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Introduction à l'économie et ses enjeux

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Economie

Introduction

Définir l’économie
L’économie étudie la création de richesses
1- « Une science des richesses » (Adam Smith, 1776)

« Si nous scrutons le passé au lieu de scruter l’avenir, le problème


économique, la lutte pour la subsistance nous apparaissent comme ayant
toujours été jusqu’ici le problème primordial et le plus pressant de l’espèce
humaine » (John M. Keynes, 1930)

Nos économies marchandes font une place importante au


marché
Les différentes modalités de circulation des biens et services d’après Karl
Polanyi

L’économie étudie la répartition des richesses et les inégalités


« L’économie politique est selon vous une enquête sur la nature et les causes
de la richesse. J’estime au contraire qu’elle doit être définie comme une
enquête au sujet de la répartition du produit de l’industrie entre les
classes qui concourent à sa formation » David Ricardo, 1820

« Je considère que l’objet central de l’économie est l’inégalité des revenus


et plus généralement d’accès aux biens de ce monde, et non pas la
croissance dont la mesure est par ailleurs difficile et à juste titre controversée.
» Pierre-Noël Giraud, 2015
L’économie étudie la répartition des richesses et les inégalités
Inégalités économiques = inégalités de revenus et inégalités de patrimoine

L’économie étudie la création des richesses


Un indicateur central : le Produit Intérieur Brut et la croissance économique
« La croissance j’irai la chercher avec les dents »

Plan du cours
• Chap1 : La production des richesses
• Chap2 : La monnaie
• Chap3 : Les inégalités économiques

Pourquoi se former à l’économie ?


« Les hommes d’action qui se croient parfaitement affranchis des influences
doctrinales sont d’ordinaire les esclaves de quelques économistes passés »
John M. Keynes (1883-1946)
« Étudier l’économie ne sert non pas à acquérir un ensemble de réponses
toutes faites à des questions économiques, mais à apprendre à ne pas être «
mené en bateau » par les économistes » Joan Robinson (1903-1983)

CHAPITRE 1. LA PRODUCTION DE RICHESSES

1. La production des richesses

Définition de la richesse
« L'utilité d'une chose fait de cette chose une valeur d'usage. Mais cette utilité
n'a rien de vague et d'indécis. […] Les valeurs d'usage ne se réalisent que
dans l'usage ou la consommation. Elles forment la matière de la richesse,
quelle que soit la forme sociale de cette richesse » Karl Marx, 1867, Le capital

« Le travail est le père et le principe actif de la richesse, de même que la terre


en est la mère » William Petty, 1662

La richesse désigne « l’ensemble des valeurs d’usage, qu’elles soient


d’origine humaine ou d’origine naturelle :
• les marchandises,
• les valeurs d’usage non marchandes (qu’on n’achète pas) produites par le
travail,
• les éléments venant de la nature, indépendamment du travail exercé sur eux
et de l’usage actif ou contemplatif qui en est fait.
• [Cela recouvre aussi] des éléments qui sont constitutifs de la vie en société :
l’épanouissement des capacités des individus, les liens sociaux, la
démocratie, la justice, la sécurité, la paix »

Nature + travail => valeurs d’usages => besoins humains = richesse

1. Qu’est-ce que la richesse ?

Le PIB mesure-t-il la richesse ?


Quel indicateur pour mesurer l’enrichissement d’une société ?
Existe-t-il une unité pour additionner les différentes valeurs d'usage ?

=> Les économistes utilisent le PIB exprimé en €. On utilise la valeur


économique des biens

« Concernant la richesse globale, la France a un PIB par habitant supérieur


d'environ 5.000€ à celui de l'Italie (30.000€ contre 25.000€) » La tribune,
19/07/2013

« Classement PIB : la liste des pays les plus riches du monde en 2020 »

• Le calcul de la valeur économique de la production d’une entreprise


• Les productions illégales et non déclarées ne sont pas comptées

Cannabis, cocaïne et autres drogues génèrent en France une activité


économique estimée à 2,7 milliards d’euros par an, soit 0,1 point de
produit intérieur brut, selon l’INSEE

Concernant la drogue, Eurostat conseille de multiplier la quantité consommée


par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en faisant jouer le paramètre
du « ratio de pureté » des produits stupéfiants et des « coûts de transport et
de stockage » des narcotrafiquants

Quid des autres biens et services qui ne sont pas des marchandises ?
• La production non marchande
• La production domestique
• Les productions qui ne sont pas le fait de l’Homme

1. La production des richesses


Quelques ordres de grandeur
Diapo 21/35
Du PIB à la croissance économique
La croissance économique : l’évolution du PIB réel d’une année à l’autre Ne
pas confondre PIB (en €) et sa variation, « la croissance » (en %)

« Je pense que nous ferons mieux, autour de 1,8 % en 2017. J'espère et je


souhaite que nous fassions plus que 1,7 % »

L’augmentation des prix perturbe l’évaluation de la richesse créée

En résumé,
Le PIB compte :
• La production marchande => la valeur ajoutée
• La production non-marchande => les coûts de production

Le PIB ignore :
• Les productions non monétaires
• Les productions non humaines
• Les productions non déclarées

Bilan : le PIB n’est pas un indicateur de richesse


• Toutes les valeur d’usage ne sont pas comptées (absence de valeur)
• La destruction de certaines valeur d’usage n’est pas prise en compte

Bilan : le PIB n’est pas un indicateur de richesse


• Mesure conventionnelle et partielle
Le PIB reste un indicateur utile
Il existe 3 manières de calculer du PIB
• Par la production : valeur de la production marchande + non-marchande +
pour emploi final propre
• Par les revenus : somme des revenus distribués aux acteurs ayant produit
• Par la dépense : différentes manières dont la production a été « achetée »
(consommation + investissement + stocks)
Bilan : le PIB reste un indicateur utile
→Etudier les variations de la demande et de l’activité économique
Ex : la crise économique de 2008

→Comment le gâteau de revenus générés par la production est partagé

« Notre base de données montre que les 1 % les plus riches de la population
mondiale ont capté 27 % de la croissance des revenus dans le monde, depuis
1980. En revanche, les 50 % les plus pauvres n’en ont perçu que 12 % »

Bilan : le besoin d’avoir d’autres indicateurs pour estimer la richesse


L’empreinte écologique (William E. Rees) :
« superficie géographique nécessaire pour subvenir aux besoins d'une ville et
absorber ses déchets »

« surface correspondante de la terre productive et d' écosystèmes aquatiques


nécessaires à produire les ressources utilisées et à assimiler les déchets
produits par une population définie à un niveau de vie matériel spécifié, là où
cette terre se trouve sur la planète »

« mesure en hectares de la superficie biologiquement productive nécessaire


pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée »
La croissance compatible avec le défi climatique ?
« Depuis le début de l’ère industrielle, les températures moyennes ont
augmenté de 0,6 degré Celsius. Il nous reste donc 1,5 degré si on regarde les
températures. Mais si on regarde les quantités de gaz à effet de serre émises,
il nous reste de 25 à 30 années d’émissions de gaz carbonique au niveau
actuel (le plus haut jamais enregistré dans l’histoire humaine). Nous avons
déjà émis les 2/3 de notre capital en gaz à effet de serre pour stabiliser le
climat à 2 degrés de hausse.
Et ce n’est pas un objectif aisé parce que les réserves d’énergies fossiles pas
encore exploitées contiennent 5 000 milliards de tonnes de CO2 ; or, pour
rester sous la barre des 2 degrés, il ne faut pas en consommer et en rejeter
plus que 1 000 milliards de tonnes. C’est un vrai défi que de se limiter, cela
implique de changer nos modèles de développement, et c’est tout l’enjeu des
négociations sur le climat » Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC (Groupe
d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) Rq : Les émissions de CO2 ont
stagné dans le monde en 2016 et ont représenté 36,4 milliards de tonnes (1/27 de 1000)

Pourquoi est-ce que la croissance reste un objectif central des


gouvernements ?
• Dans les pays pauvres, une nécessité pour le développement
Croissance du PIB/hab = croissance du PIB > croissance la population
Croissance de 2% n’est pas si mauvaise : doublement du niveau de vie en 30
ans !

• Rend le partage des richesses moins sensible


« Growth is a substitute for equality of income.
So long as there is growth there is hope, and that makes large income
differentials tolerable »

• La question de l’emploi
𝐸𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙 ′ é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑒 = 𝑃𝐼𝐵 ∗ ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑎𝑖𝑙𝑙é𝑒𝑠/ 𝑃𝐼𝐵 ∗ 𝑛𝑏 𝑑′𝑒𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖𝑠 /ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠
𝑡𝑟𝑎𝑣𝑎𝑖𝑙𝑙é𝑒𝑠

Croissance économique et développement durable sont-ils compatibles


?

2. Une croissance verte est-elle possible ?


L’exemple de l’énergie
Utilisation d’énergie 75% des émissions
Le mix énergétique mondial

Le mix énergétique français


La relation entre l’énergie et le PIB

La définition du découplage

Croissance verte = découplage absolu entre PIB et énergies fossiles

La Courbe environnementale de Kuznets (Grossman et Krueger, 1993)


La croissance économique « est la clé du progrès environnemental, parce que
la croissance fournit les ressources permettant d'investir dans les
technologies propres »

4 effets :
• Effet d’échelle
• Effet de composition
• Effet technologique
• Préférences politiques
Diapo courbe 11/39

La soutenabilité faible (Stiglitz, 1974) : une réponse au rapport Meadows


(1972)
Pour le courant néoclassique, la production (le PIB) dépend de différents
facteurs :
• La quantité de capital technique
• La quantité de travail
• Le progrès technique
• Les ressources naturelles

« Le fait qu’il existe une quantité limitée de ressources naturelles et que ces
ressources soient nécessaires à la production n’implique pas que l’économie
doit stagner voire décliner. Deux forces opposées peuvent être identifiées : le
progrès technique et l’accumulation de capital ».
La relation entre l’énergie et le PIB au niveau mondial
« Lorsque la consommation d’énergie primaire augmente de 10% ; le PIB tend
à croître de 6-7% en moyenne (…) une chose est sûre : nos économies sont
beaucoup plus dépendantes de l’énergie que les économistes « orthodoxes »
ne veulent bien l’admettre »
Diapo courbe 13/39

Pourquoi ce couplage entre PIB et énergie ?


