Triade noire et maltraitance chez les ados
Triade noire et maltraitance chez les ados
Mémoire doctoral
Camille Leclerc
Doctorat en psychologie
Docteure en psychologie (D. Psy.)
Québec, Canada
Mémoire doctoral
Camille Leclerc
Sous la direction de :
ii
Table des matières
Résumé ................................................................................................................................... ii
Table des matières ................................................................................................................. iii
Liste des tableaux .................................................................................................................. iv
Liste des figures ...................................................................................................................... v
Listes des abréviations ........................................................................................................... vi
Remerciements ..................................................................................................................... vii
Introduction ............................................................................................................................ 1
Chapitre 1 : Recension des écrits ............................................................................................ 1
La triade noire de la personnalité ....................................................................................... 1
Cognition sociale, mentalisation et fonctionnement réflexif .............................................. 5
Impact de la maltraitance sur la mentalisation ................................................................... 7
Triade noire, personnalité limite et cognition sociale ......................................................... 9
Triade noire, personnalité limite et maltraitance .............................................................. 13
Maltraitance, mentalisation et personnalité ...................................................................... 15
Objectifs ........................................................................................................................... 15
Chapitre 2 : Méthode ............................................................................................................ 17
Participants ....................................................................................................................... 17
Matériel............................................................................................................................. 18
Procédure .......................................................................................................................... 20
Chapitre 3 : Analyses statistiques ......................................................................................... 21
Chapitre 4 : Résultats............................................................................................................ 23
Analyses descriptives ....................................................................................................... 23
Analyses corrélationnelles ................................................................................................ 23
Analyse acheminatoire ..................................................................................................... 26
Chapitre 5 : Discussion ......................................................................................................... 28
Relations entre les trois membres de la triade noire ......................................................... 28
Traits de personnalité limite et triade noire ...................................................................... 29
Rôle médiateur de la mentalisation .................................................................................. 30
Limites de l’étude ............................................................................................................. 35
Conclusion ............................................................................................................................ 37
Bibliographie ........................................................................................................................ 38
iii
Liste des tableaux
Tableau 1
Description et comparaison des adolescents des échantillons clinique et non clinique…...43
Tableau 2
Comparaison du type de maltraitance émotionnelle rapporté en fonction du parent dans
l’échantillon clinique…………………………………………………………..…………. 44
Tableau 3
Corrélations de Pearson entre les construits de la TN, la personnalité limite, les facteurs de
fonctionnement réflexif et la maltraitance émotionnelle dans l’échantillon clinique….......45
Tableau 4
Estimation des covariances entre les échelles de FR (médiateurs) et les variables
dépendantes…………………………………………………………………..………….…46
iv
Liste des figures
Figure 1.
Intercorrélations entre les trois membres de la TN (machiavélisme, narcissisme et
psychopathie)………………….…………………………………...………………………47
Figure 2.
Analyse acheminatoire des associations significatives et marginalement significatives entre
la maltraitance émotionnelle maternelle et paternelle, le FR des adolescents (confusion et
intérêt/curiosité) et les traits de personnalité limite et machiavéliques auprès de 40
adolescents d’une population
clinique……………………..……………………………….48
v
Listes des abréviations
BPFS-C…………………...……….……..Borderline Personality Features Scale for
Children
FR………………………………..………………………………….Fonctionnement réflexif
ToM…………………………...…………………………………………...…Theory of Mind
TN ……………….…………..…..………………………………………………Triade noire
TPL………………………………………...…………….….Trouble de la personnalité
limite
vi
Remerciements
J’aimerais tout d’abord remercier ma directrice de recherche, Madame Karin Ensink,
pour avoir cru en moi et en mon projet tout au long de ce processus. C’est vous qui m’avez
introduit au monde de la recherche dans le cadre de ma Recherche dirigée et j’ai
énormément appris sous votre supervision depuis ce temps. Je tiens également à remercier
Madame Lina Normandin, présidente de mon comité d’encadrement, pour ses critiques
toujours constructives concernant mon projet. Je n’aurais jamais pu arriver à ce résultat
sans votre support et votre implication. Je dois également un énorme merci à Hélène
Paradis, statisticienne, pour son aide précieuse en matière d’analyse statistiques.
Je tiens également à remercier mon amoureux, Francis, pour son soutien et ses
encouragements. Tu as cru en moi et tu as toujours su voir le verre à moitié plein quand je
le voyais à moitié vide (ou complètement vide, avouons-le)! Tu es arrivé dans ma vie à la
fin de mon parcours doctoral, mais ton optimisme à tout épreuve aura eu plus d’importance
que tu ne pourrais t’imaginer. Ensuite, un grand merci à mes parents et ma famille, qui
m’ont toujours encouragée et supportée dans la poursuite de mes études et de ma carrière.
Finalement, un gros merci à mes amies du doc, Alexandra, Kelly Ann, Émilie,
Sandra et Amber. Qu’aurait été le doctorat sans vous et sans nos sorties pour se changer les
idées? Et Anne-Marie, ma partenaire de P2, je te dois aussi un très grand merci pour ton
soutient à travers les épreuves que nous avons vécues ensemble. On va finir par aller le
prendre notre nachos au pub!
Merci infiniment!
vii
Introduction
Bien que le narcissisme, la psychopathie et le machiavélisme soient trois construits
distincts, la recherche montre qu’ils présentent certains chevauchements. Ces trois
construits de personnalité, qui sont considérés comme aversifs sans nécessairement
atteindre un seuil pathologique, forment la « triade noire » (TN; « dark triad »). Chacun de
ces construits de personnalité implique à divers degrés des comportements d’autopromotion,
une froideur émotionnelle, une tendance à la tromperie et à l’agressivité (Paulhus et
Williams, 2002). Chez les adolescents de la communauté, les traits de personnalité de la TN,
plus particulièrement la psychopathie et le machiavélisme, sont associés à la présence de
délinquance et de symptômes d’agression (Muris, Meesters et Timmermans, 2013). De plus,
les trois construits de la TN sont associés à des déficits au niveau de la cognition sociale,
notamment un déficit d’empathie. Une meilleure compréhension de la relation entre la
triade noire et la cognition sociale pourrait contribuer à améliorer les interventions auprès
d’adolescents présentant ces traits de personnalité. De plus, puisque la plupart des études
sur la TN ont été menées auprès d’adultes, il subsiste des lacunes au niveau des
connaissances quant à l’expression de ces traits de personnalité et leurs relations chez les
adolescents.
