Optimisation Patrimoniale par Assurance Vie
Optimisation Patrimoniale par Assurance Vie
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REMERCIEMENTS
Je remercie également toute l'équipe du CIC pour leur accueil, leur esprit d'équipe,
leurs explications et leurs formations. Ainsi que toutes les personnes, travaillant dans
différents départements de la banque, qui ont répondu à mes questions et qui m’ont
fourni les informations et documents dont j’avais besoin.
3
L’Université de Lorraine Nancy 2 n’entend donner aucune
approbation ni improbation aux opinions émises dans les
mémoires : ces opinions doivent être considérés comme
propres à leurs auteurs.
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Table des matières
INTRODUCTION............................................................................................................. 6
PREMIERE PARTIE : L’ASSURANCE VIE, DISPOSITIF D’OPTIMISATION DU
PATRIMOINE PRIVE ? ................................................................................................... 9
I) La fiscalité avantageuse des contrats d’assurance en cas de vie .......................... 9
A) L’assurance vie, outil d’optimisation de l’impôt sur le revenu en cas de rachat
partiel ou total ........................................................................................................................................... 9
B) L’optimisation de la fiscalité par le prélèvement forfaitaire unique pour les contrats
souscrits et primes versées après 2017 (PFU) ............................................................................... 14
C) Les exonérations totales ............................................................................................................. 15
II) Le cadre fiscal privilégie du contrat d’assurance vie en cas de décès ............... 26
A) L’article 990 I du Code général des impôts .......................................................................... 26
B) L’article 757B du Code général des impôts .......................................................................... 29
C) Les contrats souscrit avant le 20 novembre 1991............................................................... 31
CONCLUSION................................................................................................................39
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................41
WEBOGRAPHIE .............................................................................................................42
DOCUMENTS INTERNES .............................................................................................43
ANNEXES .......................................................................................................................44
ANNEXE I : Article L341-1du code de la sécurité sociale ............................................. 44
ANNEXE II : Article 669-I du CGI ....................................................................................... 45
ANNEXE III : Article L132-12 du code des assurances .................................................. 46
ANNEXE VI : Extrait de la réponse ministérielle Bacquet ............................................ 47
ANNEXE V : La réponse ministérielle Ciot ....................................................................... 48
ANNEXE VI : Article 796-O Ter du CGI ............................................................................. 49
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INTRODUCTION
L’assurance vie est avant tout un contrat permettant d’épargner de l’argent, mais
aussi un excellent outil de préparation à la retraite et d’optimisation fiscale, aussi
bien pendant la vie de l’assuré que lors de l’ouverture de sa succession. Si l’objectif
premier du souscripteur est de valoriser son capital par le biais de l’investissement
dans des fonds euros sécurisés ou des unités de comptes, il peut également se
servir de ses placements pour s’assurer un avenir confortable au moment de sa
retraite. En termes de gestion de patrimoine, la principale qualité du contrat réside
dans l’optimisation fiscale que peut apporter le contrat au moment d’une succession
et la possibilité de déroger aux règles civiles applicable aux successions classiques,
par le biais des clauses bénéficiaires. La présente étude s’intéressera aux différentes
possibilités d’optimisation qu’offre le contrat d’assurance vie, dues notamment à un
cadre fiscal avantageux.
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Ce contrat fait donc intervenir quatre acteurs :
§ La compagnie d’assurance
§ L’assuré : Il est une personne physique sur laquelle repose le risque de décès
ou de vie. Dans la plupart des cas, l’assuré et le souscripteur sont la même
personne. Les mineurs de moins de douze ans ne peuvent pas être les
assurés de contrats d’assurance en cas de décès.
L’assurance vie ne doit par conséquent pas être utilisée à des fins de contournement
du droit des successions et des obligations.
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o La typologie des contrats
Þ Les contrats collectifs : ils sont souscrits par une personne morale au profit de
plusieurs adhérents possédant tous un lien similaire avec le souscripteur. On
y retrouve dans la majorité des cas le contrat souscrit par un employeur pour
le compte de ses salariés.
