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Évolution de la géographie de la population

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Géographie de la Population L 1 Histoire

2022/2023

La géographie de la population : une discipline en pleine


évolution
On utilise les expressions de « géographie de la population » ou « géographie
démographique » ou « démogéographie » pour désigner l’étude géographique de la population
c’est-à-dire l’étude des relations entre population et espace.

La géographie de la population ne doit donc pas être assimilée à la démographie, science


avec laquelle elle entretient cependant des relations très privilégiées. Des liens multiples
l’unissent également avec la quasi-totalité des sciences humaines et autres.

L’essor de la géographie de la population est très récent puisqu’il se situe au début des
années 1950. Cependant, l’intérêt des géographes pour les populations est ancien mais il a
changé radicalement au cours des siècles.

En ne retenant que les grands traits de l’évolution de la géographie, on peut distinguer 3


grandes périodes :

- Première phase longue de deux millénaires : l’orientation de la géographie de la


population : Ethnologie, l’accent étant mis sur les particularités physiques et
culturelles des populations.
- Deuxième phase : fin XIX e et surtout dans la première partie XXe s, amplification
des études sur la population. Meilleure connaissance grâce aux dénombrements et
recensements. La nouvelle orientation de la géographie de la population : l’écologie.
Jusque dans les années 1950, ce sont les rapports de l’homme et du milieu physique
qui vont constituer la toile de fond de la plupart des études consacrées aux faits
humains. Deux courants de pensée vont s’opposer : le déterminisme avec F. RATZEL
pour lequel le milieu naturel joue un rôle de première importance et le possibilisme de
VIDAL de la Blache selon lequel l’homme dispose d’une confortable marge de
manœuvre vis-à-vis des contraintes que peut imposer le milieu naturel.
- La maturité de la géographie viendra avec la publication de l’ouvrage de Pierre
GEORGE « Introduction à l’étude géographique de la population du monde ». PUF,
1951, 284 pages. Nouvelle orientation essentiellement sociologique, démographique et
économique.
Géographie de la Population L 1 Histoire
2022/2023

L’on commence enfin à comprendre que les problèmes sociaux et économiques de ce


monde ne peuvent être solutionnés sans prise en compte des questions
démographiques (« Il n’est de richesse que d’hommes » disait Jean BODIN).

En dépit de toutes ces grandes mutations, la démographie est restée très empirique et
portée sur les aspects descriptifs, accordant peu de place aux facteurs explicatifs, la référence
aux théories étant même jugée inutile.

Cependant, depuis quelques décennies, des efforts de théorisation ont été enregistrés,
notamment l’étude des changements démographiques dans le temps et l’espace et le sens de
leur évolution, plus connue sous le nom de Théorie de la Transition démographique.

L’importance grandissante des approches théoriques n’a pas pour autant occulté l’analyse
des grandes questions démographiques du monde contemporain. Par ses perspicaces
propositions, le géographe est souvent impliqué dans la plupart des politiques
démographiques et de gestion de l’espace destinées à corriger certaines tendances
démographiques lourdes de conséquences fâcheuses

À travers ce rapide cheminement épistémologique, l’on se rend compte que le champ


d’investigation de la géographie de la population est très étendu.

Quelles que soient cependant les nombreuses interrogations que soulève la démographie,
son fil conducteur reste l’étude :
- de la répartition spatiale de la population ;
- des dynamiques démographiques qui tournent autour de l’évolution numérique et les
variables de la croissance (natalité, mortalité, mobilité…) ;
- et enfin des structures démographiques, véritables radioscopies ayant en ligne de mire
la composition de la population.

L’élargissement des différentes thématiques soulevées par la géographie de la population


est simultané à un développement sans précédent des méthodes d’analyses grâce surtout à une
meilleure maîtrise de l'outil statistique, matière première de toute étude démographique.
L’élaboration des statistiques démographiques repose essentiellement sur deux sources
d’information : le recensement et l’Etat-civil.

