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La jeunesse d'Eugène Delacroix (1798-1821)

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Claire Lingenheim Lavelle première | spécialité histoire des arts t

hème 3• l’artiste
Académie de Strasbourg
1

_ Quand Delacroix devient


romantique
Peintre, dessinateur, graveur, écrivain, l’œuvre de Delacroix est
importante, environ 700 tableaux, 6000 dessins, une centaine
d’estampes, des carnets et des manuscrits ; d’une grande diversité
stylistique, iconographique, de tailles et de moyens fort différents,
décor civil et religieux, peinture de chevalet, Delacroix a embrassé
tous les genres de la nature morte à la peinture d’histoire. Dès les
débuts de sa carrière, cette profusion et diversité sont présentes.
_ LES DÉBUTS DE CARRIÈRE
Comment Delacroix est-il devenu Delacroix ? Comment accède-t-on à la carrière artistique
dans le Paris des années 1820 ? Qui est le jeune et ambitieux Delacroix et quels sont les
moyens de ses ambitions ?

_ LA GÉNÉRATION ROMANTIQUE
La question générationnelle est une question centrale à un moment où les événements
et les régimes politiques se succèdent très rapidement, où la France connaît des ruptures
incessantes depuis la Révolution. Les artistes ont désormais conscience d’appartenir à une
génération particulière. Dans quelles mesures Delacroix incarne-t-il l’esprit de révolte et le
désir de libération propres à cette jeune génération ?

_ LES SALONS ET LE RÔLE DE LA CRITIQUE


Exposer au Salon constitue le seul moyen dont disposent les artistes pour faire carrière sous
la Restauration. Comment Delacroix s’affirme-t-il au sein de ce système académique, élitiste
et prestigieux ? Comment la critique d’art, qui prend alors son essor, médiatise-t-elle ses pre-
mières créations au Salon de 1822 et 1824 et participe-t-elle à la reconnaissance de l’artiste ?

I/ LA FORMATION DU JEUNE DELACROIX : 1798-1821


Quels sont les éléments biographiques déterminants pour comprendre le peintre en
devenir ? (son milieu d’origine, ses études, ses amitiés, ses débuts)

Repères biographiques
• 1798 : naissance d’Eugène Delacroix à Charenton-Saint-Maurice (Val-de-Marne),
fils de Charles Delacroix (1741-1805), alors ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas
et de Victoire Œben (1758-1814), fille du célèbre ébéniste de Louis XV. Il a une
sœur, Henriette, et deux frères : Charles et Henri.
• 1800 et 1806 : La famille de Delacroix s’installe à Marseille, puis à Bordeaux où
Charles exerce les fonctions de préfet ; à la mort de ce dernier (1805), elle revient
à Paris. Delacroix fréquente alors le lycée impérial (actuel lycée Louis-le-Grand).
• 1814 : La mort de sa mère laisse le jeune homme dans une situation très précaire.
• 1815 : Delacroix entre en octobre dans l’atelier de Guérin. L’année suivante, il
étudie à l’École des Beaux-Arts.
• 1819 : Il reçoit sa première commande, La Vierge des Moissons, pour l’église
d’Orcemont (près de Rambouillet).
• 1820 : Géricault (1791-1824), élève comme lui de Guérin, lui propose de réaliser
à sa place un tableau destiné à la cathédrale de Nantes : Le Triomphe de la Religion
dit aussi La Vierge du Sacré-Cœur (Ajaccio, cathédrale).
1.
Claire Lingenheim Lavelle première | spécialité histoire des arts t
hème 3• l’artiste
Académie de Strasbourg
2

1. 1 La jeunesse au Lycée impérial du futur peintre


Madame votre fils devrait étudier la ronde-bosse, plutôt que de rêver sur les bancs du
Gymnase. Le latin et le grec, c’est pour lui le profil de César et le cheval d’Alexandre. Il
n’apprend pas ses déclinaisons Un bon écolier, suffisamment appliqué, M. Marchand,
professeur de seconde année d’humanités.
Eugène entre comme pensionnaire au lycée impérial en 1806. Véritable compromis
entre le couvent et la caserne l’établissement devient sous l’Empire le réservoir des
cadres de la Grande Armée. Au lycée, il étudie les auteurs anciens, le latin et le
grec, mais aussi l’anglais et l’italien, comme l’attestent ses cahiers de classe. Les
humanités forment l’essentiel de l’enseignement de l’époque. L’apprentissage du latin
supplante celui du grec et du français. Thèmes et versions envahissent les cahiers
d’Eugène. De ces exercices, il tire une solide culture classique dans laquelle il puisera
abondamment tout au long de sa carrière. L’anglais et l’italien comptent parmi les
matières préférées du jeune élève qui estime que la pratique d’une langue étrangère
« est la première qu’on devrait acquérir ». Les mathématiques et les sciences restent
des matières secondaires. Au fil des pages, exercices et compositions scolaires se
mêlent à d’intrigantes figures et variations calligraphiques à la plume et à la mine de
plomb, révélant le tempérament imaginatif du jeune homme.
2.

