Interactive Forest Atlas Car FR
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R A P P O R T W R I
Washington, DC
www.wri.org
Projet d’appui à
ATLAS FORESTIER INTERACTIF DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
la réalisation des plans
d’aménagement forestier VERSION 1.0
ISBN: 978-1-56973-739-2
Document de Synthèse
ATLAS FORESTIER INTERACTIF DE
LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
(version 1.0)
DOCUMENT DE SYNTHÈSE
MINISTÈRE DES
EAUX, FORÊTS,
CHASSE ET PÊCHE
RAPPORT DU WORLD RESOURCES INSTITUTE, PRODUIT EN COLLABORATION AVEC LE MINISTÈRE DES EAUX, FORÊTS, CHASSE ET PÊCHE
DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Hyacinth Billings
Directrice de production
Maggie Powell
Mise en page
Toutes les publications du World Resources Institute (WRI) traitent de sujets au premier plan des
préoccupations publiques. Le WRI assume la responsabilité du choix des sujets de ses publica-
tions mais ne restreint pas les libertés des auteurs et chercheurs. Le WRI sollicite et tient compte
des recommandations et avis des groupes d’experts et relecteurs consultés dans le cadre de la
révision de ses différentes publications. Sauf indication contraire, toutes interprétations et conclu-
sions présentées dans les publications du WRI sont celles de leurs auteurs.
Copyright ©2010 World Resources Institute et Ministère des eaux, forêts, chasse et pêche de
la République centrafricaine. Tous droits réservés.
ISBN 978-1-56973-746-0
ATLAS FORESTIER INTERACTIF DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (version 1.0) : Document de synthèse iii
LISTE DES FIGURES, TABLEAUX, CARTES, ENCADRÉS ET ANNEXES
Auteurs La production de cette première version de l’Atlas Enfin, il convient de remercier en particulier les
forestier interactif de la République centrafricaine personnes mentionnées ci-après pour leur aide
Lauriane Boisrobert a été rendue possible grâce au soutien financier précieuse à la publication de l’Atlas :
Spécialiste en systèmes d’information géogra- du Programme régional de l’Afrique centrale
phique (SIG) et en télédétection, Lauriane Bois- pour l’environnement (CARPE) de l’Agence des Support technique et administratif :
robert était chargée d’étude au World Resources États-Unis pour le développement international Matthew Steil (WRI)
Institute (WRI) de 2007 à 2010. (USAID). Il convient par ailleurs de remercier le Pierre Méthot (WRI)
Bureau régional pour l’Afrique centrale de l’Union Susan Minnemeyer (WRI)
Grégoire Bégoto mondiale pour la nature (UICN) pour avoir facilité Lyna Bélanger (WRI)
Grégoire Bégoto était le coordinateur national des les activités du WRI en Afrique centrale, mais éga- Soulé Gildas (MEFCP)
projets du WRI en République centrafricaine de lement Environmental Systems Research Institute Scott Thompson (WRI)
2007 à 2010. (ESRI) et Leica Geosystems (ERDAS), qui ont
bien voulu fournir les licences d’utilisation de leurs Validation des données de l’Atlas :
logiciels respectifs à des tarifs avantageux. Georges Ngasse (MEFCP)
Jean-Baptiste Mamang (MEFCP)
Les auteurs souhaitent remercier le personnel du Gaston-Prosper Nakoé (CDF)
Ministère des eaux, forêts, chasse et pêche (ME- Denis-Lambert Ndomba (PARPAF)
FCP) de la République centrafricaine (RCA) pour
sa collaboration précieuse et soutenue, ainsi que le Relecture du document de synthèse :
Projet d’appui à la réalisation des plans d’aménage- Rémi Moncel (WRI)
ment forestier (PARPAF) et le Centre des données Florence Daviet (WRI)
forestières (CDF), pour avoir fourni aux auteurs Florence Landsberg (WRI)
la majeure partie des informations indispensables Anne-Gaëlle Javelle (WRI)
à la production de cet Atlas. Les auteurs expri- Hervé Maïdou (PARPAF)
ment leur gratitude à l’égard du Projet des forêts Nicolas Bayol (FRM)
d’Afrique centrale (FORAF), du Fonds mondial Eugène Bouawa (l’Observatoire économique de la
pour la nature (WWF), de la coopération allemande filière bois en République centrafricaine)
(GTZ), du Centre de coopération internationale en Paolo Cerutti (Center for International Forestry
recherche agronomique pour le développement (CI- Research)
RAD), de Forêt Ressources Management (FRM) Luc Dimanche (MEFCP)
et de l’Agence française de développement (AFD), Théodore Mbaro (MEFCP)
pour avoir facilité l’accès à certaines des données Yves-Brice Erenendji (Association centrafricaine
utilisées dans l’Atlas. des professionnels en évaluation environnementale)
AAC Assiette annuelle de coupe DFAP Direction de la faune et des aires protégées PAO Plan annuel d’opération
AFD Agence française de développement DIAF Direction de l’inventaire et de l’aménage- PARN Projet d’aménagement des ressources natu-
