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Rapport du FMI n° 23/251

CAMEROUN
QUATRIÈMES REVUES DE L’ACCORD AU TITRE DE LA
Juillet 2023 FACILITÉ ÉLARGIE DE CRÉDIT ET DE L’ACCORD AU
TITRE DU MÉCANISME ÉLARGI DE CRÉDIT, ET
DEMANDES DE DÉROGATION POUR L’APPLICABILITÉ
DE CRITÈRES DE RÉALISATION ET DE MODIFICATION
DE CRITÈRES DE RÉALISATION— COMMUNIQUE DE
PRESSE, RAPPORT DES SERVICES DU FMI, ET
DECLARATION DE L’ADMINISTRATEUR POUR LE
CAMEROUN
Dans le cadre des QUATRIÈMES REVUES DE L’ACCORD AU TITRE DE LA FACILITÉ ÉLARGIE
DE CRÉDIT ET DE L’ACCORD AU TITRE DU MÉCANISME ÉLARGI DE CRÉDIT, ET DEMANDES
DE DÉROGATIONS POUR L’APPLICABILITÉ DE CRITÈRES DE RÉALISATION ET DE
MODIFICATION DE CRITÈRES DE RÉALISATION, les documents suivants ont été publiés et
inclus dans le présent dossier :

• un communiqué de presse comprenant une déclaration du président du conseil


d’administration.

• le rapport des services du FMI établi par une équipe des services du FMI en vue de
son examen par le conseil d’administration le 29 juin 2023. Ce rapport a été établi à
l'issue des entretiens avec les autorités camerounaises qui ont pris fin le 17 mai 2023
et qui ont porté sur l'évolution et les politiques économiques du pays qui sous-
tendent l’accord conclu avec le FMI au titre de la facilité élargie de crédit. La rédaction
du rapport des services du FMI, qui repose sur les informations disponibles au
moment de ces entretiens, a été achevée le 16 juin 2023.

• une déclaration du représentant des services du FMI pour le Cameroun.

• une déclaration de l’administrateur pour le Cameroun.

La politique de transparence du FMI autorise la suppression, dans les rapports des services
du FMI et autres documents publiés, d’informations délicates au regard des marchés et
d’informations qui divulgueraient de façon prématurée les intentions de politique
économique des autorités.

Le présent document peut être obtenu sur demande à l’adresse suivante :

International Monetary Fund • Publication Services


2

PO Box 92780 • Washington, D.C. 20090


Téléphone : +1 (202) 623-7430 • Télécopie : +1 (202) 623-7201
Courriel : [email protected] Site web : http://www.imf.org
Prix : 18 dollars l’exemplaire imprimé

Fonds monétaire international


Washington

© 2023 Fonds monétaire international


PR23/250

Le conseil d’administration du FMI conclut les quatrièmes


revues des accords avec le Cameroun au titre de la facilité
élargie de crédit et du mécanisme élargi de crédit et approuve
un décaissement de 73,6 millions de dollars
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

• Le conseil d’administration du FMI a approuvé les quatrièmes revues des accords au titre
de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC) avec le
Cameroun. Cette approbation ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 73,6
millions de dollars.

• La reprise de l’économie camerounaise se poursuit dans un contexte d’incertitude sur le


plan intérieure et au niveau mondial. Estimée à 3,8 % en 2022, la croissance devrait
culminer à 4 % en 2023, principalement sous l’impulsion de la production des secteurs non-
pétroliers.

• La poursuite des réformes sera nécessaire à la création d’une marge budgétaire


supplémentaire pour les investissements productifs et les dépenses sociales, tout en
préservant la viabilité de la dette et stimulant la croissance et la résilience du Cameroun.

Washington, le 29 juin 2023. Le conseil d’administration du Fonds monétaire international


(FMI) a approuvé aujourd’hui la quatrième revue des programmes appuyés par le FMI au
Cameroun. Approuvés le 29 juillet 2021 (voir le communiqué de presse)., les accords
triennaux mixtes au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit
(MEDC) visent à appuyer le programme de réformes économiques et financières du pays.
L’approbation des revues a permis le décaissement immédiat de 55,2 millions de Droits de
tirages spéciaux (DTS) (environ 73,6 millions de dollars américain), ce qui a porté le total des
décaissements au titre des accords à 372,6 millions de DTS (environ 493,6 millions de dollars
américain).

Le Cameroun fait preuve de résilience dans un contexte d’incertitude intérieure et mondiale.


La croissance est estimée à 3,8 % pour 2022, soutenue par la production hors secteur
pétrolier. L’inflation, en glissement annuel, est estimée à 7,3 % à la fin de 2022. Le déficit
budgétaire global s’est amélioré, passant de 3 % du PIB en 2021 à environ 1,1 % du PIB en
2022, grâce à l’augmentation des recettes pétrolières et non pétrolières. Le déficit primaire
hors pétrole est resté inchangé à environ 3,9 % du PIB en 2022 en raison d’une hausse des
dépenses liées aux subventions aux carburants.

Les perspectives à moyen terme demeurent positives, sous réserve de la poursuite des
réformes et d’un l’environnement extérieur plus favorable. La croissance prévue du PIB réel
devrait atteindre 4 % en 2023 et s’établir en moyenne à 4,4 % à moyen terme. Cette
amélioration est due à l’agro-industrie, la sylviculture, et au secteur des services, ainsi qu’à la
production de gaz naturel liquéfié, qui devrait partiellement contrebalancer la baisse de la
production pétrolière. L’inflation devrait redescendre en dessous de 3 % à moyen terme.
2

Lors de la conclusion de ces revues, le conseil d’administration a également approuvé la


dérogation pour non-respect du critère de réalisation relatif à la non-accumulation de
nouveaux arriérés de paiement extérieurs parce que le dépassement était provisoire et
négligeable.

À l’issue de la réunion du conseil d’administration, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint


du FMI et président du conseil d’administration par intérim a fait la déclaration suivante.

« La reprise de l’économie camerounaise se poursuit dans un contexte de difficultés au


niveau intérieur et sur le plan mondial. Les programmes appuyés par le FMI ont soutenu les
efforts des autorités visant à maintenir la stabilité macroéconomique et à promouvoir la
croissance, ainsi que les progrès sur la poursuite de réformes durables. Les perspectives à
moyen terme demeurent favorables, en dépit des enjeux croissants. La mise en œuvre
résolue de réformes permettra de gérer les chocs auxquels l’économie fait face en ce
moment, tout en stimulant la croissance et en renforçant la résilience.

« Les résultats obtenus par le Cameroun dans le cadre du programme sont mitigés. Le critère
de réalisation quantitatif relatif à l’accumulation d’arriérés extérieurs a encore connu des
dépassements mineurs et provisoires au début de l’année 2023 et, à plusieurs reprises, trois
des cinq objectifs indicatifs du programme n’ont pas été atteints. Si le rythme des réformes
structurelles demeure lent, les autorités ont fait des progrès louables dans certains domaines
essentiels comme la gouvernance et l’administration des revenus. La poursuite de mise en
œuvre de mesures correctives sera indispensable pour atteindre les objectifs manqués et
accélérer les réformes.

« Les autorités sont déterminées à maintenir une trajectoire d’assainissement budgétaire


conformément aux objectifs du programme. Les efforts visant à mobiliser les recettes
intérieures non pétrolières, à améliorer l’efficacité des investissements et la gestion des
finances publiques, et à éliminer progressivement les subventions aux carburants tout en
atténuant les effets sur les personnes vulnérables permettront de créer une marge
supplémentaire pour financer des investissements productifs les dépenses sociales. En outre,
les autorités sont résolues à limiter le recours aux financements non concessionnels et à
éviter l’accumulation d’arriérés extérieurs et intérieurs. A cet égard, l’amélioration de la gestion
de trésorerie et la limitation des dépenses engagées via des procédures exceptionnelles
seront également cruciales.

« Afin de libérer l’immense potentiel de croissance du Cameroun, il convient d’accélérer la


mise en œuvre des réformes structurelles. Les mesures visant à stimuler la croissance tirée
par le secteur privé, notamment le lancement de la stratégie d’inclusion financière, ainsi que
les récentes mesures pour améliorer la gouvernance, en particulier le lancement d’un vaste
diagnostic de la gouvernance économique et le projet de renforcement de la Chambre des
comptes de la Cour suprême, sont les bienvenues.

« Cependant, des mesures additionnelles sont nécessaires pour améliorer le climat des
affaires, notamment pour renforcer la stabilité du secteur financier et favoriser l’inclusion. De
telles mesures devraient être accompagnées d'actions visant à renforcer la gouvernance, la
transparence, et le cadre de lutte contre la corruption, notamment en remédiant aux lacunes
identifiées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme (LBC/FT) soulignées par le Groupe d'action financière (GAFI). "
3
Tableau 1. Cameroun : principaux indicateurs économiques et financiers, 2021–28

(en milliards de FCFA, sauf indication contraire)


2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Est. 3e rev. Est. 3e rev. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

(variation annuelle en %, sauf indication contraire)

Comptes nationaux et prix


PIB à prix constants 3,6 3,4 3,8 4,3 4,0 4,2 4,4 4,5 4,5 4,6
PIB pétrolier à prix constants -3,2 -5,1 1,9 0,7 -1,8 -1,3 -1,4 -1,0 -0,6 -0,4
PIB non pétrolier à prix constants 3,8 3,6 3,8 4,4 4,1 4,3 4,6 4,6 4,6 4,7
Déflateur du PIB 3,3 4,6 5,7 4,8 2,7 2,7 2,3 1,3 1,3 1,4
PIB nominal (aux prix du marché, en
milliards de FCFA) 25 158 27 210 27 591 29 749 29 457 31 521 33 691 35 661 37 760 40 066
Pétrolier 801 1 073 1 152 907 872 797 761 735 716 702
Non pétrolier 24 357 26 137 26 439 28 841 28 585 30 724 32 930 34 926 37 044 39 364
Prix à la consommation (moyenne) 2,3 5,3 6,3 5,9 6,2 4,8 3,0 2,3 2,0 2,0
Prix à la consommation (fin de période) 3,5 6,0 7,3 5,7 5,9 3,7 2,3 2,1 2,0 2,0

Monnaie et crédit
Monnaie au sens large (M2) 17,2 11,4 11,4 8,1 9,0 8,0 7,2 7,0 7,0 7,0
Avoirs extérieurs nets 1/ 4,3 7,7 7,7 1,0 2,9 0,7 1,7 2,0 1,4 1,9
Avoirs intérieurs nets 1/ 12,9 3,6 3,6 7,0 6,1 7,3 5,5 5,0 5,7 5,1
Crédit intérieur au secteur privé 9,7 13,6 13,6 8,8 10,4 9,2 7,6 7,0 7,0 7,0

(en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)


Épargne et investissement
Épargne nationale brute 14,0 15,9 16,3 15,9 15,6 16,1 17,1 17,5 18,4 19,2
Investissement intérieur brut 17,9 17,4 18,1 18,8 18,5 19,2 19,8 20,4 21,3 22,2
Investissement public 4,5 5,2 4,6 5,0 5,0 5,4 5,8 6,4 6,8 7,0
Investissement privé 13,4 12,2 13,5 13,8 13,5 13,7 14,0 14,1 14,5 15,2

Opérations de l’administration centrale


Total des recettes (dons compris) 14,0 16,1 16,0 15,5 15,9 15,5 15,3 15,3 15,3 15,4
Recettes pétrolières 1,9 3,6 3,5 2,8 2,9 2,1 1,8 1,7 1,6 1,5
Recettes non pétrolières 11,8 12,0 12,1 12,4 12,7 13,1 13,3 13,5 13,7 13,9
Total des dépenses 16,9 18,0 17,1 16,2 16,7 16,1 15,7 16,0 16,3 16,4
Solde budgétaire global (base
ordonnancements)
Dons non compris -3,2 -2,4 -1,5 -1,1 -1,1 -1,0 -0,6 -0,9 -1,1 -1,0
Dons compris -3,0 -1,8 -1,1 -0,8 -0,8 -0,6 -0,3 -0,7 -1,0 -1,0
Solde budgétaire global (base caisse)
Dons non compris -2,7 -2,8 -1,6 -1,6 -2,4 -1,8 -1,2 -1,3 -1,1 -1,0
Dons compris -2,4 -2,3 -1,2 -1,3 -2,0 -1,5 -0,9 -1,2 -1,0 -1,0
Solde primaire hors pétrole (base
ordonnancements) -3,9 -4,5 -3,9 -2,4 -2,5 -1,7 -1,1 -1,4 -1,5 -1,5

Secteur extérieur
Balance commerciale -1,1 0,4 0,1 -1,3 -1,4 -1,6 -1,4 -1,6 -1,7 -1,8
Exportations de pétrole 4,9 7,1 7,8 5,4 5,2 4,5 4,2 3,7 3,3 2,9
Exportations hors pétrole 8,3 8,9 8,0 8,0 8,2 8,0 8,1 8,2 8,3 8,5
Importations 14,4 15,7 15,6 14,7 14,8 14,1 13,8 13,5 13,2 13,2
Solde des transactions courantes
Dons officiels non compris -4,2 -2,2 -2,2 -3,2 -3,3 -3,1 -2,9 -2,9 -3,0 -3,0
Dons officiels compris -4,0 -1,6 -1,8 -2,8 -2,9 -3,0 -2,7 -2,9 -2,9 -3,0
Termes de l’échange 9,4 3,6 -6,8 -8,4 -7,6 -1,6 0,2 -4,0 -4,1 -4,1

Dette publique
Encours de la dette publique 46,8 46,4 45,5 42,8 43,2 41,1 38,8 37,3 36,2 35,2
dont : dette extérieure 31,7 32,7 30,9 30,5 30,7 29,7 28,7 28,2 27,8 27,8

Sources : autorités nationales ; estimations et projections des services du FMI.


1/ En pourcentage de la monnaie au sens large en début de période.
CAMEROUN
QUATRIÈME REVUE DES ACCORDS AU TITRE DE LA FACILITÉ
16 juin 2023 ÉLARGIE DE CRÉDIT ET DU MÉCANISME ÉLARGI DE CRÉDIT,
DEMANDE DE DÉROGATION POUR LE NON-RESPECT D'UN
CRITÈRE DE RÉALISATION ET DEMANDE DE MODIFICATION
DE CRITÈRES DE RÉALISATION
Contexte. La reprise du Cameroun s’est poursuivie, malgré des préoccupations quant à la
sécurité et des risques extérieurs, notamment le resserrement des conditions financières
mondiales et la volatilité accrue des cours du pétrole. Le Cameroun est un pays fragile et
touché par des conflits. Les facteurs de fragilité vont de l’insurrection et des conflits le long de
ses frontières et dans les pays limitrophes à la mauvaise gouvernance en passant par
l’exclusion sociale et le changement climatique. Les perspectives économiques restent
néanmoins positives à moyen terme, tant que les réformes continuent et que l’environnement
extérieur est favorable. Les accords triennaux au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et du
mécanisme élargi de crédit (MEDC) approuvés en juillet 2021 représentent un montant de
483 millions de DTS (environ 689,5 millions de dollars, soit 175 % de la quote-part).
L’achèvement de la quatrième revue permettra le décaissement d'un montant de 55,2 millions
de DTS (environ 73,3 millions de dollars).

Entretiens. Les entretiens de la quatrième revue au titre de la FEC/du MEDC ont été centrés
sur les mesures de politique macroéconomique essentielles pour gérer les chocs actuels,
stimuler la croissance du pays et accroître sa résilience. Ils ont porté principalement sur :
i) le maintien d’une trajectoire de rééquilibrage budgétaire sans compromettre la croissance ;
ii) la réduction progressive de la subvention aux combustibles et l’atténuation de l'impact que
cela aura sur les personnes les plus vulnérables ; iii) l'amélioration de la mobilisation des
recettes non pétrolières ; iv) des mesures correctives visant à remédier aux problèmes
persistants de gestion des finances publiques qui font obstacle aux résultats budgétaires ;
v) l’amélioration de la qualité et de l’efficience des dépenses ; le renforcement de la
gouvernance, de la transparence et des efforts de lutte contre la corruption et vii) la libération
du potentiel de croissance du Cameroun et le renforcement de sa résilience, notamment
grâce à des réformes du secteur financier et des mesures relatives à la lutte contre les
changements climatiques.

Les résultats du programme sont mitigés. Tous les critères de réalisation quantitatifs (CRQ)
ont été observés à fin décembre 2022, sauf un. Le CRQ relatif à la non-accumulation d’arriérés
extérieurs a connu de nouveaux dépassements mineurs et temporaires début 2023 (en plus
des dépassements temporaires et mineurs de fin 2022 signalés dans la dernière revue) en
CAMEROUN

raison des dépenses effectuées dans le cadre de procédures exceptionnelles, notamment des
avances de trésorerie, et des problèmes de gestion de trésorerie. Trois des cinq objectifs
indicatifs (OI) n’ont pas été atteints, à savoir les plafonds fixés sur l’accumulation nette
d’arriérés de paiements intérieurs, les interventions directes de la Société nationale des
hydrocarbures (SNH) et la part des dépenses sur procédures exceptionnelles. Les mesures
correctives adoptées pour résoudre les questions fondamentales incluent un nouvel objectif
indicatif et un nouveau repère structurel (RS). Sur les quatre RS de la quatrième revue, deux
ont été respectés : la publication d'un plan d'action pour renforcer les institutions d'audit
(RS7) et la publication du rapport des dépenses de 2021 liées à la COVID-19 (RS8). La
délivrance de l'ordonnance précisant les modalités pour le décret d’octobre 2021 qui régit la
gestion des projets (RS12) a été retardée et reportée à août 2023. La publication des textes
d'application du Code minier (RS4), retardée elle aussi, a été reportée à septembre 2023.

2 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Approuvé par Une équipe du FMI, composée de Mme Sancak (chef de


Vitaliy Kramarenko mission), Mme Nkhata et Mme Isakova (toutes du
(département Afrique) et département Afrique), ainsi que de MM. Sarr (département
Bergljot Barkbu (département des finances publiques), Vaccaro-Grange (département des
de la stratégie, des politiques marchés monétaires et de capitaux), Huang (département
de la stratégie, des politiques et de l’évaluation), Staines
et de l’évaluation)
(représentant résident), et MM. Tchakote et Ambassa
(économistes locaux), a tenu des entretiens avec les
autorités sur place, à Yaoundé, ainsi qu’en réunions
virtuelles, du 4 au 17 mai 2023. M. Cai (département
Afrique) a fourni une assistance de recherche, et Mme Biloa
(département Afrique) et Mme Essia Ngang (chef de bureau
extérieur) ont assuré l’assistance administrative.

TABLE DES MATIÈRES


ÉVOLUTION RÉCENTE DE L’ÉCONOMIE, PERSPECTIVES,
RISQUES ET RÉSULTATS DU PROGRAMME _____________________________________________________ 5
A. Évolution récente de l’économie _______________________________________________________________ 5
B. Perspectives et risques _________________________________________________________________________ 6
C. Exécution du programme ______________________________________________________________________ 7

ENTRETIENS _____________________________________________________________________________________ 8
A. Rééquilibrage budgétaire et croissance : création d’un espace budgétaire pour les
investissements productifs et la protection sociale _______________________________________________ 9
B. Réformes budgétaires structurelles ___________________________________________________________ 12
C. Préservation de la viabilité de la dette dans le cadre d’une gestion active ____________________14
D. Renforcement de la bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption ____17
E. Libération du potentiel de croissance du Cameroun et renforcement de sa résilience ________18

QUESTIONS RELATIVES AU PROGRAMME ___________________________________________________ 20

ÉVALUATION PAR LES SERVICES DU FMI ____________________________________________________ 22

GRAPHIQUES
1. Évolution du secteur réel, 2017–23 ____________________________________________________________ 25
2. Évolution budgétaire, 2017–23 ________________________________________________________________ 26
3. Indicateurs de viabilité de la dette _____________________________________________________________ 27

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 3


CAMEROUN

TABLEAUX
1. Principaux indicateurs économiques et financiers, 2021–28 ___________________________________ 28
2a. Opérations de l’administration centrale, 2021–28 ____________________________________________ 29
2b. Opérations de l’administration centrale, 2021–28 ____________________________________________ 30
3. Balance des paiements, 2021–28 ______________________________________________________________ 31
4. Situation monétaire, 2021–28 _________________________________________________________________ 32
5. Capacité à rembourser le FMI, 2023–40 _______________________________________________________ 33
6. Indicateurs de solidité financière, 2015–22 ____________________________________________________ 34
7. Calendrier pour les décaissements et les achats au titre de la FEC et du MEDC, 2021–24______34
8. Besoins et sources de financement extérieur __________________________________________________ 35

ANNEXE
I. Matrice mondiale d’évaluation des risques_____________________________________________________ 36

APPENDICE
I. Lettre d’intention_______________________________________________________________________________ 40
Pièce jointe I. Mémorandum de politique économique et financière ______________________ 43
Pièce jointe II. Protocole d’accord technique_______________________________________________ 62

4 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

ÉVOLUTION RÉCENTE DE L’ÉCONOMIE,


PERSPECTIVES,
RISQUES ET RÉSULTATS DU PROGRAMME
A. Évolution récente de l’économie

1. La reprise économique du Cameroun s’est poursuivie en 2022, malgré une fragilité


persistante et de forts vents contraires en provenance de l’extérieur. Selon les estimations, la
croissance du PIB devrait s’établir à 3,8 %, contre 3,4 % fin 2022, les secteurs de l’agro-industrie et
des services restant dynamiques. Cela dit, une inflation obstinément élevée sur les marchés avancés a
maintenu les taux d’intérêt à un niveau élevé, ce qui a continué de freiner l'investissement et la
croissance 1.
2. Les tensions inflationnistes s’apaisent sous
Graphique 1 du texte. Cameroun : Inflation
l’effet de l’atténuation des pressions mondiales,
(2017-22)
mais les risques sont toujours présents. À fin 2022, (Pourcentages, en glissement annuel)
l’inflation globale a atteint 7,3 % en glissement
annuel, contre 3,5 % à fin 2021. Son principal moteur
a été les prix des denrées alimentaires intérieures,
mais les prix des produits non alimentaires et non
énergétiques ont eux aussi été en hausse. Les prix
mondiaux des denrées alimentaires et des engrais
ainsi que les perturbations de la chaîne de l'offre se
sont modérés mais une possible incidence décalée
sur les prix alimentaires intérieurs représentent
toujours un risque. Selon les estimations, plus de
trois millions de personnes étaient en situation de
grave insécurité alimentaire entre janvier et mai 2023, Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.
ce qui représente une hausse de 5 % par rapport à la même période de 2022. 2
3. La BEAC a resserré la politique monétaire face aux tensions inflationnistes. Le 27 mars,
le Comité de politique monétaire de la BEAC a relevé le taux directeur de 50 pb pour le porter à 5 %
(ce qui représente une hausse totale de 175 pb depuis novembre 2021) avant de resserrer les
conditions de refinancement des banques en supprimant les injections hebdomadaires de liquidité

1
Le Cameroun a récemment été ajouté à la liste des pays fragiles et touchés par des conflits sur la base de plusieurs
indicateurs comme l'insurrection accrue le long de sa frontière, les conflits dans les pays voisins, la mauvaise

gouvernance, l’exclusion sociale, les régions restées à la traîne, le changement climatique et les liens

d’interdépendance en matière de fragilité. Le FMI lance la préparation d’une stratégie de collaboration avec le pays,

évaluant tous les facteurs de fragilité, qui circonstanciera ses activités actuelles et futures au Cameroun.
2 Données sur la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale - Cadre Harmonisé (mars 2023).

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 5


CAMEROUN

après les avoir régulièrement réduites. L’inflation régionale a cependant atteint 6,5 % à fin 2022, sous
l’effet des tensions inflationnistes mondiales de second tour.
4. La position extérieure s’est améliorée en Graphique 1 du texte. Cameroun :
2022 sous l’effet de la hausse des prix du solde des transactions courantes, prix du
pétrole et TCER
pétrole à l’exportation et d’une dépréciation du
taux de change effectif réel (TCER). Il ressort des
estimations que le déficit des transactions
courantes s’établira à 1,8 % du PIB en 2022 (contre
4,0 % en 2021), sous l’effet d’une augmentation
des prix mondiaux des hydrocarbures et d’une
dépréciation du TCER, en dépit de la hausse de
l’inflation et des prix à l’importation.
5. Les résultats budgétaires ont été
marqués à la fois par les évolutions extérieures
et les mesures prises par les autorités.
L’augmentation des recettes pétrolières et le
Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.
niveau élevé des recettes non pétrolières ont
ramené le déficit global de 3 % en 2021 à 1,1 % en 2022. Cependant, cela a été compensé par une
hausse des dépenses courantes sur les subventions aux carburants, et le solde primaire hors pétrole
est resté inchangé en 2022 (3,9 % du PIB).
6. Le Cameroun demeure exposé à un haut risque de surendettement. Les indicateurs de
l’analyse de viabilité de sa dette (AVD) pour 2023 ont fait apparaître une détérioration par rapport à
2022, due principalement aux chocs extérieurs, dont un taux de change plus défavorable et une
révision à la baisse des projections de croissance. Deux indicateurs sur quatre ont dépassé les seuils
du scénario de référence (¶28).

B. Perspectives et risques

7. Les perspectives à moyen terme restent favorables tant que les réformes se
poursuivent et que l’environnement extérieur soit favorable. La croissance du PIB réel devrait
être de 4,0 % en 2023, soit moins que prévu, en raison du retard des contrats pour la production de
gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole. La croissance devrait être de 4,4 % à moyen terme, tirée par
l’agro-industrie, la sylviculture, les services et le secteur du gaz naturel liquéfié, qui compenseront en
partie la baisse de la production pétrolière. L’inflation moyenne pourrait se modérer pour s'établir à
5,9 % à fin 2023 (contre 7,3 % à fin 2022) et devrait tomber sous la barre des 3 % à moyen terme. Le
déficit des transactions courantes devrait diminuer pour se stabiliser autour de 3 % du PIB dans le
moyen terme. Le respect de la réglementation des changes de la CEMAC devrait accroître le
rapatriement des recettes d’exportation et limiter les sorties de capitaux illicites, ce qui permettra de
consolider les réserves de change régionales. Le ratio dette publique/PIB devrait tomber à moins de
40 % en 2025.
• Les services du FMI et les autorités ont convenu que les risques de révision à la baisse des
perspectives sont considérables (matrice d’évaluation des risques, annexe I) dans le court

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CAMEROUN

terme. Il s'agit notamment des risques intérieurs, comme la situation sécuritaire et la lenteur des
réformes, des risques régionaux et des risques mondiaux, dont la récession et la poursuite de la
guerre en Ukraine, la volatilité des prix des hydrocarbures, le durcissement des conditions
financières, les difficultés de refinancement et les chocs climatiques.
• Les risques sont atténués par les bons antécédents du Cameroun en matière de mise en œuvre
des programmes macroéconomiques, ses liens étroits avec les bailleurs de fonds et un vaste
programme de développement des capacités. Les autorités ont en outre souligné les évolutions
favorables liées à l’achèvement prévu de plusieurs grands projets d'infrastructure qui accusaient
un sérieux retard.

C. Exécution du programme

8. Les résultats du programme à fin décembre 2022 étaient mitigés (MPEF, tableau 1).
Tous les critères de réalisation quantitatifs (CQR) ont été observés à fin décembre 2022, sauf un. Le
CQR continu relatif à la non-accumulation d’arriérés extérieurs n’a pas été respecté début 2023, en
raison de retards dans les paiements de service de la dette principalement à Exim Bank Chine, Exim
Bank Turquie et Deutsche Bank Espagne. Si ces dépassements étaient mineurs (0,2 % du PIB) et
temporaires, ils soulignent la nécessité d'améliorer la gestion de trésorerie et de limiter les dépenses
sur procédures exceptionnelles 3. La faiblesse de la gestion de trésorerie, l’augmentation des
subventions aux carburants, les préoccupations quant à la sécurité et dépenses imprévues se sont
traduites par un plus grand recours aux procédures exceptionnelles, à la recrudescence des pressions
sur la liquidité et à une accumulation d’arriérés intérieurs malgré une situation des finances
publiques plus solide. Des préoccupations quant à la sécurité ont entraîné un recours accru aux
interventions directes de la SNH.
9. Les résultats quantitatifs à fin mars 2023 ont également été mitigés. Quatre des neufs
objectifs indicatifs (OI), à savoir le plafond limitant les interventions directes de la SNH, la part des
dépenses sur procédures exceptionnelles et l’accumulation nette d’arriérés de paiements intérieurs et
le plancher sur les dépenses sociales de réduction de la pauvreté (MPEF, tableau 1). La lenteur de
l’exécution du budget au premier trimestre a entraîné un niveau des dépenses sociales inférieures
plus bas que prévu.
10. Les autorités se sont engagées à prendre des mesures correctives face à ces résultats
mitigés. Elles comptent réduire les dépenses sur procédures exceptionnelles et en améliorer le suivi,
notamment en respectant un nouvel objectif indicatif (OI) sur avances de trésorerie sans allocation
budgétaire (¶26, MPEF, tableau 1). De telles avances ne suivent généralement pas la chaîne de
dépenses habituelle, et les paiements sont faits sans engagement ou ordre de paiement de l’organe
autorisé, ce qui complique la gestion de trésorerie et peut créer des problèmes supplémentaires de
liquidité. Le nouvel objectif indicatif vise à limiter ce type de dépenses. En outre, un nouveau repère
structurel sur l’inclusion de l’encours d'arriérés dans la loi de finances (¶26, MPEF, tableau 2) devrait
permettre d’apurer l’encours d'obligations impayées à fin 2022 et de réduire la pression sur le Trésor.

3
Il y a eu des dépassements mineurs et temporaires également fin 2022, comme indiqué dans la dernière revue
(rapport-pays n° 23/114, mars 2023).

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 7


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S’agissant des interventions directes de la SNH, les autorités ont mis en place un comité chargé
d’assurer le suivi des transactions (rapport-pays n° 23/114, mars 2023) et de soumettre au FMI un
rapport trimestriel sur ces interventions par type de dépenses à compter du premier trimestre de
2023 (MPEF¶31), qui devrait améliorer la transparence en la matière.
11. La mise en œuvre des repères structurels (RS) a continué de progresser (MPEF,
tableau 2).

• Deux RS évalués dans le cadre de la quatrième revue ont été respectés dans les délais prévus. La
Chambre des comptes de la Cour suprême a publié son rapport d’audit sur les dépenses relatives
à la pandémie de COVID-19 engagées en 2021 (RS8, mars 2023). Par ailleurs, les autorités ont
publié un plan d'action visant à renforcer les institutions d’audit suprêmes (RS7, avril 2023).
• La délivrance de l'ordonnance précisant les modalités pour le décret d’octobre 2021 qui régit les
unités de gestion des projets (RS12) a pris du retard et a donc été reportée à août 2023.
• La publication des textes d'application du Code minier (RS4) a également été retardée et
reportée, elle, à septembre 2023.

• Enfin, deux RS fixés pour la cinquième revue ont été respectés : i) le repère structurel 2 sur les
PPP fixé pour fin juin 2023 a été atteint ; et ii) le repère structurel 10 visant à porter le nombre
des contribuables assujettis à la TVA de 13 500 à fin décembre 2022 à 14 850 à fin octobre 2023
a été achevé avant la date prévue. Ayant accusé du retard, le repère structurel 9 sur la
restructuration de la SONARA dont la date d'achèvement prévue était fin juin 2023, a été reporté
à septembre 2023 (¶25).

ENTRETIENS
Les entretiens ont examiné des mesures cruciales sur le plan macroéconomique pour gérer les
chocs actuels et renforcer la croissance et la résilience du Cameroun.

