ML 41-26 199
ML 41-26 199
EDITOR IN CHIEF : Mark Abramowicz. M.D.EXECUTIVE EDITOR : Gianna Zuccotti, M.D., M.P.H., F.A.C.P., Harvard Medical School. EDITOR : Jean-Marie Pflomm,
Pharm.D. ASSISTANT EDITORS, DRUG INFORMATION : Susan M. Daron, Pharm.D., Corinne E. Zanone, Pharm.D. CONSULTING EDITORS : Brinda M. Shah, Pharm.D.,
F. Peter Swanson, M.D. CONTRIBUTING EDITORS : Carl W. Bazil, M.D., Ph.D., Columbia University College of Physicians and Surgeons ; Vanessa K. Dalton, M.D., M.P.H.,
University of Michigan Medical School ; Eric J. Epstein, M.D., Albert Einstein College of Medicine ; Jules Hirsch, M.D., Rockefeller University ; David N. Juurlink, BPhm,
M.D., Ph.D., Sunnybrook Health Sciences Centre ; Richard B. Kim, M.D., University of Western Ontario ; Hans Meinertz, M.D., University Hospital, Copenhagen ; Sandip K.
Mukherjee, M.D., F.A.C.C., Yale School of Medicine ; Dan M. Roden, M.D., Vanderbilt University School of Medicine ; F. Estelle R. Simons, M.D., University of Manitoba ;
Jordan W. Smoller, M.D., Sc.D., Harvard Medical School ; Neal H. Steigbigel, M.D., New York University School of Medicine ; Arthur M.F.Yee, M.D., Ph.D., F.A.C.R.,
Weil Medical College of Cornell University. SENIOR ASSOCIATE EDITORS : Donna Goodstein, Amy Faucard. ASSOCIATE EDITOR : Cynthia Macapagal Covey. EDITORIAL
FELLOW : Esperance A.K.Schaefer, M.D., M.P.H., Harvard Medical School. MANAGING EDITOR : Susie Wong. ASSISTANT MANAGING EDITOR : Liz Donohue.
PRODUCTION COORDINATOR : Cheryl Brown. EXECUTIVE DIRECTOR OF SALES : Gene Carbona. FULFILLMENT & SYSTEMS MANAGER : Cristine Romatowski.
DIRECTOR OF MARKETING COMMUNICATIONS : Joanne F. Valentino. VICE PRESIDENT AND PUBLISHER : Yosef Wissner-Levy.
Founded 1959 by Arthur Kallet and Harold Aaron, M.D. Copyright© 2019. The Medical Letter, Inc. (ISSN 0025 – 732X).
TRADUCTION ET ADAPTATION DE L’ÉDITION FRANÇAISE : Dr Pierre-Alain Plan, Grandson.
199
Quelques médicaments topiques pour traiter le glaucome (suite)
Médicaments Dosages et formes galéniques Posologies Coût 1
habituelles France Suisse Belgique
€ CHF (€) €
Bimatoprost F : collyre à 0,1 et 0,3 mg/ml (0,01 et 0,03 %) en flacons 1 goutte 1 ×/jour NR 36.85 12.42
Lumigan et autres – F ; Lumigan – CH ; de 3 ml* (le soir) (33.26)
Lumigan et autre – B CH : collyre à 0,1 mg/ml en flacons de 3 ml* et à
0,3 mg/ml en flacons unidoses de 0,4 ml
B : collyre à 0,1 mg/ml en flacons de 3 ml* et à
0,12 mg/ml en flacons unidoses de 0,4 ml
Latanoprost Collyre à 50 µg/ml (0,005 %) en flacons de 2,5 ml* 1 goutte 1 ×/jour 5.51 27.20 10.53
Xalatan et autres – F, CH, B (le soir) (24.73)
Tafluprost Collyre à 15 µg/ml (0,0015 %) en flacons unidoses de 1 goutte 1 ×/jour – 39.85 31.062
Saflutan – CH, B ; non commercia- 0,3 ml (le soir) (36.23)2
lisé – F
Travoprost Collyre à 40 µg/ml (0,004 %) en flacons de 2,5 ml* 1 goutte 1 ×/jour 5.722 27.30 7.762
Travatan et autre – F, CH, B (le soir) (24.82)2
Bêtabloquants
Bétaxolol3 F, B : collyre à 5 mg/ml (0,5 %) en flacons de 3 ml* (F) 1 goutte 1 ×/jour (le 3.95 15.15 8.50
Betoptic et autre – F ; Betoptic S – CH ; ou 5 ml* (B) matin) ou 1 goutte (13.77)
Betoptic – B CH, B : collyre à 2,5 mg/ml (0,25 %) en flacons de 5 ml* 2 ×/jour (matin et soir)
CH : collyre à 2,5 mg/ml en flacons unidoses de 0,25 ml
Cartéolol Collyre à 10 et 20 mg/ml (1 et 2 %) en flacons de 3 ml* 1 goutte 1 ×/jour (le 3.66 – 10.63
Carteol – F, B ; non commercialisé dans (F) ou de 5 ml* (B) matin) ou 1 goutte
cette forme galénique – CH 2 ×/jour (matin et soir)
Carteol LP – F ; Arteoptic LA – CH, B F, CH : collyre à 20 mg/ml en flacons de 3 ml* 1 goutte 1 ×/jour (le 6.48 15.05 6.61
F, CH : Collyre à 10 (F) et 20 mg/ml (F, CH) en flacons matin) ou 1 goutte (13.68)
unidoses 2 ×/jour (matin et soir)
B : collyre à 20 mg/ml en flacons de 3 ml*
Lévobunolol Collyre à 5 mg/ml (0,5 %) en flacons de 0,4 ml 1 goutte 1 ×/jour (le ND 33.95 –
Betagan – F; Vistagan liquifilm UD – CH; matin) ou 1 goutte (30.86)
non commercialisé – B 2 ×/jour (matin et soir)
Timolol Collyre à 2,5 et 5 mg/ml (0,25 et 0,5 %) 1 goutte 2 ×/jour ND 7.20 9.06
Timoptol et autres – F ; Timoptic/ F : en flacons de 3 ml* (matin et soir) (6.55)
Timogel et autres – CH ; Timabak et CH, B : en flacons de 5 ml*
autres – B CH : gel à 1 mg/g (0,1 %) en récipients unidoses de 0,4 g
Timoptic–XE – CH ; Timoptolgel – B ; Collyre à 2,5 et 5 mg/ml (0,25 et 0,5 %) formant un gel 1 goutte 2 ×/jour – 9.40 7.93
non commercialisé dans cette forme au contact de la cornée en flacons de 2,5 ml* (matin et soir) (8.58)
galénique – F
Brinzolamide Collyre à 10 mg/ml (1 %) en flacons de 5 ml* 1 goutte 2 ou 3 ×/jour 4.16 25.75 13.62
Azopt et autres – F ; Azopt – CH, B (23.41)
Alpha2-agonistes
Apraclonidine F, CH : collyre à 5 et 10 mg/ml (0,5 et 1 %) en flacons 1 goutte 2 ou 3 ×/jour. 12.43 34.00 13.46
Iopidine – F, CH, B de 5 ml* et collyre en 10 mg/ml en flacons unidoses (30.91)
de 0,25 ml (boîte de 2). 11.874 20.10
B : collyre à 5 mg/ml (5 %) en flacons de 5 ml* (18.27)4 –
Brimonidine Collyre à 2 mg/ml (0,2 %) en flacons de 5 ml* 1 goutte 2 ou 3 ×/jour ND 35.60 18.84
Alphagan et autres – F ; Alphagan et (32.36)
autre – CH ; Alphagan – B
Nétarsudil Collyre à 0,2 mg/ml (0,02 %) en flacons de 2,5 ml* 1 goutte 1 ×/jour – – –
Rhopressa – USA ; non commercia- (le soir)
lisé – F, CH, B
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations et les posologies
disponibles en Europe francophone.
