SITAN
SITAN
Le
contexte
de
l’éducation
primaire
en
RDC
a
beaucoup
évolué
au
courant
de
la
dernière
décennie.
Le
cadre
de
la
reconstruction
post-‐conflit
a
offert
un
ensemble
d’opportunités
pour
améliorer
la
participation
à
l’école.
Sur
le
plan
international,
le
dispositif
de
l’allègement
de
la
dette
a
formé
le
cadre
pour
inciter
le
gouvernement
à
investir
d’avantage
dans
les
secteurs
sociaux.
Sur
le
plan
national,
la
Constitution,
le
processus
de
démocratisation
et
de
décentralisation
déterminent
l’espace
politique
de
l’éducation.
Et,
finalement,
le
contexte
économique
est
marqué
par
une
croissance
économique
positive
et
soutenue.
Tous
ces
éléments
ont
bien
ouvert
des
opportunités,
le
temps
est
venu
pour
pleinement
capitaliser
sur
celles-‐ci
pour
réaliser
le
droit
effectif
de
l’enfant
à
une
éducation
de
qualité.
2.
L’offre
de
l’éducation
poussée
par
la
montée
spectaculaire
des
dépenses
publiques
mais
touchant
ses
limites,
et
une
parafiscalité
pas
maîtrisée
Une
analyse
du
contexte
économique
révèle
d’abord
que
du
côté
de
l’offre
à
l’éducation,
le
cadre
de
la
reconstruction
post-‐conflit
et
de
l’allègement
de
la
dette
a
permis
une
augmentation
importante
et
systématique
du
budget
de
l’Etat
à
l’éducation.
Ce
budget
a
été
multiplié
par
dix
entre
2003-‐2013.
Le
budget
de
l’État
même
a
évolué
de
manière
très
importante
au
courant
des
dernières
années;
entre
2004-‐2013,
le
budget
de
l’Etat
central
a
augmenté
de
10%
par
an.
En
partie,
cette
croissance
reflète
la
croissance
économique
(6,5%
en
moyenne)
qui
reflète
à
son
tour
en
partie
une
croissance
démographique
(estimée
à
3%).
L’analyse
de
l’économie
politique
du
financement
de
l’éducation
nous
apprend
de
plus
qu’il
y
a
bien
des
limites
à
la
croissance
du
budget
à
l’éducation
dans
le
futur
proche.
Les
postes
budgétaires
en
rapport
avec
l’éducation
font
partie
de
«
l’espace
de
politique
»
dans
le
budget,
l’espace
budgétaire
qui
existe
pour
conduire
des
politiques
de
développement.
L’éducation
se
trouve
ici
en
compétition
avec
les
ministères
de
l’agriculture,
de
l’économie
et
de
la
santé
pour
partager
le
budget
qui
reste
après
avoir
financé
les
postes
budgétaires
«
régaliens
»
comme
les
institutions
politiques,
les
ministères
de
la
défense
et
de
l’intérieur.
Il
faut
d’abord
remarquer
que
l’espace
occupé
par
l’éducation
dans
l’espace
de
politique
est
déjà
très
élevé
;
il
sera
difficile
d’imaginer
que
le
budget
à
l’éducation
pourra
encore
augmenter
par
rapport
aux
autres
postes
budgétaires
dans
cet
espace.
Ensuite,
on
peut
noter
qu’au
courant
des
dernières
années,
l’espace
de
politique
dans
le
budget
s’est
plutôt
stabilisé,
tandis
que
les
postes
«
régaliens
»
ont
consommé
la
plupart
de
l’augmentation
du
budget
de
l’État
depuis
2011.
Le
paysage
budgétaire
du
secteur
de
l’éducation
révèle
aussi
une
marge
de
manœuvre
bien
plus
limitée
que
suggérée
par
les
chiffres
sur
le
budget
étatique
à
l’éducation.
Ces
limites
sont
révélées
en
étudiant
les
rapports
entre
le
budget
et
les
dépenses
à
l’éducation,
entre
le
budget
de
l’Etat
et
le
budget
public
dans
son
ensemble,
et
entre
le
budget
public
et
le
financement
des
services
publics
par
le
revenu
parafiscal
(voir
figure
ci-‐dessous).
Budget
voté à
l’éducation
(+30%)
Dépenses
Education
Primaire
Budget
public
Inclut provinces,
ETD,
Postes régaliens
bailleurs,
etc (+2/3
des
dépenses étatiques)
Premièrement,
il
y
a
un
décalage
important
entre
les
dépenses
effectives
en
éducation
primaire
et
le
budget
à
l’éducation
voté
au
parlement.
Souvent,
l’exécution
des
politiques
planifiées
est
(partiellement)
empêchée
par
des
«
dépenses
d’urgence
»
à
destination
d’autres
postes
budgétaires.
Il
faut
toutefois
ajouter
que
ce
décalage
diminue
d’année
en
année.
Deuxièmement,
le
budget
public
est
plus
large
que
le
budget
de
l’État
central
sensu
stricto,
il
inclut
également
les
budgets
des
provinces
et
ETD,
les
budgets
des
bailleurs
de
fonds
et
les
investissements
des
acteurs
non-‐étatiques
dans
le
secteur
public.
Nous
disposons
des
informations
très
partielles
sur
ce
budget
public
non-‐
étatique.
Le
grand
problème
de
cette
catégorie
est
qu’elle
est
gérée
par
des
acteurs
qui
agissent
de
manière
quasi
autonome
et
sans
avoir
une
perspective
d’ensemble.
Troisièmement,
différentes
sources
d’information
confirment
qu’il
y
a
environ
autant
de
recettes
fiscales
que
de
recettes
parafiscales,
c’est-‐à-‐dire
des
paiements,
extorsions
et
contributions
des
utilisateurs
d’un
service
aux
entités
publiques.
