TDL5BH05
TDL5BH05
β-Galactosidase Perméase
Génotype Sans lactose Avec lactose Sans lactose Avec lactose
1 I P O Z+ Y+ / I+ P+ O+ Z+ Y+
+ + +
2 I- P+ Oc Z+ Y- / I+ P+ O+ Z- Y+
3 I+ P- Oc Z- Y+ / I- P+ Oc Z+ Y-
4 Is P+ O+ Z+ Y- / I+ P+ O+ Z- Y+
5 Is P+ O+ Z+ Y+ / I- P+ O+ Z+ Y+
6 I+ P+ Oc Z+ Y- / I- P+ O+ Z- Y+
7 I- P- O+ Z+ Y+ / I- P+ Oc Z+ Y-
8 I+ P+ O+ Z- Y+ / I- P+ O+ Z+ Y-
2/ Sous chaque génotype, schématiser chacune des situations proposées. Compléter par « + » quand
l’enzyme est produite et « - » quand elle ne l’est pas.
Exercice n°2 : Opéron Lactose, d’après Monod et al. (1947, The phenomenon of enzymatic adaptation, Growth
symposium XI : 223-289)
E. coli pousse plus vite sur du glucose (monosaccharide) que sur du lactose (disaccharide), pour 2 raisons :
- le lactose est prélevé plus lentement que le glucose, et
- le lactose doit d'abord être hydrolysé, par la β-galactosidase, en glucose et galactose avant d'être métabolisé plus avant.
Quand on fait pousser E. coli sur un milieu contenant un mélange de glucose et de lactose, elle présente une cinétique de
croissance complexe (symbole de figure : carrés blancs). Les bactéries croissent plus vite au début qu'à la fin, et il existe une
1
latence entre les 2 phases de croissance, pendant laquelle elles cessent quasiment de pousser. Des mesures expérimentales des
concentrations des 2 sucres dans le milieu montrent que le glucose chute à des niveaux très faibles après quelques cycles
cellulaires (cercles noirs), mais le lactose reste élevé quasiment jusqu'à la fin de l'expérience. Bien que la concentration en
lactose soit élevée tout au long de l'expérience, la β-galactosidase, régulée avec l'opéron lac auquel elle appartient, n'est induite
qu'après plus de 100 minutes (triangles gris).
1/ Expliquer la cinétique de croissance bactérienne au cours de l'expérience. Justifier la vitesse rapide
de la croissance initiale, la vitesse plus lente de la croissance finale, et l'arrêt de croissance au milieu de
l'expérience.
2/ Expliquer pourquoi l'opéron lac n'est pas induit par le lactose au cours de la phase rapide de
croissance bactérienne.
Deux groupes de gènes codent des protéines impliquées dans le transport de l’arabinose. Dans le dernier groupe, les gènes
araA, araB et araD codent des enzymes métabolisant l’arabinose, tandis que le gène araC code une protéine régulatrice qui se
lie à côté des promoteurs arabinose et coordonne l’expression des gènes de cet opéron.
Afin de comprendre les propriétés régulatrices de la protéine araC, vous isolez une bactérie mutante possédant une délétion du
gène araC. Comme le montre le tableau suivant, la souche mutante n’exprime pas le produit du gène araA quand de l’arabinose
est ajouté au milieu.
Produit du gène araA
Sans arabinose Avec arabinose
araC+ 1 1000
araC- 1 1
Réponse de bactéries normales et mutantes à la présence ou à l’absence d’arabinose
1/ Les résultats de ce tableau suggèrent-ils que la protéine araC est un régulateur positif ou négatif de
l’opéron arabinose ?
2/ A quoi ressembleraient les données de ce tableau si la protéine araC avait un effet opposé sur la
régulation des gènes ?
Exercice n°4 : Opéron arabinose, d’après Dunn, TM et coll., PNAS, vol.81, p5017-5020 (1984).