* Contient du chlorure de benzalkonium
ND : non disponible ; NR : non remboursé. Le prix n’est pas fixe du fait d’accords spécifiques entre les partenaires.
1. Prix du plus petit flacon au dosage le plus faible. Taux de change : 1 € = 1.10 CHF.
2. Coût de 30 flacons unidoses.
3. Le bétaxolol est sélectif pour les récepteurs bêta1.
4. Coût d’un emballage de deux unidoses
200
Quelques médicaments topiques pour traiter le glaucome (suite)
Médicaments Dosages et formes galéniques Posologies Coût 1
habituelles France Suisse Belgique
€ CHF (€) €
Préparations composées
Brinzolamide/brimonidine Collyre à 10 mg/ml (1 %) de brinzolamide et 2 mg/ml 1 goutte 3 ×/jour 13.05 23.60 14.31
Simbrinza – F, CH, B (0,2 %) de brimonidine en flacons de 5 ml. (21.46)
Brinzolamide/timolol Collyre à 10 mg/ml (1 %) de brinzolamide et 5 mg/ml 1 goutte 2 ×/jour 9.72 22.20 41.30
Azarga – F, CH, B (0,5 %) de timolol en flacons de 5 ml* (20.19)
Brimonidine/timolol Collyre à 2 mg/ml (0,2 %) de brimonidine et 5 mg/ml 1 goutte 2 ×/jour ND 34.10 14.47
Combigan – F, CH, B (0,5 %) de timolol en flacons de 5 ml* (31.00)
Timolol/dorzolamide Collyre à et 5 mg/ml (0,5 %) de timolol et 20 mg/ml 1 goutte 2 ×/jour ND 33.85 24.03
Cosopt et autres – F, CH, B (2 %) de dorzolamide (30.77)
F, CH : en flacons de 5 ml*
B : en flacons de 10 ml*
Cosopt S – CH ; Cosopt Uni Dose – B ; Collyre à 5 mg/ml de timolol et 20 mg/ml de dorzola- 1 goutte 2 ×/jour – 48.85 18.855
non commercialisé – F mide en flacons unidoses de 0,2 ml (44.41)5
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations et les posologies
disponibles en Europe francophone.
* Contient du chlorure de benzalkonium
ND : non disponible ; NR : non remboursé. Le prix n’est pas fixe du fait d’accords spécifiques entre les partenaires.
1. Prix du plus petit flacon au dosage le plus faible. Taux de change : 1 € = 1.10 CHF.
5. Coût de 60 flacons unidoses
BÊTABLOQUANTS – Les bêtabloquants topiques diminuent la pro- Effets indésirables – Les effets indésirables locaux des agonistes
duction d’humeur aqueuse. Ils abaissent la PIO de 20 à 25 % avec alpha comprennent des picotements, une hyperémie conjonctivale,
une ou deux doses quotidiennes. L’inhibiteur sélectif des récepteurs une sensation de corps étranger et une sécheresse oculaire. La tolé-
bêta-1 bétaxolol (Betoptic et autre – F ; Betoptic S – CH ; Betoptic – B) rabilité de la brimonidine peut être améliorée par l’utilisation d’une
provoque moins d’effets indésirables généraux que les bêtablo- formulation ne contenant pas l’agent de conservation chlorure de
quants non sélectifs, mais il est moins efficace pour réduire la PIO. benzalkonium et par l’utilisation de la concentration la plus faible (0,1
vs 0,15 %). Une fatigue, une somnolence et des réactions allergiques
Effets indésirables – Les bêtabloquants topiques sont générale- localisées sont fréquentes avec les alpha-agonistes topiques. La bri-
ment bien tolérés ; ils provoquent rarement des picotements, des dé- monidine traverse la barrière hémato-encéphalique et provoque une
mangeaisons, des rougeurs et une vision trouble. Les effets hypotension systémique chez les nourrissons et les enfants ; elle
indésirables généraux comprennent une fatigue, des étourdisse- induit une dépression respiratoire chez les enfants de < 2 ans et ne
ments, une bradycardie, une dépression respiratoire et un masquage devrait pas être utilisée chez les enfants de < 6 ans. Les alpha-ago-
des hypoglycémies. Ces médicaments peuvent bloquer les effets nistes sont contre-indiqués chez les patients qui prennent un inhibi-
des bêta2-agonistes inhalés utilisés pour traiter l’asthme. Les bêta- teur de la monoamine oxydase (IMAO).
