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Convolutions de Fonctions Arithmétiques

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SEBASTIEN GABOURY

SUR LES CONVOLUTIONS DE FONCTIONS


ARITHMÉTIQUES

Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval
dans le cadre du programme de maîtrise en Mathématiques
pour l'obtention du grade de Maître es sciences ([Link].)

DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES ET DE STATISTIQUE


FACULTÉ DE SCIENCES ET DE GÉNIE
UNIVERSITÉ LAVAL
QUÉBEC

2007

Sébastien Gaboury, 2007


Résumé

Dans ce mémoire, on s'intéresse aux convolutions de fonctions arithmétiques. D'abord


on rappelle les grandes notions de base : fonctions additives et fonctions multiplicatives,
convolution de Dirichlet, convolutions arithmétiques régulières et fonctions génératrices.
Ensuite, on étudie différents opérateurs de moyenne sur certains ensembles de diviseurs
et leurs inverses. Aussi, on porte son attention à l'étude des valeurs moyennes de cer-
taines fonctions en améliorant de façon significative leur terme d'erreur O ( Î ^ J ) en un
terme O( lo J:+\x) pour un entier positif m arbitraire. Finalement, on analyse quelques
caractérisations de fonctions arithmétiques basées sur diverses convolutions.
Avant-propos

Je tiens à remercier mon directeur de recherche, le professeur Jean-Marie De Ko-


ninck, pour sa disponibilité, ses judicieux conseils et son appui financier ainsi que mon
co-directeur, le professeur Claude Levesque pour les mêmes raisons.

Je tiens aussi à remercier mes parents, Richard et Lizette, pour leur amour, leur
appui financier tout au long de mes études, leurs encouragements, leur compréhension
et surtout d'avoir cru en moi.

Finalement, je tiens à remercier mes frères, Jean-François et Marc-André, ainsi que


mes amis pour leurs encouragements.
À la mémoire de mon père
Table des matières

Résumé ii

Avant-propos in

Table des matières v

1 Introduction 1
1.1 Les fonctions arithmétiques 1
1.2 La convolution de Dirichlet 4
1.3 Principes de convolution généralisée 7
1.4 Les fonctions génératrices 8
1.5 Intégrale de Stieltjes et autres définitions 11

2 Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 13


2.1 Opérateurs de moyenne T, f et f 13
2.2 Opérateurs inverses de T , f et f 21
2.3 Autres opérateurs de moyennes sur certains ensembles de diviseurs . . . 26

3 Valeurs moyennes des fonctions / , / et / 31


3.1 Terme d'erreur pour les valeurs moyennes de / , / et / 31
3.2 Amélioration du terme d'erreur 35

4 Propriétés de certaines convolutions 43


4.1 La fonction noyau 43

4.2 Autres fonctions comme condition de convolution 47

5 Conclusion 50

Bibliographie 52
Chapitre 1

Introduction

Ce chapitre est une synthèse des principales notions de théorie des nombres qui se-
ront utilisées tout au long de ce mémoire. On y traite, en autre, des fonctions arithmétiques
et de leurs propriétés, de la convolution de Dirichlet, des convolutions généralisées, des
fonctions génératrices qui seront utilisées plus particulièrement dans le chapitre 2, de
l'intégrale de Stieltjes et de quelques autres définitions importantes pour le chapitre
3. Il faut noter que quelques petits résultats seront énoncés, certains d'entre eux avec
démonstration et d'autres sans preuve, et cela dans le but d'alléger le contenu du pre-
mier chapitre,

1.1 Les fonctions arithmétiques

Les fonctions arithmétiques jouent un rôle fondamental en théorie des nombres.


En effet, l'étude de celles-ci nous révèle de très intéressantes propriétés des nombres
naturels. À cet effet, le livre de Apostol [1] se veut un excellent ouvrage de référence.
Nous désignerons respectivement par N, Z, R et C les ensembles des nombres entiers
positifs, de tous les nombres entiers, des nombres réels et des nombres complexes,
Définition 1.1.1. Une fonction arithmétique est une application de N dans C.

Les principales fonctions arithmétiques utilisées pour l'étude des convolutions sont
les suivantes :

i) 4>(n) : la fonction d'Euler qui donne le nombre d'entiers positifs m < n tels que
pgcd(m, n) — 1 ;
Chapitre 1. Introduction

ii) r(n) : le nombre de diviseurs de n ;


iii) <r(n) : la somme des diviseurs de n ;
iv) u>(n) : le nombre de facteurs premiers distincts de n ;
v) 7(n) : la fonction noyau définie par 7(1) = 1 et pour n > 2 par

p\n

vi) /i(n) : la fonction de Mœbius définie par

0 si n est divisible par un carré parfait,


(-l) w W autrement;

vii) Q,(n) : la fonction définie par

p«||n

viii) (3(n) : le produit des exposants défini par

(3{n)= Y[ a ;
p«||n

ix) /(n) = n, pour tout n > 1 ;

On désignera par JF l'ensemble des fonctions arithmétiques. Les fonctions décrites en


i), ii), iii), v), vi), viii) et ix) sont faciles à évaluer puisqu'elles sont multiplicatives.
Nous n'effectuerons pas la démonstration du théorème suivant. Nous pouvons toutefois
la retrouver dans le livre de De Koninck et Mercier [3] (voir p. 68-75).

T h é o r è m e 1.1.2. Soit n = qllql2 • • • q*T où q\,..., qr sont des premiers distincts. Alors

r(n) = (oi -

Qi

Deux caractéristiques fondamentales traitées ici sont les notions de fonction multi-
plicative et de fonction additive. Ces notions seront capitales dans notre étude sur les
convolutions de fonctions arithmétique:!5.
Chapitre 1. Introduction 3

Définition 1.1.3. On dit qu'une fonction arithmétique / est multiplicative si /(l) = 1


et f(mn) = f(m)f(n) lorsque m et n sont relativement premiers, c'est-à-dire pgcd(m, n) =
(m,n) = 1, Si la relation tient pour tout m, n alors on dit que la fonction est complètement
multiplicative. De plus, si / est une fonction multiplicative telle que f{pa) = f(p) pour
tout premier p, on dit alors que / est une fonction fortement multiplicative. On désigne
respectivement par M et CM l'ensemble des fonctions multiplicatives et l'ensemble des
fonctions complètement multiplicatives et par TM l'ensemble des fonctions fortement
multiplicatives. Bien sûr, CM C M.

Il est facile de constater que les fonctions définies en i) ii), iii), vi), viii) et ix)
sont multiplicatives et que les fonctions introduites en ix) et x) sont complètement
multiplicatives. Maintenant, introduisons la notion de fonction additive.
Définition 1.1.4. On dit qu'une fonction arithmétique / est additive si /(l) = 0 et
f(mn) = f(m) + f(n) lorsque m et n sont relativement premiers, c'est-à-dire (m,n) =
1. Si la relation tient pour tout m,n, alors on dit que la fonction est complètement
additive. De plus, si f(pa) = f(p) pour tout premier, on dit alors que / est fortement
additive. On désigne respectivement par A, CA et TA l'ensemble des fonctions additives,
complètement additives et fortement additives.

Les fonctions définies en iv) et vii) de même que la fonction log sont additives. Dans
notre étude sur les convolutions de fonctions arithmétiques, nous nous intéresserons
aux sommes de telles fonctions sur différents ensembles de diviseurs. Nous allons donc
énoncer un premier théorème.
Théorème 1.1.5. Soit f et g € M. Si

d\n

alors F e M.

Démonstration. Soit (m,n) = 1. Alors d\mn <*=> d = d\dï où di\rn, di\n et (di,^) = 1.
C'est pourquoi

F{mn) = V/WSI—r)
d|mn

- EE/(*«.(S)
d\\m
Chapitre 1. Introduction

= F(m)F(n).

n
Corollaire 1.1.6. Soit / une fonction multiplicative. Alors la fonction F définie par

d\n

est également multiplicative.

Terminons cette section en mentionnant, sans toutefois en donner la démonstration


que l'on peut retrouver dans le livre de De Koninck et Mercier [3] (voir p. 79), un
théorème d'inversion très important dû à Mcebius.

