Caracteristiques Morpho-Pedologiques Des Types de Paysages Sur Sables Tertiaires Dans La Region Du Sud-Est (Bonoua)
Caracteristiques Morpho-Pedologiques Des Types de Paysages Sur Sables Tertiaires Dans La Region Du Sud-Est (Bonoua)
B.P. V 51 - ABllJJAtJ
l .J UI LLET 1984
1
1
1 CARTE DE SITUATIOm
1 8 0 50 3-
1 HAUTE-YDLTA
1 100 + 100
1 ODIENNE
- -
BOllNDIHI
(ORHOGO
•
1 9-
.....
+ + + + + go
1 = DABAKALA
1 80 + + + + + 80
BOUllE
•
1 IIU
=
1 7
0
+ + BALOA
•
+ + + -
=
:oc iD
IIIIlBOKfiO •
GUiGLO ".
1 •
\.". SAGNOA
.1 6- + +
•
.+ +
.1
1
,
S-
.~
Il 1 lE GI;d, 1
1~==_:~~~:~8=0~~~~~~J=7~.;;;;;;:=~~:::::=~~0:~=_~_=_~=~:=-_~~-_±-_~~
40 20 0 40 . 8Q 120 160 200 240 Km
1 ~I"::"~"':::":h\==:==[Link]=:=:::l:'=========i='=:::!=L==::a-:.=.=:::
1
1
1
1 .
Temperature
1.
en ·C
.30
1 20
1 10
1
1 J F M A M J J A s o N o mois
1PI uVlometne
. .'.
Fig: 4 Température moyenne mensuelle de
1945 à 1980 (ASECNA)
en mm
1 .600
1 500
1
1
1 400
1 SOO
"::
1 :~
;',;
200
1 -
1 100
1 50
J F M
.--_.
A
, - -- .....
J J A
+
N mois
1. M S 0 0
1
1
•
1
1
1
1
1
INTRODUCTION
1 paysans (non utilisateurs d'engrais minéraux) à pratiquer l'agriculture itinérante basée sur le
système: une année de culture pour cinq à sept années de jachère. Mais ce mode d'exploitation
n'est possible que dans la mesure où les paysan~ ou les agriculteurs disposent suffisamment de
1 terres cultivables. Or; depuis'un certain temps, on constate, en Côte d'Ivoire, un recul ou une
diminution très rapide de la forêt (ZAGOTE, conférence du 27.02.1982). C'est dire que dans les
années à venir l'acquisition de nouvelles terres sur des friches forestières sera difficile
d'autant plus que le Ministère d~ l'Agriculture et des Eaux et Forêts veut désormais modérer ou
1 arrêter la disparition de la forêt.
~
Nous avons pensé qu'en améliorant les systèmes culturaux ou les façons culturales en
milieu villageois pour une production agricole soutenue et régulière on pourrait répondre aux
deux préoccupations qui sont :
111 itinérante.
~
C'est dans cet esprit qu'un programme de recherche en milie~ villageois ou paysan a été
conçu (YORO et GODO, 1983). Cette étude s'inscrit donc dans ce vaste programme et a pour objectif
essentiel de faire connaître le milieu naturel, et sprtout d'ide~tifier les caractéristiques morpho-
pédologiques de la région de Bonoua-Adiaké où les travaux d'enquêtes préliminaires ont déjà commencé
1 (YORO et GODO, 1983).
~
11 1. LE MILIEU NATUREL
1
Il
1
La zone d'étude se situe au Sud-est de la Côte d'Ivoire (Fig. 1), entre la ville de Bonoua,
près de la Comoé, et celle d'Adiaké bâtie sur la côte ouest de la lagune Aby. Elle est soumise à un
climat attiéen, faciès littoral (ROUGERIE, 1960), caractérisé par deux saisons humides (une grande
~I
d'avril à juillet, et une petite de septembre à novembre) qui alternent avec deux saisons sèches
centrées respectivement sur aoQt et janvier (Fig. 2). La pluviométrie moyenne annuelle est de 2100mm.
Celle-ci connait une grande irrégularité. En effet, depuis 1945 à 1980, la plus faible pluviométrie
(1250 mm) enregistrée en 1954 représente moins de la moitié (1/2,4) des précipitations tombées en
1958 (3036 mm). Le tableau 1 montre que la pluviométrie a tendance à baisser dans ces dernières
années.
1
1
1
Fig: 3 .Pluviométrie moyenne annuelle tous les 10 ans de
1 2300
1945 à 1980
1 2200
2229,6
1 2100
2021,3
2000 1986,0
1 1900
1925,8
1 1800
.,
1 "1600
1
1 . 1400
1 1200
1
1000
1 , "
1 800
1 600
" .
1
1 " 400
1 200
1 .
"
~~~~'--'-'~~-''-1'--'' -~_. ~,~;,._ ......." ..,; ..,.... -r-·-".__,·_· op-- ..J
•
1
1 pl ateau
1
a: plateau
1 '. '
1 Section
1 , concave
1
1
1 c Interfluve communicant
plaine allLtviale
,
marecageuse
avec une plaine alluviale
1 marécageuse
1
1 \ ,
1 Vallée
Interfluve communicant avec sèche
1
1
1 /'
",/
e : Interfluve communicant avec
I~
\,~ .
r un cours d'eau
! .
Î
~-~---~----=-- ---_._--------, _.-
'·:',-
1 ~.,
Fig 5 Modélés él.émentaires des pay~ages
1 2
1
Tableau 1 Répartition décadair~ des précipitations de 1945 à 1980
1 Les pluies sont souvent orageuses et atteignent leur maximum d'intensité en juin (288 mm/
1 24 heures: ROOSE, 1966) qui est d'ailleurs le mois le plus pluvieux avec 590 mm. Les- risques
d'érosion sur "les sols mal protégés par les cultures" sont donc très élevés (ROOSE, 1966).
La température moyenne annuelle est de 26°1. Les mois de février, de mars et d'avril se
1 montrent les plus chauds avec des moyennes légèrement supérieures à 27°C. Les mois d'aoOt et de
septembre sont par contre les plus froids avec des températures de 24°4C. L'amplitude thermique
annuelle n'atteint pas' 1°C (25°9C en 1954 et 2~08C en 1973).
La végétation actuelle résulte de la transformation, par les cultures industrielles et
les cultures vivrières itinérantes, de la forêt psammo-hygrophile à Thurreanthus afriaana
(AUBREVILLE, 1939). Elle se compose donc d'îlots' et de reliques de forêts observés sur les sommets
1 de certains interfluves, sur les versants abrupts et le long des cours d'eau, des plantations
(de cocotier, de palmi~r à huile, d'hévéa, de cacaoyer, de caféier, d'ananas et de manioc) et de
jachères.
1.
1
Le relief qui peut être considéré comme un plateau' (ROOSE, 1966) est composé d'un ensemble
de collines et d'interfluves dont les altitudes culminent au-dessus de 100 m. Ces ensembles sont
reliés entre eux par des plaines colluviales sèches ou des vallées qui sont d'anciens deltas de la
Il
Comoé remblayé ou en voie d~ l'être par suite de l'érosion très intense dans la région (ROOSE, 1966).
1 Le modelé e~t assez monbtone. Les sommets des interfluves sont tous convexes et rattachés
au thalwegs ou plaines colluviales sèches par des versants courts accusant de fortes pentes en
1 amont. Les interfluves communiquent rarement avec-des cours d'eau. Ceci s'explique par la forte
perméabilité du socle et pose évidemment le problème "de l'alimentation en eau des villages pendant
les" gisons. sèches.