bloquants topiques doivent être utilisés avec prudence chez les pa-
tients avec une bradycardie, un asthme ou une bronchopneumopathie INHIBITEUR DE LA KINASE RHÔ – Le nétarsudil (Rhopressa –
obstructive chronique. USA ; non commercialisé – F, CH, B), le seul inhibiteur de la kinase
rhô approuvé aux États-Unis, diminue la résistance dans les voies
INHIBITEURS DE L’ANHYDRASE CARBONIQUE – Les inhibi- d’efflux du réseau trabéculaire. Dans les études cliniques, il s’est
teurs de l’anhydrase carbonique (IAC), comme les bêtabloquants, montré aussi efficace que le timolol (Timoptol et autres – F ; Timoptic
abaissent la PIO en diminuant la production de l’humeur aqueuse. et autres – CH ; Timabak et autres – B) chez les patients dont la PIO
Les IAC oraux comme l’acétazolamide (Diamox – F, CH, B) ou le mé- était inférieure à 25 mmHg à l’inclusion, mais il ne répondait pas aux
thazolamide (non commercialisé – F, CH, B) diminuent la PIO de 30 à critères de non-infériorité par rapport au latanoprost.4
50 %, mais ils induisent de nombreux effets indésirables généraux.
Les IAC topiques dorzolamide (Trusopt et autres – F, CH ; Trusopt – B) Effets indésirables – Dans les études cliniques avec le nétarsudil,
et brinzolamide (Azopt et autres – F ; Azopt – CH, B) diminuent géné- environ 50 % des patients ont présenté une hyperémie conjonctivale
ralement la PIO de 15 à 20 %. Les IAC topiques sont homologués par et environ 20 % une cornée verticillée (dépôts cornéens formant des
la FDA des États-Unis pour être utilisés trois fois par jour, mais une verticilles brun doré ou gris sur la cornée inférieure ; la plupart ont
utilisation biquotidienne est souvent efficace. disparu après l’arrêt du traitement). Des douleurs au point d’instilla-
tion, un érythème, des hémorragies conjonctivales, une coloration
Effets indésirables – Les IAC topiques provoquent des picote- cornéenne, une vision floue, un larmoiement, un érythème des pau-
ments, des rougeurs, des brûlures, une conjonctivite, une sécheresse pières et une baisse de l’acuité visuelle ont également été signalés.4
oculaire et une vision trouble. En général, leur seul effet indésirable
systémique est la perception d’un goût amer. Bien que les IAC soient AGONISTES CHOLINERGIQUES – La stimulation des récepteurs
des dérivés de sulfamidés, les formulations topiques sont bien tolé- muscariniques par les agonistes cholinergiques provoque une
rées chez la plupart des patients allergiques aux sulfamidés. contraction du muscle ciliaire, ce qui entraîne une augmentation de
l’efflux d’humeur aqueuse et une diminution de la PIO. La pilocar-
ALPHA-AGONISTES – Comme les bêtabloquants et les IAC, les pine (Pilocarpine Fasure et autres – F ; Spersacarpine– CH ; Pilocar-
alpha-agonistes abaissent la PIO en diminuant la production d’hu- pine-Isopto – B) imite l’effet de l’acétylcholine.
meur aqueuse, mais ils augmentent aussi l’efflux uvéoscléral. L’ago-
niste sélectif des récepteurs alpha-2 brimonidine (Alphagan et Effets indésirables – L’application topique d’agonistes choliner-
autres – F ; Alphagan et autre – CH ; Alphagan – B) diminue généra- giques cause des effets indésirables locaux et généraux qui limitent
lement la PIO de 15 à 20 %.2 L’apraclonidine (Iopidine– F, CH, B), un leur utilisation. La contraction du muscle ciliaire entraîne des
dérivé de la clonidine, est parfois utilisée pour prévenir une augmen- spasmes ciliaires et des douleurs au niveau des sourcils. Une toxicité
tation aiguë de la PIO après une intervention au laser ; la tachyphy- cornéenne, une inflammation conjonctivale, une myopie passagère
laxie et les réactions allergiques locales limitent son utilisation pour et une vision trouble peuvent survenir. Un décollement de la rétine
le contrôle de la PIO à long terme.3 peut également se produire, en particulier chez les patients très
201
myopes. Les effets indésirables généraux sont rares aux doses re- vitamine E 400 UI et bêta-carotène 15 mg), zinc (80 mg de zinc sous
commandées ; ils comprennent une sudation, des nausées, une sali- forme d’oxyde de zinc et 2 mg de cuivre sous forme d’oxyde de
vation et des variations de la tension artérielle. En cas de toxicité cuivre), antioxydants plus zinc ou placebo. Les critères d’évaluation
générale, l’atropine peut être utilisée pour supprimer les symptômes. primaires étaient la progression vers une DMLA avancée (néovascu-
larisation choroïdienne ou atrophie géographique incluant le centre
COMBINAISONS – Les produits combinés permettent une plus de la macula) et une perte modérée de l’acuité visuelle (3 lignes de
grande réduction de la PIO que la monothérapie, mais leurs effets vision ou plus).
