Conditions d'existence des fractions
Conditions d'existence des fractions
Fractions rationnelles
Sommaire
I Construction de l’ensemble des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
1) Définition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
2) Représentant irréductible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
3) Opérations sur les fractions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
II Degré, pôles et racines d’une fraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
1) Notion de degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
2) Pôles et racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
3) Dérivation d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
III Décomposition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
1) Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
2) Éléments simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
3) Existence de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
IV Décomposition dans le cas complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
1) Forme de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
2) Calcul d’une partie polaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
3) Cas particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
V Décomposition dans le cas réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
1) Forme de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
2) Calcul des éléments simples de seconde espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
VI Applications de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
1) Calcul de la dérivée n-ième d’une fraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
2) Primitives d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
VII Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Définition 18.1
On appelle fraction rationnelle à coefficients dans 𝕂 toute classe d’équivalence pour la relation
P
= {(R, S) ∈ 𝕂[X] × (𝕂[X] ⧵ {0}) / PS = QR}.
Q
On dit que (P, Q) est un représentant de la fraction QP . L’ensemble des fractions rationnelles est
noté 𝕂(X) et la relation ℛ est appelée égalité des fractions rationnelles.
2) Représentant irréductible
Définition 18.2
Soit F = QP une fraction, on dit que P
Q est un représentant irréductible lorsque pgcd(P, Q) = 1 et
que Q est unitaire.
X3 −1 X2 +X+1 X2 +X+1
ZExemple : Soit F = X2 −1
, un représentant irréductible est X+1 , c’est à dire F = X+1 .
Théorème 18.1
Toute fraction admet un représentant irréductible unique.
P R PS + QR P R PR P λP
+ = , × = , et λ = .
Q S QS Q S QS Q Q
Pour que la définition ait un sens il faut le résultat ne dépende pas des représentants choisis pour
′ ′
les fractions, c’est à dire si QP = QP ′ et RS = RS′ , alors :
PS + QR P′ S′ + Q′ R′ PR P′ R′ P P′
= ; = et λ = λ .
QS Q′ S′ QS Q′ S′ Q Q′
Cette vérification est simple et laissée en exercice.
Propriétés :
a) Pour l’addition :
– elle est associative, commutative,
– elle admet un élément neutre, la fraction Q0 (∀ Q ≠ 0), appelée fraction nulle. On remarquera
qu’une fraction est nulle ssi son numérateur est nul.
– toute fraction QP admet un opposé et − QP = −P P
Q = −Q .
b) Pour la multiplication :
– elle est associative, commutative,
P
– elle admet un élément neutre qui est la fraction P (∀ P ≠ 0), appelée fraction unité.
−1
Q
– toute fraction non nulle (i.e. P ≠ 0) admet un inverse, et ( QP )
P
Q = P.
– elle est distributive sur l’addition.
c) Pour le produit par un scalaire : ∀ λ, μ ∈ 𝕂, ∀ F, G ∈ 𝕂(X) :
et
λ.(F × G) = (λ.F) × G = F × (λ.G).
À retenir
Par conséquent, (𝕂(X), +, ×) est un corps commutatif et (𝕂(X), +×, .) est une 𝕂-algèbre commu-
tative.
1) Notion de degré
Soit F une fraction non nulle et QP , RS deux représentants de F (i.e. F = QP = RS ), on a donc PS = QR,
d’où deg(P) − deg(Q) = deg(R) − deg(S). Autrement dit, la différence entre le degré du numérateur et
le degré du dénominateur, ne dépend pas du représentant de F, mais seulement de F.
Remarque 18.1 – Soit P un polynôme, en tant que polynôme son degré est deg(P), mais en tant que fraction,
son degré est deg( P1 ) = deg(P) − deg(1) = deg(P), on trouve bien la même chose.
2
ZExemple : deg( X X+1
+X+1 X
) = 1 et deg( X3−X 2 +2 ) = −2.
2) Pôles et racines
Définition 18.5
Soit F ∈ 𝕂(X) non nulle, et soit QP un représentant irréductible de F. On dit que 𝑎 ∈ 𝕂 est
racine de F de multiplicité 𝑚 ∈ ℕ∗ lorsque 𝑎 est racine du numérateur P de multiplicité 𝑚. On
dit que 𝑎 ∈ 𝕂 est pôle de F de multiplicité 𝑚 ∈ ℕ∗ lorsque 𝑎 est racine du dénominateur Q de
multiplicité 𝑚.