12. Le solde primaire hors pétrole n’a pas dépassé l’objectif du programme à fin 2022,
notamment parce qu'une partie des dépenses liées à la subvention aux carburants a été
reportée à 2023. Avec la poursuite de la reprise économique et l'adoption de mesures relatives à
l'administration des recettes, les recettes non pétrolières ont augmenté d’environ 13 % en 2022,
tandis que les recettes pétrolières ont doublé sous l’effet de la hausse des prix internationaux du
pétrole qui a ramené le déficit budgétaire global de 3 % en 2021 à 1,1 % du PIB en 2022. Cela étant,
la hausse des prix du pétrole a aussi accru le coût budgétaire de la subvention aux carburants en
l’absence d’ajustement des prix intérieurs. Selon les estimations, le coût total de cette subvention
aurait dépassé 900 milliards de francs CFA (3,4 % du PIB) en 2022, contre 600 milliards de francs CFA
(2,2 % du PIB) dans le budget révisé de 2022. Le plancher fixé au solde primaire hors pétrole a
respecté l’objectif du programme (4 % du PIB) en 2022 (tableau 1 du texte, MPEF, tableau 1),
l’augmentation des dépenses au titre des biens et services ayant été compensée par une baisse des
dépenses d’investissement. De plus, environ un tiers du coût de la subvention aux carburants a été

8 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

reporté à 2023 car les factures de 2022 de certains importateurs de carburants ont été validées en
2023.
13. Les dépenses dans le cadre de procédures exceptionnelles (notamment les avances de
trésorerie sans crédit budgétaire) et les problèmes de gestion de trésorerie ont entraîné une
accumulation d'obligations de paiements et des retards sur les paiements extérieurs en 2022.
À fin 2022, les obligations intérieures impayées s’élevaient à 1,7 % du PIB, 0,7 % d’entre elles
dépassant le délai de 90 jours (que la CEMAC définit comme des arriérés intérieurs). La part des
dépenses sur procédures exceptionnelles a atteint plus de 10 % du total des dépenses (sachant que
l’objectif du programme était de 4 %), en raison de la sous-estimation des besoins de dépenses et de
la hausse du coût de la sécurité et des subventions aux carburants. Les avances de trésorerie
constituaient une part importante de ces dépenses, correspondant notamment aux paiements des
subventions aux carburants qui, en 2022, représentaient 1,3 % du PIB.
14. À fin mars 2023, les résultats du programme ont été marqués par le niveau élevé des
recettes et la lenteur de l’exécution budgétaire. Au premier trimestre, les recettes pétrolières ont
augmenté de 50 % en glissement annuel et les recettes non pétrolières de 13 %. L’exécution des
dépenses primaires a accusé un retard, ce qui a contribué à la baisse des dépenses consacrées aux
besoins sociaux par rapport à l’objectif du programme pour mars 2023. Le SPHP est donc resté
excédentaire et a dépassé l’objectif du programme.

A. Rééquilibrage budgétaire et croissance : création d’un espace


budgétaire pour les investissements productifs et la protection sociale

Poursuite du rééquilibrage des finances publiques

15. Le coût sous-estimé de la subvention Tableau 1 du texte. Cameroun : résultats


aux carburants en 2022, dont une partie a été budgétaires et projections
reportée, a eu un effet d’éviction sur les (En pourcentage du PIB)
dépenses dans le budget de 2023. À la suite de 2022 2023
la validation des factures d'importation de Est. e
3 rev. Proj.
carburant impayées de 2022, un coût Total des recettes et dons 16,0 15,5 15,9
Recettes pétrolières 3,5 2,8 2,9
supplémentaire de 330 milliards de francs CFA
Recettes non pétrolières 12,1 12,4 12,7
(soit 1,1 % du PIB) sera reporté à 2023, portant Dons 0,4 0,3 0,3
les dépenses liées à la subvention aux carburants
dans le budget de 2023 à 453 milliards de francs Dépenses totales 17,1 16,2 16,7
Dépenses courantes 12,5 11,0 11,5
CFA (1,5 % du PIB). Transferts et subventions 4,2 3,1 3,5
Paiements d’intérêts 0,8 1,1 1,1
16. Le gouvernement s’engage à maintenir
Dépenses d’équipement 4,6 5,0 5,0
une trajectoire de rééquilibrage budgétaire
conforme aux objectifs du programme. La Solde global -1,1 -0,8 -0,8
poursuite de la reprise économique et les Solde primaire hors pétrole -3,9 -2,4 -2,5

mesures d’administration des recettes devraient Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.

aider la mobilisation des recettes en 2023. La baisse des projections des cours du pétrole devrait

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permettre de limiter le coût de la subvention aux carburants en 2023 et de compenser en partie le


report de 2022. Selon les projections, le SPHP devrait passer de 2,4 % à 2,5 % du PIB, sous l’effet des
récentes évolutions et des dernières projections tout en maintenant la trajectoire budgétaire en
adéquation avec les objectifs du programme (tableau 1 du texte).
17. La loi des finances rectificative (LFR) a été soumise au Parlement (mesure préalable).
Elle soutiendra les engagements du gouvernement car elle tient compte de l’évolution stratégique
depuis début 2023, dont la hausse des prix intérieurs des carburants en février 2023 et les mesures
additionnelles relatives aux recettes et aux dépenses abordées dans le rapport n ° 23/114 de mars
2023, de même que les récentes hypothèses et les changements d'orientation de la politique
économique mentionnés aux ¶15-16.
18. Les autorités ont l’intention de réduire Tableau 2 du texte. Cameroun :
contributions aux variations du déficit
davantage le déficit budgétaire en 2024. Dans les
global, 2024
projections actuelles, le déficit global serait ramené à
(En % du PIB)
0,6 % du PIB et le déficit primaire hors pétrole à 2023 2024 Variation
1,7 % du PIB. Des efforts supplémentaires prendront Recettes pétrolières 2,9 2,1 -0,7
la forme d'une nouvelle rationalisation des dépenses, Recettes non pétrolières 12,7 13,1 0,3
y compris sur les subventions et les transferts Dons 0,3 0,3 0,0
(environ 1,1 % du PIB) et d’une plus grande Subventions et transferts 3,5 2,4 -1,1

mobilisation des recettes non pétrolières (environ Dépenses d’équipement 5,0 5,4 0,4
Autres dépenses courantes 8,2 8,3 0,1
0,3 % du PIB) en raison des mesures envisagées dont
Déficit -0,8 -0,6 -0,2
il est question au ¶24 (tableau 2 du texte).
Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.

Réforme des subventions aux carburants

19. Les autorités reconnaissent qu'il est nécessaire de progressivement éliminer les
subventions aux carburants qui sont coûteuses et non ciblées. En février 2023, elles ont
augmenté le prix des carburants à la pompe (de 16 % pour l’essence et de 25 % pour le diesel), ce
qui, dans les hypothèses actuelles, ramènerait la subvention aux carburants à 0,5 % du PIB en 2023,
sans compter le report de 2022. Cela dit, il sera nécessaire de procéder à de nouveaux ajustements
du prix de détail des carburants en 2024-25 pour éliminer graduellement les subventions brutes
pendant que les autorités révisent les mécanismes de fixation du prix des carburants et étudient les
options de réforme.

20. Les services du FMI ont recommandé l’instauration d’un mécanisme automatique
d’ajustement du prix des carburants assorti d’un lissage en 2025, ainsi que des mesures
d’atténuation visant les plus vulnérables. Un tel mécanisme protègerait les recettes budgétaires
tout en assurant que l’évolution des prix internationaux des carburants soit pleinement répercutée
sur les prix intérieurs. L’intégration d’un mécanisme de lissage permettrait de limiter la volatilité des
prix dans le court terme. La réforme devra s'accompagner de mesures d’atténuation visant
notamment à élargir la couverture des transferts sociaux, à améliorer l’accès aux services d'éducation
et de santé, à accélérer la restructuration de la SONARA et à réaliser la transition énergétique. Si les

10 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

autorités s’inquiètent de la forte volatilité des cours du pétrole et de l’augmentation du coût des
subventions aux carburants, elles n'ont pas encore décidé de mettre en œuvre un mécanisme
d'ajustement automatique des prix du carburant.

Dépenses d'investissement prioritaires

21. Les autorités tiennent leur engagement envers les réformes destinées à améliorer
l’efficience des dépenses d'investissement. Ces réformes visent à améliorer la planification et
l’exécution des projets d’investissement, conformément aux recommandations de l’évaluation de la
gestion des investissements publics du FMI. Le gouvernement signera les actes législatifs sur la mise
en œuvre du décret qui définit le suivi des unités de gestion des projets (RS12, avril 2023, reporté à
août 2023). Compte tenu de l’espace budgétaire limité et de la lenteur d’exécution des dépenses en
capital, il est urgent de donner la priorité aux projets qui ont une incidence sur la croissance, les
recettes et la viabilité budgétaire. La hiérarchisation des projets d’investissement permet aussi de
reconduire les dépenses prioritaires tout en maintenant les résultats budgétaires sur une trajectoire
appropriée. De plus, le gouvernement prend des mesures destinées à améliorer la transparence des
pratiques relatives aux marchés publics et prévoit de lancer un système d'information pour permettre
un meilleur suivi de la passation de marchés (nouveau RS14, mai 2024, ¶32).
22. Le secteur de l'électricité au Cameroun a besoin d’être développé, mais l’incidence
budgétaire mérite un examen attentif. Le développement du secteur pourrait permettre de
réaliser des économies budgétaires significatives et de stimuler la croissance dans le moyen terme.
Le secteur bénéficie actuellement de subventions publiques et financièrement autonome n'est pas
encore . En 2022, la subvention au secteur (compensation tarifaire) est estimée à 0,3 % du PIB. Il y a
aussi un coût attendu lié au commencement de l’exploitation de la centrale hydroélectrique de
Nachtigal, qui entraînerait des pertes pour la société de distribution nationale, ENEO, en l’absence
d'infrastructure de transport, un passif conditionnel potentiel pour le budget. La Banque mondiale
prévoit un projet de 300 millions de dollars, pour permettre la construction d'une ligne de transport,
avec des décaissements durant 2024-28. Des travaux sont en cours sur un ensemble de réformes,
dont une hausse tarifaire qui, selon les estimations, devrait générer environ 384 millions de dollars
d’économies à moyen terme.
Mobilisation des recettes non pétrolières

23. Pour augmenter les dépenses d'investissement et sociales et maintenir la trajectoire


budgétaire du programme, il convient de mobiliser davantage de recettes non pétrolières. Les
recettes fiscales non pétrolières ont fluctué autour de 12 % du PIB sur la dernière décennie. Après
une baisse en 2020 due au repli économique et aux mesures fiscales provisoires liées à la COVID-19,
les recettes non pétrolières devraient revenir à leur moyenne historique en 2023. Il sera essentiel de
mettre résolument en œuvre les recommandations de l’assistance technique du FMI pour créer
progressivement un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 11


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Graphique 3 du texte. Cameroun : recettes Graphique 4 du texte. Recettes fiscales (en


fiscales non pétrolières pourcentage du PIB) et PIB par habitant
(En pourcentage du PIB) (log)

Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI. Sources : autorités nationales ; Perspectives de l’économie
mondiale ; calculs des services du FMI.

24. Les autorités tiennent leur engagement de poursuivre les réformes de la politique
fiscale et de l’administration des recettes. Elles prévoient de réduire peu à peu les exonérations de
l’impôt sur les sociétés à la suite d’un audit de l’application de la loi de 2013 (2013/004) sur les
incitations à l’investissement. Elles envisagent également de prendre les mesures suivantes pour
2024, dans le droit fil des recommandations de l’assistance technique du FMI (AT) : I) la réforme du
revenu des personnes physiques ; ii) la transformation du système fiscal simplifié en une taxe
synthétique reposant sur le chiffre d’affaires ; ii) la rationalisation des exonérations d'impôt,
notamment en réduisant le nombre de biens exonérés de la TVA. Ces mesures permettront de porter
le ratio recettes non pétrolières/PIB de 12,7 % en 2023 à 13,1 % en 2024. S’agissant de
l’administration des recettes, une meilleure coordination entre les Directions générales des impôts et
des douanes (DGI et DGD) a fait passer le nombre de contribuables assujettis à la TVA de 13 500 à
14 850 entre fin décembre 2022 et avril 2023 (RS10, octobre 2023). Les autorités projettent de porter
ce nombre à 16 000 d’ici à fin 2023.

B. Réformes budgétaires structurelles

25. La mission a analysé les progrès réalisés sur les repères structurels dans le domaine de
la gestion des finances publiques, notamment :
• Arriérés intérieurs. Le gouvernement reste engagé à apurer les arriérés intérieurs dans le
secteur public. Les autorités ont réussi à achever les audits des arriérés de paiement de l’État dus
sur la période 2000–19 et adopteront un plan d’apurement garantissant la viabilité de la dette
publique (RS1, septembre 2023).

• Dettes croisées entre entreprises publiques. L’inventaire des dettes entre entreprises
publiques elles-mêmes est complexe en raison des problèmes de disponibilité des données, dont
la transmission tardive ou inexistante d'informations et de pièces justificatives, l’absence de

12 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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rapports de rapprochement de la dette, accords relatifs à la dette et autres documents


pertinents. Néanmoins, des travaux sont en cours pour élaborer un inventaire et un plan
d’apurement des dettes croisées des 14 principales entreprises publiques depuis 2020 (RS3,
septembre 2023).

• Cadre juridique régissant les partenariats public-privé (PPP). Les autorités ont préparé une
version préliminaire du nouveau cadre régissant les PPP qui, une fois adopté, sera harmonisé
avec le futur cadre de la CEMAC. La nouvelle version du cadre a été soumise au Parlement et sera
publiée une fois adoptée (RS2).

• Code minier. Tandis que les projets de décret pour l’application du Code ont été achevés, une
décision reste à prendre sur leur entrée en vigueur. Les retards ont été dus au besoin d’intégrer
dans le Code le rôle de la Société nationale des mines (SONAMINES), une société d'état créée à
fin 2020 (RS4, pas respecté en mars 2023, reporté à septembre 2023).

• SONARA. La mise au point d'un plan d'action détaillé comportant des mesures financières,
organisationnelles et techniques à annexer au plan de restructuration a pris du retard (RS9, juin
2023, reporté à septembre 2023). Les autorités vont : i) conclure rapidement les négociations sur
la restructuration de la dette envers les négociants dans les mêmes conditions que celles
convenues avec les opérateurs bancaires, en respectant la clause pari passu ; ii) valider de
possibles insuffisances et/ou excédents de versement sur une base mensuelle et régler les
montants dus par la partie débitrice dans un délai maximum de 60 jours ; iii) imposer à la
SONARA de payer les impôts et droits de douane qu’elle doit au Trésor de manière régulière ;
iv) veiller à ce que les négociants soient autorisés à importer un volume de produits pétroliers
compatible avec leurs engagements financiers. Un nouveau retard du plan de restructuration
pourrait accroître les risques budgétaires et compromettre la viabilité de la dette.

26. Les dépenses persistantes sur procédures exceptionnelles ont eu une incidence
négative sur les résultats du programme et justifient des mesures supplémentaires pour
améliorer la gestion budgétaire. Les avances de trésorerie ont fortement augmenté ces dernières
années. Comme certaines de ces dépenses n’ont pas d'allocations budgétaires, elles évincent
l’investissement, entraînent une accumulation d’arriérés intérieurs pour les dépenses inscrites au
budget et retardent le paiement des obligations extérieures La mission a prévenu les autorités à tous
les niveaux des implications de ces dépenses non budgétisées. Elle a convenu de la nécessité
d’améliorer le réalisme budgétaire, d'un objectif indicatif et d’un repère structurel afin de mettre un
terme à cette pratique de longue date. L’objectif indicatif fixe un plafond de 15 milliards de francs
CFA par trimestre sur les avances de trésorerie sans allocation budgétaire. Le nouveau repère
structurel exige d'inclure une allocation budgétaire dans la loi de finances de l’année N+1 pour
l’apurement de l’encours d'obligations impayées au-delà de 90 jours l’année N.

27. Les autorités mènent une étude sur la soutenabilité du régime de pension de la
fonction publique. Les dépenses consacrées aux pensions ont doublé en termes nominaux ces dix
dernières années et elles continueront d'augmenter. Il y a lieu d’améliorer régulièrement les
projections tant en termes de recettes que de dépenses.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 13


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C. Préservation de la viabilité de la dette dans le cadre d’une gestion


active

28. Le Cameroun présente un risque élevé de surendettement, mais sa dette est viable. Le
risque de surendettement extérieur est élevé puisque deux indicateurs sur quatre dépassent les
seuils dans le scénario de référence (graphique 3). Par ailleurs, le ratio valeur actualisée (VA) de la
dette publique/PIB dépasse le repère fixé, ce qui indique un risque élevé de surendettement global.
En revanche, les indicateurs de l’encours de la dette extérieure du pays restent au-dessous du seuil,
et les indicateurs du service de sa dette extérieure suivent une tendance à la baisse. Le ratio service
de la dette/recettes devrait cesser de dépasser le seuil dans le moyen terme. Une réduction des
vulnérabilités liées à la dette passerait par des réformes budgétaires actives et à une gestion elle
aussi active de la dette.

14 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 3 du texte. Cameroun : décomposition de la dette publique et du service de la dette


par créancier, 2022–24
Encours de la dette Service de la dette
2022 2022 2023 2024 2022 2023 2024
Millions de % de la dette
% du PIB Millions de dollars % du PIB
dollars totale

Totale 1/ 19234 100,0 43,2 1923 2694 2217 4,3 5,6 4,4
Extérieure 13161 68,4 29,6 1195 1488 1425 2,7 3,1 2,8
Créanciers multilatéraux 6041 31,4 13,6 132 334 359 0,3 0,7 0,7
FMI 1273 6,6 2,9
Banque mondiale 2256 11,7 5,1
BAD 1624 8,4 3,6
Autres créanciers multilatéraux 888 4,6 2,0
dont : BIsD 636 3,3 1,4
dont : FIDA 97 0,5 0,2
Créanciers bilatéraux 5496 28,6 12,3 722 816 804 1,6 1,7 1,6
Club de Paris 1628 8,5 3,7 257 249 252 0,6 0,5 0,5
dont : France 1391 7,2 3,1
dont : Japon 82 0,4 0,2
Non membres du Club de Paris 3725 19,4 8,4 449 567 552 1,0 1,2 1,1
dont : Chine 3603 18,7 8,1
dont : Türkiye 122 0,6 0,3
Euro-obligations 875 4,5 2,0 55 107 101 0,1 0,2 0,2
Prêteurs commerciaux 749 3,9 1,7 285 231 161 0,6 0,5 0,3
dont : Banque de Chine 177 0,9 0,4
dont : Intesa San Paolo SPA 101 0,5 0,2
Intérieure 6072 31,6 13,6 728 1206 791 1,6 2,5 1,6
Bons du Trésor (BTA) 373 1,9 0,8 11 385 0 0,0 0,8 0,0
Obligations 2133 11,1 4,8 348 310 329 0,8 0,6 0,7
Dette structurée 1259 6,5 2,8 359 468 419 0,8 1,0 0,8
Dette non structurée 90 0,5 0,2 11 24 24 0,0 0,1 0,0
Avances de la BEAC 1125 5,8 2,5 0 19 19 0,0 0,0 0,0
Instances de paiement et arriérés 1093 5,7 2,5
Postes pour mémoire : 0 0,0
Passifs conditionnels 1036 2,3
dont : Garanties publiques (extérieures) 21 0,0
dont : Autres passifs conditionnels 1015 2,3
dont : extérieurs 585 1,3
dont : intérieurs 430 1,0
PIB nominal (en milliards de FCFA) 27591,1 27591 29457 31521
Taux de change en fin de période (FCFA/dollar) 619 ... ...
Taux de change moyen pour la période (FCFA/dollar) 622 ... ...

Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.


1/ À l’exclusion des garanties publiques et des autres passifs conditionnels, qui sont enregistrés en postes pour mémoire.
29. Une opération de gestion de la dette visant à contracter des emprunts extérieurs à long
terme pour apurer les obligations impayées de l’État permettront d'améliorer le profil de la
dette. Afin de réduire la pression globale sur le service de la dette publique à court et moyen terme
et d’améliorer la capacité d’apurer les arriérés intérieurs en 2023 (RS1), les autorités ont l’intention
d’effectuer une opération d'un total de 200 milliards de francs CFA pour contribuer à réduire les
obligations intérieures impayées, grâce à un prêt libellé en euros accordé par un partenaire de
développement extérieur. Si les indicateurs de l’encours et du service de la dette extérieure se
dégradaient légèrement avec le nouvel emprunt, l’indicateur de l’encours de la dette publique
resterait inchangé, et les ratios du service de la dette s’amélioreraient (graphique 3). L’opération, qui

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 15


CAMEROUN

aboutirait à une amélioration du profil de la dette de l’État, s'inscrit dans la stratégie d’endettement
des autorités pour 2023-25 visant à allonger encore la durée moyenne de la dette publique 4.
30. Le programme fixe un plafond à la VA de la nouvelle dette extérieure contractée ou
garantie par l’État, avec application d’un ajusteur pour les projets de la Banque mondiale en
2023. Tout en respectant le plafond du programme pour fin décembre 2022, les autorités ont
optimisé leur plan d’emprunt en vue d’obtenir davantage de prêts concessionnels. Pour tenir compte
de l’infrastructure concessionnelle et des projets sociaux financés par la Banque mondiale, un
ajusteur est appliqué au plafond de 2023, qui est maintenu au niveau de 2022 (tableau 4 du texte).
Les autorités prévoient de remédier au problème posé par les hauts niveaux des prêts contractés
mais non décaissés (SEND) et les faibles taux de décaissement, notamment par le décret d’octobre
2021 portant établissement des procédures de suivi des résultats des unités de gestion des projets.

Tableau 4 du texte. Cameroun : tableau récapitulatif 2022 du programme d’emprunts


extérieurs
Volume des Volume des VA des nouveaux
nouveaux emprunts nouveaux emprunts emprunts
Dette extérieure contractée ou (en millions de (en milliards de (en milliards de
garantie par l’État1/ dollars) FCFA) 2/ FCFA) 2/ 3/

Sources de financement par


l’emprunt 1373,5 746 512,9
Dette concessionnelle, dont : 911,3 495 280,9
Dette multilatérale 911,3 495 280,9
Dette bilatérale 0,0 0 0,0
Dette non concessionnelle, dont : 462,3 251 232,0
Dette semi-concessionnelle 439,2 239 219,5
Conditions commerciales 23,0 13 12,5
Utilisation du financement par
l’emprunt 1373,5 746 512,9
Infrastructure 1196,8 650 416,9
Financement du budget 176,7 96 96,0
Autres 0,0 0 0,0
Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.
1/ Exclut les crédits ordinaires à l’importation, les allégements de dette obtenus sous forme de rééchelonnement ou de
refinancement et les prêts au titre de l’appui budgétaire de la Banque mondiale.
2/ Calculé au taux de change de 543,201 francs CFA pour 1 dollar EU.
3/ La VA est calculée sur la base des conditions de chaque prêt et par application du taux d’actualisation de 5 % du
programme. La VA des prêts ayant un élément don négatif est considérée comme étant égale à la valeur nominale du prêt.
Un ajusteur pour les projets de la Banque mondiale, qui est égal à la différence entre la VA totale des projets de la Banque
mondiale nouvellement signés identifiés en 2023 et la VA des projets de la Banque mondiale en 2022, sera appliqué au
plafond en VA de la nouvelle dette une fois que les nouveaux projets de la Banque mondiale auront atteint le niveau de la
VA de l’année précédente.

4
À compter de mars 2023, l’échéance moyenne de la dette publique est de 8,1 ans.

16 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

D. Renforcement de la bonne gouvernance, la transparence et la lutte


contre la corruption

31. Les autorités progressent dans le sens d'un renforcement de la transparence, de la


gouvernance et de la lutte contre la corruption. Le Cameroun continue d'honorer ses engagements
en matière de gouvernance au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR), notamment pour ce qui est de
la publication des rapports d’audit sur les dépenses liées à la COVID. Le rapport d’audit sur les
dépenses engagées en 2021 pour cause de COVID-19 a été publié le 30 mars 2023 (RS8). En outre, les
autorités ont élaboré et publié un plan d'action pour le renforcement des cadres de préparation, de
publication et de suivi des audits des dépenses publiques comprenant des recommandations visant à
renforcer les institutions compétentes, dont la Chambre des comptes de la Cour suprême (RS7). Elles
ont également lancé un diagnostic des vulnérabilités du pays en matière de gouvernance et de lutte
contre la corruption qui sera publié (RS6). Les services du FMI ont souligné l’importance de mettre en
œuvre les recommandations formulées dans le rapport diagnostique pour remédier aux principales
vulnérabilités en matière de gouvernance et appuyer la mise en œuvre du programme de réformes
tout entier. La résolution des vulnérabilités en matière de gouvernance et de corruption permettra en
outre de renforcer la capacité d'adaptation du Cameroun.

32. Le gouvernement s’engage à faciliter la réalisation des futurs audits et leur publication
dans les meilleurs délais. La publication d'audits liés à la COVID par la Chambre des comptes
marque une étape importante en matière de transparence au Cameroun. L’engagement du
gouvernement à faciliter la réalisation et la publication de futurs audits dans les meilleurs délais est
essentiel pour consolider les bases qui ont été posées. En l’occurrence, il est essentiel que le
gouvernement aille jusqu’au bout en aidant la Chambre des comptes et en la dotant de
suffisamment de ressources financières pour mettre en œuvre son plan d'action. En outre, pour
améliorer la gestion des dépenses publiques dans les situations d’urgence, le gouvernement devra
honorer son intention d’adopter la recommandation des audits sur les dépenses liées à la COVID-19,
notamment en introduisant un registre public de bénéficiaires ; en améliorant la réglementation et la
gestion des comptes d'affectation spéciale ainsi que le décaissement de fonds d’urgence ; et en
renforçant la réglementation relative à la passation des marchés publics.

33. Les autorités poursuivent les réformes visant à renforcer la gouvernance des entreprises
publiques (MPEF¶34). Il s'agit de renforcer les contrôles internes, de publier les états financiers annuels
vérifiés et de soumettre des plans d’entreprise conformément à la Loi n°2017/11 du 12 juillet 2017.

34. Les autorités continuent en outre à coopérer avec les organes internationaux chargés de
la transparence et de l'intégrité financière. À cet égard, elles ont publié le rapport 2020 de l’Initiative
pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et travaillent à la mise en œuvre de mesures
correctives en vue de la prochaine session de validation qui se tiendra en octobre 2023 (MPEF ¶45). Le
Cameroun a récemment fait l’objet d'une évaluation mutuelle de l’efficacité de son régime de lutte
contre le blanchiment de capitaux (LBC) et le financement du terrorisme (FT) par le Groupe d’action
contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), et il est actuellement en passe de mettre
en œuvre un plan d'action établi par le Groupe d’examen de la coopération internationale (GECI) du

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 17


CAMEROUN

Groupe d’action financière internationale (GAFI). À la fin de ce processus, le GAFI déterminera si le


Cameroun est une juridiction qui présente des déficiences dans sa stratégie de LBC/FT.

E. Libération du potentiel de croissance du Cameroun et renforcement


de sa résilience

Accélération de la croissance tirée par le secteur privé et de la diversification

35. La Stratégie nationale de développement du Cameroun (SND30) continuera à orienter


la programmation du développement. Elle prévoit une augmentation du taux de croissance
annuel, qui atteindrait en moyenne 8,1 % en 2030, ce qui exigera une accélération sensible des
réformes structurelles. La mission a donné suite aux efforts consentis pour accélérer la croissance
tirée par le secteur privé et la diversification, notamment en améliorant le dialogue entre les secteurs
public et privé et en évitant la présence de distorsions dans le système fiscal, juridique et judiciaire
qui nuisent à la compétitivité. Les entretiens avec le secteur privé, la société civile et le secteur
financier indiquent qu'il y a encore de nombreux obstacles à la croissance du secteur privé et que le
dialogue, bien qu’allant en s'améliorant, gagnerait à être approfondi 5.

Renforcement de la stabilité et de l’inclusion financières

36. Il ressort de la récente analyse de la Graphique 5 du texte. Cameroun : secteur


CEMAC que les fragilités du système bancaire bancaire
sont importantes. Les incertitudes se sont (Ratios, en pourcentage des actifs)
accrues quant à l'incidence des chocs récents sur
la qualité des actifs des banques, le ratio de prêts
improductifs restant à un niveau élevé (13 % des
prêts bruts) en 2022 (graphique 5 du texte). De
plus, les expositions des banques sur leur propre
État sont allées en augmentant pour atteindre
35,3 % du total des actifs en 2022, bien qu’étant
classées comme ayant une pondération des
risques égale à zéro lorsqu’elles sont adossées à
des comptes de séquestre. Cela présente des
risques importants pour la stabilité financière,
dont la possibilité d'une contagion entre pays
d'une même région, plus particulièrement dans
l’éventualité d’une montée d'incertitude sur les
marchés avancés. En outre, le transfert de certains
fonds des banques à la société de gestion d'actifs Source : Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).

publics récemment créée (Caisse des Dépôts et Consignations, CDEC), bien que graduel sur trois ans,

5
La stratégie d’engagement à venir examinera, entre autres points, les contraintes qui pèsent sur la mise en œuvre des réformes
FCS SGN. 2023. Section III, p.10

18 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

peut menacer la position de liquidité de certaines banques. De plus, le haut niveau moyen du ratio
d’adéquation des fonds propres qui s’élevait à 15 % en 2022 masque les difficultés des banques qui
dépassent le ratio de solvabilité de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Les
services du FMI encouragent donc vivement la mise en œuvre des recommandations de la
Commission sur le provisionnement et la capitalisation ainsi que la réglementation de la CDEC par la
COBAC. Les autorités ont convenu de coordonner avec la COBAC pour examiner un cadre de
réglementation mais elles ont jugé qu’il était inutile que la Commission réglemente la CDEC.
37. Les mesures visant à renforcer les cadres d'évaluation du risque de crédit devraient
permettre d’accroître le crédit au secteur privé. Dans le contexte des liens étroits entre l’État et les
banques dont l’exposition au risque souverain est proche de la saturation, il est possible d’accroître
le crédit au secteur privé (graphique 6 du texte). À cette fin, il faudra redoubler d’efforts pour
accroître la confiance des banques dans le secteur privé par un renforcement des cadres d’évaluation
du risque de crédit. La création d'un Répertoire national des sûretés mobilières (RNSM) et d'une
centrale des risques de crédit sont éminemment souhaitables. Dans le même temps, la transmission
systématique des données des banques et institutions de microfinance à la centrale des risques et des
bilans renforcerait les capacités d'évaluation du risque de crédit des bailleurs de fonds. D’autres
mesures essentielles sur lesquelles les autorités doivent continuer à travailler sont : la simplification
des procédures judiciaires et la formation des magistrats en matière de règlement des différends
bancaires ainsi que la transformation des chambres de commerce existantes en tribunaux
commerciaux spécialisés, dès que les contraintes budgétaires le permettront. Enfin, il est jugé
indispensable d’améliorer le fonctionnement de la Société de recouvrement des créances (SRC) en la
dotant d’un cadre de gouvernance solide, de l’indépendance opérationnelle et budgétaire et de
règles rigoureuses en matière de transparence et de responsabilité, avec une clause d’extinction pour
ses activités de recouvrement des actifs bancaires. La SRC devrait aussi se concentrer exclusivement
sur ses activités de recouvrement et éviter de gérer des actifs immobiliers recouvrés.