C’est
dans
cette
catégorie
qu’on
peut
trouver
aussi
les
frais
scolaires.
Celles-‐ci
ne
sont
pas
nécessairement
illégales,
mais
elles
n’apparaissent
nulle
part
dans
des
comptes
publics
et
le
Ministre
de
l’EPSP
n’a
qu’une
incidence
indirecte
sur
la
destination
de
ces
ressources
parafiscales.
L’estimation
qu’il
y
a
environ
autant
de
recettes
fiscales
que
parafiscales
peut
être
confirmée
pour
le
secteur
de
l’éducation
par
l’information
à
disposition
sur
les
frais
scolaires.
Entre
2005
et
2012,
les
frais
scolaires
par
élève
n’ont
pratiquement
pas
changé,
ils
ont
plutôt
encore
légèrement
augmenté.
Les
parents
contribuent
environ
25$
par
élève
dans
le
secteur
public,
et
90$
par
élève
dans
le
secteur
privé
en
2012,
soit
des
augmentations
de
6%
et
15%
respectivement
depuis
2005.
Entretemps,
le
budget
étatique
à
l’éducation
a
plus
que
doublé,
mais
prenant
en
compte
la
croissance
démographique
et
les
frais
scolaires
augmentés,
la
contribution
des
ménages
a
seulement
diminué
de
3/4
à
2/3
du
coût
total
de
l’éducation
primaire.
Même
en
se
limitant
au
secteur
public,
la
contribution
des
ménages
aux
frais
directs
de
l’enseignement
primaire
atteint
toujours
plus
que
la
moitié
(55%).
Le
budget
étatique
à
l’éducation
primaire
et
les
frais
scolaires
payés
par
les
parents
ne
sont
donc
pas
du
tout
de
vases
communicants.
La
croissance
économique
a
stimulé
une
demande
effective
des
ménages
à
l’éducation
de
leurs
enfants
puisque
dans
un
contexte
économiquement
moins
contraignant,
les
parents
des
élèves
deviennent
relativement
moins
réticents
à
payer
des
frais
scolaires
pourvu
qu’ils
reçoivent
un
meilleur
service
d’éducation;
ce
sont
les
lois
ordinaires
de
l’offre
et
de
la
demande
d’un
service
qui
jouent
ici.
Par
conséquent,
les
frais
scolaires
par
élève
ont
encore
légèrement
augmenté,
malgré
tous
les
efforts
du
gouvernement
pour
réduire
les
frais
scolaires.
Il
faut
ajouter
que
cette
évolution
a
lieu
dans
un
contexte
d’une
distribution
très
inégale
de
revenus.
Étant
donné
l’importance
des
revenus
dans
la
participation
à
l’école
et
comme
facteur
explicatif
des
disparités
interrégionales
et
de
genre
de
la
participation
à
l’école,
dans
l’absence
d’une
réelle
diminution
des
frais
scolaires,
la
croissance
économique
se
traduit
donc
par
une
reproduction
des
disparités
de
participation
à
l’école.
En
plus,
partant
de
l’observation
que
les
frais
scolaires
pèsent
relativement
plus
sur
les
poches
des
pauvres
que
sur
les
poches
des
riches,
la
présence
des
frais
scolaires
accentue
encore
l’inégalité
économique.
4.
Marge
de
manœuvre
politique
limitée
:
redevabilité
publique
paralysée
à
cause
de
l’hybridité
du
système
La
marge
de
manœuvre
politique
du
Ministre
de
l’éducation
est
davantage
limitée
par
deux
types
d’hybridité
du
système
de
l’éducation.
Tout
d’abord,
le
secteur
est
profondément
marqué
par
une
cogestion
hybride.
Dans
le
secteur
de
l’éducation,
ce
problème
se
présente
au
sein
de
l’Etat,
entre
les
différents
niveaux
de
gestion
(national,
provincial,
province
éducative,
sous-‐division)
et
entre
le
ministère
de
l’éducation
et
les
autres
ministères
(p.ex.
concernant
la
paie
des
enseignants),
entre
les
acteurs
étatiques
et
non-‐étatiques
(Etat
–
réseaux
gestionnaires
des
écoles)
et
entre
l’Etat
et
les
intervenants
internationaux.
La
cogestion
en
soi
ne
constitue
pas
de
problème,
le
problème
commence
cependant
là
où
la
division
de
travail
entre
les
différents
acteurs
n’est
pas
clarifiée.
En
effet,
la
première
condition
d’une
bonne
gestion
multi-‐acteur
est
que
l’ensemble
des
acteurs
puisse
opérer
sur
base
de
l’information
sur
les
actions
des
autres.
Ceci
n’est
pas
le
cas
dans
le
secteur
de
l’éducation.
De
plus,
le
secteur
est
caractérisé
par
un
co-‐financement
hybride.
Ceci
résulte
pour
une
partie
de
l’opacité
de
la
cogestion
hybride:
si
les
actions
des
différents
acteurs
ne
sont
pas
transparentes,
le
financement
de
ces
actions
ne
l’est
pas
non
plus.
Par
conséquent,
il
est
impossible
d’éviter
un
double
financement
de
certaines
actions
ou
un
sous-‐financement
des
autres
et
il
y
a
un
risque
élevé
de
fongibilité.
En
outre,
le
co-‐
financement
hybride
est
lié
à
la
combinaison
du
financement
fiscal
et
du
financement
parafiscal.
Un
financement
parafiscal
en
soi
ne
poserait
pas
de
problème
de
gestion,
pourvu
que
les
différents
flux
soient
bien
documentés
et
qu’il
y
ait
une
division
de
travail
claire
sur
leur
utilisation.