P′ Q − PQ′ R′ S − RS′
= .
Q2 S2
Définition 18.6
Soit F = P
Q ∈ 𝕂(X), on appelle fraction dérivée de F la fraction notée F′ (ou 𝑑F
𝑑X ) définie par :
P′ Q − PQ′
F′ = ,
Q2
Le résultat ne dépend pas du représentant de F choisi. On définit également les dérivées
′
successives de F en posant F(0) = F et pour tout 𝑛 ∈ ℕ, F(𝑛+1) = (F(𝑛) ) .
Remarque 18.4 –
′ ′ ′
– Soit P un polynôme, la dérivée de P en tant que fraction rationnelle est ( P1 ) = P 1−P1
12
= P′ , on retrouve
bien la dérivée de P en tant que polynôme.
– Contrairement aux polynômes le degré de F′ n’est pas toujours égal à deg(F) − 1, par exemple : F = X+1 X
,
′ 1 ′
on a deg(F) = 0 et F = (X+1)2 donc deg(F ) = −2.
Par contre on a toujours deg(F′ ) ⩽ deg(F) − 1.
Théorème 18.5
Si F est une fraction non nulle qui se factorise en F = F1 × ⋯ × F𝑛 dans 𝕂(X) avec (𝑛 ∈ ℕ∗ ),
alors :
F′ F′1 F′𝑛
F = F1 + ⋯ + F𝑛 .
Preuve : Par récurrence sur 𝑛 en commençant par le cas 𝑛 = 2. Si F = F1 F2 alors F′ = F′1 F2 + F1 F′2 , d’où
F′ F′1 F2 +F1 F′2 ′ ′
1) Partie entière
Soit F = AB une fraction, on effectue la division euclidienne de A par B ∶ A = BQ + R avec
deg(R) < deg(B). On a alors F = Q + RB avec deg( RB ) < 0 et Q ∈ 𝕂[X]. Supposons qu’il existe un autre
polynôme S et une fraction G tels que F = S + G avec deg(G) < 0, alors deg(Q − S) = deg(G − RB ) < 0
donc Q = S car ce sont des polynômes, et G = RB . On peut donc énoncer :
Théorème 18.6
Soit F ∈ 𝕂(X), il existe un unique polynôme Q tel que deg(F − Q) < 0, celui-ci est appelé
partie entière de F, c’est le quotient dans la division euclidienne du numérateur de F par le
dénominateur.
À retenir
Si deg(F) < 0 alors la partie entière de F est nulle (à cause de l’unicité).
2) Éléments simples
Définition 18.8
A
Un élément simple de 𝕂(X) est une fraction du type B𝑛 où B est un polynôme irréductible
unitaire (i.e. B ∈ I𝕂[X] ), deg(A) < deg(B), et 𝑛 ⩾ 1.
𝑎X + 𝑏
avec 𝑎, 𝑏, 𝑝, 𝑞 ∈ ℝ, 𝑝 2 − 4𝑞 < 0, et 𝑛 ⩾ 1.
(X2 + 𝑝X + 𝑞)𝑛
Définition 18.9
Décomposer une fraction rationnelle F non nulle, c’est l’écrire comme somme de sa partie
entière et d’éléments simples.
ZExemples :
3
– F = XX2+1 , sa partie entière est X, et on a F = X + −X
X2 +1
: c’est la décomposition de F en éléments
simples dans ℝ(X), mais pas dans ℂ(X).
– Dans ℂ(X) on a : F = X + −1/2 −1/2
X+𝑖 + X−𝑖 .
Théorème 18.7
A
Si T, S sont deux polynômes premiers entre eux et si deg( TS ) < 0, alors il existe deux polynômes
U et V tels que :
A U V
= + avec deg(U) < deg(T), deg(V) < deg(S).
