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Comprendre le cycle du combustible nucléaire

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Thèmes abordés

  • impact environnemental,
  • assemblage combustible,
  • neutrons,
  • valeur énergétique,
  • réacteur nucléaire,
  • systèmes de refroidissement,
  • uranium,
  • recyclage,
  • génération IV,
  • durabilité
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  • recyclage,
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Cycle du combustible

Jérôme GOLETTO

2023
Sommaire

Introduction
Partie 1 : AMONT du Cycle
Partie 2 : Exploitation des réacteurs
Partie 3 : AVAL du cycle
Partie 4 : Les déchets nucléaires

Cycle du combustible– 2023


Introduction

■ Contexte de la production électrique

■ Rappel fonctionnement d’un réacteur nucléaire

■ Le combustible nucléaire

■ Le cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Contexte de la production électrique

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Contexte de la production électrique

Source AIEA

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Contexte de la production électrique

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Contexte de la production électrique

Source AIEA

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Contexte de la production électrique

Production électrique en France

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Contexte de la production électrique

Production électrique en France

Part du nucléaire :
entre 65 et 70% de
la production
nationale

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Rappel fonctionnement d’un réacteur

Film fonctionnement d'un réacteur

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire
A l’état naturel, il n’existe qu’un seul noyau ayant cette propriété fissile : l’uranium 235 (noté 235 U) qui est l’un des
isotopes formant l’uranium naturel (noté U nat ), les autres étant l’uranium 238 (noté 238 U) et l’uranium 234 (234 U).

Peu abondant dans l'uranium naturel, l'U 235 est le seul à libérer de l'énergie par fission dans la plupart des
réacteurs nucléaires. Pour assurer le bon fonctionnement de ces derniers, il faut disposer d'uranium dont la
proportion d'uranium 235 se situe entre 3 % et 5 % pour les réacteurs actuels.

Ainsi, c’est l’U nat qui constitue l’élément naturel de base servant à fabriquer les combustibles utilisés dans les réacteurs
nucléaires.
Unat = 99,27 % 238U (en masse)
0,72 % en 235U
0,0055 % en 234U

L'uranium est un métal radioactif présent dans le sous-sol de la Terre. Comme la plupart des métaux, il se trouve
dans les roches combinés à d’autres éléments chimiques. Avant de pouvoir l'utiliser comme combustible dans les
réacteurs des centrales nucléaires, il faut l'extraire et le transformer.

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

L’uranium est un élément radioactif naturel qui porte le numéro atomique 92 et correspond au symbole chimique
U dans le tableau périodique. Il appartient à un groupe spécial d’éléments découverts relativement tard dans
l’histoire : les actinides. Comme tous les autres actinides, l’uranium est « radioactif » : il se désintègre avec le
temps en libérant de l’énergie au cours du processus.

Une quantité d’uranium de la taille d’un œuf de poule peut produire autant d’électricité que 88 tonnes de
Cycle du combustible– 2023
charbon.
Introduction – Le combustible nucléaire

L’uranium est l’un des éléments les plus


abondants dans la croûte terrestre — il est
environ 500 fois plus répandu que l’or. Alors
qu’il semble très rare, l’uranium est en
réalité présent partout en infimes quantités
— dans la roche, le sol, l’eau et même dans
notre corps.

Comme n’importe quel autre élément,


l’uranium existe sous plusieurs formes dont
la masse et les propriétés physiques
diffèrent, mais qui ont les mêmes propriétés
chimiques.
Ces différentes formes sont ce que l’on
appelle des isotopes.

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

Vallée de la stabilité

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

RAPPEL : La période radioactive


La période (ou demi-vie) est le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent naturellement.
Cela ne dépend pas de l’environnement (température, pression) mais c'est une propriété liée à l'élément radioactif
- radionucléide - considéré.
Par exemple, le césium 137 a une période radioactive de 30,2 ans. Cela signifie qu’au bout de ce laps de temps, la
moitié du fragment de césium 137 s'est désintégré, soit en un élément stable, soit en un autre élément radioactif
qui se désintègrera à son tour.

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Rappel fonctionnement d’un réacteur

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Rappel fonctionnement d’un réacteur

Elément combustible (souvent appelé simplement « combustible ») constituant le cœur du réacteur = objet ayant sa
propre structure qui contient la matière nucléaire et qui est introduit en un seul bloc dans le coeur d’un réacteur
nucléaire pour y produire de l’énergie par fission.

Il se compose toujours de trois parties :

– une matrice contenant la matière fissile. Dans le cas présent il s’agit d’oxyde d’uranium ou d’oxyde mixte
d’uranium et de plutonium (combustible baptisé MOX) ;

– une gaine étanche destinée principalement à contenir les produits générés par les fissions et les autres noyaux
radioactifs issus des captures neutroniques sur d’autres noyaux (en particulier les transuraniens) ;

– un assemblage réunissant plusieurs tubes de combustible (appelés aussi « crayons » ou « aiguilles ») constitués
chacun d’une matrice gainée.

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Rappel fonctionnement d’un réacteur

Quel que soit leur type, les combustibles nucléaires assurent au minimum les trois fonctionnalités
suivantes :

1. Évacuer la chaleur qu’ils fournissent à partir des fissions qui s’y produisent ;

2. Confiner les produits radioactifs ;

3. Résister le plus longtemps possible aux différentes agressions auxquelles le combustible est soumis
dans le réacteur : effets des radiations, effets des chocs des neutrons, effets des chocs des produits de
fissions, températures très élevées, vibrations induites, et maintien de son intégrité dans certaines
conditions accidentelles.

Les combustibles nucléaires sont par ailleurs soumis à de nombreuses contraintes de conception parmi
lesquelles celle d’être fabriqués avec des matériaux qui capturent très peu les neutrons.

Ils doivent en outre satisfaire à des exigences de sûreté sévères, notamment au niveau de la gaine qui
constitue la première barrière de confinement au sens de la « défense en profondeur ».

