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Yéshivah Nazaréenne Nétivot Olam

Colloque sur la Torah Novembre 2015

« L'Evangile dans le contexte du premier siècle »

Par Ezra Ben Yossef, Nétivot Olam, 2015


[Link]

Introduction

En tant que disciples du Messie, notre désir et notre mission doit être de restaurer, préserver et diffuser
le véritable enseignement de notre Maître, le vrai Evangile, et de rebâtir la première communauté des
apôtres, qui restera à jamais un modèle indépassable.
De plus en plus de croyants en Yéshoua prennent conscience des manquements et des erreurs existant
dans l'interprétation chrétienne de la Bible, et aspirent à retrouver l'enseignement original de leur
Sauveur.

Plusieurs mouvements sont apparus un peu partout dans le monde ces dernières années pour tenter de
satisfaire ce désir. Mais peu d'entre eux peuvent se revendiquer d'une méthodologie rigoureuse.
En effet, comme beaucoup d'entre eux, nous ne pouvons pas simplement prendre l'une ou l'autre
branche du judaïsme moderne et y ajouter « un peu de Yéshoua » là où cela nous paraît possible, et
proclamer cela à la face du monde comme étant « la restauration du vrai Evangile de Yéshoua ».
De même, nous ne pouvons pas prendre l'une ou l'autre dénomination chrétienne et y ajouter un peu de
Torah ou quelques hébraïsmes ici et là selon nos goûts, et proclamer cela à la face du monde comme
étant « la restauration de la première communauté des apôtres ».
Non, pour authentiquement restaurer cette première communauté et cet Evangile des origines, nous
devons étudier avec beaucoup de sérieux et de rigueur le contexte d'origine de l'Evangile, c'est-à-dire
le premier siècle galiléen et judéen aux niveaux religieux, social, culturel et linguistique.
Sans cela, nous nous condamnons à créer de nouveaux sentiers qui ne mènent nulle part, au lieu de
revenir aux anciens sentiers de Dieu.

Aujourd'hui, un vrai disciple se doit d'être aussi un historien, un linguiste et un archéologue.


Ce travail est complexe, mais il est indispensable et tellement enrichissant!
Lors de ce colloque, nous allons comparer l'Evangile et les enseignements des différentes sectes juives
de l'époque. Nous interrogerons également les sources anciennes évoquant les premiers disciples.
Nous tenterons enfin d'en tirer des conclusions pour nous aujourd'hui.

Points communs entre l’Evangile et les Esséniens

Lors de l'intervention précédente de Francesco Micciche, nous avons vu les points communs existants
entre l'Evangile et les Pharisiens, particulièrement ceux de l'Ecole de Hillel.
Nous allons maintenant présenter les points communs entre l'Evangile et les Esséniens.
Pour cela, nous devons d’abord prouver que les Manuscrits de Qumran sont bien l’œuvre des
Esséniens, puisque cette question n’a pas encore été définitivement résolue par les historiens.

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 1/30
Preuves que les Esséniens sont les auteurs des Manuscrits de Qumran

- Dans son encyclopédie appelée « Histoire naturelle », l’écrivain et philosophe naturaliste romain
Pline l’Ancien, ayant vécu entre 23 et 79, nous apprend qu’une communauté essénienne vivait
justement dans la région de Qumran à son époque :

Histoire naturelle, livre 5, chap.15 : ‘la Judée’ : « A l'occident (de la mer morte), mais à une
distance du rivage où il n'y a rien à craindre des exhalaisons, sont les Esséniens, nation solitaire,
singulière par-dessus toutes les autres, sans femme, sans amour, sans argent, vivant dans la société des
palmiers. Elle se reproduit de jour en jour, grâce à l'affluence de nouveaux hôtes ; et la foule ne
manque pas de ceux qui, fatigués de la vie, sont amenés par le flot de la fortune à adopter ce genre de
vie. Ainsi, pendant des milliers de siècles, chose incroyable, dans une nation chez laquelle il ne naît
personne, tant est fécond pour elle le repentir qu'ont les autres de leur vie passée. Au-dessous d'eux fut
la ville d'Engadda (= Ein Gedi), ne le cédant qu'à Jérusalem pour la fertilité et ses bois de palmiers ;
maintenant c'est un monceau de cendres comme Jérusalem. De là on arrive à Massada, château sur un
rocher, qui n'est pas loin, non plus, du lac Asphaltite (= la mer morte). Voilà pour la Judée. »

- La description des Esséniens que donne l’historien judéo-romain Flavius Joseph, ayant vécu entre 37
et 100, est identique à celle des Manuscrits de Qumran :

Flavius Joseph Manuscrits de Qumran


Prédestination : Prédestination :
« Les Esséniens déclarent que le destin est maître « Tout ce qui est et sera jamais a son origine
de tout et que rien n'arrive aux hommes qui n'ait dans le Dieu de la connaissance. Avant que les
été décrété par lui. » choses existent, il prévoit tout ce qui les
(Antiquités judaïques [Link]) concerne, et lorsqu’elles sont, au temps fixé
dans son plan glorieux, elles remplissent leur
mission, sans que rien ne puisse y être changé. »
(1QS 3:15)
Propriété commune : Propriété commune :
« Les biens leur sont communs à tous et le riche « Tous les volontaires qui recherchent sa vérité
ne jouit pas plus de ses propriétés que celui qui apporteront la pleine mesure de leur
ne possède rien. » intelligence, de leur force et de leur richesse
(Antiquités judaïques [Link]) dans la communauté de Dieu. Ainsi ils
purifieront leur intelligence dans la vérité des
« Contempteurs de la richesse, ils pratiquent lois de Dieu, useront de leur force à bon escient
entre eux un merveilleux esprit de communauté. selon la perfection de ses voies et aussi de leur
Personne chez eux qui surpasse les autres par la richesse selon le canon de son juste conseil. »
fortune ; car leur loi prescrit à ceux qui adhèrent (1QS 1:11-13)
à leur secte de faire abandon de leurs biens à la
corporation, en sorte qu'on ne rencontre nulle
part chez eux ni la détresse de la pauvreté ni la
vanité de la richesse, mais la mise en commun
des biens de chacun donne à tous, comme s'ils
étaient frères, un patrimoine unique. »
(Guerre des Juifs [Link])
Vision négative des femmes : Vision négative des femmes :
« ...ils redoutent le dévergondage des femmes et « Elle engendre le néant…elle flatte les
sont persuadés qu'aucune d'elles ne garde sa hommes par le badinage et les conduit à
fidélité à un seul homme. » l’inutile. Son cœur engendre la débauche…
(Guerre des Juifs [Link]) Personne ne peut la préserver de sa fornication

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sans fin. Elle darde ses regards ici et là,
cherchant à s’emparer d’un homme juste, à faire
trébucher l’homme fort, à égarer l’homme
honnête, … » (4Q184, frag.1:1-2,12-14)
Le surveillant chargé des biens : Le surveillant chargé des biens :
« Quand des frères arrivent d'une localité dans « On prendra également des mesures pour
une autre, la communauté met tous ses biens à annexer son bien, qui sera placé sous l’autorité
leur disposition, comme s’ils leur appartenaient : du surveillant ainsi que de la communauté… »
ils fréquentent chez des gens qu'ils n'ont jamais (1QS 6:19-20)
vus comme chez d'intimes amis. Aussi, dans
leurs voyages n'emportent-ils rien avec eux, si ce
n'est des armes à cause des brigands. Dans
chaque ville est délégué un surveillant
spécialement chargé de ces hôtes de la
communauté ; il leur fournit des vêtements et des
vivres. » (Guerre des Juifs [Link])
Bain rituel de purification : Bain rituel de purification :
« Ils ceignent leurs reins d'une bande de lin et se « Sur la purification par l’eau. On ne se lavera
lavent tout le corps d'eau froide. Après cette pas dans une eau qui est sale et trop peu
purification… » profonde pour faire un clapotis. »
(Guerre des Juifs [Link]) (Ecrit de Damas 10:10-11)

« Les cérémonies d’expiation ne peuvent


restaurer son innocence, ni les eaux lustrales sa
pureté. Il ne peut être sanctifié par le baptême
dans les océans et les fleuves, ni lavé de sa
souillure par la simple immersion
rituelle…C’est uniquement ainsi qu’il peut
vraiment recevoir les eaux lustrales et être
sanctifié par le flux purificateur. »
(1Qs 3:4-5,9)
Repas rituel commun : Repas rituel commun :
« Ils s'assemblent dans une salle particulière où « En commun, ils mangeront, prierons, et
nul profane ne doit pénétrer ; eux-mêmes délibérerons. Quand dix hommes appartenant à
n'entrent dans ce réfectoire que purs, comme la société de la communauté se trouveront
dans une enceinte sacrée. Ils prennent place sans rassembles, ce sera toujours en présence d’un
tumulte, puis le boulanger sert à chaque convive prêtre. Les hommes s’assiéront devant le prêtre
un pain, le cuisinier place devant lui un plat selon leur rang, et c’est dans ce même ordre
contenant un seul mets. Le prêtre prononce une qu’on sollicitera leur avis. Une fois la table
prière avant le repas, et nul n'y peut goûter que la dressée pour le repas ou le vin nouveau dispose
prière ne soit dite. Après le repas, il prie à pour être bu, c’est le prêtre qui étendra en
nouveau ; tous, au commencement et à la fin, premier la main afin de bénir les prémices du
rendent grâce à Dieu, dispensateur de la pain ou du vin nouveau. » (1Qs 6:2-5)
nourriture qui fait vivre. »
(Guerre des Juifs [Link]) « Procédure pour la réunion des hommes de
renom quand ils seront appelés au banquet tenu
par la société de la communauté, quand Dieu
aura engendré le Messie parmi eux : le prêtre,
en tant que chef de toute la congrégation,
entrera le premier, suivi par tous ses frères, les
fils d'Aaron, prêtres convoqués au banquet des
hommes de renom. Ils s'installeront devant lui
selon leur rang. Alors le Messie d'Israël entrera,
et les chefs des milliers d'Israël s'assiéront
devant lui selon leur rang, selon la position de

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 3/30
chacun dans leurs camps et en campagne. En
derniers, tous les chefs de clan da la
congrégation, ainsi que les sages et instruits,
s'installeront devant eux, chacun selon son rang.
Quand ils se réuniront autour de la table
commune, ayant disposé le pain et le vin de
sorte que la table commune soit dressée pour le
repas et le vin prêt à boire, personne n'étendra la
main avant le prêtre vers les prémices du pain
ou du vin. Et il bénira les prémices du pain et du
vin, étendant la main le premier vers le pain.
Ensuite, c'est le Messie d'Israël qui étendra la
main vers le pain. Enfin, chaque membre de
toute la congrégation de la communauté dira
une bénédiction, en commençant par celui dont
le rang est le plus élevé. Cette procédure
s'appliquera à tous les repas, quand au moins
dix hommes seront réunis. » (1Qsa 2:11-22)
Ils parlent chacun à leur tour : Ils parlent chacun à leur tour :
« Ni cri, ni tumulte ne souille la maison : chacun « Personne ne coupera la parole à son prochain,
reçoit la parole à son tour. Pour les gens qui en parlant avant que son frère ait fini ce qu’il a
passent, ce silence à l'intérieur du logis apparaît à dire. Personne ne parlera non plus avant un
comme la célébration d'un mystère redoutable ; autre de rang supérieur. Seul l’homme interrogé
mais la cause en est simplement dans leur parlera à son tour. » (1Qs 6:10-11)
invariable sobriété… » (Guerre des Juifs [Link])
Interdiction des serments : Interdiction des serments :
« Toute parole prononcée par eux est plus forte « Un homme ne jurera pas par Alef et Lamed
qu'un serment, mais ils s'abstiennent du serment (Elohim) ni par Alef et Dalet (Adonaï) mais par
même, qu'ils jugent pire que le parjure, car, les vœux de ceux qui entrent dans l'Alliance. Il
disent-ils, celui dont la parole ne trouve pas ne mentionnera pas la Loi de Moïse, parce que
créance sans qu'il invoque Dieu se condamne par le nom de Dieu y est écrit en entier, et s'il jure
là même. » (Guerre des Juifs [Link]) par elle puis commet un péché, il aura profané
le nom divin. » (Ecrit de Damas 15:1-3)
Processus d’initiation : Processus d’initiation :
« Ceux qui désirent entrer dans cette secte n'en « Si un fils d’Israël est volontaire pour
obtiennent pas aussitôt l'accès. Le candidat fait s’engager dans la société de la communauté,
un stage extérieur d’une année, pendant laquelle l’homme désigné pour conduire le conseil de la
il est astreint au genre de vie des Esséniens ; on communauté l’examinera sur son intelligence et
lui donne une hachette, la ceinture dont j'ai déjà sur ses œuvres. S’il est doué pour apprendre, il
parlé et le vêtement blanc. Quand il a fourni entamera l’initiation à l’Alliance en revenant à
pendant le temps prescrit la preuve de sa la vérité et en abjurant toute perversité. On
tempérance, il est associé encore plus étroitement l’instruira dans tous les préceptes de base de la
au régime des confrères : il participe aux communauté. Par la suite, il se présentera
lustrations du bain de purification, mais il n'est devant le conseil de la communauté, et le
pas encore admis aux repas en commun. Car chapitre tout entier l’interrogera sur son cas.
après qu'il a montré son empire sur ses sens, il Selon la décision de la communauté, il
faut encore deux ans pour éprouver son poursuivra ou devra partir. S’il poursuit en vue
caractère. Si l'épreuve est manifestement de s’agréger à la société de la communauté, il
satisfaisante, il est alors admis dans la ne touchera pas aux aliments purs de la
communauté. Mais avant de toucher à la communauté avant qu’on ait statué sur sa
nourriture commune, il s'engage envers ses condition spirituelle et sur ses œuvres, ni avant
frères, par de redoutables serments… » qu’une année complète se soit écoulée. En
(Guerre des Juifs [Link]) outre, son bien ne sera pas encore mêlé à celui
de la communauté. Quand il aura passé une

