n~STITUT FRAHCAIS du CAFE, du CACAO
et AUTRES PLAlTTES STHIDLANTES
I.F.C.C.
34 rue des Renaudes PlffiIS 17ème
PROJET DE CREATION D' UNE SECTION CACAOYER
A LA STATION I.F •C•C. D 1 ILlIYJL-EST
A lITADAGASCAR
Rapport de ~fission à r1adagascaJ:'
présenté par J. LIABEUF
Ingénieur Agronome
Adjoint au Directeur Général
de l'l.F.C.C.
-:-:-:-:-:-:-
AVRIL 1966
PLA N du R AP P 0 R T
..
-:-: :-;-:,.; ..
.. IHTRODUCTIpN
l _ LA CULTURE DU CACAOYER DANS LE SANBIRAHO
- Résultats actuels de la Station d'Am~ja dans le domaine de la
sélection du Criollo
II - LA CULTURJ::: DU CACAOYER SUR LA COTE ::ST DE lIADAGASCAR
- Z~ne de Sambava
- Z8ne de I~jary
III - PROBLE~JES POSBS PAR J'EXTENSION DE LA CULTUIlE DU CACAOYER SUR LA COTE EST
IV .. PROJDT DE CRE.'\TION D'UNE SECTION DE RECIOOCHES SUR LE CACAOYER
A lu'\. STATION DI ILAY...A
~) - ~o~~~_~~"::~S~~::5:~~
- -- - - - - - -- - -- - -
- Amélioration du matériel végétal
~ ~
Sélection Criollo - Hybrides à ~sse claire
2 - ~~o;:o~~
IIéthodes culturales
O.nbrage
Densité de plantation
Fertilisation associée à densité d'ombrage
Différente systèmes de taille
Essais multilocaux de comportement
Fermentation
Séchage
Stockage
4 - Lutte phytosanitaire
------ .. ----
b) - His~ .e~~~~_~;:~~~is :
Parc à bois collection de gènes
Collection de descendances illégitimes
Densité optimum de la plantation
Essai d'engrais associé à différentes densités d'ombrage
Essais multilocaux
d) - Devis estimatif
- COnCLUSION
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- 1 -
IlJTRODUCTION
Le Plan de Développement quinquénal 1964-1968 de I~dagascar prévoit,
dans le cadre de son programrùe de diversification des cultures, l'eztension
de la culture du cacaoyer sur la Côte-Est.
Le l'ünistère d'Etat, chargé de l'Agriculture, a demandé à l'Institut
Français du Café et du Cacao quelles dispositions il pouvait envisager de
prendre pour appuyer cette action en matière de RecheTche Agronomique.
Dans ce but, rI. LlABEUF, Adjoint au Dircctelœ Général de l'l.r.C.C.,
a été envoyé en mission à IIadagascar en février-nars 1966, pour étudier stœ
place avec les autorités et les représentants loca~~ de l'I.F.C.C., après
avoir visité les principales zônes d'implantation actuelles de la culture
du cacaoyer et celles d'~:tension possibles de la Côte-Est, les conditions
dans lesquelles l'I~F.C.C. pourrait apporter son support scientifique à
cette action nouvelle de développement.
Le présent rapport donne les résultats de cette étude, précise
le programme de recherches qu'il y a lieu d'entreprendre dans le cadre
de la Côte-Est et propose les moyens à mettre en oeuvre et tUl devis chiffré
pour sa réalisation.
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- 2 -
l - lu\. CULTURE DU CACAOYER Dlùm LE êlJ!B.l~JQ
La quasi totalité de la production actue:L1::; 1e cacao de Hadagascar
est fournie par le Sambirwlo où l'on recense environ 2 300 11ectares de cacaoyers,
dont la plus grande part appartiennent à deux importantes Sociétés.
Les cacaoyers des plantations anciennes, ~gés d'une cinquantaine
d'années, ont un développement tout à fait exceptionnel. Ce sont de véritables
arbres de 12 à 15 mètres de hauteLœ, plantés à des espacements qui varient
de 5m X 5m à 4m x 4m, très e::ceptionnollement 3,5m)~ 3,5m, sous ombrage perma-
nent d'Inga Dulcis, mais aussi d1lûbizzia Lebbeck (bois noir) malheureusement
sensible aux pOLœridiés des racines.
Certaines plantations sous couvert de Terminalia I-frultali présentent
un excellent aspect végétatif.
Bien que cette région onregistre une saison s0che de six mois
(mai à octobre), le cacaoyer prospère de façon tout à fait remarquable dans
les alluvions fertiles déposées par 10 fleuve Sambirano, gr~ce à l'existence
d'une nappe phréatique asse::.; proche de la sLU"face qui naintient un sol frais
tout au long de la période sans pluie.
Un accroissement notable des surfaces en lTIQlieu paysan gr~ce à
l'action de la C.E.A.n.p. (Centrale dlEquipement et de r~ ,rnisation du Paysan--..
nat) notamment dans le Haut-Sambirano, dWla le cadre du plan de développement
de cette production est enregistrée depuis cos deTnières années, avec l'appui
teclmique de la Station Centrale du Cacao d' Amba11ja dont la gestion est
confiée à l'l.F.C.C.
L'encadrement des producteurs est assuré par la C.E.A.II.P. qui dis-
poso à Bemanevilq d'une unité couplète qui va de la fourniture du plant
sélectionné à la production du cacao LUŒchand.
Ce centre, qui fonctionne CODll~e une coopérative comprend :
- Un centre de bouturage du cacaoyer d'une capacité è.e production
de 25 000 boutures par an, avec une ombrière attenante,
- Un parc à bois irrigué planté en 1962, constitué à partir de cinq
clones Criollo et Trinitario à casse claire, sélectionnés h Ambanja,
- Un atelier de fermentation (fcr~entoir) comprenant deux batteries
de 4 cuves en gradins (feTmcntation 5 à 6 jours),
- Un laveur Paul lCaack,
- Un séchoir solaire à claies mobiles sc1.pcrposables en cinq étages,
abritéos sous un hangar Eiffel de 300 m2 de surface couverte,
- Un séchoir à air chaud Vlanson,
-3-
- Un magasin de conditionnement et de stockage.
L'atelier est prévu ?our un traitement annuel de 250 tonnes de cacao
murchand.
Les cabosses sont cassées sur les lieux de prod~ction. Les fèves
fraiches sont livrées à l'atelier qui les paye sur la base de 25 francs mal-
gaches le kilo.
La C.E.A.M.P. sloccupe de la C01NJercialisation du produit et rever-
se éventuellement une ristourne au planteur suivant le prix de vente du cacao~
Une unité de traitement analogue, comprenant, laveur, four, séchoir
et magasin fonctionne à Ambalavelona à proxi[uté d'iUnbanja. La fermentation
du cacao est effectuée dans les fermentoirs de village sur les lieux de la
production~
Le matériel végétal cultivé appartient d'une part au groupe Criollo,
à cabosses rouges, qui est responsable de la bonne réputation acquise par
le cacao malgache en début de siècle, mais aussi au Trinitario, d'introduction
plus récente, qui tend malheureusement à gagner, car plus productif et plus
vigoureux donc préféré des cul ti va teurs, malgré une qualité bien inférieure
du produit.