Une observation de la région, à grande éch~lle, permet ~'identifier cinq types de mpdelés
ou paysages différents les uns des autres, d'une part et de ceux observés dans le Nord de la Côte
d'Ivoire (YORO, 1982 ; LEVEQUE, 1983), d'autre part. Ce sont
1. paysage de plateau caractérisé par une faible pente (1 à 3 \) (Fig. 5a) ;
2. paysage de collines "contigUes séparées par une section concave (Fig. 5b) ;
3. p~ysage d'interfluve communicant en aval avec une plaine alluviale marécageuse (Fig. 5c)
4. paysage d'interfluve communicant en aval avec un-thalweg ou une incision sèche (Fig. 5d)
5. et paysage d'interfluve communicant en aval avec un cours d'eau (Fig. 5e).
Les paysages 1, 2 et 4 sont les plus fréquents alors "que les deux autres (3 et S) sont
assez rares dans la région.
1
1
1
1
1·
1
1
LEGENDE DES FIGURES
1
1 "0 5
f!!i{{{!!!i{]
1 5a
_ SA
1
1 ~ AS
1
1
1
1
1
l'
1
1
1
1
1 3
1
1 II 1 LES. SOLS
1 ROOSE et CHEROUX (1966) ont observé, sur tout le bassin sédimentaire de Côte d'Ivoire,
des sols présentant une forte proportion d'argile dès les horizons de surface, des sols très
sableux et des sols intermédiaires. Les premiers sont localisés sur les pentes fortes, les seconds
1 sur les plateaux et les derniers tantôt sur les plateaux, tantot sur les pentes douces à moyennes.
Ces indications semblent insuffisantes pour une bonne connaissance de la distribution des sols de
la région qui nous concerne. Ainsi une étude pédologique s'est avérée nécessaire pour identifier
1 les divers types de sols développés dans la région délimitée plus haut. Une prospection pédologique
systématique devant être très coOteuse, nous avons cherché à cerner la répartition des sols par
l'étude de quelques toposéquences implantées dans chacun des cinq types de paysages identifiés
1 précédemment.
Trois topo séquences ont été implantées dans chacun des cinq paysages ; mais pour éviter
de lasser le lecteur par une description monoto~e, une seule par paysage a été décrite de façon
1 exhaustive ou détaillée. Les remarques générales portent cependant sur l'ensemble des toposéquences
d'un type de pay sage ..
Six profils y ont été obs~rvés sur une distance de 660 mètres.
1 Pour éviter des redites, nous donnerons pour chaque toposéquence la description complète
d'un seul profil .. Les caractéristiques morphologiques essentielles des autres profils seront présen-
tées sous forme 'de tableaux.
1 a-l - Description
Profil Bl-l observé le 17.05.1983
1 Microrelief : plan
végétation: jachère de deux ans à dominance d'Eupatorium
0-13 cm Brun grisâtre (10 YR 5/2). Frais. Matière organique non directement décelable. Texture
1 sableuse. Structure grumeleuse fine peu développée à t~ndance particulaire. Agrégats
très fragiles comportant des grains de sables déliés. Meuble à boulant. Très poreux.
Nombreuses racines fines et moyennes sans orientation préférentielle. Transition dis-
tincte.
1 13-38 Brun jaunâtre foncé (10 YR 3/4). Humide.·Matièreorganique non directement décelable.
Sableux à sableux faiblement argileux à la base. Structure massive. Débit fragile, sans
forme particulière, comportant des grains de sables déliés. Meuble. Poreux. Racines
moyennes et fines. Transition distincte.
1 38-60 Brun jaunâtre légèrement foncé (10 YR 4/6). Humide. Poches de' matière organique (1 à
10 mm de 0) Texture sablo-argileuse. Structure massive. Débit fragile sans forme préfé-
rentielle. l-Ieuble. Poreux., Quelques racines. Transition nette.
1 60-140 Jaune rougeâtre (7,5 YR 6/8). Humide. Argilo-sableux. Structure massive. Débit peu fra-
gile à. tendance polyédrique subanguleuse. Rares racines vers le sommet. Poreux. Meuble.
1
.l>o
- N
- - o 0>
..,"'C o o o o
1 o
o 0.....
3 ;:j
C-
m
1 ..,c:
1
1
1
1
1
1
1 ~
. .~
1 QI. Q
Ctl
1 ~. :3
o
1 ;
~
1)
1- : 1:
1
1
1
1
1
1 \.
I-
I
1 4
~
[Link] Végétation:jachè Végétation: ja- Végétation: Végéta ti on: Végétation: ja- Végétation: --
re de 2 ans chère de 2 ans champ maniçc viei 11 e jachère chère 6 ans champ
Caracté- 3 4
ristiques 1. 2. 5 6
des horizons Topo •. plateau Topo •. plateau Topo.: plateau Topo.: plateau Topo. : pl ateau Topo.: pl ateau
1 All
Epaisseur (cm)
Coul eur
Texture
Structure
0-13
10 YR 5/2
S
10
[Link] développée [Link]
0-10
YR '5/2
S
0-15
10 YR 5/3
S
développée Tendance parti-
0-8
10 YR 3/2
S
0-10
10 YR 3/3
S
0-14
10 YR 5/2
S
Grumeleuse fine [Link] développée Tendance particu
laire laire
1 Cohésion
Porosité
Racines
Meuble
Très poreux
Nombreuses
Meuble
Très poreux
Nombreuses
Boulant
Très poreux
Racines
Très meuble
Très poreux
Meuble
Très poreux
Boulant à meuble
Très poreux
Très nombreuses' Très nombreuses Racines
1 A12
Epaisseur
Couleur
Texture
Structure
13-38
10 YR 3/4
Massive
S
10-40
10 YR 4/3
Massive
S
15-40
10 YR 5/4
f1ass i ve
S
8-27
10 YR 3/3
S
10-35
10 YR 4/3
Frag. peu déve- Mass ive
S
14-38
10 YR 5/4
Massive
S
loppée
1 Cohésion
Porosité
Rac i nes
Meuble
Poreux
Racines
Meuble
Poreux
Racines
Meuble
Poreux
Quelques
Meuble
Poreux
Nombreuses
Meuble
Poreux
Nombreuses
11eub1e
Poreux
Quelques
Epaisseur 38-60 40-67 40-65 27-60 35-57 38-57
1 AB
Couleur
Texture
Structure
Cohésion
10 YR 5/6
f1assive
Meuble
SA
10 YR 5/6
Massive
Meuble
SA
10 YR 6/4
Massive
Meuble
SA
10 YR 4/4
Massive
Meuble
SA
10 YR 5/6
Massive
Meuble
SA
10 YR 5/6
Massive
Meuble
SA
, Les sols de plateaux représentés par la~toposéquence B1 sont tous des ~ols ferrallitiques
Ils présentent dans leur ensemble des traits morphologiques très proches. Les quelques différences
observées sont dues à l'état d'occupation du terr~in (culture,' jachère récente ou vieille). Ainsi
des épilites sableux ont été relevés à la surface des sols sous culture alors qu'ils sont inexis-
tants ou discrets sous jachères anciennes.
b-1 - Description
Profil B2-1
Topographie: sommet d'interfluve (sud) •
. Végétation: Forêt-galerie. A proximité de celle-ci des cacaoyers.
Surface du sol densément couverte de feuilles mortes et ùivers débris végétaux (2 cm
d'épaisseur environ). Turricules de vers de terre.
1
1 w
o o
!
(f)
C
1 Cl
1
U1
1 o
1
1 ~
o
o
1 f-:·-
1 d
"C
Col
oen o
o
1 (1)•
.c
c
~
j
1 (')
(1)
Q.
c. w
o
1
1 o
1
1
1
1
0)
O.
