Natation - Guide Pour Enseigner
Natation - Guide Pour Enseigner
NATATION
Guide pour enseigner
De la sécurité aquatique
au perfectionnement technique
NATATION
Guide pour enseigner
De la sécurité aquatique
au perfectionnement technique
Ï Familiarisation
Ï Apprentissage
Ï Perfectionnement
3 NIVEAUX
6 ÉTAPES DE PROGRESSION
148 EXERCICES
À tous ceux qui m’ont inspiré et permis d’avancer sur la réalisation de cet ouvrage,
fruit de réflexions et d’analyses sur l’enseignement de la natation depuis quelques
années en tant que maître-nageur, et plus particulièrement :
Patrick LUCAS
Mon conseiller de stage à Brest, il y a 10 ans, pendant ma formation BEESAN.
Damien LE BAIL
BEESAN et ancien collègue de travail, qui m’a aiguillé dans ma démarche et permis
d’affiner mes propos.
Raymond CHERMAT
Auteur de quelques Essais, pour sa gentillesse, sa disponibilité et ses précieux conseils
dans la structuration de cet ouvrage.
PARTIE 1
MÉTHODE "CLÉS EN MAIN"
A. Description des trois niveaux de progression ................................................................................................. 20
PARTIE 2
S'APPROPRIER LA DÉMARCHE PÉDAGOGIQUE
A. Bases de l'enseignement ...................................................................................................................................................................... 148
C. L'âge du pratiquant :
les caractéristiques des deux publics (adultes/enfants) ................................................... 161
Conclusion.......................................................................................................................................................................................................................................... 192
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NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
ANNEXES
A. Quelques aspects théoriques ........................................................................................................................................................ 196
A.1 - L'équilibre............................................................................................................................................................................................... 196
■ La pesanteur...................................................................................................................................................................................................... 196
■ La poussée d'archimède ................................................................................................................................................................. 196
A.2 - La respiration.................................................................................................................................................................................... 197
■ Les échanges gazeux ........................................................................................................................................................................... 197
A.3 - La propulsion .................................................................................................................................................................................... 198
■ Le couple de redressement ........................................................................................................................................................ 198
■ Le maître-couple......................................................................................................................................................................................... 199
A.4 - Les déséquilibres dans l'espace..................................................................................................................... 200
■ Sur l'axe frontal = équilibre latéral ............................................................................................................................... 200
■ Sur l'axe longitudinal = équilibre horizontal .................................................................................................. 200
■ Sur l'axe sagittal = équilibre sagittal ......................................................................................................................... 200
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Préface
Si apprendre est un processus interne individuel, il n'en demeure pas moins que les modalités d'apprentissage
sont influencées par un bon nombre de facteurs.
Parmi ces derniers se trouve être un étrange personnage que l'on a coutume d'appeler l'éducateur. Ce dernier
ayant pour fonction étymologique d'aider le sujet apprenant à s'élever, à grandir, il apparaît indispensable pour
remplir cette fonction, cette mission, de disposer d'une boîte à outils conséquente en termes de compétences
et de savoirs, qu'ils soient académiques ou procéduraux.
Une boîte à outils bien garnie est certes nécessaire mais elle demeure insuffisante sans définition des condi-
tions d'usages desdits outils et/ou de leur contexte d'application (principe de concordance). C'est ce qu'entend
entreprendre Sylvain Perrin à travers ce livre.
À la lecture de cet ouvrage, j'ai été confronté à ma propre histoire aquatique (transpositions sensorielles) et à
celle de l'auteur, à ses références théoriques et à son héritage culturel, à ses interrogations et à sa volonté de
"chercher" à faire sens dans un monde où la caricature est utilisée comme arme de classification de la pensée.
Ses mots ne sont pas toujours les miens, les situations et évolutions présentées demandent à être confrontées
avec les confrères, mais ses pistes sont des pistes mûries, réfléchies, en clair : "travaillées".
C'est à ce titre que j'entends soutenir cet ouvrage car il a le mérite de ne pas réduire l'activité au rang de
recettes applicables et transposables dans chaque bassin de France, mais de pistes à explorer à partir de situa-
tions concrètes issues d'un éducateur des activités de la natation sur le terrain, "pour de vrai".
Frédéric LEFEVRE
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NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
J’ai coutume de dire aux enfants trop pressés de se lancer dans l’activité proposée, quelle qu’elle soit, alors
qu’il me reste encore un ou deux mots essentiels à leur livrer : "Attendez avant de plonger, il n’y a pas encore
d’eau dans la piscine".
Je les vois alors s’arrêter instantanément et me sourire, conscience prise qu’en toute chose il faut prendre son
temps et respecter les étapes essentielles.
La lecture de l’ouvrage de Sylvain Perrin a fait remonter en moi cette anecdote tant sa structure admirable-
ment charpentée et son propos clair entrent en harmonie avec le fait que tout apprentissage passe par des
paliers incontournables, sans lesquels il n’y a pas de construction durable. Il en est de même de l’apprentissage
de la natation comme de tous les autres.
Sylvain est un passionné – c’est un euphémisme – d’une conscience qui l’honore et il n’est pas étonnant de voir
naître cet opus né d’un travail de recherche et d’expérimentation poussé à l’extrême. J’aime les passionnés qui
vont au bout de leur cheminement et qui, ensuite, en toute humilité, et non pas par orgueil ou vanité comme
pensent parfois les velléitaires, partagent le fruit de leur travail.
Ce recueil est une mine d’or – encore faudrait-il réinventer l’expression et dire "une piscine d’or" – pour les
professionnels et tous les fondus des bassins. Il suscitera sans doute débat, car en matière de pédagogie le
débat n’est jamais clos et c’est tant mieux, et si l’on parcourt l’historique de l’apprentissage de la natation, on
mesure parfois avec amusement le chemin parcouru ("les longueurs", devrais-je écrire) en la matière.
Tout le bénéfice de ce travail rejaillira auprès des enfants et cette fois, nous pourrons leur dire en toute séré-
nité, certains de la qualité de la progression et de la sécurité affective dont ils bénéficieront : "allez-y, vous
pouvez plonger, il y a de l’eau dans la piscine !"
Puisse cet ouvrage être diffusé largement, en tous lieux où l’on se doit de partager avec les apprenants le goût
de l’effort, la persévérance, à l’opposé de l’immédiateté que la société actuelle érige en principe ô combien
dévastateur, mais aussi le plaisir et la volonté d’apprendre sans lesquels rien n’est possible.
Pierrick LE NOANE
Conseiller Pédagogique de Circonscription (Saint-Brieuc)
Ministère de l'Éducation Nationale
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Témoignages
En "homme de terrain" et même "de bassin", Sylvain Perrin nous propose un ouvrage très complet mais aussi
une boîte à outils d’une grande richesse mettant en capacité de résoudre les problèmes concrets que chaque
intervenant, dans le milieu de la natation, rencontre forcément.
Les propositions sont pertinentes et "faisables", leur éclairage est double : théorique et pragmatique.
Des solutions sont proposées pour concilier sécurité et apprentissage à travers des situations d’enseignement
présentées et illustrées dans la cohérence de leur succession. La dimension didactique n’échappe pas à l’au-
teur qui donne à choisir les contenus et tâches utiles aux transformations des élèves dans l’acquisition d’une
expertise natatoire.
J’ai trouvé jusque dans les Annexes matière à nourrir mon activité universitaire de formateur dans le domaine
des pratiques aquatiques, de leur gestion, de leur organisation.
Les voies de formation et de professionnalisation, les certifications, leurs prérogatives, la diversité des tutelles
institutionnelles qui occupent le champ des activités de la natation, tout cet ensemble foisonnant et imbriqué
méritait la clarification que l’auteur opère, se mettant ainsi au service de celles et ceux qui au quotidien
assurent l’encadrement de pratiquants de plus en plus divers et nombreux.
Merci donc pour ce travail utile qui contribue avant tout à aider les éducateurs qui préparent le jeune nageur
à s’engager en sécurité, à s’aventurer sans se perdre dans l’onde circonscrite des piscines ou plus turbulente et
sans limites des océans faisant de lui ce "héros précoce" dont parle Bachelard.
Constantin GIOAN
UFR STAPS de Montpellier
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NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
• Celle-ci, allant du pratiquant débutant jusqu'au nageur, est composée de trois niveaux de progression qui
se déclinent eux-mêmes en six étapes.
• Pour chacune des étapes, des objectifs spécifiques liés aux besoins des pratiquants seront la base de travail
de l'éducateur. Suivront des exercices qui amèneront les pratiquants à dépasser et maîtriser les contraintes du
milieu aquatique en acquérant de nouvelles postures adaptées à cet élément.
NIVEAU 1
FAMILIARISATION
Je me familiarise avec l'élément aquatique dans toutes ses dimensions
IVEA
N
U
1
FA M
ON
ÉTAPE 1 ÉTAPE 2
IL
TI
NIVEAU 2
APPRENTISSAGE
Je deviens autonome dans l'eau/j'apprends à nager
IVEA
N
U
2 ÉTAPE 3 ÉTAPE 4
AP
GE
RE x Objectifs x Objectifs
NTISS
A
P
et exercices et exercices
NIVEAU 3
PERFECTIONNEMENT
Je perfectionne la technique des nages codifiées
IVEA
N
U
3
PER
ÉTAPE 5 ÉTAPE 6
ENT
EC x Objectifs x Objectifs
M
F
TIONNE
et exercices et exercices
10
L'ouvrage :
mode d'emploi
LES ANNEXES complètent ou synthétisent certains aspects évoqués dans les deux parties. Nous
proposons également ce qu'aucun ouvrage n'a encore jamais présenté de cette façon : des tableaux
récapitulant les prérogatives en milieu aquatique des diplômes professionnels et des obligations sous-
jacentes...
11
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Afin de cibler la méthode, arrêtons-nous un instant sur quelques termes que vous retrouverez régulièrement
tout au long du livre.
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L'ouvrage :
mode d'emploi
Le matériel
de l'ouvrage
La planche
Les frites
La ceinture
Les pains
de mousse
ou "flotteurs"
Le pull-buoy
Les haltères
Les palmes
13
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
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Avant-propos
L'objectif de l'ouvrage
Nous vous proposons un guide pour l'enseignement de la natation, dans sa définition la plus large et
pour une pratique non compétitive.
Il vise l'ensemble des intervenants professionnels qui ont des compétences pour assurer des missions
d'enseignement mais également d'entraînement à la natation du public enfants et/ou adultes.
Bien que les notions d'entraînement-performance et de compétition ne soient pas l'orientation de cet
ouvrage, l'entraîneur de natation y trouvera des outils intéressants dans une perspective de sécurité
aquatique ou des premières acquisitions techniques de nages codifiées pour les plus jeunes. Mais aussi
dans la perspective des premiers niveaux de tests ENF1 élaborés par le CIAA (Conseil Interfédéral des
Activités Aquatiques) comme le "Sauv'nage" : voir les tableaux en Annexe C page 209.
Les notions de savoir nager et de sécurité aquatique sont donc au cœur de cette démarche qui guide-
ront l'éducateur et l'enseignant au-delà d'une conceptualisation natatoire absolue, mais en contextua-
lisant (réalité de terrain) la transmission de son savoir-faire.
1. ENF : Ecole de Natation Française. Entité structurelle du CIAA qui a pour but d'organiser une natation interfédérale au service
de la construction du nageur et de l'animation des clubs.
15
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
- le milieu universitaire :
• Licence générale STAPS2 mention "entraînement sportif" spécialité activités aquatiques,
• DEUST "animation et gestion des activités physiques et sportives ou culturelles",
• Licence professionnelle "animation, gestion et organisation des activités physiques et sportives".
Le brevet d'État d'éducateur sportif des activités de la natation – BEESAN – diplôme d'État créé en 1985 (ou
BPJEPS AAN3) donne les prérogatives à l'enseignement de la natation et des activités aquatiques (piscines
publiques, privées, club de natation, cadre scolaire).
Pour aller D'autres diplômes ou qualifications professionnelles offrent des prérogatives en ensei-
plus loin gnement des activités aquatiques et de la natation. Les tableaux en Annexe B pages 202
à 204 sont une synthèse de "fiches techniques" spécifiques sur la réglementation des
baignades et activités aquatiques/natation et dont vous retrouverez l'intégralité sur :
[Link]
16
Avant-propos
Au-delà de ces deux aspects, la notion de plaisir de l'activité éprouvée par les pratiquants est fondamentale
car leur motivation est directement liée au ressenti et aux diverses expériences vécues dans l'eau.
17
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
La démarche doit être progressive afin de ne pas brûler les étapes car la familiarisation avec l'élément aqua-
tique influencera plus rapidement la progression vers l'autonomie puis la technique des nages codifiées.
Encore plus que pour d'autres activités physiques et sportives, le milieu aquatique impose de changer ses
habitudes de "terrien" pour acquérir et automatiser celles du "nageur".
À nous, professionnels avertis, d'être à l'écoute de nos pratiquants et d'user de notre savoir-faire de
manière judicieuse pour développer leurs capacités, les sécuriser, les rendre efficaces dans leurs gestes.
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Partie 1
Méthode
"clés en main"
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Déclinaison complète des objectifs pour chaque étape des trois niveaux ––––––––– 26
■ Niveau 1 : la Familiarisation
■ Niveau 2 : l'Apprentissage
■ Niveau 3 : le Perfectionnement
Dans un premier temps, étudions dans ses grandes lignes le schéma général de progression nécessaire pour
comprendre la déclinaison des étapes ainsi que le type de public auquel s'adresse notre démarche.
Nous partons donc d'une vision globale pour situer rapidement la transition par niveau et par étape, pour aller
de plus en plus précisément vers la définition des objectifs au travers des trois tableaux qui sont proposés
pages 27 à 29.
20
A. Description des trois niveaux Partie
de progression 1
Chacun des trois niveaux de progression comporte deux étapes bien spécifiques qui répondent à une logique
d'évolution en termes de comportement aquatique.
La déclinaison laisse apparaître six étapes de progression qui conduisent de la découverte du milieu aqua-
tique et des sensations nouvelles et à l'acquisition des nages codifiées avec certains aspects techniques – voire
physiologiques – qu'elles sous-tendent.
Pour mieux comprendre la répartition des niveaux de capacités des publics, des définitions rapides sont nécessaires :
|L'aquaphobe
L'aquaphobe a réellement une phobie de l'eau, c'est-à-dire une peur envahissante, angoissante, incontrôlable
qui se manifeste souvent par des signes extérieurs visibles : tremblements, sueurs, voix âpre... Bref, une peur
irraisonnée et chronique du milieu aquatique, mais qui peut être surmontée à l'aide du maître-nageur et
surtout par l'initiative et la volonté de l'individu de venir à la piscine !
Dans ce type de comportement, la phobie se révèle être, dans la majorité des cas, le résultat d'une expérience
traumatisante...
|Le débutant
Le débutant n'a jamais appris à nager ou très peu. Il y a encore une certaine méconnaissance du milieu aqua-
tique, voire quelques peurs, mais qui ne font pas l'objet de "terreur" de l'eau !
C'est plutôt le manque de repères dans cet espace liquide qui désoriente le terrien, qui doit apprendre et
automatiser des nouvelles postures et modes respiratoires...
21
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
|Le "nageur"
En excluant le nageur de (très) bon niveau, nous allons considérer ici que des acquisitions techniques de nages
codifiées sont percevables, bien que tous les automatismes de la coordination-respiration ne soient peut-être
pas encore optimum.
Il n'y a pas, a priori, de peur de la grande profondeur ou autre anxiété flagrante...
Après ce premier aperçu de la progression, il faut ensuite définir précisément les objectifs pour chaque étape
afin de déterminer les exercices qui vont permettre de répondre aux besoins du pratiquant.
C'est l'objet du deuxième tableau page suivante qui reprend les objectifs généraux et spécifiques afin de
comprendre la hiérarchisation de la progression du débutant vers le nageur.
22
A. Description des trois niveaux Partie
de progression 1
23
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
|Niveau 1 : la Familiarisation
Elle sera surtout orientée pour les adultes dans le but de les amener à pouvoir s'allonger/se redresser en
autonomie.
Ainsi, nous proposons une trame globale pour l'organisation d'un cycle (page 33) sur laquelle nous insistons
particulièrement sur les premières séances sans utilisation de matériel afin d'amener l'adulte au bien-être
aquatique et à (re)prendre les bonnes postures pour améliorer l'aisance d'une manière générale.
Pour le public enfants : l'âge favorable pour commencer à apprendre à nager (technique de nage) est à
partir de 7 ans. Avant cet âge, cela relève plutôt de ce que l'on nomme parfois les "jardins aquatiques" ou les
"initiations"... Activités où l'exigence de résultats en fin de cycle est à priori moins marquée que celle qui est
attendue après un cycle Apprentissage.
Cela s'inscrit donc plus dans la sublimation de l'aspect émotionnel de l'enfant par le jeu et le plaisir d'évoluer
dans l'eau et/ou des situations ludiques avec parcours aquatiques...
Ici la familiarisation des enfants avec le milieu aquatique ne fait donc pas l'objet du contenu de l'ouvrage.
Mais les exercices sont transversaux ; il est tout à fait possible de proposer certains exercices du niveau 1 ou 2
en cours d'apprentissage si l'enfant est bloqué sur certaines situations (exemple : peur de l'espace arrière 3
travailler l'allongement dorsal avec plus ou moins de matériel).
|Niveau 2 : l'Apprentissage
La démarche pour les enfants
Il faut faire des choix concernant les objectifs d'acquisitions. Et apprendre à nager c'est souvent faire le choix
– donc le renoncement – à court terme d'une technique de nage plutôt qu'une autre. Car les cycles Apprentis-
sage (séances de natation payantes), la majorité du temps, comporte 10 à 15 séances...
Bon à savoir Dans une logique de sécurité/rapidité d'usage, et d'intérêt général, le choix de
l'acquisition de deux techniques de nages codifiées se portera sur la BRASSE et le DOS
CRAWLÉ.
Pourquoi ?
Pour qu'un maximum d'enfants ressortent de leur cycle avec une technique assurant
une certaine autonomie dans le milieu aquatique (s'immerger/se propulser sans
contrainte/se maintenir à la surface).
24
A. Description des trois niveaux Partie
de progression 1
Nous tenterons de justifier cette démarche pour la brasse afin de garantir une sécurité aquatique. Vous trou-
verez certains éléments de réponse aux pages 34, 35, 68, 69 et 183.
Il est envisageable de fixer le crawl comme priorité le crawl, mais la maîtrise de la "respiration" et de la
dissociation segmentaire exige plus de temps de pratique et un changement comportemental (acceptation de
l'immersion prolongée) pour des enfants très peu ou pas du tout familiarisés avec le milieu aquatique.
Par conséquent, les objectifs de respiration latérale et du placement des segments sont essentiels avant
d'entrevoir le geste aquatique et aérien des bras qui se révélera inefficace si l'on ne sait pas respirer de façon
appropriée pour cette nage.
Attention On ne peut pas se contenter de faire, comme on l'entend parfois dans le jargon, le "petit
chien" ou "grand chien" qui ne correspondent pas à une technique de nage et encore
moins à une maîtrise respiratoire.
|Niveau 3 : le Perfectionnement
Nous considérons qu'arrivé à ce niveau, le pratiquant :
- doit avoir acquis certaines bases techniques minimales ;
- n'a plus d'appréhensions particulières (allongement dorsal, grande profondeur...).
Le cycle Perfectionnement se caractérise par trois objectifs principaux qui sont dans la continuité du cycle
Apprentissage après le travail de coordination bras-jambes en brasse et du dos crawlé :
1. Coordination-respiration en BRASSE ;
2. Orientation des segments/expiration sur le mouvement propulseur en DOS ;
3. Respiration latérale + premiers mouvements en CRAWL.
25
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Par contre, il est important de souligner que les objectifs peuvent varier suivant le public auquel nous nous
adressons, mais aussi avec le niveau de compétences des pratiquants.
Ces deux aspects sont déterminants dans les choix que l'éducateur portera sur les objectifs du cycle, et des
améliorations ou corrections des défauts dans la technique des nageurs.
Pour mieux comprendre cette démarche, nous vous renvoyons à la partie C "Tester le niveau de ses prati-
quants/établir des groupes de niveaux", pages 37 à 46, qui met en avant des critères d'évaluation afin
de hiérarchiser la progression et donc, la possibilité de passer de l'Apprentissage vers le Perfectionnement.
Il faut également ajouter que nous ne donnons pas de trame précise pour un cycle Perfectionnement, dans
la mesure où :
- si certains défauts techniques ou mauvais placements sont encore légèrement présents en brasse et/ou
en dos, avant d'entrevoir le crawl, il est nécessaire de faire les réajustements adéquats par des exercices
correctifs ;
- il est possible de privilégier les premiers exercices de crawl, même si la coordination-respiration brasse n'est
pas encore acquise ;
- avec les adultes surtout, suivant leur âge et leurs capacités physiques du moment, il faut s'adapter à
d'éventuelles faiblesses musculaires et/ou articulaires : éviter une nage et une posture inappropriées qui
provoquent des douleurs ou impossibilités de mouvements.
C'est à l'éducateur, en fonction des caractéristiques de la situation, d'avoir du "bon sens" et d'offrir le meilleur
compromis possible entre objectifs de départ et capacités réelles des personnes.
Déclinaison complète des objectifs pour chaque étape des trois niveaux
Pour bien définir la progression, nous allons maintenant décliner les objectifs de manière précise, pour les six
étapes de progression.
De plus, nous rajoutons deux items (but/capacités) qui permettent à l'éducateur de mieux s'approprier la progres-
sion générale : cela permet d'avoir le recul nécessaire pour appréhender la capacité à passer à l'étape supérieure.
Pour résumer, les trois items sont :
Objectifs à atteindre
Nous précisons des axes de travail pour déterminer des exercices afin de palier les manques de l'apprenant :
équilibre, placements des segments, respiration, technique...
But
Pour l'éducateur, c'est situer globalement le comportement aquatique de l'individu et/ou le niveau de maîtrise
de l'étape en question.
Capacités
En lien avec les objectifs. Apprécier/évaluer des aptitudes : l'apprenant est apte (ou pas) à passer à l'étape
supérieure.
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A. Description des trois niveaux Partie
de progression 1
|Niveau 1 : la Familiarisation
Étape 1 Étape 2
RESPIRATION/IMMERSION ALLONGEMENT/REDRESSEMENT
Objectifs à • Dissocier les 3 temps du travail • S'allonger sur le ventre et le dos seul,
atteindre respiratoire (hors et dans l'eau) : sans matériel et se redresser avec le
inspiration/apnée/expiration. travail respiratoire correspondant :
Axes de travail • Immerger sa tête en y associant - allongement = inspiration ;
ce travail respiratoire. - "boule" = blocage (apnée) puis début
• Se déplacer dans l'eau en lâchant le d'expiration, tête bien immergée ;
bord, en immergeant le plus possible - redressement = on termine l'expira-
son corps : seul, par deux. tion et on tend les jambes à la fin.
• S'allonger sur le ventre en tenant • Accepter le déséquilibre-rééquilibre
le bord et se remettre debout en en petite profondeur pour chuter
associant le travail respiratoire. en avant et en arrière en grande
• Début du travail des appuis des mains. profondeur.
• Évoluer en petite et en grande • Travail d'appuis des bras (latéraux)
profondeur sans paniquer avec des et des jambes (battement).
gestes lents, progressifs, maîtrisés.
But • S'immerger complètement quelques • S'allonger et se redresser seul sans
secondes pour sentir la poussée appui ni matériel en petite profondeur
Comportement d'Archimède du milieu aquatique. sans paniquer.
aquatique • Expirer dans l'eau tranquillement et • En grande profondeur, la personne va
de l'individu ne pas brusquer ses gestes quand on pouvoir revenir seule au bord sans aide
remonte à la surface. ni matériel.
Capacités • Je suis capable de m'immerger • Je suis capable, après l'allongement
totalement en petite et grande ventral, de me redresser seul (1 : je
Aptitude profondeur. plie les jambes + 2 : extension lente de
constatée • Je suis capable d'inspirer puis d'expirer la tête = bascule du corps en arrière, je
en fin d'étape plusieurs fois de suite donc enchaîner détends les jambes quand les épaules
quelques cycles en étant relâché arrivent à la verticale du bassin).
(expiration d'au moins 5 secondes). • Je suis capable, après l'allongement
• Je suis capable d'adapter les temps dorsal, de me redresser seul (1 : je plie
d'inspiration, d'apnée et d'expiration les jambes + 2 : flexion de la tête et
dans la perspective d'un allongement je la garde sous l'eau en continuant à
du corps progressif et d'une reprise souffler = bascule du corps en avant, je
d'appui plantaire en douceur. détends les jambes quand les épaules
• Je suis capable d'expirer en position arrivent à la verticale du bassin).
allongée et en "boule" de façon • Je suis capable de passer du ventral
progressive. au dorsal, et inversement, sans appui.
• Je suis capable de sauter/chuter
au grand bain en AV et/ou AR, puis
revenir au bord seul en battement
de jambes.
