0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
83 vues25 pages

Logique et Raisonnement par Récurrence

Transféré par

danielagarajeu
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
83 vues25 pages

Logique et Raisonnement par Récurrence

Transféré par

danielagarajeu
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 1 : Éléments de logique et raisonnement par récurrence

L1 : Logique mathématique
1. Propositions mathématiques
2. Les connecteurs logiques (et, ou, non , ⇒ , <=>)
3. Les quantificateurs : universel  et existentiel 
4. La négation des propositions avec des quantificateurs et connecteurs
logiques …. et bien plus !

L2 : Le raisonnement par récurrence


1. Les types de raisonnement : déductif et inductif
2. Raisonnement par récurrence – illustrations
3. Définition
4. Exemples
5. Applications : en algèbre (inégalités, divisibilité) ; en analyse (suites)
L1 : Éléments de logique mathématique
1. Propositions mathématiques
Une proposition mathématique est un énoncé qui est soit vrai, soit faux (pas les 2...)
''Tout nombre premier est impair.'' est une proposition fausse car 2 est un nombre premier.
''Le carré d'un nombre réel est toujours positif.'' est une proposition vraie.
"Dans tout triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égale à la somme des carrés des
deux autres côtés" est une proposition vraie.
''Kevin est sage.'' N’est pas une proposition mathématique, car sa valeur de vérité peut changer d’un instant à l’autre.
Deux classes particulières de propositions :
L'axiome : une proposition dont on admet qu’elle est vraie (sans démonstration).
Le théorème: proposition dont on démontre qu’elle est vraie à l’aide des axiomes,
des théorèmes déjà démontrés, et des règles de la logique mathématique
Toute théorie mathématique repose sur :
– un ensemble de définitions d’objets mathématiques et
– d’axiomes qui fixent les propriétés élémentaires de ces objets.
Exemples :  Si a = b alors a x c = b x c  Si a < b alors a + c < b +c
 La géométrie dans le plan euclidienne (Les éléments d'Euclide IIIe siècle av. J.­C)
est construite à partir de quelques définitions (point, droite, plan...) et 5 axiomes :
– Par deux points du plan passe toujours une droite et une seule.
– Étant donné une droite et un point extérieur, il existe une seule droite passant par ce point et
parallèle à la première.
2. Les connecteurs logiques
A partir de propositions simples on peut former des propositions plus complexes à l'aide des
connecteurs logiques :
ET (conjonction logique), OU (disjonction), NON (négation)
La conjonction de deux propositions P et Q est la proposition, notée P ET Q, (PQ)
qui est vraie si les deux propositions sont vraies en même temps et fausse si au
moins une d'entre elle est fausse.

La disjonction de deux propositions P et Q est la proposition, notée P OU Q, P  Q


qui est vraie si l'une au moins des deux propositions est vraie.
! Le "ou" est non-exclusif : “P ou Q" ne veut pas dire “soit P, soit Q" mais “soit P, soit Q, soit les deux"

La négation de la proposition P est la proposition contraire de P, notée nonP, P , P


qui est vraie quand P est fausse et qui est fausse quand P est vraie. (Principe du tiers exclu)

Les t ables de vérité illustrent ces définitions (2 valeurs de vérité : F ou 0, V ou 1)


*L'implication logique : P⇒Q à la base de la déduction logique
« Si P alors Q » « P implique Q »
P hypothèse Q conclusion
«P ⇒ Q » est définie comme la proposition composée : nonP Q

La proposition « P ⇒ Q » est fausse uniquement si P est vraie


et Q est fausse.
Et si P est fausse ?... comment définir l'implication logique ?
Si l’hypothèse est fausse, l’implication est toujours vraie,
quelque soit la conclusion (Le faux implique le vraie)

Ex : Compléter la table de vérité de l'implication P ⇒ Q <==> Non P OU Q.


