Bernard B. 2016 Projection Plasma de Suspensions
Bernard B. 2016 Projection Plasma de Suspensions
Thèse
18 octobre 2016
Membres du jury :
Rapporteurs : Daniel MONCEAU Directeur de recherche, CIRIMAT, Toulouse
Jean-Luc BATTAGLIA Professeur, Université de Bordeaux, Talence
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UMR N°7563, Laboratoire d’Énergétique et de Mécanique Théorique et Appliquée (LEMTA),
2 Avenue de la Forêt de Haye TSA 60604 54518 Vandœuvre-lès-Nancy
Introduction générale
2
Introduction générale
Remerciements
Étonnamment, ces dernières lignes m’apparaissent comme les plus difficiles à écrire.
Elles vont mettre un point final à ces trois merveilleuses années de thèse et me permettre de
remercier, je l’espère sans oublis, toutes les personnes que j’ai côtoyées et sans qui cette
thèse ne serait pas ce qu’elle est.
En premier lieu, je tenais à remercier le CEA qui m’a accueilli sur le site du Ripault, au
sein du laboratoire de projection thermique, et qui a cofinancé ce travail de thèse.
Je remercie également le groupe Safran pour avoir cofinancé cette étude et permis au
travers de ses équipes d’apporter un regard industriel bienveillant sur les travaux de thèse.
3
Introduction générale
Merci à Vincent Schick pour m’avoir encadré lors de mes venues à Nancy. Je sais à
quel point tu as dû faire preuve de patience face à mon ignorance de Matlab, ce qui a
nécessité de nombreux débogages de ta part. Merci également pour le temps que tu as
passé à me former à la thermique. Merci enfin pour ta bonne humeur et pour les moments
que l’on a passé en dehors du cadre de ces travaux. Nos échanges de répliques de
Kaamelott me manqueront et je finirai de te remercier en te disant : « "Mundi placet et
spiritus minima", ça n'a aucun sens mais on pourrait très bien imaginer une traduction du
type : "Le roseau plie, mais ne cède... qu'en cas de pépin" ce qui ne veut rien dire non
plus. » (Kaamelott - Livre VI, Lacrimosa).
Un grand merci à Luc Bianchi qui a un rôle spécial dans ce travail de thèse. Tu as
débuté mon encadrement au CEA puis tu es parti vers de nouveaux horizons, chez Safran,
où tu as continué à avoir un regard sur ces travaux. Je voulais te remercier pour la confiance
que tu m’as accordée, durant mon stage de master et surtout durant cette thèse, et qui m’a
permis de m’épanouir dans mon travail. Malgré la grande autonomie que tu m’as laissée, tu
n’as jamais manqué de m’orienter dans la bonne direction, de m’aider dans les moments
plus délicats, de m’apporter toutes ta connaissance sur la projection thermique ainsi que sur
les matériaux. Chaque discussion avec toi a permis d’éclaircir des points cruciaux qui se
retrouvent dans ce manuscrit de thèse. Merci également pour ta bonne humeur et ta
disponibilité. Je garde également un très bon souvenir des déplacements que l’on a réalisés
ensemble et qui ont toujours suscité des moments conviviaux et agréables.
Je remercie Aurélie Quet qui m’a encadré lors de cette fin de thèse. Plus qu’encadré
même, puisque je te dois la qualité de ce document qui, au travers de tes conseils avisés, a
été grandement amélioré. Merci également pour toutes les discussions que l’on a pu avoir
sur mon sujet de thèse et ce, même avant que tu ne prennes la charge de mon
encadrement. Tes grandes connaissances et tes idées ont toujours été pertinentes et
précieuses. La partie anti-CMAS ne serait pas ce qu’elle est sans ton aide. J’ai également
apprécié travailler avec toi pour ta bonne humeur et ta disponibilité sans faille (même quand
tu n’as pas le temps tu ne refuses jamais une discussion dans ton bureau). Merci pour les
bons moments passés lors de soirées à Tours, permettant de changer de sujets de
discussions.
4
Introduction générale
Merci également à mes référents chez Safran. En premier lieu, merci à André Malié qui
a suivi cette étude depuis le début. Sa grande connaissance des systèmes barrières
thermiques est une source bibliographique inestimable, qui m’a permis de mieux comprendre
les couches de liaison et les dépôts EB-PVD. Merci également à Aurélien Joulia, arrivé en
cours de route, et avec qui j’ai pu échanger sur la projection plasma d’intrants liquides, qu’il
maîtrise à la perfection. Merci également à Virginie Jaquet, Fabrice Crabos, Serge Selezneff,
Lisa Pin, Pascal Bilhe, Mickaël Thiercellin, Nihad Ben Salah et Hugues Joubert que j’ai pu
côtoyer lors de réunions et qui ont toujours montré un intérêt pour ces travaux.
Merci à Emmanuel Hervé (dit Manu) et Jérôme Lhostis pour les bons moments que l’on
a passés (en tout cas moi) sur la réalisation de DHP. Si cela n’a pas toujours été simple, on
a pu, grâce à votre réactivité et vos idées, avancer et proposer des solutions innovantes
répondant à nos problématiques.
Un grand merci aux personnes du CEA qui m’ont aidé pour la réalisation de
caractérisations spécifiques. Merci à Evelyne Estrade, Patrick Brelivet, Sophie De Vito,
Tristan Le Bihan, Jean-Louis Longuet, Alexandre Forzy, Nicolas Tenèze, Chrystel Ambard et
Daniel Marteau, Vincent Frotté.
Merci à tous les collègues que j’ai côtoyés au sein du laboratoire de projection
thermique au CEA : Éric, Françoise, Manu, Nico, Jean-Luc, Aurélie, Franck, Daniel, Jean-
Yves, Erick, Philippe, Séchel, Vincent, Olivier, Jean-Marc, Denis, Christian, Thierry, Fabrice,
François, Anthony, Xavier, Bernard, Jérôme, Ptit Vinc, Seb et Claudic. Merci également à
tous les membres du service.
Merci également à Benjamin, Alain, Vincent, Irène, Sophie, Assma, Yves, Denis,
Thomas et Waseem du LEMTA pour votre convivialité et votre aide.
Merci à la section tennis du Ripault, avec qui j’ai pu me détendre lors de longues soirées
tennis-saucisson. Ces moments resteront gravés dans ma mémoire.
Je n’aurais probablement jamais réalisé cette thèse sans mon ami Benoît Minot, qui, lors
de sa reprise d’étude m’a convaincu de m’orienter vers la recherche. Sans toi, je n’aurais
jamais réalisé mon stage de master au CEA, et donc n’aurais jamais réalisé cette thèse.
Pour tout ceci, pour tous les bons moments que l’on a passés ensemble à la fac de Tours, je
tenais à te remercier chaleureusement.
5
Introduction générale
Merci à tous mes amis thésards, stagiaires, post-docs et CDD du laboratoire pour les
bons moments que l’on a passés : Arnaud, Rémi, Julien, Mickaël, Julien, Sophie, Jimmy,
Denis. Je tenais à remercier plus particulièrement mes amies de bureaux avec qui j’ai bien
rigolé et avec qui j’ai dû batailler pour garder une température acceptable (bon non ok je n’ai
jamais réussi à imposer une température Bretonne je dois l’avouer…) : Charlotte Barré,
Sophie Boudet et Alice Ravaux. Merci aux autres thésards du CEA, notamment l’association
Asthéroïd pour les soirées conviviales.
Un grand merci à Julien, Fabien, Alexandre et Yoan-Alan, mes amis du lycée, nous
n’avons cessé de nous encourager mutuellement les uns les autres dans nos voies
respectives. Votre soutien m’a notamment permis de me changer les idées pendant cette
période redoutée de tous les thésards, à savoir la rédaction.
Enfin, je voulais terminer ces remerciements par mes deux amours. Imea, mon chat, qui
avec ses miaulements de pigeon (« Brou Brou ») a su m’arracher à mon ordinateur le week-
end. Et bien évidemment, je finis par toi Séverine, mon amour, sans qui je le sais j’aurais jeté
l’éponge à de nombreuses reprises. Tu as su avoir les mots. Je te remercie et je t’aime de
tout mon cœur.
6
Introduction générale
7
Introduction générale
8
Sommaire
Sommaire
Abréviations .......................................................................................................................... ii
Indices .................................................................................................................................. iv
Introduction........................................................................................................................... 7
Conclusion .......................................................................................................................... 57
Introduction......................................................................................................................... 61
10
Sommaire
Conclusion ...................................................................................................................... 86
Introduction......................................................................................................................... 89
Introduction....................................................................................................................... 119
4.1 Étude de la conductivité thermique des dépôts YSZ par SPS ....................... 120
4.1.1 Détermination de la conductivité thermique ..................................................................120
11
Sommaire
Introduction....................................................................................................................... 161
12
Sommaire
Bibliographie......................................................................................................................... 207
13
Abréviation – Lettres – Indices
i
Sommaire
Abréviations
APS : « Atmospheric Plasma Spraying » - Projection plasma à pression atmosphérique
APV : Aluminisation en Phase Vapeur
CAS : Contaminant de composition 23,5 % CaO-15 % Al2O3-61,5 % SiO2 (% massique)
CEA : Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives
CMAS : Contaminant/sable composé des oxydes CaO, MgO, Al2O3 et SiO2
CFM : Co-entreprise entre General Electric – Safran Aircraft Engines
CTE : « Coefficient of Thermal Expansion » - coefficient de dilatation thermique (K-1)
CVD : « Chemical Vapor Deposition » - Déposition chimique en phase vapeur
DHP : Distributeur Haute Pression d’un turboréacteur
DRX : Diffraction des Rayons X
EB-PVD : « Electron Beam - Physical Vapor Deposition » - Dépôt par évaporation sous
faisceau d’électrons
GZ : Zirconate de gadolinium (Gd2Zr2O7)
HX : Hastelloy X
ICP : « In-situ Coating Properties » - Mesure de propriétés in-situ (Reliacoat Technologies)
JCPDS : Joint Committee on Powder Diffraction Standards (Institution)
LEAP : « Leading Edge Aviation Propulsion » - turboréacteur CFM
LEMTA : Laboratoire d’Energie et de Mécanique Théorique Appliquée
LPPS : « Low Pressure Plasma Spraying » - Projection plasma sous pression réduite
PS-PVD :« Plasma Spray-Physical Vapor Deposition »
MEB : Microscope Electronique à Balayage
MHP : Aube mobile Haute Pression d’un turboréacteur
NACA : National Advisory Committee for Aeronautics (Institution)
NBS : National Bureau of Standards (Institution)
NIST : National Institute of Standard and Technology (Institution)
SPPS : « Solution Precursor Plasma Spraying » - Projection plasma de sels en solution
SPS : « Suspension Plasma Spraying » - Projection plasma de suspensions
SVD : « Singular Value Decomposition » - Décomposition en valeurs singulières
TC : Taux de Charge de la suspension (% massique)
TGO : « Thermally Grown Oxide » - oxyde formé par oxydation de la couche de liaison
TRL : « Technology Readiness Level » - Niveau de maturité technologique
YSZ : Zircone Stabilisée à l’Yttrine (ZrO2-Y2O3)
ZC : Zone Colonnaire
ZCC : Zone Colonnaire Compacte
ZNC : Zone Non Colonnaire
ii
Sommaire
Lettres latines
Aexp : Coefficient expérimental d’expansion des colonnes (pas d’unité)
he
Bi : Nombre de Biot (pas d’unité) - Bi =
t : Temps (s)
T : Température (°C ou K)
TC : Taux de charge de la suspension (% massique)
v : Vitesse (m.s-1)
v// : Vitesse de croissance latérale des colonnes obtenues par SPS (m.s-1)
iii
Sommaire
v : Vitesse de croissance normale des colonnes obtenues par SPS (m.s-1)
2
ρg (vg - vl ) dl
We : Nombre de Weber (pas d’unité) - We= σl
Lettres grecques
: Diffusivité thermique (m 2.s-1)
: Dirac
: Viscosité (Pa.s)
: Flux (W)
: Transformée de Laplace en temps du flux – Transformée de Laplace en temps et de
Fourier-cosinus dans l’espace du flux
: Conductivité thermique (W.m -1.K-1)
rad : Longueur d’onde (nm)
: Nombre égal à 3,14159265359
: Angle (°)
: Transformée de Laplace T en temps de la température – Transformée de Laplace en
temps et de Fourier-cosinus dans l’espace de la température T
: Masse volumique (kg.m-3)
thermoméca : Contrainte thermomécanique (Pa)
l : Tension superficielle d’un liquide (N.m -1)
: Coefficient de poisson (pas d’unité)
: Facteur d’étalement (pas d’unité)
Indices
d : dépôt
CL : couche limite
g : mélange de gaz plasmagène – plasma
p : particules
s : substrat
x : direction x
y : direction y
z : direction z
iv
Sommaire
v
Introduction générale
Introduction générale
L’efficacité énergétique ainsi que la raréfaction des énergies fossiles est au cœur des
débats économico-politiques de ce début de XXI ème siècle. Dans ce contexte, l’industrie
aéronautique, grande consommatrice de ressources fossiles, se doit d’améliorer le
rendement de ses turbines à gaz pour une application de propulsion aéronautique. Le trafic
aérien, en constante hausse, voit la consommation de kérosène augmenter de façon
significative [1]. La solution envisagée pour réduire la consommation en carburant des
moteurs tient dans la possibilité d’augmenter le rendement thermodynamique. En effet, le
fonctionnement d’un turboréacteur est régi par un cycle thermodynamique de Brayton pour
lequel la température des gaz au sein de la chambre de combustion va influer sur le
rendement.
Flux primaire
Flux primaire
Flux secondaire
Compresseur
basse pression
La propulsion aéronautique est permise par l’accélération de l’air aspiré dans une
turbine à gaz. Prenons le cas du moteur LEAP, dernier né de CFM International (Co-
entreprise entre General Electric et Safran), prévu pour équiper la prochaine génération
d’Airbus A320néo et de Boeing B737Max. Un schéma explicatif de son fonctionnement est
donné en Illustration 1. L’air aspiré par la soufflante (en anglais, fan) en avant de la turbine
est divisé entre le flux primaire et le flux secondaire. Le flux primaire est dans un premier
temps comprimé de façon isentropique au travers de compresseurs basse pression, puis
haute pression. L’air comprimé est ensuite mélangé au combustible (le kérosène) et entre
dans la chambre de combustion. La réaction chimique entraîne le chauffage de l’air, puis sa
détente hors de la chambre. Les aubes de la turbine haute pression ont alors pour rôle
d’évacuer les gaz chauds en sortie de tuyère. Le passage de cet air chaud au travers des
rangées d’aubes entraîne l’arbre principal permettant la rotation de la soufflante avant,
aspirant l’air. L’air du flux primaire présente alors une vitesse supérieure à celui de l’air
aspiré par la soufflante, permettant la propulsion. L’air du flux secondaire, bien que
faiblement accéléré, participe néanmoins à environ 80% de la poussée, ainsi qu’à
l’atténuation du bruit issu de l’expulsion de l’air du flux primaire.
Améliorations :
Température du métal ( C)
- Refroidissement
Température du gaz ( C)
- Barrières thermiques
Température du
gaz
Alliages coulés
monocristallins
Alliages coulés à
solidification dirigée
Alliages coulés
Alliages forgés
Illustration 2 : Évolution des technologies au sein des turbines à gaz - traduit de [3]
Le premier chapitre de ce manuscrit entend dresser un état de l’art sur les barrières
thermiques. La discussion s’orientera en particulier sur les différentes problématiques et
limitations actuelles. Les solutions matériaux et procédés proposés seront identifiés. Ceci
nous permettra de sélectionner des matériaux d’intérêt ainsi que de justifier le choix du
procédé de projection plasma de suspensions (SPS) qui a été évalué pour ces travaux de
thèse. Enfin, les techniques permettant de déterminer les propriétés principales que doit
présenter une barrière thermique optimisée pour la prochaine génération de turbine seront
discutées.
Le quatrième chapitre présente les propriétés des dépôts YSZ obtenus par SPS pour
une application barrière thermique. En particulier, la conductivité thermique et la durée de vie
seront discutées.
3
4
Chapitre 1. État de l’art
5
Chapitre 1. État de l’art
6
Chapitre 1. État de l’art
Introduction
Les premières études relatant l’utilisation de couches céramiques pour la protection
thermique de composants aéronautiques datent des années 1940 avec le développement
d’émaux frittés aux Etats-Unis par le NACA (National Advisory Committee for Aeronautics) et
le NBS (National Bureau of Standards) [5,6]. L’utilisation des matériaux céramiques et de
nouvelles techniques de dépôt (exemple des dépôts par flamme – Flame-Sprayed Ceramics)
a conduit, durant les années 1960, au développement de barrières thermiques. Celles-ci
comprenaient une couche de liaison de type NiCr alliée à une couche céramique ZrO2-CaO
pour la protection des parties métalliques des tuyères des roquettes X-15, présentées en
Figure 1. 1 (a) [4].
Zircone NiCr
Barrière thermique
(protège de l’oxydation de la tuyère et de
l’évaporation de l’ammoniaque liquide )
Barrière thermique
(b)
J58
Figure 1. 1 : Protection barrière thermique : (a) des roquettes X-15 (1960) et (b) des anneaux
brûleurs dans les moteurs J58 du Lockheed Blackbird (années 1970) - adapté de [4,6]
Les matériaux jusqu’alors utilisés, ZrO2, ZrO2-CaO ou Al2O3, ont vite montré leurs limites
en termes de tenue mécanique à haute température notamment. Au milieu des années
1970, l’utilisation de barrières thermiques sur aubes de turbine au sein même du
turboréacteur a été évaluée avec succès [7]. Des dépôts poreux de zircone, non plus
7
Chapitre 1. État de l’art
stabilisés à la chaux mais à l’yttrine (ZrO 2-Y2O3 ou YSZ : Yttria Stabilized Zirconia), ont été
obtenus par projection plasma à pression atmosphérique APS (Atmospheric Plasma
Spraying). Les sous-couches métalliques employées, de type NiCrAlY, étaient également
obtenues par projection plasma. L’utilisation de la zircone stabilisée à l’yttrine permettait
d’assurer une durée de vie suffisante à la couche céramique isolante, tandis que la couche
de liaison NiCrAlY assurait la protection à l’oxydation par les gaz chauds. La quantité
d’yttrine adjointe à la zircone a ensuite fait l’objet de nombreuses études permettant de
déterminer la composition de 6-8% massique en Y2O3. Cette composition assure une durée
de vie optimale du fait de ses propriétés mécaniques supérieures (Figure 1. 2 (a)) [8].
Ecaillage
Dépôt intact
8
Chapitre 1. État de l’art
thermique, ce premier chapitre s’attachera ainsi à dresser un résumé des solutions incluant
les matériaux et les procédés de dépôt les plus prometteurs et innovants. L’objectif est
d’orienter la sélection des matériaux étudiés dans la thèse et de souligner l’intérêt d’une mise
en forme via le procédé de projection plasma de suspensions, décrit en détail dans un
deuxième temps. L’accent sera notamment mis sur les plus récentes avancées au niveau de
la réalisation de microstructures d’intérêt. La compréhension des mécanismes à l’origine de
ces microstructures pertinentes fera l’objet d’une attention particulière. Enfin la dernière
partie identifiera les techniques de caractérisation les plus adaptées pour déterminer les
propriétés essentielles de la prochaine génération de barrières thermiques.
(a) Technologie
Chambre de
Technologie
Aubage (b)
combustion 1300
Figure 1. 3 : Schéma d’une barrière thermique en fonction de la zone protégée (a) et profil de
température calculé dans les parois d’une aube au bord d’attaque – retracé à partir de [10] (b)
Le superalliage est dans un premier temps revêtu d’une couche de liaison métallique.
Les matériaux employés peuvent être des alliages de type MCrAlY (M=Ni et/ou Co), souvent
réalisés par projection plasma sous pression réduite (LPPS Low Pressure Plasma Spraying).
Des aluminures (NiAl), modifiés ou non par un élément ternaire comme le platine
(-(Ni,Pt)Al), sont également largement utilisés. Ces dépôts sont obtenus par des procédés
[ii]
AM1 : 65,5% Ni-11,6% Al-9% Cr-6,7% Co-2,6% Ta-1,4% Ti-1,3% Mo (%at.)
9
Chapitre 1. État de l’art
Fraction molaire Cr
Figure 1. 4 : Diagramme ternaire Ni-Al-Cr classant les couches de liaison - adapté de [15]
ZrO2 ′ X
Y2 O3 → 2 YZr + VO +3 OO (1. 1)
La couche céramique isolante est actuellement obtenue par deux procédés de dépôt : la
projection plasma de poudre à pression atmosphérique (APS, Atmospheric Plasma
Spraying) et l’évaporation sous faisceau d’électrons (EB-PVD, Electron Beam Physical
Vapor Deposition) [18].
11
Chapitre 1. État de l’art
Substrat
Torche plasma
Figure 1. 6 (a). Dans le cas de ces dépôts YSZ par EB-PVD, les sous-couches employées
sont le plus souvent des aluminures de nickel comme le -(Ni,Pt)Al ou comme plus
récemment des couches -Ni - ’-Ni3Al dans lequel du Pt est diffusé. L’utilisation de ces deux
types de sous-couches est préférable aux dépôts LPPS, voire PVD, de MCrAlY de par l’état
de surface lisse adapté à une croissance de dépôt sous vide. La pré-oxydation de la sous-
couche de liaison est préférable préalablement au dépôt EB-PVD afin de former une couche
TGO stable plus résistante à l’oxydation et permettant une accroche chimique des vapeurs
de YSZ [18,31].
Faisceau
d’électrons
Vapeur de
YSZ
Pompage Source
d’électrons
Barreau de YSZ
Figure 1. 6 : Schéma du procédé EB-PVD (a), diagramme de Thornton décrivant les dépôts
obtenus [32] (b) et dépôt colonnaire YSZ (type zone 1) - image issue de [18] (c)
La microstructure des colonnes est régie par la pression dans l’enceinte, et par la
différence entre la température de fusion de la zircone yttriée (environ 2600°C) et la
température du substrat. Il est couramment admis que les microstructures des dépôts
obtenues via ce procédé en phase vapeur peuvent être décrites par le diagramme de
Thornton proposé en 1977 [32]. Celui-ci, présenté en Figure 1. 6 (b), permet d’identifier 4
zones présentant des microstructures distinctes :
- Zone 1 : structure conique dont la surface se caractérise par des dômes séparés par
des espaces inter-colonnaires de l’ordre du micromètre ;
- Zone T : structure mal définie, dite de transition, présentant un aspect fibreux ;
- Zone 2 : structure relativement dense présentant des grains colonnaires bien définis
et séparés par des joints de grains inter-cristallins ;
- Zone 3 : structure présentant des grains équiaxes, témoins d’une recristallisation à
haute température.
13
Chapitre 1. État de l’art
environ deux fois plus importante pour un système -(Ni,Pt)Al – YSZ (EB-PVD) que pour
MCrAlY – YSZ (APS) [33]. La structure en dôme, des dépôts EB-PVD, présente une rugosité
moindre (1-2 µm) que celle des dépôts YSZ par APS (> 10 µm), qui pourrait expliquer les
effets d’érosion amoindris dans le premier cas [30,34]. Les structures EB-PVD présentent
néanmoins des colonnes relativement denses, ainsi que des chemins de conduction
privilégiés entre les colonnes pour l’air chaud. Tout ceci induit des conductivités thermiques
de l’ordre de 1,5 – 2 W.m-1K-1, relativement élevées comparativement à l’APS [9]. De plus, le
procédé possède une résolution suffisamment fine pour ne pas boucher les évents
d’aération des pièces refroidies des turbines. Ces dépôts sont donc employés pour protéger
les pièces de la turbine haute pression [18].
Maximum
Moyenne
Durée de vie (cycles)
Minimum
Type de dépôt
Couche de liaison
Les pérovskites sont des composés qui ont été envisagés pour leur très haut point de
fusion, ainsi que pour la capacité à moduler leurs propriétés dans le cas de formes
complexes (dopage du site cationique B) [37,43]. En effet, les conductivités thermiques de
pérovskites simples, tel que BaZrO 3, CaZrO3, SrZrO3, LaAlO3 relevées entre 2 et
3,4 W.m-1.K-1 restent très proches, voir supérieures, à celle de YSZ [40,44]. Pour réduire les
valeurs de conductivité, certains auteurs ont donc proposé des formes complexes de
pérovskites tels que BaMg1/3Ta2/3O3, LaAl1/4Mg1/2Ta1/4O3. Pour ces matériaux la conductivité
thermique est mesurée entre 1,8 et 2,5 W.m -1.K-1 à 1000 °C [45].
Les structures magnétoplumbites ont également été étudiées pour les applications
barrières thermiques. C’est notamment le cas de LaMgAl11O19 qui présente une conductivité
thermique de l’ordre de 1,7 W.m-1.K-1, une résistance au frittage accrue jusqu’à 1400 °C et
une stabilité structurale jusqu’à 1800 °C [46-49].
15
Chapitre 1. État de l’art
Dans le cas de l’APS, un grand travail a été effectué sur la réalisation de poudres
adaptées pour l’optimisation des propriétés du dépôt YSZ. On peut relever par exemple
l’utilisation de poudres sphériques creuses qui permettent, via l’emploi de conditions de
projection adéquates, de réaliser des structures avec une porosité optimisée. La couche YSZ
présente alors une conductivité thermique de 30 % inférieure à un dépôt APS standard, ainsi
qu’une résistance accrue au frittage [51-53]. La réalisation de dépôt dit « nanostructurés »
est une voie d’amélioration possible par APS, en utilisant des poudres nanométriques
agglomérées qui atteignent une taille suffisante pour être projetées. Dans ce cas, des
structures bimodales sont obtenues. Elles présentent une structure lamellaire emprisonnant
des amas de poudre nanométrique demeurant infondus (voir Figure 1. 8) [54]. La
conductivité thermique des couches YSZ est ainsi diminuée de 40 %, tout en assurant
également une meilleure résistance au frittage [55,56]. Cette solution semble néanmoins peu
adaptée à la réalisation de dépôts sur aube de turbine du fait de l’obstruction par APS des
trous d’évent.
