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Sagesse des Maîtres de la Pensée Juste

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Sagesse des Maîtres de la Pensée Juste

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LES PORTES DE L'ÉTRANGE


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DU MEME AUTEUR

Aux Editions Robert Laffont :


L'Aura et le Corps immortel, 1979 - épuisé.
Le Livre des Morts des Occidentaux, 1981.
Zarathoustra, Homme de Lumière, 1982.
Aux Editions Fernand Lanore :
Les «Morts Dont donné Signes de Vie (édition augmentée), 1984.
Les Témoins de l'Invisible (édition complète), 1981.
Cet Au-delà qui nous attend, 1974/1979/1984.
L'Apocalypse, révélation sur la vie future, 1976/1981.
Les Tablettes d'or, autour de Roland de Jouvenel et de ses mes-
sages, 1979.
Navires pour l'Atlantide, 1980.
Les Symboles Universels, 1982.
L'Aura et le Corps immortel, réédition, 1983.
Swedenborg, biographie et anthologie, 1983.
Les Visions de Swedenborg, 1984.
Aux Editions Fayard :
Les Témoins de l'Invisible, 1972/1974/1975 - épuisé - Livre de
Poche, n° 6804.
Les « Morts » ont donné Signes de vie, 1976 - épuisé - Livre de
Poche, n° 6808.
Les Visiteurs de l'autre Monde, 1977 - Livre de Poche, n° 6815.
Cercle Swedenborg et Dervy-livres :
Un Prophète pour notre Temps: Swedenborg, 1970, épuisé.
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JEAN PRIEUR

LES MAITRES
DE LA PENSÉE JUSTE

ÉDITIONS ROBERT LAFFONT


PARIS
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© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 1984


ISBN 2-221-04577-7
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Chapitre premier
LES MAITRES DE JUSTICE

Qu'ils soient prophètes, initiés, philosophes ou fon-


dateurs de religion, tous les grands instructeurs, tous
les fils de l'Homme qui sont aussi des fils de Dieu, ont
quelque chose à nous dire pour la conduite de notre
vie. Ils peuvent nous aider à la mieux structurer, à
mieux nous accomplir. Qu'ils se nomment Orphée,
Zarathoustra, Confucius, Meng-Tseu, Çakyamouni,
Pythagore, Isaïe, Socrate, Platon, Philon, Christ, Paul
de Tarse, Plotin, Muhammad, ils répondent de façon
univoque à nos interrogations, leur extraordinaire
consensus va parfois jusqu'à l'identité des termes.
Leurs messages présentent une telle unité qu'ils sem-
blent émaner d'une seule personne, ils concordent de
façon si étonnante qu'il est possible d'en tirer un ensei-
gnement pragmatique qui nous permettra de nous res-
sourcer, de nous ressaisir.
C'est ce que j'ai voulu faire dans ce livre qui trans-
met la sagesse de ces Maîtres de justice, ou Maîtres
de la pensée juste.
Cette convergence de la pensée juste (et c'est parce
qu'elle est juste qu'elle est convergente), qu'elle soit
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née sur les pentes de l'Himalaya, du Kuh-i-Baran, du


