Comprendre le cycle du combustible nucléaire
Thèmes abordés
Comprendre le cycle du combustible nucléaire
Thèmes abordés
Jérôme GOLETTO
2023
Sommaire
Introduction
Partie 1 : AMONT du Cycle
Partie 2 : Exploitation des réacteurs
Partie 3 : AVAL du cycle
Partie 4 : Les déchets nucléaires
■ Le combustible nucléaire
■ Le cycle du combustible
Source AIEA
Source AIEA
Part du nucléaire :
entre 65 et 70% de
la production
nationale
Peu abondant dans l'uranium naturel, l'U 235 est le seul à libérer de l'énergie par fission dans la plupart des
réacteurs nucléaires. Pour assurer le bon fonctionnement de ces derniers, il faut disposer d'uranium dont la
proportion d'uranium 235 se situe entre 3 % et 5 % pour les réacteurs actuels.
Ainsi, c’est l’U nat qui constitue l’élément naturel de base servant à fabriquer les combustibles utilisés dans les réacteurs
nucléaires.
Unat = 99,27 % 238U (en masse)
0,72 % en 235U
0,0055 % en 234U
L'uranium est un métal radioactif présent dans le sous-sol de la Terre. Comme la plupart des métaux, il se trouve
dans les roches combinés à d’autres éléments chimiques. Avant de pouvoir l'utiliser comme combustible dans les
réacteurs des centrales nucléaires, il faut l'extraire et le transformer.
L’uranium est un élément radioactif naturel qui porte le numéro atomique 92 et correspond au symbole chimique
U dans le tableau périodique. Il appartient à un groupe spécial d’éléments découverts relativement tard dans
l’histoire : les actinides. Comme tous les autres actinides, l’uranium est « radioactif » : il se désintègre avec le
temps en libérant de l’énergie au cours du processus.
Une quantité d’uranium de la taille d’un œuf de poule peut produire autant d’électricité que 88 tonnes de
Cycle du combustible– 2023
charbon.
Introduction – Le combustible nucléaire
Vallée de la stabilité
Elément combustible (souvent appelé simplement « combustible ») constituant le cœur du réacteur = objet ayant sa
propre structure qui contient la matière nucléaire et qui est introduit en un seul bloc dans le coeur d’un réacteur
nucléaire pour y produire de l’énergie par fission.
– une matrice contenant la matière fissile. Dans le cas présent il s’agit d’oxyde d’uranium ou d’oxyde mixte
d’uranium et de plutonium (combustible baptisé MOX) ;
– une gaine étanche destinée principalement à contenir les produits générés par les fissions et les autres noyaux
radioactifs issus des captures neutroniques sur d’autres noyaux (en particulier les transuraniens) ;
– un assemblage réunissant plusieurs tubes de combustible (appelés aussi « crayons » ou « aiguilles ») constitués
chacun d’une matrice gainée.
Quel que soit leur type, les combustibles nucléaires assurent au minimum les trois fonctionnalités
suivantes :
1. Évacuer la chaleur qu’ils fournissent à partir des fissions qui s’y produisent ;
3. Résister le plus longtemps possible aux différentes agressions auxquelles le combustible est soumis
dans le réacteur : effets des radiations, effets des chocs des neutrons, effets des chocs des produits de
fissions, températures très élevées, vibrations induites, et maintien de son intégrité dans certaines
conditions accidentelles.
Les combustibles nucléaires sont par ailleurs soumis à de nombreuses contraintes de conception parmi
lesquelles celle d’être fabriqués avec des matériaux qui capturent très peu les neutrons.
Ils doivent en outre satisfaire à des exigences de sûreté sévères, notamment au niveau de la gaine qui
constitue la première barrière de confinement au sens de la « défense en profondeur ».
Réacteur :
• Un modérateur : l’EAU
• Un caloporteur : L’EAU
L’énergie délivrée par les réacteurs nucléaires repose sur la fission de noyaux
atomiques par des neutrons.