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année complète dans la communauté, le conseil
se prononcera sur son cas, en ce qui concerne
son intelligence et son application de la Loi. Si
la décision lui est favorable, selon l’avis des
prêtres et de la majorité des membres de leur
Alliance, alors il sera initié plus avant dans les
mystères de la communauté. On prendra
également des mesures pour annexer son bien,
qui sera placé sous l’autorité du surveillant ainsi
que de la communauté et porté au crédit de cette
dernière, mais il n’en sera pas encore fait usage
comme celui de la communauté. L’initié ne
touchera pas à la boisson de la communauté
avant d’avoir passé une deuxième année parmi
les hommes de la communauté. Une fois cette
deuxième année écoulée, le conseil de la
communauté réexaminera son cas. S’il apparaît
qu’il peut poursuivre en vue de l’adhésion
complète à la communauté, on l’inscrira au rang
qui lui revient parmi ses frères pour les débats
sur la Loi, le droit, la participation aux repas
purs et l’incorporation des biens. A compter de
ce moment, la communauté pourra solliciter son
conseil et son jugement. »
(1Qs 6:13-23)

« Pour quiconque entre dans l’alliance proposé


à tout Israël, ce sera une observance
perpétuelle : à tout enfant en âge de faire partie
des recensés, on imposera de prononcer le
serment de l’alliance. Voici la règle à observer,
durant toute l’ère de l’impiété, par tous ceux qui
se repentent de leurs pratiques impies : le jour
où il s’adressera au surveillant qui dirige le
conseil de la communauté, on le recensera en
lui faisant prononcer le serment de l’alliance
que Moïse conclut avec Israël, il jurera de
revenir à la Loi de Moïse de tout son cœur et de
revenir de toute son âme aux dispositions qui y
sont prévues pour l’ère de l’impiété. Personne
ne devra lui exposer les règles avant qu’il se
présente devant le surveillant, afin que ce
dernier, le surveillant, ne soit pas trompé par lui
lors de son examen… »
(Ecrit de Damas 15:5-12)
Interdiction du crachat : Interdiction du crachat :
« Ils évitent de cracher en avant d'eux ou à leur « Quiconque crache au milieu d’une séance du
droit. » (Guerre des Juifs [Link]) conseil de la communauté sera puni d’une
réduction de ses rations pendant trente jours. »
(1QS 7:13).
Respect du Shabbat plus stricte que les autres Respect du Shabbat plus stricte que les
Juifs : autres Juifs :
« Ils observent plus rigoureusement que les « Sur le Shabbat. Règles pour l’observer comme
autres Juifs le repos du Shabbat. » il faut. Personne ne travaillera le sixième jour à
(Guerre des Juifs [Link]) compter du moment où le diamètre de l’astre

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solaire est au-dessus de l’horizon car telle est la
signification du passage : ‘Tu observeras le jour
du Shabbat pour le sanctifier’. Le jour du
Shabbat, on ne prononcera pas de parole vaine
ou grossière. On ne cherchera pas à obtenir de
son prochain le remboursement d’un
quelconque prêt. On n’ira pas au tribunal pour
une affaire de biens ou d’argent. On n’évoquera
pas l’occupation ou le travail du lendemain. On
ne se promènera pas le Shabbat dans la
campagne pour s’y livrer à son activité préférée.
On ne sortira pas de la ville dans un rayon de
plus de mille coudées. On ne consommera le
Shabbat que des aliments déjà préparés. De ce
qui est perdu dans les champs, on en mangera
pas et on ne boira qu’à l’intérieur du camp. Si
l’on est en déplacement et qu’on descend pour
se baigner, on pourra boire à l’endroit où l’on se
trouve mais on ne puisera pas d’eau dans un
quelconque récipient. On n’enverra aucun
étranger faire son travail le jour de Shabbat. On
ne mettra pas d’habits sales ou de vêtements
conservés dans un pelage à moins de les laver
dans de l’eau et de les frotter avec des aromates.
On ne franchira pas volontairement les
frontières du Shabbat le jour du Shabbat. On
pourra marcher derrière un animal pour le faire
paître hors de sa ville dans un périmètre
n’excédant pas deux mille coudées. On ne
lèvera pas la main pour le frapper avec le poing.
S’il est rétif, on le laissera à l’intérieur. On ne
transportera rien hors de sa maison, on n’y fera
rien entrer ou sortir. Personne n’ouvrira le
Shabbat un récipient scellé. Personne ne
transportera le jour de Shabbat de remède sur sa
personne, en entrant ou en sortant. Personne ne
ramassera de pierre ou de poussière dans un
endroit habité. Aucune nourrice ne portera de
bébé le Shabbat, soit pour entrer soir pour sortir.
Personne ne provoquera le Shabbat son esclave,
sa servante ou son salarié. Personne n’aidera un
animal à mettre bas le Shabbat ; et s’il tombe
dans une fosse ou dans un puits, il n’en sera pas
tiré le Shabbat. Personne ne prendra son repos
le Shabbat à proximité des Gentils. Personne ne
profanera le Shabbat pour s’enrichir ou piller le
jour du Shabbat. Tout être vivant qui tombera
dans une mare ou dans une citerne ne pourra en
être extrait avec une échelle, une corde ni avec
aucun autre instrument. Personne n’offrira de
sacrifice le Shabbat en dehors de l’holocauste
du Shabbat, car ainsi il est écrit ‘hormis vos
Shabbat’. » (Ecrit de Damas 10:14-11:18)
« …ils n'osent ni déplacer aucun ustensile (le « On ne transportera rien hors de sa maison et
Shabbat) … » (Guerre des Juifs [Link]) l’on n’y fera rien entrer. Si l’on est dans un abri

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temporaire, on n’y fera rien entrer ou sortir.
Personne n’ouvrira le Shabbat un récipient
scellé. » (Ecrit de Damas 11:7-9)
Ils se divisent en quatre classes : Ils se divisent en quatre classes :
« Ils se divisent en quatre classes… » (Guerre « Tous seront rassemblés par leurs noms : les
des Juifs [Link]) prêtres en premiers, les lévites en deuxième, les
enfants d’Israël en troisième, les prosélytes en
quatrième. » (Ecrit de Damas 14:3-6)

Les Esséniens sont donc certainement les auteurs des Manuscrits de la Mer Morte.
Nous pouvons maintenant relever les points communs entre l’Evangile et les Manuscrits de Qumran.

Jean Baptiste et les Esséniens

- Jean et les Esséniens vivaient au même endroit.

En effet, selon l’Evangile, Jean demeure à Béthanie :

Jean 1:26-28 : « Jean leur répondit: Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que
vous ne connaissez pas, qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers.
Ces choses se passèrent à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait. »

Or, Béthanie se situe à environ 13 km de Qumran, lieu où se trouvait la plus grande communauté
essénienne. C'est le lieu où furent découvert la majorité des "manuscrits de la mer morte".

Il est également dit qu'il a grandi « dans les déserts » :

Luc 1:80 : « Or, l'enfant croissait, et se fortifiait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu'au
jour où il se présenta devant Israël. »

Pour quelle raison ?

Un Evangile apocryphe couramment appelé « le Protévangile de Jacques », explique comment Jean


Baptiste, qui n’était que 6 mois plus âgé que Yéshoua, a pu échapper à la tuerie des enfants de moins
de 2 ans ordonnés par Hérode (voir Matth.2:16-18) :

Protévangile de Jacques chap.22:1-3 : « Hérode voyant que les mages l'avaient trompé, fut saisi de
fureur, et il envoya des meurtriers mettre à mort tous les enfants qui étaient à Bethléem, âgés de deux
ans et au-dessous. Et Marie, apprenant que l’on massacrait les enfants, fut remplie de crainte ; elle prit
l'enfant, et l'ayant enveloppé de langes, elle le coucha dans la crèche des bœufs. Élizabeth, informée
que l'on cherchait Jean, s'enfuit dans les montagnes, et elle regardait autour d'elle pour voir où elle
le cacherait, et elle ne trouvait aucun endroit favorable. Et elle dit à voix haute et en gémissant: « O
montagne de Dieu, reçois la mère avec le fils ». Et aussitôt la montagne qu'elle ne pouvait gravir,
s'ouvrit et les reçut. Une lumière miraculeuse les éclairait, et l’ange du Seigneur était avec eux et les
gardait. »

Or, les Esséniens élevaient couramment les enfants d'autres personnes selon l’historien juif du premier
siècle Flavius Joseph:

Les Guerre des Juifs; livre 2, chap.8, paragraphe 2 : « Il y a, en effet, chez les Juifs, trois écoles
philosophiques : la première a pour sectateurs les Pharisiens, la deuxième les Sadducéens, la troisième,
qui passe pour s’exercer à la sainteté, a pris le nom d'Esséniens, Juifs de naissance, mais plus
étroitement liés d'affection entre eux que les autres, ces hommes répudient les plaisirs comme un
péché et tiennent pour vertu la tempérance et la résistance aux passions. Ils dédaignent le mariage pour

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eux-mêmes, mais adoptent les enfants des autres, à l'âge où l'esprit encore tendre se pénètre
facilement des enseignements, les traitent comme leur propre progéniture et leur impriment leurs
propres mœurs. »

Il est donc fort probable que Jean ait été élevé par les Esséniens pour échapper à la tuerie, ce qui
expliquerait leurs points communs.

- Jean et les Esséniens mangeaient des sauterelles :


Matthieu 3:4 : « Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins.
Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. »

L'Ecrit de Damas Col.12:14-15 : « En ce qui concerne les différents types de sauterelles, celles-ci
seront plongées vivantes dans le feu ou dans l'eau, car ainsi le veut sa nature. »

- Jean et les Esséniens citaient Esaïe 40 :3 comme une prophétie annonçant leur activité :

Jean 1:23 : « Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie: Dans le désert, aplanissez le chemin du
Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. »

La Règle de la Communauté (1QS) Col.8:12-14 : « Quand de tels hommes se manifesteront en


Israël, respectant ces doctrines, ils se sépareront des pervers pour aller dans le désert afin d'y préparer
la voie de la vérité, ainsi qu'il est écrit: 'Dans le désert, préparez la voie du Seigneur, aplanissez
dans le désert une route pour notre Dieu'. »

- Jean et les Esséniens mettent l’emphase sur l’immersion pour la purification des souillures du péché :

Matthieu 3:4-6 : « Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des
reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée
et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils
se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain. »

La Règle de la Communauté (1QS) Col.3:3-6 : « Avec un tel œil, parmi les parfaits il ne peut être
compté. Les cérémonies d'expiation ne peuvent restaurer son innocence, ni les eaux de l'ablution sa
pureté. Il ne peut être sanctifié par le baptême dans les lacs et les rivières, ni purifié de sa souillure
par la simple immersion rituelle. Impur il restera aussi longtemps qu'il rejettera les lois de Dieu,
refusant de se laisser instruire dans la communauté de sa société. »

Yéshoua et les Esséniens

- Yéshoua reconnait l'autorité des Esséniens. En effet, lorsque les anciens du peuple demandent à
Yéshoua par quelle autorité fait-il ses actes, il leur répond en évoquant l'autorité de Jean Baptiste:

Matthieu 21:23-27: « Yéshoua se rendit dans le temple, et, pendant qu'il enseignait, les principaux
sacrificateurs et les anciens du peuple vinrent lui dire: Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a
donné cette autorité? Yéshoua leur répondit: Je vous adresserai aussi une question; et, si vous m'y
répondez, je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. Le baptême de Jean, d'où venait-il? Du
ciel, ou des hommes? Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux; Si nous répondons: Du ciel, il nous dira:
Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui? Et si nous répondons: Des hommes, nous avons à craindre
la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. Alors ils répondirent à Yéshoua: Nous ne savons. Et
il leur dit à son tour: Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses. »

Effectivement, puisque Yéshoua a été devancé par Jean et baptisé par lui, « la source humaine » de son
autorité est Jean lui-même. Et si la source humaine de l'autorité de Jean sont les Esséniens, Yéshoua

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reconnait donc leur autorité, comme il le fait également pour les Pharisiens (Matth.23). Mais comme
pour les Pharisiens qui tirent leur autorité de Moïse qui la possédait lui-même de Dieu, Yéshoua dit
que l’autorité de Jean Baptiste provient au final de Dieu lui-même.