Graphique 6 du texte. Cameroun : écart de Graphique 7 du texte. Cameroun : inclusion


crédit financière
(En pourcentage) (Score, 2021)

Sources : autorités nationales ; Banque mondiale ; calculs des services du FMI.

38. Le gouvernement continue de restructurer les banques en difficulté. La signature de


l’accord d’autorisation avec la COBAC, en vue d'achever la mise en œuvre des plans de

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 19


CAMEROUN

restructuration de deux banques en difficulté a été reportée (de mars 2023) à juillet 2023 6. Le
transfert des prêts improductifs à la Société de recouvrement des créances (SRC) a toutefois eu lieu
en février 2022, et une première tranche de la recapitalisation a été versée en 2022. La
recapitalisation est conforme aux plans de restructuration approuvés dans lesquels les actionnaires
historiques n’ont pas bénéficié de mesures de renflouement. Cependant, pour l’une des banques, la
résorption du déficit d’actifs se fera au prix de dépenses budgétaires, et ses besoins de financement
doivent être examinés et évalués conformément aux exigences réglementaires. Un montant
significatif reste en outre à transférer par l'État en 2023 et 2024 pour compléter la recapitalisation,
mais les autorités ont confirmé que le paiement de 2023 fait partie du budget. Les autorités doivent
parachever la restructuration dans les délais pour redresser la situation prudentielle des deux
banques en difficulté. Cet objectif devrait être atteint d'ici la fin du programme FEC-MEDC. Le
gouvernement sera ensuite en mesure de sortir les fonds propres des deux banques dans les trois à
cinq ans conformément à son engagement. Il poursuivra en outre le processus de privatisation de la
CBC (Commercial Bank of Cameroon), qui devrait être achevé en un an.
39. Le Cameroun a parachevé sa stratégie d’inclusion financière pour 2023–27. Cette
stratégie, formulée avec le concours du PNUD et inscrite dans une initiative plus large de la CEMAC
pour promouvoir l’inclusion financière, devrait coûter 38 milliards de FCFA. Elle repose sur les six axes
stratégiques suivants : i) amélioration de la qualité, de la disponibilité et de l’accessibilité des
produits et services financiers ; ii) facilitation de l’accès au financement en faveur des chaînes de
valeurs et MPME agricoles et agroalimentaires ; iii) promotion de l’innovation et de la finance
numérique ; iv) promotion et développement de la finance islamique ; v) promotion de la protection
des consommateurs et de l’éducation financière ; et vi) amélioration du cadre réglementaire et
budgétaire. Dans l’ensemble, ces six axes aideront le Cameroun à avancer tant dans la dimension
traditionnelle que numérique de l'inclusion financière, le pays étant loin du niveau moyen d'inclusion
qu'on observe dans les pays voisins (graphique 7 du texte).

QUESTIONS RELATIVES AU PROGRAMME


40. Assurances régionales. La BEAC a atteint son objectif de fin décembre 2022 concernant les
AEN (actifs étrangers nets) et a fourni de nouvelles assurances de soutien aux programmes des pays
de la CEMAC appuyés par le FMI. Une revue des politiques régionales et des assurances de politique
régionale sera examinée par le Conseil d’administration en juin 2023. Des politiques et assurances
adéquates sont une condition de la conclusion de la revue. Les assurances régionales fournies sur les
avoirs extérieurs nets régionaux sont essentielles à la réussite du programme appuyé par le FMI en
faveur du Cameroun et au renforcement de la viabilité extérieure de la région.

41. Les résultats du programme continueront de faire l'objet d'une revue tous les six mois,
fondée sur six CRQ, mensuels et continus, des OI trimestriels et des RS. Les services du FMI
souscrivent à la demande des autorités de redéfinir les CRQ et OI de fin septembre et fin décembre
2023 pour tenir compte du cadre macroéconomique courant, des projections budgétaires et des
engagements au titre du programme.

6
Il y a eu des retards dans la nomination des administrateurs et du nouveau conseil des deux banques et dans la
signature d’un accord avec les actionnaires existants concernant les impôts payés à l’État.

20 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

42. Les autorités demandent une dérogation pour non-respect d'un critère de performance
sur la non-accumulation d’arriérés extérieurs au motif que le dépassement est mineur et
temporaire. Une dérogation a été accordée lors de la troisième revue pour la non-observation du
CRQ continu relatif à la non-accumulation d’arriérés extérieurs, qui était temporaire et mineure
(rapport-pays n° 23/114, mars 2023). Les autorités ont signalé d'autres retards temporaires sur les
paiements extérieurs dus début 2023 pour un montant de 0,2 % du PIB. Cela dit, tous les arriérés ont
été apurés et il n’y a pas de restes à recouvrer sur les paiements extérieurs. La mission a convenu
d’introduire un nouveau OI visant à limiter les avances de trésorerie et un RS sur la gestion des
obligations impayées (MPEF, tableaux 1 et 2). Ces mesures devraient permettre de prévenir les
arriérés tant intérieurs qu’extérieurs.

43. La capacité du Cameroun à rembourser le FMI est satisfaisante mais elle est exposée à
des risques élevés (graphique 5). À fin décembre 2022, l’encours total des crédits du FMI se monte
à 370 % de la quote-part. L’encours total des crédits du FMI (fondé sur les tirages actuels et futurs)
culmine à 3 % du PIB en 2023, tandis que les obligations annuelles envers le FMI atteignent leur
sommet (environ 3,2 % des recettes) en 2027. Le programme et la capacité de rembourser le FMI
sont exposés à des risques élevés qui sont atténués par les bons antécédents du Cameroun en
matière de remboursement au FMI et par la solidité de son programme.

44. Risques liés au programme et mesures d’atténuation. Les risques liés aux incertitudes
mondiales, dont les conditions financières et le prix des hydrocarbures, ont exacerbé les risques
relatifs à la guerre en Ukraine mais sont atténués par les bons antécédents du Cameroun en matière
de mise en œuvre de ses programmes macroéconomiques, son engagement étroit avec les bailleurs
de fonds, un vaste programme de développement des capacités et la mise au point de plans
d'urgence. À l’heure actuelle, les autorités prévoient d'utiliser un mécanisme existant qui leur permet
de bloquer jusqu’à 15 % des dépenses courantes budgétisées au titre des biens et services, pour
éviter les dépassements. En outre, les nouvelles mesures proposées pour limiter les dépenses sur
procédures exceptionnelles et améliorer le réalisme budgétaire (MPEF) devraient favoriser l’efficacité
d’exécution du budget et les résultats du programme.

45. Assurances de financement. Le programme reste intégralement financé, avec des


engagements fermes pour les 12 prochains mois et des perspectives favorables pour la durée
restante du programme.
46. Cohérence avec la stratégie régionale. L’évolution mondiale du secteur financier,
l’environnement économique mondial incertain, des prix des hydrocarbures inférieurs aux
projections et la dépréciation du franc CFA par rapport au dollar auront une incidence sur le solde
extérieur du Cameroun et dès lors sur le niveau projeté des AEN à fin 2023. Ce niveau devrait
cependant rester conforme dans son ensemble aux projections des services de la CEMAC.

Tableau 5 du texte. Cameroun : financement extérieur


(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 21


CAMEROUN

Total (Mrd Total (Mio % de % quote-


2022 2023 2024
FCFA) DTS) l’écart part1

Écart de financement 280 265 134 680 821 100 297

Financement du FMI 115 136 46 297 359 44 130


FEC 38 45 15 99 120 15 43
MEDC 77 91 31 198 239 29 87

Appui budgétaire d’autres bailleurs de


165 129 88 383 462 56 167
fonds
BAD 53 41 0 94 113 14 41
Banque mondiale 66 62 62 190 229 28 83
France 46 27 26 99 119 15 43
UE 0 0 0 0 0 0 0
Autres 0 0 0 0 0 0 0

Financement exceptionnel 0 0 0 0 0 0 0

Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0

Source : Calculs des services du FMI.


1/ La quote-part du Cameroun est actuellement de 276,0 millions de DTS.

ÉVALUATION PAR LES SERVICES DU FMI


47. Le Cameroun fait preuve de résilience dans un contexte d’incertitude intérieure
et mondiale. Après l’amorce de reprise qui a succédé au choc causé par la COVID-19, le Cameroun
est confronté à de nouveaux risques liés à l’environnement extérieur, tels que le resserrement des
conditions financières mondiales et la volatilité accrue des cours du pétrole. La reprise économique
s’est poursuivie, et la croissance est estimée à 3,8 % en 2022. Cela étant, l'inflation globale a atteint
7,3 % à fin 2022, en glissement annuel (contre 3,5 % à fin 2021), sous l’effet de la hausse des prix
alimentaires. Les prix des produits non alimentaires et non énergétiques ont augmenté eux aussi.
48. Les résultats du programme sont mitigés. Le critère de réalisation quantitatif (CRQ) sur
l’accumulation d’arriérés extérieurs a connu de nouveaux dépassements mineurs et temporaires
début 2023. Sur la base des données préliminaires pour mars 2023, quatre objectifs indicatifs (OI)
n’ont pas été atteints, à savoir les plafonds fixés sur l’accumulation nette d’arriérés de paiements
intérieurs, le plancher sur les dépenses sociales de réduction de la pauvreté, les interventions directes
de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et la part des dépenses sur procédures
exceptionnelles.
49. Les repères structurels continuent de progresser. Deux des quatre repères structurels (RS)
qui ont été évalués dans le cadre de la présente revue ont été respectés. La délivrance des textes
d'application du décret d’octobre 2021 qui régit la gestion des projets a été retardée et reportée. La

22 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

publication des textes d'application du Code minier a été retardée et reportée, elle aussi. Enfin, deux
RS fixés pour la cinquième revue ont été respectés : i) le RS sur les PPP, fixé pour fin juin 2023 a été
atteint et ii) le RS visant à accroitre le nombre de contribuables assujettis à la TVA a été achevé avant
la date prévue (octobre 2023).
50. Les perspectives de l’économie pour 2023 et le moyen terme restent positives à
condition que les réformes continuent et que l’environnement extérieur soit favorable. La
croissance économique devrait s'accroître légèrement pour atteindre 4 % tandis que l'inflation
devrait se modérer et revenir de 7,3 % en glissement annuel à fin 2022 à 5,9 % à fin 2023. Les
autorités ont soumis un budget révisé pour 2023 et ont exprimé leur engagement résolu à maintenir
la stabilité macroéconomique et à réduire encore le déficit budgétaire global pour le ramener à 0,8 %
du PIB et le déficit primaire hors pétrole à 2,5 % du PIB en 2023. Cependant, les projections
macroéconomiques sont exposées à des risques de révision à la baisse considérables, posés en
particulier par une intensification des pressions extérieures et un durcissement plus marqué que
prévu des conditions financières.
51. Les autorités s’engagent à maintenir la trajectoire de rééquilibrage budgétaire dans le
cadre du programme. Elles ont souligné la nécessité de créer un espace budgétaire pour les
investissements productifs et les dépenses sociales en mobilisant les recettes intérieures et en
améliorant l’efficience des dépenses tout en renforçant la discipline budgétaire. L’objectif en matière
de déficit primaire hors pétrole a été atteint, bien qu'une grande part des subventions aux produits
pétroliers pour 2022, qui n’a été validée qu’en 2023, ait été intégrée dans le budget révisé de 2023.
Le dépassement temporaire et mineur répété de l’objectif relatif à la non-accumulation d’arriérés de
paiement extérieurs souligne la nécessité d'améliorer la gestion de trésorerie et de limiter les
dépenses sur procédures exceptionnelles. Par ailleurs, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre
de politiques compatibles avec le maintien de la stabilité extérieure régionale ; il faudra pour cela
reconstituer les réserves de change auprès de la BEAC.
52. Pour atteindre les objectifs de développement national, il faut accroître
considérablement l’espace budgétaire pour les dépenses prioritaires, surtout en matière
d'infrastructure, tout en maintenant la viabilité de la dette. Les autorités reconnaissent qu'il est
nécessaire de mobiliser encore les recettes non pétrolières, de mieux cibler les dépenses prioritaires
et d'améliorer l’efficience des dépenses. Elles prennent des mesures qui permettront de mobiliser les
recettes non pétrolières intérieures et d’élargir l’assiette après la revue de la politique fiscale. La mise
en œuvre des recommandations de l’évaluation de la gestion des investissements publics du FMI de
2020 et du programme PEFA (programme d'examen des dépenses publiques et d'évaluation de la
responsabilité financière) en cours actuellement permettront d'améliorer l’efficience des dépenses
publiques.
53. Le Cameroun continue de présenter un risque élevé de surendettement, mais sa dette
est viable. La poursuite prévue du rééquilibrage budgétaire, les réformes structurelles et une
politique d’emprunt prudente limitant le recours aux emprunts non concessionnels permettraient de
réduire les vulnérabilités liées à la dette. Des progrès dans le processus de négociation de la
restructuration de la dette de la SONARA limiteraient les passifs conditionnels.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 23


CAMEROUN

54. Il est nécessaire d’accélérer les réformes structurelles pour libérer le potentiel de
croissance du Cameroun. Des mesures supplémentaires sont nécessaires pour accroître l’efficacité
des investissements, renforcer l’inclusion financière et améliorer le climat des affaires. Elles devraient
être assorties d’un cadre renforcé de transparence, de gouvernance et de lutte contre la corruption.
La poursuite des progrès dans le renforcement de la gestion des entreprises publiques et la
restructuration de la SONARA sera elle aussi d’une importance critique. Il faut également prendre
des mesures qui renforcent la gestion des finances publiques, particulièrement pour garantir un
budget crédible avec une exécution rigoureuse du budget qui permettra d’éviter l’accumulation
d'obligations intérieures impayées. Cela contribuera aussi à la réalisation dans les temps de grands
projets d'infrastructure, surtout dans les secteurs du transport et de l’énergie. Les services du FMI
apprécient les mesures visant à stimuler la croissance tirée par le secteur privé, notamment le
lancement de la stratégie d’inclusion financière. Il convient également de saluer les mesures prises
récemment pour renforcer la gouvernance, en particulier le lancement d’un vaste diagnostic de la
gouvernance économique et le projet de renforcement de la Chambre des comptes de la Cour
suprême.
55. Compte tenu des résultats du Cameroun dans le cadre du programme et de la mise en
œuvre des garanties en matière de politique régionale, établies dans le document de référence
de juin 2023 sur l’ensemble de l’Union, les services du FMI souscrivent à la demande
d’achèvement de la quatrième revue présentée par les autorités. Ils souscrivent également à leur
demande de i) modification des objectifs quantitatifs pour fin septembre et fin décembre 2023 ; et
ii) de dérogation pour non-respect de la non-accumulation d’arriérés extérieurs pour la raison que le
dépassement est temporaire est mineur. Les services du FMI proposent que l’achèvement de la
cinquième revue soit subordonné de la mise en œuvre des assurances critiques de politique au
niveau de l’Union établies dans le document de référence de juin 2023 à l’échelle de l’Union.

24 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Graphique 1. Cameroun : évolution du secteur réel, 2017–23


La croissance est restée forte, tirée par un secteur tertiaire ... et la consommation et les exportations continuent de se
dynamique... redresser.

L’inflation a rapidement augmenté dans le sillage de la … avec disparités régionales.


hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie,
mais semble avoir culminé...

Les exportations sont reparties à la hausse après avoir plongé ... et, dans le même temps, les importations devraient
pendant la pandémie, principalement grâce aux exportations décélérer.
de pétrole qui, selon les projections, devraient ralentir...

Sources : autorités nationales ; BEAC ; calculs des services du FMI.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 25


CAMEROUN

Graphique 2. Cameroun : évolution budgétaire, 2017–23


Le recouvrement des recettes en 2022 a été soutenu par de ... tandis que les dépenses publiques ont également
solides résultats en matière de mobilisation des recettes augmenté...
pétrolières et non pétrolières...

… sous l’effet de la hausse des subventions aux Si, selon les estimations, le solde global s’est amélioré en
combustibles, mesure visant à protéger la population d’une 2022, le solde primaire hors pétrole est resté au niveau de
flambée des prix internationaux du pétrole et à limiter les 2021 en raison du coût élevé des subventions aux
pressions inflationnistes… combustibles…

La faiblesse de la gestion de trésorerie et les fortes L’impact de la croissance du PIB et de la réduction du déficit
subventions aux combustibles ont en outre entraîné une sur la dynamique de la dette publique a été favorable bien
accumulation d’arriérés de paiement intérieurs à fin 2022. qu’atténué par la dépréciation du taux de change.

Sources : autorités nationales ; BEAC ; calculs des services du FMI.

26 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Graphique 3. Cameroun : indicateurs de viabilité de la dette


Le Cameroun présente toujours un risque de surendettement élevé. Tout comme dans la revue précédente, les
indicateurs de l’encours de la dette extérieure continuent de s’établir au-dessous du seuil, et ceux du service de sa dette
extérieure restent au-dessus, avec une tendance à la baisse.
Indicateurs de dette extérieure contractée ou garantie par le secteur public (en pourcentage)

Une opération de gestion de trésorerie menée en 2023 entraînera une légère détérioration des indicateurs de la dette
extérieure. Cela dit, elle améliorera la capacité du pays à assurer le service de sa dette et le profil des échéances sans
incidence sur le ratio dette publique/PIB.
Indicateurs de dette publique (en pourcentage)

Sources : autorités nationales ; BEAC ; calculs des services du FMI.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 27


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : principaux indicateurs économiques et financiers, 2021–28


(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)
2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Est. 3e rev. Est. 3e rev. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.
(variation annuelle en %, sauf indication contraire)
Comptes nationaux et prix
PIB à prix constants 3,6 3,4 3,8 4,3 4,0 4,2 4,4 4,5 4,5 4,6
PIB pétrolier à prix constants -3,2 -5,1 1,9 0,7 -1,8 -1,3 -1,4 -1,0 -0,6 -0,4
PIB non pétrolier à prix constants 3,8 3,6 3,8 4,4 4,1 4,3 4,6 4,6 4,6 4,7
Déflateur du PIB 3,3 4,6 5,7 4,8 2,7 2,7 2,3 1,3 1,3 1,4
PIB nominal (aux prix du marché, en milliards de FCFA) 25 158 27 210 27 591 29 749 29 457 31 521 33 691 35 661 37 760 40 066
Pétrolier 801 1 073 1 152 907 872 797 761 735 716 702
Non pétrolier 24 357 26 137 26 439 28 841 28 585 30 724 32 930 34 926 37 044 39 364
Prix à la consommation (moyenne) 2,3 5,3 6,3 5,9 6,2 4,8 3,0 2,3 2,0 2,0
Prix à la consommation (fin de période) 3,5 6,0 7,3 5,7 5,9 3,7 2,3 2,1 2,0 2,0
Monnaie et crédit
Monnaie au sens large (M2) 17,2 11,4 11,4 8,1 9,0 8,0 7,2 7,0 7,0 7,0
Avoirs extérieurs nets 1/ 4,3 7,7 7,7 1,0 2,9 0,7 1,7 2,0 1,4 1,9
Avoirs intérieurs nets 1/ 12,9 3,6 3,6 7,0 6,1 7,3 5,5 5,0 5,7 5,1
Crédit intérieur au secteur privé 9,7 13,6 13,6 8,8 10,4 9,2 7,6 7,0 7,0 7,0
(en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Épargne et investissement
Épargne nationale brute 14,0 15,9 16,3 15,9 15,6 16,1 17,1 17,5 18,4 19,2
Investissement intérieur brut 17,9 17,4 18,1 18,8 18,5 19,2 19,8 20,4 21,3 22,2
Investissement public 4,5 5,2 4,6 5,0 5,0 5,4 5,8 6,4 6,8 7,0
Investissement privé 13,4 12,2 13,5 13,8 13,5 13,7 14,0 14,1 14,5 15,2
Opérations de l’administration centrale
Total des recettes (dons compris) 14,0 16,1 16,0 15,5 15,9 15,5 15,3 15,3 15,3 15,4
Recettes pétrolières 1,9 3,6 3,5 2,8 2,9 2,1 1,8 1,7 1,6 1,5
Recettes non pétrolières 11,8 12,0 12,1 12,4 12,7 13,1 13,3 13,5 13,7 13,9
Recettes non pétrolières (en pourcentage du PIB non pétrolier) 12,2 12,5 12,6 12,8 13,1 13,4 13,6 13,8 13,9 14,1
Total des dépenses 16,9 18,0 17,1 16,2 16,7 16,1 15,7 16,0 16,3 16,4
Solde budgétaire global (base ordonnancements)
Dons non compris -3,2 -2,4 -1,5 -1,1 -1,1 -1,0 -0,6 -0,9 -1,1 -1,0
Dons compris -3,0 -1,8 -1,1 -0,8 -0,8 -0,6 -0,3 -0,7 -1,0 -1,0
Solde budgétaire global (base caisse)
Dons non compris -2,7 -2,8 -1,6 -1,6 -2,4 -1,8 -1,2 -1,3 -1,1 -1,0
Dons compris -2,4 -2,3 -1,2 -1,3 -2,0 -1,5 -0,9 -1,2 -1,0 -1,0
Solde primaire hors pétrole (base ordonnancements) -3,9 -4,5 -3,9 -2,4 -2,5 -1,7 -1,1 -1,4 -1,5 -1,5
Solde primaire non pétrolier (base ordonnancements, % du PIB non
pétrolier) -4,1 -4,6 -4,0 -2,5 -2,6 -1,7 -1,2 -1,5 -1,6 -1,5
Secteur extérieur
Balance commerciale -1,1 0,4 0,1 -1,3 -1,4 -1,6 -1,4 -1,6 -1,7 -1,8
Exportations de pétrole 4,9 7,1 7,8 5,4 5,2 4,5 4,2 3,7 3,3 2,9
Exportations hors pétrole 8,3 8,9 8,0 8,0 8,2 8,0 8,1 8,2 8,3 8,5
Importations 14,4 15,7 15,6 14,7 14,8 14,1 13,8 13,5 13,2 13,2
Solde des transactions courantes
Dons officiels non compris -4,2 -2,2 -2,2 -3,2 -3,3 -3,1 -2,9 -2,9 -3,0 -3,0
Dons officiels compris -4,0 -1,6 -1,8 -2,8 -2,9 -3,0 -2,7 -2,9 -2,9 -3,0
Termes de l’échange 9,4 3,6 -6,8 -8,4 -7,6 -1,6 0,2 -4,0 -4,1 -4,1
Dette publique
Encours de la dette publique 46,8 46,4 45,5 42,8 43,2 41,1 38,8 37,3 36,2 35,2
Dont : dette extérieure 31,7 32,7 30,9 30,5 30,7 29,7 28,7 28,2 27,8 27,8

Sources : autorités nationales ; estimations et projections des services du FMI.


1/ En pourcentage de la monnaie au sens large en début de période.

28 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 2a. Cameroun : opérations de l’administration centrale, 2021–28


(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)
2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Est. 3e rev. Est. 3e rev. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

Total des recettes et dons 3 511 4 386 4 417 4 602 4 696 4 878 5 165 5 459 5 791 6 170
Total des recettes 3 446 4 244 4 313 4 501 4 595 4 782 5 085 5 417 5 754 6 150
Recettes du secteur pétrolier 482 974 973,8 821 842 668 608 597 588 588
Recettes du secteur non pétrolier 2 964 3 270 3 339 3 681 3 754 4 114 4 477 4 820 5 166 5 562
Impôts directs 698 845 838 961 956 1 062 1 164 1 266 1 369 1 478
Taxe spéciale sur les produits pétroliers 147 155 150 164 170 178 186 194 203 213
Autres taxes sur les biens et services 1 542 1 663 1 699 1 852 1 905 2 094 2 310 2 494 2 677 2 857
Taxes sur le commerce international 405 401 420 437 453 487 507 533 566 645
Recettes non fiscales 172 206 232 266 269 294 311 332 350 369
Total des dons 65 142 104 101 101 96 80 43 38 20
Projets 41 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Autres 24 109 55 66 66 59 40 0 0 0
Dépenses totales 4 262 4 887 4 725 4 831 4 923 5 082 5 282 5 723 6 158 6 562
Dépenses courantes 2 992 3 300 3 448 3 285 3 400 3 289 3 259 3 458 3 582 3 760
Traitements et salaires 1 075 1 174 1 193 1 284 1 297 1 381 1 467 1 556 1 580 1 593
Biens et services 934 740 893 754 754 820 889 959 1 004 1 051
Subventions et transferts 742 1 123 1 151 924 1 026 752 557 590 625 724
Intérêts 242 263 211 323 323 335 346 353 374 392
Extérieurs 165 180 169 194 194 197 198 197 208 217
Intérieurs 77 83 42 129 129 138 147 156 165 175
Dépenses d’équipement 1 133 1 419 1 279 1 494 1 470 1 713 1 942 2 265 2 576 2 801
Investissement financé sur ressources intérieures 583 620 581 633 605 806 912 1 179 1 519 1 761
Investissement financé sur ressources extérieures 519 780 688 831 835 876 998 1 053 1 020 1 002
Réhabilitation et participation 20 19 10 30 30 30 32 32 38 38
Prêts nets 7 47 -2 0 0 0 0 0 0 0
Dépenses liées à la COVID-19 52 50 7 0 0 0 0 0 0 0
Achat et livraison de vaccins contre la COVID-19 20 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Fonds de promotion de la production locale 30 40 0 21 21 50 0 0 0 0
Compte spécial supplémentaire pour la décentralisation 28 31 0 31 31 31 0 0 0 0

Solde global (base ordonnancements)


Dons non compris -816 -643 -412 -330 -327 -301 -197 -306 -404 -412
Dons compris -751 -501 -308 -229 -226 -204 -117 -264 -367 -392
Solde budgétaire de référence de la CEMAC -791 -1 021 -821 -469 -497 -174 39 -216 -391 -442
Ajustement à la base caisse 142 -122 -25 -163 -374 -255 -195 -165 0 0
Ordonnancements non exécutés ( - = réduction) 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Instances de paiement et arriérés ( - = réduction) 142 -122 -25 -163 -374 -255 -195 -165 0 0
dont arriérés ( - = réduction) -60 -66 -43 -86 -200 -115 -90 -75 0 0
dont instances de paiement ( - = réduction) 202 -56 18 -62 -159 -125 -90 -90 0 0
dont autres arriérés 1/ 0 0 0 -15 -15 -15 -15 0 0 0
Solde global (base caisse)
Dons non compris -674 -765 -436 -492 -702 -556 -392 -471 -404 -412
Dons compris -609 -623 -332 -391 -601 -459 -312 -429 -367 -392
Financement 609 336 52 172 335 325 312 429 367 392
Financement extérieur net 419 227 145 91 296 184 300 393 365 505
Amortissement -677 -520 -589 -704 -704 -660 -657 -623 -655 -577
Tirages 1 096 747 733 795 1 000 843 958 1 016 1 020 1 082
Euro-obligation 450 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Financement intérieur net 190 109 -93 80 39 142 11 36 2 -114
Système bancaire (net) 425 506 -42 302 302 180 57 42 89 122
Banque centrale 217 170 -13 110 110 -81 -134 -159 -121 -99
Allocation de DTS 50 70 70 80 80 0 0 0 0 0
Banques commerciales 208 336 -28 192 192 261 192 201 210 221
Financement non bancaire (intérieur) -235 -397 -51 -221 -262 -38 -46 -6 -87 -236

Déficit de financement 0 287 280 220 265 134 0 0 0 0


Financement du FMI 115 115 91 136 46 0 0 0 0
FEC 38 38 30 45 15 0 0 0 0
MEDC 77 77 61 91 31 0 0 0 0
Aide budgétaire (hors FMI) 172 165 129 129 88 0 0 0 0
BAD 50 53 41 41 0 0 0 0 0
Banque mondiale 62 66 61 62 62 0 0 0 0
France 45 46 27 27 26 0 0 0 0
UE 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Autres 15 0 0 0 0 0 0 0 0
Financement exceptionnel 0 0 0 0 0 0 0 0 0

Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Pour mémoire :
Solde primaire (base ordonnancements, dons compris) -509 -239 -97 94 97 130 229 89 7 1
Solde primaire (base caisse, dons compris) -367 -360 -122 -53 -278 -125 34 -76 7 1
Solde primaire non pétrolier (base ordonnancements, dons
compris) -991 -1 213 -1 071 -727 -745 -537 -379 -508 -581 -587
Solde primaire non pétrolier (base caisse, dons compris) -849 -1 334 -1 095 -874 -1 119 -792 -574 -673 -581 -587

Sources : autorités nationales ; estimations et projections des services du FMI.


