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Qui Cest Ce Garcon

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Extrait de la publication

Extrait de la publication
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QUI C'EST,
CE GARÇON ?
Extrait de la publication
NICOLE DE BURON

QUI C'EST,
CE GARÇON ?
Roman

FLAMMARION

Extrait de la publication
[Link]
© Flammarion 1985
Printed in France
2-08-064756-3
ISBN 9782081302426

Extrait de la publication
CHAPITRE I

C'est LUI.
Cette certitude vous foudroie.

Vous étiez paisiblement en train de lire votre


journal du soir. Autant qu'on puisse lire paisiblement
un journal par ces temps troublés. Après une journée
où vous aviez réussi à faire la moitié des choses
marquées urgent sur votre liste. Ecrit les trois quarts
d'un article promis pour le lendemain. (Vous espérez
une illumination cette nuit pour le terminer à l'aube.)
Couru au supermarché. Oublié d'acheter les poi-
reaux. Retourné. Promené le chien Roquefort.
Rangé le monstrueux désordre familial. Passé l'aspi-
rateur. Mal. (Vous détestez.) Mangé un œuf dur
(vous détestez aussi mais c'est vite avalé). Echangé
trente-six coups de téléphone. Et enfin décidé de
vous accorder cinq divines minutes de tranquillité
avant le retour agité de votre chère petite famille. Le
récit tumultueux des tortures infligées à votre fille
cadette par les profs/bourreaux de l'Education natio-
nale. Le récit coléreux des tortures infligées à
l'Homme par des fonctionnaires sadiques de la Direc-
tion générale des impôts. Le récit impitoyable des
malheurs du monde entier détaillés par les présenta-
teurs-troncs des informations télévisées. Bref, la vie-
qui-court-qui-court de tous les jours.
Bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre violemment.
Allons bon ! Qui rentre déjà ? Votre petit repos
égoïste n'aura pas duré le temps d'un arc-en-ciel.
Porte qui se referme à la volée. Vlan ! Et, immédiate-
ment, le cri du bébé mammifère : MAMAA-
AAANNNNN !!!
Vous adorez cet appel qui remue une joie primitive
au fond de vos tripes maternelles.
Vous piaillez, en retour, le cri de reconnaissance de
la mère mammifère : OUIIIIIIII !!!
La porte du salon s'ouvre.
Petite Chérie passe la tête.
Une tête chafouine.
Cela vous frappe immédiatement.
– Y a Marc qu'est là...
Vous distinguez derrière elle une vague silhouette.
Marc ? Quel Marc ?
Un Marc ! Comme il y a un Michel, deux Nicolas,
trois Jean-Philippe.
Le dénommé Marc entre. Immense, très maigre,
blanc comme un ver de pomme, une curieuse coiffure
– des cheveux rasés sur les côtés mais une longue
mèche désordonnée lui recouvrant le front et même
le nez. Et d'étonnantes petites lunettes noires toutes
rondes cerclées de cuir. Est-ce un extra-terrestre ou le
dernier de la tribu des Comanches ?
Mais vous êtes une mère de famille qui en a vu
d'autres. Vous souriez bravement. Le Comanche
vous serre mollement la main avec une expression
crispée (les mères, quelle plaie !) sur son visage pâle
aux trous noirs à la place des yeux.
– Marc a ses résumés d'histoire, précise José-
phine avec fébrilité. On va préparer notre compo.
Le Comanche pousse un grognement. Tiens, il
parle français.
– Je passais par là, marmonne-t-il.
Ah ? Il passait comme ça devant votre porte, avec
ses résumés d'histoire dans sa poche. Mais rien ne
doit vous étonner de la tribu des Vers-de-pomme-
comanches-aux-lunettes-noires.
– Formidable ! vous exclamez-vous avec l'enthou-
siasme d'une mère découvrant sa fille soudain sou-
cieuse d'apprendre une Histoire de France où elle
mélange gaillardement Richelieu (le père des chaus-
sures) et Voltaire (l'inventeur des fauteuils).
Joséphine et le Comanche sortent précipitamment
de votre salon (les mères, une minute, ça va. Trois,
c'est trop !). Et vont s'enfermer dans la chambre de
Petite Chérie.
Et votre tranquillité d'âme explose en mille mor-
ceaux.
Petite Chérie est amoureuse.
Evident. Même pour la mère que vous êtes, aussi
dépourvue d'intuition qu'une patate.
Jamais votre cadette adorée ne se donne le mal
d'expliquer la présence dans votre appartement d'un
Michel, de deux Nicolas, de trois Jean-Philippe. Ils
vont et viennent, voilà tout, comme le reste de la
Bande.

