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Code Penal Du Niger 2018

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REPUBLIQUE DU NIGER

Fraternité-Travail-Progrès

CODE PENAL
ET
CODE DE PROCEDURE PENALE

Edition du Ministère de la Justice


Janvier 2018
REPUBLIQUE DU NIGER

Fraternité-Travail-Progrès

CODE PENAL
ET
CODE DE PROCEDURE PENALE

Edition du Ministère de la Justice

Janvier 2018

i
ii
SOMMAIRE

CODE PENAL ………………………………................… 01 à 158

CODE DE PROCEDURE PENALE ..…….................... 01 à 228


**********
ANNEXES ……………...........…………………………… 01 à 93
♦ LUTTE CONTRE LA TRAITE DES PERSONNES
- Ordonnance n° 2010-86 du 16 décembre 2010,
relative à la lutte contre la traite des personnes ……………. 01 à 38

♦ JURIDICTIONS POUR MINEURS AU NIGER


- Loi n° 2014-72 du 20 novembre 2014, déterminant
les compétences, les attributions et le fonctionnement des
juridictions pour mineurs au Niger)………...….........…..... 39 à 58

♦ TRAFIC ILLICITE DE MIGRANTS


- Loi n° 2015-36 du 26 mai 2015, relative au trafic
illicite de migrants…………………..…………............... 59 à 76

♦ TRAVAIL D’INTERET GENERAL


- Loi n° 2017-05 du 31 mars 2017, portant institution du
Travail d’intérêt général.................................................. 77 à 80

♦ REGIME PENITENTIAIRE AU NIGER


- Loi n° 2017-08 du 31 mars 2017, déterminant les
principes fondamentaux du régime pénitentiaire au Niger.... 81 à 93

iii
iv
Code pénal

CODE PENAL
(Loi n° 61-27 du 15 juillet 1961, portant institution du Code pénal, Journal
Officiel spécial n° 7 du 15 novembre1961, avec la refonte de toutes les
modifications intervenues ultérieurement jusqu’en Janvier 2018)

v
vi
Code pénal

HISTORIQUE DES MODIFICATIONS DU CODE PENAL

TEXTE INITIAL
- Loi n°61-27 du 15 juillet 1961, portant institution du Code pénal
(Journal Officiel spécial n° 7 du 15 novembre 1961)
- Erratum à la loi n°61-27 du 15 juillet 1961
(Journal Officiel spécial n° 8 du 1er décembre 1961)

TEXTES MODIFICATIFS SUBSEQUENTS


- Loi n°62-24 du 20 juillet 1962, (JO n° 16 du 15 août 1962)
- Loi n°63-3 du 1er février 1963, (JO n° 04 du 15 février 1963)
- Loi n°63-38 du 10 juillet 1963, (JO n° 14 du 15 juillet 1963)
- Loi n°64-41 du 05 novembre 1964, (JO n° 22 du 15 nov. 1964)*
- Loi n°65-42 du 09 septembre 1965, (JO n° 18 du 15 sept. 1965)
- Loi n°71-6 du 29 janvier 1971, (JO n° 03 du 1er février 1971)
- Ordonnance n° 76-37 du 11 novembre 1976, (JO n° 23 du 1er décembre 1976)*
- Ordonnance n° 88-35 du 09 juin 1988, (JO n° 13 du 1er juillet 1988)*
- Loi n°2003- 25 du 13 juin 2003,(JO n° 24 du 15 déc. 2003)
- Loi n°2008-18 du 23 juin 2008, (JO n° 16 du 15 août 2008)*
- Loi n°2008-52 du 24 novembre 2008, (JOSP n° 05 du 11 mars 2009)
- Ordonnance n° 2011-12 du 27 janvier 2011, (JOSP!n° 03 du 11 mars 2011)
- Loi n°2016-22 du 16 juin 2016, (JOSP n° 05 du 15 mars 2017).
- Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017,(JOSP n° 11 du 15 mai 2017).

*
Textes expressément abrogés
!
JO : Journal Officiel;
!
JOSP : Journal Officiel Spécial

vii
viii
Code pénal

TABLE DES MATIERES

LIVRE PREMIER : DES PRINCIPES GENERAUX DU


DROIT PENAL
DISPOSITIONS PRELIMINAIRES ..................................................................... Art.1 à 4
TITRE I. DES PEINES EN MATIERE CRIMINELLE ET
CORRECTIONNELLE ET DE LEURS EFFETS ................................................. Art.5 à 12
Chapitre premier : Des peines en matière criminelle .............................. Art.13 à 23
Chapitre II : Des peines en matière correctionnelle .................................Art.24 à 25
Chapitre III : Des peines et autres condamnations qui peuvent être
prononcées pour crime et délit ............................................. Art.26 à 37
Section 1 : De l’interdiction de séjour.................................................. Art.26 à 33
Section II : Des autres condamnations ................................................. Art.34 à 37
Chapitre IV : Des effets des peines criminelles et correctionnelles
en matière électorale ....................................................... Art.38 à 40
TITRE II : DE LA RESPONSABILITE ET DE LA MESURE DE LA PEINE
Chapitre premier : De la responsabilité ................................................ Art.41 à 49
Section 1 : Des causes de non imputabilité et des causes
de justification ......................................................................................... Art.41 à 44
Section II : De la minorité pénale. ....................................................... Art.45 à 47
Section III. - De la complicité ................................................................ Art.48 à 49
Chapitre II : De la mesure de la peine ....................................................... Art.50 à 61
Section 1 : Des excuses .......................................................................... Art.50 à 52
Section II. - Des circonstances atténuantes ........................................ Art.53 à 54
Section III. - Du cumul d’infractions ..................................................... ........Art.55
Section IV. - De la récidive ......................................................................Art.56 à 61

ix
Code pénal

LIVRE II : DES CRIMES, DES DELITS ET DE LEUR PUNITION

TITRE I : DE LA SURETE DE L’ETAT ET DES ATTROUPEMENTS


Chapitre premier : Des crimes et délits contre la sûreté de l’Etat ...... Art. 62 à 96
Section I. - Des crimes de trahison et d’espionnage ........................... Art.62 à 65
Section II. - Des autres atteintes à la défense nationale ................... Art.66 à 77
Section III. - Des attentats, complots et autres infractions contre
l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire national .... Art.78 à 84
Section IV. - Des crimes tendant à troubler l’Etat par le massacre
ou la dévastation ....................................................................... Art.85 à 88
Section V. - Des crimes commis par la participation à un mouvement
insurrectionnel ............................................................................ Art.89 à 91
Section VI. - Dispositions diverses ........................................................ Art.92 à 96
Chapitre II : Des attroupements ................................................................. Art.97 à 101
TITRE II : CRIMES ET DELITS CONTRE LA CONSTITUTION ET LA
PAIX PUBLIQUE
Chapitre I : Des crimes et délits de caractère racial, régionaliste ou religieux ...... Art.102
Chapitre II : Des crimes et délits relatifs à l’exercice des droits
civiques................................................................................. Art.103 à 107
Chapitre III : Crimes et délits commis par les fonctionnaires ......... Art.108 à 134.6
Section 1. Attentats à la liberté ......................................................... Art.108 à 113
Section II. - Des abus d’autorité contre les particuliers ............... Art.114 à 116
Section III. - Coalition de fonctionnaires ........................................ Art.117 à 120
Section IV. - Soustractions commises par les dépositaires publics... Art.121 à 123
Section V. - Concussion ...................................................................... Art.124 à 128
Section VI. - Ingérence des fonctionnaires .......................................... Art.129
Section VII. - Corruption et infractions assimilées .................... Art.130 à 133.9
Section VIII. - Exercice illégal de l’autorité publique .......................... Art.134
Section VIII bis. - Atteintes à la liberté d’accès et à l’égalité des
candidats devant les marchés publics et les délégations
de service public ............................................................. Art.134-1 à 134.6

x
Code pénal

Chapitre IV. Du faux ........................................................................................ Art.135 à 161


Section I. - Fausse monnaie ...................................................................... Art.135 à 140
Section II. - Contrefaçon des sceaux de l’Etat, timbres et marques... Art.141 à 146
Section III. - Dispositions communes aux sections I et II ..................... Art.147 à 151
Section IV. - Faux en écriture .................................................................... Art.152 à 161
Chapitre V : Crimes et délits contre les citoyens chargés d’un service
public ......................................................................................... Art.162 à 176
Section I. - Rébellion ................................................................................. Art.162 à 168
Section II. - Les outrages ........................................................................... Art.169 à 172
Section III. - Les violences ........................................................................ Art.173 à 176
Chapitre VI : Vagabondage - Mendicité ...................................................... Art.177 à 182
Section 1. - Vagabondage ........................................................................ Art.177 à 178
Section II. – Mendicité .............................................................................. Art.179 à 182
Chapitre VII : Des infractions contre l’autorité publique ....................... Art.183 à 196.3
Section I. - Refus d’un service légalement dû. ....................................... Art.183 à 188
Section II. Usurpation de titre ou de fonction ....................................... Art.189 à 190
Section III : Bris de scellés ....................................................................... Art.191 à 193
Section IV. Enlèvement de pièces dans les dépôts publics................... Art.194 à 195
Section V. - Opposition à l’exécution des travaux publics.............................. Art.196
Section V bis. - Résistance à l’exécution d’une décision de justice... Art.196.1 à 196.3
Chapitre VIII : Evasion et assistance aux malfaiteurs............................. Art.183 à 196.3

Section 1. - Evasion de détenus ............................................................... Art.197 à 204


Section II. - Recel de malfaiteurs .............................................................. Art.205 à 206
Section III. - Remise d’objets aux détenus ......................................................... Art.207
Section IV. - Association de malfaiteurs ............................................................ Art.208

xi
Code pénal

TITRE III : ATTENTATS CONTRE LES PERSONNES


Chapitre préliminaire - Des crimes contre l’humanité et des
crimes de guerre ............................................................................... Art.208.1 à 208.8
Section 1. - Du génocide .......................................................................... Art.208.1
Section 2. - Des crimes contre l’humanité ............................................ Art.208.2
Section 3. - Des crimes de guerre ................................................ Art.208.3 à 208.4
Section 4 : Dispositions communes ............................................ Art.208.5 à 208.8
Chapitre premier. -Altération de la vérité et divulgation.............. Art.209 à 221
Section I. -Faux témoignage .............................................................. Art.209 à 216
Section II. - Subornation de témoins ................................................ Art.217 à 218
Section III. - Faux serment ......................................................................... Art.219
Section IV. - Dénonciation calomnieuse ................................................. Art.220
Section V : Révélation de secret................................................................ Art.221
Chapitre II : Coups et blessures volontaires et autres
crimes et délits volontaires .............................................. Art.222 à 236
Section I. - Coups et blessures volontaires ..................................... Art.222 à 229
Section II. - Administration de substances nuisibles et mise
en danger de la vie d’autrui .................................................... Art.230
Section III. - Castration ...................................................................... Art.231 à 232
Section III bis. - Mutilations génitales féminines ..................... Art.232.1 à 232.3
Section IV. - Menaces ......................................................................... Art.233 à 236
Chapitre III : Meurtres et autres crimes capitaux ............................. Art.237 à 244
Chapitre IV : Crimes et délits excusables ........................................... Art.245 à 247
Chapitre V : Crimes et délits contre l’enfant et la famille ............... Art.248 à 261
Section I. - Enlèvement, recel, suppression, supposition et
substitution d’enfant, non représentation d’un enfant par
la personne chargée de sa garde ..................................................... Art.248 à 250
Section II. - Défaut de déclaration de naissance ou de remise
d’un nouveau-né ................................................................................. Art.251 à 252

xii
Code pénal
Conventions internationales

Section III. - Abandon d’un enfant ou d’un incapable .............................Art.253 à 254


Section IV. - Détournement de mineur ........................................................ Art.255 à 258
Section V. - Non représentation d’un enfant sur la garde duquel
il a été statué par décision de justice........................................................ Art.259
Section VI. - Abandon de famille ou de foyer .............................................Art.260 à 261
Section VII. - Infractions aux lois sur les inhumations Art.262 à 264
Chapitre VI : Attentats à la liberté individuelle ........................................Art.265 à 271

Section 1. - Arrestations et séquestrations arbitraires ............................Art.265 à 268


Section II. - Aliénation de la liberté d’autrui ........... ................................Art.269 à 270
Section II bis. - De l’esclavage ............................................................. Art.270.1 à 270.5
Paragraphe 1. - Du crime de l’esclavage .................................... Art.270.1 à 270.2
Paragraphe 2. - Du délit d’esclavage .......................................... Art.270.3 à 270.4
Paragraphe 3. - Du régime commun ........................................................... Art.270.5
Section III. - Violation de domicile ................................................................. Art.271
Chapitre VII : Homicide et blessures involontaires, délit de fuite ............. Art.272 à 274
Section 1. - Homicide et blessures involontaires .................................... Art.272 à 273
Section II. - Délit de fuite ........................................................................................ Art.274
Chapitre VIII. Attentats aux mœurs ............................................................... Art.275 à 294
Section 1. - Outrage public à la pudeur .................................................... Art.275 à 276
Section II. - Attentats à la pudeur .............................................................. Art.277 à 281
Section II bis. - Harcèlement sexuel ................................................................... Art.281.1
Section III. - Actes impudiques sur mineurs de même sexe ................................ Art.282
Section IV. - Viol ............................................................................................. Art.283 à 284
Section V. - Attentat à la pudeur et viol aggravé................................................ Art.285
Section VI. - Adultère ................................................................................... Art.286 à 289
Section VII. - Mariage contracté hors les cas prévus par la loi
ou la coutume............................................................................................. Art.290
Section VIII. - Proxénétisme et excitation à la débauche ..................... Art.291 à 294

xiii
Code pénalinternationales
Conventions

Chapitre IX : Avortement .................................................................... Art.295 à 297


Chapitre X : Règlementation du commerce et du port des armes.. Art.298 à 300
Chapitre XI : Ivresse publique et police des débits de boissons ..... Art.301 à 305
Section 1. - Ivresse publique ..................................................................... Art.301
Section II. - Police des débits de boissons ................................ Art.302 à 305

TITRE IV : CRIMES ET DELITS CONTRE LA PROPRIETE

Chapitre premier : Vol ........................................................................... Art.306 à 332


Section I. Vol simple ....................................................................... Art.306 à 307
Section II. Vol qualifié .................................................................... Art.308 à 320
Section III : Vol de bétail ............................................................ Art.321 à 331
Section IV. - Dispositions communes au présent chapitre ................. Art.332
Chapitre II : Escroquerie ................................................................. Art.333 à 337
Chapitre III (Nouveau) : Abus de confiance et délit d’initié
Section 1. Abus de confiance ................................................... Art.338 à 308.6
Section II. - Abus des besoins d’un mineur ......................................... Art.339
Section III. - Abus de blanc-seing ........................................................ Art.340
Section IV. Dispositions communes ...................................................... Art.341
Chapitre IV.- Immunité légale ..................................................................... Art.342
Chapitre V : Extorsion de fonds et filouteries
Section 1. Extorsion de titres ou de signature par violence .............. Art.343
Section II. Chantage .................................................................................. Art.344
Section III. - Détournement et destruction d’objets saisis
ou donnés en gage ........................................................ Art.345 à 347
Section IV. Larcins et filouteries ............................................................. Art.348
Section V. Émission de chèques sans provision ......................... Art.349 à 352
Section VI. Dispositions communes ..................................................... Art.353
Chapitre VI. Recel ............................................................................... Art.354 à 355
Chapitre VII : Maisons de jeux, jeux de hasard, loteries, maisons de prêts
sur gages et délit d’usure ................................................. Art.356 à 364.5

xiv
Code pénal

Section 1. - Maisons de jeux .......................................................... Art.356 à 357


Section II. - Jeux de hasard sur la voie publique ou
dans un lieu public ....................................................... Art.358 à 359
Section III. - Loteries ............................................................................... Art.360
Section IV. - Maisons de prêts sur gages ............................................... Art.361
Section V. - Dispositions communes .............................................. Art.362 à 363
Section VI. - Délit d’usure ........................................................ Art.364.1 à 364.5
Chapitre VIII : Banqueroute ................................................................. Art.365 à 366
Chapitre IX : Violation des règlements relatifs au commerce....... Art.367 à 377
Section 1. - Entraves à la liberté des enchères .................................... Art.367
Section II. - Entraves à la liberté du travail ........................................... Art.368
Section III. - Révélation de secrets de fabrique ..................................... Art.369
Section IV. Actions illicites sur le marché ................................... Art.370 à 371
Section V. - Contrefaçon de brevets et d’œuvres ........................ Art.372 à 377

TITRE IV (BIS) DES INFRACTION RELATIVES AU DROIT


OHADA ............................................................................... ART 377.1 à 377.43

TITRE V : DESTRUCTIONS ET DEGRADATIONS


Chapitre premier : Incendie et destruction volontaires ....................Art.378 à 387
Chapitre II : Incendie involontaire de maison habitée ou servant
à l’habitation .......................................................................................... Art.388
Chapitre III. Destruction d’édifices et dégradations de
monuments publics ............................................................................... Art.389
Chapitre IV : Bris de clôture et enlèvement de bornes .............................. Art.390
Chapitre V : Dégradation de véhicules ......................................................... Art.391
Chapitre VI : Destruction de titres ............................................................... Art.392
Chapitre VII : Destruction d’objets mobiliers et de récoltes .......... Art.393 à 396
Chapitre VIII : Abattage et mutilation d’arbres .......................................... Art.397
Chapitre IX. Dommages aux animaux ............................................... Art.398 à 399

xv
Code pénal

TITRE VI (NOUVEAU) : DU TERRORISME ET DU FINANCEMENT DU TERRORISME

Chapitre premier : Du détournement d’aéronefs, de navires, de


plates-formes fixes et de véhicules terrestres et fluviaux ............... Art.399.1
Chapitre II : Des infractions contre la sécurité de l’aviation civile,
des transports terrestres et fluviaux.............................. Art.399.1.1 à 399.1.5
Chapitre III : Des infractions contre la sécurité des navires
et plates-formes fixes ..................................................... Art.399.1.6 à 399.1.10
Chapitre IV : De la prise d’otages ....................................................... Art.399.1.11
Chapitre V : Des infractions contre les personnes
jouissant d’une protection internationale...................Art.399.1.12 à 399.1.13
Chapitre VI : Des attentats terroristes à l’explosif ............................ Art.399.1.14
Chapitre VII : Du terrorisme nucléaire .............................................. Art.399.1.15
Chapitre VIII : Des infractions relatives à des matières
nucléaires ou dangereuses ............................................................. Art.399.1.16
Chapitre IX : Des actes d’appui, fourniture d’armes et incitation... Art.399.1.17
Chapitre IX (bis) : De l’apologie et de l’incitation au terrorisme ....Art.399.1.17 (bis)
Chapitre X : De l’organisation d’actes de terrorisme :
de la contribution à la commission d’actes de terrorisme ........ Art.399.1.18
Chapitre XI (nouveau) : De l’association de malfaiteurs en vue
de perpétrer des actes terroristes.................................................. Art.399.1.19
Chapitre XI (bis) : Recel de terroristes ................................Art.399.1.19 bis et ter
Chapitre XII : Du repenti ........................................................................ Art.399.1.20
Chapitre XIII : Du financement du terrorisme ....................................Art.399.1.21
Chapitre XIV : Du recrutement ......................................... Art.399.1.22 à 399.1.23
Chapitre XIV (ter) : De la minorité ............................................. Art.399.1.23 (ter)
Chapitre XV : De la responsabilité des personnes morales ............. Art.399.1.24

TITRE VII : DES INFRACTIONS EN MATIERE


D’INFORMATIQUE ...................................................................... ART.399.2 à 399.9

LIVRE III : DES PEINES EN MATIERE DE SIMPLE POLICE ET


DE LEURS EFFETS ............................................................................. ART.400 à 408

xvi
Code pénal

LIVRE PREMIER
DES PRINCIPES GENERAUX DU DROIT PENAL

1
Code pénal

2
Code pénal

DISPOSITIONS PRELIMINAIRES

Article premier : L’infraction que les lois punissent de peines de simple


police est une contravention.
L’infraction que les lois punissent de peines correctionnelles est un délit.
L’infraction que les lois punissent d’une peine afflictive et infamante est un
crime.
Art. 2 : Toute tentative de crime qui aura été manifestée par un
commencement d’exécution, si elle n’a été suspendue ou si elle n’a manqué
son effet que par suite de circonstances indépendantes de la volonté de
son auteur, est considérée comme le crime même.
La tentative est punissable alors même que le but recherché ne pouvait
être atteint en raison d’une circonstance de fait ignorée de l’auteur.
Art. 3 : Les tentatives de délit ne sont considérées comme délits que dans
les cas déterminés par une disposition spéciale de la loi.
Art. 4 : Nulle contravention, nul délit, nul crime, ne peuvent être punis de
peines qui n’étaient pas prononcées par la loi avant qu’ils fussent commis.
La loi pénale est d’interprétation stricte (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).

TITRE I : DES PEINES EN MATIERE CRIMINELLE ET


CORRECTIONNELLE ET DE LEURS EFFETS
Art. 5 : Les peines afflictives et infamantes sont :
1) la mort;
2) l’emprisonnement à vie;
3) l’emprisonnement de dix à trente ans.
Art. 6 : Les peines en matière correctionnelle sont :
1) l’emprisonnement d’une durée supérieure à trente jours et inférieure à
dix ans, sauf les cas de récidives ou autres où la loi aura déterminé d’autres
limites;

3
Code pénal

2) l’amende;
3) l’interdiction à temps de certains droits civiques, civils ou de famille.
Art. 7 : La durée de toute peine privative de liberté compte du jour où le
condamné est détenu en vertu de la condamnation devenue irrévocable qui
prononce la peine.
Les jours d’emprisonnement sont des jours complets de vingt-quatre heures.
Le mois d’emprisonnement est de trente jours.
La durée des peines de plusieurs mois ou années d’emprisonnement est
calculée date pour date.
Art. 8 : Quand il y aura eu détention préventive, cette détention sera
intégralement déduite de la durée de la peine qu’aura prononcée le jugement
ou l’arrêt de condamnation.
Art. 9 : Tout détenu, condamné à une peine correctionnelle ou criminelle à
temps, a droit à un pécule.
Le pécule est proportionnel au nombre de jours de travail. Il lui sera
intégralement remis le jour de sa libération.
Art. 10 : La condamnation aux peines établies par la loi est toujours
prononcée sans préjudice des restitutions et dommages- intérêts qui peuvent
être dus aux parties.
Art. 11 : L’interdiction de séjour, l’amende et la confiscation spéciale, soit
du corps du délit, quand la propriété en appartient au condamné, soit des
choses produites par le délit, soit de celles qui ont servi ou qui ont été
destinées à le commettre, sont des peines communes aux matières criminelle
et correctionnelle.
Art. 12 : La non inscription sur la liste électorale ou la radiation de cette
liste ainsi que l’inéligibilité sont également des peines communes aux
matières criminelle et correctionnelle.

4
Code pénal

CHAPITRE PREMIER : DES PEINES EN MATIERE


CRIMINELLE
Art. 13 : Tout condamné à mort sera fusillé.
L’exécution ne sera pas publique. Seront seuls admis à y assister les
fonctionnaires et magistrats désignés à cet effet, un ministre de la religion
du condamné ainsi que son ou ses défenseurs.
Art. 14 : Si une femme condamnée à mort se déclare, et s’il est vérifié
qu’elle est enceinte, elle ne subira la peine qu’après la délivrance.
Art. 15 : Les corps des condamnés à mort exécutés seront remis à leur
famille, si elle les réclame, à charge par elle de les faire inhumer sans
aucun appareil.
Art. 16 : Tout condamné à une peine criminelle d’emprisonnement sera
interné dans un établissement pénitentiaire.
Art. 17 : (Loi n° 62-24 du 20 juillet 1962). Les hommes condamnés à
des peines criminelles seront employés aux travaux d’utilité publique les
plus pénibles.
Les femmes, les mineurs de moins de 18 ans et les personnes âgées de
plus de 60 ans, ne seront employés qu’à des travaux à l’intérieur des
établissements pénitentiaires (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003)
Art. 18 : Les condamnés à des peines politiques criminelles seront internés
dans un établissement pénitentiaire.
Ils seront séparés des condamnés de droit commun et non astreints à des
travaux de force.
Art. 19 : La peine criminelle d’emprisonnement entraîne d’interdiction
légale, la dégradation civique, la publication de l’arrêt de condamnation et
l’interdiction de séjour.
Art. 20 : Le condamné en état d’interdiction légale sera, pendant toute la
durée de sa peine, privé de l’exercice de ses droits civils. Il lui sera donné
un tuteur et un subrogé tuteur pour gérer et administrer ses biens, dans les
formes prescrites par la loi. Ses biens lui seront remis, après qu’il aura subi
sa peine, et le tuteur lui rendra compte de son administration.

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Code pénal

Pendant toute la durée de la peine, il ne pourra lui être remis aucune somme,
aucune provision, aucune portion de ses revenus.
Art.21 : La dégradation civique sera encourue du jour où la condamnation
sera devenue irrévocable et, en cas de condamnation par défaut du jour de
l’affichage de l’extrait de l’arrêt de condamnation.
Elle consiste :
1) dans la destitution et l’exclusion des condamnés de toutes fonctions,
emplois, ou offices publiques;
2) dans la privation du droit de vote, d’élection, d’éligibilité et en général
de tous droits civiques et politiques et du droit de porter aucune décoration;
1) dans l’incapacité d’être juré- expert, d’être employé comme témoin
dans des actes et de déposer en justice autrement que pour y donner de
simples renseignements;
2) dans l’incapacité de faire partie d’aucun conseil de famille et d’être
tuteur, curateur, subrogé tuteur ou conseil judiciaire, si ce n’est de ses
propres enfants et sur l’avis conforme de la famille;
3) dans la privation du droit de port d’arme, de tenir école ou d’enseigner
et d’être employé dans aucun établissement d’instruction, à titre de
professeur, maître ou surveillant.
Art. 22 : Les arrêts relatifs à la condamnation à une peine criminelle
seront imprimés par extraits et affichés à la mairie, ou à défaut aux bureaux
de la circonscription administrative, du lieu du crime, du lieu d’exécution de
la sentence et de la résidence du condamné.
Les cours d’assises pourront, en outre, ordonner que leur décision sera
affichée en caractères très apparents dans les lieux qu’elles indiquent aux
frais du condamné.
Sauf disposition contraire de la loi, cet affichage, sera prononcé pour une
durée qui ne pourra excéder deux mois.
La suppression, la dissimulation et la lacération totale ou partielle des affiches
apposées conformément au présent article, opérées volontairement, seront
punies d’une amende de 10.000 à 100.000 francs et d’un emprisonnement

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Code pénal

de un à six mois ou de l’une de ces deux peines seulement; il sera procédé


de nouveau à l’exécution intégrale de l’affichage aux frais du condamné.
Art. 23 : Dans tous les cas où la condamnation sera prononcée pour un
crime contre la sûreté de l’Etat, commis en temps de guerre, les juridictions
compétentes prononceront la confiscation au profit de la nation de tous les
biens présents et à venir du condamné de quelque nature qu’ils soient,
meubles, immeubles, divis ou indivis.
L’aliénation des biens confisqués sera poursuivie par l’administration des
domaines dans les formes prescrites pour la vente des biens de l’Etat.
Les biens dévolus à l’Etat par l’effet de la confiscation demeurent grevés
jusqu’à concurrence de leur valeur des dettes légitimes antérieures à la
condamnation.

CHAPITRE II : DES PEINES EN MATIERE


CORRECTIONNELLE.
Art. 24 : Quiconque aura été condamné à une peine correctionnelle
d’emprisonnement sera interné dans un établissement pénitentiaire. Il y
sera employé à tous travaux.
Les condamnés à des peines politiques correctionnelles seront séparés des
autres condamnés.
Art. 25 : Pour une durée de deux ans au moins et de dix ans au plus, les
tribunaux, jugeant correctionnellement, pourront, dans les cas prévus par la
loi, interdire en tout ou en partie l’exercice des droits civiques, civils et de
famille, tels qu’ils sont énumérés à l’article 21.
Ils pourront, en outre, ordonner l’affichage de leurs décisions dans les
conditions et sous les peines prévues à l’article 22 alinéas 2, 3 et 4.

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Code pénal

CHAPITRE III : DES PEINES ET AUTRES


CONDAMNATIONS QUI PEUVENT ETRE PRONONCEES
POUR CRIME ET DELIT.
Section 1 : De l’interdiction de séjour.
Art. 26 : L’interdiction de séjour consiste dans la défense faite à un
condamné de paraître dans certains lieux.
Elle comporte, en outre, des mesures de surveillance.
Sa durée est de un à dix ans en matière correctionnelle.
Art. 27 : En matière correctionnelle, les tribunaux n’ordonneront
l’interdiction de séjour que lorsqu’elle aura été autorisée par une disposition
particulière de la loi.
Sauf stipulation contraire de la loi, les tribunaux pourront ne pas la prononcer.
Art. 28 : L’interdiction de séjour pourra être prononcée contre quiconque,
en état de récidive légale, aura été condamné à une peine égale ou
supérieure à une année d’emprisonnement.
Art. 29 : Sera soumis de plein droit pendant vingt ans à l’interdiction de
séjour :
1) tout condamné à une peine criminelle d’emprisonnement après qu’il
aura subi sa peine;
(Loi n° 71-6 du 29 janvier 1971). Néanmoins l’arrêt de condamnation
pourra réduire la durée de l’interdiction ou même déclarer que le condamné
n’y sera pas soumis. Si l’arrêt ne contient pas dispense ou réduction de
l’interdiction, mention sera faite, à peine de nullité, qu’il en a été délibéré;
2) tout condamné à une peine perpétuelle qui obtient commutation ou
remise de sa peine, s’il n’en est pas autrement disposé par la décision
gracieuse;
3) tout condamné à une vie perpétuelle qui a prescrit sa peine.
Art. 30 : La liste des lieux interdits est fixée par décision individuelle du
président de la République ou du ministre par lui délégué.
Les mesures de surveillance dont le condamné pourra être l’objet seront
déterminées par la même décision.

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Code pénal

A tout moment de la durée de l’interdiction de séjour, le président de la


République ou son délégué peut, dans les mêmes formes, modifier la liste
des lieux interdits et les mesures de surveillance applicables au condamné.
Art. 31 : La décision d’interdiction peut décider qu’il sera sursis à son
exécution. L’exécution de la décision d’interdiction peut être suspendue à
tout moment.
Les mesures de surveillance peuvent être maintenues soit totalement, soit
en partie, pendant la durée du sursis ou de la suspension.
Le sursis et la suspension sont révocables à tout moment dans les formes
prévues pour leur octroi. Le temps pendant lequel le condamné aura
bénéficié du sursis ou de la suspension sera compté dans la durée de
l’interdiction de séjour, sauf disposition contraire de la décision de
révocation.
En cas d’urgence, l’autorisation provisoire de séjourner dans une localité
interdite peut être accordée par l’autorité administrative.
Art. 32 : L’interdiction est notifiée au condamné qui reçoit, outre un carnet
anthropométrique, la carte d’identité légale; les décisions prises en
application des articles 30 et 31 lui sont également notifiées.
Si la notification de la décision d’interdiction a été faite au condamné avant
sa libération définitive ou conditionnelle, l’interdiction part de la date de
cette libération. Toutefois, en cas de révocation de la libération conditionnelle,
l’interdiction est suspendue pendant le temps de la nouvelle incarcération.
Il en est de même en cas de détention pour toute autre cause.
Si la décision d’interdiction n’a pu lui être notifiée avant sa libération, le
condamné doit, à ce moment, faire connaître au régisseur de l’établissement
pénitentiaire où il est détenu le lieu où il a l’intention de fixer sa résidence;
il est tenu en outre, pendant les trois mois suivant sa libération, de l’aviser
de tout changement de résidence, et de se rendre à la convocation qui lui
sera adressée par l’autorité administrative en vue de la notification de la
décision d’interdiction.
S’il satisfait à ces obligations, l’interdiction part de la date de sa libération;
dans le cas contraire, elle n’a effet que du jour où la notification de la
décision d’interdiction aura pu lui être faite.

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Code pénal

S’il n’a pas été prononcé de peine privative de liberté sans sursis, ou si
cette peine est expirée, la notification de la décision d’interdiction est faite
au condamné dès que le jugement ou l’arrêt portant condamnation à
l’interdiction de séjour est devenu définitif. L’interdiction part du jour où le
jugement a acquis ce caractère.
Dans le cas prévu à l’article 29, 3), l’interdiction de séjour produit son effet
pour compter du jour où la prescription est accomplie.
Art. 33 : Sera puni d’un emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une
amende de 10.000 à 100.000 francs, ou l’une de ces deux peines seulement,
tout interdit de séjour qui, en violation de la décision qui lui a été notifiée,
parait en un lieu qui lui a été interdit.
Sera puni des mêmes peines celui qui se soustrait aux mesures de
surveillance prescrites par la décision qui lui a été notifiée ou qui ne défère
pas à la convocation qui lui est adressée par l’autorité administrative, en
vue de la notification de la décision d’interdiction, dans le cas prévu à
l’article 32 alinéa 3.

Section II : Des autres condamnations


Art. 34 : Quand il y aura lieu à restitution, le coupable pourra être condamné,
en outre, envers la partie lésée, si elle le requiert, à des indemnités dont la
détermination est laissée à l’appréciation de la juridiction, lorsque la loi ne
les aura pas réglées.
Art. 35 : L’exécution des condamnations à l’amende, aux restitutions et
aux dommages-intérêts et aux frais, pourra être poursuivie par la voie de la
contrainte par corps.
Art. 36 : En cas de concurrence de l’amende avec les restitutions et les
dommages-intérêts sur les biens insuffisants du condamné, ces dernières
condamnations obtiendront la préférence.
Art. 37 : Tous les individus condamnés pour un même crime ou un même
délit seront tenus solidairement des amendes, des restitutions, des
dommages-intérêts et des frais.

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Code pénal

CHAPITRE IV : DES EFFETS DES PEINES CRIMINELLES


ET CORRECTIONNELLES EN MATIERE ELECTORALE
Art. 38 : Entraînent de plein droit la non inscription sur la liste électorale
ou la radiation de cette liste ainsi que l’inéligibilité :
- les condamnations pour crime,
- les condamnations à une peine d’emprisonnement, avec ou sans sursis,
d’une durée supérieure à deux mois, assortie ou non d’une amende, pour
vol, escroquerie, abus de confiance, délit puni des peines de vol, escroquerie
ou abus de confiance, soustraction commise par un dépositaire de deniers
publics, faux témoignage, faux certificat, corruption et trafic d’influence ou
attentats aux mœurs,
- les condamnations à plus de six mois d’emprisonnement sans sursis,
ou à plus d’un an avec sursis, pour un délit autre que ceux énumérés à
l’alinéa précédent, sous réserve des dispositions de l’article 40.
Art. 39 : Entraînent de plein droit pendant un délai de cinq années la
radiation de la liste électorale ou la non inscription sur cette liste, et
l’inéligibilité, les condamnations, soit pour un délit visé à l’article 38, 3°, à une
peine d’emprisonnement sans sursis égale ou supérieure à deux mois et
inférieure ou égale à six mois, ou à une peine d’emprisonnement avec sursis
égale ou supérieure à deux mois et inférieure ou égale à six mois ou à une
peine d’emprisonnement avec sursis égale ou supérieure à six mois et inférieure
ou égale à un an, soit pour un délit quelconque à une amende sans sursis
supérieure à deux cent mille francs sous réserve des disposition de l’article 40.
Toutefois, les tribunaux, en prononçant les condamnations visées au
précédent alinéa, pourront relever les condamnés de cette privation
temporaire du droit de vote et d’élection.
Le délai de cinq années visé ci-dessus commencera à courir du jour où les
condamnations sont devenues définitives.
Art. 40 : N’empêchent pas l’inscription sur la liste électorale et l’éligibilité :
- les condamnations pour délit d’imprudence hors les cas de délit de fuite
concomitant;
- les condamnations prononcées pour des délits dont la répression n’est
pas subordonnée à la preuve de la mauvaise foi de leurs auteurs et qui ne
sont passibles que d’une amende.