Þ Le contrat individuel, souscrit par une personne physique auprès d’un
assureur.
Þ Le contrat en euros : le contrat est souscrit sur des fonds euros sécurisés,
essentiellement des obligations, bénéficiant d’une garantie en capital.
Þ Les contrats en unités de compte : ils représentent des contrats investis dans
des produits financiers tels que des actions, des fonds à formules, des fonds
diversifiés…
Þ Les contrats multi supports sont des contrats alliant fonds euros et unités de
comptes.
Þ Les contrats en cas de vie : l’assureur s’engage à verser au souscripteur
bénéficiaire une rente en cas de vie au terme du contrat.
Þ Les contrats en cas de décès : au décès l’assureur est tenu de versé le capital
épargné par le défunt au bénéficiaire.
Þ Les contrats mixtes allient les deux caractéristiques des contrats en cas de vie
et de décès.
L’assurance vie possède donc une large gamme de contrats ayant tous comme
similitude une fiscalité propre à la situation du dénouement du contrat en cas de vie
et de décès, qui s’avèrent souvent plus avantageuse que la plupart des autres
placements. Ainsi il sera mis en évidence au travers de cette étude, que l’assurance
vie constitue un outil d’optimisation et de transmission du patrimoine majeur dans
un contexte fiscal actuellement rigide.
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PREMIERE PARTIE : L’ASSURANCE VIE,
DISPOSITIF D’OPTIMISATION DU PATRIMOINE
PRIVE ?
En cas de rachat total ou partiel effectué, seul le montant des intérêts contenus dans
le rachat est taxable au barème de l’impôt sur le revenu comme expliqué ci-dessous.
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• Contrats souscrit ou primes versées à compter du 27/09/2017
La fiscalité applicable sur le montant des intérêts perçus pour les bénéficiaires
autres que le conjoint ou partenaire de pacs est donc la suivante concernant les
versements effectués sur les contrats conclus à compter du 27/09/2017 :
Þ Si l’encours est inférieur à 150 000€ et que le rachat est effectué dans les 8
premières années de vie du contrat alors le taux de prélèvement est de 12,8%
ou sur option, l’assuré peut opter pour l’impôt sur le revenu (IRPP). Si le
contrat à plus de 8 ans le taux applicable est de 7,5% ou, sur option, à l’IRPP.
Þ Si l’encours est supérieur à 150 000€ et que le rachat est effectué dans les 8
premières années de vie du contrat alors le taux de prélèvement est de 12,8%
ou sur option, l’assuré peut opter pour l’IRPP. Si le contrat à plus de 8 ans le
taux applicable est de 7,5% ou, sur option, à l’IRPP sur les 150 000 premiers
euros, le reliquat étant imposé à 12,8% ou à l’IRPP.
Le calcul pour déterminer la part imposable à 12,8% pour les contrats de plus
de 8 ans est réalisé comme suit :
(Intérêts relatifs aux primes versées > 26/09/2017) x [(150 000 –
primes versées < 27/09/2017) / (primes versées > 26/09/2017)]
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Lorsque les rachats effectués se font sur un contrat de plus de 8 ans, en fonction de
la situation matrimoniale de l’assuré, un abattement de 4600€ pour une personne
seule et de 9200€ pour un couple est appliqué sur le montant imposé du rachat.
L’assuré, s’il est marié ou pacsé, pourra alors aisément retirer de son contrat
d’assurance vie, chaque année, sans subir d’imposition tant que le montant des
intérêts ne dépasse pas 9200€. Il restera cependant redevable des prélèvements
sociaux de 17,2%.
Il est important de noter qu’au moment des rachats effectués sur un contrat, un
prélèvement forfaitaire non libératoire est appliqué par l’assureur pour un montant
de 12,8% sur les contrats de moins de 8 ans et un taux de 7,5% pour les contrats de
plus de 8 ans. C’est au moment de la déclaration d’IR suivant l’année du rachat que
l’assuré émettra son souhait d’option entre le barème IRPP et le PFU avec une prise
en compte du PFNL déjà prélevé par l’assureur.