AFLEG Application de la législation forestière et ment forestier de la République démocra- relles
gouvernance en Afrique (Africa Forest Law tique du Congo PARPAF Projet d’appui à la réalisation des plans
Enforcement and Governance) DMC Disaster Monitoring Constellation d’aménagement forestier
ALOS Advanced Land Observing Satellite ECOFAC Écosystèmes forestiers d’Afrique centrale PEA Permis d’exploitation et d’aménagement
ArcGIS Arc Geographic Information System EIA Environmental Investigation Agency PFBC Partenariat pour les forêts du bassin du
ASTER Advanced Spaceborne Thermal Emission FLEGT Forest Law Enforcement, Governance and Congo
and Reflection Radiometer Trade PG Plan de gestion
CAS-DF Compte d’affectation spécial pour le déve- FORAF Forêts d’Afrique centrale PTE Permis temporaire d’exploitation
loppement forestier FRM Forêt Ressources Management RCA République centrafricaine
CDAE Convention définitive d’aménagement et FSC Forest Stewardship Council REDD Reduced Emissions from Deforestion and
d’exploitation Degradation
GPS Global Positioning System
CDF Centre des données forestières SIG Système d’information géographique
GTZ Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit
CIRAD Centre de coopération internationale en re- (Coopération allemande) SIGEF Système d’information de gestion forestière
cherche agronomique pour le développement
MEFCP Ministère des eaux, forêts, chasse et pêche TEREA Terre Environnement Aménagement
COMIFAC Commission des forêts d’Afrique centrale
OFAC Observatoire des forêts d’Afrique centrale UFG Unité forestière de gestion
CPAE Convention provisoire d’aménagement et
OLB Origine et légalité du bois USAID United States Agency for International Deve-
d’exploitation
ONG Organisation non gouvernementale lopment
DEIF Direction des exploitations et industries
PAF Plan d’aménagement forestier WRI World Resources Institute
forestières
ZIC Zone d’intérêt cynégétique
Ces quinze dernières années, la République cen- FCP, en termes de production, de gestion, de mise à large diffusion constituent une autre démonstration
trafricaine (RCA) s’est engagée dans une politique jour et de diffusion des données géographiques, sta- de l’engagement de la RCA dans la gestion durable
de gestion forestière durable et socialement res- tistiques et qualitatives sur le secteur forestier, ainsi et transparente de ses forêts et la bonne gouver-
ponsable afin de préserver les « services environ- que leur intégration dans les processus décisionnels nance forestière. Le MECFP tient à remercier
nementaux » (services fournis par l’écosystème) relatifs à la gestion durable des forêts. L’un des sincèrement le WRI pour la qualité de sa collabo-
que les forêts lui procurent. Soutenue et encouragée résultats de cette collaboration est la réalisation du ration.
dans le cadre d’accords de coopération bilatérale et présent Atlas forestier interactif de la République
de financements extérieurs, la RCA fut le premier centrafricaine – version 1.0.
pays d’Afrique centrale à disposer, dès 1997, d’un
permis d’exploitation forestière de type industriel, Cet Atlas est un pas important pour l’accès à
sous aménagement et réellement opérationnel. l’information et la gestion durable des forêts
Aujourd’hui, environ 75 % des permis forestiers de centrafricaines. En effet, il permet de communi-
type industriel de la RCA sont exploités conformé- quer au niveau national et international les efforts
ment à des plans d’aménagement dans le cadre de et succès de la RCA en matière de gestion du-
la gestion durable. rable et de transparence. Aux acteurs intéressés et
impliqués dans le secteur forestier de la RCA, il Emmanuel BIZOT
Toutefois, malgré ces avancées notables, la RCA a met à disposition toutes les données disponibles Le Ministre des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche
encore plusieurs défis à relever. Les questions liées le 31 décembre 2009 concernant l’affectation,
au changement climatique et au processus REDD l’exploitation, l’aménagement, la protection et la
(Reduced Emissions from Deforestion and Degra- conservation du territoire forestier. Les versions
dation) devront faire l’objet d’un effort substantiel subséquentes de l’Atlas, qui seront produites dans
du gouvernement centrafricain. En outre, la RCA le cadre dudit accord de collaboration, rendront
doit maintenant être en mesure de répondre aux compte de la progression des efforts engagés par le
exigences des consommateurs et des pays importa- MEFCP et le WRI dans le renforcement des capaci-
teurs en ce qui concerne la provenance, la légalité tés et la mise en place d’un système d’information
et la conformité à de nouvelles normes environne- au sein du MEFCP.
