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Introduction à la Bactériologie

Transféré par

Severin Sawadogo
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Introduction à la Bactériologie

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Cours de bactériologie générale

Habibata MAIGA/TINTO
30/03/2020
Enseignante permanente ENSP 1
Cours de bactériologie générale

VOLUME HORAIRE TOTAL……..60H

COURS MAGISTRAL……………..18H

TRAVAUX DIRIGES: ………………6H

TRAVAUX PRATIQUES……………12H

VOLUME HORAIRE ETUDIANT…..24H


30/03/2020
2
OBJECTIFS SPECIFIQUES DU PROGRAMME

1- Décrire la morphologie et la structure bactérienne

2- Expliquer la physiologie bactérienne

3 - Expliquer la génétique bactérienne

4 - Appliquer les techniques de stérilisation, de


désinfection et de préparation des milieux de culture 3
30/03/2020
OBJECTIFS SPECIFIQUES DU PROGRAMME

5 - Décrire les familles d’antibiotique et leurs modes


d’action

6 - Réaliser les colorations en bactériologie

7- Réaliser les ensemencements bactériologiques


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4
PLAN DU COURS

INTRODUCTION A LA MICROBIOLOGIE

- Historique de la découverte des microorganismes

- Classification des microorganismes

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5
PLAN DU COURS
CHAPITRE I MORPHOLOGIE ET STRUCTURE BACTERIENNE
I Définition

II Morphologie bactérienne

III Structure bactérienne

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6
PLAN DU COURS
CHAPITRE II LA PHYSIOLOGIE BACTERIENNE

I La nutrition

II La croissance bactérienne

30/03/2020
7
PLAN DU COURS

CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

I Définition de la génétique

II Les recombinaisons génétiques

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PLAN DU COURS
CHAPITRE IV LE MÉTABOLISME BACTÉRIEN

I Le Catabolisme

II La respiration

III La Fermentation

IV Le catabolisme des protéines

V Catabolisme des lipides


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VI L’Anabolisme 9
PLAN DU COURS

CHAPITRE V LA TAXONOMIE BACTERIENNE

I Nomenclature

II classification

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PLAN DU COURS
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

I Définition
II Classification des antibiotiques
III Mécanismes d’action des antibiotiques et de résistance
des bactéries aux antibiotiques
IV Méthodes d’étude de la résistance aux antibiotiques au
laboratoire
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PLAN DU COURS
CHAPITRE VII RELATIONS HOTES BACTERIES
I Définition
II Physiopathologie de l’infection
III Moyens de défense d’hôte contre l’infection
bactérienne
IV Stratégies de la bactérie pour échapper aux défenses
de l’hôte : Facteurs de pathogénicité
V la vaccination
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12
PLAN DU COURS
CHAPITRE VIII
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I Les anti-septiques

II Les désinfectants

III La stérilisation
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PLAN DU COURS
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU
LABORATOIRE DE MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique
II Groupes de risques des organismes pathogènes
III Niveau de confinement des laboratoires
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM) oue
enceinte de sécurité microbiologique (ESB)
V Règles communes à tous les niveaux de confinement

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14
INTRODUCTION

QU’ EST CE QUE LA MICROBIOLOGIE?

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15
INTRODUCTION
Les micro-organismes sont partout ...

Santé humaine
Santé animale

Industrie

Environnement
30/03/2020 Agro-alimentaire
16
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

Microbiologie: discipline de la biologie qui étudie des organismes


extrêmement petits invisibles à l’œil nu appelés microorganismes
-1677 Antonie Van Leeuwenhoek marchand de drapt hollandais
Découvre des « animalcules ».

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17
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

La communauté scientifique commence à s’intéresser aux


origines de ces minuscules êtres vivants.

Deux théories se sont développées autour de ces


origines :

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18
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

▪ la théorie de la génération spontanée: stipule que


certains êtres vivants peuvent être nés «spontanément »
à partir de la matière inerte (John Needham).

▪ la théorie de la biogenèse: stipule qu’une cellule


vivante peut être engendrée seulement par une cellule
vivante préexistante (Rudolf Virchow)

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19
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

En 1748, un prêtre anglais John Needham

soutient que des microorganismes peuvent se former

spontanément après chauffage d’ un bouillon de culture


microbienne contenue dans un flacon.
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20
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

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21
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

- En 1765 Lazzaro Spallanzani

améliore les expériences précédentes et suggère que la

présence de microorganismes dans le bouillon de

Needham est due à l’introduction des microorganismes de


l’air.
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22
INTRODUCTION

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23
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES
En 1864 Louis Pasteur,

grâce à une série d’expériences ingénieuses et

convaincantes, démontre que les microorganismes sont

partout et apporte des preuves à l’appui de la théorie de la


biogenèse.
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24
INTRODUCTION

Expériences de Pasteur (1864)


utilisant les flacons à col de
cygne.

a) stérilisation du contenu du
flacon,

b) pas de croissance de
« microbes » si le flacon est
maintenu droit,

c) croissance de « microbes »
contenus dans le col du flacon et
30/03/2020
contaminant le liquide stérile 25
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES
Pasteur a également établit un lien entre la multiplication
bactérienne et la modification chimique du milieu (La
fermentation. Il démontra que:

- La production d’alcool est bien due à ces micro-organismes


(levures).
- L’apparition de substances tels l’acide lactique ou l’acide
acétique, qui donnent une certaine acidité au vin, est due à la
présence d’autres micro-organismes vivants : des bactéries (ou
ferments).
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26
INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES
En 1875 Robert koch et Louis Pasteur établissent un lien
entre microorganismes et pathologie.

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INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES

30/03/2020
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INTRODUCTION
HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES MICROORGANISMES
Ils ont découvert la vaccination contre la tuberculose, le
choléra, le charbon, la rage.

- En 1940 découverte du microscope électronique qui a


permis de différencier les cellules eucaryotes et les
cellules procaryotes
- En 1980 Développement de la biologie moléculaire qui
est utilisée pour identifier, classer et exploiter les
microorganismes.
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29
CLASSIFICATION DES MICROORGANISMES
Les Frontières du Monde microbien
Règne Règne Les REGNES MICROBIENS
ANIMAL VEGETAL

SUPERIEURS INFERIEURS VIRUS

Différenciation cellulaire Cellules non différenciées

Pluricellulaire Unicellulaire Acellulaire

Eucaryotes Procaryotes

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30
Procaryote Eucaryote
Dimension cellulaire 1 à 10 µm 5 à 100 µm
Noyau
- +
Chromosome 1, circulaire  1 paire(s)
Association ADN-Histones - +
Division cellulaire fission binaire mitose
asexuée sexuée ou
Reproduction asexuée
Organites cytoplasmiques
Ribosomes 70 S 80 S
Réticulum endoplasmique - +

Appareil de Golgi - +
Lysosomes - +
Cytosquelette - +
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Respiration membrane mitochondrie 31
CHAPITRE I MORPHOLOGIE ET STRUCTURE
DES BACTERIES

QU’ EST-CE QUE LA BACTERIOLOGIE?

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32
CHAPITRE I MORPHOLOGIE ET STRUCTURE
DES BACTERIES

QU’ EST-CE QUE LA BACTERIOLOGIE?

Bactériologie = Partie de la microbiologie qui

étudie les bactéries et leurs propriétés au


moyen de diverses méthodes :
observation microscopique, la coloration,
culture, etc. :
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33
CHAPITRE I MORPHOLOGIE ET STRUCTURE
DES BACTERIES

QU’ EST-CE QU’UNE BACTERIE ?

30/03/2020
34
CHAPITRE I MORPHOLOGIE ET STRUCTURE DES
BACTERIES

Bactérie
Microorganisme unicellulaire, procaryote

(chromosome unique sans membrane nucléaire

donc ne possède pas de noyau) sans appareil de


mitose, ayant une structure cellulaire élémentaire (pas
de mitochondries, appareil de Golgi, réticulum
endoplasmique)
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35
CHAPITRE I MORPHOLOGIE ET STRUCTURE
DES BACTERIES

LA TAILLE D’UNE BACTERIE EST DE QUELLE GRANDEUR DE MESURE ?

QUELLES SONT LES FORMES PRINCIPALES DES BACTERIES?

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I Morphologie

▪Taille: 0,2 à 2 µm sur 2 à 8 µm de long


▪Forme: trois formes principales
• La forme sphérique : rondes = coques ou
des cocci
- Associées 2 à 2 = diplocoque
- Groupées en amas = Staphylocoques
- Groupées en chaînettes = Streptocoques

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37
I Morphologie

▪Forme:
La forme en bâtonnet = bacilles droits,
long, très court (coccobacilles), incurvés,
fins, trapus, collés deux à deux ou en
chaînette

La forme spiralée = bactéries ayant une


forme torsadée
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38
I Morphologie

30/03/2020
39
I Morphologie

30/03/2020
40
II Structure bactérienne

QUELLES SONT LES ELEMENTS CONSTITUTIFS D’ UNE


BACTERIE?

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41
II Structure bactérienne

30/03/2020
42
II Structure bactérienne
Sites d’action des antibiotiques

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43
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne

• enveloppe rigide entourant la membrane, constante sauf chez


les mycoplasmes.
• Protège la bactérie contre les variations de la pression
osmotique
• Différente chez les Gram positif et les Gram négatif
• Mais comporte un polymère commun, partie la plus interne :
30/03/200
44
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:

Ce polymère s’appelle:
PEPTIDOGLYCANE = MUREINE = MUCOPEPTIDE
• Macromolécule de structure réticulée :
• Constituée de chaines polysaccharidiques
reliées par des chainons peptidiques
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45
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:
• Les chaines polysaccharidiques constituées
de l’acide N-acétyl glucosamine = NAG et de l’
acide N-acétyl muramique = NAM
• Les chainons peptidiques formées au
minimum de quatre aminoacides (par
exemple L- Alanine- D-Glycine - L-Lysine - D-
Alanine) toujours fixées sur l'acide
muramique (NAM)
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46
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:
• Ces chaînons sont reliés entre eux par des pont inter-
peptiques peptidiques
• biosynthèse :
- Synthèse des sous unités disaccharides tétra-peptides
et pentapeptides dans le cytoplasme
- Assemblage de ces sous unités pour former le
disaccharide – tétra-peptide
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:
• Biosynthèse
Ce disaccharide – tétra-peptide traverse la
membrane et se fixe sur une chaîne glucidique
de la paroi préexistante (réaction de Trans
glycosylation)
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:
• Biosynthèse
- Les pentapeptides se lient à deux tétra-
peptides par liaison covalente
(transpeptidation) et forment des ponts inter-
peptidiques grâce aux transpeptidases
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:
- Des hydrolases coupent les chaînes glucidiques
lors de la division
- Les carboxypeptidases coupent les liaisons
peptidiques
- enzymes (transpeptidase, carboxypeptidase)
sur lesquelles se fixent les Antibiotiques (bêta-
lactamines) = protéines se liant à la pénicilline
ou PLP
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50
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le peptidoglycane

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le peptidoglycane

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le peptidoglycane

30/03/2020
53
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
Exemple: peptidoglycane de Staphylococcus aureus
• disaccharide
N-acétylglucosamine – β 1- 4 –
N-acétylmuramique
• tétrapeptide
L-Ala – D-Glu – L-Lys – D-Ala
• pont entre 2 tétrapeptides
L-Lys(3) D-Ala (4)
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne

• Départage les bactéries en 2 groupes


grâce à la coloration de Gram:
- Les bactéries Gram positives (colorée en
violet)
- Les bactéries Gram négatives (colorées
en rose rouge).
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Coloration de Gram et paroi

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Coloration de Gram et paroi

30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne Coloration de Gram et paroi

Gram négatif Gram Positif en amas


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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne: Coloration de Gram et paroi

Streptocoque C+ chainette Corynébactérie B+ en lettre


chinoise ou paquet
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne Coloration de Gram et paroi

B- à coloration bipolaire
B+ Bacillus Yersinia
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants: La paroi bactérienne

Diplocoque à Gram négatif en forme de grain de café


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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram positif

• Peptidoglycane épaisse (30 à 50 nm d’épaisseur)


• Acides téichoïques (polymères de glycérol et de ribitol
reliés à des groupes PO4) qui dépassent la paroi et
sont connectés soit au peptidoglycane.
• Acides lipoteichoïques (acides teichoïques) connectés
aux lipides de la membrane
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram positif

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram positif

• Peu ou pas de protéines sauf protéine de A de S. aureus


• Les acides lipoteichoïques s’enchâssent dans la
membrane cytoplasmique et portent des charges
négatives.
• Ils retiennent le violet lors de la coloration de Gram.
• Acides téichoïques maintiennent la structure de la paroi.
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif
• Peptydoglycane mince (3 à 5 nm d’épaisseur)
• espace périplasmique
• membrane externe : double couche de phospholipides
• couche externe de lipopolysaccharide (LPS)
• protéines de structure
• Protéines de transport
• porines : perméabilité
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif
Structure du lipopolysaccharide (LPS) 3 régions:

• Lipide A (hydrophobe) rattaché au


• Core ou noyau polysaccharidique de base sur lequel est
fixé,
• L’antigène O somatique (un polysaccharide complexe
immunogène) à caractère hydrophile ;
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif
Structure du lipopolysaccharide (LPS) 3 régions:

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

Le LPS complet, avec les trois parties présentes) est


dénommé « smooth L PS » ou LPS lisse.
Les bactéries ayant ce type de LPS produisent sur milieux
solides, des colonies de type« smooth » ou S, rondes et
brillantes à surface bombée et lisse, avec des marges bien
délimitées, sans ondulations
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

En culture in vitro, certaines bactéries peuvent produire un


LPS incomplet (sans antigène O) dénommé « rough L
PS » ou LPS rugueux.

Ces bactéries donnent sur milieux solides des colonies de


type « rough » ou R, à marges irrégulières et ondulantes
et à surface rugueuse et plate.
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70
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

Rough
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Smooth 71
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

• L’antigène O est le produit d’assemblage


par polymérisation d’unités O
(oligosaccharide).
• La structure de l’antigène O est le facteur
Déterminant de la spécificité de sérogroupe
somatique
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

Le nombre de type d’ antigènes O est différent

d’une espèce bactérienne à l’autre. Chez E. coli, plus


de 170 sérogroupes, O ont été décrits, tandis que,
chez Salmonella enterica, 46 sérogroupes O.
30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Constitution de la paroi des Gram négatif

Sur le plan physiopathologique, le LPS,

Est extrêmement toxique, représente

l'endotoxine des bactéries à Gram négatif.


30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La paroi bactérienne:comparaison

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II Structure bactérienne
Les éléments constants

▪La paroi bactérienne : propriétés


• Coloration de Gram :perméabilité+ grande à l’alcool des
Gram(-).

• Site d’action d’antiseptiques, d’antibiotiques (béta-


lactamines, glycopeptides, fosfomycine et anti-
tuberculeux) ainsi que les défenses de l’hôte (lysozyme)
30/03/2020
76
II Structure bactérienne
Les éléments constants

▪La paroi bactérienne : propriétés antigénique : Ag O


des Gram (-) (polysaccharides de la membrane
externe), acides teichoïques et lipotéichoïques. Un
antigène (Ag) = une petite partie de la structure d’un
microorganisme ou une substance qu’il synthétise, qui
est capable de stimuler le système immunitaire de
l’organisme qui, en réponse synthétise des anticorps
spécifiques pour neutraliser ce microorganisme.
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II Structure bactérienne
Les éléments constants
▪La paroi bactérienne : propriétés

• attraction des phagocytes sur les sites


infectieux
• activation des macrophages (muréine,
acides lipoteichoïque, LPS)
• endotoxine en quantité provoque un choc
toxique
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants

▪La membrane cytoplasmique:


Composition:
- Enveloppe d’une épaisseur de 5 à 10 nm
qui entoure le cytoplasme
-Constituée d’une double couche d’unités
de phospholipides (35 %) et de protéines
qui lui sont associées (65 %).
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La membrane cytoplasmique:
Certaines protéines jouent un rôle dans la
synthèse du peptidoglycane et sont
appelées protéines de liaison aux
pénicillines (PLP) ou penicillin-binding-
proteins (PBP) car elles sont la cible
d'action des Bêtalactamines
30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La membrane cytoplasmique:
Les fonctions principales:
- Perméabilité sélective et transport des
substances solubles à l'intérieur de la
bactérie.

- Fonction respiratoire par transport


d'électrons et phosphorylation oxydative
chez les bactérie aérobies;
30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La membrane cytoplasmique:
Les fonctions principales
- Excrétion d'enzymes hydrolytiques qui
dégradent les polymères en sous-unités
suffisamment petites pour pouvoir traverser
la membrane cytoplasmique et être
importés dans la bactérie ;
30/03/2020
82
II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La membrane cytoplasmique:
Les fonctions principales
- Support d'enzymes et de transporteurs de
molécules impliqués dans la biosynthèse
de l'ADN, des polymères de la paroi et des
lipides membranaires
- Site de fixation des flagelles
- Contient des molécules réceptrices
responsables du chimiotaxisme
30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La membrane cytoplasmique
- Les détergents détruisent la membrane
cytoplasmique et tuent les bactéries

- Elle est la cible de certaines familles


d’antibiotiques (Polymixines, Gramicidines
et Tyrocidine)

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪La membrane cytoplasmique

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le cytoplasme
Entouré par la membrane cytoplasmique Contient:

• Nombreux des ribosomes : environ 20 000 /


bactérie; comportent 2 sous unités (50S et 30S)
constituées de protéines + ARN (23S et 16S); Jouent
un rôle dans la synthèse protéique
30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le cytoplasme
Entouré par la membrane cytoplasmique
Contient:
• Nombreux des ribosomes :
Cible d’antibiotiques qui agissent en perturbant la synthèse
protéique: aminosides cyclines phénicolés, macrolides,
acide fusidique.
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le cytoplasme
• des acides nucléiques (ARN messager et
ARN de transfert ARN ribosomal)

• des substances de réserves organiques


(l'amidon, le glycogène poly-B-
hydroxybutyrate…) ou inorganiques
(granules de polyphosphate)
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪Le cytoplasme
L'ensemble des constituants

cytoplasmiques sont placés dans un gel


colloïdal, qui contient 80 %

d'eau et des substances organiques et


minérales;
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪L’appareil nucléaire
• Constitué d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui est
le support de l'information génétique.
• Le chromosome bactérien est situé dans une région
de forme irrégulière appelée nucléoïde.
• L'ADN chromosomique est constitué d'une double
hélice d'ADN circulaire.
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪L’appareil nucléaire
• Cette double hélice est pelotonnée, surenroulée dans le
cytoplasme grâce à l'action des topoisomérases (au
nombre de 4 chez les bactéries).

• Le chromosome est unique;

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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪L’appareil nucléaire

- L'analyse chimique indique qu'il est composé à


80 % d'ADN (le chromosome), à 10 % d’ARN et à
10 % de protéines (ADN polymérases qui copient
les doubles brins d'ADN, les topoisomérases,
surtout les ADN gyrases, qui les déroulent pour
permettre l'action des polymérases, et des ARN
polymérases qui assurent la synthèse des divers
ARN
30/03/2020
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants
▪L’appareil nucléaire
• Constituants = cibles d'action de plusieurs antibiotiques :
- Quinolones inhibent les topoisomérases

-Rifamycines inhibent les ARN polymérases – Nitro-


imidazolés entraînent la fragmentation de l'ADN chez les
anaérobies stricts.
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II Structure bactérienne
➢Les éléments constants

▪Le matériel nucléaire


• Contient des gènes dont l’expression
permet d’identifier la bactérie.

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II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule: structure extérieure qui entoure la paroi.

- Constituée de polysaccharides acides (sucres sous


forme d'acides uroniques tel l’acide galacturonique,
l'acide glucuronique mais aussi sous forme de sucres
phosphorés).
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II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule:
- Mais la capsule de Bacillus anthracis est
particulière et constituée d’un polypeptide d’acide D-
glutamique.
- La capsule peut se trouver à l'état soluble dans les
liquides de l'organisme (utilisée dans le diagnostic =
recherche d'antigène soluble).

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II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule:

- Des mutations peuvent affecter la production de


capsule. Les bactéries sauvages capsulées donnent
des colonies lisses (S pour « smooth ») ou muqueuses,
tandis que les bactéries mutantes non capsulées
donnent des colonies rugueuses (R pour « rough »).97
30/03/2020
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule:

- Protège la bactérie contre la phagocytose


et constitue donc un facteur de virulence
pour certaines espèces bactériennes

(Streptococcus pneumoniae, Haemophilus


influenzae, Klebsiella, [Link] K1)
30/03/2020
98
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule
- Peut avoir des propriétés antigéniques.
Les antigènes capsulaires = antigènes K.

- En épidémiologie ces antigènes permettent le typage


sérologique de certaines espèces capsulées
(Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae,
Neisseiria Meningitidis …)
30/03/2020
99
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule
- Les polymères capsulaires purifiés sont la base de
certains vaccins (Streptococcus pneumoniae,
Haemophilus influenzae).

- Peut être mise en évidence par coloration négative


(le colorant, encre de Chine ou Nigrosine est
repoussé par la capsule et apparaît en clair sur fond
noir).
30/03/2020
100
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La capsule

30/03/2020 Coloration négative à l’encre de chine 101


II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants

▪Les flagelles
• Filaments extrêmement fin, constitués
d'une protéine appelée flagelline de 6 à 15
μm
• Permet aux bactéries de se déplacer soit
pour chercher la nourriture, soit pour fuir
un danger (molécules toxiques comme les
antibiotiques).
30/03/2020
102
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les flagelles: Nombre et disposition
variable selon les espèces.

30/03/2020
103
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les flagelles

Ciliature monotriche: un seul flagelle


polaire avec déplacement fléchant)

Ciliature lophotriche: plusieurs flagelles


polaires avec déplacement fléchant +
oscillant
30/03/2020
104
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants

▪Les flagelles

Ciliature amphitriche: un flagelle à chaque


pôle avec déplacement oscillant

Ciliature péritriche: des cils/flagelles


entourant la cellule avec déplacement
fléchant hélicoïdal
30/03/2020
105
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les flagelles
- Attachés à la membrane cytoplasmique
par une structure protéique mobile par
rotation.
- La synthèse des flagelles nécessite 20 à
30 gènes. Le mécanisme est très
compliqué.
- 1 gène pour la flagelline, 10 gènes ou plus
pour les protéines du crochet et du corps basal.
30/03/2020
106
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les flagelles

(L.M. Prescott, J.P. Harley, D. A. Klein)


30/03/2020
107
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants

▪Les flagelles
- Peuvent avoir des propriétés antigéniques
Les Ag flagellaires = antigènes H.

- Ces antigènes provoquent la formation


des anticorps mis en évidence dans
certains sérodiagnostics (ex fièvre
typhoïde).
30/03/2020
108
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les pili ou fimbriae:
- Appendices filiformes plus courts, et plus
fins que les flagelles présents surtout chez
les bactéries à Gram négatif.

- Deux catégories: pili communs et pili


sexuels

30/03/2020
109
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
• Les pili communs:
- Structures protéiques (piline) filamenteuses, de 2 à
3 μm de long, disposés régulièrement à la surface
de la bactérie et ancrés dans membrane externe de
la paroi
- La piline est assemblée à des polypeptides
mineurs dont l'adhésine.

30/03/2020
110
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
• Les pili communs:
- L'adhésine interagit avec un récepteur
cellulaire hydrocarboné (glycolipides ou
glycoprotéines) présent à la surface d'une
cellule eucaryote.

- A travers l’adhésine, les pili permettent la


fixation de certaines bactéries sur les
muqueuses.
30/03/2020
111
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
• Les pili communs:
- Cette fixation conditionne leur pouvoir
pathogène (ex. fixation de Escherichia coli
sur la muqueuse vésicale, du gonocoque
sur la muqueuse de l'urètre, du vibrion du
choléra sur les entérocytes...).
- Les structures génétiques codant pour les
complexes pili-adhésine sont des opérons
en situation plasmidique ou chromosomique
30/03/2020
112
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les pili sexuels :
- Nombre: 1 à 4
- codés par des plasmides (facteur F)
- Jouent un rôle essentiel dans
l'attachement des bactéries entre elles au
cours de la conjugaison.
- Récepteurs de bactériophages spécifiques

30/03/2020
113
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les pili sexuels :
Chez certaines bactéries à Gram positif, des protéines
de surface dépassent largement la paroi et jouent un
rôle dans l'adhérence bactérienne, comme les fimbriae,
auxquels on pourrait les assimiler (protéine A de
Staphylococcus aureus et protéine M de Streptococcus
30/03/2020
114
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants

30/03/2020
115
II Structure bactérienne

30/03/2020
116
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Le Glycocalyx:
- Feutrage de fibres polysaccharidiques (exo
polymère) de structure réticulée lâche présent à
la surface des bactéries dans leur milieu
naturel.
- Secrété par certaines bactéries (Pseudomonas
aeruginosa ou de Streptococcus mutans).
- Il Englue les cellules et est donc appelé (slime).
30/03/2020
117
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Le Glycocalyx:
• Responsable de l'attachement des bactéries:
- Entre elles
- Entre bactéries et surfaces cellulaires
(cellules buccales, respiratoires), facteur de
colonisation
- Entre bactéries et corps étrangers
(biomatériaux, cathéters, prothèses)
30/03/2020
118
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Le Glycocalyx:
• Responsable de l'attachement des bactéries:
- Entre bactéries et valves cardiaques :
végétations et endocardite

- Entre bactéries et émail dentaire : plaque


dentaire puis carie

30/03/2020
119
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Le Glycocalyx:
Protège les bactéries du biofilm de la
dessiccation, et rend les bactéries résistantes aux
antiseptiques, désinfectants, antibiotiques.

Biofilm = ensemble structuré de bactéries,


enveloppées dans une matrice de polymère
autoproduit, qui s’amarre sur des surfaces inertes
ou vivantes
30/03/2020
120
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne
• FORME DE RESISTANCE de certaines bactéries quand
les conditions deviennent défavorables; elle peut
être ronde ou ovale avec une paroi très épaisse.

• Etape de la sporulation (transformation de la


forme végétative en spore ). Durée: 6 à 8 heures
à 37°C pour Bacillus subtilis.
30/03/2020
121
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne.
• Etape de la sporulation
- Déshydratation progressive du cytoplasme, par
l'apparition de composés (dipicolinate de
calcium)
- Densification des structures nucléaires
- Synthèse d'une paroi sporale épaisse et
imperméable.
30/03/2020
122
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne.
• Etape de la sporulation
Lors de l’autolyse de la bactérie, spore intra-
bactérienne est libérée dans le milieu extérieur
et y survit des années.

Dans des conditions favorables (nutritives,


thermiques et chimiques), elle redonne une
cellule végétative identique (germination).
30/03/2020
123
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne.
• Propriétés
- Thermo-résistance : 100°C, 20 min
- Résistance aux radiations (U.V.)
- Résistance aux antibiotiques, à certains
antiseptiques, à une pénurie de nourriture
- Sans métabolisme actif
- Non pathogène
30/03/2020
124
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne.
• Différentes formes

- Centrale non déformante


- Subterminale déformante ou non
-Terminale déformante

30/03/2020
125
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne.
• Différentes formes

30/03/2020
126
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne.
• Différentes formes

a) Spore centrale
b) Spore subterminale
c) Spore terminale
d) Spore terminale avec sporange gonflé

30/03/2020
127
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spore bactérienne

30/03/2020
128
II Structure bactérienne

Spore de Bacillus (non colorée par le Gram)


30/03/2020
129
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪La spores bactérienne
Intérêt médical :
• Conserves familiales (Botulisme) (Clostridium botulinum).
• Plaies souillées par de la terre (Tétanos) (Clostridium
tetani).
• Chez l'animal : consommation d’herbes contaminées par
les spores (Charbon) (Bacillus anthracis).

30/03/2020
130
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les plasmides

- ADN de petite taille (0,5 à 5 % du


chromosome bactérien), extra-
chromosomiques.

- Non indispensable à la vie de la bactérie.

- Réplication autonome
30/03/2020
131
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les plasmides
• Le facteur sexuel ou facteur F:

Assure le transfert de fragments de


chromosome bactérien par conjugaison
(appariement de deux bactéries).
30/03/2020
132
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les plasmides
• Les plasmides de résistance aux antibiotiques (ou
facteurs R)

- Portent des gènes qui confèrent aux bactéries la


résistance à divers antibiotiques.
- La résistance est souvent liée à la production
d'enzymes qui inactivent les antibiotiques.
30/03/2020
133
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les plasmides
• Les plasmides de résistance aux antibiotiques
(ou facteurs R)
Par Exemple certains souches de Staphylocoque
produisent une pénicillinase qui inactive la pénicilline
G et les pénicillines du groupe A (ampicilline) ce qui
rend la bactérie résistante à ces pénicillines (idem
chez [Link], gonocoque,...)
30/03/2020
134
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
• Autres plasmides

Certains plasmides sont responsables de la virulence


(ex. : production de toxines), de la résistance aux
antiseptiques, du métabolisme de certains composés
(lactose, lysine, etc...), et de la dégradation de
substances, par exemple le toluène, l'octane et l'acide
salicylique.
30/03/2020
135
II Structure bactérienne
➢Les éléments inconstants
▪Les plasmides: Petits fragments d'ADN,
localisés dans le cytoplasme.

• Se répliquent de manière autonome.

• Confèrent à certaines bactéries, une


résistance aux antibiotiques ou de
30/03/2020 virulence (production de toxine). 136
II Structure bactérienne

30/03/2020
137
CHAPITRE II PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE
OBJECTIFS

• Connaître les besoins nutritifs des bactéries


• Expliquer les mécanismes de transport des substances
dans la cellule bactérienne
• Connaître les différents types de milieu de culture
• Connaître les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
• Expliquer les étapes de la croissance bactérienne
30/03/2020
138
CHAPITRE II PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE
OBJECTIFS

• Comprendre les différentes voies de dégradation


des glucides, des protéines et des lipides.
• Expliquer le processus de respiration
• Connaître les mécanismes de biosynthèses des
glucides, lipides et protéines.
• Comprendre les applications du métabolisme à
l’identification des bactéries.
30/03/2020
139
CHAPITRE II PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE

QU’EST CE QUE LA PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE?

30/03/2020
140
CHAPITRE II PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE

Définition

Science qui étudie les fonctions et les


constantes du fonctionnement normal des
bactéries.

30/03/2020
141
CHAPITRE II PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE

I NUTRITION BACTERIENNE

30/03/2020
142
I- Nutrition bactérienne

POURQUOI LA BACTERIE DOIT SE


NOURRIR?

30/03/2020
143
I- Nutrition bactérienne

1 Objectifs de la nutrition: Permettre

- La synthèse et le renouvellement des


molécules structurales
- La synthèse et le renouvellement des
molécules indispensables aux diverses
activités de la cellule (enzymes,
coenzymes…..)

30/03/2020
144
I Nutrition bactérienne

1 Objectifs de la nutrition: Permettre


• l’approvisionnement en énergie et en
pouvoir réducteur indispensables aux
réactions de synthèse

30/03/2020
145
I- Nutrition bactérienne

Pour se maintenir, croître et se reproduire, une bactérie


doit trouver dans le milieu extérieur des conditions
physico chimiques favorables ainsi que les aliments qui
lui sont nécessaires. Les aliments directement
assimilables par la bactérie sans digestion préalable,
sont appelés des nutriments.

30/03/2020
146
I- Nutrition bactérienne

Ces nutriments doivent pouvoir pénétrer


dans la bactérie, y être convertis
biochimiquement et satisfaire les besoins
constitutifs (matériaux de construction) et
énergétiques de la bactérie.

30/03/2020
147
I- Nutrition bactérienne

A PARTIR DE QUOI LA BACTERIE


EFFECTUE SES SYNTHESES ET
OBTIENT DE L’ENERGIE

30/03/2020
148
I- Nutrition bactérienne
2 Moyens pour synthèse et obtention
d’énergie
• Synthèse des molécules utiles à partir
des nutriments contenus dans le milieu

• Utilisation directe des nutriments du


milieu

30/03/2020
149
I- Nutrition bactérienne
2 Moyens pour Synthèse et obtention
d’énergie
Nutriment = substance utilisée dans les
réactions de biosynthèse et de production
d’énergie et donc requis pour la croissance
et la reproduction des microorganismes

30/03/2020
150
I- Nutrition bactérienne
2 Moyens pour Synthèse et obtention
d’énergie
• Nutriments du milieu assimilés
directement s’ils sont sous forme simple:
oses, acides aminés, ions
ou
• Nutriments du milieu dégradés par des
enzymes extracellulaires s’ils sont sous
forme complexe (polyosides, protéines,
lipides)
30/03/2020
151
I- Nutrition bactérienne

2 Moyens pour Synthèse et obtention


d’énergie
• Pénétration des nutriments grâce à des
porines ou des protéines de transport
membranaires (perméases) puis utilisation
après dégradation par des enzymes
intracellulaires
30/03/2020
152
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

- Nécessité pour les nombreuses réactions cellulaires


d’hydrolyse
- Nécessité comme solvant des constituants
cellulaires : transport des nutriments du milieu de
culture dans le cytoplasme et assure la disponibilité
de ces constituants
30/03/2020
153
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau
Le Paramètre rendant compte de la disponibilité de
l’eau d’un milieu est l ’Aw = Activity water (Activité de
l’eau) =
Rapport de la pression partielle en eau d’un milieu
et de celle de l’eau pure

30/03/2020
154
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

Elle indique la quantité d’eau disponible pour les


microorganismes.

- Les microorganismes se développent préférentiellement


sur des milieux à forte AW, donc riches en eau libre.
30/03/2020
155
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau
L’Aw optimum :
-pour la plupart des bactéries est situé entre 0,91 et
0,99

-pour la plupart des levures est situé aux alentours


de 0,88
-pour la plupart des moisissures est situé aux
alentours de 0,80
30/03/2020
156
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

Existence de bactéries pouvant résister à des Aw


faibles

Bactéries halophiles: exigeant des concentrations


élevées de Nacl pour sa croissance (ex : les
bactéries du genre Staphylococcus et certains
Vibrio)
30/03/2020
157
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

Bactéries xérophiles se développent mieux


dans des milieux ayant une faible Aw

Bactéries osmophiles: se multipliant de


préférence dans ou à la surface d’un milieu
ayant une pression osmotique élevée.
30/03/2020
158
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

La majorité des produits frais ont une Aw


comprise entre 0,97 et 0,96 donc favorables
au développement bactérien

Dans les aliments secs : moisissures et levures


(champignons) sont les espèces dominantes
30/03/2020
159
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

L’ abaissement de l’Aw d’un aliment


conduit :
- à un développement bactérien
moindre,
- donc à une meilleure conservation

30/03/2020
160
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

L’ abaissement de l’Aw d’un aliment


conduit :
- à un développement bactérien
moindre,
- donc à une meilleure conservation

30/03/2020
161
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

Existence de techniques de conservation


des aliments dont le principe repose sur
l’abaissement de l’Aw :

- Séchage des fruits, des légumes, de la


viande…
30/03/2020
162
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-1 Les besoins en eau

- Congélation (eau sous forme de glace,


donc non disponible), lyophilisation
(élimination de l’eau par sublimation sous
pression réduite)

- Mise dans huile ou graisse


30/03/2020
163
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques

Pourquoi les bactéries ont besoin


d’énergie?

30/03/2020
164
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques
- Assurer la stabilité de certaines structures (ex :
maintien de plus d’ions Na+ à l’extérieur et de
plus d’ions K+ à l’intérieur)
- Permettre les réactions de synthèse
- Permettre transports transmembranaires

- Permettre la mobilité
30/03/2020
165
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques

Quelles sont les sources d’énergie des


bactéries?

30/03/2020
166
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques

Selon la source d'énergie, les bactéries se


divisent en:
Phototrophes
et
Chimiotrophes.

30/03/2020
167
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques
• La source d'énergie des bactéries
phototrophes est la lumière solaire.

Si la source d'électrons est:


- minérale, bactéries photolithotrophes
- organique, bactéries photo-
organotrophes.
30/03/2020
168
I- Nutrition bactérienne
I-3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques

Les bactéries chimiotrophes puisent leur


énergie à partir de composés minéraux ou
organiques sans intervention de la lumière
.
30/03/2020
169
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-2 Les besoins énergétiques
Si le donneur d'électrons est:

- minéral, bactéries chimiolithotrophes

- organique, bactéries chimio-


organotrophes.

30/03/2020
170
I- Nutrition bactérienne
3 Besoins nutritifs des bactéries
3-3 Les besoins en éléments

Quels éléments chimiques entrent dans


la composition des composantes
structurales de la bactérie?

30/03/2020
171
I Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
Eau 80%
Biomasse sèche 20%
Carbone 50%
Azote 15%
Hydrogène 10%
Oxygène 20%
Phosphore 3%
Soufre 1%
Mg++, Mn++, Zn++, Cr, Na+, Ca++ K+... 1%
30/03/2020
172
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs:

C, O, H, N, S, P, K+, Na+, Ca2+, Mg2+,


Fe2+ ou Fe3+.

Nécessaires en quantités relativement


importantes
30/03/2020
173
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: utilité
C, O, H, N, S, P utiles pour la synthèse des glucides,
lipides, protéines, acides nucléiques, coenzymes,
ATP…..

- K+ et Na+ utiles pour:


- L’équilibre osmotique de la cellule
- L’activité de diverses enzymes
30/03/2020
174
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: utilité
- Ca2+ utile pour
- L’activité de certaines enzymes
- La thermorésistance des spores

- Mg2+ utile pour


- L’activité de diverses enzymes (cofacteurs
enzymatiques)
30/03/2020
175
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: utilité
Fe2+ ou Fe3+ pour:

- L’activité de diverses enzymes (cofacteurs


enzymatiques)

- Diverses autres activités (utiles pour la synthèse


des protéines transporteuses d’électrons….)
30/03/2020
176
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: couverture
▪ Besoins en C
Les bactéries phototrophes et la plupart des
bactéries chimiolithotrophes peuvent utiliser le
dioxyde de carbone comme unique source de
carbone et elles sont dites autotrophes.

30/03/2020
177
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: couverture
▪ Besoins en C
Pour les bactéries chimioorganotrophes, la
source de carbone assimilable doit être un
substrat organique et ces bactéries sont dites
hétérotrophes.
30/03/2020
178
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: couverture
▪ Besoins en N
Pour la synthèse des protéines, des bases
azotées et de divers coenzymes

• des molécules minérales azotées :


N2 par quelques bactéries vivant en
symbiose avec des légumineuses NH4+ /
NH3 et NO3
30/03/2020
179
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs:
couverture
▪ Besoins en N

• des molécules organiques azotées


- acides aminés surtout
- Parfois urée ou bases azotées
30/03/2020
180
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs
▪ Besoins en S
Pour la synthèse des acides aminés soufrés et de
divers coenzymes
• des ions minéraux soufrés :
- SO42-
- S2- pour les bactéries sulfureuses

30/03/2020
181
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: couverture
▪ Besoins en S
• parfois des molécules organiques
soufrées
- acides aminés essentiellement (cystéine
et méthionine)

30/03/2020
182
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en éléments majeurs: couverture
▪ Besoins en P

Pour la synthèse des nucléotides et de diverses


autres molécules phosphorées (ATP)
- Essentiellement des ions minéraux
- H2PO4- et HPO42-

30/03/2020
183
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en oligoéléments
Mn++, Zn++, Cu2+
Ce sont des éléments nécessaires en quantités
très faibles.

Cofacteurs (Zn2+ et Mn2+) utiles à la catalyse


de la plupart des réactions.
30/03/2020
184
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en oligoéléments
Servent au maintien de la structure des
protéines.

Servent à la synthèse de substances


spécifiques (pigments, toxines, vitamines :
vitamine B12…….)
30/03/2020
185
I- Nutrition bactérienne
3-3 Les besoins en éléments
➢Besoins en oligoéléments: couverture

Besoins couverts par les impuretés de


l’eau, de la verrerie et des composants
habituels des milieux de culture.