TS T S
′ ′
Preuve : Il existe deux polynômes U′ , V′ tels que U′ S + V′ T = 1 (théorème de Bézout), on a alors TS A
= AU AV
T + S ,
′ ′ ′
soit E1 la partie entière de AU AV AU
T et E2 celle de S , il existe deux polynômes U et V tels que T = E1 + T avec
U
AV′ V A U V U V
deg(U) < deg(T), et S = E2 + S avec deg(V) < deg(S), d’où : TS = E1 + E2 + T + S , mais deg( T + S ) < 0, donc
A
E1 + E2 est la partie entière de TS , or celle-ci est nulle, donc E1 + E2 = 0, ce qui donne le résultat. □
Conséquence : Par récurrence on en déduit que si B1 , … , B𝑛 sont premiers entre eux deux à deux et si
A
deg( B1×…×B 𝑛
) < 0, alors il existe des polynômes U1 , … , U𝑛 tels que :
𝑛
A U
= ∑ 𝑖 avec deg(U𝑖 ) < deg(B𝑖 ).
B1 × … × B𝑛 𝑖=1
B𝑖
En appliquant ceci à notre fraction F, on peut affirmer qu’il existe des polynômes (U𝑖 )1⩽𝑖⩽𝑟 tels que :
𝑟
U𝑖 𝑚𝑖
F=E+∑ 𝑚𝑖 avec deg(U𝑖 ) < deg[P𝑖 ].
𝑖=1
P𝑖
Théorème 18.8
Si T est un polynôme irréductible unitaire et si deg( TA𝑛 ) < 0 (𝑛 ⩾ 1), alors il existe des polynômes
V1 , … , V𝑛 tels que :
𝑛
A V
𝑛
= ∑ 𝑘𝑘 avec deg(V𝑘 ) < deg(T).
T T
𝑘=1
Preuve : Par récurrence sur 𝑛 : pour 𝑛 = 1 il n’y a rien à faire. Si le théorème est vrai au rang 𝑛 et si deg( TA𝑛+1 ) < 0,
alors on effectue la division euclidienne de A par T ∶ A = QT + V𝑛+1 avec deg(V𝑛+1 ) < deg(T), ce qui donne
A Q V𝑛+1 Q
T𝑛+1 = T𝑛 + T𝑛+1 , il est facile de voir que deg( T𝑛 ) < 0, on peut donc appliquer l’hypothèse de récurrence, ce qui
donne le résultat. □
U𝑖
On peut appliquer ce théorème à chacune des fractions 𝑚 : il existe des polynômes V1,𝑖 , … , V𝑚𝑖,𝑖
P𝑖 𝑖
tels que :
𝑚𝑖
U𝑖 V𝑗,𝑖
𝑚𝑖 = ∑ 𝑗
avec deg(V𝑗,𝑖 ) < deg(P𝑖 ).
P𝑖 𝑗=1 P𝑖
1) Forme de la décomposition
𝑟
Soit F = A
B ∈ ℂ(X), sous forme irréductible, soit E sa partie entière et soit B = ∏ (X − 𝑎𝑘 )𝑚𝑘 la
𝑘=1
factorisation du dénominateur. Les complexes 𝑎𝑘 sont les pôles de F, et les entiers 𝑚𝑘 (⩾ 1) sont les
multiplicités respectives.
D’après l’étude générale, la forme de la décomposition de F sera :
⎡⎢ 𝑚𝑘
𝑟
𝑏𝑗,𝑘 ⎤⎥
F = E + ∑ ⎢⎢⎢∑ ⎥.
𝑗⎥
⎥
(X − 𝑎 )
𝑘=1 ⎣ 𝑗=1 𝑘 ⎦
𝑏𝑗,𝑘
Chaque pôle de F va donc générer des éléments simples qui lui correspondent : ce sont les (X−𝑎𝑘 )𝑗
pour 𝑗 ∈ J1 ; 𝑚𝑘 K.
F = E + PF (𝑎1 ) + ⋯ + PF (𝑎𝑟 ).
C’est à dire : partie entière plus les parties polaires relatives aux pôles de F.
A
Si 𝑎 est un pôle simple de F = B, alors la partie polaire de F relative à 𝑎 est :
𝑐 A(𝑎) A(𝑎)
PF (𝑎) = X−𝑎 avec 𝑐 = B′ (𝑎) = Q(𝑎) où Q est tel que B = (X − 𝑎)Q.
ZExemple : Soit F = X𝑛1−1 avec 𝑛 ⩾ 1. On a deg(F) < 0 donc la partie entière est nulle. Les pôles de
F sont les racines 𝑛-ièmes de l’unité : 𝑎𝑘 = exp(2𝑖𝑘π/𝑛) avec 𝑘 ∈ J0 ; 𝑛 − 1K, et ce sont des pôles
𝑐𝑘
simples. La partie polaire de F relative à 𝑎𝑘 est X−𝑎 𝑘
avec 𝑐𝑘 = 𝑛𝑎1𝑛−1 = 𝑎𝑛𝑘 . La décomposition de F
𝑘
est :
𝑛−1
1 𝑎𝑘
𝑛
=∑ .