1 o
1
1
....
o
o
1
1
1
----~-~----_._-~- ---
5
1 0-10 Brun foncé (10 YR 3/3). Frais. Matière organique non directement décelable. Sableux fai-
blement argileux à sablo-argileux. Structure peu développée à tendance fragmentaire-mas-
sive (YORO 1983). Agrégat moyennement résistant. Neuble. Nombreuses cavités de vers, de
fourmis et de termites. Très poreux. Nombreuses racines fines, moyennes et grosses sans
orientation préférentielle. Transition distincte.
10-33 Brun jaunâtre foncé (10 YR 3/4).Frais à humide. Matière organique non directement décela-
1 75-130
que. Argilo-sableux. Structure massive. Débit à tendance polyédrique émoussée, moyennement
résistant. Cavités tubulaires. Poreux. Rares racines. Transition graduelle.
Jaune rougeâtre. Humide. Argilo-sableux. Structure massive. Débit sans forme particulière,
peu résistant. Nids de termites. Poreux. Rares racines très fines.
1 Ce profil est celui d'un sol ferrallitique fortement ou moyennement désaturé, typique
modal.
1
1~
Vgt.: Forêt Vgt.: caca- Vgt.: jachè- Vgt. : Vgt.: jachè- Vgt.: jachè- Vgt. :manioc Vgt.: Forët Vgt. :Forët
oyers re 2 ans jachère re 2 ans re 2 ans
Carac- Topo.: som- Topo.: 1imi te Topo.: 1/3 Topo. :1/3 Topo.: con- Topo.: con- Topo.: 1/3 Topo. :ver- Topo.: .som-
téri sti ques met sud du sommet supérieur inférieur cave cave inférieur sant N met N
des horizons versant versant N
1 Epa i sseur 1 0-10 0-10 0-10 0-10 0-17 0-15 0-12 0-10 0-10
! 10 YR 3/3 10 YR 3/3 7,5 YR 4/3
Coul eur 10 YR 3/3 10 YR 3/3 10 YR 5/2 10 YR 3/4 7,5 YR 3/4 7,5 YR 4/3
1 A11 Texture
Structure
Cohésion
SA
Frag. grumel
Meuble
SA
Frag. grume1
Très meuble
S
[Link] part.
Boulant
S
[Link] dév
Boulant
S
[Link] dév
Boulant
S
[Link] dév Peu dévelop.
Boulant Meuble
SA
Frag. grumél
Meuble
SA
Frag. grumel
Meuble
~
. Porosité Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux
Racines Nombreuses Nombreuses Nombreuses Nombreuses Nombreuses Nombreuses Racines Nombreuses Nombr-euses
Epaisseur 10-33 10-38 10-30 10-37 17-43· 15-38 12-40 10-41 10-33
Couleur 10 YR 3/4 10 YR 4/3 10 YR 3/4 10 YR 3/4 10 YR 4/3 10 YR 4/3 7,5 YR 4/3 7,5 YR 4/4 7,5 YR 4/4
.-J Texture AS AS S S S S S AS AS
A12 Structure Massive Massive Massive Mass ive Massive Massive Massive Massive Massive
Cohésion Meuble ~euble Meuble Meuble Meuble Meuble Meubl e Meuble Meuble
Porosité Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux
Racines Nombreuses Racines Racfn,es Racines Quelques Racines Quelques Racines Quelques
Epaisseur 33-75 38-78 30-55 37-78 43-77 38-79 40-81 . 41-70 33-72
Couleur 7,5 YR 4/6 10 YR 4/6 . 10 YR 4/6 7,5 YR 5/4. 7,5 YR 5/4 7,5 YR 5/4 7,5 YR 5/3 7,5 YR 5/4 7,5 YR 5/6
Texture AS AS Sa Sa Sa Sa SA AS AS
AB Structure Massive Massive Massive Massive Mass ive Massive Massive Massive Massive
Cohésion Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble
Poros ité Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux
Racines Rares Quelques Quel ques Quelques Rares. Rares Rares Quelques Rares
Epaisseur 75-130 78-140 55-125· 78-138 77-140 79-138 81-140 70-130 72-136
Coul eur 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8 7,5 YR 6/8
Texture AS li A A SA li AS SA li AS SA li AS SA li AS AS A A
B Structure Massive Massive Massive Massive Massive Massive Massive Massive Mass ive
Cohésion Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meubl e Meuble Meub 1e
Porosité Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux
Racines Rares Rares Rares Rares - - - - -
~.
1
o
o
'" o
r
Cl S
0
0
"e
Cl
c
~
;:
Cl
:
~
Cl
-
1 6
1 c) !~p~~~g~~~~~_~~_~~~~E~~~_!~_!2~Q~~!2~~
La toposéquence B3 (Fig. 8) longe le nouvel axe routier Yaou-Bonoua. Ell~ se situe à
1 400 mètres environ de Bonoua et s'étend sur un demi interfluve plongeant dans la plaine alluvial~
de Yaou. La pente est de 8 à 11 \ vers le sommet et de 1 \ dans la plaine.
1
Sept profils ont été observés.
c-l - Description
1 Profil B3-1
Topographie: sommet d'interfluve
Végétation: jachère récente composée d'Eupato~ium et d'Impe~ata
0-8 Brun grisâtre très foncé (10 YR 3/2). Sec. ~[atière organique non directement décelable.
1 Sableux à faiblement argileux. Structure fragmentaire, grumeleuse fine peu développée.
Agrégat moyennement résistant comportant des grains de sables déliés. Très meuble. Poreux.
Très nombreuses racines subhorizontales. Quelques turricules de vers de terre hypogés.
Transition distincte.
1 8-23 Brun foncé (10 YR 3/3). Frais. ~Iatière organique non directement décelable. Sablo-argileux.
Structure massive. Débit sans forme préférentielle. Peu résistant. Meuble. Quelques turri~
cules de vers. Poreux. Quelques racines fines sans orientation préférentielle. Transition
graduelle. '
1
.
!
23-60 Brun jaunâtre légèrement foncé (10 YR 4/4). Frais à humide. Poches de matière organique.
Argilo-sableux. Structure massive. Débit grossier à tendance polyédrique émoussé, moyenne-
ment résistant. Meuble. Cavités tubulaires des vers. Remontée jaune orange. Poreux. Rares
racines, fines. Transition graduelle.
60-120 Brun jaunâtre (10 YR 5/6). Humide. Poches de matière organique. Argileux. Structure massive.
Dé.bit grossier à tendance polyédrique émoussé. Peu résistant. Poreux. Rares racines. Tran-
sition assez nette ..
120-150: Jaune rougeâtre (7,5 YR 6/8). Humide. Argileux. Structure massive. Débit grossier. Meuble.
Poreux.
Ce profil appartient à un sol ferrallitique fortement ou moyennement désaturé, typique
appauvri ou typique modal.
~
Vgt.: jachère Vgt.: jachère Vgt.: jachère Vgt.: mals Vgt.: jeunes Vgt. : jeunes Vgt.: rizière
(Eupatoriwn- (Eupatonwn- Eupatorium- pousses pousses enherbée
Imperota) Imperota) Imperata)
Caracté-
ristiques Topo.: sonunet Topo.: pente Topo.: haut Topo. : versant Topo.: versant Topo.: bas Topo. : bas-fond
des horizons raccord versant versant
Epaisseur 0-8 0-8 0-11 0-11 0-19 0-16 0-1
Couleur 10 YR 312 10 YR 3/3 10 YR 3/3 10 YR 3/3 10 YR 3/3 10 YR 3/3 matière organique
Texture Sa Sa 5 5 S 5 . composée de fibre s
A11 Structure Frag. peu dévelop Frag. peu déve l Frag. peu dével Frag. peu dével Tendance partic Tendance particlet de racines en
Cohésion Très meuble Très meuble Très meuble Boulant Boulant Boulant décomposition.
Paros i té Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Doux au toucher.