1/ Les autres arriérés comprennent l’encours de dette non structurée détenue par la CAA et la dette intérieure flottante au Trésor, telle que
définie dans le PAT.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 29


CAMEROUN

Tableau 2b. Cameroun : opérations de l’administration centrale, 2021–28


(En pourcentage du PIB)
2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Est. 3e rev. Est. 3e rev. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

Total des recettes et dons 14,0 16,1 16,0 15,5 15,9 15,5 15,3 15,3 15,3 15,4
Total des recettes 13,7 15,6 15,6 15,1 15,6 15,2 15,1 15,2 15,2 15,3
Recettes du secteur pétrolier 1,9 3,6 3,5 2,8 2,9 2,1 1,8 1,7 1,6 1,5
Recettes du secteur non pétrolier 11,8 12,0 12,1 12,4 12,7 13,1 13,3 13,5 13,7 13,9
Impôts directs 2,8 3,1 3,0 3,2 3,2 3,4 3,5 3,5 3,6 3,7
Taxe spéciale sur les produits pétroliers 0,6 0,6 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 0,5 0,5
Autres taxes sur les biens et services 6,1 6,1 6,2 6,2 6,5 6,6 6,9 7,0 7,1 7,1
Taxes sur le commerce international 1,6 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,6
Recettes non fiscales 0,7 0,8 0,8 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9
Total des dons 0,3 0,5 0,4 0,3 0,3 0,3 0,2 0,1 0,1 0,1
Projets 0,2 0,1 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Autres 0,1 0,4 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0
Dépenses totales 16,9 18,0 17,1 16,2 16,7 16,1 15,7 16,0 16,3 16,4
Dépenses courantes 11,9 12,1 12,5 11,0 11,5 10,4 9,7 9,7 9,5 9,4
Traitements et salaires 4,3 4,3 4,3 4,3 4,4 4,4 4,4 4,4 4,2 4,0
Biens et services 3,7 2,7 3,2 2,5 2,6 2,6 2,6 2,7 2,7 2,6
Subventions et transferts 2,9 4,1 4,2 3,1 3,5 2,4 1,7 1,7 1,7 1,8
Intérêts 1,0 1,0 0,8 1,1 1,1 1,1 1,0 1,0 1,0 1,0
Extérieurs 0,7 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5
Intérieurs 0,3 0,3 0,2 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
Dépenses d’équipement 4,5 5,2 4,6 5,0 5,0 5,4 5,8 6,4 6,8 7,0
Investissement financé sur ressources intérieures 2,3 2,3 2,1 2,1 2,1 2,6 2,7 3,3 4,0 4,4
Investissement financé sur ressources extérieures 2,1 2,9 2,5 2,8 2,8 2,8 3,0 3,0 2,7 2,5
Réhabilitation et participation 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Prêts nets 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Dépenses liées à la COVID-19 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Achat et livraison de vaccins contre la COVID-19 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Fonds de promotion de la production locale 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0
Compte spécial supplémentaire pour la décentralisation 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0

Solde global (base ordonnancements)


Dons non compris -3,2 -2,4 -1,5 -1,1 -1,1 -1,0 -0,6 -0,9 -1,1 -1,0
Dons compris -3,0 -1,8 -1,1 -0,8 -0,8 -0,6 -0,3 -0,7 -1,0 -1,0
Solde budgétaire de référence de la CEMAC -3,1 -3,8 -3,0 -1,6 -1,7 -0,6 0,1 -0,6 -1,0 -1,1

Ajustement à la base caisse 0,6 -0,4 -0,1 -0,5 -1,3 -0,8 -0,6 -0,5 0,0 0,0
Ordonnancements non exécutés ( - = réduction) 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Instances de paiement et arriérés ( - = réduction) 0,6 -0,4 -0,1 -0,5 -1,3 -0,8 -0,6 -0,5 0,0 0,0
dont arriérés ( - = réduction) -0,2 -0,2 -0,2 -0,3 -0,7 -0,4 -0,3 -0,2 0,0 0,0
dont instances de paiement ( - = réduction) 0,8 -0,2 0,1 -0,2 -0,5 -0,4 -0,3 -0,3 0,0 0,0
dont autres arriérés 1/ 0,0 0,0 0,0 -0,1 -0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Solde global (base caisse)
Dons non compris -2,7 -2,8 -1,6 -1,7 -2,4 -1,8 -1,2 -1,3 -1,1 -1,0
Dons compris -2,4 -2,3 -1,2 -1,3 -2,0 -1,5 -0,9 -1,2 -1,0 -1,0
Financement 2,4 1,2 0,2 0,6 1,1 1,0 0,9 1,2 1,0 1,0
Financement extérieur net 1,7 0,8 0,5 0,3 1,0 0,6 0,9 1,1 1,0 1,3
Amortissement -2,7 -1,9 -2,1 -2,4 -2,4 -2,1 -2,0 -1,7 -1,7 -1,4
Tirages 4,4 2,7 2,7 2,7 3,4 2,7 2,8 2,8 2,7 2,7
Euro-obligation 1,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Financement intérieur net 0,8 0,4 -0,3 0,3 0,1 0,4 0,0 0,1 0,0 -0,3
Système bancaire (net) 1,7 1,9 -0,2 1,0 1,0 0,6 0,2 0,1 0,2 0,3
Banque centrale 0,9 0,6 0,0 0,4 0,4 -0,3 -0,4 -0,4 -0,3 -0,2
Allocation de DTS 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Banques commerciales 0,8 1,2 -0,1 0,6 0,7 0,8 0,6 0,6 0,6 0,6
Financement non bancaire (intérieur) -0,9 -1,5 -0,2 -0,7 -0,9 -0,1 -0,1 0,0 -0,2 -0,6

Déficit de financement 0,0 1,1 1,0 0,7 0,9 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0
Financement du FMI 0,4 0,4 0,3 0,5 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0
Aide budgétaire (hors FMI) 0,6 0,6 0,4 0,4 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0
Financement exceptionnel 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Écart résiduel 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pour mémoire :
Solde primaire (base ordonnancements, dons compris) -2,0 -0,9 -0,4 0,3 0,3 0,4 0,7 0,3 0,0 0,0
Solde primaire (base caisse, dons compris) -1,5 -1,3 -0,4 -0,2 -0,9 -0,4 0,1 -0,2 0,0 0,0
Solde primaire non pétrolier (base ordonnancements, dons compris) -3,9 -4,5 -3,9 -2,4 -2,5 -1,7 -1,1 -1,4 -1,5 -1,5
Solde primaire non pétrolier (base caisse, dons compris) -3,4 -4,9 -4,0 -2,9 -3,8 -2,5 -1,7 -1,9 -1,5 -1,5

Sources : autorités nationales ; estimations et projections des services du FMI.


1/ Les autres arriérés comprennent l’encours de dette non structurée détenue par la CAA et la dette intérieure flottante au Trésor, telle que
définie dans le PAT.

30 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 3. Cameroun : balance des paiements, 2021–28


(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)
2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Est. 3rd Rev. Est. 3rd Rev. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.
(CFAF billion)

Current account balance -997 -429 -495 -846 -863 -958 -904 -1,030 -1,098 -1,200
Trade balance -288 99 31 -384 -424 -491 -485 -578 -645 -724
Exports, goods 3,336 4,366 4,347 3,998 3,944 3,940 4,148 4,228 4,354 4,550
Oil and oil products 1,238 1,934 2,151 1,613 1,536 1,415 1,422 1,318 1,231 1,145
Non-oil sector 2,098 2,432 2,196 2,385 2,408 2,525 2,726 2,910 3,123 3,405
Imports, goods -3,624 -4,266 -4,316 -4,382 -4,367 -4,431 -4,633 -4,806 -4,999 -5,274
Services (net) -588 -542 -517 -434 -391 -381 -377 -364 -362 -390
Exports, services 800 1,144 1,159 1,357 1,394 1,521 1,654 1,795 1,931 2,066
Imports, services -1,389 -1,686 -1,676 -1,791 -1,785 -1,902 -2,032 -2,158 -2,293 -2,456
Income (net) -405 -374 -403 -360 -439 -425 -441 -460 -486 -511
Of which: interest due on public debt -197 -180 -169 -194 -194 -197 -198 -197 -208 -217
Transfers (net) 285 389 394 333 390 339 400 372 395 425
Inflows 434 565 573 523 579 540 613 596 631 670
Outflows -149 -176 -179 -191 -189 -201 -213 -225 -236 -245
Capital and financial account balance 1,279 697 637 727 898 901 1,034 1,203 1,219 1,393
Capital account 67 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Capital transfers 41 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Financial account 1,212 663 588 692 863 864 994 1,161 1,182 1,373
Official capital 155 227 145 91 296 184 300 394 367 508
Borrowing 832 747 733 795 1,000 843 958 1,016 1,020 1,082
Of which: SDR Allocation -209 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Amortization -677 -520 -589 -704 -704 -660 -657 -623 -655 -577
Non-official capital (net) 968 499 506 620 587 655 738 812 860 895
of which: Foreign direct investment 504 480 485 599 565 631 713 786 833 867
Short-term private capital, net 89 -62 -62 -20 -20 25 -45 -45 -45 -30
Errors and omissions -7 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Overall balance 275 268 142 -119 35 -57 130 173 122 193
Financing -275 -268 -142 119 -35 57 -130 -173 -122 -193
Bank of Central African States -373 -555 -422 -77 -266 -25 -50 -39 37 -45
IMF Repayments 0 0 0 -24 -34 -53 -81 -134 -159 -147
SDR Allocation -209 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Financing gap 0 287 280 220 265 134 0 0 0 0
IMF Financing 0 115 115 91 136 46 0 0 0 0
Budget Support (excl. IMF) 0 172 165 129 129 88 0 0 0 0
Exceptional Financing 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Residual gap 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
(Percent of GDP)
Trade balance -1.1 0.4 0.1 -1.3 -1.4 -1.6 -1.4 -1.6 -1.7 -1.8
Oil exports 4.9 7.1 7.8 5.4 5.2 4.5 4.2 3.7 3.3 2.9
Non-oil exports 8.3 8.9 8.0 8.0 8.2 8.0 8.1 8.2 8.3 8.5
Imports 14.4 15.7 15.6 14.7 14.8 14.1 13.8 13.5 13.2 13.2
Current account balance
Including grants -4.0 -1.6 -1.8 -2.8 -2.9 -3.0 -2.7 -2.9 -2.9 -3.0
Excluding grants -4.2 -2.2 -2.2 -3.2 -3.3 -3.1 -2.9 -2.9 -3.0 -3.0
Overall balance 1.1 1.0 0.5 -0.4 0.1 -0.2 0.4 0.5 0.3 0.5
Foreign direct investment 2.0 1.8 1.8 2.0 1.9 2.0 2.1 2.2 2.2 2.2
(Percentage change, unless otherwise indicated)

Export volume 14.1 4.2 7.5 6.3 6.5 4.8 5.6 6.5 7.1 8.3
Crude oil -3.5 -11.1 -0.4 0.7 -6.4 -9.7 -19.3 -17.6 -16.3 -17.8
Nonoil 18.6 7.4 9.2 7.3 8.9 7.2 9.0 9.0 8.9 9.8
Import volume 15.6 -1.4 -7.8 7.2 9.7 4.8 5.0 4.0 3.7 4.8
Terms of trade 9.4 3.6 -6.8 -8.4 -7.6 -1.6 0.2 -4.0 -4.1 -4.1
Non-oil export price index 3.3 8.0 -4.2 -8.6 0.7 -2.2 -1.0 -2.1 -1.4 -0.7
Export price index 15.2 25.6 21.2 -13.9 -14.8 -4.7 -0.3 -4.3 -3.8 -3.5
Import price index 5.3 21.2 29.9 -5.9 -7.8 -3.2 -0.4 -0.3 0.3 0.7
Oil price ($US dollars per barrel) 69.2 96.4 96.4 81.9 75.3 69.8 67.6 66.0 64.7 63.7

Sources : autorités nationales ; estimations et projections des services du FMI.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 31


CAMEROUN

Tableau 4. Cameroun : situation monétaire, 2021–28


(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)
2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
e
Est. 3 rev. Est. 3e rev. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.
(en milliards de FCFA)
Solde des transactions courantes -997 -429 -495 -846 -863 -958 -904 -1 030 -1 098 -1 200
Balance commerciale -288 99 31 -384 -424 -491 -485 -578 -645 -724
Exportations de biens 3 336 4 366 4 347 3 998 3 944 3 940 4 148 4 228 4 354 4 550
Pétrole et produits pétroliers 1 238 1 934 2 151 1 613 1 536 1 415 1 422 1 318 1 231 1 145
Secteur non pétrolier 2 098 2 432 2 196 2 385 2 408 2 525 2 726 2 910 3 123 3 405
Importations de biens -3 624 -4 266 -4 316 -4 382 -4 367 -4 431 -4 633 -4 806 -4 999 -5 274
Services (net) -588 -542 -517 -434 -391 -381 -377 -364 -362 -390
Exportations de services 800 1 144 1 159 1 357 1 394 1 521 1 654 1 795 1 931 2 066
Importations de services -1 389 -1 686 -1 676 -1 791 -1 785 -1 902 -2 032 -2 158 -2 293 -2 456
Revenu (net) -405 -374 -403 -360 -439 -425 -441 -460 -486 -511
dont : intérêts exigibles sur la dette
publique -197 -180 -169 -194 -194 -197 -198 -197 -208 -217
Transferts (nets) 285 389 394 333 390 339 400 372 395 425
Entrées 434 565 573 523 579 540 613 596 631 670
Sorties -149 -176 -179 -191 -189 -201 -213 -225 -236 -245
Solde du compte de capital et d’opérations
financières 1 279 697 637 727 898 901 1 034 1 203 1 219 1 393
Compte de capital 67 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Transferts de capitaux 41 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Compte d’opérations financières 1 212 663 588 692 863 864 994 1 161 1 182 1 373
Capital officiel 155 227 145 91 296 184 300 394 367 508
Emprunts 832 747 733 795 1 000 843 958 1 016 1 020 1 082
Dont : Allocation de DTS -209 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Amortissement -677 -520 -589 -704 -704 -660 -657 -623 -655 -577
Capital non officiel (net) 968 499 506 620 587 655 738 812 860 895
dont : Investissement direct
étranger 504 480 485 599 565 631 713 786 833 867
Capital privé à court terme, net 89 -62 -62 -20 -20 25 -45 -45 -45 -30
Erreurs et omissions -7 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Solde global 275 268 142 -119 35 -57 130 173 122 193
Financement -275 -268 -142 119 -35 57 -130 -173 -122 -193
Banque des États d’Afrique centrale -373 -555 -422 -77 -266 -25 -50 -39 37 -45
Remboursements au FMI 0 0 0 -24 -34 -53 -81 -134 -159 -147
Allocation de DTS -209 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Écart de financement 0 287 280 220 265 134 0 0 0 0
Financement du FMI 0 115 115 91 136 46 0 0 0 0
Aide budgétaire (hors FMI) 0 172 165 129 129 88 0 0 0 0
Financement exceptionnel 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
(En pourcentage du PIB)
Balance commerciale -1,1 0,4 0,1 -1,3 -1,4 -1,6 -1,4 -1,6 -1,7 -1,8
Exportations de pétrole 4,9 7,1 7,8 5,4 5,2 4,5 4,2 3,7 3,3 2,9
Exportations hors pétrole 8,3 8,9 8,0 8,0 8,2 8,0 8,1 8,2 8,3 8,5
Importations 14,4 15,7 15,6 14,7 14,8 14,1 13,8 13,5 13,2 13,2
Solde des transactions courantes
Dons compris -4,0 -1,6 -1,8 -2,8 -2,9 -3,0 -2,7 -2,9 -2,9 -3,0
Dons non compris -4,2 -2,2 -2,2 -3,2 -3,3 -3,1 -2,9 -2,9 -3,0 -3,0
Solde global 1,1 1,0 0,5 -0,4 0,1 -0,2 0,4 0,5 0,3 0,5
Investissement direct étranger 2,0 1,8 1,8 2,0 1,9 2,0 2,1 2,2 2,2 2,2
(variation en pourcentage, sauf indication contraire)

Volume d’exportation 14,1 4,2 7,5 6,3 6,5 4,8 5,6 6,5 7,1 8,3
Pétrole brut -3,5 -11,1 -0,4 0,7 -6,4 -9,7 -19,3 -17,6 -16,3 -17,8
Hors pétrole 18,6 7,4 9,2 7,3 8,9 7,2 9,0 9,0 8,9 9,8
Volume des importations 15,6 -1,4 -7,8 7,2 9,7 4,8 5,0 4,0 3,7 4,8
Termes de l’échange 9,4 3,6 -6,8 -8,4 -7,6 -1,6 0,2 -4,0 -4,1 -4,1
Indice des prix à l’exportation hors pétrole 3,3 8,0 -4,2 -8,6 0,7 -2,2 -1,0 -2,1 -1,4 -0,7
Indice des prix à l’exportation 15,2 25,6 21,2 -13,9 -14,8 -4,7 -0,3 -4,3 -3,8 -3,5
Indice des prix à l’importation 5,3 21,2 29,9 -5,9 -7,8 -3,2 -0,4 -0,3 0,3 0,7
Prix du pétrole (en dollars/baril) 69,2 96,4 96,4 81,9 75,3 69,8 67,6 66,0 64,7 63,7

Sources : BEAC ; calculs des services du FMI.


1/ Le crédit à l’économie inclut le crédit aux entreprises publiques, aux établissements financiers et au secteur privé.

32 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 5. Cameroun : capacité à rembourser le FMI, 2023–40


2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040

Obligations envers le FMI sur la base des


crédits existants
Principal 41,4 63,5 96,6 159,2 184,0 154,0 133,7 100,6 56,4 27,0 4,9 - - - - - - -
Commissions et intérêts 15,2 25,0 25,0 24,6 23,4 21,8 20,1 18,4 16,7 15,4 14,9 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8

Obligations envers le FMI sur la base des


crédits existants ou prospectifs (en millions de
1
DTS)
Principal 41,4 63,5 96,6 159,2 187,1 171,1 161,3 130,0 85,9 56,4 29,4 4,9 - - - - - -
Commissions et intérêts 17,3 29,3 30,3 30,0 28,8 26,9 24,4 21,8 19,2 17,0 15,6 14,9 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8

Total des obligations sur base crédit


existant/prospectif
Millions de DTS 58,7 92,8 126,9 189,1 215,8 198,0 185,7 151,8 105,1 73,5 45,1 19,8 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8 14,8
Milliards de FCFA 48,3 76,9 106,0 159,3 183,4 170,7 160,1 130,9 90,6 63,3 38,8 17,1 12,8 12,8 12,8 12,8 12,8 12,8
Pourcentage des recettes publiques 1,0 1,6 2,1 2,9 3,2 2,8 2,4 1,8 1,2 0,8 0,4 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Pourcentage des exportations de biens et
services 0,9 1,4 1,8 2,6 2,9 2,6 2,3 1,7 1,1 0,7 0,4 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
2
Pourcentage du service de la dette 5,4 9,0 12,4 19,4 21,2 21,5 18,7 12,8 8,5 5,9 4,1 1,6 1,2 1,2 1,1 1,0 1,0 0,9
Pourcentage du PIB 0,2 0,2 0,3 0,4 0,5 0,4 0,4 0,3 0,2 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pourcentage de la quote-part 21,3 33,6 46,0 68,5 78,2 71,7 67,3 55,0 38,1 26,6 16,3 7,2 5,4 5,4 5,4 5,4 5,4 5,4
Pourcentage des réserves brutes 1,4 2,2 3,0 4,5 5,2 4,8 4,4 3,6 2,5 1,7 0,9 0,4 0,3 0,2 0,2 0,2 0,1 0,1

Encours des crédits du FMI sur la base des


tirages existants ou prospectifs
Millions de DTS 1 090,2 1 081,9 985,3 826,2 639,1 468,0 306,7 176,6 90,8 34,4 4,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Milliards de FCFA 897,3 897,1 823,1 695,7 542,9 403,4 264,3 152,3 78,2 29,6 4,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pourcentage des recettes publiques 19,1 18,4 15,9 12,7 9,4 6,5 4,0 2,1 1,0 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pourcentage des exportations de biens et
services 16,8 16,4 14,2 11,6 8,6 6,1 3,7 2,0 1,0 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
2
Pourcentage du service de la dette 99,9 104,8 96,2 84,8 62,9 50,8 30,8 14,9 7,3 2,8 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pourcentage du PIB 3,0 2,8 2,4 2,0 1,4 1,0 0,6 0,3 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pourcentage de la quote-part 395,0 392,0 357,0 299,3 231,6 169,6 111,1 64,0 32,9 12,4 1,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Utilisation nette du crédit du FMI (en millions


de DTS) 124,2 -8,3 -96,6 -159,2 -187,1 -171,1 -161,3 -130,0 -85,9 -56,4 -29,4 -4,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Décaissements 165,6 55,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Remboursements et rachats 41,4 63,5 96,6 159,2 187,1 171,1 161,3 130,0 85,9 56,4 29,4 4,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Pour mémoire : (en milliards de FCFA)


PIB nominal 29 457 31 521 33 691 35 661 37 760 40 066 42 751 45 683 48 768 52 082 55 629 59 425 63 488 67 849 72 520 77 525 82 889 88 639
Exportations de biens et services 5 338 5 461 5 802 6 023 6 285 6 616 7 064 7 546 8 036 8 565 9 135 9 748 10 408 11 120 11 888 12 715 13 607 14 570
Recettes publiques 4 696 4 878 5 165 5 459 5 791 6 170 6 596 7 097 7 617 8 201 8 888 9 631 10 386 11 221 12 143 13 166 14 307 15 564
Service de la dette2 898 856 856 820 863 794 858 1 021 1 066 1 074 955 1 059 1 088 1 100 1 176 1 247 1 343 1 443
FCFA par DTS (moyenne de la période) 823,1 829,2 835,4 842,1 849,5 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0 862,0

Sources : calcul des services du FMI.


1/ Le 14 juillet 2021, le conseil d’administration du FMI a approuvé une modification du mécanisme de fixation des taux d’intérêt de la FEC et de
la FCC qui fixe effectivement ces derniers à zéro jusqu’en juillet 2023, voire au-delà, tandis que le taux d’intérêt de la FCR reste à 0 %,
conformément à la décision prise par le conseil d’administration de 2015. Compte tenu de ces décisions, les taux ci-après sont pris comme
hypothèse au-delà de juillet 2023 : 0/0/0 % par an pour la FEC, la FCC et la FCR, respectivement. Le conseil d’administration révisera les taux
d’intérêt des prêts concessionnels d’ici fin juillet 2023 et tous les deux ans par la suite.
2/ Le total du service de la dette inclut les rachats et les remboursements au FMI.
Quote-part (en DTS) 276 000 000

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 33


CAMEROUN

Tableau 6. Cameroun : indicateurs de solidité financière, 2015–22


(En pourcentage)

2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022


T2 T4

Adéquation des fonds propres


Ratio fonds propres réglementaires totaux/actifs pondérés
10,2 9,1 9,7 10,8 10,7 13,8 14,2 16,2 15,0
en fonction des risques1
Ratio fonds propres totaux (valeur nette)/actifs 5,3 4,3 4,5 5,0 5,1 6,5 6,5 7,2 6,7
Total des actifs (croissance) 9,6 7,3 4,9 10,3 11,1 8,5 15,9 13,4 17,4

Qualité des actifs


Prêts improductifs (bruts)/total des prêts (bruts) 9,3 10,7 10,8 12,4 12,8 13,4 14,1 14,2 13,0
Prêts improductifs moins provisions/fonds propres
12,8 17,7 9,1 11,8 11,1 11,7 11,6 13,6 13,8
réglementaires

Résultats et rentabilité
Rendement des fonds propres2 11,8 1,3 17,0 14,2 16,0 6,4 28,8 16,7
Rendement des actifs 1,7 0,8 2,0 1,8 2,1 0,9 3,9 2,3
Ratio charges hors intérêts/revenu brut 91,5 92,9 89,2 87,7 96,6 89,3 84,3 65,0

Liquidités
Actifs liquides/total des actifs 23,1 23,2 24,2 26,4 25,9 30,1 30,3 29,0 31,4
Ratio actifs liquides/passifs à court terme 147,5 148,7 149,3 162,4 161,9 182,4 189,3 179,6 187,7

Crédit
Encours de prêts brut (comptabilité des banques) (en
3243 3437 3513 3741 3819 4119 4566 4721 4961
milliards de FCFA)
Encours de prêts bruts - taux de croissance annualisé 16,7 6,0 2,2 6,5 2,1 7,9 10,9 14,1 8,6

Autre
Prêts libellés en devises/total des prêts 0,5 0,7 2,8 1,0 0,8 0,5 0,1 0,1 0,1
Passifs libellés en devises/total des passifs 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 2,1 2,1 5,8
________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Source : Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).
1/ Calculé conformément aux orientations de Bâle I.
2/ Le rendement des fonds propres est calculé sur la base du bénéfice net annualisé avant impôt.

Tableau 7. Cameroun : calendrier pour les décaissements et les achats au titre de la FEC et du MEDC,
2021–24
Montant Montant
Date de 1
Conditions de décaissement (en % de la quote-part) (en millions de DTS)
disponibilité
Total FEC MEDC Total FEC MEDC

7/29/2021 Approbation des accords FEC/MEDC par le conseil d’administration. 45,0 15,0 30,0 124,2 41,4 82,8

Respect des critères de réalisation au 30 juillet 2021 et achèvement de la première revue au titre des
12/15/2021 30,0 10,0 20,0 82,8 27,6 55,2
accords
Respect des critères de réalisation au 31 décembre 2021 et achèvement de la deuxième revue au
6/15/2022 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
titre des accords
Respect des critères de réalisation au 30 juin 2022 et achèvement de la troisième revue au titre des
12/15/2022 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
accords
Respect des critères de réalisation au 31 décembre 2022 et achèvement de la quatrième revue au
6/15/2023 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
titre des accords
Respect des critères de réalisation au 30 juin 2023 et achèvement de la cinquième revue au titre des
12/15/2023 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
accords
Respect des critères de réalisation au 31 décembre 2023 et achèvement de la sixième revue au titre
6/3/2024 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
des accords
Total 175,0 58,3 116,7 483,0 161,0 322,0

Source : calculs des services du FMI.


1/ La quote-part du Cameroun est actuellement de 276,0 millions de DTS.

34 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 8. Cameroun : besoins et sources de financement extérieur


(En milliards de FCFA)
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028

Total des besoins de financement 1506 1868 1695 1691 1827 1874 1969
Déficit du compte courant 495 863 958 904 1030 1098 1200
Amortissement de la dette extérieure CGE 589 738 712 738 757 814 724

422 266 25 50 39 -37 45


Accumulation de réserves brutes (+ = augmentation)

Sources de financement 1226 1602 1561 1691 1827 1874 1969


Compte de capital 49 35 37 40 43 38 20
Compte d’opérations financières 1177 1567 1523 1651 1784 1836 1949

Écart de financement 280 265 134 0 0 0 0

Sources de financement
supplémentaire/exceptionnel 280 265 134 0 0 0 0
Financement du FMI 115 136 46 0 0 0 0
FEC 38 45 15 0 0 0 0
MEDC 77 91 31 0 0 0 0
Aide budgétaire (hors FMI) 165 129 88 0 0 0 0
BAD 53 41 0 0 0 0 0
Banque mondiale 66 62 62 0 0 0 0
France 46 27 26 0 0 0 0
UE 0 0 0 0 0 0 0
Autre 0 0 0 0 0 0 0
Financement exceptionnel 0 0 0 0 0 0 0

Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0

Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 35


CAMEROUN

Annexe I. Matrice mondiale d’évaluation des risques (13 février 2023) 1


Risques Probabilité Incidence en cas de réalisation Mesure recommandée
du risque
Risques conjoncturels
Intensification des conflits • L’augmentation de • Créer un espace budgétaire par la
régionaux. L’intensification de la l'inflation et de maîtrise de la masse salariale,
guerre menée par la Russie en l’insécurité alimentaire l’examen des dépenses et la
Ukraine ou d’autres conflits s’intensifiera. mobilisation des recettes pour que les
régionaux et les sanctions nouvelles politiques atténuent les
• Les perturbations des
économiques qui en ont résulté chocs de l’offre dans l’économie.
chaînes
perturbent le commerce (énergie,
d’approvisionnement • Classer les dépenses publiques par
produits alimentaires, tourisme
continueraient de peser ordre de priorité et les affecter aux
et/ou composantes essentielles
sur les entreprises. personnes les plus vulnérables.
des chaînes d’approvisionnement, Élevée
envois de fonds des travailleurs, • Les pressions en matière • Passer en revue les exonérations
flux de réfugiés, IDE et flux de dépenses (notamment fiscales et les appliquer en priorité aux
financiers et systèmes de sur les subventions aux programmes ayant l’impact
paiement. combustibles) économique et social le plus fort.
s'accroîtraient, avec une
prolongation des
exonérations fiscales, qui
mettent en péril la
stratégie budgétaire.

Mécontentement social. Les • Les troubles sociaux • Passer en revue et donner la priorité
chocs d’offre, la forte inflation, la pourraient retarder aux dépenses publiques en faveur des
chute des salaires réels et les l’ajustement budgétaire. programmes ayant l’impact
répercussions des crises dans économique et social le plus fort.
• Le mécontentement social
d’autres pays exacerbent les
et les répercussions des • Créer une espace budgétaire pour
inégalités, provoquent des troubles
crises régionales remédier aux vulnérabilités financières
sociaux et engendrent des
(déplacements de
pressions financières et des • Mobiliser des dons et prêts
populations, par exemple)
politiques populistes préjudiciables concessionnels supplémentaires
pourrait aviver les tensions
avec des répercussions possibles auprès de partenaires financiers et
internes existantes.
sur les autres PEPD. Cela exacerbe Élevée techniques pour couvrir les besoins
les déséquilibres, ralentit la • La montée des troubles prioritaires.
croissance et déclenche un sociaux perturberait
réajustement des prix. davantage la production
agricole et la croissance.

• Les retards accusés par


les projets
d'investissement
pourraient être
exacerbés.

1
La matrice d’évaluation des risques (MER) indique les événements qui pourraient modifier sensiblement la trajectoire de référence. La probabilité
relative des risques correspond à une évaluation subjective par les services du FMI des risques pesant sur le scénario de référence (« faible » indique
une probabilité inférieure à 10 %, « moyenne » une probabilité entre 10 et 30 %, et « élevée » une probabilité comprise entre 30 et 50 %). La matrice
d’évaluation des risques reflète le point de vue des services du FMI sur la source des risques et le niveau général de préoccupation au moment des
discussions avec les autorités. Les risques qui ne s’excluent pas mutuellement peuvent interagir et se réaliser simultanément. Les chocs et les
scénarios conjoncturels mettent en évidence les risques qui pourraient se réaliser à un horizon plus court (entre 12 et 18 mois) compte tenu du
scénario de référence actuel. Les risques structurels sont ceux qui resteront probablement importants à plus long terme.
Le lien vers le site du FMI ci-dessous renvoie à un instrument qui peut être utilisé pour calculer l’élément de don pour un large éventail
d’accords financiers : http://www.imf.org/external/np/pdr/conc/calculator.

36 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Ralentissement brutal ou • Ralentissement de la • Ajuster la politique budgétaire pour


récession au niveau mondial. Des croissance dû à une ancrer les anticipations des agents
facteurs de risque mondiaux se baisse de la demande économiques.
conjuguent à des facteurs plus des partenaires
• Classer les dépenses publiques par
spécifiques pour entraîner un commerciaux,
ordre de priorité et les affecter aux
ralentissement brutal et accompagné d’une
personnes les plus vulnérables.
synchronisé de la croissance (voire dégradation du compte
une récession dans certains pays), courant. Le recul de la • Surveiller les risques macrofinanciers.
des effets de contagion par Moyenne demande pourrait
l’intermédiaire des échanges modérer l’inflation.
commerciaux et des circuits
financiers et la fragmentation des
marchés.

• Aux États-Unis : Dans un


contexte de pénurie de main-
d'œuvre, de perturbations de
l’offre et/ou de chocs sur les prix
des produits de base, l'inflation
reste forte, ce qui a incité la Fed
à maintenir plus longtemps les Moyenne
taux à un niveau élevé, et il en
est résulté une appréciation du
dollar, une correction plus
abrupte du marché financier et
immobilier et un « coup dur »

• Europe : L’intensification des


répercussions de la guerre en
Ukraine, l’aggravation de la crise
de l’énergie et des ruptures
d’approvisionnement ainsi que Élevée
resserrement de la politique
monétaire exacerbent les replis
économiques et les corrections
du marché du logement.

• Chine : Les perturbations


économiques plus importantes
que prévu dues à la résurgence
de la COVID, la montée des Moyenne
tensions géopolitiques et/ou un
ralentissement plus brutal
qu’anticipé du secteur
immobilier déstabilisent l’activité
économique.

• PEPD : Conjugué à la volatilité


des prix des produits de base, un Moyenne
nouvel épisode de durcissement
des conditions financières
mondiales entraîne une envolée
des primes de risque, un
surendettement, une
accentuation des déséquilibres
extérieurs, des pressions
budgétaires et des arrêts brutaux
des entrées de capitaux.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 37


CAMEROUN

Volatilité des prix des produits • Détérioration des termes • Passer en revue les incitations à la
de base. Une série de de l’échange dans le cas promotion des exportations de sorte
perturbations de l’offre (dues d'une baisse des prix des qu’elles encouragent l’accélération de
notamment à des conflits et à des produits de base, la croissance et la diversification de
restrictions à l’exportation) et de amélioration en cas de l’économie.
fluctuations de la demande (sous hausse des prix des
l’effet de la réouverture de la Chine principales exportations • Donner la priorité aux dépenses
notamment) entraîne une volatilité du Cameroun (bois et publiques en faveur des personnes les
récurrente des prix des produits de Moyenne cacao, par exemple). plus vulnérables.
base, des pressions extérieures et
• Situation budgétaire
budgétaires ainsi qu’une instabilité
instable, avec des retards
sociale et économique.
dans l’ajustement
budgétaire et les efforts
de réformes.