Théorème 1.1.7. (Théorème d'inversion). Pour tout entier positif n,

d\n d\n

1.2 La convolution de Dirichlet

II y a beaucoup d'opérations binaires définies sur l'ensemble des fonctions arithmé-


tiques. D'abord la somme et le produit de deux fonctions arithmétiques, disons / et g,
sont définies de la manière habituelle :

(/ + 9)(n) — f(n) + 9in) Pour tout n,


{Î9){n) — /(n)p(n) pour tout n.

Notons que l'addition et la multiplication de fonctions arithmétiques possèdent les pro-


priétés de commutativité, d'associativité et de distributivité. Maintenant nous allons
définir la convolution de Dirichlet.

Définition 1.2.1. La convolution de Dirichlet de / et g, notée f *g, est définie comme


suit :

d\n
Chapitre 1. Introduction 5

La convolution de Dirichlet respecte elle aussi les propriétés de commutativité, de


distributivité et d'associativité. En effet, la proposition suivante est facilement démon-
trable.
Proposition 1.2.2. Si f, g et h sont des fonctions arithmétiques, alors

ii) (f *g)*h = f * (g * h) ;

iii) f * {g + h) - f * g + f * h.

Aussi, on peut facilement vérifier que l'ensemble des fonctions arithmétiques muni
de l'addition et de la convolution de Dirichlet forme un anneau commutatif. De plus, cet
anneau possède un élément neutre pour la convolution. En effet, la fonction E définie
par
1 si n = 1 ,
E(n) = ,
^ 0 autrement .
est l'élément neutre pour cet anneau.
Définition 1.2.3. Soit / une fonction arithmétique. On dira que la fonction arithmétique
g est l'inverse de f si f*g~g*f = E. Cet inverse sera noté / - 1 . II est important de
mentionner que si / possède un inverse, il est unique.

On peut se poser la question suivante.

Question : Est-ce que toutes les fonctions arithmétiques ont un élément inverse ?

Nous allons maintenant énoncer un critère pour répondre à cette question.


Proposition 1.2.4. Une fonction arithmétique a un élément inverse si et seulement si

Démonstration. (=>•) Supposons que / possède un inverse. Alors

et c'est pourquoi / ( l ) ^ 0.

(4=) Supposons maintenant que / ( l ) 7^ 0, et en définissant de manière inductive la


fonction g par
Chapitre 1. Introduction

1 / IYS \

g{n) = -TTrT Y] f(d)g ( - ) pour tout n > 1,

alors f *g — E, et par la proposition 1.2.2, g est l'inverse de / , •


Examinons maintenant la propriété de multiplicativité des fonctions inverses. En
effet, il est important de se demander si l'inverse d'une fonction arithmétique mul-
tiplicative est lui-même multiplicatif puisque nous savons déjà par le théorème 1.1.5
que la convolution de Dirichlet de deux fonctions dans M est aussi dans M. Nous ne
démontrerons pas le théorème mais la démonstration se retrouve dans le livre de P.J,
McCarthy [2] (voir p. 8-9).

Proposition 1.2.5. Si f € M, alors f~l € M.

Finalement, la convolution de Dirichlet nous fournit une caractérisation des fonctions


complètement multiplicatives qui nous sera utile au chapitre 3. Notons d'[Link]'une
fonction / e CM si et seulement si jf"1 = pif. La démonstraton de ce résultat est donnée
dans le livre de P.J. McCarthy [2] (voir p, 16-17).

Proposition 1.2.6. Une fonction multiplicative f est complètement multiplicative si


et seulement si
f(g*h) = fg*fh
pour toutes fonctions arithmétiques g et h.

Démonstration. (=>) Si / est complètement multiplicative alors, quelles que soient les
fonctions g et h, pour tout n,

(f(9*h))(n) = /(n)
d\n

- £/«>.«>/(=)» G)
d\n

= (f9*fh)(n).
(<*=) Supposons que l'équation tienne pour g = 1 et pour h — \i. On a alors

E = fE = /(/ *M) = / / * fn = / * ///,


et c'est pourquoi Z" 1 = fif, ce qui implique que / est complètement multiplicative. •
Chapitre 1. Introduction 7

1.3 Principes de convolution généralisée

La convolution de Dirichlet est une notion qui peut être généralisée pour traiter
les différents ensembles de diviseurs d'un entier sur lesquels portent l'étude. La convo-
lution généralisée porte le nom de K"-convolution. Ainsi, nous pouvons grâce à la K-
convolution étudier le comportement d'une quantité de fonctions arithmétiques sur
divers ensembles de diviseurs. Le livre de McCarthy [2] traite de ces principes d'une
façon très claire.

Définition 1.3.1. Soit K une fonction à valeurs complexes définie sur l'ensemble des
diviseurs d'un entier n. Si f et g sont deux fonctions arithmétiques, alors leur K-
convolution est définie par

(/ *K g)(n) = Y,d\n K(n> <*)/(<%(§) P o u r tout n


>

et elle doit satisfaire les quatres propriétés suivantes :


(1) K(n,n) = K(n, 1) = 1 pour tout n.
(2) K(mn, de) = K(m, d)K(n, e) pour tout m,n,<i et e tels que d\m, e\n et (m, n) = 1.
(3) K(n, d)K(d, e) = K(n, e)K{^, {) pour tout n,d et e tels que d\n et e\d.
(4) K(n, d) — K(n) *j) pour tout n et d tels que d\n.

Remarque 1. On pourrait démontrer que les propriétés (1) — (4) nous assurent que
nous sommes en présence d'une convolution commutative et associative. De plus, la
propriété (2) nous indique que si nous effectuons la if-convolution de deux fonctions
multiplicatives, alors la if-convolution sera elle aussi multiplicative, tandis que (1)
nous assure que l'ensemble sur lequel la K-convolution portera contiendra au moins les
diviseurs unitaires.

Pour une démonstration de ce théorème, voir P.J. McCarthy [2] (p. 149-154)

Définition 1.3.2. On appelle diviseur unitaire, un diviseur d de n tel que (d, ^) = 1.


Pour signifier que d est un diviseur unitaire de n, on écrira d\\n.

Définition 1.3.3. Une if-convolution arithmétique est dite régulières! elle satisfait les
conditions suivantes :
(i) les conditions (1) - (4) sont valables pour la fonction K,
(ii) K(n, d) — 0 ou 1 pour tout n et d U Ile que d\n.
Chapitre 1. Introduction 8

(iii) Si \IK = I~l alors (iK(jPa) = 0 ou 1 pour tout p premier et tout a > 0. On la
notera par A.

Attardons-nous maintenant aux propriétés des inverses de fonctions multiplicatives


ainsi qu'à l'élément neutre pour une isT-convolution. D'abord, l'élément neutre pour
toutes les if-convolutions respectant les conditions (1) — (4) est la fonction E(n) définie
par
i l0 8in==1 '
autrement .
Ainsi, l'ensemble des fonctions arithmétiques muni de l'addition et de la ^-convolution
respectant (1) — (4) et de cette fonction E est un anneau commutatif. L'inverse g d'une
fonction arithmétique / dans cet anneau doit satisfaire à la condition suivante :
1 = (/ *K g)(l) = (g *K /)(1) = K(l, l)f(l)f-l(l) = /(1)/-X(1) = 1;
donc / ( l ) 7^ 0. On définit f~l récursivement par :

x
/-
, (l)w / ( 1 )

et
/-i(n) = ~YJK('"<,à)f{d)rï Q ) pour t o u t n > L

Proposition 1.3.4. Soit / une fonction arithmétique multiplicative telle que /(l) ^ 0.
Alors f~l est multiplicative.

On remarque facilement que les propriétés de la K-convolution sont pratiquement les


mêmes que celle du produit de Dirichlet lorsque celle-ci respecte les conditions (1) — (4).
Il est important de mentionner le fait que si nous sommes en présence d'une convolution
arithmétique régulière A, alors on a ceci :
UÇACD
où U est la convolution de Dirichlet seulement sur les diviseurs unitaires et D est la
convolution de Dirichlet.

1.4 Les fonctions génératrices

L'étude des fonctions arithmétiques multiplicatives et complètement multiplicatives


peut, en général, se faire plus aisément par l'analyse des séries de Dirichlet qui leur
Chapitre 1. Introduction 9

sont associées. Ainsi, étant donné une fonction arithmétique / , sa série de Dirichlet
correspondante est :

n=l
où s est une variable complexe. Notons que dans le présent ouvrage, on se limitera au
cas où s est réel.

