TFB MULA Et NDALA VERSION FINALE
TFB MULA Et NDALA VERSION FINALE
LUBUMBASHI
MAI 2022
UNIVERSITE DE LUBUMBASHI
FACULTE DES SCIENCES
DEPARTEMENT DE CHIMIE
LUBUMBASHI
Par :
E : Potentiel
pH : Potentiel d’Hydrogène
Ks : Produit de Solubilité
S : Solubilité
P : Pression
Atm : Atmosphère
°K : Degré Kelvin
Tableau II. Produits de solubilité des carbonates métalliques à T=25°C (Ham, et Maham, 2015).
..................................................................................................................................................... 24
Tableau VI. Teneur de chaque élément dans les résidus avec et sans SMBS. ............................ 39
Tableau VIII. Rendements de solubilisation des métaux sous l’influence de l’ajout de la masse
de SMBS...................................................................................................................................... 42
Tableau IX. Caractérisation chimique du PLS après lixiviation acide réductrice ....................... 44
Tableau XI. Pureté des cristaux des sulfates de Cobalt produits par évaporation à 80°C........... 47
VI
Figure 3. Diagramme E-pH du système Fe-H2O à 25°C avec [Fe2+] = 0,01 mol.L-1 (Djoudi,
2021). ........................................................................................................................................... 25
Figure 4. Diagramme E-pH de Co-Mn-H2O à 25°C avec [Mn2+] = 0,125 mol/L ou 34,625 g/L et
[Co2+] = 0,131 mol/L ou 36,811 g/L (Djoudi, 2021). ................................................................ 26
Figure 7. Illustration de l’appareil de fluorescence des rayons X (XRF). (Usine Chemaf). ....... 33
Figure 9. Allures des courbes des rendements de la lixiviation des métaux sous l’influence de la
concentration en acide sulfurique. ............................................................................................... 41
Figure 10. Allures des courbes des rendements de mise en solution des métaux en fonction de la
masse de SMBS. .......................................................................................................................... 43
Figure 11. Allures des histogrammes des rendements de précipitation du cobalt et de manganèse
en fonction du pH et du temps d’injection de l’air dans le réacteur de précipitation .................. 46
Figure 13. Puretés du cobalt dans les cristaux en fonction du pH et du temps d’injection de l’air
lors de la précipitation. ................................................................................................................ 48
VII
EPIGRAPHE
Elie Wiesel
VIII
DEDICACE
A mes très chers parents MBUMBA TSHITSHI Romains et MWALUKE NGOIE Solange.
A mes chers frères MBUBA NTAMBWE Tracy, MBUBA NKOLELA Chrinovic, MBUBA
TSHITSHI Kennedy, MBUBA LUSSAME Jovannie et MBUBA ILUNGA Jovial.
A mes frères et sœurs : Dan MULA, Gracia MULA Théophile MULA, Plamedi MULA,
Costa. MULA, Divine MULA, Gabriel MULA, Miradi MULA, Lumière MULA.
REMERCIEMENTS
De tout notre cœur, nous adressons notre profonde gratitude à l’Etre incréé, notre Dieu et
Père, qui sans cesse a lutté pour nous durant tout notre parcourt et son appui était et est
manifeste dans notre vie.
Le Chef de Travaux, Master Kitungwa Kabuge Bertin pour son encadrement, son sens
d’écoute, sa patience et son sens d’échange et de responsabilité.
Tout le Corps Professoral de la Faculté des Sciences et du Département de Chimie qui nous a
fait bénéficier d’une formation multidisciplinaire et adaptée aux réalités chimiques.
Nos parents Mbumba Tshitshi Romains et Mwaluke Ngoie Solange pour leur réponse à notre
droit à l’éducation intellectuelle.
Nos remerciements s’adressent aussi à notre compagnon de lutte Tshinyoka Mula Ismaël et à
nos compagnons de bataille : Malele Schadrack, Kyungu Stallone, Kaseya Josias et Masengo
Eunice pour les moments de travail passés ensemble et à nos ami(e)s Malango Stany, Kavul
Prince, Kimukedi Gradie, Ngemi Rodrick, Musaka Cédrick, Kabemba Polydor, Koj Ariel,
Kapudi Pétronelle, Hangi Madeleine, Kayombo Aline, Malitele Ruben, Masele Berthe,
Mulongo Wolbert, Kabange Elie, Kalumba Mike, Kasongo Emmanuel, Kabinda Mike, Ngoie
Peters, Yav Blaise, Mutomb Salvador, Mutoni Luc, Ndala Nicole, Mutoni Evelyne, Ilunga
Mike, Chola Jules, Mahole Grace, Kapinga Anita et Katombe Noëlla.
Enfin, que tout celui qui, de près ou de loin, a apporté une pierre de touche à notre personne
dont le nom n’est pas mentionné trouve ici l’expression de nos très inestimables gratitudes.
REMERCIEMENTS
Je remercie tout naturellement mon Dieu qui m’a secouru, soutenu, protégé dans le malheur
comme dans le bonheur jusqu’à la fin de ce cycle.
Je remercie aussi l’Assistant Kabamba Mwape Lord pour son assistance momentanée et sa
surveillance quelque fois lors de nos manipulations au laboratoire.
Je remercie mon ami Mbuba Williams avec qui nous avions mené cette recherche, mes
collègues, Joël Mashinda, Elie Kange, Petronelle Kapudi, Marie-Paule Bahati, Cédric
Musaka, Tendresse Numbi, Gédéon Kabala, Rubin Malitele, Ariel Koj, Polydore Kabemba
Abigaël Mulongo, Lys Umba, Wolbert Mulongo, Rodrigue Ngemi pour les encouragements.
Je n’oublie pas, mes compagnons avec qui on a passé un temps assez merveilleux lors de nos
manipulations au laboratoire, Josias Kyungu, Josias Kaseya, Eunice Masengo, Chadrack
Malele pour les bons moments partagés et le soutien opportun mutuel.
Je finirai bien naturellement par remercier profondément mes parents, mon grand frère, toute
ma famille et mes amis pour leur aide, leur soutien et pour avoir été là, tout simplement.
RESUME
Ce présent travail a été consacré à l’évaluation des conditions de production des cristaux de
cobalt par précipitation-évaporation de la solution cobaltifère après élimination des impuretés
telles que le fer et le cuivre.
Les essais de la lixiviation à l’acide sulfurique ont révélé que la solubilisation du cobalt a été
grandement influencée par l’acidité (pH) de la solution. Le meilleur rendement a été observé à
71,53 % pour 55 g/l avec une acidité libre de 12,305 g/l.
Les tests de précipitation ont révélé que le fer et le cuivre ont été éliminés dans la solution à
partir d’un pH compris entre 5,00 et 6,30 pour un temps d’injection de l’air comprimé de 80 à
100 minutes. Dans cette zone, il a été observé un accompagnement du cobalt et de manganèse
dans le précipité. Alors que la production des cristaux de cobalt par évaporation de la solution
issue de la précipitation a été favorable lorsque la valeur de pH dans cette solution avait atteint
6,30 pour un temps d’injection de l’air à la précipitation de 100 minutes.
INTRODUCTION
De nombreuses technologies de pointe contiennent un métal quasi-incontournable, le cobalt. De
par ses propriétés uniques, le cobalt est utilisé dans bon nombre d’applications industrielles
telles que l’aéronautique, les superalliages et dans la désulfuration des hydrocarbures, qui est
cruciale pour l’industrie des carburants propres (Djoudi, 2021).
La pureté des métaux est d’une exigence énorme sur le marché mondial lors de leur vente.
Ainsi, au cours de leur traitement, une attention particulière doit être accordée à chaque
opération unitaire entrant dans leur obtention sous-forme des cristaux pour finalement les faire
passer à l’Electrolyse en vue d’obtenir du cobalt, élément chimique ayant une valeur ajoutée
marchande appréciable (Djoudi, 2021).