27
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
|Niveau 2 : l'Apprentissage
Étape 3 Étape 4
EQUILIBRATION PLACEMENT DES SEGMENTS
Objectifs à • Expirer de façon prolongée dans l’eau • Acquérir le ciseau de brasse ventral
atteindre afin de garder le plus longtemps possible (éventuellement dorsal).
la tête immergée. • Acquérir la nage complète en coor-
Axes de travail • Avoir un alignement du corps "parfait" : dination bras/jambes en brasse.
tête, tronc + bras, jambes. 3 séquences de travail :
• Maintenir le "gainage" de l’ensemble 1 : "dissociée" ;
du corps par une certaine contraction 2 : "coordination" ;
musculaire (et non en relâchement) : on 3 : "continue".
maintient bras et jambes serrés, tendus. • Acquérir le placement des bras
• Réaliser une glissée ventrale par une en opposition avec un battement
poussée au mur puis se déplacer en de jambes continu.
battement de jambes sur au moins 5 • Acquérir la nage complète alternée
mètres. dos crawlé.
• Se déplacer en "nage hybride"/"dos à 2
bras" (priorité aux adultes aquaphobes + objectif
autonomie de déplacement pour la natation scolaire
ou tests ENF).
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A. Description des trois niveaux Partie
de progression 1
|Niveau 3 : le Perfectionnement
Étape 5 Étape 6
SYNCHRONISATION DE LA RESPIRATION VITESSE/RELACHEMENT
SUR LES MOUVEMENTS DU MOUVEMENT
Objectifs à • Dissociation segmentaire : • Ciseau de brasse/mouvements aquatiques crawl et
atteindre - tête/tronc (respiration frontale/latérale) ; dos, croissants = en amplitude et progressifs-forts
- bras/jambes. sur la poussée.
Axes de travail • Placer son expiration sur ses mouvements • Relâchement sur le retour non propulseur associé
propulseurs. au travail aquatique.
• Placer son inspiration en dehors des - crawl : coude haut, bras fléchi et souple ;
mouvements propulseurs (donc en fin - dos : retour du bras perpendiculaire à la surface
de poussée). de l'eau, tendu et haut + travail fixation du
• Cadencer ses mouvements et y adapter coude et avant-bras ;
ses volumes expiratoires et inspiratoires. - brasse : ne pas plier trop fort les jambes (début
• Nager sans saccade et plus loin grâce à mouvement).
des mouvements propulseurs efficaces • Nager en distance/cycle (compter le nombre
(début du travail de "poussée" forte). de mouvements).
• Nager sans saccade grâce à une gestion de sa • Nager plus longtemps grâce à des mouvements
"respiration" coordonnée sur les mouvements propulseurs efficients = au moindre coût
(expiration explosive en fin de poussée). énergétique : temps de glisse et relâchement sur
• Coordination-respiration en brasse. la propulsion associée à une équilibration continue.
• Crawl rattrapé puis bras opposition. 3 objectifs :
travail amplitude/fin poussée rapide/
recherche appuis profonds.
• Dos rattrapé et dos crawlé : expirer sur
mouvement aquatique + travail orientation des
mains/semi-rattrapé/rotation des épaules.
But • Se déplacer en enchaînant plusieurs cycles • Se déplacer dans les 3 nages en alliant amplitude,
respiratoires sans être déséquilibré sur les relâchement, accélération des mouvements.
Comportement 3 axes : • Maintenir une équilibration du corps pour favoriser
aquatique - axe frontal (équilibre latéral) ; le temps de glisse, donc l'allonge (on réduit le
de l'individu - axe longitudinal (équilibre horizontal) ; nombre de mouvements).
- axe sagittal (équilibre sagittal).
Capacités • Je suis capable de respirer en dehors de mes • Je suis capable de gérer mes appuis moteurs pour
appuis moteurs après avoir expiré de façon nager en amplitude et/ou en fréquence.
Aptitude complète et explosive. • Je suis capable de placer mes appuis (équilibrateurs
constatée • Je suis capable de nager plus longtemps grâce à et propulseurs) à des vitesses et moments
en fin d'étape des appuis propulseurs plus efficaces (la fin du différents pour cibler le travail sur une précision
mouvement est plus rapide que le début). gestuelle (ex : rentrée de la main dans l'eau en
• Je suis capable de replacer ma tête (flexion) crawl, pull-buoy aux jambes = travail des bras ;
dans l'eau correctement, AVANT de placer mon roulis des épaules = prise d'appui profonde...).
mouvement propulseur (ciseau de brasse ou • Je suis capable de gérer des distances et intensités
traction-poussée en crawl) donc je SOUFFLE de nage variées afin de solliciter les "processus
sur le ciseau/sur le trajet aquatique propulseur énergétiques" :
du bras. - anaérobie alactique = vitesse ;
- anaérobie lactique = résistance (objectif
spécifique pôle de l'"entraînement"...) ;
- aérobie = endurance puissance/capacité.
29
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Ces trois derniers tableaux hiérarchisent les objectifs qui seront les leviers pour élaborer les exercices que nous
demanderons de faire à nos apprenants et qui font l'objet de la partie E "Les exercices par niveaux/étapes
de progression" pages 55 à 119.
Cette description générale dessine les contours de notre action pédagogique. Maintenant, il va falloir s'intéresser
à la manière dont les objectifs vont être répartis dans un cycle Apprentissage. Comme nous l'avons souligné
précédemment, trop de facteurs rentrent en jeu pour proposer judicieusement une trame pour l'organisation
d'un cycle Perfectionnement.
La partie B "Comment proposer le cycle apprentissage de la natation ?" qui suit, va nous éclairer sur
l'organisation générale d'un cycle Apprentissage pour chacun des publics : les adultes, les enfants.
À noter que la nage hybride et le dos à 2 bras exposés dans l'étape 3 "Équilibration" ne sont pas la priorité des
objectifs de cette étape, à l'inverse de l'acquisition de la technique des nages codifiées brasse et dos crawlé.
Mais la complexité de la coordination bras-jambes en brasse et de la dépense énergétique du seul battement
de jambes (dorsal ici) rendent parfois difficile la maîtrise d'exécution de ces deux formes de propulsion.
C'est pourquoi la nage hybride et le dos à deux bras sont de très bonnes alternatives au maintien d'un
certain équilibre horizontal (c'est ce qu'on appelle donc l'équilibration) par la forme de déplacement qu'ils
provoquent.
Ces deux sous-objectifs sont plutôt à considérer comme une étape "3 bis" qui convient parfaitement pour :
- l'objectif du "déplacement d'une quinzaine de mètres" mis en exergue au travers de la circulaire sur la
natation scolaire4 ;
- une première approche de sécurisation aquatique en cas de non maîtrise de la brasse et/ou du dos crawlé.
Notamment pour les enfants qui en fin de cycle n'ont pas compris et assimilé le placement des pieds pour
le ciseau de brasse, pour les adultes qui éprouvent des difficultés à faire certains mouvements liés à des
soucis physiques ou articulaires ;
- le test n° 1 de l'ENF : le "Sauv'nage" qui comprend plusieurs compétences à valider dont un déplacement
ventral de 15-20 mètres ainsi qu'un déplacement dorsal de 15-20 mètres également.
Nous détaillons cette démarche aux pages 72 à 77 : ce sont les exercices proposés dans les tableaux ; et aux
pages 189 à 191, où nous expliquons l'enjeu de cette propulsion.
4. Circulaire n° 2011-090 du 07 juillet 2011 du Ministère de l'Éducation Nationale sur l'enseignement de la natation dans les
premier et second degrés, parue au Bulletin Officiel n°28 du 14 juillet 2011.
30
B. Comment proposer le cycle Partie
Apprentissage de la natation ? 1
La manière dont va être proposé le cycle Apprentissage de la natation est sensiblement identique entre les
adultes et les enfants sur l'acquisition de la technique de nage codifiée. Par contre, il est différent sur les
premiers exercices abordés car les besoins ne répondent pas aux mêmes problématiques.
Deux tableaux définissent la trame générale pour le déroulement d'un cycle Apprentissage : un pour les
adultes, un autre pour les enfants.
31
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER IVEA IVEA
N N
U
1 2
FA M
ON
AP
E
P
AG
IL RE
TI
IARISA NTISS
Quel que soit le niveau, il est nécessaire de faire ce travail d'allongement/redressement avec maîtrise
respiratoire car même un adulte qui sait se déplacer n'aura pas forcément les bons réflexes sur des situations
imprévues et brutales.
Exemples : chuter d'un bateau gonflable et y revenir, tomber en arrière et se redresser, ne plus avoir "pied"...
32
B. Comment proposer le cycle Partie
Apprentissage de la natation ? 1
|Cycle Familiarisation/Apprentissage des adultes : organisation générale
Séances
Bassin
Problématiques Axes de travail Organisation PB : petit bain
GB : grand bain
• Équilibre + respiration • Allongement et redressement dorsal avec coordination respiration. • Avec le MNS • PB
• Équilibre + respiration • Allongement et redressement ventral et dorsal, avec début du • En binôme • PB
travail de déséquilibre/rééquilibre (se laisser tomber doucement à la
3 surface, se laisser remonter puis flotter).
• Équilibre + propulsion • Glissées ventrales + début du travail d'appuis des jambes. • Binôme/seul • PB
• Respiration • Immersions 1,50 m/2 m. Sans matériel • GB
En fonction de la progression des pratiquants et de l'organisation du cycle, nous pouvons envisager de prendre
plus de temps pour les premières acquisitions (respiration/allongement/chute = aisance) : soit une dizaine
voire une quinzaine de séances. Ensuite, autant de séances pour aborder la technique de nage.
33
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER IVEA
N
U
2
AP
GE
RE
NTISS
A
P
Les enfants
Il existe plusieurs façons de proposer le cycle, cela dépend de divers paramètres propres à chaque piscine ou
collectivité locale : créneaux, espace, découpage du planning sur l'année scolaire, nombre de maîtres-nageurs
disponibles...
Assez souvent, le cycle comporte 10 à 15 séances et concerne les enfants à partir de 7 ans.
Ici, nous nous basons sur une trame de 15 séances avec une séance par semaine sur le temps scolaire (donc
le cycle sur un semestre).
L'objectif essentiel est de garantir à l'enfant une sécurité aquatique le plus rapidement possible (au moins
un cycle) grâce à une technique de nage adaptée.
Il faut appréhender cette sécurité dans l'idée de pouvoir évoluer dans tout type d'environnement et quelques
soient les circonstances.
Revenons au terme "adaptée". Dans un premier temps, la BRASSE est la nage la plus appropriée pour tout
type de baignade. Aussi bien le milieu clos des piscines, où le règlement intérieur et le bâtiment prévoient une
configuration sans surprise (affichage des profondeurs, des interdits, des règles de sécurité/d'hygiène, locali-
sation des différents bassins : ludiques, sportifs...) que la diversité des milieux extérieurs : mer, lacs, rivières,
piscines ouvertes, clubs de vacances...
Surtout pour la mer et ses imprévus : vagues, courants, profondeurs inégales, remous... nager en brasse et
donc maîtriser les appuis latéraux (mains + ciseau) permet à tout moment et en présence de vagues et de
remous, de reprendre son "souffle" en se maintenant à la surface. Chose que l'enfant qui maîtrise uniquement
le crawl tête dans l'eau aura bien du mal à faire s'il n'a pas acquis une certaine efficacité grâce aux appuis
qu'offrent la brasse. Tourner les bras du style "grand chien" ne garantissent pas, dans un premier temps, cette
sécurité...
34
B. Comment proposer le cycle Partie
Apprentissage de la natation ? 1
Remarque En effet, le débutant qui nage la tête sous l'eau à tendance à multiplier les mouvements
inefficaces comme s'il cherchait à aller le plus vite possible. Le but est donc but qu'il
réduise le nombre de mouvements, qu'il s'en rende compte (il voit ce qu'il fait, tête hors
de l'eau) et qu'il gagne en amplitude et en allonge (bras).
|La brasse
Le point essentiel à ne surtout pas négliger lors des premiers exercices est le placement des segments des
membres inférieurs : insister pour le ciseau, sur un placement des deux pieds en ouverture lors de la
flexion des jambes (pointes de pieds orientées vers l'extérieur) + genoux placés en ouverture (ils sont légè-
rement écartés).
Plusieurs séances sont nécessaires au début (au moins 4 ou 5) pour répéter ou corriger les bons gestes et
placements (pieds, genoux, posture du corps). Si le ciseau n'est pas acquis, l'erreur serait d'arriver trop vite sur
la coordination bras-jambes : l'enfant aurait un grand nombre d'informations à traiter et il pourrait automatiser
de mauvais placements de pieds.
Une fois le ciseau acquis en position ventrale, on aborde la nage brasse avec les bras.
Nous allons définir trois séquences qui amènent progressivement à la nage complète :
1 "Brasse dissociée"
Il y a un mouvement de bras avec un temps d'arrêt (les jambes ne font rien), puis on fait le ciseau (les bras
sont immobiles : pliés ou tendus). Nous dissocions soit les bras soit les jambes.
2 "Brasse coordination"
Les bras s'allongent sur le ciseau. Il y a un enchaînement du mouvement bras-jambes (en coordination),
même si l'on remarque toujours un temps d'arrêt après le mouvement du "plier" des bras.
3 "Brasse continue"
Il n'y a plus de temps d'arrêt des mains sous le menton. La traction-allonge des mains s'enchaîne en continu
avec le ciseau. Il peut y avoir, ou non, un temps d'arrêt pour la glisse suivant le niveau d'aisance (des appuis
des mains).
35
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
• Test du niveau des enfants : faire éventuellement des groupes de niveau/diagnostic • Sans matériel
des problèmes, difficultés et capacités de chaque enfant/se définir des objectifs en fonction
1 des besoins propres à chacun (s'adapter à son niveau).
• Début du travail d'aisance aquatique : immersion/respiration/allongement ventral et dorsal/ • Sans matériel puis frites si besoin
premiers appuis propulseurs des jambes (battements) associés au placement et gainage du corps.
• Placement des segments pour chercher l'horizontalité : fusée ventrale et dorsale avec • 1 ou 2 frites/2 pains/sans matériel
travail du battement de jambes parfaitement placé (jambes tendues, pointes de pieds
2 en extension, chevilles souples, bassin à la surface).
• Travail respiratoire suivant le niveau : expiration longue en battement ventral + appui • 1 planche/sans matériel
des bras pour l'inspiration.
• Battement dorsal, bras en opposition : alignement du corps + allonge des bras. • 1 frite/2 pains/sans matériel
4 • Exercices dos : rattrapé-cuisses. • 1 frite
• Ciseau ventral (**) : placement/amplitude + allonge et maintien bras tendus. • 1 frite sous ventre + 1 planche mains
• Battement dorsal, bras en opposition : alignement du corps + allonge des bras. • 1 frite/2 pains/sans matériel
• Exercices dos : rattrapé-cuisses. • 1 frite
5 • Ciseau ventral (**) : travail sur placement + amplitude du mouvement • 1 frite sous ventre + 1 planche mains
(finir plus fort jambes serrées).
• Brasse dissociée (**) : insister sur la fin de chaque mouvement bien terminé. • 1 frite
36
C. Tester le niveau de ses pratiquants/ Partie
établir des groupes de niveaux 1
Au début d'un cycle, quel qu'il soit, ou à l'issue de celui-ci, évaluer le niveau est fondamental pour cibler les
capacités de départ ou les compétences acquises :
- L'évaluation "diagnostique" est un moyen efficace pour situer le niveau de pratique des "élèves"
quand nous avons pour la première fois le groupe en main. Les exercices que nous allons utiliser
doivent découler harmonieusement de ce test de départ.
- Le bilan qui peut être fait la dernière séance ne doit pas marquer une rupture, mais au contraire
préciser les axes d'amélioration pour le pratiquant, et être le point de transition vers les objectifs
futurs à définir (quelle suite à proposer pour un nouveau cycle ?).
Certains indicateurs ou comportements doivent donc permettre à l'éducateur d'évaluer à un instant donné le
niveau d'habileté motrice et l'aisance aquatique générale.
Il apparaît nécessaire, dans un souci d'efficacité, d'orienter convenablement le pratiquant dans l'activité
physique natatoire qui lui correspond le mieux : en accord avec ses besoins réels et les objectifs de progres-
sion du nageur.
37
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Pour faciliter cette tâche, nous proposons une "grille type" dans laquelle sont indiqués divers éléments qui
vont révéler si notre débutant est à l'aise ou non, si notre nageur a des manques/défauts techniques...
Ce sont les critères d'évaluation pour les cours d'Apprentissage et de Perfectionnement.
Avec ces critères, l'éducateur va pouvoir évaluer le niveau du pratiquant et répertorier nominativement dans
un tableau d'évaluation global les éléments essentiels.
C'est le tableau d'évaluation.
Remarques • Ce tableau servira surtout pour les enfants ; il est donc primordial, quand cela est
possible, d'homogénéiser la pratique pour éviter trop de disparités à l'intérieur d'un
même groupe. Exemple : avoir cinq enfants qui s'allongent à peine à la surface dont
quatre qui ont besoin d'apprendre la technique brasse et trois qui commencent à nager
en brasse et/ou dos crawlé.
• Pour les adultes, il est parfois moins aisé de faire des groupes homogènes suivant le
jour ou l’horaire du cours. Quelques raisons à cela :
- Plusieurs cours d’enfants ont lieu simultanément sur le même créneau horaire pour
des questions d’organisation, ce qui n’est pas forcément le cas pour les cours adultes.
Pour des cours simultanés, on peut jongler avec les différences de niveau des prati-
quants la première séance et réajuster si nécessaire.
- Contrairement aux enfants, la différence d’âge n’est pas un critère sélectif : nous
pouvons avoir des différences d’âge relativement importantes (20, 30 voire 40 ans
d’écart). Il faut prendre en compte les capacités physiques de chacun.
- Les disponibilités des enfants sont toujours les mêmes : après l’école (périscolaire)
ou les vacances (extra-scolaire). Pour les adultes actifs (non retraités), cela dépend de
leur activité professionnelle, etc.
Exemple pour des cours adultes le lundi :
- à 18 h : perfectionnement 1 (assez bon niveau) ;
- à 19h : perfectionnement 2 (niveau expert).
Si l’éducateur estime qu’un pratiquant "perfectionnement 2" serait plus à sa place dans
le "perfectionnement 1", il faut que l’adulte puisse être libre une heure plus tôt...
38
C. Tester le niveau de ses pratiquants/ Partie
établir des groupes de niveaux 1
Le déplacement ou technique de propulsion n'est a priori pas acquis mais il conviendra de reporter dans le
tableau si l'enfant a déjà certaines capacités : battement dorsal/ventral, nage hybride ventrale. Ou même
noter les éventuelles capacités techniques sur les trois nages codifiées (dos, brasse, crawl) : voir critères d'éva-
luation page suivante.
39
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Nous déterminons trois niveaux pour chacune des trois nages codifiées de base : le dos, la brasse et le crawl ;
qui correspondent à ce que l'enfant est capable de réaliser à un instant "t".
Ce bilan doit être cohérent et le plus objectif possible. Il sert également de lien pour l'équipe pédagogique et
les parents qui sont dans l'attente des "résultats" de leur progéniture...
Ces tests de niveaux vont être le dénominateur commun des deux problématiques auxquelles nous devons
faire face dans notre action pédagogique :
• À l'entrée dans un cycle "Natation" : dans quelle activité doit-être inscrit l'enfant (Initiation, Apprentis-
sage, Perfectionnement) ? Dans quel groupe de niveau dois-je le mettre (les "plus faibles" ou "plus forts") ?
• À l'issue du cycle : l'enfant a-t-il acquis le minimum de savoir-faire pour passer de l'Apprentissage vers le
Perfectionnement ?
La proposition que nous faisons est basée sur le principe suivant : l'enfant qui se situe au moins au niveau 2
pour le dos crawlé, et au niveau 3 pour la brasse, est apte à passer sur un cycle de Perfectionnement.
Il faut admettre la notion d'ACQUIS comme étant plus un schéma de maîtrise globale des postures techniques
que la maîtrise gestuelle parfaite et sans défaut des segments propulseurs et équilibrateurs.
DOS BRASSE
Niveau 2 (en cours d’acquisition) + Niveau 3 (acquis)
=
Passage en cycle Perfectionnement
40
C. Tester le niveau de ses pratiquants/ Partie
établir des groupes de niveaux 1
41
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
APPRENTISSAGE
FAMILIARISATION
PERFECTIONNEMENT
Immersion/Respiration Équilibre PROPULSION
Mettre Immersion Étoile
Souffler
bouche (B) du corps Ventrale Dorsale
Critères 1''
dans l’eau Oui (O) DOS BRASSE CRAWL
d’évaluation 3''
ou tête (T) Oui (O) Non (N)
> 3''
dans l’eau Non (N) Moyen (M)
Enzo B 3'' N M M _ _ _
Lou B 3'' O M N _ _ 1
Lucas T 1'' N N N _ _ _
Justine T 3'' O O O 2 _ 2
Louis T 3'' O O N _ _ 1
Sarah B 1'' N N N _ _ _
42
C. Tester le niveau de ses pratiquants/ Partie
établir des groupes de niveaux 1
Définitions
Observations
43
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Léa 3 3
Tom 3 3
Lou 3 3
Justine 3 3
Louis 3 3
Maëlle 3 3
Pierre 3 3
44
C. Tester le niveau de ses pratiquants/ Partie
établir des groupes de niveaux 1
45
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Même si dans ces trois cas, il est nécessaire de refaire un deuxième cycle Apprentissage, les options proposées
pourraient être différentes suivant le niveau et/ou la maturité de l'enfant.
Pour Enzo : nous pouvons envisager une autre session sous forme de stage condensé plus court. Moins de
cours lui serait nécessaire par rapport aux deux autres camarades afin d'arriver à la maîtrise technique brasse.
Pour Lucas et Sarah : il est nécessaire, compte tenu des appréhensions de départ et du niveau (1) acquis en
brasse, de recommencer un deuxième cycle complet qui leur serait bénéfique.
Ces critères et tableaux d'évaluation, plutôt à destination des "non nageurs", sont des outils concrets pour
harmoniser et cadrer le discours de l'équipe pédagogique, mais aussi pour pointer les atouts et/ou les
faiblesses de chacun des pratiquants de manière pertinente.
Par la suite, avec des nageurs, il peut être également opportun d'apprécier le niveau technique pour mieux
cibler certaines caractéristiques de nage qui vont révéler la bonne ou mauvaise gestion d'une distance
parcourue.
La partie D "Évaluer la technique de ses nageurs" explique à l'éducateur comment mesurer quelques
indices sur une distance chronométrée en répertoriant ces données dans des tableaux de mesures.
46
D. Évaluer la technique Partie
de ses nageurs 1
Tableau "Amplitude/Fréquence/Vitesse" :
25 mètres crawl chronométré –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– 50
Tableau "Amplitude/Fréquence/Vitesse" :
100 mètres crawl chronométré –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– 51
La progression de notre nageur sur le plan physique et technique nous amène à pouvoir mesurer certains
paramètres de nage qui seront révélateurs de sa gestion de la distance parcourue mais aussi de sa capacité à
gérer la dépense énergétique.
47
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
48
D. Évaluer la technique Partie
de ses nageurs 1
}
AMPLITUDE : nombre de mètres par cycles de bras
distance
Nage efficace
nombre de cycle
+ =
je maintiens ma
fréquence tout en
FRÉQUENCE : nombre de mouvements par minute
préservant mon
nombre de cycle x 60'' amplitude
temps
+
49
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
27 mvts
Cécile 0,93 mètre/cycle 79,10 mvts/minute 1,22 mètre/seconde
20''48
36 mvts
Nathalie 0,69 mètre/cycle 80,24 mvts/minute 0,93 mètre/seconde
26''92
27 mvts
Bertrand 0,93 mètre/cycle 68,91 mvts/minute 1,06 mètre/seconde
23''51
30 mvts
Laëtitia 0,83 mètre/cycle 78,88 mvts/minute 1,10 mètre/seconde
22''82
17 mvts
Mickaël 1,47 mètre/cycle 65,46 mvts/minute 1,60 mètre/seconde
15''58
27 mvts
Patricia 0,93 mètre/cycle 73,91 mvts/minute 1,14 mètre/seconde
21''92
29 mvts
Arnaud 0,86 mètre/cycle 87,22 mvts/minute 0,93 mètre/seconde
19''95
30 mvts
Gérard 0,83 mètre/cycle 84,79 mvts/minute 1,18 mètre/seconde
21''23
29 mvts
Annaïg 0,86 mètre/cycle 91,82 mvts/minute 1,32 mètre/seconde
18''95
23 mvts
François 1,08 mètre/cycle 87,22 mvts/minute 1,25 mètre/seconde
15''39
22 mvts
Claire 1,13 mètre/cycle 73,90 mvts/minute 1,39 mètre/seconde
17''86
29 mvts
Mathieu 0,86 mètre/cycle 100,06 mvts/minute 1,43 mètre/seconde
17''39
50
D. Évaluer la technique Partie
de ses nageurs 1
51
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
| Le public concerné
Par exemple, pour des adultes qui viennent une fois par semaine sur une pratique loisirs :
- Ils sont d'un niveau "assez bon" à "confirmé" : sur une heure de pratique, ils nagent entre 1500 et 2000 mètres.
- Sans rechercher la performance, nous essayons de les faire progresser en alliant : conseils précieux, convi-
vialité, amélioration de certaines postures, bonne humeur...
- Les petits défauts facilement repérables : l'allonge des bras ou le placement-alignement n'est pas toujours
correct, les relâchements aériens ne sont pas optimums, le placement respiratoire n'est pas toujours parfait,
le battement-jambes est plus ou moins efficace...
Nous donnons, à titre d'exemple pour quatre nageurs, une brève analyse des indicateurs chiffrés...