Diapo 14,15 et 16 /39

• La quantité d’énergie par habitant indicateur de la quantité de machines


utilisées
→ Le capital technique est complémentaire à l’énergie
• Une économie post-industrielle a un haut niveau de consommation d’énergie
par hab
→ Le développement des services suppose d’avoir mécanisé les autres
secteurs !
Est-ce que la technologie est une solution ?

Les 4 leviers pour diminuer le CO² d’après Yoichi Kaya (1993)

La France réussit-elle à obtenir un découplage absolu ?


Diapo 19/39

Le découplage absolu en Allemagne


Productivité énergétique (E/PIB), PIB et consommation d’énergie
primaire en Allemagne, base 100 en 1990
Lecture : de 1990 à 2015, le PIB allemand a crû de plus de 40 % alors que la
consommation d’énergie baissait de plus de 15 % : un découplage qui
s’annonce durable.
Diapo 20/39

Les réductions liées à la spécialisation productive dans le commerce


international
*Approche production du CO2 : CO2 généré par la production domestique
*Approche consommation du CO2 : CO2 généré par la production
domestique – CO2 des biens exportés + CO2 des biens importés
Un découplage absolu encore trop timide

Voir diapo evolution des pays 22/39

Effet rebond et l’efficacité énergétique


« L’idée selon laquelle un usage plus économe de combustible équivaudrait à
une moindre consommation est une confusion totale. C’est l’exact contraire
qui est vrai » W.S. Jevons, 1871, La question du charbon

Efficacité énergétique et effet rebond


« Que l’efficience écologique se soit accrue de manière notable est
incontestable, mais dans le même temps la perpétuation de la croissance
forcenée entraîne une dégradation globale. Les baisses d’impact et de
pollution par unité de marchandise produite se trouvent systématiquement
anéanties par la multiplication du nombre d’unités vendues (phénomène
auquel on a donné le nom d’« effet rebond »)
Voir courbe 24/39 seance 2

Effet rebond direct


𝐸𝑓𝑓𝑒𝑡 𝑟𝑒𝑏𝑜𝑛𝑑 = 1−(∆conso d’énergie/∆ l’efficacité énergétique)*100

Ex1 : si efficacité énergétique progresse de 5% et que la conso d’énergie


diminue de 5% alors
𝐸𝑅 = [1+(-5/5)]*100 = 0 l’effet rebond est nul (0% des gains réutilisés)

Ex2 : si eff. +5% mais conso d’énergie reste stable alors ER=100%. Les gains
n’ont pas servi à réduire. 100% des économies ont été utilisées à d’autres
usages.
Effet rebond direct : les estimations empiriques

Ici ER=30% pour la voiture (UKERC, fourchette haute)


ER = 30% = (1-0,7)*100
ER = [1-(0,7/1)]*100

Pour un gain d’efficacité des véhicules de 1% la conso d’énergie du secteur


auto est réduite de seulement 0,7%. Il y a 30% des gains qui « passent » en
augmentation des usages.

Effet rebond indirect


Voir diapo 27/39 seance 2

Les débats autour des énergies renouvelables

Le passage aux énergies « propres »


Des énergies potentiellement plus chères car intermittentes et plus
dispersées ?
How Sensitive are Optimal Fully Renewable Power Systems to Technology
Cost Uncertainty?
Behrang Shirizadeh, Quentin Perrier, Philippe Quirion

• 315 scénarios de mix électrique renouvelable => quel coût d'un parc de
production et de stockage 100 % renouvelable répondant à la demande
d'électricité chaque heure en 2050.
• Consommation future basés sur le scénario central de l'Ademe en 2050
(moindres besoins pour le chauffage, l'éclairage, l'électroménager + nouveaux
usages)

Conclusion :
• Un parc optimisé reposerait sur 46 % d'éolien terrestre, 11 % d'éolien
offshore, 31 % de photovoltaïque, 3 % de biogaz et 9 % d'hydraulique.
• Coût = 21,4 milliards d'euros par an, soit 52 €/MWh, proche du niveau actuel

Le passage aux énergies renouvelables


Des tensions sur d’autres ressources:
94 P « Il faut des métaux pour capter, convertir et exploiter les énergies
renouvelables. Moins concentrées et plus intermittentes, elles produisent
moins de kWh par unité de métal (cuivre, acier) mobilisée que les sources
fossiles […] nous allons nous heurter à un problème de ressources,
essentiellement pour deux raisons : il faut des ressources métalliques pour
capter les énergies renouvelables ; et celles-ci ne peuvent qu’être
imparfaitement recyclées, ce phénomène s’aggravant avec l’utilisation de
hautes technologies »

Infrastructure rythme d'installation:


Tous [les scénarios] sont basés sur des déploiements industriels très
ambitieux. Wind Water Sun propose de couvrir les besoins en énergie de
l’ensemble du monde, uniquement avec des renouvelables, d’ici 2030. Pour
cela, il faudrait 3,8 millions d’éoliennes de 5 MW et 89 000 centrales solaires
de 300 MW, soit installer en 15 ans 19 000 GW d’éoliennes (30 fois le
rythme actuel de 40 GW au plus par an), et inaugurer quinze centrales
solaires par jour »

Résumé
• Il est possible de décarboner l’énergie avec les ENR mais à condition que
notre consommation d’énergie baisse (-40% dans le scénario RTE)
• Cette baisse ne peut pas reposer exclusivement sur l’efficacité énergétique
• L’efficacité énergétique génère des effets rebonds qu’il faut empêcher
• Une autre manière de réduire la consommation : la sobriété énergétique
Diapo 38 et 37/39 seance 2

Bilan :
• Soutenabilité carbone apparaît possible pour un coût modéré (110€/MWh
contre 100€/MWh aujourd’hui)
• Pas de différences notoires en termes de coût de l’électricité entre les
scénarios : autour de 60 à 80 milliards en moyenne par an, contre 45 à ce jour
= choix politique
• Limites sont les hypothèses assez optimistes sur la baisse de la
consommation d’énergie (-40%) par rapport aux prévisions de nos voisins
(stabilité voire croissance)
• Cela suppose d’avoir de l’efficacité et de la sobriété (peu compatible avec
la croissance économique)

3. QUEL SYSTÈME ÉCONOMIQUE POUR CRÉER DE LA


RICHESSE ?

1. Définition de la politique structurelle


- Une distinction entre structurel et conjoncturel

1. Le choix du système économique

Quel système économique mettre en place pour favoriser le développement ?


Quelle place doit avoir l'État ?

Deux manières schématiques d’organiser l’économie


- La coordination par le marché
- La coordination administrée ou par les règles
Deux types d’économie
- Économie de marché (concurrentielle)
- Économie planifiée

L’opposition entre le marché et la planification


L’économie de marché
«Une économie où une part substantielle de l’activité économique est
organisée autour d’institutions appelées « marché » qui donne un rôle
essentiel à l’action décentralisée (initiative privée)et aux ajustements de prix »

La planification
« En théorie, un système économique est considéré comme planifiée dès lors
que les autorités économiques tentent de décider à priori ce qui est
produit, comment on le produit, compte tenu des ressources disponibles »

« La planification veut faire de l’économie un vaste système où machines,


matières premières et hommes circulent selon un schéma prévu et dans un
but défini »

L’échec de la planification soviétique


Face à l’échec historique de la planification centralisée, faut-il conclure que
les marchés concurrentiels sont la seule solution ?

2. Le programme libéral

Des marchés concurrentiels favorisent la création de richesse (1)


« Le capitaliste cherche constamment à l'emporter sur la concurrence en
introduisant sans répit, à la place des anciennes, des machines et des
méthodes nouvelles de division du travail, plus coûteuses sans doute, mais
produisant à meilleur marché » Karl Marx, 1847, Travail salarié et capital

« Chaque individu s’efforce continuellement de trouver l’emploi le plus


avantageux pour tout capital dont il peut disposer. C’est son propre
avantage, en vérité, et non celui de la société qu’il a en vue. Mais l’étude
de son propre avantage l’amène naturellement, ou plutôt nécessairement à
préférer l’emploi le plus avantageux pour la société. (…) Il recherche
seulement son intérêt, et il est en cela, comme dans bien d’autres cas, amené
par une main invisible à atteindre une fin qui n’entrait nullement dans
ses intentions » A. Smith, 1776, La richesse des Nations

« La concurrence est précieuse précisément parce qu’elle constitue une


méthode de découverte, dont nous n’aurions pas besoin si ses résultats
pouvaient être prédits » « [Le libéralisme économique] considère la
concurrence comme supérieure non seulement parce qu'elle est dans la
plupart des circonstances la méthode la plus efficace qu'on connaisse, mais
plus encore parce qu'elle est la seule méthode qui permette d'ajuster nos
activités les unes aux autres sans intervention arbitraire ou coercitive de
l'autorité »

Les néoclassiques : les marchés concurrentiels garantissent une allocation


optimale des ressources (cf. microéconomie L1)
- Le consommateur maximise son utilité sous contrainte de budget
- Le producteur utilise de manière la plus efficace les inputs et minimise
les coûts
- L’équilibre de marché concurrentiel maximise le bien être collectif