Une particularité du Criollo de Madagascar est d'avoir des fèves
dodues de petite taille, d'un poids généralement inférieur au gramme.
Cependant parmi les Trinitario, certains produisent des fèves
"à casse claire", qui une fois fe:cmentées fournissent "Lm produit de qualité
pratiquement équivalente à celle des Criollo et des fèves d'un poids supé-
riGur au gramme. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas et la proportion
des Trinitario "à casse foncée" tend à augmenter très considérablement depuis
quelques années dans 10 cacao dit "CrioUo lIalgache".
- Résultats actuels de la Station ~'~banja dans le domaine d~
sélection ~ -;;c-a~y-;;;-
Le premier objoctif que s'était tracé l'I.F.C.C. en 1961, lors de
la prise en charge de la Station dlAmbanja, était d'essayer de sauver la ré-
putation du Cacao de T1adagascar en établissant un progr&Joe de sélection du
Criollo, proposé par TT. BRAUDEAU. Tous les premiers efforts ont porté S"Lœ la
mise au point d'une méthode de multiplication végétative des Criollo qui aurait
pormis d'envisager la création de plantations ùe clones sélectionnés. Il a
fallu près de cinq ans pour arriver à obtenir des résultats positifs dans ce
domaine. La méthode de bouturage retenue, sous "mues" de feuilles de polyéthy-
lène, donne de bons résultats à l' enracinümcnt, mais malhelœousemont la vi-
gueur des plants issus de bouture laisse à désiror dans los champs. Leur vul-
garisation à grande échelle ne peut être abordéo.
La sé10ction générative dos Criollo par autofécondation donne des
plants peel vigoureux et le pouvoir germinatif dos fèves est assez irrégtllier.
Il nia pas été possible de continuer uniquement dans cette voie.
- 4 -
La sélection végétative des Trinitario n'a pas présenté de diffi-
culté maje1Ire et le comportement des clones est excellent.
On a pu constater que les fleurs de certains Trinitario pollinisées
artificielleuent avec du pollen Criollo dormaient des fèves pratiquement
blanches qUi, après fermentation fournissaient un })roduit de qualité tout
à fait comparable à celle des Criollo. Cette aptitude de certains Trinitario
a ~tre "blanchis" par des Criollo purs a permis d'envisager d'~lne part la
création de plant~tions polyclonales de Trinitario avec une certaine propor-
tion de pollinisatetœs Criollo, d'autre Part d'élaborer un programme d'hybri_
dations contr~lées où le génite1.~ femelle est le Trinitario autoincompatible
et le génitetœ mâle le Criollo autocompatible, tout comme cela est pratiqué
avec succès entre les Haut Amazonier~ et les Amelonado ou Trinitario locaux
dans les 9ays d'Afrique Occidentale, pour des objectifs différents.
Le but final est de rechercher des ''hybrides à casse claire" qui
fotœnissent un produit homogène d'aspect d'une qualité équivalente à celle
des Criollo et ayant des fèves d'un poids supérieur au gramme.
Les premiers hybrides obtenus artificiellement viennent dr~tre
mis en comparaison. On observe chez eux aussi un phénomène d'héterosis
marqué dans le début de la végétation.
Sept champs semenciers expérimentaux isolés ont été mis en place
en 1965 en utilisant un m~me clone Trinitario comme génitelœ femelle et sept
Criollo différents comme génitetœs mâles.
Tout permet d'espérer que dans quelques années la Station I.F.C.C~
drAmbanja sera en mesure de distribuer des semences sélectionnées d'hybrides
à casse claire d'une qualité équivalente à celle des Criollo, ce qui est la
solution la plus économique pour un programme de développement à grande échelle
stTtout dans les z8nes où les communications sont souvent difficiles.
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II - b!...Q.UJ,TU]Œ DU CACAOYER SUR LA COTE EST
La cult1.lxe du cacaoyer sur la Côte Est a été anciennement pratiquée
mais elle est délaissée actuellement. Potœtant la cliraatologie de cette z8ne
avec des pluies abondantes réparties régulièrement au cours de l'année, des
températures moyennes de l'ordre de 24° avec des minina ne tombant générale-
ment pas en dessous de 10° sont des factours favorables lorsque le cacaoyer
est cultivé dans des terrains bien drainés. Toutefois la violence des cyclones
et les ravages qu'ils ont provoqués quelquefois semblent avoir incité les
planteurs à abandonner cette production.
Quelques vestiges de plantations subsistent cependant, notamment
dans la Région de Sambava et quelques plantetœs reprennent de l'intérêt pour
le cacaoyer dans la région de l~njary. Le service de l'Agriculture fournit
depuis quelques années des efforts pour r~lancer cette culture.
ZONE DE. 3AIffiAVA
La région de Sambava produit approximativement 5 tonnes de cacao
d'une qualité médiocre provenant de cacaoyers des groupes Criollo et Trini-
tario, mais aussi et surtout du groupe Forastero, deno~~é localement Tamatave
qui tend à prendre le pas sur les autres. En effet, le Forastero étant plus
robuste que le Criollo et m~me que le Trinitario, les remplacements et les
extensions ont été faites avec du Tamatave vigoure~[ mais à casse très foncée.
Au cours de notre mission il nous a été possible de visiter plusieurs
plantatiOns dans les Vallées de la Bemarivo, la Sambava et la Lokoho à proxi-
mité de la ville de Sambava.
1.- Pépinière de Niosarina. :
Le service de l'Agriculture a crée depuis quelques années au lieu
di t Niosarina, au niveau du nouveau pœ.t sur la Bemarive, une pépinière desti-
née à fournir des plants de Criollo aux cultivateurs de la Région.
La pépinière est installée stœ de riches alluvions. Au moment de
notre visite les plants âgés de cinq mois environ étaient de belle venue
mais assez irréguliers. Les semis ont été fait directement en pleine terre
ce qui est une erreur car la cacaoyer se transplante mal à racines nues et que
les mottes prélevées en place supportent difficilement le transport.
Au moment de notre passage 18 000 plants bons à mettre en place
étaient dispolubles.
Le service de l'Agriculture préconise la plantation en triangle
à 4 mètres en tous sens, avec ombrage.
Une petite plantation expérimentale, mise en place en juillet 1965,
avec un ombrage temporaire de bananiers et un environiJ.ement de très beaux
Albizzia Stipulata présentait un excellent état végétatif pour des pieds mis
en place depuis 8 mois. Les cacaoyers ont 2 mètres de hauteur et la couronne
est fornée partiellement.
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2.- ~unc plantation à Bemalamatia :
- Terrain d'alluvions dans la vallée de la Bemarive.
- Jeune plantation de Criollo d'avril 1965. Ecartement 4~x4m en
triangle. Owbrage d'Inga Dulcis et de bananiers mis en place en marne temps
que les cacaoyers.