mentales et sociales plus strictes pour les produits
forestiers. Le MEFCP est fier d’avoir collaboré à la produc-
tion de cet outil et entend s’investir dans l’inté-
C’est pour répondre à ce dernier défi que le Minis- gration de ce dernier dans son processus interne
tère des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche (MEFCP) de prise de décision. Le MECFP espère que les
et le World Resources Institute (WRI) ont choisi différents acteurs et parties prenantes du secteur
de travailler en collaboration depuis 2007. Leurs forestier centrafricain sauront apprécier la qualité et
objectifs sont le renforcement des capacités du ME- la pertinence de cet Atlas, dont la publication et la
ATLAS FORESTIER INTERACTIF DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (version 1.0) : Document de synthèse vii
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Introduction Contexte du secteur forestier las est destiné à être diffusé très largement auprès de
tous les acteurs du secteur forestier centrafricain (par
Le Ministère des eaux, forêts, chasse et pêche L’exploitation forestière se localise dans le mas- Internet et CD-ROM). Des ateliers de sensibilisation
(MEFCP) et le World Resources Institute (WRI) se sif forestier fermé du sud-ouest de la République sont prévus pour familiariser les acteurs du secteur
sont associés pour améliorer, d’une part, la qualité centrafricaine. Celui-ci forme l’extrémité nord de forestier de la République centrafricaine, dont prin-
et la disponibilité de l’information géographique la forêt du bassin du Congo. Afin de mieux enca- cipalement le MEFCP, avec l’Atlas et ses utilisations
nécessaire à la prise de décision dans le secteur fo- drer l’exploitation forestière et de préserver les potentielles.
restier, et d’autre part, les capacités nationales de la services environnementaux que la forêt lui procure,
République centrafricaine en matière de télédétec- le gouvernement centrafricain œuvre à la carto-
tion, systèmes d’information géographique et carto- graphier, à l’organiser et à la gérer de façon du-
graphie. Ce document de synthèse présente l’un des rable. Ces quinze dernières années, la République Thèmes de l’Atlas
produits majeurs attendus de cette collaboration – à centrafricaine a amélioré le cadre réglementaire O L’affectation du territoire forestier. Ce thème
savoir la toute première version de l’Atlas forestier et institutionnel de son secteur forestier. Ainsi, le donne une vue d’ensemble des différents types
interactif de la République centrafricaine (ci-après droit d’exploitation industrielle est octroyé par le d’affectation du domaine forestier de l’État. La
l’Atlas). Cet Atlas permet de suivre la mise en MEFCP par le biais d’un permis d’exploitation et représentation spatiale de ce thème permet no-
œuvre de la politique de gestion durable du gouver- d’aménagement, sous conditions d’exécution d’un tamment de prévenir les conflits d’usage du sol.
nement centrafricain et de faciliter le contrôle de plan d’aménagement et d’installation d’une unité
O Les routes. Ce thème présente les infrastructures
l’exploitation forestière. L’Atlas tire son originalité de transformation.
d’exploitation et de transport du secteur fores-
de deux innovations : (1) le recueil d’informations
tier, ainsi que le réseau routier public du terri-
qui n’étaient pas facilement accessibles jusqu’ici
toire centrafricain. La superposition de l’em-
et (2) la combinaison et la présentation de ces Méthodologie de production de placement des routes et pistes forestières aux
informations sous forme cartographique. Dispo- l’Atlas zones aménagées pour l’exploitation forestière
nible sur CD-ROM, l’Atlas se compose d’une
Cette version de l’Atlas a été assurée par une équipe industrielle permet notamment d’identifier des
application cartographique interactive, organisée
mixte WRI-MEFCP et a reposée sur l’expertise du irrégularités potentielles et d’orienter ainsi les
par thèmes, qui permet aux utilisateurs de visua-
WRI dans les domaines des techniques de l’informa- missions de surveillance sur le terrain.