Lamelles
fondues
16
Chapitre 1. État de l’art
(a)
Microstructure
Microstructure Microstructure
Microstructure Microstructure fissurée
Microstructure fissuré Microstructure
homogène
homogène fissuré
fissurée présentant des inter-passes
présentant inter-passes colonnaire
Fissurations
Colonnes
Espaces inter-
Inter-passes
colonnaires
Fissurations
(b)
Conductivité thermique (W.m-1K-1)
Température ( C)
Figure 1. 9 : Microstructures YSZ accessibles par SPS et/ou SPPS (a) et évolution de la
conductivité thermique pour 2 dépôts SPS comparés à un dépôt APS – adapté de [63-65]
Les conductivités thermiques obtenues pour des dépôts YSZ par SPS et/ou SPPS sont
le plus souvent comprises entre 0,6 et 1,1 W.m -1.K-1 à 1000 °C [62,63,64,65]. L’étude menée
par Ganvir et al. et présentée en Figure 1. 9 (b) montre une diminution de l’ordre de 30 % de
la conductivité thermique mesurée à 1000 °C entre un dépôt SPS réalisé avec des
17
Chapitre 1. État de l’art
particules < 3 µm (0,6 W.m-1.K-1), et un dépôt APS (0,9 W.m-1.K-1) réalisé avec une poudre
standard YSZ [63]. Les plus faibles valeurs de conductivité thermique peuvent être obtenues
en effectuant des dépôts extrêmement poreux ou présentant des inter-passes prononcées
orthogonales au flux de chaleur (voir Figure 1. 9) [62,63,65]. Ces inter-passes, peuvent être
attribuées à l’incorporation de particules peu, mal, voire non fondues au sein du revêtement
entre deux passages de torche [62]. Des résultats similaires sont obtenus par injection de
suspensions dans une flamme à grande vitesse (S-HVOF, Suspension High Velocity Oxy-
Fuel) [66]. De plus la porosité des dépôts SPS, bien qu’évoluant avec la température, est
conservée dans sa globalité après des recuits de 100 h à 1100°C, laissant alors présager
une bonne résistance au frittage [67]. Ce type de dépôt, par la très faible taille des particules
employées, permet de plus la conservation des trous d’évent des aubes de turbine, comme
présenté en Figure 1. 10 [68].
a b
(c) (d)
Figure 1. 10 : Aube revêtue par SPS présentant une évolution microstructurale sur le profil de
la pièce mais n’obstruant pas les évents d’aération [68]
Le procédé sol-gel est utilisé depuis quelques années afin de réaliser des dépôts YSZ
pour les systèmes barrières thermiques. Une des méthodes de mise en forme consiste dans
un premier temps en la réalisation d’un gel contenant des poudres YSZ obtenues par
hydrolyse et condensation. Après un séchage supercritique de ce gel, un aérogel de poudre
de YSZ est obtenu. Les poudres nanométriques sont alors dispersées en suspension et le
dépôt sur le substrat métallique est réalisé par trempage-retrait avant un recuit à 950-
1100 °C [69-71]. Des mesures de conductivité thermique ont été réalisées à température
ambiante sur les dépôts après traitement thermiques à 950 °C. Les résultats, prometteurs,
annoncent des valeurs de l’ordre de 0,2 W.m -1.K-1 [70]. Les valeurs sont néanmoins
sensibles à la température des vieillissements thermiques effectués, puisque la conductivité
augmente à 0,7-0,8 W.m-1.K-1 pour un traitement à 1100 °C. Ceci reste néanmoins bien
inférieur aux standards EB-PVD. Un exemple de microstructure sol-gel est présenté
en Figure 1. 11.
18
Chapitre 1. État de l’art
Dans le cas de l’érosion, l’écoulement des gaz chauds, les résidus de combustion ou les
petits corps solides étrangers, vont graduellement ablater la couche YSZ. Les dégâts sont
généralement localisés sur environ 30 µm à partir de la surface dans le cas des dépôts EB-
PVD [73]. L’impact, combiné à l’érosion des têtes de colonnes, peut induire la formation de
fissurations au sein des colonnes (voir Figure 1. 12 (a)). Il est communément admis que la
rugosité de surface du dépôt YSZ est un des facteurs limitant vis-à-vis de l’érosion. De ce
fait, les dépôts EB-PVD présentent un taux d’érosion plus faible que leurs homologues
19
Chapitre 1. État de l’art
obtenus par APS [34]. Les mécanismes d’érosion y sont de plus différents, puisque les
particules impactant la surface vont « décoller » les lamelles APS. Dans les deux cas, APS
comme EB-PVD, la microstructure joue un rôle dans le phénomène d’érosion. La taille des
colonnes EB-PVD peut apparaitre comme limitante, tandis que la réalisation de dépôts
verticalement fissurés par APS peut augmenter la résistance à l’érosion (voir
Figure 1. 12 (b)) [30,34].
Figure 1. 12 : Effet de l’érosion par de petites particules sur YSZ EB-PVD – adapté de [72] (a) et
résistance à l’érosion des dépôts APS selon la microstructure – données issues de [34] (b)
L’infiltration de YSZ par les CMAS liquides peut également engendrer une réaction
chimique dite de dissolution – re-précipitation. Dans ce cas, YSZ est dissout dans le CMAS
liquide pour re-précipiter, soit en formant des composés avec le CMAS tel Ca 2ZrSi4O12, soit
en formant des particules globulaires présentant des phases ZrO2. Ces dernières sont non
stabilisées amenant à des sources de limitations mécaniques au sein de la couche (comme
un changement de volume au refroidissement par exemple) [79-81]. La combinaison des
deux types de dégradation par les CMAS, mécanique et chimique, mène à l’écaillage de la
barrière thermique sur les pièces opérationnelles, comme illustré en Figure 1. 13 [81].
20
Chapitre 1. État de l’art
CMAS
(a) (b) re-solidifié
Nouvelles phases
Fissures
Figure 1. 13 : Écaillage de YSZ à la surface d’une aube de turbine mise hors service par l’action
des CMAS - adapté de [76] (a) et mécanismes possibles d’endommagement CMAS (b)
La morphologie des dépôts colonnaires EB-PVD les rend d’autant plus sensibles au
mécanisme de dissolution – re-précipitation, que la structure ouverte des colonnes est facile
à infiltrer. Kramër et al. ont calculé qu’une couche de 200 µm de YSZ EB-PVD pouvait, à la
vue des propriétés de viscosité et de tension de surface des CMAS, être totalement infiltrée
en 1 min à 1240 °C [82]. Ce type de problématique est amené à devenir prépondérant dans
les moteurs de demain, pour lesquels la température de fonctionnement sera plus élevée.
Ce qui est actuellement un problème localisé exclusivement aux zones les plus chaudes
risque de se généraliser à l’avenir sur l’ensemble de la pièce. Deux stratégies ont alors été
adoptées par de nombreuses équipes à travers le monde, afin de limiter ces dommages.
Elles visent à mettre à profit la très grande réactivité des CMAS, afin de former rapidement
des phases stables de type anorthite (exemple : CaAl2Si2O7) ou apatite (exemple :
Ca2RE8(SiO4)6O2 et RE=terres rares), qui stopperaient les infiltrations futures [76].
La première voie, consistant donc à former une phase anorthite, a été testée avec
succès par Aygun et al. en 2007 [83]. Dans leurs études, des dépôts SPPS de YSZ,
contenant différents ajouts en Al2O3 et TiO2, ont été testés à l’infiltration CMAS. L’ajout
d’aluminium via Al2O3 permet en effet la formation d’une phase bloquante anorthite
(CaAl2Si2O7). L’addition de Ti (TiO 2) est supposée agir comme agent de nucléation,
favorisant la réaction de blocage. L’infiltration a été limitée à 24 % de l’épaisseur totale d’un
dépôt présentant la composition suivante : 71,4 %mol. ZrO2 - 3,6 %mol. Y2O3 –
20 %mol. Al2O3 – 5 %mol. TiO2 (Figure 1. 14) [84]. Des résultats comparables, montrant la
réactivité de YSZ-Al2O3-TiO2 vis-à-vis de l’infiltration CMAS, ont été obtenus sur des pastilles
céramiques [85]. Ces dernières présentent un taux de porosité de 15 %, choisi pour être
comparable à celui de dépôts classiques APS ou EB-PVD.
21
Chapitre 1. État de l’art
Cartographie Zr
Arrêt de l’infiltration
Cartographie Si Cartographie Ca
Figure 1. 14 : Infiltration CMAS limitée au sein d’un dépôt SPPS YSZ-Al2O3-TiO2 – adapté de [83]
Réaction du
CMAS CMAS Croissance
CMAS avec
les têtes de Dissolution cristalline de
colonnes des têtes de certaines
colonnes phases au
Infiltration refroidissement
du CMAS
liquide
Obstruction de
l’espace inter-
Début de la colonnaire par
réaction avec les produits de
la céramique réaction
Quelques études récentes ont mis en lumière les matériaux silicates, d’yttrium et/ou
d’ytterbium, comme envisageables pour la protection anti-CMAS. Ces derniers sont
initialement évalués en tant que barrières environnementales pour la protection des
composites de type CMC pour la rentrée atmosphérique. Les silicates permettent notamment
de former des phases apatites de types Ca 2RE2(SiO4)6O2 (RE=Y,Yb) qui ont prouvé leur
utilité dans la fonction anti-CMAS des pyrochlores [89-93].
3
3 -NiAl+ O2 → '-Ni3 Al+ α-Al2 O3 (1. 2)
2
Balint et al. ont montré que la sous-couche subissait une déformation plastique sous
l’action de la croissance de la TGO résultant alors en un aspect de l’interface ondulé
similaire à des vagues (désigné dans la littérature comme du « rumpling » et illustré en
Figure 1. 16) [96]. Ce type de phénomène est également dû à la transformation -
martensitique des aluminures -NiAl [96]. La diffusion d’espèces (Al et Ni), due à la formation
de la TGO, induit également la formation de lacunes qui, lors d’une sursaturation, générent
des cavités par coalescence, mécanisme correspondant à l’effet Kirkendall (Figure 1. 16)
[97]. Les cavités peuvent notamment diminuer la surface de contact entre la TGO et la
couche de liaison ou bien peuvent être des sites privilégiés d’amorce de fissuration de
l’interface. L’adjonction de Pt au sein de la sous-couche d’aluminure -NiAl peut permettre
de diminuer la quantité de cavités formées [98]. Ce type de phénomène est rencontré pour
les sous-couches de type -(Ni,Pt)Al ainsi que MCrAlY [95]. Les couches de liaison de type
23
Chapitre 1. État de l’art
Couche
de liaison
Superalliage
Cavités
(a) (b)
Déformation (« Rumpling »)
(a) (b)
Figure 1. 18 : Schéma des modes de rupture par « bombement » (a) ou perte d’adhérence
menant à un décollement des bords (b) – adapté de [102,103]
Les dépôts plasma, de type PS-PVD, sont réalisés avec une torche plasma de forte
puissance dans une enceinte maintenue sous un vide de 50 - 200 Pa [104,105]. Cette
technique permet en outre de développer des microstructures variées, allant du dépôt
lamellaire classique, jusqu’à des dépôts colonnaires semblables à ceux obtenus par EB-PVD
(Figure 1. 19) [106-108].
25
Chapitre 1. État de l’art
Ce type de dépôt est, de plus, réalisable sur des pièces opérationnelles avec une bonne
conservation de la microstructure sur la totalité du profil revêtu (Figure 1. 20) [104].
L’obstruction des trous d’évent n’est pas abordée, néanmoins à la vue de la similarité avec
les dépôts EB-PVD, il peut être considéré qu’ils demeurent intacts. La durée de vie de
dépôts YSZ colonnaires PS-PVD apparait supérieure aux dépôts YSZ APS standards ainsi
qu’aux dépôts YSZ EB-PVD sur sous-couches type MCrAlY [105,108]. Le coût lié à la
réalisation de dépôts colonnaires PS-PVD est estimé inférieur à celui de dépôts EB-PVD, du
fait des rendements plus élevés en PS-PVD [105]. Néanmoins, la nécessité d’utiliser une
enceinte sous vide et une torche de forte puissance en fait un procédé moins compétitif que
d’autres permettant une augmentation de la durée de vie. La conductivité thermique,
mesurée inférieure à 1 W.m-1.K-1 à 1000°C, et la possibilité de revêtir des pièces complexes
pourraient faire de la PS-PVD un bon compromis à l’EB-PVD pour les turbines actuelles
[104,105,108,109]. Il reste cependant à évaluer l’impact, sur la durée de vie, des contraintes
inhérentes au procédé. On notera par exemple la température des pièces, relativement
élevée pendant la projection qu’il peut être difficile de maîtriser.
Figure 1. 20 : Dépôt sur pâle de distributeur de turbine par PS-PVD - adapté de [105]
26
Chapitre 1. État de l’art
YSZ sol-gel
Superalliage (AM1)
Figure 1. 21 : Microstructure YSZ sol-gel renforcée pour le cyclage thermique – adapté de [110]
Les structures verticalement fissurées obtenues par projection plasma de solutions ont
également montré d’excellentes propriétés en termes de durée de vie. Une étude menée par
Jordan et al. a notamment mis en évidence que celles-ci présentaient une résistance au
cyclage thermique supérieure aux dépôts APS et EB-PVD (voir Figure 1. 22) [111,112]. Ces
propriétés accrues sont attribuées au nombre plus important de fissures observées par
SPPS que par APS. Ceci permet d’atteindre un degré d’accommodation des contraintes
thermomécaniques équivalent, voire supérieur à celui des structures colonnaires EB-PVD
[111-113].
1200
Min. Moy. Max.
Durée de vie (cycles)
1000
Cycle thermique : ambiante 1121 C (1h)
800
600
400
200
0
APS APS EB-PVD SPPS
fissuré fissuré
(a) (b)
1. Dépôt plasma poli
2. Dépôt plasma poli puis sablé
3. Dépôt plasma sablé
4. Dépôt plasma brut
5. Dépôt HVAF (High Velocity Air Fuel)
Durée de vie (cycles)
1 2 3 4 5
Ra=1-2µm Ra=3-4µm Ra=6-8µm Ra=11-12µm Ra=8-9µm
Dépôt APS
Dépôts SPS fissuré
Figure 1. 23 : Durée de vie de dépôts colonnaires SPS comparé à un dépôt APS fissuré –
traduit de [62] (a) et effet de la préparation de surface et du Ra sur les performances des
dépôts SPS – adapté de [114] (b)
3000
Gain en durée de vie par ajout
d'une sous-couche YSZ (%)
500
400
300
200
100
0
1 2 3 4
Figure 1. 24 : Apport des systèmes architecturés pyrochlore/YSZ par rapport à une couche
pyrochlore seule en termes de durée de vie – données issues de [39,117,118,119]
Certains auteurs reportent même des performances équivalentes voire accrues par
rapport à une couche YSZ seule obtenue par SPPS ou SPS [120,121]. Ceci a notamment
été observé pour des bicouches YSZ/Gd 2Zr2O7 réalisées par ces procédés [121,122]. Les
auteurs font alors l’hypothèse que la couche pyrochlore est moins perméable à l’oxygène
que YSZ, ce qui peut induire une oxydation moins sévère de la couche de liaison et donc
une rupture retardée.
À la vue des matériaux à l’étude, dont les propriétés principales sont résumées dans le
Tableau 1. 1, il semblerait que la réalisation d’un dépôt bicouche incluant YSZ et un matériau
pyrochlore soit une solution d’intérêt. Le choix du matériau pyrochlore doit être fait en
fonction du procédé de dépôt. Certains matériaux pyrochlores, à l’instar de La 2Zr2O7, ont une
propension à laisser s’évaporer l’oxyde de terre rare qui le compose (ici La2O3), lors de la
réalisation du dépôt [115]. Ceci induit des zones sous-stœchiométriques au sein de la
couche céramique pouvant amener à la formation de phases ZrO 2 non stabilisées.
ǂ
Formation de phases anorthite ou apatite
*Conductivité thermique mesurée à 700°C
Dépôt SPPS présentant 17 % de porosité
◊
Mesuré sur matériau fritté et dense
30
Chapitre 1. État de l’art
(3)Injection
(3) Injection
de ladu liquide
suspension
(4) Traitement
(2)(1) Génération
Génération du
du plasma thermocinétique
(3) Traitement
plasma thermocinétique
(1)(2) Formulation
Formulation de la
de la suspension (3)(5) Génération
Génération du
du revêtem
suspension/solution revêtement
Tout ceci nous permettra de faire un choix concernant le procédé le plus adapté à la
réalisation de l’architecture bicouche à gradient de microstructure colonnaire et homogène.
L’origine de la structure colonnaire sera notamment étudiée afin d’identifier les paramètres
cléss liés à sa mise en œuvre.
31
Chapitre 1. État de l’art
(2) (5)
Gaz plasmagènes
Cathode (6)
Gaz plasmagènes Anode
Le plasma ainsi généré peut alors être caractérisé par son enthalpie massique
(Hg en J.kg-1), présentée en équation (1. 4). Celle-ci représente le ratio entre la puissance
utile (Putile en W) générée par la torche plasma et le débit de gaz plasmagène employé
(Dg en kg.s-1). La vitesse du plasma (v g en m.s-1) est également une caractéristique
essentielle de l’écoulement. Elle peut être calculée par l’équation (1. 5), où interviennent le
débit massique de gaz plasmagène (D g), la masse volumique du mélange (g en kg.m-3) et la
section de la tuyère de l’anode (Sanode en m²).
32
Chapitre 1. État de l’art
Putile
Hg = (1. 4)
Dg
Dg
vg = ρ (1. 5)
g Sanode
(b)
(a)
Température de
la particule (K)
Particules d’Al2O3
la particule (m.s-1)
Vitesse de
Particules d’Al2O3
Temps (µs)
Figure 1. 27 : Jet plasma en mode claquage réamorçage [131] (a) et effet sur le
traitement de particules d’Al2O3 en APS – adapté de [133] (b)
Dans le cas d’une torche classique, l’arc électrique fluctue sans cesse induisant des
perturbations de l’écoulement [131]. Ceci peut induire une différence de traitement
thermocinétique pour les particules injectées et induire la croissance de défauts au sein des
dépôts (Figure 1. 27) [133,134]. Depuis quelques années, le développement de torches
plasma à arc cascade permet de supprimer ces fluctuations. Le principe repose sur
l’élongation de l’arc électrique [135]. Dans ce cas, une série d’anneaux isolants est placée
entre la cathode et l’anode (Figure 1. 28). On peut citer par exemple les torches TriPlex TM et
SinPlexTM d’Oerlikon-Metco ou l’Axial IIITM de Mettech.
Cathode
Anode
Figure 1. 28 : Schéma de principe d’une torche plasma à arc cascade – adapté de [135]
33
Chapitre 1. État de l’art
Afin de rendre une suspension stable, il est possible d’inclure des dispersants stériques
ou électrostatiques permettant de prévenir de l’agglomération [136,137]. Dans le cas des
dispersants stériques, des polymères sont employés. Ceux-ci sont adsorbés en surface de la
particule d’oxyde. L’encombrement stérique engendré diminue ainsi la propension à
s’agglomérer. Dans le cas de dispersants électrostatiques, la charge des particules est
modifiée en surface par la modification du pH de la suspension. Dans les deux cas, les
forces de répulsion deviennent supérieures à celles d’attraction, empêchant ainsi le
rapprochement de deux particules. Le type de solvant employé est également à considérer.
Celui-ci peut notamment influer sur la stabilité de la suspension.
34
Chapitre 1. État de l’art
(a) Jet de
liquide
(b) Jet de
liquide
cohérent atomisé
Flux plasma
Flux plasma
De manière courante, l’injection se fait de manière radiale au jet plasma. Ceci permet
d’adapter le système d’injection de suspension sur une grande variété de torches à plasma.
L’inconvénient majeur de cette technique réside dans la difficulté à injecter avec efficacité le
liquide au cœur du plasma, là où le traitement thermocinétique sera le plus efficace.
L’injection axiale, au cœur du plasma, permet quant à elle de s’assurer que le liquide sera
traité dans les parties les plus chaudes et rapides du jet plasma [112,143]. Néanmoins celle-
ci nécessite l’emploi de torches adaptées à ce mode d’injection. Ceci ne peut donc se faire
pour la projection plasma de liquide qu’avec des torches spécifiques telle l’Axial III TM de
Mettech [68]. Ce type d’injection se retrouve également dans un procédé relativement
nouveau, le S-HVOF [144].
Quelle que soit la voie d’injection choisie, pour qu’un liquide pénètre le jet plasma, sa
quantité de mouvement doit être supérieure à celle du jet. Le liquide est ensuite fragmenté
en fines gouttelettes avant d’être vaporisé. Des calculs montrent que le temps de
fragmentation d’une goutte d’éthanol de 30 µm est de 0,3 µs alors que la vaporisation
nécessite 500 µs [57]. Le jet de liquide subit une déformation liée à son interaction avec
l’écoulement plasma avant d’être vaporisé.
La fragmentation de gouttes a été étudiée par Pilch et al. lors de l’interaction avec un
gaz froid [145]. La goutte subit une dualité entre les forces aérodynamiques qui tendent à la
déformer, et sa tension de surface et sa viscosité qui lui font garder sa morphologie. Les
modes de déformation des gouttes, présentés en Figure 1. 30, peuvent être décrits par le
35
Chapitre 1. État de l’art
nombre adimensionnel de Weber (We) qui illustre cette dualité [136]. Ce dernier, présenté en
équation (1. 6) est défini par la masse volumique du plasma (g en kg.m-3), la vitesse relative
entre le plasma (vg en m.s-1) et le liquide (v l en m.s-1), le diamètre de la goutte
(dl en m) et la tension superficielle du liquide (l en N.m-1). Ce comportement à la
fragmentation est également observé entre un liquide et un jet plasma [146]. Des calculs
montrent que le processus de fragmentation peut amener à des tailles de gouttes de l’ordre
de 1 à 10 µm de diamètre en fonction de la viscosité et de la tension de surface du solvant
employé, ainsi que de la vitesse du plasma considérés [147]. Une fois, le solvant vaporisé le
traitement thermocinétique des particules solides peut avoir lieu.
2
ρg (vg - vl ) dl
We= (1. 6)
σl
Flux
We < 12 la goutte se brise par effets de résonance
Flux 50 < We < 100 formation d’un sac, d’un jet puis de
petites gouttes
Figure 1. 30 : Modes de fragmentation des gouttes associés au nombre de Weber entre une
goutte de liquide et un écoulement plasma – adapté de [145]
jeu. Le transfert de quantité de mouvement, entre la particule et le plasma, peut être décrit
par le calcul du coefficient de trainée (CD), lui-même relié au nombre adimensionnel de
Reynolds (Re). Dans le cas du transfert thermique, le coefficient d’échange de chaleur
(h en W.m-2K-1) peut être employé et est relié au nombre adimensionnel de Nusselt (Nu).
Il est à noter que dans le cas de la projection plasma de suspensions et solutions, les
particules sont maintenues au sein de gouttes fragmentées sous l’effet du jet plasma. Le
transfert de chaleur ainsi que de quantité de mouvement peut être à considérer pour le
système liquide – particule. Par souci de clarté, les équations seront données pour un
échange simple avec les particules.
Le coefficient de transfert de chaleur, h, peut alors être relié au nombre de Nusselt par
l’équation (1. 8). Celui-ci peut être déterminé par la corrélation de Ranz-Marshall en équation
(1. 9) en faisant intervenir le nombre de Prandtl (Pr) et celui de Reynolds (Re) [149]. Ces
derniers sont donnés en équations (1. 10) et (1. 11). Cette corrélation est valable pour des
valeurs de Re < 200 et des valeurs de Prandtl dans l’intervalle 0,5 < Pr < 1,0, ce qui est le
cas pour de petites particules [131]. Les différentes équations introduisent la conductivité
thermique ( en W.m-1K-1), la masse volumique ( en kg.m-3), la viscosité ( en Pa.s), la
chaleur spécifique (Cp en J.Kg -1K-1) et la vitesse (v en m.s-1). Les grandeurs sont associées
au plasma ou aux particules en fonction de l’indice employé « g » ou « p », respectivement.
g Nu
h= (1. 8)
dp
ρg (vg - vp ) dp
Re = (1. 10)
g
g Cpg
Pr = g
(1. 11)
37
Chapitre 1. État de l’art
l∞
Kn= (1. 12)
dp
d2p 1 2
FD = CD ρg (vg - vp ) (1. 13)
4 2
24
CD = (1. 14)
Re
Le coefficient de trainée est donc souvent employé pour décrire la capacité du plasma à
accélérer les particules. Il a été relié au nombre de Reynolds par le biais de relations
empiriques. Dans le cas d’un écoulement laminaire (Re < 0,2), le coefficient de trainée peut
être exprimé par l’équation (1. 14), et illustre la capacité d’entrainement et d’accélération du
plasma [154]. De nombreuses relations permettent d’exprimer le coefficient de trainée pour
différents nombres de Re (Tableau 1. 2).
38
Chapitre 1. État de l’art
Comme dans le cas du transfert de chaleur, tous les phénomènes mis en jeu au sein
d’un écoulement plasma ne peuvent être pris en compte pour des relations empiriques aussi
simples. Les gradients de température, comme l’effet de raréfaction, diminuent le transfert de
quantité de mouvement et ont été à la base de différents facteurs correctifs proposés au fil
des ans par différents auteurs. Les principaux ont été relevés par Fauchais et al. [131]. Cette
forte atténuation de la vitesse des particules du fait de leur petite taille nécessite des
distances de projection plus faibles qu’en APS [154].
ρp d2p vp
St= (1. 15)
g lCL
(a) (b)
Vitesse normale au substrat (m.s-1)
Torche à
plasma
Particules de ZrO2
Plasma
Flux
Particules qui suivent plasma
le flux plasma (St < 1)
39
Chapitre 1. État de l’art
Dp = x dp
L’accroche mécanique des particules étalées est grandement influencée par l’état de
surface du substrat. L’adhérence est notamment sensible à la rugosité arithmétique (Ra), la
hauteur maximale du profil (Rz) ou la texturation (exemple nid d’abeille) [159]. Ces facteurs
vont notamment influencer l’étalement de la lamelle et donc son adhérence.
La taille des lamelles est également fortement influencée par la nature du solvant
employé. L’utilisation d’eau, de viscosité et de tension de surface plus importantes que
l’éthanol par exemple, induit la formation de gouttes de suspension plus larges susceptibles
de contenir un plus grand nombre de nanoparticules et donc susceptibles de former de plus
grosses lamelles [147]. L’énergie nécessaire pour vaporiser le solvant influe sur la qualité du
40
Chapitre 1. État de l’art
traitement des particules. Dans le cas de suspensions aqueuses, un plus grand nombre
d’agglomérats non fondus est observé comparativement à une suspension alcoolique [160].
Dans le cas de la projection de particules nanométriques, un grand nombre de petites
particules sphériques (< 500 nm) sont présentes sur le substrat.
0,3 – 1 µm
1 – 4 µm Vaporisation Particules Lamelles
du solvant fondues
(b) 1 – 3 µm Particules
vaporisées
0,2 – 1 µm
0,3 – 4 µm
1 – 4 µm Particules
Vaporisation Agrégat de
Explosion fondues Lamelles
du solvant nano-
d’agrégats particules
Pour des conditions équivalentes employant le même solvant, la taille des lamelles est
plus importante dans le cas de dépôts SPPS que SPS [160]. Ceci est principalement dû à la
viscosité et la tension de surface plus importantes dans le cas des solutions de précurseurs.