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Code pénal

TITRE II : DE LA RESPONSABILITE ET DE LA MESURE


DE LA PEINE

CHAPITRE PREMIER : DE LA RESPONSABILITE


Section 1 : Des causes de non imputabilité et des causes de justification
Art. 41 : Nul n’est responsable pénalement que de son propre fait (Loi
n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Il n’y a ni crime ni délit ni contravention lorsque le prévenu était en état de
démence au temps de l’action ou lorsqu’il a été contraint par une force à
laquelle il n’a pu résister (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003).
Art. 42 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) N’est pas pénalement
responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou autorisé par des
dispositions législatives ou règlementaires.
N’est pas également pénalement responsable la personne qui accomplit un acte
recommandé par l’autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal.
Art. 43 : Il n’y a pas d’infraction lorsque le fait a été commandé par la
nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d’autrui.
Art. 44 : Sont compris dans les cas de nécessité actuelle de défense les
deux cas suivants :
1) si l’homicide a été commis, si les blessures ont été faites ou si les coups
ont été portés en repoussant, pendant la nuit, l’escalade ou l’effraction des
clôtures, murs, ou entrée d’une maison, ou d’un appartement habité ou de
leurs dépendances;
2) si le fait a eu lieu en se défendant contre les auteurs de vols, ou pillages
exécutés avec violence.
Section II : De la minorité pénale.
Art. 45 : Le mineur de moins de treize ans est pénalement irresponsable.
Art. 46 : (Loi n° 62-24 du 20 juillet 1962). Lorsque le mineur aura
moins de 18 ans, s’il est décidé qu’il a agi sans discernement, il sera acquitté.
Mais il sera, selon les circonstances, l’objet de mesures de protection,
d’assistance ou de rééducation.
Art. 47 : (Loi n° 62-24 du 20 juillet 1962). S’il est décidé qu’il a agi
avec discernement, les peines seront prononcées ainsi qu’il suit :

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Code pénal

- s’il a encouru la peine de mort ou la peine criminelle d’emprisonnement à


vie, il sera condamné à une peine de dix à trente ans ;
- s’il a encouru une peine criminelle d’emprisonnement de dix à trente ans,
il sera condamné à une peine de deux à moins de dix ans.
- (Loi n° 62-24 du 20 juillet 1962). S’il a encouru une peine correctionnelle
ou de simple police, il ne sera condamné qu’à la moitié de la peine à laquelle
il aurait pu être condamné s’il avait eu 18 ans.
Section III : De la complicité
Art. 48 : Les complices d’un crime ou d’un délit seront punis de la même
peine que les auteurs mêmes de ce crime ou de ce délit, sauf le cas où la loi
en aurait disposé autrement.
Art. 49 : Seront punis comme complices d’une action qualifiée crime ou
délit ceux qui, par dons, promesses, menaces, abus d’autorité ou de pouvoir,
machination ou artifices coupables auront provoqué à cette action ou donné
des instructions pour la commettre,
- ceux qui auront, avec connaissance, aidé ou assisté l’auteur ou les auteurs
de l’action, dans les faits qui l’auront préparée ou facilitée, ou dans ceux
qui l’auront consommée,
- ceux qui auront procuré des armes, des instruments ou tout autre moyen
qui aura servi à l’action, sachant qu’ils devaient y servir.

CHAPITRE II : DE LA MESURE DE LA PEINE


Section 1 : Des excuses.
Art. 50 : Nulle infraction ne peut être excusée, ni la peine mitigée, que
dans les cas et dans les circonstances où la loi déclare le fait excusable et
permet de lui appliquer une peine moins rigoureuse.
Art. 51 : Lorsque le fait d’excuse sera prouvé :
- s’il s’agit d’un crime comportant la peine de mort ou celle de
l’emprisonnement à vie, la peine sera réduite à un emprisonnement de
deux à moins de dix ans ;
- s’il s’agit d’un crime comportant une peine d’emprisonnement à temps,
elle sera réduite à un emprisonnement de six mois à deux ans;

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Code pénal

- s’il s’agit d’un délit, la peine sera réduite à un emprisonnement de six


jours à six mois;
- s’il s’agit d’une contravention, l’auteur de l’infraction bénéficiera de
l’absolution.
Art. 52 : Lorsqu’en application de l’article 51, une peine correctionnelle
est substituée à une peine criminelle, l’infraction devient un délit.
Lorsqu’une peine de simple police est substituée à une peine correctionnelle,
l’infraction devient une contravention.
Section II : Des circonstances atténuantes
Art. 53 : Les peines prévues par la loi contre l’accusé reconnu coupable,
en faveur de qui les circonstances atténuantes auront été déclarées, pourront
être réduites, d’après l’échelle des peines fixées aux articles 5 et 6, jusqu’à
dix ans d’emprisonnement si le crime est passible de la peine de mort,
jusqu’à cinq ans d’emprisonnement si le crime est passible d’une peine
perpétuelle, jusqu’à deux ans d’emprisonnement dans les autres cas.
S’il est fait application d’une peine d’emprisonnement correctionnel, une
amende pourra être prononcée, n’excédant pas 5.000.000 de francs; les
coupables pourront de plus être frappés de la dégradation civique pour cinq
ans au moins et dix ans au plus à compter du jour où ils auront subi leur
peine; ils pourront en outre être frappés de l’interdiction de séjour pendant
vingt ans au plus.
Art. 54 : Sauf disposition expresse, lorsque le délit est puni des peines de
l’emprisonnement et de l’amende, ou de l’une de ces deux peins seulement,
si les circonstances paraissent atténuantes, les tribunaux correctionnels
sont autorisés à réduire l’emprisonnement et l’amende même à trente jours
et à 100.000 francs ou à une peine moindre.
Ils pourront aussi prononcer séparément l’une ou l’autre de ces peines, et
même substituer l’amende à l’emprisonnement, sans qu’en aucun cas elle
puisse être en dessous des peines de simple police.
Dans le cas où l’amende est substituée à l’emprisonnement, si la peine de
l’emprisonnement est seule prévue par l’article dont il est fait application,
le maximum de cette amende sera de 500.000 francs.

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Code pénal

Section III : Du cumul d’infractions.


Art. 55 : En cas de conviction de plusieurs crimes ou délits, la peine la plus
forte sera seule prononcée.
Section IV : De la récidive
Art. 56 : Quiconque, ayant été condamné à une peine afflictive et
infamante, aura commis un second crime puni d’une peine
d’emprisonnement de dix à trente ans, sera condamné à la peine de
l’emprisonnement à vie.
Si le second crime emporte la peine d’emprisonnement à vie, il sera
condamné à la peine de mort.
Toutefois, l’individu condamné par un tribunal militaire ne sera, en cas de
crime ou délit postérieur, passible des peines de la récidive qu’autant que la
première condamnation aura été prononcée pour des crimes ou délits
punissables d’après les lois pénales ordinaires.
Art. 57 : Quiconque, ayant été condamné à une peine d’emprisonnement
correctionnel pour crime, aura, dans un délai de cinq ans, à compter du jour
où la condamnation est devenue irrévocable, commis un délit ou un crime
puni d’une peine d’emprisonnement à temps, sera condamné au maximum
de la peine prévue par la loi et cette peine pourra être élevée au double.
Art. 58 : Quiconque, ayant été condamné à une peine afflictive et infamante
aura, dans un délai de cinq ans, à compter du jour où la condamnation est
devenue irrévocable, commis un délit, sera condamné au maximum de la
peine prévue par la loi et cette peine pourra être élevée au double.
Art. 59 : (Loi n° 63-38 du 10 juillet 1963). Quiconque, ayant été
condamné à une ou plusieurs peines d’emprisonnement correctionnel, aura,
dans un délai de cinq ans à compter du jour où la condamnation est devenue
irrévocable, commis un même délit ou un délit du même genre, sera
condamné à une peine qui ne pourra être inférieure au double de la peine
ou de la plus forte des peines précédemment prononcées, sans toutefois
qu’elle puisse être inférieure au minimum de la peine encourue ni supérieure
au double du maximum de cette peine.
La durée de toute peine subie n’est pas comprise dans le délai de cinq
prévus à l’alinéa précédent, ainsi qu’aux articles 57 et 58.

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Code pénal

Art. 60 : Sont considérés comme délits du même genre, les délits compris
dans chacun des groupes ci -après :
1) délits contre la sûreté de l’Etat;
2) délits relatifs à l’exercice des droits civiques;
3) attentats à la liberté et abus d’autorité;
4) soustractions et détournements de fonds, détournements et suppressions
d’actes par les dépositaires, concussions, corruptions et trafics d’influence,
vols, escroqueries, abus de confiance, extorsions de fonds, filouteries,
émissions de chèques sans provision, recels, banqueroutes frauduleuses,
fraudes et falsifications;
5) coloration et imitation des monnaies, contrefaçons, usage frauduleux
des sceaux, timbres et marques, faux et usage de faux;
6) rébellion, menaces, administration de substances nuisibles, violences et
coups et blessures volontaires, résistance à l’exécution d’une décision de justice,
mise en danger de la vie d’autrui (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) ;
7) vagabondage et mendicité ;
8) toutes les infractions à la police des étrangers ;
9) homicide et blessures involontaires;
10) outrages aux bonnes mœurs, publications interdites ou dangereuses
pour la jeunesse, outrages publics à la pudeur, actes impudiques sur mineurs
de même sexe, proxénétisme, excitation de mineurs à la débauche, racolage;
11) abandon d’un enfant ou d’un incapable, abandon de famille;
12) faux témoignage, subornation de témoins, faux serment, dénonciation
calomnieuse;
13) diffamation, injures ou outrages;
14) incendies, destructions et dégradations de la propriété immobilière et
mobilière ;
15) délits de chasse, délits de pêche et délits forestiers.
Art. 61 : Dans les cas prévus aux articles 56, 57, 58 et 59, il ne pourra être
fait application des dispositions relatives aux circonstances atténuantes.
Toutefois, lorsque la peine de mort sera encourue, l’emprisonnement à vie
pourra lui être substitué.

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Code pénal

LIVRE II
DES CRIMES, DES DELITS ET DE LEUR
PUNITION

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Code pénal

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Code pénal

TITRE I : DE LA SURETE DE L’ETAT ET DES


ATTROUPEMENTS
CHAPITRE PREMIER : DES CRIMES ET DELITS CONTRE
LA SURETE DE L’ETAT.
Section I : Des crimes de trahison et d’espionnage.
Art. 62 : Sera coupable de trahison et puni de mort tout nigérien, tout
militaire au service du Niger qui :
1) portera les armes contre le Niger ;
2) entretiendra des intelligences avec une puissance étrangère, en vue
de l’engager à entreprendre des hostilités contre le Niger, ou lui en fournira
les moyens, soit en facilitant la pénétration des forces étrangères sur le
territoire nigérien, soit en ébranlant la fidélité des armées, soit de toute
autre manière ;
3) livrera à une puissance étrangère ou à ses agents soit des troupes
nigériennes, soit des territoires, villes, forteresses, ouvrages, postes,
magasins, arsenaux, matériels, munitions, vaisseaux, bâtiments ou appareils
de navigation aérienne, appartenant au Niger ou affectés à sa défense;
4) en vue de nuire à la défense nationale, détruira ou détériorera un
navire, un appareil de navigation aérienne, un matériel, une fourniture, une
construction ou une installation quelconque, ou qui, dans le même but y
apportera, soit avant, soit après leur achèvement, des malfaçons de nature
à les endommager ou à provoquer un accident.
Art. 63 : Sera coupable de trahison et puni de mort tout nigérien, tout
militaire au service du Niger qui, en temps de guerre :
1) provoquera des militaires à passer au service d’une puissance étrangère,
leur en facilitera les moyens ou fera des enrôlements pour une puissance
en guerre avec le Niger;
2) entretiendra des intelligences avec une puissance étrangère ou avec
ses agents en vue de favoriser les entreprises de cette puissance contre le
Niger;

19
Code pénal

3) aura entravé la circulation de matériel militaire;


4) aura participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l’armée
ou de la nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale.
Art. 64 : Sera coupable de trahison et puni de mort tout nigérien qui :
1) livrera à une puissance étrangère ou à ses agents, sous quelque forme
et par quelque moyen que ce soit, un renseignement, objet, document ou
procédé qui doit être tenu secret dans l’intérêt de la défense nationale;
2) s’assurera, par quelque moyen que ce soit, la possession d’un tel
renseignement, objet, document ou procédé en vue de les livrer à une
puissance étrangère ou à ses agents;
3) détruira ou laissera détruire un tel renseignement, objet, document
ou procédé en vue de favoriser une puissance étrangère.
Art. 65 : Sera coupable d’espionnage et puni de mort tout étranger qui
commettra l’un des actes visés à l’article 62, 2e, à l’article 62, 4e, à l’article
63 et à l’article 64.
La provocation à commettre ou l’offre de commettre un des crimes visés aux
articles 62, 63 et 64 et au présent article sera punie comme le crime même.
Section II : Des autres atteintes à la défense nationale.
Art. 66 : Sera puni de l’emprisonnement à vie tout nigérien ou tout étranger
qui, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemblera
des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et
l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale.
Art. 67 : Sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans tout gardien,
tout dépositaire par fonction ou par qualité d’un renseignement, objet,
document ou procédé qui doit être tenu secret dans l’intérêt de la défense
nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un
secret de la défense nationale qui, sans intention de trahison ou d’espionnage
l’aura :
1) détruit, soustrait, laissé détruire ou soustraire, reproduit ou laissé
reproduire;

20
Code pénal

2) porté ou laissé porter à la connaissance d’une personne non qualifiée


ou du public.
La peine sera celle d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans si le
gardien ou le dépositaire a agi par maladresse, imprudence, inattention,
négligence ou inobservation des règlements.
Art. 68 : Sera puni d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans tout
nigérien ou étranger autre que ceux visés à l’article 67 qui, sans intention
de trahison ou d’espionnage :
1) s’assurera, étant sans qualité, la possession d’un renseignement, objet,
document ou procédé, qui doit être tenu secret dans l’intérêt de la défense
nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un
secret de la défense nationale;
2) détruira, soustraira, laissera détruire ou soustraire, reproduira ou laissera
reproduire un tel renseignement, objet, document ou procédé;
3) portera ou laissera porter à la connaissance d’une personne non
qualifiée ou du public un tel renseignement, objet, document ou procédé, ou
en aura étendu la divulgation.
Art. 69 : Sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans tout nigérien
ou étranger qui, sans autorisation préalable de l’autorité compétente, livrera
ou communiquera à une personne agissant pour le compte d’une puissance
étrangère ou d’une entreprise étrangère soit une invention intéressant la
défense nationale, soit des renseignements, études, ou procédés de
fabrication se rapportant à une invention de ce genre ou à une application
industrielle intéressant la défense nationale.
Art. 70 : Sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans tout nigérien ou
étranger qui, sans intention de trahison ou d’espionnage, aura porté à la
connaissance d’une personne non qualifiée ou du public une information
militaire non rendue publique par l’autorité compétente et dont la divulgation
est manifestement de nature à nuire à la défense nationale.
Art. 71 : Sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans tout nigérien
ou étranger qui :

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Code pénal

1) s’introduira sous un déguisement ou un faux nom, en dissimulant sa


qualité ou sa nationalité, dans une forteresse, un ouvrage, poste ou arsenal,
dans les travaux, camps, bivouacs ou cantonnements d’une armée, dans
un bâtiment de commerce employé pour la défense nationale, dans un
appareil de navigation aérienne ou dans un véhicule militaire armé, dans un
établissement militaire de toute nature, ou dans un établissement ou chantier
intéressant la défense nationale;
2) même sans se déguiser ou sans dissimuler son nom, sa qualité ou sa
nationalité, aura organisé d’une manière occulte un moyen quelconque de
correspondance ou de transmission à distance de nature à nuire à la défense
nationale ;
3) survolera le territoire nigérien au moyen d’un aéronef étranger sans
être autorisé par une convention diplomatique ou une permission de l’autorité
nigérienne;
4) dans une zone d’interdiction fixée par l’autorité militaire, exécutera,
sans l’autorisation de celle-ci, des dessins, photographies, levés ou opérations
photographiques à l’intérieur ou autour des places, ouvrages, postes, ou
établissements militaires ou intéressant la défense nationale;
5) séjournera, au mépris d’une interdiction édictée par décret, dans un
rayon déterminé autour des ouvrages fortifiés ou des établissements
militaires;
6) communiquera à une personne non qualifiée ou rendra publics des
renseignements relatifs soit aux mesures prises pour découvrir et arrêter
les auteurs et les complices de crimes ou délits définis aux sections 1 et II
du présent chapitre, soit à la marche des poursuites et de l’instruction soit
aux débats devant les juridictions de jugement.
Toutefois, en temps de paix, les auteurs des infractions prévus aux alinéas
3, 4, 5 et 6 ci-dessus seront punis d’un emprisonnement de un à cinq ans et
d’une amende de 50.000 francs à 2.000.000 francs.
Art. 72 : Sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans quiconque :
1) aura, par des actes hostiles non approuvés par le Gouvernement,
exposé le Niger à une déclaration de guerre ;

22
Code pénal

2) aura, par des actes hostiles non approuvés par le Gouvernement,


exposé des nigériens à subir des représailles ;
3) entretiendra, avec des agents d’une puissance étrangère, des
intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique du
Niger ou à ses intérêts économiques essentiels.
Art. 73 : Sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans quiconque, en
temps de guerre :
1) entretiendra, sans autorisation du Gouvernement, une correspondance
ou des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie;
2) fera, directement ou par intermédiaire, des actes de commerce avec
les sujets ou les agents d’une puissance ennemie, au mépris des prohibitions
édictées.
Art. 74 : Sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende
de 50.000 à 1.000.000 de francs quiconque, en temps de guerre, accomplira
sciemment un acte de nature à nuire à la défense nationale, non prévu et
réprimé par un autre texte.
Art. 75 : Sera puni d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans
quiconque, en temps de paix, en vue de nuire à la défense nationale, aura
entravé la circulation de matériel militaire ou aura, par quelque moyen que
ce soit, provoqué, facilité ou organisé une action violente ou concertée
ayant ces entraves pour but ou pour résultat.
Art. 76 : Sera puni d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans
quiconque, en temps de paix, aura participé en connaissance de cause à
une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la
défense nationale.
Art. 77 : Sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende
de 50.000 à 1.000.000 de francs quiconque, sans autorisation du
Gouvernement, en temps de paix, enrôlera des soldats pour le compte d’une
puissance étrangère.

23
Code pénal

Section III : Des attentats, complots et autres infractions contre


l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire national.
Art. 78 : L’attentat dont le but aura été soit de détruire ou de changer le
régime constitutionnel, soit d’exciter les citoyens ou habitants à s’armer
contre l’autorité de l’Etat ou à s’armer les uns contre les autres, soit à
porter atteinte à l’intégrité du territoire national sera puni de
l’emprisonnement à vie.
L’exécution ou la tentative constitueront seules l’attentat.
Art. 79 : Le complot ayant pour but les crimes mentionnés à l’article 78,
s’il a été suivi d’un acte commis ou commencé pour en préparer l’exécution,
sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans.
Si le complot n’a pas été suivi d’un acte commis ou commencé pour en
préparer l’exécution, la peine sera celle d’un emprisonnement de cinq à
moins de dix ans.
Il y a complot dès que la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre
deux ou plusieurs personnes.
S’il y a proposition faite et non agréée de former un complot pour arriver
aux crimes mentionnés à l’article 78, celui qui aura fait une telle proposition
sera puni d’un emprisonnement de un à moins de dix ans et d’une amende
de 50.000 à 2.000.000 de francs. Le coupable pourra de plus être interdit,
en tout ou partie, des droits visés à l’article 21.
Art. 80 : Quiconque, hors les cas prévus aux articles 78 et 79, aura entrepris
par quelque moyen que ce soit de porter atteinte à l’intégrité du territoire
national, sera puni d’un emprisonnement de un à moins de dix ans et d’une
amende de 50. 000 à 2. 000. 000 de francs. Il pourra en outre être privé de
tout ou partie des droits visés à l’article 21.
Art. 81 : Ceux qui auront levé ou fait lever des troupes armées, engagé ou
enrôler des soldats ou leur auront fourni des armes ou munitions, sans ordre
ou autorisation du pouvoir légitime, seront punis de l’emprisonnement à vie.
Art. 82 : Ceux qui, sans droit ou motif légitime, auront pris un
commandement militaire quelconque,
Ceux qui, contre l’ordre du Gouvernement, auront retenu un tel
commandement,

24
Code pénal

Les commandants qui auront tenu leur armée ou troupe rassemblée, après
que le licenciement ou la séparation en auront été ordonnés, seront punis
de l’emprisonnement à vie.
Art. 83 : Lorsqu’une des infractions prévues aux articles 78, 80, 81 et 82
aura été exécutées ou simplement tentées avec usage d’armes, la peine
sera la mort.
Art. 84 : Toute personne qui, pouvant disposer de la force publique en
aura requis ou ordonné, fait requérir ou ordonner l’action ou l’emploi pour
empêcher l’exécution des lois sur le recrutement militaire ou sur la
mobilisation, sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans.
Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, le coupable sera
puni de l’emprisonnement à vie.

Section IV : Des crimes tendant à troubler l’Etat par le massacre ou


la dévastation
Art. 85 : Ceux qui auront commis un attentat dont le but aura été de porter
le massacre ou la dévastation dans une ou plusieurs localités seront punis
de mort.
L’exécution ou la tentative constitueront seules l’attentat.
Art. 86 : Le complot ayant pour but le crime prévu à l’article 85, s’il a été
suivi d’un acte commis ou commencé pour en préparer l’exécution, sera
puni de l’emprisonnement à vie.
Si le complot n’a pas été suivi d’un acte commis ou commencé pour en
préparer l’exécution, la peine sera celle d’un emprisonnement de dix à
vingt ans.
Il y a complot dès que la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre
deux ou plusieurs personnes.
S’il y a eu proposition faite et non agréée de former un complot pour arriver
aux crimes mentionnés à l’article 85, celui qui aura fait une telle proposition
sera puni d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans.
Art. 87 : Sera puni de mort quiconque, en vue de troubler l’Etat par l’un
des crimes prévus aux articles 78 et 85 ou par l’envahissement, le pillage

25
Code pénal

ou le partage des propriétés publiques ou privées ou encore en faisant


attaque ou résistance envers la force publique agissant contre les auteurs
de ces crimes, se sera mis à la tête des bandes armées ou y aura exercé
une fonction ou un commandement quelconque.
La même peine sera appliquée à ceux qui auront dirigé l’association, levé
ou fait lever, organisé ou fait organiser des bandes ou leurs auront,
sciemment et volontairement, fourni ou procuré des subsides, des armes,
munitions et instruments de crime ou envoyé des subsistances ou qui auront,
de toute autre manière, pratiqué des intelligences avec les directeurs ou
commandants des bandes.
Art. 88 : Les individus faisant partie de bandes, sans y exercer aucun
commandement ni emploi, seront punis d’un emprisonnement de dix à vingt ans.
Section V : Des crimes commis par la participation à un mouvement
insurrectionnel
Art. 89 : Seront punis d’un emprisonnement de dix à vingt ans les individus
qui, dans un mouvement insurrectionnel :
1) auront fait ou aidé à faire des barricades, des retranchements ou tous
autres travaux ayant pour objet d’entraver ou d’arrêter l’exercice de la
force publique;
2) auront empêché, à l’aide de violences ou de menaces, la convocation
ou la réunion de la force publique, ou qui auront provoqué ou facilité le
rassemblement des insurgés, soit par la distribution d’ordres ou de
proclamations, soit par le port de drapeaux ou autres signes de ralliement,
soit par tout autre moyen d’appel;
3) auront, pour faire attaque ou résistance envers la force publique, envahi
ou occupé des édifices, postes et autres établissements publics, des maisons
habitées ou non habitées. La peine sera la même à l’égard du propriétaire
ou du locataire qui, connaissant le but des insurgés, leur aura procuré sans
contrainte l’entrée desdites maisons.
Art. 90 : Seront punis d’un emprisonnement de dix à vingt ans, les individus
qui, dans un mouvement insurrectionnel :

26
Code pénal

1) se seront emparés d’armes, munitions ou matériels de toutes espèces,


soit à l’aide de violences ou de menaces, soit par le pillage de boutiques ou
de postes, magasins, arsenaux ou autres établissements publics, soit par le
désarmement des agents de la force publique;
2) auront porté soit des armes apparentes ou cachées ou de munitions,
soit un uniforme ou costume ou autres insignes civils ou militaires.
Si les individus, porteurs d’armes apparentes ou cachées ou de munitions,
étaient revêtus d’un uniforme, d’un costume ou d’autres insignes civils ou
militaires, ils seront punis de l’emprisonnement à vie.
Les individus qui auront fait usage de leurs armes seront punis de mort.
Art. 91 : Seront punis de mort ceux qui auront dirigé ou organisé un
mouvement insurrectionnel ou qui lui auront sciemment et volontairement
fourni ou procuré des armes, munitions et instruments de crime, ou envoyé
des subsistances ou qui auront, de toute manière, pratiqué des intelligences
avec les directeurs ou commandants de ce mouvement.
Section VI : Dispositions diverses
Art. 92 : Sous réserve des obligations résultant du secret professionnel,
sera punie, en temps de guerre, d’un emprisonnement de dix à vingt ans au
plus et, en temps de paix d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une
amende de 50.000 à 1.500.000 francs, toute personne qui, ayant
connaissance de projets ou d’actes de trahison, d’espionnage ou d’autres
activités de nature à nuire à la défense nationale, n’en fera pas la déclaration
aux autorités militaires, administratives ou judiciaires, dès le moment où
elle les aura connus.
Outre les personnes désignées à l’article 49, sera puni comme complice
quiconque, autre que l’auteur ou le complice :
1) fournira sans contrainte et en connaissance de leurs intentions, subsides,
moyens d’existence, logement, lieu de retraite ou de réunion aux auteurs
de crimes et délits contre la sûreté de l’Etat;
2) portera sciemment la correspondance des auteurs de tels crimes ou tels
délits, ou leur félicitera sciemment, de quelque manière que ce soit, la recherche,
le recel, le transport, ou la transmission de l’objet du crime ou du délit.

27
Code pénal

Outre le cas prévu à l’article 354, sera puni comme receleur quiconque,
autre que l’auteur ou le complice :
1) recèlera sciemment les objets ou instruments ayant servi ou devant
servir à commettre le crime ou le délit ou les objets, matériels ou documents,
obtenus par le crime ou le délit;
2) détruira, soustraira, recèlera, dissimulera ou altérera sciemment un
document public ou privé de nature à faciliter la recherche du crime ou du
délit, la découverte des preuves ou le châtiment de ses auteurs.
Dans les cas prévus au présent article, le tribunal pourra exempter de la
peine encourue les parents ou alliés du criminel, jusqu’au quatrième degré
inclusivement.
Art. 93 : Sera exempt de la peine encourue celui qui, avant toute exécution
ou tentative d’un crime ou d’un délit contre la sûreté de l’Etat, en donnera
le premier connaissance aux autorités administratives ou judiciaires.
Si la dénonciation intervient après la consommation ou la tentative du crime
ou délit mais avant l’ouverture des poursuites :
- la peine de l’emprisonnement criminel à temps sera substituée à la peine
de mort;
- la peine de l’emprisonnement correctionnel sera substituée à celle de
l’emprisonnement criminel;
- la peine de l’emprisonnement de simple police sera substituée à celle de
l’emprisonnement correctionnel.
Sauf pour les crimes particuliers qu’ils auraient personnellement commis, il
ne sera prononcé aucune peine contre ceux qui, ayant fait partie d’une
bande armée sans y exercer aucun commandement et sans y remplir aucun
emploi ni fonctions, se seront retirés au premier avertissement des autorités
civiles ou militaires ou se seront rendus à ces autorités.
Ceux qui seront exempts de peine par application du présent article pourront
néanmoins être interdits de séjour comme en matière correctionnelle et
privés de tout ou partie des droits énumérés à l’article 21.

28
Code pénal

Art. 94 : La rétribution reçue par le coupable, ou le montant de sa valeur,


lorsque la rétribution n’a pu être saisie, sera déclarée acquise au trésor par
le jugement.
La confiscation de l’objet du crime ou du délit et des objets et instruments
ayant servi à le commettre sera prononcée.
Sont compris dans le mot armes, toutes machines, tous instruments ou
ustensiles tranchants, perçants ou contondants.
Les couteaux et ciseaux de poche, les cannes simples et tous autres objets
quelconques ne seront réputés armes qu’autant qu’il en aura été fait usage
pour tuer, blesser ou frapper.
Art. 95 : La tentative d’un délit contre la sûreté de l’Etat sera punie comme
le délit lui-même.
En matière correctionnelle, l’interdiction de séjour pourra être prononcée
dans tous les cas prévus au présent chapitre.
Art. 96 : Le Président de la République pourra, par décret pris en Conseil
des ministres, étendre soit pour le temps de guerre, soit pour le temps de
paix, tout ou partie des dispositions relatives aux crimes ou délits commis
contre la sûreté de l’Etat aux actes concernant celles-ci qui seraient commis
contre les puissances alliées ou amies du Niger.

CHAPITRE II : DES ATTROUPEMENTS


Art. 97 : Est interdit sur la voie publique ou dans un lieu public :
1) Tout attroupement armé;
2) Tout attroupement non armé qui pourrait troubler la tranquillité publique.
L’attroupement est armé si l’un des individus qui le composent est porteur
d’une arme apparente, ou si plusieurs d’entre eux sont porteurs d’armes
cachées ou d’objets quelconques, apparents ou cachés, ayant servi d’armes
ou apportés en vue de servir d’armes.
Les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper un
attroupement ou pour assurer l’exécution de la loi, d’un jugement ou mandat
de justice, peuvent faire usage de la force si des violences ou voies de fait

29
Code pénal

sont exercées contre eux, ou s’ils ne peuvent défendre autrement le terrain


qu’ils occupent ou les postes dont la garde leur est confiée.
Dans les autres cas, l’attroupement est dissipé par la force après que le
chef de la circonscription administrative, le maire ou l’un de ses adjoints,
un commissaire de police ou tout autre officier de police judiciaire porteur
des insignes de sa fonction :
1) aura annoncé sa présence par un signal sonore ou lumineux de nature
à avertir efficacement les individus constituant l’attroupement;
2) aura sommé les personnes participants à l’attroupement de se disperser,
à l’aide d’un haut-parleur ou en utilisant un signal sonore ou lumineux de
nature également à avertir efficacement les individus constituant
l’attroupement;
3) aura procédé de la même manière à une seconde sommation si la
première est restée sans résultat.
La nature des signaux dont il devra être fait usage sera déterminée par
décret1.
Art. 98 : Sera puni d’un emprisonnement de deux mois à un an toute
personne non armée qui, faisant partie d’un attroupement armé ou non
armé, ne l’aura pas abandonné après la première sommation.
L’emprisonnement sera de six mois à trois ans si la personne non armée a
continué à faire volontairement partie d’un attroupement armé ne s’étant
dispersé que devant l’usage de la force.
Les personnes condamnées par application du présent article peuvent être
privées de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21.
Art. 99 : Sans préjudice, le cas échéant, de peines plus fortes, sera puni
d’un emprisonnement de six mois à trois ans quiconque, dans un
attroupement, au cours d’une manifestation ou à l’occasion d’une réunion,
aura été trouvé porteur d’une arme apparente ou cachée ou d’objets
quelconques apparents ou cachés ayant servi d’armes ou apportés en vue
de servir d’armes.

1
Voir décret n° 66-70/PRN du 20 avril 1966, déterminant les modalités d’application de
l’article 97 du Code pénal (JO n° 9 du 1er mai 1966)

30
Code pénal

L’emprisonnement sera de un à cinq ans dans le cas d’attroupement dissipé


par la force.
Les personnes condamnées en application du présent article peuvent être
interdites de séjour et privées, en tout ou partie, des droits mentionnés à
l’article 21.
L’interdiction du territoire national pourra être prononcée contre tout
étranger s’étant rendu coupable de l’un des délits prévus au présent article.
Art. 100 : Toute provocation directe à un attroupement non armé soit par
discours proférés publiquement, soit par écrits ou imprimés affichés ou
distribués sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an, si elle a été
suivie d’effet et, dans le cas contraire, d’un emprisonnement de deux à six
mois et d’une amende de 50.000 à 300.000 francs, ou de l’une de ces deux
peines seulement.
Toute provocation directe par les mêmes moyens à un attroupement armé
est punie d’un emprisonnement de un à cinq ans, si elle a été suivie d’effet
et, dans le cas contraire, d’un emprisonnement de trois mois à un an et
d’une amende de 50.000 à 300.000 francs, ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Art. 101 : L’exercice de poursuites pour délits d’attroupement ne fait pas
obstacle à la poursuite pour crime ou délits particuliers qui auraient été
commis au milieu des attroupements.
La procédure de flagrant délit est applicable aux délits prévus et punis par
le présent chapitre commis sur les lieux mêmes de l’attroupement.
Toute personne qui aura continué à faire partie d’un attroupement après la
deuxième sommation faite par un représentant de l’autorité publique pourra
être condamnée à la réparation pécuniaire des dommages causés par cet
attroupement.

31
Code pénal

TITRE II : CRIMES ET DELITS CONTRE LA


CONSTITUTION ET LA PAIX PUBLIQUE

CHAPITRE I : DES CRIMES ET DELITS DE CARACTERE


RACIAL, REGIONALISTE OU RELIGIEUX.
Art. 102 : Tout acte de discrimination raciale ou ethnique, de même que
toute propagande régionaliste, toute manifestation contraire à la liberté de
conscience et à la liberté de culte, susceptible de dresser les uns contre les
autres, les citoyens, sera punie de un à cinq ans d’emprisonnement et de
l’interdiction de séjour.
Lorsque l’acte de discrimination raciale ou ethnique, la propagande
régionaliste ou la manifestation contraire à la liberté de conscience ou de
culte aura eu pour but ou pour effet l’un des crimes ou délits attentatoires
à la sécurité de l’Etat ou à l’intégrité du territoire de la République, son
auteur ou son instigateur sera poursuivi comme coauteur ou comme complice
suivant le cas.

CHAPITRE II : DES CRIMES ET DELITS RELATIFS A


L’EXERCICE DES DROITS CIVIQUES.
Art. 103 : Lorsque par attroupement, voies de fait ou menaces, un ou plusieurs
citoyens auront été empêchés d’exercer leurs droits civiques, chacun des
coupables sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et privé de
ses droits civiques pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
Art. 104 : Si ce délit a été commis par suite d’un plan concerté pour être
exécuté soit dans toute la République, soit dans une ou plusieurs
circonscriptions ou localités, la peine sera de cinq à moins de dix ans
d’emprisonnement.
L’interdiction de séjour sera prononcée.
Art. 105 : Tout citoyen membre d’un bureau de vote, tout scrutateur qui,
au cours des opérations, aura falsifié ou tenté de falsifier, soustrait ou tenté
de soustraire, ajouté ou tenté d’ajouter des bulletins, inscrit ou tenté d’inscrire
sur les bulletins des votants illettrés des noms autres que ceux qui leur
auraient été déclarés, induit ou tenté d’induire en erreur sur la signification
des couleurs des bulletins, sera puni de un à deux ans d’emprisonnement et

32
Code pénal

de l’interdiction du droit de voter et d’être éligible pendant cinq ans au


moins et dix ans au plus.
Art. 106 : Toutes autres personnes coupables des faits énoncés dans
l’article précédent seront punies d’un emprisonnement de deux à six mois
et de l’interdiction du droit de voter et d’être éligibles pendant cinq ans au
moins et dix ans au plus.
Art. 107 : Tout citoyen qui aura, pendant les élections, acheté ou vendu un
suffrage de quelque façon que ce soit et quel que soit le prix, sera puni de trois
mois à un an d’emprisonnement, et privé de ses droits civiques et de toutes
fonctions ou emplois publics pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
Le vendeur et l’acheteur du suffrage seront en outre condamnés chacun à
une amende double de la valeur des choses reçues ou promises.

CHAPITRE III : CRIMES ET DELITS COMMIS PAR LES


FONCTIONNAIRES.
Section 1 : Attentats à la liberté
Art. 108 : Tout fonctionnaire public, agent ou préposé de l’administration
qui aura ordonné ou fait quelque acte arbitraire ou attentatoire soit à la
liberté individuelle, soit aux droits civiques d’un ou plusieurs citoyens, soit à
la Constitution, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et pourra
en outre, conformément aux dispositions de l’article 25, être privé de tout
ou partie des droits énoncés à l’article 21.
Si néanmoins, il justifie avoir agi par ordre de ses supérieurs pour des objets
du ressort de ceux-ci, sur lesquels il leur était dû obéissance hiérarchique,
il sera exempt de la peine, laquelle dans ce cas sera appliquée seulement
aux supérieurs qui auront donné l’ordre.
Dans tous les cas, lorsque l’ordre est manifestement illégal les dispositions
de l’article 42 alinéa 2 s’appliquent (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 109 : Les dommages intérêts, qui pourraient être prononcés à raison
des attentats exprimés dans l’article 108 ci-dessus, seront demandés soit
sur la poursuite pénale, soit par voie civile, et seront réglés, eu égard aux
personnes, aux circonstances et au préjudice souffert.