P Q Non P NonP ou Q
V V F V
V F F F
F V V V
F F V V
*L'équivalence : P <=> Q « P si et seulement si Q »
 Deux propositions sont équivalentes si elles ont la même valeur de vérité.
 P <=> Q est définie comme la proposition composée : P Q ET Q ⇒ P
P Q P⇒Q Q⇒P Q <==> P
V V V V V
V F F V F
F V V F F
F F V V V

P ⇒ Q implication directe : condition nécessaire


Q ⇒ P la réciproque : condition suffisante

Exemples :
 Équivalence vraie : Pythagore et réciproque
Soit ABC un triangle. ABC est rectangle en A <=> BC² = AB² +AC²
 Équivalence fausse : « a = b » <=> « a² = b² » (la réciproque est fausse)
3. Les quantificateurs : universel  et existentiel 
« Tous les dauphins sont des mammifères. » est une proposition vraie.
« Il existe des dauphins qui sont blancs. » est une proposition vraie.
« Tous les dauphins sont gris. » est une proposition fausse (car il existe des dauphins
qui ne sont pas gris).
Soient E un ensemble, x E et P(x) une proposition dont la valeur de vérité dépend de x.
Si quel que soit x E la proposition P(x) est vraie on écrit :  x  E, P(x)
S'il existe au moins un élément xE tel que P(x) soit vraie on écrit :  x  E, P(x)

Une proposition P qui dépendre d'une variable s'appelle prédicat.


« L'entier n est pair » dépend de la variable n et on la note P(n).

Ex : Établir la valeur de vérité des propositions suivantes :


a)  x R tel que x² – 2x – 3 = 0 . b) Il existe x entier tel que x² – 2x – 3 = 0 .
c)  x R tel que |x – 1| + | x – 2| = 0 d)  x R , |x – 1| + | x – 2| > 0
d)  x R , x² ≥ 0 e)  x R tel que x² + 2x < 0
4. La négation des propositions avec des quantificateurs  et 
Exemples :
 La proposition P(x) : «  x R ,  y R , √ x ²+ y ² = x + y . » est fausse.
x = 1 et y = 2 est un contre-exemple qui justifie que P(x) est fausse.
Sa négation est vraie : « x R ,  y R , √ x ²+ y ² = x + y . »

 « L’ensemble des nombres naturels N est infini. » :


P(n) : «  n   ,  p   , p > n » est une proposition vraie.
Pour chaque n, on choisit p = n + 1.
Remarque : p dépend de n !
Sa négation est fausse : L'ensemble des naturels est majoré par un entier n fixé :
«  n   ,  p   , p ≤ n » est fausse.
Remarque : n ne dépend pas de p !

Soit P(x) une proposition dépendant d'une variable xE.


Non (  x  , P(x) ) <==> x E, Non P(x)
Non (  x  , P(x) ) <==> x E, Non P(x)
* La négation des propositions avec des connecteurs logiques (et, ou, non)
Les règles de Morgan
1) Non( Non P) = P
2) Non (P et Q) = Non P ou Non Q
3) Non (P ou Q) = Non P et Non Q
Démonstration : avec les tables de vérité
P Q P et Q Non(P et Q) Non P Non Q NonP ou Non Q
V V V F F F F
V F F V F V V
F V F V V F V
F F F V V V V

* Exemple :
a) Compléter la table de vérité pour la négation de l'implication Non(P ⇒ Q).
b) Écrire la négation de la proposition P :
La fonction f est monotone croissante sur un intervalle I :
 a   ,  b   , a < b ⇒ f(a) < f(b)
Non P : a   , b   , a < b ET f(a) ≥ f(b)
L2 : Le raisonnement par récurrence
1. Les types de raisonnement : déductif et inductif
Les propositions mathématiques peuvent être générales ou particulières.
Propositions générales Propositions particulières
Dans tout triangle, la somme des mesures Dans le triangle ABC, la somme des
des 3 angles est égale à 180°. mesures des angles  + B + Ĉ = 180°.
Tout nombre dont le chiffre des unités est 2025 est divisible par 5.
0 ou 5 est divisible par 5.

La méthode par laquelle on obtient des propositions particulières à partir de


propositions générales s'appelle déduction logique (méthode déductive).
Les théories scientifiques sont construites de manière déductive, à partir d'un ensemble d'axiomes.
La proposition générale „Toute équation de degré 2 à coef. réels, dont le discriminant est
positif a des solutions réelles” implique la proposition particulière
„L'équation 2 x² + x − 5 = 0 a des solutions réelles”.
 La méthode par laquelle on obtient des propositions générales à partir de
propositions particulières s'appelle induction logique (méthode inductive).
2. Raisonnement par récurrence – illustrations
1) L’effet domino.
On considère une file de dominos espacés régulièrement.

• Le premier domino d 0 tombe. C’est l’initialisation.


• Les dominos sont suffisamment proches pour que si l’un des dominos dn tombe
le suivant dn + 1 tombe également. C’est la propagation ou l'hérédité.
• Alors on peut conclure que tous les dominos tombent, les uns après les autres.
2) L'escalier : Je suis en bas de l'escalier de la Tour Eiffel.