- Yéshoua et les Esséniens interdisent les serments:

Matthieu 5:33-37: « Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point,
mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de
ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu; ni par la terre, parce que
c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus
par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non;
ce qu'on y ajoute vient du malin. »

L'Ecrit de Damas Col.15:1-3 : « Un homme ne jurera pas par Alef et Lamed (Elohim) ni par Alef
et Dalet (Adonaï) mais par les vœux de ceux qui entrent dans l'Alliance. Il ne mentionnera pas la loi
de Moïse, parce que le nom de Dieu y est écrit en entier, et s'il jure par elle puis commet un péché,
il aura profané le nom divin. »

- Yéshoua et les Esséniens font diriger leur communauté par 12 anciens eux-mêmes dirigés par 3
anciens:

Matthieu 10:1 : « Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les
esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. »

Galates 2:9 : « Et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont
regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d'association (semikha),
afin que nous allassions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis. »

« La main d'association » dans le passage précédent, fait référence à la « semikha », c'est-à-dire à


l'imposition des mains que reçoit « l'aspirant rabbin » par trois « rabbins reconnus » selon le Talmud.

La Règle de la communauté Col.8:1-2,4-5 : « Dans la société de la communauté il y aura douze laïcs


et trois prêtres parfaits en tout ce qui a été révélé de la Loi tout entière. (...) Quand de tels hommes se
manifesteront en Israël, alors la société de la communauté sera vraiment établie. »

- Yéshoua et les Esséniens interdisaient à leurs disciples de voyager avec des biens matériels:

Matthieu 10:9-11: « Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures; ni sac pour le
voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton; car l'ouvrier mérite sa nourriture. Dans quelque ville
ou village que vous entriez, informez-vous s'il s'y trouve quelque homme digne de vous recevoir; et
demeurez chez lui jusqu'à ce que vous partiez. »

Les Guerres des Juifs, livre 2, chap.8, paragraphe 4 : « Ils ne forment pas une ville unique, mais
vivent dispersés en grand nombre dans toutes les villes. Quand des frères arrivent d'une localité dans
une autre, la communauté met tous ses biens à leur disposition, comme s’ils leur appartenaient : ils
fréquentent chez des gens qu'ils n'ont jamais vus comme chez d'intimes amis. Aussi, dans leurs
voyages n'emportent-ils rien avec eux, si ce n'est des armes à cause des brigands. Dans chaque ville
est délégué un commissaire spécialement chargé de ces hôtes de la communauté ; il leur fournit des
vêtements et des vivres. Leur habillement et leur tenue ressemblent à ceux des enfants élevés sous la
férule d'un maître. Ils ne changent ni de robe ni de souliers avant que les leurs ne soient complètement
déchirés ou usés par le temps. Entre eux rien ne se vend ni ne s'achète : chacun donne à l'autre sur ses
provisions le nécessaire et reçoit en retour ce dont il a besoin ; mais, même sans réciprocité, il leur est
permis de se faire donner de quoi vivre par l'un quelconque de leurs frères. »

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 9/30
- Yéshoua et les Esséniens ordonnaient à leurs disciples de voyager armés:

Luc 22:36-38 : « Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que
celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète
une épée. Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'accomplisse en moi: Il a été mis au
nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d'arriver. Ils dirent: Seigneur, voici
deux épées. Et il leur dit: Cela suffit. »

Jean 18:10 : « Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain
sacrificateur, et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appelait Malchus. »

Les Guerres des Juifs, livre 2, chap.8, paragraphe 4 : « Aussi, dans leurs voyages n'emportent-ils
rien avec eux, si ce n'est des armes à cause des brigands. »

- Yéshoua et les Esséniens hiérarchisaient leurs disciples:

Luc 22:24-27 : « Il s'éleva aussi parmi les apôtres une contestation: lequel d'entre eux devait être
estimé le plus grand? Yéshoua leur dit: Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent
sont appelés bienfaiteurs. Qu'il n'en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous
soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car quel est le plus grand,
celui qui est à table, ou celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table? Et moi, cependant, je suis au
milieu de vous comme celui qui sert. »

La Règle de la Communauté Col.6:8-9,10-11 : « Voici la règle pour les séances du conseil de la


communauté, chacun se trouvant à la place qui lui revient. Les prêtres s'installeront au premier rang,
les anciens au second, puis le reste des membres, chacun selon sa place. Dans cet ordre, on les
interrogera (...) Personne ne parlera avant un autre de rang supérieur. »

La Règle de la Communauté Col.2:19-22 : « Ils feront comme suit chaque année, (...): les prêtres
passeront en premier, selon un ordre dépendant de l'excellence de leur esprit, l'un après l'autre. Puis,
suivront les lévites, et en troisième lieu tout le peuple dans l'ordre, l'un après l'autre, par milliers,
centaines, dizaines. Ainsi chaque Israélite saura la place qui lui revient dans la communauté de
Dieu. »

- Yéshoua et les Esséniens ont le même argument sur le divorce:

Matthieu 19:3-9 : « Les pharisiens l'abordèrent, et dirent, pour l'éprouver: Est-il permis à un homme
de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit: N'avez-vous pas lu que le créateur, au
commencement, fit l'homme et la femme et qu'il dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa
mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux,
mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Pourquoi donc, lui
dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier? Il leur
répondit: C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au
commencement, il n'en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour
infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. »

L'Ecrit de Damas Col.4:19-21 : « Les bâtisseurs du mur (les Pharisiens) (...) sont pris dans deux
pièges: la fornication en épousant deux femmes durant leur vie bien que le principe de la création
soit 'mâle et femelle il les créa'. »

- Yéshoua et les Esséniens interdisent les serments permettant de contourner la loi:

Matthieu 15:1-6 : « Alors des pharisiens et des scribes vinrent de Jérusalem auprès de Yéshoua, et
dirent: Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 10/30
mains, quand ils prennent leurs repas. Il leur répondit: Et vous, pourquoi transgressez-vous le
commandement de Dieu au profit de votre tradition? Car Dieu a dit: Honore ton père et ta mère; et:
Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites: Celui qui dira à son
père ou à sa mère: Ce dont j'aurais pu t'assister est une offrande à Dieu, n'est pas tenu d'honorer
son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. »

L'Ecrit de Damas Col.16:6-9,13-14 : « Quant au passage: 'veille à accomplir la parole sortie de tes
lèvres' (Deut.23:24), il signifie qu'un homme doit se tenir à tout serment irrévocable par lequel il s'est
engagé à suivre une prescription de la loi, il ne pourra l'enfreindre même au prix de sa vie. Toute
promesse qu'un homme fera de s'écarter de la Loi, il ne la tiendra pas, même au prix de sa vie.
(...) Au sujet de la règle des offrandes volontaires: personne ne vouera à l'autel le produit d'un
vol, et les prêtres ne l’accepteront pas d'un Israélite. »

- Yéshoua et les Esséniens semblent avoir la même position concernant la taxe du Temple (Exode
30:11-16). En effet, les Pharisiens la payaient chaque année, mais les Esséniens une seule fois dans
leur vie. Or dans l'Evangile, quand cette somme lui sera réclamée, Yéshoua considéra en être quitte, et
ne la paiera que pour ne pas provoquer de scandale :

Matthieu 17:24-27 : « Lorsqu'ils arrivèrent à Capernaüm, ceux qui percevaient les deux drachmes
s'adressèrent à Pierre, et lui dirent: Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes? Oui, dit-il. Et
quand il fut entré dans la maison, Yéshoua le prévint, et dit: Que t'en semble, Simon? Les rois de la
terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts? de leurs fils, ou des étrangers? Il lui dit: Des
étrangers. Et Yéshoua lui répondit: Les fils en sont donc exempts. Mais, pour ne pas les scandaliser,
va à la mer, jette l'hameçon, et tire le premier poisson qui viendra; ouvre-lui la bouche, et tu trouveras
un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi. »

4Q159, Frag.1, Col.2:6-7 : « Concernant le rachat: la somme que chaque homme donnera pour le
rachat de sa personne sera d'un demi-sicle, selon le sicle du sanctuaire. Il ne la versera qu'une fois
dans sa vie. »

- Yéshoua et les Esséniens enseignaient à leurs disciples un repas messianique rituel en lien avec la
hiérarchie dans la communauté:

Luc 22:14-27 : « L'heure étant venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. Il leur dit: J'ai désiré
vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir; car, je vous le dis, je ne la mangerai plus,
jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Et, ayant pris une coupe et rendu grâces,
il dit: Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du
fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu. Ensuite il prit du pain; et, après avoir
rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous;
faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en
disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. Cependant voici,
la main de celui qui me livre est avec moi à cette table. Le Fils de l'homme s'en va selon ce qui est
déterminé. Mais malheur à l'homme par qui il est livré! Et ils commencèrent à se demander les uns aux
autres qui était celui d'entre eux qui ferait cela. Il s'éleva aussi parmi les apôtres une contestation:
lequel d'entre eux devait être estimé le plus grand? Yéshoua leur dit: Les rois des nations les
maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. Qu'il n'en soit pas de même pour vous.
Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui
sert. Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à
table? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. »

1Qsa, Col.2:11-22 : « Procédure pour la réunion des hommes de renom quand ils seront appelés au
banquet tenu par la société de la communauté, quand Dieu aura engendré le Messie parmi eux: le
prêtre, en tant que chef de toute la congrégation, entrera le premier, suivi par tous ses frères, les fils
d'Aaron, prêtres convoqués au banquet des hommes de renom. Ils s'installeront devant lui selon leur

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 11/30
rang. Alors le Messie d'Israël entrera, et les chefs des milliers d'Israël s'assiéront devant lui selon
leur rang, selon la position de chacun dans leurs camps et en campagne. En derniers, tous les chefs de
clan da la congrégation, ainsi que les sages et instruits, s'installeront devant eux, chacun selon son
rang. Quand ils se réuniront autour de la table commune, ayant disposé le pain et le vin de sorte que la
table commune soit dressée pour le repas et le vin prêt à boire, personne n'étendra la main avant le
prêtre vers les prémices du pain ou du vin. Et il bénira les prémices du pain et du vin, étendant la main
le premier vers le pain. Ensuite, c'est le Messie d'Israël qui étendra la main vers le pain. Enfin,
chaque membre de toute la congrégation de la communauté dira une bénédiction, en commençant par
celui dont le rang est le plus élevé. Cette procédure s'appliquera à tous les repas, quand au moins dix
hommes seront réunis. »

Les apôtres et les Esséniens

- Certains apôtres sont probablement d'origine essénienne car disciples de Jean Baptiste:
Jean 1:35-42 : « Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples; et, ayant regardé
Yéshoua qui passait, il dit: Voilà l'Agneau de Dieu. Les deux disciples l'entendirent prononcer ces
paroles, et ils suivirent Yéshoua. Yéshoua se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: Que
cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi, où demeures-tu? Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et
ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure.
André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui
avaient suivi Yéshoua. Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons
trouvé le Messie. Et il le conduisit vers Yéshoua. Yéshoua, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de
Jonas; tu seras appelé Pierre. »

- Les apôtres et les Esséniens se faisaient appelés « les gardiens »:

Actes 24:5 : « Nous avons trouvé cet homme (Paul), qui est une peste, qui excite des divisions parmi
tous les Juifs du monde, qui est chef de la secte des Nazaréens. »

Le mot « Nazaréens », en hébreu « Notsrim », provient de la racine « natsar » qui signifie « garder,
préserver ». Notons que Yéshoua lui-même était appelé le Nazaréen (et non « de Nazareth » comme
cela est souvent traduit) :

Matthieu 2:23 : « …afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé
Nazaréen. »

Actes 22:8 : « Et moi je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Yéshoua le Nazaréen
que tu persécutes. » (Darby)

Les Esséniens surnommaient leurs prêtres dirigeants descendants de Tsadoq « les gardiens de
l’Alliance » (« Shomré HaBrit »). Le mot « Shomré » est une forme grammaticale du mot
« Shomrim », qui est un synonyme de « Notsrim ».

