1CMRFA2023002
1CMRFA2023002
CAMEROUN
QUATRIÈMES REVUES DE L’ACCORD AU TITRE DE LA
Juillet 2023 FACILITÉ ÉLARGIE DE CRÉDIT ET DE L’ACCORD AU
TITRE DU MÉCANISME ÉLARGI DE CRÉDIT, ET
DEMANDES DE DÉROGATION POUR L’APPLICABILITÉ
DE CRITÈRES DE RÉALISATION ET DE MODIFICATION
DE CRITÈRES DE RÉALISATION— COMMUNIQUE DE
PRESSE, RAPPORT DES SERVICES DU FMI, ET
DECLARATION DE L’ADMINISTRATEUR POUR LE
CAMEROUN
Dans le cadre des QUATRIÈMES REVUES DE L’ACCORD AU TITRE DE LA FACILITÉ ÉLARGIE
DE CRÉDIT ET DE L’ACCORD AU TITRE DU MÉCANISME ÉLARGI DE CRÉDIT, ET DEMANDES
DE DÉROGATIONS POUR L’APPLICABILITÉ DE CRITÈRES DE RÉALISATION ET DE
MODIFICATION DE CRITÈRES DE RÉALISATION, les documents suivants ont été publiés et
inclus dans le présent dossier :
• le rapport des services du FMI établi par une équipe des services du FMI en vue de
son examen par le conseil d’administration le 29 juin 2023. Ce rapport a été établi à
l'issue des entretiens avec les autorités camerounaises qui ont pris fin le 17 mai 2023
et qui ont porté sur l'évolution et les politiques économiques du pays qui sous-
tendent l’accord conclu avec le FMI au titre de la facilité élargie de crédit. La rédaction
du rapport des services du FMI, qui repose sur les informations disponibles au
moment de ces entretiens, a été achevée le 16 juin 2023.
La politique de transparence du FMI autorise la suppression, dans les rapports des services
du FMI et autres documents publiés, d’informations délicates au regard des marchés et
d’informations qui divulgueraient de façon prématurée les intentions de politique
économique des autorités.
• Le conseil d’administration du FMI a approuvé les quatrièmes revues des accords au titre
de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC) avec le
Cameroun. Cette approbation ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 73,6
millions de dollars.
Les perspectives à moyen terme demeurent positives, sous réserve de la poursuite des
réformes et d’un l’environnement extérieur plus favorable. La croissance prévue du PIB réel
devrait atteindre 4 % en 2023 et s’établir en moyenne à 4,4 % à moyen terme. Cette
amélioration est due à l’agro-industrie, la sylviculture, et au secteur des services, ainsi qu’à la
production de gaz naturel liquéfié, qui devrait partiellement contrebalancer la baisse de la
production pétrolière. L’inflation devrait redescendre en dessous de 3 % à moyen terme.
2
« Les résultats obtenus par le Cameroun dans le cadre du programme sont mitigés. Le critère
de réalisation quantitatif relatif à l’accumulation d’arriérés extérieurs a encore connu des
dépassements mineurs et provisoires au début de l’année 2023 et, à plusieurs reprises, trois
des cinq objectifs indicatifs du programme n’ont pas été atteints. Si le rythme des réformes
structurelles demeure lent, les autorités ont fait des progrès louables dans certains domaines
essentiels comme la gouvernance et l’administration des revenus. La poursuite de mise en
œuvre de mesures correctives sera indispensable pour atteindre les objectifs manqués et
accélérer les réformes.
« Cependant, des mesures additionnelles sont nécessaires pour améliorer le climat des
affaires, notamment pour renforcer la stabilité du secteur financier et favoriser l’inclusion. De
telles mesures devraient être accompagnées d'actions visant à renforcer la gouvernance, la
transparence, et le cadre de lutte contre la corruption, notamment en remédiant aux lacunes
identifiées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme (LBC/FT) soulignées par le Groupe d'action financière (GAFI). "
3
Tableau 1. Cameroun : principaux indicateurs économiques et financiers, 2021–28
Monnaie et crédit
Monnaie au sens large (M2) 17,2 11,4 11,4 8,1 9,0 8,0 7,2 7,0 7,0 7,0
Avoirs extérieurs nets 1/ 4,3 7,7 7,7 1,0 2,9 0,7 1,7 2,0 1,4 1,9
Avoirs intérieurs nets 1/ 12,9 3,6 3,6 7,0 6,1 7,3 5,5 5,0 5,7 5,1
Crédit intérieur au secteur privé 9,7 13,6 13,6 8,8 10,4 9,2 7,6 7,0 7,0 7,0
Secteur extérieur
Balance commerciale -1,1 0,4 0,1 -1,3 -1,4 -1,6 -1,4 -1,6 -1,7 -1,8
Exportations de pétrole 4,9 7,1 7,8 5,4 5,2 4,5 4,2 3,7 3,3 2,9
Exportations hors pétrole 8,3 8,9 8,0 8,0 8,2 8,0 8,1 8,2 8,3 8,5
Importations 14,4 15,7 15,6 14,7 14,8 14,1 13,8 13,5 13,2 13,2
Solde des transactions courantes
Dons officiels non compris -4,2 -2,2 -2,2 -3,2 -3,3 -3,1 -2,9 -2,9 -3,0 -3,0
Dons officiels compris -4,0 -1,6 -1,8 -2,8 -2,9 -3,0 -2,7 -2,9 -2,9 -3,0
Termes de l’échange 9,4 3,6 -6,8 -8,4 -7,6 -1,6 0,2 -4,0 -4,1 -4,1
Dette publique
Encours de la dette publique 46,8 46,4 45,5 42,8 43,2 41,1 38,8 37,3 36,2 35,2
dont : dette extérieure 31,7 32,7 30,9 30,5 30,7 29,7 28,7 28,2 27,8 27,8
Entretiens. Les entretiens de la quatrième revue au titre de la FEC/du MEDC ont été centrés
sur les mesures de politique macroéconomique essentielles pour gérer les chocs actuels,
stimuler la croissance du pays et accroître sa résilience. Ils ont porté principalement sur :
i) le maintien d’une trajectoire de rééquilibrage budgétaire sans compromettre la croissance ;
ii) la réduction progressive de la subvention aux combustibles et l’atténuation de l'impact que
cela aura sur les personnes les plus vulnérables ; iii) l'amélioration de la mobilisation des
recettes non pétrolières ; iv) des mesures correctives visant à remédier aux problèmes
persistants de gestion des finances publiques qui font obstacle aux résultats budgétaires ;
v) l’amélioration de la qualité et de l’efficience des dépenses ; le renforcement de la
gouvernance, de la transparence et des efforts de lutte contre la corruption et vii) la libération
du potentiel de croissance du Cameroun et le renforcement de sa résilience, notamment
grâce à des réformes du secteur financier et des mesures relatives à la lutte contre les
changements climatiques.
Les résultats du programme sont mitigés. Tous les critères de réalisation quantitatifs (CRQ)
ont été observés à fin décembre 2022, sauf un. Le CRQ relatif à la non-accumulation d’arriérés
extérieurs a connu de nouveaux dépassements mineurs et temporaires début 2023 (en plus
des dépassements temporaires et mineurs de fin 2022 signalés dans la dernière revue) en
CAMEROUN
raison des dépenses effectuées dans le cadre de procédures exceptionnelles, notamment des
avances de trésorerie, et des problèmes de gestion de trésorerie. Trois des cinq objectifs
indicatifs (OI) n’ont pas été atteints, à savoir les plafonds fixés sur l’accumulation nette
d’arriérés de paiements intérieurs, les interventions directes de la Société nationale des
hydrocarbures (SNH) et la part des dépenses sur procédures exceptionnelles. Les mesures
correctives adoptées pour résoudre les questions fondamentales incluent un nouvel objectif
indicatif et un nouveau repère structurel (RS). Sur les quatre RS de la quatrième revue, deux
ont été respectés : la publication d'un plan d'action pour renforcer les institutions d'audit
(RS7) et la publication du rapport des dépenses de 2021 liées à la COVID-19 (RS8). La
délivrance de l'ordonnance précisant les modalités pour le décret d’octobre 2021 qui régit la
gestion des projets (RS12) a été retardée et reportée à août 2023. La publication des textes
d'application du Code minier (RS4), retardée elle aussi, a été reportée à septembre 2023.
ENTRETIENS _____________________________________________________________________________________ 8
A. Rééquilibrage budgétaire et croissance : création d’un espace budgétaire pour les
investissements productifs et la protection sociale _______________________________________________ 9
B. Réformes budgétaires structurelles ___________________________________________________________ 12
C. Préservation de la viabilité de la dette dans le cadre d’une gestion active ____________________14
D. Renforcement de la bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption ____17
E. Libération du potentiel de croissance du Cameroun et renforcement de sa résilience ________18
GRAPHIQUES
1. Évolution du secteur réel, 2017–23 ____________________________________________________________ 25
2. Évolution budgétaire, 2017–23 ________________________________________________________________ 26
3. Indicateurs de viabilité de la dette _____________________________________________________________ 27
TABLEAUX
1. Principaux indicateurs économiques et financiers, 2021–28 ___________________________________ 28
2a. Opérations de l’administration centrale, 2021–28 ____________________________________________ 29
2b. Opérations de l’administration centrale, 2021–28 ____________________________________________ 30
3. Balance des paiements, 2021–28 ______________________________________________________________ 31
4. Situation monétaire, 2021–28 _________________________________________________________________ 32
5. Capacité à rembourser le FMI, 2023–40 _______________________________________________________ 33
6. Indicateurs de solidité financière, 2015–22 ____________________________________________________ 34
7. Calendrier pour les décaissements et les achats au titre de la FEC et du MEDC, 2021–24______34
8. Besoins et sources de financement extérieur __________________________________________________ 35
ANNEXE
I. Matrice mondiale d’évaluation des risques_____________________________________________________ 36
APPENDICE
I. Lettre d’intention_______________________________________________________________________________ 40
Pièce jointe I. Mémorandum de politique économique et financière ______________________ 43
Pièce jointe II. Protocole d’accord technique_______________________________________________ 62
1
Le Cameroun a récemment été ajouté à la liste des pays fragiles et touchés par des conflits sur la base de plusieurs
indicateurs comme l'insurrection accrue le long de sa frontière, les conflits dans les pays voisins, la mauvaise
gouvernance, l’exclusion sociale, les régions restées à la traîne, le changement climatique et les liens
d’interdépendance en matière de fragilité. Le FMI lance la préparation d’une stratégie de collaboration avec le pays,
évaluant tous les facteurs de fragilité, qui circonstanciera ses activités actuelles et futures au Cameroun.
2 Données sur la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale - Cadre Harmonisé (mars 2023).
après les avoir régulièrement réduites. L’inflation régionale a cependant atteint 6,5 % à fin 2022, sous
l’effet des tensions inflationnistes mondiales de second tour.
4. La position extérieure s’est améliorée en Graphique 1 du texte. Cameroun :
2022 sous l’effet de la hausse des prix du solde des transactions courantes, prix du
pétrole et TCER
pétrole à l’exportation et d’une dépréciation du
taux de change effectif réel (TCER). Il ressort des
estimations que le déficit des transactions
courantes s’établira à 1,8 % du PIB en 2022 (contre
4,0 % en 2021), sous l’effet d’une augmentation
des prix mondiaux des hydrocarbures et d’une
dépréciation du TCER, en dépit de la hausse de
l’inflation et des prix à l’importation.
5. Les résultats budgétaires ont été
marqués à la fois par les évolutions extérieures
et les mesures prises par les autorités.
L’augmentation des recettes pétrolières et le
Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.
niveau élevé des recettes non pétrolières ont
ramené le déficit global de 3 % en 2021 à 1,1 % en 2022. Cependant, cela a été compensé par une
hausse des dépenses courantes sur les subventions aux carburants, et le solde primaire hors pétrole
est resté inchangé en 2022 (3,9 % du PIB).
6. Le Cameroun demeure exposé à un haut risque de surendettement. Les indicateurs de
l’analyse de viabilité de sa dette (AVD) pour 2023 ont fait apparaître une détérioration par rapport à
2022, due principalement aux chocs extérieurs, dont un taux de change plus défavorable et une
révision à la baisse des projections de croissance. Deux indicateurs sur quatre ont dépassé les seuils
du scénario de référence (¶28).
B. Perspectives et risques
7. Les perspectives à moyen terme restent favorables tant que les réformes se
poursuivent et que l’environnement extérieur soit favorable. La croissance du PIB réel devrait
être de 4,0 % en 2023, soit moins que prévu, en raison du retard des contrats pour la production de
gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole. La croissance devrait être de 4,4 % à moyen terme, tirée par
l’agro-industrie, la sylviculture, les services et le secteur du gaz naturel liquéfié, qui compenseront en
partie la baisse de la production pétrolière. L’inflation moyenne pourrait se modérer pour s'établir à
5,9 % à fin 2023 (contre 7,3 % à fin 2022) et devrait tomber sous la barre des 3 % à moyen terme. Le
déficit des transactions courantes devrait diminuer pour se stabiliser autour de 3 % du PIB dans le
moyen terme. Le respect de la réglementation des changes de la CEMAC devrait accroître le
rapatriement des recettes d’exportation et limiter les sorties de capitaux illicites, ce qui permettra de
consolider les réserves de change régionales. Le ratio dette publique/PIB devrait tomber à moins de
40 % en 2025.
• Les services du FMI et les autorités ont convenu que les risques de révision à la baisse des
perspectives sont considérables (matrice d’évaluation des risques, annexe I) dans le court
terme. Il s'agit notamment des risques intérieurs, comme la situation sécuritaire et la lenteur des
réformes, des risques régionaux et des risques mondiaux, dont la récession et la poursuite de la
guerre en Ukraine, la volatilité des prix des hydrocarbures, le durcissement des conditions
financières, les difficultés de refinancement et les chocs climatiques.
• Les risques sont atténués par les bons antécédents du Cameroun en matière de mise en œuvre
des programmes macroéconomiques, ses liens étroits avec les bailleurs de fonds et un vaste
programme de développement des capacités. Les autorités ont en outre souligné les évolutions
favorables liées à l’achèvement prévu de plusieurs grands projets d'infrastructure qui accusaient
un sérieux retard.
C. Exécution du programme
8. Les résultats du programme à fin décembre 2022 étaient mitigés (MPEF, tableau 1).
Tous les critères de réalisation quantitatifs (CQR) ont été observés à fin décembre 2022, sauf un. Le
CQR continu relatif à la non-accumulation d’arriérés extérieurs n’a pas été respecté début 2023, en
raison de retards dans les paiements de service de la dette principalement à Exim Bank Chine, Exim
Bank Turquie et Deutsche Bank Espagne. Si ces dépassements étaient mineurs (0,2 % du PIB) et
temporaires, ils soulignent la nécessité d'améliorer la gestion de trésorerie et de limiter les dépenses
sur procédures exceptionnelles 3. La faiblesse de la gestion de trésorerie, l’augmentation des
subventions aux carburants, les préoccupations quant à la sécurité et dépenses imprévues se sont
traduites par un plus grand recours aux procédures exceptionnelles, à la recrudescence des pressions
sur la liquidité et à une accumulation d’arriérés intérieurs malgré une situation des finances
publiques plus solide. Des préoccupations quant à la sécurité ont entraîné un recours accru aux
interventions directes de la SNH.
9. Les résultats quantitatifs à fin mars 2023 ont également été mitigés. Quatre des neufs
objectifs indicatifs (OI), à savoir le plafond limitant les interventions directes de la SNH, la part des
dépenses sur procédures exceptionnelles et l’accumulation nette d’arriérés de paiements intérieurs et
le plancher sur les dépenses sociales de réduction de la pauvreté (MPEF, tableau 1). La lenteur de
l’exécution du budget au premier trimestre a entraîné un niveau des dépenses sociales inférieures
plus bas que prévu.
10. Les autorités se sont engagées à prendre des mesures correctives face à ces résultats
mitigés. Elles comptent réduire les dépenses sur procédures exceptionnelles et en améliorer le suivi,
notamment en respectant un nouvel objectif indicatif (OI) sur avances de trésorerie sans allocation
budgétaire (¶26, MPEF, tableau 1). De telles avances ne suivent généralement pas la chaîne de
dépenses habituelle, et les paiements sont faits sans engagement ou ordre de paiement de l’organe
autorisé, ce qui complique la gestion de trésorerie et peut créer des problèmes supplémentaires de
liquidité. Le nouvel objectif indicatif vise à limiter ce type de dépenses. En outre, un nouveau repère
structurel sur l’inclusion de l’encours d'arriérés dans la loi de finances (¶26, MPEF, tableau 2) devrait
permettre d’apurer l’encours d'obligations impayées à fin 2022 et de réduire la pression sur le Trésor.
3
Il y a eu des dépassements mineurs et temporaires également fin 2022, comme indiqué dans la dernière revue
(rapport-pays n° 23/114, mars 2023).
S’agissant des interventions directes de la SNH, les autorités ont mis en place un comité chargé
d’assurer le suivi des transactions (rapport-pays n° 23/114, mars 2023) et de soumettre au FMI un
rapport trimestriel sur ces interventions par type de dépenses à compter du premier trimestre de
2023 (MPEF¶31), qui devrait améliorer la transparence en la matière.
11. La mise en œuvre des repères structurels (RS) a continué de progresser (MPEF,
tableau 2).
• Deux RS évalués dans le cadre de la quatrième revue ont été respectés dans les délais prévus. La
Chambre des comptes de la Cour suprême a publié son rapport d’audit sur les dépenses relatives
à la pandémie de COVID-19 engagées en 2021 (RS8, mars 2023). Par ailleurs, les autorités ont
publié un plan d'action visant à renforcer les institutions d’audit suprêmes (RS7, avril 2023).
• La délivrance de l'ordonnance précisant les modalités pour le décret d’octobre 2021 qui régit les
unités de gestion des projets (RS12) a pris du retard et a donc été reportée à août 2023.
• La publication des textes d'application du Code minier (RS4) a également été retardée et
reportée, elle, à septembre 2023.
• Enfin, deux RS fixés pour la cinquième revue ont été respectés : i) le repère structurel 2 sur les
PPP fixé pour fin juin 2023 a été atteint ; et ii) le repère structurel 10 visant à porter le nombre
des contribuables assujettis à la TVA de 13 500 à fin décembre 2022 à 14 850 à fin octobre 2023
a été achevé avant la date prévue. Ayant accusé du retard, le repère structurel 9 sur la
restructuration de la SONARA dont la date d'achèvement prévue était fin juin 2023, a été reporté
à septembre 2023 (¶25).
