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Gammes

Genèse des gammes

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Pourquoi et comment les gammes musicales ? – [Link]@yahoo.

fr – 05/08/2024

« Avant la dissonance existait la consonance. La consonance représentait « un mélange de deux sons, calculé et susceptible
d’être en accord » (Hucbald de Saint-Amant), dans lequel la sonorité d’un intervalle ne comportait pas le moindre « trouble » ;
il s’agissait de pureté acoustique, puisque les vibrations de deux sons étaient dans un rapport simple de fréquence : l’octave
et la quinte, théorie élaborée par Pythagore. »
Gérard Zinsstag in [Link]
« La gamme est un processus de rationalisation qui consiste à instaurer des rapports humains dans (une) matière (sonore) de
telle façon qu’elle actualise sa puissance et devienne elle-même humaine. »
Gilles Deleuze à propos de François Châtelet in Périclès et Verdi – Editions de Minuit - page 10

Les sons, un phénomène physique : une corde pincée vibre et émet un son mesuré par une fréquence (fondamentale f) et de manière
plus étouffée ses multiples appelés harmoniques (2*f, 3*f, …). Les poids relatifs de ces harmoniques (spectre) déterminent le timbre
de l’instrument. Une flûte traversière produit des harmoniques d'importance décroissante et donnera à l’oreille un son moins nasillard
qu’une vielle au spectre plus complexe et des harmoniques relativement plus intenses. La manière dont un son s’établit et s’éteint
détermine aussi la couleur d’un instrument.

La musique, un phénomène physiologique et politique : la musique est plus qu’un son physique. Elle résulte des interactions entre
des hommes (politique) jouant d’un ou plusieurs instruments et l’écoutant (physiologie), une société ou un Etat peut offrir un cadre
plus ou moins formel aux musiciens, sociétés ou états dont les goûts diffèrent dans l’espace et le temps.
Acceptant les points de départ d’Hucbald de Saint-Amant et de François Châtelet, construisons une gamme sur une « octave »
(rapports de fréquence 2, qui produit des notes équivalentes pour l’oreille humaine, modulo leur hauteur), gamme constituée de
« quintes » (rapports de fréquence 3/2) successives, ramenées dans l’octave de travail [f, 2*f] par division par une puissance de 2.
Les mathématiques sont convoquées ici pour 3 raisons : [i] les sons sont caractérisés par des nombres, nécessité de [2] modélisation
et, on va le voir, [iii] d’approximation.

En langage mathématique, dire qu’une gamme de taille n ne contient que les quintes successives d’une octave de travail [f, 2*f] se
traduit par : (3⁄2)𝑛 = 2𝑝 , le nombre p représentant le nombre de fois où l’on divise par 2 les fréquences pour revenir dans l’octave
de travail, soit 3𝑛 = 2𝑝+𝑛 . Une puissance de 3 étant impaire et une puissance de 2 étant paire, cette équation n’a pas de solution.
Une gamme finie qui contient toutes les quintes n’existe donc pas. Il est cependant possible de s’en approcher, la nécessité politique
d’un langage commun et contrôlé s’imposant, la finesse limitée de l’oreille aidant. Cette équation est équivalente à : log(3)⁄log(2) =
𝑞⁄𝑛. Le dénominateur d’une approximation de log(3)⁄log(2) fournira donc le nombre de notes de la gamme, restera à dérouler le cycle
des quintes, avec nécessairement au moins une quinte fausse (ie pas en rapport exactement égal à 3/2).
L’outil le plus économique pour approcher un nombre réel par une fraction (i.e. avec le dénominateur le plus petit pour une précision
donnée) est le développement en fraction continue ([Link] Le développement de
1
log(3)⁄log(2) tronqué au 5 premières itérations ([Link] est : 1 + 1 , soit 19/12, tronqué au 4 premières itérations
𝟏+ 1
𝟏+ 1
𝟐+2

(en omettant le dernier ½) est 8/5, 3 itérations : 3/2, 2 itérations 2, 1 itération : 1 = 1/1. On retrouve les gammes les plus courantes :
5 notes (pentatonique) et 12 notes. Ajouter une itération conduirait à une gamme de 41 notes difficile pour les interprètes et trop fine
pour une oreille moyenne. Se limiter à moins de 3 itérations conduirait à des gammes seulement rythmiques (1 note) ou limitées à
quelques morceaux de clairon (2 notes). Cet exercice est anachronique : sans connaitre les fractions continues, les musiciens ont
construit des gammes par intuition ou itération : 12 est le chiffre n pour lequel (3/2) n s’approche le plus d’un 2 p (p choisi pour être
le plus proche de (3/2) n). L’écart relatif [(3/2) 12 / 2 7 – 1] vaut environ 0.01, soit le plus petit pour n allant de 1 à 20, suivi par n = 5 :
[(3/2) 5 / 2 3-1] égal environ à 0.05. L’intuition est confirmée par le raisonnement mathématique, mais ce raisonnement
mathématique s’est certainement construit sur cette intuition ([Link]
pdf/[Link])

Une dernière étape, toujours mathématique, avant d’arriver à la gamme usuelle actuelle : la gamme tempérée à 12 notes.

La gamme construite à partir des quintes (en montant ou en


descendant) concentre l’erreur d’approximation sur la dernière quinte,
qui ne peut pas être dans un rapport de 3/2 (appelée quinte du loup).

Une manière pratique de régler ce problème, et d’ouvrir d’autres possibilités comme la modulation (au sein d’un morceau
introduction d’une phrase écrite dans une tonalité différente) consiste à partager l’erreur de la quinte du loup uniformément sur
toutes les quintes, soit aller de f à 2*f de manière égale multiplicativement par pas de 2 1/12. La quinte tempérée vaut donc (21/12)7 (7
est choisi pour s’approcher le plus de 3/2) soit environ 1.498, proche de 3/2. Les tierces (rapport de fréquences de 5/4 le plus simple
après l’octave et la quinte) sont depuis l’époque baroque appréciées sous 2 formes dans la gamme tempérée : majeur {sol, si} de
rapport 1,26 proche de 5/4, de couleur gaie, et mineur {sol, sib} de couleur mélancolique de rapport 1,19 plus éloignée de 5/4.
« Avant la dissonance existait la consonance … » : une gamme à douze notes offre plus facilement qu’une gamme à peu de notes
la possibilité de dissonances. Depuis l’époque baroque, jusqu’à la musique classique, moderne et contemporaine, ces dissonances
sont devenues un plaisir de l’oreille, à condition - pour les oreilles habituées au confort de la consonance - d’être résolues, c’est-à-
dire suivi d’un accord consonant « sans trouble ».

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