Les plants ayant poussé en plein soleil ont un port buissonnant
provenant de l'existence de nombroux tror~s. Cette réaction semble habituelle
dans les plantations installées sans ombrage préalable. Dans une zene ombra-
gée avec des Albizzia Stipulata de 8 à 10 m de hauteur, on observe quelques
bea~~ cacaoyers âgés de 3 ans, L~is ayant une tendance à gourmander assez nette
dans les plages ensoleillées. De plus les écartements sont très variables,
sans doute du fait des manquants.
3.- Concess_ion Cunat près d'Ambariomiambana
- Vallée de la Sambava
Alluvions très fertiles. Quelques vieux cacaoyers abandonnés
subsistent.
Il s'agit de quelques pieds de lorastero et Trinitario d'une cin-
quantaine d'roLnées ayant un développement tout à fait remarquable :
- p~rt buissonnant, nombreux troncs de près de 15 m do hauteur
et CDurolli1e d'une dizaine de mètres de di8.h1ètre.
- ombrage d'klbizzia Stipulata.
4.- Plantation Kcringer à Andilanjayy
- Vallée de la Sambavn,
- Petite plantation do 4 ans issue de cabosses d'Ambanja sous
ombrage d'Albizzia Stipulata établie par le Service de l'Agricul-b;xo,
- Ecartement3 irréguliers, trop laches - :ranque d'entretien général,
- Cacaoyers à troncs multiples,
- Quelques cabossos de type Trinitario.
5.- .Q.Q..noess:h.o_n La!!!E.A.Atl~s_aFalalina :
- Vallée de l'Ankatoka (nouvelle route Sambava à Andapa),
- Un millier de cacaoyers d'une cinquantaine d'années établis sur
anciens billons de vanille. Totalement abandonnée depuis 10 ro1S. Les cacaoyers
de type Forastero surtout et quel~ues Trinitario, sont plantés à 4~x3m. Port
buissonnant (jusqu'à 20 troncs par pied). Couvert continu des arbres,
8 à 10 m de hauteur. Tapis de jeunes plants au sol.
Quelques cabosses vertes saines. ~algré l'humidité ambiante ~UCU
ne trace de pourrittœe constatée sur les cabosses. Quelques grands eacao;rers
couchés par les cyclone~ fournissent des buissons de 40 à 50 troncs sur
15 à 20 mètres carrés.
- 7 -
6._ Plan~op. Dubosc à riIaro,jala ;
_ Vallée de la Lokoho,
- Gérant II. GUICIWlD,
_ Surface de cacaoyers, une quarantaine d'hectares,
- Quelques anciens carreaux de cacaoyers de plus de quarante ans,
dont certains couchés par les cyclones, sont repartis on fournissant de nom-
breille gourmands tout le long du tronc.
Nombreux types Trinitario, quelques rares Criollo. Tous les rempla-
cemonts ont été faits avec du Forastero (Tamatave) - Quelques pieds assez
chargés de cabosses,
_ Un carreau de Trinitario planté en 1957 sous ombrage d'Albizzia
Stipulata à écartement de 6w<6m a été fort endommagé par le cyclone de 1959
(1 500 pieds).
En bordure de route et dans les plages ensoleillées attaques des
rameaux analogues à celles des capsides et chancres caractéristiques Slœ les
branches anciem1es ~
Les riches sols d'alluvions limoneuses des basses vallées de la
BeD~ive et de la Sambava et accessoirement celles de la Lokoho conviennent
particulièrement bien à la culture du cacaoyer. Ils sont généralement occupés
par des cultures de café et de vanille. Une reconversion des pllli~tations
les plus ancielU1es pourrait être envisagée, notamment pour certaines planta-
tions de vanille puisqu'il y a surproduction actuellement et que la présence
de Glyciridia utilisés COLE10 sup}ort peutful~ un ombrage a~préciable permet-
tant le démarrage des cacaoyers.
Les alluvions en bas de pente sont généralclilent disponibles et
certainos collines ~anotys)couvertes de forêt naturelle et dont les pentes
ne SOlIt pas errodées pOlœraient âtre retenues pour installer des cacaoyers.
L'ouverture des nouvelles routes de Sambava vers Andapa et Antsirabé
en direction de Vohemar offre des possibilité de desserte à cette région, où
une intensification de la culture du cacaoyer a toutes chances de réussir.
Un levé pédologique Slœ une carte au 1/50 000 permettrait de faire
une évaluation précise des surfaces qui pourraient ~tre consacrées au cacaoyer,
en ne perdant pas de vue uno concentration maximum des plantations de façon
à pouvoir envisager un traitement coopératif du produit, comme cela a été
envisagé par le C.E.A.M.P. à Bemaneviky dans le Haut Sambirano.
Il semble, dans un premier stade, qU'lIDe surface de l'ordre de
1 000 hectares pourrait ~tre consacrée au cacoyer dans les abords do Samba~a~
Les méthodes culturales adaptées à cette région seraient à mettre
au point. Etant donnée la violence des cyclone~ il conviendra de rechercher
les z~nos abritées et de préconiser des densités de plantation plus fortes de
façon à ce que les cacaoyers donnent moins de prise aUJé vents~
-8-
ZONE DB :J0:JANJARY
La culture du cacaoyer dans la région de îIananjary, située à 21°
de latitude Sud, a pratiquement disparu pourtant quelques vieux cacaoyers
Criollo ayant une cinquantaine d'années subsistent. }~lgré une absence qt~si
totale de soins ils ont une végétation tout à fait remarquable.
Une quinzaine de piods so trouvent chez II. LURAT et deux arbres
exceptionnels existent à Marojala dans la concession Rankin.
Cos deux cacaoyers Criollo croissent en plein soleil dans un
environnement d'ambiance forestière; par suite d'un manque de taille ration-
nelle ils ont un port buissonnant (nombreux troncs et gourmands) et consti-
tuent chacun une colonne (port habituel dos Criollo) de l'ordre de 7 m de
heuteur Slœ 4 m de diamètre. Au moment de notre visite, le 11 mars, ils
portaient quelques cabosses mnres et de nombreuses cherelles.
Les cabosses sont du même type que le Criollo du Sambirano, à
savoir:cabosse rouge très véruqueuse, ovoïde, pas de pointe accusée, sillons
marqués, de taille moyenne, fèves dodues de petite taille.
La production annuelle de chacun de ces pieds est de l'ordre de
150 cabosses soit environ 4 500 gr de cacao sec ( 33 cabosses pour fournir
1 kg de cacao sec).
Les semences issues de ces quelques pieds sont à l'origine d'tme
certaine reprise de la cacao culture dans cette z8ne.
Au cours de notre mission il nous a été possible de visiter deux
plantations appartenant l'une à rTrne. DOUSSAUD, concession Rankin (gérant
II. AlilOT), l'autre à la C.A.I.C. ( Nantaise)
1.- Concession C.A.I.C. près de Tsiatosika (rananjary) :
Cette importante société qui possède de magnifiques plantations
polyclonales de caféiers hybrides Robusta-Congensis a décidé de reconvertir
une partie de ses anciennes plantations de caféiers Robusta en cacaoyers
Criollo et d'effectuer un essai.