Il est plus que jamais nécessaire de développer de nouveaux procédés permettant de récupérer
efficacement et durablement le cobalt à l’état pur. La production actuelle du cobalt se fait par
précipitation suivi de la calcination pour produire les hydroxydes ou les oxydes de cobalt dont
la vente sur le marché international est dictée par la teneur maximale limite en impuretés mais
aussi la concentration la plus petite (23,00%) en cobalt dans ces hydroxyes produits. La
calcination se réalise généralement à des températures élevées excédant facilement 700°C. Face
au problème lié au coût de l’énergie dans notre pays, il est intéressant de pouvoir réfléchir sur la
possibilité de produire du cobalt à l’état plus ou moins pur mais à moindre coût (notes internes
de l’entreprise Chemaf).
C’est dans cette philosophie que cette recherche nous a été proposée pour évaluer les conditions
pouvant permettre de produire des cristaux des sulfates de cobalt par précipitation-évaporation
de la solution cobaltifère issue de la précipitation. Ceci par la simple raison que cette solution
est constituée d’un solvant (eau) susceptible de s’évaporer autour d’une température proche de
100°C. Cette température demeure de loin inférieure à celle utilisé à la calcination.
Pour y parvenir, nous avons opté d’optimiser d’abord les conditions de mise en solution de
cobalt lors de la lixiviation avant de produire la solution sur laquelle nous avons réalisé la
précipitation-cristallisation par évaporation du solvant.
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Outre l’introduction et la conclusion, ce travail comporte deux grandes parties à savoir, la revue
bibliographique et l’expérimentation qui sont sectionnés en quatre chapitres, à savoir :
PARTIE
BIBLIOGRAPHIQUE
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Le facteur de taille est aussi à considérer car de petites unités peuvent être conçues à des coûts
réduits ; l’hydrométallurgie permet aussi le traitement des minerais plus pauvres tout en
améliorant le raffinage et le rendement d’extraction (Laurent et al., 2000).
La voie hydrométallurgique exige la mise en solution des minéraux porteurs des métaux à
valoriser avant leur récupération par cémentation ou par extraction par solvant. Cette mise en
solution est aussi appelée lixiviation, constitue donc une étape importante et déterminante dans
le processus d’extraction des métaux par voie hydrométallurgique si bien que la conduite des
opérations de lixiviation dans toute usine hydrométallurgique conditionne au final les
rendements de récupération globaux de toutes les opérations jusqu’à l’obtention du métal
(Nkulu, 2012).
I.1. Définitions
L’hydrométallurgie est un procédé de purification des métaux consistant dans une mise en
solution des différents métaux contenus dans un minerai ou dans un concentré afin de les
séparer pour finalement les valoriser (Blazie, 2003).
Elle est une suite d’opérations chimiques permettant l’extraction d’un métal dans un solvant et
son élaboration. Elle comprend des étapes définies par des opérations de séparation
solide/liquide. La première étape est la lixiviation qui consiste à transférer le métal désiré en
solution. La seconde est la purification qui permet d’extraire de la solution des impuretés autres
que le métal désiré. La troisième étape consiste à élaborer le métal désiré en le précipitant
(Rizet et al., 2000).
I.2.1. Lixiviation
I.2.2. Décantation
La décantation est une opération de séparation mécanique basée sur la différence de gravité de
phases non miscibles dont l’une est liquide. On peut séparer des phases liquides ; si on laisse
reposer une suspension solide dans une phase liquide, on observe que les particules sous
l’action de la pesanteur et de la poussée d’Archimède, tendent à tomber vers le fond ou à
remonter à la surface selon leur densité et leur taille. La décantation a pour objectif de clarifier
la solution, qui donne une phase liquide totalement débarrassée de particules solides ;
l’épaississement, qui donne une boue à la teneur en solide la plus haute possible (Nyembo,
2019).
I.2.3. Filtration
La filtration est effectuée en continu sur des filtres à bande ou en discontinu sur des filtres
presses. Cette technique est la plus appropriée pour éliminer la grande partie de la solution de
lixiviation présente dans les résidus. La siccité (masse de matières sèches/masse totale) des
gâteaux obtenus est parfois élevée (20 à 70 %) ; les gâteaux peuvent être lavés sur les filtres
afin d’extraire la solution de lixiviation contenue dans le liquide interstitiel des gâteaux
(Laurent et al., 2000).
La lixiviation est rarement sélective ; la solution contient des impuretés qui peuvent nuire à la
production des composés purs des métaux. La précipitation des métaux sous forme
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L'électrolyse est un processus d'échange au cours duquel l'énergie électrique est transformée en
énergie chimique. Il permet d’obtenir des réactions chimiques grâce à une activation électrique.
Cette activation est assurée par une source de courant continu pour procurer l’énergie
nécessaire à la réaction. La matière à décomposer ou à transférer est dissoute dans un solvant
approprié de sorte que ses ions constitutifs soient disponibles pour pouvoir circuler librement
dans la solution et dans le sens des deux électrodes ; on appelle cette solution, électrolyte. La
liaison entre l’électrolyte et le générateur du courant, est effectuée par l’intermédiaire de deux
électrodes immergées dans l’électrolyte. Une différence de potentiel électrique est appliquée
entre les deux électrodes immergées dans la solution. Lors du passage d’un courant électrique
continu, les électrodes attirent à elles les ions de charge opposée. La cathode est le siège d'une
réduction et l'anode le siège d'une oxydation. Pour contrôler les réactions dans une cellule
d'électrolyse, il faut choisir le matériau de l'électrode ainsi que le type d'électrolyte pour
promouvoir une réaction plutôt qu'une autre. (Derabila, 2012).
I.3. Lixiviation
L’hydrométallurgie, solution alternative (ou complémentaire) à la pyrométallurgie, connaît un
essor majeur dans les filières de production primaire et de recyclage des éléments métalliques.
Dans ce domaine, l’opération de lixiviation, qui consiste à dissoudre une phase solide en milieu
aqueux en vue de la séparation ultérieure des composés d’intérêt, constitue une étape clé. L’un
des verrous récurrents de ce procédé est la formation de couches passivantes à la surface des
particules solides, dont la conséquence est un blocage partiel ou total de la dissolution
(Touchard et al., 2001).
La lixiviation qui vient du latin « lixiviere » signifie en fait un lessivage qui va être fait au
minerai ou concentré à l’aide d’un solvant qui permettra l’obtention d’une phase aqueuse
susceptible de dissoudre le métal du minerai. Les réactions de lixiviations mettent
essentiellement en jeu deux phases : solides et liquides celles-ci s’effectuent à l’interface de ces
phases. Il s’effectue un transfert des matières de la phase solide vers la phase liquide. La
lixiviation est donc un traitement chimique qui consiste à solubiliser les constituants
valorisables d’un concentré ou d’un minerai de la façon la plus complexe possible dans un
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solvant approprié, tout en laissant plus ou moins intact les éléments de la gangue dans la phase
solide en vue de faciliter la séparation (Kamanga, 2018).
Cette dernière s’applique généralement aux minerais oxydés ne possédant pas de gangue
dolomitique, mais également aux sulfures avec l’ajout de certains agents oxydants. La solution
lixiviante la plus utilisée est l’acide sulfurique (Nouioua, 2018).
Il existe deux sortes de lixiviation acide : la lixiviation acide oxydante et la lixiviation acide
réductrice.
Très souvent les minerais sulfureux et certains minerais oxydés se dissolvent difficilement ou
presque pas dans une solution acide seule ; ils nécessitent un milieu acide et oxydant pour leur
solubilisation. On utilise l’acide comme agent de lixiviation en présence d’un oxydant
(l’oxygène ou l’ion ferrique généralement) (Nouioua, 2018).
Lorsqu’on utilise un réacteur à l’air libre, l’oxygène dissous participe à la réaction et l’on
obtient une lixiviation lente comparable à la lixiviation sous pression d’oxygène plusieurs
agents de lixiviations contenant des chlorures, des nitrates, des amines et des sulfates ont été
expérimentés, mais c’est la lixiviation en milieu sulfate qui est la plus utilisée puis qu’elle est
moins couteuse, moins corrosive et elle facilite les opérations ultérieures (Nouioua, 2018).
il s’agit d’une mise en solution des minerais dans un milieu acide rendu réducteur par la
présence d’un agent réducteur tel que le cuivre métallique, le SO2, le Fe2+ en vue de solubiliser
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les oxydes supérieurs tels que le MnO2, Co2O3 qui ne solubilisent pas en milieu acide seul
(Nouioua, 2018).