• Je constate que la première marche a une propriété : « Elle est jaune ».


Puis-je conclure que toutes les marches vont être jaunes ?
• Un touriste matheux, qui vient de finir sa visite de la tour, me dit :
« Si une marche est peinte en jaune, alors la suivante est jaune aussi. »
• Je peux alors conclure que toutes les marches sont jaunes.

3. Le principe de récurrence
Soit P(n) une proposition qui dépend d'un entier naturel n N.
1) Si P(0) est vraie (l'initialisation)
2) Si pour tout entier n = k (fixé), P(k) vraie implique P(k+1) vraie (l'hérédité)
P(k) ⇒P(k+1)
alors la proposition P(n) est vraie quel que soit l'entier naturel n N.
On appelle 2) l'hypothèse de récurrence (hr).
Le principe de récurrence à partir d'un rang n 0
1) Si P(n0) est vraie (l'initialisation)
2) Si pour tout entier k ≥ n0 (fixé), P(k) vraie implique P(k+1) vraie
alors la proposition P(n) est vraie quel que soit l'entier naturel n ≥ n 0 .

Il faut vérifier que les deux conditions initialisation et hérédité sont vérifiées.
Le principe de récurrence ne fonctionne que pour des entiers : P(n), n N.
Basé sur une propriété de l'ensemble N, que R n'a pas (N bien ordonné : toute partie non vide a un plus petit élément)

4. Exemple
Soit la suite (un) définie par : u0 = 0,3 et ∀ n ∈ N, un + 1 = 1/2 un +1/2
Soit la propriété P(n) : 0 < un < 1. Montrons que ∀ n ∈ N, P(n) est vraie.
------------------------------------------------------------------------------------------------------
1) Initialisation : u0 = 0,3 donc 0 < u0 < 1. La propriété P(0) est vraie.
2) Hérédité : Supposons que pour un naturel n = k fixé, P(k) est vraie : 0 < uk < 1
Vérifions P(k+1) :
1 1 1 1 1
Si 0 < u k < 1 (hr) 0 < uk < < uk + < 1
2 2 2 2 2
alors 0 < 1/2 < uk+1 < 1 donc P(k+1) vraie, donc la propriété « se propage »
3) Conclusion : Alors la propriété P(n) : 0 < un < 1 est vérifiée pour tout n naturel.
5. Applications
A) En analyse : pour les suites
1) Établir la forme explicite d'une suite donnée par récurrence :
Si un+1 = f(un ) déterminer g telle que un+1 = g(n )
2) Calculer la somme des termes d'une suite (arithmétique, géométrique, … )
Sn = u0 + u1 + … un
3) Inégalités : suites monotones et suites bornées
– montrer qu'une suite est monotone Calculer des limites des suites
– montrer qu'une suite est bornée

B) En algèbre
1) Inégalités fondamentales : Bernoulli (+ autres)
2) Combinatoire

Devoir : Divisibilité : P30 ex 40 ; *P 33 ex 91


Calculer des sommes : P 33 ex. 92, 93 ; P 36 ex 117 à 120 ; P38 ex 130, 150
Suites récurrentes : P30 ex 44, 45 ; P 33 ex 88, 89, 90 ; 151 (2)
Inégalités et suites : P17 ex 3 et 4 ; P30 ex 41, 42, 43 ; *P33 ex 94
Application 1) Établir la forme explicite d'une suite donnée par récurrence
Soit la suite (un) définie par : u0 = 0 et ∀ n ∈ N, un+1 = 2un + 1.
Déterminer la forme explicite de un en fonction de n.
a) Calculer les cinq premiers termes et conjecturer une expression de un
u1 = 2 u0 + 1 = 1 ⇒ u1 + 1 = 2
u2 = 2 u1 + 1 = 3 ⇒ u2 + 1 = 4 = 2² Les premiers termes semblent vérifier
u3 = 2 u2 + 1 = 7 ⇒ u3 + 1 = 8 = 2³ la formule : un + 1 = 2n
On peut donc émettre la conjecture suivante : ∀ n ∈ N, u n = 2 n − 1
Une conjecture n’est pas une preuve. Il faut une démonstration.
b) Démonstration par récurrence de la formule conjecturée
Notons P(n) la propriété : « un = 2n − 1 »
1. Initialisation : La propriété a été vérifiée pour n = 1, 2, 3, 4
2. Hérédité : Supposons que pour un naturel k fixé, P(k) est vraie : uk = 2k − 1
Vérifions P(k+1) : uk+1 = 2k +1 – 1
Selon la définition de la suite : uk+1 = 2uk + 1
Selon l'hypothèse de récurrence : uk+1 = 2(2k − 1) + 1 = 2k+1 − 1
Donc la propriété P(n) est héréditaire : si P(n) est vraie alors P(n+1) est vraie.
3. Conclusion : Comme P(n) est héréditaire et elle est vraie pour le rang n = 4
alors elle sera vraie au rang n = 5, puis n = 6 etc et finalement vraie à tout rang n :
la propriété P(n) : un = 2n − 1 est vérifiée pour tout n naturel.
Application 2) Calculer la somme des termes d'une suite (Ex 130 P38)
Calculer la somme des premiers n entiers naturels impaires : Sn = 1+ 3 + 5 +...+ (2n–1)

