’intégrité anatomique en se substituant au segment manquant tout
en corrigeant certaines déviations anatomiques consécutives au déséquilibre
musculaire post-chirurgical,
- rétablir les fonctions de l’appareil locomoteur en position érigée au niveau
des équilibres statiques et dynamiques.
111
Toute prothèse de membre inférieur est constituée d’un certain nombre de
composants, qui sont: emboîtures et manchons intermédiaires en contact avec
le moignon d’amputation, articulations (de genoux et de hanches), pieds et
chevilles, et diverses adjonctions et éléments de liaisons.
I-1-LES EMBOITURES
L’emboîture a trois fonctions principales : suspension de la prothèse,
appui de celle-ci sur le moignon (transmission des forces au cours de la phase
d’appui) et l’activation de la prothèse par le moignon lors de la marche
prothétique. L’emboîture est destinée à recevoir le moignon, soit directement,
soit par l’intermédiaire d’un manchon. La qualité de sa conception et de sa
réalisation est extrêmement importante pour le résultat fonctionnel : en effet,
l’emboîture doit être confortable, facile à chausser et avoir une bonne tenue
sur le moignon, afin notamment de ne pas la perdre lors de la phase oscillante
de la marche.
Actuellement, l’appareillage des amputés fait appel principalement aux
emboîtures de « contact total » mise au point vers les années soixante : ce
contact est effectivement total sur l’ensemble du moignon, ce qui augmente la
surface d’appui, tout en réduisant la pression en chaque point de contact, et
assure une suspension efficace, sans aucun artifice mécanique supplémentaire
(sans bretelle de suspension notamment). La globulisation des muscles du
moignon renforce l’effet de suspension du contact total.
Les matériaux de fabrications des emboitures font essentiellement appel à des
résines et/ou du carbone associés éventuellement à une emboîture
intermédiaire souple (en thermoplastique souple).
Les emboîtures classiques nécessitent obligatoirement une suspension
par différentes bretelles et ceintures.
Les matériaux utilisés sont le dural, la résine, et plus rarement le bois, et
très exceptionnellement le cuir.
Le défaut de ces emboîtures est d’avoir une forme relativement approximative
par rapport à la morphologie du moignon (et notamment de ses reliefs osseux)
et de ne pas pouvoir contrôler les phénomènes de « pompage » ou
« pseudarthrose » entre le moignon et l’emboîture, ce qui entraîne
112
inévitablement une accentuation des défauts de marche et un moindre contrôle
prothétique.
I-2 LES MANCHONS INTERMEDIAIRES:
Depuis plus d’un siècle, les manchons intermédiaires sont utilisés comme
interface entre le moignon et l’emboîture dans l’appareillage des amputés de
membre inférieur.
Ils ont trois fonctions principales sont les suivantes :
- Fonction de chaussage, le manchon devant faciliter la mise en place du
moignon dans la prothèse.
- Fonction de confort, le manchon devant assurer l’association contact et
amortissement du moignon dans l’emboîture, en réduisant les phénomènes
douloureux éventuels et en améliorant la tolérance cutanéo-trophique de ce
moignon, sans détérioration vasculaire, tout en préservant au maximum les
afférences proprioceptives indispensables au contrôle optimal de la prothèse.
- Fonction de reconfiguration, le manchon ayant alors pour objectif de réaliser
un véritable « faux moignon », afin de rendre compatible la forme extérieure
du manchon avec une emboîture de « contact », malgré un moignon
dysmorphique.
Deux autres critères interviennent dans le choix des manchons :
- le mode de chaussage du manchon qui s’effectue soit par traction, soit par
retournement, en fonction des matériaux et du niveau d’amputation,
- la notion de « contact total » qui est très amélioré entre le moignon et
l’emboîture grâce à l’interface représentée par le manchon. Ceci est
particulièrement intéressant pour des moignons dysmorphique et/ou présentant
des cicatrices invaginées, voire pathologiques (notamment pour des moignons
multigreffés).
Des matériaux très divers ont été et sont actuellement utilisés :
caoutchouc recouvert de cuir (cheval chromé, voire peau de chamois pour
l’intérieur du manchon), mousses thermoformables de polyéthylène (d’un
confort moyen, mais pouvant se nettoyer facilement et facilitant le chaussage
de moignons flasques et avec des parties molles distales exubérantes), silicone,
polyuréthanne, copolymères.
113
I-3 LES EFFECTEURS TERMINAUX :
Ils se divisent en deux groupes principaux, morphologique (semblables au pied
humain) ou non morphologique
a-1 le pilon :
114
Figure 36 PILON
o ces avantages :
Reproduit l’appui sur l’avant-pied de la course
physiologique.
o Ces inconvénients :
Marche possible uniquement sur quelques pas.
Son encombrement ne permet pas l’appareillage des
moignons longs. (taille)
o Ces indications :
L’amputé tibial lors de la pratique d’un sport.
115
Figure 38 pieds prothétiques
116
Pieds articulés mono-axiaux
117
Ces types de pieds prothétiques certes couteux ont permis d’améliorer
notamment pour les amputés traumatiques, le confort, la vitesse de marche, et
la fatigabilité.