Le recensement est une opération statistique de dénombrement d’une population. Les


recensements constituent une source presque inépuisable d’informations pour le géographe
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car étant les seules qui permettent de chiffrer la population, de suivre son évolution dans le
temps. Ils permettent, grâce à l’informatique et l’amélioration de la qualification de
l’administration, d’établir un bilan détaillé de l’état et des virtualités de variation de la
population.

À défaut de recensement, on peut recouvrir à des méthodes moins coûteuses et plus


faciles : les enquêtes et surtout les sondages.

L’Etat-civil : c’est un moyen sûr d’obtenir des informations fondamentales sur les
événements démographiques que sont les naissances, les décès, les mariages, divorces,…

En combinant les diverses données fournies par les recensements et l’Etat-civil, on


parvient à calculer la plupart des taux démographiques.

 Solde naturel = Sn = N – D (N : Naissance ; D : Décès)


 Solde migratoire = Sm = I – E (positif ou négatif) I : immigration ; E : Emigration
 Taux d’accroissement de la population en % :
a = (N – D) + (I – E) x 100
= …%
P P : population
 Taux d’accroissement naturel : N – D x 1000
an = = …‰
P
 Evolution de la population au cours d’une période donnée : P1 = P0 + Sn + Sm =…%
P0 : population au début de la période
P1 : population à la fin de la période

L’évolution du croît naturel de la population dans le temps peut être représentée sur un
graphique portant en ordonnées les valeurs de la natalité et de la mortalité et en abscisses les
dates. Quand la courbe de la natalité se situe au-dessus de celle de la mortalité, le croît naturel
est positif (population croissante), dans le cas contraire, il est négatif.

 Taux de mortalité : D
m= x 1000 = …‰
P
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 Taux de mortalité infantile : D0


ϥ0 = x 1000 = …‰
N
D0 = décès d’enfants de moins d’un an (ou âge 0)

 Taux brut de natalité : N


n= x 1000 = …‰
P
 Taux de fécondité générale : N
f = x 1000
F 15 – 49
F15 – 49 = Population féminine de 15 à 49 ans
 Âge moyen de la population : c’est le quotient de la somme des âges de tous les
individus par leur effectif global ; autrement dit l’âge moyen s’obstinent en multipliant
le total des individus ayant un âge donné par le chiffre représentant cet âge, en
additionnant tous les nombres et en divisant le total obtenu par le chiffre de la
population.
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PREMIÈRE PARTIE :
LA DISTRIBUTION SPATIALE DE LA POPULATION
Géographie de la Population L 1 Histoire
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La répartition de la population mondiale est très contrastée : d’immenses déserts


s’opposent à de grands foyers de peuplement. L’espace habitable par les hommes sur Terre
porte le nom d’œkoumène (œcoumène, écoumène, …) par opposition aux franges
inhospitalières et inhabitables qui ne font pas figure de lieux de renouvellement des
générations.
Pour mieux représenter la distribution de la population, la géographie a toujours utilisé le
concept de densité, indicateur rapportant un effectif de la population à une unité de surface.
Pourtant, en dépit de sa commodité pratique, le concept de densité brute n’a qu’une portée
limitée en géographie car il accorde à des espaces souvent très disparates une apparente
homogénéité. Exemple du Sénégal : Densité brute : 80 hbts/km². Région de Kédougou : 10
hbts/km² ; Département de Linguère : 11 hbts/km² ; la Région de Dakar 6500 hbts/ km².
Ces distorsions que la densité brute masque par son silence constituent les traits
géographiques majeurs de la distribution spatiale de la population.

I. Les inégalités de la répartition de la population


mondiale

La terre compte près de 8 milliards d’hbts. Ce chiffre apparemment élevé correspond à


une densité globale en réalité faible : près 53 hbts/km². Force est cependant de constater que
la distribution des hommes à la surface de la planète est un phénomène discontinu et très
contrasté. L’échelle des densités permet de saisir une opposition entre pleins et vides
démographiques car elle s’étend de 2 hbts/km² pour la Mongolie à près de 21 000 à MACAO.

Le caractère maritime de notre planète introduit inévitablement une première disparité.