L’Etat fait moins bien que le marché (2)

« La théorie [dominante] nous enseigne que le capitalisme travaille au mieux


quand on laisse les gens s’occuper de leurs entreprises sans aucune
ingérence de l’Etat »

• « L’Etat ne possèdes pas autant d’informations sur les affaires qui se


présentent que l’entreprise impliquée »
• « Les décideurs – hommes politiques et fonctionnaires – ne sont motivés
que par le pouvoir, pas le profit […] et ne jouent qu’avec l’argent des autres »

Ex : Le Concorde, fiasco commercial cofinancé par les gouvernements


Anglais et Français dans les années 60

Objectif : privatiser et libéraliser


L’exemple du secteur ferroviaire

• Un cas de monopole naturel


• Distinguer la partie réseau de l’exploitation
• Directive européenne sur la libéralisation

→Ouverture à la concurrence
→Changement du statut de la SNCF

Avantages espérés :
- Hausse de la qualité de service et baisse des prix (main invisible)
- Baisse du coût pour les finances publiques

L’exemple du secteur ferroviaire


• Risque de mettre en cause la péréquation tarifaire
• Bilan mitigé des expériences étrangères (Allemagne, Angleterre)

« Si, globalement, la croissance des trafics a été au rendez-vous, le


processus de libéralisation est resté très en deçà des objectifs affichés
d’efficacité économique, d’efficience pour les usagers et d’allègement de la
contribution des finances publiques »

« La comparaison avec l’Allemagne et le Royaume-Uni qui ont précocement


privatisé le rail montre que les usagers pâtissent d’une détérioration de la
qualité et de la sécurité des réseaux ferrés et que celle-ci contraint l’Etat à
intervenir en dernier recours. La privatisation coûte en fait très cher au budget
de l’Etat. »

• Contre-exemple : le meilleur service est Suisse qui est 100% public

-Même débat aujourd’hui avec EDF (projet Hercule)


L’Etat doit donc s’occuper de garantir la concurrence sur les différents
marchés (3)
• Lutte contre les ententes
• Contrôle des concentrations
• Sanction des abus de position dominante
• Justification des professions réglementées (barrières à l’entrée sont-elles
justifiées ?)
Tableau 3/14 séance 4
→Politique de la concurrence

La libéralisation des échange de marchandises et de capitaux est


bénéfique (4)

-Les avantages du libre-échange de biens et services :


• Nouveaux débouchés,approfondissement de la spécialisation
• Augmentation de la pression concurrentielle

-Les avantages de la libre circulation des capitaux :


« Si les capitaux peuvent sortir de leur territoire national d’origine, ils ont a
priori la possibilité de financer des projets utiles et efficaces partout dans le
monde. Ainsi, les pays qui peuvent proposer de bons projets
d’investissement, mais qui n’ont pas assez de capitaux nationaux, peuvent
quand même lancer ces nouveaux investissements et soutenir leur croissance
» Christian Domptin, Alternatives Economiques

→ Allocation optimale des ressources


Ex : la construction européenne est d’inspiration libérale
• Libre circulation des biens et services (traité de Rome, 1957)
• Libre circulation des capitaux et liberté d’installation (Acte Unique, 1986)

L’Etat peut mener certaines politiques de soutien à l’offre (5)

• Compétitivité prix/hors-prix
Améliorer la compétitivité de l’offre en :
- faisant en sorte de ne pas perturber le prix des inputs
- faisant confiance à l’initiative privée

● Agir sur le coût du travail


Coût du travail = Salaire net + cotisations salariales + cotisations Employeurs
Coût du travail = 1639,44 + 440,96 + 843,33 = 2923,73
Cotisations/Coût du travail = 43,9%

• Agir sur le coût du travail : baisse cotisations + baisse du coût du L par


déréglementation

Un exemple d’application : le CICE


« [Je propose un nouveau pacte aux entreprises] fondé sur le principe simple :
moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en
même temps, une contrepartie, plus d'embauches et plus de dialogue social »
François Hollande, 31 décembre 2013

« Le MEDEF, ses adhérents et les 750 000 entreprises qu’il représente sont
prêts à s’engager dans la bataille pour la création d’emplois dans notre pays
dans le cadre mentionné par le Président de la Ré[Link] se sont fixés
comme objectif de créer un million d’emploi en 5 ans si les réformes
nécessaire sont enfin mise en oeuvre»

Voir diapo 9/14 séance 4

• La difficulté d’évaluer l’efficacité d’une mesure en économie


• Une science non expérimentale
• Evaluation micro-économique :

« Les résultats restent conformes aux conclusions des années précédentes :


un fort effet emploi est trouvé chez le quart des entreprises les plus
bénéficiaires du CICE, qui ne représentent qu’un huitième des effectifs, mais
rien de significatif chez les autres. »

« L’effet total reste estimé à 100 000 emplois environ, ce qui est faible,
rapporté au coût du CICE - de l’ordre de 18 milliards d’euros en 2016. Cet
effet ne semble significatif que pour les entreprises indépendantes, suggérant
que l’impact du CICE dans les groupes aurait pris d’autres formes (salaires
notamment, avec un impact décalé sur la valeur ajoutée), mais ce résultat
reste à confirmer. De même, un effet sur l’investissement demeure difficile à
établir, celui-ci ne ressortant notamment pas lorsqu’on distingue groupes
fiscaux et entreprises indépendantes ».
L’Etat peut mener certaines politiques de soutien à l’offre (5)
• Donner des marges aux entreprises pour développer la compétitivité prix et
hors-prix

CICE visait aussi « le financement de l’amélioration de leur compétitivité à


travers notamment des efforts en matière d’investissement, de recherche,
d’innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux
marché,de transition écologique et énergétique et de reconstitution de leur
fonds de roulement
L'Etat peut intervenir pour internaliser les externalités (6) 2. Le
programme libéral
Effet (positif ou négatif) que fait subir un agent A à un agent B sans qu’il y ait
eu transaction (paiement ou dédommagement) sur le marché. Effet non
consenti par B.

-Un écart entre coût social et coût privé

-Mesurer le coût social


-Internaliser : aligner coût privé sur le coût social :
● Taxe pigouvienne = pollueur-payeur

L’exemple de la taxe carbone


3. Le programme libéral

Des inégalités favorables et nécessaires au développement économique


(7)
• La compétitivité exige que les salaires n’augmentent pas trop (cf. idée 5)
• L’impôt peut être confiscatoire et décourager les efforts (Courbe de Laffer)
• La théorie du ruissellement (en anglais Trickle Down Economics) : baisser
les impôts sur les plus riches

Un exemple d’application : la réforme de l’Impôt de Solidarité sur la


Fortune (2018)

« En quinze ans d'ISF, on a fait partir 10 000 contribuables représentant


globalement 35 milliards de capital. Et quand ils sont partis, ils ne payent pas
non plus l'impôt sur le revenu. L'ISF provoque un appauvrissement de la
ressource fiscale et donc de tout le pays. Voilà la réalité que l'on veut corriger.
» « On est au moment où la discussion du Brexit s'engage. Il y a une
opportunité considérable pour que la FRANCE attire des E et des
investisseurs aujourd’hui installés au Royaume-uni
« J'ai payé 49 000 euros d'ISF l'année dernière. […] Cette même somme, je
vais l'investir dans des entreprises à travers un fonds qui soutient l'économie
sociale et solidaire, qui permet à des entreprises, à des associations, de créer
des emplois

En résumé / conclusion : dans quel cas l’Etat est-il légitime à intervenir ?


• Protéger les droits de propriété
• Maintenir la concurrence sur les marchés
• Favoriser le libre-échange des biens et services
• Mener des politiques d’offre
• Internaliser les externalités

L’Etat ne doit pas :


• Détenir les entreprises
• Éviter de taxer trop fortement car cela est contreproductif :
- confiscatoire et désincitatif
- Réduit la compétitivité

4. Le programme interventionniste

Une planification indicative qui peut se justifier en raison de l’urgence


climatique (1)

« Pendant la seconde moitié du XXe siècle, dans des pays comme la France,
la Finlande, la Norvège et l’Autriche, l’Etat a très brillamment modelé et dirigé
le développement industriel, par le protectionnisme, les subventions et les
investissements des entreprises publiques »

« Les nombreux pays ont utilisé avec succès la planification dite indicative.
C’est un type de planification où l’Etat fixe quelques grands objectifs sur des
variables économiques cruciales (ex : les investissement dans les industries
stratégiques, le développement des infrastructures, les exportations…) et
cherche à les atteindre en travaillant avec le secteur privé et non contre lui
[…] l’Etat fera tout son possible en utilisant les diverses carottes (subventions,
droit de monopole) et bâtons (réglementations, influence via les banques
publiques) dont il dispose »

= l’Etat décide de certaines choses à la place du marché

Taxe VS planification ?
« Il faut pouvoir inciter nos concitoyens à changer un certain nombre de
comportements qui sont problématiques du point de vue des équilibres
environnementaux » Edouard Philippe

« Tout le monde est prêt à comprendre que pour agir sérieusement et


vraiment, une planification écologique est nécessaire […] aucune politique
de développement durable n’est possible dans notre pays si ce secteur est
dominé par les intérêts privés et leur logique de profit à court terme »Jean-Luc
Mélenchon
Une politique industrielle active va à l’encontre du fonctionnement libre
des marchés (2)
L’Etat peut décider de favoriser le développement de certains secteurs avec
succès :
• Remettre en cause le droit de la concurrence : fusions favorisées, droit de
monopole, subvention des entreprises