ENTRETIENS
Les entretiens ont examiné des mesures cruciales sur le plan macroéconomique pour gérer les
chocs actuels et renforcer la croissance et la résilience du Cameroun.
12. Le solde primaire hors pétrole n’a pas dépassé l’objectif du programme à fin 2022,
notamment parce qu'une partie des dépenses liées à la subvention aux carburants a été
reportée à 2023. Avec la poursuite de la reprise économique et l'adoption de mesures relatives à
l'administration des recettes, les recettes non pétrolières ont augmenté d’environ 13 % en 2022,
tandis que les recettes pétrolières ont doublé sous l’effet de la hausse des prix internationaux du
pétrole qui a ramené le déficit budgétaire global de 3 % en 2021 à 1,1 % du PIB en 2022. Cela étant,
la hausse des prix du pétrole a aussi accru le coût budgétaire de la subvention aux carburants en
l’absence d’ajustement des prix intérieurs. Selon les estimations, le coût total de cette subvention
aurait dépassé 900 milliards de francs CFA (3,4 % du PIB) en 2022, contre 600 milliards de francs CFA
(2,2 % du PIB) dans le budget révisé de 2022. Le plancher fixé au solde primaire hors pétrole a
respecté l’objectif du programme (4 % du PIB) en 2022 (tableau 1 du texte, MPEF, tableau 1),
l’augmentation des dépenses au titre des biens et services ayant été compensée par une baisse des
dépenses d’investissement. De plus, environ un tiers du coût de la subvention aux carburants a été
reporté à 2023 car les factures de 2022 de certains importateurs de carburants ont été validées en
2023.
13. Les dépenses dans le cadre de procédures exceptionnelles (notamment les avances de
trésorerie sans crédit budgétaire) et les problèmes de gestion de trésorerie ont entraîné une
accumulation d'obligations de paiements et des retards sur les paiements extérieurs en 2022.
À fin 2022, les obligations intérieures impayées s’élevaient à 1,7 % du PIB, 0,7 % d’entre elles
dépassant le délai de 90 jours (que la CEMAC définit comme des arriérés intérieurs). La part des
dépenses sur procédures exceptionnelles a atteint plus de 10 % du total des dépenses (sachant que
l’objectif du programme était de 4 %), en raison de la sous-estimation des besoins de dépenses et de
la hausse du coût de la sécurité et des subventions aux carburants. Les avances de trésorerie
constituaient une part importante de ces dépenses, correspondant notamment aux paiements des
subventions aux carburants qui, en 2022, représentaient 1,3 % du PIB.
14. À fin mars 2023, les résultats du programme ont été marqués par le niveau élevé des
recettes et la lenteur de l’exécution budgétaire. Au premier trimestre, les recettes pétrolières ont
augmenté de 50 % en glissement annuel et les recettes non pétrolières de 13 %. L’exécution des
dépenses primaires a accusé un retard, ce qui a contribué à la baisse des dépenses consacrées aux
besoins sociaux par rapport à l’objectif du programme pour mars 2023. Le SPHP est donc resté
excédentaire et a dépassé l’objectif du programme.
mesures d’administration des recettes devraient Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.
aider la mobilisation des recettes en 2023. La baisse des projections des cours du pétrole devrait
mobilisation des recettes non pétrolières (environ Dépenses d’équipement 5,0 5,4 0,4
Autres dépenses courantes 8,2 8,3 0,1
0,3 % du PIB) en raison des mesures envisagées dont
Déficit -0,8 -0,6 -0,2
il est question au ¶24 (tableau 2 du texte).
Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI.
19. Les autorités reconnaissent qu'il est nécessaire de progressivement éliminer les
subventions aux carburants qui sont coûteuses et non ciblées. En février 2023, elles ont
augmenté le prix des carburants à la pompe (de 16 % pour l’essence et de 25 % pour le diesel), ce
qui, dans les hypothèses actuelles, ramènerait la subvention aux carburants à 0,5 % du PIB en 2023,
sans compter le report de 2022. Cela dit, il sera nécessaire de procéder à de nouveaux ajustements
du prix de détail des carburants en 2024-25 pour éliminer graduellement les subventions brutes
pendant que les autorités révisent les mécanismes de fixation du prix des carburants et étudient les
options de réforme.
20. Les services du FMI ont recommandé l’instauration d’un mécanisme automatique
d’ajustement du prix des carburants assorti d’un lissage en 2025, ainsi que des mesures
d’atténuation visant les plus vulnérables. Un tel mécanisme protègerait les recettes budgétaires
tout en assurant que l’évolution des prix internationaux des carburants soit pleinement répercutée
sur les prix intérieurs. L’intégration d’un mécanisme de lissage permettrait de limiter la volatilité des
prix dans le court terme. La réforme devra s'accompagner de mesures d’atténuation visant
notamment à élargir la couverture des transferts sociaux, à améliorer l’accès aux services d'éducation
et de santé, à accélérer la restructuration de la SONARA et à réaliser la transition énergétique. Si les
autorités s’inquiètent de la forte volatilité des cours du pétrole et de l’augmentation du coût des
subventions aux carburants, elles n'ont pas encore décidé de mettre en œuvre un mécanisme
d'ajustement automatique des prix du carburant.
21. Les autorités tiennent leur engagement envers les réformes destinées à améliorer
l’efficience des dépenses d'investissement. Ces réformes visent à améliorer la planification et
l’exécution des projets d’investissement, conformément aux recommandations de l’évaluation de la
gestion des investissements publics du FMI. Le gouvernement signera les actes législatifs sur la mise
en œuvre du décret qui définit le suivi des unités de gestion des projets (RS12, avril 2023, reporté à
août 2023). Compte tenu de l’espace budgétaire limité et de la lenteur d’exécution des dépenses en
capital, il est urgent de donner la priorité aux projets qui ont une incidence sur la croissance, les
recettes et la viabilité budgétaire. La hiérarchisation des projets d’investissement permet aussi de
reconduire les dépenses prioritaires tout en maintenant les résultats budgétaires sur une trajectoire
appropriée. De plus, le gouvernement prend des mesures destinées à améliorer la transparence des
pratiques relatives aux marchés publics et prévoit de lancer un système d'information pour permettre
un meilleur suivi de la passation de marchés (nouveau RS14, mai 2024, ¶32).
22. Le secteur de l'électricité au Cameroun a besoin d’être développé, mais l’incidence
budgétaire mérite un examen attentif. Le développement du secteur pourrait permettre de
réaliser des économies budgétaires significatives et de stimuler la croissance dans le moyen terme.
Le secteur bénéficie actuellement de subventions publiques et financièrement autonome n'est pas
encore . En 2022, la subvention au secteur (compensation tarifaire) est estimée à 0,3 % du PIB. Il y a
aussi un coût attendu lié au commencement de l’exploitation de la centrale hydroélectrique de
Nachtigal, qui entraînerait des pertes pour la société de distribution nationale, ENEO, en l’absence
d'infrastructure de transport, un passif conditionnel potentiel pour le budget. La Banque mondiale
prévoit un projet de 300 millions de dollars, pour permettre la construction d'une ligne de transport,
avec des décaissements durant 2024-28. Des travaux sont en cours sur un ensemble de réformes,
dont une hausse tarifaire qui, selon les estimations, devrait générer environ 384 millions de dollars
d’économies à moyen terme.
Mobilisation des recettes non pétrolières
Sources : autorités nationales ; calculs des services du FMI. Sources : autorités nationales ; Perspectives de l’économie
mondiale ; calculs des services du FMI.
24. Les autorités tiennent leur engagement de poursuivre les réformes de la politique
fiscale et de l’administration des recettes. Elles prévoient de réduire peu à peu les exonérations de
l’impôt sur les sociétés à la suite d’un audit de l’application de la loi de 2013 (2013/004) sur les
incitations à l’investissement. Elles envisagent également de prendre les mesures suivantes pour
2024, dans le droit fil des recommandations de l’assistance technique du FMI (AT) : I) la réforme du
revenu des personnes physiques ; ii) la transformation du système fiscal simplifié en une taxe
synthétique reposant sur le chiffre d’affaires ; ii) la rationalisation des exonérations d'impôt,
notamment en réduisant le nombre de biens exonérés de la TVA. Ces mesures permettront de porter
le ratio recettes non pétrolières/PIB de 12,7 % en 2023 à 13,1 % en 2024. S’agissant de
l’administration des recettes, une meilleure coordination entre les Directions générales des impôts et
des douanes (DGI et DGD) a fait passer le nombre de contribuables assujettis à la TVA de 13 500 à
14 850 entre fin décembre 2022 et avril 2023 (RS10, octobre 2023). Les autorités projettent de porter
ce nombre à 16 000 d’ici à fin 2023.
25. La mission a analysé les progrès réalisés sur les repères structurels dans le domaine de
la gestion des finances publiques, notamment :
• Arriérés intérieurs. Le gouvernement reste engagé à apurer les arriérés intérieurs dans le
secteur public. Les autorités ont réussi à achever les audits des arriérés de paiement de l’État dus
sur la période 2000–19 et adopteront un plan d’apurement garantissant la viabilité de la dette
publique (RS1, septembre 2023).
• Dettes croisées entre entreprises publiques. L’inventaire des dettes entre entreprises
publiques elles-mêmes est complexe en raison des problèmes de disponibilité des données, dont
la transmission tardive ou inexistante d'informations et de pièces justificatives, l’absence de
• Cadre juridique régissant les partenariats public-privé (PPP). Les autorités ont préparé une
version préliminaire du nouveau cadre régissant les PPP qui, une fois adopté, sera harmonisé
avec le futur cadre de la CEMAC. La nouvelle version du cadre a été soumise au Parlement et sera
publiée une fois adoptée (RS2).
• Code minier. Tandis que les projets de décret pour l’application du Code ont été achevés, une
décision reste à prendre sur leur entrée en vigueur. Les retards ont été dus au besoin d’intégrer
dans le Code le rôle de la Société nationale des mines (SONAMINES), une société d'état créée à
fin 2020 (RS4, pas respecté en mars 2023, reporté à septembre 2023).
• SONARA. La mise au point d'un plan d'action détaillé comportant des mesures financières,
organisationnelles et techniques à annexer au plan de restructuration a pris du retard (RS9, juin
2023, reporté à septembre 2023). Les autorités vont : i) conclure rapidement les négociations sur
la restructuration de la dette envers les négociants dans les mêmes conditions que celles
convenues avec les opérateurs bancaires, en respectant la clause pari passu ; ii) valider de
possibles insuffisances et/ou excédents de versement sur une base mensuelle et régler les
montants dus par la partie débitrice dans un délai maximum de 60 jours ; iii) imposer à la
SONARA de payer les impôts et droits de douane qu’elle doit au Trésor de manière régulière ;
iv) veiller à ce que les négociants soient autorisés à importer un volume de produits pétroliers
compatible avec leurs engagements financiers. Un nouveau retard du plan de restructuration
pourrait accroître les risques budgétaires et compromettre la viabilité de la dette.
26. Les dépenses persistantes sur procédures exceptionnelles ont eu une incidence
négative sur les résultats du programme et justifient des mesures supplémentaires pour
améliorer la gestion budgétaire. Les avances de trésorerie ont fortement augmenté ces dernières
années. Comme certaines de ces dépenses n’ont pas d'allocations budgétaires, elles évincent
l’investissement, entraînent une accumulation d’arriérés intérieurs pour les dépenses inscrites au
budget et retardent le paiement des obligations extérieures La mission a prévenu les autorités à tous
les niveaux des implications de ces dépenses non budgétisées. Elle a convenu de la nécessité
d’améliorer le réalisme budgétaire, d'un objectif indicatif et d’un repère structurel afin de mettre un
terme à cette pratique de longue date. L’objectif indicatif fixe un plafond de 15 milliards de francs
CFA par trimestre sur les avances de trésorerie sans allocation budgétaire. Le nouveau repère
structurel exige d'inclure une allocation budgétaire dans la loi de finances de l’année N+1 pour
l’apurement de l’encours d'obligations impayées au-delà de 90 jours l’année N.
27. Les autorités mènent une étude sur la soutenabilité du régime de pension de la
fonction publique. Les dépenses consacrées aux pensions ont doublé en termes nominaux ces dix
dernières années et elles continueront d'augmenter. Il y a lieu d’améliorer régulièrement les
projections tant en termes de recettes que de dépenses.
28. Le Cameroun présente un risque élevé de surendettement, mais sa dette est viable. Le
risque de surendettement extérieur est élevé puisque deux indicateurs sur quatre dépassent les
seuils dans le scénario de référence (graphique 3). Par ailleurs, le ratio valeur actualisée (VA) de la
dette publique/PIB dépasse le repère fixé, ce qui indique un risque élevé de surendettement global.
En revanche, les indicateurs de l’encours de la dette extérieure du pays restent au-dessous du seuil,
et les indicateurs du service de sa dette extérieure suivent une tendance à la baisse. Le ratio service
de la dette/recettes devrait cesser de dépasser le seuil dans le moyen terme. Une réduction des
vulnérabilités liées à la dette passerait par des réformes budgétaires actives et à une gestion elle
aussi active de la dette.
Totale 1/ 19234 100,0 43,2 1923 2694 2217 4,3 5,6 4,4
Extérieure 13161 68,4 29,6 1195 1488 1425 2,7 3,1 2,8
Créanciers multilatéraux 6041 31,4 13,6 132 334 359 0,3 0,7 0,7
FMI 1273 6,6 2,9
Banque mondiale 2256 11,7 5,1
BAD 1624 8,4 3,6
Autres créanciers multilatéraux 888 4,6 2,0
dont : BIsD 636 3,3 1,4
dont : FIDA 97 0,5 0,2
Créanciers bilatéraux 5496 28,6 12,3 722 816 804 1,6 1,7 1,6
Club de Paris 1628 8,5 3,7 257 249 252 0,6 0,5 0,5
dont : France 1391 7,2 3,1
dont : Japon 82 0,4 0,2
Non membres du Club de Paris 3725 19,4 8,4 449 567 552 1,0 1,2 1,1
dont : Chine 3603 18,7 8,1
dont : Türkiye 122 0,6 0,3
Euro-obligations 875 4,5 2,0 55 107 101 0,1 0,2 0,2
Prêteurs commerciaux 749 3,9 1,7 285 231 161 0,6 0,5 0,3
dont : Banque de Chine 177 0,9 0,4
dont : Intesa San Paolo SPA 101 0,5 0,2
Intérieure 6072 31,6 13,6 728 1206 791 1,6 2,5 1,6
Bons du Trésor (BTA) 373 1,9 0,8 11 385 0 0,0 0,8 0,0
Obligations 2133 11,1 4,8 348 310 329 0,8 0,6 0,7
Dette structurée 1259 6,5 2,8 359 468 419 0,8 1,0 0,8
Dette non structurée 90 0,5 0,2 11 24 24 0,0 0,1 0,0
Avances de la BEAC 1125 5,8 2,5 0 19 19 0,0 0,0 0,0
Instances de paiement et arriérés 1093 5,7 2,5
Postes pour mémoire : 0 0,0
Passifs conditionnels 1036 2,3
dont : Garanties publiques (extérieures) 21 0,0
dont : Autres passifs conditionnels 1015 2,3
dont : extérieurs 585 1,3
dont : intérieurs 430 1,0
PIB nominal (en milliards de FCFA) 27591,1 27591 29457 31521
Taux de change en fin de période (FCFA/dollar) 619 ... ...
Taux de change moyen pour la période (FCFA/dollar) 622 ... ...
aboutirait à une amélioration du profil de la dette de l’État, s'inscrit dans la stratégie d’endettement
des autorités pour 2023-25 visant à allonger encore la durée moyenne de la dette publique 4.
30. Le programme fixe un plafond à la VA de la nouvelle dette extérieure contractée ou
garantie par l’État, avec application d’un ajusteur pour les projets de la Banque mondiale en
2023. Tout en respectant le plafond du programme pour fin décembre 2022, les autorités ont
optimisé leur plan d’emprunt en vue d’obtenir davantage de prêts concessionnels. Pour tenir compte
de l’infrastructure concessionnelle et des projets sociaux financés par la Banque mondiale, un
ajusteur est appliqué au plafond de 2023, qui est maintenu au niveau de 2022 (tableau 4 du texte).
Les autorités prévoient de remédier au problème posé par les hauts niveaux des prêts contractés
mais non décaissés (SEND) et les faibles taux de décaissement, notamment par le décret d’octobre
2021 portant établissement des procédures de suivi des résultats des unités de gestion des projets.
4
À compter de mars 2023, l’échéance moyenne de la dette publique est de 8,1 ans.
32. Le gouvernement s’engage à faciliter la réalisation des futurs audits et leur publication
dans les meilleurs délais. La publication d'audits liés à la COVID par la Chambre des comptes
marque une étape importante en matière de transparence au Cameroun. L’engagement du
gouvernement à faciliter la réalisation et la publication de futurs audits dans les meilleurs délais est
essentiel pour consolider les bases qui ont été posées. En l’occurrence, il est essentiel que le
gouvernement aille jusqu’au bout en aidant la Chambre des comptes et en la dotant de
suffisamment de ressources financières pour mettre en œuvre son plan d'action. En outre, pour
améliorer la gestion des dépenses publiques dans les situations d’urgence, le gouvernement devra
honorer son intention d’adopter la recommandation des audits sur les dépenses liées à la COVID-19,
notamment en introduisant un registre public de bénéficiaires ; en améliorant la réglementation et la
gestion des comptes d'affectation spéciale ainsi que le décaissement de fonds d’urgence ; et en
renforçant la réglementation relative à la passation des marchés publics.
33. Les autorités poursuivent les réformes visant à renforcer la gouvernance des entreprises
publiques (MPEF¶34). Il s'agit de renforcer les contrôles internes, de publier les états financiers annuels
vérifiés et de soumettre des plans d’entreprise conformément à la Loi n°2017/11 du 12 juillet 2017.