liser des informations sur le secteur forestier et
d’imprimer des cartes. L’Atlas est utile à toutes tion géographique, du renforcement de capacité et de O Les forêts de production. Ce thème traite du
les parties prenantes du secteur forestier centrafri- la conduite de projet cartographique. Elle a permis statut d’attribution des permis forestiers indus-
cain. Il s’adresse aux décideurs et aux techniciens d’impliquer les parties prenantes du secteur forestier triels, des chiffres de l’exploitation, du statut
impliqués dans la production, la gestion ou l’utili- centrafricain, notamment par l’échange de données d’aménagement et du découpage des forêts en
sation de l’information géographique sur le secteur géographiques. Toute l’information géographique et permis forestiers. La représentation spatiale de
forestier. descriptive, collectée ou produite, a été assemblée, ces informations permet de suivre la mise en
traitée et stockée au sein d’un système d’information œuvre de la politique d’exploitation durable de
mixte, constitué d’un système d’information géogra- la République centrafricaine et de vérifier la
phique et d’une base de données relationnelle. L’At- conformité au règlement forestier.
viii ATLAS FORESTIER INTERACTIF DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (version 1.0) : Document de synthèse
O Les aires protégées. Ce thème présente la répar- Conclusions et perspectives
tition des aires protégées dans le massif du sud-
ouest et sur le reste du territoire centrafricain. L’Atlas rassemble, pour la première fois, au sein
Leur représentation spatiale permet d’appuyer d’une plate-forme unique, cartographique et inte-
les autorités compétentes et leurs partenaires ractive, toute l’information sur le secteur forestier,
dans le cadre de la mise en place de nouvelles jusqu’ici mise à disposition des décideurs sous
aires protégées ou de corridors de conservation, forme de simples cartes « papiers » et de tableaux
ainsi que d’appuyer l’aménagement des aires divers. Les versions à venir de cet Atlas permet-
protégées. tront de mettre à jour les données déjà disponibles
et de rajouter des nouvelles informations indispen-
sables, permettant ainsi un meilleur suivi spatio-
temporel du territoire et du secteur forestier.
Le secteur forestier occupe une place de choix présenter une quantité importante d’informations
Fiche d’identité de la République dans la stratégie de réduction de la pauvreté de la spatialement référencées, sur un territoire immense.
centrafricaine (RCA) République centrafricaine (RCA) (Ministère de Les données sont collectées par des méthodes de
l’économie, du plan et de la coopération interna- relevés de terrain ou basées sur l’interprétation de
Avec une superficie
tionale, 2007) et contribue de manière significative photo aériennes et images satellitaires.
de 623 000 km2, la
RCA est située au
aux économies nationale et locale. En RCA, la part
nord de l’équateur, du secteur forestier dans le produit intérieur brut En RCA, les SIG ont fait leur apparition il y a en-
entre les latitudes est la plus élevée de tous les pays de la sous-région viron vingt ans par le biais de deux projets d’am-
3°N et 11°N et les (10 %). L’essentiel de l’exploitation forestière se pleur : le projet d’aménagement des ressources
longitudes 14°E et concentre dans le massif forestier du sud-ouest, dit naturelles (PARN) de 1990 à 1996 et la création du
27°E. La RCA est un « fermé »1, qui s’étend sur 3,8 millions d’hectares Centre des données forestières (CDF), au sein du
pays enclavé, entou- (ha). Ministère des eaux, forêts, chasse et pêche (ME-
ré par le Cameroun, FCP), en 1996. Enfin, le Projet d’appui à la réali-
le Tehad, le Sou- En plus d’offrir des produits forestiers ligneux et sation des plans d’aménagement forestier3 (PAR-
dan, la République non ligneux d’importance économique, la forêt PAF), démarré en 2000 et toujours opérationnel
démocratique du Congo et la République du Congo. centrafricaine génère de nombreux services envi- à la fin décembre 2009, a permis de produire des
Le port maritime le plus proche se situe au Cameroun
ronnementaux, comme le maintien de la fertilité données géospatiales4, délimitant de façon carto-
(Douala), à plus de 1 000 km de Bangui. Ce port dessert
entre autres les activités d’importations et d’exportations
des sols ou la séquestration du carbone. Elle est graphique les contours des zones d’exploitation
des produits forestiers de la RCA. Le relief est plutôt essentielle à la survie et au bien-être des popula- forestière industrielle et les zones de découpage
plat avec une alternance de plateaux et de plaines. Une tions, et notamment des peuples autochtones, dont de l’aménagement. Le PARPAF appuie ainsi la
dorsale médiane sépare le bassin hydrographique du le mode de vie et la culture y sont intimement asso- rationalisation de l’exploitation dans le cadre de la
Congo de celui du Tchad et les reliefs les plus accentués ciés. Elle offre enfin une biodiversité unique et des gestion durable.
