Rôle du Pharmacien dans le Diabète II
Rôle du Pharmacien dans le Diabète II
THESE
POUR LE DIPLOME D'ETAT
DE DOCTEUR EN PHARMACIE
_____________________________
Membres du jury :
Au jury de thèse,
Monsieur le Professeur Gérald LUC, directeur et président de thèse, je vous
remercie d'avoir accepté de diriger ma thèse, merci pour tous vos conseils et votre
dévouement tout au long de la rédaction de ce travail. C’était un honneur de travailler
avec vous.
A ma famille et amis,
A mes parents qui m’ont permis de réaliser et de réussir mes études, et sans qui
tout cela n’aurait pas été possible. Merci pour vos conseils, votre amour et vos
encouragements, je vous en serai toujours reconnaissante.
A mes grands-parents ainsi que mes frères et sœurs Clémence et Pierre, pour
leur soutien qui m’a aidé à passer ces quelques années à l’université plus
sereinement.
A Nicolas pour sa présence, son amour et son extrême patience tout au long de
mes études.
A ma meilleure amie, Jessica, merci pour ton soutien, ton amitié et tous nos bons
moments passés ensemble qui m’aident à avancer dans la vie.
A mes amies, Natacha et Victoire ainsi que mes amies des Chartrois, merci pour
tous ces bons moments en particulier au cheval.
A Rebelle
Faculté des Sciences Pharmaceutiques
et Biologiques de Lille
3, rue du Professeur Laguesse - B.P. 83 - 59006 LILLE
CEDEX
[Link].40 - : [Link].64
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Professeurs Agrégés
Civ. NOM Prénom Laboratoire
Mme MAYES Martine Anglais
M. MORGENROTH Thomas Droit et déontologie pharmaceutique
3
Professeurs Certifiés
Civ. NOM Prénom Laboratoire
M. HUGES Dominique Anglais
Mlle FAUQUANT Soline Anglais
M. OSTYN Gaël Anglais
AHU
Civ. NOM Prénom Laboratoire
M. SIMON Nicolas Pharmacie Galénique
4
Faculté des Sciences Pharmaceutiques
et Biologiques de Lille
3, rue du Professeur Laguesse - B.P. 83 - 59006 LILLE CEDEX
Tel. : [Link].40 - Télécopie : [Link].64
[Link]
5
Sommaire
7
TABLE DES ILLUSTRATIONS
Figure 1 : Illustration des complications du diabète de type 2 pour les patients ….p13
Figure 5 : Courbes illustrant les deux types d’IG par rapport au glucose….p28
Figure 9 : Schéma simplifié représentant classification des acides gras selon les
doubles liaisons ….p33
Figure 10 : Les facteurs qui interviennent dans le choix des pourcentages respectifs
des calories apportées par les glucides et les graisses MIS….p37
8
I) INTRODUCTION
Le diabète de type 2 est une maladie chronique liée à une hyperglycémie chronique
potentiellement responsable de complications micro- et macrovasculaires sévères et
invalidantes.
Depuis 2009, la loi dite « Hôpital, Patient, Santé et Territoires » prône la coopération
de tous les professionnels de santé dans l’intérêt du patient. Le pharmacien
d’officine, par sa proximité avec le patient a un rôle évident à jouer dans la
prévention et la prise en charge du diabète.
Dans cet ouvrage, un premier chapitre sera consacré au diabète de type 2 et à ses
généralités telles que le dépistage, les complications, la prise en charge
thérapeutique. Puis dans un second chapitre, nous analyserons l’influence de
l’alimentation et de l’activité physique sur la pathologie. Et enfin, un dernier chapitre
sera consacré au rôle du pharmacien d’officine dans la prévention et la prise en
charge du diabète de type 2, appelé également DNID (non insulinodépendant).
9
II) PATHOLOGIE
Le diabète est une maladie chronique qui apparaît lorsque le pancréas ne produit
pas suffisamment d’insuline ou que l’organisme n’utilise pas correctement l’insuline
qu’il produit. L’insuline est une hormone qui régule la concentration de glucose dans
le sang. L’hyperglycémie, ou concentration sanguine élevée de glucose, définit le
diabète non contrôlé qui conduit avec le temps à des atteintes graves de nombreux
systèmes organiques et plus particulièrement des nerfs et des vaisseaux sanguins.
Ses symptômes peuvent être les mêmes que le diabète de type 1 : polyurie,
polydipsie, faim constante, perte de poids, mais sont souvent moins marqués. Ce qui
explique que la maladie peut être diagnostiquée plusieurs années après son
apparition, une fois les complications déjà présentes (1).
A cela s'ajoute les diabétiques qui s'ignorent. Il y a encore peu, on évaluait ce chiffre
à environ 500 000, c'est sans doute à 600 000, voire 700 000 qu'il faut maintenant
l'estimer. Le gros des effectifs concerne toujours le DNID, mais le chiffre des
diabétiques de type I, insulinodépendants (DID), est également en progression (2).
10
b) Diagnostic
Il est à la fois clinique et biologique ; clinique d’une part avec les symptômes
polyurie, polydipsie, complications et biologique avec une hyperglycémie chronique.
Le diagnostic et la prise en charge du DNID doivent être les plus précoces possibles
pour diminuer le risque de complications.
c) Complications
11
Figure 1 : Illustration des complications du diabète de type 2 pour les patients (laboratoire Lilly)
1) La micro angiopathie
12
Figure 2 : illustration des voies métaboliques expliquant les relations entre hyperglycémie et
complications vasculaires et nerveuses
C’est pour cela qu’il est essentiel que tout patient diabétique bénéficie d’un examen
systématique annuel du fond d’œil. Cette information doit être régulièrement
communiquée au patient par les différents professionnels de santé.De plus, la
meilleure prévention contre l’apparition d’une rétinopathie diabétique reste l’obtention
de glycémies équilibrées, avec une hémoglobine glyquée aux environs de 6.5 %.
Il s’agit donc d’une des complications du diabète qui conditionne le pronostic vital. Un
dépistage précoce en améliore le pronostic, il s’agit de la microalbuminurie des 24h.
Il est recommandé de faire cet examen une fois par an ainsi qu’une mesure de la
créatinémie.
14
2) La macro angiopathie
Par définition, c’est l’atteinte des artères de moyen et gros calibres. A savoir, les
atteintes des artères coronaires, des artères à destinée cervicale, et des artères des
membres inférieurs.
Pour prévenir toutes ces complications, des examens sont recommandés. En effet, il
est nécessaire qu’à chaque consultation le médecin procède à un interrogatoire et à
un examen clinique à la recherche d’éventuelles complications. Une fois par an, un
examen clinique comprenant un examen de pieds à la recherche d’une neuropathie
sensitive (examen de sensibilité tactile), une palpation des pouls, une inspection
cutanée totale, un examen cardiovasculaire.
15
d) Prise en charge thérapeutique
Dans cette partie, nous verrons dans un premier temps l’éducation thérapeutique, les
mesures hygiéno-diététiques qui sont les traitements de première intention dits non
pharmacologiques puis nous analyserons les traitements pharmacologiques.
1) Education Thérapeutique
L’éducation thérapeutique doit permettre aux patients de vivre avec leur maladie, tout
en essayant de réduire ou de retarder l’apparition des complications, et en
améliorant leur qualité de vie.
Cette démarche a pour finalité de permettre aux patients (ainsi qu'à leur famille) de
mieux comprendre leur maladie et leurs traitements, à collaborer avec les
soignants et à assumer leurs responsabilités dans leur propre prise en charge afin de
les aider à maintenir et améliorer leur qualité de vie. L’éducation thérapeutique se
distingue des informations et des conseils que dispensent les soignants à leurs
patients.
Un diagnostic éducatif
Définition des objectifs pédagogiques
Programme éducatif
Evaluation
16
2) Mesures Hygiéno-diététiques
Pour chaque patient, il faut évaluer son alimentation et son degré d’activité physique
et ensuite les modifier.
Les patients atteints de DNID sont en grande partie en surpoids, le plus souvent
sédentaires et mangent de façon très déséquilibrée. Il faut leur conseiller un
amaigrissement, même limité qui permet un bénéfice glycémique significatif.
L’objectif de la prise en charge diététique est de corriger les erreurs alimentaires,
souvent qualitatives, il faudra réduire les lipides (surtout saturés), réduire les sucres
raffinés et l’alcool.