La Règle de la Communauté (1QS) Col.5:2,8-9 : « Leurs débats se feront sous la supervision des
Fils de Tsadoq, prêtres et gardiens (Shomré) de l’Alliance (HaBrit). (…) Il s’engagera par un
serment irrévocable à retourner à la Loi de Moïse de tout son cœur et de tout son esprit, à tout ce qui a
été révélé d’elle aux Fils de Tsadoq, prêtres et gardiens (Shomré) de l’Alliance (HaBrit)… »

- Les apôtres de Yéshoua et les Esséniens surnomment leur mouvement « la Voie »:

Actes 9:1-2 : « Or Saul, respirant encore menace et meurtre contre les disciples du Seigneur, alla au
souverain sacrificateur et lui demanda pour Damas des lettres adressées aux synagogues, en sorte que,
s'il en trouvait quelques-uns qui fussent de la Voie, il les amenât, hommes et femmes, liés à
Jérusalem. »

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 12/30
La Règle de la Communauté Col.9:17-19,21 : « Il gardera la réprimande, elle-même fondée sur la
connaissance véridique et la rectitude de jugement, pour ceux qui ont choisi la Voie, traitant chacun
selon son esprit et les préceptes du temps. Il les affermira dans la connaissance, les instruisant ainsi
dans les mystères véritablement merveilleux ; alors, si la Voie secrète est établie parmi les hommes
de la communauté, chacun se conduira parfaitement avec son prochain, selon ce qui lui a été révélé.
(...) Voici les préceptes de la voie pour l'instructeur en ce temps (...). »

- Les apôtres de Yéshoua et les Esséniens se surnomment « les fils de lumière » :

Ephésiens 5:8 : « Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.
Marchez comme des fils de lumière! »

La Règle de la Communauté Col.2:16-17 : « Il sera retranché de tous les fils de lumière pour avoir
renié Dieu par son impénitence et par la pierre d'achoppement de son péché. »

- Les apôtres et les Esséniens vivaient en communauté et mettaient tous leurs biens en commun:

Actes 2:44-45: « Or, tous ceux qui croyaient étaient dans un même lieu, et avaient toutes choses
communes; ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon le
besoin que chacun en avait. »

Actes 4:32-37: « La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait
que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux. Les apôtres
rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Yéshoua. Et une grande
grâce reposait sur eux tous. Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des
champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le
déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait
besoin. Joseph, surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d'exhortation, Lévite,
originaire de Chypre, vendit un champ qu'il possédait, apporta l'argent, et le déposa aux pieds des
apôtres. »

Les Guerres des Juifs, livre 2, chap.8, paragraphe 3 : « Contempteurs de la richesse, ils pratiquent
entre eux un merveilleux esprit de communauté. Personne chez eux qui surpasse les autres par la
fortune ; car leur loi prescrit à ceux qui adhèrent à leur secte de faire abandon de leurs biens à la
corporation, en sorte qu'on ne rencontre nulle part chez eux ni la détresse de la pauvreté ni la
vanité de la richesse, mais la mise en commun des biens de chacun donne à tous, comme s'ils
étaient frères, un patrimoine unique. »

- Les apôtres et les Esséniens se croyaient entrés dans la Nouvelle Alliance, promulguée par Yéshoua
pour les apôtres, et par « le Maître de justice » pour les Esséniens. La ville de Damas joue un rôle
important:

Luc 22:20 : « Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant: Cette coupe est la
nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. »

2 Corinthiens 3:6 : « Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de
la lettre, mais de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie. »

Actes 22:10 : « Et le Seigneur me dit: Lève-toi, va à Damas, et là on te dira tout ce que tu dois faire. »

Galates 1:17-18 : « Et je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je
partis pour l'Arabie. Puis je revins encore à Damas. Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour
faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui. »

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L'Ecrit de Damas Col.1:3-5,8-9,10-11 : « Israël l'ayant abandonné en se montrant infidèle, il se
détourna de lui et de son sanctuaire et le livra au tranchant du glaive. Mais au souvenir de l'alliance
qu'il avait conclue avec ses ancêtres, il préserva un reste d'Israël et ne permit pas qu'il fût exterminé.
(...) Eux se penchèrent sur leurs iniquités, ils surent qu'ils avaient péché (...) Mais considérant leurs
œuvres, Dieu vit qu'ils l'avaient recherché d'un cœur entier. Et il suscita pour eux un Maître de justice
afin qu'il les guidât dans la voie de son cœur. »

L'Ecrit de Damas Col.6:4-5 : « ...ce sont les captifs d'Israël qui partirent du pays de Juda et vécurent
au pays de Damas. »

L'Ecrit de Damas Col.6:17-19 : « Ils distingueront le pur de l'impur et enseigneront la distinction


entre le sacré et le profane. Ils observeront le shabbat selon la règle, ainsi que les jours de fêtes et le
jour du jeûne selon le commandement des membres de la nouvelle alliance au pays de Damas. »

- Les apôtres et les Esséniens croyaient que leur salut dépendait de leur foi en leur Maître:

Galates 2:16 : « Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les œuvres de la Loi que l'homme est justifié,
mais par la foi en Yéshoua le Messie, nous aussi nous avons eu foi en Yéshoua le Messie, afin
d'être justifiés par la foi dans le Messie et non par les œuvres de la Loi, parce que nulle chair ne sera
justifiée par les œuvres de la Loi. »

Le Commentaire d'Habacuc Col.7:17-Col.8:3 « 'Quant au juste, en ayant foi en lui, on peut trouver
la vie' (Hab.2:4), cela se rapporte à tous ceux d'entre les Juifs qui obéissent à la Loi et que Dieu
sauvera parmi ceux condamnés à passer en jugement, à cause de leurs souffrances et de leur foi
envers le Maître de justice. »

- Les apôtres et les Esséniens croyaient en un Messie de nature divine symbolisé par Melchisédech:

Hébreux 1:8-9 : « Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu est éternel; le sceptre de ton règne est un
sceptre d'équité; tu as aimé la justice, et tu as haï l'iniquité; c'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint
d'une huile de joie au-dessus de tes égaux. »

Jean 20:28-29 : « Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! Yéshoua lui dit: Parce que tu
m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! »

Hébreux 7:1-3 : « En effet, ce Melchisédech, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très Haut, -qui alla
au-devant d'Abraham lorsqu'il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, et à qui Abraham donna la
dîme de tout, -qui est d'abord roi de justice, d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem,
c'est-à-dire roi de paix, - qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n'a ni commencement
de jours ni fin de vie, - mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, - ce Melchisédech demeure
sacrificateur à perpétuité. »

Dans le passage suivant, la personne décrite en Esaïe 61:1-2 est considérée comme étant le Messie:

4Q521, frag.2+frag.4, Col.2:1,7-8 : « Car les cieux et la terre écouteront son Messie. (...) Car il
honorera les pieux sur le trône de son royaume éternel, affranchissant les captifs, rendant la vue aux
aveugles, redressant ceux qui sont courbés (Es.61:1-2). »

Dans cet autre passage, ce même personnage est appelé Melchisédech, et est considéré comme étant le
YHWH d'Esaïe 61:2, l'El du Psaume 7:7-8, et l'Elohim du Psaume 82:1 et d'Esaïe 52:7 :

11Q13, Col.2:8-11,16-17,24-25 : « Car c'est le temps fixé pour 'l'année de grâce accordée par
Melchisédech' (Es.61:2), et par sa puissance il jugera les saints de Dieu, établissant ainsi un royaume

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 14/30
de justice, comme il est dit le concernant dans les chants de David: 'Dieu a pris place dans le conseil
de Dieu ; au milieu des dieux il juge' (Ps.82:1). L'Ecriture dit également de lui: 'Au-dessus d'elle va
siéger dans les hauteurs des cieux. Dieu jugera les nations' (Ps.7:7-8). (...) 'Ton Dieu est roi' (Es.52:7).
Interprétation de l'Ecriture: (...) 'Ton Dieu', c'est Melchisédech, qui les délivrera du pouvoir de
Bélial. »

La raison de ces points communs

Il est important de nous poser la question : pourquoi y a-t-il autant de points communs entre l’Evangile
et certaines sectes juives de l’époque ? Pourquoi l’Evangile ne pouvait-il pas être un enseignement
100% original ? Et pourquoi ces sectes-là en particulier et pas d’autres ?

Le but central de la prédication de l’Evangile est la restauration du Royaume d’Israël par la réunion
des deux maisons qui le composent (voir notre Colloque sur la Torah de février 2015). Son but est
donc le rassemblement des serviteurs de Dieu:

Matthieu 23:37 : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont
envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses
poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu! »

Jean 10:16 : « J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je
les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. »

Pour effectuer ce rassemblement, dans un premier temps, Yéshoua doit réunir les différentes sectes qui
composent la Maison de Juda. C’est la raison pour laquelle il a choisi des apôtres provenant de tous les
grands mouvements juifs de son époque (voir l’intervention précédente de Francesco Micciche).
(Il est à noter que le mot « secte » utilisé dans ce cours est à prendre dans son sens original d’école
d’interprétation à l’intérieur d’une religion).
Mais attention, Yéshoua cherche l’unité, non l’œcuménisme.
La différence est que l’œcuménisme s’obtient en faisant des compromis sur la vérité et la justice ; alors
que l’unité s’obtient par le rassemblement de ceux qui adhèrent à la vérité et le retranchement de ceux
qui la refuse, sans aucun compromis.
Yéshoua tente donc de rassembler les différents courants du Judaïsme autour de la vérité.
Les points communs entre l’Evangile et les différentes sectes juives ne sont donc pas la conséquence
d’un compromis « œcuménique », mais le témoignage que ces sectes, certaines plus que d’autres, ont
conservé des éléments de la vérité originelle de la Parole divine.
C’est aussi la raison pour laquelle l’Evangile n’est pas un enseignement 100% nouveau, car il est le
rappel du message originel de la Bible dépourvu des erreurs humaines accumulées au fil du temps.
Il est donc normal de retrouver des fragments de ce message original dispersés dans les enseignements
des anciennes sectes juives.
Pour répondre à notre troisième question et comprendre pourquoi particulièrement les Pharisiens de
Hillel et les Esséniens, nous devons remonter à l’origine de ces mouvements.

L’origine des Pharisiens de Hillel

Lors de l’invasion de Jérusalem et de l’exil à Babylone (-570), la monarchie de Juda prit fin.
Quand l’exil babylonien prit fin et que les exilés revinrent (-500), Ezra rétablit le conseil des
anciens (Esdras 7 :25 ; 10 :14,16) qui prit immédiatement des décisions juridiques (Ezra 10 :10-19).

