Convolutions de Fonctions Arithmétiques
Convolutions de Fonctions Arithmétiques
Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval
dans le cadre du programme de maîtrise en Mathématiques
pour l'obtention du grade de Maître es sciences ([Link].)
2007
Je tiens aussi à remercier mes parents, Richard et Lizette, pour leur amour, leur
appui financier tout au long de mes études, leurs encouragements, leur compréhension
et surtout d'avoir cru en moi.
Résumé ii
Avant-propos in
1 Introduction 1
1.1 Les fonctions arithmétiques 1
1.2 La convolution de Dirichlet 4
1.3 Principes de convolution généralisée 7
1.4 Les fonctions génératrices 8
1.5 Intégrale de Stieltjes et autres définitions 11
5 Conclusion 50
Bibliographie 52
Chapitre 1
Introduction
Ce chapitre est une synthèse des principales notions de théorie des nombres qui se-
ront utilisées tout au long de ce mémoire. On y traite, en autre, des fonctions arithmétiques
et de leurs propriétés, de la convolution de Dirichlet, des convolutions généralisées, des
fonctions génératrices qui seront utilisées plus particulièrement dans le chapitre 2, de
l'intégrale de Stieltjes et de quelques autres définitions importantes pour le chapitre
3. Il faut noter que quelques petits résultats seront énoncés, certains d'entre eux avec
démonstration et d'autres sans preuve, et cela dans le but d'alléger le contenu du pre-
mier chapitre,
Les principales fonctions arithmétiques utilisées pour l'étude des convolutions sont
les suivantes :
i) 4>(n) : la fonction d'Euler qui donne le nombre d'entiers positifs m < n tels que
pgcd(m, n) — 1 ;
Chapitre 1. Introduction
p\n
p«||n
(3{n)= Y[ a ;
p«||n
T h é o r è m e 1.1.2. Soit n = qllql2 • • • q*T où q\,..., qr sont des premiers distincts. Alors
r(n) = (oi -
Qi
Deux caractéristiques fondamentales traitées ici sont les notions de fonction multi-
plicative et de fonction additive. Ces notions seront capitales dans notre étude sur les
convolutions de fonctions arithmétique:!5.
Chapitre 1. Introduction 3
Il est facile de constater que les fonctions définies en i) ii), iii), vi), viii) et ix)
sont multiplicatives et que les fonctions introduites en ix) et x) sont complètement
multiplicatives. Maintenant, introduisons la notion de fonction additive.
Définition 1.1.4. On dit qu'une fonction arithmétique / est additive si /(l) = 0 et
f(mn) = f(m) + f(n) lorsque m et n sont relativement premiers, c'est-à-dire (m,n) =
1. Si la relation tient pour tout m,n, alors on dit que la fonction est complètement
additive. De plus, si f(pa) = f(p) pour tout premier, on dit alors que / est fortement
additive. On désigne respectivement par A, CA et TA l'ensemble des fonctions additives,
complètement additives et fortement additives.
Les fonctions définies en iv) et vii) de même que la fonction log sont additives. Dans
notre étude sur les convolutions de fonctions arithmétiques, nous nous intéresserons
aux sommes de telles fonctions sur différents ensembles de diviseurs. Nous allons donc
énoncer un premier théorème.
Théorème 1.1.5. Soit f et g € M. Si
d\n
alors F e M.
Démonstration. Soit (m,n) = 1. Alors d\mn <*=> d = d\dï où di\rn, di\n et (di,^) = 1.
C'est pourquoi
F{mn) = V/WSI—r)
d|mn
- EE/(*«.(S)
d\\m
Chapitre 1. Introduction
= F(m)F(n).
n
Corollaire 1.1.6. Soit / une fonction multiplicative. Alors la fonction F définie par
d\n
d\n d\n
d\n
Chapitre 1. Introduction 5
ii) (f *g)*h = f * (g * h) ;
iii) f * {g + h) - f * g + f * h.