Certaines réinsertions professionnelles ont pu être finalisées en Europe
grâce à ce type de pied qui permet notamment une meilleure sécurité lors de la
montée des escaliers, l’utilisation d’échelle, la marche en terrain varié, les
prises d’appui lors de port de charges.
Ces pieds permettent la marche rapide et même la course, ainsi qu’un
certain nombre d’activités de loisirs. Pour des amputés très distaux et
transtibiaux, l’utilisation de ces pieds « propulsifs » permet une très bonne
maîtrise du débrayage et du freinage lors de la conduite automobile, sans
aucune adaptation du véhicule la plupart du temps.
Il existe différentes catégories de pied propulsifs en fonction de leurs
performances mécaniques. Leur prescription dépend du périmètre et de la
vitesse de marche.
Les pieds multiaxiaux et les pieds à quille flexible (voir tableau ci-dessous)
forme la catégorie des pieds dynamiques sont divisés en 3 classes (I, II et III)
118
Type de Avantages Inconvenient INDICATION
pied
• Peu coûteux – Ne permet pas une marche –Facilité de montage
Quille rigide • le pied le plus Léger rapide. – Tout amputé de membre inférieur.
• Durable – Absence d’adaptation aux – Appareillage provisoire.
• SACH (solid • solide ²fiable sols irréguliers ou en déclivité. – Appareillage définitif pour tout
ankle • Facilité de montage – Surcoût énergétique par amputé, ,
cushion heel) rapport aux pieds propulsifs. évoluant à domicile ou sortant peu et
• Quille en bois – Absence d’amortissement restant sur terrain
• Talon – Difficulté lors du
compressible déroulement du pas pour
l’amputé fémoral appareillé
avec une prothèse comportant
un genou à verrou.
pied à axe – Mouvement dans un plan – Poids accru (70% plus lourd – Pour augmenter la stabilité du genou
simple –Ajoute de la stabilité au genou que SACH)
prothétique – Coût et entretien important – A. transtibial nécessitant
– Léger, solide, fiable. –Ne permet pas une marche une plus grande stabilité de genou
– Facilite le déroulement du pas. rapide.
– Meilleure adaptation sur terrain en – Absence d’adaptation aux – Tout amputé de membre inférieur.
déclivité. sols irréguliers. – Appareillage provisoire.
– Surcoût énergétique par – Appareillage définitif pour tout
rapport aux pieds propulsifs. amputé, particulièrement de niveau
– Absence d’amortissement fémoral, évoluant à domicile ou sortant
peu et restant sur terrain plat.
Quille multiaxe • mouvement – relativement encombrant • utilisée pour la déambulation sur les
college-park multidirectionnel – Lourd, cher surfaces irrégulière
EndolitMultiplex • Permet certaine rotation – nécessite un entretien • Absorbe une partie de
Bock d'Olio • S'adapte important forces de torsion
Grelsslnger* surfaces irrégulière créé dans la marche
• attenue l'effort subit
Par la peau et la prothèse•
flexion dorsale et palmaire du pied
possible, inversion, éversion et
rotation possible
119
Pied restitution • Quille d'élastique poids Modéré S'adapte au modèles de nombreuses
d‘energie• •Coût modéré chaussures
“ STEN“
Stabilité de medio- latéral semblable à
SACH
classe 1 et classe 2 marche supérieur à 3 km/h et
Pieds périmètre supérieur à 500 m.
propulsifs
classe 3 vitesse de marche supérieur
à 4,5 km/h et/ou pratique d’un sport
120
duquel le genou va pivoter lors des tous premiers degrés de flexion. Il est donc
déterminant pour le positionnement de l’emboîture.
Pour un genou monoaxial, l’ICR est confondu avec l’axe du genou. Pour un
genou à biellettes, l’ICR est déporté en arrière et vers le haut pour donner plus
de sécurité, et est fonction de sa géométrie car il se situe à l’intersection du
prolongement imaginaire des biellettes.
121
Cette régulation est réglable en fonction du poids du patient et de sa vitesse de
descente
Les genoux prothétiques doivent répondre à deux impératifs principaux
parfois contradictoires : sécurité et mobilité. Ces deux impératifs dépendent
certes des caractéristiques propres au genou prothétique lui-même, mais
également de l’ensemble de la prothèse (« triplés » emboîture-genou-pied),
alignement général statique mais surtout dynamique), ainsi que des
mécanismes musculo-articulaires et neurophysiologiques très complexes à
l’origine même de la marche humaine.
La sécurité correspond en fait aux fonctions de stabilité et de
verrouillage lors de la phase d’appui du membre appareillé. La mobilité
correspond aux mouvements de flexion-extension du genou intégrés dans la
cinésiologie globale du corps humain, lors de la phase oscillante prothétique.
Les dix dernières années ont été marquées par une évolution (véritable
révolution même) des genoux prothétiques, évolutions améliorant de façon
tout à fait significative les possibilités de contrôle du genou tant dans la phase
pendulaire que dans la phase d’appuie.