Extrait de la publication
La Bande.
Troupeau d'adolescents – pardon, d'ados mâles et
femelles entre quinze et dix-huit ans, aux tenues
étranges, au langage souvent incompréhensible, aux
rites bizarres, qui se promènent dans vos couloirs,
votre cuisine et la chambre de votre petite dernière à
toute heure du jour et de la nuit.
Eléments de base : les deux copines bien-aimées de
Joséphine depuis la maternelle, Stéphanie et Lau-
rence. Quand Petite Chérie n'est pas chez elles, elles
sont chez vous. Enfermées en conclave dans le
sanctuaire ô combien en désordre où règne votre
cadette. S'il vous arrive de pénétrer dans la pièce,
vous trouvez les trois jeunes créatures vautrées
comme des odalisques sur le lit, en train de chucho-
ter. Ou de glousser en lisant leurs horoscopes dans
vos chers magazines féminins. Ou serrées devant la
glace du lavabo, essayant avec passion les produits de
beauté que Joséphine achète par kilos (tout son
argent de poche y passe) à votre femme de ménage
qui passe aussi l'aspirateur dans une usine de cosméti-
ques où elle obtient des prix dont elle fait profiter
votre cadette. Vous pensez souvent qu'en cas d'incen-
die la seule chose que Petite Chérie sauverait serait sa
trousse de maquillage.
Quand vous entrez dans le repaire où se tapit votre
fille, vous frappez humblement à la porte. Immédia-
tement, les conversations s'arrêtent. Stéphanie et
Laurence viennent vous embrasser avec gentillesse.
Mais attendent impatiemment que vous repartiez
pour reprendre avec Petite Chérie leurs interminables
conciliabules secrets.

Extrait de la publication
Depuis un an, les deux demoiselles ont pris
l'habitude de passer leurs fins de semaine chez vous,
évitant ainsi d'accompagner leurs familles à la cam-
pagne où l'on s'embête ferme, paraît-il. Après des
discussions orageuses, leurs parents ont fini par
céder. Ne pouvaient pas traîner tous les week-ends
avec eux des Martyres du Bon Air. Leurs nerfs ont
craqué.
Les jeunes personnes dorment donc à trois, entas-
sées sur le grand divan déplié de Joséphine. Ou,
plutôt, elles parlent, elles parlent, elles parlent.
Comme si elles ne s'étaient pas vues tous les jours de
la semaine.
S'il vous arrive, à l'Homme ou à vous, d'aller boire
un verre d'eau à la cuisine à n'importe quelle heure
de la nuit, vous entendez leur bourdonnement
d'abeilles fabriquant de la parole.
L'Homme s'indigne.
– Elles devraient dormir à cette heure-là !
– Absolument.
– Pourquoi ne leur dis-tu pas ?
– Parce que cela ne servirait à rien. Mais vas-y,
toi !
L'Homme se dégonfle.
– Mais qu'est-ce qu'elles peuvent bien avoir à se
dire ?
Ça, vous vous le demandez souvent. D'autant plus
que, lorsque le trio ne babille pas chez vous ou à
l'école, il jacasse au téléphone.
Le soir, à peine le dîner terminé, épuisée, dit-elle,
par son effroyable journée à l'école, Petite Chérie se
jette – avec un brusque entrain retrouvé – sur

