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Troubles Alimentaires

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Les carnets

du secouriste en santé mentale


-
MHFA Guidelines, 2021 © Mental Health First Aid International

Mieux comprendre
les troubles des
conduites alimentaires
Sommaire

Qu’est-ce qu’un trouble des conduites alimentaires ? /3

Comment reconnaître les signes d’alerte d’un TCA ? /4

Comment soutenir une personne qui souffre de TCA ? /7

Que faire si...? /9

Les TCA chez les enfants et les adolescents /12


Qu’est-ce qu’un trouble
des conduites alimentaires ?

On parle de trouble du comportement alimentaire (TCA) lorsque le rapport d’une personne à la


nourriture, à son poids, à l’activité physique ou à son apparence corporelle entraîne des perturbations
importantes, de la détresse psychologique et viennent impacter sa vie quotidienne et ses relations.

Plusieurs comportements sont assez caractéristiques :


• Restrictions alimentaires, jeûnes
• Exercices physiques excessifs
• Consommation de pilules amaigrissantes, de diurétiques ou de laxatifs
• Vomissements ou crises de boulimie (consommation dans un laps très court
d’une quantité importante de nourriture s’accompagnant d’une sensation de perte
de contrôle)

Les TCA n’ont pas seulement trait à la nourriture, au poids, à la maîtrise de soi ou de son apparence
physique. Ce sont des troubles graves, aux conséquences physiques sérieuses, voire mortelles. Ce sont des
pensées dysfonctionnelles et des émotions négatives (en particulier liées à l’apparence et à la confiance
en soi) qui se répercutent sur les habitudes alimentaires et sportives, voire dans l’ensemble du rapport
que la personne entretient avec son corps. N’importe qui peut être concerné par un TCA, quel que soit
son genre, son âge, sa culture ou son statut socio-économique. Le poids n’est pas non plus un critère, les
personnes concernées par un TCA peuvent être en déficit pondéral, en surpoids ou même avoir un poids
considéré comme « normal ».

Il existe principalement trois types de TCA : l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie


boulimique.
Si la personne que vous cherchez à aider présente un déficit pondéral et utilise des méthodes
extrêmes pour perdre du poids, il se pourrait qu’elle souffre d’anorexie mentale. Une personne qui
ingurgite de grandes quantités de nourriture en très peu de temps et compense ces excès avec des
méthodes extrêmes (dont les vomissements) pourrait souffrir de boulimie. Il n’y a pas de morphotype
particulier chez les personnes qui souffrent de boulimie. Une personne qui ingurgite de très grandes
quantités de nourriture en très peu de temps, avec la sensation de perdre le contrôle, mais qui n’utilise pas
de stratégies compensatoires pourrait souffrir d’hyperphagie boulimique. Ces personnes peuvent être en
surpoids ou avoir un poids considéré comme « normal ».

/3
Comment reconnaître les signes d’alerte
des TCA ?
L’apparence corporelle de la personne est rarement un bon indicateur pour identifier si une
personne souffre de TCA. Il est donc important de repérer les signes comportementaux, psychologiques,
et physiques, qui indiqueraient qu’une personne puisse souffrir de TCA.