Aussi, on peut facilement vérifier que l'ensemble des fonctions arithmétiques muni
de l'addition et de la convolution de Dirichlet forme un anneau commutatif. De plus, cet
anneau possède un élément neutre pour la convolution. En effet, la fonction E définie
par
1 si n = 1 ,
E(n) = ,
^ 0 autrement .
est l'élément neutre pour cet anneau.
Définition 1.2.3. Soit / une fonction arithmétique. On dira que la fonction arithmétique
g est l'inverse de f si f*g~g*f = E. Cet inverse sera noté / - 1 . II est important de
mentionner que si / possède un inverse, il est unique.
Question : Est-ce que toutes les fonctions arithmétiques ont un élément inverse ?
et c'est pourquoi / ( l ) ^ 0.
1 / IYS \
Démonstration. (=>) Si / est complètement multiplicative alors, quelles que soient les
fonctions g et h, pour tout n,
(f(9*h))(n) = /(n)
d\n
- £/«>.«>/(=)» G)
d\n
= (f9*fh)(n).
(<*=) Supposons que l'équation tienne pour g = 1 et pour h — \i. On a alors
La convolution de Dirichlet est une notion qui peut être généralisée pour traiter
les différents ensembles de diviseurs d'un entier sur lesquels portent l'étude. La convo-
lution généralisée porte le nom de K"-convolution. Ainsi, nous pouvons grâce à la K-
convolution étudier le comportement d'une quantité de fonctions arithmétiques sur
divers ensembles de diviseurs. Le livre de McCarthy [2] traite de ces principes d'une
façon très claire.
Définition 1.3.1. Soit K une fonction à valeurs complexes définie sur l'ensemble des
diviseurs d'un entier n. Si f et g sont deux fonctions arithmétiques, alors leur K-
convolution est définie par
Remarque 1. On pourrait démontrer que les propriétés (1) — (4) nous assurent que
nous sommes en présence d'une convolution commutative et associative. De plus, la
propriété (2) nous indique que si nous effectuons la if-convolution de deux fonctions
multiplicatives, alors la if-convolution sera elle aussi multiplicative, tandis que (1)
nous assure que l'ensemble sur lequel la K-convolution portera contiendra au moins les
diviseurs unitaires.
Pour une démonstration de ce théorème, voir P.J. McCarthy [2] (p. 149-154)
Définition 1.3.3. Une if-convolution arithmétique est dite régulières! elle satisfait les
conditions suivantes :
(i) les conditions (1) - (4) sont valables pour la fonction K,
(ii) K(n, d) — 0 ou 1 pour tout n et d U Ile que d\n.
Chapitre 1. Introduction 8
(iii) Si \IK = I~l alors (iK(jPa) = 0 ou 1 pour tout p premier et tout a > 0. On la
notera par A.
x
/-
, (l)w / ( 1 )
et
/-i(n) = ~YJK('"<,à)f{d)rï Q ) pour t o u t n > L
Proposition 1.3.4. Soit / une fonction arithmétique multiplicative telle que /(l) ^ 0.
Alors f~l est multiplicative.
sont associées. Ainsi, étant donné une fonction arithmétique / , sa série de Dirichlet
correspondante est :
n=l
où s est une variable complexe. Notons que dans le présent ouvrage, on se limitera au
cas où s est réel.
Chaque série de Dirichlet possède une représentation unique pour chaque fonction
arithmétique. Avant d'énoncer le théorème de représentation, nous allons définir ce
qu'est une abscisse de convergence absolue fini aa.
Théorème 1.4.2. Soient F(s) = £ ~ = 1 &Ù. e j G(s) = Y%=\ ^ deux séries de Di-
richlet ayant la même abscisse de convergence absolue o.a. Supposons qu'il existe une
suite divergente S\ < S2 < ... < Sfc < • • • ^ e iue F(sk) — G(sk) pour chaque k E N.
Alors f(ri) = g(n) pour chaque entier positif n.