Remarque : L’assuré souscripteur disposant d’un revenu fiscal de référence N-2 par
rapport au rachat, inférieur à 25 000€ pour une personne seule ou 50 000€ pour un
couple peut bénéficier d’une dispense de paiement du PFNL.
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• Contrats souscrit ou primes versées à partir du 26/09/1997 jusqu’au
27/09/2017
Les plus-values des contrats souscrits entre ces deux dates sont imposables en
principe à l’impôt sur le revenu, toujours selon le barème progressif ou sur option
au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL).
Si l’assuré choisi d’opter pour le PFL il doit en formuler la demande auprès de son
assureur au moment de l’encaissement des plus-values au plus tard. Si l’option est
choisie, elle est alors irrévocable. De plus, l’assuré ne pourra bénéficier de
l’abattement de 4600€ ou 9200€ sur les contrats de plus de 8 ans, celui-ci se
manifestera sous la forme d’un crédit d’impôt imputable sur l’IRPP de l’année
suivante. Les taux de prélèvement du PFL applicable sont les suivants :
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Þ Si la durée du contrat est comprise entre 4 et 8 ans, le taux applicable aux
plus-values générées est de 15%.
Þ Enfin, si le contrat à plus de 8 ans, le taux en vigueur correspond à 7,5%.
Pour les rachats effectués sur les contrats d’assurance vie multi-supports ouverts
avant 1998, et les gains constitués à compter du 01/01/1997, ainsi que les intérêts
inscrits avant le 01/01/2011 sur le compartiment euros des contrats multi-supports,
13
relatifs aux versements effectués avant le 26/09/1997, la loi de financement de la
sécurité sociale de 2014 indique que le taux des prélèvement sociaux est celui en
vigueur au jour des rachats, à savoir 17,2% et non ceux applicables au moment de
la souscription du contrat.
Le bénéfice du dispositif des « taux historiques » est maintenu pour les intérêts
constatés au cours des 8 premières années suivant l’ouverture des contrats
d’assurance-vie ouverts entre le 1er janvier 1990 et le 26 septembre 1997.
• Analyse
L’option entre le PFU et le choix du barème doit faire l’objet d’une analyse
approfondie afin de savoir quelles options optimisent au mieux l’impôt dû de
l’assuré.
• Cas concret
14
des capitaux ne dépasse pas le plafond de 150 000€, au lieu de 30 % s’il les avait
incorporés à son revenu global.
Cependant, l’assuré dont le revenu net global, notamment par le biais du quotient
familial, est inférieur à 9.690 euros, a tout intérêt à intégrer les plus-values réalisées
dans son revenu net global à conditions que ce revenu supplémentaire ne le fasse
pas passer dans la tranche supérieure à 14%. Le taux en vigueur sera de 0% et
restera plus avantageux que le prélèvement forfaitaire unique.
Les rachats peuvent être exonérés de fiscalité sous certaines conditions, et cela
peut-importe la durée du contrat et quelle que soit la date de versement des
primes selon les situations suivantes :
Þ Si les contrats ont été conclus ou les primes versées avant le 01/01/1983,
dans ce cas ils seront exonérés de fiscalité.
Þ Si les contrats ont été conclus ou les primes versées entre le 01/01/1983 et
le 26/09/1997 et que les produits de l’épargne versée le sont avant le
01/01/1998.
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• Les exonérations liées à la condition de l’assuré
Ces exonérations s'appliquent aux intérêts perçus jusqu'à la fin de l'année qui suit
la survenance d'un des évènements expliqués ci-dessus. Les prélèvements sociaux
sont dus et retenus à la source sauf pour la mise en invalidité du souscripteur ou de
son conjoint.
1
Annexe I
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II) L’assurance vie comme instrument de préparation
à la retraite
Les rentes émanant des contrats d’assurance vie sont soumises à une imposition
différente de celle des rachats et dépend entièrement de l’âge du rentier au
moment de la mise en place de la rente, établi selon l’article 158 du CGI.