La régulation de l’opéron arabinose chez E. coli n’est pas aussi simple que le laisse sous-entendre l’exercice n°3. Il a ensuite été
montré que la protéine araC, régulant l’opéron, joue à la fois un rôle de régulateur positif et de régulateur négatif. Ainsi, dans la
régulation du groupe de gènes araBAD, la liaison d’araC au site 1 en présence d’arabinose (et en absence de glucose) augmente
la transcription de l’opéron d’un facteur 100 environ par rapport au taux de base mesuré en absence de protéine araC. La liaison
d’araC au site 2, en absence d’arabinose, réprime la transcription des gènes araBAD 10 fois environ en dessous du taux de
base, mesuré en l’absence de protéine araC. L’association des effets de régulation négative au site 2 (sans arabinose) et positive
au site 1 (sans arabinose) signifie que l’addition d’arabinose provoque une multiplication par 1 000 de la transcription des gènes
araBAD.
La régulation positive par liaison au site 1 semble directe, étant donné que ce site est adjacent au promoteur et facilite
probablement la liaison de l’ARN polymérase ou active la formation d’un complexe ouvert. Le fait que le site 2 est à 270
2
nucléotides en amont du site de transcription a laissé les auteurs de cette publication perplexes. Trois mécanismes potentiels de
répression à distance peuvent être imaginés.
1/ Lesquels ?
Afin d’étudier le mécanisme de la répression au site 2, ils ont déplacé la région régulatrice dans son entier devant le gène galK
dont le produit, la galactokinase, est plus simple à tester que les enzymes codés par les gènes araBAD.
2/ Comment, dans cette construction, est appelé (ou encore qualifié) le gène galK ?
Afin de déterminer l’importance de la distance entre les sites de liaison d’araC, ils ont inséré ou délété des nucléotides au point
d’insertion indiqué Figure A. L’activité du promoteur en absence d’arabinose est alors testée, en faisant pousser les bactéries
sur des boîtes indicatrices particulières, dans lesquelles les colonies bactériennes sont blanches si le promoteur est
complètement réprimé et rouges si la galactokinase est produite. L’analyse des résultats obtenus est présentée Figure B : les
couleurs des bandes correspondant aux bactéries contenant les espacements modifiés sont face à une échelle montrant le
nombre de nucléotides insérés ou délétés.
3/ De ces 3 mécanismes, lequel est appuyé par les données expérimentales obtenues, et rend compte de
l’organisation observée des bandes blanches et rouges ?
Exercice n°5 : Gène de la Glutamine Synthase (GLN Synthase), d’après Ninfa et al. (1987, Cell 50, 1039-
1046)
La transcription du gène bactérien codant la glutamine synthase est régulée par la disponibilité de l'azote dans la cellule. Le
régulateur-clé de cette transcription est la protéine NtrC, qui n'active la transcription que quand elle est phosphorylée. La
phosphorylation de la protéine NtrC est contrôlée par la protéine NtrB, à la fois protéine kinase et phosphatase. L'équilibre entre
ses activités kinasique et phosphatasique, et de là le degré de phosphorylation de NtrC et la transcription de la glutamine
synthase, est déterminé par d'autres protéines répondant au rapport α-cétoglutarate / glutamine. Ce rapport est un indicateur
sensible de la disponibilité en azote, car 2 azotes, sous forme d'ammonium, doivent être ajoutés à l' α-cétoglutarate pour donner
de la glutamine.
La transcription du gène de la glutamine synthase peut être réalisée in vitro en ajoutant à une matrice d'ADN linéaire contenant
le gène et sa région régulatrice en amont du site de liaison de l'ARN polymérase, un facteur sigma particulier, et la protéine
NtrC phosphorylée. Les tests de "footprinting" (empreintes sur gel) de l'ADN montrent que la protéine NtrC peut se lier à 5
sites en amont du promoteur. Bien que la liaison de la protéine NtrC ne soit que légèrement augmentée par la phosphorylation,
la transcription dépend absolument de la phosphorylation. Néanmoins, l'ARN polymérase se lie facilement au promoteur, même
en absence de protéine NtrC.
1/ Si l'ARN polymérase peut se lier au promoteur du gène de la glutamine synthase en absence de
protéine NtrC, pourquoi cette protéine NtrC est-elle nécessaire pour activer la trancription?