sont localisés aux extrémités occidentales et orientales paysages exceptionnels, des atouts incontestables
de la RCA. Selon les estimations de 2005 de la Division au développement touristique. Malgré ces efforts, l’information à disposition de
des Statistiques des Nations Unies (HNP Stats), la RCA la RCA pour la prise de décision et la gestion du
compte environ 4,2 millions d’habitants, avec un taux de Pour prendre des décisions adaptées et efficaces domaine forestier national reste insuffisante, et ce
croissance démographique annuel projeté de 1,8% entre qui garantissent l’utilisation rationnelle et socia- pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’information
2005 et 2010. lement responsable des écosystèmes forestiers, géospatiale existante au niveau national ne satisfait
et donc leur durabilité, il est essentiel de disposer pas certaines normes cartographiques générale-
d’informations complètes et pertinentes au niveau ment acceptées par les praticiens de la géomatique
économique, écologique et social. Pour cela, les moderne. A titre d’exemple, les données géospa-
systèmes d’information géographique2 (SIG) sont tiales actuellement produites ne sont généralement
employés depuis environ trente ans dans le secteur pas accompagnées de métadonnées et pas toujours
forestier. Ils permettent de collecter, de gérer et de structurées convenablement (incohérences topo-
La situation du territoire forestier Le cadre institutionnel et pratiques déloyales (Encadré 2). Les avancées
de ce code sont présentées dans l’Encadré 3.
La RCA se situe en zone de transition écologique. réglementaire du secteur forestier
Localisée dans sa partie la plus méridionale, la O Les normes nationales d’élaboration des plans
forêt fermée, majoritairement dense et humide, Le cadre institutionnel d’aménagement,6 produites par le PARPAF, sont
ne couvre que 15 % environ du territoire centra- développées dans deux documents de référence
L’administration chargée de la gestion des éco- rendus officiels. Le premier, l’arrêté n° 019/
fricain (Billand, 2009). Il s’agit de la partie nord systèmes forestiers est le MEFCP, qui regroupe
de la forêt fermée du bassin du Congo (Carte 1). MEFCPE/DIRCAB du 5 juillet 2006, officialise
cinq directions dont celle du CDF, principalement les prescriptions techniques des études préli-
L’extrême nord de la RCA est constitué de steppes impliquée dans le cadre de ce projet (Figure 1).
et de savanes arbustives ou herbeuses, tandis que minaires requises pour l’élaboration des plans
Le CDF a pour mission de gérer l’information d’aménagement. Le second, l’arrêté n° 09.026
la partie centrale du pays est composée de forêts forestière et de produire les statistiques forestières
plus ouvertes (forêts claires, forêts galeries, forêts du 28 juin 2009, décrit les dernières étapes du
annuelles. Le MEFCP comprend également une processus d’élaboration des plans d’aménage-
denses semi-humides et sèches). brigade d’intervention et de contrôle qui vérifie ment.
les infractions et fait respecter la législation for-
La forêt fermée, dense et humide, se répartit sur Le Code forestier interdit toute exploitation fo-
estière. Finalement, l’administration forestière est
deux massifs forestiers. Le premier, plus vaste et restière dans les aires protégées, avec certaines
soutenue par le PARPAF qui s’occupe de mettre
composé d’un mélange de forêts denses et hu- exceptions dans le cas des peuples autochtones
en place les normes d’aménagement, d’encadrer
mides, ainsi que de savanes péri-forestières, se et des communautés riveraines. D’autres textes
et d’accompagner les exploitants forestiers dans la
situe dans l’extrême sud-ouest du pays. Le second, définissent les règles relatives à la protection et à la
production des plans d’aménagement.
de taille plus réduite et au couvert un peu moins conservation de la biodiversité. Les plus récents ou
dense, se trouve dans le sud-est (forêt de Bangas- pertinents sont notamment :
sou). D’après les recensements forestiers du PARN, Le cadre légal
le massif du sud-ouest est dominé par la forêt dense O L’Ordonnance n° 84.045 du 2 juillet 1984
Plusieurs textes régissent les activités liées à la res- relative à la protection de la faune sauvage et à
semi-décidue (essences de la famille des ulmacées,
source forestière : la réglementation de l’exercice de la chasse en
sterculacées, sapotacées et méliacées). Elle est
riche en essences exploitables telles que le sapelli République centrafricaine ;
O Le Code forestier5 rendu officiel par la Loi n°
(Entandrophragma cylindricum), le sipo (E. utile) O La Loi n° 07.018 du 28 décembre 2007 qui
08.022 promulguée le 17 octobre 2008 rem-
et l’ayous (Triplochiton scleroxylon). Dans cer- établit le Code de l’environnement ;
place celui du 9 juin 1990. Fruit de deux années
taines régions du massif, il existe d’autres arbres
de rédaction et de concertation et appuyé par O Les décrets de création des aires protégées qui
géants dans les strates supérieures de la forêt,
le bureau d’études et d’audit Terre Environne- décrivent les limites des aires protégées et leur
comme le mukulungu (Autranella congolensis),
ment Aménagement (TEREA), le Code fores- catégorie.
témoignant d’une secondarisation ancienne.
tier définit les différents types d’exploitation
(Encadré 1) et décrit les modalités d’octroi des
titres forestiers, normes qui visent à éliminer les
Sources : Végétation (GlobCover, ESA-ESRIN, 2008), préfecture (WRI, 2008 ; à partir de données du PARN de 1990 et du
Ministère de l’intérieur de la République centrafricaine), lieux habités (Université de Bangui, date inconnue), rivières (PAR-
PAF, 2008), frontières (PARN, date inconnue ; à partir de VMAP0 de NIMA produit en 1997).