Extrait de la publication
l'appareil. Pour raconter ses plus intimes secrets à
Stéphanie qu'elle a quittée il y a à peine trois heures.
Elle raccroche pour que Laurence puisse la rappeler
et lui confier les siens. Malheur si le téléphone sonne
pour vous ! La mine crispée de votre cadette adorée
vous fait comprendre qu'elle a des messages de la plus
haute importance à délivrer dans l'appareil que vous
occupez.
Votre seule consolation a été d'apprendre que vous
n'étiez pas la seule mère dans ce cas. Une de vos
amies, pourvue de trois filles, a dû demander aux
P.T.T. une deuxième ligne téléphonique. Personne
ne pouvant l'appeler entre 5 h 30 et 11 heures du soir.
Son mari devait régulièrement télégraphier : « Rac-
crochez immédiatement. Stop. Dois parler à votre
mère au sujet du dîner. »
Une fois, vous avez fermement fait observer à
Petite Chérie que ses conversations téléphoniques
duraient trop longtemps. Mal vous en a pris. Elle
vous a fait remarquer que les vôtres avec Fille Aînée
se prolongeaient souvent plus d'une heure.
Vrai.
Vous avez plaidé votre cause. Vous voyez rarement
Fille Aînée aussi occupée que vous et peu visiteuse de
sa famille. Vous avez donc des choses importantes à
vous dire. Par contre, de quoi diable Joséphine et ses
copines peuvent-elles bien papoter inlassablement au
long des journées et des nuits ?
Cette question a mis Petite Chérie en fureur :
– Pourquoi tu me demandes ça ? s'est-elle excla-
mée avec l'agressivité d'une jeune lionne à qui on
tenterait d'arracher une dent sans anesthésie.
– Pour rien ! Pour rien ! avez-vous balbutié préci-
pitamment.
– On parle de tout, si tu veux savoir, a-t-elle
précisé, hautaine. Musique, politique, l'école, la vie
en général, tout, quoi !
Douée comme vous l'êtes d'un esprit soupçonneux,
vous pensez plutôt qu'elles parlent des garçons.
Parce que depuis un an (tiens, cela correspond au
moment où Stéphanie et Laurence ont commencé à
refuser de bêcher le jardin en compagnie de leurs
papas) la Bande des Trois s'est agrandie d'éléments
masculins.
Cela s'est fait si naturellement que vous n'avez
même pas vu venir le coup.
Simplement, un après-midi, vous avez trouvé dans
votre cuisine un jeune individu coiffé d'un curieux
petit chapeau et portant un manteau trop long sur des
pantalons trop courts. Il décapsulait avec calme
un coca-cola devant votre réfrigérateur ouvert. Il
vous a saluée gracieusement puis a continué à boire
sans plus s'occuper de vous.
Ensuite deux autres sont apparus près de votre
télévision. Avec des casquettes d'officier anglais et
des blousons d'aviateur. Désormais, une demi-dou-
zaine d'ados inconnus hante votre appart.
Ces juvéniles représentants du sexe mâle présen-
tent tous un point commun.
Ils n'ont pas de nom de famille.
Du moins, vous n'arrivez jamais à le connaître.
Au début vous avez essayé.
– Qui c'est, ce garçon ? (Avec une mèche de
cheveux décolorée en rose, ... une petite natte en

Extrait de la publication
forme de queue de rat... ou des bretelles portées
négligemment sur les fesses ?)
– Heu ! c'est Maurice.
– Maurice qui ?
– Comment ça, Maurice qui ?
– Il a bien un nom de famille ?
– Ouais..., peut-être..., mais j' le connais pas.
– Je croyais qu'il était dans ta classe ?
– Ouais..., il est dans ma classe.
– Arrête de dire « ouais » s'il te plaît. Le mot
français est « oui ».
– Ouais, ouais..., enfin, oui, bon ! Si tu y tiens !
– On ne vous appelle pas par vos noms de famille
à l'école ?
– Non. Si. Chais pas. Jamais fait attention. De
toute façon, qu'est-ce que ça peut te faire de connaî-
tre son nom de famille ou pas ?
– Cela m'intéresserait.
– Ça alors ! Et pourquoi ?
Oui, pourquoi ? Comment avouer à Petite Chérie
qu'un esprit rétro comme le vôtre, avec une solide
hérédité terrienne, est bourré de préjugés tels que
savoir le nom de famille d'un individu vous donne
l'impression qu'il n'est plus tout à fait un étranger.
Idiot, c'est évident. Vous vous contentez donc désor-
mais de dire poliment bonjour quand on vous pré-
sente un Michel, deux Nicolas, trois Jean-Philippe.
Mais vous avez essayé – assez sournoisement,
vous le reconnaissez – de prendre votre revanche au
téléphone.
– Allô ! demande une voix junévile mâle, José-
phine est là ?