La Mishnah (première partie du Talmud) nous dit que ce conseil de 120 anciens devint la Grande
Assemblée qui dirigea Israël:

« Moïse reçut la Torah au Sinaï et la transmit à Josué, Josué aux anciens, les anciens aux prophètes, les
prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée… » ([Link] 1:1)

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L’un de ses derniers membres était « Simon le Juste » (-219/-196). La Mishna dit ceci :

« Simon le Juste était l’un des rescapés de la Grande Assemblée. Il avait l’habitude de dire, ‘Sur
trois choses tient le monde : Sur la Torah, Sur le service [du Temple], et sur les actes de bontés
(hassadim)’. » ([Link] 1 :2)

Simon a été remplacé par son fils Onias III au poste de Grand Sacrificateur, au sujet duquel on lit dans
le livre apocryphe de 2 Maccabées :

« Pendant que la ville sainte était habité dans une paix ininterrompue, et que les lois étaient très bien
observées à cause de la piété du Grand Sacrificateur Onias, et de sa haine de la méchanceté. »
(2 Macchabées 3:1)

Vers -168, la dynastie gréco-macédonienne de Syrie, appelée « les Séleucides », envahit la Judée.
Ces envahisseurs interdisent la Torah et contraignent les Juifs à s’helléniser.
Le roi Séleucide Antiochus Epiphane offre la charge de Grand Sacrificateur au frère d’Onias III,
Jason, après que ce dernier l’ait corrompu:

« …Jason le frère d’Onias obtint la charge de Grand Sacrificateur par la corruption, promettant
au roi lors d’une audience 360 talents d’argents, et d’une autre source de revenu, 80 talents… il poussa
ses concitoyens à vivre à la manière des Grecs…et introduisit de nouvelles coutumes contraires à la
Torah. » (2 Macchabées 4:7-8,10,11)

Le ministère de Jason était considéré illégitime par les Juifs pieux comme nous le voyons en 2
Macchabées :

« …Jason, qui était mauvais et non Grand Sacrificateur… » (2 Macchabées 4:13)

Onias III fut donc le dernier Grand Sacrificateur légitime en Israël.


La corruption de ce poste et le bannissement du véritable Grand Sacrificateur produisit la disparition
de la Grande Assemblée.

Ceux qui refusèrent l’hellénisation et désirèrent rester fidèle à la Torah sans compromis fuirent dans le
désert (1 Macc.1:62-64; 2:29). Ces réfugiés furent connus comme « les Hassidim » (1 Macc. 2:42-43).
Ils luttèrent et vainquirent les Séleucides, et libérèrent ainsi la Judée.
Depuis cette époque, les Hassidim sont considérés comme les détenteurs du Judaïsme authentique
dépourvu de toute corruption.
Peu de détails existent aujourd’hui sur ces Hassidim, mais nous savons qu’ils étaient probablement
dirigés par un disciple de Simon le Juste appelé Antigone de Soko. La Mishnah nous dit de lui:

« Antigone de Soko reçut [la Torah] de Simon le Juste. Il avait l’habitude de dire, ‘Ne soyez pas
comme les serviteurs qui servent leur maître en vue d’une récompense, mais soyez comme des
serviteurs qui servent leur maître sans attendre de récompense, et que la crainte des Cieux soit sur
vous.’ » ([Link] 1:3)

Le nom « Hassidim » vient probablement de leur dévotion pour l’enseignement de Simon le Juste cité
précédemment : les hassadim (actes de bonté) sont l’une des trois choses sur lesquelles repose le
monde. En effet, le terme Hassidim provient de la même racine que hèssèd qui signifie « grâce,
miséricorde, bonté, charité, générosité, faveur ».
Toute la doctrine hassidique est résumée dans cet enseignement d’Antigone :

« Ne soyez pas comme les serviteurs qui servent leur maître en vue d’une récompense, mais soyez
comme des serviteurs qui servent leur maître sans attendre de récompense, et que la crainte des Cieux
soit sur vous. » ([Link] 1:3)

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 16/30
Antigone enseignait que nous ne devons pas observer la Torah dans le but de gagner quelque chose,
c’est-à-dire par intérêt, mais par respect et amour pour Dieu. C’est donc par « hèssèd » qu’il faut
observer la Torah.

Selon un commentaire midrashique du traité Avot de la Mishnah, appelé « Avot de Rabbi Natan »,
deux disciples d’Antigone, Tsadoq et Boethus, interprétèrent cet enseignement comme impliquant
l’absence d’une quelconque récompense divine : pas de vie éternelle, pas d’au-delà, et donc pas
d’anges :

« Antigone de Sokho reçut la tradition de Simon le Juste. Il avait coutume de dire : ne soyez pas
comme des serviteurs qui se mettent au service du maître pour en recevoir contrepartie, mais soyez des
serviteurs au service du maître pas pour recevoir en contrepartie une ration de pain, et que la crainte du
ciel soit sur vous afin que votre salaire soit double dans l’avenir qui vient […] Antigone de Sokho eut
deux disciples qui reprirent son enseignement et le répétèrent à leurs disciples et ces disciples à leurs
disciples. Ceux-ci se mirent à étudier cet enseignement jusqu'à se poser cette question […] Est-il
possible qu’un ouvrier fasse son ouvrage […] et qu’il n’en retire pas salaire au soir. Si nos pères
avaient su qu’il y a un autre monde et que la résurrection des morts existe, ils ne se seraient pas
exprimés ainsi […] Ils éclatèrent en deux factions les Sadducéens et les Boethusiens, du nom de Sadoq
et du nom de Boethus. Ils se servaient de vaisselle d’or et d’argent quotidiennement. »
(Avot de Rabbi Natan, version A, chapitre 5:2)

Sur base de cette erreur, Tsadoq créa la secte des Tsadouqim (les Sadducéens) ; et Boethus créa la
secte des Boéthusiens, également connue dans les Evangiles comme les Hérodiens (Matth.22:16, Marc
3:6).

Heureusement, un autre disciple d’Antigone de Soko, appelé Yossé Ben Yoezer, resta fidèle à la
doctrine authentique des Hassidim. Il fonda le sanhédrin pharisien dont il devint le premier nassi
(président). Yossé Ben Yoezer était un Hassid très respecté :

« Yossé ben Yoezer était le plus grand Hassid du milieu sacerdotal. » (Mishna Hagiga 2:7)

Le dernier Hassid à diriger le sanhédrin pharisien fut Hillel l’ancien, le fondateur de l’école
pharisienne de Hillel. Le Talmud a conservé une ligne de son éloge funèbre :

« O Hassid ! O homme humble ! Disciple d’Ezra. » (Sanhedrin 11a)

Les Pharisiens de l’école de Hillel étaient donc les héritiers des Hassidim.
Le mot « Pharisien » signifie « séparé » et se réfère probablement au fait que les Hassidim se
séparèrent de l’apostasie du Grand Sacrificateur et usurpateur Jason.
La connexion entre Hillel et le Hassidisme se constate dans ses décisions juridiques.
La littérature juive a conservé 350 disputes entre les écoles pharisiennes de Hillel et de Shammaï.
Généralement, Shammaï défendait l’interprétation la plus stricte des commandements, alors que
l’interprétation de Hillel était plus modérée.
Selon un livre juif appelé Zohar (Ra’aya Meheimna 3:245a), la doctrine de Shammaï était basée sur la
« guévourah » (la sévérité, le jugement, la colère, la condamnation), alors que la doctrine de Hillel
était basée sur le « hèssèd » (la grâce, la miséricorde).
Nous retrouvons là l’affiliation hassidique de Hillel.

L’origine des Esséniens

Les Esséniens décrivent leur origine de cette façon :

4QMMT, Section C:7-8 : « Nous nous sommes séparés de la majorité du peuple et de toutes leurs
impuretés, et refusés de nous associer ou de participer avec eux à ces choses (le Temple et la vie
sociale). »

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 17/30
En ce temps-là, la majorité du peuple était pharisienne :

Antiquités Juives, livre 13, chap.10, paragraphe 6 : « Les Sadducéens ne parvenant à convaincre
que les riches et n’étant pas suivis par le peuple, les Pharisiens, au contraire, ayant la majorité du
peuple avec eux. »

Les Esséniens se sont donc séparés des Pharisiens.


Pour quelle raison ?
Parce qu’ils considéraient que les Pharisiens n’étaient pas assez stricts dans leur observance, ce qui
provoqua selon eux la profanation du Temple :

L’Ecrit de Damas Col.5:6-7 : « Ils (‘les Bâtisseurs du mur’ = Pharisiens) souillent également le
Sanctuaire parce qu’ils ne font pas la distinction entre le pur et l’impur comme le prescrit la
Loi. »

L’Ecrit de Damas Col.4:19-20 : « Les Bâtisseurs du mur qui bâclent leur tâche et ont suivi
« Précepte » - Précepte est un péroreur dont il est dit : ‘ils ne font que pérorer’ (Mich.2:6). »

Selon la théorie historique la plus probable, le Maitre de justice qui a fondé la secte essénienne était
Onias III, le dernier Grand Sacrificateur légitime. Il l’aurait fondé après avoir été chassé du pouvoir
par son frère Jason. Les Esséniens seraient donc une dissidence ultra-rigoriste des premiers Hassidim.
Comme nous l’avons vu, la halakhah (interprétation juridique de la Torah) de Hillel est modérée.
Elle reflète probablement la halakhah hassidique originelle puisqu’elle est basée sur le hèssèd.
Il est donc compréhensible que les Esséniens l’aient pu trouver insuffisamment stricte.
Qu’ont-ils alors conservé de la doctrine hassidique originelle ?
Une des particularités de l’essénisme, c’est son « mysticisme » très prononcé.
Qu’est-ce que le mysticisme ?
Cela fait référence aux doctrines constituant « les Mystères du Royaume » dont parle Yéshoua et les
apôtres :

Matthieu 13:11 : « Yéshoua leur répondit: Parce qu'il vous a été donné de connaître les mystères du
royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné. »

Marc 4:11 : « Il leur dit: C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux
qui sont dehors tout se passe en paraboles… »

Ephésiens 6:19 : « Priez pour moi, afin qu'il me soit donné, quand j'ouvre la bouche, de faire
connaître hardiment et librement le mystère de l'Évangile. »

1 Timothée 3:9 : « Conservant le mystère de la foi dans une conscience pure. »

1 Corinthiens 4:1 : « Ainsi, qu'on nous regarde comme des serviteurs du Messie, et des dispensateurs
des mystères de Dieu. »

Ces mystères sont les révélations les plus profondes et les plus complexes de la Parole divine.
Les Juifs leur donnent plusieurs noms, notamment « Torat hasod » (le secret de la Torah), « raz
haTorah » (le mystère de la Torah), et plus récemment « Qabalah » (la réception).
Il y a beaucoup de confusions à ce sujet, et il faut insister sur le fait que les mystères du Royaume
n’ont aucun lien avec l’occultisme.

Les deux plus anciens livres juifs exposant les mystères de la Bible sont le Yétsira et le Bahir.
La plus ancienne référence au Yétsira se trouve dans le Talmud de Jérusalem ([Link].7:13 (41a)). Celle-
ci évoque son utilisation par Rabbi Yéhoshoua Ben Hananya (60 à 131), l’un des cinq disciples de
Rabbi Yokhanan Ben Zakaï (-47 à 73) ([Link] 2:8). Ce dernier fut instruit dans ce domaine par son

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 18/30
collègue Rabbi Néhounia Ben HaQana, lui-même auteur du Bahir. Or selon un livre juif appelé le «
Sefer haTaguin », Rabbi Néhounia Ben HaQana fut instruit dans les mystères de la Torah par un
certain Menahem. Celui-ci était un grand maître essénien du premier siècle mentionné par Flavius
Joseph (Antiquités juives, livre 15, chap.10, paragraphe 5).
Donc selon la tradition juive elle-même, ce sont les Esséniens qui ont conservé les enseignements
mystiques originaux des Hassidim et les ont transmis à certains grands rabbins pharisiens.

Nous pouvons maintenant répondre à notre troisième question qui était : pourquoi y a-t-il
particulièrement plus de points communs entre l’Evangile d’une part, et le Pharisianisme de Hillel et
l’Essénisme d’autre part ? La réponse est : parce que ces deux courants du Judaïsme ancien ont la
même source : le Hassidisme.
Le Hassidisme ancien est donc le Judaïsme authentique autour duquel Yéshoua tente de rassembler les
différentes sectes juives. Celui-ci est composé de la halakhah modérée de Hillel et de la doctrine
mystique des Esséniens.

Le Hassidisme

Le Hassidisme nous permet de comprendre « la doctrine de la grâce » enseignée par Paul.


