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Systèmes Triphasés : Fonctionnement et Couplages

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Moïse Falade
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Systèmes Tri-phasés (Rappels)

1. Introduction

L’alternatif et le continu représentent les deux grands régimes possibles pour le transport et la
distribution d’énergie électrique. Historiquement, l’utilisation du transformateur pour adapter le
niveau de tension aux puissances transitées a conduit les électriciens à retenir le régime alternatif
pour développer les grands réseaux d’énergie électrique. Pour des raisons à la fois techniques et
économiques, les systèmes triphasés allaient rapidement prendre une importance toute particulière,
de la production à l’utilisation de l’énergie électrique. L’objet de ce chapitre est de décrire le
fonctionnement de ces systèmes triphasés, en abordant successivement le fonctionnement en régime
équilibré, la notion de schéma monophasé équivalent et le fonctionnement en régime déséquilibré.

2. Principes généraux et différents couplages

L’intérêt économique du « triphasé » (et, plus généralement, du « multiphasé ») repose sur une
association astucieuse des circuits monophasés permettant de réduire le nombre de conducteurs, à
puissance transitée égale. Pour réaliser cette association, on peut exploiter l’une ou l’autre des deux
relations suivantes :

λ1 (t)+ λ2 (t)+ λ3 (t) = 0 (montage étoile) (1)

e1 (t)+ e2 (t)+ e3 (t) = 0 (montage triangle) (2)

Figure 1 – Trois circuits monophasés indépendants.


Chaque circuit monophasé possède un conducteur « aller » et un conducteur de « retour »
indispensable pour boucler le circuit. Un tel système possède des propriétés intéressantes dans le
cas particulier où :
- les trois charges sont identiques (on notera Z = Z1 = Z2 = Z3 ) ;
- les trois sources sont sinusoïdales, de même amplitude et déphasées de 2π/3. Les tensions e1 (t),
e2 (t) et e3 (t) peuvent être représentées indifféremment par trois équations, trois sinusoïdes ou
trois vecteurs, pouvant eux-mêmes être associés à trois nombres complexes (figure 2).

Figure 2 – Différentes représentations d’un jeu de tensions triphasées équilibrées.

Figure 3 – Tensions et courants triphasés équilibrés.


La charge Z étant supposée linéaire et identique sur chaque phase (réseau équilibré), Le schéma
vectoriel de l’ensemble des trois schémas monophasés est donné par la figure 3. Le déphasage ϕ est
lié à la nature de la charge Z.

2.1 Couplage étoile

Dans le cas équilibré, la somme des trois courants dans les conducteurs de retour de chacun des
circuits monophasés de la figure 1 est nulle ; il paraît intéressant de mettre en commun ces
conducteurs, afin d’en économiser deux sur trois, et même de sous-dimensionner celui qui reste,
comme indiqué sur la figure 4.

Figure 4 – Associations de trois schémas monophasés par mise en commun des conducteurs de
retour.

Cette association peut encore être schématisée plus simplement par la figure 5.

Figure 5 – Couplage « étoile » d’un système triphasé.


Dès que l’étude du système triphasé se limite à des régimes équilibrés, le conducteur de
neutre n’intervient pas et la façon dont le point neutre est mis à la terre (nature de l’impédance
Zn) est sans importance. Le schéma d’étude peut se limiter à celui de la figure 6.

Figure 6 – Couplage « étoile » d’un système triphasé : tensions simples et tensions composées.

Sur la figure 6 apparaissent clairement deux types de tension :


- des tensions entre une phase et le neutre, dites encore tensions simples : vi(t);
- des tensions entre deux phases, dites encore tensions composées : uij(t).
En revanche, le couplage « étoile » ne fait apparaître qu’un seul type de courant, qui circule à la
fois dans les lignes et dans les charges : ii(t).
La relation instantanée entre tensions simples et tensions composées est :
uij(t)= vi(t) –vj(t) (3)

La construction vectorielle en figure 7, nous permet de déduire :


j
U ij  3Vi e 6 (4)

Figure 7 – Tensions simples et tension composée


2.2 Couplage triangle

Les figures 1 et 2 montrent que e1 (t) + e2 (t) + e3 (t) = 0. On peut donc connecter les trois
sources en série pour faire une boucle. On peut ensuite connecter à cet ensemble les charges
d’impédance Z comme indiqué sur la figure 8.

