Séisme
Séisme
« Séismes » redirige ici. Pour le roman de Jérôme Meizoz, voir Séismes (roman).
« Tremblement de terre » redirige ici. Pour les autres significations, voir Tremblement de terre (homonymie).
Carte de la répartition mondiale des séismes en 2010, montrant leur distribution essentiellement le long des frontières des
grandes plaques tectoniques (dorsales dans les océans, ceinture de feu du Pacifique et ceinture alpine sur les continents).
Un séisme ou tremblement de terre est une secousse du sol résultant de la libération brusque d'énergie accumulée par
les contraintes exercées sur les roches. Cette libération d'énergie se fait par rupture le long d'une faille, généralement
préexistante. Plus rares sont les séismes dus à l'activité volcanique ou d'origine artificielle (explosions par exemple). Le lieu
de la rupture des roches en profondeur se nomme le foyer ; la projection du foyer à la surface est l'épicentre du séisme. Le
mouvement des roches près du foyer engendre des vibrations élastiques qui se propagent, sous la forme de paquets
d'ondes sismiques, autour et au travers du globe terrestre. Il produit aussi un dégagement de chaleur par frottement, au point
de parfois fondre les roches le long de la faille (pseudotachylites).
Il se produit de très nombreux séismes tous les jours mais la plupart ne sont pas ressentis par les humains. Environ cent mille
séismes sont enregistrés chaque année sur la planète. Les plus puissants d'entre eux comptent parmi les catastrophes
naturelles les plus destructrices. Les séismes les plus importants modifient la période de rotation de la Terre et donc la durée
d’une journée (de l'ordre de la microseconde).
La majorité des séismes se produisent à la limite entre les plaques tectoniques (séismes interplaques) de la terre, mais il peut
aussi y avoir des séismes à l'intérieur des plaques (séismes intraplaques). La tectonique des plaques rend compte
convenablement de la répartition des ceintures de sismicité à la surface du globe : les grandes ceintures sismiques du globe,
caractérisées par la densité géographique des tremblements de terre, sont la ceinture de feu du Pacifique (elle libère 80 % de
l'énergie sismique chaque année), la ceinture alpine (15 % de l'énergie annuelle) et les dorsales dans les océans (5 % de
l'énergie annuelle).
La science qui étudie ces phénomènes est la sismologie (pratiquée par les sismologues) et l'instrument de mesure principal est
le sismographe (qui produit des sismogrammes). L'acquisition et l'enregistrement du signal s'obtiennent dans une station
sismique regroupant, outre les capteurs eux-mêmes, des enregistreurs, numériseurs et antennes GPS, pour le positionnement
géographique et le temps.
Conséquences d'un séisme à Mexico.
Histoire
Modèle du rebond élastique.
Si le séisme de 1755 à Lisbonne est à l'origine de la naissance de la sismologie, le débat qu'il suscite ne fait pas progresser la
connaissance de la genèse des séismes.