Signes d’alerte comportementaux

• Restrictions alimentaires
ex : Jeûne, décompte des calories, exclusion de certains types d’aliments
• Signes apparents d’hyperphagie
ex : Disparition ou accumulation de nourriture
• Signes apparents de vomissements provoqués ou d’utilisation
de laxatifs
ex : Déplacements aux toilettes durant le repas ou juste après
• Activité physique excessive, obsessionnelle ou ritualisée
ex : Malgré une blessure ou de mauvaises conditions météorologiques,
exercices répétés inlassablement ou sentiment de détresse en l’absence
d’activité physique
• Modification des préférences alimentaires
ex : Refusre de manger certains aliments « gras » ou « mauvais »,
éliminer certaines catégories d’aliments tels que la viande ou les
produits laitiers, prétendre ne plus aimer certains aliments auparavant
appréciés, développer un intérêt soudain pour la « nourriture saine »,
boire au lieu de manger
• Instauration de rituels strictes dans la sélection, la préparation
et la consommation des aliments
ex : aliments coupés en très petits morceaux, ou consommation
excessivement lente
• Sauter des repas, en particulier dans les contextes sociaux ou publics
ex : prétendre avoir déjà mangé ou prétexter une allergie/intolérance
• Mensonge concernant la quantité ou le type d’aliments consommés dans la journée ou
évitement des conversations en lien avec le poids et les repas
• Comportements focalisés sur la nourriture
ex : Organiser et cuisiner des repas pour les consommer soi-même ; intérêt particulier pour les livres de
cuisine, les recettes et la nutrition
• Comportements focalisés sur l’apparence et le poids
ex : Intérêt pour les sites Internet, livres ou magazines traitant de la perte de poids, ou intérêt pour les
photos de personnes minces
• Apparition de comportements répétitifs ou obsessionnels par rapport à l’apparence ou au
poids
examen corporel, se peser ou se regarder dans le miroir excessivement
• Retrait social ou évitement d’activités auparavant appréciées
Signes d’alerte physiques

• Perte de poids ou fluctuations


• Sensibilité au froid ou frilosité constante (même lorsqu’il fait chaud).
• Perturbations ou arrêt des règles
• Gonflements au niveau des joues ou de la mâchoire, callosités sur
les articulations des doigts, dents et ongles abimées à cause des
vomissements
• Faiblesse générale, malaises ou perte de connaissance

Signes d’alerte psychologiques

• Préoccupations excessives autour de la nourriture, de l’apparence corporelle ou du poids


• Insatisfaction extrême de son corps, pouvant aller jusqu’au dégout
• Déformation de l’image corporelle
ex : e sentir/percevoir gros(se) malgré un poids dans la moyenne voire en dessous
• Sensibilité à l’égard des commentaires ou critiques concernant l’exercice physique,
l’alimentation, l’apparence corporelle ou le poids
• Anxiété accrue à l’heure des repas
• Dépression, anxiété ou irritabilité
• Faible estime de soi
ex : Opinion négative de soi, sentiment de honte, de culpabilité ou haine de soi
• Pensées rigides et dichotomiques en « noir » et « blanc »
ex : classer les aliments comme « bon » ou « mauvais »

Les premiers signes peuvent être difficiles à détecter puisque la personne peut :
• Se sentir honteuse, coupable, ou en détresse, vis-à-vis
de ses comportements alimentaires ou sportifs, et peut
par conséquent tenter de les dissimuler.
• Utiliser des subterfuges pour camoufler ces
changements
• Nier avoir un problème
• Eprouver des difficultés à demander de l’aide à sa
famille ou ses ami(e)s

/5
Quels sont les risques associés aux TCA ?

Les personnes souffrant de troubles des conduits alimentaires peuvent développer différents
problèmes de santé physique et psychologique. Si la perte de poids rapide, ou la grande maigreur sont
bien connues pour engendrer ces problèmes, ils peuvent apparaître chez tous les morphotypes. Les TCA
peuvent engendrer de graves problèmes de santé tels que :
• Dysfonctionnements cérébraux,
• Dénutrition
• Insuffisances rénales ou cardiaques

L’anorexie mentale comme la boulimie peuvent entraîner des problèmes de santé sérieux, des
pertes de connaissance, des dysfonctionnements cardiaques ou des organes, voire jusqu’à entraîner la
mort. Il est également fréquent que les TCA s’associent à un risque suicidaire plus important ou à d’autres
troubles psychiques tels que la dépression.
À noter

Nécessité d’intervenir rapidement


Les TCA sont des troubles psychiques complexes, pour lesquels un suivi
professionnel est indispensable. Plus les premiers symptômes (perturbations dans les
habitudes alimentaires et les activités physiques) sont pris en charge rapidement, plus
il sera facile de surmonter les difficultés.