• Poursuite des troubles


sociaux.
Mauvais calibrage de la politique • Hausse des primes de • À court terme, la banque centrale
monétaire. Dans un contexte de risque, risque régionale devra rester vigilante et
forte incertitude économique et de d'instabilité accru du ajuster au besoin l'orientation
volatilité, les principales banques secteur financier. monétaire. À moyen terme, le
centrales freinent le resserrement de Cameroun doit accélérer la mise en
la politique monétaire ou décident œuvre des réformes pour renforcer la
Moyenne
d’assouplir prématurément résilience du secteur financier.
l'orientation monétaire, ce qui
provoque le désancrage des
anticipations d'inflation et déclenche
une spirale prix-salaires sur un
marché du travail tendu.
Instabilité financière systémique. • Limiter les crédits • Améliorer la surveillance bancaire et
De fortes fluctuations des taux octroyés freinerait faire appliquer la réglementaire
d'intérêt réels, des primes de l’investissement et la prudentielle.
risques et des réévaluations des croissance.
• Améliorer les processus et procédures
actifs sur fond de ralentissement
• Les passifs conditionnels de recouvrement des dettes et des
économique et de réorientation de
potentiels accentuent les sûretés.
la politique économique Moyenne
pressions sur les finances
déclenchent des cas d'insolvabilité • Créer un espace budgétaire pour
publiques.
dans les pays où il y a des banques absorber les chocs financiers.
ou établissements financiers non
bancaires fragiles, entraînant la
dislocation des marchés et des
effets de contagion entre pays.
Risques structurels
Aggravation de la fragmentation • Risque de • Accélérer les réformes du marché du
géoéconomique. L’élargissement reconfiguration des travail et des produits en faveur de la
et l’aggravation des conflits et relations avec les diversification des exportations et
l’affaiblissement de la coopération partenaires traditionnels. élargir les relations commerciales.
internationale provoquent une
• Nouvelles perturbations
reconfiguration plus rapide des
de l'offre.
échanges et des investissements
directs étrangers, des • Coût élevé des intrants,
Élevée
perturbations de l’offre, une instabilité financière.
fragmentation des systèmes
technologiques et de paiement, • Baisse de la croissance
une hausse du coût des intrants, potentielle.
une instabilité financière, une
fracture des systèmes monétaires
et financiers internationaux et un
repli de la croissance potentielle.

38 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Cybermenaces. Les cyber- • Impact sur les services • Créer des plans d'urgence en cas de
attaques sur l’infrastructure publics qui reposent sur cyber-attaques.
critique physique ou numérique l’infrastructure
intérieure et/ou internationale numérique.
(notamment l’écosystème des Moyenne
monnaies numériques et
l’écosystème des crypto-monnaies)
engendrent de l’instabilité
financière et économique.
Phénomènes climatiques • Nuisent à la production • Améliorer les capacités de suivi et
extrêmes. Les phénomènes agricole et d'évaluation des politiques
climatiques extrêmes causent des compromettent ainsi le climatiques et de renforcement des
dommages plus graves que prévu moyen de subsistance systèmes d’alerte précoce.
aux infrastructures (surtout dans des populations rurales,
• Remédier aux carences des
les économies vulnérables de ce qui exacerbe la
infrastructures et aux disparités des
petite taille) et la perte de vies pauvreté extrême et les
revenus et du développement entre
humaines et de moyens de inégalités.
régions, tout en instaurant des filets
subsistance, ce qui accentue les Moyenne • Augmentation des de sécurité sociale appropriés.
perturbations des chaînes
dépenses consacrées à la
d’approvisionnement et les
relance, hausse des
tensions inflationnistes, entraîne
coûts de financement et
des pénuries d’eau et de nourriture
baisse des recettes.
et freine la croissance.
• Perturbations de l’offre
et détérioration de la
confiance.

Risques intérieurs, qui incluent la • Pressions exercées sur • Créer un espace budgétaire pour
détérioration de la situation les dépenses mettant en absorber les dépenses consacrées à la
sécuritaire, la lenteur des progrès péril les résultats sécurité
des réformes, les dérapages de la budgétaires
• Intégrer les dépenses de sécurité dans
politique budgétaire, etc.
Moyenne • Faibles résultats du le budget
programme
• Intégrer les réformes prioritaires dans
les domaines de la gestion des
finances publiques et de la
gouvernance

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 39


CAMEROUN

Annexe I. Lettre d’intention

Madame la Directrice générale


Kristalina Georgieva
Fonds monétaire international
Washington, D.C., États-Unis
Le 14 juin 2023

Objet : Lettre d’intention concernant la facilité élargie de crédit et le mécanisme élargi de crédit

Madame la Directrice générale,

1. Le gouvernement du Cameroun poursuit la mise en œuvre de son programme économique


et financier 2021-24 soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le Mécanisme élargi de crédit
(MEDC) du Fonds monétaire international dans un contexte économique et sécuritaire difficile,
encore exacerbé par le conflit russo-ukrainien. Pour soutenir les besoins de sa population, contribuer
à satisfaire les besoins de sa balance des paiements et à reconstituer ses réserves régionales de
change, le gouvernement a adopté un programme de relance économique conforme au programme
régional de réformes économiques et financières (PREF-CEMAC) et aux engagements pris lors des
sommets extraordinaires des chefs d’État de la CEMAC de novembre 2019 et d’août 2021, ainsi que
du sommet ordinaire de mars 2023.

2. Le Cameroun affronte de nouveaux risques liés à l’environnement extérieur, notamment le


resserrement des conditions financières mondiales et la volatilité accrue des prix du pétrole. Les
perspectives restent favorables, malgré les incertitudes liées à l’évolution de la situation mondiale.

3. Les résultats du programme à fin décembre sont mitigés. En ce qui concerne les objectifs
quantitatifs, les résultats sont globalement similaires à ceux de la troisième revue de l’accord FEC-
MEDC : Le critère de réalisation permanent de non-accumulation d’arriérés sur la dette extérieure a
été manqué au début de 2023, mais tous les autres critères de réalisation quantitatifs (CRQ) ont été
atteints, tandis que trois des cinq objectifs indicatifs (OI) ont été manqués. Ces objectifs indicatifs
manqués fin décembre concernaient les plafonds de l’accumulation nette d’arriérés de paiement
intérieurs, des interventions directes de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), et de la part
des dépenses exécutées dans le cadre de procédures exceptionnelles. Nous avons proposé des
mesures correctives pour remédier à cette situation. Quatre des neuf objectifs quantitatifs pour fin
mars 2023 n’ont pas été atteints. Deux des quatre repères structurels (RS) prévus pour la quatrième
revue ont été atteints. La publication des textes d’application du décret d’octobre 2021 régissant la
gestion des projets a été retardée (RS12, prévu pour avril 2023, reporté à août 2023). Les textes
d’application du code des Mines n’ont pas encore été publiés (RS4 reporté à septembre 2023). Ils ont
été retardés par la nécessité d’intégrer le rôle de la Société nationale des mines (SONAMINES)
officiellement créée fin 2020. Cependant les textes sont maintenant prêts à être soumis au Parlement.
Le RS2 sur les partenariats public-privé (PPP), prévu fin juin 2023, a été respecté, tandis que le RS9

40 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

sur le plan de restructuration de la SONARA a été reporté de juin 2023 à septembre 2023, compte
tenu des processus nécessaires à l’achèvement de ce plan.

4. Le gouvernement continuera à mettre en œuvre des politiques compatibles avec la stabilité


extérieure régionale, ce qui nécessite la reconstitution des réserves de change de la BEAC. Dans ce
contexte, le gouvernement soutient les efforts de la BEAC et de la COBAC pour appliquer strictement
la nouvelle réglementation des changes. Pour atteindre les objectifs de réserves de change, les
autorités continueront à soutenir la BEAC dans la mise en œuvre des réformes et veilleront au
respect des obligations de rapatriement des recettes d’exportation, en particulier des recettes
pétrolières.

5. Le gouvernement s’est félicité de l’allocation de DTS mise à la disposition du Cameroun par


le FMI en août 2021. Le gouvernement a utilisé 50 milliards de FCFA en 2021, 70 milliards de FCFA en
2022, 60 milliards de FCFA en janvier 2023 et prévoit d’utiliser 20 milliards de FCFA supplémentaires
d’ici la fin de l'année 2023, soit un total d’environ 96 pour cent de l’allocation pour atténuer l’impact
socio-économique de la crise.

6. Le Mémorandum de politiques économiques et financières (MPEF) ci-joint complète ceux de


juillet 2021, février 2022, juillet 2022 et mars 2023. Il décrit la situation économique et financière en
2022, expose les politiques économiques et financières du gouvernement pour 2023 et 2024, et
définit les critères quantitatifs, les objectifs indicatifs et les repères structurels jusqu’à mars 2024.

7. Le gouvernement sollicite du Conseil d’administration du FMI l’approbation des


changements apportés aux objectifs du programme pour fin septembre et fin décembre 2023, qui
ont été révisés conformément aux projections macroéconomiques actualisées et aux politiques
adoptées. Nous sollicitons une dérogation pour le non-respect du critère de réalisation permanent
concernant la non-accumulation d’arriérés de paiement extérieurs en 2023 au motif que ce
manquement est mineur et temporaire.

8. Compte tenu des résultats obtenus dans le cadre du programme et des engagements pris
dans le cadre du MPEF, le gouvernement sollicite la conclusion des quatrièmes revues des accords
soutenus par la FEC et le MEDC et le décaissement et l’achat de 18,4 millions de DTS et de 36,8
millions de DTS, respectivement.

9. Le gouvernement est convaincu que les politiques et les mesures présentées dans le MPEF
sont adéquates pour atteindre les objectifs du programme et s’engage à accélérer la mise en œuvre
des réformes et à prendre toutes les mesures supplémentaires nécessaires. Le gouvernement
consultera le FMI avant de prendre des mesures additionnelles ou de réviser les mesures du MPEF,
conformément à la politique du FMI en la matière. Pour faciliter le suivi du programme, le
gouvernement communiquera les informations requises aux services du FMI dans les délais prescrits,
conformément au protocole d’accord technique ci-joint.

10. Enfin, le gouvernement accepte la publication de cette lettre, du MPEF, du protocole d’accord
technique et du rapport des services du FMI sur ce programme.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 41


CAMEROUN

Je vous prie d’agréer, madame la Directrice générale, l’expression de mes sentiments distingués,

/s/
Le Premier ministre, chef du gouvernement,
Joseph Dion Ngute

Pièces jointes :
1. Mémorandum supplémentaire de politiques économique et financière
2. Protocole d’accord technique

42 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Pièce jointe I. Mémorandum supplémentaire de politiques


économique et financière en 2023, juin 2023

INTRODUCTION
1. La stratégie nationale de développement (SND-30) pour 2020-30 (qui est notre
stratégie de réduction de la pauvreté et de croissance) et le plan de soutien et de relance
économique post COVID-19 constituent ensemble le cadre de nos priorités stratégiques. Les
autorités s’emploient à restaurer une croissance économique forte, soutenue et inclusive afin
d’accélérer la progression du Cameroun vers le statut d’économie émergente. Il faut pour cela
consolider la reprise, renforcer la stabilité macroéconomique et entamer une transformation
structurelle profonde de l’économie en procédant à des investissements substantiels dans les
secteurs prioritaires identifiés dans la SND-30. Cela nécessite une expansion substantielle de l’espace
budgétaire, tout en préservant la viabilité des finances publiques, notamment celle de la dette.

ÉVOLUTIONS RÉCENTES DE L’ÉCONOMIE


2. Après un début de reprise à la suite du choc de la COVID-19 en 2021, le Cameroun
affronte de nouveaux risques liés à l’environnement extérieur, tels que le resserrement des
conditions financières mondiales et la volatilité accrue des prix du pétrole. La reprise économique
s’est poursuivie en 2022 malgré les chocs extérieurs. Les effets défavorables de la pandémie de COVID-
19 et du contexte sécuritaire difficile ont été exacerbés par la forte inflation et le resserrement des
conditions financières mondiales. Cependant, et malgré de grandes incertitudes, les perspectives à
court terme restent favorables. Après avoir atteint 3,6 % en 2021, la croissance devrait, selon les
dernières estimations, atteindre 3,8 % en 2022, contre 4,2 % initialement prévus dans la loi de finances
2022. Malgré les mesures prises par le gouvernement, l’inflation a atteint 6,3 % en moyenne en
décembre 2022, avec des hausses beaucoup plus fortes pour certains produits alimentaires.

3. En 2022 la situation budgétaire a été déterminée par les chocs extérieurs et la réaction
des pouvoirs publics. L’augmentation des recettes pétrolières et les robustes résultats des recettes
non pétrolières ont permis de ramener le déficit global à 1,1 % du PIB en 2022, au lieu de 3 % en
2021. La croissance des recettes budgétaires s’est accompagnée d’une hausse des dépenses
courantes, principalement des subventions aux combustibles, estimées à environ 900 milliards de
francs CFA (3,4 % du PIB). En conséquence, le solde primaire non pétrolier devrait se maintenir
autour de 3,9 % du PIB en 2022.

4. En pourcentage du PIB, la dette publique est restée stable en 2022. Une croissance plus
forte et une politique budgétaire plus stricte ont permis de réduire légèrement la dette publique, qui
est passée de 46,8 % du PIB fin 2021 à 45,5 % fin 2022. La dette publique extérieure est passée de
31,7 % à 30,9 % du PIB au cours de la même période.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 43


CAMEROUN

5. Le solde extérieur courant s’est amélioré en 2022, sous l’effet de la hausse des prix du
pétrole et de la dépréciation du taux de change effectif réel (TCER). Selon les estimations, le
déficit du compte extérieur courant (dons compris) s’est réduit, passant de 4 % du PIB en 2021 à 1,8
% en 2022, sous l’effet de la hausse des prix mondiaux des hydrocarbures et de la dépréciation du
TCER, malgré la hausse de l’inflation et des prix à l’importation. La réglementation des changes de la
CEMAC a également contribué à limiter les sorties de capitaux, mais au prix d’un ralentissement des
opérations de paiement des importations.

MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME ÉCONOMIQUE ET FINANCIER


6. L’environnement économique difficile a pesé sur les résultats du programme. Le critère
de réalisation permanent de non-accumulation d’arriérés de dette extérieure a été manqué en 2022
et début 2023, mais tous les autres critères de réalisation pour fin décembre 2022 ont été respectés
(tableau 1). Le manquement temporaire et mineur du critère de réalisation permanent de non-
accumulation d’arriérés de paiements extérieurs est dû à des dépenses effectuées dans le cadre de
procédures exceptionnelles, notamment des avances du Trésor, et à des problèmes de gestion de la
trésorerie. Le plancher du solde budgétaire primaire non pétrolier à fin décembre 2022 a été
respecté, mais une partie substantielle des subventions aux combustibles (estimées à 330 milliards
de FCFA) pour 2022 n’a été validée qu’en 2023 et intégrée dans la LFR2023.

7. Trois des cinq objectifs indicatifs (OI) pour fin décembre 2022 n’ont pas été atteints
(tableau 1). Les plafonds fixés à l’accumulation nette d’arriérés de paiement intérieurs, aux
interventions directes de la SNH et à la part des dépenses exécutées selon des procédures
exceptionnelles ont été dépassés. Les considérations sécuritaires ont conduit à un recours accru aux
interventions directes de la SNH et aux procédures budgétaires exceptionnelles. Les autorités se sont
engagées à améliorer le suivi des dépenses associées aux interventions directes de la SNH. Elles
s’engagent également à veiller à la pleine application des dispositions légales relatives aux finances
publiques de l’État qui interdisent d’utiliser les avances du Trésor pour réduire les dépenses, en
réduisant les procédures exceptionnelles au strict minimum.

8. Les résultats obtenus par rapport aux objectifs indicatifs fin mars 2023 sont restés
mitigés. Quatre des neuf objectifs quantitatifs n’ont pas été atteints. Les plafonds de l’accumulation
nette d’arriérés de paiement intérieurs, des interventions directes de la SNH et de la part des
dépenses exécutée au moyen de procédures exceptionnelles ainsi que le plancher des dépenses
sociales de réduction de la pauvreté n’ont pas été respectés.

9. Les progrès vers la réalisation des repères structurels (RS) se sont poursuivis (tableau
2). Deux des quatre objectifs structurels attendus pour la quatrième revue ont été atteints. i) La
Chambre des comptes a publié le rapport d’audit sur les dépenses relatives à la COVID en 2021
(RS8, mars 2023). ii) Les autorités ont publié le plan d’action destiné à renforcer les cadres d’audit
des dépenses publiques (RS7, avril 2023). La publication des textes d’application du décret
d’octobre 2021 régissant les unités de gestion de projets a été retardée (RS12, avril 2023, reporté à
août 2023). La publication des textes d’application du code des mines a également été retardée

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(RS4, mars 2023, reporté à septembre 2023). En outre, deux RS prévus pour la cinquième revue
ont été atteints : i) le RS2 sur les PPP, prévu pour fin juin 2023, a été respecté ; et ii) le RS10
concernant l’augmentation du nombre de contribuables assujettis à la TVA de 13 500 fin décembre
2022 à 14 850 fin octobre 2023 a été mis en œuvre avant la date prévue.

PROGRAMME ÉCONOMIQUE ET FINANCIER À MOYEN TERME


A. Cadre macroéconomique

10. Les perspectives économiques restent favorables, bien qu’enveloppées d’incertitudes.


La croissance réelle du PIB devrait atteindre 4,0 % en 2023, puis 4,4 % en moyenne à moyen terme,
grâce à un secteur primaire robuste (agro-industrie et sylviculture) et aux services. La production
d’hydrocarbures se redressera en 2023 et restera ensuite globalement inchangée, l’augmentation de
la production de gaz compensant l’épuisement des gisements de pétrole. Selon les projections,
l’inflation moyenne pourrait dépasser 6 % fin 2023 à la suite d’un ajustement des prix de détail des
carburants, avant de se stabiliser en dessous de 3 % à moyen terme.

11. La politique économique vise globalement à mettre en œuvre la SND-30 tout en


veillant à la viabilité des finances publiques. La politique budgétaire restera axée sur
l’assainissement budgétaire conformément aux objectifs du programme du FMI et au critère de
convergence de la CEMAC, tout en offrant un espace budgétaire adéquat pour mettre en œuvre les
dépenses prioritaires de la SND-30. Le gouvernement vise à ramener le déficit budgétaire global (sur
la base des ordonnancements, dons compris) et le déficit primaire non pétrolier à un niveau
soutenable à court et à moyen terme, afin de maintenir la dette publique sur un sentier viable. Pour y
parvenir, l’effort portera sur la mobilisation des recettes intérieures non pétrolières grâce à un
ensemble de mesures de politique fiscale et d’administration des recettes, afin de faire passer ces
recettes d’un niveau de 12,1 % du PIB en 2022 à environ 13,3 % en 2025. Une attention particulière
sera également accordée à la rationalisation des dépenses, notamment à la réduction des
subventions aux combustibles d’ici 2025, afin de ramener les dépenses primaires totales (hors
paiements d’intérêts) de 16,4 % du PIB en 2022 à 14,6 % en 2025.

12. Le déficit du compte extérieur courant devrait se maintenir autour de 3 % du PIB à


moyen terme. Les prix élevés des hydrocarbures ont temporairement stimulé les recettes
d’exportation en 2022. À moyen terme, les programmes de promotion des exportations non
pétrolières, de substitution des importations et d’intégration régionale devraient contribuer à
stabiliser le déficit du compte extérieur courant autour de 3 % du PIB. Le respect de la
réglementation des changes de la CEMAC devrait entraîner un rapatriement accru des recettes
d’exportation et limiter les sorties illicites, ce qui contribuera à porter les réserves de change
régionales à au moins cinq mois d’importations à moyen terme.

13. La politique monétaire restera axée sur la réalisation des objectifs d’inflation et de
réserves de change de la CEMAC. La poursuite de la reprise économique et la réduction
subséquente des déficits budgétaires permettront à la BEAC de réduire la croissance de la liquidité et
d’accroître la couverture des réserves de change sans déstabiliser le système financier.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 45


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B. Consolidation budgétaire avec croissance : Créer un espace budgétaire


pour l’investissement productif et la protection sociale

Poursuite de la consolidation budgétaire

14. Les autorités ont augmenté en février 2023 les prix au détail des carburants tout en
adoptant des mesures d’atténuation pour protéger les groupes les plus vulnérables. Les
subventions aux combustibles sont estimées à environ 900 milliards de francs CFA (environ 3,4 % du
PIB) en 2022. Pour limiter le coût de ces subventions, le gouvernement a augmenté de 21 % en
moyenne les prix au détail des carburants en février 2023, ce qui, selon les projections actuelles des
prix internationaux du pétrole, réduirait le coût des subventions aux combustibles à 145 milliards de
francs CFA (0,5 % du PIB) en 2023, compte non tenu du reliquat de 2022. Les autorités ont également
annoncé un ensemble de mesures d’atténuation d’un coût de 0,3 % du PIB, notamment une
augmentation de 15,5 % du salaire minimum (SMIG) et de 5,2 % des salaires de la fonction publique.
Les autorités se sont également engagées à multiplier par deux l’aide sociale au moyen de transferts
sociaux directs, en s’appuyant sur la Banque mondiale pour le ciblage, afin de fournir une protection
supplémentaire aux ménages défavorisés (filets sociaux).

15. Le budget supplémentaire pour 2023 (LFR23) est aligné sur les priorités telles que
définies dans la LF23 ainsi que dans le programme. Les perspectives et projections budgétaires
pour 2023 ont été révisées au cours des troisième et quatrième revues du programme pour tenir
compte des projections macroéconomiques révisées et pour incorporer le solde du coût des
subventions aux combustibles de 2022 (environ 330 milliards de FCFA). Les projections intègrent
également l’impact de l’augmentation des prix au détail des carburants à partir du 1er février 2023,
les mesures d’atténuation qui l’accompagnent et les mesures fiscales et de contrôle des dépenses.
Sur la base des projections macroéconomiques et budgétaires révisées, la LFR23 envisage de
ramener le déficit budgétaire global (base ordonnancements, dons compris) à 0,8 % du PIB en 2023
au lieu de 1,1 % en 2022. Le déficit primaire hors pétrole sera ramené à 2,5 % du PIB en 2023 au lieu
de 3,9 % en 2022. La LFR23, de même que le solde budgétaire primaire hors pétrole et d’autres
paramètres conformes au cadre macroéconomique du programme, sera soumise au Parlement
(mesure préalable).

16. La politique budgétaire en 2024 restera axée sur l’assainissement des finances
publiques, et l’efficacité de sa mise en œuvre dépendra de la formulation d’un budget réaliste.
Les recettes budgétaires devraient diminuer en proportion du PIB en raison de la baisse des recettes
budgétaires d’origine pétrolière, due à la baisse des prix internationaux du pétrole, tandis que les
efforts visant à mobiliser les recettes intérieures non pétrolières (0,3 % du PIB) aideront à compenser
cette baisse. Toutefois la baisse prévue des prix internationaux du pétrole réduira également les
dépenses liées aux subventions aux combustibles, ce qui libérera un espace budgétaire pour d’autres
dépenses, en particulier l’investissement public. Le déficit global devrait diminuer pour tomber à
environ 0,6 % du PIB, tandis que le déficit primaire hors pétrole diminuera plus substantiellement
pour tomber à 1,7 % du PIB, aligné sur la trajectoire de l’assainissement budgétaire.

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17. Les possibilités d’emprunt limitées aiguisent le besoin de créer un espace budgétaire
pour les dépenses publiques prioritaires, en particulier les dépenses d’investissement et les
dépenses sociales. Pour créer l’espace nécessaire, l’effort devra consister à mobiliser les recettes
intérieures non pétrolières, respecter strictement les dépenses prioritaires et améliorer l’efficacité de
la dépense.

Réforme des subventions aux combustibles

18. Le gouvernement reconnaît qu’il convient de réduire les subventions aux combustibles,
qui sont coûteuses et ne ciblent pas toujours les plus vulnérables. Afin de libérer de l’espace
pour d’autres dépenses prioritaires et de soutenir l’objectif de viabilité des finances publiques, le
gouvernement prévoit de réduire progressivement les subventions aux combustibles pour les rendre
viables. À cette fin les autorités vont réexaminer la structure actuelle de fixation des prix des
carburants et étudier comment mettre en place à moyen terme un mécanisme d’ajustement
automatique des prix intérieurs des carburants qui suive les mouvements des prix internationaux.
Cette mesure devra s’accompagner de mesures visant à atténuer l’impact social et économique,
notamment en renforçant les filets de protection sociale et en améliorant l’accès aux services publics
de base tels que l’éducation et la santé.

Ciblage des investissements et des autres dépenses prioritaires

19. L’espace budgétaire limité fait des investissements productifs une priorité. Ces
investissements stimuleront l’activité économique, les recettes budgétaires et les recettes
d’exportation, desserrant ainsi les contraintes sur la capacité d’emprunt. Cela créera en retour un
espace budgétaire qui permettra de financer d’autres dépenses prioritaires. À cette fin, le
gouvernement privilégiera la contribution budgétaire requise pour les projets à financement
conjoint. Ces ressources seront affectées avant tout à l’achèvement des projets d’investissement dans
les infrastructures essentielles, notamment celles associées à l’énergie et aux transports. Ces fonds
permettront de financer les projets annexes nécessaires à en transmettre les bénéfices au reste de
l’économie. Les priorités du gouvernement devront reposer sur une évaluation exhaustive de l’impact
macroéconomique et social des projets. Cette évaluation permettra de hiérarchiser les projets et
d’accroître l’impact des dépenses en capital sur la croissance, les recettes budgétaires et les recettes
d’exportation, ainsi que sur la viabilité budgétaire.

20. Il conviendra de mieux hiérarchiser les subventions de l’État aux entreprises publiques.
Dans le cadre des études diagnostiques de chaque entreprise publique, les autorités évalueront les
subventions dans le but de réduire celles allouées aux résultats les plus médiocres. Dans ce contexte
les autorités ont lancé une étude, qui sera finalisée en novembre 2023, de tous les produits des
entreprises publiques dont les prix sont approuvés ou administrés dans le but de réviser au besoin
leur formule de détermination des prix et/ou leur libéralisation éventuelle.

Mobiliser les recettes intérieures non pétrolières

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21. La création d’un espace budgétaire nécessitera une mobilisation importante des
recettes intérieures. La perception des recettes fiscales non pétrolières au Cameroun reste
inférieure à 13 % du PIB et en deçà de son potentiel réel. Une amélioration significative du niveau
des recettes fiscales nécessitera la mise en œuvre de réformes de la fiscalité et de l’administration
des recettes. L’élargissement de l’assiette fiscale demeure un défi compte tenu du poids considérable
des dépenses fiscales, de l’importance du secteur informel et du faible rendement de l’impôt sur le
revenu des personnes physiques.

22. La Direction générale des impôts (DGI) met en œuvre son plan triennal (2023-25) pour
moderniser et aligner la fiscalité sur les normes internationales. La DGI poursuit ses efforts pour
améliorer la collecte des recettes, lutter contre l’évasion et la fraude fiscales et garantir l’intégrité des
dossiers des contribuables. Les autorités prévoient de réduire progressivement les exonérations et de
procéder à un audit de l’application de la loi de 2013 (2013/004) sur les incitations à l’investissement.
Les autorités suivent également les recommandations d’une étude diagnostique de la fiscalité
entreprise en 2022 avec le soutien du FMI. Certaines de ces recommandations sont déjà incluses
dans la LF2023. Sur la base de ces recommandations, la DGI envisage d’autres mesures pour 2024 : i)
une réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ; ii) la transformation du régime
simplifié d’imposition en un impôt synthétique basé sur le chiffre d’affaires des entreprises ; et iii) la
rationalisation des exonérations fiscales.

23. La Direction générale des douanes (DGD) poursuit également un programme de


réforme visant à mobiliser les recettes. Ce programme de réforme vise à optimiser les recettes au
moyen de contrôles plus stricts grâce à la numérisation des dossiers. La DGD poursuivra également
la mise en œuvre des nouvelles mesures à fort impact fiscal contenues dans la LF23, ainsi que
l’élargissement de l’assiette fiscale et la réduction de l’exploitation de certaines niches fiscales. En
2024, le gouvernement prévoit de mettre en œuvre une stratégie de mobilisation des recettes
douanières à moyen terme axée sur quatre piliers, à savoir
i) l’amélioration des recettes spontanées au moyen notamment d’une meilleure maîtrise des assiettes
et une meilleure comptabilisation et valorisation des exportations, ii) le renforcement et la
numérisation des contrôles ; iii) la consolidation du recouvrement par le renforcement du suivi de la
dette de l’État, de la SONARA, des distributeurs et des entreprises publiques ; la finalisation de
l’extension de la plateforme de paiements électronique à toutes les unités douanières, et la poursuite
de l’automatisation des adjudications ; iv) l’amélioration de l’administration des taxes douanières en
privilégiant la numérisation et la facilitation des échanges, ainsi que la centralisation du paiement des
taxes et redevances portuaires dans les déclarations en douane.

24. Le renforcement de la collaboration entre la DGI et la DGD au moyen de la plate-forme


FUSION reste une priorité importante et sera mis en œuvre comme suit : i) renforcement de
l’interconnexion entre CAMCIS et FISCALIS ; ii) transfert de la perception de certains impôts et taxes de
la DGI via le système d’information CAMCIS de la DGD ; iii) mise en place d’une base de données unique
pour le dédouanement et l’ANR de la DGI ; iv) automatisation du timbrage par la mise en réseau de
CAMCIS et du système d’information Delarue (mettre fin au timbrage manuel, réaliser l’audit préalable
du dispositif de timbrage actuel, réaliser le profilage des personnes qui commandent les vignettes) ; v)

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automatisation de la transmission du NIU ; vi) création d’un guichet unique pour le dédouanement des
véhicules afin de mettre fin à la fraude à l’immatriculation et interfaçage des systèmes d’information de
toutes les administrations impliquées dans ce processus (DGD, DGI, MINTRANSPORTS, etc.).). Une
coordination plus étroite permettra d’accroître le nombre de contribuables enregistrés. En effet, le
nombre d’assujettis à la TVA est déjà passé de 13 500 à 14 850 entre fin décembre 2022 et avril 2023
(RS10, octobre 2023). Les autorités prévoient de porter ce nombre à 16 000 d’ici fin 2023. Afin
d’améliorer le suivi des performances de la DGI et de la DGD, elles fourniront au FMI des tableaux
d’indicateurs de résultats (conformément au protocole d’accord technique).

25. Les secteurs extractif et forestier du pays ont une capacité potentiellement significative
de stimuler la croissance économique et de générer des recettes publiques plus importantes.
Les autorités considèrent le secteur minier comme un pilier important de l’économie et une priorité
nationale. Le code des mines a été adopté en 2016 et le cadre législatif pour la mise en œuvre de la
loi a été finalisé. En 2020, une société minière d’État, la SONAMINES, a été créée pour promouvoir le
développement du secteur minier. Pour tenir compte de la création de cette société, le code des
mines de 2016 doit être révisé, ce qui a entraîné des retards dans la publication de ses textes
d’application (RS4, mars 2023, reporté à septembre 2023). En outre les autorités ont publié un
décret d’application du code du secteur pétrolier nécessaire à la promotion des opérations
pétrolières. Elles s’engagent à poursuivre le suivi de la production aurifère et forestière afin
d’optimiser la contribution de ces secteurs aux recettes budgétaires et d’exportation.

C. Réforme structurelle de la gestion du secteur public

Gestion des finances publiques

26. Le gouvernement a lancé le troisième examen des dépenses publiques et de la


responsabilité financière (PEFA) avec le soutien de l’Union européenne. Cet examen fait suite
aux examens précédents de 2007 et 2017. Le PEFA, qui fournit un examen approfondi de la gestion
des finances publiques, devrait être achevé en août 2023 et ouvrir la voie à un nouveau plan de
réforme des finances publiques pour 2024-27.