Rappelons-nous de la doctrine hassidique résumée par Antigone de Soko:

« Ne soyez pas comme les serviteurs qui servent leur maître en vue d’une récompense, mais soyez
comme des serviteurs qui servent leur maître sans attendre de récompense, et que la crainte des Cieux
soit sur vous. »

Nous ne devons pas observer la Torah dans le but de gagner quelque chose, c’est-à-dire par intérêt,
mais par respect et amour pour Dieu. C’est donc par hèssèd qu’il faut observer la Torah.
C’est exactement ce qu’enseigne l’apôtre Paul.
Dans le verset suivant, Paul nous dit que personne ne peut être justifié par les œuvres :

Galates 2:16 : « Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est
justifié, mais par la foi en Yéshoua le Messie, nous aussi nous avons cru en Yéshoua le Messie, afin
d'être justifiés par la foi dans le Messie et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera
justifiée par les œuvres de la loi. »

Dans les versets suivants, il précise que la justification ne peut pas provenir des œuvres car sinon elle
est un salaire récompensant un mérite. Or selon la Bible, la justification est une grâce (hèssèd), elle ne
peut donc être offerte que gratuitement par Dieu à celui qui a foi en lui:

Romains 4:4-5 : « Or, à celui qui fait une œuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce,
mais comme une chose due; et à celui qui ne fait point d'œuvre, mais qui croit en celui qui justifie
l'impie, sa foi lui est imputée à justice. »

C’est également la raison pour laquelle Paul parle de ceux qui sont « sous la loi » et « sous la grâce » :

Romains 6:14 : « Car le péché n'aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi,
mais sous la grâce. »

Ceux qui sont « sous la loi », sont sous la condamnation ou la malédiction, c’est-à-dire la guevourah,
car ils cherchent à gagner leur justification par leurs œuvres:

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 19/30
Galates 3:10 : « Car tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction; car il
est écrit: Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas
en pratique. »

Alors que ceux qui sont « sous la grâce », c’est-à-dire sous le hèssèd, sont justifiés gratuitement car ils
pratiquent les œuvres pour remercier Dieu de les avoir justifié gratuitement:

Ephésiens 2:8-10 : « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne
vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se
glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Yéshoua le Messie pour de bonnes
œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. »

C’est également le sens a donné aux expressions « lettre de la loi » et « esprit de la loi » utilisées par
Paul:

Romains 7:6 : « Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous
laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre
qui a vieilli. »

Dans le Talmud de Babylone, au traité Berachot 7a, le Rabbi Ishmaël Ben Elisha (70-135) dit avoir vu
l’ange de Dieu assit sur son trône dans le Sanctuaire et lui avoir adressé cette prière:

« Que ta volonté soit que ta miséricorde supprime ta colère, et que ta miséricorde surpasse tous tes
autres attributs, et que tu agisses envers tes enfants avec ton attribut de miséricorde, et que tu agisses
avec eux au-delà de la lettre de la loi. »

Dans cette prière, « agir au-delà de la lettre de la loi » est une expression juive du premier siècle
équivalente à « agir avec miséricorde (hèssèd) ».
Dans les lettres de Paul, « la lettre de la loi » désigne donc la guevourah (la rigueur, la condamnation),
et donc au contraire, « l’esprit de la loi » désigne le hèssèd.
Nous pouvons dire que Hillel enseignait l’esprit de la Loi, alors que Shammaï enseignait la lettre de la
Loi.

Etrangement, les chrétiens qui rejettent la Torah ont souvent comme argument qu’elle ne justifie pas.
Ils montrent par là qu’ils n’observeraient la Torah que si celle-ci leur apportait la justification.
Donc par intérêt. Ce qui est exactement l’opposé de ce qu’enseigne l’Evangile.
Cela montre un lien entre un certain Christianisme et le pharisianisme non hassidique de l’Ecole de
Shammaï!

Le Hassidisme authentique existe-t-il encore aujourd’hui?


Partiellement seulement.

Après les deux guerres survenues entre la Judée et Rome en 70 et en 130, seule la secte pharisienne de
Hillel a survécu. Avec la mort des derniers rabbins hassidiques et l’énorme développement des
commentaires rabbiniques sur la Bible et la Mishnah qui deviendront le Talmud, le Pharisianisme de
Hillel va se transformer en un Judaïsme intellectualiste, rationaliste, académique, froid et éloigné des
masses.
Mais suite aux publications des trois livres majeures de la Qabale juive entre le 10ème et le 13ème siècle
en Europe (Yétsira, Bahir et Zohar), deux tentatives de restauration du Hassidisme ancien vont
apparaitre.

Tout d’abord, au 13ème siècle en Allemagne, par un groupe appelé les « Hassidé Ashkénazes ».
Mais ce mouvement disparaîtra assez rapidement suite aux persécutions.
Ensuite, au début du 18ème siècle en Ukraine, par le Rabbi Israël Ben Eliézer, dit « le Baal Shem Tov »
(« le Maître du Bon Nom »), aussi surnommé par son acronyme « le Besht ».

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 20/30
Il enseigne que le but de tout Juif doit être « la Dévékout », l’union avec Dieu, et que cette union peut
être atteinte par tous, même les plus ignorants, par la prière et la joie. Il donne ainsi plus d’importance
à la prière qu’à l’étude du Talmud, ce qui ne plait pas dans le Judaïsme académique de l’époque.
Il popularise également des concepts mystiques qu’il enseigne aux foules.
Le Hassidisme aura beaucoup d’ennemis pour deux raisons :

- Il remet en cause le Judaïsme tel que pratiqué et enseigné par les Talmudistes : Judaïsme intellectuel,
sans cœur, loin des petites gens.
- Il popularise les Mystères de la Torah auprès des masses, ce qui est considéré comme dangereux par
les autorités rabbiniques.

Devant le grand nombre de leurs opposants et le risque d’excommunication, ces Hassidiques modernes
firent malheureusement des compromis : Ils redevinrent plus sobres dans leurs rites et plus
intellectualistes en réintroduisant l’étude académique du Talmud.
Les différentes dynasties hassidiques existantes aujourd’hui (plusieurs dizaines) sont toutes issues du
Baal Shem Tov.

Nous ne pouvons pas considérer le Hassidisme moderne comme étant le représentant totalement
authentique du Hassidisme ancien. Contrairement à ce dernier, le Hassidisme moderne a adopté une
halakhah ultra-rigoriste, la plus stricte du Judaïsme. Il a également réintroduit l’étude intellectualiste
du Talmud. Mais il a par contre conservé certaines doctrines mystiques proches de l’Evangile:

- La divinité du Rabbin

Selon l’ancien dirigeant de la dynastie hassidique de Loubavitch, le Rebbe Schneerson, le rabbin


hassid est « l'essence et le contenu de Dieu vêtu d'un corps ».

C’est la même définition que donne Paul au sujet de la nature du Messie:

Colossiens 2:9 : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. »

- Le Rabbin en tant qu’intermédiaire

Toujours selon le Rebbe Schneerson, le rabbin hassid est un intermédiaire entre Dieu et les disciples
sans lequel il ne leur est pas possible d’atteindre Dieu. C’est seulement en se connectant au rabbin que
le disciple se connecte à Dieu. C’est la doctrine de la « hitkashrout » (la connexion).

Paul dit de Yéshoua qu’il est l’intermédiaire entre Dieu et nous:

1 Timothée 2:5 : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes,
Yéshoua le Messie homme. »

Si nous ne nous connectons pas au Messie comme les sarments sur le cep, nous ne pouvons rien
accomplir:

Jean 15:5 : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure
porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »

Il n’y a qu’à travers le Fils que l’on peut connaître le Père :

Matthieu 11:27 : « Toutes choses m'ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce
n'est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le
révéler. »

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 21/30
- L’expiation par la mort du Rabbin

Le rabbin Nahman de Breslev, fondateur de la dynastie hassidique de Breslev, se sachant condamné


par la maladie, demanda à ses disciples de l’enterrer dans la ville ukrainienne de Ouman où eut lieu un
grand pogrom, et ceci dans le but que sa mort fasse expiation pour les juifs morts en ce lieu.
Il dit également à ses disciples que s’ils venaient se recueillir sur sa tombe tous les ans à Rosh
Hashanah, il les sauverait de la géhenne.
Chaque année, des milliers de Breslev se rendent sur sa tombe en récitant certains Psaumes, espérant
voir leurs péchés effacés.

Ephésiens 1:7 : « En lui (Yéshoua) nous avons la rédemption par son sang, la rémission des
péchés, selon la richesse de sa grâce. »

- La réception de l’esprit du Rabbin après sa mort

Après sa mort, le rabbin peut envoyer tout ou une partie de son esprit dans le corps de ses disciples
pour les aider à progresser spirituellement. C’est la doctrine du « Ibour » (la grossesse).

Extrait d’un site juif :

« Selon un enseignement mystique, connu sous le nom de Sod Ha’Ibour, l’âme peut investir un autre
corps afin de réaliser une grande action. Il ne s’agit pas du principe de réincarnation, où l’âme a besoin
d’être perfectionnée, complétée. Dans le Sod Ha’Ibur, l’âme est complète, mais « l’hôte » a besoin
d’une élévation spirituelle en réparation de la faute des ancêtres. »
[Link]
ibour/

De même, Yéshoua dit qu’il est avantageux pour nous qu’il meure pour pouvoir nous envoyer l’Esprit
après sa mort :

Jean 16:5-7 : « Maintenant je m'en vais vers celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande:
Où vas-tu? Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. Cependant je
vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur
ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. »

Cet Esprit est en fait celui de Yéshoua. Voilà pourquoi il devait mourir pour l’envoyer :

Actes 16:7 : « Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie; mais l'Esprit de
Yéshoua ne le leur permit pas. »

Une fois reçu, son Esprit nous communique des dons et des vertus pour nous faire progresser
spirituellement :

Hébreux 2:4 : « Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par
les dons du Saint Esprit distribués selon sa volonté. »

Galates 5:22 : « Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la
bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. »

La réception de cet Esprit est également comparée à une grossesse :

Galates 4:19 : « Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à
ce que le Messie soit formé en vous. »

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- Prier le rabbin

Les disciples loubavitch adressent des demandes écrites au Rebbe Schneerson décédé il y a plusieurs
années. Certains Breslev adressent également des prières à Nahman de Breslev décédé il y a plus d’un
siècle.

Les premiers disciples également adressaient des prières à Yéshoua:

Actes 7:59 : « Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait: Seigneur Yéshoua, reçois mon esprit! »

- Dieu a un fils:

Le livre du Zohar, « l’Evangile » des Hassidiques, évoque le fils de Dieu:

Zohar 2:115 : « Mieux vaut un voisin proche, qu’un frère lointain. Ce voisin est le pilier médian de la
divinité, qui est le fils de Yah. »

Zohar 2:105a : « Le Saint, béni soit-Il, a un fils dont la gloire brille d’une extrémité du monde à
l’autre. Il est un arbre grand et puissant dont la tête atteint les cieux, et dont les racines s’enfoncent
dans la terre sainte. Son nom est ‘Mispar’, et sa demeure est dans le plus haut des cieux. Ainsi qu’il est
écrit : ‘Les cieux proclament (mesaprim) la gloire de Dieu (Ps.19 :1)’. »

Evidemment, c’était aussi la croyance des apôtres :

1 Corinthiens 1:9 : « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Yéshoua le
Messie notre Seigneur. »

Nous pouvons donc voir que le Hassidisme moderne a conservé plusieurs traits du Hassidisme ancien
qui le rapprochent partiellement de l’Evangile.
Attention cependant, les Hassidiques appliquent ces principes à leurs rabbins humains et non à
Yéshoua. Ils ne connaissent par le sauveur !
Nous n’encourageons donc pas nos lecteurs/auditeurs à s’intéresser plus avant au Hassidisme
moderne, mais plutôt à travailler dans la restauration du vrai Hassidisme authentique, celui de
Yéshoua le Messie. Seul lui sauve!

Divisions du Judaïsme moderne

Le Judaïsme moderne est autant divisé aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque du second Temple.
Il y a des divisions selon les régions culturelles :

- Ashkénazes (Europe)
- Séfarade (Espagne et Maghreb)
- Mizrahi (Moyen-Orient)
- Yéménites
- Italkim (Italiens)
- Romaniotes (Balkan et Turquie)

Chacune de ces divisions culturelles est subdivisée selon les pays d’origine.
Il y a ensuite des divisions selon le degré de respect des règles talmudiques. Du plus souple au plus
strict :

- Libéraux
- Reconstructionistes
- Traditionnalistes
- Conservadox

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- Modern-Orthodoxes
- Orthodoxes
- Ultra-orthodoxes hassidiques et non hassidiques

Chacune de ces divisions est elle-même subdivisée selon les personnalités rabbiniques considérées
comme références (Torah oumada, mouvement du Moussar, Talmidé Rambam, les différentes
dynasties hassidiques,…).