Racines Très nombreuses Très nombreuses Très nombreuses Très nombreuses Très nombreuses Très nombreuses
Epai sseur 8-23 8-23 11-25 11-34 19-60 16-32 1-10
Coul eur 10 YR 3/3 10 YR 3/4 10 YR 4/4 10 YR 4/3 10 YR 3/4 10 YR 3/4 10 YR 4/1
! Texture SA
Structure Massive
SA
Massive
S
Massive
S S S
Massive
L
Frag. gremeleuse
~
A12 Massive Massive
Cohésion ~leub le Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble
Porosité Poreux Poreux Poreux Poreux PoreUx Poreux Très poreux
Racines Quelques Nombreuses Racines Quelques' Racines Quelques Racines
1
Epai sseur 23-60 23-46 25-45 34-63 60-76 32-80 10-30
Couleur 10 YR 4/4 10YR4/4" 10 YR 5/4 10 YR 4/6 10 YR 4/3 10 YR 4/4 oYRs/.l,ocre roui 1.•
Texture AS AS AS SA S IS LA
AB Structure Massive Massive ~'assive Massive' Massive Massive Peu développée
Cohésion Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble r~eubl e Plastique
Poroslté Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux Peu poreux
1
j
Racines
Epa isseur
Coul eur
Texture
Rares
A
60-150
Rares
46-150
Rares
45-120
7,5 YR 5/6 et 6/8 7,5 .YR 5/6 6/8 7,5 YR 6/8
A
-
63-130
10 YR 5/6
SA
Rares
76-140
10 YR 4/6
-
20-135
10 YP. 5/4
Racines
30+
nappe·
A S S
B Structure Massive Massive Massive Massive Massive
1
Massiv~
Cohésion Meuble Meuble Meuble Meuble Meuble ~!eub le
Porosité Poreux Poreux Poreux Poreux Poreux. Poreux
Racines - - - - - - 1
1
1 7
1 court. La pente, assez forte (13 \) sur le segment de raccordement entre le sommet et le versant,
diminue progressivement quand on passe "de l'amont vers l'aval (4 \).
Quatre profils ont été impiantés.
, d-l - Description
1! Profil B4-4
Topographie : bas de versant
Végétation : caca~yers et caféiers adultes
1 Surface du sol recouverte de nombreuses feuliles mortes dont certaines sont en voie
de décomposition. Turricules de vers de terre."
•
1
0-12
12-32
Brun jaunâtre foncé (10 YR 4/4). Humide. Matière organique non directement décelable.
Sableux. Structure peu développée à tendance fragmentaire, grumeleuse. Agrégats fragiles
Meuble. Nombreuses cavités biologiques. Poreux. Très nombreuses racines sans orientation
préférentielle. Transition graduelle.
Brun foncé à brun (10 YR 4/3). Humide. Matière organique non directement décelable.
Sableux. Structure massive. Débit fragile, sans forme particulière. ~Ieuble. Cavités
biologiques. Poreux. Nombreuses racines, moyennes, grosses. Transition graduelle.
32-65 Brun foncé à brun (10 YR 4/3). Humide. Sableux. Structure massive. Débit peu résistant
à tendance polyédrique émoussée~~leuble." Poreux. Racines. Transition distincte.
65-140 Brun foncé (10 YR 3/3). Humide. Sableux. Structure massive. Débit grossier, peu résis-
tant, à tendance polyédrique émoussée. Meuble. Poreux. Quelques racines.
1
~ Ce profil sableux ei-sombre apparaît très homogène. Il ?e fait surtout disting~er des
autres par sa co~leur" relativement plus foncée en profondeur qu'en surface. Il appartient aux sols
1
Dénivéllée longueur (pente)
m 100 200 300 . m
30
~~I
20
--===~
~--
- ------
10 _.::::=:~~
.------:---.-------
oJ ---
20
40
60
80 -- -
/
100
120
140
Profondeur
cm
Fig: 9 Toposéquence du type de paysage 4
1 8
~s Topo.
Vgt.: caféiers et cacaoyers
Caractéri s-
: bas-versant
tiques des horizons
Vgt.: cacaoyers
Topo.: mi-versant
Vgt.: cacaoyers Vgt. : jachère
Topo.:haut de versant Topo. : sorrmet
1 AlI
Epaisseur"
. Coul eur
Texture
Structure
0-12
10 YR 4/4
S
Fragmentaire peu développée
0':'10
10 YR 3/3
S
0-8
7,5 YR 4/2
S
0-15
10 YR 3/3
S
Frag. peu développée Frag. peu développée Frag. peu développée
Cohésion Meuble Meubl e Meuble Meuble
1 Porosité
Racines
Epaisseur
Poreux
Très nombreuses
12-32
Poreux
Racines
10-111
Poreux
Très nombreuses
Poreux
Nombreuses
8-34 15-75
Couleur 10 YR 4/3 10 YR 4/3 7,5YR4/4
1 A12
Texture
Structure
Cohésion
S
Massive
Meuble
S
Massive
Meuble
SA
Massive
~'eubl e
10 YR 4/4
SA
Massive
Meuble
Porosité Poreux Poreux Poreux Poreux
1 Racines
Epaisseur
Couleur
Nombreuses
32-65
10 YR 4/3
.
Quelques
111-139
10 YR 4/6
Racines
34-72
7,5 YR 5/6
Racines
75-103
7,5 YR 5/6
Texture .S S . SA AS
1 AB Structure
Cohésion
Porosité
Racines
Massive
Meuble
Poreux
Racines ,
Massive
Meuble
Poreux
Rares
Massi ve
Meuble
Poreux
Quelques
Massive
Meuble
Poreux
Rares
1 B
Epaisseur
Coul eur
Texture
65-140
10 YR 3/3
S
139-153
10 YR 5/6
S
72-120
7,5 YR 6/8
AS
103-140
7,5 YR 6/8
AS -
Structure Massive Massive Massive 'Massive
Cohésion Meuble Meuble Meuble Meuble
li Porosité
Racines
Poreux
Quelques
Poreux
Rares
Poreux
Rares
Poreux
-
1
Il Dans le paysage d'interfluve communicant en aval avec un thalweg ou une incision sèche,
.~
on observe :
des sols ferrallitiques au sommet et surIe haut de versant. Leur recouvrement sableux
est variable selon le type de culture. (vivrières ou pérenne) et la nature de la végé-
~
tation (jachère ou forêt) ;
- et des sols peu évOlués, d'apport, colluviaux sur les bas de versant et dâns les
Il j
thalwegs. Ils sont sableux et très homogènes.
I l,,
i
e) I~E2~~9~~~~~_~~_~2~~!Y~~_!~_1§~Q~~1~ê~
- l
La toposéquence BS (Fig. 10) est située à 50 mètres environ, au nord du nouvel axe rou-
Il1
tier qui relie Samo et Assinie. Elle s'étend sur un demi interfluve communicant en aval avec
Soumarais, petite rivière permanente en toute saison. Elle appartient donc au type de paysage 5
Il~
défini plus haut. La pent~ varie entre 3 et 12 \.
Le versant étant très court (389 m) 4 profils ont été implantés.
e-1 - Description
_.1
Profil B5-1 (pluie la veille)
Topographie : sommet convexe
-j Végétation : jachère récente composée d'Eupatorium
•1
. ~
Oénivélée
rn 100 290' 3~0
30
~.
20
1':
10
--~~=~~=---:;-
40
~
ill':=c··.:'-'-~.~-=--
l
I _=~cé=~c--
60
.( 1
.
~vl
"
~ .:>(}J
,
t
!
t'II~ Il ,-~~=--~
.
".
--
-
r·
1 "';'-;
" 1
i
,
~4C:\~ P ;o;cnt!OUT
cm
Fig 10 Toposéquence du type de paysage 5
1 9
1 ,
0-15
,
: Brun foncé (10 YR 3/3). Humide. Matière organique non directement décelable. Sableux.