L'activation de la transcription par NtrC a ensuite été étudiée en utilisant 3 matrices différentes :
A- le gène normal et ses séquences de régulations intactes
B- le gène après délétion des sites de liaison de NtrC,
C- le gène après déplacement, à son extémité 3', de 3 sites de liaisons de NtrC.
En absence de protéine NtrC phosphorylée, aucune transcription ne se produit quelle que soit la matrice. En présence de NtrC
phosphorylée à 100 nM, les 3 matrices subissent une transcription maximale. Cependant, les 3 matrices diffèrent
significativement quant à la concentration en protéine NtrC phosphorylée nécessaire pour atteindre la moitié du taux maximum
de transcription.
A- le gène normal requiert de la protéine NtrC phosphorylée à 5 nM,
B- le gène sans site de liaison, 50 nM,
C- le gène avec les sites en 3', 10 nM.
2/ Si la protéine NtrC peut se lier à ses sites de liaison quel que soit son état de phosphorylation,
pourquoi (comment est-il pos sible) la phosphorylation est-elle nécessaire à la transcription?
3/ Si la protéine NtrC phosphorylée peut activer la transcription même quand ses sites de liaison sont
absents, quel rôle jouent ces sites de liaison?
3
Trois matrices pour l'étude du rôle des
sites de liaison de ntrC dans la
transcription du gène de la glutamine
synthase.
Exercice n°6 : Opéron Histidine, d’après Delorme et al. (1999, J. Bact. 181, 2026-2037) et partie du sujet
d’examen 2ème session 2000-2001 de Mr. Kahlem : Régulation par atténuation (cf Opéron TRP)
L'opéron histidine de Lactococcus lactis contient tous les gènes nécessaires à la biosynthèse de l'histidine.
Le premier cistron, hisC, est situé à environ 300 pb de l'origine de transcription. Cette séquence, appelée région L (leader),
comprend :
1) 6 séquences répétées inversées (nommées de A à F) qui permettent la formation de différentes structures en tige-boucle
de l'ARN,
2) un terminateur transcriptionnel potentiel rho-dépendant,
3) une « boîte T », entre D et E, connue pour son affinité pour les ARNt non chargés ainsi qu'une séquence CAC, entre B
et C, importante pour la régulation.
Aucun cadre de lecture ouvert n'est identifié dans cette région.
Afin d'étudier le mécanisme moléculaire de cette régulation, C. Delorme et coll. ont analysé les transcrits produits par les
bactéries placées en présence ou non d'histidine.
Après extraction et électrophorèse puis transfert sur membrane, les ARN sont hybridés avec une sonde radioactive
correspondant à la région L. L'autoradiographie obtenue est présentée sur la figure 1.
D’autres études ont montré que les deux transcrits possèdent la même origine et que leur proportion varie en fonction de la
quantité d'histidine disponible.
1) Représentez schématiquement l'opéron his et les transcrits obtenus dans les différentes conditions de
culture. Indiquez sur votre schéma les régions essentielles pour la transcription et la traduction et
précisez leur fonction respective.
2) Proposez une méthode permettant d'analyser l'origine des deux transcrits.
3) Proposez, sous forme de 2 schémas, un modèle moléculaire de la régulation quantitative de cet opéron
sachant que l'anticodon de l'ARNt-His est GUG.
Exercice n°7 : Réponse SOS, d’après Little et al. (1979, PNAS, 76, 6147-6151)
Le régulon SOS est réprimé par le produit du gène lexA, un répresseur protéique. A la différence du répresseur lac, les
propriétés de liaison de la protéine LexA à l’ADN ne sont pas régulées par une petite molécule effectrice. Une autre différence
importante par rapport à l’opéron lactose est à noter : la répression de l’opéron SOS ne peut être ré-établie que dans des
bactéries en phase active de synthèse protéique. L’inactivation de la protéine LexA se fait grâce au produit du gène recA
(RecA). Le gène recA peut être réprimé par LexA.
Little et collaborateurs ont voulu préciser le mécanisme par lequel le produit du gène recA inactive LexA en incubant in vitro
LexA ou LexA3 (un mutant protéique de LexA) avec RecA, et ont ensuite analysé ces mélanges par électrophorèse sur gel. Les
résultats sont présentés figure suivante.
4
Résultats du Western-blot Lex.