Des consignes très strictes ont été fOL~rnies par la direction gé-
nérale de la C.A.I.C. qui a recom,~ndé de planter les cacaoyers dans les
vieux caféiers à écartement de 4 ID ~; 4 m sans aucun ombrage conplémentaire.
5 000 plants, dont les semences proviennent de chez Lurat et Raru~in
ont été mis en place entre 1961 et 1963 dans ces conditions. Les caféiers
ont été arrachés erui~i 1963, ce mois a été suivi par une saison froide parti-
culièrement marquée (minimum absolu 7 0 ) .
Le résultat de cette méthode est catastrophique. Les plus anciens
cacaoyers sont atteints d' un "die back" avancé avec de nombrüu.x troncs, un as-
pect do buisson désseché, pas do couronne formée. Beaucoup de jeunes cacaoyers
sont morts. Les raDeaux récents non encore desséchés présentent des tnch--[1
bronzées de l'écorce qui ne sont pas dues à des piqûres d'insectes, nais,
- 9 -
semblc.t-il à des alternances trop brusques dca tClilpératureS.
A la suite d'un lJassage de j·T. :;"~ImlANN, Directeur de l'loF.C.C. à
I~dagascar, en 1965, des haies de Crotalaria et Flemingia ont été semées dans
les lignes de cacaoyers. Ces haies, au moment de notre passage le 10 mars,
mesuraient 1,50 m de hauteur et n'avaient pas encore fourni le résultat
escompté.
Elles auraient d~ etre installéœ avant la mise en place des cacaoyers
et dans l'interligne pour être efficaces.
Il ne semble pas qu'il y ait lieu d'espérer quoi que ce soit dela
plantation telle qu'elle a été condu:it~ juaqu"3. présent.
Les cacaoyers devraient 8tre arrachés, des arbres d'ombrage perma-
nent (Inga Dulcis, Albizzia Stipulata ou Albizzia Lebbeck) devraient être
plantés dans les lignes d'ombrage temporaire. Dans cette ambi~ce, QüS cacaoyers
élevés en pépinière potITraient être plantés en interlig1ïe dans quelques mois
à écartement ùe 3 m sur la ligne puisqu'il n'y a pas possibilité de réduire
l'écartement de 4 m entre les haies d'ombrage temporaire déjà implantées.
2.- Concession Rawcin :
La concession Rankin gérée par fT. AIIIOT est située dans une boucle
du fleuve Hanmjary.
Depuis quelques années une reconversion partielle des anciennes
caféières en cacao~res à partir de semences prélevées sur les deux pieds de
Criollo qui existaient sur la propriété a été décidée. 27 hectares ont été
plantés en novembre 1962 et mars 1963 sous ombrage d'Albizzia Lebbeck dans de
vieu.:: caféiers partielleilCmt éclaircis, à 3 m sur 3 fi en triangle.
Les cacaoyers plantés au sommet de la berge en 1962 ont une vege-
tation satisfaisante mais présentent des gourmands nombreux. Comme il est clas-
sique de le constater chez les cacaoyers du groupe Criollo, il 11' e:dste pas
de couronne bien individualisée à cinq branches partant d'unI même verticile.
Les cacoyers plantés en 1963 en bordure de la rivière Ilanajary sur des allu-
vions très fertile~ de la berge ont un très beau développement mais ont tendan-
ce eux aussi à produire de nombreux gourmands.
Au moment de notre passage il y avait une floraison assez importan-
te qui laissait prévoir lU1e récolte appréciable. Une très bonne impression
d'ensemble est r0tirée de cette plantation qui a été conduite r~tionnellement.
Il conviendrait toutefois de pratiquer l'enlèvement des gourmands
de façon à constituer des arbres à aspect normal, ce qui leur évitera de l'île!.
en hauteur.
Une petite pépinière,à proximité du domicile de II. AlIIOT, abritait
des planta de 4 mois, semés en sacs de polyéthylène,dans uno très bonne am-
biance. Les plants d'aspect régulier sont de:.:;tinés à de nouvelles c:~tonsions~
Un échantillon de cacao fcrllenté provenant de la toute première
récolte de cette plantation a été adressé au laboratoire de l'I.F.C.C. à Paris
pour analyse en février 1966. Le cacao présentait un bel aspect de Criollo mais
était sous-fermenté (trop de fèves compactes blanches d'aspect). Ce défaut
- 10 -
sGmble d~ au fait d'une part que la quantité de fèves mise en fermentation
était insuffisllilte car la récolte était eneore trop peu abondlli1te, mais
aussi, d'autre part, à cc que la température ariliiante est assez basse en pério-
de de récolte correspondant aux grandes pluies de fin d'année ce qui entrave
le démarrage normal de la fermentation.
3.- Station annexe du caféier de Killi1javatn :
LI I.F. C. C. gère à Kianjavata à 60 km à l'Ouest de lIanlliljary sur
la route de Fianarantso~un petit centre de recherche Ott l'on s'occupe parti-
culièrement des questions relatives à la multiplication végétative des caféiers~
Quelques cacaoyers issus des ancielliles collections de l'Ivoloina
ont été mis en collection à Kianjavata en 1960, ainsi que ~Jelques pieds gref-
fés provenant de Criollo intéressants repérés dans la région.
Actuellement aucune expérimentation SU1Vle n'est poursuivie à
1Cianjavata, mais la belle végétation des plants ~gés de s.ix lli1S, installés sur
terrain très accidenté avec ombrage permanent, prouve que la région avoisi-
nante peut ~tre retenue comme z8ne d'extension.
Dans le cadre dlu-~p]an de développement de la culttœe du cacaoyer
sur la Côte Est, la Station de lCianjavata qui ne dispose pratiquement pas
de terrain, pourrait servir de relai à une action technique menée à partir
d'un autre Centre.
Etant donné l'excellent comportement des jeunes plantations de
Criollo de la concession Rarucin et l'intéret que quelques sociétés de la
région semblent porter à la culture du cacaoyer pour les reconversions des
anciennes caféières, i l semble que la zôno de Hananjary puisse dllilS un proche
avenir envisager de devenir une région productrice de cacao dG qualité, sur
une surface que l'on pourrait évaluer à un millier d'hectares en première
approximation.
l:ais là aussi des méthodes culturales devront être miSGS au point.
Les basses températures enregistrées au moment de la grande récolte impose-
ront d'effectuer en plus des recherches pour la conduite de la fermentation
qu'il est indispensable de pratiquer d'une façon satisfaislli1te et complète
m~me avec le cacao Criollo.
o 0
- 11 -
III - PROBLEILS POSBS PAR LA CULTURE DU CACAOYER SUR LA COTE EST
Le développement de la culture du cacaoyer sur la côte est de îiadagas-
car est conditionné par la climatologie particulière de cette zôno qui est
caractérisé:par trois points:
Une pluviométrie très abondante, atteignant jusqu'à 3 m, répartis très
régulièrement au cours de l' année, sans saison sèche bien marquée. L'humidité
relative reste toujours supérieure à 70 %, mais l'insolation est assez forte
entre les averses.
La violence dès vents et la fréquence des cyclones exigent que l'on
choisisse des zônes abritées, alors quo l'ombrage s'avère indispensable.