'Structure peu développée à tendance fragmentaire, grumeleuse. Agrégat très fragile
1;'.
,
comportant des grains de sables déliés. Très meuble à boulant. Présence de fourmis et
de vers de terre. Très poreux. Nombreuses racines subhorizontales. Transition distincte.
15-34 : Brun foncé à brun (10 YR 4/3). Humide. Matière organique non directement décelable.
Sablo-argileux. Structure massive. Débit grossier sans forme préférentielle, peu résis-
tant. Meuble. Cavités biologiques. Poreux. Racines. Transition graduelle.
1 34-72 : Brun vif (7,5 YR 5/6). Humide. Sablo-argileux. Structure massive. Débit grossier à ten-
dance polyédrique émoussée. Peu résistant. Meuble. Nids de termites et de fourmis.
Poreux. Quelques racines fines. Transition graduelle.
1 75-145 : Jaune rougeâtre (7,5 YR 6/8). Humide. Argilo-sableux. Structure massive. Débit polyédri-
que émoussé, peu résistant. Nids de termites. Poreux. Rares racines fines.
Ce profil est celui d'un sol ferrallitique fortement ou moyennement désaturé, typique
1 appauvri.
~
rofils Vgt.: jachère Vgt. : champ manioc Vgt. : chal1)p manioc Vgt. : forêt galerie
Eupatoriwn
1 Caractéris-
tiques des horizons
Epaisseur
Topo.: sOlffi1et
0-15
Topo.:amont de versant Topo. :mi lieu versant
0,-15 0-17
Topo.:limite inférieure
du bas versant
0-10
Couleur 10 YR 3/3 10 YR 5/3 10 YR 4/4 10 YR 3/3
1 Texture
Structure
Cohésion
Porosité
S
Frag. grum. peu dévelop.
Très meuble
Très poreUII
S
Tendance particulaire
Boulant
Très poreux
S
Tendance particulaire
Boulant
Très poreux
S
Frag. grum. peu dévelop.
Très meuble
Très poreux
Racines Nombreuses Racines Racines Très nombreuses
li 1
Epaisseur
Couleur
15-34
7.5 YR 4/4
15'-75
10 YR 6/3
17-68
10 YR 5/3
10-34
10 YR 3/4
1 Texture SA S S S
Il Structure
Cohésion
Porosité
Racines
Massive
Meuble
Poreux
Raci nes
Massive
Meuble
Poreux
Rares
Massive
Meuble
Poreux
Rares
Massive,
Meuble
Poreux
Nombreuses
1 AB
Epaisseur
Couleur
. 34-72
7,5 YR 5/6
75-110
10 YR 5/6
68-103
10 YR 5/4
34-85
10 YR 4/4 ; 5 YR 5/4 ;
ocre jaune
Texture SA SA S S
Structure Mass ive Massive Massive Massive
Cohésion 'Meuble Meuble, Meuble Meuble
Porosité Poreux Poreux Poreux Peu poreux
Racines Quelques - , - Quelques
li î B
Epaisseur
Couleur
72-145
7,5 Y 6/8
110-148
7,5YR6/8
103-142
10 YR 5/6
85-127
Jaune olive, ocre, gris
olive
'S
1 Texture AS AS SA
Structure . Massive Massive Massive Très humide
1 Cohésion
Porosité
Meuble
Poreux
Meuble
Poreux
Meuble
Poreux
Au-delà de 127 cm : nappe
~
Racines Rares - -
N.B. La désignation des horizons par All' A12. AB et B s'applique uniquement aux sols ferrallitiques.
1
e-2 - Répartition des sols
1 J
Trois classes de sols peuvent être identifiées dans ce paysage d'interfluve communicant
en aval avec un cours d'eau. Ce sont:
1 l
!
- les sols ferrallitiques au sommet de l'interfluve et à l'amont du versant. Ils sont
caractérisés par un recouvrement sableux reposant sur un matériau sablo-argileux. Ce
recouvrement s'accentue de l'amont vers l'aval du versant
1
j '.
1
w c.n
o C
'-
-c
-
c
. ." .'
...... w
o
o
".
o
o
c.n
o
o
en
o
o
r-
o
..-...1 ... :l
o ca
01
-< -< "
c...
::0
::0
3
1 10
1 - les sols peu évolués, d'apport; colluviaux sur les bas de versant. Ils se distinguent
des précédents par leurs profils peu diffé~enciés. En effet, hormis l'enracinement et
1 la. couleur (très peu variable par ailleurs) tous les autres traits morphologiques et
physique (texture notamment) sont identiques de la surface en profondeur ;
- et les s~ls hydromorphes aux abords immédiats des cours d'eau. Ils se caractérisent
par l'apparition des ta~hes olive, jaune ~cre à partir de 30 cm de profondeur.
Des descriptions qui viennent d'être faites, on peut retenir les caractéristiques mor-
1 phologiques suivantes.
* La couleur des horizons superficiels de tous les sols de la région est de chroma 10 YR.
1 Elle est généralement très foncée sous les friches ou les vieilles jachères. Elle s'éclaircit sous
l'effet de mise en cu!ture vivrière, ananas compr~s. Cet éclaircissement serait une conséquence, en
premier lieu, de la diminution des sources de ·débris végétaux et, en second lieu, de la lixiviation
1 et l'exportation, par les plantes et les eaux de pluies, de la matière organique humifiée . .
Au niveau des horizons minéraux ou de profondeur on observe, de l'amont vers l'aval de
toutes les toposéquences étudiées, une variatio'n de la couleur (Fig. 11). Celle-ci se traduit par
1 un assombrissement (de 7,5 YR à 10 YR) ae la teinte. On pourrait ainsi parler d'un gradient de
coloration du sommet à l'axe de drainage (cf. Fig. 11). Ce gradient peu tranché, fait tout de même
penser à l'existence de deux ou trois types de sols le long des transects. Le premier (jaune rou-
geâtre) contiendrait relativement beaucoup plus de fer (MULLER 1974) résultant d'une longue alté-
ration des sables tertiaires en position topographique dominante. Le second (brun jaunâtre) se
caractérise par la présence en profondeur de matière organique liée. Cette présence de matière
organique au delà de BO cm peut trouver son explication dans le dépôt successif, en bas de pente,
des éléments fins arrachés à l'amont par les eaux de ruissellement. Ainsi ces éléments 'constitu-
, tifs auraient conservé leur teinte ~foncée) d'origine faisant penser à une for~e migration de la
matière organique qui, peut-être, s'effectue réellement grâce à la porosité tubulaire et à la
très faible cohésion des horizons. Le troisième (jaune olive, olive, gris clair: paysage 3 et 5)
est le domaine . des phénomènes de réduction du fer et de l'aluminium. Cette réduction est due à un
engorgement presque permanent.
* La texture fait nettement distinguer l~s sols des sommets et de la partie supérieure
des versants de ceux des bas de pente et des thalwegs. En effet, les sols des positions topographi-
ques dominantes, présentent un gra~ient textural ver~ical. L'ép~isseur des horizons superfic~els
sableux semble dépendre, toutefois, de la nature de la culture (vivrière ou pérenne) et de. celle
de la végétation (jachère ou forêt)~ Les sols des bas de versant et des thalwegs accusent une homo-
1. généité texturale (sableux) sur toute la longueur de leurs profils. Ainsi, du sommet de l'interfluve
à l'incision sèche ou au cours d'eau, on décèle également un gradient textural. Ces gradients tex-
turaux (oblique ou vertical) confirment alors l'existence de deux types de sols sur les demi-inter-
fluves étudiés.