Ceci induit la formation de gouttes plus grosses lors de la fragmentation du liquide par le jet
plasma.
41
Chapitre 1. État de l’art
T(°C) « élevée »
Quelle que soit la microstructure finale du dépôt, elle sera composée de « briques
élémentaires » (Figure 1. 35). Ces dernières sont composées de fines lamelles parfaitement
étalées, présentant des tailles de l’ordre de quelques microns, de particules ou
d‘agglomérats infondus et de particules parfaitement sphériques. Ces dernières peuvent
résulter de particules mal fondues ou fondues, mais qui se sont
re-solidifiées avant étalement [164]. Un autre mécanisme met en jeu l’énergie cinétique de la
particule pour expliquer ce phénomène [159]. Si la goutte présente une énergie cinétique lui
permettant de s’étaler sans pour autant atteindre un diamètre suffisant pour s’affranchir de
sa tension de surface, la matière revient à son état initial sphérique pour minimiser son
énergie.
Une étude paramétrique a été menée par Van Every et al. pour déterminer les
paramètres influant sur la proportion de particules infondues et sphériques dans le cas de
dépôts SPS. Des particules de YSZ présentant un diamètre médian (d 50) de 80 nm sont
étudiées (Figure 1. 35) [164]. Les particules infondues sont présentes en nombre important
lorsque des conditions défavorables à leur traitement thermocinétique complet sont
42
Chapitre 1. État de l’art
Poudre infondue
43
Chapitre 1. État de l’art
Fissures
Fissures
Figure 1. 36 : Observation MEB de microstructures homogènes par SPS (a) et SPPS (b) et de
structures homogènes fissurées par SPS (c) et SPPS (d) – adapté de [111,131,165]
La porosité peut être modulée dans le cas des procédés SPPS et SPS par la nature de
la phase liquide. Dans le cas du SPS, l’emploi d’un solvant aqueux plutôt qu’alcoolique
génère des dépôts plus poreux [136,160]. La distance de projection ou la taille des particules
ont également été identifiées comme paramètres influents pour augmenter la porosité des
dépôts SPS [166]. Dans le cas du SPPS, la tension de surface et la température
d’évaporation jouent un rôle majeur induisant une vaporisation plus ou moins complète de la
phase liquide [167,168]. Une vaporisation incomplète peut ainsi conduire vers une
microstructure poreuse. Dans le cas d’une vaporisation complète, la précipitation de la phase
solide est rapide et assure un haut degré de fusion et d’étalement des particules. Une
microstructure plus dense est alors obtenue.
Une fissuration des dépôts peut être observée pour les deux types de procédé
(Figure 1. 36 (c) et (d))). Dans le cas du SPS comme du SPPS, les fissurations trouveraient
leur origine dans la relaxation des contraintes (mécaniques d’origine thermique) générées
lors de la projection, ou sous l’effet de la pyrolyse des précurseurs après dépôt en SPPS
[165,169]. Cet effet peut être accentué en SPS par un taux de charge de la suspension élevé
[165]. La densité de fissures peut atteindre 6,5 fissures/mm pour les dépôts SPS et SPPS.
Ceci permet alors une tolérance vis-à-vis des contraintes thermomécaniques, comme
discuté dans la première partie du chapitre [170]
44
Chapitre 1. État de l’art
Grosses particules ( )
Petites particules
déviées ( )
Flux plasma
dévié à l’approche
du substrat
L’obtention de structures colonnaires est liée à la taille des particules injectées, qui doit
être suffisamment petite pour permettre la déviation au voisinage du substrat, ainsi qu’à la
quantité de matière injectée au sein du plasma. En effet, que cela soit le taux de charge de
la suspension ou la concentration de la solution, la structure colonnaire tend vers une
compaction lorsque la quantité de matière traitée augmente (Figure 1. 38) [162,171,172].
Une étude menée par Curry et al. en 2015 montre notamment des structures de plus en plus
compactes, voir fissurées, lorsque le taux de charge augmente [173]. L’auteur montre en
outre que cette augmentation du taux de charge induit une viscosité plus importante de la
suspension. Il est avancé que cette viscosité plus forte induit la formation de plus grosses
gouttes lors de la fragmentation de la suspension par le plasma. Les particules de YSZ
traitées au sein du plasma sont plus grosses et donc moins sensibles à la déviation du flux
plasma à l’approche du substrat. L’étude montre également que, pour des conditions de
projection identiques par ailleurs, l’emploi d’un solvant aqueux par rapport à un solvant
alcoolique est défavorable à l’obtention de colonnes SPS. Encore une fois, la production de
45
Chapitre 1. État de l’art
d50 = 200 nm
TC = 25 %mass.
H2O
Figure 1. 38 : Effet du taux de charge et du solvant sur les colonnes SPS – adapté de [173]
1.2.6 Bilan
Cette seconde partie a permis de mettre en évidence les mécanismes de construction
des dépôts SPS et SPPS, ainsi que les microstructures associées, à travers la
compréhension des procédés. Le choix du procédé SPS pour cette étude est motivé par la
réalisation de couches cristallisées quelles que soient les conditions de projection
employées. De plus, l’objectif de ce travail de thèse consiste en premier lieu à réaliser des
dépôts YSZ colonnaires. Si les deux procédés permettent l’obtention de dépôts de ce type,
le SPPS impose l’utilisation de solutions de précurseurs peu concentrées pouvant résulter en
des productivités faibles.
Le procédé SPS permet en outre de facilement moduler les structures colonnaires vers
des structures plus compactes, voire homogènes, en changeant par exemple le taux de
charge de la suspension ou la nature du solvant. Ceci doit permettre de réaliser des dépôts à
gradient de microstructures. Si de nombreux paramètres ont été identifiés comme influents
pour l’obtention de colonnes par SPS, aucune étude ne traite du choix des conditions plasma
permettant leur réalisation. De plus, peu d’études traitent de l’influence de l’organisation des
colonnes les unes par rapport aux autres en fonction des paramètres employés. Une
46
Chapitre 1. État de l’art
= α × × Cp
(1. 17)
47
Chapitre 1. État de l’art
Dans sa thèse de doctorat, Y. Souhar, a dressé une revue des techniques pouvant
amener à la détermination de la diffusivité thermique. Ses principales conclusions seront
rappelées ici [174]. S’appuyant sur les travaux de Forget et al. et de Peretti et al., deux
méthodes ont été identifiées : photothermiques et photoacoustiques [175,176]. Dans les
deux cas, la diffusivité thermique du matériau est sollicitée au travers d’une excitation par
absorption de photons. Dans le cas des méthodes photothermiques, cette absorption se
traduit uniquement par une élévation de température du milieu, liée à la diffusivité de celui-ci.
Dans ce cas, la résolution analytique du problème, amenant ensuite à une estimation
numérique de la diffusivité, est uniquement basée sur la résolution de l’équation de la
chaleur au travers du milieu considéré. L’absorption de photons dans le cas des méthodes
photoacoustiques se traduit à la fois par une élévation de température mais induit également
des effets mécaniques. Dans ce cas, la résolution analytique est plus complexe et implique
la résolution couplée de l’équation de la chaleur et d’équations de déplacements
acoustiques. Pour cette raison, seules les méthodes photothermiques seront présentées ici.
Deux techniques d’intérêt seront détaillées ici, l’effet mirage et la méthode flash.
(a) (b)
48
Chapitre 1. État de l’art
En fonction de l’implémentation des bancs d’essais utilisés pour mesurer l’effet mirage,
la diffusivité thermique dans l’épaisseur du milieu ou dans le plan peuvent être obtenues
[177,178,179,180]. La mesure dans le sens de l’épaisseur d’un film mince nécessite l’emploi
de deux faisceaux sondes, l’un pour la surface du film, l’autre passant au travers du substrat
transparent sous-jacent, ainsi que l’emploi d’un faisceau pompe assurant un transfert
unidirectionnel. Ceci présente donc un frein à l’utilisation de cette technique, malgré la
possibilité de déterminer l’anisotropie de diffusivité thermique du film mince SPS. En effet,
les substrats employés n’étant pas transparents, la mesure dans le sens de l’épaisseur, la
plus représentative de l’efficacité de l’isolation thermique de la barrière, ne peut être atteinte.
0,1388 × e2
αtransverse = (1. 18)
t1/2
49
Chapitre 1. État de l’art
permet alors, si les propriétés thermiques du substrat sont connues, d’estimer la diffusivité
thermique transverse du dépôt [185].
(a) (b)
Excitation
Détection de
l’évolution de
température
F(an ,bm)
θ an ,bm ,z,p = sinh( e) (1. 19)
z sinh e + 2 h cosh e + h2
z
p αx 2 αy
= √ + a2n + bm (1. 20)
αz αz αz
Cette méthode a notamment été testée sur du carbone anisotrope dont la diffusivité
thermique présente une valeur plus élevée selon l’axe x que selon les axes y et z [186].
L’avantage de cette technique est l’estimation via une mesure unique de la diffusivité
transverse et dans le plan du milieu considéré. Ceci pourrait être adapté à un système
bicouche comprenant, comme dans notre cas, un substrat métallique et un film mince
d’oxyde réfractaire. La méthode quadripôle semble toute indiquée pour résoudre ce
problème [184].
50
Chapitre 1. État de l’art
- La réalisation des essais sans étalonnage préalable, l’estimation étant faite sur une
normalisation de l’élévation de température au sein du milieu, en considérant une
linéarisation du flux ;
L’estimation numérique de la diffusivité thermique dans les trois directions de l’espace (αx
αy et αz) pour un système bicouche sera basée sur la méthode quadripôle [184]. Le modèle
employé sera décrit en détail dans le Chapitre 2. La caractérisation de la masse volumique
() sera effectuée par estimation de la porosité via une analyse d’images MEB en coupe du
dépôt SPS. En effet, à la vue de la faible épaisseur des dépôts (150 – 300 µm) qui seront
réalisés, l’estimation par la méthode d’Archimède sera difficile. Enfin la capacité calorifique
(Cp) sera déterminée par DSC.
pièces au sein d’un turboréacteur. La température de surface peut atteindre 1100 – 1500 °C
selon les moyens employés [187]. En règle générale, la durée du palier est de l’ordre de 2 à
5 min [62,188,189]. L’échantillon est ensuite retiré de la flamme pour être refroidi rapidement
(quelques minutes) sous air comprimé à une température inférieure à 100 °C. Le principe de
fonctionnement est décrit en Figure 1. 41. Le critère d’échec consiste à évaluer la proportion
totale de dépôt qui s’est écaillé. Lorsque la proportion dépasse une valeur seuil (10 – 20 %)
le test est stoppé. Les mécanismes de rupture qui sont observés pour ce type de test
peuvent être liés à la croissance de la couche TGO pour les tests réalisés au plus faible
palier de température [189].
Refroidisseur à
air comprimée
Système de Thermocouple
contrôle et
d’acquisition
Coulissement
du bruleur Bruleur
Air O2 CH4
Ce type de banc de combustion s’est développé depuis le début des années 2000 chez
les motoristes (General Electric, Pratt & Whitney, Safran) ainsi que dans les centres de
recherche, notamment au sein de l’Union Européenne. Des équipes, principalement
industrielles, sont identifiées en Allemagne, en France, en Grande Bretagne, en Italie, aux
Pays-Bas et en Suède [187]. Ces installations ont chacune leurs capacités propres,
notamment pour les installations industrielles, qui sont liées aux contraintes et objectifs de
chacun pouvant rendre les comparaisons difficiles. Deux exemples d’installation sont illustrés
en Figure 1. 42.
(a) Échantillons
(1100 C)
Four à 1100 C
(b)
Four à
1100 C
Échantillons
(< 80 C)
Les essais sur banc de combustion apparaissent comme plus représentatifs de la réalité
(gradient au sein du système, cycle de montée en température rapide). Ils sont en plus
capables, en parallèle de la détermination de la durée de vie du système, d’être implémentés
53
Chapitre 1. État de l’art
afin de réaliser des essais de résistance aux CMAS [193]. Ceci sera discuté par la suite. Il
apparait néanmoins que ces essais sur banc de combustion apparaissent plus complexes et
nécessitent des installations plus spécifiques [187,189]. La possibilité de déterminer les
principaux modes de rupture, ainsi que la disponibilité d’un four de cyclage thermique au
sein de Safran Aircraft Engines (Villaroche) nous ont conduits à préférer le test au cyclage
thermique.
(1) Montée en température (2) Fusion du CMAS (3) Infiltration CMAS (4) Refroidissement
CMAS de synthèse
CMAS fondu
Couche céramique Infiltration/réaction CMAS Solidification du CMAS
Température
(3)
Tfusion (CMAS)
(2) (4)
(1)
Durée du test
54
Chapitre 1. État de l’art
Flamme
+ CMAS
Refroidisseur
O2 CH4 Thermocouple Thermocouple à air
Injection de CMAS comprimé
Figure 1. 45 : Principe d’un essai d’infiltration CMAS sur banc de combustion – adapté de [193]
Drexler et al. ont notamment montré que l’utilisation de ce moyen d’infiltration couplé au
banc de combustion permet une meilleure représentativité de la résistance des couches
[193]. Les auteurs estiment que le test conventionnel en four sous-estime la résistance des
couches céramiques, anti-CMAS notamment, lors de l’infiltration. Cette idée fait notamment
suite à une étude de Evans et al. dans laquelle des calculs numériques montrent que sous
l’effet d’un gradient thermique les mécanismes d’écaillage peuvent être modifiés [195].
L’infiltration partielle d’une couche céramique ne conduit alors pas nécessairement à une
rupture spontanée, ce qui peut être le cas en infiltration iso thermique. La raison principale
avancée est qu’en présence d’un gradient au sein du système, les forces menant à
l’écaillage de la couche sont atténuées et plus représentatives de la réalité.
55
Chapitre 1. État de l’art
Tableau 1. 4 : CMAS et indices de basicité (IB) associés pour les compositions employées dans
la littérature et références correspondantes
CaO MgO Al2O3 SiO2
IB Référence
(% massique) (% massique) (% massique) (% massique)
32 7 12 49 1,1 [75]
33,2 6,5 11,8 48,5 1,1 [81]
37 4 7 52 1 [83]
37,1 3,5 7,1 52,3 0,9 [85]
23,5 15 61,5 0,6 [196]
Il est important de noter que la composition du CMAS peut jouer un rôle important sur
l’agressivité de ce dernier lors de l’infiltration chimique. Un indice de basicité (IB), présenté
dans le Tableau 1. 4 et dépendant de la composition du CMAS employé, peut notamment
être calculé par la relation (1. 21) [197]. Dans leur étude, Craig et al. ont montré que l’attaque
chimique pouvait différer en fonction de l’indice de basicité du CMAS et que les attaques les
plus sévères étaient observées pour des valeurs de IB > 2,2 [197]. Ce niveau d’indice de
basicité est notamment obtenu avec la composition CMAS relevée dans l’étude de Braue et
al. sur une aube de turbine haute pression [198]. Dans ce cas, la composition du
contaminant inclut le sable ingéré composé notamment des oxydes classiques (CaO, MgO,
Al2O3 et SiO2), ainsi que d’autres oxydes (FeO, NiO ou TiO 2) pouvant provenir d’éléments du
moteur lui-même qui ont été arrachés par érosion. Si l’effet de l’indice de basicité ne sera
pas évalué dans cette étude il est important de garder à l’esprit que la composition retenue
pour l’infiltration peut avoir un impact sur la résistance anti-CMAS.
56
Chapitre 1. État de l’art
Conclusion
Ce premier chapitre a permis de dresser un état de l’art assez étendu des
connaissances, des limitations et des défis liés à l’amélioration des barrières thermiques. Il
semble clair, au travers de la revue bibliographique, que l’augmentation des températures de
fonctionnement des futures turbines à gaz va induire nombres de limitations qui ne pourront
se résoudre par l’emploi d’un procédé ou d’un matériau unique.
Sur la base du constat effectué à la suite de cette revue bibliographique, nous avons
souhaité évaluer la potentialité de la projection plasma de suspensions (SPS) à mettre en
œuvre des barrières thermiques. En premier lieu, l’évaluation portera sur la capacité à
générer des revêtements colonnaires par SPS aptes à améliorer la conductivité thermique et
la durée de vie de couches YSZ. Ensuite, la réalisation d’un système architecturé
YSZ – Gd2Zr2O7 sera évaluée. Celui-ci devrait être en mesure de remplir tous les critères de
durabilité ainsi que d’apporter une résistance aux CMAS.
57
Chapitre 1. État de l’art
58
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
59
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
60
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Introduction
L’objectif de ce chapitre est de décrire la stratégie expérimentale qui a été mise en
œuvre afin de remplir nos objectifs. Cette stratégie, illustrée par la Figure 2. 1, s’articule
autour de trois grands axes qui seront discutés dans les chapitres suivants.
Ce second chapitre a ainsi pour vocation de décrire les matériaux, les dispositifs et les
moyens de caractérisation utilisés pour mener à bien cette stratégie expérimentale.
Mesure de la
conductivité
Réalisation de thermique
Essais de
barrières Relation microstructure faisabilité sur
2 thermiques YSZ par Essais de
& propriétés pièces
SPS cyclage
thermique
Contrôle de la
microstructure
Réalisation Évaluation de la
3 Fonction anti-CMAS d’empilements
architecturés
fonctionnalité
Résistance au CMAS
61
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
2.1.1.1 YSZ
La zircone yttriée contenant 7 % massique d’yttrine (YSZ) a été sélectionnée afin de
réaliser des barrières thermiques par SPS présentant des durées de vie élevées et de faibles
conductivités thermiques. Des suspensions commerciales ont été approvisionnées auprès
de Treibacher Industry AG (Autriche). Deux types de solvants ont été sélectionnés pour
évaluer l’impact de ceux-ci sur la structure obtenue. Les suspensions présentent des
particules d’une taille submicronique (0,5 µm), afin de favoriser une croissance colonnaire
(St < 1). Les propriétés des deux suspensions commerciales et les références utilisées par la
suite pour les désigner sont résumées dans le Tableau 2. 1.
2.1.1.2 Gd2Zr2O7
Le zirconate de gadolinium, Gd2Zr2O7 (GZ) a été mis en œuvre par projection SPS afin
de réaliser des revêtements à caractère anti-CMAS. Différentes suspensions commerciales
ont été approvisionnées auprès de Treibacher Industry AG (Autriche). Celles-ci diffèrent par
la nature du solvant et/ou par la distribution en taille des particules. L’objectif est de réaliser
un dépôt relativement homogène dépourvu de colonnes ou de fissures. L’évaluation de
différentes tailles de particules a eu pour objectif de faire varier la morphologie globale et
d’évaluer l’influence de la taille et du taux de porosité sur les propriétés anti-CMAS des
revêtements. Les propriétés des quatre suspensions commerciales utilisées, ainsi que les
références qui seront utilisées pour les nommer par la suite, sont résumées dans
le Tableau 2. 2.
62
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
GZ/3EtOH Ethanol 25 / 3 / /
Des substrats Hastelloy X (HX) ont également été utilisés pour réaliser des dépôts SPS
afin de caractériser la diffusivité thermique jusqu’à 1100 °C. Les essais de cyclage ou
d’infiltration CAS nécessitent, quant à eux, l’emploi d’un substrat de type AM1 revêtu d’une
sous-couche de liaison. Les deux sous-couches de liaison évaluées sont de type -(Ni,Pt)Al,
obtenue par APVS avec du platine diffusé, et Pt--Ni/’-Ni3Al (Pt-/’), obtenue par diffusion
de platine au travers du superalliage AM1. Afin de compléter notre analyse sur l’effet de
l’infiltration CAS, des substrats YSZ, induisant de plus faibles contraintes thermomécaniques
que l’AM1 lors du test, ont été réalisés. Ces derniers sont obtenus par plasma-formage APS
avec une poudre approvisionnée auprès de HC Starck (Amperit 825.0, -22,5 + 5 µm). Le
principe du plasma formage est décrit en Figure 2. 2.
YSZ plasma
Substrat
Substrat
Substrat
Substrat
été effectué avec du corindon AVB 150 (grains de 79 µm) et AVB 46 (grains de 350 µm). Les
pressions de sablage employées sont de 1,5 bar et 3,5 bar, respectivement. Les rugosités
obtenues sur l’acier Inox sont de l’ordre de 0,6 µm (AVB 150) et 1,5 µm (AVB 46), et sont
contrôlées par un rugosimètre Perthometer MahrSurf Gd25 de la société Mahr.
Les dépôts ont été réalisés, dans un premier temps, avec une torche standard F4-VB
(Oerlikon-Metco). Dans un second temps, pour la réalisation de dépôts plus denses dans le
cas de la mise en œuvre des suspensions GZ/1 EtOH et GZ/3EtOH, une torche TriplexPro 200
(Oerlikon metco) a été utilisée. Le principe de fonctionnement de ces torches est décrit dans
le chapitre 1.
Les dépôts ont été réalisés via un dispositif robotique qui comprend un plateau et/ou un
cylindre tournant (200 tours.min-1 maximum) et un robot ABB présentant six axes de rotation.
Dans le cas de la réalisation d’éprouvettes planes, la projection est réalisée sur cylindre. Le
64
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
principe est résumé en Figure 2. 3. Les éprouvettes sont fixées sur un cylindre en rotation,
devant lequel la torche effectue un mouvement de balayage vertical. Les paramètres qui
sont libres de choix lors de la programmation du robot sont la distance de projection, le pas
et la vitesse d’éclairement. Le pas correspond à la distance de déplacement de la torche à
chaque tour du cylindre. Celui-ci doit être adapté au cordon de matière déposée par chaque
passage de torche. Il est fixé à 5 mm. La vitesse d’éclairement correspond à la vitesse de
déplacement linéaire de la torche par rapport au cylindre.
Torche
Substrat
TRANSLATION
CO2
(liquide)
Les gaz plasmagènes utilisés vont influer sur les propriétés du plasma et in fine sur le
traitement thermocinétique des particules. Dans le cas de notre étude, des mélanges
différents de gaz plasmagènes ont été évalués afin de faire varier notamment la chaleur
spécifique, la conductivité thermique et la viscosité. Il en découle des enthalpies H g ou des
vitesses v g du plasma différentes. Les gaz plasmagènes les plus souvent rencontrés en
projection thermique sont l’argon, l’hélium, l’azote et le dihydrogène [131]. Dans cette étude
nous considèrerons :
- l’argon (Ar), qui assure une certaine stabilité de l’arc électrique par sa masse
volumique importante. L’augmentation de la quantité d’Ar au sein du mélange plasma
permet également d’augmenter la vitesse du jet généré. Utilisé seul, sa faible
conductivité thermique (3,7 W.m-1.K-1 à 10 000 °C ) ne permet pas d’assurer un état
de fusion suffisant pour les matériaux réfractaires ;
65
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
La mise en œuvre de dépôts par SPS impose des distances de projection relativement
courtes afin de pallier la resolidification en vol des plus petites particules [131]. Cette
distance pourra varier de 50 mm pour les suspensions submicroniques jusqu’à 75 mm pour
les suspensions microniques. Ces courtes distances induisent des températures de
projection élevées qui nécessitent un dispositif de refroidissement adapté. Dans notre cas,
un refroidissement cryogénique développé au laboratoire, utilisant du CO2 liquide sous
pression, est associé à de l’air comprimé. Le dispositif de refroidissement permet le maintien
d’une température modérée au niveau du substrat mais n’est en aucun cas dirigé sur la zone
de projection. Ceci permet de négliger l’impact de ce dispositif sur le mode de construction
des dépôts SPS.
La température pendant la phase de dépôt est contrôlée par le biais d’un pyromètre
monochromatique dont l’émissivité est fixée à 0,9. Cette technique repose sur la détection du
rayonnement émis par une surface chaude. La température mesurée après refroidissement
à la surface des échantillons est représentative de l’environnement de projection durant le
dépôt, et est de l’ordre de 300 °C.
66
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
La diffraction des rayons X (DRX) a été employée pour déterminer les phases
cristallographiques des couches réalisées par SPS. Les diffractogrammes ont été comparés
à ceux des poudres initiales composant la suspension. Celles-ci ont été obtenues par
évaporation du solvant. Un traitement thermique à 300 °C a été réalisé pour supprimer toute
trace de dispersant qui pourrait être incluse dans les suspensions commerciales. L’analyse
des phases en présence a été réalisée avec le logiciel EVA de la société Brucker.
67
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
cartographie X
contraste
topographique
spectre élémentaire
Spectre électrons
caractéristique primaires électrons électrons
secondaires rétrodiffusés
E0
fond continu
émissions X Contraste de Z
cathodoluminescence E0
50eV
dI
dE
électrons
Auger
émissions E
électroniques
courant
absorbé
Deux MEB ont été utilisés pour cette étude. Un premier microscope MEB LEO 435VPi
fonctionnant sous vide secondaire a été employé pour les analyses morphologiques globales
en mode de détection électrons secondaires et rétrodiffusés. Un second microscope MEB
FEI Versa 3D a été utilisé pour les analyses EDS.
Afin d’observer la coupe des dépôts, les échantillons ont été tronçonnés avec un
appareil de type Secotom-20 de marque Struers. La vitesse de la meule est de
3000 tours/min et la vitesse d’avance de 0,090 mm/s. Les échantillons ont ensuite été
enrobés dans une résine durcissable. La résine est de type époxydique (EpoFix Resin de
Struers) et le durcisseur est à base de Triethylènetetramine (EpoFix Hardener de Struers).
Les proportions employées sont 1 part de durcisseur pour 8 parts de résine. Les échantillons
fixés dans la résine ont ensuite été polis avec un appareil TegraPol 21 de Struers. Le
polissage a été effectué avec des disques SiC 180, 320, 500, 800, 1000 puis 1200 avant
d’utiliser des pâtes diamantées, 3 puis 1 µm, sur des draps MD-Mol et MD-Dac (Struers).
Tous les échantillons ont été métallisés afin de réaliser les observations MEB. La couche de
métallisation est composée d’un mélange Au-Pd, déposé par pulvérisation cathodique.
68
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
(a) (b)
Figure 2. 5 : Exemple de seuillage d’une image MEB en coupe polie d’un dépôt SPS pour
analyse de la porosité
d = théo (1 - P) (2. 2)
∆P
∆d = d × (2. 3)
P
[iii]
Téléchargeable à l’adresse : https://imagej.nih.gov
69
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Dans un second temps, un seuillage est réalisé pour mettre en évidence de façon
marquée la limite de chaque colonne. Une nouvelle fois, deux mesures manuelles sont
effectuées puis comparées aux deux premières sans seuillage. Une différence de 10 % est
tolérée sur les diamètres moyens estimés et reste représentative des erreurs commises
généralement par analyse d’images.