100 m = 2'31"64 A 0,86 m/cycle A 0,69 m/cycle A 0,66 m/cycle A 0,63 m/cycle
25 m crawl chrono FQ 63,45 mvts/min FQ 54,64 mvts/min FQ 56,17 mvts/min FQ 54,42 mvts/min
36 mvts 26''92 V 0,91 m/sec V 0,63 m/sec V 0,62 m/sec V 0,57 m/sec
• La gestion de l'effort n'a pas été réussie. Elle réalise 27"42 au premier 25 mètres, ce qui est quasiment le même
temps pour son "25 chrono" (26"92). Elle est partie trop vite sur le premier 25, malgré une bonne amplitude de
nage (29 mouvements pour 0,86 mètre/cycle). Le nombre de mouvements est assez conséquent pour les trois
derniers 25 mètres (36-38-40).
• Par rapport à son "25 mètres chronométrés" où elle fait 36 mouvements (pour 26"92), sur le deuxième 25 du 100
mètres, elle fait le même nombre mais... presque 13 secondes de plus (39"53) ! Elle s'est "écroulée" après 25
mètres de nage, bien quelle ait réussi à maintenir sa vitesse sur les deuxième et troisième 25 mètres (vitesse de
nage : 0,63 puis 0,62 mètre/seconde).
52
D. Évaluer la technique Partie
de ses nageurs 1
• Son premier 25 mètres (22"95) est plus rapide que son "25 chrono" (23"51) ! Ensuite, il gère très bien sa vitesse de
nage car les 3 autres 25 sont presque du même temps et le dernier est plus rapide (28"07) que le troisième (28"59).
• Malgré un nombre de mouvements qui augmentent à chaque 25 mètres (25-29-30-33), sa fin de course est
intéressante car il finit vite. Mais techniquement, il a une fréquence plus importante au dernier 25 mètres (70
mvts/min) qu'au premier (65 mvts/min), et 8 mouvements de plus entre le premier 25 mètres (25 mouvements)
et le dernier (33 mouvements). Ce dernier 25 mètres est efficace d'un point de vue vitesse de nage, mais se
dégrade quant à l'amplitude (0,76 mètre/cycle au lieu d'un mètre pour le premier 25) et la fréquence (évoquée
précédemment). Il a nagé trop "petits bras" en s'épuisant.
• De plus, on peut faire l'hypothèse que le temps de son "25 mètres chrono" ne correspond pas à sa vitesse
maximale car il nage une demi-seconde moins vite que le premier 25 du "100 mètres chrono".
• Techniquement, son premier 25 mètres est meilleur que son "25 mètres chrono". Elle fait un mouvement de moins
(29 contre 30), elle a une plus grande amplitude (0,86 m/cycle contre 0,83). Tout en ayant une fréquence plus
faible (76,55 mvts/min contre 78,88), elle nage plus vite (22"73 contre 22"82).
• Le point positif est qu'elle a réussi à allier une bonne gestion technique (amplitude + fréquence) et énergétique
(vitesse) pour son premier 25 mètres. Par contre, le reste de la course est moins bien géré : les paramètres "amplitude-
fréquence-vitesse" diminuent à chaque 25 ; entre le premier et dernier 25, il y a presque 10 secondes d'écart.
• La fin de son 100 mètres est peut-être la conséquence d'un début de course nagée un peu trop rapidement.
• La gestion du 100 mètres est très bonne. Le nombre de mouvements par 25 mètres est très régulier (14-14-14-16),
donc l'amplitude de nage est maintenue tout au long de la course, même si sur le dernier 25 il fait 2 mouvements
de plus (pour finir fort).
• Bien que la vitesse de nage diminue du premier au troisième 25 mètres (1,45 puis 1,33 et 1,20 mètre/seconde),
l'amplitude est constante (1,79 mètre/cycle). Sans perdre trop de vitesse, les deuxième et troisième 25 mètres
sont bien maîtrisés en glisse et allonge de bras ; cette gestion technique de milieu de course lui a permis de réaliser
un dernier 25 mètres aussi bon que le premier (le temps réalisé étant identique 17"16).
• En partant un peu moins vite, il pourrait gagner quelques dixièmes à l'arrivée. La fréquence du premier 25 mètres
(48,95 mvts/min) est un peu élevée par rapport au troisième 25 (40,48) qui démontre un peu de relâchement et/
ou fatigue. Cette baisse de régime lui a quand même permis d'accélérer sa fréquence (55,94 mvts/min) tout en
gardant son amplitude de nage.
Les quatre premières sous-parties se sont focalisées sur une approche générale de la progression par étapes
tout en offrant les outils nécessaires pour évaluer le comportement aquatique et technique du pratiquant.
La partie E "Les exercices par niveaux/étapes de progression" va maintenant exposer de façon précise
l'ensemble des exercices sur lesquels nous devons nous appuyer pour construire nos séances de natation.
53
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
54
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
55
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Les exercices sont regroupés et déclinés hiérarchiquement pour chacune des étapes de progression. Mais
suivant le niveau, ils seront orientés soit sur une base de travail d'aisance aquatique et des premières sensa-
tions d'immersion et de flottaison soit sur une base plus technique en privilégiant l'acquisition croissante des
éléments des nages codifiées.
56
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
IVEA
N
U
NIVEAU 1 : FAMILIARISATION
1
FA M
ON
ÉTAPE 1 • ÉTAPE 2 IL
TI
IARISA
Ce premier niveau est, comme nous l'avons dit dans la description générale au début de l'ouvrage, destiné
principalement aux adultes, et surtout ceux qui ont de grandes appréhensions du milieu aquatique : ce sont
les aquaphobes dont nous avons évoqué le cas précédemment.
Ces étapes vont donner de l'importance au travail respiratoire pour mieux accepter la flottaison et donc l'im-
mersion du visage en position ventrale.
Sur ces deux étapes, l'essentiel se portera sur des exercices :
- de respiration et d'immersion : étape 1 ;
- d'allongement du corps à la surface de l'eau et de redressement en autonomie : étape 2.
La phase de redressement du corps sera précisée en respectant ce travail respiratoire, afin de transposer cet
objectif aussi bien en moyenne comme en grande profondeur.
L'objectif sera, en petite profondeur, de pouvoir reprendre les appuis plantaires sans paniquer : revenir à la
position debout.
En grande profondeur, l'intérêt sera de pouvoir passer de la position ventrale à la position dorsale et inverse-
ment, en acceptant la bascule du corps tout en maîtrisant les phases respiratoires (inspiration-apnée-expira-
tion).
Les premiers appuis "moteurs" : utiliser ses mains (appuis latéraux) et/ou ses pieds (battement de jambes)
qui feront déplacer le corps doivent être assimilés ici, non pas comme un objectif de technique de propulsion
absolue. Le débutant va pouvoir revenir au bord par ses propres moyens à la suite d'un saut en avant ou d'une
chute en arrière volontaires effectués en grande profondeur.
57
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
ÉTAPE 1 • RESPIRATION/IMMERSION
N° Exercice Matériel
1 Inspirer Aucun a c
expirer "Terrien"
Expi
Inspi Expi
au bord, O2 CO2 Inspi
plusieurs fois
b d
de suite si
"Nageur"
possible
Inspi Inspi
Expi Expi
2 Inspirer Aucun
bloquer Inspirer Inspirer
a b
expirer bloquer bloquer
expirer
Inspi
au bord Inspi
✗ Apnée ✗
Apnée 5''
Expi
3 Idem + Aucun
arriver en
position
ventrale
Flexion
tête
au bord 4''
6''
8''
10''
58
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Mains accrochées au bord : effectuer ce travail respiratoire, d'abord visage hors de l'eau, pour bien se concentrer sur les
différentes variantes. Variantes :
Idem, avec travail sur le temps d'apnée pour maîtriser le blocage au niveau de la glotte. Le temps d'apnée d'abord
bouche fermée puis bouche ouverte ; pour ce dernier exercice, tête hors de l'eau puis dans l'eau.
L'intérêt étant de faire prendre conscience que l'on avale pas d'eau si on bloque la glotte. Le muscle essentiel qui
permet l'inspiration et l'expiration est le diaphragme : il se contracte et s'abaisse pour permettre à l'air d'entrer
dans les poumons.
L'épiglotte, dans la gorge (pharynx et larynx) permet, elle, de bloquer le passage de l'air quand on avale, grâce à
un petit clapet appelé glotte, pour éviter que les aliments et l'eau ne rentrent dans les poumons.
Mains accrochées au bord, le but est de laisser traîner les jambes derrière afin de commencer à ressentir la poussée
d'Archimède. En y associant le travail respiratoire :
Inspirer puis expirer de suite, tête immergée, de façon progressive et régulière (au moins 5 secondes). Sortir la tête
de l'eau lentement.
Variantes :
- le plus longtemps possible en maîtrisant son volume expiré ;
- souffler (4, 6, 8, 10 secondes) en ayant à la fin une expiration explosive comme si l'on voulait crier très fort
sous l'eau.
➊ Souffler aussi longtemps qu'il y a de l'air dans les poumons pour avoir une expiration complète (active) et par
conséquent une inspiration passive. Il faut en fin d'expiration ne plus pouvoir sortir d'air (on est donc en contraction
ventrale). Puis idem en enchaînant 2, 3, 4 cycles consécutifs.
➋ Par deux, en se tenant les mains : un souffle et essayer au fur et à mesure de se laisser descendre au fond
en lâchant les mains du partenaire (la pesanteur est alors supérieure à la poussée d'Archimède = on "coule" !).
59
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
7 Positionne- Aucun
ment
du corps
dans l'eau
au PB, en
binôme
Allongement ventral "Boule" Allongement dorsal
au PB
9 Immersion Perche
du corps
Remontée active
petite et
grande Remontée passive
profondeur
10 Évoluer et Perche
se déplacer
en grande
Ligne
profondeur d'eau
GB Bassin
60
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
En position ventrale avec un volume d'oxygène important, on souffle pour arriver en position groupée avec une
expiration complète pour le redressement.
Passer d'une position à l'autre afin de situer son corps dans l'espace : allongement ventral/"boule"/allongement dorsal
et inversement.
Boule : c'est l'image du corps position groupée (bras pliés attrapant les jambes pliées + tête fléchie avec menton collé-
poitrine)
➊ Travail des appuis latéraux des mains en marchant, les épaules immergées. Puis en essayant de lever les pieds afin
d'être de temps en temps en suspension dans l'eau le dos droit (j'avance sur 1 ou 2 mètres grâce à mes membres
supérieurs).
➋ Idem une frite entre les jambes (si la personne est à l'aise), travail des mains en godille (rester sur place ou tourner),
puis en traction (on avance) et en poussée (on recule).
➌ Idem corps immergé (boule ou en allongement), sans matériel, donc en apnée quelques secondes, puis expiration
longue afin de bien sentir les appuis pendant quelques secondes.
Aller toucher le fond avec les pieds et/ou les mains en s'aidant de la perche (rester le plus près possible de la perche
afin de ne pas allonger ses segments et subir trop vite la poussée d'Archimède) au PB/GB.
Variantes :
- descendre sans (tout) souffler, puis se laisser remonter grâce à la poussée d'Archimède = REMONTÉE
PASSIVE ;
- descendre, lâcher la perche, puis remonter grâce aux appuis des mains et/ou des jambes (remontée
active).
La perche est posée sur le bord et sur la ligne d'eau, donc en travers du couloir de nage (si cet aménagement est
possible).
• Du bord, aller rejoindre la ligne d'eau en s'aidant de la perche avec une ou deux mains, puis revenir.
Essayer de faire la même chose en s'aidant le moins possible des membres supérieurs, utiliser des appuis latéraux
pour se déplacer quelques secondes sans aide.
• Immersion : à la moitié de la perche, s'arrêter, se laisser couler puis remonter en poussant sur le fond du bassin.
Essayer de s'allonger sur le ventre et/ou sur le dos quelques secondes, puis rattraper la perche et revenir au bord.
61
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
ÉTAPE 2 • ALLONGEMENT/REDRESSEMENT
N° Exercice Matériel
1 Allongement Aucun MNS
et
redressement
ventral
Allongement
ventral
avec MNS au
bord ou dans
l'eau puis en
➊ Grouper les jambes ➋ Redresser la tête ➌ Debout,
binôme pieds au sol
2 Allongement Aucun
et
redressement
dorsal
Allongement
avec MNS puis dorsal
en binôme
au ventral
en binôme
Bascule/rotation
en binôme
Bascule/rotation
Bascule/rotation
62
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Idem exercice 3 : étape 1 avec la coordination du travail respiratoire.
Je prends mon inspiration et je me place (tête-bras-jambes) pour arriver à l'horizontale en blocage respiratoire :
➊ Plier les jambes en commençant à souffler.
➋ Redresser la tête.
➌ Dégrouper les jambes pour reposer les pieds au sol en douceur.
Bras + mains peuvent également aider au redressement, par leur action d'appui vers le bas et l'arrière.
Le but est d'arriver à se redresser seul, car une fois le travail respiratoire maîtrisé, il est relativement facile de se retrouver
en position allongée, mais se redresser sans aide exige encore plus de maîtrise d'appuis et de relâchement.
Lors de la bascule du corps en avant, rester en position boule, avec un maximum d'air dans les poumons.
Puis dégrouper les jambes pour s'allonger puis se redresser suivant le scénario précédent.
Cet exercice se fait sans poser les pieds au sol. Cela permettra au débutant plus tard d'être capable de changer
de direction seul au grand bain quand il sera sur le début des techniques de nage.
Idem, lors de la bascule du corps en arrière, amener tout de suite la tête en extension pour accentuer également
l'extension de la colonne vertébrale.
Utiliser les appuis des mains pour stabiliser le corps lors de la bascule en arrière et ne pas subir un enfoncement
sous l'eau trop conséquent du fait de la sortie de la tête au-dessus de la surface de l'eau.
63
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
redressement 1 frite
ventral
et dorsal
avant
en binôme
face à face
en binôme
(1 devant,
1 derrière)
8 S'immerger Aucun
avec
impulsion
du sol
Extension
seul ou en
binôme Flexion
Immersion en se laissant
tomber dans l'eau
64
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Même travail que les exercices 1 à 4 : appuyer sur les frites pour favoriser la réaction amplifiée de la poussée
d'Archimède du bas vers le haut et donc favoriser la bascule (si deux frites : une sous chaque bras ; si une frite : sous
les deux bras).
Le but étant de rendre le débutant autonome avec matériel car beaucoup d'exercices futurs se feront avec matériel. Et
mieux vaut être capable de lâcher son support de flottaison pour pouvoir se redresser si cela est gênant plutôt que d'être
souvent habitué à s'allonger et se redresser avec les frites et ne plus savoir quoi faire le moment où le pratiquant ne les
a plus !
Au petit bain, se laisser tout doucement tomber en avant (position de départ fente avant) vers le partenaire pour
se retrouver en allongement ventral.
D'où un début de glissée ventrale, puis se redresser seul si possible.
Fléchir les jambes, faire quelques pas en arrière puis se laisser tomber en arrière, bloquer sa respiration et se laisser
flotter.
Le but est de commencer à accepter de chuter en arrière et de sentir que, de ce déséquilibre, la poussée d'Archimède
n'en sera que plus importante (le corps remonte vite).
Au petit bain, prendre une impulsion vers le haut (saut) et se laisser tomber dans l'eau en bloquant sa respiration et/
ou soufflant, puis se remettre debout.
Variantes :
- se laisser tomber en avant/en arrière/sur le côté ;
- positon boule/à plat.
Le but est de commencer à ressentir la pression de l'eau sur le corps lors de la chute vers le bas et plus particulièrement
sur le visage. Ainsi la personne devra prendre en compte tous les aspects respiratoires afin de ne pas "boire la tasse" et
être obligé d'arrêter tout mouvement parce qu'elle a aspiré de l'eau.
65
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
arrière
au PB
(profondeur
1 m/1,50 m)
au bord
Moyenne profondeur (1 m/1,50 m)
en binôme
puis seul
12 Se déplacer Aucun
en utilisant
ses bras et
ses jambes
Se servir
de l'appui
des mains
Battement + appuis mains Inspiration = extension tête + appuis mains
pour respirer
(extension de
la tête)
66
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Du bord, en position accroupie pour commencer, idem que dans le petit bain.
Se laisser tomber puis remonter. Le but ici étant d'accepter de ne pas pouvoir reprendre des appuis plantaires pour
revenir au bord. Puis position semi-accroupie, puis debout : là, en avant, on exigera un saut bouteille et en arrière,
on demandera plutôt de rentrer dans l'eau par une bascule arrière pour éviter le risque d'un saut arrière qui exige
une bonne impulsion et une relative souplesse au niveau des jambes.
Cette séquence de propulsion peut être envisagée avant celle des chutes avant/arrière, afin de pouvoir utiliser
un premier mode de déplacement (par les appuis des membres inférieurs) pour revenir au bord quand l'individu
n'a plus pied.
- Par deux face à face : dans la continuité de l'exercice 6, garder les bras tendus devant et commencer
à "taper les pieds" (battement ventral) quand la glissée ventrale diminue. On expire progressivement
et on essaye de se redresser quand on a tout soufflé.
- Idem avec une planche afin d'insister sur l'allonge des membres supérieurs et l'orientation des mains dans
l'axe de déplacement. Puis en position bras en flèche, les mains à plat collées l'une sur l'autre, doigts serrés
et parallèles à l'axe de déplacement.
En battement ventral continu, faire des mouvements de bras de brasse, tête dans l'eau, de façon lente et ample
(allonge devant) en s'appliquant sur l'orientation de la paume des mains.
Le but est de commencer à pouvoir dissocier deux actions : celle des bras et celle des jambes. Les bras servent
dans un premier temps à augmenter la propulsion du débutant, puis dans un second temps à sortir la tête de l'eau
pour prendre une inspiration.
67
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
IVEA
N
NIVEAU 2 : APPRENTISSAGE
U
ÉTAPE 3 • ÉTAPE 4
2
AP
GE
RE
NTISS
A
P
NIVEAU 2 :
Nous arrivons ici sur les premières formes de propulsion et de placement du corps dans l'espace pour favoriser
la glisse ou pour le moins, diminuer les résistances.
Si l'objectif de réaliser une glissée ventrale en plaçant ses segments dans l'alignement du corps est un aspect
intéressant, il n'en reste pas moins que la priorité sera quand même axée sur la technique de déplacement.
Dans une perspective de résultat à court terme, nous faisons le choix de la brasse et du dos pour offrir rapide-
ment au débutant une (relative) sécurité aquatique par deux nages que nous pouvons qualifier de "confort".
Le but recherché n'est pas la performance ni la vitesse de nage, mais un mode de propulsion qui doit être
transposable quelque soit la nature de la baignade et des incidences extérieures : piscine, mer, lacs,
rivières, avec des vagues, du remous, de l'instabilité... qui place le nageur dans des situations inconfortables.
L'énorme avantage de la brasse vient, d'une part, de son faible coût énergétique à vitesse lente, et,
d'autre part, de la possibilité de stabiliser son corps en surface grâce aux appuis simultanés des bras
et des jambes.
A contrario, le crawl nagé lentement, n'est plus le meilleur moyen pour réduire le coût énergétique et favoriser
le maintien des voies aériennes ou garantir un repérage visuel sans contrainte (se situer sur le plan spatial).
68
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
L'étape 3 concerne l'objectif de glissée ventrale avec plusieurs variantes en jouant sur la respiration (avec
ou sans expiration) ou bien en y incluant le battement de jambes afin de maintenir le corps à l'état d'équilibre
(le corps va commencer à se déplacer sur une distance plus longue).
L'étape 3 bis suggère deux modes de propulsion pertinents qui réduisent les déséquilibres longitudinaux
(axe horizontal) et facilite le maintien des voies aériennes et du repérage visuel : la nage hybride (ventrale)
et le dos à deux bras.
L'étape 4 va mettre en avant la progression des éléments techniques qui amènera le pratiquant à maîtriser
la codification des nages : brasse et dos (crawlé).
• Pour la brasse : l'utilisation de matériel est nécessaire, mais attention à ne pas trop s'y habituer ou
sur-équiper l'individu ! Au départ, les frites et la planche suffisent largement pour faciliter la gestuelle. Ensuite,
plutôt en milieu ou fin de cycle, nous préférons proposer la ceinture avec seulement deux pains autour de la
taille (les deux autres serviront le cas échéant pour les mains).
• Pour le dos (crawlé) : après avoir insisté sur l'alignement des segments, on va chercher à acquérir un
battement de jambes en plaçant les bras en opposition (fixes). Le corps une fois parfaitement aligné dans
l'axe de déplacement, il sera plus facile d'entrevoir la gestuelle des bras par le travail aérien et aquatique en
mouvements de "rattrapé-cuisses" avec ou sans matériel.
69
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
2 Glissée Aucun
ventrale
➊ 1 pied au mur
sans bras-flèche ➋ Immerger la tête
battement/
sans expiration
➍ Poussée - glissée
ventrale
➌ 2 pieds au mur
jambes fléchies
sans
battement/
Expi complète
avec expiration + Expi
Glissée ventrale... ...Redressement
70
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
➊ Petite poussée du sol pour se mettre en allongement ventral : le but est d'arriver au maximum d'allonge (bras-
jambes tendus) et au minimum de résistance (tête sous les bras tendus, tenir le flotteur avec les mains collées)
puis battement de jambes le plus longtemps possible en expiration (le partenaire essaye de corriger ou d'aider
au placement : sensations tactiles).
➋ Idem sans matériel : minimum de résistance (tête sous les bras, menton collé-poitrine, mains collées à plat
l'une sur l'autre, doigts serrés en évitant de bouger la tête) ➞ les bras en flèche.
Expiration longue et progressive pour favoriser l'augmentation du temps de propulsion.
Idem exercice 2.
Commencer à expirer quand la vitesse de glisse diminue et essayer de coordonner la fin d'expiration (complète)
sur le redressement (en suivant le scénario acquis lors de l'étape 2).
Idem mais faire du battement de jambes avec une expiration (au moins 5 secondes). Essayer d'inspirer puis enchaîner
un deuxième cycle expiratoire.
Idem avec travail d'appuis des mains pour inspirer : après l'expiration, essayer de continuer à battre des jambes sur un
mouvement latéral des bras (brasse).
Lever la tête sur l'appui des bras puis allonger de suite les mains avec la flexion de tête pour reprendre l'équilibre
devant.
71
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
2 Battement 1 frite
ventral sous les Mouvements latéraux des bras
tête hors bras
de l'eau +
mouvements
de bras
latéraux
continus
Inspi
3 Battement 1 frite
ventral fusée, sous les
tête dans l'eau, bras
mains collées
Expi
devant
Expi Un mouvement
de bras
Mouvements latéraux
des bras
Mouvements latéraux
des bras
72
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Bras tendus devant, mains collées à plat : battement de jambes en regardant droit devant afin de bien voir l'allonge
des bras et la position des mains.
Le but est de placer ses bras et ses mains parfaitement alignés dans l'axe de déplacement et de maintenir cette
position, car souvent au début, les enfants ont tendance à appuyer ou taper inutilement devant par manque d'aisance.
Passer rapidement à l'exercice suivant.
Idem exercice 1 + effectuer des mouvements de bras qui aideront à la propulsion (essayer de se rapprocher des
mouvements de bras de la nage codifiée BRASSE).
Le but est de maintenir des appuis manuels amples (allonge devant) et plutôt lents que rapides pour faciliter le maintien
de la tête hors de l'eau mais aussi pour rassurer et faciliter la propulsion du débutant crispé.
Battement de jambes en expiration assez longue, imposer de garder les mains collées lors de l'inspiration.
Le débutant, quand il n'est pas assez à l'aise encore avec les appuis des mains, après son expiration en fusée, aura
tendance à écarter les mains de façon inefficace : souvent il va chercher à appuyer ou taper les mains vers le bas pour
essayer de relever sa tête alors que ce n'est pas nécessaire.
Expirer en battement de jambes, bras tendus fixes (ou bien en mouvements latéraux) : essayer, pour inspirer, de lever
la tête avec un mouvement bras brasse lent et ample.
Ensuite : bien allonger ses mains ou les pains (collés) + position tête sous les bras.
73
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
2 Battement 2 frites
de jambes bras
écarts
3 Battement 1 frite
de jambes sous les
bras
4 Battement 1 frite
de jambes sur les
cuisses
5 Battement 2 pains
de jambes
74
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Travail sur la position du corps et mouvements des membres inférieurs tête (oreilles dans l'eau + regard plafond),
bassin (nombril à la surface) + placement genoux (sous la surface), jambes et pointes de pieds tendues serrées.
Bras pliés, deux mains sur la poitrine qui tiennent la frite : insister pour garder les oreilles dans l'eau
+ le regard au plafond.
Bras tendus, deux mains aux cuisses : rapprocher les mains (collées).
Garder le ventre à la surface.
Bras écartés : angle à 90° buste/bras. Le corps donne l'image d'une "croix" †.
75
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
➌ Croix... ➍ Cuisses
76
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
➊ Bras-cuisses : coller les pains ou les mains sur le côté des cuisses.
➋ Garder les bras tendus : GAINAGE du corps.
77
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
(dos)
3 Ciseau 1 frite
PES : PLIER - ÉCARTER - SERRER (ventre) idem...
ventral +
1 planche
PES
Ciseau de brasse
4 Brasse 1 frite
Dissociée sous
les bras
1 x bras
écarter - plier - STOP 1 x ciseau
STOP
78
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Idem, plier-écarter-serrer :
- les enfants = tête hors de l’eau (regard fixe) pour les obliger à se concentrer sur les sensations du ciseau ;
- les adultes = privilégier la tête dans l’eau pour solliciter au minimum la colonne vertébrale par un
creusement du dos, pour un maximum de répétitions sans douleurs cervicales, dorsales ou lombaires.