« Même s’il feint de ne rien faire l'État américain a choisi la plupart de ses
gagnants industriels depuis la 2nde Guerre Mondiale, par le biais d’un
soutien massif à leur recherche-développement : l’informatique, les
semi-conducteurs, l’aéronautique, Internet et la biotechnologie ont tous grandi
sur la base d’une recherche-développement qui a été subventionnée […] La
part du financement public dans l’ensemble de la R&D a été de 47 à 65%
selon les années »

La critique des économistes interventionnistes

L’exemple de la Corée du Sud :


« Tout au long des années 60 et 70, l’Etat sud-coréen a poussé de
nombreuses firmes du secteur privé dans des secteurs d’activité où elles ne
seraient pas entrées de leur propre chef. […] Nombre des entreprises
promues de cette façon par l’Etat ont été d’énormes succès. Par exemple le
LG Group, le géant de l’électronique : dans les années 60, l’Etat lui a interdit
de s’orienter vers l’industrie textile comme elle le souhaitait et l’a forcé à entrer
dans le secteur des câbles électriques. Ironie de l’histoire : cette compagnie
des câbles a été le fondement de son activité dans l’électronique, pour
laquelle LG est aujourd’hui célèbre dans le monde entier »

L’Etat peut décider de favoriser le développement de certains secteurs avec


succès :
• Organiser le financement vers ces secteurs
• Créé entreprises publiques dans des secteurs clés (infrastructures…)

« On a bien assisté à un retrait de l’État par rapport au système de la


planification soviétique dans lequel tout était régi par l’administration. Mais
cela ne veut pas dire pour autant que l’État s’est retranché dans un rôle
libéral et non interventionniste, bien au contraire. L’État a conservé des
moyens d’action par l’intermédiaire d’un secteur public dans des domaines
clefs de l’économie. La finance par exemple, qui lui a permis d’orienter en
partie l’épargne en partie du pays vers les secteurs clefs comme les
infrastructures,l'énergie,les transports,et les telecommunication>>

La crise des subprimes de 2008


1) Le boom immobilier

2) Le boom du crédit
ARM : Adjustable Rate Mortgage : prêts à taux variables

L’ensemble de ces éléments,explosion des volumes,dégradation de la qualité


forme un tableau clinique très classique que les economiste connaissent
bien.C’est ce que l’on nomme une “bulle du crédit"

Des marchés non régulés peuvent être source de gaspillages (3)


(3) La crise des subprimes de 2008
3) La contagion par la titrisation
4) L’éclatement de la crise et ses conséquences
Défauts sur les crédits subprimes : les remboursements ne sont plus
versés, familles expulsées
Retournement du marché de l’immobilier (nombreuses maisons mises
en vente)
Les détenteurs de titres voient la valeur de leur portefeuille baisser
(effet richesse négatif)
Les banques enregistrent des pertes importantes et réduisent le crédit à
l’économie

=> la crise financière devient progressivement une crise économique

La production publique peut être avantageuse (3)

→La production publique n’est pas forcément moins efficace :


• Pas besoin de rémunérer les capitaux investis (pas d’actionnaire)
• Des coûts de production qui peuvent être inférieurs (ex: éco d’échelle lié au
monopole)

« D’un côté, alors que la sécurité sociale connaît des frais de gestion
inférieurs à 5%, ceux des complémentaires santé s’échelonnent de 15 à 20%.
Cela signifie que sur 100€ de cotisation pour une complémentaire il y a entre
10 et 15€ de gaspillage que l’on pourrait utiliser pour augmenter le pouvoir
d’achat ou pour rembourser plus de soins »

→ L’accessibilité des biens et services produits peut être meilleure :


• Le système de la péréquation tarifaire dans la fourniture des services
publics
• La production non marchande ne repose pas sur l’existence d’un marché
solvable
→ La production non marchande n’est pas un prélèvement sur le production
marchande

Ouverture aux échanges et libéralisation sont deux choses différentes


(4)

• La protection des industries dans l’enfance ([Link])


• Le contrôle des flux de capitaux

« On le voit, la politique chinoise, mise en pratique dans une collusion


importante entre l’État et les sociétés privées de droit chinois, n’a rien à voir
avec le doux commerce. Il s’agit d’une stratégie de développement étatique,
articulée sur des investissements directs à l’étrangers importants, mais dont
elle conserve très largement le contrôle »

Les impasse des politiques libérales d’offre (6)

• Une course destructive au moins disant social et fiscal


Evolution de l’impôt sur les sociétés dans quelques pays européens
(1995-2013)

• L’austérité salariale freine la consommation : le rôle de la demande est


ignoré
Evolution du taux de pauvreté (rouge) et du PIB allemands (bleu) entre 2005
et 2012

• La compétitivité-prix de la main d’œuvre passe aussi par la montée en


gamme

Le coût du travail doit être rapporté à la productivité du travail = coût


salarial unitaire (CSU)

CSU : Productivité du W/Coût du W


France : 45,6€/34,8€ = 1,31
Roumanie : 7€/4,3€ = 1,62 W = labor (travail)

• Une course destructive au moins disant social et fiscal


• Austérité salariale freine la consommation
• La compétitivité-prix de la main d’œuvre passe aussi par la montée en
gamme
• La distribution des marges aux entreprises sans contrepartie pose problème

Tableaux graphique 13/20


« Les marges des entreprises françaises non financières demeurent faibles en
comparaison avec leurs concurrents de la zone euro (31,9 %, contre 41 %
dans la zone euro. Mais cette différence est ancienne et chronique. […]
Surtout, ce décalage est dû, comme le rappelle l’Insee dans sa dernière note
de conjoncture, aux sociétés des services marchands, moins exposées aux
marchés extérieurs. L’industrie, elle, atteint des niveaux de marge jamais
vus, dépassant les 40 % »

• Des politiques centrées sur la « dévaluation interne », sur les coûts

• Des politiques centrées sur la « dévaluation interne », sur les coûts

Il existe un déficit de rapport qualité-prix important pour les produits français


face à leurs concurrents allemands, italiens, et même espagnols. Si la qualité
globale semble s’être maintenue, le « contenu en innovation technologique »
ainsi que les « services associés » se sont dégradés. Ceci reflète clairement
la faiblesse de l’investissement français dans l’innovation. […] Si globalement,
en France, l’investissement est resté élevé, il est manifestement de piètre
qualité (la part de l’investissement en bâtiment est considérable) et ne permet
pas d’améliorer les positions des produits français sur les marchés
internationaux.

→ Responsabilité ?

La mise en évidence d’un coût du capital ?


« Dans un monde où ne sont mises en œuvre que les actions, individuelles ou
collectives, qui rapportent entre 15 % et 30 % par an, quelle est la surface du
cimetière des idées (bonnes ou mauvaises, il faut le déplorer) qui n’ont jamais
vu le jour,pcq qu’elles n’auraient rapporte qu’entre 0 et 15%

Au-delà de la compétitivité de l’offre, il faut considérer le niveau de


demande (7)

Rappel :
PIB = C + G + I + (X-M) + Var. Stocks
→ Nécessité d’une politique conjoncturel de soutien à la demande

Les inégalités ne sont pas favorables au développement économique (8)

« Après d'autres institutions dont l'OCDE, le FMI vient de publier une étude
qui montre que les inégalités sont l’une des causes importantes du mystérieux
ralentissement tendanciel de la croissance mondiale

Selon cette étude, augmenter de 1 point de PIB les revenus des 20 % les plus
riches fait baisser la croissance de 0,08 point dans les cinq années qui
suivent. En revanche, augmenter de 1 point les 20 % les plus pauvres
l'accélère de 0,38 point. La raison est que les plus pauvres consomment plus
de ce qu'ils gagnent que les plus riches, qui, eux, épargnent plus.

Cette publication en confirme d'autres. L'OCDE a calculé que « le creusement


des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la
Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, de 6 à 7 points aux
Etats-Unis, à l'Italie et à la Suède » (3). A l'inverse, « la situation plus
égalitaire a contribué à faire progresser le PIB par habitant en Espagne, en
France et en Irlande »

= Échec du ruissellement

Bilan : deux visions de la politique économique

CHAPITRE 2: LE PARTAGE DES RICHESSES

1. Quelles inégalités aujourd’hui ?

Outil de mesure : les déciles, centiles, millimes… ( tableau 2/14)

Tableau + graphique 3/14

Graphique 4 et 5/14
« Les inégalités ont progressé partout, mais pas au même rythme. [Entre
1980 et 2016], "au niveau mondial, le 1 % du haut a capté deux fois plus de
croissance que la moitié du bas, c’est considérable »

Les inégalités de revenu


Les inégalités de revenu du travail
« Pour ce qui concerne l’inégalité des revenus du travail, les mécanismes en
jeu incluent notamment l’offre et la demande de qualifications, l’état du
système éducatif,et les différentes règles et institutions affectant le marché du
W et la formation des solaires

Tableau 7/14

Diapo 8/14 tableau

Les inégalités de salaire n’expliquent pas tout


Voir diapo 9/14 graphique + tableau

Le patrimoine/capital
Voir diapo pour graphique 10/24
« Un actif financier n’étant qu’une simple promesse de revenus futurs, son
prix peut être très fluctuant. Il en est de même, dans une certaine mesure, des
patrimoines immobiliers, soumis à des phénomènes de bulles spéculatives et
des krachs

L’évolution du patrimoine national

Chocs des guerres mondiales puis reconstitution

La répartition du patrimoine au sein de la population

Voir diapo 12/14 séance 7


« [un héritage] de l’ordre de 500 000 à 1 million et demi d’euros […]
représente tout de même plus que ne gagnent la moitié des Français pendant
toute une vie de travail. Puisque quelqu’un qui sera aux alentours du SMIC,
soit 1 500 € par mois, durant 50 ans, gagnera 750 000 €. Or actuellement ce
qui est nouveau,c’est qu’il y a plus de 10% de la population qui reçoit sans
travailler, sous forme de succession ou d'actions,l'équivalent de cette somme