Le cas de la lixiviation acide réductrice peut être illustré par les réactions suivantes :
Les solutions alcalines (exemples solution de soude) sont utilisées en hydrométallurgie pour
lixivier certains oxydes métalliques tels que les oxydes amphotères. C’est ainsi qu’on peut
traiter la bauxite qui contient la silice, l’oxyde de fer et l’alumine. La silice et l’alumine n’étant
pas attaqués constituent les résidus solides de lixiviation (Nouioua, 2018).
Elle s’applique aux minerais à gangue dolomitiques pour extraire les métaux tels que le cuivre,
le nickel…sous forme complexes. On utilise généralement le (NH4)2CO3 et NH4OH dans ce
procédé sélectif car les impuretés ne forment pas de complexe avec le NH3 (Katshil, 2017).
Nous pouvons illustrer ce type de lixiviation par les réactions suivantes :
Cu + 4 NH3 + ½ O2 + H2O → Cu (NH3)42+ + 2 OH- (7)
Cu2O + 8 NH3 +½ O2→ 2 Cu(NH3)42+ + 4 OH- (8)
Cu2S + 2 NH3 + 2 NH4 + ½ O2 → CuS (NH3)4 + H2O (9)
Cette lixiviation est utilisée pour extraire par dissolution sélective les métaux précieux (l’or et
l’argent principalement) des minerais polymétallifères difficiles à traiter par les méthodes
classiques et c’est à l’aide d’un cyanure alcalin avec formation des complexes solubles
(Nouioua, 2018).
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I.3.1.5. Electrolixiviation
Elle consiste à appliquer un courant électrique continu sur les minerais, les concentrés ou les
produits semi fini de la métallurgie en vue de les solubiliser. Cela se passe dans une cellule
d’électrolyse. Les matériaux à lixivier constituent l’anode de la cellule. Les paramètres de
l’électrolyse sont réglés de telle manière que les ions des matières utiles soient solubilisés par
la réaction anodique et aillent se déposer à la cathode ou on récupère un dépôt métallique pur.
L’avantage de cette méthode est qu’on réalise dans le même appareil la lixiviation et
l’extraction du métal (Nouioua, 2018).
La lixiviation demande la mise en contact d’un agent de lixiviation avec un solide. Les
techniques de lixiviation dépendent de la teneur en éléments utile ainsi que de la facilité de
dissolution. On tient à signaler que toutes ces techniques citées ci-dessous se font soit dans les
cuves ayant des différentes formes ou dans les fossés préparés (Habashi, 1969).
Il existe des conditions pour qu’une lixiviation se déroule normalement. Elles sont à la fois
essentielles et indispensables pour la rentabilité d’un procédé hydrométallurgique ; bon nombre
d’entre-elles sont beaucoup plus liées au solvant. C’est ainsi que le choix de ce dernier se fait
en considérant certains facteurs suivants (Villard, 2006) :
La minéralogie a pour but l'étude des minéraux, éléments ou composés naturels. Si la notion
d'espèce minérale a longtemps varié, depuis quelques décennies les minéralogistes en donnent
la définition suivante : un minéral est un solide naturel, homogène, possédant une composition
chimique définie et une structure atomique ordonnée (Rumbu, 2012).
(U) et de Lubumbashi (Cu), sans négliger la mine de Kipushi exploitée pour le zinc, le cuivre
et le germanium (Rumbu, 2012).
Pays minier par excellence, le Congo est le siège de nombreuses exploitations de métaux les
plus variés répartis dans une multitude de mines et de carrières. Il recèle une grande diversité
d'espèces minérales aux faciès multiples, atteignant souvent une haute valeur esthétique.
Les gîtes exploités sont répartis dans des massifs précambriens qui bordent au sud, à l'est et au
nord-est une vaste cuvette centrale sédimentaire. Ainsi, en tournant dans le sens contraire des
aiguilles d'une montre, on rencontre successivement du sud au nord: les exploitations
diamantifères du Kasai (Mbuji-Mayi, Tshikapa) ainsi que quelques gîtes de cuivre (Tshiniama,
Lubi); l'arc cuprifère du Shaba méridional, riche également en cobalt et en uranium, avec les
centres miniers de Kolwezi (Cu-Co), de Likasi (Cu), de Kambove (Cu-Co), de Shinkolobwe
(U) et de Lubumbashi (Cu), sans négliger la mine de Kipushi exploitée pour le zinc, le cuivre
et le germanium. Toujours au Shaba, on croise successivement en remontant vers le nord le
granite à étain de Mitwaba et la pegmatite stannifère de Manono. La province de Kivu,
englobant la région du Maniema, est particulièrement riche en gîtes d'étain (Kalima), souvent
accompagné de colombo-tantalite. La pegmatite à béryl, colombite et uranium de Kobokobo y
est aussi localisée, ainsi que les placers aurifères de la Mobale. Au nord de la province du Kivu
affleure la carbonatite de Lueshe riche en pyrochlores et, à la frontière rwandaise, la région des
volcans renferme des laves dans lesquelles plusieurs nouveaux silicates ont été découverts. Au
nord du Congo, dans la Province Orientale, se situent les célèbres exploitations aurifères de
Kilo-Moto. A l'extrémité occidentale du pays, à l'ouest de la capitale Kinshasa, le Bas-Congo
renferme quelques gîtes de vanadates de plomb et de zinc (Kusu-Senge), tandis que le massif
du Niari est le siège de belles minéralisations en silicates de cuivre mais principalement sur le
territoire du Congo Brazzaville. D'un point de vue minéralogique et plus particulièrement en ce
qui concerne la valeur esthétique des spécimens, on trouvera dans l'énumération qui suit les
noms des gîtes et leurs principales ressources en beaux minéraux (Rumbu, 2012).
L’extraction par solvant appelée aussi extraction liquide-liquide est une technologie permettant
de séparer efficacement les métaux contenus dans les lixiviats. La récupération des métaux
d’intérêt nécessite la mise en œuvre de procédés permettant un contrôle de la qualité des
produits obtenus. L'extraction par solvant permet de récupérer efficacement et sélectivement
les métaux d'intérêt à condition de maîtriser la chimie de cette opération (Omelchuk, 2018).
L'extraction par solvant est un procédé de transfert de matière utilisé dans l'industrie minérale
pour la purification de solutions de lixiviation (Rizetl, 2008).
Dans l'industrie, l'extraction liquide-liquide concurrence les autres procédés telle que la
distillation, la cristallisation et l'adsorption. Dans certains cas elle s'impose de manière
indiscutable notamment lorsque les conditions technologiques ou physico-chimiques leur sont
favorables comme c'est le cas pour (Coulson et Richardson, 1977) :
- la séparation de constituants à point d'ébullition voisins (séparation de certains
hydrocarbures aromatiques et aliphatiques) ;
- la separation azéotropique;
- la séparation de composés thermosensibles ou instables (antibiotiques) ;
- la concentration de la purification de solutions diluées, opération souvent plus économique
que la distillation.
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En pratique, l'utilisation d'un procédé d'extraction par solvant requiert deux opérations
successives : La mise en contact intime des deux phases liquides durant un temps suffisant à
l'obtention de l'équilibre ou d'un état proche de l'équilibre et pendant lequel le ou les solutés
sont transférés de la phase d'alimentation vers le solvant. Après leur contact, une séparation
ultérieure des deux liquides (extrait et raffinat) sous l'effet de la gravité naturelle à laquelle peut
s'ajouter dans certains cas la mise en œuvre d'autres forces notamment la force centrifuge et le
champ électrique (Azeddine, 2006).
Lors de l'extraction par solvant le choix de l'extractant repose sur les critères spécifiques tels
que la séparation optimale des ions métalliques afin d'obtenir des produits de haute pureté
commercialisable par la suite. De plus, les impacts environnementaux et économiques doivent
être réduits au maximum. Ainsi en fonction du milieu dans lequel l'extraction se fait,
ammoniacal ou chlorure ou sulfaté, un extractant spécifique y est employé (Joulié, 2015).