VENTE LOCALE
Finalement, la majeure partie de la commercia- Sciages 8 585 10 742 11 567 13 247
lisation se fait sous la forme de grumes, qui sont
Contreplaqués 585 836 967 787
entièrement destinées à l’exportation (Tableau 2).
Source : Annuaire statistique du secteur forestier et cynégétique centrafricain de 2008 (MEFCP, à paraître).
La faible production en contreplaqués est essentiel-
lement destinée aux marchés locaux.
Sources : Permis forestiers (PARPAF, 2008 ; modifiés par WRI en 2008), aires protégées et zones tampons (ECOFAC,
MEFCP, GTZ, PARPAF ; modifiées par WRI en 2008), zones d’intérêt cynégétique et parc présidentiel (PARPAF,
2008), végétation (GlobCover, ESA-ESRIN, 2008), lieux habités (Université de Bangui, date inconnue), routes
(FORAF, 2008 ; à partir de données du PARN de 1990 et du PARPAF de 2007), rivières (PARPAF, 2008), frontières
(PARN, date inconnue ; à partir de VMAP0 de NIMA produit en 1997), relief (USGS-EROS, 2008).
Sources : Usines de transformation (PARPAF, 2008), lieux habités (Université de Bangui, date inconnue), routes
(FORAF, 2007 ; à partir de données du PARN de 1990 et du PARPAF de 2007), rivières (PARPAF, 2008), frontières
(PARN, date inconnue ; à partir de VMAP0 de NIMA produit en 1997), végétation (GlobCover, ESA-ESRIN, 2008),
relief (USGS-EROS, 2008).
Sources: Permis forestiers (PARPAF, 2008 ; modifiés par WRI en 2008), aires protégées et zones tampons (ECOFAC,
MEFCP, GTZ, PARPAF ; modifiées par WRI en 2008), végétation (GlobCover, ESA-ESRIN, 2008), lieux habités
(Université de Bangui, date inconnue), rivières (PARPAF, 2008), frontières (PARN, date inconnue, à partir de VMAP0 de
NIMA produit en 1997).
(x1000 FCFA)
abattu
marchés d’exportation et des caprices du cours 2 000 000
400 000
du dollar, le suivi des volumes de bois abattu, des 1 500 000 Taxe d’abattage
exportations et des ventes locales facilite la gestion 300 000
de la ressource et la prise de décision. Par ailleurs, 200 000
1 000 000
transformation, peuvent contribuer à une réflexion Sources : CD-ROM de l’Atlas, à partir de l’Annuaire statistique du secteur forestier et cynégétique centrafricain de 2008
sur les priorités nationales d’investissement dans (MEFCP, à paraître) et des données fournies par le CDF.
une optique de développement durable. Note : Cette figure n’inclue pas les chiffres concernant les permis forestiers hors PEA (dans leur configuration actuelle),
c’est-à-dire ceux exploités par SESAM en 2005 et par SEBOCA depuis 2006.
L’aménagement
Une vue d’ensemble spatiales de la situation ac- Figure 6. Évolution des quantités de bois abattu et des taxes d’abattage des permis forestiers (PEA) par
tuelle des plans d’aménagement des PEA permet de compagnie forestière en 2008
rendre compte des avancées par rapport aux objec- 250 000 1 000 000
tifs que le MEFCP et le PARPAF se sont fixés. On 900 000
notera que sur les onze PEA attribués, huit ont des
(x1000 FCFA)
tion définitive (CDAE), tandis que les trois autres 150 000 600 000
sont sous convention provisoire (CPAE) (Carte 5). 500 000
100 000 400 000
Les applications possibles 300 000
50 000 200 000
La cartographie de la situation actuelle des plans
100 000
d’aménagement des PEA rend compte des accom-
plissements du PARPAF et du MEFCP en termes Thanry IFB SCAD SEFCA SFK VICA SCAF SCD
de gestion durable du massif forestier du sud-ouest.