Les critères de choix d’un genou prothétique sont fonction de:
122
1. Prothèse exo ou endo squelettique
2. le nombre d’axes articulaires
3. la liberté des mouvements,
4. la présence ou l’absence de verrous facultatifs,
5. le contrôle de la phase d’appuie,
6. le contrôle de la phase pendulaire,
7. le contrôle de pied.
Les genoux à axe simple constituent les modèles de base. Ils disposent d’un
seul axe articulaire et fonctionnent comme une charnière de porte qui se plie et
que l'on peut positionner en extension ou en flexion. Ils sont peu coûteux,
légers et ont une bonne durabilité compte tenu de leur simplicité.
Les défauts de ces genous sont le fait qu'ils sont bruyants, difficiles à manier
(l'amortissement de la phase pendulaire se fait par friction) et difficile à plier
(choc de phase terminale très désagréable). Mais en revanche la vitesse
angulaire du mouvement de flexion-extension est souvent plus rapide.
123
important de l’ensemble du mécanisme en position assise, ce qui est
particulièrement intéressant pour des moignons fémoraux très longs.
Le genou polycentrique standard est muni d'un simple mécanisme de
balancement offrant une seule vitesse de marche. Cependant, il existe d'autres
modèles de genoux polycentriques munis d'un système pneumatique ou
hydraulique permettant de marcher à des vitesses variables.
actuellement, des genoux contrôlés par microprocesseur qui utilisent la
technologie informatique pour accroître les fonctions des modèles mécaniques,
pneumatiques et hydrauliques et ceux à axe simple ont fait leur apparitions .
L’évolution très récente des contrôles de la face pendulaire est représentée par
les systèmes de pilotage électronique, qui permettent un réglage automatique
des buses de contrôle des mécanismes hydrauliques ou pneumatiques, afin de
s’adapter au mieux aux variations des cadences de marche.
125
Au total, il existe de très nombreux genoux prothétiques, dont les concepts se
résument aux critères principaux énoncés plus haut.
Plus le genou est sophistiqué, plus il est fragile, mais en revanche, il est
certain que l’association d’un contrôle de la face pendulaire (pneumatique ou
hydraulique) à un contrôle de face portante (mécanique ou hydraulique avec
au mieux un pilotage électronique) sont des apports tout à fait positifs pour la
réinsertion des amputés de membres inférieurs.
I-5 LES ADJONCTIONS OU COMPOSANTS INTERMEDIAIRES
Sous le terme d’adjonction, nous envisagerons des pièces intermédiaires
prothétiques complémentaires de celles décrites jusqu’alors.
Il s’agit du rotateur axial (ou articulation de rotation fémorale) et des
amortisseurs axiaux :
a) le rotateur axial : est situé au-dessus du genou prothétique juste en dessous
de l’emboîture. Il permet une rotation du segment jambier du genou par un
système mécanique, ce qui à l’énorme avantage de facilité l’habillage, le
chaussage, mais également le positionnement de la prothèse pour la conduite
automobile. Enfin, en fonction des coutumes, ce système permet de maintenir
une position assise par terre jambes croisées.
126
Figure 42 les différentes possibilités prothétiques pour l'amputation des membres inferieurs
(Amputation transfémorale)
127
II LES DIFFERENTS TYPES DE PROTHESES EN
FONCTION DU NIVEAU D’AMPUTATION (25, 39,41,46,47,48,);
Cette orthèse plantaire peut être utilisée soit dans une chaussure du commerce,
soit, ce qui est préférable, dans une chaussure orthopédique fabriquée d’après
un moulage
129
L’action concertée du chirurgien et du responsable de l’appareillage permet de
résoudre ces deux problèmes.
La présence de cette ouverture fragilise l’appareil qui doit alors comporter des
renforts. Par ailleurs, ce renflement distal donne un aspect esthétique peu
acceptable.
130
Le pied prothétique est traditionnellement composé d’une âme en bois enrobée
de caoutchouc. Cette enveloppe caoutchouc donne à la fois la souplesse et
l’aspect esthétique.
Avec un appareillage de ce type, le sujet mène une vie que l’on peut qualifier
de normale, à un périmètre de marche illimité et peut courir et faire du sport de
loisir.
Depuis quelques années, le pied composite a fait son entrée et offre l’avantage
d’être très mince ce qui est précieux car il n’y a pas beaucoup d’espace entre
l’extrémité du moignon et le sol.
Par ailleurs, le matériau très élastique se déforme lors de l’appui et reprend sa
forme très rapidement à la fin de la phase d’appui en restituant plus de 90 %
de l’énergie emmagasinée initialement.
Ce dynamisme permet aux sujets jeunes qui le désirent d’avoir une activité
sportive importante
Il fait appel à une prothèse de type Syme. Cette prothèse est à appui distal .
L’importante protubérance du moignon nécessite que l’appareil soit fenêtré
pour le chaussement et le déchaussement.
L’aspect esthétique global ainsi que l’importance du volume distal de la
prothèse qui déforme la chaussure, rendent ce type d’appareillage difficile à
prescrire à une personne soucieuse de son apparence physique. L’interposition
du pied prothétique sous le talon du côté amputé crée une inégalité de
longueur qui est compensée du côté sain. Lorsque la prothèse est bien adaptée,
le résultat fonctionnel est excellent, et l’accès à un mode de vie pratiquement
normal est possible.