La simultanéité entre rupture de faille et tremblement de terre est observée et décrite au XIXe siècle par les scientifiques qui
lient la formation des principaux séismes à un brusque glissement le long d'une faille au sein de la croûte terrestre et/ou dans
la lithosphère sous-jacente. Mais les théories ne parviennent pas trancher quel phénomène est à l'origine de l'autre et ne
peuvent expliquer le mécanisme. En 1884, le géologue américain Grove Karl Gilbert propose le premier modèle de « cycle
sismique » linéaire et régulier, postulant que les séismes les plus importants ont l'intervalle de récurrence le plus fort. C'est en
1910, après le séisme de 1906 à San Francisco, qu'un géodésien californien, Harry Fielding Reid (en), émet la théorie du
rebond élastique (en). Selon cette théorie, les contraintes déforment élastiquement la croûte de part et d'autre de la faille,
provoquant le déplacement asismique des deux blocs séparés par cette zone de rupture potentielle (la faille est alors inactive
ou bloquée, et prend du retard par rapport à celles qui l'entourent, le séisme lui permettant de rattraper ce retard selon le
rythme de son fonctionnement conçu comme régulier). Ce glissement est bloqué durant les périodes inter-sismiques (entre les
séismes), l'énergie s'accumulant par la déformation élastique des roches. Lorsque leur résistance maximale est atteinte (phase
cosismique), l'énergie est brusquement libérée et la rupture se produit par le brusque relâchement de contraintes élastiques
préalablement accumulées par une lente déformation du sous-sol, ce qui provoque un jeu de la faille. Après un épisode
sismique (phase post-sismique caractérisée par des répliques et des réajustements visco-élastiques), les roches broyées de la
faille se ressoudent au cours du temps et la faille acquiert une nouvelle résistance. Le dispositif se réarme : la faille « se
charge » puis se décharge brusquement par relaxation de contrainte. Reid explique ainsi le cycle sismique (cycle de
chargement/déchargement) complété par les différentes périodes sismiques de Wayne Thatcher. Si ce modèle théorique de
l'origine des tremblements de terre est encore couramment accepté par la communauté scientifique, il n'explique pas les
récurrences sismiques irrégulières comme le révèle les traces laissées par les séismes
(géomorphologie, paléosismologie, lichénométrie, dendrochronologie).
Cette théorie est complétée en 1966 en prenant en compte le processus de friction. Les variations des propriétés de friction
sur les failles, dues à plusieurs facteurs (faible couplage des deux blocs, déformation asismique, phénomènes transitoires de
glissement lent, rôle de fluides, etc. ), expliquent les cycles sismiques irréguliers. Une loi de friction spécifique pour la
modélisation des transferts de contrainte, dépendant de la vitesse et du temps de contact entre les deux surfaces, est proposée
à la fin des années 1970.
Origine
Les trois grands types de failles.
Un tremblement de terre est une secousse plus ou moins violente du sol qui peut avoir quatre origines : rupture d'une faille ou
d'un segment de faille (séismes tectoniques) ; intrusion et dégazage d'un magma (séismes volcaniques) ; « craquements » des
calottes glaciaires se répercutant dans la croûte terrestre (séismes polaires) ; explosion, effondrement d'une cavité (séismes
d'origine naturelle ou dus à l'activité humaine). En pratique on classe les séismes en quatre catégories selon les phénomènes
qui les ont engendrés :
Séismes tectoniques
Les séismes tectoniques sont de loin les plus fréquents et dévastateurs. Une grande partie des séismes tectoniques a lieu aux
limites des plaques, où se produit un glissement entre deux milieux rocheux. Une autre partie a lieu sur le long d'un plan de
fragilité existant ou néoformé. Ce glissement, localisé sur une ou plusieurs failles, est bloqué durant les périodes inter-
sismiques (entre les séismes) de déplacement asismique des deux blocs séparés par la zone de rupture potentielle (la faille est
alors inactive), et l'énergie s'accumule par la déformation élastique des roches. Cette énergie et le glissement sont
brusquement relâchés lors des séismes. Dans les zones de subduction, les séismes représentent en nombre la moitié de ceux
qui sont destructeurs sur la Terre, et dissipent 75 % de l'énergie sismique de la planète. C'est le seul endroit où on trouve des
séismes profonds (de 300 à 645 kilomètres). Au niveau des dorsales médio-océaniques, les séismes ont des foyers superficiels
(0 à 10 kilomètres), et correspondent à 5 % de l'énergie sismique totale. De même, au niveau des grandes failles
de décrochement, ont lieu des séismes ayant des foyers de profondeur intermédiaire (de 0 à 20 kilomètres en moyenne) qui
correspondent à 15 % de l'énergie. Le relâchement de l'énergie accumulée ne se fait généralement pas en une seule secousse,
et il peut se produire plusieurs réajustements avant de retrouver une configuration stable. Ainsi, on constate des répliques à la
suite de la secousse principale d'un séisme, d'amplitude décroissante, et sur une durée allant de quelques minutes à plus d'un
an. Ces secousses secondaires sont parfois plus dévastatrices que la secousse principale, car elles peuvent faire s'écrouler
des bâtiments qui n'avaient été qu'endommagés, alors que les secours sont à l'œuvre. Il peut aussi se produire une réplique
plus puissante encore que la secousse principale quelle que soit sa magnitude. Par exemple, un séisme de 9,0 peut être suivi
d'une réplique de 9,3 plusieurs mois plus tard même si cet enchaînement reste extrêmement rare.