a) Conjecturer une expression de la somme


S1 = 1 ; S2 = 1+ 3 = 4 = 2² S3 = 1+ 3 + 5 = 9 = 3² S4 = 9 + 7 = 16 = 4²
On peut donc émettre la conjecture suivante : ∀ n ∈ N, S n = n 2 .
b) Démonstration par récurrence de la formule conjecturée
Notons P(n) la propriété : « Sn = 1+ 3 + 5 + … + (2n–1) = n2 »
1. Initialisation : La propriété a été vérifiée pour n = 1, 2, 3, 4
2. Hérédité : Pour k ∈ N fixé, montrer P(k) => P(k+1)
Supposons que pour un entier naturel k fixé, P(k) est vraie : Sk = k2
Vérifions P(k+1) : Sk+1 = (k +1)²
Sk+1 = 1+ 3 + 5 + … + (2k – 1) + (2k + 1) = Sk + (2k + 1)
Selon l'hypothèse de récurrence : Sk+1 = k2 + (2k + 1) = (k + 1)²
Donc la propriété est héréditaire : si P(k) est vraie alors P(k+1) est vraie.
3. Conclusion : La propriété P(n) est vraie pour tout n naturel :
Sn = 1+ 3 + 5 + … + (2n – 1) = n² pour tout n naturel
Application 3) Démontrer une inégalité remarquable (Inégalité de Bernoulli)
Soit a un réel strictement positif. On a alors : ∀ n ∈ N, ( 1 + a ) n ≥ 1 + na
• Initialisation : n = 0, (1 + a ) 0 = 1 et 1 + 0a = 1, donc (1 + a ) 0 ≥ 1 + 0a
• Hérédité : Soit k ∈ N, supposons P(k) vraie : (1 + a )k ≥ 1 + ka
Montrons alors que P(k+1) est vraie : (1 + a )k+1 ≥ 1 + (k + 1)a

La propriété est donc héréditaire.


Remarque : Il suffit que a > –1 pour que (1 + a) > 0 !
• Conclusion : Par initialisation et hérédité : ∀ n ∈ N, (1 + a )n ≥ 1 + na

Application : En utilisant l'inégalité de Bernoulli démontrer que


a) 1,02100 ≥ 3 b) 1,01700 ≥ 11 R : a) Prendre a = 0,02 > –1 et n = 100

Autres inégalités remarquables :


Inégalité des modules : | a1 + a2 + … + an | ≤ | a1 | + |a2 | + … + |an |
n 2 n n

Inégalité des moyennes : (∑ ) ( ∑ ) ( ∑ )


i=1
a i bi ≤
i=1
a
2
i
i=1
2
bi
Application 4) Comportement global des suites (suite monotone / bornée)
Soit la suite (un ) définie sur N par : u0 = 1 et ∀ n ∈ N, un+1 = √ u n + 2 .
Démontrer que pour tout n ∈ N, on a 0 < un < un+1 < 2
(La suite (un ) est croissante et bornée dans [ 0 ; 2 ] )
On considère la propriété P(n) : « 0 < un < un+1 < 2 »
Initialisation : n = 0, on a u0 = 1 et u1 = √ 3 donc 0 < u0 < u1 < 2 donc P(0) est vraie.
Hérédité : Soit k ∈ N fixé. On suppose P(k) vraie : 0 < uk < uk+1 < 2.
On vérifie si P(k+1) est vraie : ? 0 < uk+1 < uk+2 < 2 ?
De l'hr. ⇒ 0 < uk < uk+1 < 2 ⇒ 2 < uk + 2 < uk+1 + 2 < 4 √ ↑ √ 2 < √ u k + 2 < √ u k +1 + 2 < 2