3) Traitements pharmacologiques
Ces 5 classes ont été prises en compte dans les recommandations HAS 2006. Deux
autres classes thérapeutiques ont été récemment mises à disposition, il s’agit des
analogues du glucagon- like peptide 1 (GLP1) et des inhibiteurs de l’enzyme
dipeptidyl peptidase 4 (DPP4). On les appelle également les incrétinomimétiques (7).
Leur action hypoglycémiante résulte surtout d’un effet pancréatique, ils augmentent
la sécrétion d’insuline par les cellules beta des îlots de Langerhans et intensifient la
sensibilité des récepteurs insuliniques des cellules périphériques.
17
3.2) Les biguanides (metformine)
Ces médicaments miment l’action de l’hormone incrétine GLP-1 par inhibition de son
métabolisme par les enzymes dipeptyl peptidase (DPP IV) ou par fixation sur le
récepteur du GLP. Il s’ensuit une stimulation de l’insuline de façon glucodépendante.
Malheureusement dans certains cas, quand l’objectif glycémique n’est pas atteint
malgré des trithérapies orales, on peut instaurer une insulinothérapie.
En cas d’échec, une insulinothérapie fractionnée (2 à 4 injections par jour) doit être
mise en œuvre : par exemple 2 ou 3 mélanges semi-lente + rapide, ou 1 basale lente
+ 3 rapides préprandiales. À ce stade, les insulinosécréteurs seront arrêtés.
19
Figure 3 : Schéma représentant la stratégie médicamenteuse pour les patients
diabétiques de type 2 Cas Général
(Issu des recommandations de bonne pratique de janvier 2013 pour la stratégie médicamenteuse du
contrôle glycémique du diabète de type 2 ; HAS et ANSM)
20
4) L’auto surveillance glycémique
Chez les patients diabétiques de type 2, l’auto surveillance glycémique n’est pas
prescrite systématiquement. Il a en effet été montré que le seul effet favorable de
l’auto-surveillance glycémique était une meilleure observance du traitement anti-
diabétique oral. L’autosurveillance glycémique est souvent indispensable chez les
diabétiques de type 2 traités par l’insuline.
La HAS la recommande chez les insulinotraités afin d’adapter les doses d’insuline,
également pour les patientes enceintes ou envisageant de l’être. Elle peut être utile
chez les patients traités par sulfamides afin de détecter une hypoglycémie (11).
Retenons surtout comme notion, qu’une éventuelle auto surveillance glycémique doit
s’inscrire dans une démarche d’éducation du patient. Lors de la prescription d’un
dispositif d’auto surveillance glycémique, il est indispensable d’expliquer au patient
son fonctionnement et d’organiser avec lui cette auto surveillance, de définir les
moments, la fréquence, les objectifs et les décisions à prendre en fonctions des
résultats.
21
Figure 4 : Les Bonnes pratiques du prélèvement capillaire pour l’auto surveillance (issu du site
[Link])
22
III) L’INFLUENCE DE L’ALIMENTATION ET DE L’ACTIVITE PHYSIQUE
SUR LA PATHOLOGIE
Dans cette partie, nous étudierons dans un premier chapitre l’influence des
macronutriments à savoir les glucides, les lipides et les protéines sur le métabolisme
du glucose et donnerons les principales recommandations à suivre pour le DNID.
Puis dans un second chapitre, nous aborderons les effets de l’activité physique sur la
pathologie.
a) Les Glucides
1) Définition
Les glucides sont habituellement classés sur la base de leur structure chimique en
quatre familles les monosaccharides, les disaccharides, les oligosaccharides et les
polysaccharides. Cependant, une classification sur leur capacité à être digérés et
absorbés dans l’intestin grêle s’avère être plus utile. On distingue donc les glucides
assimilables et non assimilables.
Par contre certaines fibres ou certaines amidons non dégradés (par exemple ceux
présents au sein de grains d’amidon où les enzymes digestifs n’ont pas accès),
n’étant ni digérées ni absorbées sont des glucides non assimilables. Ils demeurent
dans le tube digestif et ont une action sur le métabolisme intermédiaire en
ralentissant le taux d’absorption du glucose et des graisses dans l’intestin grêle.
2) Rôle
23
3) Effets sur le métabolisme du glucose
Une méta-analyse de 13 études a comparé deux types de régime chez des patients
DNID. Un régime avec un faible apport de glucides, allant de 4 à 45% de l’apport
énergétique total, contre un régime avec un apport plus conséquent, allant de 40 à
70% de l’apport énergétique total. Les résultats indiquent une perte de poids similaire
pour les deux régimes, mais le taux d’HbA1c (P=0.013), la glycémie à jeun, et la
concentration en triglycérides (P<0.001) étaient moindres avec les régimes restreints
en glucides. L’interprétation de ces données reste difficile car les régimes faibles ou
élevés en glucides ne sont pas clairement définis. Il y a une grande variabilité entre
les études au niveau des apports.
La limite de ces études est que ces régimes expérimentaux ne reflètent pas la vie
réelle.
4) Les édulcorants
La saveur sucrée est souvent exigée des consommateurs y compris par les patients
diabétiques. Or pour ces patients, limiter les aliments sucrés contenant notamment
du saccharose est une nécessité pour éviter les fluctuations exagérées de la
glycémie en période postprandiale.
Les édulcorants sont d’une aide indiscutable dans la prescription diététique qu’ils
soient incorporés dans des aliments ou qu’ils soient consommés isolément pour
sucrer les boissons, entremets ou aliments. Qu’ils soient naturels ou non, les
édulcorants ont pour dénominateur commun de conférer un goût sucré qui est
normalement perçu au niveau de la langue.
24
Deux types d’édulcorants existent, les édulcorants intenses qui sont peu ou pas
énergétiques et les édulcorants de charge qui fournissent des calories (13).
Une toute petite quantité de ces substances suffit pour obtenir un goût sucré et
l’apport calorique est pratiquement nul. De plus, ils ne jouent pas de rôle cariogène
car les quantités apportées sont en général minimes.
Le plus ancien est la saccharine. Son pouvoir sucrant est 300 fois supérieur à celui
du saccharose. En raison de sa structure chimique cyclique, il existe toujours un
risque cancérogène si elle est utilisée à forte dose. C’est pour cette raison que la
dose journalière admissible (DJA) est limitée à 2.5mg/kg. Actuellement, la saccharine
est uniquement réservée à l’usage pharmaceutique sous les noms de Sucredulcor ®
et Sun Suc®.
Les cyclamates, dont le pouvoir sucrant est relativement faible, de l’ordre de [Link]
raison de leur structure cyclique et de leur métabolisation qui conduit à la formation
de dérivés comme la cyclohexosamine, ces substances ont potentiellement un risque
cancérigène, même s’il est faible. La DJA ne doit pas dépasser 9 mg/kg de poids.
Interdits aux États-Unis, les cyclamates sont réservés, en France, à un usage
pharmaceutique sous les appellations de Sucrum® et Sucaryl®.
25
Et enfin le rebaudioside A (Stevia) qui est un édulcorant naturel extrait d’une plante
originaire d’Amérique du Sud (Stevia rebaudiana). C’est dans les feuilles que se
trouve cet édulcorant dont le pouvoir sucrant est 200 à 300 fois supérieur à celui du
sucre de table. La DJA a été récemment révisée à la hausse, avec un niveau qui
reste toutefois faible : 4 mg/kg de poids.
Ils font partie du groupe des sucres-alcools : sorbitol, xylitol, mannitol, maltitol, lactitol
(16) .Leur pouvoir sucrant n’est que modérément augmenté par rapport à celui du
saccharose.
Les sucres-alcools sont absorbés en partie par le tube digestif par simple diffusion
passive.
Ils peuvent être utilisés sans restriction particulière chez les diabétiques, puisque la
montée glycémique qui suit leur ingestion est très modeste. Leurs propriétés non
cariogènes sont intéressantes et leur utilisation est largement préconisée chez les
sujets qui sont prédisposés aux caries dentaires. Les risques liés à la consommation
de sucres-alcools sont faibles. À trop forte dose, ils peuvent entraîner des troubles
digestifs de type diarrhée. C’est le cas pour les produits à base de lactitol (99 % non
absorbés) ou de sorbitol (85 à 90 % non absorbés). C’est moins vrai pour le xylitol
dont le pourcentage non absorbé est de l’ordre de 60 à 75 %. Pour cette raison, c’est
le xylitol qui est le plus souvent utilisé parmi les sucres-alcools.
