La grammaire textuelle
La grammaire textuelle est l’une des approche de l’analyse de discours.
Son objet est le texte considéré comme une unité plus complexe que la
phrase
Cette discipline examine les facteurs
responsables de la cohérence et de la
cohésion d’un texte
Elle a vu le jours dans les années 70 du
20ème siècle avec Jean Michel Adam,
Charolles Combettes et Greimas
Selon Adam: Le but de la grammaire textuelle est de décrire 11 et de
théoriser une compositionalité qui doit être approchée par niveaux
d’organisation et de complexité
Le texte est une entité complexe. Il est défini comme
Une succession signifiante de signes linguistique
entre deux ruptures manifeste de la
communication ( Weinrich)
Le texte est un ensemble structuré et cohérent de
phrases, véhiculant un message et réalisant une intention
de communication. Il comprend un but, un sujet, un
destinataire c’est ç dire la personne à qui s’adresse le
texte et s’exprime sous la forme de suite de phrases
compréhensible qui formes un tout cohérent
La grammaire de texte repose ainsi sur un certain nombre de principes qui
assurent la cohérence d’un texte. Le terme « cohérence » caractérise un lien
étroit entre les différents éléments qui constituent le texte. Les phrases
s’enchainent alors sans rupture de sens
L’analyse d’un texte doit se faire selon une méthode
ordonnée et logique pour rendre compte de sa
cohérence et de sa pertinence
Qu’est ce qu’on analyse en
G.T?
La macrostructure de relève de
La microstructure relève l'organisation des unités La superstructure est
de relève de l'organisa- textuelles de tailles variées l'organisation de base
tion des phrases entre (paragraphes, chapitres, texte) stable que chaque type de
elles,, dans une perspec- caractérisées par la possibilité texte possède perspective
tive interphrastique d'être résumées. des types de textes des
reprises, connections... genres..
Les divers constituants de la grammaire de texte sont :
L’intertexte Le contexte textuel Contexte situationnel
Il renvoie à l’espace l’ensemble du texte qui Les circonstances de
entoure un mot, un
culturel: aux citations, groupe de mots, une
la production du
aux genres, aux phrase ou une suite de texte, conditions de
références, phrases. son énonciation
Le paratexte Le paragraphe Le chapeau d’un texte
Les données un bloc de texte séparé un paragraphe explicatif
extratextuelles: Titre, du reste par des blancs entre le titre et le texte.
introduction, début marqué par Il introduit ou résume le
informations sur l’alinéa et fin par retour sujet et l’accroche au
l’auteur.. à la ligne texte
A l’instar de la phrase qui est organisée selon des règles grammaticales bien
définies, le texte est aussi organisé, structuré et construit à partir d’un
ensemble de règles qui sont responsables de sa cohérence et de sa progression
Principes de la cohérence textuelle
Unité du sujet L’organisation et la progression de l’information. La reprise de l’information
Le texte progresse par un
Le texte est centré sur un par l’emploi de substituts,
apport successif d’infor-
même sujet traité au fil c'est-à-dire de mots qui
mations de phrase en
des phrases et des renvoient, dans le texte, à
phrase
paragraphes. des mots déjà exprimés
L’absence de contradiction
dans le texte, le sujet est développé du début à
la fin : les idées s’enchaînent sans se contredire.
L’unité de sujet
L’ensemble du texte doit être centré autour d’un seul et même sujet, qui sera
développé au fil des phrases et des paragraphes. Il est possible que le sujet soit
divisé en aspects, mais ceux-ci seront tous y reliés. Lorsque le sujet est clair, bien
établi et traité tout au long du texte, on peut dire qu’il y a unité du sujet.
Exemple
La technique du schéma heuristique consiste à placer le thème
principal au centre et à laisser les idées rayonner, se ramifier, à partir
de ce thème. On dispose les idées traduites par des mots clés sur des
lignes qui, elles-mêmes, sont reliées à d’autres lignes.