1
Chapitre 1 : Recension des écrits
La triade noire de la personnalité
Narcissisme. Le narcissisme peut être conceptualisé comme étant la capacité d’un individu
à maintenir une image de soi relativement positive à travers une variété de processus
d’auto-régulation, sous-tendant ses besoins de validation et d’affirmation ainsi que sa moti-
vation à rechercher ouvertement ou secrètement des expériences de valorisation personnelle
dans son environnement social (Pincus et al. 2009). Le narcissisme peu s’exprimer de façon
saine ou de façon pathologique, reflétant une organisation adaptée ou mésadaptée de la per-
sonnalité de l’individu, ses besoins psychologiques et ses mécanismes de régulation. Ces
différents facteurs donnent lieu à des différences individuelles dans la façon de gérer les
besoins de valorisation de soi et de validation (Pincus & Lukowitsky, 2010). Le narcissisme
en tant que construit de la triade noire réfère aux aspects aversifs du concept de narcissisme,
soit davantage au narcissisme pathologique.
Bien que le narcissisme à l’adolescence ait fait l’objet d’un nombre grandissant
d’études dans les dernières années, des lacunes demeurent dans les connaissances à ce sujet.
Pourtant, le narcissisme jouerait un rôle important dans le développement de l’adolescent,
voire même un rôle adaptatif. Selon Hill et Lapsley (2011), le sentiment d’omnipotence
serait une facette plus adaptative du narcissisme à l’adolescence, puisqu’elle est associée à
une meilleure estime de soi et un sentiment accru de valeur personnelle. Toutefois, le
sentiment d’être unique serait plutôt une manifestation maladaptée de narcissisme à
l’adolescence, entraînant un sentiment de vulnérabilité et une certaine anxiété sociale.
Selon Ensink et coll. (2018), le narcissisme pathologique à l’adolescence est associé à la
présence de troubles internalisés et externalisés.
1
Malgré ces différences, les deux facettes du narcissisme partagent un noyau commun, soit
l’arrogance, la complaisance et le mépris d’autrui. Si cette structure du narcissisme a
d’abord été révélée au sein d’une population adulte, l’existence de ces deux facettes du
narcissisme a aussi été confirmée récemment chez les adolescents (Ensink et coll., 2018).
2
fait d’être socialement manipulateur et à l’exploitation d’autrui à ses propres fins (Jonason,
Li, Webster et Schmitt, 2009). Les individus ayant un haut degré de machiavélisme tendent
à se comporter de manière froide et manipulatrice autant lors d’expériences en laboratoire
qu’en milieu naturel (Christie et coll., 2013). La plupart des études sur le machiavélisme
ont été effectuées auprès d’échantillons adultes, mais quelques études se sont penchées sur
le machiavélisme chez les adolescents. Chez ces derniers, le machiavélisme serait associé
positivement à différents types de difficultés, dont l’hyperactivité, les problèmes de
comportement, les problèmes avec les pairs et certains symptômes émotionnels. Il
semblerait d’ailleurs que le machiavélisme augmente avec l’âge, suggérant que les
adolescents deviennent plus cyniques en vieillissant (Geng et coll., 2017).
3
les différences entre les composantes de la TN et présente les intercorrélations moyennes
obtenues avec le Dirty Dozen, dont une version adaptée aux adolescents est utilisée dans la
présente étude. Les résultats montrent des corrélations modérées à fortes entre les concepts
(rs = 0,49 pour le machiavélisme et le narcissisme, 0,33 pour le narcissisme et la
psychopathie et 0,53 entre le machiavélisme et la psychopathie).
4
vivent des difficultés au cours de cette période et d’autres non. Par ailleurs, une grande
attention a été portée au trouble de la personnalité limite à l’adolescence, élargissant les
connaissances quant à ses manifestations, sa stabilité et ses facteurs de risque. Les aspects
plus sombres de la personnalité chez les jeunes ont quant à eux été moins étudiés, laissant
la place aux aspects plus vulnérables. Or, considérant les difficultés associées à la présence
de traits de la TN chez les adolescents, une meilleure connaissance des manifestations, du
développement, de la stabilité et des facteurs de risque associés pourrait s’avérer d’une
grande importance en termes de traitement et de prévention, tant pour la société que pour
les adolescents eux-mêmes. De plus, le fait d’avoir vécu de la maltraitance émotionnelle
durant l’enfance, pourrait potentiellement expliquer que certains adolescents développent
des traits de personnalité narcissiques, psychopathiques, machiavéliques et limite. La
mentalisation pourrait être la clé pour expliquer cette trajectoire, et ce concept sera
davantage développé dans la section suivante.
5
y distingue généralement trois composantes : l’empathie cognitive, l’empathie émotionnelle
et l’empathie motrice. L’empathie cognitive réfère à la capacité de l’individu de se
représenter les états mentaux des autres, et donc à la théorie de l’esprit (Theory of Mind en
anglais [ToM]), ou mentalisation (Frith et Frith, 2003; Leslie, 1987; Sharp et coll., 2008).
L’empathie émotionnelle désigne plutôt la réponse émotionnelle aux émotions exprimées
par les autres (expressions faciales et vocales, mouvements corporels, etc.) (Sharp et coll.,
2008). L’empathie motrice se produit lorsqu’un individu reflète les réponses motrices d’une
personne qu’il observe (Preston et de Waal, 2002).
6
propres états mentaux aient été ou non adéquatement compris par des adultes attentionnés
et non menaçants. En effet, le contexte d’un attachement sécure est idéal au le
développement de la mentalisation, puisqu’il offre un environnement exempt d’obstacles à
son développement (Fonagy et Allison, 2012). Selon Fonagy et Allison (2012), le plein
développement de la mentalisation nécessite une interaction avec des esprits plus matures et
sensibles. Lorsque le parent reflète les états mentaux de l’enfant, il organise de ce fait son
expérience et l’aide à savoir ce qu’il ressent. Le reflet se doit d’être juste, mais un certain
écart entre le ressenti de l’enfant et la représentation du parent peut être bénéfique. Un
reflet trop exact peut faire en sorte que la représentation devienne une source de peur pour
l’enfant. Si le reflet n’est pas disponible, s’il est contaminé par les préoccupations du parent
ou si l’état mental de l’enfant est exagéré, cela peut compromettre le développement du soi
(Fonagy et Target, 1997). Il est donc de mise que le développement de la mentalisation peut
être compromis pour un enfant grandissant dans un contexte de maltraitance émotionnelle.