Il est important de noter que le montant des rentes reste soumis aux prélèvements
sociaux. Les prélèvements sociaux sont appliqués uniquement sur la fraction
imposable de la rente selon le barème ci-dessous :
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A partir du moment où le pourcentage de la rente imposable est défini, celui-ci
n’est pas voué à évoluer dans le temps en fonction de l’âge du bénéficiaire. Le taux
est déterminé une seule fois, et demeure applicable jusqu’au décès de l’assuré. S’il
existe une rente viagère avec réversion au profit du conjoint survivant, on prendra
toujours en compte pour la détermination du taux de la rente imposable l’âge le
plus avancé des deux.
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L’usufruitier devra effectuer des rachats réguliers pour éviter tout risque fiscal de
requalification en donation au profit du nu-propriétaire. Les rachats seront fiscalisés,
selon l’antériorité du contrat et les dates de versement des primes, aux
prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu (déclaration de revenus ou
prélèvement forfaitaire libératoire).
Exemple
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Þ 2ème hypothèse : prédécès du nu-propriétaire
- Chacun d’entre eux perçoit 170 000 € de capitaux décès et bénéficie d’un
abattement de 152 500 €. Au-delà de cet abattement, on applique un prélèvement
de 20% soit une imposition de 3 500 € par bénéficiaire effectué par la compagnie
d’assurance sur les capitaux décès.
Les deux enfants sont nus-propriétaires et leur grand-père usufruitier des capitaux
décès, avec obligation de réinvestir les sommes dans un placement démembré
procurant des revenus à l’usufruitier.
2
Annexe II
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DEUXIEME PARTIE : L’ASSURANCE VIE, OUTIL
CONCRET DE TRANSMISSION DU PATRIMOINE
PRIVE ?
L’actif successoral regroupe les biens dont le de cujus était propriétaire lors de son
décès, qu’il s’agisse de biens meubles ou d’immeubles ainsi que les droits dont il
était le détenteur en date de son décès, à savoir les valeurs mobilières, épargne …
Cet actif sera réparti en fonction de la liquidation du régime matrimonial en vigueur.
La répartition sera donc totalement rattachée au type de régime à savoir légal, de
communauté universelle ou de séparation.
3
Annexe III
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Le passif successoral est quant à lui composé des dettes contractées par le défunt
et des dettes engendrées par son décès. Les dettes du défunt sont réglées par les
héritiers et légataires par leur patrimoine personnel.
L’assurance vie se révèlent alors être un véritable moyen d’optimisation, puisque les
contrats d’assurance vie du défunt n’entrent pas dans le calcul de la masse
successorale.
De par l’article L132-12 du code des assurances, on peut affirmer que l’assurance
vie est « hors succession », ou de manière plus équivoque que le fait de dénouer un
contrat d’assurance vie et de verser les capitaux aux bénéficiaires est réalisé en
dehors des règles civiles de succession.
22
Þ L’assurance vie ne constitue en aucun cas une libéralité successorale.
4
Annexe IV
5
Annexe V
23
D) Primes manifestement exagérées et actions en réduction
24
Enfin, il est nécessaire afin d’apprécier le caractère des primes versées, de se placer
au moment du versement de ces dernières et non à la date du décès du
souscripteur. On considèrera les primes comme manifestement exagérées dès lors
que l’on descellera une atteinte à la réserve héréditaire ou à la quotité disponible.
o Sanctions applicables
25
II) Le cadre fiscal privilégie du contrat d’assurance vie
en cas de décès
• Principes généraux
L’article 990 I du CGI est appliqué lorsque l’assuré a effectué des versements sur son
contrat d’assurance vie souscrit après le 20 novembre 1991 et avant son 70ème
anniversaire.
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Remarque : Les contrats « Vie Génération » bénéficient d’un abattement spécifique
de 20 % sur les capitaux décès applicable avant l’abattement de 152 500 €. Les
primes versées doivent avoir été intégralement investies en support en unités de
compte, dont au moins 33% dans le logement social ou intermédiaire, les petites et
moyennes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire, l’économie sociale et
solidaire, le capital-risque et les ETI, secteurs jugés d’utilité sociale par le législateur
depuis 2013.