Comment expliquer les inégalités de patrimoine ?

voir diapo 13/14 séance 7

Quand le rendement du capital est plus élevé que la croissance


La concentration du patrimoine

Le rentier:
Patrimoine x r => Augmentation du patrimoine pour ceux qui en détiennent
déjà un (1)

La personne qui participe à la création de la production


g => Augmentation des revenus d’acteurs participant à la production =>
épargne (s) => augmentation du patrimoine (2)

On a donc

Si r > s.g = 1 > 2


Le patrimoine détenu par les rentiers augmente plus vite que celui détenu par
un travailleur par ex

L’inégalité des rendements du capital

• Montant du capital, intermédiaires financiers et gestionnaires


• Montant du capital et prise de risque

« Pour ces deux raisons il est tout à fait vraisemblable que pour un même
rendement moyen du capital de l’ordre de 4% par an les patrimoines les plus
élevés parviennent à obtenir d’avantage, par exemple jusqu’à 6-7% par an*,
alors que les plus faibles doivent souvent se contenter d’un rendement moyen
d’à peine 2-3% par an » *doublement en 11 ans environ [Link]

En résumé sur les inégalités de patrimoine

Risques pour Piketty :


• Méritocratie et poids de l’héritage; les travailleurs qui épargnent
s’enrichissent moins vite
• Concentration du patrimoine et démocratie

En résumé pour Piketty


• Les inégalités de revenu ont tendance à augmenter dans tous les pays
• Ces inégalités s’expliquent par les inégalités dans les salaires reçus mais
également par les inégalités des revenus du patrimoine
• Le patrimoine est très inégalement réparti, beaucoup plus que les revenus
• Le patrimoine est aujourd’hui majoritairement hérité plutôt que constitué
grâce à l’épargne des individus
• Le patrimoine se concentre toujours plus lorsque son rendement (l’intérêt)
dépasse le taux de croissance

2. Les inégalités sont-elles toutes injustes ?

Comment conclure si une situation est juste ou injuste ?

Voir diapo 7/23 séance 8


«L'idée que chaque individu compte autant qu'un autre est au cœur de toutes
les théories politiques acceptables. »

« Peut être pouvons nous démontrer que certaines théories réussissent mieux
que d’autres à le faire ; à traiter véritablement avec égale considération tous
les individus »

théories présentées :
- Libertariens
- Libéraux-égalitaires
- Marxistes

Les libertariens

1-La propriété de soi

« Les individus ont des droits, et il y a certains choses que personne,


individus, individu ou collectivité, ne peut leur faire (sans violer leurs droits) »

« Les individus sont des fins et pas seulement des moyens; on ne peut les
sacrifier ou les utiliser pour réaliser d’autres fins sans leur consentement »

2- Le principe de transfert

Justice de la situation B doit donc satisfaire deux critères :


• Le passage de la situation A à la situation B s’est fait conformément au
principe de transfert (volontaire)
• La situation antérieure A était déjà juste

Justice de la situation A si :
• Passage de A-1 à A était juste
• Si A-1 était déjà juste
=> Régression à l’infini, moment où les biens n’étaient pas tous appropriés
(ressources naturelles notamment)

Les libéraux égalitaires

Comment répartir équitablement ces biens?


Solution :
La position originelle : situation imaginaire où « personne ne connaît sa
position dans la société, son appartenance de classe ou son statut social, et
personne ne connaît non plus la répartition des atouts et des aptitudes
naturelles (intelligence, force) que le sort lui a réservé. Les principes de justice
sont choisis sous un voile d’ignorance »

= CAPACITÉ À SE METTRE À LA PLACE DES AUTRES

« Une conception de la justice est plus raisonnable, ou plus susceptible de


justification, qu’une autre si ses principes sont choisis de préférence à ceux
de l’autre par des personnes rationnelles placées dans cette situation initiale »

Quels seraient les principes retenus d’après Rawls ?

• Principe d’égale liberté (1)

« Chaque personne a un droit égal à un système pleinement adéquat de


libertés de base égales pour tous, qui soit compatible avec un même système
de liberté pour tous »

Le principe d’égalité des chances (2)

• Principe de différence (3) ou « maximin »

« personne ne mérite ni ses aptitudes naturelles supérieures, ni sa position


initiale plus favorable au sein de la société (…), il ne s’ensuit pas que ces
distinctions doivent être éliminées. Il y a une autre façon de les traiter. La
société peut être organisée pour que ces réalités contingentes (loterie
naturelle et hasard social) fonctionnent de façon à bénéficier aux plus
défavorisés »

Les marxistes

Définir le capitalisme
- Pour Marx, le capital est tout autre chose : c’est un mode de
production, c'est-à-dire un rapport social. Un rapport social […] le
rapport salarial, constitué autour de la propriété privée des moyens de
production, de la fantasmagorie juridique du « travailleur libre », individu
pourtant privé de toute possibilité de reproduire par lui-même son
existence matérielle, par-là jeté sur le marché du travail, forcé pour
survivre d’aller s’employer et de se soumettre à l’empire patronal, dans
une relation de subordination hiérarchique.

De la théorie de la valeur à la théorie de l’exploitation


« Une quantité de froment est réputée égale à une quantité quelconque de fer
(…) C’est que dans ces deux objets, il existe quelque chose de commun. (…)
La valeur d’usage (le fait qu’elle serve à qqch) mise de côté il ne leur reste
plus qu’une qualité, celle d’être des produits du travail »
- Valeur d’échange d’une marchandise(prix)=quantité de W direct +
quantité de W indirect="coût de production”

Ex:
-Le salarié a besoin de 10€ pour reproduire sa force de travail
-Ce panier de biens de subsistance a nécessité 5h de travail pour être produit
En moyenne, 1h de travail permet de créer 2€ de valeur
Le salarié est employé à produire des tables avec du bois et une scie (à
usage unique pour simplifier l’exemple)
- Le salarié travaille 8 heures par jour et produit 1 table
- Il faut 20 Kg de bois pour réaliser cette [Link] bois a nécessité 2h de
travail acheté à une autre entreprise)
- La scie a nécessité 4h de W pour tre produite par le marchand d’outils

Combien vaut la table ?


Valeur = quantité de travail = W direct (8h) + W indirect (2h bois + 4h de scie)
= 14h = 28
Les limites :
• Les salariés sont volontaires (libertariens)
• Le capitaliste prend des risques
• Si le capital n’est pas rémunéré, pas d’incitation à investir (en régime
capitaliste)

Le capital et la satisfaction des besoins


• Concentration sur la demande solvable
• Création de nouveaux besoins, filière inversée (Galbraith)

Le capital comme puissance politique


« le capital prend aussi en otages les salariés collectivement, puisque, de sa
position dans la société économique, il lui revient l’initiative de la
production, du lancement des projets et de l’investissement — dont il
peut fort bien décider la « grève » lorsque, après avoir prononcé un « à mes
conditions ou rien », il estime qu’on n’a pas encore assez fait droit à ses
desiderata »

« Être de gauche, c’est se situer d’une certaine manière vis-à-vis du


capital.(Cela) consiste en le refus de la souvranite du [Link] pas
laisser le capital régner,voilà ce qu'être de gauche

2.3 Comment réduire les inégalités?

Inégalités absolues et inégalités relatives


La fiscalité

Classement des impôts selon leur effet sur les inégalités relatives
1er exemple : la redevance TV
Montant en France métropolitaine pour 2018 : 138€. Payée par tous les
ménages imposables à la taxe d’habitation et déclarant posséder un
téléviseur

Simulation à partir de 2 individus : A gagné 10 000 euros par an et B 15 000

2 e exemple : la TVA

TVA est une taxe sur la consommation. Le taux de TVA normal est de 20%
mais il existe des taux réduits pour certains produits (minimum 2,1%)

Simulation : A gagne 1000 et B gagne 3000. A consomme 100% de son


revenu, B 80%. On fait l’hypothèse où tous les produits consommés ont un
taux normal de TVA

3 e exemple : la CSG

Effet neutre sur les inégalités relatives


4 e exemple : l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP)

Un impôt par tranche payé sur les revenus de l’année n-2

Les niches fiscales


Bilan sur la progressivité du système fiscal français)

Pourquoi ne pas aller vers plus de progressivité de l’impôt ?

Arguments évoqués :
• Concurrence fiscale
• Théorie du ruissellement (cf.1)
• Confiscatoire, désincitatif

Éviter l'impôt

- La fraude aux cotisations sociales : travail illégal, non déclaré… : 20


milliards
- La fraude fiscale (évitement de l’impôt et taxes) : 60 à 80 milliards dont
les paradis fiscaux

Par comparaison : déficit public 74 milliards dont 13 milliards pour la sécurité


sociale
L’évasion fiscale
« A l’échelle mondiale, plus de 40 % des profits réalisés par les
multinationales sont délocalisés artificiellement dans les paradis fiscaux, et 8
% de la richesse financière des particuliers y est dissimulée. Avec à la clé
un manque à gagner pour les Etats qui dépasse les 350 milliards d’euros par
an, dont 120 milliards pour l’Union européenne et 20 milliards pour la
France. »
Gabriel Zucman Économiste à l’Université de Berkeley (USA) Spécialiste des paradis
fiscaux

L’exemple de la fraude à la TVA


Extrait de cash investigation "Paradise papers:au coeur d’un scandale
mondial”
Disponible sur Youtube (de 11’12 à 21’05)

L’évasion fiscale : le rôle des multinationales


Les prestations sociales agissent également sur les inégalités Différentes
logiques de versement :
• Assistance
• Assurance
• Universelle