Mais les parties terrestres sont-elles mêmes inégalement distribuées puisque l’hémisphère
austral est aux ¾ océanique. La présence humaine y est éparse puisque cet hémisphère ne
supporte qu’à peine 10% de la population mondiale.

Dans cette partie de la planète de vastes espaces restent pour diverses raisons très peu
pénétrés par l’homme. Il s’agit de grands déserts d’altitude (volumeux massifs montagneux),
d’immenses déserts verts (zones forestières très denses), des déserts secs (frappés par l’aridité,
le Kalahari par exemple) et même des déserts blancs (Antarctique).

Dans ces grands vides, l’hostilité de la nature constitue un réel obstacle à l’installation
humaine. Les rares taches de population s’expliquent par des faits exceptionnels (richesses
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minières, concentration urbaine, les deux souvent liées) et sont localisées en Amérique du Sud
(Au sud de l’équateur géographique) ou dans les îles de l’Indien et du Pacifique.

L’hémisphère boréal est, par contre, le domaine des fortes agglutinations avec 90% de la
population mondiale regroupées entre le 20e et le 60e degrés de latitude nord.

La carte du peuplement laisse apparaître trois foyers de forte concentration


démographique.

 Le foyer de l’Asie orientale : monde chinois, les deux Corée, Japon : Plus d’1,7
milliard d’habitants. La plus forte emprise humaine sur terre avec des densités
dépassant régulièrement le millier d’habitants au km². Les agglomérations urbaines
sont dans la plupart des cas multimillionnaires (Tokyo : plus de 40 millions d’hbts).
 Le foyer du subcontinent indien riche de près de 1,8 milliard d’hbts. C’est dans cette
partie du monde qu’on trouve les plus fortes densités rurales (plaines Indo-
Gangétiques, les deltas du Bengale…). Les villes qui les commandent ont également
des tailles démesurées à l’exemple de Karachi : 25 millions d’hbts.
 Le foyer européen : 650 millions d’hbts sur une minuscule bande de peuplement d’à
peu près 5 millions de km². La particularité de ce foyer c’est l’importance de son
urbanisation concentrée le long d’un axe reliant le Sud de la Grande Bretagne au Nord
de l’Italie.

En dehors de ces trois régions de forte concentration démographique, les regroupements


humains localisés sur les autres continents n’occupent qu’une place secondaire. Ils
apparaissent comme des îlots de fortes densités entourés de vastes espaces peu peuplés.

Ces foyers secondaires concernent principalement :

 Le littoral nord oriental états- unien de Boston à Washington (la mégalopolis).


 Le Brésil atlantique, les caraïbes en Amérique du sud où l’on observe de manière
générale une opposition très forte entre les régions côtières ou voisines du littoral
grouillant de monde et les vastes dépressions de l’intérieur.
 L’Afrique au Sud du Sahara. Ici les vastes solitudes sont les traits marquants de
l’occupation humaine. Les rares bassins de fort peuplement se localisent
principalement dans les régions littorales et doivent leur existence à des activités
industrielles et surtout tertiaires développées dans le cadre colonial.
Géographie de la Population L 1 Histoire
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La carte représentant la répartition de la population fait apparaître d’autres concentrations plus


modestes : l’axe transsibérien, le bassin du Tigre et de l’Euphrate, la vallée du Nil, la région
du Rift et des Grands Lacs, la façade littorale du Maghreb.

Cette lecture de la répartition spatiale de la population permet de reconnaître que le


peuplement de la terre se caractérise par son inégalité. Les différenciations spatiales
constatées révèlent des centres et des périphéries démographiques (zones de forte
concentration démographique opposées à des vides). Les pleins (centres) qui coïncident
souvent à des bassins économiques actifs, soumis à des flux migratoires massifs et continus
dominent les espaces périphériques, les vides (aux effectifs médiocres).

Si la description de la répartition d’une population constitue une tâche assez simple, son
explication l’est moins et il arrive qu’elle soit vraiment ardue.