27. Le gouvernement poursuit des réformes visant à améliorer le réalisme du budget. Il


s’agit d’améliorer les projections trimestrielles des dépenses publiques, de limiter la pratique des
avances du Trésor, des déblocages de fonds et des régies d'avance. Le gouvernement prévoit de
réduire le volume des crédits budgétaires inscrits aux rubriques communes du budget, conformément
à la réforme visant à réduire la concentration des ordonnancements. En outre, il entend soumettre les
correspondants du Trésor à un plan de décaissements annuel cohérent avec la politique budgétaire
sous-jacente à la loi de finances. Pour mieux gérer les obligations impayées, le gouvernement prévoit
d’inclure dans la loi de finances de l’année N+1 une allocation budgétaire pour l’apurement du stock
des restes à payer (« Restes à Payer », RAP) de plus de 90 jours à la fin de l’année N (nouveau RS13,
décembre 2023). Ces mesures seront soutenues par un système d’information intégré déployé avec
l’appui des partenaires techniques et financiers. Ces réformes nécessitent l’instauration d'un dialogue
permanent entre les acteurs de la chaîne budgétaire, ainsi que la sensibilisation de toutes les parties
aux enjeux de la discipline budgétaire. En outre, pour améliorer la gestion de la trésorerie, les

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autorités limiteront les avances du Trésor sans dotation budgétaire. Ces avances sont interdites par la
loi et les autorités n’y auront recours qu’en cas d’extrême urgence en limitant leur montant à 15
milliards de FCFA par trimestre (nouvel OI, tableau 1).

28. Afin d'éviter l’accumulation de restes à payer (RAP), le gouvernement veillera à la


préparation de plans d’engagement cohérents avec les plans mensuels du Trésor. Pour ce faire,
le Gouvernement, par l’intermédiaire de la Direction générale du Budget (DGB) et la Direction
générale du Trésor, de la Coopération financière et monétaire (DGTCFM) doit assurer, en
permanence, une parfaite coordination entre le plan d’engagement des dépenses et le plan du
Trésor : l’objectif étant de contenir le délai d’attente des fournisseurs à moins de 90 jours à compter
de la date de liquidation de la dépense. Pour ce faire, des ajustements devront être apportés au
système informatique du ministère des Finances afin que les plans d’engagement des dépenses et de
trésorerie soient mis en œuvre.

29. En outre, un calendrier d’émission bien planifié des titres d’État permettra d’améliorer
la gestion du Trésor et de contenir les RAP dans un délai de 90 jours. La DGTCFM renforcera la
planification des émissions et améliorera leur exécution, notamment en procédant à des émissions
mensuelles pour mieux prendre en compte les besoins de financement. Des prévisions du Trésor
d’une fiabilité suffisante permettront d’étayer un calendrier d’émissions stable pour aider les
investisseurs à prendre des décisions, et des avis d’appel d’offres publiés en temps opportun leur
permettront d’obtenir les autorisations nécessaires pour participer à ces émissions. En outre, le
décret d’habilitation qui autorise le ministre des Finances à émettre des titres publics pour répondre
aux besoins de financement doit être disponible en temps opportun afin de ne pas limiter l’exécution
des émissions à un petit nombre de mois (généralement à partir du mois de mars).

30. Les comptes du secteur public sont en cours d’inventaire avant leur transfert vers le
compte unique du Trésor (CUT), ce qui permettra d’améliorer la gestion du Trésor. Néanmoins,
il importe que les autorités se concertent avec les différentes banques et institutions concernées afin
de ne pas compromettre leur situation financière. Dans cette perspective, le rapatriement de fonds
d’un montant de 165 milliards de FCFA est envisagé selon un échéancier triennal à raison de 50
milliards de FCFA en 2023, 50 milliards de FCFA en 2024 et 65 milliards de FCFA en 2025. Ces
transferts progressifs débuteront dès que la plateforme informatique de la BEAC sera opérationnelle
et après signature d’un protocole d’accord entre les autorités et la BEAC.

31. Le gouvernement s’efforce également de mieux gérer les dépenses courantes. Pour
mieux gérer les interventions directes de la SNH et assurer la transparence, les autorités ont mis en
place un comité (comprenant la SNH et le ministère des Finances) chargé de rapprocher et d’évaluer
les dépenses courantes de la SNH et de fournir aux services du FMI des rapports sur les interventions
de la SNH par type de dépenses, sur une base trimestrielle, à partir du premier trimestre 2023
(protocole d’accord technique, Tableau 1). S’appuyant sur un diagnostic récent du système de
retraite de la fonction publique, les autorités se sont engagées à mener une étude actuarielle de la
viabilité du système pour fin décembre 2023, en vue de réduire les risques quasi-budgétaires. Les
autorités s’inspireront des recommandations de cette étude pour renforcer le système de retraite.

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32. Pour améliorer l’efficacité des dépenses d’investissement, le gouvernement poursuivra


les réformes conformément aux recommandations de l’EGIP sur la sélection, la planification et
l’exécution des projets d’investissement. En particulier, les autorités visent à améliorer la sélection et
la budgétisation des projets d’investissement. À cet égard, elles travaillent à élaborer un manuel
identifiant les critères de sélection des projets afin d’améliorer la transparence de leurs procédures. Les
autorités mettront en place un système intégré de gestion des projets. Pour améliorer la transparence,
les autorités ont également mis en place un site web qui offre des informations sur l’exécution des
projets d’investissement par secteur et par région. La publication des textes associés à la mise en
œuvre du décret d’octobre 2021 qui fixe les procédures de suivi des performances des unités de
gestion des projets a été retardée (RS12, avril 2023, reporté à août 2023). En outre, le gouvernement
vise à : i) créer un fonds de maturation et de paiement pour les projets d’investissement public afin de
veiller à ce que les projets soient achevés dans les délais prévus ; ii) mettre en place un mécanisme
d’évaluation et d’incorporation des coûts récurrents d’entretien des actifs de l’État ; iii) mettre en œuvre
la réglementation des marchés publics, notamment celle associée à la mise en place de structures
internes de gestion administrative des marchés ; et iv) rendre opérationnel le système COLEPS
(Cameroon Online E-Procurement System) pour assurer le suivi du processus de passation de tous les
marchés publics tout au long du processus (nouveau RS14, mai 2024). Ces mesures structurelles
contribueront à améliorer la gestion des projets et de la dette.

Gestion des entreprises publiques

33. Le gouvernement s’est engagé à renforcer la gestion des entreprises publiques afin
d’améliorer la prestation des services et de limiter les risques budgétaires. La première étape
consiste à évaluer et à améliorer leur situation financière, à contenir les dettes croisées et à évaluer
les risques. Pour ce faire, il est nécessaire de i) valider et mettre en œuvre les recommandations des
études diagnostiques de quatre entreprises publiques (PAD, CAMTEL, CAMAIR-Co et CAMWATER)
puis d’évaluer les autres entreprises publiques (SEMRY, SIC, CDC, et PAMOL) ; ii) évaluer et, si
nécessaire, réviser au plus tard en novembre 2023 les prix administrés des biens de consommation et
des services fournis par les entreprises publiques; iii) exiger des entreprises de services publics
qu’elles facturent leurs prestations aux administrations publiques en temps opportun ; iv) exiger des
administrations publiques qu’elles paient leurs factures de services publics sur une base trimestrielle,
et obliger les entreprises de services publics à s’acquitter de leurs obligations fiscales et douanières,
ainsi que de leurs obligations au titre des prêts garantis ou des fonds empruntés à leur intention et
rétrocédés par l’État ; et v) mettre régulièrement à jour le tableau de bord des risques des entreprises
publiques tenu par la CTR afin de cartographier les risques du portefeuille de l’État et de mettre en
œuvre l’outil de l’AFRITAC pour l’évaluation des risques financiers.

34. Les autorités poursuivent leurs efforts pour renforcer la gouvernance des entreprises
et établissements publics. Il s’agit notamment : i) de s'assurer que leurs conseils d’administration
comprennent des administrateurs qualifiés ; ii) de renforcer les contrôles internes et, dans le cadre
des contrats d’objectifs notés au ¶35, d’imposer la publication pour septembre 2023 des états
financiers annuels audités, et la soumission de leurs plans d’affaires conformément à la loi n°2017/11
du 12 juillet 2017 (à ce jour, quinze (15) entreprises publiques ont publié leurs états financiers pour

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 51


CAMEROUN

2021 en 2022) ; iii) mettre en place une structure transversale chargée du pilotage des questions de
gouvernance et de la politique actionnariale de l’État, suite à la révision de la politique actionnariale
de l’État ; iv) réviser les critères de classification des entreprises et établissements publics, qui servent
de base à la rémunération des dirigeants, avant la fin du cycle d’évaluation triennal en cours. Le
gouvernement a également soumis au Parlement le cadre légal et réglementaire régissant les PPP
(RS2, juin 2023, respecté).

35. Le gouvernement met également en œuvre des mesures visant à améliorer les
performances des entreprises publiques. Il s'agit notamment : i) de mettre en œuvre l’obligation,
instituée en juillet 2022, de contrats d’objectifs spécifiant l’obligation de remplir la mission de service
public, l’évaluation des coûts unitaires (comme base de paiement des subventions), ainsi que des
indicateurs de qualité, à publier avec les rapports d’évaluation. Dans la première phase, des contrats
seront conclus en novembre 2023 avec quatre entreprises publiques qui ont déjà fait l’objet d'études
diagnostiques (CAMTEL, CICAM, CAMAIR et PAD). La deuxième phase inclura celles dont les études
diagnostiques sont en cours ou ont été initiées, (CAMWATER, SODECOTON, FEICOM, ART, et
ALUCAM) ; ii) réduction progressive des subventions aux entreprises publiques sous-productives ; et
iii) cotation des grandes entreprises publiques industrielles sur le marché boursier régional (BVMAC),
notamment PAD, CHC, ADC, SODECOTON.

36. Les autorités poursuivront les mesures visant à assurer la restructuration/réhabilitation


de la SONARA. A cet égard, elles s’engagent à élaborer un plan d’action détaillé de ces mesures
(financières, organisationnelles et techniques) qui sera annexé au plan de restructuration validé par le
Président de la République (RS9, reporté de juin 2023 à septembre 2023). En outre, les autorités
vont i) achever rapidement les négociations de restructuration des créances des négociants dans les
mêmes conditions que pour les banques ; ii) valider mensuellement les manques à percevoir et/ou
les trop-perçus et payer les montants dus par le débiteur dans un délai de 60 jours ; iii) exiger de la
SONARA le paiement régulier des taxes et droits de douane dus au Trésor ; iv) veiller à ce que les
négociants soient autorisés à importer un volume de produits pétroliers compatible avec leurs
engagements financiers.

37. Les autorités se sont engagées à assurer la viabilité financière du secteur de l'énergie. À
cette fin, elles accéléreront les projets en cours pour raccorder complètement les barrages
hydroélectriques aux réseaux électriques existants, tout en renforçant le segment du transport. Les
autorités poursuivront les mesures visant à assurer la viabilité de la formule de tarification,
notamment en révisant les tarifs pour les moyennes et hautes tensions, et veilleront à ce que la
consommation du secteur public et les déficits tarifaires soient payés régulièrement. Elles veilleront à
ce que la participation du secteur privé dans le secteur de la distribution soit conforme aux
meilleures pratiques internationales.

52 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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D. Maintenir la viabilité de la dette grâce à une gestion active de la dette

38. Le gouvernement est déterminé à améliorer la viabilité de la dette publique et


réaffirme le rôle central du Comité national de la dette publique (CNDP). Comme le risque de
surendettement reste élevé, la politique de la dette s’attache à ralentir la contraction de nouveaux
emprunts extérieurs, tout en favorisant les emprunts concessionnels. Le recours aux emprunts non
concessionnels sera limité au financement de projets prioritaires dont l’efficacité socio-économique
et financière pour leur coût est avérée et pour lesquels aucun financement concessionnel n’est
disponible. Afin de renforcer la gestion de la dette, toutes les propositions de dette publique et les
demandes de garanties, d’avals et de cautions doivent être approuvées par la CNDP, qui veillera à ce
que les plans d’emprunt annuels soient conformes à la stratégie d’endettement à moyen terme.
Réduire les vulnérabilités de la dette nécessite également de la gérer activement, et le gouvernement
entend effectuer une opération de gestion de la dette de 200 milliards de FCFA en 2023.

39. Le gouvernement continuera à contenir le stock de prêts signés mais non décaissés
(SEND) et à limiter l’accumulation de nouveaux SEND. Pour contenir le stock de SEND entre
janvier et décembre 2023, le gouvernement, en consultation avec ses partenaires techniques et
financiers, réduira le stock de SEND improductifs en annulant les projets déjà clôturés ou en
réaffectant le financement à de nouveaux besoins d’investissement prioritaires. En outre, le plafond
de la valeur actuelle des nouveaux emprunts extérieurs contractés ou garantis a été intégré dans la
stratégie d’emprunt des autorités. Toutefois, pour atteindre les objectifs de croissance de la SND-30,
le gouvernement utilisera un ajustement au plafond des engagements de la dette concessionnelle en
2023 pour tenir compte de prêts concessionnels de la Banque mondiale d’environ 700 milliards de
FCFA qui seront absorbés à moyen terme. Le gouvernement veillera ainsi à ce que ces nouveaux
emprunts ne modifient pas le risque de surendettement, qui est déjà élevé. Le gouvernement veillera
également à ce que ces financements soient absorbés par des projets prioritaires adoptés
conformément au décret sur la maturation des projets. Les financements contractés devront être
décaissés dans les délais prévus, conformément aux objectifs de déficit budgétaire du programme,
afin de contenir le niveau des SEND, qui est déjà préoccupant.

40. Le gouvernement reste déterminé à apurer les arriérés intérieurs dans le secteur public.
Le gouvernement a finalisé les audits des arriérés de paiement de l’État dus sur la période 2000-2019
et adoptera un plan d’apurement tout en assurant la viabilité de la dette publique (RS1, septembre
2023). Des travaux sont également en cours pour établir un inventaire et un plan d’apurement des
dettes entre entreprises publiques à fin 2020, en privilégiant les 14 plus grandes entreprises, compte
tenu des difficultés de collecte des données dans ce secteur (RS3, septembre 2023). Le
gouvernement prendra les mesures appropriées pour prescrire tout nouvel instrument de dette qui
tomberait pendant la période couverte par les audits.

41. La direction de la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) a été désignée. Les autorités
élaborent actuellement les textes réglementaires de la CDEC afin de l’aligner sur les meilleures
pratiques internationales et sur les principes de bonne gouvernance et de transparence des banques
publiques. À cette fin, la CDEC s’inspirera de la réglementation prudentielle de la COBAC. Par ailleurs,

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 53


CAMEROUN

la CDEC travaille à identifier les ressources qui lui seront allouées pour préparer le transfert de ces
fonds dans un délai de trois ans.

E. Renforcement de la bonne gouvernance, de la transparence et de la


lutte contre la corruption

42. Le gouvernement s’est engagé à renforcer la gouvernance, la transparence, l’État de


droit et la lutte contre la corruption. Le gouvernement a initié et publiera, en concertation avec le
FMI (une mission a eu lieu en mars 2023), un diagnostic des vulnérabilités de la gouvernance
économique et de la lutte contre la corruption (RS6, septembre 2023). Ce diagnostic porte sur : i) la
gouvernance budgétaire ; ii) le contrôle du secteur financier ; iii) la régulation du marché des biens et
services ; iv) l’État de droit ; et v) la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme (LBC/FT).

43. Les autorités soutiennent les efforts institutionnels entrepris pour contrôler la
gouvernance. i) En ce qui concerne l’audit des dépenses publiques, la Chambre des comptes a
publié un rapport d’audit sur les dépenses de 2021 associées à la COVID-19 (RS8, mars 2023). La
Chambre des comptes a l’intention d’examiner la mise en œuvre de ses recommandations au début
de 2024. En consultation avec les services du FMI, le gouvernement a préparé et publié un plan
d’action pour renforcer les cadres de préparation, de publication et de suivi des audits des dépenses
publiques, avec des recommandations pour renforcer les institutions concernées, en particulier la
Cour des comptes (RS7, avril 2023). Le gouvernement est déterminé à faciliter l’achèvement et la
publication en temps voulu des futurs audits. À cet égard, le gouvernement continuera à soutenir la
Cour des comptes et à lui fournir des ressources financières suffisantes pour la mise en œuvre de son
plan d’action.

44. Afin d’améliorer la gestion des dépenses publiques dans les situations d’urgence, le
gouvernement a l’intention de donner suite aux recommandations des audits publiés des
dépenses de la COVID-19, en particulier celles qui concernent les points suivants :

(i) mise en place d’un registre public des bénéficiaires effectifs et application régulière des
déclarations de conflits d’intérêts ;
(ii) amélioration de la réglementation et de la gestion des comptes spéciaux et du
décaissement des fonds d’urgence ; et
(iii) renforcement de la réglementation des marchés publics en matière de respect des
contrats, de contrôle et de suivi, ainsi que de gestion des registres.

45. Les autorités continuent également de travailler avec les organismes internationaux
chargés de la transparence et de l’intégrité financière. A ce titre, les autorités ont publié le
rapport 2020 de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) en décembre 2022 et
travaillent à la mise en œuvre des 15 mesures correctives pour la session de validation d’octobre
2023. Elles prévoient également de publier le rapport ITIE 2021 en août 2023. En outre, elles
poursuivent la divulgation systématique des bénéficiaires effectifs et l’intégration de l'ITIE dans les
systèmes nationaux de déclaration, qui est l’un des principaux projets dans le cadre des

54 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

recommandations de la Norme ITIE 2019. Il s’agit notamment d’un registre de divulgation des
bénéficiaires effectifs du secteur extractif pour lequel la LF23 fixe le cadre juridique. Le Cameroun a
également fait l’objet récemment d’une évaluation mutuelle de l’efficacité de son régime LBC/FT par
le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et est actuellement
en train de mettre en œuvre un plan d’action par le Groupe international de coopération et
d'examen (GICR) du Groupe d'action financière (GAFI). A l’issue de ce processus, le GAFI déterminera
si le Cameroun est une juridiction présentant des insuffisances stratégiques en matière de LBC/FT.

F. Libérer le potentiel de croissance du Cameroun et renforcer la


résilience

Accélérer la croissance et la diversification du secteur privé

46. Le gouvernement est déterminé à éliminer les obstacles structurels au développement


du secteur privé et à la diversification économique. À cette fin, les consultations régulières avec le
secteur privé seront renforcées. Le gouvernement lancera également un audit de la loi sur les
incitations à l’investissement privé, afin d’encourager un environnement des affaires compétitif (RS5,
décembre 2023). À titre d’étape intermédiaire, le gouvernement formulera un plan d’action assorti
de recommandations visant à éliminer les exonérations fiscales pour les sociétés afin de promouvoir
une concurrence saine entre les opérateurs économiques, à l’exclusion des sociétés opérant dans les
secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (RS11, octobre 2023).

47. La facilitation des échanges joue un rôle clé dans le renforcement de la compétitivité.
Le sommet des chefs d’État de la CEMAC qui s’est tenu à Yaoundé en mars 2023 a souligné la
nécessité d’achever les projets visant à soutenir l’intégration régionale. Les autorités soutiendront
également les initiatives visant à réduire les obstacles administratifs au commerce. Les autorités
soutiendront la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la mise en œuvre de la zone de libre-
échange continentale africaine (ZLECAf) afin de tirer parti des opportunités qu'elle offre.

Renforcer la stabilité financière et l’inclusion financière

48. Le gouvernement soutient les efforts régionaux visant à préserver la stabilité de


l’arrangement monétaire, ce qui nécessite la reconstitution des réserves de change de la BEAC.
Il est déterminé à faire respecter tous les aspects de la réglementation des changes relevant de sa
compétence. Plus précisément, le gouvernement exigera des entreprises publiques qu’elles
respectent la réglementation, de nouveaux contrats de concession ou d’accords de partage des
recettes avec le secteur extractif, ainsi que le respect du nouveau code pétrolier. Le ministère des
Finances mettra en place une plateforme de données pour la BEAC, les banques, la DGTCFM et la
DGD afin de faciliter le contrôle et le suivi du rapatriement des recettes d'exportation et des
transactions financières avec le reste du monde.

49. Les événements actuels sur les marchés financiers internationaux soulignent la
nécessité de poursuivre les réformes pour renforcer la stabilité du secteur financier. i) Les
autorités se concentreront sur les mesures visant à renforcer la résilience du secteur bancaire, en

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 55


CAMEROUN

particulier le respect des normes prudentielles et la mise en œuvre des recommandations de la


COBAC concernant le provisionnement des créances douteuses. L’accent sera également mis sur le
renforcement des cadres d’évaluation du risque de crédit pour les banques et sur la soumission
systémique de données par les banques et les institutions de microfinance au registre des garanties
mobilières (RNSM), à la base de données sur le risque de crédit de la BEAC et au futur registre des
incidents de crédit. ii) Les autorités continueront à former les magistrats à la résolution des litiges
bancaires et transformeront les chambres de commerce existantes en tribunaux de commerce
spécialisés dès que les contraintes budgétaires le permettront. iii) Le gouvernement renforcera
également le fonctionnement de l’agence de recouvrement des actifs (SRC), tout en garantissant un
cadre de gouvernance solide, l’indépendance opérationnelle et budgétaire et le strict respect des
règles de transparence et de responsabilité, ainsi qu’en mettant en place une clause d’extinction
pour ses activités de recouvrement des actifs bancaires. La SRC vendra en outre les biens immobiliers
saisis pour se concentrer uniquement sur son activité de recouvrement. iv) Les autorités prépareront
une stratégie de promotion des titres publics afin d’encourager la participation d’investisseurs non
bancaires, en premier lieu aux émissions à long terme, conformément à la stratégie de la dette à
moyen terme et en assurant la viabilité de la dette publique.

50. La résolution des banques en difficulté se poursuit. Le gouvernement achèvera en juillet


2023 le processus en cours avec la COBAC pour mettre en œuvre les plans de restructuration des
deux banques en difficulté, après transfert des prêts non productifs à la SRC. A cet effet le
gouvernement a libéré le premier quart de la participation de l’État au capital de ces banques
conformément à la réglementation en vigueur. Ces recapitalisations sont conformes aux plans de
restructuration approuvés dans lesquels les actionnaires historiques n'ont pas été renfloués.
Toutefois, le comblement du déficit d’actifs de l’une des banques entraînera un coût budgétaire
supplémentaire. Des directeurs de banque ont été nommés et les deux banques ouvriront leur
capital au secteur privé dans un délai maximum de cinq ans, comme le prévoient leurs contrats
d’objectifs. Parallèlement, le gouvernement achèvera la privatisation de la Commercial Bank of
Cameroon (CBC) dans un délai d’un an, conformément aux engagements pris par les cabinets de
consultants à cet effet.

51. Le gouvernement a finalisé sa stratégie d’inclusion financière pour la période 2023-27.


Cette stratégie, préparée avec le PNUD, fait partie d’un effort plus large de la CEMAC pour
promouvoir l’inclusion financière et dont le coût est estimé à 38 milliards de francs CFA. La stratégie
comporte cinq piliers : i) améliorer la qualité, la disponibilité et l’accessibilité des produits et services
financiers ; ii) faciliter l’accès au financement des chaînes de valeur et des micro, petites et moyennes
entreprises agricoles et agroalimentaires ; iii) promouvoir l’innovation et la finance numérique ; (iv)
promouvoir et développer la finance islamique ; v) protéger les consommateurs et promouvoir
l’éducation financière, en particulier à l’intention des femmes, afin de réduire les inégalités en
matière d’inclusion financière ; et vi) améliorer le cadre réglementaire et fiscal.

52. La SND-30 vise à renforcer l’adaptation au changement climatique et à en atténuer les


effets ainsi qu’à assurer une gestion durable de l’environnement. Dans ce contexte,
l’Observatoire national du changement climatique (ONACC), créé en 2009, a publié les Perspectives

56 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

climatiques en 2019, et l’Atlas de la déforestation en 2021. La Banque mondiale a publié son rapport
sur le climat et le développement en novembre 2022. Les autorités tiendront compte du changement
climatique dans le budget, y-compris dans le programme d’investissements publics. Les autorités
mèneront avec l’aide du FMI une évaluation de la gestion des investissements publics concernant les
risques liés au changement climatique (C-EGIP). Ce module, qui ajoute une dimension climatique à
l’évaluation EGIP du FMI, permettra d’estimer les capacités du Cameroun à gérer ses infrastructures
en fonction du climat. Il aidera également les autorités à déterminer les améliorations à apporter aux
institutions et aux processus d’investissement public pour construire des infrastructures à faible
émission et résilientes au changement climatique.

MODALITÉS DU PROGRAMME

53. Les autorités prendront toutes les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs et
les critères présentés dans les tableaux 1 et 2 du présent protocole. Le programme sera suivi au
moyen de revues semestrielles et de critères de réalisation, objectifs indicatifs et repères structurels
définis dans les tableaux 1 et 2 du présent protocole et dans le protocole d’accord technique ci-joint
(qui définit également les obligations en matière de communication de données aux services du
FMI). La cinquième revue basée sur les objectifs pour fin juin 2023 devrait être achevée à partir du 15
décembre 2023 ; et la sixième revue basée sur les objectifs pour fin décembre 2023 devrait être
achevée à partir du 3 juin 2024.

54. Le gouvernement demande au Conseil d'administration du FMI d’accorder une


dérogation pour la non-observation du critère de réalisation permanent concernant la non-
accumulation d’arriérés de paiement extérieurs, au motif que ce manquement est mineur et
temporaire. Le gouvernement demande également que soient approuvés les modifications des
objectifs du programme pour fin septembre et fin décembre 2023, conformément aux projections
actualisées.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 57


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : Critères de réalisation quantitatifs (CRQ) et objectifs indicatifs (OI) dans le cadre
des mécanismes de la FEC et du MEDC
(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)
End-Dec 22 End-Mar 23 End June-23 End-Sept 23 End-Dec 23 End-Mar 24

QPC Actual Performance IT Actual Performance QPC IT (3rd rev.) IT (new) QPC (3rd rev.) QPC (new) IT (new) 8/

A. Quantitative Performance Criteria 1/


Floor on the non-oil primary fiscal balance (payment order
-1,083 -1,071 Met 10 188 Met -331 -474 -474 -727 -745 65
basis)
Ceiling on the net domestic financing of the central government
46 -97 Met -18 -176 Met 132 147 147 80 39 -8
(excluding IMF financing) 2/
Ceiling on net borrowing of the central government from the
170 -7 Met 80 -88 Met 139 127 127 111 111 0
central bank (excluding IMF financing) 2/
Ceiling on the disbursement of non-concessional external debt 647 547 Met 173 66 Met 346 518 518 691 691 188

B. Continuous Quantitative Performance Criteria


(starting from the program approval)
Ceiling on the accumulation of new external payments arrears 3/ 0 Not Met 0 Not Met 0 0 0 0 0 0
PV of contracting and guaranteeing of new external borrowing 4/ 512.9 502.4 Met … 29.1 Met 512.9 … … 512.9 512.9 …

C. Indicative Targets
Floor on non-oil revenue 3,275 3,339 Met 910 935 Met 1,729 2,591 2,591 3,681 3,754 1016
Ceiling on the net accumulation of domestic payment arrears -85 47 Not Met -41 -33 Not Met -81 -122 -228 -162.5 -374.2 -64
Floor for poverty-reducing social spending 1,062 1,576 Met 306 249 Not Met 624 993 993 1325 1325 355
Ceiling on direct interventions of SNH 145 184 Not Met 40 42 Not Met 80 110 110 145 145 40
Share of spending executed through exceptional procedures on
4 10.5 Not Met 4 14.2 Not Met 4 4 4 4 4 4
authorized (payment order) spending 5/
Ceiling on Treasury advances without a budget allocation 6/ 15 15 15

Memorandum items 7/:


1. Cumulative external budget support, excluding IMF (earliest
149 157 23 23 23 68 68 129 129 0
disbursement)
2. Balance of the special account for the unused statutory
50 50 50 50 50 50 50 50 50 50
advances

Sources : autorités nationales et calculs des services du FMI.


Note : Les termes de ce tableau sont définis dans le protocole d’accord technique.
** Outre les CRQ énumérés dans ce tableau, les critères de réalisation permanents standard s’appliqueront également : i) ne pas imposer de
nouvelles restrictions ou intensifier des restrictions existantes sur les paiements et les transferts pour les transactions internationales courantes ; ii)
ne pas introduire de nouvelles pratiques ou intensifier des pratiques existantes en matière de monnaies multiples ; iii) ne pas conclure d’accords
bilatéraux de paiement qui soient incompatibles avec les statuts du FMI (article III) ; et iv) ne pas imposer de nouvelles restrictions ou intensifier
des restrictions existantes à l’importation pour des raisons liées à la balance des paiements.
1/ Les indicateurs du programme sous A sont des critères de réalisation à fin décembre 2022, fin juin 2023 et fin décembre 2023, ou à défaut des
objectifs indicatifs.
2/ Le plafond du financement intérieur net (hors paiement des arriérés) du budget et le plafond des emprunts nets auprès de la Banque centrale
seront ajustés si le montant des décaissements de l’aide budgétaire extérieure, hors financement du FMI, est inférieur ou supérieur aux prévisions
du programme. Si les décaissements sont inférieurs (supérieurs) aux montants programmés, le plafond sera relevé (réduit) en proportion, jusqu’à
un maximum de 120 milliards de FCFA à la fin de chaque trimestre. Le plafond des emprunts auprès de la Banque centrale inclut l’utilisation de
l’allocation de DTS 2021 de 80 milliards de FCFA.
3/ Le plafond nul s’applique jusqu’à l’expiration de l’accord.
4/ Plafond cumulé calculé à partir du 1er janvier 2022, réinitialisé chaque année et suivi de manière continue à partir de l’achèvement de la
première revue dans le cadre de l’accord FEC/MDEC. Ne comprend pas le crédit ordinaire pour les importations, l’allègement de la dette obtenu
sous forme de rééchelonnement ou de refinancement ni les prêts d’appui budgétaire de la Banque mondiale.
5/ Il s’agit des paiements effectués par le Trésor sans autorisation préalable (émission d’ordres de paiement, tels que les avances de trésorerie et
les engagements budgétaires provisionnels), à l’exclusion des paiements au titre du service de la dette.
6/ Cet objectif indicatif entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2023 et limitera les avances du Trésor sans dotation budgétaire à 15 milliards de
FCFA par trimestre.
7/ Mise à jour sur la base des récentes estimations des services du FMI.
8/ La date de test final des accords actuels de la FEC et du MEDC est fixée à décembre 2023.