Comment les réunir tous? Seul le Messie le pourra!

Le rassemblement de la Maison d’Israël

De même que notre Maître a tenté à son époque de rassembler la maison de Juda autour de la vérité, ne
devrait-on pas nous-mêmes tenter aujourd’hui de rassembler les différentes sectes chrétiennes ?
En effet, la réunion des deux Maisons composant le Royaume d’Israël ne peut se produire que si ces
Maisons sont unies en elles-mêmes de façon cohérente.
Comme nous l’avons vu pour les sectes juives, nous pouvons également constater que les différentes
dénominations chrétiennes ont chacune conservé des fragments du vrai Evangile. Voici une liste non
exhaustive :

- Catholiques : la liturgie des heures


- Orthodoxes : doctrines mystiques de l’hésychasme, nepsis, théosis, prière incessante, prière du cœur
- Luthériens : la justification par la foi et la méfiance envers la tradition orale
- Evangéliques : la nouvelle naissance
- Pentecôtistes : les dons spirituels
- Adventistes : le respect des commandements
- Témoins de Jéhovah : la doctrine du Royaume
- Messianiques : respect de la place de Juda dans les prophéties et la culture hébraïque

L’enseignement complet du vrai Evangile est ainsi dispersé parmi des dizaines de dénominations
chrétiennes différentes, voire plus.
C’est à nous, avec Son aide, de travailler au rassemblement de ces fragments épars autour de la vérité
entière, comme notre Maître nous l’a montré.

La secte Nazaréenne

Pour restaurer la première communauté des apôtres et celles des premiers disciples, il est bon de
s’informer de certaines de ses caractéristiques évoquées dans des textes historiques anciens.
Celle-ci était historiquement connue comme « la secte Nazaréenne » :

Actes 24:5 : « Car nous avons trouvé que cet homme est une peste, et qu'il excite des séditions parmi
tous les Juifs dans toute la terre habitée, et qu'il est un meneur de la secte des Nazaréens. »

- L’évêque catholique Epiphane, qui vécut au 4ème s, écrivit un livre appelé Panarion, dans lequel il
décrit l’existence et les croyances de 80 sectes qu’il considère hérétiques. Parmi celles-ci, il y a la
29ème secte, qu’il décrit comme la « secte nazaréenne » :

« Après ceux-ci vinrent les Nazaréens, qui apparurent en même temps ou même avant, … Dans tous
les cas, ils étaient leurs contemporains… Ce groupe ne se fait pas appeler d’après le Christ ou d’après
le nom de Jésus, mais il se fait appeler Nazaréen. Cependant, à l’époque, tous les Chrétiens étaient
appelés Nazaréens de la même façon. Ils ont également été appelés Jésséens pendant peu de temps,
avant que les disciples furent appelés Chrétiens à Antioche. Ils ont été appelé Jésséens à cause de
Jéssé, je suppose, puisque David fut descendant de Jéssé… Car en entendant le nom de Jésus et en
voyant les miracles accomplis par les apôtres, ils eurent foi en Jésus. Mais comme il fut conçu à

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Nazareth et élevé dans la maison de Joseph, c’est pour cette raison qu’il fut appelé Jésus le Nazaréen
dans les évangiles, comme le disent les apôtres ‘Jésus le Nazaréen, etc…’

Donc, ils ont adopté ce nom pour être appelé Nazaréens. Pas Nazirites, qui signifie « consacrés » …
Ils ne se font pas appeler Nassaraens, les Nassaraens sont une secte qui existait avant le Messie, et ne
connait pas le Messie. Mais comme je l’ai indiqué, tous les Chrétiens étaient appelés Nazaréens,
comme ils l’ont fait en accusant Paul (en Actes 24). Et le Saint apôtre ne réfuta pas ce nom, mais était
heureux de porter ce nom…. Il n’y a pas d’étonnement à ce que l’apôtre admit être un Nazaréen. En
ces jours-là, tous les chrétiens étaient appelés de cette façon à cause de Nazareth, il n’existait pas
d’autres usages de ce nom. Les gens donnèrent le nom de Nazaréen à ceux qui croient en Christ. Mais
ces sectaires dont je parle négligent le nom de Jésus et ne se font pas appeler Jésséen, ni ne gardent le
nom de Juifs, ni ne se font appeler Chrétiens, mais Nazaréens à cause de Nazareth.

Cependant, ils sont simplement des Juifs accomplis. Ils utilisent non seulement le NT, mais aussi
l’AT, comme font les Juifs. Car à la différence des sectaires précédents, ils ne rejettent pas la loi, les
prophètes et les livres que les Juifs appellent les écrits. Ils n’ont pas d’idées différentes, mais
confessent tout exactement comme la loi le déclare et qui plus est, à la façon juive, à part leur croyance
en Christ ! Car ils reconnaissent la résurrection des morts et la création divine de toutes choses, et ils
confessent que Dieu est un et que son fils est Jésus Christ. Ils sont exercés à la perfection en Hébreu.
Car chez eux, la loi entière, les prophètes et les écrits….. sont lus en Hébreux comme chez les Juifs. Ils
sont différents des Juifs et différents des chrétiens, seulement en ces points: ils sont en désaccord avec
les Juifs car ils ont foi en Christ, mais puisqu’ils sont encore enchaînés par la loi, la circoncision, le
Shabbat et le reste, ils ne sont pas en accord avec les chrétiens.

Sur Christ, je ne sais pas s’ils sont également captifs de la méchanceté de Cérinthus et Mérinthus, et le
considèrent seulement comme un homme ou comme il est vrai, ils affirment sa naissance de Marie de
par le Saint Esprit. Aujourd’hui cette secte des Nazaréens peut être trouvée à Bérée près de Coelesyria,
dans la décapole près de Pella, et dans Bashanitis au lieu appelé Cocabe-Khokhabe en Hébreu. Car
c’est son lieu d’origine, puisque tous les disciples demeurèrent à Pella après avoir fui Jérusalem,
Christ leur ayant dit d’abandonner Jérusalem et de se replier à cause de son prochain assiègement. Et
ils s’installèrent à Pérée pour cette raison…C’est là que la secte Nazaréenne commença. Mais eux
aussi font l’erreur de s’enorgueillir de la circoncision et des gens comme eux sont encore sous une
malédiction puisqu’ils ne peuvent accomplir la loi. Car comment accompliraient-ils le commandement
de la loi « trois fois l’an, tu apparaitras devant le Seigneur ton Dieu, aux fêtes des pains sans levain,
des Tabernacles et Pentecôte » à Jérusalem ?...

Car j’en ai déjà discuté plusieurs fois auparavant, dans chaque secte, au sujet du Shabbat, de la
circoncision, et du repos, comment le Seigneur nous a donné quelque chose de plus parfait. Mais
comment des gens comme ceux-ci peuvent-ils défendre leur désobéissance au Saint Esprit, qui a dit
aux convertis gentils à travers les apôtres « de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est
nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et
de l’impudicité » ? Et comment peuvent-ils échouer en perdant la grâce de Dieu, quand le saint apôtre
Paul dit « si vous vous faites circoncire ; Christ ne vous sert à rien, vous qui vous vous glorifiez dans
la loi êtes déchus de la grâce » ? …

Des gens comme eux sont réfutables et facile à soigner ou plutôt, ils ne sont rien d’autres que des
Juifs. Et pourtant ils sont très haïs par les Juifs. Non seulement les Juifs nourrissent de la haine contre
eux, mais même ils se lèvent à l’aurore, à midi et vers le soir, trois fois par jours quand ils récitent
leurs prières dans les synagogues, ils les maudissent et les anathématisent. Trois fois par jours ils
disent « que Dieu maudissent les Nazaréens ». Car ils gardent une rancune contre eux, car malgré leur
judaïté, ils enseignent que Jésus est le Messie, à l’opposé de ceux qui sont encore Juifs, car ils n’ont
pas accepté Jésus. Ils possèdent l’évangile selon Matthieu totalement en Hébreu. Car il est évident
qu’ils le gardent encore dans l’alphabet hébreu, comme il était écrit à l’origine. Mais je ne sais pas
s’ils ont retiré les généalogies d’Abraham à Christ. Mais maintenant que j’ai aussi détecté cette secte,

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 25/30
qui est comme un petit insecte, mais qui cause des souffrances avec son poison, et que j’ai écrasé avec
la parole de vérité, prions Dieu pour son aide et passons à la suivante… »

- Il y a également le père de l’Eglise Jérôme (de 340 à 420) :

« Aujourd’hui, il existe parmi les Juifs, dans toutes les synagogues de l’orient, une hérésie qui est
appelée celle des minim, et qui est encore condamnée par les Pharisiens, [ses fidèles] sont appelés
Nazaréens, ils croient que le Messie, le fils de Dieu, est né de la vierge Marie, et ils déclarent que c’est
celui qui a souffert sous Ponce Pilate et est monté aux cieux, et c’est celui en qui nous croyons aussi ;
mais tandis qu’ils veulent tout ensemble être Juifs et chrétiens, ils ne sont ni Juifs ni chrétiens. »
(Lettre de Jérôme à Augustin)

« Les Nazaréens, qui acceptent le Messie sans cesser d’observer la vieille Loi, expliquent les deux
maisons comme deux famille,… » (Commentaires de Jérôme sur Isaïe 8 :14)

D’après les traces historiques laissées par les Nazaréens, nous pouvons établir quelles étaient leurs
croyances et pratiques, et donc quel était l’enseignement authentique des Apôtres et de Yéshoua lui-
même.

- D’après Epiphane et Jérôme, les Nazaréens croyaient en la messianité de Yéshoua :

« Les Nazaréens qui acceptent le Messie sans cesser d’observer la vieille Loi… »
(Jérôme ; sur Isaïe 8 :14)

« Aujourd’hui, il existe parmi les Juifs, dans toutes les synagogues de l’orient, une hérésie qui est
appelée celle des minim, et qui est encore condamnée par les pharisiens, [ses fidèles] sont appelés
Nazaréens, ils croient que le Messie, le fils de Dieu, est né de la vierge Marie, et ils déclarent que c’est
celui qui a souffert sous Ponce Pilate et est monté aux cieux, et c’est celui en qui nous croyons aussi ;
mais tandis qu’ils veulent tout ensemble être juifs ou chrétiens, ils ne sont ni juifs ni chrétiens »
(Lettre de Jérôme à Augustin)

« Ils n’ont pas d’idées différentes, mais confessent tout exactement comme la loi le déclare et qui plus
est, à la façon juive, à part leur croyance en Christ! … ils sont en désaccord avec les Juifs car ils ont
foi en Christ. » (Epiphane ; Panarion 29)

- D’après Epiphane et Jérôme, les Nazaréens observaient la Torah comme les Juifs :

« Les Nazaréens qui acceptent le Messie sans cesser d’observer la vieille Loi… »
(Jérôme ; sur Isaïe 8:14)

« Ils n’ont pas d’idées différentes, mais confessent tout exactement comme la loi le déclare et qui plus
est, à la façon juive, à part leur croyance en Christ!... Mais puisqu’ils sont encore enchaînés par la loi,
la circoncision, le Shabbat et le reste, ils ne sont pas en accord avec les chrétiens. »
(Epiphane ; Panarion 29)

- D’après Epiphane et Jérôme, les Nazaréens utilisaient les mêmes textes du « Nouveau Testament »
que les chrétiens, bien qu’ils le lisaient en Hébreu et en Araméen plutôt qu’en Grec :

« Ils n’utilisent pas seulement le ‘Nouveau Testament’ mais aussi bien ‘l’Ancien Testament’, comme
font les Juifs, … » (Epiphane ; Panarion 29)

« Ils ont l’évangile selon Matthieu entièrement en Hébreu. Car il est clair qu’ils le préservent dans
l’alphabet hébreu ainsi qu’il a été écrit à l’origine. » (Epiphane ; Panarion 29)

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- Eusèbe, un autre père de l’Eglise du début du 4ème s., citant l’historien Nazaréen Héggesipe du 2ème s.,
affirme de plus que les Nazaréens acceptaient, au moins en partie, la tradition orale juive. Ce qui
montre bien que Yéshoua ne l’a pas entièrement remise en cause :

« Et Hégesippe le Nazaréen cite certains passages de l’évangile selon les Hébreux et d’après le
Syriaque (Araméen), et certaines choses de la langue hébraïque, montrant qu’il était un converti parmi
les Hébreux, et il mentionne d’autres éléments provenant de la tradition orale des Juifs. »
(Eusèbe dans Histoire Ecclésiastique 4:22)

- Toujours selon Jérôme, les Nazaréens croyaient en la naissance virginale de Yéshoua :

« Ils croient que le Messie, le fils de Dieu, est né de la vierge Marie ». (Jérome ; Lettre 75 à Augustin)

- D’après Epiphane, les Nazaréens croient que Dieu est éhad (un) :

« Ils… déclarent que Dieu est un (éhad). » (Epiphane ; Panarion 2)

- Le Talmud cite la croyance de certains minim en « plusieurs puissances dans les cieux ». Jérôme
nous dit que « minim » était le surnom donné aux Nazaréens par les Juifs :

« Aujourd’hui, il existe parmi les Juifs, dans toutes les synagogues de l’orient, une hérésie qui est
appelée celle des minim, et qui est encore condamnée par les pharisiens, [ses fidèles] sont appelés
Nazaréens, ils croient que le Messie, le fils de Dieu, est né de la vierge Marie, et ils déclarent que c’est
celui qui a souffert sous Ponce Pilate et est monté aux cieux, et c’est celui en qui nous croyons aussi. »
(Lettre 75 de Jérôme à Augustin)

Le terme « minim » signifie « sectaires » ou « hérétiques » et selon certains, il pourrait-être


l’acronyme hébreu des mots « croyant en Yéshoua le Nazaréen ».