7
2005; Pollak, Cicchetti, Hornung et Reed, 2000). Il est à noter que certaines études ont
trouvé que les adolescents ayant vécu de la maltraitance émotionnelle ne présentaient pas
de déficit sur le plan de la mentalisation (van Schie et coll., 2017) et que l’âge était un
modérateur de cette relation, les déficits de mentalisation s’atténuant avec l’âge (Luke et
Banerjee, 2013). En ce qui a trait à l’impact de la maltraitance sur le FR, moins de
connaissances empiriques sont disponibles. Selon Ensink, Normandin, et coll. (2015), les
enfants ayant un historique d’abus sexuel présentent des déficits de mentalisation par
rapport à soi et aux autres, avec un impact plus sévère lorsque l’abus est de nature
intrafamiliale. La mentalisation agit également comme médiateur de la relation entre l’abus
sexuel et les difficultés intériorisées et extériorisées chez les enfants. Autrement dit, le fait
d’avoir vécu un abus sexuel à l’enfance aurait un impact négatif sur la mentalisation, ce qui
explique une augmentation des symptômes dépressifs et des comportements extériorisés
(Ensink, Bégin, Normandin et Fonagy, 2016).
8
Triade noire, personnalité limite et cognition sociale
Quelques études ont examiné le lien entre la triade noire, la personnalité limite et la
cognition sociale, avec des résultats généralement peu cohérents. Dans leurs études, Lishner,
Hong, Jiang, Vitacco et Neumann (2015) ont testé l’hypothèse selon laquelle la
psychopathie et les traits de personnalité narcissiques et limites sont reliés à un déficit dans
l’expérience de l’empathie affective, en exposant des étudiants de premier cycle
universitaire, à une tâche implicite d’empathie affective. Selon leurs résultats, seule la
psychopathie (plus particulièrement les traits calleux) serait associée de manière consistante
à un déficit d’empathie affective. De manière similaire, Lee et Gibbons (2017) ont trouvé
que la psychopathie, en comparaison aux deux autres traits de la TN, était associée de
manière unique à une réduction de la compassion rapportée, alors qu’un déficit d’empathie
cognitive et affective agissait comme médiateur partiel de cette relation. Le narcissisme
était toutefois associé à un plus haut niveau de compassion rapporté, relation expliquée par
l’empathie émotionnelle. Les auteurs attribuent ce résultat à la propension des individus
narcissiques à exprimer leurs émotions et leur supériorité. Aucun lien significatif n’a été
révélé entre la compassion rapportée et le machiavélisme. Stellwagen et Kerig (2013) dans
leur étude sur la relation entre quatre dimensions de la TN (traits calleux-insensibles,
narcissisme, impulsivité et machiavélisme) et la ToM chez les enfants d’âge scolaire ont
observé que les traits calleux insensibles étaient négativement reliés aux capacités de ToM,
alors que le narcissisme y était positivement relié. Le machiavélisme et l’impulsivité
n’étaient pas significativement reliés aux capacités de ToM. Une autre étude (Schimmenti
et coll., 2017), menée auprès d’adultes, montre que tous les construits de la TN sont
positivement associés à l’alexithymie et négativement associés à l’empathie et à la ToM.
Cette variabilité dans les résultats peut être attribuable à l’utilisation de différents
instruments de mesure des construits de cognition sociale. La présente étude pourrait
contribuer à éclaircir la relation entre la triade noire, les traits de personnalité limite et la
cognition sociale. De plus, en abordant la cognition sociale sous l’angle du FR, ce projet
pourrait venir enrichir les connaissances en ce qui a trait aux déficits de cognition sociale
associés à la TN, puisque ceux-ci ont principalement été étudiés sous l’angle de l’empathie
et de la ToM.
9
Narcissisme et mentalisation. Si un manque d’empathie constitue un critère du
trouble de personnalité narcissique (TPN) (DSM-5; American Psychiatry Association,
2013), le lien entre narcissisme pathologique et cognition sociale a longtemps manqué de
support empirique. Un nombre grandissant d’études s’est intéressé à la question, mais
considérant le caractère multidimensionnel de l’empathie et du narcissisme, les résultats
demeurent peu cohérents à ce jour. Une étude de Ritter et coll., 2011) révèle que les patients
ayant un TPN présentent un déficit d’empathie affective, tout en conservant une bonne
capacité d’empathie cognitive. L’étude de Marissen, Deen et Franken (2012) contredit
toutefois ces résultats. Ces chercheurs ont observé que les individus ayant un diagnostic de
TPN présentaient un déficit dans la reconnaissance d’expressions émotionnelles, plus
spécifiquement en ce qui a trait à la peur et au dégoût, et concluent donc à un déficit
d’empathie cognitive. Ces résultats divergents pourraient être expliqués par le fait que les
observations de Marissen et coll. (2012) se limitent à la reconnaissance d’émotions.
10
centrales de la psychopathie. Peu d’études ont utilisé des mesures précises et valides de
mentalisation. Toutefois, il existe plusieurs études portant sur des variables apparentées.
Ainsi, la littérature suggère que le déficit de cognition sociale associé à la psychopathie
serait d’ordre affectif plutôt que cognitif. En effet, plusieurs études n’ont pas montré la
présence de déficit de théorie de l’esprit, terme parfois utilisé de manière interchangeable
pour désigner la mentalisation (Blair et coll., 1996; Dolan et Fullam, 2004; Jones, Happé,
Gilbert, Burnett et Viding, 2010; Morosan et coll., 2017; Nentjes, Bernstein, Arntz, Slaats et
Hannemann, 2015), soutenant l’idée que le réel déficit consiste plus en un manque d’intérêt
envers les victimes potentielles plutôt que des difficultés de mentalisation. Supportant cette
explication, Drayton, Santos et Baskin-Sommers (2018) ont trouvé que les individus
psychopathes auraient la capacité de prendre intentionnellement la perspective d’autrui,
mais présenteraient une propension réduite à penser automatiquement ou spontanément
selon la perspective d’autrui.
11
sociale (Lee et Gibbons, 2017; Stellwagen et Kerig, 2013), alors qu’une étude a mis en
lumière un déficit, plus précisément une association positive entre le machiavélisme, une
théorie de l’esprit réduite, une faible empathie et l’alexithymie (Schimmenti et coll., 2017).