La diffusion de ces efforts et de ces succès sur la Volume abattu Taxe d’abattage
scène nationale et internationale devrait profiter au
secteur forestier centrafricain à tous les niveaux, et Sources : CD-ROM de l’Atlas, à partir de l’Annuaire statistique du secteur forestier et cynégétique centrafricain de 2008 (MEFCP,
à paraître) et des données fournies par le CDF.
Sources : Permis forestiers (PARPAF, 2008 ; modifiés par WRI en 2008), aires protégées et zones
tampons (ECOFAC, MEFCP, GTZ, PARPAF ; modifiées par WRI en 2008), végétation (Glob-
Cover, ESA-ESRIN, 2008), lieux habités (Université de Bangui, date inconnue), rivières (PARPAF,
2008), frontières (PARN, date inconnue, à partir de VMAP0 de NIMA produit en 1997).
Sources : Permis forestiers (PARPAF, 2008 ; modifiés par WRI en 2008), unités forestières de gestion et assiettes
annuelles de coupe (PARPAF, 2008), lieux habités (Université de Bangui, date inconnue), rivières (PARPAF,
2008), frontières (PARN, date inconnue ; à partir de VMAP0 de NIMA produit en 1997), végétation (GlobCover,
ESA-ESRIN, 2008), relief (USGS-EROS, 2008).
Sources : Aires protégées et zones tampons (ECOFAC, MEFCP, GTZ, PARPAF ; modifiés par
WRI en 2008), végétation (GlobCover, ESA-ESRIN, 2008), lieux habités (Université de Bangui,
date inconnue), routes et rivières (FORAF, 2007 ; à partir de données du PARN de 1990 et du
PARPAF de 2007), frontières (PARN, date inconnue, à partir de VMAP0 de NIMA produit en
1997), relief (USGS-EROS, 2008).
Ce document de synthèse présente l’un des produits les éléments dupliqués, causés notamment par l’ab- bassin du Congo, comme par exemple la Commis-
attendus de la collaboration du MEFCP et du WRI, sence de référentiel géographique commun ou par sion des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC),
à savoir l’Atlas forestier interactif de la République des numérisations indépendantes, sans structuration le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo
centrafricaine. D’une part, cet Atlas centralise des topologique (Annexe 3). De plus, les informations (PFBC), les processus d’application de la législa-
données géospatiales et descriptives, habituelle- essentielles au suivi et à l’analyse chronologique, tion forestière et gouvernance en Afrique (AFLEG/
ment présentées dans des tableaux ou des cartes comme la situation et les chiffres de l’affectation FLEGT) et l’Observatoire des forêts d’Afrique
« papiers » au sein de rapports disparates et non territoriale, de l’exploitation, de la transformation, centrale (OFAC) dans le cadre du projet des Forêts
reliées, en une seule plate-forme cartographique de l’attribution et de l’aménagement, seront mises d’Afrique centrale (FORAF). D’autre part, cette
interactive unique. D’autre part, l’Atlas est un outil à jour. Aussi, le thème des routes deviendra alors publication servira aux projets du WRI comme
d’information, de communication et de sensibi- pleinement opérationnel, puisque les routes fores- l’Atlas forestier interactif régional.
lisation, mis à la disposition et encourageant la tières seront numérisées sur une base annuelle9. Par
participation de tous les acteurs du secteur forestier, ailleurs, de nouvelles informations y seront ajou- Finalement, dans un contexte de règles d’importa-
pour favoriser des décisions et des actions mieux tées, telles que des données descriptives et d’autres tion de plus en plus strictes, l’Atlas peut servir de
coordonnées et informées. informations relatives à l’exploitation et à la trans- support d’information. À titre d’exemple, l’amen-
formation (volumes de coupe autorisés, volumes dement au Lacey Act10, adopté par le Congrès
Les versions subséquentes de cet Atlas permettront sur pied, volume d’entrée et de sortie des usines). américain le 22 mai 2008, pourrait obliger les so-
à la fois de répondre aux limitations techniques ciétés importatrices de bois et de produits ligneux
identifiées dans cette version et de rajouter des Le développement de cet Atlas doit être envi- à fournir des certificats d’origine et de légalité, des
informations essentielles au suivi, à la gestion et au sagé en complémentarité avec d’autres initiatives attestations de paiement de taxe et d’autres docu-
contrôle des forêts. Tout d’abord, les données de la sous-régionales visant à promouvoir le suivi, la ments officiels. L’atlas peut et doit alors jouer un
première version seront réajustées en vue de corri- transparence, la recherche et la mise à disponi- rôle centralisateur de toutes ces informations.
ger les décalages, les défauts de positionnement et bilité de données sur le secteur forestier dans le
Autres
Nom du fichier Description Source des données
RCA_SRTM Relief (hillshade) de la République U.S. Geological Survey Center for Earth Resource Observation and Science (EROS), National Aeronautics and
centrafricaine Space Administration (NASA), National Geospatial-Intelligence Agency (NGA), ESRI.