1- Quel est probablement le mécanisme par lequel RecA inactive LexA ? Comment ce mécanisme peut
expliquer que le chloramphénicol, un inhibiteur de synthèse des protéines bactériennes, bloque la re-
répression des gènes SOS ?
2- La mutation lexA3 vous paraît-elle récessive ou dominante ? Pourquoi ?
3- Proposez un mécanisme par lequel la répression SOS peut être rétablie dans les bactéries en phase
active de synthèse de RecA.
Exercice n°8 : ermC, d’après Bechhofer et al. (1987, PNAS 84, 498-502)
Le gène ermC code pour une méthyl-transférase, enzyme qui réalise la modification d’un ARN ribosomal. Cette réaction rend
les ribosomes insensibles à certains antibiotiques de la famille MLS (macrolides, lincosamide, streptogramine B).
La régulation de l’expression du gène ermC a fait l’objet de nombreuses études : la traduction de l’ARNm d’ermC est
dépendante de la présence d’une faible quantité d’érythromycine (antibiotique appartenant à la famille MLS). La figure n°1
présente le début de la séquence transcrite du gène ermC.
Afin de préciser le mécanisme de la régulation de la synthèse de la protéine ErmC, D.H. Bechhofer et D. Dubnau ont réalisé les
expériences qui seront analysées dans cet exercice.
Les bactéries Bacillus subtilis, contenant le plasmide pE194 renfermant le gène ermC, sont mises en présence d’érythromycine
pendant 15 min. Un traitement à la rifampicine est alors réalisé, ce qui permet d’inhiber la transcription. A des temps variables
(de 0 à 120 min) après l’addition de rifampicine, les ARN des bactéries sont extraits puis soumis à électrophorèse. Les ARNm
ermC sont révélés à l’aide d’une sonde correspondant à un fragment du gène ermC. Une analyse équivalente est réalisée en
parallèle à partir de bactéries non traitées à l’érythromycine. L’autoradiogramme obtenu est présenté figure n°2.
FIG. 2 : Blot-hybridization analysis of induced
stability of ermC mRNA. Parallel cultures of a
pBD144-containing wild-type strain were grown
in minimal medium in the absence of Em to the
mid-logarithmic stage of growth. Em (0.02
µg/ml) was added to one of the cultures.
Induction was allowed to proceed for 15 min, at
which time rifampicin was added to 150 µg/ml.
One-milliliter samples were removed at various
times after addition of rifampicin and were
added to 0.4 ml of ice-cold 50 mM NaN3. Time
(in minutes) after rifampicin addition is given
above each lane.
5
1- rappelez le mécanisme de la régulation traductionnelle de la synthèse d’ermC.
2- analysez la figure n°2 ; quel phénomène peut être à l’origine de la production importante d’ermC
après traitement des bactéries à l’érythromycine ?
Afin de mieux comprendre le mécanisme du phénomène mis précédemment en évidence l’analyse de la synthèse de la protéine
ErmC est réalisée à partir de minicellules contenant le plasmide pE194 renfermant soit la forme sauvage (WT) du gène ermC
soit la forme mutée (au niveau de la séquence SD2). Les résultats sont présentés figure n°3.
Parallèlement, la région SD2 du gène ermC a été modifiée par mutagenèse dirigée : la séquence AGAGGG a été remplacée par
ACCCGG. Les ARNm ermC sont analysés dans des minicellules ; les résultats obtenus sont présentés figure n°4.
6
6- connaissant l’incidence de l’érythromycine sur la fonction des ribosomes, proposez un mécanisme de
régulation de la traduction d’ermC lorsque les bactéries sont mises en présence de l’antibiotique et
que les ribosomes ont été modifiés.
Exercice n°9 : protéine hsp, d’après Versteeg et al. (2003, J. Bact. 185, 466-474) et partie du sujet d’examen
1ère session 2002-2003 de Mr. Kahlem
Tous les organismes réagissent à une élévation anormale de température par la synthèse de protéines de choc thermique ou
HSP. Chez Escherichia coli, le gène htpG appartient au régulon HSP. Chez Bacillus subtilis, on constate que la synthèse de
HtpG est augmentée 10 fois lors d'un choc thermique mais sa fonction reste mal comprise.