Bernáth et Kovács (2013) ont étudié le lien entre trois facteurs de mentalisation, soit le
besoin de mentaliser (ou de « lire » les autres), le besoin de relations sereines et l’attitude
envers la mentalisation. Les individus présentant un haut degré de machiavélisme
rapportaient un besoin plus faible de mentaliser, mais n’étaient pas différents des individus
peu machiavéliques sur les deux autres facteurs. Les auteurs concluent donc que ces
résultats appuient la théorie selon laquelle les individus ayant un haut degré de
machiavélisme performent moins bien aux tâches de mentalisation parce qu’ils sont moins
intéressés à lire les états mentaux des autres (argument motivationnel).
12
mentalisation). Sharp et coll. (2013) définissent l’hypermentalisation comme un processus
social-cognitif amenant l’individu à faire des assomptions quant aux états mentaux d’autrui
qui dépassent largement ce qui est observable, au point où il est difficile pour les autres de
voir en quoi ces assomptions sont justifiées. Selon Sharp et coll. (2013), il existe une
relation spécifique entre la personnalité limite et l’hypermentalisation, indépendamment des
difficultés intériorisées et extériorisées. Concernant le FR, Sharp, Penner et Ensink (2019)
ont trouvé une relation inverse entre le FR et les traits de personnalité limite, mais
seulement en présence de troubles extériorisés.
13
froids, durs, présentant une agressivité intense, mais cachée. L’enfant développerait alors un
soi grandiose pour se protéger du sentiment de ne pas être aimé et d’être l’objet d’envie et
de haine de la part de ses parents.
Enfin, le fait d’avoir vécu des événements traumatiques à l’enfance est reconnu dans
la littérature comme facteur de risque important du trouble de personnalité limite à l’âge
adulte (Bandelow et coll., 2005; Bujalski, Chesin et Jeglic, 2017). Bounoua et coll. (2015)
ont observé que chez les adolescents, l’abus émotionnel avait un effet significatif sur les
symptômes de trouble de personnalité limite, par l’entremise de la sensibilité à l’anxiété. La
négligence serait par ailleurs un prédicteur significatif de symptômes accrus de personnalité
limite (Jovev et coll., 2013). Selon Ensink, Biberdzic, Normandin et Clarkin (2015), l’abus,
14
la négligence et le trauma augmenteraient le risque de développer un trouble de
personnalité limite entre autres via leur impact sur les processus attentionnels, la
mentalisation à propos de soi-même et des autres et une augmentation de la peur et de
l’agression menant au clivage et à la diffusion de l’identité. Par ailleurs, les adolescents
ayant vécu un abus sexuel et ceux ayant vécu de l’antipathie de la part de leurs parents en
cooccurrence avec des abus physiques et de la négligence rapportent plus de traits de
personnalité limite que les adolescents n’ayant pas vécu d’abus (Begin, Ensink, Chabot,
Normandin et Fonagy, 2018).
Objectifs
15
investiguées (objectif 1). Dans un deuxième temps, les relations entre les traits de
personnalité, le FR et la maltraitance émotionnelle sera examinée et le rôle médiateur de la
mentalisation sera testé dans la relation entre la maltraitance émotionnelle et les traits
narcissiques, psychopathiques, machiavéliques et limites (objectif 2).
Ainsi, les hypothèses suivantes sont posées : (1) les construits de la triade noire
seront fortement et positivement associés entre eux; (2) les traits limites seront positivement
associés aux construits de la TN; (3) la maltraitance émotionnelle sera associée à plus de
traits limites, narcissiques, psychopathiques et machiavéliques; (4) la présence de traits de
personnalité pathologiques sera associée à des déficits sur le plan de la mentalisation et ; (5)
le fait d’avoir vécu de la maltraitance émotionnelle sera aussi associé à des déficits sur le
plan de la cognition sociale. Il est attendu que cette dernière joue un rôle médiateur entre la
maltraitance émotionnelle et les traits de personnalité pathologique.
16
Chapitre 2 : Méthode
Participants
La présente étude s’inscrit dans un projet de recherche plus large visant la validation
d’un protocole d’évaluation clinique auprès d’adolescents présentant un trouble de
personnalité. Dans le cadre de l’évaluation psychologique, les participants étaient donc
invités à participer en remplissant une batterie de questionnaires en ligne et en complétant
quelques entrevues et tâches informatisées. Les participants sont recrutés au sein de deux
milieux : le Service de consultation de l’école de psychologie (SCEP) et le Centre de
pédopsychiatrie du Sacré-Cœur.
17
échantillon composé au total de 672 adolescents âgés entre 12 et 21 ans (M = 14,57; ET =
1,67) provenant de la communauté. Cet échantillon est composé à 46% de filles et 36% de
garçon. Les données concernant le sexe sont manquantes pour 17% de l’échantillon. Ces
adolescents ont été recrutés à l’Université Laval et dans plusieurs écoles et ont été invités à
participer en remplissant une batterie de questionnaire en ligne ou un protocole papier.
Matériel
Dirty Dozen for Youth (DD-Y). Le DD-Y (Muris et coll., 2013) est un instrument
mesurant les traits de la TN, adapté aux adolescents à partir du Dirty Dozen original
(Jonason et Webster, 2010). Cette version adaptée est comparable à l’originale, mis à part
certains changements dans la formulation des items, visant les rendre plus compréhensibles
pour les enfants et les adolescents. Cet instrument comporte 12 items regroupés sous trois
sous-échelles, mesurant chacune un construit de personnalité associé à la TN, soit le
narcissisme (e.g. « J’ai tendance à vouloir que les autres me trouvent important »), la
psychopathie (e.g. « J’ai tendance à ne pas chercher à savoir si mes comportements sont
bons ou mauvais ») et le machiavélisme (e.g. « J’ai tendance à manipuler les autres pour
obtenir ce que je veux »). Le DD-Y capte les aspects vulnérables du narcissisme
pathologique tout comme les aspects grandioses (Maples, Lamkin et Miller, 2014). Pour
chaque item, le participant doit indiquer son niveau d’accord avec l’énoncé sur une échelle
de type Likert de 1 « fortement en désaccord » à 9 « fortement en accord ». Les scores sont
obtenus en faisant la moyenne des items pour chaque sous-échelle. Un score total peut être
obtenu en effectuant la moyenne de tous les items. Bien qu’il soit considéré que cet
instrument mesure trois construits distincts, certaines preuves empiriques suggèrent que les
mesures de la TN représentent un seul facteur latent, soit un style interpersonnel
d’exploitation (Jonason et coll., 2009). La version francophone du DD-Y utilisée dans la
présente étude est traduite par Normandin et Fraissignes-Jacquin (2016).