33
Code pénal

Art. 110 : Les régisseurs de prison qui auront reçu un prisonnier sans
mandat ou jugement ou, quand il s’agira d’une expulsion ou d’une extradition
sans ordre provisoire du Gouvernement, ceux qui l’auront retenu ou refusé
de le représenter à l’officier de police ou au porteur de ses ordres, sans
justifier de la défense du procureur de la République ou du juge, ceux qui
auront refusé d’exhiber leurs registres à l’officier de police seront, comme
coupables de détention arbitraire, punis de six mois à deux ans
d’emprisonnement et d’une amende de 10.000 à 150.000 francs ou de
l’une de ces deux peines seulement.
Art. 111 : Seront punis d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans
tous procureurs généraux ou de la République, tous substituts, tous juges,
tous officiers de police judiciaire qui auront provoqué, donné ou signé un
jugement, une ordonnance ou un mandat tendant à la poursuite personnelle
ou accusation soit d’un ministre, soit d’un membre de l’Assemblée nationale,
sans les formalités ou les autorisations prescrites par la loi; ou qui, s’agissant
de ces derniers, n’auront pas suspendu la détention ou la poursuite à la
requête de l’Assemblée nationale ou qui, en dehors des cas de flagrants
délits auront, sans les mêmes formalités et autorisations, donné ou signé
l’ordre ou le mandat de saisir ou arrêter un ou plusieurs membres de
l’Assemblée.
Les coupables pourront, en outre, conformément aux dispositions de l’article
25, être privés de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21.
Art. 112 : Seront punis d’un emprisonnement de un à cinq ans les procureurs
généraux ou de la République, les substituts, les juges ou les officiers de
police judiciaire qui auront retenu ou fait retenir sans titre régulier de détention
un individu hors des lieux déterminés par le Gouvernement ou
l’administration publique (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 113 : Les fonctionnaires publics chargés de la police administrative
ou judiciaire, qui auront refusé ou négligé de déférer à une réclamation
légale tendant à constater les détentions illégales et arbitraires, soit dans
les lieux destinés à la garde des détenus, soit partout ailleurs, et qui ne
justifieront pas les avoir dénoncés à l’autorité supérieure, seront punis d’un
emprisonnement de six mois à deux ans.

34
Code pénal

Section II : Des abus d’autorité contre les particuliers


Art. 114 : Tout fonctionnaire de l’ordre administratif ou judiciaire, tout
agent de la force publique qui, agissant en sa dite qualité, se sera introduit
dans le domicile d’un citoyen, contre le gré de celui-ci, hors les cas prévus
par la loi et sans les formalités qu’elle a prescrites, sera puni d’un
emprisonnement de trois mois à deux ans, et d’une amende de 10. 000 à
100. 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 115 : Tout juge ou tribunal, tout administrateur ou autorité administrative
qui, sous quelque prétexte que ce soit, même du silence ou de l’obscurité
de la loi, aura dénié de rendre la justice qu’il doit aux parties, après avoir
été requis et qui aura persévéré dans son déni, après avertissement ou
injonction de ses supérieurs, pourra être poursuivi, et sera puni d’une amende
de 10. 000 à 100. 000 francs et de l’interdiction de l’exercice des fonctions
publiques depuis cinq ans jusqu’à vingt ans.
Art. 116 : Toute suppression, tout retard volontaire dans la transmission
ou la distribution, toute ouverture de lettre confiée à l’administration des
postes et télécommunications, commis ou facilités par un fonctionnaire ou
préposé du Gouvernement ou de l’administration des postes et
télécommunications, seront punis d’un emprisonnement de trois mois à cinq
ans et d’une amende de 10. 000 à 100. 000 francs.
Le coupable pourra en outre, conformément aux dispositions de l’article
25, être privé de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21.
En dehors des cas prévus au paragraphe 1erdu présent article, toute
suppression, toute ouverture de correspondance adressée à des tiers, faite
de mauvaise foi, sera punie d’un emprisonnement de six jours à un an et
d’une amende de 5. 000 à 100. 000 francs, ou de l’une de ces deux peines
seulement, sans préjudice des peines du vol si les éléments constitutifs de
ce délit sont relevés.

Section III : Coalition de fonctionnaires


Art. 117 : Tous dépositaires de quelque partie de l’autorité publique qui,
soit par réunion d’individus ou de corps, soit par délégation ou
correspondance entre eux, auront concerté des mesures contraires à la
Constitution et aux lois, seront punis d’un emprisonnement de six mois à

35
Code pénal

trois ans et d’une amende de 50. 000 à 200. 000 francs ou de l’une de ces
deux peines seulement.
Ils pourront, en outre, en application de l’article 25, être privés de tout ou
partie des droits mentionnés à l’article 21.
Art. 118 : Si, par l’un des moyens exprimés ci-dessus, il a été concerté
des mesures contre l’exécution des lois ou des ordres du Gouvernement, la
peine sera de deux à cinq ans d’emprisonnement.
Si ce concert a eu lieu entre les autorités civiles et les corps militaires ou de
sécurité ou leurs chefs, ceux qui en seront les auteurs ou provocateurs
seront punis d’un emprisonnement de dix à trente ans.
Les autres coupables seront punis de cinq à moins de dix ans
d’emprisonnement et de l’interdiction de séjour.
Dans les cas visés par les alinéas 1 et 3 du présent article, l’interdiction des
droits civiques et de tout emploi public pendant dix ans au plus sera en
outre prononcée.
Art. 119 : (Loi n° 63-3 du 1er février 1963).Les fonctionnaires publics
qui, dans le dessein de s’opposer aux lois ou à l’action Gouvernementale,
auront par délibération, arrêté de donner des démissions individuellement
ou collectivement, dont l’objet ou l’effet serait d’empêcher ou de suspendre
soit l’administration de la justice, soit l’accomplissement d’un service public
quelconque, seront punis d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une
amende de 50.000 à 200. 000 francs.
L’abandon de poste par tout fonctionnaire public, dont le but ou l’effet aura
été d’empêcher ou de suspendre l’accomplissement de son service, sera
puni d’un emprisonnement de un à trois ans et d’une amende de 20.000 à
100.000 francs.
Les peines prévues à l’alinéa 1 seront appliquées si après abandon de
poste, le fonctionnaire public quitte ou tente de quitter le territoire national.
Les coupables, en outre pourront être privés de tout ou partie des droits
mentionnés à l’article 21.

36
Code pénal

Art. 120 : Les dispositions qui précèdent n’ont rien de commun avec le
fait, pour les fonctionnaires, d’user du droit de grève et de la liberté de se
grouper au sein d’organisations de coopération ou d’organisations syndicales
de leur choix pour la défense de leurs intérêts professionnels.
Section IV : Soustractions commises par les dépositaires publics.
Art. 121(nouveau) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Le détournement
de biens publics est la soustraction, la dissipation ou tout autre usage illicite,
par un agent public, à son profit ou au profit d’une autre personne ou d’une
entité, de tous biens, de tous fonds ou valeurs publiques ou privés ou de
toute autre chose de valeur qui lui ont été remis en raison de ses fonctions.
Est considéré détournement de biens publics, la soustraction, la dissipation
ou tout autre usage illicite par toute personne, à son profit ou au profit
d’une autre personne ou entité, de tous biens, de tous fonds ou valeurs
publiques ou privés ou de toute autre chose de valeur qui lui ont été remis.
Sont considérés comme biens publics, les biens appartenant :
- à l’Etat et aux autres collectivités territoriales ;
- aux établissements publics à caractère administratif ;
- aux entreprises publiques à caractère industriel et commercial ;
- aux établissements publics à caractère social ;
- aux établissements publics à caractère scientifique, culturel et technique ;
- aux sociétés et entreprises dans lesquelles l’Etat ou d’autres collectivités
publiques détiennent un minimum de 33 % du capital.
Art. 121-1 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Tout dépositaire ou
comptable public, comptable de fait ou tout autre agent public qui aura
détourné, soustrait ou dissipé, ou tenté de détourner, de soustraire ou de
dissiper, des deniers publics ou privés, ou toute autre chose de valeur qui lui
ont été remis en raison de ses fonctions est puni de :
- une peine d’emprisonnement de trois (3) mois à cinq (5) ans et d’une
amende allant de 50.000 à 500.000 francs, si la somme détournée, soustraite
ou dissipée est inférieure ou égale à 2.000.000 de francs, ou si les biens
détournés, soustraits ou dissipés sont d’une valeur équivalente ;

37
Code pénal

- une peine d’emprisonnement de cinq (5) ans à moins de quinze(15) ans et


d’une amende allant de 2.000.000 à 50.000.000 de francs, si la somme
détournée, soustraite ou dissipée est supérieure à 2.000.000 de francs et
inférieure ou égale à 100.000.000 de francs, ou si les biens détournés,
soustraits ou dissipés sont d’une valeur équivalente ;
- une peine d’emprisonnement de quinze (15) ans à trente (30) ans et
d’une amende qui ne peut être inférieure au montant de la somme détournée,
soustraite ou dissipée, si cette somme est supérieure à 100.000.000 de
francs et inférieure à 200.000.000 de francs, ou si les biens détournés,
soustraits ou dissipés sont d’une valeur équivalente ;
- l’emprisonnement à vie si les sommes détournées, soustraites ou dissipées
sont égales ou supérieures à 200.000.000 de francs, ou si les biens détournés,
soustraits ou dissipés sont d’une valeur équivalente .
Est punie des mêmes peines, la personne qui détourne, soustrait ou dissipe
ou tente de détourner, de soustraire ou dissiper des biens publics ou privés
ou de toute autre chose de valeur qui lui ont été remis.
Art. 121-2 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016)Est puni d’un
emprisonnement de un (1) an à trois (3) ans et d’une amende de 10.000 à
1.000.000 de francs, tout agent public qui fait un usage illicite de tout bien,
de tous fonds ou valeurs publics ou privés, ou toute autre chose de valeur
qui lui a été remis en raison de ses fonctions.
Art. 121-3 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Est puni d’une peine
d’emprisonnement de un (1) an à trois (3) ans tout fonctionnaire ou officier
public, tout commis à une perception, dépositaire ou comptable public, qui
aura détruit, supprimé ou détourné les actes ou titres juridiques dont il était
dépositaire en cette qualité, ou qui lui auront été remis ou communiqués en
raison de ses fonctions.
Art. 121-4 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Sont considérés comme
complices ou coauteurs, et punis des mêmes peines que le ou les auteurs
de l’infraction principale :
- ceux qui, par dons, promesses, menaces, abus d’autorité ou de pouvoir,
machinations ou artifices coupables, auront provoqué cette action ou donné
des instructions pour la commettre ;

38
Code pénal

- ceux qui auront, avec connaissance, aidé ou assisté l’auteur ou les auteurs
de l’action, dans les faits qui l’auront préparée ou facilitée, ou dans ceux
qui l’auront consommée ;
- ceux qui auront procuré des armes, des instruments ou tout autre moyen
qui aura servi à l’action, sachant qu’ils devaient y servir.
Art. 121-5 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Le ministère public et les
parties poursuivent, chacun en ce qui le concerne, l’exécution de la sentence.
Cependant, en cas de condamnation, il sera procédé à la vente des biens
saisis jusqu’à concurrence du montant des détournements, de celui de
l’amende et des frais de justice.
Le reliquat de la vente et le reste des biens seront restitués.
Dans le cas où la vente des biens ne suffit pas pour couvrir le montant des
détournements, de l’amende et des frais de justice, les poursuites pour leur
recouvrement sont faites par le Trésor sur réquisition du procureur de la République.
Art. 122 : Sera puni des mêmes peines tout fonctionnaire ou officier public,
tout commis à une perception, dépositaire ou comptable public, qui aura
détruit, supprimé ou détourné les actes ou titres juridiques dont il était
dépositaire en cette qualité, ou qui lui auront été remis ou communiqués en
raison de ses fonctions.
Art. 123(nouveau) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Le bénéfice des
dispositions relatives aux circonstances atténuantes pourra être accordé si,
avant jugement et après expertise, le prévenu restitue ou rembourse la
moitié au moins de la valeur estimative en argent des biens détournés,
dissipés ou soustraits.
Le bénéfice de la loi sur le sursis pourra être accordé si, avant jugement, le
prévenu restitue la totalité de la valeur estimative en argent des biens
détournés, dissipés ou soustraits.
Sous réserve des dispositions de l’article 121 (nouveau) ci-dessus, les peines
prévues contre l’accusé reconnu coupable, en faveur de qui les circonstances
atténuantes auront été déclarées, peuvent être réduites jusqu’à cinq (5) ans
d’emprisonnement si le crime est passible d’une peine d’emprisonnement à
vie et jusqu’à deux (2) ans d’emprisonnement dans les autres cas.

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Code pénal

Section V : Concussion
Art. 124 : Tous fonctionnaires ou officiers publics, tous percepteurs de
droits, contributions ou deniers publics, leurs commis ou préposés, qui auront
reçu, exigé ou ordonné de percevoir pour droits, taxes contributions ou
deniers, ou pour salaires et traitements, ce qu’ils savaient n’être pas dû ou
excéder ce qui était dû, seront punis, savoir :
- les fonctionnaires ou officier publics, les percepteurs de droits, contributions
ou deniers publics, d’un emprisonnement de six mois à moins de dix ans et
d’une amende de 50.000 à 1.000.000 de francs;
- leurs commis ou préposés, d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans
et d’une amende de 10.000 à 500.000 francs.
Toutefois, les fonctionnaires ou officiers publics, les percepteurs de droits,
contributions ou deniers publics, leurs commis ou préposés qui se seront
rendus coupables du délit de concussion, mais n’auront pas poursuivi un
intérêt pécuniaire, n’encourront que la peine d’amende prévue aux
précédents alinéas.
Art. 125 : Les dispositions qui précèdent sont applicables aux greffiers et
officiers ministériels lorsque le fait a été commis à l’occasion des recettes
dont ils sont chargés par la loi.
Art. 126 : Seront punis d’un emprisonnement de trois mois à moins de
cinq ans et d’une amende de 50. 000 à 1000.000 de francs les détenteurs
de l’autorité publique qui, sous une forme quelconque et pour quelque motif
que ce soit, auront sans autorisation de la loi accordé des exonérations ou
franchises de droits, impôts et taxes, ou auront effectué gratuitement la
délivrance de produits des établissements de l’Etat.
Art. 127 : Ceux qui auront bénéficié sciemment d’un délit de concussion
seront punis comme complices.
Art. 128 : Dans tous les cas prévus à la présente section :
- la tentative de délit sera punie comme le délit lui-même;
- il ne pourra être fait application des dispositions relatives aux circonstances
atténuantes et au sursis;
- les coupables pourront, en outre être privés de tout ou partie des droits
mentionnés à l’article 21.
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Code pénal

Section VI : Ingérence des fonctionnaires


Art. 129 : Tout fonctionnaire, tout officier public, tout agent d’une administration
publique qui, soit ouvertement, soit par des actes simulés, soit par interposition
de personnes, aura pris ou reçu quelque intérêt que ce soit dans les actes,
adjudications, entreprises ou régies, dont il a ou avait, au temps de l’acte, en
tout ou partie, l’administration ou la surveillance, sera puni d’un emprisonnement
de six mois au moins et de deux ans au plus et d’une amende de 100.000 à
1.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
La présente disposition est applicable à tout fonctionnaire ou agent ou préposé
d’une administration publique qui aura pris un intérêt quelconque dans une
affaire dont il était chargé d’ordonner le paiement ou de faire la liquidation.
Tout fonctionnaire public, tout agent ou préposé de l’administration publique,
chargé à raison même de sa fonction :
1) de la surveillance ou du contrôle d’une entreprise privée;
2) de la passation, au nom de l’Etat, de marchés ou contrats de toute nature
avec une entreprise privée;
3) de l’expression d’avis sur les marchés ou contrats de toute nature passés
avec une entreprise privée, et qui, pendant un délai de cinq ans à compter
de la cessation de la fonction, prendra ou recevra une participation par
travail, conseils ou capitaux (sauf par dévolution héréditaire en ce qui
concerne les capitaux) :
- soit dans une quelconque des entreprises visées ci -dessus ;
- soit dans toute entreprise possédant avec l’une de celles-ci au moins 30 %
de capital commun ;
- soit dans toute entreprise ayant conclu avec l’une de celles-ci un contrat
comportant une exclusivité de droit ou de fait.
Ces dispositions s’appliquent aux agents des établissements publics, des
entreprises nationalisées et des sociétés d’économie mixte dans lesquelles
l’Etat ou les collectivités publiques détiennent directement ou indirectement
plus de 50 % du capital.
Dans tous les cas prévus au présent article, le condamné pourra, en outre,
conformément à l’article 25, être privé de tout ou partie des droits
énumérés à l’article 21.
41
Code pénal

Section VII : Corruption et infraction assimilées


(Loin° 2017-10 du 31 mars 2017)
Art. 130 (nouveau) : Corruption d’agents publics nationaux
(Loin° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2) à moins de dix (10) ans et
d’une amende de cinquante mille(50 000)à un million (1 000 000) de francs :
- quiconque intentionnellement promet, offre ou accorde à un agent public
directement ou indirectement, un avantage indu, pour lui-même ou pour
une autre personne ou entité, afin qu’il accomplisse ou s’abstienne
d’accomplir ou parce qu’il a accompli ou s’est abstenu d’accomplir un
acte dans l’exercice de ses fonctions officielles ;
- tout agent public qui sollicite ou accepte directement ou indirectement, un
avantage indu, pour lui-même ou pour une autre personne ou entité, afin
d’accomplir ou de s’abstenir d’accomplir ou parce qu’il a accompli ou
s’est abstenu d’accomplir un acte dans l’exercice de ses fonctions officielles.
Art. 130.1 : Corruption d’agents étrangers et de fonctionnaires
d’organisations internationales publiques.
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2) à moins de dix (10) ans et
d’une amende de cinquante mille(50 000)à un million (1 000 000) de francs :
- quiconque intentionnellement promet, offre ou accorde à un agent public
étranger ou à un fonctionnaire d’une organisation internationale publique,
directement ou indirectement, un avantage indu, pour lui-même ou pour
une autre personne ou entité, afin qu’il accomplisse ou s’abstienne
d’accomplir ou parce qu’il a accompli ou s’est abstenu d’accomplir un
acte dans l’exercice de ses fonctions officielles, en vue d’obtenir ou de
conserver un marché ou un autre avantage indu en liaison avec des activités
de commerce international ;
- tout agent public étranger ou fonctionnaire d’une organisation internationale
publique, qui sollicite ou accepte directement ou indirectement, un avantage
indu, pour lui-même ou pour une autre personne ou entité, afín d’accomplir

42
Code pénal

ou de s’abstenir d’accomplir ou parce qu’il a accompli ou s’est abstenu


d’accomplir un acte dans l’exercice de ses fonctions officielles.
Art. 130.2 : Corruption dans le secteur privé
(Loin° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2)à moins de dix (10) ans
et d’une amende de cent mille (100 000) à un million (1 000 000) de francs :
- quiconque promet, offre ou accorde, directement ou indirectement, un
avantage indu à toute personne qui dirige une entité du secteur privé ou
travaille pour une telle entité, en quelque qualité que ce soit, pour lui-même
ou pour une autre personne, afin que, en violation de ses devoirs, elle
accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte ;
- tout dirigeant ou travailleur d’une entité du secteur privé qui sollicite,
accepte, directement ou indirectement, un avantage indu, pour lui-même
ou pour une autre personne, afin d’accomplir ou s’abstenir d’accomplir un
acteen violation de ses devoirs.
Art. 130.3 : Soustraction de biens dans le secteur privé
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est puni d’un emprisonnement de un (1) à trois (3) ans et d’une amende de
cent mille (100 000) à un million (1 000 000) de francs, tout dirigeant ou
travailleur d’une entité du secteur privé en quelque qualité que ce soit qui
détourne, soustrait ou dissipe, tente de détourner, de soustraire ou de dissiper,
des biens, fonds ou valeurs privés ou toute autre chose de valeur qui lui ont
été remis en raison de ses fonctions.
Cette peine est portée de dix (10) à vingt (20) ans et l’amende de cinq cent
mille (500 000) à cinq millions (5 000 000) de francs si la somme détournée
ou la valeur estimative des effets ou biens dissipés est égale ou supérieure
à cinquante millions (50 000.000) de francs.
Art. 130.4 : Enrichissement illicite
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Le délit d’enrichissement illicite est constitué dès lors qu’une personne
possède un patrimoine et/ou mène un train de vie qu’elle ne peut
raisonnablement justifier par rapport à ses revenus légitimes.

43
Code pénal

La personne reconnue coupable du délit d’enrichissement illicite est punie


d’une peine d’emprisonnement de trois (3) à moins de dix (10) ans et une
amende d’un montant au moins égal à celui dont le coupable s’est illicitement
enrichi et, au plus, égal au double de cette somme.
Art. 130.5 : Blanchiment du produit du crime (Loi n° 2017-10 du 31
mars 2017)
Est puni d’une peine d’emprisonnementde trois (3) à sept (7) ans et d’une
amende égale au triple de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont
porté les opérations de blanchiment quiconque, intentionnellement procède :
- à la conversion ou au transfert des biens dont il sait qu’ils sont le produit
de l’infraction dans le but de dissimuler ou de déguiser l’origine illicite desdits
biens ou d’aider toute personne qui est impliquée dans la commission de
l’infraction principale à échapper aux conséquences juridiques de ses actes ;
- à la dissimulation ou au déguisement de la nature véritable de l’origine, de
l’emplacement, de la disposition, du mouvement ou de la propriété de biens
ou de droits y relatifs dont il sait qu’ils sont le produit de l’infraction ;
- à l’acquisition, à la détention ou à l’utilisation des biens dont il sait au
moment où il les acquiert, les détient ou les utilise, qu’ils sont le produit de
l’infraction.
Est puni de la même peine quiconque participe à l’une des infractions prévues
à l’alinéa précédent ou à toute association, entente, tentative ou complicité
par fourniture d’une assistance, d’une aide ou de conseils en vue de sa
commission.
Art. 130.6 : Recel des biens et produits provenant de la corruption et
des infractions assimilées (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2) à moins de dix (10)
ans, et d’une amende de cent mille (100 000) à un million (1 000 000) de
francs quiconque dissimule ou retient de façon continue des biens en sachant
que lesdits biens proviennent de l’une quelconque des infractions établies
conformément à la présente loi.

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Code pénal

Art. 130.7 : Abus de fonctions (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)


Est puni d’un emprisonnement de deux (2) à moins de dix (10) ans et d’une
amende de cent mille (100.000) à un million (1.000.000) de francs, tout
agent public qui aura intentionnellement abusé de ses fonctions ou de son
poste, en accomplissant ou en s’abstenant d’accomplir, dans l’exercice de
ses fonctions, un acte en violation des lois afin d’obtenir un avantage indu
pour lui-même ou pour une autre personne ou entité.
Art. 130.8 : Entrave au bon fonctionnement de la justice
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d’une
amende de cinquante mille (50 000) à cinq cent mille (500 000) francs,
quiconque :
- fait recours à la force physique, à des menaces ou intimidations, ou promet
d’offrir ou d’accorder un avantage indu pour obtenir un faux témoignage
ou empêcher un témoignage ou la présentation d’éléments de preuve dans
une procédure en rapport avec la commission d’infractions établies
conformément à la présente loi ;
- fait recours à la force physique, à des menaces ou intimidations pour
empêcher un agent de la justice ou un agent de service de détection et de
répression d’exercer les devoirs de sa charge en rapport avec la commission
d’infractions établies conformément à la présente loi.
Art. 130.9 : Responsabilité des personnes morales
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Les personnes morales, autres que l’Etat sont punies d’amende de cinq
cent mille (500 000) à cinq cent millions (500 000 000) de francs sans
préjudice des réparations civiles, lorsqu’une infraction prévue par la présente
loi a été commise par une personne responsable de leur direction ou de leur
contrôle agissant en cette qualité.
Les personnes morales peuvent en outre être condamnées :
- à l’interdiction à titre définitif ou pour une durée de cinq (5) ans au plus,
d’exercer directement ou indirectement certaines activités professionnelles ;

45
Code pénal

- à la fermeture définitive ou pour une durée de cinq (5) ans au plus, de


leurs établissements ayant servi à commettre l’infraction ;
- à la dissolution, lorsqu’elles ont été créées pour commettre les faits
incriminés ;
- à l’exclusion des marchés publics à titre définitif ou pour une durée de
cinq (5) ans au plus ;
- à la confiscation de tous les biens qui sont l’objet ou le produit direct ou
indirect de l’infraction ;
- au placement pour une durée de cinq (5) ans au plus, sous surveillance
judiciaire ;
- à la publication et diffusion de la décision par tout moyen approprié aux
frais des condamnés.
La responsabilité des personnes morales n’exclut pas celle des personnes
physiques auteures ou complices des mêmes faits.
Art. 131 : Sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende
de 50.000 à 1.000.000 de francs, toute personne qui aurait sollicité ou agréé
des offres ou promesses, sollicité ou reçu des dons ou présents, pour faire
obtenir ou tenter de faire obtenir des décorations, médailles, distinctions ou
récompenses, des places, fonctions ou emplois ou des faveurs quelconques
accordées par l’autorité publique, des marchés, entreprises ou autres
bénéfices résultant de traités conclus avec l’autorité publique ou, de façon
générale, une décision favorable d’une telle autorité ou administration, et
aura ainsi abusé d’une influence réelle ou supposée.
Toutefois, lorsque le coupable est une des personnes visées au paragraphe
1er du premier alinéa de l’article 130 et qu’il a abusé de l’influence réelle ou
supposée que lui donne son mandat ou sa qualité, la peine de
l’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans.
Art. 132 (nouveau) : Trafic d’influence
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Constituent des faits de trafic d’influence assimilés à la corruption et punis
d’un emprisonnement de deux (2) à moins de dix (10) ans et d’une amende
de cinquante mille (50.000) à un million (1.000.000) de francs :

46
Code pénal

- le fait de promettre, d’offrir ou d’accorder à un agent public ou à toute


autre personne, directement ou indirectement, un avantage indu afin que
ledit agent ou ladite personne abuse de son influence réelle ou supposée en
vue d’obtenir d’une administration ou d’une autorité publique, un avantage
indu pour l’instigateur initial de l’acte ou pour toute autre personne ;
- le fait, pour un agent public ou toute autre personne, de solliciter ou
d’accepter, directement ou indirectement, un avantage indu pour lui-même
ou elle-même ou pour une autre personne afin d’abuser de son influence
réelle ou supposée en vue de faire obtenir d’une administration ou d’une
autorité publique un avantage indu.
Art. 133 : Dans tous les cas prévus à la présente section, lorsque le coupable
sera une des personnes prévues aux alinéas 1°, 2° et 3° de l’article 130,
elle sera privée de tout ou partie des droits énoncés à l’article 21.
Section VIII : Exercice illégal de l’autorité publique
Art. 134 : Tout fonctionnaire ou officier public, agent ou préposé d’une
administration publique, révoqué, destitué, suspendu, ou interdit légalement
qui, après en avoir eu la connaissance officielle, aura continué l’exercice
de ses fonctions ou qui, investi de fonctions électives ou temporaires, les
aura exercées après avoir été remplacé ou lorsque ses fonctions auront
pris fin, sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une
amende de 10.000 à 100. 000 francs ou d’une de ces deux peines seulement.
Il pourra, en outre, conformément à l’article 25, être privé de l’exercice de
tout ou partie des droits visés à l’article 21.
Section VIII bis : Atteintes à la liberté d’accès et à l’égalité des
candidats devant les marchés publics et les délégations de service
public (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 134-1 : Est puni d’un emprisonnement de deux à moins de 10 ans et
d’une amende de 100.000 à 10.000.000 de francs, le fait par une personne
dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public,
ou investie d’un mandat électif public, ou exerçant les fonctions de
représentant, administrateur ou agent de l’Etat, des collectivités territoriales,
des établissement publics, des sociétés d’économie mixte ou par toute
personne agissant pour le compte de l’une de celles susmentionnées, de

47
Code pénal

procurer ou de tenter de procurer à autrui un avantage injustifié par un


acte contraire aux dispositions législatives ou règlementaires.
Ceux qui auront bénéficié de ces faits seront punis des mêmes peines.
Il ne pourra en aucun cas être fait application des dispositions relatives aux
circonstances atténuantes ou au sursis.
Les coupables pourront en outre, conformément aux dispositions de l’article
25, être privés de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21.
Art. 134.2 : Non dénonciation des infractions
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Est punie d’une peine d’emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et
d’une amende de cinquante mille (50 000) à cinq cent mille (500 000)
francs, toute personne qui, de par sa fonction ou profession, permanente
ou provisoire, a connaissance d’une ou de plusieurs infractions prévues par
la présente section et n’en informe pas les autorités publiques compétentes.
Art. 134.3 : Circonstances aggravantes
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Si l’auteur d’une ou de plusieurs infractions prévues par la présente section
est un magistrat ou un arbitre, un agent des douanes, du fisc ou du trésor,
un fonctionnaire exerçant une fonction supérieure de l’Etat, un membre de
l’autorité nationale en charge de la lutte contre la corruption et les infractions
assimilées, des inspecteurs d’Etat, des finances, des inspecteurs des
services, un officier ou un agent de police judiciaire, un officier public ou
un greffier, la peine est de cinq (5) à dix (10) ans d’emprisonnement et une
amende égale au double de celle prévue pour l’infraction commise.
Art. 134.4 : Exemption et atténuation des peines
(Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Bénéficie d’une exemption de poursuite, toute personne auteure ou complice
d’une ou de plusieurs infractions prévues par la présente section, qui, avant
toute poursuite, révèle une information aux autorités administratives
compétentes ou judiciaires et permet ainsi d’identifier les personnes mises
en cause.

48
Code pénal

Bénéficie de la moitié de la peine prévue voire du sursis, toute personne


auteure ou complice d’une ou de plusieurs infractions prévues par la présente
section, qui, après toute poursuite, facilite l’arrestation d’une ou de plusieurs
personnes mises en cause.
Art. 134.5 : Peines complémentaires (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
En cas de condamnation pour une ou plusieurs infractions prévues par la
présente section, la juridiction peut prononcer une ou plusieurs des peines
suivantes :
- l’interdiction d’exercer des droits civiques pour une durée de dix (10) ans ;
- l’interdiction d’exercer toute fonction publique pour une durée de dix (10)
ans ;
- l’interdiction d’obtenir toute distinction ou décoration décernée par l’Etat
ou ses démembrements.
Art. 134.6 : Tentative et complicité (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Les dispositions du code pénal relatives à la tentative et à la complicité
sont applicables aux infractions prévues à la présente section.

CHAPITRE IV : DU FAUX
Section I : Fausse monnaie
Art. 135 : Quiconque aura contrefait ou altéré soit des monnaies métalliques
ayant cours légal au Niger, soit des effets émis par le Trésor public avec
son timbre ou sa marque, soit des billets de banque autorisés par la loi ou
des billets de même nature émis par le Trésor, ou participé à l’émission,
l’exposition ou l’introduction sur le territoire nigérien de ces monnaies, effets
et billets contrefaits ou altérés, sera puni d’un emprisonnement de cinq à
moins de dix ans et d’une amende de 100.000 à 10.000.000 de francs.
Art. 136 : Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une
amende de 40.000 à 4.000.000 de francs quiconque aura coloré les monnaies
métalliques ayant cours légal au Niger, dans le but de tromper sur la nature
du métal ou les aura émises ou introduites sur le territoire nigérien ou aura
participé à leur émission ou à leur introduction.

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Code pénal

Art. 137 : Les opérations prévues aux articles précédents, même perpétrées
à l’étranger, seront punies suivant les mêmes distinctions s’il s’agit de
monnaies, billets ou effets étrangers.
Toutefois, ceux qui, à l’étranger, se sont rendus coupables comme auteurs
ou complices de tels délits, ne pourront être poursuivis au Niger que dans
les conditions prévues au code de procédure pénale.
Art. 138 : La participation énoncée aux précédents articles ne s’applique
point à ceux qui, ayant reçu pour bonnes des pièces de monnaies contrefaites,
altérées ou colorées, les ont remises en circulation.
Toutefois, celui qui aura fait usage desdites pièces, après en avoir vérifié
ou fait vérifier les vices, sera puni d’une amende triple au moins et sextuple
au plus de la somme représentée par les pièces qu’il aura rendues à la
circulation, sans que cette amende puisse, en aucun cas, être inférieure à
50.000 francs.
Art. 139 : La soustraction, l’émission ou la mise en circulation de moyens
de paiement ayant pour objet de suppléer ou de remplacer les signes
monétaires ayant cours légal, sera punie d’un emprisonnement de un à
cinq ans et d’une amende de 200.000 francs à 20.000.000 de francs ou de
l’une de ces deux peines seulement.
Les moyens de paiement souscrits, émis ou mis en circulation contrairement
aux prohibitions du présent article, seront saisis par les agents habilités à
constater les infractions. Leur confiscation devra être prononcée par le
tribunal.
Art. 140 : Seront punis d’une amende de 50.000 à 500.000 francs ceux
qui, sans y avoir été préalablement autorisés par l’autorité publique,
emploient ou détiennent des appareils ou instruments susceptibles d’être
utilisés pour la fabrication des monnaies métalliques, d’effets émis par le
Trésor ou de billets de banque, ainsi que ceux qui en ont livré à des personnes
non pourvues d’une autorisation.
Section II : Contrefaçon des sceaux de l’Etat, timbres et marques
Art. 141 : Ceux qui auront contrefait le sceau de l’Etat ou fait usage du
sceau contrefait, seront punis d’un emprisonnement de cinq à moins de dix
ans et d’une amende de 100.000 à 10.000.000 de francs.

50
Code pénal

Art. 142 : Ceux qui auront contrefait, ou falsifié, soit un ou plusieurs timbres
nationaux, soit les marteaux de l’Etat servant aux marques forestières, soit
le poinçon ou des poinçons servant à marquer les matières d’or ou d’argent,
ou qui auront fait usage des papiers, effets, timbres, marteaux ou poinçons
falsifiés ou contrefaits, seront punis d’un emprisonnement de deux à six
ans et d’une amende de 80.000 à 8.000.000 de francs.
Art. 143 : Sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une
amende de 50.000 à 5.000.000 de francs quiconque s’étant indûment procuré
les vrais timbres, marteaux ou poinçons ayant l’une des destinations
exprimées en l’article 142, en aura fait une application ou usage préjudiciable
aux droits ou intérêts de l’Etat.
Art. 144 : Seront punis d’un emprisonnement de six mois à trois ans et
d’une amende de 40.000 à 4.000.000 de francs :
1) Ceux qui auront contrefait les marques destinés à être apposées au
nom du Gouvernement sur les diverses espèces de denrées ou de
marchandises ou qui auront fait usage de ces fausses marques ;
2) Ceux qui auront contrefait le sceau, le timbre ou marque d’une autorité
quelconque, ou qui auront fait usage de sceaux, timbres ou marques
contrefaits;
3) Ceux qui auront contrefait les papiers à l’entête ou imprimés officiels
en usage dans les assemblées instituées par la Constitution, les
administrations publiques ou les différentes juridictions, qui les auront vendus,
colportés ou distribués, ou qui auront fait usage des papiers ou imprimés
ainsi contrefaits ;
4) Ceux qui auront contrefait ou falsifié les timbres-poste, empreintes
d’affranchissement ou coupons-réponsesémis par l’administrationnigérienne
des postes et les timbres mobiles, qui auront vendu, colporté, distribué ou
utilisé sciemment lesdits timbres, empreintes ou coupons-réponses
contrefaits ou falsifiés.
Art. 145 : Quiconque s’étant indûment procuré de vrais sceaux, marques,
timbres ou imprimés prévus à l’article précédent, en aura fait ou tenté d’en
faire une application ou un usage frauduleux, sera puni d’un emprisonnement
de trois mois à deux ans et d’une amende de 30.000 à 3.000.000 de francs.