S Versteeg et coll. ont analysé la régulation de ce gène. L'analyse du promoteur (figure n°l) révèle la présence des séquences
classiques en -10 et -35 reconnues par le facteur σA (équivalent du σ70 d’E. coli), et de séquences directes ou inversées : RI,
R2, R3 (tête de flèche).
FIG. 1. Localization of the regulatory
sequence involved in the heat shock regulation
of htpG. DNA sequence of the promoter
region of htpG. One direct and two inverted
repeats are indicated by arrowheads above the
DNA sequence; the stop codon of the
divergently transcribed yxcA and the putative
start codon of htpG are indicated and given in
boldface; the -35 and -10 regions of the
potential σA -dependent promoter are
indicated, given in boldface, and underlined;
the transcriptional start site is underlined; the
Shine-Dalgarno sequence of htpG is marked
by asterisks above the DNA sequence.
Afin d'analyser la possible intervention de ces séquences dans la régulation, des gènes rapporteurs ont été construits et
introduits par recombinaison, en un seul exemplaire, dans le locus amyE de B. subtilis.
Ces gènes (figure n°2) comprennent le gène lacZ de la β-galactosidase sous le contrôle du promoteur de htpG (SS01) ou de
promoteurs mutés par délétion totale ou partielle de séquences répétées ou par modifications ponctuelles d'une de ces séquences
(SS02, SV02, SV03, SV09). La séquence GAAAAGG est déplacée, à proximité immédiate de la séquence promotrice -10 dans
la construction SVI6. Cette même séquence est également introduite dans un gène rapporteur comportant le promoteur d'un
gène qui n'appartient pas aux régulons HSP : le gène lepA, (SV27 – SV13).
L'activité β-galactosidasique des extraits bactériens est analysée à partir de cultures menées à 37°C ou ayant subi un choc
thermique de 30 min à 50°C (figure n°3).
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FIG. 3. Relative β-galactosidase
activities of the transcriptional
fusions presented in Fig.2. The
enzymatic activity measured with the
unstressed strain SS01 was set as one
relative BgaB unit (equivalent to a
specific activity of 0.010 ± 0.001
U/mg of protein). The reporter
enzyme activities were measured
from cultures without temperature
shift (light gray columns) and 30 min
after a shift from 37 to 50°C (dark
gray columns).
Afin de préciser le mécanisme de la régulation, les transcrits de quelques clones ayant ou non subi un choc thermique, sont
analysés après électrophorèse, transfert et hybridation des ARN avec une sonde correspondant au gène htpG (figure n°4).
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Figure n°1 :
A- schéma de l’organisation de la région du génome d’E. coli contenant le cistron secB.
B- recherche du promoteur du gène secB : réalisation de fusions secB-lacZ ; les traits fins représentent les différentes
régions en amont du site EcoRV ; trait épais : gène lacZ sans son promoteur ; détermination de l’activité β-galactosidase
sur cellules renfermant les différents plasmides de fusion lorsque la culture est menée en présence de glycérol, ou sur du
glucose, ou encore sur du glucose avec apport d’AMPc.
L’activité mesurée (unité arbitraire) représente la moyenne de 3 mesures avec une erreur standard de +/- 10%. Le schéma
n’est pas à l’ échelle.
2- analyser la figure n°1, en déduire la (ou les) région(s) promotrice(s) du gène secB
Par la suite les auteurs ont localisé les sites d’initiation de la transcription.
Afin de préciser le rôle exact joué par le complexe CRP-AMPc dans la régulation de la transcription, des expériences
d’empreinte ont été réalisées afin de mesurer les interactions possibles entre le complexe CRP-AMPc et le promoteur.
Il apparaît que le motif reconnu par la CRP présente une séquence assez différente des sites reconnus habituellement par cette
protéine. Afin de lever toute ambiguïté, des expériences de délétions et des mutations ont été réalisées (figure n°2).
Figure n°2 :
A- Les lettres en gras indiquent les bases qui ont été remplacées.