Séismes d'origine volcanique
Les séismes d'origine volcanique résultent de l'accumulation de magma dans la chambre magmatique d'un volcan. Les
sismographes enregistrent alors une multitude de microséismes (trémor) dus à des ruptures dans les roches comprimées ou au
dégazage du magma. La remontée progressive des hypocentres (liée à la remontée du magma) est un indice prouvant que le
volcan est en phase de réveil et qu'une éruption est imminente.
Séismes d'origine polaire
Les glaciers et la couche de glace présentent une certaine élasticité, mais les avancées différentiées et périodiques (rythme
saisonnier marqué) de coulées de glace provoquent des cassures dont les ondes élastiques génèrent des tremblements de terre,
enregistrés par des sismographes loin du pôle à travers le monde. Ces « tremblements de terre glaciaires » du Groenland sont
caractérisés par une forte saisonnalité. Une étude publiée en 2006 a conclu que le nombre de ces séismes avait doublé de
2000 à 2005, tendance temporelle suggérant un lien avec une modification du cycle hydrologique et une réponse glaciaire à
l'évolution des conditions climatiques. Si l'on considère qu'une part du réchauffement climatique est d'origine humaine, une
part des causes de ces séismes pourrait être considérée comme induits par l'Homme (voir ci-dessous).
Séismes d'origine artificielle
Article détaillé : Séisme induit.
Les séismes d'origine artificielle ou « séismes » de faible à moyenne magnitude sont dus à certaines activités humaines telles
que barrages, pompages profonds, extraction minière, explosions souterraines ou nucléaires, ou même bombardements. Ils
sont fréquents et bien documentés depuis les années 1960-1970. Par exemple, rien que pour la France et uniquement pour les
années 1971-1976, plusieurs séismes ont été clairement attribués à des remplissages de lacs-réservoirs, à l'exploitation de
gisements pétrolifères ou aux mines :
le remplissage du lac de Vouglans (Jura) (magnitude 4,3, le 21 juin 1971) qui produit des dégâts dans les villages
voisins du barrage ;
autour du lac-réservoir de l'Alesani, en Corse, le 29 septembre 1971 un séisme est ressenti sur une faible surface
centrée sur le lac (dans une zone jusqu'alors complètement asismique) . En avril 1978, lors d'un nouveau
remplissage (après vidange du barrage durant plusieurs mois), un nouveau séisme de magnitude 4,4 est ressenti ;
le lac-réservoir de Sainte-croix-du-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) n'a pas bougé lors de son remplissage, mais
de septembre 1973 à août 1975, les stations séismiques télémétrées ont enregistré plus de 90 petites secousses, au
voisinage même du lac, et leur fréquence maximale (36 secousses en 3 mois) correspondait au moment du pic de
remplissage (mars-mai 1975) ;
le gisement pétrolifère et gazier de Lacq (surveillé depuis 1974), a encore produit des séismes (dont le 31 décembre
1972 de magnitude 4,0, ainsi qu'en avril 2016 de magnitude 4) ;
le gisement gazier de Valempoulières (Jura) a généré un petit séisme le 8 janvier 1975, ressenti dans les communes
l'entourant ;
des « coups de toit » peuvent toucher les régions minières, à l'image des anciens bassins houillers de Fuveau-
Gardanne dans les Bouches-du-Rhône et celui de Creutzwald-Merlebach en Moselle, et peuvent être confondus
avec de véritables séismes naturels.