Des températures moyem1es de l'ordre de 24° se maintenant en général
en saison fraîche (Juillet-Aout-8eptembre)en dessus de 10°, mais pouvant excep-
tionnellement tomber en dessous de 10 0 , comme à IIananjary, ce qui provoque des
arrêts marqués de végétation et créé des difficultés pour le démarrage normal
de la fermentation.
Par ailleurs une option doit être prise quant au groupe de cacaoyer à
cultiver. 8tant donné la position insulaire de IIadagascar, la réputation actuelle
du Criollo malgache, la situation présente du marché mondial du cacao et le
comportement des quelques pieds, vestiges de plantations anciennes sur la Côte
Est, une seule solution s'impose, c'est celle du Criollo ou tout au moins celle
d'un cacao ayant une qualité équivalente à celle du Criollo. Tout cacaoyer
Forastero ou Trinitario à casse foncée devrait être supprimé à Madagascar, de
façon à ne jouer que la cnrte du IICacao fin" de luxe dont l'écoulement à un
tarif avantageux ne pose aucun problème actuellement.
Ces quelques considérations montrent que les deux problèmes à résoudre
sur 10. Côte ='st sont ceux de l'Agronomio du cacaoyer sous ses différents aspects;
et ceux de la technologie du produit.
Qsels terrains choisir pour l'implantation des cacaoyers?
- Alluvions fertiles, mais demandant souvent un drainage
- Terrains de pentes sur les collines
Zones nécessairement abritées pour éviter l'effet des cyclones
Comment conduire la jeune plantation?
I l n'existe pratiquemont pas de forêt naturelleqqui puisse ~tre aménagée dans
les zônes à climatolOGie favorable au cacaoyer.
- Quel ombrage temporaire ~ choisir. Comment le supprimer progressivement.
Quelles méthodes culturales adoptcx-?
Quel ombrage permanent o.dopte:J:' ?
Les arbres d'ombrage sont indispensables comme régulateUlS de température et
brise vont, mais offrent uno prise aux cyclones !
Quelles essences choisir? - Quelle donsité ?
- 12 -
Quelle est la densité optimum de plnntation ?
Afin de couvrir rapidement le sol, donner moins de prise aux cyclones. Rende-
ment optimum? Cette notion semble avoir fait totalement défaut dans la
conduite des anciennes plantations.
Le cacaoyer Criollo semble exiger une taille de formation
- Quel procédé adopter pour constituer un arbre équilibré?
La récolte principale, d'après les renseignements actuels, est effectuée
en Octobre-Novembre qui coincide avec une période frai che mais très arrosée,
d'ou des difficultés pour la fermentation puis le séchage ensuite d'un produit
qui doit être de qualité irréprochable et conservé dans de bonnes conditions
avant son embarquement.
o 0
- 13 -
IV _ CREATION D'UNE ST..;crrION D=:; ~CHj~RCH~S SUR LE CACAO"'R.R A LA STA'rION D'ILAKA
L'Institut Français du Café et du Cacao dispose à la Station d'Ilaka
d'une infrastructure suffisante et de terrains encore disponibles qui lui
permettent d'envisager de crée~ dffiiS los conditions les plus favorables,une
section spécialisée de recherche sur le cacaoyor,pour épauler un plan de
développement de la cacaoculture sur la Côte ~st.
La région dlIlruca est très représontative,à quelques petites variantes
près,de la zone de culture possible s'étendant de Sambava au Nord à ~~akara au
Sud.
a)J~~~~a~_~~=~~~~=~~~§:7
Le progrnmme proposé ci-dessous a été mis au point avec la collabora-
tion de !'l. FRIDIIANN, Directeur de l'I.F.C.C. à Hadagascar et N. ROUSSEL, Directeur
de la Station Centrale du Cacao d'Ambanja.
Il devra comprendre les points suivants
1/ Amélioration du matériel végétal
2/ Agronomie
3/ Technologie
4/ Défense des cultures
1/ Amélioration du matériel végétal
Un programme de sélection du cacaoyer Criollo de ~Iadagascar établi
par H. BRAUD~U en 1961 a été entrepris à la Station Ccmtralo du Cacao d' Ambanja.
Cette station poursuivra le travail amorcé, tout en complétant ses
collections avec le matériel v6gétal repéré sur la C8te Est (pieds remarquables
chez Lurat - Rankin - Dubosq etc ••• ), qui sera utilisé dans de prochains croise-
ments dirigés destinés à fournir des Ilhybridos à casse claire ll •
~tant donné la qualité du Criollo de IIadagascar ct son bon état sani-
taire constaté, ~~cune importation de matériel végétal sélectionné tant Criollo
quo Trinitario fin n'est envisag~pour l'instant.
Rappelons, qu' éte.nt donné le manque de vigueur des Criollo purs
sélectionnés tant par voie végétative que par voie générative, l'objectif d'amé-
lioration poursuivi est la recherche "d'hybrides à cnsse claire ll provenant du
croisement entre un Trinitario considéré comme géniteur femelle et un Criollo
considéré comme génitour mâle. De tels hybrides, dont certains existent naturel-
leIDen~ fournissent un produit d'mie qualité équivalente à colle des Criollo purs,
mais ayant des fèves de plus GT~nde taille ot une vigueur tout à fait comparable
à celle des Trinitario.
14 -
Un - arc à bois II collection do iZènes ll constitué à partir des meilleurs cl~nes
sélectionnus à Ambanja IFI., Criollo ct Trinitari~ sera implanté à Ilaka,
pour étude de comportement. Ihis les travaux proprement dits de sélection et
d'hybridation seront poursuivis par la Station d'knbanja.
Une colloction d '~scendancos illégitimes dos meilleurs clônes sélectionnés
à Ambanja sera cô~stituée le plus rapidement possible à Ilcl(a de façon à faire
l'étude comparative de ces familles, ôais surtout pour fournir le matériel
nécessaire aux différents essais d'agronomie et do technologie •
• Dos essais systémati9uGs do bouturage du cacaoyer avec la méthode miso au
point à Ambanja ne seront entrepris que lorsque sera envisagée la création de
champs semenciors biclonaux, ou éventuellement la création de plantations
polyclonales,si cette techni~ue s'avè.re intérossante dans 10 cadre de planta-
tions de type coopératif ou industriel. Cela impliquerait alors la constitution
de parcs à bois de bouture de type 6lassique.
Des ossais de transport do bouture avec cal cicatriciel seront Gffectués entre
Ambanja et Ilru{a dès que possible pour la constitution du parc à bois collec-
tion de gènes.
Il n'existe pas de foret à propremont parler sur la Côte Est dans les
zOnes qui peuvent être consacrées à la culture du cacaoyer, or la présence d'un
ombraGe temporaire assez dense pour la conduite des jeunes plants, puis celle
d'un ombrage définitif par la suite s'avère tout à fait indispensable.
La création d'une anbi,~ènce forestière, d'un environnement ombragé doit
précéder l'implantation de la cacaoyère qu'il s'agisse de terres d'alluvions
pratiquement planes ou de collines (tanetys).