Thabor ou du Sinaï, a quelque chose de rassurant et
d'exaltant.
Il existe donc une sagesse indépendante du temps
et de l'espace, valable au XXsiècle de notre ère comme
au XX siècle du Moyen Bronze européen et du Moyen
Empire de Thèbes. Ce que les Maîtres ont dit voilà des
millénaires, c'est comme s'ils l'avaient dit ce matin.
Il existe une sagesse comme il existe une atmosphère,
une forme humaine, une arithmétique, une géométrie,
une physique. Il existe depuis toujours un ensemble
de vérités qui ne dépend ni des humeurs d'un homme,
ni de celles des climats.
On a trop répété : vérité en deçà des Pyrénées, erreur
au-delà. Cela peut se révéler valable pour les aspects
secondaires et folkloriques de l'existence, cela est faux
pour les valeurs fondamentales et permanentes.
Certaines de ces idées patiemment collectées au
cours de ce long voyage en esprit sommeillaient déjà
en moi, elles emplissaient mes carnets de jeune homme
et j'avais la candeur de les croire miennes. En les
retrouvant plus tard sous d'illustres signatures, je fus
conforté dans ma recherche et finalement heureux de
les voir acquérir une force et une dignité accrues.
Les citations des Maîtres indiens, chinois, iraniens,
égyptiens, hébreux, grecs, latins, occidentaux, ne res-
pectent pas l'ordre chronologique, puisque nous sommes
dans l'éternel présent. Elles sont regroupées par grands
thèmes : voie du milieu, modération, respect du corps,
de la Terre et de toutes les créatures, tolérance, prag-
matisme, nécessité de vivre dans le présent, croyance
au Dieu unique et en l'immortalité humaine, existence
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de nombreux chemins et d'une révélation universelle


dont leurs paroles ont gardé les reflets.
Certaines de ces paroles sont très connues, qu'im-
porte ! Il ne s'agit pas d'être original, mais originel.
La sagesse, c'est de se tenir près des sources.
Tout a été pensé et tout a été dit, mais comme tout
a été oublié, tout doit être sans cesse repensé et redit.
Il faut d'âge en âge tout recommencer, répéter à chaque
génération les vérités fondamentales, chaque fois repar-
tir de zéro puisque l'humanité, qui est amnésique, vit
dans une perpétuelle enfance.
Tout a été pensé et tout a été dit, mais tout n'est pas
incarné, tout n'est pas vécu. Je puis dire à moi-même
comme aux autres : tu ne crois pas ce que tu sais, tu ne
vis pas ce que tu crois. Quand te décideras-tu à incar-
ner les paroles de sagesse, à les faire descendre du ciel
sur la terre, du mental dans le corps, des hauteurs de
la pensée dans l'horizontalité de la vie concrète ?
Il est nécessaire, il est urgent de les repenser, ici et
maintenant, de les rendre efficaces et vivantes, de les
charger de toutes les valeurs subjectives qui sont les
vraies valeurs. Ces paroles millénaires puisées aussi
bien dans la Bible que dans la Bhagavad Gîtâ, dans les
Gâthâs de Zoroastre que dans les Vers dorés de
Pythagore ont capté des énergies, ce sont des sortes
d'accumulateurs. Si nous les faisons nôtres un jour,
nous en devenons légitimes possesseurs pour toujours.
Les Ecritures au sens le plus large du terme, c'est
ce que les Maîtres de la pensée juste ont dit pour notre
libération et pour notre bonheur. « La Sagesse a bâti
sa maison », dit le chapitre IX du Livre des Proverbes,
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dont une partie 1provient directement de la Sagesse de


l'Egyptien Aménémopé. « Elle a envoyé ses servantes
proclamer aux points culminants de la ville : Que celui
qui est simple entre ici ! »
Soyons simples et acceptons l'invitation ! Entrons
dans cette maison de plain-pied, ouverte à tout venant
et à tous les vents de l'Esprit !Au rez-de-chaussée, orné
de sept colonnes, habite la personne humaine ; dans
le soubassement solide et profond, la personne ani-
male ; sous les combles aérés et lumineux, la personne
divine.
En général, les architectes des bâtiments philoso-
phiques ne connaissent que le rez-de-chaussée : per-
sonne au sous-sol, personne à l'étage. « Ah ! quelle
tranquillité, quel silence ! Comme on est bien pour
concocter nos ingénieux systèmes qui ne connaissent ni
ange ni bête ! » Ces gens de cabinet et de bibliothèque
raisonnent comme si l'homme, sorte d'abstraction sans
rapport avec son environnement naturel, était le seul
habitant du globe et le nombril du cosmos.
Ils ignorent délibérément, surtout depuis la fin de
l'Antiquité, l'immense monde sub-humain, « tous ces
êtres muets qui partagent nos peines et n'ont pas d'espé-
rance », comme le déclara Çakyamouni au moment de
partir pour sa première mission.
Jamais théologiens et philosophes occidentaux ne
font allusion à ces millions d'âmes qui participent, elles
aussi, à la maintenance de la Terre, en attendant de
participer à sa transfiguration. Ceux qui ignorent le
monde sub-humain ignorent aussi, en général, le monde