Les tremblements de terre engendrent parfois des tsunamis, dont la puissance destructrice menace une part croissante de
l'humanité, installée en bordure de mer. Ils peuvent aussi menacer les installations pétrolières et gazières offshore et disperser
les décharges sous-marines contenant des déchets toxiques, déchets nucléaires et munitions immergées. On cherche à les
prévoir, pour s'en protéger, à l'aide d'un réseau mondial d'alerte, qui se met en place, en Indonésie et Asie du Sud Est
notamment.
Dans certains cas, les séismes provoquent la liquéfaction du sol : un sol mou et riche en eau perdra sa cohésion sous l'effet
d'une secousse.
Risques de séismes dus aux essais dans les centrales géothermiques :
Un centre de recherche sur les centrales géothermiques, dans le nord-est de la France, expérimente des techniques de
géothermie. L’expérience consiste à injecter de l'eau froide dans des poches de magma (2 trous préalablement forés, l'un pour
l'entrée de l'eau froide et l'autre pour la sortie de l'eau transformée en vapeur, puis de la récupérer sous forme de vapeur, de la
mettre en pression puis de faire tourner une turbine puis produire de l'électricité.
Conséquences de l'expérience :
L'injection d'eau froide dans les poches de magma agissait sur les failles environnantes, l'eau agissait comme lubrifiant et
produisait des micro séismes qui pouvaient aller jusqu'à produire des fissures sur les murs des maisons.
Séismes extraterrestres
Même si la Terre est le seul objet céleste où l'on ait mis en évidence une tectonique des plaques, elle n'est pas le seul à subir
des vibrations (séismes localisés et oscillations à grande échelle). Ces vibrations peuvent être dues à une autre forme de
tectonique (contraction ou dilatation de l'objet) ou à des impacts cosmiques.
Les missions Apollo ont déposé plusieurs sismomètres à la surface de la Lune. On a enregistré quatre types de séismes,
d'origines différentes. Certains sont dus à la libération de contraintes engendrées par les effets de marée, d'autres à
des impacts de météorites, d'autres encore à la libération de contraintes d'origine thermique. L'origine des séismes du
quatrième type, forts, peu profonds et d'assez longue durée, est inconnue.
Le seul autre objet extraterrestre où l'on ait installé un sismomètre est Mars, fin 2018 (sonde InSight). Opérationnel début
février 2019, le sismomètre SEIS (développé par l'Institut de physique du globe de Paris) a enregistré son premier séisme
martien le 7 avril. Jusqu'à présent ces séismes sont très faibles, sur Terre ils seraient masqués par le bruit sismique
des océans.
L'étude de Mercure montre la présence d'un grand nombre de failles inverses, caractéristiques d'une contraction globale de la
planète (sans doute liée à son refroidissement progressif). La sonde Messenger, notamment, a révélé l'existence de telles
failles traversant des cratères d'impacts petits et récents. On en déduit que Mercure est aujourd'hui encore sujette à
une tectonique active, très certainement accompagnée de séismes.
La surface de Vénus est elle-aussi parcourue par des failles et des plissements. Il est vraisemblable que Vénus soit encore
active tectoniquement, mais on n'en a pas la preuve. S'il y a de forts séismes on espère, à défaut de pouvoir les enregistrer
directement (faute de sismomètre), en repérer des conséquences atmosphériques.
On ne sait rien de l'activité sismique de Jupiter, mais il est plausible qu'elle subisse des oscillations d'échelle planétaire à
l'instar de Saturne, dont les oscillations se répercutent sur ses anneaux sous la forme d'ondes observables.
Pour Uranus et Neptune on ne sait pas.
Depuis le survol de Pluton par la sonde New Horizons en 2014, on sait que cette planète naine a une activité géologique
récente (et sans doute actuelle), qui se manifeste notamment par des failles, dont la formation ou la réactivation s'accompagne
certainement de séismes. Les contraintes tectoniques peuvent être dues à des cycles de gel (partiel) et refonte de l'eau située
en dessous de la croûte de glace.
Le soleil lui-même est sujet à des oscillations globales, étudiées par l'héliosismologie. Des oscillations similaires, observables
dans d'autres étoiles, sont étudiées par l'astérosismologie.