5939/281=21.13 Division des inegalite relative par 3.8


4666/821=5.6

Les minimas sociaux : l’objectif est de réduire la pauvreté


Comment mesurer la pauvreté ?
Pauvreté absolue et pauvreté relative
Les minimas sociaux : le cas du RSA
Barème du RSA socle mais il existe un RSA majoré (cumul avec des R du
travail)
Fondements :
Article 21 de la DDHC de 1793
« Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la
subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit
en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler »

Création du Revenu Minimum d’Insertion en 1988 par [Link] :

« Le rêve peut être concret. Ma manière de rêver la gauche, c’est d’inventer le


RMI. C’est l’accompagnement d’une souffrance ou d’une maladie ou d’une
marginalité par une personne payée par la collectivité. C’est le handicap
accompagné ; c’est la vieillesse dépendante soulagée »
« Tant qu'il ne sera pas possible de garantir à chacun un emploi, il faudra, à
titre de réparation, garantir à chacun un revenu » [Link], ancien ministre
socialiste (1930-2016)

• Contexte : dvlpt de la nouvelle pauvreté (80’s), insuffisance de la protection


sociale assurantielle

Limites (1) : stigmatisation


« [le terme Rmiste] définit en réalité un statut social qui renvoie à la
stagnation quasi volontaire dans une situation de dépendance sociale.
Comme ce statut n’est défini que négativement par rapport à la population qui
exerce une activité professionnelle régulière, il ne peut que marquer du
discrédit ceux et celles qui en héritent. (…) Ce terme est en réalité une
étiquette stigmatisante » Serge Paugam, La régulation des pauvres, 2008

« On est en bas de l’échelle, hein ? Je ne sais pas si y a encore une catégorie


pour nous définir. On n’est pas chômeurs, on n’est pas ouvriers, on n’est rien,
on n’existe pas. On est des mendigots de la société, c’est tout ce qu’on est »
Extrait d’entretien réalisé par Serge Paugam

Limites (1) : stigmatisation et ressentiment


Limites (2) : le non recours

(Le non-recours renvoie aux) personnes qui n’accèdent pas aux prestations
auxquelles elles ont droit. 5,7 milliards d’euros de revenu de solidarité active
(RSA), 700 millions d’euros de couverture-maladie universelle
complémentaire (CMU-C), 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une
complémentaire santé, etc., ne sont pas versés à ceux qui devraient les
toucher »
Philippe Warin, L’envers de la « fraude sociale », le scandale du non-recours aux droits
sociaux, 2012

Face au non recours et aux effets de stigmatisation

Propositions de revenu universel/revenu de base = versé à tous sans


condition de ressources

Limites (3) : quelle réinsertion ?


« Les programmes élaborés dans ce domaine (…) sont souvent détournés
de la mission pour laquelle ils avaient été élaborés. Les mesures
d’insertion (…) sont souvent utilisées, aussi bien par le secteur marchand que
par le secteur non marchand, à des fins de flexibilité de la main d’œuvre.
(…) Elles constituent parfois une aubaine pour des entreprises ou institutions
privées ou publiques qui voient la possibilité de faire exécuter des tâches
saisonnières (…) Elles contribuent à élargir la zone intermédiaire entre
l’emploi stable et le chômage »
Serge Paugam, La régulation des pauvres, 2008
« (Ces mesures) ont conduit de manière convergente les employeurs à
abaisser autour d’un SMIC à temps partiel la norme d’entrée sur le marché du
travail »
Nicolas Duvoux, Le nouvel age de la solidarite,2012

Limites (3) : quelle réinsertion ?


Ex de discours dénonçant les trappes à la pauvreté. Rapport Camdessus
préconisant : «une action de sensibilisation et d’information auprès des
collectivités locales pour que celles-ci modifient les mécanismes actuels
d’allègement des tarifs locaux(cantines, bibliothèques…)(…).En effet, en
discriminant entre les inactifs ou chômeurs et les actifs faiblement
rémunérés, les collectivités locales ont tendance à réduire les gains
financiers à la reprise d’un emploi et à accentuer les situations de
“trappe à inactivité” que l’on cherche à réduire au niveau national».

Limites (3) : quelle réinsertion ?


L’hypothèse des " trappes à inactivité " renvoie-t-elle à une réalité
empiriquement vérifiable ? Rien n’est moins sûr. Les proportions de
personnes concernées sont extrêmement faibles . Faute d’accompagnement,
celles-ci ne connaissent pas les possibilités d’intéressement ou les
modalités de calcul. L’hypothèse des trappes à inactivité néglige en outre les
freins non monétaires à la reprise d’emploi. Considérer les comportements
des allocataires du RSA face au marché du travail comme le produit d’un
arbitrage travail-loisirs rendu par un acteur rationnel arase la complexité des
situations des individus concernés et de leurs choix réels. Même des
allocataires " désinciter " reprennent un travail, pour une partie non
négligeable d’entre eux parce qu’ils y trouvent une dignité.
Nicolas Duvoux, 01/11/2011, « Les minimas sociaux sont-ils des trappes à l’inactivité?

Limites (3) : quelle réinsertion ?


La critique libérale des trappes à chômage/inactivité

Le RMI est une allocation différentielle : quand on a des revenus, le RMI


diminue du même montant. Il est seulement là pour garantir que le revenu de
la personne ne descende pas sous un seuil, ici 450 euros (montant mensuel
du RMI en 2008 pour une personne seule).
Limites (3) : quelle réinsertion ?

La critique libérale des trappes à chômage/inactivité


Le 1er janvier 2016, le RSA activité a été fusionné avec la prime pour l’emploi.
On parle désormais de prime d’activité
Le travailler plus permet toujours de gagner plus
Principe de calcul de RSA :
Minimum garanti = Ancien RMI = 450 euros en 2008 (524,16 euros pour une
personne seule en 2015)
Montant de RSA versé = (Minimum garanti + 62% x revenu d’activité) –
revenu d’activité

Les minimas sociaux : le cas du RSA

Limites (3) : quelle réinsertion ?

Les dernières propositions d’[Link] (17/03/2022)

15 à 20 heures obligatoires par semaine de travail ou de formation

Les minimas sociaux : le cas du RSA – Faut-il l’étendre aux jeunes de –


de 25 ans ?
• Âge médian du 1er emploi 23 ans, 1er emploi stable 28 ans
• 18-23 : période transitoire de l’autonomie financière
• Taux de pauvreté des jeunes 18-24 est de 21,8% contre 13,6% pour toute la
population
• Transferts monétaires intra-familiaux sont mal comptabilisés
• 51% des 20-24 ans en emploi, 11% en chômage, 30% en formation, 8% ni
en emploi, ni en formation
• « La jeunesse n’est qu’un mot » ? (Bourdieu)

Les minimas sociaux : le cas du RSA – Faut-il étendre aux jeunes de –


de 25 ans ?

Schématiquement 6 situations pour les jeunes

Dans tous les cas :

1-obligation alimentaire des parents à subvenir aux besoins d’un jeune même
après majorité tant qu’il n’est pas en mesure de subvenir à ses besoins
(montant varie en fonction des ressources du foyer)

2-alloc familiales cessent à 20 ans

3-rattachement fiscal jusqu’à 21 ans, 25 ans si études = baisse d’impôts du


fait du quotient familial, 1570 euros max (130 euros lorsque 2 enfants)
4-Après rattachement fiscal, déclaration d’une aide pouvant aller jusqu’à 6000
euros (déductible des impôts)

Qui doit prendre en charge cette période transitoire vers l’autonomie


financière ? La famille ou la société ?
2 visions qui structurent le débat :
• Vision familialiste : cette période est avant tout à la charge des familles,
l’Etat vient compléter en fonction des
- obligation alimentaire des parents subsiste après la majorité
- Rattachement fiscal jusqu’à 21 voire 25 ans (si étudiant)
- Déclaration des sommes versés déductibles des impôts
- RSA de la famille majoré en fonction des enfants dans le logement
- Bourses étudiantes fonction du milieu social
• Vision autonomiste : le jeune acquiert la majorité. On doit l’aider sans
considération de son origine sociale
- Allocation d’autonomie pour tous
- Accès au RSA dès 18 ans

Les prestations assurantielles :


• Les retraites
• Le chômage

Les conditions d’indemnisation des chômeurs

Les conditions d’indemnisation


• Avoir travaillé au moins 4 mois sur les 28 derniers mois
• Ne pas avoir démissionné (licenciement, fin de contrat)
• Principe : 1jour travaillé = 1 jour cotisé = 1 jour indemnisé

À quel montant ?

Les conditions d’indemnisation des chômeurs


Le calcul de l’allocation journalière (ARE)

Etape 1 : Calcul du salaire journalier de référence (SRJ) Salaires perçus


pendant l’année/nombre de jours travaillés dans l’année
Ex : 1500 euros par mois; travaille depuis 8 mois et est licencié SRJ :
(8x1500)/(8x30) = 50 euros

Les conditions d’indemnisation des chômeurs


Le calcul de l’allocation journalière (ARE)

Etape 1 : Calcul du salaire journalier de référence (SRJ) = Salaires perçus


pendant l’année/nombre de jours travaillés dans l’année

Ex : 1500 euros par mois; travaille depuis 8 mois et est licencié


SRJ : (8x1500)/(8x30) = 50 euros

Etape 2 : le calcul de l’allocation journalière


2 calculs (on retient la solution la plus avantageuse). Mini garanti est 28 euros
40% du SRJ + 11 euros => 0,4x50+11 = 31
57% du SRJ => 0,57x50 = 28,5

Ex: Le chômeur aura droit à 31 euros par jour pendant 8 mois c’est-à-dire 930
euros par mois (62% de son salaire)

Les conditions d’indemnisation des chômeurs


La durée d’indemnisation
• Fonction du temps cotisé (max 2 ans)
• Rechargement des droits
• Possibilité d’activité réduite :
- <110h/mois
- Salaire < 70% des salaires antérieurs
Les arguments en faveur d’une réforme de l’assurance chômage

1. La question du financement:déficit
2. Un système jugé trop généreux:montant condition et durée de
l’indemnisation
3. L'exclusion des démissionnaires et indépendant
4. les poids des contrats courts

Lettre de cadrage reçue en 2019 par le partenaires sociaux:

- Faire de 1 à 1.3 milliard d'économie par an sur les prestation


d’assurance chômage
- Réduire les droits des travailleurs précaires
- Indemniser les salariés démissionnaires présentant un projet de
reconversion
- Prévoir une indemnisation des non-salariés
- Mettre sur place des dispositifs de bonu-malus pour les E selon leur
recours à l'assurance-chômage

Question du déficit « Si on ne fait pas d’économies, dans dix ans on n’aura


plus de quoi indemniser les chômeurs. » (Muriel Pénicaud, Ministre du travail
une dette de (l’unedic)de 6 milliard

La question du déficit
Différentes causes :
• Budget pôle emploi plombe les comptes (-2,9 milliards)
- Les cotisations versées par les salariés et les employeurs ont toujours
été supérieures à l’ensemble des prestations versées. En 2017, 35,7
milliards d’euros de contributions ont été collectés pour 34,3 milliards
d’allocations versées.