2. 3. 4. Eugène DELACROIX, Les cahiers de dessin, bibliothèque d’histoire de l’art, Paris.

1. 2 Un élève peu apprécié de son professeur


Mais quand je ne serai plus à ce lycée, je veux y passer quelque temps pour avoir au
moins un petit talent d’amateur, Delacroix.

3. 4.
_ Une formation dans un des grands ateliers parisiens
Grâce à l’appui de son oncle, le peintre Henri-François Riesener, Eugène Delacroix
entre en 1815 dans l’atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833). L’ate-
lier est avant tout un lieu d’enseignement avec le maître et ses élèves. C’est alors
un des plus grands ateliers de Paris, fréquenté par de nombreux artistes. Peintre
d’histoire, très sensible à l’art théâtral de son temps et de style néoclassique, Guérin
est très apprécié. Guérin jouit à cette époque d’une grande réputation. De naturel
aimable, il dispense, sans sévérité excessive, un enseignement nourri des sources les
plus classiques et basé avant tout sur le dessin : d’abord la copie d’après la gravure,
ensuite la copie d’après les plâtres, enfin l’étude du modèle vivant. Malgré son atten-
tion à ses élèves, il ne reconnaît pas le talent du jeune Delacroix.
5. Pierre-Narcisse GUÉRIN, L’Aurore et Céphale, 1810, huile sur toile, 254 x 186 cm,
musée du Louvre, Paris.
6. Pierre-Narcisse GUÉRIN, Phèdre et Hippolyte, 1815, huile sur toile, 130 sur 174 cm,
musée des Beaux-Arts, Bordeaux. (7. détail)
5.

_ Le circuit institutionnel et la formation des peintres


Au XIXe siècle, pour devenir un peintre l’École des Beaux-Arts est le passage obligé.
L’Académie des Beaux-Arts, telle qu’elle existe au XIXe siècle, fondée en 1816, des-
cend directement de l’Académie royale de peinture et sculpture, fondée en 1648.
Delacroix intègre l’École des Beaux-Arts en 1816, suite à son arrivée dans l’atelier
du peintre Pierre-Narcisse Guérin. En effet, celui-ci devient professeur à l’école
en 1816. L’École des Beaux-Arts enseigne le dessin (anatomie, perspective, modèle
vivant, géométrie), et l’histoire (histoire biblique, mythologie et histoire antique).
Les élèves suivent les maîtres qui leur transmettent leurs savoirs. L’interprétation
personnelle des élèves est peu ou non prise en compte. Delacroix échoue au Prix de
Rome et choisit de ne pas suivre la voie académique, le cursus honorum qui implique
l’obtention du Prix de Rome, qui permet aux jeunes lauréats de séjourner plusieurs
années en Italie, au sein de l’Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, et
donc un certain formatage. L’École des Beaux-arts enseigne le dessin (anatomie,
perspective, modèle vivant, géométrie), et l’histoire (histoire biblique, mythologie et
histoire antique). Les élèves suivent les maîtres qui leur transmettent leurs savoirs.
L’interprétation personnelle des élèves est peu prise en compte.
6. 7.
1. 3 Delacroix et les compagnons de jeunesse
Je ne suis heureux, tout à fait heureux que lorsque je suis avec un ami, Delacroix à son
ami d’enfance Jean-Baptiste Pierret, 6 novembre 1818.
L’amitié est centrale dans les jeunes années de Delacroix. Certaines des rencontres
faites au cours de sa carrière ont exercé sur son œuvre une influence non négligeable.
Delacroix a connu une enfance troublée, marquée par des carences affectives liées
en partie à la mort de sa mère : sa sensibilité exacerbée a trouvé dans l’amitié une
compensation indispensable et qui ne s’est jamais démentie.
8.
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3

