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Prévention des Troubles Musculosquelettiques

Transféré par

GUY ROGER Kassi
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© © All Rights Reserved
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Prévention des Troubles Musculosquelettiques

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Troubles musculosquelettiques

Prévention
des troubles
musculosquelettiques
(TMS)

Brochure générale
d’information

Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale


SERVICE PUBLIC FEDERAL EMPLOI, TRAVAIL ET CONCERTATION SOCIALE
L’administration centrale du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale est installée
rue Ernest Blerot 1 à 1070 Bruxelles
Tél.: 02 233 41 11 - Fax: 02 233 44 88
E-mail: [email protected]

CONTRÔLE DES LOIS SOCIALES ET CONTRÔLE DU BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL


Les services de contrôle du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale sont décentralisés dans les diffé-
rentes régions de Belgique.
Leurs compétences, coordonnées, heures d’ouverture et ressort territorial peuvent être consultés sur le site
du SPF:
• Contrôle des lois sociales: www.emploi.belgique.be/cls
• Contrôle du bien-être au travail: www.emploi.belgique.be/cbe

En consultant le site du SPF www.emploi.belgique.be, Cette publication est accessible et téléchargeable


vous trouverez plus d’informations sur ses différents librement sur le site du SPF Emploi, Travail et
domaines de compétence: réglementation du travail, Concertation sociale:
contrats de travail, rémunération, conventions collec- www.emploi.belgique.be > Module Publications
tives de travail, concertation sociale, bien-être au travail, ou sur www.preventiondestms.be
congés, détachement, restructurations…
Deze publicatie is ook verkrijgbaar in het Nederlands
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travail-et-concertation-sociale
Prévention des troubles
musculosquelettiques (TMS)

Brochure générale
d’informations

Juillet 2017
Direction générale Humanisation du travail
La rédaction de cette publication a été achevée en
juillet 2017
Production: Direction générale Humanisation du travail
Coordination: Direction de la communication
Design graphique: Rilana Picard
Editeur responsable: SPF Emploi, Travail et
Concertation sociale
Dépôt légal: D/2017/1205/01

H/F
Dans un souci de lisibilité, les termes utilisés pour désigner
des personnes sont toujours exprimés au masculin. L’utili-
sation de cette forme doit être comprise comme visant les
deux genres, homme et femme.

AVERTISSEMENT
Cette publication fait référence à des réglementations par-
fois fort complexes. Aucun droit ne peut être exigé sur
base de cette brochure: pour ce faire, il faut se référer aux
textes légaux et réglementaires.

© SPF Emploi, Travail et Concertation sociale


Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf ac-
cord préalable et écrit de la Direction de la communication
du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale (dircom@
emploi.belgique.be), de reproduire totalement ou partiel-
lement la présente publication, de la stocker dans une
banque de données ou de la communiquer au public, sous
quelque forme que ce soit. Toutefois, si la reproduction de
textes de cette brochure se fait à des fins informatives ou
pédagogiques et strictement non commerciales, elle est
autorisée moyennant la citation de la source et, s’il échet,
des auteurs de la brochure.

2
Avant-propos
Cette brochure générale de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) est développée pour répondre au
besoin unique d’avoir un outil informatif complet* sur le risque de TMS.
Ce guide poursuit principalement trois objectifs: connaître le fonctionnement de l’appareil musculosquelettique,
comprendre comment il peut se détériorer et proposer des solutions adaptées pour éviter de développer les TMS.

Cette brochure s’adresse en priorité aux conseillers en prévention, aux chefs d’entreprises et à toutes autres per-
sonnes qui cherchent des connaissances complémentaires sur la problématique des troubles musculosquelettiques
et des arguments pour convaincre leurs interlocuteurs de protéger leur dos et leurs membres supérieurs et infé-
rieurs.

Cette brochure a été élaborée par l’équipe de la DG Humanisation du travail, sur base des travaux réalisés par
l’Institut Prevent composé de:
Jean-Philippe DEMARET, ergonome et licencié en kinésithérapie et en éducation physique, collaborateur scientifique
à l’Université de Liège et conseiller technique à l’Université Catholique de Louvain
Frédéric GAVRAY, ergonome, kinésithérapeute et licencié en éducation pour la santé
Freddy WILLEMS, ergonome européen et ergothérapeute
Lieven EECKELAERT, conseiller en prévention
Rik OP DE BEECK, ergonome et conseiller en prévention, licencié en éducation physique
Benoit GALLEZ, conseiller en prévention

Nous remercions toutes les personnes qui ont fait profiter de leur expérience de terrain et ont permis de compléter
les illustrations photographiques en situation réelle.

*
Il existe également des outils d’informations sur les TMS développés pour des secteurs d’activités professionnelles spécifiques (voir Chapitre 15: Autres outils de prévention des troubles musculoquelettiques

-TMS).

3
Table des matières

1. Introduction et définition des Troubles 5.2.2 Au niveau de la colonne vertébrale  22


musculosquelettiques  9 5.3 Affections neurovasculaires  22
5.3.1 Syndrome du défilé thoracique  22
5.3.2 Syndrome de Raynaud  22
2. Quelques données épidémiologiques  10 5.3.3 Syndrome hypothénarien du marteau  22
2.1 En Belgique et en Europe  10 5.4 Affections musculaires  23
2.2 Conséquences pour l’entreprise  10 5.4.1 Syndrome tensionnel de la nuque
(tension neck syndrome)  23
3. Réglementation  10 5.4,2 Un cas particulier: le lumbago  23
5.4.3 Le vieillissement naturel et l’arthrose  23
5.5 Affections discales  24
4. Anatomie et physiologie de l’appareil 5.5.1 Stade 1  24
musculosquelettique  11 5.5.2 Stade 2  24
5.5.3 Stade 3  24
4.1 Éléments de base  11 5.5.4 Stade 4  24
4.1.1 Les os et les articulations  11 5.6 Affections des bourses séreuses  25
4.1.2 Les muscles et les tendons  11
4.1.3 Les ligaments  11
4.1.4 Les éléments nerveux  11 6. Les facteurs de risque de TMS  25
4.2 La colonne vertébrale : pilier du corps  12 6.1 Les facteurs de risque de type biomécaniques  25
4.2.1 Sa forme et ses segments  12 6.1.1 Les postures  25
4.2.2 Les constituants de la colonne vertébrale  12 6.1.2 La répétition des gestes et la durée  29
4.3 L’épaule  15 6.1.3 Les efforts et la force  29
4.3.1 Les constituants de l’épaule  15 6.2 Quelques exemples de facteurs de risque
4.3.2 Les mouvements de l’épaule  15 de type biomécanique dans différents secteurs 31
4.4 Le coude  16 6.3 L’exposition aux facteurs environnementaux  31
4.4.1 Les constituants du coude  16 6.3.1 Les pressions mécaniques et les chocs  31
4.4.2 Les mouvements du coude  16 6.3.2 Les vibrations  31
4.5 Le poignet et la main  17 6.3.3 Le froid  31
4.5.1 Les constituants du poignet et de la main  17 6.3.4 L’éclairage  31
4.5.2 Les mouvements du poignet  17 6.3.5 Le bruit  31
4.5.3 Les mouvements de la main  17 6.4 Les risques liés à l’organisation  32
4.6 La hanche  18 6.5 Les facteurs de risque personnels  32
4.6.1 Les constituants de la hanche  18 6.5.1 Capacités physiques et condition physique  32
4.6.2 Les mouvements de la hanche  18 6.5.2 Le genre  32
4.7 Le genou  18 6.5.3 Tabagisme  32
4.7.1 Les constituants du genou  18 6.5.4 L’âge  32
4.7.2 Les mouvements du genou  18
4.8 La cheville  19
7. Démarche d’intervention  33
5. Principaux troubles 7.1 Ergonomie: prévention par une adaptation
musculosquelettiques  19 de l’environnement  33
7.2 Améliorer la disposition des lieux  33
5.1 Affections tendineuses  19 7.2.1 Adapter la hauteur du poste de travail  33
5.1.1 Au niveau de la main  20 7.2.2 Ménager un espace pour les pieds et
5.1.2 Au niveau du coude  20 les genoux  35
5.1.3 Au niveau de l’épaule  21 7.3 Réduire la distance d’atteinte horizontale  35
5.2 Affections nerveuses et syndromes canalaires  21 7.4 Réduire la distance d’atteinte verticale  36
5.2.1 Au niveau du poignet  21 7.4.1 Déposer les objtes/outils à bonne hauteur  36

5
7.4.2 Utiliser un mobilier adapté  36 8.2.1 Prendre un appui antérieur sur le mobilier,
7.4.3 Utiliser une rallonge 37 ou la cuisse  48
7.4.4 Utilisation des aides techniques 8.2.2 Adopter une position genoux fléchis,
(ex. une échelle ou un marchepied) 37 accroupi ou à genoux  49
7.5 Réduire les forces à exercer  37 8.2.3 Fléchir les hanches et maintenir la lordose
7.6 Réduire les gestes répétitifs ou monotones  38 naturelle du dos  49
7.7 Faciliter la manipulation des objets 8.2.4 Poser un genou au sol  49
(stockage et dépose des objets)  39 8.2.5 Mouvement de balancier et maintien
7.7.1 Prévoir un support de hauteur fixe  39 de la courbure naturelle du dos (la lordose) 50
7.7.2 Prévoir un support de hauteur variable  39
7.7.3 Disposer judicieusement les plans de travail  39
7.7.4 Ranger à bonne hauteur les objets dans 9. Exemples de gestes appropriés
les étagères  40 à des manutentions ou situations
7.8 Faciliter le déplacement et le levage spécifiques  50
des objets et des charges  40 9.1 Charge rectangulaire avec deux poignées  50
7.9 Améliorer les caractéristiques des charges  43 9.2 Charge sans poignée  51
7.9.1 Réduire le poids du contenu et 9.3 Charge avec une poignée  51
du contenant  43 9.4 Sac ou petit fût  52
7.9.2 Réduire le volume  43 9.5 Soulever une barre ou une charge longue  53
7.9.3 Prévoir une prise aisée  43 9.6 Redresser une palette  53
7.10 Adapter ses outils  43 9.7 Manutention de chaises et tables 54
7.10.1 Masse de l’outil  43 9.8 Soulever à deux  55
7.10.2 Poignées et manches  44 9.9 Déposer une charge sur un appui plus élevé
7.10.3 Gâchettes  44 que la hauteur des cuisses  55
7.10.4 Outils vibrants  44 9.10 Réajuster sa prise de main  55
7.10.5 Adaptation à la tâche et à l’utilisateur  44 9.11 Déplacer un roll  56
7.10.6 Entretien  44 9.12 Balayer  56
7.11 Faciliter l’accès au poste de travail
ou aux charges  44 9.13 Utiliser son genou en guyise d’appui  56
7.11.1 L’espace libre de circulation  44
7.11.2 Le rangement  44 10. Prévention à la maison et dans
7.11.3 Les surfaces de circulation  45 les loisirs  56
7.11.4 L’éclairage  45
7.12 Organisation du travail  45 10.1 Se lever du lit  56
7.12.1 Rotation des tâches  45 10.2 Se brosser les dents  57
7.12.2 Extension des tâches  45 10.3 Attacher ses lacets  57
7.12.3 Gestion du rythme de travail  46 10.4 Balayer et passer l’aspirateur  57
7.12.4 Varier ses positions  46 10.5 Prendre un objet dans le frigo  58
7.12.5 Saisir les objets avec une prise adaptée 46 10.6 La position assise: prendre un dossier
7.12.6 Alterner les tâches lourdes et légères pour dans le tiroir ou la mallette  58
les structures musculosquelettiques  46 10.7 Entrer ou sortir de la voiture  59
7.12.7 Micropauses  46 10.8 Caresser le chien  59
7.12.8 Stretching  46 10.9 Désherbage manuel  59
7.12.9 Accessoires et choix de la tenue 10.10 Ecole : la mallette de l’enfant  59
vestimentaire  46
7.12.10 Formation  47 11. L’activité physique 60
11.1 Changer fréquemment de position 60
8. Prévention par l’adoption de positions 11.2 Maintenir une bonne condition par
correctes  47 l’activité physique régulière 60
8.1 Conseils généraux 47 11.3 Quels sont les exercices à pratiquer
8.1.1 Réduire les pressions sur la colonne facilement? 61
vertébrale  47
8.1.2 Maintenir les courbures naturelles 12. Explication sur les estimations
de la colonne vertébrale  48 de pressions lombaires 64
8.2 Gestes complémentaires  48
12.1 En position debout 64

6
12.2 Avec une charge de 15kg sur la tête 64
12.3 Avec une charge de 15kg dans les mains 64
12.4 Penché en avant à 90°, dos rond,
sans charge en main  65
12.5 Penché en avant à 90°, dos rond, avec
une charge de 15kg en main  66
12.6 Avec une charge de 15kg en posture
correcte 66

13. Quizz 66

14. Références complémentaires 68

15. Autres outils de prévention


des Troubles musculosquelettique -
TMS 70

7
8
1. Introduction et
définition des Troubles
musculosquelettiques

Grâce à notre système locomoteur ou musculosquelettique


Définition des TMS
(muscles, articulations, tendons, ligaments, nerfs...), nous
accomplissons une multitude de gestes (ex. marcher, manipuler Ensemble de symptômes tels que l’inconfort, une fai-
un outil, porter des charges,…). blesse, une incapacité ou une douleur persistante dans
les articulations, les muscles, les tendons ou autres tissus
Au travail, malgré la mécanisation et l’automatisation des
mous, avec ou sans manifestations physiques (Kroemer,
tâches, la charge physique et la charge mentale des travailleurs
1989)
sont toujours importantes. En effet, les nouvelles tâches carac-
térisées par un travail répétitif, de longue durée, sollicitant exa- Ces symptômes sont principalement dus à des
gérément le corps physiquement ou mentalement, aboutissent contraintes mécaniques soutenues et répétées, sans phé-
à des problèmes appelés les Troubles musculosquelettiques nomène du type accident. Ils ne comprennent donc pas
(TMS). les blessures qui sont la conséquence directe d’une chute
par exemple.
Ces troubles se manifestent progressivement c’est-à-dire que
cela commence par de vagues troubles pour aboutir à des Les TMS concernent les muscles, tendons et gaines tendi-
douleurs insupportables et à la perte de fonction d’un système neuses, les nerfs, les bourses séreuses, les vaisseaux san-
musculosquelettique. En effet, le plus souvent les troubles guins, les articulations, les ligaments.
apparaissent sous forme de douleur. Mais d’autres manifestions
comme une lourdeur articulaire, une incapacité fonctionnelle
partielle ou totale d’une partie du corps (les membres supé-
rieurs, le dos ou les membres inférieurs) sont aussi courantes.
Il existe peu de consensus entre les pays concernant l’appella-
tion à donner aux Troubles musculosquelettiques. On retrouve
ainsi les termes suivants pour parler des Troubles Musculos-
quelettiques:

RSI Repetitive Strain Injuries

LATR Lésions Attribuables au Travail Répétitif

TMS Troubles Musculosquelettiques

MSDs MusculoSkeletal Disorders

CTD Cumulative Trauma Disorders

OCD Occupational Cervicobrachial Disease

OOS Occupational Overuse Syndrome

WMSD Work-related Musculoskeletal Disorder

9
2. Quelques données 3. Réglementation
épidémiologiques
Mis à part l’arrêté royal du 12 août 1993 sur les manutentions
manuelles de charges et un chapitre consacré à la manutention
2.1 En Belgique et en Europe manuelle des charges (AR du 4/8/1996 relatif au bien-être des
Comme dit dans l’introduction, les troubles musculosquelet- travailleurs dans l’exécution de leur travail - article 5 f.), la loi
tiques présentent une évolution très lente (commencent par sur le bien-être et ses arrêtés d’exécution ne contient aucune
des faibles douleurs et peuvent aboutir à la perte partielle ou réglementation spécifique en matière de troubles musculos-
totale d’une fonction motrice). Le long intervalle qui sépare quelettiques. Elle comporte cependant des éléments qui obli-
le ou les éléments initiaux et les séquelles rend le dépistage gent l’employeur à tenir compte de ces risques et à prendre
de la cause directe des TMS difficile. Le recueil des données des mesures de prévention.
épidémiologiques n’est donc pas aisé. L’arrêté royal du 7 juillet 2005 relatif aux risques liés aux vi-
Les études épidémiologiques menées sur une large échelle brations mécaniques sur le lieu de travail complète la régle-
montrent que ce phénomène touche une part importante de mentation sur les risques de TMS.
la population. L’étude européenne (EU 27 + 7) sur les condi- Ainsi, l’employeur doit favoriser le bien-être des travailleurs
tions de travail menée en 2015 montre les tendances sui- lors de l’exécution de leur travail. Il doit appliquer les principes
vantes: 46% des travailleurs belges souffrent de maux de dos, généraux de la prévention et s’appuyer sur le système dyna-
44% de douleurs des membres supérieurs et 30% de douleurs mique de gestion des risques. Il doit élaborer une stratégie qui
des membres inférieurs. évalue les risques dans l’entreprise et proposer des mesures
de prévention pour faire face à ces risques. En fonction de
la nature des activités de l’entreprise, de son effectif et de la
2.2 Conséquences pour l’entreprise présence de conseillers en prévention au sein de l’entreprise,
Les TMS affectent non seulement la santé et le fonctionnement le service interne pour la prévention et la protection au travail
normal de la personne, que ce soit à la maison ou au travail. (SIPP) peut aider l’employeur dans l’exécution de sa politique
Mais l’entreprise en subit également les conséquences: en matière de bien-être des travailleurs. Dans tous les cas,
l’entreprise peut aussi faire appel à un service externe pour la
• une diminution des prestations des travailleurs motivés et prévention et la protection au travail (SEPP). Toutes les entre-
consciencieux touchés par les lésions chroniques; prises d’au moins 50 travailleurs doivent créer un comité pour
• les collaborateurs qui quittent le travail parfois pour de très la prévention et la protection au travail (CPPT). Il s’agit d’un
longues périodes représentent pour l’entreprise une perte organe de concertation au sein de l’entreprise qui a pour mis-
sur le plan des connaissances et de l’expérience; sion de donner des avis sur tous ce qui est mis en place dans
• augmentation de l’absentéisme; l’entreprise pour favoriser le bien-être des travailleurs lors de
• augmentation des incidents et des accidents par manque l’exécution de leur travail.
d’attention et de capacités de réaction due à la fatigue, la
De manière plus précise, l’employeur doit veiller à ce que le
douleur ou l’inconfort;
travail soit adapté aux capacités physiques des personnes et à
• mauvaise ambiance de travail et perte de motivation;
ce que tout excès de fatigue professionnelle physique ou men-
• augmentation de la rotation du personnel pour remplacer
tale soit évité. Pour atteindre ces objectifs, il doit tenir compte:
les personnes touchées. Ce qui amène à des frais de forma-
tion et à un temps d’adaptation; • de l’organisation du travail et des méthodes de travail et
• objectifs de productivité non atteints: la perte de qualité et de production, de sorte que le travail monotone et le tra-
réduction de la quantité produite; vail cadencé soient rendus moins pénibles, afin de limiter les
• pertes, déchets et augmentation des réparations dus à la conséquences négatives pour la santé,
plus faible qualité du contrôle des opérations; • de la disposition des lieux de travail et de la conception et
• atteinte à l’image de marque de l’entreprise; de l’adaptation du poste de travail (ergonomie),
• etc. • du choix et de l’utilisation des équipements de travail et de
protection individuelle,
• des aspects psychosociaux.
Pour plus d’informations sur la mise en place d’une démarche
de prévention des TMS en entreprise, consultez la brochure:
Guide pour la prévention des troubles musculosquelettiques
au travail

10
4. Anatomie et physiologie 4.1.2 Les muscles et les tendons

de l’appareil Les muscles sont constitués de fibres (myofibrilles) qui


peuvent se contracter ou s’allonger en fonction des mouve-
musculosquelettique ments souhaités et de la charge physique appliquée au corps.
Le nerf transmet l’influx nerveux venant du cerveau, qui pro-
voque la contraction du muscle. Cette contraction consiste en
Afin de découvrir et comprendre les facteurs qui provoquent un raccourcissement du muscle et la mise en mouvement de
ou entretiennent les douleurs, les handicaps ou les pathologies l’os sur lequel il s’insère ou permet la stabilisation de l’articu-
du système musculosquelettique, ce chapitre aborde l’anato- lation pour maintenir une position.
mie du corps humain.
La transmission de la force musculaire à l’os nécessaire pour
réaliser le mouvement se fait au travers du tendon qui agit
4.1 Éléments de base comme une « corde » plus ou moins élastique.
D’autres structures, autour des articulations, favorisent le glis-
4.1.1 Les os et les articulations sement des tendons sur les os: les bourses séreuses (sortes de
Les articulations sont les zones de mobilité entre deux os. gros coussins lubrifiants remplis de liquide synovial).
Elles sont constituées de différents éléments qui rendent
possibles les mouvements. 4.1.3 Les ligaments

Les surfaces des os sont recouvertes de cartilage qui assure La stabilité des articulations est assurée par la présence de
le glissement et la répartition des pressions. Les structures ligaments, structures fibreuses reliant les os d’une articulation.
osseuses sont maintenues ensemble grâce à la capsule articu- Riches en fibres nerveuses, ces structures renseignent le corps
laire, sorte de manchon entourant l’articulation. Dans cette sur des étirements trop intenses des articulations.
capsule, une membrane, la membrane synoviale produit le
liquide synovial qui est le lubrifiant de l’articulation. 4.1.4 Les éléments nerveux
La moelle épinière issue du cerveau passe dans chaque ver-
tèbre à l’intérieur du canal rachidien. Elle se subdivise en
racines nerveuses, qui donnent naissance aux différents nerfs
permettant la sensibilité (nerfs sensitifs) et commandant les
mouvements (nerfs moteurs).
Le nerf sciatique, par exemple, émerge de la colonne lombaire
et innerve en partie la cuisse, la jambe et le pied.

Les os et les articulations

1. Tendon 7. Cavité synoviale


2. Gaine du tendon 8. Capsule articulaire
3. Bourse séreuse 9. Membrane synoviale
4. Muscle 10. Cartilage
5. Os de l’articulation
6. Ligament

Les éléments nerveux

11
4.2 La colonne vertébrale: pilier du Au contraire de l’idée généralement répandue selon laquelle
corps la colonne vertébrale est droite comme un manche de balai,
elle comporte des courbures naturelles qui sont essentielles
4.2.1 Sa forme et ses segments pour son bon fonctionnement. Les parties cervicales et lom-
baires sont bombées vers l’avant (lordose). La partie dorsale
La colonne est composée de 5 parties constituées chacune de est bombée vers l’arrière (cyphose).Nous reviendrons sur
vertèbres de morphologie semblables. l’importance de ces courbures dans les différentes positions
de la vie quotidienne et au travail.

La colonne vertébrale

1. les sept vertèbres cervicales (C1 à C7) 4.2.2 Les constituants de la colonne vertébrale
2. les douze vertèbres dorsales (D1 à D12) auxquelles sont
attachées les douze paires de côtes
3. les cinq vertèbres lombaires (L1 à L5)
4. le sacrum (cinq vertèbres soudées, de S1 à S5)
5. le coccyx (3 ou 4 vertèbres soudées)
Les vertèbres sont percées d’un orifice central appelé canal
rachidien. Chaque vertèbre est caractérisée par une lettre
et un chiffre: L1 pour la première lombaire par exemple. Un
disque intervertébral est intercalé entre les vertèbres.

Deux vertèbres et les différents constituants (vue de profil)

Le bassin

Les os iliaques (a) accolés au sacrum forment avec celui-ci le


bassin. Chaque fémur (os de la cuisse) s’articule à un os iliaque
et forme l’articulation de la hanche (b).

12
B. Rôles et particularités du disque

B.a Deux rôles


• amortir les chocs: comparable à un pneu bien gonflé, le
disque amortit et absorbe les différentes variations de pres-
sion et les répartit sur le plateau de la vertèbre.

• permettre les mouvements: se pencher, s’étendre, se tour-


ner sont autant de gestes rendus possibles par l’élasticité
du noyau
Une vertèbre et le disque vus par dessus

A. Le disque: coussinet amortisseur


Situé entre deux vertèbres (A), le disque intervertébral (B) est
composé du noyau et de l’anneau:
• Le noyau, (B1) au centre, a l’apparence d’une gélatine ferme.
Il est constitué essentiellement d’eau (90%) retenue par des
B.b Deux particularités
protéines (protéoglycans). Chez un individu jeune, ces pro-
téines particulières ont tendance à attirer l’eau (comme une • Rareté des cellules nerveuses
éponge). Cela explique pourquoi notre taille peut augmenter L’anneau et le noyau du disque ne sont pas pourvus de struc-
de 1 à 2cm au lever du lit. tures nerveuses; les fibres nerveuses (représentées en vert)
• L’anneau (B2) ressemble à un treillis de fibres entrecroisées ne sont présentes qu’à la périphérie postérieure de l’anneau.
qui maintiennent le noyau au centre. Les premières lésions qui se produisent à l’intérieur du disque
restent donc indolores et « silencieuses ». D’où l’importance
de penser à son dos déjà avant d’avoir mal.

Le noyau en jaune (au centre) et les fibres croisées de l’anneau


périphérique

Les flèches vertes correspondent aux rares cellules nerveuses situées


en périphérie postérieure du disque

13
• Absence de vaisseaux sanguins Ils maintiennent le dos dans une position donnée et assurent
Le disque ne comporte pas de vaisseaux sanguins. Dès lors, il la stabilité et les mouvements de la colonne. Ils permettent
fonctionne en quelque sorte comme une éponge. Les varia- notamment de se redresser, de s’incliner sur le côté ou de se
tions de pression lors des mouvements ou changements tourner.
de position lui permettent d’être alimenté et d’éliminer les B.g Les mouvements de la colonne vertébrale
toxines.
Le fait que la colonne soit composée de nombreux os arti-
Le manque de mouvement et la sédentarité constituent donc culés entre eux, les vertèbres, lui donne de nombreuses pos-
un risque pour notre dos. sibilités de mouvements. Les photos suivantes nomment les
différentes postures.

Mouvement de la colonne Mouvement de la colonne


vertébrale - Flexion vertébrale - Extension

B.c Les articulations postérieures


À l’arrière, les deux vertèbres s’emboîtent au niveau des arti-
culations postérieures (C). Celles-ci sont recouvertes par du
cartilage, c’est-à-dire par un tissu amortisseur.
B.d Les ligaments
La colonne vertébrale est maintenue par des structures élas-
tiques, les ligaments (D). Contrairement au disque (voir plus
bas), les ligaments sont bien innervés (et donc sensibles à leur
détérioration).
B.e Les éléments nerveux
Le gros câble nerveux central, appelé moelle épinière (E) vient
du cerveau et passe dans chaque vertèbre à l’intérieur du canal
Mouvement de la colonne Mouvement de la colonne
rachidien. La moelle épinière se subdivise en racines nerveuses vertébrale - Rotation vertébrale - Inclinaison
(F), qui donnent naissance aux différents nerfs permettant la
sensibilité et commandant les mouvements.
Le nerf sciatique, par exemple, émerge de la colonne lombaire
et innerve en partie la cuisse, la jambe et le pied.
B.f Les muscles
Les muscles paravertébraux (G) s’attachent à l’arrière de la
colonne et relient deux ou plusieurs vertèbres entre elles.

14
Une combinaison de mouvements est possible comme par 4.3 L’épaule
exemple se pencher et se tourner en même temps (flexion
– rotation). 4.3.1 Les constituants de l’épaule
L’épaule est une articulation permettant des mouvements très
amples. Elle est constituée de trois os: l’omoplate, la clavicule
et la tête de l’humérus, os du bras. Des muscles s’attachent
depuis l’omoplate vers l’humérus. Parmi ceux-ci, se trouvent
les muscles qui composent la coiffe des rotateurs. Ils parti-
cipent à la mobilité de l’humérus par rapport à l’épaule, mais
aussi évitent à la tête de l’humérus de se catapulter contre la
partie supérieure de l’omoplate, l‘acromion lors de l’extension.
Mouvement de la colonne vertébrale
Rotation - flexion

Ces mêmes termes sont utilisés pour décrire les mouvements


de la colonne cervicale.

Mouvement de la colonne cervicale - Rotation

Constituants de l’épaule

4.3.2 Les mouvements de l’épaule


L’épaule peut effectuer les mouvements suivants:

Mouvement de la colonne cervicale - Inclinaison

Mouvement de la colonne Mouvement de la colonne


cervicale - Extension cervicale - Flexion

Mouvement de l’épaule Mouvement de l’épaule


Antépulsion (ou flexion) Rétropulsion (ou extension)

15
4.4.2 Les mouvements du coude
Situés au niveau du bras, les muscles biceps et triceps per-
mettent notamment de fléchir (biceps) et d’étendre le coude
(triceps). Ce mouvement s’appelle la flexion-extension. Il faut
noter que le biceps est également capable de fléchir l’épaule.
Un mouvement particulier appelé la prono-supination consiste
à faire tourner le poignet comme lorsque l’on tourne les pages
d’un livre. Le biceps y participe avec d’autres muscles attachés
au coude.

Mouvement de l’épaule Mouvement de l’épaule


Abduction Adduction

Mouvement du coude Mouvement du coude


Extension Flexion

Mouvements de l’épaule
Rotation interne Rotation externe Circumduction

4.4 Le coude Mouvement du coude Mouvement du coude


Supination Pronation

4.4.1 Les constituants du coude


Le coude est constitué de trois os: l’humérus, le cubitus et
le radius. Deux saillies osseuses l’épitrochlée et l’épicondyle
sont les points d’insertion des muscles de l’avant-bras qui vont
réaliser les mouvements du poignet et des doigts.

Constituants du coude

16
4.5 Le poignet et la main
4.5.1 Les constituants du poignet et de la main
Le poignet est constitué de 8 os et de 33 ligaments. De nom-
breux tendons passent à la face interne du poignet. À ce
niveau, le ligament annulaire antérieur constitue avec les os du
poignet un tunnel appelé « canal carpien » dans lequel passent
également des nerfs (nerf médian et nerf cubital) qui innervent
les doigts. Mouvement du poignet - Inclinaison radiale

Mouvement du poignet - Inclinaison cubitale (ulnaire)

Si dans la vie quotidienne, seule la moitié des amplitudes arti-


culaires sont nécessaires, (quelques degrés en flexion, 30 à
Constituants du poignet et 40 degrés pour l’extension, 5 à 10 degrés en inclinaison cubi-
de la main
tale, 15 à 20 degrés en inclinaison radiale), certains métiers
requièrent, cependant, la totalité de la fonction comme chez
4.5.2 Les mouvements du poignet le carreleur.

4.5.3 Les mouvements de la main


Dotée d’une motricité fine, la main permet une multitude de
gestes allant de la poignée de main à la préhension de petites
vis.

Mouvement du poignet - Flexion

Mouvement de la main - Flexion des doigts

Mouvement du poignet - Extension Mouvement de la main - Extension des doigts

17
4.6 La hanche
4.6.1 Les constituants de la hanche
La hanche est la liaison articulaire entre l’os du bassin (l’os
iliaque) et l’os de la cuisse (le fémur). Cette articulation qui a
la forme d’une boule dans une cavité est très mobile.

Mouvement de la hanche - Mouvement de la hanche -


Adduction Abduction

4.7 Le genou
4.7.1 Les constituants du genou
Le genou constitue la liaison entre la cuisse et la jambe. Il
Constituants de la hanche est constitué d’une part de l’articulation entre le fémur et le
tibia et d’autre part entre le fémur et la rotule. Des ligaments
puissants maintiennent en place ces os. Des ménisques, (pièces
4.6.2 Les mouvements de la hanche cartilagineuses) complètent l’articulation.

Constituants du genou
Mouvement de la hanche Mouvement de la hanche
Flexion Extension

4.7.2 Les mouvements du genou

Mouvement du genou -
Flexion
Mouvement de la hanche Mouvement de la hanche
Rotation interne Rotation externe

18
5. Principaux troubles
musculosquelettiques

Toutes les parties corporelles décrites précédemment peuvent


subir une affection de type musculosquelettique. Les muscles,
les tendons et les nerfs et les articulations sont les structures
les plus souvent touchées. Les symptômes ou les plaintes
(douleurs, lourdeur, raideur, ...) apparaissent très progressive-
Mouvement du genou - Extension ment et peuvent être subdivisés en trois niveaux:
• niveau 1: les plaintes apparaissent durant une activité et
Le genou peut également effectuer (en position de flexion) de
disparaissent au repos;
légers mouvements de rotation entre le tibia et le fémur.
• niveau 2: les plaintes apparaissent rapidement lors des
activités et mettent plus longtemps à disparaître au repos;
• niveau 3: plaintes (douleurs, lourdeur, raideur, ...) chroniques
4.8 La cheville qui persistent durant les autres activités et au repos.
La cheville effectue essentiellement les mouvements de flexion
et d’extension. Cette articulation est peu touchée dans la pro-
blématique des TMS d’origine professionnelle. Les lésions
5.1 Affections tendineuses
de la chevilles sont fréquemment accidentelles (entorses par Les affections tendineuses sont dues aux mouvements répétés
exemple). ou à une tension élevée exercée par le muscle sur le tendon.
L’étirement du tendon à la limite de son amplitude articulaire
favorise l’affection tendineuse.
La tendinite est une inflammation du tendon. S’il s’agit
d’une inflammation du tendon et de sa gaine, elle est appelée
ténosynovite.

