Trigonométrie
Cours de É. Bouchet – PCSI
9 octobre 2023
Table des matières
1 Formules trigonométriques 2
1.1 Prérequis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Transformations affines et valeurs usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Quelques équations trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Formules d’addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2 Fonctions circulaires 6
2.1 Cosinus, sinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Tangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1
1 Formules trigonométriques
1.1 Prérequis
Définition 1.1 (Congruence modulo 2π)
Soit (a, b) ∈ R2 . On dit que a est congru à b modulo 2π quand il existe k ∈ Z tel que a = b + 2kπ.
On le note a ≡ b[2π].
5π
Exemple. 4π ≡ 0[2π] puisque 4π = 0 + 2 × 2π, 2 ≡ π2 [2π] puisque 5π
2 = π
2 + 2π.
Définition 1.2 (Cercle trigonométrique)
Le cercle trigonométrique est le cercle de rayon 1 et de centre l’origine O du repère, dans le plan usuel
muni d’un repère orthonormé.
Remarque. Puisque le rayon du cercle est de 1, la définition géométrique de sinus et cosinus (côté opposé sur
hypoténuse, côté adjacent sur hypoténuse) permet d’observer que tout point du cercle trigonométrique a des
coordonnées du type (cos(t), sin(t)).
1
sin(t)
t
−1 0 cos(t) 1
−1
Remarque. Soit x ∈ R, le cercle trigonométrique permet de retrouver directement les relations classiques de
périodicité : cos(x + 2π) = cos(x) et sin(x + 2π) = sin(x).
On en déduit en particulier que si t ≡ x[2π], cos(t) = cos(x) et sin(t) = sin(x).
Définition 1.3 (Tangente)
sin(x)
Soit x ∈ R tel que cos(x) ̸= 0. On définit alors la tangente de x par tan(x) = .
cos(x)
sin(x+2π) sin(x)
Remarque. Soit x ∈ R tel que cos(x) ̸= 0, on a tan(x + 2π) = cos(x+2π) = cos(x) = tan(x), on retrouve donc ici
aussi une périodicité de période 2π.
Remarque. Le théorème de Thalès permet de représenter la tangente sur le cercle trigonométrique :
1
sin(t)
tan(t)
t
−1 0 cos(t) 1
−1
cos(t) sin(t)
(les lignes en pointillés verticales sont parallèles, le théorème de Thalès vérifie donc bien la relation 1 = tan(t) ).
2
1.2 Transformations affines et valeurs usuelles
Proposition 1.4 (Transformations affines de sinus et cosinus)
Soit x ∈ R,
sin(−x) = − sin(x),cos(−x) = cos(x),
π π
sin(π + x) = − sin(x), sin(π − x) = sin(x), sin + x = cos(x), sin − x = cos(x),
2 2
π π
cos(π + x) = − cos(x), cos(π − x) = − cos(x), cos + x = − sin(x), cos − x = sin(x).
2 2
Démonstration. Les égalités pour sinus et cosinus se lisent directement sur le cercle trigonométrique (on pose
α = cos(x) et β = sin(x) pour gagner en lisibilité sur la figure) :
π
π
+x 2 −x
2
α
π−x β x
−α −β 0 β α
π+x −β −x
Proposition 1.5 (Transformations affines de tangente)
Soit x ∈ R tel que cos(x) ̸= 0,
tan(−x) = − tan(x), tan(π + x) = tan(x), tan(π − x) = − tan(x).
sin(−x) − sin(x)
Démonstration. Ces relations se déduisent des précédentes : tan(−x) = = = − tan(x),
cos(−x) cos(x)
sin(π + x) − sin(x) sin(π − x) sin(x)
tan(π + x) = = = tan(x), tan(π − x) = = = − tan(x).
cos(π + x) − cos(x) cos(π − x) − cos(x)
Remarque. Cela montre au passage que la fonction tangente est périodique de période π.