Cependant,
les
revenus
parafiscaux
ne
financent
pas
seulement
les
entités
d’interface
comme
les
écoles,
mais
ils
constituent
un
flux
ascendant
parallèle
qui
arrive
jusqu’au
niveau
national
de
l’administration
publique.
In
fine,
il
est
impossible
de
retracer
la
destination
finale
des
flux
parafiscaux
et
d’analyser
la
manière
dont
ceux-‐ci
pourraient
substituer
ou
être
substitués
par
des
flux
fiscaux
en
vue
d’une
meilleure
gestion.
Une
des
conséquences
de
la
cogestion
et
du
co-‐financement
hybride
est
que
la
redevabilité
publique
se
trouve
paralysée.
Cette
paralysie
se
fait
sentir
à
travers
les
3
composantes
de
la
redevabilité
publique
:
D’abord,
la
redevabilité
financière
est
troublée
par
les
différents
flux
de
financement
publique
qui
semblent
être
gérés
de
manière
presque
autonome,
ainsi
que
par
des
flux
ascendants
qui
en
général
ne
requièrent
aucune
justification
de
comptabilité
en
termes
de
destination
ou
d’usage
final.
Ensuite,
la
redevabilité
administrative
ou
bien
le
contrôle
qu’un
service
exerce
sur
un
autre
est
sérieusement
compromise
dans
l’absence
d’une
clarification
des
attributions
et
distinction
des
compétences
entre
des
différentes
entités
administratives
et
surtout
si
les
différents
services
dépendent
pour
leur
survie
financière
des
cotisations
gérées
par
les
écoles
qu’ils
sont
supposés
contrôler.
Et
finalement,
l’hybridité
du
secteur
de
l’éducation
risque
de
produire
une
tension
entre
différents
types
de
redevabilité
politique;
les
écoles
se
trouvent
coincées
entre
des
logiques
marchandes,
politiques
locales
ou
religieuses
qui
ne
sont
pas
nécessairement
en
ligne
avec
les
politiques
promulguées
par
le
niveau
central.
5.
Les
problèmes
de
redevabilité
mènent
vers
une
allocation
inefficiente
et
inéquitable
de
ressources
et
vers
une
chaîne
de
transmission
des
politiques
affaiblie.
La
paralysie
de
la
redevabilité
publique
entraîne
à
son
tour
des
problèmes
d’efficience
et
d’équité
dans
l’allocation
des
ressources
et,
de
manière
plus
générale,
elle
affaiblit
la
possibilité
de
mettre
sur
pied
des
réformes
politiques.
Nous
passons
en
revue
chaque
élément
ci-‐dessous.
Allocation
inéquitable
Co-gestion des
Financière
hybride ressources
Allocation
Redeva-‐ inefficiente
bilité des
publique ressources
Co- Admini-‐
Politique
strative Chaîne de
financement
hybride transmission
des
politiques
affaiblie
5.1.
Une
allocation
inefficiente
des
ressources
étatiques
Premièrement,
une
analyse
de
l’efficience
dans
l’utilisation
des
ressources
publiques
révèle
un
rapport
trop
élevé
entre
les
enseignants
«
assis
»,
travaillant
à
l’administration,
et
les
enseignants
«
debout
»,
qui
se
trouvent
à
l’école.
La
moyenne
cache
par
ailleurs
des
inégalités
importantes
entre
les
régions,
elle
révèle
par
exemple
un
sous-‐encadrement
relatif
dans
les
provinces
de
l’Est.
Ces
déséquilibres
s’expliquent
probablement
par
une
combinaison
des
procédures
d’enregistrement
des
nouveaux
bureaux
administratifs
et
des
procédures
de
mécanisation
des
nouvelles
unités
qui
ne
se
réfèrent
pas
à
un
état
des
besoins
(manque
en
redevabilité
politique).
Deuxièmement,
la
proportion
d’enseignants
qui
a
dépassé
l’âge
légal
du
départ
à
la
retraite
s’élève
à
16%
pour
les
enseignants
«
debout
»
et
à
22%
pour
les
fonctionnaires
dans
l’administration
de
l’éducation.
Ces
pourcentages
révèlent
l’espace
de
manœuvre
qui
existe
pour
rationaliser
la
gestion
des
ressources
humaines.
Aussi
longtemps
que
la
retraite
ne
reste
qu’une
possibilité
virtuelle,
elle
empêche
le
rajeunissement
du
corps.
La
réalisation
effective
de
la
possibilité
d’aller
à
la
retraite
n’existe
pas
et
donc
les
enseignants
restent
sur
les
listings
de
paie
de
la
SECOPE,
indiquant
une
confusion
de
rôles
entre
les
ministères
de
l’éducation
et
de
la
fonction
publique.
Une
troisième
source
d’inefficience
concerne
les
subventions
de
fonctionnement
aux
écoles
et
aux
bureaux
administratifs.
Le
paiement
des
subventions
de
fonctionnement
aux
bureaux
de
gestionnaires
a
été
introduit
comme
mesure
d’accompagnement
de
la
politique
de
gratuité
de
l’enseignement
primaire,
donc
pour
compenser
le
manque
à
gagner
causé
par
la
réduction
du
financement
de
structures
administratives
par
les
parents
d’élèves,
mais
sans
avoir
fait
l’exercice
préalable
de
la
rationalisation
territoriale
des
bureaux
gestionnaires
existants,
p.ex.
en
fonction
d’une
carte
scolaire
et
administrative
qui
informe
sur
les
besoins
en
accompagnement
administratif.
En
finançant
les
bureaux
administratifs
existants,
on
accepte
simplement
la
réalité
telle
qu’elle
est.