La Mishnah écrit ceci :

« …et que les minim ne puissent pas dire, il y a plusieurs puissances dans les cieux. »
(Mishnah Sanhédrin 4:5)

Dans la Guemara de cette portion de Mishnah (Sanhedrin 38b du Talmud de Babylone), le Talmud
discute les différentes preuves sur lesquelles se basent ces minim pour enseigner qu’il y a « plusieurs
puissances dans les cieux », incluant le Messie :

« [Link] dit : Dans tous les passages que les minim utilisent pour appuyer leur hérésie, leur
réfutation est proche :

‘Faisons (pl.) l’homme à notre image’ (Gen.1:26)


‘Et Dieu créa (sing.) l’homme à Son image’ (Gen.1:27)

‘Allons, descendons et confondons (pl.) leur langage’ (Gen.11:7)


‘Et le Seigneur descendit (sing.) pour voir la ville et la tour’ (Gen.11:5)

‘Car là Dieu se révélèrent (pl.) à lui’ (Gen.35:7)


‘Au Dieu qui m’a répondu (sing.) dans le jour de ma détresse’ (Gen.35:3)

‘Car quelle est la grande nation qui ait un Dieu aussi proches (pl.) d’elle’ (Deut.4:7)
‘Comme l’Eternel notre Dieu l’est (sing.) de nous toutes les fois que nous l’invoquons’ (Deut.4:7)

‘Est-il sur la terre une seule nation qui soit comme ton peuple, comme Israël, que Dieu sont venus (pl.)
racheter pour en former son (sing.) peuple’ (2 Samuel 7:23)

‘Pendant que l’on plaçait des trônes (pl.), et l’Ancien des jours s’assit’ (sing.) (Daniel 7:9)

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 27/30
Pourquoi ces pluriels étaient-ils nécessaires ? L’enseignement de [Link] : Le Saint béni soit-Il,
ne fait rien sans consulter sa court céleste car il est écrit ‘la chose est par le décret de ceux qui veillent,
et la sentence par la parole des Saints’ (Daniel 4:13)

Maintenant, c’est satisfaisant pour tous les autres versets, mais comment expliquer ‘pendant que l’on
plaçait des trônes’ ? (Dan 7 :9) Un trône pour Lui-même et un pour David [le Messie]. Comme il a été
enseigné : Un pour Lui-même et un pour David, c’est l’opinion de [Link]. [Link] proteste : Akiba,
combien de temps profanera-tu la Shekhinah ? Plutôt un pour la justice et l’autre pour la miséricorde.
A-t-il accepté cette réponse ou non ? Viens et entend ! Car il a été enseigné : Un est pour la justice et
l’autre est pour la charité ; c’est l’opinion de [Link]. [Link] [Link] lui dit : Akiba, que fais-tu
avec la Agadah ? Concentre-toi sur Negaim et Ohalot. Mais un était un trône, l’autre un marchepied :
un trône pour s’assoir et un marchepied pour supporter Ses pied (Isaïe 66 :1). »

Nous pouvons voir dans cette section du Talmud que les minim (Nazaréens) utilisaient des passages
de « l’Ancien Testament » dans lesquels des pluriels étaient utilisés en référence à Dieu pour prouver
qu’il y a « plusieurs puissances dans les cieux ». Les Nazaréens croyaient donc que Dieu pouvait se
manifester sous forme de plusieurs puissances, ce qui implique la croyance dans la divinité de
Yéshoua.

A la page 153 de son livre « les Chrétiens d’origine juive dans l’antiquité » é[Link] Michel,
l’historien français Simon Claude Mimouni affirme que d’après les fragments de l’évangile des
Hébreux utilisé par les Nazaréens, et cités par Origène dans son commentaire sur Jean 2:12, et par
Jérôme dans son commentaire sur Isaïe 4, les Nazaréens croyaient à la préexistence de Yéshoua. Ce
qui suppose, selon lui, la croyance en un Messie dans son essence divine.

- Selon Eusèbe, qui cite l’historien nazaréen Héggesippe, les Nazaréens acceptent au moins en partie la
tradition orale juive :

« Et Héggesipe le Nazaréen cite certains passages de l’évangile selon les Hébreux et d’après le
Syriaque, et certaines choses de la langue hébraïque, montrant qu’il était un converti parmi les
Hébreux, et il mentionne d’autres éléments provenant de la tradition orale des Juifs. »
(Eusèbe dans Histoire Ecclésiastique 4:22)

- D’après Jérôme encore, les Nazaréens n’acceptent plus les innovations dans la halakhah pharisienne
après que ceux-ci aient rejeté le Messie :

« Pour le reste, les Nazaréens expliquent ce passage ainsi : quand les Scribes et les Pharisiens vous
disent de les écouter, des hommes qui font tout pour l’amour du ventre, et sifflent durant leurs
incantations comme font les magiciens, pour vous tromper, vous devez leur répondre comme ceci :
‘N’est-ce pas étrange si vous suivez vos traditions puisque chaque tribu consulte ses propres idoles.
Donc nous ne devons pas consulter vos morts au sujet des vivants. Au contraire, Dieu nous a donné la
Torah et le témoignage des Ecritures. Si vous ne voulez pas les suivre, vous n’aurez pas la lumière, et
les ténèbres vous oppresseront toujours. Elles recouvriront votre terre et votre doctrine. Quand vous
verrez qu’ils ont été trompés par vous et qu’ils ressentiront un désir ardent pour la vérité, ils seront
alors tristes ou en colère. Et laissez ceux qui croient être comme leurs propres dieux et rois vous
maudire. Et laissez les regarder vers le ciel et la terre en vain puisqu’ils sont toujours dans les ténèbres
et qu’ils ne peuvent échapper à vos embuscades’ ».
(Fragment du commentaire nazaréen sur Isaïe 8:20-21 préservé par Jérôme)

Comme nous le voyons en Actes 15, les Nazaréens tranchaient leur propre halakhah.

- Cet autre texte de Jérôme nous montre également que les Nazaréens acceptaient l’autorité
apostolique de Paul, contrairement à d’autres sectes hérétiques de l’époque, notamment les Ebionites :

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« Les Nazaréens,…tentent d’expliquer ce passage de la façon suivante : Quand le Messie est venu et
que sa proclamation resplendit, le pays de Zabulon et Néphtali, premier de tous, fut libéré des erreurs
des Scribes et des Pharisiens, et il enleva de leurs épaules le joug pesant des traditions juives. Plus
tard, cependant, la proclamation devint plus forte, ce qui signifie que la proclamation se multiplia, à
travers l’évangile de l’apôtre Paul qui a été le dernier des apôtres. Et l’évangile du Messie resplendit
jusqu’aux tribus distantes et par-delà la mer. Finalement, le monde entier, qui avant marchait ou
s’asseyait dans les ténèbres et qui était dans les liens de l’idolâtrie et de la mort, a vu la lumière de
l’évangile. » (Fragment du commentaire nazaréen sur Isaïe 9:14 préservé par Jérôme)

Savez-vous qu’il y a eu des tentatives de restauration de cette communauté dans l’Europe du Moyen-
âge? En effet, les archives catholiques font état de l’existence, dans toute l’Europe, de communautés
de disciples qui croient en Yéshoua et qui observent la Torah.
Les Catholiques leur donnaient différends surnoms : Passagini, Sabbati, Insabbati, Vaudois, etc….

Dans un livre du 12ème s. intitulé « Contre les hérétiques qui sont appelés Passagini », un auteur
catholique appelé Bonacursus décrit les Passagini comme ceci :

« Beaucoup savent quelles sont les erreurs de ceux qui sont appelés Passagini, et combien sont
néfastes leur croyance et leur doctrine. Mais parce que certains ne les connaissent pas, ça ne m’ennuie
pas d’écrire ce que je pense d’eux, en partie par précaution et pour leur salut, et en partie pour leur
honte et leur confusion, afin que leur folie soit plus largement connue, et qu’ils soient condamnés et
méprisés par tous… Tout d’abords, ils enseignent que nous devrions obéir à la loi de Moïse selon la
lettre : le Shabbat, la circoncision, et que les préceptes légaux sont encore en vigueur…ils condamnent
et rejettent tous les Pères de l’Eglise, et toute l’Eglise de Rome. Mais parce qu’ils cherchent à fonder
leurs erreurs sur le témoignage du Nouveau Testament et sur les prophètes, tuons-les avec leur propre
épée avec l’aide de la grâce de Christ, comme David a autrefois tué Goliath. »

Dans un livre écrit par Gregorius de Bergame contre les Passagini et les Cathares en 1250, on trouve
ce texte:

« Après ce qui a été dit sur les Cathares, il reste la secte des Passagini. Ils enseignent… que les fêtes
de l’Ancien Testament doivent être observées, la circoncision, les distinctions entre aliments, et dans
tous les autres cas, sauf pour les sacrifices, l’Ancien Testament doit être observé littéralement comme
le Nouveau, la circoncision doit être gardée selon la lettre. »

Au 15ème s., lorsque les colonisateurs portugais débarquent en Inde, ils sont étonnés d’y trouver des
chrétiens qui se font appeler « Nazaréens », et qui pratiquent des observances juives. Au Moyen-
Orient, les Nestoriens continuent de pratiquer le Shabbat, la distinction entre aliments, et d’autres
observances juives anciennes.
Tout au long du Moyen-âge, ces disciples, proches des premiers Nazaréens, sont persécutés, torturés,
et massacrés par l’Inquisition catholique.
Mais nous revoilà par la grâce et la volonté du Dieu Tout-Puissant !

Conclusion

Le but de l’Evangile de Yéshoua est de rassembler les tribus éparses du Royaume d’Israël.
Et pour cela, il faut anéantir les divisions intérieures qui existent en Juda, mais aussi en Ephraïm
(Christianisme).
C’est pourquoi, en ces temps de la fin, l’Esprit divin souffle un esprit de restauration dans Son Corps.
Car la restauration précède le retour de notre Maître :

Actes 3:20-21 : « Et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Yéshoua le Messie, que le ciel doit
recevoir jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la
bouche de ses saints prophètes. »

Nous devons répondre à cet appel et y travailler avec rigueur et sérieux.

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 29/30
Nous devons réétudier l’Evangile dans le contexte de la Torah et de la pensée hébraïque antique ; et
ensuite réétudier la Torah dans le contexte de l’Evangile, pour que la Parole soit enfin une.
Il est temps de réunir la Torah et l’Evangile, Juda et Ephraïm, et que les élus de la fin se fassent
connaître :

Apocalypse 12:17 : « …ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de
Yéshoua. »

Sources utilisées dans ce cours

- Toutes les références aux manuscrits de Qumran proviennent du livre : « Les manuscrits de la mer
Morte », aux éditions Perrin.
- Différents articles de l’enseignant nazaréen James Trimm :
[Link]
and-th
[Link]
talm
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
- L’article « hasidim » du site messianique hope-of-Israel :
[Link]
- L’article « Dynastie hassidique Habad-Loubavitch » de wikipedia :
[Link]

Nétivot Olam – « L’Evangile dans le contexte du premier siècle » (Tous droits réservés) 30/30

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