Ce texte est centré sur le sujet de la technique du schéma
heuristique, avec les différents aspects qui s’y rapportent
La reprise de l’information
Afin de garantir une cohérence au texte, c’est-à-dire éviter les répétition et
instaurer une certaine linéarité, certains mots peuvent avoir comme fonction de
reprendre des mots déjà cités
La relation entre le mot repris et son substituts doit être
claire, ils ne doivent non plus être éloignés l’un de la’autre
comme il ne faut qu’il ait une confusion entre les deux
La reprise par les pronoms
la reprise par un groupe du nom
La reprise par les groupe adverbiaux
La reprise par les pronoms
C’est d’utiliser un pronom pour faire référence à une information
déjà mentionnée. Le pronom substitut devient alors un pronom de
reprise. La signification du pronom n’est possible qu’en ayant
recours au référent, c’est-à-dire au groupe ou à la phrase qui est
remplacé(e).
la reprise partielle par un pronom, ou un pronom numéral
Ce pronom de reprise ne désigne qu’une partie d'un élément déjà
mentionné. Entre autres, les pronoms certains, d’autres et plusieurs
sont employés pour reprendre partiellement l’information.
Pendant mon voyage, j’ai visité des endroits agréables, certains en ville, et
d’autres à la campagne.
Certains, d'autres reprennent de façon partielle des endroits agréables. - Le
fermier a vendu 20 lapins; 12 sont blancs, et 8 sont bruns.
-12, et 8 reprennent de façon partielle 20 lapins.
La reprise totale par un pronom personnel à la 3ème personne
C’est reprendre par un pronom, la totalité de l’idée précédemment
nommée. Le pronom de reprise est donc du même genre, du même nombre
et de la même personne que le noyau du groupe qu’il reprend.
Dale Carnegie, leader mondial de la formation continue. Il est spécialisé dans les
entrainements à la communication, au leadership, à la vente, au management et à la
prise de parole en public. Il est la source la plus crédible dans ces domaines.
- Il reprend la totalité du groupe nominal Dale Carnegie.
La reprise par un pronom démonstratif
Les pronoms cela, ça, ceci, ce, celle-ci, celui-ci, celles-ci, ceux-ci, celle-
là, celuilà, ceux-là, celles-là peuvent servir à reprendre en totalité un
élément, un mot, un groupe de mots, une phrase. D'autres pronoms
démonstratifs complexes exercent également cette fonction :
Écouter les autres est la meilleure façon d’apprendre. Cela implique d’écouter les
membres du personnel, les clients, vos amis, votre famille, même vos critiques les
plus virulents. Cela ne veut pas dire devenir prisonnier de l’opinion des autres, mais
faire l’effort de les entendre. Et vous glanerez beaucoup d’idées ». (Dale Carnegie)
La reprise par un groupe du nom
la reprise par un GN contenant un autre déterminant
Reprise totale : je viens de terminer la lecture d’un livre très intéressant. Ce
live contient beaucoup d’informations.
Reprise partielle : J'ai lu beaucoup de livres dans ma vie. Certains livres
étaient meilleurs que d'autres.
La reprise par un synonyme
« La meilleure vaccination contre le virus de la violence que nous puissions
donner à nos enfants est notre amour et notre affection de parents».
La reprise par un terme générique ou un terme spécifique
Bien gérer son temps est l’une des principales qualités intellectuelles
recommandée à l’université pour réussir ses études.
- qualités intellectuelles est un terme générique.
La reprise par une périphrase
Effectuer une reprise par une périphrase permet d’éliminer la répétition et d’ajouter
du style au texte. La périphrase s’apparente parfois à la définition du mot ou à une
description.
« Celui de qui la tête au ciel était voisine / Et dont les pieds touchaient à l’empire
des Morts ». (La Fontaine)
- « Celui de qui la tête au ciel était voisine » : une périphrase du chêne pour
montrer sa grandeur.
-« l’empire des Morts » : une périphrase de l’enfer.
La reprise par nominalisation
Il s’agit de remplacer le verbe par un nom de la même famille ou par un nom qui a la
même signification.
En si peu de temps, il a gagné trop de choses. Ce gain ne s’est pas limité à l’argent
seulement, mais s’est étendu au respect et à la considération de beaucoup de gens.