II. Les facteurs de la répartition de la population

La compréhension des distorsions constatées dans la distribution spatiale de la


population demeure encore partielle. Pendant longtemps, la tentation de les comprendre et de
les expliquer par les facteurs naturels s’est imposée dans la communauté géographique (les
partisans du déterminisme naturel) mais les faits ont montré une réalité fort complexe,
poussant les chercheurs à se pencher sur d’autres éléments explicatifs.

A. Les facteurs physiques

Les défenseurs de la thèse du déterminisme naturel ont longtemps mis les propriétés
physiques comme première causalité de la répartition des hommes à la surface de la planète. Il
est en effet aisé de constater que les vides démographiques a priori correspond aux milieux
plus ou moins contraignants (Antarctique, Groenland, Sahara, etc.). À l’opposé, l’émergence
de grands foyers se constate dans les zones où les conditions physiques sont plus clémentes.

D’une manière générale, ce sont les contraintes climatiques qui expliquent


essentiellement les dépressions démographiques (vides) constatées à l’échelle de l’œkoumène.
Le froid, l’aridité et la chaleur humide apparaissent comme les principaux facteurs
responsables des limitations les plus strictes dans ces déserts froids ou chands.

Dans certaines régions intertropicales très pluvieuses, les ennemis à la présence de


l’homme sont multiples et redoutables : chaleur humide, exubérance de la forêt
sempervirente, pauvreté des sols, fréquence de certaines parasitoses comme la bilharziose, etc.
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La topographie introduit une autre géographie des densités même si son influence semble
moins évidente que le climat. En règle générale, les plaines, du fait de leur facilité d’accès,
sont plus attractives que les montagnes où la pente, la raréfaction de l’oxygène, la baisse de la
pression, la modification du couvert végétal constituent très souvent des obstacles majeurs à
une forte implantation des hommes (exemple : les Pyrénées, les Alpes, etc.).

Il convient tout de même de nuancer cette étroite corrélation entre le volume des reliefs et
la faible emprise humaine car la montagne a, dans beaucoup de cas, guidé l’implantation des
hommes quand ils ont été chassés de chez eux : elle a ainsi servi de refuge aux berbères de
l’Atlas marocain.

À une autre échelle, les littoraux et l’hydrographie d’une manière générale semblent être
de bons éléments d’explication de la distribution spatiale de la population. Exemple : les
fortes concentrations humaines le long des organismes fluviaux comme le Gange (Inde) ou le
Yangzi Jiang (Chine).

L’environnement physique affecte ainsi la répartition des populations. Il convient


néanmoins de reconnaître que la géographie physique n’a qu’une faible incidence sur la
géographie des densités car au déterminisme du milieu naturel s’oppose le possibilisme de
l’être humain. La géographie des densités n’est mieux comprise que dans l’examen des
facteurs sociaux établis par les hommes sur le fond physique fourni par le milieu naturel.

B. Les facteurs économiques

Les grandes régions d’activité économique coïncident très souvent à des régions de forte
concentration démographique.

- Ces bassins densément peuplés concernent avant tout les régions à fort potentiel
nutritif à l’exemple des grandes plaines alluviales de l’Asie du Sud et de l’Est.
- Les fortes concentrations démographiques s’observent aussi dans les régions urbaines
c’est-à-dire des enchainements de villes couvrant sans discontinuité de vastes aires. La
plus connue de ces nébuleuses est la mégalopolis de la côte Nord-Est des États-Unis.
- Les aires de forte concentration sont aussi localisées dans les régions industrielles
comme celles engendrées par la révolution industrielle dans l’Europe du XVIII e siècle.
Dans ces zones de gisement souvent appelées « Pays noirs », un exode massif de
paysans attirés par le mirage de la ville est à l’origine d’une forte concentration des
hommes fixant pour longtemps le peuplement et la richesse de l’Europe de nos jours.
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Les facteurs économiques permettent ainsi de comprendre le peuplement mondial


contemporain. Mais pour mieux comprendre les fondements de la distribution spatiale de la
population, il est aussi primordial d’interroger le passé.