Enfin un second seuillage est effectué pour réaliser une mesure automatique. L’aire
totale de chacune des colonnes est mesurée. En supposant que les colonnes présentent
une forme parfaitement circulaire, le diamètre (d) peut alors être obtenu par la relation (2. 4).
Le diamètre moyen obtenu est également comparé aux précédentes mesures et est
considéré comme représentatif s’il présente une différence maximale de 10 %.
4S
d=√ (2. 4)
2
∑σ ∑ (D - d) (2. 5)
∆D= et σ=√
m n
Répétabilité sur
… autres clichés MEB
Figure 2. 6 : Protocole mis en place pour la détermination de la taille des colonnes SPS
70
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
La base de données, obtenue par l’analyse des diamètres moyens D des colonnes, est
ensuite utilisée pour tracer la distribution en taille de colonne. Les données sont triées en
classe de colonnes avec un pas de 10 µm. Le programme dénombre les colonnes dont le
diamètre est le suivant : d = 10 + pas 5 en µm. Le nombre de colonnes de chaque classe
est normalisé en divisant par le nombre total de colonnes. L’erreur commise, comme
précédemment, est une moyenne des écarts type pour chacune des classes. L’écart type sur
les 5 mesures d’une image MEB est déterminé pour chaque classe puis moyenné sur
l’ensemble des images MEB.
2.2.1.1 Principe
La calorimétrie différentielle à balayage, nommée ici par son acronyme anglais DSC
(Differential Scanning Calorimetry) se rapporte à l’étude de la température d’un échantillon et
des échanges thermiques entre ce dernier et son environnement [201]. Elle est employée
dans notre cas pour l’analyse de la capacité thermique des divers revêtements et/ou des
substrats. Ceci a pour but de déterminer la conductivité thermique des dépôts céramiques.
T (K)
(W)
Ti+1
T (K)
Ti+1
(W)
Ti
t (s) t (s)
Figure 2. 7 : Schéma de principe des mesures par DSC (a) et signaux obtenus pour une mesure
de Cp pour une température (b) ou par incrémentation (c) – adapté de [201,202]
T T
∫T i+1 e dT - ∫T i+1 b dT mr
̅)=
Cpe (T i
T T
i ̅)
Cpr (T (2. 6)
∫ i+1 r dT - ∫ i+1 b dT me
Ti Ti
̅) = ms Cp (T
me Cpe (T ̅ ) + md Cp (T
̅)
s d (2. 7)
(s + d ) s
̅) =
Cpd (T ̅) -
Cpe (T ̅)
Cps (T (2. 8)
d d
72
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
(a) (b)
induire des pertes convectives et/ou radiatives h (en W.m 2.K-1) qui seront donc à considérer
aux frontières de l’échantillon. Ce dernier présente une épaisseur faible (quelques
millimètres) devant les dimensions du plan (dizaines de centimètres). De ce fait, les pertes
latérales sont fortement corrélées aux pertes en face avant (h0) et en face arrière (he), elles-
mêmes corrélées entre elles. En pratique, afin d’obtenir un modèle présentant un transfert
unidirectionnel, on fera l’hypothèse de pertes latérales nulles. Ces dernières seront
néanmoins prises en compte lors de l’estimation au sein d’un coefficient de perte h global,
identique en face avant et en face arrière (h = he = h0). La résistance de contact entre les
deux couches, souvent comprise entre 10-6 et 10-8 m2.K.W -1 pour des dépôts plasma [203],
peut être quant à elle être négligée au regard de la nature isolante de la couche céramique
SPS qui est supposée présenter une résistance de l’ordre de 10 -4 m2.K.W-1. Enfin, les
propriétés des différentes couches sont considérées homogènes dans le sens de
l’épaisseur.
dT(z,t)
z,t = - S dz (2. 9)
es ed
Substrat
Dépôt
es
Il en résulte trois conditions aux limites décrites par les relations (2. 10). Deux conditions
décrivent l’état du flux en entrée (z = 0) et en sortie (z = e) du système. La continuité du flux
et de la température est supposée en z = es. Les différentes grandeurs sont la surface
illuminée par le flash (S en m 2), la température (T en K), le flux ( en W.m2) et l’apport
d’énergie provenant de l’excitation impulsionnelle de type Dirac q0 (t) (q0 en J en z = 0).
Chaque grandeur est liée soit à la face avant illuminée (indice 0), soit à la face arrière ou la
température est enregistrée (indice e). La grandeur T (en K) représente la température de
l’environnement de mesure à l’instant initial (T = T(z,0)). On rappelle que les pertes sont
regroupées au sein d’un coefficient h global (h = h0 = he ).
en z = 0 : φ0 = q0 (t) - h0 S (T0 - T∞ )
dT dT
Conditions aux limites : en z = es : - z,s | = - z,d | (2. 10)
dz z=es dz z=es
en z = e : φe = he S (Te - T∞ )
74
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Afin de résoudre ce système, la méthode des quadripôles thermiques, décrite par Maillet
et al. [184], est employée. Cette méthode permet de résoudre l’équation de la chaleur dans
l’espace de Laplace, où (z,p) et (z,p) représentent respectivement les transformées de
Laplace de la température T(z,t) et du flux (z,t). Elles sont définies par la variable de
Laplace (p en s-1). L’équation de la chaleur dans l’espace de Laplace ne dépend ainsi que de
la variable d’espace z et est donnée en équation (2. 11). Cette relation suppose néanmoins
que le transfert de chaleur est unidirectionnel selon l’épaisseur de l’échantillon et qu’il y a
une continuité du flux et de la température à l’interface z = es. Cette hypothèse, faite lors de
l’expression des conditions aux limites des relations (2. 9), peut être appliquée à la vue de la
faible épaisseur de l’échantillon (< 2 mm) devant les dimensions du plan de mesure (20 mm).
(z=0,p) A Bs Ad Bd (z=e,p)
[ ]=[ s ][ ][ ] (2. 12)
Q z=0,p - h (z=0,p) Cs Ds Cd Dd h (z=e,p)
p 1 p p p
où : Ai = Di = cosh (√α ei ) ; Bi = p
sinh (√ ei ) ; Ci = i √
αi αi
S sinh(√ ei ) et i = s,d
αi
i i √ S
αi
75
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
La température en face arrière dans l’espace transformé (e) peut alors s’exprimer par
l’équation (2. 13), où l’on peut s’affranchir de l’apport d’énergie q en normalisant le
thermogramme par son maximum. L’équation (2. 13) subit alors une inversion numérique de
Laplace sous Matlab® selon l’algorithme de De Hoog et al. [204] afin d’obtenir l’évolution
temporelle de la température en face arrière de l’échantillon.
Aeq = As Ad + Bs Cd
Deq = As Ad + Bd Cs
Les paramètres sensibles lors de l’inversion numérique peuvent être estimés par la
méthode du contraste thermique décrit par Remy et al. [185]. Ceci permet de rendre compte
de la différence de réponse en température des deux couches sollicitées au travers d’une
courbe de contraste. Ici, elle est obtenue par la soustraction de la réponse du dépôt à celle
du substrat suite au flash et est présentée en Figure 2. 11 (a). Dans notre cas, il est pratique
de travailler avec les grandeurs suivantes : t* = s t / es et s* = √p* (p* = es2 / s). Ceci
permet de résoudre le problème en utilisant des grandeurs adimensionnelles, dont les
paramètres variables du modèle définissent les coefficients de contraste K 1, K3 et Biot (Bi).
Le coefficient K1 représente le rapport des diffusivités thermiques, tandis que K 3 illustre celui
des capacités volumiques. Le nombre de Biot permet quant à lui d’illustrer les pertes. Ces
trois nombres sont donnés en équation (2. 14), où e = es + ed. La température dans l’espace
̃ (z=e,p) est donc réécrite avec ces nombres en équation (2. 15).
de Laplace
ed αs ed d Cpd he
K1 =
es
√α ; K3 =
es s Cps
et Bi =
(2. 14)
d
K1 2 +K3 2
̃ +D
A ̃ = 2 cosh(s*)cosh(K1 s*)+ sinh(s*)sinh(K1 s*)
K 1 K3
̃ (z=e,p) = 1 + K3
où : sinh s* sinh K1 s* K1
̃ +(A
̃ +D ̃ Bi2
̃ ) Bi + B
̃ = cosh(K1 s*)
B + cosh(s*) (2. 15)
C s* s* K3
K
̃ =s* [( 3 ) sinh K1 s* cosh s* +sinh(s*) cosh(K1 s*)]
C
K1
76
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
0,8 K3
Sensibilités réduites
-0,2
Dépôt YSZ
Dépôt YSZ
0,7 -0,3
+ substrat
0,6 -0,4
0,5 K1
-0,5 K3
0,4
-0,6 Biot (x 10)
0,3 Contraste -0,7
0,2
-0,8 K1
0,1
-0,9
0,0
-1,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Figure 2. 11 : Courbes de contraste (a) et de sensibilités réduites aux paramètres du modèle (b)
La sensibilité de chacun des paramètres (S j) au modèle (ymo) peut être calculée par la
formule (2. 16). La sensibilité du thermogramme à un paramètre donné permet de mesurer
l’influence de variations faibles de ce paramètre sur le thermogramme modélisé et ainsi de
voir s’il sera possible ou non de l’identifier avec précision [185]. Dans cette équation,
désigne le vecteur paramètre à estimer comprenant les paramètres j (ici K1, K3 et Bi).
L’emploi des sensibilités réduites Sj* (équation (2. 17)) permet de les comparer entre elles,
même dans le cas où elles ne présentent pas la même unité. Le profil des courbes de
sensibilités réduites pour notre modèle est donné en Figure 2. 11 (b). Celle-ci montre que
parmi les paramètres variables, seul le coefficient K 1 est sensible à l’inversion. Les faibles
sensibilités au Biot et à K3 vont induire des erreurs importantes. Pour cette raison, le
coefficient K3 sera fixé lors de l’estimation et les valeurs réelles de s, d, Cps et Cpd
obtenues respectivement par analyse d’images et DSC seront renseignées dans le modèle
avant l’estimation.
∂ ymo (ti ; )
Si,j = | où ymo t, = ∑nj=1 Sj t βj (2. 16)
∂βj
t, βk pour k ≠j
* ∂ ymo (t ; )
Sj = βj Sj =βj | (2. 17)
∂βj
t, βk pour k ≠j
77
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Nous avons choisi dans cette étude de présenter les estimations réalisées sur les
thermogrammes de l’échantillon bicouche plutôt que sur la courbe de contraste. Dans ce
cas, le thermogramme est normalisé par le maximum d’intensité avant l’estimation. Dans un
second temps, on introduit un paramètre supplémentaire au modèle, non corrélé au Bi et à
K1, qui permettra d’identifier ce maximum. Cette précaution permet de corriger une
éventuelle erreur commise sur la normalisation préalable. La valeur nominale de ce
paramètre sera proche de 1. La méthode de reconstruction est illustrée par la Figure 2. 12
pour un thermogramme pré-normalisé par son maximum d’intensité. La valeur de d est
ensuite déduite à partir de la valeur estimée de K 1 et de la valeur de s obtenue lors d’un
essai flash sur le substrat seul. Dans ce cas, on utilise l’équation (2. 13) pour réaliser
l’estimation de s où Aeq + Deq = 2 x As, Beq = Bs et Ceq = Cs.
1 1 1
+++++++++++++ +++++++++++++ +++++++++++++
0,9 ++ 0,9
++
++ 0,9 +++
réduit
++
réduit
++
Thermogrammeréduit
Thermogrammeréduit
Thermogramme réduit
+ 0,8
+ 0,8
0,8 + + +
0,7 + 0,7 + 0,7 + (1)
(2)
Simulation d’un thermogramme
Simulation d’un thermogramme avec le modèle
Thermogramme
Thermogramme
̂ peut être
L’erreur commise lors de la convergence sur le vecteur paramètre estimé β
déterminée par la matrice de covariance [185]. Cette matrice est donnée en équation (2. 18),
̂ est un vecteur comprenant les paramètres estimés K
où β ̂ 1 et Bi
̂ . La diagonale de la matrice
de covariance est reliée au carré des écart-types sur la valeur estimée de chacun des
paramètres. Ceci permet de caractériser l’erreur induite par l’inversion numérique du fait de
la présence d’un bruit de mesure sur le thermogramme expérimental (erreur stochastique).
σ2K̂ ̂ 1 ,Bi
cov(K ̂)
̂) ≡ (
cov(β 1
) (2. 18)
̂ 1 ,Bi
cov(K ̂) σ2Bî
78
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Les pertes sont supposées identiques du côté du flash comme celui du dépôt
(h0 = he = h). Les pertes latérales sont une fois encore supposées nulles. Cette hypothèse
est appuyée par les dimensions de l’échantillon [174]. Celui-ci est un carré de dimension
latérale L = Lx = Ly = 40 mm et d’épaisseur < 2 mm. La résistance de contact est négligée
entre les deux couches. Tout ceci mène à une continuité en température à l’interface z = es.
Les conditions aux limites sont exprimées par les relations (2. 20).
∂2 T ∂2 T ∂2 T ∂T
x,i + y,i + z,i = i Cpi et i = s,d (2. 19)
∂z2
2 2
∂x ∂y ∂t
∂T
en z = 0 : - z,s | = q x,y,t - h0 (T0 - T )
∂z z=0
∂T ∂T
en z = es : - z,s | = - z,d |
∂z z=es ∂z z=es
∂T (2. 20)
Conditions aux limites : en z = e : - z,d | =
∂z z=e
he (Te- T )
∂T
en x {0,Lx} : - x,i | = 0 et i = s,d
∂x x {0,Lx}
∂T
en y {0,Ly} : - y,i | = 0 et i = s,d
∂y y {0,L }
y
q(x,y,t)
y h0 T
Ly
0
Lx
x
es
e
he
T
z
Figure 2. 13 : Principe de la mesure de la diffusivité thermique 3D (flash côté substrat)
79
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
+∞ x=L y=L
(an ,bm ,z,p)= ∫t=0 ∫x=0 x ∫y=0 y (T(x,y,z,t) - T∞ ) cos an x cos bm y exp(-pt) dx dy dt (2. 21)
+∞ x=L y=L
(an ,bm ,z,p)= ∫t=0 ∫x=0 x ∫y=0 y (x,y,z,t) cos an x cos bm y exp(-pt) dx dy dt (2. 22)
n m
où : an = et bm =
Lx Ly
(an ,bn ,z=0,p) As,3D Bs,3D Ad,3D Bd,3D (an ,bn ,z=e,p)
[ ]=[ ][ ][ ] (2. 23)
Q(an ,bm ,p) - h (an ,bn ,z=0,p) Cs,3D Ds,3D Cd,3D Dd,3D h (an ,bn,z=e,p)
1
où : Ai,3D =Di,3D = cosh(i ei ) ; Bi,3D = sinh(i ei ) ; Ci,3D = z,i i sinh(i ei ) et i = s,d
z,i i
y,i p
et : i = √an 2 (x,i ) + bm 2 ( ) + ( ) et i = s,d
z,i z,i z,i
Q(an ,bm ,p) B3D = As,3D Bd,3D + Ad,3D Bs,3D (2. 24)
(an ,bn ,z=e,p) = où :
C3D + (A3D +D3D ) h + B3D h2
C3D = Ad,3D Cs,3D + As,3D Cd,3D
Cette équation (2. 24) peut ainsi prendre la forme finale (2. 25). Cette équation subit
alors une transformée inverse de Laplace selon l’algorithme de De Hoog [204]. Une
minimisation de chacune des harmoniques n et m par la méthode des moindres carrés est
ensuite réalisée en utilisant l’algorithme régularisé par SVD de Levenberg-Marquardt afin de
déterminer les valeurs de x,d, y,d et z,d.
z,s s
Où : R, = z,d d
80
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Comme dans le cas du modèle 1D, il est nécessaire de parfaitement connaître les
propriétés thermiques du substrat ainsi que les valeurs de s et Cpd. Ces deux dernières
valeurs sont, pour rappel, obtenues par analyse d’images MEB et par DSC. Les propriétés
thermiques du substrat sont supposées isotropes et les valeurs sont obtenues par méthode
flash 1D utilisant un modèle d’estimation monocouche.
Torche de
focalisation
Caméra I.R.
Obturateur
+
Échantillon à sa sortie Hublot en quartz Laser impulsionnel
à l’une des
Photodiode extrémités d’un
Dispositif « Lumix » tube en alumine
(décharge de lampes Flash) mis sous vide
81
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Les échantillons sont introduits au centre d’un four tubulaire de la société Carbolite ®. Ce
dernier permet d’assurer une homogénéité de température de 3 °C au sein d’un tube en
alumine de 60 cm jusqu’à la température de mesure de 1100 °C. Les échantillons sont
maintenus dans un porte échantillon réalisé en Stumatite. Deux hublots sont positionnés aux
extrémités du tube en alumine afin de protéger la torche de focalisation (hublot en quartz) et
la caméra IR (hublot en ZnSe) du flux émis par le four à haute température. Ceci permet
également de réaliser les essais sous vide.
La réponse au flash est enregistrée par une caméra IR Cedip ® Titanium SC7000
présentant une bande [1,5 – 5,5 µm]. Celle-ci est également refroidie par un moteur Stirling.
La résolution maximale est de 640 x 512 pixels pour une fréquence d’acquisition de 100 Hz.
Un fenêtrage peut être effectué pour augmenter la fréquence d’acquisition à 200 Hz. Le
temps d’intégration peut être adapté de 1 µs à 20 ms en fonction de l’intensité du signal
mesuré. Différents filtres de mesure sont compris dans le dispositif de détection afin
d’atténuer le bruit issu du chauffage des échantillons au sein du four tubulaire. Une
correction de non uniformité est réalisée préalablement aux mesures, afin de s’assurer que
chacun des pixels donne une réponse similaire à un flux de photons incident identique.
L’enregistrement du film thermographique est effectué avec le logiciel Altair®. Le
thermogramme est ensuite extrait et exploité sous Matlab ®. Le flash est détecté par une
82
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Chaque cycle est composé d’une montée en température de 15 min jusqu’à une
consigne de 1100 °C. La température est maintenue pendant 1 h. Les échantillons sont
ensuite refroidis sous air comprimé pendant 15 min. La température à la fin des 15 min de
refroidissement est inférieure à 80 °C. Le cycle thermique employé et les moyens
expérimentaux utilisés sont présentés en Figure 2. 15.
Dans tous les cas, un échantillon de référence YSZ obtenu par EB-PVD sur AM1 revêtu
-(Ni,Pt)Al est cyclé en comparaison. Le critère d’acceptation fixé pour l’étude est de 500
cycles à la vue des résultats de la littérature pour des tests similaires [62,114], et avec pour
objectif d’atteindre les valeurs de la référence EB-PVD cyclée.
83
°
°
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
°
°
°
1100°CC
1100
1100 °C
°
°
1 cycle
1 cycle °
°
Buses de
< 80 °CC
< 80
80 °C refroidissement
15
15min 145
h min 1515min Durée
min min (air comprimé)
15 min 45
1hmin 15 min Time
Temps
°
°
Échantillon (25 mm)
Figure 2. 15 : Cycle thermique utilisé lors des essais de cyclage (a) et moyens utilisés pour
l’étude (b) – images fournies par Safran
Le CAS, fourni par Safran, est synthétisé en trois étapes. En premier lieu, les
précurseurs oxydes sont mélangés puis broyés. En second lieu, le mélange est traité
thermiquement à 1500 °C. Enfin une trempe à l’eau permet la vitrification. Le CAS présente
alors un point de fusion de 1185 °C proche du point de fusion théorique [98]. Le CAS
synthétisé présente un diffractogramme caractéristique d’un verre amorphe (Figure 2. 16).
Afin d’être réparti sur la surface de l’échantillon, le CAS est broyé manuellement dans un
mortier en agate.
(a) (b)
2 ( )
Les échantillons infiltrés sont ensuite découpés puis observés par MEB avec analyse
EDS pour analyser la pénétration du CAS au travers des différentes couches composant
notre système. Afin de pallier un éventuel décollement de la zone infiltrée lors de la phase de
tronçonnage, l’échantillon est mis en résine préalablement à la découpe. Les protocoles de
mise en résine et de polissage sont identiques à ceux décrits précédemment dans ce
chapitre.
85
Chapitre 2. Stratégie expérimentale
Conclusion
Dans ce chapitre, les différentes suspensions ainsi que et les moyens de mise en œuvre
des dépôts par projection plasma de suspensions ont été présentés. Les techniques de
caractérisation permettant de contrôler la qualité du dépôt ont été décrites.
Dans le cas particulier de l’analyse suite aux essais d’infiltration chimique de type CAS,
également décrite dans ce chapitre, l’analyse MEB par détection EDS sera utilisée. Ceci
permettra de mettre en évidence la formation de phases nouvelles et/ou l’infiltration des
dépôts.
86
Chapitre 3. Contrôle de la
microstructure YSZ colonnaire
obtenue par SPS
87
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
88
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Introduction
La revue bibliographique a permis l’identification des dépôts colonnaires réalisés par
projection plasma de suspensions, comme des microstructures d’intérêt pour l’amélioration
des systèmes barrières thermiques. Si le mécanisme général à l’origine de la génération de
ces microstructures, i.e. la déviation des plus petites particules par le jet plasma, semble
faire consensus dans la communauté scientifique, de nombreuses études restent à mener
afin de les maîtriser totalement.
Il est difficile de trouver, dans la littérature, des études décrivant en détail la morphologie
ou l’organisation des colonnes en lien avec les paramètres de projection employés. Certains
paramètres clés, ont néanmoins été identifiés comme ayant un impact sur la microstructure.
On relève notamment la rugosité du substrat, la taille des particules, la quantité de matière
traitée ou encore le solvant [62,114,171-173]. En revanche, aucune méthodologie n’est
clairement identifiée en vue de sélectionner un mélange plasmagène susceptible de
conduire à une structure colonnaire. Seuls une faible taille de particules associée à un
nombre de Stokes inférieur à 1 sont préconisés [136,155,171].
Seules les suspensions YSZ sont utilisées dans ce chapitre. L’objectif final est de
sélectionner des conditions de projection permettant la réalisation de couches YSZ
colonnaires qui présentent des caractéristiques morphologiques optimales en vue de leur
caractérisation dans le Chapitre 4. Les architectures YSZ/GZ, réalisées et présentées dans
le Chapitre 5 de ce manuscrit, s’appuieront sur les conclusions de ce Chapitre 3.
ailleurs posée l’hypothèse que cette vitesse de croissance normale est principalement liée à
la fusion et à l’étalement des plus grosses particules traitées au sein du plasma, qui ne
subissent aucune déviation (ou peu) au voisinage du substrat. La vitesse de croissance
latérale v //, quant à elle, décrit selon l’équation (3. 2) l’évolution du diamètre moyen des
colonnes D, en fonction du temps de réalisation du dépôt t. Cette vitesse est supposée
principalement liée à la fusion et à l’étalement de particules fines ayant une composante de
vitesse parallèle au substrat. Ces vitesses sont illustrées par la Figure 3. 1.
de
v⊥ = (3. 1)
dt
dD
v// = (3. 2)
dt
D D
e e
Da Da
Il semble alors pertinent de sélectionner deux critères à associer à chacune des deux
composantes de la vitesse de croissance. L’utilisation de nombres adimensionnels peut ainsi
être envisagée.
ρg vg d
p
Re* = (3. 3)
g
1⁄ 1⁄
g vg 2 g 2 Cpg 3 (3. 4)
2 g
h* = + 0,66 ( ) 1 ∝ v⊥
dp dp g ⁄2
La vitesse de croissance latérale v // peut, quant à elle, être liée au nombre de Stokes
décrit dans le Chapitre 1, en équation (1. 15). Ce nombre décrit la capacité du jet plasma à
dévier les particules de petite taille [136]. Son calcul nécessite cependant la connaissance
de la vitesse des particules ou la détermination de l’épaisseur de la couche limite à
l’approche du substrat. Nous souhaitons dans notre cas identifier un critère ne nécessitant
pas de mesures expérimentales préalables. Un nombre de Stokes modifié, défini en
équation (3. 5) et noté St*, supposé proportionnel à v //, est donc calculé en sortie de torche.
Dans cette relation, la vitesse des particules (v p) est considérée égale à la vitesse du jet
plasma (v g) obtenue par la relation (1. 5). L’épaisseur de la couche limite lCL, proportionnelle
à l’inverse de la racine carrée de la vitesse du plasma [131], est remplacée par le
*
nombre lCL = 1 / √vg .
ρp d2p vg
St* = ∝ v// (3. 5)
g l*CL
Cette méthodologie permet, pour une suspension donnée, caractérisée par une taille de
particules dp ainsi que par la masse volumique p et la capacité calorifique du matériau
projeté Cpp, d’associer un couple de paramètre (St*,h*) à un mélange de gaz plasmagènes.
Ces couples sont ensuite reportés dans un diagramme h* = f(St*). Afin de tracer ce
diagramme l’enthalpie Hg et le débit massique de gaz Dg, associés aux différentes conditions
plasma, doivent être déterminés. Il est ainsi possible de calculer les propriétés v g, g, g et g
du plasma pour une température Tg du plasma correspondant à l’enthalpie Hg relevée. Ces
données sont calculées numériquement en utilisant le logiciel ALEX® et correspondent aux
propriétés du plasma en sortie de tuyère.
Des couples (St*,h*) ont été calculés pour différents mélanges de gaz plasmagènes
avec la suspension YSZ/0,5EtOH, présentant un diamètre médian de particules de l’ordre de
0,5 µm dispersées en milieu alcoolique. La masse volumique p de YSZ est considérée
égale à 6100 kg.m-3 [40].
91
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Les dépôts SPS réalisés selon les différents mélanges de gaz plasmagènes ont permis
de déterminer une zone de croissance colonnaire au sein du diagramme h* = f(St*). Ces
diagrammes sont nommés ZC – ZNC, ZC désignant une zone colonnaire et ZNC, une zone
non colonnaire. Les mélanges plasmagènes évalués et les couples (St*,h*) associés sont
résumés dans le Tableau 3. 1.