Idem, frite sous le ventre et planche dans les mains, bras tendus.
Recherche de l’allongement du corps avec le mouvement propulseur.
1 x bras (écarter-plier) : temps d’arrêt les mains attrapent la frite (jambes immobiles).
1 x ciseau (bras immobiles) : les mains restent à la frite.
79
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
6 Brasse 1 frite
Dissociée sous bras
+ 2 pains
1 x bras 1 x ciseau
écarter - plier - allonger - STOP STOP
7 Brasse 1 frite
Coordination sous bras
+ 2 pains
8 Brasse 1 frite
Coordination sous bras
+ 2 pains
80
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
1 x bras (écarter-plier) = temps d’arrêt (pains sous le menton)/1 x ciseau + allonge des mains.
3 secondes temps arrêt-glisse.
81
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
10 Brasse 1 frite •
Continue
Écarter
Plier Plier
Écarter Allonger
Serrer
82
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
1 x bras sans temps d’arrêt bras pliés/1 ciseau sur l’allonge des bras.
3 secondes glisse.
Mouvements bras + jambes lents.
83
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
2 Battement 2 frites
de jambes bras
écarts
3 Battement 1 frite
de jambes sous les
bras
4 Battement 1 frite
de jambes sur les
cuisses
5 Battement 1 frite
de jambes sur les
cuisses
84
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Travail sur la position du corps et mouvements des membres inférieurs : tête (oreilles dans l’eau + regard plafond),
bassin (nombril à la surface) + placement genoux (sous la surface), jambes et pointes de pieds tendues serrées.
Bras pliés, deux mains sur la poitrine qui tiennent la frite : insister pour garder les oreilles dans l’eau + le regard
au plafond.
Bras tendus, deux mains aux cuisses : rapprocher les mains (collées).
Garder le ventre à la surface.
Opposition des bras tendus : un bras à la cuisse/un bras collé à l’oreille. Le but est d’avoir un alignement du corps
"parfait" (axe de déplacement).
85
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
7 Battement 2 pains
de jambes
8 Battement 2 pains
de jambes puis sans
matériel
9 Rattrapé 1 frite ➊ ➋
temps d’arrêt sur les
cuisses
5" : 1 mvt aérien 1 bras - STOP 5" : 1 mvt aquatique 1 bras - STOP
86
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
➊ 5 secondes de battement de jambes seul, deux bras cuisses, puis un mouvement sortie aérienne du bras tendu vers
le plafond (dans l’axe du déplacement) et placement-tête puis...
➋… 5 secondes de battement de jambes seul, bras opposition, puis un mouvement aquatique le plus profond possible.
87
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Sans matériel
12 Nage
complète
DOS CRAWLÉ
88
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Idem mais sans temps d’arrêt à la tête. Un mouvement complet un bras (aérien puis aquatique) en battement de
jambes continu.
5 secondes de battement de jambes bras en opposition puis un mouvement complet alterné (aérien-aquatique) avec
temps d’arrêt à chaque fin de mouvement afin de bien garder la position corps gainé.
Insister, dans un premier temps, sur des mouvements plutôt lents pour favoriser les placements. Souvent l’enfant a
une gestuelle trop rapide qui se révèle inefficace car des postures mal respectées augmentent le coût énergétique.
Idem exercice 11 sans temps d’arrêt : les mouvements sont continus et se font de manière alternée
(il n’y a jamais les deux mains au même moment aux cuisses).
89
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
NIVEAU 3 : PERFECTIONNEMENT
ÉTAPE 5 • ÉTAPE 6
NIVEAU 2 :
Après avoir effectué un cycle Apprentissage, le Perfectionnement est la suite logique pour améliorer certaines
postures, corriger certains défauts, ou développer la technique du crawl.
En somme, les premiers mouvements alternés en dos et simultanés en brasse sont un excellent pré-requis
pour la suite : coordonner la respiration sur les mouvements.
La difficulté de ce niveau réside dans l'évaluation que l'éducateur va faire lors de la première séance afin de
juger si le pratiquant est apte ou non à évoluer dans un cycle comme celui-ci. D'où l'importance capitale du
test de niveau lors de cette première séance.
Les critères et tableaux d'évaluation (partie C) doivent alors être bien intégrés par l'éducateur pour émettre
un jugement le moins subjectif possible.
Les étapes de ce niveau Perfectionnement se caractérisent par la prise en compte de :
- la gestion de la respiration coordonnée sur les mouvements (étape 5) ;
- la gestion énergétique en optimisant l'amplitude de nage et en réduisant les résistances à l'avance-
ment (étape 6).
L'Annexe page 200 "Les déséquilibres dans l'espace" illustre les déséquilibres du corps qui sont la consé-
quence de mauvais placements des appuis moteurs ou des segments (exemple de la tête).
Les principaux objectifs spécifiques pour les trois nages codifiées abordées dans ce niveau :
Amplitude de nage afin de coordonner sa respiration sur les mouvements : gestion des
LA BRASSE volumes inspirés/expirés.
Amplitude de nage dos crawlé afin d'être plus efficace avec les membres supérieurs :
LE DOS orientation paumes, avants-bras + fixation du coude.
Gestion des volumes inspirés/expirés.
Dissociation segmentaire : tête-tronc (respiration frontale/latérale), bras-jambes.
LE CRAWL Gestion des volumes inspirés/expirés.
Amplitude de nage et efficacité propulsive.
90
Partie
E. Les exercices par niveaux/étapes
de progression 1
91
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
bras ou
sur les
Écarter - serrer
cuisses
Plier
2 Ciseau 1 frite
➊ ➋
ventral sous le
ventre
Inspi
+
1 planche
Expi
Écarter-serrer
Plier
3 Brasse 1 frite
Dissociée sous ➊ ➋
le ventre Inspi
+
2 pains
Expi
4 Brasse 1 frite
➊ ➋
Coordination sous Expi tête émergée
(tête hors les bras
Inspi
de l’eau) +
2 pains
Expi
92
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
➊ Plier = inspirer.
➋ Écarter-Serrer = expirer.
(ciseau fort : 3 secondes en glisse).
93
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Expi
Expi
94
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
1 x bras lents (inspiration = mains-menton) + ciseau lent enchaîné sur l’allonge des bras (expiration)/temps d’arrêt
sur glisse 3 secondes.
95
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
◯– +
◯
(fort) Expi
Écarter - plier - allonger (lent) Ciseau
+
◯
◯+ Expi
Écarter - plier - allonger (rapide) Ciseau
+
◯
+
◯ Expi
1 x bras écarter - plier - STOP Ciseau + allonger mains
+
/–
+
◯
Expi
Écarter - plier... Ciseau + ... Allonger mains
Inspi
5 Brasse 2 pains ➊ ➋
Continue
+
◯
+
◯
Expi
Écarter - plier... Ciseau + ... Allonger mains
10 m 15 m
96
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
97
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
C uisses
Battement 5''... 1 mvt aérien 1 bras - STOP Battement 5''... 1 mvt aquatique 1 bras - STOP
3 Rattrapé 1 frite
cuisses sur les Inspi = apnée
cuisses
= expi
Rattrapé D/G
4 Rotation 1 frite
➊ ➋
épaules puis
aucun
98
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
➊ Battement de jambes.
➋ Compter 5 secondes deux bras cuisses puis un mouvement aérien-placement (bras collé à l’oreille), puis 5 secondes
bras opposition puis un mouvement aquatique (bras retour à la frite). Expirer sur le mouvement propulseur
aquatique.
Un mouvement complet un bras. Inspiration (bras-cuisses), apnée (sortie aérienne), puis mouvement aquatique en
expiration.
99
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Entrée auriculaire
3'' STOP
Apnée
➋ APNÉE
Expi
1 mouvement
semi-rattrapé
➌ EXPIRATION
100
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
➊ Deux bras cuisses : sortir le bras tendu au plafond, temps d’arrêt de 3 secondes bras perpendiculaire à la surface de
l’eau puis retour vers la frite.
➋ Idem bras opposition : planche dans la main du bras fixe aligné à la tête, l’autre bras à la cuisse en mouvement.
Travail en 3 phases :
➊ Bras opposition (inspiration).
➋ Sortir bras-cuisse perpendiculaire 3 secondes temps d’arrêt (apnée).
➌ Puis 1 mouvement alterné en expiration (le bras perpendiculaire = retour vers prise appui en arrière/
le bras aligné tête = traction-poussée sous l’eau).
À chaque mouvement alterné (aérien-aquatique) : insister sur la sortie de la main-cuisse avant le début de traction
sous l’eau de l’autre main.
La sortie aérienne précède le mouvement aquatique.
Essayer d’expirer sur chaque mouvement alterné et reprendre son inspiration très rapidement en fin de
mouvement aquatique.
101
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
◯– +
◯
◯– (fort)
(lent)
(lent)
Mouvement à 2 bras
5 Alterné- 2 pains/
temps d’arrêt aucun
102
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Idem avec travail fort en poussée (accélération du mouvement) + expiration sur le mouvement aquatique.
Travail d'un bras : sortie d’épaule + bras, placement/orientation paume de main, mouvement aquatique avec travail
de fixation-poussée.
Bras opposition 5 secondes de temps d’arrêt puis un mouvement alterné croissant (accélération progressive) + travail
orientation et profondeur des appuis.
103
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
CYCLES
104
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Nage complète (sans temps d’arrêt) avec les séquences de travail précédentes : orientation des mains, bras, avant-bras,
épaules/axe de déplacement/respiration.
105
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
3. J'apprends le crawl
|Remarques
Apprendre le crawl suppose d'aborder la respiration avant l'efficacité gestuelle (mouvements propulseurs des
bras). C'est ce que nous définissons par le travail de placement des segments et de dissociation segmentaire
(inspiration latérale) au début de l'étape 5.
Mais suivant l'aisance et le niveau d'acquisition du pratiquant, il est tout à fait envisageable d'aborder quelques
exercices de crawl en fin de cycle Apprentissage dans la mesure où la brasse et le dos crawlé seraient bien
maîtrisés.
La stratégie est de ne pas arriver trop vite – c'est souvent l'erreur ! – sur les mouvements de bras par des
exercices de "rattrapé" avec la planche ou la frite et d'insister sur cette mécanique gestuelle.
Au contraire, les premiers exercices que nous proposons vont donner de l'importance au placement respira-
toire et à son cadencement (étape 5 : exercices 1 à 8).
mauvaise gestion du rythme respiratoire + mauvais placement des segments
=
propulsion inefficace
En effet, le nageur s'arrête au bout de quelques mouvements par manque de cadence respiratoire et de
gestion des volumes entre la quantité d'oxygène (O2) inspiré et la quantité de gaz carbonique (CO2) expiré.
Voir Annexe "La respiration" page 197.
106
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Les étapes 5 et 6 ciblent le travail de CADENCE. Il s'agira pour le nageur de se repérer par rapport aux mouve-
ments aquatiques (trajet moteur) et aériens (retour aérien non propulseur).
• "Cadence 9" (ou trois mouvements) : idem et inspiration sur la fin du troisième mouvement aquatique
quand ma main se situe en fin de poussée ("9").
• Mouvement aérien :
4 : début de la sortie de la main (après la poussée) ;
5 : bras fléchi, main près du corps, coude haut avec l'avant-bras perpendiculaire à la surface de l'eau ;
6 : début de la prise d'appui (rentrée de la main dans l'eau).
107
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Battement (ventral)
Expi
2 Battement 1 planche
de jambes à 1 main Inspi latérale
3 Séquence 1 planche
➊ ➋
4 phases à 2 mains
Inspi latérale
Expi complète
1 mouvement aquatique 1 bras
➌
➍
4 Séquence 2 pains ➊ ➋
4 phases
Inspi
latérale
Expi complète
➌ ➍
Sur ces quatre premiers exercices, l’objectif est de maîtriser la dissociation segmentaire pour faciliter par la suite
le travail des mouvements de bras.
L’important est de bien dissocier la séquence du replacement de la tête de celle du retour aérien du bras.
108
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Deux bras tendus devant, planche tenue avec le bout des doigts. Travail sur l’allonge du corps, placement de la
tête (menton collé-poitrine) + expiration longue (inspiration frontale).
Inspiration latérale. Bras opposition, expiration complète puis insister sur l’oreille collée à l’épaule pour
l’inspiration (rotation) + replacement correct tête dans l’eau (ne pas faire de mouvements d’extension de la tête).
Même base de travail. Position de départ = bras opposition puis quatre phases :
➊ Expiration complète (là, pas de mouvement : le bras est déjà placé derrière).
➋ Inspiration latérale rapide.
➌ Replacement de la tête dans l’eau.
➍ Un seul mouvement alterné des bras tendus, "lent" et placé en amplitude.
L’objectif ne concerne pas l’efficacité gestuelle mais plutôt le (re)placement des segments et de la tête.
On facilitera le futur travail de cadence respiratoire et gestuelle grâce à un bon placement et une dissociation
segmentaire acquise.
109
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
6 Mouvement à 1 haltère
1 bras
(le même sur
la cadence 1
4
6, puis autre
3
bras) Inspi en 6
7 Mouvement 1 haltère
1 bras
+ fin PO
rapide 1
4
3◯
+
Inspi en 6
8 Rattrapé : 1 planche
cadence 6 =
2 temps/
cadence 9 = 1
3 temps 3 4
7
Inspi en 6 et 9
2
5
Rattrapé D/G - STOP en 6 ou 9 8
9 Rattrapé 1 planche
+ fin de PO ou aucun
rapide
1
4
3◯
+ 7
Inspi en 6 et 9
Rattrapé D/G 2
5
8
110
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Un haltère dans la main bras tendu, l’autre bras en mouvement. Travail en cadence :
1 – 2 – 3 = premier mouvement (expiration) ;
4 – 5 – 6 = deuxième mouvement (expiration = 4-5/inspiration = 6) ;
PA – T – PO (temps d’arrêt en 6 pour l’inspiration) ;
Le but est d’avoir une cadence gestuelle régulière et de synchroniser sa respiration sur ses mouvements.
On commence à entrevoir un rythme respiratoire.
Idem avec petite accélération de la sortie de la main en fin de poussée en 3 et 6. Travail en cadence expiratoire
(expirer un peu plus fort en 3 et 6 + avoir une expiration complète et explosive en 6).
Travail de cadence en lien avec les trois phases du mouvement aquatique (PA-T-PO). Rattrapé bras droit/bras
gauche.
Insister sur les temps d’arrêt en 6 ou 9 pour le placement inspiratoire.
Idem exercice 8, sans temps d’arrêt main-cuisse pour le replacement de la tête et retour aérien + petite
accélération de la sortie de la main à chaque fin de poussée.
111
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Battement 5"...
... Inspi/replacement tête...
... 1 mvt alterné = appuis profonds
11 Alterné 2 pains
2/3/4 temps
12 Alterné Aucun
+
◯
... Distance
+ longue
112
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Bras opposition en expiration 5 secondes, inspiration latérale + replacement de la tête, puis un mouvement
complet lent + recherche d’appuis en profondeur/amplitude trajet.
Idem exercice 10 avec plusieurs mouvements bras opposition (temps d’arrêt sur l’inspiration) :
deux mouvements-une inspiration/trois mouvements-une inspiration/quatre mouvements-une inspiration.
Idem exercice 11 + fin de PO rapide sans temps d’arrêt des mains sur l’inspiration.
Être capable d’enchaîner un ou deux cycles expiration/inspiration sur quelques mètres.
Idem exercice 12 + expiration longue et cadencée sur des mouvements continus. Réussir à inspirer au bon
moment avec placement correct de la tête et des segments.
Avec les palmes pour augmenter le temps de nage continue, faciliter la prise d’information sur le rythme
respiratoire, augmenter la vitesse du nageur et des sensations de glisse.
113
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
1 bras 1 haltère
retour bras
plié
croissant ou sans
palmes +
1 haltère
+
◯
+++
++
2
2
5 Cadence 6 et Avec Rattrapé D/G
9 (aquatique) ou sans
+ retour bras palmes +
1
plié 1 planche 4
3 7
Inspi en ➏ 2
➒ 5
8
et 9 ou aucun
+
mouvements +
◯
croissants
aérien = coude haut +++
aquatique = allonge
++
114
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Rattrapé D/G. Sortie coude avec temps d’arrêt 3 secondes. Même travail de replacement tête après l’inspiration.
Travail du même bras. Recherche de prise d’appui sous l'haltère en allonge + retour aérien très lent bras plié,
coude haut avec main près du corps.
Mouvements alternés croissants : traction-poussée = mouvement progressif fort. À chaque mouvement, il faut être
capable d’accélérer sur la traction-poussée.
115
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
avec temps
ou aucun
d’arrêt
Traction
Prise
d'appui
Poussée
9 3 x prise Avec
d’appui ou sans
en glisse palmes +
1 planche
3 x prise appui-allonge
116
E. Les exercices par niveaux/étapes Partie
de progression 1
Description
Bras opposition. Travail en trois phases bien distinctes :
➊ Sortie du bras plié 3 secondes temps d’arrêt.
➋ Allonge aérienne (du bras) + T aquatique (du bras opposé).
➌ PA + glisse (main devant) + PO forte (main + bras opposé derrière).
Dans les phases 2 et 3, le travail des bras se fait dans la même action :
Phase 2 : au moment où je vais chercher à allonger ma main vers l’avant, je suis déjà en traction aquatique avec
l’autre main.
Phase 3 : au moment où je rentre la main dans l’eau (j’allonge), je pousse fort avec l’autre main pour optimiser
la glisse de mon appui devant. C’est pourquoi la nage complète du crawl ne se réalise pas en parfaite opposition
des bras ; il y a plus ou moins un décalage. On retarde le déclenchement du mouvement aquatique pour permettre
l’allonge et la glisse de l’appui devant.
Un mouvement aquatique puis monter trois fois le coude (bras plié, main près du corps) avant l’allonge-PA.
Chercher également à sortir légèrement l’épaule de l’eau.
Un mouvement aquatique + sortie bras puis la main trois fois PA-allonge sous la planche (la main glisse vers l’avant
et revient légèrement en arrière ensuite).
En battement ventral, position mains collées, à plat, tête immergée : faire plusieurs fois des mouvements d’allonge
bras + épaule vers l’avant en glissant les mains l’une sur l’autre, avant inspiration en bras de brasse ou un bras crawl.
117
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
12 Le "S Avec
aquatique" ou sans
palmes +
1 planche Prise appui
2 1
3
Poussée
Traction
13 Allonge Pull-buoy
–
Sortie aérienne lente ◯ +◯
◯ + Allonge rapide
aérienne main
+ PA rapide
14 Mouvements : Pull-buoy
lents/ main
moyens/ Pull-buoy
rapides jambes
15 Distance Aucun
par cycle ou
Pull-buoy
si travail des
bras unique-
ment
118
E. Les exercices par niveaux/étapes Chapitre
de progression 1
Description
Un bras fixe (pull main), un bras en mouvement lent aquatique : sortie aérienne lente pour arriver au bras plié (coude
haut) puis accélération pour aller chercher l’appui devant.
• Rattrapé pull main : un à trois mouvement(s) lent(s), un à trois mouvement(s) moyen(s), un à trois mouvement(s)
rapide(s) : séquence de mouvements enchaînés.
• Idem en nage complète alternée.
Être capable de se situer par rapport à des distances ou à un nombre de mouvements. Exemples :
- 12 mouvements = combien de mètres ai-je parcourus ?
- 15 mètres = combien de mouvements ai-je faits ?
Calcul des indices Amplitude/Fréquence/Vitesse sur 25, 50 ou 100 mètres (chronométrés).
119
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Quand on maîtrise le crawl sur des distances plus ou moins longues, avec des mouvements propulseurs
amples et efficaces, des relâchements aériens en souplesse, c'est un plaisir de nager !
La maîtrise de la respiration est fondamentale et permet de nager longtemps et/ou vite, de ressentir la glisse
du corps à la surface de l'eau.
Effectivement, si pour la brasse à vitesse lente le coût énergétique est moindre, pour le crawl, c'est quand la
vitesse est plus élevée que le coût énergétique diminue. C'est pour cela que l'amplitude et la glisse du trajet
moteur des bras est déterminante dans la diminution de ce coût...
Le crawl, qui est la nage la plus rapide, une fois correctement maîtrisée, peut servir de tremplin pour entre-
voir la quatrième nage, le papillon, qui reste assez peu utilisée par la majorité des gens. En effet, éprouvante
physiquement et difficile à maintenir sur une distance moyenne (100/200 mètres), elle reste plutôt réservée
à une catégorie de nageurs dotée d'une bonne condition physique ou ayant pour but la pratique compétitive.
L'initiation à cette nage peut toutefois s'avérer ludique et plaisante tout comme apprendre à plonger ou
découvrir ce qu'est le virage.
La partie F "Le petit plus technique" apporte quelques pistes à ces éléments.
120
Partie
E. Les exercices par niveaux/étapes
de progression 1
121
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
La brasse, le dos crawlé et le crawl sont souvent les trois nages codifiées abordées dans un premier temps.
Le papillon, sorte de mélange de mouvements simultanés de crawl et respiration frontale de brasse, est
considérée comme la nage à la dépense énergétique la plus conséquente.
Elle n'est pas si complexe que cela quand le pratiquant maîtrise assez bien la technique du crawl et du rythme
respiratoire. Mais elle requiert un niveau physique plus important du fait que ce mode de propulsion fatigue
plus vite le nageur.
Pour cette technique de nage, nous allons décrire succinctement dans cette partie F quelques exercices pour
commencer à apprendre le papillon.
Ce sont quelques éléments techniques généralement abordés en principe au cours d'un cycle Perfectionne-
ment, voire plus (approche compétition).
Bien qu'il soit envisageable de les intégrer pour des débutants (exemple avec le plongeon en Apprentissage),
il nous semble être plus en adéquation avec un bon niveau de pratique qu'avec des novices qui ne sont pas
familiarisés au milieu aquatique.
L'ouvrage n'étant pas porté sur des objectifs de performance, ces derniers aspects de plongeon/virage/coulée
serons développés brièvement.
122
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Deux remarques :
La première ondulation
Prise d'appui arrive sur la prise d'appui
des bras en avant.
Première ondulation
Fouetté jambes
Deuxième ondulation
La deuxième ondulation
arrive sur la fin de poussée
des bras en arrière.
Fouetté jambes
Poussée
2 L'inspiration en nage complète est normalement frontale : c'est-à-dire la tête en extension devant,
comme en brasse. Certains nageurs appliquent, beaucoup plus rarement, une inspiration latérale
comme en crawl, la tête en rotation sur le côté.
Dans les exercices qui précèdent la nage complète, nous laissons à chacun d'entre vous le soin
de placer l'inspiration aussi bien frontale que latérale.
Par exemple, sur des exercices à un bras en rattrapé, il est envisageable de proposer une inspiration
latérale et dès que le nageur fait un cycle de bras en simultané, il passe sur une inspiration frontale.
123
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
124
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
• Pour bien assimiler cette nage ondulante, nous partons du principe que la réussite de cette technique passe
essentiellement par le travail d'appui des bras en avant avec une action de la tête qui va jouer le rôle de
gouvernail. Le mouvement ondulatoire n'est que la conséquence de l'action de la tête (flexion-extension)
et des appuis moteurs des bras.
Faire des ondulations-jambes pour faire des ondulations n'a d'intérêt que dans le travail de fouetté de
jambes (tibia-cheville) et de la souplesse du bassin, ou pour apprendre le mouvement simultané des
jambes (pieds serrés qui appuient en même temps) : c'est notre exercice n° 1.
• Les exercices suivants 2 à 6 sont centrés sur le mouvement ondulatoire du corps entier pour bien faire
comprendre l'enfoncement du haut du corps sous l'eau et ressentir la remontée des fesses vers la surface
lors de l'entrée dans l'eau de la tête et des bras au premier appui.
Attention Les exercices 3 à 6 induisant une position de départ (debout) doivent être réalisés en
petite ou moyenne profondeur. Le pratiquant doit avoir de l'eau entre le bassin et la
poitrine.
S'il n'y a pas assez de profondeur, cela peut être dangereux (la tête risque de toucher
le fond de bassin).
S'il l'eau arrive au-dessus des épaules, l'exécution et le placement des segments ne
pourront pas être optimum.
• Les exercices 7 à 10 mettent en coordination les ondulations de jambes avec les mouvements de bras
et la respiration.
125
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LE PAPILLON
N° Exercice Matériel
1 Ondulation Palmes
de jambes puis sans
palmes
+
planche
2 Ondulation Palmes
de jambes puis sans
bras flèche palmes
Mouvement
ondulatoire
du corps
3 Positon Position
➊ ➋
debout Aucun
tête Flexion tête
extension
bras cuisses
sans passage
de bras
Flexion Poussée
jambes
4 Positon Position
debout Aucun ➊ ➋
tête flexion
bras flèche
sans passage
de bras
Flexion
jambes
Poussée
126
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Description
Avec palmes au début pour accentuer les sensations d’appuis simultanés des jambes. Planche dans les mains,
bras tendus.
Faire des ondulations en expirant dans l’eau (tête immergée pour moins solliciter les lombaires lors du fouetté
de jambes).
Chercher à enfoncer les mains vers le bas + accentuer la flexion de la tête pour favoriser la remontée
des fesses vers la surface (phase descendante du mouvement ondulatoire).
Puis remonter les bras vers la surface (phase ascendante). Enchaîner plusieurs ondulations.