Le
nouveau
flux
de
subventions
de
fonctionnement
pourrait
pourtant
servir
comme
un
stimulant
aux
gestionnaires
administratifs
pour
se
conformer
à
un
système
plus
adapté
aux
besoins
et
ainsi
contribuer
au
rétablissement
de
la
redevabilité
financière,
administrative
et
politique.
Quatrièmement,
à
partir
de
la
deuxième
moitié
des
années
’80,
une
administration
locale
s’est
développée
en
autonomie
partielle
du
niveau
central
sur
financement
parafiscale,
un
phénomène
qui
s’est
accentué
surtout
pour
des
entités
administratives
qui
n’existaient
pas
encore
en
1983.
La
plupart
des
entités
étatiques
financées
actuellement
par
les
«
flux
ascendants
»,
c’est-‐à-‐dire
les
contributions
des
parents,
n’existaient
pas
encore
avant
1983,
date
du
début
du
retrait
de
l’État
de
la
gestion
du
secteur.
Cette
analyse
suggère
que
ces
entités
ont
été,
au
moins
en
partie,
organisées
en
fonction
de
la
captation
des
ressources
de
ces
«
flux
ascendants
».
Nous
y
incluons
aussi
le
SECOPE
même.
Cette
administration
a
connu
une
histoire
bien
particulière,
étant
érigée
en
1985
afin
d’isoler
la
gestion
du
personnel
du
secteur
de
l’enseignement
des
problèmes
de
gestion
qui
affectaient
toute
la
fonction
publique
à
ce
moment
particulier
de
l’ajustement
structurel.
La
question
se
pose
cependant
si
cette
raison
d’être
est
toujours
valable,
d’autant
plus
à
l’ère
de
la
recentralisation
de
la
base
de
données
de
la
fonction
publique
dans
le
cadre
de
la
bancarisation.
Cinquièmement,
la
procédure
existante
d’enregistrement
d’un
nouvel
établissement
scolaire
crée
l’espace
pour
une
catégorie
d’écoles
déjà
agréées
mais
pas
encore
budgétisées,
avec
une
infrastructure
redoutable
et
travaillant
avec
des
enseignants
non-‐
payés
par
l’Etat
et
donc
payés
par
les
parents
d’élèves.
Ce
dédoublement
de
la
procédure
date
des
années
‘90,
une
période
pendant
laquelle
le
financement
des
écoles
par
l’Etat
faisait
largement
défaut.
Ce
dédoublement
est
bien
indicatif
d’un
manque
de
redevabilité
administrative.
En
même
temps,
la
vérification
de
la
viabilité
d’une
école
pendant
les
«
promo-‐scolaires
»
(une
autre
procédure
née
après
1983)
a
plutôt
pour
objet
l’harmonisation
des
intérêts
entre
les
différents
gestionnaires
d’écoles
que
la
vérification
de
la
viabilité
des
écoles.
Il
n’y
a
pas
de
réflexion
en
termes
de
nécessité
d’implantation
d’une
nouvelle
école,
par
exemple
en
fonction
du
nombre
d’enfants
en
dehors
de
l’école.
Si
le
nouveau
système
d’enregistrement,
qu’on
est
en
train
de
mettre
sur
pied,
formalise
simplement
ces
pratiques
de
crise,
on
rate
une
importante
possibilité
de
rationalisation
et
de
simplification
de
l’administration
du
secteur.
Sans
une
carte
scolaire
qui
reflète
les
besoins
de
scolarisation,
la
redevabilité
politique
ne
pourra
pas
être
rétablie.
Sixièmement,
des
gains
d’efficience
peuvent
être
réalisés
dans
le
domaine
de
la
gestion
des
ressources
humaines.
Tout
d’abord,
la
bancarisation
de
la
paie
des
enseignants
ne
rapproche
pas
une
gestion
des
ressources
humaines
en
fonction
des
besoins.
La
bancarisation
a
sans
doute
réalisé
une
meilleure
harmonisation
entre
les
listings
du
SECOPE
des
enseignants
mécanisés
payés
et
les
enseignants
qui
sont
réellement
payés
par
l’Etat,
au
moins
là
où
la
bancarisation
a
vraiment
pu
fonctionner.
Mais
il
se
peut
parfaitement
que
l’Etat
paie,
par
voie
bancaire,
des
services
administratifs
pléthoriques
dans
une
localité
et
qu’il
ne
paie
même
pas
la
majorité
des
enseignants
effectifs
dans
une
autre.
La
bancarisation
ne
remplace
donc
pas
du
tout
le
recensement
des
enseignants.
Ensuite,
la
bancarisation
ne
remplace
pas
non
plus
l’exercice
de
la
définition
des
besoins
en
enseignants
par
localité.
Et,
finalement,
la
bancarisation
ne
fait
rien
au
dédoublement
de
fait
de
la
gestion
des
ressources
humaines,
entre
les
réseaux
gestionnaires
des
écoles
d’un
côté
et
l’Etat
de
l’autre.
L’Etat
dispose
de
toute
une
administration
de
contrôle
de
la
paie
des
enseignants,
mais
en
fin
de
compte,
ce
sont
les
gestionnaires
qui
déterminent
le
salaire
réellement
gagné
par
l’enseignant,
et
le
nombre
d’enseignants.
Etant
donné
que
trois
quarts
des
frais
scolaires
servent
à
complémenter
le
salaire
des
enseignants
et
à
payer
les
enseignants
non-‐payés
par
l’Etat,
la
réforme
des
ressources
humaines
est
pourtant
un
volet
essentiel
et
préalable
de
chaque
politique
de
diminution
des
frais
scolaires.
5.2.