⇒ √ 2 < uk+1 < uk+2 < 2 Donc P(k+1) est vraie. La propriété est héréditaire.
Conclusion : P(n) : 0 < un < un+1 < 2 est vraie pour tout n naturel.
Application 5) Démontrer une propriété de divisibilité
Montrer que n³ – n est divisible par 3 pour tout n naturel.
Soit P(n) la proposition : « n³ – n est divisible par 3. »
• Initialisation : On vérifie P(0) : 0 est divisible par tout entier, donc par 3 aussi.
• Hérédité : Soit k ∈ N, supposons P(k) vraie : dk = k³ – k est divisible par 3.
Montrons alors que P(k+1) est vraie :
dk+1 = (k +1)³ – (k + 1) = k³ + 3 k² + 3k + 1 – k – 1 = k³ – k + 3(k² + k) = d k + 3(k² + k)
Comme dk est divisible par 3 (par hr) et 3(k² + k) est divisible par 3 alors d k+1 est
divisible par 3. Donc P(k+1) est vraie.
• Conclusion : Par initialisation et hérédité : ∀ n ∈ N, P(n) est vraie :
n³ – n est divisible par 3, ∀ n ∈ N.
6. Situations amenant à une conclusion erronée
Chaque étape, initialisation et récurrence est importante !
Il faut veiller à ce que les 2 conditions ''initialisation'' et ''hérédité'' soient vérifiées. Si l’une
des deux n’est pas respectée, on peut arriver à une conclusion erronée.
Contre-exemple 1 : Un exemple de conclusion absurde
Soit la proposition P(n) : «Tout nombre naturel n est égal avec son successeur : n=n+1 »
L'hérédité : Pour un entier n=k fixé on suppose P(k) vraie : k = k + 1.
Alors P(k+1) est vraie car k+1 = k + 2.
Donc l'hérédité est vérifiée : P(k) vraie ⇒ P(k+1) vraie
Mais l'initialisation n'est pas vérifiée : 0 ≠ 1.
Contre-exemple 2 : Une erreur de Fermat (Pierre Fermat 1601–1665)
« Pour tout n N le nombre 2²n +1 est un nombre premier. »
2²0 +1 = 2¹ + 1 = 3 premier 2²1 +1 = 2² + 1 = 5 premier
2²2 +1 = 2⁴ + 1 = 17 premier 2²3 +1 = 2⁸ + 1 = 257 premier
2²4 +1 = 65537 premier
MAIS 2²5 +1 = 4 294 967 297 = 641 x 6 700 417 n'est pas premier (Euler 1707 – 1783)
Le fait qu'une proposition P(n) est vraie pour les premières valeurs de n ne prouve
pas qu'elle est vraie pour tout n ∈ N !
Devoir (Manuel Magnard)
40 Montrer par récurrence que pour tout n ∈ N, 4 divise 5 n – 1.

42 Soit (un) la suite définie par u0 = 10 et pour tout n ∈ N, un +1 = √ un + 5 .


Montrer par récurrence que pour tout n ∈ N, 2,5 ⩽ un+1 ⩽ un ⩽ 10.

vn
45 Soit (vn) la suite définie par v0 = 1 et pour tout n ∈N, vn +1 = .
vn + 1
1. Calculer les premiers termes de la suite (vn) et conjecturer une formule
explicite pour vn .
2. Démontrer la conjecture de la question précédente.

