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Concepts Fondamentaux en Soins Infirmiers

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THEORIES ET CONCEPTS EN SOINS INFIRMIERS

Objectif général du cours


A la fin de cette unité d’enseignement, l’apprenant devra être capable d’expliquer
certains concepts, les besoins fondamentaux et les modèles conceptuels en soins infirmiers.
Objectifs spécifiques
a) Définir tous les concepts inhérents à cette unité d’enseignement
b) Décrire les besoins fondamentaux selon Virginia Henderson et Abraham Maslow
c) Développer les différents modèles conceptuels en soins infirmiers en insistant sur celui
de Virginia Henderson.
d) Parler de la démarche en soins infirmiers en précisant les différentes étapes de celle-ci.
Chapitre 1 : L’HOMME ET SON ENVIRONNEMENT
La personne vit en interaction avec son milieu, elle est influencée par son environnement
humain et matériel et elle influence dans le même temps cet environnement.
L'environnement évoque ainsi le cadre de vie, son contexte (condition) et sa qualité. L. J.
Carpenito-Moyet parle de contexte intrinsèque (chômage, divorce, naissance…) et de
contexte extrinsèque (pollution, structures sanitaires…).
Le patient hospitalisé quitte une partie de son environnement lorsqu'il entre
en institution. Lorsque les soins sont prodigués à domicile, il accueille le soignant dans son
environnement. La personne hospitalisée ne revêt pas un statut de malade, laissant sur le seuil
celui de bien portant. Elle est la même que celle qui, peu avant, arpentait les rues piétonnes de
la ville ou préparait le repas de la famille.
La crise, la maladie, l'hospitalisation créent une rupture dans les repères
environnementaux de la personne, une rupture avec sa vie habituelle. Tout changement
nécessite une adaptation (au nouveau milieu, à la maladie, à la perte…).
La crise touche chacun des membres de la famille dans sa vie propre et le
groupe familial dans son ensemble. Les rôles peuvent être modifiés, les relations
exacerbées.
L'hospitalisation crée un sentiment de déracinement. Ce monde est angoissant, il y a
modification des rythmes (levers, repas), obligation de nouvelles relations (soignants). Ce
nouveau lieu de vie implique « des partages obligés »
Le cadre conceptuel en soins infirmiers (chambre à deux lits, entrées/sorties…), parfois un
sentiment d'humiliation (pertes des capacités physiques, du contrôle de soi), ou de
dépersonnalisation (pyjama uniforme…).

1
Le rôle du soignant a pour but d'assurer à la personne un environnement le plus sécurisant
possible et le maintien du lien avec son propre environnement.
Isoler la personne sans tenir compte de ses proches, de son travail, de ses loisirs, de son
lieu d'habitation serait une aberration dans la démarche de soins infirmiers. Les projets de
soins intègrent ce contexte environnemental.
Pour V. Henderson, c'est à partir de l'observation clinique des besoins fondamentaux de la
personne que l'infirmière peut évaluer les problèmes posés et déterminer les soins à prodiguer.
Cette notion de besoin va tenir compte de l'environnement de la personne : « De ces choses
qui nous relient à la vie ».
A. Pour les auteurs du nursing :
Selon Roustand, « l’homme est un être vivant composé d’éléments physiques (os, la chair)
et chimiques doués (les os sont des minéraux, sucs digestifs qui entrainent des
transformations) de pensées et influencé par son milieu. »
Pour Calixta Roy, « l’homme est un biopsychosocial en interaction avec un
environnement et qui possède 04 modes d’adaptation :
- Besoins physiologiques ;
- Image de soi (représentation des personnes dans l’esprit) ;
- L’interdépendance ;
- Maitrise des rôles.
En ce qui concerne Hildegarde Peplau, « l’homme est un organisme vivant dans un état
d’équilibre instable et qui lutte pour atteindre un état d’équilibre qu’il n’atteindra qu’à la
mort. »
Quant à Martha Rogers, « l’homme est un être humain, un tout unifié qui possède une
intégrité propre et qui manifeste des caractéristiques qui sont plus et différentes de la somme
des parties. »
Selon le dictionnaire Littré: « c’est un animal raisonnable qui occupe le premier rang
parmi les êtres organisés, et qui se distingue des plus élevés d’entre eux par l’étendue de son
intelligence et par la faculté d’avoir une histoire, c’est-à-dire la faculté de développer,
d’agrandir sa nature (univers) grâce à la communication avec les ancêtres et d’augmenter ses
richesses intellectuelles et morales. »
Synonyme: personne , individu
B. Définitions des concepts
1. THEORIE

2
C’est un « ensemble relativement organisé d'idées, de concepts se rapportant à un
domaine déterminé » Dico Larousse
« Une théorie est un ensemble complexe qui regroupe des concepts plus ou moins
organisés entre eux traitant d’un domaine particulier. »
Selon le petit Robert, une théorie est un ensemble d’idées sur un sujet particulier.
2. THEORIE DE SOINS
Il s’agit d’une construction intellectuelle, scientifiquement acceptable, qui vise à expliquer
les faits observés, à orienter la pratique infirmière et susceptible d’enrichir la discipline des
soins infirmiers.
Les théories de soins sont des essais de constitution de connaissances.
Par ex : La théorie de V. HENDERSON est construite en empruntant des connaissances
aux sciences humaines (relatif à l’homme), médicales, biologiques.
3. CONCEPT
C’est une idée d’un objet conçu par l’esprit et qui permet d’organiser les perceptions et les
connaissances autour de cet objet.
C’est également une représentation mentale et structurée de quelque chose.
4. SANTE
a) L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet
bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de
maladie ou d’infirmité ».
La santé est ainsi prise en compte dans sa globalité. Elle est associée à la notion de bien-
être. Cette définition comporte trois aspects à distinguer :
- Le bien-être physique : il concerne le bon fonctionnement du corps qui doit être au
mieux de ses possibilités. Il s’agit d’un fonctionnement des différents systèmes de
l’organisme qui ne doivent souffrir d’aucune carence cachée.
- Le bien-être mental : il concerne le fonctionnement et l’équilibre de la vie psychique.
De même que le corps, il ne suffit pas de ne pas souffrir d’une maladie mentale, il faut
également que l’aspect psychologique de notre personne fonctionne au mieux et que
notre psychisme soit équilibré de façon à permettre à chacun de trouver une certaine
forme de bonheur.
- Le bien-être social : il est le fait de l’interrelation entre l’individu, sa famille, sa
communauté et sa société. Les relations entre les personnes doivent être harmonieuses
dans une communauté que les relations entre les cellules du corps humain. Les

3
individus au sein d’une famille sont interdépendants, autant les familles et les autres
groupes sociaux sont interdépendants dans une communauté.
Ici la santé est vue comme un état statique, un idéal difficilement mesurable et
d’appréciation relative. En effet, quand peut-on dire qu’un individu est en bonne santé, dans
un état de complet bien-être ? Et pour combien de temps ?
b) Pour René Dubois : la santé est une adaptation dynamique de l’homme à son
environnement, un ajustement réussi et permanent d’un organisme à son environnement.
5. LA MALADIE
C’est une altération de l'état de santé se manifestant par un ensemble de signes et de
symptômes perceptibles directement ou non, correspondant à des troubles généraux ou
localisés, fonctionnels ou lésionnels, dus à des causes internes ou externes et comportant une
évolution.
La maladie est aussi la rupture de l’équilibre entre l’homme et son environnement. Il se
crée alors une perturbation dans une ou plusieurs de ses dimensions, psychologique,
physiologique, affective et sociale.
La maladie serait également l’altération d’un processus physique ou biologique et/ou le
résultat d’un dysfonctionnement psychologique et social.
Selon René Dubois : C’est tout état organique ou psychique réel ou imaginaire qui
perturbe la sensation de bien-être éprouvé par l’individu.
Pour Kozier et Erb : la maladie est définie comme étant une indisposition (malaise) tantôt
comme une déviation d’un état de santé.
Quant au dictionnaire de psychologie : la maladie est vue comme une altération de la santé
par suite de l’incapacité du corps à utiliser ses défenses organiques contre une agression
donnée ou pour résoudre ses conflits psychologiques (mental).
Caractéristiques de l’état dit « de maladie »
- La maladie fait référence à la notion de normalité/anormalité.
- Anormalité statistique: caractère de ce qui n’est pas conforme au type le plus fréquent.
- Anormalité biologique: caractère de ce qui n’est pas conforme aux lois biologiques
- Anormalité sociale : caractère de ce qui n’est pas conforme aux normes sociales d’un
groupe culturel donné
Chacun possède ses propres ressources qu’il mobilisera plus ou moins pour maintenir ou
rétablir son équilibre.
6. LE CONCEPT DE MORT

4
Dans les dictionnaires, la mort est définie comme « une fin définitive de la vie d’un être
humain, d’un animal et par extension de tout organisme biologique », « Cessation de la vie »,
«Cessation complète et définitive de la vie »,… Autrement dit le concept de mort y est
systématiquement opposé à celui de vie.
Les dictionnaires médicaux sont plus précis et ne font pas référence à la vie en tant que
telle mais nous apprennent que la mort est « l’arrêt complet et définitif des fonctions vitales
d’un organisme vivant, avec disparition de sa cohérence fonctionnelle et notamment de
l’activité électrique du cerveau (tracé électroencéphalographique plat), et destruction
progressive de ses unités tissulaires et cellulaires. » (Manuila).
Enfin, lorsque l’on demande à des personnes « Qu’est-ce que c’est la mort pour vous ? ».
En général la première réaction est une grimace, soit horrifiée, soit dubitative, soit
interloquée,
ensuite, les premières verbalisations sont plutôt anxiogènes : squelette, tristesse, disparition
définitive, cercueil, cimetière, souffrance, abandon, anéantissement, néant, éternité, etc…
L’angoisse et la peur, viennent effectivement souvent au premier plan lorsque nous
évoquons la mort : c’ est la peur de mourir dans la douleur, la peur de la nature de l’au-delà,
ou
l’angoisse d’absence d’au-delà, la peur de l’inconnu, l’inquiétude pour les proches qui
restent, l’inquiétude pour ce qui arrivera au corps, l’angoisse de mourir dans la solitude, la
peur de l’anéantissement, etc…
Alors nous avons tendance à nous réfugier derrière le tabou « on n’en parle pas… » ou
derrière une mise à distance « la mort c’est quand on est vieux ou très malade ». C’est
souvent ce que l’on répond aux petits enfants quand ils nous posent la question.
7. MODELE CONCEPTUEL
« Un modèle conceptuel est une conception, une abstraction, une façon de conceptualiser
une réalité. Un modèle conceptuel pour la profession d'infirmière est une conception de la
profession d'infirmière, une conception qui guide la pratique, la recherche, la formation et la
gestion des soins infirmiers . » (Adam, Evelyne. (1983). Être infirmière (2e éd.). Montréal)
Une discipline a besoin d’identifier les concepts centraux qui seront considérés comme
ses piliers :
- L’homme, la personne = bénéficiaire des soins infirmiers (individu, famille,
communauté ou groupe) ;
- La santé qui fait référence à l’état de bien-être éprouvé par le bénéficiaire des soins ;