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Code pénal

Art. 146 : Seront punis d’un emprisonnement de dix jours à six mois et
d’une amende de 10.000 à 300.000 francs :
1) Ceux qui auront fabriqué, vendu, ou distribué, tous objets, imprimés ou
formules, obtenus par un procédé quelconque qui, par leur forme extérieure,
présenteraient avec les pièces de monnaie ou de billets de banque ayant
cours légal au Niger ou à l’étranger, avec les titres de rente, vignettes et
timbres de service des postes et télécommunications ou des régies de l’Etat,
actions, obligations, parts d’intérêt, coupons de dividende y afférents et
généralement avec les valeurs fiduciaires émises par l’Etat, les
établissements publics, ainsi que par des sociétés, compagnies ou entreprises
privées, une ressemblance de nature à faciliter l’acceptation desdits objets,
imprimés ou formules aux lieu et place des valeurs imitées ;
2) Ceux qui auront fabriqué, vendu, colporté, distribué ou utilisé des
imprimés qui, par leur format, leur couleur, leur texte, leur disposition
typographique ou tout autre caractère, présenteraient, avec les papiers à
entête ou imprimés officiels en usage dans les assemblées instituées par la
Constitution, les administrations publiques et les différentes juridictions, une
ressemblance de nature à causer une méprise dans l’esprit du public;
3) Ceux qui auront sciemment fait usage de timbres-poste ou de timbres
mobiles ayant déjà été utilisés, ainsi que ceux qui auront, par tous les moyens,
altéré des timbres dans le but de les soustraire à l’oblitération et de permettre
ainsi leur réutilisation ultérieure ;
4) Ceux qui auront surchargé par impression, perforation ou tout autre
moyen les timbres-poste du Niger ou autres valeurs fiduciaires postales
périmées ou non, à l’exception des opérations prescrites par l’administration
des postes et télécommunications, ainsi que ceux qui auront vendu, colporté,
offert, distribué, exporté des timbres-poste ainsi surchargés;
5) Ceux qui auront contrefait, imité ou altéré les vignettes, timbres,
empreintes d’affranchissement ou coupons-réponseémis par le service des
postes d’un pays étranger, qui auront vendu, colporté ou distribué lesdites
vignettes, timbres, empreintes d’affranchissement ou coupons-réponse ou
qui en auront fait usage ;

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Code pénal

6) Ceux qui auront contrefait, imité ou altéré les cartes d’identité postales
nigériennes ou étrangères, les cartes d’abonnement à la poste restante, qui
auront vendu, colporté ou distribué lesdites cartes ou en auront fait usage.
Dans tous les cas prévus au présent article, le corps du délit sera confisqué
et détruit.
Section III : Dispositions communes aux sections I et II
Art. 147 : Les personnes coupables des délits prévus aux deux précédentes
sections, hormis ceux énoncés à l’article 146, seront exemptes de peine si,
avant la consommation de ces délits et avant toutes poursuites, elles ont
donné connaissance et révélé les auteurs aux autorités constituées ou si,
même après les poursuites commencées, elles ont procuré l’arrestation
des autres coupables.
Art. 148 : Hors les cas prévus à l’article 146, les coupables pourront être,
conformément à l’article 25, privés de tout ou partie des droits énumérés à
l’article 21.
Ils pourront, en outre, être interdits de séjour.
Art. 149 : Dans tous les cas de contrefaçon, d’altération ou de coloration,
le corps du délit sera confisqué et détruit.
Art. 150 : La tentative sera toujours punie comme le délit lui-même.
Art. 151 : Il ne pourra être fait application des dispositions relatives au
sursis et aux circonstances atténuantes dans les cas prévus aux articles
135, 136, 137, 141 et 142.
Section IV : Faux en écriture
Art. 152 : Le faux en écriture est l’altération frauduleuse de la vérité de
nature à causer un préjudice et commise dans un écrit destiné ou apte à la
preuve d’un droit ou d’un fait ayant des effets de droit.
Art. 153 : Sera puni d’un emprisonnement de cinq à moins de dix ans et
d’une amende de 20.000 à 1.000.000 de francs tout fonctionnaire ou officier
public, tout agent ou préposé d’une administration publique qui, dans
l’exercice de ses fonctions, aura commis un faux :

53
Code pénal

- soit par falsification matérielle résultant de fausses signatures, contrefaçon


ou altération d’écriture ou de signature, fabrication d’acte ou convention
formant titre, addition, suppression ou modification apportées après la
confection des actes ou écrits dans les déclarations ou faits contenus auxdits
actes ou écrits, et qu’ils avaient pour objet de recevoir ou de constater;
- par fabrication ou dénaturation de la substance ou des circonstances
des actes ou écrits, effectuée au moment de leur rédaction, et réalisée en
y portant des déclarations ou conventions autres que celles faites ou dictées
par les parties, ou en y altérant par des mentions fausses ou des omissions
volontaires les faits que l’acte ou l’écrit avait pour objet de constater ou en
y constatant comme vrais des faits faux, ou comme avoués des faits qui ne
l’étaient pas.
Art. 154 : Seront punies d’un emprisonnement de un an à huit ans et
d’une amende de 10.000 à 500.000 francs, toutes autres personnes qui
auront commis un faux en écriture publique ou authentique.
Art. 155 : Sera punie d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une
amende de 10.000 à 100.000 francs toute personne qui, par des déclarations
mensongères faites devant un fonctionnaire ou officier public ou un agent ou
préposé d’une administration publique, aura provoqué l’insertion, dans un
acte public ou authentique, d’énonciations contraires à la vérité.
Art. 156 : Sera puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans quiconque
aura, de l’une des manières exprimées à l’article 153, commis un faux en
écriture de commerce ou de banque ou en écriture privée.
Art. 157 : Celui qui a fait sciemment usage d’une pièce fausse sera puni
de la même peine que s’il avait commis le faux.
Art. 158 : Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une
amende de 50.000 à 500.000 francs quiconque aura fait frauduleusement
usage d’une pièce dont tout ou partie des mentions sont devenus incomplètes
ou inexactes.
Art. 159 : Les fonctionnaires, officiers publics, agents ou préposés d’une
administration, reconnus coupables de faux et d’usage de faux dans
l’exercice de leurs fonctions ne pourront bénéficier des dispositions relatives
aux circonstances atténuantes et aux sursis.

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Code pénal

Art. 160 : La tentative du délit de faux sera punie comme le délit consommé.
Art. 161 : Dans tous les cas prévus à la présente section, le tribunal pourra
priver les coupables de tout ou partie des droits énumérés à l’article 21.

CHAPITRE V : CRIMES ET DELITS CONTRE LES


CITOYENS CHARGES D’UN SERVICE PUBLIC
Section I : Rébellion
Art. 162 : Toute attaque, toute résistance avec violence ou voies de fait
envers les fonctionnaires ou agents chargés de l’exécution des ordres de
l’autorité publique, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice
de leurs fonctions, est qualifiée de rébellion.
Art. 163 : Si la rébellion a été commise par une ou deux personnes sans
armes ostensibles, elle sera punie d’un emprisonnement de trois mois à deux
ans et d’une amende de 10. 000 à 100. 000 francs; si elle a été commise
avec armes ostensibles, l’emprisonnement sera de six mois à trois ans.
Art. 164 : Si la rébellion a été commise par plus de deux personnes sans
armes ostensibles, elle sera punie d’un emprisonnement de un à cinq ans et
d’une amende de 10.000 à 100.000 francs; si elle a été commise avec
armes ostensibles, l’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans.
Art. 165 : En cas de rébellion en bande ou attroupement, il ne sera prononcé
aucune peine contre les rebelles sans fonction ni emploi dans la bande qui se
seront retirés au premier avertissement de l’autorité publique ou même qui, depuis,
ont été saisis hors du lieu de la rébellion sans nouvelle résistance et sans armes.
Toutefois, et sous réserve des autres crimes ou délits qu’ils auront pu
commettre au cours de la réunion, ils pourront être interdits de séjour.
Art. 166 : Ceux qui, faisant partie d’une réunion non réputée armée, se
trouveraient munis d’armes cachées, seront individuellement punis comme
s’ils avaient fait partie d’une troupe ou réunion armée.
Est réputée armée toute rébellion commise en réunion dont deux au moins
des participants sont porteurs d’armes ostensibles. Sont considérées comme
armes, outre les armes à feu, tous objets tranchants, perçants ou
contondants.

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Code pénal

Art. 167 : La peine appliquée pour rébellion à des prisonniers, prévenus,


accusés ou condamnés, sera subie dans les conditions suivantes :
- ceux qui sont condamnés à une peine non capitale ni perpétuelle,
immédiatement après l’expiration de leur peine;
- pour les autres, immédiatement après l’arrêt ou le jugement définitif ou
l’acte qui met fin à leur détention.
Art. 168 : L’interdiction de séjour pourra être prononcée contre toute
personne condamnée pour rébellion.
Section II : Les outrages
Art. 169 : L’outrage par paroles, gestes, menaces, écrits ou dessins non
rendus publics ou encore par envoi d’objets quelconques visant un
fonctionnaire ou officier public ou citoyen chargé d’un ministère de service
public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, et
tendant, dans ces divers cas à inculper son honneur ou sa délicatesse, sera
puni d’un emprisonnement de trois à six mois et d’une amende de 10.000 à
100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 170 : L’outrage commis dans la même intention par un des moyens
énumérés à l’article précédent contre un magistrat de l’ordre administratif
ou judiciaire ou un juré, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de
ses fonctions, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et
d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement. Si l’outrage a eu lieu à l’audience d’une cour ou d’un tribunal,
la peine sera d’un emprisonnement de deux à cinq et d’une amende de
10.000 à 1.000.000 francs.
Art. 171 : Quiconque aura publiquement, par des paroles ou écrits, cherché
à jeter le discrédit sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des
conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son
indépendance, sera puni de un à six mois d’emprisonnement et d’une amende
de 50. 000 à 500.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Sera puni des mêmes peinesquiconque aura publié, avant l’intervention de
la décision juridictionnelle définitive, des commentaires tendant à exercer
des pressions sur les déclarations des témoins ou sur la décision des
juridictions d’instruction ou de jugement.

56
Code pénal

Le tribunal pourra, en outre, ordonner que sa décision soit affichée ou


publiée dans les conditions prévues aux articles 25, alinéa 2 et 22, alinéa 2.
Les dispositions qui précèdent ne peuvent en aucun cas être appliquées
aux commentaires purement techniques ni à des paroles ou écrits tendant
à la révision d’une condamnation.
Art. 172 : Lorsque l’infraction spécifiée à l’article précédent aura été
commise par la voie de la presse, les gérants ou éditeurs seront, par le fait
seul de la publication, passibles comme auteurs principaux des peines portées
audit article.
A leur défaut, l’auteur, et à défaut de l’auteur, les imprimeurs, distributeurs
et afficheurs, seront poursuivis comme auteurs principaux.
Lorsque l’auteur n’est pas poursuivi comme auteur principal, il sera poursuivi
comme complice.
Pourront être poursuivies comme complices et dans tous les cas, toutes
personnes auxquelles l’article 49 pourrait s’appliquer.
Section III : Les violences
Art. 173 : Les violences ou voies de fait exercées contre les fonctionnaires
ou officiers publics ou les citoyens chargés d’un ministère de service public,
commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions,
seront punis d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende
de 10.000 à 500.000 francs.
S’il en est résulté pour la victime effusion de sang, blessures ou maladies
ou s’il y a eu préméditation ou guet-apens, les peines seront d’un
emprisonnement de un à moins de dix ans et d’une amende de 20.000 à
200.000 francs.
Si les violences ont occasionné la mort de la victime, le coupable sera puni
d’un emprisonnement de dix à vingt-cinq ans.
Art. 174 : Les violences ou voies de fait exercées contre les magistrats de
l’ordre administratif ou judiciaire dans l’exercice ou à l’occasion de
l’exercice de leurs fonctions, seront punies d’un emprisonnement de un à
cinq ans et d’une amende de 10.000 à 500.000 francs.

57
Code pénal

Si elles ont eu lieu à l’audience d’un tribunal ou d’une cour, ou si elles ont été
la cause d’effusion de sang, blessures ou maladies, ou s’il y a eu préméditation
ou guet-apens, l’emprisonnement sera de deux ans à moins de dix ans.
S’il en est résulté la mort de la victime, le coupable sera puni d’un
emprisonnement de quinze à trente ans.
Art. 175 : Le meurtre d’un magistrat, d’un fonctionnaire, d’un officier public
ou d’un citoyen chargé d’un ministère de service public, dans l’exercice ou à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions, sera puni de la peine de mort.
Art. 176 : Dans les cas prévus aux articles 173 alinéas 2 et 3, 174 alinéas
2 et 3, et 175, il ne pourra être fait application des dispositions relatives aux
circonstances atténuantes et au sursis.
Toutefois, lorsque la peine de mort sera encourue, l’emprisonnement à vie
pourra lui être substitué.
L’interdiction de séjour pourra être prononcée en matière correctionnelle.

CHAPITRE VI : VAGABONDAGE - MENDICITE


Section 1 : Vagabondage
Art. 177 : Les vagabonds sont ceux qui n’ont ni domicile certain, ni moyen
de subsistance et qui n’exercent habituellement ni métier, ni profession.
Art. 178 : Les vagabonds seront punis d’un emprisonnement de trois à six
mois. L’interdiction de séjour sera en outre prononcée.
Section II : Mendicité
Art. 179 : Toute personne qui aura été trouvée mendiant dans un lieu
public ou privé sera punie d’un emprisonnement de trois à six mois.
Art. 180 : Aucune peine ne pourra toutefois être prononcée contre les
vieillards de plus de soixante ans et les infirmes.
Art. 181 : (Loi n° 63-3 du 1er février 1963). Les parents de mineurs de
moins de dix-huit ans se livrant habituellement à la mendicité, tous ceux qui
les auront invités à mendier ou qui en tirent sciemment profit, seront punis
d’un emprisonnement de six mois à un an.

58
Code pénal

Art. 182 : Toute personne membre d’une organisation de mendiants sera


punie d’un emprisonnement de un à deux ans.
L’interdiction de séjour sera en outre prononcée.

CHAPITRE VII : DES INFRACTIONS CONTRE L’AUTORITE


PUBLIQUE
Section I : Refus d’un service légalement dû.
Art. 183 : Tout commandant d’armes, tout officier ou sous-officier ou chef
de détachement de la force publique qui, après en avoir été légalement requis
par l’autorité civile, aura refusé de faire agir la force placée sous ces ordres,
sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de
10.000 à 100.000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 184 : Les témoins et jurés défaillants qui auront allégué une excuse
reconnue fausse, le médecin qui ne défère pas aux réquisitions de la justice,
les particuliers qui ne se conforment pas aux réquisitions légales des
représentants des autorités publiques, seront condamnés à un
emprisonnement de quinze jours à deux mois et à une amende de 10.000 à
100.000 ou à l’une de ces deux peines seulement.
Sont assimilées aux réquisitions légales, mentionnées à l’alinéa précédent,
les convocations émanant des chefs de circonscriptions administratives, des
magistrats et des officiers de police judiciaire, et remises à leurs destinataires.
Art. 185 : Ceux qui par violences, voies de fait, menaces ou manœuvres
concertées, auront organisé ou tenté d’organiser le refus collectif de payer
l’impôt seront punis d’une peine de trois mois à deux ans d’emprisonnement
et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Ceux qui auront refusé collectivement le paiement de l’impôt seront punis
d’une peine de six mois à un an d’emprisonnement et d’une amende de
10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Le refus individuel du paiement de l’impôt, s’il n’est pas justifié par un titre
de dégrèvement ou de décharge, sera puni d’une peine de 15 jours à six
mois d’emprisonnement et d’une amende de 5.000 à 100.000 francs ou de
l’une de ces deux peines seulement.

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Code pénal

Dans les cas prévus aux alinéas 2 et 3, les poursuites ne pourront être
engagées que sur la plainte des agents chargés du recouvrement de l’impôt;
toutefois, aucune poursuite n’aura lieu avant l’expiration d’une période de
trois mois après la date de mise en recouvrement du rôle.
Art. 186 : Sera puni d’un emprisonnement de un à six mois et d’une amende
de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement celui
qui, ayant eu connaissance d’un crime déjà tenté ou consommé, n’aura pas
averti aussitôt les autorités administratives ou judiciaires.
La peine d’emprisonnement sera de six mois au moins et de trois ans au
plus si la dénonciation aurait pu avoir pour effet de prévenir ou de limiter
les effets du crime, ou si le coupable était susceptible de commettre de
nouveaux crimes que la dénonciation aurait pu prévenir.
Sont exempts des dispositions du présent article l’époux, l’épouse, les
parents ou alliés, jusqu’au quatrième degré inclusivement, des auteurs ou
complices du crime.
Art. 187 : Quiconque, après avoir publiquement dénoncé un crime ou un
délit et déclaré qu’il en connaissait le ou les auteurs, refuse de répondre
aux questions qui lui sont posées, sur ce point, par le juge d’instruction,
sera puni d’un emprisonnement de un mois à un an et d’une amende de
10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 188 : Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une
amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement
quiconque, pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour
lui ou pour les tiers, soit un fait qualifié crime, soit un délit contre l’intégrité
corporelle, s’abstient volontairement de le faire.
Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à
une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ni pour les tiers, il
pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.
Sera puni des mêmes peines celui qui, connaissant la preuve de l’innocence
d’une personne incarcérée préventivement ou jugée pour crime ou délit,
s’abstient volontairement d’en apporter aussitôt le témoignage aux autorités
de justice ou de police. Toutefois, aucune peine ne sera prononcée contre
celui qui apportera son témoignage tardivement mais spontanément.

60
Code pénal

Sont exceptés de la disposition de l’alinéa précédent le coupable du fait qui


motivait la poursuite, les coauteurs, les complices, le conjoint, les parents
ou alliés jusqu’au quatrième degré inclusivement.
Section II. Usurpation de titre ou de fonction
Art. 189 : Quiconque, sans titre, se sera immiscé dans les fonctions
publiques, civiles ou militaires, ou aura fait les actes d’une de ces fonction,
ou sans faire un acte de la fonction, aura cherché par des manœuvres, à
persuader qu’il en était investi, sera puni d’un emprisonnement de un à
cinq ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces
deux peines seulement.
Art. 190 : Toute personne qui aura publiquement porté un costume, un
uniforme ou une décoration ayant un caractère officiel et qui ne lui a point
été régulièrement attribué, conféré ou reconnu par la puissance publique,
sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de
10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Sera puni des mêmes peines quiconque, sans remplir les conditions exigées,
aura fait usage ou se sera réclamé d’un titre attaché à une profession
légalement réglementée, d’un diplôme ou d’une qualité, dont les conditions
d’attribution sont fixées par l’autorité publique.
Il pourra être fait application des dispositions de l’article 25, alinéa 2.
Section III : Bris de scellés
Art. 191 : Lorsque les scellés apposés soit par ordre de l’autorité publique
soit par suite d’une ordonnance de justice rendue en quelque matière que
ce soit, auront été brisés, les gardiens seront punis, pour simple négligence,
d’un emprisonnement de deux à six mois et d’une amende de 10.000 à
100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 192 : Quiconque aura, à dessein, brisé ou tenté de briser des scellés,
ou participé au bris de scellés ou à la tentative de bris de scellés, sera puni
d’un emprisonnement de un à trois ans, et d’une amende de 10.000 à 100.000
francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Si c’est le gardien lui-même qui a brisé les scellés ou participé au bris de
scellés, il sera puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans.

61
Code pénal

Art. 193 : Tout vol commis à l’aide de bris de scellés sera puni comme vol
commis à l’aide d’effraction.
Section IV. Enlèvement de pièces dans les dépôts publics.
Art. 194 : Quiconque se sera rendu coupable de soustraction frauduleuse
ou de destruction volontaire de pièces ou de procédures criminelles, ou
d’autres papiers, registres, actes et effets contenus dans les archives, greffes
et dépôts publics, ou remis à un dépositaire public en cette qualité, sera
puni d’un emprisonnement de un à cinq ans.
Si les soustractions ou destructions ont été commises avec violences envers
les personnes, ou par effraction, la peine d’emprisonnement sera de deux à
moins de dix ans.
Si les soustractions ou destructions sontle fait du dépositaire lui-même, il
sera puni de la peine d’emprisonnement prévu à l’alinéa précédent.
Dans les cas prévus aux alinéas 2 et 3, il ne pourra être fait application des
dispositions relatives aux circonstances atténuantes et au sursis.
Dans tous les cas, la tentative sera punie comme le délit consommé.
Art. 195 : Lorsque les soustractions ou destructions de pièces visées à
l’article précédent auront été commises, les greffiers, archivistes, notaires
ou autres dépositaires négligents, seront punis d’un emprisonnement de
quinze jours à six mois et d’une amende de 20.000 à 200.000 ou de l’une de
ces deux peines seulement.

Section V : Opposition à l’exécution des travaux publics


Art. 196 : Quiconque, par violences ou voies de fait, se sera opposé à la
confection des travaux autorisés par l’autorité publique, sera puni d’un
emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 10.000 à
100.000 ou de l’une de ces deux peines seulement.
Section V bis : Résistance à l’exécution d’une décision de justice
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 196. 1 : Quiconque aura résisté ou tenté de résister à l’exécution
d’une décision de justice devenue définitive ou exécutoire sera puni d’un
emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 10.000 à
100.000 francs.
62
Code pénal

- Si la résistance a été commise avec port d’arme l’emprisonnement sera


de 6 mois à 3 ans et l’amende de 10.000 à 200.000 francs.
- Si la résistance a été commise avec violence, l’emprisonnement sera de
1 à 5 ans et l’amende de 20.000 à 200.000 francs.
Art. 196. 2 : Si la résistance a été commise en réunion de deux ou plusieurs
personnes, l’emprisonnement sera de 2 à 5 ans et l’amende de 20 000 à
200.000 francs.
Si la résistance a été commise en réunion de plusieurs personnes avec
arme, l’emprisonnement sera de 2 à 7 ans et l’amende de 20.000 à 200.000
francs.
Si les faits prévus à l’alinéa précédent ont été commis avec violence,
l’emprisonnement sera de 2 à moins de 10 ans et l’amende de 50 000 à
500.000 francs.
Art. 196. 3 : Tout dépositaire de l’autorité publique qui aura refusé de prêter
main forte lorsqu’il en sera régulièrement requis pour l’exécution d’une décision
de justice devenue définitive ou exécutoire sera puni d’un emprisonnement de
6 mois à 2 ans et d’une amende de 10. 000 à 20. 000 francs.

CHAPITRE VIII : EVASION ET ASSISTANCE AUX


MALFAITEURS
Section I : Evasion de détenus
Art. 197 : Toute personne détenue légalement en quelque lieu que ce soit
qui se sera évadée ou aura tenté de s’évader sera, pour ce seul fait, punie
d’un emprisonnement de trois mois à un an.
Si l’évasion a eu lieu par bris de prison ou violences, l’emprisonnement
sera de six mois à deux ans.
La peine prononcée sera subie immédiatement après l’expiration de celle
que le détenu aura encourue pour l’infraction motivant la détention ou
immédiatement après l’arrêt ou le jugement qui l’aura acquitté ou renvoyé
absous de ladite infraction.

63
Code pénal

Art. 198 : Tout gardien ou préposé à la conduite, au transport ou à la


garde des détenus qui, par sa négligence, aura permis l’évasion de détenus,
sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de
5.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 199 : Tout gardien ou préposé à la conduite, au transport ou à la
garde de détenus, qui aura tenté de procurer ou de faciliter une évasion,
même si celle-ci n’a été consommée ni tentée, et quand bien même que les
préparatifs auraient été menés à l’insu du détenu, sera puni d’un
emprisonnement de six mois à trois et d’une amende de 10.000 à 100.000
francs.
Art. 200 : Ceux qui, n’étant pas chargés de la garde ou de la conduite du
détenu, auront procuré, facilité ou tenté de procurer ou de faciliter son
évasion ou sa fuite une fois l’évasion réalisée, seront punis d’un
emprisonnement de trois mois à deux ans.
Si l’évasion a eu lieu ou a été tentée avec violence ou bris de prisons,
l’emprisonnement sera de deux à huit ans contre ceux qui l’auront favorisée
en fournissant des instruments ou des armes propres à l’opérer.
Art. 201 : Dans les cas prévus aux alinéas 2 des articles 197 et 199, le
tribunal ne pourra faire application des dispositions relatives aux
circonstances atténuantes et au sursis.
Art. 202 : La peine d’interdiction de séjour pourra être prononcée contre
toute personne condamnée pour avoir favorisé une évasion ou une tentative
d’évasion.
Art. 203 : Les peines d’emprisonnement ci-dessus établies contre les
gardiens ou préposés à la conduite, au transport ou à la garde des détenus,
en cas de négligence seulement, cesseront lorsque les évadés seront repris
ou représentés, pourvu que ce soit dans les deux mois de l’évasion, et
qu’ils ne soient pas arrêtés pour crimes ou délits commis postérieurement.
Art. 204 : Aucune poursuite n’aura lieu contre ceux qui auront tenté de
procurer ou de faciliter une évasion si, avant que celle-ci ait été réalisée, ils
ont donné connaissance du projet aux autorités administratives ou judiciaires
et leur en ont révélé les auteurs.

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Code pénal

Section II : Recel de malfaiteurs


Art. 205 : Ceux qui, connaissant les agissements des malfaiteurs exerçant
des brigandages ou des violences contre la sûreté de l’Etat, la paix publique,
les personnes ou les propriétés, leur fournissent habituellement logement,
lieu de retraite ou de réunion, seront punis comme les auteurs.
Art. 206 : Ceux qui auront sciemment recelé une personne qu’ils savaient
recherchée par la justice, ou qui l’auront soustraite ou tenté de la soustraire
à l’arrestation ou aux recherches, ou l’auront aidé à se cacher ou à prendre
la fuite, seront punis d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une
amende de 10.000 à 100.000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
Sont exceptés des dispositions qui précèdent, le conjoint, les parents ou
alliés de la personne recherchée, jusqu’au quatrième degré inclusivement.
Section III : Remise d’objets aux détenus
Art. 207 : Sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une
amende de 10. 000 à 100. 000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement quiconque aura, dans des conditions irrégulières, remis ou fait
parvenir ou tenté de remettre ou de faire parvenir à un détenu, en quelque
lieu que ce soit, des sommes d’argent, correspondances ou objets
quelconques.
La sortie ou la tentative de sortie irrégulière de sommes d’argent,
correspondances ou objets quelconques, sera punie des mêmes peines.
Section IV : Association de malfaiteurs
Art. 208 : Quiconque se sera affilié ou aura participé à une association
dont le but est de commettre des crimes ou délits contre des personnes ou
des propriétés sera puni d’un emprisonnement de deux à moins de dix ans.
Il ne pourra être fait application des dispositions relatives aux circonstances
atténuantes et au sursis.
L’interdiction de séjour sera en outre prononcée.
Les coupables du délit mentionné au 1eralinéa du présent article seront
exemptés de peine si, avant toute poursuite, ils ont révélé aux autorités
constituées l’entente établie ou fait connaître l’existence de l’association.

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Code pénal

TITRE III : ATTENTATS CONTRE LES PERSONNES


CHAPITRE PRELIMINAIRE : DES CRIMES CONTRE
L’HUMANITE ET DES CRIMES DE GUERRE
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).

Section 1 : Du génocide
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 208. 1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Constitue un génocide le
fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou
partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ou d’un groupe
déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire
commettre à l’endroit de ce groupe l’un des actes suivants :
• Atteinte volontaire à la vie ;
• Atteinte à l’intégrité physique ou psychique;
• Soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction
totale ou partielle du groupe ;
• Mesures visant à entraver les naissances;
• Transfert forcé d’enfants.
Le génocide est puni de la peine de mort.

Section 2 : Des crimes contre l’humanité


(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 208. 2 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Constituent des crimes
contre l’humanité, la déportation, la réduction en esclavage ou la pratique
massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de
personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d’actes inhumains,
inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et
organisés en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de
population civile.
Les crimes contre l’humanité sont punis de la peine de mort.

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Code pénal

Section 3 : Des crimes de guerre


(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 208. 3 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Constituent des crimes
de guerre et réprimés conformément aux dispositions du présent chapitre,
les infractions graves énumérées ci-après, portant atteinte, par action ou
omission, aux personnes et aux biens protégés par les conventions signées
à Genève le 12 août 1949, par les protocoles I et II additionnels à ces
conventions, adoptés à Genève le 8 juin 1977 :
1) l’homicide intentionnel;
2) la torture ou les autres traitements inhumains, y compris les expériences
biologiques;
3) le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de
porter des atteintes graves à l’intégrité physique, à la santé;
4) le fait de contraindre à servir dans les Forces armées de la puissance
ennemie ou de la partie adverse un prisonnier de guerre, une personne
civile protégée par la convention relative à la protection des personnes
civiles en temps de guerre ou une personne protégée à ce même égard par
les protocoles I et II additionnels aux conventions internationales de Genève
du 12 août 1949 ;
5) le fait de priver un prisonnier de guerre, une personne civile protégée
par la convention sur la protection des personnes civiles en temps de guerre
ou une personne protégée à ce même égard, par les protocoles I et II
additionnels aux conventions internationales de Genève du 12 août 1949,
de son droit d’être jugé régulièrement et impartialement selon les
prescriptions de ces dispositions ;
6) la déportation, le transfert ou le déplacement illicites, la détention illicite
d’une personne civile protégée par la convention sur la protection des civiles
en temps de guerre ou une personne protégée à ces mêmes égards par les
protocoles I et II additionnels aux conventions internationales de Genève
du 12 août 1949 ;
7) la prise d’otages ;

67
Code pénal

8) la destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des


nécessités militaires telles qu’admises par le droit des gens et exécutées
sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire ;
9) les actes et omissions, non légalement justifiés, qui sont susceptibles
de compromettre la santé et l’intégrité physique ou mentale des personnes
protégées par une des conventions relatives à la protection des blessés,
des malades et des naufragés, notamment tout acte qui ne serait pas justifié
par l’état de santé de ces personnes ou qui ne serait pas conforme aux
règles de l’art médical généralement reconnues ;
10) sauf s’ils sont justifiés dans les conditions prévues au 9), les actes
consistant à pratiquer sur les personnes visées au 9), même avec leur
consentement, des mutilations physiques, des expériences médicales ou
scientifiques ou des prélèvements de tissus ou d’organes pour
transplantations, à moins qu’il s’agisse de dons de sang en vue de transfusions
ou de dons de peau destinées à des greffes, pour autant que ces dons
soient volontaires, consentis et destinés à ces fins thérapeutiques;
11) le fait de soumettre la population civile ou des personnes civiles à une
attaque;
12) le fait de lancer une attaque sans discrimination atteignant la population
civile ou des biens de caractère civil, en sachant que cette attaque causera
des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes civiles ou des
dommages aux biens de caractère civil qui seraient excessifs par rapport à
l’avantage militaire concret et direct attendu, sans préjudice de la criminalité
de l’attaque dont les effets dommageables, même proportionnés à
l’avantage militaire attendu, seraient incompatibles avec les principes du
droit des gens, tels qu’ils résultent des usages établis, des principes de
l’humanité et des exigences de la conscience publique;
13) le fait de lancer une attaque contre des ouvrages ou installations
contenant des forces dangereuses, en sachant que cette attaque causera
des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes civiles ou des
dommages aux biens de caractère civil, qui seraient excessifs par rapport
à l’avantage militaire concret ou direct attendu, sans préjudice de la
criminalité de l’attaque dont les effets dommageables même proportionnés

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Code pénal

à l’avantage militaire attendu seraient incompatibles avec les principes du


droit des gens, tels qu’ils résultent des usages établis, des principes de
l’humanité et des exigences de la conscience publique;
14) le fait de soumettre à une attaque des localités non défendues ou des
zones démilitarisées;
15) le fait de soumettre une personne à une attaque en la sachant hors de
combat;
16) le fait d’utiliser perfidement le signe distinctif de la croix rouge ou du
croissant rouge;
17) le transfert dans un territoire occupé d’une partie de la population
civile de la puissance occupante, dans le cas d’un conflit armé international,
ou de l’autorité occupante dans le cas d’un conflit armé non international;
18) le fait de retarder sans justification le rapatriement des prisonniers
de guerre ou des civils;
19) le fait de se livrer aux pratiques de l’apartheid ou à d’autres pratiques
inhumaines ou dégradantes fondées sur la discrimination raciale et donnant
lieu à des outrages à la dignité personnelle ;
20) le fait de diriger des attaques contre les monuments historiques, les
œuvres d’art ou les lieux de culte clairement reconnus qui constituent le
patrimoine culturel ou spirituel des peuples auxquels une protection spéciale
a été accordée en vertu d’un arrangement particulier alors qu’il n’existe
aucune preuve de violation par la partie adverse de l’interdiction d’utiliser
ces biens à l’appui de l’effort militaire, et que ces biens ne sont pas situés
à proximité immédiate d’objectifs militaires.
Les faits énumérés aux paragraphes 11°, 12°, 13°, 14°, 15° et 16° sont
considérés comme des infractions graves au sens du présent article, à la
condition qu’ils entraînent la mort, ou causent une atteinte grave à l’intégrité
physique ou à la santé d’une ou plusieurs personnes.
Art. 208. 4 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Les infractions énumérées
aux paragraphes 1°, 2° et 11° à 15° de l’article 208.3 sont punies de la
peine de mort.

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Code pénal

Les infractions énumérées au 3° et au 10° de l’article 208.3 sont punies de


l’emprisonnement à perpétuité. Elles sont punies de la peine de mort si
elles ont eu pour conséquence la mort d’une ou plusieurs personnes.
L’infraction visée au 8° de l’article 208.3 est punie de la peine
d’emprisonnement de quinze à vingt ans. La même infraction ainsi que
celle visée au 16° du même articlesont punis de la peine d’emprisonnement
de quinze à vingt ans si elles ont eu pour conséquence soit une maladie
paraissant incurable, soit une incapacité permanente de travail, soit la perte
de l’usage absolu d’un organe, soit une mutilation grave. Elles sont punies
de l’emprisonnement à perpétuité si elles ont eu pour conséquence la mort
d’une ou plusieurs personnes.
Les infractions énumérées aux 4° à 7° et au 17° de l’article 208.3 sont
punies de la peine d’emprisonnement de quinze à vingt ans. Dans les cas
de circonstances aggravantes prévues à l’alinéa précédent, elles sont punies,
selon les cas des peines prévues à cet alinéa.
Les infractions énumérées aux 18° à 20° de l’article 208.3 sont punies de
la peine d’emprisonnement de quinze à vingt ans, sous réserve de l’application
des dispositions pénales plus sévères réprimant les atteintes graves à la
dignité de la personne.
L’infraction prévue au paragraphe 9° de l’article 208.3 est punie de la
peine d’emprisonnement de quinze à vingt ans lorsqu’elle a entraîné des
conséquences graves pour la santé publique.
Section 4 : Dispositions communes
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 208.5 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)La participation à un
attroupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation
caractérisée par un ou plusieurs faits matériels de l’un des crimes définis
par les articles 208.1 et 208.2 est punie de la peine de mort.
La tentative est punie des peines prévues pour l’infraction consommée.
Art. 208. 6 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)L’auteur ou le co-auteur
d’un crime visé par le présent chapitre ne peut être exonéré de sa
responsabilité du seul fait qu’il a accompli un acte prescrit ou autorisé par
des dispositions législatives ou un acte commandé par l’autorité légitime.

70
Code pénal

Toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu’elle


détermine la peine et en fixe le montant, sans qu’elle puisse descendre en
dessous de 20 ans.
Aucun intérêt, aucune nécessité d’ordre politique, militaire ou national, ne
peut justifier, même à titre de représailles, les infractions prévues par les
articles 208.1, 208.2 et 208.3, sans préjudice des exceptions mentionnées
aux 9° et 13° de l’article 208.3.
Art. 208.7 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)L’immunité attachée à la
qualité officielle d’une personne n’empêche pas l’application des dispositions
du présent chapitre.
Art. 208. 8 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)L’action publique relative
aux crimes prévus au présent chapitre ainsi que les peines prononcées sont
imprescriptibles.
Les juridictions nigériennes sont compétentes pour connaître des infractions
prévues au présent chapitre, indépendamment du lieu où celles-ci auront
été commises.
Pour les infractions commises à l’étranger par un nigérien contre un étranger,
la plainte de l’étranger ou de sa famille ou l’avis officiel de l’autorité du
pays où l’infraction a été commise n’est pas requis.

CHAPITRE PREMIER : ALTERATION DE LA VERITE ET


DIVULGATION
Section I : Faux témoignage
Art. 209 : Le faux témoignage est le fait d’altérer sciemment la vérité
dans une déposition faite sous serment devant une juridiction de jugement
ou devant une juridiction d’instruction.
Art. 210 : Quiconque sera coupable de faux témoignage, en matière de
simple police, soit contre le prévenu, soit en sa faveur, sera puni d’un
emprisonnement de un à trois ans et d’une amende de 10. 000 à 100. 000
francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 211 : Le coupable de faux témoignage, en matière correctionnelle,
soit contre l’inculpé ou le prévenu, soit en sa faveur, sera puni d’un

71
Code pénal

emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000


francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Si néanmoins le prévenu a été condamné à plus de cinq années
d’emprisonnement, le faux témoin qui a déposé contre lui encourra la même
peine.
Art. 212 : Le coupable de faux témoignage, en matière criminelle, soit
contre l’inculpé ou l’accusé, soit en sa faveur, sera puni d’un emprisonnement
de deux à cinq ans et d’une amende de 50. 000 à 300. 000 francs.
Si néanmoins l’accusé a été condamné à une peine égale ou supérieure à
dix ans d’emprisonnement, le faux témoin qui a déposé contre lui encourra
la même peine.
Art. 213 : Le coupable de faux témoignage, en matière civile ou
administrative, sera puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une
amende de 20. 000 à 200. 000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Art. 214 : Le faux témoin, qui aura reçu de l’argent, une récompense
quelconque ou des promesses, sera puni :
1) en matière de simple police : d’un emprisonnement de deux à cinq ans
et d’une amende de 20. 000 à 200. 000 francs;
2) en matière correctionnelle, civile ou administrative : d’un
emprisonnement de cinq à moins de dix ans et d’une amende de 50. 000 à
300. 000 francs;
3) en matière criminelle : d’un emprisonnement de dix à vingt ans. Dans
tous les cas, ce que le faux témoin aura reçu sera confisqué.
Art. 215 : L’interprète qui, en matière civile, administrative, criminelle,
correctionnelle ou de simple police, aura de mauvaise foi dénaturé la
substance de paroles ou de documents oralement traduits, sera puni des
peines du faux témoignage selon les dispositions contenues dans les articles
210, 211, 212, 213 et 214.
Art. 216 : Dans les cas prévus aux articles 210, 211, 213 et 214 alinéas
1eret 2e, les coupables pourront, conformément aux dispositions de l’article
25 être privés en tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21.