En conclusion sur les édulcorants, on peut retenir comme notion que les seules
utilisations bien reconnues des édulcorants pour la santé sont leurs propriétés anti-
cariogènes et leur absence d’effet hyperglycémiant. Pour cette raison, ils constituent
un avantage indiscutable dans les mesures hygiéno-diététiques qui sont
recommandées aux diabétiques. Par contre, l’obèse diabétique doit rester vigilant en
ce qui concerne la consommation de produits dits « sans sucre », mais fabriqués à
partir de polyols type xylitol.
26
5) Index et Charge glycémique
Le choix des aliments riches en glucides dans l’alimentation quotidienne doit tenir
compte non seulement de leur composition chimique mais aussi de leur capacité à
influer sur la glycémie postprandiale ; on parle d’index glycémique (IG).
C’est une échelle de 0 à 100 basée sur la réponse glycémique post prandiale. On
considère qu’un IG est bas, moyen et élevé si l’IG est respectivement inférieur à 55,
entre 56 et 69 ou supérieur à 70.
Les aliments présentant un IG bas incluent la majorité des légumes et des fruits, les
légumineuses et le pain à grains entiers, contrairement aux aliments avec un IG
élevé qui incluent tous les produits céréaliers raffinés comme le pain blanc, les
pommes de terre.
Figure 5 : Courbes illustrant les deux types d’IG par rapport au glucose (issue de l’Institut Canadien du
Sucre)
27
Figure 6 : Représentation des valeurs d’IG en fonction des aliments glucidiques
Parce que la réponse postprandiale de la glycémie est influencée non seulement par
l’IG de l’aliment mais aussi par la quantité de glucides ingérés; le concept de charge
glycémique (CG) a été développé afin de mieux représenter à la fois la quantité et la
qualité de l’unité consommée (17). La charge glycémique est calculée en multipliant
la quantité de glucides dans une portion d’aliment par son IG.
Bien que les valeurs de l’IG soient facilement accessibles et soient utilisées
couramment pour évaluer les choix alimentaires, il est difficile de s’entendre sur la
fiabilité et la mise en pratique de cette notion en milieu clinique et en santé publique.
Selon les études, les résultats sont contradictoires : en effet selon les études, les
effets sur le taux d’HbA1c des régimes à IG bas sont variables.
Les résultats en faveur des régimes à IG bas révèlent que c’est une stratégie
importante pour favoriser le contrôle de la glycémie, améliorer le profil lipidique et la
sensibilité à l’insuline.
Mais il y aurait donc des limites à cela, notamment le fait qu’il existe une définition
très variable des régimes à IG élevé ou bas, un IG bas pouvant varier entre 38 et
77% et un IG élevé entre 63 et 98%. Il existe des variations d’estimation d’IG selon
le laboratoire où l’aliment a été étudié.
28
6) Recommandations sur les apports glucidiques chez le patient DT2 (de
l’ALFEDIAM) (Association de Langue Française pour l’Etude du DIabète et
des Maladies métaboliques)
Les glucides doivent constituer une part importante de l’alimentation des sujets
diabétiques, ce qui impose souvent un changement des habitudes acquises car on
croit souvent qu’il faut bannir les sucres de l’alimentation du diabétique. Il ne doit y
avoir aucun interdit alimentaire, tout est question d’équilibre.
Cet apport doit se faire essentiellement sous forme d’aliments amylacés (pain, pâtes,
riz, féculents) et dans une moindre mesure de fruits et de lait. Un apport de
saccharose ajouté (sucre blanc de table), de l’ordre de 10 % de la ration calorique
quotidienne est acceptable, et ce d’autant plus que le patient observe les mesures
diététiques recommandées.
Les hydrates de carbone étant les seuls aliments hyperglycémiants, il convient de les
répartir sur le nycthémère de façon judicieuse, en fonction des types de traitement
administrés et des résultats glycémiques observés. Ils sont pris au cours des 3 repas
traditionnels (petit déjeuner, déjeuner, dîner) auxquels s’ajoutent ou non, selon les
résultats glycémiques habituellement observés à ces heures-là, 1 à 3 collations
glucidiques : milieu de la matinée, après-midi et coucher. Cette dernière collation est
le plus souvent indispensable chez les diabétiques insulino-traités.
b) Les fibres
Dans une première étude de Chandalia et al, 13 patients diabétiques de type 2 avec
un taux initial d’HbA1c entre 6 et 9.8 % ont suivi deux régimes de 6 semaines
chacun. Un premier préconisé par l’American Diabetes Association (ADA) avec une
quantité de fibres modérée (au total 24g dont 8g fibres solubles et 16g de fibres
insolubles) et un deuxième régime plus riche en fibres (au total 50g dont 25g de
fibres solubles et 25g de fibres insolubles). Les deux régimes ont la même
composition énergétique et en macronutriments. Les effets de ces deux régimes ont
été comparés sur le contrôle glycémique et les concentrations plasmatiques des
lipides.
29
Ci-dessous les tableaux récapitulatifs des résultats:
Mg/dl Mg/dl
Figure 8 : Concentrations plasmatiques des lipides et lipoprotéines à jeun durant la dernière semaine
de l’étude (jour 38 à 42)
Par comparaison avec le régime ADA, nous pouvons constater que le régime riche
en fibres conduit à une plus faible concentration plasmatique à jeun du cholestérol
total (de 6.7 %, P=0.02), des triglycérides (de 10.2%, P=0.02), du LDL cholestérol
(de 6.3%, P=0.11). Par contre, concernant le HDL cholestérol, aucune différence
significative.
En conclusion, selon cette étude, les directives diététiques pour les patients DNID
doivent mettre l’accent sur une augmentation globale des fibres alimentaires en
consommant des aliments enrichis (légumineuses, légumes, fruits, avoine, céréales
au son …) plutôt que des suppléments en fibres.
Dans une autre analyse, 15 études menées pour évaluer l’efficacité d’une
alimentation enrichie en fibres par comparaison à une alimentation moins riche en
fibres ont été examinées. Les concentrations lipidiques ont été mesurées dans 8
études, 7 études montrent qu’une alimentation enrichie en fibres diminue le
cholestérol total, et deux d’entre elles plus détaillées, indiquent également que ce
régime enrichi en fibres diminue le LDL-C (P< 0.025 et P< 0.001). Sur 10 études, 5
n’ont pas trouvé de différence significative sur l’HbA1c, et 3 études ont montré une
diminution (par exemple, diminution de 2% chez des patients ayant suivi un régime
avec 50g de fibre). Et une étude a montré que lorsque les fibres étaient augmentées,
l’HbA1c diminuait (P=0.02). Certaines d’entre elles se sont intéressées à l’évolution
de la glycémie à jeun et postprandiale, et à chaque fois une amélioration a été
montrée. Cette analyse a révélé qu’une alimentation enrichie en fibres diminue le
taux de cholestérol total et de LDL-C de manière significative par rapport à un régime
pauvre en fibres (12).
31
c) Les lipides
1) Définition
Les lipides, comme les glucides, sont des composés ternaires formés de carbone,
d’oxygène et d’hydrogène. C’est un groupe très hétérogène et qui rassemble
diverses substances hydrophobes. Leur transport plasmatique se fait sous forme de
lipoprotéines. Ils forment des composés variés et se lient aisément avec d’autres
éléments : le phosphore (phospholipides), le soufre, l’azote (lécithine,
sphingomyélines), certains sucres (cérébrosides).
Les principaux lipides alimentaires sont les triglycérides (ils comportent un glycérol et
trois acides gras (AG)) (15).
Les acides gras sont des acides carboxyliques R-COOH dont le radical R est une
chaîne aliphatique de type hydrocarbure de longueur variable qui donne à la
molécule son caractère hydrophobe (gras).