Variante : bras le long du corps (la tête en flexion-extension continue jouant le rôle de gouvernail).
2 phases :
➊ Plier les jambes + fléchir la tête menton collé-poitrine.
➋ Pousser vers le haut et l’avant pour rentrer dans l’eau par le dessus de la tête (= début
du mouvement ondulatoire du corps). Relever la tête pour remonter à la surface.
2 phases :
➊ Plier les jambes (la tête est déjà placée menton collé-poitrine).
➋ Pousser vers le haut et l’avant pour rentrer dans l’eau par les mains. Remonter les bras
vers la surface pour induire la remontée du corps.
127
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LE PAPILLON (SUITE)
N° Exercice Matériel
5 Positon Position
8 2 ondulations Palmes +
pour 1 pain
1 mouvement puis sans
simultané palmes
9 Combinaison Palmes
de mouvements : puis sans
bras droit seul/ palmes
bras gauche
seul/2 bras
simultanés
10 Nage Palmes
complète ou
sans
palmes
128
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Description
2 phases :
➊ Plier les jambes + fléchir la tête menton collé-poitrine.
➋ Pousser vers le haut et l’avant en ramenant les bras au-dessus de la surface puis dans l’axe
de la tête. La rentrée dans l’eau se fait par les mains avec les bras en flèche.
2 phases :
➊ Plier les jambes et garder la tête en extension.
➋ Pousser vers le haut et l’avant. Quasiment dans la même action, il faut d’abord fléchir la tête avant
le passage aérien des bras.
Un bras fixe devant avec un pain. L’autre bras en mouvement aquatique lent. Sur chaque prise d’appui devant,
chercher à appuyer/taper fort sur l’eau pour exagérer la remontée des fesses et du bassin à la surface. Ce
qui induit à l’arrière du corps un appui de jambes et un début de mouvement ondulatoire du corps (exécuter
plusieurs mouvements avant l’inspiration).
Idem exercice 7 excepté que pour chaque mouvement aquatique du bras, il faut placer deux ondulations de jambes.
- La prise d’appui de la main en avant se fait en allonge (et non plus en tapant) = première ondulation.
- La fin de poussée de la main derrière = deuxième ondulation.
Ne pas chercher à aller trop vite dans la séquence. Placer son inspiration tous les deux ou trois mouvements
de bras si possible.
Idem exercice 8 (sans pain) avec plusieurs variantes. Exemples :
2 x bras D 2 x bras G 2 x 2 bras simultanés
(1 inspiration) (1 inspiration) (1 inspiration)
1 x bras D 1 x bras G 1 x 2 bras simultanés
(inspiration) (inspiration) (expiration)
Sur des séquences de cycles complets, inclure des mouvements à un seul bras ou des séquences des trois
autres nages. Exemples :
- 4 cycles papillon 2 bras (1 à 2 inspi)/1 x bras D (expi)/1 x bras G (expi) ;
- sur 25 mètres : 6 cycles papillon en accélération progressive/finir le 25 mètres en dos souple ;
- 2 cycles papillon souples (expi)/2 cycles brasse souples/2 cycles papillon forts (expi)/2 cycles brasse
souples/finir en crawl assez fort.
129
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Apprendre à plonger
Le plongeon n'est pas un exercice si difficile qu'il n'y paraît. Comme pour la technique de nage, il y a certaines
étapes à respecter si nous voulons que le pratiquant réussisse à plonger avec une bonne impulsion. Celle-ci
doit amener le corps dans une première phase aérienne montante, puis dans une deuxième phase descen-
dante qui précède l'entrée dans l'eau.
Nous avons une liste non exhaustive de six exercices progressifs pour amener à un plongeon avec impulsion.
Les autres variantes de plongeon type "moulinet" ou plongeon de compétition type "grab start" nous appa-
raissent moins prioritaires.
130
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
• Dans un premier temps, il est nécessaire de travailler sur l'acceptation de la chute du corps dans une direc-
tion différente de celle du regard (exercices 1 et 2).
Effectivement, le débutant (celui qui n'a jamais vraiment expérimenté la rentrée dans l'eau par la tête) a
souvent le réflexe de redresser sa tête lors de la chute avant dans l'eau par peur de ne pas visualiser le
point d'impact aquatique. Il va plutôt chercher à amortir sa chute qu'à aller loin devant et en profondeur.
Tant que ce réflexe perdure, il sera difficile de plonger en orientant son corps de façon à réduire les résis-
tances à l'entrée dans l'eau : la tête qui se relève et c'est le plat assuré !
• Les exercices 3 et 4 se font SANS impulsion, c'est le début de la rentrée dans l'eau les bras placés en
flèche.
• Les exercices 5 et 6 se font AVEC impulsion, c'est la poussée des jambes pour aller HAUT et LOIN.
Remarque Il est important pour l'éducateur de reprendre chacun des pratiquants de façon tactile
pour corriger le placement des segments (tête-menton-mains-bras-posture générale)
juste avant l'impact dans l'eau.
La réussite viendra en répétant régulièrement sur une petite partie de la séance
(10 minutes suffisent largement).
131
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LE PLONGEON
N° Position
1 Accroupie
au bord
2 pieds collés
mains aux
chevilles
2 Debout
Jambes tendues
Mains aux
chevilles
3 1 genou
au sol
Bras en flèche
Sans
impulsion
132
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Exercice ou mouvement
Je tiens mes chevilles avec les deux mains, tête fléchie (menton collé-poitrine).
Je me laisse tomber en avant sans relever la tête (je ne regarde pas le futur "point d’impact") ni ne mets les
mains devant pour amortir la chute.
Je tiens mes chevilles et je garde la tête fléchie (le buste est penché vers le bas).
Je me laisse tomber en avant : j’essaye d’amplifier la rotation du corps pour rentrer dans l’eau par la nuque.
Une jambe devant pliée (les orteils accrochant le bord), une jambe derrière avec le genou posé au sol, les bras
en flèche, mains collées l’une sur l’autre à plat + doigts serrés.
Je me laisse tomber en avant, sans impulsion : je rentre dans l’eau par les mains en premier, en gardant le
corps gainé (bras et jambes tendus-serrés).
133
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LE PLONGEON (SUITE)
N° Position
4 Debout
Bras en flèche
Sans
impulsion
5 Accroupie
au bord
2 pieds collés
bras en flèche
Avec impulsion
6 Debout
➊ ➋
Bras en flèche
Avec impulsion
134
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Exercice ou mouvement
Même chose que l’exercice précédent mais sans poser le genou au sol (position debout corps semi-fléchi, bras en
flèche) : les deux pieds accrochés au bord.
Je me laisse tomber en avant, sans impulsion : je rentre dans l’eau par les mains en premier, en gardant le corps
gainé (bras et jambes tendus-serrés).
Je me laisse chuter vers l’avant puis je pousse avec les deux pieds pour amener le corps vers l’avant et rentrer
dans l’eau en plongeant avec impulsion.
J’essaye de rentrer dans l’eau d’abord par les mains, sans relever la tête, les bras dirigés légèrement vers le bas
pour favoriser l’enfoncement du corps sous la surface de l’eau.
Deux étapes :
➊ Se laisser déséquilibrer vers l’avant.
➋ Impulsion (poussée des deux pieds) pour transpercer la surface de l’eau avec les bras (corps oblique :
bras + tête plus bas que les jambes).
135
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Nous avons vu dans l'étape 3 le travail de glissée ventrale. Réaliser une coulée est basée sur le même principe
de placement du corps et de poussée au mur.
Si la glissée ventrale se fait parallèlement à la surface de l'eau, la coulée se déroule en deux parties sous
la surface de l'eau :
- dans une première partie, active, vers l'avant et la profondeur. Grâce à la poussée croissante des
pieds au mur puis l'extension des membres inférieurs, celle-ci va projeter le corps vers l'avant et
légèrement vers le bas ;
- dans une deuxième partie, passive, où le corps perdant de sa vitesse de déplacement sous
l'eau est d'autant plus soumis à la poussée d'Archimède et par conséquent remonte à la surface
de l'eau.
Après la première phase active, le nageur doit remonter à la surface de l'eau pour reprendre sa nage : c'est ce
que l'on appelle la "reprise de nage". Celle-ci, active, se substitue à la remontée passive afin de permettre au
nageur de gagner en distance et en vitesse.
- Le plus simple, au départ, est de remonter en battement de jambes, les bras toujours placés en
flèche jusqu'à l'arrivée en surface. Ensuite, le nageur reprend la nage en crawl.
- Mais le nageur peut repartir également en brasse (ou papillon).
136
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
137
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LA COULÉE
N° Exercice
1 Faire
une coulée
ventrale + Flexion buste
Poussée
➌ ➍
Coulée ventrale
Remonter
le deuxième pied
2 Remonter
en battement ➊ ➋ ➌ ➍ : idem exercice précédent
de jambes
➎
3 Reprise
de nage ➊ ➋ ➌ ➍ : idem exercice précédent
en brasse
➎ ➏ ➐
1 ciseau
138
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Description
Ici, nous nous situons en petite/moyenne profondeur permettant les appuis plantaires.
Quatre phases sont à respecter :
➊ On place un pied au mur jambe fléchie, l'autre au sol et bras tendus verticaux le long des cuisses +
paumes orientées vers l'avant.
➋ On s'immerge entièrement, corps groupé et près du mur, en s'aidant des bras et des paumes qui vont
appuyer (de haut en bas) la masse d'eau. Arrivé en fin de position (bras tendus vers l'avant), il faut tourner
les mains à 180° pour les placer à plat l'une sur l'autre (paumes orientées vers le bas). Les bras vont donc
remonter, mais restent sous la surface de l'eau. Cet appui est pratique car il aide le corps à s'enfoncer sous
l'eau plus facilement au détriment d'un placement de départ bras tendu à la surface qui tend à freiner la
descente. Dans la continuité de la remontée des bras et de la descente du corps, il faut baisser la tête et
la placer sous les bras (menton collé-poitrine).
➌ On ramène le deuxième pied au mur à côté de l'autre (position du corps "z écrasé") + les bras
légèrement orientés vers le bas (angle 30° à 45°).
➍ Dans la continuité du ➌, on pousse sur le mur dans une direction plutôt vers le fond et vers l'avant
en maintenant les bras tendus et mains collées.
Je réalise une coulée ventrale (± 1 m sous la surface). Ressortir à la surface de l'eau à 3-4 mètres du mur minimum.
Les quatre premières phases sont identiques.
Mais la remontée se fait de manière active pour ressortir plus loin à la surface de l'eau. Une fois la première partie
effectuée (coulée ventrale avec poussée au mur), faire des battements de jambes en gardant la position bras en flèche
+ menton collé-poitrine.
Nous pouvons qualifier cette remontée active comme une cinquième phase :
➎ Dès que le corps commence à perdre de sa vitesse sous l'eau, il faut actionner les jambes pour redonner
de la propulsion.
Je réalise une coulée ventrale (± 1 m sous la surface), puis je remonte progressivement sur quelques mètres
en battement de jambes. Je ressors à la surface de l'eau à plus de 5 mètres du mur.
Les quatre premières phases sont identiques.
La remontée se fait en reprise de nage en brasse, nous pouvons considérer trois phases supplémentaires qui suivent
les quatre premières :
➎ Après la phase descendante ➍, quand on commence à perdre de la vitesse, faire un mouvement
simultané des deux bras, seuls, jusqu'aux cuisses (finir bras tendus). Au début, il est plus facile de
demander de garder les bras tendus pendant toute l'action ; par la suite, on doit se rapprocher du
mouvement de bras, type papillon, avec balayage extérieur, puis balayage intérieur, enfin poussée derrière.
Garder la tête fléchie sur cette phase ➎.
➏ Les bras étant placés derrière tendus : faire un ciseau de brasse en ramenant les bras vers l'avant. Dans
le retour vers l'avant, les mains doivent rester au plus près du ventre pour réduire les résistances.
➐ Le corps (la tête + les mains), après les phases ➎ et ➏, vient transpercer la surface : c'est le moment où
la première inspiration doit se faire et où l'on fait son premier cycle de nage brasse.
Je réalise une coulée ventrale (± 1 m sous la surface), puis je remonte progressivement en reprise de nage
brasse. Je ressors à la surface de l'eau à plus de 5 mètres du mur.
139
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
|Le virage
À l'approche du mur (1), environ 1 à 2 mètres avant, le nageur, pour repartir dans le sens inverse et perdre
le moins de temps possible, doit exécuter une rotation (2) avec une vrille (3) du corps. La rotation s'effectue
sur le plan longitudinal, la vrille sur le plan frontal (latéral).
Cette action quasi-simultanée doit se faire, corps groupé, afin d'amener les jambes pliées vers le mur pour
placer la plante des pieds contre la paroi du mur. Le buste est dirigé dans le sens du déplacement, les pieds
au mur près à pousser.
La phase 4 est l'action de poussée au mur (4) qui va projeter le corps sous la surface de l'eau vers l'avant
dans une phase légèrement descendante : c'est la coulée ventrale.
Puis, la phase ascendante, où le nageur remonte vers la surface, est ce que nous avons décrit comme la
reprise de nage (5) dans le paragraphe précédent.
140
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
• Les exercices 1 à 3 s'attachent uniquement aux deux premières phases du virages : l'approche
du mur et la rotation.
• L'exercice 4 amène à une première poussée dorsale : nous la privilégions avant de faire la vrille
afin de prioriser le placement global du corps au près du mur.
Car la vrille rajoute une difficulté supplémentaire : nous estimerons que cet aspect doit être abordé
quand le pratiquant arrive un minimum à se placer correctement (ni trop près ni trop loin du mur)
et à réaliser une poussée efficace (le corps est projeté sous la surface de l'eau).
Ensuite, après quelques essais, il conviendra de rajouter cette vrille pour réaliser la coulée ventrale.
• Les exercices 5 à 7 incluent la vrille dans la phase de rotation pour effectuer la poussée au mur.
• L'exercice 8 est une situation de nage complète en crawl avec un virage et une reprise de nage
en battement de jambes.
Remarques
• La position des mains lors du virage est importante. L'orientation des paumes sera influencée par
la rotation du corps et/ou la vrille.
Lors du virage culbute crawl :
- après la fin de mouvement de chacun des bras, les mains ont donc fini la poussée derrière : les
paumes de main sont alors orientées vers le haut ;
- juste avant le début de la rotation puis de l'enfoncement de la tête et du buste sous l'eau, les
mains doivent tourner à 180° pour se mettre en position, paumes vers le bas. Cela favorisera
l'appui des mains pour éviter un enfoncement du corps trop conséquent ;
- puis la rotation s'effectue avec la vrille en plus. Les bras sont placés dans l'axe de déplacement,
mais la vrille a pour conséquence de faire tourner les bras + avant-bras + mains à 180° vers le
haut : les paumes se retrouvent orientées vers le haut. Il faut donc, une deuxième fois lors de
la vrille, tourner les mains à 180° pour remettre les paumes orientées vers le bas. Le corps est
ainsi aligné, les bras en flèche.
• La rotation du corps est surtout liée à la flexion rapide de la tête qui engendre un enroulement
de la colonne vertébrale. Mais aussi aux deux derniers appuis des bras.
• La vrille : le fait que le corps bascule sur un axe frontal à 180° (il passe du dos au ventre par
exemple) est liée à la rotation de la tête sur ce même axe (qui tourne soit à droite, soit à gauche).
141
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LE VIRAGE
N° Exercice Matériel
1 Approche 1 planche
Rotation
du mur et
rotation
sans
mouvement
de bras
2 Approche Sans
du mur et matériel
Rotation
rotation
sans
mouvement
de bras
3 Approche Sans
Rotation
du mur et matériel
rotation
avec 1
mouvement
à 2 bras
simultanés
Appui 2 bras
rotation
+
poussée
dorsale
avec
mouvement
2 bras Poussée dorsale
142
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Description
Placement
Position ventrale, planche derrière, paumes de main orientées vers
les bas. Battement de jambes sur quelques mètres avant le mur
puis effectuer la rotation du corps en ramenant les jambes groupées.
Celles-ci doivent revenir vers le mur en maintenant les bras tendus à la
surface : essayer de trouver le bon placement de pieds au mur avec
les jambes pliées.
La planche reste donc en arrière pendant que la rotation se réalise
(le corps passe en avant).
Idem : sans la planche, les bras sont placés derrière tendus près du corps,
Placement
paumes de mains orientées vers le bas.
Ici, lors du battement de jambes, du fait qu’il n’y ait pas de mouvements
de bras, la tête peut être légèrement relevée pour favoriser ensuite
l’action de flexion de la tête (menton collé-poitrine).
Placement
Idem exercice 2, mais avec action des bras. Environ 1 à 2 mètres avant
le mur : faire un mouvement simultané pour favoriser l’accélération de
la rotation. Attention pour les bras : ne pas pousser en arrière sur un axe
parfaitement linéaire. L’appui doit se faire légèrement sur les côtés (puis
vers l’arrière) pour favoriser l’enfoncement de la tête.
143
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
LE VIRAGE (SUITE)
N° Exercice Matériel
5 Approche Sans
du mur et matériel
Rotation... + ...vrille
rotation
+
vrille-
poussée
ventrale
(mouvement Appui 2 bras
2 bras)
6 Approche Sans
du mur et matériel
Rotation... + ...vrille
rotation
+
vrille-
poussée
ventrale
(bras
Appui 1 bras
opposition)
7 Approche Sans
du mur et matériel
rotation
+
vrille-
poussée 1 mouvement bras-cuisse
ventrale
(bras flèche)
Rotation Placement
... Puis même séquence que l'exercice 6 + + poussée
vrille ventrale
8 Virage Sans
culbute matériel
complet Crawl
+ Virage
reprise de
nage en Reprise de nage
battement- Coulée
jambes
144
Partie
F. Le "petit plus" technique
1
Description
Battement de jambes bras en flèche. 2 ou 3 mètres avant le mur, déclencher un mouvement d’un bras (il va rester
fixé derrière) puis un mouvement de l’autre bras. Sur ce dernier mouvement, idem exercice 6, effectuer la rotation +
vrille. Finir le virage avec poussée et coulée ventrale.
Entre 5 et 10 mètres avant le mur : nager en crawl, puis effectuer la même séquence que l’exercice 7. Les deux
derniers mouvements (sans phase d’inspiration) : essayer de les enchaîner plus vite pour donner de la vitesse
de rotation.
La flexion de la tête doit aussi se faire rapidement.
Après la coulée ventrale, remonter en battement de jambes, bras en flèche, puis ressortir au moins 5 mètres après
le mur.
145
Partie 2
S'approprier
la démarche
pédagogique
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
A. Bases de l'enseignement
L'enseignement d'une discipline sportive, d'une matière scolaire ou de toute autre forme de savoir, renvoie
automatiquement à deux notions essentielles : la pédagogie et la didactique.
148
A. Bases Partie
de l'enseignement 2
La pédagogie/La didactique
La transmission de connaissances et son appropriation met en relation les trois pôles du "Triangle Didactique"
(Jean HOUSSAYE6) : le savoir, le maître et l'élève.
Dans toute situation, on retrouve ainsi les interactions entre les trois pôles et cela permet de mieux cerner la
notion de pédagogie et de didactique.
D'après Louis ARENILLA7 : "la pédagogie réfère plus à l'enfant et la didactique plus à l'enseignement en raison
de leurs étymologies respectives".
La pédagogie est généraliste tandis que la didactique est spécifique, elle concerne telle ou telle discipline
(didactique des mathématiques, didactique du français, langue étrangère...) et porte sur l'enseignement d'un
contenu particulier.
"La didactique repose sur l'hypothèse que la spécificité des contenus est déterminante dans l'appropriation des
connaissances, tandis que la pédagogie porte son attention sur les relations entre l'enseignant et les élèves,
et entre les élèves eux-mêmes" , Michel DEVELAY8.
PÉDAGOGIE DIDACTIQUE
Renvoie à l'enfant Renvoie à l'enseignement
Généraliste Spécifique
Les contenus déterminent l'appropriation des
Relations enseignant/élèves, élèves/élèves
connaissances
Organisation de situations pédagogiques Appropriation du savoir par l'élève
149
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
En natation – ou pour n'importe quelle type d'activité sportive – le bon éducateur/pédagogue est celui qui
mettra en place des situations pertinentes et adaptées au niveau de l'élève.
C'est ce que l'on appelle les tâches à "décalage optimal" (ni trop complexes, ni trop simples en matière de
niveau de difficulté d'exécution et de prise d'information).
Le but étant que l'élève progresse, donc qu'il soit mis en permanence dans des situations d'apprentissage où
il pourra toujours, à un moment donné, réussir et non pas être constamment en situation d'échec.
La motivation du pratiquant détermine son implication dans l'activité et les tâches proposées. Trop faciles ou
trop complexes, ces dernières seront alors la cause de sa démotivation (découragement), donc d'échec. Il doit
avoir à l'esprit qu'on ne peut apprendre qu'en étant motivé. À nous, éducateurs, de donner l'envie de faire, le
plaisir de faire. Le maître mot est l'hédonisme.
Que l'on soit sur le pôle de l'entraînement dans un club de natation, de l'enseignement de la natation scolaire
ou de l'apprentissage de la natation dans le cadre des cours municipaux, l'essentiel est d'être convaincu de
ses idées, de pouvoir les justifier et d'avoir le recul nécessaire quant à la progression et aux résultats obtenus
à l'issue des cycles.
De plus, motiver ses pratiquants est fondamental, les amener en situations de réussite constante est le must.
L'influence de l'entraîneur sur la motivation et les résultats de son (ses) "poulain(s)" est une évidence, celle
que l'on a en tant qu'éducateur/enseignant sur le jeune public ou les adultes l'est tout autant.
150
A. Bases Partie
de l'enseignement 2
Par ailleurs, le savoir que nous allons transmettre à nos apprenants sera caduque si, au-delà de toute notre
technicité, notre autorité, nos compétences, nous ne procurons pas à notre public le PLAISIR de pratiquer.
En tant que professionnels des activités aquatiques, nous possédons des connaissances théoriques et pratiques
qui octroient les compétences pour apprendre à nager aux enfants et aux adultes.
Mais, être à l'écoute de notre public de manière sincère et respectueuse est une des qualités fondamen-
tales pour gagner la confiance de nos apprenants.
Ainsi, notre action, notre discours vers le public débutant surtout, qui ne connaît rien ou très peu du milieu
aquatique, nous obligent à créer des RELATIONS DE CONFIANCE.
Cette notion de confiance sera primordiale dans les échanges que nous pourrons avoir avec eux. Car la peur de
l'eau pour ce public est la conséquence d'une méconnaissance du milieu aquatique ou d'expériences passées
douloureuses.
Notre attitude, nos gestes, notre regard, notre discours... ne doivent pas inhiber l'individu, mais le rendre à
l'aise, le motiver, le déstresser, l'amener à avoir confiance en nous et en lui-même.
C'est pourquoi les premières séances basées sur le bien-être aquatique et les sensations sans matériel vont les
diriger vers l'aisance aquatique et l'autonomie : avec des gestes et des postures adéquats ; ils pourront s'allonger,
se redresser seuls, maîtriser les volumes "respiratoires" tout en découvrant les profondeurs (immersions).
Conseil Prenez du temps la première fois (les cinq premières minutes) dans l'échange que vous
avez avec votre groupe. Parlez avec eux de leur démarche, leur vécu, leurs peurs, leurs
doutes... Faites-les s'exprimer et écoutez-les de manière sincère afin de créer rapide-
ment un climat de confiance et dédramatiser l'inconnu du milieu aquatique.
151
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Conseil Le comportement du jeune apprenant est corrélé à l'attitude et aux paroles de l'éduca-
teur. Nous avons le devoir de l'éduquer et de le responsabiliser dans la limite de nos
compétences.
Pour résumer
L'enjeu de "Sécurité" est prégnant : à nous éducateur d'être au cœur de cette action en y apportant les outils
appropriés.
La technique des nages codifiées en est un. Connaître et maîtriser ses limites physiques, pouvoir évoluer en
toute profondeur sans se mettre en danger sont autant d'éléments à intégrer pour apprivoiser ce nouveau
milieu.
La notion fondamentale de COMMUNICATION est donc la base de notre action. Car, bien qu'on puisse s'appro-
prier la progression du débutant au nageur, notre attitude, notre message ou même des situations pédago-
giques inadaptées, peuvent paralyser la personne.
C'est pourquoi l'écoute active de la part de l'éducateur est cruciale pour déceler d'éventuels blocages du prati-
quant afin d'y remédier en harmonisant la tâche demandée avec la capacité du pratiquant.
152
A. Bases Partie
de l'enseignement 2
153
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
▲
• Charisme/Prestance
• Respect de la personne
• Adaptation à toutes situations
• Donner confiance, encourager, féliciter
• Convivialité
▲ COMMUNICATION VERBALE ▲
Pertinence des mots
•
▲
COMMUNICATION NON VERBALE
•Attitude générale/Posture
Éducateur ▲ • Démonstrations par la gestuelle
▲ Apprenants
▲ COMMUNICATION VERBALE
▲
Questionnements divers
•
• Échanges verbaux divers : plaisanteries,
se confier, être rassuré, contester, refuser...
154
B. Analyse des trois problématiques Partie
du milieu aquatique 2
Nous ne pouvons pas faire progresser notre débutant ou notre nageur si nous ne nous basons pas sur les trois
problématiques aquatiques que la natation engendre : l'équilibre, la respiration et la propulsion (E-R-P).
Les étapes de progression vont mettre en lumière le lien entre ces problématiques et les objectifs à atteindre
pour le pratiquant.