La reprise par répétition
Dans un texte écrit à la 1 re personne du singulier, il est parfois difficile de varier les
reprises, la raison pour laquelle certains pronoms se répètent tout au long du texte (je
dans un texte autobiographique, il dans un texte écrit à la 3 e personne du singulier).
« Je n’ai pas le droit de dire ou de faire quelque chose qui diminue un
homme à ses propres yeux. Ce qui compte, ce n’est pas ce que je pense
de lui, mais ce que lui pense de lui –même. Blesser un homme dans sa
dignité est un crime. »
La reprise par la répétition d’un GN
L’auteur peut choisir de répéter le groupe nominal (GN). Cela peut être fort utile
lorsque le procédé de reprise par un pronom de la 3e personne n’est pas possible ou
lorsque l’élément à reprendre est trop loin dans le texte.
Nos différences ne sont plus des obstacles sur lesquels nous prenons
appui pour aller plus haut. La rencontre de ces différences crée une
immense force de synergie. »
. La reprise par un groupe adverbial
Il est possible d’utiliser des adverbes tels que ici, là-bas, là, ainsi, etc. pour reprendre
l’information.
Je me suis bien amusée l’été dernier à Tamanrasset. Là-bas, j’ai pu voir le
plus beau coucher de soleil du monde.
- L'adverbe de lieu là-bas reprend à Tamanrasset.
Éliminer les chronophages de son quotidien. Ainsi, un temps considérable
sera libéré et exploité dans la réalisation de ses objectifs.
- L'adverbe de manière ainsi reprend Éliminer les chronophages de son
quotidien.
Les connecteurs
Les connecteurs
Ils fournissant un lien logique entre de différentes phrases qui en même temps
permettent de structurer le texte et marquent des relations sémantico-logiques entre
les composants du texte qui les contiennent
sont employés à trois niveaux différents, à savoir le niveau
intrapropositionnel (liant les éléments dans une proposition), le niveau
interpropositionnel (liant les propositions) et celui textuel (liant des
séquences du texte)
Les connecteurs argumentatifs
Ce sont les connecteurs marquant le raisonnement, la conclusion, ‘l’explication, etc/
« Un texte, en effet, n’est pas un seule assemblage de phrases ( explication)
Bien que je sache garder les distances qui conviennent, toutes les occasions
me sont bonnes (argument faible)
Depuis le début des années 70 toutefois, ce domaine d’intervention est de plus
en plus étudié (argument fort)
Les connecteurs temporels
Ces connecteurs sont employés principalement dans des textes narratifs mais aussi
dans des énumérations ou des descriptions
A titre d’exemple, on peut citer les connecteurs alors, ensuite, puis, et, après,
soudain, etc. : « D’abord, on étrangla Mme Barbero, de Saint-André-Pradel,
près Marseille, puis on mit le feu à ses habits pour donner le change »
Les connecteurs spatiaux
Ils sont utilisés le plus souvent dans une descriptions mais on peut les rencontrer
également dans des énumérations ou des textes argumentatifs
Le positionnement est effectué par des adverbes, des groupes prépositionnels et
des locutions adverbiales : à gauche / à droite, devant / dérrière, plus loin, d’un
côté / de l’autre côté, etc. :
Les connecteurs énumératifs
Au cadre des connecteurs énumératifs, on distingue des marqueurs additifs (et, ou,
aussi, ainsi que, avec cela, d’une part, d’abord, premièrement, d’un côté, etc.) : «
Ainsi, nous retrouvons « le gorille » à la page 10, mais aussi à la page 140 »
La progression thématique
Les textes doivent avancer, c’est–à-dire suivre les règles de progression. Chaque nouvelle
phrase doit alors d’un côté indiquer le lien sémantique aux phrases qui la précèdent et d’un
autre côté apporter une nouvelle information
Cet apport constant de nouvelles informations constitue une progression
de l'information et par conséquent un texte cohérent.
la phrase comprend deux parties
le thème le propos.
C’est ce que l'on dit de cette réalité
Le thème est la réalité dont il est question
(habituellement rendu par le groupe verbal)
(habituellement rendu par le groupe sujet).