Chaque série de Dirichlet possède une représentation unique pour chaque fonction
arithmétique. Avant d'énoncer le théorème de représentation, nous allons définir ce
qu'est une abscisse de convergence absolue fini aa.

Définition 1.4.1. Soit F (s) = Y^=i nir u n e s ^ e de Dirichlet. Vabscisse de conver-


gence absolue aa est définie comme étant le plus petit nombre réel aa tel que si s > aa
alors Y^=i l'T^I converge. Dans ce cas, on dit que F (s) possède une abscisse de conver-
gence absolue finie, notamment a 0 .

Théorème 1.4.2. Soient F(s) = £ ~ = 1 &Ù. e j G(s) = Y%=\ ^ deux séries de Di-
richlet ayant la même abscisse de convergence absolue o.a. Supposons qu'il existe une
suite divergente S\ < S2 < ... < Sfc < • • • ^ e iue F(sk) — G(sk) pour chaque k E N.
Alors f(ri) = g(n) pour chaque entier positif n.

Démonstration. Posons h(ri) = /(n) — g (ri) et H(s) = F (s) — G (s). Montrons que
fi = 0. Pour ce faire, on procède par contradiction en supposant qu'il existe n € N tel
que h(n) ^ 0. Soit alors N le plus petit entier positif tel que H(N) ^ 0. On aura alors,
pour s > aa,

h(n)
n=l n=N n=N+l

De cette relation on déduit que

= NsH(s) -
n=N+l

Puisque H(sk) = 0, il en résulte que

y ^.
Soit c > aa. Choisissons k suffisamment grand pour que Sk > c. Alors
OO | , / \ i
Sk r
h(N) | < N J2 ,
n-A'4-l ' n=A'4-l
Chapitre 1. Introduction 10

I Kn) |

n=N+\

Or, pour N fixe, (J^TÏ)'' 0 —• 0 lorsque A; —• oo, alors que les expressions (iV + l) c et
]>^LJV+I L i ^ demeurent bornées. Cela veut dire que h(N) = 0, ce qui contredit le choix
minimal de N. •

Les fonctions génératrices permettent parfois de représenter des séries de Dirichlet


sous forme de produit infini. En effet, lorsque / est multiplicative ou complètement
multiplicative, nous pouvons les représenter très facilement. Nous n'effectuerons pas le
démonstration du théorème suivant que l'on pourra retrouver dans le livre De Koninck
et Mercier [3] (voir p. 190-191).

Théorème 1.4.3. Soit f une fonction arithmétique multiplicative pour laquelle aa est
fini. Alors, si s > aa,

/ ( " ) _ T T , , • f(P) • f(P2) | x


r r
n=l p

Si f est complètement multiplicative, alors pour s > aa,

ns

Théorème 1.4.4. Soient F (a) = J2Zi ^ et G(s) = E ^ i ^ deux séries de Di~


richlet dont les abscisses de convergence absolue sont respectivement aa(f) et aa(g).
Alors si s > max(aa(f),Oia(g)), on a

où h = f *g.

Démonstration. La démonstration provient du livre De Koninck et Mercier [3]. Puisque


s > max{aa(f),aa(g)}, on peut réarranger les termes. On écrit alors

F(s)G(s) =
n=l n-1
Chapitre 1, Introduction 11

^ f(m)g(n)
^ v
(mn)s
—\n=l '

r=l

où h(r) = J^ f(m)9(n) = (/ * g)(r).

Voyons deux exemples de fonctions génératrices très fréquents, mais auparavant re-
gardons un dernier théorème sur les fonctions génératrices qui effectue un lien intéressant
avec le produit de Dirichlet de fonctions multiplicatives.

Exemple 1.
1

Exemple 2.

1.5 Intégrale de Stieltjes et autres définitions

Dans le chapitre 3, nous allons étudier le terme d'erreur apparaissant dans cer-
taines relations. Puisque ces relations comportent des sommes finies, nous devons définir
l'intégrale de Stieltjes. De plus, nous devons également définir les fonctions ir(x) et
Li(x), la partie fractionnaire et la partie entière d'un nombre réel, le coefficient bino-
mial ainsi que la notation o(...),O(...) de Landau.

Il s'avère que certaines sommes finies sont plus faciles à évaluer si on les écrit comme
des intégrales de Stieltjes. Ainsi, l'intégrale de Stieltjes I de la fonction / sur l'intervalle
[a, b] par rapport à la fonction g est notée par

/ = [ fdg= [ f(t)dg(t).
Ja Ja
Chapitre 1. Introduction 12

Ainsi, si l'on cherche à estimer l'expression


/(a)>
5
où A C N, / est une fonction continue sur l'intervalle [l,x] et A(x) désigne la fonction
de compte de l'ensemble A, i.e.,
A(x) = #{a < x : o € A},
alors il est facile de voir que

'" f(t)dA(t)=Tf(n).

Définition 1.5.1. On définit la fonction ir(x) de la façon suivante :


7r(x) = #{p < x : p est premier}.
Définition 1.5.2. On appelle Li(x) la fonction suivante :
r^ r dt
Définition 1.5.3. On écrit [x] pour désigner la fonction plus grand entier inférieur
ou égal à x. On écrit aussi {x} pour signifier la partie fractionnaire de x c'est-à-dire
{x} = x - [ x ] .
Définition 1.5.4. Soit n et k deux entiers positifs avec k < n, On écrit (£) pour
désigner le coefficient binomial défini par
'n\ n!

Finalement, voyons ce qu'est la notation o(...), O(...) de Landau qui sera présente
tout au long du chapitre 3.
Définition 1.5.5. Soient f et g deux fonctions définies sur [a,+oo[ (où a > 0), on dit
que /(x) = O(g(x)) s'il existe deux constantes M > 0 et x0 telles que | /(x) | < Mg{x)
pour tout x > XQ. On écrit aussi parfois /(x) < g(x).
Définition 1.5.6. Soient f et g deux fonctions définies sur [a,+oo[ (où a > 0), on dit
que /(x) = o(g(x)) si, pour chaque e > 0, il existe une constante Xo = xo(e) telle que
| /(x) | < eg(x) pour tout x > XQ.
Définition 1.5.7. Étant donné deux fonctions f et g définies sur [a,oo) (où a > 0),
on écrit /(x) ~ g(x) pour signifier que
Chapitre 2

Opérateurs basés sur différents


ensembles de diviseurs

Ce chapitre est consacré à l'étude d'opérateurs H : T —> T, où T est l'ensemble des


fonctions arithmétiques, et plus particulièrement ceux basés sur des ensembles de divi-
seurs. Dans la première section, nous examinerons les propriétés des opérateurs étudiés
par De Koninck et Grah [4], La seconde section sera consacrée à l'étude des opérateurs
inverses de la première section. Enfin, dans la troisième section, nous étudierons deux
nouveaux opérateurs.

2.1 Opérateurs de moyenne T, T et T

L'étude des expressions de la forme

d\n *\n
d libre de carrés

où / est une fonction arithmétique, s'avère intimement liée à celle des fonctions arithmétiques
/ , / et / , associées à la fonction arithmétique / et définies par

^ ' d\n

d\n
d Ubre do carrés
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 14

d\n
4

On remarque que les fonctions / , / et f représentent respectivement la moyenne


de la fonction / sur certains sous-ensembles de l'ensemble des diviseurs de l'entier n.
Ainsi, / est la moyenne des valeurs de / sur les diviseurs de n, / est la moyenne sur les
diviseurs libres de carrés et / est celle sur les diviseurs unitaires. Dans un premier temps,
nous mentionnerons quelques propriétés arithmétiques des fonctions / , / et f. Ensuite,
nous donnerons quelques exemples concrets de / , / et f lorsque / = <7, T, ip,ak,P,Çl.
Notons que a^ est la fonction désignant la somme des puissances k-ièmes des diviseurs
de l'entier n, /? est la fonction désignant le produit des exposants dans la factorisation
en premiers d'un entier n et fi est la fonction désignant la somme des exposants dans
la factorisation d'un entier n.