Ce phénomène de fission n’est possible que pour certains noyaux lourds très
particuliers appelés noyaux fissiles. Il faut donc alimenter les réacteurs
nucléaires avec ces noyaux fissiles conditionnés sous différentes formes dans
un objet appelé combustible nucléaire.
Environ 40 % des neutrons provoquent Environ 25 % des neutrons sont capturés par des noyaux lourds dits « fertiles »
des réactions de fission sur les noyaux qui peuvent se transformer en noyaux « fissiles » : ainsi l’uranium 238, présent
lourds dits « fissiles » présents dans le en grande quantité dans le combustible, va se trouver partiellement transformé
combustible, principalement l’uranium en plutonium 239.
235 et le plutonium 239. Ce plutonium 239 participe à la réaction en chaîne en subissant la réaction de fission, mais il
Ces fissions libèrent de l’énergie (celle-ci capture aussi des neutrons pour devenir plutonium 240, puis plutonium 241, ce qui est le point
apparaît sous forme de chaleur dans le de départ d’une série de réactions créant des noyaux radioactifs plus lourds.
combustible), elles émettent des photons gamma Les nucléides radioactifs qui se forment ainsi, isotopes des éléments au-delà de l’uranium -
(appelés gamma instantanés de fission) et neptunium, plutonium, américium, curium, …- constituent la chaîne des actinides.
plusieurs neutrons, 2,5 en moyenne, ce qui
permet d’entretenir la réaction en chaîne. Enfin, Cycle du combustible– 2023
elles créent des nucléides radioactifs, les produits
de fission (PF).
Introduction – Le combustible nucléaire
De façon générale, les conditions qui permettent une réaction en chaîne résultent d’un
optimum entre :
• une quantité suffisante de matières dites fissiles (masse «critique» d’où la nécessité
d’avoir une quantité d’uranium 235 supérieure à 1% - en pratique entre 3 et 5 % ),
• une géométrie favorable, limitant les fuites de neutrons hors du milieu fissile,
96% de matière
valorisables
Il va falloir : A
• Localiser à la surface du globe les gisements économiquement rentables,
• Extraire la matière recherchée,
M
• Purifier, O
• Transformer à l’aide de processus physiques et chimiques divers,
N
• Conditionner ce produit élaboré sous la forme désirée, T
• Chargé dans le cœur d’un réacteur nucléaire, pour produire de l’énergie. Exploitation des réacteurs
• Une fois que ce combustible a séjourné en réacteur pour produire toute l’énergie souhaitée, il est déchargé du
réacteur et devient un combustible usé que l’on ne peut pas abandonner directement, d’autant qu’il est très
A
radioactif, et donc potentiellement dangereux. V
• Le retraiter : Cycle fermé A
OU L
• L’entreposer : Cycle ouvert
A
V
A
L Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible
■ Concentration
■ Conversion
■ Enrichissement
■ Fabrication du combustible
Où se trouve l’uranium ?
Si l’uranium est dans une forme minérale où il est facile à extraire, et ce même si la teneur du minerai est très
faible, l’exploitation est économiquement intéressante en regard des quantités de minerais disponible.
Exemple : La mine de Rossing en Namibie, une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde, contient un minerai
relativement pauvre (0.03%) mais exploitée du fait de l’importance de ses ressources (existence probable de 52000
tonnes d’uranium). A titre de comparaison, une année d’exploitation permettrai de fournir au Royaume-Uni la
quantité de combustible nécessaire pendant 8 ans.
Une fois qu’un gisement est identifié et ses potentialités évaluées, notamment d’un point de
vue économique on procède à l’extraction de l’uranium selon plusieurs techniques qui
dépendent du contexte géologique et de la nature même des minerais:
Mise en œuvre d’une nouvelle technique de lixiviation in situ (LIS) (baptisé In Situ Leaching ou
In Situ Recovery) qui a pris une part grandissante dans les techniques d’extraction puisqu’en
2013, elle est mise en œuvre pour extraire près de la moitié de l’uranium dans le Monde.