; c'est lui qui contient l'information nouvelle
Le chômage en Jordanie (thème) a considérablement progressé depuis une dizaine d’années
(propos : information de départ) . Il (thème repris, remarquer l’article "le" comme
déterminant de reprise) a influencé négativement la situation sociale du pays (propos :
information nouvelle). Par exemple, beaucoup de jeunes chômeurs se sont dévergondés et
certains ont commis des délits
la progression de l’information peut-être linéaire ou constante
La progression linéaire
La progression linéaire (ou en escalier) fonctionne avec différents thèmes. Ces
nouveaux thèmes viennent toujours des phrases qui ont précédé et qui étaient
auparavant des éléments du propos ( Site – Superprof)
Un guéridon, un vase contenant des fleurs en papier, puis les
rideaux de l’alcôve, le lit, une armoire ; près de l’armoire, une
petite porte recouverte de tapisserie. Près de la porte, une
chaise ; sur la chaise, des linges, pantalons et jupes brodé
Il entra, gratta ses pieds sur une grille luisante aux lames acérées et suivit
un couloir bas bordé par des lampes à lumière pulsée. Tout au bout du
couloir, il y avait une porte. Elle portait le numéro indiqué dans le journal
et il entra sans frapper comme le recommandait l’annonce
« Marie faisait souvent un rêve étrange qui lui laissait au réveil une impression
douce. au début de ce rêve, elle voyait une barque pleine d’amis. Ces amis
chantaient pour elle. »
Thème 1 : Marie ; propos 1 ; faisait souvent un rêve étrange qui lui laissait au réveil
une impression douce. P
propos 1 = thème 2 : au début du rêve ; propos 2 ; elle voyait une barque pleine
d’amis.
Propos 2=thème 3 : Ces amis ; propos 3 : chantaient pour elle.
La progression à thème
constant
Un thème identique recouvrant une même réalité ( qui un seul référent) se maintient .
Les rhèmes ( ou les propos ) étant réellement différents.
La fleur n'en finissait pas de se préparer à être belle à l'abri de sa chambre verte. Elle
choisissait avec soin ses couleurs. Elle s'habillait lentement, elle ajustait un à un ses pétales.
Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots. Elle ne voulait apparaître que
dans le plein rayonnement de sa beauté. Eh ! oui ! Elle était très coquette ! Sa toilette
mystérieuse avait donc duré des jours et des jours. Et puis voici qu'un matin, justement à
l'heure du lever du soleil, elle s'était montrée
Jean Valjean sortit de la ville. Il se mit à marcher en toute hâte dans
les champs, prenant les chemins et les sentiers qui se présentaient. Il
erra ainsi toute la matinée
Colin regardait Alise. Elle portait, par un hasard étrange, un sweat-shirt blanc et
une jupe jaune. Elle avait des souliers blanc et jaune et des patins de hockey.
Elle avait des bas de soie fumée et des socquettes blanches repliées sur le haut
des chaussures à peine montantes et lacées de coton blanc, faisant trois fois le
tour de la cheville. Elle comportait en outre un foulard de soie vert vif et des
cheveux blonds extraordinairement touffus, encadrant son visage d’une masse
frisée serré. Elle regardait au moyen d’yeux bleus ouverts et son volume était
limité par une peau fraîche et dorée. Elle possédait des bras et des mollets
ronds, une taille fine et un buste si bien dessiné que l’on eût dit une
photographie.
La progression à thème
dérivé
Le thème de chaque phrase du passage est identifié par association avec le titre du texte,
ou le thème de la première phrase s’il indique le thème général du texte.
Dans la progression à thème éclaté, la première phrase donne un thème central, chaque
thème des phrases suivantes est un sous thème de ce thème central.
« La maison où j’ai passé mon enfance était extraordinaire. Il y avait partout des
petits escaliers. Dans des recoins sombres, des portes dérobées menaient à
d’étranges chambres. »
On a un hyperthème : la maison puis on détaille : des escaliers , coins
sombres, chambres étranges qui sont des sous-thèmes.