Définition 2.1.1. On définit sur T les opérateurs T ,T et T par

T(f) := 7,
T(f) := /,
?(/) :- 7

Théorème 2.1.2. L'opérateur T établit une bijection de T sur T. Il en est de même


pour l'opérateur T.

Démonstration. Pour chaque / € T)


l
T ( / ) = / = - ( 1 * / ) si et seulement si / = ji * r f
T

f (/) = / = —(1 *M /) si et seulement si / = (-l) w *M T]


Ci

où *fj, désigne la convolution unitaire. •

Exemples
(A) Â(n) = A(n)r(n 2 ).,
(B) JE(n)=7T(n) = p(n).
Il est très intéressant de constater que les opérateurs T,TetT préservent la multipli-
cativité et, l'additivité.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 15

Théorème 2.1.3. Soit f £ A (respectivement f G M). Alors les fonctions f, f et f


appartiennent toutes à A (respectivement à M.).

Démonstration. Si / est dans M, la démonstration est très simple. Nous n'établirons


la preuve que pour / avec / G A, étant donné que les démonstrations des autres cas
sont presque identiques,
Soit / G A et m^ deux entiers positifs tels que (m, ri) = 1. Alors

/ (mri) =
•(mn)
d\mn

r{m)r{n)

= /(n)+/(m).

Ll

II est important de noter que la réciproque du théorème précédent est valable pour
/ et f, alors qu'elle est fausse pour / ; en effet, / G A n'implique pas f € A. Par
exemple, considérons la fonction suivante :
,. v f 2( n ) si p2|n pour un certain nombre premier p,
\ u)(n) autrement .
Alors / n'est pas dans A puisque par exemple /(2 2 • 32) = 24 = 16 ^ /(22) + /(3 2 ) =
22 + 22 = 8. Par contre, on a que / = w(n) = ^ e A

Voyons maintenant, sous forme de théorème, quelques caractéristiques de / , / et f


lorsque / est additive, complètement additive, fortement additive, multiplicative, com-
plètement multiplicative et fortement multiplicative. On pourra trouver les démonstra-
tions de ces théorèmes dans [4).
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 16

Théorème 2.1.4. Si f G A, alors

pa\\n m=l

7(n) = |/(n

Théorème 2.1.5. Si f € C^4, alors

7(n) =

Théorème 2.1.6. 5Î / G JF.4, o/ors

7W = pEa\\n J^Ï/W = «")-apE\\n


\\a
\\ a

Théorème 2.1.7. Si f G M, alors

p a ||n m=l

IK1
p|n

Théorème 2.1.8. 5i / G J 7 ^ , a/ors

Pa\\n

p\n

Théorème 2.1.9. Si f e CM, alors


Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 17

On voit facilement que T préserve le caractère complètement additif tandis que T


envoie les ensembles A et M sur les ensembles TA et TM respectivement. Cela signifie
que si / est une fonction additive (respectivement multiplicative), alors la fonction / sera
fortement additive (respectivement fortement multiplicative). De plus, T préserve les
caractères totalement additif, fortement additif et fortement multiplicatif des fonctions
arithmétiques qui ont ces propriétés avec la particularité que T = T sur TA et sur
TM.

Le résultat suivant précise que si / G M alors f(y(n)) est le quotient de deux


fonctions chacune d'elles étant une moyenne sur les diviseurs libres de carrés.
Théorème 2.1.10. Soit f € M telle que f(n) ^ 0 pour tout entier positif n et posons
g = 4. Alors
f(n) = f(~f(n))g(n),
alors que pour f, on a la relation

fin) = f(n)g(n).

Démonstration. En posant g = j , on obtient

p\n

2«(n)

d\n

Exemple

Posons f(n) = *j=l. Alors g(n) = jfc et f(n) = *&g(n). Puisque /(n) = ^ € FM,
on a également f(n) = f{nyg{n).

Nous présentons un dernier théorème relatif à la composition des opérateurs pour


diverses fonctions arithmétiques.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 18

Théorème 2.1.11. Soit g £ AU M et désignons par o l'opérateur de composition


habituelle des fonctions. Alors

(ToT)(g)~(ToT)(g),

c'est-à-dire g~ = ~g.

Démonstration. Nous allons prouver ce résultat dans le cas où g G M. Pour ce qui est
du cas g £ A, il se traite de manière semblable et utilise le fait que les opérateurs T et
T sont linéaires.

Soit g G M. Alors Y {g) = ~g G M et f (g) = g G M avec

m=0

(1) D'une part,


(fo Y)(g)(n) = f[Y(g)](n)

p«||n

p a ||n

p°\\n

(2) D'autre part,


ÇFof)(g)(n) =

p a ||n

- ^j p°||nne5
m=0

p a ||n

En comparant (1) et (2), le résultat suit. D


Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 19

Exemple

Soit f(n) = 2WW. Alors J(n) = ^ , et c'est pourquoi

p+
pa\\n

Par ailleurs, J{n) = (§) w(n) de sorte que

r(n 3 7(n))

Donc, d'après le théorème précédent, / (n) = / ( ^ ) , ce qui nous permet de conclure


que
(3())

Pour compléter cette section, énumérons quelques exemples de / , f et f pour


les fonctions suivantes : r (nombre de diviseurs), Çl (somme des exposants dans la
factorisation en premiers d'un entier n), ip (fonction d'Euler), a (somme des diviseurs),
(3 (produit des exposants) et a*, (somme des puissances fc-ièmes des diviseurs).

Exemples

1) Fonction diviseur :

T(n) =

r(n) = 4 # 1
w(n)

C'est pourquoi, ~(n) = r(n).


Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 20

2) Somme des exposants :

2 '

fi(n) =

Donc, £2(n) = H(n)

3) Fonction d'Euler
n
r(n)'

p«||n

4) Somme des diviseurs :

p«||n

p°||n

5) Produit des exposants dans la factorisation

i9(n) = 1.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 21

6) une généralisation de la fonction a :

Va\\n

2.2 Opérateurs inverses de T, T et T

Dans la section précédente, nous avons étudié les propriétés ainsi que les différentes
formes que prennent les fonctions arithmétiques sous l'application des opérateurs T,
T et T. Cette section sera consacrée à l'étude des opérateurs inverses de T, T et T
appliqués à diverses fonctions. D'abord, on considérera le cas de la fonction / , ensuite,
celui de / et nous terminerons avec le cas de / . Pour ce faire, nous utiliserons les
fonctions génératrices introduites dans le chapitre précédent.

D'abord on considère le cas de la fonction / . Étant donné une fonction g, on veut


trouver la fonction / telle que T (g) = / , ce qui revient à chercher la fonction / telle
que
1 = 9. (2.1)
À la lumière de la définition de / , il est facile de voir que résoudre l'équation (2.1)
revient à trouver la fonction / qui satisfait à

{gr){n) = (1

ce qui revient à écrire

Voici quelques exemples d'opérateurs inverses pour g = r, g = <f>, g = a, g = p,


0 = 7. Comme chacune de ces fonctions est multiplicative, il est clair que pour connaître
/ , il suffit de trouver sa valeur sur les puissances de nombres premiers. Et c'est ce que
nous faisons dans chacun des cinq exemples ci-dessous, Les deux premiers sont davantage
détaillés.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 22

Exemples

n=l

-fin

De sorte que la fonction multiplicative / est définie implicitement par

/(p a ) = 2a + l (a = 0,1,2,...)

pour tous les premiers p.

2) g = <t> => f =

n=l
3p(p - 1) - 2(p -
,,2.i

D'où
1 si a = 0,
f(p°) ={2p~3 si a = 1 ,
pa-2(p_ - a) a > 2.

3) p = a =!> / = (JL * or , on obtient alors


1 si a = 0,
2p2 - p + 3
si a = 1,
p-1
(g + l)p a + 1 - apa + 1
a > 2.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 23

4) g = 0=>f = iJ,*l3T, on &


1 si a = 0,
[1 Bia-1,
2a si a > 1.

1 si a = 0,
{ 2p-l Bia-1,
p a > 2.

Considérons maintenant le cas de la fonction / . Nous voulons donc cette fois résoudre
l'équation :

Résoudre cette équation revient à trouver la fonction / qui satisfait à

ce qui revient à écrire

Notons que *M est la convolution unitaire. Voyons comment évaluer celle-ci.