* La structure des horizons superficiels est, dans la majorité des cas, à peu près iden-
1
i
.'
tique sur tous les sols observés. Les quelques variations notées proviennent de l'état d'occupation
des sols (cultures ou jachères ou forêts) du type de culture (vivrière ou pérenne) et de la nature
de la végétation naturelle (jachère ou forêt). Elle est, en effet, fragmentaire, grumeleuse peu
1
!
développée sous vieilles jachères, forêt et cultures pérennes. Sous cultures vivrières, notamment
sous le manioc, elle devient grumeleuse très fine à tendance particulaire. Cette dégradation struc-
turale sous l'effet de mise en culture vivrière peut s'expliquer par une diminution du taux de
1 matière organique, seul liant entre les éléments structuraux des horizons de surface. En-dessous
de ces derniers, la structure devient uniformément massive •
•1
Au niveau de la structure on n'arrivp. donc pas à identifier les sols selon les positions
topographiques.
1 11
1 sous l'effet des cultures annuelles. Ces modifications présentent des dangers car les horizons
superficiels boulants à structure pa~ticulaire sont très affectés par les phénomènes de rejaillis-
sement et de splash (VALENTIN, 1978 ; POHE, 1981) qui se manifestent par les nombreux dépôts de
1 sables observés à la surface des sols sous culture. Les horizons sous-jacents sont tous meubles
quels que soient la position topographique et l'état d'occupation du sol.
1 En conclusion, on peut retenir que les caractéristiques morphologiques des sols sur
sables tertiaires de la région Bonoua-Adiaké sont bonnes à l'état n~turel mais très facilement
1 II.3. La pé~ogénèse
1 sont ferrallitiques, les seconds sont peu évolués, non climatiques d'apport et les derniers sont
hydromorphes.
1
1
~
pédologique tranchée (Profil de type ABC) et par la présence d'oxydes et d'hydroxydes de fer et
d'alumi~e qui do~nent des teintes jaunes ou rouges ,a~x horizons d'accumulation (B) où ~ls sont les
r,1
1
plus abondants. La dominance de ces sols sur les sommets et sur le haut des versants pourrait
être liée à la stabilité des matériaux composant ies positions topographiques dominantes. En effet,
l'altération climatique des roches (dans une région c6aude et humide) ou la ferrallitisation, bien
que "très rapide et intense" (DUCHAUFOUR, 1970), concerne ou agit sur les matériaux stables ou en
~. place. La ferrallitisation est d'ailleurs très peu marquée sinon rare dans les sols constitués
d'éléments provenant d'apports successifs (DUCHAUFOUR, 1970).
Îi
Les sols ferrallitiques de la région ont la particularité de ne pas [Link] gravil-
lons ferrugineux. Cette absence ou rareté d'éléments grossiers peut être attribuée, en premier lieu
à la roche-mère pauvre en minéraux renfermant le fer et/ou l'aluminium (feldspath, olivine ... ), et
~
en second lieu, au bon drainage interne qui ne permet pas l'accumulation des sesquioxydes.métalli-
ques sous forme de concrétions ou de nodules.
Ces sols présentent dans leur ensemble des traits morphologiques très proches (structure
•1
~
~
texture, profondeur, absence d'éléments grossiers, cohésion ... ) de t~lle sorte qu'on pourrait les
ranger dans un 'seul groupe. Cependant, selon l'épaisseur des horizons superficiels sableux (YORO,
1977) nous avons distingué trois groupes :
typique modal ': l'horizon superficiel sableux est très mince (0-5 cm) ou inexis-
tant. Ce groupe de sols a été observé sur les sommets et les pentes de raccord
occupés par la forêt ou les cu~tures pérennes
1
1
1 " -1
1 culture sur l'évolution des sols ferrallitiques de la région. La mise en valeur agricole provoque,
en effet, par les travaux de préparation des sols (buttes, labours ... )l'ameublissement excessif des
horizons superficiels, et accentuerait ainsi le lessivage oblique et/ou vertical de l'argile. Ce
lessivage aboutit à la mise en place d'horizons superficiels sableux d'épaisseur variable selon
1 l'intensité des activités culturales et des positions topographiques.
1 sont de type AC. La formation de ces sols s'explique par le colluvionnement que nous aurons à défi-
nir ultérieurement.
1
::;
-1
Un seul groupe a été identifié dans la région~ C'est celui des sols colluviaux qui se
caractérisent par leur homogénéité, leur grande porosité et leur profondeur. Ils occupent les
positions topographiques basses (bas de versant, thalweg, plaine colluviale sèche) mais ne compor-
tent pas cependant des traits morphologiques rappelant l'hydromorphie, même temporaire. Ceci laisse
1 1
supposer une forte perméabilité du socle d'une part, et une grande profondeur d'apparition de la
nappe phréatiq~e, d'autre part.
'J
1; noter qu'ils se reconnaissent par leurs taches de'réduction (j~une olive, gris clair ... ) et la
nappe phréatique à fa~ble profondeur.
- t
1
1 13
1 Ce processus affecte surtout les sols ferrallitiques qui présentent alors un gradient
texturaI vertical. L'épaisseur des horizons superficiels·appauvris en argile varie suivant les
1 positions topographiques d'une part, et l'état d'occupation du sol ou le type de culture, d'autre
part. Elle est réduite sur les sommets occupés en forêt ou en plantes pérennes (cacaoyer, caféier .. ).
Par contre sur les sommets en cultures vivrières, elle devient un peu plus importante (0-15 cm) et
1 atteint son maximum (30 cm) sur les plateaux qui portent des jachères ou des cultures annuelles.
En ce qui concerne le sol sous un type de culture donnée, la variation de l'épaisseur des
1 horizons sableux peut s'expliquer par le ruissellement ou l'infiltration des eaux de pluies. Par
exemple, si le ruissellement est plus important que l'infiltration il se produit non seulement
l'érosion, mais la faible quantité d'eau qui pénètre effectivement dans le sol ne permet pas un
entrainement profond des minéraux argileux. L'horizon superficiel sableux est donc mince. Dans les
1 positions topographiques concaves c'est le phénomène inverse qui s'observe (cf. Fig. 7 ).
1 II.3.4.b - Le colluvionnement
Le colluvionnement pe~t être défini. comme un transport des él.éments fins (dans le cas
1 présent) s'effectuant de l'amont vers l'aval par les eaux de ruissellement. Ce transport est suivi
d'une accumulation, sur les bas de pente ou dans les thalwegs, de matériaux qui se superposent au
cours des différentes périodes d'entrainement.,Ces matériaux, en constant remaniement, évoluent
1 très peu et conservent donc leurs caractères morphologiques d'origine. Ainsi les profils de sols
formés par ceux-ci s~nt-ils peu différenciés pédologiquement et de type AC. Ils sont sableux, pro-
fonds et poreux.
1 Ce processus, très actuel dans la reglon, explique aussi la faible profondeur d'apparition
des horizons sablo-argileux sur les sommets et les hauts de versant convexes .
,1
les dépressions aont remblayées.
,
1 précédents, le rôle du type de végétation sur la pédog~nèse. Ainsi les sols prélevés suivant les
1 trois positons topographiques (plateaux, sommet et haut de versant, bas de versant et thalweg)
portaient tous des jachères· de 2 à 4 ans composées en majorité d'Eupato~ium. Les prélèvements se
sont effectués à des profondeurs fixes et ont concerné uniquement les 100 cm supérieurs. Nous
, signalons que les échantillons sont composites c'est-à-dire résultent des prélè[Link] diffé-
rents points de chacune des positions topographiques.
1
1
1 0
10 20
.",
30 40 % Argile
1 10
20
'" "- .\
\
1 30 \
\ .