Méthode par lixivation : Lorsque la géologie s’y prête, on peut en effet se passer
d’excavation : on récupère l’uranium en injectant directement une solution acide oxydante
dans le gisement, puis en pompant la solution chargée en uranium. L’extraction se fait par
passage de la solution sortant du puits sur une résine échangeuse d’ions ou par échange
liquide/liquide.
L’uranium est ensuite désextrait, précipité et séché pour produire le « yellow cake ».
La lixiviation in situ consiste à faire circuler dans les gisements souterrains d’uranium de
l’eau à laquelle ont été ajoutés des éléments, tels que des agents complexants ou oxydants,
ou des acides. Cette méthode permet de dissoudre l’uranium directement à partir du
gisement. La solution obtenue est ensuite extraite du sous-sol et raffinée pour produire de
l’oxyde d’uranium — du concentré d’uranium ou « yellowcake » —, qui est utilisé pour
enrichir l’uranium.
Le minerai est ensuite concassé, broyé puis imprégné d’une solution acide oxydante pour
dissoudre l’uranium à hauteur de quelques grammes par litre. Puis l’uranium est
sélectivement extrait de la solution. Viennent ensuite plusieurs étapes de purification avant
d’obtenir un concentré minier d’uranium appelé yellow cake une pâte jaune (contenant 70 %
d’uranium sous la forme d’ U3O8 ).
3. Dénitration chimique permettant d’obtenir de l’UO3 qui est alors réduit en UO2 par de
l’ammoniac et de l’hydrogène
4. Fluoration de l’uranium à partir de cet UO2 s’effectue en deux étapes : hydrofluoration par
de l’acide fluorhydrique permettant d’obtenir de l’UF4 puis fluoration de cet UF4 par du
fluorure pour obtenir de l’UF6 ;
COMURHEX
MALVESI
(Narbonne)
COMURHEX
TRICASTIN
(Pierrelatte)
• Diffusion gazeuse : plus utilisé en France (Usine Georges BESSE – EURODIF site du
Tricastin de 1979 à 2012)
Dans tous les cas, les capacités d’enrichissement des installations s’expriment dans une unité
spécifique désignée sous le sigle « UTS » pour Unités de Travail de Séparation.
Les deux procédés (diffusion gazeuse et ultracentrifugation) opèrent sur de l’uranium sous
forme gazeuse et que le seul gaz d’uranium manipulable à des températures raisonnables est
l’hexafluorure d’uranium, UF6 , dont le point triple se situe à 65 °C.
Tel est le principe de base de l’enrichissement de l’uranium par le procédé de diffusion gazeuse.
En pratique, l’opération est réalisée dans des appareils appelés « diffuseurs » qui renferment
deux compartiments séparés par une paroi poreuse appelée « barrière de diffusion ». Le
diamètre des trous de ces barrières est de l’ordre de quelques nanomètres.
On exerce une différence de pression entre les deux compartiments pour forcer le passage du
gaz UF6 à travers la barrière (d’où la nécessité de puissants compresseurs qui vont consommer
beaucoup d’énergie).
Avec ce type de procédé, le gain en enrichissement dans chaque diffuseur est très faible et il
faut donc répéter l’opération dans un grand nombre diffuseurs, que l’on appelle « étage » de Cycle du combustible– 2023
diffusion (typiquement 1 400 étages pour une usine de grande capacité comme GB I).
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement
Le concentré d’uranium est converti en gaz, l’hexafluorure d’uranium. Ce gaz est ensuite
pompé dans des cylindres en rotation rapide — les centrifugeuses — où les isotopes les
plus lourds, tels que l’238U, sont poussés vers les parois, tandis que l’235U, plus léger,
reste au centre. Cela permet de « filtrer » et de recueillir le gaz contenant des Film Enrichissement
concentrations en 235U plus élevées. Ce processus peut être répété jusqu’à l’obtention
d’une concentration isotopique suffisante en235U.
Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement
Mais, comme l’UF6 peut réagir en atmosphère humide pour former des
composés chimiques extrêmement toxiques (notamment de l’acide
fluorhydrique), cette forme d’entreposage a été considérée comme non
durable et il a donc été décidé d’entreposer l’uranium appauvri sous une
forme solide plus stable, l’U3O8 (incombustible, insoluble dans l’eau, non
corrosif = meilleures conditions de sûreté en attendant sa valorisation
ultérieure).
Cette opération de transformation est réalisée dans des installations
spécifiques de défluoration sur le site de Pierrelatte où sont implantées les
Cycle du combustible– 2023
usines d’enrichissement (« usine W »).
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Enrichissement
UF4 /
UF6
U3O8
• Pastillage (métallurgie des poudres) : La poudre issue de l’atelier conversion est compactée
sous forme de pastilles d’un diamètre de 8 millimètres et d’un poids de 7 grammes. Les
pastilles sont ensuite frittées dans un four à 1 700°C et acquièrent alors leur solidité et leur
densité définitives. Rectification des pastilles ainsi frittées qui ont perdu leur forme
cylindrique parfaite. Il faut en effet obtenir un cylindre très régulier et au diamètre très précis
afin de garantir un jeu très strict entre les pastilles et la gaine + contrôle visuel et
dimensionnel des pastilles
• Assemblage : Les crayons sont réunis dans une structure métallique appelée squelette
pour devenir un assemblage combustible. L’ensemble est alors constitué, selon le
design, de 264 crayons. Chaque étape de la fabrication est soumise à des contrôles
très stricts, avec des vérifications dimensionnelles et visuelles.
Un ressort placé en tête assure le maintien de la colonne de pastilles pendant les opérations de
fabrication et de contrôle, et les transferts en position horizontale.
Avant scellement, le crayon est pressurisé à l’hélium (généralement entre 20 et 30 bar à tempéra
ture ambiante selon les conceptions, soit environ 50 à 60 bar en fonctionnement) afin
d’améliorer l’échange thermique (l’hélium est un gaz ayant une bonne conductivité thermique)
et pour équilibrer en partie la pression externe (afin de limiter l’effort appliqué aux gaines, en
particulier en début d’irradiation, avant que les gaz de fission ne créent eux-mêmes une contre-
pression).
Le volume libre interne au crayon, ou espace laissé libre pour les gaz de fission, est
essentiellement constitué du plenum (la partie supérieure du crayon dans lequel se trouve le
ressort) car le jeu radial combustible-gaine se referme pendant la première partie de l’irradiation.
Dans certains cas, un espace libre est également ménagé en bas de crayon ; la colonne fissile doit
alors reposer sur une entretoise. Ce volume libre correspond à environ 1 % du volume du
combustible.
Cycle du combustible– 2023
Partie 1 : Amont du cycle du combustible - Fabrication du
combustible
• Où trouve t on le minerai ?
Le combustible est alors envoyé vers les centrales nucléaires (CNPE – Centre Nucléaire
de Production d’Electricité).
Lors de chaque opération de rechargement du combustible, des équipes spécialisées du site se relayent dans le
bâtiment réacteur en 3X8 heures durant environ 48 heures.
Les opérations sont réalisées sous eau à l’aide d’une machine automatisée de chargement avec aux commandes,
un pilote.
Un à un, chacun des 157 assemblages combustible (pour un réacteur de 900 MWe) qui constitue le cœur du
réacteur est extrait de son alvéole puis introduit dans la cuve du réacteur selon un ordre de placement bien précis.
Une fois rechargé, le couvercle de la cuve est remise en place.
Des essais à différents paliers de puissance seront ensuite réalisés pour valider le bon comportement de ce
nouveau cœur. Le réacteur pourra alors repartir pour un cycle de production allant d’une année à 18 mois.