X −1 𝑛(X − 𝑎𝑘 )
𝑘=0
β
PF (𝑎) = α
X−𝑎 + (X−𝑎)2
avec β = H(𝑎) et α = H′ (𝑎), en posant H = (X − 𝑎)2 × F.
Remarque 18.5 – Cette autre méthode se généralise au cas d’un pôle 𝑎 de multiplicité 𝑚 ⩾ 3 en posant
H = (X − 𝑎)𝑚 × F.
6
ZExemple : Soit F = (X−1)X2(X3+1) .
La fraction est irréductible et son degré vaut 1, il y a donc une partie entière non nulle, on trouve
E = X + 2 (le dénominateur est égal à X5 − 2X4 + X3 + X2 − 2X + 1). La fraction possède 4 pôles :
3
• 1 : c’est un pôle double, on pose H = (X − 1)2 × F = XX3+1 , la partie polaire relative à 1 est :
9/4 1/2
PF (1) = + .
X − 1 (X − 1)2
Car H(1) = 1/2 et H′ (1) = 9/4.
• −1 : c’est un pôle simple, la partie polaire de F relative à −1 est :
1/12
PF (−1) =
.
X+1
• −𝑗 : c’est un pôle simple, la partie polaire relative à −𝑗 est :
1/3
PF (−𝑗) = .
X+𝑗
• −𝑗 2 : est un pôle simple, la partie polaire relative à −𝑗 2 est :
1/3
PF (−𝑗 2 ) = .
X + 𝑗2
Finalement, la décomposition de F en éléments simples dans ℂ(X) est :
9/4 1/2 1/12 1/3 1/3
F=X+2+ + 2
+ + + .
X − 1 (X − 1) X + 1 X + 𝑗 X + 𝑗2
3) Cas particuliers
– Si F est à coefficients réels alors :
les parties polaires relatives aux pôles conjugués, sont conjuguées.
Preuve : Si 𝑎 est un pôle complexe non réel de F de multiplicité 𝑚, alors on sait que 𝑎 est un pôle de F de
même multiplicité car F ∈ ℝ(X), en regroupant les parties polaires relatives aux pôles autres que 𝑎, on
obtient : F = E + PF (𝑎) + U
V , où E ∈ ℝ[X] est la partie entière, si on conjugue l’expression, alors on obtient :
𝑚 𝑚
𝑐𝑘 𝑐𝑘
F = E + PF (𝑎) + U
V
. Si on pose PF (𝑎) = ∑ (X−𝑎)𝑘
, alors PF (𝑎) = ∑ (X−𝑎)𝑘
et donc :
𝑘=1 𝑘=1
𝑚
𝑐𝑘 U
F=E+∑ 𝑘
+ ,
𝑘=1
(X − 𝑎) V
U
mais 𝑎 n’est pas un pôle de V
, donc PF (𝑎) est la partie polaire de F relative à 𝑎, i.e. PF (𝑎) = PF (𝑎). □
−1 2𝑖√3 −1 2𝑖√3
F= 2
− + + .
3(X − 𝑗) 9(X − 𝑗) 3(X − 𝑗) 2 9(X − 𝑗)
– Si F est paire ou impaire, alors en utilisant la relation entre F(X) et F(−X) et avec l’unicité de
la décomposition, on obtient des relations entre les coefficients à déterminer dans les parties
polaires.
4
X +1
ZExemple : Soit F = X(X 2 −1)2 .
deg(F) < 0 donc la partie entière est nulle. La fraction est irréductible, impaire, et possède un
pôle simple : 0, et deux pôles doubles : 1 et −1. La forme générale de la décomposition de F est :
𝑎 𝑏 𝑐 𝑑 𝑒
F= + + + + .
X X − 1 (X − 1)2 X + 1 (X + 1)2
𝑎 𝑏 −𝑐 𝑑 −𝑒
F= + + 2
+ + .