----------- Bas de versant
Plateaux
1 40
1
\ .---. Sommet convexe
50
1
1
1
\
1 60
1
,
1
1
\
,,
1
\
1 70
1
1
,,
1 \
80
1 90
Fig.: 12
1 100 Profondeur
cm
Répartition du taux d'argile
dans Les trois types de sol
1 .. .... . .. '
10 ,"
-.------- Bas de versant
1 20
/ .0 •
Plateaux
Sommet convexe·
30
1 ! b
40 a
Fig 13
1 50
Profondeur
cm .
Evolution verticale des
caractéristiques de lam.o.
.Profondeur
cm
1
, .
1 0" ',
\.
, '<.. 0
" ,
1 ,
"
," ,
.
.
\
\
\
,
,,
1
1 Profondeur
cm
1
-- -----.~"
i
j
1
--_. -_.. ~_ ------_._-~-_ .. __ - - -,. _.'- ._._.- -
.j j
Tableau 7 Résultats analytiques
--
Position Profond. EG A Lf Lg Sf SG C %0 N %0 C/N M% pH pH CaH . MgH K+ Na+ S T V% P2 05
topographique cm H2 0 KCl Total Assim.
0-10 0 10,9 2,9 0,7 12,7 70,8 11,72 0,88 13,32 2,0 5,20 4,5 0,94 0,80 0,15 0,01 1,90 6,30 30,16 1,02 0,16
Plateaux 10-20 0 13,1 2,7 0,8 12,0 70,2 10,66 0,78 13,67 1,8 4,7 4,0 0,64 0,58 0,04 0,02 1,28 5,22 24,52 1,10 0,23
20-50 0 20,8 3,4 1, 1 15,1 57,0 9,48 0,65 14,58 1,6 4,3 3,9 .0,32 0,25 0,02 0,01 0,60 5,65 10,62 0,88 0,28
50-100 0 28,1 3,8 1,3 17,4 48,4 - - - - - - - - - - - - - - -
0-10 0 20,5 4,~ 1,2 16,1 53,5 21,30 1,51 14,1 3,6 4,5 3,6 0,36 0,36 0,13 0,01 0,85 9,89 8,59 1,23 0,12
SOllll1et convexe 10-20 0 29,8 3,0 1,0 15,3 48,0 11,20 0,94 11,9 . 1,9 4,1 3,5 0,18 0,36 0,05 0,01 0,59 4,74 12,44 1,15 0,11
ou haut de 20-50 37,0 3,2 1,8 15,6 39,7 4,73 0,35 13,3 0,8 4,0 3,6 0,06 0,48 0,05 0,01 0,59 4,74 12,44 1,15 0,11
0
versant, 50-100 0 39,4 4,4 2,1 13,8 40,3 - - - - - - - - - - - - - - -
0-10 0 9,2 1,2 0,6 15,7 69,1 31,35 1,8 17,4 . S,3D 4,5 3,6 0,24 0,10 0,10 0,01 0,45 3,34 13,47 0,80 0,26
1 8as de versant 10-20 0 9,7 2,1 0,8 17,0 67,5 16,2 1,3 12,4 2,75 4,4 3,6 0,16 0,08 0,13 0,02 0,39 3,81 10,24 0,87 0,40
ou thalweg 20-50 0 9,7 2,2 0,5 15,2 . 70,6 12,30 1,0 12,3 2,14 4,1 3,5 0,06 0,06 0,03 0,01 0,16 3,51 4,52 0,87 0,33
.',
1
50-100 0 11,3 3,1 0,8 17 ,7 65,1 - - - - - - - - - - - - - .- -
1
1
i
1
1
1
1
1
,i
1
1 15
~ Au niveau de la texture (Fig. 12) : le taux d'argile dans les sols de plateaux et de
ceux de sommets augmente de 0 à 100 cm. Il est, par contre, presque constant sur tous les profils
des sols de bas de pente (9,2 à 11,3 \). A l'échelle d'un horizon donné, ce taux décroit très for-
tement quand on passe respectivement des sols de sommets aux sols des plateaux puis à ceux des thal-
wegs. Exception faite toutefois du taux entre les horizons superficiels (0-10 cm) des sols de pla-
Les analyses confirment donc la variation texturale en fonction des positions topogra-
phiques. Cette variation, comme nous l'avons déjà mentionné plus haut, dépend du colluvionnement
et de l'appauvrissement liés eux-mêmes au ruissellement et à l'infiltration des eaux de pluies.
Sur les sommet~ convexes le ruissellement est important alors que l'infiltration est réduite. Il
se produit donc, d'un côté, un enlèvement très perceptible de la couche sableuse, et de l'autre
1 cOté, un faible entrainement des éléments fins en profondeur. On aboutit ainsi à la mise en place
d'un sol à horizon superficiel sablo-argileux. Sur les plateaux l'infiltration l'emporte sur le
ruissellement. L'entrainement de l'argile en profondeur est important de telle sorte que l'horizon
1 matière organique des horizo~s superficiels (0-10 cm) des sols étudiés varient entre 2 et 5\.
Elles sont donc bonnes (DABI~, 1970 ; BOYER, 1982). Cependant, les valeurs du rapport N/P20S infé-
rieures à 1 font penser à une carence en azote (BOYER, 1982) de ces sols. Cette carence est relati-
vement moindre dans les sols de plateaux (N/P 2 0 s = 0,86) par rapport à ceux des sommets convexes et
haut de versant (0,52) qui sont, eux-mêmes, moins carencés que ceux de bas versant et de thalwegs
(N/P20s.= 0,47). Dans ces [Link], la teneur en matière organique est, par contre, la plus élevée
(S \). Il en est de même pour le rapport C/N qui yatteïnt 17. La minéralisation ou l'évolution
moins rapide de la matière organique expliquerait la carence en azote assez marquée des sols de bas
de versant. Cette faible minéralisation serait due, quant à elle, à l'accumulation périodique, sur
les bas de pente, du mélange terre-débris végétaux arraché à l'amont par les eaux de ruissellement.
- Au' niveau .des caractéristiques du complexe absorbant (Fig. 14) : la somme. des bases
1 échangeables diminue de 0 à 100cm dans les sols de plateaux et de bas de versant. Elle est relati-
vement élevée dans les horizons superficiels (0-10 et 10-20 cm) des premiers où elle dépasse
1 méq./lOO g •. Dans les sols de sommets convexes, elle baisse .du premier (0',85 méq/100 g) au second
horizon (0,59 méq/100 g)avant de se stabiliser entre 20 et 50 cm de profondeur.
..
..
~
Les teneurs en phosphore assimilable so~t Donnes (supérieures à 0,1 \0) surtout dans les
sols de 'bas de versant (0,20 à 0,40 \0)' Ces derniers sont cependant moins saturés (excepté l'hori-
1 zon 0-10 cm 13,4 \) que les sols de sommets conve~es et de haut de versant qui, eux-memes, sont
encore moins saturés ~ue ceux des plateaux (30 \ en surface et 10.\ entre 20-50 cm).
Les variatiôns des caractéristiques du complexe absorbant ne semblent pas traduire celles
de la texture et de la matière organique observées dans les trois positions topographiques. Le taux
de saturation (V \) diminue, par exemple, de 0 à 50 cm de profondeur des sols de plateaux et de
ceux de bas de pente, alors qu'il évolue de façon inverse dans les sols de sommets convexes et de
haut de versant.
Les pH sont très fortement acides (DABIN, 1970) avecdes·valeurs oscillant entre 4 et
4,7 (sauf pour l'horizon 0-10 cm [Link] de plateaux pH = 5,20). Les pH Kcl baissent presque d'une
unité par rapport au pH-eau. Ce décalage entre les deux sortes [Link] traduit une acidité d'échange
assez élevée entre les ions hydrogènes libérés par réaction et les ions hydrogènes du complexe
absorbant (DABIN, 1970 ; BOYER, 1982).