- Le degré d’insaturation
- Longueur de la chaîne
32
- Configuration structurale de la chaîne
Les AG saturés les plus répandus sont l’acide palmitique et stéarique. Les AG
monoinsaturés (AGMI) les plus répandus sont l’acide palmitoléique et surtout l’acide
oléique (principal constituant des huiles végétales). Les AGPI (polyinsaturés) sont
l’acide linoléique de la famille des n-6, l’acide linolénique de la famille des n-3, l’acide
arachidonique, l’acide éicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexanoïque
(DHA), ces derniers étant particulièrement présents dans les poisson des mers
froides (15).
2) Rôle
Une étude a permis de comparer les effets métaboliques d’une alimentation riche en
oméga 3 ou 6 chez des patients diabétiques (19).
33
Les concentrations de glucose dans le sang à jeun et au cours de la journée ont été
plus faibles avec le régime riche en AG n-6 que avec le régime riche en AG n-3 (P =
0,009 et P = 0,029, respectivement), et l'aire sous la courbe d'insuline au cours de la
journée était significativement plus élevé (P = 0,03) avec le régime n-6. Les deux
régimes ont montré des effets similaires sur la sensibilité de l'insuline.
Une amélioration très significative dans le profil des lipoprotéines a été constatée au
cours des deux périodes de traitement, et une réduction plus prononcée des
concentrations de triglycérides sériques a été observée, ce qui correspond à une
plus grande diminution des concentrations de VLDL au cours de l'alimentation riche
en AG n-3, tandis que les LDL et HDL-cholestérol ont diminués dans une mesure
similaire. Une réduction légère mais significative du poids corporel moyen et l'IMC a
été observée au cours des deux périodes alimentaires; poids corporel moyen à
l'admission et à la fin des régimes n-6 et n-3 étaient de 76,1 ± 9,5, 74,9 ± 10,0 et
74,7 ± 10,0 kg, respectivement. L'ampleur des changements a été identique durant
les deux périodes de traitement.
Une autre étude, d’une durée d’un an a comparé un régime riche en AGMI et un
régime riche en glucides dans le DT2. Le but était de comparer les effets de ces
régimes sur le poids corporel et le contrôle glycémique chez des patients DT2
(hommes et femmes). Les participants, en surpoids ou obèses avec DT2 (n = 124,
âge moyen = 56,5 + / - 0,8 années, IMC = 35,9 + / - 0,3 kg/m2, et l'HbA1c = 7,3 + / -
0,1%) ont été affectés au hasard pendant 1 an à une alimentation riche en AGMI ou
à une alimentation riche en glucides. Les paramètres anthropométriques et
métaboliques ont été évalués à l'inclusion et après 4, 8, et 12 mois de régime.
Les caractéristiques de base étaient similaires entre les deux groupes de traitement.
L’apport énergétique était similaire, et une perte de poids similaire a été observée sur
un an (-4,0 + / - 0,8 vs -3,8 + / - 0,6 kg), associée à une diminution du tour de taille,
due à une diminution de la graisse corporelle. Les auteurs ont observé une
diminution non significative de la pression artérielle (PA) diastolique, du taux
d’HbA1c et de la glycémie à jeun et une augmentation du cholestérol HDL. Une
évaluation d'un sous-ensemble de participants (n = 36) a été menée 18 mois après
l'achèvement du régime de 52 semaines. Ces participants ont maintenu leur perte de
poids et l'HbA1c au cours de cette période.
En conclusion, chez les patients DT2 les régimes riches en AGMI sont une
alternative aux régimes faibles en graisses classiques, et ils ont des effets
comparables avec les régimes riches en glucides, à savoir des effets bénéfiques sur
les facteurs de risques cardiovasculaires, le contrôle glycémique, le poids corporel
(20).
34
L’efficacité et la sécurité d'un régime faible en glucides de type méditerranéen et
d’un régime faible en graisses sur le contrôle glycémique chez les patients
nouvellement diagnostiqués avec le DT2 ont été analysées dans une autre étude.
Les 215 patients étudiés étaient en surpoids, n’avaient jamais été traités avec
antidiabétiques oraux et avaient un taux d’HbA1c < 11%. Un groupe a reçu un
régime alimentaire de type méditerranéen (glucides représentant moins de 50% des
apports caloriques de la journée) (n=108) et l’autre groupe un régime à faible teneur
en graisses (moins de 30 % des calories quotidiennes). Après 4 ans de régime, 44%
des patients du groupe méditerranéen (MED) ont eu besoin d’un traitement contre
70% pour le groupe pauvre en graisses. De plus les patients du groupe MED ont
perdu plus de poids, ont eu un meilleur contrôle glycémique et une diminution du
risque coronarien par rapport à l’autre groupe.
La conclusion de cet essai était que par rapport à un régime pauvre en graisses, un
régime avec une faible teneur en glucides de type méditerranéen a conduit à des
changements plus favorables en ce qui concerne le contrôle glycémique et les
facteurs de risques coronariens et a retardé la nécessité d’un traitement par
antidiabétiques oraux.
Comme nous l’avons vu précédemment, environ 75% des diabétiques meurent des
complications de l’athérosclérose, il est donc essentiel d’assurer un apport
alimentaire équilibré pour minimiser le risque de complications cardiovasculaires.
35
Au sein de l’apport lipidique le rapport Monoinsaturés (MI) : Polyinsaturés (PI) :
Saturés (S) devrait être 2 : 1 : 1 . En d’autres termes l’apport en graisses saturées
athérogènes devrait être < 10% de l’apport calorique total (ACT).
Les graisses PI ne devraient représenter que le quart des apports lipidiques totaux
soit environ 10% de la ration calorique quotidienne mais leur apport doit être modulé
en fonction de leur nature. Pour les AG n-6, certes ils ont un effet
hypocholestérolémiant mais leur apport sous forme d’huile de tournesol/maïs/pépin
de raisin doit rester dans des limites raisonnables (10 à 15 g/jour) car tout excès peut
entraîner la production de lipoperoxydes potentiellement néfastes. Les AG de la
série n-3, fournis par certaines huiles végétales (colza, noix, soja) sous forme d’acide
linolénique ou par les huiles et chairs de poissons gras (EPA et DHA), sont
intéressants pour leurs effets hypotriglycéridémiant et antithrombogène .Les doses
doivent être suffisantes, ce qui revient à préconiser une consommation régulière de
poissons gras.
Il existe aussi une balance glucides/ graisses MI sur laquelle on peut agir :
Et entre ces deux positions le prescripteur peut faire des choix intermédiaires.
36
d) Les protéines
1) Définition
Les acides aminés sont les constituants de base de toutes les protéines en étant
reliés par les liaisons peptidiques. Le plus simple est le glycocolle. Il en existe une
vingtaine qui intéresse le métabolisme humain et parmi ceux-ci on peut distinguer
ceux que l’homme ne peut synthétiser lui-même (les acides aminés essentiels) et
qu’il doit donc obligatoirement trouver dans son alimentation (15).
On considère qu’une protéine est de bonne qualité nutritionnelle quand elle contient
les acides aminés essentiels en proportions idéales pour les besoins de l’organisme
et qu’en plus de sa composition, elle ait une bonne digestibilité.
2) Rôle
37
participation à de nombreux processus physiologiques, par exemple sous la
forme d'enzymes digestives, d'hémoglobine, d'hormones, de récepteurs ou
d'immunoglobulines (anticorps).
Pour évaluer la relation entre l’apport en protéines et les résultats métaboliques chez
les patients diabétiques, plusieurs études comportant les critères prédéterminés ont
été réunies. Deux études sur un simple repas ont révélé des réponses aiguës de
l’insuline et du glucagon lors de l'ingestion de protéines, avec des réponses
glycémiques post-prandiales ou lipidiques minimes. Trois études d'une durée 5 à 12
semaines comparant les régimes à haute teneur en protéines (30 %) contre les
régimes à faible teneur en protéines (15 %) n'ont montré aucune différence
significative de la réponse de l'insuline à long terme. Deux études avec une
restriction énergétique de 12 semaines (1600 kcal) comparant un régime avec un
pourcentage supérieur de protéines par rapport à un régime habituel (28 % vs 16 %)
ont signalé une perte de poids similaire entre les deux régimes. Une étude de 64
semaines a rapporté une perte de poids nettement inférieure à la fin de l'étude par
rapport au scénario de référence (- alimentation riche en protéines -3,7 kg vs régime
avec faible teneur en protéines -2,2 kg), mais aucun effet significatif venant de
l'alimentation.