34. Les autorités continuent en outre à coopérer avec les organes internationaux chargés de
la transparence et de l'intégrité financière. À cet égard, elles ont publié le rapport 2020 de l’Initiative
pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et travaillent à la mise en œuvre de mesures
correctives en vue de la prochaine session de validation qui se tiendra en octobre 2023 (MPEF ¶45). Le
Cameroun a récemment fait l’objet d'une évaluation mutuelle de l’efficacité de son régime de lutte
contre le blanchiment de capitaux (LBC) et le financement du terrorisme (FT) par le Groupe d’action
contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), et il est actuellement en passe de mettre
en œuvre un plan d'action établi par le Groupe d’examen de la coopération internationale (GECI) du
publics récemment créée (Caisse des Dépôts et Consignations, CDEC), bien que graduel sur trois ans,
5
La stratégie d’engagement à venir examinera, entre autres points, les contraintes qui pèsent sur la mise en œuvre des réformes
FCS SGN. 2023. Section III, p.10
peut menacer la position de liquidité de certaines banques. De plus, le haut niveau moyen du ratio
d’adéquation des fonds propres qui s’élevait à 15 % en 2022 masque les difficultés des banques qui
dépassent le ratio de solvabilité de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Les
services du FMI encouragent donc vivement la mise en œuvre des recommandations de la
Commission sur le provisionnement et la capitalisation ainsi que la réglementation de la CDEC par la
COBAC. Les autorités ont convenu de coordonner avec la COBAC pour examiner un cadre de
réglementation mais elles ont jugé qu’il était inutile que la Commission réglemente la CDEC.
37. Les mesures visant à renforcer les cadres d'évaluation du risque de crédit devraient
permettre d’accroître le crédit au secteur privé. Dans le contexte des liens étroits entre l’État et les
banques dont l’exposition au risque souverain est proche de la saturation, il est possible d’accroître
le crédit au secteur privé (graphique 6 du texte). À cette fin, il faudra redoubler d’efforts pour
accroître la confiance des banques dans le secteur privé par un renforcement des cadres d’évaluation
du risque de crédit. La création d'un Répertoire national des sûretés mobilières (RNSM) et d'une
centrale des risques de crédit sont éminemment souhaitables. Dans le même temps, la transmission
systématique des données des banques et institutions de microfinance à la centrale des risques et des
bilans renforcerait les capacités d'évaluation du risque de crédit des bailleurs de fonds. D’autres
mesures essentielles sur lesquelles les autorités doivent continuer à travailler sont : la simplification
des procédures judiciaires et la formation des magistrats en matière de règlement des différends
bancaires ainsi que la transformation des chambres de commerce existantes en tribunaux
commerciaux spécialisés, dès que les contraintes budgétaires le permettront. Enfin, il est jugé
indispensable d’améliorer le fonctionnement de la Société de recouvrement des créances (SRC) en la
dotant d’un cadre de gouvernance solide, de l’indépendance opérationnelle et budgétaire et de
règles rigoureuses en matière de transparence et de responsabilité, avec une clause d’extinction pour
ses activités de recouvrement des actifs bancaires. La SRC devrait aussi se concentrer exclusivement
sur ses activités de recouvrement et éviter de gérer des actifs immobiliers recouvrés.
restructuration de deux banques en difficulté a été reportée (de mars 2023) à juillet 2023 6. Le
transfert des prêts improductifs à la Société de recouvrement des créances (SRC) a toutefois eu lieu
en février 2022, et une première tranche de la recapitalisation a été versée en 2022. La
recapitalisation est conforme aux plans de restructuration approuvés dans lesquels les actionnaires
historiques n’ont pas bénéficié de mesures de renflouement. Cependant, pour l’une des banques, la
résorption du déficit d’actifs se fera au prix de dépenses budgétaires, et ses besoins de financement
doivent être examinés et évalués conformément aux exigences réglementaires. Un montant
significatif reste en outre à transférer par l'État en 2023 et 2024 pour compléter la recapitalisation,
mais les autorités ont confirmé que le paiement de 2023 fait partie du budget. Les autorités doivent
parachever la restructuration dans les délais pour redresser la situation prudentielle des deux
banques en difficulté. Cet objectif devrait être atteint d'ici la fin du programme FEC-MEDC. Le
gouvernement sera ensuite en mesure de sortir les fonds propres des deux banques dans les trois à
cinq ans conformément à son engagement. Il poursuivra en outre le processus de privatisation de la
CBC (Commercial Bank of Cameroon), qui devrait être achevé en un an.
39. Le Cameroun a parachevé sa stratégie d’inclusion financière pour 2023–27. Cette
stratégie, formulée avec le concours du PNUD et inscrite dans une initiative plus large de la CEMAC
pour promouvoir l’inclusion financière, devrait coûter 38 milliards de FCFA. Elle repose sur les six axes
stratégiques suivants : i) amélioration de la qualité, de la disponibilité et de l’accessibilité des
produits et services financiers ; ii) facilitation de l’accès au financement en faveur des chaînes de
valeurs et MPME agricoles et agroalimentaires ; iii) promotion de l’innovation et de la finance
numérique ; iv) promotion et développement de la finance islamique ; v) promotion de la protection
des consommateurs et de l’éducation financière ; et vi) amélioration du cadre réglementaire et
budgétaire. Dans l’ensemble, ces six axes aideront le Cameroun à avancer tant dans la dimension
traditionnelle que numérique de l'inclusion financière, le pays étant loin du niveau moyen d'inclusion
qu'on observe dans les pays voisins (graphique 7 du texte).
41. Les résultats du programme continueront de faire l'objet d'une revue tous les six mois,
fondée sur six CRQ, mensuels et continus, des OI trimestriels et des RS. Les services du FMI
souscrivent à la demande des autorités de redéfinir les CRQ et OI de fin septembre et fin décembre
2023 pour tenir compte du cadre macroéconomique courant, des projections budgétaires et des
engagements au titre du programme.
6
Il y a eu des retards dans la nomination des administrateurs et du nouveau conseil des deux banques et dans la
signature d’un accord avec les actionnaires existants concernant les impôts payés à l’État.
42. Les autorités demandent une dérogation pour non-respect d'un critère de performance
sur la non-accumulation d’arriérés extérieurs au motif que le dépassement est mineur et
temporaire. Une dérogation a été accordée lors de la troisième revue pour la non-observation du
CRQ continu relatif à la non-accumulation d’arriérés extérieurs, qui était temporaire et mineure
(rapport-pays n° 23/114, mars 2023). Les autorités ont signalé d'autres retards temporaires sur les
paiements extérieurs dus début 2023 pour un montant de 0,2 % du PIB. Cela dit, tous les arriérés ont
été apurés et il n’y a pas de restes à recouvrer sur les paiements extérieurs. La mission a convenu
d’introduire un nouveau OI visant à limiter les avances de trésorerie et un RS sur la gestion des
obligations impayées (MPEF, tableaux 1 et 2). Ces mesures devraient permettre de prévenir les
arriérés tant intérieurs qu’extérieurs.
43. La capacité du Cameroun à rembourser le FMI est satisfaisante mais elle est exposée à
des risques élevés (graphique 5). À fin décembre 2022, l’encours total des crédits du FMI se monte
à 370 % de la quote-part. L’encours total des crédits du FMI (fondé sur les tirages actuels et futurs)
culmine à 3 % du PIB en 2023, tandis que les obligations annuelles envers le FMI atteignent leur
sommet (environ 3,2 % des recettes) en 2027. Le programme et la capacité de rembourser le FMI
sont exposés à des risques élevés qui sont atténués par les bons antécédents du Cameroun en
matière de remboursement au FMI et par la solidité de son programme.
44. Risques liés au programme et mesures d’atténuation. Les risques liés aux incertitudes
mondiales, dont les conditions financières et le prix des hydrocarbures, ont exacerbé les risques
relatifs à la guerre en Ukraine mais sont atténués par les bons antécédents du Cameroun en matière
de mise en œuvre de ses programmes macroéconomiques, son engagement étroit avec les bailleurs
de fonds, un vaste programme de développement des capacités et la mise au point de plans
d'urgence. À l’heure actuelle, les autorités prévoient d'utiliser un mécanisme existant qui leur permet
de bloquer jusqu’à 15 % des dépenses courantes budgétisées au titre des biens et services, pour
éviter les dépassements. En outre, les nouvelles mesures proposées pour limiter les dépenses sur
procédures exceptionnelles et améliorer le réalisme budgétaire (MPEF) devraient favoriser l’efficacité
d’exécution du budget et les résultats du programme.
Financement exceptionnel 0 0 0 0 0 0 0
Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0
publication des textes d'application du Code minier a été retardée et reportée, elle aussi. Enfin, deux
RS fixés pour la cinquième revue ont été respectés : i) le RS sur les PPP, fixé pour fin juin 2023 a été
atteint et ii) le RS visant à accroitre le nombre de contribuables assujettis à la TVA a été achevé avant
la date prévue (octobre 2023).
50. Les perspectives de l’économie pour 2023 et le moyen terme restent positives à
condition que les réformes continuent et que l’environnement extérieur soit favorable. La
croissance économique devrait s'accroître légèrement pour atteindre 4 % tandis que l'inflation
devrait se modérer et revenir de 7,3 % en glissement annuel à fin 2022 à 5,9 % à fin 2023. Les
autorités ont soumis un budget révisé pour 2023 et ont exprimé leur engagement résolu à maintenir
la stabilité macroéconomique et à réduire encore le déficit budgétaire global pour le ramener à 0,8 %
du PIB et le déficit primaire hors pétrole à 2,5 % du PIB en 2023. Cependant, les projections
macroéconomiques sont exposées à des risques de révision à la baisse considérables, posés en
particulier par une intensification des pressions extérieures et un durcissement plus marqué que
prévu des conditions financières.
51. Les autorités s’engagent à maintenir la trajectoire de rééquilibrage budgétaire dans le
cadre du programme. Elles ont souligné la nécessité de créer un espace budgétaire pour les
investissements productifs et les dépenses sociales en mobilisant les recettes intérieures et en
améliorant l’efficience des dépenses tout en renforçant la discipline budgétaire. L’objectif en matière
de déficit primaire hors pétrole a été atteint, bien qu'une grande part des subventions aux produits
pétroliers pour 2022, qui n’a été validée qu’en 2023, ait été intégrée dans le budget révisé de 2023.
Le dépassement temporaire et mineur répété de l’objectif relatif à la non-accumulation d’arriérés de
paiement extérieurs souligne la nécessité d'améliorer la gestion de trésorerie et de limiter les
dépenses sur procédures exceptionnelles. Par ailleurs, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre
de politiques compatibles avec le maintien de la stabilité extérieure régionale ; il faudra pour cela
reconstituer les réserves de change auprès de la BEAC.
52. Pour atteindre les objectifs de développement national, il faut accroître
considérablement l’espace budgétaire pour les dépenses prioritaires, surtout en matière
d'infrastructure, tout en maintenant la viabilité de la dette. Les autorités reconnaissent qu'il est
nécessaire de mobiliser encore les recettes non pétrolières, de mieux cibler les dépenses prioritaires
et d'améliorer l’efficience des dépenses. Elles prennent des mesures qui permettront de mobiliser les
recettes non pétrolières intérieures et d’élargir l’assiette après la revue de la politique fiscale. La mise
en œuvre des recommandations de l’évaluation de la gestion des investissements publics du FMI de
2020 et du programme PEFA (programme d'examen des dépenses publiques et d'évaluation de la
responsabilité financière) en cours actuellement permettront d'améliorer l’efficience des dépenses
publiques.
53. Le Cameroun continue de présenter un risque élevé de surendettement, mais sa dette
est viable. La poursuite prévue du rééquilibrage budgétaire, les réformes structurelles et une
politique d’emprunt prudente limitant le recours aux emprunts non concessionnels permettraient de
réduire les vulnérabilités liées à la dette. Des progrès dans le processus de négociation de la
restructuration de la dette de la SONARA limiteraient les passifs conditionnels.
54. Il est nécessaire d’accélérer les réformes structurelles pour libérer le potentiel de
croissance du Cameroun. Des mesures supplémentaires sont nécessaires pour accroître l’efficacité
des investissements, renforcer l’inclusion financière et améliorer le climat des affaires. Elles devraient
être assorties d’un cadre renforcé de transparence, de gouvernance et de lutte contre la corruption.
La poursuite des progrès dans le renforcement de la gestion des entreprises publiques et la
restructuration de la SONARA sera elle aussi d’une importance critique. Il faut également prendre
des mesures qui renforcent la gestion des finances publiques, particulièrement pour garantir un
budget crédible avec une exécution rigoureuse du budget qui permettra d’éviter l’accumulation
d'obligations intérieures impayées. Cela contribuera aussi à la réalisation dans les temps de grands
projets d'infrastructure, surtout dans les secteurs du transport et de l’énergie. Les services du FMI
apprécient les mesures visant à stimuler la croissance tirée par le secteur privé, notamment le
lancement de la stratégie d’inclusion financière. Il convient également de saluer les mesures prises
récemment pour renforcer la gouvernance, en particulier le lancement d’un vaste diagnostic de la
gouvernance économique et le projet de renforcement de la Chambre des comptes de la Cour
suprême.
55. Compte tenu des résultats du Cameroun dans le cadre du programme et de la mise en
œuvre des garanties en matière de politique régionale, établies dans le document de référence
de juin 2023 sur l’ensemble de l’Union, les services du FMI souscrivent à la demande
d’achèvement de la quatrième revue présentée par les autorités. Ils souscrivent également à leur
demande de i) modification des objectifs quantitatifs pour fin septembre et fin décembre 2023 ; et
ii) de dérogation pour non-respect de la non-accumulation d’arriérés extérieurs pour la raison que le
dépassement est temporaire est mineur. Les services du FMI proposent que l’achèvement de la
cinquième revue soit subordonné de la mise en œuvre des assurances critiques de politique au
niveau de l’Union établies dans le document de référence de juin 2023 à l’échelle de l’Union.
Les exportations sont reparties à la hausse après avoir plongé ... et, dans le même temps, les importations devraient
pendant la pandémie, principalement grâce aux exportations décélérer.
de pétrole qui, selon les projections, devraient ralentir...
… sous l’effet de la hausse des subventions aux Si, selon les estimations, le solde global s’est amélioré en
combustibles, mesure visant à protéger la population d’une 2022, le solde primaire hors pétrole est resté au niveau de
flambée des prix internationaux du pétrole et à limiter les 2021 en raison du coût élevé des subventions aux
pressions inflationnistes… combustibles…
La faiblesse de la gestion de trésorerie et les fortes L’impact de la croissance du PIB et de la réduction du déficit
subventions aux combustibles ont en outre entraîné une sur la dynamique de la dette publique a été favorable bien
accumulation d’arriérés de paiement intérieurs à fin 2022. qu’atténué par la dépréciation du taux de change.
Une opération de gestion de trésorerie menée en 2023 entraînera une légère détérioration des indicateurs de la dette
extérieure. Cela dit, elle améliorera la capacité du pays à assurer le service de sa dette et le profil des échéances sans
incidence sur le ratio dette publique/PIB.