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- L’environnement = l’environnement du bénéficiaire, mais également son entourage et
le contexte des soins infirmiers
- Les soins infirmiers, définis comme les actions intentionnellement menées par des
infirmières pour ou avec le bénéficiaire au regard des objectifs définis.
Avantages des modèles conceptuels :
- Cerner de façon claire le champ d’action de l’infirmière
- Organiser les soins de façon cohérente pour l’équipe
- Mieux personnaliser et humaniser les soins en répondant aux besoins de la personne
- Permettre aux soignants d’utiliser un langage commun
- Revaloriser le rôle autonome de l’infirmière
- Mettre en lumière l’apport des soins infirmiers dans le domaine de la santé.
Chapitre 2 : LES DIFFERENTS BESOINS DE L’HOMME
Définitions :
 BESOIN
Le concept besoin signifie :
- « Désir, envie, naturel où pas; état d’insatisfaction dû à un sentiment de manque »
dico le petit Larousse. Exemple: besoin de boire, de manger…
- « Ce qui est nécessaire et indispensable » dico le petit Larousse.
Pour Virginia Henderson, le besoin est une nécessité vitale que la personne doit satisfaire
afin de conserver son équilibre (se maintenir en vie et assurer son bien-être)
 LES BESOINS FONDAMENTAUX
Selon Virginia Henderson, un besoin fondamental « est une nécessité vitale essentielle à
l’être humain pour assurer son bien-être et sa préservation physique et mentale.»
De manière générale, il existe 02 grands groupes de besoins:
- Primaires de base, ou de survivance: manger et boire, éliminer, dormir, se mouvoir,
se couvrir, entendre, voir, parler.
- Secondaires, dont la satisfaction n’est pas nécessaire pour survivre mais nécessaire
pour le bien-être et l’accomplissement de la vie: amour, affection, estime de soi,
pratiquer un loisir, pratiquer une religion, avoir un métier, être reconnu socialement, se
loger, se détendre.
Peut-on classifier les besoins ?
Virginia Henderson et Abraham Maslow proposent des classifications différentes des
besoins:

6
A. Virginia. Henderson (1955): définit 14 besoins fondamentaux qui tous représentent
des aspects biologiques, physiologiques, psychologiques, culturels
Les besoins fondamentaux selon Virginia Henderson
- 1. Respirer :
 Sans gêne
 Dyspnée.
 A besoin d'aide technique (aérosol).
 Ventilation assistée.
- 2. Boire et manger
 Mange seul.
 Installation/stimulation.
 A besoin d'aide partielle et/ou surveillance.
 A besoin d'aide totale (faire manger, nutripompe, etc).
- 3. Eliminer: (urines) :
 Continence.
 A besoin d'aide (wc avec aide, urinal, bassin).
 Incontinence jour ou nuit.
 Incontinence jour et nuit.
- Eliminer: (selles) :
 Transit normal.
 A besoin d'aide (wc avec aide, bassin, laxatif).
 Incontinence, diarrhée, constipation épisodique.
 Incontinence en permanence.
- 4. Se mouvoir et maintenir une bonne posture :
 Se déplace seul.
 Se déplace avec aide (canne) ou avec une personne.
 Se déplace avec l'aide de deux personnes.
 Alité en permanence, lever interdit.
- 5. Dormir et se reposer :
 Dort naturellement.
 Dort avec aide (médicament).
 Réveils fréquents.

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 Insomnies fréquentes.
- 6. Se vêtir et se dévêtir :
 S'habille, se déshabille seul.
 A besoin du conseil d'un tiers, de surveillance.
 A besoin de l'aide partielle d'un tiers.
 A besoin d'une aide totale.
- 7. Maintenir la température du corps dans les limites normales :
 Adapte ses vêtements à la température ambiante.
 Demande à être protégé.
 Incapable d'adapter ses vêtements à la température ambiante.
 Garde les vêtements qu'on lui enfile.
- 8. Etre propre, soigné et protéger ses téguments :
 Se lave seul.
 A besoin d'être stimulé mais se lave seul.
 A besoin d'une aide partielle (une partie du corps).
 A besoin d'une aide totale pour se laver.
- 9. Eviter les dangers :
 Lucide.
 Confus et/ou désorienté épisodiquement.
 Confus et/ou désorienté en permanence.
 Coma, dangereux pour lui-même et pour les autres.
 Protégé contre toute agression, d’origine interne ou externe
- 10. Communiquer avec ses semblables :
 S'exprime sans difficulté.
 S'exprime avec difficulté (bégaiement).
 A besoin d'une aide pour s'exprimer (ardoise, interprète).
 Ne peut pas s'exprimer (aphasie), ne veut pas s'exprimer.
- 11. Agir selon ses croyances et ses valeurs :
 Autonome.
 Est découragé, exprime sa colère, son angoisse.
 Éprouve un sentiment de vide spirituel.
 Demande une assistance spirituelle.

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- 12. S’occuper en vue de réaliser :
 Autonome.
 Triste, anxieux.
 Angoissé, opposant, se laisse aller.
 Négation de soi, désespoir.
- 13. Se recréer :
 Autonome.
 Désintéressement à accomplir des activités récréatives.
 Difficulté/incapacité à accomplir des activités récréatives.
 Refuse d'accomplir des activités récréatives.
- 14. Apprendre :
- Se prend en charge.
- A besoin de stimulation (exhortation).
- Apathique.
- Refus, résignation
Il faut noter que les besoins de Virginia Henderson sont classés en 04 dimensions tel que
le montre le tableau ci-après :
1. Dimension biologique 2. Dimension spirituelle et culturelle
- Respirer - Agir selon ses croyances
- Boire et manger - S’occuper en vue de se réaliser
- Éliminer
- Se mouvoir
- Dormir et se reposer
- Se vêtir et se dévêtir
- Être propre
- Maintenir la température du corps
dans les limites de la normale
3. Dimension psychologique et sociale 4. Dimension intellectuelle
- Éviter les dangers - Se recréer
- Communiquer avec ses semblables - Apprendre
Toutefois, les besoins biologiques ont préséance sur tous les autres quand l’état de santé
du malade est grave, car il faut lever l’urgence. Après viennent les autres besoins sans un
ordre de priorité.

9
DEPENDANCE (1)
L’OMS en 1975 l’a défini comme « Un état psychique et parfois physique, résultant de
l'interaction entre un organisme vivant et un produit, caractérisé par des réponses
comportementales ou autres qui comportent toujours une compulsion à prendre le produit de
façon régulière ou périodique pour ressentir ses effets psychiques et parfois éviter l'inconfort
de son absence (sevrage). La tolérance peut être présente ou non. »
Dépendance (2)
« Sorte de rapport qui fait qu’une chose dépend d’une autres ; subordination, sujétion.» le
dictionnaire Littré
« Relation étroite et parfois réciproque , impliquant ou non une subordination . Fait pour
une personne ou un groupe de personne de dépendre de quelqu’un d’autre ou de quelque
chose, sujétion, asservissement à un produit nocif ou à une drogue dont l’absorption répétée
crée un besoin impérieux» le dictionnaire de l’académie française
Dépendance (3)
En gérontologie, la dépendance se définit comme : situation d’une personne qui en raison
d’un déficit anatomique ou d’un trouble physiologique ne peut remplir des fonctions,
effectuer des gestes essentiels à la vie quotidienne sans le concours d’autres personnes où le
recours à une prothèse, un remède, etc.
Selon Virginia Henderson la dépendance est la « non satisfaction d’un ou de plusieurs
besoins de l’être humain par les actions inadéquates qu’il accomplit ou qu’il est dans
l’impossibilité d’accomplir en vertu d’une incapacité ou d’un manque de suppléance ».
C’est aussi « l'incapacité où se trouve la personne d'adopter des comportements appropriés
ou d'accomplir elle-même sans aide les actions qui lui permettraient en fonction de son état
d'atteindre un niveau acceptable de satisfaction de ses besoins. »
- Manifestation de dépendance
Elles peuvent être subjectives ou objectives selon qu’elles sont exprimées par la personne
elle-même ou observées par l’infirmière. Elles se traduisent par :
- Ses plaintes :
 Des symptômes indiquant une perturbation d’ordre physique : sécrétion de toux,
déshydratation, d’ordre psychologique (anxiété, peur, chagrin) d’ordre social
(solitude, difficulté de communication) ou d’ordre spirituel.
 Les habitudes de vie qui nuisent à la santé (tabagisme, alimentation pauvre en
fibre, sédentarisme)
- Cause de la dépendance
10
Pour Virginia Henderson, les causes de dépendances sont tout simplement les sources de
difficulté ou les facteurs d’influence de la satisfaction des besoins dans leurs différents aspects
physiques, psychologiques socioculturels et spirituels.
Dépendance des personnes âgées
Le problème des personnes âgées dépendantes représente une des préoccupations
essentielles de l’infirmière chargée de s’en occuper lors d’une éventuelle hospitalisation.
Causes de cet état de dépendance
Elles ne sont pas uniquement somatiques, elles peuvent être aussi psychologiques et/ou
sociales. Le plus souvent, il y a une intrication de différents facteurs, ce qui rend l’analyse et
la prise en charge thérapeutique d’autant plus délicates.
Causes somatiques : ce sont des maladies invalidantes : coxarthrose, paralysie,
amputation, maladies de longue durée.
L’incontinence urinaire : cette pathologie est une invalidité dans un premier temps, la
personne âgée réagit avec la honte et cache ses difficultés. Il s’agit alors d’un authentique cas
de dépendance.
Les causes sensorielles : les troubles visuels : cataracte, glaucome et les troubles auditifs
(hypoacousie, diminue l’autonomie individuelle et surtout majore l’isolement).
LES 5 NIVEAUX DE LA DEPENDANCE SELON VIRGINIA HENDERSON
- Niveau 0: la personne satisfait ses besoins et/ou utilise et gère seule un dispositif de
soutien
(TTT-Prothèse -appareillage)
- Niveau 1: la personne a besoin temporairement de quelqu'un pour lui enseigner
comment faire pour parvenir à satisfaire ses besoins
- Niveau 2: la personne a besoin d'aide pour gérer un dispositif de soutien
- Niveau 3: la personne doit compter sur quelqu'un pour accomplir les actions
nécessaires à la satisfaction du besoin et/ou y participe.
- Niveau 4: la personne doit compter sur quelqu'un pour accomplir les actions
nécessaires à la satisfaction du besoin; elle y participe à peine
- Niveau 5: la personne doit s'en remettre entièrement à quelqu'un d'autre pour
satisfaire ses besoins; elle n'y participe aucunement.
Les sources de difficulté
Les sources de difficulté, selon Virginia Henderson sont au nombre de 4 :
 Ordre physique : deux types distincts :