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Rappel fonctionnement d’un réacteur

Réacteur :

• De l’Uranium enrichi en U235

• Un modérateur : l’EAU

• Un caloporteur : L’EAU

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

• Combustibles : matières riches en carbone qui sont brûlées pour produire de


l’énergie dans des installations classiques, et que l’on appelle des
combustibles fossiles (essentiellement charbon, gaz, pétrole,…).
énergie dégagée par une réaction chimique de l’ordre de quelques dizaines d’électrons-volts (eV)

• Combustible nucléaire : L’énergie est produite pas réactions nucléaires


mettant en jeu les forces contenues dans les noyaux atomiques.
la fission d’un noyau atomique dégage une quantité d’énergie à peu près égale à 200 000 000 eV

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

L’énergie délivrée par les réacteurs nucléaires repose sur la fission de noyaux
atomiques par des neutrons.

Ce phénomène de fission n’est possible que pour certains noyaux lourds très
particuliers appelés noyaux fissiles. Il faut donc alimenter les réacteurs
nucléaires avec ces noyaux fissiles conditionnés sous différentes formes dans
un objet appelé combustible nucléaire.

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire
Rayonnement gamma

Energie Les neutrons restants (environ


35 %) disparaissent en étant
capturés par d’autres types de
PF : Produits de fission noyaux présents dans le
n : neutron réacteur - matériaux de
structure, eau primaire, corps
dissous dans l’eau - ce qui
conduit à l’émission de
photons gamma et à la
création de produits
d’activation.

Environ 40 % des neutrons provoquent Environ 25 % des neutrons sont capturés par des noyaux lourds dits « fertiles »
des réactions de fission sur les noyaux qui peuvent se transformer en noyaux « fissiles » : ainsi l’uranium 238, présent
lourds dits « fissiles » présents dans le en grande quantité dans le combustible, va se trouver partiellement transformé
combustible, principalement l’uranium en plutonium 239.
235 et le plutonium 239. Ce plutonium 239 participe à la réaction en chaîne en subissant la réaction de fission, mais il
Ces fissions libèrent de l’énergie (celle-ci capture aussi des neutrons pour devenir plutonium 240, puis plutonium 241, ce qui est le point
apparaît sous forme de chaleur dans le de départ d’une série de réactions créant des noyaux radioactifs plus lourds.
combustible), elles émettent des photons gamma Les nucléides radioactifs qui se forment ainsi, isotopes des éléments au-delà de l’uranium -
(appelés gamma instantanés de fission) et neptunium, plutonium, américium, curium, …- constituent la chaîne des actinides.
plusieurs neutrons, 2,5 en moyenne, ce qui
permet d’entretenir la réaction en chaîne. Enfin, Cycle du combustible– 2023
elles créent des nucléides radioactifs, les produits
de fission (PF).
Introduction – Le combustible nucléaire

De façon générale, les conditions qui permettent une réaction en chaîne résultent d’un
optimum entre :
• une quantité suffisante de matières dites fissiles (masse «critique» d’où la nécessité
d’avoir une quantité d’uranium 235 supérieure à 1% - en pratique entre 3 et 5 % ),

• une quantité suffisamment faible de matériaux absorbant les neutrons,

• une géométrie favorable, limitant les fuites de neutrons hors du milieu fissile,

• éventuellement, la présence d’un matériau «modérateur» diminuant l’énergie des


neutrons issus des fissions, dans le but d’augmenter leur chance de provoquer d’autres
fissions.
Au moment de leur production, c’est-à-dire à l’issue des fissions, les neutrons ont une énergie
cinétique moyenne de 2 MeV. Dans le cas des réacteurs à eau sous pression, qui fonctionnent
avec des neutrons dits thermiques, l’eau sert à la fois de caloporteur et de modérateur, ce qui
permet de réduire la proportion de neutrons de haute énergie et, ainsi, d’augmenter les
chances de fission des noyaux d’uranium 235.
Cycle du combustible– 2023
Introduction – Le combustible nucléaire

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le combustible nucléaire

96% de matière
valorisables

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le cycle du combustible

Il va falloir : A
• Localiser à la surface du globe les gisements économiquement rentables,
• Extraire la matière recherchée,
M
• Purifier, O
• Transformer à l’aide de processus physiques et chimiques divers,
N
• Conditionner ce produit élaboré sous la forme désirée, T

• Chargé dans le cœur d’un réacteur nucléaire, pour produire de l’énergie. Exploitation des réacteurs
• Une fois que ce combustible a séjourné en réacteur pour produire toute l’énergie souhaitée, il est déchargé du
réacteur et devient un combustible usé que l’on ne peut pas abandonner directement, d’autant qu’il est très
A
radioactif, et donc potentiellement dangereux. V
• Le retraiter : Cycle fermé A
OU L
• L’entreposer : Cycle ouvert

Cycle du combustible– 2023


Introduction – Le cycle du combustible

Exploitation des réacteurs


A
M
O
N
T

A
V
A
L Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible

Les différentes étapes du cycle du combustible font


appel à des transformations chimiques de l’uranium.
■ Extraction du minerai

■ Concentration

■ Conversion

■ Enrichissement

■ Fabrication du combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible – Extraction du minerai

Où se trouve l’uranium ?

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible – Extraction du minerai

Si l’uranium est dans une forme minérale où il est facile à extraire, et ce même si la teneur du minerai est très
faible, l’exploitation est économiquement intéressante en regard des quantités de minerais disponible.

Exemple : La mine de Rossing en Namibie, une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde, contient un minerai
relativement pauvre (0.03%) mais exploitée du fait de l’importance de ses ressources (existence probable de 52000
tonnes d’uranium). A titre de comparaison, une année d’exploitation permettrai de fournir au Royaume-Uni la
quantité de combustible nécessaire pendant 8 ans.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Extraction du minerai

Une fois qu’un gisement est identifié et ses potentialités évaluées, notamment d’un point de
vue économique on procède à l’extraction de l’uranium selon plusieurs techniques qui
dépendent du contexte géologique et de la nature même des minerais:

• les exploitations à ciel ouvert

• les exploitations souterraines

Mise en œuvre d’une nouvelle technique de lixiviation in situ (LIS) (baptisé In Situ Leaching ou
In Situ Recovery) qui a pris une part grandissante dans les techniques d’extraction puisqu’en
2013, elle est mise en œuvre pour extraire près de la moitié de l’uranium dans le Monde.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Extraction du minerai

Méthode par lixivation : Lorsque la géologie s’y prête, on peut en effet se passer
d’excavation : on récupère l’uranium en injectant directement une solution acide oxydante
dans le gisement, puis en pompant la solution chargée en uranium. L’extraction se fait par
passage de la solution sortant du puits sur une résine échangeuse d’ions ou par échange
liquide/liquide.
L’uranium est ensuite désextrait, précipité et séché pour produire le « yellow cake ».