30/03/2020
186
I- Nutrition bactérienne
3-2 Les besoins en facteurs de croissance

Facteurs de croissance: molécule organique


spécifique indispensable à la croissance d’un
microorganisme (métabolite essentiel) qu’il ne
sait pas synthétiser et qu’il doit donc
nécessairement trouver dans le milieu de culture.
30/03/2020
187
I- Nutrition bactérienne
3-2 Les besoins en facteurs de croissance

- Des acides aminés (nécessaires pour


l’élaboration des protéines cellulaires )

Ex : Acide glutamique, Lysine, Arginine,


Tryptophane

30/03/2020
188
I- Nutrition bactérienne
3-2 Les besoins en facteurs de croissance

- Des bases puriques et pyrimidiques


(entrant notamment dans la composition
des acides nucléiques et de l’ATP)

Ex : adénine pour certains Lactobacillus


uracile pour certains Streptococcus

30/03/2020
189
I- Nutrition bactérienne
3-2 Les besoins en facteurs de croissance

- Des vitamines : petites molécules organiques


servant de coenzymes ou de précurseurs de
coenzymes

- Ex : nicotinamide pour Proteus vulgaris et


certaines souches de Staphylococcus aureus
thiamine (vit B1) pour certaines souches de
Staphylococcus aureus
30/03/2020
190
I- Nutrition bactérienne
3-2 Les besoins en facteurs de croissance
Ces facteurs sont ajoutés au milieux de
culture
- NAD + Hémine

- Extrait de levure et de viande source de


multiples facteurs de croissance

- Sang (source de NAD+ et d’ hémine).


30/03/2020
191
I- Nutrition bactérienne
4 L’absorption des nutriments par la cellule

Les nutriments pénètrent dans le


cytoplasme des bactéries pour être
dégradés.
Certains diffusent librement dans à travers
la membrane cytoplasmique: diffusion
passive (CO2, H2O, O2, le glycérol…)
30/03/2020
192
I- Nutrition bactérienne
4 L’absorption des nutriments par la cellule

- Ladiffusion est assurée par une protéine


transmembranaire.
- La vitesse de diffusion peut être
augmentée grâce à la présence de
perméases présentes au niveau de la
membrane cytoplasmique.
30/03/2020
193
I- Nutrition bactérienne
4 L’absorption des nutriments par la cellule:
diffusion libre

30/03/2020
194
I- Nutrition bactérienne
4 L’absorption des nutriments par la cellule
Transport actif
D’autres nutriments sont transportés à l’intérieur
du cytoplasme par un mécanisme de transport:
Transport actif

Les porines , protéines membranaires


transportent les nutriments à l’intérieur du
cytoplasme grâce à l’énergie métabolique

30/03/2020
195
I- Nutrition bactérienne
4 L’absorption des nutriments par la cellule
Transport actif
-Transport de molécules utilisant de l’énergie
métabolique.

- Les protéines fixatrices (porines), sont dans le


périplasme des bactéries à Gram négatif ou
attachées aux lipides membranaires de la face
externe de la membrane plasmique des bactéries à
Gram positif. Perméase spécifiques aux molécules
30/03/2020
196
I- Nutrition bactérienne
Transport actif

30/03/2020
197
I- Nutrition bactérienne
4 L’absorption des nutriments par la cellule
Dans le cytoplasme, les nutriments sont
dégradés grâce à l’équipement enzymatique
selon les voie métaboliques propre à chaque
espèce bactérienne. (Embden - Meyerhof,
Entner Doudoroff, cycle des pentoses
phosphates, cycle de Krebs etc).
30/03/2020
198
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Définition
• Préparation qui doit satisfaire à toutes les
exigences nutritives des micro-organismes :
- apport de la source d’énergie, de carbone,
d'azote;
- besoins en ions minéraux, en facteurs de
croissance;
- pH et force ionique voisins des valeurs optimum
30/03/2020
199
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Certains milieux contiennent des indicateurs de pH

indicateur couleur acide Alcalin


Rouge phénol rouge jaune rouge

Bleu de bromothymol vert jaune bleu

Bromocrésol pourpre pourpre jaune pourpre


30/03/2020
200
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Ces milieux peuvent être liquide, semi- solide ou
solide.

Le Milieu solide = Milieu liquide auquel on ajoute un


agent de solidification tel que l’agar-agar. L’agar -
agar est un polysaccharide extrait d’une algue
marine.
30/03/2020
201
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture

- L’agar est un gel qui est à l’état solide à une T° de


moins de 60°C et qui se liquéfie à 100°C. Permet
donc l’incubation à des T° élevées.

- Il n’est pas une source nutritive pour les bactéries

- Il Permet d’obtenir des colonies isolées


30/03/2020
202
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation

La plupart des milieux se présentent sous forme


déshydratée, ce qui assure une composition
constante, un stockage facile et une préparation
simplifiée

.
30/03/2020
203
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
Après refroidissement à 50-60°C, le milieu est
distribué dans d'autres récipients (tubes à essais)
en vue d’être stérilisé.
La stérilisation se fait par autoclavage

En général une stérilisation de 15-20 minutes à


120°C est préconisée.
30/03/2020
204
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
Lors de la reconstitution des milieux, la poudre est
mélangée au volume d'eau préconisé,
homogénéisée, puis dissoute

totalement par chauffage (l'ébullition ne doit pas


dépasser 1 à 2 minutes).
30/03/2020
205
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
Les milieux sont ensuite laissés à refroidir jusqu'a
50°C dans l'autoclave (ne pas les sortir avant car la
différence de températures provoquerait

une dépression au sein des tubes).

30/03/2020
206
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
Ils peuvent ensuite être conservés tels quels
après refroidissement en position verticale, ou
inclinés en pente ou pente et culot, ou distribués
en boîte de pétri.

30/03/2020
207
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Conditionnement: milieu solide en boîte

30/03/2020
208
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Conditionnement: milieu solide en boîte de pétri

Mueller Hinton
30/03/2020
209
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Milieu solide en tube incliné

30/03/2020 Milieu de Kligler Hajna 210


I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Conditionnement: milieu solide en tube

30/03/2020 Citrate de Simmons 211


I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Milieu semi- solide en tube

30/03/2020 Mannitol-Mobilité 212


I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Milieu liquide

30/03/2020 Eau peptonnée 213


I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
- Certains milieux nécessitent l'adjonction de
produits ne supportant pas l'autoclavage (sang
frais, jaune d'oeuf, antibiotiques, compléments
vitaminiques...).
- Ces compléments doivent alors être apportés
stériles dans la gélose en surfusion.
30/03/2020
214
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
Certains milieux nécessitent d’être régénérés
avant utilisation : ils sont placés pendant 20
minutes dans un bain-marie bouillant de sorte a
chasser l'oxygène

dissout (Ex : gélose VF, milieu)


30/03/2020
215
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
Préparation
Les milieux qui doivent être ensemencés en
profondeur sont préalablement liquéfiés au bain-
marie, puis maintenus en surfusion (45-50°C)
en bain thermostaté jusqu'a leur ensemencement.

30/03/2020
216
I- Nutrition bactérienne
I- 5 Les milieux de culture
Différents types de milieux

▪Milieux synthétiques: la composition


chimique qualitative et quantitative est
connue (Citrate de Simmons, Urée-
Indole…)
30/03/2020
217
I- Nutrition bactérienne
▪Milieux synthétiques ou définis
Glucose…………………………………………………………..5g
Dihydrogénophosphate d’ammonium
(NH4H2PO4)………………………………………………………1g
Chlorure de sodium NaCl…………………………………5g
Sulfate de magnésium heptahydraté (MgSO4,
7H2O)………….....................................................0,2g
Hydrogénophosphate de potassium
(K2HPO4)…………………………………………………………1g
H2O distillée…………………………………………………….1litre
30/03/2020
218
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪ Milieux empiriques ou complexes:
Composition connue partiellement car ajout de
matières premières +/- complexes : sérum, sang,
peptone (hydrolysats pepsiques ou trypsiques de
matière organique - foie, viande, soja, caséine ...
constituent la source azotée)
30/03/2020
219
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux usuels : composition et préparation simple,
convient à un grand nombre de bactéries.
- Ex :Eau peptonée, bouillon nutritif, Gélose
nutritive contiennent des peptones simples, pour les
bactéries hétérotrophes ne présentant pas d'exigence
particulière.
30/03/2020
220
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Gélose ordinaire
peptone …………………………….5g
extrait de bœuf…………………….3g
NaCl…………………………………8g
Gélose………………………………15g
H2O distillée……………………..1litre

30/03/2020
221
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Gélose ordinaire

30/03/2020
222
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux usuels :
Trypticase soja,
Columbia,
Mueller-Hinton
Ces géloses contiennent des peptones plus
riches pour les germes plus exigeants
30/03/2020
223
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux enrichis :

Milieux usuels additionné de suspensions


riches en molécules organiques (sang,
sérum, extrait globulaire ...).

30/03/2020
224
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs :
- contiennent des molécules empêchant la
culture de certains micro-organismes. Ils
sont:
- Utilisés pour isoler les germes de produits
poly-microbiens.

30/03/2020
225
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs :
La nature des inhibiteurs est variable, il peut s'agir
:
- de NaCl : milieu de Chapman a 75‰ pour
Staphylococcus, bouillon hypersalé a 65‰ pour
Enterococcus

30/03/2020
226
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Chapman

Indicateur coloré rouge phénol Colonies jaune mannitol +


30/03/2020
227
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Chapman

30/03/2020
228
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs :
- de sels biliaires (déxoxycholate) : Mac Conkey,
Hektoen pour Enterobacteriaceae

- d'antibiotiques: gélose au sang + ANC (acide


nalidixique, colistine) pour les Streptococcus.

30/03/2020
229
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Mac Conkey

30/03/2020 Indicateur: rouge neutre 230


I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Mac Conkey

30/03/2020
Colonies roses lactose (+) colonies incolores lactose (-) 231
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Hectoen

30/03/2020 Indicateur: bleu de bromothymol 232


I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Hectoen

Colonies bleu-vert (Lactose -)


30/03/2020
233
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Hectoen

Colonies saumon (lactose +)


30/03/2020
234
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux sélectifs : Le Hectoen

Colonies vertes (lactose -) à centre


30/03/2020 noir 235
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
➢Milieux d’enrichissement :
Ne contient pas d'agent inhibant mais favorise la
croissance d'un type de bactérie (gélose au sérum
coagulé pour les corynébactéries, bouillon sélénite ou
de Mueller Kauffman pour salmonelle, Eau peptonée
alcaline pour Vibrio).
30/03/2020
236
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels:

- Ce sont des milieux d'orientation et d'identification

- Contiennent des éléments permettant de mettre


en évidence des caractères biochimiques en vue
d'une orientation du diagnostic
30/03/2020
237
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels:
La lecture de ces milieux se fait soit directement :

- Virage d'un indicateur de pH indiquant la


consommation d'un sucre (milieu BCP pour le lactose
chez les Entérobactéries
Chapman pour le mannitol chez les Staphylococcus
...)
30/03/2020
238
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels: le BCP

Indicateur: Bleu de bromocrésol pourpre


30/03/2020
239
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels: le BCP

30/03/2020
240
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels: le BCP

Colonies jaunes lactose +


30/03/2020
241
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels:

La lecture de ces milieux se fait soit directement :


- Présence d'ions fer III qui révèlent la production d'H2S
par apparition d'un précipité noir (milieu Hajna-Kligler,
milieu SS...)

30/03/2020
242
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels: Le milieu SS

30/03/2020
Indicateur: rouge neutre 243
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels: Le milieu SS

Colonies incolores (lactose-), incolore à centre noires (H2S +)


30/03/2020
244
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels: Le milieu SS

30/03/2020
Colonies noires (H2S +) 245
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels:
La lecture de ces milieux se fait soit par addition de
réactif:
- addition d'acide sulfanilique et d'α-naphtylamine pour
révéler la réduction des nitrates dans le bouillon nitrate

30/03/2020
246
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels:

La lecture de ces milieux se fait soit par addition de


réactif:
- addition de perchlorure de fer pour révéler la présence
d'une tryptophane désaminase en milieu Urée-Indole
...

30/03/2020
247
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux empiriques ou complexes:
Milieux différentiels:
La lecture de ces milieux se fait soit par addition
de réactif:

- Addition de réactif de Kovacks dans le milieu


eau peptonnée pour révéler la présence de
tryptophanase chez une bactérie à travers la
production d’indole
30/03/2020
248
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose au sang frais: addition du sang de mouton
ou de cheval défibriné stérile dans la gélose en
surfusion (~ 5%).

- apport de facteurs de croissance,


- activités peroxydase et catalase qui favorisent la
croissance des germes qui en sont dépourvus
(Streptococcaceae)
30/03/2020
249
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose au sang frais:

- Lecture des caractères d’hémolyse dûs à la


présence de lécithinase (= acétylcholine
estérase).

30/03/2020
250
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose au sang frais
On parle d’hémolyse alpha (α) lorsqu'elle est
incomplète (zone verdâtre autour de la colonie)
bêta (β) lorsqu'elle est totale, ou de souche non-
hémolytique.
.
30/03/2020
251
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose au sang frais

30/03/2020
252
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose au sang frais

30/03/2020
Hémolyse α Hémolyse β 253
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose au sang cuit

Préparation idem à celle de la gélose au


sang frais + chauffage 10 min a 75°C.

30/03/2020
254
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose chocolat
Autoclavage d'un milieu de base + hémoglobine
(milieu moins riche que le précèdent, auquel on ajoute
souvent des compléments poly-vitaminiques). Par ex:
Gélose chocolat + polyvitex
30/03/2020
255
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose chocolat :Intérêt
- La cuisson permet de libérer certains facteurs de
croissance (telle que l’hémine = précurseur de
coenzyme, transporteur d’électrons des cytochromes;
NAD).

- Libération
du fer III de la transferrine qui peut
empêcher la croissance de certaines bactéries
30/03/2020
256
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose chocolat :

30/03/2020
257
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis
Gélose chocolat :

30/03/2020
258
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis: Autres additifs
Extrait globulaire : obtenu par expression d'un
caillot de sang au travers d'un linge, il est stérilisé
par filtration. Ajouté dans les milieux de base à
hauteur de 10%, sa caractéristique fondamentale
est sa richesse en hémine (facteur X).
30/03/2020
259
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis: Autres additifs
Sérum : obtenu par séparation du coagulum d'un
sang normal ou par décantation d'un sang défibriné.

Il est stérilisé par filtration ou par tyndallisation. Ajouté


a 5-10% dans les milieux, il permet la croissance des
germes sérophiles (Gélose au sérum coagulé pour
Corynebacteriun)
30/03/2020
260
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis: Autres additifs
Ascite : le liquide est obtenu par ponction stérile chez
des individus atteints d’ascite. Il contient les mêmes
éléments que le sérum, mais moins de glucose et
d'enzymes pouvant interférer avec les recherches
biochimiques réalisées.
30/03/2020
261
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux enrichis: Autres additifs

Jaune d'oeuf : prélevée stérilement, la solution


de jaune d'oeuf est additionnée aux milieux usuels
pour permettre la recherche de la lécithinase
(milieu Baird-Parker pour Staphylococcus
aureus)
30/03/2020
262
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux miniaturisés

Assemblage de cupules contenant des substrats


déshydratés qui sont régénérés
avec la suspension de la bactérie à étudier.
Ex galeries API

30/03/2020
263
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux miniaturisés Api 20E : Identification de
entérobactéries et autres bacilles à Gram négatif

30/03/2020
264
I- Nutrition bactérienne
5 Les milieux de culture
▪Milieux miniaturisés Api 20E

30/03/2020
265
I- Nutrition bactérienne
Les milieux de culture Ex
Source de C et d’énergie
Source de P pour la synthèse des acides
- Glucose nucléiques, de l’ATP, de divers coenzymes
- Dihydrogénophosphate et source de K+ pour l’équilibre
hydroélectrique
de potassium
Source de S pour la synthèse des acides
- Sulfate d’ammonium aminés soufrés et de divers coenzymes,
- Sulfate de magnésium source d’N pour la synthèse d’acides
aminés
- Sulfate de fer II
Source de S et source de Mg2+ pour la
- Eau distillée synthèse de divers coenzymes
Source de S et source d’ions Fe II pour la
synthèse de divers coenzymes
Solvant des constituants du milieu,
substrat des réactions d’hydrolyse et
30/03/2020 solvant des constituants cytoplasmiques 266
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne

Quels sont ces facteurs?

30/03/2020
267
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne

• Le PH
• La pression osmotique
• La Température
• L’oxygène moléculaire

30/03/2020
268
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪Le pH : Selon le PH on distingue

- Les bactéries neutrophiles : pH compris


entre 6 et 8

- Les bactéries alcalophiles : pH alcalin >8

- Les bactéries acidophiles <6

30/03/2020
269
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪Le pH
Un PH inadéquat désorganise la membrane
cytoplasmique et entraîne la mort de la bactérie

Application: ajout de certains acides (acide citrique)


dans certains aliments (jus) pour baisser fortement
le PH.
Les bactéries pathogènes sont neutrophiles.
30/03/2020
270
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique
Milieu hypertonique: l’eau sort de la bactérie, la
membrane cytoplasmique se rétrécie; la bactérie
meurt

Milieu hypotonique: l’eau entre dans la bactérie


qui gonfle et ne s’éclate pas grâce à la paroi.

30/03/2020
271
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique

▪Application : conservation des aliments

Ex Ajout de sel dans le poisson

30/03/2020
272
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique

La croissance bactérienne est donc affectée


par la présence plus ou moins importante
de sels ou de sucres dissous dans l’eau.

30/03/2020
273
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique
● Présence de sels

Les bactéries halophiles nécessitent du sel (NaCl)


pour leur croissance. Cette concentration peut varier
de 1-6% pour les faiblement halophiles jusque 15-30%
pour les bactéries halophiles extrêmes
(Halobacterium) dans les mers.

30/03/2020
274
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique
● Présence de sels

Les bactéries halotolérantes acceptent


des concentrations modérées de sels mais
non obligatoires pour leur croissance (Ex. :
Staphylococcus aureus).
30/03/2020
275
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique
● Présence de sucre
Les bactéries osmophiles nécessitent des sucres
pour leur croissance.

Les bactéries osmotolérantes acceptent des


concentrations modérées de sucres mais non
obligatoires pour leur croissance
30/03/2020
276
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La pression osmotique

Les bactéries xérophiles peuvent se


multiplier en l’absence d’eau dans leur
environnement.

30/03/2020
277
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne

▪La Température

Chaque espèce bactérienne présente :


- une température minimale de croissance
- une température optimale de croissance
- une température maximale de croissance

30/03/2020
278
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température

Raison : sensibilité des protéines à la dénaturation


thermique et notamment sensibilité des protéines
enzymatiques

30/03/2020
279
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température Remarque

L’action des températures élevées est irréversible :


destruction des bactéries

L’action des températures basses est réversible :


bactéries non tuées qui se multiplieront à nouveau
lorsqu’elles seront remises à température optimale
30/03/2020
280
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température On distingue:

- Des bactéries mésophiles: croissance optimale


entre 15 et 45°C.

Les bactéries d’intérêt médical se retrouvent dans


cette catégorie.

30/03/2020
281
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température On distingue:
- Des bactéries psychrophiles:

Croissance optimale (-15 et 20°c)


- Bactéries qui croissent à la température des
réfrigérateurs).
- Bactéries des mers polaires

30/03/2020
282
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température On distingue:
- Des bactéries thermophiles 45 à 70°C
(sources chaudes).

• Des bactéries hyper thermophiles > à


80° (sources chaudes).

30/03/2020
283
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température Application

Stabilisation d’un produit alimentaire par


réfrigération, congélation ou surgélation.

30/03/2020
284
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température Application
Assainissement d’un produit alimentaire par :

* pasteurisation (aliment porté à des


températures variant selon le procédé entre 66 et
75C, détruisant la totalité de la flore végétative mais
non les spores.
30/03/2020
285
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪La Température Application
Assainissement d’un produit alimentaire par :

* stérilisation (aliment porté aux alentours de 120C


pendant une vingtaine de minutes) détruisant toutes
les formes végétatives, les spores, les toxines et
inactivant toutes les enzymes.
30/03/2020
286
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

Les bactéries ont des modes respiratoires variés.

Les bactéries aérobies strictes : exigent la présence


d’ oxygène moléculaire pour croître. (Pseudomonas,
Acinetobacter, Neisseria, Mycobaterium)
30/03/2020
287
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

• Les bactéries micro-aérophiles : se développent


mieux ou exclusivement lorsque la pression partielle
de l’oxygène est inférieure à celle de l’air (5%) au
lieu de 20%. (Campylobacter)

30/03/2020
288
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

Les bactéries aéro-anaérobies facultatives peuvent


croître en présence où en absence d’oxygène, mais
croissance favorisée en présence de l’O2

(Entérobactéries)

30/03/2020
289
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

Les bactéries anaérobies aéro-tolérantes :


ce sont des bactéries ignorent simplement l’oxygène et
se développent aussi bien en sa présence qu’en son
absence. (Enterococcus faecalis)

30/03/2020
290
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

Les bactéries anaérobies strictes ne peuvent


croître qu’en absence d’oxygène
(Bacteroïdes, Fusobacterium, Clostridium…)

30/03/2020
291
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

Dans le cytoplasme cellulaire, certaines


enzymes transfèrent les électrons à
l'oxygène moléculaire (O2) en produisant
des formes toxiques: le peroxyde
d'hydrogène (H2O2) et l'ion superoxyde
(O -). 292
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

Les bactéries se débarrassent


(détoxification) de l'ion superoxyde grâce à
l'enzyme superoxyde dismutase, et des
peroxydes d'hydrogène grâce à la catalase
et à la peroxydase
293
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire
Action de la superoxyde dismutase, de
la catalase et de la peroxydase

294
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

La toxicité de l’oxygène s’explique par la


production de ces radicaux superoxydes que les
bactéries anaérobies ne peuvent pas détruire
(absence de superoxyde dismutase) et/ou par
l’absence d’une activité enzymatique à type de
catalases et de peroxydases.
30/03/2020
295
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire
Action de la superoxide dismutase, de la catalase et
de la peroxydase

30/03/2020
296
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne
▪L’oxygène moléculaire

1 Aérobie stricte
2 Microaérophile
3 Aéro-anaérobie facultative
4 Anaérobie stricte

30/03/2020
297
II Les facteurs environnementaux qui
influencent la croissance bactérienne

Au laboratoire des conditions favorables sont


réunies en utilisant :
- Des étuves pour assurer une température, une
atmosphère (aérobie, anaérobie, microaérophile)
convenables pour optimiser la croissance
bactérienne.

- Le PH est Contrôlé lors de la préparation des


milieux de culture.
30/03/2020
298
CHAPITRE II PHYSIOLOGIE BACTÉRIENNE
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

COMMENT LA BACTERIE SE REPRODUIT?

30/03/2020
299
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Division Bactérienne

La bactérie se divise par fission binaire : elle utilise


les nutriments, grandit puis se divise en deux
cellules filles séparées par un septum de division
formé par la membrane cytoplasmique.

30/03/2020
300
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Division Bactérienne

Durant la division, l’ADN se duplique ainsi que


les autres constituants. Divers systèmes
enzymatiques de synthèse et de dégradation
participent à la division cellulaire.

30/03/2020
301
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Etapes de la division

- Réplication de l’ADN
- Duplication des constituants et allongement de la
cellule
- Formation du septum
- Finalisation de la formation du septum
- Séparation en 2 cellules
Mode de reproduction= scissiparité (reproduction
binaire)
30/03/2020
302
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Division bactérienne

30/03/2020
303
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Bactérie en cours de division

30/03/2020
304
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

La croissance bactérienne est

l’accroissement ordonné de tous

les composants de la bactérie. Elle

aboutit à l’augmentation du nombre de


bactéries.
30/03/2020
305
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Au cours de la croissance, il se produit, d’une part


un appauvrissement du milieu de culture en
nutriments et, d’autre part, un enrichissement en
sous produits du métabolisme, éventuellement
toxiques.

30/03/2020
306
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

La croissance peut être étudiée en milieu

liquide ou solide. Elle a pour implication dans


l’examen cytobactériologique l’identification, le
dénombrement et l’antibiogramme.

30/03/2020
307
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Croissance en milieu liquide

La courbe de la croissance peut être établie à partir d’une


culture en milieu liquide. On ensemence un milieu de
culture favorable et on suit la croissance en réalisant des
dénombrements bactériens à des intervalles de temps
réguliers. On distingue 6 phases dans la courbe de
30/03/2020
croissance. 308
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Courbe expérimentale de croissance


30/03/2020
μ = (log2N2 - log2N1) / t2 - t1 309
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Les différentes phases


I Phase de latence
Le taux de croissance (μ) est nul. La durée de cette phase
dépend de plusieurs facteurs :

- l'âge des bactéries: dans un milieu neuf, doivent


d'abord réparer tous les dommages subis, restaurer leur
état physiologique normal avant de commencer à se
multiplier. Donc, plus la culture ayant servi d'inoculum est
vieille, plus la durée est longue.
30/03/2020
310
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

I Phase de latence
- La composition du milieu :
Les bactéries doivent synthétiser les enzymes adaptées
au nouveau milieu de culture. La diauxie illustre
clairement cette adaptation. Lorsque des bactéries sont
cultivées en présence de glucose et de lactose, elles
commencent par l'utilisation du glucose jusqu'à son
30/03/2020
311
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

I Phase de latence
- La composition du milieu :

On observe ensuite un temps de latence, durant


lequel les bactéries vont synthétiser les enzymes
nécessaires à l'utilisation du lactose, avant la reprise
de la multiplication bactérienne.
30/03/2020
312
III LA CROISSANCE BACTERIENNE
II Phase d’accélération :
Croissance et augmentation de la vitesse de
croissance.

III Croissance exponentielle :


La vitesse de division est constante et maximale. La
majorité des bactéries sont dans un bon état
physiologique et se divisent de façon exponentielle.
30/03/2020
313
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

III Croissance exponentielle :

Le temps de génération des bactéries pendant


cette phase est le plus court. La presque totalité
de la masse cellulaire est représentée par des
cellules viables (mortalité nulle).

30/03/2020
314
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

IV Phase de ralentissement :

La vitesse de croissance régresse. Il y a un


épuisement du milieu de culture et une
accumulation des déchets. Il existe un début
d’autolyse des bactéries.
30/03/2020
315
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

IV Phase de ralentissement :

La vitesse de croissance régresse. Il y a un


épuisement du milieu de culture et une
accumulation des déchets. Il existe un début
d’autolyse des bactéries.
30/03/2020
316
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

V Phase maximale stationnaire :

Il y a une compensation entre les bactéries qui


meurent, par autolyse, et celles qui continuent à se
multiplier. Cette phase est déclenchée par
l'épuisement du milieu, et l'accumulation de
déchets toxiques (ex.: acides organiques) libérés
dans le milieu. par les bactéries.
30/03/2020
317
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

VI Phase de déclin :

Le taux de croissance est négatif (μ < 0). Toutes


les ressources nutritives sont épuisées. Il y a
accumulation de métabolites toxiques. Il se produit
une diminution d’organismes viables et une lyse
cellulaire sous l’action des enzymes protéolytiques
endogènes.
30/03/2020
318
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

VI Phase de déclin :

Cependant, il persiste une croissance par libération


de substances libérées lors de la lyse (croissance
cryptique).

30/03/2020
319
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

Théoriquement, une bactérie, placée dans un milieu


convenable peut se multiplier indéfiniment, par fission
binaire (figure suivante). La croissance se fait selon une
progression géométrique : 1, 2, 4, 8, etc... ou 20, 21, 22,
23,.....2n (où n = nombre de générations).
30/03/2020
320
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

Il s'agit d'une croissance exponentielle,


mais, en réalité, cette allure exponentielle
ne représente qu'une petite partie de la
multiplication bactérienne.

30/03/2020
321
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

30/03/2020
322
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

Si population initiale N0, au bout de n divisions, nombre


théorique de bactéries:
N = 2nNO (1).

Le temps qui sépare deux divisions successives (ou


temps nécessaire au doublement d'une population) est
appelé temps de génération θ.
θ=1/μ
30/03/2020
323
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance


θ = t / n (2)
Le taux de croissance (μ) exprime la vitesse de
multiplication des bactéries ; c'est le nombre de
divisions effectuées par unité de temps.

μ = n / t ⇒ n = μt (3)
(1) et (3) ⇒ N = 2μt N0 (4)

Il s'agit d'une fonction exponentielle


30/03/2020
324
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

t
Représentation schématique de la fonction (4)
30/03/2020
325
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

Pour simplifier la fonction exponentielle (linéarisation),


on va lui faire subir une transformation logarithmique

log N = μt log 2 + log N0 (5) (Y = aX + b)

30/03/2020
326
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

Si on travaille dans la base 2, log2 2 = 1, donc


log2N = μt + log2N0 (6), la pente représente le taux de
croissance.

Le temps de génération est différent selon les


espèces.

30/03/2020
327
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance


In vivo, la croissance bactérienne est beaucoup
plus ralentie que In vitro.

- La phase de latence est beaucoup plus longue.


Les bactéries n’ont pas toujours tous les
nutriments à leur disposition pour leur croissance.

30/03/2020
328
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

❖Aspects théoriques de la croissance

In vivo, la croissance bactérienne est beaucoup plus


ralentie que In vitro.
- les bactéries peuvent être phagocytées par les
macrophages et les polynucléaires et être inhibées
par les produits antibactériens comme le lysozyme ou
le complément.
30/03/2020
329
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Croissance en milieu solide:


Isolement:

30/03/2020
330
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Croissance en milieu solide:


Isolement:

30/03/2020
331
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Croissance en milieu solide: Isolement sur


gélose nutritive

30/03/2020
332
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

▪Croissance en milieu solide


Durée de la culture (≥ 24 h)
Formation de colonies visibles à l’oeil nu ayant
comme aspect:

Surface (lisse, muqueuse),


Relief (plate, bombé, …),
Contours (sphérique, irréguliers)
Taille (0,1 à 8 mm)
30/03/2020
333
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

30/03/2020
Aspect des colonies 334
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Mesure de la croissance bactérienne

▪Numération totale directe


- Se fait au microscope à laide de cellules hématimètres
(Ex cellule de Malassez)
- La numération est maintenant automatisé avec pour
inconvénient de ne pas faire la différence entre les
bactéries vivantes et les mortes. Elle n'est donc fiable
que dans les conditions où les bactéries sont vivantes.

30/03/2020
335
III LA CROISSANCE BACTERIENNE

Mesure de la croissance bactérienne


▪Numération indirecte des cellules viables

Après avoir effectué une série de dilutions, une


aliquote (0,1 ml en général) des dilutions convenables
est étalée à la surface d'un milieu gélosé approprié.
Après incubation, chaque cellule se multiplie pour
donner une colonie visible à l'œil nu.
30/03/2020
336
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

Objectif
Expliquer les différentes variations
génétiques que peut subir une cellule
bactérienne.

30/03/2020
337
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

Rappel
Patrimoine génétique d’une bactérie
- Chromosome unique, circulaire,
condensé (nucléoïde)
- Plasmide(s)
Circulaire, surenroulé
Un ou plusieurs
Réplication autonome
30/03/2020
338
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

Définition
• La génétique bactérienne:

Science qui étudie le génome des bactéries, c’


est à dire les gènes présents sur le
chromosome, leurs variations génotypiques et
leurs expressions phénotypiques.

30/03/2020
339
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
Définition
L’étude des gènes est donc un moyen sûr que les
scientifiques ont trouvé pour analyser les êtres vivants
et leur fonctionnement.

L'ADN bactérien peut être l'objet de variations qui se


traduisent par l'apparition de différences héréditaires
dans les structures et/ou les fonctions permanentes des
bactéries.
30/03/2020
340
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

Définition
Les variations génétiques ou génotypiques résultent
d'une mutation, d'une transformation, d'une conjugaison,
de l'acquisition d'un plasmide, d'une transduction,... en
somme d'un changement de nature d'un ou plusieurs
gènes.

30/03/2020
341
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
Les changements génétiques
❖La mutation

La mutation est un changement du nombre ou de la


séquence des bases nucléotidiques de l'ADN, elle est
spontanée ou provoquée par un agent mutagène
(Acide nitreux, Rayons X, Rayons Gamma).
30/03/2020
342
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
Les changements génétiques
❖La mutation: se produit par:
- Suppression de toute une séquence (délétion)
- L’insertion d’une séquence étrangère (macro insertion)
- Le remplacement d’un nucléotide par un autre
(mutation ponctuelle)
- La suppression ou l’insertion d’un nucléotide(micro-
délétion ou micro-insertion).

30/03/2020
343
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❑Caractéristiques de la mutation
• Spontanée :
L’antibiotique, par exemple, sélectionne les rares
formes variantes préexistantes dans une population
bactérienne comme dans une tuberculose pulmonaire.

30/03/2020
344
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❑Caractéristiques de la mutation
• Spontanée :

30/03/2020
345
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❑Caractéristiques de la mutation
• Induite :
Le caractère induit de la mutation bactérienne est
bien connu lors de l'utilisation de rayonnements
de type UV ou de substances chimiques
génotoxiques

30/03/2020
346
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❑Caractéristiques de la mutation

Discontinue ou brusque : elle apparait selon la loi


du tout ou rien. Elle ne s'effectue pas à la suite d'une
longue période d'adaptation progressive, avec des
formes intermédiaires, mais habituellement en une
seule étape.
30/03/2020
347
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❑Caractéristiques de la mutation

• Stable : le caractère acquis est alors transmissible


à la descendance, donc héréditaire.

• Rare : La mutation est un phénomène rare qui


n'affecte qu'une faible fraction de l'ensemble des
cellules bactériennes au sein d'une large population.
30/03/2020
348
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❑Caractéristiques de la mutation
• Spécificité - Indépendance :

La mutation n'affecte habituellement qu'un seul caractère


en respectant les autres. (ex. : M. tuberculosis sensible à
tous les antibiotiques → M. tuberculosis résistant à la
streptomycine et sensible à tous les autres antibiotiques).
30/03/2020
349
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❑Caractéristiques de la mutation
• Spécificité - Indépendance :

La probabilité pour une bactérie de subir


simultanément deux mutations distinctes est le produit
des probabilités individuelles de ces mutations.

30/03/2020
350
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❑Caractéristiques de la mutation
• Spécificité - Indépendance :

Si la probabilité de la résistance de M. tuberculosis à la


streptomycine par mutation est de 10-5 et celle de la
résistance à l'isoniazide de 10-6, la probabilité de
résistance double simultanée à la streptomycine et à
l'isoniazide est de 10-11
30/03/2020
351
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques

La bactérie peut être l’objet de variations


génétiques autres que la mutation. Celles-ci peuvent
résulter de transfert de

matériel génétique d’une bactérie à une autre par 3


processus qui sont : la transformation, la conjugaison, la
transduction et conversion.
30/03/2020
352
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques

Ces transferts (ADN) bactérien doivent être suivis de


recombinaison génétique dite légitime (s'il provient
d'une même espèce ou d'une espèce voisine).

Dans d'autres circonstances, l'ADN peut ne pas se


recombiner (plasmide). Ces transferts sont
unidirectionnels.
30/03/2020
353
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation: (Griffith)
Mécanisme par lequel il y a un transfert d’ADN d’une
bactérie donatrice à une bactérie réceptrice dite en état
de compétence. Le phénomène a été découvert en 1928
par un médecin anglais, Frederick Griffith chez le
pneumocoque.
30/03/2020
354
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La transformation: (Griffith)
Les pneumocoques, se présentent sous deux types
morphologiques. La forme S (Smooth), encapsulées et
virulentes, injectées à la souris elles déclenchent une
septicémie mortelle en 24 à 48heures. Elles peuvent par
mutation, se transformer en forme R(Rough) non
capsulées et dénuées de tout pouvoir pathogène. La
virulence du pneumocoque est associée à la substance
polysaccharidique de la capsule.
30/03/2020
355
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La transformation (Griffith)
Par injection intra péritonéale à la souris, Griffith a
constaté que :
- les pneumocoques vivants de types S provoquent une
septicémie mortelle
- les pneumocoques de types S tués par la chaleur
laissent les souris vivantes
- Un mutant non capsulé de type R n’entraine pas la mort des
souris quel que soit le sérotype capsulé dont il provient.356
30/03/2020
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La transformation (Griffith)
- Qu’un mélange de pneumocoques de types S tués et de
pneumocoques de types R vivants tue les souris par
septicémie et dans le sang de la souris on retrouve des
pneumocoques de type S en capsulés.
- Qu’un mélange de pneumocoques tués sans ADN du
type S et de pneumocoques de types R vivants
n’entraine pas la mort des souris.
30/03/2020
357
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La transformation (Griffith)
Qu’un mélange de pneumocoques de types R vivants et
de l’ADN extrait de pneumocoques du type S tue les
souris par septicémie et dans le sang de la souris on
retrouve des pneumocoques de type S encapsulés.

30/03/2020
358
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La transformation (Griffith)
Frederick Griffith conclut que les cultures de
pneumocoque de type S tués contient un principe
transformant qui modifie les bactéries R vivantes en les
rendant Smooth.

30/03/2020
359
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❑La transformation Expérience Griffith
I

30/03/2020
360
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation
D'une part, il doit y avoir de l'ADN libéré d'une
bactérie (exogénote).

D'autre part celui-ci doit être fixé sur une bactérie


réceptrice en phase de compétence

30/03/2020
361
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation

30/03/2020
362
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation
Cette absorption d'ADN polymérisé est suivie d'une
recombinaison génétique légitime avec acquisition de
nouveaux caractères génétiques stables, donc
transmissibles à la descendance dénommés
recombinants ou transformant.
30/03/2020
363
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation

30/03/2020
364
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation
Ce transfert naturel d'ADN bactérien est limité à
quelques espèces telles Streptococcus dont S.
pneumoniae, Neisseria, Haemophilus..... Il est partiel :
une partie de l'exogénote (1-2% du génome) pénètre et
se recombine (si homologie suffisante).
30/03/2020
365
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La transformation

En bactériologie médicale, son intérêt est lié à


l'émergence d'espèces résistantes aux antibiotiques
comme le pneumocoque ou récemment, le
méningocoque.
30/03/2020
366
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La Conjugaison
Transfert du matériel génétique entre des bactéries"
sexuellement" différenciées nécessitant un contact étroit
entre une bactérie donatrice (ou mâle) et une bactérie
réceptrice (ou femelle). Le matériel transféré peut être
chromosomique ou extra-chromosomique (plasmide).
30/03/2020
367
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖Les recombinaisons génétiques
❑La Conjugaison
La conjugaison chromosomique est spécifique
d’espèces et concernent surtout les bactéries à GRAM
(–) (entérobactéries) et Pseudomonas aeruginosa

alors que l’extra chromosomique (plasmidique) est plus


répandue dans les espèces bactériennes donc moins
spécifique d’espèce.
30/03/2020
368
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La Conjugaison

Le transfert qui est à sens unique, orienté, progressif


(bactérie donatrice vers une bactérie réceptrice) repose
sur la présence chez la bactérie donatrice du facteur

sexuel ou facteur de fertilité (F) à laquelle lui confère la


30/03/2020
polarité ou le caractère mâle (F+). 369
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La Conjugaison

Ce facteur de fertilité F est le premier plasmide


bactérien connu. Son information génétique code pour la
synthèse de pili sexuels qui lui permettent de s’insérer
dans le chromosome bactérien puis le transfert de ce
dernier vers des bactéries réceptrices (F-)
30/03/2020
370
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La Conjugaison

Le facteur F peut être intégré dans le chromosome


bactérien. Dans cette position il permet le transfert de
gènes chromosomique mais rarement le

facteur F. Il peut également être libre dans le cytoplasme


et là il ne transmet que le facteur F à la bactérie
réceptrice.
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371
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑La Conjugaison
Le transfert n’est possible que s’il y a appariement par
couples de bactéries (donatrice-réceptrice) en faisant
intervenir des pili sexuels qui formeront un pont
cytoplasmique par lequel le transfert génétique se fait.