Démonstration. Posons h(ri) = /(n) — g (ri) et H(s) = F (s) — G (s). Montrons que
fi = 0. Pour ce faire, on procède par contradiction en supposant qu'il existe n € N tel
que h(n) ^ 0. Soit alors N le plus petit entier positif tel que H(N) ^ 0. On aura alors,
pour s > aa,
h(n)
n=l n=N n=N+l
= NsH(s) -
n=N+l
y ^.
Soit c > aa. Choisissons k suffisamment grand pour que Sk > c. Alors
OO | , / \ i
Sk r
h(N) | < N J2 ,
n-A'4-l ' n=A'4-l
Chapitre 1. Introduction 10
I Kn) |
n=N+\
Or, pour N fixe, (J^TÏ)'' 0 —• 0 lorsque A; —• oo, alors que les expressions (iV + l) c et
]>^LJV+I L i ^ demeurent bornées. Cela veut dire que h(N) = 0, ce qui contredit le choix
minimal de N. •
Théorème 1.4.3. Soit f une fonction arithmétique multiplicative pour laquelle aa est
fini. Alors, si s > aa,
ns
où h = f *g.
F(s)G(s) =
n=l n-1
Chapitre 1, Introduction 11
^ f(m)g(n)
^ v
(mn)s
—\n=l '
r=l
Voyons deux exemples de fonctions génératrices très fréquents, mais auparavant re-
gardons un dernier théorème sur les fonctions génératrices qui effectue un lien intéressant
avec le produit de Dirichlet de fonctions multiplicatives.
Exemple 1.
1
Exemple 2.
Dans le chapitre 3, nous allons étudier le terme d'erreur apparaissant dans cer-
taines relations. Puisque ces relations comportent des sommes finies, nous devons définir
l'intégrale de Stieltjes. De plus, nous devons également définir les fonctions ir(x) et
Li(x), la partie fractionnaire et la partie entière d'un nombre réel, le coefficient bino-
mial ainsi que la notation o(...),O(...) de Landau.
Il s'avère que certaines sommes finies sont plus faciles à évaluer si on les écrit comme
des intégrales de Stieltjes. Ainsi, l'intégrale de Stieltjes I de la fonction / sur l'intervalle
[a, b] par rapport à la fonction g est notée par
/ = [ fdg= [ f(t)dg(t).
Ja Ja
Chapitre 1. Introduction 12
'" f(t)dA(t)=Tf(n).
Finalement, voyons ce qu'est la notation o(...), O(...) de Landau qui sera présente
tout au long du chapitre 3.
Définition 1.5.5. Soient f et g deux fonctions définies sur [a,+oo[ (où a > 0), on dit
que /(x) = O(g(x)) s'il existe deux constantes M > 0 et x0 telles que | /(x) | < Mg{x)
pour tout x > XQ. On écrit aussi parfois /(x) < g(x).
Définition 1.5.6. Soient f et g deux fonctions définies sur [a,+oo[ (où a > 0), on dit
que /(x) = o(g(x)) si, pour chaque e > 0, il existe une constante Xo = xo(e) telle que
| /(x) | < eg(x) pour tout x > XQ.
Définition 1.5.7. Étant donné deux fonctions f et g définies sur [a,oo) (où a > 0),
on écrit /(x) ~ g(x) pour signifier que
Chapitre 2
d\n *\n
d libre de carrés
où / est une fonction arithmétique, s'avère intimement liée à celle des fonctions arithmétiques
/ , / et / , associées à la fonction arithmétique / et définies par
^ ' d\n
d\n
d Ubre do carrés
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 14
d\n
4
T(f) := 7,
T(f) := /,
?(/) :- 7
Exemples
(A) Â(n) = A(n)r(n 2 ).,
(B) JE(n)=7T(n) = p(n).
Il est très intéressant de constater que les opérateurs T,TetT préservent la multipli-
cativité et, l'additivité.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 15
/ (mri) =
•(mn)
d\mn
r{m)r{n)
= /(n)+/(m).