155
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
ÉQUILIBRE
ÉTAPES 1 ET 2 ÉTAPES 3 ET 4
Je m'allonge et me redresse Je place mon corps aligné/allongé.
en maîtrisant Je commence à être autonome
les volumes respiratoires. en déplacement.
RESPIRATION PROPULSION
ÉTAPES 5 ET 6
Je coordonne ma respiration sur les mouvements.
Je nage en gérant une cadence respiratoire et gestuelle.
Cette structuration doit être appréhendée de manière hiérarchique, car il n'est pas judicieux d'aborder de suite
la propulsion et les éléments de techniques de nages codifiées si, au préalable, notre débutant n'a pas acquis
un minimum l'allongement et quelques bases respiratoires...
La démarche d'enseignement doit donc respecter une certaine succession dans les objectifs et les exercices
proposés.
Exemple : un nageur qui ne met pas la tête dans l'eau n'expire pas de façon progressive et continue et aura
du mal à intégrer la technique de crawl qui impose une respiration latérale maîtrisée.
156
B. Analyse des trois problématiques Partie
du milieu aquatique 2
Par conséquent, il va falloir insister sur des objectifs qui répondent aux besoins du nageur à un moment précis
et non sauter des étapes qui pourraient faire stagner ou le décourager.
Les tableaux des six étapes de progression s'inscrivent dans cette logique et tentent de bien établir les priorités
en termes d'acquisitions.
Par contre, nous faisons le choix d'aborder des aspects bien précis du travail respiratoire (c'est l'étape 1) avant
même de chercher l'horizontalité du corps. Il paraît évident que l'allongement ventral ne pourra être réalisé
qu'en ayant accepté l'immersion prolongée de la tête.
Le tableau ci-dessous reprend les problématiques qui sont abordées sur l'étape en question.
|L'Équilibre
La logique veut que nous commencions par traiter la problématique de l'Équilibre : être capable d'accepter de
s'allonger et se redresser sans matériel, sans aide.
Cependant, il faut bien admettre qu'à un moment donné, s'allonger sur le ventre à la surface de l'eau ne peut
être réalisé qu'en ayant consenti à immerger le visage dans l'eau pendant plusieurs secondes.
L'allongement ventral est clairement impossible pour le débutant s'il n'accepte pas de mettre la tête sous l'eau
en plaçant sa tête en flexion complète (menton collé à la poitrine si possible).
157
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Ainsi, nous considérons l'Étape 1 : Respiration/Immersion comme le préalable essentiel avant même de cher-
cher l'horizontalité du corps en flottaison.
L'Étape 2 • Allongement/Redressement
Nous allons donc amener progressivement le débutant à s'allonger sans matériel (dans un premier temps)
puis se redresser sur le ventre et sur le dos tranquillement et en maîtrisant l'immersion du corps, la bascule
avant/arrière.
|LA RESPIRATION
L'Étape 1 • Respiration/Immersion
Avant même l'allongement dorsal et surtout ventral, les premiers objectifs seront dirigés vers les séquences
respiratoires (inspiration/apnée-blocage/expiration) afin de ne pas subir l'immersion du visage dans l'eau au
début de la phase d'allongement.
Un équilibre puis un redressement en douceur passe par une immersion acceptée et une expiration prolongée.
Dans la continuité, nous pourrons nous focaliser plus précisément sur l'allongement et le redressement sans
matériel.
Par la suite, il sera important de rendre le pratiquant aussi à l'aise avec matériel que sans. Car, le fait de se
servir d'une aide à la flottaison (frites) qui finalement n'est plus dans son utilité première, entraîne parfois
certaines difficultés pour l'individu à utiliser ce matériel pour l'aider à se redresser.
L'intérêt n'est donc pas tant le fait de pouvoir s'appuyer sur ce matériel pour flotter, mais plutôt pour rendre le
pratiquant à l'aise dans chaque posture.
L'Étape 3 • Équilibration
L'équilibration correspond au maintien du corps à l'état d'équilibre horizontal. En allongement ventral statique,
bras serrés et tendus devant, jambes serrées, ces dernières ont tendances à retomber vers le bas.
Après l'objectif de "glissée ventrale", pour maintenir le corps à l'horizontal plus longtemps, nous allons
demander au pratiquant de faire du battement de jambes.
L'intérêt est de ressentir sa fonction équilibratrice mais également propulsive.
Cette étape va inclure le travail respiratoire avec le corps en déplacement.
158
B. Analyse des trois problématiques Partie
du milieu aquatique 2
|LA PROPULSION
Par rapport aux six étapes de progression : les étapes 4, 5 et 6 renvoient spécifiquement aux nages codifiées
brasse/dos/crawl.
Sur les objectifs des étapes 5 et 6, la respiration sera un facteur primordial à l'efficacité et la continuité de la
nage : on cherchera à synchroniser au mieux cette respiration par rapport à ses mouvements (et non l'inverse).
Attention toutefois à ne pas aller trop vite sur la recherche du geste parfait (pour le crawl surtout).
Un bon placement de ses segments et un bon alignement du corps (c'est l'étape 4) sont un préalable impor-
tant pour gagner en amplitude de mouvements par la suite.
|Pour résumer
Les trois problématiques "E-R-P" nous contraignent à respecter autant que possible une certaine logique de
hiérarchisation.
En début de cycle Familiarisation, la solution de facilité qui consisterait à constamment proposer des exercices
de propulsion avec du matériel ne doit pas apparaître comme une finalité ou le moyen pour l'éducateur de se
dédouaner du rôle de sécurisation de la personne dans l'eau.
159
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Nous entendons par là qu'il n'est pas judicieux sur les premières séances d'abonder le novice avec du matériel
de flottaison en pensant qu'il n'a qu'à "taper les pieds" pour avancer !
Manier l'aide à la flottaison avec parcimonie et justesse doit être une considération pédagogique prégnante.
Apprendre à flotter (surtout sans matériel) en étant relâché puis se positionner correctement, est donc la base
des premiers exercices et détermine une certaine aisance aquatique qui se développera ultérieurement.
Pour les nages codifiées, certains éléments doivent se situer en amont des objectifs de technique
gestuelle (pure) comme le bras plié sur le retour aérien pour le crawl.
Le placement correct des deux pieds est un objectif essentiel, de même que la coordination
En brasse
bras-jambes.
L'amplitude, l'alignement des segments, le bassin à la surface de l'eau et le placement de la
tête sont autant d'éléments sur lesquels il faut insister avant de chercher le geste aquatique
En dos
parfait (prise d'appui, fixation du coude avec orientation paumes, fin de poussée rapide avec
l'avant-bras).
La respiration latérale avec les bras en opposition en amplitude doit se faire en symbiose
avec le placement correct des segments : tête en rotation, inspiration main-cuisse. Le
En crawl
cadencement de la respiration, avec une synchronisation automatisée sur les mouvements
est essentiel pour aborder le travail de la gestuelle (aquatique et aérienne).
L'observation, l'adaptation par rapport au niveau des pratiquants doit faire partie des compétences de tout
éducateur qui cherche à faire progresser ses apprenants.
Se fixer les bons objectifs avec les exercices qui en découlent permettront de faire progresser notre débutant
ou notre nageur. Les diverses situations des étapes de progression s'inscrivent dans cette perspective en souli-
gnant une cohésion entre chacune des étapes.
Conseil
Maintenant, libre à chaque éducateur de cibler ses priorités en fonction de sa vision de
la "bonne technique" ou d'un "bon apprentissage".
Le but étant de motiver ses pratiquants, de les sécuriser en les rendant efficacement
autonomes et de leur faire acquérir ou améliorer une ou des techniques de nage.
160
C. L'âge du pratiquant : Partie
les caractéristiques des deux publics 2
C. L'âge du pratiquant :
les caractéristiques des deux publics (adultes/enfants)
Ayant évoqué, dans les pages précédentes, quelques différences dans la façon de procéder suivant la caté-
gorie de public auquel nous nous adressons, nous allons ajuster certains propos concernant l'âge du pratiquant.
Plus particulièrement, pour le débutant : l'enjeu des premiers apprentissages moteurs et d'une première
sécurité aquatique.
161
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Les caractéristiques morpho-biologiques concernent les aspects du corps humain (muscles, articulations,
développement des capacités physiques, croissance... ).
Les caractéristiques psycho-motrices et cognitives renvoient plus aux aspects de traitement des informa-
tions, représentation de son corps, aux facultés et performances des mouvements.
Apprendre à nager ne doit pas se limiter seulement à transmettre une technique de déplacement mais si
possible à intégrer d'autres éléments qui pourront réellement montrer une aisance aquatique (sauter en
avant, en arrière, s'immerger en toute profondeur...).
Enseigner ou transmettre un savoir/savoir-faire est en corrélation avec les besoins et les capacités de l'élève.
Si nous appliquons le même dispositif, si nous avons la même conduite en omettant un point stratégique
majeur : l'ÂGE des pratiquants, nous risquons de ne pas prendre en compte le côté émotionnel, psychologique
de l'humain face à ses faiblesses et d'annihiler tout comportement de dépassement de soi et d'apprentissage
moteur.
Clairement, nous ne parlons pas avec les mêmes mots, nous n'agissons pas de la même façon avec un enfant
de 7 ans et un adulte de 50 ans.
Dans cet ouvrage, comme nous l'avons vu, notre démarche pour apprendre à nager aux adultes (globalement
les 30-70 ans en moyenne) n'est pas identique à celui des enfants (les 7-12 ans).
Nous orientons le "savoir nager" vers une logique de SÉCURITÉ.
Nous faisons une analyse de cet aspect dans la partie D "Analyse pédagogique" pages 172 et 173.
Nous différencions sur certains points l'orientation choisie pour ces deux publics auxquels nous sommes
confrontés dans notre démarche d'enseignement.
162
C. L'âge du pratiquant : Partie
les caractéristiques des deux publics 2
Les adultes
Le plus important à respecter pour avoir les résultats escomptés se situe en deux points :
- le niveau de l'apprenant par rapport à son vécu aquatique, ses expériences, ses attentes ;
- la progression des exercices proposés et leur pertinence quant à l'objectif visé ainsi que le maté-
riel de flottaison utilisé par l'adulte.
Plus précisément, à la fin du cycle Apprentissage, nous pouvons logiquement attendre d'un adulte qu'il
maîtrise globalement les trois Problématiques : "Équilibre/Respiration/Propulsion".
Pour résumer, posons-nous la bonne question : qu'est-ce que j'attends de mes adultes à la fin de leur
cycle Apprentissage ?
Qu'ils soient détendus dans l'eau, qu'ils ne paniquent pas, qu'ils s'immergent en toute profondeur, qu'ils
puissent chuter et revenir au bord seul, qu'ils se déplacent en étant capable de se repérer en permanence tête
dans l'eau mais aussi, tête hors de l'eau.
163
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Les enfants
Entre 8 et 12 ans, l'enfant rentre dans la période dite de "l'âge d'or" : période propice à tous les apprentissages
tant scolaires que moteurs.
Compte tenu de la diversité des situations liées au milieu aquatique (vacances à la mer, piscines privées,
centre de loisirs...), il est nécessaire qu'il puisse évoluer dans l'eau, non pas de façon techniquement parfaite,
mais plutôt de manière sûre, tranquille, sans paniquer et surtout en se repérant facilement sans s'épuiser à
nager en force avec des gestes inadéquats (exemple : faire le petit chien la tête sous l'eau).
Ce n'est qu'à partir de 7 ans environ que la maturation nerveuse et la latéralisation de l'enfant s'établissent :
- sa coordination s'améliore ;
- ses mouvements sont de plus en plus précis ;
- son endurance augmente.
Il devient alors intéressant de développer des habiletés motrices15 spécifiques (les techniques de nage) afin
de sécuriser l'enfant dans l'eau et d'assurer son autonomie dans un souci de responsabilisation de l'enfant.
La respiration est un des éléments déterminants dans la propulsion du nageur car elle influe constamment sur sa
position et le coût énergétique de sa nage. Maîtriser cette respiration paraît certes fondamentale, mais il faut qu'elle
soit adaptée à ses mouvements propulsifs, faute de quoi elle se révélera être une contrainte au déplacement.
Dans le cadre des cours d'Apprentissage, même si l'expiration dans l'eau synchronisée sur les mouvements
est un objectif intéressant, il requiert pour le pratiquant :
- un temps d'adaptation plus long ;
- un traitement de l'information plus conséquent.
Remarque La coordination de la respiration sur les mouvements ne sera pas la priorité dans la
mesure où elle suppose au préalable une maîtrise tant sur la dissociation segmentaire
que sur la coordination des mouvements.
15. Exprime l’idée d’expertise, de niveau de compétence ou de savoir-faire acquis par le pratiquant dans une tâche
particulière. Exemple : nager 15 mètres en crawl sans s'arrêter, en grande profondeur.
164
C. L'âge du pratiquant : Partie
les caractéristiques des deux publics 2
La sécurisation dans le milieu aquatique est l'objectif majeur en début de cycle : la BRASSE et le DOS crawlé y
répondent dans une optique à court terme.
Cette ligne de conduite amènera plus facilement le débutant à mieux assimiler les objectifs d'un cycle
Perfectionnement :
- coordination-respiration en brasse ;
- respiration latérale en crawl ;
- technique gestuelle du crawl et cadencement respiratoire.
165
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
D. Analyse pédagogique
Après avoir succinctement évoqué, sur le versant des premières acquisitions ou postures aquatiques, quelques
particularités par rapport à l'âge du pratiquant, nous allons dresser un portrait plus complet des notions de
"sécurité" et de "savoir nager".
Avant cela, un petit rappel sur les différences entre le terrien et le nageur s'impose. De même, quelques pistes
de réflexion seront présentées concernant la pertinence de l'utilisation du matériel d'aide à la flottaison ou
d'aide technique pour les quatre nages codifiées.
166
Partie
D. Analyse pédagogique
2
Regard horizontal
Équilibre horizontal
Regard
Propulsion
vertical Équilibration
Équilibration Équilibre par les bras
par les bras par les jambes
vertical
PESANTEUR
PESANTEUR
LE TERRIEN LE NAGEUR
ÉQUILIBRE
Équilibre vertical : regard horizontal Équilibre horizontal : regard vertical
Soumis à la pesanteur Soumis à l’action opposée de la pesanteur
et de la poussée d’Archimède
Appuis solides (plantaires) Appuis fuyants/fluides
Pas de problèmes de vue et d’audition à priori Beaucoup plus de problèmes de vue et d’audition
(liés à l’immersion de la tête)
RESPIRATION
Inspiration = active (2/3) nasale Inspiration = passive (1/5) buccale
Expiration = passive (1/3) buccale Expiration = active (4/5) buccale et nasale
Pas de résistance à l’expiration Pression de l’eau
(800 fois supérieure à celle de l’air)
Respiration innée Respiration volontaire puis automatisée
PROPULSION
Bras = équilibrateurs Bras = moteurs
Jambes = motrices Jambes = équilibratrices
(sauf en brasse où elles sont propulsives)
Action musculaire décroissante Action musculaire croissante
Résistance quasi-nulle Résistances fortes : le "maître-couple" détermine la
résistance à l’avancement
Appuis solides Appuis fuyants
167
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Avant de se focaliser sur l'aspect purement sécuritaire d'une aide à la flottaison, nous devons faire l'effort de
réfléchir au matériel que le pratiquant va utiliser : c'est-à-dire, pourquoi et où nous en mettons.
L'exigence de sécurité de nos apprenants ne doit pas se faire au détriment des exercices et de l'occupation de
l'espace aquatique (et inversement).
Donc, attention au matériel que nous donnons et à la façon dont nous exigeons qu'il soit utilisé...
Il faut interpréter les conséquences de l'utilisation de supports de flottaison compte tenu des deux forces qui
régissent le couple de redressement (voir Annexe A.3, Propulsion, page 198).
• 1. La pesanteur
• 2. La poussée d'Archimède
Poussée d’Archimède
Poussée d’Archimède Planche
Frite
Pesanteur
Pesanteur
Plus nous rajoutons de la flottaison vers l’avant Plus nous plaçons ce matériel (ceinture ou frite)
(planche, pains dans les mains), plus le point vers l’arrière (au niveau de la taille), plus le centre
d’application de la poussée d’Archimède (le centre géométrique recule et se confond avec le centre
géométrique) se dirige vers la tête. de gravité.
Le corps a tendance à se redresser et les jambes, Le corps a tendance à basculer vers l’avant
elles, à tomber. L’action de ces dernières – par le en position horizontale. Il faudra avoir des appuis
battement – va non seulement aider à la propulsion "sûrs" par une action continue avec les membres
mais surtout permettre l’équilibration (le maintien supérieurs pour ne pas subir l’allongement et être
du corps en position horizontale). en constant déséquilibre avant (les bras et la tête
s’enfoncent).
168
Partie
D. Analyse pédagogique
2
|Pour la brasse
Les premiers mouvements de jambes se réalisent en général avec la frite sous les bras ou le ventre et/ou des
pains dans les mains.
La frite a l'avantage d'être facile à mettre ou à enlever, à l'inverse de la ceinture ; mais elle a l'inconvénient de
ne pas être toujours "stable" et parfois de gêner le mouvement des bras ou d'irriter le dessous des bras quand
on la garde un certain temps. Attention alors à ne pas la maintenir trop longtemps dans la même position.
Nous pouvons envisager l'acquisition du ciseau de brasse sans ceinture. Plusieurs solutions s'offrent à nous :
pour le novice qui n'est pas très à l'aise avec la planche, au départ, privilégier les deux frites sous les bras ;
sinon nous pouvons très rapidement arriver sur une planche dans les mains (deux bras tendus devant) + une
frite sous le ventre.
La brasse en coordination bras-jambes est réalisée avec une frite. Par la suite, si l'enfant manque de puissance
dans les jambes malgré une amplitude et un bon placement des segments du corps, il sera intéressant de lui
mettre la ceinture pour soulager le travail et la gestuelle des membres inférieurs.
La répétition mécanique gestuelle est essentielle à un moment donné : cela passe par de bonnes sensations
proprioceptives en privilégiant le maximum de répétitions.
Il ne faut pas arriver à une surcharge physique en faisant de la nage globale sans ou avec très peu de matériel.
|Pour le dos
La ceinture pour le déplacement dorsal est inutile et n'a pas d'intérêt pédagogique en tant qu'aide à la flot-
taison pertinente.
S'allonger sur le dos ne pose pas de difficulté quant à l'allongement des bras et des jambes, si ce n'est pour
la personne qui éprouve une certaine appréhension de l'espace arrière : la bascule de la tête en arrière est un
point stratégique, tout comme laisser les deux pieds remonter vers la surface.
L'immersion du visage ne constitue plus la barrière à la réussite de l'horizontalité du corps comme pour l'al-
longement ventral.
Quand nous abordons la technique, l'allongement dorsal ne doit plus poser de problème majeur. L'important
est le placement du bassin qui doit se rapprocher de la surface de l'eau.
Le regard au plafond avec les oreilles dans l'eau est un autre facteur de réussite pour une bonne horizontalité.
Encore une fois, en position dorsale, il n'y a (quasiment) pas besoin de matériel pour bien s'équilibrer, même
si pour les débutants qui appréhendent énormément l'espace arrière (le déséquilibre arrière), il est très inté-
ressant de travailler avec deux frites dans les mains, bras écartés tendus.
Puis les deux pains dans les mains : de l'allongement du corps (bras écarts) nous passerons à l'alignement du
corps (bras-cuisses puis bras opposition).
Il n'y a donc aucune exigence à utiliser une ceinture pour vouloir faire remonter le ventre à la surface : cette
action va se concrétiser grâce à l'individu lui-même en acceptant de "creuser légèrement le dos", ce qui entraî-
nera inéluctablement la remontée du nombril vers la surface de l'eau !
169
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Il faut proscrire la frite derrière la nuque qui amène le débutant à fléchir sa tête plutôt que l'étendre correcte-
ment en arrière : le corps aura tendance à se plier et les fesses à descendre.
Pour compenser cette mauvaise position, l'enfant va chercher à soulever les pieds hors de l'eau : le battement
de jambes ressemble plus dans ce cas-là à un mouvement circulaire, comme s'il faisait du "vélo" en position
semi-assise.
|Pour le crawl
Nous pouvons utiliser du matériel de façon plus variée compte tenu des objectifs multiples : placement
des segments, coordination-respiration, cadence respiratoire, cadence gestuelle, travail aquatique en prise
d'appui-traction-poussée, retour et relâchement du bras en phase aérienne...
Là aussi la ceinture n'est pas nécessaire pour faire remonter les jambes car les sensations des appuis sont
faciles à travailler sur courtes distances (8-10 mètres) en fusée ventrale.
Par contre, après avoir insisté sur les placements, inspiratoire et expiratoire, avec éventuellement une planche,
des pains dans la (les) main(s), l'utilisation des palmes est judicieuse pour :
- réduire le coût énergétique d'un battement trop faible ;
- améliorer la sensation de l'appui en extension de la cheville ;
- amplifier la glisse (la vitesse) du nageur ;
- se concentrer plus efficacement sur un geste technique (exemple : retour aérien bras fléchi) ;
- faciliter la recherche d'appuis en profondeur.
D'une manière générale, les palmes vont permettre à l'enfant ou à l'adulte de répéter sur un temps plus long
des séquences de travail qui solliciteraient trop les jambes. Et ainsi moins s'épuiser à faire son battement alors
que l'objectif se trouve ailleurs.
|Pour le papillon
Cette technique de nage particulièrement éprouvante physiquement nécessite :
- une bonne souplesse articulaire ;
- une bonne condition physique ;
- une bonne coordination-respiration ;
- une amplitude de mouvements dans les mouvements propulseurs des bras ;
- un retour aérien des deux bras simultanés au-dessus de la surface de l'eau.
Pour travailler le mouvement ondulatoire des jambes et pour amplifier cette sensation, travailler avec des
palmes est intéressant.
De même, pour des exercices de bras, le pratiquant qui a quelques difficultés à maintenir un minimum le corps
à l'horizontal, les palmes vont l'aider à augmenter sa vitesse de nage et sa portance16.
16. Force subie par le corps en mouvement dans l'eau et perpendiculaire à la direction du mouvement.
170
Partie
D. Analyse pédagogique
2
Ensuite, en fonction de l'exercice choisi, nous pouvons prendre le matériel habituel pour travailler le mouve-
ment des bras : planche, pain, pull-buoy.
Ici, il servira surtout à garder un appui en bras fixe devant afin de cibler la coordination-respiration et la coor-
dination du bras propulseur sur l'ondulation.
171
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Il ne faut pas envisager la notion d'apprendre à nager exclusivement par l'acquisition de techniques gestuelles
et mécaniques (les mouvements) mais plutôt comme l'interaction d'éléments propres au milieu aquatique :
la flottaison, l'immersion, le déplacement corps allongé.
1 2
L'aisance aquatique générale : L'aisance de déplacement ou propulsion :
immersion, respiration, allongement/redressement la technique des nages codifiées
Par la suite, pouvoir évaluer la progression et tirer le bilan de notre action pour mesurer les acquisitions du
débutant ou du nageur est un palier essentiel.
172
Partie
D. Analyse pédagogique
2
Comme nous l'avons dit juste avant, la notion de "savoir nager" ne doit pas être appréhendée seulement sur
le versant de la capacité à se déplacer.
Savoir se sauver
Maîtriser et gérer des situations imprévues ou délicates qui perturbent les modes équilibrateurs, respiratoires
ou propulseurs habituels du "terrien".
C'est pouvoir s'adapter à toutes contraintes spatiales et événementielles dans le milieu aquatique et nautique
en préservant ses capacités vitales (conscience, respiration, dépense énergétique).
173
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
|Le contexte
Cette notion du "savoir nager" peut être appréhendée de différentes manières suivant le contexte dans lequel
il est mis en avant, avec les intervenants concernés.
Cadre associatif
Dans le cadre associatif (les clubs de natation), ce savoir nager sera orienté vers les techniques de nages codi-
fiées et des "ingrédients" qui vont nourrir les spécificités des courses des compétitions sportives organisées
par le secteur associatif (fédérations sportives) : les plongeons, les virages, les reprises de nage, les départs,
la musculation... Tout ce qui touche à la performance sportive chronométrée et la confrontation inter-clubs où
les résultats sont primordiaux (gagner la course, être le meilleur).
Le citoyen "lambda"
Au même titre que la définition du sport, d'après l'enquête de l'INSEP17 en 1986 : "Le sport, c'est ce que les
gens font quand ils pensent qu'ils font du sport", la définition du savoir nager par le citoyen reste subjective si
elle n'est pas basée sur des critères ou objectifs précis.
Le vécu, les expériences diverses, les attentes ou besoins de chacun, le mode de vie... tous ces aspects ont
une influence sur les possibilités de pratiquer une activité physique et sportive.
C'est pourquoi nous retrouvons des disparités parfois conséquentes dans les niveaux de pratique du jeune
enfant jusqu'au senior...
Milieu scolaire
Dans le milieu scolaire (primaire et secondaire), la circulaire du 07 juillet 2011 sur la natation scolaire définit
le savoir nager par la "maîtrise du milieu aquatique permettant de nager en sécurité...". Mais qu'entend-on
par "maîtrise" ?...
Et doit-on prendre cette "sécurité" au sens large : sans paniquer, sans se fatiguer, se déplacer de manière
globale...? Ou doit-on y voir la technique de nage de l'enfant, capable de placer son corps dans l'espace de
manière appropriée, de se propulser efficacement tout en adaptant sa "respiration" aux contraintes du milieu ?