Figure 8 – Couplage « triangle » d’un système triphasé


Alors que le couplage « étoile » introduisait deux types de tension (simple et composée), le
couplage « triangle » introduit naturellement deux types de courant :
- les courants ii(t), qui circulent dans les lignes du réseau ;
- les courants ji(t), qui circulent dans les charges elles-mêmes.
Supposons que les courants dans les charges ji(t) soient connus; comment en déduire les
courants dans les lignes ? La relation instantanée :
i1 (t)=j1 (t) – j3 (t)
conduit au diagramme vectoriel de la figure 9

Figure 9 – Différents courants en cas de couplage triangle.

.Ce schéma permet d’établir la relation complexe :

 j
I 1  3 J 1e 6 (5)
Remarque importante :

Les relations (4) et (5) ont été établies dans l’hypothèse d’un régime sinusoïdal équilibré. Elles
ne peuvent être utilisées sans précaution en dehors de ce cadre. En particulier, si la somme des
tensions simples n’est pas nulle (présence d’une tension homopolaire), la relation (4) ne peut plus
être inversée. De même, en cas de courant homopolaire se rebouclant dans une charge couplée en
triangle, la relation (5) n’est plus inversible. On doit dans ces cas revenir à des relations instantanées
:
1
v1 (t )  (v n (t )  u1 2 (t )  u 31 (t ))
3

1
j1 (t )  ( j n (t )  i1 (t )  i3 (t ))
3

En posant :

v n (t )  v1 (t )  v 2 (t )  v 3 (t ) et j n (t )  j1 (t )  j 2 (t )  j3 (t )

Une hypothèse d’équilibre parfait sur les tensions simples ou es courants de phase conduit à
poser : vn (t) = 0 ou jn (t) = 0.

2.3 Transformation étoile/triangle

Supposons qu’une source de tension triphasée soit connectée en triangle. Il est possible de
définir une source de tension triphasée connectée en étoile ayant, vue de ses bornes, exactement le
même comportement en régime équilibré sinusoïdal que cette source connectée en triangle (figure
10).

Figure 10– Transformation triangle/étoile pour des sources de tension.

D’après la figure 7 et la relation (4), il suffit de poser :


U ij  j
Vi  e 6
3

Cette relation est bien-sûr inversible, et permet aussi de passer d’une source « étoile » à une source
« triangle » (relation (4)).

Considérons maintenant une charge passive, d’impédance complexe Zt , connectée en triangle.


D’après les relations (4) et (6), il est possible de définir une charge connectée en étoile,
d’impédance complexe Ze, ayant, vue de ses bornes, exactement le même comportement en régime
sinusoïdal équilibré (figure 11). Il suffit de poser :

Ze =Zt ,/3 (6)

Figure 11 – Transformation triangle/étoile pour une charge passive.

2.4 Puissances en triphasé

Considérons une charge triphasée, connectée en étoile ou en triangle (figure 12).

Figure 12 – Charge triphasée étoile ou triangle.


Figure 13 – Courants et tensions en étoile et en triangle.

La puissance instantanée dissipée dans cette charge peut se calculer de deux manières
différentes :
- Couplage étoile

- Couplage triangle

La puissance instantanée dans une phase a pour expression :

P et Q étant les puissances active et réactive définies par :

Ainsi, pour l’ensemble de la charge triphasée, la puissance instantanée sera :