Ll
II est important de noter que la réciproque du théorème précédent est valable pour
/ et f, alors qu'elle est fausse pour / ; en effet, / G A n'implique pas f € A. Par
exemple, considérons la fonction suivante :
,. v f 2( n ) si p2|n pour un certain nombre premier p,
\ u)(n) autrement .
Alors / n'est pas dans A puisque par exemple /(2 2 • 32) = 24 = 16 ^ /(22) + /(3 2 ) =
22 + 22 = 8. Par contre, on a que / = w(n) = ^ e A
pa\\n m=l
7(n) = |/(n
7(n) =
p a ||n m=l
IK1
p|n
Pa\\n
p\n
fin) = f(n)g(n).
p\n
2«(n)
d\n
Exemple
Posons f(n) = *j=l. Alors g(n) = jfc et f(n) = *&g(n). Puisque /(n) = ^ € FM,
on a également f(n) = f{nyg{n).
(ToT)(g)~(ToT)(g),
c'est-à-dire g~ = ~g.
Démonstration. Nous allons prouver ce résultat dans le cas où g G M. Pour ce qui est
du cas g £ A, il se traite de manière semblable et utilise le fait que les opérateurs T et
T sont linéaires.
m=0
p«||n
p a ||n
p°\\n
p a ||n
- ^j p°||nne5
m=0
p a ||n
Exemple
p+
pa\\n
r(n 3 7(n))
Exemples
1) Fonction diviseur :
T(n) =
r(n) = 4 # 1
w(n)
2 '
fi(n) =
3) Fonction d'Euler
n
r(n)'
p«||n
p«||n
p°||n
i9(n) = 1.
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 21
Va\\n
Dans la section précédente, nous avons étudié les propriétés ainsi que les différentes
formes que prennent les fonctions arithmétiques sous l'application des opérateurs T,
T et T. Cette section sera consacrée à l'étude des opérateurs inverses de T, T et T
appliqués à diverses fonctions. D'abord, on considérera le cas de la fonction / , ensuite,
celui de / et nous terminerons avec le cas de / . Pour ce faire, nous utiliserons les
fonctions génératrices introduites dans le chapitre précédent.
{gr){n) = (1
Exemples
n=l
-fin
/(p a ) = 2a + l (a = 0,1,2,...)
2) g = <t> => f =
n=l
3p(p - 1) - 2(p -
,,2.i
D'où
1 si a = 0,
f(p°) ={2p~3 si a = 1 ,
pa-2(p_ - a) a > 2.
1 si a = 0,
{ 2p-l Bia-1,
p a > 2.
Considérons maintenant le cas de la fonction / . Nous voulons donc cette fois résoudre
l'équation :
d\n
pour n = pa avec a un entier positif, ce qui nous facilitera la tâche car / est multipli-
cative. On a
(i *„/)(?<*)=
Or, puisque nous sommes en présence d'une convolution unitaire, la sommation est
réduite aux cas i = 0 et i — a, et c'est pourquoi nous obtenons finalement que
Chapitre 2, Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 24
Voyons quelques exemples pour certaines fonctions multiplicatives. Encore une fois,
il suffit d'évaluer / sur les puissances de nombres premiers.
Exemples
t=0
2a+ 1.
f(pa) = 2a + l (a = 0,1,2,...).
1=0
On obtient donc
2(pQ-pQ~1)-l sia>
= 2(p°+1-l)-p + l
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 25
1 si a = 0,
f(P°) !
1 si a = 0,
2p — 1 si a > 1 .
0 si a = 0,
' ' ;.:
En ce qui a trait au dernier cas, celui où f = g, soit qu'il n'existe pas de fonction
/ telle que / = g ou soit, au contraire, qu'il en existe plus d'une seule. On a vu dans
le théorème 2.1.3 que les opérateurs T et T sont bijectifs, Ainsi, on a pu établir assez
facilement leurs inverses à l'aide des fonctions génératrices. Or, l'opérateur T n'est pas
bijectif. En effet, cet opérateur n'est pas injectif, Posons
n '
Alors, on obtient
9i{n) =
p\n
7(n)2 ,
o(n)
7(n)'
Chapitre 2, Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 26
Puisque T n'est pas injectif, cela nous indique que l'opérateur inverse de T possède plus
d'une solution. Donc, plusieurs fonctions ne possèdent pas d'inverse.