131
Figure 46 amputation de Chopart moignon et appareillage
132
Figure 47 Amputation de Lisfranc. Appareillage par « chausson » en silicone.
133
II-2- PROTHESE DE L’AMPUTATION TRANSTIBIALE
Au tibia, la transmission des forces verticales, qui sont supérieurs au poids du
corps, se fait préférentiellement par l’intermédiaire de l’appui sous-rotulien et
du contre-appui poplité qui lui est associé.
L’appareil, une prothèse tibiale de contact est composée d’un manchon en
mousse qui répartit les pressions sur les reliefs osseux sensibles du moignon,
d’une emboîture, d’un segment jambier et d’un pied prothétique. Ce pied peut
être fixe, articulé ou composite.
Elles ont succédé aux prothèses à genou fléchi et ont été prescrites après la
première guerre mondiale. Elles sont encore fréquemment utilisées pour le
renouvellement de vieilles prescriptions, pour les moignons et genoux
instables, les obèses, les personnes frustres et les personnes amenées à vivre
dans des pays chauds. (46)
134
Elles sont formées :
d'un pied : on montre souvent soit des pieds monoaxiaux, soit des pieds
S.A.C.H (mais les autres types de pieds peuvent être prescrits dans des cas
particulier
D'un fut jambier : fait de bois, de dural ou de matière plastique, fixé sur le
pied. Creux à sa partie supérieure, il reçoit le moignon recouvert de son
manchon de cuir.
D'attelles articulées, d'un cuissard et d'un manchon : ces attelles sont fixées
sur les parties latérales du fut et se joignent aux attelles crurales, attachées
au cuissard par des articulations mono axiales légèrement postériorisées.
Le cuissard est un cylindre de cuir ouvert et lacé en avant. Le manchon
recouvre la partie proximale du moignon revêtu d'un bonnet ; l'extrémité
inférieure du moignon reste libre. Les appuis du moignon sur le manchon
se font au niveau du tendon rotulien et des plateaux tibiaux. (46)
135
Les zones d'accrochage sont :
– en avant : le tendon rotulien
– en arrière : le creux poplité en pression dégressive de l'extérieur vers
l'intérieur.
Les zones de soulagements sont :
– en avant : la tête du péroné, la tubérosité tibiale, le tubercule de Gerdy,
la crête tibiale, les sections osseuses du tibia et du péroné, et une
cicatrice éventuellement sensible.
– En arrière : les tendons des ischio-jambiers.
L’emboiture
C’est une emboiture standard à contact total en plastique moulée sur mesure
qui se caractérise par une barre dans la paroi antérieure .Cette barre applique
une pression sur le tendon patellaire ce qui le fait que le tendon de la rotule
supporte le poids,
L’emboiture s'arrête à mi rotule .Elle est alignée sur la jambe par une légère
flexion (environ 5°) pour augmenter la charge du ligament patellaire, ce qui
va permettre d'une part d’empêcher le recurvatum de genou et de résister à la
tendance du moignon de glisser en bas de l’emboiture et d'autre part de placer
le muscle quadriceps dans une position plus efficace et mécaniquement
avantageuse, facilitant ainsi sa contraction
Cet alignement inclut également une légère inclinaison latérale pour réduire la
pression sur la tête fibulaire.
136
Un revêtement peut être ajouté à l’emboiture pour plusieurs raisons:
Pour protéger la peau fragile ou insensible.
pour réduire les forces cisaillements.
pour fournir une emboiture plus confortable pour des membres résiduels
tendres.
pour adapter l'emboiture à la variation volumique du moignon.
Ces revêtements peuvent être faits en thermoplastique, caoutchouc couvert de
cuir, ou gels de silicone.
Cet emboiture est la plus fréquemment utilisée ,elle peut nécessiter un
bracelet supra-condylien. Elle est indiquée pour les moignons moyens et longs
ainsi que les moignons de femmes (plus esthétiques).
C‘est une emboiture PTB avec les murs médiaux et latéraux se prolongeant
au-dessus des épicondyles fémoraux pour la suspension, ce qui fournit l'appui
mediolateral supplémentaire .Le PTB-SC est employé pour les membres
résiduels courts
138
bas de fixation en caoutchouc ou du néoprène ;
Corset de cuisse
il s’agit d’un corset (fémoral) en cuir est relie à une prothèse de PTB par des
articulations en métal et barres latérales pour diminuer le roulement résiduel
distal de membre de 40% à 60%
il est utilisé quand le tendon patellaire ne peut pas tolérer la pression du poids
ou quand l'articulation de genou est instable ou douloureux
139
A B C
Figure 50 A : bas de fixation B : Suspension à succion en silicone avec valve d’aspiration (en bas
à droite) C : corset de la cuise
La ceinture de maintien
140
A B
Figure 52 Prothèse exosquelettique tibiale de contact (A) avec cuissard (B) avec son manchon de pour
amputation transtibial très courte
Les différents types de pieds prothétiques peuvent être utilisés en fonction des
besoins du patient tel : le pied prothétique (SACH),le pied à axe simple ou
multiaxe, le pied prothétique à quille flexible ou pied prothétique réponse
dynamique
141
II-3 Prothèse de l’amputation transfémorale :
142
L’importance de l’emboîture est prépondérante dans la qualité de la prothèse.