A l’inverse, plus le délai de prise en charge est long, plus le risque de


répercussions physique, psychique et dans la vie est important. Par conséquent, plus
les soins sont apportés précocement, plus le rétablissement sera facile.

/6
Comment soutenir une personne
qui souffre de TCA ?

Faire le premier pas

Le premier objectif est de soutenir la personne afin qu’elle se sente suffisamment en sécurité pour
chercher de l’aide, et trouver une personne de confiance avec qui parler librement (tel qu’un membre de la
famille, un(e) ami(e), un(e) enseignant(e) ou un(e) collègue).
Avant d’engager cette conversation, essayer de vous renseigner sur les TCA et de recueillir des
informations fiables (livres, brochures ou sites internet (tels que ceux des associations de soutien aux
patients et aux familles).

Comment lui en parler ?

Avant de faire le premier pas, réfléchissez aux conditions qui pourrait faciliter la discussion : un
endroit privé, calme et confortable, de préférence sans nourriture ni alcool, et à un moment où vous êtes
tous(tes) les deux disponibles (calmes, en forme, disposé(e)s).
Il est préférable d’avoir cette conversation seul(e) avec la personne, ou en très petit comité : sinon cela
pourrait être déconcertant et la personne pourrait se sentir accablée.
Assurez-vous également d’avoir suffisamment de temps à consacrer à la personne, pour qu’elle puisse
réussir à se livrer sur ses ressentis. Rassurez-la sur le fait qu’elle peut se confier en toute honnêteté et
confidentialité.

Aussi, même avec une approche très diplomate et réfléchie, il est possible que la personne ne
souhaite pas en parler ou réagisse négativement.
À noter

Obtenir l’aide d’un professionnel


Les TCA peuvent engendrer des perturbations à long terme, une aide professionnelle
est donc indispensable.

Des traitements efficaces existent et différents types de professionnels peuvent aider.


Vous devriez proposer à la personne de solliciter l’aide de professionnels, notamment
un professionnel spécialisé dans le traitement des TCA. Certains médecins généralistes
ne reconnaissent pas toujours ces troubles, car ils ne sont pas spécifiquement formés
pour pouvoir les identifier et les traiter correctement. Il est possible que votre proche
ne réussisse pas à trouver un professionnel seul(e), et pourrait avoir besoin de votre
soutien pour l’aider dans cette démarche. Gardez en tête que les symptômes des TCA
peuvent perturber les capacités de raisonnement, d’organisation et diminuer la lucidité.

/7
Qu’est-ce que je peux dire ?

La manière d’évoquer le problème dépend beaucoup de l’âge et de l’intensité des difficultés


éprouvées par la personne que vous voulez aider. Dans un premier temps, il est préférable d’adopter une
attitude empathique et de ne pas chercher à changer la situation ou la perception qu’elle en a. Il faut
éviter les remarques négatives faisant preuve de respect et bienveillance. Ne blâmer pas la personne, ne
cherchez pas à déterminer l’origine de ses difficultés : aidez-là plutôt à exprimer ce qu’elle ressent. Il est
très important d’essayer de rester calme, surtout si vous désapprouvez les habitudes alimentaires ou
sportives de votre proche.

Vous pouvez lui faire part de vos préoccupations de manière ouverte et honnête. Il est préférable
de ne pas incriminer la personne et de parler à la première personne, par exemple, dire « je m’inquiète
pour toi » au lieu de « tu es inquiétant(e) ». Essayez de ne pas vous focaliser uniquement sur son poids ou
son alimentation, mais plutôt d’instaurer une discussion ouverte autour de ses autres préoccupations et
besoins.