C. Les facteurs historiques

La formation des densités peut s’expliquer par diverses raisons historiques.

- Tout abord l’influence de l’ancienneté du peuplement. En théorie, il est admis que plus
l’occupation humaine d’une région est ancienne, plus on a des chances d’y trouver de
fortes densités humaines. Ainsi, les surcharges démographiques rurales du Moyen
orient, de l’Asie du Sud-Est, de l’Europe et même de l’Amérique andine (Incas,
Aztèques) s’expliquent en grande partie par l’ancienneté de l’installation.
- L’influence des mouvements migratoires est un autre facteur explicatif de la formation
des densités. L’œkoumène s’est ainsi élargi du fait des grandes migrations
intercontinentales (voir l’Amérique Latine). Aujourd’hui, l’intensité des migrations
définitives des campagnes vers les villes a complétement transformé la géographie des
densités, notamment dans les pays du 1/3 monde.
- Les innovations et leur diffusion. La population mondiale a connu trois grandes phases
de croissance démographique correspondant à des périodes de développement
économique important (Paléolithique, Néolithique et la Révolution industrielle). Ces
grands cycles démographiques ont eu beaucoup d’importance par l’accroissement
continu qu’ils ont provoqué dans la population mondiale et les changements qu’ils ont
apportés dans sa distribution spatiale.

Conclusion

La carte de la distribution spatiale de la population mondiale révèle d’importantes


variations qu’on a souvent tenté d’expliquer par commodité par les facteurs naturels, certes
importantes, mais qu’il convient d’associer à de multiples facteurs interdépendants. La
conjugaison de tous ces facteurs révèle incontournable.

x x
x
S’il est aisé de constater que la distribution spatiale de la population est hétérogène, il
convient aussi de reconnaître que la croissance démographique est, elle aussi, marquée par de
très préoccupants contrastes spatiaux quelle que soit l’échelle.
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DEUXIÈME PARTIE :
LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE DE LA
POPULATION MONDIALE
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A. Une croissance en à – coups ( en dents des scie)

L’accélération stupéfiante de la croissance de la population constitue à n’en pas douter


un des problèmes majeurs de l’époque contemporaine. En effet, l’évolution a été beaucoup
plus complexe. Cette croissance heurtée peut être scindée en trois phases de croissance.

1. Les périodes anciennes de « forte » croissance

Il s’agit des deux grandes révolutions connues par l’humanité avant l’Antiquité.

La première est à situer en mésolithique (35 e millénaire avant notre ère) et résulte de
progrès techniques notables ayant permis d’affiner les techniques de chasse et d’assurer les
réserves alimentaires indispensables au développement d’une population en croissance
sensible. De 100 000 hbts au paléolithique inférieur, la population passe à 4 millions au
paléolithique supérieur.

Après de longs millénaires de stagnation ou de faibles augmentations, une seconde vague


de progression se produit au néolithique. De prédateur, l’homme passe à un statut de
producteur et assure ainsi mieux sa survie grâce à la sédentarisation. L’humanité passe alors
de 4 à 100 millions d’hbts.

2. Une longue période d’immobilisme

Au cours des siècles qui suivent cette révolution néolithique, la population connaît une
évolution en dents de scie faisant alterner flux et reflux démographiques : 250 millions
d’individus au début de l’ère chrétienne, 200 millions pendant les V et VI e siècles, 450
millions au début du XIVe siècle, 375 millions à la suite de la peste noire et augmentation
régulière pendant l’époque moderne jusqu’à 750 millions à l’approche de la révolution
industrielle.

Á la fin de cette longue période de croissance mouvementée s’amorce en Europe une


grande révolution démographique, c’est-à-dire une période d’emballement de la croissance de
la population, plus connue sous le nom de transition démographique.

3. L’accélération contemporaine

C’est seulement avec la révolution agricole et industrielle que l’humanité connaît un


véritable décollage démographique qui se propage par la suite progressivement sur l’ensemble
de la terre.
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De 750 millions d’âmes en 1750, la population mondiale passe à 1250 millions en 1850.
Cette phase de décollage démographique, avec un taux d’accroissement modéré de 0,5% par
an, va pousser Malthus à préconiser la suppression des mesures d’assistance qui encouragent
la natalité chez les indigents.