Mouvement de la cheville Mouvement de la cheville


Flexion Extension

Le tendon et sa gaine

1 - Muscle
2 - Gaine du tendon
3 - Os
4 - Tendon

19
5.1.1 Au niveau de la main sont enflammés dans cette pathologie. Le terme sténosante
souligne le conflit entre la gaine et le tendon. Le terme crépi-
A. Tendinite de De Quervain tante décrit l’impression de crissement, comme « les pas dans
La tendinite de De Quervain est une inflammation de la gaine la neige », dans la zone enflammée.
des tendons du pouce (long abducteur et court extenseur) au Cette forme de ténosynovite peut également apparaître au
bord externe du poignet. À cet endroit les tendons passent niveau des doigts.
dans un tunnel fibreux au contact du radius. C’est un peu
comme si les tendons et leur gaine « frottaient » contre les 5.1.2 Au niveau du coude
bords du tunnel inextensible. La douleur se manifeste à la base
du pouce (face externe du poignet), amplifiée par les mouve- A. Epicondylite latérale (tennis elbow)
ments du poignet et de la main. Un gonflement peut apparaître
L’épicondylite latérale, appelée aussi épicondylalgie latérale ou
au même endroit, avec parfois des sensations de crépitements.
encore tennis elbow, désigne une inflammation qui survient
près d’une petite pointe osseuse (épicondyle) de l’os du bras
(humérus), sur la face externe du bras. Elle se traduit par des
douleurs au niveau de l’épicondyle, qui s’étendent parfois vers
l’avant-bras, et s’intensifient lors de mouvements d’extension
du poignet et des doigts et lors d’efforts pour la prise d’objets.

Epicondylite latérale

B. Epicondylite médiale ou épitrochléite


L’épitrochléite ou épicondylalgie interne (« coude du golfeur »
ou « golfer’s elbow ») est plus rare. La douleur se situe dans
la partie intérieure de l’avant-bras près d’une petite pointe
osseuse de la face interne de l’humérus. Les mouvements de
flexion du poignet et des doigts ainsi que la pronation de l’avant-
bras augmentent la douleur.

Tendinite De Quervain

B. Ténosynovite sténosante crépitante


(doigts et pouce)
Les tendons et les gaines des muscles fléchisseurs (face pal-
maire) et des muscles extenseurs (face dorsale) du poignet

20
5.1.3 Au niveau de l’épaule engourdissements, des pertes de sensations tactiles (paresthé-
sies) et des pertes de force dans les territoires desservis par
A. Tendinite du sus-épineux et syndrome de la le nerf touché..
coiffe des rotateurs
L’épaule est une articulation très mobile et très vulnérable. Les 5.2.1 Au niveau du poignet
tendons qui y sont les plus sensibles sont ceux qui contrôlent
la rotation et le soulèvement latéral de l’épaule (abduction). A. Syndrome du canal carpien
Lorsque ces tendons sont enflammés, on parle du syndrome Le syndrome du canal carpien apparaît lorsque des frotte-
de la coiffe des rotateurs («rotator cuff syndrom»). Il se carac- ments répétés des tendons provoquent une inflammation de
térise par une douleur de l’épaule ressentie lorsque le bras la gaine tendineuse du poignet. Le gonflement qui en résulte
s’écarte du corps (ou lorsqu’on fait un mouvement d’abduc- exerce alors une pression sur le nerf médian dans le canal
tion du bras). carpien, ce qui provoque des picotements, engourdissements
et des douleurs dans la main, ainsi qu’un affaiblissement des
Ce syndrome apparaît suite à des tâches répétitives ou à des
muscles de la main (1°, 2° et 3° doigt). Les frottements répétés
tâches qui exigent de souvent travailler avec les mains au-des-
des tendons sont dus aux mouvements répétitifs du poignet
sus du niveau des épaules. Les métiers à risque sont notam-
dans une position défavorable.
ment les caissières, les soudeurs, les tôliers, les ouvriers du
bâtiment,…

Canal carpien normal Inflammation du canal carpien

Les muscles de l’épaule B. Syndrome du canal de Guyon


Le syndrome de la loge de Guyon est une compression du
nerf cubital au niveau du poignet. Des douleurs apparaissent
B. Ténosynovite bicipitale et des paresthésies (exemples: des fourmillements, des pico-
La tendinite du biceps est la conséquence d’une inflamma- tements, endormissements,…) sont présentes dans la zone
tion de la gaine tendineuse entourant une des deux parties innervée par le nerf cubital (4° et 5° doigt).
du biceps, qui s’insère sur l’omoplate (au-dessus de la surface
articulaire de l’épaule) et sur le radius. Une douleur apparait
alors entre la partie supérieure du bras et l’épaule. La flexion
contre résistance et la supination de l’avant-bras aggravent la
douleur locale.

5.2 Affections nerveuses et syndromes


canalaires
Le nerf, qui sert à transporter l’influx nerveux vers la périphé-
rie (muscles) ou vers le système nerveux central (cerveau),
peut être perturbé. C’est le cas lorsque le nerf est comprimé
de façon répétée, les micro-vaisseaux sanguins du nerf sont Syndrome du canal de Guyon

bloqués et ils ne peuvent alimenter les structures des diffé-


rents tissus du nerf. Les messages sensitifs (qui viennent des
récepteurs de la peau notamment) et les messages moteurs
(qui provoquent la contraction des muscles) sont perturbés,
voire interrompus. Ils se traduisent par des picotements, des

21
5.2.2 Au niveau de la colonne vertébrale - Ou à l’exposition au froid et à l’utilisation de gants serrés. En
effet, l’exposition au froid et les gants trop serrés gênent la
A. Cervicobrachialgie circulation sanguine dans les doigts, ce qui accélère l’appari-
Il s’agit d’une douleur dans la nuque qui peut s’étendre vers tion du syndrome du doigt blanc (ou doigt mort).
les bras. Elle peut être accompagnée de fourmillements,
engourdissements et n’est pas directement influencée par les
mouvements du bras. La nuque s’enraidit progressivement.
La cervicobrachialgie ou névralgie cervico-brachiale (NCB)
est souvent causée par l’usure des articulations cervicales
(arthrose).

5.3 Affections neurovasculaires Syndrome de Raynaud - Syndrome de Raynaud -


Situation normale Dégradation des vaisseaux
Les nerfs et les vaisseaux sanguins sont touchés dans cette sanguins
affection. La compression du nerf entraine des paresthésies
(exemples: des fourmillements, des picotements, endormisse-
ments,…), des douleurs alors que la compression des vais-
seaux sanguins empêche l’oxygène d’arriver au tissu.

5.3.1 Syndrome du défilé thoracique


Le syndrome du défilé thoracique est le résultat d’une com- Syndrome de Raynaud – Doigts blancs
pression des nerfs et des vaisseaux dans un passage délimité
par des muscles situés à la face latérale du cou (muscles sca-
lènes) et des côtes, entraînant la compression d’un ensemble 5.3.3 Syndrome hypothénarien du marteau
de nerfs allant dans le bras (plexus brachial).
Le syndrome hypothénarien du marteau est un trouble de
la main qui entraîne une réduction du débit sanguin vers les
doigts. « L’éminence hypothénar » désigne la partie charnue
de la paume de la main à la base du petit doigt. C’est de la que
partent les muscles qui contrôlent les mouvements du petit
doigt.
L’utilisation répétée la paume de la main en guise de marteau
pour écraser, presser ou tordre des objets altère les vaisseaux
sanguins de la main, dont l’artère cubitale qui apporte le sang
vers les doigts. Les lésions de l’artère entravent la nutrition
des tissus au niveau des doigts.
Conséquences: douleur, picotements, difficulté à tenir des
objets lourds, perte de sensibilité tactile et hypersensibilité au
froid au niveau de la main.
Syndrome du défilé thoracique
Les travailleurs les plus à risque sont: les mécaniciens d’auto-
mobile, les travailleurs du secteur métallurgique, les bouchers,
5.3.2 Syndrome de Raynaud les boulangers, les charpentiers.
Le phénomène de Raynaud, parfois appelé maladie ou syn-
drome de Raynaud, est un trouble de la circulation sanguine
au niveau des doigts et des orteils (et parfois aussi du nez et
des oreilles) Les symptômes sont une raideur transitoire, la
douleur, les picotements et les doigts qui deviennent blancs.
Le syndrome de Raynaud peut être dû à:
- à l’utilisation prolongée d’appareils produisant des vibrations Syndrome hypothénarien du marteau
importantes qui entraînent une dégradation progressive des
vaisseaux sanguins périphériques et des nerfs des doigts.

22
5.4 Affections musculaires
La contraction musculaire produit des déchets (ou métabo-
lites). L’approvisionnement et l’élimination se font grâce aux
vaisseaux sanguins (artères et veines). La tension que le muscle
produit lorsqu’il se contracte perturbe voire annule la circu-
lation sanguine. L’appauvrissement de la circulation sanguine
provoque une insuffisance en glycogène ou une concentration
en métabolites, à l’origine de la fatigue musculaire et qui se
traduit par des douleurs aussi appelé la myalgie. Ces myalgies
sont susceptibles de toucher tous les groupes musculaires du
corps. Il est important de les prendre en considération, car
c’est parfois le premier signe (encore réversible) d’une sur-
sollicitation des muscles.
Une autre origine des courbatures lors d’un effort muscu-
laire intense est la rupture des myofibrilles occasionnée par
la contraction excentrique du muscle. Ces douleurs sont sem-
blables à celles occasionnées par une reprise trop intense de Lumbago
l’activité physique après une période prolongée d’inactivité
physique. L’inactivité prolongée retarde la cicatrisation du disque inter-
Les contractions dynamiques laissent un moment de relâche- vertébral puisque sa nutrition dépend des variations de pres-
ment musculaire (qui permet la bonne circulation sanguine) sion et donc du mouvement. La cicatrisation est plus rapide
entre deux contractions. La contraction statique est plus lorsqu’on garde une certaine activité physique, sans excès. On
pénible pour l’individu car elle ne permet pas ce relâchement estime à deux jours de repos complet le maximum à ne pas
temporaire. dépasser.

5.4.1 Syndrome tensionnel de la nuque 5.4.3 Le vieillissement naturel et l’arthrose


(tension neck syndrome) Suite aux mouvements répétés, le cartilage (mince couche
Les efforts statiques prolongés peuvent être source de de cellules) des articulations peut s’user. Le terme utilisé est
troubles au niveau des fibres musculaires rouges et rugueuses. l’arthrose.
Chez les personnes travaillant sur écran de visualisation, cette Ce phénomène touche toutes les articulations du corps, mais
affection, appelée myalgie, touche souvent l’épaule (le trapèze). nous développons ici celle qui touche la colonne vertébrale.

5.4.2 Un cas particulier: le lumbago A. La colonne vertébrale


L’étymologie du terme lumbago comporte deux racines: Les rides au niveau du visage et des mains sont la conséquence
« lumb » pour la zone lombaire et « ago » du grec pour « j’ai de la perte de souplesse de la peau et de la diminution de
mal ». Ce terme désigne donc une douleur soudaine et impor- la quantité d’eau présente dans les tissus. Les éléments de la
tante, communément appelé « tour de reins ». colonne vertébrale vieillissent aussi naturellement comme
toutes les structures du corps humain. Les grosses molécules
La personne adopte automatiquement une position bien
(protéoglycans) du disque intervertébral, qui attirent l’eau
reconnaissable (« tordue de douleur »). Le lumbago est sou-
à l’état jeune et confèrent au disque un état d’amortisseur
vent le résultat de contraintes accumulées au fil des années
perdent leur capacité à attirer l’eau. Avec l’âge, le noyau ne
par de nombreux gestes et positions inadéquats. C’est « la
contient plus autant d’eau et l’épaisseur du disque diminue,
goutte d’eau qui fait déborder le vase » qui peut apparaître de
c’est ce que l’on appelle le tassement discal.
façon aiguë, tant à la suite d’un effort violent que d’un geste
banal. L’os sous-jacent, qui n’est plus protégé par ce tissu amortis-
seur, réagit alors aux pressions produites par les postures et
mouvements et développe de petites excroissances appelées
« becs de perroquet » (ostéophytes).
Ces modifications du cartilage correspondent à l’arthrose. Il
s’agit, le plus souvent d’une évolution normale du cartilage, liée
l’âge. Au niveau du disque, elle porte le nom de discarthrose.
Au niveau lombaire, le terme utilisé est la lombarthrose.

23
5.5.2 Stade 2
Lors des mouvements de flexion ou de rotation-flexion répé-
tés ou excessifs en amplitude, des petites déchirures peuvent
apparaître dans les fibres. Ces déchirures ne sont pas doulou-
reuses (vu l’absence de récepteurs nerveux), mais créent une
zone de moindre résistance sur le plan mécanique, au niveau
de l’anneau.
Disque jeune: bon amortisseur

5.5.3 Stade 3
Le noyau s’infiltre à travers ces fissures et progresse vers
la périphérie de l’anneau, pouvant même provoquer une
boursouflure de l’anneau (protrusion discale) et déclencher
Disque âgé : piètre amortisseur l’apparition de douleurs.

5.5.4 Stade 4
Les flèches bleues indiquent les À ce stade, l’anneau est devenu fragile. Un mouvement banal,
becs de perroquet à l’avant des
vertèbres et les flèches vertes
tel que ramasser un crayon par terre, peut déchirer les der-
indiquent l’arthrose des articu- nières couches de l’anneau et permettre ainsi à une partie
lations postérieures
du noyau de faire irruption hors de l’anneau: c’est la hernie
discale.

5.5 Affections discales


Le phénomène de détérioration discale est le plus souvent
lent et progressif. Pour mieux comprendre ce qui se passe, on
peut distinguer différents stades dans ce phénomène.

5.5.1 Stade 1
Il correspond à l’état intact
du disque d’une personne
de moins de 15 ans. La flèche verte indique la hernie discale

24
6. Les facteurs
de risque de TMS

L’évolution lente et progressive des TMS complique l’identi-


fication des facteurs à l’origine de la survenue des troubles
musculosquelettiques. De plus, la durée de l’exposition et
la présence simultanée de plusieurs risques jouent un rôle
important dans l’apparition des TMS. C’est pourquoi, ces
pathologies sont dites «multifactorielles».
L’apparition d’une lésion due à la surcharge est le résultat d’un
déséquilibre entre la charge de travail et la capacité de charge
du travailleur.
Ces quatre figures montrent les différentes possibilités lorsqu’on est
atteint d’une hernie discale: de l’absence totale de douleur jusqu’à la Charge de travail
douleur dans la jambe (sciatalgie) qui peut même donner lieu à une RISQUE :
paralysie de certains muscles.
Capacité de charge
C’est entre 30 et 45 ans que le risque est le plus important. En
effet, après 45 ans, le disque et son noyau ne contiennent plus Nous séparons, pour une meilleure clarté, les facteurs de
autant d’eau qu’auparavant et il y a dès lors moins de matière risque en quatre groupes. Cependant, lors des analyses, il faut
pouvant faire hernie. tenir compte des interactions entre les facteurs entre-eux.

Bon à savoir: 6.1 Les facteurs de risque de type


Toute hernie discale n’est pas nécessairement douloureuse: de
biomécaniques
3 à 20% de la population adulte en bonne santé aurait une Quatre principaux paramètres favorisent l’apparition des
hernie discale sans douleur associée, mais révélée seulement TMS: la posture, la force, la répétition et la durée de l’activité.
par un scanner ou une imagerie en résonance magnétique nu- La combinaison des quatre paramètres a plus de chance de
cléaire (IRM). conduire à un TMS. Par exemple : frapper 10 coups avec un
marteau sur une journée n’est pas un grand risque pour faire
apparaître un TMS. Par contre, frapper 1000 coups de marteau
en deux heures, plusieurs fois par jour, pendant des mois, avec
un marteau de 5 kg saisi dans une position inconfortable, aug-
5.6 Affections des bourses séreuses mente les risques de tendinite par exemple. e augmente et la
Les bourses séreuses protègent notamment les tendons du capacité de récupération diminue en parallèle.
contact direct avec l’os. Le liquide synovial de la bourse
peut présenter un épanchement qui se traduit par un
gonflement important de la bourse séreuse. Elle touche REPETITION DU MOUVEMENT
souvent l’épaule, le coude ou le genou.

FORCE/ POSTURE/
EFFORT POSITION

DURÉE DE L’ACTIVITÉ

6.1.1 Les postures


Parmi les facteurs de risque biomécaniques, les postures adoptées
par le travailleur sont les plus évidentes à analyser.

25
La conséquence d’une posture en dehors de la zone de confort A.b Colonne lombaire
est l’étirement des structures articulaires, des ligaments, des ten-
dons et des muscles. Les structures nerveuses peuvent également
souffrir soit par étirement direct, soit par compression par les
structures qui les entourent.
Les figures suivantes mentionnent pour chaque articulation la
zone dite posture ou amplitude de confort et la zone hors de
cette limite.