92
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
(1) Colonnes compactes (2) Colonnes (3) Colonnes compactes (4) Colonnes compactes
Espace inter-colonnaire
Détecteur
Détecteur :: QSBD Détecteur
Détecteur::QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur :: QSBD
QSBD Détecteur :: QSBD
Détecteur QSBD
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT
QSBD Mag
Mag==1000
1000xx 50
50 µm
µm Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm Mag== 1000
Mag 1000xx 50 µm
50 µm EHT == 20
20 kV
kV
EHT == 20
20 kV
kV EHT
EHT==2020kV
kV EHT
EHT == 20
20 kV
kV EHT
(5) Colonnes compactes (6) Colonnes compactes (7) Colonnes (8) Colonnes
(8) Colonnes compactes
(9) Colonnes (10) Colonnes compactes (11) Colonnes compactes (12) Colonnes compactes
Espace inter-colonnaire
Détecteur :: QSBD
Détecteur QSBD Détecteur::QSBD
Détecteur QSBD Détecteur :: QSBD
Détecteur QSBD Détecteur :: QSBD
Détecteur QSBD
Mag==1000
Mag 1000xx 50 µm
50 µm EHT==20
EHT 20 kV
kV
Mag==1000
Mag 1000xx 50 µm
50 µm EHT==20
EHT 20kV
kV
Mag == 1000
Mag 1000 xx 50 µm
50 µm EHT == 20
EHT 20 kV
kV
Mag == 1000
Mag 1000 xx 50 µm
50 µm EHT == 20
EHT 20 kV
kV
Espace inter-colonnaire
Détecteur
Détecteur :: QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur :: QSBD
QSBD
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT
EHT == 20
20 kV
kV
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT
EHT == 20
20 kV
kV
Figure 3. 2 : Microstructures obtenues par projection SPS de la suspension YSZ/0,5 EtOH sur des
substrats en acier inoxydable présentant un Ra de 0,6 µm. Les numéros correspondent aux
mélanges de gaz plasmagènes du Tableau 3. 1.
93
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
2,0
1,8 ZNC
1,6 ZC
(14)
h* (x 107 W.m-2.K-1)
1,4
(11)
(10) YSZ/0,5EtOH et Ra=0,6 µm
1,2 (12)
(9)
Colonnes
(8) (13)
Colonnes compactes
1,0 (1) (7)
(3) (4)
(2)
0,8
(6)
0,6
(5)
0,4
0,2
ZNC
0,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 1,1
St*
Figure 3. 3 : Diagramme de zone ZC-ZNC associé aux dépôts YSZ/0,5EtOH pour un substrat
présentant un Ra de 0,6 µm. Les numéros correspondent aux mélanges de gaz plasmagènes
du Tableau 3. 1.
Dans le cas de la zone ZNC présentant des h* élevés, la vitesse de croissance normale
est bien supérieure à la vitesse de croissance latérale. Les particules impactant le substrat
de façon latérale n’ont alors qu’une contribution minime au développement de la
microstructure. Ce cas est également illustré en Figure 3. 4, où St* est le plus élevé.
v v v
(5) Colonnes compactes (6) Colonnes compactes (7) Colonnes (8) Colonnes
contribution latérale menant à un recouvrement prématuré des colonnes quelle que soit la
rugosité.
1,4 Colonnes
(11) Colonnes compactes
(10)
1,2 (9)
(3)
(8) (13) YSZ/0,5EtOH et Ra=1,5 µm
1,0 (1)
(7)
Colonnes
(4) (2)
Colonnes compactes
0,8 (12) (6)
0,6
(5)
0,4
0,2
ZNC
0,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 1,1
St*
Figure 3. 6 : Diagramme de zone ZC-ZNC associé aux dépôts YSZ/0,5EtOH pour un substrat
présentant un Ra de 1,5 µm. Les numéros correspondent aux mélanges de gaz plasmagènes
du Tableau 3. 1.
La zone ZNC, décrite comme non colonnaire, inclut cependant des dépôts
« colonnaires » présentant un aspect compact. Ces parties du diagramme de zone doivent
sûrement inclure une zone colonnaire compacte (ZCC) qui n’a pas été mise en évidence
avec le nombre limité de conditions testées dans cette étude. Il pourrait être intéressant de
multiplier les conditions plasma pour déterminer ces zones.
96
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Tableau 3. 2 : Taux de dépôt associés aux mélanges plasma testés avec YSZ/0,5 EtOH
Conditions h* Hg vg Taux de dépôt#
plasma (x107 W.m-2.K-1) (x106 J.Kg-1) (m.s-1) (µm/passe)
(1) 0,90 16,7 1803 1,20
(2) 0,94 17,5 2747 1,16
(3) 1,01 19,9 2148 1,15
(4) 0,96 18,1 2406 1,15
(5) 0,42 8,4 2787 1,09
(6) 0,65 11,9 2284 1,05
(7) 1,01 18,6 2871 0,80
(8) 1,05 20,4 2397 0,74
(9) 1,09 20,8 2512 0,67
(10) 1,19 22,4 2919 0,67
(11) 1,24 23,4 2738 0,66
(12) 1,23 14,7 2332 1,14
(13) 1,28 21,9 2906 1,15
(14) 1,42 26,6 2572 0,53
#Pour une vitesse d’éclairement de 1 m.s -1 et une distance de projection de 50 mm
Par ailleurs, l’approche proposée ne tient pas compte de nombreux paramètres qui
influencent la construction colonnaire et qui pourraient permettre de moduler la morphologie
des dépôts. Si la rugosité du substrat a été décrite comme permettant d’élargir
considérablement le panel de conditions plasma permettant la croissance colonnaire, la
morphologie des colonnes n’a pas été étudiée en détail. Les différents dépôts considérés
comme colonnaires présentent, en effet, des morphologies dissemblables.
97
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
ZC ? ZNC ?
Température de surface des particules ( C)
Figure 3. 7 : Analogie entre le modèle empirique décrit dans cette étude et une étude de la
littérature classant les microstructures SPS en fonction de la température et de la vitesse des
particules mesurées pendant la réalisation du dépôt. Adapté de [210]
98
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Deux conditions plasma, (12) et (13), ont été sélectionnées. Ces deux dépôts SPS
présentent des microstructures qualifiées de colonnaire pour le plasma (13) et colonnaire
compacte pour le plasma (12). Les rendements de dépôt associés à ces conditions sont
relativement importants et sont compatibles avec une application industrielle. La condition
plasma (12) est préférée à la condition plasma (3) menant pourtant à une structure
colonnaire compacte, car cette dernière semble plus sensible à une variation de
rugosité (Figure 3. 6).
par la relation (3. 7), où mdépôt/substrat correspond à la masse de dépôt (en g) pour un substrat
de surface Ssubstrat (en cm2). Stotale représente la surface totale sur laquelle le dépôt est réalisé
(en cm2).
mpoudre
Rdt = (3. 6)
mdéposée
Ssubstrat
mpoudre = Dinj × TC × tproj et mdéposée = mdépôt/substrat × (3. 7)
Stotale
- une zone d’initiation (zone 1), où les colonnes sont dans un stade précoce de
formation et où la séparation entre les colonnes n’est pas tout à fait effective. Cette
zone d’initiation reste visible dans le dépôt final comme une zone relativement
homogène au pied des colonnes ;
- une zone de croissance (zone 2), où les colonnes vont croitre et se développer
latéralement. Cette zone est caractéristique de la combinaison de modes de
croissance latérale et normale. La forme du cône moyen ainsi créée est supposée
caractéristique des vitesses v et v// en présence ;
- une surface caractéristique présentant une forme de « chou-fleur » (zone 3). Cette
forme particulière résulte également de la combinaison des vitesses de croissance
normale et latérale. Une observation en surface de ces « choux-fleurs » permet une
estimation de la taille des colonnes.
100
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Choux-fleurs
3
3
Choux-fleurs
Espaces Colonnes
inter-colonnaires Espaces
inter-colonnaires
1
Figure 3. 8 : Définition des zones caractéristiques d’un dépôt 13 25 colonnaire par SPS
80 (1)Épaisseur = 40 µm (2)Épaisseur = 80 µm
70
Zone d'initiation
60 (4)
(3)
50
D (µm)
(2)
40 Mag = 1000 x 50 µm
Détecteur : SE1
EHT = 20 kV
Mag = 1000 x 50 µm
Détecteur : SE1
EHT = 20 kV
(1)
30 Expérience (3)Épaisseur = 110 µm
(4)Épaisseur = 140 µm
D = Aexp + Da
20
Aexp = 0,25 +/- 0,02
10 Da = 18 +/- 1 µm
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
e (µm) Mag = 1000 x 50 µm
Détecteur : SE1
EHT = 20 kV
Mag = 1000 x 50 µm
Détecteur : SE1
EHT = 20 kV
D = Aexp × e+ Da
(3. 8)
101
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
En dérivant l’équation (3. 8) par rapport au temps, en relation (3. 9), il est possible
d’exprimer le coefficient d’expansion Aexp en fonction des vitesses de croissance normale v
et latérale v //. On obtient alors la relation (3. 10).
dD de
= Aexp × (3. 9)
dt dt
v// = Aexp × v⊥
(3. 10)
Cette méthode a été employée pour l’ensemble des dépôts décrits dans le Tableau 3. 3
qui présentent une structure permettant l’observation de colonnes en surface. Les vitesses
calculées sont présentées dans le Tableau 3. 4. Les dépôts qui présentent des structures
colonnaires compactes ne peuvent pas voir leurs vitesses de croissance mesurées. En effet,
les espaces inter-colonnaires, indispensables à la mesure du diamètre des colonnes, ne sont
pas, ou peu, présents en surface de ces échantillons.
102
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
100
90
(a) Epaisseur du dépôt
6 (b)
(+/- 5 µm) :
5
40 µm
50
65 µm
4
Nombre (%)
80 µm
Ra - Ra0 (µm)
40
140 µm
3
30
20 2
Expérience
Augmentation Ra - Ra0 = 0,0333 x e
1
10
d’épaisseur
d’épaisseur R² = 0,9952
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Diamètre colonnaire (µm) Epaisseur (µm)
103
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
des colonnes masquées. Elles présentent des diamètres bien inférieurs, étant dans un stade
de développement précoce. Ceci participe à l’élargissement de la distribution en taille de
colonne avec l’épaisseur. En effet, quelle que soit l’épaisseur du dépôt, le phénomène de
masquage induira inexorablement la création de colonnes secondaires, voir tertiaires, qui
seront dénombrées dans la partie basse de la distribution présentée en Figure 3. 10 (a). Les
colonnes secondaires, souvent rencontrées à proximité des « clusters », sont notamment
illustrées par la micrographie de surface MEB de la Figure 3. 11.
Colonne secondaire
« Clusters »
Colonnes
Colonnes inversées Colonne inversée secondaires
Détecteur
Détecteur: :QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur:: SE1
QSBD
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50µm
µm EHT
EHT==20
20kVkV
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50 µm
µm EHT
EHT==2020 kV
kV
Figure 3. 11 : Mise en évidence des effets de masquage et de coalescence pour des dépôts
SPS réalisés avec la condition 1325
Si les épaisseurs déposées par passe restent semblables (environ 1,15 µm/passe), le
rendement de projection calculé pour la condition 1225 est inférieur de 8 % à celui obtenu
pour la condition 1325. Ceci peut s’expliquer par l’enthalpie plus faible du plasma (12)
(1,5.107 J.kg-1) comparée à celle du plasma (13) (2,2.107 J.kg-1). Il en découle une capacité à
fondre les particules plus faible pour la condition 1225. Il est donc envisageable que les plus
petites particules soient fondues préférentiellement, car elles induisent un échange
thermique plus important par rapport aux grosses particules. Notre hypothèse de départ
suppose que la croissance latérale v’// des colonnes SPS est reliée à la contribution des
petites particules fondues dont la trajectoire peut-être facilement déviée à l’approche du
substrat. Les grosses particules fondues, plus difficiles à dévier, participent quant à elles à la
croissance de la couche en épaisseur v’. Pour cette condition 1225, où l’énergie disponible
104
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
est relativement faible, une fusion préférentielle des plus petites particules est envisagée,
augmentant de ce fait la proportion de particules déviées qui participent à la croissance de la
couche. Ceci implique alors une croissance latérale rapide des colonnes. La fermeture
rapide et prématurée des espaces inter-colonnaires mène ainsi à une structure colonnaire
compacte. Ce phénomène est d’autant plus accentué que le plasma (12) présente un
nombre St* plus faible que le plasma (13) (Tableau 3. 1) pouvant laisser supposer une
déviation plus importante, discutée en partie 3.1.2 en Figure 3. 4 et amenant aux mêmes
conclusions.
(a) Colonnes
(b) Choux-fleurs
Espaces
inter-colonnaires
Espaces inter-colonnaires
Détecteur
Détecteur::QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur :: SE1
QSBD
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50 µm
µm EHT
EHT==2020kV
kV
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50 µm
µm EHT
EHT == 20
20 kV
kV
(c) (d)
Choux-fleurs
Colonnes compactes
Détecteur
Détecteur :: QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur :: SE1
QSBD
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50 µm
µm EHT
EHT== 20
20 kV
kV
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT
EHT == 20
20 kV
kV
Dans les deux cas, la vitesse de croissance normale v’ augmente, en réponse à
l’augmentation du débit d’injection de la suspension (Tableau 3. 4), tandis que le rendement
de projection chute (Tableau 3. 3). Le rendement est affecté par la quantité plus importante
de matière (solvant et particules) qu’il est nécessaire de traiter au sein du plasma, et ce pour
une même quantité d’énergie (limitée par l’enthalpie propre du plasma). Comme supposé
dans la partie 3.2.2.1, la chute de rendement peut induire une plus grande quantité de
petites particules déviées participant à la construction du dépôt pouvant résulter en une
105
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Colonnes compactes
(a) (b)
Choux-fleurs
Inter-passes
Inter-passes
Détecteur
Détecteur :: QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur:: SE1
QSBD
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT
EHT == 20
20 kV
kV
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50 µm
µm EHT
EHT==2020 kV
kV
Colonnes compactes
Détecteur
Détecteur :: QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur: :SE1
QSBD
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT
EHT == 20
20 kV
kV
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50µm
µm EHT
EHT==20
20kVkV
Figure 3. 13 : Différence de morphologie entre des dépôts colonnaires compacts obtenus avec
les conditions 1344 (a,b), 1244 (c,d)
Il est supposé que le faible rendement de projection issu de la condition 1244 (37 %),
associé à la faible enthalpie du plasma (12) (2,2.107 J.kg-1), induit un effet d’érosion par les
plus grosses particules non fondues. Ces dernières vont alors à chaque passage de torche
« nettoyer » les particules mal fondues caractéristiques des inter-passes. Cette hypothèse
est confortée par l’aspect « érodé » des colonnes en surface de l’échantillon 1244
(Figure 3. 13 (d)).
106
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
(a) (c)
100
90
(b) Epaisseur du dépôt
100
90
(d)
(+/- 5 µm) :
40 µm Epaisseur du dépôt
50 50
65 µm (+/- 5 µm) :
Nombre (%)
Nombre (%)
40 80 µm 40
65 µm
140 µm 110 µm
30 30 140 µm
20 20
10 10
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 0 20 40 60 80 100 120 140 160
Si la taille des colonnes est affectée par le changement de rugosité, leur vitesse de
développement (illustrée par le coefficient d’expansion des colonnes A exp) reste cependant
identique entre les deux conditions. Les vitesses de croissance normale v’ et latérale v’//
mesurées peuvent être considérées comme identiques aux erreurs de mesure près
(Tableau 3. 4).
Bien que les vitesses de croissance restent comparables, les distributions en taille des
colonnes observées pour 1325 et 1325-Ra en Figure 3. 14 (b) et (d) sont très différentes. La
distribution caractéristique de 1325-Ra est plus large que celle de 1325-Ra. La formation
107
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
prématurée de colonnes larges (effet de la rugosité accrue), induit, dans le cas de 1325-Ra,
des effets de coalescence et de masquage précoces menant à un degré d’organisation des
colonnes plus faible par rapport aux dépôts 1325.
Inter-passes
Espaces inter-colonnaires
Fissures Espaces inter-colonnaires
Détecteur :: QSBD
Détecteur QSBD Détecteur::QSBD
Détecteur QSBD Détecteur::QSBD
Détecteur QSBD
Mag == 1000
Mag 1000 xx 50 µm
50 µm EHT == 20
EHT 20 kV
kV
Mag==1000
Mag 1000xx 50 µm
50 µm EHT==20
EHT 20 kV
kV
Mag==1000
Mag 1000xx 50 µm
50 µm EHT==20
EHT 20kV
kV
Figure 3. 15 : Observations MEB en coupe polie des dépôts 1325 (a), 1325-L (b) et 1325-L-Ra (c). La
micrographie de grandissement plus élevé, sur le cliché (c), illustre le phénomène d’inter-
passe.
108
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Figure 3. 16 : Mécanisme expliquant la variation de morphologie des dépôts 1325, 1325-L et 1325-Ra-L
Les dépôts obtenus avec un taux de charge plus important présentent un coefficient
d’expansion Aexp des colonnes très proche du dépôt de référence 1325 (Tableau 3. 4), ce qui
nous amène à deux conclusions. Soit ce coefficient est principalement lié au mélange
plasma et à la taille des particules en suspension, et n’est donc pas affecté par le taux de
charge. Ceci pourrait expliquer pourquoi les valeurs de vitesse de croissance, v’ et v’//,
subissent uniquement une augmentation proportionnelle due au taux de charge plus
important. Soit la méthode, permettant la mesure des vitesses de croissance n’est pas
suffisamment précise pour mettre en avant des différences significatives entre les
coefficients d’expansion colonnaire.
S’il est possible d’atteindre des structures colonnaires pour des taux de charge
importants en adaptant la rugosité, la morphologie locale du dépôt présente de fortes
différences avec le dépôt de référence 1325. En premier lieu, l’augmentation du taux de
charge induit une forte augmentation de la vitesse de croissance normale du dépôt v’ se
traduisant par l’apparition d’inter-passes prononcées (Figure 3. 15 (b) et (c)). Ensuite en
comparant les micrographies MEB en surface puis les distributions en taille des colonnes
des dépôts 1325-Ra et 1325-L-Ra, il apparait que l’augmentation du taux de charge mène
également à un degré d’organisation des colonnes plus faible (Figure 3. 17). Le taux de
charge plus important, induisant une croissance plus rapide de la couche, accélère les
phénomènes de coalescence et de masquage.
109
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
(a) (c)
100
90
(b) 100
90
(d)
Epaisseur du dépôt
35 Epaisseur du dépôt 35
(+/- 5 µm) :
(+/- 5 µm) :
30 30 65 µm
Nombre (%)
Nombre (%)
65 µm
25 25 110 µm
110 µm
140 µm
20 140 µm 20
15 15
10 10
5 5
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 0 20 40 60 80 100 120 140 160
110
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
(a) (c)
100
90
(b) Epaisseur du dépôt
100
90
(d)
(+/- 5 µm) :
50 40 µm 50 Epaisseur du dépôt
65 µm
Nombre (%)
Nombre (%)
(+/- 5 µm) :
40 80 µm 40
40 µm
140 µm
30 30 65 µm
70 µm
20 20 140 µm
10 10
0 0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 0 20 40 60 80 100 120 140 160
1325 1325-V
111
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
En premier lieu, il a été proposé dans la littérature que l’emploi de suspension aqueuse
induisait une fragmentation en gouttes plus grosses par le jet plasma [147,173]. Ceci peut
alors induire la fusion et l’étalement de plus gros agglomérats peu déviés. L’autre
conséquence du changement de solvant est la chute du rendement de projection, calculé
dans cette étude et présenté dans le Tableau 3. 3. Ce rendement chute de 58 % pour
YSZ/0,5EtOH à 42 % pour YSZ/0,5Eau. Le plasma restant inchangé, la quantité d’énergie
disponible (enthalpie) ainsi que le transfert thermique (h*) seront presque identiques entre
les deux suspensions présentant des d 50 analogues (Tableau 2. 1). Néanmoins, la différence
d’enthalpie de vaporisation entre l’éthanol (0,84.106 J.kg-1) et l’eau (2,265.106 J.kg-1) va
réduire la quantité d’énergie disponible pour fondre les particules dans le cas de 1325-Eau
[161]. Dans ce cas, où l’énergie disponible est plus faible, il est probable que les grosses
particules soient, en proportion, moins fondues que les petites. La proportion de particules
déviées qui participent à la croissance de la couche se voit donc augmentée induisant une
croissance latérale rapide des colonnes. Ceci induit au final une structure colonnaire
compacte.
Espaces inter-colonnaires
Fissures Espaces inter-colonnaires
Détecteur
Détecteur: :QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur::QSBD
QSBD Détecteur
Détecteur: :QSBD
QSBD
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50µm
µm EHT = 20 kV
Mag
Mag == 1000
1000 xx 50
50 µm
µm EHT = 20 kV
Mag
Mag==1000
1000xx 50
50µm
µm EHT = 20 kV
Figure 3. 20 : Observation MEB en coupe polie de l’évolution structurale entre les dépôts 1325
(a) 1325-Eau (b) et 1325-Eau-L- (c)
Un dépôt a été réalisé avec la suspension aqueuse YSZ/0,5 Eau pour laquelle le taux de
charge de la suspension est divisé par deux. La microstructure associée est de type
colonnaire et les espaces inter-colonnaires sont restaurés (Figure 3. 20 (c)). Diminuer le taux
de charge induit deux conséquences favorables au retour de ce type de structure. En
112
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
premier lieu, bien que la fragmentation d’une suspension aqueuse induise la formation de
plus grosses gouttes au sein du jet plasma, la diminution du taux de charge permet de
diminuer la concentration de particules au sein des gouttes. Il en résulte des particules
fondues moins grosses, qui seront potentiellement déviées par le plasma permettant ainsi de
retrouver un mode de construction colonnaire. La diminution du taux de charge permet en
outre de ralentir la croissance de la couche. Ceci permet, comme illustré dans la partie
précédente 3.2.2.5, de diminuer la taille des briques élémentaires participant à la
construction du dépôt. Il est alors alloué un temps d’organisation plus grand permettant un
arrangement des colonnes plus harmonieux.
De nombreux autres paramètres ont été évalués afin de mettre en évidence leurs effets
respectifs, d’un point de vue local, sur la microstructure colonnaire ou colonnaire compacte.
En particulier, l’étude des distributions de tailles des colonnes, caractéristiques des
conditions employées, a permis de mettre en avant les paramètres les plus influents sur
l’organisation des colonnes. Il apparait notamment qu'une croissance lente des colonnes est
la plus encline à former des structures colonnaires présentant un degré de compacité
important avec des espaces inter-colonnaires fins voire effacés. Si une augmentation de
rugosité permet de restaurer une structure colonnaire dans des conditions défavorables,
(exemple avec un taux de charge trop élevé), il est préférable de limiter sa valeur. Il apparait
en effet qu’une rugosité importante induit une diminution significative du degré d’organisation
des colonnes par des effets de coalescence et de masquage précoces. Les paramètres les
plus influents et permettant une modulation locale voir globale sont résumés en
Figure 3. 21 (b).
113
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
2,0
1,8 (a) Ra ↗
ZNC
1,6
1,4
ZC Solvant
aqueux
h* (W.m .K )
-1
1,2 h*/St* = -1,5 W.m-2.K-1
h*0 = 2,2 W.m-2.K-1
-2
1,0
0,8
0,6
inj ↗
0,4
TC ↗
0,2 ZNC
0,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 1,1
St*
(b)
Colonnes
Colonnes Colonnes
Colonnes larges
resserrées compactes
• Vitesse de croissance -
• Rugosité +
Figure 3. 21 : Modulation globale (a) et locale (b) des structures colonnaires par SPS
Mode C
6
MRa = 0,037 0,006
(µm) (µm)
5 1325
1325-Ra
Rasubstrat 4 1325-V
1325-L
13Eau
3
0
Ra –- Ra
1244
1325-L-Ra
2
Ra
1 Mode CC
MRa = 0,024 0,003
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Epaisseur (µm)
Epaisseur (µm)
En second lieu la condition plasma 1244 menant à une structure colonnaire compacte a
été sélectionnée. Cette structure, où les espaces colonnaires sont « effacés » semble
favorable à l’obtention d’une faible conductivité thermique. La plus faible évolution de
rugosité, par rapport aux dépôts SPS colonnaires, est également intéressante pour limiter la
dégradation par érosion au sein d’un turboréacteur. Cette condition, 1244, est préférée aux
conditions 1344 ou 1325-L permettant également la réalisation de structures colonnaires
compactes, car elle ne mène pas à la formation d’inter-passes. Ces inter-passes, sources de
sites de fissuration lors du cyclage thermique, ont déjà montré un impact négatif sur la durée
de vie du système barrière thermique [173].
115
Chapitre 3. Contrôle de la microstructure YSZ colonnaire obtenue par SPS
Conclusion
Ce troisième chapitre avait pour but de sélectionner des conditions de projection SPS
pour la réalisation de barrières thermiques en YSZ optimisées. Leurs propriétés de
conductivité thermique et de durée de vie seront évaluées dans le Chapitre 4.
116
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS :
relation microstructure-propriétés
117
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
118
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Introduction
Dans ce chapitre, les structures colonnaires et colonnaires compactes obtenues par le
biais du contrôle microstructural décrit dans le Chapitre 3, ont été évaluées pour une
application en tant que barrières thermiques.
En premier lieu, les propriétés d’isolation thermique ont été étudiées. La conductivité
thermique de différents dépôts SPS a été comparée à celle de dépôts de référence réalisés
par APS et EB-PVD. Les dépôts qualifiés de référence ont été fournis par Safran. Ils sont
représentatifs des dépôts mis en œuvre au sein des turboréacteurs de génération actuelle.
Les revêtements étudiés sont destinés à des systèmes fonctionnant à haute température.
Ainsi, l’évolution de la microstructure des revêtements SPS au cours d’un traitement
thermique a été évaluée, notamment en termes de taux de porosité. Des analyses DSC ont
ensuite permis de déterminer la capacité calorifique des dépôts en fonction de la
température. La diffusivité thermique dans l’épaisseur du dépôt (z,d) a été déterminée par
méthode flash, de 25 °C à 1100 °C. La possibilité d’accéder aux propriétés thermiques dans
le plan des revêtements (x,d et y,d), par un flash localisé, a également été considérée. Pour
les différents systèmes étudiés, les résultats obtenus sont systématiquement corrélés à la
microstructure.
La durée de vie, autre spécification d’intérêt attachée au cahier des charges des
systèmes barrières thermiques, a été évaluée au travers d’essais de cyclage thermique. Les
deux conditions de projection permettant la réalisation de dépôts colonnaires et colonnaires
compacts SPS optimisés ont été comparées. L’effet de la préparation de surface a fait l’objet
d’une attention particulière, celle-ci affectant les performances des revêtements de façon
significative.
119
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Figure 4. 1 : Évolution de la microstructure colonnaire SPS après projection (a), après 100 h à
1100 °C (b) et 40 h à 1300 °C (c) – images en fracture (faciès de rupture)
120
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Pour les deux dépôts SPS, le traitement thermique à 1100 °C induit un léger
grossissement des grains sans pour autant altérer drastiquement la microstructure. Aucune
différence mesurable en termes de taux de porosité n’a été mise en évidence. La porosité
peut ainsi être considérée comme constante sur la plage de température étudiée par la suite
en diffusivité thermique. La porosité du dépôt colonnaire est évaluée par analyse d’images
MEB, à 25 2 % et celle de l’échantillon colonnaire compact à 19 1 %, menant,
respectivement, à une masse volumique de 4515 kg.m -3 et 4880 kg.m-3.