C’est dire :
p(t) = 3P (7)
Il apparaît donc qu’en régime sinusoïdal permanent, la puissance instantanée est constante
dans une charge triphasée, ce qui représente un avantage par rapport au monophasé (voir relation
(7)).
3. Schéma monophasé équivalent
3.1 Principe de base
Lorsque l’on étudie un réseau en régime triphasé sinusoïdal parfaitement équilibré, il est inutile
d’étudier le comportement des trois phases, puisque toutes les grandeurs électriques relatives aux
phases 2 et 3 se déduisent de celles relatives à la phase 1 en appliquant un simple décalage temporel
de T/3 et 2T/3, T désignant la période des signaux (20 ms à 50 Hz). Pour limiter l’étude d’un tel
réseau à une phase seulement, il faut tout d’abord ramener tous les couplages de tous les éléments
électriques en étoile. En effet, si on conserve des éléments couplés en étoile et d’autres en triangle,
on risque de mélanger des tensions simples et des tensions composées, ou encore des courants de
ligne et des courants de phase, ce qui ne serait pas cohérent. Tous les éléments en triangle doivent
donc être ramenés à une étoile équivalente, en utilisant les relations décrites précédemment ((4), (5)
et (6)). Ensuite, on construit le schéma équivalent monophasé en sélectionnant une phase
quelconque du circuit (figure 14).

Figure 14 – Schéma monophasé équivalent.

À titre d’exemple, considérons un réseau triphasé comprenant une source couplée en triangle
alimentant deux charges, l’une en étoile et l’autre en triangle. La figure 15 récapitule les différentes
étapes qui mènent au schéma monophasé équivalent.

Figure 15 – Construction d’un schéma monophasé équivalent (exemple).


3.2 Cas des circuits couplés

Dans le cas où les trois phases sont couplées, le passage au schéma monophasé équivalent est plus
délicat. Il reste possible dans le cas où les trois phases sont parfaitement symétriques et où le régime
de fonctionnement est parfaitement équilibré (figure 16).

Figure 16 – Impédance triphasée symétrique avec couplage entre phases.

Sur la figure 16, on peut exprimer la tension V1 , en notations complexes :

V1 = Zp I1 + Zm I2 + Zm I3 = Zp I1 + Zm (I2 + I3 ) = (Zp − Zm )I1

Finalement, en régime équilibré, V1 ne dépend que de I1 .

L’impédance Zp −Zm est dite impédance cyclique. Elle permet de construire un schéma monophasé
équivalent.

4. Régimes sinusoïdaux triphasés déséquilibrés


4.1 Description et origine des déséquilibres
L’établissement d’un schéma monophasé équivalent repose sur l’hypothèse que le réseau triphasé
étudié est équilibré. Cela signifie d’une part que toutes les sources constituent un système triphasé
idéal (même amplitude sur chaque phase et déphasages de 0˚, 120˚ et 240˚), d’autre part que tous
les éléments électriques du réseau sont parfaitement symétriques (aucune phase ne peut se
distinguer des deux autres). Dans la réalité, les choses peuvent être différentes. Les déséquilibres
peuvent avoir pour origine les sources (essentiellement les machines synchrones) ou le réseau lui-
même.
Si ces déséquilibres sont en général faibles en régime de fonctionnement normal, ils peuvent être
prépondérants en régime de fonctionnement perturbé. Le calcul des tensions et des courants en cas
de défaut sur le réseau constitue d’ailleurs la principale application des méthodes de calcul en
régime déséquilibré.
4.2 Décomposition en composantes symétriques
Le principe de la décomposition en composantes symétriques est d’exprimer un système de
signaux sinusoïdaux triphasés quelconques, mais à la même fréquence, (courants ou tensions)
comme la somme de trois systèmes triphasés particuliers, dits « direct », « inverse » et «
homopolaire ».
Par définition, un système direct est un système sinusoïdal triphasé équilibré dans lequel on
passe respectivement de la phase 1 aux phases 2 et 3 par un déphasage de − 120˚ et − 240˚. Un
système inverse est un système sinusoïdal triphasé équilibré dans lequel on passe respectivement de
la phase 1 aux phases 2 et 3 par un déphasage de + 120˚ et + 240˚. Enfin, un système homopolaire
est un système sinusoïdal triphasé dans lequel les trois phases sont identiques. Comme il est
question de signaux sinusoïdaux, chacun de ces systèmes peut être associé à une représentation
vectorielle ou encore à un système de nombres complexes (figure 17).

Figure 17 – Représentation vectorielle et complexe des régimes direct, inverse et homopolaire.