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372
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La Conjugaison:
Les extrémités spécifiques des pili, reconnaissent
des zones de contact à la surface cellulaire des
bactéries réceptrices, s'y fixent et se rétractent
permettant ainsi un contact cellulaire étroit.

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373
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑Conjugaison:

La mobilisation du chromosome de la bactérie


donatrice peut alors débuter à travers le pont
cytoplasmique sous la forme monocaténaire (un des
deux brins transmis).
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374
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La Conjugaison
Ce transfert est à sens unique, orienté et progressif,
quelquefois total, durant alors une centaine de minutes à
37° C. Son interruption artificielle par agitation
mécanique a permis l'analyse cinétique.

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375
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La Conjugaison: transfert de l'ADN
chromosomique

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376
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La Conjugaison: transfert de l'ADN chromosomique

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377
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑La Conjugaison
Ce transfert peut entraîner chez la bactérie l’acquisition
par la bactérie de caractères phénotypiques majeurs :

Résistance acquise aux antibiotiques, production de


substances pathogènes (toxines), synthèse d’un acide
aminé (thréonine, leucine, sérine..).
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378
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑ La transduction
Transfert d'ADN bactérien (ADN chromosomique ou
extra chromosomique) partiel d’une bactérie à une
autre, par l'intermédiaire d un bactériophage.

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CHAPITRE III LA GENETIQUE
BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑ La transduction
Le bactériophage est un virus qui infecte les bactéries.
Son rôle est passif (vecteur). Il existe sous deux formes
(virulent ou tempéré).

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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑ La transduction

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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
❑ La transduction
- Phage virulent :se multiplie et se réplique dans la
bactérie puis finit par la lyser : c’est le cycle lytique

- phage tempéré : s’intègre dans le chromosome de la


bactérie. Il est répliqué en même temps que ce
chromosome. Il est dit prophage et la bactérie qui en
est porteuse est dite bactérie lysogène
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382
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑ La transduction
La transduction est liée à l’existence de bactéries
lysogènes
Lors de la multiplication d’un phage tempéré,
un fragment d’ADN bactérien est incorporé dans la
capside avec l’ADN viral et ainsi transmis à une bactérie
sensible à ce phage.
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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑ La transduction

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La transduction

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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑ La transduction
Généralisée: La nucléase du Phage fragmente le
chromosome bactérien à n’importe quel niveau de telle
sorte que n’importe quel gène d’une bactérie donatrice
peut être intégré dans la capside du phage et transféré à
une bactérie réceptrice.

Spécifique: un gène spécifique est transféré


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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


❑ La transduction
Abortive:
Les gènes transférés ne s’intègrent pas dans le
chromosome ce qui est fréquent. Les gènes passent
alors de la cellule mère à une seule cellule fille,
il n’y a donc pas de généralisation du caractère
transféré à l’ensemble de la descendance.
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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


La transduction

La transduction est décrite aussi bien chez les espèces


bactériennes à Gram positif (Staphylocoques, Bacillus)
qu'à Gram négatif (Entérobactéries, Pseudomonas).

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388
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques


La conversion lysogénique :
Dans certains cas le génome du bactériophage apporte
lui-même un nouveau caractère très important pour la
bactérie réceptrice. (ex : sécrétion de la toxine
diphtérique ou bien de la toxine érythrogène du
streptocoque A) on dit qu’il y a conversion lysogénique.
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389
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les recombinaisons génétiques
La conversion et la transduction font intervenir des
bactériophages, mais dans la conversion c’est le
génome du bactériophage qui est responsable du
nouveau caractère acquis par la bactérie alors que
dans la transduction le bactériophage a seulement un
rôle de vecteur et le génome transféré provient d’une
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CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE

❖ Les recombinaisons génétiques

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391
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les éléments génétiques mobiles à l’intérieur
d’une bactérie
Transposon :
Séquence d’ADN capable de se déplacer et de se
multiplier de manière autonome dans un génome et qui
permet également au gène de sauter d’une position
chromosomique à une position plasmidique.
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392
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les éléments génétiques mobiles à l’intérieur
d’une bactérie
Transposon :
Cette séquence d’ADN est encadrée par deux
séquences d’ insertion (gènes) qui codent pour la
transposage (enzyme effectuant la transposition)

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393
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les éléments génétiques mobiles à l’intérieur
d’une bactérie
Intégrons :
Eléments génétiques retrouvés exclusivement chez les
bactéries. Ils constituent un système naturel de capture,
d'expression et de dissémination des déterminants de
résistances aux antibiotiques, le plus souvent portés par
des plasmides ou des transposons.
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394
CHAPITRE III LA GENETIQUE BACTERIENNE
❖ Les éléments génétiques mobiles à l’intérieur
d’une bactérie
Intégrons :
C’est donc une structure qui permet à des gènes de
s’intégrer et de s’exprimer. La présence d’un intégrons
dans un transposon est un mécanisme fréquent.

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395
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
Les objectifs

Expliquer le catabolisme des glucides, protéines et lipides

Expliquer la respiration aérobie, anaérobie et la


fermentation

Connaître la biosynthèse des polysaccharides, des


protéines, des purines et pyrimidines
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

Le métabolisme bactérien: ensemble des transformations


biochimiques (anabolisme ou biosynthèse et catabolisme ou
dégradation) qui assurent l’élaboration des constituants bactériens
et leur fonctionnement .

Lorsque ces réactions sont convenablement équilibrées, elles


permettent à l’organisme de croître et de se reproduire;

Lorsqu’elles sont dérégulées, elles provoquent sa mort.


CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

- Le catabolisme est la désagrégation de molécules organiques


complexes, relativement grandes, en molécules plus simples,
plus petites dans le but de générer de l'énergie sous forme
d’ATP.

- L’anabolisme est la synthèse de molécules organiques


complexes, à partir de molécules plus simples. Il comprend une
série d’étapes:
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
L’anabolisme
(1) La conversion de la source de carbone en un ensemble de
petites molécules, les métabolites précurseurs ;

(2) La synthèse de monomères et autres éléments de base (


acides aminés, nucléotides, hydrates de carbone simples, lipides
simples), à partir des métabolites. précurseurs ;

(3) La synthèse de macromolécules (protéines, acides nucléiques,


hydrates de carbone complexes, lipides complexes)

4) L’assemblage de macromolécules en structures cellulaires.


CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

Relation entre le catabolisme et l anabolisme


CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

L’ensemble de ces réactions est sous le contrôle de catalyseurs


biologiques appelés enzymes.

L’étude du métabolisme permet de définir des caractères


d’identification biochimique qui représentent des critères
essentiels dans la classification bactérienne
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme

Dans le catabolisme des composés glucidiques, protéiques et


lipidiques sont dégradés avec production d’énergie et de
métabolites.
Une partie de cette énergie est utilisée pour les activités cellulaires
(transport de nutriment, déplacement, synthèse de nouvelles
molécules…)
Le reste est libéré sous forme de chaleur.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1-1 La glycolyse ou voie d'Embden-Meyerhof-Parnas

Le glucose est oxydé en acide pyruvique avec production de 4


ATP et de 2 (NADH, H+), molécule riche en énergie.
C’est une série de 10 réactions chimiques dont chacune est
catalysée par une enzyme particulière. Elle peut se réaliser en
aérobiose ou en anaérobiose et consomme 2 ATP.
Le glucose est d’ abord dégradé en 2 molécules:
- Le glycéraldéhyde 3 phosphate
- La dihydroxyacétone phosphate qui ensuite isomérisée en
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1-1 La glycolyse ou voie d'Embden-Meyerhof-Parnas
Ces 2 molécules sont ensuite oxydées avec production d’énergie par
phosphorylation au niveau du substrat et formation de 2 molécules
d’acide pyruvique et 4 ATP.

La phosphorylation au niveau du substrat consiste en la


phosphorylation de l'adénosine diphosphate (ADP) ou de la guanosine
diphosphate (GDP) par transfert direct d'un groupe phosphate à partir
d'une petite molécule phosphorylée ou d'une molécule de phosphate
inorganique pour former respectivement de l'adénosine triphosphate
(ATP) ou de la guanosine triphosphate (GTP)
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1-1 La glycolyse ou voie d'Embden-Meyerhof-Parnas
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1-1 La glycolyse ou voie d'Embden-Meyerhof-Parnas

Le NAD (Nicotinamide Adénine Dinucléotide), coenzyme stockée dans


la cellule sous la forme oxydée (NAD+) est réduit en acceptant les
électrons et l’hydrogène arrachés aux substrats (Glyceradéhyde 3
phospshate) par certaines enzymes pour donner le NADH, H+.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme

Les 2 molécules d’acide pyruvique sont ensuite oxydées en


aérobiose dans le cycle de Krebs pour produire plus d’énergie.

Le NADH, H+ est ensuite oxydée sur la chaine de transporteur


d’électrons avec production d’ATP.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1-2 Les voies parallèles à la glycolyse

❑La voie des pentoses phosphate ou des hexoses monophosphates


Les bactéries qui utilisent cette voie comprennent : Bacillus
subtilis, Escherichia coli, Enterococcus faecalis.

C’ est une série de réactions qui peuvent se réaliser en aérobiose ou


en anaérobiose et convertissent par oxydation 3 molécules de glucose
6 - phosphate en:

- 2 molécules de fructose 6-phosphate qui entrent dans la


glycolyse
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
❑La voie des pentoses phosphate ou des hexoses
monophosphates
- 1 molécule de glycéraldéhyde - 3 - phosphate.

Cette molécule est ensuite oxydée et convertie en acide pyruvique


avec production d’ ATP.

En aérobiose l’acide pyruvique est aussi oxydé dans le cycle de


Krebs pour générer plus d’énergie.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
❑La voie des pentoses phosphate ou des hexoses
monophosphates

- 1 molécule d’ érythrose - 4 - Phosphate utilisée dans la


synthèse des acides aminés aromatiques.

- 1molécule de ribulose – 5 - Phosphate composé majeur des


acides nucléiques.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
❑La voie des pentoses phosphate ou des hexoses
monophosphates
- Le NADP (Nicotinamide Adénine Dinucléotide Phosphate)
coenzyme stockée dans la cellule sous la forme oxydée
(NADP+) est réduit en NADPH au cours des oxydations.
- Le NADPH est converti en NADH qui est oxydée sur la chaine
de transporteur d’électron avec production d’ATP.
- Le NADPH provenant de la voie des pentoses phosphates sert
de source d’électrons pour la réduction de molécules au cours
de la biosynthèse.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
❑La voie d’Entner Doudoroff.
Une molécule de glucose est oxydée pour donner:
- 1 molécule de pyruvate
- 1 molécule de glycéraldéhyde 3-phosphate qui est ensuite
convertie en pyruvate
- 1 ATP
- 1 NADPH, H+ (NADP réduit)
- 1 NADH, H+ NAD réduit)
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
❑La voie d’Entner Doudoroff.
Cette voie est utilisée par Pseudomonas, Rhizobium,
Azotobacter et Agrobacterium et quelques autres bactéries
Gram négative.
Elle est rare chez les bactéries Gram-positives, Enterococcus
faecalis faisant l’exception.

La plupart des bactéries utilisent la voie de la glycolyse et la voie


des pentoses phosphates,
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1-3 Le catabolisme des glucides autres que le glucose
Le fructose et le mannose sont phosphorylés grâce à l’ATP et entrent
facilement dans la glycolyse.
Le galactose est épimérisé en glucose avant d’entrer dans la
glycolyse.
Les disaccharides courants sont hydrolysés en leurs monosaccharides
constitutifs.
Le maltose est hydrolysé en glucose par la maltase
Le saccharose est hydrolysé en fructose et glucose par l’invertase
Le lactose est hydrolysé en glucose et galactose par la B-
galactosidase.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1- 4 Le cycle de Krebs ou cycle des acides tricarboxyliques ou
de cycle de l’acide citrique
L’acide pyruvique issue de la glycolyse ou de la voie des
pentoses phosphate est transformé par décarboxylation en un
composé à deux carbones le groupement acétyle.

Ce groupement acétyle se fixe à la coenzyme A pour former


l’Acétyl-CoA.

Durant cette réaction, l’acide pyruvique est aussi oxydé et le NAD+


est réduit en NADH, H+
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1- 4 Le cycle de Krebs ou cycle des acides tricarboxyliques ou
de cycle de l’acide citrique

A son entrée dans le cycle de Krebs, l’Acétyl-CoA se scinde en


deux.

Le groupement acétyle se combine à l’acide oxaloacétique


(4 carbones) pour former le l’acide citrique (6 carbones).
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1- 4 Le cycle de Krebs ou cycle des acides tricarboxyliques ou de
cycle de l’acide citrique

La transformation du citrate génère:


- 2 CO2
- 3 NADH
- 1FADH2
- 1GTP (Guanosine Triphosphate) molécule riche en énergie
équivalente à l’ATP produite par phosphorylation au niveau du
substrat) pour chaque molécule d’Acétyl-CoA oxydée.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1- 4 Le cycle de Krebs ou cycle des acides tricarboxyliques ou
de cycle de l’acide citrique

Les composés formés: le citrate, l’isocitrate, l’α cétoglutarate, le


succinate, Le fumarate, le malate, l’oxalo-acétate.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I Le Catabolisme
I-1- 4 Le cycle de Krebs ou cycle des acides tricarboxyliques ou
de cycle de l’acide citrique

Les coenzymes réduites, NADH et FADH2 sont les produits les


plus importants du cycle de Krebs parce qu’elles contiennent la
majeure partie de l’énergie emmagasinée au départ dans le
glucose.

Pour produire de l’énergie à partir du glucose les bactéries


font appel à deux grands processus : la respiration et la
fermentation.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

I-2 Le catabolisme des protéines

Certaines bactéries peuvent utiliser les protéines comme source


de carbone et d’énergie. Elles secrètent des protéases qui
hydrolysent les protéines et les polypeptides en acide aminés.
Ceux-ci sont ensuite transportés dans la cellule et métabolisés.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I-2 Le catabolisme des protéines

- La première étape du catabolisme d’un acide aminé est le plus


souvent une désamination qui lui retire son groupe aminé.

- Cette réaction est souvent suivie d’une transamination. Le groupe


aminé d’un acide aminé est transféré sur un α céto-acide accepteur.

- L’acide aminé peut également subir une décarboxylation pour


donner des amines
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I-2 Le catabolisme des protéines

L’acide organique (α Céto-acide) résultant de la désamination peut être


converti:
- en pyruvate
- en acétyl coenzyme A
- ou un intermédiaire du cycle de Krebs et oxydé pour libérer de
l’énergie.
Il peut servir aussi de source carbonée pour la synthèse de
constituants cellulaires.

L’excès d’azote provenant de la désamination est excrété sous forme


d’ion ammonium rendant ainsi le milieu alcalin.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I-2 Le catabolisme des protéines
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I-3 Le catabolisme des lipides

Les lipides entrent dans la composition de la membrane


cytoplasmique. Certaines bactéries utilisent les lipides comme
source d’énergie.
Des triglycérides ou triacylglycérols, des esters de glycérol et des
acides gras sont des sources énergétiques courantes.
Ils peuvent être hydrolysés en glycérol et en acide gras par des
lipases bactériennes.
- Le glycérol est alors phosphorylé et oxydé en dihydroxyacétone
phosphate et dégradé dans la glycolyse.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I-3 Le catabolisme des lipides

- Les acides gras sont oxydés dans la voie de la β oxydation et


dégradés en acétyl coenzyme A qui peut être introduit dans le
cycle de Krebs ou utilisé dans des biosynthèses. Un tour de cycle
produit de l’acétyl coenzyme A, du NADH et du FADH2. Le
NADH et du FADH2 peuvent être oxydés par la chaîne de
transport des électrons pour produire de l’ATP.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
I-3 Le catabolisme des lipides
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

Catabolisme: récapitulatif
Sucres Protéines Graisses

Glucoses et Acides Aminés Acides Gras et


Glycérol
autres oses

ACÉTYL‐CoA

O
Phosphorylation oxydative Cycle de l’acide
2 é
Citrique (Krebs)

2H2O

ATP ADP + Pi CO2


CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration
La respiration cellulaire est définie comme le processus de
production d’ATP au cours duquel des molécules sont oxydées,
les électrons provenant de ces molécules sont transférés sur une
chaîne de transporteurs d’électrons et l’accepteur d’électrons final
est presque toujours une molécule inorganique.

L’ATP synthétisé par phosphrylation oxydative: processus par


lequel l’ATP est synthétisée grâce au transport d’électrons
provenant de l’oxydation d’une source d’énergie chimique
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration
La membrane cytoplasmique est associée à des ATPases qui comportent
une partie incluse dans la membrane et une partie une partie
volumineuse qui fait saillie vers l’extérieur de la bactérie.

Ce sont ces ATPases qui effectuent la synthèse l’ATP.

ADP + Pi + 2H+ ATP + H20


CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

II La respiration

Des atomes d’hydrogène sont continuellement arrachés des substrats lors du


catabolisme énergétique.
Ces atomes d’hydrogène sont transférés sur les coenzymes NAD et FAD pour
former le NADH et le FADH2.

Dans la membrane cytoplasmique, les coenzymes réduits (NADH et le FADH2)


cèdent leurs électrons à un système de transporteurs (= cascade de
réactions d'oxydo-réduction) jusqu'à l'accepteur final.

.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration
Ce système de transporteurs comprend trois classes de transporteurs:
Les flavoprotéines : contiennent de la flavine coenzyme dérivé de la
riboflavine (Vitamine B12) une importante coenzyme à base de flavine
est la FMN (flavine mononucléotide)
Les cytochromes b, c1, c, a et a3 : protéines avec un groupement
porteur de fer (groupement hème) qui peut se présenter tour à tour
sous forme réduite (Fe2+) et sous forme oxydée Fe3+).
Ubiquinones ou coenzyme Q représenté par le symbole Q. Ce sont
des transporteurs non protéiques.
Chez les bactéries, les chaînes de transport des électrons ne sont
pas identiques.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

II La respiration
Le passage transmembranaire des protons qui accompagne le flux des
électrons le long de la chaîne de transporteurs, produit un gradient de
protons à travers la membrane (concentration cytoplasmique basse à
et concentration élevée à périplasmique élevée).

La synthèse de l’ATP est due au passage des ions H+ dans un canal


ionique ménagé dans les ATPase dans le sens contraire du gradient
(entrée de protons dans la bactérie).
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

II La respiration
La respiration aérobie
La respiration aérobie est le processus de production d’ATP en
aérobiose au cours duquel des molécules sont oxydées, les électrons
provenant de ces molécules sont transférés sur une chaîne de
transporteurs d’électrons et l’accepteur final d’électrons est l’O2
(oxygène moléculaire)
3 ATP sont synthétisés à partir d’ADP + Pi, lorsqu’une paire
d’électron passe du NADH à un atome d’oxygène

2ATP sont synthétisés à partir d’ADP + Pi, lorsqu’une paire


d’électron passe du FADH2 à l’oxygène
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration aérobie

Comparaison des chaînes respiratoires bactériennes (respiration


aérobie).
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration anaérobie
La respiration anaérobie est le processus de production d’ATP en
anaérobiose au cours duquel des molécules sont oxydées, les
électrons provenant de ces molécules sont transférés sur une chaîne
de transporteurs d’électrons et l’accepteur final d’électrons est un
composé inorganique autre que l O2.

Les principaux accepteurs d’électrons sont les nitrates NO3, les


sulfates SO4 et le CO2.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration anaérobie

Chaîne respiratoire utilisant l’ion nitrate comme accepteur final des


électrons
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration anaérobie

Chaîne respiratoire utilisant l’ion nitrate comme accepteur final des


électrons
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration anaérobie

La respiration anaérobie n’est pas aussi efficace dans la synthèse


de l’ATP que la respiration aérobie parce que les accepteurs
finaux d’électrons ont des potentiels moins positifs que l’O2. La
différence de potentiel de réduction entre un donneur comme le
NADH et le nitrate est plus petite que la différence entre le NADH
et l’O2.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration anaérobie

Comme le rendement énergétique est en relation directe avec la


différence de potentiel de réduction, moins d’énergie est
disponible pour synthétiser de l’ATP. Par conséquent les
anaérobies croissent moins vite que les aérobies.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
II La respiration: respiration anaérobie
Dans le cas des bactéries anaérobies facultatives, la présence de
l’O2 les fait passer en mode aérobie où une grande quantité
d’énergie est produite.

En l’absence d’O2 elles passent en mode anaérobie. La quantité


d’énergie produite est moins élevée, leur métabolisme est plus
lent et leur croissance est aussi ralentie
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
La fermentation est un processus d’oxydoréduction mais l’
accepteur final d’électrons est un composé organique.

Elle libère de l’énergie mais à un degré moindre que la


respiration. Au cours de la fermentation, toute l’ATP est produite
par la glycolyse.

La fermentation ne nécessite pas le cycle de Krebs ni une chaîne


de transporteur d’électrons.

Les produits terminaux d’une fermentation sont très variés et


peuvent caractériser certains groupe taxonomiques
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-1 La fermentation alcoolique

Le pyruvate est décarboxylé en acétaldéhyde, celui-ci est alors réduit en


éthanol par l’alcool déshydrogénase. Le NADH est le donneur d’électrons.

III-2 La fermentation lactique

Les bactéries à fermentation homolactique utilisent la glycolyse et réduisent


presque tout le pyruvate en lactate (bactéries lactiques, Bacillus).
Les bactéries à fermentation hétéro - lactique produisent d’autres
substances en plus du lactate. Beaucoup produisent du lactate, de l’éthanol
et du CO2
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-1 La fermentation alcoolique

III-3 La fermentation formique

De nombreuses bactéries, spécialement les membres de la famille


des Enterobacteriacea peuvent métaboliser le pyruvate en acide
formique : Il ya deux types de fermentation formique.

III-3-1 La fermentation acide mixte


Elle aboutit à l’excrétion d’éthanol et d’un mélange complexe
d’acides, en particulier les acides acétique, lactique, succinique et
formique.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-3 La fermentation formique

De nombreuses bactéries, spécialement les membres de la


famille des Enterobacteriacea peuvent métaboliser le pyruvate en
acide formique : Il Ya deux types de fermentation formique.

III-3-1 La fermentation acide mixte


Elle aboutit à l’excrétion d’éthanol et d’un mélange complexe
d’acides, en particulier les acides acétique, lactique,
succinique et formique.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-3 La fermentation formique
III-3-1 La fermentation acide mixte

L’acide formique est dégradé en H2 et en CO2. Ceci est observé


chez Escherichia coli, Salmonella et Proteus et d’autres genres.
Le CO2 et l’H2 sont produits en quantités égales pendant la
fermentation acide mixtes
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-3 La fermentation formique
III-3-2 La fermentation butanediolique

Le pyruvate est transformé en acétoïne qui est ensuite réduite en


2,3-butanediol en présence du NADH.

Une grande quantité d’éthanol est aussi produite de même que de


petites quantités des acides trouvés dans la fermentation acide
mixtes

Ceci est observé chez Klebsiella, Enterobacter, Serratia, et quelques


espèces de Bacillus. Lors de la fermentation butanediolique, les
bactéries produisent un excès de CO2.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-3 La fermentation formique
Les fermentations formiques sont très utiles pour identifier les
bactéries de la famille des Enterobacteriacea.

Les bactéries réalisant la fermentation acides mixtes produisent


quatre fois plus de produits acides que de produits neutres, tandis
que les bactéries de la fermentation butanediolique produisent
principalement des produits neutres.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-3 La fermentation formique
On peut distinguer la fermentation butanediolique de la
fermentation acides mixtes par des tests.

Le test de Voges-Proskauer (VP) détecte l’acétoïne, le


précurseur du butandiol. Il est positif chez les bactéries
capables de fermentation butanediolique, négatif chez les
bactéries qui réalisent la fermentation acide mixtes.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
III La Fermentation
III-3 La fermentation formique
On peut distinguer la fermentation butanediolique de la
fermentation acides mixtes par des tests.

Le test de rouge méthyle (RM). Lors de la fermentation acide


mixtes, les bactéries acidifient beaucoup plus les milieux
d’incubation. Le test est positif uniquement dans le cas de la
fermentation acides mixtes car le pH descend en dessous de 4,4
et l’indicateur de pH vire du jaune au rouge.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
VI L’Anabolisme

L’anabolisme est la synthèse de molécules complexes à partir de


précurseur plus simple avec consommation d’énergie.

VI -1 La biosynthèse des polysaccharides

Les bactéries synthétisent des glucides, tels que des


monosaccharides et des polysaccharides.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
IV L’Anabolisme

IV-1 La biosynthèse des polysaccharides

Les atomes de carbone nécessaires à la synthèse du glucose


proviennent des intermédiaires produits par des processus tels
que la glycolyse et le cycle de Krebs, ainsi que des lipides et des
acides aminés.
Après la synthèse du glucose (ou d’autres oses), les bactéries
peuvent assembler les molécules obtenues afin de former des
polysaccharides complexes tels que par exemple le glycogène.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
IV L’Anabolisme

IV -3 La biosynthèse des acides aminés et des protéines

Les acides aminés sont essentiels à la biosynthèse des protéines (enzymes,


composants structuraux ou toxines).
Certaines bactéries synthétisent des acides aminés directement ou
indirectement à partir d’intermédiaire du métabolisme des glucides. D’autres
doivent puiser dans l’environnement certains acides aminés déjà formés.
L’ajout d’un groupement amine (_NH2) à l’acide pyruvique ou à un acide
carboxylique approprié du cycle de Krebs convertit cette molécule en acide
aminé
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN

IV L’Anabolisme
IV - 4 La biosynthèse des purines et des pyrimidines

L’ADN et l’ARN sont des molécules porteuses d’information


constituées d’une suite de sous unités appelées nucléotides. Les
nucléotides sont eux-mêmes formés d’une base azotée (une
purine ou une pyrimidine), d’un pentose (sucre à cinq atomes de
carbone) et d’un groupement phosphate.
CHAPITRE IV LE METABOLISME BACTERIEN
IV L’Anabolisme
IV - 4 La biosynthèse des purines et des pyrimidines
Les sucres à 5 atomes de carbone (ribose et désoxyribose)
sont dérivés de la voie des pentoses ou de la voie d’Entner-
Doudoroff.

Certains acides aminés (acide aspartique, glycine et


glutamine) issus d’intermédiaires produits durant la glycolyse et
dans le cycle de Krebs participent à la biosynthèse des purines et
des pyrimidines.
CHAPITRE V LA TAXONOMIE BACTERIENNE

- Connaître la nomenclature bactérienne


- Connaître les différentes méthodes de classification des
bactéries

- Connaître les modèles d’identification des bactéries

Le monde microbien est très diversifié. Il est donc nécessaire


de classifier les microorganismes c'est-à-dire de les arranger
en groupe selon leurs similitudes mutuelles. La science qui
permet la classification de tous les organismes vivants est la
taxinomie (taxonomie taxi : disposition en ordre et
nomos, loi).
La taxonomie est l'ensemble des principes et théories
permettant de classer et valider la classification des
organismes.
L’objectif de la taxinomie est donc de nommer les
organismes vivants et de les classer.
La taxinomie est constituée de trois parties : la
classification, la nomenclature et l’identification.
I Nomenclature

1
La nomenclature attribue des noms aux groupes
taxonomiques. A chaque rang, les groupes microbiens ont
des noms avec des terminaisons ou des suffixes
caractéristiques.
Les microbiologistes nomment les microorganismes en
utilisant le système binomial du botaniste suédois Carl Von
Linné. Le nom est en latin et doit être écrit en italique ou
souligné. Il comprend deux parties : le nom générique (du
genre) dont la première lettre est en majuscule et le nom
spécifique de (l’espèce) qui s’écrit entièrement en
minuscule (Streptococcus equi). Le nom de l’espèce ne
change pas mais celui du genre peut changer (Diplococcus
pneumoniae est devenu Streptococcus pneumoniae). Le
nom peut être abrégé après une première citation en
réduisant le nom du genre à la première lettre en majuscule
suivi d’un point (S. equi). Les noms des sous-espèces sont
formés d'une combinaison ternaire commençant par le nom
d’espèce suivi par l'abréviation « subsp. » et d’un troisième

2
terme propre à la sous- espèce (exemple : Streptococcus
equi subsp. equi).
Aucun signe diacritique (á, à, â, ä, ã, é, è, ê, ë, í, î, ï, ñ, ó, ò,
ô, ö, õ, ú, ù, û, ü, ø, æ...) n'est toléré et les mots ne doivent
pas contenir de trait d'union. Par exemple, on doit écrire
Bacteroides et non Bacteroïdes.
Les rangs taxonomiques sont : Le domaine, le règne,
l’embranchement, la classe, l’ordre, la famille, le genre et
l’espèce. On utilise parfois des intermédiaires, (sous
embranchement, tribu (sous famille), sous espèce.
Ordre, famille, genre et espèce sont exprimés en terme latin
(imprimé en caractère italique ou souligné) dont la
terminaison est « ale » pour l’ordre, « aceae » pour la famille,
« us » et « er » ou « a » pour le genre et l’espèce. En
pratique courante le genre et l’espèce suffisent pour
caractériser une souche.
➢ Une espèce bactérienne est un ensemble de souches qui
ont en commun de nombreuses propriétés stables et
différentes de façon significative des autres souches.
3
Une souche bactérienne est une population bactérienne
qui descend d’une même bactérie. Les différences entre
les souches à l’intérieur d’une espèce bactérienne
peuvent être biochimiques ou physiologiques (bio vars :
Brucella suis bio var 1, 2, 3), morphologiques (morpho
vars), ou antigéniques (Sérovars). Les espèces
bactériennes sont caractérisées par des différences
génotypiques (le génotype d’un organisme =
l’ensembles gènes qu’il possède) et phénotypiques (le
phénotype = ensemble des caractères exprimés).
Rang taxinomique Exemple

Règne Procaryotae
Domaine Bacteria
Phylum (embranchement) Proteobacteria
Classe Gammaproteobacteria
Ordre Enterobactériale
Famille Entérobactriaceae
Genre Escherichia
Espèce Escherichia coli

4
II classification
II- 1 Supports de classification phénotypique
De nombreuses manipulations au laboratoire mettent en
évidence les différences phénotypiques entre les bactéries :
- Aspect macroscopique des colonies ;
- Morphologie et structure de la cellule (forme, Gram,
flagelle, capsule, spore…) ;
- Aspect physiologique : conditions de culture (type
trophique, type respiratoire, température optimale,
pH optimal, concentration en dioxygène, exigences
nutritionnelles particulières…) ; caractères
biochimiques (ONPG, mannitol, indole, TDA…) ;
- Sérotypie (antigènes O et H des entérobactéries,
antigènes des streptocoques…) ;
- Lysotypie (sensibilité aux phages) ;
- Antibiotypie (sensibilité aux antibiotiques).
Cette méthode de classement a ses limites : la forme peut
varier en fonction du milieu de culture et peut être parfois
difficile à définir (bacilles coccoïdes et cocco-bacillaires…),

5
une activité enzymatique donnée peut ne pas être détectée
lors de l’utilisation d’un substrat synthétique, deux bactéries
éloignées peuvent présenter des antigènes en commun…

Dans cette classification, les caractères phénotypiques


utilisés sont peu nombreux (une centaine au maximum) par
rapport au nombre de gènes habituellement présents chez
les bactéries (5 000 environ).

De plus, ces caractères sont hiérarchisés les uns par rapport


aux d’autres. Par exemple, le résultat de la coloration de
Gram est considéré comme beaucoup plus significatif que
l’utilisation du sorbitol. Une telle conception facilite
l’identification bactérienne, mais elle est néanmoins
subjective (car elle attribue une « valeur » différente aux
caractères utilisés).

6
II-2 Supports de la classification génotypique
Les progrès de la biologie moléculaire ont permis de
comparer les bactéries entre elles d’une manière plus
rigoureuse.
La classification est obtenue par la comparaison des
molécules d’ADN des bactéries.
➢ Le GC% (ou coefficient de Chargaff)

Chaque base azotée est présente dans une certaine


concentration molaire dans une molécule d’ADN donnée.
Cette molécule d’ADN peut être caractérisée par le rapport
molaire des bases :

Ce rapport est mesurable grâce à une caractéristique


particulière de l’ADN bicaténaire, l’hypochromicité. En effet,
l’ADN double-brin absorbe faiblement à 260 nm, car les
bases se font face dans la double hélice. La rupture des
7
liaisons hydrogène entre les bases, par action d’un agent
dénaturant (la chaleur par exemple), entraîne la séparation
des deux brins (dénaturation) et une forte augmentation
de l’absorbance à 260 nm, appelée effet hyperchromique.
Lorsque l’agent dénaturant est la chaleur, la température
permettant d’obtenir une augmentation de l’absorbance de
50 % par rapport à l’absorbance maximale est appelée
température de transition Tm (pour temperature melting).
Cette température est d’autant plus élevée que le nombre
de paires GC est élevé, 3 liaisons hydrogène entre G et C,
contre deux entre A et T (les forces de cohésion des deux
brins sont donc d’autant plus importantes que les paires GC
sont fréquentes).

8
Le GC% varie selon les espèces, il est donc intéressant du
point de vue taxonomique
• Moins de 5% de différences : même espèce
• Moins de 10% de différences : même genre
• Deux bactéries qui ont un GC% identique ne présentent
pas obligatoirement les mêmes séquences

9
nucléotidiques, et peuvent donc être éloignées
génétiquement.
Le GC% ne peut être qu’un critère d’exclusion : il permet
seulement d’affirmer que deux individus sont éloignés du
point de vue génétique. Il permet, par exemple, d’affirmer que
deux souches n’appartiennent pas au même genre. Ainsi,
l’espèce Proteus morganii, dont le GC% est égal à 50 %, est
devenue Morganella morganii, car les autres bactéries du
genre Proteus ont un GC% compris entre 38 et 42 %.

➢ Hybridation ADN / ADN


Cette méthode permet la comparaison de la totalité du
génome de deux bactéries par la mesure du degré
d’homologie des deux ADN.
L’hybridation moléculaire est fondée sur l’hypothèse que si
deux espèces sont similaires ou apparentées, une bonne
partie des séquences des nucléotides sont semblables. Elle
permet de mesurer la capacité des brins d’ADN d’un
organisme à s’hybrider (à s’unir par appariement de bases
10
complémentaires) avec des brins d’ADN d’un autre
organisme. Le degré d’hybridation est d’autant plus élevé
que les organismes sont apparentés.

Lorsqu’on soumet une molécule d’ADN double brin à la


chaleur, les liaisons hydrogènes se rompent entraînant la
séparation des brins complémentaires. Si on refroidit ensuite
les simples brins lentement, ils se réapparient pour former un
ADN double brin identique à la molécule originale. Lorsque
les brins d’ADN proviennent d’organismes différents on peut
déterminer à quel point ces organismes se ressemblent.

On considère que deux souches appartiennent à la même


espèce si le taux d’hybridation entre les deux ADN est
supérieur ou égal à 70 %.
Rappariement à plus de 85 % : même sous-espèce

11
➢ Etude des ARN ribosomaux (ARNr)

Les ribosomes sont des éléments contenus dans le


cytoplasme des microorganismes. Ils sont constitués de
protéines et d’Acide Ribonucléique (ARN). La synthèse des
protéines se fait au niveau des ribosomes. Les ARN
ribosomaux constituent un outil important dans l’étude de
l’évolution des parentés microbiennes.

Ils ont une structure bien conservée chez tous les êtres-
vivants,

12
Des portions d'ARNr ont une séquence identique chez tous
les êtres vivants.
Ils sont abondants dans la cellule, faciles à purifier et à
séquencer

Les ARNr s'associent à des protéines pour former les


ribosomes. La sous-unité 30S d'un ribosome contient de
l'ARNr 16S et la sous-unité 50S contient de l'ARNr 5S et de
l'ARNr 23S. L'ARNr 5S est formé d'environ 120 nucléotides,
l'ARNr 16S de 1 500 nucléotides et l'ARNr 23S comprend
environ 2900 nucléotides.
Le plus utilisé pour les études taxonomiques est l'ARNr 16S.
L’ARN 16S (S = unité Svedberg = vitesse de sédimentation
dans une centrifugeuse) est découpé en fragments d’au
moins six nucléotides (par la ribonucléase T1). Les
séquences des fragments d’ARN 16S correspondants de
différentes bactéries sont alors alignées et comparées à
l’aide d’un ordinateur (base de données). Le calcul de

13
coefficient d’association permet d’établir le degré de parenté
entre deux microorganismes.

II-3 Identification

Pour identifier une souche, il faut se référer à un modèle.

II-3-1 L’identification par clé dichotomique.

Elle est conduite par étape successive. Une réponse positive


à un test A oriente vers un test B1 tandis qu’une réponse
négative oriente vers un test B2. Les réponses à ces
nouveaux tests déterminent des nouveaux chemins vers
d’autres tests et par branchements successifs, on arrive au
diagnostic.

Ce procédé est imparfait pour plusieurs raisons : le choix des


tests et l’ordre dans lequel ils doivent être pratiqués sont
déterminants ; On ne tient pas compte des résultats
incertains ou douteux. La moindre erreur conduit
immanquablement à une fausse identification. Il est surtout
utilisé pour un objectif didactique.

14
Exemple

II-3-2 Les tables diagnostiques.

Ce sont des catalogues contenant les réponses d’un lot de


souches d’un même taxon à un grand nombre de tests utiles.
Dans le « Bergeys’ manuel », les résultats sont ainsi codés :
Si 90% des souches possèdent le caractère, on code + pour
la souche type
Si 90% des souches ne possèdent pas le caractère, on code
- pour la souche type
Entre 11 et 89% on code d (douteux)
Si le caractère est instable on code v

15
La souche à identifier est soumise à un maximum des tests
du catalogue et les résultats obtenus sont comparés aux
résultats de la table diagnostique

II-3-3 Le système de codage API (nom commercial des


galeries miniaturisées)
API = Analytical Profile Index

IL utilise un codage particulier en découpant les résultats des


tests par triplets et en affectant au résultat positif du premier
test la valeur 1, au deuxième la valeur 2 et au 3ème la valeur
16
4. Les résultats négatifs sont codés 0. On obtient ainsi un
code à 7 chiffres pour (une galerie de 21 tests) qui est
répertoriée dans une table de codage ou un logiciel
informatique.

17
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

Objectifs

18
- Définir un antibiotique
- Classer un antibiotique selon un critère proposé
- Citer les cibles des antibiotiques sur les bactéries
- Décrire les principaux mécanismes d’action des
antibiotiques sur les bactéries
- Enoncer les principales familles d’antibiotiques et leurs
spectres d’activité
- Décrire les principaux mécanismes d’action des
antibiotiques sur les bactéries
- Décrire les principaux mécanismes de résistances des
bactéries aux antibiotiques
- Expliquer les méthodes d’étude de résistance des
bactéries aux antibiotiques
Historique
Jusqu’ à la découverte des antibiotiques (ATB) il y a un siècle,
les maladies infectieuses étaient une cause importante de
mortalité humaine.
- En1928 le Dr Alexandre Flemming observe un
envahissement des cultures de staphylocoques par des
colonies d’un champignon microscopique (Penicillium
notatum). Autour de ces colonies de champignon, les
staphylocoques ne se sont pas développés. Il devine
qu’une substance secrétée par ce champignon en est

19
responsable et l’appelle aussitôt « pénicilline ». Par la
suite plusieurs antibiotiques ont été découverts.

- 1939 : Forey purifie la pénicilline (1er antibiotique)

- 1942 : production industrielle de la pénicilline, ce qui a


révolutionné le pronostic des maladies infectieuses
particulièrement durant la seconde guerre mondiale
pour soigner les plaies et les gangrènes.

- Depuis, c’est un progrès constant qui est réalisé dans le


domaine de l’antibiothérapie avec la découverte de
beaucoup d’autre antibiotiques.