Expliquez-lui qu’un professionnel pourrait l’aider, et que vous être prêt à la soutenir dans cette
démarche. Soyez vigilant(e) à ne pas noyer la personne sous les informations ou à lui faire trop de
recommandations.
I l est normal de ne pas toujours savoir quoi répondre. Soyez simplement présent(e) pour la
personne en lui faisait savoir que vous êtes inquiet(e) et disposé(e) à la soutenir. Rassurez-la sur le fait
qu’elle est digne de votre attention et de votre affection, expliquez-lui également que vous souhaitez
simplement la voir heureuse et en bonne santé.

Quelles sont les réactions possibles ?

La personne peut réagir de différentes façons. Elle pourrait réagir positivement et se montrer
réceptive à la conversation, en reconnaissant qu’elle a des difficultés, ou encore en étant soulagée que
quelqu’un remarque ses difficultés. Elle pourrait aussi réagir plus négativement, par exemple, en étant sur
la défensive, en pleurant, en se mettant en colère, en niant le problème ou encore en essayant de vous
convaincre qu’elle va bien. Il est également possible que la personne ait besoin de temps pour accepter
vos remarques et vos préoccupations.

Tous les problèmes ne vont pas se résoudre dès la première discussion, Ne vous attendez pas à ce
que la personne suive vos conseils d’emblée, même si c’est elle qui les a sollicités.

/8
Que faire si...
Je ne me sens pas à l’aise pour en parler ?

Il est tout à fait normal d’être mal à l’aise de devoir parler à quelqu’un de ses difficultés
alimentaires et/ou de ses comportements extrêmes de contrôle du poids. Mais éviter la discussion
risque d’aggraver la situation. Commencer à en discuter peut aussi soulager et rassurer la personne,
cela lui montre que quelqu’un s’intéresse à sa situation.

La personne réagit négativement ?

Certaines personnes peuvent réagir négativement parce qu’elles :


• Ne sont pas prêtes
• Ne savent pas comment commencer à changer sans remettre en doutes leurs croyances
et leurs comportements.
• Ont des difficultés pour faire confiance aux autres
• Vous trouvent intrusif(ve), pensent que ce ne sont pas vos affaires ou que vous essayez de
les contrôler.
• Ne perçoivent pas leurs habitudes alimentaires ou leurs comportements compensatoires
(sport, utilisation de laxatifs, etc.) comme un problème

Si la personne réagit négativement, il ne faut surtout pas le prendre personnellement. Évitez


d’argumenter, de rentrer en conflit ou d’exprimer votre déception ou votre étonnement. Il faut résister à
la tentation d’exprimer votre frustration, car cela pourrait aggraver la situation.
Ne soyez pas trop dur(e) dans vos propos. Essayez plutôt de reformuler vos inquiétudes.

Rassurez la personne sur le fait vous êtes toujours disposé(e) à la soutenir et en reparler
ultérieurement si elle le souhaite.

Si la personne réagit négativement, il ne faut surtout pas le prendre personnellement. Évitez


d’argumenter, de rentrer en conflit ou d’exprimer votre déception ou votre étonnement. Il faut résister
à la tentation d’exprimer votre colère car cela pourrait aggraver la situation.

Ne soyez pas trop dur(e) dans vos propos. Essayez plutôt de reformuler vos inquiétudes.
Rassurez la personne sur le fait que même si vous êtes en désaccord, vous êtes toujours disposé(e) à la
soutenir et en reparler ultérieurement si elle le souhaite.

CE QU’IL FAUT ÉVITER

• Évitez de critiquer ses habitudes


• Ne lui proposez pas de solutions simplistes, par exemple en disant « Tout ce que tu as
à faire c’est manger »
• Ne faites pas de généralités, comme par exemple « Tu es toujours de mauvaise
humeur » ou « Tu ne fais jamais rien d’autre que du sport »
• Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir
Ne vous mettez pas en position de résoudre tous les problèmes à sa place

/9
Que faire si la personne ne veut pas de suivi professionnel ?