Étant donné un système de signaux triphasés sinusoïdaux quelconques représentés par trois
nombres complexes (V1 , V2 , V3 ), la décomposition en composantes symétriques consiste à trouver
un jeu de systèmes direct, inverse et homopolaire (Vd , Vi , Vo ) tel que les trois sinusoïdes de phase
(1, 2 et 3) soient les sommes respectives des premières, deuxièmes et troisièmes sinusoïdes des
systèmes direct, inverse et homopolaire ; ce qui peut encore s’exprimer, dans le domaine complexe,
par les relations suivantes, en notation complexe :

(8)

On peut montrer que (Vd , Vi , Vo ) existe toujours et que :

(9)
Ainsi, la transformation matricielle définie permet de passer du domaine des phases (1, 2, 3)
dans celui des composantes symétriques (d, i, o). Il s’agit d’un changement de base dans le
domaine complexe. Les relations (8) et (9) en tension sont aussi valables en courant.

4.3 Intérêt des composantes symétriques


Considérons un circuit triphasé symétrique constitué de trois impédances couplées (figure 16), Zp
désignant l’impédance propre d’une des phases et Zm l’impédance mutuelle entre deux phases
quelconques. La tension simple de chacune des phases (V1 , V2 , V3 ) dépend de tous les courants par
l’intermédiaire des impédances propres et mutuelles. En régime sinusoïdal, on peut écrire en
notation complexe :

(10)

Le passage du domaine des phases vers celui des composantes symétriques à l’aide de la relation (8)
permet d’établir l’équation suivante :

(11)

Avec :

(12)

On voit donc que la tension homopolaire ne dépend que du courant homopolaire, la tension
directe du courant direct et la tension inverse du courant inverse. La transformation du domaine des
phases vers celui des composantes symétriques permet donc de découpler les modes. C’est une
propriété qui permet de simplifier le calcul des régimes déséquilibrés, en particulier le calcul des
courants de défaut.
Il faut noter que la propriété Zd = Zi n’est pas générale : elle s’applique uniquement aux
systèmes électriques statiques dont la structure est parfaitement symétrique. C’est donc une
approximation acceptable pour les lignes électriques et les transformateurs, mais c’est faux pour les
machines tournantes.
Remarque :
- La conception et l’exploitation d’un réseau électrique ne peuvent être menées sans prendre en
compte son fonctionnement en régime perturbé déséquilibré, tel qu’il peut par exemple apparaître
lors d’un court-circuit entre une phase et la terre. Dans une telle situation, il est nécessaire de
considérer le point neutre N, un éventuel conducteur de retour (ou encore : conducteur de neutre) et
la terre, qui pourra aussi jouer le rôle du « conducteur de retour » pour les courants de court-circuit.
La façon dont le point neutre est connecté à la terre sera déterminante dans l’évolution de ces
courants de court-circuit.
- Le régime homopolaire a une signification particulière puisqu’il caractérise la façon dont le
courant résiduel (IR = I1 + I2 + I3 = 3Io ) s’écoule à la terre. Tous les régimes de défauts relatifs à
un contact entre le système triphasé et la terre sont donc liés aux caractéristiques homopolaires du
système, et en particulier à son impédance homopolaire Zo .
4.4 Schémas monophasés direct, inverse et homopolaire
Tout élément électrique d’un réseau d’énergie triphasé peut être associé à trois schémas
indépendants, caractérisant les régimes direct, inverse et homopolaire. Ces schémas peuvent
s’apparenter à des schémas de Thévenin, comme indiqué figure 18.

Figure 18 – Schémas direct, inverse et homopolaire.

Ed =Vd +Zd Id

Ei=Vi+ZiIi

E0 = V0 +Z0 I0

Pour les éléments passifs (lignes, transformateurs, etc.), les sources de tension disparaissent dans les
schémas équivalents. Pour les générateurs d’énergie, les sources de tension en régime inverse et
homopolaire peuvent souvent être négligées (Ei=E0 =0). Quant aux impédances directe, inverse et
homopolaire, elles sont souvent fournies par les constructeurs de matériel. Elles peuvent être
déterminées par des essais au cours desquels les éléments à caractériser sont alimentés par des
sources de tension en régime direct ou inverse ou homopolaire.

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