Une croissance s’amorce au début du XXe siècle, s’affirme au fil des années et touche les
autres continents. La population mondiale atteint au milieu du siècle dernier les 2,5 milliards.
Actuellement, elle est de 7,6 milliards.

L’importance des effectifs concernés et des rythmes de croissance de l’ordre de 3 à 4%


par an compensent, à l’échelle planétaire, l’effet du ralentissement qui s’affirme déjà dans les
pays développés.
Les projections prévoient ainsi moins de 9 milliards d’hbts sur terre au milieu du siècle. Le
fléchissement va se poursuivre car le modèle occidental de la famille réduite se diffuse peu à
peu dans le 1/3 monde. La courbe d’évolution de la population mondiale va donc prendre,
selon toute probabilité la forme d’un « S » couché.

B. Les problèmes de structure par âge

L’examen de la structure par âge permet d’opposer les pays à population vieillie
n’assurant plus le renouvellement des générations aux pays jeunes à l’extraordinaire potentiel
démographique.

a. La jeunesse de la population

Pyramide des âges en Tour Eiffel (ou en parasol). Forme grossièrement triangulaire avec
une base large et un redressement progressif vers le sommet. Un fort pourcentage de jeunes
résulte soit d’une fécondité assez soutenue soit d’une substantielle immigration de jeunes
prolifiques, soit enfin d’une faible mortalité des tranches d’âge allant de 1 à 40 ans.

La jeunesse démographique pose un certain nombre de problèmes d’ordre démographique


et économique.

 Les pays jeunes constituent le plus souvent un potentiel d’émigration.


 Sur le plan économique, les conséquences sont encore plus délicates : problème de
l’éducation et surtout des charges pour les familles (entretien des enfants) et pour la
collectivité (scolarisation, santé,…).
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 Entre autres problèmes touchant les pays jeunes : l’emploi, l’importance des
populations à charge (jeunes et vieux), l’insécurité…

b. Le vieillissement démographique

Pyramide en As de pique : Base rétrécie et gonflement sommital.

Le vieillissement d’une population résulte essentiellement de la baisse de la fécondité qui


peut s’expliquer par le coût de l’enfant, la recherche de bien-être, l’urbanisation, le statut de
l’enfant qui passe de la situation de « bien d’investissement » à celle de « bien
d’équipement ».

Á un pays qui dispose d’un fort contingent de vieux se posent toute une série de
problèmes. Le vieillissement provoque à longue échéance une diminution de la tranche des
jeunes adultes donc du potentiel humain le plus actif et une augmentation du pourcentage de
la main-d’œuvre faiblement productrice d’où l’abaissement du rendement moyen individuel.
Il en résulte une augmentation de la fiscalité car la population active supportera longtemps la
double charge provenant de l’augmentation simultanée de la part des vieux et de celle des
jeunes.

C. Les politiques de population

Leur objectif est la modification des pratiques constatées dans les pays à population
vieillie ou jeune.

Dans les pays à population vieillie, les politiques visent à stimuler la natalité pour éviter
un vieillissement excessif. En dépit d’une foule de mesures diverses (financières, fiscales,
sociales, …), les couples très attachés à leur niveau de vie ne sont nullement incités à
augmenter le nombre de leurs enfants.

Dans le 1/3 monde, les politiques visent à freiner le rythme d’accroissement de la


population (espacement des naissances). Pour l’heure, la valeur accordée à une nombreuse
descendance dans le cadre d’une économie agricole, les considérations religieuses, les
coutumes, la faible instruction des populations notamment les femmes, l’insuffisance des
services médicaux, peuvent écarter tout intérêt individuel pour une quelconque maîtrise de la
fécondité.
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En définitive, une politique a d’autant plus de chances de succès qu’elle accompagne,


conforte et amplifie une évolution en cours.

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