THÉORÈME DU POINT FIXE
Théorème du point fixe
On peut remplacer l'hypothèse "ƒ : I → I contractante"
Soit I un intervalle fermé non vide.
par "ƒ : I → contractante et telle que ƒ(I) ⊂ I "
Soit ƒ : I → I une application contractante sur I.
On rappelle que "ƒ contractante sur I " signifie :
Alors :
∃k ∈ [0, 1[, ∀(x, y) ∈ I2, |ƒ(y) − ƒ(x)| k|y − x|
1) ƒ admet un unique point fixe dans I.
→ définie par u0 ∈ I
2) ∀u0 ∈ I, la suite u : converge vers .
∀n ∈ , un +1 = ƒ (un )
Démonstration :
Remarquons au préalable que, u0 étant dans I et I étant stable par ƒ, la suite (un) est bien définie et :
∀n ∈ , un ∈ I
Existence d'un point fixe :
Montrons, par récurrence sur n ∈ , la propriété :
℘(n) : |un+1 − un| kn|u1 − u0|
• On a évidemment ℘(0).
• Montrons que pour tout n ∈ , ℘(n) ℘(n + 1) :
Soit n ∈ . Supposons ℘(n). Alors :
ƒ contractante ℘( n )
|un+2 − un+1| = |ƒ(un+1) − ƒ(un)| k|un+1 − un| kn+1|u1 − u0|
ƒ( I ) ⊂ I
D'où ℘(n + 1).
Du principe de raisonnement par récurrence, on déduit :
∀n ∈ , ℘(n) : |un+1 − un| kn|u1 − u0|
Déduisons-en que (un) est de Cauchy :
∗
Soit ε ∈ +.
Soit (p, q) ∈
2
avec q > p 0.
Notons r = q − p.
On a :
p + r −1
p + r −1
p + r −1
|uq − up| = |up+r − up| = ui +1 − ui | ui +1 − ui | k i | u1 − u0 |
i= p i= p i= p
p + r −1
r −1
Or : k i | u1 − u0 | = kp |u1 − u0| ki
i= p i =0
1
Et comme k ∈ [0, 1[, la série géométrique de terme général ki converge et est majorée par .
1− k
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kp
D'où : |uq − up| |u1 − u0|
1− k
kp
Et enfin, toujours parce que k ∈ [0, 1[ : → 0
1− k p →∞
En conséquence :
kp
∃N ∈ , ∀p ∈ , (p N |u1 − u0| ε |uq − up| ε)
1− k
Ce qui prouve que la suite (un) est de Cauchy.
Et comme est complet, (un) converge.
Notons sa limite. Comme I est fermé, on a ∈ I.
Or, ƒ est continue en (puisque contractante sur I) donc :
lim ƒ(un) = ƒ( lim un)
n→+∞ n→+∞
lim un+1 = ƒ( )
n→+∞
= ƒ( )
On a donc prouvé que ƒ admet un point fixe dans I et que (un) converge vers .
Unicité du point fixe :
Supposons : ∃ , ' ∈ I, ƒ( ) = et ƒ( ') = '
Comme ƒ est contractante sur I : |ƒ( ) − ƒ( ')|
k| − '|
| − '|
k| − '|
(1 − k)| − '| 0
Or, k ∈ [0, 1[, donc : | − '|
0
= '
Remarques :
• L'hypothèse "I fermé" n'est là que pour assurer ∈ I. Si on sait déjà, par ailleurs, que ∈ I (en pratique, on a
parfois déjà calculé en résolvant l'équation ƒ( ) = ), cette hypothèse devient inutile.
• Le théorème du point fixe ne s'applique pas si l'on remplace l'hypothèse "ƒ contractante sur I " par l'hypothèse
"ƒ 1-lipschitzienne sur I ". Voici un contre-exemple :
I = [1, +∞[ ƒ:I →I
1
x x+
x
Soient x et y dans I avec x < y.
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Comme ƒ est croissante sur [1, +∞[, on a :
x− y
|ƒ(y) − ƒ(x)| ƒ(y) − ƒ(x) y−x+ y−x |y − x|
xy
Ce qui prouve que ƒ est 1-lipschitzienne sur I.
Cependant ƒ n'a pas de point fixe sur I. (L'équation ƒ(x) = x n'a pas de solution)
y
∆ Cƒ
Exemple :
Étudier la convergence de la suite définie par :
u0 ∈ [−1, +∞[
u n +1 = 1 + u n
On introduit l’application ƒ définie sur [−1, +∞[ par :
∀x , ƒ(x) = 1+ x O
u0 1 φ x
Point fixe de ƒ :
1+ 5
ƒ(x) = x ⇔ 1+ x = x ⇔ x 0 et x 2 − x − 1 = 0 ⇔ x = φ =
2
On montre facilement que ƒ est dérivable sur ]−1, +∞[, croissante sur [−1, +∞[, puis que :
ƒ([−1, +∞[) = [0, +∞[ ⊂ [−1, +∞[
L’intervalle I = [−1, +∞[ est donc stable et la suite (un) est bien définie.
1
1
De plus : ∀x +, |ƒ’(x)| =
2 1+ x
2
D’après l’inégalité des accroissements finis :
1
∀(a, b)
+
+, |ƒ(b) − ƒ(a)| |b − a|
2
1
Donc ƒ est -lipschitzienne sur I, donc contractante sur I.
2
En outre : ƒ( +) = [1, +∞[ ⊂ +
Donc + est stable par ƒ.
u0 ∈
+
converge donc vers φ.
D’après le théorème du point fixe, la suite (un) définie par
u n +1 = 1 + u n
Enfin, si u0 [−1, 0] alors u1
+ et d’après ce qui précède, (un) converge encore vers φ.
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