En 2020, environ 58 % de l’uranium extrait dans le monde l’a


été par cette méthode.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Extraction du minerai

Méthode par lixivation :

La lixiviation in situ consiste à faire circuler dans les gisements souterrains d’uranium de
l’eau à laquelle ont été ajoutés des éléments, tels que des agents complexants ou oxydants,
ou des acides. Cette méthode permet de dissoudre l’uranium directement à partir du
gisement. La solution obtenue est ensuite extraite du sous-sol et raffinée pour produire de
l’oxyde d’uranium — du concentré d’uranium ou « yellowcake » —, qui est utilisé pour
enrichir l’uranium.

Film extraction uranium

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Extraction du minerai

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Concentration
Une fois extrait le minerai ou le liquide contenant l’uranium, il faut le traiter sur le site ou à
proximité afin de n’avoir à transporter sur de longues distances qu’un produit très concentré
en uranium.

Le minerai est ensuite concassé, broyé puis imprégné d’une solution acide oxydante pour
dissoudre l’uranium à hauteur de quelques grammes par litre. Puis l’uranium est
sélectivement extrait de la solution. Viennent ensuite plusieurs étapes de purification avant
d’obtenir un concentré minier d’uranium appelé yellow cake une pâte jaune (contenant 70 %
d’uranium sous la forme d’ U3O8 ).

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Concentration

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Concentration

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Concentration

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Conversion

Prochaine étape : La conversion – Passage de l’U3O8 à l’UF6


Procédé principal : procédé dit par « voie humide »

1. U3O8 dissous par de l’acide nitrique.

2. Purification par mélange avec un solvant organique, le tributylphosphate (en français


phosphate de tributyle), désigné en abrégé par TBP (c’est le solvant de base utilisé
également dans le procédé de traitement des combustibles irradiés)

3. Dénitration chimique permettant d’obtenir de l’UO3 qui est alors réduit en UO2 par de
l’ammoniac et de l’hydrogène

4. Fluoration de l’uranium à partir de cet UO2 s’effectue en deux étapes : hydrofluoration par
de l’acide fluorhydrique permettant d’obtenir de l’UF4 puis fluoration de cet UF4 par du
fluorure pour obtenir de l’UF6 ;

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Conversion

COMURHEX
MALVESI
(Narbonne)

COMURHEX
TRICASTIN
(Pierrelatte)

Utilisation d’acide fluorhydrique : Le risque chimique est alors largement


supérieur au risque radiologique
Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Conversion

(Emballage48Y pour UF6)

(Source ORANO) Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Conversion

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Objectif de l’enrichissement : Augmentation de la part d’uranium 235 de 0,72% jusqu’à 3 à 5%

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Plusieurs technologies d’enrichissement existent. Les principales sont :

• Diffusion gazeuse : plus utilisé en France (Usine Georges BESSE – EURODIF site du
Tricastin de 1979 à 2012)

• Ultracentrifugation : technologie la plus performante (Usine Georges BESSE II –


ORANO - Site du Tricastin – depuis 2010)

• Laser : en phase recherche pour l’instant

Processus utilisant la différence de masse entre les deux isotopes :

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Dans tous les cas, les capacités d’enrichissement des installations s’expriment dans une unité
spécifique désignée sous le sigle « UTS » pour Unités de Travail de Séparation.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Les deux procédés (diffusion gazeuse et ultracentrifugation) opèrent sur de l’uranium sous
forme gazeuse et que le seul gaz d’uranium manipulable à des températures raisonnables est
l’hexafluorure d’uranium, UF6 , dont le point triple se situe à 65 °C.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Procédé par diffusion gazeuse


Existence de barrières percées sur lesquelles sont projetés les molécules d’UF6
Les molécules 235U se déplacent plus vite que les molécules les plus lourdes 238U. Elles vont
ainsi frapper plus souvent la paroi de la cellule qui renferme UF6. Si les parois sont munies de
tout petits trous, les molécules les plus légères vont alors traverser ces trous plus souvent que
les molécules les plus lourdes et le gaz va donc s’enrichir en 235U de l’autre coté de la paroi.

Tel est le principe de base de l’enrichissement de l’uranium par le procédé de diffusion gazeuse.
En pratique, l’opération est réalisée dans des appareils appelés « diffuseurs » qui renferment
deux compartiments séparés par une paroi poreuse appelée « barrière de diffusion ». Le
diamètre des trous de ces barrières est de l’ordre de quelques nanomètres.

On exerce une différence de pression entre les deux compartiments pour forcer le passage du
gaz UF6 à travers la barrière (d’où la nécessité de puissants compresseurs qui vont consommer
beaucoup d’énergie).
Avec ce type de procédé, le gain en enrichissement dans chaque diffuseur est très faible et il
faut donc répéter l’opération dans un grand nombre diffuseurs, que l’on appelle « étage » de Cycle du combustible– 2023
diffusion (typiquement 1 400 étages pour une usine de grande capacité comme GB I).
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Procédé par ultracentrifugation

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Le concentré d’uranium est converti en gaz, l’hexafluorure d’uranium. Ce gaz est ensuite
pompé dans des cylindres en rotation rapide — les centrifugeuses — où les isotopes les
plus lourds, tels que l’238U, sont poussés vers les parois, tandis que l’235U, plus léger,
reste au centre. Cela permet de « filtrer » et de recueillir le gaz contenant des Film Enrichissement
concentrations en 235U plus élevées. Ce processus peut être répété jusqu’à l’obtention
d’une concentration isotopique suffisante en235U.
Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Comparaison entre centrifugation et diffusion


Gazeuse :

• Consommation d’énergie : A taille équivalente une usine utilisant la


centrifugation consomme 50 fois moins d’énergie.

• Masses mobilisées dans les installations du cœur du procédé : Elles


sont beaucoup plus élevées dans une usine de diffusion gazeuse que
dans une usine de centrifugation.

• Rejets dans l’environnement : une usine d’enrichissement par


centrifugation génère beaucoup moins de rejets dans l’environnement
qu’une usine de diffusion gazeuse, mais dans les deux cas, ces rejets Film EURODIF
restent extrêmement faibles.
Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Gestion de l’uranium appauvri :


Entreposage sur le site même des usines d’enrichissement (Pierrelatte)
sous forme d’UF6 dans des conteneurs appropriés dits « 48Y ».