Proposition 1.6 (Valeurs usuelles à connaître)
π π π π
t 0 6 4 3 2
√ √
3 2 1
cos(t) 1 2 2 2 0
√ √
1 2 3
sin(t) 0 2 2 2 1
√
tan(t) 0 √1 1 3 ND
3
3
Remarque. Les autres valeurs usuelles se déduisent de celles-là grâce aux formules de transformation affine, quitte
à retracer le cercle trigonométrique.
Exercice 1. Déterminer les valeurs de cos( 5π 5π
6 ) et sin( 6 ).
√
3
Solution : cos( 5π π π
6 ) = cos(π − 6 ) = − cos( 6 ) = − 2 et sin( 5π π π 1
6 ) = sin(π − 6 ) = sin( 6 ) = 2 .
1.3 Quelques équations trigonométriques
Proposition 1.7 (Équations en sinus ou cosinus)
Soit (x, y) ∈ R2 ,
cos(x) = cos(y) ⇐⇒ x ≡ y[2π] ou x ≡ −y[2π],
sin(x) = sin(y) ⇐⇒ x ≡ y[2π] ou x ≡ π − y[2π].
Remarque. Attention à ne pas oublier le deuxième cas dans l’étude !
Démonstration. Ces résultats se lisent directement sur le cercle trigonométrique :
π−x x
0
−x
Exercice 2. Déterminer les solutions dans [−π, π] de l’équation 2 cos(4x) + 1 = 0.
Solution : Soit x ∈ [−π, π],
1
2 cos(4x) + 1 = 0 ⇐⇒ cos(4x) = −
2
2π 2π
⇐⇒ 4x ≡ [2π] ou 4x ≡ − [2π]
3 3
2π 2π
⇐⇒ ∃k ∈ Z tel que 4x = + 2kπ ou 4x = − + 2kπ
3 3
π π π π
⇐⇒ ∃k ∈ Z tel que x = + k ou x = − + k
6 2 6 2
5π 2π π 4π 4π π 2π 5π
⇐⇒ x ∈ − , − , , ou x ∈ − , − , ,
6 6 6 6 6 6 6 6
5π 2π π π π π 2π 5π
⇐⇒ x ∈ − , − , − , − , , , ,
6 3 3 6 6 3 3 6
L’ensemble des solutions est donc − 5π 2π π π π π 2π 5π
6 , − 3 , − 3 , − 6 , 6 , 3 , 3 , 6 . Sur le cercle trigonométrique, cela correspond
aux points :
2π π
3 3
• •
5π
6
• • π6
0
− 5π
6
• •− π6
• •
2π − π3
3
4
1.4 Formules d’addition
Proposition 1.8 (Formules d’addition)
Soit a et b réels, on a :
cos(a + b) = cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b), cos(a − b) = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b),
sin(a + b) = sin(a) cos(b) + cos(a) sin(b), sin(a − b) = sin(a) cos(b) − cos(a) sin(b).
Démonstration. On utilise les résultats de lycée sur le produit scalaire :
sin(a)
A
sin(b) B
a
O cos(a) cos(b)
−−→ −→ −−→ −→
OB · OA = ∥OB∥∥OA∥ cos(a − b) = 1 × 1 × cos(a − b) = cos(a − b).
−−→ −→
Or OB a pour coordonnées (cos(b), sin(b)) et OA a pour coordonnées (cos(a), sin(a)), donc on a par ailleurs :
−−→ −→
OB · OA = cos(b) cos(a) + sin(b) sin(a).
D’où cos(a − b) = cos(b) cos(a) + sin(b) sin(a). Les autres formules se montrent par des raisonnements similaires.
Remarque. On en déduit directement les trois formules suivantes (non-exigibles, mais qu’il faut savoir retrouver
rapidement) :
cos(a + b) + cos(a − b)
cos(a) cos(b) = ,
2
cos(a − b) − cos(a + b)
sin(a) sin(b) = ,
2
sin(a + b) + sin(a − b)
sin(a) cos(b) = .
2
Exercice 3. Soit t ∈ [−π, π]. En factorisant cos(t) + cos(2t), déterminer le signe de cette expression.