18
contient 24 items regroupés sous quatre sous-échelles, soit l’instabilité affective (« J’alterne
entre différentes émotions, comme la colère, la tristesse ou la joie »), les problèmes
d’identité (« J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui manque chez moi, mais je ne sais
pas ce que c’est »), les relations interpersonnelles négatives (« J’ai choisi des amis qui
m’ont maltraité »), et les comportements à risque (« Je me mets dans le trouble parce que
je fais des choses sans réfléchir »). Pour chaque item, le participant doit indiquer sur une
échelle de type Likert allant de 1, « pas vrai du tout », à 5 ,« toujours vrai », comment ils se
sentent par rapport à eux-mêmes ou aux autres (Crick et coll., 2005). Les scores individuels
de chacun des 24 items sont additionnés pour obtenir un score total de traits de personnalité.
Le score total peut varier de 24 à 120. Un score total plus élevé indique des niveaux plus
élevés de caractéristiques de la personnalité limite. La version francophone présente une
cohérence interne élevée, avec un alpha de Cronbach de 0,91 pour l’ensemble des items.
Puisque certaines sous-échelles présentent une cohérence interne faible, seul le score total
sera utilisé dans la présente étude.
19
2013) est utilisée.
Procédure
20
Chapitre 3 : Analyses statistiques
Dans le cadre d’analyses préliminaires exploratoires, des tests t seront effectués afin
de vérifier si l’échantillon clinique se distingue de l’échantillon recruté dans la communauté
en termes de niveau de traits de personnalité de la TN et limite, de mentalisation et de vécu
de maltraitance émotionnelle. Les analyses suivantes seront effectuées uniquement auprès
de l’échantillon clinique. Des analyses descriptives seront effectuées afin de décrire les
types de maltraitance émotionnelle maternelle et paternelle rapportée (antipathie,
négligence émotionnelle et abus psychologique).
21
aléatoirement 1000 échantillons en remplacement de l’échantillon original afin de
construire les intervalles de confiance. Les effets indirects seront jugés significatifs à un
niveau alpha de 0,05 si la valeur zéro n’est pas incluse dans l’intervalle de confiance.
Plusieurs indices d’ajustement seront utilisés afin de vérifier l’adéquation du modèle : le
ratio du chi-carré divisé par les degrés de liberté (χ²/dl), l’erreur d’approximation de la
racine carrée moyenne (RMSEA), le résidu standardisé de la racine carrée moyenne
(SRMR), l’indice d’ajustement comparatif (CFI) et l’indice d’ajustement Tucker-Lewis
(TLI). La statistique χ²/dl indique un bon ajustement lorsque le chi-carré est non-significatif
et que le ratio χ²/dl est inférieur à trois (Ullman, 2001). Le RMSEA et le SRMR sont des
échelles allant de zéro à un. Une valeur obtenue entre 0,01 et 0,06 indique un excellent
ajustement tandis qu’une valeur entre 0,06 et 0,08 consiste en un ajustement appréciable
(Browne et Cudeck, 1993). Le CFI et le TLI sont des indices dont une valeur supérieure à
0,9 est considérée acceptable (Schumacker et Lomax, 2010) tandis qu’une valeur
supérieure à 0,95 est considérée appréciable et recommandée (Hu et Bentler, 1999).
22
Chapitre 4 : Résultats
Analyses descriptives
Les résultats des analyses descriptives sont présentés dans le tableau 1. Les tests t
effectués afin de comparer les échantillons clinique et non clinique montrent des
différences significatives sur toutes les variables à l’étude, à l’exception du machiavélisme
et du facteur de certitude excessive du RFQ-Y. En comparaison des adolescents de
l’échantillon provenant de la communauté, les adolescents de l’échantillon clinique
présentent un niveau significativement plus élevé de narcissisme, de psychopathie et de
traits de personnalité limite, avec des tailles d’effet moyennes-élevées. Les analyses
n’indiquent pas de différence statistiquement significative entre l’échantillon clinique et
l’échantillon non clinique sur le plan du machiavélisme, avec une petite taille d’effet. En
comparaison de l’échantillon non clinique, les adolescents de l’échantillon clinique
présentent un degré de confusion significativement plus élevé, avec une taille d’effet faible-
moyenne. Les adolescents de l’échantillon clinique présentent un niveau significativement
plus élevé d’intérêt/curiosité, avec une taille d’effet faible. La différence entre les deux
échantillons sur le plan de la certitude excessive est non significative, avec une petite taille
d’effet. Concernant la maltraitance émotionnelle, les adolescents de l’échantillon clinique
en rapportent des niveaux significativement plus élevés que les adolescents de l’échantillon
non clinique, tant pour la mère que pour le père, avec des petites tailles d’effet. Il est à
noter que la différence d’âge moyen entre les deux groupes est statistiquement significative.
Des analyses descriptives ont également été menées afin d’examiner les différences
entre les types de maltraitances rapporté en fonction du parent (père et mère). Les résultats
sont présentés dans le tableau 2. Au sein de l’échantillon clinique, les niveaux moyens
d’antipathie et d’abus psychologique maternel et paternel ne diffèrent pas significativement,
mais le niveau moyen de négligence émotionnelle rapportée est significativement plus
élevé pour le père que pour la mère. Le niveau moyen total de maltraitance émotionnelle
rapporté pour les deux parents n’est pas significativement différent.
Analyses corrélationnelles
23
Afin de répondre au premier objectif de ce projet, une analyse de corrélation a été
effectuée afin d’explorer les relations entre la triade noire – narcissisme, machiavélisme et
psychopathie – et la personnalité limite. Les résultats sont rapportés dans le Tableau 3 et
représentés visuellement dans la figure 1. La relation entre les scores aux trois sous-échelles
du DD-Y a d’abord été examinée. Tant dans l’échantillon clinique quand dans l’échantillon
non clinique, les corrélations entre les scores à ces sous-échelles sont toutes positives,
significatives et fortes. Les associations les plus importantes sont celles observées entre la
sous-échelle narcissisme et la sous-échelle psychopathie et entre la sous-échelle narcissisme
et la sous-échelle machiavélisme. La sous-échelle narcissisme est donc fortement corrélée
avec les deux autres sous-échelles du DD-Y. La relation entre la sous-échelle
machiavélisme et psychopathie est plus modérée, mais demeure forte. La relation entre le
score total au BPFS-C et les trois sous-échelles du DD-Y ont également été examinées.