Légende :
Zone articulaire Type : Description : Action :
De confort, Risque considéré Aucune
acceptable comme faible ou
négligeable
Non recommandé Risque accru pour Analyse et réduc-
tout ou une partie tion des risques
des utilisateurs
Inacceptable Risque inaccepta- Modification du
ble pour tous les poste de travail
utilisateurs pour améliorer la
posture de travail
Acceptable sous certaines conditions : 
(Selon NBN EN 1005-4 : 2008)
A. Les postures et amplitudes à risque • Acceptable en cas de support complet du tronc
• Inacceptable si la machine est susceptible d’être utili-
(Références : Norme NBN EN 1005-4 : 20082 RULA (MacAtamney sée pendant de longues durées par la même personne
et Corlett, 1993) et Orège (INRS))
A.b.1 Explications spécifiques des contraintes pour la colonne lombaire
A.a Colonne cervicale La position debout ou position de référence : répartition
homogène des pressions sur le segment vertébral.3

Acceptable sous certaines conditions : (Selon NBN


EN 1005-4 : 2008)
• Inacceptable si la machine est susceptible d’être utilisée pen-
dant de longues durées par la même personne

3
NB: les valeurs de compression sont notées ici en kg. Les scientifiques utilisent pour calculer les valeurs
d’autres unités. La masse est exprimée en Newton et la pression en Pascal. Nous avons choisi de noter
2
Il s’agit de la norme Sécurité des machines - Performance physique humaine /Partie 4 : Évaluation les valeurs en kg afin d’avoir une échelle de valeurs plus couramment employée et faisant référence à
des postures et mouvements lors du travail en relation avec les machines. Ces normes (de postures et des éléments connus. On comprend mieux ce que représente une valeur de 20 kg comme pression
mouvements) sont étendues aux activités réalisées sans machine. qu’une valeur de 200 Pascals.

26
A.b.2 Flexion du tronc vers l’avant A.b.4 Rotation du tronc
La posture en flexion du tronc provoque une inversion de la • La rotation du tronc provoque un cisaillement des fibres de
courbure du dos qui entraîne les conséquences suivantes: l’anneau
• Pincement antérieur du disque
• Etirement des ligaments postérieurs et de la partie posté-
rieure du disque
• Augmentation de la charge subie par le disque (effet bras
de levier)

A.b.5 Rotation combinée à la flexion


La combinaison de ces deux postures provoque:
• Cisaillement des fibres de l’anneau
• Augmentation de la charge subie par le disque (effet bras
de levier)
A.b.3 Extension du tronc vers l’arrière • Inversion de la courbure du dos
• Compression de la partie antérieure et latérale du disque
• Augmentation de la cambrure du dos • Etirement de la partie postérieure et latérale du disque (la
• Compression de la partie postérieure du disque et des arti- plus fragile)
culations postérieures
• Augmentation de la charge subie par le disque (effet bras Ce type de mouvement constitue un risque majeur pour le dos.
de levier)

27
A.b.6 Rester longtemps assis sur un siège A.c. Epaule
• Inversion de la courbure du dos
• Partie antérieure du disque comprimée
• Partie postérieure du disque et ligaments postérieurs étirés
Le maintien de la position assise constitue également une
entrave à la nutrition du disque.

Acceptable sous certaines conditions : 


(Selon NBN EN 1005-4 : 2008)
• Acceptable en cas de support complet du bras
• Inacceptable si la machine est susceptible d’être utilisée pen-
dant de longues durées par la même personne
• Inacceptable si la fréquence est supérieure ou égale à 10/min
A.b.7 Rester longtemps accroupi
• Inversion de la courbure du dos
• Partie antérieure du disque comprimée A.d. Coude
• Partie postérieure du disque et ligaments postérieurs étirés
• Pression augmentée sur le cartilage des genoux

A.e. Poignet

28
• le nombre de mouvements par minute pour une articulation
donnée (INRS)
• le nombre de fois où la main touche un élément du poste
de travail
• le nombre de cycles de travail accomplis au cours d’une
journée de travail (Luopajarvi et coll, 1979)
• les mouvements identiques ou comparables effectués à
intervalle de quelques secondes
• le nombre d’efforts par cycle de travail, multiplié par le
nombre de cycles par poste (Stetson et coll, 1991)
A.f. Main • le nombre de passages par unité de temps d’une situation
neutre à une situation extrême en terme de mouvements
Le type de prise influence la charge imposée aux tendons, angulaires, de force ou à la fois de mouvements et de force
muscles et ligaments. (Malchaire et Cock, 1995)
Une prise de précision ne doit pas nécessiter le développe- L’intervalle entre 2 opérations s’appelle le « cycle de travail ».
ment d’une grande force car les articulations ne sont pas bien Un cycle d’une durée de 30 secondes semble une limite tolé-
positionnées pour cette action. À l’inverse, une prise de force rable en dessous de laquelle il vaut mieux ne pas descendre
oblige à positionner le poignet et les doigts dans une posture (Silverstein et coll, 1987). Une même séquence de gestes exer-
qui ne peut en même temps produire une grande précision. cée pendant 50% du temps de travail est également un autre
critère de pénibilité au niveau de la répétitivité.

6.1.3 Les efforts et la force


La force utilisée par le travailleur est souvent associée aux
TMS. Elle peut donc entrainer des lésions telles que les rup-
tures au niveau des tendons, des ligaments ou encore des
lésions au niveau des muscles ou des nerfs peuvent apparaître.
Il existe de nombreuses situations qui demandent l’utilisation
de la force musculaire. Par exemple: la manutention d’objets
Prise pince pulpaire Prise palmaire ou de force
lourds, l’utilisation d’outils manuels, l’assemblage de pièces, …
ou de précision
La force utilisée dépend de nombreux facteurs (ex. le poids
de l’objet manipulé, la posture, le type de contraction statique
6.1.2 La répétition des gestes et la durée ou dynamique, du type de prise, …) qui influencent le risque
d’apparition des TMS.
Les gestes répétitifs et monotones (qui varient peu), avec ou
sans manipulation d’objets, sont également des facteurs de A. L’intensité de la force
risque.
Plus un muscle augmente sa force de contraction, plus la trac-
On dit qu’il y a travail répétitif lorsque les mêmes régions ou tion sur ses myofibrilles (composants du muscle) et les ten-
structures musculosquelettiques sont sollicitées de façons fré- dons est forte. Ce type de geste peut avoir des conséquences
quentes, en l’absence de pauses ou qu’une variation du geste néfastes sur les structures articulaires comme le disque, les
est impossible. ligaments.

A. Définition de la répétitivité des gestes B. Le type de contraction musculaire


La répétitivité est étroitement corrélée avec l’apparition des Lorsque l’on saisit et dépose un objet régulièrement, il y a
TMS. Il n’y a pas de consensus pour définir ce facteur. La alternance: les muscles se contractent (sont sous tension)
répétitivité d’une tâche est souvent décrite en fonction de puis se décontractent (sont en repos). Ce qu’on appelle une
la fréquence des opérations effectuées. Il existe différentes contraction dynamique (ou isotonique). Cette alternance, de
définitions de cette notion. La répétitivité peut être: contraction-décontraction, permet aux vaisseaux sanguins de
transporter des éléments nutritifs et des déchets.
• le nombre de produits similaires fabriqués par unité de
temps (Tanaka et coll, 1993) Par contre, lors d’une contraction statique (ou isométrique),
• le nombre de pièces/heure il y a pas de phases de décontraction/repos. La contraction

29
musculaire comprime les vaisseaux sanguins, gêne la circula- Certains éléments influencent la qualité de la prise:
tion sanguine et appauvrie des tissus en oxygène et glucose,
• La dimension de la prise ; ex. Le diamètre de prise des outils,
qui accumulent les déchets métaboliques. Ce phénomène pro-
voque une fatigue musculaire.

C. Position articulaire et distance de prise


Un muscle en position extrême provoque un même effet à
celui de la position statique c’est-à-dire une mauvaise circula-
tion sanguine car les vaisseaux sanguins sont comprimés par
les muscles trop étirés du fait de la mauvaise position ou de la
distance de prise. En effet, une charge de 10 kg saisie contre le • Le port de gants inadaptés: ils entrainent une diminution de
tronc ou à bout de bras génère une astreinte pour les muscles la force de préhension maximale ainsi qu’une moins bonne
des bras totalement différente en raison du bras de levier. La sensibilité tactile.
charge subie par les disques intervertébraux passe respecti- • La position du poignet: les positions neutres du poignet per-
vement de 110kg (contre le bassin) à 210kg (bras tendus vers mettent une prise de force maximale. Toute déviation par
l’avant). rapport à cette position augmente l’effort.

D. La préhension
E. Les caractéristiques de l’objet soulevé
En fonction de la position que la main adopte pour manipuler
ou saisir un objet, la force utilisée est variable et donc l’effort Ces caractéristiques aggravent l’effort: le caractère encom-
aussi. On retrouve deux types de prises: la prise en force et la brant, instable, glissant, déséquilibré ou asymétrique de la
prise en pincement. charge ou l’absence de poignées.

• La prise de force (palmaire par exemple): c’est la plus puis- L’encombrement de la charge augmente la charge subie par le
sante, elle consiste en un enveloppement de la paume et de dos: 140kg au lieu de 90 kg pour une charge de 10kg
l’ensemble des doigts autour de l’objet

• La prise en pincement (pulpaire par exemple): c’est la plus


précise, elle est moins efficace pour l’exercice d’une force,
mais elle requiert néanmoins un effort musculaire beaucoup
plus grand (5 fois plus élevé qu’une prise de force)

L’effort sera toujours trop important chaque fois que l’on


devra utiliser une prise en pincement pour exercer une force.

30
6.2 Quelques exemples de facteurs de des forces d’impact importantes, comme lors de l’utilisation du
risque de type biomécanique dans talon de la main comme un marteau, peuvent être à l’origine
de troubles vasculaires dans la main.
différents secteurs
La façon dont le poste de travail est aménagé a des consé- 6.3.2 Les vibrations
quences sur les facteurs biomécaniques décrits plus haut.
Les vibrations produites par une machine touchent soit l’en-
Les illustrations suivantes montrent des positions pénibles semble du corps (vibrations corps-entier), (par exemple : lors
pour l’appareil musculosquelettique dans diverses situations de la conduite d’un véhicule), ou plus spécifiquement les mains
professionnelles et l’avant-bras (vibrations mains-bras), (par exemple lorsque
l’on utilise des outils électriques ou pneumatiques).
Ces postures risquées proviennent souvent des facteurs
suivants: Même si la plupart des activités ne requièrent pas fréquem-
ment l’utilisation d’outils vibrants, certains travailleurs peuvent
• mauvais rangement et câbles qui trainent au sol: difficulté
être confrontés à leur utilisation momentanée. C’est pourquoi,
pour se déplacer et risque de chute.
il faut faire une analyse préalable des risques.
Pour information, les membres supérieurs sont surtout sen-
sibles aux vibrations comprises entre 5 et 1500 Hz alors que
les vibrations transmises au corps entier sont plutôt ressenties
entre 0,5 et 100 Hz.
Pour plus d’informations, consultez la brochure:
Vibrations de l’ensemble du corps: Série Stratégie SOBANE
6 Vibrations mains-bras: Série Stratégie SOBANE

6.3.3 Le froid
• le manque de place ou peu d’espace libre devant le plan de
travail et la difficulté pour se rapprocher du plan de travail. L’exposition au froid peut contribuer au développement des
• le maintien d’une position statique, d’un dos rond ou d’une TMS. Cette situation réduit en effet la qualité du geste et la
position debout. force des mains pour réaliser le travail. Suite à cette perte de
• un plan de travail trop haut ou trop bas (plan de travail de dextérité, le travailleur augmente la force de préhension pour
la cuisine, …). compenser (le port de gants n’arrange rien) et donc accentue
• une surface à atteindre, un objet ou un outil placé au-dessus sa fatigue musculaire.
du niveau de l’épaule qui nécessite une extension de l’épaule Exemple de TMS causé par le froid: le syndrome de Raynaud
pour le saisir.
• l’utilisation d’un outil (poids, forme de la poignée, …) non 6.3.4 L’éclairage
adapté.
La qualité de l’éclairage n’a bien sûr pas d’impact direct sur
la survenue des TMS. Mais un local insuffisamment éclairé
6.3 L’exposition aux facteurs ou possédant des points lumineux éblouissants perturbe la
perception des obstacles et dénivellations. Un éclairage inap-
environnementaux proprié peut entrainer des conséquences pour l’appareil mus-
Les contraintes de type biomécanique décrites dans le cha- culosquelettique: chutes, faux-pas, prise de positions incon-
pitre précédent peuvent être aggravées par la présence de fortables (nuque penchée ou inclinée) pour mieux percevoir
facteurs environnementaux comme les pressions mécaniques les informations.
produites par le contact du corps avec des objets extérieurs,
les chocs, les vibrations et le froid. 6.3.5 Le bruit
Le bruit n’a pas non plus d’action directe sur les TMS mais il
6.3.1 Les pressions mécaniques et les chocs peut occasionner des lésions auditives, de l’inconfort sonore, la
mauvaise communication entre collaborateurs qui peut causer
Tout contact du corps avec un élément dur de l’environnement
des accidents (attention à la marche ! trop tard). Le bruit pro-
de travail occasionne des pressions sur les structures muscu-
voque aussi la fatigue mentale du travailleur. Or, une personne
losquelettiques (comme les nerfs, les bourses séreuses et les
fatiguée sera moins attentive à adopter de bonnes postures ou
vaisseaux sanguins)
à rechercher des alternatives ergonomiques à une situation de
Quelques exemples: l’appui continuel du coude sur le plan de travail pénible.
travail peut provoquer une bursite du coude. Les chocs liés à

31
6.4 Les risques liés à l’organisation 6.5.1 Capacités physiques et condition physique
Les études scientifiques montrent que le risque de subir un Chaque personne dispose d’une capacité physique avec ses
mal de dos chronique ou d’affections musculosquelettiques caractéristiques de force, souplesse, coordination, latéralité et
augmente fortement lorsque l’on est confronté régulièrement autres qualités. Ces capacités peuvent influer la manière dont
à des situations stressantes. Le stress est donc perçu comme les sollicitations mécaniques vont agir sur le corps.
une réaction négative qui peut entretenir le mal de dos. Par exemple, le manque de souplesse contrarie également les
Le stress est la perception du déséquilibre entre ce que l’on activités qui nécessitent des positions contraignantes et rend
doit faire (les exigences) et ce que l’on estime pouvoir faire (les plus difficile le bon positionnement du dos.
moyens, l’autonomie, le contrôle), sans pouvoir s‘y soustraire. L’histoire médicale, l’excès de poids peuvent aussi augmenter
Dans la vie actuelle, les situations potentiellement stressantes le risque de maux de dos.
sont nombreuses. Elles peuvent être liées à 3 types de facteurs:
6.5.2 Le genre
• les exigences des tâches à exécuter: quantité de travail
importante, dépassement d’horaires normaux (travail à Les études statistiques montrent dans certains cas une prévalence
horaire décalé, heures supplémentaires, ...), contraintes accrue des TMS chez les femmes. Les raisons sont multiples:
de temps (répondre à la demande des nombreux clients), • Les tâches répétitives sont souvent allouées aux femmes,
contraintes financières (bilan financier en équilibre, vérifica- • Les tâches ménagères combinées aux tâches profession-
tion des comptes, monnaie à rendre), contraintes liées aux nelles exposent encore plus la femme aux TMS,
responsabilités (perfection du travail, équipe à motiver, …), • Certains facteurs de santé comme la grossesse, la méno-
contraintes administratives; pause, la prise de contraceptifs oraux expliquent l’apparition
• les moyens disponibles pour faire face à la demande : lieu de plus fréquente de troubles comme le syndrome du canal
travail inadapté (manque de place), matériel inadéquat, dété- carpien.
rioré, vétuste, formation insuffisante, procédures de travail
(pas de choix, procédures imposées); 6.5.3 Tabagisme
• le soutien social: manque de reconnaissance, ingratitude/
agressivité des clients/fournisseurs, manque de soutien et/ou La nicotine inhalée par le fumeur est une substance qui dimi-
de contact de la ligne hiérarchique, soutien et /ou contact nue le calibre des vaisseaux sanguins. Cette restriction de la
insuffisant des collègues; circulation sanguine a comme conséquence une diminution de
• … l’apport nutritif vers les disques intervertébraux. On remarque
une corrélation significative entre le fait d’être un fumeur
Le sentiment d’équilibre entre ces 3 facteurs exigences – régulier et la présence de maux de dos, spécialement lorsqu’un
moyens – soutien réduit la réaction de stress. Par contre, tout excès de poids est présent.
sentiment de déséquilibre entre ces trois facteurs aboutit à la
sensation de stress avec des répercussions sur le corps et le 6.5.4 L’âge
mental.
Avec l’avancée en âge, les capacités physiques, la force muscu-
Enfin, le stress peut entrainer un tas de réactions néfastes laire et la souplesse diminuent. Le risque de détérioration des
(insomnie, dépression, réduction des déplacements, repli sur éléments de la structure musculosquelettiques devient plus
soi, boulimie, ...) sur la colonne vertébrale. important.