II.1.2. Cémentation
Les réactions de réduction d'un métal plus noble sur un métal moins noble sans imposition de
courant sont couramment appelées des réactions de cémentation, ou bien des réactions de
déplacement, ou encore des réactions de réduction par contact. Ce mode de réduction dont le
principe est extrêmement simple est connu depuis des siècles (Nguyen, 1997 ; Guerra, 1999).
En effet, il consiste à mettre en contact la solution d'un sel d'un métal noble (l'oxydant) avec un
métal moins noble (le réducteur) pour que la réaction se produise. Il est principalement utilisé
dans le domaine de l'hydrométallurgie pour l'extraction des métaux précieux (or, argent,
platine, etc.) dans les minerais (Hsu et al., 1999). Toutefois, il est également employé dans
certains procédés industriels de purification des bains électrolytiques et de plaquage
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La nature électrochimique de ce processus est mise en évidence si l’on considère les deux
demi-réactions électrochimiques des cations Nn+ et M en couplage par court-circuit à travers la
phase métallique : (Bozhkov, 1990 et Nguyen, 1997).
- Demi-reaction de reduction :
Cu2+ + 2e- → Cu (17)
Ag+ + 1e- → Ag (18)
- Demi-reaction d’oxydation :
Zn → Zn2+ + 2e- (19)
Les résultats des réactions globales (II.5 et II.6) est la formation d’un dépôt du métal noble
(cuivre ou argent) sur les plages cathodiques au détriment de la dissolution du métal sacrificiel
(Zinc) sur les plages anodiques, ce qui constitue un système de micro-piles (Guan, 1995 ;
Nguyen, 1997).
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L’échange d’ions est un procédé physique/chimique au cours duquel une matière solide
absorbe des ions provenant d’un liquide et fournit en échange au liquide une quantité
équivalente d’ions de même charge. Les échangeurs d’ions peuvent être des matériaux
inorganiques comme les zéolithes ou des résines synthétiques comme le polystyrène ou
l’acrylique. Ce traitement fonctionne au mieux dans une eau débarrassée des particules en
suspension qui peuvent s'agglutiner sur la résine et limiter son efficacité (Karima, 2018).
Il s’agit d’une technique de séparation liquide/solide dans laquelle les ions présents dans une
solution sont extraits par adsorption sur une résine, et remplacés par une quantité équivalente
d’un autre ion de même charge électrique émis par le solide. Lorsque les ions échangés sont de
charge positive, la résine sera dite « cationique » et « anionique » dans le cas contraire. D’après
la littérature, dans le cas de solutions riches en métaux, les résines chélatantes sont meilleures
que les résines échangeuses d'ions cationiques, qui préfèrent les ions de charge élevée et de
faible volume hydraté, tout en interagissant fortement avec les groupes fonctionnels des
échangeurs (Alyüz, et Veli, 2009).
A titre d’exemple, les résines chélatantes à groupe fonctionnel iminodiacétate peuvent être
utilisées pour la récupération sélective du cuivre. Les résines dont les groupes fonctionnels sont
iminodiacétate et bis-picolylamine, permettent d’obtenir une sélectivité élevée pour le nickel et
le cobalt. Les résines chélatantes ayant le même groupe fonctionnel peuvent avoir des
performances différentes sur la cinétique de charge, en raison des variations de structure, de
densité du groupe fonctionnel et du degré de réticulation (Botello, 2019).
II.1.4. Électrodéposition
Cette technologie a été une voie prédominante pour la récupération du cobalt. A l’échelle
industrielle, ce procédé est réalisé dans une solution aqueuse de chlorure ou de sulfate. Comme
le potentiel de réduction du cobalt est bas par rapport au potentiel de l’hydrogène (Mulaudzi et
Kotze, 2013).
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La précipitation est un procédé largement mis en œuvre à l’échelle industrielle, dans l’industrie
chimique ou encore l’industrie pharmaceutique. En hydrométallurgie, la précipitation est
utilisée dans l’élimination des métaux lourds présents dans les eaux usées, dans la récupération
de métaux critiques contenus dans les lixiviats ou encore dans le traitement des effluents
industriels de traitement de surface (Huang, et al., 2016).
La précipitation est caractérisée par la formation d’une phase solide dispersée hétérogène
solide appelée précipité, dans une phase continue liquide. Il peut être intéressant de qualifier la
précipitation de cristallisation rapide (Ashey et al, 2009), car elle intervient uniquement sous
l’effet d’une sursaturation très importante, laissant le solide apparaître avec un temps
d’induction inférieur à la seconde. La cristallisation et la précipitation présentent des
mécanismes similaires mais elles diffèrent en termes d’objectifs et de procédure. En effet, la
précipitation peut aboutir à la formation d’un solide amorphe, tandis que la cristallisation est
menée avec un contrôle spécifique des variables thermodynamiques et cinétiques (Alcântara,
2019).
Les caractéristiques des particules sont des paramètres clés les propriétés d’usage qui leur sont
recherchées. Ces caractéristiques telles que la taille, la structure cristalline et la morphologie
sont affectées à la fois par la sursaturation, les conditions hydrodynamiques et l'environnement
chimique lors de la précipitation.
1. Solubilité
Pour une pression et une température donnée, la concentration maximale de dissolution d’une
espèce dans un solvant est définie comme étant sa solubilité. En effet, un équilibre
thermodynamique se crée entre le solide en suspension et le soluté dissous dans le solvant.
Certains paramètres sont à prendre en considération, notamment la température, dont la
solubilité en dépend fortement. En effet, la solubilité d’une espèce est généralement fonction
croissante de la température. (Djoudi, 2021).
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Une solution qui est en équilibre thermodynamique avec la phase solide de son soluté à une
température donnée est une solution dite « saturée ». Par contre, une solution contenant plus de
soluté qu’il n’est possible de dissoudre, est dite « sursaturée ». La sursaturation constitue la
force motrice de la précipitation, où une différence de potentiel 𝛥𝜇 se crée spontanément dans
les phases mères à l’état sursaturé μsursaturée et saturé μsaturée (Djoudi, 2021).
En combinant les formules II.1 et II.2, l’expression de la force motrice de précipitation s’écrit
de la manière suivante (Ashey et al., 1991).
𝛥𝜇 = 𝑘b 𝑇 (𝑎 /𝑎*) II.3
vec : a : activité de l'espèce en solution sursaturée; 𝑎 *: activité de l'espèce à l'équilibre
(saturation); µ° : potentiel chimique standard de l'espèce en solution [[Link] -1] ; Kb : constante
de Boltzman [1,38 10-23 J. K-1] et T : température [K].
20
II.2.1.3. Nucléation
II.2.1.4. Croissance
libre. Par la suite, un dépôt régulier du soluté en excès se fera sur les faces du cristal. La
croissance arrivera à son terme lorsque l’état d’équilibre sera atteint (Bernard, 1999).
Tout en maintenant la solution sursaturée, les différents travaux de recherches ont montré que le
processus de croissance se déroulait en trois étapes (Berthoud, 1904).
1. L’étape de diffusion : les monomères de construction, c’est-à-dire les ions, les atomes ou
les molécules, sont transportés à la surface du cristal dans la plupart des cas par diffusion.
Une fois qu’un monomère atteint la surface du cristal, il est capable de diffuser le long de
celui-ci. Par la suite, il s’attache à une marche et diffuse le long de cette dernière ; cela
forme la couche d’absorption.
L'agglomération désigne la formation d'une liaison chimique entre deux cristaux ou entre un
cristal et un noyau. Ce mécanisme se distingue de l'agrégation par la nature de la liaison
chimique impliquée. En effet, il sera question d’agrégation lorsque des forces intermédiaires
entrent en jeu et ce en absence de sursaturation. Par contre, il sera question d’agglomération en
présence de liaisons chimiques fortes permettant une cémentation. Etant donné que cette étude
22
est portée sur la précipitation, l’agrégation ne sera pas développée dans ce qui suit.