11
- Les difficultés propres à l’individu comme les maladies (sources intrinsèques) : par
exemple une insuffisance respiratoire est une difficulté pour maintenir une
oxygénation satisfaisante de l’organisme ;
- Les difficultés liées à l’environnement extérieur comme la présence d’un matériel
thérapeutique (sources extrinsèques) : par exemple un plâtre visant à traiter une
fracture
qui complique les déplacements.
 Ordre psychologique : par exemple un stress important qui empêche une personne de
se concentrer ou de s’exprimer normalement ;
 Ordre sociologique, environnemental et spirituel : toutes les relations avec le
monde extérieur peuvent avoir un impact sur la santé. Par exemple, la santé d’une
personne qui perd son emploi, qui vit dans une ville polluée ou qui est isolée
familialement, sera fragilisée ;
 Ordre cognitif : si la personne connaît ses limites personnelles ou les contraintes
extérieures, elle pourra éviter les situations de déséquilibre.
L'INDÉPENDANCE
Selon Virginia Henderson « L'indépendance correspond à un niveau de satisfaction des
besoins de la personne qui adopte, en fonction de son état des comportements appropriés ou
qui accomplit elle-même des actions sans l'aide d'autrui. »
Manifestations d'indépendance
Ce sont les indices, les signes qui permettent de déterminer l'indépendance par rapport à
chaque besoin (ex: dormir, se reposer, Mr X dort en moyenne 6 heures / nuit)
8. AUTONOMIE
« Une personne autonome est capable d’agir par elle-même , de répondre à ses propres
besoins sans être influencée » Dictionnaire de l’Académie Française
L’autonomie se définit aussi comme la « possibilité pour une personne d’effectuer sans
aide les principales activités de la vie courante, qu’elles soient physiques, mentales, sociales
où économiques et de s’adapter à son environnement ». Dico des personnes âgées, de la
retraite et du vieillissement.
Selon Eric Berne, « L'autonomie correspond à l'utilisation par la personne de ses capacités
de conscience, de spontanéité. »
La personne autonome accepte :
- La responsabilité de ce qu'elle vit,
- Prend ses décisions en fonction de ses critères personnels et non plus pour s'adapter,
12
- Vit ses sentiments authentiques et les exprime selon ses choix,
- Perçoit l'autre et elle-même comme une personne qui a le droit d'exister et d'être
respectée ».
LES BESOINS FONDAMENTAUX SELON ABRAHAM MASLOW
[Link] (1970) présente les besoins dans un ordre hiérarchique allant des besoins
physiologiques et de survie à ceux d’estime de soi ,les premiers devant être satisfaits avant de
pouvoir prendre les autres en compte:
PYRAMIDE DE MASLOW

- Les besoins physiologiques sont directement liés à la survie des individus ou de


l'espèce. Ce sont typiquement des besoins concrets (faim, soif, sexualité…)
- Le besoin de sécurité consiste à se protéger contre les différents dangers qui nous
menacent. Il s'agit donc d'un besoin de conservation d'un existant, d'un acquis. Il
s'inscrit dans une dimension temporelle.
- Le besoin d'appartenance révèle la dimension sociale de l'individu qui a besoin de se
sentir accepté par les groupes dans lequel il vit (famille, travail, association…). Ce
besoin appartient au pôle « relationnel » de l'axe ontologique (connaissance de l’être
en tant qu’être).
- Le besoin d'estime de soi prolonge le besoin d'appartenance. L'individu souhaite être
reconnue en tant qu'entité propre au sein des groupes auxquels il appartient.
- Le besoin de s'accomplir (ou de réalisation de soi) est selon Maslow le sommet des
aspirations humaines. Il vise à sortir d'une condition purement matérielle pour

13
atteindre l'épanouissement. Nous le considérons donc comme antagoniste aux besoins
physiologiques.
Ces deux approches constituent une conception particulière de l’homme: système de
valeurs où se discerne une certaine vision de l’homme et de la société.
Bien d’autres modèles existent plus ou moins restrictifs, jusqu’à une vision plus globale.
Chapitre 3 : LES DIFFERENTES PHASES DE LA MALADIE
A. LES MALADIES INFECTIEUSES
Les maladies infectieuses sont des maladies dues à des êtres vivants microscopiques, dont
les bactéries, les virus et les parasites. Elles sont fréquentes chez les enfants, car leurs
systèmes immunitaires sont plus fragiles. Puisque ces maladies sont contagieuses, certaines
mesures sont conseillées : l’hygiène, la vaccination et parfois l’éviction scolaire, c’est-à-dire
que l’enfant infecté ne viendra pas en classe, jusqu’à sa guérison.
La maladie évolue en plusieurs stades :
1. L’INCUBATION
Est la période comprise entre le moment de la pénétration du germe dans l’organisme et la
survenue des premiers signes cliniques. Elle répond à la modification du germe, à
l’élaboration éventuelle de sa toxine et à sa fixation à distance.
2. L’INVASION
Est la période qui s’étend depuis l’apparition des premiers symptômes jusqu’à la période
d’état.
3. LA PERIODE D’ETAT
Est la période pendant laquelle les signes sont au maximum ; ces signes dépendent du
microbe, mais également de la réaction de l’organisme.
A compter de ce moment-là, elle peut soit :
 Ne plus évoluer
 Régresser spontanément ou sous l’effet de traitement ;
 Continuer à s’aggraver ;
- La phase terminale de la maladie : c’est l’ultime phase qui peut soit :
 La guérison avec disparition des symptômes
 La stabilisation : la maladie n’évolue plus mais elle ne guérira pas ;
 Un stade terminal, si le processus pas été continu ;
Ces phases restent théoriques car chaque maladie a son cycle propre avec les étapes précises ;

14
- Les rechutes : ce sont de nouvelles évolutions pathologiques faisant suite à une
première affection
B. LES DIFFERENTES PHASES DU CANCER
- Stade 1: la tumeur est unique et de petite taille.
- Stade 2: la tumeur est plus volumineuse.
- Stade 3: la tumeur envahit les ganglions lymphatiques ou les tissus avoisinants.
- Stade 4: présence de métastases dans d'autres organes à distance de la tumeur
d'origine.
Chapitre 4 : LES DIFFERENTES DIMENSIONS DE SOINS
 LE SOIN
- Prendre soin, c’est s’occuper de…
Définition ensemble de moyens hygiéniques, diététiques mis en œuvre pour conserver ou
rétablir la santé.
- Cinq dimensions du soin:
 EDUCATIVE: éduquer c’est aider l’individu à faire ses propres choix, en
connaissance de cause, à prendre des décisions qui l’engage lui et les autres
 PRÉVENTIVE: c’est l’ensemble des mesures visant à éviter ou à réduire le
nombre ou la gravité des maladies, accidents ou handicaps
 CURATIVE: ce sont les soins efficaces, susceptibles d’amener la guérison ou
d’éviter les complications
 DE MAINTENANCE: vise à assurer les soins d’entretien et de continuité de la vie
dans des conditions optimales : confort, soulagement, soins palliatifs
 DE REABILITATION : le soin est une façon de compenser une perte d’autonomie
tout en préservant le potentiel existant : réinsertion sociale et professionnelle
Trois dimensions du « soin de prévention »:
- Primaire: c’est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour empêcher l’apparition d’un
trouble, d’une pathologie ou d’un symptôme
- Secondaire: c’est la prise en charge du problème au tout début de l’apparition du
trouble qui peut être enrayé, ce sont tous les actes destinés à réduire le nombre de
personnes présentant la maladie
- Tertiaire: elle vise, après amélioration ou stabilisation de l’état de santé de la personne,
à éviter les rechutes, réduire les incapacités et les complications