On peut retenir globalement que les sols de Bonoua-Adiaké, formés sur sables tertiaires,
sont chimiquement pauvres quelle que soit la position topographique qu'ils occupent. Cette pauvreté
est surtout le fait de la roche-mère, elle-même', pauvre en éléments minér·aux fertilisants:
1
1 16
1
1 II.5. - Caractéristiques agronomiques
1· ciées en tenant compte, d'une part, de~ éléments favorables à toute mise en valeur, et d'autre part.
des contraintes qui, elles, gênent ou freinent la production agricole.
1 un paysage est un peu aléatoire. En effet, les sols en position topographique dominante portent
, aussi bien le caféier et le cacaoyer (de moins en moins) le palmier à huile. le cocotier et l'hévéa
que l'ananas, le bananier plantain, l'igname, le mais, le manioc', l'arachide et la patate douce.
l1 ,
Les sols de bas de versant ou des plaines colluviales sèches sont également occupés par ces diverses
cultures. Il faut préciser que le cocotier a été souvent observé sur les plateaux. les bas de
versant et 'dans les plaines colluviales sèches.
,-
1
II.5.2. - Les contraintes
Toutes ces contraintes commandent que les sols sur sables tertiaires. même s'ils présen-
tent des éléments favorables. méritent d'être travaillés avec la plus grande attention. Il faut, en
effet, prendre un certain nombre de mesures appropriées pour faire de ces sols un excellent support
de la plante. Il faut par exemple :
* maintenir le taux d'humus pour d'une part fixer les cations échangeables et d'autre part,
éviter la dégradation trop rapide de la structure qui en l'absence de tout liant devient particulai-
re. En milieu paysan, les résidus de récolte et ceux de sarcl~ge peuvent jouer le rôle de mulch et
assurer parallèlement le maintien du taux d'humus. En culture intensive ou mécanisée, l'enfouisse-
ment des résidus de récolte doit être·complété par un apport d'engrais minéraux. Un assolement des
cultures avec des léguminéuses est encore une voie possible ;
* compenser la pauvreté chimique par un assolement adéquat (mais, manioc, arachide ... )
dans le cas des cultures traditionnelles ou par des apports d'engrais chimiques (azote, calcium.
magnésium et potasse) si on est en exploitation industrielle. L'épandage de ces éléments devra être
soigneusement étudié pour chaque plante afin de les apporter au m~ment opportun (semis. levée.
croissance. épiaison ... ). On évitera surtout d'épandre ces engrais en une'seule dose car les solS,
très sableux, ne pourront pas les fixer et les mettre à la [Link] de la plante ~!'ogressiyeme~t.
Le pH devra être corrigé en début de culture;
1 1)
1 1ï
•1
ques. Eviter à ce titre le labour profond, le sous-solage, le hersage et le pulvérisage. Les trois
dernières opérations, non sculement s'avèrent inutiles sur ces sols issus de sables tertiaires,
mais accélèrent ou favorisent l'érosion en désagrégeant totalement les éléments structuraux ou
agrégats déjà bien fragiles par l'insuffisnace de liant (argile). Les sables, ne l'oublions pas,
sont très propices au rejaillissemént (VALENTIN, 1982) et donc prédisposés à l'entrainement par les
eaux de pluies. Pour les cultures pérennes un labour n'est pas nécessaire car, comme nous l'avons
dit plus haut, ces sols sont naturellement homogènes, profonds, drainants et meubles. Un labour à
I~ plat et grossier peut être toléré pour les cultures vivrières et les cultures industrielles comme
l'ananas ..
1
1 CONCLUSION
1 de la Côte d'Ivoire Bonoua -Ad~aké) ont été étudiés à partir des toposéquences implantées dans les
cinq paysages identifiés : plateaux, collines contiguës séparées par une section concavc, inter-
fluve communicant en aval avec une plaine alluviale marécageuse, interfluve communicant en aval
avec un thalweg ou une incision sèche et enfin interfluve communicant en aval avec un cours d'eau.
Dans un paysage, les premiers occupent les sommets et les parties supérieures du versant.
Ilssont les plus fréquents. Les seconds s'observent sur les bas de pente, dans les thalwegs et dans
les plaines colluviales sèches. Les derniers, rares dans la région, se limüent aux abords immédiats
1 des cours d'cau. Exception faite des sols hydromorphes observés dans la plaine alluviale de Yaou.
La répartitio~ de chacun de' ces sols correspond donc à une position topographique fixe.
l, Du point de vue de la pédogénèse,. les so~s des deux premières classes sont soumis au col-
luvionnement et à l'appauvrissement en argile. Ces. deux .processus très actifs et très actuels font
tendre le modelé de la région vers un aplanissement général.
Il vial es sèches, reflètent la nature dè la roche-mère. Ainsi les traits morphologiques (profondeur,
homogénéité, drainages interne et externe, faible cohésion ... ) sont favorables à l'agriculture
alors que les propriétés chimiques constituent les principales tontraintes de mise en valeur
agricole. Ces dernières ne sont pas insurmontables car il suffit d'en tenir compte et de travailler
Il 1
rationnellement pour faire de ces sols sur sables tertiaires, des excellents supports de la
plante.
1
1
1
1 18
1 BIBLIOGRAPHIE
1 BOYER J. (1982). Les sols ferrallitiques. Torne X, facteurs de fertilité et utilisation des sols.
Init. Doc. Techn. nO 52, ORSTOM, Paris.
1 DABIN B. (1970). Les facteurs chimiques de fertilité 'des sols, bases échangeables, sels, utilisa-
tion des échelles de fertilité. Technique Rurale en Afrique, nO 10 : pédologie et
développement. BDPA - ORSTOM, Paris, pp. 221-235.
1 LEVEQUE A. (1983). Etude pédologique et des ressources en sols de la région nord du 10ème parallèle
en Côte d'Ivoire. ORSTml, Paris.
POHE J. (1981). Inf~uence des gravillons sur l'hydrodynamique superficielle (Etude expérimentale
sous pluies simulées). Rapport de Stage. ORSTOM, Adiopodoumé~
1 ROOSE E. et CHEROUX ~I. (1966). Les sols du bassin sédimentaire de Côte dJlvoire. Cah. ORSTOM,
pédol., vol. IV, 2.
1 ROUGERIE G. (1960). L~.façonnement actuel des modelés en Côte d'Ivoire. Mém. I.F.A.N., 58, Dakar.
-1 1
VALENTIN C. (1981). Organisations pelliculaires superficielles de quelques sols de région
subdésertique. Dynamique de formation et conséquencè sur l'économie de l'eau. Thèse
3ème cycle. Université, Paris VII.
YORO G. (1977). Carte pédologique du plateau de Dayes. Rapport d'élève. ORSTOM. Togo, 82 p.
G.
la COte d' Ivo ire). ORSTO~I, Adiopodoumé, 50 p., mul tigr.
~
YORO et GODO G. (1983). Recherche sur les systèmes de culture à base manioc en milieu paysan
.. dans le Sud-est de la COte d'Ivoire (Bonoua-Adiaké-Aboisso). Observations partielles
sur les exploitations familiales de la région. ORSTOM, Adiopodoumé, 15 p., multigr ••
1 ",
·i
1 LËGENDE DES ABRËVIATIONS
~
L limoneux
LA • limono-argileu~
S sableux·
Sa = sableux faiblement argileux
SA = sablo-argileu
~ AS
.A
argilo-sableux
argileux
1 G
Vgt
= grumeleux
végétation
1 Topo topogr~phie
~
Frag. grumel. fragmentaire grumeleuse
Frag. à part. fragmentaire à particulaire
Frag. peu dév. = fragmentaire peu développée
1 .1
Tendance partie.· tendance particùlaire .