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Code pénal

Section II : Subornation de témoins


Art. 217 : Quiconque, en toute matière, soit au cours d’une procédure et
en tout état de cause, soit en vue d’une demande ou d’une défense en
justice, aura usé de promesses, offres ou présents, de pressions, menaces,
voies de fait, manœuvres ou artifices pour déterminer autrui à faire ou
délivrer ou à ne pas faire ou à ne pas délivrer une déposition, une déclaration
ou une attestation mensongère sera, que cette subornation ait ou non produit
son effet, puni d’un emprisonnement de deux mois à trois ans et d’une
amende de 50.000 à 500.000 ou de l’une de ces deux peines seulement,
sans préjudice des peines plus fortes prévues à la section précédente, s’il
est complice d’un faux témoignage qualifié crime ou délit.
Art. 218 : La subornation d’interprète sera punie comme subornation de
témoin selon les dispositions de l’article précédent.
Section III : Faux serment
Art. 219 : Celui à qui le serment aura été déféré ou référé en matière
civile, et qui aura fait un faux serment, sera puni d’un emprisonnement de
un à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Il pourra en outre, conformément aux dispositions de l’article 25, être privé,
en tout ou en partie, des droits mentionnés à l’article 21.
Section IV : Dénonciation calomnieuse
Art. 220 : Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, fait une
dénonciation calomnieuse contre un ou plusieurs individus aux officiers de
police administrative ou judiciaire, ou à toute autre autorité compétente, ou
encore aux supérieurs hiérarchiques ou aux employeurs du dénoncé, sera
puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de
50.000 à 500.000 francs.
Le tribunal pourra, en outre, ordonner l’insertion du jugement intégralement
ou par extrait, dans un ou plusieurs journaux, et aux frais du condamné.
Si le fait dénoncé est susceptible de sanctions pénales ou disciplinaires, les
poursuites pourront être engagées en vertu du présent article, soit après
jugement ou arrêt d’acquittement ou de relaxe, soit après ordonnance ou
arrêt de non-lieu, soit après classement de la dénonciation par le magistrat,

73
Code pénal

fonctionnaire, autorité supérieure ou employeur compétent pour lui donner


la suite qu’elle était susceptible de comporter.
La juridiction saisie en vertu du présent article sera tenue de surseoir à
statuer si les poursuites concernant le fait dénoncé sont pendantes.
Section V : Révélation de secret.
Art. 221 : Les médecins, chirurgiens, pharmaciens, sages-femmes,
infirmiers et toutes autres personnes dépositaires, par état ou profession ou
par fonctions temporaires ou permanentes, des secrets qu’on leur confie,
qui, hors le cas où la loi les oblige ou les autorise à se porter dénonciateurs,
auront révélé des secrets, seront punis d’un emprisonnement de deux mois
à un an et d’une amende de 10.000 à 200.000 ou de l’une de ces deux
peines seulement.
Toutefois, les personnes ci-dessus énumérées, sans être tenues de dénoncer
les avortements jugés par elles criminels dont elles ont eu connaissance à
l’occasion de l’exercice de leur fonction, n’encourent pas, si elles les
dénoncent, les peines prévues à l’alinéa précédent; citées en justice, pour
une affaire d’avortement, elles demeurent libres de fournir leur témoignage
à la justice sans s’exposer à aucune peine.

CHAPITRE II : COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES ET


AUTRES CRIMES ET DELITS VOLONTAIRES.
Section I : Coups et blessures volontaires
Art. 222 : Tout individu qui, volontairement, aura fait des blessures ou
porté des coups, ou commis toutes autres violences ou voies de fait, sera
puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de
10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Si les coups, les blessures ou les violences ou les voies de fait, ont eu lieu
avec préméditation, guet-apens, ou usage d’une arme, le coupable sera
puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de
20.000 à 200.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.

74
Code pénal

Si les faits précisés à l’alinéa précédent ont eu lieu avec préméditation, de


mutilation, amputation, ou privation de l’usage d’un membre, cécité, perte
d’un œil ou d’autres infirmités permanentes, un emprisonnement de un à
huit ans sera prononcé.
Si les faits précisés à l’alinéa précédent ont eu lieu avec préméditation,
guet-apens ou usage d’une arme, l’emprisonnement sera de deux à moins
de dix ans.
Si les coups portés ou les blessures faites volontairement sans intention de
donner la mort, l’ont pourtant occasionnée, le coupable sera puni d’un
emprisonnement de dix à vingt ans.
Si les faits précisés à l’alinéa précédent ont eu lieu avec préméditation, guet-
apens ou usage d’une arme, l’emprisonnement sera de quinze à trente ans.
Art. 223 : Outre les armes à feux, sont considérées comme armes, au
sens de la présente section, tous objets et instruments perçants, tranchants
ou contondants.
Art. 224 : La préméditation consiste dans le dessein formé avant l’action,
d’attenter à la personne d’un individu déterminé ou même de celui qui sera
trouvé ou rencontré, quand même ce dessein serait dépendant de quelque
circonstance ou condition.
Art. 225 : Le guet-apens consiste à attendre plus ou moins de temps, dans
un ou divers lieux, un individu, soit pour exercer sur lui des actes de violence,
soit pour lui donner la mort.
Art. 226 : Lorsque les coups, blessures ou violences ou voies de fait spécifiés
à l’article 222 auront été commis, soit sur la personne des père et mère
légitimes, naturels ou adoptifs de l’auteur, ou autres ascendants légitimes,
soit sur la personne d’un enfant au-dessous de l’âge de treize ans accomplis,
les peines mentionnées à l’article 222 seront aggravées ainsi qu’il suit :
1) dans les cas prévus aux alinéas 1 et 2, les peines seront portées au
double ;
2) dans le cas prévu à l’alinéa 3, l’emprisonnement sera de deux à moins
de dix ans;

75
Code pénal

3) dans le cas prévu à l’alinéa 4, l’emprisonnement sera de trois à moins


de dix ans;
4) dans le cas prévu à l’alinéa 5, l’emprisonnement sera de trente ans;
5) dans le cas prévu à l’alinéa 6, l’emprisonnement sera à vie.
Art. 227 : La privation d’aliments ou de soins, susceptibles de compromettre
la santé d’un enfant au-dessous de l’âge de treize ans accomplis, est
assimilée aux violences ci-dessus précitées.
Art. 228 : Dans les cas prévus aux alinéas 3 et 4 de l’article 222 ainsi
qu’aux 2° et 3° de l’article 226, il ne pourra être fait application des
dispositions relatives aux circonstances atténuantes et au sursis.
Art. 229 : Le coupable puni d’une peine correctionnelle en vertu des
dispositions de la présente section pourra être privé, en tout ou en partie
des droits mentionnés à l’article 21.
L’interdiction de séjour pourra, en outre, être prononcée dans tous les cas.
Section II : Administration de substances nuisibles et mise en
danger de la vie d’autrui
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 230 : Celui qui aura occasionné à autrui une maladie ou une incapacité
de travail personnel en lui administrant volontairement, de quelque manière
que ce soit, des substances qui, sans être de nature à donner la mort, sont
nuisibles à la santé, sera puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans
et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs.
Si la maladie ou l’incapacité de travail a duré plus de vingt jours ou si le
délit ci-dessus spécifié a été commis envers un des ascendants, descendants
ou le conjoint, la peine d’emprisonnement sera de deux à cinq ans.
Le coupable pourra être interdit de séjour et privé, conformément aux
dispositions de l’article 25, en tout ou en partie, des droits mentionnés à
l’article 21. Le tribunal ne pourra faire application des dispositions relatives
aux circonstances atténuantes et au sursis.

76
Code pénal

Art. 230.1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). Le fait d’exposer


directement autrui à un risque immédiat de mort ou des blessures de nature
à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, par violation
manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de
prudence imposée par la loi ou le règlement, est puni d’un an à deux ans
d’emprisonnement et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Le fait d’exposer sciemment autrui à un risque de maladie du Syndrome
immunodéficience acquis (SIDA) est puni de cinq ans à moins de 10 ans
d’emprisonnement et une amende de 50.000 à 500.000 francs.
Les peines prévues à l’alinéa précédent sont portées au maximum lorsque
l’auteur appartient au corps médical ou paramédical.
Section III : Castration
Art. 231 : La castration est l’ablation ou l’amputation volontaire d’un organe
nécessaire à la génération.
Art. 232 : Toute personne coupable du crime de castration subira la peine
de l’emprisonnement à vie.
Si la mort en est résultée, la peine de mort sera prononcée.
Section III bis : Mutilations génitales féminines
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 232.1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Est qualifiée de mutilation
génitale féminine, toute atteinte à l’organe génital de la femme par ablation
totale ou partielle d’un ou plusieurs de ses éléments, par excision, infibulation,
par insensibilisation ou par tout autre moyen.
Art. 232.2 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Quiconque aura commis ou
tenté de commettre une mutilation génitale féminine sera puni d’un emprisonnement
de six mois à trois ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Si la mutilation génitale féminine faite volontairement sans intention de
donner la mort l’a pourtant occasionnée, le coupable sera puni d’un
emprisonnement de dix à vingt ans.
Le complice est puni de la même peine que l’auteur principal.

77
Code pénal

Art. 232.3 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Les peines prévues à


l’article précédent sont portées au maximum lorsque l’auteur appartient au
corps médical ou paramédical ; une interdiction d’exercer sa profession
peut être prononcée pendant une durée n’excédant pas cinq ans.

Section IV : Menaces
Art. 233 : Quiconque aura menacé par écrit anonyme ou signé, image,
symbole ou emblème, d’assassinat, d’emprisonnement ou de tout autre
attentat contre les personnes qui serait punissable d’une peine criminelle,
sera, dans le cas où la menace aurait été faite avec ordre de déposer une
somme d’argent dans un lieu déterminé, ou de remplir toute autre condition,
puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 20.000
à 200.000 francs.
Le coupable pourra, en outre, conformément aux dispositions de l’article
25, être privé, en tout ou en partie, des droits mentionnés à l’article 21.
La peine d’interdiction de séjour pourra en outre être prononcée.
Art. 234 : Si cette menace n’a été accompagnée d’aucun ordre ou condition,
la peine d’emprisonnement sera de un à trois ans et l’amende de 10.000 à
100.000 francs.
La peine d’interdiction de séjour pourra en outre être prononcée.
Art. 235 : Si la menace faite avec ordre ou sous condition a été verbale, le
coupable sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une
amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Art. 236 : Quiconque aura, par l’un des moyens prévus aux articles
précédents, menacé de voies de fait ou violences non prévues à l’article
233, si la menace a été faite avec ordre ou sous condition, sera puni d’un
emprisonnement de trois à six mois et d’une amende de 10.000 à 100.000
francs ou de l’une de ces deux peines seulement.

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Code pénal

CHAPITRE III : MEURTRES ET AUTRES CRIMES


CAPITAUX
Art. 237 : L’homicide commis volontairement est un meurtre.
Art. 238 : Le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est un
assassinat.
Art. 239 : Le meurtre des père et mère légitimes, naturels ou adoptifs, ou
de tout autre ascendant légitime, est un parricide.
Art. 240 : Le meurtre ou l’assassinat d’un nouveau-né est un infanticide.
Art. 241 : Tout attentat à la vie d’une personne par l’effet de substances
qui peuvent donner la mort plus ou moins promptement, de quelque manière
que ces substances aient été employées ou administrées, et quelles qu’en
aient été les suites, est qualifié d’empoisonnement.
Art. 242 : Tout coupable de meurtre sera puni à l’emprisonnement à vie.
Toutefois, le meurtre emportera la peine de mort :
1) s’il a été précédé, accompagné ou suivi d’un autre crime;
2) s’il a eu pour objet, soit de préparer, faciliter ou exécuter un délit, soit de
favoriser la fuite ou d’assurer l’impunité des auteurs ou complices de ce
délit.
Art. 243 : Tout coupable d’assassinat, de parricide ou d’empoisonnement,
sera puni de mort.
Toutefois, la mère, auteur principal ou complice de l’assassinat de son enfant
nouveau-né, sera punie d’une peine d’emprisonnement de dix à vingt ans,
mais sans que cette disposition puisse s’appliquer à ses co-auteurs ou
complices.
Art. 244 : Sera punie comme coupable d’assassinat, toute personne qui,
pour l’exécution d’un crime, emploiera des tortures ou commettra des actes
de barbarie.

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Code pénal

CHAPITRE IV : CRIMES ET DELITS EXCUSABLES

Art. 245 : Le meurtre ainsi que les blessures et les coups sont excusables :
1) s’ils ont été provoqués par des coups et violences graves envers les
personnes;
2) s’ils ont été commis en repoussant, pendant le jour, l’escalade ou
l’effraction des clôtures, murs ou entrée d’une maison ou d’un appartement
habité, ou de leurs dépendances.
Toutefois le parricide, le génocide et les crimes contre l’humanité ne sont
jamais excusables, (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 246 : Le meurtre commis par un époux sur l’autre, ainsi que sur le
complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit d’adultère dans la
maison conjugale, est excusable.
Art. 247 : Le crime de castration, s’il a été immédiatement provoqué par
un outrage violent à la pudeur, est excusable.

CHAPITRE V : CRIMES ET DELITS CONTRE L’ENFANT ET


LA FAMILLE
Section I : Enlèvement, recel, suppression, supposition et
substitution d’enfant, non représentation d’un enfant par la
personne chargée de sa garde
Art. 248 : Les coupables d’enlèvement, de recel ou de suppression d’enfant,
de substitution d’un enfant à un autre ou de supposition d’enfant à une
femme qui ne sera pas accouchée, seront punis d’un emprisonnement de
deux à huit ans.
La tentative sera punie comme le délit lui-même.
S’il n’est pas établi que l’enfant ait vécu, la peine d’emprisonnement sera
de deux mois à deux ans.
S’il est établi que l’enfant n’a pas vécu, la peine d’emprisonnement sera de
quinze jours à deux mois.

80
Code pénal

Art. 249 : Seront punis de la peine prévue à l’alinéa 1 de l’article précédent


ceux qui, étant chargés d’un enfant, ne le représenteront point aux personnes
qui ont le droit de le réclamer.
Art. 250 : Dans les cas prévus aux articles 248, alinéa 1 et 249, le coupable
pourra, conformément aux dispositions de l’article 25, être privé, en tout ou
en partie des droits mentionnés à l’article 21.
Section II : Défaut de déclaration de naissance ou de remise d’un
nouveau-né.
Art. 251 : Toute personne ayant assisté à un accouchement et tenue par
la loi de le déclarer, qui n’en aura pas fait la déclaration à l’autorité
compétente dans les délais légaux, sera punie d’un emprisonnement de
deux à six mois et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de
ces deux peines seulement.
Art. 252 : Toute personne qui, ayant trouvé un enfant nouveau-né, ne
l’aura pas déclaré à l’autorité compétente, sera punie des peines prévues
au précédent article.
Section III : Abandon d’un enfant ou d’un incapable
Art. 253 : Ceux qui auront exposé ou fait exposer, délaissé ou fait délaisser,
en un lieu quelconque, un enfant ou un incapable hors d’état de se protéger
lui-même en raison de son état physique ou mental seront, de ce seul fait,
condamnés à un emprisonnement de trois mois à trois ans et à une amende
de 20.000 à 200.000 francs.
S’il résulte de l’exposition ou du délaissement une maladie ou une incapacité
non permanente, la peine d’emprisonnement sera de six mois à cinq ans.
Si l’enfant ou l’incapable est demeuré mutilé ou estropié, ou s’il est resté
atteint d’une incapacité permanente, la peine d’emprisonnement sera de deux
à moins de dix ans. Lorsque l’exposition ou le délaissement aura occasionné
la mort, la peine sera celle de l’emprisonnement de dix à trente ans.
Art. 254 : Dans le cas prévu à l’alinéa 3 du précédent article, il ne pourra
être fait application des dispositions relatives aux circonstances atténuantes
et au sursis.

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Code pénal

Dans les cas prévus aux alinéas 1,2 et 3, le coupable pourra, conformément
aux dispositions de l’article 25, être privé, en tout ou en partie, des droits
mentionnés à l’article 21.
Section IV : Détournement de mineur
Art. 255. § 1 : (Loi n° 63-3 du 1erfévrier 1963). Quiconque aura, par
fraude ou violence, enlevé ou fait enlever des mineurs de moins de 18 ans,
ou les aura entraînés, détournés ou déplacés, ou les aura fait entraîner,
détourner ou déplacer des lieux où ils étaient mis par ceux à l’autorité ou à
la direction desquelles ils étaient soumis ou confiés, sera puni d’un
emprisonnement de deux à moins de dix ans.
La tentative sera punie comme le délit lui-même.
Art. 256 : Si le coupable s’est fait payer ou a eu pour but de se faire payer
une rançon par les personnes sous l’autorité ou la surveillance desquelles
le mineur était placé, la peine sera celle de l’emprisonnement à vie.
Toutefois, dans le cas prévu ci-dessus, la peine sera celle d’un
emprisonnement de dix à trente ans si le mineur est retrouvé vivant avant
qu’ait été rendu l’arrêt de condamnation.
Art. 257 : L’enlèvement emportera la peine de mort s’il a été suivi de la
mort du mineur.
Art. 258. § 1 : (Loi n° 63-3 du 1er février 1963). Celui qui, sans fraude
ni violence aura enlevé ou détourné, ou tenté d’enlever ou de détourner un
mineur de moins de 18 ans, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq
ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux
peines seulement.
Lorsqu’une mineure ainsi enlevée ou détournée aura épousé son ravisseur,
celui-ci ne pourra être poursuivi que sur la plainte des personnes qui ont
qualité pour demander l’annulation du mariage et ne pourra être condamné
qu’après que cette annulation aura été prononcée.

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Code pénal

Section V : Non représentation d’un enfant sur la garde duquel il a


été statué par décision de justice.
Art. 259 : Quand il aura été statué sur la garde d’un mineur par décision
de justice, provisoire ou définitive, le père, la mère ou toute autre personne
qui ne représentera pas ce mineur à ceux qui ont le droit de le réclamer ou
qui, même sans fraude ou violence, l’enlèvera ou le détournera ou le fera
enlever ou détourner des mains de ceux auxquels sa garde aura été confiée,
ou des lieux où ces dernières l’auront placé, sera puni d’un emprisonnement
de deux mois à deux ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs ou
de l’une de ces deux peines seulement.
Section VI : Abandon de famille ou de foyer
Art. 260 : (Loi n° 65-42 du 9 septembre 1965). Sera puni d’une peine
d’emprisonnement de un mois à un an et d’une peine d’amende de 20.000
à 200.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement:
1) le père ou la mère de famille qui abandonne, sans motif grave, pendant
plus de deux mois, la résidence familiale et se soustrait à tout ou partie des
obligations d’ordre moral ou d’ordre matériel résultant de la puissance
paternelle ou de la tutelle légale ; le délai de deux mois ne pourra être
interrompu que par un retour au foyer impliquant la volonté de reprendre
définitivement la vie familiale;
2) le mari qui, sans motif grave abandonne volontairement, pendant
plus de six mois, sa femme, la sachant enceinte;
3) le mari qui, sans motif grave abandonne volontairement sa femme
pendant plus d’un an;
4) la femme qui, sans motif grave ou hors des cas prévus par la coutume,
abandonne volontairement le domicile conjugal, pendant plus de trois mois ;
5) les père et mère, que la déchéance de la puissance paternelle soit ou
non prononcée à leur égard, qui compromettent gravement par de mauvais
traitements, par des exemples pernicieux d’ivrognerie habituelle ou
d’inconduite notoire, par un défaut de soins ou par un manque de direction
nécessaire, soit la santé, soit la sécurité, soit la moralité de leurs enfants ou
d’un ou de plusieurs de ces derniers.

83
Code pénal

En ce qui concerne les infractions prévues aux 1°,2°,3° et 4° alinéas du


présent article, la poursuite comportera initialement une interpellation,
constatée par procès-verbal, du délinquant, par un officier de police judiciaire.
Un délai de huit jours lui sera accordé pour exécuter ses obligations.
Si le délinquant est en fuite ou s’il n’a pas de résidence connue, l’interpellation
sera remplacée par l’envoi d’une lettre recommandée au dernier domicile connu.
Dans les mêmes cas, pendant le mariage, la poursuite ne sera exercée que
sur plainte de l’époux resté au foyer.
En ce qui concerne les infractions prévues aux 1°, 2°, 3° et 4° alinéas du
présent article, le désistement de l’époux resté au foyer met fin à la
poursuite. Son pardon arrête l’effet de la condamnation.
Art. 261 : Sera punie d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une
amende de 20.000 à 200.000 francs, ou de l’une de ces deux peines
seulement, toute personne qui, en méconnaissance d’une ordonnance ou
d’un jugement l’ayant condamnée à verser une pension alimentaire à son
conjoint, à ses ascendants ou à ses descendants, sera volontairement
demeurée plus de deux mois sans fournir la totalité des subsides déterminés
par le juge, ni acquitter le montant intégral de la pension.
Le défaut de paiement sera présumé volontaire sauf preuve contraire;
l’insolvabilité qui résulte de l’inconduite habituelle, de la paresse ou de
l’ivrognerie ne sera en aucun cas un motif d’excuse valable pour le débiteur.
Toute personne, condamnée pour l’un des délits prévus au présent article et à
l’article précédent, pourra, en outre, conformément aux dispositions de l’article
25, être privée, en tout ou en partie, des droits mentionnés à l’article 21.
Le tribunal compétent pour connaître des délits visés au présent article
sera celui du domicile ou de la résidence de la personne qui doit recevoir la
pension ou bénéficier des subsides.
Section VII : Infractions aux lois sur les inhumations
Art. 262 : Ceux qui auront contrevenu, d’une manière quelconque, aux
lois et règlements relatifs aux inhumations, seront punis d’un
emprisonnement de quinze jours à deux mois et d’une amende de 10. 000
à 100. 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.

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Code pénal

Art. 263 : Quiconque aura recelé ou caché le cadavre d’une personne


homicidée ou morte des suites de coups et blessures volontaires, sera puni
d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 10.000
à 100.000 francs.
Art. 264 : Sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et
d’une amende de 10.000 à 100.000 francs quiconque se sera rendu coupable
de violation de tombeaux ou de sépulture.
Les mêmes peines seront applicables à quiconque aura profané ou mutilé
un cadavre, même non inhumé.
Dans les cas prévus aux alinéas précédents, il ne pourra être fait application
des dispositions relatives aux circonstances atténuantes et au sursis.

CHAPITRE VI : ATTENTATS A LA LIBERTE INDIVIDUELLE


Section 1 : Arrestations et séquestrations arbitraires
Art. 265 : Seront punis d’un emprisonnement de un à moins de dix ans,
sans ordre des autorités constituées, et hors les cas où la loi ordonne de
saisir des prévenus, auront arrêté, détenu ou séquestré des personnes
quelconques.
Quiconque aura prêté un lieu pour exécuter la détention ou séquestration
subira la même peine.
Il ne pourra être fait application pour le présent article des dispositions
relatives aux circonstances atténuantes et au sursis.
Art. 266 : La peine sera d’un emprisonnement de dix à vingt ans dans
chacun des cas suivants :
- si l’arrestation a eu lieu en vertu d’un faux ordre de l’autorité publique;
- si elle a été exécutée avec un faux costume;
- si la victime a été arrêtée ou détenue avec menace de mort.
Art. 267 : Dans les cas prévus aux articles précédents, si les personnes
arrêtées, détenues ou séquestrées ont été soumises à des tortures
corporelles, la peine sera celle de la mort.

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Code pénal

Art. 268 : la peine sera réduite à celle d’un emprisonnement de six à cinq
ans si les coupables des délits mentionnés à l’article 265, non encore
poursuivis de fait, ont rendu la liberté à la personne arrêtée, séquestrée ou
détenue, avant le dixième jour accompli depuis celui de l’arrestation,
détention ou séquestration.
Section II : Aliénation de la liberté d’autrui
Art. 269 : Quiconque aura mis ou reçu une personne en gage, quelqu’en
soit le motif, sera puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et
d’une amende de 10.000 à 100. 000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.
La peine d’emprisonnement pourra être portée à cinq ans, si la personne
mise ou reçue en gage est âgée de moins de treize ans.
Les coupables pourront en outre, dans tous les cas être privés,
conformément aux dispositions de l’article 25, des droits mentionnés à
l’article 21.
Art. 270 : Toute personne qui aura aliéné, soit à titre gratuit, soit à titre
onéreux, la liberté de toute autre personne, sera punie de l’emprisonnement
de dix à trente ans.
Si la personne est âgée de moins de treize ans, la peine de l’emprisonnement
à vie sera encourue.
Si le coupable a aliéné la liberté de plusieurs personnes, il sera puni de la
peine de mort.
Section II bis : De l’esclavage
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Paragraphe 1. - Du crime de l’esclavage
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 270. 1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)L’ « esclavage » est
l’état ou la condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du
droit de propriété ou certains d’entre eux;
«L’esclave» est cet individu qui a ce statut ou cette condition.

86
Code pénal

La « personne de condition servile» est celle qui est placée dans le statut
ou la condition qui résulte d’une des institutions ou pratiques d’esclavage
notamment :
1) la servitude ou toute autre forme de soumission ou de dépendance
absolue à un maître;
2) toute institution ou pratique en vertu de laquelle :
a) une femme est, sans qu’elle ait le droit de refuser, promise ou donnée
en mariage moyennant une contrepartie en espèces ou en nature versée
au maître;
b) le maître d’une femme considérée comme esclave a le droit de la
céder à un tiers, à titre onéreux ou autrement;
c) le maître a le droit d’entretenir des rapports sexuels avec la femme
esclave;
3) toute institution ou pratique en vertu de laquelle un mineur de moins de
dix-huit ans est remis, soit par ses parents, soit par son tuteur, soit par son
maître ou le maître d’un ou de ses deux parents, à un tiers, contre paiement
ou non, en vue de l’exploitation de la personne ou du travail dudit mineur.
Art. 270. 2 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Le fait de réduire autrui
en esclavage ou d’inciter autrui à aliéner sa liberté ou sa dignité ou celle
d’une personne à sa charge, pour être réduit en esclavage, est puni d’une
peine d’emprisonnement de 10 à 30 ans et d’une amende de 1.000.000 à
5.000.000 de francs.
Est puni de la même peine prévue à l’alinéa précédent, le fait pour un
maître ou son complice :
1) d’entretenir des rapports sexuels avec une femme considérée esclave
ou l’épouse d’un homme considéré comme esclave;
2) de mettre à la disposition d’une autre personne une femme considérée
comme esclave en vue d’entretenir des rapports sexuels.
La complicité et la tentative des infractions prévues aux articles précédents
sont passibles de la peine prévue au présent article.

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Code pénal

Paragraphe 2. - Du délit d’esclavage


(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 270. 3 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Constitue le délit
d’esclavage :
1) toute atteinte à l’intégrité physique ou morale d’une personne en raison
de sa condition servile, tout traitement dégradant, inhumain ou humiliant
exercé contre cette personne;
2) le fait pour un maître de percevoir les fruits et les revenus résultant de
la prostitution de la femme de condition servile ou du travail de toute
personne de « condition servile»;
3) l’extorsion de fonds, le chantage exercé à l’encontre d’une personne
de « condition servile»;
4) le fait pour un maître de percevoir un tribut d’une personne en raison
du droit de propriété qu’il exerce sur cette personne;
5) l’enlèvement des enfants prétendus esclaves pour les mettre en
servitude.
Art. 270. 4 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Toute personne reconnue
coupable du délit d’esclavage sera punie d’un emprisonnement de cinq à
moins de dix ans et d’une amende de 500. 000 à 1.000. 000 de francs.
La tentative est punissable de la peine prévue à l’alinéa précédent.

Paragraphe 3. - Du régime commun


(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 270. 5 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Toute association
régulièrement déclarée depuis au moins un an à la date des faits et ayant
en vertu des statuts, comme objectif de combattre l’esclavage ou les
pratiques analogues est habilitée à exercer l’action civile en réparation des
dommages causés par les infractions à la loi pénale sur l’esclavage.

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Code pénal

Section III : Violation de domicile


Art. 271 : Tout individu qui se sera introduit, à l’aide de menaces ou de
violences, dans le domicile d’une personne, sera puni d’un emprisonnement
de trois mois à deux ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de
l’une de ces deux peines seulement.

CHAPITRE VII : HOMICIDE ET BLESSURES


INVOLONTAIRES, DELIT DE FUITE
Section 1 : Homicide et blessures involontaires
Art. 272 : Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence
ou inobservation des règlements, aura involontairement porté des coups ou
occasionné des blessures ou maladies entraînant une incapacité de travail
personnel supérieure à dix jours, sera puni d’un emprisonnement de deux
mois à un an et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs ou de l’une de
ces deux peines seulement.
Si la mort s’en est suivie, l’emprisonnement sera de trois mois à trois ans et
l’amende de 20.000 à 200.000 francs.
Art. 273 : Si un incendie involontairement provoqué entraîne la mort ou
occasionne des blessures à une ou plusieurs personnes, il sera fait application
des peines prévues à l’article précédent suivant les distinctions qui y sont
établies.
Section II : Délit de fuite
Art. 274 : Tout conducteur d’un véhicule qui, sachant que ce véhicule
vient de causer ou d’occasionner un accident, ne s’est pas arrêté et a ainsi
tenté d’échapper à la responsabilité civile ou pénale qu’il peut avoir encourue,
sera, lorsque ledit accident aura entraîné un homicide ou des blessures sur
la personne d’un ou de plusieurs individus, puni d’un emprisonnement de
un à moins de dix ans et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs.

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Code pénal

CHAPITRE VIII : ATTENTATS AUX MŒURS


Section 1 : Outrage public à la pudeur
Art. 275 : Constitue un outrage public à la pudeur tout acte matériel contraire
aux bonnes mœurs commis dans des conditions telles qu’il ait été aperçu
ou pu l’être par des tiers dont il était susceptible de blesser la pudeur.
Art. 276 : Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur
sera punie d’un emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende
de 10.000 à 100.000 francs.
Section II : Attentats à la pudeur
Art. 277 : Constitue un attentat à la pudeur tout acte impudique exercé
directement sur une personne de l’un ou de l’autre sexe.
Art. 278 : Tout attentat à la pudeur, consommé ou tenté sans violence sur
la personne d’un enfant de l’un ou l’autre sexe âgé de moins de treize ans,
sera puni d’un emprisonnement de deux à moins de dix ans et d’une amende
de 20.000 à 200.000 francs.
Art. 279 : Sera puni des peines mentionnées à l’article précédent l’attentat
à la pudeur commis par tout ascendant sur la personne d’un mineur âgé de
treize à vingt-et-un ans, non émancipé par le mariage.
Art. 280 : Quiconque aura commis un attentat, consommé ou tenté avec
violence, contre des individus de l’un ou l’autre sexe, sera puni d’un
emprisonnement de deux à moins de dix ans et d’une amende de 20.000 à
200.000 francs.
Si l’attentat a été commis sur un enfant au-dessous de l’âge de treize ans,
l’emprisonnement sera de dix à vingt ans.
Art. 281 : Dans tous les cas prévus à la présente section, les coupables
pourront être, conformément aux dispositions de l’article 25, privés de tout
ou partie des droits mentionnés à l’article 21.
L’interdiction de séjour pourra, en outre, être prononcée contre les
coupables.

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Code pénal

Section II bis : Harcèlement sexuel


(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)
Art. 281.1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003)Le fait de harceler autrui
en usant d’ordres, de menaces ou de contrainte dans le but d’obtenir des
faveurs de nature sexuelle est puni d’un emprisonnement de trois à six
mois et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs.
Si le harcèlement est le fait d’une personne abusant de l’autorité que lui
confèrent ses fonctions, l’emprisonnement sera de trois mois à un an et
l’amende de 20.000 à 20.000 francs.
Section III : Actes impudiques sur mineurs de même sexe
Art. 282 : Quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec
un individu de son sexe, mineur de vingt-et-un an, sera puni d’un emprisonnement
de six mois à trois ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs.
Section IV : Viol
Art. 283 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Tout acte de pénétration
sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par
violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.
Art. 284 : Quiconque aura commis le crime de viol sera puni d’un
emprisonnement de dix à vingt ans.
Si le crime a été commis sur la personne d’un enfant au-dessous de l’âge
de treize ans, le coupable sera puni d’un emprisonnement de quinze à
trente ans.
Section V : Attentat à la pudeur et viol aggravés
Art. 285 : Si les coupables d’attentat à la pudeur ou de viol sont ascendants
de la personne sur laquelle a été commis le délit ou le crime, s’ils sont de
ceux qui ont autorité sur elle, s’ils sont instituteurs, s’ils sont ses serviteurs,
ou serviteurs des personnes ci-dessus désignées, s’ils sont fonctionnaires
ou ministres d’un culte, ou si le coupable, quel qu’il soit, a été aidé par une
ou plusieurs personnes, la peine sera celle d’un emprisonnement de dix à
vingt ans dans le cas prévu à l’article 278, et d’un emprisonnement à vie
dans les cas prévus aux articles 280 et 284.

91
Code pénal

Section VI : Adultère
Art. 286 : L’adultère de la femme mariée est le fait par celle-ci d’avoir
des relations sexuelles avec un autre homme que son mari.
Art. 287 : L’adultère de l’homme est le fait par celui-ci d’avoir des relations
sexuelles avec une autre femme que sa ou ses épouses légitimes.
Art. 288 : L’adultère de la femme ne pourra être dénoncé que par le mari.
L’adultère du mari ne pourra être dénoncé que par la ou les épouses légitimes.
Art. 289 : Le coupable d’adultère sera puni d’un emprisonnement de quinze
jours à trois mois et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une
de ces deux peines seulement.
Le désistement de l’époux offensé met fin à la poursuite. Son pardon arrête
l’effet de la condamnation.
Section VII : Mariage contracté hors les cas prévus par la loi ou la
coutume
Art. 290 : Quiconque, étant engagé dans les liens de mariage, en aura
contracté un autre hors les cas prévus par la loi ou sa coutume, sera puni
d’un emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de 50.000 à
500.000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
L’officier public ou l’officiant qui auront sciemment prêté leur ministère à
ce mariage seront punis de la même peine.
Section VIII : Proxénétisme et excitation à la débauche
Art. 291 : Sera considéré comme proxénète et puni d’un emprisonnement
de six mois à trois ans et d’une amende de 50.000 à 5.000.000 francs, celui
ou celle :
1) qui, d’une manière quelconque, aide, assiste ou protège sciemment la
prostitution d’autrui ou le racolage en vue de la prostitution;
2) qui, sous une forme quelconque, partage les produits de la prostitution
d’autrui ou reçoit des subsides d’une personne se livrant habituellement à
la prostitution;

92
Code pénal

3) qui, sciemment, vit avec une personne se livrant habituellement à la


prostitution;
4) qui, étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes se
livrant à la prostitution, ne peut justifier de ressources correspondant à son
train de vie;
5) qui embauche, entraîne ou entretient, même avec son consentement,
une personne même majeure, en vue de la prostitution, ou la livre à la
prostitution ou à la débauche;
6) qui fait office d’intermédiaire, à un titre quelconque, entre les personnes,
se livrant à la prostitution ou à la débauche et les individus qui exploitent ou
rémunèrent la prostitution ou la débauche d’autrui;
7) qui, par menace, pression, manœuvre ou par tout autre moyen, entrave
l’action de la prévention de contrôle, d’assistance ou de rééducation,
entreprise par des organismes qualifiés en faveur de personnes se livrant à
la prostitution ou en danger de prostitution.
Art. 292 : La peine sera d’un emprisonnement de deux à cinq ans et
d’une amende de 50.000 à 5.000.000 de francs dans le cas où :
1) le délit a été commis à l’égard d’un mineur ;
2) le délit a été accompagné de menace, de contrainte, de voies de fait,
d’abus d’autorité ou de dol;
3) l’auteur du délit était porteur d’une arme apparente ou cachée;
4) l’auteur de délit est époux, père, mère ou tuteur de la victime ou
appartient à l’une des catégories énumérées à l’article 285 ;
5) l’auteur du délit est appelé à participer, de par ses fonctions, à la
lutte contre la prostitution, à la protection de la santé, ou au maintien de
l’ordre public;
6) le délit a été commis à l’égard de plusieurs personnes;
7) les victimes du délit ont été livrées ou incitées à se livrer à la prostitution
hors du territoire de la République;

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Code pénal

8) les victimes du délit ont été livrées ou incitées à se livrer à leur arrivée
ou dans un délai rapproché de leur arrivée sur le territoire de la République.
9) Le délit a été commis par plusieurs auteurs, co-auteurs ou complices.
Art. 293 : Sera puni des peines prévues à l’article précédent quiconque
aura attenté aux mœurs en excitant, favorisant ou facilitant habituellement
la débauche ou la corruption de la jeunesse de l’un ou l’autre sexe, au
dessous de l’âge de vingt-et-un an ou, même occasionnellement, des mineurs
de treize ans.
Les peines prévues aux articles 291 et 292 ainsi qu’au présent article seront
prononcées, alors que les divers actes qui sont les éléments constitutifs des
infractions auront été accomplis dans des pays différents.
Art. 294 : Sera puni des peines prévues à l’article 292 tout individu qui
détient, directement ou par personne interposée, qui gère, dirige ou fait
fonctionner un établissement de prostitution ou qui tolère habituellement la
présence d’une ou plusieurs personnes se livrant à la prostitution à l’intérieur
d’un hôtel, maison meublée, pension, débit de boisson, club, circonscription,
dancing ou lieu de spectacle ou de leurs annexes ou lieu quelconque ouvert
au public ou utilisé par le public et dont il est le détenteur, le gérant ou le
préposé. Les mêmes peines sont applicables à toute personne qui assiste
lesdits détenteurs, gérants ou préposés. En cas de nouvelle infraction dans
un délai de dix ans, les peines encourues seront portées au double.
Dans tous les cas où les faits incriminés se seront produits dans un
établissement visé à l’alinéa précédent, et dont le détenteur, le gérant ou le
préposé est condamné par application des deux articles précédents ou du
présent article, le jugement portera retrait de la licence dont le condamné
serait bénéficiaire et pourra, en outre, prononcer la fermeture définitive de
l’établissement.
Les coupables d’un des délits ou de la tentative d’un des délits mentionnés
aux articles 291, 292, 293 et au présent article pourront être, conformément
aux dispositions de l’article 25, privés de tout ou partie des droits énumérés
à l’article 21.
Dans tous les cas, les coupables pourront être mis en état d’interdiction de
séjour.