C’est elle qui va conditionner l’utilisation de l’appareil.
En effet, elle doit avoir les qualités indispensables qui offriront :
Confort
contrôle
coaptation
143
A notre sens, ce type de prothèse reste dans notre contexte très courant car il
présente de nombreux avantages:
son cout accessible,
son temps d'adaptation court
la rapidité de la remise en charge surtout quand nos amputés ne trouvent
pas de centre de rééducation à leur portée
La prothèse à succion :
144
associé à un contre-appui diamétralement opposé. Les autres forces transitent
par les parois de l’emboîture qui sont en contact avec toute la surface du
moignon . Cet appui se fait sur une tablette répondant à la tubérosité
ischiatique pour les emboîtures quadrangulaires et se répartit sur le bord
postéro-interne plus évasé des emboîtures dites « à ischion inclus » .
b) L’emboiture
Cette forme encore utilisée de nos jours, et reste très efficaces mais présente
certains inconvénients :
145
Figure 56 La forme "quadrangulaire à gauche L’emboîture à ischion intégré à droite
Plus complexe dans son principe d’action et aussi dans sa mise au point, Le
terme « à ischion inclus décrit plusieurs concepts semblables dans la
conception des emboitures dans laquelle l'ischion (et dans certains cas le
ramus ischiatique) sont enfermés à l'intérieur de l’emboiture ce qui procure
plus de mobilité et plus de stabilité.
L’ischion ne repose pas directement sur une tablette, il est logé dans une forme
anatomique et il est calé par obliquité, ce qui renvoie le moignon se reposer
sur le fémur en face externe. Ainsi, chaque mouvement du fémur a une action
directe, immédiate et précise sur l’ensemble de la prothèse.
146
L’équilibre des forces horizontales et verticales appliquées par l’emboîture sur
le moignon est tridimensionnel. Ainsi, le moignon contrôle la prothèse dans
tous les plans.
-Genou prothétique
Le genou prothétique doit offrir un compromis entre une grande stabilité lors
de la phase d’appui et une mobilité contrôlée lors de la phase pendulaire.
La stabilité donnée au cours de la phase d’appui par les systèmes
hydrauliques, s’accompagne malheureusement d’une résistance lors de la
phase pendulaire qui limite la mobilité et qui peut donc s’avérer fatiguante en
utilisation prolongée. Les systèmes associant des biellettes assurant une
relative stabilité lors de la phase d’appui à un contrôle permettant de marcher
vite et longtemps avec une moindre fatigue, semblent représenter le meilleur
compromis actuel pour une utilisation quotidienne. À l’avenir, la possibilité,
grâce à un microprocesseur, de modifier la résistance à la flexion et à
l’extension du genou prothétique tout au long du cycle de marche, paraît
séduisante
Chez le sujet âgé, où la sécurité prime avant toute autre considération, le
genou doit être à verrou. Un dispositif permettant le verrouillage automatique,
grâce à un dispositif hydraulique, lors de l’appui, constitue un des progrès
remarquables de ces dernières années.
- Pied prothétique
Tous les types peuvent être utilisés pour l’amputé transtibial. Chez le sujet très
âgé, il peut être remplacé par un pilon, beaucoup plus léger et moins
encombrant
147
Figure 57 prothèse transtibiale exo(à droite) et endosquelettique (à gauche)
148
– une zone d’appui ischiatique qui doit être aussi mince que possible pour ne
pas provoquer de surépaisseur gênante en position assise ;
– un accrochage supérieur correspondant à la dépression de la région du flanc
au dessus de la partie postérieure de la crête iliaque ;
– deux « mains d’appui », l’une antérieure, l’autre postérieure. Comprimant
les parties molles des régions correspondantes du moignon, elles stabilisent
l’emboîture et évitent notamment les mouvements de rotation ;
– d’une ceinture, participant à la rétention et équilibrant les contraintes en
varus de l’appareil lors de la mise en charge pendant l’appui unipodal. Elle est
en cuir moulé. Elle croise le tronc et prend appui sur la crête iliaque opposée à
l’amputation. Elle est fixée à la coque en deux points, un antérieur et un
postérieur ;
- une hanche, représentée par l’articulation métallique à axe simple ou à
biellette. Elle est située à la partie inférieure de la coque en avant. Cette
disposition est indispensable pour permettre la stabilité en extension lors de la
phase d’appui et la flexion contrôlée lors de la phase pendulaire ; d’éviter toute
surépaisseur dans la région ischiatique en position assise.
Cet axe doit posséder de bonnes qualités mécaniques pour résister aux
contraintes en varus lors de l’appui unipodale ;
– d’un segment crural, composé d’un tube reliant l’articulation de la hanche à
celle du genou et parfois d’un béquillon escamotable. Celui-ci sert de butée
d’extension de hanche en position érigée et entraîne en haut et en avant la
mousse d’habillage lors du passage
– d'un genou, reliant la cuisse à la jambe. La présence ou non d’un verrou
dépend de l’habileté de l amputé.