Dans l’échantillon clinique, les corrélations entre le BPFS-C et les sous-échelles du DD-Y
sont toutes positives et significatives, et sont de force modérée. Dans l’échantillon non
clinique, les corrélations sont faibles et non significatives.
24
positivement et significativement associée à la personnalité limite (relation modérée). Les
associations entre la maltraitance maternelle et les autres variables de personnalité sont non
significatives. La maltraitance émotionnelle paternelle est associée positivement et
significativement à la psychopathie (relation modérée). Une association positive
marginalement significative est observée entre la maltraitance paternelle et le
machiavélisme (r = 0,281; p = 0,079) et entre la maltraitance émotionnelle paternelle et la
personnalité limite (r = 0,228; p = 0,062). L’association entre la maltraitance émotionnelle
paternelle et la psychopathie est positive et de force modérée, mais est non significative.
25
est significativement associée de façon faible à modérée à la maltraitance émotionnelle
maternelle et paternelle.
Analyse acheminatoire
26
En ce qui a trait au lien entre la mentalisation et les traits de personnalité, ce modèle
montre un effet direct positif et significatif de la confusion sur les traits de personnalité
limite (β = 7,905; p < 0,001). La confusion est également associée positivement au
machiavélisme, mais de façon non significative (β = 0,352; p = 0,13). L’intérêt/curiosité est
associé négativement et significativement au machiavélisme (β = -0,679; p < 0,01). Pour ce
qui est du lien entre la maltraitance émotionnelle et les traits de personnalités, des effets
directs positifs marginalement significatifs sont observés entre la maltraitance émotionnelle
maternelle et la personnalité limite (β = 4,391; p = 0,13) et entre la maltraitance
émotionnelle paternelle et le machiavélisme (β = 0,492; p = 0,07).
Les effets indirects (c.-à-d. médiation) ont été calculés avec la méthode d’estimation
de l’intervalle de confiance par bootstrapping (5000; IC 95%). Le modèle montre un effet
indirect positif significatif de la maltraitance maternelle sur les traits de personnalité limite
via la confusion par rapport aux états mentaux (b = 2,887; IC : 0,471 à 6,748) et un effet
indirect positif et significatif de la maltraitance paternelle sur les traits de personnalité
limite via la confusion également (b = 2,681; IC : 0,582 à 6,494). Ce modèle explique 35%
de la variance des traits de personnalité limite. Un effet indirect négatif significatif est aussi
observé entre la maltraitance paternelle et le machiavélisme via l’intérêt/curiosité envers les
états mentaux (b = -0,195; IC : -0,548 à -0,023). Ce modèle explique 27% de la variance du
machiavélisme.
27
Chapitre 5 : Discussion
La présente étude avait pour premier objectif d’explorer la relation entre les
construits de personnalité formant la TN – machiavélique, narcissique et psychopathique –
entre eux et entre chacun de ceux-ci et les traits de personnalité limite. Elle avait également
comme second objectif était de vérifier le rôle médiateur de la mentalisation dans la relation
entre la maltraitance émotionnelle et les construits de personnalité à l’étude.
28
relation observée entre le narcissisme et la psychopathie dans la présente étude. Il est
toutefois important de noter que les échantillons inclus dans les méta-analyses étaient
principalement composés d’étudiants de niveau universitaire, alors que la présente étude
porte sur des échantillons d’adolescents plus jeunes, avec un âge moyen d’environ 16 ans
dans l’échantillon clinique et 14 ans dans l’échantillon non clinique. Il est donc possible
que l’âge ait une incidence sur la façon dont se manifestent les traits de la TN, mais plus
d’études, avec un devis longitudinal idéalement, seront nécessaires afin d’investiguer cette
hypothèse. De plus, considérant la petite taille des échantillons du présent projet, il est
possible que les associations trouvées découlent de caractéristiques propres à ceux-ci.
D’autres études incluant des échantillons plus larges seront nécessaires afin d’investiguer
les relations entre les membres de la TN au sein d’une population clinique adolescente.
Par ailleurs, le fait que les corrélations entre le narcissisme et les deux autres
construits de la TN soient très fortes suggère une certaine redondance, alors que dans la
littérature ces construits sont considérés comme distincts malgré leurs chevauchements aux
plans théoriques et empiriques (Paulhus et Williams, 2002). Il existe plusieurs explications
possibles à cette très forte association. En effet ces résultats pourraient être attribuables aux
propriétés psychométriques du DD-Y, à un chevauchement des items, à des composantes
communes aux trois construits ou à d’autres facteurs inconnus qui n’ont pas été testés dans
le cadre de ce projet. Les résultats de la présente étude montrent toutefois que les trois
construits de la TN présentent des patrons d’association différents avec la maltraitance
émotionnelle et la mentalisation, supportant l’idée que ces trois construits de personnalité
sont des entités distinctes malgré d’importants chevauchements.
La seconde hypothèse posée dans le cadre du premier objectif de ce projet était que
la personnalité limite serait modérément et positivement associée à aux trois membres de la
triade noire. Les résultats des analyses corrélationnelles confirment cette hypothèse dans
l’échantillon clinique, mais pas dans l’échantillon non clinique. En effet, les résultats
suggèrent un certain chevauchement entre la personnalité limite et la TN dans l’échantillon
clinique, mais ce lien est d’une force moindre que le lien unissant les membres de la TN
eux-mêmes. Ces résultats suggèrent que la personnalité limite pourrait êtrecorrélée à la TN
29
sans en être un quatrième membre. L’hypothèse d’une seconde TN dite vulnérable,
composée du narcissisme vulnérable, du facteur 2 de la psychopathie et de la personnalité
limite (Miller et coll., 2010) serait peut-être une piste plus pertinente afin de mieux
comprendre la place de la personnalité limite aux côtés du narcissisme et de la psychopathie.
Les résultats de ce projet suggèrent tout de même que la personnalité limite pourrait être
associée à des aspects plus sombres et aversifs de la personnalité, comme la manipulation et
l’agressivité, ce qui apporte un éclairage différent sur la problématique, la personnalité
limite ayant souvent été associée à la position de victime. Plus d’études seront toutefois
nécessaires afin de mieux comprendre de quelle façon la personnalité limite est reliée aux
construits de la TN.
30
modèle présenté dans les résultats et discuté ci-bas représente donc le rôle médiateur de
deux facteurs de la mentalisation, soit la confusion et l’intérêt/curiosité, dans la relation
entre la maltraitance émotionnelle maternelle et paternelle et la personnalité machiavélique
et limite.