Solution : Les formules précédentes donnent (en cherchant a et b tels que a + b = 2t et a − b = t) :
3 t 3 t 3 t
cos(t) + cos(2t) = cos t− + cos t+ = 2 cos t cos .
2 2 2 2 2 2
t h π πi t 3
Or t ∈ [−π, π], donc ∈ − , et cos ⩾ 0. L’expression étudiée est donc du signe de cos t , c’est-à-dire
h π π i2 2 2 h 2 i h
π π i 2
positive sur − , et négative sur −π, − ∪ ,π .
3 3 3 3
Proposition 1.9 (Formules de duplication)
Soit a ∈ R, cos(2a) = cos2 (a) − sin2 (a) = 2 cos2 (a) − 1 = 1 − 2 sin2 (a) et sin(2a) = 2 sin(a) cos(a).
5
Démonstration. On applique les formules d’addition pour a = b, puis la formule cos2 (a) + sin2 (a) = 1.
Proposition 1.10 (Formules de linéarisation du carré)
Pour tout a ∈ R,
1 + cos(2a) 1 − cos(2a)
cos2 (a) = et sin2 (a) = .
2 2
Démonstration. Cela découle directement des formules cos(2a) = 2 cos2 (a) − 1 et cos(2a) = 1 − 2 sin2 (a).
Proposition 1.11 (Formules d’addition de tangente)
Pour tous réels a et b pour lesquels les termes suivants sont bien définis, on a :
tan(a) + tan(b) tan(a) − tan(b)
tan(a + b) = et tan(a − b) = .
1 − tan(a) tan(b) 1 + tan(a) tan(b)
Remarque. Les conditions de bonne définition sont les suivantes :
— a et b sont différents de π2 ou − π2 modulo 2π (pour la bonne définition de tan(a) et tan(b)),
— a + b est différent de π2 ou − π2 modulo 2π (pour la première égalité),
— a − b est différent de π2 ou − π2 modulo 2π (pour la seconde égalité).
Démonstration. On utilise les formules d’addition de sinus et cosinus :
sin(a) sin(b)
sin(a + b) sin(a) cos(b) + cos(a) sin(b) cos(a) cos(b) cos(a) + cos(b) tan(a) + tan(b)
tan(a + b) = = = =
cos(a + b) cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b) sin(a) sin(b)
cos(a) cos(b) 1 − cos(a) 1 − tan(a) tan(b)
cos(b)
Pour tan(a − b), il suffit de remplacer b par −b dans le calcul précédent.
2 Fonctions circulaires
2.1 Cosinus, sinus
Proposition 2.1 (Symétries de sinus et cosinus)
La fonction sinus est définie sur R, périodique de période 2π et c’est une fonction impaire.
La fonction cosinus est définie sur R, périodique de période 2π et c’est une fonction paire.
Démonstration. Ces résultats découlent directement des relations établies plus tôt dans le chapitre.
Remarque. On en déduit les représentations graphiques :
1
y = cos(x)
• • •π •
− 3π − π2 0 2
3π
2 2
−1
• •
−π 0 π
y = sin(x)
−1
6
Proposition 2.2 (Inégalité classique du sinus)
∀x ∈ R, |sin(x)| ⩽ |x| .
Démonstration. Soit x ∈ R. On raisonne par disjonction de cas :
— Si x ⩾ π2 , on constate de manière immédiate que |sin(x)| ⩽ 1 ⩽ π2 ⩽ x ⩽ |x|.
— Si x ∈ [0, π2 ], on raisonne sur le cercle trigonométrique. Notons d la taille du segment AB. On a alors
sin(x) ⩽ d ⩽ x,
puisque l’hypoténuse est le plus grand côté d’un triangle rectangle et que l’arc du cercle trigonométrique
qui relie A et B a pour longueur x. Donc |sin(x)| = sin(x) ⩽ x = |x|.
B
x
sin(x)
0 A
— Si x ⩽ 0, des considérations de parité permettent de se ramener au cas précédent, ce qui donne :
|sin(x)| = |sin(−x)| ⩽ |−x| ⩽ |x| .