Indicateurs de dette publique (en pourcentage)
Total des recettes et dons 3 511 4 386 4 417 4 602 4 696 4 878 5 165 5 459 5 791 6 170
Total des recettes 3 446 4 244 4 313 4 501 4 595 4 782 5 085 5 417 5 754 6 150
Recettes du secteur pétrolier 482 974 973,8 821 842 668 608 597 588 588
Recettes du secteur non pétrolier 2 964 3 270 3 339 3 681 3 754 4 114 4 477 4 820 5 166 5 562
Impôts directs 698 845 838 961 956 1 062 1 164 1 266 1 369 1 478
Taxe spéciale sur les produits pétroliers 147 155 150 164 170 178 186 194 203 213
Autres taxes sur les biens et services 1 542 1 663 1 699 1 852 1 905 2 094 2 310 2 494 2 677 2 857
Taxes sur le commerce international 405 401 420 437 453 487 507 533 566 645
Recettes non fiscales 172 206 232 266 269 294 311 332 350 369
Total des dons 65 142 104 101 101 96 80 43 38 20
Projets 41 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Autres 24 109 55 66 66 59 40 0 0 0
Dépenses totales 4 262 4 887 4 725 4 831 4 923 5 082 5 282 5 723 6 158 6 562
Dépenses courantes 2 992 3 300 3 448 3 285 3 400 3 289 3 259 3 458 3 582 3 760
Traitements et salaires 1 075 1 174 1 193 1 284 1 297 1 381 1 467 1 556 1 580 1 593
Biens et services 934 740 893 754 754 820 889 959 1 004 1 051
Subventions et transferts 742 1 123 1 151 924 1 026 752 557 590 625 724
Intérêts 242 263 211 323 323 335 346 353 374 392
Extérieurs 165 180 169 194 194 197 198 197 208 217
Intérieurs 77 83 42 129 129 138 147 156 165 175
Dépenses d’équipement 1 133 1 419 1 279 1 494 1 470 1 713 1 942 2 265 2 576 2 801
Investissement financé sur ressources intérieures 583 620 581 633 605 806 912 1 179 1 519 1 761
Investissement financé sur ressources extérieures 519 780 688 831 835 876 998 1 053 1 020 1 002
Réhabilitation et participation 20 19 10 30 30 30 32 32 38 38
Prêts nets 7 47 -2 0 0 0 0 0 0 0
Dépenses liées à la COVID-19 52 50 7 0 0 0 0 0 0 0
Achat et livraison de vaccins contre la COVID-19 20 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Fonds de promotion de la production locale 30 40 0 21 21 50 0 0 0 0
Compte spécial supplémentaire pour la décentralisation 28 31 0 31 31 31 0 0 0 0
Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Pour mémoire :
Solde primaire (base ordonnancements, dons compris) -509 -239 -97 94 97 130 229 89 7 1
Solde primaire (base caisse, dons compris) -367 -360 -122 -53 -278 -125 34 -76 7 1
Solde primaire non pétrolier (base ordonnancements, dons
compris) -991 -1 213 -1 071 -727 -745 -537 -379 -508 -581 -587
Solde primaire non pétrolier (base caisse, dons compris) -849 -1 334 -1 095 -874 -1 119 -792 -574 -673 -581 -587
Total des recettes et dons 14,0 16,1 16,0 15,5 15,9 15,5 15,3 15,3 15,3 15,4
Total des recettes 13,7 15,6 15,6 15,1 15,6 15,2 15,1 15,2 15,2 15,3
Recettes du secteur pétrolier 1,9 3,6 3,5 2,8 2,9 2,1 1,8 1,7 1,6 1,5
Recettes du secteur non pétrolier 11,8 12,0 12,1 12,4 12,7 13,1 13,3 13,5 13,7 13,9
Impôts directs 2,8 3,1 3,0 3,2 3,2 3,4 3,5 3,5 3,6 3,7
Taxe spéciale sur les produits pétroliers 0,6 0,6 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 0,5 0,5
Autres taxes sur les biens et services 6,1 6,1 6,2 6,2 6,5 6,6 6,9 7,0 7,1 7,1
Taxes sur le commerce international 1,6 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,6
Recettes non fiscales 0,7 0,8 0,8 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9
Total des dons 0,3 0,5 0,4 0,3 0,3 0,3 0,2 0,1 0,1 0,1
Projets 0,2 0,1 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Autres 0,1 0,4 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0
Dépenses totales 16,9 18,0 17,1 16,2 16,7 16,1 15,7 16,0 16,3 16,4
Dépenses courantes 11,9 12,1 12,5 11,0 11,5 10,4 9,7 9,7 9,5 9,4
Traitements et salaires 4,3 4,3 4,3 4,3 4,4 4,4 4,4 4,4 4,2 4,0
Biens et services 3,7 2,7 3,2 2,5 2,6 2,6 2,6 2,7 2,7 2,6
Subventions et transferts 2,9 4,1 4,2 3,1 3,5 2,4 1,7 1,7 1,7 1,8
Intérêts 1,0 1,0 0,8 1,1 1,1 1,1 1,0 1,0 1,0 1,0
Extérieurs 0,7 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5
Intérieurs 0,3 0,3 0,2 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
Dépenses d’équipement 4,5 5,2 4,6 5,0 5,0 5,4 5,8 6,4 6,8 7,0
Investissement financé sur ressources intérieures 2,3 2,3 2,1 2,1 2,1 2,6 2,7 3,3 4,0 4,4
Investissement financé sur ressources extérieures 2,1 2,9 2,5 2,8 2,8 2,8 3,0 3,0 2,7 2,5
Réhabilitation et participation 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Prêts nets 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Dépenses liées à la COVID-19 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Achat et livraison de vaccins contre la COVID-19 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Fonds de promotion de la production locale 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0
Compte spécial supplémentaire pour la décentralisation 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0
Ajustement à la base caisse 0,6 -0,4 -0,1 -0,5 -1,3 -0,8 -0,6 -0,5 0,0 0,0
Ordonnancements non exécutés ( - = réduction) 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Instances de paiement et arriérés ( - = réduction) 0,6 -0,4 -0,1 -0,5 -1,3 -0,8 -0,6 -0,5 0,0 0,0
dont arriérés ( - = réduction) -0,2 -0,2 -0,2 -0,3 -0,7 -0,4 -0,3 -0,2 0,0 0,0
dont instances de paiement ( - = réduction) 0,8 -0,2 0,1 -0,2 -0,5 -0,4 -0,3 -0,3 0,0 0,0
dont autres arriérés 1/ 0,0 0,0 0,0 -0,1 -0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Solde global (base caisse)
Dons non compris -2,7 -2,8 -1,6 -1,7 -2,4 -1,8 -1,2 -1,3 -1,1 -1,0
Dons compris -2,4 -2,3 -1,2 -1,3 -2,0 -1,5 -0,9 -1,2 -1,0 -1,0
Financement 2,4 1,2 0,2 0,6 1,1 1,0 0,9 1,2 1,0 1,0
Financement extérieur net 1,7 0,8 0,5 0,3 1,0 0,6 0,9 1,1 1,0 1,3
Amortissement -2,7 -1,9 -2,1 -2,4 -2,4 -2,1 -2,0 -1,7 -1,7 -1,4
Tirages 4,4 2,7 2,7 2,7 3,4 2,7 2,8 2,8 2,7 2,7
Euro-obligation 1,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Financement intérieur net 0,8 0,4 -0,3 0,3 0,1 0,4 0,0 0,1 0,0 -0,3
Système bancaire (net) 1,7 1,9 -0,2 1,0 1,0 0,6 0,2 0,1 0,2 0,3
Banque centrale 0,9 0,6 0,0 0,4 0,4 -0,3 -0,4 -0,4 -0,3 -0,2
Allocation de DTS 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Banques commerciales 0,8 1,2 -0,1 0,6 0,7 0,8 0,6 0,6 0,6 0,6
Financement non bancaire (intérieur) -0,9 -1,5 -0,2 -0,7 -0,9 -0,1 -0,1 0,0 -0,2 -0,6
Déficit de financement 0,0 1,1 1,0 0,7 0,9 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0
Financement du FMI 0,4 0,4 0,3 0,5 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0
Aide budgétaire (hors FMI) 0,6 0,6 0,4 0,4 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0
Financement exceptionnel 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Écart résiduel 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Pour mémoire :
Solde primaire (base ordonnancements, dons compris) -2,0 -0,9 -0,4 0,3 0,3 0,4 0,7 0,3 0,0 0,0
Solde primaire (base caisse, dons compris) -1,5 -1,3 -0,4 -0,2 -0,9 -0,4 0,1 -0,2 0,0 0,0
Solde primaire non pétrolier (base ordonnancements, dons compris) -3,9 -4,5 -3,9 -2,4 -2,5 -1,7 -1,1 -1,4 -1,5 -1,5
Solde primaire non pétrolier (base caisse, dons compris) -3,4 -4,9 -4,0 -2,9 -3,8 -2,5 -1,7 -1,9 -1,5 -1,5
Current account balance -997 -429 -495 -846 -863 -958 -904 -1,030 -1,098 -1,200
Trade balance -288 99 31 -384 -424 -491 -485 -578 -645 -724
Exports, goods 3,336 4,366 4,347 3,998 3,944 3,940 4,148 4,228 4,354 4,550
Oil and oil products 1,238 1,934 2,151 1,613 1,536 1,415 1,422 1,318 1,231 1,145
Non-oil sector 2,098 2,432 2,196 2,385 2,408 2,525 2,726 2,910 3,123 3,405
Imports, goods -3,624 -4,266 -4,316 -4,382 -4,367 -4,431 -4,633 -4,806 -4,999 -5,274
Services (net) -588 -542 -517 -434 -391 -381 -377 -364 -362 -390
Exports, services 800 1,144 1,159 1,357 1,394 1,521 1,654 1,795 1,931 2,066
Imports, services -1,389 -1,686 -1,676 -1,791 -1,785 -1,902 -2,032 -2,158 -2,293 -2,456
Income (net) -405 -374 -403 -360 -439 -425 -441 -460 -486 -511
Of which: interest due on public debt -197 -180 -169 -194 -194 -197 -198 -197 -208 -217
Transfers (net) 285 389 394 333 390 339 400 372 395 425
Inflows 434 565 573 523 579 540 613 596 631 670
Outflows -149 -176 -179 -191 -189 -201 -213 -225 -236 -245
Capital and financial account balance 1,279 697 637 727 898 901 1,034 1,203 1,219 1,393
Capital account 67 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Capital transfers 41 33 49 35 35 37 40 43 38 20
Financial account 1,212 663 588 692 863 864 994 1,161 1,182 1,373
Official capital 155 227 145 91 296 184 300 394 367 508
Borrowing 832 747 733 795 1,000 843 958 1,016 1,020 1,082
Of which: SDR Allocation -209 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Amortization -677 -520 -589 -704 -704 -660 -657 -623 -655 -577
Non-official capital (net) 968 499 506 620 587 655 738 812 860 895
of which: Foreign direct investment 504 480 485 599 565 631 713 786 833 867
Short-term private capital, net 89 -62 -62 -20 -20 25 -45 -45 -45 -30
Errors and omissions -7 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Overall balance 275 268 142 -119 35 -57 130 173 122 193
Financing -275 -268 -142 119 -35 57 -130 -173 -122 -193
Bank of Central African States -373 -555 -422 -77 -266 -25 -50 -39 37 -45
IMF Repayments 0 0 0 -24 -34 -53 -81 -134 -159 -147
SDR Allocation -209 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Financing gap 0 287 280 220 265 134 0 0 0 0
IMF Financing 0 115 115 91 136 46 0 0 0 0
Budget Support (excl. IMF) 0 172 165 129 129 88 0 0 0 0
Exceptional Financing 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Residual gap 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
(Percent of GDP)
Trade balance -1.1 0.4 0.1 -1.3 -1.4 -1.6 -1.4 -1.6 -1.7 -1.8
Oil exports 4.9 7.1 7.8 5.4 5.2 4.5 4.2 3.7 3.3 2.9
Non-oil exports 8.3 8.9 8.0 8.0 8.2 8.0 8.1 8.2 8.3 8.5
Imports 14.4 15.7 15.6 14.7 14.8 14.1 13.8 13.5 13.2 13.2
Current account balance
Including grants -4.0 -1.6 -1.8 -2.8 -2.9 -3.0 -2.7 -2.9 -2.9 -3.0
Excluding grants -4.2 -2.2 -2.2 -3.2 -3.3 -3.1 -2.9 -2.9 -3.0 -3.0
Overall balance 1.1 1.0 0.5 -0.4 0.1 -0.2 0.4 0.5 0.3 0.5
Foreign direct investment 2.0 1.8 1.8 2.0 1.9 2.0 2.1 2.2 2.2 2.2
(Percentage change, unless otherwise indicated)
Export volume 14.1 4.2 7.5 6.3 6.5 4.8 5.6 6.5 7.1 8.3
Crude oil -3.5 -11.1 -0.4 0.7 -6.4 -9.7 -19.3 -17.6 -16.3 -17.8
Nonoil 18.6 7.4 9.2 7.3 8.9 7.2 9.0 9.0 8.9 9.8
Import volume 15.6 -1.4 -7.8 7.2 9.7 4.8 5.0 4.0 3.7 4.8
Terms of trade 9.4 3.6 -6.8 -8.4 -7.6 -1.6 0.2 -4.0 -4.1 -4.1
Non-oil export price index 3.3 8.0 -4.2 -8.6 0.7 -2.2 -1.0 -2.1 -1.4 -0.7
Export price index 15.2 25.6 21.2 -13.9 -14.8 -4.7 -0.3 -4.3 -3.8 -3.5
Import price index 5.3 21.2 29.9 -5.9 -7.8 -3.2 -0.4 -0.3 0.3 0.7
Oil price ($US dollars per barrel) 69.2 96.4 96.4 81.9 75.3 69.8 67.6 66.0 64.7 63.7
Volume d’exportation 14,1 4,2 7,5 6,3 6,5 4,8 5,6 6,5 7,1 8,3
Pétrole brut -3,5 -11,1 -0,4 0,7 -6,4 -9,7 -19,3 -17,6 -16,3 -17,8
Hors pétrole 18,6 7,4 9,2 7,3 8,9 7,2 9,0 9,0 8,9 9,8
Volume des importations 15,6 -1,4 -7,8 7,2 9,7 4,8 5,0 4,0 3,7 4,8
Termes de l’échange 9,4 3,6 -6,8 -8,4 -7,6 -1,6 0,2 -4,0 -4,1 -4,1
Indice des prix à l’exportation hors pétrole 3,3 8,0 -4,2 -8,6 0,7 -2,2 -1,0 -2,1 -1,4 -0,7
Indice des prix à l’exportation 15,2 25,6 21,2 -13,9 -14,8 -4,7 -0,3 -4,3 -3,8 -3,5
Indice des prix à l’importation 5,3 21,2 29,9 -5,9 -7,8 -3,2 -0,4 -0,3 0,3 0,7
Prix du pétrole (en dollars/baril) 69,2 96,4 96,4 81,9 75,3 69,8 67,6 66,0 64,7 63,7
Résultats et rentabilité
Rendement des fonds propres2 11,8 1,3 17,0 14,2 16,0 6,4 28,8 16,7
Rendement des actifs 1,7 0,8 2,0 1,8 2,1 0,9 3,9 2,3
Ratio charges hors intérêts/revenu brut 91,5 92,9 89,2 87,7 96,6 89,3 84,3 65,0
Liquidités
Actifs liquides/total des actifs 23,1 23,2 24,2 26,4 25,9 30,1 30,3 29,0 31,4
Ratio actifs liquides/passifs à court terme 147,5 148,7 149,3 162,4 161,9 182,4 189,3 179,6 187,7
Crédit
Encours de prêts brut (comptabilité des banques) (en
3243 3437 3513 3741 3819 4119 4566 4721 4961
milliards de FCFA)
Encours de prêts bruts - taux de croissance annualisé 16,7 6,0 2,2 6,5 2,1 7,9 10,9 14,1 8,6
Autre
Prêts libellés en devises/total des prêts 0,5 0,7 2,8 1,0 0,8 0,5 0,1 0,1 0,1
Passifs libellés en devises/total des passifs 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 2,1 2,1 5,8
________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Source : Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).
1/ Calculé conformément aux orientations de Bâle I.
2/ Le rendement des fonds propres est calculé sur la base du bénéfice net annualisé avant impôt.
Tableau 7. Cameroun : calendrier pour les décaissements et les achats au titre de la FEC et du MEDC,
2021–24
Montant Montant
Date de 1
Conditions de décaissement (en % de la quote-part) (en millions de DTS)
disponibilité
Total FEC MEDC Total FEC MEDC
7/29/2021 Approbation des accords FEC/MEDC par le conseil d’administration. 45,0 15,0 30,0 124,2 41,4 82,8
Respect des critères de réalisation au 30 juillet 2021 et achèvement de la première revue au titre des
12/15/2021 30,0 10,0 20,0 82,8 27,6 55,2
accords
Respect des critères de réalisation au 31 décembre 2021 et achèvement de la deuxième revue au
6/15/2022 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
titre des accords
Respect des critères de réalisation au 30 juin 2022 et achèvement de la troisième revue au titre des
12/15/2022 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
accords
Respect des critères de réalisation au 31 décembre 2022 et achèvement de la quatrième revue au
6/15/2023 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
titre des accords
Respect des critères de réalisation au 30 juin 2023 et achèvement de la cinquième revue au titre des
12/15/2023 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
accords
Respect des critères de réalisation au 31 décembre 2023 et achèvement de la sixième revue au titre
6/3/2024 20,0 6,7 13,3 55,2 18,4 36,8
des accords
Total 175,0 58,3 116,7 483,0 161,0 322,0
Total des besoins de financement 1506 1868 1695 1691 1827 1874 1969
Déficit du compte courant 495 863 958 904 1030 1098 1200
Amortissement de la dette extérieure CGE 589 738 712 738 757 814 724
Sources de financement
supplémentaire/exceptionnel 280 265 134 0 0 0 0
Financement du FMI 115 136 46 0 0 0 0
FEC 38 45 15 0 0 0 0
MEDC 77 91 31 0 0 0 0
Aide budgétaire (hors FMI) 165 129 88 0 0 0 0
BAD 53 41 0 0 0 0 0
Banque mondiale 66 62 62 0 0 0 0
France 46 27 26 0 0 0 0
UE 0 0 0 0 0 0 0
Autre 0 0 0 0 0 0 0
Financement exceptionnel 0 0 0 0 0 0 0
Écart résiduel 0 0 0 0 0 0 0
Mécontentement social. Les • Les troubles sociaux • Passer en revue et donner la priorité
chocs d’offre, la forte inflation, la pourraient retarder aux dépenses publiques en faveur des
chute des salaires réels et les l’ajustement budgétaire. programmes ayant l’impact
répercussions des crises dans économique et social le plus fort.
• Le mécontentement social
d’autres pays exacerbent les
et les répercussions des • Créer une espace budgétaire pour
inégalités, provoquent des troubles
crises régionales remédier aux vulnérabilités financières
sociaux et engendrent des
(déplacements de
pressions financières et des • Mobiliser des dons et prêts
populations, par exemple)
politiques populistes préjudiciables concessionnels supplémentaires
pourrait aviver les tensions
avec des répercussions possibles auprès de partenaires financiers et
internes existantes.
sur les autres PEPD. Cela exacerbe Élevée techniques pour couvrir les besoins
les déséquilibres, ralentit la • La montée des troubles prioritaires.
croissance et déclenche un sociaux perturberait
réajustement des prix. davantage la production
agricole et la croissance.
1
La matrice d’évaluation des risques (MER) indique les événements qui pourraient modifier sensiblement la trajectoire de référence. La probabilité
relative des risques correspond à une évaluation subjective par les services du FMI des risques pesant sur le scénario de référence (« faible » indique
une probabilité inférieure à 10 %, « moyenne » une probabilité entre 10 et 30 %, et « élevée » une probabilité comprise entre 30 et 50 %). La matrice
d’évaluation des risques reflète le point de vue des services du FMI sur la source des risques et le niveau général de préoccupation au moment des
discussions avec les autorités. Les risques qui ne s’excluent pas mutuellement peuvent interagir et se réaliser simultanément. Les chocs et les
scénarios conjoncturels mettent en évidence les risques qui pourraient se réaliser à un horizon plus court (entre 12 et 18 mois) compte tenu du
scénario de référence actuel. Les risques structurels sont ceux qui resteront probablement importants à plus long terme.
Le lien vers le site du FMI ci-dessous renvoie à un instrument qui peut être utilisé pour calculer l’élément de don pour un large éventail
d’accords financiers : http://www.imf.org/external/np/pdr/conc/calculator.
Volatilité des prix des produits • Détérioration des termes • Passer en revue les incitations à la
de base. Une série de de l’échange dans le cas promotion des exportations de sorte
perturbations de l’offre (dues d'une baisse des prix des qu’elles encouragent l’accélération de
notamment à des conflits et à des produits de base, la croissance et la diversification de
restrictions à l’exportation) et de amélioration en cas de l’économie.
fluctuations de la demande (sous hausse des prix des
l’effet de la réouverture de la Chine principales exportations • Donner la priorité aux dépenses
notamment) entraîne une volatilité du Cameroun (bois et publiques en faveur des personnes les
récurrente des prix des produits de Moyenne cacao, par exemple). plus vulnérables.
base, des pressions extérieures et
• Situation budgétaire
budgétaires ainsi qu’une instabilité
instable, avec des retards
sociale et économique.
dans l’ajustement
budgétaire et les efforts
de réformes.
Cybermenaces. Les cyber- • Impact sur les services • Créer des plans d'urgence en cas de
attaques sur l’infrastructure publics qui reposent sur cyber-attaques.
critique physique ou numérique l’infrastructure
intérieure et/ou internationale numérique.
(notamment l’écosystème des Moyenne
monnaies numériques et
l’écosystème des crypto-monnaies)
engendrent de l’instabilité
financière et économique.