indésirables sont également additifs. Ils sont utiles pour promouvoir
l’observance au traitement chez les patients qui nécessitent deux Après 5 ans de traitement, aucun bénéfice n’a été observé chez les
classes de médicaments. 1063 patients qui sont entrés dans l’étude avec seulement plusieurs
petites druses ou quelques druses moyennes et une bonne vision de
MARIJUANA – La consommation de marijuana abaisse la PIO d’en- l’œil avec l’atteinte la plus avancée. Lorsque ces patients ont été
viron 25 % chez les patients avec ou sans glaucome. Le mécanisme exclus de l’analyse (analyse à postériori), la probabilité estimée de
d’action n’a pas été élucidé, mais il pourrait être lié à une baisse de la progression vers une DMLA avancée chez les autres patients était
tension artérielle induite par la marijuana. Le cannabidiol n’abaisse de 28 % avec le placebo, 23 % avec les antioxydants seuls, 22 % avec
pas la PIO.5,6 La marijuana a une courte durée d’action (3-4 heures) ; le zinc seul et 20 % avec les antioxydants plus le zinc. Seule la com-
les effets cognitifs indésirables des 6 à 8 doses quotidiennes qui se- binaison d’antioxydants et de zinc a eu un effet statistiquement si-
raient nécessaires pour obtenir une baisse soutenue de la PIO gnificatif par rapport au placebo.11
limitent son usage.7
Une deuxième étude – L’étude AREDS2 était limitée aux patients
CHOIX DES MÉDICAMENTS – Les médicaments topiques qui atteints d’une DMLA intermédiaire bilatérale ou d’une DMLA inter-
abaissent la PIO constituent la base du traitement du glaucome à médiaire dans un œil et d’une DMLA avancée dans l’autre. La mé-
angle ouvert. Pour le traitement initial, une monothérapie par ana- thodologie était complexe : les patients ont été randomisés pour
logue des prostaglandines est préférable ; si l’analogue des prosta- recevoir de la lutéine plus de la zéaxanthine, de l’acide docosahexaé-
glandines abaisse la PIO aux valeurs cibles, aucun traitement noïque (DHA) plus de l’acide eicosapentaénoïque (EPA), les deux, ou
supplémentaire n’est nécessaire. S’il diminue considérablement la un placebo, en plus dans tous les cas de la formulation originale des
PIO, mais ne permet pas d’atteindre pas les valeurs cibles, un autre médicaments de l’étude AREDS. Les participants se sont également
agent comme un bêtabloquant topique, un IAC topique, un agoniste vu offrir une randomisation secondaire pour recevoir l’une des
sélectif des récepteurs alpha-2 ou le nétarsudil peuvent être ajoutés. quatre variantes de la formule originale de l’étude AREDS qui com-
Si l’analogue des prostaglandines ne parvient pas à abaisser suffi- prenait des doses plus faibles de zinc, l’omission du bêta-carotène,
samment la PIO, le traitement doit être interrompu et remplacé par ou les deux. Il n’y avait pas de véritable groupe placebo ; tous les par-
un autre médicament. Certains patients qui ne répondent pas à un ticipants ont reçu la formulation originale de l’étude AREDS ou une
analogue des prostaglandines peuvent répondre à un autre. variante de celle-ci.
TRABÉCULOPLASTIE AU LASER – La trabéculoplastie au laser, La probabilité de progression vers la DMLA avancée sur 5 ans s’est
une intervention ambulatoire indolore, augmente l’efflux de l’hu- avérée presque identique (29-31 %) dans tous les groupes. Le seul
meur aqueuse à travers la membrane trabéculaire. La trabéculo- élément significatif était que les cancers du poumon ont été plus fré-
plastie sélective au laser (TSL) s’est avérée aussi efficace que la quents chez les patients qui avaient reçu du bêta-carotène que chez
trabéculoplastie au laser argon pour abaisser la PIO et est mieux to- ceux qui n’en avaient pas reçu (2 vs 0,9 %).12
lérée ; une inflammation transitoire de la chambre antérieure et des
pics de PIO sont possibles. La TSL cause moins de dommages à la Effets indésirables – Dans deux études prospectives en double
membrane trabéculaire que le laser argon et peut être répétée, ce aveugle, l’utilisation à long terme (4 à 8 ans) d’une forte dose (20 mg)
qui est parfois nécessaire parce que l’effet d’abaissement de la PIO de bêta-carotène chez des fumeurs de sexe masculin a entraîné une
diminue avec le temps. La TSL serait moins efficace lorsqu’elle est incidence accrue de cancers du poumon et de décès dès 18 mois
utilisée après un traitement topique.8 Dans une étude d’envergure après le début du traitement.13,14 Quelques études ont suggéré que la
randomisée et contrôlée menée chez des patients avec un glaucome vitamine E, en particulier à des doses > 400 mg/jour, pourrait aug-
non préalablement traité, la TSL s’est montrée aussi efficace que les menter la mortalité toutes causes confondues.15,16
gouttes ophtalmiques, moins coûteuse et mieux tolérée (un pic de
PIO nécessitant un traitement sur 776 interventions).9 INHIBITEURS DU VEGF – Le principal médiateur de la néovascula-
risation dans la DMLA humide serait le facteur de croissance de l’en-
CHIRURGIE – De nombreuses interventions chirurgicales sont utili- dothélium vasculaire (VEGF), qui induit une angiogenèse et
sées pour abaisser la PIO. Les risques de la chirurgie comprennent augmente la perméabilité vasculaire. Le traitement de la DMLA
les cicatrices oculaires, la formation d’une cataracte et la perte per- humide par des inhibiteurs du VEGF a ralenti la perte de vision chez
manente de la vision. Les nouvelles techniques chirurgicales mini- de nombreux patients et a rétabli la vision perdue chez les patients
malement invasives réduiraient ces risques.10 dont le traitement a été instauré peu après le début de la fuite vascu-
laire. Ces médicaments s’administrent en injections intravitréennes
périodiques sous anesthésie topique. Ils peuvent provoquer une in-
Dégénérescence maculaire liée à l’âge flammation oculaire, une augmentation de la PIO et, rarement, des
complications graves comme un décollement de la rétine et une en-
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) se présente sous dophtalmie, entraînant une perte de vision.17
deux formes principales. La forme sèche ou non néovasculaire est
caractérisée par des anomalies de l’épithélium pigmentaire rétinien Ranibizumab (Lucentis – F, CH, B) – Approuvé par la FDA pour
avec accumulation focale de sous-produits métaboliques appelés traiter la DMLA humide,18 le ranibizumab est également homologué
druses. Environ 90 % des patients atteints de DMLA présentent la pour le traitement de l’œdème maculaire diabétique (OMD), l’occlu-
forme sèche ; ils peuvent présenter une baisse progressive de la sion d’une veine rétinienne et la rétinopathie diabétique. Le ranibi-
vision centrale. Il n’existe aucun traitement établi contre la DMLA zumab est un fragment Fab d’anticorps monoclonal humanisé et
sèche. La forme humide ou néovasculaire, caractérisée par une recombinant dérivé du même anticorps que le bévacizumab ; il induit
perte souvent rapide de l’acuité visuelle centrale due à la formation une régression des vaisseaux anormaux et réduit la perméabilité de
de nouveaux vaisseaux à perméabilité anormale à partir de la cho- ces vaisseaux dans la DMLA humide, améliore l’acuité visuelle et di-
roïde vers l’espace sous-rétinien, survient chez environ 10 % des pa- minue l’œdème de la rétine.