1. De XXII, 17 à XXIV, 22.


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supra-humain. A l'un ils refusent l'âme ; à l'autre,


l'existence.
« Que celui qui est simple entre ici ! Venez, mangez
de mon pain et buvez du vin que j'ai préparé ! Marchez
dans la voie de l'intelligence ! »
Nous qui sommes habitués à marcher le long du
Jourdain, du Céphise et du Tibre, marchons également
sur les chemins de l'intelligence qui bordent le Nil et
l'Euphrate, l'Indus et le Gange !
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Chapitre II
MODERATION
ET MAITRISE DE SOI

La Voie du milieu
La sagesse planétaire a reçu divers noms : droite
raison, voie droite, voie du milieu. La Chine, l'Inde,
la Galilée, la Grèce la Celtide, Rome ont recommandé
une attitude, un mode de vie également éloignés des
extrêmes. In medio tutissimus ibis : c'est au milieu
que tu marcheras le plus en sécurité.
Le Chou King : «Suivez toujours cette droite raison
qui réside en un juste milieu en toutes choses. »
Horace : « Il existe en tout un juste milieu. Il y a
des limites précises au-delà desquelles le bien ne peut
subsister. » L'aurea mediocritas 1d'Horace ne signifie
pas médiocrité dorée, cela veut dire que la voie du
milieu est la route de l'or. Au milieu ne signifie pas à
égale distance du bien et du mal, c'est justement la
médiocrité qui est dans ce cas ; in medio assume et le
1. En latin classique, mediocritatem tenere signifie se tenir
dans la juste mesure ; mediocritas vultus, le calme du visage.
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bien et le mal, contraignant les forces mauvaises à


œuvrer pour le mieux.
K'ong fou Tseu (Confucius) : « La voie droite est
d'un usage si étendu qu'elle peut s'appliquer à toutes
les actions des hommes, mais elle est d'une nature telle-
ment subtile qu'elle n'est pas manifeste pour tous. »
La voie droite est la règle de conduite également
éloignée des extrêmes.
Saâdi, au chapitre VIII du Jardin des Roses : «L'ex-
cès de la sévérité engendre la haine. L'excès de l'indul-
gence détruit l'autorité. Sachez garder le milieu et
vous ne serez exposé ni au mépris ni aux outrages. Il
s'agit d'imiter le chirurgien qui, selon le besoin, applique
sur la blessure soit le fer, soit le baume. »

La voie facile
La voie droite, la voie du milieu, est aussi la voie
aisée :
Meng-Tseu (Mencius) : « La voie droite est près de
vous et vous la cherchez au loin ! C'est une chose qui
fait partie de celles qui sont faciles et vous la cherchez
parmi celles qui sont difficiles. »
Quelle erreur d'aller chercher au loin ce qui est près
de nous et que l'on ne voit pas ! Pythagore, lui aussi,
dénonce cet aveuglement à l'égard du bonheur proche :
« Tu sauras que les hommes malheureux reçoivent les
maux qu'ils ont choisis, eux qui ne voient pas le Bien
qui est près d'eux. »
« Ce Bien, dit Epicure, n'est pas inaccessible. Il est
aisé d'atteindre au Bien ; il est aisé de supporter le
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Mal ; le corps n'a pas à redouter la mort, l'esprit n'a