8. Eugène DELACROIX, Réunion de quatre jeunes gens dans une chambre, 1817, dessin
au pinceau, lavis gris, mine de plomb, papier beige, 24 X 20 cm, musée du Louvre,
Paris.
_ L’amitié et la protection de Géricault (1791-1824)
Ce fragment de Géricault est vraiment sublime : il prouve plus que jamais qu’il n’est
pas de serpent ni de monstre odieux, etc. C’est le meilleur argument en faveur du beau
comme il faut l’entendre, Delacroix.
Le passage chez Guérin est déterminant pour le jeune Delacroix, il a pour condis-
ciple Théodore Géricault, de sept ans son aîné. La protection de Théodore Géri-
cault, déjà célèbre pour les tableaux montrés au Salon de 1812 puis à celui de
1814, est précieuse pour le jeune homme. Près de lui, Delacroix découvre une façon
de peindre libérée des dogmes académiques. et qu’il exécuta à sa place la commande
9. royale de la Vierge du Sacré-Cœur (1820-1821, Ajaccio, cathédrale). Delacroix pose
même pour le grand tableau de son aîné, Le Radeau de la Méduse. Delacroix est très
affecté par la mort de Géricault. Cette même année 1824, il avait par ailleurs acquis
des gravures de Géricault qu’il conserve jusqu’à la fin de sa vie.
9. Théodore GÉRICAULT, Officier M.D. sous le titre Officier de cavalerie chargeant, 1812,
huile sur toile, 3,49 x 2,66 m, musée du Louvre, Paris, .
10. Théodore GÉRICAULT, Cheval attaqué par un lion, huile sur toile, 0,54 x 0,65 cm,
musée du Louvre, Paris.
10.
11. Théodore GÉRICAULT, Le Radeau de la Méduse, 1819, huile sur toile, 4,91 sur 7,16
m, musée du Louvre, Paris.
12. Théodore GÉRICAULT, Étude de pieds et de mains, 1818-1819, huile sur toile, 52
x 62 cm, musée Fabre, Montpellier.
13. Eugène DELACROIX, La Vierge du Sacré-Cœur, 1820-1821, Huile sur toile, 41 x 33
cm, musée Delacroix, Paris.
14. Théodore GÉRICAULT, Portrait de Delacroix, 1816, huile sur toile, musée des
Beaux-Arts, Rouen ou Eugène DELACROIX, Autoportrait.

_L’amitié et l’’admiration pour les peintres anglais et l’anglomanie


11.
vestimentaire
L’époque de ma vie où j’ai vu l’Angleterre et le souvenir de quelques amis d’alors est très
doux pour moi. Delacroix à Théophile Silvestre, 31 décembre 1858.
J’ai dépensé une soixante de francs pour faire pantalon et gilet, choses indispensables
pour moi, Delacroix, Lettre à Henriette de Verninac, 16 janvier 1822.
Delacroix retrouve en Angleterre le petit groupe d’Anglais venus travailler à Pa-
ris, Bonington et les frères Fielding. Les artistes anglais l’initient à l’aquarelle. Ce
voyage l’incite à approfondir les effets de la couleur. Il y découvre aussi le théâtre de
Shakespeare et assiste à une adaptation originale du Faust de Goethe.
À son retour, Il réalise un portrait d’un de ses intimes Schwiter, fils d’un maré-
11. 12. chal d’Empire, traduction personnelle, et toute française, du portrait aristocratique
anglais. Delacroix le représente vêu d’un frac, debout sur une terrasse devant un
paysage de couchant. Il cite ici à la fois Reynolds, Lawrence et Gainsborough.
C’est aussi l’image d’une image, et témoigne du goût vestimentaire anglais, partagé
par Delacroix et toute la jeune génération. Par ailleurs, la mise du modèle se révèle
d’un chic plus qu’apprêté, avec son costyme noir à la taille pincée, ses longs pan-
talons, invention de Brummell, sa cravate blanche savamment nouée, ses gants de
peau, ses escarpins vernis, Schwiter semble vêtu comme s’il allait à un bal. Delacroix
prouve que la mode, loin de diminuer par son caractère passager la signification du
portrait, peut en constituer le principe structurant et en souligner la dimension his-
torique. La noirceur du costume contraste avec le blanc de la cravate, des gants, du
13. 14. mouchoir et des guêtres. L’ensemble est réhaussé par le rouge intense du chapeau. Il
privilégie une attitude légèrement empruntée, mélange de naturel et de faintaisie et
joue des déformations expressives d’un corps très effilé, de bras trop longs, il tente
de traduire l’idée d’une élégance raffinée et arsitocratique.
Avant le voyage au Maroc, ce séjour de Delacroix en Angleterre porte un premier
coup de boutoir au carcan néoclassique où s’enferre l’école française. Mais il y a aussi
chez Delacroix cette fascination pour Shakespeare où il trouve une conception de
la destinée humaine dramatique qu’il fait sienne et qu’il traduira en de nombreux
tableaux. Delacroix s’est enrichi d’images et d’exemples qui vont orienter son ima-
gination et cristalliser les forces de son génie. Sa palette se libère de la tradition
académique : y voisinent désormais des jaunes éclatants, des rouges et toutes les
nuances de vert.
1. Eugène DELACROIX, Autoportrait dit en Hamlet ou Ravenswood, début des années
1820, huile sur toile, 0,41 x 0,33 cm, musée Eugène Delacroix, Paris. `
15. Thales FIELDING, Portrait d’Eugène Delacroix, 1825, musée Delacroix, Paris.
15.
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4

17,

18, 16.