Les essais orientatifs suivants seront implantés :
~ssais de conduite do jeunes ulantations : Méthodes culturales.
La plantation de descendances illégitimes des clones d'Ambanja sera
utilisée d'une part à effectuer l'étude comparative des familles sur certains
secteurs, :-:iais aussi à effectuer des essais de méthodes culturales.
Los collections seront impl&ntées d'une part sur terres d'alluvions,
dont l'entretien peut éventuellement être mécanisé mais peut nécessiter des
travaux de drainage pendant les premières années, d'autre part sur tanety~ cc
qui correspond plus à la culture traditionnelle du petit paysan.
Des haios vives distantes de J m de Crotalaria mélangées à du Flemingia
seront somées 3 à 5 mois avant la ~use en place dos cacaoyers sur terrain entière-
ment défrich~ de façon à procurer un ombrage relativement dense.
La technique visant à placer des cacaoyers dans les haies utiliséa
peurle caféier avoc succès ( ce qui permot un entretien mécanique complet de
l'interli~no) sera comparée à la technique habituelle consistant à placer les
cacaoyers entre los lignes d'ombrage temporaire (ce qui empêche tout entretien
-.\~::..
, r-
- 1) -
mécanique maio permet au cacaoyer de oe développer plus harmonieuscment sans
~ tre gen6 par ln haie vive).
Essaio d'ombrage permanent
Deo essais tendant à rechercher les eooenceo les plus intérossantes
pour l'ombrage définitif en relation avec la nature du sol seIOnt do même
implantéo dane la collection de descendance illégitime.
Ces eeoais porteront notamment sur Inga Dulcis - Abbizzia Lebbeck -
Terminalia IIentali et Dcguelia semés dans les h~ios vives d'ombrage temporaire
à un écartement de 15 m en to~s sens.
~ssais de densité de pl&~tation
Leo éC.J.rtements adoptés di:1.ns les plantations de iIadagascar varient de
3m ~~ 4m jusqu 1 à 6m >< 6m à IIarojala ~D.mbavd. Certains plants ont été l:i±téraloment
couchés à la suite du cyclone do 1959. Afin de dOlli1er moins de prise au vent et
do façon à rechercher la plus crande productivité à l'unité do surfac~il cst
indispensable de rechercher la densité optimum de plantation.
Un ':::3sai porb.nt .sur 5 éco.rtenents variant de 2,50rn X 2,5Om (1.600
pieds/ha) à 3,5Om ~~ 3,5Om (784 pieds/ha) sera mis en place, sous couvert
d'Inga Dulcis.
3ssais d'engrais aGsociésà plusieurs densités d'ombragc
Afin d'être on mesure do répondre aUKcaféiculteurs qui utilisent habi-
tuellement les engrais dans leurs plantations. ~1 essai de fertilisation associé
à plusieurs densit03 d'ombrage permanent sera mis en place sur terres d'alluvions,
avec des ~lm1ts issus de boutures. Une plantation biclonale (1 Trinitario et
1 Criollo) afin d'avoir un matûriel génétique homogènc,pouvant servir éventuol-
lement de champs semencio~ sera envisagée pour cet essai.
~ssais de taille
Dans les conditions de culture de la Côte ~st, le cacaoyer Criollo
semble avoir une certaine prédisposition à fournir des gourmands nombreux.
Un essai mettant en comparaison une taille rationnelle, tendant à fournir un
arbre avec un tronc unique et Ul1e couronne équilibrée,avoc une croissancc libre
sera mis en place.
:ssnis multilocnux
LeG conditions cliL1éètologiques et édaphiques de la Côte Zst présentent
une certaine homogénéité dans leur ensemble, mais il ost toutefois indispensable
d'impl~1ter quelques essais multilocaux de comportement dans les zônes qui seront
retenues po.r le plan de d~vcloppeElent de la culture du cac:èoyer. Si los essO-is
suivis à Ilaka sont val~blos pour la réGion de Vatomandry, qui présente elle
O-ussi des possibili tés cert,:~ines en CQc~,oculture, il sera D3cessaire de prévoir
quelquos champs expérimentaux dans lD. zône de Sambava D.U Nord et do.ns celle de
IIananjnry au Sud. Ces OSSD.is devraient être conduits en relation avec l'organisme
qui sora chargé do l'O-ction d'encaùrement et de vulgarisation. Ils pourrO-ient
servir de plantation pilote et devraient ~tre implantés dès le début de la réali-
sation du plan de développement do la culture du cacaoyer sur ln Côte Bst.
- 16 -
1e climat très pluvioux de ln Côto Est ainsi que lm température:..:
basses onrogistréos surtout do.ns 10. pnrtio méridionalo constituont des fnctcu::c
défavorablos à la bonne prépo.rntion du cacno.
Des recherchos précisos pour let conduite de la formontntiol}. du C2.caO
Criollo seront ontreprises dès quo los premières plantations do collections
d'Ilclca rentreront en production.
Toutefois, o'fin de ne Po.s perdro do temps, du fait qu'il oxisto à Lè
concession Rr:.nlcin, 27 hectaros do Criollo dr:.ns un excellent état végétCltif qui
doivont .)ntrE:Z' on production on 1966-1967, les premiors travaux de recherche;
dO,ns co domoine soront effoctués on collaboration avoc cc plnnteur qui a
éprouvé des difficultés à traitor sn premièro récolte l'an dernior, du fait de
la fCliblo masso dont il disposait.
1e problème du séchngo sora étudié aussi on essayant do combiner,
séchago solaire nvoc séchago o'rtificiol comme cela il été conçu pour los unit{s
on fonctionnomont dnnsle Snmbirano, mnis la mise au point do séchoirs artis:J-
naux plus éconorJ.iquos ot ù l,", portéo do producteurs modostos ou de coopurn t-;'",~
villagooises sera envisague.
::;nfin la quostion du stocko.gc pend:mt quelquos mois avant l' embCD.'Cl'lo"
ment, dans une région aussi humide, devra fairo l'objet d'études ultériou~c8c
1'ét.:1t sani tairo des pl"ntations de cacaoyors oxistant à TbdngaccDT
est très sntisfClisant dans son ensemble, m$me dnns les vostiges de planb,tü'{:3
nbandorrnées de la Cate ~st.
- Que lqucs dégâts analOGUes à coux provoqués par los Ilirides ont été vus à
flarojala (Sambava) au cours do notre visite en borduro de plantation dane ~os
zônes ensoleilléos. Il s'agit do Boxiopsis madagascariensis décrit par
fI. LAVABR: à la sui to de la nission qu'a effocturo r·i. BRAUDEAU à Hadagnscar
on 1960.
Un pourridié des racines ost siGllalé dans des vieilles plantations du Sambirano.
10 bois noir y est pélrticulièrement sonsible.
- Un "die back l1 cnractéristique o.ccompG.gné d'une proliférntion anormnle de
goun1ands sur des jc~cnc~oyers cultivés SQl1S nucun ombrago n été enreGistTé
prQs do ~iélno.njary. Des tncl1cs bronzées sont observéos sur los jeunes rnmeQUX,
snns mQr~uo do piqûro. 1es rnmOQUX so dossèchont rnpidcmcnt pnr ln suite.