Étant donné une fonction multiplicative / , nous aurons à évaluer

d\n

pour n = pa avec a un entier positif, ce qui nous facilitera la tâche car / est multipli-
cative. On a
(i *„/)(?<*)=

Or, puisque nous sommes en présence d'une convolution unitaire, la sommation est
réduite aux cas i = 0 et i — a, et c'est pourquoi nous obtenons finalement que
Chapitre 2, Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 24

Voyons quelques exemples pour certaines fonctions multiplicatives. Encore une fois,
il suffit d'évaluer / sur les puissances de nombres premiers.

Exemples

(A) g - r =» / . (-1)- *, 2wr,

t=0

2a+ 1.

de sorte que la fonction multiplicative / est définie implicitement par

f(pa) = 2a + l (a = 0,1,2,...).

On a vu dans l'exemple 1) de la section précédente que ~ = r. Or, on voit facilement


que ( T ) " 1 ^ ) = (T)-" 1 ^), où nous avons utilisé le fait que les opérateurs T et T sont
bijectifs.

1=0

On obtient donc

2(pQ-pQ~1)-l sia>

(C)g = a-- = (-!)" *lx2UJa, on a que

= 2(p°+1-l)-p + l
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 25

(D) g = (3 =» / = ( - l ) w *M 2P/3, on obtient

1 si a = 0,
f(P°) !

1 si a = 0,
2p — 1 si a > 1 .

(F) 5 = Q =• / = (-1)" *M 2wfi, on a

0 si a = 0,
' ' ;.:

En ce qui a trait au dernier cas, celui où f = g, soit qu'il n'existe pas de fonction
/ telle que / = g ou soit, au contraire, qu'il en existe plus d'une seule. On a vu dans
le théorème 2.1.3 que les opérateurs T et T sont bijectifs, Ainsi, on a pu établir assez
facilement leurs inverses à l'aide des fonctions génératrices. Or, l'opérateur T n'est pas
bijectif. En effet, cet opérateur n'est pas injectif, Posons

n '

Alors, on obtient

9i{n) =
p\n

7(n)2 ,
o(n)
7(n)'
Chapitre 2, Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 26

Puisque T n'est pas injectif, cela nous indique que l'opérateur inverse de T possède plus
d'une solution. Donc, plusieurs fonctions ne possèdent pas d'inverse.

De plus, on peut facilement s'apercevoir que dans les deux premiers cas traités ( T
et T), nous étions en présence de convolutions arithmétiques régulières, définies à la
section 1.3, comparativement au dernier cas (T) qui n'en était pas une.

2.3 Autres opérateurs de moyennes sur certains en-


sembles de diviseurs

Les deux premières sections traitaient des opérateurs T ,T et T étudiés par De


Koninck et Grah [4], Dans cette section, nous introduisons deux nouveaux opérateurs de
moyennes. Ensuite, nous examinons l'allure que prennent certaines fonctions arithméti-
ques (additives et multiplicatives) sous l'application de ceux-ci. Pour finir, nous vérifions
si les opérateurs préservent la multiplicativité et l'additivité et nous nous attarderons,
quelque peu, à l'étude de leurs inverses.

D'abord, on définit deux nouveaux opérateurs de moyenne, soit les opérateurs


Iix : T -> T et H2 : T -> T définis par

#1 (/)(") = ~èz
p\n

p°>\\n

Examinons, dans un premier temps, l'allure que prennent quelques fonctions arith-
métiques sous l'application de ces deux nouveaux opérateurs.

Exemples

(A) / = r :
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 27

' p"\\n

(B) / - P :
1

p\n

_L_ v
p|n

' ' p a ||n


1

'

(C) / =

V
' P°1|n

(D) / = 7 :

oi(n)
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 28

(E) / = a :

Ha (a (n) =
ui[n)

(F)/-w:

. . . . ui(n)
H2{uj)(n) = ç±^-

(G) / = Q :

H2{Q)(n) = 1.

Caractérisons les opérateurs H\ et if2 en fonction du fait qu'ils préservent ou non


la multiplicativite et l'additivité. En fait, nous verrons qu'ils ne peuvent préserver l'ad-
ditivité alors qu'ils préservent la multiplicativite dans certains cas marginaux.
Théorème 2.3.1. Soit f une fonction multiplicative ou additive telle que f(p) = 1
pour tout p premier, alors H\{f) est multiplicative.

Démonstration. Soient m et n deux entiers tels que (m,n) = 1. On a que

Puisque f(p) = 1 pour tout p premier, on obtient

Comme Hi(f)(n) = 1 quel que soit n, il est clair que Hi(f) est une fonction multipli-
cative. U
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 29

II est évident que les fonctions (3, Cl et tu satisfont aux hypothèses du théorème 2.3.1.

Voyons maintenant un théorème qui caractérise la multiplicativité de l'opérateur


H2U). H est intéressant de remarquer que dans le cas des deux opérateurs, la fonction
/ peut être additive ou multiplicative et que cela n'affecte en rien la conclusion des
théorèmes 2.3.1 ni de celui qui suit.

Théorème 2.3.2. Soit f une fonction multiplicative ou additive telle que f(pQ) — a
pour tout p premier et a entier positif, alors H%(f) est multiplicative.

Démonstration. Par hypothèse, on a

» ' p«||n

rt^(n)
-1

II s'ensuit que i L / 2 (/)(n) = 1 et c'est pourquoi i?2(/) es ^ trivialement multiplicative. D

On peut prendre comme exemples de ce théorème les cas f = P et Cl.

Énonçons le dernier théorème de cette section, lequel caractérise le caractère additif


des opérateurs H\ et H?,. Nous ne démontrerons le théorème que pour H\ puisque la
preuve pour Hi est semblable.

Théorème 2.3.3. Soit f une fonction additive. Alors les fonctions H\(f) et fytf) ne
peuvent être additives.

Démonstration. Soit / une fonction additive et supposons que Hi(f) est additive. Nous
allons montrer que cela est impossible, En effet, si tel était le cas, alors on aurait, pour
(m n) =-: 1
). (2.2)
Explicitement, ceci veut dire que

v
) x
()
/
y\;nn p\rn p\n
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 30

Comme (m, n) = 1 et comme / est additive, on aurait

(2.4)
p\mn p\m p\n

En combinant (2.3) et (2.4), on obtient

v v
p\n ' p\m p\n

Mais comme
£/w
p|?n p|m

il suit de (2.5), (2.6) et (2.7) que

p\n p\m p\n

ce qui voudrait dire que

contredisant ainsi la relation (2.2), i.e. le fait que H\(f) est additive. •

En ce qui concerne les inverses de H\ et de H^, nous nous rendons compte très
facilement que les deux opérateurs ne sont pas injectifs. En effet, on a, par exemple,
que Hi{0){n) = #i(w)(n) = Hi{Q)(n) = 1 et que H2(@)(n) = H3(Si)(n) = 1. Ainsi, les
inverses de ces deux opérateurs n'existent pas. Encore une fois, on remarque, dans les
deux cas, que nous ne sommes pas en présence de convolutions arithmétiques régulières.
Chapitre 3

Valeurs moyennes des fonctions / ,


/et/

Dans ce chapitre, nous porterons notre attention sur l'étude des valeurs moyennes
des fonctions / , / et / et améliorerons le terme d'erreur O ( j - — ) obtenu par De

Koninck et Grah [4] en un terme O{-,—m+i ) avec un entier positif m arbitraire,

résultats obtenus par De

3.1 Terme d'erreur pour les valeurs moyennes de


7,/et/

D'abord, définissons ce qu'est la valeur moyenne d'une fonction additive / .

Définition 3.1.1. Etant donné une fonction arithmétique f{n), n un entier, s'il est
possible de trouver une fonction ip(n) croissante telle que

lim - Y] f(n) = lim - V ) ¥>(n),


n< x n< x

on dit alors que la valeur moyenne de f(n) est ip(n).

Par exemple, il est facile de montrer que la valeur moyenne de la fonction u(n)
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , f et f 32

définie au chapitre 1 est :

<z p|n

et
où C := 7 + J2P (log(l ~ p) + p) 7 e s t ^a constante d'Euler.