– d'une cheville qui n’offre aucune particularité. Tous les types de cheville
commercialisées peuvent être utilisées indifféremment ;
– du revêtement esthétique, sculpté, en prenant comme modèle le membre
inférieur opposé, à partir d’un bloc de mousse alvéolée .Il est recouvert d’un
bas synthétique lui donnant une bonne résistance mécanique.
149
Figure 58 L’emboîture traditionnelle "canadienne" à gauche,pince taille pour l’accrochage à
droite
150
Le suivi psychique
et social
de l’amputé
151
I L’IMPACT PSYCHIQUE DE L’AMPUTATION SUR
L’AMPUTE
l'amputation engendre chez l’amputé, plusieurs réactions psychologiques qui
seront le reflet du non acceptation de son nouvel état. Elle va dépendre de
plusieurs facteurs:
I-1 LES FACTEURS INTERVENANTS DANS LES MANIFESTATIONS
PSYCHIQUES DE L'AMPUTE :
a) Le type d'amputé :
L'amputé n'ayant aucun antécédent d'une maladie chronique et qui a été en
pleine activité, reçoit l'amputation comme une situation nouvelle et imprévue
et développe une réaction psychologique plus intense en comparaison avec les
patients porteurs d'une maladie chronique ou l'amputation va constituer une
complication de sa maladie et a été déjà évoquée comme telle.
b) Le demandeur :
La qualité même du demandeur de l'amputation est un élément prépondérant
de l'intensité des manifestations psychologiques et donc de l'attitude
d'acceptation ou de non acceptation de l'amputation, cette demande peut être
formulée soit par le médecin et dans ce cas il y a création d'une situation
conflictuelle pour le malade ; soit parfois par le malade lui même qui va
réclamer l'amputation afin de soulager sa douleur intense.
c) L'âge et le temps écoulé depuis l'amputation :
Chez les jeunes patients, la réaction psychologique est plus intense violente et
immédiate.
d) Le siège uni ou bilatéralité de l'amputation :
Ces deux facteurs constituent une importance énorme dans l'acceptation de
l'amputation ; quand on pense aux retentissements qui en découlent :
– La possibilité ou non de dissimulation.
– La récupération de la morphologie.
– La récupération de la fonction.
– La perte ou distorsion de l'image corporelle.
152
e)L'assistance psychologique :
L'intérêt d'une assistance psychologique devra être soulevé aussi bien pour la
phase préopératoire que pour la phase post-opératoire. De simples entretiens
permettaient l'information du patient sur ce qui l'attend de façon très réaliste,
sans lui faire des promesses irréalisables qui pourraient aggraver par la suite le
sentiment d'échec.
f) L'assistance sociale :
Le soutien apporté par le conjoint, la famille, l'entourage et la société,
prendront dans l'acceptation une part très importante.
g) Le terrain psychologique :
La structure de la personnalité de l'amputé sera certainement déterminante
dans l'intensité et la durée de la réaction psychologique secondaire à
l'amputation.
I-2- LES DIFFERENTES REACTIONS PSYCHOLOGIQUES
FACE A L'AMPUTATION :
J. DUFOUR cite les cinq phases du deuil, décrites par KUBLER-ROSS :
l'irritation fait suite au déni. Cette émotion correspond à la tentative de faire
revenir la situation corporelle antérieure. Elle est d'autant plus vive que
l'appareillage, souvent difficile en raison d'un moignon fragile, ne fait que
confronter l'amputé à la douloureuse réalité du manque.
La révolte, l'amertume, conduisent souvent au rejet de la prothèse.
La dépression succède souvent à l'irritation : la personne est découragée,
déstabilisée jusqu'à perdre le sens de la vie.
Puis survient le marchandage ; ce sont des tractations internes en vue de
changer le cours de la réalité : elles correspondent à la reprise de l'espoir.
L'acceptation est le début de la construction : l'amputé peut réaliser
l'importance que doit prendre la prothèse dans sa vie.
J. DUFOUR souligne que l'image de soi est reliée à l'image corporelle.
La modification de l'une modifie l'autre, le tout étant vécu par rapport à soi-
même et par rapport aux autres avec lesquels on est en relation humaine,
affective. L'amputation d'un membre va modifier les aptitudes physiques du
sujet, ce qui peut l'obliger à changer de métier, à reconsidérer ses relations
affectives avec ce corps mutilé. Cela pose le problème de la remise en
153
question de l'identité à travers la modification corporelle et l'acceptation d'une
nouvelle identité habitant ce corps et se remettant en relation, à partir de là,
avec l'environnement affectif et professionnel.
Ce qui fait que plusieurs types de réactions peuvent se voir chez les amputés
bien que dans la réalité, la coexistence de plusieurs réactions chez les mêmes
patients soient fréquentes.
a) Le syndrome dépressif :
Plusieurs états dépressifs dont certains états sont bénins, d'autres sont graves et
constituent une véritable urgence médicale.
On distingue :
– Etats dépressifs psychogènes.
– Etats dépressifs endogènes.