• Substitution CSG-cotisations chômage décalée


• Gel des salaires dans la fonction publique
• Coût des contrats précaires (CDI 29/19 milliards)
- Les contrats courts représentent un déficit de 8,7 milliards

Tableau (compte de l’Unedic,en milliard d’euros )

Réduire l’indemnisation pour l'équilibrer les comptes (diapo)

"L'indemnisation du chômage en France est trop généreuse"


- “nous ne sommes plus en crise”

Limites (diapo)
- Offres non pourvues (300 000) VS 6.7 millions de choeurs toute
catégories confondue

ex
mars avril juin
SRJ:800 + 2000 + 2000 /30= 533
ARE:0.65<53.3=39.6

Durcir les paramètre d’indemnisation(ne pas prendre en compte les


jours ou en travaille mais aussi les jours ou on a pas w)
prise en compte des jours non W et pour être éligible avant il faut W 4
mois au cours de dernier 24 mois maitenant il faut W 6 mois au cours
de dernier 24 mois
(ne pas prendre en compte les jours ou en travaille mais aussi les jours
ou on a pas w)

Le taux de remplacement
a somme que vous recevez aux chômages

Réduire les indemnités des plus riche (diapo)

Réduire l’indemnisation pour équilibrer les comptes

RÉDUIRE LES INDEMNITÉS DES PLUS RICHES

- Montant maximal de l’indemnisation en France est 6270 euros par mois


- Les cadres contribuent pour 40 % au régime, mais ne représentent que
15 % des dépenses = problème d’équité

RÉDUIRE LES INDEMNITÉS DE TOUS

« Si on voulait vraiment résorber la dette en jouant sur les règles


d’indemnisation, il faudrait diminuer par deux tous les droits potentiels des
assurés : passer par exemple de vingt-quatre mois d’indemnisation maximum
à douze mois, de quatre mois de durée nécessaire pour s’affilier à huit mois,
baissé de 57 % le taux de remplacement à 47 %… C’est socialement
inacceptable. »

En résumé sur les grands objectifs réforme de l’assurance chômage


2. L’assurance chômage subventionnera le développement des contrats
courts,il faut les taxes

« Ce système, combiné à l’absence de bonus-malus pour les employeurs, a


poussé à la précarité financée par la collectivité c’est-à-dire, in fine, par les
salariés à temps plein. Il a favorisé l’explosion des contrats de travail d’une
durée inférieure à un mois : leur nombre a doublé en quinze ans »

La question des contrats courts


- coûts pour l’assurance chômage (tableaux)

Une question d'externalité négative

« Chacun s'accorde sur le fait que les entreprises doivent bénéficier d'une
flexibilité en matière d'emploi afin de pouvoir réagir aux fluctuations de la
demande et aux changements de technologie. Il est indéniable également que
les salariés font face à des risques considérables en l'absence de protection
d'emploi et d'assurance chômage. Comment réconcilier les deux demandes
légitimes : flexibilité et protection ? La réponse de base de l'économiste est
que l'on doit mettre l'entreprise face aux conséquences de ses actes : elle
doit payer le coût que ses licenciements imposent à la collectivité. Une
telle internalisation est la rançon, ou plutôt la condition sine qua non de la
flexibilité. » Olivier Blanch

L’exemple des USA

« Aux Etats-Unis, l'assurance chômage est justement soumise à ce système


de bonus-malus. Le taux de contribution dépend du montant que l'assurance
chômage a dû payer aux personnes qu'une entreprise a licenciées dans le
passé. Le travail de recherche mené par mon collègue Bruce D. Meyer avec
Patricia Anderson montre que les entreprises réagissent au malus en
licenciant significativement moins de leurs salariés. Le système de
bonus-malus tend donc à réduire les licenciements et donc le chômage »
Ioana Marinescu, mai 2017, « Bonus-malus pour l’assurance chômage : une vraie
bonne idée », Libération

→Réforme française : Cotisation unique aujourd’hui de 4,05%, pourra varier


entre 3 et 5,05% selon le taux de rupture constaté (>150% à celui de la
branche, si entreprises > 11 salariés)

Réforme française diapo

Taux de rupture:le nombre de fin de contrat pendant la période/le


nombre de salariés *100
Les contrats courts et la réforme limites

Limites :
- CDD sont déjà sur-taxés à 3% : efficacité ?
- Autre piste de la taxe forfaitaire à 10€ sur les CDD d’usage (annulée)

- « Si le gouvernement désire réellement réduire l’utilisation des contrats


courts, il doit supprimer les possibilités de proposer des contrats courts
offertes par les lois successives » (tribune d’économistes opposés à cette
réforme)

3. L’extension de l’assurance chômage aux démissionnaires

- Possibilité antérieures pour impératifs personnels (70 000 personnes


par an )

Nouveauté :
- affiliation de cinq ans (calculée sur l’ensemble des emplois occupés
précédemment)
- projet de reconversion professionnelle nécessitant une formation
- projet de création d’entreprise, dont le caractère réel et sérieux a été
attesté par une commission paritaire régionale

3. L’extension de l’assurance chômage aux indépendants ( 5 conditions)


- Activite non salariee sans interruption pendant au moins 2ans dans une
seule et même E (diapo)
- Cessation à cause d'une liquidation judiciaire ou d'un redressement
judiciaire
- Recherche activement un emploi, c'est-à-dire être inscrit à Pôle emploi
et fournir les efforts nécessaires
- Revenu d'au moins 10 000 € par an sur les 2 années qui ont précédé la
cessation
- Ressources personnelles inférieures au montant du RSA, soit moins de
565,34 € par mois pour une personne seule

La mesure du chômage
Ceux qui sont en emploi font partie de la population active mais les
chômeurs aussi!
→L'activité est la participation effective ou potentielle à l'économie nationale

Définir le chômage
Une participation potentielle à l'activité, ce qui suppose(d'après le BIT): (Une
participation potentielle à l’activité, ce qui suppose (d’après le BIT) :
- Être sans emploi, c'est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu'une
heure, durant une semaine de référence ;
- Être disponible (pour prendre un emploi dans les 15 jours) ;
- Avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir
trouvé un qui commence dans moins de trois mois

Taux de chômage=part de la population active qui n’occupe pas un emploi

5% en juin 1980 à 8.2% en juin 2019,soit une progression de 3.2 points de


pourcentage

Le chômage selon pôle emploi

- Inscrit à pôle emploi(pour Aide de Retour à l'Emploi)


- Catégorie A : demandeur, sans emploi, tenu de chercher (celui
commenté dans la presse)
- Catégorie B : demandeur, en activité réduite (<78h), tenu de chercher
- Catégorie C: demandeur, en activité réduite longue (>78 h), tenu de
chercher
- Catégorie D: demandeur mais pas tenu de chercher (formation,
maladie, stage…)
- Catégorie E : demandeur en emploi (contrats aidés) pas tenu de
chercher
- Possibilité d’être radié de Pôle emploi

La prise en compte de sous-emploi


Nombre de personnes en situation de sous-emploi par composantes de 2003
à 2020
- Les actifs occupés ayant un temps de travail réduit ne sont pas
comptabilisés comme chômeurs de catégorie A ou chômeurs au sens
du BIT:ils sont en situation de sous-emploi
Le halo du chômage

Nombre de personnes appartenant au halo autour du chômage par


composantes de 2003 à 2020
Résumé des différentes mesures du chômage
- Flou entre emploi/ chômage et inactivité

Des chiffres contestés?


Un exemple de la présidence François Hollande (2012-2017)

- Janvier 2013 : Pôle emploi annonce 3 300 000 chômeurs de catégorie


A = hausse du chômage
- Février 2013 : L’INSEE publie son enquête emploi = 2 800 000
demandeurs d'emploi. Baisse du chômage ! Taux de chômage de 9,8 %
de la population active, en recul de 0,1 point au quatrième trimestre.
L'écart de 500 000 personnes ! Qui croire ?
« Il y a deux types de statistiques, elles ont chacune leur valeur. Celle qui est
regardée par le monde, c'est celle qui est parue ce matin [celle de l’INSEE]
(...), c'est sur elle que repose l'engagement pris auprès de la Commission
européenne, qui a été respecté » Michel Sapin, 2013, Ministre du travail

Bilan du quinquennat [Link]

→ Tableau diapo 30

Chiffres de Pôle Emploi moins favorables : retour au niveau de 2012


→ tableau
Hausse des radiation administrative: + 44% en un an

→ tableau diapo 31/38

Les auto-entrepreneurs réduisent le chômage


• En 2021, près d’un million d’entreprises a été créé, dont 641 000
microentreprises
• Instabilité : un tiers seulement survit au bout de cinq ans
• Faible rémunération : environ 590 euros par mois en moyenne

Faut-il réformer les retraites?