Cette m2.lndie somblo ~tro la conséquence du froid, éllternnnt :wec uno in'J: l:.:tirm
trop bT11t~10 d~ns ln journée, cc qui entraine la mort du bois tendre.
Aucune trnce do pourriture brûno des C':lbosses n'a été rencontrée nu cours des
visiteG offectuées, m8me dnns los pbntntions totnlement nbandorrnécs dcruis
de nombrouses années.
Enfin il convient de signnlcr los dégats provoqués par les rats dans les
pl~ntations non entretenues, ce qui est normnl.
- 17 -
Bien qu'actuellement aucun problème majeur ne semble sc poser d~s le
dom~ine
de la défense des cultures, il conviendra de rester vigilant et de préve-
nir toute mnladie nouvelle. Il faudrn notnmr.lont éviter toute introduction de
matériel végét~l étranger de façon à pr6servor l'excellent état sanitaire cons-
t~t6.
Les essais concernant l'Agronomie seront mis en place à ln Station
d 1 Il::Ù~o. qui dispose de terrains suffisccnts, mo.is élussi quelques essais mul tilo-
caux seront implantés à l'extérieur.
1) Parc à bois - collection de gènes
Surftlce 1 ha
- Ombrago temporaire - Crotal~in et Flemingia
Ombrage permanent - Inga Dulcis
7,50 m x 7,50 m ramené à 15 m X 15 m par la suite
~C2rtement 2,50 m X 2,50 m
- rhtériel végétal: les meilleurs cl~nes Criollo et Trinitnrio sélectionnés à
Ambanja
- 5 à 10 boutures par clane Iüc~cé entre les ho..ies vives d'ombrage temporaire
2) Collection de descendances illégitimes
Surface 5 hectares on terre d'alluvion
2 hectares sur Tanetys
- Ecartement 3 m X 3 ~ soit 7.000 pieds environ
- ~htériel végétal: dcscendancœillégitimœ des meilleurs Criollo et Trinito.rio
à casse cl~ire sélectionnés à Ambanja
Dispositif expérimental rour étude des descendances illègitimes analogue à celui
utilisé pnr les c~féiers C~nerJ10ro. à Ilnka. n traitements - n blocs comprenant
chacun 10 parcelles élèmentnires de 3 co.cnoyers (blocs incomplets balancés).
Le reste dos pl~1ts sera conduit en plantation ordinaire pour les
essais de méthodes culturo..les rrévues suivant des protocoles à mettre au point
10 momc.:n t venu.
à savoir - conduite de ln plantation dans les premleres années
2 objets : - Co..caoyers dalla la haie vive d'ombrage temporaire
Cacaoyers entre les haies vives d'ombrage temporaire
déterminn.tion de l'essence d'ombrage définitif la plus favorable -
n objets - (4 au plus)
3) Densité optimum de plantation
- Surface 4 hectares
- I1o..tériol végétal : descendéènce illègi time d'un Criollo sélectionné
- Dispositif expérimental: blocs randomisés complots
- Nombre de répétitions: 8
- Traitements : cinq 6ccœtemcnts 3,50 m X 3,50 m soit 784 nrbres/ha
3,50 m >< 3 m soit 924 arbres/ha
3 mX 3 m soit 1.089 arbres/ha
3 m x 2,50 m soit 1.320 arbres/ha
2,50 m x 2,50 m soit 1.600 arbres/ha
- 18 -
- Une ligne de bordure autour de chnque p~rcclle nu m~me écartement.
Un essai analogue a été mis en plQCG au Cameroun sur cacaoyer Trinitnrio
à ln Station de n'Koemvone en 1965.
4) ~ssais d'engrnis associé ~ différentes densités d'ombrage définitif
- Surface 3 hectQTe
Ihtériel végétal : 2 clones - un Criollo, un Trinitario dans ln proportion de
1 pour 2 plc.ntés à 3 m ), , m
- Dispositif expérimental: blocs randomisés complets
Nombre do répétition : 5
- Traitements principaux 4 corres~ondnnts à 4 densités d'ombrage
- pas d'ombrage
- Inga Dulcis trois densités à préciser
- Traitements secondaires:
- }las d' engrais
- formul HPK IIg à 1.200 kg/ha
Un essai analO[~le a été mis en place sur caféiers à Ilnka en 1962.
5) Autres essais d'ngronomie non encore arrôtés
Surface 5 ha - Taille etc ...
6) Série d'essais multilocaux
Surface 5 ha - en relation avec l'organisme chargé do l'oncadrement ct la
vulgc'.:cis2tion
=ssais de comportement de clônes - d'hybrides - d'ombrnge
---_.. ~---
La réalisation d'Ull tel progrnDffio de recherche à l'échelon d'un déve-
loppement m~me modeste do la culture du cacQcj~r sur ln Côte Dst, évalué appro-
ximntivement à 2.500 à 3.000 hectares localisés dans trois zônes bien précises
Séllilbava, 1101:0. et IIonanjary dans une premièro cHape, exige la présence d'un
Agronome de Recherche spécialiste du cncao responsable de ln nouvelle section
à créer d~lS 10 cadre de la Station d'Ilclca. Le spécialiste trnvaillerait en
collaboration 8troite avec le Directeur de la Station Centrale du Cacao
d' Ambanja, qui ser,,,- de res)onso.blc de la recherche sur le cnc::lOyer pour
l'enseinble de IbdngC:Bc,".r.
Il sera indispensable de prévoir COlnme personnel subalterne deux
agcmts techniques, deux COHllllé'.ndours et une trentaine d'ouvriers, un socrétaire
et lm chauffeur.
Investissoraents
--------------
._--.--------
Eatiments d'hnbitation
Les logements pour le persoilllol mentionné ci-dessus sont à construire
à la Station d'Ilnka.
- 19 -
patiments d'e~Jloitation
Une ombrière du type de celle o.E1énc.gée potn:' 10 cCl-fc?ior cl 'uDe surface de
2.000 m2 , avec un petit centre de bouturage annexe ( propo.go.teurs mues en ~olyé
thylèno) est à prévoir
Une ombrière de 500 m2 sera instnllée à la stO-tion de ICi2.nj:::;,v2to qui ser:::;.
utilisée comme rolDi pour une i'.ction technique d2.ns 12. zône de Ibncmjnry.
Un ntelior expérimental de technoloGie comprenant lUle i111ité do fermontation
et un séchoir artificiel sera Q envisager po.r ln suite.
pé fri cho;-.1onts
Les essais en st~-ltion couv:r:iJ:ur.t une surf~.ce de 20 hectares qu'il Y a
lieu de prévoir dans los investissements.
rbtériel
--------
Ilatér~9J de culture
Un tract~ur ForGuson équipé d'un rotavator, d'un gyrobroyour et d'une
remorque b2.sculQl1te peroettra cl'entretenir los nouvelles parcelles à moindre
frais.