On dit alors que le combustible est « épuisé » ou encore « usé ». Il faut donc le décharger du réacteur
pour le remplacer par un combustible neuf.
96% de matière
valorisables
Refroidissement sous eau dans une piscine d’entreposage implantée à proximité immédiate du cœur
du réacteur nucléaire (appelée aussi piscine de « désactivation ») pendant 1 à 2 ans pour les combustibles
UO2 et au minimum 3 à 4 ans pour les combustibles Mox.
• Entreposage
• Stockage
• Recyclage
1/3 du combustible usé accumulé dans le monde est retraité mais la plus
grande partie est entreposée jusqu’à ce qu’une décision soit prise concernant
la stratégie finale (traitement ou stockage définitif).
2. Cisaillage des combustibles usés : chaque assemblage à traiter est extrait de la piscine
d’entreposage et dirigé vers un appareil appelé « Cisaille » pour une découpe mécanique par tronçons à
l’aide d’une lame. On obtient ainsi de petits morceaux de crayons de combustibles ouverts, appelés parfois
« berlingots », de 3 à 4 cm de long, qui tombent directement dans le bain de dissolution via une goulotte
reliant la cisaille au dissolveur.
Les pièces d’extrémités des assemblages sont dirigées vers une ligne spéciale de traitement pour lavage à
l’acide et rinçage avant d’être envoyées vers un atelier de compactage.
3. Dissolution du combustible : cette opération est réalisée dans un appareil appelé « dissolveur rotatif ».
C’est une roue d’environ 2 m de diamètre munie de 12 godets recevant les morceaux de combustible issus de la
cisaille. Cette roue plonge en partie dans le bain de dissolution (acide nitrique bouillant) elle tourne (sur des galets) par
douzième de tour avec un arrêt de 20 à 25 min entre chaque rotation, de façon à ce que les godets contenant les
morceaux de combustible à dissoudre séjournent approximativement deux heures dans le bain d’acide.
• Uranium -> Nitrate d’uranyle (expédié en LR65 vers le site ORANO de Pierrelatte (usine TU5 sous forme
de nitrate d’uranyle liquide, pour y être converti et entreposé avant recyclage dans la fabrication de
nouveaux combustibles.
ORANO La HAGUE
Cycle du combustible– 2023
Partie 3 : Aval du cycle du combustible
RECYCLAGE DES MATIERES VALORISABLES
Uranium
L’uranium issu du traitement des combustibles usés, en abrégé URT, peut être ré-enrichi puisqu’il contient entre 0,8
et 0,9 % d’235U (combustibles des réacteurs à eau), donc une proportion un peu plus élevée que l’uranium naturel lui-
même (0,71 %).
Mais…
isotope radioactif de
période égale à 72 ans
dont certains descendants
sont des émetteurs de
rayonnements gamma
Uranium
Recyclage en réacteur REP après réenrichissement.
L’uranium enrichi obtenu est appelé en abrégé URE.
Le niveau d’enrichissement nécessaire avec l’URT est un peu plus élevé que celui qui est nécessaire en partant de
l’uranium naturel, afin de compenser la pénalité neutronique apportée par l’236U.
À titre d’exemple, pour un enrichissement de 3,7 % dans un cycle de REP-900 MWe avec rechargement par quart de
coeur, il faut un enrichissement de 4,1 % de l’URE pour un cycle équivalent.
Nota : Mis en œuvre sur CNPE de CRUAS en 1994 jusqu’en 2012
La partie de l’URT non recyclée est pour l’instant entreposée sous forme d’U3O8 sur le site du Tricastin après passage
dans usine TU5 (Site de Pierrelatte).
Plutonium
• Plutonium -> Oxyde de plutonium PuO2 expédié à l’usine Melox de Marcoule,
en vue de son recyclage sous forme de combustible MOX (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium).
Les principales étapes du procédé sont analogues à celles de la fabrication de combustible UO2 :
• pastillage et pressage des poudres,
• frittage des pastilles dans un four,
• rectification des pastilles frittées,
• « crayonnage »
• fabrication des assemblages.