L’évolution microstructurale est plus marquée pour les revêtements soumis à un recuit à
1300 °C pendant 40 h. Les grains grossissent illustrant un début de frittage de la couche
YSZ. La porosité commence à être affectée et sa valeur diminue de 2 à 4 % pour les deux
dépôts.
0,4
Zoom 1 100 h / 1100 °C
40 h / 1300 °C Zoom 2
1325-V 40 h / 1300 °C q : phase quadratique
Intensité normalisée
(JCPDS 04-010-3269)
q c : phase cubique
q Condition 1325
0,0 (JCPDS 00-003-0640) Après dép
m : phase monoclinique
0,8 (JCPDS 00-007-0343)
100 h / 11
c 40 h / 130
q q : phase quad
0,4 1325-V 100 h / 1100 °C m (JCPDS 04-
m c : phase cubiqu
(JCPDS 00-
0,0 m : phase mon
(JCPDS 00-
0,8
40 h / 1300 °C
q : phase quadratique
0,0 (JCPDS 04-010-3269) q
q c : phase cubique Condition 1244
0,8 (JCPDS 00-003-0640) Après dé
m : phase monoclinique 100 h / 11
0,4 1244 100 h / 1100 °C c (JCPDS 00-007-0343) c 40 h / 130
q q : phase quad
(JCPDS 04
0,0 m c : phase cubiqu
m (JCPDS 00
0,8 m : phase mon
(JCPDS 00
0,4 1244 après dépôt
0,0
0,8
0,4 28,0 28,5 29,0 29,5 30,0 30,5 31,0 31,5 32,0 59,1 59,4 59,7 60,0 60,3 60,6 60,9
Suspension 2 (°)
2 (°)
0,0
25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95
2 (°)
Figure 4. 3 : Phases en présence identifiées par DRX pour les dépôts SPS colonnaire (a) et
colonnaire compact (b)
121
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
800
750 (a)
800
750
(b) 800
750
(c)
700 700 700
Cp (J.Kg .K )
Cp (J.Kg .K )
-1
-1
-1
600 600 600
-1
-1
-1
550 550 550
450 Substrat HX : 450 Dépôt SPS colonnaire 450 Dépôt SPS colonnaire :
Expérience compact : Expérience
400 400 400
Tendance Expérience Tendance
350 350 Tendance 350
20 20 20
0 0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100
Polynôme de degré 3 : Cp = aT 3 + bT 2 + cT + d
a b c d R²
L’évolution de la capacité calorifique des deux dépôts colonnaires SPS en YSZ a été
comparée à celle de l’étude de Mevrel et al. [212]. La tendance observée est similaire
(Figure 4. 5), ce qui accrédite les différentes mesures DSC réalisées. Les tendances
polynomiales seront employées pour l’estimation numérique de la diffusivité thermique, afin
de s’affranchir d’éventuels artéfacts expérimentaux.
122
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
700
650
600
Cp (J.Kg .K )
550
-1
-1
500
450
Température (°C)
Figure 4. 5 : Comparaison entre les mesures DSC en température réalisées sur les dépôts YSZ
SPS et les données de la littérature [212]
123
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Thermogramme normalisé
Thermogramme normalisé
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
0,9
(d) 1,0
0,9
(e) 1,0
0,9
(f)
Thermogramme normalisé
Thermogramme normalisé
Thermogramme normalisé
0,8 0,8 0,8
0,6 Dépôt SPS 1325 0,6 Dépôt SPS 1325-V 0,6 Dépôt SPS 1244
0,5 (colonnes) 0,5 (colonnes) 0,5 (colonnes compactes)
Expérience Expérience Expérience
0,4 0,4 0,4
Modèle Modèle Modèle
0,3 Résidus 0,3 Résidus 0,3 Résidus
0,2 0,2 0,2
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
- un dépôt EB-PVD fourni par Safran permettant une comparaison relative des
propriétés obtenues sur le même banc de mesure.
Dans certains cas, les hublots permettant de protéger la torche de focalisation (hublot en
quartz) et la caméra (hublot en ZnSe) du flux généré par le four à haute température,
perturbent le signal enregistré par la caméra. En effet, le flash génère un décalage de la
ligne de base, souligné par les flèches sur la Figure 4. 7. Ceci pourrait être attribué à des
réflexions secondaires du flash, au passage des hublots, perturbant le flux lumineux reçu par
la caméra. Afin de pallier ce phénomène, la ligne de base, correspondant à une température
nulle à l’instant initial (avant le flash), est définie comme étant la moyenne sur une
cinquantaine d’images (représentant environ 250 ms) précédant le flash. Ceci permet de
s’assurer que l’intensité normalisée reflète l’élévation réelle de température. Ces artéfacts
induisent une forte différence entre mesure et simulation avant l’augmentation du signal
thermographique et donnent lieu à des résidus plus prononcés sans pour autant perturber
l’estimation.
La validation des mesures réalisées sur le banc haute température est effectuée en
comparant les valeurs de diffusivité thermique obtenues sur le banc Lumix à température
ambiante. La différence maximale entre les valeurs obtenues sur les deux bancs est relevée
à 6,3 % (Tableau 4. 3). Cette erreur est tout à fait acceptable à la vue des erreurs inhérentes
à la méthode flash (environ 3 %) et de l’écart-type caractéristique de plusieurs mesures
effectuées sur le banc Lumix (2 à 5 % de la valeur moyenne) et sur le banc haute
température (3 à 7 % de la valeur moyenne). Cette plus forte incertitude sur le banc haute-
température peut trouver son origine dans :
125
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
reduit
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,7 0,7 0,7
Thermogramme
0,6 T = 25 °C 0,6 0,6
T = 700 °C
0,5 Expérience 0,5 Expérience 0,5
Modèle T = 1100 °C
0,4 0,4 Modèle
Résidus
0,4 Expérience
Résidus
0,3 0,3 0,3 Modèle
Résidus
0,2 0,2 0,2
0,1 0,1 0,1
0,0 0,0 0,0
(b) 1,0
Temps (s)
1,0
Temps (s)
1,0
Temps (s)
reduit
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,7 0,7 0,7
Thermogramme
reduit
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
[iv]
Des thermogrammes expérimentaux et des reconstructions numériques complémentaires sont
présentés en Annexe
126
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
(a) (b)
-6
6,5x10 6,5
Diffusivité thermique (x10 m .s )
-1
Diffusivité thermique (m .s )
6,0
-1
-6
6,0x10
2
5,5
2
-6
-7
5,5x10 5,0
-6 4,5
5,0x10
4,0
-6
4,5x10 3,5
-6
4,0x10 3,0
2,5
-6
3,5x10 2,0
-6
3,0x10 1,5 Dépôt colonnaire SPS (1325-V)
Expérience
-6 Littérature 1,0 Dépôt colonnaire compact SPS (1244)
2,5x10
0,5 Dépôt EB-PVD
-6
2,0x10 0,0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100
Dans tous les cas, les tendances observées sont similaires pour tous les dépôts YSZ,
quelles que soient les techniques de dépôt ou les microstructures qui leur sont associées.
Les différents niveaux de diffusivité thermique, liés à la microstructure, correspondent aux
mesures obtenues sur le diffusimètre Lumix à basse température avec des dépôts
colonnaires SPS moins diffusifs que le dépôt EB-PVD. Si, avec l’augmentation de la
température, la diffusivité thermique du dépôt SPS colonnaire (1325-V) tend à se rapprocher
de celle du revêtement YSZ EB-PVD, celle du dépôt SPS colonnaire compact (1244) reste
très basse. Dans le cas du revêtement colonnaire compact, la suppression du flux de chaleur
entre les colonnes par « l’effacement » des espaces inter-colonnaires est identifiée comme
responsable de la diminution du caractère diffusif de la couche céramique.
127
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
2,0
1,6
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
0,0
100 µm 50 µm
50
50 µm
µm 50 µm 100
100 µm
µm
Figure 4. 9 : Conductivité thermique à 25 °C de dépôts YSZ réalisés par SPS, APS et EB-PVD
128
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Bien que le passage du flux de chaleur soit facilité entre les colonnes du dépôt SPS, la
conductivité thermique demeure inférieure au dépôt EB-PVD. Plusieurs raisons peuvent
expliquer cette observation. En premier lieu, le dépôt SPS 1325 présente une masse
volumique plus faible (4209 kg.m -3) que le dépôt EB-PVD (5490 kg.m -3). On rappelle que la
masse volumique intervient dans le calcul de la conductivité thermique donné en équation
(1. 17). Cette différence est induite par le procédé SPS permettant de générer des couches
incluant une porosité multi-échelle importante [60].
129
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
(a) (b)
1 µm 1 µm
Colonnes Colonnes
inversées inversées
limitées développées
Le cas du dépôt 1325-V est atypique puisque bien que les colonnes soient resserrées par
rapport au dépôt 1325, l’espace inter-colonnaire demeure non négligeable. En définitive, le
plus grand degré d’organisation des colonnes permet de former un chemin plus tortueux
pour le flux de chaleur. De plus, la vitesse de développement de la couche étant plus lente
dans le cas du dépôt 1325-V que dans le cas du dépôt 1325 (Chapitre 3), les colonnes ont plus
de temps pour se développer, ce qui mène à des effets de masquage. En particulier, les
colonnes dites inversées (résultant d’un masquage total) ont davantage le temps de se
développer et présentent une taille plus imposante comparé au dépôt 1325. La chaleur est
alors transférée à la céramique plus rapidement que dans le cas de 1325 et se propage
moins vite au travers des vibrations du réseau cristallin (phonons). La diffusivité thermique
est alors grandement affectée passant de 6,0.10 -7 m2.s-1 pour 1325 à 3,7.10-7 m2.s-1
pour 1325-V.
131
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
(a) (b)
10 µm
100 µm 100 µm
Figure 4. 13 : Différence morphologique de la porosité d’un dépôt colonnaire compact SPS (a)
et lamellaire APS (b). La constriction des lignes de flux de chaleur est également schématisée.
Tout ceci se traduit finalement par une constriction des lignes de flux de chaleur plus
importante dans le cas du dépôt SPS qui pourrait expliquer que la diffusivité thermique du
dépôt SPS 1244 (3,0.10-7 m2.s-1) soit légèrement plus faible que celle du dépôt APS
(3,5.10-7 m2.s-1). La réduction de la conductivité thermique, observée dans le cas des dépôts
SPS optimisés, reste néanmoins principalement liée à leur important taux de porosité,
menant à des masses volumiques plus faibles (4515 kg.m-3 pour 1325-V et 4880 kg.m-3 pour
1244) que celles du dépôt APS (5185 kg.m-3).
Il apparaît que la conductivité thermique associée aux revêtements SPS évolue peu sur
la gamme de température analysée. La structure plus compacte du dépôt SPS 1244 offre
néanmoins une résistance thermique plus importante à 1100 °C (0,63 W.m-1.K-1) par rapport
à la structure colonnaire « ouverte » 1325-V (0,86 W.m-1.K-1). Encore une fois, la présence des
espaces inter-colonnaires dans le cas du revêtement 1325-V génère une porosité dont la
géométrie n’induit aucune résistance thermique au passage du flux de chaleur.
132
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
2,0
-1
1,6
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
Température (°C)
Dans tous les cas, la conductivité thermique d’un dépôt YSZ réalisé par EB-PVD est
bien supérieure à celle des dépôts SPS. La conductivité thermique du dépôt EB-PVD semble
diminuer en température pour atteindre une valeur de 1,36 W.m-1.K-1 à 1100 °C. Cette
diminution pourrait s’expliquer par l’augmentation de la probabilité d’interactions
anharmoniques de deux phonons (processus Umklapp) à haute température [214,215].
Le gain en conductivité thermique à haute température (1100 °C), permis par le recours
au procédé SPS par rapport à l’EB-PVD, est de :
- 27 % pour un dépôt YSZ par SPS présentant une structure colonnaire optimisée de
type 1325-V.
Les valeurs de conductivité thermique déterminées ici sont apparentes car le modèle ne
prend pas en compte les éventuels effets radiatifs. La qualité des estimations obtenues par
l’utilisation de ce type de modèle purement conductif ne semble pas mettre en évidence
d’importants effets radiatifs (relativement plats en Figure 4. 7).
Enfin, on rappellera qu’une couche opacifiante a été utilisée dans notre étude
(Figure 4. 15), afin de s’affranchir de la propriété de semi-transparence d’YSZ et de détecter
un signal thermographique. Cette couche ne semble néanmoins pas perturber l’estimation
numérique.
Carbone
YSZ
Détecteur : QSBD Détecteur : QSBD
Mag = 500 x 100 µm EHT = 20 kV
Mag = 5000 x 10 µm EHT = 20 kV
Figure 4. 15 : Observation de la couche opacifiante (carbone) sur un dépôt YSZ colonnaire SPS
134
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
L’estimation des propriétés thermiques est alors effectuée en 3 étapes qui sont liées au
paramètre d décrit en équation (4. 2) :
z,d
)+(
z,d
p
) défini par l’équation (4. 2), où αz,d est maintenant
connue. L’estimation numérique de αy,d est réalisée sur les harmoniques m,
normalisés par leur maximum d’intensité (estimé également par la suite pour corriger
les éventuelles erreurs de pré-normalisation).
135
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
y,d p
d = √an2 (x,d ) + bm 2 ( ) + ( ) (4. 2)
z,d z,d z,d
1 Ly
Tx = ∫ T dy (4. 3)
Ly 0
1 Lx
Ty = ∫ T dx (4. 4)
Lx 0
136
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
valeurs de diffusivité dans le plan du dépôt, qui elles, présentent un intérêt nouveau par
rapport à la configuration expérimentale 1D. Quoiqu’il en soit, à la vue des faibles écarts, la
validité de notre modèle se trouve confortée.
Thermogramme Réduit
Thermogramme Réduit
0,8 0,8 0,8
0,7 T = 300 C 0,7 T = 600 C 0,7 T = 900 C
0,6 0,6 0,6
Tm Tm Tm
0,5 Modèle 0,5 Modèle 0,5 Modèle
0,4 Résidus 0,4 Résidus 0,4 Résidus
Figure 4. 16 : Thermogrammes moyens (Tm) enregistrés lors d’essais flash 3D (laser focalisé)
et reconstructions numériques associées pour l’échantillon 13 25-V
Tableau 4. 4 : Comparaison des valeurs de diffusivité transverse z,d obtenues sous vide par
mesures flash 1D et 3D sur l’échantillon YSZ colonnaire SPS 13 25-V.
(l’incertitude représente l’écart type entre 3 mesures)
Le flash étant centré sur l’échantillon, les harmoniques impairs présentent une intensité
nulle. L’information est donc entièrement portée par les harmoniques pairs ce qui justifie de
n’utiliser que ces derniers pour l’estimation. On remarque en Figure 4. 17 que certains
harmoniques n impairs ne présentent pas une intensité nulle. Ceci provient d’un défaut de
137
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
centrage de la tâche laser selon x. Ceci illustre l’importance du centrage de la tâche laser
pour ne considérer que les harmoniques n et m pairs utiles à l’estimation de αx,d et de αy,d.
Ce problème et a été résolu pour les estimations suivantes en recentrant la zone d’impact du
faisceau laser.
Profils de température
Temperature Profiles along selon
x x Profils de température
Temperature selon
Profiles along y y
120
120 120
120
digital)
digital)
100
100 100
100
TxTx,(niveau
TyTy,(niveau
80
80 80
80
DL
DL
60
60 60
60
Temperature
Temperature
Intensité du signal
Intensité du signal
40
40 40
40
20
20 20
20
00 00
0 0,005
0.005 0,01
0.01 0,015
0.015 0,02
0.02 0,025
0.025 0,03
0.03 0,035
0.035 0,04
0.04 0 0,005
0.005 0,01
0.01 0,015
0.015 0,02
0.02 0,025
0.025 0,03
0.03 0,035
0.035 0,04
0.04
xy(m)
(m)
X-coordinate, m
yy (m)
Y-coordinate, m
Intensité des
Harmonics harmoniques
Intensity for Tx ProfilesTx Intensité desIntensity
Harmonics harmoniques Ty
for Ty Profiles
n=2 m=2
n=3 m=3
Intensity [DL]digital)
Intensity [DL]digital)
15 n=4
15
15 m=4
n=4 n=5 m=4 m=5
10 n=6 10
10 m=6
y (niveau
x (niveau
5 Harmoniques impaires 55
Harmoniques impaires
du du
du du
0 00
selon
selon
Intensité
Intensité
-5 -5
-5
selon
selon
Intensité
Intensité
n=6 m=6
-10 -10
-10
-15 -15
-15
n=2 m=2
0.2
0,2 0.4
0,4 0.6
0,6 0.8
0,8 1 1.2
1,2 1.4
1,4 1.6
1,6 0.2
0,2 0.4
0,4 0.6
0,6 0.8
0,8 1 1.2
1,2 1.4
1,4 1.6
1,6
Time [s] Time [s]
Temps (s) Temps (s)
138
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Thermogramme Tx réduit
des
réduites des
n=4
0.8
0,8 0.8 n = 4 0.8 n=4
Intensitésréduites
n=6
la
selon la
n=4 n=4
0.4
0,4 0.4n=6 0.4 n=6
Intensités
harmoniques
harmoniques
0.2
0,2 0.2 Résidus 0.2 Résidus
Résidus
00 0 0
m=2
ladirection
11 1 m=2 1 m=2
Thermogramme Tx réduit
des
réduites des
m=4
0.8
0,8 0.8 m=4 0.8 m=4
Intensités réduites
m=6
Ty
selonla
0,6 m=2
selon
m=4 m=4
0.4 m=6
0.4 0.4m=6
Intensités
0,4
harmoniques
harmoniques
0.2
0,2 Résidus 0.2 Résidus 0.2 Résidus
00 0 0
139
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
0,07
0,07
z,s z,s
0,06
0,06
Sensibilités réduites
Sensibilités réduites
0,05 0,05
n=2 n=4
0,04 0,04
0,03 0,03
0,02 0,02
x,d x,d
0,01
0,01
0,00
0,00
-0,01
-0,01
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
Sensibilités réduites
0,05
0,05
0,04
n=6 0,04 n=8
0,03 0,03
0,02 0,02
0,00
0,00
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
Sensibilités réduites
0,04 n = 10 0,04 n = 12
0,03 0,03
0,02 0,02
0,00
0,00
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
Figure 4. 19 : Tracés des sensibilités réduites théoriques liées aux paramètres z,s et x,d sur
différents harmoniques n = 2, 4, 6, 8, 10, 12. T = 300 °C
140
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Pour vérifier cette hypothèse, des erreurs sur la valeur de diffusivité thermique s du
substrat ont été intégrées au modèle avant estimation sur les thermogrammes
expérimentaux. Une erreur variant de - 10 % à + 10 % a été ajoutée à la valeur de diffusivité
thermique du substrat HastelloyX obtenue par méthode flash 1D (partie 4.1.1.3) avant de
réaliser l’estimation de la diffusivité thermique x,d pour les harmoniques n = 2, 4, 6. Ceci
permet de tracer en Figure 4. 20 l’évolution de x,d estimée par le modèle bicouche 3D en
fonction de l’erreur commise sur la diffusivité thermique du substrat.
-7 2 -1
x10 m .s
10
50
le modèle pour n = 2, 4, 6 (x 10-7 m2.s-1)
par
8
45
Diffusivité thermique x,d estimée
40 6
-7 2 -1
35 4 z,d (3.10 m .s )
30 2
25 0
0 1 2 3 4 5
20
15
10
5
0
-5
-10
-15
-10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8 10
On peut également observer sur la Figure 4. 19, que la sensibilité à x,d augmente pour
les harmoniques élevés. Il est probable que réaliser l’estimation de x,d sur ces harmoniques
élevés permettrait de réduire l’erreur commise. La configuration expérimentale, avec
détection du signal en face arrière n’est cependant pas adaptée à ce genre de mesure. En
effet, les harmoniques élevés correspondent aux temps courts, c’est-à-dire aux premiers
instants après le flash. Dans le cas de mesure en face arrière, le signal enregistré aux temps
141
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
courts est presque nul et va induire des harmoniques d’ordre élevé trop peu intenses pour
réaliser une estimation numérique. En revanche, il pourrait être intéressant à l’avenir de
réaliser ces mêmes expériences en enregistrant le film thermographique en face avant
(c’est-à-dire du même côté que le flash). Les harmoniques caractéristiques des temps courts
seraient alors très intenses et pourraient permettre d’obtenir la diffusivité thermique dans le
plan du dépôt pour un tel système bicouche.
Une autre solution, pour obtenir la diffusivité axiale du revêtement SPS, serait de réaliser
un dépôt autoporté SPS. Dans ce cas, un modèle monocouche considérant un transfert de
chaleur dans les trois directions de l’espace pourrait être utilisé [174]. L’obtention de dépôts
autoportés par SPS, bien que possible par dissolution de l’interface céramique/métal dans
un mélange d’acide, résulterait néanmoins en un dépôt relativement fragile rendant son
maniement délicat.
Tous ces résultats montrent que le caractère isolant de la couche céramique dans le
plan intervient aux temps très courts, c’est-à-dire quelques instants après l’élévation
localisée de température suite au flash. En pratique, ceci signifie que la chaleur diffuse
rapidement dans le plan du substrat. D’un point de vue fonctionnel ceci est extrêmement
intéressant car le dépôt YSZ SPS colonnaire ne va pas empêcher le substrat d’évacuer,
dans le plan, la chaleur de points chauds éventuels en surface de la pièce.
- La conductivité thermique transverse des dépôts SPS peut être modulée dans une
gamme de valeurs allant de 0,7 à 1,25 W.m-1.K-1, à température ambiante, en faisant
varier la compacité des colonnes. Les dépôts YSZ réalisés par les techniques APS et
EB-PVD présentent de valeurs de conductivité thermique transverse à température
ambiante de 0,9 et 1,5 W.m-1.K-1, respectivement ;
- La conductivité thermique transverse des dépôts YSZ SPS évolue peu entre 25 °C et
1100 °C et présente, à 1100 °C, une diminution comprise entre 27 % et 37 % par
rapport à un dépôt YSZ EB-PVD ;
La durée de vie des dépôts colonnaires SPS a été évaluée au sein d’un système
comprenant un substrat AM1. Deux types de sous-couches de liaison, initialement
développées et optimisées pour un dépôt céramique YSZ EB-PVD, ont été évalués :
o -Ni/’-Ni3Al dans laquelle du platine est diffusé (par la suite notée Pt-/’) :
sous-couche de liaison permettant la formation d’une TGO par réaction de la
phase ’-Ni3Al et induisant un effet de déformation de l’interface (« rumpling »)
moins important que la sous-couche -(Ni,Pt)Al [101].
o Sur -(Ni,Pt)Al : une rugosité faible (Ra = 0,6 µm) a été obtenue par un
sablage modéré (corindon AVB 150) tandis qu‘une rugosité plus élevée
(Ra = 1,5 µm) a été obtenue par un sablage avec du corindon AVB 46 ;
143
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Les résultats des cyclages thermiques sont représentés pour chacune des sous-
couches en Figure 4. 21 et seront discutés dans les parties suivantes. La dispersion
observée dans cette étude, au cours du cyclage de 3 pions identiques, est d’environ 200
cycles. Il est remarquable que la majorité des dépôts SPS remplissent le critère fixé
initialement, sur la base des études rapportées dans la littérature, à savoir une durée de vie
de l’ordre de 500 cycles. A noter cependant, par exemple, la performance de 1800 cycles de
revêtements YSZ, réalisés par EB-PVD sur une sous-couche Pt-/’ obtenue par frittage flash
[219]. Selon les conditions de test utilisées dans le cadre de cette thèse, des revêtements
YSZ obtenus par EB-PVD sur -(Ni,Pt)Al ont résisté pendant 1000 cycles.
200 200
0 0
Ra 0,6 µm Ra 0,6 µm Ra 1,5 µm Ra 1,5 µm Ra 1 µm Ra 1 µm Ra 1,5 µm Ra 1,5 µm
Pré-ox° Pré-ox° Pré-ox° Pré-ox°
Figure 4. 21 : Résultats des essais de cyclage thermique sur -(Ni,Pt)Al (a) et Pt-/’ (b). La
dispersion des résultats est de 200 cycles
(a) (b)
Fissures Fissures
144
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Figure 4. 22 : Dépôts SPS après cyclage thermique présentant une morphologie colonnaire (a)
et colonnaire compacte (b). Substrat : Pt-/’ pré-oxydé 1h à 1100 °C et Ra = 1 µm
Un mécanisme, permettant d’expliquer la meilleure résistance des dépôts colonnaires
par rapport aux dépôts colonnaires compacts, est proposé en Figure 4. 23. Il est supposé
que les structures colonnaires bien définies, possèdent une capacité à relaxer les contraintes
thermomécaniques de façon intrinsèque, comme un dépôt EB-PVD. Par ailleurs, l’apparition
de fissures pendant le cyclage, également aptes à relaxer les contraintes, permet d’accroître
le degré d’accommodation et d’améliorer in situ la résistance au cyclage thermique.
Écaillage
Temps de cyclage ↗
Écaillage
Figure 4. 23 : Mécanisme de rupture pour les différentes morphologies SPS évaluées
Les résultats sur Pt-/’ sont particulièrement intéressants puisque les durées de vie
obtenues pour les dépôts colonnaires et colonnaires compacts caractérisés par des valeurs
de Ra de 1 µm sont supérieures à celles des dépôts EB-PVD. Dans le cas de la structure
colonnaire, les espaces inter-colonnaires plus larges qu’en EB-PVD peuvent expliquer à eux
seuls la plus forte capacité à accommoder les contraintes. Ceci n’est pas vrai pour les
dépôts colonnaires compacts. En effet, seules les fissurations générées in situ pendant le
test peuvent prétendre jouer ce rôle. Cependant, on vient de conclure que leur effet était
inférieur à des espaces inter-colonnaires. Dans ce cas, la porosité générée par SPS pourrait
peut-être contribuer à ces résultats. On sait que, dans une certaine mesure, la porosité
permet au dépôt APS de relaxer une partie des contraintes thermomécaniques [220]. Dans
145
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
le cas des dépôts SPS présentant une porosité plus fine et plus importante que par APS,
l’effet de relaxation doit être renforcé offrant une résistance au cyclage supplémentaire.
Une étude récente a étudié la capacité d’accommodation des structures colonnaires au
travers de mesures par ICP (« In-situ Coating Properties ») [210]. Il est notamment montré
que les plus grandes tolérances thermomécaniques sont obtenues pour les dépôts
colonnaires bien définis. Il est également démontré qu’une structure colonnaire compacte
présente une capacité moindre à relaxer les contraintes thermomécaniques
comparativement aux dépôts colonnaires voire colonnaires compacts fissurés. Cela explique
pourquoi les dépôts se fissurent durant le cyclage (probablement assez rapidement pendant
le test) pour obtenir une capacité d’accommodation suffisante.