Divers
- Une four,~onnetto 3 CJV
- Umadduction d'eau en complément de celle existante pour la pépinière
- Un groupe électrogène de secours pour les nouve2UX logements
- Un mobilier et dl.! L1atériel de bureau pour l'équipoment du local
qlU pourra être mis à la disposition du nouveau chercheur dnns les
bntimonts existo.nts.
Coût o.nnuel à po.rtir do 12 2èmo ~~éo
1 Ingénieur "Agronome de Rccherc:1es" 4.500.000
2 Agents techniques 800.000
1 Secr6t:üre 300.000
1 ch2uffeur 200.000
2 COil1ffi2ndcurs (chef d'équipe) 300.000
30 Ouvriers 1.500.000
2 0 ) ~~~~!~~~~~! (Matériel)
Compren2nt l'achat du potit mntériel de culture, engrais, produits pesticides,
fonctionnement ct entretien des véhicules tracteurs etc •.•
-----------7
/------,------
1.500.000
- 20 -
3°) In~~~~~~~~~
n) Batiments d'habitation
1 logement cndre supérieur (mobilier compris) 4.500.000
2 loCe!'lonts Agents C~èùre subcüterne 1.000.000
4 logements préfnbriqués 800.000
30 logements ouvriers 6 _10.000
----------7
/------------
6.900.000
b) Batioents d'exploitation
- 1 ombrière de 2.000 m2 nvec centre do bouturage
nnnexe typo Ambanjo..) 1.000.000
- 1 ombrière do 500 m2 à r:io..nj2.Y'J.to 250.000
- 1 atelier eÀ~érimental de technologie du Cacao
(fermentation ct soclmge) 2.000.000
c) Défrichements
- vingt hectares
d) Ibtériel
- 1 tracteur Ferguson 1.000.000
1 rotavator 250.000
- 1 gyrobroyeur 250.000
1 remorque bascul~nte 1.000.000
- 1 fourgonnette 3 CV Citroën 500.000
- 1 ndduction d'eau (logClùent et ombrièro) 1.000.000
1 groupe électrogène 1.300.000
1 mobilier et matériel de bureau (local disponible) 300.000
-----------7
/------------
5.600.000
R~capitulQtion Investissements
n) D~ti~onts d'habitation 6.900.000
b) B~tiDonts d'exploitQtion 3.250.000
c) Défrichements 2.000.000
d) IhtcSriel 5.600.000
- 21 -
VENTILATION D:JS Crr...:DITS SUR 3 ANS
-------------------------------------------------------------------------------
: Année 1 Année 2 : Armée 3
10 ho. 10 ho.
:---------------:---------------:--------------:
Pers Olli18 l
1 ineénieur 4.500.000 4.500.000 4.500.000
2 2zcnts tec~Jliquos 800.000 800.000 800.000
1 secr6tcüre 300.000 300.000 300.000
1 chauffour 200.000 200.000 200.000
COIDll1Dlldours puis 2
Ouvriers 15 puis 30
150.000
750.000
·• 300.000
1.500.000
300.000
1.500.000
:---------------:---------------:--------------:
Total 6.700.000 7.600.000 7.600.000
IInt6riol 1.000.000 1.500.000 1.500.000
:-- "--------:---------------:--------------:
Total fonctionnoocnt 7.700.000 9.100.000 9.100.000
:------------------------------:------------------:---------------:--------------:
II) Investissemcmt
-------------
o.) BStiôcnts d'habito.tion 7.400.000
b) BStiments d'exp~oito.tion
•, Ombrièros • 1.000.000 250.000
Atelier expérimento.l cacao' 1.000.000 1.000.000
c) Défrichoments : 1.000.000 1.000.000
• d) Hntériel
· ·
5.600.000
· . . .
..
-----------------------------------------------
Toto.l Investissement 15.000.000
·
·
2.250.000
.
. 1.000.000·
.
.
.
------------------------------------------------------------------------------
.
. .
TOTAL GSNillt.AL :/-2)~~2o:Q22~ :L:TT~~Q:oQ2:7 :L:!Q~!Qo:QQQ:7:
: .. . . . . ..
-------------------------------------------------------------------------------
Réco.pitulo.tion sur 3 o.ns
------------------------
pour ln création de 10. Section de Recherches sur 10 cQc~oyer
1) Fonctiolli1oment
Année 1 7.700.000
Année 2 9.100.000
Année 3 9.100.800
25.900.000
2) Investissement
Annéo 1 15.000.000
Armée; 2 2.250.000
Annue 3 1.000.000
18.250.000
Total Généro.l 44.150.000
- 22 -
COHCLUSIOIT
Les possibilités de cl'lttITe du cacaoyer Criollo sur la Côte Est
de Iadagascar nI ont pas encore été définies c:iJ..al1t à l' im~)ortance des
surfc.ces q'lÙ l,ourraient être consacré os à cott0 production d' ccportation.
Des prospections dans cc sons méri tcn~.:·.'~:. .1; d'être entreprises.
Le projet F .E.D. do diversif~.':ation des cultu.res intitulé
"Dev::lop;Jement do la Cul turc Cacaoy~ro 2l iIadagascar ll prévoit de porter les
slITfaccs de 1962, soit 2 000 hectal"cs, à 4 5CO ~cctarcs en 1968 et 8 600
hectares en 1978. La potentiel du Sa~birano (l~banja et Ambilobe) ost évalué
2 5 000 hectares, ,les 3 600 hectares restants concerneraient donc la Côte Est.
D'après les renseignements recueillis sur place et los évaluations
fait os ?ar :1. BPJlUDEAU on 1960 lors de la rédaction de son rapport sur :
Ill' e::tension et l'amélioration de la cul hère du cacaoyer à Hadagascar", il
senble que sa:1S être tror ~optimiste on puisse Disor, dans une première étape,
S'lIT l'implantation d'une surface de l'ordre de 3 000 hectares de Cacaoyers
Criollo SlIT la Côte Est,localisée dans les trois zônes voisines de Sambava,
Vato~,ndry et iIananjary.
Le rendeLlent à eSCOlTIl'lter de lllantations conduites rationnellement
avec du matériel végétal sélectionné ect de l'ordre de 800 à 1 000 yjlos de
cacao marchand à Ilhectare.
Po'ltr 3 000 hectares, cela revient à une ~roduction ~n~mum de
2 500 tonnes de cacao par an à partir de sept à huit ans de plantation, soit
une recette de l'ordre de 250 millions de francs Iilc'llgachcs, si 10 prix du
cacao se mairlticmt à: 100 francs le kilo au producteur.
D1après les estimations précédentes, 10 coût annuel de fonctionnement
de la section do recherche envisagée est de l'ordre de 10 millions de francs
malgacllGs, amortissef:lents cOI'lpris, ce qui cOrroSl)ond à 4 7; de la recette nouvelle.
L'installation d'une nouvelle section de recherche sur 10 caco.0YGr
à la Station drIlaka parait donc très largement payante à l'échelon do la
Côto Est de lIaclagascar, d' atètant plus c'l'_èe co pourcentage est aLlené à diminuer
si les surfaces tendent à augmenter au dola de 3 000 hectares avec la création
de nouvelles unités de production.
o a