Les produits des contrats d’assurance-vie sont assujettis aux prélèvements sociaux
17,2% :
• Lors de leurs inscriptions annuelle en compte pour les produits des contrats
mono supports en euros et du compartiment euros des contrats multi
supports.
• Lors du rachat partiel ou total du contrat, lors de son dénouement ou au
décès de l’assuré, pour les produits des unités de compte des contrats multi
supports.
En revanche si les versements ont été effectués avant le 13 octobre 1998, l’assuré
bénéficie d’une exonération d’imposition mais reste cependant redevable des
prélèvements sociaux.
Son fils Jacques est venu nous consulter afin de savoir quelle est la fiscalité
applicable au dénouement du contrat. Nous lui avons donc fourni le tableau
suivant :
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Le montant total de son imposition s’élèvera donc à 248 594€. Somme prélevée
directement par l’assureur sur le montant total des capitaux décès au moment du
dénouement du contrat. Il conviendra de rajouter également le montant des
prélèvements sociaux.
Si Monsieur X n’avait pas souscrit d’assurance vie, et que la somme issue des
capitaux décès à savoir 1 200 000 avait suivi les règles de succession classique, dans
l’hypothèse où Jacques était l’unique héritier de Monsieur X, la fiscalité aurait alors
été la suivante :
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Jacques aurait alors été, sans la souscription au contrat d’assurance vie, redevable
de 292 678€ à l’administration fiscale. Soit un gain fiscal, de par le contrat
d’assurance vie de 44 084€.
Þ Principes généraux
L’article 757 B du CGI est appliqué lorsque l’assuré à effectuer des versements sur
son contrat d’assurance vie souscrit après le 20 novembre 1991 et après son 70ème
anniversaire.
Ainsi, au-delà d’un abattement de 30 500€, les primes versées sont soumises aux
droits de succession déterminés selon le lien de parenté́ existant entre le
bénéficiaire et l’assuré après application des abattements de droit commun dont il
peut éventuellement se prévaloir comme les abattements en ligne directe par
exemple.
Si l’assuré a souscrit plusieurs contrats, il est tenu compte de toutes les primes
versées après ses 70 ans, sur l’ensemble de ses contrats, pour l’appréciation de cet
abattement.
Quel que soit l’âge de l’assuré lors du versement des primes, le conjoint, le
partenaire pacsé de l’assuré décédé ou son frère ou sa sœur s’ils vivaient sous le
même toit au sens de l’article 796-O Ter du CGI6 au moment du décès de l’assuré,
bénéficiaires du contrat perçoivent les capitaux décès, en franchise fiscale.
6
Annexe VI
29
Þ Cas client concret
Dans la poursuite du cas de Monsieur X, celui-ci était détenteur d’un autre contrat
d’assurance vie souscrit en 1999 avec versement d’une prime unique de 800 000€
après ses 70 ans. Il n’a pas réalisé de versements mensuels car cette prime unique
provenait du reste de l’héritage de sa défunte mère. Le bénéficiaire de son contrat
d’assurance est également son fils Jacques. Les capitaux décès s’élèvent au moment
du décès de Monsieur X à 1 200 000€.
Son fils Jacques souhaite savoir pour ce contrat également, quelle est la fiscalité
applicable au dénouement du contrat. Nous lui avons donc fourni le tableau
suivant :
On peut s’apercevoir, après étude, qu’il est plus avantageux pour Jacques, en
termes de droit de succession que Monsieur X est souscrit après ses 70 ans du fait
du montant du contrat. La souscription avant les 70 ans de l’assuré reste conseillée
dans le cas, par exemple, ou le montant des capitaux décès est inférieur au seuil
d’abattement de 152 500€.
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C) Les contrats souscrit avant le 20 novembre 1991
Pour les contrats souscrits avant le 20 novembre 1991, afin de connaître la fiscalité
en vigueur, il est nécessaire de connaître la date à laquelle l’assuré a effectué les
versements sur son contrat d’assurance à savoir avant le 13 octobre 1998 ou après
cette date. L’âge de l’assuré n’est pas pris en compte dans le calcul de la fiscalité
du contrat.