16. Eugène DELACROIX, Louis-Auguste Schwiter, 1826-1830, huile sur toile, 217,8 x
143,5 cm, The National Gallery, Londres.
17. Joshua REYNOLDS, Portrait of Omai, 1776, huile sur toile, collection privée.
18. Thomas LAWRENCE, Elizabeth Farren, comtesse de Derby, 1790, huile sur toile,
238,8 x 146,1 cm, Metropolitan Museum, New York.
19. Thomas GAINSBOROUGH, Frances Browne, Mrs John Douglas, 1783-84, huile sur
toile, 237,7 x 148,8 cm, Waddesdon Manor.

Dans quelle mesure Delacroix peint-il un portrait hommage à la tradition anglaise et


comment affirme-t-il sa singularité ?

19,
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II/ VIVRE DE SA PEINTURE : Les salons de 1822 ET 1824


Comment assoir sa réputation et obtenir des commandes ? Quelle stratégie met-il en
place pour conquérir public et commandes ? Quelles sont les audaces du jeune artiste
dans l’exploration des pouvoirs expressifs du médium pictural ?

Repères biographiques
• 1822 : Delacroix expose pour la première fois au Salon. Dante et Virgile aux enfers
est accueilli très diversement par les critiques ; l’État s’en porte néanmoins acquéreur.
• En septembre, Delacroix commence à rédiger son Journal. Il le continue jusqu’en
1824, puis le reprend en 1847.
• 1824 La ville de Paris commande à Delacroix une peinture pour l’église Saint-
Paul-Saint-Louis : Le Christ au jardin des Oliviers. Il présente au Salon quatre pein-
tures dont Scènes des massacres de Scio.
• 1826 : En mai, une exposition organisée au profit des Grecs s’ouvre à la galerie
Lebrun. Delacroix y expose plusieurs tableaux dont La Grèce expirant sur les ruines
de Missolonghi.
• 1827-1828 : Au Salon, Delacroix ne présente pas moins de treize peintures aux-
quelles il ajoute La mort de Sardanapale. L’œuvre fait scandale, mais est toutefois
achetée par l’Etat. Il publie une suite de dix-sept lithographies illustrant le Faust de
Goethe. La ville de Nancy lui commande La mort de Charles le Téméraire.

2. 1 Un jeune peintre prometteur au Salon de 1822 : le signal de la génération


romantique
Je sors d’un travail de chien qui me prend tous mes instants depuis 2 mois et demi.
J’ai fait dans cet espace de temps un tableau assez considérable qui va figurer au
Salon. Je tenais beaucoup à m’y voir cette année et c’est un coup de fortune que je
tente. Delacroix à Charles Soulier, le 15 avril 1822.

_ Un artiste/ poète qui anoblit un sujet littéraire


Comment Delacroix renouvelle-t-il la peinture d’histoire et bouscule la hiérarchie des
genres ?
L’artiste, par un sujet inédit inspiré de l’Enfer de Dante. Le titre de ce tableau au
livret du Salon de 1822 est Dante et Virgile, conduits par Phlégyas, traversent le lac
qui entoure les murailles de la ville infernale de Dité. Les damnés s’attachent à la
barque et s’efforcent d’y entrer. Dante reconnaît parmi eux des Florentins. Les grandes
dimensions du tableau anoblissent le thème littéraire tenu jusque-là pour secondaire
dans l’art académique. Delacroix l’élève haut dans la hiérarchie des genres.
Lire les auteurs étrangers pour Delacroix, c’est exciter son esprit par des sujets
nouveaux, c’est animer son imagination par des hardiesses nouvelles. Dante raconte
dans sa Divine Comédie (1306-1321), la visite qu’il aurait accomplie dans l’enfer,
guidé par Virgile. Ici, Dante et Virgile, conduits par Plégias, franchissent le lac qui
entoure la cité infernale de Dité et dans lequel se tordent des damnés. Les damnés
tentent de s’échapper de l’enfer en s’accrochant à la barque.
Delacroix s’inspire de l’écriture visionnaire du poète italien. Le peintre est un pas-
sionné de littérature, son œuvre foisonne de compositions narratives, de références
et de sujets liés à ses lectures d’auteurs aussi bien classiques que contemporains.
Il fréquente les salons littéraires et beaucoup de ses amis appartiennent au monde
des Lettres : George Sand (1804-1876), Théophile Gautier (1811-1872) ou encore
Charles Baudelaire (1821-1867) qui le surnomme le « peintre-poète ».
20. Eugène DELACROIX, Dante et Virgile, 1822, 189 x 241 cm, huile sur toile, musée
du Louvre, Paris.