- Quand ils sont bien utilisés, les antibiotiques sont un


instrument efficace pour traiter les infections ou les
prévenir. Malheureusement les microorganismes ont la
possibilité de devenir résistants à ces substances par
une série de mécanismes (résistance acquise,
résistance naturelle).
- Cependant, l’utilisation rationnelle et bien conduite des
ATB permet d’empêcher ou de retarder l’apparition de
souches résistantes.
I Définition

20
Un antibiotique (ATB) est une substance chimique naturelle
(d'origine biologique) ou synthétique qui agit
spécifiquement sur une étape fondamentale du
métabolisme des bactéries (antibiotiques anti
antibactériens) des champignons (antibiotiques anti
antifungiques) ou des parasites (antibiotiques
antiparasitaires). Chez les bactéries, la cible de l’antibiotique
peut être :
- La synthèse du peptidoglycane
- La synthèse des protéines
- La synthèse des acides nucléiques,
- La membrane cytoplasmique avec altération de son
fonctionnement.
Cette action spécifique peut inhiber la croissance
bactérienne (effet bactériostatique) ou entraîner la mort de
la bactérie (effet bactéricide).
II Classification des antibiotiques
Les antibiotiques peuvent être classés selon différents
critères.

Selon leur origine :


- Naturelle : ATB produits par les microorganismes :
bactéries Streptomyces (S. griseus pour la
streptomycine), Bacillus pour polymyxine, colistine,
21
bacitracine, tyrothricine, gramicidine S, champignons
microscopiques (Penicillium notatum, Cephalosporium
acremonium) ex. penicilline V, Penicilline G.
- Hémi synthétiques : Modification de molécules
naturelles (ex. Amoxicilline, ampicilline)

- Synthèse totale (ex. Sulfamides)

Selon leur effet


Les antibiotiques agissent à faible concentration. Selon
leur effet on classe les antibiotiques en :
- Antibiotiques bactériostatiques : inhibent la croissance
bactérienne (phénicolés, cyclines, sulfamides,
triméthoprime, Acide fusidique, Linezolide)

- Antibiotiques bactéricides : provoquent la mort de la


bactérie (Bêtalactamines, aminosides, polypeptides,
rifampicines, nitro-imidazolés, cotrimoxazole,
quinolones.
Selon le spectre d’activité,

La spécificité d’action des antibiotiques se fait à l’échelle


moléculaire et permet de définir le spectre d’activité ou
spectre d’action d’un antibiotique. Le spectre d’action d’un
22
antibiotique est l’ensemble des espèces bactériennes sur
lesquelles l’antibiotique est actif. Le spectre peut varier dans
le temps suite à l'apparition de résistance bactérienne.
Selon le spectre d’activité, on classe les antibiotiques en :
- Antibiotiques à large spectre : antibiotiques actifs sur la
plupart des bactéries, les bactéries GRAM+ et les
GRAM- ex (Aminosides, phénicolés, cyclines,
sulfamides, céphalosporines).
- Antibiotiques à spectre étroit : Antibiotiques actif soit
seulement sur les bactéries GRAM – ; ex (Acide
Nalidixique), soit seulement sur les
GRAM+ ;(Pénicillines, macrolides, vancomycine).
- Antibiotiques à spectre très étroit : antibiotique actif sur
une seule espèce ; Ex (Cefsulodine, Azlociline) actifs sur
le bacille pyocyanique.

Selon le site d’action, on classe :


- Les antibiotiques actifs sur la paroi bactérienne : β
lactamines, Glycopeptides, fosfomycine
- Les Antibiotiques actifs sur la membrane cytoplasmique :
Gramicidines, Polymyxines

23
- Les Antibiotiques actifs sur la synthèse protéique :
Aminosides, Cyclines, Macrolides, Lincosamides,
Synergistines, Kétolides, Phénicolés, Cotrimoxazole,
Rifamycines, Acide fusidique.
- Les antibiotiques actifs sur la synthèse des acides
nucléiques : Quinolone (Acide Nalidixique, ciprofloxacine,
lévofloxacine)
- Les antibiotiques actifs sur la synthèse des folates :
Sulfamide, Triméthoprime
Selon la nature chimique : très variable, elle est basée
souvent sur une structure de base (ex : cycle β lactame) sur
laquelle il y a hémisynthèse.
Cette classification permet de classer les antibiotiques en
familles, lesquelles sont subdivisées en sous familles puis
en groupes, ou en génération

II-1 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse du


peptidoglycane

β lactamines, glycopeptides et fosfomycine.

II-1-1 Les β lactamines


24
Famille comprenant 5 groupes majeurs : Les Pénames, les
pénèmes, les oxapénames, les céphèmes et les
monobactames.

o Les Pénames

Ce groupe d’antibiotiques se subdivise en plusieurs sous-


groupes représentés sur les tableaux suivants :

25
Sous- Antibiotique Spectre Mode
Parentérales Cocci
groupes s (DCI) d’activité d’action
: Gram + :
Pénicilli -Benzyl Streptocoq Paroi
ne G Pénicilline ues (groupe bactérienne
et ses (péni G) A, C, G et , par toxicité
dérivés Orales
-Benzyl : B), sélective :
-Pénicillin
Phénoxy Pneumocoq Ils agissent
sur la
e méthyle ues synthèse du
Pénicilli pénicilline
-procaine
Méthicilline Staphyloco
sensibles. peptidoglyca
nes M -amine- Bénéth
(pénicilline que
Oxacilline
Cocci Gram- ne en
(antista benzyl V)
-pénicilli
Isoxazolyl- producteur inhibant les
ne : Neisseria
phyloco -- Ampicilline : de
Aminop pénicillines) -(Surtout le protéines
-
cciques
éni -Clométocillin
Cloxacilline,
Dérivés de pénicillinas
Entérobact
méningocoq liant la
Benzathi
e
)cillines Dicloxacilline e.
l’ampicilline : éries
ue). sauf : pénicilline
ne-
,Bacampicillin Klebsiella,E
benzyl Staphylocoq (PLP).
Flucloxacillin
e,Métampicilli Bacilles
nterobacter,
pénicillin ue MRSA- Les PLP ont
(Pénicilli e……
ne Gram+:
-
Serratia
Carboxy -e (sensibles
et Proteus à
Pseudomona une activité
nes Pivampicilline Coryneba
s
Carbénicilline indole+ .
- l’Oxacilline)
aeruginosa). transpeptida
pénicilli ,, Ticarcilline cterium
--Bacilles à
sique,
ànes Pivampicilline diphteriae,
Neisseri
Gram-
- Bacillus carboxypepti
a
Acyl- - Azlocilline résistants
Entérobacté dasique et
large Amoxicilline, anthracis
meningiti
- Mezlocilline à
amino- Epicilline ries
Listeria transglycolas
spectre) dis,Hae
l’ampicillin
pénicilli productrices
monocyto ique.
nes mophilus
e.
Amidin - Mécillinam de Actifs
genes
-
influenza L'inhibition
(Uréido-
o- Pipéracilline
- ,
Entérobactér
céphalospor
uniquem
Anaérobies
ies
e b
pénicilli
pénicilli Pivmécillina ent ……
inases.
productrices
sur
nes) sensible
de
nes m céphalospori
les
Pseudom
(pénicilli
nases : 26
Citrobacter,
bacilles
onas
nase-)
Enterobacte
-Inactifs
à Gram-,sur
aerugino
Pseudomona
r, Serratia,
ssa,
et
Pas d’action
Acinetobacte
Pénicil Ampicilline+S Bactéries à des PLP
lines ulbactam Gram- aboutit à
sulfon fermentaires l'inhibition de
Pipéracilline+
es : la formation
o inhibite Tazobactam
Les Céphèmes Bactéries à
des ponts
Enurs général les Gram-
céphèmes, céphamycines
de pentacycliqu et
oxa1céphèmes,
β en dépit deoxydatifs
leurs différences
es de structure
sont souvent désignés en céphalosporines
lactam et classés
responsables
selon
asesleur activité antibactérienne en générations
de la Ce sont
tous des produits à large spectre mais dont
Utilisé l'intérêt réside
structure
surtout
es endans leur activité sur les bacilles àréticulée
Gram négatif.
de
associ la paroi.
Générat
ation Antibiotiques Spectre Mode
Injectables
ions
avec (DCI) d’activité Ond’actio obtient
, instables - ainsi
une β métaboliqu n des
Staphylocoque formes
lactami ement MRSA- Le
bizaroides
mode
ne
Céphalo - (rondes
d’actioou
sporines Céfalotine, Streptocoq filamenteu
de 1ère Céfacétrile, ues (sauf n des
- ses) qui
céphal
générati Céfapirine
Injectables entérocoqu
Staphylocoq aboutissen
on es) osporin
Céphalo Céfoxitine
Injectables, ue MRSA-
-[Link] t à la lyse
es est
sporines (Céfamycine)
stables Streptocoqu
-Certains bactérienn
identiq
de 2ème Céfuroxime,
métaboliqu
Injectables es groupe
bacilles
-Bacilles àà A e. ue au
générati Céfamandole
ement
Céfotaxime, -Gram-
Gram mode
on Céfaloridine,
Céphalo Céftizoxime, Strepto
- ([Link],
-Cocci à d’actio
Céfazoline
sporines Céftriaxone coccus
ProteusGram n des
de 3ème Latamoxef
(Oxacephem), pneumo
mirabilis,
+: autres
Céphalospor niae Salmonelles…
générati Ceftazidime Pneumocoque
ines orales : …)
-Haemophilus 27
on Cefménoxime , Streptocoque
Céfalexine, Influenzae
-Inactifs sur(s
, Cefpirome,
Céfradine, -Bacilles
Pseudomonas à
Cefsulodine auf
Céfadroxil,
Autres Céfopérazone, Pseudomonas, β
Céphalos Céfotiam, Cocci lac
porines Céfotétan(céph à ta
amycine),Céf Gram-, mi
sulodine entérobactérie ne
s. s
(v
oir

na
me
s)

28
o Les Carbapénèmes, Oxapénames et
Monobactames

Groupe Antibiotiques Spec Mode


Carbapénè (DCI)
Imipénème , tre
Bactéries d’action
mes Méropénème d’act
à Le mode
Oxapén Ertapénème,
Amoxicilline+Acid Gram Bactér- y d’action
ivité
ames Faropenem
e clavulanique compris
ies à de ces
ou Ticarcilline + Pseudo
Gram- antibiotiq
clavam Acide monas
ferme ues est
s (acide clavulanique Actif aerugino
ntaires identique
Monobacta
clavula - Aztréonam uniquem
sa au mode
mes Bactéries
ent sur d’action
nique
à
les des
II-1-2 Les Glycopeptides et Fosfomycine Gram-
bacilles autres
inhibiteu
rs de β à Gram- β
oxydatifs
lactamin
y es
lactama
ses compris (voir
Famille
utilisés en Antibiotique Spectre Pseudo Mode
Pénames
Bactéries à Paroi
association s
- (DCI) d’activité
monas ) d’actio
avec une β Vancomycine Gram+ et
Glycopepti bactéri
n
lactamine -Teicoplanine essentielle
des aerugino enne
Non Fosfomycine Staphylococcus
ment
aureus
sa.
: et en
-Staphylocoques Paroi
bloqua
classé Streptococcus
MRSA+ bactéri
nt la
pneumoniae
- Entérocoques enne polymé à
Entérobactérie
- un
risation
sPneumocoque
sauf M. stade
du
morganii. N.
résistant aux précoc
peptido 29
meningitidis,
pénicillines e lors
glycan
Pasteurella et de
e parsa
Pseudomonas synthè
un
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des
protéines :
Aminosides, Macrolides-Lincosamides- Streptogramines
(MLS), Tétracyclines, Phénicolés

Famille Antibiotiques Spectre Mode


Aminosi Strept - Cocci et
(DCI) d’activité d’action
des (5, omyci bacilles à
8,12) ne, Gram+. Sous unité
dihydr - Cocci et 30S du
Les ribosome.
ostrep bacilles à Gram- Erreur de
aminosi lecture
tomyci ,
des sont -ne Neisseria
- du code
souvent Macrolides
Spectinomyci Cocci à Gram +
gonorrhoeae génétique
Mycobactéri
utilisés vrais :
-Néomycine,
ne : Staphylocoque lors de la
es
en
Macroli 14 atomes :
Paromomycin MRSA-, Les MLS
traduction
(streptomyci
associati
des- Erythromycin
e Streptocoque sont
des des
ne,
on avec
Lincosa e,Oléando
Framycétine Cocci àGram-: inhibiteurs
protéines.
kanamycine)
d'autres
mides- mycine
(voie locale). Neisseria, de la
Roxithromycin .
antibiotiq
Strepto e, Moraxelles synthèse
-Kanamycine,
Clarithromyci
Lincosamide Les
Staphylocoque,
ues (β
gramine ne, Bacilles
anaérobies
à
et des
Tobramycine
s : Streptocoque.
Gram+:
lactamin Dirithromycin
Dibékacine,
-e les
Corynebacteriu
es) les 30
Amikacine
Lincomycine, streptocoques
m diphteriae,
15atomes: lincosamides
sont résistants.
Clindamycin
- Listeria
Azithromycine sont inactifs
e (c'est le
Gentamic monocytogene
sur les
s Streptogr Staphylocoque protéines, ils
(M amines : et autres Cocci agissent au
Tetracycl
LS) -Pristinamy -Bactéries
à à Sous
niveauunité de la
ines Oxytetracyclin
cine,Virgini multiplication
Gram+ 30S du
s/unité 50S
e
amycine intracellulaire : ribosome.
du
,Chlortetracyc Chlamydia, Inhibiteurs
Quinupristi ribosome.
line. Brucella, de la phase
ne- Ils inhibent
Phénicol --Doxycycline,
Dalfoprysti Rickettsia,
Bactéries à d'élongation
Sous
la unité
és Chloramphéni
ne Mycoplasma,
Gram+ et - de
50S laduchaîne
croissance
Minocycline
col Borrelia,
Réservés au polypeptidiq
ribosome.
de la chaine
Oxazolid -- Linézolide Bactéries
Leptospira,pas
traitement à Inhibition
Ils
ue, ils
polypeptidiq
de la
inones: Glycylcyclines
Thiamphénico Gram+
teurella...
de la fièvre interagissent
polyméras
empêchent
ue
e. en
l résistantes
typho- avec
la l'unitéde
fixation
-Bactéries formation
aux
paratyphoïd ribosomale
l'aminoacyl-
Antibi Acide à Gram+
Bactéries
traitements et
à C'est
50S etunont
ique. ARNt
otique fusidique – :
Gram+,
habituels y inhibiteur
un de
Neisseria
non surtout
comprisutilisé les la synthèse
mécanisme
classé gonorrhoea
comme protéique
multi anti d'action non
e, Bacillus
staphylococci interférant
encore
résistantes.
II-3 Antibiotiques actifs sur les enveloppes
anthracis,
que. avec le
membranaires : Polymyxines complèteme
Francisella Facteur
nt élucidé.
Famille Antibiotiques tularensis,
Spectre d'élongation
Mode
- Polymixine B Yersinia
Bacilles à IlsGpossèdent
(EF-G).
Polymixi (DCI) d’activité d’action
- Polymixine E pestis
Gram- sauf une charge
nes
ou colistine : Proteus, positive et
Providentia, agissent
Serratia comme des
marcescens agents
Morganella Tensio-actifs.
morganii et Ils agissent 31

Edwardsiell sur la
a tarda membrane
cellulaire en
II-4 Les antibiotiques inhibiteurs des acides nucléiques
:
Quinolones et Fluoroquinolones, Rifamycines,
Nitrofuranes, Novobiocine et Nitro-imidazoles.

Famille Antibiotiques Spectre Mode


Quinolon Acide Entérob
(DCI) d’activité d’action
es nalidixique, actéries Inhibition
Acide Les sélective de
-pipémidique,
Péfloxacine, Entérobactér
Gram+ la synthèse
Ofloxacine
Acide ies
sont et de l’ADN
Lévofloxacine,M
Norfloxacine, Staphylocoq
Staphylocoq
Fluoroq oxolinique,
oxifloxacine résistant
ues,Strepto bactérien en
Ciprofloxacine ues
uinolone Fluméquine
Sparfloxacine,g scoques, agissant sur
Rifamyci
s Rifamycine
atifloxacine -Pneumoco Inhibition
deux de
nes Rifamycine SV Mycobactéri
ques, la
enzymes
es
bacilles à transcription
impliqués
-Bactéries
Gram+ de
dansl'ADN
cetteen
Nitrofura Infections Bacilles
à Gram+ àà Agissent
ARN
(sauf synthèse :
nes urinaires : Gram -.
développe directement
Bacillus) l’ADN gyrase
messager
Nitrofurantoi Inactifs
ment sur sur l’ADN
et l’ADN par
(ARNm)
ne Pseudomon
cellulaire. provoquant
inhibition de
Non Novobiocine Staphylocoq topo-
Inhibe la
Hydroxymét as,
divers diverses
l'ARN
classé ue, cocci à isomérase
réplication
hyl- Acinetobact
bacilles à lésions
polymérase.
Gram-, IV.
de l’ADN et
nitrofurantoi er et
Gram autres (coupures
II-5 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des
Haemophilu
folates : ne - dont –.
Gram substitution
Infections s et de bases)
Sulfamides, Triméthoprime et Brucella.
association
intestinales Pasteurelles
: .
Famille Furazolidone,
Antibiotiques Spectre Mode
Nifuroxazide
(DCI) d’activité d’action 32
Sulfamide Sulfapyridine, Bactéries à Inhibent
s Sulfafurazole Gram - mais il la
Sulfaméthoxy existe synthèse
diazine beaucoup de des
Sulfaméthoxy résistances Folates,
2-4 Trimethoprime acides
Il est utilisé en Inhibent
diamino pyridazine vis à
association Purique
la
vis de ces
ptéridine Sulfaméthoxa antibiotiques.
avec les ssynthèse
et
zole sulfamides acides
des
Sulfaméthizol (voir nucléiqu
Folates,
Sulfami Sulfaméthoxazo Bactéries à Agit
e es
des+ le Sulfamides+
Gram+ et - suren
acides lesse
Sulfaguanidin
Trimeth +Trimethoprime mais il existe fixant
Triméthoprime purique
deux
e
oprime (Cotrimoxazole) beaucoup de sur et la
senzym
résistances dihydrop
acides
es
vis à vis de téroate
nucléiq
précéd
ces synthéta
ues
entsen
antibiotiques. se se
(DHPS)
fixant
III Mécanismes d’action des antibiotiques sur les cibles
bactériennes et mécanismes de résistance surdesla
bactéries aux antibiotiques dihydrof
olate
réducta
III -1 conditions d’action des antibiotiques
se

33
Pour qu'un antibiotique soit actif, il faut :

- Qu’il pénètre
- Qu’il ne soit ni modifié ni détruit
- Qu’il se fixe à une cible
III-1-1 Qu'il pénètre

a/ Au niveau du foyer infectieux

Un antibiotique ne diffuse pas également dans tous les


tissus de l'organisme. Les taux tissulaires sont le plus
souvent inconnus parce que difficilement mesurables.

34
- Bonne diffusion : phénicolés, cyclines, macrolides,
fluoroquinolones.
- Diffusion médiocre : Aminosides, polymyxines,
vancomycine
- Diffusion moyenne : Bêta- lactamines

Dans les poumons, les antibiotiques diffusent assez bien.

Dans le LCR, la diffusion est limitée puisque l'on retrouve en


moyenne le 1/10° des taux sanguins. Pénicilline G,
ampicilline et quelques céphalosporines de 3ème génération
(C3G) diffusent un peu mieux.

b/ Dans la bactérie

La paroi des bactéries à Gram positif est relativement


perméable à la plupart des antibiotiques.

La paroi des bactéries à Gram négatif est en règle générale


beaucoup moins perméable à cause de la membrane
extérieure. La structure de cette membrane varie selon les

35
espèces expliquant la perméabilité relative des cocci à
Gram négatif.

La traversée de la membrane extérieure dépend des


caractéristiques de la molécule telles que la taille, la
solubilité et sa charge électrique. Ainsi les aminosides sont
hydrosolubles et pénètrent par la voie des porines mais ils
sont aussi chargés positivement ce qui leur permet de
s'introduire en désorganisant la double couche lipidique.

La traversée de la membrane cytoplasmique peut se faire


par simple diffusion passive ou "emprunter" un système de
transport bactérien consommant de l'énergie. Les
aminosides utilisent cette dernière technique en se fixant à
une protéine associée à une chaîne transporteur d'électron
naturellement non énergétique chez les anaérobies, qui sont
toutes résistantes aux aminosides. C'est sans doute par un
mécanisme comparable que l'on peut expliquer la résistance
des streptocoques - donc du pneumocoque - aux
aminosides.

36
III-1-2 Qu'il ne soit ni modifié ni détruit

a/ Dans l'organisme

La plupart des antibiotiques ne sont pas modifiés dans


l'organisme. Certaines transformations aboutissent
d'ailleurs à des formes encore actives.

b/ Dans la bactérie

De nombreuses enzymes codées par le chromosome


bactérien ou par des plasmides sont capables de détruire
ou de modifier la molécule de façon telle que la fixation à la
cible est rendue impossible.

Une fois de plus, les bactéries à Gram négatif sont


avantagées car la membrane extérieure délimite un espace
périplasmique où pourront s'accumuler certaines de ces
enzymes.

III-1-3 Qu'il se fixe à une cible

Cibles principales que peuvent atteindre les antibiotiques :

37
- Les membranes : extérieure et cytoplasmique
- La voie de synthèse du mucopeptide
(peptydoglycane) de la paroi
- La voie de synthèse des protéines
- La voie de synthèse des acides nucléiques

Souvent, l'effet des antibiotiques ne dépend pas que de la


fixation à une cible unique. Les bêtalactamines sont des
antibiotiques bactériostatiques : l'effet bactéricide que l'on
observe tient à l'activation excessive d'un système
autolytique normal.

III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des


bactéries aux antibiotiques
Pour échapper à l’action létale des antibiotiques, les
bactéries ont développé de très nombreux mécanismes
biochimiques de résistance, associés à une grande
ingéniosité génétique pour les acquérir et les diffuser.

III-2-1 Résistance naturelle


• Caractéristique propre à toutes les souches d ’une
même espèce bactérienne : définit le
Phénotype sauvage

38
• Exemples :
- Entérobactéries R Pénicilline G
- Klebsiella R Ampicilline, Ticarcilline

• Importance de sa connaissance :

- Identification des bactéries


- Spectre des antibiotiques
- Antibiothérapie probabiliste et prophylactique
Mécanismes de résistance naturelle
• Imperméabilité : défaut pour atteindre la cible

• ATB actif à des concentrations insuffisantes :

- inactivation enzymatique
- efflux
• Cible non reconnue

39
40
III-2-2 Résistance acquise

Caractéristique de certaines souches d’une même espèce


bactérienne : définit le phénotype de résistance acquise

Résulte de modifications génétiques :


- Mutation des gènes endogènes
41
- Acquisition de gènes exogènes
La résistance acquise a un caractère évolutif. L’émergence
de cette résistance est sous la dépendance de la pression
de sélection par les antibiotiques : médecine humaine,
vétérinaire, agroalimentaire.

42
III-3 Mécanismes d’action des antibiotiques et de
résistance des bactéries.

43
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne

Bêtalactamines, Glycopeptides, Fosfomycine

a)Les Bêtalactamines

Les ß-lactamines qui comprennent les pénicillines et les


céphalosporines, exercent leur effet antibiotique sur les
44
germes possédant une paroi riche en peptidoglycane et sont
sans effet sur les organismes dépourvus de paroi,
comme les mycoplasmes. Les ß-lactamines, de par leur
structure chimique, inhibent les transpeptidases extra
cytoplasmiques à condition d'entrer en contact avec elles.

▪ Rappel : structure du peptidoglycane

▪ Synthèse du peptidoglycane

La synthèse du peptidoglycane est complexe et nécessite


l'activité d'environ trente enzymes différentes. Elle comporte
trois étapes principales :

45
Une étape intracytoplasmique aboutissant à la synthèse
d'UDP- acétyl- muramyl - pentapeptide, terminé par un
dipeptide, le D-alanyl-D-alanine. La synthèse de ce
dipeptide nécessite l'intervention de la
phosphoénolpyruvate transférase, d'une racémase et d'une
synthétase.

Une deuxième étape membranaire aboutissant à la


formation d'un polymère acétyl - glucosamine et de l'UDP-
acétyl- muramyl - pentapeptide. Ce polymère sort du
cytoplasme à travers la membrane cytoplasmique.

Une troisième étape extra cytoplasmique comportant une


polymérisation par transpeptidation (liaison peptidique
entre acides aminés) sous l'effet d'une transpeptidase et
par transglycosylation (liaison glucidique) sous l’effet
d’une Glycosyltransférase. Ces enzymes sont fixées à la
partie externe de la membrane cytoplasmique et sont
appelées Protéines Liant les Pénicillines (PLP) ou Protein
Binding Penicillin (PBP).

46
▪ Mécanisme d’action des Bêta lactamines sur la
synthèse de la paroi bactérienne

Chez les bactéries à Gram positif, les β lactamines


traversent librement la paroi et se fixent sur les PLP. Chez
les bactéries à Gram négatif, Les β lactamines passent à
travers les porines de la membrane externe, traversent le
peptidoglycane, l’espace périplasmique pour se fixer sur les
PLP.

Les béta-lactamines agissent ensuite en inhibant la dernière


étape de la synthèse du peptidoglycane en se fixant de
manière covalente sur les protéines liant les pénicillines
(PLP ou PBP) transpeptidase, Trans glycosylase ou
carboxypeptidase) qui sont des protéines enzymatiques.
Les PLP varient en nombre et en variété selon les espèces

47
bactériennes. Chaque β-lactamine a une affinité
maximale variable pour ces différentes PLP.

Les lactames se fixent très facilement sur ces PLP parce


qu'elles possèdent une analogie structurale avec un
constituant du peptidoglycane en formation qui est un
substrat naturel de ces enzymes. Il s'agit du dipeptide D-
alanine-D-alanine. Une fois fixé, le cycle lactame s’ouvre et
bloque le fonctionnement de ces enzymes.

48
Ce mécanisme va permettre de bloquer la synthèse du
peptidoglycane. Ce qui entraîne l’arrêt de la croissance
(bactériostase). Ensuite, le peptidoglycane est alors
dégradé sous l'action d'auto lysines, ce qui finalement
entraine la lyse bactérienne et donc un effet bactéricide.

49
Les Bêta lactamases sont des enzymes (pénicillinases et
céphalosporinases) qui hydrolysent le cycle Bêta lactame
des Bêtalactamines. Cette inhibition est de type compétitif
car il existe une analogie structurale entre β lactamine et
le dipeptide d’alanine. La première pénicillinase est décrite
chez S. aureus. Les β lactamases à spectre étendu
inactivent les céphalosporines de 3ème génération C3G).

50
S. aureus est résistant à la méticilline en exprimant une
nouvelle PLP (PLP 2a) sous la dépendance du gène
mecA. Les souches de Staphylococcus aureus Résistantes
51
à la Méticilline (SARM) sont alors résistantes à l’ensemble
des Bêtalactamines et sont classées dans les bactéries
multirésistantes.

S. pneumoniae est résistant à la pénicilline G en modifiant


plusieurs PLP (PLP mosaïques)
b) les glycopeptides

52
Les glycopeptides se fixent étroitement par cinq liaisons
hydrogène à la terminaison D-alanyl-D-alanine du
pentapeptide au niveau du précurseur du peptidoglycane à
la surface externe de la membrane cytoplasmique. Ils
inhibent ainsi la transpeptidation et altèrent la synthèse de
la paroi bactérienne.

53
La résistance est due à une substitution du dipeptide D-
alanine-D-alanine par le dipeptide D-alanine-D-lactate,
affinité plus faible, synthèse de la paroi possible.
c)La fosfomycine

La fosfomycine se comporte comme un analogue du


phosphoénolpyruvate et inhibe l'enzyme pyruvyl-
transférase (ou pyruvate-UDP-N-acétylglucosamine-
transférase), ce qui a pour conséquence de bloquer la
formation d'acide N-acétylmuramique, l'un des constituant
essentiels du peptidoglycane de la paroi bactérienne.

54
Le mode d'action de la fosfomycine nécessite sa
pénétration intracytoplasmique qui se fait par un transport
actif. L'absence ou l'inactivation (par mutation
chromosomique) de ce système de transport actif
provoque une résistance à la fosfomycine. La résistance
peut aussi être due à une mutation de l’enzyme pyruvate-
UDP-N-acétylglucosamine-transférase.
III-3-2 Antibiotiques actifs sur la membrane bactérienne
Daptomycine, Colimycine

55
La terminaison lipidique se fixe au niveau de la membrane
cytoplasmique (mécanisme calcium dépendant). Cela
entraîne une dépolarisation de la membrane et la fuite de
potassium. Il s’en suit un arrêt de la synthèse de l’ADN et
des peptides.

Mécanisme de résistance à la Daptomycine

Mutations dans les protéines membranaires : modifications


de la fixation de la daptomycine (modifications des charges
électrostatiques).

56
III-3-3 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des
protéines
Aminosides, Macrolides-lincosamides, Cyclines,
Chloramphénicol, Acide fusidique Linézolide

57
Les ribosomes sont des complexes ribonucléoprotéiques
(c'est-à-dire composés de protéines et d'ARN)
extrêmement conservés au cours de l'évolution présents
dans les cellules eucaryotes et procaryotes. Leur fonction
est de synthétiser les protéines en décodant l'information
contenue dans l'ARN messager. Ils sont constitués d'ARN
ribosomiques, qui portent l'activité catalytique, et de
protéines ribosomiques. Les ribosomes sont constitués de
deux sous-unités, une plus petite qui « lit » l'ARN
messager et une plus grosse qui se charge de la
polymérisation des acides aminés pour former la protéine
correspondante.
Le ribosome est la « machine » qui assure la traduction de
la molécule d'ARNm dans la synthèse des protéines. Le
code génétique assure la correspondance entre la
séquence de l'ARNm et la séquence du polypeptide
synthétisé. Le ribosome utilise les ARN de transfert ou ARNt
comme « adaptateurs » entre l'ARN messager et les acides
aminés.
L'ARN messager passe à travers la petite sous-unité (30S
ou 40S) qui contient les sites de fixation des ARNt sur
l'ARNm. La grande sous-unité contient la partie catalytique,
appelée centre peptidyl-transférase, qui effectue la synthèse
de la liaison peptidique entre les acides aminés consécutifs
de la protéine. La grande sous-unité contient également un
tunnel par lequel sort la chaîne protéique en cours de
synthèse. Il existe aussi dans la grande sous-unité trois sites
58
où vont se fixer les ARNt porteurs des acides aminés
pendant la traduction : le site A (pour aminoacyl-ARNt), qui
est occupé par un ARNt porteur d'un acide aminé en attente
d'être lié à la chaîne polypeptidique ; le site P (pour peptidyl-
ARNt), qui est occupé par un ARNt porteur d'un acide aminé
lié à la chaîne polypeptidique résultante ; enfin, le site E
(pour exit), qui permet la libération de l'ARNt désacétylé qui
a livré son acide aminé.

Tigécycline (cycline): inhibe la synthèse des protéines en


se liant à la sous-unité 16S, près
du site de décodage (= site « A »). Ceci bloque l’accès au
site « A » pour l’ARNt.
59
Aminosides : près du site de décodage (site « A »).
Mauvaise reconnaissance du codon de l’ARN messager
(ARNm) par l’ARN de transfert (ARNt) chargé, conduisant à
des erreurs de traduction. Ces erreurs de traduction
conduisent à la synthèse de protéines anormales qui vont
être incorporées dans la membrane cytoplasmique
entraînant sa perte d’intégrité. La bactéricidie rapide et
profonde des aminosides résulte de l’arrêt de la
synthèse protéique et de la perte de l’intégrité
membranaire.
NB. Les aminosides doivent pénétrer la membrane
cytoplasmique par un phénomène actif nécessitant de
l’énergie qui n’existe pas chez les anaérobies,
streptocoques, entérocoques.

Linézolide: liaison à la sous-unité 23S, au niveau du site


de
décodage (= site « A »). Mauvais positionnement de
l’ARNt au site « A » et blocage de la traduction.

Macrolides : au début du tunnel de sortie du peptide en


formation. Blocage de la chaîne peptidique. Le ribosome
se dissocie du peptide en formation

Résistance aux ATB actifs sur la synthèse protéique

❖Modification de la cible par mutation


60
• Mutations dans l’ARN 16 S pour les aminosides et les
tétracyclines
• Mutations dans l’ARN 23S pour le linézolide

❖Production d’une enzyme


- Méthylation de l’ARN 23S pour les macrolides
- Modification des aminosides : phosphorylation,
nucléotidylation d’un groupement OH ou
acétylation d’un groupement NH2.

❖Efflux
- Macrolides
- Tétracyclines

III-3-4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des acides


nucléiques

61
Les topoisomérases sont les enzymes responsables du
superenroulement de la molécule d'ADN (ADN-Gyrase),
nécessaire à son stockage sous forme compacte ou,
inversement, au déroulement local s'opérant lors de la
traduction en ARNm (topoisomérase IV).
Les Quinolones bloquent le fonctionnement de l'ADN gyrase
et empêchent la réplication de l’ADN bactérien. Une action
sur la topoisomérase IV empêche le partage de l'ADN
chromosomique répliqué entre les cellules filles.
Résistance aux quinolones
Les mécanismes résultent de mutations chromosomiques

- Modification de cible

Les topoisomérases sont modifiées (gyrase et


topoisomérase)
62
- Efflux
La résistance par efflux actif touche d’avantage les
molécules
Hydrophiles (Ciprofloxacine)
III-3-4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des acides
nucléiques
Sulfamide, Triméthoprime, Rifampicine

Les sulfamides agissent par inhibition compétitive de


l’incorporation de l’acide para-amino-benzoïque (PABA)
63
dans la chaîne de synthèse d'acide folique par l’enzyme
dihydroptéroate synthétase (DHPS). Ils se substituent à
l’acide para-amino-benzoïque et inhibent la dihydroptéroate
synthétase. La conversion de l'acide p-aminobenzoïque en
dihydroptéroate est fortement inhibée, alors que les
bactéries en ont besoin pour la synthèse de l'acide folique
puis les bases puriques et pyrimidiques de l'ADN.
Le triméthoprime inhibe aussi la synthèse de l’acide
folique, en bloquant, l’enzyme dihydrofolate réductase
(DHFR), qui transforme l’acide dihydrofolique en acide
tétrahydrofolique. Cette double activité sur deux enzymes
différents d’une même chaîne métabolique est à la base de
la synergie entre les sulfamides et le triméthoprime.
La rifampicine bloque la transcription de l’ADN en inhibant
L’ARN polymérase

64
65
La résistance des bactéries aux sulfamides s’explique par la
mutation des enzymes qui interviennent dans la synthède
de l’acide folique (dihydroptéroate synthétase (DHPS),
dihydrofolate réductase (DHFR). La résistance à la
rifampicine s’explique par la mutation de l’ARN polymérase.

66
IV METHODES D’ETUDE DE LA RESISTANCE AUX
ANTIBIOTIQUES AU LABORATOIRE

A - Définitions

La Concentration Minimale Inhibitrice (CMI) est la plus


faible concentration d’antibiotique (en mg/l) qui inhibe la
multiplication bactérienne (bactériostase) en 18hà 24h de
culture à 37°C.

La Concentration Minimale Bactéricide (CMB) est la plus


faible concentration d’antibiotique (en mg/l) qui tue 99,99%
une population bactérienne (bactéricidie) en18-24heures à
37°C.
67
B – Détermination de la CMB

Repiquage (milieu solide) comptage du nombre de


survivants
La CMB sera la concentration pour laquelle on observe
moins de 0.01% de survivants par comparaison à une
gamme témoin.

68
C Détermination de la CMI

1-Détermination de la CMI en milieu liquide


pour un antibiotique donné

69
CMI = 2 μg/ml

•milieu de culture liquide + concentrations croissantes


(0,125 à 64 microgrammes (μg/ml) de l'antibiotique +
inoculum bactérien incubation 18h à37°C

•La CMI de l'antibiotique à tester est de 2 μg/ml

• inconvénient : 10 tubes/ATB

70
2-Détermination de la CMI en milieu solide par
la méthode du E-test pour un antibiotique
donné

Un gradient de concentrations d'antibiotique est obtenu


dans une bandelette plastifiée. Il suffit de déposer l'une de
celle-ci (une bandelette par antibiotique) à la surface d'une
boite de Pétri ensemencée par la suspension de la bactérie
à tester puis après une nuit d'incubation à 37°C dans une
étuve, de lire directement la valeur de la CMI au niveau de
la zone à lire.

71
En comparant la CMI aux concentrations critiques, on
détermine la sensibilité ou la résistance de la bactérie à
l’antibiotique.
- La bactérie est sensible à l’antibiotique quand la CMI est
inférieure à la concentration
critique inférieure. Concrètement, ceci signifie qu’il suffit
d’une faible concentration
d’antibiotique pour tuer les bactéries et que cette dose
nécessaire est encore plus faible
que la plus faible des doses qu’on peut administrer chez
72
l’homme. Donc en clair, si on
traite quelqu’un avec l’antibiotique, la concentration de celui-
ci dans l’organisme sera
toujours suffisante pour tuer les bactéries.
- La bactérie est résistante à l’antibiotique quand la CMI est
supérieure à la concentration
critique supérieure. Concrètement, la dose nécessaire pour
tuer les bactéries est bien
trop élevée pour être supportée chez l’homme sans effets
secondaires importants. Cet
antibiotique ne peut pas être utilisé pour traiter une infection.
- La bactérie est intermédiaire à l’antibiotique quand la CMI
est comprise entre les deux
concentrations critiques. En pratique, ça correspond à une
situation où la concentration
est tantôt suffisante pour tuer les bactéries, tantôt
insuffisante. Il faut considérer que la
bactérie sera résistante in vivo et il ne faut pas utiliser cet
antibiotique.

73
3-Détermination de la CMI en milieu solide par
la méthode de l’antibiogramme

C'est la détermination de la sensibilité d'une bactérie aux


antibiotiques.
L’antibiogramme consiste à ensemencer en surface d'un
milieu solide par inondation de la souche à tester
(inoculum106 bactéries /ml gélose standardisée (Mueller
Hinton)). Puis à déposer des disques de papier buvard
comprenant un antibiotique à une certaine concentration.
Après solubilisation de l'antibiotique par l'humidité du
milieu gélosé, il s'établit un gradient de concentration qui
varie avec le temps.
La boite ainsi préparée est mise à incuber pendant une
nuit à 37°C. Il est possible de voir la croissance
bactérienne (au milieu de la boite) ainsi que des zones
d'inhibition de la croissance circulaires, à proximité de
chaque disque.

74
Plus la zone d'inhibition est grande, plus grande est la
sensibilité de la souche bactérienne testée vis-à-vis de
l'antibiotique étudié. Chaque zone peut être mesurée
selon divers moyens : règle, compas, pied à coulisse….
Le diamètre de la zone d'inhibition circulaire est mesuré
en mm. On établit ensuite une corrélation entre le
diamètre et la CMI de l'antibiotique pour la souche
examinée en reportant ce diamètre sur une courbe de
concordance, préétablie à l'avance avec une centaine de
souches (échantillonnage) de sensibilités différentes.
a)Détermination du diamètre d’inhibition

Gélose MH

Diamètre d’inhibition

Disques d’antibiotique

Zone d’inhibition

75
b) Interprétation de l’antibiogramme

• Souches sensibles (S) : souches pour lesquelles la


probabilité de succès thérapeutique est forte dans le
cas d’un traitement par voie systémique avec la
posologie recommandée.

76
CMI < concentration critique c (dose minimale
d’antibiotique qu’un malade peut recevoir sans
dangers et qui fait effet sur la souche bactérienne)

Le terme « sensible » s’applique lorsque le microorganisme


est inhibé par une concentration sérique du médicament
atteinte lors de l’utilisation de la posologie habituelle ;
• Souches Résistantes (R) : souches pour lesquelles il
existe une forte probabilité d’échec thérapeutique quel
que soit le type de traitement

CMI > concentration critique C (dose maximale


d’antibiotique qu’un malade peut recevoir sans dangers et
qui fait effet sur la souche bactérienne).

Le terme « intermédiaire » est utilisé lorsque le


microorganisme est inhibé seulement par la posologie
maximale recommandée ;

77
▪ Souches intermédiaires (I) : souches pour lesquelles
le succès thérapeutique est imprévisible
CMI comprise entre les concentrations critiques C
et c
Le terme « résistant » signifie que le microorganisme
demeure résistant à des taux sériques du médicament
généralement atteints.