92 Soit q un réel tel que q ≠ 1. Démontrer par récurrence que pour tout n ∈N,
n+1
1 − q
1 + q + q² + … + q n =
1− q

Devoir : Divisibilité : P30 ex 40 ; *P 33 ex 91


Calculer des sommes : P 33 ex. 92, 93 ; P 36 ex 117 à 120 ; P38 ex 130, 150
Suites récurrentes : P30 ex 44, 45 ; P 33 ex 88, 89, 90 ; 151 (2)
– → Inégalités et suites : P17 ex 3 et 4 ; P30 ex 41, 42, 43 ; *P33 ex 94
Exercices : Démontrer par récurrence
A) Calculer des sommes
Ex 1) Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n tel que n ⩾ 1, on a :
n( n+1) n( n+1)( 2 n+ 1)
a) 1 + 2 + 3 + … + n = (147/P42) b) 1² + 2² + 3² + … + n² =
2 6
2 2
n ( n+ 1)
c) 1³ + 2³ + 3³ + … + n³ =
4
4 n(2 n+ 1)(2 n−1)
*d) 2² + 6² + … + (4n – 2)² =
3
n(n+ 1)( n+ 2)
e) 1x2 + 2x3+ … + nx(n+1) =
3
n(n+ 1)( n+ 2)( n+ 3)
*f) 1x2x3 + 2x3x4 +…+ n(n+1)(n+2)=
4
*g) 1x4 + 2x7+ 3x10 + … + nx(3n+1) = n (n + 1)²
n( n+1)
*h) 1² – 2² + 3² – 4² … +( – 1)n+1 n² = ( – 1)n+1
2
Ex 2) Somme télescopique (150/P42)
1
Soit (un) la suite définie par un = , pour tout n ∈ N*.
n( n+1)
1 1
a) Montrer que un = − , pour tout n ∈ N*.
n n+ 1
n

b) Calculer la somme S n =u1 + u2 + ...+ u n = ∑ u k .


k=1
n
c) Démontrer par récurrence que S n = .
n+1

Ex 3) Calculer les sommes suivantes puis démontrer par récurrence les formules obtenues
1 1 1 1 n
a) + + + ... + =
1× 4 4×7 7×10 (3 n−2)( 3 n+1) 3 n+1
1 1 1 1 n
*b) + + + ... + =
1×5 5× 9 9×13 ( 4 n−3)( 4 n+ 1) 4 n+1
B) Divisibilité
Ex 4) Montrer par récurrence que pour tout n∈ N on a les critères de divisibilité suivants
a) n³ + 11n divisible par 6
b) 72n – 1 divisible par 48
*c) 9n+1– 8 n – 9 divisible par 16
Ex 5) On considère la proposition P(n) : ''10n + 1 est divisible par 9 pour tout n∈N.''
a) Montrer que s'il existe un entier k tel que P(k) est vraie, alors P(k+1) est vraie.
b) Peut-on conclure que P(n) est vraie pour tout n naturel ? Justifier.
C) Forme explicite d'une suite donnée par récurrence
Ex 6) Pour chacune des suites ci-dessous :  Calculer les premiers termes
 Conjecturer une expression de un en fonction de n. Démontrer la par récurrence.
a) u0 = 4 et u n+ 1 = √ 1 + u n
2

b) u0 = 6 et u n+ 1 = 2 un − 5 (R : un = 2n + 5 )
c) u1 = – 1 et u n+ 1 = −3 un + 8 (R : un = (– 3)n + 2 )
d) u1 = 11 et u n+ 1 = 4 u n + 3 (R : un = 3x4n – 1)
e) u1 = 1 et u n+ 1 = u n + 2 n + 1 , n ≥ 2
1 1
f) u1 = et u n+ 1 = u n + , ∀ n≥ 2 (R : un = n/(n+1) )
2 ( n+1)( n+ 2)
1
g) u0 = 0 et u n+ 1 = (R : un = n/(n+1) )
2 − un

Ex 7) Soit (un) la suite définie par u0 = 2 et un +1 = 3 un – 12 ,  n ∈ N*.


On note P(n) la proposition « un = 6 ».
a) Vérifier que P(0) et P(1) sont fausses.
b) Montrer que P(n) est héréditaire.
c) Peut-on conclure que P(n) est vraie pour tout n ∈ N ?

Ex 8) Soit (un) la suite définie par u0 = 2 et un +1 = un /(1 + un ) pour tout n naturel.


Démontrer par récurrence que un > 0 et un = 2/(2n + 1) pour tout n naturel.
D) Inégalités et suites
Ex 9) Soit (un) la suite définie par u0 = 1 et un +1 = 2 un – n + 1,  n ∈ N.
Montrer par récurrence que un ≥ n ,  n ∈ N.

Ex 10) Soit (un) la suite définie par u0 = – 1 et un +1 = 0,2 un + 0,6,  n ∈ N.


Montrer par récurrence que un ≤ 1,  n ∈ N.

Ex 11) Soit (un) la suite définie par son 1er terme u0 =2 et un +1 = 1 + 1  n ∈ N.


un
3
Démontrer que la propriété P(n) : « ≤ un ≤ 2 » est vraie pour tout n ∈ N .
2

un
Ex 12) Soit (un) la suite définie par le premier terme u0 = 2 et un +1 =  n ∈ N.
un + 1
a) Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, un > 0.
2
b) Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, un = .
2n + 1

Vous aimerez peut-être aussi