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Code pénal

Les biens mobiliers ayant servi directement ou indirectement à commettre


une infraction seront saisis et confisqués, à quelque personne qu’ils
appartiennent.
La tentative des délits visés aux articles 291, 292 et 293 et au présent
article sera punie comme les délits eux-mêmes.

CHAPITRE IX : AVORTEMENT
Art. 295 : Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres,
violences ou par tout autre moyen, aura procuré ou tenté de procurer
l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle ait
consenti ou non, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une
amende de 50.000 à 500.000 francs.
L’emprisonnement sera de 5 à moins de 10 ans s’il est établi que le coupable
s’est livré habituellement aux actes visés à l’alinéa précédent, ou si la victime
est mineure de moins de 16 ans.
Sera punie d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende
de 20.000 à 200.000 francs la femme qui se sera procuré l’avortement à
elle-même ou aura tenté de se le procurer ou qui aura consenti à faire
usage des moyens à elle indiqués ou administrés à cet effet.
Art. 296 : Les médecins, sages-femmes, chirurgiens, dentistes,
pharmaciens, ainsi que les étudiants en médecine, les étudiants ou employés
en pharmacie, herboristes, bandagistes, marchands d’instruments de
chirurgie, infirmiers, masseurs, qui auront indiqué, favorisé ou pratiqué les
moyens de procurer l’avortement, seront condamnés aux peines prévues
aux alinéas 1 et 2 de l’article précédent. La suspension pendant cinq ans
de l’exercice de leur profession sera, en outre, prononcée contre les
coupables.
Quiconque contrevient à l’interdiction d’exercer sa profession prononcée
en vertu de l’alinéa précédent sera puni d’un emprisonnement de six mois
à deux ans et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs ou de l’une de ces
deux peines seulement.
Art. 297 : Dans les cas prévus aux alinéas 1 et 2 de l’article 295 et 296, le
coupable pourra en outre être interdit de séjour.

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Code pénal

CHAPITRE X : REGLEMENTATION DU COMMERCE ET DU


PORT DES ARMES
Art. 298 (nouveau) : (Loi n° 2008-52 du 24 novembre 2008)Hors les
cas prévus ou autorisés par les règlements ou ceux qui résultent d’un usage
coutumier, le port de poignards, stylets, baïonnettes, cannes à épée, cannes
plombées, casse-têtes et de toutes armes offensives sécrètes ou cachées
autres que les armes à feu, est interdit sur le territoire de la République.
Tout individu qui sera trouvé porteur desdites armes sera puni d’un
emprisonnement de trois (3) mois à cinq (5) ans et d’une amende de vingt
mille (20.000) à deux cent mille (200.000) francs.
En outre la confiscation des armes objet de l’infraction sera ordonnée.
Il pourra toutefois être fait application des dispositions relatives aux
circonstances atténuantes et au sursis.
Art. 299 (nouveau) : (Loi n° 2008-52 du 24 novembre
2008)L’importation, la vente, le transport, la possession et le port des armes
à feu ou à air comprimé, des balles, des cartouches et des poudres
quelconques, ainsi que de tout explosif, sont interdits sur l’étendue du
territoire de la République.
Tout individu qui aura importé, vendu, cédé, transporté, détenu ou qui sera
trouvé en possession, sur le territoire de la République, des armes, explosifs,
ou munitions ci-dessus énumérés, sera puni d’un emprisonnement de six
(6) mois à moins de dix (10) ans et d’une amende de vingt mille (20 000) à
deux cent mille (200 000) francs.
En outre la confiscation des armes, explosifs, et munitions, objets de
l’infraction, sera ordonnée.
La tentative d’importation, de vente ou de cession est punie comme
l’importation, la vente ou la cession.
Il pourra toutefois être fait application des dispositions relatives aux
circonstances atténuantes et au sursis.
Art. 300 : Sauf autorisation de l’autorité publique, la fabrication des
explosifs, des armes à feu perfectionnées et des armes à feu dites armes
de traite, ainsi que celles des pièces détachées desdites armes et des

96
Code pénal

munitions, est interdite sur l’étendue du territoire de la République. Les


coupables seront punis des peines prévues à l’article précédent et la
confiscation des explosifs, des armes, pièces et munitions, objet de
l’infraction ordonnée.

CHAPITRE XI : IVRESSE PUBLIQUE ET POLICE DES


DEBITS DE BOISSONS
Section 1 : Ivresse publique
Art. 301 : Toute personne qui sera trouvée en état d’ivresse manifeste
dans les rues, chemins, places, cafés, cabarets, ou autres lieux publics,
sera immédiatement arrêtée et déférée devant le procureur de la République
pour être traduite devant le tribunal correctionnel suivant la procédure de
flagrant délit.
Elle sera punie d’un emprisonnement de dix jours à deux mois et d’une
amende de 5.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
En cas de récidive, le coupable pourra, conformément aux dispositions de
l’article 25, être privé de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21.
Section II : Police des débits de boissons
Art. 302 §§ 1 et 2 : (Loi n° 63-3 du 1erfévrier 1963). Seront punis d’un
emprisonnement de dix jours à six mois et d’une amende de 20.000 à 200.000
francs, ou de l’une de ces deux peines seulement, les cafetiers, cabaretiers,
et autres débitants qui auront donné à boire à des personnes manifestement
ivres ou qui les auront reçues dans leur établissement, ou auront servi des
spiritueux et des boissons alcoolisées à des mineurs âgés de moins de 18 ans.
Toutefois, dans le cas où le débitant sera prévenu d’avoir servi des spiritueux
ou des boissons alcooliques à un mineur de moins de 18 ans, il pourra
prouver qu’il a été induit en erreur sur l’âge du mineur. S’il fait cette preuve,
aucune peine ne lui sera applicable de ce chef.
Art. 303 : Quiconque vendra au détail à crédit, soit au verre, soit en
bouteille, des spiritueux et boissons alcooliques à consommer sur place ou
à emporter, sera puni d’un emprisonnement de dix jours à deux mois et

97
Code pénal

d’une amende de 20.000 à 200.000 francs ou de l’une de ces deux peines


seulement.
Art. 304 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). Sera punie des peines
prévues à l’article précédent toute personne qui emploiera dans les débits
de boissons à consommer sur place des mineurs de moins de 18 ans.
Art. 305 : Dans les cas prévus aux articles 302 et 304, la fermeture de
l’établissement pourra être ordonnée par le tribunal pendant cinq jours au
moins et trente jours au plus.

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Code pénal

TITRE IV : CRIMES ET DELITS CONTRE LA PROPRIETE


CHAPITRE PREMIER : VOL
Section I. Vol simple
Art. 306 : Quiconque a soustrait frauduleusement une chose qui ne lui
appartient pas est coupable de vol.
Art. 307 : Le vol simple sera puni d’un emprisonnement de un à trois ans
et d’une amende de 5.000 à 100.000 francs.
Section II. Vol qualifié
Art. 308 : Sera puni d’un emprisonnement de deux à sept ans et d’une
amende de 10.000 à 150.000 francs le vol commis :
- par le salarié chez son employeur ;
- ou par des aubergistes, hôteliers, transporteurs, bateliers, ou leurs
préposés, au préjudice de leurs clients.
Art. 309 : Sera puni d’un emprisonnement de deux à sept ans et d’une
amende de 10.000 à 150.000 francs le vol commis avec une des
circonstances suivantes :
1) la nuit ;
2) en réunion de deux ou plusieurs personnes ;
3) avec port d’armes;
4) dans une habitation ou ses dépendances, ou dans des parcs ou enclos,
dans des véhicules de transports publics;
5) par effraction, escalade ou usage de fausses clés, dans une habitation
ou ses dépendances, ou prise de faux titres publics, ou usage de faux
costumes ou allégation de faux ordres de l’autorité;
6) avec utilisation d’un véhicule motorisé, d’un chameau ou d’un cheval.
Si le vol ci-dessus précisé a été commis avec violences et si les violences
ont laissé des traces de blessures ou de contusions, la peine
d’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans.

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Code pénal

Art. 310 : Lorsque le vol aura été commis avec deux des circonstances
mentionnées à l’article 309, l’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans.
Si des violences ayant laissé des traces de blessures ou de contusions ont
été exercées, l’emprisonnement sera de dix à vingt ans.
Lorsque le vol aura été précédé ou suivi de viol la peine de mort sera
encourue (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Dans le cas prévu à l’alinéa précédent, les dispositions relatives aux
circonstances atténuantes ne seront pas applicables (Loi n° 2003-25 du
13 juin 2003).
Art. 311 : Lorsque le vol aura été commis avec trois des circonstances
mentionnées à l’article 309, l’emprisonnement sera de dix à vingt ans.
Si des violences ayant laissé des traces de blessures ou de contusions ont
été exercées, l’emprisonnement sera de quinze à trente ans.
Art. 312 : Lorsque le vol aura été commis avec quatre ou plus de
circonstances mentionnées à l’article 309, l’emprisonnement à vie sera
prononcé.
Si des violences ayant laissé des traces de blessures ou de contusions ont
été exercées, la peine de mort sera encourue.
Art. 313 : La tentative de vol sera punie comme le vol lui-même.
Art. 314 : Sont réputés habitation et dépendances, tout bâtiment, logement,
loge, cabane, même mobile, case, paillote, tente, qui, sans être actuellement
habitée, est destinée à l’habitation, et tout ce qui en dépend comme cours,
basses-cours, granges, écuries, édifices qui y sont enfermés, quel qu’en
soit l’usage et quand même ils auraient une clôture particulière dans la
clôture ou enceinte générale.
Art. 315 : Est réputé parc ou enclos, tout terrain environné de fossés, de
pieux, de claies, de planches, de haies vives ou sèches, ou de murs de
quelque espèce de matériaux que ce soit, quelles que soient la hauteur, la
profondeur, la vétusté, la dégradation de ces diverses clôtures, quand bien
même il n’y aurait pas de porte fermée à clé ou autrement ou quand la
porte serait à claire voie et ouverte habituellement.

100
Code pénal

Art. 316 : Les parcs mobiles destinés à contenir du bétail dans la campagne
de quelque manière qu’ils soient faits, sont aussi réputés enclos; même
lorsqu’ils tiennent aux cabanes mobiles ou autres abris destinés aux gardiens,
ils sont réputés dépendants d’une habitation.
Art. 317 : Est qualifié d’effraction, tout forcement, rupture, dégradation,
démolition, enlèvement de murs, toits, planchers, portes, fenêtres, serrures,
cadenas ou autres ustensiles ou instruments servant à fermer ou à empêcher
de passage, et de toute espèce de clôture qu’elle soit.
Les effractions sont extérieures ou intérieures.
Les effractions extérieures sont celles à l’aide desquelles on peut
s’introduire dans les maisons, cours, basses-cours, enclos ou dépendances,
ou dans les appartements ou logements particuliers.
Les effractions intérieures sont celles qui, après l’introduction dans les
lieux mentionnés à l’alinéa ci-dessus, sont faites aux portes ou clôtures du
dedans ainsi qu’aux armoires ou autres meubles fermés.
Est compris dans la classe des effractions intérieures le simple enlèvement
des caisses, boites, ballots sous toile et corde, et autres meubles fermés qui
contiennent des effets quelconques, bien que l’effraction n’ait pas été faite
sur le lieu.
Art. 318 : Est qualifié escalade, toute entrée dans les maisons, bâtiments,
cours, basses-cours, édifices quelconques, jardins, parcs ou enclos, exécutée
par dessus les murs, portes, toitures, ou toute autre clôture.
L’entrée par une couverture souterraine autre que celle qui a été établie
pour servir d’entrée est une circonstance de même gravité que l’escalade.
Art. 319 : Sont qualifiés fausses clés, tous crochets, rossignols, passe-
partout, clés imitées, contrefaites, altérées ou qui n’ont pas été destinées
par les propriétaires, locataires, aubergistes ou logeurs aux serrures, cadenas
ou aux fermetures quelconques auxquelles le coupable les aurait employées.
Quiconque aura contrefait ou altéré des clés sera condamné à un emprisonnement
de trois mois à deux ans et à une amende de 10.000 à 100.000 francs. Si le
coupable est serrurier de profession, il sera puni d’un emprisonnement de deux à
cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.

101
Code pénal

Art. 320 : Sont considérées comme armes, au sens de l’article 309, celles
définies à l’article 223.
Section III : Vol de bétail
Art. 321 : Quiconque aura volé ou tenté de voler du bétail, sera puni d’un
emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 10.000 à 100.000
francs (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 322 et 323 : (Abrogés par la loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 324 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Lorsqu’un vol aura été
commis par plusieurs personnes, les causes d’aggravation retenues à l’égard
d’un des auteurs seront communes à tous les coauteurs et complices.
Lorsque le vol aura été précédé ou suivi de viol, d’enlèvement de femmes,
d’enfants ou de toute autre personne ou d’usage d’arme à feu la peine de
mort sera encourue.
Art. 325 : Les dispositions relatives aux circonstances atténuantes et au
sursis sont applicables au prévenu ou à l’accusé lorsqu’il aura restitué
l’animal volé ou indemnisé effectivement la victime (Loi n° 2003-25 du
13 juin 2003).
Art. 326 à 331 : (Abrogés par la loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Section IV : Dispositions communes au présent chapitre
Art. 332 : Dans tous les cas prévus au présent chapitre, les coupables
pourront être, conformément aux dispositions de l’article 25, privés en tout
ou en partie des droits mentionnés à l’article 21.
Le tribunal pourra en toutes circonstances, prononcer l’interdiction de séjour.

CHAPITRE II : ESCROQUERIE
Art. 333 : Quiconque, par des manœuvres frauduleuses quelconques, se
sera fait remettre ou délivrer, ou aura tenté de se faire remettre ou délivrer,
des fonds, des meubles ou des obligations, dispositions, billets, promesses,
quittances ou décharges, et aura ainsi escroqué ou tenté d’escroquer tout
ou partie de la fortune d’autrui, sera puni d’un emprisonnement de un à
cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.

102
Code pénal

Sont considérés comme manœuvres frauduleuses :


1) le simple usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité;
2) les marchandises, artifices, mises en scène, l’intervention d’un tiers;
3) les mensonges, même verbaux, lorsqu’ils constituent des tromperies
difficiles à vérifier et de nature à abuser une personne normalement prudente
ou même lorsqu’ils émanent de personnes qui, en raison de leurs fonctions
ou de leur position sociale, inspirent le respect, la confiance ou la crainte.
Art. 334 : Les peines prévues au précédent article seront applicables à
quiconque aura, dans le cas de mariage devant être célébré selon la coutume,
donné ou promis en mariage une fille dont, selon la coutume, il ne pouvait
pas ou plus disposer et perçu ou tenté de percevoir tout ou partie de la dot
fixée par la coutume.
Art. 335 : Lorsque l’escroquerie aura été commise par une personne ayant
fait appel au public, en vue de l’émission d’actions, obligations, bons, parts
ou titres quelconques, soit d’une société, soit d’une entreprise commerciale
ou industrielle, l’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans et l’amende
de 100.000 à 5.000.000 francs.
Art. 336 : Si l’escroquerie a été commise soit en prenant le titre de
fonctionnaire ou agent de l’autorité publique, soit en portant indûment un
uniforme, costume ou insigne, soit en alléguant un faux ordre de l’autorité
publique, la peine d’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans et
l’amende de 20.000 à 200.000 francs.
Art. 337 : Dans tous les cas prévus au présent chapitre, les coupables
pourront, conformément aux dispositions de l’article 25, être privés en tout
ou en partie des droits mentionnés à l’article 21.
Le tribunal pourra, en outre, prononcer l’interdiction de séjour.

103
Code pénal

CHAPITRE III (NOUVEAU) : ABUS DE CONFIANCE ET


DELIT D’INITIE
(Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016)
Section 1 : Abus de confiance
Art. 338 : Quiconque aura frauduleusement détourné ou dissipé un meuble
corporel ou une valeur incorporelle, qui lui aura été volontairement remis à
un titre quelconque, à charge de le restituer ou d’en faire un usage déterminé,
sera puni d’une peine d’emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une
amende de 10.000 à 100.000 francs.
Si l’abus de confiance a été commis par une personne faisant appel au
public, afin d’obtenir soit pour son propre compte, soit comme directeur,
administrateur ou agent d’une société ou d’une entreprise commerciale ou
industrielle, la remise de fonds ou de valeurs, à titre de dépôt, de mandat ou
de nantissement, la peine d’emprisonnement sera de deux mois à deux ans
et l’amende de 50.000 à 5.000.000 de francs.
Si l’abus de confiance prévu et puni par l’alinéa 1 er a été commis par un
officier public ou ministériel, ou par un salarié, les peines seront d’un
emprisonnement de deux à moins de dix ans et d’une amende de 10.000 à
500.000 francs.
Art. 338.1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). Seront punis d’un
emprisonnement de deux à moins de dix ans et d’une amende de 100.000
francs à 100.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines seulement,
le gérant de la société à responsabilité limitée, les administrateurs, le
président-directeur général, le directeur général, l’administrateur général
ou l’administrateur général-adjoint des sociétés anonymes, sociétés d’Etat
et sociétés d’économie mixte qui, de mauvaise foi, font des biens ou du
crédit de la société, un usage qu’ils savaient contraire à l’intérêt de celle-
ci, à des fins personnelles, matérielles ou morales, ou pour favoriser une
autre personne morale dans laquelle ils étaient intéressés, directement ou
indirectement.
Art. 338.2 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Le délit d’initié est le fait,
pour le président d’une société, les directeurs généraux, les membres du
directoire d’une société, les personnes physiques ou morales exerçant dans

104
Code pénal

cette société les fonctions d’administrateur ou de membre du conseil de


surveillance ainsi que les représentants permanents des personnes morales
qui exercent ces fonctions, et pour les personnes disposant, à l’occasion de
l’exercice de leur profession ou de leurs fonctions, d’informations
privilégiées sur les perspectives ou la situation d’un émetteur dont les titres
sont négociés sur un marché réglementé ou sur les perspectives d’évolution
d’un instrument financier admis sur un marché réglementé, de réaliser ou
de permettre de réaliser, soit directement, soit par personne interposée,
une ou plusieurs opérations avant que le public ait connaissance de ces
informations.
Art. 338.3 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Le délit d’initié est puni
de la peine de un (1) an à trois (3) ans d’emprisonnement et d’une amende
de 25.000.000 de francs à 250.000.000 de francs. Le montant de l’amende
peut être porté au-delà de ce chiffre, jusqu’au double du montant du profit
éventuellement réalisé, sans que l’amende puisse être inférieure à ce même
profit.
Art. 338.4 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Est puni de la peine de
six (6) mois à un (1) an d’emprisonnement et d’une amende de 25.000.000
de francs à 100.000.000 de francs, le fait pour toute personne disposant
dans l’exercice de sa profession ou de ses fonctions, d’une information
privilégiée sur les perspectives ou la situation d’un émetteur dont les titres
sont négociés sur un marché réglementé ou sur les perspectives d’évolution
d’un instrument financier admis sur un marché réglementé, de la
communiquer à un tiers en dehors du cadre normal de sa profession ou de
ses fonctions.
Art. 338.5 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Est puni de la peine de
six (6) mois à un (1) an d’emprisonnement et d’une amende de 25.000.000
de francs à 100.000.000 de francs le fait pour toute personne autre que
celles visées aux articles 338.2 et 338.4 ci-dessus, possédant en
connaissance de cause des informations privilégiées sur la situation ou les
perspectives d’un émetteur dont les titres sont négociés sur un marché
réglementé ou sur les perspectives d’évolution d’un instrument financier
admis sur un marché réglementé, de réaliser ou de permettre de réaliser,
directement ou indirectement, une opération ou de communiquer à un tiers
ces informations, avant que le public en ait connaissance.

105
Code pénal

Le montant de l’amende peut être porté au-delà de ce chiffre, jusqu’au


double du montant du profit réalisé, sans que l’amende puisse être inférieure
à ce même profit.
Art. 338.6 : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Les dispositions relatives
au sursis et aux circonstances atténuantes ne sont pas applicables dans
tous les cas prévus à la présente section.
Section II : Abus des besoins d’un mineur
Art. 339 : Quiconque aura abusé des besoins d’un mineur, des faiblesses
ou des passions d’un mineur pour lui faire souscrire, à son préjudice, des
obligations, quittances ou décharges, pour prêt d’argent ou de choses
mobilières, ou d’effets de commerce, ou de tous autres effets obligatoires,
sous quelque forme que cette négociation ait été faite ou déguisée, sera
puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de
50.000 à 500.000 francs.
Section III : Abus de blanc-seing
Art. 340 : Quiconque, abusant d’un blanc-seing qui lui aura été confié,
aura frauduleusement écrit au-dessus une obligation ou décharge, ou tout
autre acte pouvant compromettre la personne ou la fortune du signataire,
sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 20.000
à 200.000 francs.
Section IV. Dispositions communes
Art. 341 : Dans tous les cas prévus au présent chapitre, le coupable,
conformément aux dispositions de l’article 25, pourra être privé en tout ou
en partie des droits mentionnés à l’article 21 ; il pourra, en outre être frappé
de l’interdiction de séjour.

CHAPITRE IV : IMMUNITE LEGALE


Art. 342 : Ne pourront donner lieu qu’à des réparations civiles, les délits
portant directement atteinte à la propriété commis :
1) par des maris au préjudice de leurs femmes, par des femmes au
préjudice de leur mari, par un veuf ou une veuve quant aux choses qui
avaient appartenu à l’époux décédé;

106
Code pénal

2) par des enfants ou autres descendants au préjudice de leurs pères


ou mères ou autres ascendants, par des pères, mères ou autres ascendants
au préjudice de leurs enfants ou autres descendants.
A l’égard de tous autres individus qui auraient recelé ou appliqué à leur
profit tout ou partie des objets provenant du délit, ils seront punis comme
coupables de recel, conformément à l’article 354.

CHAPITRE V : EXTORSION DE FONDS ET FILOUTERIES


Section 1 : Extorsion de titres ou de signature par violence
Art. 343 : Quiconque aura extorqué ou tenté d’extorquer par force, violence
ou contrainte, la signature ou la remise d’un écrit, d’un acte, d’un titre,
d’une pièce quelconque contenant ou opérant obligation, disposition ou
décharge, sera puni d’un emprisonnement de deux à moins de dix ans et
d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Il ne pourra en aucun cas être fait application des dispositions relatives aux
circonstances atténuantes et au sursis.
Section II : Chantage
Art. 344 : Quiconque, à l’aide de la menace, écrite ou verbale, de révélations
ou d’imputations diffamatoires, aura extorqué ou tenté d’extorquer, soit la remise
de fonds ou valeurs, soit la signature ou la remise des écrits énumérés à l’article
précédent, et se sera rendu ainsi coupable de chantage, sera puni d’un
emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Section III : Détournement et destruction d’objets saisis ou donnés
en gage
Art. 345 : Le saisi qui aura détruit, détourné ou tenté de détruire ou tenté
de détourner des objets saisis sur lui et confiés à sa garde, sera puni d’un
emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 20.000 à
500.000 francs.
L’emprisonnement sera de un à cinq ans si la garde des objets saisis, et
qu’il aura détruits ou détournés, ou tenté de détruire ou de détourner, avait
été confiée à un tiers.

107
Code pénal

Art. 346 : Les peines d’emprisonnement de deux mois à cinq ans et


d’amende de 10.000 à 500.000 francs seront applicables à tout débiteur,
emprunteur ou tiers donneur de gage qui aura détruit, détourné ou tenté de
détruire ou de détourner des objets par lui donnés à titre de gage.
Art. 347 : Celui qui aura recelé sciemment les objets détournés, le conjoint,
les ascendants et descendants du saisi, du débiteur, de l’emprunteur ou
tiers donneur de gage qui l’auront aidé dans la destruction, le détournement,
ou dans la tentative de destruction ou de détournement de ces objets, seront
punis d’une peine égale à celle qu’il aura encourue.
Section IV : Larcins et filouteries
Art. 348 : Quiconque, sachant qu’il est dans l’impossibilité absolue de
payer, aura consommé des boissons ou aliments ou aura occupé une ou
plusieurs chambres, dans les établissements à ce destinés, sera puni d’un
emprisonnement de six jours à six mois et d’une amende de 5.000 à 100.000
francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Sera puni des mêmes peines celui qui, sachant qu’il est dans l’impossibilité
absolue de payer, aura utilisé un moyen de transport public.
Section V : Émission de chèques sans provision
Art. 349 : Sera puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une
amende de 10.000 à 200.000 francs :
1) celui qui, de mauvaise foi, aura, soit émis un chèque sans provision
préalable disponible ou avec une provision inférieure au montant du chèque,
soit retiré, après l’émission, tout ou partie de la provision, soit fait défense
au tiré de payer;
2) celui qui, en connaissance de cause, a accepté de recevoir un chèque
émis dans les conditions visées à l’alinéa précédent.
Art. 350 : Sera puni des peines prévues à l’article 355 :
1) celui qui a contrefait ou falsifié un chèque;
2) celui qui, en connaissance de cause, a accepté de recevoir un chèque
contrefait ou falsifié.

108
Code pénal

Art. 351 : Dans les cas prévus aux articles 349 et 350, lorsqu’il y aura
récidive, le coupable sera obligatoirement frappé de l’interdiction de tirer
des chèques pendant une durée de trois à cinq ans, qui sera déterminée par
le tribunal, sur tout établissement bancaire ou assimilé et sur l’administration
des postes et télécommunications.
Les infractions prévues à la présente section seront considérées comme
étant, au point de vue de la récidive, un même délit.
Art. 352 : A l’occasion des poursuites pénales exercées contre le tireur, le
bénéficiaire qui s’est constitué partie civile est recevable à demander, devant
les tribunaux répressifs, une somme égale au montant du chèque, sans préjudice
le cas échéant de tous dommage-intérêts. Il pourra néanmoins, s’il le préfère,
agir en paiement de sa créance devant la juridiction ordinaire.
Section VI : Dispositions communes
Art. 353 : Dans tous les cas prévus au présent chapitre, le coupable pourra
être privé, conformément aux dispositions de l’article 25, de tout ou partie
des droits mentionnés à l’article 21 ; l’interdiction de séjour pourra, en
outre, être prononcée.

CHAPITRE VI : RECEL
Art. 354 : Le recel est le fait de détenir sciemment, à un titre quelconque,
des choses obtenues à l’aide d’un crime ou d’un délit.
Le receleur sera puni d’un emprisonnement de un à moins de dix ans et
d’une amende de 20.000 à 200.000 francs.
Les dispositions relatives aux circonstances atténuantes et au sursis ne
seront applicables aux receleurs d’un animal volé que dans les conditions
prévues à l’article 325 ci-dessus(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 355 : Dans le cas où une peine afflictive et infamante est applicable
au fait qui a procuré les choses recelées, le receleur sera puni de la peine
attachée par la loi au crime et aux circonstances du crime dont il aura eu
connaissance au temps du recel.
Néanmoins, la peine de mort sera remplacée à l’égard des receleurs par
celle de l’emprisonnement à vie.

109
Code pénal

CHAPITRE VII : MAISONS DE JEUX, JEUX DE HASARD,


LOTERIES, MAISONS DE PRETS SUR GAGES ET DELIT
D’USURE

Section 1 : Maisons de jeux


Art. 356 : Ceux qui, sans autorisation de l’autorité publique, auront tenu
une maison de jeux de hasard, et y auront admis le public, soit librement,
soit sur présentation des intéressés ou affiliés, les préposés et agents de
cette maison, seront punis d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une
amende de 50.000 à 5.000.000 de francs.
Les joueurs seront punis d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et
d’une amende de 5.000 à 100.000 francs.
Art. 357 : Des visites, perquisitions et saisies, pourront être opérés à toute
heure du jour ou de la nuit en vue d’y constater les infractions prévues à
l’article précédent, à l’intérieur de tout hôtel, maison meublée, pension,
débit de boisson, club, cercle et leurs annexes et tout autre lieu ouvert au
public ou utilisé par le public, lorsqu’il sera constaté que des personnes
s’adonnant aux jeux de hasard y sont reçues habituellement.

Section II : Jeux de hasard sur la voie publique ou dans un lieu


public
Art. 358 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). Ceux qui, sur la voie
publique ou dans un lieu public, auront établi ou tenu des jeux de hasard
comportant des gains ou des pertes de fonds ou d’effets, seront punis d’un
emprisonnement de dix jours à deux mois et d’une amende de 20.000 à
200.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Les joueurs seront punis des mêmes peines.
Art. 359 : Les personnes qui auront contrevenu aux dispositions de l’article
précédent seront immédiatement arrêtées et déférées devant le procureur
de la République pour être traduites devant le tribunal correctionnel suivant
la procédure de flagrant délit.

110
Code pénal

Section III : Loteries


Art. 360 : Ceux qui, sans autorisation de l’autorité publique2, auront établis
ou tenus des loteries ou tombolas, seront punis d’un emprisonnement de six
mois à deux ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs ou de l’une
de ces deux peines seulement.
Section IV : Maisons de prêts sur gages
Art. 361 : Seront punis d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une
amende de 20.000 à 200.000 francs ceux qui auront établi ou tenu une
maison de prêts sur gages ou nantissement, sans autorisation légale, ou qui,
ayant une autorisation, n’auront pas tenu un registre conforme aux
règlements contenant de suite, sans aucun blanc ni interligne, les sommes
ou les objets prêtés, les noms, domicile et profession des emprunteurs, la
nature, la qualité et la valeur des objets mis en nantissement.
Section V : Dispositions communes
Art. 362 : Dans tous les cas prévus aux sections I, II, III et IV du présent
chapitre, les coupables pourront, conformément aux dispositions de l’article
25, être privés de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 21 ; ils
pourront en outre être frappés de l’interdiction de séjour.
Art. 363 : Dans les cas prévus aux sections I, II et III du présent chapitre,
seront confisqués tous les fonds ou effets qui auront été trouvés exposés
au jeu ou mis en loterie, les meubles, instruments, ustensiles, appareils
employés ou destinés au service des jeux ou des loteries, les meubles et les
effets mobiliers dont les lieux seront garnis ou décorés.
Section VI : Délit d’usure
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003).
Art. 364.1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). Constitue un prêt usuraire,
tout prêt ou toute convention dissimulant un prêt d’argent consenti, en toute
matière, à un taux effectif global excédant à la date de sa stipulation, le
taux de l’usure.

2
Voir également le décret n° 64-79/MI du 1er avril 1964, règlementant les conditions
d’application des dérogations prévues à l’article 360 du Code pénal portant prohibition
des loteries (JO n° 7 du 1er avril 1964).

111
Code pénal

Le taux de l’usure est déterminé par le Conseil des ministres de l’Union


Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Il est publié au
Journal Officiel ou dans un journal d’annonces légales à l’initiative du
ministre chargé des finances.
Art. 364.2 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Sera puni d’un
emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 100.000 à
5.000.000 de francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement,
quiconque aura consenti à autrui un prêt usuraire ou apporté sciemment, à
quelque titre et de quelque manière que ce soit, directement ou indirectement
son concours à l’obtention ou à l’octroi d’un prêt usuraire.
En cas de récidive, le maximum de la peine sera porté à cinq ans
d’emprisonnement et 15.000.000 de francs CFA d’amende.
Art. 364.3 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Outre les peines fixées
par le précédent article, le tribunal peut ordonner :
1) la publication de sa décision aux frais du condamné dans les journaux
qu’il désigne ainsi que toute forme qu’il appréciera ;
2) la fermeture provisoire ou définitive de l’entreprise qui s’est livrée ou
dont les dirigeants se sont livrés à des opérations usuraires, assortie de la
nomination d’un administrateur ou d’un liquidateur.
En cas de fermeture provisoire, le délinquant ou l’entreprise doit continuer
à payer à son personnel, les salaires et indemnités de toutes natures auxquels
celui-ci a droit. Cette durée ne peut excéder trois mois.
En cas de récidive, la fermeture définitive sera ordonnée.
Art. 364.4 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Sont passibles des peines
prévues à l’article 364.3 et éventuellement des mesures fixées à l’article
364.3, ceux qui, chargés à un titre quelconque de la direction ou de
l’administration d’une entreprise, société, association, coopérative, ou autre
personne morale laissent sciemment toute personne soumise à leur autorité
ou leur contrôle contrevenir aux dispositions de la présente section.
Art. 364.5 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) La prescription du délit
d’usure court à compter du jour de la dernière perception soit de l’intérêt,
soit du capital, ou de la dernière remise de choses se rattachant à l’opération
usuraire.

112
Code pénal

CHAPITRE VIII : BANQUEROUTE


Art. 365 : Ceux qui sont déclarés coupables de banqueroute seront punis :
- les banqueroutiers simples, d’un emprisonnement de un mois à deux ans;
- les banqueroutiers frauduleux, d’un emprisonnement de un à cinq ans.
En outre, les banqueroutiers frauduleux pourront être privés, conformément
aux dispositions de l’article 25, en tout ou en partie, des droits mentionnés
à l’article 21.
Art. 366 : Les complices de banqueroute, simple ou frauduleuse, encourent
les peines prévues à l’article précédent, même s’ils n’ont pas la qualité de
commerçant.

CHAPITRE IX : VIOLATION DES REGLEMENTS RELATIFS


AU COMMERCE
Section 1 : Entraves à la liberté des enchères.
Art. 367 : Ceux qui, dans les adjudications publiques, auront entravé ou
troublé, tenté d’entraver ou troubler la liberté des enchères ou des
soumissions, par voies de fait, violences ou menaces, soit avant soit pendant
les enchères ou soumissions, seront punis d’un emprisonnement de quinze
jours à trois mois et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs, ou de l’une
de ces deux peines seulement.
Les mêmes peines seront encourues par ceux qui, par dons, promesses ou
ententes frauduleuses, auront écarté ou tenté d’écarter les enchérisseurs,
limité ou tenté de limiter les enchères ou soumissions, ainsi que par ceux
qui auront reçu ces dons ou accepté ces promesses.
Seront punis des mêmes peines tous ceux qui, après une adjudication
publique, procéderont ou participeront à une remise aux enchères sans le
concours d’un officier ministériel compétent.
Section II : Entraves à la liberté du travail
Art. 368 : Sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à trois ans et
d’une amende de 10.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement, quiconque, à l’aide de violences, voies de fait, menaces ou

113
Code pénal

manœuvres frauduleuses, aura amené ou maintenu, tenté d’amener ou de


maintenir une cessation concertée du travail.
L’interdiction de séjour pourra, en outre, être prononcée contre le ou les
coupables.
Section III : Révélation de secrets de fabrique
Art. 369 : Tout directeur, agent salarié d’une fabrique, qui aura communiqué ou
tenté de communiquer à des étrangers ou à des nigériens résidant en pays étranger,
des secrets de la fabrique où il est employé, sera puni d’un emprisonnement de
deux à cinq ans et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs.
Le coupable en outre, pourra être privé, conformément aux dispositions de
l’article 25, en tout ou en partie des droits mentionnés à l’article 21.
Si ces secrets ont été communiqués à des Nigériens résidant au Niger, la
peine sera d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende
de 20.000 à 200.000 francs.
Section IV : Actions illicites sur le marché
Art. 370 : Tous ceux :
1) qui, par des faits faux ou calomnieux semés sciemment dans le public,
par des offres jetées sur le marché à dessein de troubler les cours, par des
suroffres faites au prix que demandaient les vendeurs eux-mêmes, par des
voies ou moyens frauduleux quelconques.
2) ou qui, en exerçant ou tentant d’exercer, soit individuellement, soit par
réunion ou coalition, une action sur le marché, dans le but de se procurer un
gain qui ne serait pas le résultat du jeu naturel de l’offre et de la demande.
Auront, directement ou par personne interposée, opéré ou tenté d’opérer
la hausse ou la baisse artificielle du prix des denrées ou marchandises, ou
des effets publics ou privés, seront punis d’un emprisonnement de deux
mois à deux ans et d’une amende de 100.000 à 1.000.000 de francs ou de
l’une de ces deux peines seulement.
Le tribunal pourra, en outre, prononcer contre les coupables la peine de
l’interdiction de séjour.