De plus, on peut facilement s'apercevoir que dans les deux premiers cas traités ( T
et T), nous étions en présence de convolutions arithmétiques régulières, définies à la
section 1.3, comparativement au dernier cas (T) qui n'en était pas une.
#1 (/)(") = ~èz
p\n
p°>\\n
Examinons, dans un premier temps, l'allure que prennent quelques fonctions arith-
métiques sous l'application de ces deux nouveaux opérateurs.
Exemples
(A) / = r :
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 27
' p"\\n
(B) / - P :
1
p\n
_L_ v
p|n
'
(C) / =
V
' P°1|n
(D) / = 7 :
oi(n)
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 28
(E) / = a :
Ha (a (n) =
ui[n)
(F)/-w:
. . . . ui(n)
H2{uj)(n) = ç±^-
(G) / = Q :
H2{Q)(n) = 1.
Comme Hi(f)(n) = 1 quel que soit n, il est clair que Hi(f) est une fonction multipli-
cative. U
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 29
II est évident que les fonctions (3, Cl et tu satisfont aux hypothèses du théorème 2.3.1.
Théorème 2.3.2. Soit f une fonction multiplicative ou additive telle que f(pQ) — a
pour tout p premier et a entier positif, alors H%(f) est multiplicative.
» ' p«||n
rt^(n)
-1
Théorème 2.3.3. Soit f une fonction additive. Alors les fonctions H\(f) et fytf) ne
peuvent être additives.
Démonstration. Soit / une fonction additive et supposons que Hi(f) est additive. Nous
allons montrer que cela est impossible, En effet, si tel était le cas, alors on aurait, pour
(m n) =-: 1
). (2.2)
Explicitement, ceci veut dire que
v
) x
()
/
y\;nn p\rn p\n
Chapitre 2. Opérateurs basés sur différents ensembles de diviseurs 30
(2.4)
p\mn p\m p\n
v v
p\n ' p\m p\n
Mais comme
£/w
p|?n p|m
contredisant ainsi la relation (2.2), i.e. le fait que H\(f) est additive. •
En ce qui concerne les inverses de H\ et de H^, nous nous rendons compte très
facilement que les deux opérateurs ne sont pas injectifs. En effet, on a, par exemple,
que Hi{0){n) = #i(w)(n) = Hi{Q)(n) = 1 et que H2(@)(n) = H3(Si)(n) = 1. Ainsi, les
inverses de ces deux opérateurs n'existent pas. Encore une fois, on remarque, dans les
deux cas, que nous ne sommes pas en présence de convolutions arithmétiques régulières.
Chapitre 3
Dans ce chapitre, nous porterons notre attention sur l'étude des valeurs moyennes
des fonctions / , / et / et améliorerons le terme d'erreur O ( j - — ) obtenu par De
Définition 3.1.1. Etant donné une fonction arithmétique f{n), n un entier, s'il est
possible de trouver une fonction ip(n) croissante telle que
Par exemple, il est facile de montrer que la valeur moyenne de la fonction u(n)
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , f et f 32
<z p|n
et
où C := 7 + J2P (log(l ~ p) + p) 7 e s t ^a constante d'Euler.
Définition 3.1.2. On dit qu'une fonction mesurable R: [2, +oo[—> R + est une fonction
à variation régulière s'il existe un nombre réel p > 0 tel que pour chaque a > 0, on a
Il est important de noter que nous n'étudierons que les fonctions continûment
dérivables à variation régulière.
On peut montrer (voir le livre de Seneta [5] , p. 2) que toute fonction à variation
régulière R peut s'écrire sous la forme R(x) = xpL(x), où p G R et L € C.