Une
allocation
inéquitable
des
ressources
étatiques
Partant
du
principe
que
chaque
élève
congolais
devrait
bénéficier
du
même
montant
de
dépenses
publiques,
nos
résultats
confirment
largement
ceux
présentés
dans
le
RESEN-‐
RDC
2014
qui
montrent
un
«
kinocentrisme
»
très
marqué
dans
l’allocation
des
ressources
au
regard
de
la
dépense
par
élève
ou
du
pourcentage
d’enseignants
payés
par
l’État.
La
position
privilégiée
de
Kinshasa
se
vérifie
surtout
au
regard
de
la
masse
salariale
destinée
à
l’administration,
22%
de
cette
masse
salariale
étant
allouée
à
Kinshasa.
Mais
le
caractère
inéquitable
de
l’allocation
des
ressources
va
bien
au-‐delà
du
kinocentrisme
et
au-‐delà
du
biais
vers
l’administration.
On
note
p.ex.
que
tandis
qu’en
moyenne,
le
ratio
élève-‐maître
(REM),
comptant
l’enseignant
payé,
s’élève
exactement
à
40
(considéré
la
référence
en
Afrique
Sub-‐Saharienne)1,
le
REM
varie
entre
26
pour
Kinshasa,
mais
aussi
32
pour
Bandundu
et
52
pour
le
Kasaï
Oriental.
En
soi,
et
faisant
abstraction
des
enfants
en
dehors
de
l’école,
il
n’y
a
donc
pas
de
besoin
de
mécanisation
de
nouveaux
enseignants,
il
y
a
plutôt
un
besoin
de
réallocation
des
enseignants
existants.
Disparités
dans
les
dépenses
SECOPE
par
élève
par
mois
(FC)
1
Dans ce sens, nous ne pensons pas qu’il sera possible de réaliser des fortes gains d’efficience sur ce point (voir
Banque Mondiale 2015 pour un point de vue contrasté).
Ensuite,
bien
que
les
inégalités
entre
provinces,
divisions
et
sous-‐divisions
soient
importantes,
les
inégalités
les
plus
fortes
s’observent
entre
les
écoles
d’une
même
sous-‐division.
En
d’autres
termes,
même
si
on
arriverait
à
éliminer
tout
type
d’inégalité
entre
les
différentes
sous-‐divisions,
la
plupart
de
l’inégalité
dans
l’appui
de
la
part
de
l’Etat
aux
écoles
(en
termes
de
FC
par
élève)
ne
serait
pas
éliminée.
Finalement,
force
est
de
constater
qu’aucun
niveau
politique,
que
ce
soit
à
l’échelon
central,
provincial
ou
local,
ne
semble
décliner
des
politiques
et
prévoir
des
instruments
spéciaux
destinés
à
prendre
en
considération
les
besoins
spécifiques
des
groupes
vulnérables
comme
les
enfants
vivant
dans
des
zones
à
forte
présence
d’activités
minières
ou
de
conflits.
Dans
le
cas
des
zones
en
conflit,
on
observe
p.ex.
que
les
instances
publiques
ne
prévoient
pas
d’exonération
ou
de
réduction
des
frais
de
TENAFEP
aux
enfants
déplacés
des
zones
de
guerre.
5.3.
La
chaîne
de
transmission
des
politiques
affaiblie
Le
caractère
hybride
du
secteur
a
pour
effet
que
le
succès
des
réformes
ne
dépend
pas
seulement
de
leur
«
mise
en
œuvre
sur
papier
»
et
de
la
«
mise
en
œuvre
du
dispositif
»
(budgétisation,
protocoles
et
nouvelles
routines
administratives,
lettres
ministérielles,
etc.)
au
niveau
national.
Une
politique
publique
risque
d’être
déviée
de
ses
objectifs
primaires
à
plusieurs
maillons
de
la
chaîne
de
transmission
de
sa
mise
en
pratique.
Nous
signalons
notamment
les
problèmes
de
communication
(p.ex.
interprétations
diverses
des
frais
scolaires
concernés
par
la
gratuité),
des
difficultés
pratiques
(p.ex.
absence
de
banques
à
l’intérieur)
et
des
difficultés
avec
le
contrôle
de
la
mise
en
pratique
sur
terrain
(p.ex.
les
mesures
de
gratuité)
Puis,
l’information
sur
les
problèmes
de
mise
en
application
ne
percole
que
difficilement
vers
le
niveau
central
(cas
des
problèmes
de
l’introduction
de
la
bancarisation),
bien
que
ce
soit
un
élément
crucial
dans
la
réflexion
sur
des
politiques
post-‐adoptives
(Fixsen
et
al.
2005).
Celles-‐ci
sont
jugées
comme
indispensables
pour
qu’une
réforme
politique
atteigne
son
objectif
initial
dans
un
contexte
de
gouvernance
à
niveaux
multiples.
La
chaîne
de
transmission
des
politiques
publiques
6.
Recommandations
A
partir
de
ces
constats,
la
conclusion
politique
qui
s’ensuit
est
qu’il
faut
aller
d’une
politique
de
l’expansion
du
système
de
l’éducation
(qui
essaie
de
rendre
service
à
un
nombre
plus
grand
d’enfants)
vers
une
politique
d’intensification
du
système,
visant
plutôt
un
service
amélioré
des
dimensions
de
la
qualité
de
l’éducation,
de
l’efficacité
interne
et
de
la
réduction
des
disparités
de
participation
à
l’école
primaire.
Etant
donné
le
focus
de
cette
étude,
nous
nous
concentrons
ci-‐dessous
sur
des
recommandations
de
politique
ayant
rapport
avec
la
gouvernance
du
secteur.