Chez quelqu’un correctement traité par un antibiotique, la


concentration d’antibiotique dans
l’organisme est supposée osciller entre la concentration
critique inférieure et supérieure

CMI ≤c CMI >C CMI

≤D >d

Sensible Intermédiaire Résistant


78
CHAPITRE VII RELATIONS HOTES BACTERIES

- Expliquer les principaux types de relation hôte


bactérie

- Connaître les principaux modes de transmission


des bactéries à l’homme

79
- Connaître les principales caractéristiques de
l’anatomie bactérienne et leur rôle dans le pouvoir
pathogène des bactéries

- Connaître les principaux facteurs et mécanismes


de la virulence bactérienne.

- Connaître les différents types de vaccin

I Généralités - Définitions

I-1 Types de relation hôte- bactéries

➢ Saprophytisme

La plupart des bactéries mènent une vie indépendante d’un


autre organisme
Elles vivent dans la nature sur les déchets organiques dont
elles assurent la destruction. Elles sont appelées
saprophytes. Leur présence dans l’organisme est
généralement transitoire.

➢ La symbiose

80
La Symbiose est un mode de relation dans lequel bactérie
et hôte profitent tous 2 de leur association.
Par exemple : certaines bactéries de l’intestin humain
fournissent à l’organisme des vitamines (vitamine K) ce qui
réalise une symbiose.

➢ Le Commensalisme

C’est un état où la bactérie vit sur la peau et les muqueuses


sans nuire à l’hôte qui l’héberge. Les flores présentes sur
ces surfaces sont dites « commensales ».
Ces flores sont composées de bactéries non pathogènes
opportunistes.
Parfois des bactéries pathogènes vivent en commensales,
c’est l’état de porteur sain.

➢ Le Parasitisme

C’est une association où la bactérie tire un bénéfice


substantiel de l’hôte qui non seulement ne tire aucun profit
de l’association mais encore, subit les effets nocifs
de la bactérie parasite (maladie infectieuse). Certaines
bactéries sont parasites facultatifs et peuvent vivre en
dehors de l’hôte, d’autres sont parasites obligatoires et
81
incapables de se multiplier dans des conditions naturelles
en dehors de l’hôte. Généralement la bactérie-parasite est
pathogène. L’hôte va opposer à l’agression bactérienne
divers mécanismes de défense (immunité). La maladie
infectieuse est la résultante entre le pouvoir agressif du
germe pathogène et les réactions que l’hôte va opposer à
cette agression.

I-2 Notions de pouvoir pathogène et de virulence

➢ Bactéries pathogènes :

Bactéries capables de provoquer une maladie chez un sujet


dont les mécanismes
de défense sont normaux (ex : tuberculose, typhoïde
choléra).

➢ Pouvoir pathogène ou pathogénicité d’une bactérie :

Ensemble des mécanismes conditionnant le type de


maladie dépendant d’une bactérie (Notion qualitative).

82
➢ Virulence : capacité de la bactérie à déclencher une
maladie infectieuse. Elle est définie par la dose
infectante (Notion quantitative).
Pour un même pouvoir pathogène, il peut y avoir des
souches plus ou moins virulentes
(ex :Shigella dysenteriae est beaucoup plus virulente que
Shigella flexneri, donnant une maladie (dysenterie bacillaire)
plus sévère pour des doses infectantes très faibles).

➢ Bactéries opportunistes :

Certaines bactéries peuvent devenir pathogènes lorsque les


défenses de l’hôte sont affaiblies (ex : immunodépression),
mais ne donnent pas habituellement de maladie chez le
sujet sain. Ces bactéries sont souvent des bactéries
commensales (ex : entérocoque, Escherichia coli,
Staphylococcus epidermidis), parfois des bactéries
saprophytes de l’environnement (ex : Pseudomonas
aeruginosa).

I-3 Classification des interactions hôte- bactéries :

Transit : absence d’implantation de la bactérie sur l’hôte


pour des raisons d’exigence nutritionnelle ou
physiologiques (ex : température de croissance).
83
Colonisation : implantation de la bactérie sur le revêtement
cutanéo-muqueux sans provoquer de dommage pour
l’hôte. Type d’interaction des bactéries des flores
commensales.
Remarque : Portage (porteurs sains) : colonisation par
bactéries pathogènes retrouvées plus ou moins
transitoirement au niveau des flores commensales
.

Maladie infectieuse : conflit hôte-bactérie aboutissant à des


lésions chez l’hôte infecté (Maladie). L’expression clinique
de la maladie est le résultat complexe des multiples
interactions entre la bactérie et les défenses de l’hôte.
Transmission d’un individu à l’autre (Infection).

II Physiopathologie de l’infection

II.1 Différents modes de transmission

La source de l’infection est liée au statut de bactérie


pathogène ou opportuniste et à l’écologie de la bactérie
(notion de réservoir de bactéries : (homme, animaux,
environnement), la notion de maladie strictement humaine
(ex : infection à méningocoque ou pneumocoque,
84
coqueluche), d’anthropozoonose (maladie animale et plus
rarement humaine) (ex : brucellose, peste).

Transmission directe : contamination par contact avec le


réservoir (contact direct avec individu ou animal infecté)

Transmission indirecte : contamination par l’intermédiaire


d’objet infecté, aliment contaminé, eau, Notion de survie
possible de la bactérie dans l’environnement pendant un
certain délai

Transmission horizontale (contamination interhumaine


(contamination d’un individu à l’autre)
≠ verticale (in utero (contamination de la mère vers le
fœtus)).

II.2 Différentes voies de contamination

Pour chaque voie possible de contamination ou porte


d’entrée de la bactérie, l’organisme possède des défenses
qui limitent l’implantation bactérienne et
peuvent éventuellement éviter l’infection.

Voie digestive : ingestion d’eau ou aliments souillés


(ex : choléra, typhoïde)

Voie respiratoire : inhalation d’aérosols contaminés


85
(ex : légionellose, coqueluche)

Voie cutanée : inoculation par contact (plaie souillée)


(ex : tétanos, surinfections de plaie)

Voie transcutanée : inoculation iatrogène (injection,


cathéter) ou par piqûre d’insecte vecteur de bactéries (ex :
peste (puce), maladie de Lyme)

Voie sexuelle : maladies sexuellement transmissibles (ex :


syphilis, urétrite gonococcique ou à Chlamydia
trachomatis)

II. 3 Etapes du processus infectieux (3 étapes) :

- Colonisation du revêtement cutanéo-muqueux.

- Invasion avec : franchissement de la barrière +


réponse ; réaction inflammatoire au niveau de la
porte d’entrée= infection localisée (ex : pneumonie,
infection urinaire, infection sur cathéter.)

- Dissémination de la bactérie par voie sanguine


(bactériémie) ou lymphatique qui peut aboutir à

86
des infections secondaires (endocardite, abcès
profond, ostéite, méningite,).

Le pouvoir pathogène des bactéries repose


schématiquement d’une part sur des facteurs de
pathogénicité permettant la multiplication bactérienne
(extracellulaire ou intra cellulaire), d’autre part sur la
sécrétion de toxines bactériennes qui vont pouvoir agir
localement ou à distance.

II.4 Différents modes d’infection

II.4.1. Toxi-infection simple :

Bactéries à l’extérieur de l’organisme ou en transit dans le


tube digestif (Pas de colonisation de l’hôte). Sécrétion de
toxines par la bactérie : la toxine ingérée ou produite dans
la lumière intestinale est seule responsable du pouvoir
pathogène. Ex : Toxi-infections alimentaires à
Staphylococcus aureus ou Clostridium botulinum
(Botulisme) ;

II.4.2. Colonisation suivie d’une toxi-infection :

87
Adhésion de la bactérie et colonisation (multiplication
bactérienne) sans pénétration au-delà du revêtement
cutanéo-muqueux. Sécrétion de toxines responsables du
pouvoir pathogène.
L’adhésion à des cellules-cibles renforce l’efficacité de
l’action des toxines en permettant leur production in situ. Ex:
Clostridium tetani (Tétanos), Corynebacterium diphteriae
(Diphtérie).

II.4.3. Colonisation suivie d’une invasion bactérienne

Adhésion de la bactérie et colonisation de la peau ou d’une


muqueuse, puis invasion du tissu sous épithélial.
La plupart des bactéries rencontrées en pathologie
infectieuse sont des bactéries invasives.

III. Moyens de défense d’hôte contre l’infection


bactérienne

La fréquence d’exposition à des bactéries virulentes


contraste avec la rareté des infections au cours de la vie. Il
existe plusieurs lignes de défense chez l’hôte qui vont
s’opposer à l’implantation de nouveaux micro-organismes :

88
ce sont les barrières non spécifiques, l’immunité innée (non
spécifique) et l’immunité spécifique acquise.

III.1 Barrières cutanéo-muqueuses

III.1.1. Rôle primordial des épithéliums (couche de


cellules couvrant les surfaces externe et interne du corps
humain en rapport avec le milieu extérieur) : c’est au niveau
des épithéliums (peau, muqueuses) que se fait la rencontre
hôte-bactéries.

III.1.2. Défenses de la peau :

▪ Barrière physique : kératinisation (kératinocytes


produisent de la kératine, protéine difficilement
dégradée par les microorganismes), présence de
cellules mortes en surface et phénomène de
desquamation superficielle (élimination mécanique
des germes en surface).

▪ Barrière chimique : pH acide et sécheresse de la


peau inhibent la croissance bactérienne, T < 37°c ;
sécrétion de lipides toxiques et de lysozyme
(dégrade le peptidoglycane de la paroi bactérienne)

89
▪ Barrière biologique : flore commensale cutanée
normale :

Staphylococcus epidermidis, corynébactéries,


Propionibacterium acnes. La Flore résidente empêche
la colonisation par des bactéries pathogènes :
compétition au niveau des sites et de l’utilisation des
nutriments.

Remarque : Parfois, colonisation transitoire de la peau par


bactéries pathogènes : Staphylococcus aureus,
Enterococcus, entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa
(souvent chez malades hospitalisés).

=> Importance du lavage des mains !

La peau représente donc un barrage continu qui ne peut


pas être franchi par les bactéries.

Infection possible lorsqu’il existe des lésions telles


qu’excoriation, plaie, piqûre d’insecte, brûlure (Sensibilité
des grands brûlés aux infections cutanées) ou lors de
l’introduction de matériel étranger : infections iatrogènes
liées à une agression bactérienne au niveau d’une porte
d’entrée inhabituelle.
90
=> problème des infections sur cathéters.

III.1. 3. Défenses des muqueuses

▪ Barrière physique : Rôle du mucus +++ :


Emprisonnement des bactéries à distance de surface
des cellules épithéliales, puis élimination des bactéries
avec mucus par cils vibratiles (muqueuse respiratoire)
ou par péristaltisme intestinal, flux urinaire, sécrétions
lacrymales.

▪ Barrière chimique :

- Le pH acide du milieu inhibe la multiplication


bactérienne au niveau de l’estomac, du vagin (flore
de Doderlein : Lactobacillus) et de l’urine.

- Sécrétion de produits antibactériens dans le mucus


: lysozyme (protéine qui hydrolyse le
peptidoglycane), lactoferrine (glycoprotéine qui
lyse la membrane bactérienne), IgA
(immunoglobuline A) sécrétoires (neutralise
bactérie et toxine).
91
▪ Barrière biologique : Existence de flores
microbiennes commensales, sauf au niveau des voies
respiratoires basses, d’utérus, des voies génitales
hautes et du tractus urinaire. Il existe un équilibre
écologique qui s’oppose à l’implantation de bactéries
pathogènes

=> Remarque
Toute modification de cet équilibre, en particulier par les
antibiotiques, entraîne un dysmicrobisme et permet la
prolifération d’espèces pathogènes (Ex : ATB à large
spectre et déséquilibre de la flore digestive). En
thérapeutique, le choix de l’ATB devra donc tenir compte
des effets possibles sur la flore commensale.

Les muqueuses (épithélium simple) constituent de


nombreuses portes d’entrée plus faciles à franchir que la
peau. La plupart des infections spontanées ont pour point
de départ la surface d’une muqueuse.

III.2 Réaction inflammatoire ou immunité innée

Deuxième ligne de défense ! (Après entrée de la bactérie


dans organisme)
92
But : Élimination rapide d’agent pathogène présent dans
un tissu normalement stérile.

- Réponse immédiate de l’hôte basée sur la


reconnaissance d’antigènes bactériens très
conservés.

- Réaction inflammatoire rapide au niveau du site


infecté : recrutement des cellules phagocytaires et
rôle des protéines de l’inflammation.

Conséquences :

- hyperleucocytose neutrophile,
- protéines inflammatoires dans le sang (ex : C Reactive
Protein ou CRP)

=> signes biologiques d’infection

III.3 Immunité acquise spécifique

Spécifique : ciblée contre une bactérie


Acquise : Contact avec une bactérie pour laquelle se
développe l’immunité
Retardée : 8/10 jours après le premier contact

93
Produit une mémoire immunologique utilisée dans la
Vaccination
Il existe deux types de réponses immunitaires

- Cellulaire : Cellule T Cytotoxique

- Humorale : Production d’Anticorps (Ac)

Dans une infection causée par les bactéries


extracellulaires ; elles resteront libres dans la circulation ou
dans les tissus (bactéries pathogènes classiques) ->
Réponse : production (Ac)

Dans une infection causée par des bactéries


intracellulaires -> Réponse : les lymphocytes T
Cytotoxiques vont reconnaître les cellules infectées et les
détruire.

IV. Stratégies de la bactérie pour échapper aux


défenses de l’hôte : Facteurs de pathogénicité

Les bactéries ont une capacité d’adaptation très importante


: elles ont su développer de nombreuses stratégies pour
contrer les mécanismes de défense de leur hôte.

94
IV-1 Facteur facilitant la colonisation et l’invasion des
surfaces de l’hôte par la bactérie

❖Pénétration à travers la peau intacte :

▪ Infection cutanée iatrogène (cathéters.)

▪ Utilisation d’un insecte vecteur (morsure d’une tique…)

❖Pénétration au niveau des muqueuses :

▪ Mobilité des bactéries : pour les bactéries possédant un


flagelle permettant la traversée du mucus et lutte contre
le flux urinaire ou encore le péristaltisme intestinal

▪ Sécrétion de protéases : Bactérie extracellulaire


(méningocoque, pneumocoque.)

▪ Entrée par les cellules M au niveau de la muqueuse du


Tube Digestif (plaques de Peyer). Certaines bactéries
se servent de ces cellules (Shigella, Salmonella ->
Gastro entérite ou encore Yersinia)

❖Adhésion bactérienne : Etape obligatoire pour la


bactérie : c’est le début du processus de colonisation.
L’adhésion fait intervenir les adhésines et des
95
récepteurs cellulaires de l’hôte. L’interaction moléculaire
entre la bactérie et l’hôte est spécifique. Il existe un
répertoire d’adhésines qui permet à différentes
molécules de se fixer.

Deux types d’adhésines :

▪ Pili ou fimbriae : Polymères de piline dont l’extrémité


adhésine correspond au site de reconnaissance du
récepteur cellulaire.

▪ Adhésines non fimbriae : différentes protéines de


surface de la paroi bactérienne

permettant un contact serré entre la bactérie et la


cellule.

Les bactéries sans pili se fixe généralement directement sur


la cellule.

▪ Cas particulier : biofilm. Capacité que les bactéries ont


de sécréter des polysaccharides (slime) impliqué dans
l’adhésion des bactéries entre elles et à la surface
cellulaire. Le biofilm se retrouve partout et les bactéries
y sont à l’état quiescent.
96
Avantages pour les bactéries : Le biofilm permet de leur
économiser de l’énergie, de plus les bactéries sont à l’abri
des cellules phagocytaires et des antibiotiques.

Pour des bactéries pathogènes le biofilm est un facteur de


virulence

Exemples :

Streptococcus mutans forme la plaque dentaire


Staphylococcus epidermidis colonise les biomatériaux

❖Mécanisme d’acquisition du fer : Le fer est


indispensable aux bactéries d’où synthèse de
sidérophores par la bactérie : chélateur de fer avec une
forte affinité, compétition avec la transferrine et la
lactoferrine.

IV-2 Facteurs d’échappement aux défenses de l’hôte


(complément, phagocytose, réponse anticorps)

▪ Capsule Bactérienne : protège la bactérie contre la


phagocytose et l’activation du complément. Les
97
polyssacharides de certaines capsules bactériennes
peuvent ressembler à des polysaccharides de l’hôte et
ne sont donc ne sont pas immunogéniques et par
conséquent n’entraine pas la synthèse des anticorps d’
Ac

▪ Modification du Lipopolysaccharide. LPS (AgO) pour


prévenir la formation du complexe d’attaque
membranaire ;

▪ Echappement à la réponse anticorps : camouflage avec


des molécules ressemblant à celles de l’hôte
(phénomène de variation antigénique) ; certaines
bactéries sont capables de faire varier leur Ag de
surface. (ex : variation de phase intéressant les flagelles
de Salmonella)

IV-3 Facteurs endommageant l’hôte

98
▪ Enzyme hydrolytique : provoquant la destruction des
tissus (protéases, hyaluronidases qui hydrolysent les
acides hyaluroniques (composants majeurs des liaisons
intercellulaires…) -> lésions-> pus. Cela facilite aussi la
dissémination des bactéries. (ex : Bactéries pyogènes)

▪ Toxines protéiques bactériennes (exotoxines) : La


multiplication et la survie des bactéries chez l’hôte
infecté s’accompagnent de la production de toxines
dans le milieu extérieur. Ces toxines vont être libérées
et agir à distance sur leurs cellules cible. Dans certain
cas, le pouvoir pathogène d’une bactérie ne s’exprime
que par une ou plusieurs toxines. C’est le rôle majeur
dans l’expression clinique de la maladie. Certaines
toxines ont un pouvoir toxique très élevé (ex : toxine
botulinique)

Il existe trois types de toxines protéiques :

99
• Type A- B : provoque des toxi infections dont la
portion A possède l’activité enzymatique
responsable de la toxicité et la portion B permet
la liaison avec le récepteur de la cellule cible.
Tétanos et Botulisme ont même portion A mais
pas la même portion B
Application :

Vaccin antibactérien : souvent les toxines protéiques de


type A-B sont responsables de la totalité des symptômes
cliniques, il n’y a pas de multiplication de la bactérie dans
l’organisme, il s’agit d’une toxi infection. La synthèse d’Ac
neutralisant la toxine permet une protection efficace contre
la maladie :
Exemple : Vaccination par anatoxine : substance qui a
perdu tout pouvoir toxique mais conserve son pouvoir
immunogène.

• Cytolysines ou hémolysines : Toxines


provoquant une rupture membranaire de la
cellule cible. 2 types :
100
- Soit protéines venant s’intégrer dans la membrane
de la cellule-> formation de pores membranaires
entrainant la lyse cellulaire avec fuite des
constituant cellulaires (ex : streptolysine)

- Soit enzymes déstabilisant la membrane


plasmique par action au niveau des phospholipides
membranaire : phospholipases ou lécithinases (ex
: toxine alpha de Clostridium perfringens qui
exerce comme effet nécrose tissulaire et
hémolyse).

➢ Superantigène : Toxine sécrétée par deux bactéries


([Link]) et Toxine pyogénique Streptococcique
([Link]).
➢ Composants de la paroi bactérienne à l’origine de la
réaction inflammatoire :
o Les lipopolysaccharides (LPS) constituant de la
membrane externe de la paroi des bactéries à
101
Gram négatif constitué d’une partie lipidique (lipide
A) et d’une partie polysaccharidique.
o Les acides lipoteichoiques du peptidoglycane des
bactéries à Gram positif :
Une réponse inflammatoire excessive peut avoir des
conséquences néfastes, soit en altérant le fonctionnement
d’un organe soit en entrainant un désordre circulatoire
systémique (choc septique).

V La vaccination

La vaccination est le processus consistant à stimuler les


réponses immunitaires adaptatives protectrices contre des
micro-organismes en exposant l’individu à des formes non
pathogènes ou à des composants des micro-organismes. La
substance active d’un vaccin est un immunogène. La
vaccination peut être prophylactique et donc préventive de
l’infection ou thérapeutique pour le traitement de patients
infectés chroniquement, atteints de cancers ou de
pathologies auto-immunes.

102
V-1- Réponse immunitaire post vaccinale classique :
anticorps neutralisants

Le but principal des vaccins est d'induire une protection


contre une pathologie infectieuse. Pour beaucoup d’entre
eux celle-ci passe par l’induction d'anticorps neutralisants,
qui persistent plus ou moins longtemps. Cette réponse
humorale spécifique est mesurable et peut être utilisée pour
savoir si un sujet est vacciné efficacement (sérologie pour
les vaccins contre l’hépatite B ou le tétanos).

Lors de la première exposition à un antigène vaccinal, la


réponse immunitaire est lente, peu spécifique, s’exprimant
initialement par la production d’IgM.

Lors de nouveaux contacts avec l’antigène, comme dans le


cadre des rappels vaccinaux, le délai de réponse se
raccourcit et les anticorps atteignent des titres beaucoup
plus élevés. Il s’agit alors essentiellement d’anticorps
d’isotype IgG dont la spécificité est beaucoup plus grande.

103
Parallèlement, les réactions cellulaires sont accélérées et
intensifiées.

Lors d’un contact avec l’agent infectieux, l’induction de la


réponse immunitaire du
sujet vacciné est suffisamment rapide pour empêcher
l’apparition de manifestations
cliniques aboutissant à la protection de la personne
vaccinée.

La protection vaccinale repose sur l’existence de cellules


mémoires induites par la
vaccination.

Lors de la première administration vaccinale, les cellules


productrices d’anticorps (plasmocytes = stade final de
différenciation des lymphocytes B) augmentent jusqu’à la
sixième semaine puis décroissent lentement.

Les cellules B mémoires atteignent leur fréquence maximum


au bout de dix à quinze semaines, avant de décroître
104
également. Les lymphocytes B mémoires contribuent à la
production rapide d’anticorps plus affins et à une
augmentation du pool de cellules mémoire lors de
stimulations antigéniques ultérieures telles que les rappels
vaccinaux.

V-2 Types de vaccins

V-2-1 Les vaccins vivants atténués

Ce sont les meilleurs immunogènes. Ils sont généralement


obtenus par passages successifs de l’agent infectieux sur
des cultures cellulaires visant à atténuer sa virulence.

Le vaccin, étant vivant, est capable de diffuser dans


l’organisme et d’induire des réponses dans différents sites
anatomiques.

Les problèmes majeurs de ces vaccins sont le risque de


retour à la virulence (vaccin anti-poliomyélite avec une
réversion de type neurovirulence dans 1/500 000 cas de
vaccinations) et de transmission d’un individu à l’autre
quand le receveur est immunodéprimé.

105
V-2-2 Les vaccins inactivés

Il s’agit d’agents infectieux entiers inactivés par des


méthodes physiques comme la chaleur. Ces vaccins sont en
général très bien tolérés.

V-2-3 Les antigènes vaccinaux purifiés

Les antigènes vaccinaux peuvent être des protéines


responsables d’une activité du pathogène
(Toxines tétanique et diphtérique), inactivées avant leur
administration (anatoxines) mais
Présentant la même immunogénicité. Il peut également
s’agir de protéines cibles des anticorps protecteurs (hépatite
B). Ce type de vaccin n’induit pas de réponse mémoire.

Les vaccins inactivés et purifiés sont plus efficaces en


présence d’adjuvants (groupe de substances ayant pour but
d’aider la réponse immunitaire : huiles, sels d’aluminium,
microparticules....
Les vaccins sont donc habituellement inoculés par injection
sous-cutanée, intra-musculaire ou intra-dermique.

Certains sont administrés par voie oral (vaccin anti


poliomyélite type Sabin).
106
La vaccination génère non seulement une protection
individuelle mais également une protection collective
en limitant la dissémination des agents infectieux.

CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS


ET STERILISATION

OBJECTIFS

- Connaître les antiseptiques courants, leurs modes


d’action, leur spectre d’activité et leur utilisation
- Connaître les désinfectants courants, leurs modes
d’action, leur spectre d’activité et leur utilisation
- Connaître les techniques de stérilisation

Les ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS désignent les


produits qui ont en commun la capacité d’inhiber ou de
tuer les micro-organismes indésirables. Les
désinfectants au sens strict sont destinés aux milieux
inertes (instruments, surfaces) ; les antiseptiques sont
destinés aux tissus vivants (peau, muqueuse).
Ces produits agissent de façon momentanée, ils ne
protègent pas contre une nouvelle contamination ni la

107
prolifération naturelle (mitose, réplication). Ils doivent donc
être réappliqués régulièrement.
I ANTISEPTIQUES
I-1 Définitions
- Antisepsie
"Opération au résultat momentané permettant au niveau
des tissus vivants, dans la limite de leur tolérance,
d'éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou
d'inactiver les virus, en fonction des objectifs fixés. Le
résultat de cette opération est limité aux micro-organismes
et/ou virus présents au moment de l'opération" (AFNOR
Mars 1981 NF T 72-101). Les différents antiseptiques
disponibles permettent en fonction d'objectifs fixés
d'atteindre ce résultat.
- Antiseptique
Les antiseptiques sont "des préparations ayant la propriété
d'éliminer ou de tuer les microorganismes ou d'inactiver
les virus sur des tissus vivants (peau saine, muqueuses,
plaies). Elles sont présentées dans leur forme d'utilisation et
sont utilisées telles quelles sauf exception justifiée et
autorisée ». Elles présentent une activité antibactérienne,
antifongique, antivirale. La destination d'emploi des
préparations antiseptiques est précisée : peau saine,
muqueuses, plaies, ainsi que la durée d'application
nécessaire à l'obtention de l'activité. En fonction de
108
l'indication, l'inactivation par d'éventuelles "substances
interférentes" ainsi que les incompatibilités sont indiquées.
Elles n'altèrent pas les tissus sur lesquels elles sont placées
(tolérance)."
- Asepsie
"Ensemble des mesures propres à empêcher tout apport
exogène de micro-organismes ou de virus" (AFNOR Mars
1981 NF T 72-101).

I-2 Principales familles d’antiseptiques courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation

I-2-1 Les dérivés halogènes

a) Les produits chlorés

Jusqu'à un titre de 5 degrés chlorométriques, les produits


chlorés peuvent être utilisés comme antiseptiques de la
peau saine, des muqueuses, et pour l'irrigation des plaies.
A des titres supérieurs, ils sont irritants pour la peau et sont
utilisés comme désinfectants.

Le degré chlorométrique de Gay-Lussac correspond au


nombre de litres de chlore gazeux qu'un litre de solution ou
d'extrait est capable de dégager en présence d'un acide
109
dans des conditions normales de température et de
pression. Un degré chlorométrique équivaut à 3,17 g de
chlore actif par litre.

Titre Degré Gramme % de Partie pour


en Chlorométriqu s de chlor Million
e Chlore e
actif par actif
litre
3170 (mg de
1 3,17 0,317 Cl pour
1.000.000 m
g d'eau)
Solutio 1,5 5 5000
n de 0,5
Dakin
Eau de 12 38 38000
Javel 3,8

Les dérivés chlorés ont un spectre d'activité étendu :


bactéries (formes végétatives et sporulées), champignons,
virus, spores. Leur pouvoir oxydant provoque la
destruction de protéines au niveau membranaire et
chromosomique. Leur action est rapide, dès la première
minute de contact. Des facteurs influencent leur activité et
leur stabilité :

110
- Le PH : A PH < 5 la solution perd son activité
(dégagement de chlore gazeux) ; L’activité est
maximale à PH 5
- La température : L’augmentation diminue la stabilité
de la solution, mais l'action
antimicrobienne est plus rapide à 37°C qu'à 22°C.
- Les matières organiques (protéines, sérum, sang), les
savons, réduisent le pouvoir antimicrobien.
- Les minéraux : fer, cobalt, nickel, cuivre et manganèse
diminuent la stabilité des solutions d'hypochlorites.
- Les rayons ultraviolets accélèrent la dégradation des
produits chlorés.
Ils sont utilisés pour l’antisepsie de la peau saine et des
muqueuses.

b) Les dérivés iodés

▪ L'iode et ses dérivés


- Les solutions alcooliques d'iode : Alcool iodé à 1% et
teinture d'iode à 5% (conservation en flacon de verre
teinté)
- Les solutions aqueuses d'iode : Solution de Lugol à 1%
utilisée surtout pour certaines colorations au
laboratoire.

▪ Les iodophores
Les différentes solutions de bétadine avec des usages
différents.
111
Bétadine® Scrub (rouge) 0,4% en iode libre ou 4% en
PVPI. Utilisée pour détersion et antisepsie de la peau et des
muqueuses saines ou lésées, lavages antiseptique et
chirurgical des mains, douche per-opératoire, détersion du
champ opératoire.

Bétadine® dermique (jaune) 1 % en iode libre ou 10%


PVPI utilisée pour antisepsie de la peau et des muqueuses
saines ou lésées

Bétadine® solution dermique alcoolique 5% utilisée pour


antisepsie de la peau saine avant acte de petite chirurgie. Il
en existe bien d’autres. Les produits iodés sont
bactéricides, virucides, fongicides, et sporicides. L'iode
traverse la membrane cellulaire et oxyde les protéines
enzymatiques et membranaires. Le temps de contact
requis est d’une minute. Les produits iodés sont stables
entre pH 1 et pH 6 et les iodophores sont instables à pH
alcalin. Les matières organiques (protéines, sérum, sang...)
diminuent l'activité des dérivés iodés.

I-2-2 Les biguanides

A ce groupe appartient un antiseptique, la chlorhexidine,


utilisée sous forme d'un sel soluble, le digluconate.

La concentration minimale bactéricide est de 1 mg/ml de


digluconate de chlorhexidine, ce qui correspond à une
112
dilution de 0,1 %. La chlorhexidine est bactéricide sur
bactéries à Gram positif et Gram négatif, peu actif sur les
mycobactéries non sporicide, non virucide (virus nus). Mais
il peut exister des résistances acquises certaines souches
de Pseudomonas. A faible dose elle détruit la membrane
cytoplasmique et à forte dose elle provoque la
précipitation des protéines et acides nucléiques. Elle est
inactivée par les savons, par les matières organiques, par
l'eau dure, un PH alcalin, le coton, la laine, le caoutchouc et
certains plastiques. L'association avec les ammoniums
quaternaires et l'alcool potentialise l'activité.
Elle est indiquée pour :
- Nettoyage et antisepsie des plaies et balnéothérapie
(bain d’eau) des brûlés,
- Antisepsie des plaies chirurgicales et traumatiques peu
profondes,
- Lavage des mains : hygiénique, antiseptique, chirurgical,
- Préparation du champ opératoire,
- Hygiène bucco-dentaire.
Elle est contre indiquée pour les oreilles.

I-2-3 Les Alcools

- Alcool éthylique de 60 à 70° :

Flacons de contenance variée, compresses imprégnées en


sachet.

113
- Le propanol-2 ou isopropanol entre dans la composition
d'autres antiseptiques (exemple d’utilisation : solution
hydro-alcoolique pour antisepsie des mains). Il est
utilisé comme solvant avec d'autres antiseptiques qu'il
potentialise (exemples : alcool iodé, hexamidine,
chlorhexidine).
Ces alcools sont bactéricides et actifs sur Mycobacterium
tuberculosis, faiblement fongicide, virucide de façon
variable, non sporicide. Leur hydratation facilite la
pénétration dans les cellules bactérienne, mais leur
efficacité est réduite en présence de matières organiques.
Ils agissent en coagulant les protéines. Le temps de
contact requis est de 2 minutes à condition que la peau soit
maintenue humide. L’activité antimicrobienne est brève car
l'alcool est très volatil. L’alcool de 60 à 70° est utilisé pour
antisepsie de la peau saine, des sites d'injections et des
prélèvements sanguins (sauf : hémoculture, cathétérisme,
ponction artérielle et les actes nécessitant une asepsie
chirurgicale). Ils ne doivent pas être appliqués sur les
muqueuses et les plaies.

Spectre d’activités
Famill GR GR Mycoba Lev Moisis Vir Virus Sp
es AM AM ctéries ures sures us envel ore
(+) (-) nu oppés
s

114
Halog
énés
Chloré + + + + + + + +
(Dakin)
Bétadi + + + + + + + +
ne,
alcool
iodée
Bigua
nides
Chlore + + +/- + +/- +/- + -
hexidin
e
Alcool
s

(Éthan + + + +/- +/- +/- + -


ol à
70°,
Alcool
isopro
pylique
60°)

I-3 Les règles générales d’utilisation des antiseptiques

- Vérifier la date de péremption et le délai d’utilisation


apposer de la date d'ouverture sur le flacon ;
115
- Fermer les flacons après utilisation ;
- Respecter la concentration préconisée ;
- Réaliser les dilutions d'antiseptiques juste avant leur
utilisation dans un flacon nettoyé et désinfecté ne
jamais les conserver plus de 24 h ;
- Ne pas mélanger et/ou utiliser successivement des
antiseptiques de familles différentes avec un risque
d'inactivation ou de toxicité.
- Proscrire les transvasements
- Ne jamais compléter un flacon partiellement vide
- Préférer les conditionnements unitaires, stériles et
prêts à l'emploi.

II LES DESINFECTANTS
II-1 Définitions
- Désinfection
"Opération au résultat momentané permettant d'éliminer
ou de tuer les micro-organismes et/ou
d'inactiver les virus indésirables portés par des milieux
inertes contaminés, en fonction des
objectifs fixés. Le résultat de cette opération est limité aux
micro-organismes et/ou virus présents au moment de
l'opération" (AFNOR Mars 1981 NF T 72-101).

- Désinfectant
116
"Produit ou procédé utilisé pour la désinfection ou la
décontamination dans des conditions
définies" (AFNOR Mars 1981 NF T 72-101).

- Décontamination (ou pré-désinfection)


C'est le premier traitement à effectuer sur les objets et
matériels souillés par des matières
organiques dans le but de diminuer la population des micro-
organismes et de faciliter le nettoyage ultérieur. La
décontamination a également pour but de protéger le
personnel lors de la
manipulation des instruments, elle permet aussi d'éviter la
contamination de l'environnement.
(Guide pour la décontamination, le nettoyage et la
stérilisation des instruments de chirurgie.
AFNOR 1992). Cette opération utilise un produit détergent
contenant au moins un principe actif reconnu pour ses
propriétés bactéricides, fongicides, sporicides ou
virucides.
La pré-désinfection constitue une étape préalable à la
désinfection ou à la stérilisation.
II-1 Les principales familles de désinfectants courants,
modes d’action, spectre d’activité et utilisation
II-1 Dérivés chlorés

Surtout l'hypochlorite de soude, utilisé sous la forme de


solution diluée.
117
A 100 ppm de chlore, ces solutions sont actives sur les
bactéries Gram + et Gram -. Elles sont aussi actives sur les
spores bactériennes.
A 1.000 ppm, on peut obtenir une action sur le bacille de
Koch (en 20 minutes à 20°C).
A 10.000 ppm de chlore, le virus de l'hépatite est tué en 30
minutes ;
A 2.000 ppm de chlore, les hypochlorites sont modérément
irritants pour la peau et les muqueuses.
Les hypochlorites sont corrosifs pour les métaux. L'eau de
Javel à usage ménager qui peut titrer, à l'état frais, 14 à 20
degrés chlorométriques, soit 50.000 ppm Cl, diluée à 1 %,
donne environ 500 ppm de chlore actif.

Selon les cas, elle est utilisée diluée à :


- 0,5 %, soit 250 ppm au moment de la dilution (usage
courant) = 40 ml pour un seau d'eau de 8 l
- 5 %, soit 2.500 ppm
- 20 %, soit 10.000 ppm (action virucide)
Le chlore que renferme l’eau de Javel existe en plusieurs
concentrations. Vous pouvez préparer une solution chlorée
à 0,5 % avec n’importe quelle solution concentrée en
utilisant la formule suivante :
[% chlore actif dans l’eau de Javel ÷ 0,5 %] – 1 = nombre
de mesures d’eau par mesure d’eau de Javel. Notez que
118
le mot “mesures” représente n’importe quelle unité de
mesure (par exemple l’once, le litre) ; il n’est même pas
nécessaire qu’il représente une unité de mesure définie
(on peut par exemple utiliser un quelconque récipient).
Exemple : Pour préparer une solution chlorée à 0,5 % à
partir d’eau de Javel renfermant 3,5 % de chlore actif, il faut
utiliser une mesure d’eau de Javel et six mesures d’eau :
[3,5 % ÷ 0,5 %] – 1 = [7] – 1 = 6 mesures d’eau par mesure
d’eau de Javel
Ces solutions doivent être préparées fraîchement au
moment de l'emploi. Leur prix est peu élevé. Elles sont très
inactivées par les matières organiques et volatiles ; leur
action est fugace lors de l'application sur des surfaces.
Utilisation :
- Des produits chlorés associés à un détergent sont
souvent recommandés pour le nettoyage - désinfection des
appareils sanitaires : lavabos, W.C., baignoires, par ex.
- Les dérivés chlorés (eau de Javel 0,5 %, chloramine
0,5 % ou diluée au 1/10 (titrant 1,2°chlorométriques)
n'étant pas toxiques par ingestion, peuvent être
recommandés pour la désinfection des surfaces de travail
dans les cuisines, biberonneries ... avec un temps de
contact de15 minutes
- Désinfection de surfaces comportant des souillures
organiques importantes : eau de
119
Javel diluée au 1/4 (titrant 3° chlorométriques), contact 10
à 15 minutes.
- Désinfection des surfaces au laboratoire : eau de Javel
diluée au 1/8 (titrant 1,6° chlorométriques)
- L’eau de javel est aussi employée pour la désinfection de
l'eau des piscines et les services de dialyse.
- Désinfection de sang contaminé par les virus des
hépatites B ou C ou du Sida (10.000 ppm).
N.B. L'eau potable contiendra 0.1 ppm Cl.
II-2 Aldéhydes
Les aldéhydes provoquent une dénaturation des acides
nucléiques et des protéines des microorganismes

a) Formaldéhyde (ou aldéhyde formique)

Le formol du commerce contient 35-40 % de formaldéhyde.


A l'état liquide : A 20 %, (c'est-à-dire à 7-8 % de
formaldéhyde), il est actif sur les bactéries, y compris le
bacille de Koch. On n'obtient une action sur les spores qu'en
cas de température égale ou supérieure à 40° C. Le virus de
l'hépatite serait tué en 12 heures par le formol à 20 %.
Le formol est un désinfectant d'action lente. Il ne pénètre pas
dans les matériaux poreux. Il est fortement absorbé par les
tissus. Il est très irritant pour la peau, les yeux et les voies
respiratoires. Il est corrosif pour les métaux.

120
Utilisation
- Matériel de laboratoire (par ex. à 10 ou 20 %).
- Conservation de pièces anatomiques. Ces solutions
doivent être fraîchement préparées, chaque jour, en raison
de la neutralisation du produit par les matières organiques.
Des préparations d'aldéhyde à 0,5 % dans de l'alcool à 70°
peuvent être employées en "spray", appliquées au moyen
d'un vaporisateur pour la désinfection de surfaces : murs,
portes, appareils médicaux, ... par ex. en salles d'opérations,
dans des unités de soins intensifs, ...
A l'état gazeux : L'évaporation de formol permet de
désinfecter convenablement l'air d'un local mais les spores
et les moisissures résistent.
Il faut alors :
- Obturer hermétiquement le local ;
- s'assurer que la température du local se situe entre
24 et 30° C et que l'humidité relative atteigne 70-80 %
(ces paramètres peuvent être obtenus à l'aide d'un
appareil à formolisation équipé d'un corps de chauffe et
d'un humidificateur) ;
- Neutraliser à l'ammoniac pour permettre une
réutilisation rapide du local ; (le formol et l'ammoniac
réagissent pour former l'hexaméthylène tétramine);
- Bien aérer le local.