_ Un artiste ambitieux qui rend hommage aux maîtres


Il a la hardiesse de Michel-Ange et la fécondité de Rubens, Thiers, 1822.
Les emprunts artistiques affirmés de Delacroix sont une manière de faire la démons-
tration de ses capacités mais aussi de se chercher des mentors artistiques, Guérin
refusant de jouer ce rôle. Au Louvre, qui a ouvert en 1793, Delacroix découvre et
admire les œuvres de Raphaël, de Michel-Ange, de Titien, de Rubens, de Poussin.
Dans la grande tradition, la plupart des esquisses connues sont des études de nus,
faites à partir de modèles vivants, d’études anatomiques qui témoignent d’un souci
d’hypervirilité. Il rompt avec le classicisme contemporain, et sa tendance appelée
anacréontisme, associée à la grâce, à la tendresse et à la féminité.
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21. MICHEL-ANGE, Le Jugement dernier, fresque, 1536-1541, détail, chapelle Sixtine,


Rome.
22. Pierre-Paul RUBENS, Le Débarquement de la reine à Marseille, le 3 novembre 1600,
vers 1622-1625, huile sur toile, 394 x 295 cm, musée du Louvre, Paris.
23. Thédore GÉRICAULT, Le Radeau de la Méduse, 1819, huile sur toile, 4,91 x 7,16m,
musée du Louvre, Paris.
24. Eugène DELACROIX, Étude de néréide, d’après Rubens, 1822, huile sur toile, 45,7
x 37,5 cm, Kunstmuseum, Bâle.
25. Eugène DELACROIX, Étude pour la barque de Dante, 1822, dessin à la plume, encre
brune, lavis brun, papier calque, 15,3 x 21,1 cm, musée du Louvre, Paris.

Quelle est la nature des emprunts et comment expliquer les sources de filiation assu-
mées ?

23. 20.

22. 25.

22. 24.
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7

_ Un artiste qui donne une vision de la peinture comme états d’âme


Expression du drame, de la souffrance et du désespoir par la couleur, la lumière et le
geste : l’artiste parle ici des poètes unis dans la tourmente de l’enfer, contaminés par
le mal du siècle et unis dans le même combat. La vie paraît une traversée effroyable,
seul l’art peut offrir une voie heureuse. L’œuvre reflète l’état d’âme général qu’ins-
pirent à l’époque la fin de la période libérale de la Restauration et les revers de la
Révolution et de l’Empire. Les éléments, l’eau et le feu de l’Enfer de Dante, jettent
l’homme impuissant dans le désarroi. Seuls les deux artistes échappent à la menace.
Leur pouvoir d’imagination les unit dans la résistance aux forces adverses.
Mais il faut voir aussi dans cette œuvre le reflet de l’état d’âme de l’artiste : au mo-
ment où il est au bord de la ruine, Delacroix est amoureux d’une femme qui n’éprouve
rien pour lui. La lecture de La Divine Comédie de Dante l’émeut et le console.

_ Un jeune artiste au talent reconu


Aucun tableau ne révèle mieux à mon avis l’avenir d’un grand peintre, que celui de
M. de Lacroix, représentant le Dante et Virgile aux enfers. C’est là surtout qu’on peut
remarquer ce jet de talent, cet élan de la supériorité naissante qui ranime les espé-
rances un peu découragées par le mérite trop modéré de tout le reste. Thiers, 1822.
Achetée par l’administration royale, la toile est immédiatement exposée dans le pre-
mier des grands musées d’art contemporain, créé en 1818 comme une sorte de
panthéon des artistes vivants au palais du Luxembourg à Paris. Delacroix, avec ce
tableau à la fois respectueux des traditions et provocateur, tente un coup de fortune
qui se transforme en véritable triomphe.

2.2 L a reconnaissance ou l’achat par l’État des Scènes de Massacres de Scio


Je me propose de faire pour le Salon prochain un tableau dont je prendrai le sujet dans
les guerres récentes des Turcs et des Grecs. Je crois que dans les circonstances, si d’ail-
leurs il y a quelque mérite dans l’exécution, ce sera un moyen de me faire distinguer,
Delacroix, 1822.