Phénomènes climatiques • Nuisent à la production • Améliorer les capacités de suivi et
extrêmes. Les phénomènes agricole et d'évaluation des politiques
climatiques extrêmes causent des compromettent ainsi le climatiques et de renforcement des
dommages plus graves que prévu moyen de subsistance systèmes d’alerte précoce.
aux infrastructures (surtout dans des populations rurales,
• Remédier aux carences des
les économies vulnérables de ce qui exacerbe la
infrastructures et aux disparités des
petite taille) et la perte de vies pauvreté extrême et les
revenus et du développement entre
humaines et de moyens de inégalités.
régions, tout en instaurant des filets
subsistance, ce qui accentue les Moyenne • Augmentation des de sécurité sociale appropriés.
perturbations des chaînes
dépenses consacrées à la
d’approvisionnement et les
relance, hausse des
tensions inflationnistes, entraîne
coûts de financement et
des pénuries d’eau et de nourriture
baisse des recettes.
et freine la croissance.
• Perturbations de l’offre
et détérioration de la
confiance.
Risques intérieurs, qui incluent la • Pressions exercées sur • Créer un espace budgétaire pour
détérioration de la situation les dépenses mettant en absorber les dépenses consacrées à la
sécuritaire, la lenteur des progrès péril les résultats sécurité
des réformes, les dérapages de la budgétaires
• Intégrer les dépenses de sécurité dans
politique budgétaire, etc.
Moyenne • Faibles résultats du le budget
programme
• Intégrer les réformes prioritaires dans
les domaines de la gestion des
finances publiques et de la
gouvernance
Objet : Lettre d’intention concernant la facilité élargie de crédit et le mécanisme élargi de crédit
3. Les résultats du programme à fin décembre sont mitigés. En ce qui concerne les objectifs
quantitatifs, les résultats sont globalement similaires à ceux de la troisième revue de l’accord FEC-
MEDC : Le critère de réalisation permanent de non-accumulation d’arriérés sur la dette extérieure a
été manqué au début de 2023, mais tous les autres critères de réalisation quantitatifs (CRQ) ont été
atteints, tandis que trois des cinq objectifs indicatifs (OI) ont été manqués. Ces objectifs indicatifs
manqués fin décembre concernaient les plafonds de l’accumulation nette d’arriérés de paiement
intérieurs, des interventions directes de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), et de la part
des dépenses exécutées dans le cadre de procédures exceptionnelles. Nous avons proposé des
mesures correctives pour remédier à cette situation. Quatre des neuf objectifs quantitatifs pour fin
mars 2023 n’ont pas été atteints. Deux des quatre repères structurels (RS) prévus pour la quatrième
revue ont été atteints. La publication des textes d’application du décret d’octobre 2021 régissant la
gestion des projets a été retardée (RS12, prévu pour avril 2023, reporté à août 2023). Les textes
d’application du code des Mines n’ont pas encore été publiés (RS4 reporté à septembre 2023). Ils ont
été retardés par la nécessité d’intégrer le rôle de la Société nationale des mines (SONAMINES)
officiellement créée fin 2020. Cependant les textes sont maintenant prêts à être soumis au Parlement.
Le RS2 sur les partenariats public-privé (PPP), prévu fin juin 2023, a été respecté, tandis que le RS9
sur le plan de restructuration de la SONARA a été reporté de juin 2023 à septembre 2023, compte
tenu des processus nécessaires à l’achèvement de ce plan.
8. Compte tenu des résultats obtenus dans le cadre du programme et des engagements pris
dans le cadre du MPEF, le gouvernement sollicite la conclusion des quatrièmes revues des accords
soutenus par la FEC et le MEDC et le décaissement et l’achat de 18,4 millions de DTS et de 36,8
millions de DTS, respectivement.
9. Le gouvernement est convaincu que les politiques et les mesures présentées dans le MPEF
sont adéquates pour atteindre les objectifs du programme et s’engage à accélérer la mise en œuvre
des réformes et à prendre toutes les mesures supplémentaires nécessaires. Le gouvernement
consultera le FMI avant de prendre des mesures additionnelles ou de réviser les mesures du MPEF,
conformément à la politique du FMI en la matière. Pour faciliter le suivi du programme, le
gouvernement communiquera les informations requises aux services du FMI dans les délais prescrits,
conformément au protocole d’accord technique ci-joint.
10. Enfin, le gouvernement accepte la publication de cette lettre, du MPEF, du protocole d’accord
technique et du rapport des services du FMI sur ce programme.
Je vous prie d’agréer, madame la Directrice générale, l’expression de mes sentiments distingués,
/s/
Le Premier ministre, chef du gouvernement,
Joseph Dion Ngute
Pièces jointes :
1. Mémorandum supplémentaire de politiques économique et financière
2. Protocole d’accord technique
INTRODUCTION
1. La stratégie nationale de développement (SND-30) pour 2020-30 (qui est notre
stratégie de réduction de la pauvreté et de croissance) et le plan de soutien et de relance
économique post COVID-19 constituent ensemble le cadre de nos priorités stratégiques. Les
autorités s’emploient à restaurer une croissance économique forte, soutenue et inclusive afin
d’accélérer la progression du Cameroun vers le statut d’économie émergente. Il faut pour cela
consolider la reprise, renforcer la stabilité macroéconomique et entamer une transformation
structurelle profonde de l’économie en procédant à des investissements substantiels dans les
secteurs prioritaires identifiés dans la SND-30. Cela nécessite une expansion substantielle de l’espace
budgétaire, tout en préservant la viabilité des finances publiques, notamment celle de la dette.
3. En 2022 la situation budgétaire a été déterminée par les chocs extérieurs et la réaction
des pouvoirs publics. L’augmentation des recettes pétrolières et les robustes résultats des recettes
non pétrolières ont permis de ramener le déficit global à 1,1 % du PIB en 2022, au lieu de 3 % en
2021. La croissance des recettes budgétaires s’est accompagnée d’une hausse des dépenses
courantes, principalement des subventions aux combustibles, estimées à environ 900 milliards de
francs CFA (3,4 % du PIB). En conséquence, le solde primaire non pétrolier devrait se maintenir
autour de 3,9 % du PIB en 2022.
4. En pourcentage du PIB, la dette publique est restée stable en 2022. Une croissance plus
forte et une politique budgétaire plus stricte ont permis de réduire légèrement la dette publique, qui
est passée de 46,8 % du PIB fin 2021 à 45,5 % fin 2022. La dette publique extérieure est passée de
31,7 % à 30,9 % du PIB au cours de la même période.
5. Le solde extérieur courant s’est amélioré en 2022, sous l’effet de la hausse des prix du
pétrole et de la dépréciation du taux de change effectif réel (TCER). Selon les estimations, le
déficit du compte extérieur courant (dons compris) s’est réduit, passant de 4 % du PIB en 2021 à 1,8
% en 2022, sous l’effet de la hausse des prix mondiaux des hydrocarbures et de la dépréciation du
TCER, malgré la hausse de l’inflation et des prix à l’importation. La réglementation des changes de la
CEMAC a également contribué à limiter les sorties de capitaux, mais au prix d’un ralentissement des
opérations de paiement des importations.
7. Trois des cinq objectifs indicatifs (OI) pour fin décembre 2022 n’ont pas été atteints
(tableau 1). Les plafonds fixés à l’accumulation nette d’arriérés de paiement intérieurs, aux
interventions directes de la SNH et à la part des dépenses exécutées selon des procédures
exceptionnelles ont été dépassés. Les considérations sécuritaires ont conduit à un recours accru aux
interventions directes de la SNH et aux procédures budgétaires exceptionnelles. Les autorités se sont
engagées à améliorer le suivi des dépenses associées aux interventions directes de la SNH. Elles
s’engagent également à veiller à la pleine application des dispositions légales relatives aux finances
publiques de l’État qui interdisent d’utiliser les avances du Trésor pour réduire les dépenses, en
réduisant les procédures exceptionnelles au strict minimum.
8. Les résultats obtenus par rapport aux objectifs indicatifs fin mars 2023 sont restés
mitigés. Quatre des neuf objectifs quantitatifs n’ont pas été atteints. Les plafonds de l’accumulation
nette d’arriérés de paiement intérieurs, des interventions directes de la SNH et de la part des
dépenses exécutée au moyen de procédures exceptionnelles ainsi que le plancher des dépenses
sociales de réduction de la pauvreté n’ont pas été respectés.
9. Les progrès vers la réalisation des repères structurels (RS) se sont poursuivis (tableau
2). Deux des quatre objectifs structurels attendus pour la quatrième revue ont été atteints. i) La
Chambre des comptes a publié le rapport d’audit sur les dépenses relatives à la COVID en 2021
(RS8, mars 2023). ii) Les autorités ont publié le plan d’action destiné à renforcer les cadres d’audit
des dépenses publiques (RS7, avril 2023). La publication des textes d’application du décret
d’octobre 2021 régissant les unités de gestion de projets a été retardée (RS12, avril 2023, reporté à
août 2023). La publication des textes d’application du code des mines a également été retardée
(RS4, mars 2023, reporté à septembre 2023). En outre, deux RS prévus pour la cinquième revue
ont été atteints : i) le RS2 sur les PPP, prévu pour fin juin 2023, a été respecté ; et ii) le RS10
concernant l’augmentation du nombre de contribuables assujettis à la TVA de 13 500 fin décembre
2022 à 14 850 fin octobre 2023 a été mis en œuvre avant la date prévue.
13. La politique monétaire restera axée sur la réalisation des objectifs d’inflation et de
réserves de change de la CEMAC. La poursuite de la reprise économique et la réduction
subséquente des déficits budgétaires permettront à la BEAC de réduire la croissance de la liquidité et
d’accroître la couverture des réserves de change sans déstabiliser le système financier.
14. Les autorités ont augmenté en février 2023 les prix au détail des carburants tout en
adoptant des mesures d’atténuation pour protéger les groupes les plus vulnérables. Les
subventions aux combustibles sont estimées à environ 900 milliards de francs CFA (environ 3,4 % du
PIB) en 2022. Pour limiter le coût de ces subventions, le gouvernement a augmenté de 21 % en
moyenne les prix au détail des carburants en février 2023, ce qui, selon les projections actuelles des
prix internationaux du pétrole, réduirait le coût des subventions aux combustibles à 145 milliards de
francs CFA (0,5 % du PIB) en 2023, compte non tenu du reliquat de 2022. Les autorités ont également
annoncé un ensemble de mesures d’atténuation d’un coût de 0,3 % du PIB, notamment une
augmentation de 15,5 % du salaire minimum (SMIG) et de 5,2 % des salaires de la fonction publique.
Les autorités se sont également engagées à multiplier par deux l’aide sociale au moyen de transferts
sociaux directs, en s’appuyant sur la Banque mondiale pour le ciblage, afin de fournir une protection
supplémentaire aux ménages défavorisés (filets sociaux).
15. Le budget supplémentaire pour 2023 (LFR23) est aligné sur les priorités telles que
définies dans la LF23 ainsi que dans le programme. Les perspectives et projections budgétaires
pour 2023 ont été révisées au cours des troisième et quatrième revues du programme pour tenir
compte des projections macroéconomiques révisées et pour incorporer le solde du coût des
subventions aux combustibles de 2022 (environ 330 milliards de FCFA). Les projections intègrent
également l’impact de l’augmentation des prix au détail des carburants à partir du 1er février 2023,
les mesures d’atténuation qui l’accompagnent et les mesures fiscales et de contrôle des dépenses.
Sur la base des projections macroéconomiques et budgétaires révisées, la LFR23 envisage de
ramener le déficit budgétaire global (base ordonnancements, dons compris) à 0,8 % du PIB en 2023
au lieu de 1,1 % en 2022. Le déficit primaire hors pétrole sera ramené à 2,5 % du PIB en 2023 au lieu
de 3,9 % en 2022. La LFR23, de même que le solde budgétaire primaire hors pétrole et d’autres
paramètres conformes au cadre macroéconomique du programme, sera soumise au Parlement
(mesure préalable).
16. La politique budgétaire en 2024 restera axée sur l’assainissement des finances
publiques, et l’efficacité de sa mise en œuvre dépendra de la formulation d’un budget réaliste.
Les recettes budgétaires devraient diminuer en proportion du PIB en raison de la baisse des recettes
budgétaires d’origine pétrolière, due à la baisse des prix internationaux du pétrole, tandis que les
efforts visant à mobiliser les recettes intérieures non pétrolières (0,3 % du PIB) aideront à compenser
cette baisse. Toutefois la baisse prévue des prix internationaux du pétrole réduira également les
dépenses liées aux subventions aux combustibles, ce qui libérera un espace budgétaire pour d’autres
dépenses, en particulier l’investissement public. Le déficit global devrait diminuer pour tomber à
environ 0,6 % du PIB, tandis que le déficit primaire hors pétrole diminuera plus substantiellement
pour tomber à 1,7 % du PIB, aligné sur la trajectoire de l’assainissement budgétaire.
17. Les possibilités d’emprunt limitées aiguisent le besoin de créer un espace budgétaire
pour les dépenses publiques prioritaires, en particulier les dépenses d’investissement et les
dépenses sociales. Pour créer l’espace nécessaire, l’effort devra consister à mobiliser les recettes
intérieures non pétrolières, respecter strictement les dépenses prioritaires et améliorer l’efficacité de
la dépense.
18. Le gouvernement reconnaît qu’il convient de réduire les subventions aux combustibles,
qui sont coûteuses et ne ciblent pas toujours les plus vulnérables. Afin de libérer de l’espace
pour d’autres dépenses prioritaires et de soutenir l’objectif de viabilité des finances publiques, le
gouvernement prévoit de réduire progressivement les subventions aux combustibles pour les rendre
viables. À cette fin les autorités vont réexaminer la structure actuelle de fixation des prix des
carburants et étudier comment mettre en place à moyen terme un mécanisme d’ajustement
automatique des prix intérieurs des carburants qui suive les mouvements des prix internationaux.
Cette mesure devra s’accompagner de mesures visant à atténuer l’impact social et économique,
notamment en renforçant les filets de protection sociale et en améliorant l’accès aux services publics
de base tels que l’éducation et la santé.
19. L’espace budgétaire limité fait des investissements productifs une priorité. Ces
investissements stimuleront l’activité économique, les recettes budgétaires et les recettes
d’exportation, desserrant ainsi les contraintes sur la capacité d’emprunt. Cela créera en retour un
espace budgétaire qui permettra de financer d’autres dépenses prioritaires. À cette fin, le
gouvernement privilégiera la contribution budgétaire requise pour les projets à financement
conjoint. Ces ressources seront affectées avant tout à l’achèvement des projets d’investissement dans
les infrastructures essentielles, notamment celles associées à l’énergie et aux transports. Ces fonds
permettront de financer les projets annexes nécessaires à en transmettre les bénéfices au reste de
l’économie. Les priorités du gouvernement devront reposer sur une évaluation exhaustive de l’impact
macroéconomique et social des projets. Cette évaluation permettra de hiérarchiser les projets et
d’accroître l’impact des dépenses en capital sur la croissance, les recettes budgétaires et les recettes
d’exportation, ainsi que sur la viabilité budgétaire.
20. Il conviendra de mieux hiérarchiser les subventions de l’État aux entreprises publiques.
Dans le cadre des études diagnostiques de chaque entreprise publique, les autorités évalueront les
subventions dans le but de réduire celles allouées aux résultats les plus médiocres. Dans ce contexte
les autorités ont lancé une étude, qui sera finalisée en novembre 2023, de tous les produits des
entreprises publiques dont les prix sont approuvés ou administrés dans le but de réviser au besoin
leur formule de détermination des prix et/ou leur libéralisation éventuelle.
21. La création d’un espace budgétaire nécessitera une mobilisation importante des
recettes intérieures. La perception des recettes fiscales non pétrolières au Cameroun reste
inférieure à 13 % du PIB et en deçà de son potentiel réel. Une amélioration significative du niveau
des recettes fiscales nécessitera la mise en œuvre de réformes de la fiscalité et de l’administration
des recettes. L’élargissement de l’assiette fiscale demeure un défi compte tenu du poids considérable
des dépenses fiscales, de l’importance du secteur informel et du faible rendement de l’impôt sur le
revenu des personnes physiques.
22. La Direction générale des impôts (DGI) met en œuvre son plan triennal (2023-25) pour
moderniser et aligner la fiscalité sur les normes internationales. La DGI poursuit ses efforts pour
améliorer la collecte des recettes, lutter contre l’évasion et la fraude fiscales et garantir l’intégrité des
dossiers des contribuables. Les autorités prévoient de réduire progressivement les exonérations et de
procéder à un audit de l’application de la loi de 2013 (2013/004) sur les incitations à l’investissement.
Les autorités suivent également les recommandations d’une étude diagnostique de la fiscalité
entreprise en 2022 avec le soutien du FMI. Certaines de ces recommandations sont déjà incluses
dans la LF2023. Sur la base de ces recommandations, la DGI envisage d’autres mesures pour 2024 : i)
une réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ; ii) la transformation du régime
simplifié d’imposition en un impôt synthétique basé sur le chiffre d’affaires des entreprises ; et iii) la
rationalisation des exonérations fiscales.
automatisation de la transmission du NIU ; vi) création d’un guichet unique pour le dédouanement des
véhicules afin de mettre fin à la fraude à l’immatriculation et interfaçage des systèmes d’information de
toutes les administrations impliquées dans ce processus (DGD, DGI, MINTRANSPORTS, etc.).). Une
coordination plus étroite permettra d’accroître le nombre de contribuables enregistrés. En effet, le
nombre d’assujettis à la TVA est déjà passé de 13 500 à 14 850 entre fin décembre 2022 et avril 2023
(RS10, octobre 2023). Les autorités prévoient de porter ce nombre à 16 000 d’ici fin 2023. Afin
d’améliorer le suivi des performances de la DGI et de la DGD, elles fourniront au FMI des tableaux
d’indicateurs de résultats (conformément au protocole d’accord technique).
25. Les secteurs extractif et forestier du pays ont une capacité potentiellement significative
de stimuler la croissance économique et de générer des recettes publiques plus importantes.
Les autorités considèrent le secteur minier comme un pilier important de l’économie et une priorité
nationale. Le code des mines a été adopté en 2016 et le cadre législatif pour la mise en œuvre de la
loi a été finalisé. En 2020, une société minière d’État, la SONAMINES, a été créée pour promouvoir le
développement du secteur minier. Pour tenir compte de la création de cette société, le code des
mines de 2016 doit être révisé, ce qui a entraîné des retards dans la publication de ses textes
d’application (RS4, mars 2023, reporté à septembre 2023). En outre les autorités ont publié un
décret d’application du code du secteur pétrolier nécessaire à la promotion des opérations
pétrolières. Elles s’engagent à poursuivre le suivi de la production aurifère et forestière afin
d’optimiser la contribution de ces secteurs aux recettes budgétaires et d’exportation.
autorités limiteront les avances du Trésor sans dotation budgétaire. Ces avances sont interdites par la
loi et les autorités n’y auront recours qu’en cas d’extrême urgence en limitant leur montant à 15
milliards de FCFA par trimestre (nouvel OI, tableau 1).