Caractéristiques principales
Épicentre, hypocentre (foyer) et faille.
L'hypocentre ou foyer sismique peut se trouver entre la surface et jusqu'à sept cents kilomètres de profondeur (limite
du manteau supérieur) pour les événements les plus profonds.
Magnitude
Articles détaillés : Magnitude d'un séisme et Échelle de magnitude de moment.
La puissance d'un tremblement de terre peut être quantifiée par sa magnitude, notion introduite en 1935 par le
sismologue Charles Francis Richter. La magnitude se calcule à partir des différents types d'ondes sismiques en tenant compte
de paramètres comme la distance à l'épicentre, la profondeur de l'hypocentre, la fréquence du signal, le type
de sismographe utilisé, etc. La magnitude est une fonction continue logarithmique : lorsque l'amplitude des ondes sismiques
est multipliée par 10, la magnitude augmente d'une unité. Ainsi, un séisme de magnitude 7 provoquera une amplitude dix fois
plus importante qu'un événement de magnitude 6, cent fois plus importante qu'un de magnitude 5.
La magnitude, souvent appelée magnitude sur l'échelle de Richter, mais de manière impropre, est généralement calculée à
partir de l'amplitude ou de la durée du signal enregistré par un sismographe. Plusieurs valeurs peuvent être ainsi calculées
(Magnitude locale , de durée , des ondes de surfaces , des ondes de volumes ). Ces différentes valeurs ne sont pas très fiables
dans le cas des très grands tremblements de terre. Les sismologues lui préfèrent donc la magnitude de moment (notée ) qui est
directement reliée à l'énergie libérée lors du séisme. Des lois d'échelle relient cette magnitude de moment à la géométrie de la
faille (surface), à la résistance des roches (module de rigidité) et au mouvement cosismique (glissement moyen sur la faille).
Intensité macrosismique
Article détaillé : Risque sismique.
L'intensité macrosismique, qu'il ne faut pas confondre avec la magnitude, caractérise la sévérité de la secousse sismique au
sol. Elle se fonde sur l'observation des effets et des conséquences du séisme sur des indicateurs communs en un lieu donné :
effets sur les personnes, les objets, les mobiliers, les constructions, l'environnement. Le fait que ces effets soient en petit ou
en grand nombre sur la zone estimée est en soi un indicateur du niveau de sévérité de la secousse. L'intensité est
généralement estimée à l'échelle de la commune. On prendra par exemple en compte le fait que les fenêtres ont vibré
légèrement ou fortement, qu'elles se sont ouvertes, que les objets ont vibré, se sont déplacés ou ont chuté en petit nombre ou
en grand nombre, que des dégâts sont observés, en tenant compte des différentes typologies constructives (de la plus
vulnérable à la plus résistante à la secousse), les différents degrés de dégâts (du dégât mineur à l'effondrement total de la
construction) et si la proportion des dégâts observés est importante ou non (quelques maisons, ou l'ensemble des habitations).
Les échelles d'intensité comportent des degrés généralement notés en chiffres romains, de I à XII pour les échelles les plus
connues (Mercalli, MSK ou EMS). Parmi les différentes échelles, on peut citer :
Au moment du relâchement brutal des contraintes de la croûte terrestre (séisme), deux grandes catégories d'ondes peuvent
être générées. Il s'agit des ondes de volume qui se propagent à l'intérieur de la Terre et des ondes de surface qui se propagent
le long des interfaces.
les ondes P ou ondes de compression. Le déplacement du sol se fait par dilatation et compression successives,
parallèlement à la direction de propagation de l'onde. Les ondes P sont les plus rapides (6 km/s près de la surface).
Ce sont les ondes enregistrées en premier sur un sismogramme ;
les ondes S ou ondes de cisaillement. Les vibrations s'effectuent perpendiculairement au sens de propagation de
l'onde, comme sur une corde de guitare. Plus lentes que les ondes P, elles apparaissent en second sur les
sismogrammes.