15
Chapitre 5 : LES ATTITUDES CULTURELLES FACE A LA SANTE ET A LA
MALADIE
La culture englobe les croyances et les comportements qui définissent les valeurs des
communautés et groupes sociaux. Chaque infirmière a son propre bagage culturel et la plupart
des infirmières qui exercent au Cameroun ont l'habitude de prodiguer des soins à des patients
d'origines diverses. Par ailleurs, les infirmières sont de plus en plus conscientes de l'influence
de la culture sur la pratique et sur les résultats des soins pour la santé.
La culture se manifeste sous la forme de signes apparents ou non. Les signes apparents
sont notamment la langue, la tenue vestimentaire, l'alimentation et les rituels. Les signes non
apparents sont notamment la perception du temps, les notions de pudeur, les réactions envers
l'espace physique et la gestion des émotions.
Au Cameroun, patients et infirmière sont issus de nombreuses cultures différentes. Par
conséquent, il est possible d'offenser une personne sans le vouloir, en n'étant pas conscient
d'un indice, ou en ne comprenant pas un point de vue culturel. De la même manière, même si
un patient semble parler couramment la même langue que son infirmière, il est possible que
cela soit la deuxième, voire la troisième langue de ce patient, ce qui rend possible les
malentendus. Aussi, il peut être utile d'avoir recours à un interprète fiable. Les infirmières
doivent toutefois faire preuve de prudence lorsqu'un ami ou un membre de la famille joue ce
rôle, car il pourrait influencer ou entraver la discussion.
La culture influence la santé et la prise en charge de la maladie. La problématique
culturelle peut parfois accroître les risques ou influencer les soins. Ainsi, la culture peut
influencer les croyances sur l'étiologie de la maladie. Elle peut également influencer la
participation à certaines activités de promotion de la santé ou la consultation sur différents
problèmes de santé, ainsi que le suivi ou non des options thérapeutiques.
La culture peut également influencer l'approche d'un patient à l'égard du respect des
rendez-vous médicaux. Certains patients préfèrent ne pas être informés qu'ils sont en phase
terminale ou encore qu'il risque d'y avoir des répercussions liées à leur refus de subir une
intervention. Les patients membres des Premières Nations peuvent consulter à la fois un
médecin et un guérisseur traditionnel.
La culture peut également influencer les habitudes alimentaires et les rituels de jeûne,
même lorsqu'une alimentation est d'importance vitale pour la guérison et les fonctions
physiologiques dans leur ensemble. Elle peut également jouer un rôle sur le niveau de
l'influence familiale dans les décisions relatives aux soins d'un patient. Selon la culture, les
différences entre les sexes pourront également avoir une influence sur la santé d'un patient et
16
le résultat des soins pour la santé. De la même manière, il peut exister des différences entre les
hommes et les femmes qui cherchent à obtenir des soins pour des problèmes de santé
mentale. Ceci ne représente que quelques exemples des effets possibles de la culture sur les
comportements et les choix de santé d'un individu.
Même s'il est fréquent de parler de prise de conscience culturelle ou de sensibilité
culturelle, les infirmières et les autres professionnels de la santé reconnaissent de plus en plus
l'importance de respecter les différences de culture et d'avoir une pratique sécuritaire sur le
plan culturel.
La culture et les soins prodigués par les infirmières
En plus du devoir de diligence(attention) fondé sur la relation entre une infirmière et
son patient, la culture et les croyances d'une infirmière peuvent influencer sa capacité à
répondre à certaines demandes de soins dans les situations non urgentes. Les infirmières ne
doivent pas exercer de discrimination envers les patients sur la base notamment du sexe, de
l'origine ethnique, de la religion ou de l'orientation sexuelle. Toutefois, elles peuvent adresser
le patient à un autre personnel si elles pensent que cela est dans l'intérêt médical du patient.
1. Compétence culturelle
Sont considérés « culturellement compétents », les infirmières qui utilisent leurs
connaissances et habiletés pour prodiguer des soins de santé efficaces à des patients d'origines
culturelles diverses. Cette compétence nécessite à la fois des connaissances, des convictions et
la capacité d'agir. La compétence culturelle clinique comporte le fait d'être conscient de son
propre bagage socio-culturel et de celui d'un patient, et d'utiliser des habiletés et stratégies qui
se focalisent sur des interventions thérapeutiques culturellement appropriées. Elle comporte
également une compréhension du déséquilibre des pouvoirs entre infirmières et patients et de
la façon de permettre aux patients de devenir, le cas échéant, des partenaires plus actifs dans
les soins de santé qui leur sont prodigués.
Une absence de compétence culturelle peut avoir des répercussions sur la sécurité des
patients et influencer les résultats des soins pour la santé. Il n'y a qu'à songer aux
hospitalisations à répétition, aux erreurs de diagnostic, à la prescription d'examens inutiles ou
inappropriés, ou encore à l'incompréhension des patients à l'égard des protocoles de
traitement. Les infirmières peuvent exercer de manière plus respectueuse des différences
culturelles en :
- Étant conscient de la manière dont les valeurs et biais culturels potentiels de chaque
individu peuvent influencer les interactions avec les patients et les familles de cultures
diverses.
17
- Démontrant de la compréhension et de la réceptivité à l'égard des différentes valeurs
et cultures.
- Adaptant, si possible, le style de pratique permettant d'individualiser les besoins des
patients et des familles.
- Collaborant de façon respectueuse avec des personnes d'origines diverses.
- Continuant d'en apprendre davantage sur la culture et son incidence sur les
professionnels de la santé, les patients et leur famille adoptant des pratiques médicales
inclusives.
Il est non seulement attendu des infirmières et des autres professionnels de la santé
qu'ils prodiguent des soins respectueux des différences culturelles, mais cette attente porte
également de plus en plus sur les établissements de santé eux-mêmes. Ceci implique que des
connaissances et des comportements sécuritaires sur le plan culturel doivent être vivement
encouragés au sein même de ces établissements. Ainsi, ces organisations peuvent promouvoir
des valeurs, principes et structures permettant de travailler en contexte interculturel; de
reconnaître et respecter les contextes culturels des communautés desservies; et de faire
systématiquement participer aux soins prodigués les patients, leur famille et leur communauté.
Étant donné la place importante qu'elles occupent au sein du système de santé, les infirmières
peuvent devenir d'efficaces pionniers en compétence culturelle parmi les professionnels de la
santé et dans les établissements de soins. Parmi les stratégies visant à améliorer la compétence
culturelle clinique des infirmières, il est notamment possible de discuter de ce sujet pendant
l'orientation d'un stagiaire, lors d'une séance scientifique, d'une réunion départementale
interprofessionnelle ou dans le cadre d'ateliers spécialisés. Les informations et les
présentations devraient être adaptées à la problématique culturelle associée à certaines
spécialités telles que la pédiatrie et les soins palliatifs.
2. Sécurité culturelle
Les concepts de conscience, de sensibilité et de compétence culturelle contribuent à la
sécurité culturelle, mais ils ne suffisent pas. La sécurité culturelle se fonde sur des actions
permettant une pratique sécuritaire telle que définie par les patients eux-mêmes.
Il est possible d'atteindre une sécurité culturelle en construisant des relations qui visent
à accroître les possibilités et les choix d'accès aux soins de santé des individus, des groupes et
des communautés. Ceci sous-entend qu'une relation de confiance respectueuse des différences
individuelles s'est instaurée entre l’infirmière et son patient. Dans de nombreux cas, le
professionnel de la santé et le patient doivent comprendre et prendre en compte les différences
de l'un et l'autre.
18
Lorsqu'il prodigue des soins à ses patients, une infirmière qui adopte une pratique
sécuritaire sur le plan culturel garde à l'esprit qu'il existe différents points de vue. Cela signifie
qu'il s'interroge sur les renseignements obtenus sur les personnes à qui elle prodigue des soins,
ainsi que sur son propre bagage culturel. La qualité et la sécurité des soins s’améliorent
lorsque ces connaissances se traduisent en actions et pratiques précises. Les infirmières
doivent également démontrer et encourager cette approche dans le cadre de soins prodigués en
équipe. Comme dans toute évaluation de la qualité des soins de santé, la personne bénéficiant
de soins est également celle qui décide si ces soins ont été respectueux de sa culture.
« L'objectif de toute infirmière dans les soins de première ligne est d'utiliser la
conscience de soi (connaissance) pour permettre une rencontre avec le patient que ce dernier
considérera comme respectueuse de sa culture ».
3. Réduire le risque au minimum
Respecter les patients est essentiel pour réduire au minimum les risques de désaccord
ou de malentendu liés à la culture. Les infirmières devraient envisager les pratiques
suivantes :
- Favoriser une forte relation infirmière-patient en adoptant une approche aux soins des
patients « délibérément inclusive ». Ceci diminue le risque d'avoir involontairement
adopté une approche « accidentellement exclusive ».
- Traiter toute rencontre avec un patient comme potentiellement interculturelle.
- Être à l'affût de barrières linguistiques potentielles, en particulier lors d'entretiens dans
la deuxième ou troisième langue du patient. Un interprète de confiance peut être mis à
contribution si la situation s'y prête. Cependant, les infirmières devraient jouer de
prudence et réfléchir avant de se fier à des amis ou des membres de la famille, qui
pourraient nuancer la discussion de leur propre interprétation.
- S'enquérir des croyances d'un patient au sujet de sa maladie, des raisons de sa maladie
et de ses questions sur le traitement.
- Demander au patient comment il souhaite être traité et comment les soins peuvent être
prodigués en tenant compte de ses sensibilités culturelles.
- Prendre conscience de la façon dont les limites professionnelles (c.-à-d. les limites à la
relation entre une infirmière et son patient) sont perçues.
- Documenter au dossier infirmier tout accommodement culturel accordé au patient.
- S'appuyer sur un tiers ou sur un intermédiaire culturel lorsque les différences
culturelles engendrent des situations difficiles ou sensibles sur le plan émotif, telles
que les conflits de valeurs entre les générations.
19
4. Trouver le bon équilibre
Même si la plupart des infirmières souhaitent respecter la culture de tous leurs patients
et collaborer avec eux pour planifier les soins en conséquence, elles doivent s'assurer de
fournir des soins compétents et qui satisfont les normes de pratique au Cameroun. Il est tout
aussi important d'accorder des accommodements sur la base de la diversité culturelle, que de
respecter les choix de soins d'un patient. Les infirmières doivent, en toute circonstance,
fournir des conseils aux patients sur le traitement et les soins en vertu de solides motifs et
principes médicaux. L'obligation d'obtenir un consentement éclairé revient toujours à
l’infirmière qui effectuera les soins ou une recherche quelconque.
5. Dernière réflexion
Les infirmières sont souvent reconnues pour leur compréhension et leur respect des
patients, y compris ceux dont le bagage culturel diffère du leur. Compréhension et respect
seront utiles au corpus des infirmières pour que leur pratique soit sécuritaire sur le plan
culturel et respecte les différences de culture. Encourager la mise en œuvre d'une telle
pratique infirmière représente l'engagement d'une vie. Il en est dans l'intérêt évident des
patients comme des infirmières.
C’est pour ces raisons que les modèles conceptuels en soins infirmiers parlent de la prise
en soin biopsychosocial, culturel et spirituel. Par ailleurs, le principe N° 6 de la
communication rapporte que : la communication pour la santé ne doit pas :
- Toucher les attitudes ou des pratiques neutres (qui ne portent pas à conséquence pour
la santé) ;
- Toucher les attitudes ou des pratiques dont les conséquences sur la santé ne sont pas
bien déterminées ou connues.
Chapitre 6 : LES DIFFERENTS MODELES CONCEPTUELS
Un modèle conceptuel pour la profession d'infirmière est une conception de la profession
d'infirmière, une conception qui guide la pratique, la recherche, la formation et la gestion des
soins infirmiers . »
1. FLORENCE NIGHTINGALE
La dame à la lampe (tournées nocturnes dans les salles d’hôpital). C’est la première à
s’interroger sur les soins infirmiers.
a) Conception de l’homme :
Il est considéré comme un instrument passif de la nature. «être en santé ne se résume pas
seulement à se sentir bien (sans maladie) mais à pouvoir utiliser toutes ses ressources (niveau
optimal de fonctionnement) L’IDE doit «mettre le patient dans les meilleures conditions
20
possibles, afin que la nature puisse faire son œuvre sur lui». Afin que le patient mobilise son
énergie vitale pour la guérison, l’IDE veille à maintenir le patient dans un environnement sain
et propre.
b) Extrait du serment de FLORENCE NIGHTINGALE
Je m’engage solennellement devant Dieu et en présence de cette assemblée, à mener une vie
intègre et à remplir fidèlement les devoirs de ma profession. Je m’abstiendrai de toute
pratique délictueuse ou malfaisante. Je ferai tout en mon pouvoir pour élever le niveau de ma
profession et garderai en confiance les choses privées qui me seront confiées et tous les
secrets de famille que la pratique de mon service me ferait connaître
c) Pour elle, les soins consistent à appliquer les règles d’hygiène alimentaire et d’assurer
de jour comme de nuit à chaque malade, le confort physique et moral.
Elle créa le concept d’une pensée IDE autonome, complémentaire à la médecine mais
indépendante. Influence pour la création des 1ères écoles d’IDE
2. HILDEGARDE PEPLAU 1952 SA THEORIE
a) Conception de l’être humain:
Etre dynamique. «L’importance des relations interpersonnelles en soins infirmiers». La
théorie «existentielle» pour H. PEPLAU démontre que l’aspect fondamental des soins
infirmiers réside dans la relation infirmier/ patient. (Travaux qui ont servis pour les soins
infirmiers en psychiatrie). L’homme ne peut se développer et s’épanouir que s’il est en
interaction avec autrui ou avec son environnement. Le patient est partenaire de santé.
b) Sa conception de la santé :
Les soins infirmiers doivent être l’objet d’une approche individuelle «tous pareils, en
même temps tous différents» Sa théorie repose sur deux hypothèses: la personnalité de l’IDE.
Une des fonctions = développement de la personnalité
c) But des soins infirmiers :
Axer le développement de la personnalité, vers une vie créative, constructive et productive
pour l’individu et pour la communauté. (Il n’y a pas de mauvaise expérience, il y a
expérience! Ceci aussi bien du côté soignant, que soigné). Chacun possède en lui des
richesses, en termes de capacités, de possibilités, ce sont des tendances naturelles à aller plus
haut, dans le sens d’avancer (maturité personnelle et professionnelle).
d) Ce qui faut retenir d Hildegarde PEPLAU
Elle incite les infirmier (e)s à développer de meilleures capacités d’observation et de
communication. Elle insiste sur la nécessité d’enregistrer les données recueillies pour un bon
suivi du client. Cette recherche d’équilibre parfait génère des sentiments de bien-être, de joie
21
mais aussi d’anxiété et de solitude (avoir une réponse adaptée selon le cas, savoir être, savoir
dire).
Ce qui différencie une personne d’un autre. Une identité, une individualité
3. Martha ROGERS 1961
a) Sa théorie : Elle se base sur 5 énoncés scientifiques.
- L’être humain est tout unifié.
- Il est en interaction avec son environnement.
- Le processus de vie évolue d’une manière irréversible et unidirectionnelle.
- Il est capable de s’adapter aux différentes étapes et évolutions de sa vie et peut se
permettre d’opérer des choix. (accomplir une action, effectuer une suite ordonnée
d’actes, discernement)
- Il est capable d’abstraire (s’isoler pour réfléchir), de représentation (rendre
perceptible), de parler, de penser et de s’émouvoir (peut avoir une émotion, avoir une
sensibilité)
Théorie qui se fonde sur le processus de vie, synonyme de créativité (inventivité,
innovation). L’Homme est en interaction avec son environnement et l’évolution de l’espèce
humaine se fonde sur une diversification des cultures et des pratiques. L’homme et son
environnement échangent continuellement de la matière et de l’énergie. Les événements dans
la vie de l’homme sont toujours uniques, ils ne peuvent se répéter de façon identique (à la
deuxième expérience, on a retenu quelque chose de la première )
b) But des soins
Promouvoir l’harmonie entre l’homme et son environnement. Renforcer la notion de
l’HUMAIN. Aider l’être humain à atteindre un état de santé physique, mental et social
4. DOROTHY E. JOHNSON 1960
a) Sa conception de l’Homme : «il est un système comportemental composé de 8 sous-
systèmes, le tout formant un système global : l’affiliation (adhésion d’une personne à
un groupe), accomplissement (exécuter), la dépendance, l’agressivité, l’élimination (,
ingestion, rétablissement.
b) But des soins
Equilibre et stabilité du système comportemental.
c) Rôle de l’infirmière
Régulation (maintenir en équilibre) et contrôle de la stabilité et de l’équilibre du système
comportemental.
d) Source de difficulté
22
Stress fonctionnel et structural. (Maintien d’un état d’équilibre aux changements de
l’environnement (hippocampe)
e) Centre de l’intervention
1. Les mécanismes de contrôle et de régulation
2. Les impératifs fonctionnels (mécanismes de résistance)
f) Les modes d’intervention
Faciliter, inhiber (empêcher, entraver), défendre, empêcher
g) Les conséquences
Comportement efficace et efficient
5. DOROTHEA OREM 1971
a) L’Homme :
Unité pouvant être perçue comme fonctionnant biologiquement symboliquement et
socialement qui entreprend ainsi que réalise des activités d’autonomie de soins de sa part,
pour maintenir vie, santé capable d’autosoins qui permettent le maintien de la vie, santé et
bien-être ; l’air, l’eau, l’alimentation, l’élimination, l’activité et le repos, la solitude et
l’interaction sociale, les risque de la vie et le bien-être , la normalité.
b) But des soins
Atteinte de l’autonomie complète dans les soins du client de façon à ce que celui-ci puisse
atteindre et maintenir un état de santé optimal.
c) Rôle de l’infirmière
Aider à influencer sur le développement de la capacité de l’être humain à atteindre un
niveau optimal d’autosoins.
d) Source de difficulté
Toute interférence avec les autosoins comme par exemple, une personne, un objet, une
condition, un évènement ou une circonstance ou toute combinaison d’interférences.
c) Centre d’intervention
Incapacité à maintenir l’autonomie dans les soins (déficit dans l’organisme d’autosoins)
d) Mode d’intervention
Cinq façons générales d’aider ou travailler à aider, guider, soutenir, fournir un
environnement propice au développement, enseigner.
e) Conséquences
Atteinte chez l’être humain d’un état optimal d’autonomie dans les soins.