17. Institut National du Sport et de l'Éducation Physique créé en 1975 par la loi Mazeaud, et qui est devenu en 2009,
l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance.
174
Partie
D. Analyse pédagogique
2
Savoir nager, au même titre que savoir parler, lire, écrire et compter fait partie intégrante de l'enseignement scolaire.
La circulaire 2011-090 du 07 juillet 2011 relative à l'enseignement de la natation dans les établissements
scolaires du premier et second degré stipule : "qu'apprendre à nager à tous les élèves est une priorité natio-
nale, inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences".
Elle réaffirme l'importance d'un "SAVOIR NAGER" qui : "doit répondre aux enjeux fondamentaux de l'éducation
à la sécurité et à la santé mais aussi favoriser l'accès aux diverses pratiques sociales, sportives et de loisirs".
Plus concrètement, ce savoir nager est décliné en trois paliers qui déterminent des connaissances et capacités
à évaluer pendant le cursus scolaire.
TROISIÈME PALIER à évaluer au collège (si possible dès la 6e, au plus tard en fin de 3e)
Ce troisième palier est l’aboutissement de la programmation de plusieurs cycles d’activités (séances de
natation scolaire) tout au long de la scolarité de l’enfant.
Il définit alors le "premier degré du savoir nager" :
"Compétence à nager en sécurité dans un établissement de bain ou un espace surveillé (piscine, parc
aquatique, plan d’eau calme à pente douce)".
Pour évaluer ce palier, des indications portent sur un parcours de capacités, composé de cinq tâches à
réaliser en continuité, sans reprise d’appuis au bord du bassin :
- sauter en grande profondeur ;
- revenir à la surface et s’immerger pour passer sous un obstacle flottant ;
- nager 20 mètres : 10 mètres sur le ventre et 10 mètres sur le dos ;
- réaliser un surplace de 10 secondes ;
- s’immerger à nouveau pour passer sous un obstacle flottant.
175
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Si l'enjeu de "l'éducation à la sécurité et à la santé" est clairement affiché au travers de la circulaire 2011, la
définition de cette sécurité mériterait d'être approfondie.
Faut-il y voir la seule autonomie de déplacement comme objectif prioritaire ou la maîtrise de techniques de
propulsion que sont les trois nages codifiées de base : dos crawlé, brasse, crawl ?
La maîtrise du milieu aquatique passe par maîtriser son corps dans ce nouveau milieu liquide, et donc, trouver
de nouvelles postures et de nouveaux modes respiratoires pour ne pas se retrouver bloqué dans ses dépla-
cements.
L'enseignement de la natation scolaire, dont la finalité est d'arriver pour le maximum d'élèves au "savoir
nager", concerne dans la majorité des cas, des enfants de la Grande Section (5 ans) au CE1/CE2 (7/8ans).
Or, une enquête réalisée en 2008 a montré que près de la moitié des élèves rentrant en sixième ne savait
pas nager !
Nous pouvons émettre deux hypothèses : soit les parents n'ont pas les moyens financiers et/ou l'envie de
prioriser une activité aquatique pour leur enfant, soit l'école ne répond pas suffisamment à l'enjeu de sécurité
par une démarche trop limitée/souple sur l'acquisition de réelles techniques de nage.
Pourquoi ?
- À partir de 8 ans, l'enfant rentre dans une période favorable pour apprendre – techniquement – à
nager. Si l'un des enjeux de la circulaire est de donner à chaque enfant la possibilité de nager en
sécurité, il serait judicieux, quand cela est possible, de prolonger la natation scolaire jusqu'au CM2
pour conforter et améliorer les bases techniques plutôt que d'arrêter trop souvent en CE2 ! Le
cycle 3 (en général CM1/CM2) donne la majorité du temps priorité aux activités nautiques...
- À partir de 7/8 ans (CE1/CE2) jusqu'à 9/10 ans (CM1/CM2), nous rentrons dans cette période
propice à l'apprentissage des nages codifiées qui donnerait à l'enfant les atouts pour assurer sa
propre sécurité. La réalité est que trop d'enfants entre en sixième en ne sachant pas nager. Et les
années qui suivent au collège n'offrent pas réellement la possibilité d'apprendre la technique de
nage codifiée.
Le projet pédagogique scolaire dans le premier degré, qui doit mettre en interaction les professeurs des écoles
et les maîtres-nageurs, est certes primordial. Mais la définition des objectifs de la circulaire laisse le choix aux
intervenants de définir les axes de travail (les entrées dans l'eau, les immersions, les jeux collectifs...).
Les compétences visées sont propres à chaque projet/collectivité mais le déplacement d'une quinzaine ou
une trentaine de mètres ne doit pas apparaître comme l'objectif ultime.
Bien que l'aspect "propulsion" continue sans reprise d'appui marque une capacité à se mouvoir sur une
certaine durée sans appui solide, cette compétence validée en fin de cycle 2 ou cycle 3 reste assez floue pour
justifier une maîtrise technique dans le milieu aquatique.
176
Partie
D. Analyse pédagogique
2
Le premier palier du "savoir nager" (circulaire 2011 : natation scolaire) prévoit donc l'évaluation de connais-
sances et de capacités en fin de cycle 2 (CE1).
Comme nous l'avons dit, ce premier palier comporte deux parties :
- une partie qui montre un début d'autonomie en propulsion ;
- une partie qui s'appuie sur des aspects d'entrées dans l'eau, d'équilibre, d'immersion/respiration.
Il est possible de considérer que la découverte du milieu et l'initiation à l'activité aquatique soit abordée par
des situations pédagogiques ludiques (jeux, parcours, défis...).
Nous laissons le choix à chacun de mettre le dispositif matériel adéquat afin de sublimer le comportement de
l'élève. Cette phase d'approche s'inscrit alors dans la deuxième partie évoquée ci-dessus.
Afin de répondre de manière efficace à la première partie du premier palier de la circulaire, nous définissons
deux axes de travail :
- l'autonomie aquatique ;
- la codification des nages.
Pour le premier axe de travail, nous proposons la "nage hybride" (déplacement ventral) et le "dos à deux bras"
(déplacement dorsal).
Pour le second, nous suggérons le dos crawlé (dorsal) puis le crawl (ventral).
Bien qu'au travers de la diversité des aménagements aquatiques, projets pédagogiques et autres fonctionne-
ments locaux sur l'ensemble du territoire, nous allons légitimer le choix des outils pédagogiques.
• Pour l'autonomie aquatique : nous renvoyons aux pages 189 à 191.
• Pour la codification des nages : nous allons montrer pourquoi il n'est pas toujours pertinent de faire
de la brasse une priorité pour l'objectif de technique de nage.
177
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
178
Partie
D. Analyse pédagogique
2
179
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
La sensibilité proprioceptive
La sensibilité proprioceptive est la capacité de percevoir les mouvements de son corps dans l'espace.
Le système propriocepteur nerveux reçoit à tout moment de l'organisme, de façon automatique, des informa-
tions qui lui sont nécessaires pour ajuster les contractions musculaires.
Les deux autres types de sensibilités du corps sont :
- la sensibilité intéroceptive provenant des viscères ;
- la sensibilité extéroceptive avec les cinq sens : vue, ouïe, odorat, goût, toucher.
La représentation de son corps dans l'espace (schéma corporel) n'est pas si évidente que cela quand la
personne novice se retrouve dans le milieu aquatique. On doit trouver un nouvel équilibre et donc de nouveaux
repères, adapter ses volumes respiratoires, trouver de nouveaux modes de propulsion...
Cet aspect est très important dans la progression de la personne car il détermine le positionnement aquatique.
Les trois niveaux de progression répondent à différentes représentations en fonction des objectifs respectifs :
180
Partie
E. Questions pratiques
2
Commencer par le crawl : est-ce pertinent et que cela implique-t-il ? –––––– 183
D'une manière générale, nous allons tourner autour de deux axes de réflexions :
- un, qui relève du choix par l'éducateur du mode de propulsion et de son impact sur le pratiquant ;
- un autre, qui est évidemment prégnant, qui concerne l'âge des pratiquants et de la pédagogie
adaptée par rapport à leurs besoins.
Mais avant cela, voyons rapidement ce que nous entendons par "technique" (de nage).
181
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Facteurs
Taille, poids, longueur des segments, pourcentage de graisse, flottabilité...
morphologiques
Renvoient à l'efficience motrice (augmenter l'efficacité des gestes moteurs tout en
Facteurs
réduisant au maximum la résistance à l'avancement par : force maximale de nage,
bio-mécaniques
fréquence de nage, surfaces propulsives, résistances hydro-dynamiques...).
Facteurs Énergétiques, neuro-musculaires (qualités de vitesse, régulation tonique :
physiologiques alternance relâchement/contraction).
Facteurs
Motivation, volonté, résistance au stress, compréhension...
psychologiques
Technique de nage
La gestuelle
Rendement
Maintenir une fréquence relativement élevée tout Nager vite et/ou plus longtemps
en préservant une amplitude de nage importante. au moindre coût énergétique.
(allonge/glisse/esthétique)
182
Partie
E. Questions pratiques
2
1
Les appuis latéraux des bras vont donner la possibilité de nager la tête hors de l'eau.
La brasse est la seule nage qui le permet : pouvoir nager tranquillement
tout en gardant les repères visuels du terrien (regard horizontal).
2
Le milieu aquatique pose la problématique de la propulsion et du repérage dans l'espace.
La brasse donne le moyen d'y répondre par l'efficacité du ciseau de brasse
et des appuis latéraux des bras qui assurent la propulsion et l'équilibration.
183
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Aborder le crawl dès le plus jeune âge peut être pertinent si nous choisissons en priorité l'aisance respiratoire
et propulsive ainsi que la vitesse de nage.
Mais l'enjeu des cours d'Apprentissage va plus dans le sens de la sécurisation de l'enfant (brasse et dos) que
celui de la maîtrise technique de la nage la plus rapide (crawl).
Le niveau des enfants étant parfois très hétérogène, leurs motivations et leurs capacités de compréhension
inégales au début d'un cycle de natation, nous devons assurer leur sécurisation dans l'eau dans l'intérêt du
plus grand nombre.
En effet, le crawl exige un niveau de maîtrise respiratoire et gestuelle assez important et un temps de pratique
parfois long pour être un minimum efficace.
Pour résumer :
Avoir une équilibration continue par une action efficace des jambes pour éviter
de se retrouver à l'oblique, d'autant plus que la tête restera hors de l'eau.
Immerger la tête assez longtemps pour être capable d'expirer de façon active
et prolongée.
Nager en
Maîtriser le placement inspiratoire = inspiration latérale grâce à la dissociation
crawl de façon
segmentaire tête/tronc ; cet objectif ne peut être maîtrisé de manière approximative
constante
car une mauvaise respiration entraînera un mauvais positionnement du corps limitant
et sans
l'efficacité de la propulsion : la fatigue rapide fera stopper le nageur.
déséquilibre
oblige par
Maintenir une relative amplitude de bras pour que le mouvement de traction-poussée
conséquent à :
fasse avancer le corps. Action que le novice ne ressentira bien qu'en ayant acquis
l'immersion prolongée de la tête dans l'eau avec une action propulsive continue
des jambes.
Dissocier les bras du tronc pour favoriser le retour aérien du bras vers l'avant et la prise
d'appui dans l'axe de déplacement sans résistance aquatique.
Ces objectifs sont loin d'être inaccessibles, mais on ne peut pas se contenter de nager le crawl de façon globale
avec une respiration moyennement maîtrisée et une dissociation segmentaire non acquise – surtout pour la
respiration latérale !
Se donner comme objectif général de faire acquérir le crawl doit amener l'éducateur à prendre en compte
tous les paramètres ci-dessus pour ne pas se tromper de chemin en voulant faire acquérir une technique
qui englobe les trois problématiques Équilibre-Respiration-Propulsion et qui nécessite donc de les mettre en
relation permanente.
184
Partie
E. Questions pratiques
2
L'étape 4 "Placement des segments" définit comme objectifs les premières acquisitions de techniques de
nages codifiées.
Cela suppose que l'enfant soit un minimum familiarisé avec l'eau ou, pour le moins, qu'il n'ait pas de blocage
particulier (être tétanisé en grande profondeur, même avec matériel, ne pas accepter l'immersion du visage...).
Entre 7 et 11 ans environ, les enfants sont dans une phase de développement moteur, physique et physiolo-
gique importante. C'est la période propice aux "apprentissages" psycho-moteurs.
L'objectif de l'acquisition de la brasse et du dos sur une quinzaine de séances va donc permettre à l'enfant
d'assurer, dans une première démarche, sa sécurité dans ce milieu aquatique. Mails il faudra dépasser ce stade
pour entretenir les acquis et entrevoir une troisième technique de nage codifiée : le crawl.
Ne pas savoir nager constitue souvent une barrière au plaisir d'évoluer dans l'eau, de même qu'aux loisirs qui
y sont étroitement liés (piscine, plage, vacances, activités nautiques...).
Arriver rapidement à une autonomie aquatique pour l'enfant est essentiel. Nous devons agir pour qu'il
s'allonge en position ventrale et dorsale, et pour qu'il puisse souffler un minimum dans l'eau, tout en
s'immergeant.
185
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Les objectifs d'un cycle Apprentissage pour le public adulte peuvent être variés et hétérogènes en fonction des
caractéristiques physiques des individus, de leurs attentes, de leur passé aquatique (agréable ou douloureux),
de leurs mauvaises postures ancrées depuis des années en eux (schéma corporel, traumatismes articulaires
ou musculaires)...
C'est pourquoi l'éducateur doit prendre son temps pour bien analyser le comportement de chacun, faire
connaissance avec son public de manière sincère (intérêt à autrui, motivation, confiance...).
Avec les enfants, il faut rentrer assez vite dans le vif du sujet notamment avec la technique et le ciseau de
brasse. Avec les adultes, nous devons insister plus longtemps sur l'aisance sans matériel afin de les amener à
se sentir bien dans cet élément et éprouver une certaine légèreté.
Les étapes de progression 1 (Respiration/Immersion) et 2 (Allongement/Redressement) y répondent avant
même de parler de technique gestuelle ou de propulsion.
En règle générale, les 4-5 premières séances peuvent se faire sans utiliser de matériel.
Le but de ces exercices est de se relâcher complètement pour :
- ne pas se crisper et être en contraction musculaire permanente ;
- optimiser le travail respiratoire ;
- ressentir au maximum la poussée d'Archimède.
La réussite des exercices passe également par l'écoute et la complicité des échanges entre l'éducateur et
son public.
Nous ne devons pas nous contenter de "balancer" des exercices à la suite ; il faut arriver de manière subtile
à gagner la confiance de l'adulte quand une tâche lui provoque des sentiments de peur, angoisse, anxiété,
inquiétude...
Plus concrètement, sur les objectifs des étapes 1 et 2, nous focaliserons notre attention sur la gestion de
l'immersion du visage et du corps qui doit toujours se faire sans gestes brusques et en douceur.
Le but étant de ressentir la flottaison et d'utiliser la poussée d'Archimède pour se redresser facilement et
tranquillement.
186
Partie
E. Questions pratiques
2
Par la suite, le matériel deviendra nécessaire quand il faudra attaquer les premiers exercices de nages codi-
fiées pour éviter la surcharge physique et favoriser la prise d'information sur son positionnement aquatique.
Important Rendez les adultes autonomes, au petit bain et au grand bain, avant de leur imposer une
technique gestuelle qu'ils ne maîtriseront qu'avec du matériel !
Quand nous abordons la brasse, la progression est identique à celle du public "enfants" pour un cycle Appren-
tissage :
- 1 : ciseau ventral.
- 2 : coordination bras-jambes en trois paliers :
• A = dissociée,
• B = coordination,
• C = continue.
- Il est possible de proposer, au début, le ciseau dorsal pour l'adulte qui a du mal à situer son
mouvement de jambes dans l'espace : sur le dos, nous lui demanderons de regarder ce qu'il fait
pour placer correctement les surfaces d'appui (pieds, orteils, tibias, genoux).
Pour l'adulte, le ciseau de brasse répété la tête hors de l'eau n'est pas la meilleure solution.
L'idéal est de privilégier le ciseau ventral tête immergée car, si nous avons bien insisté sur le travail d'équi-
libration de l'étape 3, la gestuelle du ciseau sera plus efficace en position bien horizontale que légèrement le
corps à l'oblique avec le dos "creusé".
Effectivement, avec 2 frites sous les bras et la tête en extension, le corps de l'adulte aura tendance à descendre
sous la surface de l'eau d'autant plus que les jambes sont lourdes et volumineuses.
L'adulte a forcément une masse corporelle plus imposante que celle d'un enfant. Un placement de la tête hors
de l'eau ne fera donc qu'amplifier le couple de rotation dû au manque d'appui et de propulsion des jambes
(voir "Annexe A.3, Propulsion" : couple de redressement, page 198).
187
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
80 % des français ont ou auront mal au dos et 47 % déclarent avoir mal au dos…
ils n’étaient que 30 % en 1980.
Chaque jour, nous inclinons notre dos 1 500 à 2 000 fois !
35 % des postures sont nocives.
Première cause de consultation dans les centres anti-douleur.
50 % des enfants ont mal au dos et parfois dès l’âge de 8 ans.
Le mal de dos représente 13 % des accidents du travail chaque année.
35% des français déclarent avoir souffert d’une lombalgie au cours des 12 derniers mois.
Il est la première cause d’invalidité chez les moins de 45 ans.
Quand nous sommes en présence d'un public adulte, soyons tolérants, à l'écoute et sachons adapter notre
pédagogie afin que l'apprenant en retire un bénéfice qu'il soit technique ou de bien-être.
Nous devons prendre en compte le facteur "douleur" quand nous exigeons de nager la tête hors de l'eau pour
l'adulte. Imposer l'immersion de la tête en début d'apprentissage (ciseau ventral/brasse "dissociée" et "coor-
dination") soulagera les tensions qui pourraient naître d'un travail en hyper-extension de la tête.
Bien qu'il faille, à un moment donné, nager le visage hors de l'eau, la flexion de la tête diminue les problèmes
de raideur au niveau de la nuque et facilite la concentration du pratiquant adulte sur sa gestuelle et, par consé-
quent, sur ses repères proprioceptifs.
L'apprentissage de la natation chez les adultes – d'un certain âge – dépend souvent de leurs capacités physiques
du moment. Leur apprendre la technique c'est aussi leur apprendre les bonnes postures. Attention toutefois à
ne pas leur en imposer une qui leur procurerait des douleurs.
C'est pourquoi travailler initialement la tête immergée n'est que bénéfique dans la mesure où le relâchement
de la tête n'engendre pas de gênes particulières au niveau des vertèbres cervicales, dorsales ou lombaires.
L'utilisation du matériel ainsi que la déclinaison des objectifs suit la même logique que celle des enfants, à la
différence des deux premières étapes qui seront essentielles pour les adultes en vue de leur aisance
et bien-être aquatiques.
Maintenant, en fonction du niveau de pratique et du public concerné, il est essentiel de définir des objectifs
pertinents afin de répondre au mieux aux besoins de chacun.
Il faut être capable de diversifier ses exercices pour que chaque adulte sente qu'il progresse, qu'il prenne de
l'assurance dans l'eau et qu'il ait envie de revenir à la piscine par motivation plus que par obligation.
188
Partie
E. Questions pratiques
2
Déplacement ventral en battement de jambes associé à des appuis latéraux des bras
(mouvements continus des bras de brasse)
Les appuis latéraux simultanés des mains vont dans le sens de la sécurisation au détriment des
premiers appuis alternés des bras en crawl qui demandent un niveau de maîtrise technique et énergétique
plus important. De plus, la dissociation segmentaire tête-tronc (respiration latérale), bras-tronc (passage aqua-
tique et aérien des bras) est un élément capital pour l'efficacité de la nage alternée (crawl).
Faire ce que l'on appelle le "grand chien" avec des mouvements de bras ressemblant de loin à ceux du crawl
reste un mode de déplacement trop approximatif pour être un objectif concret en termes d'acquisition.
189
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
INTÉRÊTS Les mouvements alternés des jambes demandent moins de précisions techniques
de ce que le ciseau de brasse symétrique devant être réalisé sur un même plan horizontal.
premier On peut maintenir la tête hors de l'eau grâce aux appuis des mains sans trop se fatiguer.
mode de
propulsion Elle permet de nager la tête dans l'eau, position "fusée" + battement de jambes =
moins de résistances, donc une propulsion plus efficace.
La continuité bras-brasse + battement-jambes, tête hors de (ou dans) l'eau, assure
une propulsion et une sécurisation pour les personnes moins à l'aise
qui ne maîtrisent pas encore la respiration coordonnée sur les appuis des mains.
Cette nage hybride précède en quelque sorte la nage (sécuritaire) brasse par le travail des appuis des membres
supérieurs qu'elle requiert.
Malgré tout, cela reste un moyen d'arriver à une certaine autonomie de déplacement. Un objectif que nous
retrouvons en milieu scolaire et fédéral.
• Milieu scolaire, pour la natation scolaire, le Premier palier du "SAVOIR NAGER"/première partie
est : "Se déplacer sur une quinzaine de mètres, sans aide à la flottaison et sans reprise d'appuis".
• Milieu fédéral, pour le club de natation, Test ENF (Ecole de Natation Française) n°1 le "Sauv'nage"
(voir Annexe C Les tests ENF, pages 208-209) dit : "Alterner sur une distance de 15 à 20 mètres, un
déplacement ventral (...)".
190
Partie
E. Questions pratiques
2
191
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
L'enseignement de la natation exige un niveau de compétences et de surveillance très spécifique lié au milieu
aquatique.
En tant qu'enseignant/éducateur sportif, nous sommes dans l'obligation d'assurer en permanence la sécurité
de notre groupe tout en optimisant le temps de pratique. Mais également d'être pertinent et logique dans le
contenu des séances que nous animons.
Une vigilance accrue est de mise envers les débutants, car l'enfant ou l'adulte qui perd pieds ou qui ne retrouve
pas d'appuis solides peut rapidement boire la tasse, paniquer et être confronté au premier stade de la noyade.
Important La démarche est de combiner exercices adaptés avec le plaisir de l'activité, sans mettre
les pratiquants dans des situations difficiles ou dangereuses.
Plus particulièrement avec l'enfant, soyons à la fois exigeant et soucieux de son bien-être dans l'activité.
Attention à notre discours et aux gestes que nous employons. Notre action doit toujours s'inscrire dans le
plaisir et la volonté de faire pour l'enfant. S'il bloque sur une situation, soyons à son écoute, réajustons la tâche
pour qu'il réussisse par lui-même.
Savoir s'adapter au niveau de chaque enfant doit nous amener à varier le matériel et les exercices suivant son
niveau d'aisance ou technique.
Le respecter, c'est aussi accepter qu'il ne puisse pas, à un moment donné, agir comme nous le voudrions si la
sensation de peur est envahissante (il pleure...).
Ne le forçons pas à faire quelque chose par des gestes inappropriés (exemple : le pousser pour qu'il saute en
grande profondeur sans matériel, insister sur un exercice au grand bain avec peu de matériel alors qu'il est
"bloqué" par la peur de la profondeur). Cela ne ferait qu'amplifier le sentiment d'angoisse voire engendrer une
expérience traumatisante.
Le schéma page suivante reprend ces affirmations en illustrant ce que, personnellement, j'appelle la
"dynamique pédagogique" avec l'interaction de ses trois pôles fondamentaux :
SÉCURITÉ
PRATIQUE
PLAISIR
192
Partie
Conclusion
2
La dynamique pédagogique
SÉCURITÉ
MAXIMALE
Gestion de groupe
ENT
CON
(autorité/écoute
respect des consignes)
DEM
Matériel de flottaison
FIA
Vision périphérique
REN
NC
E
LA DYNAMIQUE
PÉDAGOGIQUE
Estime de soi
(auto-évaluation)
Côté affectif/
Gestion de l'espace émotionnel (sourire, joie...)
aquatique Besoins moteurs
Tâches adaptées (dépense physique, dépassement
aux capacités des élèves de soi, recherche du risque)
193
ANNEXES
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
A.1 L'équilibre
Un corps est en équilibre lorsque la résultante des forces agissant sur lui est nulle. L'équilibre statique du corps
est soumis à la double action de la pesanteur et de la poussée d'Archimède.
Ces deux forces sont de même direction mais de sens opposé.
| La pesanteur
Elle est égale au poids du sujet et s'applique de haut en bas en son centre de gravité (CG) au niveau de la
cinquième vertèbre lombaire (L5).
| La poussée d'Archimède
Elle est égale au poids du volume d'eau déplacé par le corps et s'applique de bas en haut en son centre
géométrique (CV) au niveau de la première vertèbre lombaire (L1).
Poussée d'Archimède qui s'applique au centre géométrique Poussée d'Archimède
CV CV
CG
C
CG
Pesanteur
qui s'applique au centre de gravité Pesanteur
S'équilibrer revient à faire en sorte que la poussée d'Archimède soit égale au poids du sujet.
Pour le débutant qui se sent "couler", il appuie sur ses bras pour maintenir la tête au-dessus de l'eau. La poussée
d'Archimède est inférieur au poids, la tête maintenue hors de l'eau c'est de la poussée d'Archimède en moins. Et
comme il sent qu'il a tendance à "couler" encore plus il va chercher à résister pour se maintenir à la surface. Il va
faire le "bouchon", se fatiguer rapidement et paniquer par manque d'appui des bras et des jambes.