Continuons avec quelques autres définitions.

Définition 3.1.2. On dit qu'une fonction mesurable R: [2, +oo[—> R + est une fonction
à variation régulière s'il existe un nombre réel p > 0 tel que pour chaque a > 0, on a

lim -±-^- = ap.


x—oo R[x)

Si p = 0, on dit que R est à oscillation lente.

Il est important de noter que nous n'étudierons que les fonctions continûment
dérivables à variation régulière.

Définition 3.1.3. On désigne par C l'ensemble des fonctions continûment dérivables


à oscillation lente.

On peut montrer (voir le livre de Seneta [5] , p. 2) que toute fonction à variation
régulière R peut s'écrire sous la forme R(x) = xpL(x), où p G R et L € C.

Définition 3.1.4. On dit qu'une fonction arithmétique / possède une valeur moyenne
régulière si la fonction (p de la définition 3.1.1 est une fonction régulière. On la note
VM(f). De plus, elle est unique.

Nous pouvons maintenant entreprendre l'étude des valeurs moyennes des fonctions
/ , / et / . Auparavant, voyons quelques théorèmes sur les valeurs moyennes régulières.

Théorème 3.1.5. Soit f G TA. Alors :


(i) la fonction f possède une valeur moyenne si et seulement si la fonction f en
possède une ;
(ii) la fonction f possède une valeur moyenne si et seulement si la fonction f en
possède une.
De plus, si l'une ou l'autre de ces valeurs moyennes existe et est régulière, on a

VM(J) = 2VM(J ) = 2VM(f). (3.1)


Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , f et f 33

Démonstration. Les parties (i) et(ii) ainsi que les égalités (3.1) découlent immédiatement
du fait que f = f = \f pour toute fonction / G FA. D

Nous ne ferons pas la démonstration du prochain théorème ; on peut cependant la


retrouver dans l'article de De Koninck et Grah [4],

Théorème 3.1.6. Soit f G FA telle que f(p) = R(p) pour chaque nombre premier p,
où R est une fonction continûment dérivable à variation régulière non décroissante qui
possède la représentation R(x) = xpL{x), avec p> 0 et L G C. Alors la valeur moyenne
régulière de la fonction f existe si et seulement si celle de la fonction f existe, auquel
cas
VM(f) = 2VMÇJ ). (3.2)

R.L. Duncan a montré (voir [6]) que la moyenne de la fonction w(n) sur les diviseurs
de n est égale à ^ loglogn, De façon plus précise, Duncan a démontré qu'il existe une
constante c telle que

- V \ r(ri)
__ r I x^
YV(n) = -loglogz+
loglogz+ c + O[
22 \logx
x t—* \ r(ri)
n<x \ v
' d\n I n<x \ o

À cette fin, Duncan a utilisé la relation asymptotique

. n<x n<x p\n p<x *-I J

où C := 7 + Y^p (log(l ~ i) + p) et 7 est la constante d'Euler,

_Étant donné / G JF, il est normal d'examiner le comportement de la suite / , / ,


/ ,... Ainsi, pour un entier non négatif s fixé, on considère l'itération T s définie par

Ts(f)=Y(Ta-1(f)) = ... = Ts-iÇT^f)) « r._!(/)


où T i = T , r o ( / ) = / , et où

(Ts(f))(n) = J L J2(T,-i(f))(d),n> 1.
d\n

On désigne par / s l'image de / p a r T 3 ainsi que par f3 et / s les images de / par Ts


et Ts respectivement. Ceci ayant pour but de simplifier la notation. Compte tenu des
propriétés de T, T et ï , noua obtenons par induction su: s Le théorème suivant.
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , f et f 34

Théorème 3.1.7. Soit s etn deux entiers non négatifs et f une fonction arithmétique.
Alors Ta! Ts et Ts préservent l'additivité et la multiplicativité. En particulier, si f £
A alors fa(n) = f(n)/2s et £(n) = / ( 7 ( n ) ) / 2 \ Lorsque f G CA, Js(n) = fa(n) =
f(n)/2°. Enfin si f G TA, fs(n) = fs(n) = / ( n ) / 2 s = f(f(n))/2s. •

Avant de généraliliser le résultat de Duncan, nous avons besoin d'un lemme qui
s'avère facile à démontrer.
Lemme 3.1.8. Soit f € A. Supposons que f est constante sur l'ensemble V des nombres
premiers et qu'elle satisfait à f(pT) — f(pr~l) — 0(1) uniformément pour p premier et
r > 2. Alors les expressions Ts(Pr) ~ T s (p r " 1 ) ) fs(pr) - Is(pr~l) et fs(pr) - fsip""1)
sont également bornées uniformément pour p premier et r > 2. De plus, les fonctions
f si fa et fs sont constantes surV.

À chaque fonction g constante sur V) on associe les constantes suivantes

Cg := g(2) et Dg := cgC +
g(f) - gif-1)
r
n<x p
où C est la constante de la relation (3.3) et 7 est la constante d'Euler,

Voici maintenant le théorème que nous améliorerons dans la section suivante.


Théorème 3.1.9. Soit f une fonction additive satisfaisant les hypothèses du lemme
3.1.8. Alors

x
n<x

n<x
Dl
spj(n) Si- •
n<x

Démonstration. Si g G A et est constante sur "P, on a

n<x n<xpr\\n n<x pr\n

p<x
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 35

Alors la relation (3.3) et le lemme 3.1.8 permettent d'obtenir les égalités du théorème
si on prend soin de remplacer successivement g par / s, fs et fs. D

On remarque que le terme d'erreur pour les valeurs moyennes de / s, fs et fs obtenus


par De Koninck et Grah est O{^~). Nous verrons, dans la prochaine section, que celui-
ci peut être grandement amélioré.

3.2 Amélioration du terme d'erreur

Dans cette section, nous allons démontrer que le terme d'erreur O(j^— ) apparais-
sant dans les égalités du théorème 3.1.9 peut être diminué en un terme O{\—m±i )
T
\ |Og X'
pour un entier positif m arbitraire.

Il est important de noter que les prochains lemmes, corollaires et théorèmes pro-
viennent de Mercier [7].
Lemme 3.2.1. Soit k, j des entiers non-négatifs et soit a un nombre réel tel que
a > k — 1. Alors on a

ta+2 ( a f c + !)

où (^ désigne la dérivée k-ième de la fonction zêta, et une somme vide est interprétée
comme étant égale à zéro.

Démonstration. Puisque

alors pour obtenir le résultat, il suffit d'évaluer l'intégrale


t
a dt, 0<i< k.
Ji t ^< ~ ~
Pour i — 0, on a
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 36

et pour 1 < i < fc, on a

A *a+2 h L
En utilisant l'intégration par parties nous obtenons
+1
r n+1 logJt
log>t _ J^
^ r! (ji)
r\(j) /log J r
(log~j-T(n
(n + l) logJ"rn\

de sorte que

r+1 i^ft - lim f


Le développement de n l = ((n + 1) — l) 1 nous permet finalement d'obtenir pour a >
i — l,i > 1,

Ceci termine la démonstration du lemme. D

Corollaire 3.2.2. Pour tout entier non-négatif j , on a


n l o g i + l N

\n=l

Démonstration. D'après le lemme précédent, on a pour a > 0,

Or pour a dans un voisinage de 0, on a d'après un résultat de Ferguson [8]

n=l
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , / et f 37

et ainsi on obtient

k
^. (3.5)
k=j+l

En remplaçant (3.5) dans (3.4), on obtient le résultat. •

Nous avons également besoin du résultat suivant.


Théorème 3.2.3. Soit a un nombre réel avec a > — 1 et soit k G N. Alors pour tout
m GN, on a

où les constantes c< sont définies par

Ci —

Démonstration. Pour a > — 1 et /e > 0, on a

En utilisant l'intégrale de Stieltjes, on peut donc écrire

?} = 1
Or d'après le théorème des nombres premiers,
x

pour chaque entier positif m, d'où l'on obtient

f*+ ( x ) k
, ., N fx+

Maintenant l'équation (3.6) devient

(3.7)
t f • •/ j i D"" ' "
p<x

Puisque
...Vit- O f --—-
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , f et f 38

on a d'une part

x y^fx\k r0"^ /"t {t\k Xa^ P% $t\k


/

log m x

et d'autre part pour 1 < i < m et pour x assez grand,

/ ^ 2 log*"1 É dt = O(ar°- 1 + £ ), pour tout e > 0.