L’agglomération se produit en plusieurs étapes:
- l’agglomération primaire pour des particules de taille supérieure à un micron. Elle fait
intervenir un ensemble de mécanismes;
- l’agglomération secondaire est principalement due au mouvement Brownien. Dans le cas
de la précipitation, la vitesse d’agglomération est fonction de plusieurs paramètres. Elle
croît lorsque les cinétiques sont grandes, les concentrations des réactifs sont importantes, et
avec l’agitation du milieu. Concernant les agglomérats formés, leur forme est tributaire
d’un certain nombre de paramètres physicochimiques et hydrodynamiques, de sorte que,
deux cas limites de morphologie des agglomérats existent : des agglomérations compactes
et des agglomérations ramifiées.
La précipitation est tributaire d’un bon nombre de facteurs notamment l’agent précipitant
choisi. Ce dernier doit répondre à un certain nombre de critères sur le précipité formé : très peu
soluble, aisément filtrable, sélectif et peu onéreux.
Cependant, la soude et la chaux éteinte sont les précipitants les plus couramment employés en
raison de leur faible coût. La précipitation des métaux dans les effluents industriels sous forme
d’hydroxydes métalliques se fait selon la réaction suivante :
1. Efficacité de la chaux
L’utilisation de la chaux permet d’obtenir des boues d’hydroxydes plus compactes. Cependant,
elle fait précipiter les sulfates (en formant CaSO4), fluorures (en formant CaF2) et phosphates
(en formant Ca3(PO4)2), ce qui ne permet pas de récupérer le cobalt seul par séparation liquide/
solide. Il peut aussi subsister de la chaux qui ne s’est pas dissoute. De plus, en raison de son
23
pouvoir colmatant, certains industriels préfèrent se tourner vers l’hydroxyde de sodium plus
coûteux afin de récupérer efficacement le cobalt sans entartrer et colmater les installations
industrielles (Djoudi, 2021).
2. Sélectivité
Il est nécessaire de s’intéresser à la solubilité des hydroxydes métalliques afin d’identifier les
conditions de précipitations des différents métaux présents en solution. Il apparaît, que les
hydroxydes métalliques ont des produits de solubilités relativement éloignés. Il semblerait
donc possible de les séparer par variation du pH (Djoudi, 2021).
Il apparaît que l’hydroxyde de cuivre est le moins soluble des quatre précipités. Il se formera
donc au pH le plus acide.
L’ajout de carbonate permet de précipiter un bon nombre de métaux sous forme de carbonates
métalliques d’après la réaction suivante :
1. Efficacité du carbonate
2. Sélectivité
Il peut être constaté sur le tableau II que le produit de solubilité des différents métaux est assez
proche, particulièrement pour le cobalt, le cuivre et le manganèse, dont leur précipitation de ces
métaux sera inévitable. Dans ces conditions, la récupération sélective du cobalt en utilisant des
carbonates sera quasi-impossible.
Tableau II. Produits de solubilité des carbonates métalliques à T=25°C (Ham, et Maham,
2015).
3. Inconvénients
de récupérer le cobalt seul. De plus, fonction du pH, il y peut avoir une compétition avec la
précipitation de certains hydroxydes de métaux (ou oxydes) (Djoudi, 2021).
Dans une solution, il peut s’établir une succession d’équilibres entre différentes espèces et le
calcul de leurs concentrations peut être relativement complexe. Pour résoudre ce problème, les
chimistes ont établi de nombreux diagrammes d’équilibre thermodynamique possible lorsque
l’on met en présence différents réactifs ou solutions et de connaître les espèces prédominantes
une fois les équilibres établis (Gorrec, 2005).
Les diagrammes potentiel-pH présentent l’évolution du potentiel standard des couples redox en
fonction du pH pour différentes valeurs du logarithme décimal des concentrations des espèces
dissoutes.
Pour ce qui concerne ce travail, nous allons nous intéresser aux diagrammes de Pourbaix des
systèmes Co-H2O, Mn-H2O et Fe-H2O à 25°C.
Figure 3. Diagramme E-pH du système Fe-H2O à 25°C avec [Fe2+] = 0,01 mol.L-1
(Djoudi,2021).
- Au-delà de son domaine d’existence, un solide n’existe pas. En revanche, les ions
continuent d’exister au-delà de leur domaine de prédominance mais leur concentration
diminue.
- La position d’une frontière n’est pas fixe et dépend de la convention utilisée et de la
concentration de trace (Berthelot, 2009).
Figure 4. Diagramme E-pH de Co-Mn-H2O à 25°C avec [Mn2+] = 0,125 mol/L ou 34,625
g/L et [Co2+] = 0,131 mol/L ou 36,811 g/L (Djoudi, 2021).
- zone A - Lorsque le potentiel du système est entre -1,2 V et - 0,3 V, Co2+ est réduit en Co,
tandis que le Mn2+ reste stable en solution ;
- zone B - Lorsque le pH est compris entre 7 et 8, le cobalt (II) précipite sous forme de
Co(OH)2, il est donc séparé du manganèse car celui-ci reste en solution sous forme de Mn2+
pour des potentiels inférieurs à -0,3 V, Quant au manganèse, il commence à précipiter à
partir de pH 8,1 ;
- zone C : Dans un milieu acide, avec un pH inférieur à 3, en ajoutant un agent oxydant, il
est possible d’oxyder Mn2+ et de le séparer de Co2+ en formant MnO2 ou Mn2O3. Dans ces
conditions le cobalt reste soluble en solution tant que le pH du milieu reste inférieur à 2,8,
afin d’éviter l’oxydation en Co3O4 (Djoudi, 2021).
27
II.3. Cristallisation
II.3.1. Généralités
La cristallisation est une opération unitaire de génie chimique. C’est un changement d’état qui
conduit, une phase gazeuse ou liquide, à une phase solide appelée cristal, de structure régulière
et organisée (Nedjoua, 2018).
On distingue généralement trois types de cristallisations selon que celles-ci aient lieu en phase
gazeuse, en bain fondu et en solution. Les mécanismes fondamentaux de ces trois
cristallisations sont cependant similaires, à savoir deux étapes essentielles dans l’apparition du
solide. La première étape, la nucléation est celle, au cours de laquelle les cristaux vont
apparaître et la seconde étape est celle de leur croissance, les cristaux vont alors se développés
dans la solution (Libelle, 2007).
Par rapport aux autres types de cristallisation, la cristallisation en solution présente quelques
particularités. En effet, la nucléation secondaire, quasi inconnue en phase vapeur et en bain
fondu, peut avoir un rôle très important dans les cristallisoirs industriels, tant au niveau des
phénomènes d’hydrodynamiques dans la solution (Nedjoua, 2018).
Pour obtenir un produit cristallisé à partir d’une solution, il est nécessaire de créer une
sursaturation, c’est à dire d’agir physiquement ou chimiquement sur la solution pour que la
concentration du soluté dans la solution dépasse la solubilité (ou concentration à saturation).
Cela peut être réalisé de différentes manières en fonction de l’allure de la courbe de solubilité.
Cette méthode est utilisée lorsque la variation de la solubilité est importante en fonction de la
température. Pour des raisons économiques, les industriels recherchent généralement un
solvant de cristallisation ayant cette propriété, ce qui explique que le refroidissent est une
méthode de sursaturation très couramment utilisée (Zhang, 2011).
Cette méthode consiste à évaporer une partie du solvant sous vide et provoquer une chute de
température du cristallisoir. Le solvant évaporé est condensé et peut être réinjecter dans le
cristallisoir. Dans ce cas, l’opération est équivalente à une opération par refroidissement par la
double-enveloppe mais sans avoir les inconvénients liés à l’encrassement des surfaces froides.
28
Il est ainsi possible de conduire un Refroidissement plus rapide, donc d’obtenir un grain de
productivité plus importante (Zhang, 2011).
Dans ce cas, la solution est rendue plus concentrée à la température constante par évaporation
du solvant généralement sous pression réduite. L’évaporation est assurée par l’apport de la
chaleur à travers un échangeur thermique placé soit dans un appareil, soit sur une boucle de
circulation. Ce procédé lorsque la solubilité varie peu avec la température (Zhang, 2011).
II.3.2.4. Relargage par ajout d’un sel (salting out) ou d’un tiers solvant
L’addition d’un sel ou d’un contre-solvant (qui ne dissout pas ou peu le produit à cristalliser)
miscible avec le solvant provoquer le relargage du produit en solution ce qui induit sa
cristallisation. Idéalement, le contre-solvant solubilise les impuretés (Nedjoua, 2018).