Extrait de la publication
– Non ! Elle n'est pas encore rentrée.
Voix juvénile mâle (mécontente) : Ah bon !
Vous (sautant sur l'occasion) : C'est de la part de
qui ?
Voix juvénile mâle (après un net instant d'hésita-
tion) : Pierre.
Vous (lourdement) : Pierre... comment ?
Voix juvénile mâle (franchement indignée : les
mères, quel enfer !) : Pierre... de son école..., elle
saura !
Et clac ! Pierre raccroche au nez de votre curiosité.
Alors vous avez eu une idée parfaitement abomi-
nable.
2e voix juvénile mâle : Allô ! Est-ce que je peux
parler à Joséphine ?
Vous (doucereuse) : Pas là ! C'est de la part de
qui ?
2e voix juvénile mâle (indignée à son tour) : Ber-
nard...
Vous : QUEL Bernard ?
Votre voix faussement candide sous-entend que la
vie de votre fille bien-aimée est peuplée de Bernard.
Le malheureux, au supplice à l'idée de donner son
nom de famille (qu'il a peut-être oublié à force de ne
pas s'en servir), bredouille quelque chose que, du
reste, vous n'écoutez pas. Et clac ! vous raccrochez la
première. Triomphante. Naturellement, vous n'avez
jamais osé avouer à Joséphine quelle affreuse espèce
de mère elle avait.
En revanche, vous livrez un combat sans merci
depuis le jour où Petite Chérie vous a annoncé qu'elle
était invitée le samedi suivant à une « boum ». Je t'ai

Extrait de la publication
déjà dit, maman, que « boum » est ringard. Mainte-
nant on va à des « soirées »... Ah bon ! Mais c'est la
même chose ? Ouais, si tu veux.
Vous : Chez qui, cette soirée ?
Joséphine : Guillaume.
Vous (décidément obstinée) : Guillaume qui ?
Joséphine (effondrée d'avoir une mère aussi
demeurée, quelle misère !) : Mais Guillaume ! Tu le
connais ! C'est celui qui porte toujours des creeps à
dessins orange.
Vous : Des quoi ?
Joséphine : Des espèces de baskets à semelles
épaisses, voyons !
Vous : J'ai une mauvaise habitude. Je regarde la
figure des gens, pas leurs pieds.
Joséphine (qui trouve que la conversation s'éter-
nise) : Alors, je peux y aller, samedi, chez Guil-
laume ?
Vous (discutant oiseusement pour vous permettre
de réfléchir si votre fille de quinze ans et demi peut
aller à une soirée samedi chez un Guillaume inconnu
malgré ses « creeps ») : Qui y va ?
Joséphine : Stéphanie, Laurence et TOUTE la
classe.
Vous : Bon, d'accord, à condition que je connaisse
le nom, l'adresse, le téléphone de ce Guillaume et
l'heure à laquelle tu rentreras.
Joséphine blêmit.
– Comment veux-tu que je sache tout ça ?
Vous (implacable) : Pour aller chez lui, tu es bien
obligée de savoir son nom et son adresse, tout de
même !