Certaines personnes souffrant d’un TCA peuvent refuser l’aide d’un professionnel, et ce pour
plusieurs raisons :
• Sentiments de honte par rapport à leurs habitudes alimentaires et activités physiques
• Peur de prendre du poids ou de perdre le contrôle sur leur poids
• Peur d’admettre qu’elles ne vont pas bien
• Une conviction réelle que tout va bien
• Elles pensent que leurs habitudes alimentaires et activités physiques sont bénéfiques
(par exemple : contrôler son poids peut donner l’impression de se sentir mieux ou donner
un sentiment de réussite)

Une personne majeure a le droit de refuser un traitement, sauf dans quelques exceptions spécifiées
par la loi (par exemple, s’il existe une menace vitale). Bien que vous puissiez être frustré(e) par ses
comportements, il est très important de ne pas essayer de contraindre votre proche à changer d’avis ou
de lui donner des ultimatums. A la place, mettez l’accent sur ses autres centres d’intérêt et valorisez ses
efforts et ses accomplissements. Efforcez-vous de la voir comme un être humain, et non comme quelqu’un
souffrant d’un TCA. Vous ne pouvez pas forcer la personne à changer ses habitudes, ses comportements
ou à chercher de l’aide, en revanche, vous pouvez la soutenir jusqu’à ce qu’elle se sente suffisamment en
sécurité et à l’aise pour le faire.

En attendant que la personne reconnaisse qu’un changement est nécessaire, restez présent et
continuez de la soutenir, de l’encourager et restez positif(ve).

Continuez de l’encourager à solliciter des professionnels, tout en restant à l’écoute des craintes
que ce processus peut engendrer. Si vous avez besoin d’informations, vous pouvez vous rapprocher
d’associations spécialisées dans les TCA.

Comment continuer à être soutenant(e) ?


Offrez un soutien émotionnel constant
Expliquez à la personne que vous n’avez pas l’intention de prendre le contrôle de sa
vie, seulement qu’elle puisse être aidée. Expliquez-lui que, même si vous ne pouvez pas
faire tout ce que vous voudriez pour elle, vous allez essayer de l’aider et serez là pour
l’écouter si elle a envie de parler. Suggérez-lui de s’entourer de personnes soutenantes.

Donner un espoir de guérison


Rassurez-la sur le fait qu’elle peut aller mieux : les personnes qui souffrent de TCA
peuvent se rétablir , et les échecs passés ne signifient pas qu’elle ne pourra pas
avancer avec le temps. Encouragez la personne à être fière de chaque avancée,
par exemple lorsqu’elle reconnaît que ses habitudes alimentaires ou ses pratiques
d’exercice physique sont problématiques ou qu’elle accepte un suivi professionnel.

/10
Reconnaître une situation d’urgence
Quel que soit son poids, la personne peut se retrouver dans une situation où elle aurait besoin
d’une aide médicale, notamment si elle :
• S’est blessée volontairement ou accidentellement
• A des idées suicidaires
• A des pensées confuses et tient des propos incohérents
• A des idées délirantes (fausses croyances) ou des hallucinations (perceptions de
choses qui ne sont pas réelles)
• Est désorientée (elle ignore la date, où elle se situe et qui elle est)
• Se fait vomir plusieurs fois par jour
• Perds connaissance
• Est trop faible pour marcher ou chute
• Souffre de spasmes musculaires douloureux
• Se plaint de douleurs à la poitrine ou de difficultés à respirer
• A du sang dans les selles, l’urine ou le vomi
• A un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 16
• A des battements de coeur irréguliers ou très lent (inférieur à 50 pulsations par
minute)
• A froid ou la peau moite, ce qui peut indiquer une température corporelle basse
ou inférieure à 35°C

À ne pas faire

Ne laissez pas les habitudes alimentaires ou autres symptômes prendre le pas sur votre relation.
Evitez les conflits ou les débats sur la nourriture, et abstenez-vous de donner des conseils pour perdre du
poids ou mieux faire de l’exercice. Ne valorisez pas l’idée selon laquelle l’apparence physique est un critère
de réussite ou de bonheur.