pas à redouter Dieu. »
Swedenborg : « Il n'est pas difficile de mener la vie
qui conduit au Ciel. »
Le Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez et
ployez sous le fardeau et je vous soulagerai. Chargez-
vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je
suis doux et simple de coeur ; alors vous trouverez du
repos pour vos âmes. Oui, mon joug est facile et mon
fardeau léger. »
Sous le mot joug, nous mettons des idées d'asservis-
sement, mais joug signifie aussi union, comme le mot
sanscrit yoga dont il dérive.
Lao-Tseu : « Mes paroles sont très faciles à com-
prendre et très faciles à mettre en pratique. Cependant
il n'y a personne dans le monde entier qui soit capable
de les reconnaître ou de les appliquer. »
Au Jean-Jacques Rousseau chinois qui prêchait le
retour à la vie des temps passés, vie naturelle et har-
monieuse qui n'a jamais existé, il faudrait objecter
ceci : en admettant que les paroles de sagesse soient
faciles à comprendre, elles ne sont pas si faciles à
pratiquer.
Quoi qu'il en soit, l'entraînement spirituel est beau-
coup moins astreignant que l'entraînement sportif ou
musical.
Les instructeurs de l'humanité ne nous demandent
que deux choses : l'attention et la continuité, mais
aujourd'hui, au temps des sollicitations multiples, c'est
peut-être beaucoup demander.
Les instructeurs ne réclament de nous aucune acro-
batie mentale ou physique. Ils n'exigent pas l'impos-
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sible, ils savent que les perfectionnistes font le malheur


de leur entourage et quelquefois leur propre malheur.

Le refus de l'ascétisme
Le Bouddha : « Il est deux choses qu'il convient
d'éviter : une vie de plaisirs, cela est bas et vain ; une
vie de mortifications, cela est vain et inutile. » Après
avoir quitté son palais, Siddharta avait rejoint des
ermites au pic des Vautours, il avait pratiqué avec
eux l'ascétisme le plus effrayant, martyrisant son corps,
jeûnant comme un insecte à la mauvaise saison, jus-
qu'au jour où il comprit la vanité de ces pratiques qui
ne conduisent ni à la vertu, ni à l'amour, ni à la connais-
sance.
Le Christ, lui non plus, ne situait pas le salut dans
des mortifications dont il ne donnait pas l'exemple :
«Alors les disciples de Jean s'approchèrent de Jésus
et lui dirent : " D'où vient que nous et les pharisiens
nous jeûnons et que tes disciples ne jeûnent pas ? " »
Le Christ : «Les amis del'époux peuvent-ils s'affliger
aussi longtemps que l'époux est avec eux ? Mais les
jours viendront où l'époux leur sera ôté, alors ils jeû-
neront. »
Un temps pour chaque chose : à chaque jour suffit
sa peine, à chaque jour suffit sa joie.
Disciple authentique du Christ, François de Sales
désapprouvait les jeûnes immodérés : «L'esprit ne peut
pas supporter le corps trop nourri ; mais trop peu
nourri, le corps ne peut davantage supporter l'esprit. »
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La Bhagavad Gîtâ : «O blanc Arjuna 1 dit le Bien-


heureux Seigneur, ce yoga 2n'est atteint ni par celui
qui mange trop, ni par celui qui s'abstient de nourri-
ture, ni par celui qui dort, ni par celui qui s'oblige à
rester éveillé. Ce yoga, qui détruit la douleur, est
atteint par celui qui mange et vit comme il convient,
dont tous les actes sont réglés par la raison, et dont
sommeil et veille sont bien équilibrés. »
Pythagore : « Veille sur ta santé : dispense avec
mesure au corps les aliments, à l'esprit le repos. Trop
ou trop peu de soins sont à fuir car l'envie à l'un et
l'autre excès s'attache également, le luxe et l'avarice
ont des suites semblables. Il faut choisir en tout un
milieu juste et bon »
Toute l'Antiquité admettait dans l'homme l'existence
de quatre vertus : la justice, la sagesse, le courage et
la tempérance ou modération. De même, l'Eglise
romaine compte la tempérance parmi les quatre vertus
cardinales. Il est trois fois question de tempérance dans
le Nouveau Testament, terme sous lequel on range les
idées d'abstinence, de chasteté, de continence, mais dont
il faut encore élargir la portée. L'original grec dit
egkrateia ; la version latine de saint Jérôme recourt
successivement à castitas, abstinentia, continentia, met-
tant l'accent sur la seule chasteté. « Comme Paul se
mettait à discourir sur la justice, la tempérance (egkra-
teia, castitas), le jugement à venir, Félix prit peur. »
(Actes XXIV, 26)
Ce qui effraie le procureur de Samarie et de Judée,
1. Disciple de Krishna.
2. Union à Dieu.
3. Traduction de Fabre d'Olivet
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c'est moins la justice et la tempérance que le jugement