Transition de phase:
- Cristallisation à partir d’une phase vapeur : sublimation suivie par une condensation
solide ;
- Cristallisation à partir d’un milieu fondu : fusion suivie par une solidification ;
Cristallisation à partir d’une solution :
- Cristallisation par refroidissement : l’abaissement de la température de la solution
provoquer la diminution de la solubilité du produit en solution ce qui induit sa
cristallisation ;
- Cristallisation par évaporation : l’évaporation du solvant provoque l’augmentation de
la concentration du produit en solution ce qui induit sa cristallisation.
- Cristallisation par relargage (Zhang, 2011).
PARTIE
EXPERIMENTALE
30
- Papier filtre ;
- Pied gradué (1000 mL) ;
- Pissette ;
- Marqueur ;
- Flacons ; et
- Bocaux en plastique.
III.2.3. Appareils
- Etuve ;
- pH-mètre ;
- Potentiomètre ;
- Agitateur mécanique ;
- Agitateur magnétique ;
- Pompe à vide ;
- Balance analytique ;
- Evaporateur ;
- Plaque chauffante ;
- ICP-OES (spectromètre à induction de plasma couplé) de marque AMETEK ; et
- XRF (appareil de fluorescence aux rayons X) de marque OLYMPUS.
32
Le principe de cette technique est l’injection d’un échantillon liquide via une chambre
cyclonique et un nébuliseur dans une torche en quartz maintenant un plasma d’Argon (ICP). La
torche à plasma (8000°K, P atm) induit l’ionisation des éléments contenus dans la solution
nébulisée. Les ions portés par le flux d’Argon traversent ensuite une interface constituée de
deux cônes (sampler et skimmer) en Nickel, dont le rôle est d’extraire les ions formés dans le
plasma. L’interface permet d’assurer le passage d’un milieu à haute température et pression
atmosphérique à un milieu à température ambiante et sous vide compatible avec le
fonctionnement du spectromètre de masse (Francis et al, 2004).
Un faisceau d’excitation primaire est généré par un tube, un courant à haute tension accélère les
électrons émis par une cathode qui vont perturber un cible, souvent une fenêtre métallique, du
côté anodique du tube. On génère alors des rayons X par Bremsstrahlung ou rayonnement de
freinage contenant quelques raies caractéristiques du métal de composition de l’anode. Ce
faisceau primaire de photons est projeté sur la surface d’un échantillon à analyser. Les rayons X
pénètrent alors la matière et interagissent avec elle (Granget, 2017).
III.3. Méthodes
III.3.1. Préparation des réactifs
L’acide sulfurique utilisé pour le test de solubilité a été préparé à 10% dans un volume de 1000
mL et le volume en acide ayant permi de réaliser le test de solubilité est de 100 ml.
C = P x d x 10
Où : C : concentration en acide (g/l), P : degré de pureté (%), d : densité de l’acide.
Peser 1g de floculant. Placer dans une bouteille de 1.5 litre. Ajouter de l’eau distillée jusqu’au
remplissage de la bouteille, et homogénéiser la solution. Le Réomax 1050 a été préparé à une
concentration de 0,0015 g/l.
6 grammes de NaOH 0,1 normal ont été préparés dans 300 mL d’eau
𝑵𝒙𝑿𝒙𝑽
m = 𝟏𝟎𝟎𝟎 𝒙 𝑴𝒎
Ce test permet de déterminer si le minerai (hétérogénite) peut passer en solution sans présenter
beaucoup de difficultés, vu que le cobalt à l’étage d’oxydation +3 passe difficilement en
solution d’où l’utilisation d’un réducteur qui sera pour notre cas le Métabisulfite de sodium.
Le teste de solubilité sans le métabisulfite de sodium a été réalisé question de déterminer quelle
serait la proportion en Co2+ susceptible de passer en solution dans les conditions normales de
lixiviation. Ainsi voici de quelle manière ce test a été fait suivant la procédure suivante: 30 g de
minerai cupro-cobaltifère ont été pesés et placés dans un bécher. 300 mL de la solution d’acide
préparée à 10 % ont été prélevés puis transvasés dans un bécher contenant le 30 g de minerai et
le tout placé sur une plaque chauffante à une température surveillée entre 55°C à 60°C sous
agitation pendant 30 minutes. Après 30 minutes de lixiviation, 10 ml du Réomax 1050 ont été
ajoutés à la solution lixiviée et cela a permis une séparation des phases (solide-liquide) après
une agitation . La phase liquide a été recueillie dans un flacon tandis que la phase solide a été
lavée avec 400 mL d’eau avec ajout de 10 ml du Réomax 1050 pour faciliter la décantation.
Après séparation des phases, la deuxième phase liquide a été recueillie dans un flacon et la
phase solide a été séchée à l’étuve puis broyée, pesée et analysée.
Le deuxième test de solubilité a été réalisé en présence d’un agent réducteur afin d’évaluer la
proportion en Co3+ sensée passée en solution dans ces conditions. Ce test a été réalisé en
observant la démarche suivante :
300 mL de la solution d’acide à 10%v ont été prélevés. 15g de métabisulfite de sodium pour
avoir 5%m ont été ajoutés à 30 g de minerai à lixivier en présence de 300 mL d’acide à 10%.
Le tout dans un bécher placé sur une plaque chauffante à une température surveillée entre 55°C
et 60°C pendant 30 minutes. Après ce temps de lixiviation, la phase liquide a été recueillie dans
la bouteille. Tandis que la phase solide restante a été lavée avec 400 mL après une agitation à la
main, la deuxième phase liquide a été recueillie et placée dans un flacon et le solide restant a été
séché à l’étuve puis broyé et pesé et analysé par la suite.
L’optimisation de la mise en solution du cobalt avait été réalisée dans le but de maximiser le
rendement de lixiviation du cobalt. Le test d’optimisation avait été fait en variant la
35
Cette optimisation a été réalisée aux concentrations en acide de 25g/l, 35g/l, 45g/l, 55g/l, 65g/l.
Ce test se fait en observant la procédure suivante :
Cinq solutions différentes en acide sulfurique avaient été préparées en variant la concentration
en acide à 25g/l, 35g/l, 45g/l, 55g/l, 65g/l. Chaque PLS suivant la concentration en acide a
lixivié 30 g de minerai en présence de 15 g de métabisulfite de sodium sous une agitation et à
une température ambiante pendant une heure. Après ce temps de lixiviation, tous les lixiviats
(over flow) issus de ces 5 solutions avaient été recueillis dans des flacons différents suivant la
concentration en acide et les solides (ender flow) restants avaient été lavés séparément avec 400
mL d’eau, puis séchés à l’étuve, puis broyés et pesés et qui avaient été analysés par la suite.
Les volumes en acide nécessaires qui ont été prélevé pour préparer des solutions acides à 25g/l,
35g/l, 45g/l, 55g/l, 65g/l ont été calculés par les formules les suivantes :
C1V1 = C2V2
𝑪𝟐𝑽𝟐
V2 =
𝑪𝟏
Tous les lixiviats à 25g/l, 35g/l, 45g/l, 55g/l, 65g/l ont été titrés par la solution de NaOH 0,1 N
afin de déterminer l’acidité libre dans chaque PLS.