– Etats dépressifs somatogènes (dépressions secondaires à une
affection somatique, comme le cas des amputations).
Classiquement ces différentes dépressions ont un tronc commun
symptomatique fait de tristesse, d'inhibition psychomotrice, d'anxiété, de perte
de l'investissement, de trouble de sommeil et de somatisation.
b) La blessure narcissique :
L'amputation qui consiste en la suppression morpho-fonctionnelle qui entraine
un déséquilibre à la fois gnosique et de l'image du corps.
L'amputation est vécue comme une diminution de la propre personne, une
modification corporelle impossible à cacher, vue et relevée par tout le monde
et que le malade ressentira comme une dévalorisation et une dépréciation que
cette blessure narcissique va éveiller en lui.
Contrairement à sa réaction dépressive, la blessure narcissique persiste dans le
temps et elle est aggravée en l'absence de prothèse et de rééducation.
c) la réaction de dépendance :
Il s'agit non seulement d'une dépendance affective mais aussi matérielle
engendrée par la perte de l'autonomie.
154
L'amputation qui réduit ou supprime l'autonomie du patient va le placer dans
un état de dépendance et le reléguer à un second plan social, familial et
professionnel.
Mais dans cet état de dépendance, plutôt que la dépendance affective et
matérielle, c'est la dépendance physique qui est plus douloureusement vécue.
d) le membre fantôme :
Le phénomène du membre fantôme chez les amputés est l'une des
manifestations les plus évidentes du modèle postural.
Il est principalement représenté par des sensations tactiles et kinésthésiques.
e) Les autres réactions :
Des manifestations psychologiques à type de dépression mélancolique franche
de confusion mentale, de délires hallucinatoires, de schizophrénie, d'excitation
maniaque ou des troubles névrotiques structurés graves ou autre peuvent se
voir dans ce type d'amputation.
155
b) Organisation des nations unies pour la science et la culture
(UNESCO) :
Peu après sa formation, l'UNESCO a commencé à affronter la question de
l'éducation spéciale destinée à tous les genres de déficients.
c) Organisation mondiale de la santé (OMS)
L'OMS joue un rôle de formation et d'information commun aux autres
organismes internationaux et joue aussi un rôle dans la prévention et
l'éradication des maladies invalidantes.
d) Comité international de la Croix-Rouge(CICR):
Le travail effectué par le CICR à travers son programme de réadaptation
physique des personnes handicapées était en premier temps limité aux
situations d’urgence, car il s’inscrivait dans le cadre des activités d’assistance
humanitaire. Aujourd’hui, le CICR a pour objectif ultime la réinsertion socio-
économique des personnes handicapées physiques, à la fois pendant et après la
période d’assistance du CICR. La première étape, qui consiste à fournir à un
patient les soins dont il a besoin ainsi qu’une prothèse ou une orthèse
confortable, est importante. Le soutien du CICR vise principalement à :
– rendre les services de réadaptation accessibles ;
– améliorer la qualité de ces services ;
– veiller à ce que ces services soient durables.
156
b) Service d'assistance sociale du ministère de la santé publique :
Le dossier constitué à l'hôpital sera envoyé au ministère de la santé publique.
Le nombre de demandes d'appareillages est donc déterminé par ce service qui
couvrira les frais d'achats soit totalement, soit en partie.
c)Centre d'appareillage et de rééducation
Deux catégories de malades arriveront à l'hôpital EL AYACIII :
Les malades indigents qui ont fait une demande d'appareillage par
l'intermédiaire du Ministère de la santé publique.
Les malades adressés directement par le chirurgien et qui assureront les
frais de l'appareillage soit de leur argent propre ,soit a travers la prise
en charge d une assurance maladie (AMO ou autre) pour les
bénéficiaires.
Le médecin jugera la qualité du moignon qui sera apte ou inapte à recevoir une
prothèse. Dans ce dernier cas une régularisation sera indiquée.
Lorsque le moignon est bon, le médecin va prescrire des séances de
kinésithérapie, séance qui auront pour but d’améliorer la tonicité musculaire
du moignon et de préparer ce dernier à la réception de la prothèse.
Il collaborera à la construction de la prothèse, et assurera des consultations
d'appareillage deux fois par semaine.
Une fois la prescription faite, un devis sera établi puis adressé au service social
du Ministère de la santé publique
L'enquête sociale permet de déterminer le montant de la contribution qui sera
versée par le malade.
157
d-3 Atelier de fabrication des prothèses :
le moulage :
L’emboiture est l’élément essentiel dans la prothèse, c’est la partie qui est en
contact direct avec le moignon. L’intérieur est fait d’un manchon qui reçoit le
moignon, ensuite vient l’étape de stratification et de laminage.
les différents couches sont formées de films PVA, de matériaux de
renforcement, de fibres de carbone et de verre et de résine (pour la prothèse
définitive)
Il est important de noter que la résine est remplacée par le plastique dans les
prothèses [Link] permet les rectifications en rapport avec d’éventuels
changements du moignon au cours des 6 mois d’appareillages provisoire.