6.5 Les facteurs de risque personnels


Une même charge de travail peut entraîner des lésions dues
à la surcharge chez une personne et n’avoir aucun effet sur
une autre personne. Ceci peut être lié aux habitudes de travail
individuelles. De plus, certaines personnes durant leurs activi-
tés de loisir sollicitent leurs muscles et tendons de la même
manière que durant leur travail. Ceci ne fait qu’accroître le
risque de surcharge.

32
7. Démarche d’intervention 7.1 Ergonomie: prévention par une
adaptation de l’environnement
L’ergonomie est la science qui étudie les relations entre
Tout employeur a l’obligation d’analyser les risques sur le l’homme et son environnement et qui s’efforce de les amé-
lieu de travail. Il doit ensuite mettre en place une politique liorer. L’objectif est d’adapter le travail aux capacités/limites
de prévention visant à supprimer ou à réduire les risques. La physiques et psychologiques de l’homme/de la femme pour
démarche de prévention des troubles musculosquelettiques améliorer son bien-être et la performance de l’entreprise.
(TMS) repose sur un processus par étapes qui tient compte
de plusieurs aspects du travail. Il faut analyser les éléments Avec l’ergonomie, on va:
relatifs à la nature de l’activité, les risques spécifiques liés à ces • mieux organiser le travail;
activités mais aussi aux risques liés aux travailleurs. • améliorer l’aménagement/ la disposition des lieux;
• réduire la distance d’atteinte;
A partir des données analysées, des solutions peuvent s’envi-
• faciliter l’accès au poste de travail;
sager:
• faciliter la manipulation et le déplacement des objets et des
• L’ergonomie charges;
• Les gestes et les postures: utilisation de gestes permettant • adapter les outils de travail;
d’économiser le système musculo-squelettique au travail • limiter les vibrations.
mais aussi dans la vie courante.
• L’activité physique: maintien et amélioration de sa condi-
tion physique par la pratique d’exercices d’étirement et de 7.2 Améliorer la disposition des lieux
relâchement musculaire.
Consiste à concevoir ou aménager le poste de travail pour
Pour plus d’informations, consultez la brochure: éviter ou réduire le nombre et l’amplitude des postures en
Guide pour la prévention des troubles musculosquelettiques dehors de la zone de confort articulaire, c’est-à-dire les posi-
au travail tions dos fléchi vers l’avant ou en rotation, nuque en flexion
ou extension, bras élevés, .... II faut dès lors être attentif aux
paramètres suivants:

7.2.1 Adapter la hauteur du poste de travail


La hauteur du poste de travail influence la position de l’utilisa-
teur. Ainsi, une zone de travail trop basse oblige à pencher le
Explorer tronc ou la nuque vers l’avant alors qu’une zone de travail trop
haute nécessite de lever les bras et les épaules ou d’étendre la
nuque pour accomplir la tâche.
evaluer le plan réaliser l’analyse
d’action des risques

TMS
mettre
elaborer un
en oeuvre
plan d’action
le plan

6 4
Les différentes étapes à suivre pour la prévention des TMS

33
6
Hauteur A Hauteur B Hauteur C
Travail de précision Travail léger Travail lourd
100 – 110 cm (ou
Homme 90 – 95 cm 75 – 90 cm
plus)
Femme 95 – 105 cm 85 – 90 cm 70 – 85 cm
Hauteur coudes (ou Entre hanches et Hauteur hanches
Repère
plus haut) coudes

Exemples d’actions ergonomiques:


4 L’action ergonomique dépendra du type de plan de travail
dont on dispose:
• si on a un plan de travail de hauteur variable (électriquement
ou mécaniquement) permettant d’ajuster la hauteur du plan
de travail par rapport aux deux critères: la taille de l’utilisa-
teur et le type de travail à effectuer.

La hauteur adéquate du plan de travail est déterminée par


deux critères:
• La taille de l’utilisateur: doit aussi bien convenir aux petits
qu’aux grands utilisateurs.
• Le type de travail à effectuer:
o travail de précision (exemple: couper ou hacher des Hauteur de table de tri de linge
adaptée à la taille
légumes): un travail de précision nécessite un plan de
travail élevé qui permet une vision fine des objets sans 4
nécessiter de position penchée en avant,
o travail léger (exemple: mélanger une sauce, beurrer les
petits pains),
o travail lourd (exemple : pétrir une pâte,…): la manipu-
lation d’objets lourds ou l’utilisation du poids du tronc
demande un plan de travail bas pour éviter par exemple
de lever inutilement les bras et épaules. Il faut bien sûr
tenir compte de la hauteur de l’objet ou de la pièce
manipulée.

6 4
Adaptation de la hauteur de la planche à repasser et mise en hauteur
de la manne

34
• si on a un plan de travail de hauteur fixe: 7.2.2 Ménager un espace pour les pieds et les
o Travail léger ou lourd: S’il n’est pas possible de modi- genoux
fier la hauteur du plan de travail, il convient de choisir
Un espace pour les pieds permet de se rapprocher du plan
la hauteur permettant le meilleur compromis entre les
de travail et d’éviter un porte-à-faux fatigant pour les muscles
différents utilisateurs et types de tâches. Par exemple,
du dos.
il vaut mieux privilégier un plan de travail convenant
à la personne la plus grande. Il est plus pénible pour Exemples d’actions ergonomiques:
l’utilisateur de grande taille de se pencher systémati-
Pour la position débout, prévoir un espace pour les pieds.
quement que de lever les bras un peu plus haut pour
la personne de petite taille. Un plancher de rehausse
peut éventuellement résoudre les problèmes liés aux
différences de taille.

6 4
Plan de travail avec espace prévu pour les pieds

Pour la position assise, l’espace sous la table doit également


être suffisant pour permettre de choisir une posture confor-
4 4 table et de croiser les genoux librement.
Mise en place de la machine à lessiver en hauteur

o Travail de précision: Dans le cas d’un travail de plus L’utilisation de tapis « anti-fatigue » peut réduire la fatigue des
grande précision et de personnes de tailles très variées, membres inférieurs liée à la position debout statique. L’aspect
il vaut mieux adapter la hauteur de la table à la hau- mou de ce tapis sollicite de façon plus intense les muscles des
teur des coudes du plus petit et poser sur la table une jambes et pieds, agit comme une pompe circulatoire et favo-
rehausse pour surélever le plan de travail pour le plus rise le retour veineux, diminuant légèrement la stase veineuse.
grand.

7.3 Réduire la distance d’atteinte


horizontale
Pour saisir des objets, il faut tenir compte de la distance
d’atteinte et de la fréquence d’utilisation des objets.
Deux distances d’atteinte sont considérées:
• La distance maximale d’atteinte correspond à la distance
entre le poignet et l’épaule, cette distance est réservée aux
mouvements intermittents.
• La distance de confort correspond à la position semi-fléchie
du bras (environ les 2/3 de la distance maximale). Cette dis-
tance privilégie les mouvements fréquents.

6 4
Adaptations de la hauteur du plan de travail avec une rehausse

35
Flèche verte (Zone hachurée horizontalement) = distance de confort;
Flèche rouge (Zone hachurée verticalement) = distance maximale 6 4
d’atteinte
Bacs placés trop haut pour Utilisation de bacs comme rehausse
le tri des fruits Un élément plus stable est
Exemples d’actions ergonomiques: néanmoins à privilégier

Rapprocher les objets


7.4.2 Utiliser un mobilier adapté
Les portes à ouverture verticale permettent de se rapprocher
plus aisément des objets à saisir que les portes horizontales
constituant souvent un obstacle au rapprochement.

6 4

7.4 Réduire la distance d’atteinte 6 4


verticale
La découpe de la partie antérieure du bac permet d’y placer les sacs
L’articulation de l’épaule subit une contrainte importante à sans solliciter exagérément les bras.

partir de 30° d’élévation ou d’abduction. Le risque est bien


plus élevé encore lorsque l’élévation dépasse 90°.
Il faut éviter de placer des objets au-delà de cette angulation.
Si cela n’est pas possible, il faut veiller à ne pas les positionner
au-dessus de la hauteur de cette articulation.
Pour ne pas fatiguer le dos, il est recommandé de ne pas stoc-
ker des objets, des outils en dessous de la hauteur des mains.
Exemples d’actions ergonomiques:

7.4.1 Déposer les objets/outils à bonne hauteur 6 4


Une brève réflexion sur les problèmes liés à une mauvaise dis- Placer une prise de courant à une hauteur approximative d’un mètre
dans chaque pièce évite de se pencher inutilement pour insérer la fiche
position du matériel utilisé et les soucis musculosquelettiques électrique de l’aspirateur par exemple
qui peuvent en découler amène bien souvent à des solutions
simples qui dépendent plus du bon sens que d’adaptations cou-
teuses ou complexes.

36
7.4.3 Utiliser une rallonge 7.4.4 Utilisation des aides techniques (ex. une
échelle ou un marchepied)
L’utilisation d’un manche (poignée avec rallonge) pour éviter
de se baisser ou de s’étendre vers l’avant ou vers l’arrière lors Lorsque l’accès à un élément posé en hauteur est difficile, la
de tâches répétitives ou maintenues dans le temps contribue mise à disposition d’un marchepied ou d’un escabeau est né-
dans certains cas à protéger le dos du travailleur: par exemple, cessaire. Ce support doit être solide, mais également facile-
l’utilisation d’un balai avec un manche ajustable en hauteur per- ment maniable.
met l’adaptation (hauteur de l’épaule ou plus haut) à la taille de
l’utilisateur et évite les flexions du tronc vers l’avant.

4 4
6 6
Utiliser un escabeau, marchepied pour être à bonne hauteur

4 4 6 4

7.5 Réduire les forces à exercer


La force exercée sur un levier, sur les poignées d’un outil, sur
une paroi à déplacer doit également être analysée et ne pas
dépasser certaines valeurs.
Exemples d’actions ergonomiques:
Le tableau suivant donne quelques éléments de limites à ne
pas dépasser. Il faut bien sûr compléter les recommandations
en envisageant les autres facteurs biomécaniques (amplitude et
répétition notamment) ainsi que les autres facteurs environne-
mentaux et psychosociaux.
Limites des forces recommandées (en Newton) pour certaines
actions courantes: ces valeurs correspondent à une popula-
tion active européenne, de genre et d’âge confondus, pour des
tâches effectuées dans des conditions de travail optimales

37
Valeurs limites de Le déballage des produits hors des cartons et le « cassage »
Activité force isométrique (en du carton d’emballage exigent des efforts répétés de la part
Newton)
Travail avec une main : prise à pleine main 250
des poignets et des avant-bras. L’attention portée à l’achat de
Travail avec le bras conditionnements de produits en emballages prédécoupés
• Vers le haut 50 simplifie cette activité.
• Vers le bas 75
• Vers l’extérieur 55
• Vers l’intérieur 75
• Poussée
- Avec support du tronc 275
- Sans support du tronc 62
• Traction
- Avec support du tronc 225
4 4
- Sans support du tronc 55 Les prédécoupes dans les cartons facilitent leur « cassage »
Travail avec tout le corps (posture debout)
• Poussée 200
• Traction 145
Travail du pied (posture assise avec support du tronc) : 7.6 Réduire les gestes répétitifs ou
Action de la cheville 250 monotones
Action de la jambe 475
D’après la norme EN 1005-3 2002 Un travail répétitif sollicite les mêmes structures anatomiques.
Cela aboutit à une fatigue qui entraine progressivement une
augmentation de l’effort nécessaire pour réaliser la tâche.
Il est donc important d’agir simultanément sur plusieurs de
ces facteurs pour réduire les conséquences de ces répétitions.
Exemples d’actions ergonomiques:
• Des dispositifs techniques ou des machines peuvent per-
mettre d’éviter de nombreux mouvements répétés.

4
Système de manutention assistée pour la vidange des poubelles

6 4

6 4
Favoriser l’utilisation d’un système de nettoyage qui permet
d’économiser les poignets et les avant-bras lors de l’essorage

6 4

38
• Choisir des matériaux qui réduisent les répétitions des
mouvements.

4
Fixer le système d’attache des ramas-
settes au mur plutôt que dans le fond
4 d’une étagère ou au sol pour éviter de
se pencher en les saisissant

7.7.2 Utiliser un support de hauteur variable

Préférer les torchons, serpillières ou autres textiles les plus fins, de


type «microfibres», pour réduire l’effort lors de l’essorage manuel et
rendre le nettoyage plus efficace, et donc moins répétitif

4 4
7.7 Faciliter la manipulation des objets Transpalette réglable en hauteur

(stockage et dépose des objets)


Lorsque l’on dépose OU prend une charge au niveau du sol, 7.7.3 Disposer judicieusement les plans de
le dos se fléchit vers l’avant pour la poser et pour la saisir de travail
nouveau. La répétition de ce geste banal est préjudiciable pour La disposition de certains plans de travail en équerre amène
la colonne vertébrale. Certaines solutions (prévoir des sup- souvent l’utilisateur à effectuer une rotation du dos au lieu
ports, aménager le lieu de travail,…) existent et réduisent la de bouger les pieds. La disposition des tables en juxtaposition
répétition de ces postures néfastes. évite ou réduit cette rotation.
Exemples d’actions ergonomiques:

7.7.1 Prévoir un support de hauteur fixe


L’utilisation d’un support à hauteur fixe pour déposer la
charge évite un trop grand nombre de flexions du dos. Il ne
faut pas que la hauteur du support additionnée de celle des
charges dépasse la hauteur des épaules. Disposition des plans de tra-
vail en équerre : l’utilisateur
risque de faire une torsion
du dos s’il ne prend pas gar-
de à pivoter les pieds pour
passer d’une table à l’autre

Disposition des tables en


juxtaposition diminuant le
risque de torsion

6 4
Utiliser une rehausse pour poser les seaux

39
Disposition des tables avec un mètre
d’écart obligeant l’opérateur à se dé-
placer, mais à se positionner de face Hauteur du sol et de
la tête : rangement
des charges rare-
ment utilisées
7.7.4 Ranger à bonne hauteur les objets dans les
étagères
Placer des étiquettes sur le bord de chaque niveau de l’étagère
avec le nom (ou dessin, photo) des objets, ustensiles et pro-
duits. Cette façon de faire aide la gestion des stocks en même
temps que la protection du dos. Faciliter le déplacement et le
levage du mobilier, des objets et des charges.

Hauteur supérieure à la tête: pas de charge à


cette hauteur

7.8 Faciliter le déplacement et le levage


des objets et des charges
Les nombreuses répétitions de levage ou les longs déplace-
ments avec des charges en mains fatiguent le dos et les bras,
mais occasionnent également une dépense d’énergie accrue,
Hauteur du bassin: rangement des charges avec comme conséquence une fatigue physique augmentée et
lourdes sans doute une vigilance plus faible pour appliquer des gestes
protecteurs.
Exemples d’actions ergonomiques:
L’utilisation d’aides techniques pour éviter ou réduire le risque
de douleurs articulaires est indispensable. Elles rendent le
transfert des objets plus aisé, rapide, plus sécurisé et fait
gagner du temps. Il existe dans le commerce spécialisé de
nombreux engins permettant de déplacer les charges avec un
effort minimum.
Exemples d’aides au déplacement des charges:
Hauteur comprise
entre mi-cuisses
et les épaules: ran-
gement des objets
légers et utilisés
fréquemment

Diable adapté au transport


des chaises

40
Bon à savoir: Critères de choix des chariots
Le choix du chariot devrait correspondre aux critères suivants:
• Hauteur cohérente du plateau de dépose
La hauteur du plan de dépose des objets doit correspondre à
celui du plan de travail pour éviter la différence de niveau de la
charge lors de son transfert. Lorsque les objets à stocker sont
de hauteur variable, l’utilisation de chariots avec des plateaux
4 réglables en hauteur est judicieuse.
• Hauteur des poignées: entre 90 et 120cm
Pour éviter de devoir se pencher pour pousser ou tirer le
Plateaux mobiles chariot, les poignées doivent être situées entre 90 et 120cm
du sol et de préférence situées verticalement.

6 4
4
Chariots avec poignées situées à bonne hauteur (entre 90 et 120 cm)
Transpalette mécanique avec ajustement de la hauteur

• Roues adaptées au terrain


Les chariots aux roues de grand diamètre sont plus faciles à
manœuvrer en terrain irrégulier. Par contre, de petites roues
sont plus aisées à manier lorsqu’il faut contourner beaucoup
d’obstacles.