114
Code pénal

Art. 371 : Dans le cas prévu à l’article précédent, le tribunal ordonnera


que le jugement de condamnation soit publié intégralement ou par extraits
dans les journaux qu’il désignera et affiché dans les lieux qu’il indiquera.
Le tribunal fixera le temps pendant lequel cet affichage devra être maintenu
sans que la durée en puisse excéder quinze jours.
Section V : Contrefaçon de brevets et d’œuvres
Art. 372 : Constitue le délit de contrefaçon, toute édition d’écrits, de
compositions musicales, de dessins, de peintures ou de toute autre production,
imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements
relatifs à la propriété des auteurs.
La contrefaçon, sur le territoire nigérien, d’ouvrages publiés au Niger ou à
l’étranger, est punie d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une
amende de 50.000 à 500.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Seront punis des mêmes peines le délit, l’exportation et l’importation des
ouvrages contrefaits.
Art. 373 : Est également un délit de contrefaçon toute reproduction,
représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre
de l’esprit, en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et
réglementés par la loi.
Art. 374 : Toute atteinte au droit du bénéficiaire d’un brevet d’invention,
soit par la fabrication de produits, soit par l’emploi de moyens faisant l’objet
de son brevet, constitue le délit de contrefaçon et sera punie des peines
prévues à l’article 372.
Art. 375 : La peine d’emprisonnement sera de trois mois à deux ans, s’il
est établi que le coupable s’est livré, habituellement, aux actes visés aux
trois articles précédents.
En cas de récidive, après condamnation prononcée en vertu de l’alinéa
précédent, la fermeture temporaire ou définitive des établissements exploités
par le contrefacteur d’habitude, ou ses complices, pourra être prononcée.
Lorsque cette mesure de fermeture aura été prononcée, le personnel devra
recevoir une indemnité égale à son salaire, augmentée de tous les avantages
en nature, pendant la durée de la fermeture et au plus pendant six mois.

115
Code pénal

Si les conventions collectives ou particulières prévoient, après licenciement,


une indemnité supérieure, c’est celle-ci qui sera due.
Toute infraction aux dispositions des deux alinéas précédents sera punie d’un
emprisonnement de un à six mois et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs.
Art. 376 : Dans tous les cas prévus par les articles 372, 373, 374 et 375,
les coupables seront, en outre, condamnés à la confiscation de sommes
égales au montant des parts de recettes produites par la reproduction, la
représentation et la diffusion illicite ainsi qu’à la confiscation de tout matériel
spécialement installé en vue de la reproduction illicite et de tous les
exemplaires et objets contrefaits.
Le tribunal pourra ordonner, à la requête de la partie civile, la publication
des jugements de condamnation, intégralement ou par extraits, dans les
journaux qu’il désignera et l’affichage desdits jugements dans les lieux
qu’il indiquera.
Le matériel ou les exemplaires contrefaits, ainsi que les recettes ou parts
de recettes ayant donné lieu à confiscation seront remis à la partie lésée ou
à ses ayants-droit pour les indemniser d’autant du préjudice qu’ils auront
souffert; le surplus de leur indemnité ou l’entière indemnité s’il n’y a eu
aucune confiscation de matériel, d’objets contrefaits ou de recettes, sera
réglé par les voies ordinaires.
Art. 377 : Dans tous les cas prévus au présent chapitre, le ministère public
ne pourra agir que sur la plainte de la partie lésée.

TITRE IV (BIS) : DES INFRACTIONS RELATIVES AU DROIT


OHADA (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)
Art. 377.1 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’une peine
d’emprisonnement de deux (2)à moins de dix (10) ans et d’une amende de
cent mille (100 000) à un million (1 000 000) de francs :
- quiconque promet, offre ou accorde, directement ou indirectement, un
avantage indu à toute personne qui dirige une entité du secteur privé ou
travaille pour une telle entité, en quelque qualité que ce soit, pour lui-même
ou pour une autre personne, afin que, en violation de ses devoirs, elle
accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte ;

116
Code pénal

- tout dirigeant ou travailleur d’une entité du secteur privé qui sollicite, accepte,
directement ou indirectement, un avantage indu, pour lui-même ou pour une
autre personne, afin d’accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte en
violationde ses devoirs.
Art. 377.2 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’un
emprisonnement de deux (2 ) à moins de dix (10) ans et d’uneamende de
cent mille (100 000) à cent millions (100 000 000) de francs, ou de l’une de
ces deux peines seulement, le gérant de la société à responsabilité limitée,
les administrateurs, le président directeur général, le directeur général,
l’administrateur général ou l’administrateur général adjoint qui, de mauvaise
foi, font des biens ou du crédit de la société, un usage qu’ils savaient contraire
à l’intérêt de celle-ci, à des fins personnelles, matérielles ou morales, ou
pour favoriser une autre personne morale dans laquelle ils étaient intéressés
directement ou indirectement.
Art. 377.3 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’un
emprisonnement de trois (3) à moins de dix (10) ans et d’une amende de
deux millions (2 000 000) de francs à dix millions (10 000 000) de francs, le
fait pour les fondateurs, le président-directeur général, le directeur général,
l’administrateur général ou l’administrateur général adjoint d’une société
anonyme d’émettre des actions avant l’immatriculation ou à n’importe quelle
époque lorsque l’immatriculation est obtenue par fraude ou que la société
est irrégulièrement constituée.
Art. 377.4 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement de trois (3) à moins de dix (10) ans et d’une amende de
deux millions (2 000 000) de francs à dix millions (10 000 000) de francs :
- ceux qui, sciemment par l’établissement de la déclaration notariée de
souscription et de versement ou du certificat du dépositaire, auront affirmé
sincères et véritables des souscriptions qu’ils savaient fictives ou auront
déclaré que les fonds qui n’ont pas été mis définitivement à la disposition de
la société ont été effectivement versés ;
- ceux qui auront remis au notaire ou au dépositaire, une liste des actionnaires
ou des bulletins de souscription et de versement mentionnant des souscriptions
fictives ou des versements de fonds qui n’ont pas été mis définitivement à
la disposition de la société ;

117
Code pénal

- ceux qui, sciemment par simulation de souscription ou de versement ou


par publication de souscription ou de versement qui n’existent pas ou de
tous autres faits faux, auront obtenu ou tenté d’obtenir des souscriptions ou
des versements ;
- ceux qui, sciemment pour provoquer des souscriptions ou des versements
auront publié les noms de personnes désignées contrairement à la vérité
comme étant ou devant être attachées à la société à un titre quelconque ;
- ceux qui, frauduleusement auront fait attribuer à un apport en nature, une
évaluation supérieure à sa valeur réelle.
Art. 377.5 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende de un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, ceux qui auront
sciemment négocié :
- des actions nominatives qui ne sont pas demeurées sous la forme nominative
jusqu’à leur entière libération ;
- des actions d’apport avant l’expiration du délai pendant lequel elles ne
sont pas négociables ;
- des actions de numéraire pour lesquelles le versement du quart du nominal
n’a pas été effectué.
Art. 377.6 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement de trois (3) à moins de dix (10) ans et une amende de un
million (1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, les
dirigeants sociaux qui, en l’absence d’inventaire ou au moyen d’inventaire
frauduleux, auront sciemment opéré entre les actionnaires ou les associés
la répartition de dividendes fictifs.
Art. 377.7 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement de trois (3) ans à moins de dix (10) ans et d’une amende
de cinq millions (5 000 000) de francs à vingt millions (20 000 000) de
francs, les dirigeants sociaux qui auront sciemment, même en l’absence de
toute distribution de dividendes, publié ou présenté aux actionnaires ou
associés, en vue de dissimuler la véritable situation de l’entreprise, des états
financiers de synthèse ne donnant pas, pour chaque exercice, une image

118
Code pénal

fidèle des opérations de l’exercice, de la situation financière et de celle du


patrimoine de la société à l’expiration de cette période.
Art. 377.8 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement de deux (2) mois à un (1) an et d’une amende de cinq cent
mille (500 000) francs à cinq millions (5 000 000) de francs ou de l’une de
ces deux peines seulement, ceux qui, sciemment auront empêchéun
actionnaire ou un associé de participer à une assemblée générale.
Art. 377.9 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement d’ un (1) à moins de dix (10) ans et d’une amende de cinq
cent mille (500 000) francs à cinq millions (5 000 000) de francs, les
administrateurs, le président du conseil d’administration, le président directeur
général, le directeur général, l’administrateur général ou l’administrateur
général adjoint d’une société anonyme qui, lors d’une augmentation de
capital, auront émis des actions ou des coupures d’actions :
- avant que le certificat du dépositaire ait été établi ;
- sans que les formalités préalables à l’augmentation de capital aient été
régulièrement accomplies ;
- sans que le capital antérieurement souscrit de la société ait été intégralement
libéré ;
- sans que les nouvelles actions d’apport aient été intégralement libérées avant
l’inscription modificative au registre du commerce et du crédit mobilier ;
- sans que les nouvelles actions aient été libérées d’un quart au moins de
leur valeur nominale au moment de la souscription ;
- le cas échéant, sans que l’intégralité de la prime d’émission ait été libérée
au moment de la souscription.
Les mêmes peines sont également applicables aux personnes visées au
présent article qui n’auront pas maintenu les actions de numéraire sous
forme nominative jusqu’à leur entière libération.
Art. 377.10 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, les dirigeants
sociaux qui, lors d’une augmentation de capital :

119
Code pénal

- n’auront pas fait bénéficier les actionnaires, proportionnellement au montant


de leurs actions, d’un droit préférentiel de souscription des actions de
numéraire, lorsque ce droit n’a pas été supprimé par l’assemblée générale
et que les actionnaires n’y ont pas renoncé ;
- n’auront pas fait réserver aux actionnaires un délai de vingt (20) jours au
moins, à dater de l’ouverture de la souscription, sauf lorsque ce délai a été
clos par anticipation ;
- n’auront pas attribué les actions rendues disponibles, faute d’un nombre
suffisant de souscription à titre irréductible, aux actionnaires qui ont souscrit à
titre réductible un nombre d’actions supérieur à celui qu’ils pouvaient souscrire
à titre irréductible, proportionnellement aux droits dont ils disposent ;
- n’auront pas réservé les droits des titulaires de bons de souscription.
Sont punis d’un emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende
de un million (1 000 000) de francs à dix millions (10 000 000) de francs, les
dirigeants sociaux qui, sciemment, auront donné ou confirmé des indications
inexactes dans les rapports présentés à l’assemblée générale appelée à
décider de la suppression du droit préférentiel de souscription.
Art. 377.11 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, les
administrateurs, le président-directeur général, le directeur général,
l’administrateur général ou l’administrateur général adjoint qui, sciemment,
auront procédé à une réduction de capital :
- sans respecter l’égalité des actionnaires ;
- sans avoir communiqué le projet de réduction de capital aux commissaires
aux comptes, quarante-cinq (45) jours avant la tenue de l’assemblée générale
appelée à statuer sur la réduction de capital.
Art. 377.12 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement d’un (1) à trois (3) ans et d’une amende d’un million (1 000 000)
de francs à dix millions (10 000 000) de francs, les dirigeants sociaux qui
n’auront pas provoqué la désignation des commissaires aux comptes de la
société ou ne les auront pas convoqué aux assemblées générales.

120
Code pénal

Art. 377.13 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est punie d’un


emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, toute personne
qui, soit en son nom personnel, soit à titre d’associé d’une société de
commissaires aux comptes,aura sciemment accepté, exercé ou conservé des
fonctions de commissaires aux comptes nonobstant les incompatibilités légales.
Art. 377.14 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’un
emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à dix millions (10 000 000) de francs, tout commissaire
aux comptes qui, soit en son nom personnel, soit à titre d’associé d’une
société de commissaires aux comptes, aura sciemmentdonné ou confirmé
des informations mensongères sur la situation de la société ou qui n’aura
pas révélé au ministère public les faits délictueux dont il aura eu connaissance.
Art. 377.15 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, les dirigeants
sociaux ou toute personne au service de la société qui, sciemmentauront
fait obstacle aux vérifications ou au contrôle des commissaires aux comptes
ou quiauront refusé la communication, sur place, de toutes les pièces utiles
à l’exercice de leur mission et notamment de tous contrats, livres, documents
comptables et registres de procès-verbaux.
Art. 377.16 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement de six (6) moisà deux (2) ans et d’une amende de cinq
cent mille (500 000) francs à cinq millions (5 000 000) de francs ou l’une de
ces deux peines seulement, les dirigeants sociaux qui, sciemment, lorsque
les capitaux propres de la société deviennent inférieurs à la moitié du capital
social du fait des pertes constatées dans les états financiers de synthèse :
- n’auront pas fait convoquer dans les quatre (4) mois qui suivent l’approbation
des états financiers de synthèse ayant fait apparaître ces pertes, l’assemblée
générale extraordinaire à l’effet de décider, s’il y a lieu de la
dissolutionanticipée de la société ;
- n’auront pas déposé au greffe du tribunal chargé des affaires
commerciales, inscritauregistre du commerce et du crédit mobilier et publié
dans un journal habilité à recevoir les annonces légales, la dissolution
anticipée de la société.

121
Code pénal

Art. 377.17 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)Est puni d’un


emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d’une amende de deux millions
(2 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs ou de l’une de
ces deux peines seulement, le liquidateur d’une société qui, sciemment :
- n’aura pas, dans le délai d’un (1) mois à compter de sa nomination, publié
dans un journal habilité à recevoir les annonces légales du lieu du siège
social, l’acte le nommant liquidateur et déposé au registre du commerce et
du crédit mobilier, les décisions prononçant la dissolution ;
- n’aura pas convoqué les associés, en fin de liquidation, pour statuer sur le
compte définitif de la liquidation, sur le quitus de sa gestion et la décharge
de son mandat et pour constater la clôture de la liquidation ;
- n’aura pas déposé ses comptes définitifs au greffe du tribunal chargé des
affaires commerciales du lieu du siège social, ni demandé en justice
l’approbationde ceux-ci.
Art. 377.18 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)Est puni d’un
emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d’une amende de deux millions
(2 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs ou de l’une de
ces deux (02) peines seulement, lorsque la liquidation intervient sur décision
judiciaire, le liquidateur qui sciemment :
- n’aura pas, dans les six (6) mois de sa nomination, présenté un rapport sur
la situation active et passive de la société en liquidation et sur la poursuite
des opérations de liquidation, ni sollicité les autorisations nécessaires pour
les terminer ;
- n’aura pas, dans les trois (3) mois de la clôture de chaque exercice, établi
les états financiers de synthèse au vu de l’inventaire et un rapport écrit
dans lequel il rend compte des opérations de la liquidation au cours de
l’exercice écoulé ;
- n’aura pas permis aux associés d’exercer, en période de liquidation, leur
droit de communication des documents sociaux dans les mêmes conditions
qu’antérieurement ;
- n’aura pas convoqué les associés, au moins une (1) fois par an, pour leur
rendre compte des états financiers de synthèse en cas de continuation de
l’exploitation sociale ;

122
Code pénal

- n’aura pas déposé à un compte ouvert dans une banque au nom de la


société en liquidation, dans le délai de quinze (15) jours à compter de la
décision de répartition, les sommes affectées aux répartitions entre les
associés et les créanciers ;
- n’aura pas déposé, sur un compte de consignation ouvert dans les écritures
de la caisse de dépôt et de la consignation dans le délai d’un (1) an à
compter de la clôture de la liquidation, les sommes attribuées à des créanciers
ou à des associés et non réclamées par eux.
Art. 377.19 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’un
emprisonnement de cinq (5) à moins de (10) ans et d’une amende de deux
millions (2 000 000) de francs à vingt millions (20 000 000) de francs, le
liquidateur qui, de mauvaise foi :
- aura fait des biens ou du crédit de la société en liquidation, un usage qu’il
savait contraire à l’intérêt de celle-ci, à des fins personnelles ou pour favoriser
une autre personne morale dans laquelle il était intéressé, directement ou
indirectement ;
- aura cédé tout ou partie de l’actif de la société en liquidation à une personne
ayant eu dans la société la qualité d’associé en nom collectif, de commandité,
de gérant, de membre du conseil d’administration, d’administrateur général
ou de commissaire aux comptes, sans avoir obtenu le consentement unanime
des associés ou, à défaut, l’autorisation de la juridiction compétente.
Art. 377.20 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’une peine
d’emprisonnement de cinq (5) à moins de dix (10) ans et d’une amende
d’un million (1 000 000) de francs à six millions (6 000 000) de francs, tout
syndic d’une procédure collective qui :
- exerce une activité personnelle sous le couvert de l’entreprise du débiteur
masquant ses agissements ;
- dispose du crédit ou des biens du débiteur comme des siens propres ;
- dissipe les biens du débiteur ;
- poursuit abusivement et de mauvaise foi, dans son intérêt personnel, soit
directement, soit indirectement, une exploitation déficitaire de l’entreprise
du débiteur ;

123
Code pénal

- participe, à quelque titre que ce soit, à l’administration de toute procédure


collective ;
- se rend acquéreur pour son compte directementou indirectement,des biens
en violation des interdictions légales.
Art. 377.21 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’un
emprisonnement de cinq (5) à moins de dix (10) ans et d’une amende de
cinq cent mille (500 000) francs à un million cinq cent mille (1 500 000)
francs au plus, tout créancier qui a :
- stipulé avec le débiteur ou avec toutes personnes, des avantages particuliers
en raison de son vote dans les délibérations de la masse ;
- fait un traité particulier duquel il résulterait en sa faveur un avantage à la
charge de l’actif du débiteur à partir du jour de la décision d’ouverture de la
procédure collective.
Art. 377.22 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis d’un
emprisonnement de deux (2) mois à deux (2) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs ou l’une de ces deux
peines seulement, les présidents, les administrateurs ou les directeurs généraux
de société qui auront émis des valeurs mobilières offertes au public :
- sans qu’une notice soit insérée dans le journal habilité à recevoir les
annonces légales, préalablement àtoute mesure de publicité ;
- sans que les prospectus et les circulaires reproduisent les énonciations de
la notice prévue au tiret ci-dessus etcontiennent la mention de l’insertion de
cette notice au journal habilité à recevoir les annonces légales avec référence
au numéro dans lequel elle a été publiée ;
- sans que les affiches et les annonces dans les journaux reproduisent les
mêmes énonciations ou, tout au moins, un extrait de ces énonciations avec
référence à ladite notice et indications du numéro du journal habilité à recevoir
les annonces légales dans lequel elle a été publiée ;
- sans que les affiches, les prospectus et les circulaires mentionnent la
signature de la personne ou du représentant de la société de laquelle l’offre
émane et précisent si les valeurs offertes sont cotées ou non et, dans
l’affirmative, à quelle bourse.

124
Code pénal

La même sanction pénale sera applicable aux personnes qui ont servi
d’intermédiaires à l’occasion de la cession de valeurs mobilières sans qu’aient
été respectées les prescriptions du présent article.
Art. 377.23 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est coupable de
banqueroute simple, toute personne physique en état de cessation de
paiements qui se trouve dans l’un des cas suivants :
- si, elle a contracté sans recevoir des valeurs en échange, des engagements
jugés trop importants eu égard à sa situation lorsqu’elle les a contractés ;
- si, dans l’intention de retarder la constatation de la cessation de paiements,
elle a fait des achats en vue d’une revente au-dessous du cours ou si, dans
la même intention, elle a employé des moyens ruineux pour se procurer des
fonds ;
- si, sans excuse légitime, elle ne fait pas au greffe de la juridiction compétente
la déclaration de son état de cessation de paiements dans le délai de trente
(30) jours ;
- si, sa comptabilité est incomplète ou irrégulièrement tenue ou si elle n’a
tenu aucune comptabilité conforme aux règles comptables et aux usages
reconnus de la profession eu égard à l’importance de l’entreprise ;
- si, ayant été déclarée deux fois en état de cessation de paiements dans un
délai de cinq (5) ans, ces procédures ont été clôturées pour insuffisance
d’actif.
Art. 377.24 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est coupable de
banqueroute frauduleuse, toute personne physique commerçante ou associée
des sociétés commerciales qui a la qualité de commerçant, en cas de
cessation de paiements qui :
- a soustrait sa comptabilité ;
- a détourné ou dissipé tout ou partie de son actif ;
- s’est frauduleusement reconnue débitrice des sommes qu’elle ne devait
pas,soit dans ses écritures, soit par des actes publics ou des engagements
sous seing privé, soit dans son bilan ;

125
Code pénal

- a exercé la profession commerciale contrairement à une interdiction prévue


par les lois et règlements ;
- a payé un créancier au préjudice de la masse après la cessation de
paiements ;
- a stipulé avec un créancier des avantages particuliers en raison de son
vote dans la délibération de la masse ou qui a fait avec un créancier un
traité particulier duquel il résulterait, pour ce dernier, un avantage à la charge
de l’actif du débiteur à partir du jour de la décision d’ouverture.
Art. 377.25 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est également coupable
de banqueroute frauduleuse, tout commerçant, toute personne physique ou
toute personne associée des sociétés commerciales qui a la qualité de
commerçant, qui à l’occasion d’une procédure de règlement judiciaire a :
- de mauvaise foi, présenté ou fait présenter un compte de résultats ou un
bilan ou un état des créances et des dettes ou un état actif et passif des
privilèges et sûretés, inexact ou incomplet ;
- sans autorisation du président de la juridiction compétente, accompli un
des actes interdits ci-dessous ;
- payé, en tout ou en partie, les créances nées antérieurement à la décision
de suspension des poursuites individuelles de la décision de règlement
préventif ;
- fait un acte de dispositionétranger à l’exploitationnormale de l’entreprise
ou a consenti une sûreté ;
- désintéressé les cautions qui ont acquitté les créances nées antérieurement
àla décision de suspension de la poursuite individuelle.
Art. 377.26 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Peuvent être coupables
d’infractions assimilées aux banqueroutes :
- les personnes physiques dirigeantes de personnes morales assujetties aux
procédures collectives ;
- les personnes physiques représentantes permanentes de personnes morales
dirigeantes, des personnes morales assujetties aux procédures collectives.

126
Code pénal

Les dirigeants visés au présent article s’entendent de tous les dirigeants de


droit ou de fait et, d’une manière générale, de toute personne ayant directement
ou par personne interposée, administré, géré ou liquidé la personne morale
sous le couvert ou en lieu et place de ses représentants légaux.
Art. 377.27 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis des peines
de banqueroute simple, les dirigeants visés à l’article 377.26 ci-dessus qui
ont, en cette qualité et de mauvaise foi :
- consommé des sommes appartenant à la personne morale en faisant des
opérations de pur hasard ou des opérations fictives ;
- fait des achats en vue d’une revente en dessous du cours ou, dans la
même intention, employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds
dans l’intention de retarder la constatation de la cessation de paiements de
la personne morale ;
- payé ou fait payer un créancier au préjudice de la masse après cessation
de paiements de la personne morale ;
- fait contracter par la personne morale, pour le compte d’autrui, sans qu’elle
reçoive de valeurs en échange, des engagements jugés trop importants eu
égard à sa situation lorsque ceux-ci ont été contractés ;
- tenu ou fait tenir ou laissé tenir irrégulièrement ou incomplètement la
comptabilité de la personne morale dans les conditions prévues à l’article
377.23, 4ème tiret ;
- omis de faire au greffe de la juridiction compétente, dans le délai de trente (30)
jours, la déclaration de l’état de cessation de paiements de la personne morale ;
- détourné ou dissimulé, tenté de détourner ou de dissimuler une partie de
leurs biens ou qui se sont frauduleusement reconnus débiteurs de sommes
qu’ils ne devaient pas, en vue de soustraire tout ou partie de leur patrimoine
aux poursuites de la personne morale en état de cessation de paiements ou
à celles des associés ou des créanciers de la personne morale.
Art. 377.28 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Pour les personnes
morales comportant des associés indéfiniment et solidairement responsables
des dettes de celles-ci, les représentants légaux ou de fait sont coupables
de banqueroute simple si, sans excuse légitime, ils ne font pas au greffe de

127
Code pénal

la juridiction compétente, dans le délai de trente (30) jours, la déclaration de


leur état de cessation de paiements ou si cette déclaration ne comporte pas
la liste des associés solidaires avec l’indication de leurs noms et domiciles.
Art. 377.29 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punis des peines
de banqueroute frauduleuse, les dirigeants visés aux articles 377.24 et 377.25
ci-dessus qui ont frauduleusement :
- soustrait les livres de la personne morale ;
- détourné ou dissimulé une partie de son actif ;
- reconnu la personne morale débitrice de sommes qu’elle ne devait pas,
soit dans les écritures, soit par des actes publics ou des engagements sous
signature privée, soit dans le bilan ;
- exercé la profession de dirigeant contrairement à une interdiction prévue
par les Actes uniformes de l’OHADA ou par la loi et les règlements ;
- stipulé avec un créancier, au nom de la personne morale, des avantages
particuliers à raison de son vote dans les délibérations de la masse ou qui
ont fait avec un créancier un traité particulier duquel il résulterait pour ce
dernier un avantage à la charge de l’actif de la personne morale, à partir du
jour de la décision déclarant la cessation de paiement.
Sont également punis des peines de banqueroute frauduleuse, les dirigeants
visés à l’article 377.27 ci-dessus qui, à l’occasion d’une procédure de
règlement préventif, ont :
- de mauvaise foi, présenté ou fait présenter un compte de résultats ou un
bilan ou un état des créances et des dettes ou un état actif et passif des
privilèges et sûretés, inexact ou incomplet ;
- sans autorisation du président de la juridiction compétente, ont violé
l’interdiction de la décision de règlement préventif ;
- en payant en tout ou en partie, les créances nées antérieurementà la décision
de suspension des poursuites individuelles et celles visées par celle-ci ;
- en accomplissant des actes de disposition étrangers à l’exploitation normale
de l’entreprise ou en consentant des sûretés ;
- en désintéressant les cautions qui ont acquitté des créances nées
antérieurement à la décision de règlement préventif.

128
Code pénal

Art. 377.30 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Sont punies des peines
de banqueroute frauduleuse :
- les personnes convaincues d’avoir, dans l’intérêt du débiteur, soustrait,
recelé ou dissimulé tout ou partie de ses biens meubles ou immeubles, le
tout sans préjudice des dispositions pénales relatives à la complicité ;
- les personnes convaincues d’avoir frauduleusement produit dans la
procédure collective, soit en leur nom, soit par interposition ou supposition
de personne, des créances supposées ;
- les personnes qui, faisant le commerce sous le nom d’autrui ou sous un
nom supposé, ont de mauvaise foi, détourné ou dissimulé, tenté de détourner
ou de dissimuler une partie de leurs biens.
Art. 377.31 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Les coupables de
banqueroute sont punis comme suit :
- les banqueroutiers simples, d’un emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans
et d’une amende decinq cent mille (500 000) à deux millions (2 000 000) de
francs ;
- les banqueroutiers frauduleux, d’un emprisonnement de cinq (5) à moins
de dix (10) ans et d’une amende de deux millions (2 000 000) de francs à
cinq millions (5 000 000) de francs.
En outre, l’interdiction des droits mentionnés à l’article 21 du code pénal
pourra être prononcée à l’encontre des banqueroutiers frauduleux.
Art. 377.32 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Le conjoint, les
descendants, les ascendants ou les collatérauxdu débiteur ou ses alliés qui,
à l’insu du débiteur auraient détourné, diverti ou recelé des effets dépendants
de l’actif du débiteur en état de cessation de paiements encourent les peines
prévues à l’article précédent.
Art. 377.33 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Les complices de
banqueroute, simple ou frauduleuse, encourent les peines prévues à l’article
377.31 ci-dessus suivant le cas, même s’ils n’ont pas la qualité de commerçant.
Art. 377.34 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Les agents de change
reconnus coupables de banqueroute simple sont punis des peines de
banqueroute frauduleuse.

129
Code pénal

Lorsqu’ils sont reconnus coupables de banqueroute frauduleuse, ils sont


punis d’un emprisonnement de dix (10)à vingt (20) ans.
En outre, l’interdiction des droits mentionnés à l’article 21 du code pénal
pourra être prononcée à leur encontre.
Art. 377.35 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est punie d’un
emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans et d’une amende de cinq
cent mille (500 000) francs à un million (1 000 000) de francs, toute personne
qui a commencé à organiser son insolvabilité avant qu’une action judiciaire
ne soit déclenchée contre elle ou qui a continué à organiser ladite insolvabilité
au cours du procès en vue de se soustraire à l’exécution de la condamnation
pécuniaire ou de nature patrimoniale qui pourrait être rendue à son encontre.
Elle encourt les mêmes peines lorsque l’insolvabilité organisée intervient
dans un délai d’un (1) an à compter du prononcé de la décision judiciaire.
Le tribunal peut décider que la personne condamnée comme complice de
l’infraction définie ci-dessus sera tenue solidairement, dans la limite des
fonds ou de la valeur vénale des biens reçus à titre gratuit ou onéreux, aux
obligations pécuniaires résultant de la condamnation à l’exécution de laquelle
l’auteur de l’infraction a voulu se soustraire.
Lorsque ces obligations résultent d’une condamnation pénale, le tribunal
pourra décider que la peine qu’il prononce ne se confondra pas avec celle
précédemment prononcée.
La prescription de l’action publique ne court qu’à compter de la condamnation
à l’exécution de laquelle le débiteur a voulu se soustraire ou, s’ils lui sont
postérieurs, des derniers agissements ayant pour objet d’organiser ou
d’aggraver l’insolvabilité du débiteur.
Art. 377.36 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est punie d’une peine
d’amende de cinq cent mille (500 000) francs à un million (1 000 000) de
francs, toute personne qui :
- s’est abstenue dans le premier mois d’exploitation de son commerce, de
requérir du greffe de la juridiction compétente son immatriculation au registre
de commerce ;

130
Code pénal

- s’est abstenue dans le délai de trente (30) jours de requérir les inscriptions
modificatives complémentaires dans le cadre de son commerce notamment,
sur son état civil, son régime matrimonial, sa capacité ou sur le statut de la
personnemorale intervenue dans lecadre de son commerce ;
- s’est abstenue dans le délai d’un (1) mois à compter de la cessation de son
activité commerciale de demander sa radiation du registre de commerce et
de crédit mobilier ou en cas de décès, lorsque ses ayants-droit se sont
abstenus dans le délai de trois (3) mois à compter dudit décès, de demander
la radiation de l’inscription au registre ou sa modification s’ils doivent eux-
mêmes continuer l’exploitation.
Art. 377.37 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est punie d’un
emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs,toute personne
qui effectue une inscription de sûreté mobilière par fraude ou portant des
indications inexactes données de mauvaise foi.
Le tribunal peut ordonner, en prononçant la condamnation, la rectification
de la mention inexacte dans les termes qu’il détermine.
Est puni de la même peine le locataire-gérant qui n’a pas indiqué en tête de
ses bons de commande, factures et autres documents à caractère financier
ou commercial, avec son numéro d’immatriculation au registre de commerce
et de crédit mobilier, sa qualité de locataire-gérant d’un fondsde commerce.
Art. 377.38 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est punie d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million
(1 000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs, toute personne
qui a, par des manœuvres frauduleuses, privé le créancier nanti, de ses
droits ou les a diminués.
Art. 377.39 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende d’un million (1
000 000) de francs à cinq millions (5 000 000) de francs,le débiteur ou toute
personne qui aura, par des manœuvres frauduleuses, totalement ou
partiellement, privé le bailleur de son privilège sur les meubles garnissant
les lieux loués.

131
Code pénal

Art. 377.40 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)Sont punis d’un


emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de cinq
cent mille (500 000) francs à deux millions (2 000 000) de francs, les
entrepreneurs individuels et les dirigeants sociaux qui :
- n’ont pas, pour chaque exercice social, dressé l’inventaire et établi les
états financiers annuels ainsi que, le cas échéant, le rapport de gestion et le
bilan social ;
- ont sciemment, établi et communiqué des états financiers ne délivrant pas
une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de
l’exercice.
Art. 377.41 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est puni d’une amende
de cinq cent mille (500 000) francs à cinq millions (5 000 000) de francs,
tout agent public en fonction, qui a sciemment omis de déclarer toutes
activités extérieures, tout emploi, tous placements, tous avoirs et tous dons
ou avantages substantiels susceptibles d’entraîner un conflit d’intérêt avec
ses fonctions sans préjudice des sanctions disciplinaires.
Art. 377.42 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017)Est puni d’un
emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende de cinq millions
(5 000 000) de francs à cinquante millions (50 000 000) de francs, tout
agent publicqui prend ou reçoit, directement ou indirectement, un intérêt
quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont il a, au moment
de l’acte, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation
ou le paiement.
Art. 377.43 : (Loi n° 2017-10 du 31 mars 2017) Est punie d’une amende
de cinq millions (5 000 000) de francs à dix millions (10.000.000) de francs
toute personne qui, ayant été chargée en tant qu’agent public d’assurer la
surveillance ou le contrôle d’une entreprise privée, ou de conclure des
contrats avec une telle entreprise, y prend ou reçoit un intérêt avant
l’expiration d’un délai de cinq (5) ans suivant la cessation de ses fonctions.
Cet intérêt consiste en une participation par travail, conseil ou capitaux
dans l’entreprise ou dans une entreprise qui possède au moins trente pour
cent (30%) du capital commun avec cette entreprise.

132
Code pénal

TITRE V : DESTRUCTIONS ET DEGRADATIONS

CHAPITRE PREMIER : INCENDIE ET DESTRUCTION


VOLONTAIRES
Art. 378 : Quiconque aura volontairement mis le feu à des édifices,
magasins, chantiers, véhicules de transports publics, terrestres, fluviaux et
aériens, et généralement aux lieux habités ou servant d’habitation, qu’ils
appartiennent ou non à l’auteur du crime, sera puni d’un emprisonnement
de dix à vingt ans.
Art. 379 : Quiconque aura volontairement mis le feu ou tenté de mettre le
feu aux édifices, magasins, chantiers, lorsqu’ils ne sont ni habités, ni servant
à l’habitation, ou à des forêts, bois, taillis ou récoltes sur pied, lorsqu’ils ne
lui appartiennent pas, sera puni d’un emprisonnement de deux à moins de
dix ans et d’une amende de 10.000 à 200.000 francs.
Art. 380 : Celui qui, en mettant ou en faisant mettre le feu, ou en tentant
de le mettre à l’un des objets énumérés à l’article précédent, et à lui-même
appartenant, aura volontairement causé un préjudice quelconque à autrui,
sera puni d’en emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 10.000
à 100.000 francs.
Sera puni des mêmes peines celui qui aura mis le feu sur l’ordre du
propriétaire.
Art. 381 : Quiconque aura volontairement mis le feu, ou tenté de le mettre,
soit à des pailles ou récoltes en tas ou en meules, soit à des bois disposés
en tas ou en stères, soit à des véhicules, qui ne lui appartiennent pas, sera
puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 10.000 à
100.000 francs.
Art. 382 : Celui qui, en mettant ou en faisant mettre le feu, ou en tentant
de le mettre à l’un des objets énumérés à l’article précédent et à lui-même
appartenant, aura volontairement causé un préjudice quelconque à autrui,
sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de
10.000 à 100.000 francs.
Sera puni des mêmes peines celui qui aura mis le feu sur l’ordre du
propriétaire.

133
Code pénal

Art. 383 : Celui qui aura communiqué l’incendie à l’un des objets énumérés
aux articles précédents, en mettant ou en tentant de mettre volontairement
le feu à des objets quelconques appartenant soit à lui, soit à autrui et placés
de manière à communiquer ledit incendie, sera puni de la même peine que
s’il avait mis le feu directement à l’un desdits objets.
Art. 384 : Dans tous les cas où l’incendie volontairement provoqué aura
entraîné la mort d’une ou de plusieurs personnes, la peine sera celle d’un
emprisonnement à vie.
S’il en est résulté une amputation, mutilation, privation de l’usage d’un
membre, cécité ou perte d’un œil, ou autres infirmités permanentes, la
peine sera celle d’un emprisonnement de dix à trente ans.
Art. 385. : (Loi n° 63-3 du 1er février 1963) Les peines seront les
mêmes, suivant les distinctions faites aux articles précédents, contre ceux
qui, volontairement, auront détruit en tout ou en partie ou tenté de détruire
par l’effet de toutes substances explosibles, les édifices, habitations,
magasins ou chantiers ou leurs dépendances, digues, ponts, voies privées
ou publiques, véhicules de toute nature et généralement tous objets mobiliers
ou immobiliers de quelque nature qu’ils soient.
Le dépôt dans une intention criminelle, sur la voie publique ou privée, d’un
engin explosif, est puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans.
Art. 386 : La menace d’incendier ou de détruire par l’effet de toutes
substances explosibles les objets compris dans l’énumération de l’article
précédent, sera punie des peines édictées pour les menaces contre les
personnes et d’après les distinctions établies par les articles 233, 234, 235
et 236.
Art. 387 : Dans tous les cas prévus au présent chapitre, l’interdiction de
séjour sera prononcée, et le coupable pourra être privé en tout ou en partie
des droits mentionnés à l’article 21.

134
Code pénal

CHAPITRE II : INCENDIE INVOLONTAIRE DE MAISON


HABITEE OU SERVANT A L’HABITATION.
Art. 388 : Quiconque aura, par maladresse, imprudence, négligence ou
inobservation des règlements, involontairement causé l’incendie d’une maison
habitée ou servant à l’habitation ou de ses dépendances, appartenant à autrui,
sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à deux mois et d’une amende
de 5.000 à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.