29. En outre, un calendrier d’émission bien planifié des titres d’État permettra d’améliorer
la gestion du Trésor et de contenir les RAP dans un délai de 90 jours. La DGTCFM renforcera la
planification des émissions et améliorera leur exécution, notamment en procédant à des émissions
mensuelles pour mieux prendre en compte les besoins de financement. Des prévisions du Trésor
d’une fiabilité suffisante permettront d’étayer un calendrier d’émissions stable pour aider les
investisseurs à prendre des décisions, et des avis d’appel d’offres publiés en temps opportun leur
permettront d’obtenir les autorisations nécessaires pour participer à ces émissions. En outre, le
décret d’habilitation qui autorise le ministre des Finances à émettre des titres publics pour répondre
aux besoins de financement doit être disponible en temps opportun afin de ne pas limiter l’exécution
des émissions à un petit nombre de mois (généralement à partir du mois de mars).
30. Les comptes du secteur public sont en cours d’inventaire avant leur transfert vers le
compte unique du Trésor (CUT), ce qui permettra d’améliorer la gestion du Trésor. Néanmoins,
il importe que les autorités se concertent avec les différentes banques et institutions concernées afin
de ne pas compromettre leur situation financière. Dans cette perspective, le rapatriement de fonds
d’un montant de 165 milliards de FCFA est envisagé selon un échéancier triennal à raison de 50
milliards de FCFA en 2023, 50 milliards de FCFA en 2024 et 65 milliards de FCFA en 2025. Ces
transferts progressifs débuteront dès que la plateforme informatique de la BEAC sera opérationnelle
et après signature d’un protocole d’accord entre les autorités et la BEAC.
31. Le gouvernement s’efforce également de mieux gérer les dépenses courantes. Pour
mieux gérer les interventions directes de la SNH et assurer la transparence, les autorités ont mis en
place un comité (comprenant la SNH et le ministère des Finances) chargé de rapprocher et d’évaluer
les dépenses courantes de la SNH et de fournir aux services du FMI des rapports sur les interventions
de la SNH par type de dépenses, sur une base trimestrielle, à partir du premier trimestre 2023
(protocole d’accord technique, Tableau 1). S’appuyant sur un diagnostic récent du système de
retraite de la fonction publique, les autorités se sont engagées à mener une étude actuarielle de la
viabilité du système pour fin décembre 2023, en vue de réduire les risques quasi-budgétaires. Les
autorités s’inspireront des recommandations de cette étude pour renforcer le système de retraite.
33. Le gouvernement s’est engagé à renforcer la gestion des entreprises publiques afin
d’améliorer la prestation des services et de limiter les risques budgétaires. La première étape
consiste à évaluer et à améliorer leur situation financière, à contenir les dettes croisées et à évaluer
les risques. Pour ce faire, il est nécessaire de i) valider et mettre en œuvre les recommandations des
études diagnostiques de quatre entreprises publiques (PAD, CAMTEL, CAMAIR-Co et CAMWATER)
puis d’évaluer les autres entreprises publiques (SEMRY, SIC, CDC, et PAMOL) ; ii) évaluer et, si
nécessaire, réviser au plus tard en novembre 2023 les prix administrés des biens de consommation et
des services fournis par les entreprises publiques; iii) exiger des entreprises de services publics
qu’elles facturent leurs prestations aux administrations publiques en temps opportun ; iv) exiger des
administrations publiques qu’elles paient leurs factures de services publics sur une base trimestrielle,
et obliger les entreprises de services publics à s’acquitter de leurs obligations fiscales et douanières,
ainsi que de leurs obligations au titre des prêts garantis ou des fonds empruntés à leur intention et
rétrocédés par l’État ; et v) mettre régulièrement à jour le tableau de bord des risques des entreprises
publiques tenu par la CTR afin de cartographier les risques du portefeuille de l’État et de mettre en
œuvre l’outil de l’AFRITAC pour l’évaluation des risques financiers.
34. Les autorités poursuivent leurs efforts pour renforcer la gouvernance des entreprises
et établissements publics. Il s’agit notamment : i) de s'assurer que leurs conseils d’administration
comprennent des administrateurs qualifiés ; ii) de renforcer les contrôles internes et, dans le cadre
des contrats d’objectifs notés au ¶35, d’imposer la publication pour septembre 2023 des états
financiers annuels audités, et la soumission de leurs plans d’affaires conformément à la loi n°2017/11
du 12 juillet 2017 (à ce jour, quinze (15) entreprises publiques ont publié leurs états financiers pour
2021 en 2022) ; iii) mettre en place une structure transversale chargée du pilotage des questions de
gouvernance et de la politique actionnariale de l’État, suite à la révision de la politique actionnariale
de l’État ; iv) réviser les critères de classification des entreprises et établissements publics, qui servent
de base à la rémunération des dirigeants, avant la fin du cycle d’évaluation triennal en cours. Le
gouvernement a également soumis au Parlement le cadre légal et réglementaire régissant les PPP
(RS2, juin 2023, respecté).
35. Le gouvernement met également en œuvre des mesures visant à améliorer les
performances des entreprises publiques. Il s'agit notamment : i) de mettre en œuvre l’obligation,
instituée en juillet 2022, de contrats d’objectifs spécifiant l’obligation de remplir la mission de service
public, l’évaluation des coûts unitaires (comme base de paiement des subventions), ainsi que des
indicateurs de qualité, à publier avec les rapports d’évaluation. Dans la première phase, des contrats
seront conclus en novembre 2023 avec quatre entreprises publiques qui ont déjà fait l’objet d'études
diagnostiques (CAMTEL, CICAM, CAMAIR et PAD). La deuxième phase inclura celles dont les études
diagnostiques sont en cours ou ont été initiées, (CAMWATER, SODECOTON, FEICOM, ART, et
ALUCAM) ; ii) réduction progressive des subventions aux entreprises publiques sous-productives ; et
iii) cotation des grandes entreprises publiques industrielles sur le marché boursier régional (BVMAC),
notamment PAD, CHC, ADC, SODECOTON.
37. Les autorités se sont engagées à assurer la viabilité financière du secteur de l'énergie. À
cette fin, elles accéléreront les projets en cours pour raccorder complètement les barrages
hydroélectriques aux réseaux électriques existants, tout en renforçant le segment du transport. Les
autorités poursuivront les mesures visant à assurer la viabilité de la formule de tarification,
notamment en révisant les tarifs pour les moyennes et hautes tensions, et veilleront à ce que la
consommation du secteur public et les déficits tarifaires soient payés régulièrement. Elles veilleront à
ce que la participation du secteur privé dans le secteur de la distribution soit conforme aux
meilleures pratiques internationales.
39. Le gouvernement continuera à contenir le stock de prêts signés mais non décaissés
(SEND) et à limiter l’accumulation de nouveaux SEND. Pour contenir le stock de SEND entre
janvier et décembre 2023, le gouvernement, en consultation avec ses partenaires techniques et
financiers, réduira le stock de SEND improductifs en annulant les projets déjà clôturés ou en
réaffectant le financement à de nouveaux besoins d’investissement prioritaires. En outre, le plafond
de la valeur actuelle des nouveaux emprunts extérieurs contractés ou garantis a été intégré dans la
stratégie d’emprunt des autorités. Toutefois, pour atteindre les objectifs de croissance de la SND-30,
le gouvernement utilisera un ajustement au plafond des engagements de la dette concessionnelle en
2023 pour tenir compte de prêts concessionnels de la Banque mondiale d’environ 700 milliards de
FCFA qui seront absorbés à moyen terme. Le gouvernement veillera ainsi à ce que ces nouveaux
emprunts ne modifient pas le risque de surendettement, qui est déjà élevé. Le gouvernement veillera
également à ce que ces financements soient absorbés par des projets prioritaires adoptés
conformément au décret sur la maturation des projets. Les financements contractés devront être
décaissés dans les délais prévus, conformément aux objectifs de déficit budgétaire du programme,
afin de contenir le niveau des SEND, qui est déjà préoccupant.
40. Le gouvernement reste déterminé à apurer les arriérés intérieurs dans le secteur public.
Le gouvernement a finalisé les audits des arriérés de paiement de l’État dus sur la période 2000-2019
et adoptera un plan d’apurement tout en assurant la viabilité de la dette publique (RS1, septembre
2023). Des travaux sont également en cours pour établir un inventaire et un plan d’apurement des
dettes entre entreprises publiques à fin 2020, en privilégiant les 14 plus grandes entreprises, compte
tenu des difficultés de collecte des données dans ce secteur (RS3, septembre 2023). Le
gouvernement prendra les mesures appropriées pour prescrire tout nouvel instrument de dette qui
tomberait pendant la période couverte par les audits.
41. La direction de la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) a été désignée. Les autorités
élaborent actuellement les textes réglementaires de la CDEC afin de l’aligner sur les meilleures
pratiques internationales et sur les principes de bonne gouvernance et de transparence des banques
publiques. À cette fin, la CDEC s’inspirera de la réglementation prudentielle de la COBAC. Par ailleurs,
la CDEC travaille à identifier les ressources qui lui seront allouées pour préparer le transfert de ces
fonds dans un délai de trois ans.
43. Les autorités soutiennent les efforts institutionnels entrepris pour contrôler la
gouvernance. i) En ce qui concerne l’audit des dépenses publiques, la Chambre des comptes a
publié un rapport d’audit sur les dépenses de 2021 associées à la COVID-19 (RS8, mars 2023). La
Chambre des comptes a l’intention d’examiner la mise en œuvre de ses recommandations au début
de 2024. En consultation avec les services du FMI, le gouvernement a préparé et publié un plan
d’action pour renforcer les cadres de préparation, de publication et de suivi des audits des dépenses
publiques, avec des recommandations pour renforcer les institutions concernées, en particulier la
Cour des comptes (RS7, avril 2023). Le gouvernement est déterminé à faciliter l’achèvement et la
publication en temps voulu des futurs audits. À cet égard, le gouvernement continuera à soutenir la
Cour des comptes et à lui fournir des ressources financières suffisantes pour la mise en œuvre de son
plan d’action.
44. Afin d’améliorer la gestion des dépenses publiques dans les situations d’urgence, le
gouvernement a l’intention de donner suite aux recommandations des audits publiés des
dépenses de la COVID-19, en particulier celles qui concernent les points suivants :
(i) mise en place d’un registre public des bénéficiaires effectifs et application régulière des
déclarations de conflits d’intérêts ;
(ii) amélioration de la réglementation et de la gestion des comptes spéciaux et du
décaissement des fonds d’urgence ; et
(iii) renforcement de la réglementation des marchés publics en matière de respect des
contrats, de contrôle et de suivi, ainsi que de gestion des registres.
45. Les autorités continuent également de travailler avec les organismes internationaux
chargés de la transparence et de l’intégrité financière. A ce titre, les autorités ont publié le
rapport 2020 de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) en décembre 2022 et
travaillent à la mise en œuvre des 15 mesures correctives pour la session de validation d’octobre
2023. Elles prévoient également de publier le rapport ITIE 2021 en août 2023. En outre, elles
poursuivent la divulgation systématique des bénéficiaires effectifs et l’intégration de l'ITIE dans les
systèmes nationaux de déclaration, qui est l’un des principaux projets dans le cadre des
recommandations de la Norme ITIE 2019. Il s’agit notamment d’un registre de divulgation des
bénéficiaires effectifs du secteur extractif pour lequel la LF23 fixe le cadre juridique. Le Cameroun a
également fait l’objet récemment d’une évaluation mutuelle de l’efficacité de son régime LBC/FT par
le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et est actuellement
en train de mettre en œuvre un plan d’action par le Groupe international de coopération et
d'examen (GICR) du Groupe d'action financière (GAFI). A l’issue de ce processus, le GAFI déterminera
si le Cameroun est une juridiction présentant des insuffisances stratégiques en matière de LBC/FT.
47. La facilitation des échanges joue un rôle clé dans le renforcement de la compétitivité.
Le sommet des chefs d’État de la CEMAC qui s’est tenu à Yaoundé en mars 2023 a souligné la
nécessité d’achever les projets visant à soutenir l’intégration régionale. Les autorités soutiendront
également les initiatives visant à réduire les obstacles administratifs au commerce. Les autorités
soutiendront la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la mise en œuvre de la zone de libre-
échange continentale africaine (ZLECAf) afin de tirer parti des opportunités qu'elle offre.
49. Les événements actuels sur les marchés financiers internationaux soulignent la
nécessité de poursuivre les réformes pour renforcer la stabilité du secteur financier. i) Les
autorités se concentreront sur les mesures visant à renforcer la résilience du secteur bancaire, en
climatiques en 2019, et l’Atlas de la déforestation en 2021. La Banque mondiale a publié son rapport
sur le climat et le développement en novembre 2022. Les autorités tiendront compte du changement
climatique dans le budget, y-compris dans le programme d’investissements publics. Les autorités
mèneront avec l’aide du FMI une évaluation de la gestion des investissements publics concernant les
risques liés au changement climatique (C-EGIP). Ce module, qui ajoute une dimension climatique à
l’évaluation EGIP du FMI, permettra d’estimer les capacités du Cameroun à gérer ses infrastructures
en fonction du climat. Il aidera également les autorités à déterminer les améliorations à apporter aux
institutions et aux processus d’investissement public pour construire des infrastructures à faible
émission et résilientes au changement climatique.
MODALITÉS DU PROGRAMME
53. Les autorités prendront toutes les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs et
les critères présentés dans les tableaux 1 et 2 du présent protocole. Le programme sera suivi au
moyen de revues semestrielles et de critères de réalisation, objectifs indicatifs et repères structurels
définis dans les tableaux 1 et 2 du présent protocole et dans le protocole d’accord technique ci-joint
(qui définit également les obligations en matière de communication de données aux services du
FMI). La cinquième revue basée sur les objectifs pour fin juin 2023 devrait être achevée à partir du 15
décembre 2023 ; et la sixième revue basée sur les objectifs pour fin décembre 2023 devrait être
achevée à partir du 3 juin 2024.
Tableau 1. Cameroun : Critères de réalisation quantitatifs (CRQ) et objectifs indicatifs (OI) dans le cadre
des mécanismes de la FEC et du MEDC
(En milliards de FCFA, sauf indication contraire)
End-Dec 22 End-Mar 23 End June-23 End-Sept 23 End-Dec 23 End-Mar 24
QPC Actual Performance IT Actual Performance QPC IT (3rd rev.) IT (new) QPC (3rd rev.) QPC (new) IT (new) 8/
C. Indicative Targets
Floor on non-oil revenue 3,275 3,339 Met 910 935 Met 1,729 2,591 2,591 3,681 3,754 1016
Ceiling on the net accumulation of domestic payment arrears -85 47 Not Met -41 -33 Not Met -81 -122 -228 -162.5 -374.2 -64
Floor for poverty-reducing social spending 1,062 1,576 Met 306 249 Not Met 624 993 993 1325 1325 355
Ceiling on direct interventions of SNH 145 184 Not Met 40 42 Not Met 80 110 110 145 145 40
Share of spending executed through exceptional procedures on
4 10.5 Not Met 4 14.2 Not Met 4 4 4 4 4 4
authorized (payment order) spending 5/
Ceiling on Treasury advances without a budget allocation 6/ 15 15 15
Date Date
d’échéance d’échéance
Repère structurel de la reportée Indicateur Statut Commentaires
quatrième
revue 1
Climat des affaires
Gestion des
investissements publics
Rendre opérationnel le
système COLEPS (Cameroon
Online E-Procurement Le COLEPS Ce repère structurel vise à améliorer
14 System) afin de contrôler mai 2024 est la gestion des investissements
l’attribution de tous les opérationnel publics
marchés publics tout au
long du processus
CONDITIONNALITÉ
2. Les critères de réalisation quantitatifs et les objectifs indicatifs de fin décembre 2022 à
fin décembre 2023 sont fournis dans le tableau 1 du Mémorandum de politiques économique et
financière joint à la lettre d’intention. Les repères structurels définis dans le programme sont détaillés
dans le tableau 2 du Mémorandum.
DÉFINITIONS
3. L’État : Sauf indication contraire, « l’État » est défini comme l’administration centrale de la
République du Cameroun, qui comprend tous les organes d’exécution, les institutions, et toute
organisation recevant des fonds publics spéciaux, dont les pouvoirs sont inclus dans la définition de
l’administration centrale selon le Manuel de statistiques de finances publiques de 2001 (MSFP 2001,
paragraphes 2.48-50). Cette définition n’inclut pas les collectivités locales, la Banque centrale, ou
toute autre entité publique ou appartenant à l’État qui a un statut juridique autonome et dont les
opérations ne sont pas incluses dans le tableau des opérations financières de l’État (TOFE).
4. Une entreprise publique non financière est une unité commerciale ou industrielle,
entièrement ou partiellement détenue par l’administration centrale ou ses organes, qui vend des
biens et des services au public à grande échelle. À compter de juin 2017, toutes les opérations entre
l’administration et ces entreprises publiques doivent être traitées sur une base brute dans le TOFE
avec un traitement approprié des opérations de recettes et de celles associées aux dépenses.
RECETTES
5. Les ressources totales des administrations publiques sont constituées des recettes
budgétaires fiscales et non fiscales (telles que définies au chapitre 5 du MSFP 2001) et de dons. Les
recettes sont enregistrées dans le système comptable sur une base de caisse nette. Les produits de la
vente d’actifs et les recettes des privatisations (définis au paragraphe 8) ne sont pas considérés
comme des recettes publiques.
6. Les recettes pétrolières sont définies comme le solde total transférable de la Société
Nationale des Hydrocarbures (SNH) et l’impôt sur le revenu des compagnies pétrolières et des
opérateurs gaziers. Les autorités informeront les services du FMI de toute modification du régime
fiscal susceptible d’entraîner des changements dans les flux de recettes. Les recettes pétrolières sont
enregistrées dans le système comptable sur une base de caisse nette.
7. Les recettes non pétrolières comprennent toutes les recettes (fiscales et non fiscales) de
l’État, à l’exception des recettes pétrolières telles que définies au paragraphe 6. La taxe sur la valeur
ajoutée (TVA) est comptabilisée nette des remboursements de TVA. Les redevances d’oléoduc
versées par la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO) sont comptabilisées dans les recettes
non fiscales.