23
Trois types d’autosoins : autosoins universels (air, eau, nourriture, repos ), autosoins
évolutifs (selon les différentes étapes de la vie), autosoins d’adaptation : soins en rapport avec
une perturbation de la santé.
6. CALLISTA ROY 1970
a) Sa conception de l’homme :
C’est un être biopsychosocial, en interaction permanente avec un environnement
changeant. Pour s’adapter, l’homme met en œuvre des mécanismes innés et acquis, la santé et
la maladie sont incontournables dans sa vie, il s’adapte si le stimulus est efficace. Pour
atteindre ses objectifs individuels, l’homme met en œuvre des processus adaptatifs internes
Modèle qui s’inspire de la théorie générale des systèmes, de la théorie des niveaux
d’adaptation, et des éléments de la théorie interactionniste.
b) Les soins infirmiers sont surtout centrés sur le patient qui est appelé à répondre au
stimulus présent à cause de sa position sur le continuum santé-maladie.
c) But des soins :
Promouvoir les modes d’adaptation: (Besoins physiologiques, image de soi (image
mentale qui décrit la personnalité physique et psychologique ), estime de soi (regard que l’on
porte sur soi et l’appréciation de sa valeur et son importante), maîtrise des rôles, relations
d’interdépendance). L’action de l’IDE est d’évaluer les compétences du patient, l’aider à
utiliser les mécanismes innés et acquis, permettre au patient de conserver son énergie
employée à la guérison.
7. NANCY ROPER 1976
L’être humain aspire à la réalisation de soi (besoin de se réaliser, de se mettre en valeur :
échelle de Maslow). Elle décrit un continuum, allant de la dépendance à l’indépendance.
a) Sa conception de l’homme :
Il est un système ouvert en relation permanente avec son environnement. Il s’adapte, croît,
se développe, tend vers l’indépendance. L’homme est caractérisé par les activités qu’il
entreprend. L’homme se réalise pleinement par ces quatre groupes d’activités :
- Les activités de la vie quotidienne
- Les activités visant à la prévention; à l’indépendance maximale
- Les activités visant à la recherche du confort, du bien-être physique, psychique et
social,
- Les activités de recherche et poursuite des buts.
Modèle qui appartient à la tendance existentielle, il y a prise en compte de la réalité
immédiate et concrète. L’être humain aspire à la réalisation de soi. L’être humain est un
24
«système ouvert» en relation permanente avec son environnement. Il s’adapte, croît, se
développe, tend vers l’indépendance. Modèle utilisé dans quelques pays d’Europe
Toile d’araignée 4 groupes d’activités:
- AVQ, activités de la vie quotidienne,
- Activités visant à la prévention et l’indépendance
- Activités visant à la recherche de confort, de bien-être physique, psychologique et
social,
- Activités de recherche et de poursuites de but.
b) But des soins IDE
Promouvoir l’acquisition, maintenir ou restaurer l’indépendance maximum pour chaque
patient au niveau des groupes d’activités.
c) Interventions infirmières:
- Évaluer les capacités d’indépendance de la personne
- Fixer les objectifs avec le patient (court, moyen et long terme)
- Aider le patient à les atteindre
- Évaluer le gain d’indépendance (échelle)
8. Marjorie GORDON 1980
a) Sa conception de l’Homme au plan holistique.
Les êtres humains ont un potentiel pour contribuer à leur qualité de vie, et à la réalisation
de leurs possibilités.
Sa théorie : Elle se centre sur le diagnostic infirmier (taxonomie) Taxonomie : (taxis :
ordre, nomos : loi) Science des lois de la classification, classification d’éléments concernant
un domaine, une science
Théorie qui s’inspire du concept de diagnostic infirmier. M. GORDON s’est énormément
investi dans les travaux récents de taxonomie ainsi que dans de multiples publications visant à
une plus grande connaissance infirmière. Théorie qui adhère au concept de l’homme
holistique.
L’altération des fonctions de la santé peut entraîner une maladie.
b) But des soins infirmiers:
- Prévenir, quand cela est possible, une altération des fonctions de santé
- Promouvoir les fonctions de la santé et les rendre productives, créatives.
- Restaurer les fonctions de santé altérées.
- L’IDE doit identifier les manques, formuler des diagnostics après recueil de données
c) Interventions infirmières:
25
La description et l’évaluation des fonctions de santé permettent à l’infirmier (e)
d’identifier les fonctions efficientes en termes de ressources du client, et celles qui se trouvent
altérées, formulées en termes diagnostic infirmier. L’organisation du recueil d’informations
est capitale pour l’évaluation de la santé et la formulation des hypothèses diagnostiques.
d) 11 fonctions de la santé: perception et gestion de la santé, nutrition et métabolisme,
élimination, activité et exercice, processus cognitifs et perceptifs (distinguer les objets
entre eux), sommeil et repos, perception et conception de soi (croyances à propos de
soi-même), rôle et relations, sexualité et reproduction, adaptation et tolérance au
stress, valeurs ( ce en quoi une personne est digne de soi) et croyances.
9. VIRGINIA HENDERSON Théorie publiée en 1955 :
a) Homme = un être entier, complet et indépendant. Décrit l’homme avec 14 besoins
fondamentaux(b.f.) que toute personne doit pouvoir satisfaire pour être en santé. Ces
besoins prennent compte les diverses composantes de l’être humain, c’est-à-dire les
aspects biologique, psychologique, culturel et social.
b) Concept «santé» et «environnement» restent peu explicites
c) But des soins infirmiers:
Aider le patient à recouvrer son indépendance; quand cela n’est plus possible, retrouver
une zone d’indépendance en dépit du handicap. (Réhabilitation). Le recensement des
manifestations de dépendance pour chacun des 14 besoins, facilite l’identification et la mise
en œuvre d’actions appropriées.
d) Interventions infirmières:
Elles consistent en la réalisation d’actions complémentaires à celles du patient, pour les
activités de la vie quotidienne. «aider au maintien ou au recouvrement de la santé par
l’accomplissement de tâches dont l’individu s’acquitterait lui-même s’ il en avait la force, la
volonté, les connaissances voulues et l’aider à reconquérir son autonomie le rapidement
possible».
e) Source de difficulté :
Manque de force, de volonté ou de connaissances.
f) Centre d’intervention
Le déficit.
g) Mode d’intervention
Remplacer, compléter, substituer, renforcer, augmenter.
h) Conséquences