Définition 3.1.4. On dit qu'une fonction arithmétique / possède une valeur moyenne
régulière si la fonction (p de la définition 3.1.1 est une fonction régulière. On la note
VM(f). De plus, elle est unique.
Nous pouvons maintenant entreprendre l'étude des valeurs moyennes des fonctions
/ , / et / . Auparavant, voyons quelques théorèmes sur les valeurs moyennes régulières.
Démonstration. Les parties (i) et(ii) ainsi que les égalités (3.1) découlent immédiatement
du fait que f = f = \f pour toute fonction / G FA. D
Théorème 3.1.6. Soit f G FA telle que f(p) = R(p) pour chaque nombre premier p,
où R est une fonction continûment dérivable à variation régulière non décroissante qui
possède la représentation R(x) = xpL{x), avec p> 0 et L G C. Alors la valeur moyenne
régulière de la fonction f existe si et seulement si celle de la fonction f existe, auquel
cas
VM(f) = 2VMÇJ ). (3.2)
R.L. Duncan a montré (voir [6]) que la moyenne de la fonction w(n) sur les diviseurs
de n est égale à ^ loglogn, De façon plus précise, Duncan a démontré qu'il existe une
constante c telle que
- V \ r(ri)
__ r I x^
YV(n) = -loglogz+
loglogz+ c + O[
22 \logx
x t—* \ r(ri)
n<x \ v
' d\n I n<x \ o
(Ts(f))(n) = J L J2(T,-i(f))(d),n> 1.
d\n
Théorème 3.1.7. Soit s etn deux entiers non négatifs et f une fonction arithmétique.
Alors Ta! Ts et Ts préservent l'additivité et la multiplicativité. En particulier, si f £
A alors fa(n) = f(n)/2s et £(n) = / ( 7 ( n ) ) / 2 \ Lorsque f G CA, Js(n) = fa(n) =
f(n)/2°. Enfin si f G TA, fs(n) = fs(n) = / ( n ) / 2 s = f(f(n))/2s. •
Avant de généraliliser le résultat de Duncan, nous avons besoin d'un lemme qui
s'avère facile à démontrer.
Lemme 3.1.8. Soit f € A. Supposons que f est constante sur l'ensemble V des nombres
premiers et qu'elle satisfait à f(pT) — f(pr~l) — 0(1) uniformément pour p premier et
r > 2. Alors les expressions Ts(Pr) ~ T s (p r " 1 ) ) fs(pr) - Is(pr~l) et fs(pr) - fsip""1)
sont également bornées uniformément pour p premier et r > 2. De plus, les fonctions
f si fa et fs sont constantes surV.
Cg := g(2) et Dg := cgC +
g(f) - gif-1)
r
n<x p
où C est la constante de la relation (3.3) et 7 est la constante d'Euler,
x
n<x
n<x
Dl
spj(n) Si- •
n<x
p<x
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 35
Alors la relation (3.3) et le lemme 3.1.8 permettent d'obtenir les égalités du théorème
si on prend soin de remplacer successivement g par / s, fs et fs. D
Dans cette section, nous allons démontrer que le terme d'erreur O(j^— ) apparais-
sant dans les égalités du théorème 3.1.9 peut être diminué en un terme O{\—m±i )
T
\ |Og X'
pour un entier positif m arbitraire.
Il est important de noter que les prochains lemmes, corollaires et théorèmes pro-
viennent de Mercier [7].
Lemme 3.2.1. Soit k, j des entiers non-négatifs et soit a un nombre réel tel que
a > k — 1. Alors on a
ta+2 ( a f c + !)
où (^ désigne la dérivée k-ième de la fonction zêta, et une somme vide est interprétée
comme étant égale à zéro.