Les ondes de surface (ondes de Rayleigh, ondes de Love) résultent de l'interaction des ondes de volume. Elles sont guidées
par la surface de la Terre, se propagent moins vite que les ondes de volume, mais ont généralement une plus forte amplitude.
Généralement ce sont les ondes de surface qui produisent les effets destructeurs des séismes.
Enregistrement des séismes
Les plus anciens relevés sismiques datent du VIIIe millénaire av. J.-C. [réf. nécessaire] .
Séismes les plus puissants enregistrés depuis 1900
Tremblements de terre de magnitude au moins égale à 8.
Pays Ville / Zone Magnitude Date Nombre de Nombre Remarques et liens vers
morts de blessés les articles détaillés
Séisme de 1960 à
Chili Valdivia dans la région des Fleuves 9,5 22 mai 1960 3 000 Valdivia (le séisme le plus
violent jamais recensé)
Séisme et tsunami de
Indonésie Sumatra 9,4 26 décembre 2004 227 898 125 000
2004 dans l'océan Indien
Union
Kamtchatka (RSFS de Russie) 9,0 4 novembre 1952
soviétique
Indonésie Île de Nias 8,7 28 mars 2005 905 Séisme de 2005 à Sumatra
8,7 puis
Océan Entre l'Inde, l'Indonésie, le Sri
réplique de 11 avril 2012
Indien Lanka et la Thaïlande
8,3
Japon Kanto 8,3 1er septembre 1923 141 720 Séisme de 1923 de Kantō
Chili Chillán dans la région du Biobío 8,3 24 janvier 1939 28 000 58 000
Océan
8,3 29 septembre 2009
Pacifique
États-Unis San Francisco 8,2 18 avril 1906 3 000 Séisme de 1906 à San
Francisco
Nombre de
Ville / Zone Pays Date Magnitude Remarques et liens vers les articles détaillés
morts
Messine Italie 28 décembre 1908 7,5 100 000 Article détaillé : Séisme de 1908 à Messine.
Michoacán Mexique 19 septembre 1985 8,1 20 000 Article détaillé : Séisme de 1985 à Mexico.
Région de Spitak Arménie 7 décembre 1988 7,0 25 000 Article détaillé : Séisme de 1988 en Arménie.
Kocaeli Turquie 17 août 1999 7,4 17 118 Article détaillé : Séisme de 1999 en Turquie.
Bhuj Inde 26 janvier 2001 7,7 20 085
Bam Iran 26 décembre 2003 6,6 26 271 Article détaillé : Séisme de 2003 à Bam.
Muzaffarabad Pakistan 8 octobre 2005 7,6 79 410 Article détaillé : Séisme de 2005 au Cachemire.
Port-au-Prince Haïti 12 janvier 2010 7,2 230 000 Article détaillé : Séisme de 2010 en Haïti.
Méthodes de détection
Ancienne méthode chinoise
Article détaillé : Histoire de la géologie.
L'ancienne méthode chinoise consistait en un vase de bronze comportant huit dragons sur le contour, le Houfeng Didong Yi
du chinois Zhang Heng, mis au point en l'an 132 de l'ère commune. Une bille était placée dans la gueule de chaque dragon,
prête à tomber dans la gueule d'un crapaud. Lorsqu'un séisme se produisait, la bille d'un des dragons (dépendant de l'endroit
où se produisait le séisme) tombait dans la gueule d'un des crapauds. Cela indiquait la direction de l'épicentre du tremblement
de terre, et vers où il fallait envoyer les secours.
Méthodes modernes
Article détaillé : Mesure en sismologie.
La localisation de l'épicentre par des moyens modernes se fait à l'aide de plusieurs stations sismiques (3 au minimum), et un
calcul tridimensionnel. Les capteurs modernes permettent de détecter des événements très sensibles, tels qu'une explosion
nucléaire.
Le Centre sismologique euro-méditerranéen a quant à lui développé un processus de détection sismique basé sur l'analyse du
trafic web et des contenus sur Twitter. La collecte de témoignages et de photos permet en outre de connaître l'intensité des
séismes ressentis, et d'apprécier et géolocaliser les dégâts matériels.