tients. Aux États-Unis, plus de 90 % des pertes visuelles liées à la
DMLA sont causées par la DMLA humide. Dans une étude contrôlée (MARINA) chez des patients atteints de
DMLA, 95 % de ceux qui avaient reçu des injections mensuelles de
ANTIOXYDANTS ET ZINC – Divers suppléments vitaminiques ranibizumab à raison de 0,3 ou 0,5 mg pendant un an ont perdu
oraux sont promus pour la santé oculaire et spécifiquement contre la moins de 15 lettres d’acuité visuelle, comparés à 62 % des patients
DMLA. Théoriquement, les antioxydants réduiraient l’inflammation qui avaient reçu des injections factices. L’acuité visuelle s’est amé-
et peut-être aussi le stress oxydatif causé par les sous-produits mé- liorée de 15 lettres ou plus chez respectivement 25 et 34 % des pa-
taboliques à l’intérieur et autour de la rétine. tients ayant reçu le ranibizumab à raison de 0,3 et de 0,5 mg
comparativement à 5 % des patients qui avaient reçu des injections
ÉTUDES AREDS – Dans l’étude AREDS (Age-Related Eye Disease factices. Après un an, le gain moyen par rapport aux valeurs initiales
Study), une étude prospective en double aveugle sponsorisée par le était de 6,5 lettres avec 0,3 mg de ranibizumab et de 7,2 lettres avec
National Eye Institute et Bausch + Lomb, 3640 patients âgés de 55 à 0,5 mg, comparativement à une perte de 10,4 lettres avec les injec-
80 ans à différents stades de DMLA ont été randomisés pour rece- tions factices. Le gain moyen de l’acuité visuelle s’est maintenu à
voir un des quatre traitements : antioxydants à des doses 5 à 15 fois 2 ans avec la poursuite du traitement : 6,6 lettres gagnées (avec
supérieures à l’apport alimentaire recommandé (vitamine C 500 mg, 0,5 mg) vs 14,9 lettres perdues (avec des injections factices).19
202
Inhibiteurs du VEGF pour traiter la DMLA néovasculaire
Médicaments Formes galéniques et dosages Posologie pour la DMLA Coût 1
France Suisse Belgique
€ CHF (€) €
Aflibercept F, B : solution injectable à 40 mg/ml en flacons 2 mg toutes les 4 semaines pour 675.93 1065.35 UH
Eylea – F, CH, B de 100 µl et seringues préremplies de 90 µl les 3 premières doses, puis 2 mg (968.50)
CH : solution injectable à 2 mg/50 µl en flacons toutes les 8 semaines
à usage unique
Bévacizumab2 Solution pour perfusion à 25 mg/ml en flacons 1,25 mg toutes les 4 semaines ND 418.803 UH
Avastin – F, CH, B de 4 et 16 ml (380.73) 3
Pégaptanib sodium Solution injectable à 3 mg/1 ml en seringues 0,3 mg toutes les 6 semaines – – –
Macugen – USA ; non commer- à usage unique
cialisé – F, CH, B
Ranibizumab Solution injectable à 10 mg/ml en seringue 0,5 mg toutes les 4 semaines NR 1020.15 UH
Lucentis – F, CH, B préremplie de 0,165 ml et en flacon de (927.41)
2,3 mg/0,23 ml
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations et les posologies
disponibles en Europe francophone.
ND : non disponible ; NR : non remboursé ; UH : usage hospitalier. Le prix n’est pas fixe du fait d’accords spécifiques entre les partenaires.
1. Prix pour une injection ou un flacon. Taux de change : 1 € = 1.10 CHF.
2. Le bévacizumab n’est pas approuvé par la FDA dans cette indication.
3. Coût d’un flacon d’Avastin de 4 ml. Le coût d’un flacon de 16 ml est de 1’498.70 CHF (1’362.46€).
Bévacizumab (Avastin – F, CH, B) – Approuvé par la FDA pour le d’infection intraoculaire et d’endophtalmie. Dans une étude, une en-
traitement du cancer colorectal métastatique et d’autres cancers dophtalmie s’est développée après 2 injections de ranibizumab sur
avancés, le bévacizumab est utilisé hors indication (off-label) pour 5449 (0,04 %) et après 4 injections de bévacizumab sur 5508
traiter la DMLA humide. Divisé en aliquotes, il est beaucoup moins (0,07 %).21
coûteux que le pégaptanib ou le ranibizumab, mais le reconditionne-
ment du médicament sans technique aseptique appropriée a pro- THÉRAPIE PHOTODYNAMIQUE – La vertéporfine (Visudyne –
voqué des endophtalmies chez un petit nombre de patients.20 Une F, CH, B) est un dérivé des benzoporphyrines administré en perfu-
étude sponsorisée par le NIH (CATT) et une autre, parallèle, menée sion intraveineuse. Activée dans l’œil par de la lumière infrarouge de
au Royaume-Uni (IVAN) comparant des injections mensuelles ou au faible intensité 15 minutes après la perfusion, elle provoque l’occlu-
besoin de bévacizumab et de ranibizumab ont révélé des effets équi- sion des vaisseaux sanguins anormaux tout en épargnant (relative-
valents sur l’acuité visuelle après 1 et 2 ans (8 et 18,4 lettres gagnées ment) les vaisseaux et les tissus normaux. Cependant, le résultat sur
avec le bévacizumab versus 8,5 et 17,0 lettres gagnées avec le rani- la vision des yeux traités par thérapie photodynamique n’est géné-
bizumab).21,22 Après un an, les patients qui ont été randomisés pour ralement pas aussi bon que celui obtenu avec un inhibiteur du
passer d’un traitement mensuel à un traitement au besoin avec l’un VEGF.28
ou l’autre médicament ont eu une diminution moyenne de la vision
au cours de la deuxième année.23 Une méta-analyse comparant la monothérapie anti-VEGF à une thé-
rapie anti-VEGF combinée à une thérapie photodynamique avec la
Aflibercept (Eylea – F, CH, B) – Protéine de fusion approuvée par la vertéporfine n’a montré aucune différence en ce qui a trait à la meil-
FDA pour le traitement de la DMLA humide, l’aflibercept agit comme leure acuité visuelle corrigée (MAVC), l’épaisseur de la rétine centrale
un leurre pour le récepteur du VEGF et entre en compétition avec le ou la proportion de patients ayant gagné > 15 lettres à la MAVC. Les