_ Profiter d’un contexte favorable : l’attention à la jeunesse


Au début des années 1820, tout semble encore possible, d’autant que le gouverne-
ment, par l’intermédiaire du comte de Forbin, directeur des musées royaux, cherche
à se concilier les bonnes grâces des artistes, de façon à soutenir l’éclat de l’école
nationale et à affirmer le caractère éclairé du mécénat royal. L’État encourage les
travaux des plus jeunes artistes, soit en achetant des œuvres présentées au Salon,
26.
soit en leur passant des commandes. Cette attention à la jeunesse est flagrante.
Delacroix sait en profiter.

_ Retenir et frapper l’attention du public en s’inspirant d’éléments


fournis par la presse contemporaine
Delacroix prend pour sujet l’attaque de l’île de Scio par les Turcs en 1822, lors de
laquelle 25000 personnes sont tuées et environ 45000 réduites en esclavage. La
cause grecque rallie de nombreux étrangers - comme le poète anglais Byron - qui se
constituent en brigades volontaires aux côtés des patriotes grecs et remportent des
succès sur les troupes du Sultan. Cette lutte inspire et émeut les artistes libéraux.
Delacroix peut affronter le caractère polémique d’un sujet d’actualité. Peut-être y a-
t-il même intérêt. C’est aussi un sujet oriental, mis en vogue par Ingres au Salon de
1819 ; entre 1824 et 1827, Eugène Delacroix entreprend d’autres œuvres évoquant
l’Orient.
27. 26. Eugène DELACROIX, Le Combat du Giaour et du Pacha, 1826, huile ssur toile, 59,6
x 73,4 cm, The Art Institute of Chicago, Chicago.
27. Eugène DELACROIX, Officier turc tué dans les montagnes, dit aussi la Mort d’Has-
san, 1826, huile sur toile, 33 x 41 cm, collection particulière.
28. Eugène DELACROIX, Apasie la mauresque, dite aussi Aline la mulâtresse, vers
1824, huile sur toile, 81 x 65 cm, musée Fabre, Montpellier.

_ L’État achète, la foule se presse et la polémique enfle


Le Massacre de la peinture, Gros, 1824.
Deux groupes pyramidaux s’opposent, à droite, la femme regardant au loin, genoux,
repliés, sur laquelle repose la jeune mère allongée, à gauche un couple où l’homme
prend appui sur sa compagne. Au second plan, le Grec accompagné d’enfants, le
couple qui s’étreint et le soldat caracolant. L’artiste proclame en même temps sa
rupture avec la peinture d’histoire classique en délaissant le format horizontal pour
adopter une grande composition en hauteur dépourvue de scène principale. Il ren-
verse les codes et préfère à une scène de pure brutalité, l’expression de la désolation,

28.
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8

de la résignation et du renoncement laissant les tristes victimes sans espoir devant la


superbe des Orientaux. La guerre vue par Delacroix s’inscrit en rupture par rapport à
la vision héroïque, elle est dépourvue de panache. Les critiques portent sur l’horreur
du sujet, la faiblesse de la composition, le traitement et plus spécialement la couleur.
Le comte de Forbin, fait acheter le tableau non pas à l’issue du Salon mais au début
de celui-ci. Souhaite-t-il précipiter l’acquisition de l’oeuvre avant que la polémique
enfle ? Possible aussi que Delacroix en cas de refus de l’État d’acquérir les Scènes se
soit tourné ver le marché de l’art privé, vers le duc d’Orléans qui s’affirme avec sa
galerie de peintures semi-publiques du Palais-Royal, comme un mécène soutenant la
création contemporaine dans sa composante la plus moderne. En tout cas, la statégie
mise en en oeuvre par l’artiste s’est révéle efficace, exposé dès l’ouverture du Salon,
acheté peu de temps après la direction des musées royax, le tableau concentre toutes
les attentions et sucsite des réactions particulièrement violentes. Delacroix devient
le représentant le plus éminent du romantisme aussi bien pour ses partisans que pour
ses adversaires.
31. 29. Eugène DELACROIX, Étude pour les Massacres de Scio, aquarelle sur traits à la mine
de plomb, 34 x 30 cm, musée du Louvre, Paris.
30. Eugène DELACROIX, Scènes des Massacres de Scio 1824, exposé au Salon de 1824,
huile sur toile, 41è c 354 cm, musée du Louvre, Paris.
31. Eugène DELACROIX, Jeune orpheline au cimetière, 1824, huile sur toile, 65,5 cm
x 54, 5 cm, musée du Louvre, Paris.
32. Eugène DELACROIX, La Grèce sur les ruines de Missolonghi, 1826, huile sur toile,
209 x 147 cm, musée des Beaux-Arts, Bordeaux.