58 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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Tableau 2. Cameroun : Mesures préalables et repères structurels

Date prévue Date


de la d’échéance
Repère structurel reportée Indicateur Statut Commentaires
quatrième
revue 1
Mesure préalable
Soumettre au Parlement
une loi de finances révisée
pour 2023 conforme au
solde budgétaire primaire
non pétrolier et aux
principaux paramètres
budgétaires du
programme.
Gestion des finances et
de la dette publiques
Communication
Achever les audits des du rapport Les audits qui serviront de base
arriérés de paiement de d’audit et du à l’apurement des dettes sont
1 l’État et adopter un plan de sept. 2023 plan en cours et devraient être
règlement des arriérés d’apurement au communiqués prochainement
certifiés par ces audits. personnel du aux services du FMI.
FMI
Gestion des
investissements publics
(GIP)
Soumettre au Parlement
un cadre juridique et
réglementaire régissant les Cadre juridique Les autorités ont préparé un
partenariats public-privé et réglementaire avant-projet qui, une fois
2 Juin 2023 Réalisé
(PPP) afin que tous les soumis au adopté, sera aligné sur le futur
projets de partenariat Parlement cadre régional.
public-privé suivent un
cadre unique.
Établir un inventaire des L’inventaire et le plan
dettes respectives entre les d’apurement des dettes entre
entreprises publiques et les entreprises publiques et le
Inventaire et
l’État et entre les gouvernement ont été finalisés,
plan
entreprises publiques elles- mais l’inventaire des dettes
3 sept. 2023 communiqués
mêmes à la fin de 2020 et entre les entreprises publiques
aux services du
adopter un plan est retardé en raison de
FMI
d’apurement des dettes contraintes de données sur les
respectives entre l’État et dettes croisées des entreprises
les entreprises publiques. publiques.
Secteur extractif
Sept. 2023 Les textes d’application du code
des mines de 2016 ont été
Finaliser et publier tous les
finalisés mais une décision est
textes d’application du Publication des
4 Non nécessaire concernant les
code des mines de 2016 Mars 2023 textes
réalisé prochaines étapes, retardées par
(Loi n° 2016/017 du 14 d'application
la révision du code pour tenir
décembre 2016).
compte de la création de la
SONAMINES en décembre 2020.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 59


CAMEROUN

Tableau 2. Cameroun : Mesures préalables et repères structurels (suite)


Climat des affaires
Réviser la loi n° 2013/004
du 18 avril 2013 pour Ce RS est associé au nouveau
rationaliser les incitations Une loi révisée RS11, qui constitue une étape
5 Déc. 2023
et promouvoir une saine est publiée intermédiaire vers la révision de
concurrence entre les la loi.
opérateurs économiques.
Bonne gouvernance et
lutte contre la corruption
Publier un diagnostic des
vulnérabilités en matière de
gouvernance, notamment en
ce qui concerne la corruption,
incluant les fonctions de l’État
les plus pertinentes pour
Une mission du département
l’activité économique, à
Publication du juridique s'est rendue à
6 savoir : i) la gouvernance sept. 2023
rapport Yaoundé en mars 2023 pour
budgétaire ; ii) la surveillance
lancer les travaux de diagnostic.
du secteur financier ; iii) la
réglementation des marchés ;
iv) l’État de droit ; et v) la lutte
contre le blanchiment de
capitaux et le financement du
terrorisme (LBC/FT).
En consultation avec les
services du FMI, préparer
et publier un plan d’action
pour renforcer les cadres Les autorités ont progressé en
de préparation, de Soumission du temps voulu vers le RS et ont
publication et de suivi des plan d'action publié un premier plan d’action.
7 avril 2023 Réalisé
audits des dépenses aux services du Une mission d’assistance
publiques, avec des FMI technique s’est rendue à
recommandations pour Yaoundé en mars 2023.
renforcer les institutions
concernées, en particulier
la Cour des comptes
Préparer et publier un audit
préparé par la chambre des
Publication du
8 comptes sur les dépenses mars 2023 Réalisé
rapport
de l’exercice 2021 associées
à la COVID-19.
Plan de restructuration de la Sept. 2023 Élaborer et
SONARA : Élaborer un plan soumettre aux
de restructuration pour la services du FMI le Un plan de restructuration est
9
SONARA, notamment les Juin 2023 nouveau plan de en cours de discussion.
options industrielles et restructuration de
financières envisagées. la SONARA.
Administration des
recettes
Liste des nouveaux
Faire passer le nombre contribuables par Ce RS fait suite à l’une des
d’assujettis à la TVA de département recommandations du
10 oct. 2023 Réalisé
13 500 fin décembre 2022 opérationnel diagnostic fiscal récemment
à 14 850 fin octobre 2023. envoyée aux achevé.
services du FMI.

60 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 2. Cameroun : Mesures préalables et repères structurels (fin)

Date Date
d’échéance d’échéance
Repère structurel de la reportée Indicateur Statut Commentaires
quatrième
revue 1
Climat des affaires

Formuler un plan d’action


assorti de recommandations
visant à supprimer les Ce RS est une étape intermédiaire
exonérations de l’impôt sur vers le RS5. Le diagnostic de
les sociétés (notamment politique fiscale récemment réalisé
Plan d’action
l’impôt minimum) afin de par le FMI suggère d’adopter une
soumis aux
11 promouvoir une saine oct. 2023 approche ciblée visant à éliminer les
services du
concurrence entre les déductions de l’impôt sur le revenu
FMI
opérateurs économiques, à et à les remplacer par des
l’exclusion des entreprises déductions d’investissement mieux
opérant dans les secteurs de ciblées.
l’agriculture, de l’élevage et
de la pêche.
Gestion des projets et de
la dette
Publication
d’un arrêté
précisant les
Mise en œuvre du décret Août 2023 modalités de
Non Ce RS a été introduit pour améliorer
12 d’octobre 2021 régissant les avril 2023 contrôle des
réalisé la gestion des projets et de la dette.
unités de gestion de projets résultats des
unités de
gestion de
projets
Gestion des finances et de
la dette publiques

Inscrire dans la loi de


finances de l'année N+1 une
dotation budgétaire pour Ce repère structurel vise à limiter les
Allocation en
13 l’apurement du stock de Déc. 2023 soldes impayés de plus de 90 jours
LF2024
paiements en souffrance à la fin de l’année budgétaire.
(RAP) de plus de 90 jours à
la fin de l’année N.

Gestion des
investissements publics
Rendre opérationnel le
système COLEPS (Cameroon
Online E-Procurement Le COLEPS Ce repère structurel vise à améliorer
14 System) afin de contrôler mai 2024 est la gestion des investissements
l’attribution de tous les opérationnel publics
marchés publics tout au
long du processus

1/ Se réfère à la fin du mois

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 61


CAMEROUN

Annexe II. Protocole d’accord technique


Dispositions de la Facilité élargie de crédit et du Mécanisme élargi de crédit, 2021-
24

1. Le présent protocole d'accord technique définit les critères de réalisation quantitatifs


et les objectifs indicatifs qui serviront à évaluer les résultats dans le cadre du programme du
Cameroun soutenu par les accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme
élargi de crédit (MEDC) sur la période 2021-24. Le protocole d’accord établit également le cadre et
les dates limites de notification des données pour permettre aux services du FMI d’évaluer la mise en
œuvre du programme.

CONDITIONNALITÉ

2. Les critères de réalisation quantitatifs et les objectifs indicatifs de fin décembre 2022 à
fin décembre 2023 sont fournis dans le tableau 1 du Mémorandum de politiques économique et
financière joint à la lettre d’intention. Les repères structurels définis dans le programme sont détaillés
dans le tableau 2 du Mémorandum.

DÉFINITIONS

3. L’État : Sauf indication contraire, « l’État » est défini comme l’administration centrale de la
République du Cameroun, qui comprend tous les organes d’exécution, les institutions, et toute
organisation recevant des fonds publics spéciaux, dont les pouvoirs sont inclus dans la définition de
l’administration centrale selon le Manuel de statistiques de finances publiques de 2001 (MSFP 2001,
paragraphes 2.48-50). Cette définition n’inclut pas les collectivités locales, la Banque centrale, ou
toute autre entité publique ou appartenant à l’État qui a un statut juridique autonome et dont les
opérations ne sont pas incluses dans le tableau des opérations financières de l’État (TOFE).

4. Une entreprise publique non financière est une unité commerciale ou industrielle,
entièrement ou partiellement détenue par l’administration centrale ou ses organes, qui vend des
biens et des services au public à grande échelle. À compter de juin 2017, toutes les opérations entre
l’administration et ces entreprises publiques doivent être traitées sur une base brute dans le TOFE
avec un traitement approprié des opérations de recettes et de celles associées aux dépenses.

RECETTES

5. Les ressources totales des administrations publiques sont constituées des recettes
budgétaires fiscales et non fiscales (telles que définies au chapitre 5 du MSFP 2001) et de dons. Les
recettes sont enregistrées dans le système comptable sur une base de caisse nette. Les produits de la
vente d’actifs et les recettes des privatisations (définis au paragraphe 8) ne sont pas considérés
comme des recettes publiques.

62 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

6. Les recettes pétrolières sont définies comme le solde total transférable de la Société
Nationale des Hydrocarbures (SNH) et l’impôt sur le revenu des compagnies pétrolières et des
opérateurs gaziers. Les autorités informeront les services du FMI de toute modification du régime
fiscal susceptible d’entraîner des changements dans les flux de recettes. Les recettes pétrolières sont
enregistrées dans le système comptable sur une base de caisse nette.

7. Les recettes non pétrolières comprennent toutes les recettes (fiscales et non fiscales) de
l’État, à l’exception des recettes pétrolières telles que définies au paragraphe 6. La taxe sur la valeur
ajoutée (TVA) est comptabilisée nette des remboursements de TVA. Les redevances d’oléoduc
versées par la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO) sont comptabilisées dans les recettes
non fiscales.

8. Les recettes de privatisation comprennent tous les fonds versés à l’État dans le cadre de la
vente ou du transfert de la gestion d’une entreprise publique (concession), d’une agence ou d’une
installation à une ou plusieurs entreprises privées (notamment des entreprises entièrement
contrôlées par un ou plusieurs États étrangers, une ou plusieurs entités privées ou un ou plusieurs
individus). Les recettes de privatisation comprennent aussi tous les fonds provenant de la vente
d’actions détenues par l’État dans des sociétés privées ou des entreprises publiques. Toutes les
recettes de privatisation doivent être comptabilisées sur une base brute. Les coûts éventuels liés aux
ventes ou aux concessions doivent être enregistrés séparément dans les dépenses.

DÉPENSES

9. Le total des dépenses et prêts nets de l’État comprennent l’ensemble des dépenses
salariales des fonctionnaires, les biens et services, les transferts (y-compris les subventions, dons,
prestations de sécurité sociale et autres dépenses), les paiements d’intérêts et les dépenses en
capital, qui sont toutes enregistrées dans le système comptable sur la base des ordonnancements,
sauf indication contraire, ainsi que les prêts nets (définis dans le MSFP 2001). Les dépenses totales de
l’État comprennent aussi les dépenses effectuées sans autorisation de paiement préalable et en
attente de régularisation.

10. Les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) sont incluses
dans les dépenses de l’État. Elles comprennent les paiements d’urgence effectués par la SNH pour le
compte de l’État, principalement pour couvrir des dépenses exceptionnelles de souveraineté et de
sécurité.

11. Les dépenses sociales comprennent les dépenses publiques inscrites au budget de l’État
dans le cadre de programmes prioritaires visant à accélérer la réalisation des objectifs de
développement social de l’État. Ce poste comprend : i) pour le secteur de l’éducation, les dépenses
totales (courantes et en capital) des ministères (enseignement primaire, enseignement secondaire et
emploi et formation professionnelle) ; ii) pour le secteur de la santé, les dépenses courantes et en
capital du ministère de la Santé publique, y-compris les dépenses associées à la COVID-19 ; et iii)
pour d’autres secteurs sociaux, les dépenses courantes et en capital des ministères du Travail et de la

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CAMEROUN

Sécurité sociale, de la Jeunesse et de l’Éducation civique, des Affaires sociales et de la promotion de


la femme et de la famille ; iv) les subventions aux prix administrés (carburant à la pompe, électricité
aux ménages), v) la subvention au gaz, et (v) les dépenses au titre du programme du filet de
protection sociale.

SOLDE ET FINANCEMENT

12. Solde primaire : Le solde primaire est défini comme la différence entre les recettes
publiques totales (définies au paragraphe 5) et le total des dépenses et prêts nets de l’État (défini au
paragraphe 9), non compris les paiements d’intérêts liés à la dette extérieure et intérieure.

13. Dette : La définition de la « dette » est énoncée au paragraphe 8 a) des Lignes directrices sur
les plafonds d’endettement public dans les programmes appuyés par le FMI, jointes à la décision
16919- (20/103) du Conseil d’administration adoptée le 28 octobre 2020, mais elle inclut également les
engagements contractés ou garantis pour lesquels les valeurs n’ont pas été reçues. Aux fins de ces
lignes directrices, on entend par « dette » une obligation courante, c'est-à-dire non contingente, créée
dans le cadre d’un accord contractuel par la fourniture d’une valeur sous forme d’actifs (notamment de
devises) ou de services, à quelque futur moment. Ces paiements libéreront le débiteur du principal
et/ou des intérêts dus au titre du contrat. Conformément à la définition précédente de la dette, les
arriérés, pénalités et dommages-intérêts accordés par la justice et résultant du défaut de paiement
d’une obligation contractuelle constituant une dette sont des dettes.

14. La dette extérieure, dans l’évaluation des critères correspondants, est définie comme tout
emprunt ou service de la dette dans une monnaie autre que le franc CFA. Cette définition s’applique
également à la dette entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique
centrale (CEMAC) et à la dette de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale
(BDEAC). Les critères de réalisation pertinents s’appliquent à la dette extérieure de l’État, des
entreprises publiques qui reçoivent des transferts de l’État et d’autres entités publiques dans
lesquelles l’État détient plus de 50 pour cent des parts de capital, ou toute autre dette privée pour
laquelle l’État a fourni une garantie qui doit être considérée comme constituant un passif contingent.
Par dette garantie, on entend toute obligation légale formelle de l’État par laquelle il lui incombe de
rembourser une dette en cas de défaut de paiement du débiteur (que les paiements soient effectués
en espèces ou en nature).

15. Dette extérieure concessionnelle : La dette extérieure est considérée comme


concessionnelle si elle comporte un élément de don d’au moins 35 %. 1 L'élément de don est la
différence entre la valeur nominale du prêt et sa valeur actuelle (VA) exprimée en pourcentage de la
valeur nominale. La VA de la dette à la date à laquelle elle est contractée est calculée en actualisant

Le lien vers le site du FMI ci-dessous renvoie à un instrument qui peut être utilisé pour calculer l’élément de don pour un large éventail
d’accords financiers : http://www.imf.org/external/np/pdr/conc/calculator.

64 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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les paiements du service de la dette à la date à laquelle la dette a été contractée. 2 Un taux
d’actualisation de 5 % est utilisé à cette fin.

16. La dette intérieure est définie comme l’ensemble des dettes et obligations de l’État libellées
en francs CFA. Ce poste comprend les soldes non remboursés, les avances de la Banque des États de
l’Afrique centrale, les bons et obligations du Trésor, la dette structurée, les arriérés de paiement
intérieurs et la dette intérieure de la SONARA.

17. La dette structurée est une dette qui a fait l’objet d’un accord formel ou d’une titrisation.
Dans le cadre du programme, la dette bancaire structurée est incluse dans le crédit bancaire net et la
dette non bancaire structurée est comptabilisée dans le financement non bancaire.

• La dette bancaire structurée est définie comme l’ensemble des créances des banques locales
sur l’État, à l’exception des bons et obligations du Trésor.

• La dette non bancaire structurée est définie comme l’ensemble des soldes payables par l’État à
des institutions non bancaires locales, à des particuliers ou à la CEMAC, qui ont été titrisés ou qui
font l’objet d’un accord de remboursement formel selon un calendrier clairement défini.

18. Le financement intérieur net de l’État est défini comme la somme i) du crédit bancaire net
à l’État et ii) du financement non bancaire net.

• Le crédit bancaire net à l’État est égal à la variation du solde entre les engagements et les actifs
de l’État auprès du système bancaire national. Ces avoirs comprennent notamment : i) les
disponibilités du Trésor ; ii) les dépôts du Trésor auprès de la Banque centrale, non compris le
compte des Pays pauvres très endettés (PPTE) ni le compte Contrat de désendettement et de
développement (C2D) ; et iii) le solde créditeur des comptes de la Caisse autonome
d’amortissement (CAA) auprès des banques commerciales affecté au remboursement des titres
de créance de l’État. Les engagements de l’État comprennent notamment i) les financements de
la Banque centrale, les financements nets du FMI (décaissements nets des remboursements), le
refinancement des obligations garanties et les bons et obligations du Trésor détenus par la
Banque centrale ; et ii) les financements des banques commerciales, plus précisément les prêts et
les avances directes, ainsi que les titres du Trésor, bons et obligations détenus par les banques
locales. Le crédit bancaire net à l’État est calculé sur la base des données fournies par la Banque
des États de l’Afrique centrale (BEAC). Ces données doivent faire l’objet d'une réconciliation
mensuelle entre le Trésor et la BEAC.

2
Le calcul de la concessionnalité reflète tous les aspects de l’accord de prêt, notamment l’échéance, le délai de grâce,
le calendrier des échéances, les commissions d’engagement et les commissions de gestion. Les calculs de
concessionnalité pour les prêts de la Banque islamique de développement (BIsD) refléteront l’accord existant entre la
BIsD et le FMI.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 65


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• Le financement net non bancaire de l’État comprend : i) la variation de l’encours des titres publics
(bons et obligations du Trésor) émis en francs CFA sur le marché financier régional et non
détenus par le système bancaire local ; ii) la variation de l’encours de la dette intérieure non
bancaire structurée (définie au paragraphe 16) ; iii) les recettes de privatisation (définies au
paragraphe 8) ; iv) la variation du solde des comptes de correspondants bancaires (notamment le
compte 42) et des comptes de consignation ; et v) la variation du solde des créances en
souffrance sur l’État abandonnées par le secteur privé. Le financement non bancaire net de l’État
est calculé par le Trésor public.

19. Les arriérés intérieurs de paiement sont la somme i) des arriérés de paiement sur les
dépenses, ii) des arriérés de paiement sur la dette intérieure structurée et iii) de la dette non
structurée :

• Les arriérés de paiement sur les dépenses sont définis comme des « soldes à payer » pour
lesquels le délai de paiement dépasse la période réglementaire de 90 jours. Les soldes à payer
reflètent les obligations impayées de l’État. Ils sont définis comme des dépenses pour lesquelles
la procédure normale d’exécution des dépenses (engagement, validation et autorisation) a été
suivie jusqu’à ce qu’elles soient engagées par le Trésor public, mais qui sont toujours en attente
de paiement. Les soldes payables à moins de 90 jours représentent les paiements en cours. Le
Trésor suivra ces informations sur une base mensuelle afin d’identifier les arriérés de dépenses
dans le stock des soldes à payer.

• Les arriérés de paiement sur la dette intérieure structurée sont définis comme la différence
entre le montant dû en vertu d’un accord de dette intérieure (défini au paragraphe 11) ou le
remboursement de titres, bons ou obligations du Trésor arrivés à échéance et le montant
effectivement payé après la date limite de paiement indiquée dans l’accord ou après la date
d’échéance des titres, bons ou obligations du Trésor.

• La dette non structurée est définie comme suit :

i. La dette non structurée de la CAA qui comprend l’ensemble des soldes à payer, et des passifs de
l’État transférés à la CAA qui n’ont pas fait l’objet d’un accord de remboursement ou de
titrisation. Le stock de la dette non structurée est estimé à 55,6 milliards de FCFA fin 2022.
ii. La dette intérieure « flottante », qui comprend tous les engagements de l’État pour lesquels un
service a été fourni par un prestataire public ou privé mais qui n’a fait l’objet d’aucun
engagement budgétaire. Ces engagements comprennent les factures payables et non réglées
aux entreprises publiques et privées, mais excluent la dette fiscale découlant d’opérations de
compensation de la dette avec des entreprises publiques et l’exécution des accords de marchés
publics à financement extérieur qui n’ont pas été couverts par le budget en raison notamment de
crédits budgétaires insuffisants. La direction générale du Budget procédera à une évaluation
mensuelle de ces engagements en collaboration avec le Trésor public.

66 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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20. Les arriérés de paiement extérieurs sont définis comme des obligations de dette extérieure
de l’État qui n’ont pas été payées à l’échéance conformément aux dispositions contractuelles
applicables (compte tenu de toute période de grâce contractuelle). Ce critère de réalisation exclut les
arriérés de paiement sur les obligations financières extérieures de l’État qui font l’objet d'un
rééchelonnement.

21. Les avances du Trésor ne suivent pas la chaîne normale de la dépense et sont définies
comme tout paiement effectué par le Trésor en l’absence d’un engagement ou d’un
ordonnancement émis par l’ordonnateur compétent de la direction générale du Budget (DGB) et
régularisé rétroactivement.

OBJECTIFS QUANTITATIFS DU PROGRAMME

22. Les objectifs quantitatifs (OQ) figurant dans la liste ci-dessous sont ceux spécifiés dans le
tableau 1 du MPEF. Sauf indication contraire, tous les objectifs quantitatifs seront évalués sur une
base cumulative à partir du début de l'année civile à laquelle ils s’appliquent. Les objectifs
quantitatifs et les détails de leur évaluation sont présentés ci-dessous :

A. Solde primaire non pétrolier

Critères de réalisation

23. Un plancher pour le solde primaire non pétrolier (sur la base des ordonnancements) est
défini comme un objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Le solde primaire non pétrolier est
défini comme la différence entre le solde primaire défini au paragraphe 12 et les recettes pétrolières
définies au paragraphe 6.

24. Pour assurer la cohérence entre les données provenant de différentes sources utilisées
pour préparer le tableau des opérations financières de l’État (TOFE), et en particulier entre les
données sur les opérations budgétaires communiquées par le Trésor et les données sur le
financement communiquées par la BEAC, la CAA et le Trésor, le niveau cumulé des écarts de
financement dans le TOFE (y-compris les erreurs et omissions) pour un mois donné ne doit pas
dépasser 5 % des dépenses cumulées pour ce mois, en valeur absolue. Si cette limite est dépassée,
un exercice complet de réconciliation de toutes les données sources du TOFE sera entrepris en
consultation avec les services du FMI.

Dates limites pour la communication d’informations

25. Les données détaillées sur les opérations financières de l’État indiquant le solde primaire, les
recettes pétrolières et le niveau des dépenses diverses non classées ailleurs seront soumises sur une
base mensuelle dans un délai de six semaines à compter de la fin du mois, à l'exception des données
de fin décembre. La loi camerounaise n° 2018/012 sur les finances publiques prévoit une période
complémentaire de 30 jours après la fin de l'année civile pour compléter tous les paiements en

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 67


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suspens de l’année budgétaire. Par conséquent, les données de fin d’année sur les opérations
financières de l’État seront soumises au plus tard le 15 mars de l’année suivante.

B. Financement intérieur net de l’État hors financement net du FMI

Critères de réalisation

26. Le plafond du financement intérieur net de l’État à l'exclusion du financement net du FMI
est défini comme un objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Pour les besoins du programme,
le financement intérieur net de l’État à l’exclusion du financement net du FMI sera le financement
intérieur net de l’État défini au paragraphe 16, non compris le financement net du FMI.

Ajustement

27. Le plafond du financement bancaire net de l’État hors financement net du FMI sera ajusté si i)
les décaissements liés à l’appui budgétaire extérieur nets du service de la dette extérieure et du
paiement des arriérés extérieurs, et ii) le rééchelonnement du service de la dette extérieure bilatérale
est inférieur aux prévisions du programme, sont inférieurs aux niveaux programmés.
• A la fin de chaque trimestre, si les décaissements des appuis budgétaires extérieurs sont
inférieurs (supérieurs) aux montants programmés, les plafonds trimestriels concernés seront
ajustés au prorata à la hausse (à la baisse), dans la limite de 120 milliards de FCFA pour
chaque trimestre de 2022 et 2023. Ce plafond pourra être revu en fonction du rythme de
décaissement des aides budgétaires au cours de l'année.

• À la fin de chaque trimestre, si le rééchelonnement du service de la dette extérieure bilatérale


est inférieur (supérieur) aux montants programmés, les plafonds trimestriels correspondants
seront ajustés à la hausse (à la baisse) au prorata.

Dates limites pour la communication d’informations

28. Les données détaillées sur le financement intérieur net de l’État (bancaire et non bancaire) et
l’état des décaissements au titre de l’appui budgétaire, du remboursement du service de la dette
extérieure et l’état des arriérés intérieurs seront soumis sur une base mensuelle dans un délai de six
semaines après la fin du mois.

C. Décaissement de la dette extérieure non concessionnelle

Critères de réalisation

29. Le plafond des décaissements de la dette extérieure non concessionnelle est défini
comme un objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Ce critère de réalisation s’applique à la
dette contractée pour financer des projets. Ce critère de réalisation repose sur la dette extérieure
telle que définie au paragraphe 14 et utilise le concept de concessionnalité défini au paragraphe 15

68 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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du présent protocole d’accord technique. Le plafond de la dette extérieure non concessionnelle


exemptera la dette contractée ou décaissée dans le cadre de l’opération de gestion de la dette pour
l’apurement des arriérés intérieurs. L’exemption du plafond de la dette au titre de l’opération de
gestion de la dette i) ne peut couvrir que le montant du nouvel emprunt associé à l’opération de
gestion de la dette, et ii) doit montrer une amélioration des principaux indicateurs de liquidité et/ou
de solvabilité de la charge de la dette sans affecter négativement la notation du risque.

Dates limites pour la communication d’informations

30. Des informations détaillées sur les décaissements de la dette extérieure contractée par l’État
doivent être communiquées dans les six semaines suivant la fin du mois, en indiquant la date à
laquelle les prêts ont été signés et en faisant la distinction entre les prêts concessionnels et les prêts
non concessionnels.

D. Créances nettes de la Banque centrale sur l'administration centrale

Critères de réalisation

31. Un plafond des créances nettes de la Banque centrale sur l’État est défini comme un
objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Ce critère est défini comme la différence entre les
créances de la Banque centrale sur l’État, à l’exclusion du financement du FMI, en particulier les
soldes impayés d’avances statutaires consolidées, le refinancement d’obligations garanties et les
titres du Trésor détenus par la Banque centrale ; et la trésorerie et le total des dépôts du Trésor
auprès de la Banque centrale, y-compris le solde du compte spécial des avances statutaires non
utilisées. Le solde de ce compte spécial fera l’objet d’un suivi régulier afin de maintenir les objectifs
définis dans le tableau 1 du MPEF.

32. Le plafond des créances nettes de la banque centrale sur l’État comprend l’utilisation
convenue de l’allocation de DTS pour 2021.

33. Le plafond des créances nettes de la Banque centrale sur l’État sera ajusté si les
décaissements au titre des appuis budgétaires extérieurs sont inférieurs aux niveaux programmés. A
la fin de chaque trimestre, si les décaissements au titre des appuis budgétaires extérieurs sont
inférieurs (supérieurs) aux montants programmés, les plafonds trimestriels correspondants seront
ajustés à la hausse (à la baisse) en proportion, dans la limite de 120 milliards de FCFA pour chaque
trimestre des années 2022 et 2023. Ce plafond pourra être revu en fonction du rythme de
décaissement des aides budgétaires au cours de l’année.

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Dates limites pour la communication d’informations

34. La BEAC doit communiquer les informations détaillées sur tous les financements de la
Banque centrale à l’État et l’état du solde du compte spécial des avances statutaires non utilisées
dans les six semaines suivant la fin du mois.

E. Non-accumulation d’arriérés de paiements extérieurs

Critères de réalisation

35. Un plafond nul pour l’accumulation de nouveaux arriérés de paiements extérieurs est
défini comme un objectif quantitatif permanent dans le tableau 1 du MPEF. Ce critère de réalisation
s’applique à l’accumulation des arriérés extérieurs tels que définis au paragraphe 20 du présent
Mémorandum. Dans le cadre du programme, l’État s’engage à ne pas accumuler d’arriérés de
paiements extérieurs sur sa dette, à l’exception des arriérés faisant l’objet d’un rééchelonnement. La
non-accumulation d’arriérés par l’État est un critère de réalisation à observer en permanence. Ce
critère de réalisation sera mesuré sur une base cumulative lors de l’approbation du programme.

Dates limites pour la communication d’informations

36. Les données relatives aux soldes, à l’accumulation et au remboursement des arriérés
extérieurs seront communiquées dans les six semaines suivant la fin de chaque mois. Ce critère
de réalisation fera l’objet d’un suivi continu de la part des autorités et tout nouvel arriéré extérieur
devra être signalé immédiatement au FMI.

F. VA de la dette extérieure contractée ou garantie par l’État et certaines


autres entités publiques

Critères de réalisation

37. Un critère de réalisation (plafond) s’applique à la VA de toute nouvelle dette extérieure


contractée ou garantie par l’État et certaines autres entités publiques. 3 Le plafond s’applique
également à la dette contractée ou garantie dont la valeur n’a pas encore été reçue, y-compris la
dette privée pour laquelle des garanties officielles ont été accordées. Ce critère de réalisation est
applicable à la dette extérieure telle que définie au paragraphe 14 du présent Mémorandum et à la
dette garantie par l’État qui constitue un passif public contingent tel que défini au paragraphe 13 du
présent Mémorandum. En outre, ce critère s’applique à la dette extérieure contractée ou garantie par
i) les entreprises publiques définies au paragraphe 4 qui reçoivent des transferts de l’État, ii) les
municipalités et iii) les organismes des administrations publiques, notamment les organisations
professionnelles, scientifiques et techniques. Toutefois ce critère de réalisation ne s’applique pas aux

3
Lignes directrices sur les limites de la dette publique dans les programmes soutenus par le FMI, jointes à la décision
du Conseil d’administration n° 16919-(20/103), adoptée le 28 octobre 2020).

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emprunts contractés en francs CFA, aux bons et obligations du Trésor émis en francs CFA sur le
marché régional de la CEMAC, aux prêts ordinaires à court terme des fournisseurs, aux crédits
ordinaires à l’importation, aux prêts du FMI et aux prêts d’appui budgétaire de la Banque mondiale
ou à l’allègement ou au rééchelonnement de la dette. Toute dette nouvelle contractée ou décaissée
aux fins d’opérations de gestion de la dette qui entraîne une amélioration du profil global de la dette
(comme spécifié au paragraphe 29) est exemptée de ce critère de réalisation. Pour l’évaluation de ce
critère de réalisation, l’allègement de la dette est défini comme la restructuration de la dette avec le
créancier existant qui réduit la valeur actuelle nette de la dette, et le rééchelonnement de la dette est
défini comme les opérations avec le créancier existant qui étalent les échéances moyennes
pondérées des flux financiers sans augmenter la valeur actuelle nette.

38. La VA de la dette au moment où elle est contractée est calculée en actualisant le flux
futur des paiements du service de la dette dus au titre de cette dette. 4 Pour les dettes dont
l’élément de don est égal ou inférieur à zéro, la VA sera fixée à la valeur nominale de la dette. Le taux
d’actualisation utilisé à cette fin est le taux d’actualisation unifié de 5 % défini dans la décision du
Conseil d’administration n° 15248-(13/97). La VA des dettes extérieures libellées dans des monnaies
autres que le dollar des États-Unis sera calculée en dollars des États-Unis aux taux de change du
programme spécifiés dans le tableau texte 1 du protocole d’accord technique. Pour toute dette
assortie d’un taux d’intérêt variable sous la forme d’un taux d’intérêt de référence plus un écart fixe,
la VA de la dette sera calculée en utilisant un taux de référence du programme plus l’écart fixe (en
points de base) spécifié dans le contrat d’emprunt. Le taux de référence du programme pour le SOFR
USD à six mois est de 0,04 % et restera fixe pendant toute la durée du programme. L’écart entre
l’EURIBOR à six mois et le SOFR à six mois est de -56 points de base. L’écart entre l’OIS JPY à six mois
et le SOFR USD à six mois est de -8 points de base. L’écart entre le GBP SONIA à six mois et le SOFR
USD à six mois est de 1 point de base. Pour les taux d’intérêt sur les devises autres que l’euro, le yen
et la livre sterling, l’écart par rapport au SOFR USD à six mois est de 15 points de base. 5 Lorsque le
taux variable est lié à un taux d’intérêt de référence autre que le SOFR USD à six mois, une marge
reflétant la différence entre le taux de référence et le SOFR USD à six mois (arrondie aux 50 points de
base les plus proches) sera ajoutée.