Les résultats de la présente étude montrent que les jeunes rapportant plus d’intérêt
envers les états mentaux présentent moins de traits machiavéliques. Ces résultats sont
cohérents avec ceux de Bernáth et Kovács (2013), qui avaient conclu que les individus
ayant un haut degré de machiavélisme performent moins bien aux tâches de mentalisation
parce qu’ils sont moins intéressés à lire les états mentaux des autres. De plus, les résultats
31
de la présente étude suggèrent que la mentalisation pourrait avoir un effet protecteur contre
le développement du machiavélisme chez les adolescents vivant de la maltraitance
émotionnelle. Les résultats montrent également que la maltraitance émotionnelle paternelle
pourrait avoir un effet direct sur le machiavélisme, en faisant augmenter ce dernier. Ce lien
est marginalement significatif, probablement en raison d’un manque de puissance
statistique, mais est cohérent avec la littérature (Láng et Birkás, 2015; Láng et Lénárd, 2015)
et soulève une explication potentielle intéressante. En effet, cela implique qu’il pourrait
exister deux trajectoires potentielles dans le développement du machiavélisme. Alors que
certains adolescents vivant de la maltraitance émotionnelle paternelle pourraient développer
plus de traits machiavéliques, d’autres semblent développer un intérêt et une curiosité plus
marqués envers les états mentaux, ce qui préviendrait le développement de traits
machiavéliques.
32
émotionnelle tant maternelle que paternelle et les traits de personnalité limite. Autrement
dit, les adolescents rapportant plus de maltraitance émotionnelle maternelle et paternelle
présenteraient plus de traits de personnalité limite, ce qui serait expliqué par une
augmentation de la confusion par rapport aux états mentaux. L’effet direct de la
maltraitance émotionnelle maternelle sur les traits de personnalité limite est marginalement
significatif, alors que l’effet direct de la maltraitance émotionnelle paternelle est non
significatif. Cette absence de signification est probablement attribuable à un manque de
puissance statistique dû à la taille de l’échantillon. Néanmoins, les résultats obtenus dans le
présent projet viennent appuyer ceux de Duval, Ensink, Normandin et Fonagy (2019) qui
avait pour la première fois démontré empiriquement le rôle du FR dans la relation entre la
maltraitance émotionnelle et les traits de personnalité limite à l’adolescence. Ces résultats
sont également en accord avec ceux de Chiesa et Fonagy (2014) qui indiquent que le FR
médie partiellement la relation entre le fait d’avoir grandi dans un contexte d’adversité et le
fait de présenter un TPL à l’âge adulte et ceux de Sharp et coll. (2016) qui ont démonté
empiriquement le rôle médiateur de l’hypermentalisation dans la relation entre la cohérence
de l’attachement et les traits de personnalité limite.
33
capacités de mentalisation peuvent expliquer le lien entre maltraitance émotionnelle et
psychopathie. Dans l’échantillon non clinique, toutefois, les adolescents rapportant plus de
traits psychopathiques rapportaient également plus d’intérêt/curiosité envers les états
mentaux, quoique ce lien n’atteigne pas le seuil de signification, probablement par manque
de puissance statistique. Dans l’échantillon non clinique, les adolescents rapportant plus de
traits psychopathiques ne rapportaient pas plus de maltraitance émotionnelle. Bien qu’il soit
difficile d’expliquer ces divergences de résultats entre l’échantillon clinique et non clinique,
ceux-ci pointent vers l’importance d’investiguer davantage la relation entre la psychopathie
et la mentalisation ainsi que la relation entre la maltraitance émotionnelle et la psychopathie
chez les adolescents. Il serait pertinent de tester l’hypothèse du rôle médiateur de la
mentalisation dans de plus larges échantillons tant cliniques que non cliniques.
34
Limites de l’étude
Le protocole de cette étude présente certaines limites. Bien que les résultats
permettent de contribuer aux connaissances concernant les mécanismes potentiels de la
relation entre maltraitance et personnalité à l’adolescence, la nature transversale de la
présente étude ne permet pas de faire des inférences causales. Il serait important de tester
l’hypothèse de médiation par la mentalisation dans le cadre d’un devis longitudinal afin de
mieux examiner le rôle des expériences de maltraitance et de la mentalisation dans le
développement de la personnalité.
La nature autorapportée des mesures peut également constituer une certaine limite.
En effet, si les traits de personnalité plus sombres sont associés à la manipulation et au
mensonge, il est possible que les participants ayant un plus grand degré de ces traits
puissent répondre de façon malhonnête. Les instruments autorapportés aident grandement à
comprendre ce que vivent les adolescents, mais il serait pertinent dans les recherches
futures d’utiliser plusieurs sources d’information (ex. questionnaire rempli par le parent,
par le clinicien, etc.) et de mesurer la mentalisation par des tâches objectives ou des
entrevues cliniques afin de voir si le modèle testé s’appliquerait toujours.
La petite taille de l’échantillon clinique utilisé dans cette étude demeure une limite
importante à considérer, de même que le faible nombre de participants ayant répondu au
DD-Y dans l’échantillon non clinique. En effet, plusieurs effets appréciables sont observés,
mais n’atteignent pas le seuil de signification. Cela est certainement dû à une faible
puissance statistique découlant de la petite taille de l’échantillon. Malgré cette limite, des
résultats significatifs ressortent de cette étude, apportant donc tout de même une
contribution aux connaissances en ce qui a trait à la triade noire, à la personnalité limite, et
au rôle de la mentalisation dans le développement de la personnalité. Il est également à
noter que l’échantillon est composé de sujets principalement de sexe féminin et peut donc
être potentiellement moins représentatif des adolescents de sexe masculin.
Enfin, même si la décision d’inclure les individus âgés entre 18 et 21 ans dans
l’échantillon d’adolescents est justifiable, considérant que la période de développement du
cerveau peut s’étendre au-delà de l’âge de 20 ans (Johson et coll., 2009), cela peut
35
également constituer une limite de cette étude. Notamment, cela a pour impact qu’il devient
plus difficile de comparer les résultats de la présente étude à ceux d’autres études utilisant
des étendues d’âge différentes, souvent plus restreinte, dans leur conception de
l’adolescence. De plus, il est possible de penser que différents changements
développementaux surviennent entre l’âge de 12 et 21 ans. Il serait donc pertinent dans une
étude ultérieure d’utiliser une étendue d’âge plus restreinte, ou encore de séparer les
adolescents en sous-échantillons ([Link]. jeunes adolescents vs. adolescents plus âgés).