Mais, comme l’UF6 peut réagir en atmosphère humide pour former des
composés chimiques extrêmement toxiques (notamment de l’acide
fluorhydrique), cette forme d’entreposage a été considérée comme non
durable et il a donc été décidé d’entreposer l’uranium appauvri sous une
forme solide plus stable, l’U3O8 (incombustible, insoluble dans l’eau, non
corrosif = meilleures conditions de sûreté en attendant sa valorisation
ultérieure).
Cette opération de transformation est réalisée dans des installations
spécifiques de défluoration sur le site de Pierrelatte où sont implantées les
Cycle du combustible– 2023
usines d’enrichissement (« usine W »).
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement
UF6
enrichi

UF4 /
UF6

U3O8

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible

Lieu : Usine FRAMATOME (ex FBFC) - ROMANS sur ISERE

Objectif : Fabriquer le combustible qui sera envoyé dans


les centrales nucléaires REP

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible
Composition d’un assemblage combustible :
• Dans un combustible pour réacteur à eau légère la matière fissile se
présente sous forme de petits cylindres en oxyde d’uranium UO2 fritté
dits « pastilles ».

• Empilement dans un tube – dit tube de gainage ou gaine – scellé aux


deux extrémités par des bouchons soudés afin d’isoler la matière
fissile du milieu extérieur ; cet ensemble forme ce qu’on appelle un
crayon combustible. (Matière constituant la gaine : alliage de
zirconium (il y a en fait divers alliages, dont les plus répandus sont le
Zircaloy-2, le Zircaloy-4, l’alliage dit M5™, et le Zirlo).

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible

Composition d’un assemblage combustible :


• Les crayons combustibles sont réunis en assemblage combustible ou élément
combustible – par insertion dans une structure – dite squelette – munie de pièces
d’extrémité (embouts supérieur et inférieur ou tête et pied) permettant la
manutention, le stockage et le positionnement dans le cœur du réacteur de
l’assemblage combustible.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible
Composition d’un assemblage combustible :

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible
Détail des principales étapes de fabrication (1/2) :
• Conversion de l’UF6 en UO2 : défluoration de l’uranium qui provient des usines
d’enrichissement sous forme d’UF6 afin de le transformer en UO2. l’ UF6 est vaporisé dans un
four rotatif en présence de vapeur d’eau, ce qui le transforme en UO2 F2 , lequel est alors
réduit vers 800 °C par de l’hydrogène pour obtenir de l’ UO2.

• Pastillage (métallurgie des poudres) : La poudre issue de l’atelier conversion est compactée
sous forme de pastilles d’un diamètre de 8 millimètres et d’un poids de 7 grammes. Les
pastilles sont ensuite frittées dans un four à 1 700°C et acquièrent alors leur solidité et leur
densité définitives. Rectification des pastilles ainsi frittées qui ont perdu leur forme
cylindrique parfaite. Il faut en effet obtenir un cylindre très régulier et au diamètre très précis
afin de garantir un jeu très strict entre les pastilles et la gaine + contrôle visuel et
dimensionnel des pastilles

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible

Détail des principales étapes de fabrication (2/2):


• Crayonnage : Les pastilles (environ 300) sont introduites dans des tubes de zirconium
d’environ 4 mètres de hauteur, appelés gaines. Chaque gaine est remplie de pastilles et
scellée à ses extrémités par un bouchon. L’ensemble constitue alors le « crayon
combustible ». Les crayons combustibles doivent être étanches. Ils constituent, en
effet, la barrière s’opposant à la dispersion des produits de fission dans le circuit
primaire du réacteur et empêchent donc la contamination radioactive de ce dernier.

• Assemblage : Les crayons sont réunis dans une structure métallique appelée squelette
pour devenir un assemblage combustible. L’ensemble est alors constitué, selon le
design, de 264 crayons. Chaque étape de la fabrication est soumise à des contrôles
très stricts, avec des vérifications dimensionnelles et visuelles.

Cycle du combustible– 2023


Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible

Un ressort placé en tête assure le maintien de la colonne de pastilles pendant les opérations de
fabrication et de contrôle, et les transferts en position horizontale.
Avant scellement, le crayon est pressurisé à l’hélium (généralement entre 20 et 30 bar à tempéra
ture ambiante selon les conceptions, soit environ 50 à 60 bar en fonctionnement) afin
d’améliorer l’échange thermique (l’hélium est un gaz ayant une bonne conductivité thermique)
et pour équilibrer en partie la pression externe (afin de limiter l’effort appliqué aux gaines, en
particulier en début d’irradiation, avant que les gaz de fission ne créent eux-mêmes une contre-
pression).

Le volume libre interne au crayon, ou espace laissé libre pour les gaz de fission, est
essentiellement constitué du plenum (la partie supérieure du crayon dans lequel se trouve le
ressort) car le jeu radial combustible-gaine se referme pendant la première partie de l’irradiation.
Dans certains cas, un espace libre est également ménagé en bas de crayon ; la colonne fissile doit
alors reposer sur une entretoise. Ce volume libre correspond à environ 1 % du volume du
combustible.
Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible

Cycle du combustible– 2023


Synthèse
Partie 1 : Amont du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Synthèse
Partie 1 : Amont du cycle du combustible
• Comment la chaleur est-elle produite dans un réacteur
nucléaire REP ?

• Où trouve t on le minerai ?

• Comment se forme le Pu239 ?

• Quels sont les différents étapes de l’amont du cycle ?

• Pourquoi enrichir l’uranium ?

• Quel taux d’enrichissement vise-t-on pour les réacteurs type


REP ?
Cycle du combustible– 2023
Synthèse
Partie 1 : Amont du cycle du combustible
• Pourquoi faire passer l’uranium en phase gaz ?

• Que fait on de l’uranium appauvri à l’issue de la phase


d’enrichissement ?

• De quoi est constitué un assemblage combustible ?

• Sous quel forme se trouve l’uranium dans un assemblage


combustible ?

• Combien d’assemblage combustible dans un réacteur


900MW et combien de crayons par assemblage ? Cycle du combustible résumé

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Le combustible est alors envoyé vers les centrales nucléaires (CNPE – Centre Nucléaire
de Production d’Electricité).