4
Le calcul de la concessionnalité prend en compte tous les aspects du contrat de dette, notamment l’échéance, le
délai de grâce, le calendrier de paiement, les commissions initiales et les frais de gestion.
5
Le taux de référence du programme et les écarts sont basés sur le « taux moyen projeté » pour le SOFR à six mois en
USD sur les 10 années suivantes, tiré des Perspectives de l'économie mondiale (PEM) d’avril 2021.

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Tableau 1 du texte. Cameroun : Taux de change du programme


Franc CFA Unités monétaires
Monnaie par unité monétaire par dollar
américain
Dollar américain 617.546 1.00
Euro 655.957 0.9414
BAfD XUA 821.855 0.7514
Livre STG 745.254 0.8286
Yen japonais 4.655 132.650
Yuan chinois 88.398 6.986
Source : Taux de change représentatifs du FMI, 23 décembre 2022 ; taux de change de janvier
2023 de la Banque africaine de développement ; calculs des services du FMI.

Ajustement

39. Un ajustement à la hausse (à la baisse) du montant par lequel l’appui budgétaire excède
(n’atteint pas) les montants projetés. Tout ajustement sera plafonné à 10 % du plafond de la dette
extérieure fixé en termes de VA et doit être compatible avec le maintien de la viabilité de la dette.

40. Le plafond de la dette extérieure fixé en VA sera ajusté à la hausse du montant total, en VA,
de tout financement de projet consacré aux interventions de vaccination contre la COVID-19 qui
n’avait pas été prévu au moment de la fixation du critère de réalisation. À cet égard, les autorités
consulteront les services du FMI sur tout emprunt extérieur concessionnel prévu à cette fin et sur les
conditions de cet emprunt avant que les prêts ne soient contractés ou garantis par le gouvernement
national.

41. Un ajustement de 5 % maximum du plafond de la dette extérieure fixé en VA s’applique à ce


plafond, dans le cas où les écarts par rapport au critère de réalisation sur la VA de la nouvelle dette
extérieure sont dus à une modification des conditions de financement (intérêt, échéance, période de
grâce, calendrier de paiement, commissions initiales, frais de gestion) d’une ou de plusieurs dettes.
L’ajustement ne peut s’appliquer lorsque les écarts sont dus à une augmentation du montant
nominal de la dette totale contractée ou garantie.

42. Si la VA du montant des prêts de la Banque mondiale signés en 2023 est supérieure à la VA
des prêts de la Banque mondiale signés en 2022 (179,4 milliards de FCFA), le plafond sera ajusté à la
hausse en proportion, et le montant de l’ajustement à la hausse du plafond sera plafonné à un
maximum de 182,5 milliards de FCFA (VA) en 2023, en fonction des projets identifiés.

Dates limites pour la communication d’informations

43. Les informations détaillées sur tous les prêts (conditions et créanciers) contractés par l’État
doivent être communiquées dans les six semaines suivant la fin du mois. La même obligation

72 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


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s’applique aux garanties émises par l’État. Ce critère fait l’objet d’un suivi permanent de la part des
autorités et toute signature ou garantie de dette doit être immédiatement signalée au FMI.

AUTRES OBJECTIFS QUANTITATIFS INDICATIFS

G. Recettes non pétrolières

44. Un plancher pour les recettes non pétrolières, tel que défini au paragraphe 7, est défini
comme un objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF.

H. Accumulation d’arriérés intérieurs de paiement

45. Un plafond pour les accumulations nettes d’arriérés intérieurs est défini comme un objectif
indicatif dans le tableau 1 du MPEF. Les arriérés intérieurs de paiement couverts par le Trésor sont
définis au paragraphe 19 et ne comprennent pas la dette flottante non structurée non couverte par
le Trésor. À titre d’exception, à fin septembre 2023 et fin décembre 2023, ce plafond inclura les
paiements en cours définis comme des soldes payables à moins de 90 jours au paragraphe 19.

I. Dépenses sociales

46. Un plancher pour les dépenses sociales conformément au paragraphe 11 est défini
comme un objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF. Ces dépenses feront l’objet d’un suivi régulier
dans le cadre de la mise en œuvre du programme.

Dates limites pour la communication d’informations

47. Les données relatives à la situation financière de l’État, telles que présentées dans le tableau
des opérations financières de l’État, la liste détaillée des recettes mettant en évidence les recettes
pétrolières, les arriérés intérieurs de paiement et l’état d’exécution des dépenses sociales doivent
être communiquées dans les six semaines suivant la fin du mois, à l’exception des données relatives à
la fin du mois de décembre, comme indiqué au paragraphe 25.

J. Part des dépenses exceptionnelles dans les dépenses totales autorisées,


dette non comprise

48. Un plafond pour la part des dépenses exceptionnelles dans le total des dépenses
autorisées dette non comprise est défini comme objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF. Ce
critère sera calculé sur la base du rapport entre les dépenses exceptionnelles (dépenses, non compris
le service de la dette payé sans autorisation préalable, y compris les avances de trésorerie et les
engagements provisionnels) et les dépenses totales autorisées, service de la dette non compris, qui
sont financées sur le marché intérieur (notamment les salaires). Les dépenses exceptionnelles feront
l’objet d’un suivi régulier dans le cadre de la mise en œuvre du programme.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 73


CAMEROUN

Dates limites pour la communication d’informations

49. Les états comptables mensuels indiquant le montant des avances de trésorerie, des
engagements budgétaires provisionnels et des fonds avancés doivent être communiqués aux
services du FMI dans les trois semaines suivant la fin de chaque mois. Les dépenses autorisées
présentées dans le tableau M1 du tableau des opérations financières de l’État seront utilisées pour
calculer ce ratio.

K. Avances de trésorerie sans dotation budgétaire

50. Un plafond pour les avances du Trésor sans allocation budgétaire est défini comme un
objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF et sera testé sur une base trimestrielle. Les avances du
Trésor sont définies au paragraphe 21.

Dates limites pour la communication d’informations

51. Les états comptables mensuels indiquant le montant des avances du Trésor doivent être
communiqués aux services du FMI dans les six semaines suivant la fin de chaque mois.

OBLIGATIONS DE TRANSMISSION DES DONNÉES

52. Les données quantitatives sur les objectifs quantitatifs et indicatifs de l’État seront
communiquées aux services du FMI selon la périodicité décrite dans le tableau 1 ci-dessous. En
outre, toutes les révisions de données seront communiquées rapidement aux services du FMI. Les
autorités s’engagent à communiquer aux services du FMI toute information ou donnée non
spécifiquement abordée dans le présent protocole d’accord technique, mais qui est nécessaire à la
mise en œuvre du programme, et à tenir les services du FMI au courant de la situation en ce qui
concerne la réalisation des objectifs du programme.

74 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : Résumé des obligations de communication de données

Institution Délai
Fréquence
Informations responsable d’établissement
des données
des rapports

Finances publiques

La situation résumée des Opérations du Trésor


Ministère des
(SROT), notamment l’état des ordres impayés
finances Mensuelle 6 semaines
de plus de 90 jours ou de moins de 90 jours,
(MINFI)/DGTC
ainsi que l’état des comptes correspondants.

Le tableau des opérations financières de l’État


(TOFE) et les tableaux annexes habituels ; (les
6 semaines, sauf
données sur l’exécution des investissements
pour la fin
financés par des dons et des prêts extérieurs
décembre pour
doivent être disponibles en temps opportun
laquelle les
afin que les objectifs quantitatifs du
MINFI/DP Mensuelle données seront
programme puissent être déterminés en temps
communiquées au
utile. Si les informations sur l’exécution
plus tard le 15
physique des projets financés par des fonds
mars de l'année
extérieurs ne sont pas disponibles, les
suivante.
informations sur les demandes de tirages de
fonds auprès des donateurs seront utilisées).
Financement du budget intérieur (crédit
bancaire net à l’État, stock de bons et
d’obligations du Trésor en attente de
MINFI/BEAC Mensuelle 6 semaines
remboursement, état du remboursement de la
dette intérieure, recettes de privatisation et
créances abandonnées).
Ministère de
État d’exécution des dépenses sociales définies l’économie et
Mensuelle 6 semaines
au paragraphe 11. des finances
(MINEFIN)/DGB

État de remboursement de la dette intérieure. MINFI/CAA Mensuelle 6 semaines

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 75


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : Résumé des obligations de communication de données (suite)


4 semaines
La signature ou la
garantie de la
Statistiques de la dette extérieure contractée et dette extérieure,
garantie (liste détaillée du service de la dette ainsi que
extérieure échu/payé, liste des nouveaux prêts l’apparition
MINFI/CAA Mensuelle
précisant les conditions financières, des prêts d’arriérés de
garantis et des arriérés extérieurs, et liste des paiements
contrats en cours de négociation). extérieurs, doivent
être
immédiatement
signalées au FMI.
Prévisions et paiements réels mensuels du
service de la dette structurée bancaire et non MINFI/CAA Mensuelle 6 semaines
bancaire
Rapport mensuel de suivi des appels de fonds
CAA/MINEPAT Mensuelle 4 semaines
et des décaissements effectifs.
MINFI/Ministèr
e de
l’économie, de
Données sur la mise en œuvre du programme
la planification
d’investissement public, notamment une liste Trimestrielle 6 semaines
et du
détaillée des sources de financement.
développement
régional
(MINEPAT)/CAA
Des états comptables mensuels indiquant le
montant des avances de trésorerie, des fonds
d’avance et le solde des engagements
MINFI Mensuelle 6 semaines
budgétaires provisionnels.
États comptables mensuels indiquant le
montant des avances de trésorerie sans MINFI Mensuelle 6 semaines
allocation budgétaire
Publier la structure des prix des produits Première semaine
MINFI/CSPH Mensuelle
pétroliers. du mois en cours

76 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : Résumé des obligations de communication de données (suite)

Prix, consommation et taxation des produits


pétroliers, notamment : i) la structure actuelle
des prix pour le mois en question ; ii) le calcul
détaillé de la structure des prix basé sur le prix
franco à bord pour obtenir le prix de détail ; iii)
les volumes achetés et distribués pour la
consommation par le distributeur de pétrole
MINFI/CTR/CSP
(SONARA et négociants), avec la distinction Mensuelle 6 semaines
H
entre les ventes au détail et les ventes aux
industries ; et iv) une ventilation des recettes
fiscales sur les produits pétroliers – droits de
douane, taxe d’accise sur les produits pétroliers
(TSPP) et taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – et le
soutien à la raffinerie, ainsi que la situation des
manques à gagner et des trop-perçus.
Fournir des prévisions de recettes pour la
Direction générale des impôts, la Direction
générale des douanes et la Direction générale
DGI, DGD, DGB Mensuelle 6 semaines
du budget par type d’impôt sur une base
annuelle et sur une base mensuelle, ainsi que le
résultat par rapport aux prévisions.

Solde des remboursements de TVA (demandes


de remboursement, paiements effectués et état MINFI/DGI Mensuelle 6 semaines
du compte des remboursements de TVA).

Rapports trimestriels conjoints de collaboration


DGI/DGD indiquant notamment les résultats en
DGI/DGD Trimestrielle 6 semaines
termes d’identification de la fraude et de
perception de recettes supplémentaires.

La situation de la SNH, notamment les volumes


exportés, les prix, les taux de change, les coûts
des opérations, les interventions directes, les MINFI
engagements envers l’État, le solde transférable Trimestrielle 6 semaines
au Trésor.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 77


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : Résumé des obligations de communication de données (suite)

Inclure le montant total des recettes pétrolières


de la compagnie pétrolière nationale SNH et
des interventions directes dans le tableau MINFI
mensuel des opérations financières de l'État Mensuelle 6 semaines
(TOFE).

Extrait comptable et budgétaire indiquant l'état


des paiements des factures de l’État aux
MINFI
entreprises de service public (ENEO, Trimestrielle 6 semaines
CAMWATER, CAMTEL, SONARA CAMPOST, SIC)

Publication du rapport trimestriel sur


MINFI Trimestrielle 8 semaines
l’exécution du budget

Indicateurs de résultats fiscaux tels qu’indiqués


MINFI/DGI Trimestrielle 6 semaines
dans le tableau 2

Secteur monétaire

Bilans consolidés des institutions monétaires BEAC Mensuel 6 semaines

Données provisoires de l’enquête monétaire


BEAC Mensuel 6 semaines
intégrée
Données finales de l’enquête monétaire
BEAC Mensuel 10 semaines
intégrée
Position nette de l’État. BEAC Mensuel 6 semaines
Situation du solde du compte spécial des
BEAC Mensuel 6 semaines
avances statutaires non décaissées
Le taux directeur et les taux d’intérêt créditeur
BEAC Mensuel 6 semaines
et débiteur
Balance des paiements
Données annuelles préliminaires de la balance
MINFI Annuel 9 mois
des paiements.
Statistiques du commerce extérieur. MINFI/INS Mensuel 6 semaines
Toute révision des données de la balance des
paiements (notamment les services, les
BEAC/MINFI Sur la révision 2 semaines
transferts privés, les transferts officiels et les
transactions en capital).

78 FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL


CAMEROUN

Tableau 1. Cameroun : Résumé des obligations de communication de données (fin)


Secteur réel
Comptes nationaux provisoires et toute
INS Annuel 6 mois
révision des comptes nationaux.
Comptes nationaux trimestriels. INS Trimestrielle 3 mois
Indices des prix à la consommation désagrégés
INS Mensuel 4 semaines
pour les villes de Douala et Yaoundé
Indices des prix à la consommation ventilés par
INS Mensuel 6 semaines
ville, par produit et au niveau national.
Réformes structurelles et autres données
Tout rapport officiel ou étude consacré à
l’économie camerounaise, à partir de sa date MINEPAT 2 semaines
de publication ou de finalisation.
Toute décision, décret, loi, arrêté ou circulaire
ayant des implications économiques ou MINFI/MINEPA
2 semaines
financières, à compter de sa date de T
publication ou de sa date d’entrée en vigueur.
Rapport sur l’exécution des dépenses du Deux fois par
MINFI/DGB 3 mois
compte d’affectation spéciale (CAS) COVID-19 an
CAS-COVID-19 Rapport d’audit des dépenses MINFI/DGB Annuellement 6 mois
Données sur les interventions de la SNH MINFI/DGB Trimestrielle 6 semaines

Tableau 2. Cameroun : Indicateurs de résultats fiscaux


Impôts Nombre de Nombre total de
contribuables actifs contribuables
DGE - TVA
Direction Impôt sur les sociétés
des grandes Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux
entreprises Déductions salariales
CIMES - TVA
Centre des
Impôt sur les sociétés
impôts sur
Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux
les
Déductions salariales
moyennes
entreprises
CDI - Impôt sur les sociétés
Centre fiscal Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux
divisionnaire Déductions salariales
Retenue à la source

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL 79


Déclaration du représentant des services du FMI à l’issue
de la réunion du conseil d’administration sur le Cameroun
Le 29 juin 2023

1. La présente déclaration contient des informations qui sont devenues


disponibles depuis la publication du rapport des services du FMI. Ces informations
ne modifient pas l’orientation de l’évaluation effectuée par les services du FMI.

2. La mesure préalable relative à la soumission au Parlement de la loi de


finances rectificative de 2023 a été prise. La loi de finances rectificative a été présentée
le 19 juin 2023 et est compatible avec le solde budgétaire primaire hors pétrole et les
principaux paramètres budgétaires de l’actuel programme au titre de la FEC et du
MEDC.

3. Au 23 juin 2023, le Cameroun a été identifié comme une juridiction


présentant des défaillances stratégiques en matière de lutte contre le blanchiment
de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) par le Groupe d’action
financière (GAFI), l’organisme mondial de référence en matière de LBC/FT. Le
Cameroun s’est engagé à exécuter un plan d’action pour remédier rapidement aux
insuffisances recensées dans le récent rapport d’évaluation mutuelle du Groupe d’action
contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC). Les principaux éléments
du plan d’action concernent la connaissance des risques de blanchiment de capitaux et
de financement du terrorisme, l’application des mesures préventives de LBC/FT par les
entités déclarantes, la surveillance de la LBC/FT et la répression de l’infraction de
blanchiment de capitaux. Les services du FMI sont prêts à soutenir le Cameroun par le
biais du développement des capacités.
Déclaration de MM. Sylla, N’Sonde et Diakite concernant la réunion
du conseil d’administration consacrée au Cameroun
Le 29 juin 2023

I. Introduction
Au nom des autorités camerounaises, que nous représentons, nous souhaitons remercier le
conseil d’administration, la direction et les services du FMI pour leur appui constant aux
initiatives du Cameroun visant à préserver la stabilité macroéconomique du pays et à mettre
en œuvre des réformes essentielles dans le cadre du plan de redressement après la COVID-
19 et de la stratégie nationale de développement 2020–30 (SND 30).
Elles saluent les entretiens constructifs avec le directeur général adjoint du FMI,
K. Okamura, qui se sont tenus à Yaoundé en mars 2023, et avec les services du FMI dans le
cadre des quatrièmes revues des programmes au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et
du mécanisme élargi de crédit (MEDC).
L’économie camerounaise continue d’évoluer dans un environnement intérieur et
extérieur défavorable, marqué notamment par une situation difficile sur le plan de la
sécurité, le durcissement des conditions financières mondiales et la volatilité accrue des
cours internationaux du pétrole. La mise en œuvre et les résultats du programme ont été
en partie freinés par ces obstacles. Néanmoins, tous les critères de réalisation quantitatifs
(CRQ), à une exception près, deux des cinq objectifs indicatifs (OI) et deux des quatre
repères structurels (RS) pour la période considérée ont été atteints. Les autorités ont pris des
mesures correctives pour accélérer la stabilisation macroéconomique et la mise en œuvre des
réformes. Elles maintiennent leur engagement à l’égard des objectifs du programme et
continueront à apporter des réponses en faveur des populations vulnérables qui ont subi de
plein fouet les chocs, à soutenir la croissance et, au niveau régional, à contribuer à
l’amélioration de la balance des paiements et à l’accumulation de réserves.
II. Évolution récente de l’économie et perspectives
La reprise économique s’est poursuivie en 2022, mais plus lentement que prévu. La
croissance du PIB réel est estimée à 3,8 %, contre 3,6 % en 2021, grâce au dynamisme des
secteurs de l’industrie agroalimentaire et des services. L’inflation moyenne a atteint 6,3 %
en décembre 2022, du fait de la hausse des prix des produits alimentaires.
2

Les chocs extérieurs et la riposte des autorités ont pesé sur les finances publiques,
tandis que la croissance et les mesures d’assainissement budgétaire ont amélioré la
situation budgétaire. Sous l’effet de l’augmentation des recettes pétrolières et des bons
résultats sur le plan des recettes non pétrolières, le déficit budgétaire global est tombé à
1,1 % du PIB, contre 3 % en 2021. Cependant, le gonflement des dépenses courantes, en
particulier pour les subventions aux carburants, devrait maintenir le déficit primaire hors
pétrole à 3,9 % du PIB, soit une amélioration par rapport aux prévisions initiales. La dette
publique est passée de 46,8 % du PIB fin 2021 à 45,5 % fin 2022, grâce à l’accélération de
la croissance et au resserrement de la politique budgétaire.
La position extérieure s’est améliorée en 2022 sur fond de termes de l’échange
favorables et de dépréciation du taux de change effectif réel. Malgré la hausse de
l’inflation et des prix à l’importation, le déficit des transactions courantes (dons compris)
devrait s’être réduit à 1,8 % du PIB, contre 4 % du PIB en 2021.
Les perspectives économiques à moyen terme du Cameroun restent positives malgré les
incertitudes liées au contexte extérieur. La croissance du PIB réel devrait atteindre 4 % en
2023 et 4,4 % en moyenne à moyen terme, grâce au dynamisme des secteurs primaire
(industrie agroalimentaire et sylviculture) et tertiaire, et à la faveur de la hausse de la
production d’hydrocarbures.
À moyen terme, l’inflation devrait tomber en dessous du taux de convergence de 3 % fixé
par la CEMAC. Le déficit des transactions courantes devrait se maintenir autour de 3 % du
PIB à moyen terme, grâce notamment à la trajectoire d’assainissement budgétaire, à la mise
en œuvre effective des programmes de promotion des exportations non pétrolières, aux
mesures de substitution des importations et à l’intégration régionale. Les règles de la
CEMAC en matière de change permettront de rapatrier une plus grande part des recettes
d’exportation, de limiter les sorties illicites de capitaux et d’augmenter le niveau régional de
réserves de change.
II. Résultats du programme appuyé par la FEC/le MEDC
Les résultats du programme ont été limités par des conditions difficiles tant sur le plan
intérieur qu’extérieur. Tous les CRQ à fin décembre 2022 ont été respectés, à l’exception
du CRQ continu sur la non-accumulation d’arriérés de paiements extérieurs. Le défaut de
réalisation de ce critère est temporaire et n’a pas d’incidence majeure, et s’explique par des
dépenses effectuées sur procédures exceptionnelles, notamment pour la sécurité, et par des
problèmes de gestion de la trésorerie qui ont entraîné des retards dans le paiement du service
de la dette à certains créanciers. Les autorités ont pris des mesures pour remédier aux OI
manqués, en particulier pour améliorer le suivi des dépenses liées aux interventions directes
de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et pour réduire au strict minimum les
dépenses relevant de procédures exceptionnelles.
Les autorités ont continué à avancer dans la mise en œuvre des réformes structurelles.
Deux des quatre RS pour mars et avril 2023 ont été satisfaits dans les délais impartis, à
savoir la publication du rapport sur les dépenses liées à la pandémie de COVID-19 en 2021,
et la publication du plan d’action visant à renforcer les institutions supérieures de contrôle
des finances publiques. En outre, les autorités ont déjà atteint deux RS attendus pour la
cinquième revue, à savoir l’augmentation de 13 500 à 14 850 du nombre d’assujettis à la
TVA et la publication du cadre juridique et réglementaire pour les partenariats public-privé
(PPP). Les autorités veilleront à mettre en œuvre les mesures structurelles qui ont été
reportées.
3

III. Politique macroéconomique et réformes structurelles à moyen terme


En vue d’accélérer la transformation économique du Cameroun et sa progression vers le
statut de pays émergent conformément à la SND-30, les autorités sont résolues à maintenir
une trajectoire de rééquilibrage budgétaire compatible avec leurs objectifs de croissance.
Elles entendent créer l’espace budgétaire nécessaire aux investissements productifs
prioritaires et à la protection sociale. Conformément aux objectifs du programme et aux
critères de convergence de la CEMAC, leur visée sera de ramener le déficit budgétaire global
(sur la base ordonnancements, dons compris) et le déficit primaire hors pétrole à des niveaux
soutenables à court et à moyen terme, et de maintenir la dette publique sur une trajectoire
viable. Les priorités resteront la mobilisation des recettes intérieures non pétrolières, la
rationalisation des dépenses publiques et l’amélioration de l’efficacité des investissements
publics.
Politique et réformes budgétaires
En ce qui concerne les recettes, la Direction générale des impôts (DGI) poursuivra les
réformes de la politique et de l’administration fiscales destinées à élargir l’assiette fiscale. Il
s’agira de remédier aux difficultés liées au volume des dépenses fiscales, à l’envergure du
secteur informel et au faible rendement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. La
DGI continuera à donner suite aux recommandations de l’étude diagnostique de la politique
fiscale menée en 2022 avec l’appui du FMI. La Direction générale des douanes (DGD)
poursuit également un programme à moyen terme axé sur la mobilisation des recettes,
notamment par le renforcement et la dématérialisation des contrôles et par l’extension de la
plateforme de paiement électronique à tous les services douaniers. Une collaboration plus
étroite entre la DGI et la DGD pour accroître le nombre de contribuables enregistrés figure
parmi les priorités de la stratégie de mobilisation des recettes. Enfin, les autorités cibleront
les secteurs de l’extraction et de la sylviculture, qui peuvent jouer un grand rôle dans la
relance de la croissance économique et dans l’augmentation des recettes fiscales.
En ce qui concerne les dépenses, les autorités continueront à améliorer la transparence et la
gestion des dépenses courantes, avec notamment une étude actuarielle pour renforcer le
régime des retraites et réduire les risques quasi budgétaires. S’agissant des subventions aux
carburants, les autorités jugent que cette option ne peut être maintenue à long terme et que
les subventions ne sont pas toujours destinées aux groupes les plus vulnérables. En
conséquence, les prix des carburants ont été augmentés en février 2023. Les autorités
comptent réduire progressivement les subventions aux carburants et en assurer la viabilité en
revoyant la structure des prix des carburants. Elles étudient des options à moyen terme pour
permettre un ajustement automatique des prix intérieurs des carburants aux fluctuations des
cours internationaux. Des mesures seront prises en parallèle pour atténuer les incidences
négatives de ces réformes, notamment en renforçant les dispositifs de protection sociale et en
améliorant l’accès aux services publics tels que l’éducation et la santé. Les priorités seront
plus clairement définies pour les autres subventions publiques, notamment celles accordées
aux entreprises d’État. Lors de l’étude diagnostique de chaque entreprise publique, les
autorités évalueront les subventions afin de réduire celles accordées aux entreprises moins
performantes. Tous les prix approuvés ou administrés feront l’objet d’une analyse qui sera
achevée en novembre 2023, dans la perspective d’une libéralisation des prix si nécessaire.
Les autorités poursuivront les réformes en cours de la gestion des finances publiques (GFP)
dans d’autres domaines clés, sur la base notamment du rapport sur les dépenses publiques et
la responsabilité financière (PEFA) qui devrait être achevé en août 2023 et guider un
nouveau plan de réforme des finances publiques pour la période 2024–27. Les principales
réformes de la GFP ont pour objectif d’améliorer les projections des dépenses publiques,
d’aligner les engagements sur les plans du Trésor afin d’éviter l’accumulation d’obligations
4

impayées et de transférer les comptes du secteur public sur le compte unique du Trésor
(CUT). En outre, les autorités poursuivront les réformes pour accroître l’efficacité des
projets d’investissement public en améliorant leur sélection, leur planification et leur
exécution, sur la base des recommandations de l’évaluation de la gestion des investissements
publics (PIMA). L’amélioration de la gestion et de la gouvernance des entreprises publiques
est primordiale pour assurer une meilleure prestation des services publics et limiter les
risques budgétaires.
Les autorités restent vigilantes face aux risques liés à la viabilité de la dette. Leur action
à cet égard consiste à restreindre le recours à de nouveaux emprunts extérieurs et à
privilégier, dans la mesure du possible, les prêts concessionnels. Les prêts non
concessionnels seront limités au financement de projets prioritaires, rentables, ayant des
retombées socioéconomiques avérées et pour lesquels aucun financement concessionnel
n’est disponible. Le Comité national de la dette publique (CNDP) conservera un rôle actif
dans la gestion de la dette et approuvera toutes les propositions relatives à la dette publique
et les demandes de garanties de l’État. En outre, l’apurement des arriérés intérieurs dans le
secteur public reste un sujet de préoccupation.
Réformes structurelles, gouvernance et changement climatique
Pour tirer parti du formidable potentiel de croissance du Cameroun, les autorités
poursuivront les réformes de grande envergure visant à accélérer la croissance portée
par le secteur privé et la diversification de l’économie. Des consultations régulières sont
menées avec le secteur privé afin de surmonter les obstacles à son développement et
d’engager des réformes efficaces en matière d’incitation. Les autorités établiront un plan
d’action comportant des mesures pour supprimer les exonérations fiscales accordées aux
entreprises et promouvoir une concurrence loyale entre les opérateurs économiques des
secteurs autres que l’agriculture, l’élevage et la pêche. Conscientes de la position
économique de premier plan du Cameroun dans la région, les autorités continueront à
soutenir les initiatives régionales visant à faciliter les échanges, conformément à la priorité
accordée à l’intégration régionale par les chefs d’État de la CEMAC et à la stratégie
nationale pour la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).
Parmi les grands objectifs à atteindre figurent la mise en réseau des systèmes d’information
douaniers et la poursuite de la simplification des procédures et des formalités administratives
pour les échanges internationaux.
Les autorités sont déterminées à remédier aux facteurs de vulnérabilité de leur cadre
de gouvernance et de lutte contre la corruption. Elles continuent de respecter leurs
engagements en matière de gouvernance au titre de la facilité de crédit rapide (FCR), comme
en témoigne la publication du rapport sur les dépenses liées à la COVID-19 en 2021. De
plus, les autorités mettront en œuvre le plan d’action relatif à l’amélioration des cadres de
préparation, de publication et de suivi des audits des dépenses publiques. Elles envisagent à
cet égard d’apporter un appui aux institutions concernées, notamment à la Chambre des
comptes de la Cour suprême.
En outre, sur la base de l’étude diagnostique de la gouvernance effectuée avec l’assistance
technique du FMI, les autorités entendent remédier aux faiblesses dans les domaines qui ont
une incidence sur l’activité économique, tels que la gouvernance fiscale, la supervision du
secteur financier, la réglementation du marché des biens et des services, l’État de droit et la
lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Les
autorités poursuivront leur collaboration avec les organismes internationaux compétents en
matière de normes de transparence et d’intégrité financières, en particulier dans le cadre de
l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), du Groupe d’action contre
le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et du Groupe d’action financière sur
5

le blanchiment de capitaux (GAFI). Sur ce dernier point, les autorités s’engagent à accélérer
la mise en œuvre du plan d’action du Groupe d’examen des questions de coopération
internationale (ICRG) du GAFI en vue de faire sortir le Cameroun de la liste des pays
présentant des défaillances stratégiques en matière de LBC/FT.
Une reprise économique forte et inclusive passe également par un renforcement de
l’inclusion financière. Dans le cadre de l’initiative régionale, les autorités ont défini leur
stratégie d’inclusion financière pour la période 2023–27. Celle-ci porte notamment sur
l’amélioration de la qualité, de la disponibilité et de l’accessibilité des produits et services
financiers ; un accès facilité au financement pour les chaînes de valeur et les PME agricoles ;
la promotion de l’innovation et de la finance numérique ; la protection des consommateurs et
la promotion de l’éducation financière. En collaboration avec la COBAC, l’organe de
supervision régional, les autorités poursuivent la résolution de deux banques et devraient
conclure le processus de mise en œuvre des plans de restructuration en juillet 2023. La
procédure de privatisation de la troisième banque devrait également être achevée d’ici un an.
Les mesures relatives au changement climatique restent une priorité pour le Cameroun.
La SND-30 a pour objectifs d’atténuer les effets du changement climatique, de renforcer
l’adaptation et la résilience du pays et d’assurer une gestion durable de l’environnement. Les
autorités prévoient d’intégrer la dimension du changement climatique dans la formulation du
budget, y compris dans le programme d’investissement public. Avec le concours du FMI,
elles procéderont à l’évaluation de la gestion des investissements publics face aux risques liés
au changement climatique (C-PIMA), ce qui permettra d’améliorer les capacités
institutionnelles et les processus de construction d’infrastructures à faible taux d’émission et
résistantes au changement climatique.

IV. Conclusion
Les autorités camerounaises, que nous représentons, sont déterminées à accélérer la
transformation économique du pays conformément à la SND-30 et à préserver la stabilité
macroéconomique et la stabilité extérieure de la CEMAC. Elles restent résolues à poursuivre
des politiques macroéconomiques saines et des réformes structurelles, notamment dans les
domaines essentiels de la gestion des finances publiques, de la dette, de la gouvernance et de
l’environnement des affaires.
Compte tenu des progrès accomplis dans le cadre du programme et des mesures
rectificatives prises pour en améliorer les résultats, les autorités sollicitent l’appui des
administrateurs pour l’achèvement des quatrièmes revues au titre des accords FEC et
MEDC, ainsi que pour leurs demandes de dérogation pour non-respect d’un critère de
réalisation et de modification de critères de réalisation.

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