Démonstration. Puisque
A *a+2 h L
En utilisant l'intégration par parties nous obtenons
+1
r n+1 logJt
log>t _ J^
^ r! (ji)
r\(j) /log J r
(log~j-T(n
(n + l) logJ"rn\
de sorte que
où
n l o g i + l N
\n=l
où
n=l
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , / et f 37
et ainsi on obtient
k
^. (3.5)
k=j+l
Ci —
?} = 1
Or d'après le théorème des nombres premiers,
x
f*+ ( x ) k
, ., N fx+
(3.7)
t f • •/ j i D"" ' "
p<x
Puisque
...Vit- O f --—-
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f , f et f 38
on a d'une part
log m x
logy
^.o+i r°° u\k / T«+I \
(3.8)
{t]logi lt
'
Nous allons maintenant énoncer le théorème clé qui va nous permettre d'améliorer
le terme d'erreur des relations du théorème 3.1.9. Ce théorème, obtenu par Mercier [7],
est en réalité une généralisation d'un théorème de Segal [9].
Théorème 3.2.5. Soit m un entier positif arbitraire et soit a un nombre réel plus grand
que 1. Soit f une fonction additive telle que n(f) est une constante pour chaque p et
telle que, pour chaque k > 2, f(pk) = O(2fc/°) uniformément en p. Alors on a
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 39
où
S>2 p
- (i-1)1(1+'
= -—rr— lim
Démonstration. Puisque
^v(.f)\-] + T (fb^-fiv"-1)) | ?]
c
p<x p<x
(3.9)
II faut maintenant trouver l'ordre de grandeur des deux sommes à l'extrême droite
de (3.9). Puisque
alors
2fc/a
Ei«E?«* H «r^H- (3.11)
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 40
P 1Og
>« fe>2 p*> x
k>7
Chapitre 3. Valeurs moyennes des fonctions f, f et f 41
l
- = loglogz +7 + J2 ( W ~ £)+ l) + ° ( t o g ^ ) P°Ur t0Ut m>0>
nous obtenons le résultat. •
Lemme 3.2.7. Soit f £ A et a un nombre réel plus grand que 1. Supposons que
f est constante sur l'ensemble V des nombres premiers et est telle que, pour chaque
r > 2, f(pr) — /(p1""1) = 0(2") uniformément pour p premier et r > 2. Alors les
expressions f s(pr) - f sip1"1), Js{pr) - Js(jPT~l) et fa{pr) - îsip1"1) sont également
bornées uniformément pour p premier et r > 2. De plus, les fonctions f s , fs et fs sont
constantes sur V.
Notons qu'à chaque fonction g constante sur V, on associe les constantes suivantes
cg := 5(2) et Dg := cgC +
n<x p
OÙ
C := 7+ Ç [l0^1 ~ p)
et 7 est la constante d'Euler,
Chapitre 3. Valeurs moyennes des Fonctions f, f et f 42
x-£/.(»> =
07/,
(-iy ..
7,- = ,/ hm n
n<x p<x p
r>2
p<X ^ p<X PS
r>2
p r s*
r>2
Alors le corollaire 3.2.6 et le lemme 3.2,7 permettent d'obtenir les égalités du théorème
si nous prenons soin de remplacer successivement g par / s, fs et fs. D
II est important de noter que nous aurions pu obtenir comme terme d'erreur 0{~t^)
en utilisant un résultat de Rosser et Schoenfeld [11]. Ceux-ci avaient établi que
Chapitre 4
II est possible de caractériser les fonctions multiplicatives en se basant sur les convo-
lutions impliquant la fonction noyau 7, définie au chapitre 1, comme fonction K dans
les /('-convolutions. En effet, Shonhiwa [12] étudie le cas pour la fonction noyau, Mais
qu'en est-il pour d'autres fonctions apparaissant dans certaines convolutions?
La première section portera donc sur les propriétés que nous fournit la fonction
noyau. La section suivante traitera des convolutions impliquant d'autres fonctions arith-
métiques comme restriction.
(fog)(n)=
d\n
Ainsi, ces deux convolutions sont très intéressantes puisqu'elles préservent la multi-
plicativité. Voici d'ailleurs deux résultats bien connus de McCarthy [2] .
d\n
0 sinon.