Chez les personnes atteintes de DT2 avec une fonction rénale normale, l’apport en
protéines conseillé est d'environ 15% à 20 % de l'apport énergétique quotidien. Bien
que l'apport en protéines ait un effet aigu sur la sécrétion d'insuline, cet apport en
protéines dans les études à long terme a des effets minimes sur le glucose, le taux
de lipides, et les concentrations d'insuline.
Cet apport peut être modulé chez les personnes qui consomment des protéines trop
riches en acides gras saturés, ou pour celles qui ont un apport inférieur à l’apport
nutritionnel recommandé, ou chez les patients atteints de néphropathie diabétique.
Il est difficile de tirer des conclusions définitives de ces études du fait de leurs limites,
le nombre faible de participants, et la durée courte. D’autre part la modification du
pourcentage d’apport en protéines modifie ceux de glucides et lipides comme cela
est le cas des études nutritionnelles : il est donc difficile de déterminer le type de
modification qui contribue vraiment à la modification des effets métaboliques (12).
38
4) Recommandations en besoins protéiques chez le patient DT2
Chez le diabétique, une réduction de l’apport quotidien des protéines vers des
quantités plus modérées (0,8 à 1,0 g/kg de poids corporel idéal) est peut être
souhaitable (25,26).
e) L’activité physique
1) Définition
L'activité physique est définie comme « tout mouvement corporel produit par la
contraction des muscles squelettiques, qui se traduit par la dépense d'énergie qui est
supérieure à celle au repos ». Cela signifie que l'activité physique ne se limite pas au
sport, mais comprend également l'activité physique de la vie quotidienne associée au
travail, à la maison, le transport et le temps de loisir non compétitif.
2) Rôle
Elle a un double intérêt. Elle contribue à négativer le bilan énergétique, même si cet
effet est en soi modeste et souvent insuffisant pour perdre du poids, mais surtout elle
contribue, lors de l’amaigrissement à maintenir la masse maigre. Son importance est
fondamentale pour le maintien de la perte de poids ; la grande majorité des patients
qui ne rechutent pas sont ceux qui ont été en mesure de développer un programme
structuré d’activité physique régulière (15).
39
3) Effets de l’activité physique régulière (APR) sur le contrôle glycémique des
patients DT2
Thomas et al (27) ont publié une méta analyse sur les effets de l’activité physique
régulière sur le contrôle glycémique dans le DT2. 14 études randomisées ont été
analysées. Par rapport au groupe de contrôle, la pratique d’une APR améliore
significativement le contrôle glycémique avec une diminution moyenne de l’HbA1c de
0.6%. Cet effet a été observé sans variation de poids mais avec une réduction de
graisse viscérale et du tissu adipeux sous cutané au profit d’une augmentation de la
masse maigre.
La méta- analyse la plus récente a fait une distinction entre l'exercice supervisé et
structuré (entraînement d'endurance ou de la formation de résistance ou une
combinaison des deux) par rapport à des recommandations d'activité physique dans
la vie quotidienne chez des patients DNID. Quarante-sept études randomisées,
contrôlées ont été analysées (8538 patients). Les résultats ont montré que les
programmes d'exercices supervisés et structurés sur la base de la formation à
l'endurance, de la formation à la résistance ou de la combinaison des deux a
entraîné une diminution significative de l'HbA1c (de -0,51 % à -0,73 %) par rapport
au groupe de contrôle. En outre, la supervision et l'exercice structuré de plus
150min/semaine a été associée à une réduction plus importante de l'HbA1c (-0,89
%), comparativement à 150 minutes par semaine ou moins (-0,36 %). Selon les
grandes études qui ont examiné les effets de la variation de l'HbA1c sur la morbidité
et la mortalité des sujets diabétiques de type 2, une réduction moyenne de l'HbA1c
de 0,6 à 0,8 % en relation avec une activité physique régulière devrait avoir des
effets bénéfiques sur la mortalité et la morbidité DT2 (28).
40
4) Recommandations
Pour les patients diabétiques trois principes de bases doivent être mis en œuvre :
Marche d’un pas soutenu plutôt que des déplacements en voiture, escaliers plutôt
qu’ascenseur…
Les recommandations actuelles concernant les patients diabétiques sont axées sur
l'amélioration de l'équilibre glycémique, le maintien du poids et la réduction du risque
cardiovasculaire (29).
Exercices d’endurance
Avec une fréquence d’au moins 3 jours/semaine avec un maximum de deux jours
consécutifs sans activité physique. Un minimum de 150 minutes par semaine
d'activité d'intensité modérée , avec des séances d'au moins 10 minutes , étalé
pendant au moins 3 jours au cours de la semaine.
Renforcement musculaire
Au moins deux fois par semaine, chaque session doit comporter un minimum de cinq
à 10 exercices impliquant les principaux groupes musculaires avec 10-15 répétitions
de chaque jusqu'à ce que la fatigue se manifeste (30).
Dans tous les cas, une approche très progressive est recommandée pour éviter les
risques d’accidents et surtout pour avoir une bonne compliance du patient par
rapport à l’activité physique.
41
INDICATION systolique >240mmHg et/ou PHARMACODYNAMIE
Diabète non insulino-dépendant pression diastolique > 120mmHg) L’activité physique améliore:
- une rétinopathie proliférante - le métabolisme du glucose.
- une macroprotéinurie L’exercice réalisé en aigu présente
FORMES ET PRESENTATIONS un effet hypoglycémiant plus
Principalement les activités MISE EN GARDE ET marqué comparativement aux
d’endurance: cyclisme, marche à PRECAUTIONS D’EMPLOI sujets sains. L’exercice physique
pied, jogging, natation, golf, ski de Mise en garde: régulier améliore la sensibilité à
fond, voile, par opposition aux Une activité physique surtout si elle l’insuline évaluée par le clamp
efforts de résistance: haltérophilie, est intense et sans entraînement euglycémique hyperinsulinique
squash, musculation, moins préalable peut entraîner ou après 6 à 12 semaines
efficaces. aggraver: d’entraînement. L’entraînement est
Les sports collectifs: -une insuffisance coronarienne inefficace sur le contrôle
principalement le ballon, le latente métabolique lorsque les patients
handball, le volley-ball, le football, -une hémorragie du vitrée ou un sont insulinopéniques et/ou mal
la planche à voile… qui sont des décollement de rétine en cas de équilibrés.
activités mixtes mais qui ont rétinopathie proliférante - les autres facteurs de risque
l’avantage d’être ludiques (hypertension artérielle d’effort) cardiovasculaires. Modification du
améliorant ainsi la compliance à - une protéinurie profil plasmatique des lipides dans
long terme. - une plaie des pieds surtout s’il un sens moins athérogène
Les activités de la vie existe une neuropathie et/ou une (augmentation du HDL cholestérol
courante: prendre les escaliers au artériopathie. et diminution des triglycérides).
lieu des ascenseurs et des Précautions d’emploi: Chez les patients normotendus il a
escalators; éviter de prendre sa a) Effectuer une évaluation été montré qu’un programme
voiture pour les petits trajets; avoir médicale qui comprend une d’entraînement améliore le profil
un chien et le promener; faire du épreuve cardiologique d’effort (avec tensionnel au repos et à l’effort.
jardinage, tondre la pelouse; faire prise de la PA), une consultation
des travaux de ménage et de ophtalmologique, une recherche de
bricolage... protéinurie et un examen soigneux
PHARMACOCINETIQUE
des membres inférieurs et des L’effet métabolique de l’activité
pieds. physique en particulier sur la
POSOLOGIE:
b) Avoir 3 sucres sur soi (patients diminution de l’insulino-résistance
Fréquence: au moins 3 séances
persiste 24 à 30 heures après un
d’exercice par semaine,l’idéal étant traités par sulfamides
exercice physique aigu et 6 à 7
une séance par jour. hypoglycémiants)
jours après un entraînement.
Durée: supérieure à 30mn
L’action est rapide dès le début de
comprenant une période de 5-10mn INTERACTIONS l’activité physique
d’échauffement et de récupération MEDICAMENTEUSES
active afin de diminuer les douleurs
musculaires et ostéo-articulaires LISTE I
Association déconseillée:
ainsi que le risque d’hypotension AMM en cours.