Soulignons ici que la grande différence avec la fabrication de combustible UO2 est qu’à toutes les étapes, il faut opérer
dans un confinement absolu compte tenu de la très forte toxicité du plutonium sous forme pulvérisée.
L’ensemble des opérations se réalise donc dans des boîtes à gants parfois blindées dont il faut assurer et maintenir une
étanchéité parfaite.
Par ailleurs, le plutonium contient toujours une proportion d’241Am (descendant du 241Pu de 14 ans de période
radioactive), qui émet des rayonnements nocifs, dont il faut se protéger.
Cela complique singulièrement la fabrication des combustibles Mox qui coûtent ainsi beaucoup plus cher que des
combustibles UO2. Cycle du combustible– 2023
Partie 3 : Aval du cycle du combustible
MELOX
• Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) : il s'agit essentiellement des déchets liés à la
maintenance des installations nucléaires. Une partie provient aussi des hôpitaux ou des laboratoires de recherche. Ce
sont des objets contaminés comme des gants, des filtres, des résines… Leur radioactivité décroît de manière
significative en 300 ans environ. Les déchets FMA-VC constituent 63% du volume des déchets radioactifs, pour 0,02%
de leur radioactivité.
• Les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) : cette catégorie couvre les déchets radifères (contenant du radium)
provenant de minéraux utilisés dans certaines industries et les déchets de graphite issus du démantèlement
des réacteurs nucléaires de 1ère génération. Les déchets FA-VL constituent 7% du volume des déchets radioactifs, pour
0,01% de leur radioactivité.
• Les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL), issus du traitement des combustibles usés
des centrales nucléaires : structures qui entourent les combustibles usés (coques et embouts) et
effluents liquides issus du procédé de retraitement. Les déchets MA-VL constituent 3% du volume
des déchets radioactifs, pour 4% de leur radioactivité.
• Les déchets de haute activité à vie longue (HA-VL) correspondent aux déchets issus du traitement
des combustibles nucléaires usés : ils contiennent les « produits de fission » et les « actinides
mineurs » formés par les réactions nucléaires dans le combustible lors de son séjour en réacteur.
Leur durée de vie peut s'étendre sur plusieurs milliers, voire plusieurs millions d'années. Ils ne
représentent que 0,2% du volume des déchets radioactifs mais 96% de la radioactivité totale des
déchets radioactifs en France.
En France, les déchets radioactifs sont gérés par l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion
des Déchets RAdioactifs) : un établissement public chargée de la gestion à long terme des
déchets radioactifs produits en France.
EXPLOITATION
RETRAITEMENT
Déchets MA et
HA
Cycle du combustible– 2023
Partie 4 : Les déchets nucléaires
Usine CENTRACO
CENTRACO
CSA
CSM CIRES
CIGEO
la sûreté et la fiabilité
la durabilité
la compétitivité économique
Aujourd’hui, seuls les réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, RNR-Na, ont
vu leur faisabilité démontrée, via l’exploitation de prototypes dans différents pays.
• Cycle du combustible nucléaire : généralités et amont du cycle » - Technique de l’ingénieur - par Dominique GRENECHE
• « Cycle du combustible nucléaire : aval du cycle et questions génériques» - Technique de l’ingénieur - par Dominique GRENECHE
• « Conception et fabrication de combustibles à base d’uranium » - Technique de l’ingénieur - par Yannick GUÉRIN et Jean HENCKES
• Transport des matières radioactives du cycle du combustible - Technique de l’ingénieur - par Michel HARTENSTEIN
• Dossier sur le cycle du combustible nucléaire – Site du CEA – par Bernard BOULLIS
• Entreposage du combustible nucléaire usé : concepts et enjeux de sûreté - Rapport IRSN n°2018-00003 – Juin 2018
L'uranium est extrait de la terre et broyé, puis le minerai subit une imprégnation avec une solution acide oxydante pour dissoudre l'uranium. Il subit ensuite plusieurs étapes de purification pour devenir le 'yellow cake' (U3O8). Ce U3O8 est converti en UF6 via un procédé humide impliquant acide nitrique et fluoration. L'uranium est alors enrichi pour augmenter la part de 235U de 0,72 % jusqu'à 3-5 %, principalement par diffusion gazeuse ou ultracentrifugation, en préparation pour son usage dans les réacteurs .