Le titrage pour la détermination de l’acide libre dans chaque over flow à différente
concentration en acide a été réalisé en observant la procédure suivante : 6 g de NaOH ont été
préparés dans 300 mL d’eau pour avoir une concentration 0,1N. 10 mL de lixiviats issus de 5
solutions ont été placés dans un bécher et titrés par la base (NaOH) en ajoutant 40 mL de
méthylorange. Après ajout du méthylorange, la solution avait une coloration rose. Si on ajoute
le méthylorange et que la solution ne change pas de coloration en rose cela veut dire que
l’acidité est nulle ;
Ainsi la concentration en acide libre des lixiviats à 45 g/l, 55 g/l, 65 g/l a été déterminée de la
manière suivante :
𝑵 𝒙 𝑽(𝒃𝒂𝒔𝒆) 𝒙 𝑴é𝒒(𝒂𝒄𝒊𝒅𝒆)
C (g/l) = 𝑽𝒑𝒊𝒑𝒊𝒕é
Les essais d’optimisation en variant la masse en SMBS à 5g, 10g, 15g, 20g, 25g ont été réalisés
à la concentration optimale en acide (55g/l). Ces essais ont été effectués en observant la
procédure ci-après: 30 g de minerai ont été pesés afin d’être lixivier par la solution acide à 55g/l
en présence de 5g, 10g, 15g, 20g, 25g en SMBS respectivement, lixivier pendant une heure, les
over-flow ont été recueillis dans des flacons en plastique et tous les ender flow ont été lavés
37
avec 400 mL d’eau. Après filtration des under-flow, toutes les eaux de lavage ont été
également recueillies dans des flacons en plastique.
Pour éliminer le Fe2+ dans le PLS, il faut l’oxyder en Fe3+ afin de permettre sa précipitation
sous forme d’hydroxyde.
Les over flow issu de la lixiviation dans le cadre de cette étude contenaient une teneur en Fe2+
de ce fait pour l’oxyder un barbotage a été observé tout en injectant de l’air comprimé en
variant le temps : 20, 40, 60, 80 et 100 minutes.
Les PLS issus de la lixiviation contenaient des impuretés, le but de cette précipitation a été
d’obtenir les lixiviats contenant une grande teneur en cobalt seul en minimisant la teneur en
manganèse et d’autres impuretés. Lors de la précipitation réalisée dans le cadre de cette étude
un agent précipitant a été utilisé pour réajuster le pH et il s’agissait du carbonate de sodium
(Na2CO3). La précipitation réalisée a été faite à un pH de 5, 6,3 et 7,6 tout en observant la
procédure suivante :
Mode opératoire
500 mL des over flow dans lesquels l’air comprimé a été barboté pendant 20 minutes ont été
soumis à une précipitation en introduisant progressivement le carbonate de sodium (Na2CO3)
afin d’imposer de manière respective le pH à 5 ; 6,3 et 7,6. Après précipitation à ces valeurs de
pH, une filtration a été effectuée pour séparer le solide et le liquide. Les filtrats recueillis par
barbotage de l’air comprimé pour un temps d’injection respectif de 40, 60, 80 et 100 minutes
ont été soumis à une précipitation en introduisant progressivement le carbonate de sodium
(Na2CO3) afin d’imposer d’une manière respective le pH souhaité 5, 6,3 et 7,6. Les volumes des
filtrats recueillis après précipitation sont les suivants :
Verser le filtrat dans un récipient métallique. Le placer sur une plaque chauffante à la
température de 80°C permettant d’évaporer le solvant et de produire les cristaux. Après environ
une heure suivant le volume de filtrat, les cristaux des sulfates de cobalt ont été obtenus et
soumis à une analyse chimique ultérieure pour déterminer la teneur en cobalt.
39
Eléments Co Cu Fe Mn
Teneur (%) 7,78 1,23 3,23 2,32
L’analyse chimique de l’échantillon sous examen révèle a renfermé 7,78 % en cobalt, 1,23 %
en cuivre, 3,23 % en fer et 2,32 % en manganèse. Ces résultats ont permis de constater que le
minerai étudié a été riche en cobalt, en fer et en manganèse.
Pour savoir si le cobalt présent existe à l’étage 3+ ou celui à 2+, nous avons réalisé le test de
solubilisation en présence et en absence du métabisulfite de sodium (SMBS).
Tableau VI. Teneur de chaque élément dans les résidus avec et sans SMBS.
Les résultats du tableau VI ci haut montrent que l’échantillon en notre possession est un minerai
cobalt qui a une proportion en cobalt trivalent de 85,445%. Sous cette forme, le cobalt est
insoluble lors de la lixiviation dans le milieu aqueux acide en absence d’un réducteur.
Pour cette expérimentation, cinq solutions d’acide sulfurique à différentes concentrations ont
été préparé pour identifier celle qui donnerait un bon rendement de la lixiviation du cobalt.
Rappelons que les résultats ont été obtenus dans les conditions suivantes : masse à lixivier : 30
grammes, masse de métabisulfite de sodium à ajouter : 15 grammes, volumes de la solution
acide à une concentration bien déterminée : 300 ml, temps d’agitation : 60 minutes.
Seule la concentration en acide sulfurique a été variée respectivement de 25, 35, 45, 55 et 65
g/l. Les résultats obtenus sont repris dans le tableau VII ci-après.
41
90
Rendements (%) de la lixiviation des métaux
80
70
60
50
40
30
20
10
0
25g/l 35 g/l 45 g/l 55g/l 65g/l
Figure 9. Allures des courbes des rendements de la lixiviation des métaux sous l’influence
de la concentration en acide sulfurique.
Il ressort de la figure 9 ci-dessus que les rendements de solubilisation de tous les métaux ont
évolué avec l’augmentation de la concentration en acide sulfurique jusqu’au point optimum
pour le cobalt, le cuivre et le manganèse. Alors que pour la courbe des rendements du fer, elle
augmente avec la concentration de l’acide sulfurique au-delà même de 65 g/l (la concentration
la plus élevée dans ces conditions). Ces résultats ont montrés que l’acide sulfurique a joué un
grand rôle dans la mise en solution des métaux lors de la lixiviation. Ceci est vrai car, la courbe
42
Ces essais ont été réalisés dans les conditions suivantes : masse à lixivier : 30 g ; volumes de la
solution acide préparée à 55 g/l : 300 ml ; temps d’agitation : 60 minutes. Seule la masse du
métabisulfite de sodium a été varié respectivement à 5 ; 10 ; 15 ; 20 et 25 g. Les résultats
obtenus à l’issue de cette expérimentation sont consignés dans le tableau 8 ci-dessous.
Les résultats de ce tableau ont permis de tracer les courbes des rendements de la lixiviation du
minerai en fonction de la masse du réducteur, le métabisulfite de sodium. Les allures de ces
courbes sont données sur la figure 10 ci-dessous.
43
100
90
métaux
85
80
75
70
5gr 10gr 15gr 20gr 25gr
Masse de SMBS en gramme
Co Cu Fe Mn
Figure 10. Allures des courbes des rendements de mise en solution des métaux en fonction
de la masse de SMBS.
Il ressort de la figure 10 ci haut que les rendements de mise en solution du cuivre ont
légèrement augmenté tandis que pour ceux du cobalt, du fer et du manganèse ont augmentés
sensiblement avec l’accroissement de la masse en métabisulfite de sodium. Autrement dit,
l’ajout du métabisulfite de sodium (Na2S2O5) lors de la lixiviation du minerai de l’hétérogénite
a une grande influence sur le passage en solution des métaux tels le cobalt, fer et le manganèse.
Ainsi, le rendement de solubilisation du cobalt trivalent est passé de 71,37% à 93,36% lors que
la masse de métabisulfite de sodium passe respectivement de 5 grammes à 25 grammes.
Comme signaler ci-haut, cette augmentation de la solubilisation du cobalt trivalent a conduit
également l’augmentation des impuretés telles que le fer et le manganèse qui passent ont passé
respectivement à leur tour de 81,55% et 82,77% à 91,72% et 97,33% lorsque la masse de
métabisulfite de sodium passe également de 5 à 25 grammes.
L’étape de la purification de la solution après la mise en solution étant coûteuse, il est possible
de manager sur le potentiel rédox au cours de la lixiviation pour bloquer dans la mesure du
possible passage en solution du fer par exemple en évitant des valeurs de potentiel rédox très
faibles. Au regard de ces observations, il nous semble que le meilleur résultat avec le cobalt
était celui obtenu avec de 10 grammes de métabisulfite de sodium qui correspond au rendement
de 91,27% étant donné qu’à cette masse, nous avions moins d’impureté de fer et de manganèse
car qu’au-delà de cette masse du réducteur, la mise en solution de ces impuretés a élevée.
44
En réunissant ces conditions, environ 7 litres de la solution, PLS ont été produit et dont ses
caractéristiques sont consignées dans le tableau IX ci-après.