Beta-bloquants compte tenu de la
orthostatique en fin d’exercice. Laboratoires USP (Union Sport et
mauvaise tolérance à l’effort qu’ils Diabète) regroupant différentes
Intensité: faible au début pour
induisent. associations proposant diverses
atteindre progressivement 50 à
Association nécessitant des activités. Paris, 48 , rue Alexandre
70% de la puissance maximale
précautions d’emploi: Dumas 75544 PARIS CEDEX 11
aérobie. Celle-ci peut être assimilée
Les sulfamides hypoglycémiants
pour des raisons pratique à la
sont susceptibles d’induire une
fréquence cardiaque maximale
hypoglycémie lorsque les patients
théorique (FMT= 220-âge).
sont bien équilibrés. Dans ce cas la
L’intensité de l’exercice sera
posologie doit être adaptée:
estimée à partir de la prise de la
diminution de la dose voir
fréquence cardiaque. Ainsi, pour un
suppression de la prise précédent
homme de 60 ans la FMT est à
l’exercice.
160/min, et la fréquence cardiaque
L’autosurveillance glycémique
correspondant à 50-70% des
avant et après l’exercice est
capacités maximales aérobie se
nécessaire: d’une part elle permet
situe entre 80 (0.5x160) et 112
de vérifier l’adaptation de la dose
(0.7x160) pulsations par min.
des sulfamides hypoglycémiants.
D’autre part elle démontre les effets
CONTRE-INDICATIONS: bénéfiques de l’exercice musculaire
Un programme d’activité physique sur la glycé[Link] est par ailleurs
intense est contre-indiquée lorsqu’il possible qu’une diminution des
existe: antidiabétiques oraux soit
- une insuffisance coronarienne nécessaire après un certain temps
- une HTA à l’effort musculaire lorsque l’entraînement est
(pression bénéfique sur le contrôle
glycémique.
42
IV) ROLE DU PHARMACIEN DANS LA PREVENTION ET LA PRISE EN
CHARGE DU DNID A L’OFFICINE
a) La prévention
1) La prévention primaire
Plusieurs études ont mis en évidence que le fait d’intervenir sur les habitudes de vie
peut considérablement ralentir ou prévenir l’apparition du DT2 chez les personnes
présentant un risque accru (ex : état d’intolérance au glucose).
L’étude Da Qing (31) est la première étude qui démontre clairement que le fait
d’intervenir sur les habitudes de vie est possible et surtout efficace pour la prévention
du DT2. Trois groupes ont été étudiés, un où il y avait seulement un changement
dans les habitudes alimentaires, un autre où il y avait de l’activité physique et un
dernier où les deux précédents étaient combinés. Et donc après 6 années
d’observation, une réduction de 31% du risque de développer un DNID en
changeant les habitudes alimentaires, une réduction de 36% avec l’activité physique
et une réduction de 41% pour la combinaison des deux ont été observées.
43
L’étude DPP (Diabetes Prevention Program) est une étude américaine qui a été la
première étude à grande échelle montrant que la metformine pouvait réduire
l’incidence d’apparition du diabète de façon efficace et sans effets secondaires
importants, elle a également démontré que la mise en œuvre d’une modification
intensive du mode de vie était encore plus efficace, au prix d’une éducation initiale
renforcée et d’un suivi étroit.
Figure 12 : Résultats du DPP : diminution de l'apparition de nouveaux cas de diabète par rapport au
groupe placebo.* = différence significative (issu de l’article Mise en œuvre du DPP en Europe)
Une autre étude de prévention, l’étude finlandaise DPS (Finnish Diabetes Prevention
Study) rapporte également une baisse de 58% de l’incidence du diabète par
l’application de modifications intensives du mode de vie par rapport à un groupe
placebo. L’étude a concerné 523 patients randomisés en 2 groupes en tous points
comparables.
Les sujets du groupe contrôle recevaient à l’inclusion des conseils généraux écrits et
oraux concernant le régime alimentaire et la pratique d’une activité physique.
44
Dans le groupe intervention, des conseils personnalisés d’activité physique (au
moins 30 min par jour) et de diététique (réduction des graisses totales et saturées,
augmentation de la consommation en fibres, avec un objectif de réduction pondérale
d’au moins 5%) ont été donnés lors de la visite d’inclusion et répétés par la suite.
Entre les consultations, le suivi était assuré par des appels téléphoniques et des
courriers.
L’étude a été interrompue prématurément après un suivi moyen de 3,2 ans (au lieu
des 6 ans prévus) du fait de bons résultats intermédiaires.
L’incidence du DT2 a été de 3,2% dans le groupe intervention contre 7,8% dans le
groupe contrôle. Le nombre de patients à inclure dans le groupe « intervention » a
été de 5 sujets durant 5 ans pour éviter l’apparition d’un cas de diabète, ce qui
correspond à une efficacité remarquable de ce type d’intervention. Cette étude
montre que l’adhésion à un programme de prévention à long terme est possible chez
les sujets à haut risque de DT2. Cependant, cette stratégie d’intervention intensive
sur le mode de vie par des équipes de professionnels spécialisées est difficilement
applicable à grande échelle (33).
Une autre étude concernant plus l’activité physique avait pour objectif d’évaluer l’effet
de l’entrainement structuré et l’intervention d’activité physique non structurée sur le
contrôle glycémique (34). Il s’agissait d’une étude randomisée de 6 mois, dans
laquelle l’exercice physique était proposé à des patients âgés de 30 à 60 ans avec
des taux d’HbA1c > ou = à 6.5 % et habituellement inactifs.
Et les résultats indiquent qu’un programme d’exercice structuré est plus efficace sur
la diminution du taux d’HbA1c par rapport à un programme d’activité physique non
structurée. L’activité physique est certes bénéfique, une diminution de 0.14%
d’HbA1c étant observée mais cette baisse est moins significative qu’avec un
programme d’exercice structuré qui a permis de diminuer de 0.59% l’HbA1c (34).
Par conséquent, les patients atteints de DT2 doivent être encouragés à participer à
des programmes structurés d’activité physique.
45
Malgré les avantages évidents des modifications intensives du mode de vie
(diététique et activité physique), les patients rencontrent des obstacles dans la mise
en œuvre de ces interventions dans leur vie quotidienne (par exemple, mauvaise
connaissance de l’efficacité de la modification de l’alimentation) (35). De plus, obtenir
une mobilisation de sujets qui ne sont pas malades pour suivre un programme de
prise en charge intensive sur le plan de l’hygiène de vie n’est pas évident.
Il faut faire comprendre aux personnes concernées que l’activité physique à long
terme chez les DT2 a un rôle favorable certes sur la sensibilité à l’insuline, mais
aussi sur le poids, la pression artérielle, les capacités cardiovasculaires et certains
paramètres lipidiques. Outre le fait d’axer les efforts sur les personnes à haut risque,
il convient de préconiser sur une plus grande échelle l’éducation du grand public en
ce qui concerne les habitudes de vie (exemples : les campagnes comme « manger-
bouger », « manger 5 fruits et légumes par jour »)
2) La prévention secondaire
L’objectif principal des actions de prévention secondaire telles que le dépistage est
d’identifier les sujets asymptomatiques qui sont déjà malades ou qui présentent un
risque élevé de maladie et pour lesquels une intervention pourrait être bénéfique.
46
On peut distinguer trois méthodes de dépistage :
- Le dépistage dans la population : il n’est utile que pour planifier les soins de
santé, effectuer des recherches épidémiologiques, ou dans les populations où
la prévalence est élevée.
Les programmes de dépistage doivent être évalués selon plusieurs critères, à savoir
le nombre de nouveaux cas décelés, le coût par nouveau cas décelé, les dispositions
prises pour les sujets dont les résultats sont positifs, et les avantages à long terme
de la détection précoce.
Pour conclure sur cette notion de dépistage, on peut dire qu’avec le dépistage du
diabète on obtient une détection précoce qui permet ainsi d’intervenir rapidement et
efficacement et par conséquent de diminuer la probabilité de survenue de
complications. Le dépistage sélectif des sujets à haut risque et le dépistage à
l’occasion d’une consultation doivent s’accompagner d’un diagnostic de confirmation
et d’un suivi approprié des nouveaux cas (36).