VEGF pour sa liaison au récepteur. L’aflibercept est également ap- patients qui ont reçu ce traitement combiné ont nécessité moins d’in-
prouvé pour traiter l’œdème maculaire diabétique, l’œdème macu- jections d’anti-VEGF que ceux qui avaient reçu une monothérapie.29
laire après occlusion d’une veine rétinienne et la rétinopathie
diabétique. Dans deux études contrôlées, son efficacité a semblé Effets indésirables – Une perte soudaine et sévère de l’acuité vi-
être similaire à celle du ranibizumab.24 L’aflibercept n’a pas été com- suelle, habituellement transitoire et probablement causée par un
paré directement au bévacizumab. œdème post-traitement, a été signalée chez < 5 % des patients ayant
reçu un traitement photodynamique. Des douleurs dorsales transi-
Brolucizumab (Beovu – USA ; non commercialisé – F, CH, B) – Ré- toires surviennent chez environ 2 % des patients pendant la perfu-
cemment approuvé par la FDA pour le traitement de la DMLA sion. La peau et les yeux des patients qui reçoivent la vertéporfine
humide, le brolucizumab s’administre toutes les 8 à 12 semaines seraient sensibles à la lumière du soleil et à celle des lampes ha-
(après une phase de charge de 3 mois). Dans deux études randomi- logènes à haute intensité jusqu’à 5 jours après la perfusion. Les pa-
sées en double aveugle, il s’est montré non inférieur à l’aflibercept tients atteints de porphyrie ne doivent pas recevoir un traitement
pour la fonction visuelle à 48 semaines, et sa sécurité d’emploi était photodynamique.
similaire.25 Il n’a pas été comparé au ranibizumab ni au bévacizumab.
CHOIX DES MÉDICAMENTS – On ne sait pas si un quelconque
Pégaptanib sodium (Macugen – USA ; non commercialisé – F, CH, médicament peut ralentir la progression de la DMLA sèche. Pour le
B) – Le pégaptanib était le premier inhibiteur du VEGF approuvé par traitement de la DMLA humide, le ranibizumab, le bévacizumab,
la FDA pour le traitement de la DMLA humide.26 Il semble moins effi- l’aflibercept et le brolucizumab ralentissent la perte de vision chez de
cace que le ranibizumab ou le bévacizumab et n’a pas montré pou- nombreux patients et rétablissent la vision perdue chez ceux dont le
voir améliorer la vision.27 traitement a débuté peu après le début des fuites vasculaires. Le bé-
vacizumab utilisé hors indication (off-label) est beaucoup moins coû-
Effets indésirables – Les effets indésirables des inhibiteurs du teux que les inhibiteurs du VEGF approuvés par la FDA pour le
VEGF sont en plus grande partie liés à l’intervention qu’au médica- traitement de la DMLA humide, et il semble aussi efficace que le ra-
ment lui-même ; ils comprennent des hémorragies conjonctivales, nibizumab. L’aflibercept semble aussi efficace que le ranibizumab ; il
des élévations aiguës de la PIO après injection, des cataractes trau- n’a pas été comparé directement au bévacizumab. Le brolucizumab
matiques, des uvéites et des décollements de la rétine, survenant s’administre moins souvent que les autres anti-VEGF et s’est révélé
chez moins de 2 % des patients dans tous les cas. Les injections in- non inférieur à l’aflibercept, mais il n’a été comparé ni au ranibi-
travitréennes d’inhibiteurs du VEGF compor tent un risque zumab ni au bévacizumab.
203
Conjonctivite bactérienne superficielles, même lorsque les organismes sont résistants in vitro.
Le sulfacétamide (Bleph – USA ; non commercialisé – F, CH, B) n’est
Aux États-Unis, la bactérie pathogène la plus communément asso- pas très efficace, peut être sensibilisant et a rarement causé un syn-
ciée à la conjonctivite aiguë chez les adultes est Staphylococcus drome de Stevens-Johnson. La néomycine provoque une sensibili-
aureus. Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae et Mo- sation et d’autres effets indésirables localisés chez environ 5 à 10 %
raxella catarrhalis sont des pathogènes courants chez les enfants.30 des patients. La bacitracine et l’érythromycine ne sont pas actives
L’administration ophtalmique d’antibiotiques est beaucoup moins contre les organismes Gram-négatifs responsables d’un faible pour-
susceptible de causer des effets indésirables que l’administration centage des infections conjonctivales aiguës chez l’adulte. La poly-
par voie générale. myxine B est active seulement contre les organismes Gram-négatifs.
Le triméthoprime possède un large spectre d’activité, qui inclut
ANTIBIOTIQUES OPHTALMIQUES – Les formulations ophtal- souvent les staphylocoques résistants à la méticilline. L’azithromy-
miques d’antibiotiques atteignent des concentrations élevées à la cine ophtalmique31 a une activité principalement contre les germes
surface de l’œil et sont efficaces pour traiter les infections oculaires Gram-positifs, mais aussi contre H. influenzae. Une dose orale unique
Fluoroquinolones
Ciprofloxacine F, CH, B : collyre à 0,3 % (3 mg/ml) 1-2 gouttes toutes les 2 h pendant 5.06 14.45 4.02
Ciloxan – F, CH, B en flacons de 5 ml 2 jours, puis 1-2 gouttes toutes 4 h (9.63)
F, CH : pommade ophtalmique à pendant 5 jours3 5.26 14.45 –
0,3 % en tubes de 3,5 g 1,25 cm de pommade à la même (9.63)
posologie que ci-dessus3
Gatifloxacine Collyre à 0,3 % (3 mg/ml) en flacons 1 goutte toutes les 2 h (max. 8 doses) – – –
Zymar – USA ; non commercialisé– F, de 5 ml le premier jour, puis 1 goutte toutes
CH, B les 6-12 h pendant 6 jours3
Lévofloxacine Collyre à 0,5 % (5 mg/ml) en flacons 1-2 gouttes toutes les 2 h (max. 8 – – –
Quixin – USA ; non commercialisé dans de 2,5 et 5 ml doses) pendant les 2 premiers jours,
cette forme galénique – F, CH, B puis 1-2 gouttes toutes les 4 h (max.