B- Fragments d’ADN utilisés pour les expériences de fixation de la CRP
Des quantités croissantes de CRP sont mélangées avec le fragment choisi (préalablement radio-marqué) ; les complexes formés
sont analysés par électrophorèse. Les résultats obtenus avec les différents fragments utilisés sont présentés figure n°3.
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La dernière série d’expériences menées correspond à l’étude in vivo de l’effet de mutations sur le site reconnu par la CRP sur
l’expression de SecB par l’utilisation de la fusion secB-lacZ sur la souche sauvage (ZK4) et sur une souche mutante crp-
déficiente (RH77).
Les principaux résultats obtenus sont présentés figure n°4.
1 2 3
(B) Matrice 1 2 3
Taille de l’ADN 591 560 622
matrice (pb)
Taille attendue pour le 450 324 387
transcrit 1 (nt)
Taille attendue pour le 124 154 167
transcrit 2 (nt)
Figure n°1 : A- matrices utilisées pour les expériences de transcription in vitro. Le haut du schéma représente la région 5’ de
l’opéron pyr avec 3 de ses gènes ; les régions non traduites sont en trait fin ; les ORF se présentent sous la forme de rectangle ; le
bas du schéma présente les 3 segments d’ADN utilisés comme matrice ; la flèche représente le point de départ de la transcription ;
dans le cas des matrices 2 & 3 en amont de la région à analyser se trouve un promoteur.
B- Tableau récapitulatif des tailles des ADN matrices utilisés et des transcrits 1 & et 2 obtenus.
Le schéma n’est pas à l’échelle.
2- à quoi correspondent les 2 types de produits de transcription obtenus à partir de chaque matrice? (3
pts)
10
Figure n°2 : effets de la protéine PyrR et
l’UMP sur la transcription in vitro ; analyse
électrophorétique des transcrits obtenus.
(-) indique absence du composé
(+) indique présence du composé
3- quel ADN matrice a été utilisé dans l’expérience de transcription in vitro présenté figure n°2 ?
quelle est l’influence de la protéine PyrR et l’UMP sur la transcription ? (3 pts)
Cette même expérience de transcription in vitro réalisée avec les deux autres matrices a donné les mêmes résultats. Cependant
avec la matrice 3, l’effet provoqué par PyrR et l’UMP est moins net. Les auteurs émettent l’hypothèse que le transcrit le plus
court qui se forme doit présenter une structure secondaire particulièrement stable.
4- schématiser l’autoradiogramme attendu dans le cas où la matrice 3 entière (de 622 pb) est utilisée
(2 pts)
5- comment peut-on vérifier expérimentalement l’hypothèse formulée par les auteurs ? (2 pts)
6- faire un schéma récapitulatif de la régulation exercée par PyrR. (2 pts)
11
Sujet d’examen 1ère session 2006-2007 (1h)
Les gènes requis pour le développement de la bioluminescence (lux) ont été isolés de la bactérie marine
Vibrio fischeri et exprimés dans E. coli ; la séquence nucléotidique du régulon lux en entier a été
déterminée. Les gènes lux sont organisés en 2 opérons, transcrits de manière divergente à partir d’une
région régulatrice commune, séparant ces 2 opérons.
L’opéron D, de droite, comprend 6 gènes (luxICDABE) codant entre autre l’enzyme requise pour la
synthèse de l’AI (lux I), les sous unités a & b de la luciférase (luxAB). L’opéron G, à gauche, comprend un
seul gène, luxR qui code la protéine régulatrice LuxR.
Faire un schéma de l’organisation de ce régulon.
La bioluminescence chez V. fischeri est régulée par un mécanisme singulier dépendant de la densité
cellulaire, appelé auto-induction. Ce mécanisme repose sur la production d’une petite molécule appelée
auto-inducteur (AI).
Le modèle de l’induction de la bioluminescence est le suivant : à un niveau basal d’expression de l’opéron
D, il y a production à faible taux de l’AI par la protéine LuxI ; à forte densité cellulaire, l’AI s’accumule et
interagit avec la protéine LuxR pour former un complexe se fixant à l’opérateur lux et stimulant la
transcription de l’opéron R. La séquence cible du complexe est palindromique.
Certaines mutations réalisées dans la séquence palindromique entraînent un blocage de l’activation de la
transcription par le complexe LuxR-AI.