Le théorème 1.3.2 nous assure que la convolution de deux fonctions / , g E M est
aussi dans M si pour tout m,n,d et e tels que d\m, e\n et (m,n) = .1, on a que
K(mn,de) = K(m,d) • K(n,e). Ainsi, il s'agit de vérifier si les deux égalités suivantes
ont lieu :
2). 7 /mn\ = /m
h7) n7
Puisque d\m) e\n et (m,ri)= 1 pour tout m,n,d et e, on a que (d, e) = 1 et (Jj, -) = 1
et comme 7 est une fonction multiplicative, le résultat suit. •
II est important de noter que dans les théorèmes qui suivent, la fonction E qui
intervient est la même que celle que l'on a définie à la section 1.2.
Corollaire 4.1.6. Soit / = E dans le théorème précédent, Alors, pour tout entier n > 1
et g, h e M, on a,
(h*g) = (g + h) + {hog),
En particulier,
(/ * fg) - fG.
d\n
y;
De même,
Or
et
Chapitre 4. Propriétés de certaines convolutions 47
Nous allons maintenant étudier les cas où une autre fonction arithmétique, disons
une fonction p, est utilisée dans les convolutions :
U°fi9)(n) :=
d\n
d\n
p(d)=p(n)
Le cas où p = 7 ayant déjà été traité dans la section 4.1, nous examinerons les cas où
p s= (p,cr,u,Çl et JJ?. Notons que, tout au long de cette section, nous avons choisi de
considérer uniquement le cas où / et g sont des fonctions multiplicatives puisque l'étude
de telles fonctions se fait plus aisément en raison de leurs propriétés. Puisque nous nous
attardons aux fonctions multiplicatives / , nous nous attarderons à leurs valeurs sur les
puissances de nombres premiers, c'est-à-dire aux valeurs de f(pe), p premier, e entier
positif, Commençons d'abord par examiner / opg.
0 si e impair .
t=0
f si e pair,
\
{0 si e impair .
•
2
Théorème 4.2.2. Si p = ji , alors
( f(p)g(p) si e =2,
0 si e = 3,
e-2
•*) e > 4 .
Nous constatons facilement que pour p — u), cela nous ramène à l'étude de la fonction
noyau étudiée par Shonhiwa. Voyons maintenant pour les convolutions de la forme
i=0
Encore une fois, on constate qu'avec p = eu, on revient au cas étudié par Shonhiwa,
2_^f{p)g{v ) 5îe> 2 .
„ i=2
Démonstration. Il suffit d'observer que y?(p%) = fi2(pe) pour tout i > 2 si e > 2 ou
pour î = Oet£ = l s i e = l . D
La plupart des convolutions étudiées dans cette section fournissent des relations
moins simples que celles obtenues dans la section précédente. Toutefois, on constate
que celles avec p = u coïncident avec celles établies par Shonhiwa.
Chapitre 5
Conclusion
Nous avons entrepris l'étude des convolutions arithmétiques sous divers aspects.
Dans un premier temps, nous avons étudié les opérateurs de moyenne sur différents
ensembles de diviseurs. On a vu que les opérateurs T, T et T préservent la multipli-
cativité et l'additivité. Les opérateurs H\ et Hi ne préservent pas l'additivité. Pour ce
qui est de préserver la multiplicativité, ceux-ci se comportent assez étrangement, en ce
sens qu'ils préservent la multiplicativité de quelques rares fonctions multiplicatives et
peuvent être aussi multiplicatifs avec quelques fonctions additives. Aussi, les fonctions
génératrices nous ont permis de déterminer l'allure de quelques fonctions sous l'applica-
tion des opérateurs inverses de T et T. On a également vu que, comme les opérateurs
T, H\ et B.2 ne sont pas bijectifs, leurs inverses ne peuvent exister. De plus, T et T
sont des convolutions arithmétiques régulières tandis que T, H\ et Hi ne le sont pas.
Il semble donc que la possibilité de trouver l'inverse d'un opérateur repose sur le fait
qu'on est en présence d'une convolution arithmétique régulière.