4
Transpalette électrique pour les colis supérieurs à 600 kg.

Rolls container à grandes roues


4
Diable motorisé pour aider à la montée
ou à la descente des escaliers

41
• Roues directionnelles Poussée à deux mains: force de roulage acceptable en
Pour les chariots à manipuler sur de longues distances, choi- Newton (pour 90% de la population)
sir des chariots avec deux roues directrices placées du côté
Distance de parcours/ Distance de parcours/
des poignées. Par contre pour de plus courtes distances et Hauteur des fréquence fréquence 1 x par 5
des locaux encombrés, choisir un chariot avec quatre roues poignées (cm) 1 x par minute minutes
directionnelles. 2m 2m
H F H F H F
• Poids du chariot 144 135 150 100 180 110
Le chariot rempli ne doit pas dépasser un certain poids. Dans 95 89 160 90 190 100
le cas contraire, il faut prévoir sa mécanisation. 64 57 160 80 180 90
8m 8m
o brouettes et diables: maximum 80kg
144 135 130 70 150 80
o chariot ou casier porte-outillage et matériaux: maximum 95 89 130 80 150 90
300kg 64 57 120 70 140 80
o transpalettes manuels: maximum 600kg 15 m 15 m
o rolls de préférence maximum 350 kg 144 135 110 40 130 70
o transpalettes électriques si le poids de la palette dépla- 95 89 110 40 130 70
cée dépasse 600 kg 64 57 110 40 120 70
30 m 30 m
• Visibilité 144 135 60 40 120 60
La hauteur du chariot rempli ne doit pas excéder 120cm pour 95 89 60 40 120 60
permettre la vision du sol et des obstacles éventuels. 64 57 60 40 110 60
D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2: Pushing and
• Force maximale à développer pour la poussée ou pulling (ISO 11228-2:2007,IDT)
la traction
En fonction de la distance de parcours, de la fréquence de Traction à deux mains : force initiale acceptable en New-
déplacement, du type d’effort (poussée ou traction), de la hau- ton (pour 90% de la population)
teur des poignées et de la dimension de genre (homme ou
Distance de parcours/ Distance de parcours/
femme), les forces à développer ne doivent pas dépasser les Hauteur des fréquence fréquence 1 x par 5
valeurs indiquées dans les tableaux suivants: poignées (cm) 1 x par minute minutes
2m 2m
Poussée à deux mains: force initiale acceptable en Newton H F H F H F
(pour 90% de la population) 144 135 180 170 190 190
95 89 250 180 270 210
Distance de parcours/ Distance de parcours/ 64 57 280 190 300 220
Hauteur des fréquence fréquence 1 x par 5
1 x par minute minutes 8m 8m
poignées (cm)
2m 2m 144 135 160 160 170 170
H F H F H F 95 89 230 160 240 190
144 135 250 170 260 200 64 57 260 170 270 200
95 89 260 170 280 200 15 m 15 m
64 57 240 140 250 160 144 135 150 130 160 150
8m 8m 95 89 210 140 230 160
144 135 210 160 220 180 64 57 240 150 260 170
95 89 230 160 250 190 30 m 30 m
64 57 200 140 210 160 144 135 120 120 150 140
15 m 15 m 95 89 160 130 210 150
144 135 190 140 200 150 64 57 180 130 240 150
95 89 220 140 230 160 D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2: Pushing and
64 57 190 120 200 130 pulling (ISO 11228-2:2007,IDT)
30 m 30 m
144 135 150 120 190 140
95 89 170 120 220 150
64 57 140 110 190 120
D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2: Pushing and
pulling (ISO 11228-2:2007,IDT)

42
Traction à deux mains: force de roulage acceptable en 7.9.2 Réduire le volume
Newton (pour 90% de la population)
Réduire le volume de l’objet permet de le rapprocher le plus
Distance de parcours/ Distance de parcours/ près du corps et donc de diminuer l’impact de l’effet bras de
Hauteur des fréquence fréquence 1 x par 5 levier sur la colonne vertébrale.
poignées (cm) 1 x par minute minutes
2m 2m La taille des caisses et bacs ne devrait pas excéder les dimen-
H F H F H F
sions suivantes
144 135 120 100 150 110
95 89 160 100 190 110 Longueur : 40cm
64 57 170 90 200 100 Largeur : 30cm
8m 8m
Hauteur : 30cm
144 135 100 90 120 100
95 89 130 90 160 100
64 57 140 80 170 90
7.9.3 Prévoir une prise aisée
15 m 15 m Un objet avec poignées ajoutées ou incluses est plus facile à
144 135 90 60 100 80
prendre à bout de bras. Informer ou demander aux fournis-
95 89 120 60 140 80
64 57 120 60 150 70
seurs des poignées dans les colis.
30 m 30 m Si des poignées ou des encoches ne sont pas prévues, la
144 135 70 50 90 70
charge doit permettre d’être saisie avec les doigts fléchis à 90°,
95 89 70 50 120 70
64 57 70 50 130 60
le poignet dans l’axe naturel et sans demander trop d’effort
D’après NEN-ISO 11228-2 Ergonomics - Manual handling - Part 2: Pushing and pour le tenir.
pulling (ISO 11228-2:2007,IDT)

7.9 Améliorer les caractéristiques des


charges
La manutention d’une charge à bout de bras est pénible. Rap- 4
procher la charge de soi est utile. D’autres actions ergono-
miques permettent de limiter la pression de la charge sur le Poignées prévues sur les parois de la caisse
corps.
Exemples d’actions ergonomiques:

7.9.1 Réduire le poids du contenu et du


contenant
Néanmoins, le poids ne peut dépasser une certaine valeur
(25 kg pour les hommes et 15 kg pour les femmes) au risque
d’endommager les disques intervertébraux.
4
Privilégier les poignées avec les diamètres les plus grands (1,9 à 3,8 cm)

7.10 Adapter ses outils


Le choix de l’outil doit tenir compte de nombreux paramètres
pour éviter qu’il ne devienne la cause de TMS:

7.10.1 Masse de l’outil


Le poids de l’outil doit être le plus réduit possible et utilisable
d’une seule main.
L’utilisation d’outils électriques ou pneumatiques dans le cas
de tâches répétitives permet de réduire la force appliquée.

Les figures mentionnent les valeurs à ne pas dépasser en fonction de la


distance par rapport au corps pour une femme et un homme.

43
7.10.2 Poignées et manches 7.11 Faciliter l’accès au poste de travail
La prise en main d’un outil oblige souvent à plier le poignet ou aux charges
pour effectuer la tâche demandée. L’utilisateur doit pouvoir
empoigner, tenir et utiliser l’outil en tenant le poignet droit. 7.11.1 L’espace libre de circulation
L’accès aux différents lieux de travail doit être aisé, sans obs-
tacle. L’espace laissé libre pour une voie de circulation à pied
doit être au minimum de 80cm sans charge à manipuler et de
120cm avec une charge.
La présence de portes avec ouverture automatique est indis-
6 4 pensable pour des déplacements réguliers avec des charges
ou des chariots.
Outils avec poignée adaptée pour éviter de plier le poignet Circulation à Circulation à
sens unique double sens

7.10.3 Gâchettes Piéton avec charge 1,2 m 2,0 m

Transpalette manuel 1,5 m 2,5 m


Choisir les outils pouvant être actionnée par la main (exemple:
Transpalette électrique 2,0 m 3,3 m
poignée de déclenchement) plutôt que par un doigt (ex. bou-
ton de déclenchement). La poignée permet d’exercer plus Chariot automoteur de petite ou moyenne
2,4 m 4,0 m
capacité (largeur maximum 1,3 m)
de force sur une plus grande surface, ce qui réduit la fatigue
Véhicule léger 3,0 m 5,0 m
musculaire.
Poids lourds 4,0 m 6,5 m
Il convient que la gâchette soit utilisable par un gaucher ou un Largeur des voies de circulation
droitier.

7.10.4 Outils vibrants 7.11.2 Le rangement


Certains outils vibrants sont très producteurs de vibrations et Ranger le lieu de travail et nettoyer le sol, permettent d’éviter
lourds à manipuler. Plutôt que de tenter de réduire les vibra- des chutes ou des heurts consécutifs à des objets qui traînent.
tions produites par l’appareil, il vaut mieux songer à le rempla- La présence d’espaces de rangement à chaque étage permet
cer ou à le mécaniser. de libérer l’espace de circulation.

7.10.5 Adaptation à la tâche et à l’utilisateur


La sélection de l’outil en fonction de la disposition du lieu de
travail et du travail à effectuer complète les recommandations
précédentes. Un outil peut convenir à un travail, mais être très
mal adapté à un autre.

7.10.6 Entretien
L’usure de l’outil, sa vétusté compliquent son utilisation et
augmentent l’effort à fournir pour le manipuler. L’entretien,
l’affutage régulier et le remplacement éventuel de l’appareil
défectueux sont à prévoir.
4 4
Un rangement performant fait gagner du temps et facilite l’accès aux
objets

6 4
Un atelier bien rangé fait gagner du temps et évite de devoir prendre
des postures contraignantes pour accéder aux outils

44
7.11.3 Les surfaces de circulation À titre d’exemple, voici quelques valeurs d’éclairement moyen
à respecter dans différents locaux:
A. Qualité du sol • Vestiaires – 200 lux
L’élimination de trous, de bosses ou petites différences de • Sanitaires – 200 lux
niveau inattendues sur un sol théoriquement régulier évite les • Couloirs et escaliers – 150 lux
chutes ou faux-pas douloureux. • Bureau – 300 à 500 lux
• Cuisine 500 lux
Les nouveaux revêtements de sol peuvent être très glissants
s’ils ne sont pas régulièrement nettoyés. Le nettoyage régulier des lampes et des luminaires contribue à
maintenir un éclairement confortable et sécurisant.

6 4 6 4
Eviter les fils qui traînent et les petites dénivellations, sources de chu-
te. Renseigner les collègues et les visiteurs sur l’état glissant du sol Un éclairage adapté des voies de circulation évite les chutes et faux-
lorsqu’il vient d’être nettoyé au moyen d’une affiche « attention sol pas
mouillé ».

Un balayage régulier et l’utilisation de chaussures antidérapan- 7.12 Organisation du travail


tes réduisent le risque de chute et de fatigue due à un maintien
peu stable de la position debout. 7.12.1 Rotation des tâches

Lors de la conception des bâtiments, il faut éviter les différen- La rotation des travailleurs entre les différentes tâches diver-
ces de glissance des revêtements entre les différents locaux sifie le travail et réduit l’effet négatif des contraintes répétées
(cuisine et salle de restaurant par exemple). Le matériau de sur les mêmes articulations. Cela présente plusieurs avantages:
revêtement doit combiner résistance aux glissades, facilité de travail plus varié et moins répétitif, réduction de la charge por-
nettoyage et conditions d’hygiène. tée par les mêmes muscles et tendons, moins de risques de
surcharge, plus de flexibilité dans l’entreprise (un plus grand
B. Portes et ouvertures nombre de travailleurs maîtrise un plus grand nombre de tâ-
Les portes automatiques sont recommandées dans les situati- ches).
ons où les déplacements avec charge en mains sont fréquents. La rotation dans le travail ne peut être considérée comme
La présence de découpes (oculus) dans la porte permet de la seule solution. Si la charge est trop lourde, il faudra égale-
voir l’arrivée d’un collègue en sens inverse et d’éviter la col- ment agir sur le poste de travail, la tâche et l’environnement
lision. de travail.

C. Protections individuelles Bon à savoir:


Le choix de semelles antidérapantes est recommandé. Il faut permettre une adaptation du personnel aux nouvelles
tâches via une formation. Un comité d’organisation (avec des
D. Pentes et escaliers représentants de la direction, de la hiérarchie et des travail-
Les échelles, escaliers ou rampes inclinées doivent être adap- leurs) doit mettre en place et suivre ce changement. En ef-
tés au type d’activité et à la fréquence d’utilisation. Lorsque fet, l’avis des travailleurs est primordial et cette forme nou-
des activités de manutention sont fréquentes, le remplace- velle d’organisation ne doit pas être imposée. Un projet pilote
ment d’une échelle par un escalier ou mieux encore par un peut être mis en place au préalable de l’extension à toute
monte-charge s’avère opportun. l’entreprise. Si l’expérience est concluante, une période d’essai
à plus grande échelle est mise en place.
7.11.4 L’éclairage
7.12.2 Extension des tâches
L’éclairage doit être suffisant en intensité et homogène, pour
éviter des zones sombres ou éblouissantes. L’extension des tâches consiste à élargir ou à varier le contenu
de la tâche pour éviter de faire des tâches répétées et stéréo-
typées: le travail est plus varié et enrichit le contenu, induit
une plus grande variété de positions/mouvements et une plus
grande flexibilité dans l’entreprise.

45
7.12.3 Gestion du rythme de travail 7.12.8 Stretching
Le rythme de travail ne doit pas être déterminé par la On peut proposer d’améliorer la capacité physique des travail-
machine. leurs en leur proposant un entraînement physique général. Ces
séances de fitness sont encadrées et réalisées régulièrement. Il
Les périodes de récupération/repos sont plus efficaces
faut éviter tout risque de surcharge par des exercices inadap-
lorsqu’elles peuvent être choisies librement. La gestion du
tés ou trop d’effort.
rythme de travail favorise l’autonomie du travailleur et a un
impact positif tant sur l’appareil musculosquelettique que sur
la charge mentale et psycho-sociale des travailleurs.

7.12.4 Varier ses positions


Les mouvements et positions alternées favorisent les échanges
nutritifs au niveau des articulations, muscles et aussi du disque
intervertébral. Il est important de solliciter différents groupes
musculaires durant le travail plutôt qu’un seul.
Par exemple, d’alterner l’utilisation des mains au lieu de
systématiquement privilégier la main dominante pour répartir 4
la tension et la fatigue musculo-tendineuse

7.12.5 Saisir les objets avec une prise adaptée 7.12.9 Accessoires et choix de la tenue
vestimentaire
Les solutions gestuelles suivantes économisent le travail des
muscles des bras et poignets: L’utilisation d’accessoires peut contribuer à réduire la charge
physique, en offrant par exemple un meilleur soutien du corps
• porter les objets près du corps
(repose-poignet) ou en réduisant la force à appliquer (sys-
tème de suspension pour soulever les outils). Il faut choisir
l’équipement de travail de manière réfléchie. Ils doivent non
seulement être pratiques et efficaces (sous peine de ne pas
être utilisés), mais en outre ils ne doivent pas générer de nou-
veaux risques. Exemple: les tabliers une pièce, jupes et chaus-
sures à talons entravent l’adoption de certaines postures pro-
tectrices pour le dos (plier les genoux).
6 4 Pour protéger son dos, utiliser des tenues adaptées:
La saisie de l’assiette sans crispation relâche les muscles et diminue la • chaussures souples, mais solidaires du pied et semelles anti-
tension sur les tendons
dérapantes
• vêtements souples et ne limitant pas les mouvements
7.12.6 Alterner les tâches lourdes et légères pour • port de protège-genoux pour le personnel technique
les structures musculosquelettiques
Entrecouper les tâches lourdes pour le dos par des activités
plus légères permet aux muscles de se reposer de courts ins-
tants et d’être plus aptes à protéger le dos dans les moments
durs.

7.12.7 Micropauses
Pour réduire la charge physique et mentale, il est plus efficace
de multiplier les pauses de courte durée («micro-pauses») plu-
tôt que de prendre une ou deux longues pauses. À cet égard,
il est nécessaire de prévoir des zones tampons pour quitter
le travail si nécessaire. Des accords clairs et une autodiscipline
sont importants (éviter que ce soit toujours les mêmes qui
prennent des pauses). 4

46
7.12.10 Formation
8. Prévention par
La formation et/ou l’information doivent concerner l’ensemble
des acteurs de l’entreprise. La hiérarchie et les travailleurs for-
l’adoption de positions
més se sentent ainsi mieux impliqués dans les changements correctes
mis en œuvre au niveau de l’organisation du travail, de l’envi-
ronnement de travail, du lieu de travail,…
Toutefois, les actions au niveau de l’individu, comme une for- 8.1 Conseils généraux
mation aux techniques de levage, ne seront pertinentes et Les pages précédentes sur l’ergonomie ont mis en avant le
utiles que si elles sont combinées avec ces actions collectives principe suivant : il faut d’abord adapter la situation de travail
et ergonomiques. (l’organisation du travail, les outils, le mobilier,..). S’il n’est pas
possible de faire de la sorte, alors il faut adapter ses gestes et
postures.
Les solutions gestuelles reposent sur deux grands principes :
réduire les pressions sur la colonne vertébrale et maintenir les
courbures naturelles de la colonne vertébrale.

8.1.1 Réduire les pressions sur la colonne


vertébrale
Un exemple classique de manutention d’une charge avec deux
poignées permet d’expliquer ces deux principes:

6 6
6

4 4

47
Les pressions sur la colonne vertébrale sont réduites de 503 • prendre appui sur la jambe avant fléchie à l’aide de la main
kg à 210 kg grâce: au rapprochement de la charge et de la ou du coude.
colonne vertébrale.
• Ici, le bras de levier est fortement réduit, il passe de 50 cm
dans la « mauvaise manutention » à 15 cm dans la « bonne
manutention ». Cette réduction de la distance passe par
un encadrement de la charge par les pieds : la disposition
des pieds en équerre, un pied en avant, l’autre sur le côté
(en diagonale). Généralement, le pied de la main dominante
se place en avant. Pour d’autres types de charge, les pieds
peuvent se disposer en parallèle.
• à la réduction de l’inclinaison du tronc: plus le tronc est
vertical, plus faible est la distance entre le centre de gra-
vité de l’ensemble tête-tronc-bras. Le fait de passer d’une
inclinaison de 90° à une inclinaison de 30° réduit le bras de 6 4
levier de 20 cm à 10 cm.
• à la flexion contrôlée des genoux: les genoux fléchis à 90°
permettent de se rapprocher de la charge dans l’axe vertical.
La flexion prononcée des genoux peut être réalisée pour les
postures sans charge à soulever.