A l’aide d’un schéma, proposer un modèle pour la fixation du complexe LuxR-AI sur sa séquence
cible ; quel peut être l’effet de l’AI sur la structure de LuxR?
Des souches d’E. coli déficientes soit dans leur capacité à synthétiser l’AMPc, soit dans leur capacité à
synthétiser la protéine CAP ne sont plus capables de réguler l’opéron G.
Rappeler le principe de ce mode de régulation.
De plus, la transcription de l’opéron G est régulée négativement par la protéine LuxR selon un mécanisme
qui dépend de l’AI. Shadel G.S. & T.O. Baldwin (J. Bacteriol. 1991) ont réalisé une série d’expériences
afin de mieux comprendre ce mécanisme de régulation.
Un premier plasmide (appelé pGS1) est préparé : il comprend la région régulatrice derrière laquelle sont
placés les gènes codant la luciférase. Les cellules qui renferment un tel plasmide ne peuvent produire de
l’AI. Un second plasmide (pPD7) est préparé ; il permet de déclencher la production de la protéine LuxR
après l’addition d’IPTG.
Schématiser l’organisation du plasmide pPD7.
L’expression de la luciférase est suivie au cours du temps sur une souche renfermant les 2 plasmides pGS1
et pPD7 ; les effets de l’AI et de l’IPTG sur la transcription sont présentés figure n°1.
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Analysez la figure n°1 ; conclure
Des travaux antérieurs ont montré que la stimulation de la transcription de l’opéron D exige que la
séquence opératrice lux soit située dans la région de contrôle.
Afin de déterminer si cette même région est également requise pour obtenir l’effet activateur de LuxR sur
la transcription de l’opéron G, Shadel & Baldwin ont réalisé l’expérience suivante :
Deux nouveaux plasmides ont été construits : pDel, avec une délétion de l’opérateur lux et pT/C avec une
substitution de base dans l’opérateur , un T à la place d’un C à la position 3.
Les activités luciférase d’E. coli, exprimant LuxR, transformé par pGS5 (opérateur sauvage) ou par pDel
ou pT/C ont été évaluées en présence et en l’absence de l’auto inducteur. Les résultats obtenus sont
rassemblés dans le tableau n°1.
Chez de nombreuses bactéries, la protéine FNR est un facteur de transcription qui coordonne la régulation de nombreux gènes, en
réponse à des changements dans la disponibilité en oxygène. En l’absence d’oxygène, (conditions d’anaérobiose), la protéine FNR se
présente sous la forme de dimères ce qui permet sa fixation à l’ADN au niveau de sites spécifiques ; à l’inverse, en présence
d’oxygène (conditions d’aérobiose) la protéine se désassemble ce qui mène à la formation de monomères de FNR, réduisant en
conséquence sa fixation à l’ADN ce qui « éteint » les gènes activés normalement par cette protéine.
Partridge et al. (Microbiology (2007) 153 : 1499-1507) ont recherché de nouveaux membres du régulon FNR chez E. coli.
La protéine FNR d’E. coli reconnaît des séquences d’ADN présentant la séquence consensus suivante TTGATnnnnATCAA. La
recherche de cette séquence consensus dans le génome d’E. coli K12 a permis d’identifier au total 21 sites potentiels de ce type. Les
auteurs n’ont pas retenu ceux situés dans les régions codantes et ceux associés à des séquences de phages intégrés.
1- Pourquoi avoir exclu ces séquences ?
De ces 21 sites, les auteurs en ont retenu 5. Afin d’évaluer la contribution de ces sites FNR à la régulation de ces gènes, Partridge et
al. ont placé les régions promotrices (P) de chacun de ces gènes devant la séquence rapporteur lacZ ; les constructions réalisées sont
introduites soit dans une souche qui exprime FNR (MC1000) soit dans une souche que n’exprime pas cette même protéine
(JRG1728) (les souches étant de plus lacZ(-)) ; les cultures étant réalisées en aérobiose ou en anaérobiose. Les résultats sont présentés
tableau n°1.
2- Analyser les résultats. Pourquoi avoir pris la précaution d’utiliser des souches lacZ(-) ?