C'est pourquoi pour a > — 1, on peut écrire

logy
^.o+i r°° u\k / T«+I \
(3.8)

et en remplaçant (3.8) dans (3.7), le résultat suit. •

Une conséquence immédiate de ce résultat est donnée par le corollaire suivant.

Corollaire 3.2.4. Pour tout m G N, on a

{t]logi lt
'

Nous allons maintenant énoncer le théorème clé qui va nous permettre d'améliorer
le terme d'erreur des relations du théorème 3.1.9. Ce théorème, obtenu par Mercier [7],
est en réalité une généralisation d'un théorème de Segal [9].

Théorème 3.2.5. Soit m un entier positif arbitraire et soit a un nombre réel plus grand
que 1. Soit f une fonction additive telle que n(f) est une constante pour chaque p et
telle que, pour chaque k > 2, f(pk) = O(2fc/°) uniformément en p. Alors on a
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 39

S>2 p

- (i-1)1(1+'

= -—rr— lim

et 7 = 70 désigne la constante d'Euler.

Démonstration. Puisque

alors nous pouvons écrire

^v(.f)\-] + T (fb^-fiv"-1)) | ?]

c
p<x p<x

(3.9)

II faut maintenant trouver l'ordre de grandeur des deux sommes à l'extrême droite
de (3.9). Puisque

alors

ǫJ E fc>|2S| P>2 F

Or d'une part, on a pour le second membre de droite de (3.10)

2fc/a
Ei«E?«* H «r^H- (3.11)
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 40

et d'autre part, pour le premier membre de droite de (3.10)

E o/c/a^l/fc \ "* ofc/a~,l/fc i \ "* n/c/a~,l/fc ^ _,


Iog2

pour un certain e > 0. Puisque


i o^j. x
Iog2
alors
/a-l/fc ss —
log x

C'est pourquoi, on obtient en remplaçant (3.11) et (8.12) dans (3.10) que


J} / ic\ f f Jt 1 — 1 N

P 1Og
>« fe>2 p*> x

ce qui entraîne que


f(pk) - f(Pk~l)

converge, De plus, nous avons également


2h/a+
Yl Y,2h/a
Iog2

ce qui nous donne pour le quatrième membre de droite de (3,9)

E (/(?')- /(?'-')) {^} « E i/<?') i « E E2'/a« '


(3.15)
Finalement on obtient de (3.13), (3.14) et (3.15) que

k>7
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 41

En utilisant le corollaire 3.2.2, le corollaire 3.2.4 ainsi que le comportement asymp-


totique de (voir [10])

l
- = loglogz +7 + J2 ( W ~ £)+ l) + ° ( t o g ^ ) P°Ur t0Ut m>0>
nous obtenons le résultat. •

Voyons maintenant un corollaire de ce théorème qui s'avère crucial pour améliorer


le terme d'erreur des relations de 3.1.9.

Corollaire 3.2.6. Soit u(ri) la fonction arithmétique définie au chapitre 1. On a alors

m) = xloglogx + x 7 + > logtl ) -f - \ ~x / —r~


lo x
n<x u£ §

Démonstration. Il suffit d'appliquer le théorème 3.2.5. •

Afin d'effectuer la démonstration du prochain théorème, nous avons besoin du lemme


qui suit,

Lemme 3.2.7. Soit f £ A et a un nombre réel plus grand que 1. Supposons que
f est constante sur l'ensemble V des nombres premiers et est telle que, pour chaque
r > 2, f(pr) — /(p1""1) = 0(2") uniformément pour p premier et r > 2. Alors les
expressions f s(pr) - f sip1"1), Js{pr) - Js(jPT~l) et fa{pr) - îsip1"1) sont également
bornées uniformément pour p premier et r > 2. De plus, les fonctions f s , fs et fs sont
constantes sur V.

Notons qu'à chaque fonction g constante sur V, on associe les constantes suivantes

cg := 5(2) et Dg := cgC +
n<x p

C := 7+ Ç [l0^1 ~ p)
et 7 est la constante d'Euler,
Chapitre 3. Valeurs moyennes des Fonctions f, f et f 42

Théorème 3.2.8 (Théorème d'amélioration). Soit f une fonction additive satisfaisant


les hypothèses du lemme 3.2.7 et m un entier positif arbitraire. Alors

x-£/.(»> =

07/,

(-iy ..
7,- = ,/ hm n

Démonstration. Si 5 G ^4 et est constante sur V, on a

n<x p<x p
r>2

p<X ^ p<X PS
r>2

p r s*
r>2

Alors le corollaire 3.2.6 et le lemme 3.2,7 permettent d'obtenir les égalités du théorème
si nous prenons soin de remplacer successivement g par / s, fs et fs. D

II est important de noter que nous aurions pu obtenir comme terme d'erreur 0{~t^)
en utilisant un résultat de Rosser et Schoenfeld [11]. Ceux-ci avaient établi que
Chapitre 4

Propriétés de certaines convolutions

II est possible de caractériser les fonctions multiplicatives en se basant sur les convo-
lutions impliquant la fonction noyau 7, définie au chapitre 1, comme fonction K dans
les /('-convolutions. En effet, Shonhiwa [12] étudie le cas pour la fonction noyau, Mais
qu'en est-il pour d'autres fonctions apparaissant dans certaines convolutions?

La première section portera donc sur les propriétés que nous fournit la fonction
noyau. La section suivante traitera des convolutions impliquant d'autres fonctions arith-
métiques comme restriction.

4.1 La fonction noyau

L'étude des convolutions incluant certaines conditions nous permet de caractériser


les fonctions multiplicatives versus celles complètement multiplicatives en nous fournis-
sant quelques identités et propriétés très simples. Entre autres, l'article de Shonhiwa
traite des deux convolutions suivantes :
Définition 4.1.1. Soit f et g deux fonctions arithmétiques. On pose

(fog)(n)=
d\n

Définition 4.1.2. Soit / et g deux fonctions arithmétiques. On pose


Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 44

Ainsi, ces deux convolutions sont très intéressantes puisqu'elles préservent la multi-
plicativité. Voici d'ailleurs deux résultats bien connus de McCarthy [2] .

Lemme 4.1.3. Soient f, g G M. Alors


1) fogeM,
2) fxgeM.

Démonstration. Nous ne démontrerons le lemme que pour le premier cas puisque le


second se traite de manière analogue. D'abord, remarquons que le produit ( / o g) est
une convolution de la forme

d\n

où la fonction K(n, d) est définie de la façon suivante :

0 sinon.
Le théorème 1.3.2 nous assure que la convolution de deux fonctions / , g E M est
aussi dans M si pour tout m,n,d et e tels que d\m, e\n et (m,n) = .1, on a que
K(mn,de) = K(m,d) • K(n,e). Ainsi, il s'agit de vérifier si les deux égalités suivantes
ont lieu :

2). 7 /mn\ = /m
h7) n7
Puisque d\m) e\n et (m,ri)= 1 pour tout m,n,d et e, on a que (d, e) = 1 et (Jj, -) = 1
et comme 7 est une fonction multiplicative, le résultat suit. •

II est important de noter que dans les théorèmes qui suivent, la fonction E qui
intervient est la même que celle que l'on a définie à la section 1.2.

Le lemme précédent motive le théorème qui suit,

Théorème 4.1.4. Soient f, g et h e M. Alors, pour tout entier n > l, on a

Corollaire 4.1.5. Supposons que f e M. Alors / € CM si et seulement si


Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 45

Un autre résultat intéressant découle du théorème 3.1.4.

Corollaire 4.1.6. Soit / = E dans le théorème précédent, Alors, pour tout entier n > 1
et g, h e M, on a,
(h*g) = (g + h) + {hog),
En particulier,

Examinons un exemple concret de ce dernier corollaire. En effet, supposons que /


G M. Alors / est complètement multiplicative si et seulement si (/r) = ( / * / ) . Re-
marquons que nous aurions pu utiliser le corollaire 3.1.5 pour obtenir le même résultat,
soit en vérifiant que [(/ * / ) * / ] = / ( r * E).