8. Les recettes de privatisation comprennent tous les fonds versés à l’État dans le cadre de la
vente ou du transfert de la gestion d’une entreprise publique (concession), d’une agence ou d’une
installation à une ou plusieurs entreprises privées (notamment des entreprises entièrement
contrôlées par un ou plusieurs États étrangers, une ou plusieurs entités privées ou un ou plusieurs
individus). Les recettes de privatisation comprennent aussi tous les fonds provenant de la vente
d’actions détenues par l’État dans des sociétés privées ou des entreprises publiques. Toutes les
recettes de privatisation doivent être comptabilisées sur une base brute. Les coûts éventuels liés aux
ventes ou aux concessions doivent être enregistrés séparément dans les dépenses.
DÉPENSES
9. Le total des dépenses et prêts nets de l’État comprennent l’ensemble des dépenses
salariales des fonctionnaires, les biens et services, les transferts (y-compris les subventions, dons,
prestations de sécurité sociale et autres dépenses), les paiements d’intérêts et les dépenses en
capital, qui sont toutes enregistrées dans le système comptable sur la base des ordonnancements,
sauf indication contraire, ainsi que les prêts nets (définis dans le MSFP 2001). Les dépenses totales de
l’État comprennent aussi les dépenses effectuées sans autorisation de paiement préalable et en
attente de régularisation.
10. Les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) sont incluses
dans les dépenses de l’État. Elles comprennent les paiements d’urgence effectués par la SNH pour le
compte de l’État, principalement pour couvrir des dépenses exceptionnelles de souveraineté et de
sécurité.
11. Les dépenses sociales comprennent les dépenses publiques inscrites au budget de l’État
dans le cadre de programmes prioritaires visant à accélérer la réalisation des objectifs de
développement social de l’État. Ce poste comprend : i) pour le secteur de l’éducation, les dépenses
totales (courantes et en capital) des ministères (enseignement primaire, enseignement secondaire et
emploi et formation professionnelle) ; ii) pour le secteur de la santé, les dépenses courantes et en
capital du ministère de la Santé publique, y-compris les dépenses associées à la COVID-19 ; et iii)
pour d’autres secteurs sociaux, les dépenses courantes et en capital des ministères du Travail et de la
SOLDE ET FINANCEMENT
12. Solde primaire : Le solde primaire est défini comme la différence entre les recettes
publiques totales (définies au paragraphe 5) et le total des dépenses et prêts nets de l’État (défini au
paragraphe 9), non compris les paiements d’intérêts liés à la dette extérieure et intérieure.
13. Dette : La définition de la « dette » est énoncée au paragraphe 8 a) des Lignes directrices sur
les plafonds d’endettement public dans les programmes appuyés par le FMI, jointes à la décision
16919- (20/103) du Conseil d’administration adoptée le 28 octobre 2020, mais elle inclut également les
engagements contractés ou garantis pour lesquels les valeurs n’ont pas été reçues. Aux fins de ces
lignes directrices, on entend par « dette » une obligation courante, c'est-à-dire non contingente, créée
dans le cadre d’un accord contractuel par la fourniture d’une valeur sous forme d’actifs (notamment de
devises) ou de services, à quelque futur moment. Ces paiements libéreront le débiteur du principal
et/ou des intérêts dus au titre du contrat. Conformément à la définition précédente de la dette, les
arriérés, pénalités et dommages-intérêts accordés par la justice et résultant du défaut de paiement
d’une obligation contractuelle constituant une dette sont des dettes.
14. La dette extérieure, dans l’évaluation des critères correspondants, est définie comme tout
emprunt ou service de la dette dans une monnaie autre que le franc CFA. Cette définition s’applique
également à la dette entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique
centrale (CEMAC) et à la dette de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale
(BDEAC). Les critères de réalisation pertinents s’appliquent à la dette extérieure de l’État, des
entreprises publiques qui reçoivent des transferts de l’État et d’autres entités publiques dans
lesquelles l’État détient plus de 50 pour cent des parts de capital, ou toute autre dette privée pour
laquelle l’État a fourni une garantie qui doit être considérée comme constituant un passif contingent.
Par dette garantie, on entend toute obligation légale formelle de l’État par laquelle il lui incombe de
rembourser une dette en cas de défaut de paiement du débiteur (que les paiements soient effectués
en espèces ou en nature).
Le lien vers le site du FMI ci-dessous renvoie à un instrument qui peut être utilisé pour calculer l’élément de don pour un large éventail
d’accords financiers : http://www.imf.org/external/np/pdr/conc/calculator.
les paiements du service de la dette à la date à laquelle la dette a été contractée. 2 Un taux
d’actualisation de 5 % est utilisé à cette fin.
16. La dette intérieure est définie comme l’ensemble des dettes et obligations de l’État libellées
en francs CFA. Ce poste comprend les soldes non remboursés, les avances de la Banque des États de
l’Afrique centrale, les bons et obligations du Trésor, la dette structurée, les arriérés de paiement
intérieurs et la dette intérieure de la SONARA.
17. La dette structurée est une dette qui a fait l’objet d’un accord formel ou d’une titrisation.
Dans le cadre du programme, la dette bancaire structurée est incluse dans le crédit bancaire net et la
dette non bancaire structurée est comptabilisée dans le financement non bancaire.
• La dette bancaire structurée est définie comme l’ensemble des créances des banques locales
sur l’État, à l’exception des bons et obligations du Trésor.
• La dette non bancaire structurée est définie comme l’ensemble des soldes payables par l’État à
des institutions non bancaires locales, à des particuliers ou à la CEMAC, qui ont été titrisés ou qui
font l’objet d’un accord de remboursement formel selon un calendrier clairement défini.
18. Le financement intérieur net de l’État est défini comme la somme i) du crédit bancaire net
à l’État et ii) du financement non bancaire net.
• Le crédit bancaire net à l’État est égal à la variation du solde entre les engagements et les actifs
de l’État auprès du système bancaire national. Ces avoirs comprennent notamment : i) les
disponibilités du Trésor ; ii) les dépôts du Trésor auprès de la Banque centrale, non compris le
compte des Pays pauvres très endettés (PPTE) ni le compte Contrat de désendettement et de
développement (C2D) ; et iii) le solde créditeur des comptes de la Caisse autonome
d’amortissement (CAA) auprès des banques commerciales affecté au remboursement des titres
de créance de l’État. Les engagements de l’État comprennent notamment i) les financements de
la Banque centrale, les financements nets du FMI (décaissements nets des remboursements), le
refinancement des obligations garanties et les bons et obligations du Trésor détenus par la
Banque centrale ; et ii) les financements des banques commerciales, plus précisément les prêts et
les avances directes, ainsi que les titres du Trésor, bons et obligations détenus par les banques
locales. Le crédit bancaire net à l’État est calculé sur la base des données fournies par la Banque
des États de l’Afrique centrale (BEAC). Ces données doivent faire l’objet d'une réconciliation
mensuelle entre le Trésor et la BEAC.
2
Le calcul de la concessionnalité reflète tous les aspects de l’accord de prêt, notamment l’échéance, le délai de grâce,
le calendrier des échéances, les commissions d’engagement et les commissions de gestion. Les calculs de
concessionnalité pour les prêts de la Banque islamique de développement (BIsD) refléteront l’accord existant entre la
BIsD et le FMI.
• Le financement net non bancaire de l’État comprend : i) la variation de l’encours des titres publics
(bons et obligations du Trésor) émis en francs CFA sur le marché financier régional et non
détenus par le système bancaire local ; ii) la variation de l’encours de la dette intérieure non
bancaire structurée (définie au paragraphe 16) ; iii) les recettes de privatisation (définies au
paragraphe 8) ; iv) la variation du solde des comptes de correspondants bancaires (notamment le
compte 42) et des comptes de consignation ; et v) la variation du solde des créances en
souffrance sur l’État abandonnées par le secteur privé. Le financement non bancaire net de l’État
est calculé par le Trésor public.
19. Les arriérés intérieurs de paiement sont la somme i) des arriérés de paiement sur les
dépenses, ii) des arriérés de paiement sur la dette intérieure structurée et iii) de la dette non
structurée :
• Les arriérés de paiement sur les dépenses sont définis comme des « soldes à payer » pour
lesquels le délai de paiement dépasse la période réglementaire de 90 jours. Les soldes à payer
reflètent les obligations impayées de l’État. Ils sont définis comme des dépenses pour lesquelles
la procédure normale d’exécution des dépenses (engagement, validation et autorisation) a été
suivie jusqu’à ce qu’elles soient engagées par le Trésor public, mais qui sont toujours en attente
de paiement. Les soldes payables à moins de 90 jours représentent les paiements en cours. Le
Trésor suivra ces informations sur une base mensuelle afin d’identifier les arriérés de dépenses
dans le stock des soldes à payer.
• Les arriérés de paiement sur la dette intérieure structurée sont définis comme la différence
entre le montant dû en vertu d’un accord de dette intérieure (défini au paragraphe 11) ou le
remboursement de titres, bons ou obligations du Trésor arrivés à échéance et le montant
effectivement payé après la date limite de paiement indiquée dans l’accord ou après la date
d’échéance des titres, bons ou obligations du Trésor.
i. La dette non structurée de la CAA qui comprend l’ensemble des soldes à payer, et des passifs de
l’État transférés à la CAA qui n’ont pas fait l’objet d’un accord de remboursement ou de
titrisation. Le stock de la dette non structurée est estimé à 55,6 milliards de FCFA fin 2022.
ii. La dette intérieure « flottante », qui comprend tous les engagements de l’État pour lesquels un
service a été fourni par un prestataire public ou privé mais qui n’a fait l’objet d’aucun
engagement budgétaire. Ces engagements comprennent les factures payables et non réglées
aux entreprises publiques et privées, mais excluent la dette fiscale découlant d’opérations de
compensation de la dette avec des entreprises publiques et l’exécution des accords de marchés
publics à financement extérieur qui n’ont pas été couverts par le budget en raison notamment de
crédits budgétaires insuffisants. La direction générale du Budget procédera à une évaluation
mensuelle de ces engagements en collaboration avec le Trésor public.
20. Les arriérés de paiement extérieurs sont définis comme des obligations de dette extérieure
de l’État qui n’ont pas été payées à l’échéance conformément aux dispositions contractuelles
applicables (compte tenu de toute période de grâce contractuelle). Ce critère de réalisation exclut les
arriérés de paiement sur les obligations financières extérieures de l’État qui font l’objet d'un
rééchelonnement.
21. Les avances du Trésor ne suivent pas la chaîne normale de la dépense et sont définies
comme tout paiement effectué par le Trésor en l’absence d’un engagement ou d’un
ordonnancement émis par l’ordonnateur compétent de la direction générale du Budget (DGB) et
régularisé rétroactivement.
22. Les objectifs quantitatifs (OQ) figurant dans la liste ci-dessous sont ceux spécifiés dans le
tableau 1 du MPEF. Sauf indication contraire, tous les objectifs quantitatifs seront évalués sur une
base cumulative à partir du début de l'année civile à laquelle ils s’appliquent. Les objectifs
quantitatifs et les détails de leur évaluation sont présentés ci-dessous :
Critères de réalisation
23. Un plancher pour le solde primaire non pétrolier (sur la base des ordonnancements) est
défini comme un objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Le solde primaire non pétrolier est
défini comme la différence entre le solde primaire défini au paragraphe 12 et les recettes pétrolières
définies au paragraphe 6.
24. Pour assurer la cohérence entre les données provenant de différentes sources utilisées
pour préparer le tableau des opérations financières de l’État (TOFE), et en particulier entre les
données sur les opérations budgétaires communiquées par le Trésor et les données sur le
financement communiquées par la BEAC, la CAA et le Trésor, le niveau cumulé des écarts de
financement dans le TOFE (y-compris les erreurs et omissions) pour un mois donné ne doit pas
dépasser 5 % des dépenses cumulées pour ce mois, en valeur absolue. Si cette limite est dépassée,
un exercice complet de réconciliation de toutes les données sources du TOFE sera entrepris en
consultation avec les services du FMI.
25. Les données détaillées sur les opérations financières de l’État indiquant le solde primaire, les
recettes pétrolières et le niveau des dépenses diverses non classées ailleurs seront soumises sur une
base mensuelle dans un délai de six semaines à compter de la fin du mois, à l'exception des données
de fin décembre. La loi camerounaise n° 2018/012 sur les finances publiques prévoit une période
complémentaire de 30 jours après la fin de l'année civile pour compléter tous les paiements en
suspens de l’année budgétaire. Par conséquent, les données de fin d’année sur les opérations
financières de l’État seront soumises au plus tard le 15 mars de l’année suivante.
Critères de réalisation
26. Le plafond du financement intérieur net de l’État à l'exclusion du financement net du FMI
est défini comme un objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Pour les besoins du programme,
le financement intérieur net de l’État à l’exclusion du financement net du FMI sera le financement
intérieur net de l’État défini au paragraphe 16, non compris le financement net du FMI.
Ajustement
27. Le plafond du financement bancaire net de l’État hors financement net du FMI sera ajusté si i)
les décaissements liés à l’appui budgétaire extérieur nets du service de la dette extérieure et du
paiement des arriérés extérieurs, et ii) le rééchelonnement du service de la dette extérieure bilatérale
est inférieur aux prévisions du programme, sont inférieurs aux niveaux programmés.
• A la fin de chaque trimestre, si les décaissements des appuis budgétaires extérieurs sont
inférieurs (supérieurs) aux montants programmés, les plafonds trimestriels concernés seront
ajustés au prorata à la hausse (à la baisse), dans la limite de 120 milliards de FCFA pour
chaque trimestre de 2022 et 2023. Ce plafond pourra être revu en fonction du rythme de
décaissement des aides budgétaires au cours de l'année.
28. Les données détaillées sur le financement intérieur net de l’État (bancaire et non bancaire) et
l’état des décaissements au titre de l’appui budgétaire, du remboursement du service de la dette
extérieure et l’état des arriérés intérieurs seront soumis sur une base mensuelle dans un délai de six
semaines après la fin du mois.
Critères de réalisation
29. Le plafond des décaissements de la dette extérieure non concessionnelle est défini
comme un objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Ce critère de réalisation s’applique à la
dette contractée pour financer des projets. Ce critère de réalisation repose sur la dette extérieure
telle que définie au paragraphe 14 et utilise le concept de concessionnalité défini au paragraphe 15
30. Des informations détaillées sur les décaissements de la dette extérieure contractée par l’État
doivent être communiquées dans les six semaines suivant la fin du mois, en indiquant la date à
laquelle les prêts ont été signés et en faisant la distinction entre les prêts concessionnels et les prêts
non concessionnels.
Critères de réalisation
31. Un plafond des créances nettes de la Banque centrale sur l’État est défini comme un
objectif quantitatif dans le tableau 1 du MPEF. Ce critère est défini comme la différence entre les
créances de la Banque centrale sur l’État, à l’exclusion du financement du FMI, en particulier les
soldes impayés d’avances statutaires consolidées, le refinancement d’obligations garanties et les
titres du Trésor détenus par la Banque centrale ; et la trésorerie et le total des dépôts du Trésor
auprès de la Banque centrale, y-compris le solde du compte spécial des avances statutaires non
utilisées. Le solde de ce compte spécial fera l’objet d’un suivi régulier afin de maintenir les objectifs
définis dans le tableau 1 du MPEF.
32. Le plafond des créances nettes de la banque centrale sur l’État comprend l’utilisation
convenue de l’allocation de DTS pour 2021.
33. Le plafond des créances nettes de la Banque centrale sur l’État sera ajusté si les
décaissements au titre des appuis budgétaires extérieurs sont inférieurs aux niveaux programmés. A
la fin de chaque trimestre, si les décaissements au titre des appuis budgétaires extérieurs sont
inférieurs (supérieurs) aux montants programmés, les plafonds trimestriels correspondants seront
ajustés à la hausse (à la baisse) en proportion, dans la limite de 120 milliards de FCFA pour chaque
trimestre des années 2022 et 2023. Ce plafond pourra être revu en fonction du rythme de
décaissement des aides budgétaires au cours de l’année.
34. La BEAC doit communiquer les informations détaillées sur tous les financements de la
Banque centrale à l’État et l’état du solde du compte spécial des avances statutaires non utilisées
dans les six semaines suivant la fin du mois.
Critères de réalisation
35. Un plafond nul pour l’accumulation de nouveaux arriérés de paiements extérieurs est
défini comme un objectif quantitatif permanent dans le tableau 1 du MPEF. Ce critère de réalisation
s’applique à l’accumulation des arriérés extérieurs tels que définis au paragraphe 20 du présent
Mémorandum. Dans le cadre du programme, l’État s’engage à ne pas accumuler d’arriérés de
paiements extérieurs sur sa dette, à l’exception des arriérés faisant l’objet d’un rééchelonnement. La
non-accumulation d’arriérés par l’État est un critère de réalisation à observer en permanence. Ce
critère de réalisation sera mesuré sur une base cumulative lors de l’approbation du programme.
36. Les données relatives aux soldes, à l’accumulation et au remboursement des arriérés
extérieurs seront communiquées dans les six semaines suivant la fin de chaque mois. Ce critère
de réalisation fera l’objet d’un suivi continu de la part des autorités et tout nouvel arriéré extérieur
devra être signalé immédiatement au FMI.
Critères de réalisation
3
Lignes directrices sur les limites de la dette publique dans les programmes soutenus par le FMI, jointes à la décision
du Conseil d’administration n° 16919-(20/103), adoptée le 28 octobre 2020).
emprunts contractés en francs CFA, aux bons et obligations du Trésor émis en francs CFA sur le
marché régional de la CEMAC, aux prêts ordinaires à court terme des fournisseurs, aux crédits
ordinaires à l’importation, aux prêts du FMI et aux prêts d’appui budgétaire de la Banque mondiale
ou à l’allègement ou au rééchelonnement de la dette. Toute dette nouvelle contractée ou décaissée
aux fins d’opérations de gestion de la dette qui entraîne une amélioration du profil global de la dette
(comme spécifié au paragraphe 29) est exemptée de ce critère de réalisation. Pour l’évaluation de ce
critère de réalisation, l’allègement de la dette est défini comme la restructuration de la dette avec le
créancier existant qui réduit la valeur actuelle nette de la dette, et le rééchelonnement de la dette est
défini comme les opérations avec le créancier existant qui étalent les échéances moyennes
pondérées des flux financiers sans augmenter la valeur actuelle nette.