8.1.2 Maintenir les courbures naturelles de la


colonne vertébrale
Le maintien des courbures naturelles de la colonne vertébra- 4 4
le et spécialement la lordose lombaire permet de garder les
structures articulaires vertébrales dans un alignement où les
pressions sont réparties uniformément.
Quelques conseils complémentaires peuvent être donnés:
• Garder les bras allongés pour prévenir toute fatigue inutile
des bras
• Poser les pieds à plat pour assurer la stabilité du mouve-
ment et prévenir tout déséquilibre
• Souffler pendant l’effort de soulèvement pour éviter le
blocage respiratoire (élévation de la tension artérielle) 4
• Adapter la vitesse de soulèvement : pas trop vite pour ne
pas créer un pic de pression dû à une accélération trop
importante et pas trop lentement afin de profiter de
l‘inertie de la charge pour la déposer en hauteur

8.2 Gestes complémentaires


Le dos n’est pas uniquement en péril lorsqu’on soulève une
charge. La répétition de certains gestes fragilise et endom-
mage le dos à la longue. Différentes façons de protéger son
dos existent pour ces situations.

8.2.1 Prendre un appui antérieur sur le mobilier


ou la cuisse
L’utilisation d’un appui antérieur pour réduire la pression sur
la colonne vertébrale consiste à:
• poser une main sur un support placé en avant du tronc
(table, chaise, muret, …).

48
8.2.2 Adopter une position genoux fléchis,
accroupi ou à genoux
La flexion complète des genoux est utile pour remplacer la
flexion du tronc vers l’avant. Elle permet de diminuer la pres-
sion sur la colonne vertébrale et c’est en même temps un
exercice de tonification musculaire.

8.2.4 Poser un genou au sol


Si le sol n’est pas trop irrégulier, poser un genou au sol est une
solution pour protéger son dos lorsque les autres solutions ne
sont pas envisageables.

6 4
La flexion des genoux, pour la
manutention des objets légers lors
que d’autres solutions ne sont pas
envisageables et l’emploi d’un
appui antérieur sur la cuisse sont
des gestes protecteurs pour le dos

4
4

8.2.3 Fléchir les hanches et maintenir la


courbure naturelle du dos
Dans certaines situations, il faut malgré tout incliner
le tronc vers l’avant. Mais il faut éviter le « dos rond » et
maintenir la courbure naturelle lombaire (lordose). Le
maintien de cette lordose lombaire permet aux pla-
teaux vertébraux de maintenir une répartition homo-
gène des pressions et de diminuer le pincement anté-
rieur du disque (cf. au chapitre 4.2) lorsque l’on se penche.
4

6 4

49
8.2.5 Mouvement de balancier et le maintien de
la courbure naturelle du dos (la lordose)
9. Exemples de gestes
L’élévation de la jambe vers l’arrière en même temps que le
appropriés lors de
tronc s’incline vers l’avant est une autre alternative. Le mouve- manutentions ou
ment de balancier permet un redressement vertical plus aisé.
La protection du dos nécessite un maintien des courbures
situations spécifiques
naturelles et un appui antérieur d’une main.

9.1 Charge rectangulaire avec deux


poignées
Trois critères de réussite sont proposés:
• Encadrement de la charge
• Flexion contrôlée des genoux (90°)
• Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
Le geste de manutention se décompose en 4 temps (explica-
tion pour un droitier) :
Position de départ : pieds face à la longueur de la charge
1. Avancer le pied droit
2. Écarter le pied gauche (les talons placés aux coins en dia-
4 gonale)
3. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir les poignées
4. Étendre les genoux

4
6 6

4
4
Bonne et mauvaise postures pour soulever une charge avec deux
poignées

50
9.2 Charge sans poignée 9.3 Charge avec une poignée
Quatre critères de réussite sont proposés: Quatre critères de réussite sont proposés:
• Encadrement de la charge
• Flexion contrôlée des genoux (90°) • Encadrement de la charge
• Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale • Flexion contrôlée des genoux (90°)
• Basculement de la charge vers l’avant (pour se créer une • Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
prise) • Utilisation d’un appui antérieur de la main sur la cuisse

On peut décomposer la manutention en 5 temps (explication On peut décomposer la manutention en 4 temps (explication
pour un droitier): pour un droitier):

Position de départ: pieds face à la longueur de la charge Position de départ: pieds face à la largeur de la charge (ou
devant celle-ci si elle est circulaire)
1. Avancer le pied droit
2. Écarter le pied gauche (les talons placés aux coins en dia- 1. Avancer et écarter le pied droit
gonale) 2. Avancer et écarter le pied gauche
3. Fléchir les genoux (à 90°), placer la main droite au coin 3. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir la poignée, l’autre main
avant droit et la main gauche sur le coin arrière gauche se place en appui antérieur sur la cuisse
4. Basculer la charge vers l’avant et placer la main gauche 4. Étendre les genoux en balançant la charge vers l’avant et
sous le coin arrière gauche le côté (pour éviter qu’elle ne gêne le redressement des
5. Étendre les genoux jambes)

6 4 6 6

4 4

4 4

4
Posture pour soulever une caisse
sans poignée : remarquez le
basculement de la caisse vers l’avant
pour se créer une prise

Deux possibilités pour soulever une charge avec une poignée


(remarquez l’appui antérieur de la main libre)

51
Manutention d’un sac:
4
4 4

Position des pieds au début de la technique

Manutention de deux bidons


4
9.4 Sac ou petit fût 4
Cinq critères de réussite sont proposés:
• Encadrement de la charge en deux temps
• Flexion contrôlée des genoux (90°)
• Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
• Redressement de la charge vers l’avant (pour se créer une
prise)
• Basculement de la charge vers l’avant 4
On peut décomposer la manutention en 6 temps (explication 4
pour un droitier):
Position de départ: pieds face à la largeur de la charge
4
1. Écarter le pied droit et le pied gauche
2. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir les côtés du sac
3. Redresser le sac en étendant les genoux
4. Pivoter le sac (pour le positionner dans l’axe antéro-posté-
rieur) et le basculer vers l’avant en avançant les pieds
5. Saisir le coin postérieur (dessous) avec la main gauche (la
main droite reste en place au coin supérieur avant)
6. Étendre les genoux en tirant la main droite vers le haut 4 4
(comme pour démarrer une tondeuse) 6

4 4 4

52
9.5 Soulever une barre ou une charge
4
longue
Quatre critères de réussite sont proposés :
• Flexion contrôlée des genoux (90°)
• Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
• Redressement de la charge par une extrémité 4
• Appui du milieu de la charge sur le haut de la cuisse, jambe Manutention correcte d’un mandrier Position des pieds au début de la
fléchie technique

L’appui du milieu de la barre sur le haut de la cuisse après


l’avoir redressée à 45° permet d’horizontaliser celle-ci sans
effort des bras ni du dos. 9.6 Redresser une palette
On peut décomposer la manutention en 6 temps (explication Quatre critères de réussite sont proposés:
pour un droitier):
• Encadrement de la charge
Position de départ: pieds face à un bout de la barre (écartés • Flexion contrôlée des genoux (90°)
largeur bassin) • Maintien des courbures naturelles de la colonne vertébrale
1. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir la barre • Utilisation d’un appui antérieur de la main sur la cuisse
2. Étendre les genoux
3. Avancer le long de la barre jusqu’au milieu de celle-ci On peut décomposer la manutention en 7 temps (explication
(centre de gravité) en laissant l’autre extrémité au sol pour un droitier):
(redressement jusque 45° environ) Position de départ : pieds face à la largeur de la charge (ou
4. Poser le milieu de la barre sur le haut de la cuisse, les devant celle-ci si elle est circulaire)
genoux fléchis
5. Laisser la barre s’horizontaliser seule par l’action de la 1. Avancer et écarter le pied droit
pesanteur 2. Avancer et écarter le pied gauche
6. Redresser les genoux, les mains placées en opposition, de 3. Fléchir les genoux (à 90°) et saisir la poignée, l’autre main
part et d’autre du centre de la barre se place en appui antérieur sur la cuisse
4. Étendre les genoux
Variante: 5. Avancer pour se placer à côté de la palette redressée
Après le point 3: 6. Saisir la palette en fléchissant les genoux tout en gardant
les épaules et le bassin parallèles
4. Redresser la barre au-delà de la verticale et la laisser redes- 7. Redresser les genoux
cendre pour poser le milieu de celle-ci sur le haut de la
cuisse en fléchissant les genoux
5. La laisser s’horizontaliser seule par l’action de la pesanteur 6 6
6. Redresser les genoux, les mains placées en opposition, de
part et d’autre du centre de la barre

4 4

Mauvaise manutention d’une palette

4 4 Manutention d’une palette:

Position des pieds

Manutention correcte d’un madrier 4

53
4

4 4
4 4

Manutention correcte d’une palette

9.7 Manutention de chaises et tables


Incliner la chaise vers l’avant en se plaçant derrière et ensuite
la tirer vers soi en la soulevant.
4
Manutention de chaise

Manutention de table

6 6

6 4

4 4

54
9.9 D
 époser une charge sur un appui
plus élevé que la hauteur des
cuisses
L’impulsion donnée par la cuisse (le gerbage) à la charge lui
donne un mouvement ascensionnel qui permet la dépose à
une hauteur supérieure à la prise de mains.

4 4
9.8 Soulever à deux
Une charge trop lourde ou trop volumineuse soulevée par
deux personnes est un moindre risque. Il faut se coordonner
entre les équipiers et décider qui déclenche le signal convenu
entre les deux pour soulever l’objet.
4 4

6 4 4
Impulsion de la cuisse (gerbage)

9.10 Réajuster sa prise de main


En effectuant un appui intermédiaire sur les cuisses (en ban-
quette), les mains peuvent modifier leur prise.

4 4

Le travail à deux est une 4 4 4


organisation à mettre en
place, si possible, pour
les activités lourdes ou Appui intermédiaire sur les cuisses pour changer de prise
4 encombrantes

55
9.11 Déplacer un roll 10. Prévention à la maison et
dans les loisirs

Protéger son dos se fait dans toutes les situations de la vie


courante. A la maison ou dans les loisirs, il faut appliquer les
conseils ergonomiques et adopter des gestes/postures appro-
priés. Quelques exemples de geste de la vie courante et
d’exercices physiques sont proposés ici:

10.1 Se lever du lit


Le sommier et le matelas seront suffisamment souples et
6 4 adaptés l’un à l’autre pour permettre une répartition homo-
gène des points de contact aux différentes zones du corps,
Pousser un roll est moins contraignant que tirer de côté notamment de la colonne vertébrale. Il existe dans le marché
différents types de lit qui correspondent à ce concept.

9.12 Balayer

6 4
4

9.13 Utiliser son genou en guise d’appui

4 4
Appui du coude pour pousser le bac sous le comptoir

56
4
4 4
Ne pas courber le dos mais plier les genoux ou utiliser un objet pour
rehausser le pied

4 10.4 Balayer et passer l’aspirateur


Utiliser un manche adapté à la taille (correspondant à la hau-
Les étapes pour se lever du lit. teur de l’épaule) et être attentif à adopter de bons gestes.

10.2 Se brosser les dents


Maintenir la courbure naturelle du dos et rechercher un appui
antérieur.
La hauteur de l’évier doit être adaptée à la taille du ou des
utilisateurs. Prévoir un petit tabouret pour le plus petit de la
famille.
6 6
Mauvaises postures pour balayer et passer l’aspirateur

4
Posture avec maintien de la lordose et appui antérieur. 4 4

10.3 Attacher ses lacets

4 4
6
Bonnes postures pour balayer et passer l’aspirateur

57
Songer à placer dans chaque pièce une prise de courant à un
mètre de hauteur environ évite de devoir systématiquement
se pencher (ou fléchir les genoux) pour insérer la fiche élec-
trique.

4 4

6 10.6 La position assise: prendre un


dossier dans le tiroir ou la mallette

4 4

10.5 Prendre un objet dans le frigo 6

4 4

58
10.7 Entrer ou sortir de la voiture 10.9 Désherbage manuel
Pour entrer dans la voiture sans se contorsionner, il est
recommandé de s’asseoir d’abord et puis de pivoter sur le
siège pour entrer les jambes dans l’habitacle. Pour sortir du
véhicule, il faut procéder à l’inverse.

6 4

6 4

10.8 Caresser le chien

4 4

10.10 Ecole: la mallette de l’enfant


La prévention commence dès l’enfance. Le poids du cartable
ne devrait pas dépasser 10% à 15% du poids de l’enfant. Le
tri des livres et cahiers nécessaires pour la journée est donc
indispensable, en concertation avec les parents, enfants et
6 4 enseignants.

4
4
Un cartable bien ajusté et pas trop lourd.

59
Il est intéressant de stimuler les enfants à protéger leur dos
dès le plus jeune âge.
11. L’activité physique

11.1 Changer fréquemment de position

Les mêmes positions maintenues longtemps sont défavorables


au point de vue nutrition des disques intervertébraux. Il faut
varier autant que possible ses positions « pour nourrir ses
disques ».

4 4 11.2 Maintenir une bonne condition par


L’enfant peut être encouragé à protéger son dos lors des activités de l’activité physique régulière
jeux, études, rangement, nettoyage
Une activité physique régulière est bénéfique pour la santé en
général.
L’activité physique permet d’améliorer la force et l’endurance
cardio-vasculaire et musculaire, c’est un exutoire permettant
de diminuer le stress. Conjugué à de bonnes habitudes alimen-
taires, il permet de contrôler le poids corporel.
Les sports d’endurance font partie des activités possédant un
impact positif pour le dos (la marche, le jogging, la natation, le
vélo). Des précautions particulières sont à prendre pour les
sports asymétriques (le tennis en est un exemple) ou impli-
quant des risques de chute.

60
11.3 Quels sont les exercices que je peux
pratiquer facilement ?
A. Exercices de stretching
Ces exercices peuvent être pratiqués à n’importe quel
moment de la journée. Si le temps manque pour les faire d’affi-
Seulement pour les plus entraînés
lée, on peut en exécuter à des moments divers de la journée. Il
convient de respecter les principes du stretching :
• étirer de façon progressive
• garder une aisance dans l’étirement : un bon étirement ne
fait pas nécessairement mal
• maintenir la position d’étirement environ 20 secondes et
éviter les mouvements saccadés.

Préparation B. Exercices de musculation


Ces exercices peuvent être effectués en trois séries de 15
répétitions. Augmenter graduellement le nombre de séries
d’exercices.

Etirement

61
C. Exercices de mobilisation du dos
Les mouvements de bascule du bassin et de flexion-extension
de la colonne permettent le relâchement des structures mus-
culaires contracturées et peuvent aussi favoriser une meilleure
nutrition du disque par des variations de pression. Ces mouve-
ments peuvent être réalisés couché sur le dos, assis ou debout.

62
D. Exercices de stretching (ou d’assouplissement)
au travail
Les exercices suivants peuvent être réalisés au travail, pendant
les pauses.

63
12. Explication sur les 12.2 Avec une charge de 15kg sur la tête
estimations de pressions Si la charge repose bien à la verticale des derniers disques
lombaires, alors la charge est calculée par l’addition des poids
lombaires de l’ensemble tronc – tête – bras avec la charge: 50kg (500 N)
+ 15 kg (150 N) = 65kg (650 N)

12.1 En position debout


Au risque de se mettre à dos (c’est le cas de le dire) les scienti-
fiques respectueux des conventions utilisées en physique pour par-
ler des poids, masses et pressions, nous avons exprimé les valeurs
de poids et pression en kilogramme et kilogramme par centimètre
carré au lieu de Newton et Newton par mètre carré ou Pascal, ceci
par souci de compréhension par le plus grand nombre.
La pression sur le dernier disque lombaire (L5-S1) en position
debout est conditionnée par le poids du tronc, de la tête, des bras
et des épaules. Cela représente environ les 2/3 du poids total du
corps. Ainsi, si une personne pèse 75kg (750 Newtons environ),
la charge subie par le dernier disque lombaire est de 50kg (500
Newtons) environ.

12.3 Avec une charge de 15kg dans les


mains
La prise de la charge en avant de la colonne vertébrale déter-
mine un bras de levier qui augmente la charge sur le disque.

12.3.1 Petit rappel sur les bras de levier:

A. Poids égaux
Si nous avons deux poids de 15 kg (150 N) sur une balançoire.
Chaque poids est placé à 50cm du point d’appui, la balançoire
est équilibrée et la charge sur le point d’appui est égale à la
somme des deux poids.
La figure suivante permet d’apprécier la charge sur la surface
d’appui P.