3) La prévention tertiaire
La prévention tertiaire comprend toutes les mesures prises pour prévenir ou retarder
l’apparition de complications aigues (hypoglycémie, acidocétose, infections…) ou
chroniques (athérosclérose, rétinopathie, néphropathie, neuropathie).
A partir du rapport d’un groupe d’étude de l’OMS sur la prévention du diabète sucré
(1994), (36) nous allons citer les stratégies de prévention des différentes
complications.
47
Il existe un risque d’hypoglycémie (baisse anormale de la glycémie) principalement
chez les patients traités par insuline ou par sulfamides hypoglycémiants (glimépiride
Amarel®, gliclazide Diamicron®, glibenclamide Daonil®). Il est indispensable pour la
survie des malades de leur enseigner ainsi qu’à leur famille comment prévenir,
reconnaître et traiter une hypoglycémie.
Pour éviter d’avoir ce genre de problème, il faut définir pour chaque patient la
glycémie à obtenir. Il faut doser avec soin l’apport alimentaire, l’activité physique et
l’apport d’insuline en tenant compte du mode de vie des sujets. Il faut rappeler au
patient d’avoir des repas à heure fixe, et éventuellement de prévoir des collations. De
plus ils doivent toujours avoir sur eux ou avec eux des glucides rapidement
absorbables (3 sucres ou une cannette de soda non light par exemple).
C’est une urgence qu’il faut traiter immédiatement, si la personne est consciente, elle
doit se reposer, éventuellement faire un contrôle de sa glycémie et manger le plus
vite possible, 15g de glucides suffisent ce qui correspond donc à 3 sucres, un
morceau de pain ou un soda non light. Si la personne est inconsciente, bien dire à
l’entourage de ne pas essayer de donner un aliment du fait du risque d’étouffement.
Et enfin si la personne est traitée par insuline, une injection de glucagon est possible
seulement par une personne apte à la faire (souvent l’entourage est éduqué pour
savoir réaliser l’injection).Les hypoglycémies sévères sont extrêmement rares en
dehors de l’utilisation de l’insuline.
Ce qu’il faut également retenir, c’est qu’après toute hypoglycémie sévère ou des
épisodes d’hypoglycémies répétées, il faut chercher les causes et les circonstances
d’apparition (ex : retard dans la prise d’un repas, ou activité physique inhabituelle) et
inciter le patient à en discuter avec son médecin.
48
L’identification et la prise en charge appropriée d’un ou plusieurs de ces facteurs de
risque peut permettre de retarder ou d’éviter des accidents vasculaires ultérieurs.
Des études comme l’UKPDS (United Kingdom Prospective Diabetes Study) ou encore
ACCORD (Action to Control Cardiovascular Risk in Diabetes), ADVANCE et l’étude VA
ont voulu évaluer si un traitement intensif du diabète pouvait diminuer comme critère
principal ; le risque d’événements cardiovasculaires. Et conclusion de ces études, il
apparait qu’un traitement intensif du diabète n’améliore pas le risque
cardiovasculaire. Par contre, une probable amélioration du risque de
microangiopathie a été observée.
En attendant, les recommandations sont basées sur celles des sujets non
diabétiques avec une utilisation maximale des moyens maîtrisant les facteurs de
risque cardiovasculaire. Conseiller un sevrage tabagique chez les fumeurs, corriger
l’obésité, restreindre l’apport sodé chez les hypertendus, restreindre les protéines
chez les patients ayant une néphropathie, corriger les dyslipidémies et optimiser le
contrôle de la glycémie sont des actions efficaces de prévention. Conseiller
également une activité physique, cette dernière permettant d’augmenter le taux
d’HDL, de lutter contre l’obésité et l’hypertension artérielle et d’améliorer la sensibilité
à l’insuline est de même une action pertinente.
L’étude DIRECT (revue dans Wright et Dodson) a montré que 5 ans de traitement
sous candésartan aboutissent à 34 % de régression de la rétinopathie diabétique.
L’étude FIELD (Fenofibrate Intervention and Event Lowering in Diabetes) et l’étude
ACCORD-eye (sous étude de l’étude principale ACCORD) ont montré qu’un traitement
par fénofibrate diminuait l’incidence de la rétinopathie diabétique. Dans l’étude
FIELD, l’utilisation de fénofibrate 200mg/jour ralentissait la progression de la
rétinopathie diabétique et entrainait un besoin réduit de la thérapie au laser (37%).
Dans l’étude ACCORD-eye, 160mg de fénofibrate en association à une statine ont
été utilisés, et une réduction de 40% de la progression de la rétinopathie diabétique a
été observée (38). Depuis ces études, un certain nombre d’expérimentations
animales chez la souris et le rat, ont confirmé les observations cliniques. Qu'il soit
administré per os ou par injection intra-vitréenne, le fénofibrate diminue la
perméabilité vasculaire rétinienne, le recrutement de leucocytes, l'expression des
molécules d'adhésion ICAM-1 et MCP-1, ainsi que du VEGF (vascular endothelial
growth factor).
49
En décembre 2013, l’agence du médicament australienne « Therapeutic Goods
Administration » a approuvé le fénofibrate pour ralentir la progression de la
rétionopathie diabétique dans le diabète de type 2 (39). On imagine donc que suite à
ces résultats ,le fénofibrate et le candésartan puissent être utilisés lors de certaines
stratégies thérapeutiques.
Lorsque le patient diabétique présente les premiers stigmates d'une atteinte rénale
(microalbuminurie) son risque de morbidité et de mortalité est quatre à six fois plus
élevé que celui d'un diabétique sans atteinte rénale. Sa prise en charge doit être
pluridisciplinaire (diabétologue, néphrologue, diététicien) dans le cadre d'un réseau
de soin spécifique. L'éducation et l'information de ces patients sont indispensables à
la gestion quotidienne de leur traitement. Elle améliore ainsi leur observance des
règles hygiénodiététiques et du traitement.
50
Dans le cadre de la neuropathie diabétique, la prévention et le dépistage des
troubles trophiques des pieds et des manifestations végétatives est indispensable
(41). La prévention d’une lésion du pied chez le diabétique passe essentiellement
par des soins réguliers de pédicurie, ainsi que par la mise en place d’orthèses
plantaires afin de décharger les zones d’hyper-appuis, ces soins étant prescrits par
le médecin traitant. La convention nationale des podologues du 31/12/2007 reconnaît
la mission préventive du pédicure podologue chez le patient diabétique.
Rappelons que chez le diabétique, les pieds sont moins sensibles voire indolore en
raison de la perte de sensibilité ; la moindre plaie au niveau du pied peut s’aggraver
sans que le patient s’en rende compte. Les complications sont fréquentes et graves
(infections, nécroses, retard cicatrisation, pouvant aller jusqu’à l’amputation). Des
études ont montré que l’on peut diminuer de 50% les amputations quand le
diabétique est suivi par une équipe pluridisciplinaire. Il existe une prise en charge par
la sécurité sociale sur prescription du médecin pour les actions de prévention du
pédicure.
Cette gradation est évaluée grâce à l’examen clinique des pieds comportant :
Les mesures d’éducation des malades sont essentielles. Pour prévenir les infections
cutanées, il faut rappeler au patient diabétique d’avoir une hygiène stricte des
membres inférieurs, une inspection quotidienne des pieds et des chaussures, de ne
pas marcher pieds nus, si il existe la moindre lésion au niveau des pieds il faut
avertir le médecin immédiatement. A cause de la perte de sensibilité à la douleur,
éviter le contact avec produits corrosifs, ou de l’eau bouillante. Pour lutter contre
l’hypotension orthostatique, on peut conseiller de dormir avec la tête surélevée, et
porter des bas de contention. Concernant les troubles gastro-intestinaux pour éviter
les vomissements, il est conseillé de fractionner les repas, de ne pas s’aliter
immédiatement après le repas ou de se coucher sur le côté droit. Et pour les
diarrhées, il faut boire suffisamment pour ne pas se déshydrater, et éviter les
changements brutaux alimentaires.
51
Toutes ces stratégies d’éducation des malades et de leur entourage peuvent jouer
un rôle extrêmement important dans la qualité de survie des patients. Et bien
entendu, la principale mesure de prévention reste un contrôle optimal de la glycémie,
c’est essentiel pour la prévention de la neuropathie et l’amélioration du pronostic à
long terme (41).