La préparation des assemblages de combustible consiste à empiler de petits cylindres d'oxyde d'uranium UO2 dans des tubes en alliage de zirconium, formant des crayons combustibles. Ces crayons sont regroupés en assemblages grâce à une structure de squelette pour faciliter la manipulation, le stockage et le positionnement dans le réacteur .
Le procédé d'ultracentrifugation consomme beaucoup moins d'énergie qu'une usine utilisant la diffusion gazeuse, avec une consommation réduite par un facteur de 50. En termes de rejets environnementaux, une usine d'enrichissement par centrifugation génère beaucoup moins de rejets que celle par diffusion gazeuse, bien que dans les deux cas, les rejets restent extrêmement faibles .
Pour maintenir une réaction en chaîne dans un réacteur à eau pressurisée, il est nécessaire d'avoir une masse critique d'uranium 235 entre 3 % et 5 %, une faible quantité de matériaux absorbant les neutrons, une géométrie favorable pour limiter les fuites de neutrons, et un modérateur (comme l'eau) pour réduire l'énergie des neutrons issus des fissions, augmentant ainsi les chances de provoquer d'autres fissions .
Le retraitement du combustible usé est crucial pour extraire et gérer séparément les différents éléments présents dans le combustible irradié. En France, ce retraitement se fait principalement à l'usine de La Hague, en utilisant le procédé PUREX. Le combustible est d'abord entreposé dans des piscines, puis cisaillé en petits morceaux qui sont dissous pour extraire l'uranium et le plutonium pour leur potentiel de recyclage ou de stockage .
Lors de la conversion de l'U3O8 en UF6, un risque chimique survient principalement lors de l'utilisation d'acide fluorhydrique, qui est largement plus dangereux que le risque radiologique à cette étape. Ce risque est géré par réaliser la fluoration en deux étapes avec précaution, d'abord par de l'acide fluorhydrique pour obtenir l'UF4, puis en ajoutant du fluor pour produire l'UF6 .
Après extraction du réacteur, le combustible usé est soumis à un refroidissement sous eau dans des piscines implantées près du cœur du réacteur pendant 1 à 4 ans, selon le type de combustible. Ces piscines, d'une profondeur de 12 à 13 m, assurent une protection biologique et permettent la dissipation de la chaleur résiduelle élevée, minimisant ainsi les risques avant le transport pour retraitement .
Le procédé PUREX utilisé à l'usine de La Hague commence par l'entreposage des combustibles usés dans des piscines. Ensuite, les assemblages sont cisaillés en morceaux et dissous pour séparer des fragments appelés 'berlingots'. Les uranium et plutonium sont extraits grâce à des réactions chimiques, permettant ainsi la gestion séparée ou le recyclage des différents éléments récupérés .
L'uranium appauvri est entreposé sous forme d'UF6 dans des conteneurs spécifiques (48Y) sur le site des installations d'enrichissement. Cependant, UF6 peut réagir avec l'humidité pour former des composés toxiques. Pour atténuer ce risque, l'uranium appauvri est converti en U3O8, un solide plus stable et inerte, garantissant de meilleures conditions de sûreté pendant l'attente de sa valorisation .
Dans les réacteurs nucléaires à eau pressurisée, l'eau joue un double rôle en tant que caloporteur et modérateur. Elle absorbe la chaleur générée par les fissions nucléaires et modère les neutrons en abaissant leur énergie, augmentant ainsi la probabilité de collision avec les noyaux d'uranium 235, ce qui est crucial pour le maintien de la réaction en chaîne .