Nous
présentons
les
recommandations
politiques
en
trois
groupes
:
d’abord
(A),
une
série
de
recommandations
au-‐delà
du
secteur
de
l’éducation
mais
affectant
la
gouvernance
de
celui-‐ci,
puis
(B)
quelques
recommandations
pour
améliorer
la
redevabilité
publique
du
secteur
de
l’éducation,
suivies
par
des
recommandations
pour
améliorer
la
participation
de
tous
à
l’école
primaire
(C).
A.
Recommandations
au-‐delà
du
secteur
de
l’éducation
A.1.
Pour
déterminer
le
niveau
du
budget
publique
à
l’éducation,
il
est
indiqué
de
prendre
comme
référence
la
moyenne
des
pays
de
l’Afrique
Subsaharienne.
Dans
le
contexte
économique
international,
il
est
important
que
la
RDC
poursuive
sa
politique
d’accumulation
du
capital
scolaire
afin
de
rattraper
les
pertes
encourues
par
rapport
aux
pays
voisins
de
l’Afrique
Subsaharienne
(ASS).
Dans
cette
perspective,
sachant
que
les
dépenses
publiques
effectives
à
l’éducation
atteignent
1,8%
du
PIB
en
RDC
tandis
que
la
moyenne
pour
l’ASS
se
situe
à
4,7%,
le
défi
est
clair.
A1.1.
Plusieurs
leviers
devraient
être
utilisés
pour
arriver
à
un
budget
public
plus
élevé
à
l’éducation
:
Une
augmentation
de
l’assiette
fiscale,
une
augmentation
de
l’espace
de
politique
dans
le
budget
ainsi
qu’une
utilisation
plus
économique
de
la
procédure
des
dépenses
d’urgence,
de
façon
que
les
dépenses
effectives
puissent
s’aligner
plus
au
budget
voté
pour
le
secteur.
A1.2.
Vu
que,
dans
le
court
et
moyen
terme,
il
ne
sera
pas
possible
d’atteindre
la
gratuité
totale
de
l’enseignement
pour
les
parents
d’élèves,
la
réalisation
du
droit
de
l’enfant
à
l’école
primaire
passe
nécessairement
par
une
croissance
économique
pro-‐pauvre.
Cela
demandera
une
réorientation
dans
la
politique
économique
menée
par
le
gouvernement
au
courant
des
dernières
années,
un
défi
qui
sort
du
cadre
de
cette
étude.
Toutefois,
le
renforcement
des
politiques
de
réduction
des
frais
scolaires
directs
aura
aussi
un
effet
positif
sur
l’inégalité
économique
des
revenus.
A2.
La
création
d’une
plate-‐forme
qui
réunit
l’ensemble
des
enquêtes
socio-‐
économiques
menées
auprès
des
ménages
pourrait
augmenter
la
qualité
et
l’accessibilité
de
ce
type
de
données.
Vu
leur
information
plus
compréhensive
(p.ex.
sur
les
enfants
en
dehors
du
système
éducatif),
ces
banques
des
données
permettent
l’élaboration
d’analyses
visant
la
réduction
des
disparités
scolaires
et
donc
l’augmentation
de
l’équité.
Deux
problèmes
clefs
méritent
toutefois
une
attention
particulière.
Le
premier
concerne
la
volatilité
observée
dans
les
bases
de
sondage
des
enquêtes
(voir
Annexe
A).
Par
manque
de
données
démographiques
de
base,
la
question
de
la
représentativité
des
enquêtes
ne
peut
pas
être
résolue.
En
attendant
un
nouveau
recensement
démographique,
il
est
donc
prudent
de
tester
la
robustesse
des
résultats
de
recherche
en
fonction
d’hypothèses
alternatives
sur
la
définition
de
la
base
de
sondage.
Le
deuxième
concerne
une
prise
en
compte
appropriée
de
la
variation
inter-‐temporelle
et
inter-‐régionale
des
prix,
au
moment
où
les
variables
économiques
sont
inclus
dans
l’analyse.
Ceci
est
important
non
seulement
pour
bien
mesurer
p.ex.
l’impact
de
la
croissance
économique
sur
la
consommation
des
ménages
ou
la
charge
financière
de
l’éducation
à
travers
différentes
régions,
mais
aussi
pour
permettre
au
gouvernement
de
définir
des
politiques
plus
équitables.
B.
Recommandations
pour
améliorer
la
redevabilité
publique
du
secteur
de
l’éducation
Nous
pouvons
regrouper
les
recommandations
pour
améliorer
la
redevabilité
publique
du
secteur
de
l’éducation
par
ses
différentes
composantes.
B1.
Améliorer
la
redevabilité
financière
B1.1.
Concernant
l’information
sur
le
budget
et
l’allocation
des
dépenses,
le
ministère
du
budget
de
la
RDC
a
fait
un
pas
important
en
adoptant
le
système
de
la
chaîne
de
dépenses,
mais
ce
système
devrait
être
enrichi
ou
complémenté
avec
des
bases
de
données
aussi
systématiques
informant
sur
les
budgets
d’autres
acteurs
publics,
au
niveau
international
ainsi
qu’au
niveau
sous-‐
national
(provincial).
Surtout
avec
le
nouveau
découpage
des
provinces,
ce
dernier
élément
mérite
une
attention
particulière.
B1.2.
Un
pas
essentiel
vers
la
maîtrise
des
sources
parafiscales
comme
les
frais
scolaires
sera
leur
budgétisation
et
leur
enregistrement
par
chaque
service,
là
où
ils
sont
payés,
là
où
ils
passent
et
là
où
ils
sont
dépensés.
Les
frais
scolaires
sont
des
revenus
parafiscaux
alimentant
le
secteur
public
à
des
échelons
différents.