• Pour les contrats dont les versements sont antérieurs au 13 octobre 1998, il y
a une exonération totale de fiscalité sauf prélèvements sociaux qui restent
dus à l’administration fiscale.
• Pour les contrats dont les versements sont postérieurs au 13 octobre 1998,
les règles de fiscalité sont les mêmes que pour les contrats souscrits par
l’assuré après le 20 novembre 1991 avec des versements effectués après le
13/10/1998 avant ses 70 ans.
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(***) Frère / sœur célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, à la double
condition :
Þ Qu’il soit âgé de plus de 50 ans ou atteint d’une infirmité le mettant dans
l’impossibilité de subvenir à ses besoins
Þ Et qu’il ait été constamment domicilié avec le défunt pendant les 5 années
ayant précédé le décès.
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III) L’enjeu patrimonial du choix de la clause
bénéficiaire
• Analyse
Ainsi, toute personne physique ou morale peut être choisie comme bénéficiaire
d'un contrat d'assurance-vie, sauf si la désignation est contraire à l'ordre public et
aux bonnes moeurs ou si elle concerne les personnes suivantes ﴾sauf lien de parenté́
avec l'adhérent﴿ :
• Ministres du culte
• Personnes du corps médical et pharmaciens ayant traité l'adhérent pour
l'affection suite à laquelle il a succombe
• Personnel des maisons de repos ou de retraite dans lesquelles l'adhérent a
séjourné
• Personnes hébergeant l'adhérent handicapé avec lequel ils n'ont aucun lien
de parenté́.
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La rédaction de la clause bénéficiaire demeure fondamentale, sa clarté et sa
précision assurent le respect de la volonté de l'adhérent et permettront aux
bénéficiaires désignés de percevoir le capital décès dans un cadre fiscal
avantageux. A défaut d'une désignation valable, les capitaux décès devront
réintégrer l'actif successoral de l'adhérent. Dans ce cas, ce sont les héritiers de
l’adhérent qui toucheront le capital décès et la fiscalité sera celle des successions.
• Cas concret
Madame C, cliente de l’agence aux multiples contrats d’assurance vie d’un montant
global de 476 000€, n’a à ce jour aucuns héritiers légaux. Elle vit en concubinage
avec Monsieur B et ses deux enfants dont elle est très proche. Madame C vient nous
consulter car elle souhaiterait que son concubin Monsieur B mais aussi ses deux
enfants soient les bénéficiaires légitimes de ses contrats d’assurance vie. Les clauses
suivantes établies en fonction de ses contrats ont été lui suivantes :
34
L’ensemble des clauses bénéficiaires de son contrat ont été modifiées afin de
respecter le souhait de Madame C de transmettre son patrimoine aux bénéficiaires
désignés.
35
Le versement des capitaux en quasi-usufruit
Le terme quasi usufruit est employé de par la nature de l’actif, c’est-à-dire du capital
et non un bien matériel, il peut également être à durée déterminée ou alors viager.
L’usufruitier peut donc utiliser ce capital de la manière dont il le souhaite soit en le
dépensant ou en réalisant des investissements, à sa charge de restituer au nu-
propriétaire à l’issue du démembrement le capital décès d’origine.
36
• Le régime fiscal de la clause démembrée
Au-delà d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, les capitaux décès sont
assujettis à un prélèvement de 20% pour la fraction nette revenant à chaque
bénéficiaire inférieure ou égale à 700 000 € et au-delà de 31,25%.
Le nu-propriétaire et l’usufruitier sont considérés, pour l’application du
prélèvement, bénéficiaires au prorata de leur part respective dans les capitaux
décès, déterminée en fonction de l’âge de l’usufruitier au dénouement du contrat
(barème fiscal de l’article 669 I. du CGI).
L’abattement de 152 500 € est réparti entre eux dans les mêmes proportions. Il
convient d’appliquer autant d’abattements qu’il y a de couples « usufruitier/nu-
propriétaire ». Ainsi en cas de pluralité de nus propriétaires, chacun d’entre eux
partage un abattement avec l’usufruitier en fonction de leurs droits respectifs.