• 56 réacteurs à eau sous pression (REP), dits « de génération II », et un


réacteur EPR (European Pressurized water Reactor) en cours de mise en
service à Flamanville (Manche), dit « de génération III ».

• Standardisation du parc : les 56 réacteurs REP utilisent tous la même


technologie et sont techniquement proches.

• Classement des réacteurs selon leur modèle - on parle de palier - et selon la


puissance électrique qu’ils fournissent : 900 mégawatt électrique (MWe), 1300
MWe et 1450 Mwe :

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Implantation sur 18 sites, chaque centrale


comportant de 2 à 6 réacteurs (ou « tranche
»).

 32 réacteurs de 900 MWe : 4 réacteurs du palier CP0 (4 à Bugey),


et 28 réacteurs du palier CPY (4 à Tricastin, 6 à Gravelines, 4 à
Dampierre, 4 à Blayais, 4 à Chinon, 4 à Cruas et 2 à Saint-Laurent).

 20 réacteurs de 1 300 MWe qui se subdivisent en deux paliers : le


palier P4 avec 8 réacteurs (4 à Paluel, 2 à Saint-Alban et 2 à
Flamanville) et le palier P’4 avec 12 réacteurs (2 à Belleville sur
Loire, 4 à Cattenom, 2 à Golfech, 2 à Nogent sur Seine et 2 à
Penly).

 4 réacteurs de 1 450 MWe, du palier N4 (2 à Chooz et 2 à Civaux).

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs
Ces installations sont classées INB.
Une installation nucléaire de base (INB) est une installation nucléaire fixe (par
opposition à une installation nucléaire mobile, comme un navire à propulsion nucléaire)
• 170 INB environ en France, dont les 18 centrales nucléaires, représentant 56 réacteurs.

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Sûreté nucléaire – 2023


73
Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Sûreté nucléaire – 2023


74
Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Responsabilité première de l’exploitant : Rappel formel dans


la réglementation que l’exploitant est responsable de la
sûreté de son installation

Sûreté nucléaire – 2023


75
Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Les assemblages combustibles neufs sont transportés sur


les CNPE dans les modèles de colis « FCC3 » et
« FCC4 ».

Le transport des assemblages combustibles se fait


principalement par la route ou le train.

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs
Lors d’un arrêt du réacteur (arrêt de tranche), une partie du combustible est remplacée (1/3 ou 1/4 du
cœur).
Le cœur est complètement déchargé : les assemblages combustibles sont retirés de la cuve en début
d’arrêt. Ils sont transférés un à un vers le bâtiment combustible via un tunnel où ils sont stockés dans des
racks, sortes d’alvéoles, sous 20 mètres d’eau faisant office d’écran radiologique.
Un nouvel arrangement du cœur est défini afin d’équilibrer le cœur avec les différents assemblages
(neufs, ceux qui ont passé un an dans le cœur, ceux qui ont passé deux ans,…) afin d’assurer une
répartition homogène du flux neutronique dans le cœur.

Cycle du combustible– 2023


Film retrait couvercle de la cuve
Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Lors de chaque opération de rechargement du combustible, des équipes spécialisées du site se relayent dans le
bâtiment réacteur en 3X8 heures durant environ 48 heures.
Les opérations sont réalisées sous eau à l’aide d’une machine automatisée de chargement avec aux commandes,
un pilote.
Un à un, chacun des 157 assemblages combustible (pour un réacteur de 900 MWe) qui constitue le cœur du
réacteur est extrait de son alvéole puis introduit dans la cuve du réacteur selon un ordre de placement bien précis.
Une fois rechargé, le couvercle de la cuve est remise en place.
Des essais à différents paliers de puissance seront ensuite réalisés pour valider le bon comportement de ce
nouveau cœur. Le réacteur pourra alors repartir pour un cycle de production allant d’une année à 18 mois.

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Remplacement du combustible quand atteinte de la limite fixée en termes de :


• taux de combustion : quantité maximale d’énergie que peut délivrer le combustible par unité de
masse
• réactivité : le coefficient de multiplication des neutrons dans le combustible ne peut pas descendre
en dessous d’une valeur minimale acceptable sur le plan du bilan neutronique global du coeur du
réacteur.

On dit alors que le combustible est « épuisé » ou encore « usé ». Il faut donc le décharger du réacteur
pour le remplacer par un combustible neuf.

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs
BILAN après un cycle de production

96% de matière
valorisables

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs
BILAN après un cycle de production

Caractéristiques du combustible à l’issue du cycle de production:


1. Radioactivité importante qui ne décroît que très lentement dans le temps ;
2. La puissance résiduelle très élevée qui, elle aussi, ne diminue que lentement dans le temps (une centaine de
kilowatts par assemblage quatre ou cinq jours après l’arrêt du réacteur ): besoin d’attendre que cette puissance
résiduelle diminue de façon importante avant d’envisager un transport de ce combustible à l’extérieur du site (à
sec).

Refroidissement sous eau dans une piscine d’entreposage implantée à proximité immédiate du cœur
du réacteur nucléaire (appelée aussi piscine de « désactivation ») pendant 1 à 2 ans pour les combustibles
UO2 et au minimum 3 à 4 ans pour les combustibles Mox.

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

La profondeur des piscines est le plus


souvent de 12 à 13 m afin d’assurer une
protection biologique d’au moins 5 m d’eau
au-dessus du sommet des assemblages qui,
eux-même ont une hauteur d’environ 4 m
pour un combustible de type REP.

Film déchargement combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

A l’issue de cet entreposage : chargement du


combustible pour envoi vers le site de l’usine où ils
seront retraités (en France : LA HAGUE)

Cycle du combustible– 2023


Partie 2 : Exploitation des réacteurs

Cycle du combustible– 2023


Synthèse
Partie 2 : Exploitation des réacteurs

• Où est entreposé le combustible une fois sorti du réacteur ? Combien de temps et


pourquoi ?

• Quel est la part de matière valorisable à l’issue du passage du combustible dans le


cœur du réacteur ?

• Quel élément la compose ?

• Où est envoyé ensuite le combustible ?

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Plusieurs possibilités à la sortie du réacteur :

• Entreposage

• Stockage

• Recyclage

1/3 du combustible usé accumulé dans le monde est retraité mais la plus
grande partie est entreposée jusqu’à ce qu’une décision soit prise concernant
la stratégie finale (traitement ou stockage définitif).