Méthodes de prédiction
Les méthodes de prédiction reposent sur une prévision qui spécifie, avec leur incertitude, la position, la taille, la date du
séisme, et donne une estimation de la probabilité de son propre succès. La possibilité de la prédiction sismique repose sur
l'existence, et la reconnaissance des « précurseurs », signes avant-coureurs d'un séisme. En l'absence de précurseurs fiables,
ces méthodes sont accompagnée de non-détections qui entraînent des procès pour les spécialistes et des fausses alarmes qui
provoquent une perte de confiance des populations alertées, et éventuellement évacuées à tort. Enfin dans les régions à forte
sismicité comme l'Iran, les habitants ne prêtent plus attention aux petits chocs sismiques et aux prédictions de tremblements
de terre destructeurs faites.
Déjà en 1977, alors qu'il recevait une médaille de la Seismological Society of America (en), Charles Richter l'inventeur de
l'échelle qui porte son nom commentait : « Depuis mon attachement à la sismologie, j'ai eu une horreur des prédictions et des
prédicteurs. Les journalistes et le public bondissent sur la moindre évocation d'un moyen infime de prévoir les séismes,
comme des cochons affamés se ruent sur leur mangeoire […] Ces éléments de prédiction sont un terrain de jeu pour les
amateurs, les névrosés et les charlatans avides de publicité médiatique. »
On peut distinguer trois types de prévisions : la prévision à long terme (sur plusieurs années), à moyen terme (sur plusieurs
mois) et à court terme (inférieur à quelques jours).
Long terme
Les prévisions à long terme reposent sur une analyse statistique des failles répertoriées et sur des modèles déterministes ou
probabilistes des cycles sismiques. Elles permettent de définir des normes pour la construction de bâtiments, en général sous
la forme d'une valeur d'accélération maximale du sol (pga, peak ground acceleration). Certaines failles telles celles de San
Andreas en Californie ont fait l'objet d'études statistiques importantes ayant permis de prédire le séisme de Santa Cruz en
1989. Des séismes importants sont ainsi attendus en Californie, ou au Japon (Tokai, magnitude 8.3). Cette capacité
prévisionnelle reste cependant du domaine de la statistique, les incertitudes sont souvent très importantes, on est donc encore
loin de pouvoir prévoir le moment précis d'un séisme afin d'évacuer à l'avance la population ou la mettre à l'abri.
Moyen terme
Les prévisions à moyen terme sont plus intéressantes pour la population. Les recherches sont en cours pour valider certains
outils, comme la reconnaissance de formes (dilatance).
Court terme
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2010) .
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [ comment faire ? ] ou le modèle
{{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Le fond de cette section est à vérifier (indiquez la date de pose grâce au paramètre date) .
Améliorez-le ou discutez des points à vérifier. Si vous venez d’apposer le bandeau, merci
d’indiquer ici les points à vérifier.
Dans l'état actuel des connaissances, on ne peut pas prédire les séismes à court terme, c'est-à-dire déterminer la date et l'heure
exacte d'un événement sismique, même si on peut souvent déterminer le lieu d'un futur séisme (une faille active
principalement), et quelques autres caractéristiques. Cependant, la recherche fondamentale en sismologie s'emploie à tenter
de découvrir des moyens de prédiction scientifiques.
D'autres moyens ont été cités : par exemple, certains animaux semblent détecter les tremblements de terre : serpents, porcs,
chiens... Deux heures avant un séisme à Yientsin, en 1969, les autorités chinoises ont lancé un avertissement fondé sur
l’agitation des tigres, des pandas, des yacks et des cerfs du zoo. Aucune étude scientifique n’a réussi pour le moment à
prouver ce phénomène.
Les prévisions à court terme se basent sur des observations fines de l'évolution de zones à risque. On sait par exemple que les
séismes sont souvent précédés de phénomènes de migration de gaz vers la surface (migrations qui peuvent aussi contribuer à
« lubrifier » certaines failles géologiques et parfois faciliter des effondrements susceptible d'engendrer
un tsunami comme celui du Storrega ; On cherche à mieux comprendre les liens
entre lithosphère, atmosphère et ionosphère qui pourraient aider à mieux prévoir certains séismes.