Montage statique :
158
L’alignement et essayage
revêtement esthétique :
C’est l’étape finale de fabrications. Elle est aussi importante que les autres
étapes vu qu’elle tente de donner à l’amputé une prothèse ressemblant, ou du
moins s’approchant en apparence au membre perdu
d-4 Kinésithérapie :
159
III TEXTE DE LOI REGISSANT LA PRISE EN CHARGE DES
APPAREILS DE PROTHESE :
Vu le décret n° 2-05-733 du 11 joumada II 1426 (18 juillet 2005) pris pour l'application de
la loi n° 65-00 portant code de la couverture médicale de base, notamment son article 7,
Arrête :
Article premier : La liste des appareils de prothèse et d'orthèse médicales, des dispositifs
médicaux et implants admis au remboursement ou à la prise en charge, au titre de
l'assurance maladie obligatoire est fixée à l'annexe 1 du présent arrêté.
Article 2 : La liste des appareils de prothèse et d'orthèse médicales, des dispositifs
médicaux et implants dont le remboursement ou la prise en charge est soumis à l'accord
préalable des organismes gestionnaires, est fixée à l'annexe 2 du présent arrêté.
Article 3 : Le présent arrêté est publié au Bulletin officiel.
Annexe 1
160
- Sondes d'urétérostomie cutanée pour stomisés urinaires,
- Chambre d'inhalation
- DM pour incontinents ou stomisés urinaires,
- DM collecteurs pour recueil et écoulement des urines,
- DM collecteurs de matières fécales,
- DM collecteurs de matières fécales ou d'obturation de la stomie,
- Sondes vésicales stériles à usage unique pour autosondage et hétérosondage intermittent,
- Bouton de gastrostomie,
- Sondes naso-gastrique ou naso-entérale pour nutrition entérale à domicile,
Section 1 : Orthèses
- Lunettes,
- Matériels pour amblyopie,
161
- Prothèses oculaires en matière plastique,
Section 6 : Podo-orthèses.
- Stimulateurs cardiaques
- Sondes de stimulateurs cardiaques,
- Pompes implantables,
- Neurostimulateurs,
162
Annexe 2
Les prises en charge des frais des prothèses sont traitées au cas par
cas au sein de l’organisme de l’assurance médicale obligatoire
163
CONCLUSION
164
A travers cette revue de littérature et l’étude pratique, nous avons essayé,
d’une part d’apporter des informations sur l’appareillage des amputés des
membres et de leurs différentes possibilités fonctionnelles, qui restent peu
connues des médecins
Les prothèses des membres peut être exosquelettique ou endosquelettique,
passif ou active, à traction, myoélectrique, ou mixte (hybride),
Leurs architectures restent schématiquement la même comprenant :
l’emboiture, les articulations et les effecteurs terminaux, mais chaque prothèse
reste unique dans sa conception et les efforts qu’elle exige pour s’adapter le
plus parfaitement possible au moignon de son porteur
D’autre part, nous avons tenté de mettre en évidence, l’importance de la
rééducation et de la prise en charge psychique et sociale de l’amputé pour
atteindre un niveau fonctionnel maximal et une réinsertion
socioprofessionnelle acceptable car l’amputation du membre constitue un
handicap qui va affecter à plusieurs niveaux et de façon intriquée les capacités
fonctionnelles de l’individu, sa vie sociale, professionnelle et sa psychologie.
Ces différentes répercussions dépendent autant de l’appareillage que de la
prise en charge médicale, physique et psychologique. Cette prise en charge fait
intervenir en plus de l’amputé, une équipe multidisciplinaire associant
chirurgien, médecin physique, prothésiste, psychiatre ,qui doivent ensemble
tout mettre en œuvre pour aider le patient à retrouver ses capacités physiques
et à se réintégrer dans la vie socioprofessionnelle
Au final il est évident que l’appareillage des amputations des membres a subit
une véritable révolution ces dernières années, tant dans les matériaux et les
techniques de fabrications que dans leurs capacités de substitutions.
Mais aucune prothèse aussi parfaite soit elle ne peut remplacer un membre
humain normal, d’ou l’intérêt de la prévention et de la sensibilisation des
sujets à risque qui peuvent être exposés par leurs professions, leurs loisirs, ou
leurs terrains pathologiques ,d’autant plus que dans notre pays, la majorité des
amputes est issue d’un milieu économiquement moyen voire faible et qu’il
n’existe pas de programme national efficace visant à rendre les prothèses plus
accessibles à ces derniers.
165
BIBLIOGRAPHIE
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170
171
Résumé:
Dans cette optique, notre travail tente d’apporter des informations sur l’état
actuel ainsi que sur les différents progrès réalisés en matière d’appareillage des
amputations des membres, en espérant apporter plus de connaissance dans ce
[Link] qui restent indispensables pour le médecin que ce soit
pour la prise de décision que pour l’information du patient.
172
exploré les différents possibilités d’appareillages disponibles dans notre pays à
travers des observations cliniques et une étude analytique.
Enfin en dernière partie, nous avons essayé de faire une approche de l’impact
psychique de l’amputation, des différents systèmes sociaux de prise en charge
des amputés et de leurs appareillages
173
l’ergothérapeute et le patient car la qualité de cette coordination
conditionne la qualité de la prothèse.
174
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175
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