4 doses) pendant 5 jours3
Moxifloxacine4 Collyre à 0,5 % (5 mg/ml) en flacons 1 goutte toutes les 8 h pendant 7 – 16.70 16.08
Vigamox – CH : Kanavig – B ; non com- de 5 ml jours (15.18)
mercialisé dans cette forme galénique – F
Ofloxacine F, CH, B : collyre à 0,3 % (3 mg/ml) 1-2 gouttes toutes 6 h pendant 5 jours ND 8.70 7.25
Exocine – F ; Floxal – CH ; Trafoxal – B en flacons de 5 ml 1 cm de pommade toutes les 8 h pen- (7.91)
CH, B : pommade ophtalmique à dant 5 jours – 8.70 5.02
0,3 % en tubes de 3 g (7.91)
Monoox et autre – F ; Floxal – CH ; Tra- Collyre à 0,3 % (1,5 mg/0,5 ml) en 1-2 gouttes toutes les 6 h pendant 2.96 16.25 14.90
foxal – B monodoses de 0,5 ml, 5 jours (11.30)
Gentamicine Collyre à 0,3 % (3 mg/ml) en flacons 1-2 gouttes toutes les 4 h pendant – – –
Gentak – USA ; non commercialisé en de 5 ml 7 jours
spécialité monocomposée – F,CH, B) Pommade ophtalmique à 0,3 % en 1,25 cm de pommade toutes les
tubes de 3,5 g 8-12 h pendant 7 jours
Sulfacétamide Collyre à 0,3 % (3 mg/ml) en flacons 1-2 gouttes toutes les 2-3 pendant – – –
Bleph – USA ; non commercialisé – F, de 5 et 15 ml les 7-10 jours5
CH, B Pommade ophtalmique à 0,3 % en 1,25 cm de pommade toutes
tubes de 3,5 g les 3-4 h pendant 7-10 jours5
Tobramycine4 F, CH, B : collyre à 0,3 % (3 mg/ml) 1-2 gouttes toutes les 4 h pendant 1.55 9.60 8.78
(Tobrex et autre – F ; Tobrex – CH, B) en flacons de 5 ml et 7 jours6 (8.73)
pommade ophtalmique à 0,3 % en 1,3 cm de pommade toutes les 8-12 h 2.42 9.55 7.75
tubes de 5 g (F) ou de 3,5 g (CH, B) pendant 7 jours6 (8.68)
CH : gel ophtalmique à 0,3 % en 1-2 gouttes toutes les 4 h pendant – 14.25 –
flacons de 5 ml 7 jours6 (12.96)
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations disponibles en
Europe francophone.
ND : non disponible. Le prix n’est pas fixe du fait d’accords spécifiques entre les partenaires.
1. Prix pour flacon. Taux de change : 1 € = 1.10 CHF.
2. Les doses doivent être administrées à intervalles de 4 à 12 heures.
3. Sauf pendant le sommeil.
4. Aux États-Unis, Moxeza contient le même agent actif que Vigamox, mais a un excipient différent (gomme de xanthum).
5. La posologie de Bleph peut être progressivement réduite en prolongeant l’intervalle entre les applications en fonction de la réponse au traitement.
6. Pour les infections légères à modérées. Pour les infections sévères, la posologie est de 2 gouttes/h ou 1,25 cm de pommade toutes les 3-4 h jusqu’à amélio-
ration ; la posologie doit être progressivement diminuée avant l’arrêt du traitement.
204
Quelques antibiotiques ophtalmiques pour traiter la conjonctivite bactérienne (suite)
Médicament Forme galénique et concentration Posologie Coût 1
France Suisse Belgique
€ CHF (€) €
Préparations composées
Polymyxine B/néomycine/gramicidine Collyre en flacons de 5 ml 1-2 gouttes toutes les 4 h pendant – 9.60 –
Neosporin – CH ; non commercialisé – F, B) 7-10 jours (6.40)
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations disponibles en
Europe francophone.
NR : non remboursé. Le prix n’est pas fixe du fait d’accords spécifiques entre les partenaires.
1. Prix pour flacon. Taux de change : 1 € = 1.10 CHF.
d’azithromycine est efficace pour traiter les conjonctivites dues à systémiques comme les antihistaminiques, les rétinoïdes et les inhibi-
Chlamydia trachomatis et les conjonctivites gonococciques. Toutes teurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). La sécheresse
les fluoroquinolones sont actives contre la plupart des bactéries oculaire est plus fréquente chez les femmes et les personnes âgées.33
associées à la conjonctivite. S. aureus et certains pathogènes anaéro-
bies résistants in vitro aux anciennes fluoroquinolones telles que la LARMES ARTIFICIELLES – Plusieurs préparations de larmes artifi-
ciprofloxacine et l’ofloxacine seraient sensibles à la moxifloxacine, à cielles sont disponibles ; elles s’administrent habituellement toutes
la gatifloxacine et la bésifloxacine.32 les 4 à 6 heures, mais selon les symptômes, elles peuvent être utili-
sées aussi souvent que toutes les heures. Elles contiennent habituel-
CHOIX DES MÉDICAMENTS OPHTALMIQUES – L’onguent oph- lement une forme de cellulose pour lubrifier l’œil, peuvent contenir
talmique contenant de l’érythromycine ou la solution ophtalmique du polyéthylèneglycol ou de l’alcool polyvinylique pour prévenir
de triméthoprime/polymyxine B sont des choix raisonnables pour le l’évaporation, et comprendre un agent de conservation. Ces derniers
traitement de première ligne de la conjonctivite bactérienne aiguë ; sont irritants et peuvent aggraver l’atteinte de la surface oculaire ;
les autres possibilités incluent la bacitracine, l’onguent contenant des formulations sans agent de conservation sont disponibles. Les
l’association bacitracine/polymyxine B, l’azithromycine ou une fluo- onguents ophtalmiques s’utilisent généralement la nuit, mais ils
roquinolone topique (voir tableau page 204). Chez les porteurs de peuvent s’utiliser le jour dans les cas graves. Lacrisert (USA ; non
lentilles cornéennes, qui présentent une incidence plus élevée d’in- commercialisé – F, CH, B) est un insert quotidien qui libère progres-
fection à Pseudomonas, une fluoroquinolone topique est préférable. sivement de l’hydroxypropylcellulose après sa mise en place dans le
cul-de-sac conjonctival inférieur ; il est approuvé par la FDA pour
traiter les cas de sécheresse oculaire modérée à sévère.