Les moyens de détection peuvent avoir un coût important, pour des résultats non garantis, du fait de la grande hétérogénéité
des signes précurseurs d'un séisme, voire leur absence dans des séismes pourtant de grande ampleur, tels
que TangShan ou Michoacan, qui avaient été prévus à moyen terme mais non à court terme.
Les gouvernements et autorités locales souhaitent des informations certifiées avant d'évacuer une population des sites
suspectés mais les prédicteurs manquent de fiabilité. Les États-Unis utilisent des outils de grande sensibilité autour des points
statistiquement sensibles (tels que Parkfield en Californie) : vibrateurs sismiques utilisés en exploration pétrolière,
extensomètres à fil d'invar, géodimètres à laser, réseau de nivellement de haute précision, magnétomètres, analyse des puits.
Le Japon étudie les mouvements de l'écorce terrestre par GPS et par interférométrie (VLBI), méthodes dites de géodésie
spatiale. En Afrique du Sud, les enregistrements se font dans les couloirs des mines d'or, à 2 km de profondeur. La Chine se
base sur des études pluridisciplinaires, tels que la géologie, la prospection géophysique ou l'expérimentation en laboratoire.
La surveillance d'anomalies d'émission de radon (et de potentiel électrique) dans les nappes sont évoqués, basée sur
l'hypothèse qu'avant un séisme le sous-sol pourrait libérer plus de radon (gaz radioactif à faible durée de vie). On a constaté
(par exemple en Inde) une corrélation entre taux de radon dans les nappes souterraines et activité sismique. Un suivi en temps
réel du radon à coût raisonnable est possible. On a aussi montré dans les Alpes françaises que les variations de niveaux (de
plus de 50 mètres) de deux lacs artificiels modifiaient les émissions périphériques de radon.
Des recherches récentes soutiennent une possible corrélation entre des modifications de l'ionosphère et la préparation de
tremblements de terre, ce qui pourrait permettre des prédictions à court terme.
Des fibres optiques sont déjà couramment utilisées par les compagnies pétrogazières (leurs impuretés innées dont
des « capteurs virtuels » : à l'extrémité d'une fibre, un « interrogateur » électronique envoie des impulsions-laser et analyse la
lumière qui rebondit (rétrodiffusion) ; des anomalies du temps de rétrodiffusion signifie que la fibre s'est étirée ou contractée
(ce qui se produit en cas d'exposition à une onde sismique ou une vibration induite à proximité). Selon B. Biondi
(géophysicien de l'Université de Stanford), un « interrogateur » unique peut gérer 40 kilomètres de fibre et contrôler un
capteur virtuel tous les deux mètres, des milliards de tels capteurs sont déjà présents dans les lignes de télécommunication
dispersées dans le monde, qui pourraient donc être utilisés pour détecter des anomalies fines et améliorer la prédiction
sismique, en distinguant notamment les ondes P (qui voyagent plus vite mais en faisant peu de dégâts) des onde S (plus lentes
et causant plus de dégâts). On a d'abord cru qu'il fallait les coller à une surface rigide ou les noyer dans du béton mais on a
récemment montré que des faisceaux de fibres lâches placés dans un simple tuyaux de plastique suffisent. L'information est
de qualité moyenne mais elle peut être acquise sur de vastes territoires et à bas coût.
Bibliographie
Pascal Bernard, Pourquoi la terre tremble, Paris, Belin, 2017, 463 p.
Victor Davidovici, La construction en zone sismique, Paris, 1999, 330 p.
La réglementation et la technique de construction en zone sismique illustrée par des exemples concrets de calculs
Grégory Quenet, Les tremblements de terre en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. La naissance d'un risque,
Seyssel, Champ Vallon, 2005
Cet article utilise du matériel de l'article de Wikipédia Séisme, qui est publié sous le Creative Commons Attribution-Share-
Alike License 3.0.