Evitez les remarques sur son poids ou son apparence, qu’elles soient positives ou négatives, comme
par exemple « tu es trop mince », « tu es très beau/belle » ou « c’est bien que tu aies pris du poids ».
Si vous vous apercevez que la personne se rend sur des sites « pro-ana » ou « pro-mia » (sites
Internet qui prônent les TCA), dissuadez-la de continuer, car ces sites encouragent la poursuite de
comportements destructeurs. Cependant, n’évoquez pas ces sites si la personne en ignore l’existence.

/11
Les TCA chez les enfants
et les adolescents
Si vous soupçonnez qu’un enfant ou un adolescent développe un TCA, vous pouvez appliquer les
conseils donnés précédemment. Les conséquences des TCA sur la santé physique sont beaucoup plus
graves chez les enfants/adolescents que chez les adultes, car le manque d’apports alimentaires et le sport
à l’extrême peuvent perturber leur croissance. Un enfant n’a pas besoin de présenter tous les symptômes
d’un TCA pour souffrir à long terme des conséquences négatives.

Les symptômes des TCA ne sont pas « des processus normaux à l’adolescence ». Même si vous
pensez que les symptômes ne sont pas graves, vous ne devriez pas attendre pour agir. Si ces symptômes
ne sont pas soignés, ils peuvent rapidement évoluer vers des troubles sévères qui seront plus difficiles à
surmonter.

Vous êtes... un parent inquiet pour votre enfant

Si vous soupçonnez que votre enfant est en train de développer un TCA, vous devriez observer ses
comportements pour identifier les signaux d’alertes. Si vous avez peur d’être trop intrusif(ve), souvenez-
vous que votre devoir est de veiller à sa sécurité et sa santé.

En tant que détenteur de l’autorité parentale, vous avez le devoir de prendre des décisions dans
l’intérêt de votre enfant. Soyer prêt(e) à endosser la responsabilité de rechercher un professionnel pour
l’aider. Ne laissez pas les larmes, les cris ou le refus de votre enfant
être des obstacles pour agir.

Demandez conseil auprès d’un médecin généraliste, d’un


psychiatre ou tout autre professionnel spécialisé dans les TCA.

Lorsque vous évoquerez avec votre enfant l’intervention d’un


professionnel, il est important de lui rappeler à quel point vous
l’aimez et que vos préoccupations découlent de cet amour. Il faut
maintenir un environnement familial soutenant et attentionné. En
d’autres termes, il vous faut exprimer votre amour et votre soutien
à votre enfant même si ses comportements vous contrarient.

Souvenez-vous que le refus de s’alimenter, de chercher de


l’aide ou de prendre du poids n’est pas un acte de rébellion mais
plutôt une manifestation de peur et d’anxiété.

Soyez toujours clair et honnête avec votre enfant à propos des tenants et des aboutissants
du traitement et des soins que vous recherchez pour lui.

Ne laissez pas votre empathie encourager les symptômes de votre enfant. Par exemple, il faut éviter
de laisser votre enfant être celui qui décide de l’heure et du lieu des repas ainsi que du menu de la famille car
cela peut aggraver la situation. De plus, si les comportements de votre enfant viennent à le mettre lui ou à
mettre autrui en danger, vous devez être prêt(e) à l’emmener dans un cadre sécurisé, tel qu’un hôpital.

Si lors d’une consultation, vous avez la sensation que le professionnel rencontré sous-estime les
symptômes de votre enfant, ou ne diagnostique pas un TCA, n’hésitez pas à rechercher un second avis médical.