X X + 1 (X + 1) X − 1 (X − 1)2
⎧
⎪𝑑 = 𝑏
L’unicité de la décomposition nous donne les relations : ⎨ ⎪𝑒 = −𝑐 , ce qui fait deux coefficients
⎩
en moins à calculer. La partie polaire relative à 0 est PF (0) = X1 (pôle simple). En substituant 1 à
X dans (X − 1)2 × F, on obtient 𝑐 = 1/2, et en faisant tendre 𝑥 vers +∞ dans la fonction rationnelle
𝑥 ↦ 𝑥F(𝑥), on obtient la relation 1 = 𝑎 + 𝑏 + 𝑑 i.e. 2𝑏 = 0 d’où 𝑏 = 0, finalement la décomposition
de F est :
1 1 1
F= + − .
X 2(X − 1)2 2(X + 1)2
1) Forme de la décomposition
A
Soit F = B ∈ ℝ(X) (sous forme irréductible), soit E sa partie entière et soit :
𝑛 𝑟
B = ∏(X − 𝑎𝑘 )𝑚𝑘 × ∏(X2 + 𝑝𝑘 X + 𝑞𝑘 )α𝑘
𝑘=1 𝑘=1
la factorisation de B en produit de facteurs irréductibles unitaires (𝑝𝑘2 − 4𝑞𝑘 < 0). D’après l’étude
générale, la forme de la décomposition de F est :
𝑛 ⎡ 𝑚𝑘 𝑟 ⎡ α𝑘
⎢ 𝑏𝑗,𝑘 ⎤⎥ 𝑐𝑗,𝑘 X + 𝑑𝑗,𝑘 ⎤⎥
F = E + ∑ ⎢⎢⎢∑ ⎥⎥ + ∑ ⎢⎢⎢∑ ⎥.
(X − 𝑎 ) 𝑗 ⎥ ⎢ (X 2 + 𝑝 X + 𝑞 )𝑗⎥
⎥
⎣
𝑘=1 𝑗=1 𝑘 ⎦ ⎣
𝑘=1 𝑗=1 𝑘 𝑘 ⎦
La première somme est en fait la somme des parties polaires de F relatives aux pôles réels de F.
Les techniques de calculs sont les mêmes dans le cas complexe.
La seconde somme est la somme des éléments simples de seconde espèce.
𝑎X + 𝑏 U
F=E+ + .
X2 + 𝑝X + 𝑞 V
𝑎 𝑏X + 𝑐
F=X+ + 2 .
X−1 X +X+1
1 𝑗2
La partie polaire relative à 1 est PF (1) = 3(X−1) . Dans ℂ(X), la partie polaire relative à 𝑗 est PF (𝑗) = 3(X−𝑗) ,
𝑗
et la partie polaire relative à 𝑗 2 est la conjuguée, i.e. PF (𝑗 2 ) = 3(X−𝑗 2 )
, la somme de ces deux parties
−X+1
polaires donne : 3(X2 +X+1)
, la décomposition de F est donc :
1 −X + 1
F=X+ + .
3(X − 1) 3(X2 + X + 1)
Théorème 18.11
Soit 𝑧 un complexe non réel, soient 𝑎, 𝑏, 𝑐 et 𝑑 quatre réels tels que 𝑎𝑧 + 𝑏 = 𝑐𝑧 + 𝑑, alors 𝑎 = 𝑐 et
𝑏 = 𝑑.
𝑑−𝑏
Preuve : Par l’absurde, si 𝑎 ≠ 𝑐 alors on aurait 𝑧 = 𝑐−𝑎 ∈ ℝ, or 𝑧 est non réel, donc 𝑎 = 𝑐, ce qui entraîne 𝑏 = 𝑑. □
VI APPLICATIONS DE LA DÉCOMPOSITION
1 (−1)𝑛 𝑛! (−1)𝑛 𝑛!
𝑓 (𝑛) (𝑥) = [ − ].
2𝑖 (𝑥 − 𝑖)𝑛+1 (𝑥 + 𝑖)𝑛+1
Ce qui donne :
⌊ 𝑛2 ⌋
𝑛+1
𝑛+1
∑ (2𝑘+1 )(−1)𝑘 𝑥 𝑛−2𝑘
Im((𝑥 + 𝑖) )
𝑓 (𝑛) (𝑥) = (−1)𝑛 𝑛! = (−1)𝑛 𝑛! 𝑘=0 2 .