64
La charge sur le point P = la somme des deux poids 15kg
+15kg = 30kg (300 N)
12.4 Penché en avant à 90°, dos rond,
B. Poids inégaux
sans charge en main
Un des deux bras de levier est divisé par un certain coefficient
(10). Il faut multiplier la charge de l’autre côté du même coef- • Le bras de levier correspondant à la distance entre le
ficient pour rétablir l’équilibre. disque (L5-S1) et le centre de gravité du tronc = 20cm
• Le bras de levier correspondant à la distance entre le disque
==> La charge sur la surface d’appui P = la somme des deux et les muscles paravertébraux = 4cm (il est plus faible qu’en
poids 150 kg + 15 kg = 165kg (1650 N) position debout, car dans la position dos rond, les muscles
paravertébraux se rapprochent du disque)
• Le poids du tronc de la tête et des membres supérieurs =
50kg (500 N)
• La force de contraction des muscles = 250kg (2500 N)
• La charge sur la surface d’appui P (soit le disque L5-S1) =
250kg + 50kg = 300kg (3.000 N)

C. Principe du bras de levier appliqué au corps 6


humain:
• Le bras de levier correspondant à la distance entre le disque
et la charge = 50cm.
• Le bras de levier correspondant à la distance entre le disque
et les muscles paravertébraux = 5cm
• Le poids de la charge = 15kg
• La force de contraction des muscles paravertébraux =
150kg. (1500 N)
• Poids du tronc, de la tête et des membres supérieurs = 50kg
(pour une personne de 75 kg)
• La charge sur la surface d’appui P (soit le disque L5-S1) =
150kg +15kg + 50kg = 215kg (2150 N)

65
12.5 Penché en avant à 90°, dos rond, 13. Quizz
avec une charge de 15kg en main
Le calcul prend en considération les contraintes du poids de
la charge et du tronc, les distances respectives des charges et Jouez et vérifier vos connaissances sur la prévention des
du tronc par rapport au disque L5-S1et le bras de levier des Troubles musculosquelettiques.
muscles paravertébraux. Une ou plusieurs réponses sont possibles.
La charge sur la surface d’appui P (soit le disque L5-S1) = 1. Qu’est-ce qui relie chaque vertèbre entre elles et sert
250kg + 187,5kg + 50kg + 15kg = 502,5kg (5.025 N). d’amortisseur?
Ces charges élevées peuvent favoriser des micro-ruptures au a. Les disques intervertébraux
niveau des fibres de l’anneau fibreux, préparant ainsi la voie à b. Les muscles paravertébraux
la hernie discale. c. Les ligaments intervertébraux
2. Pourquoi le bas de la colonne vertébrale de l’être
humain est-elle courbée vers l’avant au contraire de
celle du chimpanzé?
a. Pour permettre aux muscles du dos d’être relâché en
position debout
b. Pour permettre la protection de la moelle épinière
c. Pour permettre la mobilité du tronc
3. Pour se nourrir, mes disques intervertébraux
6 dépendent:
a. des vaisseaux sanguins qui les traversent
b. des variations de pression interne lors
des mouvements de la colonne vertébrale
c. de vitamines issues de mon alimentation
12.6 Avec une charge de 15kg en posture
correcte 4. De quoi est constitué le disque intervertébral?
a. de nombreuses cellules nerveuses
La flexion de genoux et l’encadrement de la charge obtenu b. de fibres musculaires entrelacées
en se rapprochant de la charge et en écartant les pieds per- c. d’un anneau fibreux et d’un noyau gélatineux
mettent de diminuer la distance entre la charge et le disque
lombaire L5-S1et donc de raccourcir le bras de levier. Le main- 5. Le disque possède peu de cellules nerveuses, qu’est-ce
tien de la lordose permet d’une part de garder un bras de que cela signifie?
levier des muscles paravertébraux de 5cm au lieu de 4cm ainsi a. Le disque peut s’abîmer sans que cela fasse mal au
qu’une répartition des pressions homogènes entre l’avant et début
l’arrière du disque. La pression par unité de surface est dès b. Le disque est très sensible et dès qu’il s’abîme, il fait
lors réduite. mal
La charge sur la surface d’appui P (soit le disque L5-S1) = c. Le disque ne fait jamais mal
100kg + 45kg + 50kg + 15kg = 210kg (2.100 N). 6. Qu’est-ce qu’un tendon?
a. Une structure qui s’abîme dès qu’elle est étirée
b. Une structure élastique et solide mais qui peut se
fissurer ou se déchirer lorsqu’elle est soumise à des
contraintes répétées
c. Une structure qui peut se contracter comme les
muscles
7. Le stress
a. provoque une contraction musculaire qui peut augmen-
ter la compression sur l’articulation
b. n’a aucun effet négatif sur les TMS et les maux de dos
4 c. peut aggraver ou maintenir dans le temps les TMS et les
maux de dos
La charge lombaire dans la position correcte est réduite d’en-
viron 300 kg (3000 N) en comparaison avec la position pen-
chée en avant, jambes tendues.

66
8. Qu’est-ce qui peut influencer la survenue d’un trouble b. L’utilisation d’un appui antérieur
musculosquelettique lors des activités manuelles? c. L’encadrement de l’objet et son ramassage
a. Un excès de force utilisée 17. Quelle solution de protection du dos adoptée pour
b. Une durée trop importante de l’activité soulever un bac d’eau (avec deux mains) posé au sol?
c. Une posture inadéquate
d. Une répétition importante des mêmes gestes a. J’écarte les pieds latéralement, je fléchis complètement
les genoux
9. Quelle est la bonne affirmation? b. J’écarte les pieds latéralement, je fléchis complètement
a. Une hernie discale nécessite toujours une intervention les genoux, je rentre le ventre
chirurgicale c. J’encadre la charge, je fléchis les genoux à 90°, je main-
b. La hernie discale fait toujours mal tiens les courbures naturelles de la colonne vertébrale
c. La hernie discale se résorbe dans 75% des cas après un
18. Combien de fois par semaine devrait-on pratiquer une
an
activité physique d’intensité modérée (la marche à vive
10. Le syndrome du canal carpien désigne une affection? allure) pour la santé en général et son dos en particu-
a. des os du poignet lier?
b. des doigts et du poignet a. Une séance d’1 heure une fois par semaine est large-
c. du nerf médian ment suffisante
b. Cinq séances de 30 minutes par semaine au minimum
11. En position debout, la hauteur adéquate du plan de
c. Plus de 2heures par jour
travail pour un travail de précision (exemple: hacher
le persil) devrait correspondre à la hauteur 19. Estimez la charge subie par les derniers disques
a. des épaules lombaires dans cette position
b. des coudes
c. entre les hanches et les coudes
a. 5000 N
12. Quel doit être le poids maximum du cartable pour un b. 1000 N
adolescent? c. 2100 N
a. 15% du poids de l’enfant
b. 25% du poids de l’enfant
c. 50% du poids de l’enfant

13. Plusieurs boîtes de papier sont placées prêts de la pho-


tocopieuse. Vous constatez que vous devez remplir la 6
machine de papier au moins 3 fois par jour. Quelle est
la meilleure prévention?
a. Appliquer les gestes et les postures de protection du
dos lorsque vous prenez les boites de papier
b. Prévoir une rehausse (table) pour déposer les boites
c. Acheter une nouvelle machine pouvant contenir 3 bacs
de feuille au lieu d’une
14. Sauter hors du véhicule après une période de conduite
a. Présente un risque pour l’ensemble du corps Flèche verte (Zone hachurée horizontalement)
= distance de confort;
b. Présente un risque pour les disques intervertébraux Flèche rouge (Zone hachurée verticalement) =
c. Présente un risque pour les jambes distance maximale d’atteinte

15. Un siège « ergonomique »


20. Quels types d’objets faut-il disposer dans la zone verte
a. Vous permet de varier les positions en fonction du type et dans la zone rouge pour protéger le bras et l’épaule?
de travail que vous effectuez
b. Comprend un bouton de réglage à adapter en fonction a. Zone verte: objets fréquemment utilisés et zone rouge:
de votre taille objets rarement utilisés
c. Comprend un bouton de réglage à adapter en fonction b. Zone verte: objets rarement utilisés et zone rouge: ob-
de votre poids jets fréquemment utilisés
c. Peu importe la zone, le type d’objet et sa fréquence
16. Quelle est la position de protection du dos à adopter d’utilisation ont peu d’importance
pour ramasser un objet léger au sol?
a. La flexion complète des genoux

67
Solutions du quizz: 14. Références
1. a
2. a complémentaires
3. b
4. c
5. a
6. b Brochures et livres
7. a,c
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16. a,b • Commission de la santé et de la sécurité du travail du
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Fiches d’infos Il existe également d’autres brochures de prévention sur la
• Fiches d’information pour différents types d’emploi à prévention des TMS pour différents secteurs.
l’intention des jeunes travailleurs : http://www.uwwork- Outils pour les travailleurs: «Troubles muscu-
safe.com/worksafe/teens/teenFactSheets.php
• Guide de formation sur la sécurité dans les restaurants,
losquelettiques dans les métiers»
Commission on Health and Safety and Workers’ Compen- Afin d’aider les travailleurs à faire face aux TMS au travail, des
sation: http://www.dir.ca.gov/CHSWC/SBMRMaterials.htm brochures pratiques ont été créées et intitulées «Troubles
• «How I beat RSI» est disponible à l’adresse: http://www. musculosquelettiques dans les métiers».
howibeatrsi.com/
Il existe 36 brochures pratiques de Prévention des troubles
musculosquelettiques pour les métiers suivants :
Vidéos 1. le personnel de l’aide à domicile
2. le personnel du nettoyage
• CRAM Aquitaine. Film pédagogique “ La démarche ergono-
3. les puéricultrices dans le secteur de la petite enfance
mique dans l’hôtellerie et la restauration “ produit par la
4. le personnel soignant dans les hôpitaux
CRAM Aquitaine, le SST de Périgueux et l’UMIH Dordog-
5. le personnel de caisse
ne. 2003.
6. les réassortisseurs
• CRAM Aquitaine. Film pédagogique “ Le couteau qui coupe
7. les réceptionnistes de marchandises
- Témoignages en Aquitaine “ produit par la CRAM Aqui-
8. les vendeurs comptoirs
taine. 2001.
9. le chauffeur-livreur
• INRS – TMS du membre supérieur – comprendre et agir -
10. le préparateur de commande
2001
11. le chauffeur routier
• INRS – A propos des TMS – une compilation de cinq films
12. l’éleveur
- 2001
13. le cultivateur
• Prevent – Ménagez votre dos
14. le technicien dans le secteur de l’aménagement des espa-
ces verts
15. le personnel de cuisine
16. le personnel de logistique
17. les monteurs en sanitaire et climatisation
18. les plafonneurs
19. les maçons et les manœuvres
20. les ferrailleurs et les coffreurs
21. les conducteurs d’engins de chantier
22. les couvreurs
23. le personnel des centres d’appels
24. le cordonnier
25. le boulanger
26. le déménageur
27. les cueilleurs
28. les femmes de chambres
29. le serveur
30. le personnel administratif
31. le barman
32. le coiffeur
33. le boucher
34. le manutentionnaire aéroportuaire (Handle)
35. l’éboueur/chargeur
36. l’agent de tri

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Outils pour les experts en prévention Série Manutentions manuelles des charges
Brochures par secteurs Un guide et une fiche d’identification des facteurs de risque
aident à prévenir et réduire les risques TMS et les accidents
A l’aide de nombreuses photos de postures, de gestes et de liés à la manutention manuelle et au travail physique.
situations de travail, la brochure explique les risques de TMS
dans un secteur d’activité et donnent des recommandations • Manutentions manuelles – Guide pour évaluer et prévenir
pour les éviter. les risques
• Manutentions manuelles – FIFARIM - Fiche d’identification
Il existe 9 brochures qui passent en revue les facteurs de des facteurs de risque liés à la manutention
risques de 9 secteurs:
• Prévention des maux de dos : Fiches pratiques pour le secteur de l’aide à domicile
dans le secteur de la construction
dans le secteur de la petite enfance Les travailleurs du secteur de l’aide et des soins à domicile
dans le secteur de l’agriculture et de l’horticulture sont une catégorie professionnelle particulièrement concer-
née par les risques de troubles musculosquelettiques.
• Prévention des troubles musculosquelettiques:
dans le secteur hospitalier 3 documents pratiques leur sont donc spécifiquement con-
dans le secteur de l’aide à domicile sacrés:
dans le secteur de l’horeca • Epargnons le dos des aides familiales
dans le secteur de la distribution Présentation du matériel à fournir au prestataire de soins
dans le secteur du transport et de la logistique à domicile
dans le secteur du traitement des déchets • Epargnons le dos des aides familiales
Astuces pour le demandeur
Guides de recommandations • Soins à domicile. Fiche d’analyse des risques pour le dos
Il existe 3 guides qui donnent des recommandations pour
mener une action de prévention. Films
• Prise en charge de la lombalgie en médecine du travail Les films sensibilisent et informent le grand public sur les
Ce guide présente des bonnes pratiques pour le traite- troubles musculosquelettiques et sur les bonnes pratiques de
ment des lombalgies par le médecin du travail. prévention qui permettent de limiter ces risques au travail.
• Lombalgie au travail. Un guide pour l’employeur et • Film - Mais que faire pour prévenir les TMS ?
les partenaires sociaux Le film présente trois démarches de prévention clés pour
Ce guide donne des stratégies pour limiter les conséquen- une prévention efficaces des TMS.
ces des maux dos, afin de maintenir la bonne santé des http://www.preventiondestms.be > rubrique: Que faire ?
travailleurs et de l’entreprise.
• Guide d’intervention pour la prévention des troubles • Films de sensibilisation sur:
musculosquelettiques au travail • Les risqués liés aux mouvements répétitifs: Prenez les
Le guide explique, à l’aide d’exemples concrets, comment choses en main: variez vos activités
faire pour commencer et mettre en place une démarche • Les risqués liés aux positions statiques: N’attendez pas
de prévention au sein de son entreprise. demain pour en prendre soin
• Les effets de nos gestes et postures de travail sur la
Gestion des risques professionnels: stratégie SOBANE- charge dorsale: Le travail, oui, mais pas sans bouger
Troubles musculosquelettiques • La prévention des maux de dos dans le secteur de la
construction
La stratégie SOBANE est une méthode de gestion des risques • La prévention des maux de dos dans le secteur de
à quatre niveaux d’intervention: dépistage, observation, l’agriculture et de l’horticulture
analyse et expertise. • La prévention des maux de dos dans le secteur de l’aide
La brochure «stratégie SOBANE- Troubles musculosquelet- à domicile
tiques» permet de travailler en profondeur sur les problèmes Ces films sont disponibles sur https://www.youtube.com/
qui mènent aux TMS. user/BeSWIC

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• «Napo. Ménagez votre dos» Renseignements complémentaires
L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail Pour de plus amples renseignements sur ces outils, contacter
(EU-OSHA) a créé Napo, un personnage animé, confronté le Service public fédéral Emploi,Travail et Concertation sociale
à de nombreuses situations de travail. Découvrez les films
Direction générale Humanisation du travail
Napo «Ménagez votre dos» sur les troubles musculosque-
rue Ernest Blerot 1 à 1070 Bruxelles
lettiques sur le site web de Napo: www.napofilm.net
Tél.: 02 233 42 07
E-mail: [email protected]
www.emploi.belgique.be
Jeu éducatif: le Flexaminator
Le jeu est développé pour sensibiliser, les jeunes du 3e cycle de
l’enseignement secondaire, aux troubles musculosquelettiques.
Le jeu vise à aider le héros «Flexaminator» à combattre, de
manière ludique, les TMS.
Pour sensibiliser les jeunes aux TMS.
Télécharger gratuitement le jeu sur le site: http://www.emploi.
belgique.be/leflexaminator/

Affiches
Préservez votre dos, il vous supporte bien!
2 affiches sensibilisent les travailleurs à préserver leur dos.

Sites d’informations
Pour plus d’information sur les troubles musculosquelet-
tiques, consulter les sites: www.preventiondestms.be ou www.
beswic.be

Comment obtenir ces outils?


Toutes les publications mentionnées sont disponibles gratuite-
ment en version électronique (PDF) sur le site du SPF Emploi,
Travail et Concertation sociale: www.emploi.belgique.be> ru-
brique «Publications».
Pour commander les «Publications» disponibles, vous pouvez
envoyer un email en motivant les raisons de votre commande.
Pour plus d’informations, contacter:
La Cellule Publications du SPF Emploi, travail et concer-
tation sociale
rue Ernest Blerot 1 à 1070 Bruxelles
Tél.: 02 233 42 14
e-mail: [email protected]
www.emploi.belgique.be

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SERVICE PUBLIC FEDERAL
EMPLOI, TRAVAIL ET
CONCERTATION SOCIALE
RUE ERNEST BLEROT 1
1070 BRUXELLES

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