à venir : il a suffisamment d'actions mauvaises sur la
conscience.
« Faites tous vos efforts pour ajouter à votre foi la
vertu (aretê, virtus) ; à la vertu, la connaissance (gnôsis,
scientia) ; à la connaissance, la tempérance (egkrateia,
abstinentia)... » (II Pierre I, 6.)
« Les fruits de l'Esprit, ce sont l'amour, la joie, la
paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité,
la douceur, la tempérance (egkrateia, continentia). »
(Galates, V, 22.)
Certains traduisent très justement egkrateia par maî-
trise de soi et la Bible anglaise (Revised Standard Ver-
sion) ne recule pas devant une expression très moderne :
self-control.
Amour, joie, patience, bienveillance, fidélité, maî-
trise de soi, autant de vertus. Vertu : le mot n'a pas
bonne presse, il fleure la sacristie et les vieux livres
de piété. En réalité, virtus vient de vir et signifie cou-
rage, énergie virile ; vertu égale force, force spirituelle,
physique, mentale.
« Toute virtus, dit Sénèque, est fondée sur la
mesure. » « La modération prouve la force », ajoute
La Rochefoucauld, et Vauvenargues conclut : « La
modération des faibles est médiocrité. »
Si pour les apôtres, et l'Eglise issue de leur ensei-
gnement, la tempérance ou modération est une vertu,
pour Zarathoustra elle est un archange. Le quatrième
Amesha-Spenta se nomme Spenta Armaïti 1 C'est la
pensée calme, c'est la sainte sagesse, qui garde la
mesure et qui dit, comme Delphes : « Rien de trop ! »
1. En sanscrit Aramati.
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Ils furent nombreux au cours des âges ceux qui


exagèrent, ceux qui en font trop, que ce soit l'acteur
qui charge, le « saint » qui se livre à des pratiques
répugnantes, ou l'érudit qui s'inflige des indigestions de
lecture.
Montaigne : « Comme les plantes s'étouffent de trop
d'humeur 1et les lampes de trop d'huile, ainsi fait l'ac-
tion de l'esprit par trop d'étude et de matière. »
Notre époque excessive, habituée aux superlatifs de
la publicité, aux hyperboles de la politique et du
cinéma, est pleine à craquer de gens qui en font trop.
Il est urgent de répandre l'enseignement de Delphes
et de se souvenir de la 13' Olympique de Pindare :
« Il existe en toutes choses une mesure, la saisir à
propos est la première des sciences. »

1. Humidité.
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LA TERRE, LE CORPS
ET LE BONHEUR

Sainteté de la Terre
Il est remarquable que les concepteurs optimistes du
monde ont toujours élaboré leur message en plein air
et, de préférence, dans des pays à climat chaud et sec.
Au contraire, les philosophes de la sinistrose ont tou-
jours élucubré dans les lieux clos des contrées plu-
vieuses : cabinets de travail, bibliothèques, cafés, caves
existentialistes.
Les premiers, si justement nommés hommes de
lumière, lumière à la fois physique et spirituelle, étaient
tout proches des troupeaux et des travaux agricoles. Ils
parlaient de brebis, d'agneaux, de semailles, de mois-
sons, de vendanges ; ils aimaient autant la terre, prise
au sens d'humus, de glaise et de terreau, que la Terre
prise au sens de planète et de contrepartie du Ciel.
Zarathoustra, dont l'œuvre a la bonne odeur des
choses naturelles, déclarait à ses disciples : « Il combat
la vérité celui qui enseigne que la Terre ne vaut pas
un regard et que le Soleil vaut moins encore. »
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Celui qui méprise la Terre et ce qu'elle porte, le