De plus, on sait que / G CM si et seulement si f(g * h) = fg * fh pour toutes


fonctions arithmétiques g et h (voir Shonhiwa [12]). Il existe un équivalent à ceci avec
le produit o ,

Corollaire 4.1.7. Supposons que / G M. Alors / G CM si et seulement si

(/G? ° h)) = fg o fh pour toutes fonctions g et h.

Ce résultat découle de la proposition 1.2.7 et du corollaire 3.1.6. Voyons un exemple.

Soit / G M. Alors / G CM si et seulement si (/ * ftp) = fi où tp est la fonction


d'Euler et I(n) = n pour tout n G N. En utilisant le corollaire 3.1.6, (/ * ftp) =
f + f<p + f ° /V> et le résultat suit immédiatement. Mentionnons un dernier corollaire
important.

Corollaire 4.1.8. Soient f,GÇ:Metg = G*fi. Alors / G CM si et seulement si

(/ * fg) - fG.

En terminant, examinons deux derniers théorèmes, Le premier nous fournira une


identité sur les opérations o et x. Le deuxième, par contre, nous révélera une ca-
ractérisation des fonctions complètement multiplicatives. Les deux théorèmes suivants
proviennent de [12].

Théorème 4.1.9. Soient f, g et h e M. Alors pour tout entier n > 1, on a

[(/Ï * g) * /j = [(/ + g) - E] * h + [(g x h) o / ] .


Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 46

Théorème 4.1.10. Soit f € M et f~l son inverse selon la convolution de Dirichlet.


Alors f e CM si et seulement si

pour tous les nombres premiers p et tous les entiers e > 2.

Démonstration. (=*•) Supposons que / € CM. Alors on a

d\n

y;

De même,

ce qui établit la première implication.


(-4=) Supposons que

Or

et
Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 47

En combinant (4.1) et (4.2), on obtient

impliquant que / * (pe) = 0 si e > 2 et donc que / G CM. •

4.2 Autres fonctions comme condition de convolu-


tion

Nous allons maintenant étudier les cas où une autre fonction arithmétique, disons
une fonction p, est utilisée dans les convolutions :

U°fi9)(n) :=
d\n

d\n
p(d)=p(n)

Le cas où p = 7 ayant déjà été traité dans la section 4.1, nous examinerons les cas où
p s= (p,cr,u,Çl et JJ?. Notons que, tout au long de cette section, nous avons choisi de
considérer uniquement le cas où / et g sont des fonctions multiplicatives puisque l'étude
de telles fonctions se fait plus aisément en raison de leurs propriétés. Puisque nous nous
attardons aux fonctions multiplicatives / , nous nous attarderons à leurs valeurs sur les
puissances de nombres premiers, c'est-à-dire aux valeurs de f(pe), p premier, e entier
positif, Commençons d'abord par examiner / opg.

Théorème 4.2.1. Si p = ip,a ou fi, alors


f'(pî)q(pï) si e pair.

0 si e impair .

Démonstration, Nous établirons seulement la preuve pour (p car celles pour a et il se


font de la même façon. On a

t=0

Puisque </?(p') = <p{pt~%), on a i = e - ?', i.e. i = | . Il s'ensuit qu<:


Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 48

f si e pair,
\
{0 si e impair .

2
Théorème 4.2.2. Si p = ji , alors
( f(p)g(p) si e =2,
0 si e = 3,
e-2
•*) e > 4 .

Démonstration. Puisque ,u2(pl) = fi2(pe ! ) si e = 2 et i = 1 ou si e > 4 pour i =


2, 3 , . . . , e — 2, le résultat suit. •
Théorème 4.2.3. Si p = u, alors
e-l

Démonstration. Puisque u(pl) = u(pe~l) si i ^ 0 et si i < e — i, le résultat suit. D

Nous constatons facilement que pour p — u), cela nous ramène à l'étude de la fonction
noyau étudiée par Shonhiwa. Voyons maintenant pour les convolutions de la forme

Théorème 4.2.4. Si p = ip,a ou Q, alors

Démonstration. Nous considérons seulement le cas p — y, puisque la même démonstration


tient pour u et D. On a

i=0

Mais puisque ^(p1) = p(pe) seulement lorsque i — e, le résultat suit facilement. •


Théorème 4.2.5. On a
Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 49

Démonstration. Il suffit de remarquer que ui{pl) — ui(jf~%) pour tout i > 1. D

Encore une fois, on constate qu'avec p = eu, on revient au cas étudié par Shonhiwa,

Théorème 4.2.6. Pour p = fi2,

'f{p) + g(p) sie = l,

2_^f{p)g{v ) 5îe> 2 .
„ i=2

Démonstration. Il suffit d'observer que y?(p%) = fi2(pe) pour tout i > 2 si e > 2 ou
pour î = Oet£ = l s i e = l . D

La plupart des convolutions étudiées dans cette section fournissent des relations
moins simples que celles obtenues dans la section précédente. Toutefois, on constate
que celles avec p = u coïncident avec celles établies par Shonhiwa.
Chapitre 5

Conclusion

Nous avons entrepris l'étude des convolutions arithmétiques sous divers aspects.

Dans un premier temps, nous avons étudié les opérateurs de moyenne sur différents
ensembles de diviseurs. On a vu que les opérateurs T, T et T préservent la multipli-
cativité et l'additivité. Les opérateurs H\ et Hi ne préservent pas l'additivité. Pour ce
qui est de préserver la multiplicativité, ceux-ci se comportent assez étrangement, en ce
sens qu'ils préservent la multiplicativité de quelques rares fonctions multiplicatives et
peuvent être aussi multiplicatifs avec quelques fonctions additives. Aussi, les fonctions
génératrices nous ont permis de déterminer l'allure de quelques fonctions sous l'applica-
tion des opérateurs inverses de T et T. On a également vu que, comme les opérateurs
T, H\ et B.2 ne sont pas bijectifs, leurs inverses ne peuvent exister. De plus, T et T
sont des convolutions arithmétiques régulières tandis que T, H\ et Hi ne le sont pas.
Il semble donc que la possibilité de trouver l'inverse d'un opérateur repose sur le fait
qu'on est en présence d'une convolution arithmétique régulière.

Ensuite, on a grandement amélioré le terme d'erreur intervenant dans l'étude des


valeurs moyennes des fonctions / , / et / qui avait, préalablement, été obtenu par De
Koninck et Grah. Ainsi, nous avons établi que le terme d'erreur O(j^) pouvait être
en réalité O(r~nîrrj) pour un entier positif m arbitraire.

Finalement, on a constaté qu'il était possible de caractériser les fonctions multipli-


catives en se basant sur des convolutions impliquant la fonction noyau comme fonction
K dans les ff-convolutions introduites à la section 1.3, On a tenté, ensuite, d'établir
d'autres caractérisations en utilisant diverses fonctions arithmétiques en remplaçant la
fonction noyau par celles-ci. Nous avons établi que la fonction u nous procurait exac-
tement lot; mêmes caractérisutions que la fonction noyau, alors que pour les autres
Chapitre 5. Conclusion 51

fonctions, on obtenait des propriétés plus complexes.


Bibliographie

[I] Apostol, T.M. Introduction to Analytic Number Theory. Springer-Verlag. (New


York), 1976.
[2] McCarthy, P.J. Introduction to Arithmetical Functions. Springer-Verlag (New
York), 1986.
[3] De Koninck, J.M. et A. Mercier. Introduction à la théorie des nombres. Modulo
Éditeur, 1994.
[4] De Koninck, J.M. et J. Grah. Moyennes sur certains ensembles de diviseurs d'un
entier. L'enseignement mathématique 42 (1996), 97-123.
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(3) (1987), 309-317.
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[9] Segal, S.L. On prime-independent additive functions. Archiv der Mathematik 17
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[10] Landau, E. Primzahlen. Chelsea Publishing company.
[II] Rosser, J.B. et Schoenfeld L. Approximate formulas for some functions of prime
numbers. Illinois J. Math. 6 (1962), 64-94.
[12] Shonhiwa, T. Core Function Based Characterisations of Number Theoretic Func-
tions. Quaestiones Mathematicae J. 27(2004), 185 -194.

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