26
1. Indépendance plus grande dans la satisfaction des 14 besoins fondamentaux de l’être
humain
2. Mort sereine.
Chapitre 7 : INTRODUCTION DE LA NOTION DE DEMARCHE DE SOINS
a) Généralités :
La démarche de soins consiste à effectuer toute la réflexion nécessaire pour repérer les
problèmes de soins infirmiers et leur trouver des solutions efficaces et personnalisées.
Les infirmier (e)s s’occupent des réactions humaines à des problèmes de santé et des
processus de vie des personnes, des familles, des groupes et des collectivités.
La notion de démarche en soins aide à décrire les étapes suivies par l’infirmière lors de la
planification et de l’application des soins. Elle s’apparente à la méthode scientifique et au
processus de résolution des problèmes. Contrairement aux autres méthodes, cette démarche
met l’accent sur la solution des problèmes actuels présentés par le client et leur famille en
utilisant les connaissances et les habiletés déjà accessibles.
Cette démarche se distingue par 04 caractéristiques :
- Elle est planifiée ;
- Elle est centrée sur le client, sur les familles ou sur la communauté ;
- Elle est orientée vers le problème à résoudre ;
- Elle est dirigée vers l’atteinte des objectifs.
b) Définitions de la démarche des soins.
C’est le « Processus de recueil de données et d’analyse de situations de soins, qui
permet d’identifier les réactions des personnes face à la maladie, au traumatisme, au
handicap, à un problème d’environnement ; ces réactions sont nommées en termes de
diagnostic infirmier (dont la finalité est d’ajuster les soins aux besoins des personnes
soignées) » J. Charrier, B. Ritter.
C’est une méthode systématique utilisée pour identifier les problèmes de santé des clients,
pour élaborer des plans d’actions en vue de les résoudre, pour mettre en œuvre ces plans ou
les déléguer à des personnes ressources et, finalement pour évaluer l’efficacité de ces
interventions en fonction des problèmes identifiés. Elle doit impliquer le client et sa famille
afin de répondre à ses besoins spécifiques.
C’est aussi, un processus rationnel qui est composé de diverses étapes qui se suivent selon
un certain ordre donné et qui forme un tout logique.