Bien que la structure colonnaire compacte n’atteigne pas les niveaux de résistance au
cyclage de la structure colonnaire, elle a néanmoins des performances sur Pt-/’ proches de
celles de dépôts EB-PVD relevés dans la littérature [219], ce qui n’était pas le cas avec les
sous-couches -(Ni,Pt)Al. La plus forte rugosité (sans sablage préalable) de la sous couche
Pt-/’ doit permettre de générer une couche plus apte à relaxer les contraintes. On a
démontré dans le Chapitre 3 qu’une augmentation de rugosité pour ce type de structure
permettait de favoriser la formation de colonnes mieux définies. Sans pour autant créer une
structure colonnaire présentant des espaces inter-colonnaires prononcés, l’augmentation de
rugosité peut, dans notre cas, permettre une fissuration facilitée. On rappelle que la
fissuration du dépôt dans son épaisseur a été décrite comme le facteur prépondérant pour
l’accommodation des contraintes thermomécaniques dans le cas des dépôts colonnaires
compacts.
146
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
100
Effet de l'augmentation
Colonnes de Ra
80
Colonnes compactes
60
40
-(Ni,Pt)Al /'(Pt)
Gain en %
20 /'(Pt)
-(Ni,Pt)Al
Pré-ox°
Pré-ox°
0
-20
-40
-60
-80
Rem : effet considéré si écart > 200 cycles
-100 Colonnes SPS
Colonnes compactes SPS
Figure 4. 24 : Effet de la rugosité du substrat sur les performances en cyclage thermique des
dépôts YSZ SPS
147
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
(a) (b)
Figure 4. 25 : Évolution microstructurale des dépôts SPS colonnaires 13 25-V réalisés sur
-(Ni,Pt)Al présentant une rugosité de 0,6 µm (a) et 1,5 µm (b)
40
/'(Pt) /'(Pt)
20
Gain en %
Ra 1 µm Ra 1,5 µm
0
-(Ni,Pt)Al -(Ni,Pt)Al
-20 Ra 0,6 µm Ra 1,5 µm
-40
-60
-80
Colonnes SPS
Rem : effet considéré si écart > 200 cyclesColonnes
-100
compactes SPS
Figure 4. 26 : Effet de la pré-oxydation sur les performances en cyclage thermique des dépôts
YSZ SPS
Dans le cas de la sous-couche Pt-/’, l’effet est défavorable et induit jusqu’à plus de
60 % de perte en termes de résistance au cyclage thermique. Le mécanisme à l’origine de la
formation de la TGO est vraisemblablement différent car la phase -NiAl n’est pas présente.
148
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
TGO
TGO
/’(Pt)
TGO
-(Ni,Pt)Al
Sous la TGO
Détecteur : QSBD Détecteur : QSBD Détecteur : QSBD
Mag = 2000 x 10 µm EHT = 15 kV
Mag = 2000 x 10 µm EHT = 15 kV
Mag = 500 x 50 µm EHT = 15 kV
Figure 4. 27 : Principaux modes de rupture observés suite au cyclage thermique menant à une
délamination du dépôt SPS
149
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Il est probable que le « rumpling », induit lors de la croissance de la TGO (observé pour
les deux sous-couches en Figure 4. 28), joue un rôle dans la délamination du système. Dans
notre cas, le mécanisme « tout ou rien » peut également suggérer une perte de cohésion
(décrite par le terme anglophone « edge delamination », i.e. « délamination par les bords »
dans la littérature). Enfin, il est probable que la TGO formée lors des cyclages ait atteint une
épaisseur critique menant à l’écaillage du système. Celle-ci n’a cependant pas été
déterminée.
(a) YSZ
(b)
l’interface TGO
YSZ
Déformation (« rumpling »)
/’(Pt)
Il est évident que ce mode de rupture, bien que pouvant intervenir à des durées de vie
bien plus élevées que pour les dépôts YSZ réalisés par EB-PVD, est extrêmement
dommageable. Tout ceci résulte en effet en une perte soudaine de la protection thermique
du substrat ainsi que la génération de débris de taille relativement importante au sein du
turboréacteur en fonctionnement. Il sera important de déterminer précisément les étapes de
ce mécanisme d’échec pour les dépôts SPS. Les données, obtenues lors de ces tests de
durée de vie, ne permettent pas de statuer sur l’origine précise de l’écaillage de ce type de
dépôts. Une étude, en cours lors de la rédaction de ce manuscrit, entend répondre à cette
interrogation en prélevant tous les 300 cycles des échantillons SPS supposés résister plus
de 1000 cycles. Ceci permettra notamment de voir :
- Le mécanisme de délamination.
150
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Deux pièces rebutées, fournies par Safran, ont été évaluées et sont issues d’une turbine
haute pression :
- Un distributeur haute pression (DHP) : pièce fixe en sortie de chambre de
combustion ;
- Une aube mobile (MHP) : pièce mobile, intégrant le premier étage de la turbine,
permettant la rotation de l’arbre du moteur.
151
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Extrados
Bord
Bord de fuite
d’attaque
Intrados
Figure 4. 29 : Schéma en coupe d’une MHP avec identification des zones d’intérêt
Pâle n°2
Zone 4
masquée
1 2
3
Pâle n°1
Figure 4. 30 : Photographie d’un DHP revêtu d’un dépôt SPS colonnaire en YSZ
152
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
1 2
3 4
Figure 4. 31 : Coupes micrographiques du DHP revêtu YSZ par SPS dans les zones 1 à 4
identifiées en Figure 4. 30
L’épaisseur déposée est d’environ 350 µm sur les parties planes des deux pâles.
L’emboitement des deux pâles du distributeur induit une zone de masquage dans l’inter-pâle
qui est donc non revêtue. L’emploi d’un cache métallique, placé sur la pâle n°1 lors de la
projection SPS, a permis de reproduire la zone de masquage (Figure 4. 30).
Enfin, les trous d’évent, permettant le refroidissement de la pièce, ont été observés en
coupes micrographiques (Figure 4. 32). Aucun des trous d’évent observés ne présente
d’obstruction. Le dépôt pénètre sur environ 1 mm à l’intérieur du trou de façon analogue à un
dépôt EB-PVD. L’observation de l’intérieur de la cavité révèle néanmoins la présence de
résidus pulvérulents résultant probablement de particules solidifiées qui se sont déposées
sur les parois. Il est probable que ce type de résidus ne soit pas adhérent et puisse être
détaché de la paroi sous une pression d’air comprimé.
153
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Poudre YSZ
Figure 4. 32 : Observation d’un trou d’évent sur un DHP revêtu d’une couche de YSZ par SPS
2
3
1
Figure 4. 33 : Photographie d’une MHP revêtu d’un dépôt SPS colonnaire en YSZ
154
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
1 2 3
Figure 4. 34 : Coupes micrographiques d’une MHP revêtu YSZ par SPS dans les zones 1 à 3
identifiées en Figure 4. 33
Vers intrados
Orientation de la torche
Vers plateforme
Détecteur : QSBD
Mag = 250 x 250 µm EHT = 20 kV 500 µm
Figure 4. 35 : Observation du rayon de raccordement sur MHP CFM56 après un dépôt YSZ SPS
Comme dans le cas du dépôt YSZ SPS sur DHP, les trous d’évent ont été observés sur
MHP sans mettre en évidence d’obstruction (Figure 4. 36). Le dépôt pénètre, une fois
encore, sur environ 1 mm à l’intérieur du trou. L’observation de l’intérieur de la cavité révèle
toujours la présence de résidus pulvérulents résultant de particules solidifiées qui se sont
déposées sur les parois.
155
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Poudre YSZ
Figure 4. 36 : Observation d’un trou d’évent sur une aube MHP revêtue d’une couche
de YSZ par SPS
156
Chapitre 4. Barrières thermiques SPS : relation microstructure-propriétés
Conclusion
En utilisant des conditions de projection adaptées à la formation de couches SPS
colonnaires ou colonnaires compactes optimisées, il est possible d’augmenter les
performances des systèmes barrières thermiques.
Ces mêmes conditions de projection optimisées permettent aux dépôts YSZ par SPS
d’atteindre, voire de dépasser, la résistance au cyclage thermique observée dans cette étude
pour YSZ par EB-PVD, à savoir 1000 cycles. Si la capacité à accommoder les contraintes
thermomécaniques est exacerbée pour les dépôts colonnaires présentant des espaces inter-
colonnaires, les deux structures (colonnaire et colonnaire compacte) présentent des durées
de vie pouvant dépasser les 1000 cycles. L’importance de la préparation de surface ainsi
que de la sous-couche de liaison sont soulignées. Les meilleurs résultats sont obtenus sur la
sous-couche de liaison Pt--Ni/’-Ni3Al :
configuration expérimentale employée dans cette étude n’a pas permis d’obtenir la valeur de
la diffusivité thermique axiale d’un dépôt SPS, elle a néanmoins montré que le système était
apte à diffuser très rapidement la chaleur provenant de points chauds localisés. Les résultats
de cette étude ouvrent également des perspectives encourageantes pour l’estimation de la
diffusivité thermique axiale d’un revêtement SPS réalisé sur un substrat métallique à partir
d’un film thermographique enregistré en face avant (c’est-à-dire du même côté que le flash).
158
Chapitre 5. Architectures barrières
thermiques - anti-CMAS
10 µm
40 µm
30 µm
Réaction entre un contaminant de type CMAS et des dépôts Gd 2Zr2O7 obtenus par SPS
159
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
160
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Introduction
Le Chapitre 4 a montré la capacité du procédé SPS à améliorer les fonctions principales
des barrières thermiques YSZ, i.e. la conductivité thermique et la durée de vie, par rapport
au standard EB-PVD. L’objectif du présent chapitre est d’évaluer la possibilité de réaliser une
fonctionnalisation anti-CMAS en mettant en forme une couche homogène de Gd 2Zr2O7 (GZ)
par SPS au-dessus d’une couche YSZ colonnaire SPS. On rappelle que la revue
bibliographique avait démontré l’intérêt de ce matériau pour une application anti-CMAS, mais
que son incompatibilité chimique avec la TGO, et ses faibles propriétés mécaniques,
imposaient de réaliser un système bicouche incluant une couche sous-jacente en YSZ.
Ensuite, la réactivité des dépôts SPS sera évaluée via la réalisation de tests d’infiltration
de type CMAS, en employant la composition CAS identifiée dans le Chapitre 1 et le
protocole décrit en Chapitre 2. L’effet de la microstructure, lié à la taille des particules
injectées, sera discuté. L’importance de la cinétique de réaction sera également démontrée
en réalisant des infiltrations à différentes températures.
En dernier lieu, les infiltrations seront réalisées sur le système complet, incluant le
substrat métallique. On mettra alors en évidence un comportement différent, où l’effet des
contraintes thermomécaniques est prépondérant sur la résistance mécanique du système.
161
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
- Une suspension submicronique dans l’eau (GZ/0,5 Eau) : elle est également définie à
partir du critère de sélection des microstructures afin de réaliser des dépôts
homogènes. L’utilisation d’un solvant aqueux devrait permettre de faciliter la
formation de telles microstructures [173] ;
surface. Pour une épaisseur de l’ordre de 100 µm de YSZ, un dépôt SPS colonnaire
compact présentera des rugosités comprises entre 2 et 4 µm tandis qu’une structure
colonnaire bien définie présentera une rugosité de l’ordre de 4 à 6 µm. En premier lieu, il
apparaît clairement que l’augmentation de la taille des particules (d50) nous éloigne de la
zone de croissance colonnaire (St* élevé). Le transfert thermique devient également plus
difficile (h* faible) du fait de la nécessité de fondre de plus grosses particules
(équation (3. 4)). En définitive, il semblerait que seuls les dépôts réalisés avec la suspension
submicronique puissent générer des colonnes.
Tableau 5. 1 : Condition plasma et calcul des St* et h* pour les différentes suspensions
GZ/0,5EtOH GZ/0,5Eau GZ/1EtOH GZ/3EtOH
Conditions Ar He H2
Torche h* h* h* h*
plasma (%) (%) (%) St* St* St* St*
x107 x107 x107 x107
(W.m-2.K-1) (W.m-2.K-1) (W.m-2.K-1) (W.m-2.K-1)
2,0
d 50 0,5 µm d 50 1 µm d 50 3 µm
1,8
1,6 (14)
Torche F4 et Ra = 1,5 µm
h* (x 107 W.m-2.K-1)
1,4 (9)
GZ/0,5Eau
GZ/0,5EtOH
1,2 ZC? GZ/1EtOH
(1)
1,0 Torche Triplex et Ra = 1,5 µm
(1) GZ/1EtOH
0,8 GZ/3EtOH
St*
163
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
(a) (b)
Mag = 500 x Espaces
100 µm inter-colonnaires
Détecteur : QSBD
EHT = 20 kV
Colonnes compactes
YSZ (SPS)
YSZ (SPS)
Détecteur : QSBD Détecteur : QSBD
Mag = 200 x 200 µm EHT = 20 kV
Mag = 500 x 100 µm EHT = 20 kV
Figure 5. 2 : Microstrutures obtenues pour la suspension GZ/0,5 EtOH avec la condition (1) (a) et
avec la condition (5) sur acier inox (b) ou sur YSZ colonnaire par SPS (c). L’architecture (d) est
obtenue avec la condition (5) en employant un taux de charge de la suspension multiplié par 2
rapide a permis un recouvrement des colonnes, est alors obtenu. Néanmoins, dans le cas
présent, l’augmentation de la vitesse de croissance induit la formation d’inter-passes
prononcées qui peuvent être néfastes pour les propriétés de la couche, notamment en
termes de durée de vie.
St*
2,0 2,0
1,8 1,8 Effet du
ZNC? ZNC
1,6 ZC? (14) 1,6 ZC solvant
h* (x 107 W.m-2.K-1)
1,4 GZ/0,5Eau 1,4 Colonnes
(9) (9) Colonnes compactes
1,2 GZ/0,5EtOH 1,2
GZ/0,5EtOH et Ra=1,5 µm
1,0 (1) (1) 1,0 (1)
Colonnes
(1) Colonnes compactes
0,8 ZNC? 0,8
0,6 0,6
0,4 (5) 0,4 (5)
0,2
(5)
0,2
ZNC (5)
0,0 0,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 0,0
20 0,1
22 0,2
24 0,3
26 0,4
28 0,5
30 0,6
32 0,7
34 0,8
36 0,9
38 1,0
40
St* St*
Afin d’améliorer la microstructure des revêtements GZ, une suspension aqueuse a été
évaluée (GZ/0,5Eau). Les conditions plasma utilisées pour réaliser les dépôts SPS sont
placées sur le diagramme ZC-ZNC de la Figure 5. 3. Deux conditions supplémentaires ont
été testées par rapport à la suspension GZ/0,5 EtOH, en partie haute de la ZC. L’utilisation d’un
solvant aqueux est connue comme étant moins favorable qu’un solvant alcoolique pour la
formation de dépôts colonnaires par SPS [173]. Il est probable que la ZC évolue encore une
fois en considérant ce paramètre supplémentaire permettant d’atteindre une microstructure
homogène. Les différentes microstructures obtenues sont présentées en Figure 5. 4.
(a)
(a) (b)
(c) (d)
Figure 5. 4 : Microstructures obtenues avec les conditions plasma (1), (5), (9) et (14) sur inox
165
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
La microstructure obtenue avec la suspension aqueuse GZ/0,5 Eau et la condition (5) est
singulière. En effet, aucune propagation de « défauts » colonnaires n’est observée. Au
contraire, le revêtement apparaît homogène et reproduit parfaitement le profil de rugosité de
la surface du substrat. La rugosité, dans ce cas, est comparable à celle de l’acier inoxydable
avant projection avec un Ra mesuré entre 1,5 et 2 µm. Cette condition plasma, peu
énergétique (Hg = 8,4 106 J.Kg-1) et présentant un coefficient h* relativement faible, résulte
en une vitesse de croissance extrêmement faible (de l’ordre de 0,5 µm/passe). Le dépôt est
composé d’un nombre important de particules mal fondues ou mal étalées comme illustré sur
l’observation MEB en surface du dépôt (Figure 5. 5 (a)). Ce type de microstructure est
intéressant pour la réduction de la conductivité thermique par la porosité fine comme cela est
le cas avec les suspensions submicroniques YSZ évaluées dans le Chapitre 4. En revanche,
la capacité à bloquer l’infiltration au travers de cette porosité et de cet enchevêtrement de
particules mal étalées risque de limiter le caractère anti-CMAS.
Infondus
YSZ (SPS)
0,8
0,7
Torche F4
Torche Triplex
0,5 (17)
0,4 (1)
(16)
(15)
0,3
(5)
0,2
0,1 ZNC
0,0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0
St*
Les architectures obtenues avec la torche F4-VB et les conditions de projection (1) et (5)
sont données en Figure 5. 7 et Figure 5. 8, respectivement. Dans les deux cas, une
microstructure présentant une morphologie relativement homogène est obtenue sur un
substrat en acier inoxydable d’une rugosité de l’ordre de 1,5 µm. Dans le cas de la condition
(1), la microstructure semble plus poreuse et présente quelques artéfacts colonnaires. Ces
artéfacts peuvent résulter du nombre de St* relevé pour le plasma (1), plus faible que celui
du plasma (5) permettant alors aux plus petites particules (pour rappel, le d10 est donné à
0,29 µm) d’être déviées à l’approche du substrat. Ceci perturbe alors la croissance de la
couche. Le St* plus faible résulte également en une vitesse de plasma plus faible. La vitesse
167
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
à l’impact des particules traitées par le plasma (1) serait ainsi plus limitée que dans le cas du
plasma (5). Il est alors probable que les particules soient moins étalées et compactées,
résultant en un dépôt moins dense comme en attestent les micrographies sur substrat en
acier inoxydable en Figure 5. 7 (a) et Figure 5. 8 (a).
Figure 5. 7 : Microstructures obtenues avec la suspension GZ/1 EtOH et la condition plasma (1)
sur acier inox (a), YSZ colonnaire par SPS (b) et YSZ colonnaire compact par SPS (c)
Figure 5. 8 : Microstructures obtenues avec la suspension GZ/1 EtOH et la condition plasma (5)
sur acier inox (a), YSZ colonnaire par SPS (b) et YSZ colonnaire compact par SPS (c)
Il est intéressant de noter que si l’emploi du plasma (5) résulte en des dépôts GZ
homogènes en surface de revêtements YSZ colonnaires ou colonnaires compacts obtenus
par SPS (Figure 5. 8 (b) et (c)), ceci n’est pas vrai pour les dépôts GZ réalisés avec la
condition (1) (Figure 5. 7 (b) et (c)). La plus faible déviation des particules les plus petites,
ainsi que la plus forte vitesse à l’impact permet, dans le cas (5), la fermeture des espaces
inter-colonnaires de la couche de YSZ obtenue par SPS.
Si la microstructure est tout à fait compatible avec le rôle de barrière anti-CMAS, que
cela soit sur des revêtements YSZ colonnaires ou colonnaires compacts obtenus par SPS, le
traitement thermocinétique par la torche F4-VB peut être optimisé. En effet, la fusion de plus
grosses particules de GZ au sein du plasma généré par la torche F4-VB semble limitée. Le
rendement de projection obtenu pour la condition (5) est faible et résulte en des particules
présentant un état de fusion limité (Figure 5. 9). Ainsi, la vitesse de croissance de la couche
estimée à 0,55 µm/passe, est à peine supérieure à celle obtenue avec le même plasma pour
la suspension GZ/0,5Eau. D’une manière générale, le rendement est pourtant amélioré
lorsque l’on considère un solvant alcoolique plutôt qu’aqueux [131]. La fluctuation du pied
168
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
d’arc dans le cas de la torche F4-VB peut être mise en cause. Celle-ci induit des différences
de traitement thermocinétique. Afin de maximiser les transferts de chaleur et de s’affranchir
de la fluctuation du pied d’arc, la torche à arc cascade TriplexPro a été utilisée.
Détecteur : SE1
Mag = 10 kx 6 µm EHT = 20 kV
L’étude de la microstructure des revêtements a en premier lieu été réalisée sur des
substrats en acier inoxydable présentant une rugosité de l’ordre de 1,5 µm. Trois conditions
ont été testées et sont présentées en Figure 5. 10. Dans les trois cas, la morphologie des
« splats » en surface est similaire. Comparativement aux dépôts réalisés avec la torche F4-
VB, les petites particules sphériques, infondues ou partiellement fondues, apparaissent en
quantité plus faible dans le cas des dépôts obtenus avec la torche Triplex. La taille des
splats observés apparaît plus grande et semble prometteuse pour éviter une infiltration du
CMAS au cœur du revêtement. Aucune différence significative de morphologie de surface
n’a été relevée entre les dépôts F4-VB et Triplex. Le rendement est néanmoins grandement
amélioré, de 0,55 µm/passe (F4-VB) à 1,5 µm/passe (TriplexPro). La torche à arc cascade
permet donc un traitement thermocinétique optimisé et permet d’accroitre la quantité de
particules traitées.
St* h* ↗
↗
169
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Dans tous les cas, une forte vitesse (St* élevé) est favorable à l’obtention d’une couche
homogène de morphologie similaire à celle du dépôt utilisant la condition (5). La compaction
du dépôt y est grandement améliorée du fait d’une vitesse à l’impact probablement plus
grande et induisant un meilleur étalement des « splats » les uns sur les autres. Ceci est
illustré par les coupes micrographiques réalisées à plus fort grandissement en Figure 5. 11.
(15) (16)
Peut-être mettre
du 10 kX St* ↗
Des dépôts réalisés avec la condition (16) et la suspension GZ/1EtOH ont été réalisés sur
des dépôts YSZ colonnaires et colonnaires compacts SPS. Comme dans le cas du dépôt
employant la torche F4-VB et la condition plasmagène (5), un gradient de microstructure
colonnaire – homogène est observé. Les différentes architectures sont présentées en
Figure 5. 12. Il est important de noter, quelle que soit la torche employée, qu’il est nécessaire
de réaliser une couche de GZ présentant une épaisseur de l’ordre de 50 µm pour recouvrir
efficacement les colonnes de la structure colonnaire bien définie.
170
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
GZ (SPS) GZ (SPS)
(a) (b)
(17)
(15) (16)
(15)
(17) (16)
(16) ↗
) ↗
St* ↗
↗
Mag = 1000 x 50 µm
Détecteur : QSBD
EHT = 20 kV
Mag = 1000 x 50 µm
Détecteur : QSBD
EHT = 20 kV
↗
↗
(15)
(17) (16)
Figure 5. 13 : Microstructures obtenues avec la suspension GZ/3 EtOH et les conditions plasma
(16) et (17) sur acier inox
171
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Dans les deux cas, des microstructures homogènes sont obtenues sur un substrat en
acier inoxydable présentant une rugosité de l’ordre de 1,5 µm. Le degré de fusion des
particules observées en surface est comparable tout comme les vitesses de croissance aux
alentours de 1,4 µm/passe. La taille des splats observée est bien supérieure à celles des
suspensions submicroniques ou microniques présentant un d 50 proche de 1 µm. Cet état de
surface semble adapté à l’étalement et à la réaction du verre de CMAS liquide en surface
sans pénétration trop importante dans la porosité générée par le recouvrement imparfait des
splats. Comme dans le cas précédent, la condition (16) conduit à une microstructure plus
« compactée » au niveau des splats du fait de la vitesse du plasma plus élevée induisant
une grande vitesse d’impact et d’étalement des particules.
Ce type de microstructure peut, de plus, être transposé sur un revêtement YSZ obtenu
par SPS et présentant une structure colonnaire ou colonnaire compacte (Figure 5. 14).
L’avantage par rapport à la suspension présentant des tailles de particules proches de 1 µm,
est la possibilité de générer un revêtement homogène mais de faible épaisseur. En effet, on
observe en Figure 5. 14 qu’une épaisseur de GZ de seulement 30 µm est suffisante pour
« combler » les espaces inter-colonnaires bien définis de la structure YSZ colonnaire SPS.
La rugosité importante du dépôt SPS colonnaire n’est en revanche pas atténuée
contrairement au dépôt YSZ colonnaire compact par SPS. En effet, dans ce cas, la rugosité
est diminuée de 25 % entre le dépôt colonnaire compact YSZ (Ra = 3,4 µm) et le dépôt GZ
homogène en surface (Ra = 2,5 µm). Cette réduction pourrait être intéressante pour la
résistance du système architecturé à l’érosion.
(a) GZ (SPS)
(b) GZ (SPS)
En premier lieu, les dépôts présentent une porosité affinée, tortueuse. Cet aspect
« tortueux » s’illustre par la présence de « petits splats » plus ou moins bien empilés qui
peuvent être limitants pour bloquer l’infiltration par contaminant liquide. Le revêtement se
comporte alors comme une « éponge ». Cet effet de la microstructure sur la capacité
bloquante sera notamment détaillé par la suite. Ensuite, une diminution trop importante de la
taille des particules génère des architectures totalement colonnaires. La fonction anti-CMAS
risque alors d’être limitée.
1,0 °
0,6 Gd2Zr2OFLUORITE
° PHASE 7 (cubique)
°
0,4 °
°
0,2
° °
° °
0,0
25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85
2 (°)
De telles observations ont déjà été faites dans la littérature pour des dépôts pyrochlores
réalisés par projection thermique [119,221]. Dans ce cas, la solidification rapide des
particules lors de leur étalement sur le substrat (trempe) ne permet pas au dépôt d’atteindre
la phase pyrochlore. Si l’origine de ce changement de phase lors de dépôts par projection
173
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
thermique est connue, l’effet de la réactivité de la phase (pyrochlore ou fluorite) n’est pas
réellement abordé dans la littérature. Le mécanisme de réaction entre le CMAS et le
matériau semble principalement lié à la composition de ce-dernier, permettant ou non la
formation de phases apatite à partir des éléments terres rares composant la céramique. Les
couches, présentant la phase fluorite désordonnée, ont donc été testées après dépôt SPS.
CAS
Réaction GZ + CAS
60 µm Pas d’infiltration
GZ (3 µm)
Figure 5. 16 : Micrographie MEB obtenue après infiltration CAS de 1h à 1300 °C sur un dépôt
réalisé avec la condition (16) et la suspension GZ/3EtOH (à gauche) et cartographie EDS du
silicium (à droite)
Après le test, une goutte de CAS vitrifié s’est formée en surface de l’échantillon. Sur la
micrographie, une zone réactive d’environ 5 µm est présente à la surface du dépôt GZ en
contact avec le CAS. Cette zone, observée à plus fort grandissement en Figure 5. 17,
présente notamment des globules qui sont décrits dans la littérature comme étant des
phases de zircone recristallisées.