38. La VA de la dette au moment où elle est contractée est calculée en actualisant le flux
futur des paiements du service de la dette dus au titre de cette dette. 4 Pour les dettes dont
l’élément de don est égal ou inférieur à zéro, la VA sera fixée à la valeur nominale de la dette. Le taux
d’actualisation utilisé à cette fin est le taux d’actualisation unifié de 5 % défini dans la décision du
Conseil d’administration n° 15248-(13/97). La VA des dettes extérieures libellées dans des monnaies
autres que le dollar des États-Unis sera calculée en dollars des États-Unis aux taux de change du
programme spécifiés dans le tableau texte 1 du protocole d’accord technique. Pour toute dette
assortie d’un taux d’intérêt variable sous la forme d’un taux d’intérêt de référence plus un écart fixe,
la VA de la dette sera calculée en utilisant un taux de référence du programme plus l’écart fixe (en
points de base) spécifié dans le contrat d’emprunt. Le taux de référence du programme pour le SOFR
USD à six mois est de 0,04 % et restera fixe pendant toute la durée du programme. L’écart entre
l’EURIBOR à six mois et le SOFR à six mois est de -56 points de base. L’écart entre l’OIS JPY à six mois
et le SOFR USD à six mois est de -8 points de base. L’écart entre le GBP SONIA à six mois et le SOFR
USD à six mois est de 1 point de base. Pour les taux d’intérêt sur les devises autres que l’euro, le yen
et la livre sterling, l’écart par rapport au SOFR USD à six mois est de 15 points de base. 5 Lorsque le
taux variable est lié à un taux d’intérêt de référence autre que le SOFR USD à six mois, une marge
reflétant la différence entre le taux de référence et le SOFR USD à six mois (arrondie aux 50 points de
base les plus proches) sera ajoutée.
4
Le calcul de la concessionnalité prend en compte tous les aspects du contrat de dette, notamment l’échéance, le
délai de grâce, le calendrier de paiement, les commissions initiales et les frais de gestion.
5
Le taux de référence du programme et les écarts sont basés sur le « taux moyen projeté » pour le SOFR à six mois en
USD sur les 10 années suivantes, tiré des Perspectives de l'économie mondiale (PEM) d’avril 2021.
Ajustement
39. Un ajustement à la hausse (à la baisse) du montant par lequel l’appui budgétaire excède
(n’atteint pas) les montants projetés. Tout ajustement sera plafonné à 10 % du plafond de la dette
extérieure fixé en termes de VA et doit être compatible avec le maintien de la viabilité de la dette.
40. Le plafond de la dette extérieure fixé en VA sera ajusté à la hausse du montant total, en VA,
de tout financement de projet consacré aux interventions de vaccination contre la COVID-19 qui
n’avait pas été prévu au moment de la fixation du critère de réalisation. À cet égard, les autorités
consulteront les services du FMI sur tout emprunt extérieur concessionnel prévu à cette fin et sur les
conditions de cet emprunt avant que les prêts ne soient contractés ou garantis par le gouvernement
national.
42. Si la VA du montant des prêts de la Banque mondiale signés en 2023 est supérieure à la VA
des prêts de la Banque mondiale signés en 2022 (179,4 milliards de FCFA), le plafond sera ajusté à la
hausse en proportion, et le montant de l’ajustement à la hausse du plafond sera plafonné à un
maximum de 182,5 milliards de FCFA (VA) en 2023, en fonction des projets identifiés.
43. Les informations détaillées sur tous les prêts (conditions et créanciers) contractés par l’État
doivent être communiquées dans les six semaines suivant la fin du mois. La même obligation
s’applique aux garanties émises par l’État. Ce critère fait l’objet d’un suivi permanent de la part des
autorités et toute signature ou garantie de dette doit être immédiatement signalée au FMI.
44. Un plancher pour les recettes non pétrolières, tel que défini au paragraphe 7, est défini
comme un objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF.
45. Un plafond pour les accumulations nettes d’arriérés intérieurs est défini comme un objectif
indicatif dans le tableau 1 du MPEF. Les arriérés intérieurs de paiement couverts par le Trésor sont
définis au paragraphe 19 et ne comprennent pas la dette flottante non structurée non couverte par
le Trésor. À titre d’exception, à fin septembre 2023 et fin décembre 2023, ce plafond inclura les
paiements en cours définis comme des soldes payables à moins de 90 jours au paragraphe 19.
I. Dépenses sociales
46. Un plancher pour les dépenses sociales conformément au paragraphe 11 est défini
comme un objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF. Ces dépenses feront l’objet d’un suivi régulier
dans le cadre de la mise en œuvre du programme.
47. Les données relatives à la situation financière de l’État, telles que présentées dans le tableau
des opérations financières de l’État, la liste détaillée des recettes mettant en évidence les recettes
pétrolières, les arriérés intérieurs de paiement et l’état d’exécution des dépenses sociales doivent
être communiquées dans les six semaines suivant la fin du mois, à l’exception des données relatives à
la fin du mois de décembre, comme indiqué au paragraphe 25.
48. Un plafond pour la part des dépenses exceptionnelles dans le total des dépenses
autorisées dette non comprise est défini comme objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF. Ce
critère sera calculé sur la base du rapport entre les dépenses exceptionnelles (dépenses, non compris
le service de la dette payé sans autorisation préalable, y compris les avances de trésorerie et les
engagements provisionnels) et les dépenses totales autorisées, service de la dette non compris, qui
sont financées sur le marché intérieur (notamment les salaires). Les dépenses exceptionnelles feront
l’objet d’un suivi régulier dans le cadre de la mise en œuvre du programme.
49. Les états comptables mensuels indiquant le montant des avances de trésorerie, des
engagements budgétaires provisionnels et des fonds avancés doivent être communiqués aux
services du FMI dans les trois semaines suivant la fin de chaque mois. Les dépenses autorisées
présentées dans le tableau M1 du tableau des opérations financières de l’État seront utilisées pour
calculer ce ratio.
50. Un plafond pour les avances du Trésor sans allocation budgétaire est défini comme un
objectif indicatif dans le tableau 1 du MPEF et sera testé sur une base trimestrielle. Les avances du
Trésor sont définies au paragraphe 21.
51. Les états comptables mensuels indiquant le montant des avances du Trésor doivent être
communiqués aux services du FMI dans les six semaines suivant la fin de chaque mois.
52. Les données quantitatives sur les objectifs quantitatifs et indicatifs de l’État seront
communiquées aux services du FMI selon la périodicité décrite dans le tableau 1 ci-dessous. En
outre, toutes les révisions de données seront communiquées rapidement aux services du FMI. Les
autorités s’engagent à communiquer aux services du FMI toute information ou donnée non
spécifiquement abordée dans le présent protocole d’accord technique, mais qui est nécessaire à la
mise en œuvre du programme, et à tenir les services du FMI au courant de la situation en ce qui
concerne la réalisation des objectifs du programme.
Institution Délai
Fréquence
Informations responsable d’établissement
des données
des rapports
Finances publiques
Secteur monétaire
I. Introduction
Au nom des autorités camerounaises, que nous représentons, nous souhaitons remercier le
conseil d’administration, la direction et les services du FMI pour leur appui constant aux
initiatives du Cameroun visant à préserver la stabilité macroéconomique du pays et à mettre
en œuvre des réformes essentielles dans le cadre du plan de redressement après la COVID-
19 et de la stratégie nationale de développement 2020–30 (SND 30).
Elles saluent les entretiens constructifs avec le directeur général adjoint du FMI,
K. Okamura, qui se sont tenus à Yaoundé en mars 2023, et avec les services du FMI dans le
cadre des quatrièmes revues des programmes au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et
du mécanisme élargi de crédit (MEDC).
L’économie camerounaise continue d’évoluer dans un environnement intérieur et
extérieur défavorable, marqué notamment par une situation difficile sur le plan de la
sécurité, le durcissement des conditions financières mondiales et la volatilité accrue des
cours internationaux du pétrole. La mise en œuvre et les résultats du programme ont été
en partie freinés par ces obstacles. Néanmoins, tous les critères de réalisation quantitatifs
(CRQ), à une exception près, deux des cinq objectifs indicatifs (OI) et deux des quatre
repères structurels (RS) pour la période considérée ont été atteints. Les autorités ont pris des
mesures correctives pour accélérer la stabilisation macroéconomique et la mise en œuvre des
réformes. Elles maintiennent leur engagement à l’égard des objectifs du programme et
continueront à apporter des réponses en faveur des populations vulnérables qui ont subi de
plein fouet les chocs, à soutenir la croissance et, au niveau régional, à contribuer à
l’amélioration de la balance des paiements et à l’accumulation de réserves.
II. Évolution récente de l’économie et perspectives
La reprise économique s’est poursuivie en 2022, mais plus lentement que prévu. La
croissance du PIB réel est estimée à 3,8 %, contre 3,6 % en 2021, grâce au dynamisme des
secteurs de l’industrie agroalimentaire et des services. L’inflation moyenne a atteint 6,3 %
en décembre 2022, du fait de la hausse des prix des produits alimentaires.
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Les chocs extérieurs et la riposte des autorités ont pesé sur les finances publiques,
tandis que la croissance et les mesures d’assainissement budgétaire ont amélioré la
situation budgétaire. Sous l’effet de l’augmentation des recettes pétrolières et des bons
résultats sur le plan des recettes non pétrolières, le déficit budgétaire global est tombé à
1,1 % du PIB, contre 3 % en 2021. Cependant, le gonflement des dépenses courantes, en
particulier pour les subventions aux carburants, devrait maintenir le déficit primaire hors
pétrole à 3,9 % du PIB, soit une amélioration par rapport aux prévisions initiales. La dette
publique est passée de 46,8 % du PIB fin 2021 à 45,5 % fin 2022, grâce à l’accélération de
la croissance et au resserrement de la politique budgétaire.
La position extérieure s’est améliorée en 2022 sur fond de termes de l’échange
favorables et de dépréciation du taux de change effectif réel. Malgré la hausse de
l’inflation et des prix à l’importation, le déficit des transactions courantes (dons compris)
devrait s’être réduit à 1,8 % du PIB, contre 4 % du PIB en 2021.
Les perspectives économiques à moyen terme du Cameroun restent positives malgré les
incertitudes liées au contexte extérieur. La croissance du PIB réel devrait atteindre 4 % en
2023 et 4,4 % en moyenne à moyen terme, grâce au dynamisme des secteurs primaire
(industrie agroalimentaire et sylviculture) et tertiaire, et à la faveur de la hausse de la
production d’hydrocarbures.
À moyen terme, l’inflation devrait tomber en dessous du taux de convergence de 3 % fixé
par la CEMAC. Le déficit des transactions courantes devrait se maintenir autour de 3 % du
PIB à moyen terme, grâce notamment à la trajectoire d’assainissement budgétaire, à la mise
en œuvre effective des programmes de promotion des exportations non pétrolières, aux
mesures de substitution des importations et à l’intégration régionale. Les règles de la
CEMAC en matière de change permettront de rapatrier une plus grande part des recettes
d’exportation, de limiter les sorties illicites de capitaux et d’augmenter le niveau régional de
réserves de change.
II. Résultats du programme appuyé par la FEC/le MEDC
Les résultats du programme ont été limités par des conditions difficiles tant sur le plan
intérieur qu’extérieur. Tous les CRQ à fin décembre 2022 ont été respectés, à l’exception
du CRQ continu sur la non-accumulation d’arriérés de paiements extérieurs. Le défaut de
réalisation de ce critère est temporaire et n’a pas d’incidence majeure, et s’explique par des
dépenses effectuées sur procédures exceptionnelles, notamment pour la sécurité, et par des
problèmes de gestion de la trésorerie qui ont entraîné des retards dans le paiement du service
de la dette à certains créanciers. Les autorités ont pris des mesures pour remédier aux OI
manqués, en particulier pour améliorer le suivi des dépenses liées aux interventions directes
de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et pour réduire au strict minimum les
dépenses relevant de procédures exceptionnelles.
Les autorités ont continué à avancer dans la mise en œuvre des réformes structurelles.
Deux des quatre RS pour mars et avril 2023 ont été satisfaits dans les délais impartis, à
savoir la publication du rapport sur les dépenses liées à la pandémie de COVID-19 en 2021,
et la publication du plan d’action visant à renforcer les institutions supérieures de contrôle
des finances publiques. En outre, les autorités ont déjà atteint deux RS attendus pour la
cinquième revue, à savoir l’augmentation de 13 500 à 14 850 du nombre d’assujettis à la
TVA et la publication du cadre juridique et réglementaire pour les partenariats public-privé
(PPP). Les autorités veilleront à mettre en œuvre les mesures structurelles qui ont été
reportées.
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impayées et de transférer les comptes du secteur public sur le compte unique du Trésor
(CUT). En outre, les autorités poursuivront les réformes pour accroître l’efficacité des
projets d’investissement public en améliorant leur sélection, leur planification et leur
exécution, sur la base des recommandations de l’évaluation de la gestion des investissements
publics (PIMA). L’amélioration de la gestion et de la gouvernance des entreprises publiques
est primordiale pour assurer une meilleure prestation des services publics et limiter les
risques budgétaires.
Les autorités restent vigilantes face aux risques liés à la viabilité de la dette. Leur action
à cet égard consiste à restreindre le recours à de nouveaux emprunts extérieurs et à
privilégier, dans la mesure du possible, les prêts concessionnels. Les prêts non
concessionnels seront limités au financement de projets prioritaires, rentables, ayant des
retombées socioéconomiques avérées et pour lesquels aucun financement concessionnel
n’est disponible. Le Comité national de la dette publique (CNDP) conservera un rôle actif
dans la gestion de la dette et approuvera toutes les propositions relatives à la dette publique
et les demandes de garanties de l’État. En outre, l’apurement des arriérés intérieurs dans le
secteur public reste un sujet de préoccupation.
Réformes structurelles, gouvernance et changement climatique
Pour tirer parti du formidable potentiel de croissance du Cameroun, les autorités
poursuivront les réformes de grande envergure visant à accélérer la croissance portée
par le secteur privé et la diversification de l’économie. Des consultations régulières sont
menées avec le secteur privé afin de surmonter les obstacles à son développement et
d’engager des réformes efficaces en matière d’incitation. Les autorités établiront un plan
d’action comportant des mesures pour supprimer les exonérations fiscales accordées aux
entreprises et promouvoir une concurrence loyale entre les opérateurs économiques des
secteurs autres que l’agriculture, l’élevage et la pêche. Conscientes de la position
économique de premier plan du Cameroun dans la région, les autorités continueront à
soutenir les initiatives régionales visant à faciliter les échanges, conformément à la priorité
accordée à l’intégration régionale par les chefs d’État de la CEMAC et à la stratégie
nationale pour la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).
Parmi les grands objectifs à atteindre figurent la mise en réseau des systèmes d’information
douaniers et la poursuite de la simplification des procédures et des formalités administratives
pour les échanges internationaux.
Les autorités sont déterminées à remédier aux facteurs de vulnérabilité de leur cadre
de gouvernance et de lutte contre la corruption. Elles continuent de respecter leurs
engagements en matière de gouvernance au titre de la facilité de crédit rapide (FCR), comme
en témoigne la publication du rapport sur les dépenses liées à la COVID-19 en 2021. De
plus, les autorités mettront en œuvre le plan d’action relatif à l’amélioration des cadres de
préparation, de publication et de suivi des audits des dépenses publiques. Elles envisagent à
cet égard d’apporter un appui aux institutions concernées, notamment à la Chambre des
comptes de la Cour suprême.
En outre, sur la base de l’étude diagnostique de la gouvernance effectuée avec l’assistance
technique du FMI, les autorités entendent remédier aux faiblesses dans les domaines qui ont
une incidence sur l’activité économique, tels que la gouvernance fiscale, la supervision du
secteur financier, la réglementation du marché des biens et des services, l’État de droit et la
lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Les
autorités poursuivront leur collaboration avec les organismes internationaux compétents en
matière de normes de transparence et d’intégrité financières, en particulier dans le cadre de
l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), du Groupe d’action contre
le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) et du Groupe d’action financière sur
5
le blanchiment de capitaux (GAFI). Sur ce dernier point, les autorités s’engagent à accélérer
la mise en œuvre du plan d’action du Groupe d’examen des questions de coopération
internationale (ICRG) du GAFI en vue de faire sortir le Cameroun de la liste des pays
présentant des défaillances stratégiques en matière de LBC/FT.
Une reprise économique forte et inclusive passe également par un renforcement de
l’inclusion financière. Dans le cadre de l’initiative régionale, les autorités ont défini leur
stratégie d’inclusion financière pour la période 2023–27. Celle-ci porte notamment sur
l’amélioration de la qualité, de la disponibilité et de l’accessibilité des produits et services
financiers ; un accès facilité au financement pour les chaînes de valeur et les PME agricoles ;
la promotion de l’innovation et de la finance numérique ; la protection des consommateurs et
la promotion de l’éducation financière. En collaboration avec la COBAC, l’organe de
supervision régional, les autorités poursuivent la résolution de deux banques et devraient
conclure le processus de mise en œuvre des plans de restructuration en juillet 2023. La
procédure de privatisation de la troisième banque devrait également être achevée d’ici un an.
Les mesures relatives au changement climatique restent une priorité pour le Cameroun.
La SND-30 a pour objectifs d’atténuer les effets du changement climatique, de renforcer
l’adaptation et la résilience du pays et d’assurer une gestion durable de l’environnement. Les
autorités prévoient d’intégrer la dimension du changement climatique dans la formulation du
budget, y compris dans le programme d’investissement public. Avec le concours du FMI,
elles procéderont à l’évaluation de la gestion des investissements publics face aux risques liés
au changement climatique (C-PIMA), ce qui permettra d’améliorer les capacités
institutionnelles et les processus de construction d’infrastructures à faible taux d’émission et
résistantes au changement climatique.
IV. Conclusion
Les autorités camerounaises, que nous représentons, sont déterminées à accélérer la
transformation économique du pays conformément à la SND-30 et à préserver la stabilité
macroéconomique et la stabilité extérieure de la CEMAC. Elles restent résolues à poursuivre
des politiques macroéconomiques saines et des réformes structurelles, notamment dans les
domaines essentiels de la gestion des finances publiques, de la dette, de la gouvernance et de
l’environnement des affaires.
Compte tenu des progrès accomplis dans le cadre du programme et des mesures
rectificatives prises pour en améliorer les résultats, les autorités sollicitent l’appui des
administrateurs pour l’achèvement des quatrièmes revues au titre des accords FEC et
MEDC, ainsi que pour leurs demandes de dérogation pour non-respect d’un critère de
réalisation et de modification de critères de réalisation.