En France, le combustible usé est envoyé dans l’usine de retraitement de La


Hague exploitée par ORANO. Cycle du combustible– 2023
Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

OBJECTIFS DU RETRAITEMENT : le traitement des combustibles irradiés vise à extraire


tout ou partie des différents éléments ou groupe d’éléments qu’il contient en vue de les
gérer séparément par conditionnement spécifique ou recyclage (encore appelé
valorisation).

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Procédé de retraitement utilisé dans l’usine de La Hague : PUREX (Plutonium


Uranium Refining by Redox Extraction)
1. Réception et entreposage des combustibles usés : les combustibles usés arrivent sur le site dans
des conteneurs appelés « châteaux » qui, pour ceux qui proviennent des centrales nucléaires du parc
français, sont des « TN12 », renfermant 12 assemblages de REP. Ces conteneurs sont déchargés « à sec »
(anciennement « sous eau ») et les combustibles sont alors entreposés dans de grandes piscines. La
capacité totale d’entreposage de combustibles usés à La Hague est de 17 600 t, soit l’équivalent de plus
de 200 coeurs complets de REP de 1 000 Mwe.
A l’arrivée sur site, le combustible est à nouveau entreposé avant d’être retraité (pendant au moins 5 ans).

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Procédé de retraitement utilisé dans l’usine de La Hague : PUREX (Plutonium


Uranium Refining by Redox Extraction)

2. Cisaillage des combustibles usés : chaque assemblage à traiter est extrait de la piscine
d’entreposage et dirigé vers un appareil appelé « Cisaille » pour une découpe mécanique par tronçons à
l’aide d’une lame. On obtient ainsi de petits morceaux de crayons de combustibles ouverts, appelés parfois
« berlingots », de 3 à 4 cm de long, qui tombent directement dans le bain de dissolution via une goulotte
reliant la cisaille au dissolveur.
Les pièces d’extrémités des assemblages sont dirigées vers une ligne spéciale de traitement pour lavage à
l’acide et rinçage avant d’être envoyées vers un atelier de compactage.

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Procédé de retraitement utilisé dans l’usine de La Hague : PUREX (Plutonium Uranium


Refining by Redox Extraction)

3. Dissolution du combustible : cette opération est réalisée dans un appareil appelé « dissolveur rotatif ».
C’est une roue d’environ 2 m de diamètre munie de 12 godets recevant les morceaux de combustible issus de la
cisaille. Cette roue plonge en partie dans le bain de dissolution (acide nitrique bouillant) elle tourne (sur des galets) par
douzième de tour avec un arrêt de 20 à 25 min entre chaque rotation, de façon à ce que les godets contenant les
morceaux de combustible à dissoudre séjournent approximativement deux heures dans le bain d’acide.

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Procédé de retraitement utilisé dans l’usine de La Hague : PUREX (Plutonium Uranium


Refining by Redox Extraction)

4. Extraction de l’uranium et du plutonium : c’est le coeur du procédé Purex


L’uranium et le plutonium dissous dans de la solution aqueuse nitrique, sont mis en contact avec un solvant organique
(TBP – TriButylPhosphate efficace en présence d’eau très acide ). Non solubles dans ce solvant, les produits de fission
sont ainsi isolés puis récupérés dans des cuves maintenues agitées et refroidies avant de procéder à leur vitrification.
La séparation uranium – plutonium est obtenue par traitements successifs en utilisant leurs différentes propriétés
électrochimiques.

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Procédé de retraitement utilisé dans l’usine de La Hague : PUREX (Plutonium Uranium


Refining by Redox Extraction)

5. Purification de l’uranium et du plutonium

A L’issue de cette étape :

• Uranium -> Nitrate d’uranyle (expédié en LR65 vers le site ORANO de Pierrelatte (usine TU5 sous forme
de nitrate d’uranyle liquide, pour y être converti et entreposé avant recyclage dans la fabrication de
nouveaux combustibles.

• Plutonium -> Oxyde de plutonium PuO2 expédié à l’usine Melox de Marcoule,


en vue de son recyclage sous forme de combustible MOX (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium).

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible
Procédé de retraitement utilisé dans l’usine de La Hague : PUREX (Plutonium Uranium
Refining by Redox Extraction)

6. Conditionnement des déchets de moyenne et haute activité à vie longue :


la quasi-totalité de la radioactivité (98 %) des combustibles usés est concentrée dans les solutions de produits de
fissions qui font donc l’objet d’un conditionnement spécifique dans une matrice hautement résistante à toute forme
de dégradation, notamment par l’eau : le verre.
Dans ce procédé, ces solutions sont d’abord entreposées dans des cuves puis évaporées et calcinées vers 400 °C dans
un four rotatif. Les calcinats sont alors mélangés à de la fritte de verre borosilicaté et le mélange est chauffé à 1 150 °C
dans un creuset. Une fois ce bain fondu homogénéisé, il est coulé dans un conteneur en acier inoxydable réfractaire
(AISI 309S) où il va se figer. Le produit ainsi obtenu constitue ce que l’on appelle un colis standard de déchets vitrifiés
(CSD-V).
Pour ce qui concerne les coques et embouts qui restent contaminés par des produits radioactifs à vie longue ils sont,
compactés et les galettes ainsi obtenues sont empilées dans un conteneur en acier inoxydable AISI 316L, pratiquement
de même géométrie que le colis CSD-V, appelé colis standard de déchets compactés (CSD-C).

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

ORANO La HAGUE
Cycle du combustible– 2023
Partie 3 : Aval du cycle du combustible
RECYCLAGE DES MATIERES VALORISABLES

Uranium
L’uranium issu du traitement des combustibles usés, en abrégé URT, peut être ré-enrichi puisqu’il contient entre 0,8
et 0,9 % d’235U (combustibles des réacteurs à eau), donc une proportion un peu plus élevée que l’uranium naturel lui-
même (0,71 %).
Mais…

isotope radioactif de
période égale à 72 ans
dont certains descendants
sont des émetteurs de
rayonnements gamma

poison neutronique difficile à


séparer de l’U235 + donne
naissance au 238Pu
émetteur de neutrons
Cycle du combustible– 2023
Partie 3 : Aval du cycle du combustible
RECYCLAGE DES MATIERES VALORISABLES

Uranium
Recyclage en réacteur REP après réenrichissement.
L’uranium enrichi obtenu est appelé en abrégé URE.
Le niveau d’enrichissement nécessaire avec l’URT est un peu plus élevé que celui qui est nécessaire en partant de
l’uranium naturel, afin de compenser la pénalité neutronique apportée par l’236U.
À titre d’exemple, pour un enrichissement de 3,7 % dans un cycle de REP-900 MWe avec rechargement par quart de
coeur, il faut un enrichissement de 4,1 % de l’URE pour un cycle équivalent.
Nota : Mis en œuvre sur CNPE de CRUAS en 1994 jusqu’en 2012
La partie de l’URT non recyclée est pour l’instant entreposée sous forme d’U3O8 sur le site du Tricastin après passage
dans usine TU5 (Site de Pierrelatte).