/12
Vous êtes... un adulte inquiet pour un enfant

Si vous êtes un adulte qui suspecte qu’un enfant de votre entourage développe ou souffre
d’un TCA, essayez d’en discuter avec un de ses parents, un membre de sa famille, ou une personne de
confiance, avant d’en discuter directement avec l’enfant.

Vous êtes... mineur(e) et vous êtes préoccupé(e) par un(e) ami(e)

Si vous êtes mineur(e) et que vous pensez qu’un(e) de vos ami(e)s pourrait développer un TCA, il
y a certaines choses que vous pouvez faire. Si votre ami(e) cache ses comportements à sa famille ou à ses
proches, encouragez votre ami(e) à leur en parler ou à trouver un adulte de confiance pour discuter de ce
qui se passe. Cet adulte peut par exemple être un parent, un(e) enseignant(e), un(e) infirmier(e) scolaire,
un médecin généraliste, un(e) psychologue ou un(e) nutritionniste.

Si votre ami(e) refuse d’en discuter, vous devriez en parler à un adulte de confiance même s’il/
elle n’est pas d’accord. Souvenez-vous qu’un TCA est un trouble psychique qui ne doit pas être cachée.
Même si le fait d’en parler à un adulte peut contrarier votre ami(e), cela peut aussi lui sauver la vie. Si vous
êtes inquiet(e) d’en discuter avec un proche de votre ami(e), vous pouvez en parler à vos parents ou vos
proches pour avoir de l’aide.

Si un adulte a été averti des difficultés (envers l’alimentation et les activités physiques) par vous
ou votre ami(e) mais ne vous a pas aidé, essayez d’en parler avec un autre adulte de confiance ou avec un
professionnel de santé des TCA.

/13
Mes notes

/14
-
Illustrations ©Lavilleetlesnuages / Traductions et adaptation de cette guideline :
Tiffany Melioli et professeure Rachel Rdodgers
/15
OBJECTIF DE CE CARNET
Ce carnet est conçu pour aider le grand public à offrir les premiers secours aux personnes qui
développent ou qui souffrent d’un TCA. Le rôle du secouriste est d’aider la personne jusqu’à une
prise en charge professionnelle appropriée ou la résolution de la crise.

ÉLABORATION DES CARNETS DU SECOURISTE EN SANTÉ MENTALE


Ce carnet du secouriste en santé mentale a été élaboré aux côtés d’experts ayant une expérience
des TCA (personnes et soignants) et des professionnels de la santé mentale (cliniciens, chercheurs et
éducateurs) d’Australie, d’Irlande,
de Nouvelle Zélande, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Canada.
Pour plus de détails sur la méthodologie, référez-vous à : Hart, L. M., Jorm, A. F., Paxton, S. J., Kelly, C.
M., & Kitchener, B.A. (2009). First aid for eating disorders. Eating Disorders, 17(5), 357-384.

COMMENT UTILISER CES CARNETS


Il est important d’adapter son soutien aux besoins de la personne aidée. Ces carnets ne constituent
qu’un ensemble de recommandations générales et conviennent particulièrement aux premiers
secours en santé mentale dans les pays à revenu élevé et dotés de systèmes de santé développés.

Ces carnets ont été élaborés dans le cadre d’une série de recommandations faites par MHFA sur
l’aide la plus adaptée pour les personnes souffrant de troubles psychiques.
Les autres carnets peuvent être téléchargés sur notre site : [Link]/ressources

Même si ces carnets sont protégés par le droit d’auteur, ils peuvent être librement reproduits à des
fins non lucratives, à condition que la source soit mentionnée : © MHFA x PSSM France - 2023.

Les demandes de renseignements doivent être envoyées à : info@[Link]

(MAJ du 10 juillet 2023)


Pour aller plus loin....

Pour en savoir plus sur ce sujet


et apprendre à aider quelqu’un qui ne va pas bien,
formez-vous au secourisme en santé mentale !

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[Link]

MHFA X PSSM FRANCE - 2023

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