Une illustration:Faut-il réformer les retraites?

- Un système de retraites par répartition

*Cotisations salarié + Salaire net = Salaire Brut


*Salaire Brut + cotisations patronales = coût du travail
1.88 actif pour 1 retraité

Schématiquement deux logiques dans le système par répartition :


• Systèmes à prestations définies : on fixe le niveau de pension
• Systèmes à cotisations définies : on fixe le niveau de cotisations

Les règles actuelles pour le régime général :


• Le salaire de référence : 50% de la moyenne des 25 meilleures années
dans le privé, 75% du traitement (hors prime) des 6 derniers mois dans le
public
• Le taux plein : durée de cotisation pour partir avec le salaire de référence
(41.5 maintenant mais 43 ans en 2035 = 172 trimestres) •Trimestres gagnés
: pénibilité, enfants…
• La décote/surcote : malus/bonus au salaire de référence
• L’âge légal : âge auquel on peut prendre sa retraite (62)
• L’âge maximum : taux maximum automatique

Une illustration : faut-il réformer les retraites ?


Pourquoi réforme?(diapo)

• La soutenabilité financière
• Les questions de justice sociale

Ce que je veux, c’est que l’on fasse deux choses. Un, que notre régime,
quand il entre en vigueur en 2025, soit équilibré financièrement. Et deux,
que ce soit juste en termes de cotisations. »

La soutenabilité financière
-Equilibré actuellement; un déficit estimé entre 7,9 et 17 milliards en 2025
(COR) sur 310 milliards de dépenses (3,22% avec un déficit de 10 milliards)

-Les raisons d’une dégradation en 2025 (Hypothèses du COR) :


• stabilité des pensions versées en % du PIB
• austérité salariale publique (-80 000 d’ici 2022 puis stabilité 2030, gel du
point d’indice)
• baisse des ressources non compensées (politique de baisse des cotisations)

-L’existence d’un fond de réserve des retraites (127 milliards d’euros)

« le fait que le système de retraite présente un déficit à cet horizon [2025]


n’implique pas nécessairement pour tous les membres du COR que celui-ci
doive être résorbé par des mesures d’économies » (p. 61)

- Les différence pistes possibles


1-Augmenter les ressources : hausse des salaires bruts, hausse du taux de
cotisation (employeur ou salarié), réduire le chômage (excédent UNEDIC,
hausse des cotisations)

Ex : +1% du taux de cotisations (+0,2% par an sur 5 ans) suffirait


Non compatible avec la politique économique du gouvernement.

2-Diminuer les dépenses:


• Faire travailler plus les actifs : augmentation de la durée pour avoir le taux
plein, report de l’âge légal
• Faire baisser les pensions des retraités

= Options retenues par le gouvernement (choisi par le gouvernement de


Macron)

différence de pénibilité a tous le monde


- La justice sociale : quels critères pour apprécier le côté juste d’un
système ?
- A situation égale, traitement égal (ex: chauffeur de Bus RATP vs
province)
- Le rapport entre niveau de vie actifs/retraités et le taux de pauvreté des
retraités
- La prise en compte des interruptions de carrière (chômage, maladie,
enfants…)
- la prise en compte des différences d’espérance de vie et de la pénibilité
-assurer une retraite digne à tous (montant minimum pour un carrière
complète)
- Le système met-il plus à contribution les hauts revenus ?

Les propositions du gouvernement en 2019 :


-Un système universel par point

• Points accumulés sur toute la carrière (chômage, temps partiel comptent)


• Valeur du point plus faible si on liquide avant l’âge d’équilibre

Les risques
• La focalisation sur l’équilibre budgétaire entraînera un décalage de l’âge
pour avoir la bonne valeur des points
• La difficulté à travailler plus longtemps se traduira par une baisse des
pensions

« Le système par points, ça permet une chose, qu’aucun politique n’avoue, ça


permet de baisser chaque année, le montant des points, la valeur des points
et donc de diminuer le niveau des pensions »

Les risques
• Le niveau de vie des retraités va décrocher par rapport à celui des actifs
accompagné d’un risque de plus grande pauvreté (Ex: Suède)
• Les interruptions de carrière et la précarité impactent beaucoup plus le
niveau de retraite future
• Les critères de pénibilité donnent plus de points mais sont partiellement
reconnus
• Les différences d’espérance de vie ne sont pas vraiment prises en compte,
ni l’espérance de vie en bonne santé

Le rôle également des service publics dans la reduction des inegalites

Le budget 2018 : un budget pour les riches ?

« Au final, le dernier décile concentre 46 % des gains des mesures


fiscales à destination des ménages. Toutefois, comme nous l’avons mis en
évidence dans le OFCE policy brief 19, c’est le dernier centile de la
distribution des niveaux de vie (les 280 000 ménages les plus riches) qui
en bénéficie plus particulièrement »

Une inflexion en 2019


L’intervention directe sur la répartition primaire des revenus
• Pays les moins inégalitaires sont ceux qui ont les inégalités de R primaires
les plus faibles
• Différentes mesures de régulation du M du travail : SMIC, conventions
collectives…
• Débats encore plus forts entre justice et efficacité

« Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès
2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur. »

Le salaire minimum

La réglementation des rémunérations : l’exemple du SMIC


- Indice des prix d’un panier de biens des 20% les plus modestes (hors
tabac) + 50% de l’augmentation du salaire moyen des ouvriers et
employés (+2,2% au 01/10/2021 soit 27 euros nets)
- Possible « coup de pouce » du gouvernement au 1er janvier

« Notre politique ce n'est pas de faire des coups de pouce au Smic, c'est de
faire que le travail paye »

Les objectifs et avantages du SMIC :


• A l’origine : garantir un minimum à ceux qui n’ont pas de pv de négociation
=> armée industrielle de réserve » (Marx)
• Garantir un revenu décent aux travailleurs : le travail doit permettre de vivre
dignement
« Globalement les budgets de référence pour une participation à la vie sociale
se situent (pour un ménage logé dans le parc social) entre 1 424 euros pour
une personne active seule et 3 284 euros pour un couple avec deux enfants.
» ([Link])
• Encourage les entreprises à ne pas proposer des emplois de faible
qualité(ex: hommes sandwichs)
• Donne du pv d’achat aux salariés qui sera dépensé dans l’économie =>
favorise l’activité économique et l’emploi

Deux modèles théoriques aux conclusions opposés


• Le marché du travail néoclassique
• Le modèle keynésien

Des effets positifs sur l’emploi


Etude de Card et Krueger, 1993* « MINIMUM WAGES AND EMPLOYMENT:
A CASE STUDY OF THE FAST FOOD INDUSTRY IN NEW JERSEY AND
PENNSYLVANIA »
- Expérience naturelle d’augmentation du salaire minimum
- Pas de baisse de l’emploi
effets de substitution a revoir
les risque d’un smic l'etat fixe un smic supérieur

Des effets positifs sur l’emploi


« La plupart des économistes, y compris moi-même, partaient du principe que
l’augmentation du salaire minimum avait clairement un effet négatif sur
l’emploi. Mais ils ont plutôt trouvé un effet positif. Leur résultat a depuis été
maintes fois confirmé. Rien ne prouve que l’augmentation du salaire minimum
est coûteux en emplois. » Paul Krugman, Prix Nobel d’économie

« Dans l’ensemble, les recherches les plus récentes menées aux Etats-Unis,
au Royaume-Uni et dans d’autres pays développés font état d’un effet très
modéré des salaires minimaux sur l’emploi, tout en augmentant sensiblement
les revenus des travailleurs peu rémunérés. Il est important de noter que cela
est vérifié même pour les politiques récentes les plus ambitieuses.

Les critiques : le SMIC augmentera le coût du travail donc le chômage


• Un coût supérieur à la productivité pour les non qualifiés ? Inemployables

Si l’Etat continue d’accroître le salaire minimum, certains travailleurs finiront


par coûter plus qu’ils ne rapportent. Ils seront alors licenciés. » André
Zylberberg
- Laroque et Salanié (2000) : une augmentation de 10 % du SMIC détruit
à long terme environ 290 000 emplois
- Francis Kramarz : une augmentation de 1 % du SMIC détruirait de 15
000 à 25 000 postes
« Tout d’abord, la situation de l’économie française avant cette crise
demeurait fragile. Malgré des progrès, elle se caractérisait encore par un
chômage important, une compétitivité faible et une situation financière des
entreprises dégradée, avec toutefois une amélioration transitoire en 2019 liée
à la transformation du CICE. Dans cette configuration, une hausse du SMIC
au-delà des mécanismes de revalorisation automatique risquerait d’être
préjudiciable à l’emploi des personnes les plus vulnérables, d’autant qu’elle ne
pourrait plus être compensée par une baisse des contributions sociales
employeurs »

Les critiques : le SMIC augmenterait le coût du travail donc le chômage

Compensations à l’augmentation du coût du travail engendrée :


• Des baisses de cotisations sociales massives
• Ces baisses de cotisations ont pu créer d’autres problèmes *
(2) « Les emplois au Smic sont en effet concentrés dans le secteur des
services, peu soumis à la concurrence internationale. Tandis qu’il a fallu
accroître les cotisations sociales portant sur le travail qualifié pour continuer à
financer la protection sociale. Résultat : le secteur manufacturier, très exposé
à la concurrence internationale, consacre aujourd’hui une part de sa valeur
ajoutée 1,5 fois plus importante que les services marchands aux cotisations
sociales patronales.

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