Dans
le
domaine
de
l’éducation,
il
faut
donner
une
attention
particulière
à
l’information
concernant
les
frais
scolaires
mêmes.
En
principe,
ceux-‐ci
font
partie
des
ressources
publiques.
Les
frais
scolaires
financent
la
plupart
du
secteur
public
de
l’éducation
mais
paradoxalement
les
budgets
privés
des
ménages
sont
pour
le
moment
la
source
d’information
la
plus
pertinente
pour
arriver
à
une
estimation
de
leur
importance.
Notons
aussi
que
plus
de
transparence
dans
ce
domaine
renforcera
aussi
le
regard
parlementaire
et
de
la
société
civile
sur
le
fonctionnement
des
entités
administratives.
B1.3.
Un
deuxième
pas
en
avant
dans
la
maitrise
des
frais
scolaires
sera
mis
en
érigeant
un
observatoire
autonome
des
frais
scolaires.
Cet
observatoire
pourra
alors
croiser
les
données
en
provenance
de
sources
d’information
différentes,
faire
des
analyses
sur
les
déterminants
et
les
effets
des
frais
scolaires
sur
la
scolarité
des
enfants,
et
contribuer
à
l’analyse
des
politiques
de
diminution
des
frais
scolaires.
B2.
Améliorer
la
redevabilité
politique
Améliorer
la
redevabilité
politique
revient
à
la
réorientation
des
politiques
en
fonction
des
besoins
plutôt
qu’en
fonction
de
l’harmonisation
des
intérêts.
Un
élément
constitutif
d’une
telle
réorientation
est
la
qualité
de
l’information
sur
laquelle
une
action
politique
se
base.
Beaucoup
d’informations,
si
elles
existent,
sont
imprécises
ou
difficiles
à
vérifier.
Un
manque
d’information
fiable
fait
partie
intégrale
du
contexte
mais
il
est
essentiel
d’objectiver
le
débat
sur
les
politiques
à
mener.
Si,
p.ex.
en
fonction
de
la
source
d’information
de
base,
l’estimation
du
nombre
d’enfants
et
adolescents
en
dehors
de
l’école
(EADE)
peut
varier
entre
3,5
millions
et
4,11
millions
(Tableau
A3),
une
telle
marge
d’imprécision
de
plus
de
10%
est
bien
indicative
de
l’effort
à
déployer
dans
ce
domaine.
B2.1.
Une
gouvernance
améliorée
du
secteur
de
l’éducation
requiert
plus
particulièrement
l’intégration,
l’uniformisation
et
la
consolidation
des
bases
de
données
du
comité
de
suivi
de
la
paie,
de
la
SECOPE
et
du
SIGE,
qui
comprennent
des
informations
constitutives
et
essentielles
sur
le
nombre
d’écoles,
d’enseignants
et
d’élèves.
Cette
information
permettra
d’établir
des
politiques
en
fonction
d’un
état
de
besoins
plutôt
qu’en
fonction
de
l’harmonisation
des
intérêts.
B2.2.
La
procédure
d’enregistrement
des
nouveaux
établissements
scolaires
pourra
être
simplifiée
et
orientée
en
fonction
d’une
carte
scolaire
qui
reflète
les
besoins
de
financement
plutôt
qu’une
harmonisation
des
intérêts
des
différents
réseaux
gestionnaires,
afin
d’atteindre
l’objectif
d’un
appui
égal
par
élève
ou
par
enfant
scolarisable.
B2.3.
La
procédure
de
mécanisation
des
enseignants
et
la
gestion
des
ressources
humaines
doit
être
orientée
en
fonction
d’un
état
objectivé
des
besoins
afin
de
rapprocher
le
REM
de
référence
partout.
B3.3.
Vu
le
caractère
multi-‐acteur
du
secteur,
il
faut
mettre
en
place
un
dispositif
de
monitoring
de
la
transmission
des
politiques
en
nouvelles
pratiques.
Dans
un
contexte
de
gouvernance
à
niveaux
multiples,
chaque
réforme
politique
requiert
un
cadre
de
suivi-‐évaluation
qui
permet
de
réfléchir
sur
des
politiques
post-‐adoptives.
Dans
ce
cadre,
on
pourra
aussi
donner
une
attention
spéciale
aux
effets
des
politiques
générales
sur
des
groupes
vulnérables
spécifiques.
B3.
Améliorer
la
redevabilité
administrative
Notre
analyse
démontre
l’existence
de
beaucoup
d’entités
administratives
qui
semblent
faire
le
même
travail,
tandis
qu’il
semble
y
avoir
peu
de
clarté
sur
les
liens
de
redevabilité
(qui
contrôle
qui
sur
quoi
?).
Une
des
conséquences
en
est
une
administration
inefficiente
(poids
élevé
des
enseignants
«
assis
»
par
rapport
aux
«
enseignants
debout
»
dans
la
masse
salariale
totale),
inéquitable
(poids
trop
grand
de
la
capitale
et
des
chefs-‐lieux
provinciaux)
et
peu
effective.
Une
rationalisation
et
une
adoption
d’une
division
de
travail
plus
claire
et
des
nouvelles
mécanismes
de
coordination
entre
les
différents
intervenants
s’impose.
B3.1.
Une
réorientation
des
entités
administratives
existantes
en
vue
d’une
gouvernance
plus
rationnelle
s’impose
surtout
pour
les
entités
qui
ont
été
créées
pendant
les
années
’80
et
’90,
période
pendant
laquelle
l’administration
évoluait
plutôt
en
fonction
de
la
captation
des
ressources
parafiscales.
Nous
y
incluons
aussi
la
SECOPE
même
au
moment
de
la
recentralisation
de
la
base
de
données
de
la
fonction
publique
dans
le
cadre
de
la
bancarisation.