(𝑥 2 + 1)𝑛+1 (𝑥 + 1)𝑛+1
𝑥
★Exercice 18.2 Calculer la dérivée 𝑛-ième de la fonction 𝑓(𝑥) = (𝑥−1)(𝑥 2 +𝑥+1) .
𝑥
𝑑𝑡 ⎧
⎪ln(|𝑥 − 𝑎|) si 𝑛 = 1
∫ 𝑛
= ⎨
⎪ −1
.
(𝑡 − 𝑎) ⎩ (𝑛−1)(𝑥−𝑎)𝑛−1 si 𝑛 ⩾ 2
𝑎X+𝑏
– Les éléments simples de seconde espèce : X2 +𝑝X+𝑞
, pour ceux-là la méthode est la suivante :
2
• on fait apparaître la dérivée du trinôme X + 𝑝X + 𝑞 au numérateur et on compense les X en
multipliant par un facteur adéquat, puis on compense les constantes en ajoutant ce qu’il faut,
ce qui donne :
𝑎X + 𝑏 𝑎 2X + 𝑝 𝑎𝑝 1
2
= 2
+ (𝑏 − ) 2 .
X + 𝑝X + 𝑞 2 X + 𝑝X + 𝑞 2 X + 𝑝X + 𝑞
′
La première de ces deux fractions est facile à intégrer (du type 𝑢𝑢 ).
• Pour la deuxième fraction : on met le trinôme X2 + 𝑝X + 𝑞 sous forme canonique afin de mettre
𝑢′
la fraction sous la forme : α 1+𝑢 2 où 𝑢 est une fonction de 𝑥, cette fonction est s’intègre en
α arctan(𝑢).
𝑥
ZExemple : Calculons F(𝑥) = ∫ 𝑡3𝑑𝑡+1 sur ]−1 ; +∞[ :
On décompose la fraction rationnelle X31+1 en éléments simples dans ℝ(X), ce qui donne :
1 1 X−2
= − .
X3 2
+ 1 3(X + 1) 3(X − X + 1)
On a :
X−2 1 2X − 1 3 1
= −
X2 − X + 1 2 X2 − X + 1 2 X2 − X + 1
et :
1 1 2 2/√3
= = .
X2 − X + 1 (X − 1/2) + 3/4 √3 ( 2X−1 )2 + 1
2
√3
On en déduit alors :
1 1 √3 2𝑥 − 1
F(𝑥) = ln(𝑥 + 1) − ln(𝑥 2 − 𝑥 + 1) + arctan( ).
3 6 3 √3
C’est à dire :
1 𝑥+1 √3 2𝑥 − 1
F(𝑥) = ln( )+ arctan( ) + cte.
3 √𝑥 2 − 𝑥 + 1 3 √3
Solution 18.1 Soit F = QP un représentant irréductible, F′ = 0 entraîne P′ Q = PQ′ , mais P ∧ Q = 1, donc Q ∣ Q′ , d’où
Q′ = 0, donc Q est constant et unitaire, finalement Q = 1 et P′ = 0, donc P est constant et F aussi.
X
Solution 18.2 Soit F = (X−1)(X2 +X+1) . La décomposition dans ℂ(X) de F donne :
1 𝑗2 𝑗
F= + + .
3(X − 1) 3(X − 𝑗) 3(X − 𝑗 2 )
On a donc :
(−1)𝑛 𝑛! 1 𝑗2
𝑓 (𝑛) (𝑥) = [ + 2 Re ( )] ,
3 (𝑥 − 1)𝑛+1 (𝑥 − 𝑗)𝑛+1
𝑗2 𝑗 2 (𝑥−𝑗 2 )𝑛+1
or (𝑥−𝑗)𝑛+1 = (𝑥 2 +𝑥+1)𝑛+1 , ce qui donne finalement :
𝑛+1
⎡⎢ ∑ (𝑛+1 𝑘 𝑛+1−𝑘 ⎤
(−1)𝑛 𝑛! ⎢⎢⎢ 1 𝑘 )(−1) cos(4(𝑘 + 1)π/3)𝑥 ⎥⎥
⎥⎥
(𝑛) 𝑘=0
𝑓 (𝑥) = ⎢⎢ + 2 ⎥⎥ .
3 ⎢
⎢⎢ (𝑥 − 1) 𝑛+1 2
(𝑥 + 𝑥 + 1) 𝑛+1 ⎥⎥
⎥
⎣ ⎦