Sécheresse oculaire
CICLOSPORINE TOPIQUE – Une émulsion de ciclosporine à 0,05 %
La modification de l’homéostasie du film lacrymal (composition modi- (Restasis – USA ; non commercialisé – F, CH, B) est approuvée par la
fiée, production réduite et évaporation rapide) et l’inflammation de la FDA pour le traitement de la sécheresse oculaire.34 Son mécanisme
surface oculaire provoquent un inconfort et une vision trouble chez les d’action est inconnu, mais il impliquerait des effets immunomodula-
patients souffrant de sécheresse oculaire. Les facteurs précipitants teurs ou anti-inflammatoires. Cette émulsion s’est montrée efficace
comprennent une mauvaise fonction palpébrale, des facteurs envi- en cas de dysfonctionnement lacrymal modéré à modérément
ronnementaux, des affections inflammatoires comme le syndrome de sévère, et a produit une amélioration statistiquement significative des
Sjögren et l’utilisation de certains médicaments ophtalmiques ou résultats au test de Schirmer et d’autres mesures de la sécheresse
Ciclosporine Émulsion ophtalmique à 1 mg/ml en flacons 1 goutte dans chaque œil UH 113.25 –
Ikervis – F, CH ; non commercialisé – B unidose de 0,3 ml toutes les 12 heures2,3 (102.96)
Cequa – USA ; non commercialisé – F, CH, B Collyre à 0,09 % en flacons à usage unique 1 goutte dans chaque œil – – –
toutes les 12 heures3
Ce tableau reflète l’édition américaine du Medical Letter et ne constitue pas nécessairement une revue exhaustive de toutes les préparations disponibles en
Europe francophone.
ND : non disponible ; UH : usage hospitalier. Le prix n’est pas fixe du fait d’accords spécifiques entre les partenaires.
1. Prix pour flacon. Taux de change : 1 € = 1.10 CHF.
2. Avant l’application, la dose unitaire doit être retournée plusieurs fois jusqu’à formation d’une émulsion uniforme, blanche et opaque.
3. Les lentilles cornéennes doivent être enlevées avant l’instillation des gouttes, puis elles peuvent être remises en place 15 minutes après l’application.
205
oculaire ; son usage s’est révélé sûr, mais il faut parfois 4 à 6 semaines 13. The ATBC Cancer Prevention Study Group. The effect of vitamin E and beta
pour obtenir des résultats. Les concentrations sériques de ciclo- carotene on the incidence of lung cancer and other cancers in male smo-
sporine étaient indétectables ou négligeables, et aucune toxicité gé- kers. N Engl J Med 1994;330:1029.
nérale ou topique n’a été signalée. Des brûlures et des picotements 14. Omenn GS, et al. Effects of a combination of beta carotene and vitamin A
on lung cancer and cardiovascular disease. N Engl J Med 1996;334:1150.
transitoires peuvent survenir dans l’œil traité ; l’ajout d’un corticosté-
15. Miller ER, 3rd et al. Meta-analysis: high-dosage vitamin E supplementation
roïde topique durant le premier mois d’utilisation paraît être utile. Une may increase all-cause mortality. Ann Intern Med 2005;142:37.
solution de ciclosporine à 0,09 % (Cequa – USA ; non commercia- 16. Bairati I, et al. Antioxidant vitamins supplementation and mortality: a ran-
lisé – F, CH, B) récemment approuvée par la FDA dans cette indica- domized trial in head and neck cancer patients. Int J Cancer 2006;119:2221.
tion semble avoir une efficacité similaire, mais on ne dispose 17. Inhibiteurs du VEGF pour traiter la DMLA et l’œdème maculaire diabé-
d’aucune étude comparative.35 Les larmes artificielles en vente libre tique. Med Lett Drugs Ther, édition française 2015;37:53.
sont beaucoup moins coûteuses que l’une ou l’autre des formulations 18. Ranibizumab pour traiter la dégénérescence maculaire. Med Lett Drugs
de ciclosporine et il faut les essayer d’abord. Ther, édition française 2006;28:101.
19. Rosenfeld PJ, et al. Ranibizumab for neovascular age-related macular
degeneration. N Engl J Med 2006;355:1419.
LIFITÉGRAST – Une solution ophtalmique de lifitégrast à 5 % 20. Frost BA, Kainer MA. Safe preparation and administration of intravitreal
(Xiidra – CH ; non commercialisé – F, B), un antagoniste de l’antigène-1 bevacizumab injections. N Engl J Med 2011;365:2238.
associé à la fonction lymphocytaire (LFA-1), est approuvée par la FDA 21. CATT Research Group. Ranibizumab and bevacizumab for neovascular
pour le traitement de la sécheresse oculaire. Le lifitégrast réduirait age-related macular degeneration. N Engl J Med 2011;364:1897.
l’inflammation de la surface oculaire. Il semble être sûr et au moins 22. Chakravarthy U, et al. Alternative treatments to inhibit VEGF in age-related
légèrement efficace, mais il n’a pas été comparé à d’autres produits.36 choroidal neovascularization: 2-year findings of the IVAN randomised
controlled trial. Lancet 2013;382:1258.
23. CATT Research Group. Ranibizumab and bevacizumab for treatment of
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