174
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Globules
Zone
réactive
5 µm
Spectre 2
Spectre 1
2
Nouveaux pics (Ca, Si, Al)
Figure 5. 18 : Pointés EDS réalisés dans le revêtement GZ ainsi que dans la zone réactive après
infiltration CAS à 1300 °C. Les spectres EDS correspondent aux deux pointés réalisés.
Une analyse par diffraction des rayons X a également été réalisée. La mesure a été
réalisée sur l’échantillon infiltré au travers du CAS vitrifié (Figure 5. 19 (a)). Afin d’indexer
plus facilement les phases en présence, la ligne de base a été modifiée afin de supprimer la
« bosse » amorphe, représentant la réponse du CAS en surface de l’échantillon
(Figure 5. 19(b)). Une phase apatite Ca2Gd8(SiO4)6O2 ainsi qu’une phase zircone
quadratique sont observées. Cette dernière pourrait être caractéristique des zones
globulaires observées précédemment en Figure 5. 17 qui sont similaires aux observations de
la littérature [86].
175
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Intensité normalisée
Intensité normalisée
0,7 0,7
CaAl2(SiO4)2 (triclinique)
0,6 0,6
0,5 0,5
« Bosse » amorphe du CAS
0,4 0,4
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0,0 0,0
20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65
2 (°) 2 (°)
Figure 5. 19 : Diffractogramme brut d’analyse (a) et dont la ligne de base a été modifiée (b)
dans la zone réactive d’un échantillon GZ/3 EtOH infiltré par du CAS à 1300 °C pendant 1 h
CaAl2(SiO4)2
15µm
Figure 5. 20 : Visualisation de phases anorthite CaAl2(SiO4)2 au sein du CAS après infiltration à
1300 °C pendant 1 h avec un échantillon GZ/3EtOH
Si la nature exacte des phases formées ne pourra être confirmée avec certitude qu’avec
des analyses plus poussées par microscopie électronique en transmission, l’effet anti-CMAS,
attribué à la phase apatite dans la littérature, est quant à lui démontré. Lorsque l’on observe
le cliché EDS présenté en Figure 5. 16, on n’observe pas la présence de silicium provenant
du CAS au-delà de la zone réactive. La porosité débouchant en surface dans le cas de
dépôts SPS, plus importante que celle rencontrée par APS, ne semble pas freiner l’effet anti-
CMAS et permet d’obtenir une protection au moins équivalente à un revêtement GZ
par APS [88].
176
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
CAS
10 µm
Réaction GZ + CAS
50 µm
GZ (3 µm)
Pas d’infiltration
EDS : Silicium
Figure 5. 21 : Zone fissurée obtenue après infiltration CAS de 1h à 1300 °C sur un dépôt réalisé
avec la condition (16) et la suspension GZ/3EtOH (Micrographie MEB à gauche) et cartographie
EDS du silicium (à droite)
Il est important de noter que la réactivité est suffisamment importante pour créer des
produits de réaction entre GZ et le CAS permettant l’obstruction de la fissure et donc l’arrêt
de l’infiltration, comme cela a été démontré pour GZ réalisé par EB-PVD [86]. Cette
observation est importante d’un point de vue opérationnel. En effet, en fonctionnement, la
couche GZ initialement homogène et peu oupas fissurée risque de subir des contraintes
thermomécaniques induisant sa fissuration. De ce fait, la possibilité d’obstruer rapidement
les fissures à la suite d’infiltration CMAS permettra à la fois d’assurer une protection
chimique sans pour autant empêcher la relaxation des contraintes thermomécaniques.
10 µm
40 µm
30 µm
178
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
(a) (b)
30 µm 45 µm
Figure 5. 23 : Différence d’infiltration CAS au sein de revêtements GZ/1 EtOH mis en forme par
SPS avec la condition (16) après 1 h à 1300 °C (a) et 1 h à 1200 °C (b)
Après la même durée, le dépôt infiltré à 1200 °C présente une pénétration du CAS plus
prononcée que celui traité à 1300 °C. La réaction de blocage est probablement
cinétiquement plus favorable dans le cas d’un recuit à 1300 °C. Cet aspect cinétique est
extrêmement marqué lorsque l’on compare les zones de réaction en surface du revêtement
GZ. À 1300 °C la zone de réaction présente une épaisseur de l’ordre de 5 – 10 µm ,là où à
1200 °C la zone réactive est limitée à 2 – 4 µm. De plus, la présence de phases globulaires
semble accentuée à 1300 °C.
179
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Ce dernier point est extrêmement important, car il démontre que la cinétique de réaction
est probablement aussi importante que la nature du matériau anti-CMAS. En effet, il pourrait
être intéressant de déterminer quelle composition anti-CMAS (connue ou à venir) possède la
plus grande réactivité pour les températures visées au sein de turboréacteurs futurs. Ceci
permettrait en outre d’optimiser le caractère anti-CMAS des revêtements.
180
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
CAS1 CAS1
CAS2
Détecteur : QSBD
Mag = 500 x 50 µm EHT = 15 kV
CAS3 CAS3
Si aucune zone de réaction n’est observée au-dessus de la zone délaminée, les écailles
ou les fissurations ont néanmoins révélé une réactivité lors du test. La Figure 5. 25 laisse
apparaître la formation de nouvelles phases (apatite, zircone) qui ont probablement
empêché l’infiltration au sein de GZ. On peut cependant observer des zones de fissuration
importante au sein de GZ comme de YSZ qui peuvent résulter à la fois de la relaxation de
contraintes thermomécaniques et de la rigidification des couches céramiques en
température. Ceci est notamment observé pour des dépôts YSZ par EB-PVD lors d’essais
d’infiltrations CMAS [78]. Il est probable, après observation micrographique, que ces zones
de fissuration aient été des zones d’infiltration privilégiée.
181
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
(a) (b)
CAS
GZ
Apatites
Apatites
Détecteur : QSBD Détecteur : QSBD
Mag = 5000 x 10 µm EHT = 20 kV
Mag = 5000 x 10 µm EHT = 20 kV
Figure 5. 25 : Réactivité observée entre le CAS et le revêtement GZ SPS en surface (a) ou dans
les zones fissurées (b) après infiltration CAS3
Tableau 5. 3 : Propriétés relevées dans la littérature pour les phases en présence suite à une
réaction entre un polluant de type CMAS et un zirconate
Phase CTE (x106 K-1) (kg.m-3) Référence
Il est intéressant de rappeler que seul un dépôt ne montre pas d’écaillage de la couche
de GZ. Celui-ci présente une microstructure totalement colonnaire (Figure 5. 24). Des
réactions entre le CAS et le GZ sont présentes et mènent notamment à la formation de
phases apatite génératrices de contraintes. Dans ce cas, la structure colonnaire permet
d’accommoder les contraintes thermomécaniques supplémentaires comme cela serait le cas
dans un test de cyclage thermique classique sans infiltration chimique.
182
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
CAS1 CAS1
40µm 40µm
CAS2 CAS2
30µm 30µm
30µm 30µm
183
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
La réalisation d’une couche homogène au-dessus de YSZ ne semble pas pour autant
offrir une protection à toute épreuve vis-à-vis de l’infiltration. De plus, la sous-couche YSZ
semble jouer un rôle primordial dans le degré de pénétration. Dans le cas du bicouche YSZ
colonnaire / GZ homogène, bien que la couche GZ ne résiste pas au refroidissement et
s’écaille en fin de test, aucune infiltration n’est à déplorer au sein de YSZ. En revanche, dans
le cas d’un système YSZ colonnaire compact / GZ homogène, une infiltration partielle de
YSZ est observée. Ces infiltrations partielles sont généralement localisées dans des zones
présentant de larges fissures au sein de GZ, qui deviennent des zones d’infiltration
privilégiées.
Encore une fois, la relaxation des contraintes thermomécaniques joue un rôle important.
Comme déterminé dans le chapitre précédent, les structures colonnaires SPS présentent
une plus grande capacité à relaxer ce type de contraintes que les dépôts colonnaires
compacts. Ici, l’architecture comprenant la structure YSZ colonnaire va fritter et subir des
contraintes thermomécaniques tout comme son homologue comprenant une structure
colonnaire compacte en YSZ. La différence majeure réside dans l’importance et la
« largeur » des fissurations résultant de ces phénomènes. Dans le cas de YSZ colonnaire, la
plus grande capacité d’accommodation limite la taille des fissures qui vont se propager au
sein de GZ. Dans ce cas, le mécanisme de blocage au sein des fissures, observé dans la
partie précédente, est efficace et protège la couche YSZ sous-jacente.
Il est important de noter que l’épaisseur du dépôt GZ joue également un rôle dans le
caractère protecteur. On rappelle que la suspension GZ/3 EtOH offre la possibilité de réaliser
un dépôt GZ homogène de faible épaisseur au-dessus de colonnes YSZ. La Figure 5. 27,
montre dans ce cas une infiltration au sein d’un système GZ homogène (GZ/3 EtOH) / YSZ
colonnaire. Il apparaît ici que la trop faible épaisseur de GZ est problématique en termes de
tenue à l’infiltration. En effet, il est probable que celle-ci facilite la fissuration verticale au sein
de GZ résultant en des fissures éventuellement plus larges ou qui ne seront pas bloquées
assez rapidement. Dans ce cas, le CAS infiltre et peut se rependre facilement dans les
espaces inter-colonnaires du revêtement YSZ SPS. Il serait intéressant à l’avenir d’évaluer
un revêtement plus épais déposé avec cette suspension.
184
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
CAS
Détecteur : QSBD
Mag = 1000 x 50 µm EHT = 20 kV
Figure 5. 28 : Observation en surface d’un dépôt GZ après une infiltration CAS. Condition
d’infiltration CAS3 à 1200 °C (a) et CAS4 à 1250 °C (b)
185
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
GZ (3µm)
Fissure Fissure
YSZ (colonnes)
Diffusion
EDS : Calcium
Figure 5. 29 : Réaction entre le CAS et le revêtement GZ obervée après l’infiltration CAS4.
À gauche, observations micrographiques MEB et à droite, clichés EDS du Calcium
Un mécanisme, permettant d’expliquer les résultats obtenus pour une barrière thermique
anti-CMAS comprenant un système bicouche YSZ colonnaire / GZ homogène réalisé par
SPS, est donné en Figure 5. 30. Il comprend les étapes suivantes :
(3) Les fissures présentant une ouverture importante (3 – 5 µm) sont complètement
infiltrées par le CAS qui pénètre la couche YSZ sous-jacente. Les réactions
bloquantes ont lieu et sont observées, mais ne sont pas suffisamment efficaces
pour obstruer les fissures générées in situ ;
186
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
(4) Réaction entre le CAS et le revêtement GZ pour former des nouvelles phases
(apatite et zircone par exemple) ;
(5) À 1200 °C, la cinétique de réaction ne permet pas de limiter l’infiltration des plus
petites fissures. La croissance de nouvelles phases apatite et zircone continue
néanmoins. Ces dernières, présentant un volume différent, vont générer des
contraintes supplémentaires qui vont s’ajouter aux contraintes thermomécaniques
subies par le système lors du refroidissement [86] ;
(7) Dans le cas d’une infiltration à 1250 °C, la cinétique de réaction permet de
diminuer le degré d’infiltration du CAS au sein du revêtement GZ et limite ainsi la
formation de zones réactives au cœur du revêtement. Les contraintes, générées
par la formation de nouvelles phases n’induisent plus d’écaillage de la couche.
YSZ
YSZ SPS
EB-PVD YSZ
YSZ SPS
EB-PVD YSZEB-PVD
YSZ SPS
T
25 °C ↗
1200 °C
T
↗ °C
T = 1200
T↘ T↘
° ° ° °
(7)
T↘
Réaction ° °
Infiltration
bloquante
Figure 5. 30 : Mécanisme d’infiltration CAS d’un revêtement bicouche GZ/YSZ réalisé par SPS
187
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Conclusion
La réalisation d’un revêtement SPS, présentant une microstructure homogène, peut être
obtenue à la surface de dépôts YSZ colonnaires ou colonnaires compacts réalisés par SPS.
La versatilité du procédé SPS en termes de taille de particules injectées au sein du jet
autorise une grande variété d’architectures accessibles : colonnaire/colonnaire,
colonnaire/colonnaire compact, ou colonnaire/homogène. En effet, en augmentant la taille
des particules, on s’affranchit des problèmes de déviation au sein du plasma qui sont à
l’origine des microstructures colonnaires obtenues. Ainsi, toujours en employant le procédé
SPS, on peut se rapprocher des revêtements obtenus par APS et ainsi réaliser des
gradients de microstructures colonnaire/homogène et ce quelle que soit la rugosité de la
sous-couche en YSZ. Cette architecture présente un intérêt pour une application anti-CMAS.
Le matériau GZ mis en forme par SPS réagit avec le contaminant testé, et permet la
formation d’une phase bloquante apatite (Ca 2Gd8(SiO4)6O2) identifiée par DRX. Celle-ci
permet de prévenir de l’infiltration en profondeur dans le matériau. La cinétique
d’infiltration a été identifiée comme prépondérante sur l’action anti-CMAS. En premier
lieu, la taille des particules injectées au sein du jet plasma va générer une tortuosité de la
porosité différente. Il apparait que l’utilisation de plus grosses particules en suspension
permet de limiter l’infiltration du matériau en diminuant les chemins de conduction pour le
CAS liquide. En second lieu, la température d’infiltration a été évaluée. À plus haute
température, le contaminant réagit de façon plus importante avec Gd 2Zr2O7 induisant la
formation de phases bloquantes en plus grande quantité et permettant une protection anti-
CMAS plus efficace.
L’adjonction d’un substrat métallique au système change néanmoins les propriétés anti-
CMAS de notre revêtement GZ obtenu par SPS. Les différences de coefficient de dilatation
thermique et de comportement en température des différents éléments du système induisent
en premier lieu une fissuration du revêtement Gd 2Zr2O7. Ces fissures peuvent être
relativement larges (3 – 5 µm), et permettent une infiltration chimique du CAS en profondeur,
qui peut dans de nombreux cas atteindre la couche inférieure YSZ. Les réactions entre le
CAS et la couche GZ ont lieu et génèrent de nouvelles phases présentant des volumes
différents. Tout ceci propage des contraintes supplémentaires lors du refroidissement qui
conduisent à un écaillage de Gd2Zr2O7 après une infiltration à 1200 °C. Cet écaillage peut
néanmoins être évité en réalisant l’infiltration à 1250 °C. Il est supposé que la plus grande
réactivité permet de limiter l’infiltration en profondeur du CAS dans le revêtement GZ. Les
contraintes liées au changement de volume deviennent moins néfastes. La couche sous-
jacente en YSZ est néanmoins infiltrée par le biais des plus larges fissures apparues dans le
revêtement GZ durant le test.
188
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
Dans tous les cas, ces résultats nous permettent de nous interroger sur la pertinence du
test d’infiltration réalisé. En effet, le régime d’infiltration isotherme imposé au sein du
système rend le test plus sévère, avec un contaminant présentant une phase liquide dans
toute l’épaisseur de la barrière. En condition opérationnelle, le système présente un gradient
de température dans l’épaisseur de la barrière thermique. La température chute au sein de
l’épaisseur et induit une solidification du CAS qui ne peut plus dégrader le système. La
réalisation de tests d’infiltration CMAS sur banc de combustion permettant de générer ce
genre de gradient, apparait comme indispensable pour comprendre et évaluer le caractère
anti-CMAS de nos revêtements.
En dernier lieu, il est important de noter qu’une seule composition de contaminant a été
testée. Il serait intéressant d’évaluer d’autres compositions identifiées par la littérature
permettant de faire varier, par exemple l’indice de basicité du CMAS. L’utilisation de CMAS
incluant des oxydes supplémentaires de fer, de titane ou de nickel, également observés sur
pièces, serait également d’intérêt.
189
Chapitre 5. Architectures barrières thermiques – anti-CMAS
190
Conclusion générale
Conclusion générale
L’étude s’est portée sur la possibilité offerte par le procédé d’améliorer les performances
des barrières thermiques, tout en conservant la zircone yttriée (YSZ). La revue
bibliographique a montré qu’aucune composition à l’étude, permettant notamment la
réduction de la conductivité thermique, ne permettait d’atteindre une résistance suffisante en
termes de durée de vie opérationnelle. En revanche, la littérature fait état de nombreux
avantages pour la mise en forme de YSZ par le procédé de projection plasma d’intrants
liquides (solutions ou suspensions). La porosité générée par les techniques de projection
thermique permet en particulier de diminuer la conductivité thermique. La variété, très large,
de microstructures accessibles par ce procédé de projection plasma d’intrants liquides
permet, de plus, de générer des revêtements plus résistants en termes de durée de vie
comparés à leurs homologues obtenus par projection plasma conventionnelle de poudre. La
formation de microstructures à caractère colonnaire par le biais du procédé semble toute
indiquée pour une application barrière thermique. La littérature fait également état de
développements de systèmes duplex YSZ et Gd2Zr2O7 (GZ), ce dernier devant apporter une
fonction anti-CMAS. La résistance aux agressions CMAS de tels systèmes reste cependant
à démontrer.
de vitesse. Les mélanges plasma peuvent alors être comparés au sein d’un diagramme de
zones h* = f(St*). L’étude conclut qu’un ratio adapté entre les deux vitesses est
nécessaire à la formation de colonnes bien définies formant une zone colonnaire au
sein du diagramme. En effet, dans le cas contraire, la couche aura une tendance à un
recouvrement prématuré des colonnes ou à un développement préférentiel dans l’épaisseur
du dépôt.
192
Conclusion générale
Diagramme ZC-ZNC
Espacement des
colonnes
CONTRÔLE
Compacité des
Largeur des colonnes
colonnes
Colonnes fines +
Colonnes SPS colonnaire
compactes SPS colonnaire
espaces inter colonnaire resserrés
compact
Couche de liaison
193
Conclusion générale
194
Conclusion générale
Des essais sur pièces non opérationnelles (aubes et distributeurs) ont également montré
la nécessité d’évaluer d’autres paramètres de projection pour s’assurer que les propriétés
déterminées précédemment seront transposables sur pièces. La distance ou l’angle de
projection peuvent notamment induire des variations de profils d’épaisseur ou de
morphologie qui restent à évaluer. En revanche, les évents d’aération ne sont pas
obstrués après projection SPS, et confirme l’applicabilité du procédé à la réalisation de
barrières thermiques.
compact
Colonnes/colonnes compactes
GZSPS
ne
YSZ SPSEB-PVD
par /
en
Super alliage Ni
Si les performances du matériau anti-CMAS seul, mis en forme par SPS, ne fait aucun
doute, son intégration dans un système complet est plus complexe. En effet, l’ajout
d’éléments métalliques (superalliage et couche de liaison) induit des contraintes
thermomécaniques au sein de la barrière thermique fonctionnalisée. Celles-ci génèrent des
fissures au sein du revêtement GZ obtenu par SPS qui permettent une infiltration importante
du CAS au sein du système. Lors du refroidissement, les contraintes thermomécaniques
s’ajoutent à celles induites par les variations de volumes générées lors de la formation des
nouvelles phases (apatite, zircone). Tout ceci induit la fissuration, voire l’écaillage, de GZ
lors de cette phase de refroidissement.
195
Conclusion générale
générée par l’utilisation de plus grosses particules injectées au sein du jet plasma, est
notamment apte à limiter l’infiltration diffuse du CAS au sein du revêtement. Ensuite, la
réalisation du test à plus haute température a montré une accélération de la réaction entre le
CAS et le GZ, avec des zones réactives plus développées. La réalisation d’une infiltration sur
un système complet à 1250 °C plutôt qu’à 1200 °C a notamment permis d’éviter l’écaillage
en surface de la couche de GZ. Lorsque le test est réalisé à plus haute température,
l’infiltration est moins sévère au cœur du revêtement GZ ainsi, les contraintes
supplémentaires induites par la formation de nouvelles phases sont alors moins néfastes.
Tout ceci ne permet cependant pas un blocage de l’infiltration CAS au travers des plus
larges fissures générées au sein de GZ, ce qui induit une contamination de la couche YSZ
sous-jacente.
Les résultats de cette thèse ouvrent la voie à de nombreuses perspectives de travail qu’il
serait intéressant d’explorer. En premier lieu, des essais sur banc de combustion, permettant
la réalisation d’un gradient thermique au sein de l’épaisseur du système devraient être
réalisés. Ceci permettrait de confirmer les résultats de durée de vie obtenus pour les
couches YSZ colonnaires réalisées par SPS. De plus, ce test, plus proche des conditions
opérationnelles, permettrait d’en apprendre un peu plus sur les mécanismes à l’œuvre lors
du cyclage de la barrière thermique.
Il serait également intéressant d’évaluer nos systèmes bicouche YSZ/GZ par des essais
sur banc de combustion avec injection de CMAS dans la flamme. Ceci permettrait de réaliser
une infiltration au sein d’un système présentant un gradient de température dans son
épaisseur proche des conditions réelles de fonctionnement. Il est probable que les
infiltrations soient moins sévères dans ce cas et se révèlent riches en informations. En
parallèle de ces essais, différentes compositions CMAS devront être testées. On rappelle
que ces dernières peuvent être extrêmement variées, et peuvent éventuellement être plus
agressives [197].
Enfin, la résistance des dépôts SPS vis-à-vis de l’érosion devra être évaluée. La rugosité
des dépôts YSZ colonnaires obtenus par SPS, plus forte que leurs homologues EB-PVD,
pourrait notamment être limitante vis-à-vis de l’érosion. La faible ténacité du matériau GZ,
employé quant à lui dans la réalisation des bicouches anti-CMAS, risque également d’être
néfaste pour la résistance à érosion. On sait néanmoins que le procédé SPS est apte à
réaliser des dépôts denses et fissurés, similaires à des dépôts APS présentant une certaine
résistance à l’érosion [34]. Les dépôts SPS fissurés, permettant également la relaxation des
contraintes thermomécaniques [210], pourraient être une solution alternative. Il serait
intéressant de développer de tels dépôts ainsi que de les intégrer à un système
multicouches multifonctionnel réalisé par SPS.
196
Conclusion générale
Les résultats de cette thèse montrent la potentialité offerte par le procédé de projection
plasma de suspensions pour améliorer les performances des turboréacteurs. Le nombre
important de publications chaque année sur le sujet, comme le développement de moyens
commerciaux de projection plasma de suspensions (Illustration C. 4), montrent la volonté
des différents acteurs de la recherche ou des équipementiers à vouloir gagner la confiance
des industriels de l’aéronautique. On notera plus particulièrement le développement de
nouvelles gammes de torches à plasma dont le but, plus ou moins avoué, est d’offrir la
capacité industrielle à projeter des suspensions. On retiendra en particulier la torche Sinplex
(Oerlikon-Metco) ou la torche Axial III (Mettech). En parallèle, des efforts pour
commercialiser des dispositifs de stockage et d’injection de suspensions ont été fait avec
des produits disponibles ou à l’étude. Tout ceci, combiné aux efforts des fournisseurs de
poudres pour fournir des suspensions prêtes à l’emploi (Treibacher Industry AG, Oerlikon-
Metco, HC Starck), permet d’assurer une reproductibilité plus grande des résultats.
(a) (c)
(b) (d)
(c) (d)
(e)
(a)
197
Annexe
198
Annexe
Annexe : Thermogrammes
199
Annexe
200
Annexe
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
201
Annexe
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
202
Annexe
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
203
Annexe
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,8 0,8 0,8
0,0 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Thermogramme reduit
Thermogramme reduit
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
204
Listes des publications et communications
205
Communications (sans actes) :
206
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Barrières thermiques par projection plasma de suspensions - Développement et
caractérisation de microstructures à faible conductivité thermique
Mots clés : barrière thermique, projection plasma de suspension, conductivité thermique, structure colonnaire, résistance au cyclage
L’augmentation des températures de fonctionnement des turboréacteurs est un axe de développement privilégié
dans l’industrie aéronautique. Une solution est l’amélioration des systèmes barrières thermiques. Ce travail de
thèse s’intéresse au procédé de projection plasma de suspensions (SPS) qui permet d’envisager une
amélioration significative des performances pour les prochaines générations de barrières thermiques, comparé au
procédé d’évaporation sous faisceau d’électrons (EB-PVD). Le procédé SPS a en effet démontré une capacité à
générer des microstructures colonnaires qui présentent un intérêt pour l’accommodation des contraintes thermo-
mécaniques.
Une étude microstructurale a conduit à l’identification des paramètres influant sur les variations de morphologies
des revêtements (taille de colonnes, distribution de taille, compacité). Deux nuances optimisées en zircone yttriée
(YSZ), nommées colonnaire et colonnaire compacte, ont été caractérisées de façon approfondie afin de
déterminer les bénéfices du procédé SPS. Ces nuances se caractérisent par une conductivité thermique
inférieure à 1 W.m-1.K-1, sur une plage de température allant de 25 à 1100 °C, soit des valeurs avantageuses par
rapport à celles des revêtements EB-PVD (1,3 – 1,5 W.m-1.K-1). La durée de vie des dépôts SPS, estimée par
cyclage thermique, est au moins équivalente à un dépôt YSZ réalisé par EB-PVD et cyclé en même temps. Le
résultat le plus élevé obtenu, supérieur à 2000 cycles, est particulièrement prometteur. La capacité de
fonctionnalisation du procédé SPS a par ailleurs permis la réalisation de systèmes multifonctionnels comprenant
un dépôt colonnaire YSZ et un dépôt homogène Gd2Zr2O7 en surface. Cette architecture bicouche a pour objectif
de pallier les infiltrations chimiques de type CMAS (CaO–MgO–Al2O3–SiO2) qui constituent un frein pour
l’augmentation de la température de fonctionnement. Le caractère anti-CMAS du matériau Gd2Zr2O7 mis en
forme par SPS a été évalué jusqu’à 1300 °C.
A microstructural study led to identify parameters which impacted the coating morphology (column size,
distribution, and compaction). Two optimized yttria-stabilized zirconia (YSZ) microstructures were carefully
characterized to highlight SPS process advantages. Low thermal conductivities
(< 1 W.m .K ) were obtained within a large temperature range (25 °C – 1100 °C), compared to EB-PVD YSZ
-1 -1
coatings (1,3 – 1,5 W.m-1.K-1). Thermal lifetime was estimated thanks to thermal cyclic fatigue tests. A similar
level of thermal lifetime was reached with SPS coatings compared to EB-PVD one. Some SPS columnar coatings
even showed more than 2000 cycles to failure. The ability of SPS to perform multifunctional systems, including a
YSZ columnar structure with a homogeneous Gd2Zr2O7 coating on the top, was investigated. This architecture
must provide a chemical protection to CMAS (CaO–MgO–Al2O3–SiO2) aggressions. These contaminants would
impede the increase of temperature in next generation of gas turbine engines. The anti-CMAS behavior was
assessed for SPS Gd2Zr2O7 coatings until 1300 °C.