B3.2.
Une
clarification
des
attributions
et
distinction
des
compétences
entre
le
ministère
national
et
les
autorités
provinciales
est
hautement
nécessaire
mais
difficile,
d’autant
plus
que
pendant
la
période
de
transition,
l’éducation
est
géré
par
des
services
déconcentrés
au
niveau
des
divisions
ou
provinces
éducationnelles
à
un
niveau
plus
bas
que
les
provinces.
B3.3.
La
procédure
d’agrément
des
nouveaux
bureaux
et
établissements
scolaires
est
à
cheval
entre
l’inspection
et
le
SECOPE,
une
simplification
s’impose.
B3.4.
La
gestion
des
ressources
humaines
se
trouve
à
cheval
entre
les
gestionnaires
des
réseaux
et
l’Etat,
une
clarification
des
rôles
s’impose.
B3.5.
Le
nouveau
flux
de
subventions
de
fonctionnement
pourra
être
réorienté
de
façon
à
stimuler
les
gestionnaires
administratifs
à
se
conformer
à
une
division
de
travail
clarifiée.
C.
Recommandations
pour
améliorer
la
participation
de
tous
à
l’école
primaire.
L’atteinte
de
l’objectif
de
l’amélioration
de
tous
à
l’école
primaire
est
devenue
de
plus
en
plus
une
question
de
l’amélioration
de
la
qualité
de
l’enseignement
et
de
l’augmentation
de
l’efficacité
interne
(diminuer
les
redoublements,
diminuer
l’âge
d’entrer
à
l’école,
diminuer
la
déperdition
scolaire).
C1.
Une
diminution
des
frais
scolaires
directs
pourra
être
réalisée
en
jugulant
la
demande
des
contributions
des
parents
par
les
différentes
entités
publiques.
Etant
donné
que
les
frais
scolaires
semblent
constituer
un
facteur
important
affectant
des
dimensions
de
l’efficacité
interne
ainsi
que
des
éléments
des
disparités
de
participation
à
l’école,
une
politique
de
diminution
effective
des
contributions
des
parents
est
un
facteur
clé
de
l’augmentation
de
l’efficacité
interne
du
secteur.
Jusqu’ici,
on
a
essayé
de
maîtriser
les
frais
scolaires
surtout
en
jugulant
l’offre,
c’est
à
dire
en
fixant
des
limites
ou
en
qualifiant
les
frais
scolaires
comme
illégaux.
L’expérience
montre
toutefois
que
cette
stratégie
n’a
pas
été
effective.
D’un
côté,
l’Etat
congolais
ne
dispose
pas,
au
niveau
local,
des
moyens
pour
veiller
sur
le
respect
de
cette
mesure,
et
de
l’autre,
la
simple
prohibition
n’apporte
pas
de
réponse
aux
problèmes
de
financement
créés
par
la
gratuité,
surtout
au
niveau
local
et
dans
les
régions
qui
en
ont
plus
besoin.
C1.1.
On
ne
pourra
pas
juguler
la
demande
des
frais
scolaires
sans
une
réforme
fondamentale
et
préalable
de
la
gestion
des
ressources
humaines.
Etant
donné
que
trois
quarts
des
frais
scolaires
servent
à
compléter
le
salaire
des
enseignants
et
à
payer
les
enseignants
non-‐payés
par
l’Etat,
la
réforme
des
ressources
humaines
est
un
volet
essentiel
de
chaque
politique
de
diminution
des
frais
scolaires.
Là
où
elle
a
fonctionné,
la
bancarisation
a
rendu
le
paiement
des
salaires
plus
prévisible,
mais
la
bancarisation
doit
encore
être
complémentée
par
(i)
une
clarification
des
rôles
entre
les
gestionnaires
des
réseaux
et
l’Etat,
(ii)
un
recensement
des
enseignants,
volet
essentiel
d’une
gestion
plus
rationnelle
de
ressources,
et
(iii)
par
une
objectivation
des
besoins
en
enseignement.
Puis,
il
faut
résoudre
le
problème
(dépassant
le
secteur
de
l’éducation)
des
retraités
afin
d’ouvrir
de
l’espace
pour
rajeunir
le
corps
des
enseignants.
Enfin,
une
harmonisation
entre
les
salaires
des
enseignants
et
d’autres
fonctionnaires
publics
s’impose
afin
de
rendre
la
profession
de
l’enseignant
plus
attractive.
C1.2
Afin
de
juguler
la
demande
des
frais
scolaires
de
la
part
des
entités
administratives,
nous
pensons
plus
particulièrement
aux
recommandations
qui
focalisent
sur
une
rationalisation
des
entités
et/ou
procédures
administratives
qui
sont
à
l’origine
de
la
demande
des
frais
scolaires
(voir
ci-‐dessus,
recommandations
B).
C2.
Approfondir
notre
connaissance
sur
les
déterminants
de
la
qualité
de
l’enseignement
et
du
phénomène
des
enfants
en
dehors
de
l’école.
Ce
n’est
que
depuis
peu
qu’on
a
commencé
à
faire
des
études
sur
l’importance
et
les
déterminants
de
la
qualité
de
l’enseignement
et
du
phénomène
des
enfants
en
dehors
de
l’école.
Les
résultats
des
études
qui
existent
dépendent
fortement
des
hypothèses
démographiques
derrière
la
procédure
d’échantillonnage.
Une
poursuite
de
ce
travail
aidera
à
réorienter
les
politiques
de
l’éducation
vers
une
intensification
du
service
public
de
l’éducation.
Toutefois,
les
différentes
études
convergent
sur
l’importance
des
frais
scolaires
comme
déterminant
de
la
décision
d’envoyer
l’enfant
à
l’école.