4) Le pharmacien et la prévention
La loi HPST (Hôpital Patient Santé Territoire) du 21 juillet 2009, reconnaît aux
pharmaciens d’officine la possibilité d’exercer de nouvelles missions, dont la
prévention et le dépistage.
Il est un maillon essentiel dans la chaîne de santé, car il est facilement accessible, il
a un contact journalier avec un grand nombre de personnes. De plus, il est facile
pour lui de recueillir de nombreuses informations sur les patients ce qui lui permet de
suspecter la maladie, d’estimer l’observance du traitement prescrit, la manière dont
les patients contrôlent leur état de santé, et l’apparition de complications aiguës ou
chroniques. Un point important, la réceptivité des patients aux instructions données
par le pharmacien.
52
Au niveau de son action sur la prévention secondaire, le pharmacien contribue à la
détection précoce du diabète par le dépistage. Concernant le dépistage à l’officine,
qui et comment dépister ?
Quel que soit le résultat, il faudra rappeler au patient les règles hygiéno-diététiques
et sensibiliser le patient à la nécessité de refaire un dépistage régulièrement.
Rappelons que les règles hygiéno-diététiques comprennent à la fois l’activité
physique et une alimentation équilibrée. Le pharmacien rappellera donc les notions
essentielles (vues précédemment dans la partie II) :
Et enfin, par rapport à son action sur la prévention tertiaire, le pharmacien informe et
explique aux patients comment éviter les complications du diabète.
54
b) La prise en charge
1) L’éducation thérapeutique
1.1) Généralités
Devant les besoins accrus en ce qui concerne le suivi des patients au long cours,
tous les acteurs de santé intervenant dans le parcours de soin peuvent s’impliquer
dans l’éducation thérapeutique.
L’éducation thérapeutique a été définie dans la loi HPST du 21 juillet 2009. Cette loi
indique que les pharmaciens peuvent participer à l’éducation thérapeutique et aux
actions d’accompagnement du patient. Il est également précisé que les pharmaciens
participent à la coopération entre professionnels de santé. La loi HPST ouvre ainsi la
possibilité d’élargir et de valoriser les compétences du pharmacien d’officine,
notamment du point de vue des missions de santé publique (44). Le pharmacien
peut ainsi participer activement aux programmes d’ETP mis en place par des
structures existantes (organisation locales agrées par les ARS, les services
hospitaliers).
Pour cela, il faut bien sûr deux obligations à savoir une formation adaptée et une
évaluation des actions mises en place. La formation peut être faite durant la
formation initiale continue des études de pharmacie, ou alors après l’obtention du
diplôme sous forme d’un diplôme universitaire ou d’une formation post-universitaire.
L’évaluation consiste en une auto évaluation annuelle.
Bien entendu, à lui seul l’entretien pharmaceutique ne peut pas constituer une action
d’ETP, mais les qualités des pharmacies d’officine (proximité, permanence et
disponibilités pour les patients) font des pharmaciens officinaux des acteurs éducatifs
pour repérer les besoins du patient et ainsi établir le bilan éducatif.
55
1.2) Education thérapeutique et diabète de type 2
Une enquête réalisée en 2007 par Fournier et al, dans le cadre de l’étude ENTRED a
montré que les patients diabétiques, même s’ils se disent bien informés sur leur
maladie, sont dans un tiers des cas demandeurs de prise en charge éducative
complémentaire (46).
Tous les travaux montrent une diminution du taux d’HbA1c entre l’inclusion et la fin
de participation à l’étude ; -0.5% à un an dans l’étude look AHEAD et -0.28% dans
l’étude DESMOND 1 mais cette mesure n’est pas toujours statistiquement
significative. La quasi-totalité des travaux est en faveur d’une diminution des coûts
de la prise en charge du DT2. Dans la méta analyse du projet Cochrane, il a été
observé une diminution de la consommation médicamenteuse a été observée chez
les patients ayant bénéficié d’actions éducatives (47).
Des projets d’éducation thérapeutique individuelle et collective ont été menés, mais il
est actuellement difficile de conclure à la supériorité de l’une ou l’autre de ces
méthodes.
Dans une étude suédoise datant de 1999, le rôle du pharmacien était déjà
d’actualité. Ils ont testé la faisabilité d’un modèle de formation des patients
diabétiques d’une durée d’un an dans les pharmacies suédoises. Les pharmaciens
formés au préalable ont pu apprendre aux participants comment réaliser l’auto
surveillance glycémique, leur indiquer comment interpréter les résultats et la conduite
à tenir en cas de problème. De plus, ils ont fourni des conseils sur l’activité physique,
la diététique, les soins des pieds, le contrôle visuel… Les résultats ont montré
qu’après 6 mois, les niveaux d’HbA1c ont diminué.
Au final, cette étude a permis de montrer que les séances d’éducation proposées
dans les pharmacies sont un bon moyen d’éduquer les patients. Les participants ont
amélioré leur perception du diabète et ont pris le contrôle subjectif de leur maladie
(49).
57
2) La dispensation du traitement
Le pharmacien devra aussi savoir renouveler après le médecin les conseils hygiéno-
diététiques qui sont la première garantie de l’efficacité thérapeutique.
- Metformine : pendant repas ou en fin de repas (le mieux est à la fin pour éviter
les troubles digestifs)
- Sulfamides et glinides : au moment d’un repas et uniquement si celui-ci est
pris
- Inhibiteurs des alphaglucosidases : avec les premières bouchées
- Gliptines : indifféremment par rapport au repas
- Analogues du GLP-1 : en sous-cutané au niveau de la cuisse, du bras ou de
l’abdomen une fois /jour pour Victoza® à l’heure qui convient le mieux au
patient et deux fois/jour dans l’heure qui précède le repas pour Byetta ®
58
Des associations sont contre-indiquées avec les antidiabétiques (source
« Thesaurus » de l’ANSM juillet 2013) et doivent être parfaitement connues du
pharmacien, il doit connaître le risque encouru et la conduite à tenir.
2.1) L’observance
On estime que la moitié des patients chroniques n’est pas observante sur le long
terme. En 2003, l’OMS a alerté les professionnels en signalant que « résoudre le
problème de la non observance thérapeutique serait plus efficace que l’avènement
de n’importe quel progrès médical » (51).
59
Pour améliorer l’observance, la simplification du programme thérapeutique est une
mesure à prendre. En effet, la simplification de l’ordonnance est dans la mesure du
possible, la première mesure à appliquer et semble être une des plus efficaces. Un
très grand nombre d’études a prouvé qu’une diminution du nombre de prises
médicamenteuses quotidiennes améliorait l’observance (51).
60
2.2) L’automédication
- Elle ne se justifie que si elle a bénéficié d’un avis autorisé donné par le
médecin ou le pharmacien
- Le traitement instauré doit être le plus court possible
- Les précautions d’emploi du médicament choisi doivent être respectées
- Le pharmacien doit faire savoir qu’une automédication doit être signalée au
médecin traitant
- Rappeler au patient qu’un médicament ne se prête pas
- Le pharmacien doit particulièrement combattre l’automédication chez les
patients à risque (dont fait partie le patient diabétique)
61
V) CONCLUSION
L’incidence du diabète a atteint une importance telle que le diabète peut être qualifié
d’épidémie. Il s’agit même d’une épidémie silencieuse car le développement du
diabète peut passer inaperçu pendant de longues années. Le diagnostic est souvent
posé lors des premières complications. En France, on compte aujourd’hui plus de 3
millions de personnes diabétiques (majoritairement de type 2) et 700 000 s’ignorent
diabétiques.
Au-delà des actions déjà menées au sein des officines (dispensation des
médicaments, dépistage et information sur la maladie, aide à l’apprentissage des
techniques d’auto-surveillance glycémique), la loi HPST indique que le pharmacien
peut participer à l’éducation thérapeutique et aux actions d’accompagnement des
patients. C’est une mission très importante puisque l’éducation thérapeutique s’est
très vite imposée comme un élément essentiel et incontournable de la prise en
charge du DT2.
62
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Université de Lille 2
FACULTE DES SCIENCES PHARMACEUTIQUES ET BIOLOGIQUES DE LILLE
DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN PHARMACIE
Année Universitaire 2013/2014.
Nom : Morel
Prénom : Claire
Membres du jury :
67