Cycle du combustible– 2023


Procédé TU5 Pierrelatte
Partie 3 : Aval du cycle du combustible
RECYCLAGE DES MATIERES VALORISABLES

Plutonium
• Plutonium -> Oxyde de plutonium PuO2 expédié à l’usine Melox de Marcoule,
en vue de son recyclage sous forme de combustible MOX (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium).
Les principales étapes du procédé sont analogues à celles de la fabrication de combustible UO2 :
• pastillage et pressage des poudres,
• frittage des pastilles dans un four,
• rectification des pastilles frittées,
• « crayonnage »
• fabrication des assemblages.

Soulignons ici que la grande différence avec la fabrication de combustible UO2 est qu’à toutes les étapes, il faut opérer
dans un confinement absolu compte tenu de la très forte toxicité du plutonium sous forme pulvérisée.
L’ensemble des opérations se réalise donc dans des boîtes à gants parfois blindées dont il faut assurer et maintenir une
étanchéité parfaite.
Par ailleurs, le plutonium contient toujours une proportion d’241Am (descendant du 241Pu de 14 ans de période
radioactive), qui émet des rayonnements nocifs, dont il faut se protéger.
Cela complique singulièrement la fabrication des combustibles Mox qui coûtent ainsi beaucoup plus cher que des
combustibles UO2. Cycle du combustible– 2023
Partie 3 : Aval du cycle du combustible

MELOX

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Partie 3 : Aval du cycle du combustible

Cycle du combustible– 2023


Synthèse
Partie 3 : Aval du cycle du combustible

• Quel est l’objectif du retraitement ?

• Quel est la part de déchets ultimes et de quoi est elle composée ?

• Quelles sont les différentes étapes du retraitement ?

Cycle du combustible résumé

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires
En France, les déchets radioactifs sont classés selon deux critères :
• Leur durée de vie, calculée en fonction de la « période radioactive » des radioéléments contenus :
cette période varie, selon les radionucléides, de quelques jours à plusieurs milliers d’années :
 déchets à vie courte (VC) : période inférieure à 31 ans,
 déchets à vie longue (VL) : période supérieure à 31 ans.

• Leur niveau de radioactivité, exprimé en becquerels : cela correspond au nombre de désintégrations


d’atomes par seconde :
 déchets de très faible activité (TFA),
 déchets de faible activité (FA),
 déchets de moyenne activité (MA),
 déchets de haute activité (HA).
Cycle du combustible– 2023
Partie 4 : Les déchets nucléaires

En fonction de ces deux critères, il existe 5 catégories de déchets radioactifs :


• Les déchets de très faible activité (TFA) issus principalement du démantèlement des installations nucléaires : gravats,
bétons, ferrailles. Leur radioactivité décroît de manière significative en une dizaine d'années. Ils représentent 27 % du
volume des déchets radioactifs produits en France et contiennent moins de 0,01 % de la radioactivité de l’ensemble
des déchets.

• Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) : il s'agit essentiellement des déchets liés à la
maintenance des installations nucléaires. Une partie provient aussi des hôpitaux ou des laboratoires de recherche. Ce
sont des objets contaminés comme des gants, des filtres, des résines… Leur radioactivité décroît de manière
significative en 300 ans environ. Les déchets FMA-VC constituent 63% du volume des déchets radioactifs, pour 0,02%
de leur radioactivité.

• Les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) : cette catégorie couvre les déchets radifères (contenant du radium)
provenant de minéraux utilisés dans certaines industries et les déchets de graphite issus du démantèlement
des réacteurs nucléaires de 1ère génération. Les déchets FA-VL constituent 7% du volume des déchets radioactifs, pour
0,01% de leur radioactivité.

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

• Les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL), issus du traitement des combustibles usés
des centrales nucléaires : structures qui entourent les combustibles usés (coques et embouts) et
effluents liquides issus du procédé de retraitement. Les déchets MA-VL constituent 3% du volume
des déchets radioactifs, pour 4% de leur radioactivité.

• Les déchets de haute activité à vie longue (HA-VL) correspondent aux déchets issus du traitement
des combustibles nucléaires usés : ils contiennent les « produits de fission » et les « actinides
mineurs » formés par les réactions nucléaires dans le combustible lors de son séjour en réacteur.
Leur durée de vie peut s'étendre sur plusieurs milliers, voire plusieurs millions d'années. Ils ne
représentent que 0,2% du volume des déchets radioactifs mais 96% de la radioactivité totale des
déchets radioactifs en France.

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

En France, les déchets radioactifs sont gérés par l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion
des Déchets RAdioactifs) : un établissement public chargée de la gestion à long terme des
déchets radioactifs produits en France.

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

EXPLOITATION

-> Réduction de -> ANDRA


volume

RETRAITEMENT

Déchets MA et
HA
Cycle du combustible– 2023
Partie 4 : Les déchets nucléaires

Usine CENTRACO

CENTRACO

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Partie 4 : Les déchets nucléaires

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

CSA
CSM CIRES

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

Cycle du combustible– 2023


Partie 4 : Les déchets nucléaires

CIGEO

Cycle du combustible– 2023


Synthèse
Partie 4 : Les déchets nucléaires

• En France, deux critères pour classer les déchets nucléaires :


 Leur durée de vie : vie courte (VC) - période inférieure à 31 ans et vie
longue (VL) - période supérieure à 31 ans.
 Leur niveau de radioactivité : TFA, FA, MA, HA.