RCA_Pea_Stratification_2009. Stratification forestière de la zone de Projet d’appui à la réalisation des plans d’aménagement forestier (PARPAF).
shp production
GlobcoverRCA et Carte de végétation de la République Agence spatiale européenne (ESA) — Institut européen de recherches spatiales (ESRIN).
GlobcoverAC centrafricaine et régionale
RCA_Usines_2009.shp Usines de transformation du bois Projet d’appui à la réalisation des plans d’aménagement forestier (PARPAF).
Sources : Limites des permis forestiers (ECOFAC, MEFCP, GTZ, PARPAF ; modifiés par WRI en 2008),
limites des unités forestières de gestion et assiettes annuelles de coupe (PARPAF, 2008), lieux habités (Univer-
sité de Bangui, date inconnue), stratification forestière (PARPAF, 2008), végétation (GlobCover, ESA-ESRIN,
2008).
Sources : Limites des aires protégées (ECOFAC, MEFCP, GTZ, PARPAF ; modifiées par WRI en 2008), limites des zones d’intérêt cynégétique
(PARPAF, 2008), lieux habités (Université de Bangui, date inconnue), routes (FORAF, 2008 ; à partir de données du PARN de 1990 et du PARPAF de
2007), végétation (GlobCover, ESA-ESRIN, 2008), frontières (PARN, date inconnue ; à partir de VMAP0 de NIMA produit en 1997).
1. En RCA, la forêt dite « fermée » se définit comme 5. Ce document est disponible sur le CD-ROM de 9. Le succès de cette entreprise nécessitera un accès
l’ensemble des forêts denses humides, semi-hu- l’Atlas forestier de la République centrafricaine continu à des images satellitaires à un tarif raison-
mides, sèches et galeries forestières (Billand, 2009). (version 1.0). nable.
2. Un SIG est un système informatique capable 6. Ces documents sont disponibles sur le CD-ROM 10. D’après l’Environmental Investigation Agency
d’assembler, de stocker, de manipuler et d’afficher de l’Atlas forestier de la République centrafricaine (EIA), le Lacey Act interdit le commerce sur le sol
l’information à référence spatiale. Certains voient (version 1.0). Voir les Références bibliographiques. américain de végétaux et produits végétaux (papier,
aussi les SIG comme incluant les ressources hu- meubles) de sources illégales, c’est-à-dire (1) volés ;
7. Le CIRAD est un centre de recherche public français
maines et les données faisant partie du système (2) provenant d’aires protégées officiellement recon-
dans le domaine agronomique pour le développe-
(Bédard, Y., Département des sciences géomatiques, nues ; (3) violant la législation en vigueur du pays
ment, à caractère industriel et commercial. Forêt
Université Laval). source ; (4) sans autorisation d’exploitation et (5)
Ressources Management est un bureau d’études spé-
exploités sans paiement des taxes d’exploitation, de
3. Le PARPAF vise à doter l’administration d’une ca- cialiste de la forêt, de l’environnement et du secteur
transport et de commerce (plus d’information sur :
pacité propre de rédaction des plans d’aménagement du bois.
www.eia-global.org/lacey).
des permis d’exploitation forestière de type industri-
8. Les parties prenantes du secteur forestier compren-
el. Il met en place également un programme d’étude
nent les administrations locales et nationales, les in-
et de développement des écosystèmes des forêts
stitutions de recherche et de formation, les organisa-
denses et humides du sud-ouest de la RCA.
tions non gouvernementales (ONG), le secteur privé
4. La Cartothèque de l’Université du Québec à Mon- de l’industrie forestière, les agences de coopération
tréal définit les données géospatiales comme des et de développement, les bailleurs de fonds, les par-
données numériques représentant un territoire quel- lementaires et la société civile.
conque et ancrées dans un système de coordonnées
géographiques ou de projection bien défini, de sorte
qu’on puisse les situer exactement sur une portion du
globe terrestre. Les orthophotos projetées, les images
satellitaires corrigées, les couches d’information spa-
tiales vectorielles, etc. sont des données géospatiales.
Disponible sur : http://www.bibliotheques.uqam.
ca/ressources/donnees_geo/index.html.
R A P P O R T W R I
Washington, DC
www.wri.org
Projet d’appui à
ATLAS FORESTIER INTERACTIF DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
la réalisation des plans
d’aménagement forestier VERSION 1.0
ISBN: 978-1-56973-739-2
Document de Synthèse