Remarque. Graphiquement, cela donne :
y = |x|
1
−
y = |sin(x)|
0
Proposition 2.3 (Dérivée de sinus et cosinus)
Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur R et ∀x ∈ R, sin′ (x) = cos(x) et cos′ (x) = − sin(x).
Démonstration. Soit x0 ∈ R et h ∈ R∗ ,
sin(x0 + h) − sin(x0 ) sin(x0 ) cos(h) + sin(h) cos(x0 ) − sin(x0 ) cos(h) − 1 sin(h)
= = sin(x0 ) + cos(x0 ) .
h h h h
On cherche à modifier cette expression de manière à pouvoir passer à la limite quand h → 0. On remarque tout
d’abord que grâce aux identités remarquables :
cos(h) − 1 cos2 (h) − 1 − sin2 (h) sin(h) − sin(h)
= = = × .
h h(cos(h) + 1) h(cos(h) + 1) h cos(h) + 1
− sin(h) 0 sin(h)
Or lim = = 0. Il ne reste donc plus qu’à montrer que lim = 1 pour conclure.
h→0 cos(h) + 1 2 h→0 h
On commence par un petit résultat intermédiaire : soit x ∈]0, π2 [. Sur la figure ci-dessous, le triangle OAB a pour
tan(x) × 1 tan(x) x x
aire = . La portion de cercle délimitée par l’angle x a pour aire π = . Donc x ⩽ tan(x).
2 2 2π 2
7
B
sin(x)
tan(x)
x
O A
cos(x)
Soit h ∈]0, π2 [ (le cas négatif se déduit ensuite par parité), on a donc que 0 < sin(h) ⩽ h ⩽ tan(h). Donc par passage
1 1 cos(h) 1
à l’inverse, ⩾ ⩾ . En multipliant par sin(h) ⩾ 0, on obtient 1 ⩾ ⩾ cos(h). Or lim cos(h) = 1,
sin(h) h sin(h) h h→0
sin(h)
donc par théorème d’encadrement, lim = 1.
h→0 h
sin(x0 + h) − sin(x0 )
Cela permet de conclure, comme on le souhaitait : lim = cos(x0 ).
h→0 h
′
Donc sin est dérivable en x0 et sin (x0 ) = cos(x0 ). On procède de même pour étudier la dérivabilité du cosinus.
Exercice 4. Soit t ∈ R, linéariser sin(3t) cos(2t). En déduire une primitive de t 7→ sin(3t) cos(2t).
Solution : Les formules d’addition donnent :
sin(3t + 2t) + sin(3t − 2t) 1 1
sin(3t) cos(2t) = = sin(5t) + sin(t).
2 2 2
1
Une primitive est donc t 7→ − 10 cos(5t) − 12 cos(t).
2.2 Tangente
Définition 2.4 (Tangente)
[ π π sin(x)
La fonction tangente est la fonction définie sur I = ]− + kπ, + kπ[ par : ∀x ∈ I, tan(x) = .
2 2 cos(x)
k∈Z
Remarque. L’écriture I = R \ { π2 + kπ|k ∈ Z} fonctionne également.
Remarque. On sait déjà que la fonction tangente est périodique de période π et impaire, ce qui aide à construire
sa représentation graphique :
y = tan(x)
• • • • •
−π π 0 π π
−
2 2
Proposition 2.5 (Dérivée de tangente)
[ π π 1
La fonction tangente est dérivable sur I = ]− +kπ, +kπ[, et ∀x ∈ I, tan′ (x) = 1+tan2 (x) = .
2 2 cos2 (x)
k∈Z
Démonstration. La fonction est dérivable comme quotient de fonctions dérivables, et par quotient, ∀x ∈ I,
sin′ (x) cos(x) − cos′ (x) sin(x) cos(x) cos(x) − (− sin(x)) sin(x) cos2 (x) + sin2 (x)
tan′ (x) = 2
= 2
= ,
cos (x) cos (x) cos2 (x)
ce qui donne les deux formules annoncées.