• Une agence de gestion : l’ANDRA

• Différents modes de stockage en fonction du type de déchets

Cycle du combustible– 2023


Conclusion

Cycle du combustible– 2023


Conclusion

• Cycle de combustible : enjeux techniques, politiques, environnementaux,


stratégiques, économiques,…

• Recyclage : Elément clé

• Développement de nouvelles générations de réacteurs essentiel

Cycle du combustible– 2023


Conclusion

Cycle du combustible– 2023


Perspectives

La quatrième génération de réacteurs nucléaires

La 4ème génération correspond aux réacteurs, actuellement en conception, qui


pourraient voir un déploiement industriel à l’horizon 2040-2050. Les quatre objectifs
de cette nouvelle génération de réacteurs sont :

 la sûreté et la fiabilité

 la durabilité

 la compétitivité économique

 la résistance vis-à-vis de la prolifération nucléaire


Cycle du combustible– 2023
Perspectives

Pour la génération 4, six concepts de niveaux de maturité différents sont à l’étude,


au sein du Forum International Génération IV, créé en 2000.

Aujourd’hui, seuls les réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, RNR-Na, ont
vu leur faisabilité démontrée, via l’exploitation de prototypes dans différents pays.

Cycle du combustible– 2023


Merci de votre attention
Sources

• Cycle du combustible nucléaire : généralités et amont du cycle » - Technique de l’ingénieur - par Dominique GRENECHE

• « Cycle du combustible nucléaire : aval du cycle et questions génériques» - Technique de l’ingénieur - par Dominique GRENECHE

• « Conception et fabrication de combustibles à base d’uranium » - Technique de l’ingénieur - par Yannick GUÉRIN et Jean HENCKES

• Transport des matières radioactives du cycle du combustible - Technique de l’ingénieur - par Michel HARTENSTEIN

• Présentation cycle du combustible – Site RP CIRKUS – par Marc AMMERICH

• Dossier sur le cycle du combustible nucléaire – Site du CEA – par Bernard BOULLIS

Cycle du combustible– 2023


Sources
• Memento de la radioprotection en exploitation – EDF

• Entreposage du combustible nucléaire usé : concepts et enjeux de sûreté - Rapport IRSN n°2018-00003 – Juin 2018

• Site internet ASN

• Site internet IRSN

• Site interne ORANO

• Site internet ANDRA

• Site internet Cyclife

Cycle du combustible– 2023

Common questions

Alimenté par l’IA

L'uranium est extrait de la terre et broyé, puis le minerai subit une imprégnation avec une solution acide oxydante pour dissoudre l'uranium. Il subit ensuite plusieurs étapes de purification pour devenir le 'yellow cake' (U3O8). Ce U3O8 est converti en UF6 via un procédé humide impliquant acide nitrique et fluoration. L'uranium est alors enrichi pour augmenter la part de 235U de 0,72 % jusqu'à 3-5 %, principalement par diffusion gazeuse ou ultracentrifugation, en préparation pour son usage dans les réacteurs .

La préparation des assemblages de combustible consiste à empiler de petits cylindres d'oxyde d'uranium UO2 dans des tubes en alliage de zirconium, formant des crayons combustibles. Ces crayons sont regroupés en assemblages grâce à une structure de squelette pour faciliter la manipulation, le stockage et le positionnement dans le réacteur .

Le procédé d'ultracentrifugation consomme beaucoup moins d'énergie qu'une usine utilisant la diffusion gazeuse, avec une consommation réduite par un facteur de 50. En termes de rejets environnementaux, une usine d'enrichissement par centrifugation génère beaucoup moins de rejets que celle par diffusion gazeuse, bien que dans les deux cas, les rejets restent extrêmement faibles .

Pour maintenir une réaction en chaîne dans un réacteur à eau pressurisée, il est nécessaire d'avoir une masse critique d'uranium 235 entre 3 % et 5 %, une faible quantité de matériaux absorbant les neutrons, une géométrie favorable pour limiter les fuites de neutrons, et un modérateur (comme l'eau) pour réduire l'énergie des neutrons issus des fissions, augmentant ainsi les chances de provoquer d'autres fissions .

Le retraitement du combustible usé est crucial pour extraire et gérer séparément les différents éléments présents dans le combustible irradié. En France, ce retraitement se fait principalement à l'usine de La Hague, en utilisant le procédé PUREX. Le combustible est d'abord entreposé dans des piscines, puis cisaillé en petits morceaux qui sont dissous pour extraire l'uranium et le plutonium pour leur potentiel de recyclage ou de stockage .

Lors de la conversion de l'U3O8 en UF6, un risque chimique survient principalement lors de l'utilisation d'acide fluorhydrique, qui est largement plus dangereux que le risque radiologique à cette étape. Ce risque est géré par réaliser la fluoration en deux étapes avec précaution, d'abord par de l'acide fluorhydrique pour obtenir l'UF4, puis en ajoutant du fluor pour produire l'UF6 .

Après extraction du réacteur, le combustible usé est soumis à un refroidissement sous eau dans des piscines implantées près du cœur du réacteur pendant 1 à 4 ans, selon le type de combustible. Ces piscines, d'une profondeur de 12 à 13 m, assurent une protection biologique et permettent la dissipation de la chaleur résiduelle élevée, minimisant ainsi les risques avant le transport pour retraitement .

Le procédé PUREX utilisé à l'usine de La Hague commence par l'entreposage des combustibles usés dans des piscines. Ensuite, les assemblages sont cisaillés en morceaux et dissous pour séparer des fragments appelés 'berlingots'. Les uranium et plutonium sont extraits grâce à des réactions chimiques, permettant ainsi la gestion séparée ou le recyclage des différents éléments récupérés .

L'uranium appauvri est entreposé sous forme d'UF6 dans des conteneurs spécifiques (48Y) sur le site des installations d'enrichissement. Cependant, UF6 peut réagir avec l'humidité pour former des composés toxiques. Pour atténuer ce risque, l'uranium appauvri est converti en U3O8, un solide plus stable et inerte, garantissant de meilleures conditions de sûreté pendant l'attente de sa valorisation .

Dans les réacteurs nucléaires à eau pressurisée, l'eau joue un double rôle en tant que caloporteur et modérateur. Elle absorbe la chaleur générée par les fissions nucléaires et modère les neutrons en abaissant leur énergie, augmentant ainsi la probabilité de collision avec les noyaux d'uranium 235, ce qui est crucial pour le maintien de la réaction en chaîne .

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