Partant de l’analyse de la solution (PLS) issue de la lixiviation elle a révélé une valeur de pH
égale à 1,43 et de potentiel 239 mV. L’analyse par spectométrie d’émission a révélé que la
solution a renfermé 3,824 g/l en cobalt, 1,314 g/l en cuivre, 1,289 g/l en fer et 1,110 g/l en
manganèse.
Les résultats du tableau ci-haut montrent que la quasi-totalité du cuivre et du fer a précipité
dans toutes les trois zones de pH (pH=5,00, 6,30 et 7,60). La précipitation du fer est non
seulement conforme aux prévisions de son diagramme de Pourbaix mais, surtout à sa
concentration dans la solution et à l’injection de l’air dans le réacteur de précipitation.
pH=5
pH=5
pH=5
pH=5
pH=6,3
pH=7,6
pH=6,3
pH=7,6
pH=6,3
pH=7,6
pH=6,3
pH=7,6
pH=6,3
pH=7,6
20 minutes 40 minutes 60 minutes 80 minutes 100 minutes
Co Mn
Il apparait sur la figure ci-haut que les rendements de précipitation du cobalt augmentent avec
la variation du pH et du temps d’injection de l’air dans le réacteur de précipitation. C’est-à-dire
plus le temps d’injection d’air est long et que la valeur du pH tend à augmenter vers la valeur
basique, la précipitation est également importante. Alors que ceux du manganèse ont évolué de
façon indépendante à l’évolution de ces deux paramètres. Ça veut dire que les rendements de
précipitation du manganèse ont évolué en dents de scie lorsque le pH et le temps d’injection
d’air augmentaient. Ce constat a montré que la précipitation pour ces deux métaux (cobalt et
manganèse) n’a pas répondu exactement à l’objectif attendu. En effet, le filtrat issu de la
précipitation devra alimenter l’étape de la cristallisation du cobalt, l’objectif est celui de
précipiter tous les autres métaux qui accompagnent le cobalt en solution en vue de laisser ce
dernier plus ou moins seul dans la solution pour optimiser l’étape de la cristallisation. Au regard
des prévisions théoriques de la précipitation du cobalt sur le diagramme de Pourbaix, il ressort
que ce dernier commence à précipiter à partir du pH de 7,20 et le manganèse à partir du pH de
7,60. Les faibles rendements de précipitation de ces deux éléments ont été enregistrés au
pH=5,00 et 6,60 seraient dus au phénomène d’entrainement d’une partie de ces ions métalliques
vers la phase solide au cours de la précipitation.
47
A. pH =6,30 et 80 minutes B. pH= 6,30 et 100 minutes C. pH= 7,60 et 100 minutes
Les résultats de l’analyse chimique des cristaux obtenus sont contenus dans le tableau XI ci-
après.
Tableau XI. Pureté des cristaux des sulfates de Cobalt produits par évaporation à 80°C
Teneur des éléments dans les cristaux des sulfates de cobalt (%)
Paramètres
Co Cu Fe Mn
20 minutes d’injection d’air
pH=5,00 3,386 0,001 0,081 1,656
pH=6,30 4,926 0,01 0,029 1,08
pH=7,60 1,51 0,01 0,025 1,185
40 minutes d’injection d’air
pH=5,00 5,182 0,02 0,0029 1,012
pH=6,30 4,053 0,01 0,0802 0,943
pH=7,60 1,273 0,01 0,012 0,885
60 minutes d’injection d’air
pH=5,00 14,844 0,02 0,09 1,079
pH=6,30 13,076 0,01 0,043 0,122
pH=7,60 1,273 0,01 0,01 0,51
80 minutes d’injection d’air
pH=5,00 10,65 0,03 0,025 0,906
pH=6,30 12,645 0,01 0,017 0,379
pH=7,60 0,776 0,01 0,03 0,402
100 minutes d’injection d’air
pH=5,00 11,792 0,01 0,034 0,372
pH=6,30 16,809 0,01 0,037 0,015
pH=7,60 0,113 0,01 0,01 0,181
48
Les teneurs en fer et en cuivre dans les cristaux des sulfates de cobalt étant très faibles, nous
allons présenter sur la figure 12 ci-dessous les allures de la pureté en cobalt dans ces cristaux
par rapport à la teneur en manganèse comme l’unique impureté dans ces cristaux.
18 16,809
16 14,844
14 13,076 12,645
11,792
Puretés (%) du cobalt et teneur (%) de
12 10,65
10 1,51 1,273
0,943 1,273
8 1,656
1,079 0,776
6 4,926 5,182 0,51 0,379 0,113
0,372
4,053
manganèse
4 3,386 1,185
0,181
2 1,08 1,012 0,885 0,906 0,015
0,122 0,402
0
pH=6,30
pH=5,00
pH=7,60
pH=5,00
pH=6,30
pH=7,60
pH=5,00
pH=6,30
pH=7,60
pH=5,00
pH=6,30
pH=7,60
pH=5,00
pH=6,30
pH=7,60
20 minutes 40 minutes 60 minutes 80 minutes 100 minutes
Variation de pH et temps d'injection de l'air dansle réacteur lors de la
précipitation
Co Mn
Figure 13. Puretés du cobalt dans les cristaux en fonction du pH et du temps d’injection
de l’air lors de la précipitation.
Nous avons constaté sur la figure 13 que la pureté de cobalt dans les cristaux des sulfates de
cobalt augmente avec le temps d’injection de l’air lors de la précipitation. Alors que celle du
manganèse diminue avec l’augmentation du temps d’injection. Quelque que soit la tranche du
temps considérée, le pH de 6,30 semble être favorable pour éliminer bon nombre d’impureté
dans la solution à évaporer lors de la cristallisation. De cette façon, la meilleure pureté en cobalt
dans les cristaux a été trouvé à 16,809% contre 0,015% en manganèse au pH=6,30 pour un
temps d’injection de 100 minutes. Les figures 12 ci-dessous illustrent les images qualitatives
des cristaux des sulfates de cobalt produits.
49
CONCLUSION ET SUGGESTIONS
Ce travail a été consacré sur l’évaluation des conditions de formation des cristaux de cobalt à
partir des filtrats qui ont été débarrassé des impuretés telles que le fer, le cuivre et le zinc aux
différentes valeurs de pH de 5,00 ; 6,30 et 7,60.
Pour parvenir aux résultats escomptés, un échantillon d’environ 4,00 kilogrammes d’un minerai
venant de la mine de l’étoile à Kalukuluku été mise à notre possession. L’analyse chimique au
laboratoire de l’entreprise Chemaf avait révélée qu’il s’agissait d’un minerai d’hétérogénite
titrant jusqu’environ 85% du cobalt trivalent.
A l’issu des essais expérimentaux sur l’optimisation de la lixiviation acide réductrice des
métaux et aussi de la précipitation-cristallisation réalisés aux laboratoires du Département de
Chimie et de la Faculté Polytechnique, les différents résultats ci-après ont été obtenus.
Les tests de précipitations des impuretés ont indiqué que le cuivre et le fer a été complétement
éliminés de la solution au pH compris entre 5,00 et 6,30 alors que la précipitation du cobalt
augmentait avec le pH et le temps d’injection de l’air dans le réacteur de précipitation. Le faible
rendement de précipitation du cobalt a été observé autour du pH compris entre 5,00 et 6,30. Ces
deux dernières valeurs de pH avaient déterminé la zone de pH dans laquelle les cristaux de
sulfate de cobalt de pureté élevée a été enregistrés. Le meilleur résultat de cristallisation du
cobalt a été obtenu à 16,81% pour un temps d’injection de l’air 100 minutes et un pH=6,30.
A la fin de cette recherche, nous pouvons retenir qu’il est possible de produire des cristaux des
sulfates de cobalt par précipitation à partir d’une solution de cobalt issue de la lixiviation acide
réductrice du minerai d’hétérogénite de la mine de Kalukuluku.
Nous souhaitons que d’autres chercheurs puissent emprunter le même chemin que nous cette
fois-là en optimisant les conditions de précipitation dans le but de diminuer le phénomène
d’entrainement du cobalt et de manganèse observé autour du pH compris entre 5,00 et 6,30.
50
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