L'objectif de flotter sans matériel se concrétisera si le débutant accepte de se laisser porter : le plus dur à faire
sera justement de ne rien faire, au lieu de lutter contre l'eau et de se crisper.
196
A. Quelques aspects théoriques Annexes
A.2 La respiration
La respiration permet d'amener l'oxygène (O2) de l'air à l'organisme et de rejeter le gaz carbonique (CO2) à
l'extérieur.
INSPIRATION EXPIRATION
Lorsque l'on respire sur la terre, l'inspiration se fait L'expiration, elle, est passive : les côtes redescendent
par la contraction du diaphragme associé à l'action par gravité et le diaphragme remonte par simple
des muscles élévateurs des côtes qui augmente relâchement.
le volume de la cage thoracique.
INSPIRATION EXPIRATION
L'AIR ENTRE DANS LES POUMONS L'AIR EST EXPULSÉ DES POUMONS
Dilatation Contraction
des poumons des poumons
Quand un débutant a le visage dans l'eau, il est fréquent qu'il relâche simplement son diaphragme comme sur
la terre ferme. Or, dans le milieu aquatique la pression de l'eau ne permet pas à l'air de sortir des poumons en
aussi grande quantité. Moins de CO2 étant rejeté à l'extérieur, la concentration en CO2 dans le corps augmente.
Pour réagir à cette anomalie, les centres régulateurs de la respiration vont déclencher une inspiration plus
importante pour rétablir l'équilibre par un apport d'oxygène car trop de CO2 est présent. Le problème est qu'au
bout de quelques inspirations le débutant ne peut plus faire entrer d'air dans les poumons puisqu'ils sont
remplis.
C'est pourquoi la "respiration" en phase d'apprentissage, c'est surtout apprendre à expirer longtemps et TOUT
l'air que nous avons dans les poumons !
197
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
A.3 La propulsion
| Le couple de redressement
L'équilibration, le fait de maintenir un certain équilibre horizontal, se réalise principalement par l'action des
membres inférieurs (les jambes).
Si l'on demande à un nageur de rester immobile, bien à plat à la surface de l'eau, bras et jambes tendus, on
s'aperçoit la plupart du temps que ses jambes coulent.
Poussée d'archimède
Pesanteur
S'il ne fait rien, il va se retrouver à la verticale : les points d'application de la pesanteur et de la poussée
d'Archimède ne sont pas confondus car le corps humain n'est pas homogène : la cage thoracique est plus
volumique que les jambes qui sont, elles, plus lourdes.
Le nageur est alors soumis à un "couple de redressement" qui cessera quand les deux forces (une dirigée
vers le haut, l'autre vers le bas) seront alignées.
Contrairement à ce que l'on peut croire, ce n'est pas directement le fait de relever le tête qui fait enfoncer les
pieds, mais plutôt l'appui des mains à l'avant.
Exemple On fait des battements de jambes ou ciseaux de brasse en position ventrale, bras le long
du corps, pour enlever toute possibilité d'appui. Lorsque l'on sort la tête pour inspirer,
on se retrouve en déséquilibre avant : les pieds remontent et c'est la tête qui coule.
Le centre de poussée a donc reculé derrière le centre de gravité : le couple de rota-
tion s'est inversé et a fait basculer le corps en avant. C'est ce qui se passe chez les
bons brasseurs quand ils retardent leur inspiration pour la placer en dehors des appuis
moteurs : les jambes remontent et ils sont en déséquilibre avant.
D'un point de vue pédagogique, il faut se poser les bonnes questions quant à l'adjonction de support de
flottaison. Car en mettant une ceinture au niveau de la taille ou en proposant des frites, on modifie le volume
naturel du corps, donc les sensations que l'on peut avoir, surtout en début de phase d'apprentissage pour les
objectifs d'allongement/redressement.
198
A. Quelques aspects théoriques Annexes
Remarques
C'est pourquoi ce matériel de flottaison est inutile pour les sensations de flottaison
(poussée d'Archimède), mais intéressant quand on commence à aborder les premières
formes de déplacement.
Par contre, être autonome, c'est aussi être capable de se redresser seul avec ce matériel
qui ne doit pas être une contrainte parce qu'on est habitué à faire sans.
L'usage de "flotteurs" pour la propulsion va influer sur la position du nageur. Relativement nuisibles pour
les exercices d'équilibre, il sont intéressants quand on réduit la vitesse du nageur : c'est l'exemple du travail
du placement du ciseau de brasse (amplitude du mouvement de jambes, placement des pointes de pieds).
Définition La portance
Force subie par le corps en mouvement dans l'eau et perpendiculaire à la direction du
mouvement. Elle diminue quand la vitesse est faible : le débutant se fatigue vite à nager
à l'oblique. L'utilisation d'un support de flottaison peut compenser provisoirement cette
dépense d'énergie au profit d'une acquisition technique.
| Le maître-couple
Pour mieux "glisser", il faut chercher à diminuer les résistances. Cela passe par :
- l'immersion de la tête ;
- l'extension générale du corps ;
- le maintien d'un volume thoracique important.
Effectivement, la résistance frontale est fonction de la surface du "maître-couple", qui est la projection de
l'ensemble des points du corps sur un plan perpendiculaire au déplacement.
Ainsi en réduisant cette projection, on diminue la résistance à l'avancement.
Résistance
frontale
199
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Cause
Conséquence
Axe du corps
200
B. Les diplômes professionnels Annexes
Les personnels étant amenés à pouvoir exercer contre rémunération en milieu aquatique sont donc définis
par les cadres d'emploi :
- des diplômes du Ministère des Sports : MNS, BEESAN, BPJEPS AA/AAN, DEJPEPS, DESJEPS ;
- des trois diplômes du Ministère de l'Enseignement Supérieur : DEUST, Licence Professionnelle,
Licence STAPS ;
- des fonctionnaires territoriaux de la filière sportive : CTAPS, ETAPS, OTAPS.
Les fonctionnaires d'État : Professeurs des Écoles (École élémentaire), Professeurs d'EPS (Collège-Lycées),
Professeurs de STAPS (Université) sont également compétents pour enseigner la natation dans le cadre de
leurs missions statutaires (sur le temps scolaire).
À noter que la législation et la réglementation, d'une manière générale, évoluent : les informations réglemen-
taires sont à considérer à un instant "t" et sont donc susceptibles de subir des modifications dans le temps.
201
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
202
B. Les diplômes professionnels Annexes
203
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
204
B. Les diplômes professionnels Annexes
Au-delà des prérogatives du cadre d'emploi et des possibilités d'intervention dans telles ou telles missions et
activités, d'autres aspects primordiaux sont à prendre en compte pour être apte à enseigner au regard de la loi.
Nous allons évoquer brièvement les points essentiels qui doivent faire l'objet d'une attention particulière de
la part non seulement de l'éducateur sportif-salarié mais aussi de l'employeur...
Il est évident qu'en cas de manquements à ces obligations professionnelles ou de faute des services de l'agent
ou de l'éducateur, le cadre d'intervention sort de la légalité et cela peut entraîner des conséquences au niveau
juridique ; c'est-à-dire en termes de responsabilité civile et pénale de chacun.
L'objet de cette réflexion n'est pas d'inhiber le (futur) éducateur sportif, maître-nageur, mais de rappeler qu'on
ne peut ignorer certains aspects réglementaires.
205
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
BPJEPS AA/DEJEPS/DESJEPS
Le CSS, donnant le titre de maître-nageur sauveteur, n'est pas inclu d'office dans ces formations. Le titulaire
de l'un de ces diplômes ne peut pas surveiller SAUF s'il obtiendrait par la suite ce CSS. Ils peuvent donc
enseigner et/ou entraîner (les BP ne peuvent pas entraîner) sans porter le titre de MNS.
Ainsi, deux cas de figure sont possibles suivant l'obtention ou non du CSS :
Avec le CSS Sans le CSS
enseigner/animer/entraîner/surveiller enseigner/animer/entraîner
= =
révision CAEPMNS (tous les 5 ans) + recyclage PSE (tous les ans)
recyclage PSE (tous les ans)
Les Fonctionnaires Territoriaux ne sont pas soumis à l'obligation de révision CAEPMNS ou PSE dans leur
mission statutaire d'enseignement... SAUF deux cas particuliers :
- ETAPS-BEESAN en entraînement : dans le cadre de son statut, cette prérogative dépasse son champ
d'intervention. Sa légitimité pour pouvoir "entraîner" ne l'est que grâce à la possession du diplôme
BEESAN ; il doit donc être à jour du CAEPMNS + PSE.
- OTAPS-BEESAN non-intégré ou OTAPS-BPJEPSAAN : en enseignement "natation scolaire" : idem,
mission hors champ du statut ; il doit être à jour du CAEPMNS + PSE.
Les diplômes universitaires DEUST/Licence Professionnelle/Licence STAPS
L'UESSMA n'étant pas obligatoirement inclus dans la formation universitaire, l'étudiant diplômé n'a pas
l'obligation de porter le titre de MNS pour enseigner : il doit être à jour du PSE (seulement).
SAUF deux cas particuliers où l'obligation de valider l'UESSMA = titre MNS = à jour du CAEPMNS + PSE :
- DEUST en mission d'enseignement pour "public Handicapés" ;
- Licence STAPS pour entraîner.
206
B. Les diplômes professionnels Annexes
207
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
208
C. Les tests ENF Annexes
Test n° 1 • le Sauv'nage
Ce test se présente sous la forme d'un parcours qui permet d'évaluer différentes compétences permettant
d'assurer sa propre sécurité dans l'eau.
Le parcours est effectué en grande profondeur, sans reprise d'appuis solides, sans masque ni lunettes en
enchaînant les huit actions motrices ci-dessous consécutivement :
- Sauter dans l'eau et se laisser remonter passivement.
- S'immobiliser en position ventrale (étoile de mer) pendant 5 secondes.
- Nager jusqu'à un cerceau posé sur l'eau et y rentrer.
- Rester en position verticale pendant 5 secondes à l'intérieur du cerceau.
- Alterner sur une distance de 15 à 20 mètres : un déplacement ventral et le passage sous des
obstacles (3 à 4) disposés le long du parcours.
- S'immobiliser pendant 5 secondes sur le dos.
- Nager sur le dos entre 15 et 20 mètres.
- Aller chercher un objet situé à environ 1,80 m de profondeur et le remonter à la surface.
Test n° 3 • le Pass'compétition
Le Pass'compétition est la dernière étape du parcours de formation. Ce test est spécifique à une discipline.
En natation, le test consiste à réaliser, sans exigence de temps, un 100 mètres 4 nages (papillon, dos, brasse
et crawl).
D'autres aspects sont évalués :
- La connaissance de l'environnement de la compétition : présentation à la chambre d'appel, respect
de la procédure de départ...
- Le respect des contraintes réglementaires de l'épreuve (nages et virages).
- La maîtrise des techniques utilisées en compétition comme le départ plongé ou les coulées.
209
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Pour préciser ce dernier point, fort intéressant, arrêtons-nous un instant sur une statistique pour mettre
en lumière nos propos :
La Journée mondiale du lavage des mains est célébrée le 15 octobre. Elle a été lancée en 2008 par le Parte-
nariat mondial entre le secteur public et le secteur privé pour le lavage des mains, avec l'appui de gouverne-
ments, d'institutions internationales, d'organisations de la société civile, d'ONG18, d'entreprises privées et de
particuliers du monde entier.
D'après un sondage BVA19 publié en octobre 2012 à l'occasion de la journée mondiale du lavage des mains, si
11,5 % des Français prennent plusieurs douches par jour et 67,7 % au moins une fois par jour, 20 % ne se
douchent qu'une fois tous les deux jours ou moins et 3,5 % une fois par semaine.
18. Organisation non gouvernementale d'intérêts publics qui ne relève ni de l'État ni d'une institution internationale.
19. Société française de sondages d'opinions et marketing.
210
D. Les règles d'hygiène à la piscine Annexes
Si la douche quotidienne n'est pas encore systématique pour l'ensemble de la population, la propreté, depuis
quelques (dizaines) d'années, prend une place importante dans la vie des Français.
Rappelons-nous il n'y a pas si longtemps, à l'époque de nos grands-parents, la toilette était très sporadique
et succincte...
L'hygiène est aussi une préoccupation et un enjeu majeur en piscine. Nous, professionnels du milieu aqua-
tique, avons certaines cartes en main pour inciter l'usager à adopter les bons gestes et pourquoi pas changer
ses habitudes.
Le but est de rendre la baignade AGREABLE POUR TOUS ! Il faut, pour cela, agir en amont sur l'hygiène des
baigneurs et particulièrement sur le fait de prendre une douche savonnée avant de rentrer dans l'eau.
Pourquoi ?
Dans la plupart des piscines le traitement de l'eau se fait par le chlore. Le contact du chlore avec les matières
azotés apportées par les baigneurs (sueur, maquillage, urine...) provoque des réactions chimiques qui libèrent
des chloramines (composés chimiques). Ces dernières sont alors la cause d'irritation des yeux et des voies
respiratoires.
Remarque Souvent les gens pensent qu'une piscine qui sent le chlore est une piscine propre : c'est
l'inverse ! C'est parce qu'il y a trop de saletés laissées par les baigneurs : les chlora-
mines augmentent, l'odeur de chlore est très présente voire très désagréable.
La douche savonnée va permettre de limiter les germes (microbes) et réduire l'impact des réactions
chimiques qui nous piquent les yeux et irritent la gorge.
Moins d'impuretés dans l'eau, c'est moins d'eau neuve traitée au chlore à injecter dans le bassin.
Nous limitons alors la consommation d'eau : c'est mieux pour la planète !
Les principaux soucis liés à la piscine sont les verrues, les mycoses, les rhumes...
Mais quelles en sont les causes ?
Un schéma, page suivante, va nous éclairer sur les notions de germes et d'infection dont nous pouvons être
victimes.
211
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
CAUSE CONSÉQUENCES
Invasion d'un organisme vivant
MGERMES MINFECTION
exemple pour le pied
}
(cause = champignons)
• bactéries
• virus MMYCOSESS
pathogènes
• champignons "le pied d'athlète"
• parasites "l'onychomycose"
Désigne l'invasion d'un organisme vivant par des germes, plus précisément des micro-
organismes pathogènes, comme des bactéries, des virus, des champignons ou encore
Infection des parasites.
Le terme pathogène désigne ce qui est susceptible d'entraîner une maladie.
Elle est la conséquence d'une infection par deux classes de germes : principalement
par un champignon microscopique filamenteux (le dermatophyte) ou plus rarement
par une levure (Candida).
Il existe deux types de mycoses pour le pied :
La mycose • "Le pied d'athlète" : cette infection entraîne une inflammation de la peau,
des coupures au niveau des plis, en particulier entre les orteils, ainsi que des
lésions squameuses sur la plante des pieds avec démangeaisons et inconfort.
• "L'onychomycose" : signifie l'infection de l'ongle (onycho) par un champignon
(mycose). Elle provoque la détérioration de l'ongle, parfois jusqu'à sa perte.
La verrue est une tumeur cutanée bénigne non cancéreuse. Elle a pour origine l'infection
de la peau par un virus : le papillomavirus humain (HPV).
La verrue La verrue est donc une petite excroissance de la peau ou une petite lésion qui peut être
également induite par un microtraumatisme et apparaître sur presque toutes les régions
du corps. On peut la retrouver sur la main, le coude, le genou, le visage, le pied ainsi que
sur les organes génitaux.
La rhinopharyngite (ou nasopharyngite, communément nommée rhume banal)
est une infection fréquente et généralement bénigne des voies aériennes supérieures
par un virus.
Le rhume
Les symptômes sont en général : toux, écoulement nasal, éternuements, fatigue,
maux de tête...
C'est l'infection respiratoire la plus fréquente chez le jeune enfant.
212
D. Les règles d'hygiène à la piscine Annexes
Les manifestations cutanées (verrues, mycoses) sont fréquentes chez les sportifs et plus globalement chez
toutes personnes portant des chaussures fermées favorisant la transpiration et la macération.
Les milieux humides sont donc des facteurs favorisant : la piscine avec le sol humide en est un.
Il faut prévenir ces risques par exemple :
• en portant des claquettes pour éviter les verrues ;
• en se séchant soigneusement, surtout entre les orteils pour éviter les mycoses.
213
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
214
E. Tableaux récapitulatifs :
Annexes
LA BRASSE
ÉTAPE 6
Description n° Exercice Matériel Description
Plier = inspirer 1 x bras complet = inspiration + replacement
1 Brasse 1 frite
Écarter-Serrer = expirer tête dans l’eau.
Dissociée sous les bras
(ciseau fort : 3'' glisse) 1 x ciseau fort = expiration 3''.
1 x bras = inspiration et allonge rapide +
Brasse 1 frite
2 replacement tête dans l’eau.
Dissociée sous les bras
Inspiration = extension tête 1 x ciseau fort = expiration 3''.
+ replacement tête dans l’eau
1 x bras (écarter-plier) tps arrêt = inspiration +
sur le "plier". Brasse
3 1 frite replacement tête dans l’eau.
Expiration = sur 1 ou plusieurs Coordina-
sous les bras 1 x ciseau fort + allonge rapide mains =
ciseaux avec quelques tion
expiration 3''.
secondes de glisse.
1 x bras (lent) = inspiration.
1 x bras seul (complet) 4 Brasse 1 frite
1 x ciseau fort + allonge lente ou rapide
= inspiration + replacement Continue sous les bras
mains = expiration 3''.
tête dans l’eau.
1 ou plusieurs ciseaux tête Idem avec allonge rapide mains.
5 Brasse
immergée = expiration. 2 pains Tps de glisse 3 à 5'' suivant efficacité du
Continue
ciseau.
1 x bras (écarter-plier) tps
arrêt = inspiration. Idem avec travail de :
1 x ciseau = expiration 6 Brasse • glissée ventrale + distance par cycle
Aucun
bouche à la surface (tête Continue sur 10/15 mètres.
emmergée) • coulée brasse + reprise de nage.
3'' tps arrêt fusée.
Idem sans les pains/3'' tps
arrêt fusée.
Mvts lents et placés.
1 x bras (écarter-plier)
tps arrêt = inspiration +
replacement tête dans l’eau.
1 x ciseau = expiration tête
immergée.
1 x bras lents (inspiration =
mains menton) + ciseau lent
enchaîné sur allonge bras
(expiration)
tps arrêt sur glisse 3''.
215
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
216
F. Tableaux récapitulatifs :
Annexes
LE DOS
ÉTAPE 6
Description n° Exercice Matériel Description
3 phases : Mvt en 3 phases :
1 - inspiration bras cuisses 1 - prise d’appui 1 bras dans le prolongement de
2 - apnée placement VEC Fixation 1 planche la tête.
3 - expiration sur mvt Cuisses 1 coude en sur les 2 - fixation du coude (bras 90°), traction avec
5'' 2 bras cuisses puis 1 mvt rattrapé cuisses paume main orientée vers le haut et pieds.
aérien-placement... 3 - fin du mvt en poussée de l'avant bras sous la
...5'' bras opposition puis 1 mvt cuisse paume vers le bas.
aquatique (expiration).
1 mvt complet 1 bras. Fixation + 1 planche Idem avec travail fort en poussée + expiration sur
Inspiration (bras-cuisses), 2 mouvement sur les le mouvement aquatique.
apnée (sortie aérienne), puis croissant cuisses
mvt aquatique en expiration. Pas de battement de jambes. Travail fixation
Dos à 2 bras
Battement jambes 5'' puis coude + séquence respiratoire en 3 phases :
(prise Pull-buoy
1 mouvement rotation des 1 - inspiration bras-cuisses.
3 d'appui entre les
épaules (45°). 2 - apnée placement bras (ventre-épaules-bras
en bras jambes
Travail en 3 phases : flèche).
flèche)
1 - sortir 1 épaule 3 - expiration mvt aquatique.
(inspiration).
Travail 1 bras : sortie d'épaule + bras, placement/
2 - sortie lente bras tendu Rattrapé 2 pains/
4 orientation paume de main, mouvement
plafond (apnée) + placement cuisses aucun
aquatique fixation-poussée.
bras collé à l'oreille bien aligné.
3 - mouvement aquatique Alterné- Bras opposition 5’’ tps arrêt puis 1 mvt alterné
2 pains/
rattrapé-cuisses en expiration. 5 temps croissant + travail orientation et profondeur des
aucun
Idem + travail appuis paume d'arrêt appuis.
des mains :
Nage complète (sans temps d'arrêt) avec les
• sortie main = par le pouce. Nage
2 pains/ séquences de travail précédentes : orientation
• rentrée main = par 6 complète
aucun mains, bras, avant-bras, épaules/axe de
l'auriculaire. dos crawlé
déplacement/respiration.
• 2 bras cuisses : sortir le bras
au plafond = tps arrêt 3'' bras Pull- Sur distances plus ou moins grandes.
perpendiculaire à la surface de buoy aux • Si pull-buoy : amplitude maximum + glisse.
Distance
l'eau, puis retour vers la frite. 7 jambes, • Sans matériel : battement de jambes avec
par cycle
• idem bras opposition : puis sans fréquence normale.
planche bras fixe aligné à la matériel
tête ; l'autre bras-cuisse en
mvt.
Bras opposition (inspiration),
sortir bras perpendiculaire 3''
(apnée), puis 1 mvt alterné en
expiration.
Expirer sur chaque mvt alterné
(aérien-aquatique).
Inspi rapide en fin de mvt
aqua.
217
NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
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G. Tableaux récapitulatifs :
Annexes
LE CRAWL
ÉTAPE 6
n° Exercice Matériel Description
Mvt bras plié Palmes + Rattrapé D/G. Sortie coude temps d'arrêt 3''. Même travail de replacement
1
temps arrêt 1 planche tête après l'inspiration.
Mvt 1 bras Palmes + Travail même bras. Recherche PA sous l'haltère en allonge + retour aérien
2
plié continu 1 haltère bras plié, coude haut+main près du corps.
(Palmes) + Travail même bras.
3 Mvt croissant
1 haltère PA sous l'haltère + traction - poussée = mouvement progressif fort.
Cadence mvt Mvt même bras : lent aqua+aérien (bras plié). Compter :
(Palmes) +
4 aqua + 1 - 2 - 3 (premier mvt aqua)/4 - 5 - 6 (retour aérien)
1 planche
aérien 1 - 2 - 3 (deuxième mvt aqua)/4 - 5 - 6 (retour aérien) inspi en 3 (2e mvt)
Rattrapé 2 temps/3 temps. Pas temps d’arrêt main - cuisse :
Cadence
(Palmes) + 1 - 2 - 3 (premier mvt aqua)/retour lent du bras plié
5 6 et 9
1 planche 4 - 5 - 6 (deuxième mvt aqua)/retour lent du bras
lent
7 - 8 - 9 (troisième mvt aqua)/retour lent du bras = inspi (en 6 ou 9)
Cadence Mvts alternés croissants : traction - poussée = mouvement progressif fort.
Palmes/
6 6 et 9 A chaque mouvement, il faut être capable d'accélérer sur la Traction -
Aucun
accélération Poussée.
Bras opposition. Travail en 3 phases bien distinctes :
Semi - Palmes +
1 = sortie du bras plié 3 secondes temps d’arrêt.
7 rattrapé 2 pains/
2 = allonge aérienne (du bras) + T aquatique (du bras opposé).
temps d'arrêt Aucun
3 = PA + glisse (main) + PO forte (du bras opposé).
3x sortie du (Palmes) + 1 mvt aqua puis monter 3 fois le coude (le bras est plié, main près du
8
coude 1 planche corps) avant l'allonge - PA devant.
3 x PA (Palmes) + 1 mvt aqua+sortie bras puis la main 3x PA - allonge sous la planche.
9
en glisse 1 planche
PA Palmes/ Batt vent, mains l'une sur l'autre, tête immergée : plusieurs mvts allonge
10
répétées Aucun bras+épaule vers l'avant (glisser mains l'une sur l'autre).
Relâchement 1 = sortie aérienne bras tendu perpendiculaire surface de l'eau.
(Palmes) +
11 avant - bras 2 = laisser tomber avant - bras+main relâchés (près du corps).
1 planche
(3 phases) 3 = allonge du bras vers la prise d'appui devant.
Le 1 = traction bras en balayage extérieur (paume de main).
(Palmes) +
12 S aquatique 2 = traction bras se fléchi en balayage intérieur (paume de main).
1 planche
(3 phases) 3 = fixation coude sur le flanc + poussée avant - bras en arrière.
Allonge Pull-buoy 1 bras fixe (pull main), 1 bras en mvt lent aqua : sortie aérienne lente bras
13
+ PA rapide (main) plié puis : accélération chercher l'appui devant.
• Rattrapé pull main : 1 à 3 mvt lent, 1 à 3 mvt moyen, 1 à 3 mvt rapide :
Mvts Pull main
14 séquence de mouvements enchaînés.
L/M/R Pull jambes
• idem en nage complète alternée.
Distance par • calcul sur consignes : nombre mvts/distance parcourue.
15 Au choix
cycle • calcul : Amplitude/Fréquence/Vitesse.
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NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
Abréviation
5'' 5 secondes
10'' 10 secondes
aqua aquatique
D droite
ex exercice
expi expiration
G gauche
inspi inspiration
L lent
M moyen
m/cycle mouvement par cycle
m/sec mètre par seconde
mvt mouvement
mvts/min mouvement par minute
PA prise d'appui
PES plier-écarter-serrer
PO poussée
R rapide
T traction
tps temps
VECC ventre-épaules-croix-cuisses
vent ventral
220
Notes
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222
Notes
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NATATION : GUIDE POUR ENSEIGNER
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