27
Selon Lise Riopelle (1982): c’est aussi une approche systématique qui permet à
l’infirmier ayant adhéré à un modèle conceptuel en soins infirmiers d’intervenir dans « ici et
maintenant » d’une façon rationnelle par son caractère dynamique, à la continuité des soins.
Pour Margot Phaneuf (1985), c’est un processus intellectuel composé de diverses étapes
logiquement ordonnées ayant pour but le bien-être du client, Utilis2e de façon rigoureuse, elle
est en fait une méthode systématique qui permet de recueillir l’information nécessaire, la
traiter, de la concrétiser par des interventions adéquates et en évaluer les résultats.
Quant à Yura et Walsh (1973) c’est un processus systématique de détermination des
problèmes, d’élaborer les plans pour les résoudre, entreprendre les actions pour les assigner à
d’autres et évaluer dans quelle mesure le plan est efficace pour résoudre les problèmes du
client.
DEMARCHE DE SOINS INFIRMIERS
a) Généralités
La notion de démarche de soins infirmiers apparue vers le milieu des années 1960 est
maintenant largement acceptée et aide à décrire les étapes suivies par l’infirmière lors de la
planification et de l’application des soins. Elle s’apparente à la méthode scientifique et au
processus de résolution de problèmes. Contrairement aux autres méthodes, cette démarche
met l’accent sur la solution des problèmes actuels présentés par les clients et par leur famille
en utilisant les connaissances et les habiletés déjà accessibles.
La démarche se distingue par 04 caractéristiques :
1. Elle est planifiée ;
2. Elle met l’accent sur le client, sur la famille ou sur la communauté ;
3. Elle est orientée vers le problème à résoudre ;
4. Elle est dirigée vers l’atteinte des objectifs.
b) Définition de la démarche de soins
Selon Gordon (1972), c’est une méthode systématique utilisée pour identifier les
problèmes de santé des clients, pour élaborer des plans d’actions en vue de les résoudre, pour
mettre en œuvre ces plans d’actions ou les déléguer à des personnes ressources et, finalement,
pour évaluer l’efficacité de ces interventions en fonction des problèmes identifiés.
Pour Charrier, J. et. Ritter. B. c’est le « Processus de recueil de données et d’analyse de
situations de soins, qui permet d’identifier les réactions des personnes face à la maladie, au
traumatisme, au handicap, à un problème d’environnement ; ces réactions sont nommées en
termes de diagnostic infirmier (dont la finalité est d’ajuster les soins aux besoins des
personnes soignées) »
28
C’est une méthode systématique utilisée pour identifier les problèmes de santé des clients,
pour élaborer des plans d’actions en vue de les résoudre, pour mettre en œuvre ces plans ou
les déléguer à des personnes ressources et, finalement pour évaluer l’efficacité de ces
interventions en fonction des problèmes identifiés. Elle doit impliquer le client et sa famille
afin de répondre à ses besoins spécifiques.
C’est aussi, un processus rationnel qui est composé de diverses étapes qui se suivent selon
un certain ordre donné et qui forme un tout logique.
Selon Lise Riopelle (1982): c’est aussi une approche systématique qui permet à
l’infirmier ayant adhéré à un modèle conceptuel en soins infirmiers d’intervenir dans « ici et
maintenant » d’une façon rationnelle par son caractère dynamique, à la continuité des soins.
Pour Margot Phaneuf (1985), c’est un processus intellectuel composé de diverses étapes
logiquement ordonnées ayant pour but le bien-être du client, utilisée de façon rigoureuse, elle
est en fait une méthode systématique qui permet de recueillir l’information nécessaire, la
traiter, de la concrétiser par des interventions adéquates et en évaluer les résultats.
Quant à Yura et Walsh (1973), c’est un processus systématique de détermination des
problèmes, d’élaborer les plans pour les résoudre, entreprendre les actions pour les assigner à
d’autres et évaluer dans quelle mesure le plan est efficace pour résoudre les problèmes du
client.
c) Composantes ou étapes de la démarche de soins
Généralement, on admet que la démarche en soins est comporte 5 étapes qui sont :
- Le recueil ou collecte des données
- L’analyse et interprétation ;
- La planification de l’intervention ;
- Exécution ou mise en œuvre ;
- Evaluation.
I. ETAPE N° 1: LA COLLECTE DES DONNEES
Le rassemblement systématique des données se nomme collecte des données. Son but est
d’identifier les secteurs nécessitant des interventions de soins infirmiers chez le client.
L’information à recueillir pour avoir des données de base complètes devrait avoir :
- Le mode de vie du client, ce qui constitue son individualité ;
- Ses habitudes de vie quotidienne ;
- Les problèmes auxquels il ne peut plus faire face ;
- Son état de santé actuel, ses habiletés et ses ressources ;
- La thérapeutique élaborée par le médecin.
29
1.1. Sources d’information
Quatre sources d’information sont habituellement à la disposition de l’infirmière
lorsqu’elle fait la collecte des données : le client, les membres de la famille, les
professionnels de santé et les dossiers médicaux.
La source primaire, c’est le malade lui-même. C’est lui seul qui peut fournir toutes les
informations le concernant ; les autres sources sont dites secondaires
A propos des membres de la famille, ils sont en relation étroite avec le client et
peuvent aussi être utiles en communiquant les informations supplémentaires ou en
confirmant l’information fournie par le client.
Les professionnels de la santé peuvent aussi fournir de l’information au sujet du client
et de son état de santé.
Dans plusieurs centres hospitaliers le registre d’admission fournit les données
suivantes : Nom et prénom-adresse-date de naissance-sexe-occupation-religion-médecin
traitant-parent proche-personne à prévenir…L’anamnèse et le profil du client fournissent
aussi d’autres des renseignements importants sur la santé des clients. L’anamnèse inclut
habituellement : les résultats de l’examen médical-les maladies et les thérapies
antérieures-la maladie actuelle du client-le diagnostic différentiel.
1.2. Méthodes de collectes de données
Les infirmières utilisent 05 méthodes de base pour la collecte de données : l’entrevue,
l’observation, l’examen, la consultation avec d’autres professionnels de la santé et la révision
de dossiers et d’autres documents.
- Entrevue
Pendant l’entrevue initiale, le rôle de l’infirmière sera d’obtenir de l’information et celui
du client, de transmettre cette information. Cela demande à l’infirmière de la réflexion, un
sens de l’observation et une activité verbale et non verbale.
A l’étape de l’entrevue d’évaluation, le client communique ce qu’il pense, ce qu’il ressent
et ce qu’il expérimente.
- Observation
Observer consiste à recueillir des données à l’aide de la vue, de l’odorat, de l’ouïe et
du toucher en sachant ce qui est à découvrir.
Les infirmiers doivent comprendre la signification de leurs observations pour ensuite
les interpréter.
- Examen clinique
Il comporte quatre étapes :
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a) L’inspection
Consiste à examiner visuellement le malade.
b) La percussion
Consiste à provoquer certains sons en frappant avec les doigts. Exemple : la matité, le
tympanisme.
c) L’auscultation
Est un procédé par lequel on écoute les bruits physiologiques. Les bruits les plus écoutés
sont ceux des organes creux. Exemple : râles bronchiques.
d) La palpation
Elle consiste à toucher, à examiner avec la main à plusieurs reprises à la recherche d‘une
douleur, d’une voussure ou d’une augmentation de volume d’un organe. Exemple :
splénomégalie.
- Consultation auprès des autres professionnels
D’autres professionnels de la santé ont peut-être déjà eu des contacts avec le malade et
sa famille, et peuvent le suivre. Leurs données jointes à celles de l’infirmière, permettront de
confirmer ou de pallier au manque d’information et, d’après les situations, pourront indiquer
des contradictions requérant une certaine clarification.
- Dossiers et rapports
Il est important pour l’infirmière d’utiliser toutes les ressources disponibles afin
d’obtenir une base de données complètes sur chaque client. C’est en utilisant toutes ces
données que l’infirmière peut avoir une vue globale du malade qu’il veut prendre en soin et de
la maladie qu’il veut prendre en charge.
1.3. Profil du client
Le profil du client est un moyen systématique pour recueillir de l’information chez un
client. Il met l’accent sur la signification de la maladie pour le client et pour sa famille,
servant ainsi la base à la planification des soins.
Le profil du client est habituellement complété lors de son admission au centre hospitalier
et contient certains éléments d’information :
1. La façon dont le client comprend sa maladie ;
2. Les données significatives sur ses habitudes de vie quotidienne ;
3. Quelques indications au sujet de ses attentes ;
4. Ses inquiétudes ;
5. Certaines spécifications relatives à ses besoins de sécurité et d’estime ;

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6. De l’information sur ses allergies, sur sa médication et sur ses rencontres avec d’autres
professionnels de santé.
- Statistiques vitales :
Comprennent le nom, l’âge, le statut civil, le lieu de naissance, l’emploi. Son adresse peut
révéler son statut socioéconomique, son lieu de naissance peut refléter une disposition
culturelle et déterminer sa langue maternelle. La connaissance de son âge, de son sexe et de
son statut civil aide aussi à comprendre la façon dont le client perçoit sa maladie et certains
problèmes qui y sont associés. La connaissance du niveau d’instruction d’une personne, de
son travail ou de son emploi permettront de prévoir sa capacité de comprendre ses problèmes
de santé, ainsi que son habileté à participer à la planification de ses soins. Sa religion
influencera ses attitudes et ses croyances face à la santé.
- Compréhension de la maladie par le client
Trois principaux points sont à évaluer à ce sujet :
a) Le client et ses perceptions de sa maladie ;
b) Ses objectifs face à la santé ;
c) Le réalisme de ces objectifs.
La perception du client au sujet de sa maladie peut être juste ou fausse. Même si les
clients connaissent leurs problèmes de santé. Ils n’en saisissent pas toujours les implications.
Certains d’entre eux ne sont pas toujours prêts à accepter la réalité et nient qu’ils sont malades
ou que quelque chose ne va pas.
- Attentes du client
Les attentes du client comprennent tout ce que les clients s’attendent à vivre à la
FOSA ou à la clinique, c’est -à-dire la durée de leur séjour, la planification de leur retour à la
maison et leurs espérances face au personnel infirmier.
- Habitudes de vie quotidienne
La connaissance des habitudes de vie quotidienne du client peut aussi aider à la
planification des soins. Les secteurs dignes d’intérêt regroupent : la nutrition, le repos et le
sommeil, l’élimination, l’hygiène, la consommation de tabac et d’alcool.
- Histoire sociale et culturelle
Beaucoup de clients croient qu’ils vont dans une FOSA pour y mourir ; cette croyance
peut être reliée à des antécédents culturels et susciter une grande anxiété. Il est souvent
important de savoir si le client vit seul ou avec sa famille.
- Préoccupations du client

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L’infirmière doit connaitre les préoccupations ou les inquiétudes du client afin
d’établir ou d’offrir un soutien efficace. Cette évaluation comprend trois aspects : les sujets à
propos desquels le client exprime des craintes, ceux qui lui tiennent à cœur, et les inquiétudes
non verbalisées par le client et perçues par l’infirmière. Les clients expriment souvent des
inquiétudes à propos de leur travail, de leurs enfants ou d’un diagnostic éventuel.
- Allergies et médicaments
Les clients sont mieux informés au sujet des allergies ; il est important de les prendre
en note avant d’instaurer tout traitement médical ou infirmier et de connaitre toute médication
actuelle du client afin d’éviter des incompatibilités médicamenteuses.
II. ETAPE N° 2 : ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNEES
Pour que les données aient un sens, il est impératif qu’elles soient analysées et
interprétées. Analyser, c’est approfondir, c’est scruter, accéder, discerner ; c’est passé du
perçu au conçu.
- Analyser
Consiste non seulement à les décomposer, à les isoler en partie, mais aussi à découvrir
la relation entre chacune d’elle et à saisir comment elles sont organisées.
Dans le cadre conceptuel de Virginia Henderson, l’analyse des données s’opère en la
classification des données d’indépendance pour celles dont la satisfaction est effective, en
données de dépendance pour celles que l’infirmière doit satisfaire absolument.
- Interpréter
Expliquer, donner un sens aux données. C’est aussi les introduire dans un ensemble
logique et significatif pour qu’elle forme « un tout » qui permet à l’infirmier de mieux
percevoir la situation de santé du client.
A l’intérieur du modèle conceptuel, nous pouvons définir, expliquer l’origine de la
cause de notre client ou alors les facteurs qui y contribuent ; bref, c’est définir les sources de
difficultés du client.
C’est l’étape qui permet à l’infirmier(e) de formuler le diagnostic infirmier
Les définitions du diagnostic comprennent :
a) Une identification des signes et des symptômes d’une pathologie ;
b) Un énoncé de la nature de certains phénomènes ;
c) Une analyse de la nature d’une condition, d’une situation ou d’un problème
Plusieurs définitions du diagnostic infirmier ont été données. Chacune met l’accent sur des
points différents ; mais toutes ont des similitudes.