Lorsque l’un des bénéficiaires est exonéré, par exemple le conjoint survivant ou
partenaire pacsé, la fraction d’abattement non utilisée par ce dernier ne profite pas
aux autres bénéficiaires.
Si l’usufruitier et le nu-propriétaire sont également bénéficiaires d’autres contrats
souscrits par ce même assuré, chacun d’entre eux ne peut bénéficier que d’un
abattement de 152 500 € sur l’ensemble des capitaux décès y compris la quote-part
relative à la clause démembrée. Il peut être opportun de désigner les bénéficiaires
en nue- propriété également pour des capitaux décès en pleine propriété afin de
bénéficier de l’intégralité de l’abattement.
Les primes versées après le 70ème anniversaire de l’assuré sont imposées aux droits
de succession selon le lien de parenté́ entre le bénéficiaire et l’assuré, sous
déduction d’un abattement global de 30 500 €.
En présence d’une clause démembrée, la base taxable est répartie entre l’usufruitier
et les nus propriétaires au prorata de la valeur de leurs droits respectifs déterminée
en fonction de l’âge de l’usufruitier lors du décès de l’assuré (barème fiscal de
l’article 669-I. du CGI).
L’abattement se répartit entre les bénéficiaires, en nue-propriété et en usufruit, dans
les mêmes conditions. Lorsque l’usufruitier des capitaux décès est le conjoint ou le
partenaire pacsé de l’assuré décédé, sa quote-part dans les capitaux décès est
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exonérée de droits de succession. Contrairement au régime fiscal précédent,
l’abattement non utilisé, par ce bénéficiaire exonéré, profite aux autres
bénéficiaires.
Lorsque des prélèvements fiscaux sont dus par les nus propriétaires (soit en
présence de capitaux décès dépassant les abattements en vigueur), en cas de quasi-
usufruit par exemple, les capitaux décès sont versés à l’usufruitier, nets de ces
impositions. Il peut être opportun de rédiger une convention entre les parties afin
de convenir des modalités de remboursement des prélèvements par les nu-
propriétaire envers l’usufruitier.
38
CONCLUSION
L’assurance vie contrairement à des actifs tels que l’immobilier est des placements
accessibles, ils permettent à l’épargnant de se constituer un capital pour un montant
moins important que l’achat d’un bien immobilier tout en bénéficiant d’un cadre
fiscal avantageux et optimisé. Les contrats sont également liquides puisque l’on
peut aisément effectuer sur son contrat des rachats partiels, programmés tout
comme des versements programmés ou ponctuels qui s’adaptent aux évènements
de la vie de l’assuré. La multiplicité des emplois que représente une assurance vie
(épargne, retraite, transmission…) lui confère un statut unique.
Outre la polyvalence du contrat, l’assurance vie c’est aussi une fiscalité attractive. En
effet tant que l’assuré n’effectue pas de retrait sur son contrat, ce dernier n’est pas
imposable à l’exception des prélèvements sociaux sur les fonds euros. Aussi, dans
le cadre d’un rachat partiel, la fiscalité comme évoqué précédemment n’en reste
pas moins avantageuse. Il faudra évaluer en fonction de l’usage du contrat pour
l’assuré quelle optimisation fiscale est la plus propice, à savoir si l’épargnant à plutôt
intérêt à effectuer des rachats partiels programmés ou une sortie en rente par
exemple.
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par le jeu des clauses bénéficiaires, l’assuré pourra nommer les personnes de son
choix et par conséquent avantager, toujours dans le respect de la réserve
héréditaire, certains proches à d’autres.
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BIBLIOGRAPHIE
41
WEBOGRAPHIE
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optimisez-vos-retraits-en-2019
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DOCUMENTS INTERNES
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ANNEXES
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ANNEXE II : Article 669-I du CGI
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ANNEXE III : Article L132-12 du code des assurances
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ANNEXE VI : Extrait de la réponse ministérielle Bacquet
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ANNEXE V : La réponse ministérielle Ciot
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ANNEXE VI : Article 796-O Ter du CGI
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