Extrait de la publication
Joséphine (embêtée) : C'est-à-dire qu'en fin de
compte la soirée va peut-être avoir lieu chez un de ses
copains que je ne connais pas.
Vous (de plus en plus implacable) : Tu n'iras pas
chez quelqu'un dont je ne connais ni le nom-ni-
l'adresse-ni-le-téléphone et si je ne sais pas l'heure-à-
laquelle-tu-rentreras.
Joséphine est effondrée.
– Ben alors, tant pis, je resterai à la maison toute
seule ! s'exclame-t-elle douloureusement.
Vous ne répondez pas. Vous continuez à râper le
gruyère des spaghettis avec une fausse indifférence.
– J'ai la mère la plus réac de Paris, observe Petite
Chérie, au fond de la dépression.
Au début, cette accusation vous a transpercé le
cœur. Etre une mère « réac », quelle honte ! Puis
vous vous êtes aperçue que celles de Stéphanie et
Laurence affrontaient le même problème. Alors vous
avez fait un pacte secret. Vous seriez les trois
marâtres les plus « réacs » de Paris. Un grand mal-
heur pour vos adolescentes brimées. Mais, comme
vous l'avez fait remarquer à Petite Chérie, qui n'a pas
son handicap dans la vie ?
Ce qui vous permet les soirs de boums, pardon de
soirées, d'avoir sur votre table de nuit un petit papier
de Joséphine écrit avec son orthographe si particu-
lière (merci, merci, l'Education nationale !) : « Je
suis ché Olivier Durand, tél... adresse... et je revien-
dré avec Stéphanie et Laurence par le premié
métro... »
L'heure du retour vous a longtemps posé des
problèmes. Au début, l'Homme tenait à aller recher-

Extrait de la publication
cher sa précieuse cadette lui-même. Mais le réveiller
à 1 heure du matin était un exercice de force qui vous
empêchait de vous rendormir de toute la nuit. D'au-
tre part, le moment où le Père ensommeillé passait
prendre livraison de son héritière ne convenait
jamais. Soit la soirée était nulle, et il était accueilli par
une Petite Chérie et ses copines (qu'il ramenait dans
la foulée) maussades et qui l'accusaient d'avoir trop
tardé. Soit la soirée était super, et les créatures ne
voulaient absolument pas rentrer.
– C'est toujours quand on commence à s'amuser
que tu viens nous chercher, criaient-elles avec la plus
grande mauvaise foi. On va tous en boîte mainte-
nant ! Y a un copain qu'a une copine qui est à copine
qui est à la porte du Palace et qui nous laissera entrer.
– Pas question, Joséphine, tu es trop jeune pour
aller dans les boîtes de nuit. Je te l'interdis.
Le Père ramenait alors une guêpe en furie.
– J'en ai marre ! Je vais me barrer de cette
maison !
– C'est ça ! Et avec quel fric vivras-tu, petite
malheureuse ?
– Vous z-avez que le mot fric à la bouche !
– On sait, on est de sales bourgeois !
Les discussions suivies de bouderies empoison-
naient tellement la vie familiale que vous avez fini par
accepter un compromis. Les jeunes demoiselles dan-
seraient ou dormiraient sur des chaises – ou même
par terre – jusqu'à l'heure du premier métro. Ce qui
vous permet désormais de voir arriver à l'aube une
adolescente hagarde, à la robe froissée, qui s'effondre
dans son lit jusqu'à 5 heures de l'après-midi, heure

Extrait de la publication
pas car vous regrettez inlassablement le manque de
goût sportif de Petite Chérie. Mais vous craignez que
ses performances ne consistent surtout à regarder
avec adoration l'Elu courir après ses baballes. En
attrapant, elle, des bronchites dans la froidure des
courts.
Mais là n'est pas votre pire souci.
A quatre mois du bac, c'est reparti pour...
... le scenic railway de la séduction,
... la navigation agitée sur la Rivière enchantée,
... la Grande Roue de la passion,
... les autos tamponneuses avec les parents,
... peut-être, hélas, les cris de la rupture dans la
Maison hantée
... et, en tout cas, les études dans le toboggan.

Entrez ! Entrez ! La séance va recommencer.


Achevé d'imprimer en janvier 1996
sur presse CAMERON
par Bussière Camedan Imprimeries
à Saint-Amand-Montrond (Cher)

N° d'Édition : FF475603. N° d'Impression :1/49


Dépôt légal : Mars 1985.
Imprimé en France

Extrait de la publication

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