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Pour Gordon (1970), le diagnostic infirmier décrit un ensemble de signes et de symptômes
indicateurs de problème de santé actuelle ou potentielle que l’infirmier en raison de sa
formation et de son expérience a l’autorisation et la responsabilité de traiter.
Quant à Edel (1982), un diagnostic infirmier est l’énoncé d’une modification actuelle ou
potentielle de l’état de santé du client, énoncé dérivé de la collecte de données et qui requiert
une intervention de l’infirmière.
Différence entre le diagnostic médical et le diagnostic infirmier
Diagnostic infirmier Diagnostic médical
Décrit les réactions de l’individu face au Décrit le processus de la maladie
processus de la maladie
Orienté vers l’individu Orienté vers la pathologie
Se modifie selon les réactions de l’individu Demeure constante tout au long de la maladie
Guide les actes infirmiers autonomes, les Guide l’acte médical, lequel est parfois délégué à
ordonnances des soins infirmiers et l’infirmière
l’évaluation
Est complémentaire du diagnostic médical Est complémentaire du diagnostic infirmier
Ne possède pas de classification Possède un système de classification bien
universelle ; ce système est en voie de développé, accepté par la profession
développement
Composante du diagnostic infirmier
Il y a 03 composantes essentielles d’un diagnostic infirmier appelés les étapes PES.
1. L’état du client ou le problème de santé (P)
Cette étape décrit la condition (actuelle ou potentielle) du client pour laquelle des soins
infirmiers sont requis.
2. Etiologie du problème (E)
L’étiologie du problème identifie la cause probable du problème du client ainsi que son
état de santé et donne l’orientation aux soins infirmiers. Elle peut comprendre les
comportements du client, les facteurs de l’environnement ou l’interaction des deux. Il est
important d’identifier toutes les causes possibles, car chacune d’elles peut requérir des
interventions infirmières.
3. Signes et symptômes (S)
Les signes et symptômes soit des caractéristiques précises apportent l’information
nécessaire pour déterminer le diagnostic. Chaque diagnostic infirmier possède un ensemble de
signes et symptôme qui forme une entité clinique.
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Etapes du diagnostic infirmier
Le diagnostic infirmier comprend deux étapes : la réaction du client et les facteurs
contributifs ou causes probables de cette réaction.
Les deux étapes sont réunies par le mot relié à plutôt que dû à. L’expression dû à
implique une relation de cause à effet. Au contraire, l’expression relié à implique simplement
une relation, et si une étape vient à changer, l’autre étape peut aussi changer ; les risques
légaux sont ainsi évités.
En définitive, le diagnostic infirmier est composé de problème de dépendance (réactions
du client) + source de difficulté (facteur contributif).
Les problèmes de dépendance sont de deux ordres : un problème actuel est celui qui
cause présentement une difficulté au client, telle une miction douloureuse ; un problème
potentiel est celui qui peut survenir à la suite d’une maladie, de test diagnostique ou d’une
thérapeutique.
Exemples :
- Mauvaise respiration (réaction) reliée à une douleur thoracique (facteur contributif).
- Possibilité de traumatisme (réaction) reliée à une vision diminuée (facteur contributif).
- Risque d’insuffisance d’apport liquidien relié à la polyurie
Base du diagnostic
Une revue complète de la collecte des données est la base et la clé du succès pour établir
un diagnostic infirmier efficace. Si l’on y trouve des vides ou si les données semblent
illogiques ou contradictoires, l’infirmière doit de nouveau évaluer le client, consulter les
autres membres de l’équipe soignante et les sources de référence.
Normes du diagnostic infirmier
1. Eviter de formuler un diagnostic en termes de besoin, mais plutôt en termes de
réaction du client. Par exemple, « besoin d’hydratation » est préférablement formulé
par « insuffisance d’apport liquidien relié aux nausées et vomissements .» Ce dernier
diagnostic oriente les actions d’infirmière.
2. Eviter les jugements et les énoncés imprudents au point de vue légal, comme « lésions
cutanées en relation avec des mauvaises positions ». Il est préférable de
formuler : « perte de l’intégrité de la peau de la région sacrée reliée à une mauvaise
circulation. Le premier énoncé pourrait servir de base pour une action légale.
3. Enoncer un diagnostic potentiel lorsque les réactions du client sont prévisibles ou
lorsque le client requiert un traitement préventif pour maintenir son état de santé.
Exemple : risque d’insuffisance d’apport liquidien relié à la polyurie.
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Avantage du diagnostic infirmier
1. Il renforce la démarche de soins infirmiers.
2. Il accélère la communication entre les infirmières.
3. Il clarifie les fonctions autonomes de l’infirmière et renforce sa responsabilité.
4. Il devient la première étape du développement du champ de connaissances uniques
aux soins infirmiers.
5. Il fournit une structure pour l’éducation, pour la pratique et pour la recherche en soins
infirmiers.
IIIe étape : PLANIFICATION DES INTERVENTIONS
La planification de soins comprend l’établissement des priorités, le choix des personnes
ressources pouvant répondre aux problèmes des clients, la formulation des objectifs et le plan
de soins incluant les problèmes.
a) Identifier les priorités ;
b) Choix du personnel ;
c) Formuler les objectifs ;
d) Etablir un plan d’action (ordonnances infirmières).
Bien qu’il s’agisse d’un jugement posé par l’infirmière, il doit aussi tenir compte de
l’urgence que le client y voit lui-même. Les priorités peuvent être analysées selon un certain
ordre :
1. Identifier de priorités
Chacun des problèmes est identifié en termes de priorité. Ainsi, pour Abraham Maslow :
a) Les besoins physiologiques ont préséance sur les autres besoins et certains d’entre eux
revêtent une importance plus grande à l’intérieur d’une même catégorie. Lorsque les
besoins physiologiques sont satisfaits, les autres besoins deviennent prioritaires et ces
priorités sont continuellement modifiées d’après les changements de l’état de santé du
client.
b) Pour ce qui est des besoins fondamentaux selon Virginia Henderson, ils ne sont
hiérarchisés ; toutefois, les besoins biologiques ont préséance sur les autres, car s’ils
sont satisfaits ils permettent de maintenir la personne en vie : ce sont les besoins
vitaux ; puis viennent les autres… (voir plus haut)
2. Choix du personnel ressource
Lorsque les priorités face aux problèmes du client ont été établies, différentes personnes
telles que le client lui-même et sa famille, d’autres professionnels de la santé ou ministre du

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culte peuvent être aptes à résoudre un ou plusieurs de ses problèmes. L’infirmière doit
reconnaitre ses limites face à l’aide qu’elle peut apporter.
3. Elaboration des objectifs
Un but ou un objectif s’exprime en termes de résultats anticipés chez le client, et non deux
sortes d’objectifs : les objectifs à court terme, par exemple : le client lèvera le bras à la
hauteur de l’épaule, une fois toutes les 2 heures durant le jour, et les objectifs à long terme,
par exemple : le client recouvrera l’usage complet de son bras droit.
Un but réaliste doit considérer le potentiel du client et de l’habileté infirmière. Un objectif
doit être composé de trois éléments : le sujet, le comportement et les conditions requises pour
la manifestation de ce comportement.
- SUJET. Habituellement le client ou une région de son corps telle que sa cheville ou
son bras ; ce peut être un membre de la famille ou une personne significative pour lui.
- COMPORTEMENT. Le comportement peut être de quatre types : psychomoteur,
affectif, cognitif ou physiologique.
- CONDITIONS. Les conditions sont les circonstances à l’intérieur desquelles le
comportement devra se manifester. Exemple : « le client marche sans assistance » ou
le client marchera à l’aide d’une marchette (ambulateur).
4. Etablir un plan d’action
L’action ou intervention infirmière sera d’aider les clients dans l’atteinte de leurs
objectifs. Le plan d’actions implique d’abord une prise de décision sur chacun des problèmes ;
il existe habituellement trois possibilités pour le client et pour l’infirmière :
a) Aucune action n’est nécessaire ou possible au moment présent ;
b) Le problème doit être délégué à un autre professionnel de la santé ou peut l’être à un
membre de la famille.
c) L’intervention infirmière est indiquée pour aider le client à résoudre le problème.
Les interventions infirmières sont alors inscrites sur le plan de soins ou sur des
formulaires spécifiques aux ordonnances infirmières (les ordonnances sont des actions de
mise en œuvre) .
Les ordonnances infirmières doivent être composées de cinq éléments :
1. La date ;
2. Un verbe d’action précis et si possible un adverbe ;
3. La teneur de l’action ;
4. L’élément temps ;
5. La signature.
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- DATE. Les dates des ordonnances sont inscrites et révisées régulièrement selon les
besoins individuels du client.
- VERBE D’ACTION. Le verbe d’action débute l’ordonnance et est de nature précise.
Exemple : expliquer (au client) les effets de son insuline » est une formulation plus
que précise que : enseigner (au client) son insuline.
- TENEUR DE L’ACTION. La teneur de l’action inclut l’endroit et le sujet de
l’ordonnance. Exemple : appliquer fermement un bandage en spirale à la jambe
gauche.
- ELEMENT TEMPS. L’élément temps indique le moment ou la fréquence de
l’ordonnance infirmière. Exemple : aider au bain du client à 7 heures chaque jour.
- SIGNATURE. Elle démontre la responsabilité.
Ive étape : MISE EN ŒUVRE
La mise en œuvre du plan de soins par le personnel infirmier consiste à fournir l’aide
nécessaire au client et à sa famille, de façon à leur permettre d’atteindre les objectifs fixés.
L’infirmière peut réaliser elle-même les activités ou les déléguer à d’autres personnes de
l’équipe.
Ve étape : EVALUATION DE L’INTERVENTION
L’évaluation est le processus utilisé pour déterminer jusqu’à quel point les objectifs du
plan de soins ont été atteints. C’est une étape extrêmement importante de la démarche
infirmière, car à partir de cette évaluation il est possible de modifier les interventions
infirmières.
Si les problèmes et les objectifs du client ont été identifiés et écrits en termes précis, le
processus d’évaluation sera relativement simple.
Il y a plusieurs conclusions possibles à tirer de l’évaluation :
1. Le client a réagi selon les attentes ;
2. Les objectifs ont été atteints ;
3. Aucun objectif n’a été atteint ;
4. De nouveaux problèmes ont surgi.
Le client et l’infirmière doivent si possible y participer ensemble.

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