Quel(s) gène(s) est (sont) sous la dépendance de la protéine FNR ?
Tableau 1 : effets de l’oxygène et de la présence de la protéine FNR sur la régulation des gènes yecI, yfgF, yjhB, yhjA & smf.
Cultures d’E. coli, souches MC1000 ou JRG1728 transformées avec les constructions renfermant les fusions PyjhB–lacZ, PyfgF–lacZ, PyhjA–lacZ, PyecI–lacZ, &
Psmf–lacZ en conditions d’aérobiose ou d’anaérobiose à 37°C.
13 Les valeurs numériques obtenues correspondent à la moyenne de 3 mesures.
L’activité du promoteur est évaluée par la mesure de l’activité de la β-galactosidase.
Les expériences qui suivent ont été menées afin de mieux caractériser la régulation du gène yhjA.
Pour ce faire, des expériences de retard sur gel ont été réalisées ; les auteurs ont utilisé pour ces expériences une forme mutée de la
protéine FNR qui conserve une partie de son activité de fixation à l’ADN même en présence d’oxygène.
Les résultats sont présentés figure n°1 (pistes 1 et 2).
3- Interpréter la figure n°1 (pistes 1 et 2) & Expliquer (préciser à quoi correspondent les différentes espèces
moléculaires observées)
Un examen attentif de la région promotrice du gène yhjA a permis d’identifier un site potentiel de fixation de la forme oxydée du
régulateur de transcription OxyR, en amont du site FNR. La protéine OxyR est connue pour agir en tant que régulateur
transcriptionnel de gènes utiles pour contrer les effets du stress provoqué par les peroxydes.
Afin de préciser si OxyR contribue également à la régulation du gène yhjA, les auteurs ont introduit la fusion PyhjA-lacZ (P :
promoteur) dans différentes souches : une souche sauvage MC1000, une souche mutante JRG1728 qui n’exprime pas FNR et une
souche mutante JRG5393 (qui n’exprime pas OxyR) puis mesuré l’expression du gène rapporteur pour des cultures menées en
aérobiose et anaérobiose ; les résultats sont présentés tableau n°2.
La même expérience est réalisée sur une souche sauvage avec une fusion dont les sites FNR ou OxyR sont inactivés.
4- Conclure quant au rôle de la protéine OxyR.
Finalement, une autre expérience de retard sur gel est réalisée en présence à la fois de FNR et OxyR (Figure n°1, piste 6).
5- Quel est l’intérêt de cette expérience ?
6- Pourquoi avoir testé les formes inactivées des sites pour FNR et OxyR (Figure n°1, pistes 3 et 5) ?
En plus de son intervention dans le métabolisme central, la protéine FNR est impliquée dans la réponse au stress dû aux peroxydes
sous la forme d’un activateur de la cytochrome C peroxydase (CCP), le rôle premier de la CCP étant de catalyser la conversion du
H2O2 en H2O.
Les auteurs ont donc testé la sensibilité (évaluation du nombre de survivants) d’un mutant yhjA au H2O2 lors d’une croissance
anaérobie (Figure n°2).
7- Interpréter puis conclure.
Figure 1 : interaction entre FNR ou OxyR et le promoteur du gène yhjA Figure 2 : sensibilité d’une souche d’E. coli mutante yhjA
La séquence promotrice du gène yhjA radiomarquée, est mélangée avec les au stress par les peroxydes
protéines FNR ou OxyR et incubée 30min à 25°C avant séparation par Les deux souches testées sont cultivées jusqu’à une DO ~0,3
électrophorèse. puis traitées par 0,2mM de H2O2 à t=0, 20, 40 & 60min ; le
nombre de survivants des cultures ainsi traitées est évalué par
1 : PyhjA seul ; 2 : PyhjA + FNR ; 3 : PyhjA au site FNR muté ; 4 : PyhjA + OxyR ; 5 :
PyhjA au site OxyR muté ; 6 : PyhjA + FNR & OxyR.
14 dénombrement. Les données représentent la moyenne de 3
essais issus de 3 cultures indépendantes.
○ : E. coli sauvage ; ● : E. coli mutante (gène yhjA délété)