36
Conclusion
Le présent projet contribue à l’avancement des connaissances concernant l’étiologie
des construits de personnalité de la TN et de la personnalité limite à l’adolescence en
investiguant au sein d’une même étude le machiavélisme, le narcissisme, la psychopathie et
la personnalité limite. Il en ressort notamment que les adolescents présentant davantage de
traits de personnalité limite rapportent également plus de traits de la TN. Par ailleurs, la
personnalité limite est associée à la TN sans en constituer un quatrième membre. L’un des
résultats le plus importants de la présente étude est la mise en lumière du rôle médiateur de
la mentalisation, ou plus précisément du FR, dans la relation entre la maltraitance
émotionnelle et la présence de traits limites et de la TN chez les adolescents d’une
population clinique. Les résultats de l’étude montrent un effet indirect négatif de la
maltraitance émotionnelle paternelle sur le machiavélisme, via une augmentation de
l’intérêt/curiosité envers les états mentaux. La présente étude révèle également le rôle
médiateur de la confusion envers les états mentaux dans la relation entre la maltraitance
émotionnelle maternelle et paternelle et les traits de personnalité limite. Ces résultats
soutiennent en partie la théorie selon laquelle le fait de grandir dans un contexte de
négligence, d’antipathie, de rejet, avec peu de sensibilité et de cohérence en ce qui concerne
les états mentaux aurait pour effet d’entraver le développement de la mentalisation,
entraînant des problèmes sur le plan de la personnalité à l’adolescence. Les résultats
concernant le machiavélisme pointent toutefois dans une direction différente, suggérant
qu’il existe une trajectoire alternative au sein de laquelle certains adolescents vivant de la
maltraitance émotionnelle développent un plus grand intérêt envers les états mentaux, ce
qui les protégerait contre le développement de traits machiavéliques. Malgré que les
hypothèses ne soient pas toutes entièrement confirmées, la présente étude suggère que la
théorie de la mentalisation de Fonagy est une avenue intéressante pour mieux comprendre
le développement des traits de personnalité limite et de la TN. Au plan clinique, ces
résultats viennent appuyer l’idée que pour ces individus ayant un vécu de maltraitance
émotionnelle, une intervention visant le développement des capacités de mentalisation
pourrait permettre de traiter ou prévenir l’apparition de traits de personnalité aversifs ou
pathologiques.
37
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Tableau 1.
Statistiques descriptives et comparaisons des échantillons clinique et non clinique sur la personnalité, la mentalisation et la
maltraitance émotionnelle
Variable à l’étude N Moyenne (ET) t d
Clinique/non clinique Clinique Non
clinique
Personnalité Narcissisme 41/42 3,02 (1,53) 1,99 (1,17) 3,465** 0,756
Machiavélisme 41/42 3,05 (1,35) 2,68 (1,47) 1,175 0,262
Psychopathie 41/42 4,15 (1,76) 2,82 (1,58) 3,602** 0,795
Personnalité limite 71/521 63,59 (13,63) 53,15 6,051*** 0,766
(13,64)
Mentalisation Confusion 64/426 3,61(0,94) 3,19 (0,96) 3,302* 0,442
Intérêt/curiosité 64/429 4,48 (0,84) 4,26 (0,73) 2,242* 0,280
Certitude excessive 64/423 3,22 (0,78) 3,40 (0,91) -1,485 0,212
Maltraitance Mère 70/457 1,38 (0,77) 1,18 (0,49) 3,045** 0,310
émotionnelle Père 68/445 1,49 (0,67) 1,29 (0,59) 2,414* 0,317
Note. DD-Y = Dirty Dozen for Youth, BPFS-C = Borderline Personality Features Scale for Children, RFQ = Reflexive Function Questionnaire for Youth. Les variables
de trauma psychologique (anthipathie, negligence et abus psychologique) pour la mère et le père sont mesurés à l’aide du Childhood Experiences of Care and Abuse
Questionnaire
*p< 0,05. **p<0,01 ***p<0,001
48
Tableau 2.
Comparaison du type de maltraitance émotionnelle rapporté en fonction du parent dans
l’échantillon clinique.
Type de maltraitance n Moyenne (écart type) t
Mère Père
Antipathie 67 1,92 (0,93) 2,06 (0,97) -1,244
Négligence 67 1,72 (0,71) 2,10 (0,83) -3,150*
Abus psychologique 68 0,39 (0,47) 0,33 (0,38) 1,151
Maltraitance 68 1,33 1,48 -1,612
émotionnelle (total)
Note. * = p < 0,05
49
Tableau 3
Corrélations de Pearson entre les construits de la TN, la personnalité limite, les facteurs de fonctionnement réflexif et la maltraitance émotionnelle (clinique/non clinique).
Mach Narc Psyc Lim Conf Int Cert Malt. M Malt. P
Mach 1 - - - - - - - -
Narc 0,706**/0,616** 1 - - - - - - -
Maltraitance père 0,281/0,250 0,206/0,136 0,340*/0,042 0,228/0,239** 0,225/0,152* 0,225/-0,141* -0,062/ 0,281*/0,592** 1
0,020
Note. Mach = machiavélisme, narc = narcissisme, psyc = psychopathie, lim = personnalité limite, conf = confusion, int = intérêt/curiosité, cert = certitude excessive, malt. M
= maltraitance émotionnelle maternelle, malt P. = maltraitance émotionnelle paternelle.
* : p < 0,05
** : p < 0,01
50
Tableau 4.
Estimation des covariances entre les échelles de FR (médiateurs) et les variables
dépendantes (traits de personnalité limite et machiavéliques) chez 40 adolescents de
l’échantillon clinique.
Estimé Écart Type p R2
51
Machiavélisme
0,706/0,616 0,578/0,565
Triade
noire
52
Figure 2. Analyse acheminatoire des associations significatives et marginalement
significatives entre la maltraitance émotionnelle maternelle et paternelle, le FR des
adolescents (confusion et intérêt/curiosité) et les traits de personnalité limite et
machiavéliques auprès de 40 adolescents d’une population clinique.
Note. Les estimés présentés dans la figure sont ceux du modèle standardisé.
Les lignes pleines représentent les effets significatifs. Les lignes pointillées représentent les
effets marginalement significatifs.
Les effets non significatifs et les covariances ne sont pas représentés pour une meilleure
lisibilité.
53