29.
32.
30.

III/ Delacroix artiste REBELLE ?


Dans quelles mesures Delacroix incarne-t-il dès ses débuts l’artiste romantique ?

3. 1 La construction de l’artiste devenu un génie solitaire


Élève peu apprécié de son professeur, jeune peintre qui s’est affranchi du cursus
académique grâce à ses premiers succès au Salon, créateur considéré par la critique
et ses pairs comme l’étendard de la rupture artistique, Eugène Delacroix incarne
souvent, aux yeux de la postérité, la figure de l’artiste bohème.
C’est à cette époque que naît l’artiste « bohème ». À partir de 1830, le mot « bohé-
mien » « est employé pour qualifier ces jeunes artistes qui tentent d’entrer dans la
carrière par les marges, sans passer par l’École des Beaux-Arts, le prix de Rome et la
villa Médicis. Ils se placent en dehors de la société, comme des bohémiens. Baude-
laire invente même le terme « bohémianisme ». L’artiste n’est plus sous la protection
d’un prince, il est devenu un génie solitaire, misérable et incompris. Grand mythe
fondateur de la modernité, la bohème est une construction artistique. Delacroix,
bohème ? L’artiste n’a ni volonté d’opposition à l’ordre établi ni insouciance. Il inau-
gure cependant un comportement nouveau, en appeler directement au suffrage du
public, avant d’avoir la reconnaissance officielle de ses pairs sanctionnée par le prix
33.
de Rome. Pragmatique, l’artiste va chercher la rencontre avec le public et, poussé par
le besoin d’obtenir une commande ou un achat, il tente le coup d’éclat avec Dante
et Virgile. Et si Delacroix a vécu la vie de bohème, c’était plutôt par accident que par
choix délibéré. En se travestissant en Ravenswood, le héros de Lucia di Lammermoor,
qui à la mort de son père a tout perdu dans le roman de Walter Scott, Delacroix
rappelle ici sa propre situation. Dans ses lettres, il fait certes part de ses problèmes
d’argent, mais travaille comme un forçat. Il n’hésite pas à produire de petits tableaux
destinés au marché privé, illustrant les épisodes de l’histoire médiale, pièces colorées
avec des effets de matière, des rendus grâce à un pinceau virtuose, tout cela répond
au goût des amateurs pour la peinture dite troubadour.

34.
Claire Lingenheim Lavelle première | spécialité histoire des arts t
hème 3• l’artiste
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33. Eugène DELACROIX, Louis d’Orléans montrant sa maîtresse, 1825, huile sur toile,
35 x 25,5 cm, Madrird, Museo Thyssen-Bornemisza.
34. Richard Parkes BONINGTION, François Ier et la duchesse d’Etampes, 1827, huile sur
toile, 34 x 26 cm, musée du Louvre, Paris.

3.2 La représentation de l’atelier, lieu du refuge


Au début des années 1820, Delacroix occupe un atelier rue Jacob, avec son ami an-
glais Thales Fielding. Rares sont les peintres qui travaillent totalement seuls avant
la seconde moitié du XIXe siècle. Delacroix représente l’atelier ou du moins un coin
35. d’atelier dans un dessin proche de la nature morte. Les outils du peintre sont repré-
sentés, références manuelles à l’art de peindre : table de travail, palette, pinceaux.
Le point de vue qu’il offre est celui d’un lieu privilégié et intime, une pièce silen-
cieuse avec quelques objets significatifs. Au XIXe siècle, l’atelier est, par excellence,
le lieu où l’artiste est en représentation, son « musée personnel » et le centre de sa
sociabilité professionnelle.
À partir du moment où l’artiste devient, dans les représentations collectives, un être
singularisé par un don qui le distingue du commun des mortels, l’atelier devient
aussi, en conséquence, un endroit autour duquel se cristallise l’imaginaire roman-
tique, l’espace qui évoque le mystère du génie de l’artiste. Un autre de ses tableaux
36 représente l’atelier dans une mansarde misérable.
35. Théodore GÉRICAULT, Portrait d’un artiste dans son atelier, 1812, huile sur toile,
147 x 114 cm, musée du Louvre, Paris.
36. Eugène DELACROIX (attribué à), Le coin d’atelier, 1825, huile sur toile, 51 x 54
cm, musée du Louvre, Paris.
37. Eugène DELACROIX, Un coin d’atelier, vers 1825, plume et encre brune, lavis brun
sur traits de graphite, 18 cm x 28 cm, musée du Louvre, Paris.