121
Toxicité chez l’homme en fonction des concentrations :
larmoiement, irritation des yeux, irritation des voies
aériennes, œdème aigu du poumon.
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

Le glutaraldéhyde en solution aqueuse est légèrement acide


; sous cette forme, il est stable pour longtemps mais
pratiquement non bactéricide. Il ne devient actif qu'à un pH
de 7,5 à 8,5 mais à ce pH alcalin, il tend à se polymériser et
perd peu à peu son activité bactéricide. (Il faut donc
renouveler la solution "activée", c'est-à-dire alcalinisée, tous
les 15 jours). On alcalinise donc légèrement par le
bicarbonate de soude la solution à 2 % juste avant son
emploi. Son action est plus rapide que celle du
formaldéhyde et il est moins irritant. Pour être actif, il faut un
taux supérieur à 1,5 %. La solution à 2 % tue les spores
bactériennes (Bacillus subtilis, bacille tétanique) en 3
heures et, in vitro, certaines formes végétatives des
bactéries en moins de 2 minutes (notamment les
Pseudomonas, les mycobactéries), les champignons et
les principaux virus. Pour le virus de la polio, le virus de
l'hépatite B et le B.K., il faut une action de 30 minutes à
20°C. C'est un désinfectant d'action lente. Il pénètre mal
dans les substances organiques. (Un nettoyage préalable
des objets est nécessaire avant une désinfection terminale).
Il irrite fortement la peau et les muqueuses. (Les objets
destinés à être mis en contact avec la peau et les
122
muqueuses doivent être rincés abondamment à l'eau stérile
après la désinfection terminale). On a décrit des pseudo-
colites après l'emploi d'endoscopes mal rincés. A un pH
alcalin, il est peu corrosif pour les métaux.
Utilisation
Le glutaraldéhyde activé est largement utilisé pour la
désinfection terminale d'instruments (endoscopes par
exemple), matériel d'anesthésie (tubulures, masques, ...).
Le trempage prolongé (3 heures) dans ce produit, si les
objets ont été bien nettoyés préalablement, permet
d'obtenir la stérilisation des articles.

III STERILISATION
La stérilisation est une opération permettant d’éliminer ou
de tuer les micro-organismes portés par des milieux inertes
contaminés, le résultat de cette opération ayant pour
objectif le degré 0 en fin d’opération. (= le produit est stérile)
et permettant de conserver cet état pour une période de
temps précisée. Il existe plusieurs procédés de stérilisation.
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
III-1-1 stérilisation par la chaleur
▪ Le flambage
Il est basé sur l'emploi du bec Bunsen. Cette méthode est
utilisée pour la stérilisation extemporanée (pour utilisation
immédiate) du matériel de manipulation : extrémité de l'öse,
123
extérieur des pipettes Pasteur et pipettes graduées, col des
tubes à essai, tubes contenant des milieux de culture,
erlenmeyers et flacons divers, étaloirs ...
Il est à noter que le bec Bunsen, réglé avec une flamme
bleue, la plus chaude, crée une zone de stérilité d'un
diamètre d'environ 20 cm, par ascendance de l'air de cette
zone. Toutes les manipulations d'ouverture de tubes et
boîtes de culture, d'ensemencement, devront être réalisées
dans ce diamètre. Pour que cette zone soit effectivement
stérile, les courants d'air et déplacements de personnes sont
à proscrire.
▪ 2 Le four pasteur
C'est un four - étuve à air chaud et sec. Il est utilisé pour la
stérilisation de la verrerie vide (tubes à essai, boîtes de Pétri,
tubes à culture et bouchons, pipettes Pasteur et récipients
divers).
La verrerie à stériliser doit être propre et parfaitement sèche,
éventuellement bouchée avec du coton et emballée dans du
papier solide. Elle est alors disposée à l'intérieur du four et
subit un chauffage de 30 minutes à 1 heure à 170° -
180°C ou 2 heures à 160°C ce qui a pour but d'éviter le
brunissement du coton. Le matériel ainsi stérilisé sera laissé
dans l'étuve jusqu'à son refroidissement complet, puis
stocké à l'abri des poussières. Pour ces opérations, compte
tenu des températures relativement élevées, il est conseillé
d'utiliser le plus possible de la verrerie de type "pyrex".
124
▪ L'autoclave
C'est un appareil très performant qui est indispensable dans
une unité de microbiologie. Il est utilisé pour stériliser les
milieux de culture neufs ou souillés, mais peut également
stériliser tout autre matériel de microbiologie.
Le chauffage a lieu sous pression de vapeur d'eau, à une
température de 100° à 130°C, pendant une durée qui varie
en fonction du milieu, de la température utilisée et du volume
des récipients.
En milieu saturé d'humidité et sous pression, la stérilisation
s'opère à des températures inférieures à celles qui sont
nécessaires en milieu sec.
Le matériel à stériliser est déposé dans les paniers
métalliques de l'autoclave dont on aura vérifié le niveau
d'eau avant chaque opération de stérilisation. Les récipients
sont préalablement bouchés avec du coton (éviter de le
prendre avec les doigts - utiliser de préférence une pince) et
recouverts de papier d'aluminium ou de papier d'emballage
très résistant.
Pour la suite des opérations : mise en chauffe, jet de
vapeur, montée de pression, lire attentivement la notice du
constructeur.
Ces appareils étant relativement chers, on peut utiliser une
cocotte-minute spécialement achetée et réservée à cet
usage. Les températures atteintes ne dépassant pas 115°C,
125
les temps de chauffe seront prolongés de la moitié du temps
nécessaire en autoclave.
Attention à prendre un modèle suffisamment haut, pouvant
accepter les tubes de culture dans leur galerie métallique.
▪ Autres méthodes
Certains milieux de culture fragiles (comme les milieux au
désoxycholate) ne supportant pas les températures
élevées, on procède à une ébullition à 100°C.
• Pasteurisation
La pasteurisation est toujours suivie d'un refroidissement
rapide. Elle peut se faire en bouteilles ou en vrac. Dans le
premier cas, utilisé essentiellement pour la bière, le cidre ou
les jus de fruits, la boisson est mise en bouteilles ; celles-ci
sont capsulées puis soumises à une aspersion d'eau de plus
en plus chaude, jusqu'à 65 - 75°C ; elles séjournent à cette
température pendant 20 à 30 minutes, puis elles sont
refroidies par de l'eau de plus en plus froide.
La pasteurisation en vrac, généralement utilisée dans le
cas du lait, peut se faire de deux façons : dans la
pasteurisation basse, le lait est chauffé à 60 - 70°C
pendant 30 minutes, ce qui nécessite des récipients de
volume important ; dans la pasteurisation haute, le lait est
chauffé à 85 - 90°C pendant 20 à 30 secondes.
Cette opération se fait dans des appareils à plaques ou à
tubes. L'appareil se divise en 3 parties
126
- L'échangeur, dans lequel le lait froid se réchauffe en
échangeant de la chaleur avec le lait pasteurisé ;
- Le pasteurisateur proprement dit
- Le réfrigérant, où le lait pasteurisé, qui a déjà été
refroidi par le lait froid, va se refroidir encore en
échangeant sa chaleur d'abord avec de l'eau froide,
puis avec de l'eau glacée.

• Tyndallisation (John TYNDALL physicien irlandais)


La tyndallisation consiste en une série de 3 pasteurisations
de 1h. à 70 - 80°C, séparées par un intervalle de 24 heures
à température ambiante, ce qui permet la germination et la
destruction des spores, sans l'emploi d'une température
excessive. Cette méthode est utilisée pour les milieux
fragiles contenant sérum, œuf ou toute substance
thermosensible de forte viscosité qui ne peut être stérilisée
par filtration.
III-1-2 Stérilisation par filtration
Cette méthode est utilisée pour les milieux sensibles à la
chaleur, mais n'est possible que lorsque la viscosité de ces
milieux est faible. On utilise alors, suivant le cas, les bougies
de porcelaine (type Chamberland), les filtres de verre
poreux (le verre fritté N°5 arrête de nombreuses bactéries)
ou les membranes filtrantes à usage unique, de type
Millipore ou Sartorius. Ces dernières sont actuellement les
plus utilisées dans les laboratoires.

127
III-1-3 Stérilisation par les radiations
La stérilisation par les U.V. est utilisée au laboratoire pour
la décontamination de l'air et des paillasses situées sous la
hotte de protection : le rayonnement n'agit que de façon
directe et sa pénétration est faible. Des instruments ou des
récipients tels que les boîtes de Pétri peuvent être stérilisées
de la sorte. D'autres radiations (rayons X.…), peu utilisées,
peuvent cependant servir pour la stérilisation industrielle
des boîtes de Pétri en matière plastique : stérilisation par
ionisation.
III-2 Stérilisation par des agents chimiques
Les antiseptiques liquides ('alcool éthylique, hypochlorite
de sodium (eau de Javel)) et les antiseptiques liquides
(formol) traités au début du cours.
En conclusion, on peut noter que les types de stérilisation
sont nombreux et que, quel que soit le matériel à traiter, il
existe actuellement une méthode adaptée. Dans un
laboratoire dans lequel les élèves manipulent des souches
bactériennes, il est indispensable de respecter les règles
fondamentales de l’asepsie :
- Port d'une blouse en coton, fermée.
- Travail dans la zone de stérilité du bec Bunsen.
- Flambage rapide des orifices des tubes à cultures et
du matériel de prélèvement et d'ensemencement.

128
- Immersion de toutes les lames et petit matériel dans
l'eau de Javel.
- Nettoyage rigoureux des mains avant et après la
séance.
- Nettoyage des paillasses et du matériel
éventuellement contaminé.
- Lavage à ébullition des blouses contaminées.
- Au niveau du laboratoire, les boîtes de Pétri usagés
en plastique devront passer à l’autoclave pendant
30mn à 121 degrés puis jetées.
- Les tubes de culture usagés seront devront passer à
l’autoclave pendant 30mn à 121 degrés puis laver.
- La verrerie et tout le matériel supportant la chaleur
seront soigneusement lavés puis stérilisés dans une
étuve à chaleur sèche (180°C pendant 30 à 45 minutes)
ou un autoclave (120°C pendant 20 à 30 minutes).

CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU


LABORATOIRE DE MICROBIOLOGIE
La biosécurité représente l’ensemble des mesures visant à
prévenir et à contrer les dangers biologiques qui sont liés à
la manipulation et à l'utilisation de matériel biologique dans
les laboratoires d’enseignement, de recherche, des hôpitaux
et l’industrie civile. Le « danger biologique » est défini
comme : « organisme, ou substance dérivée d’un
organisme, présentant une menace réelle ou potentielle
129
pour la santé humaine, animale et/ou végétale,
directement par infection ou indirectement par la
perturbation de l’environnement. »

I Le risque biologique

Danger = ampleur de l’impact de l’événement nocif pour la


santé et pour l’environnement
Exposition = probabilité de l’événement
Risque = Danger X Exposition

L’importance du danger est proportionnelle à :


- l’intensité de sa nocivité (pathogénicité, toxicité,
allergénique, perturbations écologiques, effet nocif indirect)
;
- la disponibilité/coût des moyens pour y remédier ;
- au manque de contrôle de ses circonstances
d’occurrence.

II Groupes de risques des organismes pathogènes


Classification selon :
- pathogénicité,
- dose infectieuse,
- mode de transmission,
- gamme d’hôtes,
- disponibilité des mesures préventives efficaces,
- disponibilité des traitements efficaces.

130
Chaque liste est propre à chaque pays, car elle peut varier
suivant la localisation géographique, son statut sanitaire et
son utilisation.
II-1 Groupe de risque 1
Risque faible ou nul pour les individus ou la
collectivité.
Microorganisme qui, selon toute probabilité, ne peut causer
de maladie humaine ou animale. Lactobacillus acidophilus
(yogourt), Saccharomyces cerevisiae (pain.), Bacillus
subtillis
II-2 Groupe de risque 2
Risque modéré pour les individus, faible pour la
collectivité. Germe pathogène capable de provoquer une
maladie humaine ou animale mais qui constitue rarement
à priori un danger grave pour le personnel de
laboratoire, pour la collectivité et l’environnement. Une
exposition en laboratoire est susceptible d’entraîner une
infection grave, mais qui peut être prévenue ou traitée
efficacement. Par ailleurs le risque de propagation de
l’infection est limité. Ex Salmonella typhimurium, Virus de
l’hépatite A, B et C, VIH.
II-2 Groupe de risque 3
Risque important pour les individus, faible pour la
collectivité. Germe pathogène qui cause habituellement
131
une maladie humaine grave, mais qui ne se transmet
généralement pas facilement d’un individu à l’autre. Il
existe un traitement et des mesures préventives efficaces
(Mycobacterium tuberculosis, Bacillus anthracis).

II-2 Groupe de risque 4


Risque élevé pour les individus, élevé pour la
collectivité. Germe pathogène qui cause habituellement
une maladie humaine grave et qui peut se transmettre
facilement d’un individu à l’autre, soit directement soit
indirectement. Il n’existe généralement ni traitement ni
mesures préventives efficaces (Ebola, Marburg, fièvre de
Lassa, H5N1 (grippe aviaire) Yersinia pestis…)

III Niveau de confinement des laboratoires


Chaque laboratoire correspond à un niveau de confinement
qui tient compte des aménagements, des équipements et
des techniques associées à la manipulation d’un agent
pathogène donné. Il existe 4 niveaux de confinement :
III-1 Niveau de confinement 1
Correspond au laboratoire de base pour les agents
microbiens du groupe 1.
Caractérisé par certaines conditions :
- Le personnel doit porter des équipements de protection
nécessaires (blouses, gants, lunettes, etc.)
132
- Des pratiques à découvert sur les paillasses
- Le respect des règles aseptiques.
- L’inactivation chimique des déchets biologiques ;
- Un autoclave est accessible sur le site ;
- La co-existence de plusieurs types d’activités.

Pas de conception particulière des laboratoires ni d’une


enceinte de sécurité biologique.

III-2 Niveau de confinement 2


Correspond au laboratoire destiné à la manipulation des
agents microbiens du groupe 2. Les principaux risques
d’exposition sont l’ingestion, l’inoculation et
l’exposition des membranes et des muqueuses.
Caractérisé par certaines conditions :
- Le personnel doit porter des équipements de protection
nécessaires (blouses, gants, lunettes, etc.)
133
- Des enceintes de sécurité biologique (hotte à flux
laminaire) ;
- Des centrifugeuses à rotor scellées ou munies de godets
de sécurité ;
- Un autoclave doit être disponible dans le bâtiment.

III-3 Niveau de confinement 3


Correspond au laboratoire pour la manipulation des agents
microbiens du groupe 3. Ce niveau de confinement
nécessite une conception spéciale. Bâtiment avec accès
exclusif au personnel autorisé.
134
III-4 Niveau de confinement 4

Correspond au laboratoire pour la manipulation des


agents microbiens du groupe 4. Ce niveau de confinement
nécessite une conception spéciale.

IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM) ou


enceinte de sécurité microbiologique (ESB)
Les PSM sont des appareils équipés de filtre HEPA (High
Efficiency Particulate Air) et conçus pour offrir une
protection à la fois du personnel et du produit contre
des matériaux biologiquement dangereux. Il existe trois
types de PSM.

135
IV -1 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe I
(PSM I)

Un flux d’air dirigé vers l’intérieur du poste contient les


aérosols générés pendant les manipulations
microbiologiques. Il passe ensuite à travers un système de
filtration qui capture les particules et contaminants présent
dans l’air. Enfin, l’air pur et décontaminé est évacué du
poste. Le système de filtration est généralement formé d’un
préfiltre et d’un filtre HEPA (High Efficiency Particulate Air).

Il protège l’opérateur et l’environnement de toutes


expositions aux éléments biologiquement dangereux, mais
n’empêche pas les échantillons d’entrer en contact avec
des particules présentes dans l’air ou des contaminants
qui pourraient se trouver dans l’air ambiant. Il est donc
136
possible qu’une contamination croisée puisse affecter la
manipulation.
Tous les postes de de sécurité de Classe I peuvent être
utilisés avec des agents microbiologiques de sécurité
biologique de niveau 1, 2 et 3.

137
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II
(PSM II)

Tout comme les PSM I, les PSM II possèdent un flux d’air


dirigé vers l’intérieur du poste. Ceci est appelé flux entrant
et empêche les aérosols générés lors des manipulations
microbiologiques de s’échapper par la partie avant du
poste.

Mais à l’inverse des PSM I, le flux entrant traverse une veine


de garde proche de l’opérateur. Le flux d’air pénétrant la
zone de travail est intégralement filtré pour qu’ainsi le produit
à l’intérieur de la zone de travail ne soit pas contaminé par
l’air extérieur. Une caractéristique unique aux PSM II est le
flux d’air laminaire (unidirectionnel) descendant et vertical
filtré par un filtre HEPA à l’intérieur du poste. Ceci, appelé
flux descendant, permet d’évacuer continuellement les
particules et contaminants présents dans l’air et de protéger
les échantillons manipulés à l’intérieur du poste de toutes
contaminations.

Ces PSM II sont aussi utilisés pour un travail avec des


agents de niveau de sécurité biologique de niveau 1, 2, et
3.

Les PSM II sont classés en PSM II de type A(A1/A2) et


PSM II de type B (B1et B2).
138
La principale différence entre un poste de Type A et un
poste de Type B est que le second fonctionne avec un
ventilateur externe qui évacue l’air vers l’environnement
extérieur à travers un système de conduit dédié.

139
140
IV -3 Postes de Sécurité Microbiologique de Classe III
(PSM III)

Le poste de sécurité microbiologique de Classe III offre un


niveau de sécurité absolu, qui ne peut être atteint avec PSM
I et II. Ces postes sont construits avec du métal soudés
conçu pour éviter toute fuite de gaz. Les manipulations sont
effectuées à travers un port pour gants à l’avant du poste.
Lors d’opération courante, une pression négative relative à
l’environnement ambiant est maintenue dans le poste. Cela
offre une protection supplémentaire.

141
Un approvisionnement en air ayant subi une filtration HEPA
offre une protection du produit et évite toutes contaminations
croisées des échantillons. L’air évacué est habituellement
filtré via un filtre HEPA. Une double filtration HEPA avec
deux filtres en série peut être utilisée.

Les matériaux sont transférés dans le poste en utilisant une


boite de passage installée sur le côté de la zone de travail.
Les PSM III évacuent habituellement l’air dans le
laboratoire. Mais, l’air peut être également évacué à travers
un système de conduit dédié vers l’environnement extérieur.
Dans ce dernier cas, les postes sont adaptés pour un travail
avec agents chimiques toxiques utilisés comme
complément lors des procédures microbiologiques.

IV-4 Règles de base pour un travail dans un PSM


142
- S’assurer que le PSM est adapté à l’opération.
- Placer tout le matériel nécessaire à l’opération avant de
commencer.
- Veiller à laisser les grilles d’aération libres
- Manipuler au centre de la zone de travail.
- Ne pas surcharger la zone de travail

- Garder les grilles d’aération libres de tout matériel


-Garder les portes et fenêtres fermées.
-Sortir les déchets seulement à la fin des manipulations
- Ne pas sortir les pipettes infectées avant d’avoir fermé le
sac à autoclave.
- Éliminer les gants souillés avant de toucher du matériel
en dehors de l’enceinte (règle des gants doubles).

V Règles communes à tous les niveaux de confinement

143
V-1 Adopter les bonnes pratiques de laboratoire

V-1-1 Éviter tout risque d’ingestion ou de contact


- On ne mange pas, on ne boit pas, on ne fume pas.

- On ne stocke pas des aliments dans les réfrigérateurs


contaminés.
- On ne pipette pas à la bouche

V-1-2 Porter des équipements de protection personnel


;

144
Blouse, pantalon long, souliers fermés, lunettes de
sécurité.

V-1-3 Éviter tout risque d’inoculation

- Éviter les objets piquants et coupants.


- Si possible, ne pas utiliser de vaisselle en verre.
- Ne pas reboucher les aiguilles.
- Utiliser des contenants spécifiques pour éliminer les
déchets.

145
V-1-3 Éviter tout risque d’inhalation
- Porter un masque pour des agents transmis par voie
aérogène.
- Éviter la génération d’aérosols.
- Utiliser des embouts pour micro pipette avec filtres.

146
147
V-1-4 Avoir des espaces de travail propres et organisés
- Éviter l’accumulation de papier et de matériel.
- Nettoyer son espace de travail avant et après.
- Appliquer les bonnes techniques de travail.

V-2 Appliquer les méthodes de désinfection et de


décontamination
148
▪ Que faire pour limiter la contamination ?
- Appliquer la consigne « mains propres en zone propre ».
- Ne pas se gratter avec des mains gantées.
- Ne pas utiliser son cellulaire ou portable pendant les
manipulations.
- Ne pas quitter le local avec des gants et la blouse utilisés
dans la zone de confinement.
- Nettoyer la zone de travail avant et après les
manipulations.

▪ Que faire si l’on renverse l’agent biologique


pathogène ?

- Laisser reposer les aérosols, +15min.


- Interdire l’accès à la zone contaminé.
- Mettre les équipements de protection.
- étendre un papier absorbant sur la zone souillée.
- imbiber le papier de la solution de désinfection.
- laisser agir plus de 10 minutes.
- essuyer, rincer et sécher complètement.
Même traitement pour les vêtements

▪ Que faire en cas de bris d’une bouteille ou d’un


tube contenant l’agent biologique pathogène ?

- Ne pas toucher les débris avec les mains.


- Mettre les équipements de protection nécessaire.
149
- Appliquer les règles précédentes avec PRUDENCE

▪ Que faire en cas de blessure ?

• Blessure légère
1. Lavage
2. Faire saigner la plaie par légère pression (ne pas sucer).
3. Utiliser la trousse de premiers soins.
4. Aviser le supérieur immédiat

• Blessure nécessitant un médecin


- Si nécessaire, appliquer une compresse pour limiter le
saignement.
- Enlever la blouse.
- Sortir et fermer le local.
- Aviser le supérieur immédiat
- Aller voir le médecin au maximum dans les 2hrs suivant
l’incident.
- Rédiger un rapport d’incident

V-3 Appliquer la gestion des déchets

▪ Liquides :

- Traiter à l’eau de javel 10 % plus de 10 min, ensuite


élimination à l’évier.
- Décontaminer à l’autoclave.

150
▪ Solides : sacs biorisques : embouts, contenants de
culture, gants, pipettes, papiers.
- Décontaminer à l’autoclave, ensuite ils sont éliminés
dans les déchets réguliers.

▪ Solides tranchants et piquants : conteneurs en


plastique étiqueté.
- Décontaminer à l’autoclave,
- Entreposer
- Eliminer par une compagnie extérieure

Habibata MAIGA/TINTO

Enseignante permanente ENSP

151
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

Objectifs

Définir un antibiotique

Classer un antibiotique selon un critère proposé

Citer les cibles des antibiotiques sur les bactéries

Décrire les principaux mécanismes d’action des antibiotiques sur


les bactéries
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
Objectifs

Enoncer les principales familles d’antibiotiques et leurs spectres


d’activité

Décrire les principaux mécanismes de résistances des bactéries


aux antibiotiques

Expliquer les méthodes d’étude de résistance des bactéries aux


antibiotiques
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
Historique

Jusqu’ à la découverte des antibiotiques (ATB) il y a un siècle, les


maladies infectieuses étaient une cause importante de mortalité
humaine.

En1928 le Dr Alexandre Flemming observe un envahissement des


cultures de staphylocoques par des colonies d’un champignon
microscopique (Penicillium notatum).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
Historique

Autour de ces colonies de champignon, les staphylocoques ne se


sont pas développés.

Il devine qu’une substance secrétée par ce champignon en est


responsable et l’appelle aussitôt « pénicilline ».
Par la suite plusieurs antibiotiques ont été découverts.

1939 : Forey purifie la pénicilline (1er antibiotique)


CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
Historique

1942 : Production industrielle de la pénicilline beaucoup utilisée


pendant la seconde guerre mondiale pour soigner les plaies.

Depuis, c’est un progrès constant qui est réalisé dans le domaine


de l’antibiothérapie avec la découverte de beaucoup d’autre
antibiotiques.
Malheureusement les microorganismes ont la possibilité de
devenir résistants à ces substances par une série de mécanismes
(résistance acquise, résistance naturelle).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

I Définition

Les antibiotiques sont des substances naturelles ou synthétiques


antibactériennes qui agissent à faible dose et ont une action
spécifique sur une cible (un constituant de la cellule bactérienne).

Cette spécificité d’action se fait à l’échelle moléculaire et permet de


définir le spectre d’activité d’un antibiotique (ensemble des bactéries
sensibles à l’action d’un antibiotique).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II Classification des antibiotiques
Les antibiotiques peuvent être classés selon différents critères.

Selon leur origine :


Naturelle : ATB produits par les microorganismes :
- Bactéries Streptomyces (S. griseus pour streptomycine),
Bacillus (polymyxine, colistine, bacitracine, tyrothricine,
gramicidine).
- Champignons microscopiques (Penicillium notatum,
Cephalosporium acremonium) ex. penicilline V, Penicilline G.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II Classification des antibiotiques
Selon leur origine :

Hémi synthétiques : Modification de molécules naturelles (ex.


Amoxicilline, ampicilline)

Synthèse totale (ex. Sulfamides)


CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II Classification des antibiotiques


Selon leur effet
Les antibiotiques agissent à faible concentration.
Antibiotiques bactériostatiques : inhibent la croissance bactérienne
phénicolés, cyclines, sulfamides, triméthoprime, Acide fusidique, Linezolide

Antibiotiques bactéricides : provoquent la mort de la bactérie.


(Bêtalactamines, aminosides, polypeptides, rifampicines, nitro-imidazolés,
cotrimoxazole, quinolones.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II Classification des antibiotiques

Selon le spectre d’activité:


C’est l’ensemble des espèces bactériennes sur lesquelles
l’antibiotique est actif.
Le spectre peut varier dans le temps suite à l'apparition de
résistance bactérienne.

Antibiotiques à large spectre : actifs sur la plupart des bactéries,


les bactéries GRAM+ et GRAM- ex (Aminosides, phénicolés,
cyclines, sulfamides, céphalosporines).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II Classification des antibiotiques

Selon le spectre d’activité:

Antibiotiques à spectre étroit: actifs soit seulement sur les


bactéries GRAM – ; ex (Acide Nalidixique), soit seulement sur les
GRAM+ ;(Pénicillines, macrolides, vancomycine).
Antibiotiques à spectre très étroit : antibiotique actif sur une
seule espèce ; Ex (Cefsulodine, Azlociline) actifs sur le bacille
pyocyanique.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II Classification des antibiotiques

Selon le site d’action : Les antibiotiques sont actifs sur:


- La paroi bactérienne : β lactamines, Glycopeptides, fosfomycine
- La membrane cytoplasmique : Gramicidines, Polymyxines
- La synthèse protéique : Aminosides, Cyclines, Macrolides,
Lincosamides, Synergistines, Kétolides, Phénicolés, Cotrimoxazole,
Rifamycines, Acide fusidique.
- La synthèse des acides nucléiques : Quinolone (Acide Nalidixique,
ciprofloxacine, lévofloxacine)
- La synthèse des folates : Sulfamide, Triméthoprime
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II Classification des antibiotiques

Selon la nature chimique : très variable, elle est basée souvent


sur une structure de base (ex : cycle β lactame) sur laquelle il y a
hémisynthèse.

Cette classification permet de classer les antibiotiques en


familles, lesquelles sont subdivisées en sous familles puis en
groupes, ou en génération
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II Classification des antibiotiques

II-1 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse du peptidoglycane

- β Lactamines,
- Glycopeptides
- Fosfomycine.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II-1 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse du


peptidoglycane

II-1-1 Les β lactamines


Famille comprenant 5 groupes majeurs :
- Les Pénames
- Les pénèmes
- Les oxapénames
- Les céphèmes
- Les monobactames.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines

❑ Les Pénames

Comprend des sous-groupes représentés sur les tableaux


suivants :
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames

Sous-groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Parentérales :
-Benzyl Pénicilline (péni G) C(+): Streptocoques (A, C, G
-Benzyl Pénicilline procaine et B), Pneumocoques
Bénéthamine-
benzylpénicilline
Pénicilline G C(-) : Neisseria
Benzathine- benzyl pénicilline Méningitidis
et ses dérivés
Orales :
- Phénoxy méthyle pénicilline B(+): Corynebacterium
(pénicilline V) diphteriae, Bacillus anthracis
Listeria monocytogenes
- Clométocilline
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames

Sous-groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- Méthicilline
Staphylocoque
Pénicillines M (anti- - Oxacilline producteur de
staphylococciques) - Isoxazolyl-pénicillines) : pénicillinase.
Staphylocoque
Cloxacilline, Dicloxacilline,
MRSA (sensibles à
Flucloxacilline…… l’Oxacilline)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames

Sous-groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Ampicilline et dérivés
- Entérobactéries sauf :
Aminopénicillines (Bacampicilline, Klebsiella, Enterobacter,
(Pénicillines à large Métampicilline Serratia et Proteus indole+
spectre) Pivampicilline, .
Pivampicilline)
- Amoxicilline, - Neisseria meningitidis,
- Epicilline
- Haemophilus
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames
Sous- Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité
groupes
- Pseudomonas aeruginosa).

- Carbénicilline - B(-) résistants à l’ampicilline


Carboxy- (Entérobactéries productrices
pénicillines - Ticarcilline
de céphalosporinases :
Citrobacter, Enterobacter,
Serratia, Proteus indole+)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames

Sous-groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Acyl-amino- - Azlocilline - Entérobactéries productrices


pénicillines - Mezlocilline de céphalosporinases.

- Pseudomonas aeruginosa,
(Uréido- - Pipéracilline
pénicillines) - Acinetobacter
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames

Sous-groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Amidino- - Mécillinam
pénicillines -Pivmécillinam B(-)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Pénames

Sous-groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Pénicillines bactéries à Gram (-)


sulfones : fermentaires
inhibiteurs de β Ampicilline+Sulbactam
lactamases
utilisées en Pipéracilline+Tazobactam Bactéries à Gram (-)
association oxydatifs
avec une β
lactamine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines:
❑Les Céphèmes

En général les céphèmes, céphamycines et oxa1céphèmes, en


dépit de leurs différences de structure sont souvent désignés en
céphalosporines et classés selon leur activité antibactérienne
en générations

Ce sont tous des produits à large spectre mais dont l'intérêt réside
surtout dans leur activité sur les bacilles à Gram négatif.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Céphèmes

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité


Injectables - Staphylocoque MRSA-
Céfalotine, Céfacétrile,
Céfapirine - Streptocoques (sauf
Injectables entérocoques)
Céphalosporines Céfaloridine,
de 1ère - [Link]
Céfazoline
génération - Certains B(-) ([Link],
Orales : Céfalexine,
Céfradine, Céfadroxil, Proteus mirabilis,
Céfaclor
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Céphèmes

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- Staphylocoque MRSA
Injectables
Céphalosporines Céfoxitine - Streptocoques groupe A
de 2 -ème (Céfamycine) - Streptococcus pneumoniae
génération Céfuroxime
Céfamandole - Haemophilus Influenzae
- B (-)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Céphèmes

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité


Injectables
Céfotaxime, - B (-)
Céftizoxime,
Céftriaxone - C (+) : Pneumocoque, Streptocoque
Céphalosporines
de 3 -ème Latamoxef (Oxacephem), (sauf Entérocoque)
génération Ceftazidime - C (-)
Cefménoxime,
Cefpirome, Cefsulodine - Pseudomonas (Ceftazidime).
Céfépime, Cefpirone
Orales : Céfixime
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Céphèmes

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- B (-)
Céphalosporines Céfépime - C (+) : Pneumocoque,
de 4 -ème Céfpirome
génération Streptocoque
- C (-)
- Pseudomonas
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Sous groupes Céphèmes

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Céfopérazone, - Pseudomonas,
Autres
Céphalosporines Céfotiam, - C (-)
Céfotétan (céphamycine)
- Entérobactéries.
Céfsulodine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Carbapénèmes, Oxapénames, Monobactames

Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité


(DCI)

Imipénème Bactéries à
Gram (-)
Carbapénèmes Méropénème
Ertapénème y compris Pseudomonas
aeruginosa
Faropenem
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Carbapénèmes, Oxapénames, Monobactames

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Oxapénames ou Amoxicilline+Acide
clavams (acide clavulanique
clavulanique B (-) fermentaires
inhibiteurs de β B (-) oxydatifs
lactamases Ticarcilline + Acide
utilisés en clavulanique
association
avec une β
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-1 Les β lactamines: Carbapénèmes, Oxapénames, Monobactames

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Monobactames - Aztréonam Actif uniquement sur les


bacilles à Gram-y compris
Pseudomonas aeruginosa.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-2 Les Glycopeptides et Fosfomycine

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Bactéries à Gram +:

-Vancomycine - Staphylocoques MRSA+


Glycopeptides -Teicoplanine - Entérocoques
- Pneumocoque résistant
aux pénicillines
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-1-2 Les Glycopeptides et Fosfomycine

Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité


(DCI)
- Staphylococcus aureus et
- Streptococcus pneumoniae
- Entérobactéries sauf
Non classé Fosfomycine
Morganella morganii.
- N. meningitidis, Pasteurella
Pseudomonas aeruginosa
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines

- Aminosides,
- Macrolides-Lincosamides
- Streptogramines (MLS),
- Tétracyclines,
- Phénicolés
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité
- Streptomycine
Aminosides - Dihydrostreptomycine C (+)
- Néomycine, Paromomycine B (+)
Les aminosides sont - Kanamycine, C (-)
souvent utilisés en - Tobramycine B (-)
association avec - Dibékacine Mycobactéries
d'autres - Amikacine (streptomycine,
antibiotiques (β - Gentamicine kanamycine).
lactamines) - Sisomycine
- Nétilmicine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)
- C (+) : Staphylocoque MRSA -
Erythromycine, - Streptocoques
Oléando mycine - C (-) Neisseria, Moraxelles
Roxithromycine, - B (+): Corynebacterium diphteriae, Listeria
Macrolides Clarithromycine, monocytogenes, Bacillus
Dirithromycine - B (-): Campylobacter, Helicobacter,
Azithromycine Legionella
Josamycine, Certains anaérobies: Eubacterium,
Spiramycine Propionibacterium
Midécamycine Autres bactéries: Mycoplasma
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)

- Lincomycine - Staphylocoques
Lincosamides
- Clindamycine - Streptocoques sauf entérocoques
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)

- Pristinamycine
- Staphylocoques
- Virginiamycine - Streptocoques
Streptogramines
- Quinupristine
-Dalfoprystine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)
- Bactéries à multiplication
Oxytetracycline intracellulaire (Chlamydia, Brucella,
Chlortetracycline. Rickettsia, Mycoplasma, Borrelia,
Tetracyclines Leptospira,pasteurella...)
Doxycycline,
Minocycline - Bactéries à Gram (+) Bacillus
anthracis,
Glycylcyclines - Bactéries à Gram (-)
Neisseria gonorrhoeae, Francisella
tularensis, Yersinia pestis
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous Antibiotiques Spectre d’activité
groupes (DCI)

- Chloramphénicol Bactéries à Gram(+) et (-)


Phénicolés -Thiamphénicol Réservés au traitement de la fièvre
typho- paratyphoïdique.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)

Bactéries à Gram+ résistantes aux


Oxazolidinones Linézolide traitements habituels y compris les
multi résistantes.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-2 Les antibiotiques Inhibiteurs de la synthèse des protéines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)

Antibiotique Acide fusidique Bactéries à Gram+, surtout utilisé


non classé comme anti staphylococcique.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II-3 Antibiotiques actifs sur les enveloppes membranaires :
Polymyxines
Sous groupes Antibiotiques Spectre d’activité
(DCI)

B (-) sauf Proteus, Providentia,


- Polymixine B
Polymixines Serratia marcescens, Morganella
- Polymixine E
morganii, et Edwardsiella tarda
ou colistine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

II - 4 Les antibiotiques inhibiteurs des acides nucléiques :

- Quinolone
- Fluoroquinolones,
- Rifamycines,
- Nitrofuranes
- Novobiocine
- Nitro-imidazoles
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 4 Les antibiotiques inhibiteurs des acides nucléiques :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- Acide nalidixique,
Quinolone - Acide pipémidique, Entérobactéries
- Acide oxolinique
- Fluméquine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 4 Les antibiotiques inhibiteurs des acides nucléiques :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- Péfloxacine - Entérobactéries
- Ofloxacine
- Norfloxacine, - Staphylocoques
Fluoroquinolone
- Ciprofloxacine - Streptocoques
- Lévofloxacine,
- Moxifloxacine - Pneumocoques
- Sparfloxacine - B (+) sauf Bacillus
- Gatifloxacine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 4 Les antibiotiques inhibiteurs des acides nucléiques :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- Mycobactéries
- Bactéries à Gram+ à
- Rifamycine
Rifamycines développement
- Rifamycine
cellulaire.
- Divers bacilles à Gram
dont Brucella.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 4 Les antibiotiques inhibiteurs des acides nucléiques :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

- Staphylocoques

Non classé Novobiocine - Cocci à Gram-


- Haemophilus
- Pasteurelles.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 5 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des folates :

- Sulfamides

- Triméthoprime et association
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 5 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des folates :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Sulfapyridine,
Sulfafurazole Bactéries à Gram(-)
Sulfamides Sulfaméthoxydiazine mais il existe beaucoup
Sulfaméthoxypyridazine de résistances vis à
Sulfaméthoxazole vis de ces antibiotiques.
Sulfaméthizole
Sulfaguanidine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 5 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des folates :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Il est utilisé en
association avec les
2-4 diaminoptéridine Trimethoprime sulfamides (voir
Sulfamides+
Triméthoprime
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
II - 5 Les antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des folates :

Sous groupes Antibiotiques (DCI) Spectre d’activité

Sulfamides+ Bactéries à Gram(+) et


Trimethoprime Sulfaméthoxazole (-) mais il existe
+Trimethoprime beaucoup de
résistances vis à vis de
(Cotrimoxazole) ces antibiotiques.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

III Mécanismes d’action des antibiotiques sur les


cibles bactériennes

Et

Mécanismes de résistance des bactéries aux


antibiotiques
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

Pour qu'un antibiotique soit actif, il faut :

Qu’il pénètre

Qu’il ne soit ni modifié ni détruit

Qu’il se fixe à une cible


CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-1 Qu'il pénètre

a/ Au niveau du foyer infectieux

Un antibiotique ne diffuse pas également dans tous les tissus de


l'organisme. Les taux tissulaires sont le plus souvent inconnus
parce que difficilement mesurables.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-1 Qu'il pénètre


a/ Au niveau du foyer infectieux
- Bonne diffusion : phénicolés, cyclines, macrolides,
fluoroquinolones.
- Diffusion médiocre : Aminosides, polymyxines, vancomycine
- Diffusion moyenne : Bêta- lactamines
Dans les poumons, les antibiotiques diffusent assez bien.
Dans le LCR, la diffusion est limitée puisque l'on retrouve en moyenne
le 1/10 des taux sanguins. Pénicilline G, ampicilline et quelques
céphalosporines de 3ème génération (C3G) diffusent un peu mieux.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-1 Qu'il pénètre


b/ Dans la bactérie

La paroi des bactéries à Gram positif est relativement perméable


à la plupart des antibiotiques.

La paroi des bactéries à Gram négatif est en règle générale


beaucoup moins perméable à cause de la membrane extérieure.
La structure de cette membrane varie selon les espèces
expliquant la perméabilité relative des cocci à Gram négatif.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-1 Qu'il pénètre


b/ Dans la bactérie
La traversée de la membrane extérieure dépend des caractéristiques
de la molécule telles que la taille, la solubilité et sa charge
électrique.

Ainsi les aminosides sont hydrosolubles et pénètrent par la voie des


porines mais ils sont aussi chargés positivement ce qui leur permet de
s'introduire en désorganisant la double couche lipidique.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-1 Qu'il pénètre


b/ Dans la bactérie
La traversée de la membrane cytoplasmique peut se faire par
simple diffusion passive ou transport actif.
Les aminosides utilisent le transport actif en se fixant à une
protéine associée à une chaîne transporteur d'électron.
La respiration anaérobie produit peu d’énergie, ce qui explique la
résistance des bactéries anaérobies aux aminosides.
La résistance des streptocoque aux aminosides pourrait
s’expliquer par le même phénomène
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-2 Qu'il ne soit ni modifié ni détruit

a/ Dans l'organisme
La plupart des antibiotiques ne sont pas modifiés dans
l'organisme.

