Les musiciens de Brême
(réécrit à partir des albums de Laure de Faÿ chez Auzou et J. et W. Grimm/Antoine Guilloppé chez Gautier-
Languereau)
1er passage:
Il était une fois un meunier qui avait un vieil âne, qui s’appelait Grison. Il voulait s’en
débarrasser car l’animal n’était plus bon à porter des sacs de farine.
L’âne qui était loin d’être bête s’était bien aperçu que son maitre ne voulait plus de lui. Un
jour, il décida de partir pour Brême en se disant : « peut-être pourrais-je devenir
musicien ? »
2e passage:
Après avoir marché quelques temps, Grison passa devant un manoir et rencontra
Taïaut le chien de chasse, à bout de force et qui aboyait difficilement.
« Qu’as-tu à aboyer comme ça ? » lui demanda l’âne.
« Oh, répondit le chien, je vieillis, je deviens faible, je n’arrive plus à chasser alors mon
maître ne veut plus de moi. J’ai préféré m’échapper. Maintenant, je ne sais pas quoi
faire. »
« Suis moi dit Grison, je vais à Brême, tous les deux nous deviendrons musiciens. Moi au
luth et toi aux timbales.
Taïaut, ravi, suivi l’âne.
3e passage:
Ensemble, ils marchèrent un moment et croisèrent le chat Mistigris couché au milieu du
chemin. Ils s’arrêtèrent devant lui.
« Qu’as-tu à faire à faire cette mine si triste ? Lui demanda l’âne.
« J’ai pris de l’âge et ma maitresse ne veut plus de moi, car je préfère rester au chaud
plutôt que de chasser les souris. »
« Viens avec nous à Brême dit l’âne, tu devrais pouvoir jouer de la musique toi aussi.
Et ils partirent tous les trois.
4e passage:
Les trois compagnons arrivèrent devant une ferme où le coq Chanteclair, perché sur une
barrière de ferme, criait à se faire mal au gosier.
« Mais pourquoi cries-tu donc ainsi ? Lui demanda l’âne.
« La fermière veut me manger alors je chante une dernière fois, tant que je le peux
encore »
5e passage:
« Suis nous plutôt à Brême, dit l’âne. Tu as une voix forte. A nous 4 nous ferons un bon
concert. »
Cette proposition plut au coq. Et tous les 4 se mirent en route.
Après une longue journée de marche, ils arrivèrent dans une forêt. Chacun trouve un
endroit pour dormir : l’âne et le chien s’installèrent au pied d’un gros arbre. Le chat
s’installa sur une branche et le coq se percha au sommet de l’arbre.
Ils étaient sur le point de fermer l’œil lorsque le coq vit une lumière qui brillait et cria : « ce
doit être une maison ! »
« Allons voir de plus près ! » dit l’âne
« Oui j’ai une petite faim » renchérit le chien.
6e passage:
Ils se dirigèrent alors vers la lumière.
Arrivés devant la maison, ils s’arrêtèrent devant la fenêtre. L’âne qui était le plus grand,
regarda à l’intérieur et raconta : « je vois des brigands autour d’une table garnie de
boissons et de plats plus beaux les uns des autres.
« Il faudrait trouver un moyen d’y entrer » dit le coq.
Tous se demandèrent comment chasser ces hommes pour pouvoir à leur tour, profiter
du repas et de la chaleur.
Soudain, ils eurent une idée. L’âne se mit debout sur ses pattes en prenant appui sur le
rebord de la fenêtre. Le chien monta sur le dos de l’âne, le chat sur celui du chien et le
coq s’envola pour se poser sur la tête du chat.
Tous ensemble, ils commencèrent leur concert : l’âne s’appliqua à braire, le chien à
aboyer, le chat à miauler et le coq à chanter.
7e passage:
De toutes leurs forces, ils enfoncèrent la fenêtre provoquant un grand fracas. Les
voleurs, effrayés, se levèrent d’un bond. Croyant voir un fantôme, ils s’enfuirent dans la
forêt.
Ainsi, les quatre amis s’installèrent à table et mangèrent les restes laissés par les
brigands.
Puis ils cherchèrent un coin pour dormir : l’âne pris place sur le fumier, le chien derrière
la porte ; le chat près du poêle et le coq se percha sur le toit.
8e passage:
Lorsque les voleurs s’aperçurent que tout était redevenu calme, l’un des brigands revint
dans la maison. Il la trouva bien tranquille et pénétra dans la cuisine.
Il ne vit que deux charbons rouges dans la cheminée. C’était en réalité les yeux brillants
du chat, qui le regardait. L’homme s’approcha, mais le chat, qui ne l’entendait pas ainsi,
lui sauta au visage en crachant et en griffant. Le voleur s’enfuit et, en passant près de la
porte, le chien bondit et lui mordit les jambes.
Une fois dans la cour, l’âne lui donna un méchant coup de sabot, pendant que le coq ,
réveillé par le bruit, donnait l’alerte en hurlant « cocorico ! ».
9e passage:
Le voleur courut retrouver son capitaine et raconta : « une affreuse sorcière m’a griffé
le visage de ses longs doigts crochus ; puis un homme m’a blessé à la jambe avec un
couteau ; ensuite un monstre noir m’a assommé, et pour finir j’ai entendu un juge qui criait
: « amenez-moi ce vaurien ! », j’ai fait ce que j’ai pu pour m’échapper. »
C’est ainsi que les brigands ne mirent plus jamais les pieds dans la maison, laissant là
l’âne, le chien, le chat et le coq.
Les quatre musiciens de Brême décidèrent de rester dans ce logis jusqu’à la fin de leurs
jours.