CHAPITRE III : DESTRUCTION D’EDIFICES ET


DEGRADATIONS DE MONUMENTS PUBLICS
Art. 389 : Quiconque aura volontairement détruit ou renversé, ou tenté de
détruire ou de renverser, par quelque moyen que ce soit en tout ou en
partie, des édifices, ponts, digues, voies publiques ou privées ou autres
constructions qu’il savait appartenir à autrui, sera puni d’un emprisonnement
de deux à moins de dix ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs;
l’interdiction de séjour sera en outre prononcée.
Le coupable pourra être privé, conformément aux dispositions de l’article
25, en tout ou en partie, des droits mentionnés à l’article 21.
Si la destruction ou le renversement ont entraîné mort d’homme, le coupable
sera puni de la peine d’emprisonnement à vie; s’il en est résulté une
amputation, mutilation, privation de l’usage d’un membre, cécité ou perte
d’un œil ou autres infirmités permanentes, la peine sera celle d’un
emprisonnement de dix à trente ans.

CHAPITRE IV : BRIS DE CLÔTURE ET ENLEVEMENT DE


BORNES
Art. 390 : Quiconque aura volontairement, en tout ou en partie, comblé
des fossés, coupé ou arraché des haies vives ou sèches;
Quiconque aura déplacé ou supprimé des bornes ou pieds corniers ou autres
arbres plantés ou reconnus pour établir les limites entre différentes
propriétés;
Sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux et d’une amende 10.000
à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.

135
Code pénal

CHAPITRE V : DEGRADATION DE VEHICULES


Art. 391 : Quiconque, volontairement, aura dégradé, par un moyen
quelconque, en tout ou en partie, un véhicule quel qu’il soit, appartenant à
autrui, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende
de 10.000 à 100.000 francs, sans préjudice des dispositions relatives aux
articles 378, 381 et 385, s’il échet.
La tentative du délit prévu au présent article sera punie comme le délit lui-
même.

CHAPITRE VI : DESTRUCTION DE TITRES


Art. 392 : Quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière
quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique,
des titres, billets, lettres de change, effets de commerce ou de banque,
contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge ;
Quiconque aura sciemment détruit, soustrait, recelé, dissimulé ou altéré un
document public ou privé de nature à faciliter la recherche de crimes ou
délits, la découverte des preuves, ou le châtiment de leur auteur, sera, sans
préjudice des peines plus graves prévues par la loi, puni ainsi qu’il suit :
- si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets
de commerce ou de banque, la peine sera celle d’un emprisonnement de
deux à moins de dix ans, et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs;
- s’il s’agit de toute autre pièce, le coupable sera puni d’un emprisonnement
de un à cinq ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs.
Dans le cas prévu à l’alinéa 3 du présent article, le coupable pourra être
privé, conformément aux dispositions de l’article 25, en tout et en partie
des droits mentionnés à l’article 21. L’interdiction de séjour pourra être
prononcée.

136
Code pénal

CHAPITRE VII : DESTRUCTION D’OBJETS MOBILIERS ET


DE RECOLTES
Art. 393 : Tout pillage, tout dégât d’objets mobiliers, effets, denrées ou
marchandises, grain, farine et toutes autres substances alimentaires, vins
ou autres boissons, sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans,
et d’une amende de 5.000 à 100.000 francs.
Si le pillage ou le dégât a été commis en réunion ou en bande et à force
ouverte, la peine d’emprisonnement sera de deux à moins de dix ans.
Néanmoins ceux qui prouveront avoir été entraînés par des provocations
ou sollicitations à prendre part à des violences, pourront n’être punis que
de l’emprisonnement de un à cinq ans, et d’une amende de 5.000 à 100.000
francs.
Art. 394 : Quiconque, à l’aide d’une liqueur ou substance corrosive, ou
par tout autre moyen, aura volontairement détérioré des marchandises,
matières ou instruments quelconques servant à la fabrication ou résultant
de la fabrication, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans
et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs.
Si le délit a été commis par un ouvrier de fabrique ou par un employé de la
maison de commerce, l’emprisonnement sera de deux à cinq ans.
Art. 395 : Quiconque aura dévasté des récoltes sur pied ou des plants
venus naturellement ou faits de main d’homme, sera puni d’un
emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 10.000 à 100.000
francs.
Quiconque aura coupé des grains ou fourrages qu’il savait appartenir à
autrui, sera puni d’un emprisonnement de trois à six mois et d’une amende
de 10.000 à 100.000 francs.
L’emprisonnement sera de six mois à un an s’il a coupé du grain en vert ou
si le fait a été commis la nuit.
Art. 396 : Toute rupture, toute destruction d’instrument agricole, de parc
à bestiaux, de cabane de gardien, sera puni d’un emprisonnement de deux
mois à deux ans et d’une amende de 10.000 à 100.000 francs.

137
Code pénal

CHAPITRE VIII : ABATTAGE ET MUTILATION D’ARBRES


Art. 397 : Quiconque aura abattu, brûlé, mutilé, coupé ou écorcé de manière
à les faire périr un ou plusieurs arbres qu’il savait appartenir à autrui, sera
puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 10.000
à 100.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Si le ou les arbres étaient plantés sur les places, routes, chemins, rues ou
voies publiques, la peine d’emprisonnement sera de six mois à deux ans.

CHAPITRE IX : DOMMAGES AUX ANIMAUX


Art. 398 : Quiconque aura volontairement empoisonné des chevaux ou
autres bêtes de voiture, de monture ou de charge, des bestiaux à cornes,
des moutons, chèvres ou porcs ou des poissons dans les étangs, viviers ou
réservoirs, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende
de 5.000 à 100.000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
Art. 399 : Ceux qui auront, sans nécessité, en quelque lieu que ce soit, tué
des chevaux ou autres bêtes de voiture, de monture ou de charge, des
bestiaux à cornes, des moutons, chèvres ou porcs ou des poissons dans les
étangs, viviers ou réservoirs, appartenant à autrui.
(Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003). Ceux qui auront, sans nécessité, tué
un animal domestique dans un lieu dont celui à qui cet animal appartient est
propriétaire, locataire, ou fermier, seront punis d’un emprisonnement de
quinze jours à six mois et d’une amende de 5.000 à 100.000 francs ou de
l’une de ces deux peines seulement.

138
Code pénal

TITRE VI (NOUVEAU) : DU TERRORISME ET DU


FINANCEMENT DU TERRORISME
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)

CHAPITRE PREMIER : DU DETOURNEMENT


D’AERONEFS, DE NAVIRES, DE PLATES-FORMES FIXES ET
DE VEHICULES TERRESTRES ET FLUVIAUX
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1 : (Loi n° 2003-25 du 13 juin 2003) Toute personne qui, par
violence ou menace de violence, s’empare d’un aéronef ou en exerce le
contrôle sera punie d’un emprisonnement de dix à vingt ans.
- S’il est résulté de ces actes des blessures ou maladies, la peine sera celle
de vingt à trente ans.
- S’il en est résulté la mort de l’une ou de plusieurs personnes, la peine de
mort sera prononcée.
Dans le cas prévu à l’alinéa premier la peine sera réduite à l’emprisonnement
de cinq à moins de dix ans, si le coupable restitue spontanément le contrôle
de l’aéronef à son commandant ou aux autorités légitimes.

CHAPITRE II : DES INFRACTIONS CONTRE LA SECURITE


DE L’AVIATION CIVILE, DES TRANSPORTS TERRESTRES
ET FLUVIAUX
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.1 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie d’un
emprisonnement de deux (2) à sept (7) ans et d’une amende de cinq cent
mille (500 000) à cinq millions (5 000 000) francs CFA, toute personne qui,
illicitement et intentionnellement :
a) se livre à un acte de violence à l’encontre d’une personne se trouvant à
bord d’un aéronef en vol ou au sol, des services d’un aéroport si cet acte
est de nature à compromettre la sécurité de cet aéronef ;
b) se livre à un acte de violence à l’encontre d’une personne se trouvant à
bord d’un véhicule terrestre ou fluvial ;

139
Code pénal

c) communique une information qu’elle sait être fausse, et de ce fait,


compromet la sécurité d’un aéronef en vol.
Art. 399.1.2 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie d’un
emprisonnement de cinq (5) à moins de dix (10) ans et d’une amende de un
million cinq cent mille (1 500 000) à cinq millions (5 000 000) francs CFA,
toute personne qui, illicitement et intentionnellement :
a) détruit ou cause des dommages à un aéronef, que celui-ci soit en service
ou non, qui le rendent inapte au vol ou qui sont de nature à compromettre
sa sécurité en vol ;
b) place ou fait placer sur un aéronef en service, par quelque moyen que
ce soit, un dispositif ou des substances propres à détruire ledit aéronef ou à
lui causer des dommages qui le rendent inapte au vol ou qui sont de nature
à compromettre sa sécurité en vol ;
c) détruit ou endommage des installations ou services de navigation aérienne
ou en perturbe le fonctionnement, si l’un de ces actes est de nature à
compromettre la sécurité d’un aéronef en vol ;
d) détruit ou cause des dommages à un véhicule terrestre ou fluvial, que
celui-ci soit en service ou non, qui le rendent inapte à l’usage auquel il est
destiné ou qui sont de nature à compromettre sa sécurité;
e) place ou fait placer sur un véhicule, par quelque moyen que ce soit, un
dispositif ou des substances propres à détruire ledit véhicule ou à lui causer
des dommages qui le rendent inapte à l’usage auquel il est destiné ou qui
sont de nature à compromettre la sécurité des personnes ou des biens ;
f) détruit ou endommage des installations ou équipements publics ou privés
ou en perturbe leur fonctionnement.
S’il est résulté de ces actes des blessures ou maladies ou infirmités
permanentes, la peine sera celle de dix (10) à moins de vingt (20) ans et
d’une amende de deux millions cinq cent mille (2 500 000) à dix millions (10
000 000) francs CFA.
S’il en est résulté la mort d’une ou de plusieurs personnes, la peine de mort
sera prononcée.

140
Code pénal

Art. 399.1.3 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Toute personne


qui, illicitement et intentionnellement, à l’aide d’un dispositif, d’une substance
ou d’une arme se livre à l’encontre d’une autre personne, dans un aéroport
servant à l’aviation civile internationale ou toute autre installation publique
ou privée, à un acte de violence qui cause ou est de nature à causer des
blessures graves ou la mort, sera punie de la peine de mort si cet acte est
de nature à compromettre la sécurité dans cet aéroport ou dans cette
installation.
Art. 399.1.4 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Toute personne
qui, illicitement et intentionnellement,à l’aide d’un dispositif, d’une substance
ou d’une arme détruit ou endommage gravement les installations d’un
aéroport servant à l’aviation civile internationale ou en interrompt les services
sera punie de quinze (15) à trente (30) ans d’emprisonnement si cet acte
est de nature à compromettre la sécurité dans cet aéroport.
Art. 399.1.5 : Toute personne qui, illicitement et intentionnellement, à
l’aide d’un dispositif, d’une substance ou d’une arme détruit ou endommage
gravement les installations ou équipements publics ou privés ou en interrompt
leurs services sera punie de quinze (15) à trente (30) ans d’emprisonnement.

CHAPITRE III : DES INFRACTIONS CONTRE LA SECURITE


DES NAVIRES ET PLATES FORMES FIXES
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.6 :(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie d’un
emprisonnement de deux (2) à sept (7) ans et d’une amende de un million
(1 000 000) à deux millions (2 000 000) francs CFA toute personne qui
illicitement et intentionnellement :
a) se livre à un acte de violence à l’encontre d’une personne se trouvant à
bord d’un navire ou d’une plate-forme fixe, si cet acte est de nature à
compromettre la sécurité de la navigation du navire ou de la plate-forme ;
b) détruit ou cause à un navire, à sa cargaison ou à une plateforme fixe des
dommages qui sont de nature à compromettre la sécurité de la navigation
du navire ou de la plate-forme fixe ;

141
Code pénal

c) place ou fait placer sur un navire ou une plate-forme fixe, par quelque
moyen que ce soit, un dispositif ou une substancepropre à détruire le navire
ou la plate-forme fixe, ou de nature à compromettre la sécurité de la plate-
forme fixe, ou à causer au navire ou à sa cargaison des dommages qui
compromettent ou sont de nature à compromettre la sécurité de la navigation
du navire ;
d) détruit ou endommage gravement des installations ou services de
navigation maritime ou en perturbe gravement le fonctionnement, si l’un de
ces actes est de nature à compromettre la sécurité de la navigation d’un
navire ;
e) communique une information qu’elle sait être fausse, et de ce fait,
compromet la navigation d’un navire.
S’il est résulté de ces actes des blessures, maladies ou infirmités
permanentes, la peine sera celle de deux (2) à moins de dix (10) ans et
d’une amende de deux millions (2.000.000) à cinq millions (5.000.000) francs
CFA.
S’il en est résulté la mort d’une ou de plusieurs personnes, la peine de mort
sera prononcée.
Art. 399.1.7 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Toute personne
qui menace de commettre l’une quelconque des infractions prévues aux
paragraphes a), b) et d) de l’article 399.1.6 sera punie d’un emprisonnement
de deux (2) à sept (7) ans et d’une amende de cinq cent mille (500.000) à
deux millions (2.000.000) francs CFA si cette menace est de nature à
compromettre la sécurité de la navigation du navire ou de la plateforme
fixe.
Art. 399.1.8 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie d’un
emprisonnement de quinze (15) à trente (30) ans, toute personne qui
illicitement et intentionnellement, lorsque cet acte, par sa nature ou son
contexte, vise à intimider une population ou à contraindre un Gouvernement
ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir
un acte quelconque :

142
Code pénal

a) utilise, contre ou à bord d’un navire ou d’une plate-forme fixe, ou déverse


à partir d’un navire ou d’une plate-forme fixe, des explosifs, des matières
radioactives ou des armes biologiques, chimiques ou nucléaires (BCN),
d’une manière qui provoque ou risque de provoquer la mort ou des
dommages corporels ou matériels graves ;
b) déverse, à partir d’un navire ou d’une plate-forme fixe, des hydrocarbures,
du gaz naturel liquéfié, ou d’autres substances nocives ou potentiellement
dangereuses, qui ne sont pas visées au point a)ci-dessus), en quantités ou
concentrations qui provoquent ou risquent de provoquer des dommages
corporels ou matériels graves ;
c) utilise un navire de manière à provoquer la mort ou des dommages
corporels ou matériels graves ;
d) menace de commettre l’une des infractions visées au présent article.
S’il est résulté de ces actes, des blessures, maladies ou infirmités
permanentes, la peine sera celle de l’emprisonnement à vie.
S’il en est résulté la mort d’une ou de plusieurs personnes, la peine de mort
sera prononcée.
Art. 399.1.9 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie d’un
emprisonnement de quinze (15) à trente (30) ans, toute personne qui, illicitement
et intentionnellement, transporte à bord d’un navire ou d’un véhicule :
a) des explosifs ou des matières radioactives, en sachant que ceux-ci sont
destinés à provoquer ou à menacer de provoquer la mort, des dommages
corporels ou matériels graves ;
b) toute arme biologique, chimique ou nucléaire (BCN), en sachant qu’il
s’agit d’une arme BCN ;
c) des matières brutes ou produits fissiles spéciaux, équipements ou matières
spécialement conçus ou préparés pour le traitement, l’utilisation ou la
production de produits fissiles spéciaux, en sachant que ces matières,
produits ou équipements sont destinés à une activité explosive nucléaire ou
à toute autre activité nucléaire non soumise à des garanties en vertu d’un
accord de garanties généralisées de l’Agence internationale de l’énergie
atomique (AIEA);

143
Code pénal

d) des équipements, matières ou logiciels ou des technologies connexes qui


contribuent de manière significative à la conception, la fabrication ou au
lancement d’une arme biologique, chimique ou nucléaire, en ayant l’intention
de les utiliser à cette fin.
S’il est résulté de ces actes des blessures ou maladies ou infirmités
permanentes, la peine sera celle de l’emprisonnement à vie.
S’il en est résulté la mort d’une ou de plusieurs personnes, la peine de mort
sera prononcée.
Art. 399.1.10 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie de la
même peine que celle prévue à l’article précédent, toute personne qui
transporte à bord d’un navire ou d’un véhicule une autre personne, en
sachant qu’elle a commis un acte qui constitue une infraction visée dans le
présent titre, en ayant l’intention d’aider cette personne à échapper à des
poursuites pénales.
Les exceptions prévues par l’alinéa 2 de l’article 206 du Code pénal sont
applicables dans ce cas.

CHAPITRE IV : DE LA PRISE D’OTAGES


(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.11 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Les faits prévus
à l’alinéa 1 de l’article 265 du Code pénal seront punis d’un emprisonnement
de dix (10) à trente (30) ans lorsqu’ils ont été commis afin de contraindre
une tierce partie, à savoir un Etat, une organisation internationale,
intergouvernementale, une personne physique ou morale ou un groupe de
personnes, à accomplir un acte quelconque ou à s’en abstenir en tant que
condition explicite ou implicite de la libération de l’otage.
Si les personnes arrêtées, détenues ou séquestrées ont subi des tortures
corporelles, l’emprisonnement à vie sera prononcé.

144
Code pénal

CHAPITRE V : DES INFRACTIONS CONTRE LES


PERSONNES JOUISSANT D’UNE PROTECTION
INTERNATIONALE
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.12 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie de la
peine de mort toute personne qui, intentionnellement, commet le meurtre
d’une personne jouissant d’une protection internationale.
Art. 399.1.13 : Sera punie de l’emprisonnement à vie, toute personne qui,
intentionnellement :
a) commet un enlèvement ou un acte attentatoire à l’intégrité physique ou
à la liberté d’une personne jouissant d’une protection internationale
b) commet, en recourant à la violence, contre les locaux officiels, le logement
privé ou les moyens de transport d’une personne jouissant d’une protection
internationale, une attaque de nature à mettre sa personne ou sa liberté en
danger;
c) menace de commettre une telle attaque.

CHAPITRE VI : DES ATTENTATS TERRORISTES A


L’EXPLOSIF
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.14 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Seront punis
d’un emprisonnement de quinze (15) à trente (30) ans ceux qui auront
livré, posé, fait exploser ou détonner dans un lieu public ou contre une
installation Gouvernementale ou une autre installation publique ou privée,
un système de transport public ou privé ou une infrastructure :
a) une arme ou un engin explosif ou incendiaire conçu pour ou ayant la
capacité de provoquer la mort, des dommages corporels graves ou
d’importants dégâts matériels ;
b) une arme ou un engin conçu pour ou ayant la capacité de provoquer la
mort, des dommages corporels graves ou d’importants dégâts matériels,
par l’émission, la dissémination ou l’impact de produits chimiques toxiques,

145
Code pénal

d’agents biologiques, toxines ou substances analogues ou de rayonnements


ou de matières radioactives ;
c) toute autre arme ou engin meurtrier, dans l’intention de provoquer la
mort ou des dommages corporels graves, ou dans l’intention de causer des
destructions massives de ce lieu, de cette installation, de ce système ou de
cette infrastructure, lorsque ces destructions entraînent ou risquent
d’entraîner des pertes économiques considérables.
Si les actes ainsi posés ont entraîné des blessures ou maladies ou infirmités
permanentes, la peine sera celle de l’emprisonnement à vie.
Si les actes ainsi posés ont entraîné mort d’homme ou des pertes
économiques considérables, la peine de mort sera prononcée.

CHAPITRE VII : DU TERRORISME NUCLEAIRE


(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.15 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Sera punie d’un
emprisonnement de quinze (15) à trente (30) ans toute personne qui,
illicitement et intentionnellement :
(a) détient des matières radioactives, fabrique ou détient un engin dans
l’intention d’entraîner la mort d’une personne ou de lui causer des dommages
corporels graves, ou dans l’intention de causer des dégâts substantiels à
des biens ou à l’environnement ;
(b) emploie de quelque manière que ce soit, des matières ou engins
radioactifs, ou utilise ou endommage une installation nucléaire de façon à
libérer ou risquer de libérer des matières radioactives dans l’intention
d’entraîner la mort d’une personne ou de lui causer des dommages corporels
graves, de causer des dégâts substantiels à des biens ou à l’environnement
ou de contraindre une personne physique ou morale, une organisation
internationale ou un Gouvernement à accomplir un acte ou à s’en abstenir.
Si les actes ainsi posés ont entraîné mort d’homme ou des pertes
économiques considérables, la peine de mort sera prononcée.
La même peine est applicable à toute personne qui :

146
Code pénal

(a) menace, dans des circonstances qui rendent la menace crédible, de


commettre une infraction visée au point (b) ci-dessus) ;
(b) exige illicitement et intentionnellement la remise de matières ou engins
radioactifs ou d’installations nucléaires en recourant à la menace, dans des
circonstances qui la rendent crédible, ou à l’emploi de la force.

CHAPITRE VIII : DES INFRACTIONS RELATIVES A DES


MATIERES NUCLEAIRES OU DANGEREUSES
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.16 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Est puni d’une
peine d’emprisonnement de dix (10) à trente (30) ans et d’une amende de
50 millions (50 000 000) à cinq cent millions (500.000.000) francs CFA, le
fait de commettre intentionnellement l’un des actes suivants :
a) le recel, la détention, l’utilisation, le transfert, l’altération, la cession, ou
la dispersion de matières nucléaires ou dangereuses, sans l’autorisation
requise, et entraînant ou pouvant entraîner la mort ou des blessures graves
pour autrui ou des dommages substantiels aux biens ou à l’environnement ;
b) le vol simple ou le vol qualifié de matières nucléaires ou dangereuses ;
c) le détournement ou toute autre appropriation indue des matières nucléaires
ou dangereuses ;
d) le transport, l’envoi, le déplacement des matières nucléaires ou
dangereuses ou vers ou depuis un Etat sans l’autorisation requise ;
e) l’acte dirigé contre une installation nucléaire, ou perturbant le
fonctionnement d’une installation nucléaire, par lequel l’auteur provoque
intentionnellement ou sait qu’il peut provoquer la mort ou des blessures
graves pour autrui ou des dommages substantiels aux biens ou à
l’environnement par suite de l’exposition à des rayonnements ou du
relâchement des substances radioactives, à moins que cet acte ne soit
entrepris en conformité avec le droit national de l’Etat sur le territoire duquel
l’installation nucléaire est située ;
f) le fait d’exiger des matières nucléaires ou dangereuses par la menace, le
recours à la force ou toute autre forme d’intimidation ;

147
Code pénal

g) la menace :
- d’utiliser des matières nucléaires ou dangereuses dans le but de causer la
mort ou des blessures graves à autrui ou des dommages substantiels aux
biens ou à l’environnement ou de commettre l’infraction décrite au point e) ;
- ou de commettre une des infractions décrites aux points b) et e) dans le
but de contraindre une personne physique ou morale, une organisation
internationale ou un Etat à faire ou à s’abstenir de faire un acte ;
h) la tentative de commettre l’une des infractions décrites aux points a) à e) ;
i) le fait de participer à l’une des infractions décrites aux points a) à h);
j) le fait pour une personne d’organiser la commission d’une infraction
visée aux points a) à h) ou de donner l’ordre à d’autres personnes de la
commettre ;
k) le fait de commettre un acte qui contribue à la commission de l’une des
infractions décrites aux points a) à h) par un groupe de personnes agissant
de concert. Un tel acte est intentionnel et :
- soit vise à faciliter l’activité criminelle ou à servir le but criminel du groupe,
lorsque cette activité et/ou ce but supposent la commission d’une des
infractions visées aux points a) à g) ;
- soit est fait en sachant que le groupe a l’intention de commettre une
infraction visée aux points a) à g).

CHAPITRE IX : DES ACTES D’APPUI, FOURNITURE


D’ARMES ET INCITATION
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.17 (nouveau) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Toute
personne qui participe à l’organisation, la préparation ou la commission de
l’une ou de plusieurs des infractions prévues par la présente loi ou qui apporte
quelque forme d’appui que ce soit, actif ou passif, dans l’intention ou en
sachant que le but d’une telle participation ou d’un tel appui est la commission
de l’une ou de plusieurs des infractions prévues par la présente loi, est punie
d’une peine d’emprisonnement de dix (10) à trente (30) ans et d’une amende
de cinq cent mille (500 000) à dix millions (10 000 000) de francs.

148
Code pénal

Toute personne qui fournit des armes, dans l’intention ou en sachant que
ces armes peuvent être utilisées pour la commission de l’une des infractions
prévues par la présente loi, est punie de la même peine que celle fixée à
l’alinéa précédent.

CHAPITRE IX (BIS) : DE L’APOLOGIE ET DE


L’INCITATION AU TERRORISME
(Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016)
Art. 399.1.17 (bis) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Toute personne,
qui par n’importe quel moyen, appelle ou incite à commettre des infractions
terroristes, incite au fanatisme ethnique, racial ou religieux ou utilise un
nom, un terme, un symbole, des expressions publiques de soutien à des
actes de terrorisme et/ou des groupes terroristes, diffuse des discours de
haine ou fait la promotion d’idéologies favorables au terrorisme, renforce
des tensions ethniques et religieuses susceptibles de fournir une base au
terrorisme, ou utilise tout autre signe dans le but de faire l’apologie d’une
organisation qualifiée terroriste, est punie d’une peine d’emprisonnement
de cinq (5) ans à moins de dix (10) ans et d’une amende de cinq cent mille
(500 000) à dix millions (10 .000.000) de francs.

CHAPITRE X : DE L’ORGANISATION D’ACTES DE


TERRORISME : DE LA CONTRIBUTION A LA
COMMISSION D’ACTES DE TERRORISME
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.18 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Toute personne qui
organise la commission d’une infraction prévue par la présente ordonnance
ou donne l’ordre à d’autres personnes de la commettre, sera punie d’une
peine d’emprisonnement de dix (10) à trente (30) ans et d’une amende de
cinq cent mille (500 000) à dix millions (10 000 000) francs CFA.
Toute personne qui contribue à la commission de l’une ou plusieurs des
infractions prévues par la présente ordonnance par un groupe de personnes
agissant de concert, si elle le fait délibérément, soit pour faciliter l’activité
criminelle générale du groupe ou servir les buts de celui-ci, soit en

149
Code pénal

connaissant l’intention du groupe de commettre une telle infraction, sera


punie de la même peine que celle fixée à l’alinéa précédent.
Toute infraction entrant dans le champ d’application de la présente
ordonnance, commise ou tentée par un membre des forces de défense et
de sécurité sera punie de la peine d’emprisonnement à vie.

CHAPITRE XI (NOUVEAU) : DE L’ASSOCIATION DE


MALFAITEURS EN VUE DE PERPETRER DES ACTES
TERRORISTES.
(Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016)
Art. 399.1.19 (nouveau) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Le fait de
participer à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la
préparation d’un des actes terroristes caractérisés par un ou plusieurs faits
matériels est puni d’un emprisonnement de cinq (5) ans à moins de dix (10)
ans.
Le fait de diriger ou d’organiser le groupement ou l’entente est puni d’un
emprisonnement de dix (10) ans à trente (30) ans.

CHAPITRE XI (BIS) : RECEL DE TERRORISTES


(Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016)
Art. 399.1.19 nouveau (bis) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Ceux
qui, connaissant les agissements des individus exerçant des actes terroristes
ou tout autre acte prévu par la présente loi, leur fournissent habituellement
logement, lieu de retraite ou de réunion, sont punis d’une peine
d’emprisonnement de cinq (5) ans à moins de dix (10) ans.
Art. 399.1.19 nouveau (ter) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Ceux
qui auront sciemment recelé une personne qu’ils savaient recherchée par
la justice, ou qui l’auront soustraite ou tenté de la soustraire à l’arrestation
ou aux recherches, ou l’auront aidé à se cacher ou à prendre la fuite,
quand bien même il s’agit des membres de leurs familles, seront punis d’un
emprisonnement de cinq (5) ans à moins de dix (10) ans.

150
Code pénal

CHAPITRE XII : DU REPENTI


(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.20 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Tout membre
d’un groupement ou entente planifiant un acte terroriste est exempté de
toute poursuite si, ayant averti l’autorité administrative ou judiciaire, il a
permis d’éviter la réalisation de l’infraction.
Tout membre d’un groupement ou entente ayant participé à la réalisation
d’un acte terroriste et donnant à l’autorité administrative ou judiciaire toutes
informations permettant d’identifier les auteurs de l’infraction peut bénéficier
des circonstances atténuantes prévues par les articles 53 et 54 du Code
pénal.

CHAPITRE XIII : DU FINANCEMENT DU TERRORISME


(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.21 (nouveau) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Est punie
d’un emprisonnement de cinq (5) ans à moins de dix (10) ans toute personne
qui, par quelque moyen que ce soit, directement ou indirectement, illicitement
et délibérément, fournit, réunit, gère des fonds, des valeurs ou des biens
quelconques dans l’intention de les voir utilisés ou en sachant qu’ils seront
utilisés, en tout ou partie, en vue de commettre :
a) un acte constituant une infraction prévue par le présent titre ;
b) tout autre acte destiné à tuer ou blesser grièvement un civil, ou toute
autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une
situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte
vise à intimider une population ou à contraindre un Gouvernement ou une
organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte
quelconque.
La confiscation des fonds ainsi réunis est prononcée au bénéfice du trésor
public.
c) tout acte de fourniture ou réunion de fonds sachant qu’ils seront utilisés,
en tout ou en partie, par une organisation terroriste, par un terroriste
individuel ou un groupe de terroristes pour toutes fins.

151
Code pénal

L’infraction est constituée même si les fonds collectés n’ont pas été
effectivement utilisés dans la commission de l’infraction.
L’expression «fonds» s’entend des biens de toute nature, corporels ou
incorporels, mobiliers ou immobiliers, acquis par quelque moyen que ce
soit, et des documents ou instruments juridiques sous quelque forme que ce
soit, y compris sous forme électronique ou numérique, qui attestent un droit
de propriété ou un intérêt sur ces biens, et notamment les crédits bancaires,
les chèques de voyage, les chèques bancaires, les mandats, les actions, les
titres, les obligations, les traites et les lettres de crédit, sans que cette
énumération soit limitative.
Les dispositions du présent article s’appliquent sans préjudice des dispositions
de la législation relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le
financement du terrorisme.

CHAPITRE XIV : DU RECRUTEMENT


(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.22 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011) Quiconque aura
recruté une personne pour commettre ou participer à la commission de
l’une ou plusieurs des infractions prévues par le présent titre, dans l’intention
ou en sachant que le but de ce recrutement ou de cette demande est de
participer à la commission de l’une ou de plusieurs infractions prévues par
le présent titre, sera puni d’un emprisonnement de cinq (5) à moins de dix
(10) ans et d’une amende de deux (2) millions à vingt (20) millions de
francs CFA.
Art. 399.1.23 : (Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)Constitue
également une infraction terroriste, punie des mêmes peines que celles
fixées à l’article 399.1.22 ci-dessus :
a) le fait de recevoir un entraînement, sur le territoire national ou à l’étranger,
en vue de commettre une infraction terroriste à l’intérieur ou à l’extérieur
du pays ;
b) le fait d’entraîner une personne ou un groupe de personnes, sur le territoire
national ou à l’étranger, en vue de commettre un acte terroriste à l’intérieur
ou à l’extérieur du pays.

152
Code pénal

CHAPITRE XIV (TER)* : DE LA MINORITE


(Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016)
Art. 399.1.23 (Ter)** : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Sont punis de
la moitié de la peine prévue pour les majeurs, les mineurs qui commettent
l’une des infractions terroristes prévues par la présente loi, sans que le
maximum de la peine d’emprisonnement n’excède douze (12) ans.

CHAPITRE XV : DE LA RESPONSABILITE DES PERSONNES


MORALES
(Ord. n° 2011-12 du 27 janvier 2011)
Art. 399.1.24 (nouveau) : (Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016) Lorsque
la personne responsable de la direction ou du contrôle d’une personne morale
constituée sur le territoire de la République du Niger ou régie par sa
législation a, en cette qualité, commis une infraction relative à la présente
loi, cette personne morale est punie d’une amende de cinq cent millions
(500 000 000) de francs, sans préjudice de la condamnation de la ou des
personnes assurant la direction de la personne morale comme auteur ou
complice des mêmes faits.
Les dispositions de l’alinéa précédent s’appliquent sans préjudice des
dispositions de la législation relative à la lutte contre le blanchiment des
capitaux et le financement du terrorisme.

TITRE VII : DES INFRACTIONS EN MATIERE


D’INFORMATIQUE
(Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003).
Art. 399.2 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) Est puni d’un
emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de 50.000 à 300.000
francs ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque,
frauduleusement, accède ou se maintient dans tout ou partie d’un système
de traitement automatisé de données. Lorsqu’il en résulte soit la suppression
*
Erreur de numérotation contenue dans la Loi n°2016-22 du 16 juin 2016, puisque dans la
numérotation antérieure à 2016 il n’y avait pas de Chapitre XIV (Bis)..
Idem. Dans la Loi n° 2016-22 du 16 juin 2016, il était fait cas d’insérez après l’Article
**

399.1.23 (bis) un Article 399.1.23 (ter), or l’Article 399.1.23 (bis) n’a jamais existé.

153
Code pénal

ou la modification de données contenues dans le système, soit à une altération


du fonctionnement de ce système, l’emprisonnement est de deux mois à
deux ans et l’amende de 100.000 à 600.000 francs.
Art. 399.3 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) Est puni d’un
emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de 100.000 à
1.000.000 de francs ou de l’une de ces peines seulement, quiconque
intentionnellement et au mépris des droits d’autrui, entrave ou force le
fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données.
Art. 399.4 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) Est puni d’un
emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de 100.000 à
1.000.000 de francs ou de l’une de ces peines seulement, quiconque
intentionnellement et au mépris des droits d’autrui, directement ou
indirectement, introduit des données dans un système de traitement
automatisé, supprimé ou modifié les données qu’il contient ou leur mode de
traitement ou de transmission.
Art. 399.5 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) Est puni d’un
emprisonnement de un an à trois ans et d’une amende de 300.000 à
1.500.000 de francs ou de l’une de ces peines seulement, quiconque procède
à la falsification de documents informatisés, quelle que soit leur forme, de
nature à causer un préjudice à autrui.
Art. 399.6 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) Est puni d’un
emprisonnement de un à trois ans et d’une amende de 300.000 à 1.500.000
de francs ou de l’une de ces peines seulement, quiconque sciemment fait
usage de documents informatisés visés à l’article précédent.
Art. 399.7 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) La tentative des délits
prévus aux articles 399.2 à 399.6 est punie des mêmes peines.
Art. 399.8 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003) Est puni des peines
prévues pour l’infraction elle-même ou pour l’infraction la plus sévèrement
réprimée, quiconque participe à une association formée ou une entente
établie en vue de la préparation concrétisée par un ou plusieurs faits
matériels, d’une ou plusieurs infractions prévues par les articles ci-dessus.
Art. 399.9 : (Loi n° 2003- 25 du 13 juin 2003)La juridiction saisie peut
prononcer la confiscation des matériels appartenant au condamné et ayant
servi à commettre les infractions prévues au présent titre.

154
Code pénal

LIVRE III
DES PEINES EN MATIERE DE SIMPLE POLICE
ET DE LEURS EFFETS

155
Code pénal

156
Code pénal

Art. 400 : Les peines de simple police sont :


- l’emprisonnement d’une durée de un à trente jours;
- l’amende de 500 francs à moins de 100.000 francs.
Art. 401 : Les dispositions des articles 34, 35, 36 et 37 sont applicables en
matière de simple police.
Art. 402 : Les tribunaux de simple police pourront, dans les cas prévus
par les règlements, prononcer la confiscation, soit des choses saisies en
contravention, soit des choses produites par la contravention, soit des
matières ou des instruments qui ont servi ou étaient destinés à la commettre.
Art. 403 : Dans les cas spécialement prévus, les tribunaux de simple police
pourront ordonner que leur décision sera affichée en caractères très
apparents dans les lieux qu’ils indiquent aux frais du condamné.
Cet affichage sera prononcé pour une durée qui ne pourra excéder quinze
jours.
La suppression, la dissimulation, et la lacération totale ou partielle des
affiches apposées conformément au présent article, opérées volontairement,
seront punies d’une amende de 10.000 à 100.000 francs et d’un
emprisonnement de un à six mois ou de l’une de ces deux peines seulement;
il sera procédé de nouveau à l’exécution intégrale de l’affichage au frais
du condamné.
Art. 404 : Si les circonstances paraissent atténuantes, les tribunaux de
simple police sont autorisés, même en cas de récidive, à réduire
l’emprisonnement et l’amende sans pouvoir cependant prononcer des peines
inférieures à 500 francs d’amende et un jour d’emprisonnement.
Ils pourront aussi prononcer séparément l’une ou l’autre de ces peines et
même substituer l’amende à l’emprisonnement sans qu’en aucun cas
l’amende puisse être inférieure à 500 francs.
Art. 405 : En cas de condamnation à une peine de simple police supérieure
à dix jours d’emprisonnement ou à 50.000 francs d’amende, le sursis peut
être ordonné.

157
Code pénal

Art. 406 : Il y a récidive en matière de contravention de simple police


lorsqu’il a été rendu contre le contrevenant, dans les douze mois précédents,
un premier jugement devenu définitif pour contravention commise dans le
ressort du même tribunal.
Toutefois, la récidive des contraventions passibles d’un emprisonnement
supérieur à dix jours ou d’une amende supérieure à 50.000 francs est
indépendante du lieu où la première contravention a été commise.
Art. 407 : Sont abrogées toutes dispositions antérieures et contraires au
présent Code.
Art. 408 : La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République
du Niger et exécutée comme loi de l’Etat.

158

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