3.3 Le peintre, un fou rebelle et martyr


Quand Delacroix peint Le Tasse en prison, le sujet est à la mode, un prince enfermant
un poète chez les fous. Goethe en a fait un drame, Byron et Shelley des poèmes.
Delacroix a représenté Le Tasse assis sur son lit de captif dans une pose accablée et
méditative. Derrière une fenêtre grillagée, des figures plus ou moins grimaçantes le
37.
regardent. Le personnage est débraillé, plutôt que mal vêtu : ses pieds sont nus et
fixent au sol des parties de vêtement. Non loin de là, des feuillets épars. Le regard
n’est pas vraiment celui d’un dément, mais plutôt d’un homme dévoré d’angoisse. La
figure du créateur devient ici, avec les années romantiques, celle d’un être méprisé,
redouté, détesté. La punition sociale est l’asile. Tout est romantique : un poète em-
prisonné, le génie persécuté et incompris, une scène historique de la Renaissance, la
projection de Delacroix dans le personnage. Figure de la modernité, l’artiste bohème
est maudit mais visionnaire en quête d’une gloire rédemptrice qui peut le mener
jusqu’à la folie et à la mort. Un des traits du romantisme a été de s’interroger sur la
raison humaine et la folie. Les romantiques, comme les médecins de cette époque,
pensent qu’on pouvait lire sur les traits du visage la répercussion des altérations
mentales. Delacroix affirme ici aussi sa dette à Géricault.
38.
38. Eugène DELACROIX, Le Tasse à l’hôpital Sainte-Anne, à Ferrare ou Le Tasse dans
la maison des fous, 1824, exposé au Salon de 1824, huile sur toile, 50 x 60 cm,
collection particulière.
39. Théodore GÉRICAULT, La Folle Monomane du jeu, 1820, 77 x 65 cm, musée du
Louvre, Paris.

Conclusion : Jeune peintre qui s’est affranchi du cursus académique grâce à ses
premiers succès au Salon, créateur considéré par la critique et ses pairs comme l’éten-
dard de la rupture artistique, Delacroix en 1825 est devenu l’artiste emblématique
de la peinture romantique.

39. Delacroix incarne cet esprit romantique :


• par son désir d’indépendance, de nouveauté, de libération voire de subversion.
• p ar sa participation à une génération de jeunes artistes mais avec des ambitions
qui sont profondément individualistes.
• p ar la confrontation de ses œuvres avec le public.
Claire Lingenheim Lavelle première | spécialité histoire des arts t
hème 3• l’artiste
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Activités : réaliser une frise chronologique numérique


_ Delacroix et les grands courants artistiques de son temps
_ Delacroix et l’Orient
_ Delacroix, un peintre littéraire
_ Delacroix et les modes de représentations de l’histoire
_ Delacroix et les institutions : un peintre à la recherche de reconnaissance
_ Delacroix, les grandes étapes de sa carrière
_ Delacroix et les peintres de la génération romantique
_ Delacroix et la musique
_ Delacroix et l’expression de l’effroi

Sitographie :
_ la biographie de Delacroix sur le site du musée Delacroix : http://www.musee-de-
lacroix.fr/fr/musee-atelier/eugene-delacroix/biographie/biographie
_ le dossier pédagogique de l’exposition Delacroix et les compagnons de jeunesse
au musée Delacroix : http://www.musee-delacroix.fr/IMG/pdf/dp_compagnonsDe-
lacroix.pdf
_ le dossier pédagogique du musée Girodet sur l’institution du Salon sous la Restau-
ration : http://www.musee-girodet.fr/IMG/pdf/Dossier-Pe_dagogique.pdf
_ le dossier de presse Visages de l’effroi au musée de la vie romantique : http://
museevieromantique.paris.fr/sites/default/files/doc_presse/fichier_a_telecharger/
mvr_dp_visages_hd_pm_15_10_2015.pdf
_ le dossier pédagogique de l’expostion Bohèmes au Grand Palais : https://www.gran-
dpalais.fr/sites/default/files/user_images/30/dossier_pedagogique_bohemes.pdf

À écouter :
_ sur France Tv info autour de la commande de la Vierge du Sacré Cœur : https://www.
francetvinfo.fr/culture/arts-expos/peinture/l-histoire-fabuleuse-du-triomphe-de-
la-religion-d-eugene-delacroix_3388093.html
_ sur France Culture, plusieurs émissions sur l’artiste Delacroix : https://www.france-
culture.fr/personne/eugene-delacroix

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