Certaines transformations aboutissent d'ailleurs à des formes


encore actives.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-2 Qu'il ne soit ni modifié ni détruit


b/ Dans la bactérie
De nombreuses enzymes codées par le chromosome bactérien
ou par des plasmides sont capables de détruire ou de modifier la
molécule de façon telle que la fixation à la cible est rendue
impossible.
Une fois de plus, les bactéries à Gram négatif sont avantagées car
la membrane extérieure délimite un espace périplasmique où
pourront s'accumuler certaines de ces enzymes.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-3 Qu'il se fixe à une cible


Cibles principales que peuvent atteindre les antibiotiques :
- Les membranes : extérieure et cytoplasmique
- La voie de synthèse du mucopeptide (peptydoglycane) de la
paroi
- La voie de synthèse des protéines
- La voie de synthèse des acides nucléiques
- La synthèse de l’acide folique
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III -1 conditions d’action des antibiotiques

III-1-3 Qu'il se fixe à une cible

Souvent, l'effet des antibiotiques ne dépend pas que de la fixation


à une cible unique. Les bêtalactamines sont des antibiotiques
bactériostatiques : l'effet bactéricide que l'on observe tient à
l'activation excessive d'un système autolytique normal.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques

Pour échapper à l’action létale des antibiotiques, les bactéries ont


développé de très nombreux mécanismes biochimiques de
résistance, associés à une grande ingéniosité génétique pour les
acquérir et les diffuser.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques

III-2-1 Résistance naturelle

Caractéristique propre à toutes les souches d ’une même espèce


bactérienne qui définit le Phénotype sauvage

❖ Exemples :
- Entérobactéries Résistant à la Pénicilline G
- Klebsiella Résistant à l’ Ampicilline, Ticarcilline
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques

III-2-1 Résistance naturelle


❖ Importance de sa connaissance :

- Identification des bactéries


- Spectre des antibiotiques
- Antibiothérapie probabiliste et prophylactique
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques

III-2-1 Résistance naturelle

❖ Mécanismes de résistance naturelle

- Imperméabilité : défaut pour atteindre la cible


- inactivation enzymatique
- efflux
- Modification de la cible
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques
III-2-1 Résistance naturelle
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques
III-2-1 Résistance naturelle
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques
III-2-1 Résistance naturelle
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des
bactéries aux antibiotiques
III-2-1 Résistance naturelle
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2 Généralités sur les mécanismes de résistance des bactéries
aux antibiotiques
III-2-2 Résistance acquise

Caractéristique de certaines souches d’une même espèce bactérienne


: définit le phénotype de résistance acquise

Résulte de modifications génétiques :


Mutation des gènes endogènes
Acquisition de gènes exogènes
La résistance acquise a un caractère évolutif. L’émergence de cette
résistance est sous la dépendance de la pression de sélection par les
antibiotiques : médecine humaine, vétérinaire, agroalimentaire.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-2-2 Résistance acquise
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3 Mécanismes d’action des antibiotiques et de résistance
des bactéries.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3 Mécanismes d’action des antibiotiques et de résistance des
bactéries.
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne

Bêtalactamines, Glycopeptides, Fosfomycine

Les Bêtalactamines

Les ß-lactamines qui comprennent les pénicillines et les céphalosporines,


exercent leur effet antibiotique sur la synthèse du peptidoglycane et sont sans
effet sur les organismes dépourvus de paroi, comme les mycoplasmes. Les
ß-lactamines, de par leur structure chimique, inhibent les transpeptidases extra
cytoplasmiques à condition d'entrer en contact avec elles.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
❑ Rappel : structure du peptidoglycane
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
1- Etape cytoplasmique

- Synthèse de N-Acétyle glucosamine

- Synthèse du N-acétyl muramyl-pentapeptide sous forme de son


dérivé (Uridine diphosphate UDP- acétyl- muramyl -
pentapeptide, terminé par un dipeptide, le D-alanyl- D-alanine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi


bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
1- Etape cytoplasmique

Cette synthèse s’effectue à partir des précurseurs (N-


acétylglucosamine, le PEP (phosphoénol - pyruvate) et les 5
acides aminés

La phosphoénolpyruvate transférase permet la conversion de la N-


Acétyl - glucosamine en N-Acétyl- muramique.
Elle est inhibée par la Fosphomycine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi


bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
1- Etape cytoplasmique

La synthétase permet la synthèse de N-Acétyl- muramique


Pentapeptide terminée par un dipeptide (D Alanine- D Alanine
L’Alanine - racémase permet de transformer la L- alanine en D –
Alanine. La D-alanine-D- alanine synthétase permet la synhèse du
dipepeptide D-Alanine-Dalanine. Elle est inhibée par la
glycosérine.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
1- Etape cytoplasmique
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
2 - Etape membranaire

- Formation du polymère initial: Un transporteur lipidique fixé à la


membrane par sa partie non polaire (undécaprényl-phosphate
Chez Staphylococcus aureus), fixe le N-acétyl muramyl
pentapeptide, et permet sa condensation avec la N-acétyl
glucosamine.

- Addition de courtes chaînes peptidiques (ponts interpeptidiques)


au niveau du 3ème acide aminé du pentapeptide (L-Lys).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
2 - Etape membranaire

- L'ensemble (disaccharide + peptides) est ensuite transféré sur


la face externe de la membrane cytoplasmique au niveau du
site extérieur d’incorporation du pepdidoglycane en croissance.

- Le transporteur lipidique doit être régénéré doit alors être


régénéré, cette étape est inhibée par la bacitracine
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
2 - Etape membranaire
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
3 - Etape pariétale

- Transglycosylation: formation de liaisons osidique β 1- 4 entre


les unités N- Acétyle Glucosamine et N-Acétyle Muramique -
pentapeptide catalysée par des trans glycosylases ou
glycosyltransférase.

-
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes
3 - Etape pariétale
- Transpeptidation: formation des ponts inter peptidiques par
catalysée les transpeptidases.
Le groupement C - terminal de l’avant dernier résidu D-Alanine d’un
peptide donneur est transféré au groupement N-terminal de la lysine
d’un peptide accepteur (peptidogycane en croissance.)

Au cours de cette réaction, l’énergie contenue dans la liaison D-


Alanine-D-Alanine du peptide donneur est utilisée pour la liaison
inter peptidique catalysée par la transpeptidase membranaire.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES

III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi


bactérienne
❑ Synthèse du peptidoglycane: 3 - Etape pariétale
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
Synthèse du peptidoglycane: 3 étapes

3 - Etape pariétale

Ces Transglycosylases et transpeptidases sont fixées à la


partie externe de la membrane cytoplasmique et sont appelées
Protéines Liant les Pénicillines (PLP) ou Protein Binding
Penicillin (PBP).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de la paroi
bactérienne
Mode d’action des Bêta lactamines et mécanisme de résistance
des bactéries

Chez les bactéries à Gram positif, les β lactamines traversent


librement la paroi et se fixent sur les PLP.

Chez les bactéries à Gram négatif, Les β lactamines passent à


travers les porines de la membrane externe, traversent le
peptidoglycane, l’espace périplasmique pour se fixer sur les PLP.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Action des Bêta lactamines et mécanisme de résistance des bactéries
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Mode d’Action des Bêta lactamines

Les béta-lactamines agissent ensuite en inhibant la dernière étape de


la synthèse du peptidoglycane en se fixant de manière covalente sur
les protéines liant les pénicillines (PLP ou PBP) transpeptidase,
Trans glycosylase ou carboxypeptidase) qui sont des protéines
enzymatiques.

Les PLP varient en nombre et en variété selon les espèces


bactériennes.
Chaque β-lactamine a une affinité maximale variable pour ces
différentes PLP.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne

Mode d’Action des Bêta lactamines

Les lactames se fixent très facilement sur ces PLP parce qu'elles
possèdent une analogie structurale avec un constituant du
peptidoglycane en formation qui est un substrat naturel de ces
enzymes.
Il s'agit du dipeptide D-alanine-D-alanine.
Une fois fixé, le cycle lactame s’ouvre et bloque le fonctionnement
de ces enzymes.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Mode d’action des Bêta lactamines
- Blocage de la
synthèse du
peptidoglycane.

- Arrêt de la
croissance
(bactériostase).

- Dégradation du
peptidoglycane sous
l'action d'auto lysines
(bactéricidie)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Résistance des bactéries aux bêta lactamines
Les Bêta lactamases
(pénicillinases,
céphalosporinases …)
hydrolysent le cycle Bêta
lactame.

Les β lactamases à
spectre étendu inactivent
les céphalosporines de
3ème génération C3G).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Résistance des bactéries aux bêta lactamines
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Résistance des bactéries aux bêta lactamines Certaines souches de S.
aureus résistent à la
méticilline en exprimant une
nouvelle PLP (PLP 2a)
sous la dépendance du
gène mecA.

Les souches de
Staphylococcus aureus
Résistantes à la Méticilline
(SARM) sont alors
résistantes à l’ensemble
des Bêtalactamines et sont
classées dans les bactéries
multirésistantes.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
Résistance des bactéries aux bêta lactamines

S. pneumoniae est
résistant à la
pénicilline G en
modifiant plusieurs
PLP (PLP
mosaïques)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
b) les glycopeptides : Mode d’action
Les glycopeptides se fixent
étroitement par cinq liaisons
hydrogène à la terminaison D-
alanine - D-alanine du
pentapeptide au niveau du
précurseur du peptidoglycane à la
surface externe de la membrane
cytoplasmique.

Ils inhibent ainsi la


transpeptidation et altèrent la
synthèse de la paroi bactérienne.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
b) les glycopeptides : Mécanisme de résistance des bactéries
Modification de la
cible:
Substitution du
dipeptide D-alanine-D-
alanine par le
dipeptide D-alanine-D-
lactate, affinité plus
faible, synthèse de la
paroi possible.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
c) La fosfomycine: Mécanisme d’action La fosfomycine se comporte
comme un analogue du
phosphoénolpyruvate et
inhibe l'enzyme pyruvyl-
transférase (ou pyruvate-
UDP-N-acétylglucosamine-
transférase), ce qui a pour
conséquence de bloquer la
formation d'acide N-
acétylmuramique, l'un des
constituant essentiels du
peptidoglycane de la paroi
bactérienne.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-1 ATB inhibiteurs de la synthèse de la paroi bactérienne
c) La fosfomycine: Mécanisme de résistance La pénétration
intracytoplasmique de la
fosfomycine nécessite un
transport actif. L'absence ou
l'inactivation (par mutation
chromosomique) de ce
système de transport actif
provoque une résistance à la
fosfomycine.

La résistance peut aussi être


due à une mutation de
l’enzyme pyruvate-UDP-N-
acétylglucosamine-
transférase.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-2 Antibiotiques actifs sur la membrane bactérienne
Daptomycine, colimycine
La terminaison lipidique
se fixe au niveau de la
membrane cytoplasmique
(mécanisme calcium
dépendant).
Cela entraîne une
dépolarisation de la
membrane et la fuite de
potassium.
Il s’en suit un arrêt de la
synthèse de l’ADN et des
peptides.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-2 Antibiotiques actifs sur la membrane bactérienne
Daptomycine, colimycine
Mécanisme de résistance à la Daptomycine

Mutations dans les protéines membranaires : modifications de la


fixation de la daptomycine (modifications des charges
électrostatiques).
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-3 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des protéines

- Aminosides
- Macrolides
- lincosamides,
- Synergistine
- Cyclines
- Chloramphénicol
- Acide fusidique
- Linézolide
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-3 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des protéines
- Petite (30S) : « lit » l'ARN messager, contient les
sites de fixation des ARNt sur l'ARNm
- Grande sous unité: partie catalytique, appelée
centre peptidyl-transférase, qui effectue la synthèse
de la liaison peptidique entre les acides aminés
consécutifs de la protéine. Elle contient trois sites
où vont se fixer les ARNt :

- Site A (pour aminoacyl - ARNt), occupé par un


ARNt porteur d'un acide aminé en attente d'être lié
à la chaîne polypeptidique ;

- Site P (pour peptidyl-ARNt), occupé par un ARNt


porteur d'un acide aminé lié à la chaîne
polypeptidique résultante ;

- Site E (pour exit), permet la libération de l'ARNt


désacétylé qui a livré son acide aminé.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-3 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des protéines
Tigécycline (cycline): se lie à la sous-unité
30 S, près du site de décodage A et bloque
l’accès au site A pour l’ARNt.

Aminosides : Liaison à la sous unité 30 S


près du site de décodage A au niveau de
l’ARN 16S : Mauvaise reconnaissance du
codon, erreurs de traduction, synthèse de
protéines anormales qui, incorporées dans la
membrane cytoplasmique entraîne sa perte
d’intégrité (bactéricidie)
Linézolide: liaison à la sous- unité 50 S,
près du site de décodage A au niveau du
de l’ ARN 23 S: mauvais positionnement de
l’ARNt au A et blocage de la traduction.
Macrolides : Blocage de la chaîne peptidique
au début du tunnel de sortie du peptide en
formation
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-3 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des protéines
Résistance aux ATB actifs sur la synthèse protéique

❖ Modification de la cible par mutation


• Mutations dans l’ARN 16 S pour les aminosides et les tétracyclines
• Mutations dans l’ARN 23 S pour le linézolide

❖Production d’une enzyme


- Méthylation de l’ARN 23S pour les macrolides
- Modification des aminosides : phosphorylation, nucléotidylation d’un
groupement OH ou acétylation d’un groupement NH2.

❖Efflux: Macrolides, Tétracyclines


CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-3 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des protéines
Résistance aux ATB actifs sur la synthèse protéique
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3- 4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des acides
nucléiques
Les topoisomérases:
- (ADN-Gyrase) sont responsable du
superenroulement de la molécule d'ADN,
- La topoisomérase IV) est responsable du
déroulement lors de la transcription en
ARNm

Les Quinolones bloquent le fonctionnement


de l'ADN gyrase et empêchent la réplication
de l’ADN bactérien.

Une action sur la topoisomérase IV empêche


le partage de l'ADN chromosomique répliqué
entre les cellules filles.
La rifampicine: Bloque la transcription en
inhibant l’ARN polymérase
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3- 4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse des acides
nucléiques
Résistance aux quinolones

Les mécanismes résultent de mutations chromosomiques


- Modification de cible
- Les topoisomérases sont modifiées (gyrase et topoisomérase IV)
- Efflux
La résistance par efflux actif touche d’avantage les molécules
Hydrophiles (Ciprofloxacine)
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de l’acide folique
Sulfamide, Triméthoprime

Les sulfamides se substituent à


l’acide para-amino-benzoïque et
inhibent la dihydroptéroate
synthétase

Le triméthoprime bloque, l’enzyme


dihydrofolate réductase (DHFR)

Cette double activité sur deux


enzymes différents d’une même
chaîne métabolique est à la base de
la synergie entre les sulfamides et
le triméthoprime.
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de l’acide folique
Sulfamide, Triméthoprime, Rifampicine

Les sulfamides se substituent à


l’acide para-amino-benzoïque et
inhibent la dihydroptéroate
synthétase

Le triméthoprime bloque, l’enzyme


dihydrofolate réductase (DHFR)

La rifampicine: Bloque la
transcription en inhibant l’ARN
polymérase
CHAPITRE VI LES ANTIBIOTIQUES
III-3-4 Antibiotiques inhibiteurs de la synthèse de l’acide folique
- La résistance des
bactéries aux sulfamides
s’explique par la mutation
des enzymes qui
interviennent dans la
synthède de l’acide folique
(dihydroptéroate synthétase
(DHPS), dihydrofolate
réductase (DHFR).
- La résistance à la
rifampicine s’explique par la
mutation de l’ARN
polymérase.
CHAPITRE VII RELATIONS HOTES BACTERIES

- Expliquer les principaux types de relation hôte bactérie

- Connaître les principaux modes de transmission des


bactéries à l’homme

- Connaître les principales caractéristiques de l’anatomie


bactérienne et leur rôle dans le pouvoir pathogène des
bactéries

- Connaître les principaux facteurs et mécanismes de la


virulence bactérienne.

- Connaître les différents types de vaccin

I Généralités - Définitions

I-1 Types de relation hôte- bactéries

➢ Saprophytisme

La plupart des bactéries mènent une vie indépendante d’un autre


organisme
Elles vivent dans la nature sur les déchets organiques dont elles
assurent la destruction. Elles sont appelées saprophytes. Leur
présence dans l’organisme est généralement transitoire.

1
➢ La symbiose

La Symbiose est un mode de relation dans lequel bactérie et hôte


profitent tous 2 de leur association.
Par exemple : certaines bactéries de l’intestin humain fournissent
à l’organisme des vitamines (vitamine K) ce qui réalise une
symbiose.

➢ Le Commensalisme

C’est un état où la bactérie vit sur la peau et les muqueuses sans


nuire à l’hôte qui l’héberge. Les flores présentes sur ces surfaces
sont dites « commensales ».
Ces flores sont composées de bactéries non pathogènes
opportunistes.
Parfois des bactéries pathogènes vivent en commensale, c’est
l’état de porteur sain.

➢ Le Parasitisme

C’est une association où la bactérie tire un bénéfice substantiel de


l’hôte qui non seulement ne tire aucun profit de l’association mais
encore, subit les effets nocifs de la bactérie parasite (maladie
infectieuse).

2
Certaines bactéries sont parasites facultatifs et peuvent vivre en
dehors de l’hôte, d’autres sont parasites obligatoires et incapables
de se multiplier dans des conditions naturelles en dehors de l’hôte.
Généralement la bactérie-parasite est pathogène. L’hôte va
opposer à l’agression
bactérienne divers mécanismes de défense (immunité). La maladie
infectieuse est la résultante entre le pouvoir agressif du germe
pathogène et les réactions que l’hôte va opposer à cette agression.

I-2 Notions de pouvoir pathogène et de virulence

➢ Bactéries pathogènes :

Bactéries capables de provoquer une maladie chez un sujet dont


les mécanismes
de défense sont normaux (ex : tuberculose, typhoïde choléra).

➢ Pouvoir pathogène ou pathogénicité d’une bactérie :

Ensemble des mécanismes conditionnant le type de maladie


dépendant d’une bactérie (Notion qualitative).

➢ Virulence : capacité de la bactérie à déclencher une maladie


infectieuse. Elle est définie par la dose infectante (Notion
quantitative).

3
Pour un même pouvoir pathogène, il peut y avoir des souches plus
ou moins virulentes
(ex :Shigella dysenteriae est beaucoup plus virulente que Shigella
flexneri, donnant une maladie (dysenterie bacillaire) plus sévère
pour des doses infectantes très faibles).

➢ Bactéries opportunistes :

Certaines bactéries peuvent devenir pathogènes lorsque les


défenses de l’hôte sont affaiblies (ex : immunodépression), mais
ne donnent pas habituellement de maladie chez le sujet sain. Ces
bactéries sont souvent des bactéries commensales (ex :
entérocoque, Escherichia coli, Staphylococcus epidermidis),
parfois des bactéries saprophytes de l’environnement (ex :
Pseudomonas aeruginosa).

I-3 Classification des interactions hôte- bactéries :

Transit : absence d’implantation de la bactérie sur l’hôte pour des


raisons d’exigence nutritionnelle ou physiologiques (ex :
température de croissance).

Colonisation : implantation de la bactérie sur le revêtement


cutanéo-muqueux sans provoquer de dommage pour l’hôte. Type
d’interaction des bactéries des flores commensales.
Remarque : Portage (porteurs sains) : colonisation par bactéries
pathogènes retrouvées plus ou moins transitoirement au niveau
des flores commensales
4
.

Maladie infectieuse : conflit hôte-bactérie aboutissant à des


lésions chez l’hôte infecté (Maladie). L’expression clinique de la
maladie est le résultat complexe des multiples interactions entre la
bactérie et les défenses de l’hôte. Transmission d’un individu à
l’autre (Infection).

II Physiopathologie de l’infection

II.1 Différents modes de transmission

La source de l’infection est liée au statut de bactérie pathogène ou


opportuniste et à l’écologie de la bactérie (notion de réservoir de
bactéries : (homme, animaux, environnement), la notion de
maladie strictement humaine (ex : infection à méningocoque ou
pneumocoque, coqueluche), d’anthropozoonose (maladie animale
et plus rarement humaine) (ex : brucellose, peste).

Transmission directe : contamination par contact avec le réservoir


(contact direct avec individu ou animal infecté)

Transmission indirecte : contamination par l’intermédiaire d’objet


infecté, aliment contaminé, eau, Notion de survie possible de la
bactérie dans l’environnement pendant un certain délai

Transmission horizontale (contamination interhumaine


(contamination d’un individu à l’autre)
≠ verticale (in utero (contamination de la mère vers le fœtus)).

5
II.2 Différentes voies de contamination

Pour chaque voie possible de contamination ou porte d’entrée de


la bactérie, l’organisme possède des défenses qui limitent
l’implantation bactérienne et
peuvent éventuellement éviter l’infection.

Voie digestive : ingestion d’eau ou aliments souillés


(ex : choléra, typhoïde)

Voie respiratoire : inhalation d’aérosols contaminés


(ex : légionellose, coqueluche)

Voie cutanée : inoculation par contact (plaie souillée)


(ex : tétanos, surinfections de plaie)

Voie transcutanée : inoculation iatrogène (injection, cathéter) ou


par piqûre d’insecte vecteur de bactéries (ex : peste (puce),
maladie de Lyme)

Voie sexuelle : maladies sexuellement transmissibles (ex :


syphilis, urétrite gonococcique ou à Chlamydia trachomatis)

II. 3 Etapes du processus infectieux (3 étapes) :

- Colonisation du revêtement cutanéo-muqueux.

6
- Invasion avec : franchissement de la barrière + réponse ;
réaction inflammatoire au niveau de la porte d’entrée=
infection localisée (ex : pneumonie, infection urinaire,
infection sur cathéter.)

- Dissémination de la bactérie par voie sanguine


(bactériémie) ou lymphatique qui peut aboutir à des
infections secondaires (endocardite, abcès profond,
ostéite, méningite,).

Le pouvoir pathogène des bactéries repose schématiquement


d’une part sur des facteurs de pathogénicité permettant la
multiplication bactérienne (extracellulaire ou intra cellulaire),
d’autre part sur la sécrétion de toxines bactériennes qui vont
pouvoir agir localement ou à distance.

II.4 Différents modes d’infection

II.4.1. Toxi-infection simple :

Bactéries à l’extérieur de l’organisme ou en transit dans le tube


digestif (Pas de colonisation de l’hôte). Sécrétion de toxines par
la bactérie : la toxine ingérée ou produite dans la lumière intestinale
est seule responsable du pouvoir pathogène. Ex : Toxi-
infections alimentaires à Staphylococcus aureus ou Clostridium
botulinum (Botulisme) ;

7
II.4.2. Colonisation suivie d’une toxi-infection :

Adhésion de la bactérie et colonisation (multiplication bactérienne)


sans pénétration au-delà du revêtement cutanéo-muqueux.
Sécrétion de toxines responsables du pouvoir pathogène.
L’adhésion à des cellules-cibles renforce l’efficacité de l’action des
toxines en permettant leur production in situ. Ex: Clostridium tetani
(Tétanos), Corynebacterium diphteriae (Diphtérie).

II.4.3. Colonisation suivie d’une invasion bactérienne

Adhésion de la bactérie et colonisation de la peau ou d’une


muqueuse, puis invasion du tissu sous épithélial.
La plupart des bactéries rencontrées en pathologie infectieuse
sont des bactéries invasives.

III. Moyens de défense d’hôte contre l’infection bactérienne

La fréquence d’exposition à des bactéries virulentes contraste avec


la rareté des infections au cours de la vie. Il existe plusieurs lignes
de défense chez l’hôte qui vont s’opposer à l’implantation de
nouveaux micro-organismes : ce sont les barrières non
spécifiques, l’immunité innée (non spécifique) et l’immunité
spécifique acquise.

8
III.1 Barrières cutanéo-muqueuses

III.1.1. Rôle primordial des épithéliums (couche de cellules


couvrant les surfaces externe et interne du corps humain en
rapport avec le milieu extérieur) : c’est au niveau des épithéliums
(peau, muqueuses) que se fait la rencontre hôte-bactéries.

III.1.2. Défenses de la peau :

▪ Barrière physique : kératinisation (kératinocytes produisent


de la kératine, protéine difficilement dégradée par les
microorganismes), présence de cellules mortes en surface et
phénomène de desquamation superficielle (élimination
mécanique des germes en surface).

▪ Barrière chimique : pH acide et sécheresse de la peau


inhibent la croissance bactérienne, T < 37°c ; sécrétion de
lipides toxiques et de lysozyme (dégrade le peptidoglycane
de la paroi bactérienne)

▪ Barrière biologique : flore commensale cutanée normale :

Staphylococcus epidermidis, corynébactéries,


Propionibacterium acnes. La Flore résidente empêche la
colonisation par des bactéries pathogènes : compétition au
niveau des sites et de l’utilisation des nutriments.

9
Remarque : Parfois, colonisation transitoire de la peau par
bactéries pathogènes : Staphylococcus aureus, Enterococcus,
entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa (souvent chez
malades hospitalisés).

=> Importance du lavage des mains !

La peau représente donc un barrage continu qui ne peut pas


être franchi par les bactéries.

Infection possible lorsqu’il existe des lésions telles


qu’excoriation, plaie, piqûre d’insecte, brûlure (Sensibilité des
grands brûlés aux infections cutanées) ou lors de l’introduction
de matériel étranger : infections iatrogènes liées à une agression
bactérienne au niveau d’une porte d’entrée inhabituelle.

=> problème des infections sur cathéters.

III.1. 3. Défenses des muqueuses

▪ Barrière physique : Rôle du mucus +++ : Emprisonnement


des bactéries à distance de surface des cellules épithéliales,
puis élimination des bactéries avec mucus par cils vibratiles
(muqueuse respiratoire) ou par péristaltisme intestinal, flux
urinaire, sécrétions lacrymales.

10
▪ Barrière chimique :

- Le pH acide du milieu inhibe la multiplication bactérienne


au niveau de l’estomac, du vagin (flore de Doderlein :
Lactobacillus) et de l’urine.

- Sécrétion de produits antibactériens dans le mucus :


lysozyme (protéine qui hydrolyse le peptidoglycane),
lactoferrine (glycoprotéine qui lyse la membrane
bactérienne), IgA (immunoglobuline A) sécrétoires
(neutralise bactérie et toxine).

▪ Barrière biologique : Existence de flores microbiennes


commensales, sauf au niveau des voies respiratoires basses,
d’utérus, des voies génitales hautes et du tractus urinaire. Il
existe un équilibre écologique qui s’oppose à l’implantation de
bactéries pathogènes

=> Remarque
Toute modification de cet équilibre, en particulier par les
antibiotiques, entraîne un dysmicrobisme et permet la prolifération
d’espèces pathogènes (Ex : ATB à large spectre et déséquilibre de
la flore digestive). En thérapeutique, le choix de l’ATB devra donc
tenir compte des effets possibles sur la flore commensale.

Les muqueuses (épithélium simple) constituent de nombreuses


portes d’entrée plus faciles à franchir que la peau. La plupart des

11
infections spontanées ont pour point de départ la surface d’une
muqueuse.

III.2 Réaction inflammatoire ou immunité innée

Deuxième ligne de défense ! (Après entrée de la bactérie dans


organisme)

But : Élimination rapide d’agent pathogène présent dans un tissu


normalement stérile.

- Réponse immédiate de l’hôte basée sur la


reconnaissance d’antigènes bactériens très conservés.

- Réaction inflammatoire rapide au niveau du site infecté :


recrutement des cellules phagocytaires et rôle des
protéines de l’inflammation.

Conséquences :

- hyperleucocytose neutrophile,
- protéines inflammatoires dans le sang (ex : C Reactive Protein
ou CRP)

=> signes biologiques d’infection

III.3 Immunité acquise spécifique

Spécifique : ciblée contre une bactérie

12
Acquise : Contact avec une bactérie pour laquelle se développe
l’immunité
Retardée : 8/10 jours après le premier contact

Produit une mémoire immunologique utilisée dans la Vaccination


Il existe deux types de réponses immunitaires

- Cellulaire : Cellule T Cytotoxique

- Humorale : Production d’Anticorps (Ac)

Dans une infection causée par les bactéries extracellulaires ; elles


resteront libres dans la circulation ou dans les tissus (bactéries
pathogènes classiques) -> Réponse : production (Ac)

Dans une infection causée par des bactéries intracellulaires ->


Réponse : les lymphocytes T Cytotoxiques vont reconnaître les
cellules infectées et les détruire.

IV. Stratégies de la bactérie pour échapper aux défenses de


l’hôte : Facteurs de pathogénicité

Les bactéries ont une capacité d’adaptation très importante : elles


ont su développer de nombreuses stratégies pour contrer les
mécanismes de défense de leur hôte.

IV-1 Facteur facilitant la colonisation et l’invasion des


surfaces de l’hôte par la bactérie

13
❖ Pénétration à travers la peau intacte :

▪ Infection cutanée iatrogène (cathéters.)

▪ Utilisation d’un insecte vecteur (morsure d’une tique…)

❖ Pénétration au niveau des muqueuses :

▪ Mobilité des bactéries : pour les bactéries possédant un


flagelle permettant la traversée du mucus et lutte contre le flux
urinaire ou encore le péristaltisme intestinal

▪ Sécrétion de protéases : Bactérie extracellulaire


(méningocoque, pneumocoque.)

▪ Entrée par les cellules M au niveau de la muqueuse du Tube


Digestif (plaques de Peyer). Certaines bactéries se servent de
ces cellules (Shigella, Salmonella -> Gastro entérite ou encore
Yersinia)

❖ Adhésion bactérienne : Etape obligatoire pour la bactérie :


c’est le début du processus de colonisation. L’adhésion fait
intervenir les adhésines et des récepteurs cellulaires de l’hôte.
L’interaction moléculaire entre la bactérie et l’hôte est
spécifique. Il existe un répertoire d’adhésines qui permet à
différentes molécules de se fixer.

Deux types d’adhésines :


14
▪ Pili ou fimbriae : Polymères de piline dont l’extrémité adhésine
correspond au site de reconnaissance du récepteur cellulaire.

▪ Adhésines non fimbriae : différentes protéines de surface de


la paroi bactérienne

permettant un contact serré entre la bactérie et la cellule.

Les bactéries sans pili se fixe généralement directement sur la


cellule.

▪ Cas particulier : biofilm. Capacité que les bactéries ont de


sécréter des polysaccharides (slime) impliqué dans l’adhésion
des bactéries entre elles et à la surface cellulaire. Le biofilm
se retrouve partout et les bactéries y sont à l’état quiescent.

Avantages pour les bactéries : Le biofilm permet de leur


économiser de l’énergie, de plus les bactéries sont à l’abri des
cellules phagocytaires et des antibiotiques.

Pour des bactéries pathogènes le biofilm est un facteur de


virulence

Exemples :

Streptococcus mutans forme la plaque dentaire


Staphylococcus epidermidis colonise les biomatériaux
15
❖ Mécanisme d’acquisition du fer : Le fer est indispensable
aux bactéries d’où synthèse de sidérophores par la bactérie :
chélateur de fer avec une forte affinité, compétition avec la
transferrine et la lactoferrine.

IV-2 Facteurs d’échappement aux défenses de l’hôte


(complément, phagocytose, réponse anticorps)

▪ Capsule Bactérienne : protège la bactérie contre la


phagocytose et l’activation du complément. Les
polyssacharides de certaines capsules bactériennes peuvent
ressembler à des polysaccharides de l’hôte et ne sont donc ne
sont pas immunogéniques et par conséquent n’entraine pas la
synthèse des anticorps d’ Ac

▪ Modification du Lipopolysaccharide. LPS (AgO) pour prévenir


la formation du complexe d’attaque membranaire ;

▪ Echappement à la réponse anticorps : camouflage avec des


molécules ressemblant à celles de l’hôte (phénomène de
variation antigénique) ; certaines bactéries sont capables de

16
faire varier leur Ag de surface. (ex : variation de phase
intéressant les flagelles de Salmonella)

IV-3 Facteurs endommageant l’hôte

▪ Enzyme hydrolytique : provoquant la destruction des tissus


(protéases, hyaluronidases qui hydrolysent les acides
hyaluroniques (composants majeurs des liaisons
intercellulaires…) -> lésions-> pus. Cela facilite aussi la
dissémination des bactéries. (ex : Bactéries pyogènes)

▪ Toxines protéiques bactériennes (exotoxines) : La


multiplication et la survie des bactéries chez l’hôte infecté
s’accompagnent de la production de toxines dans le milieu
extérieur. Ces toxines vont être libérées et agir à distance sur
leurs cellules cible. Dans certain cas, le pouvoir pathogène
d’une bactérie ne s’exprime que par une ou plusieurs toxines.
C’est le rôle majeur dans l’expression clinique de la maladie.
Certaines toxines ont un pouvoir toxique très élevé (ex : toxine
botulinique)

17
Il existe trois types de toxines protéiques :

• Type A- B : provoque des toxi infections dont la


portion A possède l’activité enzymatique responsable
de la toxicité et la portion B permet la liaison avec le
récepteur de la cellule cible. Tétanos et Botulisme ont
même portion A mais pas la même portion B
Application :

Vaccin antibactérien : souvent les toxines protéiques de type A-B


sont responsables de la totalité des symptômes cliniques, il n’y a
pas de multiplication de la bactérie dans l’organisme, il s’agit d’une
toxi infection. La synthèse d’Ac neutralisant la toxine permet une
protection efficace contre la maladie :
Exemple : Vaccination par anatoxine : substance qui a perdu tout
pouvoir toxique mais conserve son pouvoir immunogène.

• Cytolysines ou hémolysines : Toxines provoquant


une rupture membranaire de la cellule cible. 2
types :

- Soit protéines venant s’intégrer dans la membrane de la


cellule-> formation de pores membranaires entrainant la
18
lyse cellulaire avec fuite des constituant cellulaires (ex :
streptolysine)

- Soit enzymes déstabilisant la membrane plasmique par


action au niveau des phospholipides membranaire :
phospholipases ou lécithinases (ex : toxine alpha de
Clostridium perfringens qui exerce comme effet nécrose
tissulaire et hémolyse).

➢ Superantigène : Toxine sécrétée par deux bactéries


([Link]) et Toxine pyogénique Streptococcique
([Link]).
➢ Composants de la paroi bactérienne à l’origine de la réaction
inflammatoire :
o Les lipopolysaccharides (LPS) constituant de la
membrane externe de la paroi des bactéries à Gram
négatif constitué d’une partie lipidique (lipide A) et d’une
partie polysaccharidique.
o Les acides lipoteichoiques du peptidoglycane des
bactéries à Gram positif :
Une réponse inflammatoire excessive peut avoir des
conséquences néfastes, soit en altérant le fonctionnement d’un
organe soit en entrainant un désordre circulatoire systémique
(choc septique).
19
V La vaccination

La vaccination est le processus consistant à stimuler les réponses


immunitaires adaptatives protectrices contre des micro-
organismes en exposant l’individu à des formes non pathogènes
ou à des composants des micro-organismes. La substance active
d’un vaccin est un immunogène. La vaccination peut être
prophylactique et donc préventive de l’infection ou thérapeutique
pour le traitement de patients infectés chroniquement, atteints de
cancers ou de pathologies auto-immunes.

V-1- Réponse immunitaire post vaccinale classique : anticorps


neutralisants

Le but principal des vaccins est d'induire une protection contre une
pathologie infectieuse. Pour beaucoup d’entre eux celle-ci passe
par l’induction d'anticorps neutralisants, qui persistent plus ou
moins longtemps. Cette réponse humorale spécifique est
mesurable et peut être utilisée pour savoir si un sujet est vacciné
efficacement (sérologie pour les vaccins contre l’hépatite B ou le
tétanos).

20
Lors de la première exposition à un antigène vaccinal, la réponse
immunitaire est lente, peu spécifique, s’exprimant initialement par
la production d’IgM.

Lors de nouveaux contacts avec l’antigène, comme dans le cadre


des rappels vaccinaux, le délai de réponse se raccourcit et les
anticorps atteignent des titres beaucoup plus élevés. Il s’agit alors
essentiellement d’anticorps d’isotype IgG dont la spécificité est
beaucoup plus grande. Parallèlement, les réactions cellulaires sont
accélérées et intensifiées.

Lors d’un contact avec l’agent infectieux, l’induction de la réponse


immunitaire du
sujet vacciné est suffisamment rapide pour empêcher l’apparition
de manifestations
cliniques aboutissant à la protection de la personne vaccinée.

La protection vaccinale repose sur l’existence de cellules


mémoires induites par la
vaccination.

Lors de la première administration vaccinale, les cellules


productrices d’anticorps (plasmocytes = stade final de
21
différenciation des lymphocytes B) augmentent jusqu’à la sixième
semaine puis décroissent lentement.

Les cellules B mémoires atteignent leur fréquence maximum au


bout de dix à quinze semaines, avant de décroître également. Les
lymphocytes B mémoires contribuent à la production rapide
d’anticorps plus affins et à une augmentation du pool de cellules
mémoire lors de stimulations antigéniques ultérieures telles que les
rappels vaccinaux.

V-2 Types de vaccins

V-2-1 Les vaccins vivants atténués

Ce sont les meilleurs immunogènes. Ils sont généralement obtenus


par passages successifs de l’agent infectieux sur des cultures
cellulaires visant à atténuer sa virulence.

Le vaccin, étant vivant, est capable de diffuser dans l’organisme et


d’induire des réponses dans différents sites anatomiques.

Les problèmes majeurs de ces vaccins sont le risque de retour à la


virulence (vaccin anti-poliomyélite avec une réversion de type
neurovirulence dans 1/500 000 cas de vaccinations) et de
transmission d’un individu à l’autre quand le receveur est
immunodéprimé.
22
V-2-2 Les vaccins inactivés

Il s’agit d’agents infectieux entiers inactivés par des méthodes


physiques comme la chaleur. Ces vaccins sont en général très bien
tolérés.

V-2-3 Les antigènes vaccinaux purifiés

Les antigènes vaccinaux peuvent être des protéines responsables


d’une activité du pathogène
(Toxines tétanique et diphtérique), inactivées avant leur
administration (anatoxines) mais
Présentant la même immunogénicité. Il peut également s’agir de
protéines cibles des anticorps protecteurs (hépatite B). Ce type de
vaccin n’induit pas de réponse mémoire.

Les vaccins inactivés et purifiés sont plus efficaces en présence


d’adjuvants (groupe de substances ayant pour but d’aider la
réponse immunitaire : huiles, sels d’aluminium, microparticules....
Les vaccins sont donc habituellement inoculés par injection sous-
cutanée, intra-musculaire ou intra-dermique.

Certains sont administrés par voie oral (vaccin anti poliomyélite


type Sabin).

23
La vaccination génère non seulement une protection
individuelle mais également une protection collective en
limitant la dissémination des agents infectieux.

24
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

OBJECTIFS

- Connaître les antiseptiques courants, leurs modes d’action, leur


spectre d’activité et leur utilisation

- Connaître les désinfectants courants, leurs modes d’action, leur


spectre d’activité et leur utilisation

- Connaître les techniques de stérilisation


CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION
Les ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS désignent les produits qui ont en
commun la capacité d’inhiber ou de tuer les micro-organismes
indésirables.

Les désinfectants au sens strict sont destinés aux milieux inertes


(instruments, surfaces) ;

Les antiseptiques sont destinés aux tissus vivants (peau, muqueuse).

Ces produits agissent de façon momentanée, ils ne protègent pas contre


une nouvelle contamination ni la prolifération naturelle (mitose, réplication).
Ils doivent donc être réappliqués régulièrement.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION
I ANTISEPTIQUES
I-1 Definitions
Antisepsie

"Opération au résultat momentané permettant au niveau des tissus


vivants, dans la limite de leur tolérance, d'éliminer ou de tuer les micro-
organismes et/ou d'inactiver les virus, en fonction des objectifs fixés.

Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes et/ou virus


présents au moment de l'opération" (AFNOR Mars 1981 NF T 72-101).
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I ANTISEPTIQUES
I-1 Definitions
Antiseptique
Les antiseptiques sont "des préparations ayant la propriété d'éliminer
ou de tuer les microorganismes ou d'inactiver les virus sur des
tissus vivants (peau saine, muqueuses, plaies).

Elles sont présentées dans leur forme d'utilisation et sont utilisées


telles quelles sauf exception justifiée et autorisée ».
Elles présentent une activité antibactérienne, antifongique,
antivirale.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I ANTISEPTIQUES
I-1 Definitions
Antiseptique
La destination d'emploi des préparations antiseptiques est
précisée : peau saine, muqueuses, plaies, ainsi que la durée
d'application nécessaire à l'obtention de l'activité.
En fonction de l'indication, l'inactivation par d'éventuelles
"substances interférentes" ainsi que les incompatibilités sont
indiquées. Elles n'altèrent pas les tissus sur lesquels elles sont
placées (tolérance)."
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I ANTISEPTIQUES
I-1 Definitions

Asepsie

"Ensemble des mesures propres à empêcher tout apport exogène


de micro-organismes ou de virus" (AFNOR Mars 1981 NF T 72-
101). C est la prévention contre les infections.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I-2 Principales familles d’antiseptiques courants, modes


d’action, spectre d’activité et utilisation

I-2-1 Les dérivés halogènes


a) Les produits chlorés

Jusqu'à un titre de 5 degrés chlorométriques, les produits chlorés


peuvent être utilisés comme antiseptiques de la peau saine, des
muqueuses, et pour l'irrigation des plaies. A des titres supérieurs,
ils sont irritants pour la peau et sont utilisés comme désinfectants
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION
I-2 Principales familles d’antiseptiques courants, modes
d’action, spectre d’activité et utilisation

I-2-1 Les dérivés halogènes


a) Les produits chlorés
Le degré chlorométrique de Gay-Lussac correspond au nombre
de litres de chlore gazeux qu'un litre de solution ou d'extrait est
capable de dégager en présence d'un acide dans des conditions
normales de température et de pression.

Un degré chlorométrique équivaut à 3,17 g de chlore actif par


litre.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


a) Les produits chlorés
Titre en Degré Grammes de % de chlore actif Partie pour
Chloromét Chlore Million (ppm)
rique actif par litre

3170 (mg de Cl
1 3,17 0,317 pour
1.000.000 mg
d'eau)
Solution de 1,5 5 0,5 5000
Dakin
Eau de Javel 12 38 3,8 38000
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


a) Les produits chlorés

Les dérivés chlorés ont un spectre d'activité étendu : bactéries


(formes végétatives et sporulées), champignons, virus,
spores.

Leur pouvoir oxydant provoque la destruction de protéines au


niveau membranaire et chromosomique.
Leur action est rapide, dès la première minute de contact.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET
STERILISATION
I-2-1 Les dérivés halogènes
a) Les produits chlorés

Des facteurs influencent leur activité et leur stabilité


Le PH :
PH < 5 perte de l’activité la solution (dégagement de chlore
gazeux) ;

PH 5 Activité maximale de la solution


La température : L’augmentation diminue la stabilité de la solution,
mais l'action antimicrobienne est plus rapide à 37°C qu'à 22°C.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


a) Les produits chlorés

Des facteurs influencent leur activité et leur stabilité

Les matières organiques (protéines, sérum, sang), les savons,


réduisent le pouvoir antimicrobien.
Les minéraux : fer, cobalt, nickel, cuivre et manganèse diminuent la
stabilité des solutions d'hypochlorites.
Les rayons ultraviolets accélèrent la dégradation des produits
chlorés.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


b) Les dérivés iodés

▪ L'iode et ses dérivés


Les solutions alcooliques d'iode : Alcool iodé à 1% et teinture
d'iode à 5% (conservation en flacon de verre teinté)

Les solutions aqueuses d'iode : Solution de Lugol à 1% utilisée


surtout pour certaines colorations au laboratoire.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


b) Les dérivés iodés
▪ Les iodophores
Les différentes solutions de bétadine avec des usages différents.
Bétadine® Scrub (rouge) 0,4 % en iode libre ou 4% en PVPI
(polyvinyle-pyrrolidone iodée).
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


b) Les dérivés iodés
▪ Les iodophores
Bétadine® Scrub (rouge) 0,4 % en iode libre ou 4% en PVPI (polyvinyle-pyrrolidone
iodée).
Utilisation:
- Détersion des plaies (élimination des débris (tissus, sang coagulé, fibrine…)
- Antisepsie de la peau et des muqueuses saines ou lésées,
- Lavage antiseptique et chirurgical des mains
- Douche préopératoire
- Détersion du champ opératoire.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


b) Les dérivés iodés

Les produits iodés sont stables entre pH 1 et pH 6 et les


iodophores sont instables à pH alcalin.
Les matières organiques (protéines, sérum, sang...) diminuent
l'activité des dérivés iodés.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


b) Les dérivés iodés
Bétadine® dermique (jaune) 1 % en iode libre ou 10% PVPI
utilisée pour antisepsie de la peau et des muqueuses saines ou
lésées.

Bétadine® solution dermique alcoolique 5% utilisée pour


antisepsie de la peau saine avant acte de petite chirurgie. Il en
existe bien d’autres.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-1 Les dérivés halogènes


b) Les dérivés iodés
Les produits iodés sont bactéricides, virucides, fongicides,
et sporicides.

L'iode traverse la membrane cellulaire et oxyde les protéines


enzymatiques et membranaires.

Le temps de contact requis est d’une minute


CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-2 Les biguanides

A ce groupe appartient un antiseptique, la chlorhexidine, utilisée


sous forme d'un sel soluble, le digluconate.

La concentration minimale bactéricide est de 1 mg/ml de di


gluconate de chlorhexidine, ce qui correspond à une dilution de
0,1 %.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-2 Les biguanides

La chlorhexidine est bactéricide sur bactéries à Gram positif et Gram


négatif, peu actif sur les mycobactéries non sporicide, non virucide
(virus nus).

Mais il peut exister des résistances acquises certaines souches de


Pseudomonas.

A faible dose elle détruit la membrane cytoplasmique et à forte dose


elle provoque la précipitation des protéines et acides nucléiques.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-2 Les biguanides

Elle est inactivée par:


- Le coton,
- Les savons, - La laine,
- Les matières organiques, - Le caoutchouc et certains

- L'eau dure plastiques.


- L'association avec les
- Un PH alcalin,
ammoniums quaternaires et -
- L'alcool potentialise l'activité
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-2 Les biguanides

Elle est indiquée pour :


- Nettoyage et antisepsie des plaies et balnéothérapie (bain d’eau)
des brûlés,
- Antisepsie des plaies chirurgicales et traumatiques peu
profondes,
- Lavage des mains : hygiénique, antiseptique, chirurgical,
- Préparation du champ opératoire,
- Hygiène bucco-dentaire.
Elle est contre indiquée pour les oreilles.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-3 Les Alcools

Alcool éthylique de 60 à 70° :


Flacons de contenance variée, compresses imprégnées en
sachet.
Le propanol-2 ou isopropanol entre dans la composition d'autres
antiseptiques (exemple d’utilisation : solution hydro-alcoolique
pour antisepsie des mains).
Il est utilisé comme solvant avec d'autres antiseptiques qu'il
potentialise (exemples : alcool iodé, hexamidine, chlorhexidine).
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-3 Les Alcools

Ces alcools sont bactéricides et actifs sur Mycobacterium


tuberculosis, faiblement fongicide, virucide de façon variable,
non sporicide.

Leur hydratation facilite la pénétration dans les cellules


bactérienne, mais leur efficacité est réduite en présence de
matières organiques.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-3 Les Alcools


Ils agissent en coagulant les protéines.
Le temps de contact requis est de 2 minutes à condition que la
peau soit maintenue humide.
L’activité antimicrobienne est brève car l'alcool est très volatil.

L’alcool de 60 à 70° est utilisé pour antisepsie de la peau


saine, des sites d'injections et des prélèvements sanguins
(sauf : hémoculture, cathétérisme, ponction artérielle et les actes
nécessitant une asepsie chirurgicale).
Ils ne doivent pas être appliqués sur les muqueuses et les plaies.
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-3 Les Alcools


Spectre d’activités
Familles GRAM GRAM (-) Mycobactéries Levures Moisissures Virus nus Virus Spore
(+) enveloppés

Halogénés
Chloré (Dakin) + + + + + + + +
Bétadine, alcool + + + + + + + +
iodée
Biguanides
Chlore hexidine + + +/- + +/- +/- + -

Alcools
(Éthanol à 70°,
Alcool + + + +/- +/- +/- + -
isopropylique
60°)
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-3 Les Alcools

I-3 Les règles générales d’utilisation des antiseptiques

- Vérifier la date de péremption et le délai d’utilisation et apposer


la date d'ouverture sur le flacon ;
- Fermer les flacons après utilisation ;
- Respecter la concentration préconisée ;
- Réaliser les dilutions d'antiseptiques juste avant leur utilisation
dans un flacon nettoyé et désinfectéet ne jamais les conserver
plus de 24 h ;
CHAPITRE VIII ANTISEPTIQUES ET DESINFECTANTS ET STERILISATION

I-2-3 Les Alcools

I-3 Les règles générales d’utilisation des antiseptiques

- Ne pas mélanger et/ou utiliser successivement des antiseptiques


de familles différentes avec un risque d'inactivation ou de toxicité.
- Proscrire les transvasements
- Ne jamais compléter un flacon partiellement vide
- Préférer les conditionnements unitaires, stériles et prêts à
l'emploi.
III LES DESINFECTANTS

II-1 Définitions

Désinfection
Opération au résultat momentané permettant d'éliminer ou de
tuer les micro-organismes et/ou d'inactiver les virus indésirables
portés par des milieux inertes contaminés, en fonction des
objectifs fixés

Le résultat de cette opération est limité aux micro-organismes


et/ou virus présents au moment de l'opération" (AFNOR Mars
1981 NF T 72-101).
III LES DESINFECTANTS

II-1 Définitions
Désinfectant
"Produit ou procédé utilisé pour la désinfection ou la
décontamination dans des conditions définies" (AFNOR Mars
1981 NF T 72-101).

Décontamination (ou pré-désinfection)


C’est l’étape préalable à la désinfection ou à la stérilisation
C'est le premier traitement à effectuer sur les objets et matériels
souillés par des matières organiques dans le but de diminuer la
population des micro-organismes et de faciliter le nettoyage
III LES DESINFECTANTS

II-1 Définitions

Décontamination (ou pré-désinfection)


Elle a également pour but de protéger le personnel lors de la
manipulation des instruments et permet d'éviter la contamination
de l'environnement. (Guide pour la décontamination, le nettoyage
et la stérilisation des instruments de chirurgie. AFNOR 1992).

Cette opération utilise un produit détergent contenant au moins


un principe actif reconnu pour ses propriétés bactéricides,
fongicides, sporicides ou virucides.
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
II-1 Dérivés chlorés

Surtout l'hypochlorite de soude, utilisé sous la forme de solution


diluée.

A 100 ppm de chlore, ces solutions sont actives sur les bactéries
Gram + et Gram -. Elles sont aussi actives sur les spores
bactériennes.

A 1000 ppm, on peut obtenir une action sur le bacille de Koch


(en 20 minutes à 20°C).
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
II-1 Dérivés chlorés

A 10.000 ppm de chlore, le virus de l'hépatite est tué en 30


minutes ;

A 2000 ppm de chlore, les hypochlorites sont modérément


irritants pour la peau et les muqueuses.
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
II-1 Dérivés chlorés

Les hypochlorites sont corrosifs pour les métaux.


L'eau de Javel à usage ménager qui peut titrer, à l'état frais, 14 à
20 degrés chlorométriques, soit 50.000 ppm Cl, diluée à 1 %,
donne environ 500 ppm de chlore actif.
Selon les cas, elle est utilisée diluée à :
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation

II-1 Dérivés chlorés


- 0,5 %, soit 250 ppm au moment de la dilution (usage courant) =
40 ml pour un seau d'eau de 8 l

- 5 %, soit 2500 ppm

- 20 %, soit 10.000 ppm (action virucide)


III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation

II-1 Dérivés chlorés


Le chlore que renferme l’eau de Javel existe en plusieurs
concentrations.
Vous pouvez préparer une solution chlorée à 0,5 % avec n’importe
quelle solution concentrée en utilisant la formule suivante :

[% chlore actif dans l’eau de Javel ÷ 0,5 %] – 1 = nombre de


mesures d’eau par mesure d’eau de Javel.
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation

II-1 Dérivés chlorés


Notez que le mot “mesures” représente n’importe quelle unité de
mesure (par exemple l’once, le litre) ; il n’est même pas
nécessaire qu’il représente une unité de mesure définie (on peut
par exemple utiliser un quelconque récipient).
Exemple : Pour préparer une solution chlorée à 0,5 % à partir
d’eau de Javel renfermant 3,5 % de chlore actif,
[3,5 % ÷ 0,5 %] – 1 = [7] – 1 = 6 mesures d’eau pour 1 mesure
d’eau de Javel
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
Ces solutions doivent être préparées fraîchement au moment de
l'emploi.
Elles sont très inactivées par les matières organiques et sont
volatiles ;
Leur action est fugace lors de l'application sur des surfaces.
Utilisation :

Désinfection des appareils sanitaires : lavabos, W.C.,


baignoires, utiliser des produits chlorés associés à un détergent.
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
Utilisation :

Désinfection des surfaces de travail dans les cuisines,


biberonneries ...
- Eau de Javel 0,5 % ou 1, 5°chlorométriques (5000 ppm),

- Chloramine 0,5 % ou diluée au 1/10 (1,2°chlorométriques 3800


ppm).

Temps de contact: 15 minutes.


III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
Utilisation :

Désinfection de surfaces comportant des souillures


organiques importantes :

Eau de Javel 12° chlorométriques diluée au 1/4 (3° Chl) =


10.000 ppm)

Temps de contact 10 à 15 minutes.


III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants,


modes d’action, spectre d’activité et utilisation
Utilisation :

- Désinfection des surfaces au laboratoire :


Eau de Javel diluée au 1/8 (titrant 1,5° chlorométriques
correspondant à 5000 ppm)

- Désinfection de sang contaminé par les virus des hépatites


B ou C ou du Sida (3 °chlorométriques (10.000 ppm).
N.B. L'eau potable contiendra 0.1 ppm Cl.
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants


II-2 Aldéhydes
Ils provoquent une dénaturation des acides nucléiques et des
protéines des microorganismes

a) Formaldéhyde (ou aldéhyde formique)


Le formol du commerce contient 35 - 40 % de formaldéhyde.
A l'état liquide : A 20 %, (c'est-à-dire à 7- 8 % de formaldéhyde),
il est actif sur les bactéries, y compris le bacille de Koch. On
n'obtient une action sur les spores qu'en cas de température égale
ou supérieure à 40° C.
Le virus de l'hépatite serait tué en 12 heures par le formol à 20%
III LES DESINFECTANTS

II-1 Les principales familles de désinfectants courants


II-2 Aldéhydes

Le formol est un désinfectant d'action lente. Il ne pénètre pas


dans les matériaux poreux. Il est fortement absorbé par les tissus.
Il est très irritant pour la peau, les yeux et les voies
respiratoires. Il est corrosif pour les métaux.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes

Utilisation

- Matériel de laboratoire (par ex. à 10 ou 20 %).

- Conservation de pièces anatomiques. Ces solutions doivent


être fraîchement préparées, chaque jour, en raison de la
neutralisation du produit par les matières organiques.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
Utilisation

Des préparations d'aldéhyde à 0,5 % dans de l'alcool à 70°


peuvent être employées en "spray", appliquées au moyen d'un
vaporisateur pour la désinfection de surfaces : murs, portes,
appareils médicaux, ... par ex. en salles d'opérations, dans des
unités de soins intensifs, ...
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants

II-2 Aldéhydes

A l'état gazeux : L'évaporation de formol permet de désinfecter


convenablement l'air d'un local mais les spores et les moisissures
résistent.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes

Il faut alors :
Obturer hermétiquement le local ;
- s'assurer que la température du local se situe entre 24 et 30° C
et que l'humidité relative atteigne 70-80 % (ces paramètres
peuvent être obtenus à l'aide d'un appareil à formolisation équipé
d'un corps de chauffe et d'un humidificateur) ;
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
Neutraliser à l'ammoniac pour permettre une réutilisation rapide du
local ; (le formol et l'ammoniac réagissent pour former
l'hexaméthylène tétramine);
- Bien aérer le local.
Toxicité chez l’homme en fonction des concentrations :
larmoiement, irritation des yeux, irritation des voies aériennes,
œdème aigu du poumon.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

Le glutaraldéhyde en solution aqueuse est légèrement acide ;


sous cette forme, il est stable pour longtemps mais pratiquement
non bactéricide.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

Il ne devient actif qu'à un pH de 7,5 à 8,5 mais à ce pH alcalin, il


tend à se polymériser et perd peu à peu son activité bactéricide.

Il faut donc renouveler la solution "activée", c'est-à-dire


alcalinisée, tous les 15 jours). On alcalinise donc légèrement par
le bicarbonate de soude la solution à 2 % juste avant son emploi.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

La solution à 2 % tue les spores bactériennes (Bacillus subtilis,


bacille tétanique) en 3 heures et, in vitro, certaines formes
végétatives des bactéries en moins de 2 minutes (notamment
les Pseudomonas, les mycobactéries), les champignons et les
principaux virus.
Pour le virus de la polio, le virus de l'hépatite B et le B.K., il faut
une action de 30 minutes à 20°C.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

C'est un désinfectant d'action lente. Il pénètre mal dans les


substances organiques. (Un nettoyage préalable des objets est
nécessaire avant une désinfection terminale).
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

Il irrite fortement la peau et les muqueuses.


(Les objets destinés à être mis en contact avec la peau et les
muqueuses doivent être rincés abondamment à l'eau stérile après
la désinfection terminale).
On a décrit des pseudo-colites après l'emploi d'endoscopes
mal rincés. A un pH alcalin, il est peu corrosif pour les métaux.
III LES DESINFECTANTS
II-1 Les principales familles de désinfectants courants
II-2 Aldéhydes
b) Glutaraldéhyde (ou aldéhyde glutarique)

Utilisation
Le glutaraldéhyde activé est largement utilisé pour la désinfection
terminale d'instruments (endoscopes par exemple), matériel
d'anesthésie (tubulures, masques, ...). Le trempage prolongé (3
heures) dans ce produit, si les objets ont été bien nettoyés
préalablement, permet d'obtenir la stérilisation des articles.
III STERILISATION

La stérilisation est une opération permettant d’éliminer ou de


tuer les micro-organismes portés par des milieux inertes
contaminés, le résultat de cette opération ayant pour objectif le
degré 0 en fin d’opération. (= le produit est stérile) et permettant
de conserver cet état pour une période de temps précisée.

Il existe plusieurs procédés de stérilisation.


III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
III-1-1 stérilisation par la chaleur
❖ Stérilisation à la chaleur sèche (Oxydation des protéines)
▪ flambage
Il est basé sur l'emploi du bec Bunsen. Cette méthode est utilisée
pour la stérilisation extemporanée (pour utilisation immédiate)
du matériel de manipulation : extrémité de l'öse, extérieur des
pipettes Pasteur et pipettes graduées, col des tubes à essai, tubes
contenant des milieux de culture, erlenmeyers et flacons divers.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ flambage
Il est à noter que le bec Bunsen, réglé avec une flamme bleue, la
plus chaude, crée une zone de stérilité d'un diamètre d'environ 20
cm, par ascendance de l'air de cette zone.
Toutes les manipulations d'ouverture de tubes et boîtes de
culture, d'ensemencement, devront être réalisées dans ce
diamètre. Pour que cette zone soit effectivement stérile, les
courants d'air et déplacements de personnes sont à proscrire.
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ Flambage
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ Flambage
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ Four Pasteur
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ Four Pasteur ou Poupinel
C'est un four - étuve à air chaud et sec utilisé pour la
stérilisation de la verrerie vide (tubes à essai, boîtes de Pétri,
tubes à culture et bouchons, pipettes Pasteur et récipients divers).

La verrerie à stériliser doit être propre et parfaitement sèche,


éventuellement bouchée avec du coton et emballée dans du
papier solide.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ Four pasteur ou Poupinel)

Le matériel disposé à l'intérieur du four subit un chauffage de 30


minutes à 1 heure à 170° - 180°C ou 2 heures à 160°C ce qui a
pour but d'éviter le brunissement du coton.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation à la chaleur sèche
▪ Four pasteur ou Poupinel)

Le matériel ainsi stérilisé sera laissé dans l'étuve jusqu'à son


refroidissement complet, puis stocké à l'abri des poussières.

Pour ces opérations, compte tenu des températures élevées, il est


conseillé d'utiliser le plus possible de la verrerie de type "pyrex".
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation par chaleur humide (dénaturation des
protéines)
▪ L'autoclave
L’autoclave est un appareil utilisé pour stériliser les milieux de
culture neufs ou souillés, mais peut également stériliser tout autre
matériel de microbiologie.
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ L'autoclave
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ L'autoclave
Le chauffage a lieu sous pression de vapeur d'eau, à une
température de 100° à 130°C, pendant une durée qui varie en
fonction du milieu, de la température utilisée et du volume des
récipients.
III STERILISATION

III-1 stérilisation par les méthodes physiques


❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ L'autoclave
Le matériel à stériliser est déposé dans les paniers métalliques de
l'autoclave dont on aura vérifié le niveau d'eau avant chaque
opération de stérilisation.

Les récipients sont préalablement bouchés avec du coton (éviter


de le prendre avec les doigts - utiliser de préférence une pince) et
recouverts de papier d'aluminium ou de papier d'emballage très
résistant.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation par chaleur humide
On peut également utiliser une cocotte minute pour la
stérilisation si on ne dispose pas d’autoclave.
Les températures atteintes ne dépassant pas 115°C, les temps de
chauffe seront prolongés de la moitié du temps nécessaire en
autoclave.
Certains milieux de culture fragiles (comme les milieux au
désoxycholate, Samonelle -Shigelle) ne supportant pas les
températures élevées, on procède à une ébullition à 100°C.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ Pasteurisation
La pasteurisation est toujours suivie d'un refroidissement rapide.
Elle peut se faire en bouteilles ou en vrac.

La pasteurisation en bouteilles est utilisé essentiellement pour


la bière, le cidre ou les jus de fruits.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ Pasteurisation

Ces bouteilles sont capsulées puis soumises à une aspersion


d'eau de plus en plus chaude, jusqu'à 65 - 75°C.

Elles séjournent à cette température pendant 20 à 30 minutes,


puis elles sont refroidies par de l'eau de plus en plus froide.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ Pasteurisation

La pasteurisation en vrac, généralement utilisée dans le cas du


lait, peut se faire de deux façons :
• Pasteurisation basse, le lait est chauffé à 60 - 70°C pendant 30
minutes, ce qui nécessite des récipients de volume important ;
• Pasteurisation haute, le lait est chauffé à 85 - 90°C pendant 20
à 30 secondes.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
❖ Stérilisation par chaleur humide
▪ Tyndallisation (John TYNDALL physicien irlandais)

La tyndallisation consiste en une série de 3 pasteurisations de


1h à 70 - 80°C, séparées par un intervalle de 24 heures à
température ambiante, ce qui permet la germination et la
destruction des spores, sans l'emploi d'une température
excessive.
Cette méthode est utilisée pour les milieux fragiles contenant
sérum, œuf ou toute substance thermosensible de forte viscosité
qui ne peut être stérilisée par filtration.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
III-1-2 Stérilisation par filtration
Cette méthode est utilisée pour les milieux sensibles à la chaleur,
mais n'est possible que lorsque la viscosité de ces milieux est
faible.
On utilise alors, suivant le cas, les bougies de porcelaine (type
Chamberland), les filtres de verre poreux (le verre fritté N°5 arrête
de nombreuses bactéries) ou les membranes filtrantes à usage
unique, de type Millipore ou Sartorius.
Ces dernières sont actuellement les plus utilisées dans les
laboratoires.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques
III-1-3 Stérilisation par les radiations
La stérilisation par les U.V. est utilisée au laboratoire pour la
décontamination de l'air et des paillasses situées sous la hotte de
protection : le rayonnement n'agit que de façon directe et sa
pénétration est faible.
Des instruments ou des récipients tels que les boîtes de Pétri
peuvent être stérilisées de la sorte.

D'autres radiations (rayons X.…), peu utilisées, peuvent


cependant servir pour la stérilisation industrielle des boîtes de
Pétri en matière plastique : stérilisation par ionisation.
III STERILISATION
III-1 stérilisation par les méthodes physiques

III-2 Stérilisation par des agents chimiques

Les antiseptiques liquides (alcool éthylique, hypochlorite de


sodium (eau de Javel)) et les antiseptiques liquides (formol) traités
au début du cours.
III STERILISATION

En pratique
- Port d'une blouse en coton, fermée.
- Travail dans la zone de stérilité du bec Bunsen.
- Flambage rapide des orifices des tubes à cultures et du matériel
de prélèvement et d'ensemencement.
- Immersion de toutes les lames et petit matériel dans l'eau de
Javel.
- Nettoyage rigoureux des mains avant et après la séance.
- Nettoyage des paillasses et du matériel éventuellement
contaminé.
III STERILISATION
En pratique

- Lavage à ébullition des blouses contaminées.


- Au niveau du laboratoire, les boîtes de Pétri usagés en plastique
devront passer à l’autoclave pendant 30 mn à 121 degrés puis
jetées.
- Les tubes de culture usagés seront devront passer à l’autoclave
pendant 30mn à 121 degrés puis laver.
- La verrerie et tout le matériel supportant la chaleur seront
soigneusement lavés, séchés puis stérilisés dans un four Pasteur
(180°C pendant 30 à 45 minutes)
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

Définitions

La biosécurité représente l’ensemble des mesures visant à


prévenir et à contrer les dangers biologiques qui sont liés à la
manipulation et à l'utilisation de matériel biologique dans les
laboratoires d’enseignement, de recherche, des hôpitaux et
l’industrie civile.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

Définitions

Le risque biologique est lié à la manipulation ou à l’exposition


d’agents biologiques : les micro-organismes, y compris les
micro-organismes génétiquement modifiés, les cultures cellulaires
et les endoparasites humains susceptibles de provoquer une
infection, une allergie ou une intoxication

CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

Définitions

Le « danger biologique » est défini comme : «


tout microorganisme, cellule ou autre matière organique
d’origine animale, végétale ou humaine Y compris ceux qui
sont génétiquement modifiés, présentant une menace réelle ou
potentielle pour la santé humaine, directement par infection ou
indirectement par la perturbation de l’environnement. »
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

Le danger est fonction de l’ ampleur de l’impact de l’événement


nocif pour la santé et pour l’environnement

L’ Exposition est la probabilité de l’événement

Risque = Danger X Exposition


CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

L’importance du danger est proportionnelle à :

- l’intensité de sa nocivité (pathogénicité, toxicité, allergénique,


perturbations écologiques, effet nocif indirect) ;

- la disponibilité/coût des moyens pour y remédier ;

- au manque de contrôle de ses circonstances d’occurrence.


CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

II Groupes de risques des organismes pathogènes


Classification selon :
- pathogénicité,
- dose infectieuse,
- mode de transmission,
- gamme d’hôtes,
- disponibilité des mesures préventives efficaces,
- disponibilité des traitements efficaces.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

II Groupes de risques des organismes pathogènes

Chaque liste est propre à chaque pays, car elle peut varier suivant
la localisation géographique, son statut sanitaire et son utilisation.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

II Groupes de risques des organismes pathogènes


II-1 Groupe de risque 1

Risque faible ou nul pour les individus ou la collectivité.


Microorganisme qui, selon toute probabilité, ne peut causer de
maladie humaine ou animale. Lactobacillus acidophilus (yogourt),
Saccharomyces cerevisiae (pain.), Bacillus subtillis
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

II Groupes de risques des organismes pathogènes

II-2 Groupe de risque 2


Risque modéré pour les individus, faible pour la collectivité.
Germe pathogène capable de provoquer une maladie humaine
ou animale mais qui constitue rarement à priori un danger
grave pour le personnel de laboratoire, pour la collectivité et
l’environnement.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

II Groupes de risques des organismes pathogènes


II-2 Groupe de risque 2

Une exposition en laboratoire est susceptible d’entraîner une


infection grave, mais qui peut être prévenue ou traitée
efficacement. Par ailleurs le risque de propagation de l’infection
est limité. Ex Salmonella typhimurium, Clostridium tetani
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique

II Groupes de risques des organismes pathogènes


II-2 Groupe de risque 3
Risque important pour les individus, faible pour la collectivité.
Germe pathogène qui cause habituellement une maladie humaine
grave, mais qui ne se transmet généralement pas facilement d’un
individu à l’autre. Il existe un traitement et des mesures préventives
efficaces (Mycobacterium tuberculosis, Bacillus anthracis, Virus de
l’hépatite B, VIH).
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique
II Groupes de risques des organismes pathogènes
II-2 Groupe de risque 4
Risque élevé pour les individus, élevé pour la collectivité.
Germe pathogène qui cause habituellement une maladie
humaine grave et qui peut se transmettre facilement d’un
individu à l’autre, soit directement soit indirectement.

Il n’existe généralement ni traitement ni mesures préventives


efficaces (Ebola, Marburg, fièvre de Lassa, H5N1 (grippe aviaire)
Yersinia pestis…)
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
I Le risque biologique
II Groupes de risques des organismes pathogènes
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
III Niveau de confinement des laboratoires

Chaque laboratoire correspond à un niveau de confinement qui


tient compte des aménagements, des équipements et des
techniques associées à la manipulation d’un agent pathogène
donné. Il existe 4 niveaux de confinement :
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
III Niveau de confinement des laboratoires
III-1 Niveau de confinement 1
Correspond au laboratoire de base pour les agents microbiens du
groupe 1.
Caractérisé par certaines conditions :
- Le personnel doit porter des équipements de protection nécessaires
(blouses, gants, lunettes, etc.)
- Des pratiques à découvert sur les paillasses
- Le respect des règles aseptiques.
- L’inactivation chimique des déchets biologiques ;
- Un autoclave est accessible sur le site ;
- La coexistence de plusieurs types d’activités.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
III Niveau de confinement des laboratoires
III-1 Niveau de confinement 1
Pas de conception particulière des laboratoires ni d’une enceinte de
sécurité biologique
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
III Niveau de confinement des laboratoires
III-2 Niveau de confinement 2

Correspond au laboratoire destiné à la manipulation des agents


microbiens du groupe 2.

Les principaux risques d’exposition sont l’ingestion,


l’inoculation et l’exposition des muqueuses.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
III Niveau de confinement des laboratoires
III-2 Niveau de confinement 2

Caractérisé par certaines conditions :


- Le personnel doit porter des équipements de protection
nécessaires (blouses, gants, lunettes, etc.)
- Des enceintes de sécurité biologique (hotte à flux laminaire) ;
- Des centrifugeuses à rotor scellées ou munies de godets de
sécurité ;
- Un autoclave doit être disponible dans le bâtiment.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

III Niveau de confinement des laboratoires


III-2 Niveau de confinement 2
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

III Niveau de confinement des laboratoires


III-3 Niveau de confinement 3

Correspond au laboratoire pour la manipulation des agents


microbiens du groupe 3. Ce niveau de confinement nécessite
une conception spéciale.
Bâtiment avec accès exclusif au personnel autorisé.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

III Niveau de confinement des laboratoires

III-4 Niveau de confinement 4

Correspond au laboratoire pour la manipulation des agents


microbiens du groupe 4.

Ce niveau de confinement nécessite une conception spéciale.


CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

III Niveau de confinement des laboratoires

III- 4 Niveau de confinement 4


CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM) ou enceinte


de sécurité microbiologique (ESB)

Les PSM sont des appareils équipés de filtre HEPA (High


Efficiency Particulate Air) et conçus pour offrir une protection à la
fois du personnel et du produit contre des matériaux
biologiquement dangereux. Il existe 3 types de PSM
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)


IV -1 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe I (PSM I)
Un flux d’air dirigé vers l’intérieur du poste contient les aérosols
générés pendant les manipulations microbiologiques.

Il passe ensuite à travers un système de filtration qui capture les


particules et contaminants présent dans l’air.

Enfin, l’air pur et décontaminé est évacué du poste.


CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM) ou enceinte


IV -1 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe I (PSM I)
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)


IV -1 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe I (PSM I)

- Protège l’opérateur et l’environnement de toutes expositions aux


éléments biologiquement dangereux,

- N’ empêche pas les échantillons d’entrer en contact avec


des particules présentes dans l’air ou des contaminants qui
pourraient se trouver dans l’air ambiant.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE

IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM) ou enceinte

IV -1 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe I (PSM I)

Il est donc possible qu’une contamination croisée puisse affecter


la manipulation.

Tous les postes de de sécurité de Classe I peuvent être utilisés


avec des agents microbiologiques de sécurité biologique de
niveau 1, 2 et 3.
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MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)

Tout comme les PSM I, les PSM II possèdent un flux d’air dirigé
vers l’intérieur du poste.

Ceci est appelé flux entrant et empêche les aérosols générés lors
des manipulations microbiologiques de s’échapper par la partie
avant du poste.
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MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)

Mais à l’inverse des PSM I, le flux entrant traverse une veine de garde
proche de l’opérateur.

Le flux d’air pénétrant la zone de travail est intégralement filtré


pour qu’ainsi le produit à l’intérieur de la zone de travail ne soit pas
contaminé par l’air extérieur.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)

Une caractéristique unique aux PSM II est le flux d’air laminaire


(unidirectionnel) descendant et vertical filtré par un filtre HEPA à
l’intérieur du poste.
Ceci, appelé flux descendant, permet d’évacuer continuellement
les particules et contaminants présents dans l’air et de protéger
les échantillons manipulés à l’intérieur du poste de toutes
contaminations.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)

Ces PSM II sont aussi utilisés pour un travail avec des agents de
niveau de sécurité biologique de niveau 1, 2, et 3.

Les PSM II sont classés en PSM II de type A(A1/A2) et PSM II de type


B (B1et B2).
La principale différence entre un poste de Type A et un poste de Type
B est que le second fonctionne avec un ventilateur externe qui évacue
l’air vers l’environnement extérieur à travers un système de conduit
dédié.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)
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MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -2 Poste de Sécurité Microbiologique de Classe II (PSM II)
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IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
.IV-3 Postes de Sécurité Microbiologique de Classe III (PSM III)

Le PSM III offre un niveau de sécurité absolu.

Un approvisionnement en air ayant subi une filtration HEPA offre une


protection du produit et évite toutes contaminations croisées des
échantillons.

L’air évacué est habituellement filtré via un filtre HEPA.

Une double filtration HEPA avec deux filtres en série peut être utilisée
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)
IV -3 Postes de Sécurité Microbiologique de Classe III (PSM III)

Les PSM III évacuent habituellement l’air dans le laboratoire.


Mais, l’air peut être également évacué à travers un système de conduit
dédié vers l’environnement extérieur.

Dans ce dernier cas, les postes sont adaptés pour un travail avec
agents chimiques toxiques utilisés comme complément lors des
procédures microbiologiques.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)

IV-4 Règles de base pour un travail dans un PSM

- S’assurer que le PSM est adapté à l’opération.


- Placer tout le matériel nécessaire à l’opération avant de
commencer.
- Veiller à laisser les grilles d’aération libres
- Manipuler au centre de la zone de travail.
- Ne pas surcharger la zone de travail
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)

IV-4 Règles de base pour un travail dans un PSM


CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
IV Les postes de sécurité microbiologique (PSM)

IV-4 Règles de base pour un travail dans un PSM

- Garder les grilles d’aération libres de tout matériel


- Garder les portes et fenêtres fermées.
- Sortir les déchets seulement à la fin des manipulations
- Ne pas sortir les pipettes infectées avant d’avoir fermé le sac à
autoclave.
- Éliminer les gants souillés avant de toucher du matériel en
dehors de l’enceinte (règle des gants doubles).
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement

❖Adopter les bonnes pratiques de laboratoire

▪ Éviter tout risque d’ingestion ou de contact


- On ne mange pas, on ne boit pas, on ne fume pas.
- On ne stocke pas des aliments dans les réfrigérateurs
contaminés.
- On ne pipette pas à la bouche
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement

❖ Adopter les bonnes pratiques de laboratoire


▪ Porter des équipements de protection personnel ;
Blouse, pantalon long, souliers fermés, lunettes de sécurité.
▪ Éviter tout risque d’inoculation
- Éviter les objets piquants et coupants.
- Si possible, ne pas utiliser de vaisselle en verre.
- Ne pas reboucher les aiguilles.
- Utiliser des contenants spécifiques pour éliminer les déchets
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Adopter les bonnes pratiques de laboratoire

▪ Éviter tout risque d’inhalation

- Porter un masque pour des agents transmis par voie aérienne.


- Éviter la génération d’aérosols.
- Utiliser des embouts pour micro pipette avec filtres.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Adopter les bonnes pratiques de laboratoire
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Adopter les bonnes pratiques de laboratoire
▪ Avoir des espaces de travail propres et organisés
- Éviter l’accumulation de papier et de matériel.
- Nettoyer son espace de travail avant et après.
- Appliquer les bonnes techniques de travail.
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V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Appliquer les méthodes de désinfection et de
décontamination

Que faire pour limiter la contamination ?


- Appliquer la consigne « mains propres en zone propre ».
- Ne pas se gratter avec des mains gantées.
- Ne pas utiliser son cellulaire ou portable pendant les
manipulations.
- Ne pas quitter le local avec des gants et la blouse utilisés dans
la zone de confinement.
- Nettoyer la zone de travail avant et après les manipulations.
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Appliquer les méthodes de désinfection et de décontamination

Que faire si l’on renverse l’agent biologique pathogène ?

- Laisser reposer les aérosols, + 15 min.


- Interdire l’accès à la zone contaminé.
- Mettre les équipements de protection.
- étendre un papier absorbant sur la zone souillée.
- imbiber le papier de la solution de désinfection.
- laisser agir plus de 10 minutes.
- essuyer, rincer et sécher complètement.
- Même traitement pour les vêtements
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V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Appliquer les méthodes de désinfection et de
décontamination
Que faire en cas de bris d’une bouteille ou d’un tube contenant l’agent
biologique pathogène ?

- Ne pas toucher les débris avec les mains.


- Mettre les équipements de protection nécessaire.
- Appliquer les règles précédentes avec PRUDENCE
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MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖ Appliquer les méthodes de désinfection et de
décontamination
Que faire en cas de blessure ?

Blessure légère
1. Lavage
2. Utiliser la trousse de premiers soins.
3. Aviser le supérieur immédiat
CHAPITRE IX LES MESURES DE SECURITE AU LABORATOIRE DE
MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement

❖ Appliquer les méthodes de désinfection et de décontamination


Que faire en cas de blessure ?

Blessure nécessitant un médecin


- Si nécessaire, appliquer une compresse pour limiter le saignement.
- Enlever la blouse.
- Sortir et fermer le local.
- Aviser le supérieur immédiat
- Aller voir le médecin au maximum dans les 2hrs suivant l’incident.
- Rédiger un rapport d’incident
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MICROBIOLOGIE
V Règles communes à tous les niveaux de confinement
❖Appliquer la gestion des déchets

Liquides :
- Traiter à l’eau de javel 10 % plus de 10 min, ensuite élimination à l’évier.
- Décontaminer à l’autoclave.

Solides : sacs biorisques : embouts, contenants de culture, gants, pipettes,


papiers.
- Décontaminer à l’autoclave, ensuite ils sont éliminés dans les déchets
réguliers.
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V Règles communes à tous les niveaux de confinement

❖Appliquer la gestion des déchets

Solides tranchants et piquants : conteneurs en plastique


étiqueté.
- Décontaminer à l’autoclave,
- Entreposer
- Eliminer par une compagnie extérieure

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