Soleil et ce qu'il éclaire, combat non seulement la
vérité, mais lui-même. C'est lui-même qu'il détruit :
il subit l'effet boomerang, le choc en retour de la
pensée négative. La pensée négative est un suicide
lent et c'est à ce suicide que l'Imitation de Jésus-Christ
invitait les chrétiens du temps jadis, tant protestants
que catholiques, car ce livre exerça œcuméniquement
ses ravages dans les deux confessions.
« Voilà en quoi consiste la souveraine sagesse : c'est
à s'avancer vers le royaume du Ciel par le mépris de
toutes les choses qui sont sur la Terre. »
« Regarder toutes les choses de ce monde comme
des ordures afin de gagner Jésus-Christ. »
« C'est une vraie misère que de vivre ici-bas. Dirige
toutes tes actions et toutes tes pensées comme si tu
devais mourir aujourd'hui... Tiens pour certain que tu
dois mener une vie mourante. »
« Lorsqu'une âme de bonne volonté est affligée ou
tentée, ou obsédée de mauvaises pensées, elle comprend
mieux que jamais combien Dieu lui est nécessaire èt
que sans Lui elle ne peut faire aucun bien. Cela l'oblige
à s'attrister salutairement, à gémir, et à prier pour être
délivrée de ses misères. La vie lui devient ennuyeuse et
la mort désirable. »
« Mortifier ses passions, voilà le véritable esprit de
la religion et du christianisme. Tu es appelé à la souf-
france et au travail. Le cœur contrit est une source de
biens. »
C'est en réaction justifiée contre ce christianisme de
misère, de mortification et de mort, contre cette reli-
gion grise du mépris de soi, du mépris de la Terre et
du corps que naquit le Zarathoustra nietzschéen. Mais
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I l existe une sagesse indépendante du temps et de


l'espace, valable au XX siècle de notre ère comme
au XX siècle du Moyen Bronze européen et du
Moyen Empire de Thèbes. Ce que les Maîtres ont dit
voilà des millénaires, c'est comme s'ils l'avaient dit
ce matin.
Il existe une sagesse, sagesse planétaire et sagesse 1
éternelle, comme il existe une atmosphère, une forme
humaine, une arithmétique, une géométrie, une phy-
sique.
Il existe depuis toujours un ensemble de vérités qui
ne dépend ni des humeurs d'un homme ni de celles
des climats.
Qu'ils soient prophètes, initiés, philosophes ou fonda-
teurs de religions, tous les grands instructeurs, tous
les fils de l'Homme, qui sont aussi des fils de Dieu,
ont quelque chose à nous dire pour la conduite de
notre vie. Ils peuvent nous aider à la mieux structurer,
à mieux nous accomplir. Qu'ils se nomment Orphée,
Zarathoustra, Confucius, Meng-Tseu, Çakyamouni,
Pythagore, Isaïe, Socrate, Platon, Christ, Paul de
Tarse, Plotin, Muhammad, ils répondent de façon
univoque à nos interrogations ; leur extraordinaire
consensus va parfois jusqu'à l'identité des termes.
Leurs messages présentent une telle unité qu'ils sem-
blent émaner d'une seule personne, ils concordent
de façon si étonnante qu'il est possible d'en tirer un
enseignement pragmatique qui nous permettra de nous
ressourcer, de nous ressaisir.
C'est ce que Jean Prieur a voulu faire dans ce livre
qui transmet la sagesse de ces Maîtres de justice ou
Maîtres de la pensée juste.
Sagesse éternelle, sagesse planétaire.
Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès
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